#jesuistous par Lydie Catalano

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Lydie Catalano #jesuistous

PARTAGE

Crédits

Œuvres

Lydie Catalano

Courtesy Galerie Partage

Production

IA Marketing

Textes

Hubert Chardot

Lydie Catalano

Lucie Braconnier

Lisa Chevret

Mise en page

Lucie Braconnier

Typographie

Minion Pro

Century Gothic Pro

SF Compact Display

Apple Color Emoji

Avec l'aimable participation de Claude, Open Ai et Stable Bibi.

#jesuistous

autoportraits recodés

Faire du cinéma consiste à faire faire de chosesjolies à de jolies femmes.

François Truffaut disait que faire du cinéma c’était en somme faire faire de jolies choses à de jolies femmes… Si c’était vraiment le cas, IMDb devrait replâtrer sa liste des soi-disant cent meilleurs films qui s’apparente plutôt à une rafle policière dans un cinéma de Pigalle un samedi soir de paye. Quant aux femmes, ce sont les grandes oubliées de l‘affaire. Où sont donc passées nos stars d’antan ? Celles qui faisaient les modes et changeaient les comportements comme Marlène, Greta, Ingrid, les sœurs Gish pour un Hollywood qui peine, depuis la gentrification humanitaire de Sharon Stone, à faire naître une nouvelle Scarlett O’Hara ? La colline de la cité des anges a maintenant ses yeux de marketeurs braqués sur des jouets parlants et autres marionnettes 3D déclinables à l’infini… Ces mêmes décideurs ont oublié que les larmes de Virginia Cherrill dans les lumières de la ville de Chaplin où le cri muet de Nina Poltatseva dans Le cuirassé Potemkine, ont plus fait pour l’art cinématographique que les débauches spectaculaires d’effets spéciaux digitaux destinés à saturer les quantités libres des cerveaux des spectateurs du mercredi après-midi. Je les regarde et je les plains… Partagés qu’ils sont entre l’écran, leurs portables, leurs sodas, leur pop-corn et leurs désirs de zapping qui nous habite tous depuis qu’avec la centaine de chaînes télévision à notre disposition, nous n’avons paradoxalement, plus rien à voir mais trop de choses à regarder. Les femmes sont devenues des accessoires d’un spectacle pas encore interactif. S’asseoir dans une salle obscure est devenu l’affaire de teenagers asexués qui ne veulent voir agir que des héros qui correspondent à leur CSP.

Alors faire faire de jolies choses à de jolies femmes ? La formule date d’un temps révolu et se révèle bien incomplète, d’autant qu’en consultant nos archives nous nous apercevons qu’au final, le 7° art n’a mis en scène que deux héroïnes pérennes : Jeanne d’Arc et Emmanuelle ! Oui, la sainte et la débauchée tiennent le haut de l’affiche et tant pis pour les autres ! Si entre deux expériences sur le radium, Marie Curie avait ouvert une échoppe de massage thaïlandais rue de l’Estrapade, Netflix lui aurait consacré une série ! Mais ces deux figures de proue sont-elles les deux faces de la même médaille, le pur produit des phantasmes d’un mâle qui selon le proverbe napolitain veut coucher avec une putain et s’éveiller avec une sainte ? Je ne sais.

Ce dont je suis certain c’est que Lydie Catalano n’est assurément pas destinée à devenir une figure angélique, car elle est bien vivante et surement pas sage comme une image ! En plus elle fait de vilaines choses comme récupérer les codes sociaux en vigueur et les écraser à coups d’I.A jusqu’à ce que mort s’en suive. Pourquoi tant de haine ? La bougresse (qu’elle me pardonne cette clause de style) aime le cinéma, le vrai, celui qui émeut, transporte, nous fait réfléchir et nous permet (comme la littérature) de vivre d’autres vies que la nôtre. C’est justement cette invitation à vivre d’autres d’existences à laquelle nous convie… Des vies dures et amères, en équilibre instable, des vies de cinéma et de matins blêmes où Casque d'or à la fenêtre de l'immeuble donnant sur la cour de la Santé, voit tomber la tête de son homme. Eh oui ! Lydie Catalano fait de bien vilaines choses, mais elle les fait si joliment, qu’elle nous emporte pour nous fait rêver et réfléchir.

unsual lydie | édition du livre d'exposition

« The greatest trick patriarchy ever pulled was convincing the world she didn’t exist.. »

d'après : Usual Suspect (1995) — Bryan Singer

« The greatest trick the Devil ever pulled was convincing the world he didn’t exist. »

sommaire

préface origine anomalie imdb corpus hors-champ légende dans leurs cadres sur leurs désirs zones d'ombre dans leurs empires super-pouvoirs transcendances oulié.es next episode épilogue à propos dialogue postface annexes spécificités glossaire index rien merci n° d'exemplaire point futur

Lydie

#jesuistous

Contenu disponible uniquement en version imprimée

Lydie Catalano (1983 - ) IArtiste

origine

J’ai rencontré

Lydie Catalano il y a dix ans, pour le business game de rentrée.

Brillante. Intelligente. Drôle. Engagée. Presque révoltée.

Nous avons déchiré le brief.

“J’ai rencontré Lydie il y a dix ans. Brillante. Intelligente.

Drôle.

Engagée.

Presque

révoltée.”

Hors sujet total. Défendu avec précision. Le jury a suivi. Coup de cœur.

Pas pour avoir respecté les règles.

Pour avoir prouvé que notre position tenait debout.

Elle portait déjà des idées fortes.

Un sens aigu de la cohérence. Capable de mener, de convaincre, de faire bouger les lignes.

Le genre de personne qu’on ne perd pas de vue.

Et pourtant, malgré tout ce qu’elle construit, le doute est là.

Pas sur ses idées — jamais. Mais sur sa légitimité.

Diplômes, expertise, parcours en béton, rien n’y fait.

La voix intérieure continue de douter.

Comme si le socle ne suffisait pas à faire taire cette voix : Pas encore. Pas assez. Pas toi.

Elle avance vite, avec précision. Ses idées circulent, transforment. Elle crée des outils qui font sens. Vous les avez certainement déjà utilisés.

à toi, Lydie, mon amie.
par Lucie Braconnier
Lydie Catalano

Mais dès qu’il faut dire « je », elle se cache derrière le « nous ». Pourtant, elle est l’origine.

En réponse, il y a cinq ans, je lui offre un t-shirt.

"Je ne suis pas une imposteuse."

Elle l’a porté, elle l’a gardé, puis nous l’avons oublié.

Jusqu’au moment où cette exposition s’est imposée.

À l’origine, sa quête n’est pas l’œuvre.

Elle veut générer son double numérique. Des images d’elle, pour ses supports pro. Sans shooting. Sans filtre imposé.

