Issuu on Google+

PRINTEMPS 2013, vol. 8 no 3

Le magazine des matières résiduelles au Québec

xclusifr e u n e t n o C diffusé su Vo ir p ag e3

8

ol.tv monsouss s n a .d w w w

Convention de la poste-publications no 41122591

ENTREVUE avec

Marc

Belley Place à l’ère des écoconseillers

Deux nouveaux plans d’action sur les matières recyclables de la collecte sélective et les matières organiques

16

L’écoconception : dans l’intérêt de tous !

25

Matières organiques : un nuage au-dessus de nos têtes !

30

www.magazine3rve.cc


tête-à-tête

« On a travaillé avec Rona à l’élaboration d’un programme mixte sur la gestion d’événements, sur les approvisionnements et les produits offerts en magasin. On a cherché à mettre en valeur les produits de façon à créer une nouvelle image qui démontrerait les efforts de Rona dans le domaine du développement durable. À la fin du mandat, une de nos recommandations encourageait l’entreprise à collaborer avec le Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) afin de poursuivre sa réflexion. C’est ce que Rona a fait en prenant le virage « approche cycle de vie ». C’est une grande fierté pour nous d’avoir contribué à cela. » — Marc Belley

8 SOMMAIRE

30

LE JURIDIQUE

34

GESTION HUMAINE DES RESSOURCES

36

LES AMIS DE 3RVE

ONSS LES B TACT

38

L’ E N V E R T D U D É C O R

CON

chroniques 16

EN LIEN AVEC RECYC-QUÉBEC

20

INFRASTRUCTURES URBAINES

25

PRODUITS ÉLECTRONIQUES

DEUX NOUVEAUX PLANS D’ACTION SUR LES MATIÈRES RECYCLABLES DE LA COLLECTE SÉLECTIVE ET LES MATIÈRES ORGANIQUES

GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES : LES BONS COUPS SONT POSSIBLES !

L’ÉCOCONCEPTION : DANS L’INTÉRÊT DE TOUS !

Éditeur et rédacteur en chef : André Dumouchel adumouchel@maya.cc Chroniqueurs : Jean-Louis Chamard Dominique Dodier Christine Duchaine Bruce Hartley Sophie Lafrance

Direction artistique : MAYA communication et marketing Photos de la page couverture et de l’Entrevue : Alexandre Nadeau Designer graphique : Sylvain Malbeuf (SymaPub) Révision linguistique : Annie Talbot Impression : Carpe diem

Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé grâce à la participation financière de Tricentris.

4

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

© Tous droits réservés.

Coordination des ventes : Grégory Pratte Tél. : 450 508-6959 gpratte@maya.cc Abonnement et administration : MAYA communication et marketing 457, montée Lesage Rosemère QC J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 info@magazine3rve.cc www.magazine3rve.cc

Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine 3Rve recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1 er trimestre 2005. I S S N 1712-9117. Le magazine 3Rve est publié 3 fois l’an.

PRINTEMPS 2013, vol. 8 no 3

Le magazine des matières résiduelles au Québec


adumouchel@maya.cc

éditorial

ÇA BO U G E !

André Dumouchel

C

ontrairement à l’habitude, cet éditorial ne portera pas sur un sujet unique. S’il m’est généralement possible de le faire, il m’a été impossible d’y arriver cette fois-ci puisque la tentation de survoler plusieurs sujets se faisait trop grande. J’ai donc succombé…

Main tendue Au cours des derniers mois, nous avons tendu la main à plusieurs entreprises et organismes dans le but d’unir nos forces et ainsi faire avancer certains dossiers qui semblaient faire du sur-place depuis trop longtemps. Nous avons rencontré plusieurs intervenants et la réponse a été excellente. Tous ont à cœur le développement durable et souhaitent contribuer à son essor. Un grand nombre d’intervenants rencontrés se sont dits las de débattre des mêmes questions, un peu comme l’a imagé Daniel Gingras dans ses capsules vidéo à succès Dans mon bac. Plusieurs projets sont sur la table et devraient être mis en chantier au cours des prochaines semaines. On vous tiendra au courant. Entre-temps, si vous, votre municipalité ou votre entreprise voulez contribuer, n’hésitez pas à nous contacter. La diffusion d’un message cohérent ne peut être que bénéfique pour notre industrie qui, avouons-le, en a bien besoin. Friands de bonnes nouvelles Ce qui ressort des nombreuses discussions que nous avons eues dernièrement avec les décideurs de l’industrie est le désir d’être informé des bons coups en matière de développement durable. Probablement rendus blasés par les révélations-chocs de la commission Charbonneau et autres mauvaises nouvelles, ils ont envie que ce qui se fait de bien en développement durable soit rapporté afin d’inspirer les entreprises et municipalités en quête d’exemples. À cet effet, les médias sociaux représentent pour eux la panacée. Médias sociaux Une initiative comme les #mardiDD sur Twitter vaut à elle seule le détour. Les individus et entités municipales ou privées sont conviés tous les mardis à promouvoir leurs initiatives, grandes et petites, en matière de développement durable. On y retrouve de petits trésors qui méritent très certainement qu’on en parle. Vous aurez la chance de lire et surtout de voir quelques clips vidéo très originaux et divertissants. Nous vous invitons à suivre ce rendez-vous pour être vous aussi inspiré par ce qui se fait de mieux au Québec. L’avenir appartient à la vidéo La production vidéo s’étant démocratisée, les municipalités et les entreprises utilisent davantage cet outil pour promouvoir leurs produits, services ou initiatives. De notre côté, sachant que la vidéo est le média le plus prisé sur les médias sociaux, nous avons lancé la production de messages à l’industrie avec notre série vidéo « L’EnVert du décor ». Cette

6

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

série remporte un vif succès. Il semble que la célèbre phrase d’Yvon Deschamps « on veut pas l’savoir, on veut le voir » y prend tout son sens. RECYC-QUÉBEC et ÉEQ l’ont aussi compris avec leur plus récente vidéo fort originale qui peut être vue sur la chaîne YouTube recreercestrecuperer. Saluons le bon coup de ces deux organismes. Un gros bravo !

SUIVEZ-NOUS SUR TWITTER

@dansmonsoussol Une initiative

MAYA.cc Les gros joueurs s’impliquent au sein du magazine 3Rve Depuis la création du magazine 3Rve, un grand nombre d’entreprises ont contribué au relais de l’information technique liée à la gestion des matières résiduelles partout au Québec. Certaines d’entre elles nous sont fidèles depuis les tout débuts, d’autres se sont ajoutées au fil des ans. Si les professionnels municipaux et industriels peuvent s’informer et suivre les tendances de notre industrie, c’est beaucoup grâce à elles. Aussi, j’en profite pour les remercier officiellement. De plus, j’aimerais vous inviter à faire affaire avec elles si l’occasion se présente. Ces entreprises le méritent ! Dans la même veine, c’est avec beaucoup de bonheur que nous avons récemment conclu quelques ententes avec des acteurs d’importance de notre secteur d’activité. Il semble que notre récent appel à la collaboration dans l’industrie ait porté ses fruits. Ainsi, RECYC-QUÉBEC a accepté de soutenir le partage de l’information relativement à la gestion des matières résiduelles en signant une entente publicitaire avec le magazine 3Rve, en plus de contribuer au contenu avec une toute nouvelle chronique intitulée « En lien avec RECYC-QUÉBEC ». Un autre joueur majeur de l’industrie, Éco entreprises Québec, a emboîté le pas. Ces deux ententes peuvent sembler anodines, mais dans un contexte où les médias spécialisés ont de plus en plus de difficulté à faire leurs frais, on ne peut que saluer ce noble engagement. À votre agenda… Aussi importants que soient les médias sociaux, rien ne vaut le contact humain. Aussi, nous souhaitons vous rencontrer au salon AMERICANA qui se tiendra du 19 au 21 mars prochain à Montréal et au Canadian Waste and Recycling Expo qui aura également lieu à Montréal les 20 et 21 novembre prochain. Vous pourrez en profiter pour rencontrer des gens passionnés d’environnement. Venez nous dire bonjour, car on y sera ! ■


