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Metropolis N°10 - JANVIER- 2013

LE MAGAZINE CHIC ET URBAIN

LEILA GHANDI

BORN TO BE WILD BORN SÉRIES TV Elles débarquent en 2013

TRANSAHARA Dunes Can Dance

INTERVIEW Noureddine Ayouch


Editorial Voyage, voyage

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2013 est là… Seulement voilà, vous, vous y avez cru à cette satané prédiction des Mayas. Vous avez donné toutes vos affaires, balancé votre démission au nez du patron, vous vous êtes goinfré dans tous les restaurants que vous n'avez jamais pu vous payer… Vous n'avez même pas pris la peine de payer le mois de loyer de décembre (ben oui, c'est la fin du monde Zara Kadiri zara.kadiri@gmail.com et pour le proprio aussi !). Bref, en ce début d'année vous êtes plutôt à court d'idée. Et c'est là que votre magazine préféré entre en jeu ! D'abord il vous souhaite une bonne année (parce qu'il est poli Métropolis, ould nass). Ensuite il va vous expliquer calmement que cette année sera placée sous le signe du voyage. Commencez par arrêter de chantonner « Voyage, voyage… », c’est démodé. Non, vous allez d’abord en prendre de la graine et suivre les conseils de notre baroudeuse nationale, Leïla Ghandi herself. La petite dame se balade avec son sac à dos et son appareil photo depuis qu'elle a 15 ans et elle a déjà une bonne cinquantaine de pays à son actif. Une experte on vous dit ! Ensuite, vous allez continuez avec notre article sur le Transahara, notre Burning Man marocain. Entre spiritualité, musiques électroniques et art contemporain, c'est exactement ce qu'il vous faut pour vous déconnecter et vous ressourcer à la fois. Votre petit séjour dans le désert vous a redonné la niaque et vous vous sentez prêt à vous dépasser ? Rendez-vous avec Nacer Ibn Abdeljalil, le premier marocain à tenter l'ascension de l'Everest, pour une interview où il est question d'endurance et de challenge. Vous êtes revenu encore plus déprimé des dunes de Merzouga et le monde n'est plus qu'une masse noire inquiétante et négative ? Respirez calmement et plongez vous dans notre dossier sur les séries à ne pas manquer en 2013. Peut-être que voyage pour vous ne rime pas forcément avec aventure ou dépassement de soi… Si après quelques épisodes vous êtes de nouveau serein, lisez notre article sur Marseille et partez quelques jours dans la nouvelle capitale européenne de la culture pour 2013. Du mysticisme, de l'aventure, des séries, de la culture, et le toit du monde : Métropolis vous souhaite tout ça pour 2013 !

Du mysticisme, de l'aventure, des séries, de la culture, et le toit du monde : Métropolis vous souhaite tout ça pour 2013 !

Souriez, vous êtes cultivé.

JANVIER 2013 / NUMERO 10

Metropolis

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N° 10 - Janvier 2013

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10 08 Actualité 10 Une heure avec…

40 Sport & détente

20 Rencontre

44 Sport

leila ghandi carnet de voyage

Jonathan Getting Interviewed

22 Cinoche 24 Livresse 26 DVD - Music 28 Acteur culturel

Noureddine Ayouch : Entre insatisfaction, création et bonne action

32 Evasion

Transahara Dunes Can Dance

36 Séries TV

La rentrée en séries

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Cinéma & Photographie INSTANTS DE CINEMA : ON SET / OFF SET Sofitel Marrakech Lounge & Spa célèbre le cinéma en photos Nacer Ibn Abdeljalil :« Pour grimper au sommet du monde rien ne sert de courir, il faut bien se préparer mentalement »

48 Metrobeauté 52 On s'évade

marseille : L’âme de la Méditerranée

56 Fooding

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Nous attendons vivement vos réactions, vos critiques et votre soutien !

Les nouveautés de casablanca

58 Auto

ESSAI : Citroën DS4 Le mythe DS ressuscité

62 Hi-tech

64 Com d'entreprise 66 Recette


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LE MAGAZINE CHIC ET URBAIN

Directeur général Julien Casters julien.metropolis@gmail.com Directeur de publication Othmane Médiouni omediouni@gmail.com Rédactrice en chef Zara Kadiri zara.kadiri@gmail.com Journalistes Yasmina Lahlou Jalal Boukhari Samir Idrissi

Conseiller réseaux sociaux John Toutain Directeur artistique Assila Zouheir advertiz2010@gmail.com

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Styliste Sayli Webmaster Mustapha Choukrallah El Idrissi mchoukrallah@metropolis.ma Conception Graphique et Maquette Vectorium Correction Selma Gourari Photographe Wahid Tajani Standard Salma Zouak Comptabilité Abdelillah Mohcine Crédits Photos istockphoto – AFP Distibution Scala Média

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Metropolis est édité par: CASTERS-LAMBERT MEDIA 59, Bd Zerktouni 6ème étage N° 18 - Casablanca Tél/Fax : 0522 20 09 28 www.metropolis.ma Dossier de presse 52/S 2011 Dépôt légal : 2012 PE 0024 ISSN : 2028 - 7445 Ce numéro est tiré à 15 000 exemplaires

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c’est de l’actu

Promotion. Sefrioui se paye Messi.

Non, il ne s’agit pas d’un transfert sponsorisé par le groupe Addoha, présidé par Anas Sefrioui. Néanmoins, le leader de l’immobilier au Maroc ramènera bel et bien Messi au Maroc. Il s’agit d’une opération de promotion du Club de polo lancé à Marrakech en partenariat avec un grand groupe argentin. D’ailleurs, c’est ce dernier qui aurait proposé, selon nos sources, à Sefrioui de ramener une star argentine avant que le groupe marocain n’ait décidé de voir grand en concrétisant l’opération avec le prodige du FC Barcelone. Toutefois, le coup de promo a été repoussé au mois de mars 2013, au lieu de janvier, en raison de l’agenda serré de Lionel Messi.

Mourad Bouriki : finaliste de The Voice rentre au bercail Le finaliste marocain de l’émission The Voice, version arabe, Farid Ghannam alias «Farawla», qui a marqué le jury lors de cette édition et promet de faire une belle carrière dans la chanson grâce notamment au soutien de son coach, Sherine, reste à Casablanca. Mourad Bouriki, quant à lui, grand gagnant du concours télévisuel, fera une courte escale à la métropole avant de repartir à Marrakech. Pour rappel, c’est dans la soirée du vendredi 14 décembre, et après plusieurs semaines de compétition, que Bouriki a remporté devant des milliers de téléspectateurs le concours made in monde arabe.

Tramway de Casablanca: 500 millions

d’économie et inauguration royale

Le coût final du projet s’élève à 5,9 milliards de dirhams (MDH) sur un budget initial de 6,4 MDH, soit une économie de 500 millions de DH. Le nombre de voyageurs par jour escompté s’élève à 250 000 via un parc roulant de 37 rames. Les travaux de construction des infrastructures de la 1ère ligne ont permis de générer plus de 3 000 emplois directs et indirects, dont 600 postes pour l’exploitation du tramway. Côté environnement, plus de 4 000 arbres ont été plantés dans un corridor vert tout le long du tracé du tramway.

Budget. Festival du film de Marrakech, Le budget du Festival International du Film de Marrakech atteint cette année 60 millions de dirhams. C’est Nouredine Saïl, vice-président du FIFM, qui l’a annoncé lors d’une conférence de presse en marge du festival. Le budget annoncé ne couvrirait pourtant qu’une partie des dépenses du prestigieux festival,

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« Le tourisme interne est un de nos axes majeurs de développement. Nous voulons faire voyager le maximum de marocains au Maroc et leur faire découvrir notre pays» Youssef DRAFATE, DG Jevoyage.ma

Musique. «Début

New Yorkais» pour une jeune pianiste marocaine.

La jeune pianiste marocaine Rita Saher a fait ses «débuts» New Yorkais, à guichets fermés, au Carnegie Hall, le temple de la musique classique aux Etats-Unis, en donnant un récital au profit de la Fondation du Haut Atlas. L’artiste formée sous la direction de Jacques Lagarde, Guigla Katsarava et Monique Mercier à l’Ecole Normale de Musique Afred Cortot à Paris et plus récemment avec Gabriel Tacchino au Festival de Salzbourg (Autriche), a interprété, en première partie du concert, plusieurs œuvres majeures de Mozart, Schubert et Poulenc parfaitement menées.

Vacances. Debbouze et Marine Le Pen en vacances au Maroc.

Maroc : Une réforme de la caisse de compensation en juin 2013 Le ministre en charge du Budget, Driss El Azami, annonçait récemment avec certitude la réforme de la caisse de compensation en 2013. «Techniquement, la réforme du système de subventions est tout à fait prête », a déclaré Najib Boulif, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, dans un communiqué rendu public, rapporte Reuters. « Une fois que des pourparlers seront terminés et que la décision politique sera prise, [la réforme] sera lancée, a-t-il ajouté soulignant que les subventions des produits alimentaires et énergétiques seront revisitées en juin. En effet, ces subventions ont été les plus coûteuses totalisant une facture de 53 milliards de dirhams en 2012, contre 48,8 milliards en 2011, et 29,8 milliards en 2010.

D’après la presse marocaine, le mari de Melissa Theuriau aurait passé les fêtes de fin d’année au Maroc, son pays d’origine. C’est également cette destination qui aurait été choisie par l’ex candidate à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, à l’occasion de cette fête familiale. La patronne du parti de l’extrême droite aurait séjourné dans une maison d’hôtes dans la Médina de Marrakech. Elle n’est cependant pas la seule politicienne à s’y être rendue. Ce serait également le cas de Jean-François Copé, le patron de l’UMP, qui aurait séjourné dans la ville ocre avec sa femme Nadia Hamama, d’origine maghrébine. Karim Benzema, l’international français du Real de Madrid, était également sur place.

Sidaction 2012.

Plus de 13,7 MDH collectés.

Plus de 13,7 millions de dirhams ont été collectés lors de la soirée Sidaction, organisée par l’Association de Lutte Contre le Sida, dans le cadre de la campagne Sidaction Maroc 2012 (31 décembre). Cette soirée avait pour objectifs de collecter des fonds au profit des personnes atteintes du SIDA, afin de contribuer à leur assurer des soins de qualité et de lutter contre la «stigmatisation» des personnes vivant avec le VIH et des groupes les plus vulnérables. Au programme de cette soirée, diffusée en direct sur la deuxième chaîne de télévision nationale, figuraient notamment des reportages, des témoignages et des débats animés par des médecins marocains et étrangers, outre des spectacles musicaux avec la participation de stars de la chanson marocaine.

Chiffre

du mois

5,2

C’est en milliards Dh, le montant du chiffre d’affaires à l’export dans le secteur aéronautique marocain en 2011. Le développement rapide de ce secteur a été porté par des opérateurs de grande envergure qui ont assuré la crédibilité de la destination janvier 2013 / nUmero 10

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Une heure avec …

Leïla Ghandi

Carnet de voyage

Photographie, vidéo, écriture, reportages. Cette diplômée de Science Po Paris a très vite compris que le monde, il fallait le vivre, il fallait le ressentir. Elle a attrapé son sac à dos à quinze ans et l’a parcouru, de l’Afrique, à l’Asie, à l’Amérique du Sud. Accrochez-vous, Metropolis s’est embarqué dans un voyage un peu particulier avec Leïla Ghandi… Par Zara Kadiri Photos Wahid Tajani maquillage madiha Chabrakhit Mise en scène chez la famille mediouni remerciements à harley davidson

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Une heure avec … Metropolis : Raconte nous comment 2M t’as approché pour ton émission ? Leïla Ghandi :C’est grâce à Salim Cheikh, Le Directeur Général de 2M. C’est à lui que revient le mérite de cette initiative. Il est celui qui m’a invitée à faire mes premiers pas à la télévision en tant que présentatrice. Je l’en remercie infiniment et suis honorée par la confiance qu’il me porte. Je ne le connaissais pas, nous ne nous étions jamais rencontrés. Il n’avait pas l’idée de l’émission en tête. Au départ, il voulait une émission de voyage sur mesure, autour de mon profil et mon parcours. Et c’est en y réfléchissant ensemble,avec également Réda Benjelloun, le Directeur des Magazines d’ Information et du Documentaire qu’est né « Voyage avec Leïla Ghandi ». C’est un pari qui n’était pas gagné, mettre une case documentaire en prime time sur une chaîne publique. C’est presque un acte citoyen de vouloir proposer quelque chose de différent,de faire voyager les marocains et de leur faire découvrir de nouvelles choses. Aujourd’hui c’est un vrai travail d’équipe, avec Réda Benjelloun qui porte le projet au quotidien et que je remercie beaucoup parce qu’il est présent, actif, engagé,c’est un plaisir de travailler avec lui. Une mention spéciale aussi pour Julien Fouré, le monteur en chef et Sébastien Combeaud qui m’accompagne à la caméra, nous sommes un trio de choc ! Mehdi Okacha, Mamoun Belgnaoui à la postprod font aussi du super travail, et il y aussi Ali Faraoui, Hassan Ouazzani qui collaborent régulièrement… Nous sommes nombreux à participer au succès de cette série documentaire. M. On pourrait même dire que tu es une sorte d’ambassadeur du Maroc puisque dans chaque pays tu te présentes comme marocaine, casablancaise.Comment réagissent les gens quand tu parles de ton pays et de tes origines ? Connaissent-ils le Maroc ou une ville du Maroc ? L.G Soit les gens ne connaissent pas le Maroc et je dessine une carte, je donne quelques informations clés. Soit on pense connaître le Maroc. On m’a déjà dit que c’était une marque d’orange ! Ou alors « Morocco, Grace Kelly », la confusion entre « Morocco » et « Monaco ». Souvent ce sont des préjugés, certains pensent que toutes les femmes sont voilées et me demandent pourquoi je ne le suis pas. Le raccourci classique « Maroc — Arabe — Musulman — islamiste - intégriste». Après, quand on voyage dans des pays qui sont plutôt proches comme en Europe ou

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dans le Maghreb, évidemment les habitants connaissent le Maroc. Mais dans des régions plus lointaines, j’ai souvent été la première marocaine que les locaux rencontraient. Dans ces moments là, je me sens un peu ambassadrice de cœur, j’essaye de parler du Maroc, de le présenter et de balayer certains préjugés. Quand quelqu’un connaît le Maroc c’est souvent par le biais du film « Casablanca » ou par l’actualité, le Printemps arabe, le football. Finalement, dans les pays où je suis allée, notre pays n’est pas connu et souvent méconnu. Ce n’est pas ma mission première de promouvoir le Maroc mais à partir du moment où je suis en contact avec les gens et que je me présente en tant que marocaine, je m’efforce de présenter ou de corriger. Et quand je leur dis que dans mon pays il y a le désert, la montagne, la Méditerranée, l’océan, que notre cuisine est délicieuse, que nous sommes un pays stable, ça donne envie à mes interlocuteurs d’en savoir plus. M. Les massaï du Kenya, les sadous de Bénares, les bouddhistes tibétains, les sherpas népalais, les sibériens du lac Baïkal, les gauchos de Patagonie, les mecs d’Amazonie. Ça en fait des peuples et des cultures. Comment as-tu fait pour communiquer, vivre avec eux ? L.G.Avant j’étais dans l’expérience, l’immersion gratuite, sans attente. Le dialogue verbal était souvent limité voir inexistant, des onomatopées où chacun s’exprime dans sa langue en espérant que l’autre en saisisse le sens. Mais il y avait des émotions partagées, des moments vécus ensemble. Je pouvais passer cinq jours avec quelqu’un sans parler mais en chantant, en dansant, en riant, en cuisinant. Aujourd’hui dans ma série documentaire il faut communiquer, nous avons des intervenants et nous avons besoin de plus qu’une simple expérience. Je ne peux plus être simplement témoin, même si une grande partie de l’émission consiste à capturer des instants et à se mettre en immersion. En plus de cela je mène des interviews, d’où la nécessité d’avoir un traducteur. M. Dans ton épisode de la Tanzanie, on te voit avec la tribu des Hadzabés : vous ne parlez pas mais vous communiquez énormément ! L.G. Oui, au tout début, l’interprète nous a introduit l’un à l’autre et puis après ce n’était plus que des sons, des mimes. Ce type de communication permet aussi de ne pas fausser l’échange. Sartre disait « Les mots sont des pistolets chargés » et quand on

ne maîtrise pas parfaitement une langue, on essaie de s’exprimer mais le sens n’est pas toujours celui que l’on a en tête. Avant je partais des semaines, des mois, seule avec mon appareil photo et je prenais mes notes. J’étais uniquementdans le ressenti et c’était ce dont j’avais besoin à ce moment là. Aujourd’hui j’ai besoin de rapporter de la matière, des mots, des témoignages. Ça me frustrerais de ne pas pouvoir discuter vraiment. Ma démarche a suivi une évolution dans le temps, et s’est adaptée à mes besoins et à ceux de mes projets. M. Quand tu es avec les Hadzabés tu le dis : tu n’avais jamais rencontré de peuple aussi primitif. Mais l’inverse est vrai aussi puisque certains peuples sont plus modernes que ce que l’ont croit. Quel est ton point de vue sur la question ? Tu

