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Pascal Drouhaud : Avec la Covid -19, nous entrons dans un nouveau monde

Un magazine politique Mensuel

Nouhad Al-Machnouk à «Majalla»: La formation du gouvernement libanais est entre les mains de Téhéran

Issue 1808 - Avril 01/04/2021

Un magazine politique Mensuel

Issue 1808 - Avril 01/04/2021

Samira Fadhli ... première femme voilée, porte-parole de la Maison Blanche

www.majalla.com

Grave crise politique et économique en Tunisie www.majalla.com


Un magazine politique Mensuel

Issue 1808 - Avril 01/04/2021

Algérie : Le Hirak de retour 12

Salomé Hufke à La «Majalla»: L’Apartheid socio-économique est de loin plus grave que l’Apartheid racial 32

Rapport sur la santé des femmes de Harvard 44 Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

Secrétaire de Rédaction

10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG

Ghassan Charbel Un magazine politique Mensuel

www.majalla.com/eng

Un bœuf amoindri et une 34 charrette vétuste

Mostafa El-Dessouki

03 01/04/21

Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310


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Manifestation des ingénieurs tunisiens Des ingénieurs tunisiens lancent des slogans lors d’une manifestation réclamant de meilleures conditions de travail à Tunis, Tunisie, le 29 mars 2021. Les manifestants fustigent le retrait du gouvernement de l’accord d’augmentation des salaires des ingénieurs du secteur public dans le cadre de l’accord du 16 février. TUNIS, Tunisie )EPA Photos(

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Rallye climatique à Paris Des milliers d›activistes du climat participent à une manifestation demandant une «vraie loi sur le climat» à Paris, France, le 28 mars 2021. Le Parlement français commencera à examiner un texte le 29 mars 2021, à la suite des travaux de la convention citoyenne pour le climat lancée par le président Macron, Paris, France )EPA Photos(

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Encouverture Comme un bateau ivre

Grave crise politique et économique en Tunisie Tunis : La Majalla Le paysage politique en Tunisie est en pleine ébullition. Une confrontation au sommet de l’Etat dure depuis plus des mois et bloque toutes les institutions névralgiques alors que le pays est au bord d’une faillite économique certaine. La crise a enflé quand le président de la République, Kaïs Saïed, a refusé de recevoir les nouveaux ministres désignés lors du remaniement effectué par le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, en janvier dernier et qui ont reçu le vote de confiance de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Du coup, le nouveau gouvernementne peut pas entrer en fonction à cause de ce blocage constitutionnel qui ex-

ige la prestation du serment des nouveaux ministres comme condition obligatoire pour l’exercice. Au fait le président de la République considère le remaniement effectué comme anticonstitutionnel et n’a pour objectif que de d’opérer la purge des ministres proches du palais de Carthage et que les nouveaux ministres ont été désignés par le parti Ennahdha qui veut mettre son grappin sur le pouvoir exécutif. En effet, cette confrontation entre le président de la République et son chef du gouvernement a révélé au grand jour une bataille qui se déroulait entre le Palais présidentiel à Carthage et le Palais du Bardo, siège du Parlement tunisien que préside Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha. Depuis, échange d’accusations, joutes ver-

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kais saied et taboubi

bales et contre-attaques fusent de partout.

Blocage En vue de dépasser le blocage, plusieurs voix se sont élevées pour baliser la voie à des solutions consensuelles à même de remettre à flots le navire Tunisie qui risque de couler à tout moment. En même temps la situation économique, financière et sociale du pays ne cesse de se détériorer au point de constituer une sérieuse menace pour l’expérience de la transition démocratique et pour la souveraineté même de la Tunisie.

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Voulant tirer la sonnette d’alarme, le chef du gouvernement Hichem Mechichi a souligné, dans une déclaration aux médias à la quelle Majalla était présente, que «la situation économique du pays est très grave et nécessite un climat favorable à la relance ». Pour la première fois depuis sa nomination, Mechichi assène que «si le toit s’effondre, tout le monde sera perdant et j’espère que nous n’arrivions pas à cette situation et que nous essayions ensemble de faire valoir l’intérêt du pays ». Cette déclaration intervient sur fond d’une crise économique et financière aigue qui fait fuir investisseurs et bailleurs fonds. En effet, la dégrada-


Encouverture

tion de la note de la Tunisie dans le dernier classement Moodys inquiète tous les partenaires de la Tunisie. Il faut avouer que le pays ne parvient pas encore à boucler le montage financier de son budget d’Etat et qu’en plus il doit rembourser plusieurs milliards de dollars de dettes dont les échéances commencent à tomber. C’est donc avec des trémolos dans la

Profitant de la mollesse de l’action présidentielle, Mechichi à lancer une première réunion à Beit El Hikma, s’inscrivant dans le cadre du lancement du plan de réforme économique du gouvernement, visant à faire face aux défis économiques et sociaux.

voix que l’on aborde une phase incertaine pour un pays où les tensions sociales ne font que s’amplifier de jour en jour. De plus les tensions sous la coupole du Parlement mettent les nerfs des citoyens à vif qui ne cessent de revendiquer sa dissolution et l’organisation de nouvelles élections législatives anticipées. Pour sa part, le président de la République campe sur sa position et ne compte pas désarmer face à ces belligérants. Il a mis de côté l’initiative de la centrale syndicale (Ugtt) consistant au lancement d’un dialogue nationale pour sortir de la crise. Selon le Secrétaire général de l’Ugtt, Noureddine Tabboubi, le chef de l’Eta aurait imposé le départ de Hichem Mechichi, Chef du gouvernement comme condition Sine qua non avant d’approuver le dialogue. Il a indiqué à Majalla que Kaïs Saied exige aussi d’écarter les corrompus de ce format.

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Réunion du Chef du gouvernement tunisien avec les représentants du Patronat tunisien et du Syndicat en vue de trouver un format de dialogue


Le Parlement alimente la crise politique et renvoie des images rebutantes

Aucune progression Mais voilà que depuis novembre 2020, aucune progression n’a été enregistrée sur ce plan. D’où l’irritation des syndicalistes qui y voient une forme de méprise à leur égard alors qu’ils soutenaient le chef de l’Etat. Profitant de la mollesse de l’action présidentielle, Mechichi a lancé une première réunion à Beit El Hikma, s’inscrivant dans le cadre du lancement du plan de réforme économique du gouvernement, visant à faire face aux défis économiques et sociaux. Ont pris part à cette rencontre, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouan Abassi, le président de l’Union Tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Samir Majoul, et le Secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Considérant que cette rencontre vise à saper l’initiative du Dialogue national, Saïed n’est pas resté de mar-

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Cette confrontation entre le président de la République et son chef du gouvernement a révélé au grand jour une bataille qui se déroulait entre le Palais présidentiel à Carthage et le Palais du Bardo, siège du Parlement tunisien que préside Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha. bre. De son côté, il a annoncé qu’il compte lancer un dialogue direct avec les jeunes en ayant recours aux formats technologiques innovants dont ils sont friands. L’effet boule de neige ne fait depuis que s’amplifier compliquant davantage l’atmosphère d’un film d’épouvante qui se prépare pour le pays.


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olitique

Algérie : Le Hirak de retour Par La Majalla En Algérie, la ferveur populaire est de retour un an après l’arrêt des manifestations. En effet, des milliers de personnes ont bravé l’interdiction de se rassembler pour défiler dans le centre de la capitale algérienne. Leur objectif est de redonner un nouvel élan au Hirak qui s’est progressivement transformé en une vaste contestation contre le régime algérien. Malgré l’interdiction des rassemblements pour des raisons sanitaires, plusieurs cortèges se sont formés en début d’après-midi dans des quartiers populaires, notamment à Bab El Oued, pour rejoindre le centreville, selon des témoignages recueillis par l’AFP. Des rassemblements étaient également en cours en province, notamment à Bejaïa, en Kabylie (nord-est), et à Oran (nordouest), où un pilier des droits de l’Homme, l’universitaire KadourChouicha, a été in-

terpellé, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Le Président Tabboune se manifeste Hospitalisé pendant deux mois en Allemagne après avoir contracté la Covid-19 à Alger, Tebboune, 75 ans, a dû retourner le 10 janvier se faire opérer à Berlin à la suite de “complications” au pied droit. La nature de ces “complications” n’a jamais été précisée. Dès qu’il a regagné le pays, mi-février dernière, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune a fixé au 12 juin prochain les élections législatives anticipées. Il a, également, annoncé un remaniement ministériel, la dissolution du Parlement et la tenue d’élections anticipées qui auront lieu le 12 juin 2021. “En vertu des dispositions de l’article 151, alinéa 2, de la Constitution, le président de la République, M. Abdelmadjid Teb-

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un militant du Hirak lors des manifestations.

boune, a signé aujourd’hui 27 Rajab 1442, correspondant au 11 mars 2021, le décret présidentiel 96-01 relatif à la convocation du corps électoral en vue des élections législatives, dont la date est fixée au samedi 12 juin 2021”, précise le communiqué de la présidence algérienne. Le jour de son départ pour Berlin, le président Tebboune avait exprimé publiquement son insatisfaction devant l’action du gouvernement d’Abdelaziz Djerad, alimentant les rumeurs de formation d’un nouveau gouvernement. “Ce remaniement concernera des secteurs qui enregistrent des déficits dans leur gestion ressentis par les citoyens et nous-mêmes”, a déclaré le

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président algérien.

Remaniement ministériel Il est à noter que le président algérien après son retour d’Allemagne où il était soigné pour des complications post-Covid, Abdelmadjid Tebboune a eu depuis des consultations avec six partis politiques, dont des formations de l’opposition. Le chef de l’État algérien n’a toutefois pas reçu les deux partis majoritaires au Parlement, le Front de libération nationale (FLN) et le RND (Rassemblement national démocratique), très impopulaires en raison de leur proximité avec l’ex-prési-


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olitique

dent Abdelaziz Bouteflika et son clan. Ces consultations surviennent dans un contexte de crispation du régime à l’approche du deuxième anniversaire du Hirak déclenché le 22 février 2019 et qui a forcé Abdelaziz Bouteflika à la démission deux mois plus tard.

Dès qu’il a regagné le pays, mi-février, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune a fixé au 12 juin prochain les élections législatives anticipées. Il a, également, annoncé un remaniement ministériel, la dissolution du Parlement et la tenue d’élections anticipées qui auront lieu le 12 juin 2021.

Grâce présidentielle Enfin, il décrète une grâce pour plusieurs dizaines de détenus du Hirak, dans un geste d’apaisement à l’adresse de ce mouvement de contestation populaire. « Le Hirak béni » a sauvé l’Algérie. J’ai décidé d’accorder la grâce présidentielle à une trentaine de personnes pour lesquelles une décision de justice avait été rendue, ainsi qu’à d’autres pour lesquelles aucun verdict n’a été prononcé. Entre 55 et 60 personnes rejoindront à partir de ce soir ou demain leur famille”, a-t-il déclaré dans un discours à la Nation télévisé. Quelque 70 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec les protestations du Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).Toutes ces mesures, y compris la grâce au profit de plusieurs dizaines de détenus du Hirak, n’ont pas atténué l’ardeur des contestations qui ont repris de plus belle.

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Le Hirak a repris de .plus belle en Algérie


Les manifestations se sont déroulées aussi bien dans la capitale qu’en province

En effet, des milliers de manifestants du mouvement prodémocratie Hirak ont défilé vendredi dernier en faveur d’une “presse libre et indépendante”, exhortant le pouvoir à cesser toute répression contre les journalistes. Les manifestants ont scandé les slogans historiques du Hirak : “État de droit et justice indépendante”, “État civil et non militaire”, pour la “démilitarisation” du régime, et “Silmiya !” (“pacifique”), en référence au caractère non violent du soulèvement populaire inédit né en février 2019. Ils ont aussi fustigé la décision du président Abdelmadjid Tebboune d’organiser des élections législatives anticipées le 12 juin pour tenter de sortir de la crise politique et économique qui ébranle le plus grand pays du Maghreb. “Pas d’élection avec la bande de mafieux (au pouvoir)”, ont chanté les contestataires. Depuis le deuxième anniversaire du Hirak

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Après un an d’interruption des manifestations hebdomadaires à cause du Coronavirus, des milliers d’Algériens sont redescendus dans la rue, pour relancer le “Hirak”, le mouvement de contestation pro-démocratie. le 22 février, les Algériens redescendent par milliers chaque semaine dans les rues, malgré l’interdiction de tout rassemblement en raison de la pandémie de Covid-19. Les forces de l’ordre ont utilisé matraques et gaz lacrymogènes sur une grande artère de la capitale quand des manifestants ont forcé un barrage de police pour rejoindre la Grande Poste, lieu emblématique des rassemblements des manifestants antirégime, selon une vidéo publiée sur le site


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nterview

Il a appelé à soutenir le patriarche Al-Rahi dans son initiative

Nouhad Al-Machnouk à «Majalla»: La formation du gouvernement libanais est entre les mains de Téhéran Beyrouth: Omar Al-Natour

D’où cette interview :

Il y a quelques jours, suite à l’intensification de la crise politique au Liban, et l’échec de tous les efforts visant à former un nouveau gouvernement, l’ancien ministre et député de Beyrouth, Nouhad Al-Machnouk, a appelé à «lancer la troisième bataille d’indépendance, dans le but de libérer le Liban de l’occupation politique iranienne, qui a mis la main sur la décision de l’État». Il a également appelé au «lancement d’un front politique national, qui se tiendra aux côtés du patriarche Mar Bechara Boutros al-Rahi, qui fait office de voix de la révolution, et voix des Libanais révoltés». AlMachnouk a révélé aussi, l’existence d’une «consultation entre un grand nombre de Libanais libres, disposant d’une expérience politique, dans le but de mettre en place un front, qui accompagne cette indépendance face à l’occupation politique iranienne, qui est aussi une occupation financière et économique». Ajoutant que «les Libanais sont devant un choix clair entre deux options : Soit la confrontation, soit la reddition». Le magazine «Majalla» a rencontré le ministre Al-Machnouk, avec qui il a traité, pendant une heure entière, des positions prises de sa part, dans le but de résoudre les problèmes politiques du pays, ainsi que des obstacles auxquels le Premier ministre désigné, Saad Hariri, est confronté pour constituer un nouveau gouvernement, qui sortira le pays de la situation difficile dans laquelle il vit.

* De quelles données disposez-vous, pour annoncer que le nouveau gouvernement ne sera pas formé avant le milieu de l’été ? - En gros, lors des consultations parlementaires avec le Premier ministre désigné Saad Hariri, je l’ai informé, et je l’ai déclaré ensuite, que sa désignation n’est autre qu’un «piège» qu’on lui a tendu. Fort regrettable qu’il ne m’ait pas demandé les raisons. L’Iran n’a pas encore pris la décision d’autoriser la formation d’un gouvernement au Liban. Situation au quelle nous sommes fort habitués, depuis le gouvernement du Premier ministre NajibMikati, le gouvernement du Premier ministre Tammam Salam, ainsi que le deuxième gouvernement de Saad Hariri. Tant l’Iran considère le dossier du gouvernement libanais, comme étant une carte pouvant être utile lors des négociations avec les États-Unis. Chose que nous constatons de nos jours. J’ai déjà mentionné que 80% du parlement iranien est formé de partisans de la ligne dure. De la sorte, toute concession accordée actuellement à l’Iran, ferait office de soutien apporté à la ligne réformiste, à l’instar de Hassan Rouhani ou Muhammad JavadZarif, lors des élections présidentielles iraniennes. Il est vrai que le Président Michel Aoun et Gebran Bassil sont animés d’une volonté de confrontation avec le Premier ministre Hariri, dans le but d’attiser la rue chrétienne, mais,

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faut-il le rappeler, Aoun et Bassil ne constituent pas plus qu’une façade, et ne peuvent en conséquence geler la constitution du gouvernement. Sachant que si volonté y est, Hezbollah peut faire pression d’une manière ou d’une autre, pour former le gouvernement. Deuxième point de discorde, que personne n’évoque, concerne les noms des ministres indépendants que le Hezbollah devrait présenter. Cette liste n’a pas encore été dévoilée, et ce parti est le seul à ne pas avoir accompli cette tâche. Comment dire alors, que la voie est libre pour la constitution d’un gouvernement ? Troisième point : Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a interrogé son homologue iranien, Mohammad JavadZarif, lors de la visite de ce dernier à Moscou il y a quelques semaines, concernant la position de son pays au sujet de la constitution du gouvernement au Liban, et lui a demandé d’intervenir dans ce sens. La réponse a été que l’Iran n’interfère pas dans les affaires de ses alliés. «Est-ce une blague?» L’Iran serait animé d’une vocation caritative, à savoir qu’il n’interfère pas dans les affaires des alliés !!! Ne les arme-t-il pas, ne les finance-t-il pas ou ne les dirige-t-il pas politiquement ? Tous les faits confirment qu’il n’y a pas de gouvernement au Liban avant les élections présidentielles en Iran qui auront lieu en juin prochain. Les premières négociations sérieuses entre les États-Unis et l’Iran n’auront lieu qu’après ces élections, à savoir

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Le Liban est politiquement occupé par le régime iranien entre juillet et août. D’un autre côté, il faut avouer que l’administration Biden a encouragé l’Iran à se radicaliser. Si Trump était présent, il aurait agi d’une manière différente et beaucoup plus dure, même s’il était accusé de semer le désordre. Faut-il le rappeler que le Parti démocrate a dirigé les ÉtatsUnis pendant 16 ans : Bill Clinton pendant 8 ans et Barack Obama de même. Qu’ont-ils fait face à l’Iran ? Tout au plus un accord nucléaire qui n’a abouti à aucun résultat. Situation qui a encouragé l’Iran à attaquer les peuples de la région, y compris l’Arabie Saoudite par les Houthis, qui ne sont qu’une milice aux ordres de l’Iran. Ce dernier n’encourage pas uniquement ces attaques, plutôt il les cautionne avecdétermination.

