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CÔTÉ PATRIMOINE


HISTOIRE

DE BOURG SAINT MAURICE À l’époque gallo-romaine, Bourg Saint Maurice se nommait Bergintrum. La ville était située sur le passage de la voie romaine qui menait de Vienne (Isère) à Milan (Italie) et à proximité d’un ruisseau appelé Bergenta (actuellement un quartier de la ville a pris le nom de Bourgeat). Au Moyen Âge, la paroisse était désignée sous l’appellation de Ecclesia Sancti Mauricii, saint Maurice étant son saint patron. Ce n’est que vers le XVe siècle qu’on trouve le mot bourg sous la forme de burg (gros village ou bourg fortifié). Burgum sancti Mauricci devient donc le Bourg Saint Maurice. En 1794, les révolutionnaires la rebaptisent Nargue-Sardes de par la proximité de sa frontière avec les États de Savoie. L’appellation Bourg Saint Maurice n’apparaît qu’à la fin du XIXe siècle.

Concours de ski, dans les années 50.

Au cœur de la Haute-Tarentaise, Bourg Saint Maurice allie pour le plaisir de chacun tourisme et traditions : églises et chapelles baroques, vie traditionnelle dans les alpages, architecture d’autrefois ou d’avant-garde… autant d’invitations à découvrir les mille et une facettes d’une Savoie parfois méconnue. VISITES Directeur de la publication Les Arcs - Bourg Saint Maurice Tourisme Rédacteur en chef J.-M. Chevronnet Comité de Rédaction Association patrimoine Borain | A.-M. Bimet | J.-M. Chevronnet | G. Rey-Millet | R. Vallat | D. Vialard | M. Viallet-Détraz | P. Vidonne. Crédits photos OT Les Arcs - Bourg Saint Maurice | Archives Les Arcs | Archives communale de Bourg Saint Maurice | A.-M. Bimet | J. Calop | J. Canova | J.-M. Chevronnet | C. Chneider | S. Clement / Arpin | M. Gaimard | S. Godin | C. Godino | J. Jarre | N. Joly | T. Lacour | C. Madamour | M. Marchand | P. Marot | M. Reyboz | J. Rivière | Syndicat de défense du Beaufort (L’atelier S. Madelon) | J.-Y. & R. Vallat | D. Vialard | L. Villien | DR. Création graphique N. Blanchet Illustrations I. Desse | Pic Bois. Remerciements A. Coppi | Archives communale de Bourg Saint Maurice | Filature Arpin | Syndicat de défense du Beaufort. Imprimerie L’Edelweiss | Imprimé sur papiers issus de forêt à gestion durable Document non contractuel

Le tarif et les jours des visites sont présentés dans le programme hebdomadaire d’animation disponible dans les offices de tourisme de Bourg Saint Maurice / Les Arcs.

En couverture : Arc 1600, la piste et le téléski de La Cachette, hiver 1968-69

Les armoiries de Bourg Saint Maurice • A u centre la Croix de Savoie sur laquelle est apposée la croix tréflée de Saint Maurice, • Les initiales SM pour Saint-Maurice, • L’étoile du berger à cinq branches, • Un épi de blé (l’agriculture) disposé entre deux clochettes (l’élevage), • Un casque Romain avec un cimier rappelant que Saint Maurice était le chef d’une légion romaine, • Un sapin évoquant la forêt. Saint Maurice Saint Maurice vivait à l’époque romaine et commandait la légion Thébaine, une troupe composée d’environ 6000 soldats chrétiens. Passant par les Alpes, l’Empereur Maximilien Hercule voulut offrir un sacrifice à Jupiter, la divinité du lieu, afin de pouvoir continuer son voyage sans encombre. La légion Thébaine refusa de participer à ce culte païen et préféra mourir. Peu après, on fit construire une abbaye à proximité du lieu du martyr. Au XV e siècle, Saint Maurice fut choisi comme saint patron de la Maison de Savoie et son culte se répandit également dans tout le Valais et le Val d’Aoste.

Statue de Saint Maurice, chapelle de Vulmix, XVIIIe siècle.

La Grande Rue, au début du XXe siècle.

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La tour de Rochefort, dans les années 1930.

PARCOURS DU PATRIMOINE BORAIN

2 • La tour de Rochefort Édifiée entre le XIIe et le XIIIe siècle sur un promontoire, près de la voie romaine, elle est l’unique vestige d’une demeure féodale autrefois entourée de fossés et de tours. En effet, à la fin du XVIe siècle des coulées de boue ont recouvert cette demeure seigneuriale occupée alors par la seigneurie Rochefort-Villaraymon.

Le parcours du patrimoine borain est une invitation à la découverte du bourg à l’aide de douze panneaux disséminés dans la ville. DURÉE 1H30-2H | VOIR PLAN PAGE 9.

1 • Coopérative laitière de Haute-Tarentaise À l’époque romaine, Pline faisait l’éloge des différents fromages de Tarentaise et vante la qualité des vaches laitières. Au Moyen Âge, on fabrique le vachelin. Dès le XVIIIe siècle, c’est la fabrication de la grovire. Au XIXe siècle, l’agriculture et l’élevage sont les principales ressources de la vallée de Haute-Tarentaise. En 1888 est constitué le Herd-book de la race tarine (description officielle des caractéristiques des races bovines). En 1891 se tient déjà à Bourg Saint Maurice le concours spécial de la race bovine.

Le pré de foire, début du XXe siècle.

En 1894, une fruitière-école est créée à Bourg Saint Maurice qui a pour fonction de former au métier de fromager. (Le terme fruitière signifie : fruit, résultat du travail en commun d’un village ou d’un hameau). Dès 1921, les comices se développent. Dans chaque hameau et au bourg, les éleveurs se regroupent et créent des fruitières pour fabriquer le fromage. De 1960 à 1964, une récession économique survient. Les produits agricoles

se vendent mal. À partir de 1964, une partie des fruitières de village est fermée et toute la production de la commune est rassemblée à la fruitière du chef-lieu qui prend le nom de Coopérative laitière de Haute-Tarentaise. L’AOC Beaufort n’est obtenue qu’en 1968 (aujourd’hui AOP). Antoine de Castex est né en 1915. En juin 1940, il rentre dans la Résistance avec Jean-Marie Bulle contre l’invasion italienne. Il est tué le 22 juin 1940 au Col de la Seigne (col se trouvant à la frontière italienne dans la vallée des Chapieux). PRENDRE LA DIRECTION DE L’AVENUE PLACE DE CASTEX |

ANTOINE BORREL.

Né en 1878, journaliste et homme politique. Député (1908), puis Sénateur de la Savoie (1931-1940), Président du Conseil général de la Savoie (1920-1940), Sous-Secrétaire d’État. Il lutta contre le dépeuplement des campagnes, le chômage et favorisa le développement du tourisme. Il fonda les États Généraux du Tourisme en Savoie.

AVENUE ANTOINE BORREL |

La fruitère-école : élèves et professeurs, 1931.

LA SEIGNEURIE DE VILLARAYMON | Elle était en 1270 la propriété de Jacob Villario Aymonis. Elle passe ensuite aux Bovet d’Aime, puis aux Gilly (à la fin du XVe siècle). Enfin, suite à des alliances avec les Rochefort les deux titres furent réunis. En 1640, la seigneurie passa aux Chapel, puis aux Savoiroux.

