L’Afrique et la Coupe du Monde de football

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www. La majalla.com La Coupe du monde 2022 :Les Arabes jouent dans la cour des grands Economie mondiale : La lutte contre la priorité absolue des décideurs politiques Issue 1826 -Decembre 01/12/2022 Un magazine politique Mensuel L’Afrique et la Coupe du Monde de football Le prodige… Le prodigue… Le hors-jeu
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Tel de sa crise Une idole pas comme les autres
Sherine
Wahab..
Guerre du T witter 10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310 Un magazine politique Mensuel www.majalla.com/eng HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd Éditeur en chef Ghassan Charbel Editeur 32 Un magazine politique Mensuel Issue 1826 - Decembre 01/12/2022 01 01/12/22 Le nouveau roman d’Ewan Morrison, un guide de survie pour la fin du monde Façons de traiter la douleur au pied 46 Syndicaliste Guinéen: Il faut faire la part entre contenant 26 55

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Quotidien en direct du Qatar

Des touristes prennent des photos sur la corniche de Doha devant la ligne d’horizon la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde de football à Doha, au Qatar, le samedi 19 novembre 2022.

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Les supporters saoudiens regardent le match de la Pologne contre l’Arabie saoudite Coupe du monde de la FIFA Qatar 2022 - les fans d’Arabie saoudite regardent la Pologne contre l’Arabie saoudite - Marsool Park Stadium, Riyad, Arabie saoudite - 26 novembre 2022 les fans d’Arabie saoudite pendant le match

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L’Afrique et la Coupe du Monde de football

Le prodige… Le prodigue… Le hors-jeu

Le football, aussi bien le sport en soi, que l’activité dans sa dimension à la fois organisationnelle que sportive, est tout sauf «un jeu». On est plutôt dans la gamme de ce qu’on peut appeler «investissement plus que lourd» mais aussi, et surtout une «globalisation à outrances».

La Coupe du monde, constitue certainement, le point culminant, de ce croisement entre «investissement» d’une part, et «globalisation» d’autre part.

Quelle est la part de l’Afrique, dans ces jeux et enjeux ?

En termes d’investissement, le continent noir, malgré quelques exceptions, reste un continent pauvre, au niveau de la «masse financière», investie et/ou drainée par le ballon rond. Aussi, l’apport de l’Afrique, reste et se limite, à «exporter» ses talents, pour renforcer les rangs des équipes européennes, en général. La majorité écrasante des joueurs qui évoluent dans les

sélections du très «jeune continent», évoluent à très forte majorité dans des clubs du «vieux continent».

Une confrontation, parfois silencieuse, et d’autres bruyante, concernant laquelle des allégeances l’importe ? Celle envers sa patrie, ou celle envers l’équipe qui le paye allègrement. Sachant que le football européen, offre à ce joueur un salaire annuel, qui dépasse parfois, le budget, de tout un

La sélection tunisienne, et la première victoire contre le Mexique

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couverture En

La sélection algérienne, arrive à battre la RFA, le 16 juin 1982

championnat dans certains pays africains.

L’Afrique n’a pas été toujours ce «grenier de joueurs», que le système européen arrive toujours à débaucher.

Qu’en est-il de l’histoire ?

La présence africaine en coupe du monde, remonte à 1934, avec la première participation de l’Égypte. Une présence plus que symbolique. Une sortie plus qu’assurée du premier tour.

Il faut attendre 1990, pour voir le Cameroun, crever la bulle, pour accéder au second tour. Ensuite, le Sénégal en 2002 et le Ghana en 2010, qui ont atteint les quarts de finale, sans les dépasser.

Quelques dates dérangent à la règle, et marquent déjà des dates à ne pas oublier :

1978 : La sélection tunisienne est la première à remporter un match de Coupe du monde, battant le Mexique (3-1).

1982 : Victoire historique de l’Algérie devant la RFA (République Fédérale d’Allemagne).

1990 : Le Cameroun crée la sensation et bat l’Argentine championne du monde en titre en

match d’ouverture.

1990 : Premier quart de finale d’un pays africain en coupe du monde. Le Cameroun se fera sortir par l’Angleterre.

2002 : Deuxième victoire africaine en match d’ouverture de la coupe du monde avec le Sénégal qui bat la France en Corée du Sud. L’équipe du capitaine d’alors Aliou Cissé, sera freinée en quarts de finale par la Turquie.

2010 : Première Coupe du monde organisée sur le continent en Afrique du Sud. Le Ghana y atteint

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1978 : La sélection tunisienne est la première à remporter un match de Coupe du monde, battant le Mexique (3-1).

les quarts de finale, perdus face à l’Uruguay aux tirs au but.

Aussi, en 2010, l’Afrique du Sud recevait la Coupe du monde. C’était la première fois qu’une équipe africaine allait à la Coupe du monde. Les autres pays qualifiés étaient l’Allemagne, la France, l’Argentine et le Brésil…

1982 : Victoire historique de l’Algérie devant la RFA (République Fédérale d’Allemagne).

Les entrailles de la machine Treize équipes africaines ont joué auparavant dans l’histoire de la Coupe du monde. L’Égypte a été la première équipe africaine à disputer le Mondial, en Italie en 1934. Les Lions Indomptables sont ceux qui ont représenté l’Afrique le plus de fois dans la grande messe, avec 7 participations au total (1982, 1990, 1994, 1998, 2002, 2010 et 2014). Et c’est à eux que revient logiquement le plus grand nombre de matchs d’une équipe africaine en phase finale (23). Toutefois, ce sont les Super Eagles du Nigéria qui ont gagné le plus de fois (6). Ces derniers détiennent également le record du plus grand nombre de buts marqués par une équipe africaine, soit 23 buts.

Le Cameroun (1990), le Sénégal (2002) et le Ghana (2010) ont atteint les quarts de finale, soit la meilleure performance du continent. Les Aigles de Carthage sont les premiers à remporter un match de Coupe du monde, battant le Mexique (31) en 1978, alors que les Lions de l’Atlas sont les premiers à dépasser le premier tour, atteignant les huitièmes de finale en 1986. Un exploit qu’avaient presque accompli les Fennecs en 1982 en

Un seul ballon, et un rêve unique : Trouver un jour, un poste dans une équipe européenne

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Bien qu’il vaille des dizaines de millions d’euros, Sadio Mané a commencé pauvre, à jouer pieds nus

Espagne. Après deux victoires en 3 matchs, les Algériens étaient certains de se qualifier, mais c’est sans compter sur le match de la «honte» entre l’Allemagne et l’Autriche qui s’était arrêté à la 11’après le but allemand inscrit par Horst Hrubesch à Gijon. La suite du match n’a été que déception.

Avec environ un milliard d’habitants et 54 nations, l’Afrique n’a droit qu’à cinq représentants à la Coupe du monde de football… Un chiffre à comparer avec les 13 équipes qui représentent quelque 750 millions d’habitants et une cinquantaine d’États du continent européen. D’où vient une telle inégalité de traitement?

Entre 25 et 30% des nations européennes ont droit à une place en phase finale de la Coupe du monde de football contre environ 10% des États africains. Telles sont les règles de la FIFA, l’ultra puissante Fédération internationale de Football Association, organisatrice de la compétition. Une situation qui vient de loin.

Au début était le football. Un sport né en Europe et qui s’est vite propagé en Amérique latine

avant de devenir le spectacle mondialisé qu’il est devenu. Dans cette évolution, l’Afrique a sa propre trajectoire. L’histoire du continent africain explique en partie cette criante inégalité, même si la CAF (Confédération Africaine de Football) est née en 1957. De nombreux pays n’ont accédé à

1990 : Le Cameroun crée la sensation et bat l’Argentine championne du monde en titre en match d’ouverture.

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couverture En

l’indépendance que dans les années 60. Il a ensuite fallu monter les structures et les équipements sportifs avant de penser rencontres internationales. Mais aujourd’hui, qu’est ce qui peut justifier cette différence de traitement?

Entre 1934 et 1970, pas une seule équipe africaine au Mondial. «C’est un rapport de force au sein de la FIFA», explique Loïc Ravanel, universitaire et chercheur au CIES (Centre international de recherche sur le sport de l’Université de Neuchâtel en Suisse. «Au départ, les participations au Mondial se font sur invitation. Ensuite, il y a toujours eu un débat entre le désir de maintenir un certain niveau de jeu et une représentation territoriale plus équilibrée». Ce conflit est tranché par les puissantes fédérations européennes et sud-américaines qui font la politique du football mondial.

Pourtant, la première participation d’une équipe africaine à un Mondial remonte à loin. En 1934, date de la deuxième compétition mondiale, l’Égypte participe à la Coupe du monde en Italie. La première Coupe du monde a eu lieu en 1930

en Uruguay. À l’époque, les participations se font sur invitation. Entre 1934 et 1970, pas une seule équipe africaine ne participe à une Coupe du monde.

Au fil des Coupes du monde, la situation évolue. Mais lentement. De 1970 à 1982, les Africains n’ont droit qu’à un seul représentant (sur les 16 finalistes). En 1982, la compétition se joue à 24 et les équipes africaines ont droit à un second représentant (un troisième en 1994, car le Cameroun a bien joué en 1990). Quand le Mondial passe à 32 équipes (comme aujourd’hui), l’Afrique bénéficie d’un cinquième représentant (six lors de la compétition en Afrique du Sud en 2010, en raison de la place attribuée d’office au pays organisateur).

Malgré ces améliorations, les disparités restent importantes. Pour les tenants du système actuel, les résultats des équipes africaines justifient la situation. «Si l’on prend en compte l’ensemble des équipes ayant accédé aux demi-finales de la Coupe du monde depuis sa création, on constate que ce sont presque tous de vieux pays de football. Les équipes africaines n’ont jamais dépassé les quarts de finale», note Loïc Ravanel.

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La brousse comme terrain de jeu

Politique

Malgré les restrictions, les Iraniens ont réussi à transférer leur révolution des réseaux sociaux à la réalité

Des activistes à «Majalla» : «La coupure du net, n’a pas empêché la pérennité du mouvement révolutionnaire»

Washington : Firouzeh Nordström Téhéran : La Majalla

Les protestations massives qui se sont dé clenchées, suite au meurtre de Gina (Mah sa) Amini le 16 septembre se poursuivent. Le régime de la République islamique n’a épargné aucun moyen, dans le but de bris er la volonté des manifestants, qui ont pris l’habitude de descendre dans la rue, depuis plus de huit semaines, dans le but de péren niser un soulèvement, qui ne fait qu’évoluer et s’étendre, sous diverses formes. Allant des initiatives personnelles aux sit-in. Des rassemblements, de jour comme de nuit, au lancement de slogans. Raison qui explique l’attention grandissante que le monde entier, consacre à cette révolution.

Les activistes Iraniens des réseaux sociaux, Twitter en particulier, jouent un rôle impor tant et proéminent en envoyant ces protesta tions sous toutes les formes audiovisuelles, au monde entier, par le biais de campagnes

qui visent le régime, à travers des hashtags similaires à #mahsa_mini.

La coupure du net n’affectera pas le soulève ment

La «Majalla» a interviewé bon nombre de militants iraniens, actifs sur Twitter pendant les manifestations, et a noté leurs opinions, concernant ces manifestations en cours. Un des militants sur Twitter, et propriétaire du compte «Liuquipus» en Iran, reconnait bien que «les réseaux sociaux sont derrière le déclenchement du mouvement actuel, en mobilisant toutes les ressources. Les indi vidus qui ont utilisé Internet et les réseaux sociaux au cours des vingt dernières années comparent les conditions du peuple iranien aux réalisations de progrès et de développe ment dans d’autres, où cette prise de con science a commencé à se développer, et ils constatent qu’ils ne jouissent pas d’une vie ordinaire vie, mais plutôt de conditions de vie qui ne sont pas similaires à celles des gens dans le reste du monde. Lorsque cette prise

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Les réseaux sociaux ont joué un rôle de premier plan dans le soulèvement du peuple iranien

de conscience a vu le jour, l’objectif d’une vie normale a commencé à se développer en eux, ainsi que la graine du mouvement révo lutionnaire actuel. Sans les réseaux sociaux et Internet, nous n’assisterions pas à un mou vement révolutionnaire continu, mené par la génération née au début du nouveau millé naire.

Avant d’ajouter : «Il est vrai que le régime coupe le net, et contrôle le flux des infor mations, de quoi retarder le transfert, et la publication des vidéos, aussi des photos, des rapports, et tout effort de coordination. Ceci ne peut en rien empêcher la continuité de la révolution en cours, ou altérer son par cours. Les adeptes des réseaux sociaux sont devenus plus habiles à utiliser ces moyens pour poursuivre leurs protestations, car les réseaux sociaux ne constituent pas un phé nomène nouveau pour eux, ils les utilisent depuis 20 ans.

