Rapport d'activités 2019

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Lafayette Anticipations Fondation d’entreprise Galeries Lafayette Rapport d’activité 2019

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<-- Vue de l’exposition Entrelacs, une recherche tissée, d’Hella Jongerius © Roel van Tour




Sommaire page

5

Préambule

page

8

2019 en chiffres

page

11

La Fondation

page

27

Temps forts de 2019

page

69

Collection

page

77

Partenariats et projets extérieurs

page

89

Programme public

page 117

Éditions

page 127

Communication

page 135

English Digest

page 141

Gouvernance



PrĂŠambule


Guillaume Houzé © Paul Blind


Guillaume Houzé

« Deux ans déjà. Deux ans que Lafayette Anticipations continue de ­soutenir, de produire et d’exposer la création d’aujourd’hui président de Lafayette Anticipations et de demain dans un contexte patrimonial et a ­ rchitectural unique. Ce n’est bien sûr qu’un anniversaire symbolique : avant même d’ouvrir, Lafayette Anticipations s’engageait déjà à promou­ voir l’art contemporain à travers une collection toujours plus riche et un programme de préfiguration dense. Cette Fondation, ce bâtiment, cette mission, tout cela, nous le tenons en héritage. Héritage du Groupe Galeries Lafayette tout d’abord, dont l’investissement plus que centenaire pour la création ne cesse d’être une source d’inspiration pour le lieu. Héritage du Marais, bien sûr : la rénovation de notre bâtiment par Rem Koolhaas fait le lien entre conservation du patrimoine local et modernité architecturale, de même que les ­ateliers de production de la Fondation se font l’écho de l’activité ­artisanale historique du quartier. Héritage du présent, enfin : nous sommes plus que jamais convaincu·e·s que la voix de l’artiste est essen­ tielle, et nous aide à comprendre le présent pour mieux ­appréhender l’avenir. Avec quatre expositions, trois festivals, 65 ­événements, des centaines de visites guidées, et plus de 220 000 v­ isiteur·euse·s, l’année 2019 donne le pouls d’une institution dynamique et en évolution permanente, faisant bouger les lignes du paysage ­artistique et culturel parisien, français et international avec force et conviction. L’événement de cette année 2019, c’est aussi la v­ isibilité ­grandissante de la Collection Lafayette Anticipations à t­ ravers ­l’exposition You au Musée d’Art Moderne de Paris. Plus de 45 000 visiteur·euse·s ont pu découvrir une large sélection d’œuvres et d’artistes contemporain·e·s peu montré·e·s en France, illustrant la variété et la singularité de cette collection initiée il y a bien des années par ma grand-mère Ginette Moulin et moi-même. La fin de l’année 2019 signe aussi un changement de d ­ irection. Je salue l’engagement et la vision de François Quintin, qui aura porté le projet de la Fondation au cœur du réseau artistique ­international ; Rebecca Lamarche-Vadel lui succède aujourd’hui. Anciennement curatrice au Palais de Tokyo, et actuelle commis­ saire de la Biennale de Riga 2020, Rebecca saura être de toutes les audaces pour continuer de faire de Lafayette Anticipations un lieu de vie, d’émerveillement et d’excellence artistique. »

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2019 en chiffres


Programmation

4 expositions

29 ateliers pour les publics 14 concerts

10 discussions et rencontres

3 festivals

9 danses et performances

Fréquentation

15 280 vues sur l’application ReBond

125 visites de groupes

217 237 visiteur•euse•s

119 visites commentées

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Communication

1 378 abonné•e•s (organiques) sur Twitter (+ 38 %)*

12 000 inscrit•e•s à la newsletter (+ 20 %)*

notation Google 4 ⁄5

416 000 pages vues sur le site web (+ 65 %)*

(³,8⁄5 en 2018)

25 255 abonné•e•s (organiques) sur Facebook (+ 19 %)* 33 400 abonné•e•s (organiques) sur Instagram (+ 48 %)*

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* par rapport à 2018


La Fondation

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Missions et valeurs

Depuis son inauguration en 2018, Lafayette Anticipations s’applique à exposer, à produire et à promouvoir la création contemporaine française et internationale dans une démarche interdisciplinaire et inclusive. Cette ouverture heureuse permet le développement de ­programmes en lien avec les grands thèmes et débats qui a ­ niment nos sociétés. Révélateur des pensées d’aujourd’hui et du monde de demain, l’art qui s’expose à Lafayette Anticipations est une invitation à « venir voir venir ». À la fois centre d’art, lieu de création et collection privée, ­Lafayette Anticipations offre des moyens de production sur mesure aux artistes issu·e·s des champs de l’art c ­ ontemporain, du design, de la mode, de la musique et des arts vivants. La présence à la Fondation de deux ateliers et d’une équipe dédiée permet aux artistes invité·e·s ou en résidence de mettre ­directement en pratique leurs idées. Cet espace d’expérimentation donné aux artistes se retrouve dans l’espace du bâtiment : à chaque nouveau projet, Lafayette Anticipations est le théâtre d’une métamorphose. Grâce à un geste architectural imaginé par Rem Koolhaas et son agence OMA, l’espace et ses dispositions évoluent et opèrent leur mue d’une exposition à l’autre, offrant aux publics la surprise d’une expé­ rience renouvelée en permanence. Afin de rendre la création accessible au plus grand nombre, Lafayette Anticipations offre un accès gratuit à ses expositions et propose également, tout au long de l’année, un programme de visites, d’événements, ateliers et workshops en entrée libre ou à des tarifs accessibles, qui permettent à tous les publics de s’ouvrir à différentes pratiques artistiques. Le parcours du·de la visiteur·euse s’enrichit également par l’application ReBond qui donne à voir les coulisses des expositions via des contenus sur les œuvres, des interviews et des carnets de production. Au-delà de sa mission d’intérêt général pour l’art et la culture, Lafayette Anticipations est aussi un lieu de vie en plein cœur de Paris. L’Agora, le café-restaurant, la boutique et la cour intérieure sont autant d’invitations au partage, à la rencontre et à l’échange.

Un lieu de vie et de passage au cœur du Marais

En réactivant sa fonction historique de lieu de passage entre la rue du Plâtre et la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, la cour intérieure de la Fondation rénovée par Rem Koolhaas et OMA offre aux visiteur·euse·s un espace aménagé et éclectique à la croisée de l’expérience architecturale et du lieu de rencontre. Au centre du rez-de-chaussée, l’Agora – un lieu d’échange, de rencontre et d’ébullition artistique – agit comme un catalyseur d’énergies créatives pour tou·te·s. Lafayette Anticipations fait également partie intégrante d’un écosystème imaginé par le groupe Galeries Lafayette : la Fondation, le Bazar de l’Hôtel de Ville et le food court dédié à l’épicerie italienne Eataly sont reliés entre eux par un r­ éseau de cours qui traverse le Marais et fait partie intégrante de ­l’héritage patrimonial du quartier.

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^-- Cour intÊrieure de la Fondation Š Martin Argyroglo

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Restaurant Wild & the Moon

Wild & the Moon est un mouvement urbain créé par une ­tribu de gourmand·e·s en collaboration avec des chef·fe·s, des ­nutritionnistes et des naturopathes. À l’origine, une conviction : celle que l’on peut manger bio, bon et se faire du bien – à soi comme à la planète. Tous les produits Wild & the Moon sont conçus à partir d’ingrédients 100 % bio, sans gluten, locaux, éthiques, de saison et à base de plantes pour insuffler une touche de nature dans nos vies urbaines. Les produits et jus pressés à froid sont bio, purs, naturels et frais, ce qui préserve leurs pouvoirs nutritionnels respectifs. À travers ses recettes inspirées, Wild & the Moon vous met au diapason de la nature. Une slow food adaptée à un mode de vie urbain. Le packaging des produits est 100 % biodégradable et ­compostable – de la bouteille aux pailles en passant par la colle des étiquettes. Cet emballage bioplastique est fabriqué à partir d’amidon de maïs et de canne à sucre selon un processus qui nécessite peu d’énergie et à faible impact environnemental.