3 • La chapelle de La Trinité

4 • Le quartier de La Bourgeat Ce quartier « hors du bourg » délimité par le Charbonnet était autrefois un quartier essentiellement agricole qui regroupait de nombreuses fermes entourées de vergers. La présence de deux bassins ou bachals (l’adze) atteste encore de cette activité. Le torrent du Charbonnet, autrefois appelé Bergentra, alimentait un moulin à huile et à grains et plus tard la Maison de l’électricité (premier fournisseur de la commune). PRENDRE LA DIRECTION DE LA RUE DE LA BOURGEAT, LA MONTÉE DES CAPUCINS PUIS LA RUE DESSERTEAUX.

Le village de La Trinité était autrefois situé « au-delà du Bourg, dans la plaine, vers le chemin allant à Séez ». Construite vers 1789, elle remplace une autre chapelle placée sous le vocable de la Sainte-Trinité, détruite en 1764 suite à une inondation. PRENDRE LA DIRECTION DE LA RUE DE LA BOURGEAT.

La montée des Capucins, fin du XIXe siècle. RUE DESSERTEAUX | Nom d’un capitaine

du 70e Bataillon Alpin de Forteresse, qui en 1940 se rend célèbre en défendant, contre les Italiens, le fort de la Redoute- Ruinée (situé au-dessus de la station de la Rosière de Montvalezan). Il meurt en Indochine en 1947.

5 • Le Clos des Capucins En 1627, se trouvait à cet emplacement, un couvent ou hospice érigé grâce aux aumônes des habitants de la vallée. Cette communauté n’excédait pas 12 religieux, suite à la disposition du pape Urbain VIII. Le Clos des Capucins refermait le couvent, une chapelle, un jardin et un grand verger. Ce domaine, vendu comme Bien national sous la Révolution française, devient en 1880 une école tenue par les Frères des écoles chrétiennes. Aujourd’hui, il subsiste une école maternelle et primaire privée, l’école Sainte Bernardette. PRENDRE LA DIRECTION DE LA PLACE MARCEL GAIMARD.

L’école au temps de l’institution libre, début du XXe siècle.

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La Maison des Têtes, au début du XXe siècle.

6 • Hôtel de Ville et Place Marcel Gaimard

Portes anciennes

8 • Quartier du Haut-Bourg

Porte en noyer du XIXe siècle décorée d’une rosace sculptée. PRENDRE LA DIRECTION DU N° 133.

Ce quartier a subi plusieurs modifications. Le Monument aux morts construit en 1922 à l’emplacement d’une grenette (marché couvert) a donné son nom à l’actuelle place autrefois appelée place des Clarisses, place Napoléon, place de la République puis place Grenette. Une partie de ce quartier est en cours de remodelage depuis 2016. Plusieurs bâtiments ont été démolis : l’ancien hôpital-hospice Saint-Michel, le Centre Jean-Moulin (qui était à l’origine l’infirmerie militaire) pour faire place à des bâtiments plus fonctionnels et permettant de regrouper des services dédiés à la population : école de musique, médiathèque, résidence pour personnes âgées et résidence de logements privés.

N° 121 GRANDE-RUE |

Avant le rattachement de la Savoie à la France en 1860, cette place portait le nom de Charles-Albert, souverain du royaume de Piémont-Sardaigne. En 2001, la municipalité décide de rendre hommage à son ancien Maire (de 1971 à 1989), décédé en avril 2001, en rebaptisant cette place Marcel Gaimard. Le précédent Hôtel de Ville construit en 1929, et bombardé en juin 1940, a été remplacé en 1953 par le bâtiment actuel réalisé par l’architecte Raymond Pantz. Il est labellisé Patrimoine du XXe siècle. QUI ÉTAIT CHARLES-ALBERT ? | Né en 1798,

Charles-Albert de Savoie-Carignan est d’abord prince puis roi de Sardaigne de 1831 à 1849. Sa vie est liée à l’histoire de la Savoie : roi populaire en Tarentaise, il donne son nom à l’actuelle ville d’Albertville (1836). PRENDRE LA DIRECTION DE LA GRAND-RUE.

Belle porte à double battant du XIXe siècle ornée de deux lions affrontés. Grille en fer forgé de 1880. Décors en pointe-dediamant. PRENDRE LA DIRECTION DU N° 170.

N° 133 GRANDE-RUE |

7 • Maison des Têtes N° 92 GRANDE-RUE | Cette maison de la fin du XIXe siècle appartenait à la famille Delponti. Né en 1820, Giovanni Delponti, a suivi des études de sculpture sur bois à l’école de Varallo (Val Sesia). Il a mis 30 ans pour réaliser l’ensemble des sculptures en stuc qui ornent la façade. Au centre, le sculpteur s’est représenté avec sa femme portant la coiffe de tarine, ainsi que des personnages qu’il devait affectionner. Il semble, d’ailleurs, qu’on reconnaisse des têtes célèbres... Les lignes verticales sont marquées par des médaillons représentant des lions et par des volutes. Les linteaux des fenêtres sont décorés de cornes d’abondance, les corniches de soustoiture de figurines mythologiques et de médaillons.

L’Hôtel de Ville, dans les années 1930.

Longtemps rue principale et route nationale de Bourg Saint Maurice, la Grande-Rue a conservé des éléments architecturaux intéressants : des portes sculptées, des ferronneries et des anciennes devantures de magasins à découvrir en flânant. Les constructions actuelles sont en général édifiées sur d’anciennes maisons ensevelies au cours des siècles. LA GRANDE-RUE |

La place Charles Albert, au début du XXe siècle.

Portes anciennes Porte du XVIII e siècle en noyer avec imposte en fer forgé et linteau en pierre portant les inscriptions suivantes : • les dates de 1651 et 1709 (construction et restauration de la maison), • les initiales IHS (monogramme du Christ) et celles des premiers propriétaires de la maison : B (Blanche) et R (Rullier). Ce linteau de porte a survécu aux diverses crues de l’Arbonne et à l’incendie qui a ravagé une grande partie de Bourg Saint Maurice à la Révolution française.

N° 21 GRANDE-RUE |

Belle porte en noyer du XIXe siècle composée de deux panneaux sculptés : losanges et décors floraux, rosaces et décors en pointe-de-diamant. Imposte en fer forgé. PRENDRE LA DIRECTION DU N° 196. N° 170 GRAND-RUE |

N° 196 GRAND-RUE | Une dernière belle

porte à double battant du XIXe siècle : deux panneaux sculptés en platebande. Imposte en fer forgé. PRENDRE LA DIRECTION DE LA PLACE DU MONUMENT

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AUX MORTS.

1 • Place Grenette et église, avant 1922. 2 • L ’ensemble hôpital militaire – hôpital civil, vers 1930. 3 • L e nouvelle hôpital, vers 1935.

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3 Chasseurs alpins au sommet de la Grande Rue.

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1 RUE JEAN-MOULIN | Né en 1899 Jean Moulin a été sous-préfet d’Albertville, puis préfet de Chartres. Grand « rassembleur » de la Résistance autour du Général de Gaulle, il est livré par trahison et meurt en 1943, en déportation.

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12 • Gare ferroviaire 10 • Lavoir communal et fontaine

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Le lavoir est construit en 1942 selon les plans de l’architecte Raymond Pantz (architecte de l’Hôtel de Ville). La fontaine circulaire servait à abreuver le bétail. Elle était autrefois en face de l’Hôtel de Ville, sur la place Charles-Albert. PRENDRE LA DIRECTION DE LA ROUTE DE MONTRIGON.