Portefeuille de l’Intérieur

* Pourquoi l’équipe du président insiste-t-elle pour emporter le portefeuille de l’Intérieur ? Premièrement, parce que le ministère de l’Intérieur est l’un des plus importants du Liban. Dans la pratique, et en vertu de mon expérience à la tête de cinq années consécu-


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nterview

tives, je peux confirmer que tout citoyen aurait affaire avec les ministères, des Finances et de l’Intérieur. L’équipe du président de la République estime que le ministère de l’Intérieur pourrait lui permettre de mettre la main sur les services de sécurité, et de la sorte améliorer ses capacités lors des confrontations. Le Président ainsi que son équipe ne veulent que «Tayyar Al-Mustaqbal» [Courant du Futur] garde ce ministère. Réellement, ils veulent mettre la main sur un ministère de sécurité parce qu’ils ne peuvent pas mettre le Chef de l’armée sous leur coupole.

La lutte contre la corruption

* Toujours et en toute occasion, le président Aoun évoque sa détermination à lutter contre la corruption. Comment peut-il entamer cette action, tant il refuse de valider les désignations judiciaires convenues par le Conseil supérieur de la magistrature ? Premièrement, il s’agit d’un manque de respect envers le pouvoir judiciaire. Le président de la République, en raison de ses relations partisanes, a suspendu les désignations approuvées par le Conseil supérieur de la magistrature et le ministre de la Justice. La preuve, en termes de responsabilité, la présidence de la République est vacante et inexistante, car le président Aoun constitue un des adversaires en lice dans les enjeux que connaisse le Liban. Ceci n’est nullement l’unique entrave : Le problème se situe au niveau de la colonisation du Liban par l’Iran. Il ne faut guère se leurrer et s’embrouiller dans les détails. Plutôt, libérer la décision, et non par le président de La République. Qu’en est-il de l’explosion du port ? * Pensez-vous que le nouveau juge d’instruction pourrait clore le dossier de l’explosion du port, surtout après les mandats qu’il a émis ? Je doute qu’il obtienne de sérieux résultats pour plusieurs raisons : Premièrement : L’explosion ne pouvait avoir lieu sans un système de protection. Il y avait 2750 tonnes de nitrate d’aluminium, dont seulement 500 tonnes ont explosé. Chose qui pousse à poser la question concernant 2250 tonnes qui ont certainement quitté le port.

Le Hezbollah, avec sa rhétorique politique, ses insultes, et son soutien aux Houthis, a chassé tous les pays frères et amis soutenant le Liban

Où est passé la quantité manquante ? Il y a deux explications possibles : Par mer ou par terre. Si par voie maritime, les cargaisons auraient pris la direction de pays qui ont mis à nu les réseaux du Hezbollah, à l’instar du Koweït, Grande-Bretagne, Allemagne, et Nigeria et Lagos pour plus de précision. Ces réseaux ont été révélés en 2020 et pas il y a 20 ans. Deuxièmement (la plus importante) : Si par voie terrestre, il faut se demander comment un camion peut entrer dans le port et charger à partir d’un trou de trois mètres et demi de hauteur maximum ? Il n’y a rien de spéculatif de se demander comment les camions pouvaient entrer, charger et sortir ? Et surtout comment, les opérations se faisaient sans aucune référence légale, à savoir l’absence de tout document ? De là, on peut dire qu’il existe un système de gouvernance dans le port et dans le pays qui a supervisé ce processus. Nous savons, et chacun sait que le régime syrien n’a pas la capacité de protéger une opération de ce type, 15 ans après son départ du Liban. L’affaire du nitrate remonte à sept ans. On peut donc dire que le Hezbollah, à travers son réseau aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du port, a facilité la sortie du nitrate, au cours des années 2015 et 2016, lorsque le régime syrien n’a pas pu achever sa guerre contre son peuple, après son épuisement, et essentiellement le manque de munitions pour frapper les rebelles ou les opposants. Il a eu recourt aux bombes-barils dont on parlait à l’époque. Il y a, à se demander comment un camion peut entrer, charger, et quitter, et aller remettre sa cargaison à un autre camion syrien, qu’il soit à Bekaa ou à la frontière syrolibanaise, qui continue à son tour son chemin. Il s’agit d’une opération complète, effectuée par un système de sécurité entier, et non l’œuvre d’une personne qui agit en solitaire. N’oublions pas que ces opérations ont duré sept ans, et non quelques jours. Le juge d’instruction doit y apporter une réponse réelle. Sachant que parmi ceux qui ont été arrêtés, certains n’ont aucun lien avec l’opération. Bien que tout le monde soit au courant, existe-t-il une personne qui oserait clamer tout haut la vérité, concernant l’explosion du port ? Ceci est une chose. Autre chose : je ne pense pas qu’il est permis, au niveau international, de mener une enquête sérieuse, qui accuserait Israël. Parce que la première information sur l’explosion a été publiée par un média israélien. Deuxièmement, le président Trump a évoqué l’information. Après plus d’une heure, les deux articles ont disparu. On a dit à l’époque que les deux articles présentaient des «extrapolations», et non des informations.

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Nous arrivons aux images satellites qui peuvent aider à déterminer ce qui s’est passé. Où sont ces images ? Quatrièmement : L’équipe du FBI qui a assisté et participé aux enquêtes préliminaires ... Où est son rapport ? En conclusion : Sur quoi le juge va-t-il s’appuyer dans ses investigations ? Et si des informations sérieuses et détaillées lui parvenaient, incriminant un parti ou uneentité sécuritaire, le juge oserait-il l’annoncer ? Mon opinion est qu’aucun juge n’oserait le faire. C’est pourquoi j’ai appelé dès les premiers jours, à mettre en place une enquête internationale, concernant l’explosion du port, à laquelle les Etats-Unis n’y participeront pas.

La bataille pour l’indépendance

Il y a quelque temps, a été lancée la troisième bataille d’indépendance pour libérer le Liban de l’occupation politique iranienne. Est-ce que cette position est en faveur de l’initiative du Patriarche Al-Rahi ? Oui, je suis de ceux qui ont appelé au soutien du Patriarche parce que son initiative est la seule disponible pour les Libanais, et il n’y a pas d’autres. D’autant que, sur le plan stratégique, le Patriarche porte une vision défensive, où il n’appelle pas à attaquer Hezbollah. Une stratégie défensive, que je n’ai cessé de clamer depuis des années. Le Patriarche appelle à une solution pacifique et n’incite guère à la sédition ou à l’action militaire. Une solution pacifique, dont le titre est l’affirmation de la Constitution et de l’Accord de Taif, et sa protection par le biais d’une stratégie défensive de«libération de la légitimité». Chose qu’il explique en détail dans son initiative

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Le Patriarche appelle à une solution pacifique, à savoir l’affirmation de la Constitution et de l’accord de Taif, et sa protection, à travers une stratégie défensive visant à «libérer la légitimité» .Il serait naturel de soutenir le Patriarche Deuxièmement : le Patriarche adopte une politique cumulative. Aussi bien des positions que des engagements. Sachant qu’il est bien servi par les événements. Parce que l’explosion du port a éloigné le Hezbollah de la conscience chrétienne. Pour eux, ce n’est plus une source de protection et de sécurité dont le président Aoun et Gebran Bassil avaient l’habitude d’évoquer et de défendre, sous prétexte qu’il protège les chrétiens de la menace de l’extrémisme sunnite, Daech et ses semblables. Au moment de l’explosion, il n’y avait ni Daech ou autre menace. Plutôt, l’économie chrétienne et un tiers de la capitale ont été détruits. L’opportunité s’est présentée au Patriarche. Tant l’opinion publique a été tranchante. Il n’a fait que la traduire. Il est naturel que toute personne libre, qui souhaite l’intérêt du Liban, mise sur cette initiative et la soutienne, afin de ne pas rester figé, dans l’attende d’un règlement international.


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nterview

Même s’il y ait un règlement international, aurions-nous une place au tour de la table des négociations ? Par conséquent, il doit y avoir une initiative libanaise sérieuse qui persiste et continue, et pour cela, j’ai appelé à la formation d’un front national.

Le front

* Avez-vous procédé à des consultations dans le but de constituer ce front ? - Bien sûr, j’ai eu des consultations, mais il vaut mieux ne pas citer denoms. Le projet prendra forme d’ici un mois. On procèdera alors à l’annonce des personnalités engagées.

Les élections

Il y a quelques jours, vous avez annoncé, ne pas vous présenter aux élections législatives, et même être opposé au Code actuel. - Bien sûr, j’étais contre ce Code, même, j’ai voté contre, quand j’étais ministre de l’Intérieur, et je l’appelais la loi «Cain et Abel», à savoir qu’il va provoquer une lutte sans merci entre les colistiers. * Quel code serait parfait ? Il n’y a pas de code idéal au Liban, il faut penser à unsain, pas juste. Un code sain qui peut satisfaire toutes les parties sérieuses. Mais aussi, un code capable de changer les choses.

Le complexe des droits

* Gebran Bassil, à chaque crise, scande la «restauration des droits des chrétiens». Quels sont ces droits ? Sommesnous devant une contestation de l’Accord de Taïf, qui a mis fin à la guerre du Liban et consacré la présidence de la République à l’honorable communauté maronite?

2750 tonnes de nitrate d’ammonium, dont seulement 500 tonnes ont explosé. Ceci laisse à se demander concernant les 2250 tonnes qui ont quitté le port. Comment ont-elles été enlevées ?

- De même, l’Accord de Taïf consacre la parité [entre Musulmans et Chrétiens]. Je crois que ce slogan ne mènera nulle part, car il n’y a aucun droit pour une communauté en dehors de la Constitution. Intention qui s’est révéléelors de la réunion du Conseil suprême de la défense, lorsque le président de la République a déclaré: «En 1989, j’étais ici au palais de Baabda, et j’étais contre Taïf». A ce niveau, je veux lui demander : Selon quelle Constitution vous avez été élu Président de la république ? Vous avez été élu selon la Constitution actuelle, à savoir celle de Taïf... Alors qu’attendez-vous de plus de la Constitution ? Deuxièmement: Gebran Bassil fait usage de cette carte, face à la défaillance des Chrétiens, qui le boude, lui et son parti. Il cherche vainement à redresser la barre. J’en doute fortement.

Le complexe des trente-années

* Certains politiciens et experts connus pour leurs tendances partisanes, n’hésitent pas, à chaque occasion ou apparition, à chercher à convaincre les gens que la crise que traverse le pays est causée par les politiques adoptées tout au long des trente ans jusqu’à aujourd’hui. - Avant d’évoquer les trente ans, je voudrais rappeler que ces personnes visent à poursuivre le Premier martyr, Rafik Hariri alors qu’il est dans sa tombe. La haine dans sa perfection. Mais avant d’en arriver à la situation actuelle, le problème n’est nullement le premier auquel

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Il existe bel et bien, un système de gouvernance dans le port et le pays, qui a supervisé l’enlèvement de la cargaison du nitrate d’ammonium Il n’y a rien d’autre que de la ruine. Pour cela, le moment est venu de créer un front national sérieux, appelant à la libération du Liban et à l’instauration de la troisième indépendance. L’actuelle occupation n’est pas la première du genre. Le Liban a été libéré des Ottomans, des Français, des Israéliens et des Syriens en 100 ans, et le moment est venu de se libérer des Iraniens. Nous ne devons attendre que quelqu’un nous aide de l’extérieur. Personne ne veut le faire.

La politique de Gibran le Liban est confronté. Reste que dans le passé, il avait l’habitude de trouver de l’aide, à commencer par Paris 1, Paris 2 et Paris 3. En 2002, la Trésorerie ne disposait pas d’assez de solvabilité pour honorer les salaires des fonctionnaires du secteur public. Ce jour-là, Rafik Hariri est allé chercher une garantie de prêt du président indonésien Mahathir Mohamad, jusqu’à ce que les salaires soient payés. Actuellement, nous sommes un pays assiégé, et la communauté aussi bien internationale ou arabe, ne veut nous accorder de l’importance, veuille nous considérer, nous aider ou nous soutenir, parce que tout ce monde considère que le Liban est occupé. Si le Liban voudrait de l’aide, pensent-ils, il doit se les libérer et entamer sa résistance. J’entends ce discours depuis des années de la part de grandes personnalités arabes. Nous essayions de les convaincre de nous aider, sans aucune chance de réussir. Il semble maintenant qu’ils eussent raison. Le Liban fait partie du blocus qui débute de l’Iran et se termine en Syrie. En Syrie, le dollar a atteint quatre mille livres, soit 80 fois. En Irak, pays producteur de pétrole auquel le pétrole génère des centaines de milliards de dollars, il a atteint 1750 dinars, sans oublier la chute vertigineuse de la monnaie iranienne vis-à-vis du dollar. Puis quelqu’un de l’entourage du président de la République, vient nous dire que cette alliance a gagné… Quelle victoire ? Ou elle a été conclue ? Au dépens de qui ?

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* Ces accumulations ne sont-elles pas dues à la politique de Gebran Bassil au ministère des Affaires étrangères ? - J’ai eu avec lui une forte altercation lors d’un Conseil des ministres, quand il a outrepassé, pendant une réunion de la Ligue arabe le consensus arabe, et a nié l’arabité du Liban. Comment un pays arabe comme le Royaume d’Arabie Saoudite, qui a porté dans le passé une aide plus que louable et même consistante, sans oublier l’investissement privé émanant de ce pays, peut-il procéder à des actions analogues, tant le secrétaire général du Hezbollah et les représentants du parti, insultent le Royaume et les États du Golfe et à toute occasion. En même temps, ils apportent un soutien absolu aux attaques des Houthis contre leroyaume. L’Arabie Saoudite a été toujours d’appoint pour aider le Liban de 1992, jusqu’à 2017, où elle a joué ce rôle jusqu’à 2017. De même, le Koweït et les Émirats arabes unis ont fourni également le Liban une aide substantielle. Reste que la crise actuelle au Liban, est bien plus profonde que les crises antérieures. Elle est multiple : économique, monétaire et financière. Le système de santé s’est effondré et l’ordre social est en ruine. Dans le passé, les frères arabes et les pays amis étaient aux côtés du Liban. Mais aujourd’hui, pourquoi seraient-ils à nos côtés, tant une grande partie de la politique, se conçoit sur la base du discours du Hezbollah. Tout ceci, sans que personne ne s’y oppose ou ne le désapprouve. Tout au long des cinq ans écoulés, pas une seule fois, le président de la République n’a évoqué les attaques verbales, contre des pays frères ou amis, qui ont soutenu le Liban.


