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magazine n˚180 · septembre et octobre 2013 GRATUIT

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VALEUR SÛRE GABRIELLE

CINÉ PSY

LA VIE D’ADÈLE

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nouveautés à l’affiche

ENTRE VUES

MICHEL CÔTÉ

Le cinéma vu par...

JEAN-PIERRE BACRI

Cherchez Hortense

VIC + FLO ONT VU UN OURS · LA MAISON DU PÊCHEUR · LES BEAUX JOURS


Mot de la

rédaction

N° 180

UNE RENTRÉE QUÉBÉCOISE

MAGISTRALE!

Bien sûr, tout comme vous, nous adorons l’été (la saison du HOT DOG), les pique-niques, les hamacs et les frisbees. Mais rien n’égale l’enthousiasme qui nous envahit à l’arrivée de l’automne qui fait enfin déferler sur nos écrans les plus substantielles productions de l’année.

UNE JEUNE FILLE

Catherine Martin nous gratifie des merveilleux paysages de la Gaspésie où la rencontre de Chantal, jouée par Ariane Legault, et Serge, personnage peu loquace interprété par Sébastien Ricard donne lieu à un jeu d’acteurs d’une grande finesse.

D’abord, dans les prochains mois, pas moins d’une dizaine de longs métrages québécois seront présentés sur nos écrans. Offrez-vous le plaisir de les découvrir en salle, l’expérience la plus intense pour savourer ces œuvres d’une exceptionnelle richesse.

Les autres, mais non les moindres...

GABRIELLE

Dans TRYPTIQUE, Robert Lepage revisite sa célèbre pièce Lipsynch. LA MAISON DU PÊCHEUR d’Alain Chartrand relate la génèse mal connue de la cellule Chénier du FLQ composée des Lortie, Simard, Rose et Rose. Passionnant et instructif.

Louise Archambault nous présente son deuxième long métrage, GABRIELLE, qui constituera assurément l’événement cinématographique de l’automne. Une incursion touchante dans l’univers des déficients intellectuels dans lequel l’amour et les arts occupent une place primordiale.

VIC + FLO ONT VU UN OURS... d’argent

Le film de Denis Côté s’est vu décerner l’ours d’argent au dernier Festival de Berlin. C’est dire à quel point il a vu juste en composant cette talentueuse et improbable distribution dans laquelle Pierrette Robitaille étonne dans un registre inédit.

Et d’ailleurs, la Palme est remportée par… LA VIE D’ADÈLE

Le dernier film d’Abdellatif Kechiche, réalisateur de La Graine et le mulet, a obtenu un verdict unanime de la part du jury lors du dernier Festival de Cannes et a reçu la Palme d’or, l’ultime récompense. La qualité d’interprétation est d’une telle intensité que plusieurs critiques parlent des deux meilleures performances féminines jamais vues à l’écran. La découverte de l’amour et de la sexualité de ces deux jeunes filles donne lieu à des scènes explicites d’une rare intensité.

Avez-vous déjà vu pareille rentrée cinématographique? Nous pas. Si j’étais vous, je m’abonnerais. (M.A.)

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

L’AUTRE MAISON S’inspirant de la fin de vie de son père, le journaliste Michel Roy, Mathieu Roy nous présente avec une grande sensibilité l’histoire d’un intellectuel atteint de la maladie d’Alzheimer qui voit sa précieuse mémoire se dégrader progressivement. L’interprétation de Marcel Sabourin est bouleversante de vérité.

AMSTERDAM de Stefan Miljevic, jouissant d’une distribution exceptionnelle : Louis Champagne (coscénariste et interprète), Gabriel Sabourin, Robin Aubert, Fanny Malette, Suzanne Clément et Marie-Chantal Perron.

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Sommaire n° 180

Chroniques

11 VALEUR SÛRE

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« GABRIELLE touche droit au cœur et confirme la générosité du regard de la réalisatrice Louise Archambault.» (S.G.)

Dans ce numéro

05 24 26 41 42 43 46

En couverture · La Vie d’Adèle - chapitres 1 et 2 Info-ciné Documentaires Films pour enfants Mots croisés L’Abonne-Clap Index

CINÉ-PSY • La Vie d’Adèle

06 ENTREVUE • Jean-Pierre Bacri

16 ARTS DE LA SCÈNE

30 NOS VERSIONS ORIGINALES

32 LE CINÉMA VU PAR... • Michel Côté

36 LIVRES

Solution mots croisés de la page 42 Horizontalement

1.CHAPLIN • COTE 2.LUCAS • ARCHER 3.EN • ARC 4.MTS • RACHEL 5.CROZE • RASA 6.NU • NAS 7.TENNANT • CI 8.FEORE • LANGE 9.CRI • DELON • OS 10.RODE • SOIN 11.UNE • ERIC 12. CRESSONS

Verticalement

A.CLEMENT • CRUZ B.HUNT • EFRON C.AC • SCHNEIDER D.PAN • NO E.LS • GODARD • OC F.NEES G.NARRENT • LOVE H.RCA • LOI I.CC • CR • CANNES J.OH • HAINE • RO K.TERESA • GODIN L.ER • LASSES • CS

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Festival de Cannes 2013 – Palme d’or

«

Dans la catégorie des grands séismes cannois, LA VIE D’ADÈLE est ce genre d’objet qui fait soudainement exploser le Festival et pulvérise le reste du programme. (S. Kaganski, Les Inrockuptibles)

»

LA VIE D’ADÈLE – CHAPITRES 1 ET 2 France GÉNÉRIQUE : France. 2013. 179 min (V.O.F.). Drame réalisé par Abdellatif Kechiche. Scén. : Abdellatif Kechiche, Ghalya Lacroix, d’après l’œuvre de Julie Maroh. Int. : Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche.

Bande-annonce

SYNOPSIS : Adèle est une adolescente de quinze ans qui croit encore au grand amour entre une fille et un garçon. Le jour de sa rencontre avec Thomas, elle fait aussi la connaissance d’Emma, une jeune femme affirmée, étudiante en arts aux excentriques cheveux bleus. L’obsession d’Adèle pour cette dernière ira en grandissant, faisant naître en elle des sentiments jusqu’alors inexistants. S’éloignant peu à peu de Thomas, avec lequel elle croyait pouvoir bâtir une première relation, elle prend conscience, non sans résistance au départ, de son attirance pour les femmes qu’elle assumera progressivement. Dès lors, elle entendra vivre pleinement sa passion pour Emma. NOTES : Gagnant de la Palme d’or et acclamé unanimement lors du dernier Festival de Cannes, LA VIE D’ADÈLE – CHAPITRES 1 ET 2 est le nouveau film-fleuve du cinéaste Abdellatif Kechiche. Adapté librement d’un roman graphique de Julie Maroh, Le Bleu est une couleur chaude, publié chez Glénat, en 2010, cette œuvre fascinante est portée par la grâce de deux jeunes comédiennes qui se livrent tout entières à la caméra, surtout dans une longue scène intime chorégraphiée sans pudeur, mais aussi sans vulgaire gratuité par le cinéaste. Léa Seydoux (L’Enfant d’en haut, Les Adieux à la reine)

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et la nouvelle venue Adèle Exarchopoulos (époustouflante dans son premier grand rôle) forment un tandem inoubliable à l’origine de l’obtention de la Palme d’or du film à Cannes. Le long métrage, rappelons-le, a été présenté au moment même où la discorde régnait à Paris au sujet du débat sur la légalité du mariage gai, entraînant un mouvement d’opposition civil jusque-là jamais vu. Kechiche pourtant ne revendique rien avec ce nouvel opus, si ce n’est de nous présenter une passion naissante, l’éveil des sentiments, l’amour mis à nu à travers une idylle lesbienne aussi ardente que destructrice. Le tournage a, semble-t-il, été long tel un work in progress. Kechiche a filmé durant des heures ses personnages, s’éloignant de la bande dessinée tout en en gardant l’essence même : une passion sulfureuse taboue marquée par une différence de classe sociale. Après Sara Forestier dans L’Esquive et Hafsia Herzi dans La Graine et le mulet qui gagnèrent toutes deux le César du meilleur espoir féminin, on ne peut douter du réel talent de Kechiche pour dénicher de jeunes actrices bouleversantes d’autant plus que, assurément, Adèle Exarchopoulos sera la prochaine à recevoir le trophée alors que Léa Seydoux voit déjà sa carrière prendre son envol à l’international. (P.B.)

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Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

Un film de Abdellatif Kechiche Du même réalisateur : La Graine et le mulet


Ciné-psy La Vie d’Adèle

Commentaire sur le film LA VIE D’ADÈLE – CHAPITRES 1 ET 2 d’Abdellatif Kechiche

QUI DITES-VOUS QUE JE SUIS?

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« Mais mon amour, tu mʼas déjà sauvée. Tu mʼas sauvée dʼun monde établi sur des préjugés et des morales absurdes, pour mʼaider moi à mʼaccomplir entièrement. » Le Bleu est une colère chaude, bande dessinée de Julie Maroh qui a inspiré le film La Vie dʼAdèle…

Lors des mes années de formation en psychologie analytique, en Suisse, dans les années 70, je lisais régulièrement la revue française Le Nouvel Observateur. Parmi les journalistes qui écrivaient une chronique littéraire dans cette revue, il y en avait un que je m’empressais toujours de lire en premier. Aussi, fus-je réellement déçu d’apprendre un jour son décès dans un numéro de la revue où on nous informait de la parution de son dernier livre. Si je me souviens bien, son livre avait comme titre Qui dites-vous que je suis? Ce chroniqueur était homosexuel et le titre qu’il avait choisi pour son dernier essai avait comme objectif de confronter les détracteurs de l’homosexualité : « ce que je suis, lorsque vous me pointez du doigt en me traitant d’homosexuel, vous l’ignorez et votre ignorance, votre jugement teinté de condamnation, votre mépris me tuent! » Son suicide put être interprété de fait comme induit par une société homicidaire. Peu de gens, à l’heure actuelle en Occident, osent ouvertement afficher en mots leur homophobie1. Mais celle-ci demeure quand même partout présente : Dans la population en général, l’homosexuel, homme ou femme, incarne une menace hostile au sentiment d’identité. Si en tant qu’hétérosexuel je ne suis pas bien ancré dans mon identité et ne peut pas encore y trouver un appui solide pour m’ouvrir à ce monde inconnu que représentre l’autre sexe, je suis inconsciemment voué à projeter sur l’homosexuel cette part contrasexuelle de moi susceptible de m’envahir et de me dominer. La caricature de cela : le macho dont le vernis prétentieux camoufle une époustouflante immaturité affective ou encore la matrone dont les attitudes castrantes révèlent en dernière analyse une inaccessibilité tragique au monde féminin. Homophobie : « … l’hostilité, explicite ou implicite, envers des individus dont les préférences amoureuses ou sexuelles concernent des individus de même sexe. » Caroline ClaussEhlers, Encyclopedia of Cross-Cultural School Psychology, volume 2, p. 524.

