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Jeudi 27 juin 2013 - N째 2000 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Prix : 0,80 euro


actualité Conférence sociale

Libertés syndicales

Tout ça pour… ça ! 

Sanction inadmissible !

Sous l’oeil de Bruxelles et du Medef Le gouvernement n’imaginant pas une autre politique économique que celle où il s’obstine, la deuxième conférence sociale n’accouche que de quelques «pistes» dont le flou ne va rien régler des préoccupations prioritaires de la population (emploi, salaires, pouvoir d’achat). Et surtout ne troubleront pas le Conseil européen des chefs d’Etat des 27 et 28 juin. Emploi Le premier ministre promet une « réflexion commune entre l’Etat, les régions et les partenaires sociaux » au premier trimestre 2014 sur les « métiers d’avenir » avec un « réseau d’observation et de prospective des emplois et des compétences ». 30 000 emplois d’avenir ont été créés, 100 000 sont espérés d’ici fin 2013. Pour le contrat de génération, Jean-Marc Ayrault demande aux branches professionnelles d’« accélérer les négociations ». Dès le mois de juillet, Michel Sapin, le ministre de l’Emploi, devra proposer un « plan de formations prioritaires pour l’emploi » avec l’objectif de « l’entrée supplémentaire en formation de plus de 30 000 demandeurs d’emploi ». Quant à l’emploi «industriel», le mot est semble-t-il devenu tabou. Formation professionnelle Jean-Marc Ayrault promet une « belle et ambitieuse réforme de la formation professionnelle et de l’alternance » pour « mieux orienter la formation professionnelle vers ceux qui en ont le plus besoin (demandeurs d’emploi, jeunes, salariés confrontés aux mutations économiques) » et « faire de la formation un levier de compétitivité pour l’ensemble des entreprises ».

Aides publiques aux entreprises Pas un mot, sinon « un comité national de suivi » du crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) qui devrait être constitué très prochainement… Stages Pour les jeunes, le premier ministre promet une « initiative législative après concertation » avec « une adoption d’ici à la fin de l’année ». Salaires Ayant obéi au Medef qui a imposé son refus de traiter du sujet lors de la conférence sociale (!), Jean-Marc Ayrault promet d’installer un « observatoire des rémunérations ». Europe Après que l’Elysée a cherché, sans succès, pendant deux jours d’arracher aux syndicats et au patronat une signature commune sous un texte de soutien aux positions de la France dans l’Union européenne, Jean-Marc Ayrault se félicite d’une position « unanime » sur la directive détachement qui va « renforcer » la position du pays dans les négociations. Il appelle également à « lutter contre le dumping social ». Protection sociale et retraites Sur ces sujets, en revanche, le gouvernement compte apparemment foncer. Sur les retraites « nous avons des décisions courageuses à prendre, lance le premier ministre. Si nous les prenons, nous pouvons grâce au dynamisme démographique de notre pays, assurer la pérennité de notre régime par répartition et restaurer la confiance des Français, en particulier des jeunes. » Dès le 4 juillet, des rencontres bilatérales auront

lieu entre le gouvernement et chacune des organisations, syndicales et patronales. Selon Ayrault, le gouvernement prendra ses décisions en septembre « en responsabilité ». Sur la protection sociale qui, pour les libéraux, doit permettre d’imaginer un transfert des cotisations sociales vers la CSG et de la TVA , le premier ministre « reste ouvert », ce qui ne manquera pas de ravir le patronat… Services publics L’agenda fixé sera respecté en abordant les questions des « conditions de travail » et de « formation ». Rien sur les salaries des fonctionnaires, ni sur les effectifs. Représentativité et moyens du syndicalisme Alors que plusieurs acteurs, notamment le patronat de l’économie sociale (USGERES), réclame depuis des années une réforme de la représentativité patronale, Jean-Marc Ayrault trouve satisfaisante la position commune du Medef, de l’UPA et de la CGPME, rendue publique à la veille de la conférence sociale. Par ailleurs, Jean-Marc Ayrault demande à Michel Sapin de mettre en place une « concertation pour renforcer les moyens de la démocratie sociale ».

Communiqué des Mutuelles de France

2 • Les Nouvelles 27 juin 2013

Site : http://www.cgt-gironde.org

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Oui, mais ça, c’était « avant » !

Mettre TOUS les revenus à contribution ! une retraite pour les générations futures. Nous rappelons qu’en 2010, l’espérance de vie en bonne santé a diminué en France. Cette seule donnée devrait conduire les adeptes de l’allongement de la durée de cotisation et du recul de l’âge légal à plus de prudence. La Fédération des mutuelles de France appelle le gouvernement à laisser derrière lui les vieilles recettes libérales qui ont montré leur inefficacité, et à faire preuve d’innovation et d’audace. Cette énième réforme des retraites constituera un nouvel échec si elle n’est pas l’occasion de mettre

secretariat@cgt-gironde.org

Lu dans le blog de Carbon-Blanc

Retraites

Les Mutuelles de France s’inquiètent des premières annonces qui ont été faites sur les retraites à l’issue de la conférence sociale. « Alors que la crise économique et sociale frappe chaque jour plus de Français, les pistes de travail esquissées semblent n’aller ni dans le sens de la justice ni celui de l’égalité. Depuis plus de 15 ans, les pouvoirs politiques n’ont eu de cesse de réclamer « des efforts » aux Français afin de préserver notre système de retraite par répartition. Chacune de ces réformes a conduit à une restriction des droits des salariés, sans pour autant assurer

La secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital d’Arcachon s’est exprimée lors d’une réunion du Comité de défense de l’hôpital d’Arcachon, en tant que syndicaliste, pour dénoncer des dysfonctionnements dans le nouvel hôpital privé/public. C’est la raison pour laquelle elle est convoquée à un conseil de discipline le 28 juin, menacée d’une exclusion temporaire de 15 jours pour manquement à son devoir de réserve ! Pour la Cgt, qui a lancé une pétition, cette sanction disciplinaire est inadmissible ! « Cet hôpital PPP (partenariat public/privé), derrière ses belles façades, cache un manque de personnel récurrent mettant en danger les patients. La seule réponse de la direction est de chercher à museler les représentants des organisations syndicales et plus largement le personnel, en attaquant directement une camarade de la CGT pour nous interdire de dénoncer ce que les salariés du service public subissent dans leur travail au quotidien. Belle conception du dialogue social ! » La Cgt, avec de nombreux soutiens, demande l’arrêt immédiat de toute procédure disciplinaire à l’encontre de la syndicaliste et exige le respect de l’activité syndicale. Pétition à retourner à l’UD-CGT 33 Courriel :

en oeuvre une profonde réforme de notre système de protection sociale solidaire, dont font partie les retraites et l’assurance maladie notamment. Seule cette refonte permettrait de mettre à contribution l’ensemble des revenus qui aujourd’hui ne participent pas à la solidarité nationale, augmentant ainsi des recettes à la hauteur des besoins. Les Mutuelles de France appellent les partenaires sociaux à privilégier une réforme de progrès social pour tous les Français plutôt que des mesures court-termistes injustes. »