Ce militant, basé à Téhéran, a poursuivi : «Fa cebook a été le point de départ pour que les pionniers iraniens se familiarisent avec les

réseaux sociaux, car les pionniers iraniens de Facebook ont pu communiquer, coordonner les efforts, et publier des informations, des reportages et des analyses sur le mode de vie

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Les Iraniens comparent maintenant leurs conditions avec les réalisations du progrès dans d’autres pays, et ils constatent qu’ils ne jouissent pas d’une vie normale, mais vivent dans des conditions de vie qui ne sont pas similaires au reste du monde.

Politique

ailleurs. Cette prise de conscience du déclin de l’Iran par rapport à d’autres pays a semé les germes de la révolution en cours. Twit ter et Instagram sont les plus influents dans

le chemin et la continuité de cette révolution, pas Facebook.

Ce militant estime que «l’application Insta gram est devenue plus influente et interac tive, et même plus performante à attirer les jeunes en Iran, car les publications sur Insta gram se répandent très rapidement. Instagram a prouvé son efficacité à poursuivre cette ré volution plus que d’autres réseaux sociaux, car les photos et vidéos publiées touchent les masses. Par exemple, lorsque des millions d’utilisateurs iraniens regardent des vidéos ou des photos de la brutalité des forces répres sives et de la violence contre les manifest ants, ils prennent conscience de la méchance té sans bornes du régime. Les informations et les nouvelles de différentes régions se propa gent rapidement, en son et en image, car elles ont un grand impact sur les interlocuteurs qui y croient et interagissent avec elles, car ce sont des publications vidéo et photo. On peut dire qu’Instagram est devenu le réseau social le plus influent et le plus suivi pendant le mouvement actuel, et dispose plus de pou voir que Twitter pour mobiliser et soutenir la révolution.

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Le soulèvement iranien entre dans son troisième mois malgré la répres sion et l’assassinat de manifestants par le régime (Reuters)
Les réseaux sociaux ont joué dans une période antérieure (avant le déclenchement de la révolution) le rôle d’arène de contestions, qui ont servi à dégonfler la colère. Reste qu’elle n’avait rien de réel, car s’est déroulé dans un espace métaphorique.

Le gestionnaire du compte «Leucippus», poursuit : «Certains titulaires de comptes sur les réseaux sociaux cherchent à augmenter le nombre de followers, et c’est le fléau de la révolution. Certaines pages sont très suivies, car elles sont souvent gérées par des person nes expérimentées et plus âgées de la géné ration Z ou post-millénaire. La majorité de la génération est connue pour son «activité excessive» et le désir d’obtenir des nouvelles et des informations rapidement. L’une des sources de notre inquiétude face à cette ré volution est que cette génération (post-millé naire) qui mène le mouvement actuel, risque de sombrer rapidement dans le désespoir, mais il faut que nous promouvions cette idée auprès des contestataires, à savoir que les vagues révolutionnaires peuvent connaî tre des hauts et des bas et plusieurs destins, avant d’atteindre leurs objectifs. Nous assis tons actuellement à une présence écrasante des manifestants de la génération post-millé naire dans le mouvement actuel, car ceuxci n’attendent pas ce que disent Instagram ou les médias traditionnels, mais apprécient plutôt la pensée créative et l’initiative, et communiquent à travers les groupes qu’ils forment sur WhatsApp ou d’autres moyens. Cette génération, qui dirige le mouvement actuel, n’a pas besoin des médias, car ils expriment leurs mécontentements et leurs protestations dans les lycées et les univer sités collectivement sans avoir une structure centrale de leadership, car chacun d’eux a un rôle de leadership à travers la protestation, les initiatives individuelles et les slogans.

Facilité à transmettre l’information «Reza» de la ville de Karmsar (située dans la province de Semnan) et actif sur «Twit ter» et «Instagram» déclare : «Les révolutions classiques qui ont eu lieu dans différents pays, disposaient d’une structure organisa tionnelle sociale dans laquelle les personnes impliquées étaient des syndicalistes, ou une

certaine catégorie, tels les ouvriers, ou les marchands du bazar, et leurs contacts sont secrets ou semi-publics ».

Cette même personne ajoute à «Majalla» : «Par exemple : Dans le temps, un individu peut avant la révolution de 1979, grâce à une com munication téléphonique avec Khomeiny, recueillir son discours et ses déclarations. Ensuite, cette matière sera éditée et diffusée, à grande échelle. Idem, de nombreux op posants politiques iraniens qui résidaient en Turquie pendant la période de la Révolution constitutionnelle (de 1905 à 1911) ont pub lié des manifestes révolutionnaires dans des journaux, qu’ils cachaient parmi les biens des marchands se rendant en Iran. La situa tion a maintenant changé à cause des médias sociaux et d’Internet, qui ont conduit à une diffusion plus rapide et plus large des nou velles, des invitations et des déclarations, et c’est ce qui contribue à l’expansion des mani festations dans les grandes et les petites villes.

15 01/12 22 «Instagram»
«Telegram»
audiences
informations
et
sont aujourd’hui les plus influents, et leurs
dépassent celles des chaînes de télévision, car ils sont les plus rapides à transmettre les
et des nouvelles.

Politique

Avant de poursuivre : « De nombreux mili tants des médias sociaux suivent des chaînes et des comptes sur divers réseaux sociaux et les publient sur leurs pages, qui sont bien vus et suivis, et les exploiter pour lancer des appels et diffuser les nouvelles, concernant le mouvement révolutionnaire. On peut dire qu’Instagram et Telegram sont les plus influ ents aujourd’hui, et leurs audiences dépassent celles des chaînes de télévision, car ils sont les plus rapides à transmettre les informations et diffuser les nouvelles.

La révolution... Du monde virtuel à la rue Humayun Naderifard, militant politique iranien résidant en Australie, considère à propos du rôle des réseaux sociaux dans les manifestations en cours en Iran que «l’Iran est entré dans la phase de la révolution. Les ré seaux sociaux sont devenus depuis longtemps un lieu d’expression des sentiments de colère. De la sorte, le mécontentement du public a été retardé dans sa transmission à la rue à cause des réseaux sociaux. Je crois que les réseaux sociaux portent une part de responsabilité dans ce retard de transmission, car un grand nombre d’internautes, déversaient leur colère

refoulée dans les réseaux sociaux. Ce volume de ressentiment et de colère devait s’exprimer dans les rues, dans le but de libérer le pays. On peut dire que les réseaux sociaux ont joué dans une période antérieure (avant le début de la révolution) le rôle d’arènes de protesta tion, ce qui a conduit à un état de colère dans l’espace métaphorique, mais cette situation n’est plus actuellement.

Ce même interlocuteur souligne le rôle positif des médias sociaux, ajoutant : «Il jouent un rôle influent dans la coordination et l’organisation des invitations, en particulier la liberté d’information. La sensibilisation indi viduelle joue un rôle crucial pour assurer la crédibilité des publications. Je crois que leur rôle consiste à permettre la libre circulation de l’information dans un espace métaphorique est bien plus important que son rôle dans la diffusion des analyses, des déclarations et des opinions. Les médias sociaux jouent un rôle crucial pour attirer les groupes de la zone grise, à savoir la tranche de la population en core hésitante. Ces groupes ont tendance à ne pas participer aux événements politiques. Il convient de noter que le flux d’informations

Une parmi les mani festations des militants des peuples non persans à Stockholm. Les drapeaux du Kurdistan, d’Ahwaz, du Baloutchistan, et de l’Azerbaïdjan ap paraissent sur la photo (réseaux sociaux)

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et sa transmission dans le cyberespace, re flètent l’échec de la République islamique à exercer sa répression électronique. Dans son entretien avec Majalla, un militant d’un groupe des réseaux sociaux iraniens, connu sous le nom de «Silence», évoque le rôle des réseaux sociaux à faire la lumière sur les pratiques et les violations commises par la République islamique au cours des quatre dernières décennies : «Les réseaux sociaux révèlent un aspect important des pratiques du régime, qui piétinent la dignité humaine du peuple».

Avant d’ajouter : «De nombreux observa teurs, analystes et militants pensent que les grèves et les manifestations sont les cataly seurs les plus importants de la révolution, mais les réseaux sociaux jouent un rôle in fluent dans les révolutions modernes, y com pris la révolution en cours dans le pays, qui pourrait devenir l’un des potentiels de révo lutions à partir de maintenant».

Il poursuit : «Par exemple, les autorités ont bloqué Internet pendant une semaine lors des manifestations de novembre 2019, ce qui lui

a permis de réprimer les manifestations et de tuer les manifestants, car leur voix n’a pas atteint le monde et le Nations Unies, et l’affaire n’a pas suscité de protestations et de condamnations généralisées, mais la situ ation est complètement différente à l’heure actuelle. Pendant la révolution actuelle, les manifestants ont pu porter leur voix au monde entier, car de nombreux pays et per sonnalités internationales de premier plan ont exprimé leur soutien au peuple iranien, et cette affaire a mis les autorités dans une position embarrassante, limitant leurs mou vements. De quoi mettre en échec ses poli tiques de fourberies et de mensonges.

Ce membre du groupe «Silence», qui réside à Tabriz, voit que «les militants des médias sociaux peuvent prendre des mesures im portantes, telles que la coordination entre les dirigeants de la manifestation, la publi cation d’appels à des manifestations de rue, à des grèves et à la désobéissance civile, et des campagnes pour éduquer les groupes qui n’ont pas encore décidé de participer au mouvement révolutionnaire en cours».

Près de l’ambassade d’Iran à Vienne, en Au triche, des manifestants affichent le 26 septem bre 2022 des photos de jeunes Iraniens tués par les forces de sécurité. (AFP)

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Les luttes de l’Irak pour changer son identité et réduire son arabité

Un an après la tenue d’élections législatives prématurées, l’Irak a pu compléter les échéances constitutionnelles postélectorales à savoir la sélection d’un nouveau président de la République, Abdul Latif Rashid, de l’union patriotique de Kurdistan, et l’annonce d’un nouveau gouvernement succédant celui du Mustafa al-Kadhimi que Mohammed Shia al-Soudani, membre du parti Dawa qui dirige le bloc parlementaire du soi-disant cadre de coordination, était chargé de le former. Il va de soi que cette réalisation apportera un nouveau souffle à la vie constitutionnelle de l’Irak et donnera lieu à un certain espoir de surmonter la crise politique dans le pays ; une crise qui a porté à plusieurs reprises le caractère d’un conflit intense accompagné par des affrontements violents qui ont exposé le pays constamment aux risques de glisser dans un conflit sanguinaire ainsi que les crises diplomatiques provoquées lorsque les centres des missions étrangères ont été attaqués commençant par l’ambassade des Etats-Unis. Le succès du nouveau gouvernement à obtenir la confiance du conseil des représentants avec une confortable majorité ne l’a pas aidé à être un gouvernement de consensus et d’unité nationale comme les Irakiens l’ont connu depuis 2003. En plus du mouvement sadriste qui s’est retiré même du conseil des représentants bien qu’il ait été le plus grand bloc parlementaire avec 73 députés, une petite force kurde et chiite, qu’on pensait qu’elle se presserait de participer si on lui propose, a refusé de le faire.

Il s’agit du bloc le Mouvement de la nouvelle

génération kurde (9 députés) dirigé par Shaswar Abdulwahid qui a réaffirmé sa décision d’être dans l’opposition, et du mouvement de sagesse chiite (4 députés) dirigé par Ammar al-Hakim qui a refusé de participer dans le gouvernement après sa rencontre avec le premier ministre durant les consultations, en espérant qu’il soit un gouvernement de service national ouvert aux compétences et loin des quotas. Sans aucun doute, le premier ministre a surmonté la non-participation des mouvements de sagesse et de la nouvelle génération. Ils ne posent pas de sérieux défis en raison de leur taille représentative réduite et de leur discours politique modéré. Cependant, il semble qu’il a bien compris, apparemment de ses premières décisions, l’étendue des risques inhérente à la non-participation du mouvement sadriste dans toutes les institutions constitutionnelles, notamment que ce mouvement s’est engagé à confronter le gouvernement dans les rues par des moyens pacifiques confirmés par l’un de ces dirigeants (Saleh Mohammed al-Iraki). Ce dernier a désapprouvé et a déploré les récents appels à la formation de cellules de résistance militaire pour confronter le pouvoir de la coalition de l’état de droit à laquelle appartient le premier ministre, avec des factions armées de la mobilisation populaire.

Il est évident que cette position sadriste a connu une réaction relative de la part du premier ministre qui a commencé l’ère de son gouvernement en laissant entendre qu’il s’agit d’un gouvernement pour une période de transition. Il s’est engagé à tenir des élections

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législatives anticipées dans l’année suivant sa prise en charge. C’est un engagement que certains ont vu comme un apaisement pour le mouvement sadriste, qui a demandé la dissolution du Parlement actuel, considérant le vol de son droit constitutionnel d’être chargé de la formation d’un gouvernement, parce qu’il a remporté la première place aux élections de 2021.