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Ciné-psy

par Marcel Gaumond

■ En politique, on pense à l’exemple que nous a offert récemment la France qui, à l’issue de la révolution de 1789, dépénalisa les rapports homosexuels privés entre adultes consentants. C’est au sein de cette même France que, avant et après l’adoption de la loi dite Mariage pour tous, l’on a vu des centaines de milliers de Français manifester bruyamment contre cette loi. Pied de nez à ces manifestations… Attribution de la Palme d’or du Festival de Cannes au film LA VIE D’ADÈLE, le 27 mai dernier, au moment même où se tenait l’une de ces manifestations. Au Canada, le mariage homosexuel fut légalisé en 2005, à la suite de l’adoption de la Loi sur le mariage civil. Est-il besoin de rappeler, par ailleurs, que dans les pays islamiques sept de ceux-ci (Mauritanie, Nigeria, Soudan, Somalie, Arabie saoudite, Iran, Yémen) condamnent encore aujourd’hui les homosexuels à la peine de mort? ■ En religion, on se réjouit ici de la déclaration du pape François qui, le 29 juillet dernier, au terme de son séjour au Brésil, disait : « Qui suis-je pour juger les homosexuels? » Toutefois, si le ton par la voix de François a pu changer dans l’Église, on n’assiste pas encore à une révolution quant à la teneur des textes de son catéchisme officiel. On y affirme dans ceux-ci que les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés, contraires à la loi naturelle » et on y rappelle que dans les Saintes Écritures, l’homosexualité est considérée comme une « dépravation grave ». ■ En psychiatrie, ce ne fut qu’en 1973, à la suite d’un débat houleux au sein de l’Association des psychiatres américains, que le terme « homosexualité » fut retiré du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). ■ En psychanalyse, finalement, retenons que Freud dans son ouvrage Trois essais sur la théorie sexuelle, publié en 1905, présente l’homosexualité comme une perversion et un arrêt dans le développement de la sexualité, qualificatifs qui contribueront à ranger

des décennies durant l’homosexualité dans le registre de la pathologie. Comme le souligne Elisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse, il faudra attendre la venue du psychanalyste Jacques Lacan pour assister à un franc accueil des homosexuels comme candidats à l’exercice de cette profession. Dans la communauté psychanalytique d’orientation jungienne, John Beebe de San Francisco (Homosexuality and The Renewal of Gender) et mon collègue québécois Guy Corneau (Père manquant, fils manqué) auront contribué à la reconnaissance de l’homosexualité comme orientation légitime non fondée dans le pathologique. LA VIE D’ADÈLE est une très belle histoire d’amour, une histoire propulsée par ce type de désir qui fonde chez les amoureux (ici, les amoureuses) la nécessité éprouvée de reconnaître l’importance vitale de leur lien et la responsabilité « éthique », je dirais, de le défendre et de le protéger envers et contre quiconque voudrait s’y opposer. En cela, le couple homosexuel a tout autant de dignité, de beauté et de légitimité que le couple hétérosexuel mû par un semblable désir. ADÈLE, née dans une famille qui abhorre l’homosexualité et la trouve honteuse, représente tous ceux et toutes celles qui, vu leur orientation sexuelle et leur statut conséquent de minorité, furent jusqu’à ce jour plus ou moins victimes d’une homophobie souvent barbare et assassine, bien que se réclamant des plus hautes valeurs de la société. Emma, pour sa part, dont l’orientation sexuelle est acceptée par sa famille, est porteuse de cet espoir qui se terre dans le cœur de toutes les minorités que celles-ci soient raciales, religieuses ou sexuelles. « Pour la foule, qui suis-je? », avait demandé Jésus à ses disciples, peu de temps avant d’être rejeté par celle-ci (Saint Luc 9, 18-22). Et par la suite… « Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je? » ■

INVITATION

Le mardi 5 novembre 2013 de 18 h à 19 h (buffet) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange), au Studio P, situé au 280, rue Saint-Joseph E., Québec (http://www.librairiepantoute.com/lestudiop). Réservations : de préférence par courriel (cinepsy1@gmail.com) ou par téléphone 418 683-0711. Coût d’entrée : 20 $ (incluant l’admission et le buffet). La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, psychanalyste. WWW.CINE-PSY.COM clap.ca

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Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

Vous êtes cordialement invités à une rencontre du Ciné-psy sur le film LA VIE D’ADÈLE – CHAPITRES 1 ET 2 avec Nicole Hamel, auteure & Anne-Sophie Ruest-Paquette, présidente du « Groupe gai de l’Université Laval. »


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De la sueur, des répliques hautes en couleur, du talent, de la tendresse et des situations comiques. (H. Lizé, Le Parisien)

Le film de Mohamed Hamidi marie légèreté de ton et gravité du propos pour un résultat touchant. (A. Schwartz, La Croix)

LA GRANDE BOUCLE

Un film de Laurent Tuel · Du même réalisateur : Le Premier Cercle

France

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NÉ QUELQUE PART Un film de Mohamed Hamidi

France

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

GÉNÉRIQUE : France. 2013. 98 min (V.O.F.). Comédie réalisée par Laurent Tuel. Scén. : Romain Protat, Lyes Belaïdouni et Yohan Levy. Mus. orig. : André Manoukian. Int. : Clovis Cornillac, Bouli Lanners, Bruno Lochet.

GÉNÉRIQUE : France. 2012. 87 min (V.O.F.). Comédie dramatique de Mohamed Hamidi. Int. : Tewfik Jallab, Jamel Debbouze, Malik Bentalha.

SYNOPSIS : Lorsque François constate que son mariage et sa vie professionnelle s’écroulent subitement, il choisit de réaliser son rêve et se lance, un jour avant les professionnels, dans le Tour de France. Son défi éveille la curiosité des amateurs et des médias, causant le désarroi du maillot jaune qui voit l’attention du public lui échapper.

SYNOPSIS : Farid a 26 ans et vit en France. Il vient d’Algérie, mais il n’y a jamais mis les pieds. L’épopée de sa vie commence quand son père lui demande de se rendre au pays pour sauver la maison familiale. Étonné par la requête, il y consent tout de même. Il fera là-bas de nombreuses rencontres, dont celle de son cousin qui a un grand rêve : vivre en France. Ce cousin lui fera une surprise qui changera ses plans initiaux. En cours de route, il tombe sous le charme des gens, à la fois simples et colorés. Farid fera la rencontre de sa propre histoire.

NOTES : L’histoire de LA GRANDE BOUCLE se noue magnifiquement avec celle des frères Nicolas et Renaud Souhami. À 40 ans, ils décident de changer de vie et de devenir producteurs. Les embûches sont nombreuses. L’histoire qu’ils veulent mettre en film suscite l’intérêt, mais on veut les écarter du projet. Leur persévérance et l’aide des producteurs Olivier Delbosc et Marc Missonnier leur permettront de réaliser leur rêve juste à temps pour la centième édition du Tour de France. (M.L.)

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NOTES : Les idées simples sont souvent les meilleures. NÉ QUELQUE PART le démontre bien : le film puise sa richesse dans son scénario crédible et ses personnages étonnants. Les interprètes sont bien choisis, chaleureux et justes. L’idée de ce long métrage est peut-être de balayer bien des idées reçues sur les immigrés. Jamel Debbouze est merveilleux dans ce rôle de quasi méchant. Une comédie douce-amère qui fait sourire et réfléchir. (C.G.) clap.ca


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Marcel Sabourin, en patriarche sénile, fait preuve d’une grande sensibilité dans son interprétation de la maladie d’Alzheimer. (Le Clap)

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L’AUTRE MAISON

Un film de Mathieu Roy Du même réalisateur : Surviving Progress

Québec GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 105 min (V.O.F.). Drame réalisé par Mathieu Roy. Scén. : Mathieu Roy et Michael Ramsey. Int. : Marcel Sabourin, Roy Dupuis, Émile Proulx-Cloutier, Florence Blain Mbaye.

SYNOPSIS : Octogénaire et atteint de la maladie d’Alzheimer, Henri s’évade quotidiennement de sa maison pour trouver un autre domicile plus « confortable ». Éric, son fils qui tente de devenir pilote, délaisse ses rêves pour s’occuper d’Henri, qui demande de plus en plus de surveillance. Des tensions s’accumulent avec son frère Gabriel, qui fuit la maladie de son père. Arriveront-ils ensemble à trouver ce lieu tant désiré par Henri?

NOTES : Mieux connu pour ses documentaires dont l’inquiétant Surviving Progress, le cinéaste Mathieu Roy explore de nouveaux horizons avec une œuvre de fiction. Drame intimiste, L’AUTRE MAISON dresse un portrait réaliste sur les conséquences dévastatrices que peut avoir la maladie sur la famille. Marcel Sabourin, en patriarche sénile, fait preuve d’une grande sensibilité dans son interprétation de la maladie d’Alzheimer. (P.L.)

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Une publication

DES ÉDITIONS

inc.

Festival international du film de Locarno 2013 – Prix du public

Éditeurs Michel Aubé, Robin Plamondon Directeur de la production Simon Leclerc Graphistes Martine Lapointe Catherine Ducharme Programmation Michel Aubé Réviseure Marie Chabot

VALEUR SÛRE GABRIELLE Un film de Louise Archambault De la même réalisatrice : Familia

Québec GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 104 min (V.O.F.). Drame réalisé par Louise Archambault. Scén. : Louise Archambault. Mus. orig. : François Lafontaine. Int. : Gabrielle Marion-Rivard, Mélissa Désormeaux-Poulin, Alexandre Landry, Benoît Gouin.

Chroniqueurs Pierre Blais, André Caron Stéphane Defoy, Marcel Gaumond Sami Gnaba, Claire Goutier, Paul Jacques Nicolas Lacroix, Mathieu Lemoine Patrick Lonergan, Pier-Hugues Madore Serge Pallascio

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Un deuxième film courageux et touchant! (Le Clap)

SYNOPSIS : Tous deux membres d’une chorale pour personnes vivant avec une déficience intellectuelle, Gabrielle et Martin tombent amoureux l’un de l’autre. Désirant vivre leur amour librement, ils seront très vite confrontés aux réticences de leur entourage. NOTES : Fruit d’une longue collaboration avec des handicapés intellectuels, leur famille et les intervenants qui les soutiennent au quotidien, Louise Archambault signe un deuxième film courageux et touchant. Multipliant les longs plans et usant d’une approche quasi documentaire, elle nous montre la réalité invisible des gens qui souffrent du même handicap que l’actrice principale... En abordant des thèmes universels (le droit d’aimer, de vivre librement), GABRIELLE touche droit au cœur et confirme la générosité du regard de la réalisatrice Louise Archambault. (S.G.)

Horaire des films · 418 653-2470, poste 1 Courriel · leclap@clap.ca Site Internet · www.clap.ca Publicité · Marie Dubé : 418 956-3729 Sans frais : 1 800 361-2470, poste 128 marie.dube@clap.ca

Plus de 550 points de distribution Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 3e trimestre 1987 ISSN : 1209-7012 Le Magazine Le Clap est publié 6 fois par année par les Éditions Le Clap.

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

· Chantal Tremblay : 418 802-9001 Sans frais : 1 800 361-2470, poste 127 chantal.tremblay@clap.ca

Bande-annonce

Distribution · Affiche tout

LES ÉDITIONS LE CLAP 2327, boul. du Versant-Nord, bureau 290 Québec (Québec) G1N 4C2

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Berlinale 2013 – Ours d’argent

VIC + FLO ONT VU UN OURS Un film de Denis Côté Du même réalisateur : Curling

Québec GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 95 min (V.O.F.). Drame écrit et réalisé par Denis Côté. Int. : Pierrette Robitaille, Romane Bohringer, Marc-André Grondin, Marie Brassard, Georges Molnar.

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Il y a ici, comme dans Curling, un écho du cinéma des frères Coen dans la juxtaposition d’un humour excentrique et d’une cruauté choquante dont l’impact au final semble encore plus cohérent. (B. van Hoeij, Variety)

SYNOPSIS : Après de longues années en prison, la sexagénaire Victoria s’installe dans une ancienne cabane à sucre. Surveillée par un agent de libération conditionnelle plutôt sympathique, elle tente de refaire sa vie avec Florence, une ex-détenue avec qui elle a partagé des moments intimes en cellule. Mais leurs ambitions et leurs tempéraments de plus en plus divergents menacent leur retour à la liberté.

NOTES : Avec un titre pareil, le dernier film de Denis Côté semblait destiné à gagner un Ours d’argent au Festival de Berlin! Ce cinéaste particulier, qui navigue entre l’essai (Bestiaire), le faux documentaire (Les États nordiques, Carcasses) et les expérimentations narratives (Elle veut le chaos), permet, avec ce mélodrame insolite au dénouement catastrophé, à la grande comédienne Pierrette Robitaille de briller dans un rôle de composition. (A.C.)

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

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Bonitzer réussit quelques scènes admirables, de celles qui vous ont amené un jour à aimer le cinéma, quand tout à coup, les fantasmes de l’auteur et du spectateur ne font plus qu’un. (J.-B. Morain, Les Inrockuptibles)

»

CHERCHEZ HORTENSE Un film de Pascal Bonitzer Du même réalisateur : Petites Coupures

France

«

La présence de Cate Blanchett au générique est une nouvelle plus que réjouissante. Actrice de grand talent, elle choisit ses projets avec soin.

