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L’AIDE HUMANITAIRE D’URGENCE


© Brendan Bannon

PHOTO DE COUVERTURE ©Julie Rémy - Eliane Mansur, chirurgienne, soigne un patient souffrant d’une fracture ouverte dans la salle d’opération de fortune de l’hôpital de Martissant à Port-au-Prince, en Haïti, juste après le tremblement de terre. Janvier 2010

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SOMMAIRE 3 SOMMAIRE 5 QUI SOMMES-NOUS ? 7 UNE PETITE INTIATIVE DEVENUE MOUVEMENT INTERNATIONAL 8

NOTRE HISTOIRE La croissance Dénoncer les situations intolérables Prix Nobel Les années 2000

11 MSF, UN ACTEUR DE TERRAIN 12 MSF, UN ACTEUR D’URGENCE

14 NOS INTERVENTIONS Conflits Catastrophes naturelles Epidémies, endémies, pandémies Crises alimentaires Exclusion des soins de santé migrants Diversification des activités médicales Quand la crise est sous contrôle 22 TRAVAILLER POUR NOUS Profils recherchés Critères d’embauche Collaborer avec le personnel national 24 NOUS NE SOMMES RIEN SANS VOTRE SOUTIEN

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Š Spencer Platt/Getty Images


QUI SOMMES-NOUS? Depuis quarante ans, Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale et humanitaire d’urgence à des populations victimes de violences ou de conflits armés, mais aussi d’épidémies, de pandémies, de catastrophes naturelles ou encore d’exclusion des soins. Toutes ces situations nécessitent des ressources médicales et logistiques adaptées. Indépendante des pouvoirs politiques, militaires ou religieux, MSF agit en toute neutralité et impartialité, après évaluation des besoins médicaux des populations. MSF ne prend pas parti dans les conflits et exige un accès sans entrave aux populations qu’elle entend secourir. La garantie de l’indépendance de l’association s’enracine dans son financement, assuré à 89% (en 2011) par la générosité de ses donateurs privés. MSF n’acceptera jamais de fonds des gouvernements ou des parties directement impliqués dans un conflit où travaillent ses équipes. Lorsque MSF est témoin d’actes de violence graves ou de crises négligées, elle se donne le droit de prendre la parole publiquement pour tenter de sortir la crise de l’oubli, alerter le public sur les exactions commises loin de caméras, critiquer les insuffisances de l’aide, ou dénoncer le détournement de l’aide pour servir des intérêts politiques.

La Charte La Charte de Médecins Sans Frontières s’articule autour de l’idée centrale du secours aux populations en détresse. Elle confère à Médecins Sans Frontières sa mission d’aider les victimes de guerres et de crises. La Charte souligne en outre que Médecins Sans Frontières est une organisation neutre, impartiale et indépendante. Tous les Médecins Sans Frontières adhèrent aux principes suivants : Les Médecins Sans Frontières apportent leur secours aux populations en détresse, aux victimes de catastrophes d’origine naturelle ou humaine, de situation de belligérance, sans aucune discrimination de race, religion, philosophique ou politique. Œuvrant dans la neutralité et en toute impartialité, les Médecins Sans Frontières revendiquent, au nom de l’éthique médicale universelle et du droit à l’assistance humanitaire, la liberté pleine et entière de l’exercice de leur fonction. Ils s’engagent à respecter les principes déontologiques de leur profession et à maintenir une totale indépendance à l’égard de tout pouvoir, ainsi que de toute force politique, économique ou religieuse. Volontaires, ils mesurent les risques et périls des missions qu’ils accomplissent et ne réclameront pour eux ou leurs ayants droit aucune compensation, autre que celle que l’organisation sera en mesure de leur fournir.

L’organisation a reçu le prix Nobel de la paix en 1999 et mène des projets dans plus de 60 pays grâce au travail de 22.000 collaborateurs sur le terrain. Réunies autour d’une même charte, les équipes de MSF sont composées de personnel médical, logistique, et administratif de dizaines de nationalités différentes, expatriés ou employés localement.

L’indépendance est une attitude, la façon dont nous travaillons, qui nous sommes, comment nous abordons un problème, mais c’est aussi une nécessité absolue. Christopher Stokes, extrait du film “MSF (Un)Limited”

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UNE PETITE INITIATIVE DEVENUE MOUVEMENT INTERNATIONAL MSF est une association sans but lucratif qui a été fondée en France par des médecins et des journalistes en 1971. Aujourd’hui, MSF est un mouvement international, qui compte 23 associations nationales indépendantes réunies autour d’une seule et même charte. Toutes sont placées sous la responsabilité d’un Conseil d’administration élu par leurs membres lors d’une Assemblée générale annuelle. Sur les 23 associations, cinq sont des «centres opérationnels»: Paris, Bruxelles, Amsterdam, Genève et Barcelone. Les autres s’occupent de recrutement, de récolte de fonds et de la communication.

Sur le terrain, chaque section mène ses propres projets de manière indépendante, tout en assurant un échange d’informations dans un souci de cohérence. Lors d’urgences de très grande ampleur, les différentes sections qui interviennent s’efforcent de se répartir la tâche pour déployer des secours plus efficaces. De même, lorsque toutes les équipes MSF présentes dans un pays font face à des violations massives du droit humanitaire international ou à des carences manifestes de l’aide, des prises de position publique communes peuvent être élaborées et diffusées de concert. A Genève, le bureau international de MSF représente l’organisation au niveau international, notamment par le biais d’un président international élu pour 3 ans, et facilite les débats au sein du mouvement. Dans le domaine médical, des groupes de travail sur des thématiques spécifiques comme la tuberculose ou le sida échangent leurs expériences, lancent des projets de recherche et construisent ensemble des approches adaptées aux contextes précaires dans lesquels MSF travaille.