Mais en analysant la réalité de l’Irak et ce qui se passe dans le pays, il semble que l’engagement du Premier Ministre découle notamment de sa conscience de la difficulté, sinon de l’impossibilité, de l’exécution d’un nombre d’obligations qui s’est probablement pressé à les inclure dans son programme gouvernemental. A titre d’exemple :

* Combattre et éradiquer la corruption généralisée dans tout le pouvoir. On pense que M. Al-Sudani ne connaitra que l’échec dans ce domaine, comme ses prédécesseurs, parce que les mêmes forces politiques accusées d’enraciner la corruption, le clientélisme et la discrimination sectaire forment le pilier de son gouvernement.

* Traiter le nombre aussi élevé des problèmes reliés aux conflits internationaux et régionaux entourant l’Irak et les interventions extérieures flagrantes et fréquentes qui en résultent dans ces affaires. Il s’agit là d’un des facteurs les plus influents dans l’évolution de sa scène politique interne.

A la lumière de l’escalade des conflits armés internationaux, de leur expansion et des troubles internes que connaissent de nombreux pays du Moyen-Orient et de leurs relations avec certains de leurs voisins, on s’attend à ce que les interventions étrangères en Irak, qui des nombreuses forces le voient comme «une boite postale» pour échanger des messages à contenu mixte, parfois des messages pour inciter le calme, mais dans la plupart des cas, des messages menaçants, et une démonstration de force et de l’infiltration de l’influence.

Bien que les autorités irakiennes aient confirmé lors de leur première sortie diplomatique dans le récent sommet arabe en Algérie, le refus d’utiliser leur pays comme une scène pour les conflits régionaux et internationaux, elles ne seraient pas en mesure d’empêcher un tel usage ou de réduire son champ d’action, en particulier par l’Iran. Ce dernier a appelé dès la formation du gouvernement à la relance de projets économiques conjoints avec l’Irak, notamment une ligne de chemin de fer que de nombreux Irakiens craignent qu’elle mette en danger leur sécurité vue la facilité de l’utiliser dans la contrebande d’armes et de drogues, et la réhabilitation de leurs infrastructures, en particulier le port de Faw dans la province de Bassora, qui constituera un lien vital pour le commerce avec les États arabes du Golfe.

De l’avis de certains observateurs, la dépendance prévue du gouvernement à l’égard de l’Iran est due au fait que son cadre de coordination est redevable à Téhéran qui l’a aidé à éliminer le mouvement sadriste de tout le processus politique à ce jour après son dépouillement de son gardien doctrinal et saréférence par tradition en ordonnant l’ayatollah Kadhim Al-Haeri de se retirer de ses fonctions et de diriger ses imitateurs, la plupart des sadristes, pour suivre les pouvoirs du chef suprême Ali Khamenei. Il n’est donc pas surprenant que de nombreuses voix politiques et religieuses aient averti de ce qui allait se passer, soulignant que les membres du nouveau gouvernement n’avaient pas de sentiment d’appartenance à l’Irak mais une appartenance à leurs noces, leur ignorance et leurs relations suspectes avec des acteurs étrangers, affirmant que les conflits en Irak n’ont jamais été politiques, mais certains visaient à changer leur identité et à réduire leur arabité.

Lors de leur première sortie diplomatique dans le récent sommet arabe en Algérie, les nouvelles autorités irakiennes ont confirmé le refus d’utiliser leur pays comme une scène pour les conflits régionaux et internationaux, mais elles ne seraient pas en mesure d’empêcher un tel usage ou de réduire son champ d’action, en particulier par l’Iran
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Rapport

Que peut espérer l’Afrique de la COP27 ?

Les Africains et les Africaines, qui ont pris la peine de se déplacer à la station balnéaire de Charm el-Cheikh située à 508 km de la capitale égyptienne, pour assister à la COP27, qui s’est tenue, du 6 au 18 novembre 2022, ne pouvaient être dupes. Ils savent mieux que quiconque, que la situation climatique au niveau mondial, ne pouvait rester comme «rien ne s’est passé»…. Certes, il faut agir. Mais personne (parmi les Africains présents sur les lieux) ne pense que les pays riches vont tout faire, pour résoudre la problématique (concernant l’Afrique du moins) à la manière d’une baguette magique.

Personne n’a vu, ni l’Enchanteur Merlin sur les lieux, ou encore moins le Père Noël…. Des intentions, des aspirations, mais des promesses aussi : Au moins 84 % des parties à la conventioncadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ont mis en place des plans, des stratégies, des lois et des politiques d’adaptation aux changements

Les nations africaines souhaitent augmenter le montant des fonds qu’elles reçoivent des programmes de compensation des émissions de gaz à effet de serre et cherchent des moyens d’aborder cette question lors de la COP27.

climatiques, soit 5 % de plus que l’année précédente. Cependant, les financements permettant de traduire ces plans et stratégies en actions ne suivent pas, constate le nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation aux changements climatiques, présenté à l’occasion de la COP27.

Les nations africaines souhaitent augmenter le montant des fonds qu’elles reçoivent des programmes de compensation des émissions de gaz à effet de serre et cherchent des moyens d’aborder cette question lors de la COP27.

Le dilemme et le labyrinthe Deux vérités jalonnent le parcours de l’Afrique, qui se cherchent des solutions, à tous les problèmes causés par une métrologie de plus en plus capricieuse, et surtout de plus en plus meurtrière…

- Première vérité : L’Afrique dans sa totalité n’est nullement

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Certes, il faut agir. Mais personne ne pense que les pays riches vont tout faire, pour résoudre la problématique à la manière d’une baguette magique.
La coupe, à moitié pleine, ou moitié vide ?

responsable des agissements qui ont conduit au réchauffement climatique. L’empreinte carbone de tout le continent noir, est de loin inférieure à celle des ÉtatsUnis ?

- Deuxième vérité : Les capacités financières de tous les pays du continent, mises en contribution, même si cette alternative est tellement irréalisable, ne peuvent offrir les moyens de se dégager de ce labyrinthe mortel.

À ce stade s’imposent deux conclusions :

- Première conclusion : A moins d’une action rapide et entreprenante, certaines régions vont passer d’une manière irréversible, pour devenir des déserts dans le sens chaotique du terme.

- Deuxième conclusion : A une crise mondiale, la réponse ou riposte, doit être de même nature, à savoir mondiale. Un pays quelconque de la région du Sahel, ne peut accomplir des miracles, dans le vrai sens du mot, à savoir rendre le paysage vert, tout en ayant à ses frontières, deux pays qui se laissent engloutir dans des océans de sable.

Aussi bien la certitude, que les pays riches finiront par «faire quelque chose»…

Aussi bien la certitude ces mêmes pays, ne feront pas assez….

«Les engagements pris par les partenaires de l’Afrique conféreront au Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique le coup de pouce nécessaire pour modifier la trajectoire de développement du continent le plus exposé au climat de la planète. J’ai confiance dans le fait que l’AAAP saura générer des résultats concrets pour l’Afrique».

21 01/12/22
Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

Rapport

Que faire alors ?

De la parole candide à l’action entreprenante

Des initiatives, oui… Et la concrétisation ?

Une initiative sur «La transition juste en Afrique : les compétences vertes, le changement de comportement et le dialogue social», a été lancée, à Charm el-Cheikh, par l’Organisation internationale des employeurs (OIE), en partenariat avec plusieurs parties, dont la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’Environnement et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Lancée en marge de la COP 27, en présence notamment de Nouzha Alaoui, Secrétaire générale de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’Environnement et de Chakib Alj, président de la CGEM, l’initiative vise le renforcement de la conscience autour de l’importance de doter les employés de compétences adéquates et renforcer les capacités d’adaptation aux répercussions des changements climatiques, dont la perte d’emploi.

L’Initiative lancée a insisté sur l’importance du renforcement de la coopération et des partenariats pour garantir à l’Afrique les conditions optimales pour une transition énergétique rapide et juste, tout en tenant compte des besoins du continent, ainsi que ses conditions sociales et économiques.

L’Initiative a également insisté sur l’importance de la modernisation permanente des approches fonctionnelles par les sociétés, ainsi que la conjugaison des compétences et capacités aux besoins du marché de l’emploi.

Des États en mauvais état….

Le président de l’Union africaine, Macky Sall du Sénégal, le PDG du Global Center on Adaptation,

Ce gosse, savait-il que la COP27 s’est tenue

22 01/12/22

Les

climatique», a déclaré le président de l’Union africaine, Macky Sall.

«Les engagements pris par les partenaires de l’Afrique conféreront au Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique le coup de pouce nécessaire pour modifier la trajectoire de développement du continent le plus exposé au climat de la planète. J’ai confiance dans le fait que l’AAAP saura générer des résultats concrets pour l’Afrique».

Le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique est une initiative appartenant à l’Afrique et dirigée par elle, développée par le Global Center on Adaptation (GCA) et la Banque africaine de développement (BAD) en étroite collaboration avec l’Union africaine. Il permet de mettre en œuvre l’Initiative pour l’adaptation en Afrique (AAI), qui vise à mobiliser 25 milliards de dollars pour appliquer, mettre à l’échelle et accélérer l’adaptation climatique à travers le continent. Depuis 2021, l’AAAP a intégré l’adaptation climatique à travers plus de 3,5 milliards de dollars d’investissements dans 19 pays.

Sécheresse et crise sanitaire…

Patrick Verkooijen, et le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, ont exprimé les mêmes soucis.

«Il s’agit d’une étape cruciale de la lutte contre le changement

Un rapport de l’OMS, met déjà en garde, même avant la tenue de la COP27, par la voix de la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Matshidiso Moeti : «Il est essentiel que les dirigeants mondiaux

La COP 27, un rendez-vous incontournable

23 01/12/22
négociateurs africains doivent aussi mettre en exergue « l’impact disproportionné du changement climatique sur le continent qui ne contribue qu’à hauteur de moins de 4 % aux émissions de gaz à effet de serre » alors même que les forêts du bassin du Congo sont, avec l’Amazonie, le principal poumon de la planète.

parviennent à un accord pour endiguer la hausse des températures lors de la 27e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27) qui se tiendra justement en Afrique. Notre continent [l’Afrique] est le moins responsable du réchauffement climatique, mais figure parmi les premiers à en subir les conséquences tragiques»

L’activiste Aïssatou Diouf qui a participé aux négociations précise : «Pour nous, pays en développement, pour nous, pays africains, il est important que nous puissions mettre en place un mécanisme financier qui est spécifique pour faire face à ces pertes et dommages-là».

COP27 : Un contexte géopolitique très tendu Bien qu’elle ne contribue que de façon marginale au réchauffement climatique, l’Afrique en paie déjà le prix fort. Lors de la COP27, le continent doit par conséquent taper du poing sur la table pour placer la justice climatique au centre des débats. L’Afrique doit parler d’une même voix pour obliger les pays industrialisés et historiquement responsables des émissions de gaz à effet de serre, à assumer leurs responsabilités et à mettre la main à la poche, a plaidé l’Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA) dans un rapport publié le 20 octobre. Intitulé «Ensuring that COP27 is truly an African COP», le rapport précise que cette conférence se tiendra du 7 au

18 novembre 2022 dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-cheikh dans un contexte international particulièrement tendu. La Chine a en effet suspendu en août dernier ses négociations avec les Etats-Unis sur le changement climatique, en rétorsion à la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, à Taïwan. Dans le même temps, une nouvelle ruée vers les combustibles fossiles s’est produite depuis le début du conflit russo-ukrainien.

Groupe de réflexion basé à Johannesburg, l’Institut sudafricain des affaires internationales estime que ce contexte géopolitique pourrait inciter les pays industrialisés à continuer leur «business as usual» alors que la COP27 abordera notamment les questions restées en suspens depuis la COP26, qui s’était soldée par un florilège de promesses et d’annonces politiques peu contraignantes. Les décisions de la précédente grand-messe de l’ONU sur le climat n’ont pas répondu aux attentes des pays en développement qui sont en première ligne des impacts climatiques alors même qu’ils en sont les moins responsables. Raison pour laquelle le rapport souligne que la justice climatique doit être au premier rang des priorités du groupe des négociateurs africains. Ces derniers devraient en effet défendre le droit de l’Afrique à continuer à exploiter le gaz naturel, l’hydrogène à faible teneur en carbone et l’énergie

24 01/12/22
L’eau, essence de la vie

nucléaire, en tant qu’énergies de transition pour permettre au continent d’assurer son développement économique et l’accès de sa population à l’électricité.

Les négociateurs africains doivent aussi mettre en exergue « l’impact disproportionné du changement climatique sur le continent qui ne contribue qu’à hauteur de moins de 4 % aux émissions de gaz à effet de serre » alors même que les forêts du bassin du Congo sont, avec l’Amazonie, le principal poumon de la planète.

Le rapport précise également que les négociateurs africains devraient exercer des pressions sur les pays riches pour qu’ils tiennent enfin leurs promesses de fournir les financements nécessaires à l’adaptation au changement climatique, et leur rappeler à nouveau qu’ils ne respectent toujours pas leur engagement de porter à 100 milliards de dollars par an leur aide aux pays en développement.

