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ous voici au cœur de l’hiver pour ce treizième numéro du Mag’ fr@ncophone, enregistré désormais auprès de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) avec deux éditions, Paris et Seattle. Notre fil rouge, que vous pouvez maintenant identifier tout au long des différentes rubriques, grâce à cette icône sera dédié, cette fois-ci, à la jeunesse ! Nous avons donc laissé la plume à Chloé, l’une des jeunes Francophones de Made in France, qui s’est investie pour faire évoluer et moderniser l’image de notre association avec un nouveau logo représentant une porte ouverte sur le monde francophone, ainsi que de nouveaux visuels à découvrir tout au long de l’année 2020. Merci Chloé pour ton implication ! Au delà de son travail, Chloé se présente à vous et aborde la difficulté de maintenir ses liens avec la francophonie lorsque l’on est jeune et que l’on vit dans un pays anglophone : « Bonjour. Je m’appelle Chloé et je suis étudiante en deuxième année à l’université de Virginie à Charlottesville, aux États-Unis. Je suis née et j'ai grandi en Amérique. Mais ma mère est française. La culture française a donc toujours occupé une grande place dans ma vie. J'ai grandi en parlant français, en participant à des programmes après l'école en français et en rendant visite, chaque été, à mes grands-parents qui vivent toujours en France. Quand j'étais un peu plus jeune, entre 11 et 14 ans, j'avais très peu d'intérêt à continuer à développer mon “côté français”. Mais maintenant, à l’université, je réalise à quel point je suis chanceuse d'être si entrelacée entre différentes cultures. L'année dernière, je suis allée voir mes grands-parents en France sans le reste de ma famille, et je réfléchis désormais à suivre des cours de français avancés à l’université pour retrouver certaines de mes capacités linguistiques que j'ai malheureusement perdues au fil du temps. » Au delà de ce treizième numéro du Mag’ fr@ncophone, l’année 2020 sera donc déclinée sous le thème de la jeunesse. Une cure de jouvence qui nous permettra d’entrer dans cette décennie avec de nouveaux projets dans un esprit rajeuni. Nous vous souhaitons une excellente lecture. Vive la jeunesse !

Sylvie Joseph-Julien Co-fondatrice et Directrice Made in France Crédit photo couverture : Romain Beaulieu

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Madeleine

Cosson-Flanagan, spécialiste en interculturalité et Français Langue Etrangère (FLE), est docteure en ethnologie et sociologie comparative, ingénieure pédagogique et formatrice labellisée TV5 Monde. Sa carrière continue à se dérouler à l’international. Après l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie du SudEst, elle habite désormais entre les États-Unis et la France, soutenant et participant avec enthousiasme à divers projets liés à la francophonie, et notamment au Mag’ fr@ncophone.

Après 12 années passées à Paris au sein d’une compagnie d’assurance exclu-

sivement dédiée à l’aérien et au spatial, Annie Joly a décidé de réaliser un rêve qui lui avait toujours tenu à cœur : vivre aux États-Unis où elle est arrivée il y a bientôt 6 ans. Annie a d’abord été enseignante remplaçante tous niveaux à la French Immersion School of Washington pendant 18 mois. Depuis 2015 elle travaille au King Country Library System en tant que chargée de projets pour les travaux à réaliser dans les 50 bibliothèques du comté. Elle propose également des tutorats de français car elle aime partager son amour de la langue française.

Du Mont Blanc au Mont Rainier il n’y a qu’un pas (ou presque !) que Caroline Perrier a franchi en septembre 2018 avec son mari et sa fille cadette, Flore. Quitter ses deux filles aînées, la belle région de Grenoble et la salle de classe où elle enseignait l’Histoire-Géographie depuis de nombreuses années était un pari. La découverte du Pacific Northwest a été une belle surprise. Surprenante aussi la vitalité culturelle de la communauté française de la région qui, à l’image de Made in France et du Mag’ fr@ncophone, œuvre pour le rayonnement de la langue et de la culture française loin de notre hexagone natal.

Nathalie Arnaud, diplômée de l'université de Caroline du Nord et du « National

Board », est enseignante de français depuis 22 ans aux États-Unis, dont 11 ans dans le district de Bellevue, dans l’État de Washington. Nathalie est cofondatrice et directrice pédagogique du programme French Culture Academy, développé en partenariat avec Toktumee et Made in France.

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Originaire de Bretagne (Morbihan), Elisabeth

Le Meur-Dahmoune est diplômée du CFPJ de Paris. Elle a été coordinatrice éditoriale dans plusieurs maisons d’édition, dont Flammarion Jeunesse, Gallimard Jeunesse et Les Arènes. Habitant à Redmond depuis 2009, Elisabeth a d’abord travaillé dans les bibliothèques de King County Library System et a assuré parallèlement les French Story Times. Elle a enseigné le français à l’école Bennett (Bellevue) puis à l’EFGS. Elisabeth est responsable de la bibliothèque de la French Immersion School of Washington. En dehors de ses activités professionnelles avec les élèves, elle aime se promener avec son labrador préféré Byron, aller au cinéma, voyager et assister aux matchs des Seahawks.

Julie Luc Di Salvo a rejoint l'équipe de Made in France à son arrivée à Seattle

en 2017 afin de mettre à profit son expérience dans le domaine de la communication, dans un contexte artistique et culturel qui la passionne. Elle a débuté sa carrière à Paris, au sein de diverses agences de communication spécialisées en relations publiques. Elle a ensuite rejoint le groupe d'audit et de conseil Mazars, en tant que responsable des relations presse tout d'abord, puis des projets de mécénat culturel. Julie a poursuivi sa carrière à Bruxelles, dans l'événementiel, au sein de la société GLM (du nom de Guendalina Litta Modignani, décoratrice italienne réputée, spécialisée dans l'organisation d'évènements de prestige à travers l'Europe), puis au poste de responsable de la communication du Cercle Royal Gaulois, l'un des plus anciens clubs privés de Belgique ayant pour vocation de constituer un lieu de rencontres intellectuel, artistique et littéraire.

Ève de Crémiers est arrivée à Seattle en 2016, après avoir décidé de laisser

un temps de côté sa carrière marketing dans la grande consommation pour suivre son mari et tenter l'aventure américaine en famille. Passionnée de voyages et de rencontres, elle aime partir à la recherche de profils professionnels atypiques pour le Mag' fr@ncophone et mettre en lumière les choix audacieux de ceux qui conjuguent le multiculturalisme au quotidien.

Actuellement

étudiante en Master de français des affaires à l’université de Wisconsin-Madison, Anne Paper est en train de se réinventer et d’écrire un nouveau chapitre professionnel où la langue française arrive en tête. Elle a travaillé dans l’industrie de la technologie pendant une vingtaine d’années à Microsoft comme manager du marketing en ligne, et manager du lancement des produits phares et des services technologiques. Passionnée par le vélo, Anne a déjà grimpé plusieurs cols épiques du Tour de France – l’Alpe d’Huez et les cols d’Izoard, du Galibier, d’Aspin, du Peyresourde et des Aravis !!