Création des associations

© Vali

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France (création en 1971) Belgique (1980) Suisse (1981) Hollande (1984) Luxembourg, Espagne (1986) États-Unis, Grèce (1990) Canada, Italie, et le Bureau International (1991) Japon (1992) Suède, Danemark, Allemagne, Royaume-Uni (1993) Australie, Autriche, Hong Kong (1994) Norvège, Emirats Arabes Unis (1995) Brésil, Argentine (2001) Afrique du Sud (2007)


NOTRE HISTOIRE Au début des années 70, le Biafra (une région de l’actuel Nigéria) était dévasté par une guerre dans laquelle une partie de la population était volontairement privée d’aide alimentaire. Des médecins français, travailleurs humanitaires pour la Croix-Rouge, furent témoins de cette situation, mais ils ne purent la dénoncer en raison de la politique de neutralité et de réserve de la Croix-Rouge. Une situation semblable se présenta au Pakistan oriental, l’actuel Bangladesh, où un typhon dévastateur tua plusieurs centaines de milliers de personnes en 1970. Suite à la négligence des autorités centrales, 10 millions de personnes ne trouvèrent d’autre solution que de se réfugier en Inde. L’aide des Nations Unies fut tardive et insuffisante. Très vite, la revue médicale Tonus lança un appel aux médecins français pour aller secourir les millions de personnes en détresse. En 1971, des journalistes et des médecins furent les premiers à s’impliquer activement dans la création en France de Médecins Sans Frontières, une organisation d’aide médicale qui entendait disposer d’une plus grande liberté d’action et dénoncer publiquement certaines situations. Plusieurs médecins créèrent la branche belge de Médecins Sans Frontières en 1980. L’organisation envoya son premier expatrié à partir d’un tout petit bureau à Bruxelles. Il s’agissait d’un médecin parti travailler dans les camps de réfugiés en Thaïlande.

La croissance Médecins Sans Frontières n’est pas devenue un mouvement international du jour au lendemain. Il lui a aussi fallu du temps pour devenir un acteur majeur du paysage humanitaire. Dans les premières années de son existence, l’organisation réalisa un petit nombre d’interventions médicales. Tout d’abord à la suite des catastrophes naturelles en Amérique centrale. Plus tard, elle vint en aide aux réfugiés cambodgiens en Thaïlande, aux victimes de la guerre civile au Liban et aux populations afghanes après l’invasion soviétique de l’Afghanistan. Au milieu des années quatre-vingt, MSF intervint lors de la terrible famine en Éthiopie. MSF fut le témoin des

conséquences de la politique de transfert forcé de populations du gouvernement éthiopien. Ils furent des dizaines de milliers à mourir de faim, de maladie et de froid. Vers la fin des années quatre-vingt, MSF mit au point une solide approche logistique au service de ses projets médicaux. Les urgences majeures se succédèrent. L’organisation y répondit inlassablement en développant encore davantage ses capacités et ses moyens d’action. C’est le début d’une période de grande croissance pour MSF, qui se caractérisa aussi par la diversification de ses activités. Grâce à sa détermination, à son idéalisme et à la créativité de ses membres, MSF intervint en urgence aux quatre coins du monde. Lors du tremblement de terre en Arménie en 1988, l’Union soviétique d’alors accepta, pour la première fois, l’intervention de travailleurs humanitaires étrangers. Médecins Sans Frontières fut l’une des premières organisations arrivées sur le terrain pour soulager les immenses besoins des populations. La réponse de MSF est massive et les projets extrêmement diversifiés : abris pour les personnes privées de logement, cliniques mobiles, santé mentale, kinésithérapie, chirurgie réparatrice pour les personnes amputées, installation de matériel de laboratoire et de machines de dialyse, remise en état des équipements des maternités, avec notamment des incubateurs, construction de chalets en bois en guise de dispensaires, distribution de vêtements... Et cette liste est loin d’être exhaustive.

Tout ce qu’on a pu faire en Arménie, c’était quelque chose d’extraordinaire pour moi, c’était comme une magie. On se sentait portés par un groupe derrière une énergie qui nous poussait à faire des choses au-delà de ce que MSF faisait auparavant, au-delà de certaines limites qu’on aurait pu se fixer.

Marie-Christine Férir, extrait du film “MSF (Un)Limited”

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© Cédric Gerbehaye

La chute du Mur de Berlin, en 1989, ouvrit aussi les frontières des pays d’un bloc de l’Est en pleine désintégration. Médecins Sans Frontières lanca aussi de nouveaux projets en Europe de l’Est.

Dénoncer les situations intolérables Dans les années qui suivirent, les collaborateurs de Médecins Sans Frontières furent témoins des purifications ethniques dans l’ancienne Yougoslavie, du génocide rwandais, de la politique irakienne d’extermination des Kurdes... Des atrocités de ce genre obligèrent à plusieurs reprises Médecins Sans Frontières à se prononcer publiquement et à rappeler ses responsabilités à la communauté internationale. Aujourd’hui encore, Médecins Sans Frontières estime qu’il est aussi de son devoir de dénoncer publiquement les graves violations des droits humains et les crises médicales intolérables dans les régions où travaillent ses équipes. Il s’agit, par exemple, de l’exclusion de certaines populations (telles que les réfugiés) de l’accès aux soins médicaux ou de la négligence par rapport à certains problèmes médicaux graves (par exemple le VIH/sida). Médecins Sans Frontières attire l’attention de la communauté internationale sur certaines situations problématiques afin de l’inciter à agir pour y remédier.

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Prix Nobel Au cours des années ’90, Médecins Sans Frontières connut une croissance énorme. Ce développement et les exigences grandissantes vis-à-vis de l’organisation l’obligèrent à poursuivre la professionnalisation du recrutement, de la préparation et de l’accompagnement des collaborateurs de terrain. En octobre 1999, MSF vit ses efforts couronnés par le prix Nobel de la paix. Cette distinction ne récompensa pas uniquement son action dans le domaine médical, mais aussi, et surtout, son plaidoyer et son témoignage en faveur des populations en danger. Après avoir reçu ce prix, MSF lance sa « campagne d’accès aux médicaments essentiels ». L’objectif est de promouvoir l’accessibilité financière et le développement de nouveaux médicaments capables de prolonger ou de sauver la vie de patients, de tests de diagnostic et de vaccins.

