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Au-delà de son aspect culturel et artistique, il aspire à devenir un événement fédérateur, apte à donner un rayonnement national et international à la région qui, bien qu’éloignée des grands centres d’activités, n’en présente pas moins un indéniable intérêt culturel, économique et touristique. Depuis sa première édition en 2004, le Festival international des nomades œuvre à la promotion de M’hamid, sa richesse humaine, naturelle et culturelle, rendant ainsi un bel hommage au patrimoine saharien. Il contribue aussi à apporter la modernité au peuple nomade. Celuici continue de vivre en paix et en

Depuis sa première édition en 2004, le Festival international des nomades œuvre à la promotion de M’hamid, sa richesse humaine, naturelle et culturelle

PHOTO : NOELLE JOUSSET

mélodies puisées dans la tradition musicale du grand désert. Accompagné de Jonathan Busnel (guitare) et Marc Vallois (percussions), l’icône d’Agdez a ainsi chanté sur scène dans une totale communion avec ses fans, nomades ou sédentaires, marocains ou étrangers, réunis et vibrant ensemble pour l’amour de la musique. « Cette manifestation est également une occasion de porter sur le devant de la scène cette culture traditionnelle et populaire comme témoin et expression vivante du patrimoine matériel et immatériel des Nomades, héritage de leurs ancêtres. Une richesse qu’il est impératif de sauvegarder, de transmettre et de promouvoir », confie Noureddine Bougrab, directeur du festival.

harmonie avec son environnement, aussi aride soit-il. Néanmoins, et sans pour autant renoncer à ses traditions, on découvre qu’il suit les évolutions du monde. Internet fait désormais partie du quotidien de ces hommes bleus, profils Facebook à l’appui ! Avec l’immensité désertique pour décor, le festival est aussi le point de départ pour des excursions dans le désert en 4x4 ou à dos de dromadaire, et de nuits en bivouac autour d’un grand feu de camp. La magie de la musique et de la fête est renforcée par cet espace poétique qu’est le désert. En plus de ses dunes de sable et paysages infinis, il est un lieu de partage et de dialogue pour ses habitants, accueillants et ouverts, qui ont su conserver une tradition d’hospitalité séculaire. Jean-Marie Le Clézio ne disait-il pas que le désert est lumière ?■

PHOTO : MARIA AOUAD

Artisanat local et produits du terroir à l’honneur Cette année, le programme du festival a accordé une place privilégiée aux produits régionaux en donnant l’opportunité à plusieurs coopératives du sud du royaume de venir présenter et vendre leur produits dans les nombreux stands mis à leur disposition : habits touaregs, tapis faits main, eau de rose, miel, huile d’argan, dattes, henné, plantes aromatiques ou médicinales, etc. Sans oublier le safran, surnommé « l’or rouge » en raison de son prix élevé (environ 35000 dirhams le kilo). « Le Festival veut, à travers une grande exposition, apporter aux producteurs et productrices un support de commercialisation, contribuer à les valoriser », précisent les organisateurs. La sauvegarde d’un savoir-faire traditionnel et de métiers en voie de disparition étant quelques-uns des objectifs phares du Festival. Afin de dynamiser le développement rural, le festival a invité plus d’une trentaine de coopératives à participer à cette grande exposition. Certaines d’entre elles sont venues de Figuig, Zagora, Errachidia, Ouarzazate, Tata, Agadir, Tiznit, Laâyoune…

Moussa Bilalan Ag Ganta, musicien touareg nigérien Invité d’honneur de la 9e édition du festival international des nomades, cet artiste né en 1974 a appris la muPHOTO : TAWTAR TAZROUTI sique auprès de son maître Abdallah Ag Oumbadougou. Après avoir participé à l’aventure du collectif « Desert Rebel » avec des musiciens du groupe Gnawa Diffusion (Amazigh Kateb), Guizmo de Trio et Daniel Jamet de Mano Negra, Moussa poursuit sa carrière sur les scènes du monde avec le groupe qui porte son nom. Il est accompagné par son frère Mohamed et par le célèbre bassiste Gary Colman Steven qui est également professeur de musique dans une prestigieuse école de Bern (Suisse). Issu de la tribu des Keltamachaq, ancien peuple berbère Toureg du Niger, Moussa Bilalan Ag Ganta est aujourd’hui le porte-parole de son ethnie à travers le monde. Ses chansons décrivent avec déchirement la situation économique, sociale et politique du peuple nigérien.

AVRIL 2012 / NUMERO 3

Metropolis

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