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QUESTION

DE DÉVELOPPEMENT

lopper la valorisation organique. Les villes de Lomé et d’Antananarivo font l’objet d’expériences qui demeurent à un stade pilote, mais commencent à être prises en compte par les services municipaux. À Lima et Bogotá, la réflexion publique sur les déchets organiques débute tout juste.

valorisables en crédits carbone), et (ii) l’impact social lié à la création d’emplois pour une frange de la population généralement démunie. Les unités de compostage offrent en effet un nombre plus important d’emplois que les centres d’enfouissement.

Contrairement aux principaux matériaux recyclables pour lesquels un marché commercial s’est constitué, les ventes de compost peinent à se développer, notamment à cause de la concurrence des engrais chimiques subventionnés et des résidus d’élevage disponibles en milieu rural. Le prix de vente doit être très bas, ce qui ne permet pas de couvrir le coût de l’opération de compostage. Le soutien financier des communes s’avère donc incontournable et il peut se justifier par les "coûts évités" pour la commune. Deux types de coûts évités peuvent être pris en considération, à savoir (i) les économies générées par l’absence de collecte et de transport, et (ii) les économies générées par l’absence d’enfouissement (fonctionnement et amortissement du centre de stockage).

Conclusion

Les calculs réalisés dans le cadre du Programme ORVA2D à Lomé permettent de démontrer qu’à partir de 5 000 tonnes traitées par an, les économies induites pour le budget municipal sont supérieures au déficit de la plateforme de compostage. Avec l’augmentation des quantités traitées, une mécanisation est possible sur certaines étapes du processus pour réduire le coût de revient du compostage ainsi que le déficit à couvrir. À ces coûts évités, s’ajoutent deux autres externalités positives du compostage : (i) la réduction des gaz à effet de serre (GES) émis par les déchets organiques lorsqu’ils sont compostés au lieu d’être enfouis (éventuellement

Le coût de la gestion des déchets tend à augmenter dans l’ensemble des pays parce que, d’une part, les volumes augmentent, et d’autre part, les décharges sauvages sont progressivement remplacées par des centres d’enfouissement techniques (CET). Ce coût financier nouveau de l’enfouissement, couplé à la difficulté de trouver un site disponible en milieu urbain lorsqu’une décharge arrive à saturation, conduit à reconsidérer le bilan des filières de valorisation des déchets. Dans la mesure où une filière de recyclage ou de compostage permet d’épargner des coûts de transport et d’enfouissement, doit-elle nécessairement être rentable ? Existe-t-il des mécanismes financiers capables de pallier ce manque d’équilibre budgétaire ? Dans l’ouvrage collectif qu’il a consacré aux nouveaux modèles de gestion des ressources en milieu urbain, Lorrain compare les coûts évités aux coûts d’amortissement qui ont été progressivement introduits dans les finances publiques locales au 19e siècle et ont permis, au terme de quelques décennies, de mettre en place un modèle technico-économique de services publics locaux opérant et pérenne (Lorrain et al., 2018). Le raisonnement par les "coûts évités" apparaît comme une nouvelle façon d’envisager le coût de la gestion des déchets, permettant de reconsidérer le bilan financier des filières de valorisation.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ADEME (2017), Référentiel national du coût du service public de prévention et de gestion des déchets ménagers et assimilés, ADEME.. LORRAIN D., C. HALPERN et C. CHEVAUCHÉ (eds) (2018), Villes sobres. Nouveaux modèles de gestion des ressources, SciencesPo Les Presses, Paris, 360p. UNICEF (2016), Clear the Air for Children, 96p. WILSON D.C., L. RODIĆ, P. MODAK. (2015), Global Waste Management Outlook, UNEP.

QUESTION DE DÉVELOPPEMENT est une publication de la direction exécutive Innovation, recherche et savoirs (IRS) de l’AFD qui présente les synthèses des études, évaluations et recherches initiées ou soutenues par l’AFD. Cette série a pour objectif de résumer le questionnement, la démarche, les enseignements et les perspectives de l’étude présentée. Elle vise à ouvrir de nouvelles pistes d’action et de réflexions. Les analyses et conclusions de ce document sont formulées sous la responsabilité de ses auteurs. Elles ne reflètent pas nécessairement le point de vue de l’AFD ou de ses institutions partenaires • Directeur de la publication : Rémy RIOUX • Directeur de la rédaction : Gaël GIRAUD. Agence française de développement : 5, rue Roland Barthes - 75598 Paris Cedex 12 • Dépôt légal : Août 2018 • ISSN 2271-7404 • Conception : • Réalisation : Eric THAUVIN

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Les déchets, combien ça coûte ?  

L’Agence française de développement (AFD) a piloté, avec Le Mans Université, l’association Gevalor, Urbananalyse et ALBWaste, le programme d...

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