Les années 2000 Au début du troisième millénaire, les organisations humanitaires furent confrontées à des missions de très grande envergure. Outre les interventions dans les zones de conflits et les différentes crises auxquelles l’organisation tente de répondre, Médecins Sans Frontières doit relever des défis tels que l’exclusion médicale, les ravages du sida, la résurgence d’épidémies comme la tuberculose et la malaria, l’absence de traitements efficaces ou abordables pour de nombreuses maladies et patients.


Parallèlement, les ONG qui tentent de venir au secours de populations affectées par la guerre, les épidémies ou les catastrophes naturelles rencontrent des obstacles qui peuvent les empêcher de remplir leur mission. Assassinats, enlèvements, expulsions, restrictions, voire interdictions de mouvement, silence imposé sont des événements qui selon certains traduiraient d’un rétrécissement de « l’espace humanitaire », un espace symbolique de respect du travail humanitaire avec une notion de liberté de leur intervention. Pour MSF, il n’y a pas un espace légitime de l’action humanitaire, mais il existe en revanche un espace de négociation entre acteurs de l’aide et autorités d’un pays. La marge de manoeuvre des organismes d’aide se négocie, et elle dépend notamment de leur capacité à pouvoir se rendre utile et dans le cas de MSF, à pouvoir se faire reconnaître en tant qu’acteur apportant une aide médicale de manière neutre, impartiale et indépendante.

Alex Parisel, extrait du film “MSF (Un)Limited”

© Misha Friedman

C’est cette approche qui a permis à Médecins Sans Frontières de relancer des activités en Afghanistan en 2009 après avoir annoncé son retrait en 2004 suite à l’assasinat de cinq de ses collaborateurs.

Il y a une obligation morale de prendre la parole sous peine de complicité. C’est ce que nous avons fait pour le Rwanda. Parce que le témoignage, au-delà du cri du coeur, est quand même l’expression de nos valeurs. Et lorsque celles-ci sont mises à défault et que personne ne réagit, on ne peut pas se taire.

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MSF, UN ACTEUR DE TERRAIN Déployer des secours et des soins à des milliers de kilomètres nécessite une organisation complexe et des moyens importants. Qu’il s’agisse d’accueillir des populations déplacées à cause des affrontements au Darfour ou de vacciner des millions de personnes contre la méningite en Afrique de l’Ouest, MSF s’appuie sur un réseau international qui peut, en urgence, mobiliser des ressources humaines qualifiées et des moyens financiers importants. Nos opérations de secours sont mises en œuvre sur chaque lieu d’intervention à travers des projets de terrain. Sur place, une équipe assure le bon déroulement des activités au quotidien et la relation avec les autorités locales. Dans la capitale, une équipe de coordination est responsable de l’ensemble des projets menés dans le pays.

© Siegfried Modola

Les grandes orientations des projets de MSF sont pour la majorité d’entre eux pilotées à partir des sièges des centres opérationnels. Autour des responsables chargés des opérations, le département médical et les autres départements de soutien apportent leur expertise en fonction des besoins du terrain.

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Du médecin au logisticien en passant par l’administrateur ou le traducteur, des individus de nationalité et de profil différents sont amenés à travailler ensemble. Sur le terrain, une équipe peut être composée de quelques dizaines de personnes jusqu’à plusieurs centaines : tout dépend du projet et de ses objectifs. La structure reste néanmoins la même : un(e) responsable de terrain organise et supervise la mise en œuvre des activités en lien avec l’équipe de coordination en capitale, développe les contacts avec les autorités et les acteurs nationaux, et veille au respect des consignes de sécurité. Si le cœur de l’action de MSF se trouve sur le terrain, l’ampleur des opérations de secours et leur complexité nécessitent des ressources humaines, médicales et techniques parfois très spécialisées. Organisés pour répondre au mieux à ces exigences, les responsables des opérations de secours et les spécialistes des départements de soutien médical et technique travaillent à distance, en liaison constante avec le terrain. Ils visitent régulièrement les projets pour définir, améliorer, évaluer ou réorienter les programmes et les domaines d’activité dont ils ont la charge.


MSF, UN ACTEUR D’URGENCE Au fil des années, Médecins Sans Frontières a développé une grande expertise en matière d’aide humanitaire dans des situations de crise. Mais toutes les urgences n’appartiennent pas à la même catégorie. Dans certains cas, il s’agit de la recrudescence des conflits dans des pays en proie à une instabilité chronique. Les travailleurs humanitaires se concentrent alors surtout sur ce que nous appelons dans notre jargon ‘l’emergency preparedness’ : le fait de se tenir prêt sur place pour intervenir en cas de crise. D’autres urgences sont des catastrophes soudaines, imprévisibles. Dans ce cas, nous parlons plutôt ‘d’emergency response’, soit l’intervention immédiate en cas d’urgence. L’ampleur, la fréquence et le caractère soudain de ces urgences mettent à rude épreuve la capacité logistique et organisationnelle de MSF. Lors de chaque crise, nous devons pouvoir acheminer des médicaments, de l’eau, des installations sanitaires, des abris et une aide médicale dans de très brefs délais. Or, nous travaillons dans certaines régions quasi-inaccessibles et dans des circonstances extrêmement difficiles. La vie des populations dépend de la rapidité et de l’efficacité de nos interventions d’urgence. Pour être parfaitement préparée, Médecins Sans Frontières veille à disposer en permanence d’un personnel en nombre suffisant et correctement formé, capable d’intervenir sur-le-champ. L’organisation veille également à disposer de stocks appropriés et de moyens logistiques et financiers suffisants.