»

(Le Clap)

JASMINE FRENCH

PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A.S.-T.F.

Un film de Woody Allen Du même réalisateur : Minuit à Paris

États-Unis

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

GÉNÉRIQUE : France. 2012. 100 min (V.O.F.). Comédie dramatique réalisée par Pascal Bonitzer. Scén. : Pascal Bonitzer et Agnès De Sacy. Mus. orig. : Alexeï Aïgui. Int. : Jean-Pierre Bacri, Isabelle Carré, Kristin Scott Thomas.

GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 98 min (V.F. et V.O.A.S.-T.F.). Comédie dramatique écrite et réalisée par Woody Allen. Int. : Cate Blanchett, Alec Baldwin, Peter Sarsgaard, Michael Emerson, Sally Hawkins, Louis C.K., Bobby Cannavale.

SYNOPSIS : Professeur de civilisation chinoise embourbé dans la routine maritale, Damien voit soudain son épouse le supplier de demander à son père, un conseiller d’État, de convaincre l’homme de pouvoir Henri Hortense d’intercéder en faveur de Zorica, une sans-papiers menacée d’expulsion. D’abord réticent face à cette demande, Damien sera pressé d’agir à la suite de sa rencontre avec Zorica.

SYNOPSIS : Jasmine, une New-Yorkaise, remet en question sa vie et son mariage avec un homme fortuné. Elle quitte son confort pour aller s’installer dans l’appartement modeste de sa sœur à San Francisco.

NOTES : Dans CHERCHEZ HORTENSE, Jean-Pierre Bacri nous offre l’une de ses plus belles performances. Le comédien est à la fois drôle et touchant dans ce rôle rappelant celui qu’il tenait dans Kennedy et moi. Autour de lui, les seconds rôles haut de gamme abondent : Kristin Scott Thomas, Claude Rich, Jackie Berroyer, Isabelle Carré. Provoquant son lot de rires et de malaises, le film brille par sa façon d’examiner avec justesse et humour nos différentes identités, qu’elles soient ethniques, filiales, sexuelles ou hiérarchiques! (P.B.)

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NOTES : JASMINE FRENCH marque le retour du cinéaste Woody Allen dans son pays natal après une série de films tournés en Europe. Épuisé peut-être par tous ces voyages à l’étranger, le réalisateur reste pourtant très actif derrière la caméra et demeure aujourd’hui une des voies les plus singulières et influentes du cinéma américain. Amorçant ce film dans sa ville fétiche, New York, le cinéaste nous emmène tout de même à San Francisco, ville tout aussi mythique. La présence de Cate Blanchett au générique est une nouvelle plus que réjouissante. Actrice de grand talent, elle choisit ses projets avec soin. Mais qui peut dire non à Woody…? (P.L.)

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MARCEL SABOURIN

ROY DUPUIS

ÉMILE PROULX-CLOUTIER

UN FILM DE

MATHIEU ROY

L’AUTRE MAISON P R O D U I T PA R

ROGER FRAPPIER

ET

FÉLIZE FRAPPIER

TVA FILMS PRÉSENTE UNE PRODUCTION MAX FILMS MARCEL SABOURIN ROY DUPUIS ÉMILE PROULX-CLOUTIER FLORENCE BLAIN MBAYE AVEC LA PARTICIPATION SPÉCIALE DE JULIE GAYET DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE STEVE ASSELIN DIRECTION ARTISTIQUE MARIO HERVIEUX COSTUMES JULIA PATKOS 1ER ASSISTANT À LA RÉALISATION NORMAND LABELLE DISTRIBUTION DES RÔLES EMANUELLE BEAUGRAND-CHAMPAGNE NATHALIE BOUTRIE DIRECTION DE PRODUCTION DIANE ARCAND GINETTE GUILLARD SON CLAUDE LA HAYE CLAUDE BEAUGRAND BERNARD GARIÉPY STROBL COLORISATION MARC LUSSIER MONTAGE LOUIS-MARTIN PARADIS SCÉNARIO MATHIEU ROY MICHAEL RAMSEY RÉALISATION MATHIEU ROY PRODUIT PAR ROGER FRAPPIER FÉLIZE FRAPPIER PRODUCTRICE ASSOCIÉE SYLVIE LACOSTE Produit avec la participation de :

lautremaison-lefilm.com

À L’AFFICHE DÈS LE 18 OCTOBRE


Entrevue… Jean-Pierre Bacri

JEAN-PIERRE

BACRI

COMÉDIEN DANS

CHERCHEZ HORTENSE


Entrevue…

Par Pierre Blais

Chercher Bacri…! ET LE TROUVER

Dans CHERCHEZ HORTENSE, Bacri est Damien, un enseignant blasé dont le mariage bat de l’aile, qui décide, sous l’insistance de son épouse (Kristin Scott Thomas), d’aider la cause d’une immigrante menacée d’expulsion (Isabelle Carré). Quand on lui fait remarquer à quel point ce type de rôle d’homme désabusé lui colle à la peau – pensons à Kennedy et moi, Comme une image –, le comédien réplique : « Moi, je n’ai jamais l’impression de me répéter. Je crois que pour le spectateur, quand il aime quelqu’un, il est à même de voir les subtilités de ses rôles, les nuances ; on le voit différent plutôt que de se dire : “Ah oui, lui, il fait toujours les mêmes films!” Ici, l’intelligence, la brillance des dialogues du film fait que ce rôle est unique. » Les dialogues étant la force du film, il faut avouer que cette histoire à la fois sentimentale et caustique mise aussi sur des seconds rôles étincelants comme Claude Rich, suave en père de Damien, et Philippe Duclos, hautain et détestable dans son incarnation du très recherché Hortense. Bacri met de l’avant l’importance de ces personnages : « Pour trouver les dialogues bons, il faut que tout le monde en ait. Je ne supporterais pas de jouer dans un film, du moins depuis que je peux choisir mes rôles, soit depuis vingt ans, où le rôle principal serait supérieur aux rôles secondaires ou bien où ceux-ci seraient accessoires. Je ne peux supporter ce genre de film. Donc je fais en sorte de choisir des projets où tous les personnages existent. » Si CHERCHEZ HORTENSE s’intéresse à la cause des sans-papiers, c’est avant tout pour démontrer l’absurdité de la bureaucratie française et à cet égard, Claude Rich trouve ici l’un de ses plus beaux rôles, celui d’un homme de pouvoir, père hédoniste dépourvu d’empathie. Isabelle Carré est également rayonnante dans son rôle d’immigrante d’origine serbe, Bacri la retrouvant au grand écran après leur belle complicité dans Les Sentiments de Noémie Lvovsky, en 2003. « Avec Isabelle, ça fonctionne, vous avez raison, on me le clap.ca

dit souvent, et ce, malgré la différence d’âge. Ç’a été très fort entre nous durant le tournage des Sentiments et dix ans plus tard, on était très heureux de se retrouver », d’avouer Bacri. Le comédien ne tourne pas souvent ; au contraire d’un Depardieu jouant annuellement dans quatre ou cinq films, on le retrouve à l’affiche d’un film par année maximum. Pourquoi? « Si je tourne deux films dans une année, c’est un concours de circonstances ; comme cette année, j’ai tourné CHERCHEZ HORTENSE et AU BOUT DU CONTE d’Agnès. Je reçois plein de scénarios, mais comme depuis vingt ans, j’ai de quoi vivre, j’ai décidé de ne choisir que les scénarios qui me plaisent vraiment. » Quand on lui fait remarquer que Michel Serrault acceptait presque toutes les offres car, disait-il, un acteur doit jouer peu importe le rôle, puisque c’est son métier, le comédien précise sa pensée avec ferveur. « Moi, c’est tout le contraire de Serrault, et je m’en vante. Il faut que j’assume, que je revendique le film dans lequel je joue. Je ne viens pas quand on me siffle. Mais je comprends la vision de Serrault, et il y en a plein qui font comme lui et ce n’est pas une question de morale. Je veux dire, je ne dirais pas que je suis mieux qu’eux ; c’est une question de goûts personnels et surtout une question de nécessité : les impôts, la maison de campagne, le bateau à payer… Et puis je connais d’autres gens, comme Agnès Jaoui que j’adore qui en fait partie, qui sont incapables d’être inactifs, c’est une forme d’angoisse existentielle. Mais moi, définitivement, je ne suis pas comme ça. » S’il choisit ses films soigneusement depuis vingt ans, on se demande s’il a parfois le sentiment d’être passé à côté d’un long métrage dans lequel il aurait pu jouer ou encore d’avoir raté une rencontre avec un réalisateur pour qui il avait de l’estime. « Oui, j’ai raté des films, des rencontres certes, j’ai aussi refusé de beaux rôles ; si j’avais été plus soucieux de ma carrière, je ne les aurais pas refusés, mais ils ne m’intéressaient pas à ce moment-là, et ce, même s’ils étaient associés à des réalisateurs de renom comme Téchiné, Pialat. Après, hélas, ces réalisateurs ne m’ont plus rien proposé, mais je les comprends. Et je ne me suis jamais dit : “Lui, c’est un génie sur deux pieds, donc je vais faire ce rôle qui ne me plaît pas juste pour amorcer une rencontre.” Je ne suis pas comme ça. » Et c’est bien comme ça qu’on l’aime, Jean-Pierre Bacri! Les frais de ce voyage ont été payés par Unifrance. (P.B.) ■

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Paris. Jean-Pierre Bacri s’est forgé, au fil des années, une réputation de comédien intègre. Les qualificatifs touchant, drôle, bougon caractérisent la plupart des personnages qu’il a incarnés au grand écran. On reconnaît le style Bacri, et ce, même en dehors de ses collaborations avec son ex-compagne, la comédienne et réalisatrice Agnès Jaoui. Croisé à Paris pour la promotion de CHERCHEZ HORTENSE, l’acteur nous parle de son récent travail sur ce film à succès du cinéaste Pascal Bonitzer et sur sa façon très personnelle de mener sa carrière.


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Le film est une ode au bonheur et au politiquement incorrect. C’est beau, sensuel, à rebrousse-poil de la morale conventionnelle. (F. Forestier, TéléCinéObs)

ADORE

Un film de Anne Fontaine De la même réalisatrice : Nathalie...

Australie · France GÉNÉRIQUE : Australie · France. 2013. 101 min (V.F.). Drame réalisé par Anne Fontaine. Scén. : Christopher Hampton, d’après le roman de Doris Lessing. Mus. orig. : Christopher Gordon. Int. : Naomi Watts, Robin Wright, Xavier Samuel, James Frecheville.

SYNOPSIS : Quadragénaires et sublimes, Lil et Riz sont amies depuis toujours. De leur vie tranquille menée dans un Éden balnéaire australien, elles regardent le temps qui passe. Et leurs enfants respectifs grandir. Puis, un jour, cette promiscuité amicale vire en un chassé-croisé passionnel à travers lequel chacune des mères s’éprendra du fils de l’autre. NOTES : Après les thèmes de la bisexualité et du ménage à trois, voilà qu’Anne Fontaine

s’attaque aujourd’hui, dans un mélange de mélancolie et de sensualité prégnantes, à l’amour hors normes. Évitant les clichés avec une rare finesse, elle observe deux femmes qui se débattent contre leurs sentiments et leurs pulsions les plus intimes… Pour donner corps et vérité à cette incroyable histoire d’attraction passionnelle et amorale, Fontaine a pu compter sur un duo d’actrices exceptionnelles, Naomi Watts et la trop rare Robin Wright. (S.G.)

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Profitant des décors gaspésiens, Catherine Martin nous propose un film tout en retenue sur l’importance du territoire et le désir d’aller vers l’autre pour briser la solitude. (Le Clap)

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UNE JEUNE FILLE

Un film de Catherine Martin De la même réalisatrice : Trois temps après la mort d’Anna

Québec GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 85 min (V.O.F.). Drame réalisé par Catherine Martin. Scén. : Catherine Martin. Mus. orig. : Robert Marcel Lepage. Int. : Ariane Legault, Sébastien Ricard, Hélène Florent.

