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N° 257 - Septembre-octobre 2017 - 5 euros

Dossier

Informatique industrielle Comment bien choisir son logiciel ?

Le recrutement au cœur des préoccupations des décolleteurs Bruno Le Maire met en avant l’industrialisation de la Vallée de l’Arve


Dossier Informatique 3/18 industrielle 3

Notre guide des logiciels de gestion 4

Comment bien choisir son ERP ?

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Julien Boissière, ingénieur docteur en Génie industriel

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Quatre éditeurs ERP adaptés aux décolleteurs

12 Focus sur trois logiciels 14 Témoignages de trois sociétés utilisatrices 18 Salon Progiciel le 12 octobre à Annecy

L’actu de la Vallée de l’Arve

20 Le ministre met en avant le modèle d’une industrialisation réussie 22 Décolleteurs cherchent désespérément salariés 26 Un dispositif pour la formation sur machine-outil 27 Le salon Midest reporté en mars 2018 28 Le pôle Mont-Blanc Industries toujours plein de projets 30 Sotracom entre dans une nouvelle ère 32 Detector passe au digital 34 Les échos du décolletage

&

ind u s trie

Revue professionnelle d’informations techniques, économiques, financières, sociales et de formation professionnelle des métiers du décolletage.

Directeur de publication : Alain BODART Inscription à la Commission Paritaire des publications et Agences de Presse n° 0217T82916 Dépôt légal 469 ISSN : 0751-6193

Rédacteur en chef : Samuel Thomas Rédaction : Tél. 04 50 07 31 96 redaction@ledecolletage.com

Publicité : Serge Malavasi Tél. 04 50 45 73 83

Imprimerie : S.A. Presse Flamande Rue du Milieu - B.P. 139 59523 Hazebrouck Cedex

Promotion - Ventes : Tél . 04 50 71 81 92 Fax : 04 50 71 82 60 Tarifs : Le numéro : 5 euros Abonnement annuel (6 numéros) : 25 euros Tarif étranger : 30 euros

Maquette : Prémédia Le Messager Thonon-les-Bains

Les manuscrits non insérés ne peuvent être rendus. Imprimé en France

Magazine bimestriel 56, impasse du Veudey F-74130 Bonneville - Administration : Le Messager - 22, avenue du Général-de-Gaulle 74200 Thonon-les-Bains - 04 50 71 10 14 Image de fond à la Une : © agsandrew


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Dossier Informatique industrielle

Progiciels suivez le guide S’équiper de différents logiciels informatiques pour gérer les différentes fonctionnalités d’une entreprise est désormais devenu incontournable. Pour les entreprises industrielles comme les entreprises du décolletage, on peut distinguer deux grandes familles de logiciels : les ERP (Enterprise, Ressource, Planning) ou progiciels de gestion intégrés, qui ont une vocation globale couvrant en transversal plusieurs fonctionnalités (finances, fabrication, achats et ventes, maintenance, RH, gestion des données, business intelligence, etc.) et les logiciels CFAO, qui couvrent la partie CAO (conception assistée par ordinateur) et FAO (fabrication assistée par ordinateur). Comment s’y retrouver dans les logiciels proposés, quels sont ceux qui sont particulièrement adaptés aux décolleteurs, et sur quels critères les choisir ? Décolletage et Industrie répond à ces questions en interrogeant des spécialistes comme Aline Berger de Thesame et Julien Boissière de l’université Savoie Mont-Blanc ainsi que les principaux éditeurs et intégrateurs d’ERP et de CFAO spécialisés dans le décolletage. Et comme rien ne vaut mieux que l’échange d’expérience, trois décolleteurs témoignent sur la mise en place de leur ERP. Suivez le guide !

Tous les détails à lire dans ce dossier. LE DECOLLETAGE & industrie No 257

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Logiciels Informatique industrielle

« La première question à se poser pour implanter un ERP est de définir ses besoins en fonction du plan stratégique de l’entreprise » Aline Berger, experte Agile et Système d’information auprès du réseau Thésame.

Comment bien choisir son ERP ? S’équiper d’un progiciel de gestion intégré ou ERP (Enterprise, Ressource, Planning) qui couvre plusieurs fonctionnalités de l’entreprise (dont trois de base : finances, fabrication, achats et ventes) devient de plus en plus incontournable. D’où la nécessité de se poser les bonnes questions pour bien choisir son progiciel et la société qui va l’intégrer. Aujourd’hui les ERP sont devenus la colonne vertébrale du système d’information dans les entreprises. Il est donc impératif que ceux-ci soient adaptés aux besoins spécifiques de chaque entreprise et à son domaine d’activité. « La première question à se poser pour implanter un ERP est de définir ses besoins en fonction du plan stratégique de l’entreprise », souligne Aline Berger, experte Agile et Système d’information auprès du réseau Thésame. S’agit-il d’une entreprise multi-sites, multi-langues, qui se développe à l’international, y a-t-il une forte croissance prévue, quel sera le nombre de personnes impactées, etc. C’est à partir de la réponse à ces questions que l’on établira des critères pour sélectionner son ERP.

5 critères de sélection Une fois vos besoins définis, cinq critères de sélection peuvent être appliqués pour définir l’ERP cor-

respondant le mieux à vos besoins, explique l’éditeur et intégrateur Sylob, spécialisé dans les solutions ERP dédiées aux PME industrielles :

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1. La connaissance de votre métier. Il est important de choisir un ERP orienté sur votre domaine d’activité, ce qui permet d’avoir une solution


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prête à l’emploi beaucoup plus rapidement et moins de développements spécifiques. Dans le domaine du décolletage, on

peut citer six ERP principaux adaptés aux PME/PMI : Cegid, Clipper, Louxor, Obilog, StraDivalto et Sylob.

2. L’adaptabilité. Un ERP doit pouvoir répondre au minimum à 80% des besoins immédiats de votre société, mais aussi aux

besoins à moyen terme. Il doit pouvoir être évolutif. 3. L’expérience utilisateur. Un bon ERP doit être intuitif et facilement personnalisable pour que le personnel de l’entreprise se l’approprie et l’adopte. 4. Les coûts à moyen terme. Il est essentiel de prendre en compte les coûts totaux sur le moyen-long terme. Pensez à analyser les coûts de maintenance et de support ainsi que l’achat de modules supplémentaires. La fourchette des prix pour un ERP complet est comprise entre 100 000/150 000 euros pour 150 utilisateurs et 20 000/70 000 euros en dessous de 50 utilisateurs. 5. Pérennité et qualité d’accompagnement. Il est essentiel de bien analyser le profil de l’éditeur et de l’intégrateur ERP avant de se lancer. La durée de vie d’un ERP étant de 8 à 10 ans en moyenne, le choix de l’éditeur et de l’intégrateur est primordial. Concernant l’éditeur, vérifiez l’ancienneté, les références et les avis positifs dans votre secteur d’activité, sa santé financière et sa stabilité organisationnelle. Concernant l’intégrateur (s’il est différent de l’éditeur), prenez en compte la connaissance de votre métier et sa capacité à comprendre vos besoins, sa disponibilité et sa proximité géographique. Et n’hésitez pas à prendre le temps de comparer les différentes solutions proposées en faisant des essais au sein de votre entreprise. ISABELLE VERDIER

UTILISEZ LE PROGRAMME NUMÉRIQUE PME !

LES CONSEILS DE CHORÈGE

Ce programme, dont peuvent bénéficier les entreprises de décolletage de moins de 250 personnes, est un dispositif Ambition Industrie du futur de la Région Auvergne Rhône-Alpes. Il propose une aide aux PME pour leur permettre de gagner en compétitivité par le choix de leurs solutions digitales. Concrètement, il est proposé, soit un accompagnement global par un consultant indépendant avec un plan d’action (14 demi-journées par un expert présent dans l’entreprise) et des formations (5 à 20 jours) à un coût de 4000 euros HT pour l’entreprise, le restant (65%) étant pris en charge par la Région ; soit un accompagnement ciblé à un coût de 2100 euros HT pour l’entreprise (65% étant à la charge de la Région) avec un plan d’action ciblé de 7 demi-journées et des formations de 5 à 10 jours. Ce programme est mis en œuvre par Aline Berger de Thésame au niveau de la Haute-Savoie. « On compte actuellement une moyenne de 15 entreprises par an qui utilisent ce dispositif dans le département », signale Aline Berger. Pour tous renseignements : ab@thesame-innovation.com.