DÉCOUVREZ LE PARADIS DES GOLFEURS À 15 minutes de Montréal

FORFAITS TOURNOI • GOLF ET SOUPER 4 SERVICES • RÉUNION ET GOLF • MARIAGE

Un complexe haut de gamme à prix abordable Nouvellement membre du regroupement PAR 2 parcours de prestige de 18 trous Salle à manger pouvant accueillir 260 personnes Ambiance chaleureuse Piscine creusée Information et réservation 514 990.8392 9500, montée Ste-Henriette, Mirabel

www.golf-glendale.com

LIVRETS CORPORATIFS DE 40 ET 50 PARTIES EN VENTE


Entrevue réalisée par André Dumouchel

M ARC B ELLEY EST DIPLÔMÉ DE L’U NIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI, PLUS PARTICULIÈREMENT DE SON PROG RAM M E D’ÉTU DES SU PÉR I E U R ES E N ÉCOCONSEIL. COMME LA PLUPART DES PROFESSIONELS AYANT SUIVI CE PROGRAMME AVANT-GARDISTE, MARC BELLEY APPROCHE LES DOSSIERS ENVIRONNEMENTAUX EN MISANT SUR L’ASPECT COMMUNICATIONNEL ET LA C O M P RÉH E N S I O N D E S E NJ E U X P R O P R E S AU X DIFFÉRENTES ORGANISATIONS. P OUR CE PASSIONNÉ D ’ U R BAN ISM E ET D ’ E NVI RON N E M E NT, L’APPROCH E INTÉGRÉE EST ESSENTIELLE AFIN DE FAVORISER LES ACTIONS ASSURANT UN DÉVELOPPEMENT RÉELLEMENT DURABLE.

QUEL A ÉTÉ SON CHEMINEMENT ? QUE PENSE-T-IL DE LA FORMATION EN ÉCOCONSEIL ? COMMENT A-T-IL MIS À PROFIT SA FORMATION ? LE MAGAZINE 3RVE L'A RENCONTRÉ POUR VOUS.

De quel endroit êtes-vous originaire ? Je suis né sur la Côte-Nord où j’ai vécu jusqu’à l’âge de trois ans. Mon père travaillait pour Québec Cartier, une entreprise minière, et il a obtenu un mandat aux États-Unis, alors nous avons fait un court séjour à Pittsburgh. De 3 à 8 ans, j’ai habité en Estrie, de 9 à 22 ans à Boucherville, et à Montréal depuis. Enfant, quel métier rêviez-vous d’exercer ? J’ai rapidement su ce que je voulais faire dans la vie. À l’époque du secondaire, j’avais déjà pris la décision d’étudier en aménagement du territoire, plus précisément en urbanisme.

ENTREVUE avec

Quel a été votre parcours scolaire ? J’ai étudié en sciences humaines au Collège de Maisonneuve. Ensuite, je me suis inscrit en urbanisme à l’UQAM. Pendant mon baccalauréat, j’ai découvert mon intérêt pour la gestion environnementale, et c’est à ce moment-là que j’ai décidé de me perfectionner en écoconseil à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Belley

D’où est né votre intérêt pour la gestion environnementale ? C’est arrivé par hasard. À l’université, dans les travaux d’équipe, j’étais responsable des dossiers environnementaux : gestion de l’eau, gestion des matières résiduelles (G M R) et tout ce qui concernait les compétences municipales en environnement. Un professeur a souligné ma capacité et ma facilité à vulgariser ces enjeux; c’est ce qui m’a incité à poursuivre des études supérieures liées à ces domaines.

Marc

Place à l’ère des écoconseillers

8

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

Comment avez-vous entendu parler de la formation en écoconseil ? J’ai terminé mon baccalauréat et le stage obligatoire en urbanisme. J’ai été stagiaire chez Recyc-Québec durant trois mois sous la supervision de Mario Laquerre. Ce fut ma première expérience professionnelle en gestion des matières résiduelles. C’était l’époque de la première génération des plans municipaux de GMR. Par la suite, j’ai


rencontré Claude Villeneuve, biologiste et spécialiste des changements climatiques, qui m’a parlé d’un nouveau programme, le diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en écoconseil. En 2002, ce programme pilote était très précurseur. J’étais de la deuxième cohorte, et le DESS a été officialisé durant ma scolarité. Que retenez-vous de la formation en écoconseil ? Ce qui était intéressant avec la formation en écoconseil, c’était l'implication de plusieurs intervenants du milieu. On n’avait pas uniquement des cours avec le corps enseignant de l’université. Il y avait une semaine thématique sur la gestion des matières résiduelles durant laquelle on a visité le centre de tri de Saguenay. Mario Laquerre donnait de la formation sur les enjeux de son travail chez Recyc-Québec. Il y avait donc à la fois des travaux pratiques et théoriques dans des cours variés, notamment en droit environnemental, en gestion de projet et en économie. La formation était très complète et l’est toujours aujourd’hui. La formation a-t-elle beaucoup évolué depuis ? Beaucoup, surtout en ce qui concerne les enjeux économiques liés au développement durable. Il y a des cours qui portent sur la communication et les structures organisationnelles. Les compétences acquises permettent vraiment au professionnel d'ajuster son intervention aux différentes organisations et aux ressources qu’elles possèdent. Y a-t-il d’autres programmes dans le domaine de l’écoconseil ? À l’époque où j’ai étudié, il n’y avait que le DESS, mais aujourd’hui de nouvelles formations ont vu le jour : programmes courts, formations à distance, maîtrise et doctorat en écoconseil. L’offre pédagogique s’est diversifiée pour répondre à la demande de professionnels qui souhaitent se spécialiser et qui ne peuvent pas arrêter le travail ou qui n’envisagent pas de déménager pour des raisons familiales ou autres. Selon vous, la formation en écoconseil estelle un plus sur le marché du travail ? Oui, tout à fait. Le stage, par exemple, permet d’avoir accès à des professionnels de grande qualité sur le terrain. Les cours de psychosociologie facilitent la compréhension des organisations. Il y a une évolution tant dans le marché du conseil ou du service que dans l’offre de formations. Aujourd’hui, toutes les universités sont de la partie.

Quels sont les points forts de cette formation ? Les communications, la compréhension des enjeux dans les organisations et le stage, en plus de la multidisciplinarité. C’est un secteur en croissance, on le voit par l’augmentation des charges de cours en écoconseil. Il y a également une chaire de recherche sur les changements climatiques qui travaille en écoconseil et sur les crédits carbone. Lorsque vous vous êtes inscrit à cette formation, quels étaient vos objectifs ? Mon principal objectif était d’acquérir des compétences en environnement de façon à les lier à mon intérêt à travailler pour les municipalités en gestion du territoire et de l’environnement. Aujourd’hui, parce que des municipalités font partie de notre clientèle, je comprends leurs structures et pratiques; on parle le même langage, on gagne donc en efficacité. Une fois votre diplôme obtenu, qu’avez-vous fait ? J’ai terminé mon stage en 2003 et j’ai travaillé pour des organisations indépendantes jusqu’en 2006. Puis, je suis devenu travailleur autonome; ce n’était toutefois pas dans ma personnalité de développer des projets en solo, j’ai donc joint Takt-etik. Qui en est le fondateur ? C’est Kevin McMahon, un écoconseiller diplômé, qui a fondé Takt-etik à Québec. En voyant qu’une organisation naissait en services-conseils en développement durable, j’ai rapidement constaté que je devais me rapprocher d’elle si je souhaitais poursuivre mes efforts dans le milieu. J’ai donc joint Takt-etik en 2007 pour développer le bureau régional de Montréal. Il y avait quelques occasions d’affaires à Montréal et j’amenais aussi ma clientèle. Connaissez-vous l’histoire du nom de Takt-etik ? C’est un jeu de mots avec « tactique » et « éthique ». On a joué avec les « k » plutôt qu’avec les « c » parce qu’on trouvait que le message avait ainsi plus de caractère. C’est évident que c’est un nom qui fait parler, qu’il faut souvent l’épeler, mais il reste en tête. Cependant, le revers de la médaille est d’entendre tous les jeux de mots inimaginables qui riment avec « -ique » ! Au départ, quelles étaient les principales activités de l’entreprise ? D’abord, il faut mentionner que la Loi sur le développement durable du Québec a été adoptée en 200 6. À l’époque, le marché de Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

