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Bestiaire urbain

Jean-Christophe M assinon Delphine M ALOSSE et Marlène PROST Galerie Octave Cowbell Metz


Octave Cowbell, 5 rue des Parmentiers 57000 Metz 0033 (0) 3 54 44 31 24 0033 (0) 6 61 62 27 79 www.octavecowbell.fr info@octavecowbell.fr


A FĂŠlix, R ico, Minette, Caillou, Matsot et tous leurs amis ....


Déclaration universelle des droits de l’animal Préambule Considérant que la vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s’étant différenciés au cours de l’évolution des espèces, Considérant que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d’un système ner veux possède des droits particuliers, Considérant que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la nature et conduisent l’Homme à commettre des crimes envers les animaux, Considérant que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l’espèce humaine du droit à l’existence des autres espèces animales, Considérant que le respect des animaux par l’Homme est inséparable du respect des Hommes entre eux,

Il est proclamé ce qui suit : A rticle premier Tous les animaux ont des droits égaux à l’existence dans le cadre des équilibres biologiques. Cette égalité n’occulte pas la diversité des espèces et des individus. A rticle 2 Toute vie animale a droit au respect. A rticle 3 1- Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels. 2- Si la mise à mort d’un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d’angoisse. 3- L’animal mort doit être traité avec décence.


A rticle 4 1- L’animal sauvage a le droit de vivre libre dans son milieu naturel, et de s’y reproduire. 2- La privation prolongée de sa liberté, la chasse et la pêche de loisir, ainsi que toute utilisation de l’animal sauvage à d’autres fins que vitales, sont contraires à ce droit. A rticle 5 1- L’animal que l’Homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs. 2- Il ne doit en aucun cas être abandonné, ou mis à mort de manière injustifiée. 3- Toutes les formes d’élevage et d’utilisation de l’animal doivent respecter la physiologie et le comportement propres à l’espèce. 4- Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence. A rticle 6 1- L’expérimentation sur l’animal impliquant une souffrance physique ou psychique viole les droits de l’animal. 2- Les méthodes de remplacement doivent être développées et systématiquement mises en oeuvre. A rticle 7 Tout acte impliquant sans nécessité la mort d’un animal et toute décision conduisant à un tel acte constituent un crime contre la vie. A rticle 8 1- Tout acte compromettant la sur vie d’une espèce sauvage, et toute décision conduisant à un tel acte constituent un génocide, c’est-à-dire un crime contre l’espèce. 2- Le massacre des animaux sauvages, la pollution et la destruction des biotopes sont des génocides. A rticle 9 1- La personnalité juridique de l’animal et ses droits doivent être reconnus par la loi. 2- La défense et la sauvegarde de l’animal doivent avoir des représentants au sein des organismes gouvernementaux.


A rticle 10 L’éducation et l’instruction publique doivent conduire l’Homme, dès son enfance, à obser ver, à comprendre, et à respecter les animaux. La Déclaration Universelle des Droits de l’A nimal a été proclamée solennellement à Paris, le 15 octobre 1978, à la Maison de l’Unesco. Son texte révisé, à l’initiative de la Ligue Française des Droits de l’Animal, par la Ligue Internationale des Droits de l’A nimal en 1989, a été rendu public en 1990. La Déclaration Universelle des Droits de l’A nimal est diffusée par la Ligue Française des Droits de l’A nimal (39 rue Claude Bernard 75005 Paris).


De passage à Metz, je pars explorer la ville…

Dessins : Jean-Christophe M assinon Textes : Delphine M ALOSSE et Marlène PROST, Muséum-Aquarium de Nancy Août 2009


La Mineuse du Marronnier d’Inde Cameraria ohridella

… Dans un parc, des feuilles tachées de brun m’intriguent… Longueur : 3 à 5 mm. Brun-ocre. Les ailes antérieures ont des stries argentées ; les ailes postérieures sont longuement frangées.

La Mineuse du Marronnier est un microlépidoptère… Un quoi ?!? Eh bien un tout petit papillon si vous préférez, si petit qu’il pourrait passer inaperçu aux yeux des passants des villes. Indissociable du Marronnier d’Inde, sur les feuilles duquel maman Mineuse pond ses minuscules œufs par dizaines, il est de fait un véritable citadin. Oui mais voilà, il ne suffit pas d’être petit pour passer inaperçu ! Dès leur éclosion, les chenilles du papillon " minent " les feuilles du Marronnier en creusant des galeries pour se nourrir du tissu interne. Les feuilles alors brunissent puis tombent prématurément. Et voici notre petit papillon démasqué ! Le Marronnier d’Inde, ainsi que la Mineuse, viennent tous deux des Balkans où ils vivent en équilibre. Seule leur époque d’arrivée dans nos régions diverge : le Marronnier d’Inde a été introduit à Paris en 1612 pour décorer les avenues, la Mineuse l’a suivi avec plus de 300 ans de retard. Avec une progression de 58 km par an, cette dernière ne devrait pas tarder à coloniser l’ensemble de l’Europe. Mais qu’on se rassure, malgré l’aspect spectaculaire de l’attaque des chenilles sur les feuilles du Marronnier, l’impact pour l’arbre est limité, le principal inconvénient est d’ordre esthétique.


La Mésange charbonnière Parus major

… Vlan ! Voilà qu’un petit oiseau vient perturber mon observation… Longueur : 14 cm. Calotte et bavette noires, joues blanches, manteau verdâtre et ventre jaune vif partagé par une ligne médiane noire prolongeant la bavette vers le bas.

Recherchant arbres et arbustes dispersés, la Mésange charbonnière est aussi bien présente dans les lisières, les vergers, les haies et les jardins que dans les parcs urbains. Omnivore, elle peut abîmer les bourgeons au printemps mais compense largement ce désagrément en consommant, en été, quantité d’insectes indésirables tels que des chenilles, des vers, des papillons, des pucerons ou encore certains coléoptères. En cela, elle constitue un allié précieux pour les jardiniers et les arboriculteurs qui l’utilisent comme moyen de lutte biologique. Dans les villes, la Mésange charbonnière semble se nourrir de la Mineuse du Marronnier, papillon responsable de la défoliation prématurée des Marronniers. En hiver, l’oiseau modifie son régime alimentaire, volant parfois la crème des bouteilles de lait chez nos voisins anglais mais recherchant principalement des graines parfois disponibles dans des mangeoires. La Mésange charbonnière affectionne également les nichoirs artificiels dont elle s’accommode très bien à défaut de pouvoir trouver une cavité appropriée pour faire son nid. Défendant ardemment son territoire et ses biens, ce petit oiseau peut se montrer très bagarreur, voire agressif : il n’est ainsi pas rare d’assister à des duels aériens avec d’autres espèces d’oiseaux devant les mangeoires ou les nichoirs. Un spectacle au demeurant très beau, car la Mésange charbonnière est aussi une excellente acrobate !


