Quartier Chic #1

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MARS-AVRIL 2016

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cité L a c u lt u r e a d r o i t d e

QUAR TIER CHIC

l e s e c hos de MISTRAL

Malick B. l’eleg ance du coeur

H ommage à ro b er t o ne umi l l i e r

voyage en pay s gn awa



Edito

Chers lecteurs, chères lectrices, vous tenez entre vos mains tremblantes d’émotion, le tout premier numéro de Quartier Chic, la petite revue culturelle du secteur 3 de la ville de Grenoble. Pour ceux qui ne le savent pas encore, le secteur 3 englobe les quartiers Mistral, EauxClaires, Lys-Rouge, Abry et Rondeau-Libération. Voilà pour les petites précisions géographiques ! Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que cet objet que nous espérons de qualité, est né de la volonté de l’équipe du Prunier Sauvage de proposer une autre lecture de nos quartiers populaires, de mettre en lumière une réalité qui est malheureusement un peu trop oubliée. Celle de lieux vivants, créatifs, qui participent à la vitalité de notre ville.

Quartier Chic entend informer et se faire l’écho des initiatives créatives et innovantes qui émergent ou ont émergé depuis des quartiers comme Mistral à Grenoble. Dans une société où les discours de relégation résonnent de plus en plus fort, où les esprits étriqués ne comprennent pas l’intérêt de la culture et de l’art dans nos quartiers, il nous paraît urgent de réagir. Modifier les représentations, élargir le champ des possibles, faire du commun, valoriser et donner confiance, tels sont les objectifs de Quartier Chic.

Quartier Chic est créé sans subvention, avec les fonds propres du Prunier Sauvage et la contribution de citoyens qui souhaitent un autre modèle de société. C’est un projet participatif ouvert à toutes les structures et à tous les habitants dans le cadre de la ligne éditoriale. Amis, soyons créatifs et audacieux !

Brahim RAJAB

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Sommaire

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Magazine culturel du quartier Mistral, imaginé par l’équipe du Prunier Sauvage. Ce numéro est tiré à 2000 exemplaires, il est distribué avec l’aide d’ACTIS. Conception : : Brahim Rajab, Lise Blein-Renaudot, Soda Graphique. Photo couverture : Roberto Neumillier. Nous remercions l’Imprimerie Notre Dame pour son soutien.

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4 Echos quartier Actualité d’ici

5 Focus

L’art à l’école

6 Spectacles

Détours au Prunier

7 Débat

Démocratie en Chantier

9 Photo

Hommage à Roberto Neumillier

11 Portrait

Malick Benhaïmouda

13 Découverte

Culture Gnawa

14 Expression libre

Poème de Zeynep


Echos

Quartier

© Roberto Neumillier

Water Gate ?

Le Service des Eaux de Grenoble aurait retrouvé une archive datant de 1910 qui situerait une mystérieuse source d’eau miraculeuse dans le quartier Mistral. Cette (re)découverte a amené une équipe de géomètres et de techniciens des eaux à travailler à Mistral dans la deuxième quinzaine de janvier 2016. Le quartier a méticuleusement été quadrillé afin qu’une étude soit menée sur l’emplacement et l’étendue de cette potentielle nappe phréatique et des avantages qui peuvent en être tirés. A suivre...?

Chansons reprisées

La compagnie artistique Chorescence invite tous les gens du quartier à venir créer autour des chansons de leurs choix. Comment exprimer ce que l’on ressent en écoutant une chanson ? Comment s’emparer de cette émotion et l’utiliser comme énergie créatrice ? Ces ateliers sont ouverts à tous ceux qui souhaitent découvrir l’art de créer. Pour en savoir plus sur les ateliers et sur cette énigmatique compagnie, contactez : clemence@ lepruniersauvage.com / 04 76 49 20 56

Achetez local, achetez à Mistral !

