__MAIN_TEXT__
feature-image

Page 1

Macron offre un Ballon d’Oxygène à l›économie afri-caine

Son livre «Destin d’une Mère Légende Vivante» immortalise sa carrière

Un magazine politique Mensuel

Issue 1810 - Juin 01/06/2021

Samir Ghanem... une étoile brillante dans le ciel de l’art égyptien

Un magazine politique Mensuel

Issue 1810 - Juin 01/06/2021

www.majalla.com

La trêve entre Israël et le Hamas va-t-elle durer ?

www.majalla.com


Un magazine politique Mensuel

Issue 1810 - Juin 01/06/2021

Paris pique Tel Aviv 16

La Tunisie, endettée

Ligue des champions d’Afrique

Défis transnationaux 26 58 en Afrique

Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

Secrétaire de Rédaction

10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG

Ghassan Charbel Un magazine politique Mensuel

www.majalla.com/eng

30

Mostafa El-Dessouki

03 01/06/21

Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310


S

napshot

Chelsea célèbre sa victoire en finale de Champions League Les joueurs de Chelsea soulèvent le trophée après avoir remporté le match de football final de la Ligue des champions contre Manchester City au stade Dragao de Porto, au Portugal, le samedi 29 mai 2021 )AP Photos ( 4

01/06/21


5

01/06/21


S

napshot

Afrique Palestinien Fleurs

Des volontaires distribuent des roses aux baigneurs dans le cadre du projet de paix «Pétales pour la Palestine», à North Beach (Durban), le 30 mai 2021. - Le projet vise à sensibiliser sur le conflit au Moyen-Orient et le sort des Palestiniens. 1000 roses ont été distribuées par un groupe de bénévoles sur la plage )Photos AFP( 6

01/06/21


7

01/06/21


Encouverture Guerre indésirable Paix très fragile

La trêve entre Israël et le Hamas va-t-elle durer? La Majalla

va demander au Congrès de débloquer 75 mil-lions de dollars à destination des PalesMalgré le soulagement affiché à la fois à tiniens. Washington compte, en plus de cette Gaza qu’à Tel-Aviv, suite au cessez-le-feu et aide destinée au développement économique, à l’accalmie entre les deux belligérants, les allouer 5,5 millions de dollars d’aide urgente conteurs de l’accord restent flous, à savoir à Gaza et 32 millions de dollars à l’Agence s’il ne serait temporaire ou même éphémère, de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Uncomme le pensent certains ? Qui serait per- rwa), que l’administration Trump avait cessé dant et qui serait gagnant ? Tout en posant la de financer. question, si cette guerre pouvait engendrer un Est-ce suffisant ? L’Autorité Palestinienne exprime un besoin plus grand. Mais comme ga-gnant ? dé-but, et surtout comme rupture avec la Le geste du secrétaire d’Etat américain, an- «doctrine Trump» la satisfaction y est. noncé au premier jour de sa première tournée au Proche-Orient, à savoir la (re)ouverture du Antony l’acrobate consulat de son pays à Jérusalem-Est, fermé par Donald Trump, a bien plu aux Palesti- La première tâche d’Antony Blinken en Israël niens, et surtout à l’Autorité. Un geste bien et dans les Territoires palestiniens, mais aussi en Égypte et la Jordanie, consiste en premier apprécié, mais pas suffisant. Dans ce sens, l’administration de Joe Biden à consolider un cessez-le-feu, toujours fragile. Tant Washington veut, comme a été annoncé par le président Joe Biden, voir le processus de paix prendre son chemin… Contrairement à l’Europe, qui se cherche des mots pour entamer une relation avec le Hamas, les Etats-Unis restent d’une intransigeance totale et indéfectible, même vont plus loin : Aider Gaza à se relever, sans composer avec cette «organisation terroriste».

Washington veut consolider la trêve pour pouvoir relancer le processus de paix

8

01/06/21


Trêve fragile entre le Hamas et Israël

Une manière de marcher sur une lame plus que tranchante. Comment éviter la guerre tout en prônant la paix, encore plus, engager son pays à aider la bande de Gaza à se relever ? L’administration américaine se veut plus que claire : Antony Blinken souligne que les Pales-tiniens ont «le même droit à vivre en sécurité» que les Israéliens et devraient bénéficier de la même liberté. Un travail de longue haleine, souligne-t-il, avant d’ajouter : «Nous avons beaucoup de travail devant nous pour restaurer l’espoir, le respect et une certaine confiance entre les communautés». Et conclure : «Mais nous avons vu l’alternative et je pense que ce-la devrait nous inciter à redoubler nos efforts à préserver la paix et améliorer la vie des Israéliens comme des Palestiniens».

L’ardoise du passé La re(construction) intéresse fortement les Palestiniens, mais concernant le processus de

9

01/06/21

Un geste américain, qui a bien plu aux Palestiniens, mais reste insuffisant. la paix, qu’apporte Antony Blinken dans ses bagages ? Tout le monde a dû attendre l’arrivée du secrétaire d’État américain Antony Blinken en Israël, pour le voir et l’entendre annoncer à Jérusalem,face à Benjamin Netanyahu, que son pays plaide pour une solution «à deux États», un israélien et un palestinien et appelé les deux parties à créer un «meilleur environnement» pour y parvenir. Et confirmer lors de la même conférence de paix : «Au final, il est possible de reprendre les efforts pour parvenir à une solution à deux États, que nous continuons de considérer comme la seule façon d’assu-rer le futur d’Israël en tant qu’État juif et démocratique et bien sûr de donner aux


Encouverture

Palesti-niens l’État auquel ils ont le droit». Malgré le langage diplomatique, la relation entre les Etats-Unis et Israël, ou pour plus de précision, entre Joe Biden et Benjamin Netanyahu, n’est pas au beau fixe : La nouvelle direc-tion américaine n’a fait qu’outrepasser tout l’héritage Trump, ou presque. Le simple fait d’annoncer le choix de «deux Etats», signifie une vision autre et une approche diamétralement opposée à celle qui a fait le bonheur de l’actuel premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahu.

Le tableau du futur Joe Biden, un vieux routier la politique exté-

Le choix de «deux Etats», est une approche diamétralement opposée à celle de Benjamin Netanyahu.

rieure, le sait très bien : Aucun des dossiers ne peut être traité à part, tant tous chantiers sont liés l’un à l’autre. Washington ne peut accomplir des réussites au niveau de la trêve ou le cessez-le-feu, sans avancer dans les autres dossiers, en premier la reconstruction de Gaza, mais au remettre les pendules à l’heure avec Tel-Aviv. Aussi, Antony Blinken veut établir une confiance entre les deux bords. Ceci nécessite du temps, dont manque beaucoup à la région entière. Sur un vrai champ de mines, doit marcher Antony Blinken. A la fois, il doit avancer sans s’arrêter, mais aussi prendre le temps de désamorcer toutes les mines.

A chacun sa crise, qui le tourmente Chacun des deux adversaires, en plus d’observer l’autre, dans cette trêve très précaire, doit remettre de l’ordre dans ses propres problèmes. Gaza, déjà meurtrie par une série de guerres, vient d’en subir la plus meurtrière, mais aussi, la plus destructrice. Onze jours, dont personne ne va et ne peut

10

01/06/21

Affrontements entre Israël et le Hamas


secrétaire d’État américain Antony Blinken

oublier dans cette bande de terre, la plus peuplée du monde. Plus de 200 victimes. Presque pas d’eau, ou d’électricité. Avec plusieurs mil-liers de familles sans logis. Sans oublier une précarité qui fait office désormais de «vie nor-male».

Antony Blinken : «Les Palestiniens ont le même droit à vivre en sécurité que les Israéliens». Côté israélien, l’ardoise est autre. Si la facture économique est non négligeable, mais ne constitue guère le plus important des soucis. Toute la classe politique et militaire, pose et se pose des questions, du comment du pourquoi, cette confrontation qui (de l’avis des plus optimistes) n’a pas réellement été à la mesure des espérances ? Certes, des questions vont rester en suspension un certain temps, et vont peser sur l’échiquier politicomilitaire. En premier, l’identité de l’éventuel gouvernement, mais aussi le devenir de Benjamin Netanya-hu, qui tel un «kamikaze» ne fait qu’entreprendre des batailles, que beaucoup en Israël, et même ailleurs considèrent comme son ultime geste avant de quitter le ring politique. De combien de «prolongations» peut-il bénéficier ?

11

01/06/21


P

olitique

Saida Agrebi à La «Majalla»: Je me considère avec fierté ci-toyenne du monde

Son livre «Destin d’une Mère Légende Vivante» immortalise sa carrière Par : Imane Ibrahim et Désirée Haddad Bellaiche Dédié à son fils unique, arraché à la vie sans qu’elle puisse l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure, ce livre est un devoir de mémoire qui retrace le parcours exceptionnel d’une militante tunisienne ayant consacré sa vie au service de la femme, de la famille et de l’enfance dans le monde arabe et africain. Féministe pionnière, ses réalisations en Tunisie et à l’échelle internationale sont nombreuses et témoignent de son engagement pour les causes humanitaires et progressistes. Femme de terrain et d’expériences, altruiste et intellectuelle engagée, elle livre ici son témoignage avec objectivité et dignité en rétablissant un certain nombre de vérités occultées ou transfigurées par ses adversaires politiques. Depuis l’enfance Saint- Germinoise jusqu’à l’exil politique en France, elle raconte son parcours parsemé de victoires et de défaites, de bonheur et de souffrance, de fidélité et de trahison, sans le moindre sentiment de haine mais sans aucun reniement de son passé qui l’honore autant qu’il accable tous ceux qui ont tenté de la discréditer. Elle est nominée Légende Vivante. Vous venez de publier votre dernier livre, le 9 Avril. Pouvez-vous nous le pré-senter ? «Destin d’une Mère Légende Vivante» le parcours d’une combattante représente mon autobiographie et le cursus de ma vie. Ayant l’âge des Nations Unies, 75ans, née à Tunis,

dans le quartier de Bab Souika, de nationalité tunisienne, et résidant en France depuis 2011, je me considère avec fierté citoyenne du monde. De mes premières années à Saint Germain, Ez-Zahra Tunisie, jusqu’à mon arrivée en France en Juillet 2011 à Saint Germain des Près à Paris. Les circonstances de mon arrivée en France, la tragédie du décès de mon fils unique à l’âge de 37 ans le 9 avril 2015 au Maroc, m’ont amené à écrire cette bio-graphie reprenant les quatre étapes principales de ma vie. De mon enfance à Tunis à mon parcours scolaire et universitaire, en passant par mes expériences profes-sionnelles et associatives, nationales et internationales) à mon exil en France de-puis plus de 10 ans. Privée de la possibilité d’accompagner mon enfant unique vers sa dernière de-meure, bouleversée par cette tragédie j’ai transformé mon exil en vie paisible pari-sienne, une seconde vie. La distinction Légende Vivante m’a été discernée par les instances internationales en juin 2015, lors du Sommet des Chefs d’États de l’Union Africaine à Johannes-burg «Femmes d’Excellence Légendes Vivantes». Honorée en tant que Femme Leader Africaine par cette instance avec Mesdames MANDELA, ZUMA, JOHNSON, Banda et BENNETT. Que représente pour vous l’image de la couverture de votre livre ?

12

01/06/21


Ce livre est un devoir de mémoire qui retrace le parcours exceptionnel d’une militante tunisienne. ainsi que les diplômes ob-tenusavec Honneur. Mes expériences professionnelles en Tunisie, lancement des pro-grammes de santé reproductive et de planning familial pour l’émancipation des femmes ainsi que les caravanes multi disciplinaires pour rapprocher les services des populations démunies ou éloignées (thèse de UC Berkeley en 1976). Mes 3 mandats parlementaires à la Chambre des députés à Tunis. Mon parcours professionnel international, en tant que présidente de la femme arabe à l’OAT,Ligue des États Arabes durant 11ans auCaire, Bagdad, Tunis. En tant que parlementaire Pan Africaine, au PAP à Durban en Afrique du Sud et coordinatrice de la Société Civile de l’ECOSOCC Union Afri-caine Addis Abeba ; Mon militantisme associatif et citoyen à travers la création ou l’adhésion aux ONG Nationales ATM/OTM ou Internationales OISAT/WASAT, FAS, OMF, ADA… Ma spiritualité, mon africanité, mes procès et mon partenariat avec les ONG. livre Destin d’une Mère Légende Vivante

La première couverture représente 3 photos significatives de ma vie, celle de mon fils le jour de son mariage en costume traditionnel, celle de la mosquée Hassen II à Casablanca où mon fils Paix à Son Âme a fait sa dernière prière deux heures avant de décéder et la mienne en deuil prise à Djeddah pour lui faire une Omra. La quatrième couverture contient le trophée Légende Vivante et le résume de l’auteure. Édité, publié, commandé chez Sydney Laurent Éditions France, Google, Amazone; traduit en arabe à Abu Dhabi et en anglais à Londres Comment avez-vous réparti le contenu des 15 chapitres de votre livre ? La préface est de la plume de Monsieur Olivier Giscard d’Estain, les témoignages de la plume des personnalités qui m’ont soutenue et cô-toyée. Une partie est consacrée à ma scolarité secondaire et universitaire en Tunisie et mon parcours académique aux USA. Mes sept années d’expériences post universitaires aux universités américaines de Maryland Berkeley Californie

13

01/06/21

Comment vivez - vous votre Seconde Vie en France ? La France terre d’asile et d’accueil, la France pays des Valeurs Répu-blicaines et des Droits humains, m’a permis de vivre mon intégration dans le respect, la tolérance, la liberté, la sécurité et le bien être vital dans un mieux vivre social. Francophone je n’ai eu aucune difficulté à m’adapter à la culture française, en respectant les droits et les lois de mon beau pays d’adoption. La création d’une ONG Internationale à PARIS OISAT/ WASAT régie par la loi 1901 des associations pour promouvoir la solidarité, l’amitié, la to-lérance et le mieux vivre ensemble notamment parmi les membres de la Diaspora m’a permis de contribuer à mon niveau aux valeurs univer-selles. Et si Saida AGREBI m’était contée? Je viens de relire le livre «Destin d’une Mère Légende Vivante» que Saida AGREBI vient de publier chez Sydney Laurent Éditions 9 Avril 2021 France. Il est vrai qu’étant son amie de combat, je connais beaucoup de séquences que nous avons vécues et partager ensemble et j’en témoigne. Le livre relate toutes les périodes de sa vie depuis sa


P

olitique

naissance à Tunis en 1945 jusqu’à sa seconde vie d’exil en France en 2021. Son enfance heureuse en Tunisie entourée de ses parents et de ses frères et sœurs, famille nombreuse : son père cheminot, sa maman mère au foyer. Son adolescence à Saint Germain, son adhésion au scoutisme et ensuite ses études secondaires et supérieures couronnées de succès. Nous découvrons ensuite son départ aux États Unis d’Amérique pour des études post universitaires, son engouement pour ce nouveau monde, son intégration et son know how.

Retour en Tunisie Son retour en Tunisie, sa première expérience au planning familial chargée de la communication pour contribuer à l’émancipation des femmes; Très intéressée par le social et l’humanitaire, rêvant de consacrer son temps à autrui et notamment aux femmes et aux mères dans le besoin, elle travaille à la création d’une association bénévole et citoyenne l’ATM. Ce projet prend son tout son temps et d’arrache pieds et d’abnégation, elle contacte des personnalités, recueille des conseils et des sponsors. Son « bébé » prend forme et elle profite d’un don au dinar symbolique pour acquérir un vaste terrain. Suivant pas à pas les modules nécessaires pour la construction et la réalisation du siège de l’ATM, elle s’y consacre sans répit, supervise toutes les étapes et fait avancer les travaux avec perfectionnisme. L’association Tunisienne des Mères voit le jour en 1992. Une ruche commence à se former, ce sont des mères attirées par ces belles perspectives, faites d’efforts, de détermination, dictées par l’amour de la patrie et l’appel du devoir. Ces mères bénévoles jouaient un rôle important sur le terrain dans la mobilisation d’autres recrues, aux services des femmes des zones reculées de la Tunisie profonde et avec des relations nationales fondées sur la coopération, les dons et la solidarité.

Honorée en tant que Femme Leader Africaine avec Mesdames MANDELA, ZUMA, JOHNSON, Banda et BENNETT.