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SYNOPSIS : À la suite du décès de sa mère, Chantal, une adolescente plutôt secrète, décide de partir pour la Gaspésie. À l’aide d’une photo, elle tente de retrouver une plage que sa mère rêvait de revoir. Cherchant en vain ce lieu, elle finit par trouver refuge à la ferme de Serge, un agriculteur introverti et endetté. Peu à peu, ils apprendront à s’apprivoiser, Chantal s’attachant à cette nouvelle terre d’accueil. NOTES : L’histoire d’amour de ce film est celle de deux êtres envers la terre. Car ici, même si le désir d’aller vers l’autre est bien présent, c’est pour partager l’amour du territoire et sa transmission. Filmées patiemment, la mer et, surtout les terres intérieures de la Gaspésie, deviennent partie prenante du récit. Les silences, nombreux, pavent l’univers de la réalisatrice qui laisse ainsi le temps aux personnages de s’incarner par les regards plutôt que par le verbe. (P.B.)

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PARIS À TOUT PRIX

(S. Picars, Premiere.fr)

Un film de Reem Kherici

France GÉNÉRIQUE : France. 2012. 95 min (V.O.F.). Comédie écrite et réalisée par Reem Kherici. Int. : Reem Kherici, Cécile Cassel, Stéphane Rousseau.

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[Des] vannes bien senties et de[s] répliques piquantes et incorrectes.

SYNOPSIS : Maya travaille dans une maison de haute couture à Paris. Elle est belle, elle a la réplique cinglante et elle adore sa vie parisienne. Elle a travaillé fort pour son statut, et maintenant qu’elle est à l’aube d’une promotion, elle est renvoyée illico au Maroc, son pays d’origine, pour une question de papiers non valides. Elle fera tout pour rentrer. Tandis que la panique et le désespoir la gagnent, Maya doit faire face à la réalité : ses mensonges et son attitude cavalière ne lui sont d’aucune utilité.

NOTES : PARIS À TOUT PRIX est le premier film de Reem Kherici, d’abord actrice de profession. La comédie est légère, remplie de clichés français et marocains, mais on apprécie les personnages qui nous séduisent autant qu’ils nous exaspèrent. Si le film commence avec le glam du tapis rouge et tout ce qui vient avec, il se termine sur une note heureuse où la sincérité est à l’honneur. Choc des cultures et galère des sans-papiers! (C.G.)

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LES BEAUX JOURS

Un film de Marion Vernoux De la même réalisatrice : Personne ne m’aime

France

Une comédie bien écrite, mise en scène avec invention, interprétée à la perfection : bref, ce à quoi aspirent en vain presque tous les décideurs du cinéma français actuel. (Y. Tobin, Positif)

SYNOPSIS : Caroline, une dentiste sexagénaire mariée, vit difficilement le deuil d’une amie. Nouvellement retraitée, elle devra apprendre à profiter de sa nouvelle liberté. Inscrite dans un club pour retraités, elle fait la rencontre d’un jeune animateur dragueur qui bouscule sa vie amoureuse. NOTES : Doux et sincère, LES BEAUX JOURS de Marion Vernoux propose une belle réflexion sur la retraite et sur les nouvelles possibilités qui se présentent. Avec

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beaucoup de délicatesse, la cinéaste affronte sans crainte des tabous associés à la vieillesse. Elle ne recule devant rien. Lumineuse, Fanny Ardant offre une belle performance à la hauteur de ses talents, mais c’est le grand Patrick Chesnais qui vole la vedette. Très touchante, l’interprétation de ce dernier, criante de vérité, constitue le cœur du récit. LES BEAUX JOURS apaisera ceux et celles qui craignent le temps qui passe. (P.L.)

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GÉNÉRIQUE : France. 2013. 94 min (V.O.F.). Comédie dramatique réalisée par Marion Vernoux. Scén. : Marion Vernoux et Fanny Chesnel, d’après son roman. Int. : Fanny Ardant, Laurent Lafitte, Patrick Chesnais, Jean-François Stévenin.

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LÉGENDES V.F.

Version française

V.O.A. V.O.S.-T.F.

Version originale anglaise Version originale avec sous-titres français

V.O.S.-T.A. Version originale avec sous-titres anglais

CLASSEMENT DES FILMS En attente de classement. Peut être vu par des personnes de tous âges. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 13 ans et plus ou accompagnées d’une personne majeure. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 16 ans et plus. Ne peut être vu que par des personnes âgées de 18 ans et plus.

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RÉDUCTION ÉTUDIANTS

CARTE ABONNE-CLAP TAXES INCLUSES 9 FILMS

Sur présentation de la carte de leur établissement d’enseignement, toutes les représentations dès 21 h sont au tarif de 6,75 $ pour les étudiants.

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Âge d’or (65 ans et plus)

8,25 $

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Étudiant dès 21h (carte d’étudiant exigée) en tout temps

6,75 $ 7,75 $

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14 ans et moins

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Horaire des films : 418 653-2470, poste 1

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Ouverture sur le

monde

FIFA 2013 – Prix du meilleur film canadien

DANS UN OCÉAN D’IMAGES

Un film de Helen Doyle De la même réalisatrice : Birlyant, une histoire tchétchène

Canada GÉNÉRIQUE : Canada. 2013. 90 min (V.O.F.). Documentaire écrit et réalisé par Helen Doyle. Mus. orig. : Nigel Osborne. Avec la participation de Bertrand Carrière, Alfredo Jaar, Lana Slezic.

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[...] Doyle nous fait voir et comprendre l’histoire derrière LA photo. (Le Clap)

NOTES : Dans son dernier documentaire, la cofondatrice de Vidéo Femmes et réalisatrice Helen Doyle explore l’univers en mouvance de la photographie à l’ère du numérique. Alors que nous sommes bombardés d’une quantité incroyable d’illustrations et d’images chaque jour, Doyle nous fait voir et comprendre l’histoire derrière LA photo. Elle donne la parole à des photographes professionnels troublés et tourmentés par l’image, qu’elle soit prise en zone de guerre (Irak, Afghanistan) ou à l’abri de tout danger, dans un studio. Ainsi, la cinéaste a voyagé dans plusieurs pays pour aller à la rencontre de ces photojournalistes artistes qui nous livrent une part d’eux-mêmes : Letizia Battaglia, Nadia Benchallal, Philip Blenkinsop, Bertrand Carrière, Stanley Greene, Alfredo Jaar, Geert Van Kesteren, Sera Phousera Ing, Lana Slezic et Paolo Ventura. (P.-H.M.)

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Le film ne rend pas seulement hommage à Anne Hébert, mais aussi à la poésie et aux amitiés de longue date. (Le Clap)

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ANNE DES VINGT JOURS

Un film de Michel Langlois · Du même réalisateur : Cap Tourmente

Québec GÉNÉRIQUE: Québec. 2012. 86 min (V.O.F.). Documentaire écrit et réalisé par Michel Langlois. Mus. orig. : Catherine Major. Int. : Michel Langlois, Andrée Lachapelle, Jane Birkin, Guy Fournier.

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SYNOPSIS : Dans sa jeunesse, Michel Langlois était serveur dans une petite auberge de Charlevoix où l’écrivaine Anne Hébert est venue séjourner vingt jours. Admirateur inconditionnel de la poésie de l’auteure, il développe une complicité avec elle, qui se transformera par la suite en échange épistolaire qui se brisera quelques années plus tard. Le cinéaste a toujours regretté d’avoir mal entretenu cette magnifique amitié. NOTES : Sous forme d’un essai documentaire dans lequel se mélangent témoignages, discussions, archives et reconstitutions, Michel Langlois revit sa rencontre avec la poétesse qui est incarnée pour l’occasion par Andrée Lachapelle, actrice fétiche du réalisateur. Le cinéaste échange aussi avec des amis qui lui sont chers, sur l’écrivaine et sur ses souvenirs d’elle. Le film ne rend pas seulement hommage à Anne Hébert, mais aussi à la poésie et aux amitiés de longue date. (P.-H.M.) clap.ca


Ouverture sur le monde Documentaires

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Descente sans filet dans les bas-fonds de l’âme humaine [...] (M. Blottière, Télérama)

Festival de Berlin 2013 · Prix du public · Prix du jury œcuménique

THE ACT OF KILLING Un film de Joshua Oppenheimer Du même réalisateur : The Globalisation Tapes

Norvège · Danemark · Angleterre GÉNÉRIQUE : Norvège · Danemark · Angleterre. 2012. 115 min (V.O.S.-T.F.). Documentaire réalisé par Joshua Oppenheimer. Scén. : Joshua Oppenheimer, Christine Cynn et Joram Ten. Mus. orig. : Elin Øyen Vister. Int. : Anwar Congo, Herman Koto.

SYNOPSIS : Indonésie. 1965. Le régime en place fait tuer plus d’un million de ses opposants. 45 ans plus tard, la population vit toujours dans la peur, tandis que les bourreaux du passé se promènent librement dans les rues, protégés par un pouvoir corrompu. Invités par le réalisateur, certains d’entre eux se livrent à la caméra sur leur vie de tortionnaires, allant jusqu’à recréer des scènes de leurs tueries. NOTES : THE ACT OF KILLING repose sur un dispositif déstabilisant et pervers en diable. Avec ses images d’une nature paradisiaque campée dans un kitsch assumé, nous y entrons intrigués. Deux heures plus tard, dans un entremêlement de réalité et de fiction, d’un passé et d’un présent irrigués d’atrocités, nous cherchons encore notre souffle, happés par une puissance implacable… Peu de cinéastes sont allés aussi loin qu’Oppenheimer dans son courage à montrer de si près les horreurs du réel. (S.G.)

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Il faut voir ce documentaire pour saisir l’ampleur de la situation […] (J. Ledoux, Voir)

BLACKFISH

Un film de Gabriela Cowperthwaite · De la même réalisatrice : City Lax Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

États-Unis GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 83 min (V.O.A.S.-T.F.). Documentaire réalisé par Gabriela Cowperthwaite. Scén. : Gabriela Cowperthwaite et Eli B. Despres.

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SYNOPSIS : BLACKFISH raconte l’histoire de Tilikum, une orque gardée en captivité dans des parcs aquatiques depuis 1991 et qui, en 2011, fut responsable de la mort violente, devant des centaines de spectateurs, de Dawn Brancheau, une entraîneuse pourtant expérimentée. NOTES : L’histoire de Tilikum est racontée à travers le témoignage d’entraîneurs d’orques, plusieurs ayant choisi de quitter la profession et de dénoncer l’industrie des parcs aquatiques. Des imageschocs, souvent inédites, nous montrent les méthodes de capture et les conditions de captivité des grands mammifères marins, autant de traumatismes pouvant provoquer des états de psychose chez l’animal doté d’intelligence. Le documentaire dénonce aussi la culture du secret et du mensonge dans cette industrie avide de profit. Loin d’être un cas isolé, le décès de Dawn Brancheau était en fait le troisième causé par Tilikum. (M.L.) clap.ca


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JAPPELOUP épate par son ampleur romanesque, son édifiante description des arcanes tumultueux de l’équitation et sa mise en scène inspirée signée Christian Duguay.

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(M. Omaïs, Metronews.fr)

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La vraie bonne surprise de ce polar […] c’est le tandem que forment Depardieu et JoeyStarr.

LA MARQUE DES ANGES - MISERERE

Un film de Sylvain White · Du même réalisateur : The Losers

France · Belgique

JAPPELOUP : L’ÉTOFFE D’UN CHAMPION

Un film de Christian Duguay · Du même réalisateur : L’Art de la guerre

France

GÉNÉRIQUE : France · Belgique. 2012. 106 min (V.O.F.). Suspense réalisé par Sylvain White. Scén. : Laurent Turner, d’après le roman de Jean-Christophe Grangé. Int. : Gérard Depardieu, JoeyStarr, Marthe Keller, Thierry Lhermite.

GÉNÉRIQUE : France. 2013. 130 min (V.O.F.). Drame biographique réalisé par Christian Duguay. Scén. : Guillaume Canet, d’après l’œuvre de Karine Devilder. Mus. orig. : Clinton Shorter. Int. : Guillaume Canet, Marina Hands, Daniel Auteuil.

SYNOPSIS : Le meurtre d’un chef de chorale, retrouvé les tympans crevés, amène le commissaire à la retraite Lionel Kasdan et l’agent d’Interpol Frank Salek à travailler ensemble. Ce dernier enquête sur une organisation secrète impliquée dans le kidnapping d’enfants et liée de façon sinistre à la Deuxième Guerre mondiale.