Il y aurait, depuis peu, une centrale d’achat grâce à laquelle il serait possible de commander des produits bio, des produits frais et des produits pas chers dans le quartier Mistral. Ce projet serait à l’initiative des Kaps (ces jeunes étudiants qui logent dans le quartier). Il serait possible d’aller retirer sa commande un mardi soir sur deux, de 17h à 19h, au 15 rue Albert Thomas. Pour vérifier ces ouï-dire, contactez : marchesolidaire@gmail.com / 06 48 48 27 29 (Il paraît même qu’il y a du miel) 4


Les corps dans la ville C’est d’abord la Compagnie Malka qui s’invite au collège Aimé Césaire pour un projet exceptionnel de création qui mêle danse et vidéo. Au passage on félicite le collège Aimé Césaire et son équipe pédagogique pour son dynamisme et son volontarisme grâce à quoi l’expression artistique des élèves est valorisée. Malka, emmenée par son metteur en scène Bouba Landrille Tchouda, fait dialoguer le Hip-hop avec la Capoeira ou la danse contemporaine. Elle propose une création sur le thème de la violence, qui sera présentée au public fin mai et début juin 2016. Si vous avez la chance d’être scolarisé au collège Aimé Césaire, un conseil, précipitez-vous !

L ‘a r t à l’ é c o l e

Quand l’école devient aussi un lieu d’expression artistique avec autant de qualité que ce qui est proposé au collège Aimé Césaire et à l’école Anatole France, nous, ça nous donne envie de reprendre notre cartable tous les jours.

MYTHO! L’école primaire Anatole France accueille quant à elle, Petite Poissone, plasticienne, street-artiste à l’univers décalé et plein d’humour. Emmanuelle, de son petit nom, travaillera avec deux classes pour créer des histoires incroyables, une mythologie contemporaine à base de dessins et de mots qui viendront orner certains murs du quartier Mistral. Vous aurez l’occasion de découvrir les créations de nos artistes en herbe sur un parcours lors de la fête du quartier le 27 mai prochain. © Cie Malka

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Le Prunier Sauvage et Les Détours de Babel s’unissent pour vous proposer deux spectacles gratuits et

© Cie les Rémouleurs

ouverts à tous.

© Jean-François Monsseau

SPECTACLES VIVANTS

TOM IBARRA

FREAKS

Le premier est Freaks par la Cie Les Rémouleurs, dans le cadre du Club des spectateurs. Freaks est un spectacle intimiste de marionnettes qui transformera le comptoir du bar en scène ou en piste de cirque où des êtres anormaux et leurs ombres difformes posent des questions sur les apparences et nos perceptions. Qu’est-ce qu’un monstre ? Qui est stigmatisé et pourquoi ? Comment notre regard change-t-il lorsque nous pouvons dépasser le stade de l’apparence ? Petit rappel, le Club des spectateurs est gratuit et proposé tous les derniers jeudis du mois aux habitants du secteur. Seule condition, amener votre petite spécialité à partager avec les autres participants, repas partagé oblige. Freaks, Cie Les Rémouleurs le 31 mars à partir de 18h30 - spectacle à 19h

AYAN KHAN Le second spectacle est le fruit de la rencontre entre deux jeunes musiciens virtuoses, Tom Ibarra et Ayan Khan. Ils ont à peine 16 ans et une maîtrise de leur art exceptionnelle. L’un est français, guitariste de Jazz et l’autre est indien et joue du sarangui, instrument traditionnel indien. Ils se sont croisés lors d’un concert à Paris et ont décidé de rapprocher leur art et leurs continents. Une Masterclass sera proposée en direction des enfants de l’Orchestre du quartier avant un concert gratuit le samedi 09 avril à 17h30 au Prunier Sauvage. JazzIndia, Tom Ibarra & Ayan Khan – le 09 avril à 17h30