Les réalisations et les acquis Les réalisations et les acquis enregistrés témoignent du bien-fondé des orientations, des choix adoptés et de l’importance des étapes franchies, sous la vigilante houlette de la fondatrice et présidente Saida AGREBI. L’ATM a poursuivi son ascension avec moult réalisations, organisations, de colloques, de meetings, voyages à travers le pays et apport d’aides aux plus démunis. Saida AGREBI lance la création de caravanes multidisciplinaires au service du développement intégré et durable- sujet de sa thèse à l’Université Californienne de Berkeley dans le but de rapprocher les services des zones rurales et montagnardes, traversant les contrées isolées et démunies dans le pays distribuant des aides matérielles, alimentaires et soins prodigués par des bénévoles spécialistes. Après une pénétration nombreuse dans toutes les villes principales par choix de présidentes de régions et recrutement de membres, par milliers l’ATM a démarré un projet d’extension de sections vers l’étranger et au fur et à mesure on a vu des associations affiliées se créer dans le monde entier : Amérique, Afrique, Maghreb, Asie…, en Europe dont j’étais la coordinatrice; Le nombre de branches a atteint son paroxysme par de nombreuses affiliations… . Les adhérentes à l’échelle nationale et internationale atteignirent au total plus de 25 mille membres.

14

01/06/21

Saida AGREBI


Saida poursuivait, de main de maitre, son engagement de militante fidèle et de combattante pour les droits des femmes en sillonnant le monde lors de conférences onusiennes et internationales pour partager les success stories et les best practices de son cher pays, décrivant, défendant l’honneur et la destinée de la Tunisie. Elle disait d’ailleurs «l’amour de la patrie est la source et le principe de l’amour de l’humanité».

Passion pour la Tunisie Elle n’a eu de cesse de crier haut et fort qu’elle tenait à sa liberté individuelle de conscience et de pensée et qu‘elle se battrait encore pour faire arrêter les médisances, les fake news et les calomnies. Sa passion pour la Tunisie a renforcé son esprit de solidarité et de concorde qu’elle insuffla et qui l’anime. Toujours déterminée ses actions sont réalisées pour la préservation de l’intégrité et de la dignité en plaidant vigoureusement pour le droit de tous les citoyens et citoyennes à un choix de vie selon leurs convictions. Toujours déterminée, elle a poursuivi sa trajectoire avec persévérance en mettant en marche toujours dans une démarche de dévouement, la création et la réalisation du centre Joie de Vivre accueillant une centaine de jeunes handicapés nécessiteux et représentant un modèle d’intégration. Un bouleversement en Tunisie en Janvier 2011 a modifié la donne et le départ impromptu du Président Ben Ali l’a diabolisée par une «meute de jaloux, d’envieux, d’ingrats». Saida AGREBI a dû quitter sept mois après sa Tunisie pour rendre visite à son fils souffrant, et rejoindre son frère, chirurgien établi dans le Nord de la France pour 2 semaines et retourner au pays pour ramdan. Les principales collaboratrices de l’ATM, notamment la Vice-présidente et les 2 trésorières ont vu une opportunité bestiale en cette occasion et se sont précipitées telles des hyènes pour essayer de prendre la relève de la direction de l’AtM, reconnue alors mondialement et baptisée OTM. Le compte bancaire et le coffre-fort que Saida AGREBI avait laissés à son départ représentait la somme de 1 Milliard 220 Millions Dinars bloquée pour la construction d’un foyer d’étudiantes pour loger les bachelières venant de l’intérieur à l’université de Tunis, issues de familles modestes, nécessiteuses. Mais l’avidité, l’infidélité et la malhonnêteté de ces brebis galeuses fut dévoilée et les instances ont fait fermer les comptes et l’association. Saida AGREBI, diabolisée depuis, demeura en France. Son fils, Paix à Son Ame, Ahmed père de deux petites filles était établi au Maroc avec son épouse. Souffrant de la séparation, de sa maman et de l’éloignement de son pays, il rongeait son frein tout en essayant de donner aux siens une vie décente

14

01/06/21

en travaillant à Casablanca, Victime d’un malaise, il a été hospitalisé pour des examens et lors de l’un d’entre eux. Il fit un malaise cardiaque. Malheureuse, horrible nouvelle pour Saida AGREBI qui perd brutalement son enfant unique, son bâton de vieillesse qui quitte ce monde loin d’elle. Et sans pouvoir lui faire ses adieux. J’ai pour ma part été alertée par Pr Mezri Haddad de cette horrible nouvelle du départ du cher AHMED vers d’autres cieux, de mon filleul que j ‘aimais avec tendresse et qui nous manquera à jamais. Bouleversée ’ai fait appel à un ami afin qu’il puisse immédiatement m‘accompagner en province pour aller ramener Saida près de nous à Paris. Ce fut un voyage rapide, triste et émouvant, Saida logeait dans un petit studio près de l’hôpital de Vire en Normandie ou travaillait son frère Dr Hedi El Agrebi et avait à ses côtés sa voisine, Laure une amie française. Après les émotions de nos retrouvailles dans cette circonstance. Nous avons réuni quelques effets et sommes repartis vers Paris. Nous avons sur la demande Monsieur Mezri Haddad été chez lui dans son pavillon de banlieue. Tous les deux, nous avons sollicité les instances de tous niveaux tunisiennes pour donner un laisser passer à Saida pour voyager à Tunis et accompagner la dépouille de son regretté fils Ahmed PSA à sa dernière demeure et suivre les obsèques au cimetière du Jallez à Tunis. Hélas nous trouvèrent porte close. Nous avons avec des amis très proches suivi sur skype les obsèques et la réception des condoléances en visionnant la maison de Saida à l’Ariana. Je suis restée avec mon amie Saida chez Mezri pendant le mois de deuil. Les amis venaient tous les jours présenter leurs condoléances et apporter leurs mots de consolations. Les appels de Tunisie et de par le monde étaient quotidiens. Pour le troisième jour des obsèques nous sommes allés dans mon pavillon près d’Orly, nous avons partagé le couscous rituel du Fark avec de nombreux amis proches généreux et bienveillants. Depuis Saida vit à Paris et reçoit en toute amitié tous ceux qui lui rendent visite. Elle consacre son temps en prières et échanges téléphoniques par Skype, avec sa belle-fille et ses deux merveilleuses petites filles, héritage de Ahmed qui repose en paix. C’est ainsi qu’elle a créé une ONG Internationale, statut ONU/ ECOSOC depuis, au nom de OISAT/WASAT, Loi 1901, consacrée à l’amitié et la solidarité, la tolérance pour la Paix et le mieux vivre ensemble. La suite vous la connaîtrez en vous procurant le livre qui vient de paraître aux Editions Sydney France, vendu à la FNAC. Le 27e jour du Ramadan «la nuit du destin», nous avons dîné ensemble en commémoration d’Ahmed et fait des prières et des vœux pour nos proches.


P

olitique

La France, l’Egypte et la Jordanie font taire les armes au Proche-Orient

Paris pique Tel Aviv Paris, de notre correspondant : Khaled Saad Zaghloul La conduite de la politique étrangère Française est un exercice d’une grande complexité, sans doute davantage encore lorsqu’il s’agit d’une région aussi tourmentée que le Moyen-Orient aujourd’hui. Les relations de la France avec le monde arabe souvent même amicales comme sous les présidences de Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac et actuellement Emmanuel Macron. La France s’aligne sur la politique américaine, même sous le roi des socialistes français Mitterrand, qui, sur la défensive a commencé à s’impliquer militairement, bon gré mal gré. Mais reste un seul dé-saccord de taille cependant avec Washington, est le soutien à la cause palesti-nienne. Aucun État n’est en mesure de mener une action de nature à ramener la paix. Cette crise met en évidence l’échec consommé des Nations Unies et du mécanisme central de la sécurité collective. Le meilleur de ce que pourrait faire la France serait d’ouvrir la réflexion sur les moyens d’ouvrir une nouvelle étape des relations internationales marquée par une nouvelle organisation adapté

La position de la France sous Macron Le gaullisme proclame son indépendance de vue et d’engagement au Moyen-Orient par rapport aux États-Unis, La France reste constante et considère que le conflit ne pourra être résolu qu’à travers la solution deux États vivant ; Israël et la Palestine ;côte-à-côte en paix et en sécurité, conformément au droit international. La seule solution est à même de répondre aux aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens à la sécurité, à l’indépendance, à la reconnais-sance et à la dignité. Dans cette perspective, la France a défini, avec ses parte-naires européens, les paramètres qui doivent présider à une résolution du con-flit : Des frontières basées sur les lignes du 4 juin 1967 avec des échanges agréés de territoires équivalents ; des arrangements de sécurité préservant la souveraineté du futur État palestinien et garantissant la sécurité d’Israël ; une solution juste, équitable et agréée au problème des réfugiés ; un arrangement faisant de Jérusalem la capitale des deux États. C’est dans cet esprit que la France a salué l’Initiative arabe de paix de 2002 et sa réaffirmation récente. La France est réputée pour sa «politique arabe», pour sa capacité à imposer ses vues diplomatiques au Moyen-Orient et à jouer sur ses leviers de négociation. De

16

01/06/21


Sommet tripartite Egypte-Jordanie-France sur la Palestine

fait, Paris est l’une des rares capitales occidentales à pouvoir intervenir poli-tiquement voire militairement dans la région. La France apporte son soutien à la création d’un État palestinien indépendant, viable et souverain, elle accom-pagne l’Autorité palestinienne dans la voie de l’établissement d’un futur État palestinien et d’institutions fortes et démocratiques, à travers une coopération dense notamment dans les domaines institutionnel, économique, culturel et universitaire. Elle consacre des sommes considérables à l’aide aux Territoires palestiniens (plus de 500 M€ sur la période 2008-2020, et le décaissement anti-cipé, en 2021 de l’aide budgétaire annuelle à l’Autorité palestinienne, d’un mon-tant de 16 M€, dans le contexte de la pandémie de Covid-19), dont environ un tiers en faveur de Gaza. Les Territoires palestiniens demeurent le premier béné-ficiaire de l’aide budgétaire française. La France contribue également au développement économique palestinien et notamment au secteur privé. Le quai d’Orsay travaille surdes axes que le président Macron a tracé avec son brillant ministre des affaires étrangères grand connaisseurde la région depuis qu’il était ministre de la défense sous le mandant de François hollande. La France a été l’un des premiers pays à reconnaître le nouvel État et à établir avec lui des rela-tions diplomatiques. Depuis

17

01/06/21

La France est réputée pour sa «politique arabe» et sa capacité à imposer ses vues diplomatiques au Moyen-Orient et à jouer sur ses leviers de négociation. plus de 70 ans, elle défend le droit d’Israël à exister et à vivre en sécurité ainsi que sa pleine appartenance à la communauté des na-tions souveraines. La France est aussi l’amie des Palestiniens et soutient la création d’un État palestinien, vivant dans des frontières sûres et reconnues, en sécurité au côté d’Israël, avec Jérusalem comme capitale de ces deux États. La France se tient du côté du droit international notamment des résolutions per-tinentes des Nations unies. Ainsi la France promeut une solution à deux États (résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies), une solution juste pour les réfugiés (résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies), la fin de l’occupation israélienne (résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies) et la préservation du statut de Jérusalem (résolutions 476 et 478 du Con-seil de sécurité des Nations unies).


P

olitique

Sur cette base, la France appelle chacune des parties à réaffirmer son engagement en faveur d’un règlement négocié et de la solution des deux États et à s’abstenir de toute action unilatérale qui em-pêcherait de réunir les conditions pour y parvenir. La France appelle également Israël au plein respect du droit international qui s’applique dans les Territoires palestiniens. Paris voit que l’implantation de colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusa-lem-Est constitue toujours une appropriation illégale de terres qui devraient être l’enjeu de négociations de paix entre les parties sur la

La France se mobilise, en lien avec ses partenaires de bonne volonté, pour ap-peler les autorités israéliennes à s’abstenir de toute action unilatérale qui conduirait à l’annexion de territoires palestiniens.

base des lignes de 1967. La colonisation est illégale au regard du droit international (notamment au regard de la IVe Convention de Genève et de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies), elle menace la viabilité de la solution des deux États et constitue un obstacle à une paix juste et durable. La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, votée à la quasi-unanimité des États membres depuis le 23 décembre 2016, a appelé à l’arrêt immédiat et complet de la colonisation et exhorté les États à différencier entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires palestiniens occupés depuis 1967. Dans ce cadre, la France condamne régulièrement la politique de colonisa-tion, qui s’est traduite en 2021 notamment par l’approbation de plus de 5800 unités de logements, comme en 2019 par les 8 300 soit un record de-puis 2013 (6 742 en 2017 et 5 618 en 2018). La France avait engagé des mesures concrètes qui ont été prises au niveau eu-ropéen face à l’accélération de la colonisation, notamment celles consistant à traiter de manière différenciée le territoire d’Israël et les colonies. C’est par exemple dans cette approche que s’inscrit l’obligation d’étiquetage des produits alimentaires en provenance des colonies israéliennes, précisé par la notice in-terprétative de l’Union européenne en novembre 2015 et que la Cour de justice de l’Union européenne a jugé conforme au droit européen dans un arrêt du 12 décembre 2019. Pourquoi et comment la France se mobilise-t-elle face

18

01/06/21

Le Premier ministre Jean Castex, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 18 mai 2021.


Éliane Assassi, Présidente du Groupe communiste.

à la pers-pective d’annexion d’une partie de la Cisjordanie ? Le gouvernement israélien, officiellement investi le 17 mai 2020, a été formé sur la base d’un accord de coalition qui prévoyait la possibilité pour Israël d’annexer, à partir du 1er juillet 2020, une partie de la Cisjordanie, c’est-à-dire d’appliquer sa souveraineté sur des territoires palestiniens actuellement occupés. À la suite de l’annonce de la normalisation de ses relations avec les Émirats arabes unis, dont la France s’est félicitée, Israël s’est engagé à suspendre temporairement ses projets d’annexion. La France considère cette décision comme une étape positive, qui doit devenir une mesure définitive. L’annexion de territoires palestiniens, quel qu’en soit le périmètre, violerait le droit international, notamment l’interdiction d’acquisition de territoires par la force. Elle contribuerait à attiser les tensions et compromettrait gravement la solution des deux États. Elle irait à l’encontre des intérêts des Israéliens et des Palestiniens, ainsi que ceux des Européens et de la communauté internationale. Dans ce contexte, la France se mobilise, en lien avec ses partenaires de bonne volonté, pour appeler les autorités israéliennes à s’abstenir de toute action uni-latérale qui conduirait à l’annexion de territoires palestiniens. Elle a indiqué, no-tamment par la voix du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, qu’une telle décision, compte tenu de sa gravité, ne pourrait rester sans réponse et être sans conséquence

19

01/06/21

sur les relations de l’Union européenne avec Israël.

Jouer avec le feu à Jérusalem Paris répétait souvent à Tel Aviv, qu’« On ne joue jamais avec des allumettes près d’un baril de poudre » et donc conseille Israël de ne plus jouer avec le feu à Jérusalem. Car cette vieille ville qui abrite les lieux saints des trois mono-théismes est un baril de poudre. La France considère que Jérusalem doit devenir la capitale des deux États, Israël et le futur État de Palestine. Depuis 1967 et la conquête de la partie orientale de la ville par Israël lors de la guerre des Six Jours, Jérusalem est entièrement con-trôlée par Israël. La question du statut de Jérusalem devra être réglée dans le cadre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, visant en parti-culier l’établissement de deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Jérusalem pour capitale de ces deux États. Dans l’attente d’un règlement négocié du conflit et conformément au droit in-ternational, notamment la résolution 478 (1980) du Conseil de sécurité des Nations unies, la France ne reconnaît aucune souveraineté sur Jérusalem. C’est dans cet esprit que le Président de la République a déclaré ne pas approuver la décision du Président américain de transférer l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.


