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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Le Suricate N° 5

Bi-mensuel

30 octobre 2012

Magazine À la une

SpEcial Halloween La culture tremble en cette fin d’octobre

Mais aussi... Les sorties horrifiques Les disques grinçants Les dessous des couvertures

La malEdiction du Suricate Une nouvelle à faire frémir écrite de la main de l’écrivain Frédéric Livyns rien que pour vous


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Sommaire

Edito - Halloween, indésirable Mon péché, le Teen Movie

p. 5

Cinéma Une soirée Halloween Argo Tango Libre Un plan parfait Now is good - Reality Une famille respectable Bait 3D Sorties du 31 octobre Sorties du 7 novembre Actualités cinéma

Littérature p. 6 p. 8 p. 10 p. 11 p. 12 p. 13 p. 14 p. 16

Agenda

p. 46

Cotations p. 20

Musique Décrocher la lune Maxime Blésin (rencontre) Amity Affliction - Danko Jones Guy Marchand - Bénabar Alanis Morisette - D. Townsend Genesis Revisited II Bad de Michael Jackson

p. 34 p. 38 p. 39 p. 40

p. 17 p. 19

Télévision Halloween à la télévision

La malédiction du Suricate Des frissons sous la couverture Salon du livre jeunesse à Namur Critiques littéraires

Rien à sauver Mauvais Mitigé Bon Très bon Excellent

p. 22 p. 24 p. 26 p. 27 p. 28 p. 29 p. 30

Scènes Halloween en scène Antigone

p. 32 p. 33

3

Le feuilleter nuit à votre entourage

30 octobre 2012


Le terrier du Suricate

Edito

Mon péché mignon ? Le Teen Movie ! Le Suricate c’est au départ une volonté de Matthieu et moi-même de parler de cinéma. Car même si nous avions développé nos contacts et nos compétences dans les domaines littéraires et musicaux, notre passion première c’est le cinéma. Je suis, je pense ce que l’on peut appeler un vrai cinéphile. Le mec qui peut citer une pléiade d’acteurs rien que sur un seul film, qui en a vu des milliers, ne se lasse pas d’en parler et qui ne doit pas oublier de dire qu’il a vu Citizen Kane et que c’est le meilleur film de tous les temps. J’ai parfois un avis fort critique sur le cinéma, je ne supporte pas la médiocrité facile (Michael Bay dans ses grands moments !) mais dans la vie d’un cinéphile, il est des choses qui ne sont parfois pas bonnes à dire, que l’on garde pour soi, dont on ne parlera jamais en public ou à la réunion des cinéphiles anonymes : le péché mignon. Certains aiment les séries B, les séries Z, le fantastique grand guignol, l’expérimental argentin tourné au Kosovo, etc. Moi, mon péché mignon (ça fait coming out, non ?), c’est le Teen Movie ! Vous ne voyez pas ? Mais si le Teen Movie, c’est ce genre de comédies bien grasses, généralement américaines sur des adolescents voulant perdre leur virginité ou sur ces étudiants universitaires ne pensant qu’à boire et bien sûr taquiner la gueuze au lit.

C’est très clichés, c’est souvent de l’humour pitoyable, mais le péché mignon, c’est plus fort que tout, on ne peut s’empêcher de tous les regarder. Vous voulez des exemples ? Le plus emblématique de cette génération est bien sûr American Pie, mais n’oubliez pas Peggy Sue s’est mariée de Coppola, la saga Porky’s ou le désormais culte Breakfast Club. Mais attention, le péché mignon reste le Teen Movie autour de l’école. Car si le terme Teen Movie peut s’étendre à d’autres genres (Requiem for a dream, Harry Potter, ...), il change aussi de catégories et ne rentre plus dans les case de ces quelques lignes. Alternant bon (Accepted) ou mauvais (American Pie 7), le Teen Movie a de beaux jours devant soi et moi je ne m’en lasse pas car il y a toujours plus à découvrir ... D’ailleurs, vous connaissez les Beach Movies ? Découvrez un site hyper complet sur le genre : https://sites.google.com/site/ teenmoviescomedies/home

L.S.

Halloween, la fête indésirable Depuis notre plus tendre enfance, nous avons été bercé par les traditions judéochrétiennes et les fêtes familiales qui en découlaient tout au long de l’année. Noël, Pâques, Toussaint, et même Saint-Nicolas pour les enfants belges. Seul le jour de l’an nous paraissait quelque peu dénué de tout intérêt et nous permettait de passer une soirée officiellement festive sans se préoccuper des coutumes religieuses. Vers la fin des années 90, Halloween arrivait tout doucement dans nos contrées par l’appui massif des publicitaires souhaitant ajouter une fête lucrative au milieu d’une période creuse. Cet évènement, aussi anglo-saxon soit-il, était une solution merveilleuse pour offrir aux jeunes l’occasion d’organiser des fêtes et des soirées axées autour de l’horreur. Intéressé, le cinéma s’en délecta les babines. Organiser une soirée cinéma entre amis afin de voir les meilleurs (ou les pires) films du paysage cinématographique, c’est l’occasion de célébrer cette fête dont l’engouement s’est quelque peu estompé avec le temps. Mais que nous donne encore le cinéma d’aujourd’hui en matière d’horreur ? Pas grand-chose hélas. Où sont passés les films d’épouvante, les slashers ou les parodies comme Scream, Souviens-toi l’été dernier, Halloween, Freddy ou même Scary Movie ? Le genre de production qui nous régalaient par leur côté gore ou leur dérision. De fait, le cinéma américain semble se désintéresser de cette fête populaire en ne fournissant plus de sorties dignes de ce nom. Pour seul réconfort, les plus grands auront droit cette année au quatrième volet de Paranormal Activity, et les plus jeunes pourront s’émerveiller devant Frankenweenie, le long remake de Tim Burton. Cheap or dowdy ?

M.M. Une publication du magazine

Le Suricate © (http://www.lesuricate.org)

Crédits

Directeur de la rédaction : Matthieu Matthys Rédacteur en chef : Loïc Smars Directeur section littéraire : Marc Bailly Directeur section musicale : Christophe Pauly

Webmaster : Benjamin Mourlon Secrétaires de rédaction : Maïté Dagnelie, Adeline Delabre

Relation clientèle : redaction@lesuricate.org

Régie publicitaire : pub@lesuricate.org

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Ont collaboré à ce numéro : Stellina Huvenne, Nele De Smedt, Loïc Bertiau, Christophe Corthouts, Frédéric Livyns, Jérémie Piasecki, Julien Sterckx, Véronique de Laet.

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Cinéma

Une soirEe cinE pour Halloween

La cabane dans les bois ©KFD

L’ aperçu «This is Halloween» de Danny Elfman est certainement la musique culte de tous les amateurs de cette fête païenne anglo-saxonne. De fait, cette fête automnale ne fait pas partie de la culture latine voire même européenne et c’est donc de manière extrêmement logique que nos contrées ont commencé à s’y intéresser, en 1993, à la sortie du film d’Henry Selick et Tim Burton, L’Etrange Noël de Monsieur Jack. Ce long métrage d’animation avait fait sensation auprès des plus jeunes d’entre nous et l’engouement des publicitaires pour une fête que, jusque là, tout le monde ignorait devint important. Cependant, peu de gens y trouvaient un intérêt autre que commercial. L’Eglise se trouva même virulente au sujet de cette célébration qu’elle voyait d’un mauvais oeil, celle-ci étant placée la veille de la fête de la Toussaint. Bref, la folie des citrouilles s'essouffla en une dizaine d’années seulement et seuls quelques irréductibles aficionados la célèbrent encore dans les villes et villages. De notre côté, ce que l’on trouve de plus amusant à ce rendez-vous, c’est certainement l’idée de se faire une petite soirée horrifique entre amis. Assis dans un divan ou sur un tapis au coin du feu, c’est le moment idéal de commander des pizzas et de faire tourner des films aussi trash les uns que les autres. Mais que choisir ? L’année 2012 n’a pas vraiment été propice aux films d’épouvante. On

notera même un léger abandon de ce genre de film au profit des drames multi-présents à l’instar de la morosité sociale et économique qui plane en Europe et ailleurs dans le monde. Pourtant, certaines productions ont su nous fournir de bonnes réalisations pour tous les âges et de tous les styles. Pour adultes sérieux Antiviral de Brandon Cronenberg. Pour son premier long métrage, le réalisateur Brandon Cronenberg (fils de David) a réussi son entrée en attirant le public du festival de Toronto mais également celui de Cannes. L’histoire est celle d’Hannah Geist, vedette de cinéma, qui, avant de mourir d’un virus, dépose sa souche dans une clinique afin que ses fans puissent l’avoir également. Bizarre mais incroyablement bien construit, il ravira les esprits malins. La Dame en noir de James Watkins. Cette énième adaptation du roman éponyme de Susan Hill a été un succès retentissant. Avec Daniel Radcliffe dans un rôle très noir, on renoue à moitié avec Harry Potter. Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges

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signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. The Devil Inside de William Bell. Film à petit budget mais à gros revenus, ce faux documentaire s’axe sur l’exorcisme, sujet maintes fois retravaillé dans le septième art. Réaliste et trash, ce film s’inscrit dans la pure tradition de la peur du diable. Un soir de 1989, la police reçoit un appel d'une certaine Maria Rossi qui reconnaît avoir sauvagement assassiné trois personnes. Vingt ans plus tard, sa fille, Isabella cherche à comprendre ce qui s'est vraiment passé cette nuit-là. Elle se rend en Italie, à l'hôpital Centrino pour psychopathes où Maria est enfermée, pour savoir si sa mère est déséquilibrée ou possédée par le diable. Pour jeunes adultes pas vraiment sérieux ATM de David Brooks. Pas un chef d’oeuvre scénaristique, ressemblant à bien d’autres films, n’ayant engrangé aucun bénéfice, ce film est avant tout un slasher détente. Le genre de film que l’on nous servait à foison étant adolescents. Un huit clos sympa. Trois collègues de bureau s’arrêtent au distributeur bancaire sur le parking désert d’un centre commercial afin de retirer de l’argent avant d’aller au restaurant. Alors qu’ils s’apprêtent à sortir du local qui abrite le distributeur, un inconnu les fixe depuis l’extérieur.


La Cabane dans les bois de Drew Goddard. «If you hear a strange sound outside... have sex», voici l’accroche présentée plus d’une année avant le film. Ce long métrage devait révolutionner le slasher mais a tardé à sortir sur les écrans (trois ans) à cause de problèmes de solvabilité des studios MGM. Au final, un bon film du genre. Cinq amis partent passer le week-end dans une cabane perdue au fond des bois. Ils n’ont aucune idée du cauchemar qui les y attend, ni de ce que cache vraiment la cabane dans les bois. The Divide de Xavier Gens. Présenté au BIFFF 2012, The Divide est un huit clos post-apocalyptique non dénué d’intérêt. Malgré quelques raccourcis scénaristiques et temporels, le combat psychologique que nous propose le film est intéressant à suivre. Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York, huit personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Des tensions et des riv-

alités apparaissent parmi les rescapés qui survivent grâce aux réserves déclinantes d’eau et de nourriture. Pour les enfants (parce qu’ils le valent bien) Hôtel Transylvanie de Genndy Tartakovsky. Pour Halloween, ce sera un peu juste car le long métrage n’est attendu chez nous que pour le mois de décembre. Néanmoins, ce film ravira à postériori les bambins par son humour et sa frivolité. L’histoire de Dracula édulcorée et actualisée. Traumatisés par la technologie du 21ème siècle, les monstres les plus connus, qui se trouvent démodés, se réfugient dans un hôtel perdu en Transylvanie. Frankenweenie de Tim Burton. Sorti récemment dans les salles, c’est le film à voir le 31 octobre avec vos enfants. Ce projet d’animation est un bijou à voir en famille et à apprécier à sa juste valeur. Après la mort sou-

daine de Sparky, son chien adoré, le jeune Victor fait appel au pouvoir de la science afin de ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru. Evidemment, bien d’autres films pourront vous plaire et ceux-ci ne sont qu’une sélection parmi tant d’autres comme Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, The bay, Dark Shadows, Silent House, Sinister, Chroniques de Tchernobyl, Détention,... Et après tout, rien ne vous empêche d’aller puiser dans votre vidéothèque afin d’en sortir d’anciennes perles.

Matthieu Matthys

Le top de la rédac’ Les films qui foutent le frisson sont légion. Mais ceux qui font vraiment peur, ceux qui retournent l’estomac, qui provoquent des sueurs froides ne sont pas si nombreux que ça… Il y en a quand même quelques-uns, et en voici cinq qui m’ont particulièrement impressionné. Commençons par un film muet de 1922, Nosferatu le vampire qui grâce à une ambiance fournie par ses images en noir et blanc vous fout la trouille… Alien, le premier du nom du génial Ridley Scott date déjà de 1979 mais nous donne une leçon de cinéma rarement égalé. L’Exorciste de 1973, tiré du roman de William Peter Blatty nous raconte la possession d’une jeune fille (horrifique). Les Vampires de Salem tiré de Stephen King est le seul film qui m’ait fait sortir de la salle. Faudrait que j’essaie de le regarder à nouveau… Et pour finir Le Baltringue avec Lagaffe, est tellement nul qu’il donne le tournis à tout bon cinéphile qui se respecte…

Quoi de mieux pour Halloween qu'un film de zombies ? Tout d’abord, un petit top 4 des films de zombies à voir : Shaun of the dead ou la comédie ultime de zombies qui a révélé Simon Pegg et Nick Frost, Night of the Living Dead le chef-d’œuvre de Romero qui a popularisé le genre, Zombieland une comédie d’action au pays des zombies avec Woody Harrelson et Jesse Eisenberg (et le caméo de Bill Muray !) et Dead Snow, un slasher zombiesque avec des nazis dans la neige. Et deux films indépendants pas si mal fichus à découvrir : Zombie of Mass Destruction aux dialogues très cyniques (à voir obligatoirement en V.O. !) et Juan of the Dead, film de zombie cubain très fendard où un groupe de survivants offre ses services d’exterminateurs de zombies à La Havane, ville abandonnée par les autorités.

Marc Bailly

Loic Smars

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Une soirée Halloween, c’est l’occasion de ne pas se casser la tête, d’être dégouté par l'afflux d’hémoglobine tout en rigolant aux éclats des exagérations contextuelles d’un film. Saw, c’est le choix de la qualité mais le premier seulement. À l’époque, ce film m’avait scotché par son réalisme mais aussi par sa construction impeccable. Film d’horreur mais surtout excellent thriller, c’est le film à voir pour angoisser. Hostel est, pour sa part, plus gore et moins bien scénarisé. Il reste cependant un incontournable pour se dégouter des pays de l’Est. Piranha 3D, c’est plus un coup de coeur, un film de potes. Alexandre Aja a tapé juste en nous servant un pur produit «young adults» : du sexe et du sang. Souviens-toi l’été dernier, c’est la nostalgie des slashers de ma jeunesse dans laquelle deux franchises tenaient la chandelle : Scream et Souviens-toi l’été dernier. Pour terminer, la saga Destination Finale car c’est la jouissance même du gore. L’apothéose de l’horreur.

Matthieu Matthys

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Argo, quand l’histoire rencontre la fiction Pour sa troisième réalisation, Ben Affleck quitte la banlieue Sud de Boston pour la complexité politique de l’Iran. Entre Hollywood et Téhéran, une histoire totalement dingue vous attend.

©WarnerBros

La critique C’est le film à voir en ce début novembre, Argo est une adaptation libre de la véritable histoire du «subterfuge canadien». Cette aventure vécue par six ressortissants américains réfugiés dans l’ambassade canadienne à Téhéran avait ému l’Amérique du Nord tout entière par l’entraide que se sont procurés mutuellement les deux gigantesques voisins. Inspiré de cette histoire classée secret défense jusqu’en 1997, le film nous relate ces évènements avec une pudeur intelligente et a le mérite de nous éviter les sempiternels actes barbares d’une horde de marines en mal d’action. Une histoire originale L’histoire en elle-même est attelée à celle de la crise qui a opposé l’Iran aux Etats-Unis vers la fin des années 70. Alors que le chah d’Iran est contraint à l’exil au Mexique suite aux pressions exercées par un peuple qui réclame sa tête, les Etats-Unis lui offrent l’occasion de se faire soigner à New York. Il n’en fallait pas moins aux iraniens pour fustiger l’attitude des Etats-unis qui l’avaient eux-mêmes installé au pouvoir après la Seconde Guerre mondiale. Le 4 novembre 1979, des manifestants révolutionnaires prennent l’ambassade des Etats-Unis d’assaut. Suite à cela, 53 ressortissants diplomatiques américains sont retenus prisonniers à Téhéran. En échange de leur libé-

ration, l’Iran réclame le rapatriement du chah Pahlavi. Mais lors de cet assaut, une poignée d’employés parvient à s’échapper de l’ambassade et à se réfugier au domicile de l’ambassadeur canadien. S’ensuivit alors l’opération Argo visant à exfiltrer les six planqués par un subterfuge encore inemployé jusque-là : les faire passer pour une équipe de tournage canadienne souhaitant réaliser un film de science-fiction en Iran dénommé Argo.

«Ben Affleck nous montre lʼévènement avec beaucoup de pudeur» Un scénario dramatique non dénué d’humour Pour présenter cette histoire au public, Ben Affleck a souhaité l’enduire d’un côté un peu surréaliste, ce qui n’était pas totalement insensé. En effet, audelà de la tragédie qui se déroule en Iran et les nombreuses tensions qui secouent les relations Iran-USA, le film reste très objectif par rapport à une situation qui est encore bien plus complexe que ne laissent transparaitre les quelques instants de documentaires insérés dans la bobine. Avec une grande pudeur, Ben Affleck a voulu nous montrer un évènement

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que beaucoup d’entre nous ignoraient. Il ne souhaitait en aucun cas prendre parti comme l’attestent les charges qu’il présente dès le début à l’encontre du chah, le faisant passer pour un mégalomane ou un tortionnaire à la botte de l’Occident. Mais à côté de ce regard très lourd sur un épisode de l’histoire particulièrement meurtrier, il est parvenu à alléger le contenu de son film en installant les personnalités d’Hollywood comme des parvenus un peu flambeurs, foncièrement bons mais surtout, incroyablement ironiques par rapport à la situation. Des acteurs géniaux pour des rôles improbables Le mot «improbable» est certainement ce qui nous est venu à l’esprit lors de la vision de ce long métrage. Et pour cause, même les hautes sphères de la CIA à l’époque ne semblaient pas emballées à l’idée de faire sortir leurs ressortissants en faisant miroiter un repérage pour une future production hollywoodienne. Rien qu’en voyant l’instabilité politique du pays, cette excuse ne semblait en aucun cas crédible. Pourtant, avec l’appui du Canada, c’est une véritable machine à mensonges qui va être mise en marche. Pour décrire les différents personnages impliqués dans cet «Irangate», le scénariste a fait appel à l’humour afin de ne pas trop alourdir le tableau.


