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magazine n˚181 · novembre et décembre 2013 GRATUIT

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LE DÉMANTÈLEMENT un film de

SÉBASTIEN PILOTE

CINÉ-PSY

LE DÉMANTÈLEMENT

LE CINÉMA

VU PAR...

SÉBASTIEN PILOTE

BRAZEAU

PASCALE FERLAND

RENÉE-CLAUDE

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ENTREVUES Le Démantèlement Ressac

VALEURS SÛRES

• MARIUS • FANNY

Films de Daniel Auteuil

nouveautés à l’affiche

L’INCONNU DU LAC · CHASSE AU GODARD D’ABBITTIBBI · DALLAS BUYERS CLUB


Mot de la

rédaction

N° 181

FASTE RÉCOLTE POUR TERMINER

L’ANNÉE EN BEAUTÉ LE DÉMANTÈLEMENT de Sébastien Pilote

Gabriel Arcand incarne magistralement un fermier confronté au choix déchirant de quitter sa ferme pour s’installer en ville. Par amour pour sa fille, il vivra la plus grande expérience de détachement de toute son existence. Lucie Laurier et Sophie Desmarais sont elles aussi bouleversantes d’authenticité.

CHASSE AU GODARD D’ABBITTIBBI

Pagnol : une valeur sûre

C’est notre cadeau des Fêtes. MARIUS et FANNY revisités par Daniel Auteuil. Du bonbon!

Cannes débarque sur nos écrans

Vous raffolez comme nous de ces pubs internationales primées au plus prestigieux événement du genre au monde? Venez vous imprégner de toute cette créativité et parfois, franchement, vous bidonner. Les Lions de Cannes dès le 29 novembre.

Pour son premier film, Éric Morin peut compter sur une valeur sûre en misant sur Sophie Desmarais dont le talent considérable éblouit encore une fois. Cette œuvre étonne par la singularité du propos.

Tout Tati

Rayonnement québécois DALLAS BUYERS CLUB

Sommets du cinéma d’animation

Après le remarquable Prisonniers de Denis Villeneuve, c’est au tour de Jean-Marc Vallée de nous offrir une œuvre forte dans laquelle Matthew McConaughey, méconnaissable, surprend par son jeu intense et son image à des lieux du bellâtre des publicités Dolce & Gabbana auxquelles il nous a habitués. Les premiers temps de l’épidémie du sida aux États-Unis vécus par cet être marginal d’une exceptionnelle combativité. Passionnant!

LA VOLEUSE DE LIVRES

Ce festival international consacré à l’animation sous toutes ses formes offre les meilleures œuvres mondiales.

Antifestival

Jeunes de moins de 21 ans, courez la chance de voir votre réalisation projetée sur nos écrans et même de gagner l’une des trois bourses de 500 $. À vos caméras. Tournez.

La course des régions en salle

En novembre, nous vous proposons des œuvres primées lors de cet événement national dédié aux cinéastes émergents. Grands talents sur grand écran. Bon cinéma… en salle! (M.A.)

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Sophie Nélisse, qu’on a pu apprécier dans Monsieur Lazhar, impressionne à nouveau dans cette remarquable adaptation du roman de Markus Zusak. Une première présence américaine pour cette jeune comédienne d’à peine treize ans qui est déjà récompensée par Hollywood. Elle vient tout juste en effet d’y recevoir un prix aux Hollywood Film Awards.

Nous vous avons déniché des copies numériques restaurées qui vous feront voir M. Hulot comme vous n’avez jamais pu l’apprécier. Du grand art.

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Sommaire n° 181

Chroniques ENTREVUE • Sébastien Pilote

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VALEURS SÛRES

« Jouant un César inoubliable dans MARIUS et dans FANNY, Daniel Auteuil rend justice à la poésie de Marcel Pagnol en adaptant avec tendresse les deux premiers volets de la trilogie marseillaise du célèbre dramaturge français.» (Le Clap)

Dans ce numéro

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En couverture · Le démantèlement Info-ciné Films pour enfants Mots croisés L’Abonne-Clap Index

CONSULTEZ NOTRE HORAIRE : 418 653-2470, poste 1 ou CLAP.ca Solution mots croisés de la page 42 Horizontalement

1.BANDE ANNONCE 2.EE • VOIR • UN 3.SPENCER • SIR 4.SERUM • TP 5.EBOUE • ENNUIE 6.RENVERSE • ASE 7.KA • ERE •ID 8.ETE • MAGIMEL 9.ARDITI • ES • TE 10.TIN • OSCARS 11.OCEANS • ORE 12. NERVEUSE •TSE

Verticalement

A.BUSTER KEATON B.BEATRICE C.NEESON • EDNER D.DENEUVE • AV E.CREER • TINE F.AVEU •REMI •SU G.NORMES H.NI • NEIGES I.ORSON • DISCO J.UA • ART K.CURTIS • ETRES L.EN • PEEPLES

06 CINÉ-PSY • Le démantèlement

09 ARTS DE LA SCÈNE

16 ENTREVUE • Pascale Ferland

19 LE CINÉMA VU PAR... • Renée-Claude Brazeau

26 NOS VERSIONS ORIGINALES

30 LIVRES

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Festival de Cannes – Prix SACD du meilleur scénario de la Semaine de la critique

Un film de Sébastien Pilote Du même réalisateur : Le Vendeur

Québec GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 111 min (V.O.F.). Drame écrit et réalisé par Sébastien Pilote. Mus. orig. : Serge Nakauchi-Pelletier. Int. : Gabriel Arcand, Lucie Laurier, Sophie Desmarais.

Bande-annonce

«

SYNOPSIS : Alors que ses deux grandes filles se sont établies à Montréal, Gaby vit toujours sur sa ferme avec ses moutons. Son aînée, Marie, accompagnée de ses deux jeunes fils, débarque un jour chez lui afin de solliciter son aide financière car, nouvellement séparée, elle risque de perdre sa maison. Sans nouvelle de son autre fille, Frédérique, Gaby entame donc le processus de démantèlement de sa ferme : sa maison, ses terres, son troupeau, tout ça afin d’obtenir les liquidités promises à Marie. Dès lors, il fait face à sa nouvelle réalité : quitter sa campagne pour aller vivre dans un petit logement en plein centre-ville. NOTES : Sébastien Pilote nous avait donné une première œuvre étonnante avec Le Vendeur, film portant sur le métier de vendeur de voitures sur fond de crise économique en région. Il retourne dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour ce deuxième opus qui s’inscrit dans la continuité du premier, même si sa trame est différente. Le cinéaste pose à nouveau sa caméra sur un monde qui change, qui disparaît pour laisser place à autre chose, cette fois-ci en abordant le manque de relève dans le milieu agricole, l’endettement des fermiers, les terres à vendre, l’abandon du territoire. Pilote met

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»

Ce nouveau film de Sébastien Pilote permet à Gabriel Arcand de nous offrir une performance inoubliable en incarnant un fermier prêt à tout abandonner par amour pour ses filles. (Le Clap) au centre de son film une autre sorte d’abandon, celle d’un père isolé à la campagne, loin de ses filles exilées dans la grande ville alors qu’elles représentent tout pour lui. Prenant vie sur grand écran, son scénario mise sur un trio de haute qualité formé de Gabriel Arcand, Lucie Laurier et Sophie Desmarais, appuyé par un Gilles Renaud cabotin en très grande forme. Arcand déploie habilement son talent de comédien pour incarner Gaby, un personnage dont le regard et l’intériorité prédominent. Se faisant trop rare au cinéma, il s’approprie l’œuvre, tout comme Gilbert Sicotte dans Le Vendeur. La performance d’Arcand illumine le film au même titre que ces scènes d’aurores où se mêlent lumière du matin et agneaux gambadant dans les vallons. LE DÉMANTÈLEMENT est un long métrage qui tire sa beauté d’une certaine nostalgie, de laquelle émanent les odeurs d’une ruralité fragile. Le film questionne le devenir d’une génération vieillissante, voire de tout un milieu en déclin, et ce, à travers la richesse picturale du territoire québécois et l’amour paternel débordant du personnage de Gaby Gagnon, éleveur d’agneaux. (P.B.)

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LE DÉMANTÈLEMENT


Entrevue Sébastien Pilote

Par Pierre Blais

De père en filles!

Tout juste rentré des festival de films de Namur et de Hambourg, le réalisateur Sébastien Pilote revient sur le tournage de son deuxième long métrage, LE DÉMANTÈLEMENT, qui porte sur un éleveur de moutons – joué par Gabriel Arcand – prêt à tout abandonner par amour pour ses deux filles. suite page 8…

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Entrevue

Par Pierre Blais

Éditions Le Clap : Sébastien, comme pour Gilbert Sicotte avec Le Vendeur, vous avez offert à Gabriel Arcand, un comédien qui se fait rare au cinéma, l’un de ses plus beaux rôles. Pourquoi l’avoir choisi, lui, plutôt qu’un autre? Sébastien Pilote : J’avais envie de travailler avec Gabriel Arcand parce que j’aime sa tête, ses yeux, sa photogénie, son visage. Dans LE DÉMANTÈLEMENT, j’avais envie de filmer des paysages. À l’opposé du Vendeur, je voulais aller du côté du bucolique, du pastoral, un peu comme dans les westerns américains de John Ford. Et le visage de Gabriel Arcand a quelque chose d’un paysage, à la fois américain, mais avec un profil grec. Puis physiquement, il a quelque chose de Clint Eastwood, de John Wayne aussi, grand et imposant. Sauf que Gabriel a également une réputation, celle d’un acteur austère provenant d’un théâtre plus cérébral. On le voit peu au cinéma, mais moi, malgré ça, j’avais envie qu’il porte mon film sur ses épaules. Puis surtout, nous voulions éviter un certain misérabilisme, car son personnage est sur une pente descendante. Il fallait donc le rendre attachant. J’ai donc misé sur ses yeux qui sourient et je me suis dit : « Les femmes du Québec vont “tomber en amour” avec, c’est sûr! »

E.L.C. : On peut facilement faire un fort lien thématique entre vos deux films, LE DÉMANTÈLEMENT et Le Vendeur, car vous posez votre regard sur des mondes en perdition, non? S.P. : Mes deux films portent sur des petites fins du monde. C’est la fin d’un monde, ce sont des personnages en voie d’extinction, la fin de quelque chose. Est-ce une société, un mode de vie, une civilisation? Moi, je suis un peu pessimiste. Je voulais donc montrer en même temps comment on snobe la tradition, les vieux centresvilles, la campagne, les paysans, le classicisme. Il faut constamment sortir des sentiers battus, faire du neuf, pourtant on ne peut pas toujours réinventer la roue. J’ai donc choisi de faire un film classique, un peu hollywoodien dans sa forme. Mais sur le plan narratif, j’explore. Il y a dans mes deux films une sorte de chronique humaine. LE DÉMANTÈLEMENT, c’est un film sur l’amour, le sacrifice, comme dans Le Roi Lear, Le Père Goriot, si on veut. Ça aurait pu être un cordonnier qui ferme boutique plutôt qu’un éleveur. Le milieu agricole, c’est anecdotique, la vraie histoire est en dessous. Mais en même temps, je voulais aborder la tradition, le propriétaire d’une terre qui redevient prolétaire. C’est un peu la suite de Maria Chapdelaine, les défricheurs du début du siècle qui aujourd’hui voient leurs fermes démantelées.

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E.L.C. : Gaby, ce père éleveur joué par Arcand, a deux filles très différentes l’une de l’autre et qui donnent leurs noms aux deux chapitres du film. Pourquoi?

E.L.C. : Le film semble éviter le pathos et le drame comme moteur du scénario. C’est aussi votre avis comme réalisateur et scénariste?

