INGÉNIERIE
R E P O R TA G E Par la rédaction de Techni.Cités
Les ingénieurs se projettent dans la ville de demain
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L’École nationale supérieure d’architecture de ParisBelleville a ouvert ses portes à l’Association des ingénieurs territoriaux de France les 19 et 20 juin derniers, afin que se tiennent les Rencontres nationales de l’ingénierie publique.
Organisées par l’AITF, les Rencontres nationales de l’ingénierie publique avaient pour thème « Ingénierie publique et ville 2030 ».
« L’ingénierie est un travail collectif, sans laquelle je ne suis rien » Certains le diront expert, critique, génie, faussement désinvolte, tandis que d’autres le trouveront provoquant, racoleur et imposteur, voire
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même vulgaire : Rudy Ricciotti, invité de la conférence centrale, a fait parler dans les rangs, une heure trente durant. Et même au-delà. Alors que défilaient des images de ses réalisations architecturales – entre autres MucEM, Pavillon noir, stade Jean Bouin, siège d’Iter, musée mémorial du camp de Rivesaltes – ce sexagénaire aux cheveux fous a tour à tour amusé et fait grincer des dents. En guise de préambule, l’architecte a prouvé son attachement à la transformation du réel, à la fabrique « d’utopies concrètes ». « Quelle connerie que de vouloir un béton parfaitement imperméable ! Cela produit des désastres ! » s’est-il exclamé. Au centre, l’architecte Rudy Ricciotti était l’invité de la conférence principale.
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L’
école nationale supérieure d’architecture, qui s’ouvre côté boulevard de la Villette sur une petite cour anglaise et offre une façade de briques rappelant la période post-Art Nouveau, était l’écrin parfait pour accueillir les 710 congressistes qui se sont présentés, en cumul, durant ces deux jours. Avec une majorité de membres issus de l’AITF, cette manifestation était non seulement l’occasion de faire le point sur les activités de l’association, mais aussi de transmettre les connaissances acquises en collectivités, partager les expériences de terrain, s’enquérir des grands sujets d’actualité intéressant la filière technique territoriale et enfin assurer une visibilité des ingénieurs et de leurs savoir-faire sur la scène nationale. Les enjeux étant nombreux, le programme était donc dense, placé sous la thématique « Ingénierie publique territoriale et ville 2030 ».
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Brocardant le culte du minimalisme et du conceptualisme de certains de ses pairs, Rudy Ricciotti a fait l’éloge du réalisme et de l’humilité : « L’architecte doit savoir travailler avec le coffreur, le maçon, le charpentier, etc., et s’effacer. Il doit leur dire « s’il te plaît » et « merci », pour la réalisation de ses fantasmes schizophrènes ». Puis à force de digressions, il en vient à sa relation aux ingénieurs. « L’architecte est un condensé de paranoïa, qui va vérifier tout ce qu’on lui dit. C’est là qu’interviennent les ingénieurs, expliquet-il, avant de les prendre directement à partie dans la salle. Je vous aime bien, je vous admire, même ! Le passage à l’acte n’est possible que lorsque tous les corps de métiers ont anticipé les événements puis s’activent à la réalisation. Bref, qu’ils travaillent ensemble pour une œuvre commune ». Et de confesser : « Les ingénieurs me fascinent, je leur dois tout. C’est pour cela que j’ai interdit à mes fils de devenir architectes ! ». Enfin, par des exemples nombreux mis en images, il a partagé sa vision de l’architecture.
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Au cours de son intervention, Rudy Ricciotti a présenté plusieurs de ses réalisations : le MuCem à Marseille, le Stade Jean Bouin à Paris ou encore le Pont de la République à Montpellier.
« J’ai inventé la disparition du format, de la proportion. Et je m’éclate à travailler le béton. Qu’on arrête de dire des conneries à propos de ce matériau. Et de manière générale, l’inexpertise et la démagogie tuent nos initiatives ! » Il termine enfin par un discours plus policé et conciliant, en faisant l’apologie d’une économie du bâtiment
Rudy Ricciotti a fait part à l’auditoire de sa passion pour le béton et son grand respect pour les ingénieurs.