Au Prunier Sauvage, 63 rue Albert Reynier 38100 Grenoble Tel. 04 76 49 20 56

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DEMOCRATIE EN CHANTIER

Au regard des enjeux qui nous font face, à la nécessité de questionner le sens des choses, d’apprendre les uns des autres, des structures du quartier se mobilisent et proposent des temps de rencontre et de débat. Sociologues, philosophes, historiens et artistes sont invités à venir partager et échanger dans le quartier sur des thématiques diverses dans un cadre convivial. Entre université populaire et café citoyen, le projet Démocratie en Chantier, initié par le Prunier Sauvage avec l’Afev, la Maison de l’enfance Bachelard, l’association Alter-Egaux, Dyade et l’Observatoire des Politiques Culturelles, est avant tout l’occasion de réinventer l’idée de faire société. Ce sont des rendez-vous ouverts à tous, où l’on peut apprendre, dialoguer et partager dans un cadre chaleureux et simple. Retour sur la première soirée

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RETROSPECTIVE

L’engagement d’hier L’engagement : un terme qui pose question, que l’on croit bien connaître mais que l’on ne saisit pas.Qu’est-il pour chacun de nous? Percevons-le-nous différemment ? Qui se mobilise aujourd’hui, et pour quelles raisons ? Des questions larges, certes, mais essentielles pour comprendre nos motivations à se mobiliser pour une cause en laquelle on croit, pour le bien-être individuel ou celui d’autrui. Ces mêmes questions constituaient l’objet même du débat et des discussions qui se sont déroulées au Prunier Sauvage le vendredi 5 février au soir, dans une ambiance « cabaret », auprès d’un public diversifié. Des militants, engagés dans l’associatif ou bien en politique étaient invités à cette occasion afin de partager leur expérience «d’engagé », en revenant notamment sur les moments clés, marqueurs d’un déclic dans leur décision de se mobiliser sur la question sociale de la vie de la cité. Se trouvaient donc au centre des discussions Claude Jacquier (directeur de recherche au CNRS et président de l’Observatoire des Discriminations), Hassen Bouzeghoub (directeur du Plateau), Karim Kadri (président du CoHaMis,


Vous pouvez d’ores et déjà noter les prochains rendez-vous de Démocratie en chantier

à aujourd’hui le Comité des Habitants de Mistral), Jouda Bardi (Présidente du collectif des habitants de Jouhaux), et Fatima Makenza (Militante associative). Le public était invité à réagir aux différentes interventions et à porter leur jugement et leur réflexion sur leur perception de l’engagement. Après un copieux repas partagé, la deuxième partie de soirée était consacrée au concert du groupe HK et les Saltimbanks, en tournée dans toute les kaps (colocations solidaires) de France. La démarche des musiciens s’inscrit dans un partenariat avec L’AFEV, dont l’objectif commun est de mettre en lumière les quartiers populaires. Antonin Delabouglise

«I l n e f a u t pas dire c’é t a i t m i e u x avant; il faut dire ce sera mieux a p r è s» Claude Jacquier

Sexi sme ordi nair e

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mars

Le 22 mars au Prunier Sauvage on parlera sexisme ordinaire avec le Planning familial. Projection du film égyptien de Mohamed Diab « Les femmes du bus 678 » (en VOST), suivi d’un débat et d’une collation.

2v6 ril a

Or igi ne de l’I sla m

Le 26 avril Démocratie en Chantier accueillera l’historien et anthropologue, spécialiste de l’Islam, Rachid Benzine. Il nous parlera de la genèse de l’Islam et nous proposera une approche scientifique et historique pour comprendre le contexte dans lequel est née cette grande religion. Cette rencontre est destinée à mieux comprendre la personne du prophète Mahomet et son œuvre. Le lieu d’accueil de cet événement n’est pas encore déterminé. Plus d’infos au : 04 76 49 20 56