S.P. : La grande différence pour moi, c’est que ce sont des filles qui ont choisi des modes de vie opposés. Marie, jouée par Lucie Laurier, c’est la mère, la procréatrice qui a eu deux enfants et qui a choisi la sécurité, le confort. Frédérique, jouée par Sophie Desmarais, elle, a choisi un chemin plus cabossé, le théâtre. Gaby ne voit pas beaucoup ses filles, mais son amour platonicien pour elles est très fort. Il a un grand manque de ses filles et comme chez Proust, il carbure à l’absence. Marie est un personnage égoïste qui ne se soucie pas de son père. Frédérique, c’est paradoxal, est égocentrique. C’est une actrice à tendance narcissique. Si elle se soucie des autres, c’est qu’elle cherche leur amour, leurs regards, elle veut se faire aimer. C’est leur grande différence. Pauvre Gaby, finalement, il a eu une égoïste et une narcissique! (Rire)

S.P. : Il y a une structure dramatique, mais pas conventionnelle, c’est plus subtil que des rebondissements prévisibles. C’était important d’annoncer l’histoire avec le titre. Qu’on sache vers quoi il se dirige dès le départ. Mon film est avant tout divisé en deux : la première des filles voit son père au début, la seconde à la fin. Pour moi, c’était ça l’idée d’un film divisé qui ne suivrait pas une courbe dramatique habituelle. Comme un démantèlement où on vend les choses par morceaux, j’ai fait le film par morceaux, de manière assez rigoureuse, j’y suis allé par étapes. Et je me suis amusé avec les symboles, les clichés comme les moutons, la calotte du cow-boy, le pick-up Ford rouge, la musique country. Je ne voulais pas faire semblant que ça n’existe pas, et c’est aussi ce que j’aime bien dans ce film! (P.B.) ■

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Ciné-psy Le Démantèlement

« Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut qui gouvernent notre existence. » William Shakespeare, extrait du Roi Lear « Les pères doivent toujours donner pour être heureux. » Honoré de Balzac, extrait du Père Goriot et propos que tient Gaby dans LE DÉMANTÈLEMENT Commentaire sur le film

LE DÉMANTÈLEMENT EXIT, TOUTES LES RICHESSES DE LA TRADITION? RICHESSES CULTURELLES Pendant mon enfance, mais plus tard aussi, jusqu’au mi-temps de ma vingtaine, j’ai été très sensible à ce que la tradition religieuse du Québec véhiculait et m’exhortait à vivre comme valeurs. Puis, comme la majorité des gens de ma génération, j’en vins à prendre mes distances vis-à-vis de l’Église jusqu’à devenir très critique vis-à-vis d’elle et de ses représentants. Et, bien évidemment, j’ai abandonné toute pratique religieuse! En fait, rien de très original : je suivais en cela le mouvement contemporain du troupeau des gens bien instruits, soucieux de bien asseoir leurs convictions sur des réalités passées au crible de la raison et au peigne fin des diverses sciences désormais accessibles à tout un chacun. Avec le recul que permet de prendre le cumul des ans, je dois admettre que cet éloignement de l’Église me remplit aujourd’hui de nostalgie. Éloignement non pas de l’institution de « notre sainte Mère l’Église » (cf. : la curie romaine telle qu’illutrée de façon goguenarde par Nanni Moretti dans son Habemus Papam), mais plutôt de ce que le côtoiement de celle-ci dans la foi me donnait l’occasion d’accomplir comme rituels et d’éprouver lors de la pratique de ces rituels. clap.ca

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de Sébastien Pilote


Ciné-psy

par Marcel Gaumond

RICHESSES NATURELLES En acceptant de sacrifier tout son patrimoine, l’œuvre de toute une vie, afin de venir en aide à sa fille, Gaby pose là un geste qui s’inscrit, pourrait-on penser, dans la plus pure tradition chrétienne. Jésus n’a-t-il pas dit qu’il « n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis [et a fortiori pour ses enfants] »? (Jean 15:13). Ce geste extrême peut être toutefois interprété tout différemment, si on l’analyse dans la perspective de ce que l’objet sacrifié est susceptible de représenter pour le réalisateur du DÉMANTÈLEMENT.

INVITATION Vous êtes cordialement invités à une rencontre du Ciné-psy sur le film LE DÉMANTÈLEMENT avec Matthew Hatvany, professeur de géographie à l’Université Laval. Le mardi 10 décembre 2013, de 18 h à 19 h (buffet) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange), au Studio P, situé au 280, rue Saint-Joseph E., Québec (http://www.librairiepantoute.com/lestudiop). Réservations : de préférence par courriel (cinepsy1@gmail.com) ou par téléphone 418 683-0711. Coût d’entrée : 20 $ (incluant l’admission et le buffet). La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, psychanalyste.

CINE-PSY.COM

Symboliquement parlant, ce qui est sacrifié par Gaby afin de se mériter l’amour de sa fille pourrait bien correspondre à ce que les dirigeants actuels des gouvernements de la planète acceptent de sacrifier afin de satisfaire les besoins de consommation de leurs électeurs. On n’a qu’à penser aux plus que timides mesures écologiques avancées par les divers partis politiques, en période d’élections, pour débusquer la perversité d’une telle dynamique « amoureuse ». Timides mesures qui font d’ailleurs invariablement l’objet d’un recul, une fois passées les élections. Marie pourra conserver sa maison en ville, mais qu’adviendra-t-il du patrimoine terrien de Gaby? Le roi Lear de même que le père Goriot étaient, eux aussi, les premiers à être disposés à tout donner à leurs filles, mais il faut voir ce que celles-ci allaient faire de leur héritage, une fois celui-ci obtenu! Les lacs de Plitvice (Croatie) Après ce moment d’émerveillement et de nostalgie dans la cathédrale Saint-Guy de Prague, j’allais vivre, quelques jours plus tard, un autre moment de « saisissement », cette fois à la vue des lacs de Plitvice et de toutes ces cascades et chutes tumultueuses qui les relient entre eux. Ces seize lacs de Plitvice font partie depuis 1979 du patrimoine mondial de l’UNESCO et jouissent d’une protection de catégorie II, comparable, dans une certaine mesure, à celle dont se prévaut la réserve écologique de la Serpentine-de-Coleraine au Québec.

CATHÉDRALES ET AIRES PROTÉGÉES

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Je pense ici à ce qui se mobilisait dans mon âme d’enfant, lors de la prière du soir au pied de mon lit. Je pense à tout ce qui s’ouvrait et s’élevait dans mon imaginaire chaque fois que j’entrais dans l’église de ma ville natale. À part l’ennui et le sommeil qui m’envahissaient souvent lors des prêches, il y avait là réunies toutes les conditions pour une reprise de contact avec le royaume de l’intériorité : le silence et la musique d’orgue, l’agenouillement et l’inclination appelant une présence, la nourrissante communion, la libérante confession, la prière, la méditation. Et parfois, par chance, une citation extraite du livre sacré, une allusion par le prêtre au pardon et à l’amour espérés. L’apparition alors des étoiles dans le ciel obscur. L’entrée en Soi. La cathédrale Saint-Guy (République tchèque) Alors en voyage, c’est tout cela qu’a fait ressurgir chez moi la vue d’une jeune femme se tenant debout, les mains jointes, devant l’un des autels de la majestueuse cathédrale Saint-Guy de la ville de Prague. Quelle prière cette femme receuillie était-elle en train de formuler intérieurement? Implorait-elle une aide divine pour un enfant malade, un parent souffrant, une relation de couple qui avait du plomb dans l’aile? Cette femme aurait pu être Marie, l’aînée de Gaby qui, dans LE DÉMANTÈLEMENT, demande à celui-ci de lui venir en aide, financièrement!

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Dans Le Gai Savoir (1887), le philosophe Nietzsche fait dire à l’Insensé que « Dieu est mort! » Dans le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié le 27 septembre dernier, Rajendra Pachauri, président du groupe, affirme qu’il est « minuit moins cinq » pour tenter de trouver une issue viable aux bouleversements climatiques qui risquent d’affecter de façon dramatique, dans un avenir prochain, une grande portion de l’humanité. Cette cathédrale que j’ai visitée à Prague et cette aire protégée que j’ai parcourue pendant des heures en Croatie, je les considère comme des représentations à la fois concrètes et symboliques des polarités culturelle et naturelle de la Tradition. Tradition : legs sacré dont nous avons hérité et que nous avons la responsabilité d’enrichir et de transmettre aux générations futures. Mais ne sommes-nous pas forcés d’admettre que nous sommes devenus impuissants à assumer cette responsabilité? Quelles crises impitoyables devrons-nous traverser pour que la nécessité nous contraigne à mobiliser en nous les forces créatrices de nature à perpétuer la vie de la Tradition sous de nouvelles formes? ■ clap.ca


inc.

VALEUR SÛRE

MARIUS

Un film de Daniel Auteuil · Du même réalisateur : La Fille du puisatier

France GÉNÉRIQUE : France. 2012. 93 min (V.O.F.). Comédie dramatique réalisée par Daniel Auteuil. Scén. : Daniel Auteuil, d’après l’œuvre de Marcel Pagnol. Mus. orig. : Alexandre Desplat. Int. : Daniel Auteuil, Raphaël Personnaz, Jean-Pierre Darroussin.

DES ÉDITIONS

SYNOPSIS : Marius est un jeune homme qui travaille avec son père, César, au bar tenu par ce dernier dans le Vieux-Port de Marseille. S’il a toujours été amoureux de la belle Fanny depuis son enfance, Marius rêve du jour où il pourra partir sur un navire pour faire le tour du monde. Tiraillé entre ses deux passions, il décide de prendre le large sans le dire à son père, sacrifiant du même coup un mariage d’amour avec Fanny.

Une publication

NOTES : Daniel Auteuil avait vu sa carrière de comédien prendre son envol à la suite de son rôle d’Ugolin dans Jean de Florette. Maintenant, à titre de réalisateur, c’est toujours avec l’œuvre de Marcel Pagnol que sa nouvelle carrière pourrait s’établir. Tout en théâtralité, l’artiste revisite un univers qui n’a rien perdu de son humour et de sa tendresse, explorant avec finesse la destinée de ses personnages. (P.B.)

Éditeurs Michel Aubé, Robin Plamondon Directeur de la production Simon Leclerc

Programmation Michel Aubé

VALEUR SÛRE

Réviseure Marie Chabot

GÉNÉRIQUE : France. 2013. 102 min (V.O.F.). Comédie dramatique réalisée par Daniel Auteuil. Scén. : Daniel Auteuil, d’après l’œuvre de Marcel Pagnol. Mus. orig. : Alexandre Desplat. Int. :Daniel Auteuil, Victoire Belezy, Jean-Pierre Darroussin.

Horaire des films · 418 653-2470, poste 1 Courriel · leclap@clap.ca Site Internet · www.clap.ca

SYNOPSIS : Fanny et Marius sont follement amoureux

Publicité Chantal Tremblay : 418 802-9001 Sans frais : 1 800 361-2470, poste 127 chantal.tremblay@clap.ca

l’un de l’autre. Abandonnée par Marius parti au loin vivre sa vie de marin et apprenant qu’elle deviendra fille-mère, elle décide d’épouser Panisse, un riche commerçant qui accepte de reconnaître l’enfant comme le sien. Le retour au bercail de Marius bouleversera Fanny, elle qui tentait tant bien que mal de refouler ses sentiments pour lui.

Contrôle de la distribution Alexandre Girard 418 653-2470, poste 130 alexandre.girard@clap.ca Plus de 550 points de distribution Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 3e trimestre 1987 ISSN : 1209-7012 Le Magazine Le Clap est publié 6 fois par année par les Éditions Le Clap.

