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OCTOBRE  > DÉCEMBRE 2017

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ACTIVITÉ PAGE 4

ACTUALITÉ PAGE 6

DANSE À BIARRITZ #71 PAGE 10

SENSIBILISATION PAGE 20

LE LABO PAGE 20

SAISON DANSE PAGE 21

EN BREF PAGE 22

CALENDRIER JOURNAL D’INFORMATION DU CENTRE CHORÉGRAPHIQUE NATIONAL DE NOUVELLE-AQUITAINE EN PYRÉNÉES-ATLANTIQUES MALANDAIN BALLET BIARRITZ

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Laurine Viel & Arnaud Mahouy, Une dernière chanson © Olivier Houeix


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u moment de débuter une nouvelle saison, même si les acclamations d’un public enthousiaste sont aujourd’hui retombées, il n’est pas trop tard pour parler du spectacle donné le 5 août dernier aux Arènes de Bayonne. Une représentation exceptionnelle initiée par la Communauté d’Agglomération Pays Basque en partenariat avec la Ville de Bayonne et la Diputación Foral de Gipuzkoa. « Une fois, au Mexique, raconte la danseuse Anna Pavlova, le théâtre était bien trop petit pour contenir la foule qui voulait assister à la représentation, de sorte que mon manager prit la décision de me faire danser dans l’Arène aux taureaux » (1). Au Pays basque où danser est une chose parfaitement

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naturelle, en témoigne malicieusement le critique chorégraphique Philippe Verrièle : « Biarritz a choisi d’être une ville de danse. Si Paris était doté d’autant de studios publics par habitant, elle en compterait 800… »  (2). C’est cette même décision que prit la Communauté d’Agglomération Pays Basque pour marquer sa récente création par un événement artistique ouvert à tous. Un challenge, car dans l’arène dont on ne sort jamais que vainqueurs ou vaincus depuis les jeux du cirque tout peut arriver. Pour preuve, contre toute attente, 8.500 spectateurs se pressèrent sur les gradins de l’amphithéâtre circulaire. Pourtant, la promesse n’était pas d’y étouffer un lion dans ses bras, ni d’y jouer de la muleta face à un taureau aux cornes aiguës. D’ailleurs, laissant les oreilles


ÉDITO

et la queue à l’animal, les bouquets et les mouchoirs à leurs propriétaires, à l’instant de la charge nous aurions gagné la palissade pour chercher une issue. Non, dans l’arène point d’adversaires à poils, mais de la danse dépouillée d’artifices à la grande satisfaction des « aficionados » et d’un public nouveau. Ce qui était le but convoité.

© Olivier Houeix

S’agissant du spectacle, ouvrant avec les danseurs du collectif Bilaka de Mathieu Vivier, il se termina par le Boléro du basque Maurice Ravel. Œuvre populaire s’il en est, blockbuster ou bombe de gros calibre diront les beaux esprits qui courent après tout ce qui affecte un air d’originalité, mais notons qu’il y a pire musique pour allumer les sens et démocratiser les émotions artistiques. Troisième partition la plus écoutée durant les rapports sexuels, il s’agissait de transformer l’arène en cour d’amour. Aussi, n’ayons pas peur des mots, entre les préliminaires et l’orgasme : Une dernière chanson et Estro parachevèrent les réjouissances. Etant malaisé de décrire la spontanéité du succès, disons seulement que le regret de ne pas avoir osé plus tôt, fut pour beaucoup le dernier mot. Ce qui peut s’interpréter comme une victoire, puisque démentir l’élitisme supposé de la danse était aussi l’objectif recherché.

16 février 1919, Plaza el toreo de la Condesa devant 16.000 personnes.

(1)

Fil Twitter, 2 décembre 2016

(2)

Œuvres complètes, tome I, 1866, p. 478

En conséquence, quelques jours plus tard à Biarritz, pour sa « temporada » estivale, les trois représentations de la Belle et Bête furent données à guichet fermé : près de 4.000 personnes. Disons-le franchement, dans l’arène sanglante où se joue la vie actuelle, le nombre n’est jamais trop pour légitimer un art dont l’Antiquité fit l’éloge le plus complet. À preuve, même si depuis les courses de chars et les combats de gladiateurs, la mentalité humaine ne s’est guère relevée, Lucien de Samosate, rhéteur grec, qui vers l’an 150 parcourut le monde romain, de l’Asie Mineure à la Gaule écrira dans De la danse : « Toutes les autres sciences nous promettent, les unes l’utilité, les autres le plaisir ; la danse seule nous offre les deux tout ensemble ; et son utilité est d’autant plus grande qu’elle naît du plaisir même. Combien, en effet, n’est-il pas plus agréable d’assister à ce spectacle que de voir des jeunes gens se donner des coups de poing, ruisseler de sang, lutter en se roulant dans la poussière ? Et comment la danse ne serait-elle pas une chose vraiment parfaite ? Elle aiguise l’âme, exerce le corps, réjouit les spectateurs » (3).

(3)

Janine Charrat, Antigone de la Danse, Michel Humbert, 1970, p.20 (4)

Gilberte Cournand, 17 mars 1969, p.38

(5)

Michel Humbert, préface, p.II

(6)

(7)

Jean Cocteau, p.60

« Elle est aussi l’art le plus pur, car le plus éphémère » assurait Janine Charrat, étoile et chorégraphe, décédée ce 29 août à l’âge de 93 ans. « Douce, secrète, fragile et cependant silex », « Himalaya d’obstination » (4) selon le décorateur Bernard Daydé, « cette disciple de Serge Lifar a toujours été à la pointe de l’avant-garde, mais les

innovations qui ont apportées la gloire à un Roland Petit ou à un Maurice Béjart, n’ont apporté en général que des soucis financiers et des critiques à Janine Charrat » (5) écrit Gilberte Cournand, journaliste des plus distinguées qui n’avait pas la langue dans sa poche. L’on sait que l’histoire de la danse souffre d’injustices et d’oublis inconcevables. Mais pourquoi, après la réussite complète de son premier ballet Jeu de cartes d’Igor Stravinski en 1945, la carrière française de la « Petite Antigone à la pureté absolue et idéale » (6) fut-elle semée de difficultés ? Sans doute parce que cette ambassadrice d’une révolution de la danse classique, rappelée 32 fois par 4.000 personnes après la première de Perséphone à Essen en 1968 était une femme. De fait, le chorégraphe allemand Kurt Joss, qui avait créé ce mélodrame d’Igor Stravinski à l’Opéra de Paris en 1934, la complimentera de la sorte : « Vous êtes un grand Homme ! ». Mais aussi, parce que l’incorruptible « Reine de l’imaginaire », n’appartenait à aucun cercle, à aucune arène mondaine et politique. Cependant, la volonté sachant quelquefois réaliser l’impossible, née pour partager l’amour, la rebelle au sourire ineffable enchantera les foules aux quatre coins du Monde et bien au-delà. Au reste, à l’extrême pointe de l’intuition, Jean Cocteau l’avait prédit : « Janine Charrat, marcheuse solitaire, ira au-delà des étoiles » (7).

n Thierry Malandain, septembre 2017


ACTIVITÉ

Ballets aux Arènes

qui fait du Malandain Ballet Biarritz l’une des compagnies françaises les plus vues et les plus présentes. Le programme reprenait trois des grands succès de la troupe, Une dernière chanson, Estro et Boléro, respectivement créés par Thierry Malandain en 2012, 2014 et 2001. En avant-première, l’ensemble traditionnel Bilaka, pôle de production chorégraphique de la Fédération de danse basque dirigé par Mathieu Vivier, faisait découvrir trois extraits de ballets traditionnels témoignant à la fois d’une authenticité virtuose, notamment dans le travail du bas de jambe, et d’un intelligent regard contemporain.

A l’initiative de la Communauté d’Agglomération Pays Basque (CAPB), en partenariat avec la Ville de Bayonne et la Diputación Foral de Gipuzkoa, Bilaka, pôle de production chorégraphique de la Fédération de danse basque dirigé par Mathieu Vivier et le Malandain Ballet Biarritz se sont produits aux Arènes de Bayonne le 5 août.

© Olivier Houeix

Compte tenu de la configuration en cercle des Arènes, les déplacements des interprètes avaient été revus afin d’équilibrer les angles de vue du public sans que, dans l’ensemble, ces modifications ne nuisent aux œuvres. Ainsi, des trois pièces de Thierry Malandain, c’est paradoxalement la plus chorégraphiquement complexe, Estro, qui tirait de ce dispositif la meilleure part. Enchâssée tel un joyau entre les deux autres pièces, la superbe variation inspirée à Thierry Malandain par le Stabat Mater et l’Estro Armonico de Vivaldi brillait d’un nouvel éclat. Le jeu des lanternes portées par les danseurs dans la nuit basque, l’inventivité de la gestuelle, qu’elle s’inspire d’un classique ciselé ou d’un joyeux lâcher prise contemporain, la musique tour à tour dramatique et allègre suscitaient des applaudissements enthousiastes.

LA PRESSE EN PARLE

P 

our investir par la danse - une première - le cadre imposant des Arènes de Bayonne et relever le défi d’une jauge de huit mille cinq cents personnes, il fallait un pied ferme et un cœur généreux. Pari tenu haut la jambe le 5 août par le Malandain Ballet Biarritz. En trois pièces emblématiques, la compagnie couronnée du Prix de la Critique 2017 a fait de cet espace dévolu à la tauromachie le plus beau des plateaux. Cet événement exceptionnel avait lieu avec le soutien de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, de la Diputación Foral de Gipukoa et de la ville de Bayonne, associées pour accompagner le développement du Ballet dans le Pays Basque Nord après dix années de collaboration transfrontalière avec le sud de la province. Il venait clore une saison riche de plus de cent représentations et saluée par près de quatre-vingt mille spectateurs en France et dans le monde,

En ouverture, Une dernière chanson sur des mélodies françaises interprétées par Le Poème Harmonique de Vincent Dumestre réussissait, sur la scène nue des Arènes, à installer la délicieuse fragilité de son propos, entre nostalgie du temps qui passe et permanence des émotions. Sans doute la pièce est-elle plus adaptée à un théâtre fermé qu’à un spectacle en plein air, mais son charme subtil, porté par la grâce des accords ou des dissonances entre paroles, musique et mouvements des danseurs emportait la mise. Final en beauté avec le toujours populaire Boléro de Ravel, même si la chorégraphie tendue sur le fil de Thierry Malandain enfermait les douze interprètes dans un espace clos et restreint là où, compte tenu du lieu, on eut aimé un ample déploiement des gestes et des corps. Après deux heures intenses au cours desquelles on n’avait même pas senti, tant l’on était captivé, la brise frisquette qui soufflait par instants sur Bayonne, la soirée s’achevait sur les ovations d’un public reconnaissant aux danseurs et aux organisateurs d’avoir fait de ces premiers Ballets aux Arènes une véritable fête populaire.

n Dansercanalhistorique, Calabre, 8 août 2017

Isabelle


ACTIVITÉ

Maire de Bayonne et président de la Communauté d’agglomération Pays Basque, Me Jean-René Etchegaray ne tarit pas déloge sur cette première réussie aux Arènes de Bayonne : « le Malandain Ballet Biarritz a conquis un public de près de 8500 personnes. Autour de chorégraphies magistralement exécutées, la compagnie invitée dans le cadre d’un partenariat entre la Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB), la Ville de Bayonne et la Députation forale de Gipuzkoa, signe son ancrage dans le territoire ». D’un bord politique différent, l’élu angloy Guy Mondorge a remarqué, pour sa part, « que le spectacle avait commencé par une modernisation fidèle de danses basques, suivie d’un ballet clin d’œil sur le thème de chansons traditionnelles dont deux superbes chansons gasconnes, seule l’intelligence et l’ouverture d’esprit de Thierry Malandain pouvait concrétiser cet équilibre subtil. Enfin nos deux cultures régionales réunies à Bayonne dans la même reconnaissance... Mais, combien de spectateurs s’en seront-ils rendu compte ? » Mais c’est à la plume talentueuse de l’adjoint bayonnais à la culture, Yves Ugalde, que nous avons confié la critique de ce très beau spectacle : « Ce samedi soir, le Ballet Malandain Biarritz peut se targuer d’avoir placé les arènes de Bayonne dans un rapport "public-artistes" totalement inédit. De mémoire de rat de cette plaza, je ne me souviens de rien de pareil. La nuit traitée comme à la veillée. D’habitude rayée de faisceaux lumineux, baignée d’ambiances chipées à toutes les couleurs de l’arc en ciel, Malandain lui a laissé tous ses droits. Elle enveloppait les spectateurs (8500 personnes !) en ne laissant que la scène dans un grand carré blanc.