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Roberto C’était un petit gars un peu à part, discret qui ne sortait jamais sans son appareil photo, objet de sa passion. Pour notre plus grand bonheur, il a vécu un temps dans le quartier Mistral où, grâce à son appareil photo, il nous offre un témoignage précieux et fort d’une époque où les graffitis exprimaient une conscience politique vibrante et rouge de rage, où la jeunesse affichait son insolente joie de vivre. Une époque aussi où les sourires innocents contrastaient avec le gris du béton. Tenace, Roberto Neumillier est resté accroché à sa passion, au point d’en faire son métier. Il est devenu un photographe respecté dont le travail est empreint d’humanité, un artiste engagé à sa manière. Que ce soit en traitant des enjeux environnementaux sur son exposition « Sahel, l’homme face au désert » organisée par SOS Sahel au Palais du Luxembourg à Paris et dans bien d’autres lieux ou en montrant les réalités des SDF, Roberto a toujours mis l’humain au centre de son sujet. Il nous a malheureusement quittés le 04 août dernier des suites d’une longue maladie.

Quartier Chic lui rend hommage avec ces clichés pris au début des années 70. Salut l’artiste ! B.R 9

NEUM


MILLIER

Appel à photographies

Envoyez-nous vos photos de quartier, les images de la vie quotidienne, des scènes de vie qui vous surprennent ou qui vous sont familières. Vous aurez peut-être la chance d’être publié dans le 2ème numéro de Quartier Chic ! quartierchic@gmail.com Date limite d’envoi : 21 avril 2016

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PORTRAIT

Malick un mec qui a «Sans élégance du cœur, il n’y a pas d’élégance» disait

Yves Saint Laurent. Assurément le garçon qui nous accueille avec un large sourire et une bonne phrase, possède l’élégance naturelle des vrais dandies. Il a la flamme et la générosité des passionnés et pour ce qui est du cœur, il en met à l’ouvrage pour nous rendre belles et beaux mais surtout, comme il le dit, pour nous aider à nous sentir bien dans notre peau. Lui, c’est Malick Benhaïmouda, le tôlier de la boutique Casual, incontournable pour ceux qui pensent que si l’habit ne fait pas le moine, la fringue, oui ! Mais ce qui nous intéresse chez ce « grenoblois de souche » comme il aime à se définir, ce gaillard né à Mistral, qui a grandi ensuite au Lys–Rouge, c’est sa manière de faire son métier, sa vision créative et sa démarche quasi artisanale pour sortir des sentiers battus. Il suffit de pousser la porte de la boutique située place de Gordes pour se rendre compte que nous ne sommes pas chez n’importe quel vendeur de fringues. Le choix de la musique jamais tonitruante, l’agencement, le choix des matières, on a vite la sensation d’être dans un lieu spécial avec un petit supplément d’âme. Entretien avec un boss de la sape. QC – Malick, raconte-nous un peu ton parcours, comment es-tu arrivé dans ce domaine de la mode ? Malick – Je suis arrivé dans cet univers grâce à un stage de troisième au collège, c’est l’élément déclencheur. C’est vraiment à ce moment-là que j’ai chopé le virus, professionnellement parlant. Même si déjà un peu avant, j’étais assez attiré par les 11

fringues. Je passais mon temps à piquer les affaires de mon grand frère, qui je l’avoue ne m’allaient pas du tout, je nageais dedans car il était bien mieux « tanké » que moi. Et dès le stage de troisième, je me voyais vraiment travailler dans l’univers de la mode. QC – Dès ce moment-là, tu te voyais déjà avoir ton propre magasin ? Malick – C’était un but inavoué de pouvoir avoir mon propre magasin. Je ne connaissais rien à la profession, à cet univers, je devais d’abord apprendre le métier. Mais même si cela paraissait un fantasme inaccessible, j’ai toujours eu un petit carnet sur lequel je notais tout. QC- Qu’est-ce qui différencie ton projet des autres magasins ? Qu’entendais-tu par Concept Store quand tu as ouvert ? Malick – Aujourd’hui le terme de Concept Store est repris partout, c’est devenu très à la mode mais quand j’ai ouvert en 2007, c’était loin d’être le cas. Nous avons lancé les idées de relooking