Ce n’est pas ma mission première de promouvoir le Maroc mais à partir du moment où je suis en contact avec les gens et que je me présente en tant que marocaine, je m’efforce de présenter ou de corriger. Tu t’attendais à trouver certaines de ces cultures dans l’état où tu les as trouvées ? L.G. C’est toujours une surprise quand tu pars à la rencontre d’un peuple. C’est vrai que tu trouves de moins en moins d’hommes et de femmes qui vivent comme les Hadzabés. Avant les explorateurs n’avaient pas besoin de s’enfoncer bien loin pour croiser des peuples reclus. Aujourd’hui avec les moyens de communication, les réseaux routiers, le tourisme, l’exode rural, la scolarisation, ces tribus primitives sont devenues très rares. C’est l’évolution et c’est une bonne chose puisque tout le monde aspire au développement. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, quand tu pars à la rencontre des Massaï, tu te rends compte que ce ne sont pas les Massaï du siècle dernier. Ils ont accès à la connaissance, à la société de consommation. Certains touristes en mal janvier 2013 / nUmero 10

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d’exotisme pourraient d’ailleurs presque en être déçus ! M. Depuis le début de ton émission «Voyage avec Leïla Ghandi» nous t’avons vu manger du poulpe vivant en Corée, du rat en Amazonie. On peut dire que tu n’as pas froid aux yeux. L.G. .Je touche du bois, pour l’instant mon estomac est solide, il tient le coup. Au Maroc nous avons l’habitude de manger de la tête de mouton, de la cervelle, des escargots, c’est déjà pas mal ! Nous n’avons pas grandi dans un environnement aseptisé, j’ai toujours vu des mouches sur les pièces de bœuf chez le boucher, nous sommes costauds les marocains ! Et je pars du principe que si quelqu’un d’autre le mange, à priori il n’y a pas trop de risque. Le goût va peut-être me déplaire ou j’aurais une indigestion. Le voyage ce n’est pas seulement un déplacement géographique, c’est une expérience et ça passe aussi par la nourriture. Je le fais aussi parce que ça surprend, ça amuse. J’essaie aussi de faire passer des messages de manière subtile comme lors de mon voyage au Vietnam où un restaurateur s’étonnait d’apprendre qu’au Maroc, nous mangeons de la cervelle. Tout est une question de culture finalement. M. Politique, culture, cuisine, sport, nigthlife. Ton émission traite de plusieurs sujets à la fois, mais si tu pouvais donner une direction plus précise à Voyage avec Leïla Ghandi, ça donnerait quoi ? L.G Dans mon émission, il y a le fond et la forme. Par exemple, le côté aventure c’est la forme, ça donne le ton et permet une certaine légèreté. Le fond, ce sont les intervenants politiques, religieux, sociaux. Je t’avoue que le fond m’intéresse aujourd’hui plus que la forme. Le danger ça serait de se retrouver avec une émission trop « barbante ». C’est pour ça que c’est très important de garder un ton décontracté, d’abord parce que c’est plus spontané comme ça, ensuite et surtout parce que c’est ce qui me permet d’entrer chez les gens, c’est pour cela qu’ils regardent mon émission. Et si au passage ils s’intéressent aussi au fond, c’est génial. M. Tu voyages depuis l’âge de 15 ans seule et en sac à dos et tu es une fierté pour toute féministe qui se respecte. Dans un monde où l’extrémisme religieux et politique a tendance à reléguer la femme au second plan, penses-tu pouvoir continuer de vivre comme tu le fais ? D’ailleurs à la fin de ton

épisode sur la Tanzanie, tu dédies cette aventure à ton mari qui te respecte en tant que femme libre, qui te soutient, etc. L.G Il faut bien choisir son mari les filles (rires) ! Non mais plus sérieusement, il faudrait que ça vienne des femmes, qu’elles aient une meilleure image d’elles, de leurs capacités, de leurs possibilités. Quand on est capable de faire le point sur soi, on est aussi capable de s’entourer des bonnes personnes. Je reçois tous les jours du courrier, des jeunes filles qui cherchent à s’orienter, à être rassurées, encouragées, qui ont des projets et qui butent un peu. Je réponds à tous les messages que je reçois, pas assez vite à mon goût, mais je réponds à tout le monde. Ces filles ont envie de faire quelque chose d’autre de leur vie. Notre destin est entre nos mains. J’ai conscience d’être une privilégiée en allant à l’école, en poursuivant mes études supérieures et en ayant une famille qui m’a encouragée. Je n’ai pas eu à me battre comme d’autres femmes marocaines mais cela n’amoindrit en rien mon expérience et la portée de mes actes. Ensuite, est ce que je pense continuer de vivre comme je le fais, oui. Je n’ai pas le choix, il n’y a pas d’autre alternative. Je suis peut être un exemple pour les femmes mais je ne suis pas du tout une féministe. Bien sûr, si demain nos droits

Dans mon émission, il y a le fond et la forme. Par exemple, le côté aventure c’est la forme, ça donne le ton et permet une certaine légèreté. Le fond, ce sont les intervenants politiques, religieux, sociaux. étaient modifiés, je serais la première dans la rue. Par exemple, quand on voit que la femme tunisienne a été émancipée très tôt, droit à l’avortement, droit de vote, et quand on voit ce qui se passe en ce moment, on se demande si il n’y a pas une marche arrière. Le problème, c’est quand ça vient des femmes elles-mêmes. Dans ce cas là, ça serait une dictature que de vouloir imposer une autre forme de liberté à

ces femmes. Il ne faut pas confondre système démocratique et valeurs démocratiques. Dans certains cas, je préfère les valeurs démocratiques à la démocratie elle-même. Parce dans certains cas, comme celui de l’Egypte par exemple, une démocratie peut prendre la forme d’une dictature. Mais bon, nous sommes au lendemain du Printemps arabe et il faut des périodes de transition. Les révolutions prennent du temps. M. Pour en revenir à ton mari, il ne doit pas te voir souvent avec tous ces voyages. Comment vit-il ces absences fréquentes ? L.G C’est un non-sujet. Il m’a connu comme ça, il m’encourage, c’est le premier de mes supporters. Je ne suis pas non plus jamais là. Mais c’est mon travail et c’est quelqu’un qui respecte mon métier. C’est une valeur importante pour nous deux. Ma vie professionnelle pour le moment s’articule de cette manière et il ne m’a jamais freiné. Les choses évolueront d’elles-mêmes. J’en aurais sûrement assez de me prendre quarante degrés à cinq mille mètres d’altitude, d’en vomir, d’avoir mal à la tête. Comme le disait Gad dans son sketch « Tu pars, tu reviens, au final toi, c’est toi ». C’est vrai que j’en ai vu des pays, des peuples, des cultures. Tous ont leur point fort, leur richesse. Au final on se rend compte qu’au Maroc, hamdoullah, on est bien ! Bien sûr avec nos difficultés, nos obstacles, nos problèmes, mais comme partout. Ca ne serait pas un effort pour moi de me « fixer » dans mon pays. Comme tu le disais tout à l’heure, avant je voyageais d’une certaine manière, aujourd’hui je le fais différemment et demain ça sera autre chose. Ca ne sera ni un ultimatum, ni une décision difficile, mais un choix mûrement réfléchi et assumé. M. Tu aimes voyager seule mais aimes-tu pour autant la solitude ? L.G Pas spécialement. Et même si je voyage seule je suis rarement seule. Le voyage en solitaire est un prétexte à la rencontre. Parce que tu deviens plus accessible, tu attises la curiosité, la sympathie. Les gens viennent plus facilement vers toi et inversement tu deviens plus réceptive. Quand on voyage avec quelqu’un, on discute ensemble, on se complaît dans le confort. Du coup, tu as moins les sens en alerte. Pour moi, le voyage en solitaire n’a jamais été parce que j’aime la solitude mais bien au contraire, pour aller à la rencontre de l’autre, ça a toujours été ma quête.

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Une heure avec … M. D’ailleurs, souvent dans les épisodes de ta série, on te voit partir à la rencontre de parfaits inconnus comme par exemple à Istanbul quand tu te baladais dans la rue et que t’es mise à discuter avec un écrivain. C’est toujours facile d’accoster les gens dans la rue ? L.G .Une femme c’est toujours plus facile. Partout ! Peut-être pas toujours pour les mêmes raisons (rires). D’abord quand ton interlocuteur est une femme, elle se sentira toujours plus en confiance qu’avec un homme. Ensuite, les gens se disent qu’une femme seule ne doit pas être bien dangereuse. Alors oui, c’est plus simple quand on est une femme. C’est peut être plus risqué parfois, mais le contact est immédiat. On lui parle, on lui demande presque si elle a besoin d’aide. M. Leïla la globbe-trotteuse, Leïla la photographe, la réalisatrice, la présentatrice télé. Mais aussi Leïla la danseuse et la percussionniste ! Parlesnous de tes deux talents cachés. En as-tu

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d’autres ? L.G J’aime danser et j’ai toujours aimé ça mais je suis loin d’être danseuse ! J’ai eu la chance de danser pour une chanteuse pendant un an. Elle voulait que je danse pour elle mais j’étais étudiante et j’avais un stage à faire. Elle m’en a trouvé un qui me permettait de pouvoir aller danser sur scène pour elle à chaque fois qu’elle donnait un concert. Je n’ai pas pris une année pour devenir danseuse, c’était

J’aime danser et j’ai toujours aimé ça mais je suis loin d’être danseuse ! J’ai eu la chance de danser pour une chanteuse pendant un an.

en parallèle avec mes études d’école de commerce. C’était une expérience extraordinaire parce que c’était quand même Dee Dee Bridgewater ! C’est né d’un événement totalement spontané : elle était en concert au Lynx, tout le monde était assis, guindé sur sa chaise, et moi j’avais envie de danser. Je me suis levée et c’est ce que j’ai fait. Elle m’a remarqué, m’a appelé et m’a demandé de monter sur scène. C’est anecdotique, je ne me définis pas comme tel. Mais quand j’allais en boîte de nuit, je n’y allais pas pour rester assise mais pour danser toute la nuit. Mes amis m’appelaient « Duracell ». Pour les percussions, j’étais dans un pub en Angleterre et un groupe se produisait. Pendant leur pause je suis allée les voir, j’ai tapé un peu sur leurs instruments et ils ont bien aimé. J’ai fini par intégrer le groupe et par sillonner l’Angleterre avec eux pour donner des concerts. Ce groupe est devenu Batala, qui est une filiale brésilienne que l’on retrouve dans différents pays. Encore une histoire de rencontre et de spontanéité.


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cul* tu re Cahier

Rencontre Cinoche Livresse Musique & DVD Acteur culturel Evasion Series TV

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CULTURE rencontre

J’aime faire partie d’un jury parce que je suis un fou de cinéma, j’aime voir des films et encore plus d’avoir la possibilité d’en voir autant d’un seul coup

Jonathan Getting Interviewed Le Silence des Agneaux, Philadelphia, c’est lui. Jonathan Demme a fait gagner des Oscars à plusieurs de ses acteurs principaux, et en a gagné aussi par la même occasion. Comédie, thriller, documentaire, clips, ce véritable touche à tout était au Festival International du Film de Marrakech. Rencontre avec une légende du cinéma. ` PA R Z A R A K A D I R I

Métropolis : Pourquoi avoir appelé votre société Clinica Estetico ? Jonathan Demme : L’idée m’est venue lors d’un de mes voyages au Brésil. Leurs salons de beauté sont appelés « Clinique de beauté métamorphosée ». C’est dans ces établissements que vous vous rendez pour vous faire couper les cheveux ! Ce concept d’esthétique et de métamorphose me plaisait, ainsi que celui d’une clinique. Je me suis dit « Pourquoi ne pas avoir une société de cinéma qui s’appellerait Clinique ? ».

M. On pourrait presque dire que dans votre société, vous transformez  les gens ou plutôt leur vision du monde ? J.M.  Vous allez un peu trop loin, là (rires) ! Mais dans un sens, oui, vous pourriez dire ça. Aller du script au film, il y a métamorphose. Et aussi sur le plan esthétique.

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M. Films, documentaires, clips, vous  touchez à tous les formats, mais vos  sujets aussi sont très éclectiques. Vous  passez du thriller, à la comédie, aux  concerts filmés, au pamphlet social, à  la fresque historique, en passant par le  film de famille. Vous êtes comme ça dans  la vie, un touche à tout, un boulimique  d’images et de sons ? J.M. J’ai un enthousiasme exacerbé pour l’Homme et le monde, oui (rires).

M. Vous êtes un humaniste en quelque  sorte ? J.M.  Je pense que je le suis. Ca peut paraître ennuyeux, mais je le suis. Hier, j’étais avec mon fils et nous sommes partis au pied des montagnes de l’Atlas, là où mon ami marocain m’a expliqué que nous étions dans une région berbère. Les gens, l’architecture, la vie menée par les familles… En début de soirée, alors que nous rentrions à Marrakech, mes yeux étaient très fatigués parce que je regardais autour de moi avec tellement d’attention ! J’ai même filmé avec mon téléphone portable pour avoir le plus d’images possibles, je ne voulais pas en perdre une miette !


M. Melvin and Howard pour Mary Steenburgen, Le Silence des Agneaux pour Jodie Foster, Philadelphia pour Tom Hanks. Le monde des Oscars n’a plus de secret pour vous. Que pensez-vous de celui gagné par Jean Dujardin pour un film muet ? J.M. Et pourquoi pas ? Vous savez, j’ai des sentiments très ambigus concernant les prix. Nous ne faisons pas des films pour être en compétition avec d’autres réalisateurs et je trouve l’idée de choisir le « meilleur » très étrange. Alors je ne pense pas souvent à ce genre de chose. Je n’aime pas comment à la fin de l’année, lorsque la liste des dix meilleurs films est révélée, votre film est perçu comme un échec s’il n’y est pas. Je le trouve vraiment curieux ce nouveau système pour juger de la qualité d’un film.

M. Ca doit être compliqué pour vous d’être membre d’un jury ? J.M. J’aime faire partie d’un jury parce que je suis un fou de cinéma, j’aime voir des films et encore plus d’avoir la possibilité d’en voir autant d’un seul coup. Tout le monde connaît les règles du jeu et ces réalisateurs ont choisi d’être en compétition. J’aime penser que c’est différent. Et quand vous êtes membre d’un jury, vous allez tomber amoureux du film de quelqu’un, vous allez tout faire pour que ce film soit récompensé. C’est excitant de se battre pour un film auquel on croit.

M. La manière dont Rachel Getting Married est tourné n’est pas sans rappeler le Dogme. Et ce que c’est un choix qui s’est imposé parce que vous tourniez beaucoup de documentaires à cette époque ? Ou parce que le thème s’y prêtait et se rapprochait d’un des films référence du Dogme, Festen ? J.M. La réalisation de ce film était très influencée par le Dogme, dont j’aime particulièrement les films. En particulier le film de Susanne Blier, After The Wedding. Nous l’avons visionné un grand nombre de fois parce que nous en aimions le style visuel qui donnait cette impression d’improvisation. C’est ce que je voulais imiter, je voulais que ça ressemble à un documentaire. Et d’ailleurs, nous l’avons filmé comme un documentaire, sans prévoir aucun plan. Le cameraman était dans la pièce avec sa caméra, les acteurs étaient prêts, je criais « Action » et les acteurs se mettaient à jouer tandis que le cameraman cherchait un plan. Nous n’avions jamais tourné de seconde prise, nous tournions d’autres plans, complètement différents. Je ne me souciais pas de savoir comment nous allions monter ces scènes ou si le montage n’était pas parfait. Nous avons aussi respecté un important précepte du Dogme avec la musique toujours présente pendant que les acteurs jouaient.

M. Je me rappelle que dans Rachel Getting Married, le violon de Zafer Tawil est pratiquement omniprésent. Racontez-nous comment vous l’avez rencontré et pourquoi vous l’avez choisi. J.M. J’ai adoré travailler avec lui et nous sommes devenus de très bons amis depuis. J’ai fait un film sur Jimmy Carter avec un contexte important sur la Palestine. Je voulais que la musique arabe soit une composante importante, jumelée bien sûr à la langue américaine. Nous nous sommes mis à la recherche des meilleurs musiciens arabes à New York et nous sommes tombés sur ce groupe extraordinaire. Ceux-là même que vous avez pu voir dans Rachel Getting Married. Zafer a une telle sensibilité pour l’ambiance d’une scène. D’ailleurs, il sera le compositeur de mon prochain film.

M. Dernière question : aviez-vous déjà vu des films marocains à part ceux projetés durant le festival ? J.M. Je n’avais jamais vu de films marocains avant. Les films étrangers, en règle générale, sont rares aux Etats-Unis. Je n’y connais malheureusement rien à l’histoire du cinéma marocain. Mais après en avoir vu quelques uns, je peux sans crainte dire que c’est un grand moment pour le cinéma marocain.