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Discours d’inauguration
Yves Krattinger (à gauche) et Jean-Pierre Auger (à droite)
Invité à prononcer le discours d’inauguration des RNIP, le président de l’IDRRIM (1), Yves Krattinger, a souligné que le thème choisi pour cette édition – « ingénierie publique territoriale et ville 2030 » – était « particulièrement porteur en cette période de réforme territoriale ». Il a également rappelé l’équation difficile qui résume la situation actuelle, « les ingénieurs territoriaux sont de plus en plus sollicités, et les embauches de moins en moins nombreuses… », avant d’appeler ces derniers à s’impliquer dans les travaux de l’IDRRIM malgré les « difficultés croissantes » pour s’engager dans de tels chantiers en dehors de leurs collectivités. Jean-Pierre Auger, président de l’AITF, a conclu cette séquence inaugurale en émettant un vœu : « Pour qu’un projet aboutisse, il faut une maîtrise d’ouvrage forte, et pour cela il faut une ingénierie forte. L’ingénierie territoriale doit être prescriptrice ! ». (1) Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité.
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Des ateliers répartis par parcours métier
La salle était comble pour cette conférence centrale.
locale des richesses et contribue à un fonctionnement sain de l’économie française ». La salle aura retenu sa respiration tout au long de son allocution. Que son discours ait séduit ou ait été détesté, il aura eu le mérite de décoiffer et ébranler gentiment l’école d’accueil.
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La sénatrice Claire-Lise Campion, ainsi que tous les intervenants, a mis l’accent sur le nécessaire volontariat des collectivités en matière d’accessibilité.
… territorialisée : « Elle permet une redistribution
« Sous prétexte de la réforme territoriale, nous ne devons pas tétaniser l’action publique » L’une des tables rondes techniques avait pour thématique l’accessibilité du cadre bâti, à l’aune des grandes impulsions gouvernementales qui se profilent. Pour tous les intervenants à la tribune, la volonté de rendre accessibles les bâtiments publics ne peut se contenter de faire partie du paysage politique, elle doit donner lieu à une accessibilité effective. « Nous avons tous un rôle à jouer, a scandé Claire-Lise Campion, sénatrice et présidente de l’Obiacu (Observatoire interministériel de l’accessibilité et de la conception universelle). Les compétences techniques de chacun d’entre vous doivent servir de relais ». Dressant la liste des évolutions majeures (formation du personnel en contact avec le public handicapé, création de la commission nationale d’accessibilité, séparation des réglementations de 2006 et 2007, etc.), les intervenants ont aussi évoqué les progrès à réaliser (création d’une liste des ERP accessibles au niveau communal et intercommunal, etc.), les limites des textes (difficultés à approcher les handicaps mental et psychique) et les assouplissements possibles (possibilité de créer une deuxième entrée, non stigmatisante et accessible à tous, dès lors que l’entrée principale n’est pas aménageable). Enfin, tous se sont accordés à dire qu’il convient désormais de parler d’accessibilité universelle, afin de ne pas débattre sur le prisme unique du handicap. Et que le transfert de compétences induit par la réforme territoriale ne doit rien changer aux actions entreprises. « Il doit y avoir permanence de l’engagement pris, a exhorté Claire-Lise Campion. L’action publique en matière d’accessibilité ne doit pas être bloquée par ce nouveau schéma territorial, elle a déjà trop attendu ».