Cette avenue a été baptisée en commémoration de l’anniversaire du centenaire du rattachement de la Savoie à la France en 1860. Un des principaux artisans du rattachement fut Alexis Billet (17831873), originaire des Chapelles, devenu évêque de Maurienne, archevêque de Chambéry puis cardinal. RUE DU CENTENAIRE |

L’église, au début du XXe siècle.

9 • Église Saint-Maurice-d’Agaune et son clocher L’ancienne église devenue insalubre a été démolie en 1844 pour faire place à la nouvelle église. Seul le clocher rasé en 1794 sous l’ordre du conventionnel Albitte, puis reconstruit en 1812, a été conservé. C’est la raison pour laquelle il est indépendant de l’église. Celle-ci est consacrée le 10 octobre 1852 par Mgr Turinaz, évêque de Tarentaise. Le roi de Sardaigne, vivement intéressé par sa

construction, choisit un style néoclassique sarde et mandate un ingénieur et des artistes de sa cour. Ainsi, le peintre Giovanni Marghinotti réalise les deux grandes toiles de saint Joseph à l’Enfant et la Vierge à l’Enfant. Giovanni Delponti est l’auteur de la chaire et des fonts baptismaux. REDESCENDRE LA GRANDE RUE, PUIS EMPRUNTER LA RUE SAINT-MICHEL ET DESCENDRE LA RUE JEAN-MOULIN.

11 • Espace Le Savoy

1 • La construction de la gare, vers 1913. 2 • L ’avenue de la gare, dans les années 1960. 3 • L e départ de l’Express, dans les années 1920.

Esquisse du projet préparatoire de la salle des fêtes, Henry Maréchal, 1954.

AVENUE DE LA GARE | Réalisée en 1933 à l’emplacement d’anciens vergers et jardins, cette avenue permet de relier le nouveau quartier de la gare avec celui de l’Hôtel de Ville.

Parcours et textes réalisés par l’association TRADITIONS ET PATRIMOINE BORAINS, le service ARCHIVES & PATRIMOINE et l’ OFFICE DE TOURISME DE BOURG SAINT MAURICE.

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Suite à la destruction de la salle des fêtes lors du bombardement de juin 1940, il a été décidé de la reconstruire dans un ensemble comprenant également le cinéma, la perception et les bains-douches, selon les plans de l’architecte Henry Maréchal. Inauguré en 1958, cet ensemble labellisé Patrimoine du XX e siècle a pris récemment le nom Espace Le  Savoy et comprend des salles de spectacle et de réunions. DESCENDRE L’AVENUE MARÉCHAL-LECLERC.

Construite en 1913 et inaugurée l’année suivante, elle marque le terminus de la ligne de Saint-Pierre d’Albigny / Bourg Saint Maurice. Elle a contribué au développement économique de la vallée et fut agrandie à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver de 1992 avec l’adjonction d’une gare routière. • 1986 – Inauguration de la rame TGV Atlantique Bourg Saint Maurice. • 1997 – Arrivée de l’Eurostar venant de Londres. • 1 998 – Arrivée du Thalys venant d’Amsterdam-Bruxelles.

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1. Coopérative laitière de Haute-Tarentaise 2. Tour de Rochefort 3. Chapelle de la Trinité 4. Quartier de La Bourgeat Ruine médiévale

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Édifices religieux

5. Clos des Capucins 6. Hôtel de Ville et place Marcel-Gaimard 7. Maison des Têtes 8. Quartier du Haut-Bourg Histoire

9. Église Saint-Maurice-d’Agaune 10. Lavoir communal et fontaine 11. Salle des fêtes et cinéma 12. Gare ferroviaire Agriculture et tradition

Label Architecture du XXe siècle

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LE PATOIS

Notre patois n’est plus guère parlé, mais il survit, entre autres à travers ces noms qui nous rappellent implicitement son existence.

FRANCOPROVENÇAL

Villages, lieux-dits, sommets et ruisseaux

Le cirque du Rognaix ou Roignaix (2995 m), dans le massif du Beaufortain.

LE CHÂTELARD (VILLAGE SUR

LE ROGNAIX (SOMMET QUI DOMINE

MALGOVERT (FORÊT

LA ROUTE DES CHAPIEUX)

BOURG SAINT MAURICE)

SUR LE VERSANT DES ARCS)

Du latin castellum, poste fortifié, rempart, lieu habité et fortifié… puis castellarium. Logiquement, on édifiait ces constructions sur des promontoires ou des mottes élevées. Le mot a évolué en patois en Tsassèlòr. « Castellarium ne désigne pas, au sens propre, un château (castrum ou castellum), mais une agglomération de maisons, un village ou bourg auprès d’un château. »2

Du patois Rònyeuye qui gronde, en rogne, de mauvaise humeur. Sommet qui reçoit souvent les orages. Les cartes écrivent improprement Roignaix.

Probablement du patois Mògòvér, mal gouverné. Au Moyen Âge, Bourg Saint Maurice relevait du Marquisat de Saint Maurice alors que Séez dépendait du Comté de la Val d’Isère. Ces deux seigneuries se partageaient la forêt de Malgovert, ce qui a donné lieu à de nombreux conflits. Pour régler ces litiges incessants, le Sénat de Savoie, fit placer en 1675, des bornes gravées aux armes des deux seigneurs. Deux bornes armoriales sont encore visibles : l’une proche de la centrale électrique et l’autre près du hameau de Courbaton.

Entre langue d’oïl et langue d’oc La zone du francoprovençal se déploie entre le domaine d’oïl au nord et celui d’oc au sud. Elle concerne trois pays : la France avec les deux Savoie, le sud du Jura (Bugey, pays de Gex, Franche-Comté), la Bresse, le Lyonnais et le nord du Dauphiné ; l’Italie avec le Val d’Aoste et les vallées alpines du Piémont ; la Suisse romande. Une langue romane riche de plusieurs héritages

TRÈVES (LIEU-DIT ENTRE

L’histoire du francoprovençal commence avec la conquête romaine et la latinisation des populations ceutrones qui vivaient dans nos vallées. Au fil des invasions, Burgondes et Francs laisseront aussi des traces dans cette langue qui « a évolué plus ou moins différemment d’une communauté à l’autre, ceci au cours d’une histoire qui a duré environ quinze siècles, donnant la diversité des patois actuels »1.

Nouhon patòè Y’é nouhon prèdjé Y’é nouha linva, bèla, lèvèta En’ plahi d’aplatò lu mòte, le lè fè danhié su lèz òlè dè la pinché, Én’ fachin an che bèla mouzeka… Agouha-la aouè lèz euèlyè Asseûa son flò pè lè tsaré- du vladzò, lò flò d’an vya dza ya…

BOURG SAINT MAURICE ET SÉEZ)

Le village du Châtelard, au début du XXe siècle.

Patois & toponymie Pour comprendre un nom de lieu, il faut très souvent se référer à sa forme patoise. En effet, avec la naissance de la cartographie, les noms originels ont dû être francisés pour l’écriture et ont souvent été défor-

Notre patois C’est notre parler C’est notre langue, belle, légère Au lieu d’aplatir les mots, elle les fait danser sur les ailes de la pensée, En faisant une si belle musique… Goûte-la avec les oreilles Sens ses effluves à travers les ruelles du village, effluves d’une vie déjà partie…

més, perdant ainsi leur sens. Derniers témoignages des époques lointaines, les noms de lieux nous apportent de précieuses informations sur la géologie, le climat, la végétation, un événement historique...