Mais la machine qu’elle nourrit, la recrache lissée, galbée, filtrée, photoshopée... Irréelle, ce n’est pas elle.

Alors elle recommence.

Elle précise qu’elle souhaite garder : son nez, ses faussettes, ses lunettes, sa mèche... ses cuisses qui se touchent, ses vergetures, son côté goth.

Message d’erreur : "demande politiquement incorrecte".

Le mal était fait.

MESSAGEDHORREUR

Je suis désolé, mais je ne peux pas générer cette image car elle enfreint nos politiques de contenu. Malheureusement, même avec les modifications apportées, certains éléments spécifiques de la scène posent encore problème. '

Lydie

Une fois n’est pas coutume.

Elle déchire le brief.

Crée ce qui lui manquait.

Elle commence par rendre hommage aux femmes invisibles.

Alors je lui ai posé la question : « Et si c’était toi, l’icône ? »

Contenu disponible uniquement en version imprimée

Un outil qui ne la trahirait pas. Sa base. Ses images. Ses paramètres. Chez elle. À elle.

Elle me montre sa solution. Une révolution. Qui mérite l’exposition.

Contenu disponible uniquement en version imprimée

Le rendu est fort, mais l’intention reste floue. Quelque chose ne sonne pas juste.

Parce qu’à l’origine, le sujet n’était pas elles. C’est elle.

Et cette phrase, nette, brutale :

Je suis une aberration statistique, ça veut dire que je n'existe pas.

Ces images, comment sont-elles générées ?

Notre représentation est la clé. De la liberté. De la réalité.

Nous sommes l’humanité.

Et pour tous les autres. Nous sommes tous.

publicité. Le

La
cinéma.
Ainsi elle devient Dark Vador.
Pour Marina, Kevin, Natasha, Lydie...

Je suis tous.

Lucie Braconnier

my wheel, my dignity | édition du livre d'exposition

«

»

«

d'après : Ladri di biciclette (1948) — Vittorio De Sica

»

Senza la bicicletta non lavoro; senza lavoro, non mangiamo.
Se non sono carina, sparisco dallo schermo.

anomalie

Je m’appelle Lydie Catalano. Je suis une anomalie statistique : trop grosse, trop diplômée, trop singulière pour les récits hégémoniques.

Ce n’est point l’algorithme qui me sort du cadre ; c’est le paradigme qui l’a

Chaque image générée devient une lézarde dans l’édifice du modèle, un antidote visuel rappelant que la normalité n’est qu’un artifice de commodité collective.

façonné ce vieux consensus social qui détermine qui mérite d’accéder au visible, et qui peut s’évanouir dans l’indifférence.

J’ai grandi en périphérie du cadre, cherchant une héroïne qui me ressemble. Mais les reflets culturels me renvoyaient hors-champ : les mêmes physionomies immaculées, les mêmes silhouettes calibrées, les mêmes trajectoires rassurantes occupaient tout l’écran.

Alors j’ai inversé la perspective. Et subverti le dispositif. Non pour m’uniformiser, mais pour recalibrer l’intelligence artificielle sur mes “excès” : mes aspérités, mes dissonances, mes antinomies. Non pour me conformer à l’archétype anticipé, mais pour explorer l’étendue de mes devenirs potentiels si l’on cessait de me rapetisser.

#Jesuistous est né de cette subversion. Chaque image générée devient une lézarde dans l’édifice du modèle, un antidote visuel rappelant que la normalité n’est qu’un artifice de commodité collective.

L’IA n’est guère neutre. Elle perpétue nos hiérarchies implicites de genre, de couleurs, de classe sociale, de morphologie. Elle tamise, rectifie, oblitère car le corps social discipline avant même de représenter. En la détournant, je dévoile l’architecture derrière le simulacre.

l'anomalie comme révélateur.
Lydie Catalano
Lydie Catalano — 21

J’aspire à ce que la périphérie devienne un épicentre alternatif, que l’esthétique cesse d’être un sauf-conduit sociétal, que le spectateur s’abandonne au doute, à la dérive intellectuelle, à l’introspection : “Qui se révèle dans cette image ? Pourquoi résonne-t-elle en moi ?”

Ce trouble est le vertige des possibles inexplorés : visages jamais contemplés, forces jusqu’ici méconnues, manières inattendues d’apprivoiser la lumière.

#Jesuistous transcende la simple locution technique. C’est une coalition sociétale, un acte politique, une prolifération d’identités que l’algorithme occulterait conventionnellement.

Nous sommes légion à rejeter les conventions établies. Alors, empare-toi de l’outil. Provoque, détourne, réinvente. Dévoile tes angles morts, affirme tes aspérités, ta fougue, ta douceur.

Reconquiers ta souveraineté là où la norme te réduisait à un simple objet.

Là où l’algorithme proférait sa négation, nous inscrivons #jesuistous.

Là où s’éteignait la clarté, nous la ravivons — dans une synergie collective.

Accueille l’excentricité.

Embrasse la potentialité. L’initiative t'incombe désormais.

me too | édition du livre d'exposition

« I also have good genes »

d'après la campagne Sydney Sweeney (2025) — American Eagle
I have good genes jeans.

IMDb Top 100 Pouvoir? prescripteur et angle mort.

in black | édition du livre d'exposition

« I also have good genes »

»

«

girl
d'après : Men in black (1997) — Barry Sonnenfeld
I have good genes jeans.
Il

existe quantité de palmarès, de listes canoniques et de classements consacrés

au cinéma. Pourtant, rares sont ceux qui possèdent la force d’attraction du Top 100 d’IMDb. Cette liste, forgée en temps réel par des millions de notes d’internautes, exerce un double pouvoir :

Pouvoir de prescription

• Thermomètre du goût mondial : avec plus de 200 millions d’utilisateurs actifs, IMDb constitue un gigantesque baromètre d’opinion. Les films qui y figurent deviennent instantanément des “incontournables”.

• Filtre algorithmique : les plateformes de VOD, les recommandations des moteurs de recherche et les critiques en ligne s’appuient fréquemment sur le score IMDb comme gage de qualité. Être dans le Top 100, c’est garantir sa circulation continue auprès du public, des programmateurs, des enseignants, des journalistes.

• Effet d’autorité : parce que le classement paraît « démocratique », chaque note semblant égale à une autre, son verdict se drape d’une neutralité scientifique. Il se mue en référence quasi scolaire : on regarde ces films « pour sa culture », on les cite dans les discussions, on les montre en ciné-club.

Angle mort structurel

• Profil des votants : si IMDb ne publie pas de statistiques détaillées, les enquêtes externes montrent un biais fort : votants majoritairement masculins, situés en Amérique du Nord ou en Europe, âgés de 18 à 45 ans. La « sagesse des foules » se révèle donc partielle.