Durée d'assurance à 166 trimestres : le PS fustige "l'un des régimes de départ en retraite parmi les plus durs d'Europe" Après la publication du décret allongeant la durée de cotisation à 41,5 ans pour une pension à taux plein à partir des générations 1955, le Parti socialiste dénonce "un nouveau coup dur". "En cumulant relèvement de l'âge légal de départ et allongement de la durée des cotisations, le gouvernement impose l'un des régimes de départ en retraite les plus durs d'Europe", estime Marisol Touraine, secrétaire nationale du PS à la santé et à la sécurité sociale. Dans un communiqué, elle "condamne une nouvelle fois cette réforme injuste et inefficace qui fait porter l'essentiel des efforts sur les salariés, ne prend pas en compte la pénibiité des métiers et ne garantit ni le pouvoir d'achat des retraités, ni le financement de notre système par répartition". Dans le cadre de son projet pour les élections présidentielles de 2012, elle souligne également que le PS s'engage "à mettre en oeuvre un système de retraite universel et personnalisé, financé du premier au dernier euro". La gauche a notamment proposé de trouver des ressources nouvelles en taxant les revenus du capital afin de maintenir l'âge légal de départ à 60 ans. C'était en 2011. Sarkozy était au pouvoir. Sa réforme des retraites était injuste, dit Marisol, avec ses 41,5 annuités et le report de l'age de départ. Que dire de la réforme socialiste qui se profile, vers les 42,43 ou 44 annuités, avec la baisse programmée des pensions, l'augmentation des cotisations et toujours pas de financement prélevé sur le capital ? Non François, Non Marisol, ce n'est pas les poches des salariés et des retraités qu'il faut faire, mais les coffres des paradis fiscaux.

www.pcf-fdg-carbonblanc.org

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a c t ua l i t é

Editorial

Assemblée nationale

Le vote républicain

Pendant que les peuples européens souffrent, 1 000 milliards d’euros s’évaporent par pollution capitaliste

« Quand les blés sont sous la grêle Fou qui fait le délicat Fou qui songe à ses querelles Au coeur du commun combat » Ces mots d’Aragon résument et illustrent pour moi le sens du vote républicain. Il ne s’agit pas de choisir, ça c’est le premier tour. Il ne s’agit pas d’attendre quoi que ce soit de celui ou celle pour qui l’on va voter, on n’en est plus là. Il s’agit d’empêcher que la haine, la peur, et le repli sur soi rentrent à l’assemblée ou dans toute institution de la République. Et en premier lieu dans le scrutin de dimanche, ce qui est marquant c’est que malheureusement nos concitoyens ne veulent plus choisir, fatigués de ne plus voir ce que la politique pourrait changer dans leur vie, comment elle pourrait améliorer leur quotidien. Appeler au vote républicain, ce n’est pas faire qu’un, ce n’est pas se soumettre, c’est rassembler toutes les forces de résistance, les forces républicaines pour empêcher le FN de triompher totalement et ce bien au-delà des militants des partis en présence. Le FN n’est toujours pas un parti comme les autres, et ne le sera jamais. Le fait qu’il soit au second tour révèle l’échec des politiques menées, mais aussi l’absence d’alternative crédible, nous ne sommes pas extérieurs à cela. Le fait qu’il continue de rassembler des voix au deuxième tour révèle le discrédit total qui pèse sur le Parti Socialiste dans cette circonscription du Lot et Garonne mais comme partout dans le pays. Des électeurs de gauche choisissent le pire parmi les deux options proposées au deuxième tour de cette élection, c’est dramatique. Cela doit nous interroger. Je suis pour ma part consterné de la seule question qui soit discutée aujourd’hui dans les journaux. Le Front républicain aurait vécu ? La banalisation du FN continue jusqu’à conduire des responsables UMP à remettre en question le vote républicain qu’ils ont toujours eu du mal, pour beaucoup, à imposer à leurs électeurs. Si le camp du progrès et de l’alternative doit dire quelque chose dans ce moment terrible, c’est de dénoncer les politiques qui ont conduit à cela, mais aussi de toujours, toujours rappeler ce qu’est le Front National et toujours, toujours lui barrer la route.

Grands sujets, petits pas  Les députés examinaient le 25 juin les textes sur la transparence en politique, la lutte contre la fraude fiscale, ainsi que la loi sur la consommation, dite Hamon. Pour André Chassaigne, président du groupe GDR Front de Gauche, ces propositions de loi sont « positives, même si imparfaites » et il souligne que plusieurs amendements proposés par le Front de gauche ont été retenus. « Nous allons voter le projet de loi sur la transparence de la vie publique » qui est « un premier pas pour qu'il y ait une transparence, en particulier concernant le patrimoine des élus » pour le député communiste du Puy de Dôme. Le député Front de gauche Marc Dolez explique que « la définition précise dans le projet de loi de la notion de conflit d’intérêts et les différentes obligations imposées aux responsables publiques constituent des progrès indubitables ». « Si nous soutenons pleinement le renforcement des pouvoirs de la Haute Autorité [de la transparence de la vie publique], nous regrettons qu’elle reste dénuée de moyens d’enquête en propre » a-t-il toutefois souligné. Autre texte soumis au vote de l’Assemblée et soutenu par les députés Front de gauche : la loi visant à lutter contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière.

« Il y a une avancée », a estimé André Chassaigne. Le texte sera toutefois « enrichi » au Sénat, car « il ne va pas aussi loin qu'on aurait pu le souhaiter, notamment il ne reprend pas la totalité des propositions faites par notre collègue sénateur communiste du Nord, Eric Bocquet ». (cf Nouvelles du ). Dans son explication de texte, Nicolas Sansu, député PCF du Cher, se réjouit « de l’adoption d’amendements que nous avions proposés, tel celui sur la prévention de la fraude aux carrousels de TVA ou celui qui facilite les poursuites en matière de blanchiment." Le texte se voit renforcé, mais il manque encore des points essentiels, qui seront discutés au Sénat : « Il sera impérieux de revenir sur les manipulations des prix de transferts et le contrôle des schémas d’optimisation fiscale. » Nicolas Sansu rappelle l’extrême importance du sujet : « Pour l’Eu-

rope, le Parlement européen parle de 1 000 milliards d’euros qui font défaut dans les caisses des pays de l’Union. Pour la France, c’est 60 à 80 milliards qui s’évaporeraient sous l’effet de la fraude ou de l’optimisation. » Enfin, le groupe Front de gauche devait voter également le projet de loi sur la consommation, estimant qu'il y a « des avancées sur les actions de groupe », a expliqué André Chassaigne, qui regrette toutefois que la possibilité d’intenter des actions de groupe « ne concernera pas les questions liées à la santé et à l'environnement ». « Dans l’état actuel du texte, l’amiante, le médiator, les prothèses PIP, mais aussi les dommages causés par un site industriel ou agricole défaillant, ou encore les OGM et autres problématiques liées à l’industrie agroalimentaire ne pourront pas faire l’objet d’une action de groupe. »

Audit citoyen de la dette

Stoppez l’évasion fiscale ! 