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Mobilité urbaine : décentralisation du stationnement et e-technologies à la loupe L’atelier consacré à « la place des transports en commun terrestres dans l’aménagement » a notamment été marqué par la présentation du projet de TSPO (transport en site propre de l’ouest strasbourgeois). Une démarche novatrice, car, comme l’a souligné Franck Siegrist, chef de service Grands équipements au conseil général du Bas-Rhin, « il n’existe pas pour l’instant d’exemple similaire sur le périurbain ». Objectif : maximiser les reports modaux sur un axe routier qui voit circuler actuellement 40 000 véhicules par jour et pour lequel il n’y a pas d’alternative TER. La part modale du transport en commun interurbain plafonnant, le conseil général a décidé de mettre les moyens avec des voies dédiées, notamment sur les bandes d’arrêt d’urgence, sur lesquelles circuleront de « véritables BHNS » (bus à haut niveau de services), prioritaires sur l’ensemble du parcours grâce à un système de régulation des feux. Lors de l’atelier « Décentralisation, dépénalisation et dématérialisation du stationnement payant sur voirie », Romain Cipolla, responsable du pôle mobilité durable du Gart, a rappelé les objectifs de la réforme en cours : « confier aux collectivités tous les pans de la politique de stationnement payant, mieux lier stationnement et politiques de mobilité, et redonner de l’équité, de la cohérence et de l’efficacité aux politiques de stationnement ». Cette évolution permettra aux collectivités de fixer leur propre barème tarifaire, et l’amende, jusqu’ici uniforme sur le territoire national, deviendra un « forfait de post-paiement » dont le montant sera indexé sur le barème tarifaire du stationnement. De plus, il pourra exister une modulation élargie de ce barème, prenant en compte par exemple la surface occupée par le véhicule ou son caractère plus ou moins polluant. En matière de nouvelles technologies, enfin, Patrick Laffont, animateur du groupe de travail Déplacements-signalisation de l’AITF, a souligné que « la solution universelle n’existe pas », chaque site présentant des contraintes (géographiques, sociales, économiques, politiques…) qui lui sont propres. Parmi les différentes solutions qui émergent – régulation du trafic, capteurs de stationnement, information voyageurs dynamique, « big data », etc. – le gestionnaire de la
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La gestion des réseaux et des fluides Eau, gaz, électricité, télécom… Si les réseaux irriguent les villes depuis bien longtemps, la gestion de ces infrastructures représente de nouveaux défis pour les collectivités, comme l’a montré le parcours métiers n° 2. La question de la gestion patrimoniale des réseaux d’eau et d’assainissement a ainsi été évoquée dans l’atelier 9, car les collectivités sont en retard sur ce chantier, notamment en raison du niveau des investissements à mobiliser pour améliorer les performances de leurs infrastructures. Autre point sur lequel les collectivités ont à avancer : la gestion des fluides. Pourtant, comme le montre l’exemple présenté par Dominique Teston, DGST de la ville et de la communauté de communes du Pays de Lourdes, il est possible de réaliser des économies importantes. Pour cette collectivité, qui consommait 2 millions d’euros de fluides (électricité, télécom, eau, etc.) par an en 2008, une économie de 20 % (soit 400 k€) a pu être effectuée par une démarche ciblée. Il aurait même été possible d’aller plus loin « si la gestion des fluides avait été une priorité des élus ou de la direction », souligne-t-il. Ce qui n’a pas été le cas, par manque de visibilité politique de ce type d’actions. Enfin, les enjeux de la fin des tarifs réglementés en gaz et électricité ont été présentés par les deux structures les plus en pointe sur cette question : l’Union des groupements d’achats publics (Ugap) et le Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Ile-de-France (Sigeif). L’occasion de voir la complexité de la démarche et l’intérêt de passer par des achats groupés, car il est ainsi possible de faire baisser sa facture énergétique. « Encore faut-il réussir à susciter l’intérêt des fournisseurs », souligne Nicolas Bisson, chef de projet énergie et environnement à l’Ugap. Risques, prévention et environnement Le troisième parcours métier des RNIP était consacré à la thématique « Risques, prévention et environnement » et a débuté par un atelier expliquant la nécessité de préparer au mieux les interventions des services sur les réseaux. En Ilede-France, l’Observatoire régional DT-DICT effectue ainsi différentes missions comme l’analyse des
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voirie et des déplacements ne doit pas céder à la tentation du « gadget » et se tourner vers une solution intégrée et la plus évolutive possible.