Du patois trèviè, de vi, sentier, route. Le mot dérive du latin trivium : à l’époque romaine, carrefour entre trois chemins : celui de Bourg  Saint  Maurice, des cols de l’Iseran et du Petit Saint Bernard. LE NANTET (RUISSEAU QUI TRAVERSE LA VILLE DE BOURG SAINT MAURICE)

Du patois nan (orthographié nant en français), mot hérité du celte désignant un ruisseau ou un torrent, le nantet étant un diminutif.

LE CLAPEY (AIGUILLE AU-DESSUS DE SÉEZ)

Le patois klapèye dérive d’un radical préroman klappo : roche, pierre, se rattachant lui-même à une racine verbale klapf  : fendre. Il désigne un amoncellement de rochers, de grosses pierres provenant d’un éboulement ancien, toujours très visible. LANCEBRANLETTE (SOMMET DOMINANT LE COL DU PETIT SAINT BERNARD)

Semble venir du patois lantsi branlèta. Une lanche est une « bande de terrain escarpée, étroite, mais unie et gazonnée, qui s’élève en pointe entre des ravins, des torrents ou des crêtes »3. La branlèta désigne la ciboulette sauvage.

Anne-Marie Bimet 1. Découvrir les parlers de Savoie. G. Tuaillon. 2. Dictionnaire des noms de lieu de la Savoie. A. Gros. 3. Lieux en mémoire de l’alpe. H. Bessat & C. Germi.

LE GROUPE DES PATOISANTS LU BARTAVÈ DU BÒRH (Les Bavards de Bourg) de l’association TRADITION ET PATRIMOINE BORAINS, travaille pour recueillir et mettre en lumière ce précieux patrimoine linguistique qui risque de tomber dans l’oubli.

(Pour lire le patois, tenir compte de l’accent tonique qui porte sur la voyelle soulignée. Sinon, accentuer la dernière syllabe comme en français.) La statue de Saint-Bernard des Alpes & la pointe de Lancebranlette (2936 m) à la frontière italienne.

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LE COSTUME

& LES BIJOUX DE HAUTE-TARENTAISE Il n’existe pas moins d’une vingtaine de costumes traditionnels en Savoie, chacun ayant ses particularités, coiffes, châles… Aujourd’hui dans les villages de Haute-Tarentaise, le costume traditionnel et sa coiffe appelée la « frontière », ne sont plus beaucoup portés. Dentelles, rubans, broderies, fils d’or… Cette coiffe à trois pointes est indissociable de la couèche qui est la coiffure. Ce sont les cheveux tressés d’une manière particulière avec un ruban de chanvre puis recouverts d’un ruban de velours, qui sont ramenés en couronne à l’arrière de la tête et fixés à la coiffe par des épingles à têtes noires. La « modestie », plastron blanc faite de bandes de dentelle tuyautées ou plates, est fixée à l’aide d’épingles sur le devant de la robe. Celle-ci mettra en valeur la croix et le cœur portés sur un ruban ou une chaîne. Le châle en pointe, fixé sur la collerette, doit présenter deux plis creux sur les épaules et border la modestie d’une façon harmonieuse. La robe est la base du costume puisque tous les éléments sont maintenus sur celle-ci par des épingles à tête noire.

Ferrer sa femme...

Richesse & diversité

Quand un jeune homme choisissait sa future épouse, il devait lui offrir un certain nombre de bijoux : croix, cœur, boucles d’oreille, bague… dont le nombre et la beauté dépendaient de la richesse de la famille. Cette coutume datant du Moyen Âge s’appelait « ferrer sa femme » ; époque durant laquelle les non nobles ne pouvaient pas porter des bijoux d’or et où le seul artisan sachant travailler le fer n’était autre que le maréchal-ferrant.

Pour comprendre une telle diversité et richesse de ces bijoux qui composent le trousseau des jeunes filles, il est nécessaire de se replacer dans le contexte culturel et politique de cette époque. La Savoie, par sa situation géographique, subissait les influences des royaumes de PiémontSardaigne, de France et d’Autriche. Dès 1650, on retrouve les traces d’orfèvres, auteurs d’ornements d’églises, de plats, de couverts en Mariage en costume, 1920.

argent destinés à la noblesse et à la bourgeoisie. Ce n’est que vers la fin du XVIII e siècle que les bijoux deviennent accessibles aux gens des campagnes (croix en argent, puis en or, généralement petites et légères). Au XIXe siècle et surtout à partir de 1820, les bijoux sont de plus grande taille et accompagnent l’évolution du costume pour arriver aux somptueuses croix fleuries, aux bracelets, broches, le tout finement travaillé. Les bijoux de Savoie surprennent tant par leur richesse que par leur

diversité : chaque vallée ayant des bijoux différents, parfois d’une commune à l’autre. Aujourd’hui ces bijoux sont fabriqués à Bourg Saint Maurice dans la plus pure tradition et les mêmes techniques des XVIIIe et XIXe siècles. VISITE ESPACE SAINT ÉLOI

Au cœur du village de Séez une ancienne forge présente trois espaces d’exposition : le travail ancestral du forgeron, un atelier de bijoutier et une introduction à l’art baroque savoyard. À découvrir : une collection unique de plus de 200 bijoux de Savoie (croix, cœurs, broches…). Des démonstrations régulières permettent de découvrir les savoir-faire des artisans du métal. 3, RUE SAINT-PIERRE, SÉEZ 04 79 40 10 38 | 04 79 41 00 15

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TRADITIONS & SAVOIR-FAIRE L’habitat et sa fonction

VISITES

Les maisons à colonnes

DE PIERRES, DE LAUZE ET DE BOIS

Dans chaque village, les maisons étaient serrées les unes contre les autres, parfois autour d’une chapelle rustique ou d’une église paroissiale. Solides, fonctionnelles et harmonieuses, elles étaient adaptées à la rigueur du climat montagnard, utilisant des matériaux locaux, tels la pierre, la lauze ou le bois. Les murs de pierres sèches (80 cm à 1 mètre d’épaisseur) étaient coiffés d’une robuste charpente de bois pour supporter le toit de lauze et la masse importante de neige de l’hiver. Chaque famille possédait plusieurs maisons de 1000 à plus de 2000 m. Ces « remues » successives permettaient au

bétail et aux hommes de s’installer à diverses altitudes en fonction de l’avancement de la végétation. Au rez-de-chaussée, le bétail hivernait dans la partie nord (côté amont) et les personnes séjournaient dans la partie sud (côté aval). Cette pièce unique où cohabitaient bêtes et gens s’est peu à peu transformée en deux pièces distinctes, l’étable et le coin cuisine séparés par un grillage ou une cloison à claire-voie. Au premier étage, on trouvait une chambre à coucher, un grenier et une grange. Les balcons (galeries) permettaient le séchage du foin et des céréales et le stockage du bois.

La vie pastorale autour d’un chalet, vers 1920.

Les maisons à colonnes autour de Bourg Saint Maurice sont bien souvent l’œuvre de maçons venus du Piémont italien. Le bois se faisant rare, ceux-ci privilégiaient la pierre pour édifier des murs et la lauze pour couvrir les toitures à faible pente.