^-- © Lafayette Anticipations

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--> © Wild & the Moon -->--> © Martin Argyroglo






Boutique À Rebours

Pensé comme l’écho du programme, des valeurs et des m ­ issions de Lafayette Anticipations, À Rebours est un magasin de nou­ veautés nourri par le dynamisme de la création ­contemporaine. Avec un pied sur la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et un autre dans la cour intérieure du bâtiment, la boutique de la Fondation propose une sélection pointue d’objets contemporains originaux, de livres et de disques soigneusement choisis, d’éditions d’artistes inédites et d’accessoires triés sur le volet. Qu’ils soient décoratifs et esthétiques, utiles et pratiques, absurdes et déroutants, incontournables ou rares, nos objets témoignent d’une attention particulière portée aux modes de production et de consommation. Toute orientée vers le respect des matériaux, des savoir-faire et des créateur·trice·s, la boutique À Rebours est l’avant-poste d’un commerce conscient, ouvert à toutes ces formes et ces idées qui transforment et embellissent la vie quotidienne. À Rebours collabore avec des artistes et des artisan·e·s pour proposer des objets qui se racontent comme des histoires. Avec une offre renouvelée en permanence, un programme de collections capsule, des événements de lancement, des objets produits sur place dans les ateliers de production de la Fondation et des sélections proposées par les artistes et curateur·trice·s en résidence, À Rebours est un espace guidé par l’audace et l’envie de surprendre.

^-- © Delfino Sisto Legnani et Marco Cappelletti <-- © Romain Laprade

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Production Dirk Meylaerts directeur de la production

« Exploits et confiance. En termes de production, 2019 pourrait se résumer en ces deux mots, liés entre eux par un évident lien de causalité. La confiance mutuelle établie entre notre équipe de production et les artistes invité·e·s a permis à des projets exceptionnels de voir le jour sous le toit de la Fondation. En début d’année, nous avons produit Fortune de Camille ­Blatrix, l’œuvre la plus complexe jamais réalisée à l’intérieur de la Fondation, avec un niveau de finition rarement atteint pour une œuvre contemporaine en termes d’ébénisterie et de ­marqueterie. Pour le festival Kaléidoscope en mai, nous avons conçu dans sa totalité – et à partir d’un simple concept – une œuvre de Virgil Abloh, en nous basant sur une technique de façonnage unique jamais utilisée ailleurs. Katinka Bock a quant à elle clos ­l’année en beauté : au-delà de la production d’une grande partie des pièces exposées – dont Rauschen, une œuvre de neuf mètres pendue à la tour d’exposition –, l’artiste a établi des ponts entre les différents pôles de production : la technique ­contemporaine de gravure laser a, par exemple, permis la préparation de plaques en taille d’épargne – technique historique d’impression – en vue d’une publication imprimée sur place. Cette année a été également l’occasion de véritables ­collaborations entre les artistes et l’équipe de production sur la question de la scénographie. Pour l’exposition Passer-by d’Atelier E.B, nous avons proposé la reconstitution d’un e ­ scalier historique des Galeries Lafayette pour faire ainsi à la fois écho à l’histoire de la mode et à celle de notre Fondation. Pour l’expo­ sition d’été d’Hella Jongerius, l’équipe de production a travaillé étroitement avec le studio de la designeuse afin d’intégrer un métier à tisser monumental dans la tour d’exposition, d ­ isposé de façon à ce que les visiteur·euse·s puissent voir l’œuvre même lorsque les tisseuses étaient à l’ouvrage. Cette visibilité du ­travail en direct était très importante pour nous. Pour tous ces ­projets, nous avons fait appel à des artisan·e·s traditionnel·le·s dont les métiers exceptionnels et rares sont plus que jamais à promou­ voir : céramistes, dinandier·ère·s, tanneur·euse·s, ébénistes, ­tisserand·e·s… L’atelier de production de Lafayette Anticipations est fier de travailler avec de tel·le·s artisan·e·s. L’atelier de production est en anticipation permanente des ­projets à venir : 2019, c’était déjà 2020. C’est dans nos ­ateliers que se dessine et se construit la première exposition p ­ ersonnelle de Martin Margiela – un projet qui fera date et m ­ arquera ­certainement les esprits. L’exposition monographique de Wu Tsang prévue pour octobre 2020 est quant à elle le fruit de conversations et de soutiens remontant à 2017. Notre relation avec l’artiste est toujours restée très forte et s’approfondit à mesure que son projet à la Fondation approche. L’activité de la production se découvre aussi au travers de ­nombreuses visites des ateliers proposées aux publics. Certaines machines – carrousel de sérigraphie, imprimante numérique à céramique – seront ponctuellement installées dans l’Agora ou dans notre boutique pour produire avec le public, en ­collaboration avec des artistes. 2019 a été l’année où nous nous sommes approprié les espaces de la Fondation, en montrant à quel point elle est un outil au service des artistes, mais aussi et plus ­largement de la société. »

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Un lieu de production ­complet, responsable et local

Lafayette Anticipations dédie une partie de ses e ­ spaces à ­l’expérimentation et à la création artistique ; à ce titre, la production constitue le socle architectural et i­nstitutionnel sur lequel repose la Fondation. Répartis entre le sous-sol du ­bâtiment et le troisième étage, nos différents parcs de machines consti­ tuent la matrice des œuvres, objets et scénographies qui, par la suite, rencontreront le public dans le reste de nos espaces. Le travail du bois et du métal, l’impression 3D et la gravure laser, le fraisage et le traçage par commande numérique, la linogravure et la sérigraphie, l’impression latex, Riso et Xerox, le rainage, l’assemblage, la découpe du papier et la reliure brochée, cousue ou thermocollée… autant de techniques maîtrisées par l’équipe de production qui font de Lafayette Anticipations un lieu unique en son genre – un catalyseur de création dans lequel les artistes et artisan·e·s sont invité·e·s à travailler. Nos capacités de production impliquent l’adoption d’une attitude responsable sur le plan social et sociétal. ­Lafayette Anticipations est à ce titre signataire de la charte de ­l’Économie solidaire de l’art, qui vise à faire valoir une éthique des ­situations de création et une rémunération pour toute intervention ­­solli­citée auprès des créateur·trice·s indépendant·e·s. Lafayette ­Anticipations a également adopté une charte de production ­responsable sur le plan environnemental. Par la prévention de la ­production de déchets, la favorisation de l’upcycling, le tri, le choix d’éco-­ matériaux ainsi que l’orientation vers une production ­définitivement locale misant sur une logistique et des modes de ­transport respectueux de l’environnement, la Fondation s’engage pour une production durable sur le long terme.

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Notre parc de machines

Fabrication de menuiserie

aussi travailler librement sur leurs recherches. Scie à ruban • ACM TYPE BS

Scie à format • G ­riggio Unica Safe • Machine ­centrale de l’atelier pour la ­ découpe de tout type de m ­atériaux (plastique, métaux, bois, mousses) Dernière g ­énération de scie à format é ­quipée d’un système tactile ­ faisant disparaître la lame en 5 millièmes de seconde en cas de contact avec un doigt pour éviter énormément ­d’accidents.

640 • La scie à ruban est une machine-outil qui met en rotation une bande en acier fermée sur elle-même ; elle sert principalement au d ­élignage de plateaux en menuiserie. Elle permet également le chantournage en utilisant des lames de faible largeur. Son action diffère notamment de celle de la scie circulaire par sa hauteur de coupe et ses capacités de chantournage. ­

Raboteuse/dégauchisseuse • Griggio FS 410 • La dégauchisseuse est une machine-outil de m ­enuiserie qui permet de dégauchir des planches de bois brut, c’est-à-dire de les rendre droites et planes en dressant leurs faces qui f ­orment un angle de 90° à 135°. Cette machine nous sert sur tout type de matériaux, notamment les mousses dures ­ et tendres ainsi que tous les bois, pour applications diverses.

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Station de ponçage • Volpato LBK 150 RE 3 P • La ponceuse à bande multi-opérations occupe une place centrale dans l’atelier. De par ses possibilités multiples, elle permet de prototyper, ajuster, polir et mettre en forme tout type de matériaux (bois, pierre, plastique, carbone…). Cette machine étant peu dangereuse, les artistes le désirant peuvent

Outillage ­électroportatif • Quand on parle de l’électroportatif, on fait référence aux petits outillages facilement transportables. Plus précisément, ce sont les perceuses, visseuses, meuleuses, ponceuses et scies sauteuses qui fonctionnent la plupart du temps sur batterie.


Notre parc de machines

Prototypage en 3D

arc électrique qui éclate dans une atmosphère de protection entre un fil élec­ trode fusible et les pièces à assembler. Impression et édition

Fraiseuse CNC 4 axes • RPC3D­ -G-2000 X 3000 • Une fraiseuse est une machine-­ outil utilisée pour usiner tout type de pièce mécanique, à l’unité ou en série, par enlèvement de matière à partir de blocs ou ­ parfois d’ébauches estampées ou moulées, à l’aide d’un ­ ­ outil coupant nommé fraise. En dehors de cet outil qui lui a donné son nom, une fraiseuse peut également être équipée de foret, de ­ taraud ou d’alésoir. Cette machine emblématique et d’une ­technologie ­avancée permet un large panel d’applications auprès des artistes, de plus en plus tourné·e·s vers les méthodes numériques de ­fabrication.