L’Ecureuil roux Sciurus vulgaris

… Déconcentrée, je lève la tête. Un panache roux s’enfuit dans les arbres… Longueur du corps : 20 à 25 cm et 15 à 20 cm pour la queue. Poids entre 200 et 480 g. La coloration de son pelage peut être très variable, depuis le beige jusqu’au châtain et passant par le roux et le gris. Son ventre est toujours de couleur plus claire.

Tout en grâce et en souplesse, l’Ecureuil roux pourrait rivaliser avec les meilleurs gymnastes ! A nimal arboricole, tout son corps est fait pour monter et descendre le long des arbres, la tête en bas et sauter de branche en branche. Ainsi son squelette, ses griffes, ses doigts et ses pattes se singularisent par leur souplesse, leur puissance et leur agilité, sa queue en panache venant jouer le rôle de balancier lors de ses déplacements. Un esprit sain dans un corps sain ? Incapable de stocker quantité de graisse, l’Ecureuil roux doit s’alimenter tout au long de l’année. Son activité est diurne et il n’hiberne pas. Il s’aménage alors un nid d’hiver ou "hotte" en général à 6 mètres de hauteur, dans lequel il peut se reposer sans craindre le froid ou l’humidité. Essentiellement granivore, il se nourrit de graines de résineux, à l’occasion, il peut gober un oeuf ou croquer un oisillon, il mange aussi champignons et baies dont il enterre une partie à la belle saison de façon à les retrouver en hiver, d’où la "prévoyance" vantée par un célèbre établissement bancaire. Nombre de ses prédateurs au sol se trouvent aussi en ville : le renard, le chien, le chat domestique et la fouine, dans les arbres.


La Fouine Martes foina

… Une dame assise là me dit avoir vu hier soir une fouine… Corps : 40 à 50 cm auquel il faut ajouter 20 à 28 cm de queue. Pelage de couleur brun-grisâtre, composé de poils longs épars (jarre) et de bourre plus épaisse, qui laisse apparaître une bavette blanche qui va du menton aux pattes antérieures.

La Fouine apparaît comme un animal infatigable doté d’une incroyable vitalité. Elle est notamment capable de bondir sur 1,5 à 2 m de longueur tout comme elle peut grimper ou redescendre la tête en bas d’un arbre, d’un mur ou d’une gouttière. Elle est aidée en cela par ses griffes non rétractiles. Très souple, elle peut se glisser au travers du moindre petit interstice ou trou dans un mur. Avec de telles aptitudes, elle n’a aucun mal à venir installer son gîte dans les greniers, combles des maisons ou entrepôts. Elle les choisit tempérés et calmes pour son repos diurne, élever ses petits et stocker sa nourriture. Discrète et farouche, la cohabitation avec l’Homme serait sans problème si on ne comptait le vacarme nocturne, les dégâts qu’elle cause dans l’isolant des maisons et l’odeur nauséabonde de son crottier, entassement de crottes qu’elle dépose à proximité de son gîte. On a même relevé des dégâts dus aux mordillements et griffures des fils électriques et autres parties plastiques sous le capot des voitures ! Elle chasse rats, souris et oiseaux et complète ce menu avec des fruits, baies et restes alimentaires laissés par l’Homme. En ville, elle joue un rôle sanitaire non négligeable en mangeant quantité de pigeons éclopés.


Le Pigeon biset des villes Columbia livia

… L’animal était en train de dépecer un pigeon. Taille : 30 à 34 cm et de 250 à 300 g. Généralement, son plumage est gris bleuté ; avec une teinte plus sombre au niveau de sa tête, sa poitrine et son ventre. Le cou porte des tons violet-vert tandis que les ailes font apparaître deux barres noires. Le bec blanc à sa base, est mince et gris.

Le Pigeon biset des villes a une histoire plutôt compliquée. A l’origine sauvage, le Pigeon biset vivait près des parois rocheuses et dans les montagnes. Il a été domestiqué il y a 5 000 ans à des fins alimentaires. Par la suite, l’Homme s’est ser vi de ses remarquables capacités d’orientation et il est devenu pigeon voyageur. Avec le temps et l’apparition de nouveaux moyens de communication, certains puis quasiment tous les individus ont déserté les pigeonniers et ont retrouvé l’état sauvage, surtout dans les villes. Là, le Pigeon biset se caractérise par une très grande adaptation : il niche dans les anfractuosités et greniers des bâtiments et jusque dans les halls de gare et ponts métalliques. Les conditions de vie sont telles que les populations prospèrent sans trop d’entraves. L’oiseau est un commensal de l’Homme, c’est-à-dire qu’il est lié à l’Homme, il se nourrit de ses déchets. En cela, il en est grandement dépendant. Il rencontre en ville de nombreux détracteurs notamment du fait de ses déjections qui détériorent les façades et qui seraient vectrices de maladies. Certaines municipalités mettent en place des programmes de régulation des populations : des pigeonniers sont rouverts pour mieux contrôler les naissances et des systèmes sont installés pour empêcher les pigeons de se poser ou de nicher.


La Corneille noire Cor vus corone

Devant le fast-food, un oiseau noir, frite au bec, s’envole… Longueur : 44 à 51 cm. Envergure : 84 à 100 cm. Plumage entièrement noir avec des reflets pourpres. Bec noir et lourd. Queue carrée. A ne pas confondre avec le Corbeau freux, Cor vus frugilegus qui présente un plumage plus ébouriffé, une peau nue et grise à la base du bec et sur le menton.