Spécialisée dans l’amélioration des performances industrielles dans leurs dimensions humaines, techniques et économiques, la société Chorège, basée à Lyon, insiste sur la nécessité de bien analyser ses besoins avant d’investir dans un ERP. « Un logiciel ne va ni rendre vos collaborateurs plus compétents, ni prendre de meilleures décisions que vous : ce n’est qu’un outil qui va appliquer un algorithme », déclare Martin Jégou, responsable d’affaires chez Chorège. Selon lui, un projet ERP n’apporte des résultats que s’il est utilisé comme support à une amélioration plus profonde. « La première question à se poser est : qui a besoin à quel moment de quelles informations pour prendre quelles décisions ? Une fois que la réponse à cette question est connue, on peut alors se poser la question des outils », affirme-t-il. Et là encore, si les progiciels dits « ERP » sont pertinents lorsqu’il est nécessaire de partager à distance de grands volumes de données, parfois, un fichier Excel ou un tableau visuel bien organisé peut être infiniment plus efficace, et souvent moins coûteux.

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Interview Informatique industrielle

Bien implanter un ERP pour améliorer les performances Ingénieur Docteur en Génie Industriel, Julien Boissière est maître de conférences à l’Université Savoie-Mont-Blanc. Spécialiste de logistique et chaîne logistique globale, il travaille sur la modélisation des flux et décisions ainsi que sur la simulation des systèmes de production.

« Un ERP doit être adapté aux besoins et mis à jour régulièrement »

Julien Boissière. © Julien Boissière

Julien Boissière donne des conseils pour implanter un logiciel ERP en insistant sur l’importance du paramétrage et des mises à jour régulières des données.

Décolletage et Industrie. L’informatique industrielle amélioret-elle les performances de l’entreprise ? Les entreprises peuvent améliorer considérablement leurs

performances en mettant en place des systèmes informatiques, mais il faut impérativement que les logiciels soient adaptés à leurs besoins spécifiques. Et cela plus particulièrement pour un logiciel ERP qui est transversal car il recouvre toutes les fonctions d’une entreprise (administratif, financier, commercial, production, qualité, maintenance, etc.). D’où l’importance pour un dirigeant d’entreprise de se poser les bonnes questions au moment du choix d’un logiciel ERP et d’utiliser les bonnes briques : ce que je veux en faire, comment je vais l’utiliser, comment je vais me l’approprier, qui va l’utiliser.

Décolletage et Industrie. Comment réussir l’implantation de son logiciel ERP ? Selon moi, deux conditions

essentielles doivent être remplies : bien paramétrer le logiciel en fonction de ses besoins et mettre à jour régulièrement les données. Il faut prendre le temps de faire les bons paramétrages sur les produits clés. Cela doit être fait par les personnes clés en charge pour les achats, les devis, la production, etc. Autre condition de réussite : la mise à jour des données. Très souvent on constate que des efforts importants sont faits lors de la mise en place du logiciel ERP en rentrant toutes les données nécessaires (délais d’obtention pour l’achat de pièces, temps de réglage, taille de lots de lancement, durée de mise en route). Mais, par la suite, ces données ne sont plus mises à jour et l’on se retrouve avec des données anciennes ou fausses.

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Décolletage et Industrie. Quelle est la durée de vie d’un logiciel ERP ? D’une manière générale, on estime la durée de vie d’un logiciel ERP/GPAO entre 15 à 20 ans. Ensuite, chaque année, des mises à jour annuelles sont proposées. On n’a donc pas intérêt à en changer sauf si l’entreprise évolue dans sa structure ou à des besoins auxquels ne peut plus répondre le logiciel existant. À noter également que l’on peut installer au fur et à mesure de l’évolution de ses besoins de nouvelles briques qui n’avaient pas été mises en place au départ. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ISABELLE VERDIER


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Logiciels Informatique industrielle

Quatre éditeurs ERP adaptés aux décolleteurs Voici une sélection de quatre éditeurs et intégrateurs de logiciels ERP, qui sont utilisés par les décolleteurs de la vallée de l’Arve et adaptés à leurs besoins. Présentation de chacun par ordre alphabétique : Althays, qui est partenaire du groupe Cegid, Clip Industrie, Obilog (groupe Awensys) et StraDivalto (groupe Divalto), mis en place par Mercure Informatique, qui va prochainement devenir le centre d’expertise industrielle du groupe Divalto.

Althays, l’intégrateur adossé à Cegid Basé à Annecy-le-Vieux, le groupe Althays (55 personnes), créé en 2001 par Frédéric Moine, met en avant sa connaissance du métier et le fait d’être partenaire de l’éditeur de logiciels de gestion Cegid. « Au départ, explique son PDG Frédéric Moine, j’ai intégré, dans les solutions proposées aux décolleteurs, le logiciel Produflex conçu pour le décolletage qui avait été racheté par Cegid. Et depuis trois ans, nous avons développé des fonctionnalités adaptées aux décolleteurs comme le module devis, la gestion de la logistique, la planification de la production, l’EDI (échange de données informatisées), l’intégration de la gestion documentaire ou encore la gestion de la qualité », souligne-t-il. Le module planning de production développé depuis un an par Althays permet de visualiser rapidement les événements retardant la production et le plan de charge par critères. Grâce à ce module, Frédéric Moine espère faire passer sa clientèle de décolleteurs de 25% du total des clients actuellement à 40% d’ici 18 mois. « Nos plus sont de pouvoir proposer un ERP complètement intégré avec les fonctions de paye, RH, finances avec résultats financiers consolidés, en s’adossant à un éditeur pérenne comme Cegid, tout en étant capables de répondre aux besoins spécifiques des décolleteurs avec notre équipe de sept développeurs ». Autres atouts : le fait de pouvoir proposer une solution multi-site, la gestion mobile de tous les flux d’informations de l’entreprise, ainsi qu’un data center basé à Lyon. Pour le prix, il faut compter environ 110 euros par mois par utilisateur ERP hébergé en mode SAAS

« Nos plus sont de pouvoir proposer un ERP complètement intégré tout en étant capables de répondre aux besoins spécifiques des décolleteurs. » Frédéric Moine LE DECOLLETAGE & industrie No 257

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Clip Industrie développe la mobilité Pour Bruno Guéraud, responsable commercial régional de l’éditeur Clip Industrie basé à Chambéry, l’un des points forts du logiciel Clipper est sa rapidité de mise en place et de prise en main (10 jours) ainsi que sa capacité à récupérer les données techniques issues des autres logiciels. Créée il y a 30 ans et installée près d’Aix-en-Provence, la société Clip Industrie (85 personnes pour un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros) a développé le logiciel GPAO-ERP Clipper pour les PME industrielles de toute taille. Tous les modules d’un GPAO sont disponibles (gestion commerciale, gestion de production, qualité, stocks et achats, planification et ordonnancement, colisage…) et regroupés dans une seule licence. Parmi les fonctionnalités intéressantes pour un décolleteur, Bruno Guéraud cite la traçabilité permettant de regrouper tous les éléments ayant participé à la fabrication d’une pièce ainsi qu’un mécanisme de création automatique de codes des matières premières. « Cela permet de gagner du temps pour le calcul de devis ». Autre atout de taille : le module supplémentaire Qualitime qui a été développé au départ pour la société DBC Décolletage (voir témoignage), qui permet un suivi des mesures de tolérance pour les machines. Des modules complémentaires de paye, de comptabilité ou de Business Intelligence peuvent être installés. De plus, Clip Industrie développe la mobilité avec des tablettes installées près des machines pour la remontée des informations. Et un module « e-service » a été lancé pour permettre aux clients de consulter directement depuis leur espace web les commandes en cours. Pour le prix, il faut tabler sur une fourchette totale comprise entre 10 000 et 100 000 euros selon la taille de l’entreprise et les modules installés.