a du style

© Lionel Mondésir

en boutique, d’achats sur RDV, ou encore de soirées shopping. Aujourd’hui, cette idée de soirées shopping par exemple est reprise par beaucoup de magasins mais c’était précurseur en 2007. D’ailleurs, nous avons arrêté de les faire depuis que cela est devenu plus courant. QC – Donc, on peut dire que tu fuis dès que cela devient « à la mode » ? Malick – Mon métier c’est d’être novateur, d’avoir un coup d’avance. Mes clients exigent de ma boutique d’être différente, ils ne veulent pas une pâle copie de ce qui existe. Il faut toujours que je me démarque, que ce soit par les conseils, les produits ou autres.

C’était les potes avec qui on refaisait le monde jusqu’à point d’heures sur la petite place devant chez moi. Aujourd’hui, on nous qualifierait de bons à rien mais ces moments de discussions et de débats entre nous m’ont apporté beaucoup. Le quartier, c’était aussi les sorties Snowboard avec la MJC. Sur les pistes de ski, on m’appelait « Monsieur » alors que j’avais 12 ans. Les gens ne savaient même pas ce que c’était que le Snowboard à l’époque.

QC- Tu as plus d’une corde à ton arc, peuxtu nous parler de tes autres activités ? Malick – Tout ce que je peux faire en dehors de mon magasin, reste lié à l’univers de la mode. Je m’occupe de la direction artistique pour des articles de QC –Peux-tu nous dire quelques mots sur magazines de mode. Je travaille avec un le quartier où tu as grandi à Grenoble ? photographe, je m’occupe de l’aspect stylisme lors des séances photos et j’écris Malick – J’ai grandi au Lys-Rouge, un petit quartier à côté de Mistral. J’y des chroniques Mode pour des magazines. retournais souvent car mes parents y B.R. habitaient encore il y a peu. J’y ai de Casual - La Boutique Concept très bons souvenirs. Pour moi, c’était 2, Place de Gordes - Grenoble 04 76 51 09 34 - casual-lesite.com vraiment le meilleur quartier du monde! 12


CULTURE gnawa Aziz Maysour est un Maâlam, un maître gnawa. Il a acquis ce statut à l’âge de 25 ans. C’est son propre maître de guembri, au Maroc, qui lui a transmis ce titre après 15 ans d’immersion et d’apprentissage. Une fois qu’Aziz a excellé dans l’art de la danse et de la musique, il a fabriqué de ses mains son guembri et a organisé sa première « Lîla » (la nuit en arabe). Aziz nous explique que les gnawas sont des prêtresguérisseurs et des musiciens. Les gnawas sont appelés pour les rituels des «Lîlas» lors desquels ils appellent des forces supérieures pour soigner les malades. La musique gnawa sert de musicothérapie, elle exorcise les malades et purifie les corps. Il existe sept thèmes de Lîlas, symbolisés par des couleurs : blanc, vert, noir,multicolore, bleu ciel, bleu et rose. Les sept couleurs des génies ont chacune leurs airs musicaux et leurs parfums. La musique gnawa a la force d’appeler à la transe. Les musiciens sont en relation avec les génies et transmettent leur magie à travers leur musique. Les rythmes du guembri, des tambours et des karkabous sont extrêmement cadencés et invitent les corps à se perdre. Traditionnellement, les paroles des chants gnawas concernent le culte des génies ou des thèmes mystiques. Aujourd’hui la culture gnawa a largement été exportée et a rencontré des influences très diverses. Aziz a grandi dans une culture gnawa authentique et compose à présent avec des musiciens venant de différents horizons.