Habituellement, la Corneille noire apprécie la campagne où se mêlent bocages, cultures, prairies, rivières et forêts, néanmoins elle s’accommode aussi très bien de la ville et ses parcs. Tout comme les autres corneilles, les corbeaux ou encore les choucas, la Corneille noire témoigne d’une intelligence remarquable que lui reconnaissent volontiers chercheurs et ornithologues. Elle est maligne, prompte à profiter de toute opportunité. Dotée ainsi d’importantes facultés d’adaptation, elle a su conquérir le cœur même des agglomérations. Elle construit un gros nid fait de branchettes qu’elle installe en hauteur. Elle vit en couple ou en famille. Sans atteindre la taille des groupes de Corbeaux freux, elle peut se réunir avec d’autres individus lorsque la nourriture est abondante ou alors en hiver, en dortoir en haut des arbres. Elle se nourrit essentiellement à terre, d’insectes, de mollusques, de grenouilles, de micromammifères, de végétaux, de charognes et autres déchets de nourriture humaine.


Le Moineau domestique Passer domesticus

… Au sol, plusieurs moineaux picorent des graines de sésame… Longueur : 14 à 16 cm. Corps rondelet. Gros bec. Dos et ailes brun rayé. Mâle et femelle ont un plumage assez différent : tête à calotte grise, nuque rousse et bavette noire pour le mâle ; tête à calotte chamoisée et pas de bavette pour la femelle.

En voilà un oiseau bien sédentaire ! Contrairement à l’Hirondelle de fenêtre qui a sans arrêt la bougeotte, le Moineau domestique aime bien son petit chez soi. Lorsqu’il a niché en un endroit, il y reste généralement jusqu’à ses vieux jours, c’est-à-dire 3 à 4 ans. Véritable profiteur et opportuniste, le Moineau domestique s’accommode habilement à la vie citadine… S’il exploite parfois l’Hirondelle de fenêtre, cherchant à s’approprier son nid, il tire certainement meilleur profit d’une toute autre espèce : l’Homme. Cette tendance anthropophile se justifie notamment par ses goûts alimentaires : le Moineau domestique aime en effet agrémenter les traditionnels insectes, graines et araignées de restes domestiques. Mais cette quête de nourriture n’est pas sans difficulté : il doit ainsi se montrer prudent et fait parfois preuve d’une grande ingéniosité pour pénétrer à l’intérieur des bâtiments. Quant aux nids, dans leur composition rentrent désormais des matériaux artificiels : morceaux de papier et de matières plastiques.


L’Hirondelle de fenêtre Delichon urbica

… Pour une fois, ils ne viennent pas taquiner les hirondelles ! Longueur : 12 à 15 cm. Dessus du corps noir à part le croupion blanc qui se distingue nettement. Dessous blanc. A iles larges, queue courte faiblement fourchue, bec très court. A ne pas confondre avec l’Hirondelle de cheminée, Hirundo rustica, plus grande et plus élancée, avec un front et une gorge rouges et de longues plumes rectrices latérales à la queue.

L’Hirondelle de fenêtre est une grande voyageuse ! Deux fois par an, elle parcourt des milliers de kilomètres lors de ses migrations. Sa destination favorite pour la période estivale : l’Europe. C’est ainsi qu’à chaque printemps, on la voit débarquer chez nous en masse. Habitante originelle des falaises, elle semblerait cependant avoir une préférence pour la vie citadine, optant volontiers pour une formule d’hébergement type "colonie de vacances chez l’habitant". En effet, on peut obser ver régulièrement une vingtaine de nids fixés sous les corniches d’un bâtiment. Parfois même, il peut y en avoir plusieurs centaines : ils sont alors groupés sur des édifices élevés comme les églises. Monsieur et Madame Hirondelle travaillent conjointement à l’édification de leur nid. En forme de coupe, totalement clos avec une entrée étroite au sommet, il est fait de boue et de fragments végétaux. A nnées après années, l’Hirondelle de fenêtre est fidèle à sa résidence estivale et revient sur le même bâtiment. Pourtant, côté repas, c’est loin d’être la pension complète ! Pour assurer sa subsistance, elle doit partir en chasse quotidiennement : fendant l’air comme un éclair, entre deux pauses sur des fils électriques ou des antennes, elle attrape mouches et autres petits insectes en vol. Elle doit par ailleurs rester vigilante, car elle rencontre dans nos ville un concurrent de taille : le Moineau domestique qui cherche à s’approprier son nid… Dur, dur les vacances pour l’Hirondelle !


La Mouche domestique Musca domestica

Oups ! J’ai failli marcher dedans… et déranger une mouche. Corps : 7 à 9 mm, de couleur gris foncé avec des taches ocre-orangé sur l’abdomen. Ses yeux sont rougeâtres.

La Mouche domestique est un insecte qui s’entretient ! Elle prend grand soin de ses poils. Son corps et surtout ses pattes en sont recouverts. La moindre poussière peut la gêner, c’est pourquoi elle se frotte régulièrement les pattes pour s’en débarrasser. Néanmoins, allant pondre sur des excréments ou des charognes, elle peut transmettre à l’Homme des maladies telles la fièvre typhoïde et la diarrhée. Sur le plan alimentaire, la lar ve (l’asticot des pêcheurs) se nourrit des excréments ou autres matières en décomposition sur lesquels elle a éclos. L’adulte, avec sa bouche en forme d’éponge, absorbe les aliments sous forme liquide uniquement. Il les extrait des charognes, végétaux et restes domestiques. En ville, cette source s’est cependant fortement limitée depuis la mise en circulation de containers fermés et un ramassage plus fréquent des ordures. Elle est la proie de nombreux animaux : oiseaux, chauves-souris, grenouilles… sans compter tapettes et papier tue-mouches ravageurs ! Quoi qu’il en soit, elle a un cycle de vie des plus courts parmi les insectes (à peine quinze jours). Quelle vie de m…. !


La Fourmi brune Lasius emarginatus

Chargées de victuailles, des fourmis en procession coupent mon chemin… Taille : 3 à 4 mm, de couleur brune. La reine est plus grosse : environ 7 mm. Seuls les sexués, reines et mâles, sont ailés ; les ouvrières ne peuvent pas voler. Les reines, perdent leurs ailes dès leur fécondation.