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Jean-Bernard

Dahmoune est originaire des Yvelines et vit aux États-Unis depuis 2009 avec son épouse Elisabeth. Diplômé en droit (Paris X), il exerce en tant que juriste d'affaires pour Microsoft depuis 2005. Il est l'auteur d'un roman policier In HIS name et prépare son rôle pour une seconde pièce de théâtre avec la compagnie Rue du Hazard qui sera jouée au printemps 2020, à Kirkland.

Pénélope Smith a rejoint le comité directeur de Made in France en juin 2017,

d’abord en qualité de vice-présidente, puis de présidente. Née aux États-Unis de parents français, Pénélope a grandi en France et aux États-Unis (citoyenne des deux pays). Elle apporte à l’association une perspective biculturelle et bilingue unique, indispensable au bon développement de la mission même de Made in France : la promotion de la culture francophone. Au delà de la culture française, Pénélope est passionnée de voyages, d'art, d'histoire, de cinéma et de politique. Pénélope a travaillé, entre autres, à CNN et l’Agence France Presse. Elle est aujourd’hui rédactrice et correctrice indépendante, avec un portefeuille complet, allant des voyages à l'éducation en passant par la médecine.

Marion Bouscarle, est originaire de Forcalquier, une petite ville dans les Alpes

de Hautes Provence. Professeure documentaliste, passionnée par les voyages autant que par l’univers des contes du monde entier, elle débute sa carrière dans un petit village de l’arrière-pays niçois, puis se rend compte qu’avec son métier elle peut réaliser son rêve d’adolescente de vivre à l’étranger. Elle quitte alors la France, destination Le Lycée Français International de Pékin, suivront Le Lycée Français de Chicago puis le Lycée Français International de Tokyo. Aujourd’hui professeure documentaliste à la French American School of Puget Sound, elle est heureuse d’y partager son amour de la lecture tout en développant le pôle médiation culturelle de l’école, organisant des projets et des rencontres diverses en lien avec la lecture, la culture et la langue française.

Sylvie Joseph-Julien est co-fondatrice et

directrice de Made in France. Après une carrière d’une douzaine d’années en ressources humaines à Paris, Sylvie a combiné sa passion pour les arts et la culture avec son esprit d'entrepreneur et a créé la structure Atelier d'Ichère (aujourd’hui Made in France) — lieu de promotion de la langue française et de la culture francophone, d'abord en France, puis aux États-Unis. Conteuse au sein de monuments français de renommée mondiale, comme le musée du Louvre, la tour Eiffel ou au palais Garnier, Sylvie est également une artiste accomplie et une « femme de la Renaissance » moderne, construisant des ponts éducatifs et inspirants à la fois entre les cultures, les langues et les générations.

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Art & Culture • • • •

Exposition Léonard de Vinci 9,6 millions de visiteurs au Louvre en 2019 La jeunesse et l’aérospatiale CinéClub Francophone

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Art & Culture

Marco d’Oggiono, La Cène, 1506-1509, musée de la Renaissance à Écouen, copie d’après la fresque de Léonard de Vinci, vers 1494-1499, Église Santa Maria delle Grazie, Milan.

Exposition Léonard de Vinci

Musée du Louvre - du 24 octobre 2019 au 24 février 2020 L’exposition Léonard de Vinci est placée sous le haut patronage du président de la République, Emmanuel Macron. Le musée du Louvre, à l’occasion des 500 ans

Ferronnière et le Saint Jean Baptiste) et plusieurs pages du Codex Leicester, prêtées par Bill et Melinda Gates. Au total, les visiteurs ont l’occasion de suivre le cheminement de l’artiste et du scientifique depuis l’adolescence jusqu’à sa mort en 1519, au travers d’études astrologiques, anatomiques, botaniques et mathématiques, installées sur des plans inclinés pour en faciliter l’observation. Pour compléter ces œuvres, et avoir un accès privilégié au travail de Léonard de Vinci, cette rétrospective inédite nous permet également de découvrir de nombreux travaux préparatoires réalisés au préalable des toiles et dessins les plus célèbres. Il s’agit d’études, de croquis multiples et de schémas, représentant des détails particuliers de visages, mains, muscles. En traversant cette exposition, les visiteurs ont donc une occasion exceptionnelle de voir réunis les travaux aux formes et supports multiples d’un des grands génies artistiques et scientifiques de l’humanité.

de la mort de Léonard de Vinci, a regroupé des œuvres jusque là éparpillées au sein de prestigieuses galeries et musées à travers le monde et de collections privées dont les propriétaires ont bien voulu prêter certaines pièces. Au total, l’exposition rassemble environ 140 œuvres de natures diverses (peintures, dessins, manuscrits, sculptures, objets d’art), en provenance, entre autres, du Royaume-Uni (Royal Collection, British Museum et National Gallery, London), d’Italie (Pinacoteca Vaticana, Biblioteca Ambrosiana, Galleria Nazionale di Parma et Galleria dell’Accademia, Venizia), des États-Unis (Metropolitan Museum of Art, New York) et de France (Institut de France). Si l’on peut regretter le cadre de cette exposition consistant en salles sous-dimensionnées avec des éclairages parfois extrêmement faibles (ce qui peut se comprendre pour des dessins, moins pour des toiles ou statues), il demeure que l’étendue des œuvres mises à la disposition des visiteurs est sans précédent. Il est notamment possible d’admirer les versions restaurées de trois œuvres majeures (la Sainte Anne, la Belle

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J.-B. Dahmoune Correspondant Culture

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Art & Culture

9,6 millions de visiteurs au Louvre en 2019 Communiqué de presse du 3 janvier 2020 Après le succès exceptionnel rencontré en 2018, le musée du Louvre a, cette année

encore, été plébiscité par le public : il a accueilli 9,6 millions de visiteurs en 2019. C’est la troisième fois que la fréquentation du musée dépasse le palier, inédit dans le monde, des 9,5 millions de visiteurs. Le musée le plus visité au monde Le Louvre a accueilli environ 25% de visiteurs français. Les visiteurs étrangers représentent près des trois quarts des visiteurs. Ils proviennent principalement des États-Unis, de la Chine, des pays de l’Union européenne (Espagne, Allemagne, Italie, Royaume-Uni). Le Louvre reste un musée jeune Plus d’un visiteur sur deux a moins de 30 ans. Parmi eux, plus de 500 000 scolaires ont visité les collections. Le musée bénéficie d’une image forte sur les réseaux sociaux (son compte Instagram dépasse 3,5 millions d’abonnés, en augmentation de 47% par rapport à 2018).