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Son groupe actuel, Gnawa Vodun, est marqué par son parcours et par la fusion des univers des 6 musiciens. Les textes d’Aziz sont écrits dans sa langue natale sur des thèmes engagés ou personnels. Dans le morceau « Baba el gnawi » (Mon père gnawi), il parle de la distance nécessaire quant aux critiques des gens. LBR

EXTRAIT «Mon père Gnawi» de Gnawa Vodun « ‫بابا الڤناويا‬ ‫ليالمني في هدالحال نبيعالو والشري‬ ‫مني نبيعالو و الشري‬ ‫» مني بش يدل الدارني‬ « Mon père Gnawi Tous les gens critiquent ma musique. Je leur dis d’essayer de la jouer avant de se moquer. Tous les gens parlent mal de moi mais leurs paroles ne me touchent pas. Je suis bien avec moi-même et avec Dieu »

REFERENCES Musique gnawa : Ahmed Bakbou Abdel Tef Maâlem


Poé sie tur que HAYAT, AŞK VE ÖLÜM La vie l’amour et la mort

Mübeccel Zeynep Ünalan/ 2011/ Fr Après plusieurs années

d’enseignement en tant

qu’institutrice en

Turquie, Zeynep vit depuis 3 ans dans le quartier Mistral avec sa famille. Passionnée de poésie, Zeynep partage son univers avec nous à travers ce poème

Hayat süslü devran aşk hoş gafile Ölüm var geçmesin ömür gaf ile.

Si la vie est un monde décoré, l’amour serait téméraire, La mort est omniprésente, vivons sans moment funèbre. Hayat derin uyku düşe benzer aşk Ölüm bir uyanış bekle kafile…

Si la vie est un sommeil profond, l’amour serait un rêve, La mort que l’on attend, sera notre véridique réveil. Hayat bir tas çorba aşk bir tutam tuz Hesapta ölüm var bahşiş nafile… Hayat bir yolculuk aşk bir gemiyse Limanında ölüm gitmez laf ile

Si la vie est une tasse de soupe, l’amour serait une pincée de sel, Et la mort c’est l’addition, le pourboire n’est plus essentiel… Hayat bir tiyatro aşk bir kabare Son perde de ölüm yetiş son sufle

Si la vie est un théâtre et l’amour un cabaret La mort serait le dernier souffle, dernière scène de l’arrêt. Hayat bir atölye aşk şık elbise Ölüm beyaz kostüm ve son defile

La vie est un atelier et l’amour un vêtement élégant, La mort : dernier défilé dans des costumes blancs.

EXPRESSION LIBRE Quartier Chic offre un espace d’expression aux habitants du secteur. C’est l’occasion pour tous de laisser parler sa créativité, que ce soit au travers d’un poème, d’un dessin ou toutes œuvres graphiques. Envoyez-nous vos créations, elles feront l’objet d’une sélection par notre comité de rédaction et seront peut être éditées dans les prochains numéros. Nous inaugurons ci-dessus cette initiative avec le poème de Zeynep.

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© DR

SAMEDI 12 MARS ROVER + MANOLO REDONDO

©Fabien Coste

20H30 / ELECTRO

JEUDI 24 MARS ABD AL MALIK 20H30 / RAP

GENERAL ELEKTRIKS + AYMERIC MAINI 20H30 / ELECTRO-POP

JEUDI •31• •MARS •

ABD AL MALIK ROBERT GLASPER EXPERIMENT 20H30 / JAZZ- BLUES

WWW.LA-BELLE-ELECTRIQUE.COM Renseignements-billetterie : 04 69 98 00 38 12 Esplanade Andry Farcy 38000 Grenoble

Design by Studioplay & Denis carrier Licences 1-1082804 / 2-1064146 / 3-1064136

BREAKBOT + L’IMPÉRATRICE

VENDREDI 18 MARS

© Janette Beckman

© DR

JEUDI 17 MARS

© Tim Deussen

20H30 / ROCK