« L’un des points forts du logiciel Clipper est sa rapidité de mise en place et de prise en main. » Bruno Guéraud

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Obilog intègre la gestion de qualité « Obilog a succédé en 2004 au logiciel OBI qui avait été créé en 1983 à destination des décolleteurs. Des fonctionnalités adaptées à ces derniers ont continué à être développées comme la gestion de la qualité, qui est de plus incluse dans l’offre de base pour les TPE », précise Florence Malardel, chargée de communication d’Obilog. Ce module qualité permet notamment des contrôles SPC en cours de fabrication, ce qui est très utile pour répondre aux obligations des donneurs d’ordre. La traçabilité et la qualité intégrée sont nécessaires pour le secteur automobile. Autres spécificités : une gestion des devis très précise (gammes et nomenclatures) qui permet de décomposer les prix dans les détails, ainsi qu’un module GMAO (gestion-maintenance), mais qui ne s’applique qu’aux PME. Enfin, « nous avons de l’expertise dans le domaine de l’EDI (échange de données informatiques) », souligne Florence Malardel. Un moteur import-export a été en outre développé pour récupérer facilement les données des autres systèmes. Obilog fait partie du groupe Awensys, qui existe depuis 30 ans, et qui comprend en son sein un logiciel MES utilisé par les décolleteurs : Quasar, spécialisé dans le contrôle de qualité. « Beaucoup de clients qui ont Obilog utilisent Quasar pour gérer les données au pied des machines, souligne Florence Malardel. C’est un outil complémentaire pour le pilotage d’atelier en temps réel avec la gestion de la consommation de la matière, de l’outillage et de l’affûtage des outils ». En ce qui concerne le prix, il varie selon le nombre d’utilisateurs et les modules pris.

« Obilog a succédé en 2004 au logiciel OBI qui avait été créé en 1983 à destination des décolleteurs. » Florence Malardel

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StraDivalto, un ERP connecté et collaboratif Parmi les points forts du logiciel StraDivalto, Henri Charles, directeur de l’intégrateur Mercure Informatique, cite le fait de faire partie du groupe Divalto, ce qui assure la pérennité des développements informatiques avec des mises à jour majeures réalisées tous les 18 mois. Plus de 30% du chiffre d’affaires est investi chaque année dans la R&D, tandis que les fondations du logiciel ont été revues pour le rendre plus ouvert et connecté. « Notre ERP permet de fournir des liens avec tout l’environnement industriel de votre société (armoires de stockage, robots, machines-outils, systèmes de filtration d’huile, de déchets, etc.), précise-t-il. De plus, nous avons développé des connecteurs qui permettent de faire des imports-exports de tout type de données. Nous garantissons la récupération des données depuis 1981 », ajoute-t-il. Autre point important : StraDivalto est spécialisé « métier » puisqu’il a acquis en 2008 les sources du logiciel Gesprodec, qui avait été développé à destination des décolleteurs (voir témoignage de la société Bouverat Pernat). Et ce logiciel est intégré par Mercure informatique (anciennement IBS Informatique), une société basée à Scionzier proche géographiquement des décolleteurs. « Nous sommes 20 personnes au niveau de l’agence de Scionzier et nous nous attachons à répondre à toutes les demandes spécifiques», souligne Henri Charles. Enfin, pour mieux souligner l’appartenance au groupe Divalto, Mercure Informatique va changer de nom prochainement pour devenir le « Centre d’expertise industriel » du groupe. Quant au coût du logiciel, il faut compter pour un package industrie entre 1400 et 2500 euros par utilisateur.

« Notre ERP permet de fournir des liens avec tout l’environnement industriel de votre société » Henri Charles, directeur de Mercure Informatique.


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Focus sur 3 logiciels CFAO Les logiciels CFAO (conception et fabrication assistées par ordinateur) sont nombreux. Focus sur trois d’entre eux parmi les plus utilisés chez les décolleteurs : SolidWorks pour la CAO et pour la FAO Mastercam Swiss et Esprit.

SolidWorks, le logiciel CAO le plus utilisé « SolidWorks de Dassault Systèmes est le logiciel CAO le plus vendu dans le monde. Il est utilisé majoritairement par les décolleteurs, notamment pour le module CAO 3D », souligne Philippe Couet, directeur commercial du pôle industrie de la société Visiativ. Basée à Lyon, cette entreprise de 660 personnes pour un chiffre d’affaires de 106 millions est le premier intégrateur en France et en Europe de SolidWorks. « L’intérêt de SoliWorks est sa souplesse, estime Kevin Poulain, ingénieur commercial de Visiativ pour la vallée de l’Arve. Il peut s’adapter à toutes les tailles de sociétés des plus petites aux plus grandes ». Autre atout, le fait de bénéficier des 350 développeurs du groupe Dassault Systèmes avec une nouvelle version qui sort chaque année. L’offre SolidWorks comprend des outils de simulation ainsi qu’une schématique électrique et électronique pour les machines spéciales. Il est également proposé la gestion des données techniques avec la possibilité de produire des documents. En outre, un nouveau module permettant de simplifier la création de documents de contrôle, SolidWorks Inspection, vient d’être créé. Philippe Couet, directeur commercial du pôle industrie de la société Visiativ.

Esprit de DP Technology, une FAO fortement intégrée Créé par deux Français qui se sont installés aux Etats-Unis, Dan Freyssinet et Paul Ricard, le logiciel FAO du groupe DP Technology (du nom des initiales des prénoms des fondateurs) existe depuis 30 ans. Basé aux Etats-Unis avec une filiale Europe à Montpellier, le groupe de 250 personnes dispose d’une centaine de développeurs, ce qui permet de sortir une nouvelle version chaque année. Interfacé avec cinq solutions CAO (SolidWorks, CATIA, Autodesk Inventor, Unigraphics Siemens, PTC Creo), le logiciel Esprit permet de récupérer la géométrie et l’arborescence des pièces dessinées, tandis que les modifications opérées dans le logiciel CAO sont mises à jour automatiquement. « Autre avantage, souligne David Meynaud, responsable du réseau Indirect France : Esprit est intégré en France par trois revendeurs agréés - dont deux basés à Lyon : Usiprog et Mhac Tecnologies - qui ont une forte expertise pour customiser les post-processeurs ». Parmi les autres fonctionnalités d’Esprit intéressantes pour les décolleteurs, David Meynaud cite l’automatisation, la possibilité d’usiner avec deux tourelles en simultané, la synchronisation des opérations de tournage et de changement d’outils, les post-processeurs, l’étude du temps de coupe ou encore la simulation 3D. Il y a près de 200 clients équipés de cette solution dans la vallée de l’Arve.

David Meynaud, responsable du réseau Indirect France.

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Mastercam Swiss, la FAO de référence pour le décolletage Spécialisé sur le décolletage, le logiciel FAO Mastercam Swiss, développé par le groupe américain CNC Software, a repris en 2010 les bases du logiciel Sylvie Expert, qui avait été conçu dès le départ pour le pilotage des décolleteuses. Un centre de développement dédié au décolletage a été créé à Porrentruy dans le Jura suisse où se trouve également le centre de commercialisation de Mastercam Swiss en Europe, dirigé par Jean-Pierre Bendit. « Nous sommes le logiciel FAO de référence pour les décolleteurs grâce à la possibilité de piloter des machines multi-processus avec la gestion d’un nombre illimité d’axes et de canaux », souligne ce dernier. Autres points forts de Mastercam Swiss : la capacité d’usinage en 5 axes simultanés, la création d’opérations modèles et l’évaluation du temps d’usinage, la simulation réelle avec contrôle des collisions et hors course ou encore la génération de programmes précis sur-mesure en ISO, MOPS, TB-DECO et TISIS. Ce dernier programme, développé spécifiquement pour les machines Tornos, a d’ailleurs été intégré dans une version light de Mastercam Swiss dans le cadre d’un partenariat entre les deux entreprises. Jean-Pierre Bendit met en avant également le fait que le logiciel Mastercam Swiss est évolutif avec 160 informaticiens qui travaillent à des mises à jour régulières. En outre, l’éditeur propose des formations sur-mesure chez le client et une assistance par télémaintenance. « Le décolleteur se trouve devant l’ordinateur comme devant sa machine », déclare Jean-Pierre Bendit. Enfin, Mastercam Swiss est interconnecté avec les autres logiciels de type ERP ou contrôle de qualité.

Jean-Pierre Bendit.