Si l’on se doute que les blagues auraient été malvenues dans l’histoire des otages, on apprécie cependant le choix qu’a pris Ben Affleck de nous présenter des personnages hollywoodiens plus drôles car plus éloignés de la situation. C’est alors que John Goodman et Alan Arkin entrent en jeu. En incarnant les deux hommes censés aider au subterfuge, les deux acteurs sont tout bonnement époustouflants. Même si leur ironie et leurs apartés semblent quelques fois hors sujet, le naturel qui se dégage de leur prestation n’entrave en rien l’intrigue de l’histoire et, au contraire, il permet au spectateur de souffler un peu. Ben, réalisateur incontournable Aux côtés de ces deux cadors de l’écran, Ben Affleck fait figure de jeune premier. Pourtant, l’homme incarne le plus gros rôle de l’histoire sans pour autant surjouer. À l’inverse d’un Daniel Craig ou d’un Jeremy Renner, il se dégage de Ben une incroyable sobriété qui laisse entrevoir un charisme hors du commun. Sans devoir faire de coup d’éclat ou de coup de gueule, son personnage s’installe comme l’homme de la situation, l’incontournable, le messie. Cette faculté qu’a Ben Affleck de captiver le regard est rare dans le cinéma actuel où bon nombre d’acteurs sont insipides voire transparents. Mais au-delà de l’acteur, le natif de Boston est également passé une nouvelle fois derrière la caméra pour notre plus grand bonheur. Après l’excellent Gone Baby Gone et le respectable The Town, Ben Affleck quitte enfin sa ville natale pour s’aventurer dans l’histoire d’un pays qui n’est pas le sien. Beaucoup l’attendaient au tournant mais il a une nouvelle fois fait mouche.

«Pour plus d'authenticité, le Super 8 a été employé» Une finition propre et réaliste Du point de vue technique, on a apprécié la qualité visuelle qui nous a été présentée. En habillant ses personnages de manière fidèle à l’époque, le contexte était bien recréé et nous permettait de suivre plus facilement le récit sans se soucier d’un questionnement temporel. En outre, et c’est certainement là l’une des grandes forces du film, Ben Affleck a tourné certaines images en Super 8, comme les scènes où l’on nous

©WarnerBros

plonge au coeur même de la foule. Pour plus d’authenticité, le réalisateur est même allé jusqu’à demander à ses techniciens de revêtir le même costume que les manifestants et de s'immiscer au beau milieu de ceux-ci. Le rendu est remarquable. La fin patriotique incompréhensible Malgré sa durée (deux heures), le film suit son cours et nous capte à chaque instant. Bien évidemment, tout le monde se doute de l’issue de l’histoire. Le fameux «tout est bien qui finit bien» pourrait être l’adage de ce récit. Pourtant, c’est avec une certaine incompréhension que l’histoire, mais surtout le suspense, prennent une cadence illogique. Alors que le film s’écoule tout doucement vers sa fin, le scénario s’emballe et nous oblige à subir un quart d’heure de clichés scénaristiques propres à un film d’action hollywoodien (une voiture qui ne démarre pas, un contrôle d’identité de dernière minute, un décollage presque stoppé, ...) qui gâchent le réalisme jusque-là omniprésent. De même, le happy end où chacuns se congratulent, se tapent dans les mains comme lors d’un alunissage semble également exagéré. Bref, la fin ne vaut pas le récit. En résumé, Argo est un film à voir pour la qualité des prises de vues et l’approche unique qu’a su nous procurer Ben Affleck face à une tranche de l’histoire jusqu’ici inexplorée. Tant l’objectivité du scénario que la prestation des acteurs sont à saluer dans cette fiction au parfum si réaliste.

Argo de Ben Affleck Genre : Thriller Durée : 120 min Nationalité : Etats-Unis Sortie le 7 novembre 2012 Avec Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin, Kyle Chandler, Chris Messina, Clea DuVall Le 4 novembre 1979, au summum de la révolution iranienne, des militants envahissent lʼambassade américaine de Téhéran, et prennent 52 Américains en otage. Mais au milieu du chaos, six Américains réussissent à sʼéchapper et à se réfugier au domicile de lʼambassadeur canadien. Sachant quʼils seront inévitablement découverts et probablement tués, un spécialiste de "lʼexfiltration" de la CIA du nom de Tony Mendez monte un plan risqué visant à les faire sortir du pays. Un plan si incroyable quʼil ne pourrait exister quʼau cinéma.

Matthieu Matthys

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30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Le tango est beau, le film l’est moins Concluant une sorte de trilogie de la mécanique des femmes et de l’amour, Frédéric Fonteyne signe avec Tango Libre un film en demi-teinte avec du bon, du beau et du mauvais.

©Cinéart

La critique Une prison, pendant une période indéterminée et dans un lieu indéterminé et un homme : JC, gardien de prison psychorigide qui se passionne pour ses cours hebdomadaires de tango. Il y rencontre Alice, une nouvelle, danse avec elle et commence aussi à sentir son cœur battre. Mais la chance n’est pas au rendez-vous, car il revoit très vite Alice mais en visite dans sa prison. Elle vient voir son mari et père de son gosse, mais aussi son amant et complice de son mari. Les relations entre gardiens et visiteurs sont proscrits. Est-ce que JC est prêt à renier tous ses principes pour une femme ? Après un film culte (Une liaison pornographique) au titre provocateur et une honnête adaptation de La Femme de Gilles de Madeleine Bourdhouxe en plus ou moins dix ans, Frédéric Fonteyne a acquis une certaine renommée marquée surtout par les années séparant chacun de ses longs métrages. Depuis son dernier film, huit ans ont passé et pour garder confiance, Fonteyne se plaît à rappeler ce qu’il appelle luimême « sa famille » : sa femme Anne Paulicevich, Sergi Lopez (Une liaison pornographique), l’acteur flamand bilingue Jan Hammenecker aperçu dans son premier long métrage (Max et Bobo) ou encore une équipe technique fidèle. Mais on trouve aussi de nouvelles têtes : François Damiens ou l’acteur du film

Les Géants, Zacharie Chasseriaud qui rejoignent le tournage. Fort de son casting et de son équipe rassurante et performante, Fonteyne laisse toutes ses envies transparaître à l’écran. Aussi bien dans les moments de grâce comme les scènes de tango dans la prison, la gouaille et le phrasé de Sergi Lopez toujours aussi époustouflant et le jeu tout en retenue et tristesse de François Damiens, que dans les moments les plus étranges. Car ce film quitte toujours sa ligne de conduite et perd souvent le spectateur en voguant entre film social, comédie romantique, polar, surréalisme, etc. et un final grand guignolesque troublant. Le bon, le beau et le mauvais.

«Le duo Sergi Lopez et Jan Hammenecker est savoureux» Le film n’est pas pour autant repoussant et cela grâce à ses comédiens qui en veulent et qui défendent le film par leur grâce ou leur énergie. Le duo Sergi Lopez et Jan Hammenecker est savoureux, Anne Paulicevich est sensuelle malgré qu’elle ne fasse pas partie des standards de beauté actuels ou encore le jeune Zacharie Chasseriaud, une nouvelle fois

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impeccable. Ce dernier prouve qu’il a du talent. Seul, le héros, l’acteur principal (François Damiens) tangue entre jeu tout en retenue et retard sur ses partenaires. Tango Libre subjugue tout le monde par ses acteurs et ses scènes de tango impeccablement filmées mais pêche par son manque de continuité et s’engouffre dans un melting pot de situations qui gâche un peu l’énergie poétique du film. Le bon, le beau et le mauvais. Loic Smars

Tango Libre Romance de Frédéric Fonteyne Avec François Damiens, Sergi Lopez JC, gardien de prison, est un homme sans histoire. Sa seule fantaisie consiste à suivre un cours de tango un soir par semaine. Un jour, il y rencontre une nouvelle venue, Alice. Le lendemain, il la retrouve avec surprise au parloir de la prison, elle rend visite à deux détenus : lʼun est son mari, lʼautre son amant.


Un plan parfait, drôle et tendre à la fois Diane Kruger et Dany Boon dans un duo encore inédit, cela pouvait provoquer le rire et le pari est réussi. Même si l’histoire n’a rien de neuf, le film nous a fait passé un agréable moment.

©BelgaFilms

La critique Après avoir longtemps travaillé comme scénariste ou comme assistant réalisateur, Pascal Chaumeil réalise son premier long métrage en 2010, l’Arnacoeur. Même si le film ne nous avait pas transcendé, on avait remarqué que le français avait du talent pour nous présenter les difficultés du couple de manière sarcastique. Deux années plus tard, le réalisateur français rempile avec une comédie sentimentale où se retrouvent deux acteurs talentueux : Diane Kruger et Dany Boon. Si la première n’est pas vraiment connue pour ses talents d’humoriste, elle reste néanmoins une excellente actrice qui est, de surcroit, très agréable à voir à l’écran pour son physique parfait. Dany Boon, quant à lui, ne représente pas le glamour et s’installe dès lors comme le vilain petit canard du récit. L’histoire nous emmène dans la vie d’Isabelle, une jolie jeune femme à qui la vie sourit. Pourtant, sa famille souffre d’une malédiction improbable qui anéantit le premier mariage de tous ses membres. Pour vaincre le signe indien et épouser l’homme qu’elle aime dans la sérénité, elle décide de trouver un homme à épouser et de divorcer directement dans la foulée. Mais voilà, l’homme en question n’est autre que Jean-Yves Berthier, éternel célibataire parcourant le monde pour le guide du Routard. Il faut bien l’avouer, l’histoire n’est pas très innovante ni même intéressante au premier abord. Celle-ci nous renvoie directement à nos classiques tant les situations que va

vivre notre couple improbable nous rappellent des films populaires du cinéma hexagonal comme La Chèvre ou plus récemment, Le Boulet. De fait, ce récit nous installe un duo dans lequel l’un des protagonistes va être le cerveau d’une opération dont l’autre ignore tout de manière niaise et crédule. De même, le retournement de situation ne fait aucun doute et la rédemption du plus habile des deux n’en sera que plus grande. Bref, une histoire d’une horizontalité encéphalographiquement plate. Pourtant, l’alchimie fonctionne et les frasques volontairement exagérées des deux personnages nous décochent à bien des moments un sourire voire une minute de franche rigolade.

«Le film est une suite de sketches réussis» Tel un vaudeville où s’enchevêtrent des scènettes abracadabrantes, cette histoire suit son cours en enchainant les sketches. Dès le départ, le récit nous plonge dans une histoire romanesque expliquée de manière indirecte et légère par un narrateur externe à l’instar d’un conte. De ce fait, on arrive plus aisément à accepter le côté surréaliste des évènements et se laisser bercer par l’humour. Car, de l’humour, il n’en manque pas dans ce film. Evidemment, c’est Dany Boon qui tient la chandelle dans ce métier en installant son personnage comme un simplet, très crédule mais incroyablement gentil. Toujours en phase avec son personnage qu’il

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a déjà pu parfaire à de nombreuses reprises dans ses sketches ou dans ses films, il offre aux spectateurs un moment de détente en accumulant les blagues. Face à lui, Diane Kruger n’est pas en reste et, même si elle ne possède pas le talent d’humoriste de son acolyte, arrive à lui rendre la pareille. Pour ne pas trop en dire, nous dirons qu’au final, on a apprécié le moment. Ce film est un long métrage ludique où la méchanceté n’est qu’enfantine. Même si on ne croit pas au tandem amoureux Kruger-Boon, on estime ce film comme un conte de fée qui met de bonne humeur.

Matthieu Matthys Un plan parfait Comédie de Pascal Chaumeil Avec Diane Kruger, Dany Boon, Damien Bonnard Pour contourner la malédiction qui anéantit tous les premiers mariages de sa famille, Isabelle a une stratégie pour épouser l'homme qu'elle aime : trouver un pigeon, le séduire, lʼépouser et divorcer. Un plan parfait si la cible nʼétait l'infernal Jean-Yves Berthier, rédacteur pour un guide touristique, qu'elle va suivre du Kilimandjaro à Moscou. Un périple nuptial pour le meilleur et surtout pour le pire.

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Il y a parfois des histoires qui, en lisant, le résumé, ne donnent pas plus envie que ça. On se dit « allez, allons-y, ça a l’air sympa ». Et puis à l’arrivée, on est bluffé. C’est le cas pour ce film-ci…

Now is Good de OI Parker sortie le 31 octobre 2012 Drame (103ʼ) Avec Dakota Fanning, Rose Leslie, Kaya Scodelario, Olivia Williams, Jeremy Irvine, Paddy Considine

Dirigé par Ol Parker et tiré du roman de Jenny Dowham, Now is Good raconte la vie de Tessa, une jeune fille de 17 ans, atteinte d’une leucémie. Elle va mourir prochainement. Et pourtant elle est pleine de vie et pétillante. Elle est entourée par son père, son petit frère et sa maman qui ne vit plus avec eux. Mais avant de mourir, elle veut accomplir certaines choses et elle se fait une liste. Une liste de choses qu’elle aimerait réaliser. Elle commence à honorer sa liste avec l’aide de sa meilleure amie. Mais malheureusement, dans son engrenage va venir s’infiltrer son voisin, un beau jeune homme, dont elle va tomber amoureuse. Et ce sera là la plus exaltante de ses expériences.

sortie le 7 Novembre 2012 Comédie dramatique (110ʼ) Avec Aniello Arena, Loredana Simioli, Nando Paone, Nello Iorio, Raffaele Ferrante

Si vous n’avez qu’un seul film à voir sur le mois, allez-y, vraiment. Je lui donne 5 étoiles et si je pouvais je lui en donnerais bien plus…

Marc Bailly

Sujet déjà vu, évidemment, Now is good innove pourtant. Le ton est juste, les acteurs sont bons, les petites touches de bonheur, d’amour et de tranches de vie sonnent vraies…

Dans la ville de Naples vit un homme comme tant d’autres : Luciano. Ce clown des temps modernes s’emploie à travailler dur pour boucler ses fins de mois mais aussi, et surtout, à épater la galerie par sa verve et sa bonne humeur. Ami fidèle et père de famille populaire, Luciano n’en reste pas moins un parfait inconnu. À la demande de ses filles, le napolitain va participer au casting d’Il Grande Fratello, sorte de Secret Story italien, et va tout doucement rêver à cette participation.

Reality (Il Grande Fratello) de Matteo Garrone

Dakota Fanning est excellente dans le rôle de Tessa, avec juste ce qu’il faut de sensibilité pour ne pas tomber dans ce côté larmoyant de ce genre de film. Malgré son jeune âge, elle n’est pas inconnue, vu qu’on l’a déjà vue dans La Guerre des Mondes, Man on Fire ou encore Twilight. L’alchimie entre les différents acteurs est excellente au point de croire à une véritable famille… Ce film est un vrai petit régal malgré la tristesse du sujet.

Ce film à l’allure de conte est la nouvelle réalisation de Matteo Garrone à qui l’on doit le très célèbre Gomorra. Même si le film a été tourné à Naples, l’histoire ne se situe plus dans le milieu de la mafia mais bien dans le milieu populaire italien. Cette Italie du Sud que le Nord conspue et qui nous rappelle une certaine Belgique. La voilà donc l’histoire de Luciano, un homme pauvre mais immensément riche intérieurement. Il n’en fallait pas moins au réalisateur italien pour nous offrir un conte contemporain et surtout, nous donner l’occasion de renouer avec le cinéma transalpin.

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Luciano, c’est l’anti-héros par excellence. Voyant scintiller à l’horizon les paillettes de la notoriété, il abandonne peu à peu la réalité de sa vie au profit d’un idéal impalpable. Une sorte de pamphlet à la télé-réalité ? Certainement. Il faut savoir qu’en Italie, les émissions de ce genre sont bien plus nombreuses qu’en francophonie. Mais au-delà de cela, le message qu’a voulu faire passer le réalisateur est bien plus fort. La magie féérique qui s’empare de notre protagoniste est avant tout une invitation à réfléchir sur le monde d’aujourd’hui, sur ce que nous sommes occupés à créer. Reality est un bon film qui a, en outre, été en course pour rafler la Palme d’Or à Cannes. Cette production est touchante et drôle à bien des égards. Cette ampleur émotionnelle, on la doit principalement à Aniello Arena, l’acteur qui incarne Luciano. Un acteur qui a la particularité d’être emprisonné pour une longue peine et qui a pu, à l’instar de son personnage, s’évader l’instant d’un tournage.

Matthieu Matthys


Arash est un universitaire ayant quitté son pays pour l’occident. Alors qu’il revient à Chiraz pour y donner des cours, il est entrainé malgré lui dans une intrigue familiale et financière. Depuis son départ une vingtaine d’années auparavant, Arash ne reconnait plus son pays ni le comportement de ses habitants.

A Respectable Family de Massoud Bakhshi sortie le 31 octobre 2012 Drame (90ʼ) Avec Babak Hamidian, Mehrdad Sedighian, Ahoo Kheradmand

Filmé tel un docu-fiction, ce thriller familial ravira les amateurs d’histoire par son côté réaliste. De fait, Massoud Bakhshi, le réalisateur, a souhaité faire un film véridique sur son propre pays. L’homme a délibérément créé un personnage à son image : un érudit à la fois fier de ses origines mais attristé par le visage que ses racines montrent aujourd’hui. Ce protagoniste à l’allure un peu flasque, est le porte drapeau d’une Perse nouvelle. Cet Iran qui se tait, qui espère le changement mais qui se sent impuissant face à un régime islamiste et totalitaire où la délation et les relations sont aussi dangereuses que le gouvernement luimême. À qui faire confiance ? Dans nos contrées, on aurait tendance à accorder ce privilège à notre famille mais en Iran, même celle-ci nourrit le mystère.