• Inertie historique : les films plus anciens, déjà consacrés par la critique masculine du XX ème siècle, partent avec un capital symbolique. Les œuvres récentes réalisées par des femmes ou des personnes racisées peinent à atteindre le nombre de votes requis pour concurrencer les mastodontes.

• Mauvaises herbes du male gaze : appliquer un simple test de Bechdel suffit à l’illustrer : près de la moitié des films classés échouent, et la proportion grimpe si l’on ajoute les indicateurs d’intersectionnalité (diversi-

té raciale, orientation sexuelle, âge, corpulence).

• Mur d’entrée pour les non-anglais : la prédominance de l’anglais dans la plateforme marginalise le cinéma africain, sud-américain ou d’Asie du Sud. Les rares exceptions (Parasite, Seven Samurai) confirment la règle : il faut d’abord être validé par les festivals occidentaux avant de percer sur IMDb.

Pourquoi cette liste ?

• Cartographier le canon populaire : en déconstruisant chaque film, on révèle la matrice culturelle qui façonne l’imaginaire collectif.

• Hacker l’algorithme par l’image : détourner ces icônes via l’IA revient à infiltrer la zone la plus visible du discours cinéphile pour y injecter des corps, des genres et des récits bannis.

• Rendre le biais tangible : juxtaposer données (temps de parole, âge moyen, score Bechdel) et re-visuels LoRA fait apparaître, noir sur blanc, ce que la nostalgie efface : l’invisibilisation systémique de la pluralité.

• Inviter à la ré-appropriation : si même les « 100 meilleurs films de tous les temps » sont perfectibles, alors tout spectateur;rice peut, à son tour, questionner, recoder, proposer d’autres top listes, d’autres images.

En somme, le Top 100 IMDb est à la fois vitrine et loupe : vitrine, parce qu’il exhibe ce que le goût dominant érige en chef-d’œuvre ; loupe, parce qu’il grossit les dissonances, les omissions et les hiérarchies que nous avons choisi de mettre en crise. En partant de ce socle, #jesuistous transforme la liste la plus consensuelle du web en laboratoire critique, où chaque film devient un point de départ pour envisager ce qu’il aurait pu – ou pourrait encore – montrer.

L'anomalie comme corpus Éthique de l'auto-portrait LoRA

L'intelligence artificielle mainstream se nourrit d'un corpus biaisé : des millions d'images qui perpétuent l'hégémonie esthétique, morphologique, genrée. Chaque génération reproduit l'invisibilisation systémique des corps "déviants".

Ma riposte technologique ? Inverser le paradigme par la source.

Depuis 2003, j'archive méthodiquement ma production artistique : autoportraits photographiques, performances, installations, vidéos. Vingt années de création documentant un corps que l'algorithme occulte conventionnellement. Cette sédimentation devient mon arme de reconquête visuelle.

Le processus : ma Stable Bibi, développée en collaboration avec IA Marketing, ingère exclusivement mes propres œuvres. Aucune image extérieure. Aucun emprunt. L'intelligence artificielle apprend de moi, par moi, pour moi. Elle se recalibre sur mes "excès" assumés : corpulence, singularité, aspérités.

L'enjeu éthique : cette approche circonvient toute accusation de deepfake ou d'appropriation culturelle. Je ne vole personne. Je me révèle. L'outil technologique devient extension organique de ma pratique artistique, amplificateur de mes possibles inexplorés.

La subversion : là où l'algorithme généraliste proférait ma négation, ma Stable Bibi inscrit ma prolifération. Chaque image générée constitue une lézarde dans l'édifice normatif. L'anomalie statistique devient matrice générative.

Cette démarche transcende la simple prouesse technique. C'est un acte d'émancipation algorithmique : retourner l'outil de l'invisibilisation pour en faire l'instrument de ma souveraineté visuelle.

L'anomalie n'est subie.plusElle est programmée.

like myself | édition du livre d'exposition

d'après : Fight Club (1999) — David Fincher

1er rôle

Le cinéma forge nos imaginaires par sélection drastique. Il érige des panthéons esthétiques où seules accèdent au statut d'icône les morphologies calibrées, les silhouettes immaculées, les visages conformes aux canons dominants.

"Un filtre social qui détermine qui mérite la centralité narrative, qui peut incarner l'héroïsme, la désirabilité, la transcendance."

Cette hiérarchisation visuelle opère comme un filtre social : elle détermine qui mérite la centralité narrative, qui peut incarner l'héroïsme, la désirabilité, la transcendance.

Les statistiques révèlent l'ampleur de cette discrimination esthétique. Dans le Top 100 IMDb, 95% des héroïnes correspondent aux standards de beauté restrictifs : jeunes, minces, valides, majoritairement blanches. Les femmes de plus de 45 ans représentent moins de 1% des rôles principaux. En 2024, 39 % des rôles importants étaient féminins, avec seulement 16 % des personnages féminins de plus de 40 ans, et seulement 5 % au-delà de 60 ans. Les corps "hors normes" - pourtant 40% de la population réellen'accèdent qu'à 5,9% des premiers plans, ce chiffre chutant drastiquement pour les femmes.

Cette asymétrie révèle l'architecture du "male gaze" : la caméra adopte systématiquement le regard masculin hétéronormé, transformant les personnages féminins en objets de contemplation plutôt qu'en sujets agissants. L'apparence devient critère narratif primordial, reléguant la complexité psychologique au second plan.

Le détournement par l'autoportrait subvertit cette logique excluante. En m'appropriant les costumes d'Indiana Jones, la prestance de Don Corleone ou l'élégance de Gatsby, je démonte l'évidence esthétique de ces archétypes.

pourquoi détourner les icônes par l'autoportrait ? par Lydie Catalano

Mon corps dans leurs rôles révèle l'arbitraire de leurs critères de sélection, l'artificialité de leurs prétendues nécéssités morphologiques.

Cette réappropriation technologique opère un reconditionnement cognitif : elle habitue le regard à d'autres centralités, d'autres légitimités héroïques, d'autres évidences narratives. L'anomalie statistique investit l'épicentre mythologique et y découvre sa vocation à tous les rôles.

Chaque image générée constitue une lézarde dans l'édifice normatif. Par le détournement, j'expose les racines sous la surface, rappelant que la beauté cinématographique n'est qu'un mensonge conventionnel.

Le hors-champ révèle sa souveraineté sur tous les champs.