M. Merci de nous avoir accordé quelques minutes de votre temps M. Demme, ce fût un honneur. J.M. Merci à vous, c’était très amusant ! janvier 2013 / nUmero 10

Metropolis

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Culture Cinoche Film du mois

ZERO

Réalisé par Nourredine Lakhmari

Avec Younes Bouab, Mohamed Majd, Sonia Okacha Chraibi, Zineb Samara

Policier marocain -

Durée : 1 h 50

par nabil boukhari

Amine Bertale, alias «ZERO», est un petit flic qui passe la majorité de son temps à recevoir des dépositions de plaignants, et à arpenter les rues de Casablanca avec Mimi, une jeune prostituée de 22 ans. Il est en perpétuelle confrontation avec son père handicapé et dominant et son supérieur, un commissaire qui l’humilie quotidiennement. Face à ce quotidien dégradant et insupportable, ZERO décide finalement de tourner la page d’un passé hanté par la lâcheté, la peur et le complexe d’infériorité, il part alors à la recherche d’une jeune fille disparue dans la grande métropole.

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Metropolis nUmero 10 / janvier 2013

Entamant ainsi sa croisade contre un univers dur et impitoyable perverti par l’argent et le pouvoir. Notre avis Nourredine Lakhmari a une idée fixe, décrire Casablanca dans ce qu’elle a de plus sombre, sans concession, sans voile, loin des cartes postales idylliques et des tagines aux pruneaux,  Zero nous fait racler la poussière et siroter de l’alcool bon marché. C’est toute la force de Lakhmari, même assis dans une salle de cinéma il nous fat sentir l’odeur de la ville, sa puanteur, on assiste impuissant à sa décadence, c’est du Scorcèse à la sauce marocaine. Oui le cinéma de Lakhmari regorge d’insultes et de bagarres mais celui qui le nie ne s’est alors jamais

promené dans Casa. Zéro n’est pas un film, c’est une grande claque, qui nous met malgré nous en face de cette réalité que nous préférons nier : La corruption de la police, les réseaux pédophiles qui prolifèrent, la prostitution. Oui tout cela existe et il était important, enfin, d’en parler pour exorciser ces maux qui rongent notre société. Le casting est quand à lui excellent et remarquablement interprété, de Younes Bouab à Zineb Samara, cette nouvelle génération d’acteurs semble décidé à crever nos écrans. Après un premier volet consacré à la solitude :Casanegra, Lakhmari avec Zéro aborde le thème de la rédemption. Puisqu’il s’agit d’une trilogie, le troisième volet abordera donc le thème de l’amour. On est plus très loin d’une autre trilogie, celle du « cycle de l’absurde » D’Albert Camus.


Arbitrage

RÉALISÉ PAR NICHOLAS JARECKI AVEC RICHARD GERE, SUSAN SARANDON, TIM ROTH GENRE DRAME , THRILLER DURÉE : 1H46MIN

Robert Miller est l’un des magnats les plus puissants de la finance new-yorkaise. Fort d’une réussite exemplaire, entouré de sa femme, Ellen, et de ses enfants - dont sa brillante fille, Brooke -, il incarne à lui seul le rêve américain. Pourtant, au-delà des apparences flamboyantes, Miller est piégé. Il doit à tout prix vendre son empire à une grande banque avant que l’on ne découvre l’ampleur de ses fraudes. La liaison qu’il entretient avec Julie, une jeune marchande d’art française, complique aussi sa vie privée… Alors qu’il est à deux doigts de conclure la transaction espérée, une erreur de trop va le mêler à une affaire criminelle. Pris à la gorge, cerné de toutes parts, Robert Miller va tout risquer pour sauver ce qui compte le plus pour lui. Encore doit-il choisir ce que c’est vraiment, et il ne pourra le découvrir qu’en affrontant les véritables limites de sa moralité. Notre avis

La crise financière a bon dos, elle réussit même à faire passer Richard Gere pour un sublime salaud. Dans « Arbitrage », Il incarne Robert Miller, sorte de Madoff au sourire de playboy, tiraillé entre la vente de sa société qu’il doit conclure tout en camouflant une dette de 400 millions de dollars, et le souci de protéger ses intérêts, ceux de ses proches ainsi que de ses employés. Avec, pour couronner le tout et histoire d’ajouter un étage à la fusée, la greffe d’une affaire criminelle dont l’actrice française Laeticia casta fera les frais après 10 min de film. Dire que certains on fait de cette apparition fadasse le rôle de sa vie … On note tout de même la performance de TIM Roth, toujours aussi cynique dans le rôle du flic qui connait la vérité mais qui peine à la prouver. Ce « thriller politico-financier » n’en reste pas moins de facture classique, bien réalisé, esthétique certes, mais avec une intrigue redoutablement lourdingue.

Jack Reacher

RÉALISÉ PAR CHRISTOPHER MCQUARRIE AVEC TOM CRUISE, ROSAMUND PIKE, ROBERT DUVALL GENRE POLICIER , ACTION , DRAME , THRILLER DURÉE : 2H11MIN

Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l’homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher. » Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret. Notre avis

Tous les ingrédients d’un film d’action sont réunis: course poursuite, bagarres et coups de feu. Pourtant le film ne tombe jamais dans le drame, la dernière scène attire le spectateur sur l’aspect humoristique de ce personnage complexe. À l’instar du film, le héros récurrent est présenté dans le livre comme solitaire, froid, efficace mais hanté par son passé. Réalisé par Christopher McQuarrie, réalisteur de « way of the gun » en ٢٠٠٠ mais aussi et surtout scénariste du mythiqye « Usual Supspect ». Tom Cruise dans « Jack Reacher », incarne donc Jack Reacher, ce film est l’adaptation d’un des romans de Lee Child : Folie furieuse. Un rôle taillé sur mesure pour l’ego de Tom Cruise. Vous avez marre de Tom Cruise ? Nous aussi mais il faut reconnaitre qu’il se bonifie avec l’âge, il serait même sur le point de quitter l’église de scientologie…

Le Hobbit : un voyage inattendu

RÉALISÉ PAR PETER JACKSON AVEC IAN MCKELLEN, MARTIN FREEMAN, RICHARD ARMITAGE

Dans UN VOYAGE INATTENDU, Bilbon Sacquet cherche à reprendre le Royaume perdu des Nains d’Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug. Alors qu’il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n’est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers… Bien qu’ils se destinent à mettre le cap sur l’Est et les terres désertiques du Mont Solitaire, ils doivent d’abord échapper aux tunnels des Gobelins, où Bilbon rencontre la créature qui changera à jamais le cours de sa vie : Gollum. C’est là qu’avec Gollum, sur les rives d’un lac souterrain, le modeste Bilbon Sacquet non seulement se surprend à faire preuve d’un courage et d’une intelligence inattendus, mais parvient à mettre la main sur le «précieux» anneau de Gollum qui recèle des pouvoirs cachés… Ce simple anneau d’or est lié au sort de la Terre du Milieu, sans que Bilbon s’en doute encore… Notre avis Pendant près de trois heures, le téléspectateur se dit une chose : « Mais quel arnaqueur ce Peter Jackson… ». Parce qu’au départ, le roman « Le Hobbit » était une version « pour enfant » du Seigneurs des Anneaux. Et que notre bon vieux Jackson a réussi à en tirer trois films… Bilbo, les nains et Gandalf vont devoir se battre pendant tout le film, même si on ne comprend pas toujours pourquoi. Ensuite, Bilbo reste au moins une demi-heure avec Gollum a échanger des devinettes ( ?). Et enfin, quand tout va vraiment mal, des aigles géants les emportent loin du champ de bataille. Après les effusions d’usages (« Oh joie, nous sommes en vie ! ») notre bande de joyeux-lurons regardent au loin : c’est le mont Solitaire. Et là on se dit : « Purée encore deux films pour y arriver. » Et aussi : « Mais pourquoi ils n’ont pas continué leur route avec les aigles ? ». Nous avons rebaptisé le film « Le Hobbit : une perte de temps inattendu ». janvier 2013 / numero 10

Metropolis

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CULTURE livresse CETTE RUBRIQUE VOUS EST PROPOSÉE PAR : LIVRE DU MOIS

L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine DE FOUAD LAROUI EDITIONS JULLIARD PAR YASMINA LAHLOU

L’EXTRAIT « Le temps suspendit son vol pendant que nous cherchions tous les six comment diable s’appelait le mari (marocain) de Mme Munõz. -Tarik ? Abdelmoula ? El Haj ? Abdallah ? Maati ? Miloud ? Robio ? Driss ? Lgouchi ? Bouazza ? Mohamed ? El Ghoul junior ? Hassan ? Un quart d’heure s’écoula avant que nous nous mettions d’accord sur le fait que nous n’avions jamais su comment s’appelait le mari (marocain) de Mme Munõz […] C’était un type anonyme, semblaitil, ou s’il en avait un, de nom, jamais il ne nous fut dévoilé car toute son essence se réduisait à ceci : il était le mari (marocain) de Mme Munõz et cela suffisait à le dénommer, comme tous les hommes qui se confondent avec un exploit - l’homme qui a vu l’ours, l’homme qui a battu El Gourch à bicyclette, etc. Car Mme Munõz était belle et riche, comme toutes les Françaises, et alors expliquez-moi comment un p’tit gars d’El Jadida avait réussi à remplacer dans son cœur et dans son lit son premier mari, Français donc beau et riche ? C’était un exploit au moins aussi homologable que celui de l’homme qui avait battu El Gourch (à bicyclette). » LE LIVRE Après avoir lu ce livre, on est tenté de croire que la vie serait bien ennuyeuse si l’on ne s’inventait pas sans cesse des problèmes inutiles. Dans son nouveau recueil de neuf (oui, 9…) nouvelles, Fouad Laroui raconte, avec l’intelligence malicieuse et l’humour incisif qu’on lui connaît, des historiettes rocambolesques. Celle de la tentative de rupture ratée d’un couple à Bruxelles ; celle du jeune homme sans passeport qui, au regard de l’administration marocaine, n’est jamais né puisque le village de son enfance n’existe plus ; celle

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de l’épreuve de natation « sèche » au baccalauréat dans des lycées dépourvus de piscine mais où il y a du gazon et du sable. Sans oublier, bien sûr, entre autres fantaisies, l’étrange affaire du pantalon de Dassoukine : ce haut fonctionnaire marocain, venu à Bruxelles négocier au meilleur prix des tonnes de blé européen, se fait voler son pantalon dans sa chambre d’hôtel. C’est dans un accoutrement clownesque qu’il se présente devant la Commission européenne. Un incident diplomatique qui connaîtra un dénouement étonnant…

Metropolis NUMERO 10 / JANVIER 2013

Notre avis

Neuf récits où la bêtise mène le monde, et sert de matériau d’inspiration à l’auteur qui le recompose pour nous restituer ces chroniques caustiques, à la drôlerie acide, miroir de notre époque tragi-comique et ô combien absurde. Dialogues décalés, jeux de mots savoureux, légèreté du ton, avec un petit bémol cependant : certaines nouvelles de ce recueil sont plus percutantes que d’autres et d’intérêt inégal. Le récit intitulé « Dislocation » s’apparente même à un pur exercice de style puisque le même paragraphe se voit sans cesse complété, de sorte que seul le dernier d’entre eux raconte l’histoire intégrale. Tout comme son autre récent ouvrage, « Le jour où j’ai déjeuné avec le diable » [chroniqué dans Metropolis n° 9 de janvier 2012], ce n’est pas le meilleur Laroui mais reste très divertissant.


QUELQUES MOTS D’ARABE

JAABOUQ, LE JOINT

G

N

DE LOÏC BARRIÈRE EDITIONS DU SEUIL

aël arrive dans le sud marocain, pour rejoindre son ami Mohammed qui vit au village d’Aït Boujeloud, près d’Essaouira. Très pauvre, sans travail, en pleine dépression, Mohammed a lancé un appel au secours. Gaël, culpabilisé par le suicide de Farida, son amie d’enfance algérienne qui l’a initié à la langue et à la culture arabe, ne veut pas, une fois de plus trahir l’amitié. Durant son séjour, il découvre les difficultés de la vie quotidienne du village marocain. Son voyage le conduit ensuite jusqu’à la tombe de Jean Genet, à Larache, où il rencontre un vieil écrivain farfelu…

DE HICHAM TAHIR CASA EXPRESS ÉDITIONS

euf nouvelles qui dévoilent les dessous de la société marocaine, dépeignent le Maroc « moderne » actuel, épinglent ses contradictions schizophrènes, s’attaquent aux sujets sensibles (prostitution, suicide, drogue, avortement…). L’écriture est aussi audacieuse : « Après de longues randonnées non désirées et quelques viols en série, mon premier enfant naquît. Un garçon. Fils de mère burkinabè. Fils de père béninois. Fils né après une nuit de baise malienne. Fils né mauritanien. Il est international mais puise sa source et ses origines dans le continent le plus vieux de la terre. »

LE PARISIEN DE CASABLANCA DE BERNARD VAN BEVER EDITIONS E.M.E.

U

n Parisien branché et prétentieux débarque à Casablanca, dans le cadre d’une mutation professionnelle. Au fil de la narration, ses préjugés tombent car l’amour est le plus fort. Un amour qui se noue entre l’expatrié et une Marocaine, dans la mixité culturelle, l’acceptation des différences de l’autre - et qui se développe en amour inconditionnel pour le pays d’accueil. Une belle histoire d’amour vécue et racontée par un Français plein d’idées préconçues, mais qui les perd peu à peu en apprenant à connaître et à aimer le royaume et l’une de ses habitantes.

Notre avis Notre avis

Notre avis

On ne compte plus les histoires de jeunes Marocains qui rêvent de la France. Mais de jeunes Français qui se passionnent pour le Maroc, combien ? Ce roman restitue le regard d’un voyageur avide de découvrir l’autre, amoureux de la langue et de la culture arabe. Un regard amusé parfois, comme lorsqu’il raconte ce jour où il a demandé l’adresse d’un hôtel en arabe classique et s’est vu répondre dans la langue de Molière… Une écriture simple, sans fioritures, mais restituant avec justesse l’émotion et l’attachement sincère que l’auteur voue au Maroc.

Hicham Tahir, 23 ans seulement au compteur, est originaire de Kénitra. Après avoir publié ses premiers textes dans le livre collectif « Lettres à un jeune marocain », il signe ici son premier ouvrage personnel, un recueil de nouvelles très réalistes, ancrées dans le réel, à la liberté de ton assumée par ce jeune auteur prometteur qui a écrit ces récits parallèlement à son travail dans la publicité et à Hit Radio. Sans jamais porter de jugement de valeur sur ce qu’il décrit, Il ose un langage vrai, le parler cru, celui de la jeunesse marocaine du XXIè siècle mi-bobo mi-populo, dont il est représentatif à souhait.

Bernard van Bever, publicitaire et écrivain connaît bien le Maroc pour y vivre depuis plus de 12 ans. Mêlant humour et amour, anecdotes personnelles et événements historiques, ce roman en partie autobiographique entraîne le lecteur dans une Casablanca vue à travers les yeux d’un Français. Sortir des clichés, mieux comprendre les réalités chérifiennes pour mieux s’y ancrer, l’intention est bonne. Mais sans pour autant porter un regard trop candide sur des réalités complexes, au risque de s’échouer parfois sur l’écueil des bons sentiments. Ecueil adroitement évité par l’auteur !

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CULTURE DVD & Music CETTE RUBRIQUE VOUS EST PROPOSÉE PAR : DVD Réalisé par Joel Coen, Ethan Coen, Avec Jeff Bridges, Julianne Moore, John Goodman

DVD Réalisé par Joel Coen, Ethan Coen, Avec George Clooney, John Turturro, Tim Blake Nelson

The Big Lebowski

O’Brother

Notre avis

Jeff Leboswki, plus connu sous le nom de « The Dude » ou « Le Duc » est un bon à rien, un chômeur et un joueur de bowling. Il passe son temps à boire des « White Russian », à fumer des joints et à participer à des championnats de bowling avec Walter et Donnie, ses deux copains. Un soir, deux types débarquent chez lui, le tabassent, pissent sur son tapis et lui demande de rendre de l’argent que sa femme doit à Jackie Treehorn. Seulement voilà, The Dude n’est pas marié. Les deux malfrats se sont trompés de Lebowski, et l’ont confondu avec un autre, riche, grabataire et marié à une jeune écervelée. C’est en tentant de se faire dédommager son tapis souillé que Lebowski va se retrouver embarqué dans une aventure rocambolesque parsemés de situations absurdes et de personnages hauts en couleurs. Devenu le film culte de toute une génération, The Big Leboswki est une ode à la paresse, à la fainéantise. Après l’avoir vu, vous n’aurez qu’une envie, vous pavanez en peignoir toute la journée un verre de White Russian à la main, payer votre carton de lait par chèque à la superette du coin, ou fumer de l’herbe dans votre baignoire entouré de bougies en écoutant le cri des baleines. Ajoutez des seconds rôles délirants comme John Goodman en vétéran du Vietnam ou John Turturro en ex-pédophile joueur de bowling

DVD Réalisé par Joel Coen, Ethan Coen, Avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin

No Country For Old Man Notre avis

Entre le Texas et le Mexique, une immensité désertique, un soleil de plomb et un ciel sans nuage. C’est dans ce décor de fin du monde que le film commence avec la voix éraillé d’un vieux shérif qui n’est autre que Tommy Lee Jones. Celui-ci nous met en garde contre la sauvagerie des hommes, leur soif de sang, de violence et de vengeance. Le décor est planté, l’histoire peut commencer. Un homme à l’allure lugubre se fait arrêter et est conduit au poste. Tranquillement, il assassine le policier en train d’expliquer son arrestation au téléphone, se libère de ses menottes et repart avec une étrange bonbonne métallique. Un looser du coin Llewelyn Moss est en train de chasser quand il tombe sur des camionnettes abandonnées, une dizaine de cadavres, de la drogue et une mallette avec deux millions de dollars. A partir de là, Llewelyn sait qu’il va devoir ruser pour garder son pactole. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que c’est Anton Chirurgh, l’homme à la bonbonne métallique qui va se mettre à ses trousses. Tout en lui transpire la folie, ses cheveux en forme de perruque, sa pâleur, ses yeux fous, sa façon de jouer à pile ou face pour décider du sort de ses victimes. Un film noir des frères Coen, angoissant, absurde, drôle et contemplatif.