P

olitique

La France appelle à mettre un terme im- alerté le gouvernement lors d’une séance de questions adressées au Senat, sur ce qu’il avait qualifié médiataux violences Depuis la reprise des hostilités, 3000 roquettes ont été tirées en 12 jours. L’es-calade de violence est le quatrième depuis lesGuerres de Gaza de 2008-2009 (opération Plomb durci) et de 2012 (opération Pilier de défense) et de 2014 (opé-ration Bordure protectrice). La guerre de Gaza cette année a fait 256 morts pa-lestiniens, dont 66 enfants et des combattants, en Israël, les salves de ro-quettes tirés de Gaza ont tués 12 personnes y compris un enfant, une adoles-cente et un soldat. La classe politique française est mobilisée, Le ministre fran-çais des Affaires étrangères, a déclaré au Sénatlors de sa réponse aux questions d’actualité que « la gravité de la situation au Proche-Orient, est le résultat d’une absence de perspective politique à une situation qui n’a que trop duré, et qui ne pourra que continuer à produire des souffrances et de la violence si la volonté n’est pas là pour avancer résolument vers l’établissement de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité, avec Jérusalem pour capitale.» « La priorité absolue, c’est l’arrêt de l’escalade en cours » explique Jean Castex Face aux tensions grandissantes entre Israël et la Palestine occupée, engen-drées par le projet d’expulsion de familles palestiniennes d’un quartier de Jéru-salem Est et les affrontements autour de la mosquée d’Al Aqsa entre forces israéliennes et Palestiniens, le 18 mai 2021devant l’Assemblée nationale Pierre Laurent, sénateur communiste, avait

Dans l’attente d’un règlement négocié du conflit et conformément au droit international, notamment la résolution 1980( 478) du Conseil de sécurité des Na-tions unies, la France ne reconnaît aucune souveraineté sur Jérusalem.

de «ratonnades, d’expropriations forcées de familles palestiniennes par des colons d’extrême droite, de heurts ultraviolents et des tirs meurtriers de l’armée israélienne». La situation dramatique à Gaza a poussé aussi Éliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat, à interpeller une nouvelle fois le gouvernement. Pour la sénatrice, le renvoi dos-à-dos des responsabilités concernant les Israé-liens et les Palestiniens n’est pas possible, car « la disproportion de l’usage de la force est évidente » de la part d’Israël. Avant de continuer, « beaucoup ren-voient dos à dos agresseurs et agressés. Mais les faits, les images, les chiffres, démontrent le choix de la guerre et de la violence fait par Benyamin Netanyahou et l’extrême droite israélienne ». La sénatrice a jugé ; « L’heure est venue de taper du poing sur la table, car la voix de la France compte encore au Proche-Orient » Au travers de la reconnaissance de l’État palestinien ». Mais face à la situation humanitaire à Gaza, qualifiée par de nombreuses ONG comme une «prison à ciel ouvert», Jean Castex a enjoint les autorités israé-liennes à «agir de manière proportionnée», il a déclaré que «la situation est ef-fectivement extrêmement grave et préoccupante, nous sommes inquiets du sort des populations civiles à Gaza déjà éprouvés depuis 15 ans de blocuset l’aide doit parvenir rapidement. » Le Premier ministre avait rappelé les risques liés à une politique de colonisation tout en réitérant son attachement à la sécurité d’Israël. Sa réponse qui est en fait une première d’un chef de gouvernement français envers Israël, a suscité la colère du député UDI Meyer Habib, qui se présente comme un proche de Ben-jamin Netanyahu. Furieux, l’élu a quitté l’hémicycle avant la fin de la prise de pa-role du Premier ministre et lui a reproché de ne pas dire “un mot sur les civils israéliens”, criant au “scandale”. Le Président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) Francis Kalifata exprimé sa stupéfaction et son in-quiétude quant à la déclaration du Premier ministre. Macron, Sissi et Abdala font taire les armes Préoccupé par l’escalade des violences au ProcheOrient, le Président Macron a été déterminé à œuvrer avec l’ensemble des parties pour y mettre un terme au plus vite. Le retour au calme, la paix sont ses prior-

20 01/06/21

Le Drian invité au grand jury.


ités. Dans cet esprit, il s’est entretenu avec le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud ABBAS, lui a demandé d’user de tous les moyens de son influence pour que le calme soit ré-tabli au plus vite.Il s’est entretenu, également avec le Premier ministre israé-lien, Benyamin Netanyahou. Lui avait appelé au «retour à la paix», soulignant le «droit à se défendre» d’Israël tout en montrant «sa préoccupation au sujet des populations civiles à Gaza». À tous, le Président Macron a dit l’urgence d’un retour à la paix, d’une relance décisive des négociations nécessaires à l’établissement d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens et la volonté de la France d’y contribuer dans le respect des aspirations légitimes de chacun.Il s’est également entretenu avec le Président tunisien, Kaïs Saïed dont le pays siège actuellement au Con-seil de sécurité des Nations unies. Macron avait poursuivi ses consultations, le 17 mai, Il a tenu une réunion trilatérale avec le Président égyptien Abdelfattah Sissi en tête-à-tête, et avec le Roi Abdallah II de Jordanie par vidéoconférence, principalement sur le conflit au Proche-Orient. Cette médiation était le principal élément qui a permis un cessez-le-feu, la clé pour permettre la réunification des composantes palestiniennes et garantir le non-recours à la violence. Selon des sources diplomatiques françaises, l’ONU a aussi amorcé, avec l’aide la France,

21 01/06/21

de l’Egypte et du Qatar. Ils ont souligné la nécessité absolue de mettre fin aux hostilités. Ils sont convenus d’y œuvrer ensemble, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le Drian met Israël en colère Jean-Yves Le Drianavait évoqué le 27 mai un «risque d’apartheid en Israël» lors du Grand Jurychez nos confrères (RTL/Le Figaro/LCI) en affirmant que « si d’aventure on avait une autre solution que la solution à deux États, on aurait alors les ingrédients d’un apartheid qui durerait longtemps ». « Le risque d’apartheid est fort si on continue à aller dans une logique à un État ou du statu quo. Même le statu quo produit cela », avait-il ajouté. Une déclaration qui a mis le feu aux poudres. Le chef de la diplomatie israélienne, Gabi Ashkenazy, a indiqué à l’ambassadeur de France en Israël, Éric Danon, que les propos du ministre français étaient « inacceptables, sans fondement et déconnectés de la réalité. Le premier ministre israélien Netanyahou voit rouge, il avait déjà fustigé, le 26 mai, une « leçon de morale hypocrite et mensongère sur cette question». La France adore piquer Israël mais les arabes se réjouissent. Quant à Hamas, il ressort encore une fois renforcé de la guerre contre Israël.


I

nterview

Ambassadeur de France en Tunisie à «La Majalla» :« La loi sur le sépara-tisme est faite pour ressouder la communauté nationale «

Lutte contre le terrorisme La Majalla Karim Amellal est ambassadeur mais également délégué interministé-riel qui a une compétence transversale pour mobiliser des énergies pour trouver des solutions à certains maux qui traumatisent cet es-pace commun qui est la Méditerranée. Il s’occupe aussi de l’Union pour la Méditerranée, du dialogue 5 +5 et est très engagé sur les questions des jeunes, les chantiers mémoriels, le séparatisme. Il vient d’effectuer une visite de trois jours en Tunisie où il a enchainé une sé-rie de rencontres tout à fait intéressantes avec des acteurs de la socié-té civile et des acteurs plus institutionnels. Trois jours d’échanges et de rencontres principalement axées autour de la société civile dans la perspective d’un évènement que le président de la République française souhaite organiser à Marseille en automne prochain. Il a parlé à Majalla avec franchise sur les sujets de l’heure. Pouvez-vous nous expliquer davantage l’approche fran-

Le Forum méditerranéen est un format de dialogue innovant complète-ment centré sur les acteurs de la société civile.

çaise sur le sé-paratisme ? Pendant très longtemps, les responsables politiques ont parlé de com-munautarisme. Ces communautés qui ne sont pas interdites en France. Il y a une communauté juive, arabe, bretonne, etc. Ce terme de commu-nautarisme était mal perçu. Ça n’allait pas du tout. On en est arrivé au terme du séparatisme. Le problème c’est qu’il y a des gens qui à l’intérieur d’une communauté, se séparent des principes de la répu-blique. Ce sont les valeurs communes. En utilisant et en déformant la re-ligion musulmane ils en viennent à se séparer des autres. En effet, le but ou l’intention est de cibler ou prévenir ceux et celles qui pour des raisons économiques, religieuses, minoritaires, en viennent à se détacher de la communauté nationale et auxquels il arrive de commettre des actes ter-ribles que tout le monde réprouve tels que l’assassinat de Samuel Paty. Ainsi ils jettent l’opprobre sur toute la communauté musulmane. Cette loi sur le séparatisme vise à prévenir et à lutter contre le séparatisme ou ce qui peut conduire au séparatisme. Elle est faite pour ressouder la communauté nationale et pour qu’une infime minorité ne disqualifie une majorité normale. Perpétuer la Nation et le corpus de valeurs qui vous unissent et pour qu’une poignée de terroristes ne disqualifie pas l’œuvre que vous êtes en train de faire. Vous êtes en tournée pour préparer le Forum méditerranéen. En quoi diffère-il des autres évènements ? Le Forum méditerranéen est un format de dialogue innovant complète-ment centré sur les acteurs de la société civile qui seront réunis autour d’un certain nombre de thématiques

22

٠١/06/21


Karim Ammellal

qui sont très importantes pour nous en France, en Europe mais aussi au sens large pour la Méditerranée parce que ce sont des sujets communs. Le forum envisagé représente le cadre idoine pour recueillir les propositions de la jeunesse du Sud et de les soumettre au président Macron dans la perspective de la présidence Française de l’UpM. Il ne faut pas qu’il y ait des tabous sur certains sujets qu’on devrait restituer au président de la République surtout sur ces sujets-là. Il faudra dire le problème mais aussi les solutions qu’on propose. Ce forums’articulera autour de cinq axes majeurs à savoir l’environnement et le développement durable, la digitalisation de l’économie, la formation, l’inclusion sociale et enfin la culture et le patri-moine. Qui seront invités à ce forum ? Comme c’est un forum société civile, on va inviter des acteurs des socié-tés civile de la rive sud ce qui n’exclue pas d’inviter des acteurs institu-tionnels. Autour de ces cinq thématiques déjà évoqués on souhaiterait dans chaque pays qu’il y ait des groupes de travaillent en amont du forum pour élaborer des propositions. L’objectif est d’avoir une plateforme de propositions qui viennent des pays du sud et qui correspondent à la réalité et qui permettent de bâtir une méditerranée où il y a des opportunités. Il y a aussi tous les projets enclenchés qu’on essaye d’identifier. Ce forum doit être une occasion d’échanger autour de solutions, de mettre en valeur les

23 ٠١/06/21

La loi sur le séparatisme vise à prévenir et à lutter contre le sépara-tisme ou ce qui peut conduire au séparatisme. initiatives des projets portés par des acteurs de la société civile. Pouvez-vous nous détailler un peu plus les thèmes qui seront débat-tus ? Le premier axe porte sur l’environnement, le développement durable et les questions qui sont liés à la biodiversité, aux changementsclimatiques qui sont des enjeux centraux dont les conséquences sont visibles que ce soit sur la Cote d’azur ou dans les pays du sud. C’est pourquoi on cherchera à trouver des solutions et ces solutions ne viennent pas unique-ment du Nord mais aussi des pays du Sud tels que le projet qui est con-duit par les pêcheurs aux iles Kerkennah (Tunisie). En ce qui concerne la digitalisation de l’économie, plein d’enjeux seront abordés comme la cyber sécurité, la lutte contre le discours de la haine. Mais le forum focalisera aussi les débats sur un autre sujet


I

nterview

qui tourne au-tour de la formation, l’éducation. Comment faire pour former des jeunes sur des métiers nouveaux tels que l’économie bleue ? Ce sont ces oppor-tunités économiques et les emplois nouveaux à créer que nous essaye-rons de mettre en valeur lors de ce forum. Toutefois, des questions liées à l’inclusion à l’égard des publics défavori-sés, fragiles, vulnérables, seront largement évoquées lors de cette ren-contre. La question du genre aussi, l’égalité des chances et comment faire pour que des jeunes dans les régions éloignées et défavorisées puis-sent accéder à des opportunités d’emplois, de développement, seront évoquées. Et les autres problèmes qui intéressent la Méditerranée tels que le chômage et l’immigration irrégulière ? En effet, les problèmes en méditerranée existent ; comme une mer avec des bateaux pleins de migrants qui se noient, des bateaux de guerre, des rivalités, des gisements de gaz qui suscitent des conflits. Mais la Médi-terranée ne peut pas se réduire à cela et ce qu’on voudrait faire c’est montrer la Méditerranée positive où malgré toutes les difficultés il y a plein de choses qui se font. Cet évènement s’inscrira dans un spectre plus large. Le but est que la Méditerranée résonne positivement. Est-ce que la question de la mobilité sera soulevée ? J’ai grandi à Alger et toute ma vie j’ai a entendu ces histoires. Je com-prends l’attente légitime et la frustration eu égard notamment aux pro-cédures qui sont compliquées. Ce sont des choses qu’il faut corriger et on y travaille bien que les résultats ne seront pas toujours satisfaisants car l’octroi des visas ou l’entrée sur le territoire est une politique d’Etat et tous les pays du monde conduisent des politiques de ce type. Mais la France fait partie de l’Union Européenne avec certaines contraintes et restrictions.Il n’empêche,des efforts doivent être déployés sur ce sujet comme la mobilité des étudiants avec le projet Erasmus Med qui n’a pas encore été mis en œuvre. La Méditerrané positive c’est aussi cela. Ima-giner, inventer des choses et proposer, d’ailleurs c’est ce qu’on envisage de faire lors du forum.

Le forum focalisera aussi les débats sur un autre sujet qui tourne au-tour de la formation, l’éducation.

On attend toujours des excuses pour les crimes et les exactions com-mis pendant la colonisation. Est-ce que c’est envisageable lors de ce forum ? Je m’exprime comme ambassadeur d’origine algérienne et qui est fran-co-algérien. Je suis très engagé aux cotes du président sur ces sujets là et militant de la première heure pour que le président conduise enfin une politique de reconnaissance. Il y a cette formule qui est derrière : ni déni, ni repentance qu’a employé Macron. C’est sa philosophie de l’histoire qu’il veut conduire. Ceci-dit, la question de la repentance est délicate pour tous les pays qui ont conduit des politiques impérialistes tels que le Japon et parcequ’ il y a des stigmates ou des excuses qui peuvent être proférés. Ces excuses peuvent satisfaire mais ne feront pas avancer. C’est parfaitementlégi-time et compréhensible car elles peuvent satisfaire une partie de ceux qui sont concernés par ces excuses mais cela ne permettra pas de panser les blessures pour tout le monde. Non seulement d’avancer avec le pays qui est concerné où il y aune politique coloniale qui a été conduite et qui a produit un certain nombre de choses négatives et désastreuses, crimi-nelles. La justice ce ne sont pas les excuses proférées par le président de la République. La justice ce sont des processus avec des magistrats comme ce qui a été fait avec l’IVD mais en aucun cas le Chef de l’Etat peut se prononcer au nom de la justice. Le plus important c’est le déni. Les excuses on peut en attendre. Ce n’est pas cela qui fera avancer les choses. Mais la politique de reconnaissance et c’est là où la France a ac-cusé beaucoup de retard à faire, c’est de reconnaitre les faits. Recon-naitre les faits sur la base du travail des historiens ou d’une commission et sur la base des conclusions sur la responsabilité de l’Etat. Cela doit être une politique de large spectre. Le président ne peut dire de façon abstraite et sans aucun fait établi et sans que les historiens aient travail-lés dessus que la responsabilité de la France est engagée.

24

٠١/06/21

Karim Ammellal


I

nterview

Mamadou Diallo à La «Majalla»: Les fléaux réclament une riposte transnationale

Défis transnationaux en Afrique Par : Nasreddine Ben Hadid

de loin, moins fort, chez nous qu’en Europe.

Mamadou Diallo, est un homme de terrain, qui évite et même, sens une horreur insoute-nable à projeter la théorie sur le réel. Il nous dévoile à travers cette interview, certes une vision anodine, et à part, mais surtout celle d’un homme aguerri par le temps :

A ce point, la mort prend une dimension banale ? Vous ne posez pas la question à la personne adéquate. Cherchez mieux la réponse chez ces jeunes des deux sexes, et moins jeunes parfois, à savoir des familles,

* A la sécheresse, la famine et par conséquence la pauvreté, dont souffre une partie de l’Afrique, vient s’ajouter une pandémie qui frappe le monde entier. Comment voyez-vous la situation ? Vous avez bien fait, d’énumérer plus d’un mal, dont souffre une grande partie de l’Afrique, j’ajouterai le paludisme et l’Ebola, et bien d’autres. Donc, nous ne sommes pas à un mal près. L’Europe (avant le Coronavirus) ne souffrait pas comme nous souffrions. Pour cela, l’effet psychologique du Coronavirus est

Tous les maux auxquels est confrontée l’Afrique subsaharienne, sont transnationaux.