NOTES : Après La Fille du puisatier, Daniel Auteuil a réa-

Distribution · Affiche tout

Bande-annonce

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Un film de Daniel Auteuil · Du même réalisateur : Marius

France

Chroniqueurs Pierre Blais, David Cantin, André Caron Marcel Gaumond, Sami Gnaba Claire Goutier, Paul Jacques, Nicolas Lacroix Mathieu Lemoine, Patrick Lonergan Pier-Hugues Madore, Serge Pallascio

LES ÉDITIONS LE CLAP 2327, boul. du Versant-Nord, bureau 290 Québec (Québec) G1N 4C2

FANNY

lisé pour le cinéma la trilogie marseillaise de Pagnol, soit FANNY, Marius et César. Avec FANNY, nous partageons l’imaginaire de Pagnol et sa vision des sentiments au féminin. Mêlant humour et romance, baigné par les couleurs chaudes du sud de la France, le film s’abreuve aux mêmes eaux que ceux réalisés par Claude Berri, dont Jean de Florette qui avait d’ailleurs lancé la carrière d’acteur d’Auteuil. (P.B.)

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Graphistes Martine Lapointe Catherine Ducharme


Festival du film de Cabourg – Grand Prix - Rebecca Zlotowski

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D’entrée de jeu, les braises de la passion sont là, prêtes à s’enflammer et à consumer les personnages. Les déflagrations de ce film hautement combustible, elles, résonnent longtemps après la fin du générique. (C. Narbonne, Première)

GRAND CENTRAL Un film de Rebecca Zlotowski De la même réalisatrice : Belle Épine

France GÉNÉRIQUE : France. 2013. 94 min (V.O.F.). Drame réalisé par Rebecca Zlotowski. Scén. : Gaëlle Macé, Rebecca Zlotowski. Mus. : ROB. Int. : Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet, Denis Ménochet.

SYNOPSIS : Jeune homme surgi de nulle part, Gary Manda est engagé dans une centrale nucléaire pour faire le travail le plus dangereux qui soit : décontamineur. Il s’expose tous les jours à de fortes doses de radiation, comme ses coéquipiers qui l’adoptent aussitôt dans leurs rangs. Mais Gary commet l’erreur de tomber amoureux de l’exquise Karole, la femme de l’un d’eux.

»

NOTES : Déjà dans Belle Épine (2010), premier

film de Rebecca Zlotowski, la voluptueuse Léa Seydoux (La Vie d’Adèle) embrasait l’écran. Ici, elle incarne le fantasme érotique de tous ces hommes irradiés métaphoriquement par sa présence lumineuse, autant qu’ils sont physiquement contaminés par les radiations toxiques du réacteur atomique où ils se meurent à petit feu. La cinéaste excelle dans la description de ce milieu inusité et peu fréquenté au cinéma. (A.C.)

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[...] l’extraordinaire parcours de l’un des hommes les plus célèbres de l’histoire : Nelson Mandela. (Le Clap)

PRÉSENTÉ EN

MANDELA : UN V.O.A LONG CHEMIN VERS LA LIBERTÉ

V.F. &

Un film de Justin Chadwick Du même réalisateur : The First Grader

Afrique du Sud · Royaume-Uni

NOTES : Le réalisateur britannique Justin Chadwick, révélé avec son long métrage The First Grader, en 2010, portant sur le régime scolaire au Kenya, fait équipe avec le scénariste William Nicholson (Gladiator et Shadowlands) pour mettre en scène l’extraordinaire parcours de l’un des hommes les plus célèbres de l’histoire : Nelson Mandela. Ce personnage iconique, souvent vu au cinéma, est incarné cette fois-ci par Idris Elba connu pour la télésérie à succès Luther. (P.-H.M.)

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GÉNÉRIQUE : Afrique du Sud · RoyaumeUni. 2013. 152 min (V.F. de Mandela : Long Walk to Freedom et V.O.A.). Drame biographique réalisé par Justin Chadwick. Scén. : William Nicholson. Mus. orig. : Alex Heffes. Int. : Idris Elba, Naomie Harris, Tony Kgoroge.

SYNOPSIS : L’incroyable destin de Nelson Mandela, de sa jeunesse comme révolutionnaire à sa victoire électorale comme président de la République d’Afrique du Sud, élu démocratiquement malgré ses démêlés avec le gouvernement de l’apartheid et ses dix-huit années passées en prison à Robben Island. Le film dépeint les événements qui ont mené cet homme à devenir un emblème de la liberté et de la paix mondiale.

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CHASSE AU GODARD D’ABBITTIBBI Un film de Éric Morin Du même réalisateur : Opasatica

Québec GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 100 min (V.O.F.). Comédie dramatique réalisée par Éric Morin. Scén. : Éric Morin. Mus. orig. : Philippe B. Int. : Alexandre Castonguay, Sophie Desmarais, Martin Dubreuil.

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Véritable hommage au cinéma québécois des années 60, ce premier long métrage d’Éric Morin met en valeur tout le talent de Sophie Desmarais en égérie sixties de l’Abitibi. (Le Clap)

SYNOPSIS : Hiver 1968. Le cinéaste JeanLuc Godard débarque à Rouyn-Noranda. Deux jeunes de la place, Marie et Michel, se joignent à Paul, l’adjoint montréalais de Godard, afin de réaliser des tournages flirtant avec le cinéma engagé de l’époque. Leur projet prendra peu à peu la forme d’une véritable crise identitaire : quitter l’Abitibi pour voir le monde ou, au contraire, y demeurer et espérer changer les choses?

NOTES : Ce premier long métrage d’Éric Morin s’inspire de la visite à Rouyn, en 1968, de Godard, qui voulait redonner le contrôle de la télé à la communauté. Le film montre le désir de changer le monde qui animait une partie de la jeunesse, et ce, même hors des grands centres. L’œuvre rend aussi hommage aux films québécois des années 60 de Groulx, Carle et Arcand, et démontre une fois de plus toute la photogénie de Sophie Desmarais (Sarah préfère la course) sur grand écran. (P.B.)

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Kahn et Stocker, stupéfiants, ont trouvé la juste note de ces vieux garçons bouleversants. Bourgoin est impériale en sa beauté rehaussée d’esprit. (J. Mandel-

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McConaughey et Leto forment un duo marginal et dépareillé qui n’est pas sans rappeler celui de Jon Voight et Dustin Hoffman dans Midnight Cowboy. (Le Clap)

»

baum, Le Monde)

PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A.S.-T.F.

Un film de Axelle Ropert · De la même réalisatrice : La Famille Wolberg

France GÉNÉRIQUE : France. 2013. 102 min (V.O.F.). Comédie dramatique écrite et réalisée par Axelle Ropert. Int. : Louise Bourgoin, Cédric Kahn, Laurent Stocker.

SYNOPSIS : Paris. Boris et Dimitri sont médecins. Ils exercent leur métier depuis 40 ans dans leur cabinet commun du quartier chinois. Tous deux célibataires sans enfant, ils consacrent tout leur temps à leurs jeunes patients. Les deux docteurs font tout ensemble; ils sont très proches, au point d’habiter dans le même immeuble. Ils sont frères. Un soir, ils sont appelés pour soigner une jeune fille. Dès cette première visite, les éléments se mettent en place, créant des ondes fatales, qui feront tanguer cette puissante fraternité. NOTES : TIREZ LA LANGUE, MADEMOISELLE est un film de Nouvelle Vague, qui se dévoile lentement, où l’on prend le temps de bien planter le décor. Il puise sa force dans le caractère des personnages, plutôt atypiques et courageux. Axelle Ropert, la réalisatrice, joue sur la profondeur des liens entre ses héros, campant son intrigue de manière simple, jouant avec la douceur et la violence tout à la fois. Un film romanesque, nocturne et franc. (C.G.) clap.ca

DALLAS BUYERS CLUB Un film de Jean-Marc Vallée Du même réalisateur: Café de Flore

États-Unis GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 117 min (V.F. et V.O.A.S.-T.F.). Drame réalisé par Jean-Marc Vallée. Scén. : Craig Borten et Melisa Wallack. Int. : Matthew McConaughey, Jared Leto, Jennifer Garner.

SYNOPSIS : 1986. En plein cœur du Texas. Ron Woodroof, cowboy coloré aussi sexiste qu’homophobe, apprend qu’il est porteur du VIH. Avec l’aide d’un transsexuel également atteint du virus, il organise l’importation et le trafic clandestins de médicaments alternatifs illégaux permettant de prolonger l’espérance de vie des personnes qui ont le SIDA. NOTES : Après ses magnifiques performances dans Mud et Killer Joe, Matthew McConaughey nous épate une fois de plus en incarnant un redneck texan décharné qui lutte pour sa survie en pleine « période SIDA ». Selon les rumeurs hollywoodiennes, ce rôle, pour lequel il a perdu beaucoup de poids, pourrait lui valoir une nomination aux Oscars. Aux commandes du film, le Québécois Jean-Marc Vallée signe à nouveau une réalisation brillante, tablant avec assurance sur des personnages aussi touchants que flamboyants. (P.B.)

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TIREZ LA LANGUE, MADEMOISELLE


Arts de la SCENE

par David Cantin

ENJEUX POLITIQUES ET ÉLECTORAUX

À sa première saison à la barre du Trident, la directrice artistique Anne-Marie Olivier ne cache pas cette volonté de renouvellement face à l’institution théâtrale de Québec. Après le succès populaire et critique des Aiguilles et l’opium de Robert Lepage, c’est au tour de la metteure en scène Édith Patenaude de revenir en force avec L’Absence de guerre. Un texte du Britannique David Hare ; véritable thriller électoral, troublant et engagé. Les spectacles à caractère politique donnent souvent l’impression d’une lourdeur intellectuelle, parfois assez rebutante. Toutefois, cette reprise de L’Absence de guerre par la jeune compagnie Les Écornifleuses, créée à Premier Acte en 2011 et gagnante de nombreuses récompenses par la suite, est un feu roulant d’action autour du thème de la démocratie. Finissante du Conservatoire d’art dramatique de Québec, en 2006, Patenaude trouve dans cette pièce du scénariste de The Hours amplement de matière pour débattre des ambitions ainsi que des idéaux d’individus dans l’arrière-scène d’une campagne électorale. Bien qu’il s’inspire de la défaite du Parti travailliste de 1992 au Royaume-Uni, le texte de Hare trouve des échos dans l’actualité à l’heure où les démocrates et les républicains se livrent un duel féroce, alors qu’ici même le Parti québécois est loin de faire l’unanimité auprès de la population. On suit le parcours de Georges Jones, grand orateur idéaliste, qui n’a pas le choix de se plier face aux « limites de la démocratie ». Ainsi, au fil de la pièce, tout y passe ; les jeux de coulisses, les tractations, le rôle des médias, les trahisons, tout comme les imperfections éthiques dans un contexte propice à « l’effondrement tranquille de nos valeurs humaines ». PHOTO : Hélène Bouffard et Stéphane Bourgeois

L’Absence de guerre - David Hare Mise en scène : Édith Patenaude Au Théâtre du Trident, du 5 novembre au 30 novembre.

L’Absence de guerre a été présentée pour la toute première fois au National Theater de Londres, en 1993. Pour Patenaude et l’équipe des Écornifleuses, ce spectacle est l’occasion de mettre de l’avant une signature théâtrale à la fois dynamique, incisive, mordante et politisée. Comme quoi le désir d’Anne-Marie Olivier « de parler, se regarder droit dans les yeux, d’essayer de se comprendre, de se dire, de trouver la vérité » prend ici tout son sens avec un des rendez-vous les plus attendus de cette nouvelle saison.