La gratuité au musée du Louvre 40% des visiteurs entrent gratuitement au musée du Louvre (moins de 18 ans, jeunes de moins de 26 ans résidents de l’Espace économique européen, bénéficiaires des minimas sociaux, personnes handicapées et leur accompagnateur, enseignants titulaires d’un Pass Éducation, journalistes, etc.).

https://presse.louvre.fr/96-millions-de-visiteursbr-au-louvre-en-2019/

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Art & Culture

La jeunesse et l’aérospatiale Le

26 novembre, jour de nouvelle lune , les élèves du programme de la French Culture Academy à Bellevue, Washington, ont endossé une tenue – virtuelle – de spationaute. Puis, crayons en main, ils ont décollé vers … une nouvelle planète ? Pas exactement. En fait, ils ont embarqué pour une mission aérospatiale sous forme d’un sondage. Inspiré par la question « Voudriez-vous voyager dans l’espace ? » le sondage fait partie intégrante de mon travail de recherche. Cette étude examine l’exploration spatiale française depuis le XIXe siècle et les stratégies pour l’avenir. Il s’agit de mesurer l’intérêt et les ambitions des jeunes français sur ce sujet, ainsi que leurs connaissances des activités spatiales et des formations nécessaires pour exercer dans ce secteur. Les réponses des élèves à ce sondage attestent d’un esprit de curiosité et d’aventure parmi les jeunes français. La plupart d’entre eux pensent que l’espace devrait être une priorité stratégique pour la France [voir Tableau 1] et tous que l’espace deviendra une destination touristique avant 2050. La moitié des élèves sont partants pour graviter autour de la Terre dans un vaisseau spatial privé. Ils sont attirés par la vision qu’ils pourraient avoir de la Terre depuis l’espace, par l’idée d’en savoir plus sur notre planète et par le caractère unique de l’expérience. L’espace est un pilier de l’économie française. Le gouvernement et les entreprises de l'innovation spatiale cherchent des jeunes à embaucher. Le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS) publie les chiffres du marché de l’emploi dans son rapport annuel. On compte 190 000 salariés dans ce secteur en 2017, soit 1% de progression par rapport à 2016. [voir Tableau 2] La 53e édition du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (du 17 au 23 juin 2019 à Paris) a présenté « L’Avion des Métiers », un lieu unique pour découvrir les métiers de l’industrie aéronautique et spatiale. C’est un parcours immersif et pédagogique de découverte de 15 métiers de l’aéronautique, 70 entreprises et formations, 22 000 offres d’emploi, et 8 000 offres de stages. Autant d ‘opportunités à saisir !

Tableau 1 « L’espace devrait être une priorité stratégique pour la France. »

Tableau 2 « La situation de l’emploi dans l'aérospatiale. »

Source : GIFAS rapport annuel 2018

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Anne Paper Correspondante Culture avec la collaboration de Caroline Perrier Correspondante Culture

*Découvrez les aventures de l’astronaute français dans la BD « Dans la combi de Thomas Pesquet ».

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Art & Culture

À ce jour, la France compte dix astronautes au total. Claudie Haigneré, médecin rhumatologue et docteur en neurosciences, a été sélectionnée en 1985 par le Centre national d’études spatiales (CNES) comme astronaute. Elle a effectué deux vols dans l’espace – en 1996 à bord de Mir où elle a été la première Française dans l’espace, et en 2001 où elle a été la première Européenne à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Aujourd’hui conseillère auprès du directeur général de l’European Space Agency (ESA), elle travaille à soutenir les efforts entrepris auprès des jeunes pour les attirer vers les études et les carrières scientifiques et techniques. Thomas Pesquet*, le dixième astronaute français à voyager dans l’espace, était le plus jeune astronaute de la mission Proxima de l’ISS en 2016-2017. Diplômé en ingénierie et en pilotage, Thomas Pesquet a 38 ans lors de sa première sortie dans l’espace le 16 janvier 2017. Le 23 octobre 2019, au Congrès astronautique international à Washington, D.C., il s’est porté candidat pour aller sur la Lune dans un message vidéo en anglais. Lors d’un entretien le lendemain, il a parlé de vie « magique » et de « supers pouvoirs » que l’on peut ressentir dans l’espace. Tenté par un voyage dans l’espace ? On y va !


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Art & Culture


sé par Made in France lors de son CinéClub du mois de novembre. À l’issue de celui-ci, j’ai découvert, grâce à l’intervention d’une participante, qu’il existait vraiment une bibliothèque des ouvrages oubliés, comme il en est question dans le film. Cette bibliothèque se situe.... à Vancouver, dans l’État de Washington, mais oui, et se nomme The Brautigan Library.

& Réalité The Brautigan Library a été créée en 1990. Les manuscrits, proposés aux lecteurs, sont ceux d’auteurs dont les textes ont été soit refusés par des éditeurs, soit pas encore publiés. L'édifice tire son nom de l’Américain Richard Brautigan, car c’est dans son roman The Abortion, publié en 1971, qu’il imagine une bibliothèque où il n’y aurait que des manuscrits refusés. Cette bibliothèque Brautigan, créée après le décès de l’auteur, a connu des problèmes financiers et a changé de ville à plusieurs reprises : de Burlington dans le Vermont à San Francisco en Californie, pour finalement s’installer à Vancouver dans l’État de Washington depuis 2010. Il y a à peu près 300 ouvrages, rédigés uniquement dans la langue de Shakespeare.

Chaque année au dernier dimanche de janvier, la bibliothèque fête la journée nationale des écrivains non publiés. Existe-t-il dans la bibliothèque Brautigan un manuscrit qui pourrait, malgré tout, devenir un roman à succès comme dans le film Le mystère Henri Pick ? Annie Joly Correspondante Culture

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Art & Culture

Le roman Le mystère Henri Pick de David Foenkinos a donné son nom au film propo-


Professionnel •

Daniel Locicero

Romain Beaulieu

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Daniel Locicero Acteur, cascadeur et chorégraphe de combats

Installé à Los Angeles, Daniel Locicero est cascadeur professionnel, chorégraphe de combats et expert en arts martiaux. Invité à Seattle par Made in France, il a bien voulu nous raconter son expérience en répondant aux questions d’Elisabeth Le Meur-Dahmoune.

A quelle occasion êtes-vous venu aux États-Unis ? Je faisais de la peinture sur toile comme passe-temps et je suivais le cours de théâtre du fils de Michel Galabru. Un jour, il a vu mes toiles et il a acheté un de mes tableaux. Ensuite, j’ai assisté à un séminaire du Dalaï Lama à Ganges dans le sud de la France en 1999 et j’ai eu la chance de pouvoir lui donner une autre de mes toiles. Ces deux anecdotes ont été le déclic pour essayer de vivre mon rêve, celui de voyager. Je me suis dit pourquoi ne pas continuer à vendre mes tableaux à l’étranger ? J’ai donc envoyé les photos de mes toiles à plusieurs galeries d’art en Californie et l’une d’entre elles, située à Santa Monica, m’a répondu en me disant qu’elle appréciait mon travail et qu’elle était intéressée. J'ai donc tout arrêté sur un coup de tête pour tenter ma chance aux États-Unis et je suis parti, avec mon sac à dos et mes toiles, en juin 2001. J’avais un peu plus de 22 ans. Mais, arrivé à Santa Monica, le rendez-vous dans cette galerie n’a pas eu lieu. La personne qui devait me rencontrer était soi-disant partie. Je me suis donc retrouvé sans aucun projet. C’était encore l’époque du franc et le taux de change avec le dollar était très élevé.