Une forme de pureté que les pros de la lumière, qu’ils viennent du rock, des variétés ou du lyrique, n’abordent plus du tout. Quant aux toros, ils supposent un éclairage maximaliste répondant, autant que faire se peut, à la luminosité du jour. Surtout pas d’ombres portées ou de zones d’ombre lorsque le fauve entre en piste. Il a fallu attendre le premier intermède pour prendre la mesure du remplissage de la plaza par le truchement de la première salve d’applaudissements. Ce fut avec nos locaux de Bilaka et leur façon généreuse et enlevée de revisiter la danse basque. Cette ovation, la première d’une longue série,

est montée de ce grand chaudron noir comme l’écho du grand trou, noir lui aussi, de notre mémoire collective. La force du lieu, et de la démarche tarifaire, il faut aussi le dire, réside dans le quadruplement de la base traditionnelle du public des Ballets Malandain. Nous sommes passés d’un cercle, certes déjà conséquent, d’initiés, à un panel populaire et vierge de toutes les froideurs techniques des "sachants". Et cette ferveur montée de l’enton...noir n’avait rien à voir avec les codes polis des habitués des théâtres. Les jeunes de Bilaka, en portant le fandango vers des cimes qu’aucun groupe folklorique, même le mieux intentionné, n’a touchées jusqu’à présent, ont provoqué une réaction viscérale de fierté collective.

Boléro © Olivier Houeix

Le « Malandain Ballet Biarritz » à la conquête de… Bayonne !

En jetant notre danse basque dans le bain du plus haut niveau d’exigence, sans pour autant en dévoyer les racines et l’ancestrale esthétique, ces jeunes éclaireurs ont révélé aux gens d’ici la puissance, tout juste soupçonnée jusqu’alors, de la danse de leur terre. Du coin de l’œil, j’observais Thierry Malandain, assis en tendido ombre. Il n’a pas ménagé sa participation à la première réponse exaltée des gradins. Un prince universellement respecté de sa discipline emporté par ce qu’il ne pourrait considérer que comme la plèbe de son fief...

la première fois vraiment, Bayonne, la populaire, et tout un territoire, entouraient familialement ce Ballet qui sait désormais être aimé par tous les siens. Avec cette nuit de Lachepaillet, l’arène a dépassé le " cercle Malandain " pour en faire une ronde pléthorique et spontanée d’amour ».

n Yves Ugalde - baskulture.com, 9 août 2017

Puis, ce fut un crescendo magique de technique passionnée, de sensibilité à fleur de peaux qui se montrent, s’enlacent, se rejettent, dans des tensions et des lascivités qui font la marque inimitable des chorégraphies du maître biarrot. Pour

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ACTUALITÉ

La Belle et la Bête en Thaïlande et en Chine Noé Patricia Velazquez, la Belle et la Bête © Olivier Houeix

LA PRESSE EN PARLE

Déluge ll y a des arches que l’on prendrait bien un beau matin, ou un soir de lune. Tout quitter sans rien dire et sans se retourner, sans rien prendre, comme le sera, cela dit, notre dernier voyage.

A l’invitation du Bangkok’s 19th International Festival of Dance & Music, le Malandain Ballet Biarritz donnera la Belle et la Bête à Bangkok, le 2 octobre au Thailand Cultural Centre. Suivront six représentations en Chine : les 13 et 14 octobre au Hangzhou Grand Theatre, le 16 octobre au Suzhou Poly Theater, le 18 octobre à Changsha au Meixihu International Culture & Arts Centre dont l’architecture vaut le coup d’œil. Enfin, les 20 et 21 octobre au Majestic Theatre de Shanghai dans le cadre du China Shanghai International Arts Festival.

Suivront deux représentations tout public et deux représentations scolaires de Noé les 30 novembre, 1er et 2 décembre à l’Opéra de Saint-Etienne, coproducteur de ce ballet. Enfin, du 21 au 23 décembre, le Malandain Ballet Biarritz présentera à nouveau la Belle et la Bête pour quatre représentations chez son coproducteur l’Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles. Baptiste Fisson & Michaël Garcia, la Belle et la Bête © O. Houeix

En Nouvelle-Aquitaine, Noé sera présenté au Pin Galant à Mérignac le 7 novembre et au Théâtre de Gascogne Scènes de Mont-de-Marsan, partenaire de ce ballet le 13 novembre pour une représentation scolaire et une tout public.

La compagnie s’envolera ensuite pour La Réunion pour une représentation scolaire et une tout public au Théâtre Luc Donat au Tampon le 21 novembre puis trois représentations de la Belle et la Bête les 24 et 25 novembre au TEAT Champ Fleuri à Saint-Denis dans le cadre du Festival Total Danse.

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C’est ce que m’a inspiré ce magnifique Noé, dernière création de notre chorégraphe dont les spectacles, pourtant en marge des grands courants actuels, font désormais salle comble dans le monde entier. Son Noé est un voyage, une odyssée humaine, un conte abstrait illustrant une histoire bien concrète, et qui a d’ailleurs réveillé en moi des émotions tangibles. Dans ce départ pour d’autres latitudes, on retrouve son amour de la belle danse, de la belle écriture, de la belle musique. L’amour de la culture. Messa di Gloria de Rossini du début à la fin, si on n’aime pas, circulez… Peut-être une overdose de voix, mais le Sanctus est sublime. A travers ce mythe du déluge traité dans toutes les religions, Noé aborde le destin de notre humanité, l’environnement, la place de l’homme dans ce tourbillon, mais l’absence de Dieu, seul petit bémol à mon sens, « il en a d’ailleurs plus retenu la richesse symbolique que le message religieux » dit le livret. Repartir donc à zéro pour renaître, (oh oui… même si cela reste à voir) ou faire naître un monde nouveau, forcément meilleur que le précédent, tel est le combat engagé en reprenant les thèmes d’Adam et d’Eve, du meurtre d’Abel et de Caïn, et surtout celui de l’eau, élément aussi bien fondateur que destructeur, comme est le feu, ou l’amour. Pas d’évocation animale non plus, mais juste celle d’une colombe. Après tout, nul autre oiseau ne symbolise mieux le Saint Esprit, le monde vivant, l’espérance. Belle scénographie également, plateau vide délimité par un grand rideau de perles bleues qui montent au fur et à mesure que le ballet avance, telle la mer de Moïse faisant échouer l’humanité sur de nouveaux rivages. Au fond, le long banc bleu transforme la scène en salle d’attente, l’attente de son sort. Dans ces magnifiques solos, duos ou variations de groupe, Thierry, le humble, fait danser les âmes, et non seulement les corps, avec une délicatesse qui me fait de nouveau espérer…

n lacritiquederomeoetjuliette.com,  Serge Gleize, 15 mai 2017


ACTUALITÉ

Noé à Biarritz

Noé © Olivier Houeix

Récompensé en juin dernier du « Prix de la meilleure compagnie » par l’Association Professionnelle de la Critique de Théâtre, de Musique et de Danse après sa création à Chaillot - Théâtre national de la Danse, Noé sera présenté à la Gare du Midi les 27, 28 et 29 décembre à 20h30.

musique Gioachino Rossini (Messa di Gloria) chorégraphie Thierry Malandain décor et costumes Jorge Gallardo conception lumière Francis Mannaert réalisation costumes Véronique Murat réalisation décor Frédéric Vadé coproduction Théâtre National de la Danse de Chaillot, Opéra de Saint-Etienne, Teatro Victoria Eugenia de Donostia / San Sebastián Ballet T, Donostia / San Sebastián 2016, CCN Malandain Ballet Biarritz. Partenaires Opéra de Reims, Pôle Culturel du Marsan. Tarif de 12 à 36€ Billetterie www.malandainballet.com Office de tourisme de Biarritz 05 59 22 44 66 www.tourisme.biarritz.fr www.biarritz-culture.com

Parallèlement aux représentations, Dominique Cordemans, responsable de la sensibilisation et de la transmission du répertoire aux pré-professionnels animera des master-classes et des ateliers de répertoire destinés aux élèves des Conservatoires, des écoles de danse et des Centres de formation, ainsi que des ateliers Voulez-vous danser avec nous ? pour adultes et étudiants non-initiés. Une formule Duo à 15 € donne à la fois accès à une master-classe / atelier et à une place pour l’une des représentations de Noé des 27, 28 ou 29 décembre.

Master-classes / Ateliers Grand Studio de la Gare du Midi 16 et 17 décembre Niveau moyen/avancé (12-14 ans) 10h30 à 12h30 Niveau supérieur / pré-professionnel (15 ans et +) 13h30 à 16h00 27 et 28 décembre Niveau moyen/avancé (12-14 ans) 14h à 16h Niveau supérieur / pré-professionnel (15 ans et +) 16h30 à 19h00 Ateliers Voulez-vous danser avec nous ? Grand Studio de la Gare du Midi 18 et 19 décembre 19h à 21h Réservations Malandain Ballet Biarritz 05 59 24 67 19


ACTUALITÉ

Oskara, Kukai Dantza © Gorka Bravo

Biarritz Rendez - vous Basque / Euskal Hitzorduak #2

Soutenue par la Communauté d’Agglomération Pays Basque, la Diputación Foral de Gipuzkoa, en partenariat avec l’Institut Culturel Basque et Lurrama, la vitrine de l’agriculture du Pays Basque, cette seconde édition du Rendez-vous Basque invite du 31 octobre au 12 novembre, le public à découvrir l’univers de la danse basque à travers des ateliers, rencontres, projections et spectacles.

Kukai Dantza

8 novembre Théâtre du Casino - 20h30 Kukai Dantza - Jon Maya Oskara de Marcos Morau

Tarifs Plein tarif : 12€ Tarif réduit : 8€ (Amis du Malandain Ballet Biarritz, enfants jusqu’à 18 ans, étudiants jusqu’à 26 ans, demandeurs d’emploi) Billetterie www.malandainballet.com Office de tourisme de Biarritz 05 59 22 44 66 www.tourisme.biarritz.fr www.biarritz-culture.com

Kukai Dantza présente sa dernière création tout juste auréolée du Molière espagnol pour le meilleur spectacle de l’année (Premio Max). Fruit de la rencontre avec le chorégraphe Marcos Morau et son collectif La Veronal basé à Barcelone, qui sonde d’un geste chorégraphique et cinématographique les entrailles de nos terres intérieures, Oskara navigue entre les racines populaires de la danse et son expression la plus contemporaine. Et fait la promesse d’une exploration nouvelle des paysages de la culture basque et de ses mythes.


Hatsa © Gabrielle Duplantier

So.K

Autour des spectacles, des moments de pratique et des rencontres seront proposés

12 novembre Théâtre du Casino - 20h30 So.K - Julien Corbineau Hatsa de Julien Corbineau, Verspecht, Laetitia Cheverry

Pratiquer

Nathalie

Hatsa © Gabrielle Duplantier

Dans le grenier d’une vaste maison où s’entassent toutes sortes d’objets anciens, des personnages aux allures de poupées de porcelaine apparaissent. Traversés par un souffle magique, ils s’animent peu à peu et prennent vie. Leurs mouvements, d’abord hésitants et mécaniques, deviennent fluides et se chargent d’intention puis d’émotions. Produite par de curieux personnages, hôtes eux aussi de ce lieu oublié, une musique enveloppante et teintée de mystère les accompagne. Par la magie de la danse et de la musique, renaît à la vie ce que l’on croyait à jamais inanimé. Ainsi en est-il du grand souffle vital qui traverse l’espace et préside aux grands mouvements cycliques qui régissent nos existences. Invité à entrer dans un univers éminemment poétique, le spectateur est aussi convié à une réflexion sur la condition humaine.

Stage de danse basque Grand Studio de la Gare du Midi Du 31 octobre au 4 novembre, les compagnies Kukai, Maritzuli, So.K et Bilaka proposeront aux danseurs confirmés de danse basque d’approcher l’univers des spectacles présentés durant la manifestation. Dans le cadre de ce stage, un atelier Malandain et un atelier de danse contemporaine seront respectivement donnés par Dominique Cordemans, responsable de la sensibilisation et de la transmission aux pré-professionnels et Gaël Domenger, responsable du LABO du Malandain Ballet Biarritz. Inscriptions Malandain Ballet Biarritz 05 59 24 67 19

Ateliers pour adultes et étudiants débutants Grand Studio de la Gare du Midi de 19h à 21h 6 novembre atelier animé par Claude Iruretagoyena, Maritzuli 7 novembre atelier animé par Jon Maya, Kukai Dantza 10 novembre atelier animé par Mathieu Vivier, Bilaka 11 novembre atelier animé par Julien Corbineau, So.k (à confirmer)

Gratuit sur présentation d’une place de spectacle plein tarif Inscriptions Malandain Ballet Biarritz 05 59 24 67 19 Rencontrer 9 novembre Médiathèque de Biarritz à 18h Après la projection du documentaire Oroitzen Naiz, Mizel Théret échangera avec le public sur sa création. Entrée libre sur réservation Malandain Ballet Biarritz 05 59 24 67 19 11 novembre Plaza Berri à 12h30 Soka – reprise de la compagnie Kukai Dantza par le Collectif Bilaka dirigé par Mathieu Vivier Entrée libre sur réservation Malandain Ballet Biarritz 05 59 24 67 19 11 novembre Halle Iraty à 18h Soka – reprise de la compagnie Kukai Dantza par le Collectif Bilaka dirigé par Mathieu Vivier Dans le cadre du salon de l’agriculture du Pays Basque, Lurrama 12 novembre rues de Biarritz de 10h à 13h A l’occasion des Fêtes de la Saint-Martin, la Compagnie Maritzuli de Claude et Jon Iruretagoyena déambulera dans les rues de Biarritz en interprétant l’imposante et protocolaire Ezpata dantza (danse des épées).