I like myself | édition du livre d'exposition « C’est quand on nous a tout retiré que le scénario s’ouvre, et qu’on improvise la liberté sur un décor en ruines. »

d'après : Fight Club (1999) — David Fincher « « It's only after we've lost everything that we're free to do anything. »

devenir légende

Test de Bechdel

1. Au moins deux personnages féminins identifiables

2. Elles doivent converser entre elles

3. Leur conversation doit porter sur autre chose qu’un homme

› Mesure la présence et l’indépendance narrative des femmes

Test Mako-Mori

1. Au moins un personnage féminin

2. Elle a son propre arc narratif

3. Cet arc n’est pas seulement au service d’un homme

› Évalue l’autonomie narrative féminine

Test DuVernay

1. Les personnages racisés doivent avoir des rôles significatifs

2. Leur histoire ne doit pas uniquement servir celle de personnages blancs

› Évalue la représentation des personnes racisées

Test Vito-Russo

1. Présence d’un personnage identifiable LGBTQ+

2. Non défini uniquement par orientation / identité

3. Personnage significatif pour l’intrigue

› Évalue la représentation LGBTQ+

Légende

Réussi

Partiel (ambiguité, mixte)

Seuil (réussi limite)

Manqué (échec limite)

Échec

dans leurs cadres

d'après : Les Sept Samuraïs (1954) — Akira Kurosawa

« We can’t take women into battle.

« We can’t win this battle without women. »

» seven blades | édition du livre d'exposition

quand l'anomalie investit les temples du masculin

Lydie Catalano

Contenu disponible uniquement en version imprimée

d'après : Les Sept Samuraïs (1954) — Akira Kurosawa

« We can’t take women into battle.

dans leurs cadres

»

« We can’t win this battle without women.

» seven blades | 30 x 30 cm, épreuve unique.

Kurosawa organise l’espace comme un terrain stratégique : diagonales, travellings et mouvements de foule articulent tactique collective et tensions individuelles. Chaque samouraï, chef, ancien ou novice, occupe une fonction précise dans cette mécanique dramatique. La présence féminine y demeure toutefois réduite : Shino, cantonnée à une romance, reste en marge de l’action. Cette absence prive le film de contrepoints gestuels et émotionnels qui auraient élargi sa palette.

Les Sept Samuraïs (1954)

Score IMDb : 9.0/10

Budget : $6M1

Box-office : $270M1

Test de Bechdel échec (0/3)2

Test Mako-Mori échec

Test DuVernay échec

Test Vito-Russo N/A

Temps de parole F/H 5% F / 95% H3

Âge moyen casting ♀ 28 ans | ♂ 41 ans

1ajusté inflation 2source : wikidata 3estimé

Exposition visible du 5 septembre La galerie est ouverte de 9h à 12h30 puis et sur rendez-vous. Plus d'informations : contact@partage.fr

présence de l'artiste à partir de 18h.

- Lyon 2e Sofitel)

septembre au 3 octobre 2025.

du lundi au vendredi puis de 14h à 19h, rendez-vous.

contact@partage.fr / +33(0)4 78 59 38 74

Lydie Catalano IArtiste

à propos

Lydie Catalano évolue dans le paysage créatif français contemporain à la croisée entre art traditionnel et art numérique augmenté par l'intelligence artificielle. Diplômée des Beaux-Arts, elle développe depuis plus de quinze ans une démarche créative inter-

“à la croisée de l'art traditionnel et de l'art numérique augmenté par l'intelligence artificielle. ”

disciplinaire qui mêle engagement social, innovation technologique et recherche esthétique. Basée à Lyon, cette artiste aux compétences multiples a évolué de l'enseignement artistique vers l'entrepreneuriat technologique, en conservant une approche humaniste de la création.

Formation artistique et fondements créatifs

Lydie Catalano construit ses bases artistiques sur une formation pluridisciplinaire. Dès l'enfance, ses parents garagistes dans les Hautes Alpes, l'initient au piano, à la danse classique et aux arts plastiques. Cette approche multidisciplinaire se prolonge par sa formation à l'École Régionale des Beaux Arts de Valence (aujourd'hui intégrée à l'ESAD Grenoble-Valence), où elle obtient son diplôme des Beaux-Arts.

Son parcours académique témoigne d'une curiosité transversale : elle complète sa formation artistique initiale par un Master en cinéma et science des arts, puis une Licence bi-disciplinaire Lettres et Arts de la scène à l'Université Lyon 2 Lumière, où elle rédige une thèse sur "les enjeux de l'écriture documentaire dans la société contemporaine". Cette recherche annonce son intérêt pour les nouveaux médias et l'engagement social à travers l'art.

En 2010-2011, elle poursuit à l'Université Saint-Étienne Jean Monnet avec un Master II qui la mène à réaliser une installation vidéo autour du thème "je est

Lydie Catalano, artiste de la transition numérique. le parcours de
Lydie Catalano —

un autre", questionnement identitaire qui traverse son œuvre. Elle complète sa formation par un Master en management d'entreprise (IFAG Lyon, 2015-2016) et un Master of Science en stratégie digitale, anticipant son évolution entrepreneuriale.

Enseignement et premiers projets artistiques

Pendant huit années cruciales dans l'Éducation Nationale (2005-2015), Lydie Catalano exerce comme professeure d'arts plastiques et d'histoire des arts, développant une pédagogie innovante qui mêle déjà arts traditionnels et nouvelles technologies. Cette expérience forge sa philosophie créative : "écouter et rendre visible ceux qu'on n'entend pas", qui deviendra le fil rouge de toute sa démarche artistique.

Parallèlement à son enseignement, elle lance sa carrière de création avec Contrepoint Production (2008-2015), où elle développe ses premiers projets artistiques ambitieux. Le documentaire "Mur Mur", soutenu par la Région Rhône-Alpes, l'occupe pendant sept années et révèle son intérêt pour le documentaire social axé sur la santé mentale.

Transmédia : "Red Point" et l'innovation narrative

La web-série "Red Point" (2015-2017) marque un tournant majeur dans l'évolution artistique de Lydie Catalano. Cette œuvre participative et interactive, d'inspiration manga avec une esthétique "so 80" assumée, révèle sa capacité à créer des écosystèmes narratifs complexes mêlant différents médiums. Sélectionnée au Festival des Scénaristes de Valence et au festival "Scénario au Long Court", "Red Point" illustre son approche pionnière du transmedia storytelling.

Le projet, qui comprend trois épisodes réalisés avant l'arrêt faute de financement, se double d'un environnement collaboratif avec critiques de manga et d'un site dédié (red-point.fr) qui témoigne de sa vision globale de l'art numérique. Cette approche collaborative anticipera sa future méthodologie de co-création augmentée par l'IA.

Style artistique et influences créatives

Le style de Lydie Catalano se caractérise par une esthétique de l'hybridation qui refuse les catégorisations traditionnelles. Influencée par la culture japonaise - notamment l'esthétique manga et l'approche conceptuelle nippone - elle développe une méthodologie

artistique transmédiatique qui interroge les frontières entre réel et imaginaire.