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Je n’avais plus beaucoup d’argent. Heureusement, j’avais une cousine qui vivait à Seattle et qui m’avait toujours dit de passer la voir si je venais aux ÉtatsUnis. Je l’ai donc appelée de l’aéroport et elle a accepté de me recevoir. J’ai pu ainsi rester deux mois à Seattle où je me suis beaucoup plu. Je me suis rendu compte que la meilleure façon de pouvoir rester aux États-Unis, c’était de connaître la langue. Je suis donc revenu en France, j’ai obtenu un visa étudiant et je suis reparti le 11 septembre 2001 ! J’ai fait Montpellier-Londres et le Londres-Seattle a fait demi-tour à cause des événements du World Trade Center. Je suis reparti pour Seattle deux semaines plus tard. À quel moment avez-vous pensé à devenir cascadeur ? J’étais donc étudiant à Seattle. Je prenais des cours d’anglais. Un jour, je m’arrête devant la tombe de Bruce Lee au Lake

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Professionnel

Pouvez-vous nous raconter votre parcours personnel ? Je suis originaire de Montpellier. J’ai quitté l’école très jeune. J’ai commencé avec un apprentissage de la pâtisserie à 16 ans. Ensuite je suis parti dans les parachutistes et dans la Marine à 17 ans et demi. Quand j’ai quitté l’armée, j’ai travaillé dans plusieurs secteurs très différents : la restauration, la maçonnerie, la musique (DJ et animateur de karaoké) et dans la grande distribution pendant 3 ans.


View Cemetery et j’aperçois une autre personne qui se recueille également devant cette tombe. Nous commençons à échanger quelques mots. Il se prénomme Taky Kimura, c’est l’ami de Bruce Lee et il est instructeur de Jun Fan Gung Fu, un art martial. Il m’invite dans sa classe, je deviens un habitué de ses cours et nous devenons très amis.

Gates ! Et, effectivement, j’ai effectué ma première cascade pour Microsoft avec Bill Gates qui m’a poursuivi dans un couloir ! Ce fut ma première montée d’adrénaline car j’étais encore étudiant et débutant dans ce milieu. Quand avez-vous décidé de poursuivre l’aventure à Los Angeles ? À Seattle, j’avais créé une petite structure d'intérior-design. Ma carrière de cascadeur a en fait commencé très progressivement. Il existe une industrie du film d’entreprise (Microsoft, Boeing), de publicité dans la région de Seattle mais pas d’industrie cinématographique à proprement parler. En 2014, j’ai été engagé en tant que chorégraphe de combat pour le film Beta Test et cette expérience a confirmé mon souhait de m’installer à Los Angeles. Sur place, je passais des journées à me renseigner sur les tournages, à me présenter avec mon CV en insistant sur tout ce que je savais faire, les arts martiaux, les chutes, la conduite automobile, etc. Et j’ai attendu que l’on m’appelle. Le rythme de vie est devenu plus flexible car être cascadeur signifie être engagé pour un jour, une semaine, des mois, puis ne plus avoir de contrat pendant une longue période. Je continue à m’entrainer, à faire du sport et à me tenir au courant des productions. Il faut entretenir les relations professionnelles car ce métier est aussi basé sur la confiance et les rencontres.

Professionnel

Avant de vous lancer dans la profession de cascadeur et avant de suivre les cours de Taky Kimura, vous étiez quand même, je présume, un ardent sportif. Vous faisiez du sport étant plus jeune ? Vous aviez déjà un intérêt pour les arts martiaux ou pas du tout ? Oui, j’ai commencé les arts martiaux à neuf ans. D’abord le judo et ensuite la boxe française puis la boxe anglaise. Ensuite c’est grâce à Taky que j’ai découvert le Jeet Kune Do, le Jun Fan Gung Fu et le Wing Chun. Et entre mes cours et séparément de ma collaboration avec Taky, j’ai commencé le Jiu Jitsu brésilien ainsi que le Muay Thaï et MMA. Quel est le souvenir de votre première cascade ? En 2003, je rencontre Mike Hilow dans la classe de Taky Kimura. Il est également instructeur de Jun Fan Gung Fu et cascadeur. Il cherche quelqu’un pour participer à un show Microsoft. Très enthousiaste, j’accepte d’y participer sans savoir ce que je dois faire. J’arrive sur le campus et Mike Hilow m’explique la cascade : « Tu cours dans un couloir, tu es poursuivi par une personne, tu te retournes pour voir si elle te rattrape et, du coup, tu ne peux pas éviter une autre personne qui est au bout du couloir. Tu heurtes de plein fouet son bras et tu tombes en faisant un salto arrière. » « Et, » Mike ajoute, « c’est Bill Gates qui va courir derrière toi ! » Je reste perplexe ! Bill

Vous souvenez-vous de votre premier contrat ? Oui c’était en mars-avril 2015. J’ai travaillé deux jours sur un film indépendant, Persian Connection. J’ai reçu une assiette sur la tête et je suis tombé d’un escalier. Mon premier pas de cascadeur à Hollywood.

FILMOGRAPHIE DE DANIEL LOCICERO SEAL Team (2019-2020) Mission: Impossible - Fallout (2018) Spider-Man and Logan: Manhunt (2018) Shameless (2018) 16 le Mag’ fr@ncophone - Hiver 2020

Dunkirk (2017) The Last Ship (2017) The Librarians (2017) Beta Test (2016)


Quel est votre plus grand souvenir ? J’ai participé au tournage du film de Christopher Nolan, Dunkerque (en anglais Dunkirk, NDLR), pendant deux mois et demi. Le tournage s’est déroulé sur les plages de Dunkerque et deux semaines dans les studios de la Warner. J’ai dû mourir au moins quinze fois ! Je suis tombé, je me suis noyé, brulé, explosé. Du moment que la caméra n’est pas sur vous, on peut vous utiliser plusieurs fois. Contrairement à un acteur, il ne faut pas être reconnu pour travailler. Un soir, c’est bientôt le coucher du soleil et Christopher Nolan, le metteur en scène, m’appelle et m’explique une cascade. À cet instant, je me suis dis : « Ça y est, c’est la réalisation d’un beau parcours ».

Est-ce un avantage d’être français ? Oui et non, cela ouvre certes des portes si un réalisateur recherche un cascadeur français pour une scène précise mais ce n’est pas un avantage significatif dans cette branche. Nous sommes seulement trois ou quatre Français connus à Los Angeles à exercer cette profession.

The International Stunt School Si vous êtes intéressé par les techniques de cascades, sachez qu’il existe une école réputée à Seattle qui propose des sessions d’immersion. Daniel Loccicero nous a parlé de cette école et nous a presenté Jeff« Ish » McKracken, coordinateur de l'école, specialiste notamment des combats armés et non armés, des chutes en escalier, des incendies et rappels. Pour plus d’information : www.stuntschool.com

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Professionnel

Et votre plus mauvais souvenir ? Cela s’est passé aussi sur le tournage de Dunkerque. Dans les studios, nous avons tourné une scène où, pour simuler l’explosion d’une torpille, neuf tonnes d’eau sont propulsées dans un bateau. Je suis contre un mur et un des cascadeurs a été projeté contre moi et mon genou s’est tordu. J’avais encore deux semaines de tournage et j’ai dû continuer malgré la douleur.