Les Fourmis brunes sont monogynes, c’est-à-dire qu’une reine fonde seule sa colonie. La dissémination a lieu en été, en fin de journée lorsque le temps est orageux ; mâles et femelles ailés se réunissent en immense groupe pour se reproduire. Une fois fécondée, la reine perd ses ailes et cherche un abri pour fonder sa société et élever ses premières lar ves d’ouvrières. Nourries avec des oeufs, les lar ves se transforment bientôt en adultes qui aident la reine en sortant notamment du nid pour chercher de la nourriture. Celle-ci est constituée de miellat et d’insectes. Le miellat est produit par les pucerons et pour favoriser cette production, les fourmis les stimulent avec leurs antennes. Le miellat n’est autre de l’excrément de pucerons, riche en sucre car ils se nourrissent de sève. Gourmandes d’aliments sucrés, c’est pour cela qu’on les trouve souvent dans nos maisons affairées sur un paquet de sucre. Elles vivent à l’extérieur sous les pierres ou dans les fondations des maisons.


L’Abeille mellifère ou domestique Apis mellifera

Elles se dirigent vers un jardin fleuri où virevoltent des butineuses… Reine, longueur : 20 mm ; corps foncé et pattes claires. Mâles ou faux-bourdons, longueur : 15 mm ; corps annelé de noir et de beige. Ouvrières, longueur : 10 mm ; corps sombre, presque noirâtre.

L’Abeille à miel est un des seuls insectes domestiqués ! Depuis 5 000 ans environ, l’Homme l’exploite dans des ruches pour récolter les divers produits de son labeur : miel, cire, propolis et gelée royale. Ils sont autant de trésors issus d’une relation complexe entre l’insecte et les fleurs. Sociale, l’Abeille mellifère vit en colonies qui peuvent héberger de 50 000 à 100 000 sujets. Parmi ceux-ci, la reine : nourrie à la gelée royale depuis son stade lar vaire, elle se charge uniquement de la ponte des œufs à raison de 2 000 par jour environ. Les faux-bourdons, peu nombreux, sont les seuls mâles de la colonie, ils se font nourrir tout au long de leur courte vie, n’excédant pas la saison estivale. Quant aux ouvrières, femelles stériles, elles sont plusieurs dizaines de milliers à effectuer chaque jour les travaux nécessaires au nettoyage de la ruche, au nourrissage des lar ves, à la construction des rayons, à la recherche de nourriture et au stockage des réser ves. Et voilà que nous retrouvons tout ce petit monde… en ville. Mais quelle étrange idée de venir butiner dans la jungle urbaine alors qu’il y a tant de fleurs à la campagne ! C’est que les pesticides utilisés dans les cultures ont fait pas mal de ravages ces derniers temps. Par ailleurs, l’air de la ville étant plus doux, les abeilles y vivent plus longtemps et sont par conséquent plus productives. Ceci d’autant plus que les fleurs de nos jardins, jardinières et cimetières leur offrent une nourriture variée et disponible durant de longues périodes, contrairement aux grandes monocultures.


Mulot sylvestre Apodemus sylvaticus

… Le jardinier m’interpelle pour me montrer son potager endommagé. Longueur du corps de 7 à 11 cm, la queue est presque aussi longue. Plus gros qu’une souris domestique, il a aussi un museau plus pointu et une queue velue. Ses oreilles sont plutôt développées et dressées. Ses yeux sont noirs et globuleux et son pelage est gris-brun.

Apodemus sylvaticus peut facilement être pris pour un autre ! Il est en effet souvent confondu avec la souris domestique, mais il est aussi très difficile à distinguer du Mulot à collier, Apodemus flavicollis. On peut même lui donner plusieurs noms : Mulot sylvestre ou Mulot gris ou encore souris sauteuse ! Ceci en référence à ses pattes postérieures puissantes qui lui permettent de se déplacer par bonds. Actif la nuit et toute l’année, il se caractérise par sa course rapide et ses capacités d’escalade. Capable d’une très grande adaptation à différents milieux (forêts, champs, jardins), il est présent dans les plaines et jusqu’à plus de 2 000 m d’altitude. Il s’installe dans un terrier peu profond qu’il creuse ou alors dans une anfractuosité qui lui sert de garde manger à la période hivernale. La maison peut constituer un refuge idéal à l’automne et en hiver. Le Mulot sylvestre est essentiellement granivore mais là encore il est capable de s’adapter et de manger des fruits, des baies et même des insectes, tout particulièrement les lar ves. Il est souvent mal perçu par les jardiniers car il cause des dégâts dans les plantations ou grignote les récoltes.


Le Rat d’égout ou Surmulot Rattus nor vegicus

Plus loin, une ombre sombre disparaît dans l’obscurité d’une cave… Longueur de la tête et du corps : 20 à 28 cm ; longueur de la queue : 17 à 23 cm. Fourrure généralement gris-brun au dessus, variant du brun clair au noir ; gris clair en dessous. A ne pas confondre avec le Rat noir, Rattus rattus, à la queue et aux oreilles plus longues, qui parfois peut être brun.

Objet de crainte et d’aversion, qu’on le veuille ou non, le Rat d’égout accompagne l’Homme depuis longtemps et sa présence est attestée en France depuis 1750. Doté d’une intelligence et de capacités physiques et sensorielles remarquables, il a su exploiter toutes les ressources du monde artificiel. A insi, même si certaines populations prospèrent dans les champs et les cultures, c’est dans les zones urbaines qu’on le rencontre le plus fréquemment, notamment dans les lieux comportant des dépôts d’ordures tels que les décharges ou les égouts. Omnivore, le Rat d’égout peut être prédateur à l’occasion ou prélever de la viande dans des entrepôts ou des réser ves. Mais ce sont généralement les graines et les céréales qu’il affectionne le plus. Il ronge, par ailleurs, moult matériaux non comestibles et cause des dégâts par ses urines et ses excréments. En raison de tout cela, mais aussi des maladies qu’il est susceptible de véhiculer, notamment la peste par l’intermédiaire de ses puces, le typhus, la leptospirose ou la rage, il est certainement l’animal le moins apprécié de l’Homme. Pourtant, il est d’une grande utilité dans les villes, contribuant à éliminer les déchets et à désencombrer les canalisations d’eaux usées. Agressif uniquement lorsqu’il est acculé, il reste craintif, timide et discret le reste du temps, cherchant à éviter l’espèce humaine tant qu’il peut. Persécuté lors des campagnes de dératisation, il est aussi victime des chouettes, des grands oiseaux de proie, des renards et des chiens.