Outre le financement des projets d’adaptation, les pays africains devraient exiger le déblocage de fonds pour faire face aux «pertes et dommages», c’est-à-dire les conséquences irréversibles du changement climatique qui touchent déjà de plein fouet le continent.

Les pertes et dommages sont de plusieurs natures : ils peuvent survenir lors d’événements de longue durée, comme les sécheresses à répétition ou la montée du niveau de la mer, qui détruisent de manière irréversible

les moyens de subsistance de certaines communautés. Il peut aussi s’agir d’événements soudains, comme les ouragans ou les inondations qui détruisent des villages entiers en quelques heures.

L’Institut sud-africain des affaires internationales note par ailleurs que l’Afrique doit peser de tout son poids pour opérationnaliser le « réseau de Santiago », qui a été créé lors de la COP25 en vue de connecter les pays vulnérables du Sud avec des personnes et organisations dotées d’une expertise technique et de ressources pour les aider à prévenir, limiter et répondre aux pertes et dommages. Ce réseau se limite jusqu’ici à un site Web où les pays en développement peuvent poster leurs besoins, sans vraiment obtenir de réponse. À Glasgow, un accord avait été trouvé sur le fond, c’està-dire sur les fonctions que remplira le réseau, mais pas sur la forme c’est-à-dire par qui et comment il va être piloté.

Sur un autre plan, le rapport recommande à l’Afrique de demander le respect des exigences du Pacte de Glasgow pour le climat, relatif au renforcement des objectifs actuels d’émissions à l’horizon 2030. Au 23 septembre 2022, date limite de soumission des nouveaux objectifs, 23 pays seulement sur près de 200 avaient soumis les versions actualisées de leurs contributions déterminées au niveau national (CDN).

25 01/12/22
Les enfants assument pleinement les change ments climatiques

Syndicaliste Guinéen: Il faut faire la par t entre contenant et contenu

Ibrahima Ba, est agronome guinéen, syndicaliste. Autant, il excelle dans l’art de l’analyse, autant, il est rompu au réel de la vie. Sa vision est à la fois futuriste, mais présente et surtout actuelle. A travers cette interview, il porte un regard, assez particulier :

Personne n’a abordé jusqu’à ce jour, l’épineuse problématique du développement en Afrique, de façon à engendrer un vrai changement, vers un me illeur toujours hypothétique. Pourquoi ?

Cette faillite est logique, pour une raison plus que simple. Nous devons poser la problématique du sous-développement en premier. Car le premi er relève d’une dimension éphémère. Par contre, le deuxième fait partie intégrante de notre vie. Nous le respirons même.

Pouvez-vous détailler encore plus ? Nous devons partir d’un constat plus que simple : La vie de misère, que mène la majorité écrasante des

Africains, représente une plaie saignante, que nous devons dépasser.

Ceci est le programme d’une majorité écrasante des responsables Africains.

Il faut juger les politiciens aux actes, et ne pas se contenter de discours. Ceci, ne peut en rien dénigrer la dimension cognitive ou analytique, plus que né cessaire, mais de loin insuffisante.

Nous devons poser la problématique du sousdéveloppement en premier

Interview
26 01/12 22

Pour être plus explicite, je dirai que nous devons orienter nos efforts vers la santé, l’enseignement, mais surtout l’alimentation. Bien nourrir un enfant, lui accorder un enseignement de qualité, tout en lui assurant un suivi sanitaire de qualité, représente les trois services, dont doit bénéficier nos enfants, en premier, car nous devons penser aux générations futures.

Contrairement à vos propos, le niveau de l’ense ignement a beaucoup régressé globalement, les services sanitaires aussi. Quant à l’alimentation, il

Nul ne possède de baguettes

peut

vaut mieux parler de comment éviter les famines. Quelles réponses portez-vous ?

- Nous avons toujours en Afrique, pensé à la char rette avant les bœufs. Ceux qui assument les respon sabilités politiques, pensent en termes d’instantané. Jamais de visions stratégiques. Nul ne possède de baguettes magiques, et personne ne peut en exiger. Mais rester à engendrer un contrat de confiance, avec la base populaire.

Je capte le terme «confiance» dans votre réponse. Comment instaurer un climat de confiance, dans un pays africain.

27 01/12 22
Ibrahima Ba, agronome guinéen
magiques, et personne ne
en exiger. Nous devons orienter nos efforts vers la santé, l’enseignement, mais surtout l’alimentation.

Les responsables politiques ne savent pas que les peuples savent par réflexe distinguer entre le

- Rien de plus simple : Présenter au peuple un plan qu’il faut assumer par les actes. Ce qu’on a vu de puis la vague des indépendances à nous jours, en Afrique, n’est autre qu’une avalanche de contradi ctions. Le responsable politique nous incite à subir une politique d’austérité, tout en menant une vie de luxe…

Aucune violence n’est plus forte, que le décalage entre un discours pieux, d’une part, et un comporte ment qui nie ce discours, d’autre part. Les responsables politiques ne savent pas que les peuples savent par réflexe distinguer entre le conte nant et le contenu.

Que faut-il faire alors ?

- Oser répondre à cette question, en terme individu el, représente une forme de prétention, car décider pour les autres, n’a jamais porté de fruits. Plutôt po ser la question concernant la manière de porter les forces vives à fédérer leurs efforts.

La vie de misère, que mène la majorité écrasante des Africains, représente une plaie saignante, que nous devons dépasser

28 01/12 22
contenant et le contenu

pinion O

Les manifestations en Iran marquent un nouveau tournant

Les manifestations se poursuivent en Iran depuis un mois et demi et les manifestants s’affrontent avec les forces de sécurité lourdement armées. Selon plusieurs observateurs, les grandes manifestations iraniennes ont connu un tournant le 26 octobre quand des manifestations contre le pouvoir ont eu lieu dans plusieurs villes malgré la répression sévère des jours précédents. Au moins deux cent villes iraniennes dans 31 provinces ont connu des révolutions, des grèves et des manifestations d’étudiants. Ces manifestations ont créé une autre onde de chocdans le monde entier, et le courage des iraniens face à un régime cruel a laissé les observateurs dans un état d’angoisse. Depuis son déclenchement, l’insurrection nationale a préservé sa tendance à la hausse malgré les tentatives des autorités de la réprimer. Selon plusieurs experts, la persistance des manifestations en Iran, où un système sécuritaire a été mis en place pour faire taire toutes les voix dissidentes, montre que cette révolution est organisée et non pas «sans dirigeant». Les responsables ont appelé à détenir les commandants qui dirigent ces manifestations vers une demande nationale de changer le régime.

Un témoignage indiscutable Avec la multiplication des manifestations opposant au régime dans tout le pays et leur répression brutale, les responsables du régime des mollahs et les imams de la prière du vendredi nommés par Khamenei ont lancé une vaste campagne contre l’Organisation des Moudjahidines du peuple iranien. Elle a été accompagnée par des accusations mensongères reconnaissant la planification des manifestations et le rôle de l’organisation à cet égard. L’objectif de cette campagne est de préparer le terrain pour plus de répression du peuple. La chaine de télévision IRIB TV3 a illustré dans son annonce le 21 septembre 2022 la prolifération de ces confessions : « Bien que les grèves soient limitées aujourd’hui et hier dans certaines régions du pays, certains rassemblements se sont formés à

l’invitation de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran ou de ces opposants. Leur apparition dès le début était des manifestations contre le décès de Mme Mahsa Amini ou la question de la patrouille d’orientation, mais ces affaires se sont rapidement transformées en chaos, en atteinte à l’ordre public, en destruction du trésor public de l’État, et encoups et insultes des citoyens...etc. C’est normal que le chef du groupe d’opposition ou l’Organisation des Moudjahidines du peuple iranien soutien ces rassemblements hier et aujourd’hui également, et il a publié également une déclaration. J’ai même lu sur Twitter qu’il a remercié les émeutiers et a même déterminé le temps de s’engager dans les manifestations. Il leur a même précisé ce qu’ils doivent faire et ils lui ont répondu. Les médias d’opposition ont fait de même, et nous avons vu quelques mouvements…»

Le commandement du soulèvement Cependant, la société iranienne instable déborde des jeunes et des femmes qui peuvent diriger ce soulèvement. De plus, il y avait une résistance organisée contre le régime des mollahs et qui, d’après un réseau étendu et proactif de militants, publie régulièrement le message de la « résistance » dans tout l’Iran.

Les responsables du régime des Mollahs ont mis en garde dans leurs déclarations officielles ou leurs directives secrètes contre le groupe d’opposition en Iran, les Moudjahidines du peuple, et leur vaste réseau « des unités de résistance».

La résistance iranienne a révélé le 27 octobre une déclaration « strictement confidentielle » concernant Hossein Salami, le chef des gardes. Cette question, ainsi que les déclarations persistantes des autorités contrel’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, ont montré les préoccupations du système concernant les unités de résistance appartenant à l’Organisation. Salami souligne que «Compte tenu de la tendance à l’augmentation des activités des unités de la résistance Moudjahidine du peuple contre les endroitssecrets» les gardes doivent

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lancer de «patrouilles de renseignement cohérentes, ciblées et planifiées, confidentielles et publiques, ainsi que tendre des embuscades pour assurer la sécurité et la protection de ces sites».

Mohammad Bagheri, le général de division et le chef d’état-major de l’armée iranienne, a exprimé le 10 octobre, la peur ultime du régime de l’Organisation des Moudjahidine du peuple, en s’ajoutant à la longue liste des responsables qui reconnaissent le rôle prépondérant de l’Organisation dans le dernier soulèvement.

Les quelques scènes de chaos dans certaines parties du pays, et l’attention de l’ennemi sur la minorité ethnique et religieuse, indiquent que l’ennemi a mené une guerre totale contre [le régime]. Dans cette guerre, le groupe maléfique des Moudjahidine du peuple et d’autres groupes terroristes agissent comme des pions pour l’ennemi, selon le site «Election» du gouvernement.

Les slogans populaires

Un autre facteur intéressant concernant le soulèvement actuel est l’évolution des slogans populaires. Les manifestations ont d’abord été déclenchées par la mort tragique de Mahsa Amini en détention policière et les slogans ont rapidement émergé rejetant l’ensemble du régime des mollahs au pouvoir. Les manifestants ont rapidement scandé des slogans tels que «Mort au dictateur», «Je tuerai celui qui a tué ma sœur», «Cette année est l’année du sang, Khamenei va tomber», et «Mort à l’oppresseur qu’il soit le shah ou le guide». Dans sa deuxième semaine, le soulèvement national iranien et ses slogans ont mis en évidence un objectif : le renversement du régime des mollahs au pouvoir. Mercredi marque le 40ème jour de la mort de Mahsa. Les gens à Saqqez, la ville natale de Mahsa, ainsi que dans tout l’Iran, ont scandé des slogans tels que «Nous nous battons et nous récupérons l’Iran», «Battons-nous», «Nous ne rentrerons pas chez nous jusqu’à ce que la révolution soit faite», et «Ce n’est plus une manifestation, c’est une révolution».

«Celui qui a la main paralysée (Khamenei) est l’assassin de Shah Cheragh», ont crié les citoyens après le crime de Shah Cheragh à Chiraz, en particulier dans les universités. De nombreux observateurs et responsables ont déjà reconnu ces slogans comme étant une révolution en cours. Contrairement à ce que les défenseurs du régime tentent de promouvoir en Occident, les Iraniens ne protestent pas contre leurs injustices économiques, qui ont également été causées par la corruption et l’impuissance du régime.

Ils veulent de la liberté et de la démocratie Les gens souffrent de nombreux problèmes économiques. Mohamed Nabwani, membre du Conseil iranien de la Shura, a déclaré le 27 septembre : «Mais nous avons constaté que les récentes émeutes ne sont pas liées aux questions économiques».

En fait, les Iraniens de tous les horizons risquent leur vie pour atteindre la liberté et la démocratie. Alors que les manifestations se poursuivaient, la façon dont les gens affrontaient les forces de sécurité a changé. Ils se sont affrontés sans peur avec les forces de sécurité.

Une vidéo de Téhéran, le 27 octobre, montrait un jeune non armé qui affrontait un agent entièrement armé et des gens incendiaient quotidiennement des symboles et des signes du système. De plus, Les étudiants universitaires continuent sans relâche leurs démonstrations et leurs contacts et sont rejoints par des lycéens. Ils sont déterminés à payer le prix de la liberté. Ainsi, la communauté internationale - en particulier les États de la région - doit reconnaître la demande de changement de régime du peuple iranien et son droit à l’autodéfense.

C’est la seule façon de rompre le cercle de violence du régime. Puisque les actions sont plus importantes que les mots, les déclarations des démocraties occidentales condamnant la violence du régime sont importantes mais pas suffisantes.

