INBA 15 ans de bande dessinée à Tetouan

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Afrique centrale-Maroc, perspectives de collaboration Christophe Ngalle Edimo Scénariste, fondateur et Président de l’association «L’Afrique dessinée» qu’il a créée en 2001. Christophe Ngalle Edimo a, entre autres, publié « Une enfance volée », dessinée par Simon Pierre Mbumbo dans l’album collectif « A l’ombre du Baobab », et « Grigris d’amour », dessiné par Titi Faustin (cette BD a obtenu le Grand Prix de la ville au Festival de Grand Bassam en 2001).Co-scénariste des scripts de trois épisodes du dessin animé « Kabongo le griot », réalisé par le Studio Pictoons de Dakar. Invité à la 8ème édition du Festival en 2014, il a donné une conférence sur la bande dessinée africaine et ses perspectives.

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’ai représenté l’association L’Afrique Dessinée, rassemblement de bédéistes africains résidents en Europe, lors de la 8ème édition du festival FIBADET. En cela je faisais suite à Simon-Pierre MBUMBO, qui a représenté notre association lors de la 6ème édition du FIBADET. De ce fait nous pouvons considérer que le FIBADET a permis une rencontre entre la bande dessinée du Maroc et la bande dessinée de l’Afrique centrale, dans la mesure où L’Afrique Dessinée regroupe surtout des dessinateurs venus du Tchad, du Cameroun et de la RDC, pays faisant partie de cette zone de l’Afrique. Par les diverses conférences auxquelles Simon-Pierre MBUMBO (6ème édition) et moi (8ème édition) avons participé, que ce soit à l’Ecole des Beaux Arts de Tétouan ou à l’Institut Français, nous avons remarqué un vif intérêt des étudiants de l’école pour ce qui se fait ailleurs en Afrique en terme de scénario ou de dessin. Et lors de la 8ème édition du festival, la « Conférence sur l’état de la bd marocaine » suivie de la « Conférence sur l’état de la bd africaine » ont été très suivies par les étudiants de l’école et par les bédéistes marocains ou étrangers présents. De ces débats il ressort que les bédéistes ne peuvent pas tout attendre des pouvoirs publics, mais doivent solliciter les entreprises privées ou se diriger vers la création de maisons d’éditions locales. J’ai pu présenter lors des conférences une initiative qui marche, à savoir le journal dessiné « G’bich ! », devenu un fleuron de la presse de Côte d’Ivoire : ceux qui l’ont créé étaient tous des étudiants de l’école des Beaux Arts d’Abidjan. J’ai pu parler aussi d’une expérience qui n’avait pas marché au Cameroun, avec les éditions Akoma Mba de Yaoundé. Les jeunes participants à la conférence ont ainsi pu savoir que des initiatives existent ailleurs, dans des pays plus faibles économiquement que le Maroc. Certaines de ces initiatives marchent, d’autres pas. Il appartient aux étudiants marocains de bien connaître leur public, afin de ne pas se tromper lorsqu’ils créeront des livres ou des journaux à sa destination.

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