Le Chat forestier Felis silvestris

… A cette heure-ci, peu de chance de se faire croquer par un chat… Longueur du corps : 48 à 65 cm, de la queue : 25 à 34 cm. Pelage gris avec le ventre plus clair. Une bande dorsale noire, plusieurs rayures sombres de l’avant à l’arrière de la tête et une queue touffue avec plusieurs anneaux sombres permettent de le distinguer du Chat domestique, Felis catus, aussi appelé chat haret lorsqu’il est retourné à l’état sauvage.

Le Chat forestier ou Chat sauvage n’est pas un animal sociable. Il dispose d’un territoire individuel propre, certains pouvant néanmoins se superposer. Le mâle et la femelle ne connaissent que de brefs échanges et il en est de même pour la femelle avec ses petits. Nocturne et recherchant le calme, il évolue dans les massifs forestiers du nord-est de la France et des Pyrénées, à proximité de zones plus ouvertes de plaines, de vergers et il s’aventure même parfois jusqu’en ville. Pendant la journée, il gîte dans un terrier, un creux dans la roche ou une souche. Il chasse à l’approche et à l’affût mais malgré ses aptitudes à escalader les arbres, il n’y chasse pas. Il s’installe en général entre les branches pour y prendre le soleil. Il se nourrit principalement de rongeurs, insectes, jeunes oiseaux et lapins. Les végétaux sont tout de même présents dans son régime alimentaire, favorisant son transit intestinal (comme pour le Chat domestique).


Le Renard roux Vulpes vulpes

… ou par un renard : il préfère les petits gabarits ! Longueur du corps : 60 à 80 cm, de la queue : 30 à 40 cm. Le pelage varie du brun-jaune jusqu’au marron foncé en passant par l’orange. Le museau et ses oreilles, noires à leur extrémité, sont pointus. La partie inférieure de la tête, le menton et la gorge sont blancs, le ventre est gris-blanc, parfois noir (forme charbonnière).

Le mot clé pour décrire un renard est l’opportunisme. Il a su coloniser un très grand nombre de milieux : champs, forêts, lacs, montagnes… et villes. D’une part, les constructions urbaines (zones pavillonnaires et industrielles, aéroports) sont peu à peu venues grignoter le territoire du Renard à la campagne ; d’autre part, les voies ferrées constituent des a xes de déplacement privilégiés qu’il emprunte pour pénétrer dans les villes. Là, il peut installer sa tanière dans les massifs floraux, parmi les racines des arbres, sous des murs, hangars, cabanes à outils et surtout dans des caves ou encore se contenter d’incursions régulières en centre ville depuis la périphérie. A nimal essentiellement nocturne, il est solitaire en campagne et a tendance à se regrouper en clan lorsqu’il est en ville (un mâle et plusieurs femelles). En tout endroit, le Renard est capable d’adapter son régime alimentaire aux ressources disponibles, en fonction de la saison et aussi de l’accessibilité de la nourriture. Son alimentation est ainsi très diversifiée. On retrouve souvent des petits mammifères, des lombrics, mais aussi des fruits, baies, amphibiens, reptiles, oiseaux, etc. Il ne dédaigne pas non plus les tas d’ordures et de compost. La cohabitation avec les chiens et les chats domestiques ne semble pas poser problème, se tenant à distance des premiers et ignorant les seconds.


La Grenouille verte Rana kl. esculenta

Sur les bords de la Moselle, insouciante, une grenouille coasse… Taille de 8 à 10 cm. La peau du dos est peu rugueuse, de couleur verte tachetée de brun ou noir. Une ligne vertébrale claire parcourt tout le dos. La peau du ventre est blanche tachetée de gris. Les femelles sont plus massives que les mâles.

La Grenouille verte est très difficile à distinguer de la Grenouille rieuse, Rana ridibunda et de la Grenouille de Lessona, Rana lessonae. Il s’agit d’ailleurs d’un hybride entre les deux. Les mâles se reconnaissent notamment par des callosités grises sur les pouces et des pattes antérieures solides, éléments nécessaires lors de l’accouplement lorsque le mâle grimpe sur le dos de la femelle et s’agrippe à elle. Pendant cette période de reproduction, elle est active de jour comme de nuit. Le reste du temps, on la rencontre plutôt le jour. Elle s’installe pour prendre le soleil sur la feuille d’une plante aquatique ou au bord de l’eau d’une rivière, d’un lac, d’un étang ou même d’une pièce d’eau urbaine. Apparemment inerte, elle disparaît cependant dans la végétation ou dans la vase à la moindre alerte. La saison froide arrivée, elle hiverne dans la vase ou sur terre, sous une souche ou dans un terrier. Elle se nourrit d’insectes, de crustacés et de vers de terre. Les jeunes quant à eux mangent essentiellement des moustiques. Dur dur d’être une Grenouille verte, elle peut être agressée de toutes parts, entre autres : truites et brochets dans l’eau, fouines et renards sur terre et hérons et martins-pêcheurs dans l’air.


Le Héron cendré Ardea cinerea

… elle n’a pas vu la silhouette filiforme qui l’observe attentivement. Hauteur : 90 à 100 cm. Oiseau au plumage gris, noir et blanc, juché sur de grandes pattes. Tête blanche avec bandeau noir sur les yeux se terminant en huppe derrière la tête. Les plumes sous le menton et sur le ventre sont blanches avec quelques stries noires, celles des ailes et du dos sont grises.

Commun aujourd’hui, cet échassier a néanmoins failli disparaître à la fin du XIXe siècle. Les populations de Hérons cendrés furent alors presque éradiquées en France, victimes d’une chasse abusive. En 1975, on décide de protéger l’espèce : c’est ce qui lui a permis de retrouver sa vigueur et de repeupler de nombreux milieux. Le Héron cendré est dit migrateur partiel. La majorité des individus est sédentaire et reste sur le lieu de reproduction ; les autres migrent depuis le nord de l’Europe jusqu’à des régions plus clémentes en hiver. Son habitat est variable mais certaines conditions semblent être nécessaires : des eaux peu profondes, douces ou salées et 4 à 5 mois de temps hors gel. Lorsqu’il niche dans les grandes étendues urbaines, c’est qu’il y trouve suffisamment de calme. Il installe son nid dans les buissons ou les arbres jusqu’à 35 mètres de hauteur, sur les édifices ou les murs. Celui-ci est confectionné avec les matériaux immédiatement disponibles sur place. La technique de chasse la plus courante du Héron cendré est l’a ffût, généralement dans l’eau jusqu’à mi-pattes, attendant le passage d’une proie. Il se nourrit à l’aube et au crépuscule, principalement de poissons mais aussi d’amphibiens, de petits mammifères, de reptiles ou de végétaux.