Lettre ouverte à F. Hollande, pétition* lancée par ATTAC L'affaire Cahuzac révèle brutalement à tous les citoyens la négligence et même la complaisance de nos dirigeants vis-à-vis de l'évasion fiscale. Pourquoi l'administration fiscale a-t-elle perdu 25 000 agents depuis 2002 ? Pourquoi le nombre de vérifications approfondies de situations personnelles a-t-il chuté de 12 % entre 2006 et 2011 ? Pourquoi laisse-t-on chaque année 60 à 80 milliards d'euros échapper à l'impôt, tout en prétextant les déficits publics ainsi creusés pour sacrifier les retraites, les allocations sociales, les emplois publics, les investissements écologiques d'avenir ? Assez de discours, M. le Président, prenez sans tarder cinq mesures clés pour en finir avec la complaisance : 1. Embauchez sous 12 mois au moins 1 000 agents de contrôle fiscal pour renforcer les 5 000

vérificateurs actuellement en poste. Chacune des nouvelles recrues rapportera à l'État au moins 2,3 millions d'euros par an grâce aux redressements fiscaux opérés, soit 40 fois le montant de son traitement ! 2. Exigez des banques la communication de l'identité de tous les ressortissants français détenteurs de comptes à l’étranger. La loi FATCA oblige depuis début 2013 tous les groupes bancaires opérant aux Etats Unis à communiquer sur demande du fisc américain les données concernant ses ressortissants: ce n'est qu'une simple question de volonté politique ! 3. Etablissez, en lien avec les associations spécialisées, une liste crédible des paradis fiscaux, ces trous noirs de la finance occulte et de la corruption Signez la pétition sur :

4. Donnez 12 mois aux banques opérant en France pour fermer leurs filiales dans ces territoires, sous menace de retrait de la licence bancaire. Les banques françaises ont 527 filiales dans les paradis fiscaux dont 360 pour la seule BNP Paribas ! 5. Imposez le «reporting par pays» aux multinationales établies en France : cette transparence sur le chiffre d'affaires, les bénéfices et les impôts payés dans chaque pays permettra au fisc de déjouer les manipulations des prix de transfert entre filiales des multinationales et d'en finir avec l'évasion fiscale qui permet à Total ou Google de ne payer quasiment aucun impôt sur les bénéfices. Le changement, c'est maintenant ou jamais ! » * Relayée par le CAC 33

www.audit-citoyen.org

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Sébastien Laborde secrétaire départemental du PCF Gironde membre du Conseil national

Les Nouvelles 27 juin 2013 • 3


l es ser v i c es pub l i c s ne son t pas un prob Salaires

Fonctionnaires : sur-gelés ? Alors qu’on estime à 13% la baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires depuis 2003, la ministre de la fonction publique, Marylise Lebranchu, annonçait deux jours avant la conférence sociale la reconduite du gel du point d’indice pour 2014. La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a indiqué le 18 juin que le gel du point d’indice* des fonctionnaires serait reconduit en 2014, alors qu’il n’a pas été revalorisé depuis 2010. Un « geste » en direction des plus bas salaires devrait toutefois permettre aux catégories C de ne pas passer sous le SMIC ! Les revalorisations 2008, 2009 et 2010 n’ont pas compensé la hausse du coût de la vie : «  Hallucinant  » pour la CGT, premier syndicat du public, qui juge la mesure « tout à fait inadmissible »  et qui sera « absolument catastrophique pour le pouvoir d’achat des fonctionnaires déjà en chute libre ! » « Proprement scandaleux », estime FO pour qui « le gouvernement suit une politique d’austérité de manière encore plus assidue que son prédécesseur ». «  Une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat inadmissible », pour la FSU « alors que le déclassement salarial des enseignants est aujourd’hui reconnu de tous et qu’il influe sur l’attractivité du métier ». * Référence dans le calcul des traitements des fonctionnaires

Conseil général

L’urgence de postes pour les missions sociales des MDSI* Les travailleurs sociaux étaient en grève le 6 juin à l’appel de la Cgt. Personnels en «première ligne» face à l’aggravation de la situation sociale des populations, ils dénoncent la «perte de sens» du travail social, le manque d’effectifs, le désengagement des partenaires (CAF, CPAM…) et l’aggravation de la souffrance au travail, qui entravent l’exercice de leur mission sociale de service public.

Depuis décembre 2012, le Conseil général de la Gironde a engagé pour ses services sociaux et médico-sociaux un projet de réorganisation «Solidarité 2013» qui, tout en conservant les MDSI pour leur rôle précieux de proximité, donne à certaines le statut de Pôle (financés par des PPP) fédérant sur les territoires l’ensemble des missions de Solidarité. Les travailleurs sociaux refusent que les MDSI soient les parents pauvres au profit des «pôles» et revendiquent notamment : - Des effectifs supplémentaires dans les MDSI sans prioriser les missions qui ne doivent pas être confiées à des services externes - Les effectifs nécessaires dans chaque pôle solidarité avec un maillage territorial MDSI/Pôles de proximité avec le maintien des MDSI de Léognan, Pauillac et la réouverture de Bassens - La réintégration de la prévention spécialisée au sein du service public et le maintien de 2 éducateurs de prévention sur Bordeaux - La titularisation de tous les agents avec ouverture du concours sur le département et du temps de formation pour le préparer - Des véhicules de service en nombre suffisant pour éviter l’utilisation des véhicules personnels - Une équipe volante pour les remplacements de tous types d’absences * Maisons Départementales de la Solidarité et de l’Insertion

4 • Les Nouvelles 27 juin 2013

Maternelle Joliot-Curie à Bègles

Les citoyens sont l’avenir

Unis et combatifs, la victoire contre la résignation Les communistes du collectif PCF de Joliot-Curie se sont adressés aux acteurs de cette mobilisation : « Il y a quelques mois, M. le Maire annonçait aux parents d’élèves de l’école Irène et Frédéric JoliotCurie une décision IRRÉVOCABLE : l’école maternelle devait être rasée et reconstruite plus loin. Les opinions des parents d’élèves, des enseignants, des citoyens n’ayant aucune importance à ses yeux, elles étaient toutes ignorées… « C’EST COMME ÇA !!! » Circulez, braves gens, il n’y a rien à voir. Soumis, résignés, dispersés ? Les citoyens se sont mobilisés : les deux organisations de parents d’élèves ont lancé une pétition. Puis, nous nous sommes rassemblés, organisations* politique, syndicales et associatives du quartier du groupe scolaire Irène et Frédéric Joliot-Curie. Tous ensemble ! Et la persévérance, en premier lieu celle des parents d’élèves, a eu raison de la fatalité et de la résignation. Début juin, M. le Maire renonce et effectue une piteuse retraite devant son équipe déconfite et des parents d’élèves rayonnants de bonheur : l’école maternelle ne sera pas rasée au profit des requins de l’immobilier ! Bien au contraire, un centre de loisirs et une halte-garderie verront le jour, l’école maternelle et la salle municipale seront rénovées sur place. Le malheur et la résignation ne sont pas inéluctables. Mobilisés, unis et combatifs, les citoyens sont l’avenir, au niveau local comme au global, au niveau municipal comme au national.

Merci à tous ! » * FCPE, «Les enfants d’abord», CSF, Commission Logement CGT Cheminots, ULCGT Bègles, groupe municipal «Bègles pour Tous», Section PCF Bègles, collectif PCF Joliot-Curie, Marché Solidaire Paysans Cheminots, CNL Amicale Pierre Sémard.