Mamadou Diallo, activiste de la société civile

26

01/06/21


La vaccination contre s’accélère 19-la Covid sur le continent africain

et même des femmes seules avec des enfants en bas âge, qui traversent, entre 2.000 et 4.000 kilomètres, dans des conditions plus qu’atroces. Sachant qu’ils meurent par centaines, et sont ensevelis par le sable. Ceux qui réussissent à toucher les côtes sud de la Méditerranée, bravent encore une fois la mort sur des embarcations de fortune. Tout ceci bien tristement réel, mais fuir ne va pas, et ne peut pas, aider à faire face à la pandémie. Elle est bien là, présente, dévastatrice et surtout visible ? Mille excuses, je ne peux et surtout, je veux voir la réalité de votre prisme, à savoir la pri-mauté du Coronavirus sur tous les autres maux. Cette pandémie est réelle et dangereuse, personne ne peut le nier, mais elle vient compléter une palette de fléaux qui existent déjà. Par conséquence on ne peut la résonner seule. Mon angle de vision, est plus large encore, j’y vois toute l’Afrique subsaharienne, et ses structures sanitaires, que ne disposent pas de moyens humains et matériels, pour subvenir aux besoins normaux, à savoir la morsure d’un serpent ou un accouchement

27 01/06/21

l’Etat doit nous reconnaitre comme partenaires utiles et surtout indispensables. dans les normes. En tout cas, je suis bien heureux que le virus ne s’est pas répandu comme est le cas ailleurs. La critique du système sanitaire, doit se faire au-delà de la pandémie, et au-delà du sys-tème sanitaire, nous devons regarder encore plus tout le «modèle de développent». Généra-lement, et sans entrer dans les détails, et avec peu de variation, d’un pays à un autre, je parle de l’Afrique subsaharienne (la région du Sahel), le constat est le même : La pauvreté gagne du terrain, le taux de scolarisation a chuté, et surtout une fragilité de l’Etat, sous les coups du terrorisme, mais aussi de la criminalité organisée, essentiellement la contrebande.


Que faire alors ? Faisons la remarque, ou plutôt le simple constat que tous les maux auxquels est confrontée l’Afrique subsaharienne, sont transnationaux, sans exception : Le terrorisme, le réchauffe-ment climatique, et la contrebande. La réponse ou plutôt la riposte a été, et reste encore nationale. On ne peut chasser la contrebande dans les limites d’un Etat, sans que le voisin de l’autre côté de la frontière ne fasse de même. Idem pour le terrorisme, et aussi le ré-chauffement climatique.

européens, riches et disposant d’un rassemblement régional, de loin mieux structuré que la CÉDÉAO, ont établi cha-cun un plan de bataille national pour faire face à la pandémie. Comment en vouloir aux pays-membre de la CÉDÉAO ? Vous avez bien raison, mais la pandémie aussi forte qu’elle soit en Europe, ne risque pas de mettre l’existence d’un des Etats-nations en difficulté. Dans notre région, certains Etats ris-quent de se disloquer sous l’effet du terrorisme. Eux se battent pour la vie. Nous, pour la survie.

Vous évoquez le rôle, que doit jouer la Communauté économique des États de l›Afrique de l›Ouest (CÉDÉAO) ?

Et la société civile dans toute cette logique de survie, comme vous dites ? Le problème de la société civile dans nos pays (la CÉDÉAO par exemple), reste essentielle-ment le financement. Certaines actions sont plus que louables, et ont pu présenter un excel-lent travail, mais restent à l’image d’une goutte d’eau douce, dans un océan. Les besoins grandissent d’un jour à l’autre, tandis que les moyens diminuent ou dans les meilleurs des cas stagnent.

Il faut à la fois être réaliste, et surtout analyser avec profondeur, la CÉDÉAO doit impérati-vement faire mieux, mais reste dépendante de la «frilosité» des Etats-nations membres. Chaque Etat est jaloux de son indépendance. Aucune politique commune pour faire face à un des défis, que j’ai déjà cité… Vous ne vous trouvez pas un peu sévère ? Si les pays

Aucune politique commune pour faire face à un des défis.

On doit au sein de la CÉDÉAO, et dans chaque pays, trouver plus de financement, car le tra-vail fourni par une ONG, aussi bien en coût qu’en rapidité, est de loin meilleur que celui of-fert par les pouvoirs publics. Donc, l’Etat doit nous reconnaitre comme partenaires utiles et surtout indispensables.

28

01/06/21

En Afrique, une catastrophe causée par la COVID19- redoutée


E

conomie

Un expert économique à La «Majalla»: «L’accord avec le FMI pour sauver l’économie tunisienne est incontournable»

La Tunisie, endettée Tunis-Majalla Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane Abbassi, a exhorté le gouvernement tunisien à accélérer le processus de relance de l’économie au cours des deux prochains mois afin d›éviter une nouvelle aggravation de la crise économique dans le pays. Il a souligné à cet effet la nécessité d›une trêve sociale et politique. Abbasi a souligné la nécessité d›adopter un programme avec le Fonds monétaire international indiquant qu’ »il n›est pas possible d›aller sur le marché financier international sans pas-ser par le Fonds monétaire international, et quiconque a une alternative à cela, qu›il la soumette«, a-t-il déclaré.

(PIB) a enregistré une croissance négative de l›ordre de 9- pour cent«, a-t-il ajouté. Abbassi a également souligné que les répercussions de la pandémie de Covid19- ont affecté à la fois l›économie réelle et l›économie parallèle, indiquant que les trois moteurs de croissance liés à l›investissement, à l›exportation et à la consommation ont été durement impactés ajoutant à Majalla que »Le climat des affaires est très pauvre et personne ne veut investir en Tunisie«. Abbasi a aussi critiqué la non-exploitation des capacités disponibles dans le pays, telles que la production de phosphates, de gaz et de blé, soulignant la nécessité d›exploiter ces capacités et de payer l›exportation et de la soutenir en échange d›une réduction de l›offre.

Dans le même sillage, il a également mis en garde contre la baisse de la note souve-raine de la Tunisie, révélant que l›agence de notation Fitch Ratings a demandé à la Tuni-sie de faire une évaluation fin mai 2021. »Pour la première fois, depuis 1962, le produit intérieur brut

Le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie a fait part, aussi à Majalla de son in-quiétude face à «une éventuelle hausse du taux d›inflation en Tunisie, au cours de l›année prochaine». Pour voir plus clair sur la situation économique et financière, Majalla a

30

01/06/21


La Tunisie, embourbée dans une crise économique

interviewé Moez Laâbidi, expert économique. La Tunisie est-elle en mesure de se passer du FMI pour boucler son budget 2021 ? Le besoin de financement est déjà énorme, 18,5 milliards de dinars, sans tenir compte d’un dérapage qui pourrait le ramener à dépasser les 23 milliards de dinars. Un dérapage qui est largement expliqué par un certain nombre de facteurs, notamment la hausse du prix du baril (aujourd’huià 68 dollars contre 45 dollars dans le cadre de la LF 2021), les engagements de majorations salariales et de nouveaux recrutements et la révision à la baisse du taux de croissance et ses implications négatives sur les recettes fiscales. Du coup, un effort de prospection, supplémentaire, de financements bilatéraux s’impose pour boucler l’exercice 2021, surtout que les ressources de financement exté-rieur mobilisées jusqu’à fin mai, sont très faibles. De ce fait il est évident que le besoin de financement est énorme d’autant plus que la prime de risque souveraine a forte-ment augmenté (plus de 900 points de base), compliquant ainsi, toute sortie sur les marchés financiers internationaux. L’accord avec le FMI pour sauver l’économie tunisienne est incontournable.

31 01/06/21

Le besoin de financement est déjà énorme, 18,5 milliards de dinars, sans tenir compte d’un dérapage qui pourrait le ramener à dépasser les 23 milliards de dinars. Serait-il possible d’avoir les ressources nécessaires auprès du FMI uniquement ? Non bien sûr. Dans le cadre de l’exercice 2021, le gouvernement a programmé deux sorties sur le marché financier international d’un montant total de 6,6 milliards de di-nars, soit l’équivalent de 2 miliards €. Un pari très difficile à tenir surtout si l’accord avec le FMI n’est pas conclu d’ici la fin du mois de septembre.\ Mais en cas de signature d’un accord avec le FMI, le premier décaissement risque de ne se réaliser que fin septembre ou en octobre, ce qui complique l’équation du finance-


E

conomie

ment, compte tenu des deux remboursements à honorer en juillet (500 millions de dollars, emprunt sur 7 ans contracté en juillet 2014) et en août 500( 2021 millions USD, emprunt sur 5 ans, contracté en août 2016), d’une saison touristique ratée, et du retard dans la mobilisation des financements des autres bailleurs étrangers, déjà identifiés

Le gouvernement a programmé deux sorties sur le marché financier international d’un montant total de 6,6 milliards de dinars, soit l’équivalent de 2 miliards €. Un pari très difficile à tenir surtout si l’accord avec le FMI n’est pas conclu d’ici la fin du mois de septembre.

dans le budget 2021, dont le décaissement est conditionné par la signature de l’accord avec le FMI. C’est pourquoi tout retard dans la signature avec le FMI pourrait se traduire par une concentration des décaissements des montants alloués par les autres bailleurs entre fin 2021 et début 2022 et par des pressions de trésorerie. Est-ce que le plan de réformes, présenté peut convaincre le FMI ? Le plus important pour le FMI, ce n’est pas tant la liste des réformes formulées dans le MOU (Memorandum of Understanding), que l’impact sur le cadrage macroéconomique à moyen terme, reflétant une tendance baissière du déficit budgétaire, de la masse sala-riale en % du PIB, et surtout des signes d’amélioration des indicateurs de la dette tra-duisant la soutenabilité des finances publiques. Je reste convaincu que le plus important pour le FMI, c’est la réduction du déficit budgétaire, afin de préserver la soutenabilité de la dette. Ainsi, si le gouvernement est en mesure de gagner la bataille du recouvrement

32

01/05/21

Moez Laâbidi, professeur d›économie


Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane Abbassi

la corruption, l’informel et l’économie de rente n’a pas trouvé la volonté politique requise, tant que le discours populiste n’est pas délogé de l’ARP et de la Présidence de la république, tant que les syndica-listes n’adoptent pas la culture de la productivité et de la compétitivité dans leur ar-gumentaire de négociation sur les salaires et les entreprises publiques, et tant que le radar du patronat ne couvre pas la Tunisie des zones défavorisées..., le dérapage des finances publiques finira par étouffer, encore une fois, l’action gouvernementale, préci-pitant ainsi, la suspension du troisième programme avec le FMI. Dans un tel scénario, Malheureusement, ce n’est pas le cas de la un certain nombre de menaces pèseront sur Tunisie depuis la révolution, où la majorité l’économie tunisienne. Le risque est aussi, des gouvernements post révolution ont brillé de rater la trajectoire de la soutenabilité à la fois, par les reculades successives face de la dette. Le véritable danger qui guette aux revendications salariales démesurées et l’économie tunisienne est de ne pas réussir à aux lobbyings des corporations, et par leur accroître les marges de manœuvre budgé-taire incapacité à gagner la bataille de l’informel et pour s’inscrire dans une véritable dynamique de désendettement et de ne pas pouvoir du recouvrement fiscal. engager les réformes structurelles, restant Quels sont les risques qui pèsent sur la Tunisie ainsi, prisonnière d’un exercice de rafistolage régulier pour boucler l’exercice budgétaire une fois l’accord avec le FMI conclu ? de l’année. Une situation qui précipitera le Tant que l’audace de réformer et de combattre scénario de défaut de paiement. fiscal, de telle sorte que les recettes additionnelles mobilisées permettent de ramener le déficit budgétaire à un niveau rassu-rant pour la trajectoire de la dette, le FMI pourrait »fermer les yeux« sur la question de la masse salariale et les subventions, compte tenu de leurs implications sociales dans un pays qui peine à cicatriser les plaies de la précarité sociale, engendrées par les deux premières périodes de confinement résultant de la crise du Coronavirus. Une telle si-tuation suppose l’existence d’un gouvernement fort, capable d’imposer le respect de la loi.

33 01/06/21


R

apport

100 milliards de Dollars de DTS pour les pays africains

Macron offre un Ballon d’Oxygène à l›économie afri-caine Paris : khaled Saad Zaghloul Depuis la Guerre froide, la politique économique de la France vis-à-vis de l’Afrique subsaharienne reflétait, dans la tradition gaulliste, l’importance géopo-litique que Paris attachait à cette région. Craignant que les pays africains ne soient attirés par les camps soviétique et américain ou Chinois, la France offrait une aide et un soutien budgétaire importants aux Etats africains. L’Afrique a ainsi longtemps donné à la diplomatie et à l’armée française l’espace sans le-quel elles auraient été condamnées à l’impuissance. Paris, est devenue après l’indépendance qu’il a offerte, un point d’équilibre de la sécurité et de la stabilité africaine. Il a fallu deux sommets en deux jours, (18-17 mai) pour que la France tente, en mobilisant la communauté internationale, de sauver le continent afri-cain, le premier était consacré au Soudan, le second aux économies des pays africains.

Conférence internationale sur le Soudan Le 17 mai, le Président Emmanuel Macron a lancé une Conférence internatio-nale d’appui à la transition soudanaise avec Abdel Fattah Al-Burhan, Président du Conseil de souveraineté de la République du Soudan et Abdallah Hamdok, Premier ministre de la République du Soudan à Paris. Ce Sommet s›inscrivait dans la continuité de l’engagement pris par Macron de soutenir la transition soudanaise, pour devenir un exemple de transition démocratique en Afrique. Mobilisant la communauté internationale de s’engager pour ce pays riche en ressources pétrolières et minières, en lui donnant un bol d’air financier. Afin de « permettre le retour du Soudan dans le concert des nations après plus de trois décennies d’isolement», le président français s’est déclaré en faveur « d’une annulation

pure et simple de notre créance envers le Soudan », soit « près de 5 milliards de dollars ». Y ont participé l’Allemagne, l’Arabie Saoudite, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, le Canada, la Chine, l’Egypte, les Emirats arabes unis, l’Espagne, les Etats-Unis, l’Ethiopie, le Fonds monétaire international, l’Italie, le Japon, le Koweït, la Ligue arabe, la Norvège, l’Organisation des Nations Unies, les Pays-Bas, le Qatar, le Royaume-Uni, la Russie, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Suède, l’Union africaine et l’Union européenne. Dans le domaine économique, des progrès significatifs ont été accomplis. Un accord avec le FMI a été conclu. Le Soudan a été retiré de la liste des Etats sou-tenant le terrorisme. Les participants ont salué les mesures visant à éliminer les subventions au secteur de l’énergie et à réunifier les taux de change. Ils se sont félicités de l’engagement des autorités soudanaises à poursuivre les réformes déjà lancées. Ils ont salué les efforts engagés et accomplis pour améliorer la gouvernance budgétaire et la transparence du secteur public, renforcer la lutte contre la corruption ou encore réformer en profondeur les secteurs bancaire et monétaire. Toutes ces mesures contribueront à l’amélioration du climat des af-faires et sont les conditions essentielles du développement d’un modèle écono-mique dynamique et soutenable. Pour permettre au Soudan de remplir la condition essentielle de l’allègement de sa dette, à savoir le remboursement de tous ses arriérés multilatéraux, la France a annoncé qu’elle prendrait en charge le prêt-relais permettant de rem-bourser les arriérés soudanais au FMI, d’un montant de 1,5 milliard de dollars. Cette annonce de la France s’ajoute à celles liées à l’apurement des arriérés dus à la Banque Mondiale et à la BAD. Par ailleurs, grâce à ces efforts de la France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la Suède, de l’Italie, de l’Irlande, de

34

01/06/21


La directrice générale de la Banque mondiale Kristalina Georgieva et les présidents français, Emmanuel Macron, sénégalais, MackySall, et de RDC, Félix Tshisekedi, après le sommet à Paris, le 18 mai 2021

l’Allemagne, de l’Arabie Saoudite et de l’Union européenne, pour apurer les arriérés multilatéraux du Soudan, la voie est désormais ouverte au plein réengagement des institutions financières internationales aux côtés des autorités soudanaises, qui pourraient recevoir à court terme près de 2 milliards de dollars de dons. De même, les participants ont en-tendu les appréciations portées par les institutions financières internationales sur l’engagement des autorités soudanaises en matière de réforme, ce qui constitue également une condition importante de l’allègement de la dette sou-danaise. Ils encouragent le gouvernement de transition à maintenir la mise en œuvre de son Programme de réformes, afin de remplir pleinement cette condi-tion. Dès lors que les conditions de la réduction de la dette soudanaises sont remplies, la France appelle tous les créanciers bilatéraux du Soudan, qu’ils soient ou non membres du Club de Paris, à participer à partir du mois de juin de manière coordonnée et équitable au processus permettant à terme d’alléger le Soudan du fardeau de sa dette. Dans le cadre de ce processus, la France réitère son engagement au titre de l’initiative PPTE à participer à l’annulation de la dette bilatérale du Soudan.