SolidWorks

Esprit

Mastercam Swiss

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Témoignages de trois sociétés utilisatrices de ERP Joseph Martin « Obilog permet le pilotage en temps réel de l’entreprise » Entré dans l’entreprise Joseph Martin en 2010 comme chef de projet informatique et logistique pour déployer un nouvel ERP, Nicolas Grangerat a tout d’abord défini les besoins de l’entreprise en rédigeant un cahier des charges avec l’aide de Thésame. « Nous sommes une entreprise de décolletage de 220 salariés implantée sur deux sites (Vougy et Bonneville) avec un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros en forte croissance depuis 10 ans, souligne t-il. Nous avons choisi Obilog en raison de la proximité géographique de l’intégrateur, de l’option multi-site du logiciel et de sa spécialisation sur les métiers du décolletage. De plus, celui-ci est adossé au groupe Awensys, ce qui permet des développements informatiques réguliers ». La mise en place du logiciel a nécessité un an de travail à temps complet (de juillet 2010 à juin 2011) et pour Nicolas Grangerat il est essentiel pour la réussite du projet d’avoir un référent unique au sein de l’entreprise. « Obilog nous a permis de regrouper tous nos logiciels et nous avons intégré en 2014 de nouvelles fonctionnalités comme la GMAO et la qualité. Le logiciel nous permet un pilotage en temps réel de l’entreprise et de fonctionner dans une vraie chaîne logistique », indique t-il. Autres avantages : la récupération automatique de données de production et le suivi de traçabilité avec le contrôle SPC. « Pour l’instant, nous donnons à un seul fournisseur des données MRP de manière automatique, mais nous travaillons à déployer ce système avec d’autres fournisseurs », souligne t-il. Aujourd’hui, Obilog est en phase de consolidation au sein de l’entreprise avec des modules qui sont mis en place en fonction de l’évolution des besoins et Nicolas Grangerat est devenu Supply Chain Manager avec plus que 10% de son temps de travail consacré à l’ERP.

Nicolas Grangerat.

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Bouverat Pernat « StraDivalto, un logiciel dans la continuité de Gesprodec » Co-dirigeant avec son frère Gérard Pernat de l’entreprise Bouverat Pernat (45 personnes pour un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros), Louis Pernat explique avoir choisi le logiciel StraDivalto comme une solution dans la continuité du précédent ERP/GPAO utilisé : Gesprodec. « Nous avons migré en janvier 2011 sans trop de dommage vers StraDivalto en récupérant nos bases de données, explique t-il. Nous avons tous les modules du logiciel, et ce qui nous a particulièrement intéressé comme fonctionnalité est la gestion de la production en direct grâce notamment aux communications instaurées entre les chariots filoguidés et la supervision de l’atelier ». Autres fonctionnalités intéressantes : les informations concernant les fréquences d’affûtage et la gestion de l’outillage. Bouverat Pernat a opté pour une licence avec mises à jour régulières. « Chaque année, de nouveaux besoins naissent, soit on fait en interne les développements nécessaires, soit on attend que cela soit proposé dans les mises à jour, détaille Louis Pernat. Nous avons pour cela un responsable informatique à temps partagé ainsi qu’un responsable R&D qui fait office d’informaticien quand le responsable informatique n’est pas là ». Parmi les développements en cours, Louis Pernat signale les passerelles pour la connectivité des informations. Par contre, tout ce qui concerne la comptabilité, la paye et les règlements fournisseurs est géré par Mercure Informatique sur d’autres logiciels. Louis Pernat.

DBC Décolletage « L’outil SPC de Clipper a été développé sur mesure » Dirigeant de l’entreprise DBC Décolletage (80 personnes pour un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros), Patrick Besnier a décidé d’implanter l’ERP Clipper au sein de sa société en juin 2006. Principal raison de ce choix : le fait que l’intégrateur du logiciel était situé à proximité de l’entreprise et connaissait les problématiques du décolletage. « Il s’agissait de Olivier Prévost, l’actuel responsable R&D de Clipper, déclare Patrick Besnier. Grâce à ce dernier, nous avons mis au point le module SPC que propose actuellement Clipper à toutes les entreprises sous le nom de « Qualitime ». Celui-ci est très performant et permet un suivi de la qualité de production et des matières premières ». Pour Patrick Besnier, Clipper correspond aux besoins de sa société et beaucoup de fonctionnalités ont été déployées au fur et à mesure en fonction des demandes. Certaines fonctionnalités ne sont pas utilisées comme les codes articles automatiques car « nous préférons les choisir nous-mêmes pour qu’ils soient compréhensibles ». Par contre, la base de données technique a été intégrée dès le départ, ce qui a nécessité un an de travail. Autre avantage de Clipper : la réalisation de devis automatisés avec toutes les

DBC Décolletage

données techniques qui sont ensuite conservées. « Cela amène un gain de temps considérable et une connaissance des coûts de sous-traitance », souligne Patrick Besnier. « Aujourd’hui, 100% des salariés de DBC Décolletage utilisent Clipper dans les fonctions commerciales comme à la production », se félicite –t-il.


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Salon Informatique industrielle

Edition 2016 du salon Progiciels - Conférence ZOBRIST.

Salon Progiciels le 12 octobre à Annecy La 22ème édition du salon Progiciels consacré aux logiciels ERP (Enterprise, Ressource, Planning), à l’approche PLM (Product Lifecycle Management), à la Supply Chain, et à la réalité virtuelle se tiendra le 12 octobre à Annecy le Vieux (Espace Rencontre). Organisé par le Centre européen d’entreprise et d’innovation Thésame, qui regroupe plus de 2 500 industriels, universitaires et laboratoires spécialisés en performance industrielle et mécatronique/robotique, ce salon aura comme thème de sa 22ème édition celui de «l’entreprise audacieuse, comprendre le futur et s’adapter». Au programme de cette année :

Conférences Cinq grandes conférences inspirantes animées par des per-

sonnalités de renom comme Pascal Picq, paléoanthropologue spécialisé dans l’évolution de l’homme, des entreprises et des sociétés, Olivier Ezratty, « Monsieur Startup et CES », Maurice Pillet de l’université Savoie Mont-Blanc spécialiste dans le domaine de la qualité en production, ou encore Jean-François Reverdell (directeur général de SEW-Usocome – labellisé vitrine industrie du futur) et Fabienne Fel (Chaire « Une

Usine pour le Futur » de l’ESCP Europe) qui s’interrogeront sur la place de l’humain dans la vague numérique qui déferle sur l’entreprise.

Exposants 80 exposants présentant cette année plus de 300 nouveautés.

Ateliers 20 ateliers pratiques animés par des exposants sur les grandes questions du moment : internet des objets, cloud, hacking, facturation numérique ou les nouvelles générations de progiciels : MES, ERP, GED, PLM. On trouvera des sociétés interrogées dans le cadre du dossier Informatique industrielle comme la société Chorège, spécialisée en performance industrielle, ou l’éditeur du logiciel ERP Obilog.

Club d’entreprise Le club PLM, club d’entreprises dédié à la gestion du cycle de vie du produit, qui ouvre ses portes l’après-midi pour échanger sur des projets. Edition 2016 du salon Progiciels. LE DECOLLETAGE & industrie No 257

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Nouveautés Parmi les nouveautés de cette année, un « village du futur » présenté par Thésame et le pôle Imaginove avec dix démonstrations pour tester les outils de la réalité virtuelle (simulation interactive et en temps réel de la réalité) et/ou de la réalité augmentée (enrichissement d’une image réelle en lui apportant du contenu). Autre nouveauté, un atelier DDMRP (Demand Driven MRP) proposé sur le stand IAE/QLIO sur le thème : gérer une production en DDMRP en garantissant un taux de service de 100% malgré une demande variable. ISABELLE VERDIER

Pour tous les détails du programme, consultez le site : www.expo-progiciels.com. Il est possible de s’inscrire en ligne ou sur place sur présentation d’une simple carte de visite. L’inscription est gratuite.


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Le décolletage en vedette L’actu de la vallée de l’Arve

Les industriels ont fait savoir au ministre qu’il n’est pas toujours simple de recruter du personnel dans la vallée de l’Arve.