Réactions : « J’apprends par vous, parents d’élèves de Joliot-Curie, cette excellente nouvelle dont je me réjouis et qui prouve à quel point vous avez eu raison de vous mobiliser et de ne pas lâcher, pour l’intérêt des familles et leurs enfants, présents et à venir, celui du groupe scolaire dans le quartier et la vie de ce quartier en général… Il y a encore beaucoup de raisons de se mobiliser, pour obtenir des classes supplémentaires dans les écoles avec l’arrivée de nouveaux habitants… Sur ces sujets comme bien d’autres, vous nous trouverez toujours à vos côtés pour faire valoir vos exigences, pour répondre aux besoins des habitants par le développement des services publics de proximité, logique que nous défendons également pour le logement et l’urbanisation de

la ville, etc. Encore bravo pour cette victoire dont vous pouvez être fiers ! » Christine Texier conseillère municipale communiste groupe «Bègles pour Tous»

« Je me réjouis comme vous de la bonne nouvelle, résultat bien mérité de toute la mobilisation que vous avez su organiser. La justesse de vos propositions et votre persévérance aura eu raison de l’entêtement de la majorité municipale, comme pour la piscine en son temps, pour le plus grand bien des Béglais-ses. Je me souviens de ce rassemblement devant la mairie alors qu’une délégation était reçue,… vous étiez combatifs et ne perdiez pas l’espoir d’être entendus. D’ailleurs la correspondante de «Sud Ouest» qui avait pris moult photos n’avait pas pu le faire connaître aux lecteurs. Mais même cela n’est pas un obstacle insurmontable, la preuve c’est que vous avez gagné et c’est vraiment réconfortant. Toujours à votre disposition… » Jean-Jacques Paris conseiller général de Bègles, groupe front de gauche-Pcf

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Réseau Ecole du PCF

Loi de refondation de l’école

Rendre concrètes les avancées et poursuivre la mobilisation Étranglé par des choix ultra libéraux européens auxquels il n'a pas tourné le dos, le gouvernement renonce à tirer les conclusions pratiques des principes affichés.  L'annonce de suppression de postes d'Assistants d'Éducation et d'Assistants Pédagogiques dans de nombreuses académies et la baisse de salaire des nouveaux enseignants par Vincent Peillon le confirme.  Le texte voté ne verrouille aucune des dérives libérales déjà dénoncées dans le projet Fillon en 2005 : absence de ruptures avec la réforme des lycées Chatel, priorité donnée à l'école primaire alors qu'une véri-

table refondation exige une refonte de l'ensemble du système éducatif, permanence d'une référence au socle commun, refus d'étendre la scolarité obligatoire de 3 ans à 18 ans… Avec le texte de l'ANI et celui pour l'université, il forme un triptyque répondant aux exigences du Medef, aux préconisations de la commission européenne contenues dans le projet «  Europe 2020 », dans la stratégie de Lisbonne visant « l'économie de la connaissance la plus compétitive du monde ». Pour le PCF, l'éducation est un droit fondamental et inaliénable, qui doit être assuré par un service

public national d'Etat. L'école doit offrir en son sein même et à tout élève sans exclusive le champ complet des savoirs partagés. Cela appelle une transformation par le haut des contenus,  de la formation des enseignants et des cursus des élèves mais aussi par la mise en place d'une véritable gratuité. Les communistes seront aux côtés des forces syndicales, des enseignants et des parents pour que se traduisent dans les faits les avancées gagnées par la bataille des amendements de nos parlementaires au Sénat.


prob l è me : i l s son t au c oeur de l a so l u t i on ! Assistants d’éducation

Rentrée 2013

Mobilisation en Gironde

Le 26 juin, un rassemblement unitaire a exigé le maintien de ces postes indispensables dans les écoles Les écoles de Gironde qui bénéficiaient d’un assistant d’éducation (AED) ont appris leur non-renouvellement, c’est à dire la suppression de 53 postes sur les 63 équivalents temps plein. En cause : les restrictions des budgets de fonctionnement imposées par le Ministère. Ces suppressions concernent tous les postes AED des écoles, alors qu’ils sont devenus indispensables au fonctionnement de l’école. Sans eux, c’en est fini des ateliers en petits groupes, de la BCD (Bibliothèques/centre de Documentation), des ateliers informatiques... alors que les besoins sont reconnus depuis des années. Les assistants d’éducation sont remercié-es (parfois par interne !-NDLR), leur contrat n’est pas renouvelé, et se retrouvent dans l’incertitude complète concernant leur avenir. L’intersyndicale SNUipp-FSU, Cgt Educ’Action, SE-UNSA et SgenCfdt a lancé une pétition et appelé à la mobilisation, le 26 juin devant la DSDEN (IA) de la Gironde où une délégation était reçue. Un appel à l’action également dans toutes les écoles, pour le maintien des postes.

Les postes AED supprimés en Gronde : Ambarès (La Gorp et Aimé Césaire) - Artigues (école du Parc)

Bègles (Joliot-Curie, Ferdinand Buisson) - Belin Beliet Bordeaux (Francin, Carles Vernet, Meunier, Henri IV, Benauge, Thiers, Cazemajor, Balguerie, Lac II, Monnet, mat Paul Antin, Schweitzer, Nuyens) - Bourg sur Gironde - Carignan - Castillon Cenon (Cavailles, Maumay, Blum, Jaurès, Cassagne ) Cestas Rejouit - Cezac - Créon (Lacoume et La Ruchette ) Haux - Cubzac les Ponts (Eiffel) - Cussac Vauban - Izon Lions de Guyenne - Castres - Floirac (Jean Jaurès) Gradignan (Saint Exupery) - La Réole (Fontet et Marcel Grillon) Lège Bourg - Libourne Centre Lormont (Camus, Grand Tressan, Curie, Pagnol) - Lussac Marcheprime (Maurice Fognet) - Martignas (La Fontaine) Mérignac (Jaurès et Les Bosquets) - Montagne - Pellegrue Pessac (Cordier, Montesquieu) - Rauzan (EE Ruch) - St-Aubin (Molière) St-Christoly de Blaye - St-Ciers (Brassens) - St-Laurent Médoc St-Loubès (Ducamp) - St-Magne de Castillon - St-Selve (EE) St-Vivien - Ste Foy (Paul Bert) - Sainte Terre - Ste-Radegonde Talence (Michelet) - Villenave (Jean Moulin)

Aide administrative

10 000 créations de postes

Ces moyens doivent accompagner la revalorisation de la fonction des directeurs-trices d’écoles Au moins 10 000 écoles vont bénéficier d’une aide administrative à partir de la rentrée 2013. Pour le Snuipp-FSU, c’est « une première réponse du ministre » face à l’urgence. Les discussions se poursuivront à l’automne sur l’ensemble de ce dossier, notamment la redéfinition des missions des directeurs-trices d’écoles. L’aide administrative était tombée en déshérence ces dernières années : alors qu’il y a eu jusqu’à 25 000 emplois de ce type dans les écoles en 2007, moins de 5 000 existent aujourd’hui. Ces personnels seraient recrutés entre septembre et novembre 2013. Le ministère de l’Éducation nationale aurait obtenu du ministère du Travail que ces emplois précaires soient pourvus par des personnels « plutôt jeunes et plutôt diplômés, niveau bac à bac + 2 ». Leurs missions seraient seraient élargies, combinante aide administrative et aide éducative (surveillance, accompagnement, aide aux enseignants…) Le SNUipp-FSU a demandé que des

groupes de travail paritaires soient réunis dans les départements pour que s’engagent des concertations locales sur les écoles qui devront bénéficier de cette aide administrative et éducative en toute transparence. Le ministère s’est engagé à ouvrir des discussions dès la rentrée sur la redéfinition des missions des directeurs d’école, l’accompagnement de leurs parcours professionnels et la valorisation de leur fonction. Le SNUipp-FSU s’en félicite car assurer la direction d’une école est une fonction spécifique qui demande une formation, des conditions d’exercice et une rémunération adaptées. Faire vivre une équipe pédagogique, impulser le projet

d’école, être en première ligne dans les relations avec les parents et les partenaires de l’école, répondre aux multiples sollicitations de l’administration, gérer les imprévus du quotidien et le va et vient des divers intervenants, faire l’interface avec les collectivités locales pour la mise en place des nouveaux rythmes ou l’organisation d’un projet éducatif de territoire (PEDT) : ces fonctions assumées par les directeurs-trices se font le plus souvent en étant chargé de classe et fréquemment sans une aide administrative… Ces discussions doivent aboutir à des avancées concrètes et pérennes pour améliorer la direction et le fonctionnement de l’école.