Un sommet pour sauver l’Afrique Sous la houlette d’Emmanuel Macron, une trentaine de dirigeants africains et européens se réunissent le 18 mai à Paris avec les grandes organisations éco-nomiques internationales. Le sommet sur le financement des économies afri-caines, à l’initiative de la France, se donne pour objectif de sauver l›Afrique de l›asphyxie financière qui menace le continent en raison de la crise provoquée par le Covid19-. Le sommet s›est achevé, avec comme principale annonce, un sou-tien de

35

01/06/21

Une trentaine de dirigeants africains et européens se réunissent le 18 mai à Paris avec les grandes organisations économiques internationales. la communauté internationale sur le plan sanitaire. L›ambition était de récolter 100 milliards de dollars pour combler en partie le besoin de financement du continent. Les économies réalisées grâce à l›allocation de droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI et à son initiative de suspension du service de la dette mettront environ 42 milliards de dollars à la disposition des pays africains, ce qui, bien qu›important, ne représente qu›une fraction du déficit de financement de l›Afrique. Pour se remettre de la pandémie, l›Afrique doit combler un déficit de financement d›environ 425 milliards de dollars au cours des trois prochaines années. Une solution est à portée de main. À l›instar des innovations que les pays afri-cains ont mises en place dans leurs pays respectifs pour lutter contre la pandé-mie et la contraction économique, la communauté internationale pourrait faire preuve d›audace et de courage et adopter des instruments novateurs qui contribueront non seulement à uniformiser les règles du jeu pour les économies africaines en leur donnant accès au marché, mais aussi à fournir les liquidités indispensables à la relance.


L›Afrique fait figure de continent relativement épargné sur le plan sanitaire, avec seulement 130.000 morts du Covid19sur un total mondial de près de 3,4 millions de morts. Mais elle en sort financièrement exsangue. Paris a évoqué la nécessité « de développer, par des partenariats de financement et industriels, une capacité de production en Afrique des vaccins de type adénovirus, protéines recombinées et ARN messager, dans les prochaines semaines ». Le contexte dans lequel s›est tenu ce sommet pour que la démarche qu›elle nourrit prenne tout son sens. Suite au déclenchement de la pandémie, l›Union Africaine et les chefs d›État africains ont mis en place un groupe de travail de haut niveau com-posé de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, l›Ivoirien Tidjane Thiam, le Rwandais Donald Kaberuka et le Sud-Africain Trevor Manuel. Objectif : négocier avec le G7 et le G20 des mesures visant à sauvegarder la soutenabilité des économies afri-caines. Macron qui y est membre compte tenu de la proximité de la France et du continent africain, a fait de ce sujet une priorité d›où la conférence de Paris. Ce qu›il faudrait retenir, au-delà d›une certaine polémique compréhensible, c›est que les pays africains par leur démarche ont poussé la communauté internatio-nale à réinventer le « multilatéralisme

Le sommet, à l’initiative de la France, se donne pour objectif de sauver l›Afrique de l›asphyxie financière qui menace le continent en raison de la crise provoquée par le Covid19-.

de la finance Internationale ». Il y avait aussi la question du partage équitable des doses existantes à la levée des bre-vets pour permettre la production de vaccins anti-Covid19- sur le continent, plu-sieurs pistes ont été évoquées pour « accélérer les efforts ». Ces déclarations confirment le nouvel élan international autour de la levée des brevets sur les vaccins.

Déficit de financement. La directrice générale de la Banque mondiale Kristalina Georgieva et les prési-dents français, Emmanuel Macron, sénégalais, MackySall, et de RDC, Félix Tshisekedi, après le sommet à Paris, le 18 mai 2021. 40 million d’africains pourraient tomber dans la pauvreté en 2021 Le sommet était divisée en deux sessions, l’une sur le « financement et le trai-tement de la dette » publique, l’autre sur « le secteur privé africain ». De nom-breux dirigeants du continent aux côtés du président français. Parmi eux, Abdel Fattah el-Sissi, Abdallah Hamdok, KaïsSaïed, Alassane Ouattara, MackySall, Mu-hammadu Buhari, Paul Kagame, Denis Sassou Nguesso, Roch Marc Christian Kaboré, Bah N’Daw, Nana Akufo-Addo, Cyril Ramaphosa, João Lourenço, Faure Essozimna Gnassingbé, Filipe Nyusi, Sahle-WorkZewde, ou encore Mohamed Ould Ghazouani. Le Premier ministre Albert Pahimi Padacké représentera Mahamat Idriss Déby, le président de la transition au Tchad. Plusieurs représen-tants d’institutions continentales seront également présents, comme Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA, ou Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement (BAD). Certes, la croissance du continent, qui a connu sa première récession en un demi-siècle l›an passé à cause de la pandémie, devrait rebondir de %3,4 en 2021 et de %4 en 2022. Et un moratoire mis en place dès avril 2020 a permis de donner un peu d›air au pays africains les plus endettés. Mais cela ne suffira pas. Les dettes publiques explo-sent sur le continent,

36

01/06/21

Un grand sommet pour «sauver» l’économie africaine à Paris


le Président français Emmanuel Macron

comme la pauvreté : 40 millions d›Africains pourraient en 2021 tomber dans l›extrême pauvreté, selon le FMI.

Macron appelle à «un New Deal» L’un des thèmes majeurs du sommet sur le financement des économies afri-caines organisé de Paris est restructurer le poids de la dette des pays africains et l’opportunité d’en annuler une partie. Un problème d’autant plus urgent que cela permettrait de libérer plus de fonds pour lutter contre les conséquences économiques de la pandémie. Face à cela, «nous ne pouvons pas faire avec les recettes d›hier» alors que «nous sommes collectivement en train d›abandonner l›Afrique à des solutions qui datent des années 60», a regretté Macron. «Nous devons absolument inventer pour les 17 et 18 mai un New Deal du financement de l›Afrique», basé notamment sur «des solutions profondément novatrices», a poursuivi, en faisant référence au «New Deal» (Nouvelle donne) mis en œuvre par le président américain Franklin Delano Roosevelt pour lutter contre l›impact de la Grande Dépression des années 1930. «Sans quoi nous laisserons le conti-nent africain face à la pauvreté (...) face à la réduction des opportunités économiques, une migration subie et l›expansion du terrorisme, et cela je ne veux pas m›y résoudre», a-t-il ajouté. Emmanuel Macron a appelé à la préparation d›un plan d›aide pour aider un con-tinent qui a subi cette année un «ralentissement très fort» de son économie. Dans les couloirs du sommet, un problème était sur toutes les lèvres : la dette des pays africains. Et des mots que le Fond monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale n’espéraient plus entendre – comme restructuration ou annu-lation de la dette – ont commencé à réapparaître. Macron lui-même a d›ailleurs remis le sujet sur la table, en annonçant l›effacement de 4,1 milliards d›euros de dette que le Soudan devait à la France.Tout l’enjeu de la discussion était autour des dettes africaines, revient donc à savoir comment faire pour convaincre les créanciers privés de jouer le jeu. Il fallait que Macron trouver des carottes suffi-

37

01/06/21

Pour se remettre de la pandémie, l›Afrique doit combler un déficit de finan-cement d›environ 425 milliards de dollars au cours des trois prochaines an-nées. santes pour les amener à la table des négociations.

Sortir de la logique de l’assistance Une autre solution, défendue par le président ivoirien Alassane Ouattara, con-siste à réviser les quote-parts pour assurer une meilleure représentativité des pays africains au sein du FMI – et donc un meilleur accès à cet instrument de fi-nancement. La France entend aussi mobiliser l’investissement privé pour finan-cer les besoins immenses de développement d’un continent qui aspire à sortir de la logique de l’assistance. Ces sommets sont des sommets de l›urgence économique et sociale mais aussi sanitaire car l›Afrique est l›un des continents les moins vaccinés au monde, et une urgence et de l›ambition, la France a en effet proposé une nouvelle donne. C’est cette première pierre que Macron souhaite porter. Tout ne sera pas réglé aujourd›hui mais c›est aujourd›hui un changement de paradigme que Paris pousse, qui devra être poursuivi au G7, au G20 et que la France entend pour-suivre encore davantage sous la présidence française de l›Union européenne dans ce partenariat constant avec les africains. La France et ses partenaires dé-fendent l›idée que les pays les plus aisés puissent réallouer leurs droits de tirage pour qu›ils aillent vers les pays les plus pauvres, en particulier en Afrique.


R

apport

La Russie va lancer un vaisseau spatial à propulsion nucléaire sur la Lune, Vénus et Jupiter

«Mission Zeus»… Les Russes à la conquête de Jupiter ! Par Emna Darwazi

nucléaire dans l’espace. Il faudra plus de 50 mois dans l’espace lointain pour que le vaisseau spatial puisse voyager de la Lune à A partir du milieu des années 80, Moscou a tenté à Vénus puis à Jupiter. L’agence spatiale russe pense plusieurs reprises d’envoyer une sonde sur la plus que son module de transport et d’énergie à propulsion grande planète du système solaire. Elle a même par- nucléaire le fera en 2030, a rapporté TASS, l’agence ticipé à une mission conjointe avec l’UE et les Etats- de presse russe. ‘’En collaboration avec l’Académie Unis. Tous les projets ont été finalement abandonnés russe des sciences, nous effectuons actuellement des en raison de technologies insuffisantes. calculs sur la balistique et la charge utile de ce vol’’, a déclaré Alexander Bloshenko, directeur exécutif de Plus d’un demi-siècle après que la NASA a réussi Roscosmos pour les programmes à long terme et la à mettre en orbite le premier réacteur nucléaire du science. monde, la Russie va de l’avant avec des plans titanesques pour lancer un vaisseau spatial à propulsion La mission du premier vaisseau spatial à propulsion

38

٠١/٠٦/01


Zeus prendra la direction de Jupiter

nucléaire porte le nom de l’ancien dieu romain du ciel et du tonnerre: Zeus. Ainsi, la mission baptisée ‘’Zeus’’, devrait décoller pour un voyage en direction de la lune, où un vaisseau spatial se séparera du module de transport et d’énergie, ou remorqueur, avant de se diriger vers Vénus, où il livrera un autre vaisseau spatial et effectuera une ‘’manœuvre d’assistance à la gravité’’ avant d’atteindre finalement Jupiter. En cas de succès, le remorqueur sera le premier du genre dans l’espace, permettant le transport de grosses cargaisons dans l’espace lointain. Zeus est alimenté par un réacteur nucléaire de 500 kilowatts qu’il utilisera pour se propulser. Quant à la NASA, qui a récemment testé un réacteur nucléaire pour un vol spatial en 2012, sollicite toujours des propositions de propulsion nucléaire électrique ou nucléo-thermique qui pourraient potentiellement propulser une mission sur Mars - mettant le premier homme sur la planète rouge. ‘’Alors que la priorité immédiate de la NASA est de renvoyer les humains sur la Lune avec le programme Artemis, nous investissons également dans des technologies de ‘’grands pôles’’ qui pourraient permettre des missions avec équipage vers Mars’’, a déclaré, plus tôt cette année, Jim Reuter, administrateur associé de la Direction des missions de technologie spatiale de la NASA. ‘’Je pense que cette décennie sera la plus fascinante de la conquête spatiale depuis

39

٠١/٠٦/01

La NASA explore également les systèmes de propulsion nucléaire pour les engins spatiaux lors de futures missions sur Mars. l’ère Apollo’’, a souligné, de son côté, Casey Dreier, porte-parole et conseiller en politique spatiale de l’organisation à but non lucratif Planetary Society. Les engins spatiaux dépendent actuellement de la gravité ou de l’énergie solaire pour effectuer des voyages plus longs. Avec les moyens d’accélération actuels, il faudrait trois ans pour un voyage de retour sur Mars, mais la NASA affirme que les moteurs nucléaires pourraient réduire d’un an ce temps de trajet. L’agence spatiale américaine espère installer une petite centrale nucléaire attachée à un atterrisseur lunaire sur la Lune dès 2027. Cela fait partie d’une expérience pour tester la technologie naissante. Jusqu’à présent, la Nasa n’a envoyé qu’une seule centrale nucléaire dans l’espace, sur un satellite en 1965. La Russie, en revanche, a envoyé des dizaines de plantes dans l’espace.


R

apport

Les changements climatiques au Sahel

Des sécheresses aux inondations !

Par: Nasreddine Ben Hadid

Les perturbations liées au climat sont déjà visibles dans cette région, où les températures augLes générations futures, la prochaine généra- mentent 1,5 fois plus vite que dans le reste du tion plus précisément, doit classer les cartes monde. climatiques, qui sont actuellement en vigueur, du moins concernant le Sahel. Cette région aux Une surcharge très dangereuse contours flous, située au sud du Sahara, change Des calculs basés sur les archives des stations de couleur. météorologiques de la région du Sahel, monLa situation se dégrade dans toute bande de trent, que depuis les années 1970 jusqu›à la terre, comprise entre le Sénégal et le Soudan. fin du 20ème siècle, cette région a souffert de La pauvreté touche encore plus de gens. La sécheresses sans équivalent ailleurs dans le pression démographique, bat encore des re- monde. cords. Sans oublier le terrorisme, qui en plus des victimes, entraine des déplacements de Toutefois, on observe depuis (fin du 20ème popula-tions, déjà très fragiles. Un chambar- siècle), une reprise des pluies et un reverdissedement, qui lui aussi entraine des violences ment des zones asséchées. Ceci ne peut en rien, très meur-trières parfois, entre autochtones qui selon Gérémy Panthou, climatologue ratta-ché voient d’un très mal œil, l’arrivée de ces ré- à l›Université française Grenoble Alpes, qui fugiés qui viennent partager, ou même prendre collabore avec l›observatoire météorolo-gique de force, ce peu de «chose», qui assure au plus Amma-Catch sur l›Afrique de l›Ouest, constituer une preuve d’irréversibilité, avant d’ajouter une subsistance déjà plus que difficile. : «Nous observons une forte augmentation des Même les précipitations, qui réglaient un équili- précipitations extrêmes: Les orages sont plus bre de plus en plus fragile, se sont transfor- violents et les sécheresses, lorsqu›elles survimées en pluies diluviennes. Qui en alternance ennent, sont plus sévères», avec des sécheresses plus arides, dégradent des De ce fait, on observe des modifications très terres déjà très appauvries :

40

01/06/21


Situation pastorale au Sahel

dangereuses de l’écosystèmes : Désertification démographique de plusieurs régions, et surpopulation ailleurs, surtout au bord des fleuves. D’où une surexploitation de ressources naturelles, en premier, le bois de chauffage. Les annales gardent en mémoire, les crues exceptionnelles du fleuve Niger qui, en 2012, avaient fait des dizaines de morts et plusieurs centaines de milliers de déplacés. Malheu-reusement, ce genre de ces catastrophes se multiplie… Qu’il soit à Bamako (Mali), Diffa (Niger) ou encore Bangui (Centrafrique), le scénario se ré-pète depuis avec une régularité étonnante : L’eau qui submerge tout. La population est la première à en payer le prix.

Une facture plus que salée : Une étude qui a concerné 17 pays, démontent les effets du réchauffement.L’érosion touche les côtes aussi : les côtes du Sénégal reculent d’un à deux mètres par an. Idem pour Djibouti. Et jusqu’à vingt à trente mètres par an dans le golfe de Guinée.