Si ce procédé de construction est esthétique, il a surtout été utilisé pour son côté pratique. Des colonnes maçonnées (2  à 6 m de hauteur selon les maisons) supportent la toiture lourde et débordante créant ainsi des espaces de circulation à l’abri des intempéries : séchage du foin ou du bois… Lorsque la pente est forte, ces colonnes peuvent cependant atteindre une dizaine de mètres de hauteur.

Les barillons de foin Utilisés autrefois pour transporter le foin des prés à la grange, les barillons (le « trèpon » en patois) demandent du temps et du savoirfaire. Aujourd’hui la faux est souvent remplacée par la moto faucheuse et le mulet par le « transporteur »… mais la technique du barillon est toujours utilisée dans les endroits les plus difficiles d’accès. Le ramassage des foins sur le versant des Arcs, dans les années 50.

Par une sage adaptation aux paysages, à la rudesse du climat et grâce aux savoir-faire de ses habitants, l’architecture traditionnelle des villages de montagne a gardé toute son originalité. Une promenade au gré de ses ruelles. FILATURE ARPIN, 200 ANS D’HISTOIRE

Fondée en 1817, la fabrique de drap Arpin est le témoin d’une industrie textile présente dans les vallées alpines depuis le début du XIX e siècle. La visite des ateliers retrace cette épopée des maîtres lainiers. Elle permet également de découvrir toutes les techniques : cardage, filage, tissage... sur des machines classées Monument Historique. 2, RUE DE LA FILATURE, SÉEZ | 04 79 07 28 79

Le hameau de Vulmix, au début du XXe siècle.

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LES VERGERS DE TARENTAISE Les pommes de Tarentaise, une histoire oubliée En Tarentaise, l’arboriculture fruitière est une pratique ancienne : elle occupait une place importante dans l’agriculture traditionnelle, même si celle-ci était avant tout pastorale. Dans la mappe sarde de 1730 (cadastre de l’époque), apparaissent un nombre impressionnant de vergers s’étageant jusqu’à 1250 m d’altitude. En 1837, un pari du Duc de Savoie contre le Duc de Gênes met la pomme tarine à l’honneur : il s’agissait de présenter le plus beau fruit de leur duché respectif et la pomme Reinette Franche de Villette en Tarentaise l’emporta sur l’orange présentée par le Duc de Gênes ! En 1929, aux Allues, un rapport agricole mentionne l’existence de 1500 pommiers à cidre, 450 autres pommiers et 230 noyers, chiffres importants qui soulignent la place substantielle des arbres à fruits dans

l’économie traditionnelle. À cette époque, la Tarentaise est la principale région de production fruitière de Savoie (2/3 des pommes et poires à cidre, 1/2 des pommes à couteau). Depuis l’arrivée du train en Tarentaise (1914 à Bourg Saint Maurice), des wagons de pommes Reinette, Calville, Franc-Roseau partaient vers Paris ou l’Algérie. Mais, dans le « Catalogue des variétés commercialisables » édicté en 1943 sous le gouvernement de Vichy, elles furent évincées au profit des variétés anglosaxonnes, arrivées en masse dans les années trente. Golden, Starking, Granny Smith occupent bientôt 90 % du marché. La production de fruits locaux redevient avant tout familiale même si, depuis 1986, certaines variétés anciennes peuvent à nouveau être commercialisées.

Au verger, automne 1952.

Le pré-verger : une association unique entre fruit et pâturage

Une pratique agroforestière ancestrale, mais toujours moderne

Pommes et poires étaient cultivées près des hameaux où les parcelles individuelles, avec quatre ou cinq arbres chacune, se regroupaient pour former le paysage de pré-verger où l’herbe et le fruit étaient associés. La récolte des fruits avait lieu début octobre, avant la descente des alpages et montagnettes. Les vaches revenues ensuite pouvaient alors brouter sans crainte de s’étouffer en avalant un fruit. Ce système permettait également de fertiliser naturellement le terrain. Les vergers étaient donc tous plantés en arbres de plein vent aux branches assez hautes pour laisser passer les troupeaux. Ces arbres étaient greffés à partir de pommiers sauvages appelés francs, communs dans les forêts ou venant de la pépinière familiale (on enfouissait le résidu du cidre dans la terre et les pépins germaient). Il est difficile d’évaluer l’importance de cette activité rurale car elle reste mal connue : produite avant tout pour la famille et non pour le marché, les variétés n’étaient pas forcément identifiées.

On peut affirmer cependant que cette arboriculture possédait une réelle logique pour assurer une production variée et continue des fruits (de 10 à 11 mois de l’année !). La fabrication de cidre, boisson principale, était la première occupation et se faisait à partir d’un mélange de pommes sauvages et pommes douces. Pommes et poires servaient aussi de fruits de table et de desserts cuisinés, sans oublier l’alimentation du bétail. Au-delà de ce rôle nourricier, il existe une véritable synergie entre l’arbre et l’animal. Celui-ci contrôle l’herbe et mange les fruits véreux. L’arbre lui fait de l’ombre sans trop gêner la pousse de l’herbe. Au final, le paysan est gagnant au travers d’une double récolte, de ressources induites (bois de chauffage, miel…), de la non-utilisation de produits intrants (pesticides par ex.) et d’une économie en heures de travail car ces vergers demandent peu d’intervention humaine. Aujourd’hui, on se pose encore la question de savoir pour-

quoi un tel système agroforestier a été totalement délaissé. Il est vrai que la « révolution verte » des années 50-60 a prôné exclusivement l’agriculture intensive et spécialisée. À l’heure actuelle où cette agriculture industrielle commence à montrer ses limites et ses impacts négatifs, où tout le monde parle agroforesterie, biodiversité…, des associations, des habitants des campagnes, certains agriculteurs, sont nombreux à s’y intéresser et à agir.

L’association des CROQUEURS DE de Savoie Tarentaise Beaufortain œuvre pour les faire renaître et valoriser les variétés anciennes de fruits. Actuellement se déroule le projet « Renaissance des vergers de Tarentaise » dans le cadre d’un projet européen Leader, conduit par l’Assemblée du Pays de Tarentaise Vanoise.

POMMES

CONTACT | 04 79 07 18 58

VISITES LA MAISON DE LA POMME,

Son avenir ?

VILLAGE DE LA CHAL

La Tarentaise a donc été incontestablement une région fruitière de première importance. Aujourd’hui, s’ils n’ont plus d’incidence économique sur la vie de la vallée, ils sont toujours des marqueurs d’identité dans le paysage et des réservoirs de variétés anciennes goûteuses. Rosette Vallat, Croqueurs de pommes

Près de Bourg Saint Maurice, vous pourrez prendre connaissance de ce patrimoine inestimable. Visite libre et gratuite tous les jours sauf en hiver. Un SENTIER DES VERGERS relie le VERGER DE LA BALLASTIERE (Landry), conçu pour la promenade-découverte, dans un grand espace dominant l’Isère, au VERGER DU SAINT-PANTALÉON , plus classique, à Grand Gondon puis rejoint le village de la Chal. (voir carte ci-dessous).