SYNOPSIS : Pierre Durand est un passionné d’équitation qui se prend d’affection pour Jappeloup, un cheval auquel personne ne croit parce que trop petit et rebelle. Pourtant, ensemble, ils gagneront concours sur concours, marquant le milieu de la compétition équestre de saut d’obstacles en France. Leur histoire, tablant sur la confiance et la complicité, les mènera jusqu’aux Jeux olympiques de Séoul de 1988.

NOTES : Plus de vingt ans après avoir quitté la France pour les États-Unis, Sylvain White revient y réaliser son premier film en terre natale. Aucun doute dans son esprit : il lui faut tourner avec le monument du cinéma français qu’incarne Depardieu qui, par chance, est intrigué par le contexte historique du scénario. Celui-ci est adapté du roman de Jean-Christophe Grangé (Les Rivières pourpres). Pour le rappeur JoeyStarr, remarqué dans Polisse notamment, la chance de jouer avec Depardieu ne se refuse pas. (N.L.)

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NOTES : Cette biographie retrace le parcours de Jappeloup, l’un des meilleurs chevaux de saut d’obstacles de l’histoire, qui connut la célébrité durant les années 80. Canet se distingue dans le rôle du cavalier frondeur tandis que le réalisateur québécois Christian Duguay orchestre avec habileté toutes les scènes de compétition. JAPPELOUP : L’ÉTOFFE D’UN CHAMPION remplit son mandat de film sportif biographique soulignant, sans verser dans le mélo, la complicité remarquable entre Durand et son cheval. (P.B.)

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(V. Pescheux, Télé 7 Jours)


Arts de la scène par David Cantin

PHOTO : DAVID OSPINA

PHOTO : FRANÇOIS GAMACHE

DUBOIS CHEZ DUCHARME

LA DANSE AU MASCULIN SINGULIER

Frédéric Dubois aime surprendre. Depuis maintenant une bonne dizaine d’années, il compte parmi les nouveaux visages qui redynamisent le milieu théâtral de Québec. Coordonnateur artistique au Théâtre Périscope, l’homme derrière le Théâtre des Fonds de Tiroirs se lance, à nouveau, dans l’œuvre de Réjean Ducharme. Cette fois, en ouverture de saison à la Bordée, sa mise en scène de Dévadé met la parole de l’avant dans une adaptation, qu’il décrit lui-même, comme « très cinématographique ».

Vous ne connaissez pas Alan Lake? Il s’agit pourtant d’un chorégraphe et interprète en pleine ascension artistique à Québec. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si La Rotonde marque le début de l’automne avec la reprise de Là-bas, le lointain. En toute fin de programmation 20112012, ce spectacle pluridisciplinaire s’est avéré un des bons coups du Centre chorégraphique de la rue du Roi. Mélange hybride entre la danse contemporaine, les arts visuels et la vidéo, cette pièce chorégraphiée explore certaines tensions mystérieuses qui habite l’être humain.

Pas facile de transposer sur scène un roman aussi costaud que Dévadé? Lors de notre rencontre, Dubois insiste pour dire à quel point il a été séduit par le travail de Marianne Marceau. « Elle en a fait quelque chose d’assez surprenant, avec de vrais dialogues, ainsi qu’un désir d’en tirer une véritable pièce de théâtre qui se concentre essentiellement sur la relation d’amour impossible qu’entretient Bottom avec la patronne Juba », juge celui qui s’est fait connaître grâce à une vision artistique aussi audacieuse qu’espiègle. Après s’être mesuré, notamment, à HA ha!…, Le Cid maghané, ou encore à Ines Pérée, Inat Tendu, il fait davantage référence au film Les Bons Débarras, réalisé par Francis Mankiewicz et écrit par Ducharme, pour cette nouvelle mise en scène. Comme il l’explique, « Dévadé m’apparaît comme un texte beaucoup plus proche du réel et moins fantaisiste, d’une certaine manière. C’est vraiment ancré dans le quotidien, les relations humaines, mais aussi en lien avec une quête de sens. Je me laisse guider par la parole, à un point tel où il n’y a pratiquement rien sur scène ». Le spectacle, d’une durée d’un peu plus d’une heure, met l’accent sur l’épuration. En tout, cinq personnages en marge de la société s’affrontent dans cette « joute de fébrilité verbale typiquement ducharmienne ». Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

Complice dans le spectacle déambulatoire du Carrefour de théâtre, Où tu vas quand tu dors en marchant…, avec Marie Gignac et une imposante équipe de créateurs locaux, Dubois planche aussi sur une « adaptation moderne » du roman Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon, au programme du Périscope l’hiver prochain. « Je suis présentement dans l’écriture avec Alexis Martin. C’est un défi, mais on s’amuse beaucoup ». Mais d’abord, laissez-vous séduire par la carte postale hautement colorée que promet d’être Dévadé.

En tant qu’interprète, Lake côtoie des chorégraphes de renom tels Harold Rhéaume, Danièle Desnoyers, de même que Sylvain Émard. Diplômé de l’école de danse de Québec, en 2007, il prône une recherche du mouvement qui « se dirige vers l’ouverture, l’échange, la rencontre des gens et des genres ». Après la création de Chaudières, déplacements et paysages, l’étape suivante se concrétise à travers Là-bas, le lointain. Une « construction en trois actes » qui regroupe un tableau vivant, un film (point de départ de la création) et un spectacle interprété en direct par quatre danseurs. Il conçoit la danse, avant tout, comme « [une façon de] se mouvoir dans l’espace. Un espace libre où des gestes prennent position dans le temps, pour être au même moment dans l’intemporel et dans le réel. Des pas qui engendrent des situations et des relations, prenant ainsi distance face à notre rapport au monde. Une distance critique, un regard à l’affût de l’action éphémère, du moment présent ». Si cette discipline artistique peut parfois paraître difficile d’accès, Lake pose une réflexion bien concrète dans son travail, à la fois, sur la mémoire, le désir d’évasion, ainsi que l’obsédante présence de la disparition. Un cycle ainsi s’achève avec ces supplémentaires de Là-bas, le lointain, en attendant la prochaine étape pour la compagnie Alan Lake Factori[e].

Là-bas, le lointain - Alan Lake Factori[e] / Alan Lake À la Salle Multi de Méduse, du 17 au 19 octobre.

Dévadé - Réjean Ducharme Mise en scène : Frédéric Dubois. Adaptation : Marianne Marceau Au Théâtre de la Bordée, du 17 septembre au 12 octobre. 30

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UNE CHANTEUSE FOLK À LA CROISÉE DES CHEMINS Basia Bulat demeure un des secrets les mieux gardés de la scène musicale montréalaise. Début octobre, Secret City Records (Patrick Watson, Plants and Animals, The Barr Brothers) met l’accent sur le lancement officiel d’un troisième album pour la Canadienne. Coréalisé par Mark Lawson, lauréat d’un prix Grammy, et Tim Kingsbury de la populaire formation Arcade Fire, Tall Tall Shadow prend des allures de nouveau départ que la chanteuse caractérise par une « envie de toucher autant à l’électrique qu’à l’électronique, envie d’explorer les limites des sonorités folks auxquelles les gens m’associent ». Mise en nomination pour le prestigieux prix Polaris, avec Oh, my Darling en 2007, et au gala des Juno, grâce à Heart of my Own en 2010, l’auteure-compositrice-interprète a fait ses classes en partageant la scène avec des artistes de renom tels Nick Cave, Arcade Fire, de même que Beirut. Cette fois, elle cherche à sortir, quelque peu, d’un créneau indiefolk intime et mélancolique. « Mark [Lawson] entend des choses dans mes chansons qui me surprennent à chaque fois, tandis que Tim est comme un porte-bonheur pour moi : il sait jouer d’à peu près n’importe quel instrument et mes meilleures prises de voix sont toujours celles que je chante lorsqu’il est présent avec moi dans la pièce ». Le premier extrait, la chanson titre Tall Tall Shadow, place toujours cette magnifique voix d’alto de l’avant. Toutefois, les arrangements sont beaucoup plus raffinés et laisse entendre une artiste prête à se faire connaître d’un plus large public, sans nécessairement mettre de côté sa force créative. Récemment, elle a été invitée à prendre part aux célébrations rendant hommage à deux légendes canadiennes de la musique, soit Leonard Cohen (prix Glenn-Gould, 2012) et Daniel Lanois (Prix du Gouverneur général, 2013).

Spectacles-lancements de Tall Tall Shadow de Basia Bulat Le 1er octobre au Cabaret du Mile-End à Montréal et le 4 octobre au Cercle à Québec.

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PHOTO : CAROLINE DESILETS

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Nos versions

originales

PARKLAND Un film de Peter Landesman

PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A.

DON JON

Un film de Joseph Gordon-Levitt

PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A.

GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 100 min (V.F. et V.O.A.). Drame écrit et réalisé par Peter Landesman. Mus. : James Newton Howard. Int. : Zac Efron, Marcia Gay Harden, Paul Giametti, Billy Bob Thornton, Jackie Earle Haley.

GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 90 min (V.F. et V.O.A.). Comédie réalisée par Joseph Gordon-Levitt. Scén. : Joseph Gordon-Levitt. Mus. orig. : Nathan Johnson. Int. : Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore, Tony Danza.

SYNOPSIS : Le 23 novembre 1963, à l’hôpital Parkland de Dallas, le

SYNOPSIS : Don Jon est un grand séducteur. Il est aussi athlétique,

docteur Jim Carrico et l’infirmière Doris Mae Nelson tentent de sauver la vie du président John F. Kennedy. Après l’arrestation de Lee Harvey Oswald, l’agent du FBI Forrest Sorrels s’occupe d’Abraham Zapruder, un touriste qui a filmé la scène du meurtre avec sa caméra super-8.

catholique pratiquant, apprécié par sa famille et ses amis et… complètement accro à la pornographie. Son quotidien réglé au quart de tour sera bouleversé par sa rencontre avec Barbara, une femme séduisante dont l’idéal est celui véhiculé par les films romantiques hollywoodiens.

NOTES : Ce film prend l’affiche à point nommé pour commémorer le 50e anniversaire de la mort de Kennedy. Mais contrairement au JFK d’Oliver Stone, PARKLAND défend la thèse du tueur solitaire en se basant largement sur les arguments du livre Reclaiming History de Vincent Bugliosi. Le réalisateur s’attarde aussi à décrire les moments d’angoisse et de tension vécus par l’équipe médicale qui a dû traiter d’abord le président, puis l’assassin présumé, Lee Harvey Oswald. (A.C.)

NOTES : Un premier long métrage en tant que scénariste et réalisateur pour Joseph Gordon-Levitt qui interprète aussi le rôle-titre, un rôle étonnant, bien loin de ceux que se sont attribués d’autres acteursréalisateurs. DON JON s’amuse avec les stéréotypes en mettant en scène les difficultés relationnelles causées par les modèles imposés. Le montage rythmé et ponctué de leitmotive démontre un souci de style prometteur chez le nouveau réalisateur. (M.L.)

LE GRAND MAÎTRE

Un film de Wong Kar-wai · Du même réalisateur: Chungking Express

GÉNÉRIQUE : Hong-Kong · Chine. 2012. 123 min (V.O. multilingue avec soustitres français de Yi dai zong shi). Film d’action réalisé par Wong Kar-wai. Scén. : Xu Haofeng, Zou Jingzhi et Wong Kar-wai. Int. : Tony Leung, Zhang Ziyi, Chang Chen, Zhao Benshan. Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

SYNOPSIS : Au milieu des années 30, la Chine sombre dans une guerre civile. La vie d’Ip Man, grand maître de l’art martial chinois appelé wing chun et futur mentor de Bruce Lee, bascule après l’occupation de la Chine par les Japonais. NOTES : Quand on parle de passion, LE GRAND MAÎTRE en fut certainement une pour Wong Kar-wai. Le film a nécessité huit ans de préparation et trois ans de tournage! Une des raisons de ce délai est le mot d’ordre du réalisateur et scénariste : l’authenticité. Pour incarner son personnage principal, Wong Karwai retrouve Tony Leung qui, comme les autres, a dû suivre un entraînement rigoureux. Chacun des acteurs principaux a d’ailleurs étudié pour représenter de façon crédible une des quatre grandes écoles d’arts martiaux. Car à travers l’histoire du légendaire Ip Man, c’est un peu l’histoire du kung-fu que Wong Kar-wai nous présente. (N.L.)

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PRÉSENTÉ EN

V.O.S.-T.F. clap.ca


PRISONNIERS

Un film de Denis Villeneuve · Du même réalisateur : Incendies

PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.A.

GÉNÉRIQUE : États-Unis. 2013. 146 min (V.F. de Prisoners et V.O.A.). Drame policier réalisé par Denis Villeneuve. Scén. : Aaron Guzikowski. Mus. orig. : Jóhann Jóhannsson. Int. : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Paul Dano.

SYNOPSIS : Deux fillettes de six ans sont kidnappées sans raison apparente lors de la fête de l’Action de grâce. L’enquête policière qui s’ensuit piétine rapidement, et ce, même si tous les indices mènent vers un suspect. Keller Dover, père d’une des deux fillettes, décide de prendre les choses en main. Il enlève le suspect et choisit d’aller à l’encontre de toute morale afin de retrouver sa fille vivante.

NOTES : Pour son nouveau film tourné après Incendies, Denis Villeneuve a décidé d’aborder un thème cher au cinéma hollywoodien : le droit de se faire justice soi-même. Hugh Jackman personnifie le père de famille dont l’amour pour sa fillette disparue se transforme en rage. Si l’action du film relève du thriller pur et simple, celui-ci impose, grâce à sa trame narrative, une réflexion profonde sur la portée de nos gestes émanant du conflit éternel entre le cœur et la raison. (P.B.)

Un film de Robert Rodriguez · Du même réalisateur : Sin City

PRÉSENTÉ EN

V.O.A.

GÉNÉRIQUE : États-Unis · Russie. 2013. (V.O.A.). Film d’action réalisé par Robert Rodriguez. Scén. : Kyle Ward. Mus. orig. : Carl Thiel. Int. : Danny Trejo, Jessica Alba, Michelle Rodriguez, Antonio Banderas, Mel Gibson, Carlos Estevez.

SYNOPSIS : Machete Cortez, un impitoyable tueur mexicain, est engagé par le président américain pour éliminer un trafiquant d’armes qui souhaite faire exploser une bombe nucléaire aux États-Unis. Machete devra utiliser ses talents d’assassin pour abattre tous les ennemis qui se dresseront devant lui. NOTES : Après le succès de son premier opus, en 2010, Robert Rodriguez revient à la charge avec le personnage de Machete créé à l’origine pour une fausse bande-annonce de série B du film Grindhouse. Avec ce film, le réalisateur collabore pour la onzième fois avec Danny Trejo, ex-criminel devenu acteur, qui est entouré pour l’occasion d’une impressionnante distribution dont deux parias d’Hollywood, Mel Gibson et Carlos Estevez, mieux connu sous le nom de Charlie Sheen. (P.-H.M.) clap.ca

GRAVITÉ

Un film de Alfonso Cuarón · Du même réalisateur : Children of Men

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V.F. & V.O.A.

GÉNÉRIQUE : États-Unis · Royaume-Uni. 2013. 120 min (V.F. de Gravity et V.O.A.). Drame de science-fiction réalisé par Alfonso Cuarón. Scén. : Alfonso Cuarón, Jonas Cuarón. Mus. orig. : Steven Price. Int. : George Clooney, Sandra Bullock, Eric Michels. SYNOPSIS : Experte en ingénierie médicale, Ryan Stone effectue sa première expédition à bord d’une navette spatiale, accompagnée du vétéran astronaute Matt Kowalsky qui, lui, en est à son dernier vol orbital. Mais le pire survient : la navette explose et les deux astronautes dérivent dans l’espace. N’ayant plus de contact avec la NASA et voyant leurs réserves d’oxygène diminuer, ils devront rapidement trouver une solution pour retourner sur Terre. NOTES : Écrit par Alfonso Cuarón et son fils Jonas, GRAVITÉ est dans la veine de Solaris et de 2001… de Stanley Kubrick, c’està-dire une œuvre qui, par l’entremise de l’espace, focalise sur la peur de l’inconnu et de l’infiniment grand. Cuarón, qui avait signé une œuvre d’anticipation exceptionnelle avec Children of Men, en 2006, déploie un réalisme étonnant pour filmer le vide sidéral avec entre autres un plan-séquence qui fera date. (P.B.)

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MACHETE KILLS


Goya 2012 Meilleur film d’animation Meilleur scénario d’adaptation

UNE FAMILLE RESPECTABLE Un film de Massoud Bakhshi

PRÉSENTÉ EN

V.F. &

V.O.S.-T.F.

LA TÊTE EN L’AIR Un film de Ignacio Ferreras

PRÉSENTÉ EN

V.F. & V.O.S.-T.F.

GÉNÉRIQUE : Iran · France. 2012. 86 min (V.F. et V.O. en persan avec

GÉNÉRIQUE : Espagne. 2012. 89 min (V.F. de Arrugas et version ori-

sous-titres français). Drame écrit et réalisé par Massoud Bakhshi. Int. : Babak Hamidian, Mehrdad Sedighian, Ahoo Kheradmand.

ginale espagnole avec sous-titres français). Film d’animation d’Ignacio Ferreras, d’après la BD de Paco Roca. Int. : Tacho Gonzales, Mabel Rivera.

SYNOPSIS : Après 22 ans passés en Occident, l’intellectuel Arash

SYNOPSIS : Emilio n’a plus toute sa tête. C’est l’Alzheimer. Son fils,

Saafi revient enseigner pour un temps en Iran, dans la ville de Shiraz où vit sa mère. Incapable d’obtenir son passeport, il accepte l’aide de son neveu Hamed, fils de son demi-frère. Ils se rendent à Téhéran où Arash revoit une dernière fois son père mourant, un homme qu’il détestait. Le décès de ce dernier entraîne Arash dans un complot ourdi qui cache des secrets de famille inavouables.

en désespoir de cause, décide de le placer dans une maison de retraite. À sa nouvelle résidence, Emilio fait la rencontre de Miguel, son partenaire de chambre, et de plusieurs autres personnes remplies de fantaisie. Ils formeront une petite communauté. Les journées sont longues et les activités, rares. Puis, l’état d’Emilio se détériore. Ses camarades et lui s’évaderont pour une ultime escapade.

NOTES : Dans la foulée d’Une Séparation d’Asghar Farhadi, ce pre-

NOTES : LA TÊTE EN L’AIR est une réflexion sur la vieillesse. Ignacio

mier film de fiction du documentariste Massoud Bakhshi dépeint avec sobriété et aplomb une société iranienne angoissée, constamment observée et contrôlée par une autorité religieuse omniprésente qui cherche à étouffer tout écart aux diktats. Ce constat passe par le microcosme d’une famille en rupture avec elle-même, viciée de l’intérieur. (A.C.)

Ferreras, jeune réalisateur reconnu, multiplie les collaborations internationales. Il a entre autres travaillé sur les films Astérix et les Vikings (2004) et L’Illusionniste (2010). Francisco Martínez Roca, auteur du livre à l’origine du film, a également participé à la production. Il est l’un des auteurs les plus renommés de la nouvelle vague espagnole de la BD. LA TÊTE EN L’AIR ne manque pas d’émouvoir. (C.G.)

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LA MAISON DU PÊCHEUR Un film de Alain Chartrand Du même réalisateur : Un Homme de parole

Québec

Avec LA MAISON DU PÊCHEUR, le cinéaste nous livre une œuvre puissante qui permet de mieux saisir le destin de quatre jeunes felquistes associés à jamais à la crise d’Octobre de 1970. (Le Clap)

SYNOPSIS : Bernard Lortie a tout juste dixneuf ans à l’été de 1969 lorsqu’il débarque à Percé et qu’il rencontre Paul Rose, son frère Jacques et Francis Simard. Ensemble, ils ouvriront un restaurant, La Maison du pêcheur, avec pour mission de sensibiliser les jeunes à la politique et à la condition des Québécois francophones. Rapidement, l’achalandage que provoque le restaurant irrite les autorités locales qui feront tout pour chasser les jeunes révolutionnaires.

»

NOTES : Le film s’inspire de la rencontre de ceux qui formeront la cellule Chénier du Front de libération du Québec (FLQ) à l’origine de l’assassinat de Pierre Laporte. Alain Chartrand démontre avec soin comment Lortie, Simard et les frères Rose ont bâti leur idéologie révolutionnaire. C’est à travers le microcosme d’un village qu’on examine le clash de la fin des années 60 et la lutte qui mènera, un an plus tard, à la tristement célèbre crise d’Octobre. (P.B.)

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 97 min (V.O.F.). Drame historique réalisé par Alain Chartrand. Scén. : Jacques Bérubé, Mario Bolduc et Alain Chartrand. Mus. orig. : Michel Cusson. Int. : Mikhaïl Ahooja, Charles-Alexandre Dubé.

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Le cinéma vu par… Michel Côté

MichelCÔTÉ

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

« LE PARTAGE D’UNE MÊME HUMANITÉ »Michel Côté est directeur général du Musée de la civilisation à Québec. C’est un citoyen du monde qui croit que, dans une société de plus en plus ouverte, l’enrichissement par le contact et l’échange est un enjeu essentiel. Michel Côté est aussi un homme de l’intime. Lui qui a côtoyé les intellectuels les plus importants du monde occidental n’hésite pas à avouer que les êtres les plus extraordinaires qu’il ait rencontrés sont les membres de sa famille. Aujourd’hui, notre invité soulève un autre pan de sa vie privée et parle de sa relation de plaisir avec le cinéma. 36

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Le cinéma vu par… Par Serge Pallascio

Éditions Le Clap : Quel est votre premier souvenir cinématographique?

E.L.C. : Quel est le réalisateur que vous auriez aimé être?

Michel Côté : Il y a deux sortes de souvenir. Celui de la découverte du

M.C. : Présentement, j’ai une fixation sur le cinéaste iranien Asghar

cinéma lui-même dans des salles de loisirs où on projetait tous les péplums de ce monde. Mais mon premier vrai souvenir cinématographique, c’est la découverte vers l’âge de treize ans de François Truffaut et son film Les 400 Coups (1959). Je m’identifiais beaucoup à cet adolescent rejeté, interprété par Jean-Pierre Léaud, et à sa façon de répondre par la délinquance. Mais surtout, ce que je trouvais génial, c’est cette capacité du cinéma de nous faire pénétrer dans des mondes où l’on perçoit un peu d’humanité.

Farhadi, réalisateur du film Une séparation (2011).

M.C. : J’ai continué de regarder les films de Truffaut et j’ai découvert le cinéma italien de même que celui d’Ingmar Bergman que j’ai vu presque en entier et qui m’a fortement influencé. J’ai aussi eu une période Woody Allen. Le cinéma a ce pouvoir de nous faire voyager et d’ouvrir les portes sur d’autres cultures. Un film comme Le Regard d’Ulysse (1995) de Théo Angelopoulos se déroule dans la région des Balkans qu’on connaissait fort peu à ce moment-là.

E.L.C. : Quel est le film qui change complètement votre relation avec le cinéma?

M.C. : J’ai de la difficulté à ne retenir qu’un titre. Tous ceux de ma génération, par exemple, ont été fortement marqués par Un homme et une femme (1966) de Claude Lelouch. Sur un plan plus personnel, Nous étions guerriers (1994) du cinéaste néo-zélandais Lee Tamahori est une œuvre très puissante sur l’importance de la culture.

E.L.C. : Que demandez-vous au cinéma? M.C. : Dans le domaine muséal, il y a trois mots clés : l’enchantement, la connaissance et la réflexion. La même formule vaut pour le cinéma, à cette différence que j’attends moins l’importance de la connaissance que le plaisir de la découverte. C’est pour cela qu’une manifestation comme Vues d’Afrique est importante pour le musée. Je suis content quand on découvre le cinéma asiatique ou iranien. E.L.C. : Quel genre de spectateur êtes-vous? M.C. : Je suis un bon spectateur. Je suis patient. Même si le film est mauvais, je garde espoir en me disant qu’il doit bien y avoir une éclaircie quelque part.

E.L.C. : Quels sont les trois films que l’on devrait regarder en priorité pour comprendre une partie de votre géographie intérieure? M.C. : Je retiens d’abord Charlie Chaplin et son film Le Dictateur (1940). Son passage du personnage du barbier à celui de Hynkle/Hitler est une réflexion puissante sur la transformation de l’homme. Il faut voir également Scènes de la vie conjugale (1974) d’Ingmar Bergman, une introspection brillante sur les relations d’un homme et d’une femme. Enfin, je retiens Nous étions guerriers (1994) de Lee Tamahori. Mais il y a un film que j’ai vu dernièrement et qui m’a profondément bouleversé, c’est Amour (2012) de Michael Haneke. Le cinéaste atteint un sommet de perfection avec des images qu’on ne pourra jamais oublier. clap.ca

M.C. : Z (1969) de Costa-Gavras est un film important pour moi. C’est le film de la conscience politique après les films de la conscience amoureuse et de la conscience sociale. E.L.C. : Quelle est selon vous la principale force du cinéma québécois? M.C. : J’ai été profondément marqué par les films de Pierre Perrault et de Michel Brault. Mais je remarque que le cinéma québécois actuel est fait par une autre génération axée davantage sur le monde. Je pense à Denis Villeneuve (Incendies, 2010) ou à Kim Nguyen (Rebelle, 2012). Une société doit d’abord se regarder et s’enraciner avant de s’ouvrir au monde. Je crois qu’on est rendu là : le partage d’une même humanité avec le reste du monde.

E.L.C. : Vous complétez la phrase : « Si le cinéma n’existait pas… » M.C. : Si le cinéma n’existait pas, il nous manquerait un peu d’accès à l’humanité. On est tous parents sur cette terre. Quand on fait un musée de l’art, par exemple, on fait aussi un musée de la société et de l’humanité. Le sociologue français Edgar Morin a déjà dit que « toute forme d’éducation devrait nous amener à la conscience terrienne ».

La journée est belle et le moment agréable. Notre conversation s’étiole et dérive vers les bonheurs de l’été et le farniente. Le questionnement philosophique adopte le ton de la confidence. « Je suis fondamentalement réaliste. J’ai toujours pensé qu’il est plus facile de faire une révolution que de la gérer et de la maintenir dans la durée. On revient souvent au même point. La vraie question est de savoir comment faire l’évolution permanente ». ■

LE MUSÉE IMAGINAIRE de Michel Côté

Un auteur : Au Québec, Michel Tremblay et Victor-Lévy Beaulieu, sinon le poète français Guillaume Apollinaire. Une œuvre littéraire : L’Iliade et L’Odyssée d’Homère. Un musicien : Le pianiste Glenn Gould. Une œuvre musicale : Tu m’aimes-tu de Richard Desjardins. Cette chanson me fend l’âme. Un artiste visuel : Le peintre américain Mark Rothko. Une œuvre visuelle : La Création du monde de l’artiste autochtone Manasie Akpaliapik. Un lieu géographique : La cour intérieure du Petit Séminaire de Québec.

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E.L.C. : Comment s’est développé votre lien avec le cinéma?

E.L.C. : Quel est le film que vous auriez aimé réaliser?

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«

À ce degré de puissance, de justesse et d’amertume, on ne voit guère dans le cinéma français que le Van Gogh de Maurice Pialat à quoi ce film puisse être comparé. (J. Mandelbaum, Le Monde)

»

CAMILLE CLAUDEL 1915 Un film de Bruno Dumont · Du même réalisateur : L’Humanité

France GÉNÉRIQUE : France. 2013. 95 min (V.O.F.). Drame biographique réalisé par Bruno Dumont. Scén. : Bruno Dumont. Int. : Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Robert Leroy.

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SYNOPSIS : Sculptrice reconnue, Camille Claudel est internée pour troubles mentaux par sa famille. Deux ans après son enfermement – qui dura 30 ans, c’est-à-dire jusqu’à sa mort –, elle reçoit une lettre de son frère l’avisant de sa venue prochaine. Le film est une chronique sur les trois jours d’attente de cette femme partagée entre l’espoir, la douleur et la solitude. NOTES : Bruno Dumont voulait filmer la solitude d’une femme. Juliette Binoche avait envie de travailler avec lui. De cette collaboration souhaitée par l’actrice est né Camille Claudel 1915, une plongée aussi minimaliste qu’implacable dans la souffrance d’une artiste internée arbitrairement. La folie, la réclusion, la présence de véritables malades, tout concourt à faire du dernier opus de Bruno Dumont une œuvre d’une puissance émotionnelle intense. Un film bouleversant, porté par une performance magistrale de Juliette Binoche. (S.G.)

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AMSTERDAM Un film de Stefan Miljevic

Québec

TRIPTYQUE

Un film de Robert Lepage et Pedro Pires

Québec

GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 107 min (V.O.F.). Drame réalisé par Stefan Miljevic. Scén. : Louis Champagne, Stefan Miljevic et Gabriel Sabourin. Int.: Louis Champagne, Gabriel Sabourin, Robin Aubert, Fanny Malette, Suzanne Clément.

GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. 101 min (V.O.F.). Drame psychologique réalisé par Robert Lepage et Pedro Pires. Scén. : Robert Lepage. Int. : Lise Castonguay, Frédérike Bédard, Hans Piesbergen.

SYNOPSIS : Dans une petite ville forestière, trois amis d’enfance décident de se payer un voyage de rêve à l’insu de leur entourage. Prétextant leur week-end de pêche annuel, ils partent plutôt s’éclater à Amsterdam. Mais voilà que l’un d’eux ne veut plus revenir. Il demande à ses amis de garder le secret. Au retour, leur mensonge prendra des proportions désastreuses.

SYNOPSIS : Fresque urbaine qui raconte l’histoire de Michelle, libraire schizophrène, celle de sa sœur, Marie, chanteuse et comédienne, et de son futur époux, Thomas, neurologue allemand. Trois vies liées, trois destinées.

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NOTES : Jusqu’où peut entraîner le mensonge lorsque deux amis essaient d’en protéger un autre en cachant effrontément la vérité à leurs proches? Bien que la prémisse semble un peu tirée par les cheveux, la relation de connivence entre les trois hommes fait la force de ce drame qui se transforme bientôt en thriller intense. Cette amitié n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle des trois mâles en quête de rédemption dans la télésérie Minuit le soir dont Louis Champagne partageait la vedette. Voici donc un sujet qui suscitera bien des discussions entre les couples. (A.C.)

NOTES : Présenté en ouverture de la 42e édition du Festival du nouveau cinéma, TRIPTYQUE est le nouveau film tant attendu du prolifique metteur en scène Robert Lepage. Comme pour La Face cachée de la Lune il y a dix ans, il a adapté l’une de ses œuvres théâtrales. Intitulé Lipsynch pour la scène, ce long métrage ne s’attarde qu’à trois des neuf personnages proposés initialement, d’où le changement de titre. TRIPTYQUE séduit de plus par la présence de Pedro Pires en tant que coréalisateur. Collaborateur de longue date, ce dernier est surtout admiré pour ses talents plastiques et son magnifique Danse macabre qui, en 2010, a remporté le Jutra du meilleur court métrage. (P.L.)

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ALYAH

Un film de Elie Wajeman

France GÉNÉRIQUE : France. 2012. 90 min (V.O.F.). Drame réalisé par Elie Wajeman. Scén. : Elie Wajeman et Gaëlle Macé. Int. : Pio Marmaï, Cédric Kahn, Adèle Haenel, Guillaume Gouix, Sarah Le Picard. SYNOPSIS : Âgé de 27ans, Alex vit de la vente du shit et utilise ses revenus pour rembourser les dettes de son grand frère qui, avec le temps, est devenu fardeau plus que soutien. Lorsque son cousin lui annonce qu’il ouvrira un restaurant à Tel-Aviv, il s’étonne de vouloir quitter Paris avec lui pour enfin changer de vie. Déterminé à partir, Alex devra se séparer des gens de son entourage pour le meilleur et pour le pire. NOTES : Projeté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes, en 2012, ALYAH est le premier long métrage du cinéaste Elie Wajeman. Fort d’un scénario bien écrit, le film bénéficie d’une mise en scène tout en retenue qui évite les effets racoleurs souvent associés aux premières œuvres. Au centre du récit, le jeune Pio Marmaï fait preuve d’une grande assurance. Il porte le film sur ses épaules malgré le fait que le reste du casting soit irréprochable. (P.L.)

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DEAD MAN TALKING Un film de Patrick Ridremont

France · Belgique · Luxembourg GÉNÉRIQUE : France · Belgique · Luxembourg. 2012. 101 min (V.O.F.). Comédie dramatique écrite et réalisée par Patrick Ridremont. Int. : Patrick Ridremont, François Berléand.

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SYNOPSIS : Condamné à mort, William Lamers en est à quelques minutes de son exécution. Comme la loi le lui permet, il a droit à une dernière déclaration. Pour gagner du temps, il décide, en dernier recours, de raconter sa vie, profitant d’une lacune législative quant à la longueur de sa déclaration. Ce qui devait être une exécution routinière pour le personnel de la prison tournera vite en cauchemar politique attirant l’attention des médias et devenant l’enjeu d’une importante campagne électorale. NOTES : Homme de théâtre, le comédien belge Patrick Ridremont signe avec DEAD MAN TALKING son premier long métrage dans lequel il s’est aussi donné le rôle-titre. Projet ambitieux, le désormais cinéaste profite au maximum de sa prémisse étonnante et offre une intéressante et moderne réinterprétation du mythe de Shéhérazade dans un milieu carcéral glauque et étouffant. (P.L.)

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Un film de Chris Renaud et Pierre Coffin

Un film de Raja Gosnell

Un film de Franck Magnier et Alexandre Charlot

Un film de Jimmy Hayward


4 Mots croisés n° Par Frédérique Tiéfry A

Horizontalement

A. Elle a remporté le Prix d’interprétation féminine 2012 à Cannes — Belle Espagnole du grand écran B. Elle tient la vedette dans As Good As It Gets — Le beau gosse de High School Musical C. Actinium — L’impératrice la plus marquante du cinéma

C

D

E

F

G

H

I

J

K

L

1

1. Le plus acclamé de tous les réalisateurs — Il est le père dans C.R.A.Z.Y. 2. Il est derrière Star Wars — Elle est en couple avec Michael Douglas dans Fatal Attraction 3. Préposition — Jeanne dont on a souvent joué le rôle au cinéma (d’) 4. Maladie transmise sexuellement — Elle a joué Evelyn dans The Mummy (son prénom) 5. Elle a remporté le Prix d’interprétation féminine 2003 à Cannes — Coupa sa barbe 6. « Habillé » pour un film porno — Numéro d’assurance sociale 7. Il a réalisé Anna and the King — Cent un 8. Il a incarné Martin Ward dans Bon Cop, Bad Cop — King Kong l’a mise au monde 9. Du nom de Wilhem, effet sonore au 7e art — Icône et sex-symbol du cinéma français — Pépin 10. Erre — Précaution 11. Article — Frère de Julia Roberts 12. Ses feuilles se mangent (plur.)

Verticalement

B

2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

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D. Peter dont on a souvent porté l’histoire à l’écran — Docteur ennemi de Bond E. Suivi d’un D, hallucinogène — Réalisateur d’À bout de souffle — Langue F. En vie G. Racontent l’histoire du film — Story la plus connue du grand écran H. Étiquette de disques — Complétez ce titre : Sans toit ni ___

I.

Mesure — Chrome — La Palme y est reine J. Interjection — Il a incarné le commissaire Navarro — Début de Robocop K. Mère dont on a raconté la vie au cinéma — Belge qui a joué dans Les Vacances de Noël L. Infinitif — Fatiguées — Il joue Clyde dans The Power of the Few (initiales) Solution page 4

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Livres

par Paul Jacques Photo : Laprés & lavergne

Cinéma à la page LOUIS CYR, par Paul Ohl, Libre Expression

Quel était le meilleur film à voir cet été? Pour la plupart – en tout cas pour ceux qui ne sont pas encore « archidosés » des explosions et des dialogues débiles – c’était celui qui nous restituait Louis Cyr. Derrière la reconstitution historique, parfaitement crédible, l’émotion était au rendez-vous. Mais ce qui a rendu possible cette entreprise, c’est le formidable travail de recherche de Paul Ohl et la fluidité de sa narration. Un cas rare où le livre et le film rivalisent de qualité.