9


l’accompagnement en développement durable en était encore à ses balbutiements. Takt-etik a eu l’occasion de développer une expertise dans la gestion responsable d’événements. Notre premier client pour ce type de mandat a été la Société du 400e de Québec. Il s’agissait d’en établir la stratégie de développement durable et les politiques d’approvisionnement. Plus encore, notre équipe était responsable des opérations sur le terrain des 15 principaux événements des célébrations de 2008. Avez-vous poursuivi le développement de cette expertise ? Oui, nous avons offert des services d’accompagnement en GMR pour les grands événements de la région de Québec. L’expertise s’est développée et le secteur de l’événement écoresponsable a, lui aussi, évolué. En effet, depuis 2010, une nouvelle norme relative aux enjeux de GMR a été adoptée par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). Takt-etik a obtenu la certification pour cette norme qui permet de mesurer la performance des événements et des organisateurs d’événements écoresponsables. Croyez-vous que certains événements s’affichent écoresponsables sans avoir la certification ? Qu’apporte cette certification au juste ? Lorsqu’une entreprise mentionne qu’elle pose des gestes écoresponsables, elle n’a pas nécessairement de données factuelles pour le prouver. Nous allons donc évaluer, avant l’événement, les actions à mettre en œuvre , les communiquer et leur associer un niveau de performance variant de 1 à 5 pour des événements locaux comme pour des événements d’envergure. Le client peut alors utiliser le logo et le code BNQ 9700-253. Plusieurs groupes ont tenté en vain d’autres logos d’identification, mais ce type de communication a disparu. Il y a eu un mouvement d’appropriation de la norme du BNQ.

10

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

Qu’est-ce qui pousse une organisation à la tête d’un festival à vouloir l’identification écoresponsable ? Une question de bonnes pratiques et de reconnaissance des efforts effectués. Cela permet aussi d’aller chercher de la crédibilité ou de convaincre des partenaires financiers sensibles aux enjeux du développement durable. De plus en plus, les commanditaires exigent une reddition de compte en écoresponsabilité. Les efforts peuvent être recensés; ils seront plus qualitatifs au départ, mais avec la norme, on peut obtenir des données quantitatives. Les commanditaires imposent des efforts écoresponsables ? Pour certains organisateurs, oui, ce sont des efforts exigés par des tiers. Mais d’autres sont beaucoup plus précurseurs et visionnaires. Par exemple, Takt-etik travaille depuis maintenant trois ans avec Gestev, une entreprise de Québec qui organise notamment le Red Bull Crashed Ice. Gestev est allée chercher la certification du BNQ parce que ça faisait partie de ses approches; elle a déjà ses zones et programmes Geste-Vert dans les événements et nous collaborons pour améliorer les pratiques. Pour certains c’est un enjeu de positionnement, pour d’autres c’est une question de responsabilité. Takt-etik fait-elle toujours des caractérisations ? On en fait encore, mais ce service est aujourd’hui offert par des entreprises spécialisées qui sont très présentes sur le terrain. On va souvent intégrer les caractérisations avec des clients qui ont fait leur planification stratégique en développement durable avec nous et qui en sont rendues à l’étape de la mise en œuvre. Intervenez-vous dans d’autres milieux ? On a une bonne expertise en santé. C’est un milieu qui n’a pas encore maximisé la performance de ses programmes de gestion de recyclage et qui n’a pas franchi l’étape du compostage. Les institutions auront


d’importants défis à relever en raison du vieillissement des infrastructures, des capacités d’espace et d’entreposage, de la gestion des matières organiques, etc. Quels sont les projets réalisés dont vous êtes le plus fier ? On a travaillé avec Rona à l’élaboration d’un programme mixte sur la gestion d’événements, sur les approvisionnements et les produits offerts en magasin. On a cherché à mettre en valeur les produits de façon à créer une nouvelle image qui démontrerait les efforts de Rona dans le domaine du développement durable. À la fin du mandat, une de nos recommandations encourageait l’entreprise à collaborer avec le Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) afin de poursuivre sa réflexion. C’est ce que Rona a fait en prenant le virage « approche cycle de vie ». C’est une grande fierté pour nous d’avoir contribué à cela. En 2012, nous avons travaillé avec le groupe Le Massif à l’élaboration de sa stratégie de développement durable. Dans ce cas, nous avons utilisé la méthodologie BNQ21000, une nouvelle norme qui intègre les principes de développement durable dans les organisations sur les plans environnemental, économique et social. Nous avons travaillé avec la norme pour développer des outils, un plan d’action et des interventions dans le but d’intégrer la culture du développement durable tout en respectant l’image de l’entreprise. Le résultat est très intéressant ! C’est un projet dont nous sommes fiers et qui est toujours en cours de réalisation.

Quels seront vos principaux défis au cours des cinq prochaines années ? Le marché du service-conseil en développement durable évolue. On a dépassé le premier cycle de mise à niveau des organisations dans la gestion des matières recyclables. Le compostage sera, à mon avis, l’un des défis les plus importants au cours des prochaines années, surtout avec l’implantation d’usines de biométhanisation. La normalisation deviendra-t-elle un incontournable ? On se dirige vers cela. Les entreprises vont souhaiter plus de redditions de compte. Dans l’événementiel, il y a maintenant la norme ISO 20121, spécifique à ce secteur d'activité. Ainsi, les festivals et les événements majeurs auront tout avantage à faire évoluer leurs systèmes de gestion avec la norme puisqu’elle utilisera un langage commun partout dans le monde. Quelles sont les meilleures pratiques, qui les applique, comment ? Il sera désormais possible de trouver des données comparatives valables et fiables. La norme ISO fera-t-elle ombrage à celle du BNQ ? Pas nécessairement, parce qu’avec la norme du BNQ, on sélectionne des actions, elles valent des points, on évalue leur performance. La norme ISO, quant à elle, cible en amont, en planification. Pour un festival local, la norme du BNQ pourra être suffisante, mais pour un festival d’envergure internationale, la norme ISO s’imposera. D’ailleurs, une norme BNQ peut parfaitement s’intégrer dans un plan de gestion ISO; tout dépend des enjeux et objectifs.

Le compostage sera, à mon avis, l’un des défis les plus importants au cours des prochaines années, surtout avec l’implantation d’usines de biométhanisation.

Quelle place occupent les médias sociaux dans le développement de vos affaires ? On est très actifs et on s’implique dans différents réseaux. Notre visibilité sur Twitter et sur Facebook nous a déjà valu des mandats. Nous avons lancé une plateforme d’échanges entre professionnels du développement durable : notretribu.ca. Elle propose de joindre des professionnels qui vont interagir avec, par exemple, des gestionnaires d’entreprise à qui on a gracieusement offert la gestion du dossier « développement durable » et qui ne savent pas vers où se diriger.

Combien d’employés comptez-vous dans vos rangs ? Nous sommes six employés répartis entre les bureaux de Montréal et de Québec et il y a quatre actionnaires, dont je fais partie. Des pigistes et partenaires se joignent aussi à l’équipe selon les projets.

Combien de gens sont regroupés dans notretribu.ca ? Un peu plus 200. Certains professionnels sont spécialisés en gestion des matières résiduelles, d’autres en gestion de l’eau, en approvisionnement ou en alimentation. C’est très varié.