JIMMY HUNT S’ÉCLATE

Après un premier album solo entre folk américain et chanson française, Jimmy Hunt décide de brouiller les cartes avec Maladie d’amour. L’auteur-compositeur-interprète, Montréalais originaire de Québec, récidive dans un registre beaucoup plus dansant et funk, avec l’aide du réalisateur et multi-instrumentiste Emmanuel Éthier (du groupe Passwords). Une véritable bouffée d’air frais dans le paysage musical franco-québécois!

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Audacieux l’ancien leader de la défunte formation Chocolat? Quand même. Du rock à la pop rétro, en passant par la chanson de charme, un duo avec Cœur de pirate et maintenant un deuxième album plus éclaté, actuel, électro-disco branché par moments. Il faut dire que Jimmy Hunt ne s’impose aucun carcan musical. Sorte de rencontre entre la BO du film Virgin Suicides de Sofia Coppola par Air et l’italo-disco de Giorgio Moroder, ce nouveau cycle de chansons possède évidemment la personnalité très forte du chanteur francophone à la voix nasillarde. Après un lancement à Montréal, le mois dernier au Cabaret du Mile End, Hunt revient dans sa ville natale, le 28 novembre au Cercle, pour nous faire découvrir ses nouvelles variations à propos de l’amour, du désir et du « bonheur solitaire ». Avec l’aide du « claviériste et programmeur de choses électroniques » Christophe Lamarche-Ledoux (Organ Mood) aux arrangements, ce Maladie d’amour sonne parfois psychédélique, parfois très accrocheur. Plutôt que de se restreindre à entrer dans un moule « indie québécois », le gagnant des Révélations Radio-Canada 2011-2012 se rapproche davantage d’un son qui le situe dans l’esprit des très influents derniers albums de Daft Punk ou d’Arcade Fire. Un artiste local qui gagne à être connu par un plus large public. Sans contredit, ce nouveau virage s’avère des plus bénéfiques face à une éventuelle percée en Europe pour le talentueux Jimmy Hunt.

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PHOTO : Clara Palardy

Spectacle-lancement Spectacle-lancement de de Maladie Maladie d’amour d’amour Jimmy Jimmy Hunt Hunt Le Le 28 28 novembre novembre au au Cercle. Cercle. clap.ca


PHOTO : Mario Veillette

DANSER SUR UN AIR DE BACH Bach : le mal nécessaire est né d’une rencontre entre deux artistes de Québec. Le chorégraphe Mario Veillette et le musicien-compositeur Érick d’Orion se prêtent à une interprétation des musiques de Bach dans un registre plutôt contemporain. Présenté à la Salle Multi de Méduse, diffusé par La Rotonde, ce spectacle de danse contemporaine se veut une réflexion sur la course effrénée du XXIe siècle. Comme l’explique Veillette, « les créations chorégraphiques sont essentiellement nées des explorations gestuelles faites à partir des musiques de Bach. Nous avons d’abord chorégraphié une série de miniatures (courtes chorégraphies entre 45 secondes et 4 minutes) directement collées sur les musiques de Bach. Ensuite, une fois la collection de danses complétée, le processus de création s’est enrichi en intégrant au travail les compositions d’Érick d’Orion ». Ce quinquagénaire, aussi connu comme enseignant à l’École de danse de Québec et spécialisé dans le butô (une discipline née dans les années 1960 au Japon et imprégnée de bouddhisme), mise sur un spectacle aux styles variés, allant du pur classique à de l’improvisation qui tend vers le mouvement théâtral.

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Avec sept danseurs sur scène, le traitement fonctionne à partir d’oppositions d’époques et d’instrumentations. Les musiques originales de d’Orion vont davantage dans le créneau des musiques abstraites ou déconstruites. Selon Veillette, « le mode de collaboration du chorégraphe avec le musicien-compositeur a été celui d’une conversation dans laquelle la participation des danseurs (réponse gestuelle et adaptation des chorégraphies) a eu autant de poids que les suggestions du musicien. La musique a pu faire naître et évoluer la danse et, dans l’autre sens, la danse a pu faire évoluer les compositions musicales ». Un projet qui a débuté en 2011, avec un désir de travailler aussi avec des danseurs de la relève. Voilà de la danse qui s’adresse autant à un public néophyte qu’aux habitués de La Rotonde.

Bach : le mal nécessaire Chorégraphie : Mario Veillette

La Rotonde à la Salle Multi de Méduse, du 28 novembre au 30 novembre.

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Clémence Dufresne-Deslières se démarque brillamment dans le rôle d’une adolescente en quête de repères et souffrant de l’absence paternelle. (Le Clap)

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[...] un trio d’acteurs attachants et d’une énergie comique irrésistible. (Le Clap)

MOROCCAN GIGOLOS Un film de Ismaël Saidi · Du même réalisateur : Ahmed Gassiaux

Belgique · Canada GÉNÉRIQUE : Belgique · Canada. 2013. 83 min (V.O.F.).

RESSAC

Un film de Pascale Ferland De la même réalisatrice : Adagio pour un gars de bicycle

Québec

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Comédie écrite et réalisée par Ismaël Saidi. Mus. orig. : Sylvain Lefebvre. Int. : François Arnaud, Eddy King, Reda Chebchoubi, Guylaine Tremblay.

GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 97 min (V.O.F.). Drame écrit et réalisé par Pascale Ferland. Mus. orig. : Éric Morin, Luc Bouchard. Int. : Clémence Dufresne-Deslières, Nico Lagarde, Muriel Dutil.

SYNOPSIS : Trois amis de longue date et sans travail fixe, Nicolas, Samir et Dédé, décident d’ouvrir un casse-croûte ensemble au centre de Bruxelles, à proximité d’une école. Ils peinent à amasser les fonds nécessaires pour monter leur affaire. Sur le point de laisser tomber, ils concoctent un second plan qui s’avèrera aussi salutaire que fructueux : fonder une agence de gigolos.

SYNOPSIS : Édouard, un chômeur, quitte sa famille dans le but de trouver de l’emploi dans une grande ville. À la suite de son départ, sa femme, Gemma, sa fille, Chloé, et sa bellemère, Dorine, tenteront d’oublier son absence et de trouver le bonheur au quotidien dans une région où l’économie bat de l’aile et où l’avenir semble plutôt sombre.

NOTES : D’une simplicité pleinement assumée, MOROCCAN GIGOLOS reflète à merveille la naïveté de ses protagonistes tellement occupés à faire fortune qu’ils n’entrevoient pas les conséquences de leurs actes. Et cela donne lieu à une escalade de rebondissements, tous plus désopilants les uns que les autres. Jamais de bon goût, cette comédie sociale compte sur un trio d’acteurs attachants et d’une énergie comique irrésistible. (S.G.)

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NOTES : Pascale Ferland s’est inspirée d’un séjour à Chandler, en Gaspésie, pour dépeindre les destins de trois femmes de générations différentes, aux prises avec des remises en question lorsque l’homme de la maison disparaît. Chaque image du film confirme la morosité ambiante à travers un réalisme où le superficiel n’a pas sa place. Rappelant l’univers parfois désespéré de Tout est parfait, le film n’en demeure pas moins optimiste grâce au personnage de Chloé, incarné avec force par Clémence Dufresne-Deslières. (P.B.)

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Entrevue

Par Pierre Blais

Éditions Le Clap : Pascale, pour votre première fiction, pourquoi vous êtes-vous intéressée aux effets de la crise économique vécue à Chandler, en Gaspésie? Pascale Ferland : Moi, je viens du documentaire. Et en 2008, le centre d’artistes de Rimouski Caravansérail m’a invitée à réaliser un court métrage dans l’est du Québec. Je m’interrogeais déjà beaucoup sur la vie à Chandler depuis la fermeture de l’usine Gaspésia, qui était son moteur économique. J’ai alors vécu six mois là-bas. Et dix ans plus tard, on constate que la ville est encore dévastée. Les hommes, sans emploi, s’autodétruisent, se suicident. La psychologue qui avait rencontré les employés mis à pied à l’époque aimait faire un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale. À Chandler, les femmes ont pris en charge le village, comme c’était le cas pendant la guerre lorsque les hommes étaient partis au front. E.L.C. : Vous explorez trois générations de femmes. C’était important d’aborder ce point de vue multigénérationnel au féminin? P.F. : Oui, car je voulais mettre un des personnages en sandwich. Les trois générations n’ont pas vécu cette situation de la même façon. Moi-même, j’ai vécu sans modèle masculin dans ma vie : ma grand-mère me gardait, ma mère se débattait pour trouver de l’argent. Dans mes documentaires, j’aime les marginaux qui s’accomplissent dans le quotidien. Dans la fiction, mes personnages veulent aussi donner un sens à leur vie. Ici, la mère se sent responsable des deux autres femmes parce que l’une est encore jeune et l’autre assez âgée. Je voulais mettre de l’avant la quête identitaire lorsqu’une famille est affectée par la perte du père. suite page 20…

Pascale

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Entrevue

Par Pierre Blais

Pascale Ferland

E.L.C. : Hormis Muriel Dutil qui joue le rôle de la grand-mère, les comédiennes interprétant la mère et sa fille sont peu connues du grand public, c’est volontaire? P.F. : C’est le talent qui a guidé mes choix. Pour le rôle de Chloé, la jeune Clémence Dufresne-Deslières est parfaite. Elle a une palette de jeux infinie, elle me donnait à chaque prise une couleur différente. Pour incarner la mère, j’ai choisi Nicole-Sylvie Lagarde parce que je l’avais vue au théâtre dans un monologue d’une heure et demie et elle m’avait tellement impressionnée! Mais je dois dire qu’en faisant mon film de façon indépendante, j’avais la liberté totale de choisir mes actrices, pour verser davantage dans l’exploration et développer d’autres talents, dont des comédiennes moins connues. Dans les grosses productions, on impose davantage la distribution. E.L.C. : Cet automne, on a eu l’occasion de voir en salle, à quelques semaines d’intervalle, Une jeune fille de Catherine Martin puis Le Démantèlement de Sébastien Pilote. Est-ce un hasard si votre film leur ressemble en abordant la crise économique, l’avenir du territoire, la famille disloquée? P.F. : Comme cinéastes, on parle de la réalité qui nous entoure, de la même réalité, mais avec différents regards, avec différentes interprétations. Je vais parler pour moi. Venant du documentaire et des arts visuels, j’aime donner un sens à ce que je fais, être intègre. La situation à Chandler me touchait depuis longtemps, m’interpellait. Au début, j’ai abordé le tournage de RESSAC comme un documentaire, en rencontrant les élus, les femmes de l’usine, les jeunes de la polyvalente. Je voulais impliquer la communauté dans le processus de création. Je voulais aussi que le lieu devienne un personnage. D’ailleurs, des gens du coin m’ont dit que les images du film sont aussi lourdes que la réalité. Tout le long, je me disais que je désirais, comme le réalisateur John Cassavetes, mettre de l’avant des personnages, même si par moments ça se fait au détriment de la qualité technique. E.L.C. : Le film aborde une situation difficile, tant économique que familiale, et prendra l’affiche lors de l’arrivée du temps des Fêtes, un temps de réjouissances. C’est un peu paradoxal, non?

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P.F. : La raison première, je crois, c’est parce que justement il y a plein de films identiques qui prennent l’affiche durant les Fêtes. Donc, on ne sera en compétition avec personne, un peu comme Nuit # 1 qui était sorti aux mêmes dates en 2011 et qui avait bien marché. L’autre avantage, c’est qu’on peut demeurer trois semaines, voire un mois à l’affiche, parce qu’il y a moins de films québécois en salle et que c’est une bonne période pour profiter du bouche à oreille. E.L.C. : Au final, que retenez-vous de cette aventure comme premier film de fiction? P.F. : Je suis partie dans cette aventure avec beaucoup d’angoisse, mais l’équipe de tournage a tellement été extraordinaire! On avait loué une base de plein air en Gaspésie, on vivait près de la mer. Tous les artisans ont été généreux et se sont beaucoup impliqués auprès des gens de la place, les jeunes, les femmes de l’usine. Même en dehors des heures de travail, ils se mêlaient à la communauté. La collaboration de la population de Chandler a littéralement permis au film d’exister! (P.B.) ■

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LÉGENDES V.F.