Du personnel rapidement mobilisable et expérimenté Une équipe d’urgence, qui se compose de personnes issues de diverses disciplines, toutes spécialisées dans les situations d’urgence, peut se rendre disponible dans de très brefs délais. Ces urgentistes sont envoyés sur le terrain pendant les premières semaines d’une crise pour démarrer l’opération d’aide d’urgence. Une mission exploratoire évalue rapidement la situation sur place et les besoins médicaux d’une région. Cette mission permet de déterminer la gravité d’une crise, le matériel nécessaire, les effectifs à envoyer, le budget à prévoir ainsi que les moyens d’acheminement du matériel. Outre l’organisation des procédures d’urgence et la formation de personnel, l’équipe d’urgence suit de près l’évolution de la situation dans des pays chroniquement instables et aide les collaborateurs de Médecins Sans Frontières présents sur le terrain à se préparer le mieux possible à de nouvelles crises.

Des moyens logistiques adaptés L’un des principaux outils pour pouvoir intervenir rapidement dans des situations de crise sont les kits d’urgence standardisés, composés, selon les situations, de médicaments, de nourriture ou de matériel de survie. En cas d’inondations, par exemple, l’endroit sinistré est approvisionné en générateurs et en bâches en plastique pour la construction d’abris. L’accessibilité d’une région et la nature de la catastrophe déterminent en fin de compte si les secours seront simplement distribués sur place, acheminés en camion, en bateau ou en avion-cargo. Pour pouvoir envoyer très rapidement du matériel en grande quantité sur le lieu d’une crise, Médecins Sans Frontières a créé MSF Supply, une centrale d’approvisionnement et d’achat spécialisée, chargée de l’achat, du contrôle de qualité et du transport des secours d’urgence.

Des moyens financiers en conséquence Les urgences sont, dans un premier temps, financées par les fonds propres de MSF, émanant de ce qu’on appelle le fonds d’urgence. Celui-ci est disponible immédiatement, ce qui permet d’intervenir au plus vite sans devoir attendre les dons du public. Dans certains cas, Médecins Sans Frontières travaille cependant avec des fonds, mis à sa disposition par des bailleurs ou par d’autres organisations, pour des pays ou des projets spécifiques. L’organisation peut aussi en appeler à la générosité du grand public.

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NOS INTERVENTIONS Conflits Depuis la création de MSF, les conflits armés et leurs conséquences sur les civils représentent nos raisons principales d’interventions sur le terrain. Dans les contextes de conflit, gagner l’accès aux patients et apporter une réponse médicale directe reste un enjeu majeur. L’action humanitaire y est rendue possible si elle est neutre, indépendante et impartiale. Avec pour seul et unique objectif : répondre aux besoins des populations. Dans ce type de contextes, le système de soins de santé est souvent détérioré ou anéanti, alors que les besoins en soins médicaux, chirurgicaux et psychologiques sont importants. Il en résulte une population privée de l’accès aux services médicaux. Selon les situations, MSF assure de la chirurgie d’urgence, s’investit dans des hôpitaux et des centres de santé, déploie des équipes mobiles pour fournir des consultations médicales, intervient dans les camps de déplacés ou de réfugiés, assure des soins spécifiques, notamment aux enfants, en cas de crise nutritionnelle… Si nécessaire, Médecins Sans Frontières organise aussi l’approvisionnement en eau et la distribution de tentes. MSF peut également être amenée à dénoncer publiquement les violences commises par les parties au conflit envers les populations civiles.

Exemple : Depuis 2009, Médecins Sans Frontières a repris ses activités en Afghanistan, après une interruption de cinq ans. En 2004, l’organisation avait quitté le pays après l’assassinat de cinq de ses collaborateurs. MSF a pris la décision de retourner en Afghanistan devant l’urgence des besoins médicaux et humanitaires dans ce pays. Le redémarrage des projets en Afghanistan a commencé par deux projets sur place : un hôpital dans la capitale Kaboul et un autre dans la province de Helmand, sévèrement touchée par la guerre. Le pays étant déchiré par un conflit de longue durée, MSF ne peut y travailler que grâce à une parfaite neutralité et une totale indépendance.

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© Peter Casaer © Nichole Sobecki

L’urgence humanitaire ne s’arrête pas avec la fin des hostilités ou avec la signature d’un accord de paix. Les besoins des populations, la situation sanitaire liée à la déstabilisation du système de santé, et leur incapacité à fonctionner normalement, peut justifier la présence d’acteurs humanitaires comme MSF parfois pendant de longues années. C’est ainsi que les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent en République démocratique du Congo depuis vingt ans, sans discontinuer.


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Š Peter Casaer


© Ron Haviv/VII

Catastrophes naturelles Tremblements de terre, ouragans, cyclones, typhons, inondations ou éruptions volcaniques... Pour répondre à ces catastrophes, MSF dispose d’un matériel standardisé sous forme de modules (kits) pré-conditionnés, stockés sous douane et prêts à être expédiés. Les équipes MSF sont organisées pour pouvoir envoyer un avion cargo en 48 heures. Première étape : faire parvenir le matériel dans les ports ou les aéroports. Les secours médicaux, nutritionnels ou logistiques sont ensuite acheminés sur le lieu même de la catastrophe. Les priorités d’intervention sont l’accès aux victimes, la distribution des secours, de nourriture et d’abris temporaires, l’approvisionnement en eau et électricité et le maintien des communications radio. D’une manière générale, l’intervention dans le cadre de catastrophes naturelles porte d’une part sur l’assistance médicale et, d’autre part, sur un appui logistique et sanitaire. Dans un second temps, une intervention psychologique auprès de ceux qui ont survécu mais ont tout perdu s’avère souvent nécessaire.