Le Cygne tuberculé Cygnus Olor

La nage tranquille et élégante d’un cygne me fait rêver… Longueur : 125 à 155 cm ; envergure : 216 à 236 cm. Plumage entièrement blanc. Bec orangerouge sauf la base noire surmontée d’une protubérance noire (plus ou moins importante selon le sexe). Queue pointue et cou gracieusement recourbé.

Quel plaisir de pouvoir admirer un Cygne tuberculé nageant fièrement et majestueusement sur des eaux calmes ! En plus, cet animal-là est facilement obser vable en ville. Il faut dire que c’est précisément pour des raisons ornementales que l’Homme l’a introduit et domestiqué en Europe dès le Moyen Âge. Originaire d’Asie centrale (Sibérie, Mongolie…), il est désormais familier sur nos lacs, nos marais, nos étangs, nos rivières lentes… et les pièces d’eau de nos parcs urbains. Grâce à son long cou, le Cygne tuberculé trouve sa nourriture au sol mais aussi sous l’eau : il n’est ainsi pas rare de le voir basculer l’avant de son corps dans l’eau, tête la première, à la recherche de plantes aquatiques et d’invertébrés enfouis dans la vase. Malgré son introduction ancienne, ce n’est que depuis les années 1970 que le Cygne tuberculé par vient à se reproduire naturellement dans nos régions. Cela lui a permis d’augmenter considérablement son aire de répartition au cours des quarante dernières années : aujourd’hui, il est ainsi très bien représenté à l’état sauvage, notamment en Lorraine. Mais si les Cygnes "sauvages" qui nichent en Sibérie sont quelque peu migrateurs, hivernant au bord de la mer Baltique, ceux d’Europe occidentale sont surtout sédentaires et n’hésitent pas à retrouver la chaleur des villes en hiver.


La Tortue de Floride Trachemys scripta elegans

… Torpeur que je retrouve chez cette tortue posée au soleil. Longueur : environ 28 cm à l’âge adulte. Dossière bien bombée, olivâtre à marron avec des marques jaunes ; plastron jaune avec une tache noire sur chaque écaille ; peau verdâtre ; tête pointue striée de lignes jaunes ; tempes rouges caractéristiques.

Comme son nom ne l’indique pas, la Tortue de Floride provient de Louisiane où elle est élevée dans des fermes pour une exportation en Europe et en Asie. Dans les années 1970 - 1980, cette espèce fit l’objet d’un véritable phénomène de mode dans nos contrées et fut adoptée massivement comme animal de compagnie. Depuis, de nombreux individus se sont échappés ou ont été volontairement relâchés dans la nature. Même si les cas avérés de reproduction naturelle sont encore rares, cette tortue aquatique occupe aujourd’hui très largement marais, plaines inondées et autres cours d’eau calmes jusqu’au cœur des villes. Cette intrusion dans nos milieux aquatiques n’est pas sans conséquence : vorace et plutôt agressive, l’espèce perturbe la faune locale et peut envahir tout un biotope. En France, elle menace en particulier la Cistude d’Europe, tortue aquatique indigène, en occupant la majeure partie des places au soleil. Depuis 1997, l’importation de ces animaux est interdite dans l’Union Européenne et des programmes de récupération ont été mis en place.


Le Canard colvert Anas platyrhynchos

Splatch ! De retour de sa pêche, un canard émerge… Longueur : 45 à 65 cm. Dimorphisme sexuel marqué : tête et cou vert bouteille surmontant un collier blanc et une poitrine brune pour le mâle ; corps presque entièrement brun, ventre à peine plus clair pour la femelle.

Le "colvert" est l’un des canards les plus communs, largement répandu dans tout l’hémisphère nord de la planète et présent en abondance en France. Opportuniste, même s’il préfère les eaux douces tranquilles, il se rencontre dans tout type de milieu humide : mare, étang, lac, rivière, marais, estuaire… De nature pourtant craintive et prudente, il fréquente même les plans d’eau urbains, en particulier l’hiver où il vient y trouver un peu de chaleur. N’importe quel citadin peut ainsi admirer à loisir le barbotage du Canard colvert… Adorable et amusant spectacle, surtout lorsqu’il bascule son corps tout en entier pour aller chercher sa nourriture sous l’eau ! Les végétaux aquatiques composent principalement son menu avec aussi, accessoirement, quelques mollusques, insectes, oeufs de poissons ou de batraciens. Très sociable, l’animal vit en couple au sein de groupes plus ou moins importants. Généralement migrateur, surtout pour les populations les plus nordiques, il peut également être sédentaire comme c’est souvent le cas en France.


La Poule d’eau Gallinula chloropus

… et fait peur à un timide caché dans les roseaux. Longueur : 27 à 31 cm. Tête et corps arrondis. Ailes courtes. Plumage noir, mêlé de brun sur le dos. Bande blanche sur les flancs et tache claire sous la queue. Front et bec rouges, sauf le bout de ce dernier qui est jaune. Pattes vert-jaunâtre avec de grands doigts.

Bien qu’elle soit plus fréquente près des lacs, étangs, rivières et marécages calmes des campagnes, la Poule d’eau se retrouve aussi dans les grands jardins humides bordant les cours d’eau et même jusque dans les parcs urbains, pour vu que la ville en question bénéficie d’une pièce d’eau ou soit traversée par une rivière ! Dans la nature, farouche, l’animal répugne à se montrer à découvert et émet un cri perçant dès que ses voisins s’approchent de trop près… Pourtant, voilà notre Poule d’eau plus téméraire que jamais qui part à la découverte de la ville, s’accommodant finalement des allées et venues des passants. Elle se distingue par des modes de déplacement très variés : la nage, la course sur l’eau, l’escalade, la marche ou la courses rapide. Ses sources de nourriture peuvent se résumer à tout ce qui est comestible et qu’elle trouve dans l’eau ou au sol, s’aventurant sur les pelouses pour picorer. Dans son alimentation, on constate tout de même une dominance de végétaux : des herbes, des bourgeons ou des graines, elle ne dédaigne pas non plus les déchets laissés par l’Homme.