New York, ville tentaculaire. Celle qui ne dort jamais, celle qui fait rêver la vieille Europe et ses réalisateurs. Forte de son succès avec Tout ce qui brille sorti en 2010, Géraldine Nakache n’a pas échappé à l’envie de réaliser un film sur Big Apple. Au menu, une bande d’amis part en vacances à New York afin de fêter l’anniversaire de l’une d’entre eux, partie deux années plus tôt pour y vivre le rêve américain.

Nous York de Géraldine Nakache & Hervé Mimran sortie le 7 Novembre 2012 Comédie (95ʼ) Avec Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, manu Payet, Baptiste Lecaplain

Cette accroche alléchante nous emballait prématurément d’autant que le casting était chargé de talents comme Leila Bekhti, la comparse de Géraldine Nakache dans Tout ce qui brille, mais aussi des stars montantes de la scène française que sont Manu Payet et Baptiste Lecaplain. Rajoutons à cela la présence de la belle Sienna Miller incarnant son propre rôle et nous étions conquis d’avance. Pourtant, passé les quinze premières minutes, on a été surpris par le vide scénaristique qui traversait de part en part ce long métrage. De manière surprenante, les dialogues étaient navrants et cette bande de potes partie à la conquête du pays de l’Oncle Sam nous semblait bien

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Une Famille respectable est une réalisation soignée où l’importance de la guerre Iran-Iraq sur la population d'aujourd'hui est omniprésente par des extraits de documents historiques installés au sein même du récit. Maintenant, on est légèrement resté sur notre faim en voyant ce film présenté à la dernière Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Et pour cause, le mutisme volontairement amené par la narration et l’enchainement des situations subies de manière amorphe par Arash, empêchent le spectateur apolitique de comprendre réellement les tenants et les aboutissants de la situation que traverse aujourd’hui l’Iran. Assistant passivement au jeu de dupes familial qui se déroule devant lui, le cinéphile n’arrive pas à se forger une idée sur l’histoire et doit donc absorber de manière apathique la complexité politique du pays.

Matthieu Matthys

terne. De fait, rien ne nous a fait sourire dans cette comédie hormis les trois phrases de Sienna Miller, un comble. À côté de cela, que dire de l’histoire en elle-même si ce n’est qu’elle nous présente une multitude de scènes falotes, mal amenées et totalement dénuées d’intérêt pour le spectateur venu, au départ, assister à une comédie. Même l’image que l’on nous montre de la ville de New York ne nous émoustille pas. En nous la présentant comme un repère de la diaspora juive et un paradis pour les plus nantis, Géraldine Nakache nous dépeint un tableau bien morne et incolore de la mégalopole américaine. Au final, on a le sentiment d’avoir été berné par une réalisatrice en mal d’inspiration. Se leurrant elle-même, Géraldine Nakache a voulu faire un film de potes mais a oublié que ses images étaient destinées au public et non à ses proches lors d’un soir de projection. The big disappointment.

Matthieu Matthys

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Il y a des jours où il faut se défouler, ne plus penser à rien et apprécier à sa juste valeur ce que la vie présente devant nous. Dans nos contrées froides et humides, cette envie d’évasion et de détente rime très souvent avec une bonne séance cinéma. Mais que choisir ? Vu le prix quelque peu exorbitant des places, le spectateur s’oriente naturellement vers le film le mieux côté ou, tout simplement, vers celui qui présentera le scénario le plus potable. Bait 3D ne fait pas partie de ceuxci et pourtant, il a le mérite d’exister tant l’intérêt qu’on peut y trouver est tout autre que cinématographique. Bait 3D de Kimble Rendall sortie le 7 novembre 2012 Horreur (91ʼ) Avec Julian McMahon, Xavier Samuel, Sharni Vinson, Phoebe Tonkin, Alex Russell, Cariba Heine

Bait 3D est un pur nanar dont le pitch ne reflète pas ce que la bobine nous dévoile. De fait, la production nous présente un film narrant l’histoire horrifique de plusieurs individus coincés dans un supermarché inondé par un tsunami, où l’eau est peuplée de requins blancs. Ce scénario pour le moins sordide pourrait nous faire assister à une tuerie cruelle et gore à souhait. Pourtant, c’est une toute autre approche qu’il est nécessaire d’avoir avant de voir ce long métrage situé à mi-chemin entre le film d’horreur et la parodie. Et pour cause, on a ri en voyant défiler les

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différentes situations complètement loufoques que vivent nos bipèdes décérébrés. S’il y a bien une star dans cette production australienne, ce n’est certainement pas le requin blanc mais bien le scénariste. Tous les personnages sont dotés d’une dérision inouïe et donnent à chaque scène un côté «sketch». Tout y est exagéré afin que le sourire se marque sur le faciès du spectateur. En effet, les personnages qui composent cette boucherie sont soit niais, soit inconscients, soit hors sujet ou tout simplement, trop héroïques pour être réels. Passé la surprise, on accepte alors l’idée qu’une voiture entièrement immergée ne prenne pas l’eau, qu’un requin d’une tonne n’arrive pas à plier un panier de fruits, qu’une simple porte peut contenir des tonnes de pression ou que Julian McMahon est un bon acteur. Bref, on se laisse prendre au jeu. En résumé, Bait 3D n’est pas le meilleur film de requin qu’il soit, loin de là. Cependant, il faut le voir entre amis pour profiter d’une bonne soirée détente car, il y a dans ce film bien plus d’humour que de réel suspense.

Matthieu Matthys


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« Une autre forme de cinéma, plus sobre, plus humble » Matthieu Matthys - Le Suricate

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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Films à l’horizon (sorties du 31/10)

Pas

vus

!

Looper

Skyfall

Bachelorette

Science-Fiction de Ryan Johnson

Espionnage de Sam Mendes

Comédie de Leslye Headland

Avec Bruce Willis, Joseph Gordon-Levitt, Emily Blunt

Avec Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem

Avec Kirsten Dunst, Rebel Wilson, Lizzy Caplan

Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs dʼun genre nouveau (les "Loopers") les éliminent

Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser lʼAgence.

Regan, Gena et Katie sont inséparables depuis le lycée. Très cyniques, elles sont stupéfaites d'apprendre que leur amie Becky, adorable mais rondouillette, est la première d'entre elles à se marier !

Le pur film de science-fiction refait son apparition. En installant une dualité temporelle, Ryan Johnson renoue avec les bases du genre. Avec Bruce Willis et Joseph-GordonLevitt, on est déjà certain dʼavoir un beau duo dʼacteurs. Bref, ce Matrix des temps modernes a dʼores et déjà ravit les américains.

À moins dʼêtre coincé au beau milieu dʼune grotte ou dʼêtre un ermite invétéré, personne nʼaura loupé la sortie du dernier James Bond dont les cinémas nous montrent déjà toute lʼenvergure depuis vendredi dernier. Au menu, un scénario bien plus complexe mais aussi plus savoureux.

Dans la catégorie «le groupe de copines jalouses et cyniques», Bachelorette nʼa certainement rien de bien neuf par rapport à ses nombreux prédécesseurs. Néanmoins, selon les médias hexagonaux, le film arrive à étonner le spectateur grâce à son casting relativement bien choisi et son humour léger.

Paranormal activity 4 Horreur dʼHenry Joost Avec Katie Featherston Une caméra, une maison, filmé caméra main, des habitants aussi affolés quʼinsouciants, voici le quatrième volet de la saga.

Le temps passant, on sait maintenant à quoi sʼattendre avec ce film qui avait fait le buzz lors de ses débuts. Maintenant, on ne sʼétonne plus du tout de ce que lʼon va voir. Pourtant, en regardant la bande annonce, on a une fâcheuse tendance à tachycarder et à devenir paranoïaque. Comme quoi, cela fonctionne toujours.

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Films à l’horizon (sorties du 07/11) Sinister Horreur de Scott Derrickson Avec Ethan Hawke, Fred Thompson, James Ransone

Pas

vus

!

How I spent my summer vacation Drame dʼAdrian Grunberg Avec Mel Gibson, Peter Stormare

Ellison est un auteur de romans policiers inspirés de faits réels. Dans lʼespoir dʼécrire un nouveau livre à succès, il emménage avec sa famille dans une maison où les anciens propriétaires ont été retrouvés inexplicablement pendus.

Arrêté puis incarcéré dans une prison mexicaine pour trafic de drogue, un homme apprend à survivre dans ce milieu hostile avec l'aide d'un enfant de 9 ans.

Ce nʼest pas parce que lʼon a dépassé la date dʼHalloween que lʼhorreur nʼest plus dʼactualité. Voici lʼun des films les plus attendus dans le genre épouvante. Celui-ci a lʼavantage de ne pas nous présenter du found footage. Lʼhistoire, quant à elle, a été écrite suite à un cauchemar fait par le coscénariste du film.

Le marketing fait autour de ce film a été des plus discrets. Pourtant, celuici signe le retour à lʼécran de Mel Gibson. Acteur légendaire qui avait souffert de la critique pour ses deux derniers films : Le complexe du Castor et Hors de contrôle. Au vu du pitch, cette production américanomexicaine promet dʼêtre intéressante.

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30 octobre 2012


©Pan Européenne

l’actu cinéma

En direct du tournage du film « Je te survivrai »

Sin City 2, le tournage démarre enfin C’est officiel, sept ans après la sortie du premier opus, Sin City 2 est enfin en tournage au Texas. Celui-ci sera basé sur la seconde histoire de la bande dessinée de Frank Miller, A Dame to Kill For. Pour rappel, Sin City avait révolutionné le monde du cinéma par l’aspect très sombre et irréaliste des décors, intégralement reconstitués en images de synthèse. Selon The Hollywood Reporter, le casting ne variera pas beaucoup hormis le remplacement du mannequin Devon Aoki qui laisse le rôle de Miho à l’actrice californienne Jamie Chung (Sucker Punch). Derrière la caméra, le réalisateur excentrique Robert Rodriguez sera à nouveau aux commandes après s’être défoulé sur Machete (film qui connaitra également une suite en 2013). Reste à savoir qui jouera la fameuse « Dame » du récit, personnage un temps attribué à Angelina Jolie.

M.M.

Box office US Du 19 au 25 octobre 2012

1. Paranormal Activity 4 2. Argo 3. Taken 2 4. Hotel Transylvania 5. Alex Cross 6. Sinister 7. Here comes the B.

«James» Craig chez Mme Tussauds Pour ceux qui pensent que le dernier James Bond valable était incarné par le beau Pierce Brosnan, cette info pourrait leur donner de l’urticaire. De fait, l’acteur britannique est le nouveau personnage de cire du célèbre musée londonien Madame Tussauds. Sous les traits et l’habit du plus ©AFP célèbre des espions, Daniel Craig se tient fièrement debout au côté de Judi Dench, alias M. Leurs statues côtoieront désormais d’autres figures du cinéma comme Marilyn Monroe, Jennifer Aniston, Orlando Bloom, Humphrey Bogart, Michael Caine, Penelope Cruz ou encore le petit dernier : E.T..

8. Pitch Perfect 9. Looper 10. Frankenweenie Source : Box Office Mojo

DVD - Blu ray

Les deux acteurs cartonnent actuellement avec le 23ème volet de la saga, Skyfall de Sam Mendes.

La société Panache Productions, à qui l’on doit le très attendu Populaire, vient de terminer le tournage de son prochain film, Je te survivrai. À cette occasion, nous sommes passés sur le plateau afin d’humer l’ambiance de fin de tournage. Sous la houlette du réalisateur belge Sylvestre Sbille, Jonathan Zaccaï a pu nous montrer toute l’étendue de son talent dans deux scènes assez dramatiques. L’acteur, lauréat du Magritte du meilleur acteur en 2011 pour Elève Libre, semblait à l’aise dans son rôle et parfaitement en phase avec l’équipe de tournage. Loin d’être stressé par l’enjeu, le dramaturge est même apparu jovial et n’a pas hésité à blaguer avec les personnes présentes dans les studios Monev, à Sint-Pieters-Leeuw. L’histoire de cette comédie 100% belge tournera autour d’un promoteur immobilier sans scrupule qui fera tout pour obliger une vieille dame à vendre sa propriété. Mais, comble du destin, celui-ci se retrouvera coincé dans un puits avec pour seul espoir d’en sortir : le bon-vouloir de la vieille femme. Le film, dont la sortie est prévue pour la fin 2013, est doté d’un casting alléchant avec Tania Garbarski et Ben Riga notamment. Cette comédie sera noire, mordante et atypique, selon les dires du réalisateur.

M.M.

M.M.

Blanche-Neige et le chasseur de Rupert Sanders

Notre héroïne, dont la beauté vient entacher la suprématie de l’orgueilleuse Reine Ravenna et déclencher son courroux, n’a plus rien d’une damoiselle en détresse, et la cruelle marâtre en quête de jeunesse éternelle ignore que sa seule et

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unique rivale a été formée à l’art de la guerre par le chasseur qu’elle avait elle-même envoyé pour la capturer.

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Télévision

Halloween à la télévision

L’ aperçu ! Il va sans dire que la télévision et les séries télé sont très influencées par quelques étapes annuelles… et américaines en particulier. On commence avec Halloween la semaine du 31 octobre, puis Thanksgiving, le 4e jeudi de novembre. On conclut lʼannée sur la Noël, Santa Claus et le réveillon de la nouvelle année. Par après, les séries sʼarrêtent souvent avant les vacances, donc peu dʼépisodes ont un thème « fin des cours » ou même Pâques. Par contre, si quasi chaque série a des épisodes thématiques, la manière de le traiter est très très différente. Les séries pour enfants sont surtout orientées sur la promenade, les bonbons et les déguisements. Dans les animés plus adultes, comme les Simpsons, cʼest une tradition que chaque année un épisode « Treehouse of Horror » suivi du numéro de la saison soit inclus. Cʼest encore plus que dʼordinaire lʼépisode déjanté par excellence. P o u r l e s «  d r a m a  » c o m m e « Desperate Housewives », «  La petite maison dans la prairie  », «  Dr Quinn femme médecin  » ou «  Urgences  », cʼest présenté comme un moment de lʼannée, un moment festif, de déguisement, de blagues et de drames. Limite, cʼest plus une manière de dater le passage du temps dans la série. Pour les séries dʼaction, comme « Chuck » , « Shérif fais-moi peur » ou « Mc Gyver », Halloween est un décor,

une occasion de jouer un bon tour, une farce, de se moquer des autres. Le pompon revient aux séries criminelles. Car Halloween est une occasion de se masquer, de circuler et de commettre des crimes en passant inaperçu. Des « Experts » (Las Vegas, Miami ou Manhattan), les «  NCIS  », «  Arabesque  », «  Chips  », «  Castle  », «  Esprits criminels  » ou «  Dexter  », cʼest un peu lʼhorreur qui prend la place (encore que certains déguisements sont tellement ridicules quʼils forcent le rire) pour un peu plus de sang et de suspense. Les sitcoms – comédie de situation (« How I Met Your Mother », « The Big Bang Theory  », «  Happy Days  », «  Will et Grace  », et beaucoup dʼautres inconnues ici) présentent le côté farce et ridicule, sans écorner les valeurs de lʼAmérique profonde, mais gardent le côté festif et comique en toute priorité. Le rire gros et gras, les costumes tellement kitchs, les répliques qui tuent plus que la normale. Il faut aimer, car si les sitcoms ne sont pas toutes diffusées, cʼest surtout quʼelles font énormément références à la culture américaine, aux mœurs made in USA et parfois se révèlent impossibles à traduire sans devoir fournir moult explications pour comprendre les allusions. Par contre, pour ce qui touche le fantastique, la confusion est un peu totale. Halloween et lʼidée que cʼest la nuit où les univers sont perméables est une source permanente dʼinspiration. En plus, les monstres

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peuvent circuler  : vampires, extraterrestres, sorcières sont dans leur élément et même sans déguisement. «  Charmed  », «  Buffy contre les vampires  », «  Supernatural  », «  Lois et Clark  : les nouvelles aventures de Superman », « True Blood, « Vampire diaries » et même « Code quantum », série des années 1990, ont leur(s) épisode(s) « 31 octobre ». En science-fiction - cʼest ainsi quʼon apprend quʼen 2264 on fêtera encore Halloween  ! -, citons «  Star Trek  » et « Galactica ». Une observation se dégage de la liste des séries étiquetées « Halloween » : cette mode est devenue plus importante depuis les années 2000. Doiton y voir une faiblesse de lʼimagination des scénaristes ou une envie de « péter un câble » dans des séries plus conventionnelles ? Un peu des deux, mon général, je vous dirai. Cʼest sûr que les rythmes comme les fêtes sont des sujets faciles, repérables et rentables (car en adéquation avec la publicité  !). Mais heureusement, certains auteurs y voient lʼoccasion de sortir des épisodes chantés, muets, décalés car dʼun autre genre que celui de la série. Enfin, eux aussi, ils sʼamusent ! Pour changer, je vous propose un petit jeu avec les illustrations. Chaque vignette est extraite dʼune série diffusée en Belgique. A vous de les reconnaître !

Véronique de Laet


Ă€ replacer : Bones Buffy contre les vampires Chuck Desperate Housewives Les Simpson NCIS (Abby) Psych Star Trek The Big Bang Theory True Blood Vampire Diaries

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1. Bones/2. The Big Bang Theory/3. Psych/4. Vampire Diaries/5. NCIS/6. Les Simpson/7. True Blood/8. Desperate Housewives/9. Buffy/10. Chuck/11. Star Trek

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30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Spectacle Musical

Décrocher la Lune 5 Opéra Urbain à La Louvière le 29 septembre 2012.