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Exemple : Port-au-Prince, la capitale de Haïti, a été frappée par un tremblement de terre dévastateur le 12 janvier 2010. Cette catastrophe a tué plus de 200.000 personnes. MSF avait déjà des projets dans cette ville et a donc pu soigner des victimes immédiatement après le tremblement de terre. D’autres collaborateurs ont été envoyés dans la région sinistrée. Le nombre de collaborateurs internationaux est passé de 30 à 400, collaborant avec une équipe de 3.000 employés locaux. Pendant la première phase, Médecins Sans Frontières s’est concentrée sur la chirurgie d’urgence pour les nombreux blessés graves. Ensuite, les projets ont été étendus à la rééducation et à la kinésithérapie pour les personnes opérées, à l’aide psychologique pour la population traumatisée et au rétablissement des soins de santé de base. MSF a en outre distribué du matériel tel que des tentes et des kits d’hygiène.


Epidémies, endémies, pandémies Des millions de personnes continuent à mourir chaque année de maladies curables comme la méningite, la poliomyélite, la rougeole, la fièvre jaune et la diphtérie mais aussi le choléra, la tuberculose, la malaria (paludisme) ou encore la maladie du sommeil. Dans certains pays, les fièvres hémorragiques comme l’Ebola refont surface. MSF développe des programmes visant à protéger les populations, mais également à enrayer les épidémies par des actions adaptées comme la vaccination de masse, l’amélioration des conditions d’hygiène, ou l’approvisionnement en eau potable. La vaccination de masse nécessite la mise en place de moyens logistiques importants pour prendre en charge entre 2.000 et 3.000 personnes en une journée. Le traitement de toutes les formes d’épidémie exige une mise en place rapide de structures de soins provisoires, ou l’utilisation d’infrastructures existantes.

Exemple : En août 2008, une épidémie de choléra s’est déclarée à Harare, la capitale du Zimbabwe. Elle s’est rapidement répandue aux autres villes et a fini par contaminer les régions rurales. Suite à l’effondrement de la santé publique du Zimbabwe et au mauvais entretien des réseaux de distribution d’eau et des égouts, l’épidémie s’est propagée très vite. Près de 100.000 personnes ont été contaminées. Malgré plusieurs obstacles bureaucratiques, Médecins Sans Frontières a pu intervenir de manière efficace. De nombreux centres d’accueil ont été créés pour accueillir les patients. Vers la mi-février 2009, Médecins Sans Frontières avait déjà soigné plus de 45.000 malades.

Nous avons ouvert un programme de traitement antirétroviral en mai 2001 et immédiatement des malades sont arrivés massivement des personnes extrêmement malades amenées sur des brancards. Eric Goemaere, extrait du film “MSF (Un)Limited”

VIH/sida Avec 33 millions de personnes séropositives estimées dans le monde (sources : ONUSIDA / OMS 2009), le VIH/sida continue de faire des ravages, particulièrement dans les pays d’Afrique subsaharienne qui concentrent 70% des personnes vivant avec le virus du sida. Or les traitements sont encore loin d’être disponibles pour l’ensemble des malades qui en ont besoin. Dans les pays en développement, 7 millions de personnes n’ont toujours pas accès à un traitement antirétroviral (ARV). Après dix ans d’une mobilisation internationale sans précédent ayant permis la mise sous traitement de plus de 5 millions de personnes (ONUSIDA 2010), la lutte contre le VIH/sida a semblé marquer le pas en 2009. Les principaux financeurs ont stoppé l’accroissement des financements alloués. Après avoir montré qu’il était possible, début 2000, de mettre en œuvre les antirétroviraux (ARV) dans les pays en développement, MSF a développé, dans les zones de forte prévalence, des modes de traitement et de suivi qui permettent de prendre en charge le plus de patients possible. Actuellement, MSF soigne quelque 160.000 patients atteints du VIH/sida dans 32 pays. Nos programmes comportent généralement des activités d’éducation et de sensibilisation pour prévenir la propagation du virus, des distributions de préservatifs, des dépistages du VIH encadrés par un entretien avant et après le test, le traitement et la prévention des maladies opportunistes (notamment la tuberculose), la prévention de la transmission mère-enfant et des traitements antirétroviraux pour les patients à un stade avancé de la maladie.

En collaboration avec des groupes de militants locaux, Médecins Sans Frontières fait aussi du lobbying auprès des autorités pour les sensibiliser au problème du VIH/sida et pour améliorer les soins aux personnes atteintes de VIH/sida. La « Campagne pour l’accès aux médicaments essentiels » joue un rôle crucial dans la disponibilité de médicaments de qualité à des prix abordables. En même temps, Médecins Sans Frontières investit aussi dans la recherche opérationnelle en matière de lutte contre le VIH/sida. Exemple : En République démocratique du Congo, plus de 280.000 personnes ont besoin d’un traitement antirétroviral contre le sida. Pourtant, 35.000 patients seulement – soit à peine douze pour cent – reçoivent ce traitement. Ces chiffres montrent l’ampleur de l’écart qui existe au Congo entre les besoins de traitements contre le VIH/sida et la disponibilité de ces traitements. Comme beaucoup de pays, le Congo dépend fortement du soutien financier international pour son programme en matière de VIH/sida. Médecins Sans Frontières plaide donc en faveur d’une augmentation de l’aide nationale et internationale aux programmes contre le sida. Par ailleurs, Médecins Sans Frontières est directement impliquée dans la lutte contre le VIH/sida dans la capitale Kinshasa. Outre le traitement de 2.000 patients, Médecins Sans Frontières y organise des activités de prévention et d’information et des groupes de soutien pour les patients.

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Crises alimentaires On parle d’une crise alimentaire lorsque le taux de malnutrition des enfants atteint le seuil d’urgence, fixé par l’Organisation mondiale de la Santé. Officiellement, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère dans le monde est estimé à 20 millions. Il s’agit de 20 millions d’enfants en danger de mort. Médecins Sans Frontières accueille les enfants gravement sous-alimentés dans des centres nutritionnels thérapeutiques. Ces enfants sont affaiblis au point de ne plus avoir d’appétit et d’être incapables d’absorber une grande quantité de nourriture en une seule fois. Ils doivent donc être nourris souvent et en petites quantités. Les enfants sous-alimentés sont plus sensibles aux infections. La maladie la plus anodine peut donc s’avérer mortelle pour eux. Lorsque l’enfant a retrouvé un peu de force et d’appétit, il peut continuer le traitement chez lui : sa mère doit alors lui administrer la nourriture thérapeutique et se rendre au centre nutritionnel avec l’enfant une fois par semaine. Il peut bien sûr aussi y avoir des adultes sévèrement sous-alimentés. Ils sont également soignés dans ces centres, où ils reçoivent un traitement adapté.