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LA DANSE À BIARRITZ # 71

Simon Malatzoff

«

Artiste d’une originalité bondissante et tournante dont Vestris eût été jaloux » (1), Senka Doubnikoff, dit Simon Malatzoff naquit à Kiev, le 15 février 1882. À l’inverse de son lointain rival, Auguste Vestris (1760-1842) qui laissa son nom à une gavotte que l’on danse encore au Pays basque, il n’était pas, comme on dit, enfant de la balle, puisque son père, Boris Doubnikoff et sa mère, Anna Guitmann exerçaient les professions de tailleur et couturière. Au moins pendant la semaine, car au fond on ignore qui enseigna la danse au jeune homme dans une famille où elle occupait une place éminente. Ainsi encore dans l’adolescence, Simon forma avec ses frères, Itchko et Dimitri, nés à Kiev, le 5 décembre 1871 et le 13 janvier 1877, un trio cosaque appelé : les Malatzoff. Un trio dont les débuts sont flous, puisque les frères Doubnikoff dansèrent aussi sous leur vrai nom, comme au Cirque Fernando en 1894, voire sous d’autres étiquettes dans la confusion d’une publicité souvent trompeuse. À preuve, selon les faiseurs d’annonces, les Malatzoff se firent connaître pour la première fois à Paris au café-concert la Fourmi en 1898. Or, déjà en 1896, « les plus extraordinaires danseurs qu’on ait jamais vu » (2) étaient au programme du Concert de l’Univers. Ce qui n’empêchera pas Romain Molle, dit M. Romain, acteur et impresario de sa propre troupe de faire savoir en août 1899, à l’instant même où le trio passait à Trianon : « pour sa grande tournée de Michel Strogoff, M. Romain vient d’engager à prix d’or, trois russes, les Malatzoff qui, dans leurs danses Moujik, Cosaque, Tartare et Circassienne, sont étourdissants d’audace, d’adresse et de force ; c’est la première fois qu’ils paraîtront en France » (3). Et, même si les Doubnikoff, victimes des persécutions et des lois antisémites de l’Empire tsariste s’étaient établis à Paris dès janvier 1889, habile à jouer du pipeau pour leurrer l’opinion M. Romain était « allé tout exprès en Russie pour y chercher une attraction qui soit de l’inédit pour le public Français » (4). Mais avant, s’étant assuré la propriété exclusive de Michel Strogoff (1880) pièce d’Adolphe d’Ennery et Jules Verne créée au Châtelet, il fit écrire par Louis Ganne une nouvelle musique sur laquelle Mariquita, la

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maîtresse de ballet de l’Opéra-Comique régla les danses. Il commanda « des costumes d’une beauté incomparable », « des décors d’une rigoureuse exactitude » et l’électricité étant adoptée partout, il remplaça le panorama déroulant d’Irkoutsk en flammes par « une merveilleuse découverte d’art » : l’Illusiorama lumineux. Etait-ce l’invention du peintre belge Eugène Frey, qui permettait de projeter par transparence des vues colorées sur un écran servant de toile de fond ? Expérimenté en 1897 à la Boîte à Musique, ce procédé sera officiellement mis en application dans les ballets de Mariquita au Palais de la Danse, à l’Exposition de 1900. Sept ans plus tard, l’Opéra de Paris l’emploiera dans le Lac des Aulnes, d’Henri Maréchal réglé par Gustave Vanara. Débutée le 24 août 1899 à Versailles, la Tournée Romain fêta la 100e de Michel Strogoff, le 26 novembre à Valence et jusqu’au Havre, « les danses bizarres des Malatzoff, dont l’agilité est surprenante furent accueillies par des salves de bravos  »  (5). Mais au Havre, le 5 février 1900, tout s’arrêta. En fait, le contrat des Malatzoff, ne pouvait être résilié que pour cause d’épidémie ou de maladie de M. Romain, qui tenait le rôle principal de la pièce. Or, au Havre, ce dernier tomba malade ou se dit malade, et en profita pour congédier les trois frères qui assignèrent leur directeur devant le tribunal. Ces derniers soutenant que sa maladie était fictive, en novembre 1900, les juges adoptèrent cette manière de voir et le condamnèrent à payer 4.000 francs de dommages-intérêts. Entre temps, il avait engagé « des cosaques d’une originalité remarquable » : les Grégoroff. Courant les théâtres au gré des contrats, les Malatzoff sont ensuite difficiles à suivre et sans l’aide d’Anne Londaitz pour les recherches généalogiques et d’Arlette Doubnikoff, petite-fille d’Itchko, l’enquête eut été encore plus compliquée. Toutefois, après le Havre, « la célèbre troupe de danseurs russes » passa en avril 1900 au Palais de Cristal à Marseille, en mai à l’Empire Theatre de Londres et alors qu’à Paris l’Exposition faisait « le bilan d’un siècle », partageant la scène avec Polin le comique-troupier et des perroquets savants, le 11 juin ils débutèrent à la Scala. Par parenthèse, comme l’Eldorado qui lui faisait face, la Scala avait appartenu à Mme Allemand, qui tenait à Biarritz, l’Hôtel Cosmopolitain ouvert en 1896. Toujours à la Scala, le 27 juin, « les extraordinaires danseurs cosaques » parurent dans Paris s’expose, revue d’Hugues Delorme et Francis Gally. Après quoi, l’Amérique les appela. De retour en décembre 1901, ils retrouvèrent la Scala avec un membre de plus : « la troupe Malatzoff offre en ce moment un numéro de danses russes absolument vertigineux, et la souplesse, l’originalité, la sauvagerie, le prodige

d’équilibre, qui font de ces quatre danseurs de véritables acrobates, soulève chaque soir un vif enthousiasme » (6). Peut-être était-ce leur frère, Henri qui venait d’épouser à Londres Lizzie Pearl. Immédiatement après, l’Eldorado les acclama frénétiquement : « les vertigineux danseurs russes de la troupe Malatzoff se font applaudir à tout rompre dans des danses étranges qui sont de véritables acrobaties » (7). C’est ensuite flou, mais l’on sait que « les sauteurs russes  » se produiront par à coup en Angleterre où ils avaient des cousins. En attendant, en avril 1903, ils passèrent à Paris aux Ambassadeurs dans « des chants et danses russes d’une réelle originalité  »  (8). Puis, en octobre au Cirque Médrano, avant de parcourir la France et d’achever l’année 1904 au Cirque d’hiver. On ne les retrouvera que le 26 novembre 1905 aux Théâtres Montparnasse, de Grenelle et des Gobelins dans les Exilés (1877), drame de Victorien Sardou et Eugène Nus, tiré d’un roman du Prince Lubomirski, avec au 4e tableau : « des danses nationales exécutées par les Malatzoff, les plus célèbres danseurs russes » (9).


LA DANSE À BIARRITZ # 71 Á l’automne 1906, tandis qu’Itchko quittait la scène pour manier les cisailles de ferblantier à Montreuil, Simon et Dimitri signèrent avec Albert Carré, le directeur de l’Opéra-Comique pour une reprise, le 20 décembre d’Iphigénie en Tauride de Gluck. Mariquita ayant refait le ballet des Scythes, « on fit fête aux frères Malatzoff, deux danseurs d’une surprenante agilité » (10). Laissant la salle Favart le 10 janvier 1907, leur activité est ignorée jusqu’en janvier 1908, date où on lira : « Les Tzigani, la célèbre troupe russe, et son chef, l’inimitable pirouettiste Senka Malatzoff, triomphent tous les soirs au Bal Tabarin » (11). Venus de nulle part, les Tzigani arracheront à Tabarin, temple du cancan, « un succès dépassant toute mesure » jusqu’en mars avant de s’effacer. On retrouvera Simon et Dimitri, le 23 mai, à l’Opéra-Comique pour la création en France de Snégourotchka de RimskiKorsakov, adapté par Pierre Lalo, d’après la traduction de Pauline Halpérine.

Express avec son partenaire, Nicolas Legat. Notons qu’elle avait projeté de danser le Petit cheval bossu (1864) d’Arthur SaintLéon et Cesare Pugni au Théâtre SarahBernhardt en 1905. Ce qui n’eut pas lieu. De même en février 1909, Diaghilev devait retrouver l’Opéra avec Chaliapine et « des ballets russes », on cite Giselle (1841) et le Pavillon d’Armide (1907). Mais parmi d’autres motifs, le décès du grand-duc Vladimir, son principal soutien, obligea

« En cette année 1908, se souvient Albert Carré, il y avait, si je puis dire, du russe dans l’air. […] Voilà qu’à quarantehuit heures d’intervalle, et sans nous être concertés, l’Opéra présentait Boris Godounov de Moussorgski, chanté en russe par Chaliapine, et l’Opéra-Comique cette Snégourotchka, tandis que, de son côté, Astruc s’activait à préparer la venue des Ballets de Diaghilev » (12). Rappelons qu’après une exposition d’art russe au Salon d’automne de 1906, Serge Diaghilev soutenu par la Comtesse Greffulhe et l’impresario Gabriel Astruc, avait loué le Palais Garnier en mai 1907 pour y offrir sous le patronage du grandduc Vladimir, président de l’Académie impériale des Beaux-Arts, cinq « concerts historiques russes ». L’année d’après, le 19 mai, dans les mêmes conditions, Diaghilev fit découvrir aux parisiens, Boris Godounov chanté par Fedor Chaliapine et d’autres pensionnaires des théâtres impériaux. « Cela est fort bien ; mais pourquoi MM. Messager et Broussan ne nous montreraient-ils pas, plutôt, ces admirables ballets russes, que nous ne connaissons, pas à Paris, et qui sont uniques au monde ? » (13) nota le Gil Blas à l’instant même où Leimistin Broussan, futur animateur des saisons lyriques du Casino de Biarritz organisait en Russie la venue de Boris Godounov. Sans doute le message fut-il à demi entendu puisque l’Opéra invita Mathilde Kchessinska pour quatre soirées. La prima ballerina assoluta qui villégiaturait à Biarritz où elle retrouvait en catimini le grand-duc André, débuta dans Coppélia, le 23 mai 1908, le jour de la première de Snégourotchka à l’Opéra-Comique. Par parenthèse, l’élément féminin ne dominant pas en Russie, plutôt que de faire couple avec Mathilde Salle qui aurait tenu en travesti le rôle de Franz, la Kchessinska prit le Nord-

Diaghilev à se replier sur le Châtelet, où sans agrément officiel, en mai-juin 1909 se déroula une « saison russe » avec la Pskovitaine de Rimski-Korsakov, rebaptisé Ivan le Terrible, des extraits d’autres opéras et plusieurs ballets qui mettront en lumière le talent de Michel Fokine. Pour revenir à Snégourotchka, les ballets des oiseaux, du carnaval et des histrions dus à Mariquita feront applaudir : Régina Badet, Georgette Richeaume, Germaine

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Les Malatzoff, Atelier Faria Affiche Michel Strogoff

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Dugué, Stacia Napierkowska et le corps de ballet. Mais en la circonstance on fit venir de Russie six danseurs : MM. Oumanski, Aranoff-Samé, Kaspiroff, Srob, Bromberg, Berman qui se joindront aux frères Malatzoff et à un certain Villars. Peut-être Jack Villars qui enseigna à Biarritz. Selon Albert Carré, « sans diminuer le mérite d’Astruc et celui de Diaghilev », le public connut alors « un avant-goût du délire qu’il allait goûter, un an plus tard au Châtelet, avec les danses du Prince Igor de Borodine ». En témoigne ce commentaire du ballet des histrions : « Ce ballet qui rompt nettement avec les traditions chorégraphiques, […] ne présentait aucune des qualités habituelles des ballets. Il procédait d’une harmonie multiple qui unissait, dans un même mouvement fou, la diversité des gestes, des attitudes et des pas. Aucune des figures accoutumées ne s’y reconnaissait — et toutes, cependant, y trouvaient leur place, parce qu’une imagination ardente, un instinct artistique d’une sûreté incomparable avaient présidé à l’arrangement des rythmes, au tourbillonnement des corps, à l’enchevêtrement furibond des êtres en liesse, dansant avec une furie, un emportement, une fougue sauvage qui donnent à ce divertissement son prodigieux attrait. Oui ce ballet est loin, étrangement loin, des pas traditionnels » (14). Et, Albert Carré de conclure : « L’on a beaucoup parlé de la révolution qu’ont apporté ces représentations des Ballets russes. Elle fut certaine, mais je crois qu’on en a un peu exagéré la portée. Tout ce qui fut alors révélation et éblouissement pour les profanes, non seulement dans le domaine chorégraphique, mais aussi dans celui décoratif et pictural, nous était déjà familier aussi bien à moi qu’à Antoine, à Gémier et d’autres encore ». Dansé jusqu’en juin 1908, le ballet des histrions figura l’année suivante à l’affiche de plusieurs manifestations : Gala des directeurs de théâtres au Châtelet en février, Bal costumé des livres à l’Hôtel des Annales en mars. On lira alors : « M. Malatzoff bondit, saute, s’écartèle, tape du talon, s’épuise en bonds de carpes d’une agilité vertigineuse. On le bisse sans pitié, et on le trisserait si … » (15). Toujours en mars aux Folies-Bergère au profit de l’Hospice des Quatre-Vingts. Enfin, en juin au Trocadéro pour l’Association de Secours Mutuel des Artistes Dramatiques.

