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Metropolis N°6 - AOÛT-SEPTEMBRE 2012

LE MAGAZINE CHIC ET URBAIN

MENSUEL

GRATUIT

Khansa Batma

ROCK IS NOT DEAD

MODE

ROCK’MANTIQUE OCK’MANTIQUE SSIGNÉ IGNÉ LA REDOUTE CRÉATION

Audi Q3

TESTÉE PAR MOURAD ZAOUI


Editorial

O Et si chacun s'occupait de se rapprocher de Dieu, ou de s'en éloigner, sans imposer ses convitions aux autres ? Etaler son athéisme est autant de mauvais goût que d'étaler sa foi.

DR

n ne s'y attendait que trop. Dès que le fameux croissant de lune est repéré, tout le pays est pris de vertige et se divise en deux ; fervents jeûneurs et fieffés non-jeûneurs. Ces deniers se mobilisent : création du groupe facebook Massayminch (nous ne jeûnons pas), projets de vidéos mettant en scène des jeunes mangeant allègrement leurs sandwichs Rim Battal george.hascoet@metropolis.ma sur la place publique et indignation à coups de clics sur les réseaux sociaux. De l'autre côté, les jeûneurs s'insurgent à coup d'insultes et de menaces de mort. Il paraît qu'un certain Slimane de Tizi-Ouzou a même été mis à tabac par des policiers en civil après avoir été appréhendé en train de casser sa croûte... Petite, j'attendaits ramadan avec impatience. Le chamboulement des habitudes, les odeurs des gateaux et ch'hiwates et les horaires scolaires allégés me ravissaient. Aujourd'hui, ce même ramadan qui est sensé être un mois de recueillement, de rassemblement et de solidarité est en train de devenir un vrai cauchemar, et je ne suis pas la seule à le penser. Et si chacun s'occupait de se rapprocher de Dieu, ou de s'en éloigner, sans imposer ses convictions aux autres ? Etaler son athéisme est autant de mauvais goût que d'étaler sa foi. Et tout aussi irritant. Tout autant que ces publicités Valencia qui ont soulevé l'ire des internautes. D'ailleurs, reconnaissons à cette pub au moins une chose, c'est qu'elle a réussi à rassembler tout le monde. On l'a tous trouvée de mauvais goût. Et qu'est ce qui s'est passé ? Elle a été retirée de l'écran. On devrait clairement unir nos voix et nos forces plus souvent. Si on poursuit l'effort, peut être qu'on arrivera même à améliorer la qualité de la programmation télé ramadanesque. Parce que jusque là, au lieu de nous faire se détendre les zygomatiques- en tout cas, il me semble que c'est l'ambition de nos chaînes nationales - on n'arrive qu'à nous faire grimacer devant la harira. Mais l'on s'y attendait aussi.

Bonne Lecture.

Août-septembre 2012 / nUmero 6

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N° 6 - Août-Septembre 2012

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Nous attendons vivement vos réactions, vos critiques et votre soutien !

12 06 Actualité 14 Une heure avec… Khansa batma Rock is not dead

22 Spectacle

34 Évenement

58 Santé & Bien être

36 Portrait

60 On s'évade

Cinéma africain: peu de moyens mais beaucoup de talent El Mostafa Maftah ou l’enfance de l’art

Atlantic Palace Hôtel Agadir : Découvrez le régime Dukan en 7 jours ! Tanger : Le bouillon de culture du Maroc / l’exhubérante

Salé réveille ses vieux démons

38 Hommage

26 Acteur culturel

Les sept histoires et demi du Hay Mohammedi

Les salons Bissat & Living Room.

40 Actu Culture 42 Agenda 46 Mode & shopping

Essai : AUDI Q3

Café Politis,

28 Cinoche 30 Livresse 32 DVD - Music 4

Metropolis nUmero 6 / Août-septembre 2012

Serie mode : la redoute.ma Metro beauté

64 Fooding 66 Auto

un crossover bon chic bon genre

70 Hi-tech 72 Com d'entreprise 74 Blogosphère


Metropolis LE MAGAZINE CHIC ET URBAIN

Directeur général Julien Casters julien.metropolis@gmail.com Directeur de publication Othmane Médiouni omediouni@gmail.com rédactrice en chef Rim Battal rimbttl@gmail.com Journalistes Yasmina Lahlou Maria Aouad John Toutain Jalal Boukhari Dounia Z. Mseffer

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Directeur artistique Assila Zouheir advertiz2010@gmail.com Styliste Sayli Webmaster Mustapha Choukrallah El Idrissi mchoukrallah@metropolis.ma Conception Graphique et Maquette Zouheir Assila Correction Selma Gourari Photographe Wahid Tajani Standard Salma Zouak Comptabilité Abdelillah Mohcine Crédits Photos istockphoto – AFP

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Metropolis est édité par: CASTERS-LAMBERT MEDIA 59, Bd Zerktouni 6ème étage N° 18 - Casablanca Tél/Fax : 0522 20 09 28 www.metropolis.ma Dossier de presse 52/S 2011 Dépôt légal : 2012 PE 0024 ISSN : 2028 - 7445 Ce numéro est tiré à 15 000 exemplaires

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C’EST DE L’ACTU

Le champion marocain Badr Hari arrêté par la police. Badr Hari se retrouve, une fois de plus, derrière les barreaux. Alors qu’il était en vacances à l’étranger avec sa compagne, le kick boxeur néerlandais d’origine marocaine vient de rentrer aux Pays-Bas. Accusé d’avoir frappé un riche homme d’affaires néerlandais du nom de Koen Everink, Badr Hari s’est rendu mercredi soir à la police d’Amsterdam. Le sportif âgé de 27 ans a été aussitôt placé en garde à vue. Il sera poursuivi pour « coups et blessures »,, a fait savoir la presse locale. ocale.

Site officiel Choumicha.ma La cuisinière marocaine la plus populaire et la plus télévisuelle dispose désormais de son site web choumicha.ma. Lancé hier même, le site compile près d’une centaine de recettes. Près de 2 ans d’émissions culinaires sur 2M et Cuisine TV sont également accessibles sur le site. Le plus pour tous ceux et toutes celles qui suivent avec passion les émissions de Choumicha : un espace question-réponse actif, pour permettre à tout un chacun de dialoguer avec la cuisinière.

Cinéma. "Casablanca", le film culte américain fête son 70ème anniversaire

"Casablanca", le film culte américain, qui a porté au panthéon du 7ème Art Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, fête cette année son 70ème anniversaire, offrant des leçons "complexes" en matière de patriotisme toujours d'actualité, souligne mercredi la chaine d'information "CNN". Jack Warner, dont le studio avait produit ce chef d'œuvre, avait immortalisé la sortie de ce film en faisant observer que "toute l'industrie nous envie cette production qui a pour titre « Casablanca », un avantage dont il faut tirer un maximum de profit".

MRE. 27,07 milliards de dirhams transférés au Maroc fin juin 2012. Les transferts d’argent des Marocains résidant à l’étranger ont atteint, à fin juin 2012, 27,07 milliards de dirhams contre 26,96 enregistrés pendant la même période en 2011, soit une légère hausse de 0,4%. C’est ce qu’a fait savoir l’Office des Changes dans son rapport sur les indicateurs préliminaires des échanges extérieurs, relayé mardi 17 juillet par la MAP. Les recettes MRE ont réalisé, ainsi, une progression de 20,76% par rapport à fin mai 2012, note l’office. Les recettes voyages ont, par ailleurs, enregistré une baisse de 1,9% en s’établissant à près de 24,96 milliards de dirhams à fin juin contre 25,46 réalisés durant la même période de l’année 2011.

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La plate-forme Tanger Med constitue à cet égard un formidable outil de développement du tissu économique local et international » Harmut Goeritz, directeur général é ld' d'APM terminals Tangier

Nawal El Moutawakil élue vice-présidente du Comité International Olympique. A l’issue d’un vote qui se déroulait à Londres hier après-midi même, la marocaine Nawal El Moutawakil et l’anglais Craig Reedie ont été élus nouveaux vice-présidents du Comité International Olympique (CIO), rapporte le site espagnol lainformacion.com. L’emportant par une majorité de 81 voix « pour », 10 « contre » et 3 « nul », l’exchampionne olympique du 400 mètres s’est associée dans la victoire au manager sportif britannique qui, de son côté, a engrangé 85 votes favorables, 4 défavorables et 2 abstentions.

Transports. P Premiers i essais du tramway à Casablanca. A un peu moins de six mois de l’inauguration officielle des 31 kilomètres de lignes de tramway de Casablanca, prévue le 12 décembre, les premiers essais ont été effectués fin juin pour vérifier l’opérationnalité de certaines lignes. Cette étape, qui correspond à l’avant-dernière phase du plan de développement de la trémie à Casablanca, semble se dérouler conformément au planning du maître d’ouvrage, Casa Transport. Créée début 2009 et composée de représentants de l’Etat, de collectivités locales et de quelques institutions, l’entreprise est en charge de mener à bien ce mégaprojet de réaménagement du transport casablancais.

Blé tendre. La campagne 2012-2013 commence sur une note positive. Le stock de blé tendre a dépassé les 20 millions de quintaux (Mqx) à fin juin. C'est ce que vient d'avancer l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL). Ce niveau de stocks représente plus de 5 mois des besoins des écrasements des minoteries industrielles ainsi qu’une hausse de 40% par rapport au niveau obtenu au cours du mois de mai. Sur le plan pratique, le plus gros volume collecté de la production de blé tendre revient aux commerçants négociants, à hauteur de 85%.

Chiffre

du mois

11%

Cybercriminalité. Le site de 2M et celui du ministère des Habous hackés par des soutiens au Cheikh Nahari. Le groupe de hackers « The Unknowns Morocco » vient de revendiquer une série de cyber-attaques contre les sites web de plusieurs médias marocains. Motivation du collectif: « frapper tous ceux qui soutiennent le dayoute Mokhtar Laghzioui ». Pour rappel, la tête de ce journaliste avait été mise à prix la semaine passée par un cheikh oujdi après qu’il se soit déclaré en faveur des libertés individuelles, et notamment sexuelles. Petit rappel des faits : la semaine dernière, le rédacteur en chef du quotidien Al Ahdath Al Maghribia, Mokhtar Laghzioui déclare sur une chaîne satellitaire arabe être « favorable » aux libertés individuelles, notamment sexuelle, y compris lorsqu’il s’agit « de sa mère et de sa sœur ».

Afin d’améliorer ses marges, Maroc Telecom vient de lancer un plan de départs volontaires visant à réduire ses effectifs d'au moins 11%. Selon les estimations de plusieurs analystes interrogés, ce projet, qui concerne majoritairement les salariés proches de la retraite, pourrait générer une économie d'au moins 300 millions de dirhams grâce à 1 500 à 2 000 départs. « Les salaires sont de loin le plus gros poste de dépenses de Maroc Telecom et le plan de réduction des effectifs devrait permettre à l’entreprise de maintenir sa marge nette à 40% », explique une source au quotidien français. AOÛT-SEPTEMBRE 2012 / NUMERO 6

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C’EST DE L’ACTU La langue amazighe bientôt officialisée au Maroc. Le gouvernement se penche actuellement sur l'élaboration d'une loi organique relative à la mise en œuvre de l'officialisation de la langue amazighe, a indiqué, lundi, le ministre de l'Education nationale, Mohamed El Ouafa, dans une allocution ouverte à la Chambre des représentants. Soulignant que ce chantier faisait partie des priorités de l'Exécutif, M. El Ouafa a affirmé que cette loi permettra à l'Amazighe, dont la primauté est garantie par la nouvelle constitution, d'assumer sa fonction en tant que langue officielle de l’Etat, aux côtés de l'Arabe.

Audiovisuel. Bientôt le cahier des charges.

JO. London 2012 Le football féminin donne le coup d'envoi des Jeux de Londres.

Tata Milouda faite Chevalier des Arts et des Lettres de la République française. La slameuse marocaine Tata Milouda, âgée de 62 ans, a été décorée des insignes de Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres de la République française, mercredi soir à Epinaysur-Seine, au nord de Paris. Milouda Chaqiq, de son vrai nom, a reçu la prestigieuse médaille des mains de l'artiste Grand Corps Malade, lors d'une cérémonie émouvante, en présence de plusieurs personnalités marocaines et françaises, dont le Maire de la ville, la sous-préfète de Saint-Denis et l'attaché culturel de l'ambassade du Maroc en France, Tariq Ramdani.

DERNIÈRE MINUTE

Selon le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, la commission ministérielle en charge de la révision des cahiers des charges de l'audiovisuel public, est sur le point d'achever son travail. Cela étant, le ministre rappelle que ces cahiers des charges suivront la procédure ordinaire d'adoption aussi bien au niveau du gouvernement, qu'au niveau des instances compétentes. Pour rappel, le Conseil de gouvernement avait décidé, en mai dernier, la prorogation de l'application des cahiers des charges actuels des deux sociétés du pôle public de l'audiovisuel, jusqu'à la publication des nouveaux au Bulletin officiel.

Une exposition propose aux MRE de découvrir l’histoire des sciences arabes. Parce qu’il n’y a pas que la plage dans la vie, les vacances peuvent être également le moment de faire découvrir aux plus jeunes Marocains l’histoire de leur pays et de leur religion. C’est le pari lancé par l’Université Libre de Bruxelles, l’Institut du Monde Arabe et la Fondation de la Mosquée Hassan II de Casablanca qui organisent jusqu’à la miaoût une exposition sur les grandes découvertes scientifiques des Arabes à travers l’histoire.

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Les Jeux Olympiques de Londres ont démarré mercredi, mais loin de la capitale britannique, sur la pelouse du Millenium Stadium de Cardiff, au pays de Galles, et c'est le football féminin qui a eu l'honneur de cette première avec le match Grande-Bretagne - Nouvelle-Zélande. Les Jeux ont donc commencé, deux jours avant d'être officiellement ouverts, vendredi soir, au stade olympique de Stratford, par la reine Elizabeth II.

Automobile Volkswagen choisirait le Maroc à la place de l'Algérie pour sa nouvelle usine de production.. D’après un quotidien arabophone algérois, Volkswagen aurait récemment eu plusieurs réunions à Rabat avec de hauts responsables du ministère du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles Technologies afin de préparer l’implantation de son unité de production au Royaume. Le groupe allemand, qui avait prévu initialement d’installer sa 2ème usine d’Afrique en Algérie, serait finalement revenu sur sa décision, préférant opter pour la Kenitra Automotive City ou Tanger Med comme sites d’implantation.


C’EST DE L’ACTU Le magazine Zohour consacre son 3ème numéro à la ville de Fès et à son riche patrimoine.

Tanger-Med classée meilleure zone franche portuaire au monde. Tanger à l’honneur ! Dans son dernier classement des « meilleures zones de l’avenir pour l’année 2012-2013 », le magazine FDI vient de consacrer Tanger comme sixième meilleure zone franche en termes d’IDE (Investissements Directs à l’Etranger) pour 2012-2013. Mieux, la zone aéroportuaire de la ville représente la deuxième zone la plus prometteuse au monde pour l’année en cours, tandis que le Port de Tanger-Med arrive premier. Les IDE n’ont donc pas fini de pleuvoir sur la Perle du Détroit.

Le magazine Zohour dédie son 3ème numéro du mois de juillet à la ville de Fès, et ce à travers des articles illustrant les différentes facettes de la vie dans la capitale spirituelle du Royaume, ainsi qu'à son patrimoine et à ses différents monuments historiques. Le premier axe de ce numéro intitulé "Fès: identité et histoire" comprend des écrits de professeurs spécialisés dans l'histoire de la capitale spirituelle du Royaume. Ces articles invitent le lecteur à découvrir le patrimoine riche de la ville de Fès à travers les Souks de cette cité, ses portes, ses Kasbahs, ses maisons, ses palais, écoles et ses jardins andalous.

PHOTO DU MOIS Que fait Tamer Hosni avant son concert au Mazagan night ? Il lit METROPOLIS !!

Le couple Sarkozy-Bruni de retour à Marrakech. Décidément, l’ex-président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni aiment vraiment Marrakech ! Plus de deux mois et demi après leurs dernières vacances de deux semaines dans la ville ocre, les revoilà qui reviennent pour une visite privée. Ils sont arrivés au Maroc mardi 24 juillet dernier, rapporte l’Express ne précisant pas, néanmoins combien de temps ils vont y rester. Pour rappel, la dernière visite du couple Sarkozy remonte au 16 mai dernier, juste après la défaite de Nicolas Sarkozy à la Présidentielle face au candidat socialiste François Hollande.

Maroc-Syrie. 100 Marocains ont été rapatriés récemment. Une centaine de Marocains vivant encore en Syrie ont été rapatriés suite à l’intensification des violences, a annoncé le ministre des MRE, Abdellatif Maazouz, rapporte le journal Bayan Al Yawm, avant hier, mercredi 25 juillet. Le ministre a précisé qu’il n’y a, à l’heure actuelle, aucun Marocain bloqué en Syrie car le gouvernement syrien n’a refusé aucune des demandes d’évacuation du Maroc, en dépit du renvoi par la Syrie de l’ambassadeur du Maroc, Mohamed Ikhssasi, le 16 juin. Selon le ministre marocain, les canaux de communication entre les deux gouvernements sont toujours ouverts par le biais de l’ambassade du Maroc en Syrie et la présence, notamment, à Damas, du chargé d’affaires de l’ambassade marocaine.

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UNE HEURE AVEC …

KHANSA BATMA

ROCK IS NOT DEAD 12

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UNE HEURE AVEC … Auteure, compositeure et interprète, mannequin, chroniqueuse, comédienne... et la liste est loin d’être exhaustive, Khansa Batma est une artiste accomplie. Tantôt dame de fer frappant du poing face aux injustices du monde, tantôt femme fragile débordant de sensualité et de talent, notre rockeuse nationale est multiple, entière. Une vraie Batma. PA R R I M B AT TA L - P H O T O : WA H I D TA J A N I - R E M E R C I E M E N T S À J O H A N N A S TA N S F I E L D D E L A « M A I S O N B L A N C H E » C A S A B L A N C A K H A N S A B AT M A E S T H A B I L L É E PA R L A R E D O U T E C R É AT I O N

Metropolis : Est ce que c’est agaçant de devoir répondre chaque fois à la question “Tu viens d’une famille d’artistes, comment ça a influencé ton parcours” ? Kansa Batma : En fait, je n’arrive plus à trouver des adjectifs pour varier ce que je dis à chaque fois, donc je me répète. Ce n’est pas évident de venir d’une famille d’artistes parce qu’on s’attend à ce que tu sois à la hauteur de ce qu’ils ont été, voire les dépasser. Il y a aussi la volonté d’être moi-même, en dehors du cercle familial, d’imposer mon style de musique. En tout cas, il y a énormément de pression. Au début, c’était un poids, mais aujourd’hui, avec le temps et tout le travail que j’ai pu faire pour ma carrière je vois les choses différemment. Mais bon, le poids est toujours là.

M. Tu as entendu parler du documentaire “Ana l’Hay” ? KB. Oui, mais je ne l’ai pas vu. M. Quel aura été ton témoignage si on t’avait interrogé ? Je pense qu’appartenir à un quartier qui a autant marqué la culture en général, n’est pas évident non plus. Là encore, on s’attend à ce que les artistes qui sortent du quartier soient des illuminés. Là aussi c’est beaucoup de pression. En même temps c’est un quartier qui résume plus ou moins l’histoire du Maroc. On connait l’histoire du Hay Mohammadi... À la base on ramenait des gens de partout au Maroc pour travailler dans les carrières centrales. Ces personnes ramenaient leurs familles aussi. Ce qui a donné une sorte de brassage de cultures, de traditions, et grandir là dedans est extrêmement enrichissant culturellement.

musique ça ne s’apprend pas: on répond à l’appel de sentiments, c’est un peu la folie en fait qui nous emmène vers l’art. Ce n’est pas parce que j’ai grandi à Hay Mohammadi que je suis forcément artiste. C’est un quartier qui est délaissé, il n’y a pas d’espace où les jeunes peuvent s’exprimer, pas de structure, c’est un quartier qui a été comme on dit en arabe mouhammach (marginalisé, ndlr). (...) C’est pas un quartier où il faisait bon vivre. Si l’on veut faire de la musique, il n’y a pas de conservatoire, Dar Chabab a été délaissée, le cinéma Sâada est aujourd’hui fermé... Ce n’est pas un quartier qui donne envie de faire de la musique. Par contre, ça te charge d’émotion, de force, de l’envie de s’en sortir, de devenir quelqu’un...

M. Ça devient une source d’inspiration donc... KB. Oui voilà...

Je suis un peu sauvage en fait. Je n’aime pas les étiquettes, je n’aime pas me retrouver enfermée quelque part, ça me fait peur. C’est pour cette raison peut être que je touche à plusieurs disciplines artistiques.

M. Ça a donc été un choix naturel de se diriger vers la musique ? KB. Pas forcément, c’est pas parce qu’on est

M. On sait que vous êtes la fille de feu Mohamed Batma, membre de Lemchaheb. Quelle a été la réaction du père à la sortie de votre premier album ? KB. Il m’a félicitée, c’était la première

né d’un père médecin qu’on est forcément médecin. Surtout lorsqu’il s’agit d’art. La

personne à me féliciter. Il était fier, il m’a donné des conseils sur le chant, la musique...

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M. Vous avez également été mannequin, pourquoi ne pas avoir continué ? KB. En fait pour le mannequinat, on a fait appel à moi parce que j’étais chanteuse. Comme quand on fait appel à un artiste, comédien, ou même un politicien parfois pour poser. C’est en tant que chanteuse, animatrice télé qu’on a fait appel à moi. Le mannequinat ça n’a jamais été une vocation pour moi. C’est un vrai travail, c’est tout un métier.

M. Vous avez posé pour Cacharel... KB. Ça, ça a été le début d’une très belle aventure en Turquie...

M. Du rock expérimental, vous avez fait du R’n’B avec Sma3ni pour Maroc Telecom. C’était uniquement pour le fric ? KB. La somme d’argent n’était pas si alléchante que ça... Ce n’était pas du tout pour le fric. C’était la première fois qu’une boite de communication faisait appel à des jeunes pour vendre un produit. Ça n’existait pas avant. Du rap, de la musique underground qui passe à la télé, dans une publicité, c’était exceptionnel. C’était plutôt ça qui m’avait attiré dans ce projet. C’était la première fois qu’on reconnaissait que notre style de musique peut drainer de l’audience et c’est très important.

M. Musique, mannequinat, télé... vous êtes décidément une artiste accomplie. Dans quelle discipline vous sentez-vous le mieux? KB. La musique ! Je suis un peu sauvage en fait. Je n’aime pas les étiquettes, je n’aime pas me retrouver enfermée quelque part, ça me fait peur. C’est pour cette raison peut être que je touche à plusieurs disciplines artistiques. Mais la musique reste la base pour moi, il n’y a que sur scène que je me sens vivre.

M. On se souvient aussi de votre passage par Casting Stars sur Al Oula.


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UNE HEURE AVEC …

ça vous a apporté quelque chose, professionellement parlant, de passer par cette émission ? KB. Comme après toute expérience, on apprend des choses sur soi, comment on gère son stress...(...) Je ne suis pas du tout téléréalité musicale. Je ne suis pas assez solide pour pouvoir gérer la pression d’une telle émission, d’être confrontée à l’échec ou à la réussite d’une façon aussi brutale, aussi directe... Je tiens à ma fragilité. D’ailleurs j’ai craqué pendant Casting Stars. J’avais commencé à pleurer, je n’avais qu’une envie c’était de partir. Je ne fais pas de la musique pour être jugée. Seul le public peut me juger. J’aurais fait un effort si j’avais l’esprit de compétition, mais... je suis un peu lâche (rires).

M. On vous a également vu lors du passage de l’émission américaine The price of beauty (qui passait sur MTV, ndlr). Ça fait quoi d’apprendre à Jessica Simpson comment séduire uniquement avec les yeux ? KB. Ah oui ! “I can seduce you with my eyes !”... (rires). En fait, je viens d’un pays musulman et même si je ne porte pas le voile, je dois défendre les femmes qui le portent par conviction. Je sais qu’il y a des extrêmes partout. Je ne suis ni pour dénuder totalement, ni pour la burqa. En même temps je respecte ceux qui vont dans ces deux extrêmes. Pour cette émission j’étais sensée représenter la femme marocaine et musulmane...

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M. En tant qu’ambassadrice de la beauté (concept de l’émission, ndlr)... KB. Oui voilà. Ce n’était pas facile... En fait, c’était beaucoup de prise de tête. A partir du moment où tu représentes un pays, il faut faire attention aux clichés. Je n’étais pas très contente qu’on aille à Jamaâ Lefna pour manger, parce que ce n’est pas représentatif de l’art culinaire marocain. Mais bon, c’était une équipe de télé américaine, ils veulent faire du show. Sinon c’était marrant de rencontrer Jessica Simpson. J’ai découvert une femme très très respecteuse, très sensible, une artiste vraiment chouette quoi ! C’était une belle expérience.

M. Vous avez aussi fait de la télévision en Turquie. Vous y présentiez des capsules. Comment avez-vous atterri làbas ? KB. Ça a commencé par le shooting pour Cacharel, ici au Maroc, avec un photographe turque. Par la suite, on a fait des photos à Istanbul, et là bas, j’ai découvert que le photographe était également producteur télé, réalisateur... C’était un fou-furieux ! Il m’a alors proposé de faire des petites capsules...


M. En Turque ? KB. (rires) J’ai eu la même réaction, je lui ai dit “en Turque ?”, il m’a dit : “non non, tu peux parler Français, Arabe, Darija... comme tu veux”. C’était des capsules satiriques, décalées. J’ai fait deux ou trois capsules, et le public a aimé. Après j’ai intégré l’équipe en tant que directrice artistique. Je m’occupais de toute la partie musique de production, des génériques.

M. Vous avez eu également des propositions pour le grand écran, notamment avec Nabil Ayouch qui vous a proposé le premier rôle dans Une minute de soleil en moins. Pourquoi avoir refusé ?

KB. En fait, il y avait une scène de nu. J’avais 21 ou 22 ans, et il m’était impossible d’assumer une scène de sexe à l’écran. Je n’avais pas encore appris à séparer le corps et l’esprit. Je ne viens pas d’une formation de comédienne, c’était ça en fait. Aujourd’hui, je ne regrette pas, mais... M. Il faut aussi remmettre ça dans son contexte. Les conséquences d’une scène de nu seraient peut être moins lourdes aujourd’hui... KB. Je ne sais pas, mais maintenant j’assumerai beaucoup plus, parce que je m’assume plus en tant que femme déjà. J’ai 33 ans aujourd’hui, j’ai plus ou moins coupé le cordon avec les traditions, je me connais mieux, AOÛT-SEPTE,BRE 2012 / NUMERO 6

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UNE HEURE AVEC … j’assume mon corps et ma sexualité beaucoup plus qu’avant. Mais par rapport à la société, je pense qu’aujourd’hui ça créerai beaucoup plus le buzz, l’information tourne beaucoup plus facilement grâce à internet. Il y a aussi le fait que le marocain se radicalise plus ou moins... Mais les choses vont s’arranger dans quelques années.

M. Donc vous êtes optimiste quant à l’avenir du Maroc ? KB. On n’a pas trop le choix (rires) M. Si on vous fait la même proposition aujourd’hui vous accepteriez ? KB. Je pense que oui. D’ailleurs je joue dans un film, je fais mes débuts dans le cinéma au Maroc dans le prochain film d’Othman Naciri, Echec et Mat. J’appréhende énormément, mais ça va être sympa.

M. Vous êtes aussi une activiste des droits de l’homme, défenseuse du statut de la femme et des libertés individuelles... d’où tenez-vous ce côté militant ? KB. Je pense que l’on est dans un Maroc où on doit tous être politisés, ce n’est plus un choix de carrière de militer, mais un devoir. C’est aussi une question de caractère et d’éducation. C’est quelque chose que j’ai hérité de ma famille aussi: on ne peut pas être un Batma et fermer sa gueule face à une injustice et il y en a pas mal au Maroc. L’affaire Mouad El Haqed par exemple, Amina Filali... Ce sont des affaires qui nous renvoient à la triste réalité de la société marocaine. Il faut crier au milieu de tout l’égoïsme et le nombrilisme qui règnent dans notre société. Quand on se retrouve devant une injustice, eh bien on se révolte.

M. On vous a vu tenir tête à Samid Ghailan lors de votre passage à l’émission hebdomadaire Générations en 2007, défendant avec verve les artistes marocains... On s’en souvient encore... ! KB. Ben oui, en fait, c’est au-delà du fait de défendre ma position en tant qu’artiste qui veut gagner plus d’argent... Ce que j’essayais de transmettre à Samid c’est que des artistes marocains qui ont autant de crédibilité que des artistes étrangers sont payés moins bien aux mêmes évènements. Alors que le calcul est simple : moi en tant qu’artiste marocaine, si je gagne bien ma vie j’investis au Maroc, l’argent tourne ici. Je ne dis pas qu’il ne faut pas ramener des artistes étrangers, je sais ce que ça veut dire d’assister au concert d’un grand artiste qu’on aime (...). Mais je sais aussi que la création, c’est un travail d’équipe, plusieurs

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mains qui se rejoignent et c’est comme ça que se construit la culture. La situation de l’artiste marocain ne peut être résolue uniquement en combattant le piratage, ou en institutionnalisant le marché (...). Si l’artiste va mal, vit mal, il aura du mal à produire et donc à construire cette culture.

un marché, le nombre des ventes impose l’artiste. L’artiste est imposé par son talent et par ses fans. Et tant qu’il n’y a pas de marché, on continuera à évoluer dans cette sorte d’anarchie où il vaudrait mieux être bien intégré, avoir les bons amis. C’est vraiment injuste.

M. Parmi toutes ces causes que vous défendez, quelle est celle qui vous tient le plus à coeur ? KB. Celle d’Amina Filali. Parce que je suis

M. C’est la loi du marché... KB....Marocain. La loi du marché marocain

une femme, que mon corps m’appartient, qu’il a une valeur très grande. J’arrive à imaginer ce que c’est que d’être violée... Je l’imagine seulement, je ne pourrais jamais me mettre à la place d’une victime de viol. Juste le fait d’y penser me rend malade. C’est aberrant. L’article 475 est aberrant. Ça reflète tout simplement une des vérités du Maroc : c’est qu’on est un peuple qui s’approche de l’inhumanisme. Autoriser un violeur à se marier avec la victime...

M. pour lui éviter la prison ! KB. Oui la prison,

qui est très anarchiste. Pour continuer à faire de la musique, il faut être un fou! (rires) Il faut être inconscient !

M. Vous avez maintenant 13 ans de carrière derrière vous, quel est le bilan que vous en tirez ? Il faut être vraiment passionné pour faire de la musique, il faut être fou ! Sinon le bilan... je n’ai pas fait de bilan, j’évite, parce que sinon c’est catastrophique (rires). Je n’ai jamais fait de bilan, je suis un peu une sauvage. Mais ça en vaut la peine, c’est un très beau métier. Pour continuer à être artiste, il faut protéger son authenticité, sa fragilité. Je ne regrette pas.

La loi du marché marocain est très anarchiste. Pour continuer à faire de la musique, il faut être un fou! Il faut être inconscient !

le scandale familial, la hchouma... C’est inhumain. (...) Un violeur c’est un être qui est malade ! Ce n’est pas un bon élément pour la société. C’est une personne qui doit être prise en charge, et tout ce qu’on fait, c’est la mettre dans l’institution la plus sacrée qui soit : le mariage. Cet homme qui est incapable de réprimer ses pulsions, comment peut-il élever des enfants ?! On est en train de créer des monstres ! Et cette Bassima Haqqaoui, je ne la comprends pas cette dame (...) Comment peut-elle nous dire en face que Amina Filali avait une relation avec cet homme ? Comment une fille de 14 ans peut-elle comprendre ce qu’est une relation ? À cet age là on est censé se construire, étudier...etc. Il faut retarder au maximum toutes ces réflexions sur le mariage et la famille pour pouvoir avoir par la suite des médecins, des chercheuses, des écrivaines...etc. Ils sont en train d’assassiner la femme, tout simplement.

M. Quelque chose que vous aimeriez refaire dans votre carrière ? Un faux pas ? KB. Oh ! Il y en a eu pas mal ! M. Si c’était à refaire... ? Recommencer ? KB. Je n’ai pas envie de refaire quoi que ce soit en fait. Parce que je sais que chaque petit pas a contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Il y a eu des moments de bonheur et des expériences tellement sublimes que j’aurais peur de changer quoi que ce soit. Donc non, ne rien refaire.

M. Sur votre page facebook, un compte à rebours a été enclenché... KB. C’est pour la sortie de l’album, prévue

M. On ne vous voit pas aux festivals marocains, quelle en serait la raison à votre avis ? On vous boude ? KB. Je ne sais pas. Peut être parce que

pour octobre, si tout se passe bien. Ça va être du rock à la sauce Khansa, en darija. Sinon, en septembre, je commence le tournage d’Echec et Mat d’Othman Naciri avec un beau casting marocain et étranger. Je suis très contente que Othman me fasse confiance en me proposant ce rôle qui me plaît énormément.

j’ouvre ma gueule ! Ou qu’on n’aime pas ma musique tout simplement. Peut être aussi parce qu’on n’a pas un marché : quand on a

M. Il y aura une scène de nu dedans ? KB. (rires) Non, il n’y en aura pas. Pas encore.

SES ALBUMS, SES CHANSONS...

Hawmaloulou, single “C'était un délire artistique. On prend une chanson qui n'a rien à voir avec le rock et on la transforme. J'adore les challenges, j'aime souffrir, me presser pour donner le meilleur de moi-même. C'était un challenge personnel et artistique”.

You, duo avec Olivier Unia “J'avais déjà bossé avec Olivier sur Nestahel (...) Il m'a proposé de bosser sur un duo. C'était au moment du printemps arabe (...) on a réalisé qu'en fait, tous les maux de l'Humain viennent de la peur de l'autre. Le duo est une sorte de dialogue de sourds où Olivier chante en anglais et moi en arabe. On chante la même chose mais vu qu'on ne se comprend pas, on se crie dessus.”

RÉCAPITULONS ! L’article 475 : le diadème de la honte Tariq Batma : mon prof ! “Parano” (album) : mon premier bébé La Turquie : c’est un pays qui m’a adopté. Les turques me fascinent. Ramadan : justement, les fois où j’ai été le plus proche de la religion c’était en Turquie. C’est un pays laïque, les gens sont ouverts. Les jeûneurs là bas sont très occupés à se rapprocher de Dieu et n’ont pas le temps de voir qui jeûne, qui ne jeûne pas. Lemchaheb : mon père, une grande école. Dounia Batma : ma petite cousine et ma fièreté, c’est la preuve que les Batma, ce ne sont pas que des hommes. Il y a aussi des femmes. Dounia, moi-même,ma mère aussi même si ce n’est pas une Batma. Elle a été dans le groupe Lemchaheb avant mon père. AOÛT-SEPTE,BRE 2012 / NUMERO 6

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UNE HEURE AVEC …

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cul* tu re Cahier

Spectacle Acteur culturel Cinoche Livresse Musique & DVD Hommage Portrait Agenda

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CULTURE Spectacle

Karacena, Salé réveille ses vieux démons “Je crois que ce riad est hanté. Il se passe des choses bizarres ici” confie Pedro Guerra, porteur du Circo Zoe. Sauf que, ce n’est pas seulement au Grand Menzeh que de curieux phénomènes se produisent : depuis début juillet, de drôles d’apparitions peuplent les ruelles de la médina de Salé. Jennyas (djinns) se tortillant au jardin Ferdaous, des djinns crachant du feu, voltigeurs, acrobates et jongleurs ont investi l’antique médina de Salé pendant neuf jours, transformant des espaces urbains banalisés par le quotidien en des lieux de partage, de rêve et de communion. Henry Miller disait: “Le cirque

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est un petit bout d’arène close, propre à l’oubli”. Si l’on a bel et bien oublié les affres de la vie pendant Karacena, la biennale du cirque et du voyage ne s’est pas limitée aux arènes closes. Après chaque appel à la prière, du fajr au îchae, le public a été guidé entre les vieilles maisons et riads de Salé, passé ses Babs (portes), vers des lieux inattendus, tels la Medersa de Salé, lieu de recueillement ou le Grand Menzeh habituellement fermé au public, pour assister à des représentations données par les artistes invités. Les apprentis de l’Ecole Nationale du Cirque Shems’y, les artistes français et italiens des

PHOTOS : GHB

diverses compagnies invitées se sont relayés pour transporter le public dans un univers onirique, où corsaires se sont succédés aux personnages de contes, toujours dans l’esprit de Karacena. Depuis sa création en 2006, Karacena, biennale des arts du cirque et du voyage, est passée en association indépendante. Organisée tous les deux ans, sous le thème “Le génie des lieux” cette année, Karacena convie des artistes étangers de haut niveau qui forment et partagent leur art et leur expertise avec les apprentis du cirque Shems’y.


Le numéro de mât chinois de Circo Zoe a enchanté le public venu assister au spectacle au Grand Menzeh

Circo Zoé, voyage au bout de la médina Tandis que dans la rue surgissent diverses chorégraphies et spectacles circassiens, l’équipage de Circo Zoé prend d’assaut le Grand Menzeh, un des riads emblématiques de la ville de Salé. Evoluant d’une pièce à l’autre du sinueux riad, le public assiste, captivé, aux tableaux présentés par les artistes acrobates sur mât chinois, trapèze, corde, fil souple, échelle libre et danseurs de Circo zoé, sur de sublimes mélodies rehaussées de bruitages et grincements de bateau parfaitement adaptées au spectacle. Créée il y a un an seulement, la compagnie Circo Zoé a su brillamment adapter son premier spectacle éponyme, mis en scène par Guillaume Bertrand, artiste associé de Karacena, au site particulier qu’est le Grand Menzeh.

L’architecture du cirque “Ça a été un défi d’adapter le spectacle à l’architecture du riad, mais c’est ça qui nous a plu également. Le lieu est magnifique et colle particulièrement bien à l’univers du spectacle. On voulait faire plus de petites choses à travers les pièces, mais ça a été un peu compliqué !” s’exclame Gaelle Esteve, spécialisée dans la corde lisse. “On a dû adapter la musique également aux différentes pièces du riad.” ajoute Diego Zanoli, musicien de la troupe. Tantôt toniques, tantôt oniriques, les rythmes savamment composés et joués par Diego Zanoli font en partie le succès du spectacle.

Dans l’intimité de Zoé Sur les sons d’une vièle artisanale, le tableau à la corde lisse de Gaelle Esteve nous plonge dans une surprenante intimité. “Ce passage dans le spectacle est

beaucoup plus intérieur. Mais ici, dans le riad, je ne pouvais ignorer les gens, ils étaient là, tellement proches. Normalement quand je suis sur la corde et que je monte, je m’éloigne du public. Là je suis en haut de ma corde, et je me retrouve face à face avec lui. C’est assez hallucinant”. Confie Gaelle qui s’est retrouvée nez-à-nez avec le public, installé sur deux étages dans une des plus petites pièces du riad. Acrobate sur mât chinois et diaboliste de la troupe, Fabien Milet, s’énorgueille du rapport presque charnel qu’il a pu développer avec son public. “Le spectacle est à la base créé pour être joué sur une scène de théâtre, où le public est assez loin, séparé de nous par un mur noir puisque les lumières sont braquées sur la scène. On l’entend seulement. Mais là, pour le coup, on les entend, on les voit, on voit leurs réactions, leur regards, on peut même jouer avec leurs réactions et leur regard...”. AOÛT-SEPTEMBRE 2012 / NUMERO 6

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CULTURE Spectacle Revers de la médaille Faisant partie du parcours en médina, les trente minutes du spectacle n’ont pas toujours été de tout repos. Le succès de Circo Zoe s’étant propagé de bouche-àoreille, près de 70 personnes en moyenne affluaient tous les soirs. “La difficulté principale a été de gérer les gens. La jauge prévue à 50 personnes a été dépassée, et la circulation du public à travers les pièces s’est compliquée. On avait également un temps précis, mais on a dû déborder à 40 ou même 50 minutes” explique Gaelle Esteve. Cependant, les réactions perçues ont été à la hauteur de la magie du spectacle. “Nous avons reçu plein de remerciements. Ce soir par exemple, c’est impressionnant comment le public est parti avec une sérénité incroyable, ils étaient encore dans le spectacle. Ils nous disaient “merci”, mais ils étaient encore dedans.” s’étonne Fabien Milet.

Ça a été un défi d’adapter le spectacle à l’architecture du riad, mais c’est ça qui nous a plu également. Le lieu est magnifique et colle particulièrement bien à l’univers du spectacle. On voulait faire plus de petites choses à travers les pièces, mais ça a été un peu compliqué !” Les “touristes” Sauf que, à sa grande surprise, l’équipe de Circo Zoé a été déçue de voir plus d’étrangers que de marocains à son spectacle. “Le spectacle a été prévu sur réservation de tickets, donc il n’y a eu que des gens qui ont l’habitude de réserver. Le public marocain n’est pas habitué à ça. Il n’y a pas eu beaucoup de marocains, et c’est dommage parce que ça nous éloigne un peu de l’esprit de Karacena.” regrette Fabien Milet. Chiara Siccoli, trapèziste, est du même avis. “Lors d’une apparition, je me suis retrouvée dans un endroit à l’architecture incroyable qui a une histoire, dans des espaces sacrés... mais malheureusement il y avait beaucoup trop de touristes. Je voulais voir la réaction

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Fatim-Zahra Fennane au trapèze

des marocains, je voulais essayer de communiquer avec les locaux, mais partout je ne voyais que des touristes.”, confie Chiara, qui parle en réalité d’expatriés étrangers. Fabien renchérit qu’il est “très intéressant de voir la réaction des gens, qui débarquent dans un lieu qu’ils connaissent, qui leur est familier, mais avec des artistes dedans, qui bougent d’une manière qu’ils n’auraient peut-être pas pu imaginer. Alors que le touriste, il découvre le lieu, il ne perçoit pas le décalage de la même manière, comme pour la medersa par exemple.”.

Les vierges de Shems’y Heureusement, lors des apparitions en médina, les artistes de Circo Zoé ont pu collaborer avec les apprentis de l’Ecole Nationale de Cirque Shems’y. Si Gaelle Esteve leur reproche leur dilettantisme, Pedro Guerra admire chez eux leur approche circassienne très personnelle. “ Ils ont une créativité de folie, ils sont très forts techniquement (...). Ils ont une énergie naturelle, jouent entre eux...” s’enthousiasme Pedro avant de poursuivre :

“Il ne faut pas qu’ils se laissent trop encadrer, il faut les laisser exprimer leur culture, leurs envies, parce que c’est trop beau. C’est très important qu’ils soient formés par des étrangers aussi, mais il ne faut pas que ça les bloque dans leur élan.”. Même son de cloche chez Fabien Milet.“C’est vrai qu’ils n’ont pas peur de certaines choses que nous on a intégré avec une certaine manière de fonctionner, qu’on a codifié, et qui sont bien ancrées en nous. Il y a des intervenants étrangers qui apportent des choses positives (à l’Ecole Shems’y, ndlr), mais aussi qui apportent une manière de faire, plus académique, plus stricte. Les apprentis ont cette virginité qu’ils vont perdre à cause de ces apports extérieurs, qui vont en faire juste une école “européenne””, assure-t-il. Malgré sa jeunesse, la sagesse des acrobates du Circo Zoé, en plus de leur talent, nous rassure sur l’avenir de la troupe. D’ailleurs pour ceux qui ont raté le spectacle au Grand Menzeh, une représentation du même numéro est prévue début août aux Rencontres de cirque actuel à Seignosse. La beauté du spectacle vaut le déplacement.


Les Djinns de la médina

Djinn Tonic, spectacle donné par les apprentis de l'Ecole nationale de cirque Shems'y à la Casbah des Gnaouas

L

e parcours en Médina et ses apparitions oniriques a sans doute été la partie du programme qui traduit le mieux l’esprit de Karacena (corsaires en arabe). A travers les différentes formes de cirque programmées, les artistes qui ont bien voulu se prêter au jeu, ont su faire revivre les jardins, places et riads de Salé que le public hantait au hasard des ruelles. En voici un aperçu.

Jardin Ferdaous “C’est une femme ou un homme ?”, “C’est Aicha Kandisha ?”. Surpris dans leurs jeux par l’apparition d’une jennya de la médina, les enfants qui profitaient de leurs débuts de vacances au jardin Ferdaous ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait ce premier jour de Karacena. Mi-effrayés, miémerveillés, mûs par la curiosité, les petits slaouis ont suivi avec intérêt la chorégraphie de Valérie Lamielle qui rappelait fortement la fameuse Danse de la sorcière de l’allemande Mary Wigman. Ces “présences mutiques, figures intemporelles, vivantes par delà les âges, comme suspendues” ainsi que les décrit Valérie Lamielle, succédaient aux acrobaties des voltigeurs de la Compagnie de la Bascule qui ont ouvert le bal.

Place Bab Hsaine Après s’être perdu dans les ruelles de la

médina, suivant à l’aveuglette les jongleurs et voltigeurs de la Compagnie de la Bascule, le public saloui s’est retrouvé sous les arbres de la place de Bab Hssain où Valérie Lamielle enchainait avec un autre tableau de sa saynète “Safari chorégraphique” mis en scène et en musique par ses soins, en collaboration avec Hervé Diasnas. Ceux qui avaient réservé des places ont pu bifurquer vers le Grand Menzeh où la compagnie franco-italienne Circo Zoé faisait rêver son public, en les transportant dans les recoins du riad au fil des numéros.

Place Lalla Aicha Après Circo Zoé, retour à la place Bab Hsaine où le spectacle Fuego assurait une première partie de son spectacle. Acrobates, roue Cyr et joueurs de feu ont illuminé la place et rempli d’étoiles les yeux du jeune public qui entourait les artistes de la Compagnie Acroballes. C’est là qu’apparaît Charlie Bardelot sur ses échasses, avec des allures de rock star. Gambadant lestemment parmi les enfants agglutinés autour de lui, Charlie ouvre un livre enflammé, puis entonne une chanson indienne que les petits n’ont pas manqué d’apprendre et de répéter avec lui les jours suivants. “Les enfants étaient tout excités, ils hurlaient presque d’émotion quand, invité à entrer dans un riad par des

habitants de la médina, ils m’ont vu grimper les marches de la bâtisse. C’était un moment extraordinaire”, raconte Charlie, qui n’hésitait pas à improviser lors de ses apparitions. Tous les soirs, Charlie, ses acolytes d’Acroballes et quelques apprentis de Shems’y ont guidé une horde de joyeux et turbulents enfants, habitants de Salé et public venu de Rabat vers la place Lalla aicha, où se déroule la plus grande partie de Fuego.

Medersa de Salé Après une fin en apothéose, entre feux d’artifices et musique entrainante, quelques personnes bien informées du public se dirrigent vers la Medersa de Salé, dès que l’appel à la prière du îcha est prononcé. Dans cet ancien lieu de culte et d’apprentissage à la beauté architecturale manifeste, construit par les mérinides, des apprentis de l’Ecole nationale du cirque Shems’y entrepennent une bien surprenante chorégraphie. La danse, tout à fait correcte, est accompagnée de Sourate Al-Jinn, extrait du coran narrant comment les Djinns, ayant entendu par hasard lire les paroles sacrées, se convertirent à l’islam. S’ensuit un numéro de trapèze bien maîtrisé d’une jeune apprentie de l’école Shems’y charmant les spectateurs qui n’ont pas tari d’éloges à la sortie du spectacle.

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CULTURE

Café Politis,

La recette du succès

Entre 250 et 300 jeunes assistent chaque mois aux débats du Café Politis.

PHOTO : LORENZO SALEMI

Le dernier jeudi de chaque mois, Twitter s’enflamme : de nombreux posts rapportent des petites pépites collectées en live lors des débats de Café Politis. Lancé il y a plus d’un an par l’association Marocains Pluriels, Café Politis ne cesse de faire parler. Ahmed Ghayet, normalien de formation, activiste détenteur du Ouissame Alaouite et l’un des fondateurs du Café Politis, nous éclaire sur les secrets du succès de cette manifestation politique et culturelle. PROPOS RECUEILLIS PAR RIM BATTAL

Pourquoi le Café Politis ? Outre la promotion des valeurs de diversité, de tolérance, de partage et d’ouverture sur l’Autre… l’association Marocains Pluriels milite pour l’engagement de la jeunesse. Dans nos différentes actions dans les quartiers, les facs. Lors de nos manifestations culturelles, nous avons constaté à quel point les jeunes éprouvaient de la méfiance –voire de la défiance- vis-à-vis des hommes politiques et en même temps nous avons pu voir que si l’on parlait beaucoup de la jeunesse on donnait en fait peu d’occasions de s’exprimer à la jeunesse elle-même. D’où notre idée d’organiser une Agora, à ciel ouvert,

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où l’entrée est libre et où nous offrons à la jeunesse un espace pour dialoguer (...) avec les responsables politiques du pays. C’est ainsi qu’est né le concept ! Nous avons pensé à un lieu magnifique qui se prête merveilleusement à cet exercice : l’Esplanade de la Sqala, et grâce à un partenariat avec l’association Sqala nous avons pu réaliser notre objectif, et donc le dernier jeudi de chaque mois, quelques 300 jeunes, et moins jeunes aussi, peuvent venir dialoguer avec des ministres, des députés, des responsables de partis, des élus mais aussi des figures de la Société Civile.

Le succès a-t-il été au rendez-vous ? Peu de personnes ont cru en notre initiative au début, mais nous, nous y avons cru ! Nous étions en plein Printemps Arabe, la Tunisie et l’Egypte étaient à feu et à sang et au Maroc les manifestations de rue dénonçaient, certes, mais ne proposaient rien… Lors des premières éditions les politiques ont regardé notre Café Politis avec circonspection mais d’emblée le concept a séduit les jeunes, qui en quelque sorte se sont approprié l’espace. Le succès a suivi. A chaque édition nous rassemblons entre 250 à 300 jeunes, Hit Radio retransmet le débat en streaming et la présence de nombreux blo-


gueurs influents nous permet de décupler l’audience, que ce soit Anas El Filali, Sanaa Elaji, Reda El Ourouba et bien d’autres...

Café Politis a-t-il réussi à rétrécir le fossé entre jeunes et politiques ? Comment procédez-vous ? Il s’agit là d’un long processus (...) mais nous avons enclenché la machine. Les jeunes et les politiques échangent, se confrontent, s’apostrophent lors du Café Politis et petit à petit nous voyons des préjugés, des à-prioris tomber, des barrières se briser…C’est un exercice de démocratie directe, de démocratie participative unique et spécial, avec une atmosphère très conviviale, un décor superbe et sans protocole, et beaucoup de spontanéité… Le fait que nous ne demandions ni inscriptions, ni invitations et que le Café Politis soit un lieu ‘Pluriel’ où se côtoient plusieurs générations, plusieurs origines, où se côtoient des jeunes venant de l’ancienne médina, des quartiers populaires ou du Mâarif, qu’il y ait des étudiants, des blogueurs, des jeunes « en rupture » scolaire, des garçons, des filles…fait que chacun y trouve sa place et s’y sent à l’aise.

“Au bout de 13 éditions, nous pouvons être satisfaits du bilan : plus de 50 heures de débats, quelques 60 intervenants et plus de 3000 participants.” Comment définissez-vous les débats du mois ? Comment choisissez-vous les intervenants ? Au sein de Marocains Pluriels nous sommes divers, c’est ce qui constitue notre force : par exemple, que ce soit Younes Boumehdi (DG de Hit Radio), Driss Jaydane (Ecrivain),Salim Jebari (Directeur d’une agence de Communication) ou bien Hassan Harrat (Commerçant)… (parmi la dizaine de Membres Fondateurs) nous avons de fortes valeurs communes et des ancrages dans la société, différents, ce qui nous permet de faire remonter diverses sensibilités du terrain. De plus Younes et moi-même sommes en contact permanent avec la jeunesse, donc nous choisissons nos sujets en fonction de l’intérêt des jeunes, en fonction de l’actualité mais aussi en nous basant sur les discussions passionnées et passionnantes qui s’échangent sur notre groupe Facebook. Une fois le sujet choisi, nous contactons les intervenants qui nous paraissent les plus

“Dieu, la Patrie, le Roi’’ est clairement assumé, et puis notre Association « Marocains Pluriels » n’a plus à faire ses preuves” Ahmed Ghayet

adéquats pour ce thème… En fait c’est beaucoup de travail et le rythme du Café Politis – mensuel- nous tient en haleine perpétuelle. D’ autant plus que nous nous efforçons à chaque édition d’inclure dans les ‘’figures’’ connues invitées un ou deux nouveaux jeunes visages.

Café Politis fêtait sa première année d’existence il y a peu, quel est le bilan des douze derniers mois? Au bout de 13 éditions, nous pouvons être satisfaits du bilan : plus de 50 heures de débats, quelques 60 intervenants et plus de 3000 participants. Ceci dit, il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers et toujours innover, c’est pourquoi à la rentrée –dès Septembre- nous allons proposer une nouvelle formule du Café Politis, dont le format sera celui d’une émission de télévision. Des moments forts ont marqué cette 1ère année du Café Politis, que ce soit ce moment où Marocains Musulmans et Marocains Juifs se sont retrouvés sur l’esplanade de la Sqala pour évoquer “Ce qu’est être Marocain aujourd’hui” alors que des pays voisins s’embrasaient, ou encore cette édition où Sanaa ElAji est venue parler de la condition de la Femme dans un plaidoyer extrêmement fort, mais aussi la projection du film “Le retour des branches à la racine” (histoire secrète de la Marche Verte) avec de grands témoins de l’époque… Et puis bien sûr tous ces jeunes qui, grâce au Café Politis, nous disent qu’aujourd’hui ils s’intéressent à la politique, ceux qui viennent nous annoncer qu’ils ont rejoint tel ou tel parti, qu’ils ont créé une association… Cela nous donne l’énergie nécessaire pour continuer, c’est passionnant de contribuer à l’implication des jeunes dans la vie de la Cité !

Dans la présentation de Café Politis sur le site vous dites : “Ni volonté d’endoctrinement, ni tentation d’embrigadement “. Vous a-t-on taxé de démagos ? Non, on ne nous a pas taxés de démagos. D’abord parce que très vite, tout le monde a pu constater que nous ne cherchons pas à inciter les jeunes à s’encarter dans tel ou tel parti mais à s’engager : Que ce soit en politique, ou dans le mouvement associatif, ou dans une cause...là où les mèneront leurs convictions ! Nous ne cherchons pas à influencer le jeune pour qu’il vote pour tel ou tel candidat mais pour qu’il utilise son droit de vote. Ceci dit il est clair que le succès du Café Politis ne nous a pas valu que des amis, nous avons subi bien des rumeurs avec tout ce que cela a d’insidieux. On nous a accusé de rouler pour tel parti ou tel autre, on nous a dit que nous étions ‘’subventionnés’’…bref les accusations bidon de ceux qui envient le résultat de notre travail. Nous nous sommes contentés de continuer notre travail militant et bénévole, car seul le travail prouve la bonne foi. Nous réglons nous-mêmes, ainsi que l’association Sqala, les frais d’organisation que nous réduisons au minimum, nous invitons toute la palette de politiques qui agissent dans le cadre des institutions et notre attachement à la devise de notre Nation : ‘’Dieu, la Patrie, le Roi’’ est clairement assumé, et puis notre Association « Marocains Pluriels » n’a plus à faire ses preuves, en quatre années d’existence, de présence sur le terrain et surtout de total dévouement envers la jeunesse de notre pays, nous avons gagné sa confiance, et cette confiance il faut la mériter.■ AOÛT-SEPTEMBRE 2012 / NUMERO 6

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Culture Cinoche Film du mois

The Dark Knight Rises. Un film de Christopher Nolan, avec Christian Bale, Gary Oldman, Tom Hardy

Action-Drame -

Durée : 2 h 44

par Jalal Boukhari

Il

y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S'accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée de Gotham City grâce à l'arsenal de lois répressif initié par Dent. Mais c'est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l'arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l'exil qu'il

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s'est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n'est peut-être plus de taille à affronter Bane. Notre avis

Christian Bale reprend enfin du service en ressortant sa panoplie d’homme chauve-souris hyper équipé et il semble toujours aussi affuté pour le rôle de Bruce Wayne. Mais ce qu’il y a de mieux dans la trilogie Batman de Christopher Nolan, se sont les méchants. Bane, le méchant de ce dernier opus, remarquablement interprété par Tom Hardy (Warrior), est une sorte d’Hannibal Lecter sous stéroïde au charisme hypnotique, dont

le but ultime est de détruire Gotham City. Pourquoi ? On ne sait pas trop mais on comprend au fur et à mesure du film qu’il ne faut pas trop contredire le bonhomme puisqu’il en vient à briser Batman en deux, le rendant tétraplégique ! Batman va t’il vaincre Bane ? Telle est la question ! On ne se fait pas trop de soucis pour lui, le prochain épisode est déjà en tournage. En tout cas ce dernier Batman est sans doute l’un des meilleurs, avec en plus un dénouement inattendu, on en oublie presque la prestation d’Heath Ledger, le méchant Joker de l’épisode précédent. ■


Blanche-Neige et le chasseur.

Bel-Ami.

CHARLIZE THERON

THURMAN, KRISTIN SCOTT THOMAS

RÉALISÉ PAR : RUPERT SANDERS AVEC KRISTEN STEWART, CHRIS HEMSWORTH,

Blanche-Neige, la plus belle fille du royaume, vient de perdre sa mère. Elle vit désormais seule avec son père. Celui-ci, rempli de chagrin, ne cesse de penser à sa femme. Pourtant un jour, lors d'une bataille, il découvre une femme si belle qu'il décide aussitôt d'en faire sa nouvelle épouse. La belle-mère de Blanche-Neige possède une beauté inégalée. Mais tout ira mal car ce que le plus beau sang peut faire, un sang plus beau et surtout plus pur encore peut le défaire. Notre avis

RÉALISÉ PAR : DECLAN DONNELLAN ET NICK ORMEROD, AVEC ROBERT PATTINSON, UMA

A Paris, à la fin du XIXe siècle, Georges Duroy, jeune homme ambitieux, est déterminé à se hisser au sommet d’une société qui le fascine. Des mansardes miteuses aux salons les plus luxueux, usant de son charme et de son intelligence pour passer de la pauvreté à la richesse, il quitte les bras d’une prostituée pour ceux des femmes les plus influentes de la capitale. Dans un univers où la politique et les médias mènent une lutte d’influence acharnée, à une époque où le sexe est synonyme de pouvoir et la célébrité une obsession.

Piégée.

RÉALISÉ PAR : STEVEN SODERBERGH, AVEC GINA CARANO, MICHAEL FASSBENDER, EWAN MCGREGOR

Agent d’élite, Mallory Kane est spécialiste des missions dans les endroits les plus risqués de la planète. Après avoir réussi à libérer un journaliste chinois retenu en otage à Barcelone, elle découvre qu’il a été assassiné – et que tous les indices l’accusent. Elle est désormais la cible de tueurs qui semblent en savoir beaucoup trop sur elle. Mallory a clairement été trahie. Mais par qui ? Et pourquoi ? Notre avis

Notre avis

Les pauvres frères Grimm ont du se retourner dans leurs tombes…Que reste-t-il du conte de notre enfance ? Pas grand-chose, ce qui est bien dommage car ont aurait pu s’en tenir à l’histoire d’origine, le résultat n’aurait surement pas été pire. Ce Blanche Neige est une sorte de fusion entre le Seigneur des anneaux et Jeanne d’Arc, ce qui donne un sentiment de déjà-vu. Malheureusement les producteurs de ce genre de film préfèrent toujours investir dans les effets spéciaux que dans les scénarios, ce qui commence vraiment à se ressentir. Pour le casting, Kristen Stewart (Twilight) en blanche neige un peu fadasse, Chris Hemsworth (Thor) en chasseur de blanche neige pas trop malin et pas trop méchant. Et Charlize Theron en belle-mère diabolique et peroxydée, impeccable. ■

Tiré du roman éponyme de Guy de Maupassant, Bel-Ami dresse le portrait d’un jeune homme ambitieux et arriviste qui grâce à sa beauté et à sa malice arrive à se frayer un chemin jusqu’au sommet de la société parisienne, tout en étant aidé par des maitresses peu farouche, qu’il conquit et trahit au fur et à mesure de son ascension. Dans le livre, Maupassant s’était amusé à décrire les liens étroits entre le capitalisme, la politique, la presse mais aussi l’influence des femmes alors privées de vie politique suite à un décret de Napoléon III. Sur tous ces points le film est plutôt fidèle au roman. Malheureusement, Robert Pattison en Georges Duroy un jeu d’acteur mono-expressif, on a presque envie de lui filer des vitamines en intraveineuse histoire qu’il se bouge un peu, quel dommage ! L’après Twilight s’annonce donc difficile pour ce pauvre Robert. ■

Les rôles d’espion musclés et virils étaient jusque là plutôt réservés aux hommes, Steven Soderberg lui, a trouvé une femme capable de rivaliser avec les plus grands acteurs du genre. Gina Carano, qui joue le rôle principal de Mallory Kane, est une championne de MMA (Art martiaux mixte) dans la vrai vie. Elle illumine littéralement ce film par son panache, faisant oublier la fadeur du scénario qui rabâche des thèmes classiques : trahison, poursuite et vengeance. Pendant tout le film, Gina en fait voir de toutes les couleurs à la gent masculine en leur infligeant de sévères corrections. En effet, Gina Carano met à mal les muscles de Michael Fassbender, Ewan McGregor et même Antonio Banderas dans des scènes de combats à couper le souffle. Piégée n’est sans doute pas le meilleur film de Soderbergh, cependant, on peut dire que c'est “un bon moment de cinéma”. ■ août-septembre 2012 / nUmero 6

Metropolis

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CULTURE livresse CETTE RUBRIQUE VOUS EST PROPOSÉE PAR :

Les étoiles de sidi Moumen

LIVRE DU MOIS

MAHI BINEBINE EDITIONS LE FENNEC PAR JULIEN CASTERS ET GHB

L’EXTRAIT “Le soleil tapait fort sur les remparts couleur pêche. Les oiseaux gazouillaient comme si de rien n’était. Les voitures allaient et venaient en dégageant des trainées de gaz noir. Quelques ânes au ventre creux tiraient péniblement des charettes déglinguées, chargées de tout et de n’importe quoi. Des cyclistes remontaient la pente en soufflant. Enfin, l brouhaha ordinaire d’une journée ordinaire. Derrière nous, Sidi Moumen et ses camions à ordures, sa décharge et ses pauvres gens. A quoi pensions nous alors, je ne saurais le dire. Sans doute à rien. Nous portions nos ceintures du paradis autour de nos coeurs battants, en attendant la délivrance. Une longue étreinte et ces mots qui, aujourd’hui encore, résonnent étrangement dans mon esprit : • On se retrouve là-haut, Yachine. • Oui, Youssef, là-haut. C’était la première fois que je l’appelait par son vrai prénom. Il m’avait souri en esquissant un mouvement des bras qui disait la résignation. Le bus de notre groupe était parti en premier.” LE LIVRE : C’est dans les méandres de Sidi Moumen, quartier malfamé de la tentaculaire Casablanca, que Moh a vu le jour. Dans une fraterie de dix, Moh est surprotégé par son frère Hamid, et élevé tant bien que mal par sa mère maniaque de l’hygiène et de l’ordre, malgré l’extrême pauvreté de leur logis. Moh est un rêveur. Il rêve d’être Yachine, illustre gardien de but dont les exploits sont racontés et sublimés à travers tout sidi Moumen. C’est ainsi que Moh est devenu Yachine,

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meilleur gardien de but de Sidi Moumen, trainant ses savates dans la décharge de son bidonville, esquivant bagarres d’adolescents rendus furieux par la pauvreté et l’analphabétisme, cherchant l’alternative. Une alternative qui se présentera sous le nom d’Abou Zoubeir, son chapelet et ses scéances de Kung-fu qu’il enseignait à Yachine et ses amis, si ceux-là consentaient à accomplir les cinq prières quotidiennes. Le début d’une lente descente vers l’enfer de la radicalisation. ■

Metropolis NUMERO 6 / AOÛT-SEPTEMBRE 2012

Notre avis

Y

achine, ce candide jeune homme, Hamid son frère, Nabil, Azzi, Fouad et les autres, ces fragiles étoiles de sidi Moumen, c’est l’histoire de tous ces jeunes laisséspour-compte, proies faciles à tous les radicalismes pourvu qu’on leur prenne la main, qu’on leur promet un ailleurs plus clément que les taudis où ils sont nés, où ils ont grandi, qu’on leur promette le paradis. A travers Les étoiles de Sidi Moumen, à travers ses anecdotes et ses tableaux peignant la misère la plus absolue, à travers les drames qui ne trouvent pas d’oreille solidaire, Mahi Binebine nous ouvre les yeux sur une autre facette du terrorisme, sur la réalité de ces autres victimes dont on ne parle pas. ■


FACTOTUM

LA VIE DEVANT SOI

RIEN DE GRAVE

CHARLES BUKOWSKI

ROMAIN GARY

JUSTINE LÉVY

LE LIVRE DE POCHE

LE LIVRE DE POCHE

LE LIVRE DE POCHE

C

P

près s’être aimés comme des fous, d’un “amour insolent et solaire”, Louise et Adrien ont fini par rompre. Quoi de plus difficile et douloureux que de séparer “ce corps à deux têtes, cette âme à deux corps” ?. Une femme, la sulfureuse Paola est arrivé à briser ce couple qui s’aimait comme deux enfants. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Louise perd sa grand-mère qui l’a élevée, apprend que sa mère se bat avec son cancer et se bat elle-même contre son addiction aux amphétamines. ■

hinasky est un indétronable pillier de bar. Il égrenne les alcools, les petits boulots mal payés où on l’exploite et qu’il quitte sans crier gare et les nuits dans les draps à l’hygiène douteuse d’inconnues très peu fréquentable. Vivant de solitude et de bières fraiches (ou pas), Hank Chinasky fuyait le monde en voyageant de ville en ville sans but, sans dieu ni maître. Factotum, c’est l’histoire d’une homme à tout faire qui ne savait pas faire grand chose. A part, bien entendu, écrire. ■ Notre avis

Si S Hank Chinasky a appris pour la première fois f à l’école, comme il nous l’explique dans Factotum, qu’il était un imbécile, on apprend F nous, au fil des pages, qu’il est loin de l’être. Seulement, travailler lui était insupportable. “La seule pensée de m’asseoir en face d’un type derrière un bureau pour lui dire que je cherchais un boulot, que j’étais qualifié, c’était trop pour moi”. Ce même Chinaski qui évolue dans un univers à aux odeurs rances d’urine, de sueur et de vin cuvé n’est autre que le fameux Charles Bukowski. Amateur de livres et de musique classique, cette brute tendre est une des rares à avoir si joliment célébré la femme et dénoncé “le travail”. On le comprend aisément dans Factotum où le fil de la fiction est très difficile à démêler de celui de l’auto-biographie. ■

eut-on vivre sans amour ?” demande le petit Momo à monsieur Hamil. Celui-ci répond “oui”, en baissant la tête. Mais Momo ne veut rien savoir, il a l’amour de Madame rosa, cette vieille prostituée juive à la retraite, qui s’occupe d’enfants de prostituées et les élève selon la religion de leur génitrices. Madame Rosa n’a peur que deux choses : Hitler et le cancer qui la ronge. Et Momo est bien décidé à ne pas la laisser mourir dans un hôpital. ■

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Notre avis Notre avis

De toute l’histoire du Goncourt, Romain Gary est le seul à l’avoir décroché une seconde fois en 1975 à la sortie de La vie devant soi, sous le pseudo d’Emile Ajar. Le petit Momo maladroit, idéaliste et coriace, vieillit d’un coup quand il apprend qu’il a quatre ans de plus qu’il ne pensait et nous attendrit lorsque, découvrant le doublage dans le cinéma, rêvera de pouvoir appuyer sur un bouton et tout recommencer. Recommencer la vie sans le cancer de Madame Rosa. La vie devant soi est drôle, tragique et visceral à l’image de la vie de Gary. A lire sans modération. ■

Rien de grave, c’est Justine Lévy (la fille de Bernard Henry-Lévy) qui, sous pseudonymes, essaye de dédramatiser sa rupture avec Raphael Enthoven, l’amour de sa vie, parti avec Carla Bruni qui avait une liaison avec son père, Jean-Paul Enthoven. Justine nous décrit avec brio le narcissisme de Raphael, son obesssion à tuer le père. Elle nous raconte également comment elle a sombré dans la drogue, sa myopie et sa timidité qui frôlent l’handicap, la présence de son père en super-héro dans sa vie. Ecrit dans un style simple et saccadé, Rien de grave nous plonge dans l’intimité des Lévy, Enthoven et Bruni. Sa lecture relève du voyeurisme, mais l’on a qu’à assumer. ■

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CULTURE DVD & Music CETTE RUBRIQUE VOUS EST PROPOSÉE PAR : DVD No country for old man. Réalisé par Etan et Joel Coen avec Javier Bardem, Josh Brolin et Tommy Lee Jones

DVD Liza. Réalisé par Marco Ferreri avec Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni.

No country for old man

Liza (Classique)

Notre avis

Notre avis

Alors qu’il chassait près de la frontière américo-mexicaine, Llewellyn Moss (Josh Brolin) tombe sur un monceau de cadavres éparpillés entre des voitures couvertes de traces de balles, une grande quatité de drogue, une valise pleine d’argent et un survivant qui lui demande de l’eau. Llewelyn récupère l’argent, rentre chez lui, puis décide de retourner donner à boire à cet homme tout en étant conscient de commettre l’acte le plus stupide de sa vie. La vie de Llewelyn ne sera plus jamais la même. No country for old man, c’est l’histoire d’un gentil et intelligent chasseur, poursuivi par un tueur (Javier Bardem), psychopathe, poli, et homme de parole. Avec des plans extrêmement lents entrecoupés d’actions brutales et surprenantes, les frères Coen nous décrivent la fatalité du destin avec une esthétique à couper le souffle. Prix : 220 dhs

Blasée de son existence aisée, la belle Liza (Catherine Deneuve) décide de tout plaquer sur un coup de tête, alors qu’elle est en croisière sur un yacht avec ses amis, tout aussi riches. C’est alors qu’elle rejoint à la nage, l’île la plus proche. Elle y rencontre Giorgio (Marcello Mastroianni), propriétaire du rocher, qui y vit seul retiré du monde. Après avoir passé la nuit dans une intimité exceptionnelle, Giorgio l’aide à retourner à terre. Liza, déterminée, revient vers Giorgio, tue son chien et entreprend de le remplacer. En tuant le chien, Liza tue le symbole de l’amour inconditionnel, à toute épreuve. Elle chamboulera ainsi la vie paisible de Giorgio. Catherine Deneuve qui était déjà en amour avec Mastronianni, introduits tous deux par Polanski, et ayant interprété tous les deux, avec brio, Ça n’arrive qu’aux autres de Nadine Trintignant, s’illustre dans Liza. C’est d’ailleurs avec Ferreri qu’elle apprendra à être plus elle-même, à être plus décontractée sur les tournages. Prix : 149dhs

DVD Warrior. Réalisateur :Gavin O’Connor, Acteurs: Tom Hardy, Joel Edrgton, Nick Nolte

DVD Inglourious Basterds. Par Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Christoph Waltz, Michael Fassbender

Warrior

Inglorious Basterds

Notre avis

Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. «Les bâtards», nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l’actrice allemande et agent secret Bridget Von Hammersmark pour tenter d’éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l’entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle. Le changement dans la continuité est l’un des fondements de la pensée Tarantinienne. A chacun de ses films, et ce depuis le mémorable Reservoir dogs en 1992, Tarantino n’a jamais céssé de se renouveler et de surprendre la critique. De Pulp Fiction à Kill Bill en passant par Death proof, on retrouve toujours la même touche d’humour et de subtilité, mais dans des styles complètements différents. Inglourious Basterds est plutôt un bon film, quelques clichés ressassés, mais pas trop graves quand on sait que Tarantino aime en jouer. Brad Pitt est excellent dans le rôle du capitaine Aldo Raine, chargé de recruter un groupe de soldats juifs, qui s’avéreront être complètement déjantés et prêts à tout pour en découdre avec les Nazis. Prix :229 dh

Notre avis

Ancien Marine brisé, Tommy Conlon rentre au pays et demande à son père de le préparer pour un tournoi d’arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner une fortune. Personne ne sait ce qu’il espère faire de cet argent. Le propre frère de Tommy, Brendan, décide lui aussi de s’engager dans la compétition pour essayer de sauver sa famille. Entre les deux frères, les années n’ont pas adouci les rancœurs. Immanquablement, les routes de Tommy et de Brendan vont bientôt se croiser. Warriors laisse un sentiment mitigé. Le scénario est d’une lourdeur à faire pâlir un champion d’haltérophilie, les clichés se succèdent scène après scène : deux frères ennemis, un père alcoolique, un ancien combattant de la guerre en Irak, un « méchant russe » (toujours représenté par le drapeau soviétique) qui avait pourtant disparu du cinéma américain depuis de nombreuses années suite à l’arrivée du « méchant arabe »… Mais pour les amateurs du genre, c’est un film esthétiquement beau, avec des scènes de combats à couper le souffle et surtout remarquablement interprétées. Tom Hardy et Joel Edgerton, pourtant presque inconnus du grand public, crèvent littéralement l’écran et font presque oublier les carences du scenario. Nick Nolte est quant à lui impeccable en père alcoolique repenti. Prix :199dh

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Metropolis NUMERO 6 / AOÛT-SEPTEMBRE 2012


CD L Little itt Broken Hearts de Norah Jones

CD M Mona o Bone Jakon de Cat Stevens.

Norah la perfectionniste ! Nora

Le Rock/Folk Ro Halal

Notre avis

Notre avis

Pour son 6ème opus, Norah Jones a décidé de s’octroyer les services de Brian Burton alias « Danger Mouse » (membre du groupe Gnarls Barkley). Ce dernier album, Little broken hearts vient confirmer, après The Fall en 2009, l’orientation beaucoup plus « pop -électro » de Norah Jones , en totale cassure avec le jazz stylé et mélancolique de ses premières années. Pour cette première collaboration, le duo fonctionne plutôt bien, les mélodies de Burton s’accordent parfaitement avec la voix de Jones, notamment sur les morceaux Out on the road et Travellin’on où chacun des deux artistes semble pleinement faire un pas vers le style musical de l’autre. On regrette cependant le côté trop épuré et réglé des arrangements où l’émotion paraît diluée dans un souci de perfection, ce qui fait un peu regretter le style accoustique et suintant des débuts de Norah Jones. Prix :329 Dh

CD U Undlessly n de Duffy

Mona Bone Jakon est une réédition du troisième album de Cat Stevens, sorti en 1970, après que celui-ci se soit remis d’une longue convalescence suite à une tuberculose. Cet album est une bonne occasion de redécouvrir quelques uns des titres les plus connus du chanteur britannique d’origine grecque, dont Lady d’Arbanville, chanson qu’il a écrite suite à sa rupture douloureuse avec l’actrice Patti d’Arbanville . Véritable symbole de toute une génération, Cat Stevens prendra finalement ses distances avec le monde artistique pour se tourner entièrement vers la pratique de l’islam, prenant ainsi le nom de Yusuf Al Islam. Il poursuit sa carrière de chanteur en interprétant des chansons religieuses visant à favoriser la compréhension entre les musulmans et l’Occident. Prix :179 dh

CD T Tagine ag électrique de Mazagan

La nouvelle no Winehouse vous dites ?

Du chaâbi ch à la sauce rock

Notre avis

Notre avis

Après le succès phénoménal de Mercy dès sa sortie en 2009, Duffy revient cette fois-ci avec un album moins punchy. Si vous aussi vous avez rêvé d’une nouvelle Amy Winehouse, après avoir écouté Mercy, les yeux fermés, la voix “rauque” et voilée de Aimee Ann Duffy, voire même- allez soyons fous- une nouvelle Aretha Franklin, vous risquez d’être très déçus par ce nouvel album : Un vrai gâchis. Si la voix est toujours la même (encore heureux !), Duffy a choisi de s’éloigner de sa défunte aînée et très regrettée Amy avec des chansons plus commerciales qui font d’elle juste une autre chanteuse en plus. Pour apprécier Undlessly à sa juste valeur, il vaut sans doute mieux comparer Duffy à Hilary Duff pour espérer s’étonner de la qualité des chansons. Ou encore ne jamais avoir eu vent de Mercy. Souhaitons lui de retrouver le droit chemin, celui de la soul. Prix : 274dhs

Electrique. Un seul mot pour décrire l’énergie de la performance musicale du fameux groupe rock Mazagan, guidé par le désormais célèbre Issam Kamal. Ce tagine musical, concocté dans les studios “House of Virgil” à Amsterdam, remet au goût du jour de purs produits du terroir tels que “Ya labass”, “Sogui bellati”, “Ya sidi Chafi” avec Hamid El Kasri au chant, ou encore “Ayli ayli” reprise en collaboration avec Outlandish, groupe hip hip danois dont le leader, Issam Bachiri est originaire du Maroc. Les nostalgiques de l’époque Hamdaouia ne seront pas déçus. Mazagan arrive toujours à trouver un bon compromis entre le châabi des chansons originales jouées à base de taârija et les instruments plus actuels quand Issam Kamal branche son luth électrique. Tagine électrique, c’est l’album qui nous fait nous trémousser après le ftour sur du Chaâbi Groove, style autoproclamé par Mazagan. On adore. Prix : 17dhs

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CULTURE événement

CINÉMA AFRICAIN: peu de moyens mais beaucoup de talent PAR YASMINA LAHLOU, ENVOYÉE SPÉCIALE À KHOURIBGA

a 15è édition du Festival de cinéma africain de Khouribga (FCAK) s’est déroulée du 30 juin au 7 juillet dernier avec, en compétition officielle pour le Grand prix Sembene-Ousmane, des films venus du Sénégal, Mali, Gabon, Burkina Faso, Rwanda, Angola, Congo… Mais aussi de Tunisie, d’Algérie et d’Egypte. Le Maroc était représenté par « Mort à vendre » de Faouzi Bensaïdi, et « Andalousie, mon amour » de Mohamed Nadif. Présidé par le critique et universitaire Mohamed Dahan, le jury du festival était composé d’éminentes personnalités du 7è art telles que la Française Osange Silou-Kieffer, l’Ivoirien Sidiki Bakaba, le Burkinabè Soma Ardioma, le Camerounais Girard Essomba, la Tunisienne Leila Ouaz et la Marocaine Nafissa Sebai Au menu de cette édition figuraient également des ateliers de montage et

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Metropolis NUMERO 65 / AOÛT-SEPTEMBRE JUILLET 2012 2012

d’écriture de scénario encadrés par des spécialistes marocains et étrangers, ainsi qu’une conférence sur les perspectives du cinéma en Afrique animée par Noureddine Saïl, président de la Fondation du FCAK et directeur du Centre cinématographique marocain [voir encadré]. Lors de cette conférence, les professionnels du 7è art ont insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre juridique, fiscal et institutionnel en faveur de l’industrie cinématographique du continent. Celle-ci étant un levier majeur du développement culturel mais aussi économique. Pour la soirée de clôture du festival, réalisateurs, acteurs et experts du cinéma africain s’étaient donnés rendezvous au complexe culturel de la capitale mondiale du Phosphate pour assister à la remise des prix décernés par le jury. La cérémonie a débuté par un hommage posthume à l’acteur Franco-sénégalais Mouss Diouf, décédé le matin même à l’âge

de 47 ans. Un second hommage a suivi, dédié à la célèbre actrice marocaine de théâtre et de cinéma Mouna Fettou pour l’ensemble de sa carrière. Le prix SembeneOusmane, le trophée le plus prestigieux du festival, a été décerné au film « Bayiri, la patrie » du Burkinabè Pierre Yaméogo, qui traite de l’exil au temps de la guerre civile et raconte l’histoire d’un groupe de rebelles qui tentent un coup d’Etat en Côte d’Ivoire. Un village où vivent essentiellement des Burkinabès est attaqué. Ils sont alors chassés du pays et c’est le début d’un long exil fait de souffrance, solitude, errance et maladie. A l’occasion de cet évènement, le jury a souligné le dynamisme du cinéma africain. « Les films en compétition reflètent un cinéma fort en Afrique, tous sont d’une grande qualité artistique», a déclaré le président du jury Mohamed Dahane. Le cru 2012 de ce festival semble en être une belle confirmation.


Noureddine Saïl Saïl, directeur du Centre cinématographique marocain (CCM) et président de la fondation du Festival du cinéma africain de Khouribga (FCAK)

PALMARÈS DE LA 15È ÉDITION DU FCAK : Grand prix Sembene-Ousmane : « Bayiri, la patrie » de Pierre Yaméogo (Burkina Faso) Prix spécial du jury : « Matière grise » de Kivu Ruhorahoza (Rwanda) Prix du scénario : « Always Brando » de Ridha Behi (Tunisie) Prix de la meilleure réalisation : « Andalousie, mon amour » de Mohamed Nadif (Maroc) Prix du premier rôle féminin : Sheila Mirra et Ciomara Mora dans « Tout va bien » de Pocas Pascoal (Angola) Prix du premier rôle masculin : Saul Williams dans « Aujourd’hui » d’Alain Gomis (Sénégal) Prix du meilleur second rôle féminin : Marlène Longange dans « Viva Riva » de Djo Tunda wa Munga (Congo) Prix du meilleur second rôle masculin : Yonas Pérou dans « Le collier de Makoko » de Henri Joseph Koumba (Gabon)

Noureddine Saïl joue un rôle central dans l’émergence d’une véritable industrie cinématographique marocaine. Après avoir dirigé avec succès la chaîne 2M, il est arrivé en 2003 à la tête du Centre cinématographique Marocain où le bilan de son action est tout aussi positif. Il a notamment permis à la production nationale de prendre un nouvel essor, établi des règles d’attribution d’aides plus transparentes, et soutenu les jeunes cinéastes qui osent traiter de sujets audacieux, voire tabous. Ils ont dit de lui : - Pierre Yameogo, réalisateur de « Bayiri, la patrie » : Ce film burkinabè a reçu le Grand Prix SembeneOusmane : « Noureddine s’y connaît en cinématographie africaine. Il fait du bon travail et essaie de relever les défis et le niveau du festival. A son arrivée, il voulait faire mieux, et il est en train de faire mieux. » - Jean-Claude Mpaka, acteur dans « Le Collier du Makoko » : Ce film gabonais a reçu le prix du second rôle masculin et une mention spéciale du jury : « Il faut rendre honneur à la persévérance encore et toujours renouvelée de Noureddine. Malgré les moments de doute, il a eu le courage de continuer et de réussir à pérenniser ce festival. »

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CULTURE Portrait

El Mostafa Maftah ou l’enfance de l’art PA R YA S M I N A L A H L O U

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on motif favori est des plus ludiques et enfantins : un petit garçon qui joue au cerceau. Il aime à le reproduire, en le variant à l’infini, sur toutes les surfaces – même sur ses cartes de visite ! Oui, l’enfance et ses jeux constituent bien la plus grande source d’inspiration du plasticien El Mostafa Maftah. Bien que né en 1957, il assume pleinement d’être un grand enfant à la capacité d’émerveillement demeurée intacte. C’est loin des quartier Hay Mohammedi et Bernoussi où il a grandi que Maftah a choisi de vivre et d’installer son atelier – là où s’accomplit l’essentiel de son travail : derrière les remparts, face à la mer,

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au fond des ruelles étroites et sinueuses de la vieille médina de Casablanca, terrain de jeu privilégié des enfants du quartier… et matière première du peintre. Cette médina aux murs centenaires, parsemés d’inscriptions et de dessins laissés par les passants, que l’artiste ne se lasse pas de contempler, de scruter, fasciné, à l’écoute de leur langage universel et à la recherche des traces anciennes empreinte des temps révolus. Du legs des anciens aux cris d’amour ou de révolte de la jeunesse, ces murs portent le témoignage des différentes générations qui y ont gravé leur fantaisie du moment. La mémoire de

la médina et de ses habitants, mémoire vivante de pierres, de formes et de couleurs, rappel de leur passage éphémère. Passé et présent se répondent sur les façades qui résistent à la fuite du temps sous la superposition des couches de peintures successives. Le mur devient tableau et inversement. Ce mur hétéroclite constitue bel et bien la toile de fond des tableaux de Maftah qui en reproduit les couleurs primaires (chaux blanche, bleu cobalt, rouge oxyde, terre ocre, jaune safran…) à partir de pigments naturels préparés par lui-même. Il réalise aussi de ses propres mains moules, plâtres


cesse ses œuvres et explorant toujours de nouvelles voies, comme autant de murs en constante évolution. En prolongement, il se tourne de plus en plus vers l’architecture de la médina, ce qui se trouve derrière les façades de ses petits immeubles et de ses maisonnettes, ce qui se se laisse deviner à travers les portails en fer forgé, dont on retrouve les ornements, arabesques et autres motifs Art-déco sur ses toiles les plus récentes. Peintre et sculpteur, El Mostafa Maftah réalise aussi des installations. S’il est aujourd’hui l’archétype de l’artiste bohême,

El Mostafa Maftah dédaigne volontairement les galeries et fait peu d’expositions, préférant se consacrer d’abord à la création,

et autres éléments nécessaires à son travail. On entre dans son atelier comme on entre dans le monde merveilleux de l’enfance. Sur ses toiles, figure d’abord l’univers ludique des filles et des garçons de sa rue : bicyclettes, cerceaux géants, marelles, cerfs-volants, bateaux… à peine esquissés, tracés avec une paille d’acier dont les brins se rouillent au contact de l’air humide, donnant au tableau une vie propre et un aboutissement tranquillement mûri. Cet artiste dédaigne volontairement les galeries et fait peu d’expositions, préférant se consacrer d’abord à la création, en prenant tout son temps, retouchant sans

c’est parce l’art l’a attiré dès sa prime jeunesse. Au début des années 1970, adolescent un peu boy-scout, un peu hippy, il sillonnait souvent le Maroc sac-à-dos et carte Michelin à la main. L’une de ses étapes marquantes fut Essaouira, où il séjourna à la même époque que Jimi Hendrix et côtoie des artistes et amis communs. Il y rencontre surtout celui qui allait devenir son premier maître et lui révéler sa vocation profonde : Michel Vu, le peintre qui a lancé le mouvement pictural des femmes au haïk. Après ses études à l’école des Beaux-Arts de Casablanca (1977-1980), puis à celle de Marseille (1980-1983), Maftah vécut sept ans en Italie où il affina son art tout en participant à quelques expositions collectives. Sa quête d’universel l’a conduit à voyager sur tous les continents, mais ce sont les pays méditerranéens qui ont sa préférence, plus précisément des villes portuaires comme Gênes ou Barcelone et, bien sûr Marseille, Essaouira et Casablanca. D’où les nombreux bateaux dans ses tableaux... De retour au Maroc en 1990, il trouve dans l’agitation populaire de la médina casablancaise une nouvelle piste de travail, hors les murs confinés de son atelier, à côté des enfants qui jouent au cerceau ou à la Marelle. Normal, puisque c’est bien d’eux qu’il se sent le plus proche.■

»3 QUESTIONS À… EL MOSTAFA MAFTAH METROPOLIS : Pouvez-vous présenter votre démarche artistique ? El Mostafa Maftah : Lorsque je travaille, j’essaye de ne pas réfléchir. Je me laisse aller librement. Je veux que ça sorte d’abord, ce n’est qu’après que j’analyse le résultat. Parfois, je comprends, parfois non ! (rires). Je n’ai jamais cherché à avoir un style précis, une manière ou une touche particulière. Je suis dans la recherche et la découverte permanente, ce qui fait que mes travaux me prennent beaucoup de temps. D’ailleurs, en 35 années de pratique, je n’ai pas fait beaucoup d’expositions ; je n’en ai pas le temps, préférant créer plutôt qu’exposer. L’art n’est pas industriel et n’obéit à aucune temporalité. Je ne veux pas être dans l’obligation de produire. Or, avec les galeristes, il faut livrer une quantité donnée, dans les délais…

Parvenez-vous néanmoins à vivre de votre art ? Ce n’est pas facile. Considérez que je suis un artiste bohême qui vit comme il peut. Ni l’argent ni la célébrité ne m’intéressent – même si nous vivons à une époque où la société est devenue matérialiste et à peur de vivre sans argent. J’expose pour moi-même. C’est comme cela que je suis devenu aussi amateur et collectionneur de mon propre art (rires). Il n’empêche que beaucoup de gens connaissent mon travail et des collectionneurs achètent mes œuvres.

Que représente un mur à vos yeux ? Pendant que je me balade dans les ruelles de la médina, j’absorbe un peu de chaque mur. Lorsque j’en regarde un, je vois un mille-feuilles constitué de plusieurs couches de peinture, d’inscriptions et de dessins. Cette accumulation m’intrigue. J’ai besoin de gratter pour savoir ce qui se dissimule en dessous, et je découvre chaque fois une chose sous une autre. Un mur, c’est la dualité par excellence : des dessins d’enfants ont été réalisés autrefois sur ces vieux murs, et c’est précisément cette dualité qui m’attire. Passé et présent se mélangent, se fondent l’un dans l’autre. AOÛT-SEPTEMBRE 2012 / NUMERO 6

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CULTURE Hommage

Les sept histoires et demi du Hay Mohammedi

“Ana l’Hay”, c’est sept histoires et demi “Ana l’Hay”, le quartier, le vivant, celui qui bouillonne, là où ça s’est passé, là où ça se passe. “Ana l’Hay”, c’est l’Hay l’Mohammedi sorti des méandres de l’oubli. “Ana l’Hay”, c’est le documentaire qui, en une heure, redonne un visage plus humain à ce quartier qui a enfanté des artistes, des militants, des sportifs de haut niveau, mais qui a aussi abrité les émeutes sanglantes de 1981, avant d’ ` être complètement jeté aux oubliettes de l’histoire. PA R R I M B AT TA L

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racontées par divers personnages qui ont vécu ou qui vivent encore à l’Hay l’Mohammedi. Sept témoignages extrêmement touchants, portés à l’écran par Chadwane Bensalmia et Yasmine Hadhoumi sous l’impulsion du Conseil national des droits de l’homme (CNDH). Dans une démarche de réconciliation avec les anciens détenus politiques et les laissés-pour-compte, le CNDH projette la réalisation de dix autres documentaires sur autant de régions ou quartiers qui ont subi des dépassements outranciers des droits de l’homme. Projeté en avant-première le 3 juillet dernier au cinéma ABC, “Ana l’Hay” est en somme une sorte de thérapie de groupe dans la continuité avec les actions menées par l’Instance équité et réconciliation (IER).


Sept histoires... Au commencement il y avait les carrières centrales, ou Kariane central. Ensuite il y a eu l’Hay, fief de la résistance, qui lui a valu son nom, l’Hay l’Mohammedi, dont Mohammed V l’a honoré à son retour d’exil. Aujourd’hui, tout ce qui en reste, c’est “une image réductrice, d’un quartier misérable et miséreux dont la seule gloire qui semble avoir subsisté dans la mémoire populaire est l’épopée Ghiwane qui a donné naissance à partir de fin 90 à des artistes comme Barry, tout le reste est balayé par la “malédiction” du centre de détention de Derb moulay Chrif.”, nous explique Chadwane Bensalmia qui poursuit : “Il était d’abord question pour nous de rendre justice à la mémoire du Hay Mohammedi, de lui rendre Toute son Histoire.”. Et pour rendre justice à la mémoire du Hay, Bensalmia et Hadhoumi ont fait appel à la mémoire de ses habitants. Que ce soit l’hajja Fatema Guedmi qui n’a toujours pas enterré son fils, tué lors des évènnements de 1981, à Fatna Lebouih, illustre militante qui a passé sept mois dans les tréfonds de Derb Moulay Chrif, “aux petites filles du kariane qui annoncent nonchalamment qu’elles voudraient déménager aux hraouiynes, parce que c’est plus proche du cimetière et que comme ça, on pourrait enterrer les morts plus vite”, en passant par le boxeur Mohamed Achiq, champion olympique aujourd’hui chauffeur de remorques, ou encore Sakib, l’ancien activiste et une des figures phares du Hay, les sept histoires rapportées dans “Ana l’Hay”, sont autant de facettes de ce vieux quartier. Vieux et fatigué.

... et demi Le demi qui reste, c’est l’autre fils de Fatema Guedmi, ce sont les filles de Fatna Lebouih, c’est la salle de boxe où Achiq enseigne gracieusement aux enfants du Hay les secrets de la discipline, ce sont les poèmes de Sakib... Le demi qui reste, “c’est l’espoir” nous confie Yasmine Hadhoumi, “car au final aucune des histoires que nous avons racontées n’est un chapitre clos.” renchérit Chadwane Bensalmia, émerveillée par la force, la foi, le dévouement, l’authenticité et l’intégrité des personnes interrogées. Leur optimisme, surtout leur optimisme, car c’est cela qu’on comprend lorsque le chanteur Barry nous apprend que “l’Hay ne donne rien, si ce n’est la vibration des anciens”. “Des personnes bien vivantes, des âmes, des cœurs. Chacun vous livre sa vie avec une générosité rare on tombe

Il est d’abord question pour nous de rendre justice à la mémoire du Hay Mohammedi, de lui rendre Toute son Histoire

amoureux des gens que l’on filme (...) lorsqu’on réalise un documentaire” confie Yasmine Hadhoumi, tout aussi touchée par les témoignaes recueillis.

Une image réductrice, d’un quartier misérable et miséreux dont la seule gloire qui semble avoir subsisté dans la mémoire populaire est l’épopée Ghiwane qui a donné naissance à partir de fin 90 à des artistes comme Barry, tout le reste est balayé par la malédiction

“Le seul danger c’est l’oubli” Hormis les témoignages hurlants de vérité, les numéros de CIN de l’équipe du tour-

nage de “Ana l’Hay” en dessous de leur noms sur le générique de fin interpelle. Est-il osé aujourd’hui, voire dangereux de fouiner dans les archives du Hay ? “La vérité n’est dangereuse que pour celui qui s’évertue à la cacher. Mais une fois qu’elle est dite, on se libère se son poids et on peut envisager d’avancer plus sereinement.” nous a répondu Bensalmia. “C’était une proposition de Julien Fouré, l’un des deux monteurs du film que nous avons trouvé tellement juste.” poursuit-elle. Chadwane nous explique ensuite la symbolique des numéros d’identité nationale, voulu comme signe de modernité, du marocain “patriote”, indépendant, “qui ont fini par devenir de simples numéros administratifs réduisant toute l’identité nationale à son versant officiel contrôlable et à une histoire de pouvoir sécuritaire et plus loin économique.”. Pour Chadwane, “Le seul danger à craindre est celui de l’oubli”. Sakib, l’ancien activiste et détenu politique au regard perçant et à la mémoire d’éléphant n’oublie pas. Cependant, il souffle, entre deux bouffées de cigarette, qu’il serait prêt à passer l’éponge et pardonner à son bourreau, sur son lit de mort... en attendant les excuses de l’état. AOÛT-SEPTEMBRE 2012 / NUMERO 6

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CULTURE Actu Stylisme

G pour Ghitta Askrouif La styliste et créatrice de mode Ghitta askrouif peauffine sa nouvelle collection sobrement nommée “G”. En résidence artistique aux anciens Abattoirs de Casablanca jusqu’en octobre prochain, Ghitta Laskrouif, spécialisée de la mode de récup’, prépare son défile pour Festimode 2012 qui aura lieu à Casablanca du 9 au 13 octobre. Hormis le stylisme pur, Ghitta et le styliste Mehdi Filali Khessouane, également en résidence, travaillent sur des ateliers et des installations vidéos pour un évènement qui aura lieu après Festimode. On trépigne d’impatience.

Persepolis Le retour du déprogrammé en streaming ? catimini Prévu dans le programme du festival de Les 25 ans de la Fondation Groupama Gan pour le cinéma en trois dates (7, 11 et 15 juillet), Persepolis a été dicrètement remplacé par Séminaire du manifeste des voleurs et Une vie de chat. Projeté en 2007 au Festival international du film de Marrakech sans encombres, Persepolis, contrairement à la rumeur, n’a pas été censuré par le CCM, mais par la direction de la Cinémathèque de Tanger, initiatrice du festival. Cette dernière promet un communiqué afin d’éclaircir les tenants et les aboutissants de l’affaire. Le film “Sharqiya” de l’israélien Ami Livni a été déprogrammé également, cette fois-ci sous la pression de BDS Maroc, un groupuscule qui oeuvre pour l’exercice de pressions économiques, culturelles et académiques dur Israel. Sales temps pour la culture au Maroc.

Que les cinéphiles se réjouissent : 5 000 films supplémentaires sont enfin tombés dans le domaine publique. Répertoriés sur archive.org, ces films sont téléchargeables gratuitement et surtout légalement à partir du site. Les films, pour la plupart de très bonne qualité, sont également disponibles en streaming. En fouillant bien, les cinéphiles auront accès à des films muets qui datent des années 20, comme le Fantôme de l’opéra (1925), des chefsd’oeuvres de Fritz Lang comme M le maudit, son premier film parlant réalisé en 1931, ou encore Johnny Cash dans le rôle d’un braqueur de banque dans Five minutes to live (1961). Un pâle erzats au défunt Megapload et compagnie, mais on prend avec joie.

Littérature

La petite robe rouge de Berca Lamia Berrada-Berca a été sélectionnée pour la finale du Prix des cinq continents de la Francophonie avec son roman Kant et la petite robe rouge (éd. La Cheminante), prix qui récompense chaque année des fictions d’expressions française. Dans ce roman, Lamia Berrada, écrivaine mais aussi professeure de Lettres Modernes, raconte la burqa et la polémique soulevée autour de ce bout de tissu en France. En compétition avec neuf autres oeuvres, Kant et la petite robe rouge vaudra peut être à son auteure les 10 000 euros de dotation prévus par le Prix des cinq continents. L’heure de vérité est pour le 24 septembre prochain.

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SERIE TV :

Et de quatre pour la Brigade La désomrais célèbre série la brigade revient sur les écrans pour la 4ème fois cette année. Mis à part les quatre nouveaux visages qu’on vous laissera découvrir par vous-même, le comissariat se refait une beauté avec un décor entièrement refait. Réalisée par Adil El Fadili, La Brigade est la première série 100% policière au Maroc. Cette 4ème saison des scénario mieux travaillés, l’urgence des situations est beaucoup plus palpable grâce à une réalisation plus dynamique et plus esthétisante. Le succès de la série revient également au casting qui compte Aziz El Fadili qui incarne le comissaire, Driss Roukh, et la belle Sara Tekaya.


Musique

Tamer Hosni aux Mazagan Nights Les fans de Tamer Hosni sont aux anges. La star de la chanson égyptienne, mais aussi comédien de talent a enflammé la scène lors des Mazagan Nights le 7 juillet. Après avoir répondu aux questions des journalistes, Tamer Hosni a accordé temps et attentions à ses admiratrices et admirateurs en signant autographes et posant pour des photos. On a également pu faire une découverte des plus cocasses : le Maroc compte une drôe d’association, celle des fans de Tamer Hosni. Ses membres sont venus nombreux, fleurs et photos en main, témoigner leur amour pour la star. Tamer Hosni a confirmé aux curieux l’imminence de la sortie d’un nouvel album, qui est toujours en préparation.

Photographie

Dans l’intimité du Maroc Rangées dans une armoire familiale depuis près d’un siècle, légendées et datées pour la plupart par la main même de leur auteur, les photographies de Gabriel Veyre sont enfin sorties au grand jour. Exposées pour la première fois au Maroc, “Dans l’intimité du Maroc”, ce sont des photographies en couleur, prises avec les techniques les plus avancées de l’époque. Venu enseigner la photographie au sultan Moulay Abdelaziz, Gabriel Veyre a réalisé non seulement de très nombreux clichés de paysages et de portraits, mais aussi des reportages vidéo sur différentes curiosités de l’époque, les habitudes des marocains, ou simplement le mouvement dans les rues, l’habillement... des clichés intimes qui vont au-delà de la simple carte postale, mais de sérieux et fiables documents historiques. Bref, une vraie mine d’or. On peut aussi y voir des portraits de Gabriel Veyre habillé en marocain, japonais ou encore mexicain, lors de ses multiples voyages avec les frères Lumière pour lesquels il travaillait avant de poser bagages au Maroc. Gabriel Veyre est également l’auteur de “Dans l’intimité du sultan”, livre sur les habitudes du sultan, la vie de la cours et plus loin, sur le Maroc. Des extraits sont disponible à la lecture ainsi que quelques correspondances de Veyre. Inaugurée à Casablanca en mai dernier, l’exposition continue de faire le tour des grandes villes marocaines. La prochaine étape, ce sera du 8 au 22 août à la galerie Khatibi à el Jadida. A ne pas râter, sous aucun prétexte.

Théâtre

La voix off du Maroc La compagnie Théâtre Aquarium confirme son positionnement engagé, militant. Après le succès de la pièce de théâtre Dialy, théâtre Aquarium revient avec Voix off. Mise en scène par Naima Zitan, d’après les textes d’Abdelkadr Chaoui retravaillés pour le théâtre par Kamari Bachir, Voix off parle de rêve, de démocratie, d’aspirations légitimes à la liberté et la dignité. Tantôt fiction, tantôt réalité, des comédiens qui ont donné ce qu’ils ont dans le ventre, Voix off, jouée le 18 juillet à la salle Bahnini à Rabat, questionne le présent de notre pays et le questionne.

L’université fait son théâtre “Théâtre, jeunesse et société”, c’est le thème de la 24ème édition du Festival international de théâtre universitaire de Casablanca (FITUC). Du 8 au 14 juillet derniers, 16 troupes sont venues de 11 pays différents, dont le Maroc, présenter leurs pièces de théatre, toutes rivalisant de pertinence. Cependant, celles qu’on retient restent la troupe tunisienne venue présenter “Le prix de la liberté” et la pièce de théâtre “Les mariés de la Tour Effeil”, pièce préparée et jouée par des comédiens marocains de la faculté de Ben M’sick et les étudiants américains de l’université Kenissaw de San diego.

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CULTURE Agenda Casablanca Héritages Expo

toute expérience picturale dans sa globalité.Du mercredi 05 septembre au mardi 25 septembre de 09h30 à 19h00 Villa Des Arts de Casablanca 30, Boulevard Brahim Roudani Maârif

Escape ftour

Pour la première fois, le Tahi Beach Club met en avant des ar stes photographes marocains. Une série de photographies du Maroc mais aussi de Paris seront à l’honneur. Quatre ar stes qui ont parcourus le pays et les rues de Paris pour en capter la richesse, la beauté et la diversité. Jusqu’au vendredi 05 octobre 2012 Tahiti Beach Club Boulevard de la Corniche Ain Diab

Liste Noire de Mohamed Romain Ataallah

Jusqu’au samedi 25 août de 09h30 à 19h00 Villa Des Arts 30, Boulevard Brahim Roudani Maârif

Ikken à la Villa des arts Ikken Aissa se libère à chaque exposi on par la recherche de nouveaux lieux ar s ques tout en gardant, dans les méandres de la créa vité, le fil conducteur qui place

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Un our à la Sqala, c'est la promesse d'un moment d'excep on : on se rafraichit après une longue journée sous les feuillages, on apprécie le bruissement de l'eau de la fontaine. Les plats ne sont plus à présenter, ni leur goût exquis ni la fraîcheur des produits. Pour toute réservation : 05 22 26 20 29, 05 22 26 09 60, 06 61 82 01 72 La Sqala, Boulevard des Almohades

Le luth à l'honneur C'est au Tahi beach club avec open Buffet à 320 DH par personne. Pour les moins de 12 ans, 50 % de réduc on et une offre entreprise sur mesure. Réserver en appelant le 06 79 25 25 25 contact@rahalmaitretraiteur.com www.rahalmaitretraiteur.com Tahiti Beach Club Boulevard de la Corniche, Ain Diab

In the Mood for Ftour Mood Café Casablanca vous

La Fonda on ONA organise, à la Villa des Arts de Casablanca, l’exposi on «Ataallah - Ligne noire 1962/2012», une retrospec ve de l’ar ste Mohamed Romain Ataallah.

Sqala vous invite pour le Ftour

convie, pendant tout le mois sacré de Ramadan, à déguster entre amis un Ftour excep onnel. 120 DH la formule tradiƟonnelle. 160 DH la formule Ōour gourmand. Mood Café 75, Angle Boulevard d'Anfa et Rue Jean Jaurès

Tous les jours du 8 au 10 août, la Fnac organise des concerts de luth à la Villa des arts de Casablanca. A par r de 22h, vous pouvez écouter jouer Said Chraibi, Yacir Rami, Younes Fakhar ou encore Abdellah El Miry. Entrée gratuite.

Concours musique Vous faites de la musique marocaine ? Vous avez quatre chansons ou sept composi ons de prêtes ? Jusqu'au 31 décembre vous pouvez poster vos candidatures afin de par ciper au concours de sou en à la créa on musicale marocaine, organisée par le Ministère de la culture. Peut être réussirez-vous à décrocher la subven on de 300 000dhs prévue à ce e effet. Rendezvous sur le site du ministère pour plus d'infos.

Concours musique

Buffet Ftour Aux Crevettes Venez prendre le our et profiter d'un open buffet tout en contemplant un magnifique coucher du soleil au restaurant Aux Creve es ! Prix : 180 Dhs par personne. Réservation : 05 22 79 78 85, 06 26 04 08 25 Aux Crevettes 12, Boulevard L'ocean Atlantique

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Le groupe de fusion Mayara band donne un concert le 17 septembre à la Villa des arts de Casablanca. Depuis 2006, Mayara band n'a cessé d'explorer des sonorités gnaoua, funk, ragga ou encore flamenco, frolant la dub ou le raï.

Entrée : 50dhs Le 17 septembre à la Villa des arts de Casablanca

Les nuits du Ramadan avec le chanteur Alireza Ghorbani

Venez découvrir avec le grand chanteur iranien Alireza Ghorbani, les splendeurs de la poésie amoureuse et mys que de la Perse An que. Sa virtuosité vocale mène aux

fron ères de l'extase.

Ftour et spectacle à 390 DH Samedi 04 août de 20h30 à minuit Sofitel Casablanca Tour Blanche

Rabat Un nouveau souffle pour la calligraphie

L’exposi on « Souffle » révélera au visiteur le secret de la calligraphie, art dont les racines sont ancrées dans notre riche histoire et qui s’impose, aussi bien dans le monde arabe qu’à l’interna onal, grâce à des ar stes confirmés qui n’arrêtent pas d’étonner par un savoir faire respec f par culier, Khalid Bayi, Ahmed Ben Ismael, Mohamed Boustane, Noureddine Chater, Larbi Cherkaoui et Noureddine Daifallah jusqu'au vendredi 31 août Villa des Arts de Rabat 10, rue Beni Mellal Angle Avenue Mohamed V


Ftour au Jardin des roses

Sofitel Rabat Jardin des Roses BP 450 Souissi, Rabat Le Sofitel Rabat Jardin des Roses vous souhaite un bon mois de RAMADAN et vous propose un magnifique our/ dîner à thème tous les soirs au restaurant El Pa o à 420 MAD par personne et pour vos réunions privées à par r de 450 MAD par personne. Prix : De 420 à 450 Dhs Sofitel Rabat Jardin des Roses Souissi

Marrakech Le Summer Group Show

La Voice Gallery Marrakech de Rocco Orlacchio présente à par r du vendredi 25 mai les récents travaux de l'ar ste franco-gabonaise Owanto dans l'exposi on Où allonsnous?. Nom d'ar ste d'Yve e Berger, Owanto est le nom de sa mère et signifie en langue locale « la femme ». Voice Gallery 366, Z.I. Sidi Ghanem

Le Fouquet's au Féminin

Jusqu’au 15 septembre Galerie David Bloch 8 bis, Rue des Vieux Marrakchis

Où allons-nous ?

Jusqu’au samedi 15 septembre Galerie David Bloch 8 bis, Rue des Vieux Marrakchis

La Galerie Design & Co by Bruno prend ses quar ers d'été à l'espace Lounge et au jardin du Fouquet's, avec une exposi on collec ve placée sous le signe de la féminité. On pourra y voir entre autres Les Demoiselles de Marie Lloret, La Femme Barbe-àpapa de Claire Lignon, ou encore les sculptures de Dédouani, Soizic Mar n et Abdel Kibari.

Supakitch chez Bloch

Le Sofitel Marrakech invite ses clients, mais aussi les non-résidents, à prendre le our pendant tout le mois sacré de Ramadan. Au menu, un buffet avec deux formules différentes : la tradi onnelle avec harira, gâteaux marocains, tajines et autres ch'hiwates marocaines et l'occidentale ave viennoiseries et pa sseries.

Ftour à l'Heure Bleue Palais

Chater joue cartes sur table

Le peintre Marrakchi Noureddine Chater accompagnera l'inaugura on du nouveau restaurant et brasserie "La Table Madada" à Essaouira par une exposi on de ses oeuvres. Tous les jours jusqu'au 09 septembre 2012 La Table Madada 7 rue Youssef El Fassi Essaouira

Le ramadan au Sofitel Mogador Ramadan rime aussi avec délices, et au Palais de l'Heure Bleue le chef Ahmed vous sert chaque soir de Ramadan une table garnie idéale pour accompagner la rupture de votre jeûne. Tarif : 230 Dh par personne et 400 Dh pour 2 personnes. Restaurant l'Heure Bleue 2, Rue Ibn Batouta Bab Marrakech

Tanger Le florilège du cirque

L'exposi on collec ve es vale Summer Group Show sera l'occasion de découvrir l'ar ste français Supakitch. Installé à New York cet enfant de la culture hip-hop et manga, commence les graffi s dans les années 1990 et expose pour la première fois en 2000. Ar ste complet et débordant d'idées,

Essaouira

So Ramadan

Tarif : 350 Dhs Sofitel Marrakech Palais Impérial Rue Haroun Errachid, Hivernage

Jusqu’au vendredi 31 août Fouquet's Rue Djebel Alakhdar Bad Doukkala

La Galerie David Bloch accueille une exposi on collec ve qui réunira les œuvres d’Augus ne Kofie, Alëxone Dizac, Heiko Zahlmann, L’ Atlas, Larbi Cherkaoui, Mist, Olivier Ca é, Remed, Sébas en Preschoux, Steph Cop, Jonas « Sunset » Bournat, Tanc, Vincent Abadie Hafez et Yaze.

il a su créer un univers aux influences asia ques, musicales et pop-roman ques en mêlant différentes techniques, un véritable Dj de l'image !

Aprés Marrakech et Mohammedia, Circo Florilegio con nue sa tournée et débarque à Tanger. Venez découvrir, avec vos bambins, l'art du cirque italien, grâce à des ar stes venus des quatres coins du monde. Horaires : Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi - 19:00 Samedi - 16:00 et 20:30 Horaire Ramadan : tous les jours à partir de 22:30 Tarifs : de 60 à 200 Dhs Contact : 06 14 64 07 36 Maladata Avenue Mohammed VI

Le Restaurant Gastronomique du Sofitel vous invite pour un buffet spécial Ramadan tous les soirs du mois sacré. Pour toutes les envies, sucrées, salées, pe ts plats et poissons frais, les crêpes et jus de fruits frais vous a endent dès le couchant dans un cadre magnifique. Prix 250 Dhs Hôtel Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa Domaine de Mogador, Diabat

Table du Ramadan à la Villa Maroc Tous les soirs du mois sacré, le restaurant Villa Maroc vous a end (sur réserva on uniquement) dès le couchant pour la dégusta on de sa table du Ramadan. Dans la tradi on du our marocain, on retrouve toutes les spécialités pour un menu unique à l'heure de la rupture du jeûne. Du vendredi 20 juillet au samedi 18 août de 19h30 à 23h00 Restaurant Villa Maroc 10, Rue Abdellah Ben Yassine

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CULTURE

Le tour du monde

en 20 jours

PA R YA S M I N A L A H L O U, F E L L O W D E L’ A L L I A N C E D E S C I V I L I S AT I O N S D E L’ O N U

D

eux continents (l’Amérique du Nord et l’Europe), quatre pays (les États-Unis, l’Allemagne, la Belgique et la France), six villes (New York, Washington, Philadelphie, Berlin, Bruxelles et Paris). Le tout en 18 jours seulement ! Un périple épuisant, mais intense et passionnant, achevé le 22 mai 2012 et organisé par l’Alliance des civilisations de l’ONU (UNAOC) à destination d’un groupe de jeunes leaders du monde arabe et musulman. L’UNAOC est une initiative du Secrétaire général des Nations-unies qui a pour mission d’améliorer la compréhension et les relations entre les peuples de cultures et de religions différentes. Son programme phare, le fellowship, sélectionne parmi des centaines de candidatures douze fellows issus de la région Moyen-Orient / Afrique du Nord et les invite dans les plus hautes institutions

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internationales afin qu’ils y rencontrent les personnalités-clé et discuter avec elles des questions d’actualité, des crises, conflits et convulsions qui agitent notre planète. Objectif : chercher les moyens d’œuvrer ensemble au rapprochement entre l’Orient et l’Occident. Les douze membres du groupe invité ont pour dénominateur commun d’être tous activement engagés au sein de la société civile de leur pays. C’est ainsi que la blogueuse syrienne Kholoud Mansour, le diplomate jordanien Muaz Abudalo, le responsable environnemental algérien Abdallah Brahimi, l’écrivain palestinien Yousri Alghoul, le cyber activiste tunisien Achraf Aouadi et les représentants de diverses fondations ou ONG - Bashara Dougaish et Mohammad Alshami (Yémen), Roya Farmani (Iran), Saif Al-Sharji (Oman), Haythem Kamel (Egypte), ainsi que Nayla Hajjar (Liban) et

votre humble journaliste (Maroc), ont été reçus par des membres de gouvernement, acteurs de la société civile, diplomates, leaders religieux, et autres hauts responsables au sein d’organismes majeurs tels que la Banque mondiale à Washington, l’Organisation des nations unies à New York, l’OTAN à Bruxelles, le Quai d’Orsay à Paris, etc. Dirigé par le senior advisor de l’UNAOC Jean-Christophe Bas et coordonné par Karima Zerrou - qui est à elleseule un symbole de l’alliance des civilisations et du dialogue des cultures, étant tout à la fois New-yorkaise, Française, Algérienne et Kabyle -, ce programme offre aux fellows l’opportunité de voir concrètement et de l’intérieur comment fonctionnent des institutions qui influent incontestablement sur la marche du monde, et de participer à de nombreuses réunions pour échanger et débattre de la montée de l’islamisme après les révolutions arabes, l’Iran d’Ahmadinejad, la démocratie et les droits de l’homme, le dialogue inter-religieux et bien d’autres questions cruciales...Ce 22 mai dernier, au terme du programme de l’UNAOC, voyant les fellows retourner dans leurs pays respectifs, je fis un rapide inventaire : Yousri retournait à Gaza auprès de son épouse et de ses quatre enfants pour retrouver un quotidien fait de coupures d’eau et d’électricité fréquentes, de 20 km de marche à pied par jour pour se rendre à son travail et en revenir, d’embargo sur les produits de première nécessité… Mais avant d’arriver à Gaza, Yousri devait aussi d’abord transiter par le Caire où les autorités policières l’obligeraient à rester enfermé trois jours durant dans une chambre d’hôtel près de l’aéroport pour raisons sécuritaires (fermeture des frontières entre l’Egypte et la Palestine en ce week-end tendu de vote des Egyptiens au premier tour de l’élection présidentielle). Sur le chemin de Damas, Khouloud appréhendait son arrivée en envisageant les pires scénarios pour son peuple et pour ellemême sous la tyrannie de Bachar-el Assad. Bashara et Mohammad s’envolaient tous deux pour le Yémen secoué par un dramatique attentat la veille-même de leur départ. De son côté, Abdallah risquait d’être mis à la question par les services de renseignements algériens. Quant à Nayla, elle retrouvait un Liban sous haute tension depuis les violents affrontements confessionnels survenus également quelques jours auparavant. Bref, des contextes politiques, économiques et sociaux guère enviables, où les principes de paix, de sécurité et de liberté étaient à l’évidence malmenés… J’ai alors comparé, relativisé et réalisé que, à la différence des autres fellows, mon avion décollait peut-être bien pour « le plus beau pays du monde ». Toute chose étant égale par ailleurs…■


Style& Allure Rock aux accents romantiques, c’est la nouvelle collection de LA REDOUTE CRÉATION dévoilée en avant-première exclusivement dans Metropolis. Pour la saison automne-hiver 2012, La Redoute revisite les pièces cultes ! Jeux de matières et de transparences, mix des univers pour un effet décalé, on craque pour les robes en dentelle, jupes à sequins et on fait du perfecto l’accessoire indispensable de la rentrée.


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BLOUSE TRANSPARENTE 487,99 Dhs SHORT 365,99 Dhs SAC EN CUIR 975,99 Dhs ESCARPINS 829,99 Dhs VESTE DE TAILLEUR 609,99 Dhs Le tout LA redoute creation à retrouver sur www.laredoute.ma

Photographe. Wahid tajani Mannequins : camelia el ghazi & Sophia Yamani Maquillage : madiha chabrakhit Remerciements à Johanna Stansfield de la Maison Blanche de Casablanca

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TEE-SHIRT DENTELLE 304,99 Dhs PANTALON ENDUIT 609,99 Dhs POCHETTE MULTICOLORE 975,99 Dhs BOOTS 1219,99 Dhs Le tout LA redoute creation à retrouver sur www.laredoute.ma

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MODE

VESTE MOTARD 1585,99 ROBE ASYMETRIQUE 609,99 Dhs BOOTS 1219,99 Dhs Le tout LA redoute creatioN à retrouver sur www.laredoute.ma

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COL AMOVIBLE 182,99 Dhs VESTE BIMATIERE 731,99 Dhs PULL CHINE BRILLANT 304,99 Dhs BRACELET 182,99 Dhs BOOTS BIMATIERES 487,99 Dhs Le tout LA redoute creation à retrouver sur www.laredoute.ma août-septembre 2012 / nUmero 6

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MODE

ROBE EN DENTELLE 487,99 Dhs SALOME 609,99 Dhs Le tout LA redoute creation à retrouver sur www.laredoute.ma

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COL AMOVIBLE 182,99 Dhs TEE-SHIRT DENTELLE 304,99 Dhs JUPE CRAYON BIMATIERE 243,99 Dhs BOOTS FACON PYTHON 853,99 Dhs Le tout LA redoute creation à retrouver sur www.laredoute.ma

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PULL CHINE BRILLANT 304,99 Dhs PANTALON 487,99 Dhs BRACELET 182,99 Dhs Le tout LA redoute creation à retrouver sur www.laredoute.ma

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Metropolis nUmero 6 / août-septembre 2012


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Oriflame nous fait découvrir son eau de toilette puressence by ecobeauty, une immersion totale de beaute et de sensibilité naturelles. Cette célébration joyeuse est basée sur la saveur de la fleur d’oranger, ylangylang délicate et un sentier de vétiver sensuel. Prix 175 DH pour un flacon de 50 Ml.

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Pour celles cel qui veulent booster leur bronzage et se donner un teint sublisime, bronzag Oriflame propose sa fameuse Terracotta pro Powder. Une Un mélange de teintes naturelles et de miel lumineux, cette poudre soyeuse lu vous donne éclat assuré est adapté pour tout type de peaux pea ! Prix 105 DH pour une boite de 9,5g. Un rouge roug à levres en or, tel est le rouge à levres Giordani Gold d’Oriflame, une gamme tres soigné pour un effet de levres en cachemire . Le resultat est une hydratation quii dure du d re toute t tou la journée. Le plus, des couleurs coulleu cou leurs e rs intenses int avec des nuances e un emballage luxueux. classiques et Prix 95 DH pour p un tube de 4g.

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Artde

vivre BIEN ÊTRE

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+ SANTÉ + FOODING + ON S’ÉVADE + AUTO + TECHNO

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SANTÉ & BIEN-ÊTRE Atlantic Palace Hôtel Agadir :

Découvrez le régime Dukan en seulement

7 jours !

L’Atlantic palace hôtel d’Agadir avec son golf, sa thalasso et son casino offre à ses visiteurs l’assurance de vivre l’expérience d’un petit paradis harmonieux sur terre orné de verdure, de chants d’oiseaux et d’une somptueuse architecture en arcades. PAR SAYLI

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S’étendant sur sept hectares non loin de la baie d’Agadir, l’Atlantic Palace Hôtel d’Agadir a été conçu avec des couleurs ocre et embelli de tours crénelées pour offrir une convivialité unique se rapprochant de la médina avoisinante. Les maisons construites dans ce grand espace sont séparées par des ruelles et des patios à l’instar des riads marocains typiques. Au centre du domaine, une immense piscine entourée de palmiers offre à l’ensemble un espace de détente et de relaxation. L’hôtel comporte plusieurs salons majestueux et plusieurs lieux de détente inspirés de l’architecture traditionnelle classique : les porches en saillie, les murs ornés de merveilleux objets d’art des Maalems et des chemins multiples menant tous vers les restaurants du domaine. Des lieux différemment illustrés et meublés pour accueillir les amateurs les plus exigeants de la gastronomie locale et internationale.

Le centre Thalassothérapie et Spa Thalgo offre une gamme complète de soins à la fois avec la thalassothérapie et avec le spa. Il permet d’accueillir jusqu’à 120 curistes par jour dans un endroit opportun pour la relaxation et la sérénité. Dans ce domaine majestueux qui s’étend sur 2 700 m, le centre de Thalassothérapie et Spa Thalgo s’associe avec le célébrissime diététicien, le Dr Pierre Dukan afin d’offrir en exclusivité à sa clientèle deux cures minceur Dukan avec un programme directement inspiré de la célèbre méthode éponyme. Le but étant d’associer l’utile à l’agréable. L’Atlantic Palace Hôtel vous offre un séjour confortable de 7 jours dans son domaine touristique tout en gagnant la bataille contre les kilos superflus. La méthode Dukan a d’ores et déjà été suivie par plus de 50 millions de personnes autour du globe. Son secret réside dans la capacité des utilisateurs à manger avec prévention tout en contrôlant sa faim. Le programme est ouvert au public depuis Avril 2012 sous le contrôle de l’équipe permanente : médecins, coach et animateurs SPA. Doté des normes internationales les plus pointues en terme de qualité d’eau et aux techniques les plus avancées, le centre de Thalassothérapie et Spa Thalgo offre tout d’abord l’expérience du Dr Dukan avant le confort de ses lieux. Un endroit testé pour vous et fortement recommandé! AOÛT-SEPTEMBRE 2012 / NUMERO 6

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ON S’ÉVADE

TANGER

LE BOUILLON DE CULTURE DU MAROC / L’EXHUBÉRANTE On dit d'elle, qu'elle ne ressemble a aucune autre ville du Maroc, qu'elle possede un cachet unique, une aura particulière... Tantot surnommée "Tanger la blanche" tantot "la Colombe du Maroc", Tanger ne laisse personne indifférent. Située au carrefour des civilisations, au croisement de la mer médittérannée et de l'ocean atlantique, Tanger campe une position stratÉgique dans l'économie marocaine. Depuis sa fondation au IV siécle avant JC,carthaginois, romains phÉniciens, berberes , vandales espagnols francais et anglais se la sont aprement disputés mais c'est bien au joyau marocain que cette ville multiculturelle appartient. Fréquentée, peinte, décrite, filmÉe fantasmée par les plus grands artistes de l'histoire, Tanger ne cesse d'hanter l'imaginare collectif. Ocean, mer montagne foret végetation luxuriante, multiculturalisme a la porte de l'Europe,liberté de culte; Tanger la bouillonante, Tanger la sulfureuse, jadis symbole de la beat generation et de tous ses excés se livre à vous. Focus sur un mythe nommé Tanger PA R M A R I A A O U A D

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Comment s’y rendre?

Tanger et le cinéma

Tanger la sulfureuse!

Jouissant d’une position stratégique à seulement 15 kilométres de l’Espagne, Tanger est une ville entre les deux mondes, a mi chemin entre l’Europe et l’Afrique. Pour s’y rendre, rien de plus simple. Que ce soit par les airs, la mer ou la terre, ‘‘Tanger» est une destination phare pour qui voudrait profiter d’un week end insolite loin du brouat casablancais. Située seulement a trois heures de route au départ de Rabat et tres bien desservie par l’autoroute, le train s’avére également une bonne alternative pour tous ceux et celles qui souhaitent prendre le temps de voir défiler devant eux de magnifiques paysages éphéméres. De plus, si vous etes pressés et que vous souhaitez profiter au mieux de votre week end, n’hesitez pas a prendre l’avion. Au départ de Casablanca, les compagnies Jetcost, E-Dreams et Royal Air Maroc proposent des offres à prix compétitfs. Pour ma part, le trajet en avion vaut largement le détour, les pistes d’attérissages étant situés tout au bord de la plage, les sensations sont garanties et le décors atypique d’ores et déjà planté.

Voci l’histoire hors du commun d’une ville devenue mythique grace a ses ecrits, ses peintures mais surtout grace au cinéma qui figea Tanger sous pellicule pour en faire la Macao du Maroc. Il n’y a pas l’Ombre d’un Doute, Tanger aime le cinéma et le cinéma aime à son tour cette petite citée portuaire inimitable. Rendue célébre grace a son décors unique naturel, Tanger l’immaculÉ jouissait d’une réputation sulfureuse fantasmée par l’oeil des réalisateurs aussi fantasques qu’ Antony Curtis et son Voleur de Tanger ou encore Alfred Hitchcock dans l’homme qui en savait trop. Autrefois, durant l’age d’or de Tanger, la ville pouvait se vanter de compter a son actif 14 salles de cinéma parmi lesquelles les célébres Ciné-Americano, le Goya, le Tarik ou encore le Paris qui ont vu s’asseoir sur leurs grands siéges rouges velours d’illustres célébrités.Paul Bowls surnomé «le reclu de Tanger» par l’écrivain Mohammed Choukry ou encore Jimmy Hendrix le génie maudit amoureux Éternel du Maroc, de sa lumiére et de son ame.

Souvent dépeinte comme une ville vivante et éléctrique ou il faut etre, le Tanger des années 30 à 60 était le lieu de prédilection des artistes décadents Écrivains, grands couturier à l’image d’ Yves Saint Laurent, ou simple «hipster» d’aujourd’hui en quete de nouvelles expériences sensorielles. En effet, si le Tanger de l’époque répondait exactement aux attentes de la Beat Generation, ce mouvement littÉraire et artistique né dans les annÉe 50 aux Etats- Unis et precurseur de la liberté sexuelle , de la créativité underground et d’une spritualté quasi paienne.A ce moment là, comme happÉe par cette Énergie nouvelle venue d’une autre route, l’étiquette de Tanger la sulfureuse lui colla alors à la peau.

Refuge de milliardaires blindés et « Dream city» Brassage de culture, meelting pot à part entiére, symbole des libertés personnelles, Tanger en ce temps là était également victime également de sa propre étiquette. Refuge des grosses fortunes, Tanger etait un paradis fisAOÛT-SEPTEMBRE 2012 / NUMERO 6

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ON S’ÉVADE cal pour milliardaires blindés comme ce fut le cas avec la grande heritiére des supermarchés Hoolworth, Barbara Hutton qui possédait une magnifique demeure prés de la kasbah et qui ne jurait que par Tanger.

Tanger d’aujourd’hui !!! Le Tanger d’aujourd’hui n’a rien a envier au Tanger d’hier.Certes, plus moderne, la ville moderne est délimité par le boulevard pasteur bordÉ de large immeuble en tout genre. Magasins, galeries, souk, a Tanger l’on trouve aussi bien des franchises de magasins que des petites échopes de parfum ou des barbiers d’antan. C’est au beau

milieu de ce Tanger moderne que l’on trouve l’endroit le plus insolite de Tanger, communément appelé «Sour Al Maagiz» plus connu comme étant le mur des paresseux ou des hordes de jeunes hommes viennent contempler ce qui leur semble etre l’Éldorado europpéen. Mais, il est inévitable de parler du Tanger d’aujourd’hui sans évoquer Tanger Med, ce grand port marocain mis en service en 2007 bordé par une zone franche d’activite industrielle et logistique. Dans un tout autre registre, Tanger by night demeure toutefois une jolie destination pour les amoureux de la branchitude occasionnelle.

PRATIQUE 1 OÙ DORMIR ?

2 OÙ MANGER ?

La villa Joséphine Située à dix minutes de la place du grand Socco et de la Kasbah et surplombant les hauteurs de la ville, cette maison coloniale tres prisée par les célébrités du monde entier saura rendre votre séjour inoubliable. Avec ses dix chambres et suites dignes des meilleurs relais, la villa Josephine a été construite par Walter Harris editorialiste du Times et elle fut en meme temps l’une des dernieres demeures du Pacha de Marrakech. À partir de 3000 dirhams la nuit jusqu’a 10000 dirhams.

Le Nabab: un restaurant chic ou l’ambiance romantico cosy saura vous émerveillée . Le Nabab propose une cuisine riche et variée tout en raffinement ou l’on peut deguster du bon poisson frais que de succulentes salades aux poulpes ou de tres onnes pates.

Dar Nour ou la première maison d’hôte de TangerSituée dans la Kasbah, cette jolie maison d’hote surplombant la baie de Tanger dispose de trois elles chambres spatieuses à la propreté impeccable et de quatre grandes suites. A partir de 650 dirhams petit dejeuner compris

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La casa de espana: un petit restaurant familial tres bon et sympathique pour savourer des petits plats au bon gout de l’Espagne. De la friture de posson basique aux petites tapas, la casa espana est une adresse surprenante ou l’on peut tres manger dés 50 dirhams. Les endroits ou sortir boire un verre de thé et manger une bonne mignardise ne manquent pas à Tanger. Le cafe Haffa, le café Rif non loin de la cinématheque, le café de Paris et le saut qu’il nous fait subir dans le temps,le cafe Baba ou il n’est pas rare de vor s’y arreter quelques vieux dandy tout droit sortis d’un film d’espionnage.


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FOODING

Les salons Bissat & Living Room. Connu, reconnu et réputé pour son incroyable ftour du ramadan, le Hyatt Regency de Casablanca propose chaque année aux fins gourmets un buffet varié, abondant et luxuriant digne des plus beaux palaces du monde. Afin de profiter comme il se doit de ce moment tant attendu de la journée, deux ambiances vous seront dûment proposées lors de votre réservation. Une ambiance purement marocaine et famillière dans laquelle vous vous sentirez comme dans une belle maison marocaine et un living room plus cosy dans lequel les assises soyeuses vous procureront tout le confort dont vous avez besoin après

une longue journée de jeûne. Cependant, standing oblige, le Hyatt Regency ne s’arrête pas là. Toujours en quete de perfection, le chef Abdelatif Kandil accompagné de sa brigade essaie toujours de créer la surprise en innovant! Dernière innovation en date qui fera sans doute le plaisir des familles; un ftour spécial enfant dans lequel ces derniers pourront profiter comme les grands de recettes originales spécialement conçus à leurs effets. Au programme, brochettes de fruits frais colorées, fontaines de chocolat, barbes à papa, glaces aux moultes parfums surprenants et animations variées attendent les plus petits; pendant que vous parents,

sirotez paisiblement un des nombreux cocktails de fruits sur fond de musique traditionnelle répondant au doux son du kanoon.En effet, la réputation de l’endroit, doublée de la qualité du service et de l’excellent buffet quotdien font du Hyatt Regency Casablanca un des meilleurs ftour de la ville. Aussi, afin de profiter comme il se doit d’un bon ftour en famille ou entre amis, offrez vous une parenthese gustative dans laquelle les differentes saveurs et textures connues ou retrouvées vous apparaitront nostalgie et plaisir comme autant de madeleines de Proust enfouis. Hyatt Regency

PAR MARIA AOUAD

Abdelkader Kandil : le chef Destiné d’abord a une carrière d’interprète , c’est à bord d’un célèbre paquebot français qu’Abdelatif Kandil a ressenti l’envi de faire de la cuisine son metier. Jeune trentenaire à l’allure réservée, Abdelkader Kandil a depuis cuisiné pour les plus grands de ce monde.1er chef de partie au Hyatt Regency Paris Vendome, l’artiste en herbe devenu chef des cuisines du plus prestigieux des hôtels de Casablanca a élaboré un dîner de rêve en l’honneur du mariage de Tony Parker avec l’actrice américaine Eva Longoria. Novateur et avant gardiste, le chef propose chaque mardi et jeudi une escale gustative en Asie et en Espagne afin d’ enrichir de plus belle le buffet oh combien spectaculaire du Hyatt Regency de Casablanca. Fort de son expérience culinaire a travers le monde, il propose egalement une cuisine engagée à base de produit du terroir marocain. En partenariat avec Maroc TASWIK, une structure reconnue oeuvrant pour la défense du commerce équitable.

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L

e ftour du Hyatt régency de Casablanca est une parenthèse gustative qu’il est nécessaire de vivre au moins une fois durant le mois de ramadan. Véritable voyage sensorielle a travers le monde, le ftour du Hyatt est un véritable enchantement. Deux grandes salles sont mises a disposition par l’hôtel pour le ftour du mois de ramadan. Si comme moi vous preferez l’ambiance purement marocaine, et bien faite bien de le préciser lors de votre réservation. Dès lors vous pourrez profiter comme il se doit d’un ftour parfait comme si vous étiez dans une somptueuse demeure traditionnelle. Pour les adeptes d’un ftour simple et agréable le living room saura vous acceuillir comme il se doit avec ses grandes assises et son ambiance trendy à la parisienne.L’un comme l’autre, vous voilà pret a vivre l’expérience du ftour au Hyatt Regency, avec un buffet de qualité ou chaque produit est choisi méticuleusement la veille par notre chef à la rigueur exemplaire. Toutefois, que les férues de harira oeufs chabakiya se rassurent, le Hyatt propose un large choix de mets capable de satisfaire la clientèle la plus difficile, du plus traditionnel au plus insolite. En effet, pour les amateurs de viande et de poisson , de

larges palettes de brochettes aux multiples saveurs sont proposées sur le buffet, des tagines littéralement pris d’assaut par l’exigente clientèle étrangère, des poissons au fours et des déclinaison de petits crousti méli mélo salé de petites gourmandises ramadanesques. Toutefois, le must tant réputé du Hyatt Regency Casablanca est sans aucun doute ses larges plateaux de sushis maquis sashimis en grand nombre que les habitués aiment pardessus tout. En effet, excellent et parfaitement élaborés , les sushis peuvent etre accompagnés d’un bon wok de légumes, de poulet ou de crevettes afin déguster comme tout bon asiatique qui se respecte le poisson cru à jeun. Toutefois fidèle a sa philosophie créatrice et a son engagement envers son pays qu’il aime tant, Abdelatif Kandil,propose chaque jour un plat surprise de la haute gastromie marocaine qui n’est pas sans rappeler les vielles recettes d’antan. Aussi, il n’est pas rare de voir apparaître sur le buffet, la madfouna, célèbre plat de fete de nos aïeux , savant mélange de texture et de vermicelle et de poulet vapeur mais aussi les fameux pieds de voeu appelé Tride en arabe qui ne manquent pas de nous faIre saliver. Si comme moi, vous désirez faire attention à votre

ligne tout en mangeant équilibré sans vous frustrer et bien dirigez vous vers le coté du buffet dédié à la cuisine libanaise. Prenez une grande assiette et servez vous du Fatouch, une salade libanaise rafraîchissante a base de concombre, d’huile d’olive et de de vinaigre, rajoutez y un morceau de pain libanais, quelques cuillerées de tapenade d’aubergine, du taboulé, des fallafelles ainsi que quelques succulentes feuilles de vignes le tout accompagné par un délicieux jus de fuit à l’ananas reconnu pour ses bienfait désoxydants et un morceau de jben bio a zero pour cent de matère grasse. Question dessert, toutes le pâtisseries marocaines sont mises à l’honneur , le mille et uns trous y est particulièrement goûteux tout comme les patisseries libanaises à bases de pistaches. Les brochettes de fruits laissent une agréable touche sucrée après un repas au combien gargantuesque.papaye, kiwis, mangues fruits de la passion mais aussi glace crèpes et gauffres. Le hyatt Regency ne lésine ni sur la quantité encore moi sur la qualité du service qui est irréprochable. A 320 dirhams par personne, le ftour du Hyatt Regency Casablanca dirigée sous la houppette du grand chef Kandill promet encore de nous en faire voir de toutes les saveurs.■ AOÛT-SEPTEMBRE 2012 / NUMERO 6

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AUTO Essai Audi Q3

Audi Q3

un crossover

PAR MARIA AOUAD

bon chic bon genre

Testé par Mourad Zaoui l’acteur made in Morroco le plus en vogue de sa génération!

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AUTO Audi Q3

A nous les petites allemandes!!!

Un petit SUV compact et élégant

c’est au printemps 2011, que l’Audi Q3 a été présenté pour la première fois au salon de Shangai et pour cause le célèbre constructeur allemand aux anneaux métalliques n’a pas fait les choses à moitié. avec ses 5 cylindres et ses 300 chevaux , ce petit cross over aux allures trop strictes et intantinet gentillet est en réalité un véritable engin technologique.Capable d’atteindre en 5 secondes les 100 kilomètres heures, l’Audi Q3 TDI est une voiture mysterieuse qui se révèle au grand jour une fois le contact enclenché.Et pour cause, c’est Mourad Zaoui, acteur au grand coeur et sportif avéré grand amateur de belles voitures et de jolies femmes se prete avec grace et assurance au test drive sur le bitume Casablancais en affirmant haut et fort que les allemandes sont incroyables.Réputée tant pour leurs plastiques de reves, classes et non superficelles que pour leurs qualités intrinsèques alliant puissance et sécurité, les allemandes sont un modèle incontournable de fiabilité et de sécurité.

Possédant quelques airs de famille avec le mini Q5 bien que plus terre à terre et pragmatique; le Q3 n’est pas en reste et apparait comme la voiture idéale pour toutes celles et ceux qui souhaitent un bel engin agréable a conduire, confortable avec une tenue de route exemplaire aussi bien dans les embouteillages que sur autoroutes.C’est en bermuda blanc et veste trendy marine signée Club Costume que Mourad Zaoui se proméne à bord de la Q3 blanche dont il fait vroumer le moteur afin de me signifier la puissance de l’Audi qu’il a entre les mains et qui disons le, n’ayons pas peur des mots lui va à merveille.Avec sa boite automatique et son interieur sobre et finement étudié, l’Audi Q3 EST doptée d’une ergonomie sans faille ET d’un sound système de qualité qui satisfera emplement tous les addicts de musique en voiture.

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De belles finitions, Aves ses larges jantes bien scultées, une face avant sauvage laissant apparaitre une

calandre imposante et son large choix de coloris, la Q3 possède une navigation via google Earth avec les infos trafic, une connexion internet ainsi que le système Quatro ( 4 roues motrices) De plus, le système de direction assisté vaut à lui tout seul le détour tant peu d’effort sont nécessaires aux differentes maneuvres que la conduite en ville exige. Toutefois si vous voulez pousser la technologie de pointe a son apogé et par la meme donner un leger coup de pouce à mère nature en roulant écologique, optez pour le système Audi Drive Sélect disponible en option CAR lui seul vous permettra d’adopter 4 modes de conduites diffrentes parmi lesquels Comfort, Dynamic, Normal et Efficiency qui assure une cosommation rduite de carburant.

Son prix? Avec une entrée de gamme a 30 millions de dirhams, L’Audi Q3 est une voiture pour toute ceux qui ont de la personnalité réhaussée par une touche de malice.


Mourad est habillé par Club Costume Casablanca ( Angle rue Assim et rue Ibnou Malik, Racine) Photos : wahid tajani

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TECHNO CETTE RUBRIQUE VOUS EST PROPOSÉE PAR :

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3 1-OLYMPUS 1 OLYMPUS VH VH-210 210

2-SAMSUNG 2 SAMSUNG SH100

3-HP 3 HP R742

4-SAMSUNG ES90

Olympus présente son nouveau modèle, le VH-210. Ce compact aux coloris ravageurs s’affichera bien volontiers au poignet au lieu de rester caché au fond d’une poche ou d’un sac à main. Stylé, performant, ultra-plat... sa facilité d’utilisation donne envie de réaliser des photos. Avec ses côtés arrondi

Le Samsung SH100 est un Compact Numérique disposant d'un capteur CCD. Il a un zoom optique de 5 avec autofocus. Le Samsung SH100 possède un écran 3 d'une résolution de 230000 pixels et utilise une batterie Lithium ion rechargeable . Il mesure 53.9x93x18.9 mm et pèse 110.2 g.

Petit modèle familial, Le Hewlett-Packard R742 est simple d'utilisation et élégant. La mise au point du zoom est relativement lente dans une ambiance de faible luminosité, mais de bonne qualité. Son ergonomie agréable et ses menus très clairs prouvent la simplicité du R742.

Ses fonctionnalités en matière de zoom permettent de capturer chaque image avec précision et de délivrer une qualité d'image d'un réalisme sans égal. Le Samsung ES90 donne une image en haute définition avec une résolution optimale. Cet appareil photo numérique possède une mémoire incorporée permettant de stocker votre image ou votre séquence vidéo.

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5 - Nikon Coolpix L120 il est équipé d'un objectif zoom 21x, avec une couverture précise, du grandangle au super-téléobjectif (équivalent 25-525 mm). Il est doté de quatre fonctions anti-flou qui garantissent automatiquement une netteté optimale ainsi que d’une commande de zoom déportée sur le côté pour une meilleure prise en main. Une commande dédiée permet de basculer aisément vers l'enregistrement de vidéos HD (720p) en stéréo et, grâce à son grand écran de 7,6 cm à haute définition (921 600 points).

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7 7 - Canon Ixus 500 HS Le Canon Ixus 500 HS est un petit bijou qui ne mesure que 56 x 87 x 19 mm : en clair, il rentre dans un paquet de cigarettes ! Le plus incroyable, c'est qu'il abrite un zoom optique 12x polyvalent : 28-336 mm, mode macro 1 cm. Le capteur BSI Cmos de 10 Mpx délivre de belles images jusqu'à 800 voire 1600 ISO et peut filmer en HDTV 1080 24 ips. L'écran LCD de 7,6 cm affiche 460 000 points, le tout dans un écrin particulièrement réussi.

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8 - CANON POWERSHOT SX240 HS Idéal pour tout type d'événement familial, le PowerShot SX240 HS est équipé d'un zoom 20x impressionnant et d'une fonction avancée d'enregistrement vidéo Full HD, le tout dans un boîtier compact. Le Système Haute Sensibilité avec processeur DIGIC 5 et stabilisateur d'image intelligent permet d'obtenir des résultats splendides.

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COM Entreprise Air Arabia nommée deuxième meilleure compagnie aérienne du monde La seule compagnie aérienne du Moyen-Orient à pouvoir se faire une place dans le classement annuel des Compagnies Aériennes les Plus Performantes du magazine Aviation’s Week. Air Arabia, la première et plus grande compagnie low-cost en Afrique du nord et au Moyen-Orient a été classée deuxième parmi les compagnies aériennes les plus performantes du monde entier, et ce selon une étude menée par Aviation’s Week, leader des magazines d’aviation au niveau mondial. L’étude sur les Compagnies Aériennes les Plus Performantes (TopPerforming Airlines – TPA) classe les dix meilleures compagnies aériennes du monde en se basant sur 5 catégories différentes, y compris le rendement financier et opérationnel. Air Arabia, qui dessert 75 destinations à partir de 3 hubs régionaux, a livré une solide performance financière et opérationnelle en 2011. En effet, le leader des compagnies low-cost a lancé six nouvelles destinations, et pris livraison de six nouveaux avions en 2011, assurant le transport à 4,7 millions de passagers, une hausse de 6% par rapport à l’année précédente. Boeing et GECAS annoncent un engagement d’achat pour cent exemplaires du 737 - Cet engagement porte sur 75 unités du 737 MAX 8 et 25 exemplaires du 737-800 Nouvelle Génération - Ce contrat de GECAS confirme la dynamique enregistrée par le 737 MAX sur le marché de la location

La BMCI lance des offres spéciales à destination des MRE La BMCI a conçu, à destination des Marocains Résidents à l’Etranger, des Offres Spéciales : les crédits immobiliers, l’Epargne, l’assistance et les transferts d’argent. Pour leur crédit habitat, les Marocains bénéficient de la garantie d’une réponse rapide, sous 48h, ainsi que d’avantages tarifaires. De plus, la BMCI organise, jusqu’au 15/09/12, une Tombola réservée au Marocains Résidents à l’Etranger, gratuite et sans obligation d’achat. À gagner : 1 séjour de rêve d’une semaine pour 2 personnes All inclusive à Agadir + 2 billets d’avion au départ de l’Europe (A/R), 4 Week-ends au Maroc d’une valeur unitaire de 3600 Dhs, et 20 ouvertures de Compte Epargne dotés de 1000 Dhs chacun, offerts par à la BMCI. Ces lots seront attribués par tirage au sort à partir du 1er octobre 2012. Le lancement de ce dispositif vient confirmer la volonté de la BMCI de répondre aux besoins des marocains résidents à l’étranger, en leur proposant des solutions adaptées, pratiques et personnalisées.

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Liebherr, le froid à la carte Quels bons conseils sur ces «machines à fabriquer du froid» ? Comment choisir son congélateur ? Etre à l’écoute des besoins et faire évoluer la conception du froid telle est la vocation de Liebherr, leader européen du froid en valeur. Depuis bientôt soixante ans, l’entreprise allemande LIEBHERR, oeuvre à la conception et à la fabrication de réfrigérateurs, congélateurs et caves à vin. Reconnue de manière unanime comme le spécialiste du froid, cette marque, haut de gamme , continue à se démarquer en jouant la carte de la spécialisation et de l’innovation. Au Maroc EFM, filiale de la société EF – le premier partenaire de Liebherr dans le domaine de l’électroménager - en est le distributeur exclusif et déploie l’expertise de la marque à travers une offre aussi large que variée dans plusieurs domaines : Equipement des ménages : réfrigérateurs, congélateurs, caves à vin et caves à cigares Equipement Froid Grande Cuisine : armoires gastronormes et euronormes (positives et négatives) , armoires de restauration, armoires tout usage, conservateurs coffres et armoires à vin Equipement Scientifique : Armoires Laboratoire positives et négatives, Armoires Pharmacie Hospitalière, Armoires à sang et Armoires multifonctions.

Showroom de plus de 200m2 au centre de Casablanca EBERHARDT FRÈRES MAROC RÉSIDENCE ASSILM 2 - 40 AVENUE AIN TAOUJTATE QUARTIER BOURGOGNE MA - 20000 CASABLANCA TÉL. : +212( 0) 522 279 016 HORAIRES : lundi au samedi 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 19h00

Etihad Airways Fête sa grande victoire aux skytrax awards en remportant trois prix première Classe Etihad Airways a remporté les trois titres de Première Classe à la prestigieuse cérémonie des World Airline Skytrax 2012. Les prix remportés par la compagnie aérienne d’Abu Dhabi sont : • Meilleure Première Classe • Meilleurs sièges en Première Classe • Meilleure restauration en Première Class Etihad Airways a remporté le titre de Meilleure Première Classe pour la troisième année consécutive. Ces récompenses pour la catégorie de Première Classe s’inscrivent dans la continuité des précédents succès de la compagnie aux récompenses de la Skytrax Business Class, ce qui souligne sa position de leader au niveau des produits de prestige.


Mazagan Beach&Golf Resort enregistre une croissance positive au premier semestre 2012. Cette tendance s’explique par une augmentation de la demande en provenance des différents marchés émetteurs et notamment le marché anglais. En effet, le taux d’occupation a atteint une moyenne de 65% durant le dernier trimestre. « Les résultats se sont améliorés d’une façon générale. La tendance haussière s’est accentuée ces trois derniers mois. Le taux d’occupation moyen a atteint une moyenne de plus de 57% pour le premier semestre 2012 et 65,6% en moyenne durant le dernier trimestre 2012.Ces résultats sont le fruit d’une restructuration en profondeur et d’une stratégie commerciale, marketing et communication très agressive pour attirer la clientèle de loisirs et d’affaires nationale et internationale.» Explique Stephan Killinger Directeur Général de Mazagan Beach & Golf Resort. Le premier changement stratégique qui a impacté les résultats a été un changement de positionnement : En effet, Mazagan Beach&Golf Resort affiche désormais un positionnement de Resort axé sur les loisirs, la famille, le Golf et le Mice.

L’Audi compacte à cinq portes. L’Audi A1 Sportback Audi élargit la gamme A1 ) L’A1 Sportback est désormais disponible au Maroc. La cinq portes est riche en valeurs émotionnelles et individualistes, communicative et juvénile, dynamique et efficiente. L’A1 Sportback compte perpétrer le succès de l’A1 à trois portes. Fort en caractère : le design extérieur Le design de l’Audi A1 Sportback s’inscrit dans la lignée de l’A1 à trois portes. Le capot moteur et le hayon arrière enrobent la carrosserie, la ligne de caisse court sur tout le pourtour et le toit élégant et fluide, qui intègre un spoiler, se termine sur un montant très incliné. L’avant est dominé par la grande calandre Singeframe et ses angles supérieurs en biseau. Les projecteurs xénon plus sont proposés en option , des diodes électroluminescentes assurent des feux de jour homogènes. Les feux arrière modelés en relief sont également équipés de diodes électroluminescentes, en l’occurrence de superdiodes rouges.

Maures est une nouvelle marque de t-shirts illustrés créée par une équipe de jeunes ambitieux ayant une visée aussi bien commerciale qu’éducative. Maures vient en réaction à une fâcheuse réalité : la folklorisation croissante de la riche culture du Maroc. Soucieuse de ces aspects négligés ou ridiculisés de la société marocaine, Maures a l’ambition, à travers ses t-shirts directement inspirés de la culture populaire, de promouvoir une culture visuelle, mais aussi une conscience identitaire et une fierté d’appartenance. L’idée de lancer la marque date de juin 2011. Le travail sur ce projet a donc commencé depuis quelques mois pour enfin aboutir récemment. L’évènement de lancement aura lieu à Rabat vers la fin du mois de mai. De plus, l’un des objectifs principaux de la marque est de mettre en place des points de vente partout dans le royaume. En attendant, il y a la possibilité d’achat en ligne et de contact sur www.maures.ma et via la page facebook : www.facebook.com/RebrandingMorocco Coordonnées de contact: Abdellah SMITA | Fondateur E-mail: info@maures.ma - Mobile: +212 (0)6 00 50 91 69 - www.maures.ma

EL BAROCCO, Restaurant & coffee Lounge Situé au coe ur du quartier art & déco de Casablanca, « El Barocco Time « restaurant & coffee Lounge ouvre enfin ses portes.Il vous sera servi une cuisine italienne de qualité dans un cadre exceptionnel et le but a petits prix ! Al étage, un coffee Lounge proposant une gamme de boissons et snaking originale et variée . Un coin idéal pour vous retrouver en famille ou entre amis. Nous offrons également la possibilité de privatiser le lounge pour vos évènements privés ou personnels. El Barocco : 32 bd mohamed V Casablanca - Tél : 05 22 27 46 96 Ouverture lundi au samedi - 12 h a 15h - 19h a 23 h Restaurant & lounge

L’association MorrocanSmile organise des Ftour au profit des personnes vivant dans la précarité L'association Moroccan Smile, depuis sa création en Janvier 2012 s'est fixée l'objectif de redonner le sourire à toutes les personnes vivant dans des situations précaires et de partager avec elles durant une journée des moments chaleureux et plein de bonheur afin de leur faire oublier leur quotidien triste. En ce mois sacré l'association organise des Ftours au profit de 5 centres à Casablanca : - Orphelinat Dar Al Atfal Bernoussi : Le 04 Aout 2012 - Orphelinat Hay Hassani : Le 11 Aout 2012 - Association Nour des filles : Le 16 Aout 2012 - Maison de retraite Ennassim : Le 18 Aout 2012 Le premier Ftour en ce mois sacré a eu lieu le 28 Juillet 2012 au profit des personnes âgées de la maison de retraite AIN CHOK, en ce jour là la jeune association ne s'est pas limitée à offrir uniquement un ftour aux personnes résidentes de la maison de retraite AIN CHOK, mais elle a voulu faire de cette visite un moment marqué par une ambiance familiale. Pour les prochains Ftours l'Association Moroccan Smile sollicite la bonté et la générosité de tous les marocains afin de participer à ces Ftours et à l'achat des cadeaux, toute participation en nature ou en numéraire sera la bienvenue. Contact : Wafaa ETTOUBAJI 0660 38 99 40 Mortada KARIM 0657 20 21 22 - mail : Moroccan.smile@gmail.com

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i-blog 2 Made in blogosphère Par Shéhérazade N.

Ramadan ou ramdam au bled schizo ?

Il

y a quelque chose de pourri au royaume du Bref, il est 20h, Casa s’éveille ; le peuple descend Maroc. En principe, le ramadan est un mois sacré dans la rue pour manifester sa satiété. Mon ami Simo de jeûne, d’ascèse, de recueillement, de charité m’a fait remarquer judicieusement que le rythme d’un et de spiritualité. Mais lorsqu’il se pratique au bled ramadanien est comparable à celui d’un grand fêtard. schizo… c’est plutôt le mois des excès et des extrêmes. Il vit la nuit, se réveille très tard, est souvent grincheux Nerfs à vif, agressivité, intolérance, recrudescence de et pas très en forme. Suivant le principe des vases mauvaise conduite (au propre comme au figuré) due à communicants, on constate un ralentissement de une carence en caféine et nicotine durant la journée et à l’activité diurne et une recrudescence de la nocturne. Ce une mauvaise digestion le soir. qui ne va pas sans lourdes conséquences économiques Tableau 1/ jour : la ville pour le pays : baisse de dort, déserte, sinistrée, productivité et perte fantôme. L’état de sieste notable de points de PIB. nationale est décrété sur Alors, que fait-on tout le territoire (dixit de l’esprit et de la Lotfi Akalay). La torpeur philosophie de ce mois des rues est néanmoins sacré ? Ramadan n’est régulièrement interrompue pas simplement avoir par des jurons, invectives, faim et avoir soif quelques empoignades et autres heures par jour, c’est aussi civilités engendrées par nettoyer son corps des la mauvaise humeur toxines et purifier son institutionnalisée. Un esprit, manger sainement, ami français devenu méditer et prier. Certes, la casablancais me confiait religiosité est exacerbée pratiquer le ramadan non et, toujours suivant le pour motif religieux mais pour principe des vases communicants, « Il y a quelque chose de avoir légitimement le droit de les bars se vident et les mosquées pourri au royaume du s’énerver à l’instar de tous les se remplissent. Mais quid des Marocains. Danemark » - shakspears.... principes de tolérance, tempérance Tableau 2 / nuit : Le ftour et abstinence ? Hamlet (I, 4) pantagruélique succède enfin Il est des non-musulmans qui ont au jeûne. Chebakia, briouates, beghrir… le miel coule mieux assimilé cette dimension spirituelle que certains à flots. Harira, dattes, Sellou, caramels, bonbons et musulmans. A l’exemple de Xavier Guerrand-Hermès, chocolats… Marco Ferreri s’est certainement inspiré héritier de la maison Hermès, qui pratique le ramadan des mœurs chérifiennes dans « La Grande bouffe » depuis plusieurs années et étudie le Coran, trouvant là pour dénoncer une société qui vit pour manger au lieu toute la sagesse et la paix qu’il recherche – sans avoir de manger pour vivre. Dans ce film avec Mastroianni, pour autant l’intention de se convertir. Noiret et Piccoli, les protagonistes mangent, mangent, Bref, comme dirait Abdallah, mon ami algérien, “saha mangent… jusqu’à écœurement, jusqu’à ce que mort ftourkoum !”. s’ensuive.

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Metropolis N°6  

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