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Metropolis NUMERO 10 / JANVIER 2013

Notre avis

Frozen est un thriller psychologique à la 127 heures où les personnages principaux se retrouvent dans une situation inextricable pendant que le spectateur jouit de toutes les complications possibles et imaginables. Ce sont trois jeunes étudiants américains qui partent skier pendant un week-end prolongé et qui décident de se payer une dernière petite virée sur la piste avant la fermeture du soir. Manque de pot, alors qu’ils sont sur le télésiège, un problème de communication au sein du staff et bim : le télésiège est bloqué alors qu’ils y sont toujours. Les lumières s’éteignent et les pistes sont fermées pour la semaine. Nos trois compères mettent du temps à le comprendre et quand c’est le cas, c’est la panique : doit-on sauter, comment, qui y va, etc. Pour ajouter à l’angoisse, une tempête de neige approche, c’est la nuit, il n’y a pas âme qui vive à part une bande de loups affamés. A part quelques incohérences, le film tiendrait presque la route et franchement, le spectateur qui est bien au chaud chez lui se délècte de leurs mésaventures tout en s’emmitouflant dans son petit plaid.

DVD Réalisé par Joel Coen, Ethan Coen, Avec William H. Macy, Frances McDormand, Steve Buscemi

Fargo Notre avis

Jerry Lundergaard est un vendeur de voitures dans le Minnesota et il a des problèmes d’argent. Il est marié à Jean, fille du riche Wade Gustafson. Jerry pourrait tout simplement demander l’argent à son beau-père mais ce dernier n’ayant pas la plus haute opinion de son beau-fils, lui refusera l’argent. Pour y remédier, Jerry essaye toutes sortes de magouilles : forcer la main à ses clients pour qu’ils prennent des options plus chères, falsifier des documents, faire miroiter une bonne affaire à son beau-père et son associé. Mais à la fin, Jerry n’arrive toujours pas à mettre la main sur l’argent qui lui manque. Il décide alors de faire appel à Carl et Gaerar, deux types louches, pour kidnapper sa femme et en récolter la rançon. Avec cet argent il pourra rembourser ses dettes et payer les kidnappeurs. Carl n’est autre que Steve Buscemi et Gaerar est joué par Peter Stormare. Le premier est aussi volubile que l’autre est taciturne. Carl est censé être la tête pensante du duo mais il s’avère être peureux, inconstant et lâche. Gaerar, lui, est tout simplement fou. Impulsif, il agit avant de réfléchir. Et c’est ainsi qu’un simple kidnapping va se transformer en hécatombe dans cette région calme et enneigé du nord des Etats-Unis. Au fur et à mesure des accidents et des décès, Marge Gunderson, policière et enceinte, va user de son infaillible intuition pour suivre la tragédie à la trace. Fargo angoisse et apaise avec son côté patelin et ses paysages enneigés à perte de vue. Un chefd’œuvre des frères Coen, avec une Frances McDormand magistral.


CD 1995.Paris sud minute

CD Alicia keys. Girl on fire

Notre avis

Notre avis

C’est peu de dire que cet album était attendu. Après deux EP de bonne facture, le groupe de rap français 1995 se devait de confirmer par un album studio. Le nouveau phénomène du rap français confirme en grand format ce qui a fait sa popularité dans le milieu underground : des textes épurés, une musique aux teintes electro funk et soul. Le rap old school à la française avec cette nouvelle génération semble retrouver la couleur des ses débuts, loin des lourdes productions américaines ou se sont perdus certains rappeurs comme Booba et Rohff…

Alicia keys a réussi à accomplir, sur « Girl on fire » un excellent dosage entre des sons plutôt moderne et inspirés et des mélodies au piano qui ont fait sa célébrité. Tout commence par l’intro classique avec « De Novo Adagio » ; ou on s’aperçoit avec bonheur que la virtuosité de la chanteuse est toujours intacte. Et lorsque son instrument de prédilection unit ses forces avec la plume sincère d’auteur de talent comme Emeli Sandé sur « Brand New Me », le feu prend tout doucement et instantanément, comme par magie.

CD C2C.TETRA Coffret édition limitée

CD Bruno Mars. Unorthodox Jukebox

Notre avis

Les C2C (coup de cross) sont loin d’être des novices. Ensemble, ils ont remporté quatre années de suite le titre de champion du monde DMC (Disco Mix Club) entre 2003 et 2006. De plus ils s’étaient déjà faits remarqué avec leurs groupes respectifs, Hocus Pocus pour 20Syl et Greem, Beat Torrent pour Atom et Pfel. Après avoir sorti un EP comprenant notamment le morceau « Down to the road », les 4 DJ originaire de Nantes ont décidé de regrouper leurs talents sur ce premier album « Tétra » ou le mix d’electro et de groove hip hop fonctionne à merveille, le reste de l’album est tout aussi cosmopolite.

Notre avis

Pour son nouvel album, « Unorthodox Jukebox » Bruno Mars nous embarque dans des directions très différente tels que le reggae, le rock, le hip-hop, le R&B… Mais sur tous les morceaux qui composent cet album, on y retient quelques éléments cruciaux : Voix impeccable, mélodie ingénieuse et même dans les moments les plus mélancoliques, Bruno Mars réussi à y apporter sa lumière. Le jeune chanteur d’Hawaï confirme avec brio, et après les 6 millions de copies vendues avec son premier album « Doo-Wops & Hooligans », qu’il a encore des tours dans son chapeau.

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Culture

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PHOTO LAILA ALAOUI

Noureddine Ayouch : 


Homme de com’, Noureddine Ayouch est un peu notre Jacques Séguéla national. Mais le patron de Shem’s publicité n’est pas seulement un homme d’affaires avisé, il est aussi un citoyen militant (hyper)actif, le pionnier du microcrédit au Maroc, le président de la fondation Zakoura, un amoureux des arts et des lettres… Pour Metropolis, il revient sur ses convictions, combats, succès, passions et idéaux. Entretien et retour sur un parcours riche et éclectique. pa r ya s m i n a l a h lo u Metropolis : Quelle est la clef de votre réussite ? Noureddine Ayouch : La réussite est quelque chose de tout à fait relatif. Il y a beaucoup de choses que j’aurais souhaité faire pour pouvoir dire que j’ai réussi ma vie. Et quand bien même je les aurai faites, je ne dirais pas que j’ai réussi. Je suis quelqu’un qui doute de lui-même, insatisfait et qui ne se contente jamais des choses acquises, qui est en perpétuelle création. Parfois, je me dis que j’ai réussi ma vie, oui. Parce que j’estime que je n’ai pas à rougir de ce que j’ai fait jusqu’à présent. La réussite pour tout être humain, c’est être bien dans sa peau, mais c’est surtout de réaliser des choses où il y a une part pour soi-même et une part pour les autres. Lorsque c’est uniquement pour soi, ce n’est pas du tout une réussite ; ça l’est réellement en apportant aux autres. La question que j’aimerais que l’on me pose, ce serait plutôt « qu’est-ce que vous avez réussi ? », là je pourrais répondre.

Je vais donc vous la poser : Qu’avezvous réussi dans votre vie ? Je suis fier d’avoir lancé la revue féminine « Kalima » [plusieurs fois censurée par les autorités et suspendue en 1989 sur décision politique, NDLR]. Elle m’a laissé un souvenir inoubliable. Je suis également très fier d’avoir créé Zakoura microcrédit : je voulais être un banquier pas comme les autres, mais pour les autres. Qui ne gagne pas d’argent mais qui en donne. Le microcrédit pour les gens pauvres et démunis a été une très belle réussite qui a duré 17 années. Je l’ai ensuite cédée à la Banque populaire pour 200 millions de dirhams que j’ai versés intégralement, sans prendre un seul centime, à la fondation Zakoura éducation. Cette fondation est aussi une fierté. Dans certains villages, 99% - voire 100% - des femmes bénéficiaires du microcrédit étaient analphabètes. Il fallait aussi agir pour les enfants car il y avait à l’époque 75% de petites filles analphabètes dans le milieu rural. J’ai alors créé l’école non-formelle, qui figure parmi les belles choses que j’ai accomplies. Vient ensuite la Fondation des arts vivants, dans laquelle je me suis totalement épanoui, et qui oeuvre dans le théâtre, la musique, les festivals, les cours de danse, etc. Sans oublier « Daba 2007 » qui fut une courte mais belle expérience, pour sensibiliser les Marocains à la politique,

Je suis très fier d’avoir créé Zakoura microcrédit : je voulais être un banquier pas comme les autres, mais pour les autres. Qui ne gagne pas d’argent mais qui en donne.

pour inciter les jeunes ainsi que les élites à intégrer les partis, pour pousser les femmes à se présenter et à briguer des postes au Parlement. Tout cela a donné des résultats mitigés : si certaines élites, en particulier les femmes ont intégré les partis politiques, deux d’entre elles sont devenues députées, le taux de participation aux élections a été faible. Je n’oublie pas non plus le collectif « Démocratie et modernité » qui joue encore un rôle important dans la défense des droits humains, et que j’ai lancé avec feu Abderahim Harrouchi, un grand homme qui a joué un rôle actif dans la société civile. Mais ma plus belle réussite, ce sont mes enfants. De ce côté, je suis comblé. Mon fils Nabil est devenu célèbre, pas seulement au Maroc mais dans le monde entier. Hicham a réalisé un film d’une grande profondeur qui a été remarqué au niveau international. Siham a plus d’une corde à son arc, elle est douée pour les affaires, peintre, poète et possède une vraie richesse intérieure. Et Yanis, mon cadet qui a 25 ans, est un garçon merveilleux qui va sûrement faire une belle carrière dans la communication. Ce qui rassemble mes quatre enfants, c’est qu’ils ont des valeurs, des principes, le sens des responsabilités et un coeur immense. Ils ont réussi leur vie ou sont en train de la réussir. Ce sont des enfants dotés de surcroît d’une grande intelligence et de beaucoup de charme, que demander de plus ?! (rires)

Dans ce bel inventaire, vous avez oublié l’agence Shem’s Publicité… C’est vrai, c’est très étrange d’ailleurs que j’oublie ce qui me nourrit et me fait vivre. J’ai pourtant créé un groupe composé de six agences : Shem’s Publicité bien sûr, Alif toujours dans la publicité, Archipel pour le design, Public’s pour les relations publiques, Afric Digital pour l’impression numérique, Kenz média pour l’achat d’espace. Oui, c’est tout un groupe, mais peut-être qu’il ne m’apporte pas autant de satisfactions que le travail associatif, pour l’intérêt général. Ces sociétés commerciales occupent une place importante, mais pas au niveau affectif, sentimental ou de mes idéaux. Elles m’ont surtout permis de vivre et de faire d’autres choses : de créer des emplois d’abord, de réaliser quelques belles campagnes et, surtout, ça m’a permis de travailler gracieusement pour des causes telles que les droits de la femme ou pour des associations de lutte contre le sida ou le cancer, des fondations pour la protection de l’environnement, janvier 2013 / nUmero 10

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Culture

Noureddine Ayouch avec les enfants de la fondation Zakoura Education

et bien d’autres encore… J’ai réalisé tout cela avec un plaisir réel, grâce à Shem’s Publicité.

Selon vous, la création publicitaire marocaine progresse-t-elle ou bien régresse-t-elle ? Je dirais qu’elle régresse. Elle stagne depuis une quinzaine d’années, et quand on stagne on régresse. Je dis cela parce que j’ai fait un benchmark, des comparaisons avec d’autres pays comme le Qatar, l’Egypte, Dubaï ou le Liban, des pays que nous dépassions il y a 15-20 ans dans des festivals à l’étranger. Je pense que le Maroc a bien démarré dans la création, mais il stagne depuis. Cela prouve aussi qu’il y a encore des tabous, que les gens n’osent pas sortir du carcan conservateur traditionnel, que l’éducation ne favorise pas l’épanouissement des jeunes et l’on ne trouve pas de créatifs, directeurs artistiques ou concepteursrédacteurs, bien formés et compétents. La Tunisie, elle, a connu un essor incroyable avec la chute de Ben Ali et a remporté deux prix publicitaires à Cannes cette année, des trophées d’Or qui plus est. L’Egypte aussi connaît une progression spectaculaire depuis quatre ou cinq ans en termes de créativité. J’espère que les Marocains seront plus créatifs à l’avenir, en partie parce que nous avons une jeunesse qui est très créative sur internet et les réseaux sociaux. J’espère aussi que nous retrouve-

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Je pense que le Maroc a bien démarré dans la création, mais il stagne depuis. Cela prouve aussi qu’il y a encore des tabous, que les gens n’osent pas sortir du carcan conservateur traditionnel,

rons un souffle nouveau, tout en gardant un esprit marocain car on ne peut atteindre l’universel si on singe la France ou l’Angleterre. Je dis toujours aux créatifs : ne singez pas, ne copiez pas, restez vous-mêmes. Je ne comprends pas pourquoi les étrangers viennent tourner des spots magnifiques au Maroc et s’inspirent de la beauté de notre pays alors que nous ne sommes pas capables d’en faire autant. Il faut que notre talent s’appuie sur notre culture, notre identité et notre langue, la darija. Et sur l’humour marocain qui est extraordinaire et que l’on n’exploite pas assez.

A travers la fondation Zakoura pour le Microcrédit, que vous avez créée en 1995, et la fondation Zakoura pour l’Education, créée en 1997, estimezvous avoir contribué à faire reculer la pauvreté et l’analphabétisme dans notre pays ? Et à améliorer la condition des femmes ? Nous ne sommes pas seuls. Il existe d’autres associations, une douzaine environ, et nous avons contribué ensemble à éradiquer une partie de la pauvreté. C’est indéniable, tout le monde le reconnaît. Grâce aux microcrédits octroyés, les familles démunies vivent mieux. Du même coup, nous avons participé à l’éducation de leurs enfants puisque ces familles peuvent les envoyer à l’école au lieu de les faire travailler. Quant aux


femmes, il y a une amélioration certaine de leur condition, dans le monde rural tout comme dans les quartiers populaires urbains. Auparavant, la femme était délaissée, je ne dirais pas humiliée mais marginalisée. En moyenne, 88% des microcrédits accordés par Zakoura étaient au bénéfice des femmes qui subviennent désormais à leurs besoins, à ceux de leurs enfants et parfois même à ceux de leur mari. En gagnant leur vie, elles ont du même coup gagné le respect de l’homme. Cela valorise la femme aux yeux de tous les membres de sa famille. Les mentalités ont changé grâce au microcrédit. La Fondation Zakoura Education a alphabétisé plus de 80 000 femmes et scolarisé près de 25 000 enfants dont beaucoup ont obtenu aujourd’hui leur licence. De nombreux enfants, analphabètes à l’origine, réussissent l’examen d’entrée au collège après seulement trois ans de scolarité dans nos 390 écoles non-formelles situées essentiellement dans les zones rurales.

La communication, la fondation, l’engagement citoyen et bien d’autres activités… dans quoi êtes-vous le plus investi ? Je continue d’accorder beaucoup d’importance à mon engagement citoyen, en participant à un travail de médiation et de dialogue entre les politiques et les Marocains. De même qu’à l’organisation de débats sur des questions primordiales telles que la laïcité, la liberté de conscience, le racisme, les droits de l’homme, le développement de la culture, etc. Avec un certain nombre d’amis et d’acteurs de la société civile, nous essayons de contribuer à l’amélioration des conditions culturelles, économiques et sociales dans notre pays qui a besoin d’une réflexion et de propositions en ce sens.

Revenons à Kalima, le mensuel féminin que vous avez fondé en 1985 et qui, victime de la censure de l’Etat, a été suspendu en 1989. Dans le contexte actuel de libéralisation de la presse, vous lanceriez-vous dans une nouvelle aventure éditoriale ? Kalima a disparu au bout de trois ans d’existence et de 37 numéros au total. En dehors du problème de censure, la revue marchait très bien. Jamais à l’époque on n’avait atteint de tels niveaux de vente… sur un tirage de 20 000 exemplaires, Sochepress ne pouvait même pas nous en rendre une dizaine, il n’en restait plus un seul en kiosque. Cela marchait très bien également au niveau publicitaire, mais il y avait tellement de censure que les numéros ne sortaient pas et nous devions alors rembourser les annonceurs. Kalima abordait de nombreux sujets tabous à l’époque comme la prostitution, la pédophilie, les petites bonnes ou la liberté d’expression. Tous les

De g. à dr. : Yanis, Hicham, Siham et Nabil Ayouch.