Imprimante 3D polymère • Delta Wasp 2040, polymère industriel et ­ céramique • L’imprimante 3D ­ permet de réaliser un ­ objet réel en partant d’un outil de conception ­assistée par ordinateur (CAO). Le ­ fichier 3D obtenu est ­ traité par un logiciel ­ spécifique qui organise le ­ découpage en tranches des ­ différentes couches nécessaires à la ­ réalisation de la pièce. Le découpage est ­ envoyé à l’imprimante 3D qui ­ dépose ou solidifie du polymère industriel par couche ­ jusqu’à obtenir la pièce finale. Le principe reste proche de celui d’une imprimante 2D classique, à cette grande différence près: c’est ­ l’empilement des couches qui crée le ­volume.

La Fondation ­possède ­aussi un outil-machine spécifiquement adapté à l’impression sur tous les matériaux céramiques qui crée des pièces céramiques précises pour toutes les applications – artistiques, décoratives ou fonctionnelles – cuites grâce à un four de cuisson à chargement vertical. Gravure et découpe numérique

Gravotech LS 1000XP La ­ découpe laser est un type de traitement par s ­éparation thermique. Le faisceau l ­aser frappe la surface du matériau et la chauffe de manière à la faire fondre ou à la vaporiser complètement. Une fois que le faisceau laser a complètement pénétré le matériau à un endroit, le véritable processus de découpe commence. Le système laser suit la g ­éométrie sélectionnée par commande numérique et sépare le matériau lors du traitement. ­

Thermorelieur • RIGO LAMIBIND 340 HM • ­Machine ­ permettant de r ­éaliser des reliures de type dos ­ carré collé par assemblage à la colle EVA ou P ­LANAMELT d’un bloc texte et d’une couver­ ture. Ce modèle comprend un chariot auto­ ­ matique et une lame de grecquage ­permettant d’assurer une meilleure tenue de la couverture. ­

Massicot électrique • DIGICUT 46 • Appareil de coupe doté d’une lame de 430 mm et d’une profondeur de coupe maximale de 435 mm. Le modèle est électrique et programmable. • En p ­ratique, il permet de retailler les papiers jusqu’au format A2 en de plus petits formats.

Métallerie

Poste à souder MIG • Le soudage MIG est un p ­rocédé de soudage ­semi-automatique. La fusion des métaux est obtenue par l’énergie calorifique dégagée par un ­

Raineuse semi-automatique • DIGITAL CREASER 330 • Rainer les papiers à fort g ­rammage (au-dessus de 170 ­g­/m²) permet de faciliter leur ­

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Plieuse A3 • SUPERFAX PF-460 • La plieuse de ­ l’atelier permet de réaliser un ou deux plis dans des combi­ naisons différentes sur les formats jusqu’au A3. Elle dispose d’une détection automatique de format et ­ permet dans certaines conditions de réaliser des plis croisés (en deux passes).

Assembleuse à friction • DUPLO DC-10 MINI • L’im­ pression Riso (de même que l’impression offset) consis­ tant à imprimer en grande quantité le même ­ exemplaire de chaque planche d’un livre, il est ensuite nécessaire d’avoir recours ­ à une assembleuse pour distribuer les planches (ou ­ pages) dans le bon ordre. Cette machine dispose de dix stations et ­ accepte les feuilles jusqu’au format SRA3 (32 x 45 cm).

Agrafeuse électrique • STAGO HM-6BS • Cette agrafeuse de grande capacité ­ dispose d’une tête d’agrafage à ­déclenchement électrique et d’une table permettant d’agrafer des brochures

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à plat ou à cheval, jusqu’à une épaisseur de 60 feuilles de 80 g/m².

Presse pour gravure • ARTEI­ NA T600 TS • Cette presse à rouleau dispose d’une table de 60 cm sur 120 et d’un rouleau de 60 cm de long pour 12 cm de d ­iamètre. Bien qu’elle soit conçue pour tout type de t ­irage, il est préférable de l ­’utiliser pour la taille d’épargne (xylogravure, linogravure…) ou le monotype, car sa précision n’est pas a ­ssez importante pour r ­éaliser des tirages en t ­aille-douce dans des conditions ­optimales.

Duplicopieur bicolore A3 (Riso) • RISO MF 9350 • Le duplicopieur Riso, ou riso­graphe (souvent ­abrégé en « Riso » car c’est la machine emblématique de la marque pour les p ­ratiques artistiques), est un appa­ reil permettant de p ­roduire un grand nombre de tirages à bas coût et à grande vitesse en deux couleurs (­ déterminées par la c ­ouleur de tambours d’encre interchangeables placés deux par deux dans la machine). L’impression est r ­éalisée selon la technique du stencil via un master changé à chaque tirage sur lequel la machine micro-perfore l’image à imprimer pour laisser passer l’encre. Cette technique s’apparente à de la sérigraphie mécanisée et permet d ­’envisager de multiples variations artistiques, notamment la réalisation d’impressions en ­ ton direct et la simulation de quadrichromies (réelles

ou modifiées) en passant les feuilles deux fois en machine. La machine ne produit aucune chaleur et utilise des encres végétales à base de riz ou de soja. Le format maximum est A3 et l’atelier dispose de 17 couleurs.

Presse numérique laser • XEROX C60 • Disposant d’une résolution ­supérieure à un photocopieur c ­lassique, cette presse numérique professionnelle permet de ­ réaliser des impressions laser en couleur (CMJN) recto-verso jusqu’au f ­ormat SRA3. En recto seul, on peut y passer des papiers de forte épaisseur, jusqu’à 300 g/m². C ­ontrairement à la Riso, elle ­permet d’utili­ser des papiers c ­ouchés (« glacés »). La presse est pilotée par un s ­erveur ­d’impression ­Fiery ­offrant de nombreuses fonctionnalités de gestion des flux. L’ensemble des papiers utilisés est préalablement profilé au moyen d’un spectrophotomètre et du logiciel Fiery Color Profiler Suite.

Imprimante photo jet d’encre • EPSON P5000 STD • Doté de douze encres et ­ imprimant jusqu’au f ­ormat A2 en feuilles ou 43 cm de large (17 pouces) en rouleau, l’Epson P5000 est l’imprimante photo la plus performante du m ­arché en ceci qu’elle permet de couvrir 99 % de la gamme Pantone et d’atteindre la ­ meilleure qualité possible ­ en ­ impression d’art. La configuration dont ­dispose la ­ Fondation, associée à deux spectrophotomètres, permet de réaliser des épreuves contractuelles FOGRA pour confirmer un r ­ ­endu souhaité en i ­mpression. L’imprimante peut être

Notre parc de machines

pliage pour les brochures ou les couvertures d’ouvrages. La raineuse de ­ l’atelier dispose d’une prise de papier automatique et d’une ­ programmation de plusieurs rainures en chaîne sur une même feuille.


Notre parc de machines

­ilotée en direct ou via un p serveur d’impression Fiery, notamment pour la réalisa­ tion d’épreuves contractuelles.

Spectrophotomètres • KONICA MINOLTA FD9 et FIERY ES-2000 • Un spectrophotomètre sert à mesurer la composition exacte d’une couleur sur un écran ou un tirage papier. D’une part, ces ­ appareils permettent de mesurer l’exactitude du rendu d’une impression pour réaliser un tirage de bonne qualité, voire une épreuve contractuelle, certifiée FOGRA, qui fait foi dans le dialogue avec un imprimeur. D’autre part, ils sont utilisés en amont de l’impression pour réaliser des profils colorimétriques différents en fonction des papiers utilisés afin d’adapter la ­ quantité d’encre ou de toner envoyée par les imprimantes à la couleur et à la texture du papier utilisé. L’atelier dispose de deux appareils, un automatique (FD-9) et un manuel (ES-2000). L’atelier d’impression dispose également d’un PC avec écran calibré (EIZO ColorEdge CS2410) et d’un éclairage lumière du jour (5500 K).