Le Rat musqué Ondatra zibethicus

Le crépuscule arrive. Seule une tête dépasse de l’eau… Longueur de la tête et du corps : 25 à 35 cm ; longueur de la queue : 20 à 30 cm. Silhouette massive. Pelage brun-châtain à brun-noir dessus, brun clair à gris dessous, donnant l’impression d’être hirsute en raison de la longueur des poils. Queue écailleuse aplatie verticalement. Pattes postérieures légèrement palmées.

Originaire d’Amérique du Nord, le Rat musqué a été introduit en Tchécoslovaquie au début du X Xe siècle pour la pelleterie, c’est-à-dire la préparation et le commerce de fourrures. Certains individus échappés des élevages ont alors rapidement colonisé les milieux aquatiques de toute l’Europe. Aujourd’hui, le Rat musqué fait partie des quatre espèces de rongeurs aquatiques présentes en France : il est plus petit que le Castor ou le Ragondin, mais plus grand que le Campagnol amphibie. Grâce à sa queue et ses pattes postérieures, il nage remarquablement bien dans et sous l’eau, pouvant rester en apnée pendant 10 à 20 minutes. Son activité est essentiellement crépusculaire et nocturne. Il est possible de le rencontrer dans les villes près des cours d’eau, quelques mâles en quête de femelles s’égarant parfois jusque dans les rues. Sur les berges des rivières lentes ou des eaux stagnantes, il construit deux types d’abris différents : un terrier dont l’entrée est située sous l’eau pour la belle saison et une hutte constituée de végétaux pour l’hiver. Le Rat musqué se nourrit principalement de végétaux aquatiques, mais aussi de plantes cultivées (blé, maïs, betteraves…) et de quelques mollusques et crustacés à l’occasion. Il a plusieurs prédateurs dont le Renard mais aussi l’Homme qui organise régulièrement des campagnes d’éradication : l’animal est en effet considéré comme nuisible du fait des dégâts qu’il peut causer au niveau des digues de terre en creusant ses terriers.


Le Moustique commun Culex pipiens

… Intrigué, j’observe. Mais, aïe ! Je suis attaqué… Corps de l’adulte : 5 à 7 mm. Diptère de couleur brun grisâtre annelé de bandes claires sur l’abdomen, longue trompe pointant vers l’avant. Les mâles ont des antennes plumeuses tandis que celles des femelles sont fines.

Voilà un insecte qui au stade adulte, peut se vanter de perturber les nuits de nombreux humains ! La faute aux femelles ! Ce sont elles qui, pour la maturation de leurs oeufs, ont besoin de protéines supplémentaires issues du sang des vertébrés. Elles les repèrent grâce à la chaleur et au gaz carbonique que leur corps dégage. En dehors de cette période, mâles et femelles se nourrissent de nectar et de miellat. Le Moustique commun pond ses oeufs à la surface de l’eau. Il peut s’agir d’un lac, d’un pot de fleur ou d’un vieux pneu. On peut donc aisément éviter sa prolifération en éliminant dans son jardin tous les récipients susceptibles de recueillir de l’eau stagnante. La lar ve, aquatique et détritivore, remonte régulièrement à la surface pour respirer grâce à un siphon. Vivant sur les réser ves accumulées pendant le stade lar vaire, elle se change ensuite en pupe, étape pendant laquelle le corps de l’animal se transforme pour devenir l’imago. Celui-ci déploie alors ses ailes et quitte le milieu aquatique. C’est à partir de là qu’il rencontre ses plus redoutables prédateurs : les chauves-souris, les hirondelles mais aussi l’Homme. Dans le cadre d’une lutte biologique, on peut installer des nichoirs à chauves-souris pour s’assurer d’une élimination durable de ces insectes.


La pipistrelle commune Pipistrellus pipistrellus

… C’est le début du festin pour qui raffole de ces insectes piqueurs. Taille : 5 à 10 cm, poids : environ 7 g, envergure : 18 à 25 cm. Le pelage du dos est marron, le court museau plus sombre et les membranes alaires noires. Les oreilles arrondies sont dressées. L’espérance de vie est d’environ quinze ans.

Encore bien souvent crainte et associée aux histoires d’épouvante, la chauvesouris est le seul mammifère capable de voler. Sortant bien souvent au crépuscule et pendant la nuit, elle se repère et capture ses proies grâce à l’écholocation. Elle émet des ultrasons qui se réfléchissent en écho sur ce qui l’entoure, cela lui permet d’évaluer les distances. La Pipistrelle est la plus petite des chauves-souris que l’on rencontre dans nos contrées. C’est un animal sociable qui forme des colonies de quelques individus à plusieurs centaines. Selon les saisons, elle s’installe en différents endroits mais ne construit pas de nid. En été, elle peut se fixer dans les interstices des façades, sous les toits ou encore derrière les volets. Pour hiberner, elle choisit un lieu calme, humide et frais, bien souvent les anfractuosités des rochers ou les cavités des ponts. Elle est une redoutable dévoreuse d’insectes, pouvant en manger jusqu’à 3 000 en une nuit. En ville, les lampadaires sont ses lieux de chasse de prédilection, attirant moustiques, moucherons, petits papillons, etc. A nimal plutôt discret, c’est par la présence de guano, autrement dit ses crottes accumulées, qu’on la détecte. Cette matière, riche en chitine, constituant le squelette externe des insectes, est un précieux engrais pour les jardiniers. Chats, fouines et chouettes comptent parmi ses prédateurs.


L’Homme Homo sapiens sapiens

… Que d’animaux dans cette jungle urbaine ! Mais que pensez-vous de celui-ci ?