Version française

V.O.A. V.O.S.-T.F.

Version originale anglaise Version originale avec sous-titres français

V.O.S.-T.A. Version originale avec sous-titres anglais

CLASSEMENT DES FILMS En attente de classement. Peut être vu par des personnes de tous âges. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 13 ans et plus ou accompagnées d’une personne majeure. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 16 ans et plus. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 18 ans et plus.

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Sur présentation de la carte de leur établissement d’enseignement, toutes les représentations dès 21 h sont au tarif de 6,75 $ pour les étudiants.

Adulte 65 ans et plus Étudiant

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ADMISSION TAXES INCLUSES RÉGULIER

3D

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Âge d’or (65 ans et plus)

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Étudiant dès 21h (carte d’étudiant exigée) en tout temps

6,75 $ 7,75 $

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14 ans et moins

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Adulte lundi au vendredi avant 17 h (sauf les jours fériés) lundi au jeudi dès 17 h (sauf les jours fériés)

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CINÉMA PARENTS-BÉBÉS Parents, prenez l’air ! Profitez de notre cinéma parents-bébés pour vous évader avec vos petits sans avoir à vous inquiéter. Lors de ces représentations adaptées, nous vous offrons un environnement tolérant. Bienvenue aux futurs cinéphiles ! (Gratuit pour les 0-18 mois)

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Horaire des films : 418 653-2470, poste 1

802-9001 · chantal.tremblay@clap.ca

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rieur et un revenu annuel élevé. Source : sondage SOM. e epace publicitaire dès maintenant en commu-


Le cinéma vu par… Renée-Claude Brazeau

« UN ACTE SOLITAIRE » Renée-Claude Brazeau avoue candidement : « Enfant, je n’avais pas de rêves. Je ne savais pas ce que je voulais faire dans la vie. À l’école, j’étais vraiment nulle en composition ». C’est son instinct de survie dans le monde des médias qui l’a incitée à apprivoiser l’écriture. Cela a duré cinq ans, à temps perdu et en cachette. À ce sujet, l’auteure de la série télévisée La Galère aime rappeler le mot de Guy Fournier qui fut son premier script éditeur. « Un jour, il a dit : “Elle ne sait pas écrire. C’est `garroché’. Ça paraît qu’elle n’a jamais suivi de cours. C’est ça qui est bon”. C’est le plus beau compliment qu’on m’ait fait ». Propos de celle qui se définit comme une créatrice populiste.

PHOTO : Julie Perreault

Éditions Le Clap : Quel est votre premier souvenir cinématographique?

Renée-Claude Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

BRAZEAU

Renée-Claude Brazeau : Ça commence à la télévision avec deux films que j’ai dû voir un million de fois : Ben-Hur (William Wyler, 1959) pour la beauté de Charlton Heston et The Sound of Music (Robert Wise, 1965) parce que j’aime les feel good movies et les fins heureuses. Mais le premier film que j’ai vu en salle, c’est Jaws (Steven Spielberg, 1975). Aujourd’hui encore, j’en suis toute traumatisée. E.L.C. : Quels films ont développé votre lien avec le cinéma? R.-C.B. : Au cégep, j’ai vu Nuit et brouillard (Alain Resnais, 1955) qui m’a terriblement impressionnée. L’Été meurtrier (Jean Becker, 1983) est aussi un film qui m’a marquée. J’ai été totalement obnubilée par la performance d’Isabelle Adjani. E.L.C. : Quel est le film qui change complètement votre relation avec le cinéma? R.-C.B. : Il y en a deux. Mon premier est La Vie est belle (Roberto Benigni, 1997) qui est un de mes meilleurs films à vie. Mon second est The Thomas Crown Affair dans la version de John McTiernan (1999) avec Rene Russo et Pierce Brosnan. Quand je pense à des projets de cinéma, je le fais en fonction de ce film-là. Il est presque parfait. C’est ce genre de film que je voudrais écrire. E.L.C. : Que demandez-vous à un film?

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R.-C.B. : J’ai besoin de sortir de ma réalité et de mon quotidien. J’aime les films qui me font voyager dans le temps ou dans l’espace, qui m’amènent ailleurs, que ce soit Jean de Florette (Claude Berri, 1986) ou Alien (Ridley Scott, 1979). Quentin Tarantino est le seul cinéaste qui réussit à me garder dans une certaine actualité contemporaine parce qu’il est complètement fou. Pour moi, les cinq premières minutes d’un film sont super importantes. Si elles ne retiennent pas mon attention, le film est out. Je n’ai pas que cela à faire.

Le cinéma vu par… Par Serge Pallascio

E.L.C. : Quel genre de spectatrice êtes-vous? R.-C.B. : Je regarde les films avec mon œil d’auteur. Je vois les erreurs rapidement. Je suis incapable de faire autrement. C’est pourquoi je ne comprendrai jamais comment on peut aller au cinéma avec quelqu’un. Voir un film en salle, c’est un acte solitaire. Je ne veux pas me sentir obligée de discuter du film avec quelqu’un. J’aime sortir de la salle et demeurer dans mon monde intérieur. E.L.C. : Quels sont les trois films que l’on devrait regarder en priorité pour comprendre une partie de votre géographie intérieure?

R.-C.B. : Je reviens avec The Thomas Crown Affair qui demeure mon film de référence. Je choisirais aussi Amistad (Steven Spielberg, 1997) parce que je suis fascinée par la question de l’esclavage et particulièrement celui qui a existé au Québec. Je rêve de faire un film sur ce sujet depuis plus de dix ans. Mon dernier choix serait César et Rosalie (Claude Sautet, 1972). J’ai quand même une vie plutôt particulière et j’aime l’idée de ne pas être obligée de choisir. C’est un film qui en dit beaucoup sur la manière dont je vois la vie. E.L.C. : Quels sont vos trois cinéastes de prédilection? R.-C.B. : Quentin Tarantino à cause de son habilité à faire coexister humour et violence. Un cinéaste dont je n’ai pas vu tous les films mais que j’aime énormément, c’est Claude Lelouch. J’aime la façon dont il travaille avec les comédiens et les laisse aller en ne leur précisant que le contexte de la scène qu’ils vont tourner. Je pensais souvent à lui quand j’ai commencé à faire La Galère. Mon dernier choix serait Billy Wilder, un cinéaste américain des années 50 qui a réalisé des feel good movies remarquables (NDLR : Sabrina (1954) avec Audrey Hepburn et Some Like Hot (1959) avec Marilyn Monroe). E.L.C. : Pourriez-vous un jour quitter le monde de la télévision et lui préférer le cinéma? R.-C.B. : Oui. C’est vers cela que je me dirige. J’ai même déjà en tête quelques idées de films que j’aimerais faire. Ce seront des films populaires parce que je suis une populiste. E.L.C. : Vous complétez la phrase : « Si le cinéma n’existait pas… » R.-C.B. : Si le cinéma n’existait pas, il y aurait toujours les livres. Les adaptations cinématographiques qu’on en fait sont rarement à la hauteur des romans qui les ont inspirées. Scorpion ascendant Bélier et Dragon selon l’astrologie chinoise, Renée-Claude Brazeau vit sous le signe de l’urgence et de l’intensité. « Le jour où la passion n’existera plus, je mourrai », avoue-t-elle. « Mes amis n’ont pas besoin d’être aussi passionnés que moi. Je me passionne pour eux parce que ce sont mes amis. Lire, jardiner, travailler. Tout ce que je fais, je le fais avec passion ». Qu’est-ce donc qui fait courir Renée-Claude Brazeau? ■ clap.ca

PHOTO : Julie Perreault

LE MUSÉE IMAGINAIRE de Renée-Claude Brazeau

Un auteur : L’écrivain autrichien Stefan Zweig. Personne ne sait décrire les sentiments humains comme lui. Une œuvre littéraire : La Religieuse de Denis Diderot. Un musicien : Serge Fiori. C’est un génie. Une œuvre musicale : Les Moulins de mon cœur interprétée par Sting. Un artiste visuel : Picasso. Il maîtrise la précision du pinceau pour mieux la détruire. Une œuvre visuelle : Une photo de ma mère et moi alors que j’avais huit mois. Un lieu géographique : Un voilier voguant sur une eau dont on voit le fond. 27


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Cinémondes, Papillon d’argent

C’est un de ces moments éblouissants que le cinéma produit parfois […] Entre Bercot et Deneuve, le film est comme un échange de cadeaux merveilleux.

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(P. Mérigeau, Le Nouvel Observateur)

Tourné au chantier maritime de Lévis en plein hiver, DIEGO STAR illustre la vie difficile des marins à travers la rencontre inattendue d’un homme et d’une femme en quête de dignité humaine. (Le Clap)

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ELLE S’EN VA

Un film de Emmanuelle Bercot · De la même réalisatrice : Clément

France

DIEGO STAR Un film de Frédérick Pelletier

Québec · Belgique

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GÉNÉRIQUE : France. 2013. 113 min (V.O.F.). Comédie dramatique réalisée par Emmanuelle Bercot. Scén. : Emmanuelle Bercot et Jérôme Tonnerre. Int. : Catherine Deneuve, Nemo Schiffman, Gérard Garouste.

GÉNÉRIQUE : Québec · Belgique. 2013. 87 min (V.O.F.). Drame écrit et réalisé par Frédérick Pelletier. Mus. orig. : Martin M. Tétreault. Int. : Issaka Sawadogo, Chloé Bourgeois, Yassine Fadel.

SYNOPSIS : Rien ne va plus pour Bettie, une veuve dans la soixantaine. Abandonnée du jour au lendemain par son amant, elle sera de surcroît éprouvée par les difficultés financières de son restaurant. Au bout du rouleau, elle prend sa voiture et fuit à travers le pays. Au cours de son périple, Bettie renoue des liens avec sa fille et apprend l’existence d’un petit-fils.

SYNOPSIS : Traoré est un mécanicien ivoirien travaillant sur un vieux cargo, le Diego Star. À la suite d’un bris majeur, le navire est remorqué vers un chantier maritime du SaintLaurent. Pendant qu’on s’affaire à réparer le cargo, Traoré est hébergé par une jeune mère célibataire dont il gagnera la confiance. En parallèle, une enquête qui fait de lui le principal suspect, est ordonnée.

NOTES : Grande dame du cinéma français, Catherine Deneuve a inspiré plus d’un cinéaste au cours de sa carrière. C’est le cas de la réalisatrice Emmanuelle Bercot qui a écrit son scénario de A à Z avec cette actrice en tête. ELLE S’EN VA est un hymne vibrant à la liberté qui nous offre, par son caractère nomade, un tour de l’Hexagone à travers une galerie de personnages savoureux. Catherine Deneuve livre une performance généreuse qui nous rappelle qu’elle demeure un pilier du cinéma français dont les performances renouent constamment avec le succès! (P.L)

NOTES : Pour son premier film, Frédérick Pelletier s’est inspiré de la vie de son grand-père marin. Pour illustrer ce milieu d’hommes solitaires, il a ancré ses caméras au chantier maritime Davie, en plein hiver, afin de mieux isoler ses personnages principaux aux prises avec l’adversité. Démontrant la dureté de la vie à travers l’équipage d’un cargo vétuste et d’une mère sans le sou, DIEGO STAR est une œuvre aussi intimiste qu’universelle. (P.B.)

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Nos versions

originales PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A.