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nterview

Regards sur le monde

Pascal Drouhaud à «La Majalla» : Avec la Covid 19, nous entrons dans un nouveau monde Propos recueillis par Khaled Saad Zaghloul - Paris Les relations internationales sont au cœur de la vie de Pascal Drouhaud, «un globe trotter patriote» (1), que le parcours professionnel a placé bien souvent au centre de l’actualité du monde moderne. Spécialiste français de l’actualité internationale par détermination et par goût. Pascal Drouhaud a parcouru le secteur public et privé avec une volonté acharnée, celle de servir son pays, la France. De l’Afrique noire à l’Amérique centrale, de l’Asie du Sud au Moyen-Orient, de l’Europe aux Etats-Unis, de la Russie à l’Inde, il a parcouru pendant des années, la scène internationale. Témoin d’évènements politiques nationaux et mondiaux comme, directeur des relations internationales du parti de l’ancien Président Jacques Chirac (2006-1995), il a pu cerner l’évolution de la politique étrangère française tandis que l’Europe s’élargissait et que le monde se transformait, après avoir abandonné le rapport Est-Ouest, pour s’engager dans une mondialisation qui a ouvert la voie à l’ère numérique. Cette expérience s’est enrichie après son parcours dans le secteur privé : en charge de l’Afrique subsaharienne et de l’Amérique latine au sein de la direction internationale du groupe industriel Alstom, il a pu mettre en pratique son expérience des problématiques concernant le développement, notamment dans la gestion urbaine, la mobilité et l’énergie. Il publie depuis 20 ans, de nombreux articles dans les revues spécialisées en

relations internationales. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage sur l’Amérique latine : «FARC: confessions d’un guérillero, Choiseul, Paris, 2008». Rencontre riche en émotion, mais également dense dans le contenu de l’analyse des relations internationales contemporaines. Vous avez un parcours professionnel qui vous a conduit à acquérir une expérience dans les secteurs publics et privés. Quel en est le fil conducteur? Est-ce une démarche courante en France et en Europe? L’international est l’élément central d’un parcours marqué non seulement, par la fidélité à mon pays, la France, mais également par la volonté de comprendre l’évolution du monde depuis plusieurs années. Je suis issu d’une génération née avant que ne tombe le Mur de Berlin en 2( 1989). Jeune étudiant puis diplômé, pendant les années 1970 et 1980, je me souviens parfaitement de la relation Est-Ouest qui organisait le monde. La succession des leaders soviétiques tels Léonid Brejnev, IuriAndropov, Konstantin Tchernenko et enfin Mikhaïl Gorbatchev d’une part, les années Jimmy Carter et surtout celles de Ronald Reagan avec notamment, sa fameuse « Guerre des étoiles » qui devait précipiter la fin de l’ex URSS, la chute du Shah d’Iran en 1979 et ses conséquences régionales, l’invasion de l’Afghanistan par les forces de l’ex-URSS et l’émergence des talibans, l’assassinat d’Anouar El Sadate et la guerre interminable, au Liban, autant d’évènements qui ont marqué un temps de notre histoire contemporaine. Tout le défi a été d’en

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Pascal Drouhaud

faire un axe essentiel dans ma vie. Cet environnement international était certes violent, mais finalement, relativement simple. Vous aviez le bloc de l’Est, conduit par Moscou, et celui de l’Ouest sous le «parapluie nucléaire» de Washington. Cet ordre du monde était régi par le concept de la dissuasion nucléaire. Le Mouvement des pays non alignés proposait une troisième voie dans un environnement bipolaire. J’ai eu la chance, à la fin des années 1980, de vivre le basculement du monde qu’a constitué la Chute du Mur de Berlin (9 Novembre 1989) et la chute de l’ex-URSS. J’étais alors parti, au titre de la coopération, jeune diplômé en Lettres, travailler pour le gouvernement français, en Amérique centrale, à El Salvador. Ce pays constituait alors, en Amérique centrale, aux portes du Nicaragua, un front de la guerre froide finissante. Depuis 1988, j’apprenais à vivre dans un pays qui traversait une guerre civile. J’ai découvert les enjeux en termes politiques, de sécurité, économiques, idéologiques et religieux, de la rivalité Est-Ouest. Le 9 Novembre 1989, le Mur de Berlin tombait. Le 11 Novembre 1989, à San Salvador, la guérilla du FMLN, lançait une offensive générale. «La Ofensiva Hasta el Tope-Febe Velasquez vive» avait un objectif: renverser le gouvernement en place.

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Les dernières années ont montré aux européens qu’ils devraient d’abord compter sur eux-mêmes. Elle constituait l’opération de la dernière chance pour une guérilla qui savait que l’Europe basculait et à elle, les fondamentaux idéologiques d’un système qui existait depuis 1945. N’oublions pas que Winston Churchill avait parlé, dès 1947 dans son célèbre discours de l’Université de Fulton, de «rideau de fer». J’ai vécu la fin d’un monde. A l’époque, Francis Fukuyama parlait de «la Fin de l’Histoire». Mais j’ai pu vivre l’entrée dans un monde qui se pensait apaisé. Il était en réalité, confus, les occidentaux trop sûrs d’eux, tandis que la recherche d’un nouvel équilibre devait naturellement, rappeler que «la tectonique des plaques» sur la scène internationale, se poursuivait. La 1ère guerre du Golfe, le processus d’intégration de l’Europe centrale et orientale à l’Union européenne, l’émergence de la


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nterview

Chine pendant les années 1990 et le début des années 2000, la fin du régime de l’apartheid en Afrique du Sud et l’élection de Nelson Mandela à la tête de ce pays, le 1er sommet sur le Climat à Rio de Janeiro en 1992, mais aussi le premier attentat contre le World Trade Center en 1993, les talibans en Afghanistan, autant de nouveaux évènements mondiaux qui accompagnaient non seulement mon retour en France (1991) mais également, la volonté de me sentir utile à mon pays et de m’engager. Comment avez-vous fait? C’est à cette époque que vous avez participé à la campagne victorieuse du Président Jacques Chirac, en 1995? A mon retour en France, j’ai tenu à reprendre mes études, en me spécialisant en relations internationales à l’Institut européen des hautes études internationales de Nice-Sophia Antipolis, puis à La Sorbonne-Paris 1. Je venais de passer trois années dans un environnement de guerre civile. J’avais connu des personnes formidables, qui allaient à l’essentiel dans la vie : être au service de leur famille, essayer d’être le plus positif possible quand tout peut être perdu en un rien de temps. Et garder espoir dans leur propre pays. Je devais apprendre à vivre, de nouveau, dans un environnement en paix mais en ayant plus que jamais, la volonté de servir mon pays. A cette époque, il me semblait que je n’avais qu’une possibilité: me rapprocher de la sphère politique. Depuis toujours, j’ai baigné dans ma famille, dans une atmosphère gaulliste, à la fois patriotique et très ouverte sur le monde. Naturellement, j’ai tout fait pour me rapprocher de l’environnement de Jacques CHIRAC, alors maire de Paris. La campagne présidentielle avait commencé, dès la déclaration de candidature de Jacques CHIRAC en Novembre 1994. Travaillant avec des parlementaires proches de lui comme l’ancien Président

L’Europe est un pilier diplomatique essentiel de la France: nous le voyons bien dans la crise sanitaire qui a montré combien le partenariat entre Paris et Berlin reste un axe moteur.

de l’Assemblée nationale, M. Bernard ACCOYER, il m’a alors, été proposé de m’investir dans la campagne auprès des français de l’étranger sur le continent américain et africain. La France compte plus de deux millions de Français qui vivent hors des frontières nationales, que ce soit la métropole ou l’outre mer. Ils sont très actifs, dans la vie économique, associative, culturelle. Ce sont de formidables ambassadeurs de la France. J’avais pu commencer à les rencontrer pendant la campagne présidentielle de 1995, en faisant campagne sur le continent américain et en Afrique. Jacques CHIRAC étant élu le 7 Mai 1995, il m’a été proposé peu après, de devenir le Directeur des relations internationales du parti présidentiel. Il s’agissait du Rassemblement pour la République. Que retenez-vous de cette période? L’action, l’innovation, le sentiment de vivre l’actualité. Nous étions très actifs avec certaines régions du monde. Le Moyen orient a toujours occupé pour la France et à plus forte raison, dans les mouvements politiques nationaux, une place stratégique et affective, importante. Nous avions alors, réalisé de nombreuses missions auprès de l’Arabie saoudite, en Jordanie, au Liban, en Egypte que j’aime tant. Mais aussi au Royaume du Maroc, en Algérie, en Tunisie et dans l’ensemble de l’Afrique. Les sujets portant sur le développement, la protection de l’environnement, la globalisation de l’économie devenaient le cœur de l’action diplomatique. - Je mesurais combien les décisions prises, pouvaient

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Avec le président Emmanuel Macron


Avec Sa Majesté le Roi Abdallah II de Jordanie /Paris, 2018

influencer et dessiner les contours du monde en devenir. Je me souviens d’une phrase d’un de mes professeurs de philosophie qui, parlant du monde bipolaire finissant avait dit : «le passé tenait lieu de présent pour ce que le futur a trahi». Il voulait dire que lorsque le présent ne permet pas de se projeter, tant l’avenir paraît difficile, la tendance est d’idéaliser le passé en pensant qu’il était meilleur que le présent. Cette idée a influencé une perception du monde qui oblige au mouvement, à l’innovation, à créer les conditions d’une attractivité économique, culturelle, linguistique. J’avais le sentiment de vivre dans ce mouvement, comme aujourd’hui d’ailleurs: il s’agissait de construire un monde nouveau, en tout organisé en dehors d’un système est-Ouest qui avait disparu. Les espoirs de beaucoup dans le monde étaient grands. Il ne fallait pas les décevoir. J’ai continué cette mission dans le mouvement politique de Jacques Chirac après sa réélection en 2002. Il avait crée l’Union pour un Mouvement populaire (UMP). J’ai pu pendant ces années, travailler auprès de personnalités politiques nationales qui avaient une vision affirmée de la France et une passion du monde : le Président Nicolas SARKOZY naturellement, Président du parti de 2004 à 2007, mais également l’ancien Premier Ministre Alain JUPPE qui a participé à la créationdu mouvement en 2002. Comment avez-vous acquis une expérience dans le secteur privé? - Il m’a toujours paru très important de connaitre le

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Le rétablissement des relations avec l’Etat du Qatar est le second événement majeur est révélateur des changements géopolitiques modernes. fonctionnement d’une entreprise, d’être aux côtés des travailleurs, de la filière de production qui font la richesse d’un pays, et la crédibilité de son économie. C’est pourquoi, après une dizaine d’années passionnantes dans les forces politiques, il m’a été permis de rejoindre un magnifique groupe industriel français, spécialiste alors en transport et en énergie: ALSTOM. A la direction internationale, je m’occupais du « business développement » en Amérique latine et en Afrique subsaharienne. J’ai pu y voir, sous l’angle industriel, lamondialisation dont on parle tant. L’entreprise pour laquelle je travaillais, est présente sur tous les continents. S’assurer que les produits, leur production, leur livraison, mais également la maintenance et le fonctionnement correspondaient à la demande des clients, essentiellement des Etats, me permettait d’être au contact des milieux institutionnels nationaux et internationaux. J’ai pu pendant des années, constater combien les questions industrielles, technologiques, de «high-tech» sont au cœur de la réalité


du monde, de la concurrence et donc de l’influence des pays dans ce nouveau monde globalisé. Le changement climatique, la bataille des normes et des brevets, celle du numérique, tout autant que la gestion de la croissance urbaine, sont essentiels au développement. La planète compte désormais près de 8 milliards d’habitants. Les questions relatives à l’eau, au traitement des déchets, sont dans le cœur des questions économiques et de l’action des Etats. Il s’agit d’exister et de peser dans un environnement mondial en constante évolution. La crise de la Covid19 constitue sans doute, une nouvelle fracture accélérant le basculement vers le numérique. Celui-ci peut être un atout et un accélérateur d’inégalités dans le monde. La fracture numérique entre Etats mais également au sein de la population constitue un sujet important dans la prévention des conflits de demain.

La France se félicite de l’annonce de la normalisation des relations entre ces pays arabes et Israël et de la fin de l’état de guerre. Cette décision constitue une étape importante.

La France en est bien consciente comme pays, mais également comme membre de l’Union européenne. Elle l’est comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies mais aussi en raison d’une responsabilité toute particulière: elle constitue, après les Etats-Unis, le deuxième espace maritime dans le monde avec une responsabilité territoriale directe sur 11 millions de km2. Autant dire que les questions environnementales et leurs conséquences sur les économies, sont au cœur de sa diplomatie moderne. Le monde contemporain est marqué par une forme de prolifération de pôle de puissance, régionaux ou à vocation mondiale. Si les Etats-unis marquent, avec le Président BIDEN, un retour attendu dans le «concert des Nations», la République populaire de Chine, la Russie ont consolidé et élargi leurs positions. Sur le plan régional, des pays comme la Turquie, l’Inde ont renforcé leur place régionale. Ces nouveaux acteurs mondiaux illustrent la transformation internationale de ces dernières décennies. Quel regard portez-vous sur les évolutions politiques au Moyen-Orient? - Le Moyen orient est à la croisée des chemins. Les contours d’une nouvelle carte stratégique commencent à se dessiner autour de sujets majeurs portant sur la sécurité globale mais également économique. Depuis un an, le monde est entré dans un temps nouveau. La pandémie qui le ravage, oblige à tisser des alliances

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Avec le Président Jacques CHIRAC Palais de l , Elysée, 2005


Avec le Président Bill CLINTON/Boston, Juillet 2004

inédites, des horizons nouveaux où les questions relatives à l’intelligence artificielle, à la préservation de l’environnement, à la connaissance de l’espace, seront cruciales. La capacité à répondre aux besoins d’une population mondiale en croissance tout en préservant l’environnement fragilisé, constitue un défi de premier plan. Il s’agit dans ce contexte, de prévenir les pandémies qui déstructurent les économies. S’y préparer est une des clés de la réussite dans un monde de contrastes, marqué à par la nécessité de repenser la mondialisation. Comment voyez-vous la normalisation des Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan avec Israël? - J’ai été ces derniers mois, impressionné par ce fait majeur : la normalisation des relations avec l’Etat d’Israël, de pays comme les Emirats arabes unis, le Royaume de Bahreïn. Avec eux, le Soudan et le Royaume du Maroc ont également, fait bouger les lignes politiques. Tous ces pays, et avec eux des puissances régionales alliées, ont pris acte de nouvelles réalités et ont adopté une position historique emplie de courage et de vision. La région du Golfe, entre désormais dans un temps nouveau en intégrant une réalité géostratégique, à savoir la donne nucléaire, dans sa réflexion sur l’avenir. Cette conscience peut être la source d’une nouvelle unité dans la région pour ne pas dire solidarité.La France se félicite de l’annonce de la normalisation des relations entre ces pays arabes et Israël et de la fin de l’état de

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guerre. Cette décision constitue une étape importante, Paris est le premier pays occidental – hors Etats-Unis – à se positionner sur cet accord obtenu sous l’égide du président américain Trump. Ce rapprochement historique vise à mettre fin à des décennies d’hostilités entre ces pays et l’Etat hébreu créé en 1948. Et la réconciliation avec le Qatar? C’est le second événement majeur qui est révélateur des changements géopolitiques modernes. Le rétablissement des relations avec l’Etat du Qatar, engagé avec le Royaume d’Arabie saouditelors du Sommet d’Al Ula, du 5 janvier 2021, ouvre une nouvelle page. Il concerne également les liens avec l’Egypte, les Emirats arabes unis, et le Bahrein. Cet accord de solidarité et de stabilité qui a été signé par le Prince héritier Mohammed Ben Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud et l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, est naturellement historique. Il contribue à construire une nouvelle carte stratégique dans la région du Golfe. 1) Le Petit Journal Santiago, 2012/05/28. 2) La guerre froide marque la rivalité géopolitique entre le bloc occidental conduit par Washington et le bloc soviétique porté par Moscou. Le discours de Winston Churchill à l’Université de Fulton le 5 Mars 1946 a théorisé un rapport de force qui a marqué les relations internationales jusqu’à la chute de l’ex-URSS en 1991. Légendes photos


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nterview

Un mariage plus que parfait

Une Algérienne se marie avec un prince, descendant de l’empereur Napoléon Paris de notre correspondant : Khaled Saad Zaghloul L’Algérienne, Yasmine Briki, a accepté de se faire passer la bague au doigt et de partager sa vie avec un descendant de l’empereur Napoléon, le prince Joachim Murat en l’occurrence. Elle a traversé le large pour continuer ses études à l’Université de la Sorbonne (Paris – France) en 2004, et un peu plus tard, Yasmine Lorraine Briki de son nom, se retrouve éprise d’un descendant de l’empereur Napoléon, qui n’est autre que le prince Joachim Murat un noble descendant des nobles. L’idylle des deux tourtereaux a des allures d’un film romantique et fantastique à la fois, sauf que c’est bien une histoire réelle qui a été scellée par un mariage civil. En effet, la jeune algérienne s’est mariée civilement à l’arrière-arrière-arrièrearrière-arrière-petit-neveu de l’empereur Napoléon, le 5 mars 2021. Les deux amoureux ont célébré leur union en comité restreint à la mairie du 10e arrondissement de la capitale de l’amour, Paris. Puisque la crise sanitaire l’oblige, seulement quelques membres des deux familles des tourtereaux ont eu l’honneur de prendre part à l’échange d’alliances. Les règles liées à la prévention contre le coronavirus ont alors réduit le nombre des invités. Mais quelques personnalités comme le grand-duc Georges de Russie et Louis Sampion Bouglione ont quand même participé à la petite cérémonie. Les festivités ne s’arrêteront pas là. Dans le détail, une cérémonie religieuse sera organisée dès que les conditions sanitaires le permettent. La Majalla : princesse Yasmine, on a l’honneur de vous

rencontrer on sait que vous êtes une grande intellectuelle et chercheuse en science politique et cavalière, parlez-nous de vous. Comment vous êtes venue en France ? Avez-vous cru d’épouser un homme d’une autre culture et histoire depuis votre jeunesse ? Quels étaient vos souhaits ? Princesse Jasmine : Je suis arrivée en France dans le but de poursuivre mes études et surtout pour découvrir le monde, découvrir d’autres cultures et m’abreuver de nouveaux savoirs. Comme toutes les filles de mon âge, mon rêve était de rencontrer l’amour et de fonder une famille; le destin a voulu que ce soit un prince. Je suis une passionnée de cheval et joueuse de polo, la vie a fait que j’épouse le descendant du plus grand cavalier de l’épopée napoléonienne. Le Maréchal Murat commandait toute la cavalerie de Napoléon et il est toujours une référence incontournable dans le monde de l’équitation. Pourriez-vous nous dire votre impression en devenant une princesse napoléonienne ? - Cette nouvelle vie me réjouit; j’ai rejoint une famille royale dont le rayonnement est mondial à travers l’héritage napoléonien. Cela exige de moi exemplarité et sérieux dans les différentes fonctions de représentation qui seront les miennes à l’avenir. Je fais la connaissance de nombreux princes et princesses, de personnalités officielles et également de nombreux passionnés d’Histoire. C’est fascinant, mais c’est avant tout une grande responsabilité. Je pense que votre mariage est venu au bon moment de l’histoire où le président Macron essaye de faire la paix avec l’Histoire et les relations bilatéraux franco-algériennes : - Notre mariage est une affaire purement personnelle qui

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La jeune algérienne s’est mariée civilement à l’arrière-arrièrearrière-arrière-arrière-petitneveu de l’empereur Napoléon, le 5 mars 2021. Certaines publications font le choix du mensonge historique pour alimenter une polémique entre la France et l’Algérie. Ils instrumentalisent notre histoire d’amour qui est personnelle et qui n’a aucun rapport avec la politique. Comme Princess, comptez-vous continuer à exercer une activité professionnelle normale? J’assumerai mon rôle de princesse pleinement. Si cela me permet de continuer mon activité professionnelle actuelle tant mieux, quoi qu’il en soit, c’est mon rôle auprès de mon mari qui prévaut. Je poursuivrai également mon engagement dans mon association culturelle « United Hopes » au services des enfants des milieux défavorisés et du dialogue culturel entre l’Orient et l’Occident. La princesse Yasmine à Paris

n’a aucun lien avec les rapports politiques entre les gouvernements algérien et français. Comment vous vous êtes connus ? Votre amour était du premier regard ? Un coup de foudre ? - Joachim et moi sommes rencontrés dans le cadre du travail, ça a été un coup de foudre réciproque, néanmoins nous avons gardé une relation professionnelle. Je n’ai découvert que bien plus tard qu’il était prince, mais il est toujours resté le même. Nos chemins professionnels se sont séparés et quelques années plus tard, nous nous sommes revus pour écrire ensemble une histoire d’amour. Tous les peuples arabes bénissent votre mariage mais certains Algériens comme beaucoup d’autres ignorent la vérité et croient que Napoléon a conquis l’Algérie. - Nous avons reçu de très nombreux messages de félicitation et de soutien d’Algérie et du monde arabe; nous leur en sommes d’ailleurs très reconnaissants et je profite de cet entretien pour les remercier très chaleureusement. Effectivement, il y a eu des affirmations mensongères accusant Napoléon 1er d’avoir colonisé l’Algérie en 1830 alors qu’il est mort à Sainte-Hélène en 1821. Quant à Napoléon III qui hérite en 1848 d’une situation en Algérie pour laquelle il n’est absolument pas responsable, il n’aura de cesse tout au long de son règne d’impulser une politique d’égalité entre les Français et les Algériens et de mettre en place un Royaume arabe d’Algérie autonome.