Entre ces galas, l’activité des deux frères reste obscure. Mais s’il y avait « du russe dans l’air » en 1908, nombreux suivirent ensuite la mode « russienne ». Á l’exemple de Clément Bannel qui pour la réouverture des Folies-Bergère, le 4 septembre 1909, engagea les 4 Doubnik’s : « Depuis la saison russe du Châtelet les Parisiens sont entichés des danseurs russes qui les ont émerveillés. Toujours habile à saisir le goût de son public, M. Bannel a engagé une troupe de ces admirables danseurs qui seront un des gros attraits du ballet d’inauguration » (16). Venus de Londres et révélés au Casino de Paris en janvier 1909, d’après une carte postale du photographe parisien Louis Martin, les Doubnik comptaient deux femmes et deux hommes, mais un rien séparant Doubnik de Doubnikoff, « ces admirables danseurs  » n’étaient-ils pas les Malatzoff ? Nous le pensons, car c’est sous le nom de Doubnik que Dimitri avait épousé à Paris, le 13 février 1909, la danseuse Lucienne Larose. Puis, en mai 1911, au Théâtre Femina, se sont bien les Malatzoff, que l’on verra dans Rômi-Tchâvé, le ballet bohémien qui inaugura la nouvelle salle des FoliesBergère. Par ailleurs en comparant le cliché de Louis Martin, titré « les 4 Doubnik Russian-Englich Dance », à une affiche des Malatzoff sortie des Ateliers Faria, à la droite des deux femmes dont l’une pourrait-être Lucienne Larose, on reconnait Dimitri portant la moustache. En revanche, on peine à voir dans le jeune homme de gauche, Simon, âgé de 27 ans à la création de Rômi-Tchâvé. C’est malgré tout possible, car ce dernier était d’apparence délicate. Autrement, il pourrait s’agir d’Alexandre Gutnik, dit Goudine, qui dansa avec les Malatzoff avant de rejoindre Diaghilev en 1911. Né à Tbilissi en 1895, il avait alors 14 ans. Malheureusement, ces documents ne portent pas de dates, mais l’affiche du brésilien Candido Aragonez de Faria mort en plein travail en 1911, représente incontestablement Itchko, Dimitri et Simon avant la dissolution du trio en 1906. Quant à la carte postale, les premières publicités des Ateliers de Louis Martin, sortirent en 1908, autrement dit au temps de Rômi-Tchâvé. Réglé en 1909 par Mariquita sur un livret de l’Académicien Jean Richepin et des airs de son fils, Tiarko Richepin, ce «  ballet saisissant, brutal même » mit donc en avant « l’extraordinaire troupe Doubnik, groupe de danseurs russes, tourbillonnant, sautant, voltant, avec une furie fantas-tique  »  (17) ainsi que : Yetta Rianza, Stacia Napierkowska, Jean Jacquinet et Robert Quinault prêté par l’Opéra pour plus de 100 représentations. Après quoi, les Doubnik repassèrent au Casino de Paris en février 1910, à l’Eldorado d’avril à mai avant de retourner à Londres où Simon épousa le 11 août, Soledad Abella, dite « actress ».

Dimitri quittant la scène, on le reverra enseignant le tango, Simon reparut le 20 octobre 1910 à Bruxelles, au Théâtre royal de la Monnaie, pour la création d’Ivan le Terrible de Raoul Gunsbourg chanté par Jean Bourbon. Librettiste et compositeur de ce drame lyrique orchestré par Léon Jehin, Raoul Gunsbourg connu jusqu’ici comme directeur de théâtre, était depuis 1892 à la tête de l’Opéra de Monte-Carlo. Habile, audacieux, avisé pour les uns, « brigand de grande route » connaissant «  le pouvoir magnétique irrésistible du bluff » pour d’autres. D’aucuns rappelant qu’il se réclamait de sa collaboration avec Dieu : « Mon cerveau ne doit rien à personne, il n’est esclave d’aucune pensée antérieure. Ce que je fais, ce que je dis, me vient uniquement de Dieu ! » (18), le maître des réjouissances théâtrales d’Albert 1er de Monaco était un personnage. Ayant passé dix ans en Russie où il avait les faveurs d’Alexandre III, Gunsbourg avait mis en scène pour la première fois en France, la Vie pour le Tsar de Glinka. C’était au Théâtre municipal de Nice, le 30 janvier 1890. La France et la Russie se découvraient alors des intérêts communs. La première un allié contre l’Allemagne, la seconde des capitaux pour se moderniser. L’Alliance franco-russe faite en 1891 « avec ma toute petite personne comme courrier  » (19) écrit Gunsbourg, garantira une série d’emprunts russes assurant la fortune des banques françaises via les commissions et la ruine des épargnants en 1917. Si l’on en croit celui qu’on surnomma « Divan le Terrible », ce qu’il ne contestait pas : « l’Homme que la nature a bien doté et de grande virilité est le Maître », en 1891 à Nice : « Sur ma respectueuse demande, le tsar Alexandre III avait permis que le Ballet du Théâtre Impérial vînt au grand complet se faire admirer en France » et de citer Marius Petipa et les étoiles du moment, ce qui n’est pas rien, mais il faudrait être niçois pour le vérifier dans les archives. Par contre, le 3 mars 1902, à Monte-Carlo, dansé par la fine fleur du Mariinsky, Gunsbourg offrira : Côte d’Azur. Ballet du baron Jean de Gail, musique de Ricardo Drigo, réglé par Alexandre Shiryaev, protégé de Petipa et précurseur du cinéma d’animation. Pour son Ivan le Terrible inégalement accueilli par la presse, Gunsbourg chargea Simon de la danse de la Boyarine et de la danse Tartare : « Il y a cinq danseurs russes qui se démènent furieusement. Il y a aussi une danseuse russe qui évolue avec un charme incomparable : Sonia Pavlova » (20). Etoile à Monte-Carlo, Sonia Pavlova, plus tard appelée Sonia Pavloff, reprendra le pas de la Boyarine chez les Grimaldi, le 2 mars 1911. La danse Tartare alignera alors, Simon et cinq autres danseurs prêtés par Diaghilev dit-on, dont M. Trilling que l’on retrouvera. Mais aussi Mlles Kolpak, Larosoff et Malatzoff ; peut-être la femme de Dimitri, Lucienne Larose parfois nommée Lucienne Malatzoff. Ou bien, Hélène ou Marcelle Malatzoff, les filles


LA DANSE À BIARRITZ # 71 d’Itchko et de Rosalie Weinstein. Certes à 11 et 9 ans, elles étaient dans l’enfance, mais trois ans plus tard, le Nouveau-Cirque lancera : « les sœurs Malatzoff, célèbres ballerines russes ».

ignore si Simon reçut quelques bravos, car la presse n’aura d’yeux que pour Sonia Pavlova « à la tête du célèbre ballet russe dont l’extraordinaire chorégraphie obtient un succès considérable » (24).

En attendant, selon Francis Rosset (21) après Ivan le Terrible chanté à Monaco par Chaliapine, Simon signa les danses de Déjanire, opéra de Camille SaintSaëns créé le 14 mars. Etonnant, car le maître de ballet en titre était Georgio Saracco. Justement, le 4 avril, Simon parut dans la danse des bouffons de la Roussalka d’Alexandre Dargomyjski réglée par Saracco. Après quoi, la troupe de Diaghilev dont la Principauté allait devenir le port d’attache inaugura une première saison. Elle débuta le 9 avril avec Giselle et Shéhérazade (1910) de Rimski-Korsakov et Michel Fokine. Dans les paysans du ballet d’Adolphe Adam, le programme signale un « Malatsoff », devenant « Molotsoff » dans Shéhérazade. Puis les jours suivants : « S. Molotsoff » dans les guerriers polovtsiens du Prince Igor (1909), dans le Pavillon d’Armide (1907) enfin « Molatzoff » dans Cléopâtre (1909). En dépit de cette fantaisie d’écriture et qu’apparaît aussi un « A. Molotsoff » dans les adolescents du Prince Igor, s’agissaitil de Simon ? L’hypothèse est plausible, car en 1911, ayant coupé les ponts avec la Russie pour divers motifs, Diaghilev continua son activité à la tête d’une troupe indépendante : les Ballets russes, qui n’étaient pas la première compagnie privée comme on le dit souvent. Jusquelà, les spectacles affichaient des danseurs en congé des théâtres impériaux, en 1911, Diaghilev s’entoura de démissionnaires, d’éléments recrutés en Pologne par exemple et « de la compagnie Molodtsoff, une compagnie itinérante russe se produisant à Paris » écrit Francis Rosset. Seulement, hormis Constantin Molodtzoff équilibriste qui débuta aux Folies-Bergère en 1890, aucune trace d’une troupe de ce nom. Alors, peut-être s’agissait-il des Malatzoff ?

C’est à l’Opéra-Comique qu’on reverra Simon, le 29 octobre 1912, pour la création de la Danseuse de Pompéï de Jean Nouguès, livret de Mme Henry Ferrare et Henri Cain, tiré du roman d’une bordelaise cachée sous le nom de : Jean Bertheroy. « Il s’agit d’un opéra-ballet, nous dit l’affiche; en réalité, nous sommes bien plus en présence d’un ballet que d’un opéra. Rarement, je crois, un spectacle chorégraphique aura été plus éclatant, plus captivant » (25) écrit Jean Prudhomme, qui verra « briller une étincelle de génie »

Après Monaco, Ivan le Terrible passa le 31 octobre 1911, à Paris, à la GaîtéLyrique des frères Isola. Jean Bourbon et Marguerite Carré, l’épouse d’Albert Carré chanteront les premiers rôles. « La partie chorégraphique de cet ouvrage étant des plus considérables, MM. Isola engageront spécialement à Saint-Pétersbourg une troupe importante de danseurs russes » (22) note Comoedia. Ce qui parait exact, même si l’on fit parfois passer pour russes, des anglais, des belges, etc. En témoigne incognito un français en 1918 : « Tout ça, voyez-vous, c’est de l’illusion! Et c’est si vrai qu’il y a cinq ou six ans, un soir où il manqua un danseur, on m’embaucha, on m’affubla d’un nom en « off » et on me lâcha sur le plateau avec les autres. Personne n’y a vu que du feu et, de ma vie, je n’ai eu un succès pareil ! » (23). L’occasion de dire qu’on

dans les ballets de Mariquita. Citons : une bacchanale, une danse sacrée, une cérémonie orphique et des scènes antiques que la chorégraphe traita sous forme de fresques. Prudhomme évoquant « des pas lents ou des danses auxquelles seuls les ballets russes peuvent être comparés », on pensera à une réplique de l’Aprèsmidi d’un faune de Claude Debussy créé six mois plus tôt au Châtelet par Vaslav Nijinski. Sauf que Mariquita avait déjà usé de ce procédé dans Alceste de Gluck en 1904. Enfin, elle porta en scène un divertissement, le Triomphe de Vénus, qui permit de lire : «  M. Malatzoff étonne autant qu’il conquiert par sa souplesse digne d’un Paul l’Aérien qui serait allé en Russie » (26). Dansaient également, Cléo de Mérode, Yetta Rianza, Teresina Négri et Robert Quinault, avant que d’autres n’alternent, comme M. Trilling qui partagera le rôle d’Hermanubis avec Simon jusqu’au 29 décembre. Vint ensuite, le 1er février 1913, les Danses slaves tirées de

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Les Doubnik, photo Louis Martin

Kassya, opéra inachevé de Léo Delibes orchestré par Jules Massenet. Entendues pour la première fois, ces danses stylées par Mariquita employaient le corps de ballet, des danseurs russes engagés spécialement et Yetta Rianza, Judith Darling, Teresina Négri, Georgette Richeaume, Germaine Dugué et Simon qui hors de l’OpéraComique était très actif. Ainsi, le 3 mars on l’annonça à Marigny : « Aujourd’hui, Thé-Tango, avec les danseurs Malatzoff dans leurs danses nouvelles ». S’il s’agissait de danses argentines, Simon et Dimitri devaient être bien accompagnés, car depuis février 1910, une ordonnance du Préfet Lépine, interdisait la danse entre hommes.