Le ministre met en avant le modèle d’une industrialisation réussie Vendredi 25 août, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances est venu rendre visite aux industriels de la vallée de l’Arve. Il s’est également inquiété du sort des salariés des entreprises Maike Automotive et Pure Fishing. À la rencontre des acteurs économiques de la vallée de l’Arve, Bruno Le Maire s’est rendu chez Baud Industrie à Vougy et Somfy à Cluses. Lors d’une table ronde avec des chefs d’entreprise de la région, il est intervenu sur la politique gouvernementale en faveur de la compétitivité des entreprises. Très brièvement, lors de son déplacement, le ministre s’est exprimé sur le sort des salariés des deux entreprises actuellement en difficulté dans la région. Aux représentants de l’entreprise Frank&Pignard, il propose de venir le rencontrer à Paris.« Il faut se mettre autour de la table pour discuter. » Concernant l’entreprise Pure

Fishing (Mitchell) de Marignier, dont le tribunal de Bonneville vient de repousser au 25 septembre la prolongation du délai de consultation du comité d’entreprise, « je veux faire tout ce qu’il est possible pour que les salariés soient reclassés. » Il regrette l’alerte tardive qui a été faite concernant la relocalisation de Mitchell hors de France.

Le ministre fixe un cap aux entreprises Lors d’une table ronde avec des chefs d’entreprise de la région, le ministre a félicité les acteurs du secteur du décolletage : « Vous représentez le modèle d’une industrialisation réussie. Vous êtes l’exemple vivant que l’industrie

a un avenir en France et je serai votre avocat pour défendre cette industrie française. » Le ministre a fortement insisté sur l’importance pour les entreprises françaises d’entrer de plainpied dans la révolution technologique en cours. Il souhaite défendre une économie de la création. Satisfait de voir à quel point Baud Industrie incarne ce renouveau technologique. « L’innovation représente la clef. La France a vocation d’être leader, pas suiveuse. »

Les mesures phares annoncées par le ministre Bruno Le Maire a annoncé plusieurs mesures qui entrent rapidement en vigueur. La baisse

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de l’impôt sur les sociétés, qui sera ramené de 33 à 25 % sur cinq ans. À partir de 2019, il prévoit « une bascule du CICE (le crédit d’impôt compétitivité emploi) en allégement de charges », ce qui devrait permettre d’augmenter d’un milliard d’euros la réserve de participation pour les salariés. Mais aussi la suppression de toutes les cotisations sociales sur la maladie et le chômage payées par les salariés dès 2018. Autre cheval de bataille du ministre en faveur des entreprises, l’amélioration des règles de transmission des entreprises, « dans l’intérêt du pays. » STEPHANE GROSJEAN


Le décolletage en vedette L’actu de la vallée de l’Arve LE PROBLÈME DU RECRUTEMENT, LE MINISTRE VEUT S’Y INTÉRESSER DE PRÈS Lors de sa visite, Bruno Le Maire a pu constater le problème des entreprises pour recruter du personnel. Lionel Baud, le dirigeant de Baud Industrie, lui faisant remarquer que l’industrie du décolletage recherche chaque année de 400 à 500 personnes. Il a interpellé le ministre sur la société Martin qui a placardé sur ses grilles ses annonces. Elle est toujours à la recherche d’opérateurs-régleurs.

Vital d’améliorer la formation D’où la nécessité, pour le ministre, de mettre l’accent sur la formation. « Il est vital de l’améliorer. » Il souhaite porter un discours positif sur l’emploi

dans les entreprises. « Je suis l’ennemi résolu à tout conservatisme. » Lors de sa visite des deux entreprises, au vu de leurs avancés technologiques il a démontré que « les robots créent de l’emploi, contrairement aux idées reçues. » Afin de répondre aux besoins des entreprises, d’un personnel qualifié, le ministre veut inciter les demandeurs d’emploi à aller vers ces métiers qui recrutent. « Il faut absolument réduire la courbe entre les demandeurs d’emploi et le besoin des entreprises. Il pourrait s’agir d’une pré-formation personnalisée, en les faisant intégrer le groupement salarié/employeur. »

Vendredi 25 août, Bruno Le Maire s’est rendu chez Baud Industrie à Vougy, puis chez Somfy à Cluses, deux modèles de la révolution technologique réussie dans la vallée de l’Arve.

ATOUTS ET FAIBLESSES DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE « Cette année, le secteur du décolletage espère battre le record du niveau de son chiffre d’affaires d’avant la crise de 2008, avance Lionel Baud. Cela grâce à la force collective, à notre pôle de compétitivité qui regroupe plus de 300 entreprises. » Mais le chef d’entreprise de préciser: « Le dynamisme est avant tout vécu à travers l’entreprise familiale, car nous ne sommes pas soumis à la pression d’actionnaires. » Lionel Baud a également interpellé le ministre au sujet des impôts, notamment pour la transmission d’entreprise et sur la problématique des charges patronales, « bien trop élevées par rapport à d’autres pays. Donc, comment faire ? Certes, nous résistons, mais à force de résister, un jour, on s’épuise… »


Recrutement L’actu de la vallée de l’Arve

Décolleteurs cherchent désespérément salariés Le recrutement du personnel demeure la première problématique des entreprises de décolletage. Un phénomène qui va s’intensifier avec le départ à la retraite des « babys boomers ».

Les offres d’emploi s’affichent en grand.

En traversant la vallée de l’Arve, il n’est pas rare de découvrir au bord des routes, ou en façade des entreprises, des annonces d’offres d’emploi. « Des décolleteurs au chômage, effectivement, il n’y en a pas ! », s’exclame de but en blanc Sandrine Jacob, la directrice du Pôle emploi de Cluses.

Quelle est la situation de l’emploi dans le décolletage ? « Sur les 5 400 personnes inscrites chez nous (à Cluses), il n’y a pas un seul décolleteur », poursuit Sandrine Jacob. Aujourd’hui, la situation est tout

le contraire. Il manque du personnel et la situation risque de s’amplifier dans les années à venir. Le Syndicat national du décolletage (SNDEC, présidé par Lionel Baud) estime que près de 500 décolleteurs vont prendre leur retraite dans les prochaines années. « Le court terme pour trouver un décolleteur n’est pas possible, explique-t-elle. Il faut le former et cela prend du temps. »

Quelles sont les solutions pour trouver des décolleteurs ? « Des entreprises du décolletage nous contactent afin de trouver

des personnes motivées, prêtes à changer de branche, rapporte la directrice du Pôle emploi. Nous pouvons mettre en place l’AFPR (Action de formation préalable au recrutement), qui s’adresse à tous les âges. » Cette mesure permet la mise en place d’une formation de préparation à une prise de poste. Elle finance en partie les frais que l’entreprise engage pour une formation réalisée en interne ou avec un organisme extérieur. « Le candidat réalise une formation de 416 heures dans l’entreprise. À l’issue de celle-ci, l’entreprise embauche une personne immédiatement opération-

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UNE PÉRIODE TRÈS INTENSE EN ACTIVITÉ « Dans la vallée de l’Arve, ce n’est pas la ruée vers l’or, c’est la ruée vers le décolletage », analyse Sandrine Jacob, la directrice de Pôle emploi. Les chiffres le montrent. Au cours du premier trimestre 2017, l’industrie du décolletage a connu une hausse d’activités de + 6 %. « Il se pourrait que cette croissance se poursuivre sur le deuxième trimestre », confie Jérôme Akmouche, directeur du syndicat national du décolletage.


Recrutement L’actu de la vallée de l’Arve nelle sur son poste de travail », poursuit Sandrine Jacob. Autre mesure, le contrat de génération, pour les moins de 26 ans. « Les entreprises peuvent bénéficier d’une aide financière de l’État en recrutant un jeune de moins de 26 ans en CDI et en maintenant en emploi un senior. » Sans doute, un bon compromis, avant la vague de départ à la retraite. « Les entreprises doivent prendre un temps d’avance sur les futurs départs à la retraite », souligne François Carillo, directeur du Pôle emploi de Sallanches et Chamonix.

Que propose le Syndicat national du décolletage ? Parmi les outils qui fonctionnent bien, le Geiq Alpege Horizon (Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) créé en 2012 par treize entreprises fondatrices de la métallurgie situées sur la vallée de l’Arve. « Il s’agit d’une vraie aide à la qualification et au placement dans le secteur de l’industrie », fait savoir Pôle emploi. Le salon Smile qui se déroule chaque année à La Roche-surForon permet aux jeunes de rencontrer des professionnels

de l’usinage et du décolletage.« Le retour est très bon, mais ce n’est pas suffisant. Pour voir plus loin, nous allons créer un technocentre, avec un ‘’Open Smile’’ permanent afin de nous rapprocher encore plus des jeunes », informe Jérôme Akmouche, le directeur du SNDEC. Il poursuit : « Les conditions de travail dans le décolletage sont bien différentes de l’image que l’on peut avoir. C’est pourquoi il ne faut pas avoir peur de prendre contact avec nous, quand on recherche un emploi, même si l’on vient d’une autre branche. » STÉPHANE GROSJEAN

EN CHIFFRES 17 000 Nombre d’emplois estimés par le syndicat national du décolletage à l’horizon 2020. 400 Estimation du nombre de salariés employés dans la branche du décolletage qui vont prendre leur retraite dans les quelques années qui viennent. Une équation qui risque d’être difficile à résoudre. 80 Nombre d’adultes formées chaque année par le Greta, avec Pôle emploi, dans le décolletage. 10 Les grandes entreprises proposent une dizaine d’emplois différents dans le décolletage : qualité, production, support logistique, veille, maintenance...