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Avez-vous un message à adresser au monde arabe ? Le monde arabe est un réservoir infini de savoirs, de cultures, d’Histoire, de toute cette poésie dont le monde en général a bien besoin. C’est notre responsabilité commune de promouvoir, avant tout, cette immense richesse. Son altesse Prince Joachim Murat Nous avons le grand honneur de vous rencontrer ainsi que votre princesse. Pourriez-vous nous parler de votre grand père et votre lien de famille avec l’empereur? Votre grand père a régné Naples ? Je suis le descendant direct, par les fils aînés, du Maréchal Joachim Murat, Roi de Naples et des Deux Siciles et de son épouse Caroline Bonaparte, sœur de l’Empereur Napoléon 1er. Je suis donc l’arrière-arrière petit neveu de Napoléon et par le jeu des mariages successifs depuis la 1ère génération je suis également cousin de la plupart des familles royales européennes. Certainement, vous êtes très fier d’appartenir à des hommes qui ont marqué le cours de l’histoire. Quelle chance et quel honneur ? Pourriez-vous nous parler de vos sentiments ? Oui, c’est un très grand honneur et une immense fierté qui s’accompagnent de devoirs. Notamment celui de participer aux cérémonies organisées par les associations historiques ou


par l’État. Que ce soit en France pour la mémoire de l’Empire Napoléonien, ou en Italie pour la mémoire de Joachim Murat Roi de Naples. Les passionnés de Napoléon et de sa famille sont présents dans le monde entier, j’essaye d’être disponible le plus possible pour participer à des événements ou à des conférences auxquels je suis invité. J’étais par exemple en février dernier en Russie avec mon cousin le Grand-Duc Georges de Russie pour rendre les hommages militaires aux soldats français et russes morts pendant la campagne de Russie de 1812. Je participe souvent aux événements des autres familles royales européennes, mariages, bals, réceptions, mais aussi, malheureusement, enterrements. Est-ce que les Français connaissent votre histoire ou la nouvelle génération ne lisent plus? Napoléon 1erest le personnage le plus connu de l’Histoire de France. Les français connaissent tous les grands moments

L’Algérienne, Yasmine Briki, a accepté de se faire passer la bague au doigt et de partager sa vie avec un descendant de l’empereur Napoléon.

de l’Histoire du Premier Empire :Le sacre de l’Empereur à Notre Dame de Paris, la victoire d’Austerlitz, le code civil, Waterloo, l’exil à Sainte Hélène.Tous les livres sur le premier Empire ou sur Napoléon sont des succès de librairie en France. Une des séries qui a eu le plus grand succès à la télévision française était celle sur Napoléon avec Christian Clavier, John Malkovich et Gérard Depardieu. Aujourd’hui ce sont les américains qui préparent une série télévisée sur Bonaparte pour Apple TV et Netflix. Hélas, on connait moins et on apprend moins l’Histoire du deuxième Empire et de Napoléon III. Les différences d’origines et les différences sociales ont-elles été un écueil pour votre mariage? Très franchement à aucun moment. Aujourd’hui tous les héritiers de familles royales, même régnantes comme en Angleterre, en Espagne ou en Suède, font des mariages d’amour entre personnes de cultures et d’origines différentes. Ce qui est le cas pour Yasmine et moi. C’est avant tout une histoire d’amour entre deux personnes. Connaissez-vous l’Algérie? Comptez-vous la visiter après la fin de la pandémie? Malheureusement je n’y suis pas encore allé. L’Algérie est un pays magnifique que je veux visiter depuis longtemps. J’en ai toujours entendu parler dans ma famille où l’amitié profonde entre l’Empereur Napoléon III et l’Emir Abd el-Kader est un souvenir important. J’espère bien pouvoir m’y rendre dès que les conditions

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de S.A.R le Prince Joachim et la princesse Yasmine Murat


Son Altesse Impériale le Grand Duc Georges de Russie et la future Grande-duchesse de Russie Rebecca Victoria

sanitaires le permettront. Avez-vous le droit d’adhérer à un parti politique ou d’en créer un? Oui, je bénéficie des mêmes droits et des mêmes devoirs que tous les citoyens français. Mais, à ce jour, je ne suis adhérent d’aucun parti politique. Rêvez-vous du retour de la monarchie comme en Angleterre

ou bien vous trouvez que la République est un système idéal pour les peuples? Napoléon avait établi un Empire mais sur une constitution Républicaine. Je ne crois pas pour autant que la République soit le modèle unique et idéal pour tous les peuples du monde. En ce qui me concerne, pour la France, je suis favorable à la forme républicaine de gouvernement. Que faites-vous dans la vie? J’ai représenté de nombreuses années des industries stratégiques françaises à l’International. J’ai d’ailleurs vécu sept ans en Inde comme directeur d’une filiale d’un groupe de hautes technologies français. Aujourd’hui, basé à Paris, je suis directeur dans une société technologique internationale. Quel est votre souhait le plus cher? Construire notre foyer et découvrir l’Algérie avec ma femme, bien sûr. Mais aussi sortir de cette « cancel culture » qui est un acide qui détruit toute relation constructive entre les peuples. Connaissez-vous les familles royales du monde arabe ? J’ai des amitiés sincères et anciennes avec les familles royales du Maroc, d’Egypte, d’Afghanistan et de Lybie. En revanche je n’ai pas encore eu la joie de faire la connaissance des familles royales des pays du Golfe. Le Golfe est une région que je connais, mais où je n’ai malheureusement pas passé assez de temps. J’espère avoir l’occasion d’y retourner pour y découvrir tous les changements et les innovations qui fleurissent dans cette région.

Prince Joachim au Senat à Paris

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nterview

Afrique du Sud crise

Salomé Hufke à La «Majalla»: L’Apartheid socio-économique est de loin plus grave que l’Apartheid racial Naserlddine Ben Hadid L’Afrique du Sud, ce «géant africain», pays de l’Apartheid, cette abominable ségrégation raciste, mais aussi, une nation multiculturelle et multiethnique, que Nelson Mandela a pu dégager des amibes de l’histoire moderne, et la porter vers une démocratie. Une expérience, qui a tant fait la une des médias. Que reste-t-il de cette image de «carte postale» politique ? Comment est la situation sociale ? Comment ce pays combat le Coronavirus ? Et autres questions que «Majalla» a posées à cette dame, qui se définit comme activiste intellectuelle. D’où cette interview :

* Quelle serait la réponse d’après vous ? La réponse se trouve dans la continuité de mon analyse : Sur le plan économique et par conséquence social, la concrétisation des promesses et surtout de cet idéal de justice sociale, et du partage équitable des richesses, restent des promesses non totalement tenues, et je dirai même plus, que les acquis enregistrés sur le plan socio-économique n’honorent guère l’idéal révolutionnaire, pour lequel ont versé mes compatriotes leurs sangs ? * Pourquoi cette «rechute» ?

* De cette image de Nelson Mandela quittant devant les caméras du monde sa prison, pour occuper quelque temps après la magistrature suprême du pays, et ses très larges promesses, qui affirmait de combler, de très profonds et surtout douloureux fossés, en un temps record, que reste-t-il ? La réponse à votre question ne peut se faire en quelques phrases : Dire que les promesses ont été tenues totalement, serait une faute grave. Mais aussi prétendre que rien n’a été fait, le serait aussi. Il y a des cas, où les promesses ont vu le jour. D’autres piétinent encore. Mais j’aime souligner que des acquis concrétisés depuis la fin du régime de l’Apartheid, ont été balayés. * Pouvez-vous détailler ? Sur le plan politique, la constitution d’un parti politique ou d’une association à but non -lucratif, est une chose plus qu’aisée. Une liberté qui compte énormément sur le plan des droits politiques et civiques. But pour lequel, sont tombés des centaines de mes compatriotes. Mais à être influent sur la scène politique, ou engendrer des acquis sur le plan la sociale. La question y est ?

L’activiste intellectuelle Salomé Hufke

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En Afrique, la crise économique a davantage circulé que la Covid-19

Appliquer la «justice» dans le sens historique du terme, nécessite des décisions avec des répercussions que la stabilité sud-africaine ne peut supporter. Car cette justice nécessitait moralement, une nationalisation de tous les biens, terres, mines et usines, qui ont été acquis du temps de l’Apartheid. * Comment se présente la situation actuellement dans votre pays ? J’évoque un facteur, le plus déterminant parmi tant d’autres : L’économie sud-africaine, qui a connu un réel boum à la chute de l’Apartheid, n’a plus cette santé d’antan. Les crises économiques mondiales, mais surtout la mondialisation à résonnance libérale à outrance, a pu grignoter petit à petit, les quelques acquis enregistrés. La «justice économique» à savoir permette à tous les sud-africains les mêmes «libertés économiques» n’est guère une «justice» ou une «liberté». Car on peut parler de «concurrence loyale» entre un «athlète» super-entrainé disposant de tous les moyens d’une part, et un «accidenté» que la situation nécessite une multitude d’interventions chirurgicales. * Sur la base de ce constat, la situation sociale, ne serait pas meilleure ? Vous avez raison, tant la situation sociale n’est autre (en partie déterminante) que la projection de la situation économique, l’écart social est plus grand qu’avant. Tant le libéralisme économique, basé sur une concurrence internationale, entre les pays sous-développés, et en l’absence d’une politique sociale réelle et efficace, la situation ne peut s’améliorer. Le pouvoir politique postapartheid, nous pouvait ni instaurer la «justice historique», ni la «justice sociale», car pour accomplir la première, il aurait fallu un «courage historique» ne faisant pas

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L’économie sud-africaine, qui a connu un réel boum à la chute de l’Apartheid, n’a plus cette santé d’antan. partie de l’accord de réconciliation. Pour la seconde, il faillait disposer du courage de faire face aux multinationales surtout. Comment l’Afrique du Sud fait face à la pandémie du Coronavirus ? La pandémie du Coronavirus, reste une grave menace, pour le monde entier. Mais reste que les médias évoquent plus le virus en soi, à savoir la menace potentielle qui pèse sur la tête de tous les humains, que la situation socioéconomique, qui est indirectement touchée, et même gravement dans certains pays. Un confinement total, illimité, et généralisée à travers chaque pays ou même le monde entier, est capable de freiner d’une manière radicale la contagion. Mais reste, au constat des expériences du monde entier, que le coût économique, social, et psychologique, surtout, est plus élevé que le coût en vies humaines. Vous revenez toujours à la situation socioéconomique ? Il serait plus qu’aberrant d’évoquer le terme «confinement» dans les bidonvilles du monde entier, sans oublier les camps des immigrés en Europe. Celui ou celle qui vit la misère au quotidien, et n’a pas eu accès, aux droits les plus élémentaires, ne peut comprendre l’appel de «sauver sa vie», tant cette vie est menacée et surtout, misérable et désolante.


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L’enseignement et le Coronavirus, en Afrique:

Un bœuf amoindri et une charrette vétuste PAR : Nasreddine Ben Hadid

Un dilemme très douloureux :

L’enseignement à distance a déjà fait son chemin depuis une décennie au moins : De la matière pédagogique mise à la disposition des élèves et les étudiants, et même, toute personne curieuse, peut suivre des cours en direct, avec possibilité d’interaction.

Si dans les pays développés, pédagogues et autres responsables du secteur de l’enseignement, posent et se posent des questions quant aux répercussions d’un tel passage : De l’enseignement classique, dispensé dans des classes, à une relation virtuelle, qu’élèves et étudiants, ne peuvent intérioriser en quelques jours, et même en Avec l’avènement du Coronavirus, ce qu’a été un quelques semaines, les pays africains par contre, choix, une option, ou même une mode, est dev- tout en se posant ces mêmes questions, sont traenu une solution, et même une obligation, sur- versés par d’autres soucis. tout avec ces fermetures à répétition des écoles et universités. L’UNICEF, à travers son Directeur régional

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pour l’Afrique orientale et australe, Mohamed M. Malick Fall, considère que «l’impact à long terme de la prolongation de la fermeture des écoles risque de nuire encore plus aux enfants, à leur avenir et à leurs communautés. Lorsque nous pesons le préjudice causé aux enfants tenus éloignés des écoles, et si nous examinons les faits cela nous conduit à ramener les enfants en classe». Faut-il rappeler que l’OMS, l’UNICEF et la Fédération internationale de la Croix-Rouge ont publié des orientations sur la prévention et le contrôle de la Covid-19 dans les écoles. Ces orientations comprennent des recommandations de mesures de distanciation physique telles que l’échelonnement du début et de la fin de la journée scolaire. Le document s’est également penché sur l’annulation des événements scolaires qui occasionnent un rassemblement de personnes, l’espacement des tables lorsque c’est possible, la mise en place d’installations pour le lavage des mains. Les trois organisations ont également préconisé le port de masques, la dissuasion des contacts

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L’UNICEF, considère que «l’impact à long terme de la prolongation de la fermeture des écoles risque de nuire encore plus aux enfants, à leur avenir et à leurs communautés« . physiques non-nécessaires et la garantie que les élèves et les enseignants malades restent à la maison. L’OMS et l’UNICEF recommandent également la mise en place d’une série de mesures d’hygiène et de désinfection pour que les écoles rouvrent et fonctionnent en toute sécurité. Il s’agit notamment du lavage régulier des mains, la désinfection et le nettoyage quotidiens des surfaces, des installations de base pour l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets, ain-


si que le nettoyage et la décontamination de l’environnement.

De la violence tout azimut : Cependant, des millions d’enfants fréquentent des écoles qui manquent d’eau, d’installations sanitaires et de services d’hygiène. En Afrique subsaharienne, seul un quart des écoles disposent de services d’hygiène de base, 44% d’entre elles disposent d’eau potable de base et 47% de services d’assainissement de base, selon un rapport de l’OMS et de l’UNICEF évaluant les progrès en matière d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène dans les écoles entre 2000 et 2019. C’est donc le moment de saisir l’opportunité offerte par une crise, d’investir et d’innover. « Al-

L’OMS et l’UNICEF recommandent la mise en place d’une série de mesures d’hygiène et de désinfection pour que les écoles rouvrent et fonctionnent en toute sécurité.

ors que nous nous efforçons de ramener les enfants à l’école, l’OMS et l’UNICEF ont souligné qu’il existe des solutions rapides au problème du lavage des mains dans les écoles, comme un robinet, un seau et du savon», prônent les deux agences onusiennes. Selon une enquête mondiale du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), les services de prévention de la violence et d’intervention ont été gravement perturbés pendant la pandémie de Covid-19, exposant les enfants à un risque accru de violence, d’exploitation et d’abus sur 136 pays qui ont répondu à cette enquête, 104 pays ont signalé une interruption des services liés à la violence contre les enfants. Environ deux tiers des pays ont signalé qu’au moins un service avait été gravement touché, notamment l’Afrique du Sud, la Malaisie, le Nigéria et le Pakistan. Selon plusieurs agences de l’ONU et leurs partenaires, des millions d’enfants courent un risque accru de subir des préjudices alors que leur vie se déroule de plus en plus sur l’Internet pendant le confinement décidé pour lutter contre la pandémie de Covid-19, ont alerté mercredi.