SUIVEZ-NOUS SUR TWITTER

@dansmonsoussol Une initiative

MAYA.cc 12

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013


Croyez-vous que les entreprises québécoises utilisent suffisamment les médias sociaux ? Certaines les utilisent très bien, d’autres n’ont pas encore pris ce virage. Une entreprise qui s’adresse à une autre entreprise peut être moins portée à communiquer sur les médias sociaux, mais pour une entreprise qui communique avec des consommateurs, c’est un moyen de les rejoindre. En communiquant sur son organisation, en nommant ses bonnes pratiques et en citant les actions qu’elle entreprend en développement durable, l’entreprise se donne de la visibilité et de la crédibilité. Et du côté des municipalités ? Une étude a été dévoilée à ce sujet l’automne dernier par l’un de nos partenaires, Hubrid. Elle portait sur le positionnement des municipalités du Québec sur les médias sociaux. C’est Gatineau qui est arrivée en tête de liste. La communication par les médias sociaux répond aussi à des attentes de la population. Aujourd’hui, un citoyen peut transmettre une information à sa municipalité sur ce qui se passe dans son quartier. Un gestionnaire de la communauté traite les informations et peut alors les relayer au secteur d’intervention concerné. Pensez-vous que les médias sociaux ne sont pas suffisamment exploités ou, au contraire, qu’on a atteint la maturité ? On n’a assurément pas atteint la maturité; il y a encore plusieurs moyens de communiquer. Nous faisons de la veille technologique et

La meilleure technologie hybride vient du Québec

nous découvrons de nombreuses applications mobiles liant la gestion de l’environnement et les compétences des municipalités. Les municipalités gagnent à développer de telles applications afin que la population s’engage dans un dialogue. Que pensez-vous de la pertinence de l'implantation de la troisième voie ? Les études démontrent que lorsqu’on implante la troisième voie, la population composte et jette moins de matières à la poubelle. Par contre, dans un milieu urbain de moyenne à forte densité, il serait utopique de croire que 100 % de la population pourrait adopter le composteur domestique. Dans ces cas, il faut trouver d'autres options. Dans une banlieue, privilégieriez-vous la troisième voie ou le composteur domestique ? Je pencherais vers une solution mixte parce qu’il y a des gens qui ont l’intérêt et la volonté de faire leur propre compostage. Beaucoup utilisent déjà les composteurs domestiques et il existe déjà des programmes de soutien dans des municipalités. Que pensez-vous des efforts des municipalités en matière de GMR ? Je pense que leurs efforts sont suffisants en fonction des moyens qu’elles se donnent. Bien sûr, la responsabilité élargie des producteurs apporte de nouveaux revenus; mais ces revenus seront-ils suffisants pour permettre d’implanter le compostage plus rapidement ? On ne peut pas aller plus vite que notre capacité à construire des usines… Or, lorsqu’elles le seront, je pense que le compostage fonctionnera bien. Par ailleurs, les efforts de sensibilisation ont une limite. Des règlements provinciaux sur le bannissement de l’enfouissement des matières organiques apparaîtront dans les années à venir et, un jour, une municipalité adoptera un règlement prévoyant des amendes pour ceux qui ne valorisent pas. Il faudra voir comment tout ceci sera appliqué. Que pensez-vous des efforts des industries, commerces et institutions (ICI) en matière de GMR ? Ils sont de bonne foi, ils travaillent bien et sont mobilisés. Ils veulent améliorer leurs pratiques et démontrer aux employés qu’ils sont responsables. Pourquoi ? Parce que les employés se plaignent; ils ne comprennent pas pourquoi ils recyclent depuis 10 ou 15 ans à la maison alors qu’au bureau, ils ne peuvent pas le faire. Pensez-vous que la sensibilisation des citoyens est suffisante ? Les municipalités communiquent très bien avec les citoyens. Puis, RecycQuébec, avec Éco Entreprises Québec, a lancé de nouvelles publicités jamais vues par le passé, qui touchent la population. Recyc-Québec offre aussi du soutien financier à des organismes locaux pour des actions de sensibilisation et de communication. Le milieu scolaire est également impliqué depuis longtemps. Si les ICI emboîtent le pas, l’habitude suivra. Alors, oui, c’est important de poursuivre les efforts de sensibilisation.

Le système camions de collecte

HEAD® pour

• 20% d’économie de carburant. • 20 tonnes de gaz à effet de serre en moins par année. • Réduction significative des coûts d’entretien

Quel sera, selon vous, le plus grand cheval de bataille de l’industrie dans les prochaines années ? Pour les municipalités, ce sera l’implantation de la troisième voie. Pour l’industrie, ce sera l’enjeu de la responsabilité élargie des producteurs, la rétribution, les redevances. Pour la population, il faudra lui expliquer les tenants et aboutissants des écofrais. Ce sont là de gros défis pour les années à venir. M. Belley, merci beaucoup. ■

Nous sommes au kiosque 1412 du Salon Americana www.effenco.com

14

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013


EN LIEN AVEC RECYC-QUÉBEC

DEUX NOUVEAUX PLANS D’ACTION SUR LES MATIÈRES RECYCLABLES DE LA COLLECTE SÉLECTIVE ET LES MATIÈRES ORGANIQUES

Sophie Lafrance, M.Env. Agente de recherche et de planification RECYC-QUEBEC s . l a f ra n c e @ re c y c - q u e b e c . g o u v . q c . c a

L’

automne 2012 et l’hiver 2013 ont été très actifs sur le plan de la mobilisation et de la concertation des acteurs visés par les matières recyclables de la collecte sélective et les matières organiques, représentés respectivement par le Comité conjoint et la Table de concertation. Deux plans d’action ambitieux et représentatifs des besoins et des réalités de ces secteurs, tant d’un point de vue environnemental qu’économique, ont vu le jour pendant cette période. La participation active des acteurs à leur élaboration est la clé de voûte de l’atteinte des objectifs que se sont fixés ces intervenants des chaînes de valeurs ainsi que le gouvernement. Cette approche de mobilisation a déjà fait ses preuves par le passé puisque depuis plus de 20 ans, RECYC-QUÉBEC s’est appliquée à créer et à animer des réseaux d’échange d’information entre intervenants d’un même secteur. La société a ainsi mis sur pied de nombreuses tables de concertation ainsi que des comités et filières dans la poursuite d’une vision concertée sur la gestion des matières résiduelles.

16

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

LES MATIÈRES RECYCLABLES DE LA COLLECTE SÉLECTIVE : LA CONSOLIDATION D’UN SYSTÈME EN CONSTANTE PROGRESSION Le Comité conjoint sur les matières recyclables de la collecte sélective, qui regroupe d’importants intervenants en matière de récupération et de recyclage au Québec, a été mis sur pied par RECYC-QUÉBEC en 2009 dans une conjoncture économique mondiale défavorable qui a eu un impact sur le marché des matières recyclables. C’est dans ce contexte d’instabilité que ce comité élargi a pris le relais de la Filière sur les matières recyclables de la collecte sélective mise en place en 2003 et que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a annoncé son Plan d’intervention pour soutenir les centres de tri du Québec, dont l’une des sept mesures était la création de ce Comité conjoint sous l’égide de RECYC-QUÉBEC. Depuis, il rassemble autour d’une même table une trentaine de représentants issus des municipalités, des centres de tri, des entreprises de recyclage, des groupes environnementaux, des organismes de financement agréés et du gouvernement. Tourné vers l’avenir et résolument en mode solution, ce comité s’est doté d’un premier plan d’action en 2009, dont la grande majorité des travaux prévus a été réalisée ou est en voie de concrétisation. On pense entre autres à la Charte sur les matières recyclables de la collecte sélective qui vise à uniformiser à l’échelle du Québec les matières acceptées dans les bacs de récupération, ainsi qu’aux incitatifs déployés pour favoriser l’utilisation de matières recyclées qui ont mené à la l’élaboration de la marque de certification RECYCÉCO. Devant le bilan positif des réalisations du premier plan d’action, les membres du Comité conjoint ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les travaux et ainsi de travailler à l’élaboration d’un

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.magazine3rve.cc, sous l'onglet contact, ou envoyez-nous un courriel à info@magazine3rve.cc