Sa démarche conceptuelle s'articule autour de plusieurs axes fondamentaux : l'engagement social (donner la parole aux invisibilisés), l'exploration identitaire (questionnement des identités hybrides), et la cohabitation technologique (humanité et machine comme partenaires créatifs plutôt qu'antagonistes).

Cette philosophie se résume dans sa citation: "Ce n'est point l'algorithme qui me sort du cadre ; c'est le paradigme qui l'a façonné".

Techniques, médiums : de l'analogique au génératif L'évolution technique de Lydie Catalano trace une courbe de l'art traditionnel vers les technologies les plus avancées. Formée aux arts plastiques classiques (peinture, pastels, fusain), elle maîtrise rapidement la photographie et le photojournalisme avant d'explorer le cinéma documentaire et la réalisation de web-séries interactives.

Sa révolution créative s'opère avec l'intégration de l'intelligence artificielle générative, notamment Stable Diffusion, qu'elle utilise pour créer ses "AI Illustrations". Elle développe une approche qui questionne les biais algorithmiques et révèle les normes esthétiques imposées par les modèles d'IA. Sa "méthodologie hybride" vise à déconstruire les représentations standardisées de la femme et à explorer des identités visuelles alternatives.

Avec son équipe, elle développe une expertise permettant de subvertir les systèmes de représentation conventionnels, transformant la conception de l'œuvre d'art et questionnant les codes visuels dominants dans la représentation féminine. Cette démarche prépare directement son exposition "#jesuistous", manifeste visuel contre l'uniformisation des corps et des identités.

Reconnaissance et collaborations artistiques Bien que son parcours artistique évite les circuits traditionnels des galeries et des expositions classiques, Lydie Catalano obtient une reconnaissance institutionnelle notable. Ses projets sont soutenus par la Région Rhône-Alpes, sélectionnés dans des festivals spécialisés, et font l'objet d'articles dans des publications comme LDigital.org, OUR(S) magazine, Lyon

Ses collaborations s'articulent autour de partenariats institutionnels innovants : elle travaille avec le Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, développe des projets avec des équipes pluridisciplinaires et co-fonde IA Marketing et IA Medical, démontrant sa capacité à créer des ponts entre art, science et innovation sociale.

L'art génératif contemporain et l'avenir créatif Depuis 2020, Lydie Catalano incarne une nouvelle génération d'artistes "post-numériques" qui intègrent l'IA dans une réflexion esthétique et éthique globale.

Ses "AI Illustrations" créées avec Stable Diffusion explorent une esthétique de l'"authenticité brute de l'art numérique" qui assume les imperfections comme signature artistique.

Son travail actuel questionne l'identité visuelle augmentée ("Which movie do you see behind this face?") et développe ce qu'elle nomme l'"art augmenté par l'IA". Cette approche ne se contente pas d'utiliser les technologies comme outils mais les intègre dans une démarche artistique cohérente qui interroge les mutations contemporaines de la création.

Une pionnière de l'art hybride

Lydie Catalano représente un modèle artistique émer gent qui anticipe les transformations du champ créatif contemporain. Son parcours illustre parfaitement la capacité d'adaptation et d'innovation nécessaire aux artistes du XXIe siècle, capable de naviguer entre formation classique et technologies de pointe tout en conservant une éthique créative forte.

Son approche holistique mêlant art, technologie, engagement social et recherche scientifique en fait une figure emblématique de l'art français contempo rain dans sa dimension technologique et participative. Elle incarne cette nouvelle génération d'artistes qui ne se contentent pas de créer des œuvres mais dével oppent des écosystèmes créatifs complets, utilisant l'art comme vecteur d'inclusion, d'innovation et de dialogue social.

à suivre...

dialogue avec Walter Benjamin

Quatre-vingt-dix ans après "L'œuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique", la prophétie de Walter Benjamin trouve son accomplissement dans une station de génération d'images installée dans un salon lyonnais. Entre mes mains d'artiste formée aux Beaux-Arts, nourrie de vingt années de photographie argentique, l'intelligence artificielle open source devient ce que Benjamin imaginait sans pouvoir le nommer : un appareil technique véritablement émancipé.

Ce dialogue imaginaire avec le philosophe allemand révèle combien sa grille de lecture de 1936 éclaire nos débats contemporains sur l'art génératif. Là où les plateformes commerciales maintiennent l'utilisateur dans une dépendance mystifiante, ma démarche open source réalise l'utopie benjaminienne : m'approprier intégralement les moyens de production esthétique pour transformer la machine en extension de ma vision artistique.

Lydie Catalano : L'IA générative d’images, ça vous dit quoi ?

Walter Benjamin : Voilà bien l'accomplissement de ce que j'annonçais ! En 1936, j'écrivais déjà que l'art contemporain sera d'autant plus efficace qu'il s'orientera en fonction de sa reproductibilité. Or l'IA générative pousse cette logique à son terme : elle réalise la génération infinie d'images à partir de l'ensemble, je dis bien l'ensemble, de la culture visuelle humaine accumulée.

Lydie Catalano : Et l'open source ?

Walter Benjamin : Ah ! C'est là que réside la véritable émancipation technique ! Voyezvous, ces plateformes commerciales reconduisent sous une forme nouvelle ce que j'appelais la "valeur cultuelle", l'algorithme y demeure mystifié, ritualisé, inaccessible. L'open source permet, enfin et j'insiste sur ce "enfin", l'appropriation effective de l'appareil de production par l'artiste-producteur.

Lydie Catalano : Je viens de la photo argentique - vingt années de chambre noire, développement, tirage manuel. Cette formation change-t-elle ma façon d'appréhender l'IA générative ?

Walter Benjamin : Mais naturellement ! Cette formation vous a initiée et le terme n'est pas trop fort, à ce que j'appelais "l'inconscient optique". Cette révélation de structures visuelles qui demeurent imperceptibles à l'œil nu. Or cette maîtrise intime des temps d'exposition, des contrastes, de toute cette chimie du révélateur, vous immunise contre la mystification de l'algorithme qui frappe tant d'autres.

Lydie Catalano : Concrètement, j'ai développé ma propre station de génération avec des modèles open source que je fine-tune grâce à la méthode LoRA. Je peux intégrer mes productions visuelles, mes "excès" comme je les appelle, dans l'algorithme lui-même...

Walter Benjamin : Mais c'est tout à fait remarquable ! Vous opérez là une véritable transposition et j'emploie ce terme dans son sens le plus technique, de votre connaissance de l'ère chimico-mécanique vers l'ère algorithmique. Cette continuité révèle que l'essence même de l'art photographique ne résidait jamais dans le support argentique en tant que tel, mais bien dans cette dialectique entre intention artistique et médiation technique pleinement assumée.