Bibliographie : - Amphibiens et reptiles de Lorraine, Michel Renner et Stéphane Vitzthum, Editions Serpenoise, 2007. - A nimaux et insectes, hôtes cachés de nos maisons, H. Mourier et J. Aguilar (d’), Delachaux & Niestlé S.A., Lausanne - Paris, 1979 (1ère ed.), 1996 - Apprenez à obser ver les animaux des villes, Yves Thonnérieux, Tétras éditions, 2004. - Corbeaux et Geais - Guide des Corbeaux, Geais, et Pies du monde entier, S. Madge et H. B, Editions Vigot, Paris, 1996 - Des hommes et des… Corbeaux, B. Sa x, Delachaux & Niestlé S.A., Paris, 2005 - Grands échassiers, Gallinacés, Râles d’Europe, Paul Géroudet, Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1978. - Guide complet des mammifères de France et d’Europe, D. W. Macdonald et P. Barrett, Delachaux & Niestlé S.A., Paris, 1995 - Guide de la vie sauvage du jardin, M. Chiner y, Delachaux & Niestlé S.A., Lonay (Switzerland)-Paris, 2002 - Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, H. Bellmann, Delachaux et Niestlé, Lausanne-Paris, 1999. - Guide des amphibiens d’Europe, A ndreas et Christel Nöllert, Delachaux et Niestlé, Paris, 2003. - Guide des amphibiens et reptiles d’Europe, Gilbert Matz et Denise Weber, Delachaux et Niestlé, Paris, 1999. - Guide des curieux de nature en ville, Vincent A lbouy, Delachaux et Niestlé, Paris, 2006. - Guide des Hérons du monde, James Hancock, James Kushlan, Delachaux et Niestlé, 1989. - Guide des tortues - 190 espèces du monde entier, V. Ferri, Delachaux & Niestlé S.A., Lausanne (Switzerland) - Paris, 2000 - Insectes de France et d’Europe occidentale, Michael Chiner y, A rthaud, Paris, 1988. - L’écureuil roux, Carlo Biancardi et Emmanuel Do Linh San, Belin éveil nature,2006. - La fouine, François Léger et François Steimer, Éditions Belin, 2005 - La révolution des abeilles, J. Perrot et A.Adriaens, in Salamandre n°185, avril 2008 - Le cabinet du naturaliste, Les Insectes, Claire Beverley et David Ponsonby, Marabout, 2006.


- Le chat sauvage d’Europe, Encyclopédie des carnivores de France, Philippe Stahl et François Léger, SFEPM, 1992 - Les insectes en 300 questions/ réponses, François Lasserre, Delachaux et Niestlé, Paris, 2007. - Les moineaux, G. & M Olioso, Delachaux & Niestlé S.A., Paris, 2006 - Les rats, Julie Delfour, Delachaux et Niestlé, Paris, 2006. - Le Renard roux, Denis-R ichard Blackbourn, Eveil nature, 1999. - Les rongeurs de France - Faunistique et biologie, H. Le Louarn et J.-P. Quéré, INR A Editions, Paris, 2003 - Loutre & autres mammifères aquatiques de Bretagne, L.La fontaine, Collection Les Cahiers Naturalistes de Bretagne, Groupe Mammalogique Breton, Editions Biotope, Mèze, 2005 - Mammifères, Collection Guides Nature Hachette, Hachette Livre (Hachette Pratique), Paris, 2000 - Mammifères sauvages de Lorraine, Fréderic Fève, Editions Serpenoise, Metz, 2006 - Oiseaux de Lorraine, Fréderic Fève, Editions Serpenoise, Metz, 2004 - Sur les traces des chauves-souris, les cahiers techniques de la Gazette des Terriers no105, 2003. - Toute la faune du jardin, M. Golley, Delachaux & Niestlé S.A., Paris, 2007 - Toutes les tortues du monde, F. Bonin, B. Devaux et A. Dupré, Delachaux & Niestlé S.A., Lausanne (Switzerland) - Paris, 1996 Sites internet : http://pigeons.u-psud.fr/spip.php?rubrique5 http://www.inra.fr/hyppz/R AVAGEUR/3aposyl.htm http://www.mhnc.ch/d2w files/document/677/8016/0/fiche3_pipistrellus2. pdf http://www.museum-bourges.net/html/pipistrelle.html http://www.oiseaux.net/oiseaux/pigeon.biset.html http://www.oncfs.gouv.fr/events/animois/2003/ss_rub53.php http://www.u-bordeaux1.fr/collections_biologie/Fiches_mammiferes/Mulot. html http://www.universalis.fr/encyclopedie/T000029/PIPISTR ELLE.htm http://fr.wikipedia.org/wiki/Tortue_de_Floride http://www2.mnhn.fr/cersp/spip.php?article117


Colophon

Cet ouvrage est édité à l’occasion de la deuxième Nuit Blanche à Metz le 2 octobre 2009

Il est imprimé sur les presses de l’imprimerie de la Ville de Metz à 5000 exemplaires Jean-Christophe M assinon et la Galerie Octave Cowbell tiennent à remercier Delphine M ALOSSE, Marlène PROST, Françoise WEISKOPF, Laurent Péru, Fabrice Hubert, Olivier Goetz, Robert Ha ncock, l’équipe Nuit Blanche pour leur contribution à la réalisation de ce bestiaire urbain.

Tous droits réser vés, toute reproduction ou transmission, même partielle, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation écrite du détenteur des droits. ... www.jcmassinon.com www.octavecowbell.fr www.man.uhp-nancy.fr

Avec le soutien de la Ville de Metz


Bestiaire messin Jean-Christophe Massinon a un talent particulier pour l’image figurative. Quel qu’en soit le format ou l’échelle, ses œuvres possèdent, à mes yeux, trois qualités précieuses. 1. Éminemment graphiques, elles oscillent entre l’enluminure et la signalétique, empruntant toujours quelque chose à l’écriture. 2. Picturales, elles sont le fait d’un vrai coloriste. Ses dessins ont la somptuosité et le velouté de l’aquarelle. 3. Enfin, Massinon s’intéresse à ce qu’il peint, au point d’apparaître comme un artiste engagé. Ses séries donnent un sens précis aux objets qu’elles déclinent. Grâce à lui, les choses futiles (en apparence) deviennent hautement significatives et éminemment désirables… Grâce à la collaboration du Muséum-Aquarium de Nancy, il s’est agi, dans le présent ouvrage, d’associer un travail de vulgarisation scientifique au travail artistique. Delphine Malosse et Marlène Prost ont écrit les textes qui accompagnent les images de Jean-Christophe Massinon, permettant à galerie Octave Cowbell d’offrir, dans le cadre de la Nuit Blanche messine, ce beau bestiaire urbain. Olivier Goetz


Bestiaire urbain