Kalima a disparu au bout de trois ans d’existence et de 37 numéros au total. En dehors du problème de censure, la revue marchait très bien

numéros consacrés à ces sujets ont étés censurés. Vers la troisième année, il y eut des suspensions quasiment lors de chaque parution à cause de certains thèmes traités par nos journalistes en toute liberté et responsabilité, je précise. La revue était à chaque fois suspendue pendant plusieurs jours avant de pouvoir être distribuée. Malgré cela, elle se vendait intégralement car notre lectorat l’attendait et elle répondait à une attente forte. Parce que nous pratiquions un journalisme honnête, transparent et moderne, avec une équipe qui savait aborder les sujets tabous avec un grand sens de la responsabilité et de l’éthique. Aujourd’hui, la liberté de la presse existe en grande partie. Si Kalima sortait les mêmes dossiers maintenant, on ne serait pas inquiétés car ce magazine avait le respect du lecteur, ne pratiquait pas la diffamation, respectait la présomption d’innocence, ne portait pas atteinte à la vie privée des gens… Je ne me lancerai plus dans la création d’un nouveau magazine car il y a un moment pour tout dans la vie. J’ai été tenté par la presse, je l’ai fait parce que je pensais qu’il fallait faire passer des messages et se battre pour certaines idées. J’aurais souhaité que ça dure, malheureusement cela a été arrêté par la censure. Je me suis ensuite lancé dans de nombreux projets, que j’ai déjà évoqués au cours de cet entretien, on ne peut pas être partout à la fois et il faut faire des choix. Je me suis rendu compte aussi que le public marocain a changé, les incultes ont pris le pouvoir - et ils sont nombreux dans ce pays. Il y a de moins en moins de gens cultivés, même parmi nos hommes politiques. Très peu de Marocains écoutent de la musique ou lisent des livres. Le niveau culturel au Maroc est en chute libre. Il faut une volonté forte du gouvernement pour corriger cette situation. janvier 2013 / nUmero 10

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Culture evasion

Merzouga

Transahara Dunes Can Dance C’est en plein cœur du désert, à Merzouga que se déroule le festival Transahara. Pendant cinq jours vous verrez des dunes millénaires vibrées aux rythmes des musiques électroniques. Des Transahariens venus des quatre coins de la planéte pour danser, rire, créer, échanger, découvrir, apprendre, bref vivre. Et pour ceux qui ne connaissent pas encore la magie du Transahara, l’homme derrière le projet, Abdou El Ouali, nous en dit plus. PA R Z A R A K A D I R I

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Depuis quand le Transahara existet-il ? Peux-tu nous expliquer le concept ? L’idée m’est venue quand j’ai visité Merzouga pour la première fois. J’étais avec trois amis et nous étions logés à Ksar Sania, une auberge tenue par un vieux couple de français. C’était un séjour empreint de mysticisme et de spiritualité, accentués par toutes les œuvres d’art aux murs et les sculptures dans l’hôtel. Les propriétaires nous expliquaient qu’ils recevaient des artistes venus des quatre coins du monde, et ils nous à développer des projets à Merzouga, car peu de marocain s’y intéressait à l’époque. Le soir, après un dîner autour d’un feu de camp et la performance d’une troupe gnawa, tout le monde est allé se coucher, sauf moi. Ébahi par les lieux, je n’ai pas pu dormir. La lune était presque pleine alors je suis parti me promener dans les dunes. Après une heure de marche, je suis parvenu au sommet de l’une d’entre elles, le désert à perte de vue, le sentiment d’être seul au monde. Et je ne sais pas comment j’ai fait la connexion, j’ai eu une vision d’une fête immense avec des gens du monde entier, rassembler aux pieds de ces dunes magiques. Je me suis accroché à cette idée mais j’étais face à plusieurs obstacles : j’étais encore étudiant au Canada à l’époque et je n’avais aucun financement. J’ai fini par trouver des producteurs pour faire ma première édition en Juin 2001. Mais juste après le 11 septembre, ils ont pris peur et se sont désistés. En 2002, après avoir obtenu mon Bachelor et

décrocher un job de consultant plutôt bien payé, j’ai décidé de remettre le couvert. Je l’ai organisé en un mois et demi, j’ai booké dix DJ et j’ai eu quarante personnes dont deux préventes, ce qui ne ma pas découragé à maintenir la première édition. La première édition du Transahara a eu lieu le 21 juillet 2002. A mon sens, c’était la plus magique parce que mon rêve de mettre de la musique dans le désert s’est concrétisé. En plus, à l’époque la région était très difficile d’accès ! J’ai dû tout ramener en même temps : le matériel, les gens, les DJs, etc.

Ensuite il y a eu quelques années « off ». Oui, je suis reparti au Canada, j’ai fini mes études. J’en ai faite une aussi à la sortie de Marrakech pour le nouvel an, Sphère. C’était magnifique. Et puis en 2006, j’étais avec un groupe d’anglais et il était question d’organiser un anniversaire. Je me suis dit qu’il fallait remettre le Transahara dans les rails. Cette fois-ci nous étions soixante (rires).

Vingt personnes de plus ! Je suis très têtu ! Je fais ça sans financement, je le fais par pur amour pour le lieu, le

concept. J’ai ce rêve dans ma tête alors je ne me pose pas trop de question et je le fais. Tout simplement.

Mais pourquoi tu ne trouve pas de sponsors ? J’en ai eu, bien sûr. Mais c’est très minime par rapport à ce qu’ils donnent aux autres festivals. Mais la raison pour laquelle je n’ai pas d’investissement important de la part des sponsors c’est aussi parce que la plupart des gens ne connaissent pas le désert. Dès que je parle d’un festival dans le désert, en face de moi, c’est la panique ! Pourtant, ils se trompent… Transahara est l’un des festivals marocains les plus connus à l’international. Sur le site web nous avons des connexions, de plus de 90 pays différents. Après dix ans d’existence, que ce soit à Berlin, Tokyo, San francisco, Londres ou même au Burning Man, dans n’importe quel club ou festival réputé, les gens connaissent Transahara. Je pense que si les sponsors ne nous suivent pas assez c’est aussi parce que ce que nous faisons est hors norme. Les événements liés à la musique électronique ont mauvaise réputation. Mais tous les courants musicaux ont eu ce problème ! Le rock, le hip-hop, le jazz. On janvier 2013 / nUmero 10

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Culture Evasion diabolise puis ensuite ça devient mainstream. Je pense que c’est pour ça que je n’ai pas assez de sponsor. J’arrive tout de même à travailler avec des artistes, des promoteurs, des partenaires, sans argent, juste pour le plaisir. On parvient à une autre dimension artistique et humaine que l’argent n’obtiendrait pas. J’ai fait ma dernière édition avec un budget 70 000 euros ! J’ai booké 100 artistes, j’ai fait la promotion dans 45 pays, j’ai tenu une fête pendant 5 jours en plein cœur du désert. Nous avions Lugu, un artiste contemporain, qui a utilisé des déchets provenant de décharges pour réaliser des sculptures. Il a soudé des pots d’échappements, des rouages, des lasers, c’était dingue, à la Mad Max. Alors imagine ce qu’on ferait avec un tout petit plus de moyen… Je pense que le Transahara pourrait très vite surpasser certains festivals internationaux, avec du temps et du travail.

Et ceux qui pensent que le Transahara ce n’est qu’un ramassis de hippies qui n’ont rien à faire de leur vie ? Détrompe-toi. La population du festival est très éclectique et on y trouve aussi bien des ingénieurs, des medecins, des artistes, des cadres, des graphistes, des avocats, des gens du cinéma, de la mode. Souvent, pendant le séjour, les gens se parlent et vont soulever des problématiques comme : comment chauffer ou climatiser de manière efficace et écologique l’auberge, recycler les déchets, économiser le mazout, etc. Les idées fusent et fusionnent. Il suffit de voir le Boom Festival, le plus grand festival trance, qui, à chaque édition, reçoit un prix pour le festival le plus écologique au monde. Il faudrait faire la même chose pour Merzouga, ce lieu magique qui n’évolue pas de la manière la plus efficace à mon sens.

Qui est assez fou pour collaborer avec toi alors ? Déjà, dès que les gens arrivent sur les lieux, ils tombent sous le charme et veulent tout de suite m’aider à le faire connaître. La plupart des DJ viennent pour moitié prix ou même pour rien. J’ai aussi une équipe qui n’a pas fini de grandir. Les auberges et les locaux aussi nous aident énormément. Ils apprécient ces groupes d’étrangers, différents de ceux qu’ils ont l’habitude de voir.

Les festivals de musique trance étaient très populaires à un moment au Maroc. Tu es l’un des dernier survivant on dirait… Qu’est ce qui s’est passé ces dernières

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La population du festival est très éclectique et on y trouve aussi bien des ingénieurs, des medecins, des artistes, des cadres, des graphistes, des avocats, des gens du cinéma, de la mode. années ? Le public aime-t-il moins la trance ? Peut-être parce que je suis vraiment très têtu (rires) ? Tu sais une fête, ça peut être l’enfer ou le paradis. Tu peux avoir tous les ingrédients réunis mais la sauce ne prend pas… Ensuite, ce ne sont pas des événements lucratifs. Il faut être fou et passionné comme moi pour continuer tous les ans à dépenser sans compter. Je travaille avec mon agence web pendant quelques mois et le reste de l’année je dépense l’argent que j’ai amassé.

Les nouveautés de cette année sont la scène MorokoLoko et le camp de yoga de Nabil Scally. C’est à mon retour de Burning Man que j’ai eu l’idée. Je sais que le site de Merzouga et le festival intéresse beaucoup de monde, d’organisateurs, alors je leur donne l’espace pour s’exprimer. D’ailleurs à partir de 2014 ça n’appelera plus Transahara mais Dunes Can Dance. Exite la connotation « trance » et « musiques électroniques », il sera question d’art contemporain et intemporel. Je veux ouvrir le festival à d’autres horizons,

musique chamanique, instrumental, classique, art conceptuel, mise en place des résidences artistique, l’art culinaire. Comme je le disais plus tôt, les sponsors devraient vraiment jeter un œil sur nous. Nous avons un carnet d’adresse énorme et nos idées sont novatrices, uniques.

Qu’est ce qui différenciera le Transahara des autres festivals ? Le Maroc, de part sa position géographique et son histoire,est un pays ouvert au monde, aux cultures, depuis toujours. Et au Transahara la liberté des uns commence là où s’arrêtent celles des autres. Je parle des locaux bien évidemment. C’est très important pour nous de respecter la mentalité, la pudeur, les valeurs marocaines. Pas question de dépasser certaines limites et les participants l’ont toujours compris.

Des anecdotes amusantes à partager avec nous ? En 2006, avec les anglais, nous venions d’arriver au campement. Tout le monde était encore à table et je me suis levé pour pouvoir aller régler les derniers détails. J’allume ma cigarette, je lève les yeux et là, je vois une lumière s’allumer dans le ciel. Comme une explosion, une boule qui déchirait le ciel. Je cours appeler les autres pour qu’ils voient ça : c’était une météorite ! On voyait des morceaux incandescents se détachaient, on entendait les crépitements. Le Transahara pouvait commencer (rires) !

Ca donne envie toutes ces histoires ! C’est pour quand la prochaine ? C’est un festival intemporel qui ne se limite pas dans le temps. Les curieux que le Transahara intéressent trouveront facilement toutes les informations (rires)…


Culture Séries TV

La rentrée en séries Nouvelle année, nouvelles séries. En 2013, pas moins d’une quarantaine de nouvelles séries sont au programme. Voici les 13 qui ont retenu notre attention ! Par Samir Idrissi

Arrow

666 Park Avenue

L’Upper East Side new yorkais n’en finit pas d’exciter l’imaginaire des cinéastes. Dans 666 Park Avenue, le réalisateur David Wilcox choisit ce décor particulièrement asceptisé pour y planter une intrigue diabolique. La résidence numéro 666 abrite des habitants pour le moins mystérieux : ils ont tous pactisé avec le diable. De terribles intrigues sont au menu de cette nouvelle série au casting plutôt intéressant : On y trouve la belle Vanessa Williams et le mystérieux Terry O’Quinn. 13 épisodes ont été tournés. Coïncidence ?

Beauty and the beast

C’est dans les plus vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes. A la télévision, ce vieil adage pourrait bien se confirmer avec la série the Beauty and the Beast, remake de la série éponyme des années 1980, où une jeune femme réussit de peu à échapper à un meurtre grâce à une créature monstrueuse : il s’agit d’un ancien GI américain, soit disant mort au cours de la guerre d’Afghanistan qui fait un retour au bercail plutôt mouvementé. Lorsqu’il est en proie à des accès de colère, il se transforme en une créature hideuse mais surpuissante. De quoi remettre Hulk au placard ?

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Les Comics sont un peu la vache à lait du cinéma hollywoodien, c’est sans doute pour cette raison que l’industrie des séries s’est emparée d’Arrow, cet archer au talent fou de l’univers des DC Comics. Après avoir disparu en mer avec son père et sa petite amie, Oliver Queen alias Arrow est retrouvé 5 ans plus tard sur une île. Les cocotiers n’ont visiblement pas adouci son tempérament, puisqu’il est encore plus énervé que d’habitude. Les méchants de Starling City n’ont qu’à bien se tenir …


Elementary The Carrie Diaries

Star Wars a bien eu droit à l’épisode 1, la série Sex and The City aussi ! Dans The Carrie Diaries, la série s’intéresse à la vie de l’héroïne la plus fashion de la télé (avant d’être décalssée par Gossip Girl) durant sa dernière année dans un lycée de la nouvelle Angleterre durant les années 1980. L’occasion de se remémorer au bon souvenir de la mode des années 80, le tout saupoudré de musiques de l’époque, de froufrous, et d’histoires d’amour. La série Sex and the City a d’ailleurs été adaptée du Roman The Carrie Diaries. L’auteur Candace Bushnell devrait être des plus heureux, il touchera enfin ses royalties…

Crossbones

Après l’énorme succès de la série Sherlock diffusée par la BBC, il semblerait que les américains aient décidé de tirer la couverture de leur côté. Dans Elementary, le fougueux Sherlock Holmes est contraint à l’exil par Scotland Yard à cause de ses problèmes d’alcoolisme. Il trouve refuge dans Chicago, où la pétillante Lucy Liu lui en fait voir de toutes les couleurs : c’est elle qui l’empêche de replonger dans l’alcool. Il s’agit là d’une adaptation libre, dans le Manhattan d’aujourd’hui de la vie du héros de Conan Doyle. Utilisera-t-il Google pour traquer ses ennemis ?

The following

Enième acteur (de talent) issu du monde du cinéma à se lancer dans le monde merveilleux (et lucratif) du petit écran, Kevin Bacon alias inspecteur Ryan Hardy est le héros dans la série The Following. Cette fiction narre l’histoire de Joe Carroll, un serial killer, à l’origine de la création d’une secte de tueurs en série 2.0 opérant sur l’ensemble du territoire américain, sans jamais se rencontrer, grâce aux nouvelles technologies. On imagine aisément les messages qu’ils s’envoient : « je viens de trucider ma première victime. Xptdr, il y a du sang partout ».

A tous ceux qui sont en manque d’Hugues Laurie (Dr House), rassurez-vous il revient en force cette année, dans un rôle pour le moins surprenant : celui d’un pirate ! Il faut dire que dans Dr House, il tenait plus du mercenaires que du médecin : ses répliques cinglantes, sa barbe de trois jours et sa canne devraient être des plus utiles dans l’île de Providence, le repère des plus fameux pirates de l’époque. Adaptée du roman The Republic of Pirates de Colin Woodard, l’intrigue est le théâtre de la première république indépendante de pirates, dirigée par le terrifiant Brabe Noire. A l’abordage !

Cult

Des emmerdes avec un grand A, où comment la télé réalité exerce une influence pour le moins dérangeante sur la vie d’un simple téléspectateur. Dans Cult, une émission de télé réalité va provoquer un meurtre d’un téléspectateur. Le frère de celui-ci décide de mener l’enquête afin de découvrir les dessous de cette histoire. La tâche n’est pas des plus aisées puisque le «méchant» est interprêté par Robert Knepper, le fameux T-Bag dans Prison Break. Une chose est sûre, l’abus de télé (réalité) est dangereux pour la santé ! janvier 2013 / nUmero 10

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Culture Séries TV

1600 Penn The house of cards

Une série développée par David Fincher et Kevin Spacey, ça promet ! Ce dernier incarne Franck Underwood, un politicien de haut vol, qui se verrait bien président des Etats Unis. ON connait le talent de Kevin Spacey pour incarner le parfait salaud en costume cravatte sourrire en coin. Entre intrigues politiques, scandales étouffés et complots cyniques, la série montre le côté obscur des politiques, prêts aux pires trahisons pour arriver à leurs fins. En même temps, l’affaire Stauss Khan a certainement balayé les espoirs de tous ceux qui idéalisaient –encore-ce milieu.