L’ article Si le spectacle Décrocher la Lune ne vous est pas familier, Franco Dragone vous dit surement quelque chose... Souvenez-vous, ce monsieur qui est parti à l’assaut de Las Vegas en créant un spectacle pour Céline Dion... C’est lui, un vrai louvièrois qui est revenu dans nos contrées pour y créer quelque chose. Le spectacle de Décrocher la Lune s’étend sur deux places et un boulevard en plein centre ville, avec en apothéose la montée du héros, Sancho, sur les 38 mètres de hauteur de l’église de la Louvière. Décrocher la Lune, c’est près de 1000 participants bénévoles, amateurs ou professionnels, citoyens de La Louvière ou des environs. Et 30.000 spectateurs attendus. Décrocher la Lune, c’est aussi tout un centre ville bloqué pour l’occasion afin de permettre l’installation des scènes, sons et lumières nécessaires. Cette année, nous aurons droits à deux zones pyrotechniques. Que d’émerveillements en perspective. Je vous parlerai bien de Décrocher la Lune mais monsieur Philippe Neus le fera bien mieux que moi. Voici ce qu’il m’a confié lors de la répétition générale de l’évènement. Bonjour, quel a été le plus gros défi logistique de cette édition? Bonjour, je dirais que nous avons eu deux gros défis, le premier étant de gérer les 900 personnes, professionnels et amateurs au niveau des loges, des répétitions, et de faire en sorte que tout soit bien fait pour eux. Le second est l’église en travaux, on a dû construire le spectacle autour de l'échafaudage extérieur. C’était un gros challenge. Comment s’est passée la rencontre et l’entrainement de tous ces artistes? Les artistes sont venus en troupes comme des danseurs sur façade, des funambules, et «l’Orchestre de la Lune» qui fut créé pour la 4ème édition et qui a perduré après l’évènement. Des tas de compagnies donc, certaines existantes, d’autres créées pour l’évènement. Les compagnies ont répété chacune de leur coté dès le mois de juillet, c’était un grand défi pour chacun car toutes ces compagnies ne se sont rencontrées que deux jours avant le spectacle pour les répétitions sur site.

habitants considérés comme des indiens, des sauvages. Il y a donc une volonté de repositionner la ville, mais aussi de marquer le coup pour le nouveau millénaire. Philippe Degeneffe mandaté par la ville pour organiser une grande manifestation, contacte Franco Dragone qui signe à l’époque de nombreux spectacles pour le Cirque du Soleil, et au retour d’une réunion le projet Décrocher la Lune prend forme.

Quelle est l’origine d’un tel projet? L’initiative d’un tel spectacle est née de la crise économique qu’à connue La Louvière en 1999 avec la fermeture de l’usine Boel. La Louvière avait alors mauvaise réputation, les

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Avez vous déjà pensé à ajouter l’élément de l’eau dans un prochain spectacle? L’eau? Honnêtement, nous n’y avons jamais pensé. Mais pourquoi pas? Le spectacle demande sans cesse un renouvellement. Ce spectacle à deux facettes, une facette spectaculaire et c’est celle-ci qui nécessite un grand renouvellement pour émerveiller le public. Et une facette folklorique avec Sancho, personne issu du folklore carnavalesque qui gravit l’église pour «Décrocher la Lune». Il y a aussi une petite facette politique à la naissance du projet : Pousser les louvièrois à bouger, à déplacer des montagnes, à ne pas rester dans leur déprime. Dans cette édition, on incorpore les super héros, mais les super héros sont en fait les gens que l’on croise tous les jours. Le pompier qui risque sa vie, le médecin qui en sauve, ce champion de sport de combat qui revient en ville pour y créer une école,... Les héros sont en chacun de nous. On a envie dans ce monde de culture de sortir les gens du formatage de la télévision. Il faut donc les rendre curieux, les impliquer.

Avez vous déjà prévu une 6ème édition? Elle est déjà assurée et s’inscrira dans le cadre des évènements de Mons 2015. Mais se fera quand même ici, à La Louvière. Merci. L’édition 2012, met en scène équilibristes, funambules, danseuses, catcheurs, escaladeurs de façades, et j’en passe et nous présente donc un super méchant, Le Joker, qui vole la Lune tant convoitée par Sancho et la cache. Satisfait de son tour, il contacte ses amis, Darth Vador et sa clique de Storm Troopers et dévoile un monde sans lois, ou chacun fait ce qui lui plait. A grands coups de costumes magnifiques et de musique de boite de nuit, le Joker nous présente Las Louvière, une cité régie par le hasard et les jeux. Sur de lui, il propose à Sancho un combat entre Sancho et les champions de catch du Joker. Si Sancho gagne, la Lune lui sera rendue. Sancho perd le combat et s’enfuit. Heureusement pour lui, les super héros arrivent en force, Batman, Robin, Spiderman, les Jedis, et bien d’autres sont là

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pour prêter main forte à Sancho. Le Joker est piégé et contraint de remettre la lune à sa place. C’est sous les sonorités de Faf Larage et de Akhénaton, le chanteur du groupe rap IAM que Sancho entreprend son ascension de l’église afin de «Décrocher la Lune». Pour célébrer ça, La Louvière nous offre un feu d’artifice digne des plus beaux évènements internationaux sur fond de Lune, la vraie cette fois. Rendez vous en 2015 pour connaitre la suite des aventures de notre Sancho national... Mais n’oubliez pas, Sancho et ses rêves de Lune sont en chacun de nous... Il suffit de se donner les moyens de les décrocher.

Texte et photos par Jérémie Piasecki

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Interview

Maxime Blésin

C’est lors du Leffe Jazz Nights 2012 que le guitariste, Maxime Blésin, est venu présenter son nouveau projet «Bebop Sextet». Un projet qu’il défend avec beaucoup d’ardeur et qui représente le fruit de beaucoup de travail. Nous avons donc saisi l’occasion pour en parler avec lui...

La rencontre Vous êtes venu nous présenter un nouveau projet au Leffe Jazz Nights cette année. Pourriez-vous nous en parler? Eh bien c’est un projet assez simple. Je suis quelqu’un qui écoute principalement du Jazz, surtout la période des année 60 où l’on retrouvait beaucoup de sextet qui jouaient du «Hardbop». C’est un mouvement qui s’inscrit en opposition au «Bebop» où l’on avait des mélodies avec beaucoup de notes. Le Hardbop est un style où l’on retrouve des mélodies plus simples, des arrangements avec deux ou trois voix. Et en tant que guitariste c’est assez compliqué puisque dans l’histoire du Jazz de cette période-là y a peu de projets qui intègrent la guitare. (on a plus tendance à faire appel aux cuivres pour des sections de ce genre.) Et donc c’était un peu un rêve pour moi de faire partie d’une section de Hardbop. J’ai donc décidé de créer des compositions dans lesquelles j’intègre la guitare au même titre qu’un cuivre. J’ai donc fais des recherches pour trouver des exemples de ce type de démarche et j’ai fini par trouver un guitariste qui l’ai fait. Et je me suis demandé alors pourquoi pratiquement personne n’avait entamé cette démarche auparavant? Et très vite j’ai compris, car en fait c’est bien plus compliqué qu’il n’y parait d’intégrer une guitare dans une section de cuivres. Y a plein de soucis de tessiture, de timbre et de placement. Dans une section de cuivre on a une voix en haut, une au milieu et une en dessous. Mais avec la guitare on est tellement large dans la tessiture qu’on peut faire les trois à la fois. Du coup, pour l’écriture, c’est très compliqué parce qu’il faut trouver la rondeur du son.

On croit pouvoir remplacer un des instrument en cuivre par la guitare et on se rend compte que cela ne marche pas. Et donc je pensais écrire très vite. Je m’étais donné un mois pour faire ça. Et au final cela m’a prit trois mois! Je faisais des essais, puis je me rendais compte que cela ne fonctionnait pas. Au final je suis parvenu à enregistrer un premier album en persévérant. J’ai compris énormément de choses en composant ce premier album et je suis en train de préparer le deuxième.

Dans le premier, j’ai fais des choses très traditionnelles et je me suis aperçu qu’il y avait encore beaucoup de pistes à explorer. Beaucoup de gens disent que tout a déjà été fait en musique. Et quand on rentre dans le vif du sujet, on s'aperçoit que tout reste à faire (surtout avec un instrument comme la guitare) Est-ce que le fait de faire ce style en particulier complique les choses quand il s’agit d’improviser? Disons que j’ai voulu faire un exercice de style et arranger mes mélodies dans un esprit précis. Mais il est évident que dès qu’on commence à jouer on a des idées et on transcende très vite les règles que l’on s’impose.

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Quand on se met des carcans, notre créativité est beaucoup plus présente que lorsqu’on ne met pas de limite et que tout est ouvert, on se dit que l’on va créer des trucs dingues et ça ne fonctionne pas. L’espace de créativité dont on dispose selon les limites que l’on s’impose est quelque chose qui me passionne. Parlons à présent de vos collaborateurs. Comment les avezvous choisi? Est-ce que ce sont des musiciens que vous aviez déjà vu sur scène par exemple? Il y a Salvatore La Rocca, le contrebassiste, que je connais depuis plus de douze ans et avec qui j’ai déjà enregistré deux albums. J’ai toujours aimé travailler avec lui et je l’ai donc naturellement choisi pour ce projet. Le saxophoniste, Eric Prost, lui est un de mes musiciens préférés. Il a le don de savoir jouer ce que j’entend. Par exemple, si j’arrive avec des partitions, on les déchiffre et il arrive à jouer parfaitement ce que je veux. Donc pour ces deux personnes, c’était évident. Après y a Hans Van Oosterhout, à la batterie, que j’ai entendu pour la première fois il y a 15 ans avec Toets Thielemans sur la Grand Place et je m’étais dis que j’aimerais vraiment jouer avec lui. Et Salvatore qui a l’habitude de jouer avec lui me dit vas-y appelle-le! Et il a été directement enthousiaste en me disant qu’il adorait jouer ce style et donc on fait ça quand tu veux. Et enfin Grégory Houben à la trompette, c’est un très vieil ami. On a un peu la même histoire, on est parti étudier au Brésil (à Rio) on ne se connaissait pas On s’est rencontrés un jour quand je jouais au Marcus Mingus (un club de jazz à Bruxelles) et le courant est tout de suite passé et c’est devenu un de mes meilleurs amis.


On a joué ensemble (Grégory, Steve et moi) sur un projet en 2004 qui était inspiré de la musique brésilienne et on l’avait présenté au «Dinant Jazz Nights» à cette époque dans le petit jardin à coté du presbytère à Leffe. J’aimerais refaire un projet semblable à celui-là avec eux, mais c’est compliqué. On est très proches et souvent, on a pas besoin de se parler pour se comprendre. C’est assez rare ce genre de relation où l’on perçoit les choses de la même manière. Il y a enfin Pascal Mohy, qui est un très bon pianiste et a un grand sens du contraste. Si je joue quelque chose de très expressionniste, il va au contraire faire un solo où tout est dans la retenue et c’est ce que je recherche. Que dans un morceau il y ait ce contraste pour garder ce mouvement. Je ne pourrais m’imaginer jouer avec un autre pianiste que lui. Il y a très peu de musiciens qui mettent vraiment leur technique au service de la Musique. Hors, si on doit jouer un morceau pendant 4 jours, il va changer à chaque fois d’univers. Vous vous êtes donc entouré de gens sûrs, avec qui vous aviez collaboré auparavant pour construire un projet sérieux. En effet, ce n’est pas un «one shot». On va refaire une tournée en novembre, où on va commencer à jouer les nouvelles compositions. Ensuite on a 10 dates programmées en mars pour les lundis d'Hortense. Pendant cette période, on va profiter des jours-off pour enregistrer le nouvel album. C’est un beau projet, qui n’est pas toujours facile à gérer puisqu’il y a 6 grosses personnalités à gérer. Mais quand je vois le feedback que l’on reçoit, on est tous très contents de jouer ensemble. Lorsque j’arrive avec de nouvelles compositions, je ne parle pas de la musique aux membres du groupes. Je leur donne les partitions, et

instantanément, on est en symbiose. Il arrive que je vienne avec une composition, on la joue une demiheure, et ça ne fonctionne pas.. Dans ce cas je leur dis de la jeter, (c’est parfois un sacrifice pour moi puisque parfois je mets 2 semaines à faire une composition). Tous les morceaux que l’on joue fonctionnent d’après ce schéma, si ça ne marche pas après 5 minutes, c’est que ce n’est pas une bonne composition. Il faut que ce soit la composition qui dirige la musique et pas que cela devienne quelque chose d’intellectuel où on se dit toi tu joues ça , etc. Je veux qu’on découvre le morceau ensemble et que chacun mette sa personnalité (puisque j’ai la chance d’avoir des musiciens d’un niveau incroyable)

« L’espace de créativité dont on dispose, selon les limites que l’on s’impose, est quelque chose qui me passionne » L’avantage avec des festivals comme le Leffe Jazz Nights est qu’on peut essayer des choses et se dire telle chose fonctionne mieux que telle autre.

sonnes! On commence à jouer, le saxophoniste fait un premier solo. Et là, on a !un feedback incroyable! On aurait dit le Real de Madrid qui venait de marquer un but devant 120.000 personnes! (rires) Du coup, voyant la réaction du public, on a commencé à jouer à 22h et on a terminé vers 5h du matin! Salvatore a même cassé une corde de contrebasse! (ce qui est très rare vu la taille et la résistance de ce type de corde) Il y a une magie dans les clubs que l’on ne peut pas enlever. Dès que tu joues ton premier morceau, tu sais que le nuit va être longue. C’est une symbiose géniale! La proximité fait que tu ressens une énergie incroyable venant du public. C’est dommage qu’il n’ a pratiquement plus que le jazz qui se joue encore en club.

Propos recueillis par Christophe Pauly Vous pouvez vous procurer le premier album de Bop & Soul Sextt: «Hydrogen Bond» parut chez Orfena Music

J’essaie de ne pas me cantonner dans un style. Ce soir j’ai joué de la Soul, des années 60, ... Je pourrais tout aussi bien jouer du Reggae! Je dois toujours adapter mon style aux musiciens. Bach faisait la même chose par exemple. Chaque semaine, il adaptait ses compositions d’après les musiciens disponibles. Quelles est la différence entre jouer à un festival comme celui-ci et jouer dans un club?

Plus d’infos sur les prochaines dates de concerts sur: www.maximeblesin.eu.

Le public ici est formidable, j’adore jouer ici. Mais dans un club, vous êtes plus proches de gens. C’est magique pour moi, il peut se passer des trucs délirants. Par exemple, quand je suis venu présenter mon premier cd dans un petit club à Gand. On était inconnus à l’époque. Et pourtant ce club était blindé! C’était un club de 60 personnes. Hors, il y avait 120 per-

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Nouveaux albums et singles The Amity Affliction «Chasing Ghosts»

Après un deuxième album fort acclamé par la critique, les australiens de The Amity Affliction sont de retour pour nous présenter une nouvelle galette de Post-Hardcore encore plus réussie puisque cette fois, leur disque est n°1 des ventes dans le classement australien. Formé en 2003, le groupe a jusqu’alors sorti trois albums sur des petits labels avant de signer récemment chez Roadrunner. Le nom du groupe fait référence à la perte d’un ami du groupe à l'âge de 17 ans. («Amity» pour l’amitié qui le liait à eux et «Affliction» pour le traumatisme de cette mort) Vous l’aurez donc compris, le groupe ne respire donc pas la joie de vivre. Le thème du présent disque renforce encore ce sentiment, puisque comme le montre la pochette, il y est question de suicide et autres thèmes autour de la mort. Passé la question du pourquoi un tel nom et une telle pochette, on peut alors tendre l’oreille en se demandant ce que nous réserve ce troisième album.

Et dès le départ, on déguste! Les voix sont des plus gutturales, le batteur matraque à souhait, les guitares, bien qu’un peu en retrait, remplissent bien l’espace avec cordes aussi très présentes. On a souvent une alternance tout au long des morceaux entre des parties mélodiques (avec des voix mélodieuses) et des parties composées de riffs lourds avec une batterie qui suit le rythme des guitares (et des voix alors plus que saturées). Roadrunner Records

Un savant mélange donc qui reste efficace et qui plaira plus à la jeune génération de métalleux qu’aux fans de métal plus conventionnel. Notez aussi que le son des guitares est parfois assez travaillé au niveau de la profondeur des sons clairs comme dans «Bondi St. Blues». Au point de vue des paroles, on reste comme je vous le disais dans des thèmes morbides avec des titres comme «Open Letter» ou «R.I.P. Bon». (Mais bon, c’est bientôt Halloween, alors ce disque convient plutôt bien!) Tous n’aimeront pas ce style post-hardcore qui colle aux morceaux, mais toutefois, le talent est là et le plaisir aussi.

Christophe Pauly

Danko Jones «Rock nʼ Roll Is Black And Blue»

Après deux ans d’attente, voici le 5ème album studio de Danko Jones. On se souvient de «Below the Belt», leur album précédent qui avait fait un carton! Les revoici donc avec une galette pleine de bonnes choses. Pour rappel, Danko Jones est une formation venant tout droit du Canada. Ne voulant gagner leur public uniquement par la prestation scénique, Danko Jones était un des rares groupes à refuser d’enregistrer un album. Le public les connaissait par le bouche à oreille et l’information circulait ainsi. Jusqu’au jour où Bad Taste Record leur proposa avec insistance de faire un premier disque. C’est alors que l’aventure internationale de ces trois canadiens commença vraiment.

Bad Taste Records

Depuis lors, quatre disques sont sortis tous plus réussis les uns que les autres. Danko, le leader, nous a donc concocté un cinquième album qui réjouira ses fans et convaincra certainement un plus large public avec ses chansons au sonorités très diversifiées. On a bien entendu droit à un rock assez «rentre dedans» avec des guitares au son bien gras; une énergie débordante à chaque morceau et une furieuse envie de pogoter dans une foule

On sent que le groupe a tendance à enregistrer ses disques comme on enregistre un live et n’a pas sur-produit son disque avec un tas d’effets bidons. Chaque titre sonne identiquement à ce qu’il rendrait sur scène. On sent que les imperfections ont été gardées pour préserver ce côté authentique du groupe. On entend ainsi des harmoniques, des glissés sur les cordes, etc... On sent aussi les diverses influences de Danko dans son jeu. Ainsi, l’intro de «Always Away», avec ses notes liées, fait penser très fort à celle de «Thunderstruck» d’AC/DC par exemple. En conclusion, un superbe album très boostant qui donne vraiment envie de voir le groupe en live pour l’apprécier davantage. Pas de doute, Danko Jones reste une valeur sûre!