Une infrastructure vétuste ou absente : Si les questions concernant l’infrastructure

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numérique ne se posent guère dans les pays développés, en Afrique, on peut parler de «fracture numérique». Au Burkina Faso, par exemple, 21% de la population dispose d’une connexion à Internet. Ce pays, de l’avis de tous les experts, ne fait pas figure à part. Qu’en est-il des 79% restants, et surtout de leurs enfants, qui – théoriquement – devraient suivre leurs cours à distance ? Cette fracture numérique vient s’ajouter aux autres problèmes «ancestraux» qui font partie intégrante du paysage éducatif, sauf exception, dans la majorité des pays africains. Toujours au Burkina Faso, il est fréquent de visiter des classes du secteur primaire et secondaire comptant jusqu’à 170 élèves. Au regard des projections démographiques, cette situation va perdurer. Le taux de fécondité est certes en baisse chaque année, mais reste d’un peu moins de 5 enfants par femme, alors qu’aujourd’hui déjà 44 % de la population a moins de 15 ans.

Au Burkina Faso, %21 de la population dispose d’une connexion à Internet. remédier aux lacunes qui gênaient une scolarité pas «normale» du tout. Un combat sur deux fronts et un défi encore plus grand, surtout que les menaces risquent réellement d’emporter tout un système éducatif plus que fragile, et même a tiré la sonnette d’alarme bien avant l’avènement du Covid-19 Quel(s) horizon(s) ? En conclusion, la pandémie n’est autre que la goutte qui a fait déborder le vase. Un défi qui vient s’ajouter à d’autres : Des écoles et universités qui ne disposent guère du minimum requis pour pouvoir dispenser un enseignement qui mérite ce qualificatif.

Néanmoins, le numérique reste une option d’avenir, à condition toutefois d’être partaComment appliquer ladistanciation physique, gé par tous et partout. Il peut répondre à la problématique des personnes déplacées et à savoir observer un mètre entre les élèves ? A la fois, le besoin se fait toujours plus que être un instrument pour offrir un enseignepressent pour dépasser les défis que posent la ment de qualité à une population en croispandémie et les menaces qu’elle présente, que sance rapide.

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La Tunisie 1er pays du Maghreb à fabriquer son propre satellite Par Emna Darwazi La Tunisie a été confrontée à une série de défis économiques et sociopolitiques, mais ceci ne l’a pas empêchée de réaliser des avancées technologiques. La société aérospatiale tunisienne TELNET a annoncé pour la première fois, en 2019, le lancement du premier satellite tunisien dans l’espace, baptisé Challenge ONE. Le géant des télécommunications a conclu un accord avec GK Launch Services, filiale de GlavKosmos qui assurera son lancement via le vaisseau spatial Soyouz-2, avec un engagement à fabriquer et lancer une constellation de 30 satellites d’ici 2023. Le contrat permettant au Challenge One de voler vers l’espace a été signé en avril 2019 et devait avoir lieu le 15 novembre de l’année dernière. Cependant, la pandémie a reporté le

lancement au 20 mars 2021, 65e anniversaire de l’indépendance du pays. Pour des raisons techniques, le décollage a été retardé au lundi 22 mars. Un satellite conçu et développé par des compétences exclusivement tunisiennes Challenge One, fabriqué 100 % localement, est un projet de recherche et d’innovation qui propose une nouvelle approche de la technologie de l’information et de son application pratique. Il est spécialisé dans l’Internet des objets (IoT), qui pourrait être utilisé pour étendre les réseaux de communication, activer à distance

Ce projet fruit de compétences typiquement tunisiennes est une leçon qui démontre qu’en présence de volonté réelle, les Tunisiens peuvent atteindre le ciel. 38

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Lancement par la fusée du ’’2-russe ‘’Soyouz premier satellite tunisien ‘’Challenge ONE’’, à partir du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan


Le président tunisien Kaïs Saïed suit le décollage du satellite, dans les locaux de TelNet

des panneaux solaires ou suivre le mouvement du bétail depuis l’espace. Il a été lancé, le 22 mars 2021, à l’aide d’une fusée russe depuis une base au Kazakhstan. Il s’agit d’un satellite expérimental pesant environ 13 kilos et mesurant 30x10x10 centimètres, contenant plusieurs capteurs de température, d’humidité, de mesure des gaz polluants et des puces de localisation, selon l’entreprise tunisienne d’ingénierie.

La Tunisie est le premier pays du Maghreb et le sixième d’Afrique à fabriquer son propre satellite.

Saied a exprimé sa fierté de l’événement qui reLe PDG de TELNET, Mohamed Frikha, a décrit flète, selon lui, l’aspiration de la Tunisie et des le satellite comme ‘’un service innovant pour la jeunes Tunisien à dépasser les limites de la terre région dans un domaine en pleine expansion’’. et gagner l’espace.’’ Ce projet fruit de compé‘’Dans le monde entier, les pays sont appréciés tences typiquement tunisiennes est une leçon qui pour deux choses: la démocratie et la technolo- démontre qu’en présence de volonté réelle, nous gie. Je pense qu’en Tunisie, nous avons du po- pouvons atteindre le ciel’’, a-t-il souligné. tentiel. J’en suis personnellement convaincu et ce En juin 2020, 11 pays africains (Algérie, Anprojet donnera à juste titre une très bonne image gola, Égypte, Éthiopie, Ghana, Kenya, Maroc, de la Tunisie’’, a-t-il ajouté, annonçant, à cette Nigéria, Rwanda, Afrique du Sud et Soudan) occasion, la mise en place d’une école spéciali- avaient lancé avec succès 41 satellites (38 unisée dans les sciences de l’espace en collabora- latéraux et trois multilatéraux) en orbite, dont tion avec l’Etat. ‘’Nous avons aussi présenté une 29 ont été fabriqués par des sociétés étrangères, proposition au cosmodrome russe de Baikonour tandis que les 12 satellites restants ont été dévelpour envoyer une femme tunisienne à la station oppés localement par des ingénieurs africains. spatiale ISS.’’ Elle sera la première femme arabe Ainsi, la Tunisie devient le premier pays du Maghreb et le sixième d’Afrique à fabriquer son à visiter la station’’, a-t-il révélé. De son côté, le président de la République Kaies propre satellite.

La Tunisie, fière de sa jeunesse…

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L’engagement chez les jeunes d’origine arabe en politique française Paris, de notre correspondant Depuis la première « marche des beurs » en France le 15 octobre 1983, une quarantaine de jeunes immigrés se sont soulevés face aux crimes racistes dans le but d’obtenir justice. Quarante années plus tard, une élite émerge en France, que ce soit en politique ou dans le monde du spectacle, des lettres, des arts etc... De nos jours cette diversité culturelle constitue une véritable richesse pour la France. Cette nouvelle élite doit travailler à ce que la marche de 1983 demeure dans la mémoire nationale. Ainsi, nous pourrons fédérer tous les français pour lutter contre la précarité, les discriminations raciales et l’islamophobie.

Elodie Bouzid:J›ai actuellement 18 ans et suis étudiante en double diplôme de droit et de sciences politiques à Panthéon Sorbonne. Également, je suis très investie en politique malgré mon jeune âge. En effet, en plus d’entreprendre des études dans ce domaine, je suis aussi responsable du groupe local EELV de ma ville, membre du conseil départemental de mon département et candidate cheffe de file EELV dans les Hauts de Seine pour les élections régionales de 2021. Cet investissement politique se ressent aussi dans mes études puisque j’ai monté et dirigé une association politique (EELV Paris 1) au sein de ma faculté.

La Majalla : pourquoi vous avez choisi la politique et pourquoi ce courant précisément ? Elodie Bouzid:C’est à un très jeune âge que Notre héroïne est une fille courageuse, elle j’ai pris conscience de l’enjeu environnemental s’appelle Elodie Bouzid, née en France et y vit qui nous attend. Il y a eu une tournure dans depuis toujours. Son père et sa mère ont vécu ma vie durant mes années de collège, du jour au Liban pendant une période puisqu’ils sont au lendemain je suis devenue végétarienne tous deux originaires de ce pays. De ce fait, elle et me suis particulièrement intéressée à possède la double nationalité Franco-libanaise l’écologie. A cette période, j’avais d’ores et retourne régulièrement au Liban tous les étés. et déjà conscience qu’on ne pouvait plus continuer dans ce modèle de surconsommation La Majalla : tu es trop jeune pour se lancer en qui allait aboutir à la destruction de notre planète. J’ai donc naturellement commencé politique ! tu fais quoi dans la vie ?

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Depuis 38 ans, une quarantaine de jeunes immigrés se sont soulevés face aux crimes racistes dans le but d’obtenir justice en France.

manifestation jeunesse du 16 mars au ministère du Travail à grenelle

permettrait aux générations futures d’avoir un avenir. Cependant, j’avais conscience que pour être légitime et entendue, je devais m’améliorer dans mon discours pour être perçue comme une personne réfléchie, une personne dont la voix méritait d’être écoutée. C’est donc pour cela que j’ai entrepris des études de droit ainsi que des études de sciences politiques; pour avoir en à réfléchir aux questions environnementales ma possession des arguments qui me permettent et à appliquer mes convictions dans ma vie d’être écoutée malgré mon âge. A EELV, les personnelle. Plus tard, lorsque je suis rentrée politiciens s’intéressent tout particulièrement au lycée, j’ai réalisé que mes efforts personnels aux jeunes et nous écoutent. Ils m’ont reçue n’étaient pas et ne seraient jamais suffisants. sans juger mon âge et aujourd’hui me placent à J’étais révoltée, inquiète et en colère vis à vis une position de responsabilités. de nos gouvernants qui ne proposaient pas de solutions viables pour l’avenir. Motivée par En tant origine libanais, cela facilite le travail cette colère, j’ai commencé à participer à de ou le contraire? nombreuses manifestations et à m’intéresser - Ma double culture est incontestablement tout particulièrement à la politique. L’inaction une richesse. Je suis très renseignée sur les climatique est une aberration face à laquelle je politiques du Moyen Orient ce qui n’est pas le ne pouvais pas me taire. Je faisais partie de ces cas de tout le monde ici. Dans mon parti, les jeunes indignés qui voulaient tout simplement personnes sont très ouvertes d’esprit et n’ont pas se faire entendre. Malheureusement, j’ai aussi d’aprioris sur les origines des uns et des autres compris que les gouvernants n’allaient pas bien au contraire. Je travaille au quotidien avec écouter des adolescents simplement car nous des personnes très riches intellectuellement manifestions. Dès lors, je me suis engagée en et dont certains ont eux même des origines. politique et j’ai pris ma carte d’adhérente au De ce fait, je n’ai jamais subi de racisme et parti EELV. La politique se présentait pour moi toutes les personnes que j’ai rencontré m’ont comme le seul moyen de me faire entendre, de toujours considéré comme française au même faire entendre la voix de cette jeunesse ignorée titre que celles et ceux qui n’ont pas de double et mise de côté. Si j’ai choisi EELV c’est car nationalité. Mes origines sont souvent perçues il s’agit selon moi de l’unique parti capable une richesse, un plus qui me distingue. d’apporter un véritable changement. Or, nous avons drastiquement besoin de ce changement Comment voyez-vous la loi sur les séparatistes de système. L’enjeu de demain qui me - Ce projet de loi est tout simplement honteux. semblait lointain s’est transformé en un enjeu Je pense que nos parlementaires n’ont pas bien d’aujourd’hui, un enjeu immédiat et primordial. compris la notion de laïcité. La France est un Je voulais être actrice de ce changement, pays merveilleux qui a comme principe de participer à la création d’un nouveau système qui respecter la liberté de culte, c’est cela la laïcité

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: la possibilité de laisser chacun pratiquer librement son culte. C’est pourquoi ce projet de loi est à mon sens une atteinte à nos principes et nos valeurs. La laïcité ne sous-entend pas une neutralité complète qui interdirait à tout en chacun de pratiquer sa religion librement. En France, nous avons l’immense chance d’avoir une population très hétérogène aux cultes et cultures différentes. Pratiquer un culte c’est une partie intégrante d’une culture, c’est ce qui fait la richesse de ce pays. Je pense que ce projet de loi ne ferait qu’empirer le séparatisme, en effet, avec ce projet de loi, on catalogue l’islam comme un culte dangereux. C’est très grave puisqu’à cause d’une telle loi, des milliers de

Une élite émerge en France, que ce soit en politique ou dans le monde du spectacle, des lettres et des arts.

Français vont intégrer en eux cette crainte de l’islam. Or nous savons que la crainte peut se transformer en haine et la haine pousse les hommes à faire des choses odieuses. Quel serait votre programme ? - En tant qu’élue, je mettrais la jeunesse au cœur des débats. Selon moi, nous devons prioriser l’éducation, la culture et mieux vivre ensemble. Également, je pense que cette crise nous a prouvé que la santé est ce que nous avons de plus précieux. Avec mes collègues, notre programme inclut un plan de santé globale pour mieux prévenir et anticiper les prochaines épidémies. Concernant les transports, nous voulons favoriser les transports en communs et le vélo, dont l’emprunte carbone est significativement inférieure aux voitures. Nous souhaitons investir dans le logement pour proposer aux plus précaires des logements viables à un prix abordable. De même, nous comptons apporter 200.000 emplois grâce à la transition énergétique. Ces emplois permettront de lutter activement contre le chômage tout en nous permettant de débarrasser l’île de France

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mars, place de la Republique, rassemblement féministe pour la journée internationale des femmes


préfecture de cergy pontoise, rassemblement pour la préservation des terres agricoles de Gonesse

D’un côté, être jeune me permet d’avoir une vision différente de mes pairs sur de nombreux Est ce qu›il a une élite arabe comme vous en sujets. En effet, je comprends mieux les thématiques qui touchent la jeunesse puisque France capable de participer activement ? - Je n’apprécie pas le terme d’élite car il je les vis moi-même. Par exemple, plus que de suppose qu’il existerait une tranche de la constater la crise étudiante que vit notre pays, société supérieure à une autre. Je pense je la ressens. De ce fait, je peux véritablement que tous les citoyens peuvent participer apporter quelque chose au débat puisque mes activement s’ils en ont la détermination et expériences sont sensiblement différentes. l’envie. La politique est un travail très prenant Cependant, être jeunes comme je le disais a et ce n’est pas facile à concilier avec une aussi de mauvais côtés. Il arrive à certains de activité annexe comme des études. Je dirais ne pas me prendre au sérieux parce que je serais donc que la politique est réservée à des vraissemblablement trop jeune pour donner personnes extrêmement motivées qui sont un avis sur des sujets politiques. La politique prêtes à consacrer la majeure partie de leur est encore regardée aujourd’hui comme un temps à cette activité. Cependant, il est vrai domaine réservé aux hommes cinquantenaires que les populations immigrées sont moins uniquement. Toutefois, nous avons pu constater représentées en politique. Sociologiquement en France comme dans d’autres pays que ces parlant, cela est du à de nombreux facteurs hommes âgés ne prennent pas toujours si ce n’est comme un non intérêt à la politique française rarement, les bonnes décisions. A mon sens la politique est une affaire de représentativité. Des ou encore des moyens financiers inférieurs. lors, si nous sommes une démocratie, il faut que Avoir 18 ans en politique vous est-il favorable l’intégralité du peuple soit représentée dans nos assemblée et donc les jeunes doivent aussi y ou au contraire ? - Mon âge a de bons comme de mauvais côtés. siéger. de toute énergie fossile.

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Comment les mauvaises habitudes sanitaires du partenaire affectent le cœur d›une femme ?

Rapport sur la santé des femmes de Harvard Par «La Majalla» On dit que plus un couple marié vit ensemble longtemps, plus la similitude entre les deux partenaires est grande. De même, il semble que cette similitude ne se limite pas à des critères superficiels. Une étude publiée dans le «Journal of the American Medical Association» (JAMA), le 26 octobre 2020, révèle que la ressemblance touche encore le comportement des conjoints en bonne santé et les facteurs de risque des maladies cardiaques, à la fois en positif qu’en négatif. «Sur la base de nos expériences personnelles, nous savons que les couples partagent des comportements similaires qui peuvent affecter leur santé, mais ce qui est surprenant, ce sont les taux élevés de partage de comportements malsains entre conjoints», déclare Doy Schiffman, chercheur principal à Quest Diagnostics, spécialisée dans les tests médicaux. L›étude susmentionnée a révélé que près de %80 des couples se classent dans la catégorie non-idéale pour la santé cardiovasculaire. «Ce pourcentage élevé est en grande partie dû au fait que les deux conjoints partagent un régime alimentaire malsain, et une pratique insuffisante des exercices», explique Schiffman. Les femmes excluent souvent l’idée d’être atteintes de maladies cardiaques. Dans ce contexte, Dr Samia Mora, cardiologue à l›hôpital Brigham de l›Université de Harvard, et membre de l›équipe de chercheurs participant à l›étude, considère que «de nombreuses femmes ont peur du cancer, mais les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux sont plus meurtriers

pour les femmes, que le cancer du sein, ou le cancer en général». Et c’est pour cette raison que les résultats de la nouvelle étude méritent plus d›attention.