Quelle cascade avez-vous réalisée sur Mission: Impossible - Fallout? J’ai participé pendant deux mois au tournage du dernier Mission: Impossible. Je conduis l’une des voitures qui poursuit Tom Cruise à moto. Pour cette cascade, l’équipe s’est préparée sur le circuit Jean-Pierre Beltoise à Trappes dans les Yvelines pendant 2-3 jours à 50 km par heure et Tom Cruise arrivait en face de nous à 80 km en slalomant. Il faut savoir que les cascades ne sont pas écrites comme un synopsis de film. Il faut s’adapter, changer de chorégraphie en fonction d’un inconvénient qui apparait lors de la répétition. C’est ce qui s’est passé lors de cette course poursuite. Nous ne savions pas exactement à quel moment Tom Cruise allait se diriger vers la droite ou la gauche.

Professionnel

Quel genre de cascade préférez-vous faire ? Depuis petit, j’ai toujours adoré me prendre des gamelles. Donc je vais répondre chute au sol, chute de hauteur... Que tournez-vous actuellement ? Quel est votre prochain objectif ? Je double actuellement un des acteurs principaux de la série SEAL Team. En dehors des tournages, je loue maintenant une salle où je donne des cours, j’entraine des acteurs à faire des acrobaties, à tenir correctement un revolver, etc. Cela me permet d’entretenir mes relations et de rester en forme. Mon prochain but est de créer ma propre entreprise et de recruter de jeunes cascadeurs. Interview menée par Elisabeth Le Meur-Dahmoune Correspondante Culture Pour plus d’information : www.danielocicero.com

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Questionnaire de Proust : Daniel Locicero Votre principal trait de caractère ? Généreux. Je donne beaucoup de mon temps et investis beaucoup dans les gens car pour moi la communauté est très importante. La qualité que vous appréciez le plus chez vos amis ? La passion et l’amour dans leur travail, et l’amitié qui reste toujours inspirante. Votre principal défaut ? Je suis rarement satisfait. Je veux toujours mieux faire, ce qui peut être une qualité mais aussi un gros défaut qui me coûte régulièrement quelques frustrations dans ma vie professionnelle surtout. Votre couleur préférée ? À porter, le noir... À regarder, le bleu... Votre chanteur/chanteuse favori(te) ? Brian McKnight, Phil Collins, Josh Groban et Aaron Neville Votre héros/héroïne préféré(e) de fiction ? Superman Votre héros/héroïne historique ? Bruce Lee Votre occupation préférée (en dehors de votre métier) ? En dehors de mon activité professionnelle qui m’occupe 90% de mon temps, j’adore aller voir un bon film au cinéma !


Romain Beaulieu Directeur technique UW Formula Motorsports effet présents dans ces différents secteurs. Pour entrer dans l’équipe il faut remplir un formulaire, écrire une lettre de motivation, passer un entretien technique : c’est une expérience qui nous prépare à ce qui va nous attendre pour entrer dans le monde du travail. Sur 100 candidatures par an, environ 20 sont retenues. J’ai eu la chance de pouvoir commencer à participer au projet dès ma première année d’université.

qui êtes-vous et comment avezvous intégré l’équipe Formula Motorsports de l’université de Washington ? Je suis né à Paris et je suis arrivé à Bellevue, Washington en 2012 avec ma famille, où j’ai passé mes trois premières années de high school. J’ai à nouveau déménagé avec ma famille vers Singapour où je ne suis resté qu’un an et je suis revenu, seul, sur Seattle fin 2016 pour intégrer l’université de Washington. Je suis passionné d’automobiles et j’ai intégré le cursus de génie mécanique auquel j’aspirais, et je suis actuellement en quatrième année. Par mes études, j’espérais rejoindre l’équipe locale de Formula SAE qui participe a des compétitions de design entre universités organisées par la Society of Automative Engineers (SAE). L’équipe de Seattle est une des meilleures des États-Unis. Débuter son cursus en ingénierie avec l’industrie automobile permet également de travailler, par exemple dans le domaine naval ou de l’aéronautique. Les composites que nous utilisons pour construire notre voiture de course sont en

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Que se passe-t-il lors de la compétition ? C’est une compétition d’ingénierie. Elle a débuté en 1980 et était organisée par General Motors.

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Professionnel

Romain,

Pouvez-vous nous parler du projet ? Ce sont 67 étudiants qui y travaillent. Il s’agit de concevoir, fabriquer et courir avec une mini monoplace électrique qui doit respecter un cahier des charges exigeant. L’équipe est autogérée ; on travaille de près avec les ateliers d’usinage du département de génie mécanique ainsi que plusieurs centaines de sponsors pour concrétiser ce que nous étudions. Un vrai travail d’équipe multidisciplinaire. Toutes les pièces de la voiture sont conçues sur place sauf les moteurs, les ondulateurs et les cellules de la batterie qui sont uniquement assemblés par nos soins. Auparavant nous avions travaillé sur le modèle d’une voiture à essence, et celle que nous avons conçue il y a 3 ans fut considérée comme une des meilleures au monde. Vu la direction de l’industrie automobile et de la compétition, l’équipe a changé de cap et travaille à plein temps sur une voiture électrique depuis 2017. On construit une nouvelle voiture chaque année. La période d’octobre à décembre est celle du design, de janvier à mars c’est celle de la fabrication de la voiture et d’avril à mai ce sont les tests, puis enfin la compétition. Les tests ont lieu sur des parkings de l’université avec des cônes et ce sont les deux pilotes qui réalisent les meilleurs temps qui feront la course. J’ai moi-même été pilote l’année dernière.


Professionnel

Le format a depuis été adopté à travers le monde et il y a maintenant plusieurs compétitions de ce genre aux États-Unis, en Europe, en Chine, au Japon et en Inde. Nous ne participons en général qu’à deux compétitions à cause du calendrier : une aux États-Unis et l’autre en Europe. Aux États-Unis il s’agit de la Formula SAE Electric, qui se déroule fin juin après nos examens. Ce sera près de Los Angeles en 2020. L’autre course à laquelle nous participerons se situe à Hockenheim en Allemagne à la mi-août. Cette course en Allemagne est LA référence de la Formula student. Il y a 115 participants. Nous mettrons notre voiture dans un conteneur et elle partira en avion vers l’Europe. Il y a une compétition notable qui se tient dans le Michigan à laquelle nous ne nous pouvons pas participer vu la date. La compétition dure environ une semaine. La voiture est tout d’abord jugée sur son design ; tous ses aspects sont analysés par des juges SAE qui sont des ingénieurs de métiers de chez Honda, Boeing, Cummins, etc. Le deuxième critère est le coût de la voiture ; le troisième critère est la présentation « business ». Car il faut savoir présenter la voiture sous son aspect financier et savoir expliquer les raisons du choix de tel ou tel matériau. Ces critères représentent environ 1/3 des points. Les 2/3 des points restant sont attribués aux critères suivants : l’accélération sur 75 m, le temps au tour sur skidpad et circuit d’autocross, et enfin l’endurance. Cette dernière épreuve a lieu le dernier jour. La voiture doit effectuer 22 km avec changement de pilote au milieu de la course. Cela représente à peu près 15 tours par pilote. La vitesse maximale est de 130 km/h et la vitesse moyenne est de 55 km/h. La consommation d’énergie lors de l’endurance est également prise en compte. Que représente cette compétition pour vous ? Participer à cette compétition est une chance, une richesse et une expérience incroyable pour moi. C’est un gros projet de leadership car nous devons savoir résoudre des problèmes non seulement techniques mais aussi administratifs ; il faut savoir être multidisciplinaire et savoir faire partie d’une équipe. C’est une vision d’équipe et la traduction de cette vision est la réalisation de ce projet d’ingénierie. Annie Joly Correspondante Culture Romain Beaulieu avec son co-équipier – Crédit photo : Romain Beaulieu 20


Questionnaire de Proust : Romain Beaulieu Mon occupation préférée : Construire des voitures de course ! Mais je suis aussi photographe amateur et voileux.