Christophe Pauly

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Guy Marchand «Chansons de ma jeunesse»

Sony Music

Guy Marchand est parfois une énigme : militaire, acteur, chanteur, sportif éclectique, etc., c’est un touche à tout. N’importe quel quidam connaît son apport au cinéma ou sa chanson malédiction « Destinée », gag réalisé pour le film « Les sous-doués en vacances ». Loin de se laisser abattre par son chefd’œuvre public, Marchand continue depuis son premier tube « La passionatta », de chanter avec passion et une belle voix de crooner. Bien que récompensé uniquement au cinéma, on ne peut que saluer sa voix et ses créations musicales. Il revient cette année, en plus de deux films au cinéma, avec un album qui reprend les chansons de sa jeunesse. Ce disque est aussi un beau prétexte pour ajouter dans son répertoire les chansons des maîtres disparus qu’il a admiré et souvent côtoyé. (Boris Vian, Charles Trenet, Claude Nougaro, Charles Aznavour, Henri Salvador, etc., ils sont tous là.) Oui, Guy Marchand a vieilli et sa voix aussi, mais son charme et sa voix sont pourtant bien présents. On se laisse embarquer sans chichis, sans manière, dans un retour en arrière réjouissant. (Cet album est également accompagné d’un DVD où vous pourrez voir les coulisses des enregistrements et des interviews sur sa carrière.)

Loic Smars

Bénabar «Bien lʼbonsoir mʼsieurs-dames»

Ce n’est pas la première fois que Bénabar sort un album enregistré en public . (On se souvient de son «Live au Grand Rex» sorti en 2004) Mais depuis, quelques albums sont sorti, les années ont passées, et l’occasion de remettre le couvert semblait évidente lors de la tournée «Les Bénéfices du doute». Accompagné de ses dix accolytes, Bénabar s’est donc lancé dans cette grande tournée à travers toute la francophonie. Ayant assisté à sa prestation à la Rockhal au Luxembourg en février dernier, je dois avouer que je m’attendais à peu de surprises. Juste un moyen de me remémorer un très bon moment et une découverte. Car à l’époque, je n’aimais pas Bénabar, le jugeant trop chanteur à texte et pas tellement intéressant musicalement. (le genre de préjugé qu’on a parfois sur les chanteurs français). Il est évident qu’aujourd’hui, après l’avoir vu, mon avis est tout autre et même l’opposé de celui que j’avais alors. Mais pourquoi? Qu’est-ce qui fait que ce chanteur rassemble autant les foules? La réponse, vous la trouverez en visionant le DVD du concert. (Bien entendu, le CD est très sympathique également mais contient moins de titres et vous y perdrez l’aspect visuel)

Dès le début, Bénabar prend le public par la main et l’emmène dans son univers où rien n’est parfait, où lui comme les autres restent humains, avec des défauts et des problèmes. A travers deux heures de spectacle, l’homme se raconte et nous dit tout: ses râteaux, ses amours perdues, ses humeurs, ses amitiés, le temps qui passe si vite et sur lequel on a pas d’emprise,... Sony Music

On découvre aussi une bonne humeur très contagieuse et un peps tout au long de sa prestation. Bénabar danse, saute,.. Mais marque aussi des pauses, questionne, interpelle,... Au final, une véritable réussite que ce «Bien l’bonsoir m’sieurs-dames»! On est entraînés par ces chansons aux styles et tempos très variés interprêtés par une équipe de musiciens et choristes très talentueux. On est surtout touché par la justesse de ses mots et par le personnage, car au fond, (et c’est un peu la clé de son succès) ... on a tous un peu de Bénabar en nous.

Christophe Pauly

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30 octobre 2012


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Nouveaux albums et singles Alanis Morissette «Havoc And Bright Lights»

Beaucoup l’avaient annoncé avec réjouissance, voici le nouvel album d’Alanis Morissette. Un huitième album co-écrit par Joe Chiccarelli et Guy Sigsworth. (qui avait collaboré au précédent disque.) Autant le dire dès le départ, tout n’est pas bon dans cet album. De la déco un peu fait à la vas-vite au contenu plutôt discutable, autant dire que l’on a été plutôt déçus par ce disque.

Le premier titre (et premier single), «Guardian», sonne comme un morceau assez «classique» d’Alanis. On se dit alors qu’à défaut d’être surpris, on a au moins quelque chose de typique... Puis le deuxième titre, «Woman Down», lui, nous surprend. Mais pas dans le bon sens. On a là un pastiche pseudo électro bourré d’effets inutiles servant juste à meubler la piste. On en oublie presque la voix qui n’arrive pas à passer cette montagne de bruit. «Celebrity» est par contre nettement plus réussi avec un refrain dans un style oriental assez intéressant. «Lens», quant à lui, est beaucoup plus rock, il amène une certaine tension assez bien placée Sony Music puisqu’au centre de l’album. Ensuite, «Spiral» se distingue par son style simple et épuré. Puis on ouvre de grands yeux quand on entend ces riffs métal de «Numb» qui bien que n’étant pas mauvais, semble à des kilomètres de ce que l’on a entendu au début. «Win and win» relève un peu le niveau avec ses percussions et ces cordes mises en avant. On a ensuite un titre radio: «Receive», pas très surprenant comme le premier... Il y a aussi quelques balades comme «‘til you» qui font passer le temps mais leur côté bateau ennuie très vite... Ce disque ayant CINQ versions différentes (on se demande un peu l’intérêt de produire autant de variantes d’un même disque...) j’ai pu ici entendre la version dite «Deluxe» avec deux morceaux supplémentaire.. Et bien croyez-moi ou pas, pour moi ce sera surtout «Magical Child» qui me paraîtra le plus réussi de l’album. En conclusion, un album fouillis, qui manque de fil rouge et qui finalement ne convainc pas. Peut-être aussi que le fait de se faire écrire toutes les chansons à enlevé aussi à Alanis Morissette une part d’authenticité.

Christophe Pauly

Devin Townsend «Epicloud»

Après Danko Jones, voici un autre artiste canadien d’un tout autre genre cette fois. Devin Townsend n’en est pas à ses début. Après avoir collaboré avec de grands noms comme Steve Vai, il s’est lancé dans une carrière solo. Imposant un son et un style très reconnaissables, mêlant rock industriel et progressif. On sait aussi que Townsend est un guitariste hors pair et qu’il a aussi un sens aïgu de la mélodie. Il faut aussi remarquer que les voix (en particulier la sienne) sont toujours très présentes sur ses morceaux. Et ici, il a voulu essayer une démarche un peu particulière en faisant appel à une chorale pour introduire et refermer ce disque. (On entend aussi cette chorale dans certains morceaux, mais ce n’est pas l’élément principal de l’album.) Pour ce nouvel opus, Townsend a choisi de collaborer avec l’ex-chanteuse des «The Gathering»(An Van Giersbergen), connue pour sa voix lyrique dans le monde du métal.

On peut dire que ce disque est des plus positifs. On était habitués à des albums un peu pésimistes de la part du canadien et le voici avec des paroles Inside Out Music positives comme le témoignent «Effervencent!» et «True North» qui ouvrent le bal. On a déjà dans ce dernier tous les éléments du style de Townsend. Un fond rempli par des synthés, des riffs de guitare ravageurs et la voix de An Van Giersbergen. On enchaîne alors tous les titres qui s’imbriquent les uns dans les autres avec le génie que l’on connait de Townsend. Celui-ci prêtera aussi sa voix dans de superbes morceaux comme «Where we belong», une balade très entraînante. Ce qui est génial avec ces albums, c’est que même la plus puissante des distortions ne paraît pas agressive. Notez enfin «Lessons», un morceau qui porte bien son nom de par la qualité de sa composition. En bref, plongez dans cet univers aux sonorités atypiques. Nous publieront un compte-rendu de son concert à la Kulturfabrik avec Fear Factory dans notre prochain numéro.

Christophe Pauly

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Actualité Musicale

Steve Hackett : Genesis Revisited II Steve Hackett, guitariste au sein du grand Genesis des années 70 ( de 1971 à 1977 pour être précis), nous revient aujourd’hui avec un album de reprises de… Genesis évidemment !

Suite du 1er Genesis Revisited, sorti en 1996, ce double album contient donc 21 chansons, dont certains des plus grands titres de Genesis ( L’hymne « The Musical Box », le marathonien « Supper’s Ready », pas mal de morceaux du génialissime album « The Lamb Lies Down on Broadway », etc.) Monsieur Hackett s’est une nouvelle fois entouré d’une pléiade d’invités prestigieux pour mener à bien son projet, dont un certain Simon Collins, fils d’un célèbre membre de Genesis, je suppose que vous voyez de qui je veux parler. Dés la première écoute de l’album, on se rend compte du travail effectué pour dépoussiérer ces vieux succès. Le son est propre, net, très travaillé. Les morceaux ne sont absolument pas dénaturés, certains passage ressemblant à s’y mé-

prendre aux originaux. On découvre également des petits ajouts et variantes qui pour la plupart apportent un réel petit plus aux reprises. Les différents chanteurs qui se succèdent tout au long de l’album, au minimum remplissent leur job, parfois ressemblent à Gabriel ou Collins ( les chanteurs originaux ) mais parviennent aussi à agréablement nous surprendre à d’autres moments. Il y a bien sur l’un ou l’autre bémol dont le son propre dont je parlais plus haut qui enlève un peu de magie à certains morceaux. Peu de chanteurs arrivent également à la hauteur d’un Peter Gabriel dans ses grandes heures. Aussi, mais c’est totalement subjectif, j’aurais aimé entendre certains autres titres (« The Battle of the Epin Forest » pour

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ne citer que lui ). Mais malgré cela, ce double album ( que vous pourrez vous procurer en format cd et vinyl , en version normale ou limitée avec ses habituels petits bonus ) vaut franchement la peine d’être écouté, que vous soyez un vieux fan de Genesis ou non, vous devriez y trouver votre compte. Et si pour vous Genesis ne signifie uniquement que des titres comme « I Can’t Dance » , « Jesus He Knows me » ou « Land of Confusion », attention, vous risquez d’être surpris.

Julien Sterckx

30 octobre 2012


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actu musicale

C’était il y a 25 ans... Il y a trois ans que le roi de la pop nous a quitté brutalement avant cette tournée qui devait marquer son grand retour dans le monde de la musique. Michael Jackson n’est plus. Et pourtant, aujourd’hui, il fait encore parler de lui. À l’instar d’Elvis et de tant d’autres, Jackson est devenu à jamais une icône pour plusieurs générations. Pour marquer les 25 ans de BAD, l’un de ses meilleurs albums, Sony nous propose une réédition de celui-ci. Replongeons 25 années en arrière quand Michael était à son meilleur niveau musical et physique.

Il y a 25 ans, paraissait BAD, le troisième album solo de Michael Jackson. Un album où il s’impliqua davantage que dans Thriller puisqu’il composa 9 des 11 morceaux présents sur le disque et parvint, tout de même, à en vendre plus de 34 millions d’exemplaires, contre 45 pour Thriller qui est à ce jour placé en 4ème position des albums les plus vendus au monde. Bad est également l’album ayant le plus de singles n°1 au Billboard. Parmi ceux-ci, « I Just Can’t Stop Loving You », « Bad » ou le fameux « Dirty Diana ». Pour réaliser ce disque, Michael Jackson s’est une nouvelle fois entouré de musiciens d’exception. On remarque notamment la présence de différents membres de Toto qui avaient déjà joué sur Thriller. Le bassiste Nathan East, qui deviendra par la suite l’un des bassistes les plus demandés par les grands de la musique, et qui collaborera à de nombreuses reprises avec Eric Clapton avant de rejoindre récemment Toto (le monde

est petit). Notez aussi que les guitares ne seront cette fois plus de Steve Luckather, mais bien de Steve Stevens, le guitariste de Billy Idol. Bien entendu, à l’instar de la grandeur d’un tel album, une immense tournée mondiale fut organisée sous le nom de Bad World Tour afin de promotionner l’album. Elle fut l’une des plus grandes de l’époque, rassemblant plus de 4,4 millions de spectateurs à travers 123 concerts. Mais revenons à présent à cette réédition. La première chose que l’on se dit avec un tel album, c’est « bon, cet album, je l’ai déjà entendu et ré-entendu, donc je ne vais pas y trouver grand chose de neuf. ». On met donc le disque en marche, et là, on se prend une claque magistrale! Le son de cette édition est vraiment superbe. Les instruments et les voix retrouvent un nouveau souffle. Bad, qui ouvre le disque, est une bonne représentation du travail accompli sur la qualité sonore. On sent qu’on a bel et bien quitté les années 80 et les sons compressés à l'extrême.

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On retrouve ainsi des dynamiques insoupçonnées et une pureté qui nous fait entendre des petites subtilités jusqu’alors ignorées. La présente édition comporte également un deuxième disque où figurent dix morceaux qui avaient été enregistrés lors des sessions de BAD, mais qui avaient été écartés. Parmi ceux-ci, une surprenante chanson en français: « Je ne veux pas la fin de nous ». Une adaptation en fait de « I just can’t stop loving you ». Pour ceux qui seront attentifs, écoutez le solo de guitare sur « Dirty Diana », vous y retrouverez quelques coups de vibrato comme ceux que Eddie Van Halen avait exécuté sur « Beat It ». D’ailleurs, les deux notes répétées à la fin de ce solo proviennent de « Beat It », une façon de faire un clin d’oeil ou d’exploiter à nouveau une formule qui a déjà fonctionné.

Christophe Pauly


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Scène

Halloween au théâtre et en scène

© David Barrie

L’ analyse Un numéro spécial Halloween, c’est le top. Mais quand on doit faire un parallèle avec le théâtre, c’est déjà beaucoup moins motivant. Pourquoi ?

évènements qui sur l’année jouent sur l’horreur, l’effrayant, etc.

Tout d’abord, le genre fantastique ou horrifique au théâtre, c’est pas très très courant. Des ambiances un peu glauques ou mystérieuses, pourquoi pas, mais cela se passe plus souvent dans un contexte social ou dans une intrigue policière. Quelques fois, une exception pointe son nez, mais reste souvent du côté des grandes œuvres classiques comme une adaptation de « Dracula » de Bram Stocker.

Evènement souvent proche de la nuit, du travestissement, du masque du démon, du surnaturel, ou encore de l’anarchie font des carnavals, un moment assez alternatif pour évoquer le frisson. La nuit des intrigues au carnaval de Tournai en est le plus bel exemple d’effroi et de mise en scène d’un spectacle.

En cherchant un petit peu pour ce numéro, je me suis penché sur ce qui fait peur en Belgique et le rapport avec la scène. Tout à coup, l’illumination ! La seule chose pouvant correspondre, c’est bien sûr l’art de rue. L’art de rue a tendance à toujours exploiter ce que le théâtre n’arrive pas à faire dans un milieu confiné. Mais l’art de rue, c’est aussi une plus grande liberté d’action, de pouvoir laisser libre cours à son imagination et à l’originalité. Je n’irais pas jusqu’à dire que le jour d’Halloween, toutes les professions du spectacle se ruent sur la date pour organiser leur spectacle effrayant mais parlons plutôt des

Les carnavals

Le Magic Land Theatre En plus d’un théâtre complètement fou, le Magic Land Theatre c’est aussi une compagnie d’art de rue qui n’a que son imagination comme limite. Eux aussi, jouent dans l’effrayant et le fantastique. Admirez les performances de « The post apocalyptic magical ultimate parade » ou encore « Fly Tox Symphonic » et ses bestioles peu ragoûtantes et leurs jeux pyrotechniques. Les sorcières d’Ellezelles Terre de chasse aux sorcières et terre d’un homme à l’imagination fertile (Jacques Vandewattyne), Ellezelles accueille ce qui est sûrement le spectacle le plus « Halloween » en Belgique. Tout le folklore et le tourisme de la région Juillet 2012 tourne autour des sorcières avec en

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point culminant fin juin, le Sabbat, commémorant le souvenir de Quintine de le Glisserie condamnée avec 4 autres femmes au bûcher en 1610. Les cortèges/défilés Des défilés comme la Zinneke Parade, ou les évènements entourant le Brussels International Fantastic Film Festival (Nuit des vampires, Zombie Parade, etc.) symbolisent bien le côté « Halloween » de l’art dans la rue. Dans cette catégorie, peut se retrouver aussi bien entendu toutes décorations, manifestations ou traditions d’Halloween parfois encore respectées dans nos contrées par petits et grands. Conclusion Parfois, car dans nos contrées Halloween n’a jamais eu la cote. Après un bref engouement, le soufflé est retombé très vite. Peut-être estce l’explication du manque d’effroi au théâtre ? En tout cas la Belgique a ses évènements qui font peur. Ils ne sont juste pas au même moment qu’une tradition qui finalement reste américaine. L’Europe occidentale préfère généralement s’en tenir à la Toussaint et au respect dû à leurs morts. Ce qui est bien sûr beaucoup moins théâtral.

Loïc Smars


L'orgueilleuse petite Oedipe aux Galeries Adaptation à tendance moderne de l’Antigone de Jean Anouilh aux Galeries. Le classique, c’est chiant ?