Chaque année, le Gieq Alpege forme une trentaine de personnes aux métiers du décolletage. Ce sont autant de contrats qui sont signés avec des entreprises de la vallée de l’Arve.

Tornos et Martin recherchent...


Recrutement L’actu de la vallée de l’Arve

TORNOS RECHERCHE DEUX TECHNICIENS SAV DEPUIS SIX MOIS Fabricant de machines-outils qui équipent bon nombre d’entreprises de décolletage de la vallée, l’entreprise Tornos est basée à Saint-Pierre-en-Faucigny. «Notre entreprise pour être performante se doit d’apporter un soutien technique de qualité pour nos clients qui utilisent nos machines tout au long de l’année. Pour faire face, par exemple, au départ en retraite de personnes vraiment expérimentées, il est très difficile de trouver un remplaçant au pied levé. Grâce au réseau national d’agence d’intérim, il nous arrive d’embaucher des collaborateurs venant d’horizons différents de la machine-outil et après une formation qui peut prendre jusqu’à trois ans nos techniciens deviennent performants. Un autre moyen est de faire appel à l’apprentissage et depuis cinq ans nous collaborons avec le CFAI de Thyez pour former et embaucher de jeunes recrues. Après deux ans de suivi par son maître de stage, l’essai est transformé, ou pas, en fonction des motivations du jeune qui aura été formé chez nous. Cependant, la présence de jeune motivé est rare malgré une rémunération et un plan de carrière intéressants. In fine, il est très difficile de trouver un technicien ‘’service après-vente’’ malgré des conditions de travail et une activité au demeurant variée et intéressante. Depuis plus de six mois nous cherchons deux candidats sans réel succès. Un travail de patience et de longue haleine.».

MARTIN RECHERCHE DEUX OPÉRATEURS-RÉGLEURS Créée en 1946 à Vougy, l’entreprise Joseph Martin compte 200 salariés répartis sur les sites de Vougy et Bonneville. Laurent Martin, petit-fils du fondateur, dirige la société. « Si nous avons connu quelques années difficiles après la crise de 2008, l’activité du décolletage est généralement bonne dans la vallée. Surtout grâce au secteur automobile, notre principal client. Une problématique se présente aux décolleteurs dans leur ensemble pour les prochaines années : les départs à la retraite des babys boomers. Le SNDEC estime qu’ils seront 400 à prendre leur retraite dans les prochaines années, ce qui va poser un réel problème. La réforme de la formation ne nous a pas aidés. J’espère que le nouveau gouvernement réformera l’alternance. J’estime qu’il n’y a pas assez de classes techniques dans les écoles par rapport au nombre d’entreprises dans la vallée. Il manque surtout des opérateurs en production, avec une formation technique. De même les techniciens en maintenance sont beaucoup demandés et le nombre de candidat est rare. Même sur les postes de tri visuel et tri dimensionnel qui ne sont pas des tâches difficiles, mais qui demandent de la rigueur, nous avons du mal à trouver. Un paradoxe avec le taux de chômage ! Je travaille avec Alpège qui réoriente des jeunes, mais le nombre de candidats est limité.»

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La fin des problèmes d'évacuation copeaux en tronçonnage et gorges !

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Formation L’actu de la vallée de l’Arve

Simon Vanmaekelbergh, Thierry Guillemot et Pascal Roger lors de l’inauguration de la plateforme.

Un dispositif pour la formation sur machine-outil Le Cetim-Ctdec vient d’inaugurer une nouvelle plateforme Haas technical education center (HTEC). Son objectif : former qualitativement pour répondre aux besoins des entreprises. Enseigner les technologies d’usinage sur commande numérique et mettre à disposition des entreprises industrielles – localement et régionalement – une main-d’œuvre qualifiée, compétente et prête à intégrer les ateliers de notre industrie de précision. Tel est l’objectif affiché par le Centre technique des industries mécaniques et du décolletage (Cetim-Ctdec) lors de l’inauguration de la plateforme de formation Haas technical education center (HTEC) le jeudi 29 juin. « Cet outil permet de proposer une prestation premium, annonce le responsable du pôle usinage connecté au Cetim-Ctdec, Pascal Roger. Nous souhaitons être en adéquation avec le besoin des entreprises. Cela passe par une offre de formation étoffée et parfois spécifique. » Première plateforme à

voir le jour dans la région (il en existe moins d’une dizaine en France), ce choix s’est fait tout naturellement dans la vallée de l’Arve.

Répondre aux besoins des entreprises « La volonté de notre partenariat s’inscrit sur le long terme, avance Thierry Guillemot, représentant de Performer, distributeur des machines Haas. Haas est le premier constructeur de machine-outil (1 200 machines sont réalisées chaque mois, ndlr). Elle souhaite offrir le meilleur rapport qualité prix. Mais s’attache aussi au fait que ces machines soient utilisées par des opérateurs formés et compétents.» Le concept HTEC permet une formation à commande numérique de qualité « dans une industrie manufacturière en évo-

lution permanente et technologiquement sophistiquée », indique le Cetim-Ctdec. Cette inauguration, en présence de Simon Vanmaekelbergh représentant d’Haas Automation Europe, s’est déroulée lors d’une journée spéciale consacrée à l’usinage innovant. Un rendez-vous qui a rassemblé pas moins de 150 industriels (outilleurs, mécaniciens, partenaires et adhérents au Cetim-Ctdec.). Ces formations à destination des jeunes, des personnes en reconversion ou des salariés peuvent durer autant quelques jours qu’une année, en alternance, selon, encore une fois, le besoin des entreprises. GUILLAUME RAYMOND

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LE CETIM-CTDEC REJOINT LE RÉSEAU HTEC EUROPÉEN Avec le lancement de cette plateforme HTEC en vallée de l’Arve, le Cetim-Ctdec rejoint les 50 centres européens qui comptent chacun une vingtaine d’élèves par site. 1000 élèves suivent une formation d’usinage CNC à l’aide de machines-outils Haas. 1000 opérateurs qualifiés accèdent au marché de l’emploi chaque année et environ 10000 élèves sont formés sur ces machines tous les ans.


Salon L’actu de la vallée de l’Arve

Le Midest n’aura pas lieu en octobre 2017 pour mieux revenir en mars 2018 lors d’un grand évènement industriel.

Le salon Midest reporté en mars 2018 Il devait avoir lieu du 3 au 5 octobre 2017 à Paris Nord Villepinte. Le Midest, salon international de la sous-traitance industrielle, n’aura finalement pas lieu cette année. Repris par GL events, il s’inscrira désormais dans un grand évènement français des outils et technologies de production et des savoir-faire industriels qui aura lieu en mars 2018. Ce nouveau grand rendez-vous est prévu du 27 au 30 mars à Paris-Nord Villepinte. 2 700 exposants et plus de 50 000 visiteurs y sont d’ores-et-déjà attendus, sur plus de 100 000 m2 d’exposition. Certaines sources évoquent une alternance entre Paris et Lyon pour la tenue de ce grand évènement industriel. Ainsi, il se tiendrait à Paris les années paires et à Lyon les années impaires. Lors de sa dernière édition, le Midest s’était tenu dans le cadre de Convergence pour l’industrie du futur, déjà en partenariat avec Smart Industries et l’Alliance pour l’industrie du futur.