Lydie Catalano : Quand je fine-tune un modèle avec mes données, sur la station Stable Bibi qui est mon outil, je retrouve exactement la logique de la chambre noire. Je dois choisir le bon modèle, ajuster les paramètres, contrôler la "cuisson" de l'entraînement, doser l'influence de chaque mot sur le résultat final...

Walter Benjamin : Voilà qui accomplit ce que la photographie n'avait fait qu'ébaucher : la personnalisation véritable de l'appareil technique ! Votre Stable Bibi, permettez-moi d'emprunter votre terminologie, devient en quelque sorte des "filtres subjectifs" qui réinjectent votre singularité propre dans le processus génératif. C'est bien là la synthèse dialectique que j'appelais de mes vœux : reproductibilité technique et expression individuelle enfin réconciliées.

Celles dont on ne doit pas prononcer le nom.

J’ai failli exploser la vitre de mon téléphone avec mon crâne. Les actrices, les femmes. Il faut les nommer. Comme les hommes.

Ce n’est pas Marlène, c’est Dietrich. Ce n’est pas Greta, c’est Garbo. Ce n’est pas Ingrid, c’est Bergman. Pourquoi nomme-t-on les hommes tout en prénommant les femmes ? Il y a quelque chose d’infantilisant, d’invisibilisant. Un prénom ce pas une identité à part entière, on le partage avec d’autres. C’est plus difficile d’identifier quelqu’un en utilisant un prénom.

Quand on dit « Greta », alors oui, Garbo, certainement. Mais il y a aussi Gerwig. Quelle Greta ? Alors que « Garbo » enfin - un nom - ça a le mérite d’être clair et d’inscrire, de graver, de ne laisser aucune place au doute justement. Les femmes ne sont pas interchangeables. À l’inverse, ça ne viendrait à l’esprit de personne d’appeler un homme célèbre par son prénom. C’est un privilège d’homme d’être nommé. Ça ne viendrait à l’esprit de personne que de dire « Tu as vu le dernier film avec Robert ? », pour désigner De Niro. On observe cette tendance notamment en comparant les titres des films biopics : ceux des films qui s’intéressent à des hommes nomment, ceux des femmes prénomment. Personne ne dit Quentin quand il s’agit de Tarantino, on ne dit pas Francis pour Coppola, ni Martin quand il s’agit de Scorsese. Pourtant, Kahlo devient Frida. De Saint-Phalle, Niki. Kennedy, Jackie. Schneider, Maria. Estce que ça part d’une volonté de ramener les femmes au rang de (petites) filles ? Sans noms de toutes façons parce qu’elles portent celui du père puis porteront celui du mari. Parce que le nom, c’est une affaire d’homme. Mais alors est-ce que le prénom - notre prénom - c’est tout ce qu’il nous reste ? Tout ce qui nous appartient vraiment ? À nous ?

Ainsi font, font, font…

Le cinéma parle des femmes, comme un homme. Celles qui fabriquent du cinéma, n’existent pas. Et celles qui ont la chance d’apparaître dans l’œil de la caméra, ne sont que pour les yeux des hommes. Elles n’existent que pour servir le regard masculin. Elles sont, pour leur regard. Mais ne font surtout pas.

Citer ces femmes que l’on voit. Celles qui rentrent dans le cadre. C’est un début. Mais il y a aussi celles qui créent. Les faiseuses d’images. Celles qui font, hors champ. Qui fabriquent, comme les autres. Il nous a fallu un siècle et des Jeux olympiques pour faire découvrir au monde l’existence d’Alice Guy, pionnière du cinéma, première faiseuse d’images.

Et les autres ?

Oui, les autres. Celles qui n’ont ni nom, ni prénom. Les grandes effacées.

Celle qu’on garde dans l’ombre. Elles n’ont ni visage, ni corps. Peut-être sont-elles difformes ?

Ou grosses ? Ou noires ? En tous cas, pas blanches. Vieilles ? Invalides ? Trans ? En tous cas, pas cis. Paraît même qu’il y en a avec des poils. Parait que y’en a même qui cumulent. Et alors celles qui ont plus ? Ou moins ? Celles qui se retrouvent à l’intersection ?

Et celles-là ? Celles qui sont tout à la fois ?

La fée aux choux, Alice GUY (1896)

Madame a des envies, Alice GUY (1907)

Cléo de 5 à 7, Agnès VARDA (1962)

Wanda, Barbara LODEN (1970)

Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles, Chantal AKERMAN (1976)

L’une chante, l’autre pas, Agnès VARDA (1977)

Sans toit ni loi, Agnès VARDA (1985)

Sweetie, Jane CAMPION (1989)

Point Break, Kathryn BIGELOW (1991)

La leçon de piano, Jane CAMPION (1993)

Clueless, Amy HECKERLING (1995)

Bound, Lana WACHOWSKI, Lilly WACHOWSKI (1996)

But I’m a cheerleader, Jamie BABBIT (1999)

Beau travail, Claire DENIS (1999)

Virgin Suicides, Sofia COPPOLA (1999)

Baise-moi, Virginie DESPENTES, Coralie TRINH THI (2000)

Trouble every day, Claire DENIS (2001)

Le lait de la tendresse humaine, Dominique CABRERA (2001)

Frida, Julie TAYMOR (2002)

Thirteen, Catherine HARDWICKE (2003)

WASP, Andrea ARNOLD (2003)

Monster, Patty JENKINS (2003)

Les voici.

Lords of Dogtown, Catherine HARDWICKE (2005)

Little Miss Sunshine, Valerie FARIS, Jonathan DAYTON (2006)

Marie-Antoinette, Sofia COPPOLA (2006)

Red Road, Andrea ARNOLD (2006)

Persepolis, Marjane SATRAPI, Vincent PARONNAUD (2007)

Naissance des pieuvres, Céline SCIAMMA (2007)

Jennifer’s body, Karyn KUSAMA (2009) Fish tank, Andrea ARNOLD (2009)

Winter’s bone, Debra GRANIK (2010)

Girls, Lena DUNHAM (2012)

Zero Dark Thirty, Kathryn BIGELOW (2012)

A girl walks home alone at night, Ana Lily AMIRPOUR (2014)

Bande de filles, Céline SCIAMMA (2014)

The diary of a teenage girl, Marielle HELLER (2015)

Mustang, Deniz Gamze ERGÜVEN (2015)

Grave, Julia DUCOURNEAU (2016)

American Honey, Andrea ARNOLD (2016)

Fleabag, Phoebe WALLER-BRIDGE (2016)

Insecure, Issa RAE (2016)

Victoria, Justine TRIET (2016)

Divines, Houda BENYAMINA (2016)

The Love Witch, Anna BILLER (2016)

The Edge of Seventeen, Kelly FREMON CRAIG (2016)

Workin’ Moms, Catherine REITMAN (2017)

Revenge, Coralie FARGEAT (2017)