LA VOLEUSE DE LIVRES Un film de Brian Percival

GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 125 min (V.F. de The Book Thief et V.O.A.). Drame réalisé par Brian Percival. Scén. : Michael Petroni, d’après le roman de Markus Zusak. Mus. : John Williams. Int. : Sophie Nélisse, Geoffrey Rush, Emily Watson, Ben Schnetzer. SYNOPSIS : En 1938, la fillette Liesel Meminger est recueillie par Hans et Rosa Hubermann, un couple d’ouvriers allemands. Bien qu’illettrée, Liesel adore les livres qu’elle dérobe à l’occasion. Hans décide de lui apprendre à lire au moment où un adolescent juif persécuté par les Nazis vient se cacher chez eux. Une étrange amitié s’installe alors entre ces deux victimes de la guerre. NOTES : Après une performance remarquée dans Monsieur Lazhar, la très jeune comédienne Sophie Nélisse décroche le premier rôle dans cette chronique de la Deuxième Guerre mondiale dont l’intrigue se situe à mi-chemin entre Le Liseur de Stephen Daldry et Le Pianiste de Roman Polanski. Nélisse est dirigée de main de maître par le réalisateur de nombreux épisodes de la célèbre série britannique Downton Abbey. (A.C.)

12 YEARS A SLAVE

PRÉSENTÉ EN

V.O.A.S.-T.F.

Un film de Steve McQueen · Du même réalisateur : La Honte

GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 134 min (V.O.A.S.-T.F.). Drame de mœurs réalisé par Steve McQueen. Scén. : John Ridley, d’après le livre de Solomon Northup. Mus. : Hans Zimmer. Int. : Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Paul Dano, Paul Giamatti, Brad Pitt.

SYNOPSIS : En 1841, un homme noir vivant libre dans l’État de New York est capturé et vendu comme esclave dans une plantation de coton du sud des États-Unis. Pendant ses douze ans de captivité, il lutte non seulement pour sa survie, mais aussi pour conserver sa dignité et sa raison. NOTES : Si Django déchaîné traitait de l’esclavage dans un esprit révisionniste et cathartique, le sujet est ici abordé de front, dans toute sa réalité historique. Difficile de croire qu’il s’agit d’un fait vécu tellement certains passages sont d’une cruauté intolérable. Comment des êtres humains pouvaient-ils survivre à un tel traitement? Vous pouvez vous fier sur le Britannique Steve McQueen pour dépeindre un tableau authentique et saisissant qui met en valeur le talent remarquable de Chiwetel Ejiofor. (A.C.)

GRACE DE MONACO

Un film de Olivier Dahan · Du même réalisateur : Les Seigneurs

GÉNÉRIQUE : France · États-Unis · Belgique · Italie. 2013. 100 min (V.F. de Grace of Monaco et V.O.A.). Drame réalisé par Olivier Dahan. Scén. : Arash Amel. Mus. orig. : Christopher Gunning. Int. : Nicole Kidman, Tim Roth, Paz Vega. Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

SYNOPSIS : 1962. La principauté de Monaco vit deux crises : l’une, conjugale, entre le prince Rainier et son épouse, l’ex-actrice hollywoodienne et hitchcockienne Grace Kelly, et l’autre, politique, opposant le même prince au président français Charles de Gaulle à propos de la politique fiscale monégasque. À travers ces disputes, Grace tente de s’épanouir dans un petit univers monarchique sur le point de devenir le paradis du jet-set international.

NOTES : Mêlant fiction et réalité biographique autour de la vie de Grace de Monaco, Olivier Dahan offre à Nicole Kidman une nouvelle occasion de s’illustrer dans ce rôle qui semble presque conçu pour elle. La comédienne a l’élégance voulue pour incarner Grace Kelly, qui, à l’époque, tournait le dos à Hitchcock pour mieux embrasser une vie princière en côtoyant les nababs de ce monde sous le soleil de Monte-Carlo. (P.B.)

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PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A. clap.ca


PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A.

AU CŒUR DU BRASIER Un film de Scott Cooper · Du même réalisateur : Crazy Heart

GÉNÉRIQUE : États-Unis · Grande-Bretagne. 2013. 116 min (V.F. de Out of the Furnace et V.O.A.). Thriller réalisé par Scott Cooper. Scén. : Brad Ingelsby et Scott Cooper. Int. : Christian Bale, Casey Affleck, Zoe Saldana, Woody Harrelson, Forest Whitaker, Willem Dafoe. SYNOPSIS : Dans le nord décrépi des États-Unis, Russell Baze travaille pour l’aciérie de la ville et veille sur son vieux père malade. Mais lorsque son frère cadet Rodney risque sa peau dans des combats clandestins à poings nus organisés par la mafia locale, il décide de le sortir lui-même de ce pétrin, au péril de sa propre vie.

NOTES : Les amateurs de ce genre viril reconnaîtront le sujet du vieux film Le Bagarreur (1975) avec Charles Bronson, qui présentait aussi des affrontements illégaux à poings nus. Prisé pour sa description fébrile du milieu rural dans Crazy Heart (2009), le réalisateur Scott Cooper s’investit totalement dans l’univers ouvrier déjà évoqué dans Voyage au bout de l’enfer (1978), ici malmené par la crise économique de 2008. Une distribution d’enfer vient renforcer ce thriller redoutable. (A.C.)

V.F. & V.O.A.

Un film de Francis Lawrence · Du même réalisateur : Je suis une légende

GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 146 min (V.F. de The Hunger Games : Catching Fire et V.O.A.). Drame de science-fiction réalisé par Francis Lawrence. Scén. : Simon Beaufoy et Michael Arndt, d’après le roman de Suzanne Collins. Int. : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Philip Seymour Hoffman, Donald Sutherland.

SYNOPSIS : Vainqueurs des 74e Hunger Games, Katniss Everdeen et Peeta Mellark sont à nouveau choisis pour affronter dans une arène bien particulière les survivants des jeux passés. Le président Snow entend se venger de l’arrogance de Katniss qui, bien malgré elle, attise la ferveur révolutionnaire de ses compatriotes. Il la condamne donc à l’impossibilité de gagner.

NOTES : Succès mondial (près de 700 millions de dollars de recettes), le premier Hunger Games engendre non pas deux, mais trois suites, un peu à l’image de la série des Twilight. Dans ce second volet, la magnifique et intense Jennifer Lawrence brille de tous ses feux dans une superproduction plus imposante encore que le film original. (A.C.) clap.ca

OLDBOY

Un film de Spike Lee · Du même réalisateur : Malcom X

PRÉSENTÉ EN

V.O.A.

GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. (V.O.A.). Thriller réalisé par Spike Lee. Scén. : Mark Protosevich, Garon Tsuchiya, Nobuaki Minegishi. Mus. orig. : Michael Nyman. Int. : Josh Brolin, Samuel L. Jackson, Elizabeth Olsen. SYNOPSIS : Kidnappé à la fin des années 80 et gardé en captivité sans raison durant vingt ans, Joe Doucett découvre qu’on le considère comme le meurtrier de sa femme. Libéré sans davantage d’explication, il n’aura plus comme obsession que de connaître le pourquoi de sa séquestration et d’en finir avec le véritable assassin de son épouse.

NOTES : Le film de Spike Lee est une nouvelle version du très dérangeant Oldboy de Park Chan-wook. Histoire choquante, combinant vengeance et torture, elle marque le grand retour au cinéma du réalisateur. Habitué aux drames psychologiques, Lee semble s’amuser comme un gamin à mettre en scène des personnages disjonctés, incarnés par des comédiens habitués aux univers violents de Tarantino ou des frères Coen. Misant sur un scénario des plus tordus, OLDBOY mérite sûrement le titre du film de genre le plus attendu de l’automne. (P.B.)

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Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

HUNGER GAMES : L’EMBRASEMENT

PRÉSENTÉ EN


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Superbe Astrid Whettnall, un jeu de massacre libératoire comme un Tarantino.

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(P. Goethals, Focus)

LE HOBBIT – LA DÉSOLATION DE SMAUG

AU NOM DU FILS

Un film de Vincent Lannoo · Du même réalisateur : Vampires PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A.

Un film de Peter Jackson · Du même réalisateur : Le Seigneur des anneaux

GÉNÉRIQUE : États-Unis · Nouvelle-Zélande. 2013. (V.F. de The Hobbit – The desolation of Smaug et V.O.A.). Drame fantastique réalisé par Peter Jackson. Scén. : Peter Jackson, Guillermo del Toro, Philippa Boyens et Fran Walsh, d’après l’œuvre de J. R. R. Tolkien. Int. : Martin Freeman, Ian McKellen, Evangeline Lilly, Cate Blanchett. Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

SYNOPSIS : Dans cette aventure antérieure au Seigneur des anneaux, Bilbon Sacquet poursuit son périple en compagnie de Gandalf et des treize nains pour rependre la Montagne Solitaire. Jadis, les valeureux nains avaient été chassés de ce royaume par le dragon Smaug... Chemin faisant, ils seront confrontés à de nouveaux et de vieux ennemis.

NOTES : Le deuxième film de la trilogie de Peter Jackson est marqué par plusieurs moments que les fans attendaient, principalement la première chance de voir Smaug, le redoutable dragon. Un autre moment anticipé est l’arrivée de Tauriel, incarnée par Evangeline Lilly de la série Perdus. C’était sans compter sur le retour de Legolas, joué dans la trilogie du Seigneur des anneaux par Orlando Bloom. Dans la version originale anglaise, Smaug emprunte la voix de Benedict Cumberbatch, qui a tourné avec Martin Freeman dans la série Sherlock. (N.L.)

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Belgique · France GÉNÉRIQUE : Belgique · France. 2013. 80 min (V.O.F.). Drame réalisé par Vincent Lannoo. Scén. : Vincent Lannoo, Philippe Falardeau et Albert Charles. Int. : Astrid Whettnall, Zacharie Chasseriaud, Philippe Nahon.

SYNOPSIS : Elizabeth est une femme de foi. Elle anime une tribune sur une station de radio catholique. Dévouée, le bienêtre d’autrui lui tient à cœur, mais sa foi sera mise à rude épreuve lorsqu’elle sera confrontée à la pédophilie puis au suicide de son fils. La rage s’installera en elle en raison du silence de l’Église. NOTES : Produit en Belgique, on retrouve tout de même un peu de chez nous dans le film AU NOM DU FILS puisque le cinéaste Vincent Lannoo a coécrit son scénario avec Philippe Falardeau, l’homme derrière Congorama. Ce dernier ayant grandi dans un univers très catholique au Québec, il a pu apporter au scénario ses propres expériences face à une Église envahissante. Si le sujet du film se révèle dramatique, l’humour noir est pourtant au rendez-vous dans cette histoire de vengeance. La prestation d’Astrid Whettnall la propulsera sans doute vers une carrière des plus excitantes. (P.L.) clap.ca


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Magazine Le Clap n掳 181 路 novembre et d茅cembre 路 2013


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Les jeunes comédiens de ce cinquième film des Boys permettent à la série de reprendre du tonus et de revisiter avec nostalgie les hivers d’autrefois. (Le Clap)

IL ÉTAIT UNE FOIS LES BOYS Un film de Richard Goudreau

Québec GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. (V.O.F.). Comédie dramatique écrite et réalisée par Richard Goudreau. Int. : Rémy Girard, Pierre Lebeau, Simon Pigeon. SYNOPSIS : 1967. Les personnages des Boys, Méo, Stan et les autres, sont des adolescents qui deviendront bientôt des amis à la suite d’un tournoi de hockey amateur se déroulant durant le congé des Fêtes. Plusieurs événements marquants entourant les matchs viendront sceller cette nouvelle amitié et expliquer pourquoi l’équipe des Boys est tissée si serrée.