La foule hurlait à Saqqez, la ville de Mahsa Amini, ainsi que dans tout le pays: «Nous nous battons et nous récupérons l’Iran», «Battonsnous», «Nous ne rentrerons pas chez nous jusqu’à ce que la révolution soit faite », et « Ce n’est plus une manifestation, c’est une révolution
31 01/12/22 »

Politique

Guerre du Twitter

L’argent, le mensonge, le pouvoir, et le sang

L’Internet que nous avons appris à connaître et à aimer, a commencé comme un projet financé par le gouvernement américain. Au début des an nées 1990, une version publique du Web a été créée par une équipe dirigée par le physicien de l’Université d’Oxford Tim Berners-Lee. Inter net, tel que l’envisageait son fondateur, était à la fois un lieu d’information fiable et un moyen d’accéder à des services utiles : un «espace libre, ouvert et créatif» au service de l’humanité, et les débuts du Web ont été nourris par des attentes collectives optimistes. Cette vision utopique et démocratique du Web, a duré des années, puis a commencé à s’effondrer avec la marchan disation d’Internet au début des années 2000.

Les préoccupations concernant le rythme et la portée de la technologie, à quel point elle semble non testée, à quel point elle est séduisante et omniprésente, et les effets des boîtes noires brillantes sur notre santé mentale et notre bienêtre, préoccupent de plus en plus les individus et les entreprises.

Aujourd’hui, Tim Berners-Lee qualifie Internet d’antihumain, et admet que la promesse de la Sil icon Valley de rendre le monde meilleur devient de plus en plus fade, car ses valeurs et ses inten tions s’avèrent être corrompues par un système qui continue à donner la priorité à des valeurs corrompues. En tête : Le gain. Beaucoup de gens de diverses disciplines, s’expriment avec cette amère franchise…. Qu’en est-il ? L’histoire est racontée dans ce livre : (Katie Cook, The Psychology of Silicon Valley: Ethical Threats and Emotional Intelligence in the Tech nology Industry, Springer Nature, Switzerland, 2020).

Un monde antisocial L’inventeur d’Internet en voit la cause prin cipale, à savoir, l’esprit mercantile qui anime les entreprises, plutôt que le bien commun, et que l’industrie des technologies modernes, à savoir les plateformes de médias sociaux et les mégadonnées, dominent de plus en plus la vie économique, politique et sociale. Ces entreprises ont d’abord eu du mal à savoir clairement quelles compétences étaient requises pour ce nouveau métier. Ils avaient besoin de bons programmeurs et n’avaient aucune idée des compétences néces saires. Au milieu des années 1960, une société de logiciels a embauché deux psychologues, William Cannon et Dallas Berry, pour construire une échelle professionnelle, et a publié leurs con clusions dans un article, en 1966 qui traitait d’un trait clé des programmeurs : Ne pas se soucier des gens !

La première génération, pour la plupart, était formée d’hommes antisociaux. Les autistes ou présentant des traits autistiques (Asperger) sont

Le Caire: Sama Mamdouh Al-Sheikh.
32 01/12/22

Elon Musk prétend avoir acheté Twitter pour «aider l›humanité» (Reuters)

surreprésentées dans cette industrie. En 2012, un investisseur de la Silicon Valley a révélé que la maladie d’Asperger était endémique. Il y a des avantages à embaucher des personnes très ra tionnelles, mais leur défaut le plus grave est le manque d’empathie. L’empathie est la capacité de percevoir les sentiments des autres et de se mettre virtuellement à leur place. Peter Bazalge tte déclare dans son livre «The Empathy Instinct» que les personnes ayant plus de compétences analytiques que de compétences émotionnelles, souffrent souvent d’un manque d’activité dans les parties du cerveau associées à l’empathie. Des études récentes ont indiqué que l’alexithymie, plutôt que l’autisme lui-même, est responsable de la diminution de l’empathie. L’alexithymie est décrite comme l’incapacité d’identifier les sentiments envers soi-même et les autres, alors que 10 % des personnes en souffrent, environ 50 % des personnes autistes en souffrent, et les deux facteurs qui s’avèrent les plus impor tants : l’isolement et l’arrogance de l’industrie. L’arrogance croissante est due à la conviction que la technologie peut résoudre n’importe quel problème. Sur la base de cette conviction, de nombreux travailleurs pensent qu’ils sont «les

plus intelligents… et qu’ils n’ont donc rien à ap prendre de qui que ce soit d’autre». En quelques années, l’élite de la Silicon Valley est devenue des tribus qui «se sont regroupées pour promou voir des valeurs au mérite douteux» !

Les boîtes noires brillantes

L’intérêt de l’Occident pour la «bulle de la Sili con Valley» a d’abord commencé dans le milieu universitaire. À savoir une inquiétude concer nant le rythme et la portée de la technologie, à quel point la technologie est devenue non testée, séduisante et omniprésente, les effets des boîtes noires brillantes sur notre santé mentale et no tre bien-être préoccuper les individus et les in stitutions. Au fil du temps, il y a eu une longue liste d’influences sociales majeures associées à la diffusion de la technologie : la désinforma tion, le déclin de la démocratie, les inégalités économiques et la santé mentale. De nombreux chercheurs se réfèrent à l’industrie des nouvelles technologies: «précisément [comme] les technol ogies numériques associées à la Silicon Valley : plates-formes de médias sociaux, mégadonnées... qui dominent de plus en plus la vie économique, politique et sociale». Comme le souligne le fon

33 01/12/22

Politique

dateur d’Internet, la Silicon Valley n’est pas finie, comme il a promis. Cela a progressé, mais pas dans la direction qu’aucun d’entre nous n’avait envisagée, conduisant à une crise d’identité à l’échelle de l’industrie et à l’ensemble des influ ences sociales auxquelles nous sommes actuelle ment confrontés. Les bonnes intentions des pre miers chapitres de l’histoire n’ont pas résisté aux assauts des entreprises sur leurs valeurs d’origine. L’un des facteurs qui a exacerbé la crise a peut-être été l’adoption de l’idéologie du «faites-le mainte nant, demandez pardon plus tard». L’abandon des valeurs originelles d’Internet : partage, liberté, plateformes open source, connectivité, et savoir, ont été remplacées par de nouvelles motivations moins soucieuses de ce qui est social : profit, in térêts des actionnaires et domination du marché. Cela est ce que nous pourrions attendre de «toute personne ou groupe en position de pouvoir incon trôlé».

Se référant spécifiquement à Elon Musk, la cher cheuse Katie Cook dit que ce qui pourrait le car actériser est «la croyance que parce que «le glitch ing» se fait derrière un ordinateur, ce n’est pas grave. Il n’est pas égal au déséquilibre qu’il pro voque : charbon, pétrole ou acier». Cook ajoute que la Silicon Valley doit trouver «un moyen de remplacer son idéologie... quelque chose de simi

laire à la philosophie de la communauté médicale : premièrement, ne pas nuire». L’attitude pater naliste problématique des plateformes de com munication peut s’exprimer ainsi : «Nous savons ce qui est le mieux pour vous, mieux que vous ne le savez réellement, alors faites-nous confiance». Cette dynamique a persisté, en grande partie, grâce à l’image publique positive de la Silicon Valley. Quand on pense aux dirigeants des entre prises technologiques, en particulier Elon Musk, on les considère comme des figures héroïques, qui se considèrent comme «capables de libérer

34 01/12/22
Elon Musk licencie 50% des employés de Twitter et dénonce une baisse «massive» des revenus
Selon une étude récente, la cruauté et la barbarie augmentent sur Internet, «les réseaux sociaux tels que : Facebook et Twitter encouragent les manifestations du tribalisme numérique», et les chercheurs le classent comme une «menace mondiale».

l’humanité». D’autre part, les groupes de pression ont joué un rôle majeur dans les changements spectaculaires du phénomène. Par exemple, les 5 premières entreprises technologiques dépensent désormais deux fois plus que Wall Street, pour les groupes de pression à Washington. Cet ef fort achète beaucoup d’influence, ce qui leur ou vre les portes du pouvoir, et fait que beaucoup de gens soient convaincus que l’industrie tech nologique est une force pour le bien. Les proprié taires et les dirigeants des entreprises, refusent de reconnaître le pouvoir qu’ils détiennent et la responsabilité que cela implique, de sorte que leurs implications de leurs refus, ne deviendront que plus profondes et problématiques. Le déclin

progressif et global des impulsions originelles de la Silicon Valley a montré la plupart de ses défauts. L’industrie qui semblait déjà prête à changer le monde pour le mieux, a plutôt con tribué à inaugurer l’ère de l’individualisme et du consumérisme, et a déclenché des effets sociaux à l’encontre de tous ses slogans.

Mensonge, argent, et sang.

Le président américain Joe Biden a déclaré que le milliardaire Elon Musk avait acheté une plate forme qui «répand des mensonges dans le monde entier», et la porte-parole de la Maison Blanche a déclaré : «Biden a été clair sur la nécessité de freiner les discours de haine et les fausses infor mations... Cela s’étend à Twitter». Par crainte des conséquences des orientations de Musk, des entreprises internationales ont suspendu leurs publicités sur Twitter. General Motors était la première, sachant que les annonces constituent la principale source de revenus de Twitter. Aus si, un rassemblement d’environ 50 associations qui défendent la démocratie, a exhorté les plus grands annonceurs sur Twitter (dont Coca-Cola, Google et Disney), à menacer Musk d’arrêter leurs publicités sur le réseau s’il élimine la sur veillance du contenu des tweets. Musk a de

35 01/12/22
General Motors a stoppé ses publicités sur Twit ter après que Musk ait acquis la plateforme
Par crainte des conséquences des orientations de Musk, des entreprises internationales ont suspendu leurs publicités sur Twitter, dont la première est General Motors.

Politique

mandé, dans un sondage auprès de ses abonnés, de choisir si les annonceurs devaient «soutenir la liberté d’expression» ou opter pour «le politique ment correct».

L’un des aspects les plus importants de la transac tion de Twitter, selon un document analytique de la Brookings Institution, est lié à ses effets poten tiels sur la sécurité nationale américaine, Musk a attiré des investisseurs étrangers pour aider à financer l’achat de l’entreprise, y compris des entités économiques liées à des gouvernements étrangers. Le fait que «Twitter» soit une plateforme majeure de diffusion du discours politique en Amérique nécessite l’ouverture d’une enquête de la part du «Foreign Investment Committee» (un comité mixte qui examine les acquisitions étrangères d’entreprises américaines, disposant du droit d’arrêter toute transaction qui soulève des préoccupations au niveau de la sécurité na tionale). «Twitter» dispose d’informations de nature personnelle et sensible, concernant des dizaines de millions d’Américains. Chose qui soulève la possibilité d’une influence étrangère dans les élections. Sans oublier que Musk a payé 27 milliards de dollars de la valeur de l’accord, et 5,2 milliards de dollars, de l’argent financé par des groupes d’investissement. Ainsi qu’un apport de 500 millions de dollars de la part de Binance, la plus grande bourse d’échange de crypto-mon naies au monde, associée aux autorités chinoises. L’un des tournants critiques sur le chemin de

la Silicon Valley, a résulté des répercussions de la crise financière mondiale (2008), lorsque de nombreux marchés se sont effondrés, menés par l’immobilier, et que des rivières d’argent ont coulé de Wall Street à la Silicon Valley. Soutenir cet afflux de capital-risque a engendré un nom bre sans précédent d’entreprises technologiques, chacune opérant sur la conviction que son appli cation ou son système d’exploitation changera le monde. Et en 2014, 48 milliards de dollars ont été acheminés vers les startups technologiques, prin cipalement reçus par des entreprises de la Silicon Valley. Simon Jack pointe une contradiction trou blante : Indépendamment des transgressions com mises par des grandes entreprises technologiques telles que : «Facebook» et «Twitter», et malgré les poursuites judiciaires, les amendes et les audi

Musk s’est rendu au siège de Twitter, portant un lavabo, indiquant son intention de nettoyer l’entreprise

36 01/12/22
Il existe un grave danger que l’indignation morale à l’ère numérique, n’approfondisse les divisions sociales.

ences du Congrès, «les géants de la technologie jouissent d’une loyauté incroyable de la part des clients, et c’est peut-être une raison pour laquelle ils ne croient pas qu’ils sont les méchants dans l’histoire de la nouvelle révolution industrielle». Mais au cours des dernières années, les gens ont commencé à «se poser des questions difficiles pour savoir si les plateformes technologiques affaiblis sent la démocratie, favorisent l’ignorance, et une nouvelle vague de nationalisme autoritaire ?». La capacité à orienter les politiques et l’opinion pub lique en manipulant l’information constitue une dynamique extrêmement problématique dans la Silicon Valley.