111 postes en Gironde : 300 seraient nécessaires

La rentrée 2013 ne verra pas encore l’amélioration attendue des conditions de scolarisation des élèves. Seul un plan de rattrapage d’au moins 300 postes permettrait à la Gironde de faire le saut qualitatif pour aller vers la réussite de tous ! A l’issue du Comité technique du 6 juin et du Conseil départemental de l’Education nationale du 18 juin, face aux mesures insuffisantes, les représentants de la FSU se sont abstenus sur le projet du Directeurs académiques des services de l’éducation nationale (DASEN). Les élus communistes J.Jacques Paris et Vincent Maurin qui y siègent se sont également abstenus. Une dizaine d’écoles qui avait les effectifs nécessaires pour ouvrir un poste, devront attendre septembre pour accueillir une nouvelle classe... si les locaux le permettent ! La pression démographique pèse non seulement sur les effectifs mais aussi sur les murs... que les communes ont du mal à bouger. Sous la pression de la FSU,, le DASEN a levé deux fermetures en réseau de réussite scolaire (RRS). Au final, il reste une dizaine de postes au DASEN pour les ajustements de rentrée. Celle-ci verra sans doute de nouvelles ouvertures, mais la mobilisation des équipes et des parents d’élèves seront nécessaires.

Mesures en Gironde Annulation de fermeture : Maternelle Pometan (Le Taillan) Annulations d’ouverture : maternelle Caychac (Blanquefort) / maternelle Debrat (ECLAIR Lormont) Nouvelles fermetures : Mat Bazas - Mat Chambrelent (La Teste de Buch) Elem Cudos - Elem Puisseguin (RRS) Elem Rions (Mat / RRS) - Elem Saint Christophe des Bardes (RRS) Elem Salleboeuf (Mat) Nouvelles ouvertures : Mat Prévert (RRS / Bègles) - Mat Couturier (Bègles) Mat Benauge (RRS / Bordeaux) - Mat Carignan de Bordeaux Mat Tourelles (Gradignan) - Mat condorcet (Eclair / Lormont) Mat Rostand (TPS / Lormont) - Mat Mios - Mat Pompejac (RPI) Mat Chapel (Saint André de Cubzac) - Mat moulin (V. d’Ornon) Elem Arbanats - Elem Langevin (Bègles) - Elem Bonzac (RRS) Elem Castelnau du Médoc - Elem Cursan (RPI) - Elem Illats (Mat) Elem Le Porge - Elem Pometan (Le Taillan) Elem Grand Tressan (Eclair – Lormont) - Elem Louchats (RRS) Elem Bosquets (Mérignac) - Elem Saint Jean de Blaignac (RPI) Elem Montaigne (Saint Médard en Jalles) - Elem St Selve (mat) Ouvertures de 10 postes de remplaçants brigades

Enseignement supérieur et recherche

Pour une loi de programmation

Le groupe CRC au Sénat contre le projet de loi sur l’enseignement supérieur et recherche qui « n’opère pas les ruptures nécessaires avec la LRU de 2007 et le Pacte de recherche de 2006 ». « Ce système n’a contribué qu’à la mise en concurrence des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche, organisés en grand pôles d’excellence, à un renforcement des partenariats public-privé et à un accroissement des inégalités territoriales. Loin de répondre aux défis d’élévation et d’accès aux savoirs, ce projet de loi s’inscrit au contraire dans la poursuite d’une vision utilitariste de l’enseignement supérieur et de la recherche au service de l’économie que nous ne partageons pas, privilégiant la recherche appliquée au détriment de la recherche fondamentale et des sciences humaines et sociales. La territorialisation, dont l’acte majeur réside dans le projet de loi décentralisation, y est à l’œuvre, mettant à mal la cohérence nationale tout en approfondissant la mise en concurrence des potentiels de formation et de recherche régionaux. L’enseignement supérieur et la recherche auraient dû bénéficier d’une véritable loi de programmation des moyens et des emplois. Cela aurait dû être la priorité, alors que de nombreuses universités sont en déficit et qu’une grande précarité s’installe : 30 à 35% de précaires dans l’enseignement supérieur et la recherche, contre 17% en moyenne dans le reste de la fonction publique, soit un total de 50 000 précaires. L’argument du manque de moyens dans un contexte de crise économique ne tient pas quand le Crédit Impôt recherche et les Investissements d’avenir qui coûtent plusieurs milliards d’euros sont maintenus malgré leur inefficacité et leur nocivité. » Les Nouvelles 27 juin 2013 • 5


en r é o l a i s La santé, c’est vital !

Rencontre tonifiante pour débattre et agir

Retours sur l’événement Mireille Elorri (PCF Bordeaux, travailleur social)

Emploi, travail, chômage, précarité : quelle ambition de changement ? « L’apeis a introduit cet atelier où étaient présentes 200 personnes. Le débat s’est développé sur deux idées fondamentales : le gouvernement attend la croissance en Europe pour créer des emplois, or tout est fait de leur part pour que la croissance diminue. Cette politique ne peut pas modifier le chômage de masse. Même si la croissance augmentait de 2 % cela ne créerait que peu d’emploi : alors que faire ? La grande partie du débat a été un constat sur les réalités de la politique menée par le gouvernement .

Des propositions ont émergé : réduction du temps de travail, création d’emploi liée aux besoins et non liée à la croissance. Aujourd’hui la bataille idéologique doit continuer à être menée, la création d’emploi est possible ! Les mesures possible à prendre : l’augmentation du SMIC Une inspectrice du travail a pris la parole pour affirmer que l’ANI est un retournement idéologique grave, un détricotage du code du travail. Néanmoins, il faut que nous sachions défendre les salariés avec les lois qui existent.

Le salaire universel est également venu en débat… Moi je pense qu’il faut se battre contre les licenciement et je m’interroge sur la pertinence à se battre pour la sécurité sociale professionnelle qui me semble différente. Cet atelier a permis de nous mettre d’accord sur les constats mais il reste à construire de réelles propositions pour l’emploi. Je pense que c’est méritant que le PCF ait organisé ces assises car c’était ambitieux et indispensable ! »

Les vidéos des assises sur : www.assises16juin.fr

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Carl Pivet (membre de la Gauche Unitaire 33*)