AUVERGNE-RHÔNE-ALPES INDUSTRIE OFFRE UNE VITRINE À L’INDUSTRIE LOCALE Nous l’annoncions dans notre dernier numéro, les Chambres de commerce et d’industrie de la région Auvergne-Rhône-Alpes proposait aux entreprises de la Région de participer au Midest 2017 au sein d’un stand collectif. Malgré le report du salon, cette offre est toujours valable. Auvergne-Rhône-Alpes Industrie propose aux entreprises une prise en charge complète de l’inscription à la remise d’une base de prospects qualifiés à l’issue du salon, une aide financière directe de la Région pouvant aller jusqu’à 1 200 euros, des animations centrales du stand régional, source d’attractivité pour les visiteurs et enfin un dispositif de communication et de signalétique renforcé.

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Les entreprises, les pouvoirs publics et les syndicats professionnels appelaient de leurs vœux, depuis des années, la création d’un tel évènement. C’est le groupe GL events a repris l’organisation du Midest à Reed expositions France. Organisateur du salon historique Industrie et, plus récemment, de Smart Industries, dédié à l’usine intelligente et connectée, le groupe événementiel accueillera à leurs côtés, dès 2018, à la fois le Midest, leader français de la sous-traitance industrielle et Tolexpo, spécialisé dans les technologies de la tôlerie et du soudage.


zoom sur L’actu de la vallée de l’Arve

Des ateliers ont été mis en place durant l’assemblée générale qui s’est tenue à l’Agora de Bonneville.

Le pôle Mont-Blanc Industries conforté et toujours plein de projets L’assemblée générale du pôle de compétitivité Mont-Blanc Industries a permis de rassurer les adhérents toujours aussi nombreux. Fidélité et implication. Ce sont les deux termes qui pourraient ressortir de l’assemblée générale du pôle Mont-Blanc Industries qui s’est tenue le 6 juillet à Bonneville. Avec un nombre d’adhérents stable – 310 en 2016 – et un taux de 86% de participation aux actions mises en place par le pôle de compétitivité de la vallée de l’Arve, les voyants sont au vert. Même si 2016 n’a pas été simple à gérer. «L’année a été

compliquée, concède le président Eric Piot. La loi NOTRe, le transfert des compétences du Département et les modes de financement ont amené des interrogations et des incertitudes. Aujourd’hui, ils sont assurés pour 2017 grâce, entre autres, à la Région.» Mont-Blanc Industries désormais conforté financièrement souhaite poursuivre «l’œuvre entamée». Et les projets ne manquent pas. Tout en se pro-

jetant sur l’industrie du futur (50 projets d’innovation sont en cours) et en accentuant sa démarche de sensibilisation des collégiens et lycéens aux métiers de l’industrie grâce au salon Smile, le pôle de compétitivité s’évertue à collaborer avec ses partenaires pour maintenir cette dynamique existante sur le territoire. Et bien au-delà. GUILLAUME RAYMOND

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EN CHIFFRES 86% des entreprises participent au minimum à 1 action et s’impliquent dans 7 actions en moyenne. Le nombre d’entreprises adhérentes au pôle de compétitivité Mont-Blanc Industries reste stable: 310 en 2016, 304 en 2015, 309 en 2014 ou encore 304 en 2013.


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Lors de son assemblée générale, le pôle Mont6Blanc Industries a fait vivre à ses 180 participants une expérience créative et immersive. Un temps d’inspiration leur a été proposé sur trois thématiques du futur. La première thématique est l’expérience sensorielle. L’intelligence sensorielle est partagée par tous les humains depuis leur origine et l’origine des temps. Elle fonctionne à la fois sur le corps humain et sur les neurosciences. Prendre en compte cette dimension sensorielle dans l’élaboration de produits et de services permet une meilleure adéquation de l’offre pour les utilisateurs. Par exemple, une machine-outils doit donner une sensation de sécurité. La deuxième thématique est l’expérience collaborateur. Cette démarche, qui consiste à créer un futur avec ses collaborateurs, permet d’attirer et fidéliser les collaborateurs qui rendront l’entreprise meilleure et les clients plus satisfaits. Cela implique un simple postulat : avoir confiance en l’individu, en sa bonne volonté et sa capacité à prendre des responsabilités. Enfin, la troisième thématique est la réalité virtuelle. Utilisée en amont des projets industriels, dans les phases de conception et d’industrialisation, elle est un moyen au service de l’innovation industrielle et de la montée en compétences. L’idée est de mieux vendre, mieux concevoir, mieux fabriquer et mieux former.

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Zoom sur L’actu de la vallée de l’Arve

La nouvelle équipe dirigeante avec les deux anciens patrons : De gauche à droite, les nouveaux et anciens dirigeants réunis : Simon Boisier, Franck Weinstoerffer, Brice Delavault, Jean-Pierre Delaplagne, Victor Rodrigues et Thierry Buratti.

Sotracom entre dans une nouvelle ère L’entreprise de transport, basée à Éteaux, a été rachetée le 3 août dernier. La nouvelle équipe dirigeante entend continuer de développer l’activité de la société, qui est l’un des principaux fournisseurs de matières premières dans la vallée de l’Arve. Sotracom change de tête. Le 3 août, le nouveau PDG, Franck Weinstoerffer, et ses trois associés, Thierry Buratti, Victor Rodrigues et Brice Delavault ont finalisé le rachat de la société. Les anciens dirigeants, Simon Boisier (63 ans) et JeanPierre Delaplagne (61 ans), qui avaient créé Sotracom en 1994, les accompagnent pendant deux mois, afin d’assurer une transition en douceur. « Ils partagent leur savoir-faire et leur connaissance du milieu », souligne le nouveau patron.

Des machines de 13 m de long et de 15 tonnes

Les 37 salariés conservent leur poste. Les principales activités de l’entreprise consistent à fournir de l’acier pour les usines de décolletage et à récupérer des déchets qui sont livrés en Italie et reconditionnés. « On connaît bien le marché et on va essayer de développer davantage nos liens avec l’Ita-

lie, car c’est notre spécialité », ajoute Franck Weinstoerffer, qui, comme ses trois associés, vient de JC Mermet. Sotracom est également un acteur du décolletage dans la région en assurant le transport de machines dans les usines. « Cela représente entre 5 et 10% de notre activité, jauge Thierry Buratti, l’un des associés. Les machines peuvent faire 1 mètre par 1 mètre ou être beaucoup plus imposantes, jusqu’à 13 mètres de long. Dans ces cas-là, la machine est remontée dans l’usine car nos camions peuvent contenir une longueur maximale de 6 mètres. En termes de poids, on peut atteindre des charges de 10 à 15 tonnes par machine. »

Des équipements à la pointe

Afin de mener de front ses diverses activités, Sotracom dispose de 29 véhicules dont 26 tracteurs-remorques et trois

porteurs. 33 remorques composent également l’équipement de la société. « Nous avons aussi une semi-remorque à fond mouvant, précise M. Buratti. Cela nous permet de toucher à tous les domaines : palette, acier, sciures, copeaux. C’est ce qui se fait de mieux dans notre secteur. » La flotte de Sotracom a ainsi été un point d’intérêt dans le processus de rachat par la nouvelle équipe. « Sotracom a un excellent savoir-faire mais aussi des équipements adaptés et spécifiques que les concurrents locaux n’ont pas forcément », confie le PDG. La santé du secteur, en décélération depuis 2008, n’a pas non plus refroidi les associés. « On sent que ça revient, il y a eu une amélioration depuis 2015 même si on est loin d’atteindre 2007 bien sûr. » MATHIEU GAILLAC

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TROIS EMPLOIS CRÉÉS D’ICI LA FIN DE L’ANNÉE ? La nouvelle direction entend faire évoluer le chiffre d’affaires de l’entreprise Sotracom de manière significative. Pour l’année 2016, celui-ci s’élève à 5,5 millions d’euros environ et l’objectif des racheteurs est de le faire progresser d’un million d’euros d’ici fin 2019. La société devrait recruter trois nouveaux chauffeurs avant la fin de l’année pour accompagner ses désirs de croissance. L’ancienne direction, composée de Jean-Pierre Delaplagne et Simon Boisier, étudiait depuis trois ans une vente, en vue d’un départ à la retraite. «Nous sommes contents de passer le flambeau et espérons que l’entreprise poursuivra son développement», confient-ils.


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Une machine de décolletage de chez IEMCA

Grâce à un système de géolocalisation, Sotracom suit en direct le trajet de ses chauffeurs.

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L’entreprise familiale regroupe David, Yann et Richard Lance, une équipe complétée par Christelle Legrix, la secrétaire.