© Brendan Bannon

En cas de crise alimentaire grave, des interventions de courte durée sont organisées pour éviter que la situation ne dégénère lorsqu’aucune distribution générale de nourriture

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n’a lieu ou lorsque celle-ci est insuffisante ou se déroule de manière inefficace. La distribution alimentaire se concentre sur les enfants de moins de cinq ans, parce que ceux-ci sont les plus vulnérables. Il existe différentes formes de produits thérapeutiques prêts-à-consommer : un biscuit et une pâte de cacahuètes en sachet. La qualité nutritive de ces produits est comparable à celle du lait thérapeutique. Avantage de ces produits : ils peuvent être emportés et mangés partout, sans nécessiter l’addition d’eau. En outre, ils ne doivent pas être pesés et peuvent être administrés sans aucun récipient. La forte concentration de composants nutritionnels en un petit volume rend cette alimentation particulièrement adaptée pour les enfants sous-alimentés. Exemple : Durant l’été 2011, la Somalie a été touchée par une crise alimentaire en raison notamment d’une sécheresse exceptionelle, d’un conflit qui perdure et de la restriction d’accès à l’aide humanitaire. Les équipes de MSF ont pris des enfants sous-alimentés en charge dans ces centres de santé en Somalie mais aussi dans les camps de réfugiés en Ethiopie et au Kenya où beaucoup de familles somaliennes avaient fui. Les enfants gravement sous-alimentés ont été admis dans les centres thérapeutiques nutritionnels ; tandis que les cas moins problématiques ont été suivis en polyclinique.


Exclusion des soins de santé - migrants A travers le monde, des millions de réfugiés, migrants ou demandeurs d’asile sont confrontés à une situation humanitaire critique. Ils sont confinés dans des camps ou luttent pour leur survie en ville ou en zone rurale, sans accès aux soins de santé les plus élémentaires. © Mattia Insolera

L’intervention de MSF dans les camps de personnes réfugiées ou déplacées consiste d’abord à assurer les besoins vitaux des populations. Elle porte sur l’approvisionnement en eau potable, nourriture et abris. Une fois les besoins vitaux assurés, l’association met en place des programmes médicaux (préventifs et curatifs), ainsi que des programmes nutritionnels et sanitaires. Toutefois, seul un tiers des 10,5 millions de réfugiés dans le monde est hébergé dans des camps. L’augmentation progressive du nombre de réfugiés en zone urbaine reste un défi pour les acteurs humanitaires alors qu’il est difficile d’identifier et d’enregistrer cette population géographiquement dispersée et invisible n’ayant pas accès aux services les plus élémentaires, comme les soins de santé. Exemple: En 2011, les soulèvements populaires en Afrique du Nord ont poussé quelque 57 000 réfugiés, demandeurs d’asile et migrants à traverser la Méditerranée pour rejoindre le sud de l’Europe. La grande majorité a échoué sur l’île italienne de Lampedusa. Au départ de la Tunisie et de la Libye, pour la plupart, ils ont embarqué pour une traversée dangereuse de la Méditerranée. Ils seraient d’ailleurs au moins 2 000 à avoir perdu la vie en mer. L’afflux de réfugiés fuyant l’Afrique du Nord a été qualifié d’ « illégal » ou d’opportuniste; pourtant, le besoin de protection juridique et d’assistance de ces personnes était bien réel. L’Italie a ainsi délivré aux Tunisiens des permis de séjour d’une durée de six mois et accordé automatiquement à toutes les personnes fuyant la Libye le statut de demandeur d’asile. Présente à Lampedusa, MSF a rencontré une population extrêmement vulnérable composée notamment de victimes de mauvais traitements et tortures, de violences sexuelles, et de traite des êtres humains. Les réfugiés et les demandeurs d’asile fuyant l’instabilité de leur pays d’origine risquent souvent leur vie durant leur exode alors que dans de nombreux contextes, l’offre d’une assistance médicale appropriée et immédiate fait défaut et que l’on constate une absence de services appropriés de santé mentale. Médecins Sans Frontières (MSF) est extrêmement préoccupée par la tendance générale visant à restreindre les mouvements des réfugiés et des demandeurs d’asile et à les priver de l’aide qui leur est nécessaire et à laquelle ils ont droit. En fonction des contextes, MSF leur apporte une assistance humanitaire et médicale ainsi qu’un soutien en santé mentale.

Médecins Sans Frontières en Belgique Médecins Sans Frontières a été active en Belgique pendant vingt ans, de 1989 à 2009. Dans quatre villes, Verviers, Liège, Bruxelles et Anvers, des activités avaient été mises sur pied pour assurer l’accès aux soins des populations vulnérables. Au départ, il s’agissait surtout de sans-abri, puis de sans-papiers. MSF effectuait ses propres consultations médicales et psychosociales, mais l’objectif principal était de montrer aux autorités compétentes les défauts du système et les remèdes éventuels qu’on pouvait y apporter. Il n’appartient en effet pas à Médecins Sans Frontières d’offrir des solutions permanentes structurelles en matière de santé, que ce soit en Belgique ou ailleurs dans le monde. Aujourd’hui, l’ensemble des structures psychosociales et médicales de MSF en Belgique ont été transférées à d’autres acteurs. Mais Médecins Sans Frontières continue de suivre de près la situation en Belgique et intervient quand elle estime que les besoins l’exigent. Ainsi, Médecins Sans Frontières s’est associée à d’autres acteurs pour organiser un camp de réfugiés au centre de Bruxelles en novembre 2009. Il s’agissait d’attirer l’attention sur l’impasse politique en matière d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile en Belgique.