« Continuer à travailler ensemble à une alternative » (extraits) Parmi les 200 participants à cet atelier, étaient présentes des organisations intervenantes, comme la fondation Copernic, la CGT, Solidaire, Convergence et Alternative, GU, Apeis, ainsi que des délégations de salariés en lutte sur les questions d’emploi,. Jean-Claude Mamet (Convergences et Alternative, FdeG) présidait cette table ronde et a donné la parole à Michel Husson (fondation Copernic) qui a fait un vibrant plaidoyer sur la réduction du temps de travail, en soulignant que c’était une des meilleures pistes pour réduire le nombre des chômeurs. Il a évoqué le « coût du travail » en faisant un parallèle avec le  « coût du capital », disant que celui-ci est trois à quatre fois plus élevé que le premier, que c’est une des causes du chômage. Il a fustigé le capitalisme libéral, affirmé que le coût du travail n’est, 6 • Les Nouvelles 27 juin 2013

au contraire, pas assez cher car il n’est pas en état d’assurer la croissance d’une manière naturelle et juste. Par comparaison avec l’état du chômage et le coût du travail plus faibles d’autres pays, il a démontré que ceux-ci engendraient un taux de chômage beaucoup plus important que chez nous. Il a aussi évoqué les risques du «marché transatlantique » en nous précisant que ce dernier allait être suicidaire pour l’équilibre économique et social de notre pays. Il y eu beaucoup de témoignages émouvants émanant des syndicalistes des entreprises en lutte (Virgin, Sanofi, Arcelor, Thalès, Fralib, Air-France), des prises de positions de beaucoup de militants du PCF, une du PCOF. L’idée du revenu universel a été évoquée de nombreuses fois. L’intervention de Catherine Lebrun (Solidaire) m’a un peu dérangé car elle semblait minimi-

ser les licenciements boursiers en évoquant un peu trop ceux des petites et moyennes entreprises. Personnellement, j’ai évoqué PôleEmploi et, venant d’un chômeur, j’ai parlé concret et sans langue de bois. Lors de ces tables rondes et plénières, si la chaleur a rendu l’ambiance pesante, c’est bien plus la politique libérale de François Hollande qui l’a alourdie. : l’ANI, les chiffres du chômage, la signature du TSCG et maintenant, cerise sur le gâteau, ce qui nous plane au-dessus de la tête, le marché transatlantique. Cette politique antisociale a contribué à décider de continuer à travailler ensemble à une alternative pour « changer de cap ».

* La GU 33 a remercié le PCF d’avoir donné l’occasion à l’un de ses membres de participer aux Assises.

Une vingtaine de personnes ont participé le 21 juin à une assemblée citoyenne sur la Santé et la sauvegarde de l’hôpital Sud Gironde, en présence de Maryse Montangon (responsable national du PCF pour la santé) et de Jean-Luc Huon (secrétaire CGT de l’hôpital du Sud Gironde). Extraits. Un débat convivial et riche d’informations et de propositions, soulignant les dangers de la marchandisation de la santé et l’urgence d’une véritable politique de la santé, garantissant le droit à l’accès aux soins pour tous. Dès le début le ton était donné : J.L. Huon a exprimé avec force et émotion l’inquiétude de la CGT sur la situation du Centre Hospitalier du Sud_Gironde : la suppression programmée en 2013-2014 de la moitié de lits de chirurgie à Langon et de médecine à La Réole. Cette politique dite anti-déficits conduit 80% des hôpitaux français au déficit à cause de la T2A (tarification à l’activité) : +d’1M d’euros ici. Le tout énoncé dans la novlangue technocratique, certaines expressions bannies, comme «plan social» ou « restructuration ». (…) Les générations antérieures ont embauché. Eux, ils licencient, ou titularisent peu celles et ceux trop nombreux (20% de l’effectif) qui sont employés en CDD renouvelés en fonction des besoins et les heures supplémentaires sont souvent non payées, non récupérées.  A l'instar de la RGPP qu'ils dénonçaient avant de parvenir au pouvoir, les socialistes ont maintenu la loi Bachelot HPST. Tout est verrouillé : au Conseil de Surveillance de l'Hôpital Sud Gironde (Langon/La Réole/), comme à la Commission des Relations avec les Usagers et de la Qualité de la Prise en Charge où les salariés et usagers minoritaires ne peuvent pas exercer de contre-pouvoir. Début 2013, un audit financé par le Ministère à hauteur de 50000€ débouchait sur la recherche accrue de rentabilité. Rénovations et aménagements de service sont prévus  : avec quels moyens, en sachant que compte tenu du déficit, des emprunts sont impossibles, et que le ministère n’aidera pas financièrement ? Le service d’imagerie médicale de l’hôpital (radio-scanner-IRM) est tenu par des radiologues privés par manque de radiologues de la fonction publique hospitalière formés dans les universités. (…) Conséquence : il est plus rapide d’obtenir un RV en consultation privée que publique, avec les risques de dépassement d’honoraires. (…) Des participants témoignent d’une dégradation inquiétante des conditions d’hospitalisation : locaux et matériels non entretenus ou non renouvelés, urgences à La Réole fermées à 18 h. Dans nos zones rurales, le taux de présence des médecins est plus bas que dans le pays (4 pour 1000 au lieu de 5). Sans la présence de médecins étrangers et de retraités qui continuent à travailler, la situation serait déjà très grave. La présence, l'influence, du privé ne cessent de grandir : les grandes entreprises pharmaceutiques, épinglées pour leurs promotions de produits dangereux, engrangent des bénéfices toujours plus grands… Les laboratoires d’analyses médicales sont contraints pour des raisons financières de s’affilier à des grands groupes privés et de subir des restructurations internes mettant en danger des emplois et ces établissements. Enfin, tout cela se passe en connaissance de cause par les maires (M. Castagnet à la Réole, M. Vérité à Langon, respectivement président et vice-président par alternance annuelle du Conseil de Surveillance de l’hôpital), comme par les parlementaires (Martine Faure et Gilles Savary pour le Sud Gironde), présents lors des nombreuses mobilisations sur le site de Langon avant les élections présidentielles et législatives de 2012, mais absents depuis ! Vont-ils attendre la fin des prochaines élections pour continuer cette même politique aux effets dramatiques ? (…) M. Montangon  a rappelé que les Centres de Santé (logique service public) sont un meilleur système que les Maisons de Santé (logique privé), permettant une politique de soin pour tous (tiers payant, souvent refusé par les Maisons de Santé). Celle qui s’ouvre en décembre à La Réole est dans la logique du service privé ! Les communistes de la section du PCF de La Réole-Monségur appellent les citoyens à se mobiliser et à se rassembler avec le Front de Gauche et au-delà, avec tous ceux qui ont à cœur de sauvegarder notre Centre hospitalier et la médecine de proximité dans nos zones rurales, et ce, dès à présent, pour placer les responsables locaux face à leurs décisions et à leurs conséquences, pour défendre une santé tout au long de la vie, afin que les salariés qui partent à la retraite, après avoir longuement travaillé, aient une espérance de vie en bonne santé la plus longue possible. Rendez-vous est donné ! Des initiatives sont déjà en route ! L’intégralité du CR sur le blog de la section : lareolemonsegurdupcf33.wordpress. com) Email de la section : pcf33-lareole-monsegur@outlook.fr


PCF Sainte-Eulalie

En route pour l’alternative Pour l’assemblée citoyenne, l’engagement des citoyens peut faire varier le cap Rassemblant une vingtaine d’amis, le 23 mai, une assemblée citoyenne du Front de Gauche a fait un tour d’horizon général de la politique  nationale impulsée par le gouvernement Hollande, puis à réfléchir aux prochaines municipales. Pour le premier temps de débat, l’unanimité s’est faite pour constater que la politique gouvernementale actuelle est un véritable désastre, que le chemin et le but suivis ne peuvent malheureuse-

ment que provoquer les mêmes effets désastreux que ceux auxquels ont abouti les politiques des gouvernements socialistes d’Espagne, de Grèce, ou encore sous des formes  différentes, d’Italie. Loin de sombrer dans le pessimisme, notre assemblée a également constaté qu’il y a de nombreux points d’appui pour faire varier le cap, à l’image de cette formidable manif du 5 mai à Paris, à laquelle j’ai participé, ainsi que Pascal Scazza, avec quelques

180 000 manifestants. Sur les prochaines municipales, avant de parler de liste, nous avons convenu de commencer à travailler sur quelques thèmes afin d’élaborer une plate-forme que nous mettrons en discussion publique lors d’une prochaine assemblée citoyenne après les vacances. L’objectif est, bien entendu, de créer une véritable alternative à la municipalité de droite actuelle. Christian Laur

Accord transatlantique

Le texte secret  L’Humanité s’est procurée le texte du mandat grâce auquel la Commission européenne négociera une zone de libre-échange avec les États-Unis. Si un accord est trouvé, les États abdiqueraient une partie de leur pouvoir aux multinationales. Les négociations sur l’accord transatlantique ont débuté. Du côté des États-Unis, l’administration de Barack Obama mène ces pourparlers. Du côté de l’Union européenne (UE), la Commission s’en chargera. Elle dispose d’un mandat secret que lui ont confié les États, le 14 juin, et dont l’Humanité s’est procuré une copie, qui circule par ailleurs sur Internet.