41

01/06/21

*La situation se dégrade dans toute bande de terre, comprise entre le Sénégal et le Soudan. Pour comprendre le désarroide toute une population du Sahel, il faut savoir que deux habi-tants sur trois vivent de l›agriculture et de l›élevage tandis que l›immense majorité des terres cultivées sont dépourvues de système d›irrigation. Pires encore, les rendements agricoles vont diminuer de 20% par décennie d›ici la fin du 21ème siècle dans certaines zones du Sahel, selon les prévisions d’un Groupe d›experts intergouvernemental sur l›évolution du climat (GIEC). On peut aisément en imaginer les conséquences d’une augmentation démographique cou-plée à une telle baisse des rendements des terres agricoles !!! Déjà, selon la FAO, environ 9,7 millions de personnes étaient en état d›insécurité alimen-


R

apport

taire sévère en Afrique de l›Ouest. Une crise chronique, qui a sévit en juin et août 2019, durant la difficile période de soudure qui sépare la saison sèche et la saison des pluies.

d’éleveurs ont quitté la brousse pour s›installer en ville, et grossir les bidonvilles, parce que des sécheresses successives, ont décimé leurs troupeaux».

«Réfugié climatique», est un concept que les experts commencent à évoquer en traitant la région du Sahel : A savoir des sinistrés obligés à fuir leurs foyers, provoquant un exode rural massif, suite aussi bien pour fuir des inondations à répétition que des sécheresses désastreuses.

Un terreau très fertile :

«Exode rural» devient un concept récurent, comme l’explique Hassan Baka, un responsable d›Aren, la principale association d’éleveurs au Niger : «en 2019, par exemple, des milliers

*Les perturbations liées au climat sont déjà visibles au Sahel, où les températures augmentent 1,5 fois plus vite que dans le reste du monde.

Que peut engendrer un tel cocktail, composé de pauvreté, mauvaise gouvernance, change-ment climatique et pression démographique? Fin septembre, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, en apportent une réponse. Il s›est dit pessimiste face à une telle situation explosive, qui «nourrit les extrémismes violents», avant d’ajouter que «la raréfac-tion des ressources naturelles exacerbe les tensions», en référence aux affrontements pour la terre entre éleveurs et agriculteurs au Nigeria, qui ont fait des centaines de morts. Tout en sachant que la population des six pays francophones du Sahel sera multipliée par six, pour atteindre 540 millions d›ici à 2100, selon les projections de l›ONU.

Le verre, moitié plein, ou vide ? Face à cette situation, 17 pays du Sahel, ont adopté en février 2018 une enveloppe de 400

42

01/06/21

Gérémy Panthou, climatologue rattaché à l’Université française Grenoble Alpes


Hassan Baka, un responsable dAren

milliards de dollars, couvrantla période 20192030, dans le cadre d’un «plan d›investissement climatique». Ce plan compte ce qu’il considère comme «excellente capacité d›adaptation », à l’exemple de nombreux pêcheurs qui se sont reconvertis dans l›agriculture sur les terres fertiles décou-vertes par le retrait des eaux, suite à l›assèchement David Cleary, responsable agriculture de l›ONG américaine The Nature Conser-vancy

Des modifications très dangereuses de l’écosystèmes :Désertification démographique de plusieurs régions, et surpopulation ailleurs. du lac Tchad, qui a perdu 90% de sa sur-face en 40 ans. David Cleary, responsable agriculture de l›ONG américaine The Nature Conservancy, admet un regard très optimiste concernant ce qu’il considère «développement significatif de l›agro-foresterie au Sahel», qui «implique des dizaines de milliers d›agriculteurs dans des pro-grammes de plantation d›arbres qui ont littéralement verdi les paysages», avant d’ajouter que «le Sahel est souvent présenté comme une cause perdue, alors qu›il connaît des évolutions importantes et montre ce à quoi pourrait ressembler un futur plus porteur d›espoir». Et conclure par : «Si le Sahel peut le faire, c›est plutôt encourageant».

43

01/06/21


S

anté

Hamdi Mbarek, docteur chercheur en génomique à l’université Amsterdam Netherlands.

Covid19- : Les Tunisiens réticents face à la vaccination

Pourquoi certaines personnes hésitent à se faire vacciner ? Par Emna Darwazi

‘’hésitation à la vaccination’’ est entré dans le discours quotidien de la pandémie.

Comme des milliards de personnes dans le monde, vous attendez peut-être avec impa- En effet, les chercheurs ont constaté une hésitience votre tour pour se faire vacciner con- tation généralisée. Des citoyens du monde tre la Covid. Cependant, certains ne font pas entier refusent de recevoir une injection. confiance aux laboratoires qui ont fabriqué Des études récentes indiquent que généraleces injections. Ils préfèrent fortifier leur ment les personnes âgées étaient plus disposystème immunitaire avec des suppléments sées à se faire vacciner que les plus jeunes. et un mode de vie sain. À présent, le terme De même, les femmes en âge de procréer

44

01/06/21


Des citoyens tunisiens dans un centre de vaccination pour recevoir le vaccin anti-covid, Tunis, le 25 mars 2021.

s’inquiètent de l’impact de ce virus sur leur fertilité. Des dizaines de mythes sur le vaccin anti-covid ont vu le jour. Certains croient que les femmes enceintes ne devraient pas être vaccinées, mais selon des études récentes les femmes enceintes ayant reçu le vaccin, transmettent leurs anticorps à leurs nouveau-nés, ce qui constitue une protection automatique contre la Covid ; d’autres soupçonnent un lien entre les vaccins anti-covid et l’impuissance ou pensent que les vaccins modifient l’ADN. Toutefois, les chercheurs assurent que l’ARN messager pénètre dans les cellules mais pas dans le noyau où réside l’ADN et ne l’affecte pas du tout. En Tunisie, les campagnes de vaccination avancent à tâtons ! Le ministre de la Santé, Faouzi Mehdi, a qualifié, vendredi 28 mai 2021, la situation épidémiologique d’inquiétante, précisant que les chiffres stagnent mais dans un niveau élevé. «Nous nous tenons prêts à gérer toutes les situations et à prendre en charge les cas qui seront enregistrés d’ici là», a-t-il indiqué,

45

01/06/21

La vaccination, est une question de santé publique! soulignant que la Tunisie doit se préparer à une quatrième vague de contaminations au Coronavirus dans deux semaines. Le ministre tunisien de la Santé, qui a appelé à accélérer les campagnes de vaccination, a annoncé deux nouveaux cas d’infection au variant sud-africain. Bien que le vaccin anti-covid approuvé se soit avéré sûr et efficace, la vaccination de masse chez les Tunisiens reste un défi. Est-ce une simple hésitation à se faire vacciner ou le déni du Coronavirus ? Pour élucider les mécanismes impliqués dans cette réticence à la vaccination, «La Majalla» a interviewé DR. Hamdi Mbarek, docteur chercheur en génomique à l’université Am-


S

anté

des vaccins dans des études de terrain. Cela encourage davantage les gens à se faire vac* Nous avons vu que plusieurs Tunisiens, y ciner pour se protéger eux-mêmes et protéger compris des médecins, refusent de se faire leurs proches. Tout le monde aspire à un revacciner. Pourquoi autant de réticence face tour à la vie normale qui n’est possible que si la majorité de la population est vaccinée. au vaccin ?

sterdam Netherlands.

Oui. C’est un comportement qu’on a observé surtout au début de la campagne de vaccination, mais je pense que les choses ont changé depuis et le rythme de vaccination s’est accéléré ces dernières semaines. Ce changement est expliqué aussi par la publication d’études scientifiques sur l’efficacité

Tout le monde aspire à un retour à la vie normale qui n’est possible que si la majorité de la population est vaccinée.

* Ces vaccins anti-covid auraient-ils des effets à long terme que l’on ne connaît pas ? La réponse courte à la plupart des questions concernant les effets à long terme des vaccins sur la santé est que «tout simplement nous ne savons pas encore». Cependant, ces vaccins n’existent que depuis 6 mois, il n’y a pas de recherche à long terme sur aucun aspect de leur efficacité. Les scientifiques sont en train de rassembler les données pour analyser les effets comme ils sont en train de le faire pour étudier les effets à long terme de la Covid ou ce qu’on appelle «Long-Covid». * Existe-t-il une énorme différence entre les vaccins actuellement disponibles ?

46 01/06/21

Le mufti de la république reçoit la première dose de vaccin anti-covid, le 14 avril 2021.


Les vaccins disponibles actuellement sont tous efficaces contre la Covid. La différence qui existe est liée à leurs modes d’action et quelques différences techniques sur le mode de stockage et le nombre de doses. *Dans certains pays, comme le Maroc, le vaccin anti-covid est obligatoire, ne voyezvous pas qu’il s’agit là d’une atteinte à la liberté individuelle ? Je pense plutôt que c’est une responsabilité individuelle envers soi et envers autrui. Vous pouvez refuser de se faire vacciner, mais dans ce cas, vous engendrez un risque pour vous et pour la société. Il y a d’autres raisons de refuser de se faire vacciner, comme par exemple avoir une allergie sévère, mais sans une raison scientifique ou sanitaire valide, c’est comme si vous refusiez de faire votre devoir. Prenez l’exemple du carnet de vaccination dès l’enfance, il y a des vaccins qui sont obligatoires et qu’on ne discute même pas, c’est une question de santé publique!

47 01/06/21

Les vaccins disponibles actuellement sont tous efficaces contre la Covid. Quelles solutions ? Les faibles niveaux de vaccination, en particulier parmi les communautés à faible revenu, reflètent souvent certaines contraintes logistiques. Offrir des heures prolongées pour les vaccinations et expliquer au public qu’il n’y a pas de frais sont deux façons d’améliorer les taux. Pour les personnes oublieuses, de simples rappels - par SMS ou message vocal - peuvent aider. Une étude réalisée en 2019 a montré que des rappels quotidiens pour terminer le traitement médicamenteux de la tuberculose avaient amélioré considérablement les résultats.


c

ulture

Un livre américain: Comment Israël a mis la main sur 15 millions de dollars d’armes iraniennes Washington - La Majalla

À la fin de 2001 et au début de 2002, suite aux attentats terroristes du 11 Sep-tembre contre les États-Unis, qui ont secoué le monde, provoquant une colère américaine immesurable, mais aussi, le début d’une coordination occidentale pour envahir l’Afghanis-tan, et renverser le gouvernement taliban, à savoir toute une décennie, à la recherche d’Oussama Ben Laden, le fondateur et chef d’Al-Qaïda qui était à l’origine des attentats ter-roristes, Israël a combattu dans le cadre d’une opération de moindre envergure pour saisir un navire qui transportait des armes de l’Iran, destinées aux Palestiniens. Caractéristiques de ce livre, relatant des détails, concernant la saisie du navire «Karine» : Des détails qui ont vu le jour le 12 septembre 2001, une journée après l’attaque des États-Unis, par des terroristes. Le mois suivant, ce navire est arrivé en Iran, au moment même où les États-Unis annon-çaient l’opération «la Liberté permanente» en Afghanistan. En janvier 2002, Israël a mis la main sur le navire. Le mois-même, qui a vu 18 pays (pour passer à environ 50) se joindre à l’invasion de l’Afghanistan. Pour ces raisons, peut-être, la guerre contre le terrorisme a couvert l’affaire du na-vire«Karine». Jusqu’au mois dernier, avec l’apparition de ce livre, qui a mis la lumière

sur des faits classés secrets : L’auteur du livre est le général Amos Gilboi, chef du renseignement du Tsahal et ancien at-taché militaire à Washington. Il est l’auteur d’autres livres, dont: «La défense silencieuse d’Israël: soixante ans dans le renseignement israélien» Ce livre a été édité (et traduit de l’hébreu vers l’anglais) par Yonan Jeremy Pope, expert en renseignement israélien et journaliste pour le Jerusalem Post. Il est l’auteur du livre«Y a-t-il justice en Cisjordanie? Le problème israélo-palestinien devant les tribunaux».

Quelques chapitres du livre : • Le grand projet et la vieille haine. • Planification. • Un coup d’état au niveau du renseignement. • Participation des Américains. Le titre du livre: «A Raid on the Red Sea: The »ISRAELI CAPTURE of the Karine A Auteur: Amos Gilboa Éditeur: Potomac, University of Nebraska Date: mars 2021 Nombre de pages: 320 Prix: Version papier: 28,27 dollars... Version électronique: 26,86 dollars

48

01/06/21


• Les préparatifs. • Un jour avant. • Le jour de l’attaque. • Répercussions internationales. Le livre décrit la cargaison comme suit: «Cinquante-cinq tonnes d’armes iraniennes de haute qualité, y compris des missiles qui peuvent détruire de grandes villes israéliennes... Dans le but d’accomplir un objectif commun à l’Iran, Hezbollah, et l’Autorité palestinienne». Selon le livre, l’opération consiste «la première du genre, où qu’Israël met la main sur un grand cargo palestinien de contrebande d’armes». L’auteur se vante du fait que des soldats ont abordé le navire à partir d’embarcations militaires. Aussi, d’autres sont descendus d’hé-licoptères. Le livre explique la participation des forces et des services de renseignement américains, avec Israël dans la traque et la saisie du navire. Le président George W. Bush a salué l’opé-ration. Il a attaqué le dirigeant palestinien Yasser Arafat, et a juré de ne plus traiter avec lui. En effet, il a rompu avec Arafat jusqu’à la mort de ce dernier, trois ans après la saisie. Le livre faisait référence à deux phases de cette participation américaine : La première, lorsque le navire a disparu des yeux des Israéliens. La seconde, lorsque le mauvais temps a empêché la saisie du navire. Dans les deux cas,

49

01/06/21

les forces et les services de renseignement américains ont été d’un grand secours. Bien que le livre ne porte pas toutes les informations, il semble que les forces et les services de renseignement américains ont été impliqués dans toutes les phases, sauf l’abordage. Outre le rôle de Yasser Arafat, le livre détaille ceux joués par d’autres dirigeants palesti-niens. En achetant le bateau à un marchand libanais. Aussi, l’escale du navire à Port Soudan pour remplacer son équipage par des Palestiniens. De même, la préparation du convoi, sur l’île de Qeshm en Iran. Parmi ces palestiniens, on trouve Imad Mughniyeh, un dirigeant du Hezbollah, que le livre décrivait comme le«cerveau» de l’opération. Environ 20 ans plus tôt, Mughniyeh aurait été le«cerveau» de l’attaque contre le quartier général des Marines américains à Beyrouth, qui a entraîné la mort de 241 soldats améri-cains. En 2008, vingt-cinq ans après l’attaque contre les Marines et sept ans après la saisie du na-vire, les services de renseignement américains et israéliens ont été impliqués dans une autre action. A savoir la mort de Mughniyeh à Damas. Qui a participé à une célébration de l’anniversaire de la révolution iranienne, sans savoir que des inconnus avaient substitué un des pneus de sa Mitsubishi, avec un autre bourré d’explosifs. En plus de l’importance, aussi niveau militaire, que du renseignement, de l’affaire Karine, son importance historique a évolué pour engendrer un tournant dans la politique américaine à l’égard du conflit entre Israël et les Arabes. En effet, après des décennies à blâmer les Russes et les gouvernements arabes révolutionnaires, les ÉtatsUnis ont trouvé le principal coupable. A savoir l’Iran : Premièrement : ils ont été choqués par l’envoi d’armes par l’Iran d’une valeur de 15 millions de dollars aux Palestiniens. Deuxièmement :Les 200 roquettes Katyushade la cargaison, ont soulevé un grand souci chez les Etats-Unis, tant ce genre d’armement peut facilement atteindre les grandes villes israé-liennes. Ainsi, les États-Unis ont commencé à tenir l’Iran pour responsable du danger d’éliminer Israël. Une attention moindre est accordée aux Russes, et les gouvernements révolution-naires en Irak, en Syrie et en Libye. Cependant, deux ans après l’affaire du navire, les États-Unis eux-mêmes ont aidé l’Iran à accroître sa menace contre Israël. En envahissant l’Irak, ils ont contribué à l’accroissement du pouvoir del’Iran en Irak, puis en Syrie.