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Diversification des activités médicales En tant qu’organisation médicale, MSF doit adapter en permanence ses stratégies et ses pratiques médicales en fonction du contexte et des défis que ses équipes rencontrent sur le terrain. L’évolution de l’approche médicale de MSF a été, et reste, un élément clé de l’identité de l’organisation. Médecins Sans Frontières est également attentive à des problèmes de santé particuliers, qui peuvent faire l’objet de projets spécifiques. Il s’agit notamment des soins en santé mentale, de programmes de lutte contre le paludisme avec l’ouverture de nouveaux projets mais aussi le suivi d’épidémies, la prise en charge de la coïnfection du VIH/sida et de la tuberculose. Les maladies chroniques (comme le diabète ou l’hypertension) bénéficient d’une attention toute aussi continue de la part de MSF. La santé maternelle et reproductive constitue une autre priorité médicale pour MSF qui développe des programmes spécifiques dans différents pays incluant des soins prénataux, les accouchements, les soins postnataux ou encore le planning familial. Exemple : Le manque d’accompagnement médical peut avoir des conséquences graves pour la mère en cas de complications pendant l’accouchement. La fistule est une de ces conséquences. Les fistules entrainent des pertes urinaires permanentes et représentent donc un grand problème physique, mais aussi social. Pour aider ces femmes, Médecins Sans Frontières crée des programmes, notamment au Burundi, dans lesquels des chirurgiens spécialisés traitent uniquement les femmes souffrant de fistules.

Quand la crise est sous contrôle Médecins Sans Frontières peut transférer ou fermer un projet lorsque les autorités locales ou nationales et d’autres acteurs ont la capacité et la volonté d’organiser les soins de santé nécessaires.

On a voulu se rapprocher du malade, le traiter de plus en plus et mieux prendre en compte la dimension totale de sa maladie. Ca a commencé avec le sida, pour lequel on a développé des programmes de traitement, très rapidement dans les années 2000. Mais aussi avec d’autres types de maladies infectieuses.

Jean-Marie Kindermans, extrait du film “MSF (Un)Limited”

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Les raisons qui poussent MSF à quitter un pays peuvent varier d’un contexte à l’autre. Avant de décider de clôturer un projet, MSF s’assure toujours que le problème soit correctement pris en charge par les autorités sanitaires ou que son projet soit repris par un autre acteur d’aide, qu’il soit national ou international.


Parfois, les équipes peuvent décider de quitter un pays pour dénoncer le détournement de l’aide au profit d’objectifs autres qu’humanitaires. Ce fut le cas, par exemple, dans l’ancien Zaïre en 1995. Enfin, la violence dirigée directement contre Médecins Sans Frontières peut forcer les équipes à quitter le pays, comme en 1997 en Somalie et en 2004 en Afghanistan.

© MSF

Exemple : Au Mali, MSF a mené pendant cinq ans un programme de lutte contre le paludisme et prodigué des soins médicaux gratuits aux groupes les plus vulnérables. Grâce à ce projet, MSF a réduit de moitié le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans et le nombre de visites aux centres de santé a augmenté de plus de 800 pour cent. Aujourd’hui, le projet a été transféré à une ONG malienne qui poursuit le combat contre le paludisme dans cette région du Mali.

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TRAVAILLER POUR NOUS Partir en mission avec MSF ne s’improvise pas. Un départ doit être préparé minutieusement. Outre le fait de posséder les compétences professionnelles requises, il faut témoigner d’un engagement sincère et manifeste pour les populations en danger, dans le respect des principes fondamentaux de la Charte de MSF. Pour mener à bien ses opérations, MSF est en permanence à la recherche de candidats répondant à différents profils.

Profils recherchés

© Ron Haviv/VII

MSF étant une organisation médicale, 60% des expatriés qui partent en mission ont un profil médical ou paramédical: il s’agit de médecins, d’infirmiers, de sages-femmes, de pharmaciens, de psychologues, de chirurgiens, d’anesthésistes, etc. Les 40% restants se

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composent de collaborateurs logistiques, de personnel administratif, de responsables financiers et gestionnaires des ressources humaines, d’experts en communication, ou encore de personnes ayant une tâche spécifique (eau, hygiène et assainissement, par exemple). Les laborantins, travailleurs sociaux ou économistes de la santé peuvent être eux aussi nécessaires à l’organisation.

Critères d’embauche Qualifications - Le personnel médical et paramédical doit être en possession d’un diplôme reconnu, le plus souvent complété par une formation en médecine tropicale. Les collaborateurs logistiques doivent pouvoir apporter la preuve de la maîtrise de domaines techniques particuliers (mécanique, électricité, construction, informatique, etc.), assortie de compétences organisationnelles et pratiques. L’accent est mis sur la polyvalence, mais certains projets exigent néanmoins des compétences spécifiques.


Afin de mettre en place nos interventions, il nous faut compter sur une administration, une gestion des ressources humaines et financières rapides et efficaces qui requièrent le plus souvent d’être en possession d’un diplôme en management, économie ou comptabilité. Outre les exigences de MSF, les autorités d’un pays peuvent également exiger que les expatriés soient en possession d’un diplôme universitaire ou de l’enseignement supérieur. Cette exigence est relative à la délivrance du permis de séjour. Expérience - Une expérience professionnelle préalable est une condition nécessaire, qui témoigne d’un niveau suffisant de compétences pratiques et d’une certaine maturité. Il en va de la crédibilité visà-vis des interlocuteurs locaux. L’expérience exigée varie selon le profil du candidat et de la fonction proposée, et est généralement de deux ans.

Connaissances linguistiques – Les candidats recrutés par le siège de Bruxelles parlent couramment le français et l’anglais, qui sont les deux langues les plus souvent utilisées dans les missions. La connaissance de l’arabe ou de l’espagnol est un réel atout.