Ava, Léa MYSIUS (2017)

Jeune femme, Leonor SERRAILLE (2017)

Lady Bird, Greta GERWIG (2017)

Wonder woman, Patty JENKINS (2017)

Booksmart, Olivia WILDE (2019)

Sibyl, Justine TRIET (2019)

Une fille facile, Rebecca ZLOTOWSKI (2019)

Portrait de la jeune fille en feu, Céline SCIAMMA (2019)

Papicha, Mounia MEDDOUR (2019)

Unbelievable, Lisa CHOLODENKO, Michael DINNER (2019)

I May Destroy You, Michaela COEL, Sam MILLER (2020)

Nomadland, Chloé ZHAO (2020)

Shiva Baby, Emma SELIGMAN (2020)

Antoinette dans les Cévènes, Caroline VIGNAL (2020)

Promising Young Woman, Emerald FENNEL (2020)

Titane, Julia DUCOURNEAU (2021)

Pleasure, Ninja THYBERG (2021)

The lost daughter, Maggie GYLLENHAAL (2021)

L’évènement, Audrey DIWAN (2021)

We are lady parts, Nina MANZOOR (2021)

Bergman Island, Mia HANSEN-LOVE (2021)

Saint Omer, Alice DIOP (2022)

Hatching, Hanna BERGHOLM (2022)

Les Cinq Diables, Léa MYSIUS (2022)

The Eternal Daughter, Joanna HOGG (2022)

After sun, Charlotte WELLS (2022)

Je verrai toujours vos visages, Jeanne HERRY (2023)

Priscilla, Sofia COPPOLA (2023)

Les filles d’Olfa, Kaouther BEN HANIA (2023)

L’amour et les forêts, Valérie DONZELLI (2023)

Anatomie d’une chute, Justine TRIET (2023)

How to have sex, Molly MANNING WALKER (2023)

Barbie, Greta GERWIG (2023)

Bottoms, Emma SELIGMAN (2023)

All we imagine as light, Payal KAPADIA (2024)

The Substance, Coralie FARGEAT (2024)

The ugly stepsister, Emilie Kristine BLICHFELDT (2025)

Promis le ciel, Erige SEHIRI (2025)

Sorry, baby, Eva VICTOR (2025)

La petite dernière, Hafsia HERZI (2025)

Lisa Chevret

annexes

Phase 1 – Collecte brute

Je remplis le dossier « Fond photographique » : une cinquantaine de mes portraits photographiques sans retouche, profils, contre-plongées, grimaces, cicatrices incluses.

Chaque photo reçoit une description qui correspond à mon intention

A subdued, studio-lit scene captures Lydie seated in a sleek black chair, positioned in front of a neutral grey backdrop. Lydie wears a delicate black lace blouse and deep burgundy leather pants. Her hair is tied back, and she focuses intently on writing or sketching in a large notebook resting on her lap. The lighting is soft yet directional, highlighting the textures of her clothing and the contours of her arms. In the foreground, a man with silvery hair and glasses operates a professional camera, partly visible and slightly out of focus, evoking a behind-the-scenes documentary atmosphere. Prominently displayed is an external monitor showing a duplicate view of the subject from above, amplifying the sense of a live production or interview setup. The overall mood is introspective and professional, blending artistic sensitivity with technical precision.

Technical details: composition is balanced; depth of field is shallow with a crisp focus on the seated figure and note-

Phase 3 – Entraînement LoRA

process

Le GPU mouline et Stable Bibi apprend mes traits pendant plusieurs heures

Phase 4 – Ajustements itératifs

Premières générations : yeux flous ? On augmente le nombre d’epochs. Peau trop plastique ? On baisse le lissage. C’est du couture : on resserre, on découd, on recoud jusqu’au tombé parfait.

Pourquoi c’est inclusif ?

• Corpus consentant : uniquement mes photos → zéro deepfake.

• Open-source : n’importe qui, avec un PC gamer, peut forker le tuto.

• Paramètres publics : la recette circule, l’aura se partage.

À toi de jouer : charge tes clichés, lance le script, et montre-nous la version de toi qui manquait à l’écran.

glossaire par ordre alphabétique

1. Acte politique

• Geste qui dépasse l’esthétique pour questionner les rapports de pouvoir, redistribuer la visibilité et revendiquer une place dans l’espace public.

2. Algorithme

• Suite d’instructions logiques permettant à une IA de produire un résultat. Loin d’être neutre, il prolonge les biais de celles et ceux qui l’ont entraîné.

3. Appropriation (artistique)

• Fait de s’emparer de codes, d’images ou de symboles pré-existants pour en détourner le sens et révéler leur charge idéologique.

4. Archétype

• Modèle narratif ou visuel récurrent (le héros, la muse, la mère, etc.) qui sert de moule à l’écriture des personnages.

5. Autoportrait subversif

• Usage de son propre corps ou visage pour infiltrer et détourner les mythes visuels dominants, par exemple en endossant les habits d’Indiana Jones ou de Don Corleone .

6. Bechdel (test de)

• Indicateur minimaliste : un film passe le test s’il montre au moins deux femmes nommées parlant ensemble d’autre chose qu’un homme.

7. Blockbuster

• Film à gros budget visant un public de masse, appuyé sur une stratégie marketing lourde et une diffusion planétaire.

8. Body positivity

• Mouvement prônant l’acceptation et la valorisation de tous les corps, indépendamment de leur conformité aux normes esthétiques.

9. Canon de beauté

• Ensemble de critères (jeunesse, minceur, peau lisse…) considérés comme la référence sociale d’attractivité.

10. Centralité narrative

• Position d’un personnage dans l’intrigue qui lui confère le pouvoir d’agir, d’évoluer et d’affecter l’histoire. Le cinéma filtre qui peut y accéder .

11. Champ / contre-champ

• Dispositif de montage qui alterne le point de vue d’un personnage (champ) avec celui de son interlocuteur (contre-champ), créant l’illusion d’une conversation continue.

12. Corps « hors normes »

• Morphologies minorées par la culture visuelle dominante. Elles représentent 40 % de la population mais moins de 6 % des premiers plans au cinéma .

13. Dataset (jeu de données)

• Ensemble structuré d’images, de textes ou d’audios servant à entraîner un modèle d’IA. Sa composition détermine en grande partie les biais du résultat.

14. Deepfake / GAN

• Deepfake : vidéo truquée par IA où un visage est superposé à un autre de façon réaliste.

• GAN (Generative Adversarial Network) : architecture d’IA reposant sur deux réseaux neuraux en compétition (générateur vs. discriminateur) pour créer des images réalistes.

15. Épistémologie située dépend du point de vue de celui ou celle qui l’énonce ; donc l’objectivité absolue n’existe pas.