Cet accord ne vise pas uniquement, en réduisant les droits de douane et en harmonisant les règles, l’établissement d’une zone de libre-échange censée apporter 0,5 % de croissance supplémentaire en… 2027. Revient par le bout de la lorgnette l’accord multinational sur l’investissement (AMI), abandonné en 1998 du fait de l’opposition du gouvernement français, de gauche plurielle. « Le but des discussions sur l’investissement sera de négocier la libéralisation de celui-ci», liton dans le document qui pourrait transformer le Vieux Continent en terrain de jeu pour multinationales.

L’avenir des services publics est aussi dans les mains de la Commission. « Les droits de propriété intellectuelle » devront être « inclus » dans l’accord. Certaines dispositions pourraient aussi s’avérer inquiétantes : il faudrait s’entendre pour protéger les investisseurs contre les « expropriations ». Humanité du 24/06/2013

Castelnau Médoc Vendredi 28 juin, à partir de 20h, salle des associations (ancien collège) salle n° 10

La commune rempart contre l’austérité : Le PCF et le Front de Gauche s’adressent aux habitants pour connaître leur vision et leurs besoins en matière de gestion communale, avec un questionnaire et un premier débat.

Lamothe Montravel Dimanche 30 juin, à partir de 9h, terrain de la gare « De la terre à vos assiettes, un monde rural en mouvement » 9h. Marché gourmand avec des producteurs locaux 10h30. Conférence-débat : «  Quelles conditions de vie et de travail dans l’agriculture  ?  » avec Yves Clavie, représentant CGT du collège ouvriers agricoles à la Chambre d’Agriculture et administrateur MSA de la Gironde, délégué cantonal sur Libourne. Hubert Béraud, membre de Convergences et Alternative, représentant les saisonniers agricoles. Maryse Montangon, membre du conseil national du PCF, responsable secteur santé du PCF 33. 13h. Pique-nique dans une ambiance festive et de partage 14h30. Quel avenir pour la vie rurale? avec Jean-Paul Petit, maire de Saint-Caprais de Bordeaux, et Gérard Le Puil, journaliste au magazine « La Terre ».

Bordeaux Pique-nique, dimanche 30 juin, 12h30, entre quai de Queyries et la rue Nuyens Bègles Vendredi 5 juillet, 18h30, salle Mussonville au parc de Mussonville

Poursuite des ateliers de réflexion pour un projet municipal alternatif. Ouvert à toutes et tous.

Accueil des nouveaux adhérents

MJCF / Festival mondial

Objectif Quito ! Cette année encore la JC participera au FMJD (Festival Mondial des Jeunesses Démocratiques) qui se tiendra au mois de décembre à Quito, en Equateur. Ce festival sera l’occasion de faire le point avec les délégations du monde entier sur la situation internationale et permettra d’envisager des luttes communes pour faire face au capitalisme et à l’impérialisme.

Assemblées citoyennes et rencontres publiques

C’est ce genre d’événement qui permet aux jeunes de comprendre qu’ils font parti d’un tout, que la lutte peut et doit s’organiser au niveau planétaire. Notre ambition pour cette année est de faire partir au moins deux jeunes adhérents pour leur permettre de découvrir ce grand moment de partage de l’autre côté du monde. Pour permettre à un maximum de jeunes de partir au FMJD

nous sollicitons les lecteurs des Nouvelles, les sections et les camarades par le biais de cette souscription. Nous souhaitons aussi rappeler que nous sommes à disposition pour organiser des comptes rendus dans les différentes sections sur les voyages de solidarité passés comme ceux du Sénégal, d’Afrique du Sud ou de Palestine. Ben

Un nouveau stage d’accueil /formation des nouveaux adhérents girondins s’est tenu le 24 juin au siège de la fédération du PCF avec 13 participants, animé par Dominique Belougne et Serge Gonzalez. Témoignage du lendemain de l’une d’entre eux : «  Tout d’abord merci pour cette soirée d’accueil super sympa, ça confirme mes impressions et mon ressenti : je ne me suis pas trompée de porte ! J’espère qu’il y en aura d’autres. Je sais qu’à Paris, il y a des cours d’économie, de philo et de géo politique, que faut-il faire pour y participer? Apprendre c’est s’émanciper et le savoir c’est le pouvoir ! » Contact formation :

gironde.pcf@gmail.com

qui transmettra aux responsables du secteur formation

Fête de l’Huma 33

Tirage de la tombola 2013

Souscription

Regardez vos vignettes-bon de soutien. Ont gagné :

Nom........................................................................................... Prénom..........................................................

1 jambon

Adresse.................................................................................................................................................................

480 - 2039 - 2412 - 4221 - 19529

................................................................................................................................................................................

1 lot de bouteilles de vin

Pour permettre à des jeunes du MJCF 33 de participer au FMJD

15818 - 19227 - 4596 - 5253 - 15547 17158 - 18655 - 5390 - 4730 - 3277 3384 - 3239 - 4672 - 3098 - 3605 586 - 16365 - 17532 - 1205 - 18470

Je verse la somme de............................................. € A retourner au MJCF 33 - 15 Rue Furtado - 33800 Bordeaux

www.jeunes-communistes.org

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Les Nouvelles 27 juin 2013 • 7


CHRONIQUE

cultures & solidarités

NOUVELLES IDÉES REÇUES

Công Binh, la longue nuit indochinoise

Commandez le DVD

Le film « Công Binh, la longue en-Jalles, Fête de l'Humanité nuit indochinoise » primé en Gironde,  Libourne, et d'autres à novembre 2012 aux festivals de venir… ont été l'occasion de nomPessac et d'Amiens puis sorti breux échanges et interrogations nationalement le 30 janvier emprunts d'émotions.  2013, continue son périple avec succès.  De nombreuses communes de Fra nce ont permis de faire connaître cette page oubliée de l'histoire française. Nombre de débats ont accompagné la projection et permis de transmettre cette mémoire. L'A A F V C o m i t é Bordeaux-Gironde, en partenariat avec des associations cinéphiles, a suivi l'itinéraire du film dans le département : Pessac, Bordeaux, Blanquefort, Eysines, Cadillac, Créon, Saint-Médard- contact@aafv-bordeaux-gironde.org

Nicolas Ông, président de l’AAFV Bordeaux-Gironde, vous informe avec plaisir qu'un coffret DVD est en vente, avec en bonus un entretien avec le réalisateur, huit scènes supplémentaires et la bande annonce sous titrée en Vietnamien.  Prix : 19,99 euros Pour obtenir un bon de commande et des informations complémentaires :  Association d'Amitié FrancoVietnamienne Comité Bordeaux-Gironde 8, rue Albert Mourgues 33320 Eysines

06 79 82 07 60

Sans papiers

A la rue !