NOTES : L’idée d’un antépisode trottait dans la tête du producteur Richard Goudreau depuis longtemps. Il désirait, en passant derrière la caméra, donner vie à la jeunesse des célèbres personnages afin de revisiter, non sans une certaine nostalgie, les hivers de son enfance à travers les patinoires extérieures et l’incontournable messe de minuit. Ce cinquième film des Boys permet aussi de découvrir de jeunes comédiens reprenant les rôles clés tout en greffant les comédiens habituels dans la peau de nouveaux personnages. (P.B.)

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« » Une figure de liberté à découvrir! (Le Clap)

VIOLETTE

Un film de Martin Provost · Du même réalisateur : Séraphine

France

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L’actrice et réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi réussit l’équilibre parfait entre comédie italienne et drame tchekhovien. (E. Frois, Le Figaro)

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UN CHÂTEAU EN ITALIE Un film de Valeria Bruni Tedeschi

France

Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

GÉNÉRIQUE : France. 2013. 139 min (V.O.F.). Drame réalisée par Martin Provost. Scén. : Martin Provost, Marc Abdelnour et René de Ceccatty. Int. : Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain, Olivier Gourmet, Catherine Hiegel, Jacques Bonnaffé, Olivier Py, Nathalie Richard, Stanley Weber.

GÉNÉRIQUE : France. 2013. 104 min (V.O.F.). Comédie dramatique réalisée par Valeria Bruni Tedeschi. Scén. : Valeria Bruni Tedeschi, Noémie Lvovsky et Agnès De Sacy. Int. : Valeria Bruni Tedeschi, Louis Garrel, Filippo Timi.

SYNOPSIS : Dans les années 40, Violette Leduc se lie d’amitié avec Simone de Beauvoir qui l’encourage dans sa démarche littéraire. Cette écrivaine française, qui connaîtra le succès vingt ans plus tard avec son roman La Bâtarde, est aujourd’hui considérée comme une pionnière de l’autofiction.

SYNOPSIS : Voyant la mi-quarantaine arriver, Louise fait une fixation sur son désir d’avoir un enfant. L’espoir ressurgit lorsqu’elle tombe amoureuse de Nathan, un garçon beaucoup plus jeune qu’elle. Par ailleurs, avec comme racines la haute bourgeoisie italienne, ses rapports familiaux ne sont jamais simples. Elle entretient depuis toujours une relation plutôt tumultueuse avec sa mère et tente en plus de se remettre du récent décès de son frère sidéen.

NOTES : VIOLETTE de Martin Provost raconte la vie d’une auteure au parcours atypique. Peu sûre d’elle-même mais passionnée, Violette Leduc est l’une des premières femmes à traiter aussi franchement de sexualité, d’avortement et d’homosexualité dans son œuvre largement inspirée de ses propres expériences. Le film est l’occasion de découvrir une écrivaine méconnue, marginale et avide de liberté ou simplement d’apprécier un personnage fougueux, attachant, détestable, explosif. (M.L.)

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NOTES : Après avoir exploré avec humour et autodérision la vie des comédiennes dans son film précédent, Actrices, Valeria Bruni Tedeschi se concentre ici sur les histoires de famille, le désir d’être mère et l’amour à travers la différence d’âge. Le tout, proposé avec humour, s’inspire aussi bien de l’univers de Tchekhov que de la vie personnelle de la réalisatrice. (P.B.)

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Festival de Cannes – Un Certain Regard - Prix de la mise en scène

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Trois fois rien sur le papier : à l’arrivée, un diamant de film qui brasse avec humour et gravité la vie, l’amour, la mort.

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(S. Kaganski, Les Inrockuptibles)

L’INCONNU DU LAC

Un film de Alain Guiraudie · Du même réalisateur : Le Roi de l’évasion

France GÉNÉRIQUE : France. 2013. 97 min (V.O.F.). Drame policier écrit et réalisé par Alain Guiraudie. Int. : Pierre Deladonchamps, Christophe Paou, Patrick d’Assumçao.

Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

SYNOPSIS : Autour d’un lac, l’été, des hommes se rassemblent pour profiter du soleil, de la nature, mais surtout pour y faire des rencontres sexuelles éphémères. Parmi ces hédonistesnudistes saisonniers se trouve un trio dépareillé : Franck, qui n’a d’yeux que pour le beau Michel qui, lui, de par son comportement, s’attire la méfiance d’Henri. La découverte soudaine d’un noyé n’empêchera pas Franck d’être obsédé par le mystérieux Michel. NOTES : Alain Guiraudie aime brouiller les pistes et cette fois-ci, il le fait par l’entremise d’un drame champêtre décalé aux allures de polar noir. Il explore la fascination du corps masculin à travers la sexualité exacerbée de ses personnages principaux, le tout sur fond de thriller inquiétant. Tablant à nouveau sur des comédiens peu connus, son film révèle un réalisme tangible, et ce, à travers une grande maîtrise scénaristique et une mise en scène méticuleuse. (P.B.) clap.ca

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Livres

Photo : Leonardo Cendamo

par Paul Jacques

Cinéma à la page DES PÊCHES POUR MONSIEUR LE CURÉ, par Joanne Harris, Hurtubise

Paru en 1999, le délicieux roman Chocolat était devenu un film tout aussi suave avec le tandem Binoche-Depp. Vianne mène désormais une vie tranquille avec conjoint et enfants, mais elle est rappelée dans son village maintenant divisé autour d’une communauté islamique et d’un certain voile… Tensions… Exacerbations… Et le passé enfoui de Vianne qui lui revient au visage… On attend le film!

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LE MOUVEMENT NATUREL DES CHOSES, par Éric Simard, Hamac

MAUVAISE ÉTOLE, par R. J. Ellory, Sonatine

Les tout premiers mots de ce journal : « 1989. Janvier. J’ai vingt ans aujourd’hui. » Le lecteur est donc invité à suivre le parcours (forcément) sinueux, entre 1989 et 1997, d’un jeune homme (gai) qui cherche sa voie dans les grandes avenues de la vie. Espoirs et déceptions, découvertes inattendues, rencontres heureuses et malheureuses, avancées et reculs. Un autoportrait sensible et bien écrit.

Après Seul le silence, Vendetta, Les Anonymes et Les Anges de New York, on se dit qu’Ellory va peut-être sortir un jour un mauvais livre, mais que ce n’est certainement pas le cas aujourd’hui. Le Texas en 1960. Pour échapper à un procès perdu d’avance, un psychopathe de haut niveau va prendre en otage deux jeunes dont il ignore le passé plutôt explosif… Un formidable roman noir, vraiment noir.

J’ATTENDRAI LE TEMPS QU’IL FAUDRA, par Jean-Philippe Bernié, La courte échelle

POUR UNE RECONNAISSANCE DE LA LAÏCITÉ AU QUÉBEC, sous la direction de D. Baril et Y. Lamonde, PUL

En apparence, le milieu scolaire, universitaire surtout, ne peut pas faire un bon sujet de roman. Mais on sait bien que c’est l’auteur qui fait la qualité du sujet. Et dans ce cas-ci, il a joliment réussi son coup. Voici donc les manigances d’une femme ambitieuse qui veut récupérer poste et pouvoirs dans une grande université montréalaise, où on l’attend de pied ferme. Vraisemblable et caustique.

La laïcité, c’est encore et toujours le meilleur moyen inventé pour assurer la cohabitation sereine des religieux de toutes confessions, des agnostiques et des athées. Sur ce thème controversé, dix intellectuels, et pas les moindres (Guy Rocher en tête), proposent des analyses pénétrantes sur les enjeux politiques, juridiques et philosophiques de la question. Documenté, réfléchi et salutaire.

MEMENTO MORI, par Sebastià Alzamora, Actes Sud

UNE FILLE, QUI DANSE, par Julian Barnes, Mercure de France

On le sait au moins depuis la parution de Millénium : la collection « Actes noirs » permet des découvertes formidables, comme cet auteur catalan. Et cette enquête, centrée sur un frère mariste et un enfant vidés de leur sang, et rondement menée par un commissaire qui ne croit pas aux vampires, représente une plongée hallucinatoire dans le Barcelone de 1936 et du Front populaire.

Sans conteste, l’une des plus belles histoires parues depuis le début de l’année. Elle concerne Tony, qui a franchi le cap de la soixantaine et qui est maintenant retraité. Une vie conjugale sans éclat comme tout le reste. Mais le passé, à l’image d’une tempête subite et incontrôlable, va resurgir, incarné par un amour de jeunesse, un ami suicidé et un testament énigmatique… Vraiment touchant.

TRANSATLANTIC, par Colum McCann, Belfond

ILS VIVENT LA NUIT, par Dennis Lehane, Rivages

Un esclave métis évadé en 1845, deux aviateurs effectuant le premier vol transatlantique en 1919, un sénateur américain en Irlande du Nord en 1998… Dans ce roman polyphonique, McCann réussit le tour de force de rendre cohérent un ensemble de personnages (notamment quatre générations de femmes), réels ou fictifs, vivant à diverses époques entre l’Irlande et les États-Unis. Attachant.

Décidément, la radiographie des États-Unis proposée par Lehane est impitoyable. Nous revoici à Boston, en pleine prohibition (19261933). Diverses frasques conduisent le fils du capitaine Coughlin (ce roman fait suite à Un pays à l’aube) en prison où un parrain nommé Maso Pescatore se chargera de son « éducation » et de sa réussite, tant que la prohibition va durer… Quel conteur, ce Lahane!

L’ORANGERAIE, par Larry Tremblay, Alto

PETIT ALMANACH DU SENS DE LA VIE, par P.-H. Tavoillot, Le Livre de Poche

« Si Amed pleurait, Aziz pleurait aussi. Si Amed riait, Aziz riait aussi. » Amed et Aziz sont frères jumeaux. Faits, comme tout le monde, pour le bonheur. Mais voilà : ils habitent un pays marqué par une guerre sans fin, et un obus tue leurs grands-parents. Tout autour, on crie vengeance. Lequel des deux sera sacrifié? Mais rien n’est simple dans ce roman puissant qui décrit un vrai drame universel.

Voici enfin LE LIVRE qui va nous révéler le sens de la vie? Non! Mais l’auteur, professeur à la Sorbonne et chroniqueur à Philosophie Magazine, a rédigé près d’une quarantaine de textes sur les moments forts des âges de la vie : prélude, enfance, adolescence, « maturescence », sénescence, évanescence. Autant de propos clairs et pertinents sur les étapes essentielles de nos existences. Agréable et éclairant.

LA SAGA DES PAPINEAU, par Micheline Lachance, Québec Amérique

SOUS LA SURFACE, de Martin Michaud, éd. Goélette

Un survol aussi passionnant que crédible de la deuxième moitié du XIXe siècle québécois, et pour cause : Micheline Lachance a notamment puisé dans une mine inépuisable d’informations : les journaux intimes, les mémoires inachevées et la correspondance d’Amédée Papineau, le fils aîné de Louis-Joseph. Un mélange de Grande Histoire et de petite, de grandeur et de petitesse… Coloré et instructif!

Martin Michaud : retenez bien ce nom, car il est à ranger parmi nos meilleurs auteurs de littérature policière. J’ai dévoré à la suite Je me souviens, une enquête aussi complexe que prenante, et son tout dernier, un suspense implacable qui se passe à Lowell (Massachusetts) et dans lequel un candidat à l’investiture démocrate est aux prises avec divers démons de son passé. Inventif et efficace!

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«

Superbe film dépressif sur la putréfaction de la société romaine post décadente dans la droite lignée de Fellini. Et Tony Servillo y est juste génial. (S. Gillet,

»

Écran Large)

«

Un portrait désacralisé, et parfaitement incarné par Naomi Watts, d’une amoureuse transie. (P. Quennes-

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son, Cinema Teaser)

V.F. & V.O.A.