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Inaugurés en février 1913, les Thés de la Comédie Marigny offraient sur invitation à 16h30 pour 3 frs, thé compris, causeries ou concerts, suivis le lundi, mardi et samedi de séances de tango. « Au cours de ces tea-party, invités et invitées écoutent les leçons des professeurs et exécutent ensuite sous les yeux de ces derniers, la danse à la mode » (27) écrit l’Intransigeant, le 26 octobre 1913. La veille, dans la séance publique annuelle des Cinq Académies, Jean Richepin avait osé prononcer un discours à propos du tango. Jaillissant de tous côtés ces thés-tangos étaient redevables à Magic-City, le premier parc d’attraction français ouvert en 1911. S’y trouvait une salle de bal, « vaste, élégante, hygiénique » où des argentins importèrent « la mathématique » d’une danse qui allait faire fureur dans les salons, les dancings, au music-hall et au théâtre. Ainsi, le 19 avril 1913 au Châtelet, pour la Revue de vingt scènes au bénéfice de l’Association des Artistes Dramatiques : « Mariquita régla un pas de tango dansé avec beaucoup de grâce par Mlle Yetta Rianza et M. Malatzoff. Cette danse langoureuse faisait un saisissant contraste avec les danses slaves de Kassya » (28). « Parfait interprète de ce tango original » Simon l’exécuta à maintes reprises, tout en s’appliquant à transmettre les arcanes de la danse argentine dans les milieux mondains. À ce titre, même si son initiation à la manie du moment échappe, presque d’un jour à l’autre, Simon passa de « célèbre danseur russe » à « célèbre professeur Malatzoff ». C’est à la suite de cette nouvelle notoriété qu’il lance en mai 1913, la mazurka russe :

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« C’est une nouvelle danse qui, cellelà n’a pas eu besoin de traverser l’Atlantique pour venir nous voir. Par opposition aux danses modernes qui ont toujours un caractère de brutalité ou de nonchalances, la mazurka russe est toujours faite de vivacité et de grâce et indique une nouvelle tendance vers une esthétique plus conforme aux règles de bonne compagnie » (29). Pour autant, il paraît encore au théâtre. Ainsi, le 31 juillet 1913, dans un rôle mimé, il participe à la création de Narkiss au Casino de Deauville. Tiré d’une nouvelle de Jean Lorrain, ce conte-ballet de Mariquita et Jacques Brindejont-Offenbach, avait été composé par Jean Nouguès. Transposant le mythe de Narcisse en Egypte, il mit en avant Natacha Trouhanowa et Robert Roberty, qui « se révéla danseur extraordinaire ». Mais le triomphateur fut Emile Maitrot : « Entouré de son école de culture physique, il réalisa des fresques très curieuses et très plastiques » (30). Sauf que le spectacle de « ces hommes à peu près nus » et celui de Narkiss « vêtu seulement de poudre d’or et d’un cache-sexe » (31) laissa comme un parfum de scandale, tout comme le tango allait devenir la bête noire des prêcheurs de vertu. « Pensez donc  ! Une danse qui a eu pour berceaux les bouges les plus immondes de l’Amérique ! Une danse de bouviers, de palefreniers, de gauchos, de demi-sauvages, de nègres ! Fi ! l’horreur ! » (32). De ce fait, le 24 janvier 1914, Simon et Dimitri participèrent à la Renaissance à une conférence de la danseuse Esmée, intitulée : Le tango est-il immoral ? Un sujet d’actualité, car le 10 janvier, le cardinalarchevêque de Paris, Mgr Amette l’avait interdit à ses fidèles : « Nous condamnons la danse, d’importation étrangère, connue sous le nom de tango, qui est, de sa nature, lascive et offensante pour la morale. Les personnes chrétiennes ne peuvent, en conscience, y prendre part » (33). Le tango sévissant aussi à Biarritz et dans sa région, le 19 janvier dans une lettre lue dans toutes les paroisses, l’évêque de Bayonne, Mgr Gieure le proscrira à son tour : « au nom de la dignité humaine, de la morale et de la religion ». Objectif atteint, puisqu’on lira dans la Semaine religieuse de Bayonne du 8 février : « Un incident bien significatif s’est produit à Biarritz après l’interdiction portée par Mgr l’évêque. Dans un hôtel avait lieu une soirée où était invitée l’élite de la société de la région. Il y avait foule. A un moment donné, l’orchestre entame l’air du tango. Personne ne bouge. Une seconde fois la tentative est renouvelée abstention générale. Les invités causent, mais n’ont pas l’air de comprendre. Une troisième fois, l’orchestre attaque le morceau avec plus d’entrain. Même immobilité refus d’entrer en danse ».

Malgré cette défection, le tango poursuivra à Biarritz sa carrière. Mais le prélat « au pied lourd et à la plume de plomb » ne s’opposera pas qu’aux « danses ignobles », puisque sous peine de péché grave, toujours en février 1914, il réitérera son interdiction relative à la lecture de deux journaux locaux : la Dépêche de Toulouse et la Frontière du Sud-Ouest. C’est dans ce contexte, que Simon participa, le 3 mars 1914, au Théâtre Edouard VII, au Gala des danses interdites, avec le concours de Natacha Trouhanowa, Robert Quinault, Albert Aveline et d’autres. Parallèlement, nombre d’élèves des milieux mondains ayant déserté les cours de tango à la suite de l’interdit épiscopal, Eugène Besseiche, dit Stilson, assignera Mgr Amette devant la justice pour avoir jeté la suspicion sur les gens honorables qui l’enseignent. À l’instar de Paul Raymond, de l’Opéra, ravi d’être parvenu à abolir trois choses dans son cours suivi par la meilleure société : « le joue contre joue, le bras de la dame au cou du cavalier, enfin, le plus grave, le ventre à ventre des deux partenaires » (34). Dépossédé de son charme unique, c’està-dire « de la recherche perpétuelle de la passion » (35) écrit Gabriel Reuillard, le tango survécu dans les dancings, mais fit place dans les salons à une danse vénitienne du XVIIIe siècle, la Furlana. Plus conforme à l’esprit liturgique, la danse du Pape, c’est aussi le nom qu’on lui donna, devint le nec plus ultra des réunions chics. Chacun y alla de sa version, telle Aïda Boni, de l’Opéra qui publia la Gondola : « La musique est de Richard Barthélémy elle est enseignée par le professeur mondain Malatzoff et fait les délices de tous les salons » (36) lira-t-on en mars 1914.


LA DANSE À BIARRITZ # 71 puis comme il n’a pas de vice connu, il ne donne pas lieu à ce qu’on en parle. Mais si un jour il se lance à un vice ou une aventure quelconque, il peut être sûr qu’il sera servi » (37).

Lorsque la guerre éclata, comme tout homme valide ressortissant d’un pays allié, Simon et Dimitri eurent le choix de rallier l’armée tsariste ou de s’engager en France. Sauf qu’après les « Vivent les Juifs ! Vivent les Russes ! », ces étrangers furent suspectés de s’engager pour obtenir la nationalité française que Simon recevra en juillet 1928 ou pour « la gamelle ». Dans les faits, pour tenue d’un bal clandestin, «  fréquenté par des officiers et des dames de la Croix-Rouge » dit le rapport de police, Simon et Dimitri furent expulsés de France, le 6 avril 1915. Á l’instar des Ballets russes, ils se réfugièrent en Espagne. Outre un passage à Madrid en 1916, ils se fixeront à Barcelone où Simon : « se mit spontanément et gratuitement à la disposition de nos services secrets (guerre et marine) auxquels il fournit, en de très nombreuses occasions, de très utiles et très intéressants renseignements » observa le Ministère de l’Intérieur, lorsqu’en 1927, Simon sollicita sa naturalisation. Á la révision de celle-ci en mai 1941, alors que le régime de Vichy fixait le droit des juifs en zone-libre, on apprendra qu’il était en contact avec M. Gossain, Consul de France à Barcelone et des personnes « affectées au service spécial » dont la fameuse espionne Marthe Richard. Sans quoi, « los Malatzof » retiendront l’attention de la presse catalane de novembre 1915 à juillet 1918. Il s’agira par exemple de « Lucienne Larose et M. Malatzof » au Salón Cataluña, d’un championnat de fox-trot au Gran Casino del Parque, de danses russes et de soupers tango à l’Excelsior, aussi de « Malazoff, de la Opera Cómica de París » enseignant les danses modernes de salon et de fantaisie à la Casa Moritz. Un restaurant avec dîner spectacle et en sous-sol, un salon de tango. On lira également dans le journal Margot de février 1917 : « On dit que Malatzoff n’est pas content parce que Margot ne s’est jamais occupé de lui. Ce n’est pas étonnant, car il est si bon garçon, il danse si bien…

Le mensuel oubliait qu’il avait écrit en décembre 1916 : « Malatzoff, ne quitte plus des yeux la jolie Helena Cortesina. Pourquoi ? C’est un mystère ! ». Toutefois, c’est à Esperanza Urgell que sera dédié : Tes lèvres brûlent : valse lente d’E. Snerrot : « création du célèbre professeur de danses mondaines S. Malatzoff ». On parlera enfin, le 24 juillet 1918, « d’une sublime création », le Songe de Manon d’Ernest Gillet au Gran Salón Cine Doré. Notons que les Malatzoff retrouveront à Barcelone Alexandre Goudine, qui après avoir lâché les Ballets russes en 1917, se produira à Biarritz au Royal-cinéma, le 21 juillet 1921. Rentrés en France, le 4 août 1919, Simon et Dimitri reparurent à Paris, au Beethoven Dancing, 9 Avenue Montespan. Thé dansant à 16h30 et tous les soirs à 21h30, leçons particulières par les frères Malatzoff, cours d’ensemble le mercredi. « Au Beethoven Dancing, il y a de jolies femmes ; il y a le professeur Malatzoff que je préfère, entre nous, au professeur Solovici. Mais ce nom étranger de Beethoven me blesse. Qu’on joue du Wagner dans les concerts, ça m’est égal, je n’y vais jamais. Mais baptiser un dancing français sous un nom boche, cela, monsieur, c’est un défi  !  »  (38) écrit Georges Chennevierre. Notons que cette adresse sera plus tard, celle de l’Académie d’Alexandre Volinine, danseur et professeur connu à Biarritz, où en août 1920 : « M. Malatzoff, de l’OpéraComique  » ouvrit un cours de danses modernes. Villa de Larralde, rue gardères (descente de la plage) précise l’entrefilet. Autrement dit, au « manoir féodal » occupé par les ateliers de Gabrielle Chanel. La couturière loua-t-elle à Simon, « la vaste salle à manger », « l’immense salon avec véranda » ? On l’ignore, mais après avoir abrité le cabaret de Grégoire Beliankine, beau-frère d’Igor Stravinski, l’endroit accueillera le cours de Renée Daumas.

Rendez-vous de l’aristocratie cosmopolite et de la foule des mondains, Biarritz était en 1920 une poule aux œufs d’or pour les maîtres à danser puisqu’entre les galas au profit des blessés de la guerre, bals et fêtes s’y succédaient sans relâche. On se disputait par conséquent le client à grand renfort de publicité. Ainsi, M. et Me Monténégro, finalistes du Championnat du Monde de danses modernes remporté en juin par l’argentin Casimiro Ain, sont Avenue Foch, le seul cours avec orchestre de musique américaine. Professeur de l’élite parisienne, M. Colica, qui enseigne au Mac-Mahon Palace, que dirige le maître de ballet de l’Opéra Léo Staats, partage Avenue de la Marne, la Villa Laurence, avec Rita et Jack Villars, du Cabaret de l’Opéra. On y propose des leçons privées et un thé-dansant de 5 à 7. Même rue se trouve Esméralda Rusconi, qui de retour

de Londres où elle a obtenu un succès sans pareil informe son aimable clientèle qu’elle a repris ses leçons de danse de salon et de théâtre. Place Bellevue, le Club de danse Aldamio, reçoit Solovici, créateur du double boston hésitation. Enfin, on tangote et foxtrote aussi dans les hôtels, même Emma Sandrini, de l’Opéra, finaliste des Championnat du Monde, catégorie amateurs, enseigne tous les nouveaux pas avec son partner, Pierre Albert dans les

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Simon Malatzoff et Lucienne Larose dans la Mazurka russe, photo d’Art Femina, 1913

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Aïda Boni dans la Gondola, photo d’Art Femina, 1914

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Alexandre Goudine

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salons du château de Javalquinto devenu les Ambassadeurs. Et, Simon dans tout cela, malgré la concurrence, il ne passe pas de publicité, mais parmi les notabilités russes et espagnoles en villégiature, nombreux suivirent certainement ses leçons jusqu’à fin septembre. Après quoi, il rentra à Paris pour épouser, Louise Aimé, le 14 octobre. Peut-être le vrai nom de Louise Padowa, qui avait « l’espièglerie d’une parisienne et la perfection chorégraphique d’une russe ». Et bien non, née à Angoulême, la Padowa s’appelait Léonide Vachée et Louise Aimée, « passant pour très fortunée » selon la police de Vichy, confectionnera des costumes de scène. Quant à sa première femme, Soledad Abella, on ignore tout de son destin. Deux mois après ses noces, le 10 décembre, engagé par Bénédicte Rasimi, directrice du Ba-Ta-Clan et gloire du costume de musichall, Simon régla les ballets de la revue Oh! Oh!. L’année d’après, le 20 octobre 1921, accompagnée d’échos flatteurs, c’est la revue : Ah! Oui… ! Edmonde Guy et Ernest Van Duren estimés à Biarritz sont au premier rang des danseurs, tandis que la soirée se termine par le Bœuf sur le toit de Jean Cocteau et Darius Milhaud. Le 27 janvier 1922, le spectacle s’intitule, De toutes les couleurs ! Edmonde Guy, « la belle des belles » partage alors la scène avec « les adroits Simon Malatzoff et Louise Padowa » qui sur l’indication du public se livrent à des danses improvisées. Sans quoi, le Journal écrit au sujet de Simon : « sa distinction naturelle et sa légèreté aérienne ont beaucoup plu et son très gros succès fut des plus mérités. Malatzoff a véritablement la folie et le génie de la danse, et la façon dont il a réglé les moindres pas de cette revue le désigne une fois de plus pour nos plus grandes scènes » (39). Peu après, via une lettre publiée dans Comoedia, on apprend que l’artiste est au cœur d’un différend avec le directeur d’un cabaret parisien à propos d’une nouvelle danse : le Balancello. Mais aussi qu’il n’était pas membre de l’Union des Professeurs de Danse de France. Fondée en 1919 et présidée par Paul Raymond, de l’Opéra, elle avait pour but : « d’unifier les méthodes d’enseignement, d’aiguiller dans une voie plus calme les danses qui se prêtent à l’excentricité et de choisir parmi les danses nouvelles qui seront présentées celles qui paraîtront les plus gracieuses, de meilleur ton et le plus conforme à la tradition d’élégance et de bon goût français » (40).