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La critique Antigone appartient aux légendes attachées à la ville de Thèbes. Elle est l'une des enfants nés de l'union incestueuse du roi de Thèbes Œdipe et de sa propre mère, Jocaste. Antigone est la sœur d'Ismène, d'Etéocle et de Polynice. Elle fait preuve d'un dévouement et d'une grandeur d'âme sans pareil dans la mythologie. Quand son père est chassé de Thèbes par ses frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture sur les routes, Antigone lui sert de guide. Elle veille sur lui jusqu'à la fin de son existence et l'assiste dans ses derniers moments. Quand elle revient à Thèbes. Elle y connaît une nouvelle et cruelle épreuve. Ses frères Etéocle et Polynice se disputent le pouvoir. Ce dernier fait appel à une armée étrangère pour assiéger la ville et combattre son frère Etéocle. Après la mort des deux frères, Créon, leur oncle prend le

Pièce phare d’Anouilh, son Antigone fait partie de ses « pièces noires ». Sortie en 1944, en pleine occupation allemande, il a orienté le texte de Sophocle vers le symbolisme de la résistance au lieu du symbolisme de la foi aux Dieux si cher aux grecs de l’antiquité. Pièce toujours d’actualité malgré son âge, tout peut arriver avec une nouvelle adaptation ! Aussi bien une représentation d’un classicisme frôlant l’ennui, qu’une réinterprétation moderne, donnant tout son sens au message universel qu’Antigone colporte. La nouvelle mise en scène de Fabrice Gardin, l’homme fort du théâtre des Galeries, s’oriente bien entendu vers une envie de modernité tout en respectant le texte

pouvoir. Il ordonne des funérailles solennelles pour Etéocle et interdit qu'il soit donné une sépulture à Polynice, coupable à ses yeux d'avoir porté les armes contre sa patrie avec le concours d'étrangers. Ainsi l'âme de Polynice ne connaîtra jamais de repos. Antigone, qui considère comme sacré le devoir d'ensevelir les morts, se rend une nuit auprès du corps de son frère et verse sur lui, selon le rite, quelques poignées de terre. Créon apprend d'un garde qu'Antigone a recouvert de poussière le corps de Polynice. On amène Antigone devant lui et il la condamne à mort. Elle est enterrée vive dans le tombeau des

Labdacides. Plutôt que de mourir de faim, elle préfère se pendre. Hémon, fils de Créon et fiancé d'Antigone se suicide de désespoir. Eurydice, l'épouse de Créon ne peut supporter la mort de ce fils qu'elle adorait et met fin elle aussi à ses jours.

original. L’introduction par des bouts d’actualités télévisuelles, le décor d’usine et le « Chœur » (Personnage du théâtre antique qui commente la pièce tout le long, dis qui va mourir, qui va survivre, etc.) qui devient un journaliste-photographe. Ce changement est peut-être le plus difficile à admettre, car l’intrusion intempestive du photographe est parfois dérangeante. L’interprétation est à la hauteur du texte, grâce à la magistrale Wendy Piette dans le rôle d’Antigone ou en second rôle, le jeu truculent de Toni d’Antonio, qui apporte un peu d’humour au sujet difficile de la pièce. Petit bémol pour Nicolas d’Oultremont (Hémon) et Manon Hanseeuw (Ismène) qui pâtissent de leurs rôles

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de faire-valoir qui n’ont pas leurs émotions développées comme d’autres personnages. En définitive, Antigone aux Galeries, vogue parfois trop entre une volonté de modernité et une volonté de ne pas trahir le classicisme de la pièce. Jouée admirablement d’une part, interprétation faiblarde d’une autre, Antigone n’est pas chiant mais n’enthousiasmera pas les foules pour qui Anouilh et Sophocle c’est chou vert et vert chou.

Smars Loïc

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Littérature La malédiction du Suricate, de Frédéric Livyns

Auteur de plusieurs livres donc « Les contes d’Amy » (Prix Masterton 2012) et du « Souffle des ténèbres » fraichement sorti de presse, Frédéric Livyns nous offre une histoire d’Halloween rien que pour nous faire cauchemarder…

Roger Leblanc vérifia plusieurs fois la fermeture de la porte d’entrée de son appartement. Il occupait le rez-dechaussée d’un petit immeuble non loin du centre-ville. Un quartier situé dans le vieux Bruxelles. Roger regrettait de voir les magnifiques maisons de maître transformées en logements bon marché afin de permettre à une population, en grande partie immigrée, de se loger. Ce qu’il avait toujours considéré comme étant l’un des fleurons architecturaux de la capitale laissait sa décrépitude écailler jusqu’à ses façades.

forcé à rester calme alors qu’il n’avait qu’une seule envie : fracasser le crâne de l’homme avec l’objet d’art. Non seulement il était obligé de supporter leur présence, à lui et à tous ses congénères, mais fallait en plus qu’il compose avec leurs superstitions primitives. Il lui avait alors dit de dégager son grigri du hall de l’immeuble. Il n’avait qu’à le mettre sur le pas de sa porte si cela lui plaisait. L’homme n’avait rien dit et s’était contenté d’un sourire poli contrastant d’avec le comportement insultant de Roger. Depuis, chaque matin, c’était le même rituel. Roger sortait de chez lui et voyait la statuette posée systématiquement au même endroit. Une provocation silencieuse, il en était certain ! Et, à chaque fois, il allait sonner à l’appartement du premier étage afin de lui remettre l’objet et rappeler le règlement d’ordre intérieur de l’immeuble.

Roger n’était pas pour le brassage culturel. S’il n’avait pas exercé les fonctions de concierge dans son immeuble depuis tant d’années, s’il n’avait pas été aussi âgé, il y a belle lurette qu’il aurait mis les voiles. Mais où pourrait-il aller maintenant avec son maigre salaire, la promesse d’une pension toute aussi dérisoire et un loyer à payer en plus ? Il n’avait aucune échappatoire. Il était condamné à finir ces jours dans ce petit appartement jadis charmant.

La veille, Roger avait spécifié à l’homme que c’était la dernière fois qu’il lui ramenait la statuette. Il l’avait menacé de la jeter aux ordures à la prochaine incartade. L’homme s’était alors énervé et avait haussé le ton en faisant de grands gestes des bras, l’avertissant que s’il faisait cela, un grand malheur s’abattrait sur lui. Des fadaises comme quoi cet objet était sacré et que le briser ou le jeter pouvait porter malheur.

Il disait souvent, à qui voulait l’entendre, que Bruxelles était foutu. Et il en voulait pour preuve qu’il était désormais le seul Européen dans son immeuble ! Et l’unique à travailler, de surcroît ! Il passait souvent pour un raciste, un étroit d’esprit volontiers rétrograde, mais il n’en avait cure. Il soupira, exaspéré, en voyant la statuette posée à droite, pile sous les boites aux lettres ornant le mur du hall d’entrée. Quatre jours auparavant, un nouveau locataire avait pris possession du premier étage. Roger n’avait pas retenu la région dont cet homme était originaire. Juste le continent : l’Afrique !

- Des croyances de primitifs ! lui avait rétorqué Roger, les lèvres pincées. Il avait craint un moment que l’homme, de colère, ne se jette dessus mais il s’était contenté de le regarder, les bras ballants. Il voyait bien qu’il ne servait à rien d’argumenter avec le vieil homme. Ses idées d’antan étaient trop ancrées en lui, faisant surgir la peur de l’étranger.

« Un de plus ! » avait-il pensé en le voyant. Dès son arrivée, l’homme avait placé cette sculpture représentant un animal dont il n’avait jusque-là jamais entendu parler : un suricate. Le gaillard disait que cette bestiole symbolisait la famille et sa protection. Roger s’était

- Faites ce que vous voulez. Je vous ai averti, s’était-il contenté de dire avant de fermer la porte au nez du concierge.

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Le sang de Roger n’avait fait qu’un tour et il avait crié, d’un ton péremptoire, qu’il n’était pas dans un pays conquis. Qu’il y a peu, ses semblables ne connaissaient pas la civilisation. Il déversa son flot de bile haineuse face au battant qui resta désespérément clos.

toute façon, il était certains que ces gens-là ne comprenaient que la manière forte. Roger ouvrit la porte de son appartement et fut pris d’une quinte de toux. Quelle était cette odeur épouvantable, mélange de poils mouillés et de déchets ? Il ne tarda pas à en identifier la provenance. La cuisine était sens dessusdessous. La poubelle avait été déchiquetée, les détritus ménagers recouvraient le sol, … et il y avait un animal mort au centre de la pièce !

Il se l’était promis : c’était la dernière fois que ce… cet énergumène l’importunait avec ses superstitions. Et voilà que, ce matin, le suricate se tenait fièrement debout près de la vitre fendillée du sas donnant sur la rue, le regard tourné vers l’extérieur.

- Qu’est-ce que… ? bredouilla-t-il en s’approchant de la dépouille.

- Toi, c’est la dernière fois que tu me nargues ! s’exclama Roger en empoignant vivement la posture.

Il n’y avait pas de doute ! C’était l’un de ces satanés rongeurs que vénérait le type du premier ! Mais qu’est-ce qu’il foutait là ? En un éclair, Roger comprit. Ce n’est pas triste qu’il était le grand Black en le croisant dans l’entrée ! C’était forcément lui qui était responsable de cette blague immonde ! Lui ou un des siens ! Mais il se croyait où ? Il y a des lois dans ce pays ! On ne peut pas pénétrer comme ça chez les gens ! Et puis qui sait combien d’autres de ces bestioles ils ont dans leur appartement ? C’était contraire à toutes les règles d’hygiène ! Roger essaya de recouvrer suffisamment de calme pour pouvoir raisonner. La première chose à faire : voir par où le mauvais plaisantin aurait pu rentrer. Il ne tarda trouver la solution à ce mystère : la petite fenêtre des commodités était restée grande ouverte. Un enfant aurait facilement pu s’y faufiler pour commettre son méfait. A cet instant, Roger fut certain de tenir son coupable. Il ne comptait pas avertir la police. De toute façon, ce n’était qu’un ramassis de bons-àrien ! L’affaire serait directement classée verticalement ! Il allait régler cela lui-même. Ils allaient apprendre qui était Roger Leblanc !

Il se dirigea d’un pas décidé vers la benne à ordures le long du trottoir et y balança le suricate qui heurta le fond du container métallique dans un bruit d’enfer. Ensuite, comme chaque jour depuis plus de 20 ans, Roger Leblanc se dirigea vers le centre-ville afin d’acheter son journal. C’était là sa petite promenade quotidienne. Sa vie était réglée comme du papier à musique. Roger détestait les imprévus. Pour lui, l’organisation était le maître-mot. Feu sa femme, qui le traitait souvent de maniaque, en est témoin de là-haut. Il râlait en voyant les façades décorées pour Halloween. Sur cette vitre-là, une sorcière sur un balai. Sur celle d’à-côté, un gros chat noir au dos bombé sous une lune rousse. Un peu partout fleurissaient des décorations macabres. Cette fête stupide n’était qu’un prétexte commercial pour vendre plein de cochonneries sucrées aux gosses. Et le pire, c’est que les parents rentraient volontiers dans le jeu ! Roger ne comprenait absolument pas l’engouement pour cette fête. Le pire, c’est que ces gamins se déguisaient avant de venir embêter les honnêtes gens pour leur extorquer d’autres bonbons ! Quelle stupidité ! Et, surtout, quel manque d’éducation ! Non, Roger n’aimait pas Halloween non plus. De toute façon, il savait bien qu’il ne serait pas dérangé cette année. Pas plus que l’année précédente d’ailleurs. Pas depuis qu’il avait arrosé les enfants avec la lance à incendie placée dans le hall d’entrée. Bien sûr, il y avait eu des pleurs d’enfants, des plaintes déposées, une visite de la police… Mais Roger n’avait absolument rien eu comme amende. Et le principal, c’était le résultat. Les gosses ne venaient plus l’ennuyer ! Il n’avait jamais voulu d’enfants, ce n’était pas pour laisser ceux des autres lui pourrir sa soirée !

Au pas de charge, il gravit les marches menant au premier étage et tambourina à la porte de l’appartement appartenant au suspect. Pas de réponse évidemment. Il devait se terrer chez lui comme un lâche ! Il redoubla de fureur dans ses coups et invectiva les locataires de sobriquets tous plus insultants les uns que les autres. Lorsqu’il se calma, une voix derrière la porte lui dit doucement, apeurée : - Mon mari… pas là. Toi apporter malheur. Toi partir… Roger en resta bouche bée. Il hésita une fraction de seconde avant de prendre une décision dans la foulée.

Une petite heure plus tard, il regagna son domicile, son quotidien sous le bras. Il jubilait en pensant à la tête que ferait ce Monsieur quelque-chose-ngwa en voyant son grigri au fond de la poubelle. Au moins, il saurait qui était le maître ici ! Un sourire de joie mauvaise étirait encore ses lèvres lorsque, par un savoureux concours de circonstances, il croisa son locataire en revenant à l’immeuble.

Mari pas là ? Très bien. Il allait l’attendre et lui montrer de quel bois il se chauffait ! Toi partir ? - Tu vas voir qui va partir ! hurla-t-il. Et à coups de pied au cul !

Mais sa joie disparut bien vite. Roger avait transpercé d’un regard empli de défi le grand gaillard qui s’était contenté de le saluer d’un air désolé. Il n’affichait pas le visage de quelqu’un qui était triste parce qu’on avait abîme ou volé un objet lui appartenant. Absolument pas. C’était l’air attristé de quelqu’un présentant sincèrement ses derniers hommages.

Il n’obtint aucune autre réponse, ce qui ne fit qu’augmenter sa fureur. En devisant intérieurement sur le fait que des perroquets s’exprimaient mieux que ces gens-là, il alla chercher une chaise dans sa cuisine et la tira jusque devant la porte d’entrée de son appartement. Pour rentrer chez lui, le gaillard devrait passer par ici. Et Roger était bien décidé à l’attendre.

Roger s’aperçut alors que l’homme croyait sincèrement à son histoire de suricate. Il aurait pu éprouver une pointe de remords et aller rechercher l’objet dans la poubelle mais il savait très bien que ce serait faire preuve de faiblesse. De

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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts Les heures passèrent, le soir tomba, mais l’homme ne revenait toujours pas. De guerre lasse, mais en se jurant de ne pas abandonner l’affaire, Roger se retira entre ses murs. Ce n’était que partie remise. La fatigue avait, pour l’instant, raison de sa colère.

petite ombre. Bien résolu à ne plus laisser son imagination l’emporter de la sorte, il alluma la lumière. L’inquiétude le disputa à la peur lorsqu’il comprit qu’il avait bien vu et que la petite ombre n’était aucunement le fruit d’un jeu de lumière ou un reliquat de ses rêves.

Il décida de se détendre quelques instants devant la télévision. Il sentit l’énervement monter en lui à nouveau lorsqu’il constata que chaque chaîne consacrait sa soirée à la fête d’Halloween soit au travers de films soit dans des documentaires thématiques. Il pesta contre le manque de considération envers les téléspectateurs de sa tranche d’âge et décida de gagner son lit après avoir avalé son somnifère.

Debout à la sortie de la pièce, se trouvait l’un de ces maudits animaux. Les mains de Roger se crispèrent nerveusement sur les draps. Maintenant, il en était certain : l’Africain du premier faisait un élevage de ces satanées bestioles ! Qui sait quelles maladies ces bêtes pouvaient transporter ! Roger sortit doucement de son lit, son drap à la main. Il comptait en recouvrir l’animal afin de l’immobiliser. Ensuite, il téléphonerait à la police pour faire constater le fait que les règles d’hygiène étaient enfreintes par le locataire.

**** Des grattements répétés tirèrent Roger de son sommeil. Il ouvrit les yeux et le bruit lui faisant penser à des rats courant dans les murs s’arrêtèrent. Il décida de se tourner sur le flanc afin de se rendormir. Il essaya de bouger mais ne put remuer ni les bras ni les jambes. C’est alors que la douleur, cuisante, fit son apparition. Il tourna la tête et hurla. A chaque coin de son lit se trouvait l’un de ces maudits animaux. Ils lui entaillaient les chairs des poignets et des mollets, le rivant inexorablement à son matelas. Ils ne grignotaient pas les chairs mais ils se contentaient de l’immobiliser de leurs crocs plantés dans ses membres. Plus il se débattait, plus leurs mâchoires se resserraient, affermissant leur prise.

- A malin, malin et demi, ricana Roger en s’approchant de l’animal d’un air mauvais. Pour lui, cela ne faisait aucun doute. Le locataire, ou l’un des siens, avait dissimulé l’animal dans l’appartement afin de lui faire la peur de sa vie. Ils voulaient jouer ? Eh bien, ils ignoraient sur qui ils étaient tombés. La froideur du carrelage sous sa plante des pieds revigora Roger qui, d’un geste brusque du bras, jeta le drap sur l’animal. - Et merde ! jura-t-il.

Il remarqua alors le mouvement, au pied du lit. Là où il avait replié la couette en gesticulant durant son sommeil. La surface de l’édredon paraissait parcourue de vagues, comme si des animaux progressaient en dessous. Roger sentit la sueur perler sur son front. Il voulut hurler pour appeler à l’aide mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il resta ainsi, la bouche grande ouverte, lorsque le museau d’un suricate émergea de sous le linge de lit. Il frétillait en humant l’air. L’animal grimpa sur la poitrine de l’homme et se dressa sur ses pattes arrière. Il fixa Roger de ses petits yeux avant de se remettre sur ses quatre pattes. La couette fut alors agitée de plusieurs vagues, toutes plus violentes les unes que les autres. Des dizaines et des dizaines d’autres rongeurs déferlèrent alors sur Roger et se mirent à lacérer et déchirer avidement son poitrail. Cette fois, le hurlement jaillit d’entre ses lèvres.

Sa proie avait réussi à s’échapper et filait vers la cuisine. - Tu ne perds rien pour attendre ! promit-il en se jetant à sa poursuite. En arrivant à l’entrée de la cuisine, Roger s’arrêta. Il n’en croyait pas ses yeux. Il n’y avait plus de pièce. En lieu et place s’étendait une plaine désertique ! L’animal l’attendait à l’entrée d’un terrier s’enfonçant sous terre. Il semblait le narguer, le mettre au défi d’approcher. C’était impossible ! Il devait rêver ! Il lui semblait d’ailleurs se rappeler que la posologie de son somnifère mentionnait des risques d’hallucination en cas de prise trop importante. C’était forcément cela ! Il était en plein bad trip, comme disent les jeunes drogués. Mais les tentatives de son esprit pour se rattacher à la raison s’envolèrent lorsque la surface sablonneuse remua comme sous la poussée d’un animal gigantesque.

**** Roger se redressa brusquement. Son pyjama était trempé de sueur.

La tête jaillit alors du sol. Monstrueuse, gigantesque,… cauchemardesque ! D’un bond, Roger se précipita vers l’entrée de l’appartement mais le monstrueux suricate ouvrit alors la mâchoire et, rapide comme l’éclair, la referma sur les jambes de Roger, broyant les os.

- Un cauchemar ! murmura-t-il. Ce n’était qu’un cauchemar ! Il ferma les yeux pour se calmer. Il avait été réveillé par ses propres hurlements. Il avait d’ailleurs dû réveiller tout l’immeuble avec ses beuglements ! Jamais de sa vie il n’avait fait un cauchemar aussi violent ! Il en rejeta la faute sur le locataire du premier et ses histoires douteuses de malédiction.

Roger hurla, autant de peur que de douleur, lorsqu’il fut tiré inexorablement vers le terrier. Ses doigts tentèrent de s’agripper au battant de la porte mais il ne réussit qu’à en écailler la peinture. La dernière chose qu’il entendit avant d’être complètement englouti fut des coups à la porte et une voix demandant s’il avait besoin d’aide. Lorsqu’il ouvrit la bouche pour crier une ultime fois, le sable s’insinua en lui, l’étouffant complètement.

Roger laissa échapper un petit rire nerveux. Il se demandait qui était le plus stupide des deux. L’autre, de croire en de telles stupidités ou lui, de s’être laisser bêtement impressionner au point d’en rêver la nuit. Lorsque les battements de son cœur eurent repris leur rythme normal, Roger ouvrit les yeux.