D E U X N O U V E A U X P L A N S D’A CTI O N S U R L E S M ATIÈR E S R E CYC L A B L E S D E L A C O L L E CTE SÉL E CTI V E E T L E S M ATIÈR E S O R G A N I Q U E S

nouveau plan qui a été adopté le 12 décembre dernier. Celui-ci, dont la réalisation s’étend sur trois ans, soit de 2012 à 2015, vise toujours à consolider et à optimiser la performance de la collecte au recyclage des matières recyclables au Québec tout en s’adaptant aux nouvelles réalités des marchés et de la dernière Politique québécoise de gestion de matières résiduelles et son Plan d’action 2010-2015. Plus spécifiquement, il vise à accroître l'homogénéité des matières, à communiquer et à sensibiliser davantage la population, à encourager l’écoconception, à favoriser une meilleure gestion à chacun des maillons de la chaîne de valeurs, à réunir des conditions favorables au bannissement de l’enfouissement du papier et du carton, à favoriser les

échanges entre les acteurs, à améliorer la qualité des matières, à développer des marchés et à encourager l’emploi de contenus recyclés. Doté d’un budget de 4 M$, ce plan mobilisera plusieurs intervenants au cours des prochains mois. LES MATIÈRES ORGANIQUES : LA MISE EN ŒUVRE D’UN GRAND CHANTIER GERME AUTOUR DE LA TABLE Les matières organiques sont sans conteste le grand défi de la gestion des matières résiduelles des prochaines années. Forte de son expérience partagée avec la Filière sur les matières organiques, mise en place en 2003, et dotée de moyens plus importants, RECYCQUÉBEC s’est entourée depuis cet été d’acteurs représentatifs du milieu afin de se pencher sur un plan d’action 2013-2015. La Table de concertation sur le recyclage des matières organiques, formée en juillet dernier, rassemble 34 membres représentant tous les maillons de la chaîne de valeurs des matières organiques, ainsi que des représentants environnementaux et gouvernementaux.

SERVICE DE LOCATION DE CONTENEURS CENTRES DE TRI Châteauguay 450.699 6862 Montréal 514.875 6872 Valleyfield 450.371 4539

Dans un premier temps, quatre comités de travail, issus de la Table, se sont penchés sur les actions prioritaires à court et moyen termes pour assurer un arrimage avec les objectifs fixés par le gouvernement dans la Politique qui prévoit un taux de recyclage de 60 % de la matière organique putrescible résiduelle en 2015. Les comités de travail se penchaient sur les résidus organiques triés à la source du secteur municipal ainsi que du secteur des industries, commerces et institutions (ICI), les boues du secteur municipal, les boues du secteur des ICI et les marchés pour l’utilisation des différents produits (boues, composts et digestats). La Table de concertation sur le recyclage des matières organiques a déjà obtenu consensus sur une liste d’actions qui sont en cours de priorisation, et prévoit adopter son plan d’action au printemps. Ces pistes sont basées sur les travaux des comités qui répondaient aux besoins exprimés par le milieu et aux enjeux prioritaires ciblés par le MDDEFP. Les enjeux sont : l’acceptabilité sociale; le tri, l’implantation de la collecte et le transport des matières; le développement des marchés; et la recherche et le développement.

www.melimax.com 18

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

La concertation et la mobilisation sont au cœur des activités de RECYC-QUÉBEC. Ces deux nouveaux plans d’action du Comité conjoint sur les matières de la collecte sélective et de la Table de concertation sur le recyclage des matières organiques sont les bases mêmes du renforcement et du développement de la récupération, du recyclage et de la valorisation des matières. ■

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.magazine3rve.cc, sous l'onglet contact, ou envoyez-nous un courriel à info@magazine3rve.cc


INFRASTRUCTURES URBAINES

GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES : LES BONS COUPS SONT POSSIBLES ! responsable de gestion des matières résiduelles. Chacun récupère les matières recyclables et les valorise lors du retour au port de Montréal.

Jean-Louis Chamard M.Sc. Env. président Chamard et Associés inc. j l . c h a m a rd @ c h a m a rd e t a s s o c i e s . c o m

A

u cours des trois dernières décennies, le Québec a dramatiquement changé sa façon de gérer ses matières résiduelles. Nos habitudes et nos comportements ont évolué à la vitesse grand V si l’on considère que 30 ans, c’est bien peu dans l’histoire de notre province. On ne jette plus les journaux, les bouteilles de vin ni les canettes de jus aux ordures. Bien sûr, il y aura toujours des incorruptibles du « tout à jeter ». Mais, ils représentent maintenant une minorité. Que ce soit les municipalités, les entreprises ou les individus, tous cherchent de nouvelles voies et de nouveaux moyens pour valoriser les produits et les emballages arrivés en fin de vie utile. Voici quelques exemples glanés ici et là d’entités québécoises qui ont décidé de passer à l’action et de contribuer à leur façon à une gestion plus saine des matières résiduelles. • Les Rôtisseries St-Hubert de la région de Montréal ont implanté le tri et le compostage des résidus organiques provenant des cuisines et des salles à manger. •

20

Le personnel du Camilia Desgagnés, un des bateaux du Groupe Desgagnés, s’est engagé dans une démarche

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

Le centre commercial Rockland à Montréal a été l'un des premiers à récupérer et à valoriser les matières recyclables et organiques. Un des employés s’occupe de trier les résidus organiques en vue de les valoriser. Le centre commercial a obtenu la certification OR d’ICI on recycle.

La Ville de Lévis adopte des mesures pour réduire à la source les matières résiduelles. En plus de la collecte des matières organiques, elle finance les composteurs domestiques et les couches lavables. Elle a également une ligne Info-Collecte pour informer les citoyens et les entreprises sur les bonnes pratiques et les programmes mis en place pour favoriser la récupération et la valorisation des matières résiduelles, peu importe leur provenance.

• Tricentris a produit et mis en marché une nouvelle application pour tablettes et téléphones intelligents. L’application permet aux citoyens d’obtenir les horaires de collecte sur le territoire des municipalités membres de Tricentris. De plus, les villes non membres de Tricentris peuvent aussi ajouter leurs informations sur l’application en communiquant avec l'entreprise. •

Le Centre CDP Capital, un immeuble du centre-ville de Montréal, propriété d’Ivanhoé-Cambridge, a mis en œuvre une gestion des matières résiduelles alliant la récupération des matières recyclables et celle des équipements de bureau.

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.magazine3rve.cc, sous l'onglet contact, ou envoyez-nous un courriel à info@magazine3rve.cc


G E STI O N D E S M ATIÈR E S RÉS I D U E L L E S : L E S B O N S C O U P S S O NT P O S S I B L E S !

22

Des commerces de la MRC des Pays-d’en-Haut se sont pris en main et ont décidé de faire composter leurs matières organiques par Compo-Recycle. Un geste qui réduit les matières résiduelles éliminées de plus de 40 % de leur poids.

Depuis plusieurs années, les magasins Canadian Tire ont adopté une série de mesures destinées à réduire leur empreinte environnementale, à réduire à la source les emballages et les matières résiduelles de même qu’à récupérer et à valoriser leurs matières recyclables. Entre autres, on récupère les contenants et les huiles usagés, les emballages, les piles usagées, les pièces d’automobiles et plusieurs autres produits.

La Brasserie du Nord (Boréale) utilise des bouteilles réutilisables pour ses bières. Elle valorise ses drêches en alimentation animale, les cartons sont recyclés, ses effluents sont prétraités.

La Ville de Drummondville a implanté une collecte des matières organiques qui a la particularité d’avoir une fréquence modulée en fonction de la période de l’année. Durant la période hivernale, il n’y a pas de collecte des matières organiques. Elle reprend au printemps toute les deux semaines et de manière hebdomadaire en été. En automne, elle reprend la fréquence printanière. La ville fournit le bac de cuisine et un bac roulant.

La municipalité de L’Isle-Verte (1 400 habitants) a implanté une collecte des matières organiques avec un centre de compostage à la ferme. En 2011, on a valorisé près de 100 tonnes de matières organiques.