Des familles de demandeurs d’asile leurrées et rejetées à la rue par le Préfet de Gironde Le 11 juin dernier, suite au rassemblement inter-associatif* de soutien aux familles de demandeurs d’asile à la rue, place Pey Berland, le Préfet Hubert Weigel, délégué pour la défense et la sécurité (Sud-Ouest), s’était engagé à les reloger provisoirement et avait fait ouvrir le gymnase Palmer à Cenon. Deux jours plus tard, le même Préfet est venu en personne faire fermer le gymnase, commander un bus et conduire tout le monde dans les locaux de l’association COS rue des Treuils à Bordeaux. Finalement, jeudi 13 juin à 22h, alors que de nombreuses familles dont certaines avec des enfants en bas âge, restaient sans solution, il a envoyé la police et la brigade canine pour rejeter ces dernières à la rue, sous la pluie. Nous, associations et citoyens présents sur les lieux, déplorons la mascarade cruellement orchestrée par la préfecture au mépris du droit pour tous à l’hébergement d’urgence. L’argument du manque de place et de moyens n’est pas recevable car il existe de multiples solutions sur la CUB. Nos recommandations pour le respect des droits et de la dignité des demandeurs d’asile ainsi que tous les démunis : - La création de places en foyer et en Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile plutôt que l’hébergement onéreux et inadapté en chambre d’Hôtel. - L’affectation des bâtiments publics vacants au logement des sans-abris. - Le respect du droit à l’hébergement d’urgence de toute personne en détresse, reconnu comme liberté fondamentale par le Conseil d’Etat (arrêt du 10 février 2012). - L’arrêt des décisions de reconduite à la frontière durant recours à la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) suite à une procédure prioritaire à l’Office Français de Protection des Réfugiés et Appatrides (OFPRA).

23e Festival des Fifres de Garonne

Fête de l’alose et du vin

28, 29 et 30 juin bords de Garonne St Pierre d’Aurillac

* LDH Bordeaux, RESF 33, FSU Bx, Cimade Bx, DAL33, ASTI Bx

Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest S.A.S. au capital de 37 000 euros Associés (à parts égales) : L. Chollon, F. Mellier, S. Laborde Directeur de la publication : Frédéric Mellier Abonnement 1 an : 25 euros. Abonnement de soutien : 40 euros Rédaction, composition, impression : S.A.S. Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Tél. 05 56 91 45 06 - Fax 05 56 92 61 01 - Annonces légales : annonces@nbso.fr Comptabilité : compta@nbso.fr - Redaction/Proposition d’article : redaction@nbso.fr Commission paritaire de presse : 0113 C 85932

8 • Les Nouvelles 27 juin 2013

http://www.sous-fifres.fr

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De si bons patrons... On se rappelle sans doute le propos crapuleux du dénommé Wauquiez, un ponte de l'UMP, sur le « cancer de l'assistanat ». Dans le même registre, la peste de la fraude fiscale lui a curieusement échappé ! La notion d'assistanat est en fait une pure invention des libéraux qui n'ont jamais pu admettre que les aléas de la vie des pauvres, chômage, maladie, accident du travail, vieillesse soient indemnisés ou pris en charge solidairement. La loi de la jungle libérale impose de s'en tirer individuellement, au besoin aux dépens des autres, et malheur aux dominés ! Ils l'ont bien mérité... La vitupération des pauvres est une constante du libéralisme, elle a atteint au XIXème siècle des sommets que l'on retrouve souvent aujourd'hui. L'Anglais Cameron parle des « scroungers » qui vivraient aux crochets de la société car la théorie veut que les pauvres, par un calcul rationnel autant que cynique, se précipiteraient goulûment sur les moindres aides ou subsides sociaux... Or, c'est faux ! 68% des personnes qui pourraient prétendre au RSA ne le demandent pas. Ce qui représente une « économie » de plusieurs milliards. Comme le dit le sociologue Richard Detyre, « non, les gens ne font pas tout pour toucher le maximum d'aides » (l'Humanité, 06.05.2013). Au rayon des idées reçues, la stigmatisation des pauvres est permanente avec, par exemple, la fable selon laquelle on peut vivre confortablement avec seulement les diverses allocations sociales. Ou le mensonge sur l'indemnisation des chômeurs qui serait en France particulièrement « généreuse ». C'est faux : la France est dans la moyenne des pays européens. Comme Juppé en son temps, on sort régulièrement du chapeau la « fraude sociale »... Sauf que, outre le fait qu'elle est infime par rapport à la fraude fiscale, on s'est aperçu qu'elle venait pour l'essentiel des... patrons lesquels trichent régulièrement sur les cotisations sociales. Les inégalités explosent, la gêne et la précarité s'étendent dans les classes populaires, 120 millions d'Européens, selon Eurostat, voient surgir la pauvreté et l'exclusion sociale... et les possédants se plaignent qu'on leur prend trop d'argent avec leurs ritournelles outrancières sur un prétendu « impôt confiscatoire » qu'ils réussissent le plus souvent à abaisser voire à contourner par toutes sortes de manœuvres légales ou illégales. Comme l'écrivait ironiquement Thibaut Gajdos, chroniqueur du Monde, « Pauvres riches ! Les plus riches, voyez-vous, se sentent mal aimés, méprisés et surtout spoliés par un Etat prédateur. Est-ce grave ? Mais oui. Oh, ce n'est pas tant pour eux, non, mais pour les pauvres, les chômeurs, les classes laborieuses... » (17.05.2013). Ainsi on n'a pas été assez attentif à un « Appel » sidérant d'arrogance et de cynisme intitulé « Nous sommes les 1%  » paru dans le journal le Monde : « Nous faisons partie du 1% détesté par l'opinion, de ceux qui ont les rémunérations les plus élevées parce qu'ils comprennent les rouages de nos économies globalisées et savent les utiliser à leur avantage ou à celui de leur employeur (...). Nous nous enrichissons au détriment du produit intérieur brut de nos patries car c'est mathématiquement la meilleure façon de le faire à cause de l'inepte tissu de lois qui nous y incite ». Et ils s'en vantent ! C'est dire l'état d'abandon dans lequel « l'élite » du fric a plongé la morale citoyenne de ce pays. Mais c'est qu'ils ont des propositions : supprimer l'impôt sur le revenu, celui sur les salaires pour mieux justifier la suppression de celui sur le capital. Ils reprennent la distinction spécieuse entre « investissement créateur de valeur » (la production) qui serait détaxé et « investissement prédateur de valeur » (la spéculation) qui resterait imposé. Comme s'ils n'étaient pas bien placés pour savoir qu'il y a dans les banques une osmose complète entre les deux types de capitaux, le gouvernement a renoncé à les distinguer et Moscovici prétend même que la spéculation est productrice de richesses ! Mais là où nos trop habiles compères nous prennent pour des imbéciles, c'est quand ils proposent de remplacer l'impôt sur le revenu par une « taxation de la consommation » (comme si elle n'existait pas !) : on sait qu'une partie des classes populaires ne paye pas d'impôt sur un revenu trop indigent pour ce faire, elle ne gagnerait rien à cette suppression mais par contre paierait plein pot à la consommation... Ah les braves gens ! Il faut ce qu'il faut car il y a urgence ainsi qu'en témoigne ce cri d'alarme poignant lancé par les Echos (02.05/2013) : «  Les salaires des patrons du CAC 40 écornés par la crise » !


Nouvelles N° 2000