Le partage des risques Sur la base d’une évaluation de santé menée par «Quest Diagnostics», et a concerné 5.364 couples, entre octobre 2014 et décembre 2018, les chercheurs ont évalué le degré d’adhésion des participants aux sept lignes directrices de «l›American Heart Association», en usage pour la mesure des facteurs de risque des maladies cardiaques. L’étude a mis l’accent sur les sept catégories suivantes: < Le tabac. < L’indice de masse corporelle. < Le régime alimentaire. < La fréquence de la pratique sportive. < La moyenne du niveau du cholestérol < La moyenne de la tension artérielle < Test matinal du glucose, avant de manger Sur la base des résultats des tests de laboratoire, des examens physiques, et des réponses fournies par les participants, à un questionnaire de santé, les chercheurs ont noté chaque participant dans chaque catégorie : Mauvais (zéro), moyen (1) ou idéal (2), puis additionné ces scores pour attribuer aux participants une évaluation générale de leur santé cardiovasculaire. Dans la plupart des cas, les couples ont obtenu le même résultat dans la même catégorie, qu›il soit mauvais ou parfait, mais le pourcentage de correspondance était

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différent. Par exemple, l›étude a révélé que le taux de correspondance entre les couples dans les conditions mauvaises et idéales était de %53 dans la catégorie cholestérol, alors qu›il était de %95 dans le groupe du régime alimentaire. Autres résultats de l›étude Les chercheurs ont également constaté que %50 des couples étaient tous deux en surpoids. Dans %53 des cas, il a été constaté que les deux conjoints ne faisaient pas assez d›exercices. Dans l›ensemble, %79 des couples ont obtenu un résultat malsain dans la catégorie «santé cardiaque», indiquant un risque plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire à l›avenir. Une énergie positive encourageant le changement Cependant, les résultats de l›étude ne sont pas tous mauvais, car ils ont également montré que les personnes qui ont reçu une note «idéale», dans différentes catégories, augmentent les chances de leurs partenaires d›obtenir le même classement. Le changement indique que l›un des conjoints peut être en mesure d’influencer l›autre positivement. Shiffman considère : «Notre étude suggère que les comportements de l›un des époux peuvent affecter l›autre». Chose qui signifie qu›une femme doit être consciente de l›effet du comportement de son mari sur sa santé, et en même temps elle doit s›encourager à changer de comportement, d›autant plus que l’effort

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De nombreuses femmes craignent le cancer, mais il s’est avéré que les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux sont plus meurtriers. peut contribuer à améliorer le comportement du mari. Schiffman souligne que cette étude envoie un message important aux médecins, en plus des leçons dispensées aux femmes. «Cette étude montre que les médecins devraient tenir compte de l›unité familiale lorsqu›ils évaluent la santé de leurs patients», ajoute-t-il. Le système de santé actuel se concentre fortement sur l›individu, ce qui rend difficile la résolution des problèmes de santé sur la base de l›unité familiale, bien que des études antérieures aient montré que le réseau social en général et l›association avec un partenaire intime en particulier, contribuent à soutenir et à faciliter tous les changements de comportement positifs. D›autres études sont nécessaires pour déterminer la


meilleure façon d›exploiter cette dynamique conjugale pour aider les couples à améliorer leur santé. Pour sa part, Dr Mora avance que les changements de comportement sont difficiles à réaliser, et constituent toujours le principal défi auquel est confrontée la prévention des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux même cette année, soulignant la nécessité d›examiner si les résultats des études futures qui conduisent à des interventions préventives pour les conjoints ou les familles, offrent un meilleur résultat, que le fait de compter sur des programmes individuels. La cardiologue a ajouté que ces résultats fournissent aux

Une femme doit être consciente de l›impact du comportement de son mari sur sa santé, et en même temps, elle doit s›encourager à changer de comportement, d›autant plus que cet effort peut contribuer à améliorer le comportement de son mari.

femmes une motivation supplémentaire pour apporter un changement positif à leur vie. Mora note également que «le fait savoir que notre comportement et nos choix affectent les gens autour de nous, peut nous rendre plus conscients et désireux d›améliorer notre santé, surtout lorsque nous réalisons que cette amélioration peut contribuer à améliorer la santé des personnes qui nous tiennent à cœur».

Stratégies pour améliorer la santé cardiaque Opérer des changements dans nos habitudes sanitaires n›est pas chose facile. Souvent, les gens ont du mal à établir le point de départ de cette voie. Le guide en sept étapes de «l›American Heart Association» constitue un bon début, mais la meilleure stratégie consiste à fixer des objectifs réalistes adaptés à chaque personne, à les atteindre, et à fixer d›autres objectifs ensuite. Ci-dessous, une liste des sept domaines sur lesquels l›association suggère de se concentrer, ainsi que quelques conseils qui vous aideront à avancer : 1. Améliorer le régime alimentaire: Vous devez avoir une alimentation riche en légumes, fruits, grains complets, légumineuses, fruits secs, protéines végétales, viandes maigres et poissons. Et éviter les aliments transformés, la viande rouge, les sucres, l›excès de sodium, ainsi que les céréales traitées. 2. Perte de poids: Contrôler la prise alimentaire, augmenter l›activité physique, et améliorer l›alimentation. 3. Améliorer l›activité: Au moins 150 minutes d›exercice

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d’aérobie modéré par semaine, ou 75 minutes d›activité vigoureuse, en plus d›un entraînement de poids ou de résistance, doivent être effectuées au moins deux fois par semaine. 4. Contrôle du cholestérol: Augmentez l›activité physique et remplacez les graisses saturées malsaines comme le beurre par des graisses insaturées comme l›huile d›olive. (Petite astuce: les graisses saturées sont solides à température ambiante.) 5. Contrôle de la pression artérielle: Maintenir le poids dans la fourchette normale, arrêter de fumer, et dormir suffisamment la nuit. 6. Arrêter le tabac traditionnel et électronique : Élaborer un plan pour vous aider à le faire. Vous pouvez demander de l›aide à votre médecin. En plus de promouvoir l›activité physique, d›adopter des méthodes saines pour contrôler le stress, et des stratégies qui aident à faire face à l›envie de fumer. 7. Réduire la glycémie: Consommer des aliments sains, augmenter l›activité physique et maintenir un poids santé. Reconnaître les risques des maladies cardiaques Cette étude incite les femmes à renoncer aux comportements malsains, et à accorder plus d›attention à leur santé, d›autant plus que le passage à ces habitudes est souvent graduel et inaperçu. Enfin, Schiffman déclare : «Cette étude constitue un signal d’alarme pour les femmes les plus âgées, qui ont vécu dans de longues relations conjugales dominées par des habitudes établies, et des routines nocives, telles que la

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79% des couples ont obtenu un résultat malsain dans la catégorie «santé cardiaque», indiquant un risque plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire à l’avenir cuisine malsaine et le manque d›exercice. C›est pourquoi les femmes devraient réévaluer les comportements susceptibles d›affecter la santé cardiaque. » Mora note que cette étude s›est concentrée sur les femmes d›âge moyen, alors que les effets sur les femmes plus âgées sont souvent plus évidents, étant donné qu›elles courent un plus grand risque d›accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque à mesure qu›elles vieillissent, soulignant que ce risque augmente si la femme souffre d’un autre facteur de maladie cardiaque. Mora a conclu que subir cette évaluation aidera les femmes à déterminer la meilleure façon d›adhérer à des comportements exemplaires et d›abandonner ceux qui sont nuisibles.


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Au temps du Coronavirus, l’écotourisme, une alternative à valoriser en Tunisie Par Emna Darwazi Avec la fermeture des frontières et les mesures restrictives drastiques, de nombreuses personnes se trouvent privées de voyages. En Tunisie, le secteur touristique a été durement touché par la crise sanitaire. La plupart des réservations ont été reportées. On a enregistré une baisse d’arrivées aux frontières d’environ 75 % durant les 9 premiers mois de 2020. Les recettes ont chuté d’environ 60 % et les nuitées globales d’environ 80 %. Cette chute de la demande touristique étant liée à l’interdiction de circuler. En effet, l’arrivée de la pandémie a contraint plusieurs pays à opter pour le tourisme rural et intérieur. La Tunisie, est un pays méditerranéen naturellement riche avec ses mers, ses forêts, ses sites archéologiques et ses réserves naturelles, qui accorde plus de valeur, aujourd’hui, au tourisme écologique. Le gouvernement tunisien soutient la promotion du tourisme rural À l’occasion de la journée mondiale du tourisme célébrée le 27 septembre, le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, a annoncé le 26 septembre ‘’Journée nationale du tourisme rural’’ et ce, dans le but de promouvoir le tourisme rural

et son rôle dans les régions intérieures du pays. ‘’Le tourisme classique constitue l’épine dorsale du secteur touristique en Tunisie mais nous voulons renforcer l’investissement dans le tourisme alternatif ou le tourisme complémentaire, un tourisme qui vient s’ajouter à l’offre classique du produit touristique. Ce tourisme a un potentiel extraordinaire pour les régions comme le gouvernorat de Jendouba, où les ressources naturelles sont riches et attirent de nombreux touristes’’, a, ainsi, souligné Hichem Mechichi. Une visite de travail a été organisée, les 26 et 27 septembre, par le chef du gouvernement Hichem Mechichi et le ministre du Tourisme Habib Ammar pour suivre les projets dans le cadre du tourisme alternatif. En effet, ces projets ne dépendent pas exclusivement de la mer ou de la saison estivale, mais ils dynamisent ces régions et créent des opportunités d’emploi. Tabarka et Ain Draham, un patrimoine naturel et culturel particulièrement riche La région du Nord-Ouest compte 24 unités d’hébergement d’une capacité totale de 4307 lits, 9 restaurants classés, 11 agences de voyages, un

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Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, proclame le 26 septembre ‘’Journée nationale du tourisme rural’’

terrain de Golfe qui s’étend sur 110 hectares, soit le plus fascinant dans le pays et qui est conforme aux standards internationaux, a indiqué le directeur régional du tourisme de Tabarka et Ain Draham, Aissa Marouani. Par ailleurs, pas loin de Ain Drahem, trois aires protégées en Tunisie, le Parc National de l’Ickheul, le Parc National de Boukornine et l’île Chikly, ont été les principales actions pilotes développées dans le cadre du projet Expérience méditerranéenne de l›écotourisme (MEET), grâce à la convention de partenariat entre la Direction générale de la forêt de Tunisie et le Centre de coopération pour la Méditerranée de l›UICN. Le projet a permis la mise en œuvre de différentes actions telles que l›élaboration d›une stratégie intégrée d›écotourisme ainsi que deux éco-circuits, et l›amélioration de leurs installations pour les touristes.

En Tunisie, le secteur touristique a été durement touché par la crise sanitaire. où l›écotourisme favorise le développement régional et la mise en œuvre de plusieurs activités au profit des jeunes tunisiens. Le projet participatif a pour vocation de renforcer les liens entre les jeunes. Il s’agit d’un projet fondé sur le transfert des savoir-faire durables et le partage des cultures dans un lieu en harmonie avec son environnement qui favorise le bien-être.

Un projet participatif… Terre d›Oasis a pour objectif d’appuyer les associations en leur proposant un espace de formation et leur permettant de développer Terre d›Oasis, un écovillage touristique pour leurs propres activités. Le projet a été lancé encourager les jeunes avec deux chambres d›hôtes seulement et Terre d›Oasis est une initiative écologique aujourd›hui, il est devenu un village qui qui a vu le jour en île de Djerba en Tunisie,

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accueille les écoliers, les associations et les touristes locaux et étrangers… Donner de l›espoir en formant les jeunes, booster l›estime de soi par la méditation, créer de nouvelles sources de revenus durables, atteindre l›autonomie alimentaire sont quelques objectifs que Terre d›Oasis s›est fixée. L›écolodge, situé dans le village de M›Garsa est un lieu qui regroupe les différentes activités de l›association. Il y a un gîte communautaire, des hébergements insolites dans les arbres, des chambres d›hôtes, des jardins potagers, un

Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, proclame le 26 septembre ‘’Journée nationale du tourisme rural’’.

verger, des salles de réunion, une bibliothèque et un théâtre en plein air… Il convient de noter aussi que les bâtiments sont construits avec des matériaux locaux et équipés de panneaux solaires. Les membres de l›association accordent une attention particulière à la consommation d›eau. En effet, en raison du tourisme de masse sur l›île, un touriste moyen à Djerba consomme entre 400 à 800 litres d›eau par jour alors que seulement 10 litres d›eau par personne et par jour sont livrés au village de Mgarsa. Une action de solidarité Les activités sont dédiées principalement aux jeunes tunisiens et centrées sur l›éducation environnementale: - Comprendre l›agro-écologie, la permaculture et les jardins nourriciers à l›aide de semences adaptées à la sécheresse et à la salinité des sols de Djerba. - Expérimentez avec des jeunes dans des jardins verticaux hors sol… -Transmettre un savoir-faire sur

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Terre d’Oasis, écovillage alternaatif à Djerba.


Terre d›Oasis, Djerba.

l›autoconstruction avec des éléments naturels locaux: terre, paille, algues, bois de palmier, insistant également sur l›autonomie énergétique… - Organiser des voyages de classe: cours verts,

Le tourisme alternatif a un potentiel extraordinaire pour les régions intérieures, où les ressources naturelles sont riches et attirent de nombreux touristes. cours d’excusions pour sensibiliser les plus jeunes au développement durable… Le tourisme, un moyen de financement de Terre d›Oasis Terre d›Oasis est financée principalement grâce aux revenus du tourisme. Le projet propose des séjours écologiques dans un endroit paisible et vert, ainsi que des repas locaux pour les touristes de Djerba, et accueille des manifestations artistiques du monde entier. Cet écovillage promeut le tourisme en tant que moyen de partage et de développement humain et culturel.

Terre d›Oasis, Djerba.

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Livre américain: L’expert chimiste syrien, agent de la CIA Par Mohammad Ali Saleh

C’est le sujet de ce livre. L’auteur du livre est Joby Warrick, un reporter chevWashington: En 2012, après le déclenchement du ronné du Washington Post. Il s’est spécialisé dans le «Printemps arabe» en Tunisie et dans d’autres pays, les Moyen-Orient, et en 2015, il a publié un livre: Les dramanifestations d’opposition ont regagné la Syrie. Ce- peaux noirs, naissance de Daech. Il a reçu le prix Pupendant, le gouvernement du président Bachar al-Assad litzer du meilleur livre non romancier de cette année. a confronté avec une main de fer les manifestations qui Le héros de ce livre est Ayman, un expert syrien en se sont quand même développées et avec eux la force armes chimiques et espion de la CIA. Le livre n’a pas s’est élargie et la Syrie est entrée dans une guerre civile utilisé son vrai nom, craignant pour sa famille et ses collègues de l’oppression du gouvernement du présiqui perdure jusqu’à présent. Cette année-là, des informations sont parvenues à la dent Al-Assad. Son vrai nom n’était connu que des présidence de la Central Intelligence Agency (CIA) hauts responsables de la CIA. Les autres l’appelaient selon lesquelles Al-Assad pourrait utiliser ses armes “le chimiste”. chimiques contre son propre peuple. Quelque temps Le livre raconte qu’Ayman « était un scientifique intelaprès, le président Barack Obama a lancé son fameux ligent. Il était bien placé pour être un espion. Il avait avertissement à propos de la «ligne rouge» : si Assad uti- des atouts que beaucoup de ses collègues n’en dispolise des armes chimiques contre son peuple, les forces saient pas: il a étudié aux États-Unis. Il a été autorisé américaines entreront (comme elles sont intervenues en à voyager à l’étranger pour assister à des conférences Irak il y a dix ans, pour protéger les Irakiens de leur scientifiques. Il n’a pas été sous surveillance lorsque des étrangers ont visité Damas et l’ont rencontré. Le président, Saddam Hussein). Cependant, Assad a osé frapper la banlieue de “Ghou- livre ajoute: «Quand il parle anglais, il le parle avec un ta” (campagne de Damas) avec le gaz mortel “sarin”. Et accent américain. Ce qui a été bien apprécié de ceux qui l’ont rencontré, occidentaux et orientaux. Surtout quand ce qui suit s’est produit: Premièrement, le président Obama avait peur de il leur parle de hamburgers, de filles à moitié nues sur les plages, de programmes scolaires et des scouts dont s’impliquer dans une autre guerre au Moyen-Orient. Deuxièmement, la Russie est intervenue, promettant il était membre». de servir de médiateur avec al-Assad pour éliminer ses Selon le livre, son premier contact américain secret a commencé lorsqu’il s’est rendu en Europe pour assister armes chimiques. À l’époque, la CIA obtenait des informations en détails à une conférence internationale sur les produits chimsur les armes chimiques au moyen d’un espion ... qui iques. Et c’est lui qui a pris l’initiative de murmurer à était l’un des plus importants experts syriens en chimie. un scientifique américain qui assistait à la conférence

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Le président Obama avait peur de s’enliser dans une autre guerre au Moyen-Orient, alors que la Russie est intervenue et a promis de jouer un rôle de médiateur avec Assad pour se débarrasser de ses armes chimiques.