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LES ALPAGES

La fruit commun et la grande montagne

DE HAUTE-TARENTAISE & DU BEAUFORTAIN L’homme & la montagne

La montée à l’alpage : suivre l’herbe

C’est la longue histoire des hommes de la montagne que celle de l’exploitation des prairies d’altitude. Après la décrue des grandes glaciations de Wurm, on peut déjà parler (entre -4000 et -2000) de paysans primitifs. C’est aussi l’époque des tous premiers franchissements de grands cols alpins, ce qui induit des relations transalpines entre populations éloignées. Puis de l’âge du Cuivre à l’âge du Fer, on a pu associer métallurgie (car présence dans les Alpes de minerais de cuivre et de fer), extraction de sel, vraie exploitation de l’alpage et utilisation accrue des cols pour échanger avec d’autres régions. Ainsi, avant l’occupation romaine tout est là : productions de minerais, de sel et surtout des produits de l’alpage tels bétail, peaux et fromages. Les voies de communication s’étant améliorées, un empereur romain pourra manger du vatusicum, fromage produit dans nos Alpes ceutronnes. Ces premiers agriculteurs ont tracé des voies que l’homme du XXIe siècle utilise encore aujourd’hui, avec évidemment des usages et des moyens bien différents.

La vie de l’alpage et ses remues, sorte de nomadisme à déplacement vertical, est encore présente aujourd’hui, et l’on est passé d’un système agropastoral, associant production céréalière et élevage, à une utilisation exclusive des prairies de montagne pour la production laitière bovine, autour de la Seconde Guerre mondiale. Ces remues s’effectuent entre trois zones bien déterminées situées à des altitudes différentes : • de l’habitat permanent (de 700 à 800 m d’altitude), • en passant par la montagnette « damon » (de 1100 à 1400 m d’altitude), • jusqu’au sommet de l’alpage (de 2200 à 2400 m d’altitude). Passer de l’étage inférieur à l’étage supérieur et retour à l’habitation principale, pouvait comporter de huit à

quinze remues. Remues que l’on effectuait avec tout le matériel nécessaire, chien, poules, cochons, personnel et famille, car le travail en montagne nécessitait beaucoup de bras. En Beaufortain, la durée de la saison d’inalpage était différente entre Hauteluce et Beaufort : plus longue à Hauteluce car les montagnes étaient moins élevées. À Beaufort lorsque les « clients » (petits propriétaires) confiaient leurs vaches au « montagnard » (alpagiste) pour l’estive, le contrat oral valait tous les papiers signés chez le notaire. Le 24 juin, on pouvait voir monter jusqu’à mille têtes de bovins et ils redescendaient le 12 septembre. Le défilé de tous ces troupeaux convergeant sur Roselend, au son des carons et campanes, était un spectacle impressionnant et inoubliable !

En Beaufortain, il n’y avait que très peu d’alpages appartenant aux communes et on ne connaissait pas le système de fruit commun très pratiqué en Tarentaise. Clients et montagnards existaient dans cette structure de grande propriété détenue par une véritable aristocratie paysanne. Tout ceci servait à fabriquer le fromage bien connu, à pâte pressée cuite, le Beaufort. Ce fromage de grande forme nécessitait pour le fabriquer de gros troupeaux de vaches. Ce qui permettait de transformer le lait produit en été, de le stocker et le rendre transportable dans de bonnes conditions sanitaires. Ces fromages, considérés comme des produits de luxe, pour l’essentiel de la production

La vie pastorale autour d’un chalet, vers 1930.

n’étaient pas consommés sur place, mais étaient réservés à l’exportation, auprès d’une clientèle aisée. Le fromage de Beaufort existe toujours, il est une AOP (Appellation d’Origine Protégée) depuis 1968, il est aussi consommé localement par les vacanciers. Les pratiques de fabrication ont beaucoup évolué et l’on a essayé de rendre moins pénible ce travail pour l’homme. Il reste néanmoins un respect profond du territoire et

de l’animal. Le vocabulaire employé pour parler des richesses produites par l’alpage et cette civilisation de la vache le prouve. Ainsi, l’on dit toujours « donner un repas aux bêtes » et « soigner un fromage ». Tous ces paysages, que l’on dit « jardinés » ne sont pas naturels, mais façonnés par des générations de peuples montagnards, paysages dont nous avons hérité en même temps que les savoir-faire ancestraux. Martine Viallet-Détraz

Première trayeuse automatique à moteur transporté à dos de mulet. À la Saint-Michel : le retour des troupeaux dans la vallée, en 1958.

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LE BEAUFORT PRINCE DES GRUYÈRES La vocation fromagère des Alpes s’exprime déjà à l’époque gallo-romaine. Pline le Jeune signale à la cour impériale de Rome la présence du vatusicum, fromage de grande forme. Pays d’élevage & berceau de la race tarine Pays d’élevage et tout particulièrement berceau de la race tarine (ou tarentaise), Bourg Saint Maurice est depuis des siècles réputé pour la qualité de son fromage, le Beaufort. Le gigantesque travail de défrichement entrepris par les communautés monastiques et villageoises

dote la région d’immenses surfaces d’alpage susceptibles d’accueillir de grands troupeaux. Si la désignation Beaufort n’apparaît qu’en 1865, le savoir-faire issu de la tradition de fabrication du vachelin au Moyen Âge et de la technique de fabrication des « gruyères » permet dès le XVIIIe siècle la fabrication de la grovire, fromage semblable au Beaufort. Cette production bénéficie d’une notoriété importante, comme en témoignent les écrits du XVIIIe siècle et l’avis de réquisition de dix mille quintaux par le Comité de Salut Public pour alimenter Paris durant la Révolution française. La fabrication du Beaufort

connaît un ralentissement brutal vers les années soixante. De multiples facteurs se conjuguent et menacent tout autant l’existence du Beaufort que la survie de l’agriculture de montagne elle-même. Coût de la main-d’œuvre élevé, exode rural massif, l’urbanisation, développement des stations de sports d’hiver engendrent une désertification des alpages. Pour combattre l’isolement né de l’exode rural, le système coopératif s’avère être la structure clé de la renaissance du Beaufort. Le lait est désormais acheminé dans les ateliers permanents qui assurent la fabrication du fromage, sa commercialisation et sa promotion. Les étapes de fabrication : la longue élaboration du Beaufort • 1 kg de Beaufort nécessite 10 litres de lait. • 1 meule de Beaufort pèse 42 kg environ. Été comme hiver, la collecte du lait se déroule soit après chaque traite, soit en regroupant le lait du matin et de la veille au soir. Le lait est immédiatement acheminé à la fromagerie et versé dans un chaudron en cuivre. La longue élaboration du Beaufort se ponctue dès lors d’étapes immuables, qu’il s’agisse d’une fabrication artisanale ou en atelier mécanisé, comme c’est le cas à Bourg Saint  Maurice à la coopérative laitière de Haute-Tarentaise.

L’intérieur de l’école fruitière, 1947.

• Caillage ou coagulation : Le fruitier commence la fabrication du Beaufort en faisant chauffer le lait à 3233° C. À cette température, le lait est mis en caille (on ajoute au lait de la présure obtenue par la macération de caillette de veau et de la recuite selon les méthodes ancestrales). Le temps de caillage doit durer 30 minutes environ. On obtient alors un caillé consistant. • Décaillage : à l’aide du tranchecaillé, le fromager découpe le caillé en de petits grains, ce qui permet d’éliminer une grande quantité d’eau. • B rassage et cuisson : les grains sont ensuite chauffés à 53-54°C. Le brassage assez lent au début s’accélère quand cette température est atteinte.