Ce que je voudrais être : Faire de l'ingénierie m’aide surtout à comprendre ce qui est mon but, c’est-à-dire le design du produit final et son impact global. Mais je pourrais être heureux en faisant bien d’autres choses.

Le pays où je voudrais vivre : Pas un, mais plusieurs pays ! J’espère pouvoir continuer à voyager.

Ma couleur préférée : Le vert. Mon auteur favori : J’ai grandi en lisant des magazines automobiles, mais pas que ! Les meilleurs auteurs font le lien. Je retiens un journaliste automobile qui a une approche littéraire sur le plaisir de conduire, Henry Catchpole.

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Professionnel

Mon héros préféré dans l’histoire... automobile : Ayrton Senna.


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Projet jeunesse

Book Club

Prix Albertine

Expressions idiomatiques françaises décryptées

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Projet jeunesse Découvrez

l’Association pour la création littéraire pour les jeunes (ACLJ), dirigée par l’auteur Didier Calvet, installée à Montréal depuis septembre 2003 et dont les bureaux virtuels sont implantés à Montréal au Québec et à Moncton au Nouveau-Brunswick.

Aussitôt

le thème du fil rouge annoncé par le comité éditorial du Mag’ fr@ncophone, je faisais le lien avec le bulletin de l’ACLJ, publication mensuelle que je reçois depuis plusieurs années maintenant. La mission de cette association est tout à fait originale. Il s’agit de permettre aux jeunes de s'approprier leur littérature. Démarche à la fois citoyenne et inclusive. L’ACLJ diffuse ainsi internationalement une littérature pour et surtout par les jeunes. Elle favorise la stimulation de l'intérêt pour l'apprentissage et l'usage de la langue française, y compris ses variantes régionales, en tant qu'outil moderne de communication à l'heure de l'internet. Cette association stimule l'intérêt et le désir de l'apprentissage en favorisant la créativité et l'expression tant individuelle qu'en groupe, en offrant des possibilités d'échanges interculturels et intergénérationnels grâce à l'expression par l'écrit ainsi que par l'interprétation du texte avec le dessin. Enfin, l’ACLJ diminue le décrochage scolaire par le biais d'activités qui permettent aux jeunes d'exprimer leurs idées et leurs émotions afin de pouvoir être reconnu par d'autres et pouvoir se reconnaître dans les textes et les images des autres. Déjà seize ans d’action constante auprès des collaborateurs sur le terrain dans une vingtaine de pays, souvent dans des conditions difficiles. La particularité de l’ACLJ est, sur la base du bénévolat, d’offrir aux jeunes la possibilité de s’engager dans le monde par le biais de l’écriture. C’est un vecteur qui prend toute son importance dans les projets partagés avec les équipes de l’association. Pour en savoir plus sur l’ACLJ, rendez-vous sur leur site internet (www.projetjeunesse.org) . Madeleine Cosson-Flanagan Correspondante Culture

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pas à ce qu’en disait les experts », a-t-il dit (propos parus sur lithium.com le 15 novembre 2019).

Langue

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Cette revue ambitionne donc de raconter l’Amérique à travers ceux qui réfléchissent dans les deux sens du terme : penser mais aussi refléter la vie des Américains de tous les jours. Il s’agit donc d’un projet autant littéraire que journalistique, relevé par une esthétique très soignée qui rajoute un intérêt à cette revue très dense (environ 200 pages). Si chacun des numéros aborde un thème différent (la violence, la foi ou encore la race) traité sous des angles et par des contributeurs très variés, le lecteur retrouve avec plaisir les rubriques qui lui permettent de « réfléchir » à l’Amérique de Trump : - le grand entretien (Paul Auster, John Irving ou James Ellroy interviewés par François Busnel) - des textes inédits des plus grands auteurs du moments qui abordent des problématiques actuelles (Stephen King sur la question des armes à feu, Margaret Atwood sur comment la littérature peut lutter contre la tyrannie) - des reportages au cœur des États-Unis (« Visions de Chicago » par Véronique Ovaldé , « La Californie, bastion avancé de la résistance » de Sylvain Cypel, « On the road de Chicago à la Nouvelle-Orléans » de Philippe Besson) - des textes inédits d’auteurs aujourd’hui disparus (Jim Harisson, Philip Roth, F. Scott Fitzgerald ) Le pays est aussi décrypté au travers de classiques littéraires (L’attrape cœur de Salinger, Sur la route de Kerouac), cinématographique (La horde sauvage de Sam Peckinpah, Chinatown de Roman Polanski) ou même des séries (Mad Men, Orange is the New Black)

S’il peut paraître étonnant de présenter une revue trimestrielle dans le Book Club du Mag’ fr@ncophone, ce « mook » (mi-magazine, mi-book) y a pourtant toute sa place. Il est né de l’élection de Donald Trump et sa durée de vie sera égale au mandat du président des États-Unis. En effet, en novembre 2016, François Busnel, journaliste littéraire, et Eric Fotorino, écrivain et journaliste, décident de comprendre (mais pas de juger) ce pays qui a porté au pouvoir un homme pour le moins controversé. Il leur semble que l’ère Trump ne pouvait être racontée que par les meilleurs écrivains, américains mais aussi français. François Busnel se plait à rappeler que si les experts en tout genre répétaient à l’envi qu’Hillary Clinton ne pouvait pas perdre cette élection, ils n’avaient pas une vision réelle des États-Unis. « Quand je lisais des romans de Laura Kasischke, ou Russell Banks décrivant des ouvriers, ça parlait d’un pays qui ne ressemblait

Ce mook, d’une richesse incroyable, nous permet de décrypter l’Amérique du moment en s’éclairant aussi du passé. Caroline Perrier Correspondante Culture * Un reportage à Seattle par Lola Lafon à lire dans America n°12 – Hiver 2020.