qu’il était prêt à «coopérer». C’est ainsi, que la proposition a pris son chemin au Département d’État américain, puis à la CIA. Quelques mois plus tard, les Américains ont vérifié sa personnalité, ses antécédents et sa sincérité, et un soir, après avoir terminé une conférence dans le département de chimie de l’Université de Damas, un jeune Américain, dans la vingtaine, l’a approché et lui a dit: Je suis un «officier politique» (officier politique dans la section des intérêts américains. (Cela signifie généralement que la personne est un diplomate secret travaillant pour la CIA.) Ayman a répondu: “Je vous attendais.” L’auteur du livre, spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient, en particulier le renseignement, a déclaré qu’il avait recueilli des informations sur Ayman auprès de responsables actuels et anciens de la CIA. On pense que l’un d’eux était ce jeune homme. Mais aussi d’un autre «chimiste syrien, qui était un collègue, Ayman, mais qui s’est ensuite enfui en Occident». Mais le livre ne mentionne pas son nom. Le jeune Américain avait reçu beaucoup d’informations sur Ayman et il s’attendait à ce qu’Ayman lui raconte ses années passées en Amérique, ainsi que les hamburg-

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ers et les filles à moitié nues sur les plages, les écoles et les équipes de scouts. Et c’est ce qui est arrivé. Et l’Américain s’attendait à ce qu’Ayman l’invite dans son modeste appartement, au centre de Damas, comme une sorte d’hospitalité arabe. Et c’est ce qui s’est passé. Cependant, l’Américain a été surpris qu’Ayman soit marié à deux femmes. Mais, il n’a pas ressenti une gêné chez Ayman. Celui-ci ironisait que l’une est une «bonne cuisinière» et l’autre une «bonne secrétaire». C’est une indication que la première était proche à son cœur et la seconde était sa secrétaire. Lors d’autres visites à l’appartement, le jeune américain a remarqué que les deux épouses se disputent toujours mais qu’elles s’accordaient sur un point : “celui de haïr leur mari ... Ayman voulait une vie douce, mais il a trouvé une vie amère.” En effet, Ayman a conseillé à l’Américain: «Méfiez-vous d’épouser plus d’une femme», comme si l’Américain le voulait. Lors de sa première visite à l’appartement, l’Américain a déclaré que les deux épouses leur avaient servi une excellente nourriture et une boisson. Après avoir servi le café, elles se sont retirées. Et “le moment est venu de parler du sujet important”: l’espionnage pour la “CIA”. Contrairement à ce que l’Américain attendaient, Ayman a prononcé un discours patriotique enthousiaste sur les Arabes, l’arabisme, le colonialisme, le capitalisme, l’impérialisme et le sionisme et de la détermination des Arabes à «jeter les sionistes à la mer». D’après ce qu’il a dit: «Si les impérialistes et les colonialistes nous attaquent, ils feront face à un épais brouillard de gaz toxique, qui les laissera des cadavres sans vie. Quant à ceux qui survivront, ils verront les missiles syriens chargés de gaz toxiques se diriger au sud vers les Juifs, pour les transformer également en cadavres sans vie. Ayman s’est ensuite tourné vers l’Américain et lui a dit:


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“Parlez à vos patrons à Washington pour qu’ils avertissent leurs amis juifs.” Les patrons de la CIA n’ont pas été surpris par ce qu’a dit Ayman. Mais ils voulaient s’assurer qu’il ne parlait pas seulement, mais qu’il savait de quoi il parlait. Et ils ont demandé à leur agent délégué de demander à Ayman de quels types de produits chimiques toxiques il était fier. Il ne s’est passé beaucoup de temps quant à l’approche de Noël, Ayman a déclaré à l’Américain: «Vous êtes chrétiens, vous célébrez Noël et échangez des cadeaux. Ceci est un cadeau de ma part à vous ». Il lui a donné un colis. Et l’Américain a compris qu’il y avait des produits chimiques mortels dans le colis (preuve qu’Ayman savait de quoi il parlait). Rapidement, il a informé ses supérieurs à Washington. Ils ont déclaré l’état d’urgence et un espion est aussitôt débarqué à l’appartement de l’Américain et a ramené le colis en avion privé à Washington où il a subi un examen approfondi qui a démontré qu’Ayman savait ce qu’il disait. Ce fut un tournant dans leur relation avec Ayman, qui durera 14 ans: il leur fournissait régulièrement des informations classifiées. Et ils lui ont offert des récompenses attrayantes. Et au lieu d’un appartement modeste au cœur de Damas, il a acheté deux maisons en banlieue, une pour chaque femme. Il leur a fait plaisir avec des cadeaux luxueux, des visites dans les pays européens, et a mis à leur service des bonnes et des serviteurs. Quatorze ans se sont écoulés, avant qu’Ayman ne souffle sa cinquantième bougie. Ses cheveux sont devenus gris et sa réputation comme l’un des plus importants ex-

Le héros de ce livre est Ayman, un expert syrien en armes chimiques et espion de la CIA. Seuls les hauts responsables de la CIA connaissent son vrai nom ... et les autres l’ont nommé «le chimiste».

perts en armes chimiques en Syrie a augmenté. Son département a doublé tout comme le nombre de ses subordonnés. Il a rencontré le président Bashar al-Assad plus d’une fois et a remporté des prix, des médailles et des consécrations de l’État. Puis, un matin, une division militaire débarque dans son bureau, l’arrête et le transfère à la prison «Adra», à la périphérie de Damas (selon les ordres d’Asif Shawkat, directeur du renseignement militaire et gendre du président al-Assad). Malheureusement pour lui, Ayman ne savait pas que la raison de l’arrestation était des accusations de pots-de-

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vin et de corruption, lors de ses visites à l’étranger et de la conclusion des contrats avec des sociétés étrangères et syriennes. Il croyait qu’on avait découvert qu’il était un espion de la CIA. Et aussitôt, il a tout avoué spontanément. Shawkat était surpris, les hauts responsables syriens ont été étonnés et ses collègues ébranlés. En fait, Ayman avait réussi à cacher son jeu pendant 14 ans. Mais il pensait que cela ne fonctionnait plus, et qu’il a été découvert. C’est ainsi qu’une grande calamité s’est abattue sur lui. Tôt un matin d’avril, les gardiens de la prison militaire

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ont réveillé Ayman, lui ont bandé les yeux, l’ont conduit dans la cour de la prison, l’ont attaché à un pilier et l’ont abattu. Le livre: “Lignes rouges “ (Red Line: Secrets of the Race between Syria and America over Chemical Weapons) Auteur: Joby Warrick Éditeur: Double Day, New York Pages: 368 Prix: Papier $30 - Courrier $15


Un magazine politique Mensuel

Issue 1808 - Avril 01/04/2021

Samira Fadhli ... première femme voilée, porte-parole de la Maison Blanche

www.majalla.com


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L’art entre censure et anticonformisme…

Interview avec le réalisateur tunisien Mahmoud Jemni Par Emna Darwazi La Tunisie post-révolutionnaire a choisi de faire de la culture, le pivot de développement humain et social, malgré les innombrables défis auxquels elle fait face. En effet, la liberté d’expression demeure l’un des acquis les plus précieux de la Tunisie depuis 2011 et pourtant quelques artistes se heurtent encore à la censure. Dans une interview accordée à ‘’La Majalla’’, le réalisateur, scénariste, critique de cinéma tunisien et auteur du livre Quarante ans de cinéma tunisien : regards croisés, Mahmoud Jemni, revient sur la scène culturelle en Tunisie avant et après la révolution du 14 janvier. Au cœur de cette interview, son documentaire ‘’Coloquinte’’ qui explore le passé douloureux des victimes de la torture, ainsi que la dimension contestataire dans la production artistique en Tunisie.

Esthétique, réflexion et citoyenneté, ma vision du Septième Art se base sur ces trois concepts. On fait des films pour les gens qu’on aime, pour pouvoir les toucher et capter leur intérêt, on doit valoriser l’esthétique. Le Beau passe de la rétine au cerveau et ainsi il assure et déclenche la réflexion, la critique et le point de vue personnel. Le cinéma donne à voir et à réfléchir. Cette double fonction est primordiale, sinon on tombe dans un cinéma séduisant mais aliénant, voire abrutissant. Ce type de cinéma ne contribuera guère à la notion de citoyenneté. Principe de taille pour la Liberté.

Qu›est-ce qui vous a donné envie de faire du cinéma (un film, un acteur, un lieu, une anecdote, peut-être...) ? Plutôt le hasard, pour ne pas dire l’anecdote : un soir (juillet 1971) j’ai été interpellé par une bande de jeunes me demandant la route menant à la plage. Quand j’ai compris qu’ils étaient venus pour tourner un film dans la région et j’ai proposé mes services, malgré mes connaissances rudimentaires en la matière. Alain m’a donné un rendez-vous le lendemain à 11 h à l’hôtel pour me présenter à son père. Arrivé à l’heure, dès le premier contact avec René Vautier, réalisateur du film, j’ai demandé la possibilité d’avoir une copie du scénario. Faute de document, René m’a raconté son film. Après le déjeuner, nous sommes partis pour le repérage. Mes choix des lieux de tournage coïncidaient avec les désirs de Vautier. J’ai été immédiatement recruté en tant que deuxième assistant. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu droit à une chambre personnelle dans un hôtel. Depuis ce mois de juillet 1971, je suis devenu le fils adoptif de René Vautier, de qui je revendique ma filiation. J’ai été son assistant sur 2 longs-métrages et deux courts-métrages.

Affiche de ‘’Coloquinte’’, (Documentaire), 2012

Les trois mots qui définissent votre vision du cinéma. Pourquoi ?

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Esthétique, réflexion et citoyenneté, ma vision du Septième Art se base sur ces trois concepts.

Le réalisateur tunisien Mahmoud Jemni.

Avec votre film ‘’Warda’’ (2014), vous avez remporté le Grand Prix du Nil pour le meilleur court-métrage documentaire. Quel était votre sentiment à l’annonce de votre sélection ? Joie et fierté étaient de mise, d’autant que je n’avais jamais espéré ou même pensé obtenir une telle consécration tant la concurrence était rude. Selon Amnesty International, les violences illégitimes de la part des forces de l’ordre ont augmenté et ce, dans le monde entier. Face à ce phénomène grandissant, la société civile, les activistes et les ONG se sont mobilisés contre les violences policières. Vous avez réagi à votre manière en tant qu’artiste. Que représentent les droits humains pour vous, en tant qu’artiste et écrivain ? Les violences des policiers sont devenues monnaie courante, surtout ces dernières semaines. Le citoyen tunisien, les militants pour les Droits de l’Homme et les observateurs internationaux constatent cette déviance. Le peuple tunisien a fait sa révolution pour avoir ses droits à la santé, au travail, à l’éducation, à la culture et à la dignité. Le slogan « ‫» شغل حرية كرامة وطنية‬, entonné dans toutes les contrées de la Tunisie, a fait tomber le régime. Cette devise demeure valable. Elle dérange le système actuel, qui a actionné son appareil policier. Le peuple, et en l’occurrence les jeunes et la société civile, n’ont pas baissé les bras. Outre mon indignation, j’ai voulu m’engager à ma manière en présentant « Coloquinte ». Hélas, la projection a été annulée comme le l’ai mentionné plus haut. J’ai la pure conviction que le droit à l’expression est aussi important que de manger et de travailler. J’en appelle à la société civile et au gouvernement de mon pays afin d’accorder plus d’importance à la culture en augmentant le budget du ministère de tutelle et enfin avoir une politique culturelle progressiste et visionnaire. Dans quel contexte est né votre ‘’Coloquinte’’ ? L’idée initiale de « Coloquinte » est née en 1983 à Paris : mon beau-

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frère, opposant de l’époque, a été condamné par contumace et s’est réfugié en France. Il a été approché par un ancien chef de la police politique. L’État tunisien, pour remercier ce dernier de ses louables services, l’a nommé représentant de la Tunisie auprès d’Interpol. Le policier parlait avec égard de feu Ahmed Ben Othman. Ahmed était un militant exemplaire, il a résisté avec courage aux sévices subis. D’ailleurs, on peut trouver ses témoignages dans les « Temps Modernes ». Le policier a exprimé son souhait de le rencontrer. Mon beau-frère n’a jamais parlé de regret ou de demande de pardon de la part du tortionnaire. Et depuis je pensais à en faire un film, tout en sachant que je n’en avais pas les moyens et que les circonstances générales ne me le permettaient pas. À commencer par une demande d’aide à la production. À peine 3 semaines après le 14 janvier 2011, j’ai appelé Férid pour lui rappeler nos échanges de 1983, il a répliqué : « Je persiste et signe ». Sauf qu’après réflexion, faire un film sur la torture dont les deux protagonistes ont disparu (le bourreau de mort naturelle et la victime d’un accident de la route au Maroc en 2004), n’est pas très pertinent. D’où l’idée de faire un documentaire sur toutes les victimes, quelle que soit l’appartenance idéologique des torturés. Ainsi, « Coloquinte » parle de sévices subis, entre 1956 et 2010. J’ai donné la parole à 14 victimes, dont 3 femmes, un policier dont je salue le courage et un psychiatre pour expliquer le phénomène. A-t-il été difficile à tourner ? Et quels sont les obstacles rencontrés lors de la réalisation, la production ou la projection ? Sans parler des difficultés matérielles, faute de producteur professionnel, il y a eu des écueils d’ordre socioculturel. La majorité de mes protagonistes sont des gens très ordinaires : il y a la femme au foyer, le chômeur, le marchand ambulant, l’étudiant privé de terminer son cursus universitaire. Dans l’ensemble, ils ne sont pas habitués à faire face à la caméra : ils ont connu la clandestinité. Parler ouvertement n’était pas facile, n’oublions pas que ces victimes se remémorent des souvenirs douloureux, sur le plan psychologique comme sur le plan physique. Même si la psychologie vante les bienfaits de l’extériorisation de la douleur, c’est un calvaire de faire remonter à la surface des souvenirs longtemps enfouis. Il y a un autre écueil que j’ai défié : l’obtention d’une autorisation de tournage. Le responsable du département cinéma au ministère, à l’époque, a décliné ma demande. J’ai tourné sans document officiel. Résultat : impossibilité d’accompagner les victimes sur les lieux où elles ont été torturées et incarcérées. Heureusement, « Coloquinte » a été retenu par les JCC (Journées cinématographiques de Carthage, session 2012). Aucune difficulté lors des projections, que ce soit aux JCC, ou dans les autres villes. Lors des JCC, les spectateurs ont exigé un débat à la fin de chaque projection, bravant ainsi le règlement du Festival. Il a fallu à


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chaque fois continuer le débat en dehors de la salle. La projection de ‘’Coloquinte’’ a été annulée après avoir annoncé son passage sur certaines chaînes de télévision qui ont préparé et publié le matériel publicitaire. Pourquoi cette annulation ? Pourquoi cette annulation, c’est la question que je ne cesse de poser à Doc House, intermédiaire entre les ayants droit des films et la chaine tunisienne Attessia TV. L’annulation a eu lieu sans aucune explication et sans aucune excuse auprès des téléspectateurs, des protagonistes et de l’équipe du film. Doc House affirme par mail que : « nous estimons que la responsabilité de ce préjudice moral nous incombe, même si la décision d›annuler la diffusion de «Coloquinte» n›est pas la nôtre ». C’est facile à dire, mais il faut aller plus loin puisque, toujours selon la responsable de Doc House : « comme on vous l›a expliqué à plusieurs reprises, nous n›avons eu aucune explication du diffuseur (Attessia TV) ». Je m’attendais à un soutien clair et net, ainsi qu’à un communiqué déplorant toute censure et toute main mise sur le droit à l’expression, je ne reçois qu’une demande directe proposant l’achat de mon silence. En voici les propos écrits : « J›espère que vous reviendrez sur votre décision de refuser d›encaisser la contrepartie des droits de diffusion ». Quels droits de diffusion ? Pour une diffusion qui n’a pas eu lieu. Suite à cette annulation, mon communiqué et mon indignation ont été relayés par différents médias et sites de cinéma, dont cinematunisien.com et africine.org : un élan de solidarité relayé par tous ceux qui sont pour la liberté d’expression en Tunisie et ailleurs. Je déplore ce silence que je considère comme une complicité de la part d’un organisme qui, selon son règlement intérieur, est censé défendre le cinéma tunisien et œuvrer pour son rayonnement. Encore un préjudice post-révolution tunisienne, il lèse davantage les victimes de la torture et mes protagonistes.