Collaborer avec le personnel national

© © Frederik Matte/MSF

L’engagement - Il est important pour MSF que les candidats s’engagent dans la durée. En général, la durée d’une première mission avec MSF se situe entre 6 et 9 mois, mais il est indispensable que les candidats soient disponibles pour un engagement global de 24 mois (répartis en plusieurs missions avec des périodes de repos entre celles-ci). Seuls les profils spécifiques (médecins spécialistes) peuvent faire exception à cette règle.

Au sein des équipes de Médecins Sans Frontières sur le terrain, il y a d’ailleurs dix fois plus de travailleurs locaux qu’internationaux. Le projet est néanmoins toujours dirigé par des collaborateurs internationaux, pour garantir la neutralité de nos actions. Les collaborateurs locaux sont déterminants car ils connaissent très bien le contexte et sont des éléments stables de l’équipe.

© Mathieu Fortoul/MSF

Les travailleurs humanitaires ne sont pas seulement des collaborateurs internationaux. Du personnel local s’engage également et est recruté sur place, y compris pour des fonctions à responsabilité.

INTERESSE(E)? MSF ne serait rien sans les hommes et les femmes qui en font partie. Si vous désirez travailler pour MSF, n’hésitez pas à consulter notre site www.msf.be où vous trouverez de plus amples informations sur la procédure à suivre. Si vous ne trouvez pas de réponses à vos questions, envoyez un mail à recruitment@brussels.msf.org. La sollicitation se fera uniquement en ligne. Complétez le formulaire et joignez-y les documents utiles.

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NOUS NE SOMMES RIEN SANS VOTRE SOUTIEN Acheminer des médicaments et du matériel, engager des médecins, des infirmiers et autres travailleurs humanitaires, aménager des camps de réfugiés, etc. impliquent des coûts importants. MSF s’appuie sur une base financière assurée à plus de 90% par les dons privés (des individus, entreprises et fondations). Les quelque 400.000 donateurs belges qui nous soutiennent sont d’une importance cruciale. Non seulement parce qu’ils nous donnent l’argent dont nous avons besoin pour notre travail humanitaire mais aussi parce qu’ils garantissent ainsi notre indépendance d’action. L’organisation met un point d’honneur à affecter un maximum de ressources au bénéfice direct des actions d’aide humanitaire sur le terrain.

© Brendan Bannon

Un « fonds d’urgence » permet à MSF d’intervenir directement lorsque la situation l’exige. Il peut s’agir de venir en aide aux victimes d’une catastrophe naturelle fortement médiatisée ou au contraire, à celles dont on ne

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parle pas assez. En alimentant ce fonds, nos donateurs soutiennent nos interventions d’urgence et nous donnent en même temps la possibilité de poursuivre notre aide humanitaire dans le monde entier.

2,60 € servent aux activités génératrices de fonds 1,14 € finance les actions de sensibilisation 6,38 € couvrent les frais de fonctionnement du bureau de Bruxelles et des sections partenaires

89,88 € sont utilisés pour mettre en oeuvre nos interventions humanitaires aux 4 coins du monde

(moyenne sur trois ans)


© Espen Rasmussen

Les personnes qui souhaitent nous aider peuvent choisir le moyen qui leur convient le mieux.

Soutien ponctuel Vous pouvez opter pour un versement sur le numéro de compte général de MSF: BE73-0000-0000-6060. En tant que donateur et sympathisant, MSF vous tient régulièrement informé des actions que nous mettons en oeuvre grâce à vous et de la façon dont nous utilisons votre contribution financière (les comptes de l’association sont systématiquement publiés sur notre site internet après la tenue de notre Assemblée générale en juin). En tant qu’entreprise, vous pouvez également soutenir MSF. Si vous souhaitez en savoir plus sur les conditions et les avantages d’un partenariat, prenez contact avec nous au 02/474.74.90. Si vous ou votre association souhaitez offrir une aide substantielle pour un projet spécifique, merci de prendre contact avec notre collaborateur au numéro suivant: 02/474.74.45

Soutien régulier En nous aidant régulièrement par le biais d’un versement mensuel, vous nous permettez de bénéficier de votre soutien tout au long de l’année et affirmez ainsi votre engagement concret et quotidien auprès des populations dans le besoin. Cet engagement nous permet de planifier notre aide de manière plus efficace. En tant qu’assocation, vous pouvez organiser et faciliter un évenement au profit de MSF, comme un concert ou une manifestation sportive. MSF peut vous aider dans la promotion de votre événement. Vous pouvez nous joindre au numéro 02/474.74.91 ou via mail: events@msf.be

D’autres manières pour nous soutenir En tant que particulier, vous souhaiterez peut-être donner une dimension humanitaire à une fête comme une naissance, une communion, un anniversaire, un mariage, un départ à la retraite, etc. Vous demandez alors à vos proches de faire un don au profit de MSF. Des événements plus tristes, comme un décès, peuvent également être une occasion de faire un geste au profit de MSF (ni fleurs ni couronnes, simplement un don à MSF). Si vous le souhaitez, nous pouvons également vous proposer une brochure d’information sur les aspects pratiques d’un legs au profit de MSF. La brochure est disponible chez votre notaire ou sur demande auprès de MSF. Une de ces formules vous intéresse ? N’hésitez pas à prendre contact avec nous. Vous pouvez appeler notre service donateurs au numéro 02/474.74.78 ou envoyer un mail à l’adresse suivante: donateurs@msf.be. Si le montant total annuel de vos dons (qu’il s’agisse d’un versement unique ou d’un soutien régulier) atteint les 40 euros, vous recevrez automatiquement une attestation fiscale dans le courant du mois de mars de l’année suivante.

Pour en apprendre davantage sur notre passé et notre action, le film MSF (Un)limited” est disponible via YouTube.

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© Brendan Bannon

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L'aide humanitaire d'urgence