****

Le soulagement laissa alors la place à la surprise. Là, dans l’embrasure de la porte de chambre, il crût distinguer une

L’agent Fressin ...

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L’agent Fressin essayait de comprendre ce qui s’était passé dans ce petit bâtiment sis rue Haute. L’homme se tenant derrière lui, manifestement effrayé, avait téléphoné à la police. Il déclarait son voisin du dessous, concierge de l’immeuble, poussait des hurlements terrifiants. A leur arrivée sur place, les forces de l’ordre avaient dû enfoncer la porte de l’appartement. Qui était vide. Il n’y avait personne. Le locataire déclarait que personne n’était sorti de l’appartement, qu’il était arrivé dès qu’il avait entendu les hurlements mais que personne ne lui avait répondu lorsqu’il avait frappé à la porte. Après analyse des lieux, il fut indubitablement prouvé que la porte de l’appartement était fermée de l’intérieur ainsi que toutes les fenêtres. Il n’y avait aucune trace d’agression. Le locataire désigna alors à l’agent la statuette grimaçante du suricate. Celle-là même que Roger Leblanc avait jeté à la poubelle la veille. Posée sur la table de la cuisine, elle paraissait fixer de son air narquois les griffes laissées par Roger au bas de la porte. Fressin n’allait quand même pas retenir les propos décousus du locataire où il était question de suricate et d’une vieille malédiction africaine !

FIN

Frédéric Livyns

Frédéric Livyns Né en 1970 Vit à Tournai Livyns Frédéric est né le 02 juin 1970 à Tournai (Belgique) Il se passionne très tôt pour la littérature fantastique et de science-fiction. Il s'adonne ensuite à l'écriture dans des registres tels que la poésie, le roman noir ou le fantastique que ce soit sous forme de romans ou encore de nouvelles. L'auteur vit actuellement en Belgique avec sa compagne et ses enfants. Bibliographie : Les Contes d’Amy (Prix Masterton 2012) (Edilivre) Oxana (Editions Sharon Kena) Le Souffle des ténèbres (Val Sombre Editions)

© Cornette de Saint-Cyr

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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Des frissons sous la couverture Filer la trouille au cinéma, cela peut sembler simple... Un chat qui surgit là où on ne l’attend pas, une nappe de violons bien pincés, un contre-champs qui révèlent souvent l’état déplorable d’un gouteux cadavre... Là où l’image peut, avec l’aide d’une pointe de musique et de montage, pousser le trouillomètre dans les hautes sphères, le roman s’avère bien démuni... Pas si sûr...

ce monument est seulement le quatrième roman de Stephen King ! Le roi de Bangor nous brosse la fin du monde avec l’assurance d’un futur grand de la littérature et joue de la harpe sur les nerfs du lecteur. Découvrir, pour la première fois, la scène dantesque du tunnel sous l’Hudson, c’est tout simplement du pur bonheur littéraire... Et de l’extrait de chocotte !

Voici, en quelques bouquins, de quoi vous assurer une soirée d’Halloween entre les couvertures... mais certainement pas en toute sécurité.

Le Corbeau de E.A. Poe

Des livres à lire toutes portes fermées, avec juste une bougie allumée dans un coin de la pièce... Et le halo de lumière d’une lampe de chevet chassant à peine les ténèbres de la nuit... Le Démon des Morts de Graham Masterton Certains ont reproché à Graham Masterton d’en faire un peu trop dans le gore et les situations extrêmes, au détriment de l’intrigue et des personnages... Avec Le Démon des Morts, c’est exactement le contraire... Le roman ne manque pas de scènes chocs, mais elles soutiennent une intrigue qui file des frissons dès les premières pages. Avec son ambiance pluvieuse, son décor tout droit sorti d’un Lovecraft - Nouvelle Angleterre, falaises, maison battues par les vents... - et ses fantômes affreusement « quotidiens », Le Démon des Morts plante ses racines dans nos peurs les plus primaires. Et lorsque le grand méchant loup de l’histoire pousse le bout de son crâne, on ne peut pas s’empêcher de serrer les dents pour les empêcher de claquer ! Le Fléau de Stephen King Ok, celui-ci, même avec la meilleure volonté du monde, vous ne pourrez pas le lire en une seule soirée d’Halloween... Mais plongez juste dans le premier chapitre, où une voiture folle percute les pompes d’une station-service avant de dévoiler aux lecteurs son atroce cargaison et il y a de fortes chances pour que vous soyez accro jusqu’à Noël ! Et dire que

Comment faire le grand écart de la terreur en deux paragraphes ! Du roman-fleuve de Stephen King au concentré de noirceur du poème de Poe ! Preuve flagrante qu’il n’est nul besoin de supprimer quatre-vingt-dix pour cent de la population mondiale pour faire naître la peur dans le cœur du lecteur. A découvrir, libre de droit et traduit par Charles Baudelaire, sur plusieurs site et blog, Le Corbeau distille une atmosphère malsaine, portée par les ailes sombres du vilain volatile. A lire à haute voix, avec un plat de friandises au milieu de la table et des crânes porte-bougies dispersés aux quatre coins de la maison. Maléfices de Maxime Chattam Je sais, les connaisseurs me reprocheront de choisir un roman qui est le dernier d’une « trilogie ». Sauf que... Sauf que les trois romans de la trilogie du mal de Chattam peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre... Et que la lecture séquentielle ajoute au plaisir. Voilà. Fin de la parenthèse « spécialiste ». Quoi qu’il en soit, pour les arachnophobes (et franchement, qui ne l’est pas un peu ?), cette nouvelle enquête de Joshua Brolin et Annabel O’Donnel a tous les atours d’une descente aux enfers. La peur est d’autant plus prégnante qu’il ne s’agit plus ici de phénomènes paranormaux ou de créations biologiques hypothétiques, mais bien de l’esprit retors d’un tueur en série... Le genre de type que vous croisez tous les jours dans la rue... Et que vous retrouvez ensuite à la une des journaux, après la découverte de restes humains dans la fond de votre jardin ! Halloween, c’est la période où l’on se fait peur pour rire... Avec Maléfices, on se met soudain rire

jaune... Lorsque le cauchemar se prolonge dans la vie réelle. Les Yeux Jaunes des Crocodiles de Catherine Pancol Ah si, ça fait peur... Qu’un tel enchaînement de clichés, qu’une telle galerie de personnages, qu’une héroïne aussi nunuche, qu’une telle série d’invraisemblances, qu’une telle volée de situations téléphonées débouchent sur un extraordinaire succès de librairie et deux (non, pas une, mais DEUX) suites tout aussi bateau, cela file tout de même des frissons. Et de voir qu’en outre, ce sont des lectrices qui se sont retrouvées en nombre, dans cette peinture acidulée et inoffensive de la vie d’une écrivaine en devenir... On frise le cauchemar total ! Bon, d’accord, vous me direz, on ne va pas se mettre à lire du Pancol pendant une veillée d’Halloween... Et vu son succès interplanétaire, ce ne sont pas ces quelques lignes qui changeront la donne. OK. D’accord. Mais pour exorciser le temps que j’ai perdu à découvrir ce que certain(e)s m’avaient décrit comme un « monument » de la littérature populaire, vous me permettrez ces quelques lignes. Et puis, si cela peut sauver du temps précieux... Fils Unique de Jack Ketchum La nuit est déjà bien avancée... Les fantômes, les goules, les vampires se sont éloignés... Les serial-killers ont été arrêtés... Il ne reste plus que la maison, trop peu éclairée. Et le mal ? Tapis, quelque part... Dans les recoins sombres de l’intimité... Jack Ketchum est LE spécialiste de la terreur au quotidien : celle des violences conjugales, des hommes saoulés par le pouvoir, des familles tout entières poussées aux portes de la folie par l’ivresse du pouvoir. Dans Fils Unique, une femme va découvrir à quel point l’horreur peut avoir un visage humain, le visage de l’homme que l’on aime... Ou que l’on a cru aimer. Ici, la tarte aux potirons est rance et les enfants ne rient plus. Ici, il n’est plus question d’échapper à la peur. Car elle vit entre les murs de cette maison. Juste là... A la limite de ce cercle de lumière pâle dessiné par la lampe de lecture.

Christophe Corthouts

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Le salon du livre de jeunesse de Namur

Pour la quatorzième année consécutive, la ville de Namur accueille le Salon du Livre de Jeunesse du 17 au 21 octobre 2012 dans le Hall 2 de Namur Expo, parallèlement au Salon de l’Education. Cette année, le thème choisi est « Les métamorphoses du li(v)re » avec pour objectif de redonner l’envie de lire aux enfants au travers d’une cinquantaine de stands, d’expositions permanentes et d’animations.

sans que l’auteur ne plie et déplie une feuille afin de lui donner vie ! Des pliages plus classiques au plus extravagants, l’imagination de Maryse Six est sans fin. D’ailleurs elle ne compte pas en rester là, l’auteur travaille déjà sur son futur ouvrage pour les petits. Et ce n’est pas simple de faire simple ! Interview de Maryse Six

Durant cinq jours, Namur Expo accueillera des enfants de tout âge mais également un grand nombre d’enseignants et étudiants venus découvrir les nouveautés du Salon de l’Education. Une bonne ambiance règne dans ce grand centre où étudiants, enseignants et enfants se pressent devant les différents stands. Préparez vos papiers, Maryse Six est là ! Durant ce salon, les grandes maisons d’édition jeunesse sont présentes dont la maison d’édition Casterman qui accueille une de ses auteurs, Maryse Six. L’auteure passera une journée au stand Casterman afin de faire découvrir au public ses livres d’origami et d’être initié à cette technique. Car elle ne se contente pas de dédicace, mais elle propose des petites démonstrations aux personnes intéressées ! Maryse Six est une auteure incontournable pour cette maison d’édition dans le domaine des activités manuelles pour les enfants. Elle réalise des origamis, plus communément appelés les pliages en papier. Elle compte 13 livres à son actif et une dizaine de compilations. Son dernier livre va être traduit en énglais pour être commercialisé en Inde. La rencontre entre Maryse Six et l’origami s’est faite par hasard, et depuis, ses petites feuilles de papier ne la quittent plus. Il n’y a pas un jour

manuelles que j’ai percé ! Mais pour moi, il n’y a pas de différence, tout est « création ». Mais j’ai dû m’acharner pendant plus de dix ans pour enfin rencontrer un éditeur ! Ca fait quoi d’être l’auteur de 13 livres aux Editions Casterman ? Une grande fierté quand même ! Surtout que c’est une maison sérieuse et qui me permet d’être distribuée dans de nombreux pays francophones et étrangers. Après l’Espagne et la Pologne, c’est maintenant l’Inde qui s’intéresse à mon travail ! Cela me fait vraiment très plaisir ! Avez-vous d’autres projets ?

Pourquoi être venue au Salon du Livre Jeunesse ? Je suis régulièrement invitée par ma maison d’éditions pour faire des dédicaces ou des ateliers d’origami. Vous aimez la rencontre avec le public ? Oui, c’est un moment de partage. Beaucoup d’animateurs ou institutrices me parlent de leurs attentes, des difficultés rencontrées. Ils sont à la recherche d’animations simples, ludiques et économiques et l’origami répond tout à fait à leurs desiderata. D’où vous viennent vos idées ? Du pur hasard. Quand je commence à plier une feuille de papier, je ne sais pas du tout ce que je vais obtenir. J’étudie toujours de nouveaux plis qui m’amènent fatalement à de nouvelles réalisations. Comment avez-vous percé dans le monde de l’édition ?

Oui, toujours ! Je suis constamment la tête dans les étoiles ! Mon autre passion est la musique. J’adore chanter depuis ma plus tendre enfance. Je compose des chansons principalement pour les enfants et je crée des comédies musicales. « Oh la la », « Oh Mama », « Rêve de Papier », « Rétro-Mômes » sont des comédies destinées aux petits de 3 à 8 ans. Je viens aussi de terminer un conte musical pour les maternelles. Je propose ces spectacles aux écoles ou pour des fêtes de Noël. Je suis également passionnée par les anciennes chansons (de 1900 à 1950) et je suis actuellement en train d’écrire des spectacles « retro ». J’espère de tout cœur partager mes compositions avec un plus large public et comme avec mes livres, faire voyager mes chansons dans le monde entier. Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur l’auteure, n’hésitez pas à aller sur son site internet : www.marysesix.com

Par la persévérance. J’aime l’écriture dans tous les domaines. J’ai commencé par les poèmes, une pièce de théâtre, des scénarii, des contes pour enfants mais c’est finalement dans le domaine des activités

Stellina Huvenne

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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Le dernier ours Charlotte Bousquet Editions Rageot Thriller

La critique G r o e n l a n d , 2 0 3 7 . Av e c l e dérèglement climatique et la fonte des glaces, l’île n’est pas plus qu’une terre désolée. Dernier ours blanc né libre, Anuri représente la principale attraction du NC Zoo. Aimé de sa soigneuse Karen, il suscite la convoitise de Svendsen, un scientifique dévoyé . L o r s q u ’ u n e expérience de Svendsen sur l’ours polaire dérape, Anuri agresse un soigneur et Karen reçoit l’ordre de l’abattre. Aidée par deux adolescents, Lone et Sila, elle organise la fuite de

l’ours. Ils roulent vers le Nord à tombeau ouvert, des tueurs à gages à leurs trousses… Charlotte Bousquet nous offre un thriller au développement classique mais au thème original puisqu’elle situe son histoire dans le pays des Inuits avec ses croyances, ses légendes, son froid... Un thriller d’anticipation qui dénonce un monde, des êtes humains et des animaux menacés par une science dénuée de

conscience. L’auteur provoque la réflexion sur notre part d’humanité et d’animalité, où le monde est soumis aux problèmes écologiques que nous dénonçons dès aujourd’hui... Charlotte Bousquet n’en n’est pas à son coup d’essai, elle est l’auteur de nombreux romans et lauréate du Prix Merlin pour « Le Cœur d’Amarantha », les Prix Elbakin et Prix Imaginales pour « Cytheriae ».

Marc Bailly

L’ interview

© Ji-Elle

Pourquoi avoir choisi le pays des Inuits pour ton histoire ? Est-ce un « pays » qui te fascine ? Une civilisation qui t’interpelle ? Plusieurs raisons, en fait. La plus évidente : j’aime les ours, polaires ou non - et la faune arctique en général. Ensuite, la faute en revient à mon époux, Fabien Fernandez, qui pour différents projets (son album Voyage polaire et un univers de jeux de rôles), s’est plongé dans les ouvrages de Jean Malaurie sur les Inuits. De fil en aiguille, je me suis également intéressée à ces peuples qui ont subi et subissent encore la même « destruction programmée » que les Natifs américains. Enfin, l’idée du « Dernier ours » s’est précisée avec deux numéros de National Geographic : l’un consacré à l’ours polaire, avec cette image affreuse de l’ours partant à la dérive sur son iceberg (et personne ne bouge évidemment pour le tirer de là,

mais c’est une autre histoire...), condamné à mourir de faim, l’autre é v oquant les conséquences du réchauffement climatique au Groenland, « faux bienfait » puisque les gens se mettent à cultiver des pommes de terre et élever des moutons sur une terre extrêmement difficile, mal adaptée... Je ne suis pas fascinée par les Inuits et le Nord, mais j’ai eu l’impression, en me documentant sur eux, de me confronter à l’altérité, dans la mesure où leur mode de vie, de pensée est complètement différent du nôtre. Leurs contes, parfois absurdes, souvent cruels, le montrent bien. Ton héroïne connait une symbiose avec un ours polaire. Penses-tu que cela soit faisable dans la réalité ? S’il s’agit de manipulation génétique, franchement je n’en sais rien mais la science n’ayant pas nécessairement de conscience... S’il s’agit de la complicité pouvant unir un animal et un humain, cet animal fut-il au départ sauvage, oui. Mais attention, il ne s’agit pas du tout de prôner l’imprégnation, qui est en réalité une violence faite à l’animal. Il s’agit d’apprivoisement mutuel et de respect de l’autre. A ce titre, les exemples de la pianiste Hélène Grimaud, de Diane Fossey ou de Kevin Richardson sont très parlants.

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Que penses-tu des problèmes climatiques, écologiques que connaît notre Terre ? Nous sommes entrés dans la 6è ère d’extinction, la première causée par l’humain et la plus spectaculaire (en 150 ans, un nombre incalculable d’espèces a disparu, temps record quand on sait qu’il faut d’habitude plusieurs milliers d’années pour arriver à ce résultat). Cela fait très longtemps que les climatologues mettent en garde les gens - en particulier les politiques - contre les conséquences du réchauffement climatique et surtout, contre ses causes (CO2, surexploitation des forêts, surexploitation des mers, etc.). Mais jusqu’à présent, tout le monde s’en foutait. Et même aujourd’hui, entre les pays comme les USA et la Chine qui produisent à eux seuls la moitié des émissions de gaz, l’Europe qui s’enferre dans des logiques ultralibérales, au mépris de tout (humain, animaux, nature), on est mal barré. Je ne sais plus où j’ai lu qu’on avait déjà consommé ce qui était « viable » pour un an... en six mois. Il y a deux ou trois ans, il était envisagé de tout faire pour ne pas dépasser, en 2040 (je dis ça de mémoire, c’était peut-être 2020) une augmentation de 2 degrés, sauf qu’on a déjà passé cette barre. (voir page suivante)


(suite de l’interview) Cela signifie à terme plus de famines, plus de guerres... Le problème, c’est que nous vivons une crise globale : une crise née d’une frénésie de croissance et de profit au mépris de tout (à ce propos, il faut absolument lire « Un si fragile vernis d’humanité de Michel Tereschenko et « Chimères et paradoxes » de Loup Verlet) ; nous sommes formatés pour être des consommateurs (non des humains) et pour croire une logique du chiffre (mathématique, froid, rassurant... même s’il est faux), pour considérer nos intérêts égoïstes avant tout... C’est un peu l’histoire du type qui a un jardin : il « éradique » tout ce qui nuit à ses fleurs en utilisant du DDT, s’étonne que son sol soit pourri et finit par empoisonner le chat du voisin qui bousille ses maigres plates-bandes, sans une seule fois remettre en question son parcours de jardinier en herbe. Je crois qu’il est temps de se mettre dans la peau de ce type et de réfléchir à notre façon d’envisager notre rapport à ce jardin dévasté qu’est devenu la terre. Je me demande juste s’il n’est pas trop tard.