Un magazine politique Mensuel

Issue 1810 - Juin 01/06/2021

Samir Ghanem... une étoile brillante dans le ciel de l’art égyptien

www.majalla.com


A

rt

L’art, un tremplin pour cultiver de nouvelles valeurs dignes de la nouvelle Tunisie

Interview avec l’acteur tunisien Ahmed Hafiene Par Emna Darwazi Dans une interview accordée à ‘’La Majalla’’, l’acteur tunisien Ahmed Hafiene qui s’est distingué en Tunisie et à l’étranger pour ses rôles complexes et symboliques, nous offre une lecture philosophique des épidémies et leurs rôles dans le développement humain, civilisationnel et artistique. Il nous livre, également, sa vision de l’art et de la Tunisie post-révolution. Pouvez-vous nous parler un peu de votre actualité ? Je vous remercie d’abord de l’intérêt que vous avez manifesté en me proposant cette interview. J’en suis merveilleusement ravi. Enfant, je lisais la rubrique ‘’Culture’’ de votre magazine, alors que mes parents s’intéressaient à l’actualité politique. Je suis actuellement en train de tourner une nouvelle série intitulé ‘’Al Malik’’ (Le roi), avec le groupe ‘’Sky’’ en Italie. Il s’agit d’un travail qui traite des problèmes délicats d’ordre social et humain. Je suis heureux de cette nouvelle expérience, surtout de la reprise du tournage dans le contexte du Coronavirus. J’avais deux projets, le premier en Italie et le deuxième à Paris qui ont été reportés. J’espère que c’est le début de la délivrance et du retour à la normale pour le monde de l’industrie cinématographique, dramatique et théâtrale dans les pays du monde entier. Ce secteur a été durement touché par la pandémie, mais ça reprend à tâtons. Vous vivez actuellement en Italie. Pourquoi ce choix ? Est-il lié aux conditions de vie en Tunisie ? J’ai choisi de vivre en Italie pour des raisons familiales, principalement, puisque ma famille y est installé et pour des raisons professionnelles entre autres. J’ai déménagé à Rome depuis 2007. En ce temps-là, j’avais de bonnes opportunités de carrière à l’étranger et en Europe. D’un point de vue administratif et juridique, je réside en Italie, mais il arrive

que je rentre deux fois par mois en Tunisie, sauf dans ces conditions liées au Coronavirus qui ont cloué les gens chez eux. Pour la première fois de ma vie, je ne suis pas rentré dans mon pays d’origine depuis 9 mois. Je ne peux pas rompre avec mon pays, là où j’ai fait et réussi ma carrière. J’ai quitté la Tunisie à l’âge de 41 ans. J’ai un coup de cœur pour les produits tunisiens, car je suis Tunisien, non pas seulement dans le sang, mais aussi Tunisien de formation et de carrière artistique. Tout ce que je réalise en dehors de mon pays est un plus pour ma carrière qui avance avec assurance en Italie et en Europe en général. Un vol Rome-Tunis ne dure que 55 minutes alors que Rome-Milan prend 1h20 minutes. La Tunisie m’est plus proche même géographiquement. La pandémie du Coronavirus a bouleversé le monde entier, imposant le changement à différents niveaux. Comment avez-vous vécu ce changement ? On dit que les épidémies changent le cours de l’Histoire. La première scène qui passa dans mon esprit à l’annonce de la pandémie du Coronavirus, fut l’épidémie qui a mis fin à la vie de Périclès, figure emblématique de la Grèce antique. La peste d’Athènes a changé l’histoire de la Grèce sur le plan démocratique et politique. Et la mort de Périclès fut un malheur irréparable. Le peuple se laissa conduire par des démagogues qui le menèrent en peu de temps à la ruine. Des projets de réformes politiques et théâtrales ont été déclinés. Mais historiquement, l’épidémie a empêché l’invasion de la Grèce. La pandémie du Coronavirus aura des impacts et des changements très profonds à l’échelle mondiale qui nous inciteront à s’accrocher au nécessaire de cette nouvelle ère. Les épidémies ont développé l’humain, le civilisationnel et le sanitaire. Elles ont nourri l’imagination des artistes et appris l’homme à survivre. Malgré les maux et difficultés causées par ce nouveau virus, je suis optimiste

52

01/06/21


Les épidémies ont développé l’humain et le civilisationnel. Elles ont nourri l’imagination des artistes. Selon vous, qu’est-ce qui a changé après la révolution du 14 janvier, sur le plan culturel ? Nous avons été témoins de plusieurs changements après la révolution du 14 janvier, dont le plus important est la liberté d’expression, un gain précieux qu’on devrait préserver et développer pour rayonner et étaler nos industries culturelles à la méditerranée. Pourquoi pas ? Tous les indicateurs assurent que nous sommes capables de créer un projet d’industrie culturelle. Le 14 janvier nous a mis face à nous-mêmes, pour se poser cette question : Qu’est-ce que l’art ? Est-ce qu’il représente une vision de la réalité ou une lecture de la réalité transfigurée par le poétique et l’imagé pour évoquer/discuter une valeur ? L’art n’est pas illustration, mais réalité, c’est ce tremplin qui porte vers le métaphorique, vers de nouvelles valeurs dignes de la nouvelle Tunisie et de son histoire.

L’acteur tunisien, Ahmed Hafiene.

quant à l’avenir de l’humanité, surtout la Tunisie. Pourvu qu’elle prenne des mesures pour tirer les leçons de cette pandémie, améliorer sa gestion des crises et aller de l’avant socialement et culturellement. Le secteur artistique a été durement touché par la crise sanitaire. Certains artistes demandent des aides, dont une indemnité de compensation. Qu’en pensez-vous ? Surtout qu’en Tunisie, ces derniers souffrent de précarité ? La pandémie a dénudé les déficiences dans toutes les sociétés. En Tunisie, concernant le secteur artistique, la loi sur l’artiste et les métiers artistiques qui réglemente les relations entre l’artiste et les institutions publiques (le ministère de la Culture, la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale, les droits d’auteur, notamment), et peine à voir le jour depuis près de cinq ans, devient une revendication de première urgence pour éclairer davantage les formes contractuelles et fiscales. Je vois là une opportunité historique pour adopter ce projet de loi qui devrait renforcer et unifier l’ensemble des artistes. La reconnaissance de l’artiste est une reconnaissance de l’individu, en garantissant ses droits. Les enfants au talent naissant, par exemple, peuvent aller de l’avant et développer leur potentiel, si leurs droits sont garantis. Il s’agit d’un projet de citoyen artiste qui élèvera la société. Nous avons les atouts d’une société commune, mais la culture de l’individuel est inexistante.

53

01/06/21

Le fantôme de la censure se manifeste-t-il encore sur la scène culturelle en Tunisie ? La censure ne disparaitra jamais et ce, dans toutes les sociétés. Chez l’artiste, il y a moins de censure individuelle, peut-être. Les œuvres d’art les plus exceptionnelles n’ont pas été soumises à la censure. Le travail artistique ne devrait pas tomber dans le piège de la superficialité, il doit creuser en profondeur. Les peuples qui ont réussi à l’échelle internationale ont produit un art insoumis, sans nul besoin d’impertinence. L’idée est plus importante que tout. Je prends l’exemple du feuilleton tunisien qui a rencontré un grand succès ‘’Harga’’ et qui traite un phénomène social alarmant, la crise de l’appartenance qui laisse le spectateur s’interroger sur sa propre appartenance. Et c’est ici le travail de l’équipe (réalisateur, scénariste et acteurs) d’aborder la problématique et de transmettre la réalité telle qu’elle est. La censure ne dépend pas d’une personne, d’un artiste, d’une rebelle, d’un opposant ou d’un dirigeant. Elle concerne toute la société. La violence est un phénomène omniprésent dans toutes les sociétés. Cependant, en plus des violences policières qui n’ont pas cessé après la fin du régime de Ben Ali, la Tunisie post-révolutionnaire a été témoin de l’émergence du phénomène de l’extrémisme religieux. Quelle est votre lecture du feuilleton ‘’El Maestro’’ qui a rencontré un grand succès auprès du public en traitant ces déviances sociales ? Le centre de rééducation dans le feuilleton ‘’El Maestro’’ n’est que la métaphore de la société qui cherche à dépasser


les obstacles actuels à travers un message d’espoir que transmet ce travail artistique. La culture est primordiale pour tout citoyen, pour qu’il puisse vivre dignement, avancer et s’élever. Voici le message du feuilleton : la culture est une arme qui dissipe la violence qu’elle soit résultante de l’absence de dialogue et de réflexion ou d’une pathologie. Je crois au dialogue entre les citoyens. Certains téléspectateurs qui ont salué notre travail, disent qu’ils n’étaient pas assez proches de leurs enfants adolescents et ignoraient la manière dont ils pensent, car le développement technologique a beaucoup changé le monde. Grâce à ‘’El Maestro’’, ces parents ont renoué spontanément le dialogue avec leurs enfants. C’est une fierté, non seulement pour moi, mais pour toute l’équipe de ce travail et pour l’art tunisien d’une manière générale. C’est à nous d’édifier une société meilleure, une société plus humaine.

expérience. Il sait donc ce que traverse un acteur sur scène. Il est, également, convaincu que l’acteur devrait collaborer avec le réalisateur et le scénariste au lieu d’exécuter ce qu’on lui demande. Il vous laisse la liberté sans oublier le but du travail qui unit toute l’équipe. C’est toujours agréable de travailler avec Lassaad, car très vite tout retrouve son ordre harmonieux avec lui et l’échange entre l’acteur et le réalisateur ne peut être que positif.

Le réalisateur du feuilleton, Lassaad Oueslati, vous a-t-il laissé la liberté de créer votre personnage ? Lassaad Oueslati est l’un des réalisateurs exceptionnels qui sont à l’écoute de l’acteur, car lui-même a vécu cette

Quel est le rôle que vous avez joué qui vous représente le plus ? Je me pose tout le temps cette question, mais je pense que je n’ai pas encore joué le rôle qui me représente le plus. Je laisse les téléspectateurs qui ont vu mes films et séries juger. Cela dit, tout le plaisir consiste à les surprendre avec de nouveaux rôles.

L’art n’est pas illustration, mais réalité. C’est ce tremplin qui porte vers la métaphore, vers de nouvelles valeurs dignes de la nouvelle Tunisie.

Vous choisissez vos rôles avec précaution, êtes-vous assez perfectionniste et exigeant ? Le choix est très important, car on ne peut plus reculer ou décevoir les téléspectateurs qui s’attendent au meilleur de nous. Par choix, je veux dire, une performance de qualité. S’engager dans un travail, c’est défendre un projet qui verra le jour, un voyage qui emmènera le téléspectateur à un univers meilleur, plus raffiné.

Qu’en est-il de celui qui a été le plus difficile à incarner ? Le rôle le plus difficile que j’ai joué, est celui de Hatem dans ‘’El Maestro’’. Un personnage qui me ressemble un peu. Je suis comme lui, je crois en cette génération de jeunes que je soutiens, motive et leur dit de rêver grand. Et c’est là où j’ai rencontré une difficulté, car je tiens toujours à incarner des rôles qui ne me ressemblent pas dans la réalité. Mais grâce à mes collègues Dorra, Ghanem, Fathi, Riadh, Nethir, Firas, Sana, tout le Cast et au scénario, j’ai pu donner l’image qu’il

54

01/06/21

Ahmed Hafiene et Dorra Zarouk, dans le feuilleton tunisien ‘’El Maestro’’ (Ramadan 2019)


L’acteur tunisien, Ahmed Hafiene, dans son film ‘’Fatwa’’, 2018.

faut au personnage de Hatem. J’ajoute que j’évite de me voir à la télé, une fois le travail achevé, car je suis quelqu’un qui s’autocritique. Vous étiez absent de la saison ramadanesque 2021. Pourquoi cette absence ? La Covid a annulé plusieurs projets. Je faisais équipe du feuilleton ‘’Harga’’, mais le travail a été suspendu à cause de la pandémie. On m’a proposé, également, un autre travail, mais j’ai dû renoncer à cause des contraintes logistiques et du confinement qui auraient peut-être impacter la performance. Cependant, je suis heureux de voir les gens produire, travailler et présenter leur travail au public. J’y vois beaucoup de sacrifice, en ces conditions exceptionnelles. J’espère que l’année prochaine, la situation s’améliore pour me lancer dans d’autres projets artistiques, car mes ambitions sont inarrêtables. Quels sont les feuilletons ramadanesques que vous avez appréciés ? Plusieurs feuilletons ont attiré mon attention. Je ne peux pas juger avec certitude, car je pense que les Tunisiens ont des goûts très variés. J’ai apprécié ceux qui ont respecté l’intelligence du téléspectateur et qui ont rencontré un grand succès auprès du public. Quels sont les acteurs et réalisateurs avec qui vous aimeriez collaborer ? Les réalisateurs et acteurs que j’aime et qui m’aiment… qui croient en moi et qui sont à l’écoute. S’écouter mutuellement…. Le travail artistique devrait se fonder sur le respect et laisser une empreinte positive dans la société. Vous avez remporté plusieurs prix, à l’instar du meilleur acteur lors du Festival international du cinéma à Montréal.

55

01/06/21

Grâce à ‘’El Maestro’’, des parents ont renoué spontanément le dialogue avec leurs enfants. Comment vous avez vécu ces succès ? Et quel est le prix pour lequel vous avez un coup de cœur ? Tout prix est une reconnaissance de l’effort et du rayonnement de l’artiste. Chaque prix est une source de bonheur, mais aussi une responsabilité qui repose sur mes épaules. Je suis l’un des rares artistes à avoir reçu deux fois le prix des JCC, une récompense très spéciale pour moi, l’année d’après ma collègue Hend Sabri l’a remporté deux fois, également. Les JCC ont le même âge que moi, nous sommes nés le même mois et la même année en 1966. Quels sont vos futurs projets ? Des discussions sont en cours concernant un travail artistique arabe. J’espère que ce sera une opportunité pour présenter un travail de valeur. J’ai découvert qu’il y a beaucoup de gens dans le monde arabe qui m’aiment et suivent mon actualité. J’espère être à la hauteur de leurs attentes. Je me concentre actuellement sur le tournage. Mon manager à Rome est en train de mener les discussions. Pourvu qu’on arrive à conclure un accord et qu’on commence le tournage. La priorité est pour mon pays, la Tunisie, mais je reste ouvert à toute proposition de l’étranger, car tout travail utile pour la société m’intéresserait. Le meilleur est à venir ! Voici ma devise. Merci aux lecteurs de la Majalla !


Po

rt

ra

Il a plus de 150 films et 60 séries dans son répertoire

it

Samir Ghanem... une étoile brillante dans le ciel de l’art égyptien Par La Majalla-Le Caire Il était l’une des étoiles les plus brillantes du théâtre et du cinéma égyptiens. Il a à son actif plus de 150 films, 60 séries et 40 pièces de théâtre, en plus des poèmes, des séries radiophoniques et des dessins animés. Tous ceux qui aiment la comédie égyptienne depuis les années soixante-dix du siècle dernier le connaissent sous le nom de Samir Ghanem. Ses débuts Il est né le 15 novembre 1937 dans le gouvernorat d’Assiout, en Haute-Égypte.Il a étudié à l’Académie de police, jusqu’à ce qu’il ait épuisé ses dernières cartouches, puis a déménagé à Alexandrie où il s’est fait enrôler à l’Institut d’agriculture et en est sorti diplômé. Au cours de ses études, il rejoint le groupe artistique et fait la connaissance de Wahid Seif et Adel Nassif et donne plusieurs spectacles musicaux au théâtre universitaire. Avec les artistes invités Ahmed et George Sidhom, il forme le groupe«Triodes lumières du théâtre». Mais la star de la troupe a brillé après la représentation de la pièce«Cuisine des anges», mise en scène par feu Hassan Abdel Salam, en 1964. Cependant, il s’est séparé de ses compagnons au début des années soixante-dix et est allé avec George Sidhom pour d’autres horizons. Il a travaillé avec Sidhomdans leur dernière œuvre théâtrale«Bienvenue docteur», en 1981. Il a épousé une Somalienne mais s’est séparé d’elle après un an de mariage pour épouser l’actrice Dalal Abdel Aziz en 1984. Il a deux filles, Donia et Amal (surnommée Emy). Infidélité et histoire Il a déclaré dans l’une de ses interviews qu’il avait

trahi sa femme Dalal plus d’une fois alors qu’ils étaient fiancés. Il a interprété de nombreuses chansons dans des séries et des films, comme son chant dans le film «La démission de Jaber» et la série «Captain Judah». Il a présenté de nombreux programmes télé, dont«Point final» et «Une heure avec». En 1982, Sayed Ghanem (le frère de Samir et le gérant de sa société) est décédé, et Samir fut plongé dans la dépression et a décidé par la suite de changer de style de travail, et c’était la raison de la séparation artistique entre Samir Ghanem et George Sidhom. Ses films, «Prenez garde de Zouzou» et «Les coupables» figurent dans la liste des 100 meilleurs films de l’histoire du cinéma égyptien.