Go On

Après la fin de la série Friends, nombreux sont les téléspectateurs ayant souffert de crises de manque. Que les fans de Chandler (Mathew Perry) se rassurent, il revient à nouveaux sur le petit écran, dans son rôle préféré : celui du pince sans rire impertinent mais charmant. Dans la série Go On, il incarne un commentateur sportif sujet à des accès d’humeur après la mort de son épouse. Son patron l’oblige à faire partie d’une thérapie de groupe pour surmonter ses déboires. Question : prendra-t-il 20 kilos après la 4ème saison ?

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On se souvient de Bill Pullman en président des Etats Unis dans Independance Day de Roland Emerich. Dans 1600 Penn (adresse de la Maison Blanche), il remet le couvert, mais cette fois-ci, il sera également accompagné de sa famille. A l‘occasion du retour de son fils imprévisible et déjanté au bercail, la série dresse un portrait intimiste et décomplexée de la famille du président des Etats Unis. Une chose est sûre, Barack Obama n’est certainement pas étranger au phénomène cool president made in USA.

Mistresses

Prenez un zeste de Desperate Housewifes, un parfum de Sex and the City, le tout rehaussé d’une touche de Gossip Girl et vous obtenez Mistresses. La série focalise sur la vie de quatre femmes d’une trentaine d’années, anciennes camarades à l’université, dont les vies suivent pourtant des trajectoires complètement différentes. L’intrigue se situe au cœur des histoires tumultueuses voire scandaleuses des personnages. Déjà vu ? Fort possible, mais il fallait bien un concept en béton pour convaincre Alyssa Milano de faire partie de l’aventure. Alors heureux ?

Chicago Fire

Après le 11 septembre, les pompiers furent élevés (à juste titre) au rang de héros nationaux. Il était grand temps qu’une série leur soit consacrée. Dans Chicago Fire, l’intrigue focalise sur le courage et la solidarité des sapeurs pompiers de Chicago. Pourtant, une fois le danger écarté, les égos surdimensionnés des protagonistes prennent le dessus et la caserne 51 est en proie à des querelles intestines. Loin des clichés, l’univers ultra stressant des soldats du feu est narré sans artifices… Même lorsqu’il s’agit de sauver un chat coincé dans un arbre ?


Sport& dĂŠtente


Culture Cinéma & Photographie

INSTANTS DE CINEMA ON SET / OFF SET

Sofitel Marrakech Lounge & Spa célèbre le cinéma en photos

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Interview Raymond Cauchetier

Metropolis : Comment vous portez vous ? Raymond Cauchetier : Je ne vais pas très bien, à 93 ans on se traîne. Ce n’est pas toujours évident de voyager mais être à Marrakech en ce mois de décembre, sous le soleil, c’est un réel plaisir. Surtout quand il s’agit de présenter mes œuvres photographiques que j’ai toujours voulu partager avec le public marocain.

M. Pourquoi vous être spécialisé

dans la photographie et le cinéma ?

RC. Je suis d’abord un reporter, et j’ai été témoin de beaucoup de choses, mon rôle premier a été de les retranscrire. Certaines de mes photos sont devenues célèbres, mais ce n’était pas mon but initial, c’est le public qui les a rendu célèbres. Quant au cinéma, je suis tombé dedans par hasard : je me trouvais en Indochine et au Vietnam, et j’ai été appelé comme photographe lors d’un tournage de film. Ça leur coûtait moins cher de me prendre que de ramener un photographe de Paris.

M. Quel message vouliez-vous faire passer à travers vos reportages photos en Asie ? RC. Je n’avais aucune intention de faire passer un message, j’ai simplement voulu transmettre des émotions. Et c’est grâce à la photo, plus que par le texte, que j’ai réussi à le faire, en partie grâce à la reconnaissance des Cambodgiens et des Vietnamiens. J’ai eu de la chance, faire ce qu’on aime dans la vie, c’est ce qu’il y a de plus important.

M. Vous avez réalisé des clichés uniques de Jean-Paul Belmondo. Quelle relation aviez-vous avec cet acteur ? RC. Belmondo était un parfait inconnu à l’époque où je l’ai rencontré. Il était très bel homme et plaisait à tout le monde, mais ce n’était pas encore une vedette. Belmondo est devenu célèbre avec son personnage de gangster, Michel Poincaré. A cause des énormes succès commerciaux de ses films, son immense talent de comédien a été un peu occulté.

M. Parlez- nous de votre ouvrage « Photos de cinémas, autour de la nouvelle vague » ? RC. Je l’ai fait parce que j’avais des choses à montrer. Le style de reportage que je pratique est assez particulier et c’est cette originalité qui a plu. Les photos de cet ouvrage ne sont pas mises en scène mais évoquent la réalisation de films, sorte d’envers du décor d’un tournage.

Je n’avais aucune intention de faire passer un message, j’ai simplement voulu transmettre des émotions. Et c’est grâceà la photo, plus que par le texte, que j’ai réussi à le faire M. Vous semblez être d’une grande humilité. Est-ce de la timidité ou plutôt une volonté de ne pas être connu du grand public ? RC. Je ne crois pas être particulièrement humble, mais  simplement lucide.  La notoriété est un miroir aux alouettes. Pourquoi une même photo est encensée si elle est signée Cartier-Bresson et jetée au panier si elle est signée untel ? C’est le problème de la critique d’art qui se posait déjà au XIXe siècle, quand Renoir a failli se suicider parce qu’il était incompris,  et lorsque Van Gogh

s’est laissé mourir pour la même raison. Tout le monde n’est pas Renoir ou Van Gogh, mais les critiques sont toujours les mêmes. C’est pourquoi, au cours de ma carrière, j’ai fait les photos qui me plaisaient sans me préoccuper ni de la critique ni de les vendre. Et je ne le regrette pas.

M. Pourquoi vous surnomme-t-on le magicien de la photo ? RC. La magie provient du cinéma et de la préparation d’un film. Moi, je n’en ai été que le témoin. Ce sont mes photos d’Indochine qui ont fait mon succès. Je fais toujours des choses qui me plaisent et non pas celles que l’on me commande. Il est important pour moi de prendre des clichés où il y a une émotion et de montrer une dimension humaine avec un regard critique.

M. Que pensez-vous du numérique et des avancées technologiques actuelles dans le domaine de la photo ? RC. Le problème c’est que n’importe qui s’autoproclame photographe alors qu’il faut un œil avisé et exercé. Tout le monde peut néanmoins prendre de très belles photos, il suffit d’une-demie journée pour en apprendre les techniques. La preuve, c’est que je suis moi-même autodidacte. janvier 2013 / nUmero 10

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Culture Cinéma & Photographie

Interview d’Alain Loison

la passion de la Photo M. Pourquoi ce refus ? Des regrets ? AL. Au contraire, aucun. Même si mon salaire

Metropolis : Comment êtes-vous venu à la photographie ? Alain Loison : J’ai débuté très jeune

était multiplié par cinq, je n’ai pas hésité, j’ai préféré rester à l’agence de presse au lieu de tout quitter, mon appartement parisien, ma vie…

comme technicien dans la mécanique générale, mais je n’ai pas supporté la graisse, la ferraille, les outils… Je suis parti en courant ! Je me suis ensuite retrouvé archiviste dans une banque. Lorsque j’ai rencontré quelqu’un qui faisait des tirages photos dans son labo, j’ai su que c’était ce que je voulais faire et j’ai débuté dans la photo en lisant le mode d’emploi de l’appareil. J’ai pris des photos d’artistes à l’Olympia. J’ai photographié Jimmy Hendrix, Frank Zappa et d’autres stars dont on avait les droits, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

M. Comment votre carrière a-t-elle été lancée ? AL. J’étais jeune reporter à l’agence Apis en 1969 et un jour, on m’a demandé d’aller photographier Steve Mc Queen qui arrivait à Orly. C’est ce que j’ai fait, mais ma pellicule était voilée. Un journaliste allemand me confia à ce moment-là que Steve Mc Queen n’allait pas au Georges V… Nous avons suivi la voiture de

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M. Parlez-nous de votre carrière ? AL. Je suis photographe autodidacte. J’ai travaillé pour l’agence de presse Apis de 1969 à 1970, mais, à cette époque, je n’avais aucun droit sur mes photographies. Puis, je suis devenu photographe de plateaux de cinéma pour les films de Christian Fechner comme les Charlots ou ceux de Pierre Richard. Je suis avant tout un passionné des artistes et de leur personnalité.

STEFANO DE LUICI tournage du film mouvement N°5 Shanghai, chine 2006

l’acteur à toute allure, direction Mans. Après cette course-poursuite, Steve Mc Queen m’a demandé d’être son photographe attitré et de tout laisser tomber à Paris pour travailler avec lui. J’ai refusé.

M. Aujourd’hui, vous êtes a la retraite. Votre exposition à Marrakech vous faitelle revivre le passé ? AL. Je n’aurais jamais imaginé revivre cela 40 ans après, et le fait d’être partenaire de la galerie Polka m’a redonné goût à la vie, et surtout me fait découvrir le monde grâce à cette exposition au Sofitel. D’ailleurs, après le vernissage à Marrakech, nous exposerons à Dubaï et dans d’autres pays.


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Sport Portrait

Nacer Ibn Abdeljalil :

« Pour grimper au sommet du monde rien ne sert de courir, il faut bien se préparer mentalement » Par samir idrissi

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METROPOLIS. Qui es-tu en quelques mots ? Nacer Ibn AbdeljaliL . J’ai 33 ans, je suis rentré au Maroc il y a maintenant deux ans et demi de cela. J’ai poursuivi des études de finance en France. J’ai par la suite travaillé en banque à Londres et à New York puis à Paris. J’ai toujours fait énormément de sport, surtout depuis mon retour au Maroc.

M. Quels sports en particulier ? NIA. J’ai commencé à participer à des marathons, des triathlons longue distance tels que Ironman. Les épreuves comportent 3,8 Km de natation, 180 kilomètres de vélo et puis un marathon de course à pied. Ce sont des épreuves d’endurance qui font dans les 10 heures. Il y a une dizaine d’années, je me suis mis à l’alpinisme. J’ai gravi le Mont Blanc en 2003 (4 810 mètres, ndlr), ça m’a énormément plu, à tel point que mon projet était de gravir le plus haut sommet de chaque continent. Je suis allé en Argentine pour faire l’Aconcagua (6 962 mètres, ndlr) entre le Chili et l’Argentine. En 2007, je suis allé en Alaska pour gravir le mont Mc Kinley (6 194 mètres, ndlr), dans des conditions extrêmes. Là, je compte m’attaquer à l’Everest, le plus haut sommet de l’Asie et du monde 8 848 mètres. C’est une première marocaine, l’aspect symbolique est stimulant : porter haut les couleurs du Maroc.

M. Comment es-tu tombé amoureux des sommets ? C’était lors de mon premier boulot en banque

chez Morgan Stanley à Londres en 2002. J’étais assis à côté d’un collègue allemand qui était féru d’alpinisme. Je parlais de marathons, il me parlait de ses ascensions, en me montrant les photos qu’il prenait des sommets. J’avoue beaucoup aimer les challenges, les défis. C’est comme ça que je me suis laissé tenter. Enfant, le challenge ultime pour moi était le marathon. Une fois atteint, je me suis dit que je devais m’en trouver un autre.

M. En quoi consiste ta préparation pour l’ascension du sommet du monde ? NIA. C’est un défi sportif ouvert surtout aux alpinistes aguerris. Vu mon travail, je suis obligé de prendre un peu de temps en off, pour avoir deux mois et demi de préparation intensive. Je fais des stages en altitude en France et en Ecosse mais également au Maroc, à l’Oukaïmeden et Ifrane. Parallèlement, depuis deux et ans et demi, je m’entraîne à hauteur d’une quinzaine d’heures par semaine entre la course à pied, la natation et le vélo. Je vais donc coupler un entraînement basé sur l’endurance et la cardio à un entraînement plus spécifique en rapport avec l’alpinisme.

M. Parle-nous de ta préparation mentale… NIA. J’essaie de me préparer de mon mieux au niveau mental, je lis et je regarde des documentaires sur l’Everest et sur le trajet et les difficultés de l’ascension. Lorsque

l’on sait où l’on va, on s’y prépare d’autant mieux. Je focalise sur les passages difficiles, techniques. C’est un challenge de taille, puisque l’expédition dure plus de deux mois, durant lesquels les conditions sont extrêmes. Il n’y a pas de douches, ni de toilettes, on dort dans des tentes.

M. C’est donc un challenge autant mental que physique… NIA. J’ai l’impression que le challenge est plus mental que physique. Il y aura des moments très difficiles lors de l’ascension, et j’essaie de m’y préparer à l’avance, pour tenir le coup pendant les moments difficiles. Le fait que je fasse des marathons m’aidera je pense, car il y a des moments plus douloureux auxquels il faut faire face. Je sais que lors de l’ascension, ces instants seront encore plus longs, plus difficiles, il y aura aussi des moments de solitude, car on est entourés de gens que l’on ne connaît pas, on est loin de nos proches.

M. Quelles sont tes principales motivations pour affronter ce challenge ? NIA. Le défi sportif en soi, porter haut les couleurs du Maroc et de fait encourager mes compatriotes à se dépasser. J’aimerai aussi aller dans les écoles avant mon périple, pour expliquer aux enfants ma démarche. Je pense que c’est important d’habituer les enfants dès leur plus jeune âge à croire en leurs rêves et à les réaliser. Aussi, j’aimerai vraiment montrer à tout le monde qu’il est

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Sport portrait possible d’avoir des rêves tout en ayant un  job à plein temps. J’espère que beaucoup  seront inspirés par mon exemple, qu’ils  décident de tout plaquer pour poursuivre  leurs rêves. 

J’essaie de me préparer de mon mieux au niveau mental, je lis et je regarde des documentaires sur l’Everest

M. Quelles sont tes appréhensions par rapport à cette ascension particulièrement difficile ? NIa. Ma principale crainte et de faire de la  peine à mes proches. Je veux revenir entier  et en bonne santé, c’est l’objectif principal que  je poursuis à travers cette expédition. 

M. Que pensent tes proches de ton projet? NIa. Ils sont un peu angoissés, ce qui  est normal étant donné la difficulté de  l’ascension, mais ils essaient de ne pas laisser  transparaître leurs sentiments. Ils cherchent  surtout à m’encourager. Ils me soutiennent  beaucoup, ils se sont peu à peu habitués à me  voir aller au bout du monde. Je les ai rassurés  et je pense qu’ils font confiance au destin et à  ma bonne étoile (rires).

M. N’y a –t-il aucun marocain à avoir tenté l’ascension, ou aucun n’est arrivé jusqu’au bout ? NIa. Je suis déjà allé au camp de base de  l’Everest (à environ 4 500 mètres d’altitude,  ndlr) où beaucoup de marocains sont déjà  allés, c’est un trekking à faire en 10 -15 jours.  Personnellement j’ai fait l’ascension côté  tibétain, je pense que d’autres ont dû le faire  côté népalais. A ma connaissance, je n’ai pas  trouvé de marocain au sommet du monde,  j’ai vérifié mes informations sur le site du  ministère du tourisme tibétain. 

M. Que ressens-tu lorsque tu parviens au sommet d’une montagne ? NIa. En montagne, je ressens un sentiment  de plénitude à la limite du spirituel. On se sent  tout petit devant l’immensité de la nature, on  se met à relativiser. Une sensation de pureté  et de quiétude m’envahit. Personnellement,  je me sens proche du ciel, du bon Dieu.  Pour  l’ascension de l’Everest, l’expédition va durer  deux mois, ça sera l’occasion de faire le point,  de faire une introspection, de réfléchir à mes  envies, mes aspirations. 

M. La sensation est-elle différente lorsque l’on redescend ? NIa. La descente est progressive. Pour  l’Everest, l’expédition dure deux mois, dont  un mois entier où l’on monte et on descend  entre les différents camps de base, pour  s’habituer à l’altitude. La dernière semaine 

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est consacrée à de l’ascension pure, vers  le sommet. Ensuite, on passe 3-4 jours à  redescendre à 4 000 mètres. Il faut ensuite  compter la même durée pour arriver au  niveau de la mer. Donc on ne ressent pas la  même sensation que lorsque l’on atterrit en  avion. 

M. avez-vous déjà expérimenté le mal des montagnes ? NIa. Le mal des montagnes se manifeste  lorsque les alpinistes sont en manque  d’oxygène. Dans ce cas, il faut redescendre  immédiatement. Les premiers symptômes  sont le mal de tête et l’euphorie.  Personnellement, je pense que j’ai une assez  bonne résistance au manque d’oxygène.  Je sais qu’il existe des comprimés pour  augmenter la capacité pulmonaire ou pour  atténuer les maux de tête, mais je n’en ai  jamais eu besoin. Ils se manifestent surtout  au début, c’est pour cette raison que je veux  y aller en avance, pour m’acclimater. Je serai  accompagné de guides expérimentés, qui 

aux premiers signes du mal des montagnes  vous obligent à redescendre, parce qu’on  n’en est pas forcément conscients, ce sont  les  autres qui le remarquent, j’écouterai donc leurs  recommandations!