Quatre parcours métier, constitués différents ateliers, ont été incidents sur réseau survenus, la sensibilisation du de organisés. personnel des entreprises de construction ou encore l’information des maîtres d’ouvrage. « Depuis la création de l’observatoire en 2002, le nombre d’incidents a diminué de 60 % en Ile-deFrance », indique, Benito Bruzzo, président de cette structure. Les ingénieurs disposent également d’outils à la préparation de projets et la gestion de travaux. « Plus le projet est préparé à l’avance, plus les risques sont réduits », indique Daniel Darets, secrétaire général de l’ICSI, qui est venu présenter quelques bonnes pratiques issues de l’industrie et transposables aux services techniques des collectivités. Dans un autre atelier, la problématique de l’élaboration des plans de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) a été abordée. La France continue en effet de prendre du retard dans la mise en œuvre de la directive européenne. Toutes échéances et tous documents confondus, 741 cas de défaillances ont été identifiés par les préfets. Dans 55 % des cas, aucun délai de réalisation n’est avancé. Pascal Valentin, chef de la mission bruit au ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, a également rappelé que « pour les collectivités dont les cartes de bruit ou PPBE n’ont pas encore été initiés, la procédure de substitution devrait se mettre en place ». Mais en l’absence d’implication de la collectivité, qui devra rembourser les frais avancés, les PPBE risquent d’être peu ambitieux et surtout plus chers. En outre, « l’implication des préfets reste très variable selon les terri- … T ECH N I . CITÉ S n ° 2 7 3 • 8 - 2 3 j u i l l e t 2 0 1 4
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… toires et les priorités définis », souligne Céline Boutin, de Soldata Acoustic. Dernier sujet de ce parcours, l’élaboration ou la révision des plans de prévention des risques littoraux (PPRL), suite à la publication de la circulaire du 27 juillet 2011. Une analyse et une interprétation de cette dernière ont été réalisées pendant l’atelier. Des propositions de réflexion pour améliorer l’application de la loi (et des PPRL) ont également été faites afin de prendre en compte certaines difficultés. « Comment gérer un PPRI avec 98 % de zones rouges sur la station balnéaire de Marseillan, tout en maintenant l’activité économique ? », a notamment appuyé Fabrice Garcia, DGST de Marseillan.
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Les allées, occupées par plusieurs sponsors, ont été largement fréquentées.
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Le management et l’organisation des services Le dernier parcours métier avait pour thème « Le management et l’organisation des services », qui a notamment fait référence à la métropolisation et aux mutations territoriales, résultantes de la loi Maptam. Le premier atelier a ainsi permis de présenter deux villes ayant des systèmes d’organisation intéressants : Nantes, comme référence en matière de proximité, et Lyon qui est en train d’établir une nouvelle carte intercommunale pour le 1er janvier 2015. Les principales étapes accompagnant cette nouvelle organisation lyonnaise, qui aboutira à la fusion de la communauté urbaine de Lyon et de la partie du département correspondant au territoire de la communauté urbaine, ont ainsi été détaillées. La mutualisation des services et la déclinaison des services techniques ont également fait l’objet d’un atelier. En effet, il est important de rappeler qu’en mars 2015, les EPCI devront avoir adopté leur schéma de mutuali-
sation. Quelques exemples concrets de démarches engagées depuis plusieurs années, comme celle entre Nantes Métropole et la ville de Nantes ou celle de Saint-Nazaire (Carene), ont également fourni de nombreux enseignements sur les points positifs et les contraintes des mutualisations de services. Enfin, ce parcours métier a été l’occasion pour la Commission des aînés de l’AITF d’organiser un débat sur la retraite : « Comment vivre mieux son passage à la retraite ». Gérer et anticiper les fins de carrière a été le message central adressé aux ingénieurs territoriaux présents, afin d’éviter qu’ils soient déstabilisés par le statut social de retraité.