« Monsieur le rédacteur en chef, M. Richard Viterbo, directeur des Acacias, avec, qui j’ai entretenu jusqu’à présent de cordiales relations s’est plaint dans un entrefilet paru dans votre estimable journal de contrefaçons apportées au Balancello la nouvelle danse en vogue. J’ai lieu de croire que je suis personnellement visé ainsi d’ailleurs que M. R… et M. M… dont M. Viterbo aurait dit que le Balancello, dansé par lui présentait un spectacle peu magic (sic). Je prie instamment M. Périn, créateur du Balancello et M. Viterbo son promoteur, de m’honorer d’une visite, quand ils le voudront. Blessé à la première de la revue à Ba-TaClan dans une de mes danses, je ne pourrai malheureusement leur donner la preuve que je connais parfaitement la danse que j’enseigne ; en revanche mes professeurs, à qui, sans le savoir probablement, M. Périn lui-même a démontré le Balancello, l’exécuteront devant eux. Ces messieurs verront donc que sans faire partie de l’Union des Professeurs de Danse (ce dont j’ai évidemment un vif regret) l’on enseigne chez moi d’une façon impeccable une danse que je reconnais néanmoins n’avoir pas appris personnellement de M. Périn. Je suppose ici que M. Périn a su former des élèves capables d’enseigner à leur tour et sans lui le vrai Balancello. Recevez, etc. » (41). En réponse, Richard Viterbo, à qui Alexandre Périn avait dédié le Balancello, communiqua : « Mon cher Malatzoff, Nos excellentes relations passées, auxquelles vous faites allusion vont je l’espère, puiser une vigueur nouvelle par le simple exposé suivant : M. Périn paraissant très sceptique sur la façon dont on pouvait enseigner le Balancello dans votre cours de danse, je lui répondis

à peu près en ces termes : " Je connais Malatzoff, danseur trop consciencieux et trop épris de son métier pour imiter certains professeurs de ses collègues n’hésitant pas à apprendre à leurs élèves un Balancello quelque peu fantaisiste plutôt que d’avouer ne pas le connaître à fond pour ne pas s’être documenté sur place. Je suppose qu’il a dû l’apprendre d’un de vos élèves. Suivait sur votre facilité d’assimilation un petit éloge que je passe sous silence pour ne pas gêner votre modestie. Par contre j’avoue avoir tenu des propos quelque peu semblables à ceux que vous me prêtez au sujet de vos collègues que vous désignez par leurs initiales. A qui la faute, surtout lorsqu’on sait avec quelle bonne grâce inlassable M. Périn


LA DANSE À BIARRITZ # 71 s’est toujours mis à la disposition de tous les professionnels, même lorsqu’il est submergé de leçons. Pour conclure, vous me rendrez raison, mon cher Malatzoff, des propos que je n’ai pas tenus et cela le verre à la main, à ma prochaine fête du Balancello, c’est-àdire le 25 février. Recevez, etc..." » (42). Par parenthèse, sur le point de recevoir l’approbation du nouvel archevêque de Paris, Mgr Dubois, le Balancello : « danse française, bien française, sans contacts équivoques » avait été adopté en décembre 1921 par l’Union des Professeurs après sa présentation chez Gaspard Stilb, de l’Opéra. Il était temps, car cette danse « ultra-moderne », Alexandre Périn l’avait lancé à Magic-City en juin 1914. En février 1922, le cours Malatzoff changea de lieu : « Malatzoff frères. Institut de danse reconnu le plus élégant et le plus aristocratique. 19, rue Poncelet. Leçons particulières. Simon Malatzoff, de l’Opéra-Comique, règle revue et numéros de danses pour music-hall et sketches. On parle toutes les langues ». Au vrai, Simon et Dimitri, déclaré comme négociant logeaient à cette adresse depuis leur retour d’Espagne. Simon « y recevait des visites féminines en assez grand nombre mais il semble qu’elles avaient toutes traits à ses obligations professionnelles, une pièce de l’appartement faisant studio » note la Police en 1941, ajoutant que sa femme, Louise Aimé est inconnue aux mœurs et qu’il jouit d’une bonne réputation et n’a lésé personne « bien que juif ». En attendant, en 1922, l’annonce fit son effet, puisque Simon régla au Théâtre des Ternes les ballets de deux opérettes, les Aviateurs du couvent, le 21 avril et les Surprises d’une nuit d’amour, le 20 mai. L’année d’après, le 25 février 1923, il retrouve le Ba-TaClan pour la revue Bonsoir. Entre temps, au Théâtre Femina, lors d’une matinée dédiée aux danses modernes animée par André de Fouquières, écrivain et homme du monde connu à Biarritz, il présente ses meilleurs élèves, avant d’exécuter avec quatre maîtres parisiens les dernières danses en vogue : polka-argentina, polkacriolla, fox-blues, zamba-balancello. Le 23 avril, lors du 3e Championnat du Monde de danses modernes organisé par Comoedia au Coliseum, il siège pour la première fois au jury parmi un aréopage de personnalités artistiques et mondaines. Citons seulement les noms dansants applaudis à Biarritz : Carlotta Zambelli, Albert Aveline, Vincente Escudero, Harry Pilcer, Iris Rowe et Emmy Magliani. En 1924, la presse se pencha sur Dimitri en annonçant à l’issue du Concours Lépine, « l’invention la plus sensationnelle de l’année  » : Le Ciné-Poche : « appareil scientifique et amusant donnant l’illusion complète du cinéma. Comme son nom

l’indique, c’est le cinéma que l’on emporte dans sa poche. Intéressant pour les grands, il fait la joie des petits. Changement de film instantané. D’un prix des plus modestes, il est accessible à tous. Grand répertoire de films instructifs, documentaires et amusants. En vente dans toutes les bonnes maisons. Pour tous renseignements, s’adresser à D. Malatzoff 19, rue Poncelet »  (43). Associé au docteur Pierre Noguès, chef du laboratoire de l’Institut Marey, sous le nom de Vision cinématoscopique, Dimitri lancera aussi des carnets de vues animées comportant les tirages sur papier des images d’un film. Toutefois, « le très sympathique inventeur » ne fera pas fortune. C’est sans doute pourquoi, en plus des cours, associé à certain Bourdel, il exploita au Studio Malatzoff, rue Poncelet, un dancing dénommé : Au Canari. Cet établissement reste un mystère, car la presse ne parle que de l’ultra-parisien : Au Canari, tenu faubourg Montmartre par le parolier Louis Leplay. Mais d’une manière indirecte, on peut fixer son ouverture en 1924, lorsque l’Académie Malatzoff où enseignaient divers professeurs s’installa, 29, rue Daubigny. Pour le reste, ces lignes tirées de New-York, ville de lumière, de Jean JosephRenaud, laissent supposer un dancing mal famé ou peut-être trop bien « femmée » : « J’entre dans un dancing, au fond d’une sombre impasse, dont l’aspect sournois m’a donné de l’espoir. Hélas c’est n’importe quel boui-boui de Broadway, à cela près que les nègres du jazz portent le vieux costume national chinois. Les danseuses professionnelles, à la disposition des gentlemen, moyennant rétribution, comme à Paris chez Malatzoff, et que l’on nomme ici des « hôtesses » sont Américaines » (44). En octobre 1932, tout juste divorcé de Lucienne Larose, dont le frère Désiré était danseur, le dancing de Dimitri fut déclaré en faillite. A cette époque, Simon dirigeait le Ballet Malatzoff, nom laissant prévoir des danses russes, alors qu’il s’agissait d’une demi-douzaine de girls dansant le french cancan. Mais revenons en arrière, en juin 1925, à nouveau jury du Championnat du Monde de danses modernes, il présente une danse de son invention : la Mazoura. Puis appelé par Bénédicte Rasimi, il règle le 23 décembre au Théâtre de l’Etoile les danses de la revue Á la Belle étoile. Elle révèlera les Ballets Pavley-Oukrainsky, 40 artistes liés à l’Opéra de Chicago dirigés par Andreas Pavley et Serge Oukrainsky, qui n’était pas un inconnu. Fils d’une noble famille émigrée à Paris, Serge Oukrainsky, alias Leonide Orlay de Carva avait débuté en 1912 au Théâtre Femina avec Jeanne Ronsay. Auprès de cette disciple d’Isadora Duncan, Simon participera, le 20 mars 1926, au Bal de l’Union syndicale des professeurs de danse et d’éducation physique avec une création pour les

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Programme Revue Oh ! Oh ! , 1920 Geneviève André et Catalan, photo Dix

champions du monde de danse toutes catégories : Geneviève André et Catalan. Le 13 novembre, au Théâtre des Nouveautés, il règle les danses de l’opérette, Un Bon garçon, puis le 16 décembre 1927, celles du Comte Obligado. L’année d’après, enfin membre l’Union des Professeurs, il intègre avec Dimitri, le comité d’organisation du Championnat du Monde de danse, puis le 28 septembre, il règle au Palace les ballets de la Beauté de Paris. On parle de 2.500 costumes dessinés par Jenny Carré, la fille d’Albert Carré. Le 19 décembre à l’Œil de Paris, c’est l’opérette l’Araignée au plafond. Dans la foulée, il monte un numéro pour les Dayriac-Fordy. Agée de 13 ans, Mlle Fordy, après des débuts à la Monnaie de Bruxelles, avait été « rapidement initiée

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Villa Larralde

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aux danses modernes par le célèbre maître de ballet Malatzoff, dont la science chorégraphique y fait autorité absolue » confie le fantaisiste Dayriac, qui ajoute : « Laissez-moi vous dire combien le réglage d’un numéro est chose ardue et l’entrainement constant qu’il nécessite fastidieux. Je ne vous parlerai pas des costumes à réaliser et des musiques à rechercher ; il y a aussi une question d’argent et je vous assure qu’elle a son importance. Le numéro au point, il s’agit de le présenter et de l’imposer. Le danseur devient alors un « businessman » le propre manager de son numéro. Si le numéro plait, la course vagabonde commence... » (45).

Le 26 avril 1929, Simon fut à l’Olympia l’auteur d’un « magnifique ballet acrobatique » : « tous les amateurs de danse

— et ils sont nombreux — voudront voir et applaudir les admirables artistes qui le composent » (46). Le 15 juin « pour la

Camille de Rhynal, vicomte Escudero, Vincent Scotto et Simon Malatzoff, au centre Comœdia - 1er juillet 1925

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Stavisky, 3e convive à gauche à Biarritz en 1932

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En plein tourbillon, photo Camille Bonfort - 1935

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première fois en France » le Ballet Malatzoff paraît à l’Empire, la presse reprendra ce refrain sans autre écho, sauf qu’il s’agira pour certains de « la première fois dans le Monde entier ». Sans compter l’animation de soirées réunissant la haute société, le 18 mars 1930, au Trianon-Lyrique, « le maître chorégraphe Malatzoff » style les danses de la Princesse Czardas, le 16 mai au Théâtre Marigny celles de Madame de Pompadour. Puis, le 7 mai 1931 aux Ambassadeurs, « avec toute la grâce des Ballets russes  », celles de Comtesse Maritza. En juin, à l’Elysée-Palace de Vichy, « les ballets réglés par M. Simon Malatzoff, concourent au triomphe » de la revue les Clous de Paris. Le 13 août, à Divonne-les-Bains, il créé ceux d’une revue écrite par Fernand Rouvray, vice-président de la Société des Auteurs. Et bien qu’il ne dansa qu’à l’Opéra-Comique, le 26 février 1932, « l’incomparable maître de ballet, M. Malatzoff, dont le succès à l’Opéra fut jadis triomphal » (47) signe avec 30 danseuses les tableaux de la revue du Lido.

