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>>Le bio, c’est un projet de société, >> pas seulement un marché SERGE PAPIN, PDG DU SYSTÈME COOPÉRATIF "SYSTÈME U"

Le bio s'est fait une place chez vous depuis quand ? Depuis dix ans environ. Nos parts de marché augmentent d’année en année. Nous sommes à 15 %.

à faire. Chez U, on a pris des engagements très forts, par exemple pour supprimer les perturbateurs endocriniens.

Est-ce que ça va encore grandir ? Oui. Pour ça, il faut continuer à donner du sens au bio. Proposer de la tomate bio en hiver par exemple, ça n’a pas de sens.

Est-ce qu'un jour, on peut imaginer que tout sera bio dans vos magasins ? Est-ce que c'est un rêve, une utopie, ou réaliste à moyen/long terme ? Nicolas Hulot a dit récemment que tout pourrait être bio. Je suis assez d’accord avec ça. C’est possible. Prenez l’arboriculture : on dit que c’est compliqué d’être en bio. Mais c’est possible, à condition d’opter pour des variétés plus résistantes. Il faut revenir à des variétés plus robustes, moins fragiles. Même chose pour les céréales : on peut parfaitement revenir à des semences plus anciennes, je pense à l’épeautre.

Le bio, c'est un truc de bobo, une niche, ou c'est un peu plus que ça, un mouvement de fond ? C’est terminé, ce n’est plus une niche pour les bobos. Aujourd’hui, l’alimentation est associée à la santé, à l’environnement, aux revenus des producteurs. L’alimentation, c’est du bien-être général. Le bio, c’est un projet de société, pas seulement un marché. Pendant longtemps, dans le budget des ménages, l'alimentaire a été, trop souvent, considéré comme une variable d'ajustement : est-ce que c'est fini ? Si j’osais, je dirais qu’il faut moins téléphoner et manger mieux. Manger mieux, c’est manger moins. On peut manger bien, pas forcément tout en bio, pour pas cher.

© i-Stock

Est-ce que c'est une bonne chose pour la santé, donc pour la Sécu ? Ce que nous consommons agit directement sur notre santé. Ce sont les médecins qui le disent. Un exemple : on sait que 80 % des problèmes de diabète viennent d’une surconsommation de sucre. On peut donc agir. Nous avons des maladies de civilisation qui tiennent aussi à nos modes de consommation. Est-ce que la grande distribution a une responsabilité citoyenne ? Bien sûr. La grande distribution doit prendre des responsabilités nouvelles. Nous avons de la pédagogie

Et les labels ? Ils sont importants ? Le logo AB est important et rassurant, c’est une sorte de contrat de confiance pour le consommateur. Quels sont les produits alimentaires bio que vous aimeriez pouvoir proposer à vos clients et que vous ne proposez pas encore ? Est-ce qu'il y a d'autres produits, non-bio, que vous aimeriez proposer ? On a beaucoup de choses en bio. Aujourd’hui, un consommateur qui vient dans nos magasins, et qui veut tout acheter en bio, il peut quasiment le faire. Est-ce que le bio est assez généralisé ? Non, c’est insuffisant. Il n’y a pas assez de bio dans les restaurants par exemple. Est-ce que les prix du bio vont mécaniquement baisser ? Non, les prix, sur certains produits, vont rester encore relativement élevés.

2018/ numéro 5 /J’OSE en Vendée

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J'OSE EN VENDEE - N°5  

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