16. Female gaze

• Contre-champ au male gaze : regard cinémato-

graphique centré sur l’expérience, le désir et la subjectivité féminines.

17. Hors-champ

• Partie de l’espace filmique non montrée mais suggérée. Lydie Catalano y a grandi symboliquement avant d’inverser la perspective.

18. Hyper-sexualisation

• Tendance à présenter les femmes surtout via des attributs érotiques, réduisant leur complexité narrative.

19. IA (Intelligence Artificielle)

• Systèmes capables de générer images, textes ou sons. Ils reproduisent les hiérarchies implicites de genre, de race ou de classe.

20. Intersectionnalité

• Concept expliquant que les discriminations se croisent (sexe, race, classe, validité, orientation, etc.) et ne peuvent être comprises isolément.

21. #jesuistous

• Manifeste de Lydie Catalano invitant à la coalition et à la réappropriation d’outils technologiques et culturels pour faire exister des identités multiples et contrariantes.

22. Lézarde (dans le modèle)

• Image ou geste artistique qui fissure la façade des normes en révélant leur caractère construit.

23. Male gaze

• « Regard masculin » décrit par Laura Mulvey : point de vue hétéro-centré qui objectifie les femmes à l’écran .

24. Montage

• Cut : passage net d’un plan à l’autre.

• Fondu (enchaîné ou au noir) : transition progressive créant un effet de continuité ou de conclusion.

• Jump-cut : saut brusque dans le temps ou l’espace à l’intérieur d’un même plan, souvent perçu comme une « rupture » volontaire.

25. Panthéon esthétique

• Ensemble d’icônes jugées dignes d’être célébrées ; au cinéma, il exclut la plupart des corps non conformes .

26. Paradigme

• Cadre global de pensées, valeurs et récits qui façonnent notre perception de la normalité.

27. Périphérie (du cadre)

• Zones sociales ou symboliques éloignées du centre de représentation, où sont reléguées les identités non conformes.

28. Plan américain / plan d’ensemble

• Plan américain : cadrage coupant le personnage à mi-cuisse, popularisé par le western.

• Plan d’ensemble : montre le décor et les personnages en pied, plaçant l’action dans son environnement global.

29. Prompt (en IA générative)

• Instruction textuelle (ou visuelle) fournie à un modèle pour orienter la génération d’une image, d’un texte ou d’un son. Un prompt précis agit comme une « recette » influençant style, sujet et esthétique.

30. Représentation

• Manière de donner à voir un groupe, un corps ou une idée. Elle forge l’imaginable collectif.

31. Subversion

• Processus de renversement critique : retourner les codes pour exposer leur arbitraire et dévoiler des possibles.

32. Syndrome de la Schtroumpfette (Smurfette)

• Situation où une seule femme figure dans un groupe masculin, cantonnée à une fonction décorative ou sentimentalement assignée.

33. Top 100 IMDb

• Classement « populaire » de films dominé par des œuvres masculines ; 95 % des héroïnes qui y figurent répondent aux canons de beauté restrictifs .

34. Travelling / panoramique

• Travelling : caméra se déplace physiquement (avant, arrière, latéral) pour suivre ou précéder un sujet.

• Panoramique : caméra pivote sur son axe (horizontalement ou verticalement) sans avancer, balayant l’espace.

35. Visibilité (accès à la)

• Droit ou possibilité pour une identité d’apparaître dans l’espace médiatique avec complexité et dignité.

A

Acte politique 5, 17, 102

Algorithme

biais 6-7, 60-63

détournement par l’art 18-22

Alice Guy-Blaché 42-43, 215

Anomalie statistique (L Catalano) 4, 24, 142

Appropriation artistique 28, 95

B

Bechdel, test de 71, 150 , 174

Bigelow, Kathryn 138

Blockbuster 122-123, 175

Body positivity 80-83, 210

C

Canon de beauté 55-57, 118 , 202

Centralité narrative 65, 144 Champ / contre-champ 162-163

Cinéma

histoire des pionnières 40-48 male gaze (voir Male gaze)

Corps « hors normes » 26, 52-53, 164, 201

D

Dataset

61-62, 188

Deepfake / GAN 6, 172, 186-189

DuVernay, Ava 139, 216

E

Épistémologie située 90, 153

F

Female gaze 92-93, 155 Fonds de soutien (parité) 136-137

G

GAN (voir Deepfake / GAN)

Gerwig, Greta 141 Glossaire (repères) 235-240

H

Hors-champ 12, 100, 173

Hubert Chardot, réalisateur de haute voltige, scénariste de fou, on vous adore merci ! 9

Hyper-sexualisation 57, 120

I

IA (Intelligence artificielle) apprentissage LoRA de L Catalano 30-33 représentation biaisée 59-63

Intersectionnalité 97, 151-152

J

Je suis tous (manifeste)

L

Lisa Chevret, assistante réalisatrice de génie, aussi la sœur de la galeriste 161, 163

Lucie Braconnier, la galeriste, l'amie, la sœur, le cadre, in the sky with diamonds 12

Lydie Catalano, si vous n'avez pas saisi, on ne peut plus vous aider partout Lézarde dans le modèle 25, 104

Lois Weber

S

V

Visibilité

Z

Zhao, Chloé

Ce

rien

Crédits techniques et remerciements

Ce projet n’existerait pas sans les architectes invisibles qui ont codé, optimisé, affiné chaque entraînement derrière l’image.

L’équipe IA Marketing, Jérémy Marjollet, Antoine Maitre, Eldric Guenif et Alexandre Catalano m’accompagnent pour donner corps à ce projet. Ils ont nourri la partie technique du rêve, défié les modèles, reconfiguré les pipelines, pour rendre possible chaque auto-portrait généré. Sans eux, #JE SUIS TOUS serait resté une idée suspendue dans le vide, ils lui ont offert la matière, la forme, la persistance. Merci pour les nuits blanches, les failles comblées, les doutes partagés et la joie de voir un rêve prendre pixels et papier.

Un merci particulier à Lucie, première spectatrice et déclencheuse. Il y a dix ans, elle m’a poussée à « déchirer le brief » ; il y a cinq ans, elle m’a tendu ce t-shirt : « Je ne suis pas une imposteuse ». Sa confiance, son regard exigeant, sa plume engagée ont tenu le miroir quand je perdais pied. Sans elle, pas d’expo, pas de livre : son « nous » a fait surgir le « je ».

Finalement, #JE SUIS TOUS, c’est surtout #NOUS SOMMES TOUS : des profils différents qui œuvrent ensemble pour changer le monde, doute après doute, affirmation après affirmation, pixel après pixel.

Merci à toutes et tous pour la lumière partagée, et la force du collectif.

à suivre.

Lydie Catalano #jesuistous

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#jesuistous

Lydie Catalano © Adagp, Paris 2025

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