Notons qu’il apparaît en 1932 comme directeur artistique de l’Empire. Ce musichall, transformé en théâtre d’opérettes sous la direction de Louis Brignon, aura en 1933 un nouveau et fastueux propriétaire qui arrosent à Biarritz les tables de jeux et laisse 100 frs de pourboire pour un verre d’eau : M. Alexandre, alias Alexandre Stavisky, d’abord marlou de charme, puis escroc multirécidiviste qui détourna 240 millions de francs au détriment du Crédit municipal de Bayonne. Impliquant une classe dirigeante en partie corrompue dans un pays enfoncé dans la crise économique, ce scandale politico-financier démasqué en décembre 1933 sera exploité par l’extrême droite pour tenter de faire tomber une IIIe République usée par les dérives. Suicide ou meurtre ? En janvier 1934, la mort du Beau Sacha arrangea tout le monde, les condamnations les plus lourdes seront celles du députémaire de Bayonne, Joseph Garat et de Gustave Tissier, directeur et caissier du Crédit municipal, mais elle ne sera pas étrangère à l’émeute sanglante du 6 février 1934 et la tentative de coup d’Etat des ligues fascistes. L’affaire Stavisky entraîna aussi une montée de l’antisémitisme, car comme Simon, « le beau Sacha » était né en Ukraine dans une famille juive. Elle contribua aussi par ricochet à la victoire du Front Populaire aux législatives de 1936. En attendant, le 7 juin 1932, à l’ElyséePalace de Vichy, Simon régla la revue, Paris qui rit ! avec un essaim de trente danseuses. Sa troupe en comptait six, « jolies et gracieuses » qui dansent le cancan selon les meilleures traditions, mais « anglicanisé » par les anglais et les américains note la critique : « Le vrai cancan français se dansait en pantalons et bas noirs. Les Malatzoff le dansent jambes nues, ce qui est peut-être moins polisson. Mais elles "gambillent", comme on disait au temps fameux des bals du Moulin Rouge et de Tabarin, avec non moins de virtuosité que leurs illustres aïeules. Leurs grands écarts, d’une brusquerie et d’une audace extraordinaires, leurs cabrioles rapides et souples, l’aisance avec laquelle elles lèvent la jambe, gardent, grâce à leurs frais sourires et à leur saine jeunesse un caractère dénué de perversité et de salacité » (48).


LA DANSE À BIARRITZ # 71 Bobino, le Coliseum, l’Alcazar, le Moulin Rouge, Magic-City, l’Empire, l’A.B.C, la province et l’étranger durant les périodes creuses des théâtres parisiens, les Malatzoff Girls déchaîneront l’enthousiasme jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Mais, Simon dirigeant deux troupes à la fois, dès 1933, « le merveilleux et célèbre Ballet Malatzoff » collabore aussi aux spectacles de la chanteuse méridionale Andrée Turcy et du fantaisiste André Garnier. Citons les revues ou opérettes : En plein Midi (1933), l’Aventure de Céline (1934), Nine (1935), En plein tourbillon (1935 et 1936), En plein mistral (1937), Rose de Marseille (1938), En pleine joie (1938). Ainsi durant cinq ans, la Tournée TurcyGarnier multiplia les représentations en Afrique du Nord et dans le Sud de la France, où Simon et son épouse se réfugieront dès l’établissement de la ligne de démarcation. Pour l’heure, en 1935, à l’ouverture de l’A.B.C, il est nommé maître de ballet d’un des plus prestigieux music-halls de Paris. Il quitte alors la rue Daubigny pour habiter et «  donner des cours de danse et de gestes » au 233, faubourg Saint-Honoré. « Il devait ainsi réaliser des bénéfices appréciables. Il doit également posséder une certaine fortune attendu qu’en 1926, il possédait 300.000 frs et qu’il a vendu en 1935, une villa à La Frette (Seine & Oise) » indique le rapport de révision de sa naturalisation, qui conclut en 1941 par : « il semble que son loyalisme envers notre pays soit acquis ». Ce que Camille Marchand, Préfet de Police traduit dans sa lettre à Pierre Pucheu, secrétaire d’État à l’Intérieur du Régime de Vichy par : « l’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes de moralité et de loyalisme. Sa naturalisation ne me paraît présenter aucun intérêt national ».

La Revue déchaînée, tel est le titre du dernier spectacle que Simon régla à l’A.B.C en avril 1939. En décembre, alors que la guerre est déclarée, il fixe ses danseuses au cabaret Chez elle de la chanteuse, Lucienne Boyer. Puis de février à avril 1940, avec Fernandel en vedette, il participe au tournage de Monsieur Hector de Maurice Cammage. Sur la chanson You-houh  ! que Fernandel ajouta à ses

succès, il créé une danse tyrolienne pour 20 danseurs, parmi lesquels se trouvait le futur Georges Guétary. Le film sortit en décembre à Paris, la croix gammée flottait sur la tour Eiffel, puis à Marseille en janvier 1941. Simon le découvrit peutêtre à cette occasion. Puisque tout porte à croire qu’il se réfugia durant l’exode de juin 1940 chez Jean Lumière dont la Villa Tout-Doux était située à Gémenos, à 20 km de Marseille. En tous cas, lorsqu’en novembre 1942 les allemands envahirent la zone non-occupée, Simon et sa femme logeaient depuis un an chez le chanteur de charme qui faisait partie de ses élèves à l’instar d’Albert Préjean, de Marie Dubas et d’autres vedettes du music-hall. Durant l’été 1942, marquant la mise en œuvre de la « Solution finale », le régime de Vichy qui entretenait « d’heureux » rapports avec les autorités allemandes avait livré au Reich des milliers de juifs étrangers internés en zone-libre. Après novembre, la police française et la Gestapo traquèrent les juifs français et autres « indésirables ». Ainsi, après la rafle de janvier 1943 à Marseille, suivie par René Bousquet, secrétaire général à la Police, 1642 personnes finiront dans les trains de la mort. Simon et son épouse dont l’acte de naissance porte la marque de cartes d’alimentation émises à Marseille, échapperont à « l’opération Tiger » et aux coups de filet successifs. En revanche, à 72 et 66 ans, Itchko et Dimitri, seront déportés à Auschwitz le 2 mars 1943 par le convoi 49. N’ayant pas eu la force de quitter leurs domiciles ou d’affronter l’inconnu, peut-être furent-ils arrêtés chez eux à Montreuil et à Paris lors de la rafle du 11 février 1943. Mais pour avoir été internés ensemble au Camp de Drancy, le plus probable, c’est qu’on les prit à l’hôpital ou à l’hospice Rothschild. En effet, parmi les 1.000 personnes du convoi 49 se trouvait nombre de pensionnaires de cette institution. Itchko et Dimitri mourront à leur arrivée en Pologne le 7 mars. Quant à Simon, resté à Marseille après la Libération, il décédera à l’hôpital Ambroise Paré, le 3 juin 1971, à 89 ans.

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Remerciements à Anne Londaitz, Arlette Doubnikoff et Rosine Delmotte. (1)

Gil Blas 30 octobre 1912

(2)

L’Ouest-Éclair, 16 septembre 1899

(3)

Gil Blas, 16 août 1899

(4)

L’Ouest-Éclair, 16 septembre 1899

(5)

Le Réveil morlaisien, 2 septembre 1899

(6)

Gil Blas, 14 décembre 1901

(7)

Le Figaro, 28 décembre 1901

(8)

Le XIXe siècle, 5 mai 1903

(9)

Le Rideau artistique et littéraire, 1905

(10)

Gil Blas, 21 décembre 1906

(11)

Le Gaulois, 23 janvier 1908

(12)

Souvenirs de théâtre, 1950, p.330

(13)

Gil Blas 25 novembre 1907

(14)

Comoedia, Georges Talmont, 28 mars 1909

(15)

Les Annales politiques et littéraires, 7 mars 1909

(16)

Comoedia, 27 août 1909

(17)

Comoedia, 5 septembre 1909

(18)

Le Ménestrel, 4 novembre 1911

Cent ans de souvenirs ou presque, 1959, p.35, p.I, p.110

(19)

(20)

Comoedia, 21 octobre 1910

(21)

Ballets à Monte-Carlo, 2014

(22)

Comoedia, 9 septembre 1911

(23)

La Rampe, 3 janvier 1918

(24)

Comoedia, 1er décembre 1911

(25)

Comoedia, 29 octobre 1912

(26)

Gil Blas, 13 novembre 1912

(27)

L’Intransigeant, le 26 octobre 1913

(28)

Comoedia, 22 avril 1913

(29)

Musica, mai 1913

(30)

Le Journal, 28 août 1913

(31)

L’Âge d’homme, Michel Leiris, 1939

(32)

À propos du Tango, Jean Richepin

(33)

Le Gaulois, 10 janvier 1914

(34)

Danseront-elles ?, José Germain, 1921, p.94

(35)

Les Hommes du jour, 28 février 1928,

(36)

Le Matin, 3 mars 1914

(37)

Margot, 17 février 1917

(38)

L’Humanité, 4 décembre 1919

(39)

Le Journal, 29 janvier 1922

(40)

Le Journal, 13 juin 1921

(41)

Comoedia, 5 février 1922

(42)

Comoedia, 26 février 1922

(43)

Paris-Soir, 26 septembre 1924

(44)

Le Matin, 10 février 1931

La Gazette du Nord de Madagascar, 24 novembre 1928

(45)

(46)

Comoedia, 28 avril 1929

(47)

Le Journal, 25 février 1932

(48)

L’Echo d’Alger, 29 janvier 1933

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Le Laboratoire de recherche chorégraphique animé par Gaël Domenger fait sa rentrée en proposant tous les lundis dans le Grand Studio de la Gare du Midi, de 20h à 22h des ateliers pour adultes.

Les 18 et 19 novembre, dans le cadre d’une collaboration avec le Conservatoire à Rayonnement Régional de Grand Poitiers, à l’invitation de Catherine Meyer, conseillère aux études et responsable du département danse, Dominique Cordemans animera les 18 et 19 novembre, des master-classes /ateliers de répertoire, pour les élèves de fin de 2e cycle et de 3e cycle des classes classiques et contemporaines.

Une rentrée en musique, puisqu’avec le désir de mettre au cœur de ses préoccupations, la relation privilégiée qu’entretiennent les danseurs avec les musiciens, le LABO proposera dès le 2 octobre un travail de recherche par l’improvisation et la composition instantanée en collaboration avec le percussionniste Lutfi Jakfar.

Renseignements 06 30 79 45 59 05 59 24 67 19

AtelierLundiMG

SENSIBILISATION

LE LABO

L’arbre intégral au Chalet Mauriac Le 16 décembre au Minotaure, scène conventionnée de Vendôme, à l’occasion de la programmation de la Belle et la Bête, Giuseppe Chiavaro animera des masterclasses / ateliers de répertoire pour les élèves des écoles de danse de Vendôme et des environs ainsi qu’une Mégabarre ouverte à tous les publics. Renseignements et inscriptions L’Hectare : 02 54 89 44 26 edouard.clement@lhectare.fr

Atelier animé par Giuseppe Chiavaro © Olivier Houeix

20 21

h

Avant d’être présenté le 29 mars au Colisée dans le cadre de Regards croisés 2018, le projet multimédia du LABO 2017 : A.I / L’arbre intégral a proposé pour la célébration des cinq ans du Chalet Mauriac, lieu reconnu de résidence littéraire soutenu par l’agence régionale Ecla et par la région Nouvelle-Aquitaine, un duo lecture et Danse par Donatien Garnier et Gaël Domenger. Intitulé Rhizomique et présenté le 30 septembre, il est le septième cerne de L’arbre intégral, texte arborescent et spectacle numérique incubé au Chalet Mauriac. Le poète et le chorégraphe ont choisi d’en donner une version débranchée, en prise directe avec la forêt. Une méditation sur la triade homme-arbre-réseau.


Biarritz Saison Danse #2

PROGRAMMATION 10 octobre Gare du Midi Compagnie José Montalvo Y Olé !

Fort du bilan positif de la première Saison Danse, Biarritz Culture et le Malandain Ballet Biarritz, avec le soutien des Affaires culturelles de la Ville de Biarritz, poursuivent leur collaboration en proposant une nouvelle programmation Danse à Biarritz sous la direction artistique de Thierry Malandain. L’occasion d’assister d’octobre à août, à plus de dix spectacles différents avec notamment la Compagnie de José Montalvo, Alonzo King Lines Ballet, des créations de Thierry Malandain et Martin Harriague pour le Malandain Ballet Biarritz et d’autres rendez-vous avec des artistes de la Nouvelle-Aquitaine, du Pays basque espagnol et du Portugal.