Imprimante Latex grand format (traceur) • HP LATEX ­ 315 PRINT & CUT • La techno­ logie d’­impression ­inventée par HP pour ses ­ imprimantes grand ­ format combine des encres à base d’eau (plus écologiques que les encres à éco-solvant) mélangées à du latex qui est cuit en fin d’­ impression pour ­ protéger le t ­irage et permettre sa fixation sur une très large gamme de ­supports. Les ­impressions ainsi ­ obtenues ne dégagent aucun gaz et peuvent être employées en intérieur comme en ­extérieur. Dotée d’une largeur d’impression de ­ 137 cm (54 pouces), cette imprimante est associée à un plotter de découpe permet-

tant de ­réaliser des tailles en pleine chair ou en demi-­ chair (pour r ­éaliser des autocollants détachables, par exemple). Une très grande variété de supports souples peut être u ­tilisée avec cette imprimante: papier photo, papier affiche, ­ backlight, toiles, v ­inyles autocollants, papiers peints, transferts textiles…

Copieur jet d’encre haute vitesse • RISO C ­OMCOLOR GD 7330 • Doté de cinq encres (CMJN + un gris de s ­outien), le copieur à encre i ­nventé par Riso permet de r ­éaliser des impressions à très grande vitesse avec un coût à la page et un faible ­impact écologique (­aucune production de chaleur, encres aqueuses à base de riz). La qualité d’impression est en revanche moins importante qu’avec une impression laser et limite l’intérêt d’utiliser cette machine pour des projets éditoriaux.

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Innovation numérique

Lafayette Anticipations a depuis ses débuts développé des outils de conservation et d’archivage des données des artistes. Selon le constat que toute œuvre d’art est issue d’un p ­ rocessus collaboratif générant de multiples documents, la Fondation a imaginé ReSource, développé par MNEMOTIX, un système d’information pour suivre l’ensemble des étapes permettant d’aboutir à une réalisation artistique. Avec l’accompagnement de l’agence Réciproque, une étude a été réalisée pour améliorer la collecte des données auprès de l’équipe pour ReSource. Cette étude a abouti à un cahier des charges visant à simplifier son interface et à créer une a ­ pplication, ReVue, qui permet de déposer des données dans un projet sans avoir à renseigner immédiatement l’ensemble des m ­ étadonnées. Ce « chutier », dont le développement a commencé fin 2019, permettra dès l’été 2020 de fluidifier considérablement le ­dépôt de données par l’équipe au fur et à mesure de l’avancée des projets artistiques. À l’automne 2019, MNEMOTIX a également commencé une ­importante refonte du système de ReSource et de son infra­ structure de stockage des données, certaines technologies utilisées jusqu’alors n’étant plus assez robustes ou bénéficiant d’un développement communautaire trop limité. En 2019 a également été mise en ligne la plateforme ­Artefactory (https://prod-va-explorer.mnemotix.com/), installation de ReSource propre à la Villa Arson, École nationale supérieure d’art de Nice, qui a pu bénéficier d’une adaptation du logiciel à son usage avec le soutien du ministère de la Culture dans le cadre de son appel à projets « Services numériques innovants ». La Fondation a ainsi pu être le moteur de la création d’un logiciel commun dans un secteur qui dispose de peu de moyens en informatique de pointe. Afin de faciliter la réutilisation du logiciel par d’autres partenaires, un ensemble important de sources logicielles et de documentation a été mis en ligne en 2019 : --> sources logicielles libres, https://gitlab.com/mnemotix/fegl-resource/weever --> actes des journées « Documenter la production artistique : données, outils, usages » organisées à Nice en juin 2018, https://prod-va-explorer.mnemotix.com/projects/UHJvamVjdDpQcm9qZWN0OjEwMzg3MzI2NzI6MTA3OQ%3D%3D

--> présentation par MNEMOTIX du projet Artefactory à l’Institut national d’histoire de l’art en novembre 2019, https://docs.google.com/presentation/d/1JmFwESQzPoB4aFWK5FlP-S7hIwxyFjnpOTPu3qMDlrQ/.

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Temps forts de 2019


Closer Music Festival du 25.01 au 27.01.19

Remettre l’espace architectural au centre de la performance musicale : voilà la mission que s’est fixée le nouveau festival parisien Closer Music. En exploitant toutes les possibilités du bâtiment de Lafayette Anticipations, l’événement donne à voir, entendre et ressentir toutes les formes de live trois jours durant, avec l’envie de décloisonner disciplines et expériences. Pensé par Étienne Blanchot, programmateur musical r­ ésident du lieu et ancien directeur artistique du festival Villette ­Sonique, son line up fait la part belle à des artistes électrons libres, ­ouvert·e·s sur d’autres champs de la création (mode, art contem­ porain, design) et concerné·e·s par les enjeux qui agitent notre monde (politique, société, genre). Les artistes ont été ­invité·e·s à investir pendant trois jours les différents espaces de la ­Fondation, depuis l’Agora du rez-de-chaussée jusqu’aux étages de la tour d’exposition, en jouant avec l’espace versatile et polymorphe du bâtiment. Autant de créateur·trice·s qui incarnent un programme hybride et audacieux tourné vers une pop music réfléchie : Robert Görl, icône intemporelle de la musique synthétique échappée de D.A.F., la productrice romantique Tirzah qui jette un pont entre R’n’B et recherche sonore, le duo star de l’underground ­berlinois Easter et sa pop lo-fi performative, la dance music intense et physique de Pan Daijing (et son live exclusif Fist Piece), l’incroyable vocaliste norvégienne Stine Janvin, la crooneuse IDM Jessica ­Sligter, les mélopées mutantes de Céline Gillain… Une série de workshops accompagne le festival dans la lignée des ateliers régulièrement proposés à la Fondation. Lafayette Anticipations devient, le temps de quelques jours, un terrain de jeu, de fête, de transe et d’expérimentation. Toutes les photographies de l’évènement présentes dans les pages suivantes sont de Martin Argyroglo.

La presse en parle : En investissant une fondation d’art contemporain, Étienne Blanchot, ex-programmateur et DA de Villette Sonique, a eu le nez creux. Quel bâtiment pouvait mieux se prêter à la rencontre entre espace sonore et espace architectural ? Nouveau venu des festivals défricheurs, Closer Music vient se lover dans la nef de béton et de verre conçue par Rem Koolhaas. L’année 2019 commence en beauté. Julien Bécourt, Grazia Un long week-end pour une occasion unique d’entr’apercevoir de nouveaux territoires pop François Moreau, Les Inrockuptibles Un festival expérimental plus futuriste qu’un dessin de ­Marinetti, ­pensé en collaboration avec L ­ afayette Anticipations et qui occupera tous les espaces du délirant spot Rémi Morvan, Time Out 28

--> Easter -->--> Robert_Görl




^--^--^-- Tirzah ^--^-- Pan Daijing ^-- Jessica Sligter

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Atelier E.B. Passer-by Exposition du 21.02 au 28.04.19

La designeuse Beca Lipscombe et l’artiste Lucy McKenzie ont associé leur intérêt pour l’ornement, l’histoire du motif et du display en créant un label de mode, Atelier E.B, en 2007. Leur première grande exposition en France est à la croisée de la création contemporaine, de l’histoire de la mode et de la muséographie. Elle s’ouvre sur un showroom réalisé sur mesure pour présenter leur dernière collection, Jasperwear, puis donne à voir un ensemble d’archives autour de recherches historiques sur le rôle du mannequin – de la sculpture ­antique aux vitrines des grands magasins – avant de s’achever sur une série de commandes passées à des artistes contemporain·e·s sensibles à ces sujets. Cette exposition à Lafayette Anticipations fait suite à celle ­présentée à l’automne 2018 aux Serpentine Galleries de Londres. Son contenu a néanmoins été spécialement repensé dans le contexte parisien, où de nouvelles productions sont déployées sur les deux premiers étages de la Fondation. Pour ce projet, Atelier E.B a également imaginé une configuration spéciale de l’espace central en reprenant des éléments originaux de l’escalier Art Nouveau monumental (aujourd’hui disparu) du bâtiment historique des Galeries Lafayette. Pour Atelier E.B, l’articulation entre arts plastiques, arts ­décoratifs et commerce se fait autour de la figure du ­mannequin et du défilé de mode – en tant que moyens d’expression ­artistique reflétant les évolutions culturelles. Des Expositions universelles du XXe siècle aux grands magasins emblématiques du XIXe siècle en passant par les musées ethnographiques et le prêt-à-porter au temps du communisme, Atelier E.B p ­ résente le fruit de deux années de recherche sur les créateur·rice·s qui se cachent derrière cette histoire visuelle à la fois riche et méconnue. En effet, l’exposition convoque ici les femmes à la fois artistes et artisanes qui ont contribué à cette histoire. En parallèle, Atelier E.B a invité les artistes Tauba Auerbach, Anna Blessmann, Marc Camille Chaimowicz, Steff Norwood, Elizabeth Radcliffe, Bernie Reid et Markus Selg à produire un mannequin ou un dispositif d’exposition afin de présenter des vêtements sélectionnés parmi ses précédentes collections. Tou·te·s accordent une grande importance à la signification culturelle de l’habillement dans leur pratique et sont é ­ galement des collaborateur·trice·s d’Atelier E.B.

La presse en parle : […] l’expo la plus subtile et la plus élégante depuis l’ouverture de la Fondation Judicaël Lavrador, Libération Une manière d’explorer un nouveau territoire aux confins de la mode, de l’art et du design Sophie Abriat, M Le magazine du Monde Une sorte de méga œuvre chorale où se croisent aussi bien les références antiques que les interprétations contemporaines Oscar Dubois, AD 32

Parmi les autres collaborateur·rice·s de cette exposition figurent également Zoe Ghertner, Eileen Quinlan, Markus Proschek, Josephine Pryde et Calum Stirling. En réunissant les œuvres d’une douzaine de créateur·trice·s, Passer-by met en scène la démarche rigoureuse d’Atelier E.B, que ce soit en matière de recherche, de collaboration ou de production. Au fil de leur déambulation à travers différentes époques, histoires et silhouettes, les visiteur·euse·s deviennent des « passant·e·s » au sein d’un paysage hybride et onirique. Cette exposition a été coproduite par Lafayette Anticipations et les Serpentine Galleries (Londres), où elle a été présentée du 8 octobre 2018 au 6 janvier 2019.

Toutes les photographies de l’exposition présentes dans les pages suivantes sont de Pierre Antoine.

--> Atelier E.B, Faux-Shop with Jasperwear collection, 2018 -->--> Atelier E.B, Shop Sign, 2018






^--^-- Lucy McKenzie & Markus Proschek, LACUNA (Brussels/Rome), 2018 ^-- Elizabeth Radcliffe, Marc-Camille Chaimowicz, 2017 <--<-- Bernie Reid, ­Serpentine Rug and Seated Mannequin, 2018 <-- Rampe par Louis Majorelle, 1912 ; et Lucy McKenzie & Markus Proschek, LACUNA (Brussels/Rome), 2018

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Camille Blatrix Fortune Exposition du 21.02 au 28.04.19

Le travail de Camille Blatrix aborde le champ de la s­ culpture en s’inspirant des objets manufacturés qui peuplent nos ­sociétés. Ses installations complexes et très ouvragées mêlent des ­matériaux hétéroclites (métal, bois, plastique) qui opposent des éléments de facture industrielle à d’autres fabriqués manuellement – un équilibre qui confère une aura sensible à chaque sculpture. Camille Blatrix a été invité à occuper le « ciel » de Lafayette Anticipations, la cage de verre qui coiffe la tour d’exposition conçue par Rem Koolhaas. Cet espace transparent qui d ­ omine les toits prend des allures de penthouse, à l’image d’un lieu où les limites de l’opulence et de la puissance pousseraient vers d’autres quêtes, plus spirituelles et teintées de mysticisme – une éventuelle rédemption. Au centre de cet intérieur hors norme, une sculpture ­équivoque, passerelle aux allures d’îlot de cuisine high-tech, présente en succession les éléments fondamentaux de la vie (eau, feu, air, terre) comme autant de stations d’un rite de passage inconnu. L’exposition Fortune est la première monographie i­nstitutionnelle de Camille Blatrix en France. Il s’agit de la continuation d’un dialogue entamé de longue date entre l’artiste et Lafayette Anticipations après Faisons de l’inconnu un allié, exposition de préfiguration en 2016, et l’œuvre semi-pérenne conçue pour le sous-sol de la Fondation en 2018. L’ensemble des œuvres de ce nouveau projet a été entièrement produit sur place dans les ateliers de Lafayette Anticipations. Toutes les photographies de l’exposition présentes dans les pages suivantes sont de Pierre Antoine.

La presse en parle : La dernière sculpture de Camille Blatrix évoque les chefs-d’œuvre que réalisent les compagnons pour faire montre de leur savoir-faire : une alchimique marqueterie de bois et de mystère, qui n’aurait pu être réalisée qu’ici. Emmanuelle Lequeux, Le Quotidien de l’Art 38

-->, -->--> Camille Blatrix, Fortune, 2019




^-- Camille Blatrix, Fortune, 2019

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KALEIDOSCOPE MANIFESTO Festival du 17.05 au 19.05.19

Ce nouveau festival organisé en partenariat avec le magazine KALEIDOSCOPE propose un programme d’événements pluridisciplinaires durant trois jours. Au fil d’une série de conférences, projections, ateliers et performances, quelques-unes des figures les plus novatrices et influentes de la scène artistique contemporaine viennent à la rencontre du public parisien. La première édition de KALEIDOSCOPE MANIFESTO ­s’organise autour de la thématique de la collaboration. À l’heure où la « collab’ » s’impose comme une tendance majeure dans la mode et le design, comment cette méthode de travail est-elle également devenue un pont incontournable entre artistes et créateur·rice·s de différents champs depuis le XXe siècle ? Aujourd’hui, alors que la figure de « l’auteur·trice » est une notion de plus en plus hybride et collective, on assiste au glissement d’une création majoritairement unicéphale et linéaire vers une dimension plus « constellaire » qui reposerait sur la curiosité, la réciprocité et l’inspiration mutuelle – créant des s­ ynergies durables qui ouvrent des horizons totalement nouveaux pour les artistes impliqué·e·s. Durant ces trois jours, KALEIDOSCOPE MANIFESTO active le cœur des valeurs de Lafayette Anticipations en transformant le bâtiment rénové par OMA et Rem Koolhaas en une machine à produire collectivement des idées et un lieu d’échange animé par une communauté spontanée. Avec Virgil Abloh, Amnesia Scanner, Neil Beloufa, Black Radical ­Imagination, Le Cinéma Club, Yussef Dayes, ­Simon ­Denny, DIS, Kelsey Lu, Red Lebanese, Cali ­Thornhill Dewitt, Total Luxury Spa, Young Girl ­Reading Group… Commissaires : Alessio Ascari (directeur artistique de KALEIDOSCOPE), Myriam Ben Salah (rédactrice en chef de KALEIDOSCOPE), François Quintin (directeur délégué de ­L afayette Anticipations) Avec le soutien de The Vinyl Factory, ­MUUTO, Mama Shelter En partenariat avec Les Inrockuptibles

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Toutes les photographies de l’évènement présentes dans les pages suivantes sont de Martin Argyroglo.

--> Atelier de sérigraphie avec Alimentation Générale & Total Luxury Spa -->--> Kelsey Lu -->-->--> Yussef Dayes -->-->-->--> Virgil Abloh, 12-INCH-VOICE






^--^--^-- Young Girl Reading Group, SULK III And all that you Change Changes me, 2019 ^--^-- Cali Thornhill Dewitt, Installation Disorder Exercise ^-- Rencontre « Images en mouvement : entre art et cinéma »

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Hella Jongerius Entrelacs, une ­recherche tissée Exposition du 07.06 au 08.09.19

Pendant tout l’été 2019, Lafayette Anticipations a ­invité la ­ esigneuse Hella Jongerius à transformer les espaces ­d’exposition d en une grande fabrique de tissu ouverte au public. Les ­qualités performatives du bâtiment ont été mises à contribution, ­notamment via les plateformes mobiles utilisées comme la structure d’un gigantesque métier à tisser en mutation constante. La Néerlandaise Hella Jongerius compte aujourd’hui parmi les figures les plus importantes du design international. Au sein du Jongeriuslab basé à Berlin, ses recherches théoriques et expérimentales portent principalement sur la signification des couleurs et des matériaux. Pour Lafayette Anticipations, elle a imaginé un projet autour du textile et du tissage. À l’ère de la mode éphémère où les vêtements sont devenus des denrées jetables, cette exposition interroge notre relation au textile en mettant en lumière les enjeux de sa production et de sa consommation aujourd’hui. Le textile est en effet bien plus qu’un simple matériau ; il renvoie à beaucoup d’autres sujets liés à la culture, la société, l’économie… Depuis quelques décennies, nous observons une méconnaissance croissante de la manière dont sont confectionnés les tissus qui nous environnent ainsi que la perte rapide de certains savoir-­ faire. L’industrialisation, la mécanisation et la m ­ ondialisation ont largement brouillé notre conception du textile. Avec Entrelacs, c’est tout le processus de création textile qui est donné à voir aux visiteur·euse·s afin de provoquer une prise de conscience, une revalorisation et une appréciation de ses qualités propres. L’exposition montre ce qu’un·e consommateur·trice ne voit habituellement jamais : la recherche et l’expérimentation, les outils et les matériaux, les pistes et les erreurs – des étapes aussi importantes que le résultat lui-même. Au fil des trois mois d’exposition, le public assiste au tissage de nouvelles pièces présentées au fur et à mesure de leur confection dans les espaces de la Fondation. En partenariat avec IDEAT, TroisCouleurs, Le Bonbon Avec le soutien de Tronrud Engineering, Dept. Digital Weaving Norway, fabricants du métier à tisser TC2

La presse en parle : Une étonnante ­exposition de ­métiers à tisser remet cet outil ­ancestral au cœur de la création ­expérimentale et permet de suivre le process, grâce à la talentueuse designer néerlandaise Hella Jongerius. ­Suivez le fil. Sophie de Santis, Le Figaroscope

Toutes les photographies de l’exposition présentes dans les pages suivantes sont de Roel van Tour.

Merci aux filateurs de lin européens ­ ertifiés Masters of Linen : Decoster ­Caulliez, c Fir, Lambrecht, Linificio E Canapificio, Safilin et J. Toulemonde, adhérents de la Confé­ dération européenne du lin et du chanvre (CELC)

Bousculer les positions de l­ ’artisanat et éviter la suprématie technologique, tel est le mantra d’Hella Jongerius depuis ses débuts. Une éthique qui engage aussi bien le spectateur que l’utilisateur. Elisabeth Couturier, Art Press 48

--> et suivantes, Hella Jongerius, ­ ntrelacs, une ­recherche tissée, 2019 E






Parole d’artiste Hella Jongerius

« Avec Entrelacs, j’ai eu la chance d’expérimenter de nouvelles formes d’interaction avec le public. En faisant de l’espace d ­ ’exposition un lieu vivant de recherche et d’expérimentation, le public devenait visiteur·euse de notre atelier. Je ne leur parlais pas comme à un·e consommateur·trice classique, mais plutôt comme à un·e invité·e, dans une relation humaine. Il s’est établi un dialogue honnête entre les visiteur·euse·s et notre travail. Les médiateur·trice·s y ont contribué en faisant un excellent travail d’accueil, en menant les visiteur·trice·s aux œuvres ainsi qu’en s’adaptant aux degrés d’intérêt et de connaissance. Lafayette Anticipations a pu m’offrir une plateforme et un réseau dans les mondes de l’art à un moment où mon travail ­s’orientait dans cette direction. Ce projet m’a permis d’échanger avec ­différent·e·s curateur·trice·s et professionnel·le·s de l’art. En outre, le Centre Pompidou a décidé d’acquérir l’œuvre Space Loom #1 – un grand honneur. L’équipe de la Fondation a été très professionnelle et dévouée. Elle a réalisé un travail fantastique dans le développement de nouveaux chemins de partage et d’échange, et a su fédérer un écosystème autour de ce projet – notamment par l’organisation d’un colloque et la publication d’un catalogue. L’invitation de la Fondation est arrivée au bon moment : je ­désirais initier un projet de recherche indépendant autour du tissage. Ces trois mois de présentation publique ont donc constitué le commencement d’une année de travail – ­m’apportant énormément de connaissances, mais aussi beaucoup d’interro­ gations dans lesquelles me plonger. Ce sujet demande encore beaucoup de travail. Je souhaite aujourd’hui continuer à travailler sur la ­question de « l’humain et la machine » en prenant le métier à tisser comme l’un de ses archétypes. L’idée d’utiliser l’espace d’exposition comme un prolongement de mon atelier – et de montrer ainsi le processus de création et de recherche plutôt que le résultat final – a aussi été très intéressante… et pas aussi troublante que je ne l’imaginais. » Hella Jongerius

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Échelle Humaine Festival du 16.09 au 22.09.19

Du 16 au 22 septembre 2019, Lafayette Anticipations – ­Fondation d’entreprise Galeries Lafayette a présenté la deuxième édition de son festival intitulé Échelle Humaine. Le festival Échelle Humaine prend son titre au pied de la lettre. Du corps individuel au corps collectif, du solo au duo et au groupe, le bâtiment transformable d’OMA et Rem Koolhaas ­accueille six propositions qui disent ce qui nous lie et nous relie, tissant la danse et le texte, jouant physiquement avec l’espace et les mots. Pendant une semaine, le discours se déplace. Avec Se sentir vivant, Yasmine Hugonnet l’adresse par le geste, la posture, le regard et la troublante parole ventriloque. Voix du ventre, des yeux, de la main, de la bouche. Dans We Are Still Watching, Ivana ­Müller confie un script aux spectateur·trice·s, qui le découvrent et le lisent ensemble, créant une communauté provisoire qui se confronte à l’inattendu. Sweat Baby Sweat de Jan Martens ­déploie lentement les images du duo amoureux. L’attraction, l’aversion, la vulnérabilité, la puissance physique sont nimbées des paroles et mélodies de chansons pop. Avec son nouveau solo Dancer of the Year, Trajal Harrell met en question cette distinction honori­ fique que lui a récemment attribuée Tanz Magazine, et qui vient en boomerang l’interroger sur ce que signifie danser pour lui. Dans Yves-Noël Genod dira au moins une phrase de Merce Cunningham (et peut-être un peu plus), Yves-Noël Genod convoque la riche figure de Merce Cunningham pour « bavarder » la danse et tenter d’en écrire l’impossible poème. Enfin, pendant les deux après-midis du week-end, avec Hors-Champ, Ivana Müller invite à s’installer dans une tente avec un·e inconnu·e pour une série de conversations pré-écrites inspirées de l’univers des plantes et des jardins. Présenté avec le Festival d’Automne à Paris En partenariat avec Libération

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Toutes les photographies du festival ­ résentes dans les pages suivantes p sont de Marc Domage.


Amélie Couillaud programmatrice du festival Échelle Humaine

« Par la danse et le corps, le spectacle et la fiction, le festival Échelle Humaine invite à observer ce dont le monde frémit : ­affirmations, questions, mises en cause des normes, étonnements et ­recherches, oppositions et engouements. La programmation propose aussi bien des pièces anciennes que des créations, privilégie le temps long, l’intrication des générations, les regards en biais, convie à des aventures minuscules, celles qui en creux, en-dessous, en-deçà, peut-être, font bouger des lignes. L’édition 2019 d’Échelle Humaine a confirmé l’inscription de ce jeune festival dans le calendrier de rentrée des arts ­vivants à Paris. Outre une très bonne fréquentation et des retours en­ thousiastes de la part des publics et des artistes invité·e·s, on peut noter l’intérêt des professionnel·le·s, venu·e·s nombreux·euses, et les perspectives ouvertes par cette programmation : le solo de Trajal Harrell fera probablement l’objet d’une c ­ ollaboration au long cours avec la Fondation ; la prochaine création de ­Yasmine Hugonnet sera coproduite par le Festival d’Automne ; Ivana ­Müller, d’une grande visibilité à Paris où elle avait jusque là été très peu ­programmée. En 2020, la deuxième édition d’Échelle Humaine, toujours en collaboration avec le Festival d’Automne à Paris, réunira à la fois des figures très identifiées du champ de la danse (­notamment Boris Charmatz) et de très jeunes artistes (comme Simon Senn). » Amélie Couillaud, programmatrice du festival Échelle Humaine

^-- Yves-Noël Genod, Yves-Noël Genod dira au moins une phrase de Merce Cunningham (et peut-être un peu plus)

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Trajal Harrell Dancer of the Year En 2018, la revue Tanz Magazine nomme Trajal Harrell « ­Dancer of the Year » (danseur de l’année). Cette distinction et les réflexions sur l’estime (de soi) qu’elle suscite sont le point de départ de ce solo. Trajal Harrell se frotte au périlleux ­exercice de l’(auto)-représentation. Il met en regard sa singularité, son esthétique et ce titre honorifique qui déclenche en lui un double questionnement : que signifie une telle désignation pour la danse ? Que signifie la danse pour lui ? Chorégraphie, danse, son et costumes : Trajal Harrell Dramaturgie : Sara Jansen Production : Kunstenfestivaldesarts Coproduction : Impulstanz Festival, Schauspielhaus Bochum, Bergen BIT, Festival d’Automne à Paris, Lafayette Anticipations

Pièce créée au Kunstenfestivaldesarts en mai 2019. Première française.

Yves-Noël Genod Yves-Noël Genod dira au moins une phrase de Merce Cunningham (et peut-être un peu plus) Il n’est pas sûr que Merce Cunningham ait jamais eu quelque chose à dire sur la danse qu’il n’ait dite… par la danse. C’est en tout cas ce qu’il fait remarquer – et non sans humour – aux journalistes. Voilà qui a pu séduire Yves-Noël Genod, qui ne s’intéresse – mais avec passion – qu’à ce qui n’a pas de sens. Pas de sens prédéterminé, pas de vision morale ni p ­ olitique, pas d’« idées sur la chose » comme l’écrivait Wallace Stevens – « Not ideas about the thing, but the thing itself » – ou ­Anton Tchekhov dans une lettre : « Il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu’en ce monde on n’y entend goutte. » Yves-Noël Genod offre un non-spectacle dont il ne sait rien par avance, un « accident », une « conversation », dit-il, sous l’égide d’un jeune homme de cent ans, Merce Cunningham, dont l’évocation nous invite encore à diriger notre regard sur la danse… Concept : Yves-Noël Genod Interprétation : Yves-Noël Genod, Pierre Guilbault Production : Le Dispariteur Remerciements : Denise Luccioni

Ivana Müller Hors-Champ Hors-Champ est une performance jouée par les spectateur·trice·s prenant place dans « une colonie » constituée d’une dizaine de tentes. Colonie éphémère, cette performance participative propose une série de conversations inspirées de métaphores issues de l’univers des plantes et des jardins. Concept : Ivana Müller Textes : Ivana Müller en collaboration avec Julien Lacroix et Anne Lenglet

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Production : I’M COMPANY (Matthieu Bajolet, Gerco de Vroeg et Suzanne Veiga Gomes)

--> Trajal Harrell, Dancer of the Year -->--> Jan Martens, Sweat Baby Sweat






Jan Martens Sweat Baby Sweat Le point de départ de Sweat Baby Sweat est le plus ­ordinaire qui soit : la relation entre un homme et une femme. Jan Martens en fait une performance qui passe en revue toutes les ­variations autour du duo amoureux, où l’amour se révèle être une lutte où l’on s’engage de tout son être, une lutte sans répit ni conces­ sion tout autant qu’un havre de douceur. Chorégraphie : Jan Martens Interprétation : Kimmy Ligtvoet et Steven Michel Musique : Jaap van Keulen Conseiller artistique : Peter Seynaeve

Production : Frascati Productions, ICKamsterdam, TAKT Dommelhof et Jan vzw

Yasmine Hugonnet Se sentir vivant Si la voix est d’emblée un visage (que l’on songe aux voix que l’on voit à la radio), que serait une voix dévisagée, qui quitterait le visage pour parler depuis d’autres bouches, voix du ventre ou des yeux, voix de la main ou des os, vibrations sur des cordes inouïes, gestes ventriloques ? Concept et interprétation : Yasmine Hugonnet Texte : extrait de « L’Enfer », premier chant de la Divine Comédie de Dante Collaborateurs : Mickael Nick, Mathieu Bouvier Costumes : Karine Dubois Assistante : Audrey Gaisan Doncel

Production : Arts Mouvementés Coproduction : Arsenic – Centre d’art scénique contemporain Soutiens : canton de Vaud, Loterie Romande, Ville de Lausanne, Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture, Fondation Nestlé pour l’Art, Migros Vaud

Ivana Müller We Are Still Watching We Are Still Watching ressemble à une répétition au cours de laquelle les spectateur·trice·s se rencontrent autour d’un texte qu’ils·elles découvrent et lisent ensemble. Pendant une heure, ils·elles créent et « performent » une communauté, prennent des décisions individuelles et/ou collectives en lisant simplement ce texte écrit pour eux·elles par quelqu’un d’autre. Concept et texte : Ivana Müller, en ­collaboration avec Andrea Božić, ­David Weber-Krebs et Jonas Rutgeerts Traduction et adaptation : Gilles Amalvi et Ivana Müller Production : I’M COMPANY

<-- Yasmine Hugonnet, Se sentir vivant

Pièce créée dans le cadre du projet ­Encounters (Frascati, Amsterdam, 2012) avec le soutien de Performing Arts Fund NL, Amsterdam Fund for the Arts et SNS Reaal Fonds

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Katinka Bock Tumulte à Higienópolis exposition du 09.10.19 au 05.01.20

Les sculptures, les actions performatives ou les installations de Katinka Bock sont toujours le résultat d’une expérience liée à un lieu spécifique dont elle aurait sondé les conditions physiques et matérielles tout en explorant leur dimension ­historique, politique et sociale. Son intérêt pour la mesure et le lieu se traduit dans la formulation d’hypothèses préalables au travail de sculpture, par des questionnements sur l’idée a priori du lieu, sur sa persistance dans le temps ou son changement en fonction du vécu. Le travail de Katinka Bock a fait l’objet de nombreuses ­expositions institutionnelles à l’international, mais de manière surprenante jamais à Paris, ville où elle habite pourtant depuis plusieurs décennies. La restauration d’un bâtiment à Hanovre offre une occasion inattendue de concevoir un projet original et spectaculaire avec Katinka Bock dans tous les espaces de Lafayette Anticipations. Ce bâtiment, l’Anzeiger-Hochhaus d’Hanovre, est l’un des édifices marquants de la ville. Il s’agit d’un grand bloc rectangulaire de briques rouges surmonté d’un dôme de 12 mètres de diamètre en cuivre verdi par le temps. Lieu mythique d’activité éditoriale, son sous-sol a vu naître des périodiques aussi importants que Die Stern ou Der Spiegel. La restauration de ce bâtiment classé a été l’occasion pour Katinka Bock de récupérer une partie des plaques de cuivre qui en composent le toit. L’artiste voit dans la configuration du bâtiment d’Hanovre des analogies avec celui de Lafayette Anticipations, lieu de pensée et de création dont les sous-sols sont dédiés à la production, pour s’élever vers des espaces publics dont la ­caractéristique ascensionnelle physique, mais aussi symbolique, ne lui a pas échappé. Katinka Bock propose d’occuper l’espace central de la Fondation avec une installation toute en suspension, dans laquelle s’exprimera en majesté sa poétique de la mesure ainsi que sa sensibilité rare de la matière et du temps.

La presse en parle : Les œuvres de Katinka Bock se révèlent dans des plis, des creux et des surfaces, traités comme des peaux. Jamais narratives, elles oscillent entre esthétique poétique, souvent monochrome, et rigueur de l’attention au matériau. Marie Maertens, Connaissance des Arts

Exposition organisée en collaboration avec la Kestner Gesellschaft, Hanovre Avec le soutien de Madsack En partenariat avec Libération, L’Officiel Art, TroisCouleurs

Toutes les photographies de l’exposition présentes dans les pages suivantes sont de Pierre Antoine.

It is a welcome relief to confront work that deploys a vocabulary —material and linguistic— that is all subtlety, detail and allusion. Caroline Douglas, Contemporary Art Society Pour sa nouvelle exposition, ­Lafayette Anticipations a offert son espace et ses ressources à Katinka Bock, pour une réflexion sur la poésie de la matière et le récit par l’absence. Lætitia Larralde, Toute La Culture 62

--> Katinka Bock, Rauschen, 2019 -->--> Katinka Bock, April, Personne, 2012






Parole d’artiste Katinka Bock

« Chère équipe de Lafayette Anticipations, Je tiens à vous remercier de l’engagement exceptionnel, de la passion et de la créativité dont vous avez fait preuve dans notre coopération. Nous sommes parti·e·s d’une invitation qui se basait sur le désir de travailler ensemble et la confiance. François Quintin a pris connaissance d’un don qu’on venait de me faire : le cuivre du dôme d’un bâtiment, le siège d’un journal allemand à Hanovre. L’invitation était claire : peu de contraintes et l’exigence ­d’aller au-delà du connu et de l’expérience. Avec Dirk M ­ eylaerts et Matthieu Bonicel, nous avons pensé la création d’une exposition unique et universelle. Nous avons jumelé la sculpture statique et monumentale à l’événement cacophonique de la création d’un journal. J’ai eu la chance de pouvoir réunir mes cher·ère·s collaborateur·trice·s et ami·e·s artistes (Thomas Boutoux, Clara Schulmann, l’atelier Pierre Pierre, et de nombreux·euses artistes internationaux·ales) pour constituer, avec le soutien ­financier de la Fondation et surtout le travail exceptionnel de Dirk, Matthieu et Mahaut, un projet qui aborde le lien, le tumulte, la protection, l’armement et donc la question suivante : comment vivre ensemble ? C’était là mon point de départ. Le travail collectif des ateliers d’écriture a été un risque. J’ai été fascinée par le fait que nous ayons réussi à pousser les murs, à créer ensemble, à ne pas avoir un·e seul·e directeur·trice artistique, mais bien un groupe de personnes, toutes investies sans faire surgir un ego dominant. Le journal Tumultes a connu un grand succès, mais il ne ressemble nullement à mes p ­ ublications personnelles précédentes. Nous voulons continuer et on nous a même déjà demandé quand sortira le numéro 5 ! Nous sommes prêt·e·s à continuer… L’exposition et la production de Rauschen a été une ­expérience très importante pour moi. Ce n’est pas la première fois que je travaille à une échelle monumentale, mais malgré tout, ce n’est pas dans ma pratique première de travailler avec une équipe de production. Ce < problème > consistant à laisser toucher la matière à d’autres personnes a été compris par Dirk avec la plus grande délicatesse. Nous avons élaboré un chemin parfait pour ne pas perdre le fil et l’âme de la forme. La coopération avec Gasoil a été le bon choix. Dirk a su faire le pont entre eux et moi, et traduire techniquement l’idée artistique. Les autres pièces, Gisant et Anaconda, n’ont pas été une moindre affaire : ces œuvres sont le fruit d’expérimentations. Ma pratique ne peut pas promettre un résultat avant de se lancer. Il faut inventer et d ­ évier au cours de la production. Le détail et la pensée générale sont toujours restés connectés. »