La première chose à comprendre à propos de la désinformation est peut-être son incroyable ca pacité à se propager comme des virus. Une étude de 2018 sur la propagation des fausses nouvelles, la plus importante du genre jamais réalisée, a montré que les mensonges se propagent plus rapidement que la vérité. Selon l’étude, les robots programmés sont utilisés pour diffuser du con tenu interactif afin de faire propager de fausses informations. Sur la base de 11 ans de données Twitter, dont plus de 4,5 millions de tweets, ainsi que des informations provenant de 6 différentes organisations indépendantes, et des vérifica tion des faits, les chercheurs ont montré à quel point, la vérité est incapable devant le mensonge. Une fausse information se déplace six fois plus vite, en moyenne, qu’une information réelle. Bien que les fausses nouvelles l’emportent sur la vérité dans tous les sujets, celles concernant la politique sont les plus répandues. «Les utili sateurs de Twitter préfèrent en général partager des mensonges». Même lorsque les chercheurs ont contrôlé chaque différence entre les comptes à l’origine des rumeurs, la probabilité de retweets était plus élevée : 70 % de mensonges en plus que de nouvelles exactes. Selon le Rapport annuel sur la démocratie 2018 publié par l’Université de Göteborg, la démocratie a commencé à décliner en 2006 et 2007 dans plusieurs régions, et ces deux années, par coïncidence, sont essentielles dans l’histoire de la technologie, et 2006 est l’année du lancement de Twitter. Les deux seules régions dans lesquelles le rapport a constaté que les démocraties s’améliorent plutôt qu’elles ne

déclinent sont l’Afrique subsaharienne et l’Asie, qui, selon l’analyse du rapport, sont les seules ré gions où les taux de pénétration d’Internet sont inférieurs à la moyenne mondiale.

Confiance et environnement éthique

Les humains aiment les contes, et les données psychologiques confirment que nous nous as socions aux récits plus qu’aux faits, et aux sym boles plus qu’à la réalité. Alors que notre identité nous aide à nous comprendre et que notre culture nous aide à comprendre notre environnement, les récits nous aident à comprendre notre place dans le monde. Nos actions, croyances et comporte ments sont guidés, dans une large mesure, par les récits que nous croyons être vrais sur le monde. Nos récits nous aident à expliquer le monde d’une manière cohérente avec nos croyances. His toriquement, les humains ont transmis leurs récits à travers les générations sous forme d’histoires orales, et avec le tournant numérique, nos mythes se sont répandus dans un coin autour de nous, et avec les appareils numériques portables, ils sont devenus inséparables de nous. Le changement so cial positif promis par l’industrie technologique est une illusion gardée par de vagues promesses. Ainsi, la transaction concernant «Twitter» soulève la question des effets possibles des moyens de communication, qui sont abordés dans les études sur le soi-disant «environnement éthique». Le point central dans ce contexte est le fait qu’«une culture sécuritaire, éprise de vérité et droiture, permette à chacun de mûrir facilement en tant qu’être moral. Cela implique que nous marchons dans ce monde avec enthousiasme, intégrité, con fiance et espoir. Quant à grandir dans des envi ronnements culturels pauvres, corrompus ou qui détestent la vérité, cela rend non seulement ce développement difficile, mais également le suc cès rare». L’une des conséquences désastreuses du poids relatif croissant du mensonge dans la vie des utilisateurs de la plateforme est qu’il se dégénère en déni, et le déni représente non seule ment une forme d’érosion de l’information, mais aussi une rupture collective de l’ordre et de la vérité, et l’érosion de la confiance, ou un dan ger certain pour les institutions, mais surtout une forme de défi de pratique de la démocratie à l’ère

37 01/12/22

pinion O

Migration : Là où les rêves changent,

Depuis le début de la vie humaine sur terre, ils ne cessent de se déplacer d’un endroit à l’autre, car la plupart d’entre nous sont impatients d’envisager de nouveaux horizons. De plus en plus les gens envisagent de quitter leur lieu de naissance et de s’installer sur un nouveau continent. Lorsqu’ils décident de franchir ce grand pas dans leur vie, ils laissent tout derrière eux, dans une aventure qui les transportera dans un nouveau monde. Au tournant du 19e siècle, l’immigration était souvent une décision qui affectait toute la vie du migrant, mais aujourd’hui, on peut rentrer dans son pays d’origine en quelques heures.

Les raisons qui poussent les gens à décider de voyager à l’étranger sont de nature différente, et varient selon les circonstances. Certains peuvent être à la recherche d’un changement, d’un défi de vie, d’une opportunité de carrière ou d’un amant. D’autre part, d’autres peuvent être contraints de fuir leur pays en raison de circonstances difficiles, de menaces existentielles telles que la guerre, ou de raisons économiques, politiques ou religieuses, et ils recherchent alors un endroit sûr.

Ici, je voudrais vous présenter l’histoire de la fille australienne Evy, qui a quitté son pays natal à l’âge de vingt et un ans. C’est une série d’événements qui ont commencé dès sa naissance qui ont poussé Evy à déménager à l’autre bout du monde et à venir à Londres.

Né en Irlande du Nord en tant que citoyen britannique, le père d’Evy a immigré en Australie avec ses parents et ses cinq sœurs dans les années 1970. Cela a rendu le voyage d’Evy vers l’Europe simple et flexible par rapport à ce que beaucoup trouvent, car elle avait droit à la citoyenneté britannique avant même de mettre les pieds au Royaume-Uni.

Evy passé ce qu’on appelle maintenant son «année sabbatique» à enseigner l’anglais dans le centre de la Chine, pour revenir un an plus tard.

Se sentant incertaine quant à son avenir et ne sachant pas quelle serait sa prochaine étape, elle ressentait un fort désir de voyager et de partir à l’aventure, et voulait le réaliser ce souhait. Evy a rencontré un ami qui avait l’habitude de passer ses étés à skier en Autriche, voyager à travers l’Europe, pour revenir à la saison de ski australienne (fait : l’Australie reçoit plus de neige que la Suisse). Evy a donc décidé d’essayer de passer la saison de ski en Autriche également. Après la fin de la saison, elle s’est rendue à Londres pour rendre visite à une amie d’enfance qui avait terminé un programme d’échange avec l’Espagne, et vivait avec ses cousins britanniques. Le plan d’Evy consistait à trouver un travail de bureau temporaire pour économiser de l’argent, lui permettant de visiter plus de pays européens. Les deux amies ont accompli un certain nombre de courts voyages ensemble, mais ont rapidement constaté que la valeur du dollar australien diminuait par rapport à la livre sterling, et elle s’est retrouvée à la recherche d’un emploi stable. Parfois, la vie nous apporte un arrangement différent. Evy a trouvé un accepté, un poste de débutante, dans un bureau. Comme elle le raconte en souriant : «Peu de temps après, j’ai rencontré mon mari… J’ai eu trois enfants et un animal de compagnie… Après 16 ans, tout fait désormais partie du passé.

Quand je lui ai demandé comment elle se sentait lorsqu’elle était dans l’avion en provenance de Brisbane, il y a une vingtaine d’années, elle a dit qu’elle était ravie de rencontrer son amie, avant d’ajouter : «Je me souviens que les images, que j’avais de Londres, ressemblait à tout ce que j’ai vu dans les films... Paddington Bear, Buckingham Palace, les policiers avec leurs chapeaux et London Bridge (qui s’est avéré ne pas être le beau pont que je croyais, mais Tower Bridge)».

Mais sa conception idyllique de l’Angleterre était un peu différente de la réalité. À sa descente

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de l’avion, elle a remarqué en premier, la police partout avec des fusils automatiques. C’était au début de 2006, peu de temps après les attentats à la bombe de 2005 à Londres. D’où une situation d’alerte maximale. C’était stressant pour elle au début. Ses grands-parents lui ont dit de ne pas prendre le bus ou le métro. Chose qui lui était absolument impossible, car ce sont les deux principaux modes de transport à Londres.

Quand je lui ai demandé ce qu’elle espérait voir en Europe, elle a dit qu’elle espérait s’amuser, gagner de l’argent et découvrir tout ce qui était possible à Londres. Elle a trouvé Londres alors incroyablement chère, d’où sa déception. «Il m’a certainement fallu un certain temps pour m’y habituer. J’étais une petite fille australienne naïve, et en regardant en arrière, je vois que j’ai ressenti mes attentes, en droits acquis. Bien que je parle la même langue, et que les cultures aient quelques similitudes, il y a parfois des détails subtils qui peuvent prendre des années à contrôler et à définir avec précision.

Et au début de l’été 2022, la vie d’Evy qu’elle avait planifiée, a pris une tournure complètement inattendue. «Si vous êtes ouvert à ce que la vie a à offrir, vous ne vous sentirez jamais découragé», avant d’ajouter : «Je dis que mes rêves changent constamment, sans avoir de limites».

Après avoir bâti sa vie à Londres pendant 16 ans, donné naissance à ses trois enfants dans l’une des plus grandes villes d’Europe et obtenu une vie heureuse et équilibrée à Londres malgré le chaos, Evy et sa famille ont décidé qu’il était temps pour opérer un autre changement. Cette fois de retour à la maison. De nombreux facteurs ont contribué à la décision de la famille de retourner en Australie. Il y a trop de chansons pour dire que l’Australie est toujours considérée comme une patrie, où

que vous soyez dans le monde. De nombreux Australiens décrivent les voyages à l’étranger pendant un certain temps comme une «période passagère». Tous ne restent pas à l’étranger aussi longtemps qu’Evy, mais si vous avez déjà passé du temps dans une autre «patrie» suffisamment éloignée de votre pays d’origine pour nouer des liens solides, vous connaîtrez le sentiment d’abandonner la moitié de votre cœur ailleurs pour toujours.

La décision n’a pas été facile, bien sûr, mais Evy et son mari l’ont bien étudiée, en tenant compte de l’âge de leurs enfants, du climat politique et économique, et bien sûr de l’âge avancé de leurs parents.

Après que tout le monde ait vécu l’expérience de la pandémie du Corona, à l’instar du monde entier, nous pouvons comprendre ce moment où une personne réévalue sa vie. Certains ont réalisé qu’ils avaient besoin de concilier travail et vie personnelle, d’autres ont découvert l’intérêt d’avoir de l’espace à l’extérieur de la maison, certains ont acheté un animal de compagnie qu’ils voulaient depuis longtemps... «Nous avons décidé de faire quelque chose dont nous parlions avant mais repoussé pendant des années».

Se préparer à quitter Londres n’était pas une chose simple à faire à la hâte. «Nous possédons toute une vie dans cette maison», se souvient Evy. C’est la maison où nous avons ramené nos trois enfants de l’hôpital. Les cinq billets d’avion n’étaient que la partie apparente du problème. Ils devaient décider ce qu’ils voulaient garder, quoi donner, quoi expédier, trouver quelqu’un pour emménager dans leur maison de Londres et trouver une maison pour leur animal de compagnie de cinq mois.

Les questions logistiques ont exigé un grand effort. Une fois que la famille a réservé les billets d’avion, Evy a lentement et résolument commencé à gérer chambre après chambre.

Parfois, elle devait outrepasser ses sentiments, afin de se débarrasser pour faciliter l’emballage, de plusieurs choses qu’ils avaient eues au fil des ans. La famille a fait appel à une entreprise pour tout emballer par la suite.

Sans compter la préparation psychologique, qui était l’aspect le plus difficile de tous. Dire au revoir à des amis et à des connaissances, qui était très douloureux. «Je me souviens, dans les semaines qui ont précédé notre départ, pas un jour ne s’est passé sans que je ne me demande si nous avions pris le bon choix», a déclaré Evy. Nous avons dû dire au revoir à l’incroyable école, que nos enfants fréquentaient, et à tous les parents et amis incroyables avec lesquels ils ont grandi. Nous avons également dit au revoir à nos amis avec qui nous avions passé toutes nos années à Londres pour, au point de devenir comme des membres de notre une famille. Nous avons dit au revoir à nos sympathiques voisins, ou ceux qu’on a connus dans le parc. C’était comme un rêve».

Avec des sentiments, où se mêlaient douceur et amertume, Evy a ajouté : «Quand tu pars et que tu dis au revoir à tout le monde, tu te retrouves entourée de soutien et d’amour, et c’est ce que tu emportes avec toi partout où tu vas, tu le portes dans ton cœur. Ceci est le bonheur que vous êtes sûr d’emporter avec vous. Evy, son mari et leurs trois enfants sont arrivés, sains et saufs dans la lointaine Australie. Elle a profité de ses premiers jours, tout en étant exposée à de nombreux chocs culturels. Heureusement, grâce à la technologie, l’Australie et l’Europe semblent être à côté lors d’un appel vidéo. Certaines personnes, peu importe depuis combien de temps sont ensemble, peuvent toucher les cœurs et rester en contact pour toujours. La même chose s’applique aux patries... Rien ne ressemble à une patrie.

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Art

Le Festival International du Film de Marrakech 2022

un rendez-vous culturel où rêve, art et engagement citoyen coexistent

Le Festival international du film de Marrakech a été créé en 2001 par Sa Majesté le Roi -Mohammed VI pour promou voir les arts et l’industrie cinématographique au Maroc et encourager la diversité. Renouvelant le dialogue entre les talents et les intellects, le Festival international du film de Marrakech est devenu un carrefour où se tissent des ponts entre les cultures et les pays et se réunissent chaque année de grands acteurs, producteurs, cinéastes et réalisateurs nationaux et interna tionaux.