Un film de Olivier Hirschbiegel · Du même réalisateur : La Chute

Grande-Bretagne · France · Belgique GÉNÉRIQUE : Grande-Bretagne · France · Belgique. 2013.

LA GRANDE BELLEZZA Un film de Paolo Sorrentino Du même réalisateur : This Must Be the Place

Italie · France

108 min (V.F. et V.O.A.). Drame réalisé par Oliver Hirschbiegel. Scén. : Stephen Jeffreys, d’après l’œuvre de Kate Snell. Int. : Naomi Watts, Naveen Andrews, Douglas Hodge, Charles Edward.

GÉNÉRIQUE : Italie · France. 2013. 141 min (V.O. italienne avec sous-titres français). Comédie dramatique réalisée par Paolo Sorrentino. Scén. : Paolo Sorrentino et Umberto Contarello. Mus. orig. : Lele Marchitelli. Int. : Tony Servillo, Carlo Verdone, Sabrina Ferilli.

SYNOPSIS : Septembre 1995. Diana, « LA » princesse de Galles, fait la rencontre du docteur Hasnat Khan au Royal Brompton Hospital de Londres. C’est le début d’une histoire d’amour secrète à l’abri des feux des projecteurs et des médias. Son divorce officialisé en août 1996, Diana croit possible de vivre sa vie amoureuse avec cet homme qui semble être indifférent à son statut d’icône princière.

SYNOPSIS : Alors que les touristes envahissent Rome en plein cœur de l’été, Jep Gambardella, un vieil auteur aussi séducteur qu’en panne d’écriture, profite des mondanités de sa ville et de son esthétisme débordant. Au fil de ses balades dans la cité, cet être cynique et misanthrope nous fait part de ses doutes existentiels sur fond de fêtes décadentes romaines.

NOTES : Relatant les deux dernières années de la vie controversée de Diana, le film d’Oliver Hirschbiegel est une histoire d’amour impossible qui tente de creuser en profondeur le personnage derrière cette icône largement médiatisée. Troublante de ressemblance, c’est la talentueuse Naomi Watts qui incarne le rôle de Diana. Elle admet avoir réfléchi longtemps avant d’accepter parce que c’est le genre de rôle dangereux qui peut attirer autant d’éloges que de féroces critiques. (P.L.)

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NOTES : Sorrentino confie le rôle principal de son film à Toni Servillo, celui-là même qui nous avait éblouis dans Il Divo, en 2008. Ici encore, le comédien est époustouflant, donnant chair à son personnage d’écrivain courant les beuveries et les événements artistiques excentriques pour mieux se questionner sur la beauté et la déliquescence de son pays. LA GRANDE BELLEZZA est une œuvre qui puise sa source dans l’âge d’or du cinéma italien, celui de Fellini, Scola et Ferreri. (P.B.)

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Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

DIANA

PRÉSENTÉ EN


5 Mots croisés n° Par Frédérique Tiéfry A

Horizontalement 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12.

A. Grand comique américain du cinéma muet (prénom + nom) B. Prénom de la comédienne Dalle C. Il a personnifié Oskar Schindler — Frère et sœur, ils ont fait des voix dans Monsters, Inc. D. Les Parapluies de Cherbourg l’ont révélée — Avant

C

D

E

F

G

H

I

J

K

L

1

Elle met l’eau à la bouche des cinéphiles Voyelle double — On va ___ un film? — Article Tracy célèbre — Titre que porte Sean Connery Film d’horreur américain sorti en 2006, de Steve Franke — Travaux pratiques Acteur, réalisateur, scénariste et humoriste français né en 1977 — Gêne On l’a été par Star Wars à sa sortie — Résine Court métrage réalisé par Pierre Vinour en 1991 — Période — Début d’idée Isabelle Adjani l’a connu meurtrier — Il a joué l’amant d’Isabelle Huppert dans La Pianiste Un des acteurs fétiches d’Alain Resnais — Respires — Personnel Pièce de bois qui supporte la quille d’un navire — Récompenses suprêmes Documentaire de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud — Monnaie de pays scandinaves Qui est sur le point de passer une audition — Moitié de mouche

Verticalement

B

2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

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E. Faire du cinéma — Récipient de bois qui servait à transporter de l’eau dans les poudreries F. Film de Costa-Gavras (L’) — Prénom masculin — Appris G. Règlements H. Négation — Les ___ du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian

I.

Le génie derrière Citizen Kane (son prénom) — Musique de Saturday Night Fever J. Union des artistes — Le cinéma est le septième K. Il a tourné avec Marilyn dans Some Like it Hot — Gens L. Préposition — Actrice, scénariste, réalisatrice et productrice américaine née en 1961 à Hollywood Solution page 4

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TOUJOURS À L'AFFICHE LE 1ER novembre

Dead Man Talking (V.O.F.) un film de Patrick Ridremont

Seul en mer (V.F. et V.O.A.) un film de J.C. Chandor

Triptyque (V.O.F.) un film de Robert Lepage et Pedro Pires

Le Conseiller (V.F. et V.O.A.) un film de Ridley Scott

Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

Les Beaux Jours (V.O.F.) un film de Marion Vernoux

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À l’achat de billets au guichet pour les concerts de l’OSQ. Cette réduction est offerte seulement à la billetterie au bureau de l’OSQ.

441, rue Saint-Jean, Québec

951, av. Cartier (coin Crémazie), Québec 401, Grande Allée Ouest, Québec

LE PALAIS MONTCALM

CHALETS ENTRE AMIS

Sur le prix courant à la billetterie. Spectacles LES HORLOGES GRAND-PÈRE présentés par la Société du Palais DU QUÉBEC Montcalm seulement. 140, route du Pont, bur. 4, Saint-Nicolas Sur articles sélectionnés.

CHALETSENTREAMIS.COM

10 % de réduction sauf les locations incluant un congé férié.

995, place D’Youville

20 %

THÉÂTRE PÉRISCOPE

KETTO DESIGN

1304, av. Maguire, Sillery Achat minimum de 5 $.

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939, av. de Salaberry, Québec

FUTON ETCETERA Sur le prix courant.

LE CARREFOUR INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE QUÉBEC 369, rue de la Couronne, Québec

5 $ à l'achat de billets à l'unité, deux billets par spectacle par personne.

1325, route de l’Église, Sainte-Foy

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CRACKPOT CAFÉ

1005, route de l’Église, Sainte-Foy Sur le temps studio.

PREMIER ACTE

870, av. de Sallaberry, Québec Sur le prix courant.

SEULE LA PERSONNE DÉTENTRICE DE L’ABONNE-CLAP PEUT BÉNÉFICIER DE CES RÉDUCTIONS. Sur présentation de votre carte, obtenez de 10 à 25 % de réduction chez les marchands participants. Toutes ces réductions sont applicables aux prix courants seulement, pour la durée de ce magazine. Non applicable sur les chèques-cadeaux et les abonnements. Ne peut être utilisée avec une autre promotion. Non monnayable. Tous les privilèges sont annulés après la date d’échéance de l’Abonne-Clap. Prix sujets à changement sans préavis.


Index des films

CONSULTEZ NOTRE HORAIRE : 418 653-2470, poste 1 ou CLAP.ca

Films à l’affiche n° 181 12 Years a Slave

Un film de Steve McQueen .............................................à partir du 8 novembre.....p. 30

Au cœur du brasier

Un film de Scott Cooper .................................................à partir du 6 décembre.....p. 31

Au nom du fils

Un film de Vincent Lannoo ..............................................à partir du 15 novembre...p. 32

Beaux Jours, Les

Un film de Marion Vernoux .............................................à partir du 25 octobre ......p. 43

Chasse au Godard d’Abbittibbi

Un film de Éric Morin......................................................à partir du 1er novembre ...p. 14

Conseiller, Le

Un film de Ridley Scott ...................................................à partir du 25 octobre ......p. 43

Dallas Buyers Club

Un film de Jean-Marc Vallée...........................................à partir du 22 novembre...p. 15

Dead Man Talking

Un film de Patrick Ridremont..........................................à partir du 25 octobre ......p. 43

Démantèlement, Le

Un film de Sébastien Pilote.............................................à partir du 15 novembre......p. 5

Diana

Un film de Olivier Hirschbiegel........................................à partir du 20 décembre...p. 41

Diego Star

Un film de Frédérick Pelletier .........................................à partir du 6 décembre.....p. 28

Elle s’en va

Un film de Emmanuelle Bercot .......................................à partir du 8 novembre.....p. 28

Fanny

Un film de Daniel Auteuil ................................................à partir du 20 décembre...p. 11

Grace de Monaco

Un film de Olivier Dahan.................................................à partir du 27 novembre...p. 30

Grand Central

Un film de Rebecca Zlotowski ........................................à partir du 6 décembre.....p. 12

Hobbit – La désolation de Smaug, Le

Un film de Peter Jackson ...............................................à partir du 13 décembre...p. 32

Hunger Games : l’embrasement

Un film de Francis Lawrence ..........................................à partir du 22 novembre...p. 31

Il était une fois les Boys

Un film de Richard Goudreau..........................................à partir du 6 décembre.....p. 34

Il pleut des hamburgers 2

Un film de Kris Pearn et Cody Cameron ..........................à partir du 23 novembre...p. 34

Inconnu du lac, L’

Un film de Alain Guiraudie ..............................................à partir du 1er novembre ...p. 39

La Grande Bellezza

Un film de Paolo Sorrentino ............................................à partir du 13 décembre...p. 41

Lions de Cannes 2013 - Soif de pub, Les

......................................................................... du 29 novembre au 6 décembre ...p. 43

Mandela : un long chemin vers la liberté

Un film de Justin Chadwick ............................................à partir du 25 décembre...p. 13

Marius

Un film de Daniel Auteuil ................................................à partir du 13 décembre...p. 11

Mission dindons

Un film de Jimmy Hayward ............................................à partir du 1er novembre ...p. 34

Moroccan Gigolos

Un film de Ismaël Saidi ..................................................à partir du 8 novembre.....p. 18

Oldboy

Un film de Spike Lee ......................................................à partir du 27 novembre...p. 31

Opéra national de Paris au cinéma

......................................................................................à partir du 12 décembre...p. 33

Magazine Le Clap n° 181 · novembre et décembre · 2013

Ressac

Un film de Pascale Ferland .............................................à partir du 20 décembre...p. 18

Seul en mer

Un film de J.C. Chandor .................................................à partir du 25 octobre ......p. 43

Sur la terre des dinosaures

Un film de Neil Nightingale et Barry Cook .......................à partir du 20 décembre...p. 34

Tapis rouge pour le cinéma Roumain

......................................................................................du 6 au 12 décembre .......p. 38

Tirez la langue, mademoiselle

Un film de Axelle Ropert .................................................à partir du 13 décembre...p. 15

Triptyque

Un film de Robert Lepage et Pedro Pires ........................à partir du 25 octobre ......p. 43

Un château en Italie

Un film de Valeria Bruni Tedeschi ...................................à partir du 20 décembre...p. 36

Violette

Un film de Martin Provost ..............................................à partir du 29 novembre...p. 36

Voleuse de livres, La

Un film de Brian Percival ................................................à partir du 15 novembre...p. 30

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Magazine Le Clap n°181  

NOVEMBRE & DÉCEMBRE 2013. Valeur sûre: MARIUS et FANNY. Entrevues: SÉBASTIEN PILOTE et PASCALE FERLAND. Le cinéma vu par... RENÉE-CLAUDE BRA...

Magazine Le Clap n°181  

NOVEMBRE & DÉCEMBRE 2013. Valeur sûre: MARIUS et FANNY. Entrevues: SÉBASTIEN PILOTE et PASCALE FERLAND. Le cinéma vu par... RENÉE-CLAUDE BRA...

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