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LE ROMAN VRAI D’ALEXANDRE Alexandre Jardin

Alexandre Jardin est un écrivain français très populaire depuis une vingtaine d’années. Il est connu pour ses personnages qui agissent comme des électrons libres en s’affranchissant des conventions sociales. Ses livres les plus célèbres s’inspirent de son père, surnommé le Zubial. Il a beaucoup écrit sur ce père qui croque la vie à pleines dents et qui a élevé ses enfants en leur faisant croire que la vie est un terrain de jeux. Alexandre Jardin s’est lui-même décrit comme un libre penseur, encourageant toute personne à agir selon son cœur, sans se soucier du reste. Mais tout cela n’était que mensonge ! Dans un ouvrage récent, Le roman vrai d’Alexandre, il avoue avoir inventé toutes ces histoires familiales et le personnage de son père. Il reconnaît qu’il s’est lui-même fabriqué un personnage à présenter dans ses livres et dans les médias. Il a ainsi menti à tout le monde, ainsi qu’à lui-même depuis plus de vingt ans. Dans son entourage, beaucoup l’ont mis en garde : publier ce roman c’était mettre en péril sa carrière ; il devrait au contraire continuer à s’appuyer sur cette mythologie d’une famille hors norme. Il écrit qu’être vrai vis-à-vis de soi-même et des autres, n’est pas seulement une affaire d’honnêteté mais aussi de survie : il s’agit d’accepter qui nous sommes vraiment. Cette exigence d’honnêteté ne peut que nous faire du bien dans une société qui nous dicte trop souvent qui nous devons être, sans nous laisser la liberté de nous exprimer ou de franchir certaines limites. Alexandre Jardin l’affirme : laisser la société le définir a eu des répercussions si importantes sur ses relations personnelles qu’il a décidé de rétablir la vérité et de se présenter tel qu’il est, sans se soucier des conséquences sur sa carrière d’écrivain. Il retrouve enfin sa liberté et fixe désormais lui-même les limites. Son ouvrage est une superbe leçon pour tout ceux qui veulent réfléchir sur eux-mêmes et vivre en accord avec euxmêmes.

Traduction par Caroline Perrier Correspondante Culture

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Nathalie Arnaud French Culture Academy


PERSÉPOLIS Marjane Satrapi

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Qu’est ce qu’être jeune en Iran dans les années 1980 ? Dans son livre Persépolis, l’auteure franco-iranienne de bandes dessinées, Marjane Satrapi, apporte une réponse non seulement personnelle, mais aussi plus universelle. L’œuvre, publiée en 4 tomes entre 2000 et 2003 (et brillamment adapté au cinéma, prix du jury au festival de Cannes en 2007), se présente d’abord comme une autobiographie, relatant la fin de son enfance et son entrée difficile dans l’âge adulte. Mais celle-ci est imbriquée avec les événements historiques et le chaos politique que traverse alors son pays, l’Iran. L’auteure montre comment son histoire personnelle et familiale porte la marque de ces soubresauts.

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Ainsi, le tome 1 s’ouvre sur un chapitre intitulé « Le voile » qui raconte comment il a été imposé aux femmes et jeunes filles après la révolution islamiste de 1979 – une décision qui fut douloureuse pour la famille très libérale et cultivée de Marjane. Ce voile est présent dans le graphisme de toute l’œuvre : la dessinatrice fait le choix du noir et blanc et privilégie les aplats. L’épurement est maximal. Cette absence de décors et les nombreux gros plans permettent de rester au plus près de ce qui se chuchote, se dit, se vit. Ce que vit Marjane justement relève de l’universel : la quête de son identité, les premières expériences (bonnes ou hasardeuses), bref la périlleuse traversée de l’adolescence. Elle décrit cette traversée avec beaucoup d’humour. Par exemple, lorsqu’elle raconte comment, vers l’âge de 10 ans, elle envisageait de devenir le prochain prophète. Comique aussi la description 26

qu’elle fait des innombrables changements physiques qui l’affectent : « Bref, j’étais dans une période de laideur sans cesse renouvelée. » Ce comique ouvertement revendiqué permet à Marjane de donner une autre ampleur à cette bande dessinée. Il s’agit d’une œuvre engagée qui dénonce autant les travers de la société occidentale (qu’elle fréquente un temps au Lycée Français de Vienne) que le recul des droits individuels dans son pays natal. « Tant qu’on est vivant, on peut crier et se révolter... Il n’y a pas d’arme plus subversive que le rire », affirme-t-elle. Une arme que Marjane manie à merveille dans cette ode à la liberté. Caroline Perrier Correspondante Culture


Prix Albertine

Une sélection bilingue pour promouvoir le plaisir de lire L’idée au cœur de ce projet est de répondre à l’une des priorités de l’Éducation nationale de France, à savoir aider les élèves à renforcer le goût et la pratique de la lecture, tout en prenant en compte la spécificité du contexte anglophone. Les ouvrages sélectionnés pourront donc servir d’appui pour développer des liens entre la langue de scolarité des établissements, le français, et la langue de l’environnement, l’anglais. Ainsi, cette action s’inscrit dans les priorités des projets de la zone Amérique du Nord et de l’AEFE : « mettre en œuvre une politique cohérente des langues » dont un des objectifs est de « favoriser le bilinguisme et le plurilinguisme pour tous les élèves ». En outre, comme tout prix de littérature jeunesse, c’est aussi l’occasion de mettre en place des projets innovants et fédérateurs au sein du réseau pour renforcer la maîtrise de la langue française, développer l’esprit critique des élèves et célébrer le plaisir de lire.

Le Prix Albertine Jeunesse aide le développement du bilinguisme en célébrant la lecture ! Le Prix Albertine Jeunesse entame sa deuxième édition cette année avec une nouvelle sélection de livres bilingues, pour tous les niveaux, du cycle 1 au 4. Après le thème « Héros-Héroïne » de l’édition 2019, nous voici avec des ouvrages abordant le thème passionnant de « Grandir ». Un prix littéraire conçu pour les écoles de la zone Amérique du Nord du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Un jury d’élèves de la petite section maternelle au collège

Le Prix Albertine Jeunesse est le petit frère du Prix Albertine qu’organise la célèbre librairie new-yorkaise Albertine depuis 2017 sous l’égide des services culturels de l’Ambassade de France aux États-Unis. La librairie Albertine ayant pour mission de rendre la littérature française plus accessible au public américain, son prix littéraire récompense le titre de fiction préféré des lecteurs américains en français, traduit en anglais et distribué aux États-Unis au cours de la précédente année civile. Lancé sur l’année scolaire 2018-2019 à l’initiative de Ségolène Merlet, conseillère pédagogique de la zone Amérique du Nord de l’AEFE, ce prix s’adresse aux établissements scolaires homologués ainsi qu’aux établissements scolaires publics en Amérique du Nord. Il a pour finalité d’élire le ou les livres préférés des élèves de la zone au travers d’une sélection d’ouvrages d’auteurs francophones de littérature jeunesse disponibles en français et en anglais. 27

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Tous les cycles des établissements du réseau homologué AEFE de la zone Amérique du Nord peuvent s’inscrire et participer au Prix Albertine Jeunesse – à chaque cycle sa sélection – élaborée pour répondre à un thème commun. Le thème « Grandir » de cette année nous offre une sélection riche pouvant être abordée de plein de manières différentes en classe. Un accompagnement pédagogique est proposé et les enseignants y trouveront pléthore d’activités à mettre en œuvre en classe, de façon pratique et adaptée pour l’exploitation de chacun des ouvrages proposés. Au travers de la sélection, les élèves pourront se questionner autour de récits aux sujets variés : Comment apprivoiser ses émotions, comprendre celles des autres ? Comment dépasser ses peurs ? Comment appréhender le monde et les aléas de la vie ?