Des personnalités du septième art du monde entier com posent les jurys ; d’importantes délégations sont présentes pour rendre hommage à leurs pays et les représenter ; un grand nombre de films diversifiés ont été projetés au pub lic. Tout cela et plus encore permet au Festival de devenir un événement emblématique dans le monde du cinéma. Le Maroc est désormais une destination privilégiée pour les grandes productions cinématographiques. Ainsi, la programmation, les hommages, les masterclasses,

les films en audiodescription pour les malvoyants et les pro jections sur la place principale Jemaa El Fna ont contribué à faire du Festival International du Film de Marrakech un lieu où rêve, art et engagement citoyen coexistent en harmonie. Le retour de l’événement après une suspension de deux ans en raison de la pandémie a confirmé le grand engouement du public pour les différentes sections du Festival puisque plus de 150 000 spectateurs ont assisté aux 124 projections de films au Palais des Congrès de Marrakech, au cinéma Colisée, mais aussi sur la place Jemaa El Fna et au Musée Yves Saint Laurent.

En recevant son trophée des mains de l’actrice françai se Marion Cotillard, le réalisateur américain James Gray confiait que «le Maroc et Marrakech tiennent une place particulière dans son cœur», avant de lancer un appel aux cinéastes et aux artistes en général : «Nous avons besoin de

/ MAP

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Les membres du Jury de la 19e édition du Festival international du film de Marrakech posent devant les photographes, lors de son passage sur le tapis rouge, durant la cérémonie d’ouverture ,du FIFM 2022 FERCHI
Le Festival international du film de Marrakech «a mis en lumière, cette année encore, toute la diversité des cinémas du monde, et a révélé de nouveaux talents, tout en permettant aux cinéphiles et au public de rencontrer de grandes personnalités du cinéma mondial».

vous parce que vous ouvrez nos esprits et vous nous récon fortez». James Gray est connu pour ses films révolutionna ires: «Little Odessa», «The Yard», «La Nuit nous appartient» ou encore «Ad Astra».

Autre temps fort de cette dernière édition : la série de con versations avec de grandes personnalités du cinéma. Des sessions ouvertes et gratuites qui ont permis aux festivali ers de converser avec des réalisateurs et acteurs de renom tels que Leos Carax, Julie Delpy, Julia Ducournau, Asghar Farhadi, Jeremy Irons, Jim Jarmusch, Ruben Östlund, Ma rina Foïs, Ranveer Singh ainsi que le compositeur Gabriel Yaré.

La 19ème édition du Festival International du Film de Marrakech a réuni 250 professionnels internationaux au tour d’une sélection de 23 projets et films dans le cadre de

la 5ème édition des Ateliers de l’Atlas.

Depuis son lancement en 2018, cette plateforme dédiée à l’industrie a soutenu 111 projets et films du monde arabe et d’Afrique, dont 48 du Maroc.

«Après deux ans de pause forcée, le retour du Festival in ternational du film de Marrakech a été marqué par la forte mobilisation du public et l’enthousiasme des cinéastes à rencontrer et échanger avec les spectateurs», ont souligné les organisateurs, indiquant que le Festival «a mis en lu mière, cette année encore, toute la diversité des cinémas du monde, et a révélé de nouveaux talents, tout en permettant aux cinéphiles et au public de rencontrer de grandes per sonnalités du cinéma mondiaL».

Le Prix du Jury a été décerné ex æquo à «Alma Viva» de la Portugaise Cristèle Alves Meira et à «Le bleu du Caftan» de la Marocaine Maryam Touzani. Les deux films ont été choisis pour présenter les pays respectifs des réalisateurs dans la présélection des Oscars 2023.

Le prix de la meilleure mise en scène a été décerné à la réa lisatrice suisse Carmen Jacquier pour le drame «Tonnerre» se déroulant dans un village de montagne reculé au début du XIXe siècle.

Choi Seung-Yoon a décroché le prix de la meilleure actrice pour son rôle dans «Riceboy Sleeps» du réalisateur canadi en, Antoine Shim. Arswendy Bening Swara a remporté le prix du meilleur acteur pour sa performance dans le drame indonésien «Autobiography» de Makbul Mubarak.

La prochaine édition du Festival du film de Marrakech aura lieu du 24 novembre au 2 décembre 2023.

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Le Festival International du Film de Marrakech 2022
Choi Seung-Yoon a décroché le prix de la meilleure actrice pour son rôle dans «Riceboy Sleeps»du réalisateur canadien, Antoine Shim. Arswendy Bening Swara a remporté le prix du meilleur acteur pour sa performance dans le drame indonésien «Autobiography» de Makbul Mubarak.

SPORT

La Coupe du monde 2022 :Les Arabes jouent dans la cour des grands

Par : La Majalla

La Coupe du monde 2022, a fait couler, depuis l’attribution de son organisation au Qatar, beaucoup plus d’encre que les précédentes éditions.

En premier, un pays arabe, qui arrive à se distinguer, et par conséquence présenter le dossier le solide. En second, le Qatar est «un petit pays», par la superficie et le nombre d’habitants, sans traditions footballistiques spécial es, à l’instar du Brésil, l’Allemagne, ou encore l’Angleterre. Troisièmement, le Qatar dispose déjà d’une infrastructure footballistique, certes moderne, mais, à la mesure du pays, et nullement capable de recevoir la plus importante mani festation, du sport le plus populaire au monde.

Tout était à refaire, ou plutôt à faire : Dresser assez de ter rains, et mettre en place une infrastructure hôtelière, capable d’héberger plusieurs centaines de milliers de personnes. Un pari fou, dans le vrai sens du terme, titanesque, et surtout une réelle course contre un sablier, qui a sonné le glas, le 20 novembre dernier, au moment du lancement de la séance inaugurale de la Coupe du monde 2022

De l’avis de tous les observateurs, le Qatar a réussi son pari. L’ardoise ne porte aucun crédit ou ajournement. Tout est en place. Que la fête commence !!!

La tribune d’honneur, le jour de l’inauguration, avec son panel de Chefs d’États, résume bien l’importance de la man ifestation, ainsi que le poids du défi.

De l’image du Prince héritier et Premier Ministre Saoudi en, Mohamed Ibn Salmane, au Président Algérien Abdel madjid Tebboune, sans oublier les Présidents, Égyptien et Turc, respectivement Abdelfattah Es-Sissi et Recep Tayyip Erdoğan, en plus de l’Émir du pays, Tamim ben Hamad Al

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Coupe du monde 2022 au Qatar
On doit compter pour bien conclure que les Qataris ont «mis le paquet», outrepassant, de très loin, toutes les enveloppes consacrées à de tels projets

Le jeune Qatari, Ghanim Al-Moftah, a attiré l’attention lors de la cé rémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de la FIFA 2022 au Qatar

Thani, tout observateur est plus que certain, que tout ce panel, est certes venu célébrer une manifestation sportive. Mais aussi, prouver par la présence un soutien infaillible, au Qatar, visé par une campagne de dénigrement. Devant cette Coupe du monde, les chiffres comptent à la fois, et ne peuvent pas compter.

On doit compter pour bien conclure que les Qataris ont «mis le paquet», outrepassant, de très loin, toutes les envel oppes consacrées à de tels projets.

On ne doit pas compter, car toute lecture «pécuniaire» se rait réductrice de l’effort dans sa dimension humaine. À savoir l’apport fourni par tous les hommes, et toutes les femmes, à qui on doit la réalisation de «rêve»…. Comme tout «gâteau» mérite une «cerise» pour le distinguer : La défaite infligée par une sélection saoudienne plus que déterminée, à des Argentins qui se cherchent encore une explication. Le Qatar par son organisation, et le Royaume d’Arabie Saoudite par son jeu, ont inscrit dans les annales de l’Histoire, que les Arabes jouent désormais dans la cour des grands.

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Le Qatar par son organisation, et le Royaume d’Arabie Saoudite par son jeu, ont inscrit dans les annales de l’Histoire, que les Arabes jouent désormais dans la cour des grands.
Historique, l’Arabie Saou dite bat l’Argentine sur un score de 2-1
Devant cette Coupe du monde, les chiffres comptent à la fois, et ne peuvent pas compter

Façons de traiter la douleur au pied

Vous avez peut-être ressenti de fortes douleurs au niveau des talons ou de la plante des pieds. La cause la plus fréquente est la fasciite plantaire. Il s’agit d’une irritation du tendon plantaire, dans laquelle des déchirures micro scopiques s’agrègent au niveau des cellules, provoquant Par : La Majalla des douleurs et une gêne lors de la marche ou de l’appui du pied ou du talon, sur le sol.

Les statistiques montrent que ce mal affecte plus de deux millions d’Américains chaque année, et on s’attend à ce que 10 % des Américains en souffrent à un moment donné de leur vie.

Où se situe le tendon plantaire ?

Le tendon plantaire est situé au niveau du bas du pied, reliant le talon aux orteils, et le fascia plantaire recouvre le bas du pied. Le fascia est le tissu qui recouvre chaque muscle et toutes les fibres de chaque muscle, et il peut ré duire la fonction d’un muscle, d’un ligament, d’un tendon ou d’un tissu conjonctif.

Qu’est-ce qui cause ce type de douleur au pied ?

Les causes les plus fréquentes sont :

- La course.

- Rester debout pendant de longues périodes.

- Porter des chaussures inconfortables.

- Porter des chaussures à talons hauts.

- Déséquilibre des poids des pieds.

- Le surpoids.

- Manque de souplesse des muscles de la cuisse.

- Manque de souplesse des muscles arrières de la jambe.

- Porter des chaussures pendant de longues périodes.

- Ne pas marcher assez.

de soulager les douleurs aux pieds

Les statistiques montrent que ce mal affecte plus de deux millions d›Américains chaque année, et on s›attend à ce que ١٠ ٪ des Américains en souffrent à un moment donné de leur vie.
46 01/12 22 anté S
Façons

Le corps est à l’image d’une élastique, plus il se raidit à une extrémité, plus il se resserre à l’autre. Et si le fas cia plantaire devient raide, nous ressentirons cette raideur dans notre corps.

Donc si les quadriceps sont raides, vos pieds réagiront, et si vos pieds sont raides, les quadriceps réagiront à leur tour. Sachant que les genoux se trouvent entre les deux… Vous voyez ce que je veux dire ?

Comment la douleur aux pieds peut-elle causer des douleurs au cou ?

Les os des orteils (tarse) s’attachent au tendon plantaire, qui se connecte au talon, qui se connecte au tendon d’Achille, qui se connecte aux muscles de la plante du genou, qui à son tour se connecte au ligament sacro-tuberculeux ( le ligament entre la tubérosité de la hanche et le sacrum), qui se connecte au muscle multi-folliculaire (un muscle court qui s’étend sur la longueur de trois vertèbres), qui est at taché aux muscles érectiles (qui s’étendent du sacrum au base du crâne), qui à son tour se connecte à l’os occipital (la base du crâne).

Ainsi, le pied peut être à l’origine d’un problème au niveau du cou ou de l’aine : Une cuisse raide peut causer des douleurs à l’épaule ou au talon.

La thérapie

1. Enlevez vos chaussures : Je sais que tout le monde pré tend le contraire, mais vous n’avez pas permis à vos pieds de fonctionner comme ils étaient censés le faire. Avezvous déjà rencontré une personne du tiers-monde atteinte de fasciite plantaire ?

2. Envisagez de réserver une séance de réflexologie plan taire. Une évaluation de l’état des pieds (et parfois de l’arrière de la jambe) et des zones de pression est très im

Le tendon plantaire est situé au niveau du bas du pied, reliant le talon aux orteils, et le fascia plantaire recouvre le bas du pied.

portante, tout comme la séance de massage.

3. Buvez plus d’eau. Lorsque votre corps est déshydraté, le fascia plantaire devient plus collant et plus rigide.

4. Apprenez à vous tenir debout de la manière appropriée. Vos pieds vous font mal jusqu’à ce que vous les écoutiez, et la correction de la posture commence par les pieds.

5. Amorcer un changement progressif. Si votre objectif est de courir pieds nus, et vous portiez des chaussures ten dres, la conversion doit se faire d’une manière lente. Vous pouvez faire appel à une personne expérimentée, à l’instar d’un entraîneur de «Chi», pour vous guider d’une manière sûre.

6. Adopter une manière progressive. Voici quelques idées : En massant le myofascial, vous pouvez investir dans un rouleau de compression en mousse ou une boule de mas sage à rouleaux, et commencer à rouler vos pieds et vos cuisses dessus.

7. Ouvrez vos jambes. Les cuisses raides peuvent être une cause de pieds douloureux. Consacrez donc quelques min utes chaque jour à des exercices d’allongement des cuisses pour mettre vos pieds sur la bonne voie.

8. Faites du yoga. La pratique ne garantit pas des miracles pour tous. Reste que vous pouvez demander l’avis de votre entraineur, et suivre ses directives.

47 01/12 22 La douleur aux pieds : comment soulager et traiter?