à la page 9 du « Guide des films anti-impérialistes », document réalisé par Guy Hennebelle. Ce n’est pas une question de censure, mais plutôt une question de conviction et de courage. Après le 14 janvier, la liberté de s’exprimer est devenue un acquis. Il suffit de voir ce qui se dit sur les plateaux, ce que s’écrit et ce qui se concrétise comme projets artistiques. La Tunisie, comme sa révolution naissante, un féminin sacré omniprésent dans vos œuvres. Quelle est la place de la femme et du féminin dans votre art ? Les personnages féminins dans mes films sont omniprésents. Ils sont combatifs et courageux, quels que soient leur âge, l’époque ou la cause. Les jeunes filles noires dans « Non. Oui » combattent avec véhémence et lucidité le racisme que subissent les Noirs tunisiens. « Warda, la passion de la vie », est une ode à la femme. Il met en exergue la volonté et la détermination d’une femme qui a fait de la gravure son arme de combat. Dans mes films, comme dans la quasi-totalité des films des réalisateurs tunisiens, le personnage féminin est valorisé et mis en exergue. Notre cinéma national est un cinéma féministe. Problèmes d’octroi de cartes professionnelles, un projet de loi sur l’artiste et les métiers artistiques dont la version finale peine à voir le jour face à tant de problèmes liés au statut ignoré de l’artiste tunisien. Que pensez-vous de la situation de précarité dont souffrent les artistes en Tunisie ? La situation des artistes tunisiens est précaire. Les raisons ne manquent pas, à

Certaines œuvres d’art ont été heurtées à la censure sous l’ancien régime de Ben Ali. Pouvez-vous nous parler de cette époque, des difficultés que vous avez rencontrées ? La situation a-t-elle changé après la révolution du 14 janvier ? Pour être honnête, il y a plus d’autocensure que de censure institutionnalisée. Les artistes, quel que soit le secteur de création, ont bravé le censeur. Je cite notre exemple en vous renvoyant

Je déplore ce silence que je considère comme une complicité de la part d’un organisme qui est censé défendre le cinéma tunisien et œuvrer pour son rayonnement.

Affiche de ‘’Non. Oui’’, (Longmétrage), 2019

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Affiche de Warda, (Court-métrage), 2014.

commencer par l’inexistence d’une industrie cinématographique. La Tunisie, qui était un plateau de tournage surtout dans les années soixante et soixante-dix, a perdu cet avantage au profit du Maroc, faute d’une législation souple. Le peu d’artistes et de techniciens du cinéma à l’époque pouvait vivre relativement à l’aise. Lors des deux dernières décennies, le nombre des jeunes arrivés sur la place a augmenté considérablement. Cette augmentation s’explique par la multiplication des écoles et universités qui octroient des diplômes de cinéma, toutes spécialités confondues. La loi de l’offre et de la demande est fortement bouleversée. À cela s’ajoute un manque de coordination des gens de la corporation et une législation qui gère le secteur, garantit les droits et les devoirs de tous les intervenants. Qu’on définisse le statut de l’artiste tunisien afin de ne plus l’accabler de soucis matériels et qu’on lui assure les meilleures conditions pour se concentrer sur l’artistique. Il est du rôle des cinéastes, du ministère de tutelle et des législateurs, de travailler en synergie pour améliorer l’actuelle situation. Personnages inclassables, couleurs criardes, paroles violentes, rythmes furieux et intrigues hyper réalistes, tout est au service d’un art contestataire qui dénude les déviances de la société. Estce l’art utile que vous présentez ? Et faut-il être, selon vous, un artiste engagé aujourd’hui ? Pour moi, l’Art doit être contestataire et anticonformiste. Il doit jouer le rôle de levier de conscience. Reste la manière de narrer et d’écrire. Thématiques pertinentes, personnages inclassables réalistes ou imagés, devraient être mobilisés à bon escient pour témoigner, alerter et endiguer toute déviance comme vous le suggérez. L’artiste est en quelque sorte objecteur de conscience, éternel rebelle, et en conséquence profondément engagé, mais sans

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Après le 14 janvier, la liberté de s’exprimer est devenue un acquis. Il suffit de voir ce qui se dit sur les plateaux, ce que s’écrit et ce qui se concrétise comme projets artistiques. tomber dans le discours direct style tract politique, afin d’assurer l’utilité escomptée : avoir la faculté de réfléchir, choisir et agir. C’est ainsi que je conçois l’Art et le mandat de l’artiste. Quel message voudriez-vous adresser aux Tunisiens ? Soyez fiers de votre pays, de votre histoire et de votre civilisation. Soyez tolérants et ouverts et faites de l’égalité et de l’équité un principe immuable. Quels sont vos futurs projets ? Ayant bouclé ma trilogie « Douleur et résistance », je suis en train d’en préparer une autre intitulée « Mémoire commune ». Je produis aussi un court-métrage de fiction écrit par Imed Methnani, un jeune réalisateur. Il traite dans un langage imagé et poétique le passé du bagne « 9 Avril », rasé un certain matin par le régime de Ben Ali. Tout un pan de notre histoire carcérale est parti en fumée. Le premier tour de manivelle sera donné en septembre prochain.


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Samira Fadhli ... première femme voilée, porte-parole de la Maison Blanche La Majalla Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, les Américains et le monde ont été surpris par une femme voilée et musulmane, parlant au nom de l’administration américaine des plans du président Joe Biden pour soutenir et sauver l’économie et les petits projets à la lumière de la pandémie de Covid-19. Samira Fadhli est une avocate américaine et experte en financement du développement communautaire et directrice adjointe du Conseil économique national de l’administration Biden. Elle était auparavant codirectrice de la Federal Reserve Bank of Atlanta. Samira Fadhli est la fille de Muhammad Yousuf Fadhli et Rafika Fadhli, deux médecins, de la région du Cachemire objet de convoitise entre l’Inde et le Pakistan, qui ont immigré dans les années 1970 aux États-Unis. Fadhli est l’une des 20 employés de l’administration Biden, d’origine cachemirienne ou indienne. En tant que directrice adjointe du Conseil économique national, elle se concentre sur les projets de l’industrialisation, de l’innovation et de la concurrence intérieure. Le conseil travaille également à l’élaboration de la politique économique du pays et prodigue les conseils au président américain.

Une carrière réussie

Samira Fadhli est titulaire d’un Master en sciences sociales de l’Université Harvard, avec mention honorable, et d’un doctorat en droit de la Yale

Law School. Elle a commencé sa carrière en tant qu’assistante à l’Unité de développement économique et social de la Yale Law School et a contribué à la création de la banque Community Development Financial Foundation (CDFI). Elle a également travaillé chez ShoreBank, une filiale de la banque CDFI. Fadhli a également travaillé pour le Trésor américain sur des questions liées aux institutions de financement participatif, au crédit au logement et au financement des petites entreprises, et a travaillé en tant que conseillère principale et chef de cabinet du secrétaire-adjoint au Trésor pour les affaires internationales, un poste qui a marqué l’apogée de sa carrière entre 2010 et 2011. Elle a rejoint l’administration Obama en tant que conseillère politique principale au Conseil économique national, couvrant la retraite, la protection des consommateurs, le développement social et économique. Et elle a agi en faveur du renforcement de la protection de l’épargne-retraite. Elle a travaillé à la Federal Reserve Bank d’Atlanta, en Géorgie, en tant que codirectrice du Département du développement économique et social. Elle a aidé à concevoir des programmes visant à revitaliser les marchés du crédit dans les régions à faible et intermédiaire revenu après la récession de 2011 à 2013. En raison de son intelligence et de ses idées exceptionnelles, l’ancien président de la Réserve fédérale d’Atlanta, Dennis Lockhart, a recommandé son in-

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tégration au comité consultatif car elle possède une vaste expérience malgré son jeune âge.

Intérêt pour les droits de l’homme

Mais Fadhli dispose d’une autre voie dans le domaine des droits de l’homme. Avant d’occuper des postes importants dans divers départements américains, elle a travaillé à l’Organisation mondiale de la santé et au Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et a également participé à de nombreuses missions relatives à la liberté religieuse et aux droits humains internationaux lors de ses tournées humanitaires en Palestine, au Cachemire et au Pakistan. Fadhli pense que le développement économique est la seule voie de la paix qui ne peut être réalisée qu’en répondant aux besoins humains.

La vie familiale

Samira Fadhli a grandi dans l’État de New York et a un frère et une sœur. Elle est issue d’une famille qui fait valoir le travail, l’éducation et le service social. A propos de l’histoire de son émigration, Samira raconte: «Mes parents ont grandi dans des conditions très modestes, et ils n’avaient pas la possibilité d’une ascension sociale, mais ils ont été bien éduqués». Samira Fadhli, est mariée et a 3 enfants. Elle vit à Atlanta, en Géorgie. Elle et son mari, médecin, s’engagent bénévolement dans des activités communautaires et assurent des formations qui donnent aux gens la possibilité de l’accès au travail, à un logement décent et à une vie décente.


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A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale :

«La FIFA entend lutter contre la discrimination» Tunis-La Majalla La rencontre entre le Paris Saint-Germain (PSG) et le Basaksehir, mardi 8 décembre 2020 au Parc des Princes, fera date dans l’histoire du racisme en sport tout comme celui subi par Héritier Lumumba, 33 ans, un ancien joueur de football australien (un sport d’équipe qui se joue avec un ballon ovale aussi connu sous le nom d’ « Australian Rules ») qui a intenté un procès à son club et à la ligue australienne en raison du racisme qu’il dit avoir subi au cours de sa carrière. En effet, les insultes racistes proférées à l’encontre des joueurs de couleur ne sont que les dernières d’une trop longue liste. C’est que les insultes racistes proférées à l’encontre du Camerounais Pierre Achille Webo ou d’une Adèle Haenel quittant la cérémonie des Césars pour dénoncer « la honte » d’un prix attribué à un Roman Polanski condamné pour détournement de mineur aux États-Unis, l’international sénégalais Demba Ba monte au créneau. Et les joueurs lui emboitent le pas pour quitter le terrain.

En effet, saison après saison, le football produit son lot de scandales et de polémiques déclenchés par des incidents de nature raciste ou discriminatoire. Et malgré toute la bonne volonté d’un grand nombre d’acteurs, malgré toutes les actions mises en œuvre pour lutter contre le racisme et autres phénomènes discriminatoires, malgré la diversité culturelle et ethnique, vécue et valorisée, des équipes à tous les niveaux, malgré l’universalité étonnante de ce jeu si singulier, malgré sa capacité à promouvoir l’intégration sociale de tous, le football n’arrive-t-il pas à se défaire de ce fardeau qui lui fait honte. En identifiant les propos racistes, qu’ils viennent des spectateurs ou des acteurs du spectacle, comme un comportement inadmissible de la part de leurs auteurs – ce qu’ils sont, de toute évidence – on ne prend pas suffisamment en compte ni le rôle des mécanismes psychosociaux qui mènent à ces transgressions, ni les raisons profondes qui font que le football semble accumuler ces incidents plus que d’autres sports. Indignation

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Fifa dit non au racisme, tel est le slogan de cette célébration

En juin 2020, au milieu de l’indignation suscitée par la mort de George Floyd, 40 FIFA Legends et footballeurs professionnels en exercice, arborant chacun un maillot noir, ont relayé les messages #StopRacism, #StopViolence et #StopDiscrimination sur les réseaux sociaux. Mais étant donné que la Coupe du Monde de la FIFA est l’événement phare du football masculin. Par conséquent, alors que le monde entier aura les yeux rivés sur le Qatar l’année prochaine, la FIFA saisira cette occasion pour mettre la lutte contre la discrimination au premier plan. Les réactions sont quasiment toujours les mêmes. Indignation sur les réseaux sociaux et à travers les médias traditionnels, condamnation ferme de tels comportements par les autorités sportives et politiques, mais aussi minimisation par certains, débat controversé sur les sanctions appropriées, puis retour au calme jusqu’au prochain incident.

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Alors que le monde entier aura les yeux rivés sur le Qatar l’année prochaine, la FIFA saisira cette occasion pour mettre la lutte contre la discrimination au premier plan. Le seul point sur lequel tout le monde semble s’accorder est que le racisme est intolérable, qu’il n’a rien à faire sur un terrain sportif, qu’il faut éradiquer. C’est pourquoi chaque année le 21 mars, le monde entier célèbre la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Le thème de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale de cette année, «La


jeunesse debout contre le racisme», reflète l’indignation et la révolte – en particulier chez les jeunes – exprimées lors des récentes manifestations contre l’injustice raciale. Cette date a été choisie par les Nations unies pour commémorer le massacre

Le thème de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale de cette année, «La jeunesse debout contre le racisme», reflète l’indignation et la révolte – en particulier chez les jeunes – exprimées lors des récentes manifestations contre l’injustice raciale.

de Sharpeville, qui a eu lieu il y a 61 ans aujourd’hui, lorsque la police a tué par balles 69 personnes qui manifestaient pacifiquement contre les lois sur les passeports intérieurs de l’apartheid sud-africain. Certes, depuis des progrès considérables ont été réalisés au cours des décennies qui ont suivi cette tragédie choquante. Cette détermination s’est également manifestée dans le monde du football, avec des joueurs du monde entier qui se sont agenouillés pour apporter leur soutien et sensibiliser au mouvement «BlackLivesMatter». Le Président de la FIFA, Gianni Infantino, s’est exprimé publiquement pour les soutenir dans cette démarche et a réaffirmé que le football – et la FIFA en tant qu’organe directeur de ce sport – devaient continuer à montrer la voie dans la lutte contre le racisme. Mais à quoi ressemble en pratique le fait de «montrer la voie dans la lutte contre la discrimination»? Sous la direc-

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Légendes de la FIFA 40 et footballeurs professionnels en exercice, arborant chacun un maillot noir, ont relayé les messages #StopRacism, #StopViolence et #StopDiscrimination sur les réseaux sociaux


Partout dans les stades le slogan contre la discrimination a été mis en avant

tion d’Infantino, il s’agit d’un principe fondamental dans la mise en œuvre de nouvelles mesures visant à transformer l’organisation.

Vision et stratégie En effet, le plan de la FIFA pour les années à venir – inclut deux piliers essentiels à savoir «Lutter contre le racisme et toutes les autres formes de discrimination» et «Protéger les droits humains». Le premier comprend un engagement à «déraciner toutes formes de discrimination dans le football en mettant en œuvre encore plus de politiques contre la discrimination, ainsi que des programmes éducatifs de base et des boîtes à outils, afin de soutenir les associations membres dans la résolution de ces problèmes». De même, le principe de la tolérance zéro a été mis à jour en 2019. Le code indique clairement que le racisme et la discrimination n’ont pas leur place dans le football et que la FIFA n’hésitera pas à s’attaquer à toute forme de comportement discriminatoire.

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De nouveaux efforts ont également été déployés pour renforcer et ajouter à ces initiatives en réponse aux incidents discriminatoires et à l’appel mondial à l’action autour du mouvement «BlackLivesMatter». Ainsi la FIFA est actuellement en train de renforcer son propre programme mondial de lutte contre la discrimination, qui est la pierre angulaire des mesures proactives prises par l’instance dirigeante pour promouvoir l’égalité dans le football. A cet effet, elle a soutenu la Commission européenne dans le lancement de son nouveau plan d’action contre le racisme le 18 septembre 2020. La FIFA travaille en étroite collaboration avec la Commission sur le thème de la lutte contre la discrimination et continuera de le faire à l’avenir. En plus d’aider à organiser l’événement accueilli par la Commission européenne, la FIFA était représentée par l’ancien attaquant belge et FIFA Legend Mbo Mpenza, qui a partagé son expérience du racisme en


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USA-Immigration : la voie Biden

Par: Ahmed Charaï

Donald Trump avait fait de la question de l’Immigration un fil rouge de son programme politique. Il avait construit un projet de mur, qu’il pensait faire financer partiellement par les pays d’Amérique Latine. La nouvelle administration, liée à l’histoire du parti démocrate et même à l’histoire des USA, pays d’accueil, veut changer de cap. Mais elle est déjà submergée par des flots de migrants, alors que la pandémie a fortement diminué les offres d’emploi et que la situation sociale est critique. Il faut donc trouver un moyen terme. Joe Biden a chargé sa vice-présidente Kamala Harris de mener les négociations à ce sujet. C’est d’abord la confirmation que le nouveau président veut une vice-présidence active, renouant avec son expérience personnelle, celle de l’ère Obama. Il y a aussi le fait qu’étant elle-même issue des minorités, cela évite les accusations, jusqu’au-boutistes, souvent sans fondements. Car le problème est réel. Des populations, affrontant la pauvreté, parfois les guerres civiles ou celles des gangs sont attirées par le rêve américain. Elles ont fait la vitalité de la société américaine pendant des décennies. Les entreprises américaines étaient heureuses de l’abondance d’une main-d’œuvre peu couteuse. Sauf qu’aujourd’hui l’économie n’est plus aussi florissante. Mais surtout que cela a suscité des phénomènes Identitaires très forts. Avec des dizaines de millions de voix qui se sont portées sur Trump, les USA, pays de l’immigration, se retrouvent rattrapées par la question identitaire, avec un mouvement réfractaire à l’immigration. Kamala Harris aura à négocier la gestion du flux immigratoire, l’objectif étant d’atteindre une jauge satisfaisante pour les pays voisins et supportables pour les USA. Ce n’est pas d’une facilité déconcertante. Les immigrés sont considérés comme un atout pour l’économie américaine lorsque celle-ci était en expansion, en pesant sur le niveau des salaires. Actuellement, les niveaux de chômage sont élevés et l’acceptabilité du phénomène migratoire a baissé socialement. Mais l’Amérique sait que ce voisinage est son espace vital. Il n’est pas question d’une possible confrontation sur la question de l’immigration, c’est entre ces lignes fines que va naviguer Kamala Harris.

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Grave crise politique et économique en Tunisie  

Grave crise politique et économique en Tunisie  

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