Des tables rondes très fréquentées Quatre tables rondes techniques et une table ronde statutaire sur les incidents de carrière étaient proposées aux congressistes cette année. Leur affluence a permis de témoigner, une fois encore, de l’intérêt des ingénieurs pour ces grands temps forts des Rencontres. Chacune des tables rondes techniques a repris le thème central de la ville en 2030 pour l’adapter à ses problématiques. L’intervention sur la modélisation urbaine a ainsi démontré l’intérêt d’une approche systémique pour obtenir ensuite une modélisation intégrée. La forme urbaine, prévisible, doit ainsi tenir compte de multiples critères environnementaux, sociaux, économiques, sociétaux, de mobilité, etc. Parfois, si les intérêts se contredisent, la modélisation va permettre de les anticiper et de dégager une solution de compromis. Pour Vincent Viguié, du Cired, « la modélisation arbitre par exemple, en quelque sorte, entre la préconisation d’une ville dense pour limiter les gaz à effet de serre, et la préconisation d’une ville étendue avec espaces verts pour limiter les îlots de chaleur ». « La difficulté, c’est qu’il n’y a pas seulement des choix instantanés. Il y a aussi un « feedback » des ménages : la localisation du foyer, des employeurs, de la nounou, etc., nuance Fabien Leurent, de l’École des Ponts. La modélisation offre alors un dimensionnement et une localisation des aménagements possibles, grâce à la localisation ». Des comportements « simulables », comme il en a été question dans la table ronde sur la propreté urbaine. Ici, anticipation et réactivité sont les maîtres mots, pour les communes.
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La première table ronde technique était consacrée à la modélisation urbaine, indispensable pour élaborer et évaluer les projets d’aménagement.
sance, s’est réjoui Dominique Cena, de Cinov construction. Il assure une montée en compétences de tous les acteurs ». Si ce dispositif est un excellent signal et répond aux exigences du processus de construction, François Guillot, ingénieur à la ville de Caen, souligne également ses limites : « On bute toujours sur la sacrosainte litanie du Code des marchés publics qui exige l’équité entre prestataires. On ne peut donc pas écarter un candidat qui ne serait pas qualifié, alors même qu’il en remplit tous les critères ! ». La position du maître d’ouvrage public demeure donc délicate, et appelle à un assouplissement du code, à son sens.
Construction de la gare de tramway souterraine de Viroflay.
Les visites techniques donnent à voir Pour clôturer ces rencontres sur une note légère, et surtout sur des applications concrètes, 150 congressistes se sont pressés dans les trois visites techniques qui étaient programmées : l’une au Parc de Saint-Ouen, une autre aux gares de tramway souterrain de Viroflay et enfin une dernière au stade Jean Bouin. Aiguillés par des ingénieurs, les visiteurs ont pu arpenter les allées de chantiers ou réalisations d’intérêt national, et surtout en connaître tous les rouages : réflexions amont, grandes étapes dans la maîtrise d’ouvrage puis la maîtrise d’œuvre, matériaux utilisés, calendrier, articulation entre tous les corps de métiers, coûts, etc. Des visites qui viennent donner corps à tous les sujets débattus au préalable dans les ateliers.
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Olivier Finance, de Sineu Graff – qui s’est fait le porte-parole de Toulouse Métropole –, a indiqué que la ville rose a récemment cartographié son territoire avec un taux de salissure accepté. « Arrêtons de vouloir une ville propre partout ! La ville est sale car elle est utilisée, a-t-il rappelé. Malgré tout, il convient que les habitants et les équipes techniques définissent ensemble des secteurs prioritaires ». Mettant l’accent sur la communication, la valorisation des agents de nettoiement, la coproduction de la propreté (avec tous les acteurs de la ville) et l’anticipation des besoins en propreté dès la conception de projets urbains, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’un travail collectif et ciblé pour une plus grande efficacité. C’est ce travail de concertation qui a été loué dans la démarche de qualification RGE Études, qualification qui faisait l’objet d’une table ronde. D’après Jonathan Louis, de l’Ademe, et Stéphane Mouchot, de l’OPQIBI, la RGE Études, qui s’est inspirée de la RGE Travaux, récompense la démarche volontaire d’un bureau d’études (ou agence d’architecte) qui souhaite faire reconnaître ses activités, sa pédagogie, la formation de son personnel. Ainsi le maître d’ouvrage est assuré de la qualité des prestations qui lui sont proposées. En outre, il peut prétendre à l’écoconditionnalité : pour bénéficier d’aides à l’investissement et à la décision, la collectivité doit nécessairement faire appel à des prestataires qualifiés. Cela deviendra même obligatoire dès 2015. « Un dispositif qui est facteur de crois-
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