M. Un proverbe russe dit qu’on ne gagne pas grand-chose à courir le monde. Que penses-tu que l’on gagne à l’escalader ? NIa. Je pense que l’on gagne énormément au  contraire en parcourant le monde. On fait de  nouvelles rencontres, on découvre de nouvelles  cultures. L’Asie par exemple est un continent qui  m’a toujours fasciné, leur référentiel culturel et  social est complètement différent du nôtre. J’ai  vécu à Hong Kong et à Singapour et se furent  les expériences les plus dépaysantes de mon  existence. Nous avons grandi avec le conflit  israélo-palestinien en toile de fond lorsque l’on  regarde les informations par exemple. En Asie,  ils sont tournés vers d’autres pays, d’autres  problématiques… Ce genre d’expériences nous  pousse à sortir des sentier battus, à voir le monde  différemment, à sortir de notre zone de confort. 


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Artde

vivre BIEN ÊTRE

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SANTÉ

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FOODING

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+ ON S’ÉVADE

+ AUTO + TECHNO

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on s’évade

Marseille L’âme de la Méditerranée

La capitale mondiale du pastis et de la pétanque, mais aussi du mistral et des calanques, sera aussi cette année la capitale européenne de la culture. Des quartiers nord au front de mer, la cité phocéenne se prépare à accueillir des dizaines de manifestations culturelles ainsi que des millions de visiteurs… Pourquoi pas vous ? Pa r S a m i r i D r i S S i

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Carte d’identité : Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur Département : Bouches-du-Rhône Superficie : 240,62 Km² Population : 850 602 habitants Langue : Français (avec l’accent marseillais tout de même)

Les distances

Casablanca-Marseille : 1 560 Km Rabat-Marseille : 1 476 Km Marrakech-Marseille : 1 752 Km

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on s’évade Notre Dame de la Garde :

Plus qu’une église, la Bonne Mère est tout simplement le monument le plus visité de la ville. Bâtie sur les ruines d’un fort du XVI ème siècle, la Basilique Notre Dame de la Garde offre une vue imprenable sur la rade et la ville de Marseille. L’église se situe en effet sur un piton de calcaire de plus de 162 mètres. Les Marseillais considèrent la Bonne Mère comme gardienne et protectrice de la ville.

Le Panier : Situé derrière l’Hôtel

de Ville, le quartier du Panier est le cœur historique de la cité phocéenne. On y trouve la Place de Lenche (ancienne Agora Grecque), ainsi que des monuments datant du moyen âge (l’Eglise Saint Laurent) mais aussi des ouvrages réalisés pendant la Renaissance, comme la Maison Diamantée (XVI ème siècle) abritant désormais le Musée du vieux Marseille. C’est également dans ce quartier que l’on trouve les fameux Docks (La Joliette) ainsi que le Vieux Port. Le quartier abrite également bon nombre d’ateliers d’artistes.

Le quartier de l’Estaque :

Petit port de pêcheurs à l’entrée nord de la ville, le quartier de l’Estaque fut également fréquenté par les peintres dès la fin du XIX ème siècle. D’abord entraînés par Cézanne, puis par Georges Braque et Auguste Renoir, c’est dans le quartier de l’Estaque que se développa l’impressionnisme, le fauvisme ainsi que les premiers tableaux cubistes. Aujourd’hui, le quartier de l’Estaque compte un bon nombre d’ateliers de peintres ainsi que des bonnes tables à foison.

La rade de Marseille : A

quelques encablures du front de mer, la rade de Marseille se compose de trois archipels non habités mais peuplés de visiteurs. Touristes et marseillais s’y rendent pour profiter de la mer, se baigner, pêcher, se balader. Au milieu des criques, il est possible d’appréhender l’aspect sauvage de la côte loin du tumulte marseillais. La plupart de ces îles comportent des sentiers de randonnées et servent de refuge pour les oiseaux.

Les calanques : Le massif

montagneux des Calanques plonge

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directement dans la Méditerranée. Vieux de plus d’un demi-million d’années, le site est désormais placé sous l’égide du Parc National des Calanques, site protégé pour sa biodiversité unique et la multitude d’espèces endémiques qui y prolifèrent. Le site est idéal pour effectuer des randonnées, pour découvrir des criques sauvages pour faire du naturisme mais surtout pour la plongée sous-marine, où il est possible de visiter des grottes ainsi que des fameuses épaves dont le P-38 de Saint-Exupéry.

A savoir

Marseille est une des plus anciennes villes de France. Elle fut fondée en 600 avant J-C par des marins Grecs originaires de Phocée. Pourtant, le site fut occupé bien avant cela, raison pour laquelle on y trouve des traces d’habitation datant de 27 000 avant J-C, notamment dans la grotte de Cosquer, célèbre pour abriter des peintures datant du paléolithique supérieur.

Culture

Deuxième plus grande ville après Paris en termes de salles de spectacle, Marseille est de ce point de vue la capitale provinciale de la culture. La capitale du sud est également aux avant-postes des arts et spectacles vivants grâce au Ballet National de Marseille, de la Criée, du Théâtre National ainsi que du célèbre théâtre du Gymnase. Les habitants et multiples visiteurs peuvent aller à l’Opéra de Marseille, pour les autres, le stade Vélodrome, chaudron de l’emblématique Olympique de Marseille saura ravir les amateurs de football et de sandwich merguez-frites. De nombreux festivals et manifestations culturelles sont également prévues à l’occasion des festivités de la capitale européenne de la culture.

Spécialités

Dos à la Provence et tournée vers la Mer, la cité phocéenne allie subtilement les arômes des légumes du soleil aux poissons et autres fruits de mer, le tout relevé d’huile d’olive. Si les poissons naissent dans l’eau, ils meurent dans l’huile d’olive, ce n’est pas la bouillabaisse qui prouvera l’inverse. Ce plat typique de Marseille était à la base un plat populaire

Pour une chambre double : Economique : autour de 70 € Moyen : autour de 110 € Chic : autour de 170 €


Prix d’un repas sans boisson :

Sur le pouce : Moins de 10 € Très bon marché : Autour de 15 € Bon marché : autour de 20 € Prix moyens : Entre 15 et 25 €

préparé par les familles de pêcheurs en reprenant les poissons invendus. Son nom provient de son mode de cuisson. La bouillabaisse est un mot valise : quand ça bouille, abaisse (le feu). Au rayon poissons, la fameuse anchoïade est cette préparation typiquement marseillaise alliant effluves provinciales aux saveurs bien méditerranéennes. Idéale en apéritif, elle se compose de filets d’anchois dessalés agrémentés d’ail, de persil et d’huile d’olive. Dans le même registre, la tapenade est également typiquement marseillaise, et sert comme l’anchoïade, de pate à tartiner, idéale pour l’apéritif. Enfin, on ne saurait que trop vous conseiller d’accompagner

le tout de quelques verres de Pastis de Marseille, pour faire exploser les saveurs de réglisse et d’anis sous votre palais.

Budget

Le coût de la vie à Marseille est nettement inférieur à Paris, tout comme les revenus d’ailleurs... Bien qu’il existe de nombreuses adresses plutôt bon marché, certains recoins de la ville (notamment les VI ème et VIII ème arrondissement) auront vite fait de vous faire oublier la réputation de ville économique. Siroter une mousse ou manger une bouillabaisse au vieux port feront grimper l’addition comme dans n’importe lequel des bistrots parisiens. ■

Rap et OM Les rappeurs de Marseille figurent sans aucun doute parmi les plus fervents supporters de l’Olympique de Marseille. En 1993, année mythique pour l’OM fut aussi celle où le groupe I am a sorti le morceau Le Feu dans lequel les rappeurs des quartiers nord reprennent les chants des supporters de l’OM. Est-ce pour cette raison que le club phocéen a remporté la ligue des champions de l’UEFA cette année-là? Après cet épisode, de

nombreux footballeurs du club sont apparus dans les clips des rappeurs phocéens. Peter Luccin et Hamada Jambay ont joué aux guest stars dans Sans rémission de la Fonky Familly en 1998. Plus récemment, on a pu apercevoir Mamadou Niang et Souleymane Diawara (en tshirt Unküt) jouant les bad boys dans le clip Shrab d’El Matador. Particulièrement fiers d’être marseillais, les Psy4 de la Rime sont allés jusqu’à inviter les frères Cantona dans le clip de A

la Bien, et Franck Ribéry dans les Cités d’or. Le collectif a également tourné le clip de Hala Hala dans le stade Vélodrome, se payant même le luxe d’y faire jouer Pape Diouf. Micro et ballon ne finissent pas de fusionner à Marseille, la mixtape Fais 13 attention de Black Marché reprend un maillot marseillais en guise de pochette. Enfin, Akhenaton a particpé à la fabrication du nouveau maillot de l’OM courant 2012, le leader d’Iam est allé droit au but ! ■

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FOODING

DES NOUVEAUTÉS SUR CASABLANCA

Blend

Le concept : Situé en plein cœur du quartier Gauthier, le Blend a ouvert ses portes en tout discrétion. La devanture ? Mur en briques rouges, tas de cagettes entassées devant une grande baie vitrée. A l’intérieur un côté résolument industriel règne ainsi que des touches, ça et là, de vintage comme ces chaises d’écolier. Ici, la carte tourne autour du burger gourmet et de tous ses accompagnements (frites et milkshakes). Produits choisis avec soins, recettes originales, tout est mis en œuvre pour vous faire découvrir le burger sous un autre jour. Vous y trouverez aussi bien de la viande de chameau que du poulet, du thon frais ou même, un burger 100% végétarien ! Notre avis : En plus d’être idéalement situé pour tous les travailleurs du quartier, le Blend est un lieu où il fait bon s’oublier le temps d’une pause déjeuner. Gérants et serveurs sont aux petits soins, toujours prêts à vous conseiller ou à vous guider. Si vous sentez que l’un des deux propriétaires a quelques minutes de libres devant lui, demandez-lui de vous raconter l’histoire de leur mascotte, le « bœuf méchant »… En attendant, régalez vous d’un burger « Blend » accompagné de ses « Bledinettes ». Mention spécial pour le « Osti de poutine » ! Les boissons aussi sont à tomber, surtout le milkshake Henry’s, une révélation. Bref, toute la carte fait saliver, va falloir y retourner très vite pour s’en faire une idée plus précise ! Adresse 9, rue Théophile Gauthier Téléphone 05 22 49 11 22

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Villa Zevaco

Le concept : La magnifique Villa art-déco n’aura plus de secret pour vous puisque le restaurant gastronomique et le bar à vins ouvrent enfin leurs portes ! Dans une décoration raffinée, soignée et surtout fidèle à l’esprit des années 50, la Villa Zevaco vous propose une expérience culinaire et œnologique uniques en leur genre. A peine arrivé à l’étage de la Villa, le temps s’arrêtera, les plats et les bons vins défileront, bref tout sera mis en œuvre pour vous faire passer un bon moment. Aux commandes de ce nouvel établissement, un sommelier et un chef passionnés dont le seul but est de vous faire plaisir et de vous faire voyager. Notre avis : Ne vous laissez pas impressionner

par le mot « gastronomique ». Vous aurez le plaisir du raffinement et de la découverte mais vous aurez aussi de la simplicité, de la qualité et de la quantité. De la découverte comme ce saumon frais accompagné d’une mousse de choux-fleurs au réglisse. De la simplicité comme cette poêlée de cèpes à la créme de cèpes et œuf mollet. Et de la quantité avec cette bouillabaisse, ce wok de noix de Saint-Jacques aux noix de cajous et légumes croquants. Cerise sur le gâteau, le sommelier, Olivier Zamora. Envie d’un vin blanc sec mais vous ne savez pas quel plat conviendrait ? Il vous conseillera d’essayer ce vin australien, sec mais rond et fleuri, parfait avec le côté relevé de la bouillabaisse… Ne faites pas l’impasse sur les desserts, ni trop lourds, ni trop sucrés, parfait pour conclure ce repas qui frôle la perfection… Adresse Angle Bd Abdelkrim El Khattabi et Moulay Rachid - Tél : 05 22 95 07 52 / 53


Tajin’z Factory

Le concept : Burger, pizza, chawarma, sushis… Parfois nos repas et nos petites faims ont des allures de tour du monde du fast-food. Oui mais voilà, des envies de tajines vous en avez, mais ça prend plus de temps à préparer et à déguster. C’est ainsi que l’idée du Tajin’z Factory est née : un fast-food marocain, résultat de la bonne cuisine marocaine et de la rapidité du fast-food américain. Vous prenez un tajine de poulet aux citrons ou d’agneaux aux pruneaux, vous mettez le tout dans une baguette et vous vous régalez. Pareil pour les petites salades de Carrot’z (carottes râpées au jus d’orange) ou de Zaalook (purée d’aubergines), ou les Sundaes chocolat avec ou sans Amlou. Notre avis : Décidément quand on a faim

en ce moment vaut mieux traîner dans le coin de Gauthier ! Tout nouveau, tout beau, le Tajin’z propose un superbe concept « à la marocaine ». Une décoration toute propre qui fait la part belle aux couleurs vives et aux petites touches « Made in Morocco ». Vous aurez le choix entre un sandwich ou trois entrées, que vous pourrez compléter avec une portion de frites et une boisson. Chicken Zitoune, Taj Deluxe ou Keftaz ? Accompagné de Zaalook, Tek-touka ou Barbaz ? Le pain est fait à la commande visiblement, et les goûts du tajine sont vraiment là. Frites pas grasse et entrée correcte. Par contre les quantités laissent un peu à désirer… Adresse 14 Boulevard Moulay Youssef, Angle Moussa Ibnou Noussair Téléphone 05 22 47 60 60

Fence

Le concept : Le Fence a tout du loft new-yorkais avec son mobilier noir, ses grillages et ses briques rouges au mur, son sol en béton. Des touches à la fois chics et urbaines complètent le décor entre la mosaïque de miroirs à l’entrée, l’immense bibliothèque ou encore le bar en béton. Plus qu’un restaurant, le Fence est un lieu de vie urbain, qui s’adapte aux besoins de tous. Envie de déjeuner seul, de bruncher en groupe, de dîner en amoureux, c’est à vous de choisir ! Ouvert midi et soir en semaine, le week-end le Fence est devenu le lieu incontournable pour bruncher sur Casablanca. A essayer de toute urgence ! Notre avis : Le Fence séduit par son cadre qui parvient à être industriel et sexy à la fois. Mais une fois que vous aurez goûté à la carte de l’établissement, vous en deviendrez très vite accro. Toujours dans l’esprit US, le chef du Fence s’amuse à revisiter des snacks à l’américaine avec une touche française et healthy. Vous aimez les nuggets ? Place aux blancs de poulets panés et leur sauce barbecue home-made. Vous aimez les burgers ? Le Fence vous propose plusieurs variétés faites avec les meilleurs morceaux de viande, du pain fait par un artisan boulanger, des fromages importés. Et si vous êtes un assidu du brunch du dimanche, ici vous en aurez pour votre argent : pancakes, pain perdu, œufs Bénédict, burger, etc. Un conseil, ne prévoyez rien de fatiguant après. Ou alors une sieste. Adresse 124 Rue Nahass Ennahaoui, Maârif Téléphone 05 22 23 28 54

O’Lichi

Le concept : Marre de retrouver toujours les mêmes plats sur tous les menus des restaurants asiatiques de la ville blanche ? Vous rêvez des plats chinois que vous mangiez aux USA ou au Canada ? O’lichi est fait pour vous ! Fried Rice, General Tao, Beijing Bœuf, ils sont tous là ! Possibilité de manger un plat simple ou en menu avec soit une salade de choix, soit un nem poulet, soit des crabes sticks. Les amoureux des sushis ne seront pas en reste puisque O’lichi propose aussi de délicieux californias et autres makis. La carte des boissons et des desserts aussi méritent le détour : cheesecake caramel et Twix, brownie Oreo, cookies M&M’s, Ice Tea Arizona, smoothies, café latté, etc. Notre avis : Avant de commander, allez y faire un tour, juste pour apprécier la petite salle à l’étage. Après avoir suivi les conseils de la charmante serveuse, regardez autour de vous. Le mobilier en bois ainsi que les images au mur ne sont pas sans rappeler les buvettes japonaises aperçu dans bon nombre de films (les fans de mangas comprendront aussi). Et quand les entrées arriveront, admirez les petits présentoirs en bois sur lesquelles les nems et autres brochettes sont présentés. Mais tout ce décorum ne vaudrait rien si la qualité et le goût des plats n’étaient pas à la hauteur. Que ce soit les plats chinois ou les autres options japonisantes, les cuisiniers de O’lichi savent y faire : nems croustillantes et pas grasse, brochettes exquises, plats chinois relevés (mention spécial pour le Beijing Bœuf !), sushis frais et gouteux. Originalité, saveur, fraîcheur, que demander de plus ? Adresse 10, bis rue de la Réunion - Bourgogne Téléphone 05 22 27 34 49

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auto Citroën DS4

Le mythe DS ressuscité

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auto Citroën DS4

Présentation Sans renier sa filiation, la DS4 est une version « haut de gamme » de la C4. Dès le premier coup d’œil, elle en impose par sa ligne élancée et ses courbes généreuses. Après la DS3, Citroën confirme avec cette nouvelle DS, que sa volonté de monter en gamme visant à détrôner les cadors allemands du genre semble réussie. Facilement différenciable de sa sœur par son allure, les côtes de la DS4 ne sont pas très différentes de la C4 (4,28 x 1,81 x 1,52 m contre 4,33 x 1,79 x 1,49 m pour la Citroën C4). La DS4 est Disponible en deux modes de motorisation diesel : 1,6 eHDI de 122 ch et 2,0 HDI de 160 ch et trois modes de finition « Chic » « So chic » et « Sport Chic ».