Théâtre Il a joué de petits rôles dans plusieurs pièces de théâtre, telles que«Qui est le mari de qui» et «Braghith», et il a également joué des premiers rôles dans de nombreuses pièces, notamment: La pièce«L’héritage du grand-père» avec Hassan Mustafa et Al Dhif Ahmed en 1965. La pièce«L’Hôtel des travaux forcés» aux côtés de George Sidhom, mise en scène par Nour El-Demerdash en 1969. La pièce «Tout le monde a son diable» aux côtés de Hela Fakher et George Sidhom en 1970. La pièce de théâtre«L’homme qui a marié sa femme» mise en scène par Al Dhif Ahmed en 1970. La pièce «Julio et Romiette» avec Boussi 1973. La pièce «Pour une poignée de femmes» avec Ahmed Ratib et Najah Al-Mouji 1974.

56

01/06/21

La pièce « Zone interdite» réalisée par Chaker Khoudhair en 1975. À la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, il interprète avec George Sidhom les deux pièces les plus importantes de leur histoire commune, à savoir«Les mariés» en 1978 et «Bienvenue docteur» en 1981. La pièce «Le piège du bonheur conjugal Marital» avec son épouse Dalal Abdel Aziz en 1980. La pièce «Le caché» avec Talaat Zakaria en 1991. La pièce«Un contrat d’un million de dollars» avec Sawsan Badr et Azza Kamal en 1992. Au cinéma En plus de son travail au théâtre, Ghanem a commencé son voyage dans le cinéma et l’univers des films depuis les années soixante de la dernière décennie, où il a interprété la plupart des petits rôles avec la Troupe des trois lumières, comme le film«Les farfelus» en 1965. La même année, il participe au film«Les trois aventuriers» avec un petit rôle qui lui ouvre la voie à d’autres petits rôles. Puis il participe à de nombreux films : En 1974, il joue dans le film«Les girons chauds», aux côtés de ZubeidaTharwat et Samir Sabry. En 1975, il a joué dans le film«Une fille nommée Mahmoud?» aux côtés de Suhair Ramzi et Hala Fakher. En 1976, il a joué dans le film«Quand le corps chute» aux côtés de Mahmoud Yassin et Nahed Sharif. En 1977, il a joué le rôle de Salah dans le film«La douce fille monteuse» aux côtés de Mahmoud Abdel Aziz et Saied Saleh. En 1978, il a présenté le rôle d’Ezzat dans le rôle principal dans le film«Certains vont à l’officier du


mariage deux fois», aux côtés d’Adel Imam et Nour Al-Sharif. En 1983, Il a joué le rôle de Thabet dans le film «Ils volent des lapins» aux côtés de Lebleba et Yahya Al-Fakharany. En 1984, il a joué dans le film comique«Le tireur d’élite», écrit et réalisé par Yassin Ismail Yassin. En 1984, il a joué le rôle de Fathy dans le film comique«Tout est dans l’ordre» réalisé par Ahmed Charout. Il a aussi présenté la varié « FawazeerFattouta » (Informations générales) présenté avec Sahar Rami en 1984. Il a continué son voyage dans les années 90 avec des rôles plus comiques où il a participé à six films, dont le premier était le rôle de Rustom dans le film de comédie policière«Tuez ma femme, et vous avez mes salutations» avec Youssef Daoud et Ashraf Abdel-Baqi. Saied Saleh et Younes Chalaby ont partagé avec lui la vedette dans le film de comédie policière«Les trois idiots».

Au petit écran Les feuilletons où il a joué, étaient dominé par le personnage comique, et avec l’entrée du nouveau millénaire, il se concentra davantage sur les séries et ses contributions ont eu une part dans l’enrichissement de l’art égyptien, et nous en mentionnons les plus importantes d’entre eux: La série«Comment perdre un million de livres» aux côtés d’Adel Imam et Hassan Hosni en 1978. Il a joué avec Safaa Abu Al-Saoud et George Sidhom à la série«Des invités très dérangeants» en 1979. Au cours des années quatre-vingt du siècle dernier, il a participé à la série: «La vedette du Championnat», «Le chasseur et l’amour», «un homme très honorable», «Laissez-moi vivre», «La recherche du bonheur», «CaptainJudah », et « Moi et toi et le temps est encore long». En 1992, il a joué le rôle de Chahrayar dans «Mille et une nuits». En 2000, il participe à la série«Le chat, la souris et les cinq étoiles». Il a participé à la série«Oubliez ce qui est passé oh Farhat» en 2002. Il a interprété en voix-off un rôle dans la série animée «La famille de monsieur Amine» aux côtés de son épouse Dalal Abdel Aziz et de ses deux filles, Donia et Emy, en 2005. En 2012, il a joué avec Yousra et Saba Mubarak dans la série «Cherbet Luz» et a joué à la même année dans la série «Les chauves souris».

57

01/06/21


S

PORT

Une belle affiche pour les demi-finales

Ligue des champions d’Afrique Tunis- La Majalla Les rencontres pour les demi-finales de la Ligue des champions d’Afrique qui se dérouleront le 18 juin pour la phase aller et le 25 du même mois pour la phase retour mettront aux prises un carré d’or à savoir Al Ahly (Egypte) qui affrontera l’Espérance de Tunis et les Kaizer Chiefs qui seront opposés au Wydad de Casablanca (Maroc). On connait les affiches des demi-finales de la Ligue des champions 2021. Le tenant du titre Al Ahly affrontera l’ES Tunis tombeuse aux tirs au but de Belouizdad. Les Sud-Africains de Kaizer Chiefs seront eux opposés au Wydad Casablanca malgré leur défaite 0-3 sur la pelouse de Simba en quart de finale retour. Les rencontres pour les demi-finales de la Ligue des champions d’Afrique qui se dérouleront le 18 juin pour la phase aller et le 25 du même mois pour la phase retour mettront aux prises un carré d’or à savoir Al Ahly (Egypte) qui affrontera l’Espérance de Tunis et les KaizerChiefs qui seront opposés au Wydad de Casablanca (Maroc). Quatre rencontres qui s’annoncent passionnantes

d’autant plus que les ces clubs caracolent en tête du podium du football africain. De tous les temps, les matchs entre les clubs égyptiens et tunisiens sont très intenses sur le terrain et spectaculaires dans les virages, où les supporters même en temps de Covid19- se préparent de pied ferme pour une bataille d’une toute autre nature. En effet, l’effet de la pandémie du coronavirus sera présent en force et les demi-finales qui se joueront sans public, est une donne qui ne sert aucunement les intérêts des quatre clubs, dont les supporters motivent les joueurs et s’imposent en tant que soutien indéfectible pour ces clubs ténors des quatre pays.

Les promesses tenues Il est à rappeler dans contexte que les quarts de finale de la ligue africaine des champions ont tenu toutes leurs promesses samedi dernier. L’Espérance Sportive de Tunis rappelle-t-on s’est qualifiée samedi dernier pour le dernier carré de la LCA après une belle remontada devant les algériens du CR Belouizdad. En effet battus (2-0) à Alger au match aller, les

58

01/06/21


Esperance de Tunis

sang et or se sont imposés sur le même score au retour au stade de Radès avant d’arracher la qualification aux tirs au but (1-3). Les buts de l’Espérance étaient l’œuvre de Abderraouf Benguit (68’) et Mohamed Ali Ben Romdhane (87’) Il est à noter que l’entraineur de l’Espérance sportive de Tunis (EST), Mouine Chaabani avait choisi de faire sortir son portier titulaire Moez Ben Cherfia pour faire entrer Farouk Ben Moustapha, spécialement pour la séance de tirs aux buts. Bien lui en a pris, son gardien numéro 2 stoppe deux tentatives du CRB et qualifie l’EST pour le dernier carré. Pourtant tout s’est joué en seconde période, les sangs et or refaisant leur retard grâce à Abdelraouf Benguit et Mohamed Ali Ben Romdhane. C’est ainsi que le CR Belouizdad n’a pas su conserver son avantage de deux buts sur la pelouse de l’Espérance, les Tunisiens se sont qualifiés au bout de la séance de tirs aux buts. En demi-finale aller le 18 juin, l’Espérance recevra Al Ahly d’Egypte tombeur des sud africains Mamelodi Sundows (victoire 0-2 à

59 01/06/21

Al-Ahly affrontera l’EST tandis que les Kaizer Chiefs seront eux opposés au Wydad Casablanca pour la prestigieuse coupe continentale l’aller au Caire pour Al Ahly et 1-1 au retour). Le staff technique espérantiste comptera vraisemblablement sur la même formation du match aller, mais devra apporter les réglages nécessaires notamment sur le plan offensif, comptant dans cela, sur une armada de bons attaquants. Pour sa part, le champion en titre Al Ahly a validé sa qualification pour le dernier carré en obtenant le nul en Afrique du Sud face aux Mamelodi Sundowns (1-1). Après la victoire 0-2 dans la première manche, l’ouverture du


date était la finale de la Ligue des champions d’Afrique qui a tourné en faveur du Wydad après un nul (1-1) au Caire et une victoire à Casablanca (0-1). Le WAC de Casablanca n’a perdu que deux de ses 10 derniers matchs dans cette compétition continentale (5 victoires, 3 nuls), alors qu’il reste sur une série de 26 matchs d’invincibilité à domicile dans cette coupe (22 victoires, 4 nuls). A noter que la dernière défaite à domicile du Wydad dans la compétition leur a été infligée par Al Ahly le 27 juillet 2016. Le WAC a fini le championnat marocain de football en deuxième position derrière le Raja, une performance qui confère un mental au beau fixe pour les joueurs wydadis qui veulent aller plus loin dans cette compétition continentale prestigieuse. Pour sa part, Al Ahly, qui détient le record des titres de cette compétition, avec 7 sacres, a atteint les demi-finales de la compétition à quinze reprises pour douze victoires. Il reste sur une série de 7 matchs sans défaite Une première demi-finale dans la compétition (4 victoires, 3 nuls) et a Les Chiefs disputeront bien leur première perdu deux fois lors de ses quatre déplacements chez le Wydad en ligue des Champions. Pour demi-finale de Ligue des Champions. Pour cette demi-finale qui opposera le Wydad rappel, le Wydad de Casablanca a remporté de Casablanca et le club du siècle Al Ahly cette coupe à deux reprises en 1992 et 2017 d’Egypte, les deux équipes se connaissent Ce face-à-face marocco-sud africain mutuellement en ce sens qu’elles se sont s’annonce sous de bons auspices, avec un affrontées à maintes reprises. La dernière en moral au beau fixe et des joueurs en pleine score de Yasser Ibrahim a rapidement fait fondre tout espoir de qualification au club de Pretoria. L’égalisation de Mosa Lebusa s’avère insuffisante pour empêcher le club africain du siècle dernier d’atteindre une quatrième demi-finale de C1 sur les cinq dernières saisons. Pitso Mosimane, l’entraîneur sud-africain des Egyptiens, élimine par la même occasion son club de cœur, avec qui il avait remporté la compétition en 2016. L’autre demi-finale opposera le même jour, les Sud-Africains de Kaizer Chiefs aux marocains du Wydad Casablanca. Les Kaizer Chiefs de Soweto se sont eux fait peur face au Simba tanzanien, manquant de peu de se faire remonter leur avantage de quatre buts acquis à l’aller. Un doublé de John Bocco et un but de Clatous ChotaChama ont longtemps fait croire à une improbable remontada.

60 01/06/21

Al Ahly veut conserver le titre


Un match choc attend le Wydad

confiance pour s’assurer une place en finale de cette prestigieuse compétition. Pour ce faire, le WAC comptera sur son homogénéité, la stabilité de sa direction technique et l’expérience de ses joueurs. Cette affiche sera, en définitive, au goût de revanche pour les quatre équipes et ce pour le grand bonheur de leurs supporters.

Les Sud-Africains de Kaizer Chiefs seront aux proses avec les marocains du Wydad Casablanca

61 01/06/21

Il n’empêche, les deux autres grands favoris de la compétition, l’ES Tunis et Al Ahly s’affronteront eux lors d’une revanche qui nous rappelle l’édition de la finale 2018 gagnée à l’époque par le club tunisois. Depuis, la formation cairote a remporté la dernière édition et compte bien conserver le trophée.


O

pinion

Maroc-Espagne : les vraies questions

Par: Ahmed Charaï

Dans cette analyse parue, ce jeudi 27 mai dans le quotidien espagnol La Razón et sur site web, Ahmed Charaï décortique la crise qui ébranle actuellement, en profondeur, les relations maroco-espagnoles. Le Maroc et l’Espagne entretiennent des relations fortes depuis des décennies, quel que soit le détenteur du pouvoir exécutif dans les deux pays. Car ses relations sont ancrées dans l’histoire. La grave crise entre Rabat et Madrid n’est ni la première ni la dernière. Mais cette crise a une particularité, elle est d’abord surprenante, incompréhensi-ble. Sa cause interpelle aussi la démocratie espagnole. Comment expliquer que l’État, pour extraire Brahim Ghali des poursuites judiciaires en Espagne, son gou-vernement a accepté l’entourloupe de la fausse identité. Pourtant, la justice es-pagnole a démontré son indépendance dans des affaires touchant le sommet de l’État Espagnol, le Roi Juan Carlos. Cette attitude du gouvernement espagnol devrait inquiéter les démocrates, les voix sages de l’establishment espagnol, comme Gonzales, Zapatero, et d’autres figures. Malheureusement, on ne les entend pas. Or, le Maroc et l’Espagne, pays amis, partenaires et proches depuis des siècles, avec une réalité géographique immuable imposant un voisinage déterminant, car chaque pays assume une sorte d’extension de l’espace de vie par rapport à l’autre, se retrouvent confrontés tous deux au même phénomène de l’immigration clandestine. L’Espagne a été demandeuse de compréhension et de solidarité politique et fi-nancière de l’Union. La politique européenne doit être fondée sur quatre principes fondamentaux tels que la prévention à la source ; la coopération opérationnelle avec les pays d’origine et de transit ; la lutte contre les réseaux criminels de trafic de migrants et la meilleure gestion des frontières. De son côté, le Maroc a reçu sur son territoire plus de 50.000 Subsahariens qui n’avaient pas comme objectif de terminer leur périple sur le sol marocain. C’est une preuve du sérieux et de l’engagement marocain. Demander à l’Union eu-ropéenne de faire pression sur le Maroc n’est pas une issue, c’est contreproductif et dangereux pour la collaboration maroco-européenne sur une question aussi stratégique pour l›Union Européenne que pour l’Espagne. Sur le plan sécuritaire, les deux pays sont nécessairement préoccupés par la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme religieux, le trafic international de drogue. Le Maroc est un partenaire très fiable. Ce sont les dirigeants espagnols eux-mêmes qui l’affirment depuis le début de ce siècle. José Bono, ancien ministre de la dé-fense a déclaré que «rompre les relations sécuritaires avec le Maroc serait suicid-aire». Sur le plan économique, l’Espagne est devenue le premier partenaire commercial du Maroc. Il y a plus de vingt mille entreprises ibériques qui ont des intérêts sur le sol marocain. Enfin, l’Espagne, pourtant ancienne puissance colonisatrice, sait que le Sahara est une terre marocaine. Mais, pour des raisons d’équilibre, elle ne l’a jamais officiel-lement admis et le Maroc n’en a jamais fait un casus-belli. Oublier et vouloir changer les faits serait une grave erreur. Car d’une part, ceci annoncerait des troubles et des conflits sans fin dans une région du sud de la Mé-diterranée où le Maroc et l’Espagne sont deux nations très attachées à leur unité et à leur intégrité territoriale. Ensuite, cette région a besoin de plus d’intégration, d’un marché plus profond, pour assurer son décollage et satisfaire les aspirations de sa population majoritairement jeune. Des centaines de milliers de Marocains vivent en Espagne, les influences cul-turelles sont évidentes des deux côtés, mais pourquoi est-ce qu’il faut mettre toute cette convivialité en danger au lieu de reconnaître une faute dans l’affaire El Ghali ? Quelle sortie de crise propose l’Espagne ? ce sont les vraies questions auxquelles devrait répondre Le Président Sanchez. Même dans un siècle, l›Espagne et le Maroc feront le lien entre deux continents. De leur entente dépend la stabilité mondiale. C’est une responsabilité que le gou-vernement Sanchez doit se montrer capable d’assumer. On ne peut pas parler d’alliance stratégique, dans les conditions engendrées par l’affaire Ghali.

62

01/06/21


La trêve entre Israël et le Hamas va-t-elle durer?  

La trêve entre Israël et le Hamas va-t-elle durer?  

Profile for majalla

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded