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DOSSIER MÉMOIRE : LA MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME DU CNR

LES “NOUNOUS” DANS LA RUE

BOLIVIE : UNE RACISTE VIE DE L’ARAC LE RÉVEILPRÉSIDENTE AUTOPROCLAMÉE

Novembre 2019 - N° 859 - 5 €

La Liberté, l’Egalité, la Fraternité Voilà ce qui aujourd’hui, est attaqué, remis en cause et motive la colère de la majorité des Français

Ensemble, rassemblons-nous le 5 décembre


LE RÉVEIL ACTUALITÉS

L’ARAC appelle à participer aux manifestations et rassemblements du 5 décembre 2019 Le Président Macron ne cache plus ses intentions de détruire notre modèle social et l’ensemble des conquis sociaux issus du programme du CNR pour satisfaire l’appétit des marchés financiers, des actionnaires et donner un nouveau souffle au capitalisme en crise. Cela a des conséquences dramatiques sur les conditions de travail et de vie, de chacune et chacun. Il accentue sa machine de guerre contre le monde du travail, le droit à la santé, les retraités, la jeunesse de notre pays. Pas un secteur, pas une profession, pas une catégorie n’est épargnée. déréglementations, privatisations (ADP, FDJ, EDF…) sont la marque du gouvernement. Avec les moyens excessifs engagés par la police et ses forces antiémeutes, avec l’utilisation des armes particulièrement dangereuses lors des manifestations causant des dommages corporels irréversibles, le Président de la République porte atteinte, par cette volonté de répression, aux libertés démocratiques fondamentales, aux valeurs républicaines issues de 1789 notamment le droit de manifester. Alors que les profits, dividendes et fortunes « flambent », Macron poursuit son programme de destruction sans rien entendre de la colère qui s’exprime dans le pays depuis des mois. Oui, de l’argent il y en a, pour satisfaire les revendications, pour développer les services publics. Ce climat très dégradé, conduit une partie des citoyens.es au désespoir et nourrit le terreau de l’extrême-droite et de ses idées qu’à l’ARAC nous condamnons et combattons de toutes nos forces depuis toujours. Le 5 décembre 2019, plusieurs organisations syndicales et de jeunesse appellent les français à se mobilier à l’occasion d’une grève générale et nationale. L’ARAC attachée à la défense des valeurs de la République, aux luttes et aux droits des salariés, des Françaises et des Français appelle à ne pas laisser le Président Macron et son gouvernement casser les conquis sociaux du CNR, si chèrement acquis alors que la France était exsangue. L’ARAC, consciente que le projet du gouvernement sur les retraites ne vise qu’à réduire le montant des retraites afin de respecter les directives européennes, appelle à participer partout en France aux manifestations et rassemblements du 5 décembre L’ARAC considère enfin que la satisfaction des revendications est inséparable de son combat pour la paix. Villejuif, le 19 novembre 2019

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LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019


ÉDITO LE RÉVEIL DEFENDRE NOS DROITS, C’EST PRESERVER LES GENERATIONS A VENIR

SOMMAIRE Actualités L’ARAC appelle à participer aux manifestations et rassemblements du 5 décembre 2019.................................................................................................... 2 40 % Des chomeurs touchent moins de 500 euros par mois ...................................... 4 Précarite : dans le métro parisien, un sdf sur 5 a un emploi Soit 20 %................... 4 Les “nounous” dans la rue ......................................................................................... 5 Des entreprises continuent de licencier tout en empochant les milliards du CICE .................................................................................................... 5 L’état a augmenté le salaire de la PDG de la RATP - Catherine Guillouard de 50 000 euros ......................................................................................................... 6 CICE : un cadeau fiscal à 100 milliards d’euros ......................................................... 6 160 millions d’euros pour les 100 plus grandes fortunes françaises ....................... 7 Nestle, BNP paribas… ................................................................................................ 7 Le travail de nuit bientôt plus indemnisé Dans les commerces alimentaires ? ......................................................................... 7

International Colonies israéliennes : Trump piétine le droit international ...................................8 Vatican : Le pape s’inquiète de discours proches de ceux d’Hitler .................9 Le déplacement des bases de l’Etat islamique d’Irak et de Syrie vers l’Afghanistan inquiète les pays de la région .....................................................9 Bolivie : la revanche des riches blancs et des racistes … ..................................10 Brésil : Lula libre ..................................................................................................12 Kurdes : Erdogan va remercier Trump ? ...............................................................12

Actualités Etas Généraux pour la Paix .................................................................................22

Vos droits Vos droits .................................................................................................... 22 à 24

Vie de l’ARAC Vie de l’ARAC .............................................................................................. 25 à 31

Dernière minute La stratégie de Donald Trump, un danger pour le Moyen-Orient ...................... 32

P. 13 . D O S S I E R

La mise en œuvre R du programme du CNR ◗ Dans ce numéro : Carnet tombola + enveloppe pe T

www.le-reveil-des-combattants.fr LE RÉVEIL DES COMBATTANTS Fondé en 1931 par Henri-Barbusse Mensuel de l’Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre. Commission paritaire n° 0723-A06545 ISSN N° 0751-6215 • Édité par les Éditions du Réveil des Combattants • SARL au capital de 45 734,41 € - Siret : 572 052 991 000 39 2, place du Méridien - 94807 Villejuif cedex Tél. 01 42 11 11 11 reveil-des-combattants@wanadoo.fr • Tirage : 60 000 exemplaires • Gérant : Raphaël Vahé

• Rédacteur en chef : Patrick Staat • Rédactrice en chef adjointe : Brigitte Canévêt • Comité de Rédaction : Hervé Corzani, JeanPierre Delahaye, Laurence Gorain • Régie Publiciatire : HSP - Tél. 01 55 69 31 00 contact@hsp-publicité.fr • Administratrice : Annick Chevalier • Conception graphique - Impression : RIVET PRESSE EDITION - 24, rue Claude-Henri-Gorceix, 87022 Limoges cedex 9

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n nous fait croire que les caisses de « La France » sont vides, qu’il faut économiser. En réalité, il faut que la France se plie aux exigences de Bruxelles qui ordonne de réduire encore plus les dépenses publiques. On nous dit alors que se prépare la grève du 5 décembre « la France est ingouvernable ». Mais les faits sont têtus. C’est dans une France ruinée par la guerre que le programme du CNR a permis de grandes avancées sociales répondant aux besoins de la majorité de la population. Avancées possibles par la mobilisation autour de femmes et d’hommes issus de la Résistance et du monde du travail. Les choix politiques actuels du Président de la République sont tout autres. Toutes les mesures prises aujourd'hui, sont pour les plus riches. • Le CICE, c’est 100 milliards de cadeaux aux patrons, sans création d’emplois, sans contrôle • La suppression de l’ISF, ce sont 4 milliards de cadeaux aux très riches • Les rémunérations des dirigeants du CAC 40 ont grandi de 12 %, en moyenne cela représente 152 fois le salaire moyen des français • 51 milliards de dividendes ont été versés aux actionnaires français au 2e trimestre après les 57,4 milliards en 2018. L’évasion fiscale des grands groupes, c’est près de 100 milliards. Les 9 plus grandes fortunes de France représentent une richesse supérieure au budget de l’Etat Français qui est lui, de 300 milliards d'euros. Alors oui de l’argent il y en a. Nous n’acceptons pas que le gouvernement demande aux salariés, aux retraités, à la jeunesse de se serrer encore salar plus la ceinture. son gouvernement sa majorité font la part Le président, p belle aux plus fortunés. Devant la colère justifiée des Français, le gouvernement Deva veut faire taire la contestation en renforçant la répression et en voulant interdire le droit à manifester (qui est un acquis de la Révolution Française). acqu Il ne faudrait pas que le gouvernement et le président oublient la réalité. Le gouvernement n’est issu que du vote blien de 18 % des inscrits au 1er tour des présidentielles. On est donc loin d’une adhésion massive à un projet politique. Et vouloir faire taire la contestation, renforcer la répression et la violence policière n’est qu’un signe de faiblesse de ceux qui dirigent la France d’aujourd’hui. Voilà pourquoi nous invitons toutes celles et tous ceux qui veulent défendre la démocratie et les valeurs républicaines, qui refusent les inégalités grandissantes et veulent voir préserver la politique sociale propre à la France, à se retrouver ensemble le 5 décembre dans les rassemblements et manifestations. Patrick STAAT Secrétaire Général LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

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LE RÉVEIL ACTUALITÉS

40 % Des chomeurs touchent moins de 500 euros par mois

30 % des chômeurs ne touchent ni indemnité chômage, ni le minimum social pour les chômeurs en fin de droit, l’allocation spécifique de solidarité. Si l’on ajoute les 12 % qui touchent une indemnité inférieure à 500 euros, plus de 40 % des chômeurs reçoivent au plus 500 euros par mois. Ils ont donc moins de 20 euros par jour pour vivre. Les 2/3 ont moins que le Smic. Seuls 5 % perçoivent plus de 2 000 euros. Le régime d’indemnisa-

tion des demandeurs d’emploi est accusé d’être trop généreux, d’inciter les chômeurs à rester chez eux. C’est faux. Aux 2,8 millions de demandeurs d’emploi indemnisés par le régime général de l’assurance chômage (données à la fin décembre 2017), il faut ajouter près de 400 000 personnes qui perçoivent l’allocation spécifique de solidarité. Elle s’élève à 494 euros par mois. Il faut ensuite compléter ce décompte par ceux qui ne touchent rien. En France, la moitié des chômeurs n’ont aucune indemnité… Parmi eux, une partie exerce une activité réduite et peut donc percevoir un petit salaire. 1,4 millions de personnes ne perçoivent aucune indemnité chômage, ni allocation de solidarité. Le plus souvent, il s’agit de jeunes qui n’ont pas cotisé ou pas assez longtemps pour avoir droit à indemnisation.

L’immense majorité des chômeurs ne perçoit donc pas grand-chose. Ils ne s’en sortent qu’avec le soutien d’autres allocations ou de proches. Pourquoi sont-ils montrés du doigt ? Quand l’argent public devient plus rare, logiquement, les abus sont davantage mis en avant. Parmi les 2 % qui reçoivent d’importantes indemnités (supérieures à 3 000 euros), il est possible que certains s’en satisfassent – encore faut-il le montrer – mais on est bien loin de la règle générale. Nombre de salariés travaillent pour de très bas salaires : leur présenter les chômeurs comme des profiteurs et en faire ainsi des boucs émissaires détourne l’attention, notamment des écarts de salaires au sein de l’entreprise ou de la collectivité publique dans laquelle ils travaillent. Extraits : Centre d’Observation de la Société

Précarite : dans le métro parisien, un SDF sur 5 a un emploi Soit 20 % Métro, boulot… métro. Signe percutant de précarité, les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux parmi les sans-abri trouvant refuge dans le métro parisien, indique une enquête publiée lundi 18 novembre par la RATP et l’Observatoire du Samu Social. L’étude, menée de décembre 2018 à août 2019, permet de dresser le profil de ces personnes victimes de la grande pauvreté : majoritairement des hommes seuls (82 %), francophones, âgés de 46 ans en moyenne, ils sont 20 % à déclarer avoir un travail. Et 3 % des SDF interrogés sont titulaires d’une allocation-chômage. Enfin, 6 % touchent une retraite.

Autrement dit, près d’un tiers des sansabri ont un revenu lié au travail. A titre de comparaison, 26 % vivent de minima sociaux (RSA, allocation adulte handicapé), 20,6 % ont recours à la mendicité, 4,9 % reçoivent l’aide d’un proche et 33,1 % ne déclarent aucun revenu. “Le public a changé, en particulier avec l’augmentation de la part des travailleurs précaires, qui font un autre usage du métro. Ils y passent la nuit mais travaillent la journée, ou l’inverse”, explique Odile Macchi, sociologue à l’observatoire du Samu social, qui a mené l’enquête de terrain. On trouve également de plus en plus de jeunes retraités, de jeunes en rupture

SDF dans le métro parisien.

familiale, des femmes victimes de violences et de personnes malades. Plus de 30 % des sans-abri du métro se déclarent “en mauvais ou très mauvais état de santé”, selon l’enquête, soit près de deux fois plus que dans l’enquête nationale de référence sur les sans-domiciles fixes, réalisée en 2012 par l’Insee (17 %). Source : Marianne (extraits) : 18/11/19

Mis à pied pour avoir mangé une clémentine au travail en 2017, il perd aux prud’hommes en 2019 S. Bella, un salarié de La Redoute, a été mis à pied une journée en novembre 2017 4-

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et a perdu la rémunération qu’il aurait dû toucher, soit 70 euros brut. L’erreur qui

lui a été reprochée ? Avoir mangé une clémentine sur son lieu de travail.


ACTUALITÉS LE RÉVEIL Trouvant la sanction disproportionnée, l’employé, qui travaillait alors dans l’entreprise depuis 14 ans, a décidé de porter l’affaire aux Prud’hommes. La décision du tribunal est tombée jeudi 14 novembre : le juge a donné raison à La Redoute. « Je trouve ça scandaleux, je suis sous le choc. La sanction de la Redoute était déjà complètement disproportion-

née, et là j’ai l’impression que la justice n’existe pas », a-t-il confié à France Bleu Nord après avoir pris connaissance du verdict. Ce n’est pas le simple fait d’avoir mangé une clémentine qui a valu une mise à pied à Smaïl Bella. Sa direction lui reproche de l’avoir dégustée sur son temps de travail, à son poste, induisant

un risque de “détérioration potentielle de la chaîne” de production - car il a laissé les épluchures sur l’établi- sur laquelle il était alors mobilisé. Lui assure pourtant avoir mangé son fruit sur un banc pendant une “micro-panne”, avant de retourner à son poste de travail avec ses épluchures pour les jeter. Source : RTL – 15/11/19

Les “nounous” dans la rue La récente réforme qui oblige les « nounous » à se référencer sur le site de la Caisse d’allocations familiales n’a pas été bien accueillie. Pour cette raison, les assistants maternels (plus de 300 000 en France), ont été invités à manifester le mardi 19 novembre. « Le gouvernement a fait le choix d’une méthode coercitive qui, sous prétexte de faciliter la mise en relation avec des parents employeurs, consiste en réalité en un véritable flicage » de

l’activité des assistants maternels, ont dénoncé dans un communiqué le collectif des Assistants maternels en Colère “Gilets Roses” et les fédérations CGT et FO. Cette réforme a été mise en œuvre dans le but d’améliorer, pour les parents, l’accès aux places de garde disponible. Une démarche que nombre d’assistants souhaiteraient voir comme facultative, pour ne pas être obligé de publier coordonnées ou adresse sur un site public.