La M RC de Coaticook a implanté, sur son lieu d’enfouissement technique, un centre de compostage, un écocentre et un centre de transbordement des débris de construction, de rénovation et de démolition. Ces installations ont permis de réduire de près de 50 % les matières résiduelles éliminées.

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

La Ville de Lac-Mégantic a implanté la collecte à trois voies, un centre de compostage et un centre de traitement des boues de fosses septiques sur son lieu d’enfouissement technique. En fournissant les équipements appropriés et les informations nécessaires, elle atteint un taux de mise en valeur de plus de 60 %.

Les pharmacies Uniprix ont mis en œuvre les mesures nécessaires pour récupérer les matières recyclables de leurs commerces. Elles ont atteint la certification d’ICI on recycle.

Le Groupe Aldo utilise maintenant des boîtes de chaussures avec une poignée, réduisant ainsi l’utilisation des sacs à usage unique. Il a réduit ses matières résiduelles de plus de 46 tonnes par année.

Thomas & Betts, de Bromont, a intégré un équipement qui utilise le carton en fin de vie comme matériau de rembourrage : une réduction à la source de plus de 95 % de papier kraft.

Il y en aurait bien d’autres à citer. L’important, c’est de faire connaître ces initiatives afin qu’elles puissent servir d’exemple et inspirer d’autres municipalités, entreprises et individus. Bien que quelquefois les spécialistes du domaine trouvent que les avancées ne sont pas assez grandes ou rapides, on constate qu’elles cheminent et qu’elles vont dans le bon sens. Seule ombre au tableau, même avec la responsabilité élargie des producteurs, les programmes d’aide financière et les autres mesures accélératrices, on constate que les pressions de la mode, l’obsolescence programmée et l’évolution technologique nous incitent à consommer de plus en plus et, de ce fait, à nous départir de biens qui ont encore une valeur fonctionnelle ou qui pourraient avoir une vie utile plus longue. L’État devra peut-être se résoudre à réglementer et à définir la durée de vie utile des produits et biens de consommation. Et il ne s’agira pas d’une partie de plaisir ! ■

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.magazine3rve.cc, sous l'onglet contact, ou envoyez-nous un courriel à info@magazine3rve.cc


PRODUITS ÉLECTRONIQUES

L’ÉCOCONCEPTION : DANS L’INTÉRÊT DE TOUS !

Bruce Hartley vice-président, Développement des affaires GEEP (Global Electric Electronic Processing) inc. bhartley@geepglobal.com

L’

L’écoconception est une démarche visant à réduire les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service en tenant compte de l’ensemble de son cycle de vie. Estil encore nécessaire de le rappeler, le cycle de vie débute dès la conception du produit et ne se termine que lors de traitement en fin de vie utile. Les concepteurs ont ainsi, dans les choix qu’ils font en amont, un rôle majeur à jouer sur la réduction de l’impact environnemental des produits. L’électronique est un secteur particulièrement sensibilisé à cette approche globale du fait de contraintes réglementaires spécifiques comme les directives européennes sur le recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (dite DEEE ou D3E) et RoHS (Reduction of Hazardous Substances), cette dernière réglementant la présence de substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques (plomb, mercure, cadmium...). En effet, le danger auquel nous faisons face aujourd’hui est le résultat de plusieurs dizaines d’années pendant lesquelles les fabricants ont incorporé du plomb, du mercure ou encore de

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.maya.cc, sous l'onglet 3Rve, ou envoyez-nous un courriel à info@maya.cc

l’éthylène glycol lors de la conception de certains produits électroniques. En tout état de cause, il s’agit de produits extrêmement nocifs pour notre environnement immédiat, selon toutes les études réalisées sur ce sujet. Prenons l’exemple des écrans cathodiques. Bien que ceux-ci ne représentent pas une matière dangereuse comme telle, les tubes qu’ils contiennent sont faits de plomb pour près de 25 %. Ainsi, si ces écrans se cassent lors de leur traitement de fin de vie, le plomb peut aisément se libérer et intoxiquer la nappe phréatique, avec toutes les conséquences que l’on connaît ! Malheureusement, depuis que la fonderie de plomb Xstrata à Belledune ne prend plus en charge les tubes cathodiques, il n’existe plus de solutions pour traiter ce genre de produits au Québec. Ceci oblige les recycleurs à aller chercher des solutions au sud de la frontière… Depuis quelques années, l’industrie du recyclage des produits électroniques s’est imposée comme une composante essentielle de leur production. Avec la RÉP, cette industrie n’est plus seulement essentielle, elle est simplement incontournable. Cette nouvelle fonction représente une véritable révolution environnementale, car elle nous pousse à constater, mais surtout réparer les dégâts que peut causer une conception non environnementale de ces produits. Tout le monde se rappelle le 1er octobre 2012 lorsque les consommateurs ont vu une ligne s'ajouter à leur facture d’achat de certains produits électroniques : les « écofrais ». Ces nouveaux frais au nom explicite est la résultante directe de l’implantation de la RÉP. Selon cette réglementation québécoise,

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

25


28

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.magazine3rve.cc, sous l'onglet contact, ou envoyez-nous un courriel à info@magazine3rve.cc


L’ É C O C O N C E P T I O N : D A N S L’ I N T É R Ê T D E T O U S !

en vigueur depuis le 14 juillet dernier, les producteurs de biens électroniques sont maintenant responsables du cycle de vie complet de leurs produits. Par contre, ce sont ultimement les consommateurs qui absorbent les coûts engendrés par cette nouvelle responsabilité. Ainsi, étant donné que ce sont eux qui payent la facture, ne devraient-ils pas disposer des outils pour orienter leur choix vers un produit conçu de façon plus écologique qu’un autre ? La réponse est bien évidemment oui ! Avant d’investir leur argent, les consommateurs doivent prendre conscience qu’ils peuvent faire un choix réfléchi quant au manufacturier de leur ordinateur (ainsi d’ailleurs que les ICI pour leurs nombreux ordinateurs !).

l’écoconception comme pratique usuelle. Ces deux points de vue vont dans le même sens. Ainsi, nous souhaitons que le consommateur soit informé quant à l’utilisation des écofrais et surtout dans quelle mesure ceux-ci peuvent être réduits pour le bien de tous. Il apparaît donc clairement que pour avoir le maximum d’impact sur l’état de notre planète, le consommateur doit exercer son pouvoir ultime : celui de choisir son manufacturier. Il s’agit là de l’arme la plus puissante et néanmoins la plus accessible… La vraie révolution sera en marche quand cette arme sera utilisée massivement. ■

Dans cette démarche, le site www.epeat.net (EPEAT : Electronic Product Assessment Tool) constitue une ressource intéressante et facilement accessible. EPEAT a été développé grâce à une subvention de l’Environmental Protection Agency des États-Unis et permet de déterminer les ordinateurs et accessoires les plus verts sur la planète. Ainsi, entre 2006 et 2011, plus de 500 000 000 de produits électroniques identifiés comme verts ont été vendus. On évalue l’impact environnemental de ce volume à une réduction de 90,6 millions de mégawatts/heure en électricité (soit l’équivalent de la consommation d’électricité annuelle de 6 570 250 maisons) et 9 738 tonnes métriques en produits toxiques (l’équivalent en poids de 1 704 éléphants). Parmi ces substances toxiques, on estime que si ces achats n’avaient pas été « verts », on aurait fabriqué assez de mercure pour remplir 2 338 881 thermomètres de maisons. Le choix de produits électroniques plus verts a également permis de réduire de 9,2 milliards de kg les émissions de CO2 dans l’air, ce qui revient à retirer 11 565 801 automobiles de la circulation pendant un an.