Yann Lance assemble un tire-bouchon

Detector passe au digital Précurseur dans son domaine, la société familiale, spécialisée dans la détection de bris d’outils, se modernise afin de poursuivre son expansion. « On entre dans une nouvelle ère : début 2017, on est passé au digital avec un nouveau détecteur à écran tactile, le 404, en vente depuis début mai. » Richard Lance, dirigeant associé de l’entreprise familiale, se félicite de cette avancée, en projet depuis plusieurs mois. Le détecteur de bris d’outils, à l’origine de la création de la société Detector, est plus moderne, plus simple d’utilisation avec son boîtier électronique et présente un autre avantage à l’heure où la France est tancée pour délaisser son savoir-faire. « Tout est fabriqué en Haute-Savoie. On sous-traite la partie ingénierie électronique mais cela reste dans la vallée, puisque Alpes Deis, un développeur électronique à Marignier, s’en occupe, précise l’entrepreneur. Metro, basée à Boëge, est en charge de l’interface électronique. Tout se fait selon notre cahier des charges. »

La part belle au savoir-faire L’assemblage électronique se fait aussi à Mariginier, chez

Arvelec, pour une production haut-savoyarde même si des composants viennent de Chine ou d’Autriche. En général, toute l’activité de Detector, au niveau de la fabrication mécanique, se fait dans le département. L’entreprise voit ses ventes progresser, chaque année, à travers le monde, sur un marché où ses plus gros concurrents sont basés en Allemagne et aux États-Unis. Si ses appareils de mesure sont surtout destinés au domaine du décolletage et de l’usinage, la société de Saint-Pierre-enFaucigny, touche plusieurs pays et secteurs bien distincts dès lors que l’on parle de son détecteur de bris d’outils. Un planisphère illuminé, qui truste l’un des murs des locaux, route des Lacs, rappelle cette particularité. « Aujourd’hui, nous avons des distributeurs dans 13 pays mais nous vendons quand même dans 48 pays », souligne le PDG et cousin de Richard, David Lance. Le chiffre d’affaires de la société est assez stable, autour

de 1,4 million d’euros par an, ce qui satisfait les dirigeants.

Des tires-bouchons personnalisables « Dans notre activité, on se doit de trouver 30 à 40 nouveaux clients chaque année donc se maintenir est déjà bien en soi. » L’entreprise a investi en 2015 dans un centre d’usinage et peut désormais fabriquer ses pièces en séries. Yann Lance, frère de David, s’est joint à l’aventure familiale, pour faire tourner cette machine, qui représente un investissement de 120 000 euros. Par ailleurs, au sein de la société, la marque Lance a été créée il y a trois ans et commercialise des tire-bouchons personnalisables et entièrement fabriqués en Haute-Savoie, si on excepte la mèche qui vient de Thiers (Auvergne Rhône-Alpes). Vendus au nombre de 10 000 environ depuis le lancement, les dirigeants espèrent dégager 70 000 euros par an, grâce à leur nouvelle activité. MATHIEU GAILLAC

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LA GRAVURE LASER AU SERVICE DU TIRE-BOUCHON Depuis deux ans, la gravure laser permet à l’entreprise de personnaliser sa fabrication sur demande du client. Ainsi, les sociétés se révèlent être séduites par ces cadeaux d’affaires originaux, même si les particuliers y trouvent aussi une idée sympa en vue des fêtes ou d’un anniversaire, en consultant le site tire-bouchon-design.com

Richard Lance programme le centre d’usinage


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Echos de la vallée de l’Arve 81 DIPLÔMES AU CFAI DE THYEZ

Quatre-vingt-un diplômés ont été mis à l’honneur mardi 11 juillet par les responsables du Centre de formation des apprentis de l’industrie de Haute-Savoie (CFAI). Les jeunes ont soit décroché leur bac professionnel ou leur BTS (usinage/microtechniques, maintenance industrielle, électrotechnique, maintenance énergétique et climatique). La cérémonie s’est déroulée en présence de leur famille et les entreprises représentées par les maîtres d’apprentissage qui les ont accueillis en apprentissage durant deux ou trois ans. LA HAUTE-SAVOIE, VITRINE DE L’INDUSTRIE DU FUTUR Deux sites industriels du département haut-savoyard ont été dernièrement labellisés « Vitrine industrie du futur » par l’Alliance industrie du futur. Une reconnaissance pour leur démarche de transformation de l’industrie. Ce titre récompense ainsi les entreprises ayant effectué des efforts notables pour aboutir à un projet innovant dans l’organisation de leur production. Et ce notamment en matière numérique. C’est le cas du groupe Baud Industries (Vougy) pour la valeur innovante de sa solution technologique Usitronic (voir article dans l’édition 256 du Décolletage). Mais aussi Poclain hydraulics pour l’organisation de la production par îlots sur les sites de Marnaz et Verberie (60). LA RÉGION LANCE UNE PLATEFORME INÉDITE La première plateforme régionale destinée à mobiliser l’épargne des citoyens pour financer les entreprises. La région Auvergne-Rhône-Alpes a finalisé la constitution d’une plateforme de financement participatif favorisant l’épargne de proximité « Incit’ financement ». Un outil unique dans la région porté par la coordination régionale des Business Angels d’Auvergne-Rhône-Alpes forte de onze associations et rassemblant un large partenariat public, privé mais aussi associatif. Pour plus d’informations, vous pouvez envoyer un mail à bc@thesame-innovation.com BON BILAN POUR LA 16ÈME ÉDITION DU SALON EPHJ-EPMT-SMT Avec des indicateurs de fréquentation et de satisfaction au même niveau que les années précédentes dans un contexte

de marché qui se reprend, la 16ème édition du Salon EPHJ-EPMT-SMT confirme la résilience et les remarquables capacités d’innovation de l’environnement professionnel horloger-joailler, microtechnologique et des technologies médicales. Les organisateurs dressent un premier bilan satisfaisant de cette édition 2017. Le nombre de visiteurs professionnels se situe une nouvelle fois près de la barre des 20’000 visiteurs, comme en 2016. LES REPORTS DE COMMANDES PÈSENT SUR LE RÉSULTAT SEMESTRIEL DE MIKRON La reprise de l’économie mondiale et le climat plus favorable aux investissements ont augmenté l’intérêt en faveur des systèmes, des outils et des services du groupe Mikron, même si cette tendance n’est pas encore perceptible au niveau des résultats semestriels. Le groupe Mikron a enregistré des entrées de commandes nettement inférieures par rapport à la même période de l’exercice précédent. Les résultats du premier semestre affichent une perte d’EBIT essentiellement liée au recul du chiffre d’affaires. En raison de plusieurs commandes clients prévues, le groupe Mikron a bon espoir que l’entrée de commandes s’améliore au second semestre 2017. BÉRIEAU ET SMPT UNISSENT LEURS COMPÉTENCES POUR FORMER LE PÔLE USINAGE FIDEMECA Le Groupe vendéen FIDEIP fédère 11 sociétés dont les métiers et activités sont liés aux domaines de la mécanique et de la métallurgie. En unissant 2 de ses sociétés, Bérieau et SMPT sous la marque Fidemeca, FIDEIP crée un pôle usinage dédié à la valorisation et au développement durable de leurs activités de tournage et de fraisage. Avec cette nouvelle marque, les entreprises deviennent respectivement Fidemeca-Bérieau et Fidemeca-SMPT qui offriront des prestations plus étendues, une augmentation de la capacité de production, et une simplification administrative. TRANSFERT PRÉCIS, RAPIDE ET SANS GRAISSE AVEC LES ROULEAUX POUR SABRES TOURNANTS IGUS Le transfert précis d’une bande de convoyage à une autre doit être assuré sur un espace réduit et avec de tout petits rayons ? Il peut l’être de manière optimale avec les rouleaux pour sabres tournants du spécialiste des plastiques en mouvement igus. Ces rouleaux sont économiques, sans graisse et sans entretien et savent utiliser l’espace au mieux grâce à leurs petits rayons. igus vient de mettre au point des rouleaux pour sabres tournants en iglidur H1 afin d’apporter une solution satisfaisante aux applications impliquant des vitesses de transport élevées.


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Le décolletage - Septembre-Octobre 2017 - N°257  
Le décolletage - Septembre-Octobre 2017 - N°257  

- Dossier informartique industrielle - L'actu de la Vallée de l'Arve -

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