Désormais, ils devront également indiquer leurs tarifs, de quoi induire “une concurrence” et niveler les prix “par le bas”, selon Émilie Ferbos, l’une des porte-parole du mouvement, à l’AFP.

Des entreprises continuent de licencier tout en empochant les milliards du CICE MICHELIN : sur les 65 à 70 millions que le fabricant de pneumatiques admet avoir reçu (4,3 millions en 2017 devaient servir à la rénovation d’ateliers et à l’achat de 8 nouvelles machines pour son site de La Rochesur-Yon). Ainsi, sur les huit machines acquises, six ont été envoyées dans des usines Michelin en Espagne, Roumanie et Pologne. Mais Michelin n’est pas la seule des 253 grandes entreprises de plus de 5 000 salariés ayant profité du CICE à licencier ou réduire sa masse salariale. Entre 2013 et 2018, Carrefour a récupéré 744 millions d’euros à ce titre, en plus de 1,2 milliard d’exonérations de cotisations sur la Sécurité sociale ou le chômage. Sur la même période, le géant de la grande distribution a perdu environ 1 800 postes. Au début de l’année 2018, la direction du groupe annonce la suppression de 2 400 postes, ainsi que la vente de 273 magasins ve-

DE IL Y EL’ARGEN NAI T CI nant de l’enseigne DIA, sans garantir le reclassement de la totalité des 2 100 salariés y travaillant. Un an plus tard, Carrefour fait savoir qu’il va se séparer de 3 000 personnes pour une perte sèche de 1 230 emplois, sans pour autant oublier de prendre sa part annuelle de CICE. Auchan vend 21 magasins cette année, laissant 723 salariés dans l’incertitude. Déjà en 2014, l’enseigne du groupe Mulliez avait annoncé la suppression

de 300 postes au moment où elle touchait 120 millions d’euros au titre de la première année du crédit d’impôt censé créer des emplois. Depuis 2013, Auchan aurait cumulé 500 millions de CICE. En 2015, Air France lance sa restructuration alors qu’elle a touché 66 millions de CICE en 2014 et 43 millions en 2013. En jeu : 2 900 postes qui vaudront au DRH du groupe une chemise arrachée. Mais Michelin, Carrefour ou Air France ne sont pas des cas isolés ou de vilains petits canards du CAC40. En réalité, la liste des profiteurs du CICE est longue. Dans l’automobile, PSA empoche 80 millions en 2013 alors qu’elle ferme l’usine d’Aulnaysous-Bois et supprime 8 000 emplois. Depuis cette date, ce sont près de 25 000 postes qui ont disparu. Pendant ce temps, plusieurs dizaines de millions d’euros disparaissaient des LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

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LE RÉVEIL ACTUALITÉS caisses de l’État chaque année au profit du constructeur. Même constat chez Renault qui a réduit ses effectifs de 7 500 salariés pour la seule année 2016 en gonflant sa trésorerie. Les ex-entreprises pu-

bliques comme La Poste, ou la SNCF privatisée récemment ne sont pas en reste. Entre 2014 et 2018, les effectifs de l’opérateur postal ont fondu, passant de 231 347 salariés à 211 603, soit près de 20 000 de moins. Pourtant,

La Poste est un des plus gros bénéficiaires du crédit d’impôt. Employant essentiellement des salariés en dessous de 2,5 fois le SMIC, elle encaisse en moyenne 300 millions chaque année.

L’état a augmenté le salaire de la PDG de la RATP Catherine Guillouard - de 50 000 euros En la reconduisant à la tête de la régie autonome des transports parisiens, l’Etat a augmenté de 12,5 % son salaire fi xe annuel, passé de 300 000 à 350 000 euros, auxquels s’ajoutent 100 000 euros liés à la performance de l’entreprise. « La rémunération de la PDG de la RATP est totalement publique et colle à ce qui se pratique dans les entre-

prises publiques d’une manière générale », a estimé le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, venu à la rencontre des salariés alors que des négociations se préparent sur la réforme des retraites. Source : France INFO – 15/11/19

Catherine Guillouard PDG RATP.

La rémunération des dirigeants du cac 40 a bondi de 12 %

DE IL Y EL’ARGEN NAI T CI Les patrons du CAC40 peuvent avoir le sourire. La rémunération moyenne des premiers dirigeants des sociétés de l’indice phare parisien a augmenté de 12 % en 2018 à 5,77 millions d’euros, selon une étude publiée par Proxinvest. Ce niveau de revenu correspond à 277 Smic en base 39 heures ou à 152

fois le salaire brut moyen des Français. « La hausse de la rémunération des dirigeants du CAC 40 est trois plus rapide que celle des salariés », a déclaré Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest. Une bonne partie de la hausse de la moyenne du CAC 40 est due à l’intégration en 2018 dans l’indice phare de la Bourse de Paris de Dassault Systèmes, dont le directeur général Bernard Charlès a perçu 33,1 millions d’euros, dont 30,2 millions d’euros d’actions l’an dernier, selon Proxinvest. Le mieux rémunéré de France, François-Henri Pinault a perçu 17,3 millions d’euros, qui inclut 5,07 millions

facturés au groupe Kering par Artémis, une société d’investissement appartenant à M. Pinault. Proxinvest déplore une prime exceptionnelle d’un montant de 5,8 millions versée à M. Pinault “sans condition de performance”. Carlos Ghosn, numéro un de Renault-Nissan avant d’être démis de ses fonctions à la suite de son arrestation au Japon, est parvenu à se hisser à la troisième marche du podium avec 14,3 millions d’euros et ce même s’il a été privé d’actions gratuites et de retraite. La hausse de sa rémunération, décidée par lui-même, avait atteint 137,5 % sur un an à 13,3 millions d’euros pour le seul constructeur Nissan. Source : CAPITAL – 06/11/19

CICE : un cadeau fi scal à 100 milliards d’euros Dans son magazine d’information Cash Investigation, Élise Lucet s’est intéressée au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi qui, normalement, ne devait pas être utilisé pour augmenter les dividendes ou la rémunération des dirigeants. 6-

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Le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi voté en 2012 et entré en vigueur le 1er janvier 2013, son objectif : permettre aux entreprises de déduire de leurs impôts 6 %… du montant du salaire (de chaque employé rémunéré moins de 3 000 euros brut

par mois) pour financer l’investissement, la recherche, l’innovation. En revanche, cette réforme imposait deux interdictions : le CICE ne devait pas servir à augmenter la rémunération des dirigeants ou les dividendes.


ACTUALITÉS LE RÉVEIL Dans une note de la direction générale des Finances publiques (DGFiP), qu’elle s’est procurée, elle assure qu’il n’y avait aucune sanction si ces deux interdictions n’étaient pas respectées. Pour faire le point sur la situation, elle a interrogé François Hollande, qui était président de la République lors de la mise en place du CICE. « Il y a des contrôles, mais pas de sanction, comme c’était prévu », s’est-il défendu. Les entreprises peuvent dispo-

ser comme elles veulent du CICE. « C’est 100 milliards d’euros d’argent public, donc d’argent des contribuables. Et se dire qu’il n’y a pas de contrôle et pas de sanction, c’est difficilement audible », lance alors la journaliste, devant un François Hollande très calme. « Mais qu’il n’y ait pas de contrôle, ce n’est pas vrai, puisque je vous dis que le contrôle se fait à l’intérieur de l’entreprise. Et pas de sanction, c’était le principe », explique-t-il une nouvelle fois, sans vraiment vouloir rentrer dans le détail. Il assure

que les entreprises, qui peuvent disposer du CICE comme elles le veulent, n’ont, « dans une très grande majorité », pas augmenté les dividendes ou les rémunérations des dirigeants.

DE IL Y EL’ARGEN NAI T CI

160 millions Nestle, BNP paribas… Les 10 entreprises qui ont verse le plus d’argent a d’euros pour les leurs actionnaires lors de ce nouveau trimestre record 100 plus grandes Les dividendes n’en finissent pas de Ils ont même progressé de 3,11 % fortunes françaises battre des records. Au deuxième tri- au total en France, pays où plus pl La transformation de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en Impôt sur la fortune immobilière (IFI) et la mise en place du Prélèvement forfaitaire unique (PFU), qui allège la fiscalité sur les revenus financiers ont bénéficié aux 100 plus grandes fortunes françaises, soit un crédit d’impôt de 160 millions d’euros en 2018 – selon le Président de la commission des finances du Sénat.

D IL YE L’ARG EN A ENT ICI

mestre de l’année, ils ont atteint le montant total de 513,8 milliards de dollars (462,7 milliards d’euros) à travers le monde, en progression de 1,1 % C’est un plus haut jamais atteint à cette période de l’année. Toutefois, par rapport à la hausse de 7,8 % affichée au premier trimestre et de 9,3 % sur l’ensemble de l’année 2018, la croissance des sommes accordées aux actionnaires ralentit. Ajusté des dividendes extraordinaires, des fluctuations des monnaies et des changements de date de paiements, les dividendes ont toutefois augmenté de 2,6 % sur le Vieux Continent aux mois d’avril, mai et juin, période la plus importante pour les dividendes européens.

fortes sommes ont été distribuées - 51 milliards de dollars en tout, loin D devant l’Allemagne IL YE L’ARG EN A ENT et ses 38,5 milliards ICI de dividendes. Au Royaume-Uni, les montants octroyés ont augmenté de 8,6 %, à 35 milliards de dollars. Les actionnaires ont notamment bénéficié de l’important dividende extraordinaire de la société minière Rio Tinto, découlant de la cession de ses actifs de cuivre et de charbon. Au niveau mondial, Janus Henderson anticipe toujours une hausse annuelle de 4,2 % en 2019, à 1 430 milliards de dollars au total. Source : Businessinder.fr (extraits) -21/08/19

Le travail de nuit bientôt plus indemnisé Dans les commerces alimentaires ? Le gouvernement veut autoriser les commerces alimentaires à ouvrir jusqu’à minuit. Un projet de loi reprenant un amendement, retoqué en mai dernier dans le cadre du vote de la loi Pacte, prévoit, entre autres, la possibilité de revoir la comptabilisation des heures de nuit. Dans l’idée, le projet de loi présenté

par Muriel Pénicaud, prévoit des mesures visant à assouplir les recours au travail après 21 h. Jusqu’à minuit, les heures effectuées par les salariés ne seraient plus considérées comme des heures de nuit. Aujourd’hui, y faire appel doit en effet être justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique

ou des services d’utilité sociale, ce que contestent les syndicats. Ces heures pourront se faire sans contrepartie financière et sans les règles protectrices prévues dans le code du travail. Le nouveau monde, c’est Germinal ! LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

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LE RÉVEIL INTERNATIONAL

Colonies israĂŠliennes :

Trump piÊtine le droit international Lundi 19 novembre Washington a annoncÊ que les Etats-Unis ne considÊraient plus comme illÊgales les colonies israÊliennes en Cisjordanie occupÊe. Après la reconnaissance unilatÊrale de JÊrusalem comme capitale d’IsraÍl et celle de la souverainetÊ d’IsraÍl sur le Golan syrien, il s’agit d’une nouvelle dÊcision spectaculaire en rupture avec la tradition diplomatique amÊricaine. Un vÊritable coup de poignard dans le dos des palestiniens aussitôt saluÊ par Netanyahu en grande difficultÊ après les Êlections.  Après avoir examinÊ soigneusement tous les arguments de ce dÊbat juridique , l’administration Trump conclut que  l’Êtablissement de colonies de civils israÊliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international , a dÊclarÊ le chef de la diplomatie amÊricaine, Mike Pompeo, devant la presse. Il a tenu à prÊsenter cette annonce comme un retour à l’interprÊtation de Reagan au dÊbut des annÊes 1980, se dÊmarquant surtout de la prÊcÊdente administration dÊmocrate de Barack Obama qui avait vivement condamnÊ la colonisation sans toutefois s’y opposer fermement ! La politique amÊricaine s’appuyait, jusqu’ici, au moins thÊoriquement, sur un avis juridique du dÊpartement d’Etat remontant à 1978, selon lequel  l’Êtablissement de colonies de population dans ces territoires  n’Êtait  pas conforme au droit international . Ces colonies installÊes sur les territoires palestiniens occupÊs par IsraÍl depuis 1967 sont, en effet, jugÊes illÊgales par l’ONU, et une grande partie de la communautÊ internationale voit en elles un obstacle majeur à la paix. Mike Pompeo a donc dÊcidÊ que cet avis de 1978 Êtait caduc.  La vÊritÊ, c’est qu’il n’y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les dÊbats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n’apporteront pas la paix , a-t-il estimÊ. Il a Êgalement fait valoir que cette dÊcision ne prÊjugeait pas du  statut final  de la Cisjordanie, dont le sort dÊpendra de futures nÊgociations entre IsraÊliens et Palestiniens, rendues très hypothÊtiques par les incessantes provocations de Trump et Netanyahu. Un processus de paix au point mort.

Coup de pouce à Netanyahu La dÊcision amÊricaine peut être interprÊtÊe comme un nouveau coup de pouce au leader de la droite israÊlienne, qui a proposÊ d’annexer une partie des colonies de Cisjordanie occupÊe, au moment oÚ les partis israÊliens mènent de difficiles tractations pour former un gouvernement.

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Pour le chef du gouvernement sortant, aujourd’hui incapable de former une majoritÊ, l’interprÊtation de son indÊfectible alliÊ amÊricain  est le reflet d’une vÊritÊ historique : que les juifs ne sont pas des colonisateurs Êtrangers en JudÊe-Samarie , selon le nom biblique utilisÊ en IsraÍl pour dÊsigner la Cisjordanie occupÊe. Washington n’est  pas qualifiÊ ou autorisÊ à annuler des dispositions de droit international et n’a pas le droit de lÊgaliser des colonies israÊliennes , a au contraire protestÊ le porte-parole de la prÊsidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina. L’Union europÊenne s’est aussi rapidement dÊmarquÊe, en rappelant sa position  claire  et  inchangÊe  :  toute activitÊ de colonisation est illÊgale au regard du droit international et compromet la viabilitÊ de la solution à deux Etats et les perspectives d’une paix durable . On attend des actes concrets pour faire respecter ce droit‌ JP Delahaye

WRĂ&#x;èRĂ&#x;

Valento n UNE VILLE QUI SOURIT À TOUTES ET À TOUS


INTERNATIONAL LE RÉVEIL

Vatican : Le pape s’inquiète de discours proches de ceux d’Hitler Le pape François a appelé à la vigilance, estimant que certains propos politiques actuels lui rappellent « les discours d’Hitler » dans les années 30, dénonçant une résurgence de la haine contre les juifs, les tziganes ou les homosexuels. « Je dois confier que lorsque j’entends certains discours, certains responsables des forces de l’ordre ou de gouvernements, me viennent à l’esprit les discours d’Hitler en 1934 ou 1936 » a déclaré le souverain pontife lors d’une audience avec les membres d’une association internationale de droit pénal, réunis en congrès à Rome. « Ce n’est pas un hasard si parfois réapparaissent des emblèmes et des actions typiques du nazisme, qui par ses persécutions contre les juifs, les tziganes, les homosexuels, représente le modèle par excellence de la culture du rejet et de la haine. Il faut veiller, tant dans le domaine civil que dans le domaine ecclésial, à éviter tout compromis avec ces dégénérescences », a-t-il ajouté.

Quelques jours avant, lors de sa traditionnelle audience sur la place SaintPierre, le pape argentin avait déjà lancé une sévère mise en garde contre la résurgence de l’antisémitisme. Il avait alors rappelé que « le peuple juif a tant souffert dans l’histoire » et « regretté de voir combien aujourd’hui commence à renaître ici ou là l’habitude de persécuter les juifs ». (…) « Ce n’est ni humain ni chrétien. Ils sont nos frères et ne doivent pas être persécutés, c’est bien compris ? », avait-il ajouté sous les applaudissements des fidèles. La sénatrice italienne Liliana Segre, 89 ans, survivante d’Auschwitz, a été récemment placée sous protection policière, après avoir reçu une avalanche de 200 messages quotidiens haineux sur

les réseaux sociaux. L’Italie a adopté fin octobre la création d’une commission parlementaire chargée de lutter contre les phénomènes d’intolérance, de racisme, d’antisémitisme et l’incitation à la haine et à la violence, une mesure portée par la sénatrice Liliana Segre. Le pape évoque régulièrement le danger de la montée des partis xénophobes, sans jamais toutefois désigner nommément les mouvements ou pays concernés nombreux en Europe. Le gouvernement italien, coalition des extrêmes, champion d’Europe du rejet des immigrés et de l’intolérance mais si dévot, entendra-t-il les recommandations du pape François ? JPD

Le déplacement des bases de l’Etat islamique d’Irak et de Syrie vers l’Afghanistan inquiète les pays de la région Dans une interview exclusive accordée le jeudi 14 novembre au magazine d’actualité, India Today, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohamed Javad Zarif a déclaré que Daech ne constituait pas une menace pour un seul pays, mais pour toute la région. Selon le chef de la diplomatie iranienne, le groupe terroriste Daech constitue une menace commune pour l’Inde, le Pakistan, la Russie et même la Chine. Il a déclaré que ces pays doivent s’unir pour lutter contre la me-

nace de ce groupe terroriste. « Le retour de Daech constitue une menace pour l’Iran, l’Inde et le Pakistan. Le groupe terroriste déplace ses bases d’Irak et de Syrie en Afghanistan. Il y a des zones en Afghanistan qui sont une menace pour tout le monde » a-t-il averti. Et de poursuivre : « Les daechistes ont mené des opérations au Tadjikistan, en Ouzbékistan et en Arménie depuis leurs bases en Afghanistan. Ces informations sont d’importantes évolutions. Nous discutons régulièrement avec nos amis

indiens de la délocalisation de Daech et de la menace émanant du transfert de ce groupe terroriste. Nous sommes également en contact avec le Pakistan, la Russie et la Chine. Cette lutte contre le terrorisme est un problème qui peut tous nous unir ». Interrogé sur le rôle des Etats-Unis dans la lutte contre ce fléau, il a déclaré : « Les Etats-Unis ne nous aideront pas. Nous devons, nousmêmes, nous entraider ». (Press TV, le 15-11-2019)

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Bolivie : la revanche des riches blancs et des racistes Article du quotidien « La Marseillaise » du mardi 12 novembre, article rédigé avant les événements de la nuit du 13 novembre qui a vu Evo Morales trouver refuge au Mexique. Evo Morales démissionne pour éviter « un bain de sang » après une semaine de violences organisées par la droite soutenue par les Etats-Unis. Ordre est donné aux militaires de l’arrêter. La chasse aux proches de l’ancien président et des indigènes est déclenchée.

indigènes des zones rurales. Un résultat insupportable pour les riches blancs des villes rejoints par une partie des couches populaires sorties de la pauvreté grâce à la politique sociale du pouvoir en place.

C’est l’histoire d’un coup d’Etat soigneusement concocté depuis des mois par la droite bolivienne et les EtatsUnis ponctué de trahisons et d’une trop faible riposte des institutions.

L’opposition évoquait une « fraude » mais en vérité ne supportait pas le maintien au pouvoir des indigènes et une politique progressive de développement économique au bénéfice des plus humbles. Une croissance de 5 %, une meilleure répartition des richesses permettant des progrès dans les domaines de l’éducation, de la santé, des transports, un pays engagé au grand dam de Washington dans une voie socialiste et plurinationale, ne pouvaient que provoquer l’ire de la droite nostalgique du temps passé. De l’opposition démocratique, les héritiers des tortionnaires des années 1960 sont passés au fascisme. Une image résume la tragédie : le drapeau andin indigène introduit comme symbole national en 2009 a été retiré de tous les édifices publics. Evo Morales dit juste lorsqu’il déclare : « Mon péché est d’être un indigène. »

Le prétexte ? Le résultat des élections qui avait donné Evo Morales vainqueur dès le premier tour grâce aux voix des

La Bolivie, c’était depuis les années 1960 et jusqu’à l’élection d’Evo Morales en 2005, des dizaines de coups

Les forces fascistes sont de retour en Bolivie. Et elles savourent le moment en incendiant les domiciles d’Evo Morales et de ses proches, en agressant et en humiliant les anciens dirigeants tout du moins ceux qui n’ont pas trouvé refuge à l’ambassade du Mexique, celle du Venezuela ayant été sauvagement investie et celle de Cuba étant sous la menace d’une intervention.

d’Etat. Un pays qui a subi dictatures et violations des droits humains surtout ceux des indigènes, corruption, trafics de drogue et refuge de chefs nazis comme Adolf Eichmann, Josef Mengele, Klaus Barbie. Avec Evo Morales, une porte s’était ouverte : celle de la démocratie et le mieux vivre pour les plus pauvres, le début de l’effacement du racisme. Elle vient de se refermer. L’heure n’est pas aux questionnements sur l’absence de réaction contre les séditieux, ni aux effets de « l’usure » du pouvoir. Le moment n’est pas aux interrogations sur les trahisons, par exemple celle du premier responsable syndical du pays. L’instant n’est pas à expliquer, malgré les déclarations enflammées, la mince réaction populaire. L’urgence est dans la solidarité avec tous ceux dont la vie est en danger, particulièrement celle d’Evo Morales. Elle est aussi dans la mobilisation pour protéger les indigènes et les progressistes de ce pays. Un long chemin de résistance commence en Bolivie. José Fort

✂ Vous partagez les valeurs, les luttes de l’ARAC pour l’amitié, la solidarité, la mémoire, l’antifascisme et la paix, vous voulez les faire connaître :

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Bolivie : Une raciste présidente autoproclamée Lors d’une séance éclair au Sénat, la sénatrice de droite Jeanine Añez s’est proclamée le 12 novembre présidente par intérim de la Bolivie. L’annonce a aussitôt été qualifiée de « coup d’Etat » par Evo Morales, l’ancien président actuellement en exil forcé au Mexique. Devant une assemblée à moitié vide, Jeanine Añez s’est en effet proclamée à la tête de la Bolivie malgré l’absence de quorum au Parlement, arguant de « la nécessité de créer un climat de paix sociale » dans le pays. Elle s’est immédiatement rendue au siège du gouvernement, où elle a prêté serment. Le Tribunal constitutionnel a validé sa présidence par intérim. Elle s’est ensuite réunie avec les chefs de l’armée et de la police, qui se sont ligués contre l’ancien président pourtant réélu par les urnes ! Jeanine Añez entend marquer sa différence radicale avec Morales, qui a, tout au long de sa vie, défendu la pluralité culturelle de la Bolivie et les droits du peuple indigène auquel il appartient, comme 65 % de la population du pays. Elle s’est d’ailleurs souvent fait remarquer par des déclarations fracassantes empruntes de racisme envers les indigènes. Pour rappel, la chaîne Telesur a publié une capture d’écran d’un tweet de la sénatrice datant de 2013 dans lequel elle écrivait : « Je rêve d’une Bolivie libérée des rites sataniques autochtones, la ville n’est pas aux “Indiens”, ils feraient mieux d’aller dans les hauts plateaux ou à El Chaco. » Depuis Mexico, où il est réfugié bien malgré lui, Evo Morales a promis de poursuivre « la lutte », affirmant qu’il

ne cesserait pas de « faire de la politique ». « Tous les peuples ont le droit de se libérer », a dit celui qui a longtemps été un symbole d’émancipation aux yeux des populations indigènes de son pays. Il a aussi remercié le Mexique de lui avoir « sauvé la vie ». « Ça me fait mal d’abandonner le pays pour des raisons politiques, mais […] je reviendrai bientôt avec plus de force et d’énergie », avait tweeté le 11 novembre au soir Evo Morales, qui avait démissionné la veille après avoir été lâché par l’armée. Jeanine Añez, avocate de 52 ans, doit désormais nommer son gouvernement et convoquer de nouvelles élections dans un délai de 90 jours, selon la Constitution. Elle a promis qu’elles auraient lieu avant le 22 janvier 2020. « Je félicite la nouvelle présidente constitutionnelle de Bolivie Jeanine Añez », a réagi sur Tweetter le candidat centriste Carlos Mesa, qui contestait les résultats de la présidentielle du 20 octobre et réclamait un second tour. Le leader de la contestation, Luis Fernando Camacho, évangéliste très ancré à droite, a également reconnu la sénatrice d’opposition comme présidente par intérim. A l’heure où nous écrivons ces lignes la situation reste très chaotique sur une grande partie du pays. La Paz et

Jeanine Añez, une raciste avérée

de nombreuses autres grandes villes sont paralysées, les transports publics à l’arrêt. L’armée a été déployée pour appuyer la police qui tire à balles réelles sur des paysans… Dans un pays qui durant des décennies a caché, protégé et recyclé les plus hauts dignitaires nazis, le pire est à craindre ! L’auto-proclamation de Jeanine Añez n’est pas sans rappeler, celle, fin janvier, de Juan Guaido au Venezuela. Sans surprise, celui-ci s’est d’ailleurs fendu d’un tweet pour féliciter la sénatrice. Sans un mot pour Evo Morales, la France a appelé « au calme et à la retenue toutes les autorités de transition » tandis que Washington applaudissait au renversement du président bolivien.

L’ARAC sur les réseaux sociaux la page Facebook : ARAC National le site internet : http://www.arac-nationale.fr/ qui regroupe tous nos réseaux sociaux (blog du Réveil, site internet du Réveil, page Facebook, …) LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 11


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Brésil : Lula libre Des centaines de brésiliens ont accueilli en héros, samedi 9 novembre, près de Sao Paulo l’ex-président Lula, au premier jour de sa liberté retrouvée. Emprisonné en avril 2018 pour huit ans et dix mois pour avoir soi-disant touché des pots-de-vin, Lula a été libéré à la faveur d’un arrêt de la Cour suprême permettant l’élargissement de près de 5 000 détenus. La droite est vent debout contre cette décision. A l’époque, l’arrestation de Lula a été le résultat d’une conspiration pour l’empêcher de revenir au pouvoir et de poursuivre les réformes engagées qui ont permis à des millions de brésiliens de vivre mieux et redonner au Brésil une place reconnue sur la scène internationale et particulièrement en Amérique Latine. Un véritable putsch institutionnel ! « Je suis venue l’accueillir parce que je crois en son innocence », a déclaré à l’AFP Tamara Blanco, 38 ans. Lula « est le meilleur président que le Brésil n’ait jamais eu et le restera », dit-elle à propos de l’ex-président (2003-2010) qui avait été contraint de quitter le pouvoir avec un taux record de 87 % d’approbation. « Je suis de retour ! » a lancé un Lula

Lula quitte la prison de curitiba devant laquelle l’attendait une maree rouge de partisans

combatif à l’adresse du président fasciste Jair Bolsonaro et de Sergio Moro qui l’avait condamné pour corruption. « Ce n’est pas un juge, c’est une canaille », a-t-il ajouté au sujet de celui dont l’impartialité a été contestée par des fuites et qui est devenu le ministre de la Justice du nouveau gouvernement. L’ancien syndicaliste a donné des embrassades émues à de nombreux proches, des militants et même des journalistes à son arrivée au siège du syndicat des métallos de Sao Bernardo do Campo, dans la périphérique de Sao Paulo, où il a livré tant de combats. C’est aussi là qu’il s’était retranché deux jours durant en avril 2018, protégé par une immense foule de sympa-

thisants, avant de se livrer, conformément à loi de son pays, aux autorités et d’être conduit à Curitiba (sud). Cette première passe d’armes donne la tonalité du combat politique qui s’annonce, dans un pays menacé d’une polarisation encore plus grande après la libération de Lula, d’autant qu’il n’en a pas fini avec la « justice bolsonarienne ». Non loin de la tribune où s’exprimait Lula, plusieurs milliers de manifestants protestaient sur l’avenue Pauliste, à Sao Paulo, contre l’arrêt de la Cour suprême qui a permis sa libération. Quand même l’espoir renaît pour des millions de brésiliens… JP Delahaye

Kurdes : Erdogan va remercier Trump ? Après plusieurs semaines d’échanges pour le moins contradictoires, les présidents Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan se sont retrouvés, mercredi 13 novembre, à Washington. Une visite qui fait grincer des dents après l’offensive militaire turque en Syrie, visant les forces kurdes alliées de la Coalition

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internationale dans la lutte contre les jihadistes , lâchés et trahis par le locataire de la Maison Blanche et l’Union européenne « Nous pensons que le moment est particulièrement mal choisi pour recevoir le président Erdogan aux États-Unis, nous vous exhortons à retirer votre invitation », ont écrit des élus démocrates et républicains dans une lettre rendue publique. Du côté de la communauté kurde de Washington, l’invitation du président turc a été évidemment très mal reçue. Pour marquer leur désapprobation, plusieurs familles de réfugiés sont venues porter un message à celui qui se rêve nouveau sultan du Bosphore. « Quittez

le Rojava et arrêtez de tuer le peuple kurde. Les Kurdes ont des droits, en tant qu’ethnie, en tant que nation, nous ne sommes pas des terroristes ! ». « La Turquie et Erdogan nous ont attaqués au nord de la Syrie, nous leur avons envoyé de nombreux messages, mais il semble qu’ils ne comprennent pas bien le langage de la paix, ils ne comprennent que la guerre », a déclaré Synam Sherkany, cheffe de la Représentation démocratique syrienne à Washington. Depuis 2014, 11 000 hommes et femmes des Forces démocratiques syriennes (FDS) sont morts en combattant l’organisation État islamique. JPD


LE CAHIER MÉMOIRE N° 859 NOVEMBRE 2019

La mise en œuvre du programme du CNR

Pierre Villon.

Les mesures essentielles, fondamentales du programme du CNR : inspiré du Conseil national de la Résistance sous-tendu par la volonté de mettre l’homme au centre de tous les choix ; Son préambule résonne aujourd’hui d’une actualité brûlante : « Nous réclamons l’instauration d’une véritable démocratie sociale, impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie et le retour à la nation des moyens de production, de l’énergie, des richesses du sous-sol… » La CGT a exigé dès le départ : les nationalisations, dont celle des industries électrique et gazière, la mise en place

de la Sécurité sociale, de la retraite notamment. Le poids de la CGT et son rôle dans la résistance marquent le respect des engagements pris durant la Résistance. Un rapport de force politiques aussi – 29,9 % des voix au PCF, une classe ouvrière grandie par sa lutte héroïque dans la Résistance ; un patronat déconsidéré par sa collaboration.

assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ». Il restait à construire l’organisme qui comprend 4 branches : Maladie, Accidents du travail et Maladies professionnelles, Vieillesse et Famille.

Le principal rédacteur de ce programme est le communiste Pierre Villon, résistant de la première heure, adopté à l’unanimité le 15 mars 1944. Ce programme n’est pas le fruit d’un consensus, car certains espéraient que ce programme ne se réaliserait pas.

Le 20 janvier 1946, De Gaulle démissionne du gouvernement (68 jours après son élection comme chef du gouvernement) ce qui le met dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit pour la Sécurité sociale.

Qui peut croire que la droite et le patronat étaient pour : - l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie. - le retour à la nation des grands moyens de production, des compagnies d’assurances et des grandes banques. - la participation des travailleurs à la direction de l’économie. - un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs… Ce programme prévoyait : « Un plan complet de sécurité sociale, visant à

Édité par le Réveil des combattants - 2 place du Méridien - 94807 Villejuif - Tél. 01 42 11 11 11

La mise en place d’un régime général de couverture sociale qui non seulement mutualise une part importante de


LE RÉVEIL DOSSIER nisme d’assurance couvrant un risque qui n’assurait qu’un français sur six. Le désir de sécurité est en effet l’un des plus vieux songes du monde. Les besoins de se protéger contre la maladie, la souffrance, la vieillesse et plus généralement de tous les risques et de l’exclusion hantent toutes les générations qui nous ont précédés.1 Comme celles d’aujourd’hui.

la valeur produite par le travail, mais qui en confie aussi la gestion aux travailleurs eux-mêmes. Ambroise Croizat ministre du Travail communiste n’invente pas la sécurité sociale, dont les éléments existent déjà ; il rassemble en une seule caisse toutes les formes antérieures d’assurance sociale et finance l’ensemble par une cotisation interprofessionnelle à taux unique. Ambroise Croizat militant CGT depuis son plus jeune âge, sera successivement secrétaire de la fédération des métaux CGTU, puis de la CGT réunifiée et député communiste de Paris en 1936. Enfermé à la prison de la Santé le 7 octobre 1939, il est déporté au bagne de Maison Carrée à Alger par ceux qui bientôt vont toucher la main d’Hitler à Montoire et s’enfoncer dans la collaboration. Libéré en février 1943 suite au débarquement anglo-américain en Afrique, il est aussitôt nommé par la CGT clandestine à l’Assemblée consultative du Comité Français de Libération Nationale dirigé par le Général De Gaulle dès juin 1943. En août 1946, Croizat crée la Sécurité sociale. Il ne fait pas du passé table rase mais part des caisses d’assurances sociales existant depuis les années 1930 (en moins de 9 mois dans un pays ruiné) la Sécurité Sociale était mise en place. Pour la première fois au monde, la Sécurité sociale devenait un droit fondamental, universel, solidaire, obligatoire, couvrant l’ensemble des salariés et remplaçait ainsi un simple méca14 - LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

La Sécu, un formidable moyen de permettre l’accès de tous aux soins de qualité, à la retraite, et aux allocations familiales qui ne sont pas une aide aux pauvres, mais un salaire socialisé qui reconnaît le travail de la famille auprès des enfants. En 1946, son acte révolutionnaire, Croizat double le taux de cotisation (de 16 à 32 % du salaire brut). La Sécurité sociale ambitionnait « à en finir » comme le soulignait le ministre du travail « avec le rejet, l’exclusion, l’impossibilité d’accéder aux soins et surtout, disait-il en des termes très novateurs en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain ». Sur tout le territoire, La Sécurité sociale s’organisa à l’aide de bénévoles des entreprises essentiellement des militants CGT hors leur temps de travail ou sur leurs congés. Alors que la plupart des français vivaient à l’heure de la charité. La Sécurité sociale donna à tous les salariés la possibilité d’accéder à l’hôpital, au médecin ou à la pharmacie sans débourser un centime dans la plupart des cas. Dit simplement en trois mots, l’accès aux soins. « C’était une véritable révolution, raconte un ouvrier. Avant, on ne se soignait pas. On laissait la maladie nous affaiblir ou nous emporter ! ». Autre grande conquête proclamée sous les auspices d’Ambroise Croizat le 12 août 1946 : la retraite. 82 % des français ne bénéficiaient d’aucune allocation vieillesse. Tout change avec l’institution de ce qui fut appelée « celle qui vous doublait la vie ». On comprend le sens de cette appellation quand on se souvient que la vieillesse

fut dès lors envisagée non plus comme une « antichambre de la mort » mais au contraire, dira encore Ambroise Croizat, « comme une nouvelle étape de la vie ». L’assurance-maladie, les retraites et la couverture des accidents du travail du régime général ont ceci de renversant que la collecte des cotisations ne dépend ni de l’Etat ni du patronat, mais d’une caisse gérée par des représentants syndicaux. La puissance du régime général est redoutable : selon l’estimation de l’Assemblée consultative provisoire en août 19452, il socialise dès le départ le tiers de la masse totale des salaires. Ce système unique sera effectif de 1946 jusqu’au milieu des années 1960. Entre-temps, il aura fait l’objet d’un travail de sape systématique. La cotisation, grande invention révolutionnaire qui ne ponctionne pas le profit ni la rémunération de la force de travail, ces deux institutions du capital. Elle les remplace pour financer une croissance non capitaliste. L’augmentation des cotisations sociales est une revendication constante de la Libération aux années 1980 : elles passent alors de 16 à 66 % du salaire brut. La cotisation, c’est la légitimation de ce que nie le capital : les salariés, seuls producteurs de la valeur. Le nouveau système mis en place va se construire autour de quatre mots-clés qui fondent l’exception de l’identité sociale française : L’unicité : une institution unique, obligatoire, couvrira désormais au plus proche des habitants l’ensemble des domaines de la protection sociale, des « risques sociaux », dit-on à l’époque (maladie, vieillesse, décès, invalidité ainsi que les accidents du travail gérés jusque-là par les assurances privées). « L’ambition, déclarait Ambroise Croizat à l’Assemblée, le 20 mars 1946, est d’assurer le bien-être de tous, de la naissance à la mort. De faire enfin de


DOSSIER LE RÉVEIL la vie autre chose qu’une charge ou un calvaire… » L’universalité : la couverture est étendue à tous les citoyens. Lors de sa conférence de presse du 6 juillet 1946, Ambroise Croizat soulignera : « De tout temps, on a assisté à la lutte des éléments conservateurs qui ont toujours voulu restreindre la solidarité à des cadres limités contre des progressistes qui souhaitaient donner à cette solidarité sa pleine efficacité en l’élargissant à la Nation entière, voire audelà des frontières. Nous sommes dans le second camp ». La solidarité : pierre angulaire du système, solidarité intergénérations, solidarité actifs-inactifs, malades-bien portants, financé par les richesses créées dans l’entreprise. En ce qui concerne le financement de l’institution, les propos de Croizat sont d’une modernité brûlante : « Outre le fait que cela grèverait fortement les contribuables, disait-il, faire appel au budget de l’État serait subordonner l’efficacité de la politique sociale à des considérations purement financières qui paralyseraient les efforts accomplis ». La démocratie enfin là repose la grande « singularité française », car seule une gestion par les intéressés eux-mêmes peut garantir que la santé restera un droit fondamental pour tous. Ici encore, les mots sont novateurs : « Pour la première fois, l’appareil nouveau met la gestion de l’intérêt des travailleurs dans les mains des travailleurs eux-mêmes. Ceci est d’autant plus important car l’assurance (et particulièrement pour les accidents du travail) relevait jusqu’à ce jour de compagnies commerciales et pour les allocations familiales d’une gestion purement patronale ».

à la caisse unique. Les crocs-en-jambe ne manquent pas. Pourtant, fin août 1946, est mis sur pied bâti autour de 138 Caisses primaires d’assurance maladie et 113 Caisses d’allocations familiales (CAF), essentiellement gérées — au début, — par les travailleurs (composés de membres désignés par les organisations syndicales les plus représentatives et par les patrons). Les Caisses d’allocations fonctionnent, quant à elles, sur un système paritaire. Pierre Laroque rappelle son étonnement devant la rapidité de mise en place de la Sécurité sociale dans une France ruinée par le conflit et le rôle essentiel joué par le ministre du travail dans l’aboutissement des grandes réformes : « Tout a fonctionné à partir de juillet 1946. En neuf mois à peine, malgré les oppositions, nous avons pu construire cette énorme structure, alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le Plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Fernand Granet, responsable syndical CGT de Savoie à la Libération et

l’un des premiers administrateurs de la caisse primaire locale : « Ce qui nous a le plus surpris, c’est la force de conviction du ministre, sa détermination et la rapidité avec laquelle il a mis en place les réformes dans un pays pourtant détruit par la guerre. Ayant un sens aigu des réalités, Ambroise Croizat savait que le temps était compté et que les forces hostiles au progrès social ne tarderaient pas à relever la tête ». Le 31 décembre 1945, Ambroise Croizat s’engage à préparer les textes. Le 8 mars 1946, il les expose au Conseil des ministres, le 15 avril il les fait avaliser au Conseil d’Etat, le 26 avril il les fait adopter à l’Assemblée nationale. « Le premier juillet 1946, la Sécu était née ! Et tout cela malgré un environnement de pressions terribles, poursuit Fernand Granet. Les oppositions n’ont pas manqué. Les médecins refusaient le conventionnement et la fixation des tarifs et des honoraires en hurlant ô « l’étatisation » de la médecine et « au contrôle de leurs activités ». Les patrons n’acceptaient pas de siéger aux côtés de la CGT et nous renvoyaient à « la collectivisation » ou à « Mos-

Avec Pierre Laroque, directeur de la sécurité sociale au ministère, Croizat supervise l’installation du nouveau système. L’unification repose sur les seuls militants de la CGT, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) s’étant déclarée hostile LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 15


LE RÉVEIL DOSSIER cou ». Il faut ajouter à cela l’opposition violente des notables de certaines mutuelles qui ne supportaient pas de perdre ce qu’ils appelaient leur « bien ». « La Sécurité sociale, c’est la vie et la vie c’est l’enfant. Le gage de notre prospérité future ! », déclare A. Croizat le 6 août 1946 à l’Assemblée. Des nouvelles dispositions qui vont, selon ses propos, « permettre d’envisager autrement la vie de famille et l’éducation de l’enfant » : institution pour la première fois d’une prime prénatale, refonte de l’allocation maternité, généralisation de l’allocation de salaire unique attribuée aux étrangers comme aux Français, pour les enfants « naturels » comme pour les enfants légitimes. Au total, un système de prestations familiales unique au monde. L’effet cumulé de ces innovations et du relèvement général des salaires se traduira en 1946 par un doublement du montant des allocations familiales qui sont alors le cœur de la Sécurité sociale. Elles représentent alors la moitié du salaire des familles populaires,

Pierre Laroque.

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ouvrières ou employées. Il augmente les retraites de 130 %. Et personne n’en est mort ! Les agitateurs du trou abyssal comptent pour peu de choses les millions de personnes qui ont pu, grâce à la Sécurité sociale, être soignées, avoir la vie sauve, et puissent finir leur vie dans la dignité. Une enfance digne ne va pas sans une vieillesse heureuse. La notion de retraite offrira, un autre visage. « Celui d’une nouvelle étape de la vie, et non plus d’une antichambre de la mort », soulignait le ministre. Le 7 avril 1946, il propose à la commission du Travail de l’Assemblée nationale l’extension de l’allocation aux vieux travailleurs salariés à tous les Français âgés de plus de soixante-cinq ans. Dans l’hémicycle, une partie de la droite rechigne. Il se bat. Il l’impose. Le 22 mai, la loi est votée. Le sort d’un million cinq cent mille personnes, qui ne dépendaient jusque-là que de la charité ou de la prolongation d’activité jusqu’à l’épuisement, change brusquement. La retraite, dans son acception moderne, était née. La loi du 13 septembre étendra ces dispositions à toutes les personnes âgées non salariées et majorera très largement les rentes des 500 000 mutilés du travail. Quand il quittera le gouvernement en mai 1947, le montant des retraites aura augmenté de 130 à plus de 200 %. Depuis sa mise en place, des attaques seront sans commune mesure avec celles de 1967 qui portent directement atteinte aux grands principes fondateurs de la Sécurité sociale établis par le CNR et Ambroise Croizat. Leurs administrateurs, d’abord désignés par le syndicat, seront bientôt élus par les salariés. Parallèlement se négocie, sous l’arbitrage de Croizat, une convention collective pour les personnels des deux instances nationales employeuses : la Fédération nationale des organismes de sécurité sociale et l’Union nationale des caisses d’allocations familiales, ce qui permettra de reclasser plus de 70 000 agents issus des anciennes caisses.

Pourquoi cette séparation entre caisses primaires et CAF, alors que le projet initial prévoyait une caisse unique ? C’est que l’idée d’un seul organisme concentrant un tel pouvoir aux mains d’ouvriers se heurte à une résistance inouïe. Les membres de la commission réunie en juin 1945 pour préparer les ordonnances sur la Sécurité sociale ne parviennent pas à se mettre d’accord. Depuis la fin de la guerre, l’administration fiscale rêve de mettre la main sur la collecte des cotisations. En 1945, la CGT avait réclamé — en vain — un statut mutualiste pour une caisse nationale afin de garantir sur le long terme le contrôle de l’institution par les intéressés. Les ordonnances Jean-Marcel Jeanneney du 21 août 1967 cassent l’unicité de la Sécurité sociale en créant trois caisses distinctes (maladie, allocations familiales, vieillesse) consacrées, au plan institutionnel, par la création de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS), la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). La Sécurité sociale française est un organisme de droit privé exerçant une mission de service public. Elle n’a ni actionnaires ni PDG. Elle est une propriété sociale. Ambroise Croizat rappelait en 1946 que : « La sécurité sociale, pour assurer son efficacité, …, doit être confiée aux Français et aux Française… ». Les gouvernements qui doivent exercer une garantie et un contrôle a posteriori n’ont aucune légitimité pour la détruire. La création de la contribution sociale généralisée (CSG), un impôt affecté au régime général institué en 1990 par le gouvernement de M. Michel Rocard, marque le début de l’attaque. Même appauvri et mutilé de son caractère autogestionnaire, ce régime a posé les bases d’une toute nouvelle pratique


DOSSIER LE RÉVEIL du salaire, contraire à la pratique capitaliste courante. En 1946, le revenu salarié d’une famille de trois enfants (la moyenne dans les familles populaires) est constitué pour plus de la moitié par des allocations familiales, dont le montant se calcule comme un multiple du salaire de l’ouvrier non qualifié de la région parisienne. Le travail parental est ainsi reconnu par du salaire : on peut être producteur de valeur sans aller sur le marché de l’emploi. Dès 1948, le CNPF soutient que « la Sécurité sociale met en danger l’économie du pays ». Le 10 novembre 1948, la chambre de commerce de Paris prétend que : « La Sécurité sociale est devenue pour l’économie, une charge considérable. » En 1949, Paul Reynaud, président du Conseil, dénonce : « la charge excessive des cotisations sociales qui rend notre situation économique intenable ». Incompétence ou mauvaise foi ? Mais là ne s’arrête pas l’héritage de celui que tous appellent déjà le « Ministre des travailleurs ». De 1945 à 1947, Croizat laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, un système de prestations familiales unique au monde, les comités d’entreprise, la formation professionnelle, la médecine du travail, le statut des mineurs, celui des électriciens et gaziers (cosigné avec Marcel Paul), les classifications de salaires, la prévention dans l’entreprise et la reconnaissance des maladies professionnelles, de multiples ajouts de dignité au Code du travail, la fonction publique, la caisse d’intempéries du bâtiment, la loi sur les heures supplémentaires, etc. Ambroise Croizat reprend l’article 21 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1793 qui établissait le droit au travail et à la santé3. Ambroise Croizat institue les comités d’entreprise et son décret du 2 novembre 1945 avec les cantines, les crèches, les dispensaires, les solutions

Ambroise Croizat le bâtisseur de la sécu et son équipe.

aux problèmes du relogement, le rôle des assistantes sociales, des anciens CMP, des CHS, des IRP, de l’Inspection du Travail (forme nouvelle), du Médecin du Travail. Parmi les immenses conquêtes du CNR fut aussi proclamée par la loi Croizat, la généralisation des comités d’entreprises qui offrirent aux enfants d’ouvriers le droit à la lecture, aux bourses scolaires qui permirent à beaucoup d’envisager des carrières impensables pour des familles des cités et aux vacances. On vit naître également le CNRS, outil de recherche de premier plan qui, avec les nationalisations des banques, des mines et de l’énergie et du Statut National IEG, ainsi que la mise en place de la fonction publique et de la médecine du travail furent les pierres angulaires de ce renouveau social aujourd’hui menacé comme s’il était interdit à la France de s’inspirer des moments historiques qui permirent d’inventer un modèle social méritant d’être rénové, certes, mais pas d’être enterré. C’est d’ailleurs à la lecture de ces mesures que l’on comprend l’étonnante capacité de travail de l’homme et sa volonté d’aller vers toujours plus de dignité. Ainsi, le 25 février 1946, fait-il voter la loi sur la majoration des heures

supplémentaires (vingt-cinq pour cent entre quarante et quarante-huit heures, cinquante pour cent au-delà, cent pour cent les dimanches et jours fériés). Il fit de même pour l’augmentation des primes et le travail de nuit et du dimanche. Dans une période où le gouvernement préconise le blocage des salaires, il intervient à tous les niveaux pour tirer les rémunérations vers le haut. « Inquiet de l’application trop généralisée des salaires minima fixés par les arrêtés, le ministre, dit Annie Lacroix-Riz, agira sans relâche auprès des inspecteurs du travail pour qu’ils poussent les patrons à tendre vers les maxima salariaux. Cette lutte a été particulièrement efficace. Dans tous les secteurs d’activités, particulièrement les plus défavorisés, les salaires grimpent »4. C’est également Croizat qui, à la même époque, fixa à un mois la durée des congés payés pour les jeunes de moins de dix-huit ans, à trois semaines pour ceux de dix-huit à vingt et un ans. Le 2 octobre 1946, il met en place la Caisse de compensation des ouvriers du bâtiment5. Sait-on qu’avant la loi, le moindre jour de pluie équivalait à une journée sans salaire ? Parallèlement, d’autres lois instituent l’égalité de salaire entre homme et LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 17


LE RÉVEIL DOSSIER Car si le statut de 1946 peut être considéré comme fondateur de la conception française, moderne, de la fonction publique concernant à l’époque un peu plus de 500 000 fonctionnaires, celui défini en 1983 peut être qualifié de fédérateur puisqu’il regroupe 5,4 millions de fonctionnaires. Mais si le fonctionnaire est dans une position statutaire et réglementaire, c’est-à-dire protégé par la loi, le salarié du secteur privé ne bénéficie que d’une manière insuffisante de la sécurisation des parcours personnels7. La nationalisation d’EDF-GDF et le Statut national des IEG ne sont pas venus tous seuls, des femmes et des hommes sont morts les armes à la main dans les maquis !!!

19 octobre 1946 mise en place du statut général des fonctionnaires.

femme. « Si l’égalité politique est une victoire partielle, disait le ministre après que les femmes ont arraché le droit de vote sous l’impulsion de Fernand Grenier, l’égalité économique est une victoire complète » 6. L’histoire de la fonction publique en France est pluriséculaire ; mais la promulgation de la loi du 19 octobre 1946 relative au statut général des fonctionnaires revêt une signification particulière. Imprégné de l’esprit du programme CNR le statut a constitué en effet une novation importante. Pendant tout le XIXe et la première moitié du XXe siècle avait prévalu la conception d’un fonctionnaire sujet d’une autorité administrative fondée sur un principe hiérarchique autoritaire. Les associations de fonctionnaires, puis leurs syndicats, dénonçaient alors la menace d’un statut carcan. Dans l’avènement du statut de 1946, il est conforme à la vérité historique de dire le rôle décisif joué par la CGT. Une commission syndicale consultative avait été constituée par le général 18 - LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

de Gaulle pour contribuer à la reconquête de l’administration. Elle ne fut guère activée pour la préparation des réformes administratives prises par ordonnances du 9 octobre 1945. Pour préparer l’élaboration du statut, une commission syndicale était composée de 10 représentants de la CGT et de 2 représentants de la CFTC. On doit donc souligner l’intelligence et le courage de ceux qui ont alors compris que l’on pouvait donner un contenu démocratique et progressiste à un statut législatif. On doit citer à ce sujet le nom de Jacques Prujà, dirigeant de la Fédération générale des fonctionnaires (FGF-CGT) qui joua un rôle décisif dans l’adoption par la Fédération, ancêtre de l’UGFF-CGT, de la revendication d’un statut général. Le ministre de la fonction publique de l’époque, vice-président du Conseil, Maurice Thorez, peut alors déclarer que le fonctionnaire est désormais « considéré comme un homme et non comme un rouage impersonnel de la machine administrative ». C’est-à-dire un citoyen à part entière.

Marcel Paul avait choisi l’homme. Il lui a consacré sa vie. Au nom de l’homme, dans un pays libéré, un combat fut vainqueur, celui de la nationalisation et du statut des travailleurs de l’énergie. Il n’est pas de victoire acquise : ce genre d’héritage n’est qu’une ébauche entre les mains de chacun d’entre nous, car il s’adresse à l’avenir. Le statut du personnel a constitué la dynamique déterminante du succès d’EDF-GDF. Faire en sorte que chacun de ceux qui travaillent, du plus bas niveau au plus haut dans l’entreprise, puisse intervenir comme force de proposition dans sa gestion et influencer ses orientations relevait d’une conception d’avant-garde. Au mois de juillet 1945, Marcel Paul a tenu à témoigner au procès de Pétain. En août 1945, les déportés revenaient ; on découvrait la tragédie des camps de concentration ; le pays était ruiné économiquement par quatre ans d’occupation, décapité du plus grand nombre de ses cadres syndicaux ou politiques arrêtés, fusillés. Le livre de Marcel Dassault, “Le Talisman”, témoigne de la lutte admirable de Marcel Paul à l’intérieur du camp de Buchenwald


DOSSIER LE RÉVEIL pour sauver la vie des autres, pour s’organiser. A Lyon en 1937, un projet de Statut national avait été ébauché. Marcel Paul lui, prévoyait un Statut unique indispensable et mettait l’accent sur la nécessité d’organiser les cadres. Le Programme du CNR précise bien le retour à la nation des richesses du pays. Si les anciens ont pu arriver à cette nationalisation, c’est d’une part parce que toute la classe ouvrière gaz et électricité s’est mobilisée ; d’autre part parce que la CGT unie de Frachon et Jouhaux a menacé d’une grève générale, ce qui signifiait une catastrophe dans un pays qui n’était pas encore relevé. Après la Libération en 1944, la France est confrontée à la reconstruction, il n’y avait pas de charbon, les mines avaient été détruites. Pas de pétrole. Pas de gaz. Les barrages étaient pratiquement hors service. Si l’on veut reconstruire le pays, il faut toute l’industrie… La première des choses était l’énergie. La nationalisation repose donc sur l’application du programme du CNR. C’était une forme de dette d’honneur que d’être conformes à l’héritage de ce combat. Ce sentiment a beaucoup pesé dans la mobilisation du gaz et de l’électricité : le statut était fait avec du sang. Aux côtés de Marcel Paul, le complice de longue date, Ambroise Croizat se battra avec acharnement pour imposer le statut des mineurs et celui du personnel du gaz et de l’électricité (22 juin 1946). Il cosignera d’ailleurs ces documents, qui vont transformer les conditions matérielles, sociales et culturelles des agents de ces deux services publics. De 1946 aux années 70-75, les générations qui nous ont précédés ont connu un temps de construction d’EDF-GDF, pendant lequel les directions comme le personnel étaient en accord sur les finalités à atteindre : nous construisions un service public. Les anciens collègues ont en trois générations conquis, bâti, défendu, préservé ou, hélas quelques fois, concédé aux fondements de la na-

tionalisation, (résultat du rapport des forces). Le Statut est fait pour tout le monde ; c’est le contrat de travail de tout le personnel ! Marcel Paul a déposé plusieurs projets à chaque fois, il fallait rédiger, retenir ce qui pouvait être accepté ; voir ce que l’on pouvait retirer sans toucher au fond. Il faut remarquer que Marcel Dassault reconnaissant que Marcel Paul lui avait sauvé la vie au camp de Buchenwald vota à chaque fois les textes de la nationalisation d’EDFGDF mais aussi le Statut National des IEG, tandis que Ramadier et Louvel étaient férocement contre, ils voulaient ne pas nationaliser la distribution ni les barrages. Marcel Paul, le jour de son investiture en novembre 1945, s’adresse ainsi aux hauts fonctionnaires : « On ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les articles du Code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre ! » Les électriciens et gaziers, devenus par le biais de la nationalisation, selon les mots de Paul, « acteurs, citoyens, gérants de leur entreprise », redonneront à la France l’énergie qui lui manquait. « À développement économique à la hauteur des ambitions de la nation, il faut un statut social à la hauteur des besoins des hommes. » Cette phrase de Paul, étonnante de modernité, traverse la politique mise en place sous l’inspiration du CNR. C’est cela, qui a été dur. De Gaulle avait bien dit qu’il voulait les nationalisations, mais en janvier 1946, de Gaulle est parti. Le Statut national était le contrat social découlant directement de la loi avec cette force qui reste un de nos principes : un personnel directement partie prenante, intéressé à la construction du pays. La grande innovation du statut des électriciens et des gaziers est que la gestion des œuvres sociales incombe totalement au personnel (solution unique au monde), dirigées uniquement par le personnel, alors que les

comités d’entreprise sont cogérés par les représentants du personnel et de la direction. Les Œuvres sociales gérées par le personnel étaient financées par 1 % minimum des revenus de l’entreprise. Quand il s’est agi d’indemniser les anciennes sociétés, Marcel Paul a pensé aux petits porteurs et s’est dit : “ils vont se faire avoir !” Il a donc décidé 1 % pour l’indemnisation des petits porteurs, mais donnant donnant : 1 % pour le personnel, et nous avons eu le 1 % minimum. Un service public peut investir mais il ne peut pas faire de bénéfices. Ensuite, vient le lock-out : Le 19 ou le 20 février 1951, la police a occupé le siège du CCOS du 22 rue de Calais. On n’a jamais vu cela : les flics avec des mitraillettes braquées dans la nuit sur les façades du siège ! Il y avait eu le décret Louvel portant la dissolution du CCOS. Il faisait obligation de licencier le personnel, environ trois cent personnes. Le 1er janvier 1964, la CCAS a repris la gestion avec son premier président, René Le Guen marquant ainsi, après des années de confiscation de leurs prérogatives, la reprise de la gestion des activités sociales des électriciens et gaziers par les seuls représentants du personnel comme le prévoyaient les dispositions inscrites au statut national adopté en juin 1946, cette disposition moderne et avancée de notre statut.

Vote pour élection des administrateurs des caisses de la sécurité sociale 24 avril 1949.

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LE RÉVEIL DOSSIER il fallait essayer d’aligner par le haut tout ce qui existait de positif dans le dispositif des statuts des anciennes sociétés.

Ambroise Croizat et Marcel Paul.

La nationalisation, le Statut, restent valables aujourd’hui. La lutte contre le profit et pour la répartition des richesses entre les hommes, aussi. La solidarité, la lutte pour la justice sociale, pour le droit à la santé, à l’éducation, toutes ces idées donnent de la force. Ce sont des idées d’avenir. Le Statut National des industries électriques et gazières permet à tous les agents (femmes ou hommes) à qualification égale d’avoir une égalité de traitement, mais aussi d’avoir une certaine tranquillité d’esprit et une évolution de carrière quel que soit l’endroit où ils travaillent. Avoir la garantie de l’emploi, c’est exister en tant qu’individu. Le statut national avait de nombreux aspects précurseurs, notamment cette conception du salaire d’inactivité.

Ce sont les hommes et les femmes qui composent la société qui en font l’histoire. Il n’y a pas de réflexe inné ; rien n’est simple. Nous avons un outil formidable entre les mains. Il a marqué plusieurs générations. Nous savons que nous risquons d’assister à sa disparition. Ne laissons pas qui que soit décider à notre place. Alors prenons notre destin en main. Gérard Del Maschio, Agent EDF/RTE

Si pouvoir vivre décemment, c’est être privilégié, on marche en arrière. La grande force de personnalités comme Marcel Paul et Ambroise Croizat est qu’ils avaient une confiance en les hommes. Leurs volontés étaient de former les nouvelles générations pour que tout repose non plus sur un, mais sur chacun d’entre nous. Il faut que les jeunes apprennent à avoir confiance en eux-mêmes. Quelque chose d’unique au monde a été placée entre les mains des agents. A eux de décider de ce qu’ils en font. C’est que ce Statut national est toujours d’actualité. C’est paradoxal : l’actualité, c’est préserver les acquis du passé ! Nos anciens sont arrivés quand il y avait tout à faire. Pour le Statut national, Marcel Paul l’a dit lui-même, 20 - LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

Février 1951 hommage à A. Croizat.

1 - La sécurité sociale L’histoire d’une des plus belles conquêtes de la dignité racontée à tous - Michel Etiévent - Editions GAP - 2013. 2 - Bernard Friot, Le Monde Diplomatique, 12/2015 3 - Michel Etiévent, écrivain 23 novembre, 2012, L’Humanité 4 - Annie Lacroix-Riz, Le mouvement social, Avril-juin 1983 5 - La loi attribue 75 % du salaire pendant toute la période où les intempéries ne permettent pas de travailler. 6 - L’Humanité, 10 juin 1948 7 - Anicet Le Pors


ACTUALITÉS LE RÉVEIL

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Continuons dans les villes et les départements à multiplier les initiatives pour la Paix

Quelle belle initiative que ces Etats Généraux de la Paix à l’initiative de l’ARAC ! L’acte 2 donne à ce rassemblement son caractère durable, soulignant ainsi que l’action pour la Paix est une urgence absolue qui exige de la détermination et un combat sans relâche, au-delà d’un simple acte ponctuel à dimension symbolique. Aussi devons-nous relayer ce combat pour la Paix dans nos engagements respectifs, comme je m’efforce de le faire comme député au sien de la Commission de la Défense ou par les actions du groupe parlementaire de la Gauche Démocrate et République et des députés communistes, telles que les rencontres pour la Paix et le désarmement nucléaire du 26 septembre à l’Assemblée nationale. A nous tous de donner aussi à ce combat la force nécessaire dans les territoires que nous représentons en le mettant au premier plan de nos expressions et actions locales. La Paix est un bien précieux. Sans aucun doute le bien le plus précieux pour les populations de notre planète à l’heure des conflits qui se multiplient, avec leurs lots d’horreurs et de souffrances par des millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Mais n’oublions pas que ce fléau de la guerre n’est pas seulement entretenu par des gouvernements tenant d’idéologies obscurantistes, dominatrices et combien inhumaines, il l’est aussi par le pouvoir de l’argent. Marchands de canons multinationales prédatrices et gouvernements réactionnaires font toujours bon ménage !

André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme

Mémoire, Paix rassemblées à Rennes L’ARAC 35 avec le Mouvement de la Paix et la Maison Internationale de Rennes se retrouvaient à Rennes, samedi 26 octobre dernier. Dans l’esprit des Etats Généraux de la Paix de septembre dernier, la rencontre posait un regard sur l’histoire, la mémoire et les situations d’aujourd’hui. Les montages vidéos réalisés par Joël Lacire, l’exposé de Georges Ploteau rappelaient l’année 1919, le 100e anniversaire du Traité de Versailles, l’arrêt d’une guerre, ce n’est pas la Paix si l’on ne s’attaque pas aux causes profondes qui amènent aux conflits. L’entre-deux guerres amenait la situation de 1939 que prévoyaient malheureusement nos aînés. Ces premières années de guerre étaient rappelées en direct, parfois même avec humour par deux figures de la Résistance, membres de notre comité d’Honneur départemental : Tintin Perrigault (98 ans, ancien FTP) et Maxime Le Poulichet (92 ans, ancien FFI) et deux « enfants » de cette époque Jean Le Chanu (orphelin pupille de la

Allier (03) Marche pour la Paix Le samedi 21 septembre, le président Claude Guillemin et le secrétaire départemental Christian Bertrand et quelques camarades de l’ARAC étaient présents aux côtés notamment de la CGT et du PCF au rassemblement organisé à Moulins dans le cadre de la “Marche pour la Paix”.

guerre 14/18), Louis Cardin marqué par la meurtrière attaque de Rennes en 1940 et celles qui suivirent. Nos amis kurdes et nos amis palestiniens ont contribué par leurs témoignages à éclairer les enjeux politiques dans cette région, aidé par notre ami Jean Le Duff. Les cartes pétitions rappelant les propositions des Etats Généraux de la Paix venaient conclure cet après-midi, très dense.

Gironde (33) Tenus au siège de l’ARAC-33, faute de salle ailleurs, les Etats Généraux de la Paix, ont vu une participation de plus de 50 personnes, des sections et CD Arac et des coorganisateurs dont la L.P., la L.D.H.,.le P.g., la F.I., le Mt Rationaliste pour la Paix. Nombreux excusés dont le Pcf, le Mt de la Paix… A tous, il est apparu urgent de se rassembler et d’agir ensemble pour la paix et la souveraineté des peuples, la satisfaction des revendications étant inséparable du combat de la Paix, de même que pour la réhabilitation des “Fusillés pour l’exemple”. Et, nous mesurons les efforts d’activités et de renforcements à réaliser. Un encouragement : la déclaration a été adoptée et une adhésion réalisée. Régis Saphores LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 21


LE RÉVEIL VOS DROITS

Villejuif le, 15 novembre 2019

Madame Florence PARLY Ministre des Armées 14 rue Saint-Dominique 75700 PARIS 07 SP Madame la Ministre, Nous souhaitons attirer respectueusement, mais avec force, votre attention sur l’amendement N° 2570 adopté par 105 voix contre une à Assemblée Nationale, relativement au bénéfice de la demi-part fiscale aux veuves d’Anciens Combattants dont le mari était soit titulaire de la carte du combattant ou d’une pension servie au titre des PMI. Nous nous en félicitons vivement et nous insistons auprès de vous afin que, grâce à votre appui, cet amendement soit adopté à son tour au Sénat lors de la discussion des articles non rattachés à la loi de finances. Nous nous permettons d’insister sur le caractère d’urgence d’une telle disposition qui concerne, pour l’essentielle, une population – les veuves d’Anciens Combattants – dont les revenus (bien souvent la seule pension de réversion) sont nettement faibles et voisinent trop souvent le montant minimum de survie. Aujourd’hui, apparaît ainsi fondamentale la nécessité d’un traitement égalitaire envers ces veuves d’Anciens Combattants qui ont eu la douleur de perdre leur époux et se voient frappées par une « double peine ». Quelle différence, dans la douleur, la solitude, le dénuement financier entre une veuve dont le mari est mort après avoir perçu la retraite du combattant et celle dont le mari ne l’a pas perçue parce qu’il est « mort trop tôt » ? Nous avons à faire là à deux hommes qui ont servi leur pays, fait leur devoir sous les drapeaux et auxquels la Nation a affirmé sa reconnaissance en leur attribuant la carte du combattant ! Comment justifier une différence de traitement, une inégalité de traitement à cette peine d’avoir vu le mari partir trop tôt ? Pour cette juste prise en compte de la reconnaissance de la Nation, pour la fin d’une inégalité de traitement insupportable envers cette reconnaissance, Le Bureau National de l’ARAC réuni le 15 novembre 2019 à Villejuif vous demande solennellement au nom de ces veuves de porter l’amendement en question et de servir ainsi la mémoire de la Nation et un droit à reconnaissance égale pour toutes. Veuillez agréer, Madame la Ministre, nos respectueuses salutations. Pour le Bureau National Patrick Staat, Secrétaire Général Copies : Mme G. Darrieusecq (Secrétaire d’Etat), Premier Ministre et J.-P. Dufregne (député)

22 - LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019


VOS DROITS LE RÉVEIL

Compte-rendu de la réunion plénière de la commission « Reconnaissance et défense des droits ». « Action générale et sociale » du 21 octobre 2019 à heures au siège de l’UFAC sous la présidence de Messieurs André Cognard vice-président et Claude Henry Trente-quatre membres de l’UFAC étaient prévus pour cette réunion, mais seuls quatorze étaient présents. Cette défection était essentiellement due aux problèmes posés par les mouvements de La SNCF. Depuis la dernière assemblée générale de mai 2018, l’UFAC a maintenu André Cognard comme vice-président. Le nouveau président national, Monsieur Lépine s’était excusé et son absence fut regrettée car il faut absolument assurer la survie de l’UFAC. Après ce préambule un compte rendu de la commission de la défense nationale a été fait par André Cognard. Furent présentes de nombreuses associations dont l’UF, l’ARAC, le président Lépine prit la parole le premier. Toutes les associations nationales étaient représentées sauf celles non invitées comme les cheminots, les orphelins de guerre, etc. Le budget 2020 est en diminution de plus de 6 %, ce qui est inacceptable. Le budget pour la mémoire subit également une diminution. Serait prévue une extension des bénéficiaires pour les soldats présents en Algérie de 1962 à 1964. La valeur du point PMI subirait un retard de 7,13 %. Avec une mortalité de 5,20 % dans l’année, l’utilisation partielle des économies » permettraient la résolution de la majorité des demandes sollicitées par le monde ancien combattant… mais ce principe a toujours été fortement rejeté par l’administration. M. André Cognard a été auditionné

par un député du Var faisant partie du groupe modem et il lui a été indiqué que les fonds non utilisés sont attribués au budget des armées qui augmentent de 67 % afin de financer des engins de guerre. Le combat pour la paix ne semble plus exister !!! Points prioritaires défendus 1 - La demi-part fiscale pour les veuves de 74 ans dont l’époux est décédé avant 74 ans. M. J.-C. Lagarde député serait d’accord pour déposer un amendement en ce sens. Mme Darrieussecq Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre continue à s’opposer formellement à cette demande en invoquant le principe « d’un droit dérivé ». Or ce principe de droit n’existe pas en droit français. 2 - Bénéfice de la campagne double Aucune avancée n’a été constatée après 18 mois d’études !! La réponse ne tient pas compte des spécificités des combats en Afrique du Nord (spécialement Algérie). L’assimilation avec tous les autres conflits est toujours refusée, à savoir la simple présence sur le territoire de guerre. 3 - Revalorisation du point PMI A compter de 2005 le retard serait de 7,13 %, Mme la Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et Victimes

de Guerre serait favorable à la tenue d’une commission tripartite en 2020. Questions diverses Pérennisation de l’ONAC dans les départements, nécessité absolue d’au moins deux fonctionnaires dans chaque département, voire davantage si besoin est. Nouvelle crainte : est prévu le remaillage des services départementaux avec au moins 92 suppressions de postes. M. André Cognard conseille de lire l’article d’André Fillère paru dans le Réveil des Combattants (journal de l’ARAC) à ce sujet. Nécessité pour les UDAC dans les départements de saisir les parlementaires pour obtenir le maintien des services. Il apparaît de toute évidence que le monde ancien combattant n’intéresse que peu ou pas les jeunes parlementaires. En ce qui concerne la revalorisation du point PMI et la création de la commission tripartite, il est absolument indispensable que toutes les associations se mettent d’accord sur le chiffrage de la demande. Il faut que « les violons soient tous bien accordés ». C’est la raison pour laquelle le Président Lépine souhaite que toutes les associations se réunissent en amont, éventuellement au siège de l’UFAC. Il apparaît que le budget des ACVG participe au budget du service national universel… alors que cela semblerait plutôt ressortir de l’Education nationale… Sur cette constatation la séance a été levée vers 15 h 50. LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 23


LE RÉVEIL VOS DROITS

Augmentation de la retraite du combattant et des pensions de guerre Un arrêté du 23 octobre 2019 paru au JO du 31 octobre 2019 fixe la valeur du point d’indice régissant le montant de la retraite du combattant, la valeur des pensions militaires d’invalidité et le plafond de la rente mutualiste ancien combattant • à 14,46 euros à compter du 1er janvier 2017, • à 14,57 euros à compter du 1er janvier 2019. Par conséquent, le montant de la retraite du combattant s’élèvera donc annuellement à 757.64 euros au lieu de 751.40 euros (soit 378.82 euros par échéance semestrielle). Le rattrapage des arrérages de retard se fera lors du versement de la prochaine échéance.

➢ Rappelons que, pour percevoir la Retraite du Combattant, il faut être titulaire de la Carte du Combattant. Celle-ci doit être demandée par les intéressés aux services départementaux compétents, et son obtention répond à certains critères précis. ➢ Rappelons également que les titulaires de la Carte du Combattant ou du Titre de Reconnaissance de la Nation peuvent se constituer une rente mutualiste ancien combattant qu’ils sont les SEULS en France en capacité de postuler. Cette rente est exceptionnelle, non imposable, subven-

tionnée par l’Etat de 12.50 % à 60 %, bénéficiant en plus chaque année des majorations légales des rentes viagères, dont les versements constitutifs sont déductibles en totalité du revenu imposable et qui - selon l’option choisie permettent le reversement du capital constitué à la personne désignée. Pour en savoir plus, s’adresser à : La Mutuelle Familiale - Groupe de l’Arac - 52 rue d’Hauteville - 75487 Paris Cedex 10. Email : mutuarac@ mutuelle-familiale.fr Tél. 09 88 81 00 16

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24 - LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019


VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL

Corrèze (21) Gentioux - Michel AGNOUX délégué à la mémoire a centré son intervention sur les conditions d’interdiction de l’ARAC et d’emprisonnement de ses dirigeants au début de la drôle Michel AGNOUX pendant de guerre le 1er noson intervention. vembre 1939 par Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur pour qui le communisme était le principal danger.

Loiret (45) Hommage à Georges Seguy décédé en 2016. Ce vendredi 11 Octobre 2019, par le comité départemental du Loiret de l’ARAC et de ses sections de Montargis et Fleury-Saran. Repas fraternel au Relais des Étangs. L’après-midi Hommage aux résistants.

Rocles (03) Hommage aux Fusillés pour l’Exemple Pour la 11e année consécutive, un rassemblement a eu lieu, samedi 9 novembre devant le monument aux morts pacifiste de ROCLES pour exiger du gouvernement la reconnaissance des “Fusillés pour l’exemple”. Cette cérémonie s’est déroulée en présence d’une centaine de personnes dont Jean Paul Dufrègne, député PCF de l’Allier, des élus locaux et départementaux, des représentants de l’ARAC, de l’ANACR des adhérents d’associations et syndicats sensibilisés par

le mouvement pour la paix. Christian Bertrand, secrétaire départemental, accompagné de ses porte-drapeaux représentait l’ARAC.

Saint-Martin-du-Var (06) Le 12 et le 15 septembre 2019, 2 belles journées de fin d’été. La première pour nos Anciens Combattants ATM par une visite du fort de la Drète sur les balcons de Nice. 5 de nos camarades Anciens Combattants ont participé. Accueil très chaleureux et très convivial avec petit-déjeuner, repas, visite du musée offert par le Conseil Départemental au monde AC du 06. Merci Monsieur Ginesy pour cette journée. La 2e journée a rassemblé dans notre bel arrière-pays Niçois plus de 40 convives pour le banquet fraternel annuel entre Anciens Combattants Anciens Combattants ATM, amis et membres de l’ARAC et sympathisants. Un bon repas avec des spécialités de

l’Esteron au restaurant La Capelline, très très apprécié. A cette occasion notre Camarade Joseph Grilli a reçu le diplôme de 20 années de Porte-drapeaux, avec l’Insigne Bronze Etoile Dorée, décernée par Madame la Secrétaire d’Etat aux A.C. Notre Camarade Christian Deniort ACTAM (1962.64) a reçu la médaille du Combattant au titre de La Reconnaissance de la Nation. Joseph Audibert et Georges Durand excusés seront décorés ultérieurement.

Seine-Saint-Denis (93) La section de Bagnolet organise, depuis plus de 20 ans, des sorties sur des sites historiques : Oradour, Compiègne, Arras, Vichy, Caen, Bapaume, musée Henri Barbusse, Châteaubriant, etc. Samedi 28 septembre nous avons visité le musée de Lorris, qui évoque la Résistance dans le département du Loiret. Dans le car, où nous étions 48, j’ai évoqué le parcours de notre association, le 100e anniversaire de la section de l’Arac de Bagnolet.

Le 1er Président en 1919 Jules Vercruysse, gueule cassée, fusillé à Châteaubriant. Nous avons honoré sa mémoire lors du forum des associations avec une exposition où nous avons affiché une photo datant de 1920 où l’on peut voir le drapeau de l’ARAC de Bagnolet, photo prise devant l’école Henri Barbusse de Bagnolet. Nous avons écouté, en boucle, le CD de Noëlla guerre à la Guerre. Chaque année nous organisons le banquet du 11 novembre, comme

pour le 8 mai, vente du bleuet, 50 personnes sont déjà inscrites. Lors de cette sortie nous avons enregistré 1 adhésion, nous enregistrons donc, pour 2020, 3 adhésions. Michel Chaput Membre d’honneur du conseil national. LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 25


LE RÉVEIL VIE DE L’ARAC

ARAC - 13 11 Novembre 2019. La section de l’ARAC de Saint-Just/Malpassé des 13/14° arrondissements de Marseille a rendu l’hommage à ses poilus morts pour la France toute la matinée devant 5 monuments différents. Le secrétaire général de la section Patrick Saintenoy maître des cérémonies fit lire brillamment le message par une écolière du quartier, Melle Lou Le Tellec Schmit, en présence des porte-drapeaux dont le plus jeune a 8 ans, de nombreux élus, Mme le Maire des 13/14° Arr., M le Sénateur, Mme la Députée, Mme et M. les Conseillers Départementaux du Canton, de nombreux élus Municipaux du secteur et de la Mairie Centrale, à noter la présence du Général d’Armée de la gendarmerie Galtier, de nombreuses associations du quartier étaient représentées. La section de l’ARAC a convié à la fin de la dernière cérémonie la population à lever le pot de l’amitié en son siège.

Paris (75) - Jardin « Martha Desrumaux : une femme d’honneur » Le Jardin de la caserne de Reuilly a été inauguré le 18 octobre dernier, en présence de Catherine Barati-Elbaz, Maire du 12° arrondissement de Paris et Catherine Vieu-Charier, Adjointe au Maire de Paris en charge de la Mémoire, de Pierre Laurent, Sénateur. Ce lieu porte désormais le nom de « Martha Desrumaux », figure emblématique du mouvement ouvrier et de la Résistance, déportée à Ravensbrück avec Geneviève de Gaulle et Marie Claude Vaillant-Couturier et personnalité engagée fortement jusqu’à la fin de sa vie dans le combat pour les droits des femmes, et pour l’émancipation des peuples. Cette initiative est l’aboutissement d’une proposition du groupe communiste au Conseil de Paris, présidé par son président Nicolas Bonnet Ouladj, posée en mars 2018. Pierre Outterick, historien, a retracé,

dans une conférence, les grandes étapes de la vie de Martha, et relancé l’Appel des « Amis de Martha Desrumaux » signé par de très nombreuses associations et personnalités – dont notre ARAC : « MARTHA DESRUMAUX : UNE OUVRIERE AU PANTHEON ! »

Somme (80) Pour la troisième année consécutive, l’ARAC départementale de la Somme (80) à organisé son repas républicain qui s’est déroulé à Woincourt avec la présence de Jacques Verrier Membre du Secrétariat National. Cinquante convives ont participé à cette journée dans la joie et la bonne humeur et avec beaucoup d’émotions

Saint-Raphaël (83) Exposition labellisée par le ministère des armées : les poètes et la guerre, au centre culturel de St-Raphaël, après l’exposition au collège Alphonse KARR, l’ARAC a présenté 14-18 le front de poètes, le traité de Versailles, conduisant à la guerre 39-45, les poètes résistants avec l’ANACR dans le cadre de la libération de la Provence qui a contribué au débarquement. Gérard Vallée 26 - LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

en souvenir de notre ami et camarade Michel Tran Van.

Vertou (44) L’ARAC s’engage pour les générations futures La section ARAC de Vertou, s’affirme dans la continuité de création d’évènements sur la commune de Vertou. Après le succès de la conférence animée par Henri Pouillot, sur les témoignages d’anciens appelés sur la guerre d’Algérie, notre section vient de renouveler et relever un nouveau défi. Elle a réussie à faire venir dans l’espace Beautour le 25 octobre dernier 40 personnes pour la projection du film

« Menaces en mer du nord » de jacques Loeuille. Ce film dénonce l’immersion d’immenses stocks de munitions déversés en mer, au cours du 20e siècle. Cette projection fût suivie d’un débat et du verre de l’amitié, qui vit la satisfaction des participants, qui entre autre pour beaucoup découvrir notre ARAC, à qui nous avons distribué bon nombre de réveil.


VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL

Jean-Pierre Berot, notre porte-drapeau national Lors du Bureau National de l’association, le 15 novembre, c’est avec plaisir et de manière solennelle que Raphaël Vahé, président national de l’ARAC, a remis à notre nouveau porte-drapeau son diplôme et son insigne de porte-drapeau national. Jean-Pierre Berot, adhérent de longue date de notre association, membre de la section de l’ARAC Villejuif, a reçu son intronisation avec beaucoup d’émotion. Les porte-drapeaux sont les ambassadeurs de notre association devait déclarer notre président, il poursuit : Notre France, à l’ARAC, c’est celle qui, dans ses messages et dans ses actes, respecte la devise de notre République : « Liberté, égalité, fraternité » née de la Révolution française qui a éclairé tous les peuples du monde et nourri leurs espérances. Notre France à nous, c’est celle que chantait Jean Ferrat, qui chante encore et encore dans nos cœurs et dans notre raison… Notre drapeau c’est celui que vous portez dans les combats d’aujourd’hui pour imposer la solidarité des peuples et des nations et pour le transmettre

aux jeunes générations d’aujourd’hui et de demain, pour qu’à leur tour, elles fassent leurs ces combats. Le drapeau tricolore porté par l’ARAC, c’est celui des droits de l’homme proclamés en 1793, celui qui flottait au pied de la Bastille après la victoire du Front Populaire, celui pour lequel se sont battus et sont morts : René Sahors, le colonel Fabien, Jean Moulin, Missak Manouchian, Guy Moquet, Danielle Casanova et tous les Résistants de France, massacrés par les nazis et leurs complices. Et parce qu’il est de l’espérance dans un avenir heureux pour toute l’humanité, il doit être aussi porté par la jeunesse qui n’a pas combattu dans les guerres dont les anciens combattants ont tous été victimes. C’est cette jeunesse-là, qui, aujourd’hui et demain prendra, dans l’ARAC, le relais de nos combats pour la Paix, pour la victoire des idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité, de toutes les luttes citoyennes pour défendre les vraies valeurs humanistes exprimées dans la devise de la République.

Remise médaille porte-drapeau national à JeanPierre BEROT

Porte-drapeaux de l’ARAC, vous portez le drapeau de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, vous portez le drapeau de l’espérance pour le peuple de France, pour tous les peuples de la terre. Honneur à toi Jean-Pierre et toute notre reconnaissance ! Jean-Pierre était accompagné de son épouse Mado et de sa fille.

Hommage à notre ami D. Tanneveau Daniel Tanneveau nous a quittés le 4 novembre 2019, dans sa 85e année et ses obsèques ont eu lieu le 14 novembre à Ballainvilliers (Essonne) en présence d’une nombreuse assistance et de drapeaux de l’ARAC. Daniel était un homme discret, généreux et efficace qui milita pour commencer à l’ARAC de Ste-Geneviève-des-Bois (91). Dès les années 1980, il travailla à nos côtés pour doter la Mutuelle de l’ARAC Anciens Combattants d’un système informatique de haute qualité qui fit l’envie de nombreuses autres mutuelles anciens combattants. D’abord trésorier adjoint de la mutuelle, il devint rapidement trésorier général, de même qu’il se consacra à la trésorerie générale de l’ARAC de l’Essonne au côté d’André Fillère. Membre du collectif qui érigea le mémorial ATM départemental à Evry, Daniel (dirigeant national de l’ARAC) s’investit au sein du service départemental de l’ONAC. Ce fut d’ailleurs son dernier acte politique, un premier AVC le surprenant l’après-midi d’une rencontre amicale avec les personnels de l’UDAC Evry. Bien qu’en retrait pour cause de santé, Daniel ne manquera jamais de porter son aide pour l’installation de la nouvelle trésorière départementale et conservera jusqu’au bout des liens serrés avec nous. Qu’Annick son épouse, Laurent et Marie-Laure ses enfants, Sandrine et Raphaël ses petits-enfants trouvent ici les condoléances et le soutien de l’ARAC Essonne et de l’ARAC nationale.

LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 27


LE RÉVEIL 11 NOVEMBRE 2019

Cérémonie du 11 novembre 2019 à Paris

Charente (16) L’ARAC d’Angoulême a participé à la cérémonie du 11 novembre 2019 devant la stèle Gontran LABREGERE en présence de M. Xavier BONNEFORT, du député Mesnier, du conseiller départemental Sardin du comité de quartier, enfants des écoles, nos porte-drapeaux. Après les remerciements aux porte-drapeaux, nous avons eu le droit au café à l’école offert par l’ARAC.

Drapeau de l’Arac à l’Arc de Triomphe à Paris.

L’ARAC a naturellement répondu « présente » à l’invitation officielle par les hautes autorités de la République pour participer à ce 101e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918. Raphaël Vahé, président, Liliane Rehby, secrétaire nationale, ont été mandatés pour y participer, dès le matin, à l’Arc de Triomphe avec de nombreux porte-drapeaux dont celui de l’ARAC : Jean-Pierre Berrot (de Villejuif) pour le ravivage de la Flamme du Soldat Inconnu. Liliane Rehby a ensuite été déléguée pour représenter l’ARAC à un déjeuner officiel, offert par la Présidence de la République, en l’honneur des représentants des douze grandes associations ACVG – dont l’ARAC – des porte-drapeaux associations, des commissaires de la Flamme de l’Arc de Triomphe. Plus de 150 personnes y ont

assisté. La Secrétaire d’Etat Geneviève Darrieussecq a souligné le travail commun des associations ACVG dans la préservation du droit à réparation… notamment dans les groupes de travail et de dialogue qu’elle a institués. Tout le monde s’est ensuite rendu à l’inauguration du monument aux « morts pour la France » en opérations extérieures au jardin Eugénie Djendi, Parc André Citroën, en présence du Président de la République, de la Ministre des Armées, et de la Secrétaire d’Etat, aux côtés des familles des victimes… Cette longue journée s’est achevée à l’Arc de Triomphe pour le dévoilement de la plaque hommage aux combattants des opérations extérieures en présence d’un public fourni et d’une assistance nombreuse de jeunes…

Villejuif (94) Souvenons-nous le 11 novembre 1918 à 11 h le cessez-le-feu signé le matin même sera effectif, entraînant dans l’ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons, et annonçant la fin d’une guerre qui a fait pour l’ensemble des belligérants plus de 18,6 millions de morts, d’invalides et de mutilés, dont 8 millions de civils. 28 - LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

Sarthe (72) Rassemblement pacifiste Lundi 11 novembre, un rassemblement pacifiste pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de 14-18 et contre toutes les guerres, s’est tenu à Allones, en présence de la Ligue des Droits de l’Hommes (Le Mans), l’ARAC Sarthe, l’ADECR 72, la Libre-Pensée de la Sarthe et le Mouvement de la Paix 72.


Ensemble, donnons à l’ARAC et au Réveil, les moyens de continuer les combats engagés par Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier De nombreux camarades de l’ARAC, comités départementaux, sections locales, lecteurs et amis du Réveil, ont contribué à la souscription nationale pour permettre à l’ARAC, au Réveil, de rester l’Association et le journal créés par Barbusse et Paul Vaillant-Couturier. En 1917, nous disions que la République était menacée, qu’il fallait s’attaquer aux causes des guerres, faire quelque chose de neuf, mener le combat antifasciste, ce sont les raisons qui ont conduit à la création de l’ARAC. Chacun peut mesurer qu’aujourd’hui, dans notre pays, les combats de l’ARAC, son engagement pour la paix, les droits, la défense des valeurs républicaines, le combat antifasciste depuis 1 siècle, sont plus que jamais d’une profonde actualité. Fiers de notre histoire, nous continuons à mener ces luttes, à faire comprendre les enjeux, à défendre la démocratie et la souveraineté de la France, à défendre tous les droits sociaux, à agir contre les inégalités. Nous savons que la satisfaction des revendications est inséparable du combat pour la paix, l’actualité le prouve chaque jour. Alors oui nous avons encore besoin de vous. C’est vous, par vos dons, votre aide, qui permettez à notre association, à notre journal de continuer à exister. Autour de vous, participez et animez cette souscription, un 1er pas a été franchi, il dépend tous d’assurer la suite. Continuons à nous mobiliser.

LE COMBAT CONTINUE… Merci à eux 6 - SECTION LOCALE DE ST MARTIN DU VAR : 100 7 - MME LAVILLE MARTHE : 20 21 - M. IANELLI Jean : 38 21 - M. COPIN RAYMOND : 50 21 - SECTION LOCALE DE CHENOVE : 200 31 - M. LARRIEU JEAN : 200 34 - COMITE DEPARTEMENTAL DE L’HERAULT : 500 34 - SECTION LOCALE DE VIAS : 100 36 - COMITE DEPARTEMENTAL DE L’INDRE : 1 000 36 - SECTION LOCALE DE CHATEAUROUX : 500 38 - M. LINOSSIER PAUL : 20 42 - M. ET MME VACHER JEAN : 100 45 - SECTION LOCALE DE FLEURY SARAN : 250 45 - COMITE DEPARTEMENTAL DU LOIRET : 250 45 - SECTION LOCALE DE MONTARGIS : 250

51 - M. RAGOUILLIAUX BERNARD : 20 63 - COMITE DEPARTEMENTAL DU PUY DE DOME : 1 000 66 - M. MENCHON Manuel : 100 75 - MELLE SIONNEAU EMMA : 20 77 - M BUNLE Nicole : 10 83 - SECTION LOCALE DE GONFARON (CD83) : 50 83 - SECTION LOCALE DE FREJUS - 300 91 - MME TRUHE : 50 91 - SECTION LOCALE DE BRETIGNY : 100 91 - M. ET MME GOULIER J.-P. : 100 93 - M. DAVID J.-P. : 30 93 - M. PILI RAPHAEL : 200 94 - SECTION LOCALE ALFORTVILLE : 200 94 - SECTION LOCALE DE VILLEJUIF : 300 95 - M. HOFFMANN JEAN PIERRE : 100

Tombola de Noël Dans ce numéro, vous trouverez la lettre T et un carnet pour la tombola de Noël du Réveil. Chaque année, c’est une voiture qui est mise en jeu. En 2018, c’est nos amis Jacques et Christine Foulon de Cachan qui ont été les heureux gagnants.

Christine et Jacques Foulon de Cachan

Pourquoi pas ? Alors renvoyez votre chèque et vos souches du carnet avec la lettre T.

LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 29


LE RÉVEIL VIE DE L’ARAC

Aisne (02) - Le Comité départemental de l’ARAC de l’Aisne soutient plus que jamais les gilets jaunes L’ARAC de l’Aisne avait pris une délibération, au printemps dernier qui « apportait et apporte son soutien au mouvement social des gilets jaunes et aux organisations syndicales ». L’ARAC 02 a « une pensée solidaire pour les mutilés et blessés lors des manifestations ». Elle relève que « des milliers de gens sont en souffrance en terme de pouvoir d’achat et beaucoup sont dans le rouge, à la banque ».

L’association évoque aussi le sort des retraités qui après avoir cotisé toute leur vie ont « une retraite de misère », ainsi que les 9 millions de personnes « oubliés des discours présidentiels » vivant sous le seuil de pauvreté, alors que l’argent existe, comme le montre l’actualité »… Le gouvernement « méprise et provoque le peuple français, en refusant d’augmenter le SMIC et les retraites

Villejuif (94)

ARAC VILLEJUIF débat révolution francaise.

et en refusant de rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune, et de s’attaquer réellement à la fraude fiscale ». Le peuple de France, patrie de la Révolution Française des droits de l’Homme et du Citoyen se doit de réagir. L’ARAC 02 continuera de se joindre aux « Ronds-points », véritables carrefours locaux des luttes sociales et politiques… et de résistance populaire.

Formation L’ARAC de Villejuif a tenu une conférence sur la Révolution française et l’actualité des valeurs républicaines aujourd’hui, à la médiathèque le 18 octobre 2019 avec Carlos Escoda, historien de la révolution française et Patrick Staat secrétaire général de l’ARAC, Jean-Louis Giraudou présidait la soirée. La conférence s’est tenue avec l’exposition de l’ARAC sur la Révolution française et a suscité intérêt et questions pendant deux heures d’échanges. Elle s’est terminée par le verre de l’amitié.

Val-de-Marne (94) Le 22 septembre s’est tenu le loto de la section d’Alfortville. La gagnante s’est vue remettre un bon-cadeau de 200€ par Alain BONNET, responsable de l’ARAC Alfortville et membre du Bureau départemental.

L’ARAC nationale a organisé pour les dirigeants de la région parisienne une formation le samedi 16 novembre de 9 h 30 à 17 h. Journée bien remplie. Le matin, notre vie financière avec Annick Chevalier et les questions d’organisation avec Jacques Verrier. L’aprèsmidi, formation pour aider chacun à intervenir sur nos expos. La révolution française expliquée par Carlos Escoda, historien et le 75e anniversaire de la Révolution française avec Patrick Staat. Journée formatrice certes, mais journée de travail pour chacun des 22 participants. Tous ont exprimé leur satisfaction. Nous tiendrons des initiatives similaires dans les autres régions de France. Adressez-vous au siège pour de plus amples informations.

Le journal “l’Echo” disparaît C’est une aventure de 76 ans qui se termine. Un quotidien publié dans cinq départements (Creuse, Corrèze, HauteVienne, Indre, Dordogne) engagé, militant disparaît à jamais. Créé en 1943 sous le nom de “Valmy”il est diffusé clandestinement pendant la guerre. Il a été ensuite baptisé “L’Echo du centre”, puis “L’Echo”. De 1958 à 1987, il avait été dirigé par Marcel Rigout, député communiste. 30 - LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019

« C’était le quotidien de la classe ouvrière, il était très implanté, très enraciné dans les campagnes », note Georges Châtain, journaliste depuis 50 ans pour L’Echo. « Ce canard, c’était un patrimoine ». « La disparition de L’Echo, c’est la fin de la pluralité de l’information, aujourd’hui nécessaire dans le cadre du devoir déontologique de bien informer », a déclaré la présidente du club de la presse, Anne-Marie Muia.

« L’Echo était un journal d’opinion qui ne s’en est jamais caché. Un titre qui disparaît, (...) c’est un échec à la liberté d’expression, sacrifiée sur l’autel de l’économie. »


MAGAZINE LE RÉVEIL

Pantin (93) Le 6 novembre, un hommage à Henri Martin en présence de ses enfants : une rue à son nom La Municipalité de Pantin, Bernard Kern son maire, ont rendu hommage à Henri Martin, un pantinois combattant pour la Paix, avec l’inauguration d’une rue à son nom, suivie d’une projection d’un documentaire de Raymond Mourlon sur Henri Martin suivit d’un débat animé par Alain Ruscio, historien. Fabien Roussel, Secrétaire National du PCF, Samir Amziane et Thiep Nguyen, Ambassadeur du Vietnam ont évoqué Henri Martin, ce militant communiste, anticolonialiste, pacifiste de l’ARAC et Raymonde Dien, militante anticolonialiste et amie d’Henri était présente. Raphaël Vahé Président, Liliane Rehby, Henri Pouillot, et Pierre Gilbert y représentaient l’ARAC et le Réveil, très chers au cœur et à la raison d’Henri, à laquelle il avait tenu à confier sa dernière interview. Pierre Gilbert, président ARAC 93, ex-

traits : « Entré en résistance contre l’occupant nazi à 15 ans, en 1942, maquisard FTP pour combattre le fascisme, naturellement après la capitulation il désire poursuivre la lutte antifasciste contre l’empire japonais en s’engageant pour 5 ans dans l’armée française qu’il pense alors être habitée par les valeurs de la Résistance. Hélas, le marin, assiste, impuissant et écœuré, au massacre de 6 000 habitants de Haiphong. Il comprend alors que le corps expéditionnaire français est en Indochine pour combattre les Vietnamiens au profit des grands colons. Sa révolte le conduit en prison pour 5 ans, de 1949 à 1953. Il découvre Henri Barbusse, qui, 35 ans plus tôt, a organisé et mené la lutte antifasciste. Il devient membre de l’ARAC et très vite un des membres dirigeants.

Il accompagne la création du “Village de l’Amitié” à Van Cahn. En 2013, dans “le Réveil”, il écrivait : Si c’était à refaire ? Dans le siècle précédent, il y a eu deux grands événements positifs pour la France… la défaite du fascisme hitlérien et la décolonisation. J’ai eu la chance de vivre ces batailles décisives. Alors, oui, si c’était à refaire je referais le même chemin, je ne resterais pas sur le bas-côté de la route, je ferai mon devoir de citoyen. »

Côte d’or (21) Extraits de l’intervention de B. Porrini à l’initiative du 9-10-11 novembre 2019

Vianges un hommage a ceux qui sont morts pour l’exemple.

Il y a cent ans, l’indicible cauchemar de la 1re guerre mondiale se concluait par un TRAITE, et, rebattait ainsi les cartes, pour un temps, entre les vainqueurs et les vaincus de cette boucherie qui aura duré plus de 4 ans et demi. Je voudrais rappeler l’engagement de l’une d’entre elles qui a marqué de son empreinte dans les secours aux blessés sur les champs de bataille, Marie Curie et sa fille Irène qui secoururent avec les premiers appareils radiographiques les innombrables blessés.

En 1917, ce sont 680 000 veuves qui ont en charge 760 000 orphelins. On ne saurait ignorer les centaines de milliers soldats et travailleurs coloniaux. 2 500 soldats furent les victimes de l’arbitraire des juridictions d’exceptions. La lutte pour leur réhabilitation continue aujourd’hui, comme hier à Chauny, dans l’Aisne, le 6 avril 2019. Cette guerre commencée en 1914, ne s’est en fait jamais entièrement éteinte, telle une tumeur sa racine demeure présente : Son terreau repose sur la course au profit maximum, elle se nomme CAPITALISME. « Je ne sais pas comment sera la 3e guerre mondiale, mais je sais qu’il n’y aura plus beaucoup de monde pour assister à la 4e » disait Einstein. Alors, reprenons les paroles de Henri

BARBUSSE fondateur de l’ARAC avec Paul Vaillant-Couturier, Raymond Lefebvre et Georges Bruyère : GUERRE A LA GUERRE, MAUDITE SOIT LA GUERRE !

Rectificatifs cahier mémoire « le peuple en résistance » d’octobre 2019 P16 – 3e colonne – 16e ligne Denise JACOB-VERNAY P19 – 2e colonne – 2 ligne (Juliette Gréco) Votre mère s’était engagée dans la résistance, a été arrêtée en 1942 et non en 1943.

LE RÉVEIL - N° 859 - NOVEMBRE 2019 - 31


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La stratégie de Donald Trump, un danger pour le Moyen-Orient Donald Trump l’avait annoncé, il comptait « mettre fin aux guerres sans fin ». Il l’a annoncé mais il ne l’a pas fait. Pas plus en Afghanistan qu’en Irak ou en Syrie. Les troupes yankees sont toujours là. Et si leur nombre peut varier, leur seule présence témoigne de la volonté des Etats-Unis de contrôler le monde. On le voit avec l’offensive à l’œuvre en Amérique latine, contre Cuba, le Vénézuela, le Nicaragua et, plus récemment la Bolivie. Evidemment, il y a le Moyen-Orient, une région qui croule sous les guerres, qui est comme punie à cause de son sous-sol, de son pétrole et de son gaz. Une zone qui, de plus se trouve être un carrefour commercial stratégique. A l’automne, le président américain parlait effectivement de retirer ses troupes de Syrie. En réalité, une manœuvre pour permettre à Recep Tayyip Erdogan, le maître d’Ankara, de pénétrer en territoire syrien accompagné de forces djihadistes et de faire la chasse aux Kurdes. Ces derniers ont pourtant payé le prix fort dans la lutte contre l’organisation dite de l’Etat islamique (Daech selon son acronyme arabe). Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes, membres des Unités de protection du peuple, les YPG et les YPJ, sont tombés les armes à la main pour mettre en échec le projet criminel et obscurantiste d’Al Baghdadi, le calife auto-proclamé, aujourd’hui mort là encore grâce au formidable travail de renseignement des Kurdes. En guise de remerciement, Trump les a sacrifiés sur l’autel de ses relations privilégiées avec la Turquie, l’une des principales puissances au sein du Commandement militaire de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord, l’Otan. L’inspection général du Pentagone, le ministère américain de la Défense, vient de publier un rapport, citant des informations fournies par l'agence de renseignement militaire, la Défense Intelligence Agency (DIA). Elle affirme que Daech « a exploité l'incursion turque et le retrait des forces américaines qui s'en est suivi pour reconstituer des capacités et des ressources en Syrie ». Le nombre d’attaques revendiquées par Daech depuis l’invasion turque a augmenté de 300 %. Erdogan et Trump se font mutuellement la courte-échelle pour mieux asseoir leur emprise régionale. Les Américains ne pouvaient rêver meilleure situation. Car s’ils s’étaient rapprochés des Kurdes c’était évidemment pour ne pas sacrifier leurs propres soldats mais surtout pas pour soutenir le projet politique mis en place. Un projet qui se caractérise par une volonté égalitaire qu’il s’agisse de genres, de communautés (kurdes, arméniens, turkmènes, arabe…) ou de confessions (musulmane, syriaque, catholique, orthodoxe). L’expérience kurde montrait que cette région moyen-orientale si complexe n’était pas vouée ad vitam aeternam aux confrontations sectaires, prétexte habituel des grandes puissances pour intervenir militairement, ajoutant de la guerre à la guerre. Ce qui est dramatique pour les peuples et n’a jamais amené le moindre début de solution mais est particulièrement juteux pour le complexe militaro-industriel. Peu importe pour Trump et consorts. Cette déstabilisation entretenue leur permet de contrôler les sources d’énergie. Les Marines américain n’ont pas quitté le territoire syrien. Ils viennent de se redéployer… autour des puits de pétrole du nord-est syrien pour « les protéger » (sic). On imagine bien que les Etats-Unis ne comptent pas sur le pétrole syrien pour leurs besoins (d’autant qu’avec l’exploitation du pétrole de schiste ils deviennent le premier producteur d’or noir sur la planète) mais entendent garder un pied en Syrie pour peser, voire surtout influer sur les développements politiques ultérieurs alors que le pouvoir central de Damas est soutenu par la Russie et l’Iran. Cette stratégie américaine, si elle n’est pas nouvelle, fait planer toujours plus de danger sur le Moyen-Orient parce qu’elle n’est pas porteuse de paix mais de domination des peuples. Et pour cela, rien de mieux que les divisions confessionnelles ou ethniques. Ce que les jeunes, au Liban comme en Irak, ont très bien compris, eux qui mènent une lutte pour la reconnaissance de leur droit sous une seule bannière, celle de leur pays. Pierre Barbancey

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Le réveil des combattants - Novembre 2019  

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