Economie

Economie mondiale : La lutte contre

L’économie mondiale peut éviter une récession l’année prochaine, mais la pire crise énergétique depuis les an nées 1970 déclenchera un net ralentissement et l’Europe sera la plus durement touchée, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui indique que la lutte contre l’inflation devrait être la priorité absolue des décideurs politiques. Les perspectives nationales varient considérablement, bien que l’économie britannique soit en retard par rapport à celle de ses pairs, révèle l’OECO. Le ralen tissement mondial frappe les économies de manière inégale, ajoute l’organisation, l’Europe étant la plus touchée alors que la guerre de la Russie en Ukraine frappe l’activité commerciale et entraîne une flambée des prix de l’énergie.

L’OCDE prévoit désormais que la croissance économ ique mondiale sera de 3,1% cette année, avant de chut er à 2,2% l’année prochaine puis accélérer à 2,7% en 2024. Elle voit la zone euro croître de 3,3% cette année puis ralentir à 0,5 % en 2023 avant de se redresser pour augmenter de 1,4 % en 2024.

«Nous ne prévoyons pas une récession, mais certaine ment une période de faiblesse prononcée», a déclaré

Mathias Cormann, directeur de l’OCDE.

Les États-Unis envisagent de ralentir le rythme des hausses de taux d’intérêt Une «majorité substantielle» de décideurs lors de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine ont convenu qu’il serait ‘’probablement bientôt approprié’’ de ralentir le rythme des hausses de taux d’intérêt. Ceci intervient alors que le débat s’élargit sur les implica

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OCDE : La récession n’est pas inévitable mais le ralentissement économique l’est
L’OCDE prévoit désormais que la croissance économique mondiale sera de 3,1% cette année, avant de chuter à 2,2% l’année prochaine puis accélérer à 2,7% en 2024

La croissance économique mondiale sera de 3,1% cette année, avant de chuter à 2,2% l’année prochaine puis accélérer à 2,7% en 2024.

tions du resserrement rapide de la politique monétaire de la banque centrale américaine.

Les responsables de la Fed sont largement satisfaits de pouvoir augmenter les taux par étapes plus petites et plus délibérées à mesure que l’économie s’adapte à un crédit plus cher, et ce, sur la base du procès-verbal de la réunion de la banque du 1er au 2 novembre, où elle a relevé son taux directeur de trois quarts d’un point de pourcentage pour la quatrième fois consécutive.

«Un rythme plus lent (...) permettrait au Comité fédéral d’open market d’évaluer les progrès vers ses objectifs d’emploi maximum et de stabilité des prix», indique le procès-verbal. «Les décalages et l’ampleur incertains associés aux effets des actions de politique monétaire sur l’activité économique et l’inflation figuraient parmi les raisons invoquées.»

Le dollar – qui s’est envolé cette année en raison de la hausse rapide des taux – a glissé face aux devises de divers partenaires commerciaux sous l’impulsion d’un ralentissement du rythme des hausses.

La Chine a indiqué qu’elle renforcera les mesures de relance monétaire alors qu’elle intensifie son soutien à une économie sous pression en raison de la flambée des contaminations liées au Coronavirus et aux restrictions.

L’un des principaux groupes de pression de l’industrie allemande a appelé à soutenir l’industrie pour diversi

fier le commerce au-delà de la Chine, alors que le gou vernement prépare de nouvelles politiques visant à ré duire la dépendance de l’économie à Pékin.

La banque centrale de Nouvelle-Zélande a relevé les taux d’intérêt d’un montant record et a averti que l’économie pourrait devoir passer une année entière en récession pour maîtriser l’inflation vertigineuse.

La banque centrale de Turquie a déclaré qu’elle met tait fin à son cycle d’assouplissement monétaire, après

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Le dollar – qui s’est envolé cette année en raison de la hausse rapide des taux – a glissé face aux devises de divers partenaires commerciaux sous l’impulsion d’un ralentissement du rythme des hausses.

conomie

que le président Recep Tayyip Erdogan a ordonné que les taux d’intérêt tombent à un chiffre d’ici la fin de l’année. Le Comité de politique monétaire a rapidement abaissé le taux de référence à 9 % contre 10,5 %. La banque centrale de Corée du Sud qui a ralenti le rythme de ses hausses de taux d’intérêt, a fortement ré duit ses prévisions de croissance pour 2023 et a modifié le langage qu’elle utilise pour décrire ses perspectives de taux, suggérant qu’elle pourrait se diriger vers la fin

de son cycle de resserrement monétaire. Le gouvernement japonais affirme que «l’économie se redresse modérément», mais il reste prudent face aux risques liés à un ralentissement économique mondial et aux fluctuations des marchés financiers. L’activité manufacturière au Japon s’est contractée à son rythme le plus rapide en deux ans en novembre en raison de fortes pressions inflationnistes. L’indicateur clé des prix à la consommation de Singa pour a augmenté de 5,1 % en octobre, un peu moins que prévu, marquant le premier assouplissement en huit mois. Cela s’explique par des hausses plus faibles des prix des services publics, du commerce de détail et des autres services.

Le nombre d’Américains déposant de nouvelles de mandes d’allocations de chômage a atteint un sommet en trois mois dans un contexte d’augmentation des li cenciements dans le secteur de la technologie, mais cela ne suggère probablement pas un changement important des conditions du marché du travail, qui restent tendues. Alors que l’inflation et les taux d’intérêt continuent d’augmenter, les fermetures d’entreprises et les pertes d’emplois sont susceptibles de devenir un autre obsta cle pour l’économie mondiale. La crise mondiale de l’énergie frappe particulièrement le Japon parce qu’il dépend des importations d’énergie.

Economie mondiale : La croissance devrait chuter à 3,2% en 2022, après 6,1% en 2021

50 01/12/22
Alors que l’inflation et les taux d’intérêt continuent d’augmenter, les fermetures d’entreprises et les pertes d’emplois sont susceptibles de devenir un autre obstacle pour l’économie mondiale.
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Po rt ra it

Sherine Abdel Wahab.. Tel le Phénix , elle va renaitre de sa crise

Une idole pas comme les autres

Par : La Majalla

La scène artistique et surtout les ré seaux sociaux n’avaient de sujet, que l’affaire de «Sherine Abdel Wahab».

Une histoire qui peut être convertie en fiction qui certainement connaitra un grand succès.

Sherine Abdel Wahab, actrice et can tatrice à la fois, certainement, peut y jouer son propre rôle.

-Cette artiste a toujours disposé d’un statut à part. Une des rares, qui est pleinement actrice, mais aussi pleine ment cantatrice.

-Un sourire toujours chaleureux, un vis age rayonnant, sans oublier une voix chaude et sensible, ont fait de Sherine Abdel Wahab une idole pas comme les autres.

-Elle est considérée la plus cantatrice des actrices, mais aussi la plus actrice des cantatrices.

-Sherine Abdel Wahab est née le 08 oc tobre 1980, au Caire.

-Son talent a été découvert à l’école par son professeur de musique.

-Elle a eu son laissez-passer en chantant devant Slim Sahab, Maestro à l’Opéra du Caire, ébloui par la pureté de sa voix.

Elle a fait partie du choral de l’Opéra, avec des interventions en solo.

«Je t’aime», est sa première chanson, qui a fait d’elle en 2002, une star à part entière.

La route du succès fût ouverte devant elle.

Il est vrai que Sherine Abdel Wahab a vécu la gloire avec son lot de glamour.

Mais aussi, sa part de stress, de fatigue et de tension.

Le passage vers une clinique, a allumé les réseaux sociaux, surtout qu’elle veut soigner ses nerfs.

Entre rupture familiale, et une accou tumance aux stupéfiants, et bien d’autres

«vérités», qu’avancent les internautes.

Des «guéguerres» entre les «pro» et les «contres», dépassent la vérité «vé ridique».

A faire oublier, ou plutôt dépasser la dimension humaine que vit cette artiste.

Les internautes ont vite oublié l’admission de l’artiste dans une clin ique psychiatrique.

Surtout qu’elle vient de convoler en justes noces, avec son ex-mari, Houssam Habib.

Un «happy end» qui sauve cette actrice, qui a reconnu avoir été dépendante des somnifères.

La question à un million de dollars, concernant Sherine Abdel Wahab :

A quand son prochain Gala ? A quand son prochain film ? - Pour qu’on ferme cette parenthèse…

52 01/12 22

ulture c

Le nouveau roman d’Ewan Morrison, un

Dans le nouveau roman de l’écrivain écossais Ewan Morrison, Comment survivre à tout, plusieurs person nes enlevées dans une colonie de survie pandémique essaient de se préparer à une apocalypse imminente. Les passages d’ouverture du roman Ewan Morrison, qui a été publié pour la première fois à l’international en 2021 avant de débarquer aux États-Unis, offrent en toute spontanéité des frissons gratuits. Nous voici à la fin de 2022, le fantôme du Coronavirus plane toujours sur le monde, et Morrison prend la déci sion audacieuse de placer son livre dans un avenir pas trop lointain, annonçant le début d’une prochaine catastrophe virale. Le monde se réveille sur des rap ports inquiétants sur un nouveau virus. Une personne déterminée à ne pas être prise au dépourvu, nommée Ed Crowe, survivaliste paranoïaque, ancien journal iste d’investigation et consultant gouvernemental top secret (oui, les deux) qui a travaillé sur un panel postCovid pour évaluer les risques futurs, et qui a fait des découvertes surprenantes.

Nous voici à la fin de 2022, le fantôme du Coronavirus plane toujours sur le monde, et Morrison prend la décision audacieuse de placer son livre dans un avenir pas trop lointain, annonçant le début d’une prochaine catastrophe virale.

Dans le nouveau roman de l’écrivain écossais Ewan Morrison, Comment survivre à tout, plusieurs personnes enlevées dans une colonie de survie pandémique essaient de se préparer à une apocalypse imminente.

L’écrivain écossais Ewan Morrison décrit comme «l’écrivain le plus fluide et le plus intelligent de sa généra tion ici en Ecosse» par le juge Booker Stuart Kelly.

54 01/12 22

«L’un des nouveaux virus, le CHF-4, classé comme l’un des agents pathogènes mortels les plus infectieux de la planète, s’est échappé d’un laboratoire de pré paration de vaccins.» Malgré les découvertes, le rap port du gouvernement a été enterré, alors Ed s’est mis au travail en se préparant tout seul. Il s’est mis à l’écriture d’un guide de survie volumineux pour se préparer à l’apocalypse qu’il savait imminente.

Presque perdue parmi la diction mièvre et la struc ture artificielle, se trouve la notion simple et puis sante selon laquelle, cela ressemble toujours à la fin du monde pour les adolescents. Haley fait face à la séparation de ses parents ainsi qu’à la fin de la civi lisation. Le roman démontre sournoisement comment ces horreurs sont parallèles. Haley développe égale ment un béguin intense pour le hunky Danny, le fils d’un des acolytes de son père, et comme tout dans l’atmosphère de serre chaude de la ferme, ses senti ments - et finalement, son expérimentation sexuelle - prennent une ferveur douce et quasi comique. Hélas, Morrison commence à peine à creuser les pos sibilités de sa prémisse intrigante, et au moment où la fin arrive, et Haley fait le choix dramatique sur lequel le roman se termine, le lecteur est plus que prêt à re tourner dans le monde au-delà des portes de la ferme. Haley reçoit la confirmation du monde extérieur qu’une autre pandémie a frappé le monde et, iro niquement, elle garde la nouvelle secrète, afin de ne pas troubler la paix de ses compagnons survivalistes. Ils ont tous évolué, ou régressé, au point où elle est maintenant l’autorité secrète et conspiratrice. La fin du monde n’est rien pour les personnages du roman parce qu’ils ont oublié la société humaine et négocié sa non-pertinence.

Maintenant que la fin est arrivée, Ed enlève ses en fants, dont il n’est censé avoir qu’une garde limitée, et les emmène dans une propriété rurale qu’il équipe secrètement depuis des années, avec de la nourriture, des armes et un petit groupe d’adeptes. Sa fille de 15 ans, Haley, est l’héroïne du roman. Il n’est jamais facile d’habiter le monde intérieur d’un adolescent, encore moins face à la fin du monde, mais la ventriloquie de Morrison sur Haley semble sou vent maladroite et forcée. Et bien que Morrison ait concocté un complot aventureux, plein de tentatives d’évasion désespérées et de confrontations violentes (y compris une amputation sanglante), il se selle avec un appareil formel qui entrave toujours l’action – Ha ley ne se contente pas de lui fournir des souvenirs, elle écrit son propre guide de survie basé sur des instruc tions souvent ironiques.

55 01/12 22
La fin du monde n’est rien pour les personnages du roman parce qu’ils ont oublié la société humaine et négocié sa nonpertinence.
«L’un des nouveaux virus, le CHF-4, classé comme l’un des agents pathogènes mortels les plus infectieux de la planète, s’est échappé d’un laboratoire de préparation de vaccins».