• Soutirage et moulage : quand le fromager estime que le grain est « fait » il procède au soutirage de masse de caillé du chaudron et la recueille dans une toile de lin. Il moule le fromage dans un cercle de bois qui confère au fromage son talon concave caractéristique. • Pressage : Le fromage est mis ensuite sous presse pendant 20  heures avant d’être porté en cave. Pendant ces 20 heures, le Beaufort sera retourné et changé de toile pour l’égoutter. • S aumurage : Après 24 heures de repos, le fromage est plongé dans un bain de saumure qui assure un premier salage. • Affinage : il est de 5 mois minimum et peut se prolonger jusqu’ à plus de 12 mois. À une température inférieure à 10°C et une humidité élevée, les soins du caviste succèdent à ceux du fromager. Il sale, frotte et retourne les meules deux fois par semaine, conditions indispensables pour que se développent les arômes du fromage.

VISITES UNE SAISON EN ALPAGE

À 1800 m d’altitude, l’agriculture de montagne qui vit au rythme des saisons, des pâturages et des troupeaux. Dans un chalet d’alpage, venez découvrir la fabrication du Beaufort et du Sérac. Une visite qui se termine par une dégustation de différents fromages. COOPÉRATIVE LAITIÈRE DE HAUTE-TARENTAISE

Pour découvrir toute les étapes de la fabrication du « prince des Gruyères ». Visite libre et gratuite du lundi au vendredi de 9h30 à 11h30. ZONE ARTISANALE DES COLOMBIÈRES, BOURG SAINT MAURICE | 04 79 07 08 28

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L’ART BAROQUE ALPIN

À l’aube du XVIIe siècle, la HauteTarentaise se couvre d’un blancmanteau d’églises avec la même frénésie que celle du début du Moyen Âge, effaçant ainsi des décennies d’épidémie, de disette et de famine. Églises paroissiales et sanctuaires sont construits, réaménagés, décorés dans un style propre à troubler, émouvoir, séduire l’âme des fidèles : le baroque.

Richesse et exubérance

Un foisonnement de statues

Liberté des formes, profusion de décors, nuées d’angelots, créant des jeux d’ombre et de lumière… les sculptures baroques s’opposent en tout point à l’austérité protestante.

Dans ces hautes vallées alpines, les artistes remplaceront le marbre des églises italiennes par le pin cembro (arolle), matériau qui permettra toutes les audaces décoratives. De ce bois chargé en essence le rendant imputrescible, vont naître, sous les ciseaux des sculpteurs, courbes et contre courbes, volutes et drapés, myriades d’angelots et foisonnement de statues… « Telle est la bible illustrée des vieux paysans de Savoie », L. Chavoutier.

Le tabernacle placé autrefois dans une niche latérale du chœur, est désormais au centre de l’autel, tel un temple en miniature. Par la richesse et l’exubérance de ses sculptures, il concentre tous les regards dès l’entrée dans le sanctuaire. Profusion de décors

L’ASSOCIATION DES AMIS DE L’ÉGLISE DE HAUTEVILLE-GONDON œuvre pour la sauvegarde et la restauration de ce patrimoine. CONTACT | 04 79 07 03 19

VISITES UNE BANDE DESSINÉE MÉDIÉVALE

Situé sur un plateau à 3 km de Bourg  Saint Maurice, le petit village de Vulmix est blotti autour de sa chapelle Saint- Grat où ses fresques du XVe siècle, telle une bande dessinée, relatent la légende de son saint patron, parti chercher la tête de saint Jean-Baptiste en Palestine. COULEURS DU BAROQUE

Découverte du village de HautevilleGondon à travers son église baroque, subtil mélange de peintures polychromes et de feuilles d’or, reflets du baroque alpin.

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LES FORTIFICATIONS DE BOURG SAINT MAURICE À l’aube de l’an mil, l’émergence de la Maison de Savoie coïncide avec l’épanouissement de la féodalité et la multiplication des châteaux forts. Aux premiers donjons et mottes castrales succèdent un maillage de forteresses et de maisons-fortes. Ces fortifications assurent le contrôle des routes et des cols alpins.

La tour du Chatelard, au début du XX siècle. Au fond le village de Séez. e

De la tour...

... au fortin.

La plus ancienne fortification connue de Bourg Saint Maurice est la tour du Châtelard. Elle semble avoir été construite à la fin du XIIe siècle et occupe une place stratégique sur un rocher au pied du col Petit-Saint-Bernard et à l’embouchure de la vallée des Chapieux. Comme tous les ouvrages de défense médiévaux, l’entrée se faisait au moyen d’une échelle par une porte située au premier étage permettant un retranchement facile en cas de menace.

Durant la seconde guerre de succession de Montferrat (1628-1631), Louis  XIII et les troupes françaises font étape à Bourg Saint Maurice. Le  7 juin  1630, Le roi ordonne ordonne la construction d’un fort en terre en rive droite du Versoyen (zone actuelle des marais) afin de fixer la ligne de front et faire face aux troupes savoyardes du prince Thomas de Savoie Carignan retranchées au col du Petit-Saint-Bernard. Le cardinal de Richelieu en dirige les travaux de construction. Les événements vont, peu à peu, éloigner les belligérants en Piémont et le fort en terre aura complètement disparu au cours des décennies suivantes.

Chasseur alpin en tenue de campagne.

Les fortifications Séré de Rivières  : la protection des vallées alpines Après le rattachement de la Savoie à la France en 1860, l’Italie représente une menace et la France crée en 1888 les troupes alpines ainsi qu’un système de protection mieux adaptées aux rapides progrès de l’artillerie allant du Jura jusqu’à Nice : Le système du général Séré de Rivières. Le barrage de Bourg Saint Maurice face au Petit-Saint-Bernard se constitue avec une superposition d’ouvrages adaptées aux régions de montagne. Ainsi entre 1890-1894 sont construits quatre forts aux fonctions spécifiques  : • Le fort d’interdiction de Vulmix à 1065 m d’altitude (200 m au-dessus de la ville). C’était le fort le plus moderne des Alpes en 1914 avec des casemates en béton armé ainsi que deux tourelles éclipsables GF4 équipées de mitrailleuses, • L e fort de protection du Truc à 1550 m d’altitude, • Le blockhaus de surveillance de la Platte à 2000 m d’altitude, • L e fort de la Redoute Ruinée à 2345  m d’altitude, dominant le col du Petit-Saint-Bernard. Il est construit sur l’emplacement d’une ancienne redoute sarde démantelée par les français en 1797. À partir de 1910, la place forte fut renforcée par un centre de résistance autour du dôme de Vaugelaz, de Courbaton et des Têtes. Au début du XXe siècle, avec la nouvelle stratégie de la protection des zones frontières, des voies ferrées et des casernements sont construits dans les hautes vallées. C’est le cas à Bourg Saint Maurice avec la construction de la gare en 1913 et les casernements, aujourd’hui disparus, qui avaient accueilli le 7 e Bataillon de Chasseurs Alpins jusqu’en 2012.

Manœuvre d’artillerie des troupes de montagne face au Mont Pourri.