8 novembre Théâtre du Casino Kukai Dantza - Jon Maya Oskara de Marcos Morau Dans le cadre de Euskal Hitzorduak / Rendez-vous Basque 12 novembre Théâtre du Casino So.K - Julien Corbineau Hatsa de Julien Corbineau, Nathalie Verspecht, Laetitia Cheverry Dans le cadre de Euskal Hitzorduak / Rendez-vous Basque 27, 28, 29 décembre Gare du Midi Malandain Ballet Biarritz Noé 7 février Colisée Théâtre de Cuisine - Katy Deville et Christian Carrignon Duo Dodu Jeune public 3 mars Gare du Midi Alonzo King Lines Ballet Biophony / Sand

RÉPÉTITIONS PUBLIQUES Dans le cadre de sa mission Accueil Studio et du projet de coopération territoriale soutenu par la Communauté d’Agglomération Pays Basque et la Diputación Foral de Gipuzkoa, le Malandain Ballet Biarritz propose dans le Grand Studio de la Gare du Midi des répétitions publiques des compagnies accueillies en résidence au CCN. Entrée libre sur réservation au 05 59 24 67 19 / ccn@malandainballet.com 19 octobre - Compagnie Sylex / Sylvie Balestra : Larynx 16 novembre - Malandain Ballet Biarritz dans le cadre du Colloque international de Biarritz Sud-Nord organisé par le Théâtre du Versant. 28 novembre - Dantzaz Konpainia / Eneko Gil et Eneko Alcaraz 14 décembre - Compagnie Traversée / Johanna Etcheverry : Paysages entrouverts

21 mars Colisée Compagnie Traversée - Mizel Théret Lekeitioak Dans le cadre de Bi Harritz Lau Xori 29 mars Colisée LE LABO, le Poème en volume, Real Act et le SCRIME de Bordeaux L’Arbre intégral Dans le cadre de Regards Croisés / Begirada Gurutzatuak #7 30 mars Colisée Compagnie Kale (Portugal) Créations de Gilles Baron, Olatz de Andrès et Paula Moreno Dans le cadre de Regards Croisés / Begirada Gurutzatuak #7 20 avril Gare du Midi Malandain Ballet Biarritz et Compagnie Illicite Pink Duet de Fábio Lopez, Entre-deux, Nocturnes et création de Thierry Malandain Dans le cadre du Festival les Beaux Jours dirigé par Thomas Valverde Renseignements : 05 59 47 57 50 www.biarritz-lesbeauxjours.com 5 et 6 juin Gare du Midi Malandain Ballet Biarritz Sirènes de Martin Harriague, Estro et création de Thierry Malandain Dans le cadre du Rendez-vous sur le quai de la Gare #7 8, 9, 10 août Gare du Midi Malandain Ballet Biarritz Noé Dans le cadre des Estivales #4

INFORMATIONS / RÉSERVATIONS Abonnements à tarifs préférentiels Office de Tourisme de Biarritz +33 (0)5 59 22 44 66 www.tourisme.biarritz.fr Place à l’unité Malandain Ballet Biarritz +33 (0)5 59 24 67 19 www.malandainballet.com Biarritz Culture +33 (0)5 59 22 20 21 www.biarritz-culture.com


EN BREF

Petit Poucet d’Or d’Eklektika © Twointheroom

Lancé en septembre 2014, Eklektika, le portail culturel de référence du Pays basque, malgré ses 4.000 abonnés a cessé en juillet ses publications faute de « consolidation économique ». Le 6 juillet lors d’un pot de l’amitié et d’une remise de Trophées, parmi les artistes « à suivre les yeux fermés », Thierry Malandain s’est vu décerné le Petit Poucet d’Or au Théâtre Quintaou d’Anglet.

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Nouveau venu

Loan Frantz, né à Tinago Camalig Albay (Philippines). Formé au Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse, puis à l’Ecole de danse de l’Opéra National de Paris, il débute sa carrière en 2012 au Ballet Nice Méditerranée sous la direction d’Eric Vu-An. Il rejoint le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux dirigé par Charles Jude en 2013, puis l’Opéra Théâtre de Metz dirigé par Laurence Bolsigner en 2016. Il intègre le Malandain Ballet Biarritz en 2017.

Académie Internationale q de danse de Biarritz Du 6 au 11 août, la 29e édition de l’Académie Internationale de danse de Biarritz a accueilli plus de 400 stagiaires venus du monde entier qui ont pu suivre les cours et ateliers de pédagogues renommés : Carole Arbo, Bertrand Belem, Eric Camillo, Lienz Chang Oliva, Isabel Hernandez, Sarah Lamb, Sophie Sarrote, Carole Philipp, Béatrice LegendreChoukroun, Dominique Cordemans, Giuseppe Chiavaro, Eva Lopez Crevillen et Ander Zabala.

Rencontre des Ballets français Le 11 septembre, dans le cadre du festival Le Temps d’Aimer et à l’initiative du Malandain Ballet Biarritz, les Ballets français ont été invités à une rencontre autour des thèmes suivants :

Du 6 au 10 novembre, Giuseppe Chiavaro travaillera avec les danseurs du Ballet de l’Opéra-Théâtre de Metz, Mozart à 2 et Carmen qui seront présenté le 27 janvier au Luxembourg (Kinneksbond, Centre Culturel Mamer). Ce programme a déjà été donné à Metz en avril dernier.

Mécénat q Remerciements à la Caisse des Dépôts et Consignations, nouveau mécène du Malandain Ballet Biarritz dont le soutien vise à favoriser l’émergence de chorégraphes néoclassiques et à de nouvelles propositions dans cette esthétique en France.

• Le Ballet, un modèle de fonctionnement où la permanence artistique est au cœur de l’activité. • La création et le répertoire à la rencontre des publics et de la profession. Après l’ouverture des débats par Jocelyne Castaignède, 2e adjointe à la Culture de la Ville de Biarritz, Solange Dondi a animé les échanges entre les représentants du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Réunion des Opéras de France, de l’Association des Centres Chorégraphiques Nationaux, des CCN-Ballets et des Ballets d’Opéra. Cette rencontre ouvre un cycle de réunions de travail entre les Ballets d’Opéra et les CCNBallets

Mégabarre à Arcachon Richard Coudray, maître de ballet, a animé une Mégabarre le 24 septembre dans le cadre du Festival Cadences d’Arcachon.

L’Atelier à Mulhouse

Academie Internationale de danse © O. Houeix

Mozart à 2 et Carmen au Luxembourg

Le 28 octobre, lors la première édition de l’Atelier initié par Bruno Bouché, directeur du Ballet de l’Opéra national du Rhin, Thierry Malandain participera à une rencontre animée par Irène Filiberti. Il interviendra aux côtés du chorégraphe Hervé Robbe sur la thématique « Dramaturgie et Mémoire ».

Noé sur Mezzo Entre le 7 et le 30 octobre, Mezzo et Mezzo Asie diffuseront la captation de Noé réalisée à Chaillot - Théâtre National de la Danse en mai dernier par Patrick Lauze, des Films Figures Libres.

Ecoles de danse ouvertes par des anciennes danseuses Nathalie Verspecht - Studio de danse Côté Cour - propose toute l’année à Bassussarry des cours de danse classique, des cours de barre à terre et des ateliers chorégraphiques, ouverts aux amateurs et professionnels, adultes, adolescents et enfants de 4 à 12 ans. Des stages et des masterclasses danse classique et contemporaine sont organisés pendant l'année. Et petite nouveauté, des cours de gyrokinesis ont été mis en place cette saison. www.studiodansecotecour.com 06 60 26 29 39 Aureline Guillot - Instant Présent - propose des cours de danse classique et des ateliers de Répertoire pour adultes dans le studio de la Gare du Midi de Biarritz. Des stages sont aussi proposés tout au long de l’année. www.instant-present.eu 06 04 53 45 27 Citons également sur Biarritz et dans ses environs Carole Philipp à l’Ecole de Ballet Lipszyc de Biarritz (www.ebgl.info) ainsi que Véronique Muñoz Aniorte, Angelito Lozano, Valérie Hivonnait et Magali Praud qui enseignent au Conservatoire Maurice Ravel Côte Basque (www.orbcb.fr).


centre chorégraphique national de nouvelle-aquitaine en pyrénées-atlantiques Gare du Midi 23, avenue Foch • F-64200 Biarritz tél. +33 5 59 24 67 19 • fax +33 5 59 24 75 40 ccn@malandainballet.com président Michel Laborde vice-président Pierre Moutarde trésorière Solange Dondi secrétaire Richard Flahaut président d’honneur Pierre Durand Direction directeur / chorégraphe Thierry Malandain directeur délégué Yves Kordian Artistique / Création maîtres de ballet Richard Coudray, Françoise Dubuc artistes chorégraphiques Ione Miren Aguirre, Raphaël Canet, Clémence Chevillotte, Mickaël Conte, Frederik Deberdt, Romain Di Fazio, Baptiste Fisson, Clara Forgues, Loan Frantz, Michaël Garcia, Irma Hoffren, Miyuki Kanei, Hugo Layer, Guillaume Lillo, Claire Lonchampt, Nuria López Cortés, Arnaud Mahouy, Ismael Turel Yagüe, Patricia Velazquez, Allegra Vianello, Laurine Viel, Lucia You González professeurs invités Angélito Lozano, Bruno Cauhapé, Giuseppe Chiavaro, Sophie Sarrote pianistes Alberto Ribera-Sagardia, Miyuki Brickle, Jean - François Pailler

Production / Technique directeur technique Oswald Roose régie plateau Chloé Bréneur, Jean Gardera régie lumière Christian Grossard, Frédéric Bears, Mikel Perez Auri régie son Jacques Vicassiau, Nicolas Rochais techniciens plateau Gilles Muller, Bertrand Tocoua réalisation costumes Véronique Murat régie costumes Karine Prins construction décors & accessoires Frédéric Vadé technicien chauffeur Thierry Crusel agent d’entretien Ghita Balouck Sensibilisation / Relations avec les publics responsable sensibilisation / transmission du répertoire aux pré-professionnels Dominique Cordemans responsable Labo de recherche chorégraphique  / médiation / accueil studio Gaël Domenger

la Belle et la Bête © Johan Morin

Transmission du répertoire maîtresse de ballet Françoise Dubuc répétiteur Giuseppe Chiavaro

Diffusion chargée de diffusion Lise Philippon attachée de production Laura Delprat agents Le Trait d’union / Thierry Duclos, Creatio 300 / Enrique Muknik, Norddeutsche Konzertdirektion / Wolfgang et Franziska Grevesmühl, Internationale Music / Roberta Righi Communication responsable image Frédéric Néry  /  Yocom responsable communication Sabine Lamburu attaché de presse Yves Mousset  /  MY Communications photographe Olivier Houeix Mission Euro région / Projets transversaux administratrice de projet Carine Aguirregomezcorta Secrétariat général / Mécénat secrétaire général Georges Tran du Phuoc Ressources humaines, finances et juridique directeur administratif et financier Jean-Paul Lelandais comptable Arantxa Lagnet secrétaire administrative Nora Menin Suivi et prévention médicale des danseurs Romuald Bouschbacher, Jean-Baptiste Colombié, Aurélie Juret Biarritz - Donostia / San Sebastián Malandain Ballet Biarritz co-présidence du projet Thierry Malandain co-directeur du projet Yves Kordian chef de projet et administration Carine Aguirregomezcorta communication Sabine Lamburu Victoria Eugenia Antzokia co-présidence du projet Jaime Otamendi co-directeur du projet Norka Chiapusso chef de projet Koldo Domán administration María José Irisari communication María Huegun Numéro direction de la publication Thierry Malandain conception & design graphique Yocom.fr impression Graphic System (Pessac) ISSN 1293-6693 - juillet 2002

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CALENDRIER

OCTOBRE > DÉCEMBRE 2017

Représentations en France 07/11

Mérignac

Noé

11/11

Istres

Noé

13/11

Mont-de-Marsan

Noé (scolaire + tout public)

21/11

La Réunion / Le Tampon

Une Dernière chanson, Nocturnes, Boléro (scolaire + tout public)

24/11

La Réunion / Saint-Denis

la Belle et la Bête

25/11

La Réunion / Saint-Denis

la Belle et la Bête (2 représentations tout public)

30/11

Saint-Etienne

Noé (scolaire)

01/12

Saint-Etienne

Noé (scolaire + tout public)

02/12

Saint-Etienne

Noé

10/12

Saint-Maur-des-Fossés

Cendrillon

16/12

Massy

la Belle et la Bête

17/12

Massy

la Belle et la Bête

19/12

Vendôme

la Belle et la Bête

21/12

Versailles

la Belle et la Bête

22/12

Versailles

la Belle et la Bête

23/12

Versailles

la Belle et la Bête (2 représentations tout public)

31/12

Rennes

Cendrillon

Représentations Eurocité basque Biarritz

Noé

28/12

Biarritz

Noé

29/12

Biarritz

Noé

Noé © Olivier Houeix

27/12

Thaïlande / Bangkok

la Belle et la Bête

13/10

Chine / Hangzhou

la Belle et la Bête

14/10

Chine / Hangzhou

la Belle et la Bête

16/10

Chine / Suzhou

la Belle et la Bête

18/10

Chine / Changsha

la Belle et la Bête

20/10

Chine / Shanghai

la Belle et la Bête

21/10

Chine / Shanghai

la Belle et la Bête

12/12

Allemagne / Schweinfurt

la Belle et la Bête

13/12

Allemagne / Schweinfurt

la Belle et la Bête

www.malandainballet.com

02/10

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Représentations à l’International

Numéro 76 - Octobre / Décembre 2017  
Numéro 76 - Octobre / Décembre 2017