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

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LA CLASSE DE MADAME VALÉRIE, par François Blais, L’instant même

COMMENT ÉCRIRE DES HISTOIRES, par Élisabeth Vonarburg, Alire

Sans conteste, l’auteur, maintes fois primé, est désormais l’un des plus importants de sa génération. Et son dernier-né, le plus volumineux, est quant à moi son meilleur. Nous sommes à Grand-Mère, en 1990. Philippe a onze ans. Il est fou amoureux de la première de sa classe. Voici son parcours, et celui de plusieurs autres, entre 1990, 1997 et 2011. Dramatique, touchant et pétillant.

Vous mourez d’envie d’écrire de la fiction sans trop savoir comment vous y prendre? Procurez-vous vite ce « manuel »! Reconnue et primée tant ici qu’à l’étranger, l’auteure a condensé des décennies de travail dans un texte personnel, riche, illustré et souvent rigolo. Un ouvrage destiné aux écrivains en devenir, mais aussi à tous ceux que l’écriture passionne. Aussi pratique que ludique.

LE GRAND LIVRE DES CONSERVES, par J. Kingrey & L. Devine, Éd. de L’Homme

GRATIA DEI : LES CHEMINS DU MOYEN ÂGE, par Didier Méhu, Biblio Fides

L’automne! Parmi les plaisirs liés à cette saison, il y a les récoltes, mais aussi la mise en conserve des produits de l’été. Voici (à ma connaissance) LE livre le plus complet et le plus pratique jamais paru à ce jour sur le sujet. Qu’il s’agisse des fruits, des légumes, des salsas, des relishs ou des condiments, des marinades ou de la fameuse tomate, plein de recettes et de conseils sont fournis. Bon hiver!

Le Moyen Âge : une époque de Clarté ou de Ténèbres? Avant de se lancer dans pareil débat, mieux vaut commencer par s’informer en dévorant ce petit livre publié à l’occasion d’une exposition présentée au Musée de la civilisation (2003) et qui traite de cinq thèmes essentiels : l’espace et le temps, la terre et les paysans, la ville et les marchands, les autorités, le savoir et les communications. Clair et documenté.

BLOODY MIAMI, par Tom Wolfe, Robert Laffont

LE FIL TÉNU DE L’ÂME, par Andrée Laberge, XYZ

Un roman de Wolfe est toujours un événement et cette fois-ci la thèse illustrée est plus que percutante : en l’espace d’une génération, une population étrangère, les Cubains, a pris possession d’une ville : Miami. À travers quelques personnages rudement découpés, dont Nestor, un policier cubain, Wolfe nous plonge dans les soubassements d’une ville aussi fascinante qu’horripilante. Du grand art!

Au tout début, cet aveu de l’auteure : « Ce livre, je n’avais pas prévu l’écrire. » Que s’est-il passé? Après avoir produit Le Fin fond de l’histoire et La Rivière du Loup, ses personnages – un parricide, un clochard, une embaumeuse, et bien d’autres, bouleversants – ont continué de s’imposer à elle, à vouloir régler leurs comptes. Attention : ce triptyque forme une œuvre majeure dans nos lettres actuelles.

CRAINS LE PIRE, par Lindwood Barclay, Belfond Noir

À QUOI ÇA RIME?, par André Major, Boréal

« Le matin du jour où j’ai perdu ma fille, elle m’a demandé de lui faire des œufs brouillés. » Ainsi démarre un des meilleurs suspenses parus ces dernières années (et qui fait fureur dans mon entourage). La fille se nomme Sidney. Elle a dix-sept ans et vit avec son père divorcé. Un soir, elle ne rentre pas. Mille questions, aucune réponse. Du moins, pas tout de suite… Et le moment venu, elle va faire mal…

Bonne nouvelle : après l’avoir délaissé depuis 1995, Major est revenu au roman! Et pour notre plus grand bonheur, il a réanimé le personnage central de L’Hiver au cœur (1987). Veuf, ayant perdu celui qui le rattachait à son passé, et de retour chez lui après un voyage au Portugal, Antoine joue à l’ermite. Mais vit-on quand il n’y a plus de combats à mener? Non, Antoine n’a pas fini ses explorations…

LES LUMINEUSES, par Lauren Beukes, Presses de la Cité

LE CAHIER DE MAYA, par Isabel Allende, Grasset

Un roman aussi réjouissant qu’inclassable et qui mélange habilement suspense, fantastique et science-fiction. Nous sommes à Chicago en 1931. Vivant en marge de la société, un homme solitaire et violent est amené à se réfugier dans une maison abandonnée où une vision lui fait percevoir des femmes « lumineuses » qu’il devra traquer en voyageant dans le temps… Aussi angoissant qu’amusant!

Eh ben, quel personnage! Lequel a une vision très juste de lui-même : « En hindi, maya signifie “sortilège, illusion, rêve”. Rien à voir avec mon caractère. Attila m’irait mieux, parce que là où je pose le pied, l’herbe ne repousse plus. » Allende s’est amusée à fond en dressant le portrait d’une jeune femme d’aujourd’hui dont les aventures et les amours ne laissent personne indemne, surtout pas elle-même!

ARGENT SALE, par Richard Stark, Rivages

LE SABLE ÉTAIT BRÛLANT, par Roger Smith, Calmann-Lévy

Profitons-en, car c’est le dernier volet (en fait le 27e) des aventures du héros que Stark (alias Donald Westlake) a consacré à Parker. Un héros à la couenne dure et qui évolue avec aisance dans un monde brutal et violent. Assisté de son amie Claire et d’une chasseuse de primes, Parker cherche cette fois-ci à mettre la main sur le produit d’un vol caché dans une église… Mais il n’est pas le seul… Action!

Ouf! En terminant ce polar, on a peine à respirer! L’action se passe en Afrique du Sud, où l’apartheid est censé être chose du passé. Robert Dell a une femme et deux enfants. D’abord, ceux-ci sont assassinés, ensuite Dell est faussement accusé de ces meurtres. Dell et sa quête de justice, dans un pays complexe, corrompu et violent, laissent dans l’âme du lecteur un souvenir lancinant. Magistral.

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Avec Lac Mystère, Érik Canuel prouve qu’il est le réalisateur québécois sachant le mieux créer des climats angoissants tout en misant sur un humour noir décalé. (Le Clap)

LAC MYSTÈRE Un film de Érik Canuel Du même réalisateur : Bon Cop, Bad Cop

Québec GÉNÉRIQUE : Québec. 2013. (V.O.F.). Drame réalisé par Érik Canuel. Scén. : Diane Cailhier, d’après Mirror Lake d’Andrée A. Michaud. Mus. orig. : Michel Corriveau. Int. : Maxim Gaudette, Laurence Lebœuf, Laurent Lucas.

SYNOPSIS : Victime d’une trahison et cherchant à s’isoler dans un chalet au bord du lac Mystère, Fred voit débarquer tour à tour un voisin instable, le cadavre d’un homme noyé, un bandit en cavale, une danseuse en fuite et un policier obsédé par cette dernière. Ce huis clos prendra rapidement l’allure d’un véritable cauchemar en pleine nature.

Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

NOTES : Adapté librement de Mirror Lake, roman d’Andrée A. Michaud paru en 2006, LAC MYSTÈRE recèle tous les éléments habi-

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tuels des films noirs du réalisateur Érik Canuel (Cadavres, La Loi du cochon). L’humour grinçant est encore au rendez-vous et les personnages secondaires sont au bord de la crise de nerfs ou bien semblent cacher une seconde nature. Maxim Gaudette et Laurence Leboeuf confirment une fois de plus leur talent dans ce film conçu comme une histoire d’amour à laquelle se greffent des personnages dont la folie semble s’épanouir au contact du lac, un lieu étrange qui pourrait avoisiner le village de Twin Peaks. (P.B.)

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Index des films Films à l’affiche n° 180 Adore

Un film de Anne Fontaine ........................................ à partir du 6 septembre ..........p. 18

Alyah

Un film de Elie Wajeman.......................................... à partir du 13 septembre ........p. 40

Amsterdam

Un film de Stefan Miljevic........................................ à partir du 11 octobre .............p. 39

Anne des vingt jours

Un film de Michel Langlois ...................................... à partir du 18 octobre .............p. 26

Autre Maison, L’

Un film de Mathieu Roy ........................................... à partir du 18 octobre .............p. 10

Beaux Jours, Les

Un film de Marion Vernoux ...................................... à partir du 25 octobre .............p. 23

Blackfish

Un film de Gabriela Cowperthwaite ......................... à partir du 27 septembre ........p. 28

Camille Claudel 1915

Un film de Bruno Dumont ........................................ à partir du 6 septembre ..........p. 38

Cherchez Hortense

Un film de Pascal Bonitzer....................................... à partir du 30 août ..................p. 14

Dans un océan d’images

Un film de Helen Doyle ............................................ à partir du 20 septembre ........p. 26

Dead Man Talking

Un film de Patrick Ridremont................................... à partir du 13 septembre ........p. 40

Détestable moi 2

Un film de Chris Renaud et Pierre Coffin ................. à partir du 30 août ..................p. 41

Don Jon

Un film de Joseph Gordon-Levitt ............................. à partir du 27 septembre ........p. 32

Gabrielle

Un film de Louise Archambault ................................ à partir du 20 septembre ........p. 11

Grand Maître, Le

Un film de Wong Kar-wai ......................................... à partir du 30 août ..................p. 32

Grande Boucle, La

Un film de Laurent Tuel ........................................... à partir du 6 septembre .............p. 8

Gravité

Un film de Alfonso Cuarón ....................................... à partir du 4 octobre ...............p. 33

Jappeloup : l’étoffe d’un champion

Un film de Christian Duguay .................................... à partir du 6 septembre ..........p. 29

Jasmine French

Un film de Woody Allen............................................ à partir du 30 août ..................p. 14

Lac Mystère

Un film de Érik Canuel ............................................. à partir du 30 août ..................p. 45

Machete Kills

Un film de Robert Rodriguez.................................... à partir du 11 octobre .............p. 33

Maison du pêcheur, La

Un film de Alain Chartrand....................................... à partir du 13 septembre ........p. 35

Marque des Anges - Miserere, La

Un film de Sylvain White.......................................... à partir du 27 septembre ........p. 29

Mission Dindons

Un film de Jimmy Hayward ..................................... à partir du 1er novembre .........p. 41

Né quelque part

Un film de Mohamed Hamidi ................................... à partir du 13 septembre ...........p. 8

Paris à tout prix

Un film de Reem Kherici .......................................... à partir du 20 septembre ........p. 22

Parkland

Un film de Peter Landesman ................................... à partir du 20 septembre ........p. 32

Prisonniers Magazine Le Clap n° 180 · septembre et octobre · 2013

Un film de Denis Villeneuve ..................................... à partir du 20 septembre ........p. 33

Schtroumpfs 2, Les

Un film de Raja Gosnell ........................................... à partir du 13 septembre ........p. 41

Tête en l’air, La

Un film de Ignacio Ferreras ..................................... à partir du 4 octobre ...............p. 34

The Act of Killing

Un film de Joshua Oppenheimer ............................ à partir du 30 août ..................p. 28

Triptyque

Un film de Robert Lepage et Pedro Pires ................. à partir du 25 octobre .............p. 39

Une famille respectable

Un film de Massoud Bakhshi ................................... à partir du 13 septembre ........p. 34

Une jeune fille

Un film de Catherine Martin .................................... à partir du 4 octobre ...............p. 20

Vic + Flo ont vu un ours

Un film de Denis Côté.............................................. à partir du 6 septembre ..........p. 12

Vie d’Adèle – chapitres 1 et 2, La

Un film de Abdellatif Kechiche ................................. à partir du 9 octobre ..................p. 5

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