Charlotte Bousquet est-elle « active » dans la préservation de la nature ? En dehors des gestes du quotidien ? Oui, je soutiens plusieurs organisations, signe beaucoup de pétitions, et comme je ne suis pas une femme de terrain, j’essaie de faire réfléchir les gens par le biais de mes écrits - comme « Le Dernier ours, par exemple, mais aussi le cycle de « La Peau des rêves » qui montre un « après », mais aussi via mon blog ou encore des anthologies dont les droits sont reversés à des associations (un « Crépuscule des loups » 2 est en projet.) Est-ce difficile d’écrire un thriller pour la jeunesse ? Non. L’exercice du thriller est difficile, dans la mesure où il faut garder une tension durant tout un roman, mais c’est passionnant. Je pars du principe que les ados n’ont pas moins de neurones que les adultes, donc je ne fais pas de vraie différence. S’il y a des passages trop trash, mes éditeurs me demandent de rectifier le tir et voilà. Ce qui n’a d’ailleurs pas été

Une nuit, le ciel s'abat sur elle. Lola n'était pas préparée à un tel destin. Cet homme est entré dans sa vie par effraction, il s'est emparé d'elle violemment, elle a laissé faire. Par curiosité, par solitude, par espoir. Un été qui restera marqué dans sa chair à jamais. Avec ce roman tendu et troublant, dans la lignée de « Biographie d'un sexe ordinaire », Macha Méril explore une fois encore la force et le mystère du désir. Mêlant sentiments amoureux et attractions complexes, elle évoque sans tabou le plaisir féminin à travers une rencontre aussi inattendue que bouleversante.

Ce qu’il voulait de Macha Méril Albin Michel, 270p.

Connue dans un premier temps comme comédienne, Macha Méril écrit maintenant depuis quelques années et a déjà plusieurs romans à son actif. Son dernier né s’articule autour de l’éblouissement sexuel, rien moins que ça… Cela semble d’ailleurs être le point central de plusieurs de ses livres, l’amour, l’acte sexuel, la passion entre deux êtres. Mais n’est-ce pas là au fond, ce qui nous fait

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vraiment le cas avec « Le Dernier ours ». T’es-tu enfermée dans son frigo pour te mettre dans la peau des personnages niveau « froid » ? Non, j’étais en plein été... J’imagine qu’écrire sur le Groenland m’a évité d’utiliser un ventilateur ! Quels sont tes projets ? Eh bien, là, je termine « L’Aube des cendres », quatrième tome de « la Peau des rêves », qui se déroule dans un Berlin dévasté, durant un hiver de 6 mois... Ensuite, j’ai deux nouvelles historiques au menu (pour Gulf Stream), et, toujours pour Gulf Stream, une trilogie fantastique pour les 11-13 ans qui devrait m’occuper jusqu’à fin janvier. Niveau sorties : « Le Dernier ours » (Rageot thriller) le 10 octobre, « Les Chimères de l’aube » (« La Peau des rêves » 3, Galapagos) le 6 novembre, « Rouge tagada » (Gulf Stream), un roman graphique illustré par Stéphanie Rubini fin janvier 2013.

Marc Bailly véritablement avancer dans la vie ? En tous cas Macha Méril est curieuse des choses de l’amour. Le style utilisé ici est très linéaire, narratif, sans grande fioriture. Pour ma part, il manque quelque chose. Quelque chose qui rendrait ce roman un peu plus… passionnant, savoureux. Il manque ce petit quelque chose qui épice toute grande passion. Il explique comment une femme osera aller au bout d’elle-même, mais pour ma part, il ne fait qu’effleurer le sujet, très intéressant pourtant. Force est de constater que Macha Méril a voulu écrire un livre sur la passion qui brûle les êtres, celle qui rend presque fou, du moins inconscient, qui fait que l’on fait des choses sans réfléchir. Son héroïne sort totalement épuisée de son aventure avec cet homme à femmes très mystérieux. Un livre qui se laisse lire mais sans grande vraie passion.

Marc Bailly

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Elya, Les Brumes D’Asceltis T1 : Naissance de Jarry et Maconi Editions Soleil, 48p.

« L’arbre de vie n’a plus enfanté de Sylve depuis plusieurs générations. Mais alors que le peuple Scent des Arden perd son roi, un espoir renaît : l’essence du vieux monarque pourrait à nouveau féconder l'arbre de vie. Alors que la cérémonie d'Eveil bat son plein, que l'arbre de vie frémit sous l'énergie vitale du roi Scent, un conflit éclate entre ses deux fils pour la succession. Erwal le banni, assassiné son frère et ses proches. La Sylve vient au monde en plein combat, le druide qui devait l'initier est tué sous ses yeux... Terrifiée, elle s'enfuie, traquée par les chasseurs d'Erwal. Le nouveau roi des Arden à trahi les usages anciens. Il ne peut la

« A trente-trois ans, je pose mes valises et m'interroge: cela fait des années que tu cours sur les routes après un sen s; existe-il ? Parviendras-tu encore à échapper à ton époque ou céderas-tu au désenchantement ? Partir encore. Mes longues marches dans le désert ont guéri des blessures mais le mot « ailleurs » est devenu une obsession. Comme si je ne pouvais jamais revenir. A chaque retour, il me faut de nouveaux rêves pour tenir. Le voyage est devenu un esclavage. Alors j'ai compris qu'il devait servir une autre dimension : intérieure. Le véritable vagabond ne serait pas celui qui prend la route, mais celui qui part chercher son âme. Ces pages sont l'écho de cette quête ».

Manifeste Vagabond de Blanche de Richemont Editions Plon, 124p.

Blanche de Richemont nous fait part de son vécu difficile dans son roman. Elle nous parle du suicide de son frère qui fut une épreuve insurmontable. Afin d'aller de l'avant, elle décide de partir au bout du monde et d'écouter sa voix intérieure. Elle part dans le désert du Sinaï dans le but de tourner la page et d'être libérée de ses maux. Elle espère trouver un refuge pour son âme. Ce voyage apaisera son esprit mais son retour à sa vraie vie ravivera d'avantage ses souffrances et ses souvenirs difficiles. Un besoin insupportable de fuite refait écho. L'auteure partira dans le nord du Mali à la frontière de l'Algérie et se retrouvera auprès de contrebandiers. Elle réalisera que le voyage n'est pas la

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laisser vivre... » Ce premier tome lance la dynamique. Dès les premiers phylactères, on est en plein cœur de l'histoire. Pas le temps de se poser un petit peu histoire se resituer dans les personnages présentés. Tout va très vite mais dans une atmosphère très bien décrite et illustrée. On se sent transporter par l'histoire. La haine et la vengeance sont très bien décrites, autant que le courage et l'affrontement. Un premier tome qui annonce une suite prometteuse pour Elya !

Nele De Smedt

solution à son mal-être car après le départ, il y a toujours un retour. Cette idée de liberté n'était finalement qu'une illusion. Blanche de Richemont décide de vivre dans un couvent avec cinq contemplatives françaises dans la jungle en Guinée. Ce séjour lui fera prendre conscience que ce qui compte c'est d'être libre intérieurement et de garder un regard émerveillé sur notre quotidien. L'auteure réalise une œuvre très personnelle avec une approche très intimiste. A la lecture de ce roman, on a l'impression d'être entré dans sa vie très privée. Elle nous livre sans retenue ses émotions et son vécu. On ressort grandi de cette œuvre qui nous montre à quel point la paix de l'âme commence d'abord par la recherche de son moi intérieur. Ce roman est une véritable réflexion sur notre identité ! Blanche de Richemont est l'auteure de plusieurs romans, Eloge du désert en 2004, Eloge du désir en 2007 aux Ed. de la Renaissance, Pourquoi pas le silence aux Ed. Robert Laffont en 2008, Les Passions interdites aux Ed. du Rocher en 2009 et Harmonie aux Ed. Plon en 2011.

Stellina Huvenne


En direct de la quatrième de couv’

A découvert de Harlan Coben Editions Fleuve Noir, 279p.

1800 Scotland Yard T1 : Au coeur des ténèbres de Dobbs et Perger Editions Soleil, 48p.

Suite à la mort de son père, le jeune Mickey Bolitar a du s’installer chez son oncle Myron, en attendant que sa mère sorte de cure de désintoxication. Nouveau foyer et nouveau lycée pour cet adolescent. Mais aussi nouveaux amis, nouveaux ennemis et surtout nouvelle petite amie, Ashley. Alors que Mickey commence à retrouver le moral, Ashley disparaît sans laisser de traces. Déterminé à comprendre ce qui s’est passé, Mickey mène son enquête et fait des découvertes pour le moins déconcertantes. Ashley n’est peut-être pas la jeune fille discrète et timide qu’il pensait connaître... En tentant de comprendre ce qui a pu lui arriver, ce sont ses propres secrets familiaux qu’il s’apprête à découvrir. Malgré lui, Mickey plonge au cœur d’une aventure sur le point de bouleverser sa vie… Harlan Coben endosse depuis quelques années déjà le rôle de poule aux œufs d’or dans le milieu de l’édition de polar... Un milieu qui subit comme d’autres une vraie crise. L’occasion pour le Fleuve Noir de souffler le marché d’un nouveau Coben était donc trop belle... Ce qui explique pourquoi ce « A découvert », vendu dans les pays anglo-saxons

« Londres, 1890. L’inspecteur Tobias Gregson est une des valeurs montantes du Yard. Mais sa carrière serait accélérée s’il n’était pas considéré comme un humaniste trop sensible et avant-gardiste, et surtout s’il n’avait pas pour fonction principale d’être le défouloir quotidien de son supérieur Lestrade. Alors lorsqu’un transfert de prisonniers ne se passe pas comme prévu, Gregson se retrouve au placard. Un blâme qui va vite se transformer en opportunité afin de démontrer sa vraie valeur aux yeux du patron des patrons, le commissionner Fix. À la tête d’une équipe atypique réunissant un gamin des rues, ancien informateur de Sherlock Holmes, un médecin psychiatre aux méthodes atypiques ainsi que son étrange assistante, Gregson va faire alliance avec le diable : coopérer avec la pègre londonienne pour traquer deux fous extrêmement dangereux qui ont profité du fiasco de l’opération de transfert pour se volatiliser. Deux aliénés mentaux qui vont apprendre aux citoyens de Londres la signification du mot terreur. À leurs côtés, plongez à votre tour au cœur des ténèbres… »

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comme le premier roman « pour ado » de l’auteur se retrouve sous nos latitudes avec tous les atours d’un parution « grand public ». Pourtant, que l’on ne s’y trompe pas, les aventures de Mickey Bolitar, le neveu de Myron, apparu pour la première fois dans « Sous Haute Tension » paru chez... Belfond, sont bien destinées à un public de jeunes lecteurs : ambiance ado rebelle, interrogation existentielle pour la pérennité d’un amour de lycée et rythme endiablé sont les ingrédients de ce roman léger comme une bulle de savon. En excellent technicien de l’écriture, Coben affine son style, poli au maximum les aspérités - on sait à quel point la littérature pour adolescents, de l’autre côté de l’Atlantique, répond à des canons stricts - mais perd forcément en puissance. Sans compter un certain manichéisme, déjà présent en filigrane dans d’autres de ses romans, jeté ici en pleine lumière. Un roman divertissant donc... Mais la démarche du Fleuve Noir (vendre « A Découvert » comme un « nouveau Harlan Coben ») pose question.

Christophe Corthouts

« Scotland yard » nous emmène dans son univers remplit de criminalité. Les décors, l’ambiance et le dialogue d’époque sont totalement respectés. Le retour en arrière des événements donne davantage de relief à l’histoire. Grâce à cela, on a une belle dynamique qui rythme les péripéties de nos héros tout au long. Les personnages sont bien définis et riches en caractère. A s’y méprendre, on pourrait avoir le sentiment d’assister à ce qu’il se passe au sein du Yard tant les descriptions visuelles sont précises. Le coup de crayon est vif, donnant davantage de cachet aux décors et aux personnages. Par leurs traits, on a l’impression qu’ils s’animent dans la bande dessinée. On s’imprègne de la crainte et du suspense qui hante les quartiers de Londres. Néanmoins, petit bémol sur la fin où tout semble aller beaucoup trop vite. C’est comme si il n’y avait plus assez de pages et qu’il fallait arriver à une conclusion amenant l’arrivée du prochain tome.

Nele De Smedt

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille.

Le Parfum : histoire d’un meurtrier de Patrick Süskind Editions Fayard, 368p.

Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements et son âme n'avait rien. Or ce monstre de Grenouille avait un don, ou plutôt un nez unique au monde, et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes ». C'est son histoire abominable qui nous est racontée dans ce livre qui est un

Seize ans, un caractère bien trempé, rebelle et impulsive, Lola est envoyée dans cette prison démodée que les gens appellent généralement « internat ». Situé au cœur d’une immense forêt plus qu’inaccessible, l’endroit regorge de personnes étranges et décalées. Comme le directeur, un homme fou et redouté ou ses quatre fils, des adolescents n’ayant droit qu’à des nombres en guise de nom. Bien évidement, elle va s’attacher à l’un des frères, vouloir comprendre son renfermement, sa rage... Et se frotter à des secrets qu’il vaudrait mieux ne jamais entrevoir.

Les yeux mauves de Alice Mana Editions Cogito Ergo Sum, 250p.

Voilà un roman fort surprenant. Le récit oscille constamment à la lisière de plusieurs genres. Le thriller grâce à un réel sens de l’intrigue et les multiples rebondissements, l’anticipation de par la trame traitant du clonage, le fantastique en ce qui concerne l’atmosphère oppressante de certains passages. Ce roman, qui est un one shot de 250 pages, est complet. Il procure plaisir, frissons, tient le lecteur en haleine… Les personnages sont très visuels et on pourrait les croire directement sortis de mangas sombres. Ils sont torturés, entiers, tantôt victimes tantôt bourreaux. Aucun d’entre eux n’est lisse. Chacun possède une personnalité propre et profonde. Ils sont parfois attachants, comme Lola qui peut se montrer parfois exaspérante par son côté peste rebelle, ou tout simplement inquiétants tel Nathan Valneur qui est le personnage autour duquel s’ancre le roman. Ce

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best-seller mondial. Patrick Suskind est né en 1949 à Ambach, en Bavière. Après avoir étudié l'histoire et la littérature à Munich et à Aix-en-Provence, il travaille comme scénariste à la télévision et est également l'auteur de la pièce de théâtre « La contrebasse » qui sera joué régulièrement en Allemagne et à Paris avec Jaques Villeret en tête d'affiche. Patrick Suskind : Le parfum, histoire d'un meurtrier, titre original « Das Parfum, die Geschichte eines Mörders », traduit en français par Bernard Lortholary, Edition Fayard.

Loïc Bertiau

directeur d’internat est une sorte d’archétype de personnage haïssable et, pourtant, intriguant. Ses fils sont tout aussi énigmatiques que lui et ce dès le départ. Leurs caractéristiques physiques (sur lesquelles on retrouve également la patte des films de japanimation) ou leurs dissemblances psychologiques donnent au récit une grande part d’intérêt. On se trouve au centre d’un gigantesque chassé-croisé entre Nathan Valneur et ses enfants sans nom. Le roman est destiné aussi bien à un public adolescent qu’à un public adulte. Et voici l’élément peut-être le plus surprenant de cette chronique : l’auteure, Alice Mana, n’a que 14 ans ! Au vu de la maîtrise dont elle fait preuve tout au long de son histoire, on a peine à croire à son jeune âge. Je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans « Les yeux mauves » ! Pour ma part, je suivrai de près le parcours de cette auteure qui nous réservera certainement de belles surprises !

Frédéric Livyns


s i u p 12 e d 20 e e i r r i a b o r t b i c l o En 24 le 45

30 octobre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Agenda Cinéma Les sorties (Belgique) 31 octobre 2012

7 novembre 2012

Looper de Rian Johnson(Science-fiction) Un plan parfait de Pascal Chaumeil(Comédie) Paranormal Activity 4 de Henry Joost(Horreur) Bachelorette de Leslye Headland(Comédie) Je veux vivre (Now is good) de OI Parker (Drame) Une famille respectable de Massoud Bakshi (Drame)

Bait 3D de Russell Mulcahy (Horreur) Argo de Ben Affleck (Thriller) Sinister de Scott Derrickson (Horreur) Reality de Matteo Garrone (Drame) Tango Libre de Frédéric Fonteyne (Romance) Nous York de Géraldine Nakache (Comédie)

Scènes Les pièces Bruxelles et environs Les bonnes intentions au Théâtre de Poche du 10/11/12 au 24/11/12 Les Monologues de la Marijuana au théâtre de Poche du 21/10/12 au 31/10/12 La vie c’est comme un arbre au TTO du 01/11/12 au 01/12/12 Il n’y a pas de sot métier au TTO du 05/11/12 au 03/12/12 O’Sister au théâtre des Riches Claires du 06/11/12 au 24/11/12 Le Brasier au théâtre des Galeries du 24/10/12 au 18/11/12 On vit peu mais on meurt longtemps au théâtre des Martyrs du 08/11/12 au 23/11/12 Antigone au Théâtre des Galeries du 24/10/12 au 18/11/12 Des jours trop longs au Théâtre Blocry (ATJV) du 06/11/12 au 23/11/12 Sous le ciel de Paris au XL Théâtre du Grand Midi du 06/11/12 au 10/11/12 Heroes (just for one day) au Théâtre National du 06/11/12 au 17/11/12 Kiss & Cry au Théâtre National du 06/11/12 au 11/11/12 Happy Slapping à l'Atelier 210 du 06/11/12 au 24/11/12 Dizzylez & Skub au Théâtre 140 du 06/11/12 au 08/11/12 Emily Loizeau au Théâtre 140 le 09/11/12 Oldelaf au Théâtre 140 le 10/11/12

Paris Michaël Gregorio au Bataclan du 04/10/12 au 05/01/13 Les Menteurs (Chevalier et Laspalès) au théâtre de la Porte Saint-Martin à partir du 07/09/2012 Volpone ou le Renard au théâtre de la Madeleine à partir du 12/09/2012 Doris Darling au théâtre du «petit» Saint-Martin à partir du 14/09/2012

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Le Suricate - Cinquième numéro