Les ouvrages Maginot : la montée vers la guerre Au début du XXe siècle, l’emploi du béton armé donne naissance à de nouveaux types de forts et permet la consolidation d’ouvrages anciens. À la fin des années trente, la construction d’une ligne Maginot des Alpes sera amorcée : forts enterrés et bétonnés sur la frontière italienne : • Aux avant-postes  : ouvrage de Séloges au pied du col de la Seigne et des lignes de petits blocs autour des cols du Petit-Saint-Bernard et du Mont. • S ur la position de résistance : la Cave à Canon au pied de la forêt de Malgovert, l’ouvrage du Chatelard au pied de la tour médiévale, le barrage rapide antichar du Versoyen (aujourd’hui disparu).

À peine achevés lors de l’entrée en guerre de l’Italie, en juin 1940, ils subissent les assauts transalpins lors de la Bataille des Alpes qui se déroule fin juin sur les plus hauts massifs frontaliers du Beaufortain, de Tarentaise et de Maurienne. À partir de 1942, le vaste mouvement de Résistance est coordonné par des personnages charismatiques, en particulier par Jean-Marie Bulle qui commande un réseau efficace en Beaufortain tout en protégeant la vie des hommes. À la fin des conflits, les forts vont être utilisés comme dépôt de munitions (fort de Vulmix) ou vendus par l’armée (forts du Truc et de la Platte). Dominique Vialard

Scène de vie à la caserne, le barbier. Les baraquements & le fort de Vulmix, dans les années 1930.

Chasseurs alpins en manœuvre à ski, au début du XXe siècle.

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L’AVENTURE

Pierre Faucheux, Charlotte Perriand et Jean Prouvé sur le terrain. Jean Prouvé et Guy Rey-Millet.

DES ARCS

Entre 1930 et 1960, on assiste à de nombreux bouleversements favorisant le développement des congés payés, ainsi qu’une élévation du niveau de vie. Ainsi s’explique la croissance exceptionnelle du tourisme en France. La demande des sports d’hiver devient rapidement pressante. C’est ainsi que dès la fin des années quarante, architectes, promoteurs et organismes de tutelle pour le contrôle des projets se consacrent à l’étude et à la recherche de sites pour la création de nouvelles stations. De nouveaux sites apparaissent dans le courant des années soixante, tels Les Arcs, Flaine, Avoriaz, La Plagne… On parle alors de « stations intégrées », celles dont l’aménageur tient la direction des principales composantes : aménagement du domaine skiable, urbanisme, infrastructures, développement immobilier et commercial, gestion globale…

La construction des premières remontées mécaniques. Le site vierge & les premières traces. La résidence 3 Arcs & la Coupole, automne 1968.

La résidence Cascade, Arc 1600.

Les objectifs de nouveaux concepts Dates d’ouverture des stations

Les créateurs, Robert Blanc & Roger Godino.

Un grand projet, « la création des Arcs » C’est avant tout la rencontre déterminante entre Roger Godino, aménageur du développement touristique en montagne et Robert Blanc, enfant du pays, moniteur et guide de haute montagne. La fusion des esprits et compétences de ces grands professionnels est à l’origine de la réalisation des Arcs. Autour de cette première équipe se rassemblent plusieurs architectes, urbanistes et ingénieurs insufflant un esprit novateur et créatif à ce projet autour de Charlotte Perriand : « l’âme du groupe ».

Il s’agit de réaliser un cadre bâti fonctionnel et esthétique, correspondant aux besoins de ce nouveau développement touristique. Plusieurs règles fondamentales s’imposent alors aux concepteurs  : • respect du site et du milieu naturel, • c onservation des vieux chalets d’alpage existants, qu’une architecture moderne ne cherchera pas à imiter, afin de mieux affirmer leur authenticité, • utilisation des matériaux locaux, tels que le bois : sapin, mélèze, tavaillon (tuiles de bois que façonnaient les charpentiers de jadis). Si l’architecture traditionnelle répondait parfaitement aux besoins d’une population rurale, celle inventée aux Arcs veut répondre aux besoins actuels des touristes. Ainsi les bâtiments résidentiels s’intègrent dans la végétation en s’efforçant de ne pas créer des vis-à-vis nuisibles à la qualité des vues qu’offre chaque logement. Le choix des matériaux sains et naturels instaure un climat à la fois chaleureux et relaxant au cœur des stations. Les véhicules sont exclus pour la sécurité et le bien-être des vacanciers.

• 1968 - Arc 1600 • 1974 - Arc 1800 • 1979 - Arc 2000 • 2003 - Arc 1950 Label Patrimoine du XXe siècle

Côté intérieur : l’art de vivre ou la simplicité « L’art décoratif moderne n’a pas de décor », cette citation de Le Corbusier illustre parfaitement le style architectural des intérieurs dont la plupart ont été conçus par Charlotte Perriand. Ancienne collaboratrice de Le Corbusier, elle a su obtenir ce juste équilibre entre simplicité, fonctionnalité, confort et esthétisme. Un contact avec l’extérieur favorisé par de larges baies vitrées, des balcons surélevés, une absence de vis-à-vis, des cuisines ouvertes… Tous ces procédés très novateurs en matière d’architecture intérieure révèlent l’approche d’une nouvelle philosophie de vie exprimant parallèlement une certaine évolution des mœurs (notamment par rapport à l’image de la femme). Station moderne, fonctionnelle et intégrée dans le paysage de montagne, Les Arcs c’est aussi le lieu de prédilection des sports de glisse et de nombreux événements sportifs et culturels de renommée internationale.

Le ministère de la Culture et de la Communication a engagé en 1999 des actions en faveur du Patrimoine architectural du XXe siècle : protection, sensibilisation, restauration. Ainsi, a-t-il créé un label « Patrimoine du XXe  siècle » permettant de distinguer sur l’ensemble du territoire les réalisations majeures du siècle écoulé. Témoins d’une modernité qui a su composer avec la montagne, la nature et la ville, Bourg Saint Maurice/Les Arcs ont obtenu cinq sites labélisés  : • la mairie et le cinéma de Bourg Saint Maurice, • le plan d’urbanisme et l’architecture d’Arc 1600 et Arc 1800, • les gares du téléphérique de l’Aiguille Rouge à Arc 2000.

VISITES ARC 1600, UNE SIGNATURE D’ARCHITECTURE

Une station moderne, fonctionnelle, intégrée dans le paysage de montagne et adaptée à la pente. L’œuvre d’une équipe de concepteurs qui réunissait, entre autres, autour de Charlotte Perriand, les architectes Gaston Regairaz, Guy Rey-Millet, Bernard Taillefer, Robert Robutato, Pierre Faucheux… Ce dernier dessina la Coupole dont la charpente en lamellé-collé servit de base graphique pour la conception du sigle des Arcs. ARC 1800, UNE STATION BALCON

Entre Mont Blanc et chaîne de Bellecôte, en bordure du golf, l’architecture d’Arc 1800 s’enroule dans la pente... Un autre regard sur l’architecture du XXe siècle.

Guy Rey-Millet, Atelier d’Architecture en Montagne

La résidence Cachette, Arc 1600.

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OFFICE DE TOURISME

Place de la Gare – 73700 Bourg Saint Maurice tél. + 33 4 79 07 12 57 – contact@lesarcs.com www.lesarcs.com SERVICE PATRIMOINE

Jean-Marie Chevronnet, guide-conférencier VISITES GUIDÉES, CONFÉRENCES INTERVENTIONS PÉDAGOGIQUES

Brochurepatrimoine2018 pages fr web  
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