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Des rencontres d’auteurs L’école Franco-Américaine du Puget Sound (FASPS) s’est lancée dans l’aventure Albertine dès sa première édition et le retour des élèves comme des enseignants est unanime : on aime, et on en redemande ! Les classes de grande section, CP, CE2 et CM2 ont toutes participé activement, avec une collaboration réussie entre les enseignants de français et d’anglais. Cela a été également l’occasion d’événements festifs à la bibliothèque de l’école, comme des sessions de book tasting pour le lancement du prix en CP et en CE2 ou encore le vote à bulletins secrets dans de « vrais » isoloirs au mois de mai. Qui dit prix littéraire à l’école, dit aussi rencontres d’auteurs. À la FASPS, le 10 octobre, dans le cadre du lancement du second Prix Albertine Jeunesse, et en partenariat avec l’opération Pépites internationales de l’Institut français, l’école a eu la chance de participer à une vidéoconférence avec l’auteurillustrateur Tom Haugomat. Son roman graphique À travers est le premier ouvrage intercycles d’Albertine. Unique en son genre et accessible à tous les âges, ce livre nous raconte l’histoire d’une vie, à travers seulement de splendides graphismes et des pages qui se répondent les unes aux autres. Les deux classes de CM2 ont pu s’entretenir en live avec l’auteur-illustrateur, en même temps que quelques autres classes du réseau. En fin de rencontre, l’auteur a exécuté un dessin sous les yeux des élèves…un moment magique.

Parallèlement, dans le cadre du Prix Albertine Jeunesse 2020, Orianne Lallemand, l’auteure de l’album Le loup qui apprivoisait ses émotions de la sélection du cycle 1, sera en tournée fin avril/début mai 2020. Invitée par Made in France en partenariat avec la FASPS, elle viendra à la rencontre de nos apprentis jurés de la côte ouest. Un bel avenir pour un beau projet Le Prix Albertine Jeunesse est un succès. Une première édition relativement modeste, avec 145 classes inscrites et 2 777 élèves jurés, mais suivie d’une seconde édition qui a déjà près de 10 000 élèves inscrits ! Un beau projet de zone, qui ne que peut que GRANDIR et qui, sans nul doute, nous permettra de développer encore plus de partenariats entre structures scolaires voisines. Commandes partagées d’ouvrages entre bibliothèques, rencontres inter-établissements, tournées d’auteurs sont, entre autres, de beaux projets que la création et l’avenir du Prix Albertine Jeunesse nous laissent entrevoir. En attendant, on se donne rendez-vous au printemps pour les résultats des votes et le compte-rendu des rencontres avec les auteurs Albertine.

Toutes les informations sur le Prix Albertine Jeunesse AEFE – sélection, inscriptions, ressources, restitutions des classes et actualités littérature jeunesse – sont disponibles et mises à jour sur le site, Prix Albertine Jeunesse AEFE. Marion Bouscarle Correspondante Culture

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Atelier avec Chen Jiang Hong organisé par Made in France en collaboration avec la FISW – Crédit photo : Sylvie Joseph-Julien

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En outre, la récompense du Prix Albertine Jeunesse pour les auteurs lauréats est une tournée offerte par les services culturels de l’Ambassade de France aux États-Unis. Ainsi, l’auteur-Illustrateur franco-chinois Chen Jiang Hong, lauréat de cette première édition 2019 pour le cycle 2 avec son album Le Prince Tigre, était en tournée tout le mois de janvier aux États-Unis. Made in France, la FASPS, la French Immersion School of Washington et la North Seattle French School ont eu la chance de le recevoir. Nos jeunes Francophones de la zone de Seattle, dont les jurés 2019 — les

élèves de CE1, CE2 et CM1 de la FASPS — ont donc eu l’opportunité de le rencontrer et de s’essayer aux techniques de la peinture traditionnelle chinoise avec lui.


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Expressions idiomatiques françaises décryptées

Expressions idiomatiques françaises décryptées

Pour faire écho au thème central de ce numéro, nous avons choisi quelques expressions en lien avec la jeunesse, l’enfance, l’âge. Être joyeux empêche de devenir vieux Cette expression proverbiale signifie que la joie prolonge la jeunesse et la fait durer toute la vie. Elle fait référence à certains peuples de Grèce qui érigèrent des statues en l’honneur du dieu Grelot, symbole du rire personnifié. Ceci se fit en rappel au dogme de la religion de Zoroastre, le législateur né rieur. Il fut par ailleurs défini par les philosophes de l’Antiquité comme étant un animal qui rit et ce serait, selon eux, un caractère distinctif de l’espèce humaine. Ce célèbre « homme qui rit » a vécu jusqu’à l'âge de 90 ans et ce parce qu’il était toujours de bonne humeur.

apprendre quelque chose à une personne qui a une plus grande expérience et de meilleures connaissances concernant cette chose. Une madeleine de Proust On utilise cette expression pour évoquer la sensation de nostalgie provoquée par une odeur, une couleur ou un lieu. Une madeleine de Proust est toute chose qui replonge une personne dans son enfance, tout comme l’odeur des madeleines le faisait à Marcel Proust dans son livre À la recherche du temps perdu. L’âge tendre Cette expression désigne la petite enfance, voire l’adolescence. Le premier sens de l'adjectif « tendre » désignait au XIe siècle ce qui est jeune et plein de fraîcheur. L'expression « âge tendre » est apparue au XVIe siècle en même temps que celle de « tendre enfance », et désigne la jeunesse au sens large.

Prendre de la bouteille Cette expression signifie : commencer à vieillir, acquérir de l’expérience. Elle puise ses origines dans une métaphore du domaine viticole qui veut dire que le vin murit en vieillissant. Ce processus pouvant prendre des années, il n’y a eu qu’un pas pour appliquer ce dicton à l’homme et à tout ce qui vieillit en se bonifiant. L’être humain vieillit, certes, mais avec l’âge tend de plus en plus à acquérir l’expérience et la maturité qui lui faisaient défaut pendant sa jeunesse.

Roulez jeunesse Cette expression serait issue de l'univers des forains, où cette phrase était prononcée autour d'attractions comme les auto-tamponneuses, pour signifier que le tour commence. « C'est parti » en est un synonyme. Julie Luc Di Salvo Directrice Communication Made in France

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Langue

On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace Cela signifie que l’on n'apprend pas une chose à quelqu'un qui est plus expérimenté dans ce domaine. Datant du XIXe siècle, l'expression fait référence au singe, qui est réputé pour faire beaucoup de grimaces. Ceci illustre l'idée de ne pas


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le Mag' fr@ncophone - Hiver 2020  

Publication par Made in France Seattle : une porte ouverte sur le monde francophone ! www.madeinfrance-usa.org

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