[…] l’écoconception et la gestion de la fin de vie d’un produit influencent le processus d’achat au même titre que les critères de prix ou de design ! Du point de vue du consommateur bien informé, l’écoconception et la gestion de la fin de vie d’un produit influencent le processus d’achat au même titre que les critères de prix ou de design ! Du point de vue du recycleur respectant les lois environnementales et les normes de recyclage électronique dictées par notre gouvernement, nous arrivons à la conclusion que pour éviter d’intoxiquer notre planète et pour n’avoir à gérer que très peu de matières dangereuses à l’avenir, il est primordial que les manufacturiers adoptent

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.magazine3rve.cc, sous l'onglet contact, ou envoyez-nous un courriel à info@magazine3rve.cc

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

29


MATIÈRES ORGANIQUES : UN NUAGE AU-DESSUS DE NOS TÊTES !

LE JURIDIQUE

Me Christine Duchaine avocate associée chez Sodavex, cabinet juridique spécialisé en environnement cduchaine@sodavex.com

Avec la collaboration de Me Anissa Chekir

L’AVÈNEMENT DE MULTIPLES USINES DE BIOMÉTHANISATION ET CENTRES DE COMPOSTAGE EN L’ABSENCE DE NORMES RÉGLEMENTAIRES N’AUGURE RIEN DE BON POUR LES QUÉBÉCOIS…

L’

un des objectifs de la Politique de gestion des matières résiduelles vise à bannir l’enfouissement des matières organiques d’ici 2020. Pour y parvenir, le gouvernement a opté pour deux technologies, soit le compostage et la biométhanisation. L’une est connue, l’autre non. Une alléchante somme de 650 M$ est prévue pour l’implantation de telles installations dans toute la province. Nul doute que l’objectif est louable. Malheureusement, les moyens adoptés par le gouvernement pour encadrer l’exploitation de ces installations nous font craindre le pire en ce qui concerne, notamment, les impacts sur le voisinage et l’équité entre les exploitants. L’absence de réglementation applicable à ces activités risque d’engendrer son lot de plaintes et de problèmes, à l’image de ce que nous avons vécu collectivement à l’égard des sites d’enfouissement. À croire qu’en ce domaine, nos élus souffrent d’amnésie.

30

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

DES PROJETS QUI SE MULTIPLIENT La Ville de Montréal a annoncé récemment les emplacements choisis pour ses centres de traitement des matières organiques. Quatre centres sont projetés et l’exploitation des trois premiers est prévue pour 2016. L’ancien site de la carrière Demix, dans le secteur de Montréal-Est, accueillera un centre de biométhanisation et une usine de prétraitement des déchets. Quant aux arrondissements Saint-Laurent et Villeray–Saint-Michel–ParcExtension, ils accueilleront chacun un centre de compostage. Un deuxième centre de biométhanisation est prévu dans l’arrondissement LaSalle pour 2020. Plusieurs projets sont prévus ailleurs au Québec. Par exemple, la MRC de Rivière-du-Loup lancera bientôt la construction d’une usine de biométhanisation, laquelle devrait entrer en service en 2014. La Ville de Québec fera de même pour ses installations de compostage et de biométhanisation, qui devraient être fonctionnelles au printemps 2014. Des voix s’élèvent contre de tels projets. D’aucuns craignent les impacts sur le voisinage et exigent des garanties. Les élus et le MDDEFP scandent que les démarches seront accomplies dans les règles de l’art, dans une optique de coopération et de communication transparente avec la population. Mais est-ce le cas? UN PROCESSUS D’AUTORISATION ET DES NORMES D’EXPLOITATION ALÉATOIRES Contrairement aux sites d’enfouissement, dont les activités sont sévèrement encadrées par des normes réglementaires et des décrets, les centres de compostage et de biométhanisation ne sont assujettis à aucun règlement spécifique. Les exploitants devront se


M ATIÈR E S O R G A N I Q U E S : U N N U A G E A U-D E S S U S D E N O S TÊTE S !

conformer aux dispositions générales de la L.Q.E., mais aucun règlement n’imposera de normes d’implantation, d’exploitation ou d’émission de contaminants tels le bruit, les odeurs, les poussières, les lixiviats, les biogaz, les GES et autres polluants. Certes, ces activités requièrent un certificat d’autorisation en vertu de la L.Q.E., mais ce processus est discrétionnaire, aléatoire, et ne survient qu’avant le début de l’exploitation. De plus, l’autorisation demeure valide tant que l’installation n’est pas modifiée. Qu’adviendra-t-il si la réalité n’est pas conforme aux attentes ou si les avancées technologiques futures permettent de réduire substantiellement les émissions provenant de ces installations ? En l’absence de normes d’émission et d’exploitation réglementaires, il sera difficile, voire impossible d’imposer quoi que ce soit. Se pose également la question d’équité entre les exploitants. Il serait préférable que tous soient assujettis aux mêmes normes pour assurer la pérennité du marché. Le MDDEFP se veut rassurant, affirmant qu’il analysera les demandes d’autorisation en fonction des principes mentionnés dans ses Lignes directrices pour l’encadrement des activités de compostage. Ces lignes directrices n’ont toutefois aucune force légale, ni pour le MDDEFP ni pour les exploitants, à moins que le certificat ne spécifie que le respect des normes qu’elles énoncent constitue une condition à l’autorisation. LE PASSÉ SERA-T-IL GARANT DE L’AVENIR ? Une telle approche est d’autant plus étonnante compte tenu du contexte historique de la gestion des matières résiduelles au

32

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

Québec. Le Règlement sur les déchets solides (RDS) adopté en 1978 s’est avéré inefficace pour empêcher les nuisances découlant de l’exploitation des lieux d’enfouissement sanitaire. Bien qu’un consensus social ait rapidement émergé voulant que les normes soient resserrées, ce n’est que 30 ans plus tard, soit en 2009, que le R DS fut remplacé par le Règlement sur l’enfouissement et l’incinération des matières résiduelles. Ce dernier impose des normes sévères aux exploitants et régit toutes les facettes de l’enfouissement des matières résiduelles. Odeurs, vermine, pollution visuelle, bruit, contamination des eaux souterraines, migration de biogaz et faillite des exploitants sont devenus des vestiges des exploitations passées. Comment expliquer alors que le gouvernement néglige de soumettre les centres de compostage et de biométhanisation à une réglementation tout aussi rigoureuse afin d’éviter la répétition des déboires du passé ? Les résidents du quartier Saint-Michel, eux, n’ont rien oublié. Ce quartier a subi, pendant plusieurs années, les inconvénients du site d’enfouissement de l’ancienne carrière Miron. Alors que tous les autres centres prévus par la Ville de Montréal seront situés dans des secteurs industriels, à plus de 500 mètres des résidences, celui de Saint-Michel sera implanté en plein cœur d’un quartier résidentiel. Une vive opposition se mobilise afin d’empêcher la venue de ce centre. Les opposants prétendent avoir déjà amplement contribué à la gestion des résidus et craignent une mauvaise gestion du centre et la survenance de nuisances. Devant l’absence de normes réglementaires strictes, pouvons-nous les blâmer ? ■

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.magazine3rve.cc, sous l'onglet contact, ou envoyez-nous un courriel à info@magazine3rve.cc


G E STI O N H U M A I N E D E S R E S S O U R C E S

P O RTR A IT-R O B OT D U G E STI O N NAI R E D E D E MAI N

Dominique Dodier directrice générale EnviroCompétence d o m i n i q u e . d o d i e r @ e n v i ro c o m p e t e n c e s . o rg

C

omme gestionnaire d’une organisation et témoin de la vitesse de transformation fulgurante des entreprises, je me suis posé quelques questions. À quoi ressemblera le gestionnaire de demain ? Quelles qualités, compétences et aptitudes seront requises des hommes et des femmes qui dirigeront les entreprises ? Quels profils les gestionnaires présenteront-ils ? Pour répondre à ces questions, j’ai utilisé une boule de cristal, j’ai lu plusieurs articles, des revues et des livres de management; j’ai aussi utilisé et interprété mes visions et mes connaissances. Tous les jours, je fréquente des gestionnaires. Certains sont excellents; d’autres, malheureusement, ne font pas le poids. Tous les jours, je me demande : que puis-je faire d’autre pour mon équipe ? Comment être meilleure ? Et même si je n’arrive pas toujours à m’améliorer et même si certaines choses me paraissent loufoques, je me pose ces questions et j’espère me les poser encore longtemps. Constat des experts en leadership : les changements technologiques, démographiques, économiques, politiques et sociaux exigeront de nouvelles habiletés et des réflexes différents chez les gestionnaires. Avant de partager avec vous les résultats de ma recherche et de ma réflexion, il faut mentionner que les entreprises vont devoir se construire

34

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

un nouveau modèle d’affaires. Elles devront remettre en question leurs pratiques, innover sans cesse, faire du changement et de l’innovation leurs lignes directrices. Pour y parvenir, ces entreprises devront exploiter tout le potentiel humain, rehausser constamment leur base de compétences, être à l’écoute de ceux qui la composent et investir en ce sens. Souvent sous-évaluée, la ressource humaine deviendra l’élément stratégique, essentiel pour soutenir toute concurrence. La démographie et les marchés mondiaux vont contribuer à valoriser la ressource humaine qualifiée qui sera de moins en moins nombreuse. Le gestionnaire de demain sera un expert social qui comprendra et jonglera avec la complexité humaine. Il sera un éducateur-formateur qui s’assurera des compétences de son équipe, un gestionnaire vert et responsable qui prêchera par l’exemple, un chef de projets qui coordonne plusieurs projets simultanément. Il devra faire face à une nouvelle génération et saura composer avec de nouvelles valeurs qui ne seront pas nécessairement les siennes, gérer des équipes hétérogènes composées de personnalités différentes, de cultures différentes et de profils scolaires complémentaires. Il sera capable d’inspirer la motivation aux membres de son équipe, d’être une ressource de proximité pour les autres, d’amener son équipe plus loin en travaillant collectivement, de gérer le stress et d’avoir lui aussi un équilibre entre sa vie privée et professionnelle. Il sera capable de préciser les buts, de valoriser la discussion plutôt que le monologue. Il n’aura pas peur de se remettre en question, il devra suivre de près les technologies et de les utiliser à bon escient. Les compétences techniques ne suffiront plus; ces gestionnaires auront un savoir-être plus développé. Ils devront valoriser la collaboration afin de limiter les luttes de pouvoir entre les membres. Les équipes seront plus soudées que jamais.


P O R T R A I T- R O B O T D U G E S T I O N N A I R E D E D E M A I N

Fini le gestionnaire traditionnel qui prend toutes les décisions sans consultation. Fini le gestionnaire qui agit en sauveur. Déjà, on a emboîté le pas du changement; on ne parle plus de gestion des ressources humaines, mais bien de gestion humaine des ressources. Peu importe la taille de votre organisation, votre culture d’entreprise, votre style d’organisation, le changement sera nécessaire. Nous avons vécu d’importants changements au cours de la dernière décennie; certains d’entre nous y ont adhéré avec enthousiasme, d’autres non ou alors avec beaucoup de réticence. Peu importe que les changements soient bons ou mauvais. L’histoire a démontré qu’il vaut mieux suivre la cadence et s’adapter pour tirer son épingle du jeu.

Les entreprises qui provoqueront les changements ou qui les anticiperont seront toujours à l’avant-garde. Les gestionnaires qui se remettent en question et qui s’interrogent sur leurs pratiques auront toujours quelques foulées d’avance sur les autres. Le mot « gestionnaire » n’est pas synonyme de perfection. Ce qui fait qu’un individu atteint les échelons plus élevés d’une entreprise et devient un gestionnaire est une autre question encore plus complexe. Ce qu’il faut retenir, c’est que le changement n’est pas fini, qu’il faudra revoir nos façons de faire afin de demeurer concurrentiels, mais aussi nos façons d’être comme gestionnaire afin de pouvoir suivre l’itinéraire que choisira l’entreprise. Bonne route ! ■

Ce texte vous fait réagir ? Pour nous faire part de vos commentaires, rendez-vous au www.magazine3rve.cc, sous l'onglet contact, ou envoyez-nous un courriel à info@magazine3rve.cc

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 3 PRINTEMPS 2013

35


NS O B S LE TACTS N

LES AMIS DE 3RVE

CO

STÉPHEN DAVIDSON, ing. Directeur de projets Environnement 1205, rue Ampère, bureau 310 Boucherville (Québec) J4B 7M6 Tél. : 450 655-9640, poste 237 Téléc. : 450 655-7121 stephen.davidson@bpr.ca www.bpr.ca

36

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 2 PRINTEMPS 2013


LES AMIS DE 3RVE

NS O B S LE TACTS CON

34, rue de Chenonceau, Blainville, Qc J7B 1P6

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 2 PRINTEMPS 2013

37


Du nouveau pour L’enVert du décor. Les courtes nouvelles sont maintenant produites sous forme de capsules vidéo. Vous pouvez les visionner en naviguant sur www.dansmonsoussol.tv ou simplement en utilisant ce code QR. Si, vous aussi, vous voulez annoncer un bon coup, un nouveau produit, un nouveau service, une nomination, un événement ou une bonne nouvelle, rien de plus facile : rendez-vous à nos studios et placez-vous à votre tour entre notre lentille et notre mur vert ! Contactez-nous en écrivant à info@maya.cc.

du décor

Manon Laporte

www.dansmonsoussol.tv

L'équipe Durabac/Omnibac Patrick Charbonneau, président de Durabac, est très heureux de présenter son nouveau contenant semi-enfoui, le CSE-8000. Contenant monocoque, il est fabriqué à base de polyéthylène. Il est robuste et présente un design résolument urbain. Pour en assurer la distribution au Québec, Durabac s’est associée à Omnibac, pionnière de la distribution de contenants.

Martine Isabelle Le 22 mars prochain, à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, le Musée Armand-Frappier et le Centre d’interprétation de l’eau organisent une grande conférence sur le thème de l’eau. Celle-ci mettra en vedette le réputé Dr Pierre Payment, microbiologiste et grand spécialiste de la santé publique. Un rendezvous à ne pas manquer.

38

Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 8 NO 2 PRINTEMPS 2013

Compenser ses gaz à effets de serre c’est bien, mais être carboresponsable c’est encore mieux. C’est pourquoi EnviroAccès a lancé récemment son attestation carboresponsable qui permet de reconnaître et d’afficher clairement vos efforts en la matière. Renseignez-vous !

Marlene Cordato Marlene Cordato, mairesse de la ville de Boisbriand, est fière de souligner l’utilisation du thé de compost sur son territoire. Seule ville québécoise à utiliser ce procédé, Boisbriand innove en imitant des grandes villes comme New York et Toronto. Cet été, passez voir les résultats à Boisbriand !

Carole Grenier Bacs+ est la première mobilisation des partenaires de la collecte sélective au Québec; les embouteilleurs de boissons gazeuses, les détaillants, les centres de tri, les conditionneurs, les équipementiers, Éco entreprises Québec et plusieurs autres se sont réunis afin de promouvoir la collecte sélective auprès des citoyens.

Sophie Bergeron Concours prestigieux, les Phénix de l’environnement ont pour objectif de mettre en lumière les bons coups des municipalités, des entreprises, des organismes à but non lucratif, des associations et des institutions scolaires en matière d’environnement. Pour soumettre une candidature, visitez le www.phenixdelenvironnement.qc.ca.

L'équipe des #mardiDD Les médias sociaux sont devenus incontournables pour quiconque désire communiquer ses bons coups ou connaître ceux des autres. À cet effet, Twitter est un canal de diffusion de choix et l’équipe des #mardiDD l’a bien compris. La Twittosphère québécoise, friande de développement durable, se réunit chaque mardi avec le mot-clic #mardiDD. C’est un rendez-vous !

Hélène Lauzon L’un des volets de la mission du CPEQ est de mobiliser et de sensibiliser ses membres afin qu’ils implantent une démarche de développement durable au cœur de leurs entreprises. Dans cette perspective, le CPEQ a fait une tournée québécoise afin de promouvoir l’écologie industrielle. N’hésitez pas à le contacter pour de plus amples informations.



3Rve Printemps 2013