Un bon rapport qualité/ prix Les équipements de série sont relativement fournis, la finition

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« Chic » offre des équipements de sécurité tels que des Airbags frontaux, latéraux et rideaux… Côté confort elle dispose notamment de la clim, d’un lecteur CD/ MP3, d’un volant cuir, d’un parebrise acoustique grand angle, de vitres électriques avant et arrière, de rétroviseurs électriques dégivrants…. Il faut compter 259 000 Dh pour l’entrée de gamme et 315 000 Dh pour la DS4 toutes options. Pour ce prix vous aurez notamment droit au garnissage en Cuir biton Habana qui est de toute beauté.

Comportement routier performant Quelque soit votre choix de motorisation, vous profiterez de toute manière d’un comportement routier plus que raisonnable, la DS4 affiche un dynamisme à toute épreuve et sa tenue de route permet d’attaquer les courbes et les virages en toute

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sérénité tout en assurant un confort optimum aussi bien au conducteur qu’au(x)passager(s). La direction électro-hydraulique est quant à elle très performante, sans être trop lourde ou directe en main, ce qui confère un compromis homogène assez surprenant.

En résumé Citroën semble être en passe de réussir son pari, après le succès de la DS 3 qui à vu 90.000 exemplaires sortir des chaînes de PSA. La DS 4 ne fait que confirmer ce changement d’orientation réussi pour la marque aux chevrons. La DS 4 constitue un habile mélange des genres entre inspiration latine et fiabilité allemande. Compact et puissante à la fois, elle s’avère être un partenaire de choix aussi bien en ville que sur route et ne devrait pas tarder à se faire une place sur le marché marocain.


Les +

+ Design réussi + Comportement routier + Confort + Qualité de finition + Rapport qualité/prix Modèle

Les -

- Pas de boite automatique

Puissance

Cylindrée(cm3)

Consommation mixte

Prix (Dirhams)

DS4 1,6 eHDi Chic

122 ch

1 560

4,2l/100 km

259 000

DS4 1,6 eHDi So Chic

112 ch

1 560

4,4l/100 km

299 000

DS4 2,0 HDi Sport Chic

160 ch

1 997

5,1l/100 km

315 000

Notre avis :

Design : 18/20 Habitabilité : 17/20 Confort : 17/20 Agrément de conduite : 18/20 Rapport qualité / prix : 17/20

Le saviez-vous ?

À la sortie de la première guerre mondiale, pendant laquelle il a fondé et dirigé une importante usine de fabrication d’obus, le polytechnicien André Citroën décide de créer, en 1919, sa propre marque d’automobiles. Il transforme son usine d’obus et absorbe le constructeur automobile Mors dont il devient directeur général administrateur, et industrialise le premier modèle de la marque : la Citroën Type A. Ce modèle est la première automobile européenne construite en série JANVIER 2013 / nUmero 10

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com Entreprise Mazagan Beach &Golf Resort a inauguré son terrain de football par un match de gala entre les dirigeants des équipes de la Botola et Radio Mars

Mazagan Beach & Golf Resort a inauguré, le 22 décembre 2012, son terrain de football en accueillant le match de gala des dirigeants de la Botola 1 et 2 et Radio Mars. Le match a été diffusé en direct sur Radio Mars. Ce match de gala a regroupé pour la première fois les principaux présidents de la Botola dont Boutrika président du RAC, Achraf ABROUN président du MAT, Said KABIL président du DHJ, Hafid AKRAM du WAC, Fouad El OUARZAZI président du KACM, Ahmed AMMOURI président du RACHAD Bernoussi, Hadj CHOUKRY le président de l’ASS, JOUIHER le secrétaire général du CODM, Alami OUALI du MAS, Ahmed GHAIBI de l’OCS, Hassan BENABICHA le sélectionneur Junior ROUISSI de la commission d’arbitrage de la FRMF, Hadioui et d’autres avec la présence de Mouâad JAMAI le gouverneur de la province d’El Jadida.

Mindshare s’est distinguée lors des GEMAS Effie Awards 2012

Mindshare a récemment été honorée de neuf trophées lors des GEMA Effie Awards 2012 de la région du MENA, la projetant en première place des agences les plus récompensées, non seulement parmi les agences media, mais aussi devant les agences de création. La cérémonie a eu lieu le 21 novembre dernier à l’hôtel Armani de Dubaï, avec pour but de reconnaître les idées marketing efficaces qui ont permis d’accomplir des résultats quantifiables pour les clients et de répondre aux objectifs organisationnels. Les trophées remportés par Mindshare faisaient partie de différentes catégories, ce qui a pu montrer la versatilité et la liste impressionnante des clients de l’entreprise. Mindshare a remporté l’Effie d’argent pour ses services bancaires et financiers. L’agence a également remporté un trophée dans la catégorie « Assurance » pour son travail en collaboration avec HSBC qui avait pour but de promouvoir le « Fonds PME d’un milliard de dirhams ». Dans les catégories de «Ventes au détail» et de «Marketing client», Mindshare a remporté, respectivement, les Effies d’argent et de bronze, pour la campagne Nike « Sticker Wall ». Dans la catégorie « Marketing sportif », Mindshare a remporté le Effie de bronze pour sa collaboration avec Nike lors de la campagne « Je cours Beyrouth » et un Effie d’argent dans la catégorie « Marketing jeunesse » pour sa campagne « Hatcha Filmi » (« C’est mon film ») menée pour Babican. Dans la catégorie « Électroniques et Ordinateurs », Mindshare a remporté l’Effie d’argent pour sa collaboration avec LG lors de la campagne de marketing pour les machines à laver pour hommes, et a également remporté l’Effie de bronze dans la catégorie « Automobile » pour la campagne Nissan « L’incarnation de la vitesse ». Pour finir, dans la catégorie « Voyage, tourisme et transport », Mindshare a remporté le Effie d’argent pour sa collaboration avec Gulf Air, l’opérateur national de Bahreïn, lors de la campagne « Compagnie aérienne respectant la famille ».

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JEUX DE REGARDS, UNE NOUVELLE LIBERTÉ D’EXPRESSION SIGNÉE CHANEL

Imaginée par Peter Philips, Directeur de la Création Maquillage de CHANEL, la nouvelle Collection Jeux de Regards invite chaque femme à exprimer sa féminité avec une touche personnelle. Édicter des propres règles autour du nouveau mascara « Le volume de CHANEL », deux harmonies soufflent le chaud et le froid pour sublimer chaque battement de cils. Des modulations de textures, de couleurs et d’intensité pour tout oser.

Recourbe Cils Chanel, Precision Eyelash Curler

Recourbe Cils de CHANEL est l’accessoire indispensable pour ouvrir le regard et le rendre captivant. Simple à utiliser, Recourbe Cils de CHANEL dessine parfaitement la courbure des cils et leur offre une cambrure de rêve. Adapté à toutes les formes de yeux, le galbe de sa structure épouse facilement les cils et sa protection en silicone courbe sans abîmer. Résultat : Le regard est amplifié. Recourbe Cils de CHANEL est le partenaire idéal de la beauté des yeux. À utiliser sur cils propres avant l’application du mascara. 1- Placer les cils dans l’ouverture du recourbe cils, en le posant à la racine des cils. 2- Exercer une légère pression sur les poignées et maintenir cette position pendant quelques secondes. 3- Relâcher le mécanisme doucement. 4- Enfin, appliquer le mascara.

Une nouvelle radio musicale en république centrafricaine

HIT RADIO poursuit le développement de son réseau à l’international avec l’ouverture d’une fréquence à Bangui en République Centrafricaine depuis le 24 décembre sur le 96.1 !HIT RADIO 100% Hits est une station musicale et de divertissement pour jeunes, basée au Maroc. Avec plus de 1,2 millions d’auditeurs quotidiens (source Radiométrie Maroc), HIT RADIO diffuse également en Belgique et à Monaco. La station est aussi très écoutée par de nombreux Internautes en France, Algérie, Tunisie ou encore au Canada via son site web hitradio.ma. HIT RADIO est actuellement le seul éditeur de services thématiques musicaux à être clairement engagé dans une mission internationale de promotion des artistes continentaux et souhaite mettre en avant toutes les nouvelles scènes africaines car intrinsèquement porteuses d’avenir. Porter haut les couleurs de l’Afrique et favoriser la coopération sud sud, un des leitmotivs de HIT RADIO depuis sa création en 2006. Son déploiement en Afrique a commencé au Togo, avec une représentation régionale, puis une première fréquence à Bangui et devrait se poursuivre sur les principales villes de RCA et bientôt, en fonction de l’obtention de nouvelles licences, sur l’ensemble des pays d’Afrique francophone.


La Fondation BMCI soutient les projets Almazar inaugure la première boutique LC sociaux de ses collaborateurs : 4ème Waikiki au Maroc une première édition du programme «Coup de Pouce» C'est au Maroc ! Le centre La Fondation BMCI a initié, au Maroc, le programme Coup de Pouce de la Fondation BNP Paribas en 2009. Une initiative qui valorise l’engagement des collaborateurs de la BMCI au sein de la société civile. Les 4 premières éditions Coup de Pouce ont permis de contribuer à 41 projets de solidarité sur plusieurs régions du Maroc. Destiné à l’ensemble des collaborateurs de la banque, ce dispositif vise à soutenir des initiatives d’intérêt général et de solidarité par des associations dans lesquelles des collaborateurs sont impliqués à titre bénévole. Les projets peuvent relever de domaines divers : actions humanitaires, actions en faveur de personnes handicapées, aide à l’enfance, à l’insertion, à la scolarisation… Ce programme « Coup de Pouce » permet de mettre en lumière de petites associations régionales qui ne recevaient pas de soutien de la part des grands mécènes, par manque de notoriété. Aujourd’hui, elles bénéficient de l’aide des collaborateurs de la BMCI. Ce programme leur prodigue ainsi une certaine crédibilité qui leur sert de levier pour d’autres donations.

Pour ses 20 ans, McDonald’s® Maroc célèbre lle talent des jeunes stylistes et modélistes

commercial Almazar à Marrakech accueille désormais la célèbre marque turque de prêtà-porter, LC Waikiki. Après avoir remporté un vif succès à travers le monde, le leader du prêt-à-porter en Turquie ouvre ainsi sa première boutique marocaine, offrant aux Marrakchis une large sélection d'articles mode et tendance, à prix étudiés. Inaugurée il y a quelques jours sur une superficie de 800 m², la boutique LC Waikiki connaît d'ores et déjà un franc succès auprès des visiteurs en proposant des collections de prêt-à-porter femme, homme et enfant, ainsi qu’une ligne d’accessoires de mode.

Pour célébrer son anniversaire avec tous les Marocains, McDonald’s Maroc tient à récompenser leur talent dans différents domaines… Après le grand concours jaimetontalent.ma qui récompense 5 talents en chant, humour, arts plastiques, photographie et court-métrage et le concours Talents de Chef qui a fait honneur aux jeunes cuisiniers, McDonald’s Maroc célèbre aujourd’hui les jeunes élèves du stylisme et du modélisme avec le concours Uniform Fashion Show. Uniform Fashion Show a été l’occasion pour McDonald’s Maroc de donner une opportunité unique à tous les élèves des écoles de stylisme et modélisme participantes : exprimer leur talent en dessinant et en réalisant une ou plusieurs tenues de managers et d’équipiers McDonald’s !. Au total, quatre tenues étaient à réaliser : une tenue équipier femme, une tenue équipier homme, une tenue manager femme et une tenue manager homme. Du 5 octobre au 6 décembre 2012, les élèves des écoles sélectionnées ont concouru pour gagner la coquette somme de 10 000 dirhams chacun soit 40 000 Dhs au total !, Le grand gagnant du concours est Mahmoud Lazrak, étudiant à l’école IHB Art Media.soit 40 000 dirhams au total

Mazagan Beach & Golf Resort: meilleur resort Famille en Afrique

Les UNPartistes présentent : La Pièce de Théâtre : Scènes de « Manage »

la deuxième exposition d’un collectif de femmes récemment alphabétisées issues d’Alma, douar montagneux, enclavé et berbérophone situé dans la commune d’Aourir (région d’Agadir). Cette exposition s’inscrit dans le cadre du programme « Talents de Femmes » élaboré et mis en œuvre depuis octobre 2009 par l’association Kane Ya Makane et dont l’objectif est de « Faire de l’art un vecteur de renforcement socio économique d’un groupe de femmes », tel que le rappelle Mounia Benchekroun, Présidente de l’association.

Les 14 et 15 février 2013 au 3ème Salon Assist Ouest Au Finistère en France Après le grand succès qu’avait rencontré la Pièce de théâtre : Scènes de « Manage » lors des 1ères Assises organisées par l’UNPA le 24 mars 2012, les UNPartistes sont sollicités à la jouer en France, à l’occasion de la 3ème édition du Salon Assist’Ouest 2013. Au programme deux représentations : -Le 14 février 2013 : devant un public d’étudiants universitaires -Le 15 février 2013 : devant un public de professionnels avertis Contacts : Mme Amal BENZAKOUR - Présidente de l’UNPA - 0661.22.60.67 Mlle Sabrina EL HAFIAN - Secrétaire Générale - 0664.98.74.55

Le Mazagan Beach & Golf Resort remporte l’Award d’or du Meilleur Resort famille en Afrique décerné par« Voyage et Hôtels de rêve »magazine français spécialisé dans l'hôtellerie et le voyage. Mazagan se positionne ainsi en tant que destination famille par excellence. Soulignons que Voyage et hôtels de rêve est un magazine français qui met en lumière, chaque trimestre, une sélection de destinations et d'hôtels de rêve dans le monde entier avec un objectif : donner le goût de rêver et l'envie de voyager ! C’est aussi le seul magazine francophone à décerner des Awards aux meilleurs hôtels du monde. Cette distinction est le fruit d'un repositionnement en un resort axé sur les loisirs et la famille. Pour appuyer ce positionnement, une palette de loisirs, de divertissements et d'animations a été développée : Equitation, Quads, karting, Centre nautique, Surf, Jet Ski, Tir à l'Arc, Paint Ball, Golf, Excursions, Concerts et Spectacles.

Vernissage de l’exposition « Rêves de femmes » « Rêves de femmes » est

Pour plus d'informations, consultez notre site : www.kaneyamakane.comMercredi 16 janvier 2013 à 19h à la galerie Nadar Contact presse : Dounia Z. Mseffer Tel. : 0667 54 54 11  msefferdounia@gmail.com

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recette

Par zara kadiri

Chocolate Chip Cookie

Ingrédients pour une vingtaine de gros cookies :

• 120 g de beurre demi-sel mou • 200 g de sucre roux • 1 gousse de vanille • 1 gros œuf • 220 g de farine • 1 cuillère à café de levure chimique (environ 5 g) • 150 g de pépites de chocolat • 1 cuillère à soupe rase de café à expresso en poudre (facultatif, mais ça fait ressortir le goût du chocolat)

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Préchauffer le four à 150° C. • Fendre la gousse de vanille avec un couteau pointu et racler les graines. • Mélanger la farine et la levure. • Dans un saladier, battre le beurre, le sucre roux et les graines de vanille. • Ajouter l’œuf, battre de nouveau. • Verser le mélange farine-levure, les pépites de chocolat et le café. • Mélanger rapidement sans trop travailler la pâte. • Couvrir deux plaques avec du papier cuisson. Former des boules avec une cuillère à soupe ou une cuillère à glace et les déposer sur les plaques, en les espaçant de 5 cm pour éviter que les cookies s’étalent les uns sur les autres. Aplatir légèrement les boules avec la paume de la main. • Enfourner pour 20 minutes (les bords des cookies doivent commencer à dorer). • Attendre 2 minutes et décoller les cookies avec une spatule. • Les laisser refroidir au moins 10 minutes sur une grille. • S’ils ne sont pas tous dévorés dans la journée, les conserver dans une boîte bien fermée à température ambiante. Notes : • N’oubliez pas que les cookies sont toujours mous à la sortie du four : ils se mettent à croustiller en refroidissant. • Si vous préférez les cookies plus croustillants, optez pour une cuisson plus courte dans un four plus chaud (10 minutes à 180 °C). • Pour les pépites de chocolat, je hache du chocolat pâtissier en tablette avec un grand couteau


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Metropolis n° 10 - Leila Ghandi: Born to be wild | Interview avec Noureddine Ayouch  

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