<--<-- Katinka Bock, Rauschen, 2019 <-- Katinka Bock, Gisant, 2019

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^--^-- Katinka Bock, Wunschkonzert, 2019 ^-- Katinka Bock, Mise Ă distance, 2019


Collection

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Lisa Audureau chargée de la Collection et de la régie des œuvres

« 2019 est une année exceptionnelle pour la Collection Lafayette ­Anticipations. L’événement majeur, c’est tout d’abord l­’exposition You au musée d’Art moderne de Paris, qui constitue la plus grande présentation d’œuvres de la Collection Lafayette ­Anticipations depuis sa création. À elle seule, l’exposition a dépassé le nombre moyen de prêts effectués en 2018, avec plus de cinquante œuvres – qui plus est de grand format et peu ou pas montrées en France. L’exposition s’est conclue par le don de certaines œuvres de la Collection au musée d’Art m ­ oderne de Paris, institution d’ampleur et de renommée i­nternationale. Par ce geste, Lafayette Anticipations fait entrer une ­partie de sa collection dans le patrimoine public – un symbole d ­ ’autant plus fort que les artistes concernées par ces dons sont de jeunes créatrices. En outre, la présentation de notre ­Collection, ­accompagnée de tels dons, constitue un symbole fort de ­décloisonnement vertueux entre le public et le privé. Parallèlement à l’exposition You, le programme de prêts à ­différentes institutions – muséales ou non – a ­continué à se développer sous des formes toujours plus diverses. The ­Circle Flute, œuvre-instrument du Studio Brynjar & ­Veronika ­produite et exposée en 2016 par la Fondation, a suivi la ­chanteuse et artiste Björk tout au long de l’année 2019 pour sa t­ ournée ­mondiale Cornucopia ; Likeness de Simon Fujiwara a été ­présenté au Preis der Nationalgalerie à Berlin ; des costumes de ­Tarik Kiswanson ont été prêtés à Performa 19 – biennale de ­performance de New York – pour un projet co-commissionné par Lafayette Anticipations. 2019 a été également marqué par la reconfiguration de ­l’interface numérique de la Collection, désormais incorporée au site web de la Fondation. Tout a été repensé pour renforcer l­’accessibilité et la lisibilité de la Collection pour celles et ceux qui le s­ ouhaitent, professionnel·le·s ou amateur·trice·s. Cette amélioration ­participe d’une volonté plus large : celle d’encourager les cura­ teur·trice·s et professionnel·le·s de l’art à inclure la Collection dans leurs recherches, leurs prospections et leurs projets. La Collection a une identité et une ampleur unique en France qu’il est important de promouvoir. En interne, notre base de données a également été reconfigurée afin de mieux s’adapter aux conditions particulières inhérentes à une collection d’art contemporain – œuvres immatérielles, protocolaires ou dites < à comportement >, etc. En 2020, la Collection continue évidemment de p ­ rêter, de ­soutenir, de produire et d’acquérir des œuvres qui font sens, toujours dans l’idée que le pont entre Fondation et Collection est possible – une entrée dans la Collection pouvant conduire à un projet d’exposition, et inversement. En 2020, deux artistes de la Collection, Rachel Rose et Wu Tsang, feront par exemple l’objet d’expositions monographiques de grande ampleur. En continuité avec le renouvellement de nos interfaces d ­ igitales, Lafayette Anticipations collabore en 2020 avec une classe de l’École du Louvre pour rédiger les notices des œuvres de la Collection et ainsi enrichir les savoirs sur les œuvres. Un tel projet procure aux artistes du contenu scientifique, et offre également une chance aux futur·e·s professionnel·le·s de l’art d’exercer leurs métiers de façon active et vivante : contacter les artistes, faire des recherches, étudier et examiner les œuvres… Nous formons, à notre échelle, les commissaires, régisseur·euse·s, critiques et conservateur·trice·s de demain. »

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--> Untitled, une œuvre de Jesse Darling ­produite en 2019, a été acquise la même année. © Aurélien Mole




^--^-- Batia Suter, Nightshift, 2019 © Batia Suter ^-- Alvaro Urbano, Ever Since Night Falls (Berner Totentanz (Berne Dance of Death), Niklaus Manuel Deutsch, 1520), 2019, courtesy the artists & ChertLüdde Berlin © Trevor Lloyd <-- For Kiyoko, œuvre de David Horvitz produite en 2017, a été acquise en 2019. Courtesy the artists & ChertLüdde Berlin © Trevor Lloyd

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La Collection en quelques chiffres Acquisitions et soutiens

[A] Le soutien au travail de 15 ­artistes vivant·e·s : 12 acquisitions et pré-­ acquisitions, 3 soutiens ­financiers pour des c ­ atalogues et s­ outien financier à la ­production d’un film d’artiste [B] Cette année, 50 % d’hommes et 50 % de femmes ont ­bénéficié du soutien par ­l’acquisition du Fonds de ­dotation.

[C] La répartition géographique internationale des a ­ rtistes est la suivante : 42 % des artistes concerné·e·s par les ­actions sont d ­ ’origine française ou travaillent en France. 42 % sont établi·e·s en Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas). 16 % vivent dans le reste du monde (Etats-Unis).

[A]

[B] [C]

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[F] À l’image de l’action p ­ aritaire de la Collection, étaient ­exposés : 50 % de femmes, 45 % d’hommes et 5 % de collectifs.

[D] L’exposition You a permis de présenter le travail de 48 artistes et 58 œuvres de la ­Collection.

L'exposition You

[E] Cela représente la sortie de 17 % de la Collection.

[G] En 2019, ce sont 17 ­actions de prêt et ­présentation qui ont permis de faire connaître les œuvres a ­ cquises par le Fonds de dotation.

Prêts hors You

[D]

[H] La répartition g ­ éographique des ces prêts est la ­suivante : 31 % des œuvres concernées par les actions ont été p ­ rêtées à des institutions en France (Saint-Étienne, Feÿ, Marseille, Serignan), 44 % ont été prêtées en ­Europe (Suède, Suisse, ­Irlande, Allemagne, Royaume-Uni) et 16 % dans le reste du monde (États-Unis, Mexique).

[F]

[H]

[G] [E]

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^-- Lydia Ourahmane, Low Relief, 2019 © Lafayette Anticipations


Partenariats et projets extĂŠrieurs

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You exposition collective du 11.10.19 au 16.02.20 Musée d’Art moderne de Paris Avec Saâdane Afif, Ketuta AlexiMeskhishvili, Danai Anesiadou, Matthew Angelo Harrison, Olga Balema, Éric Baudelaire, Camille Blatrix, Michel Blazy, Katinka Bock, Peter Coffin, Delphine Coindet, Julien Creuzet, Abraham Cruzvillegas, Pauline Curnier Jardin, Trisha Donnelly, Vava Dudu, Michael E. Smith, Michaela Eichwald, Lydia Gifford, Petrit Halilaj, Yngve Holen, Max Hooper Schneider, Marguerite Humeau, Anne Imhof, KAYA (Kerstin Brätsch et Debo Eilers), Morag Keil, Ian Kiaer, Guillaume Leblon, Maggie Lee, Sam Lewitt, Rachel Maclean, Liz Magor, Helen Marten, Mélanie Matranga, Lucy McKenzie, Rosalind Nashashibi et Lucy Skaer, Shahryar Nashat, Reto Pulfer, Lili Reynaud Dewar, Rachel Rose, Cameron Rowland, Yorgos Sapountzis, Timur Si-Qin, Tatiana Trouvé, Wu Tsang, Raphaela Vogel, Erika Vogt, Anicka Yi

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Une sélection d’œuvres d’artistes contemporain·e·s ­français·e·s et internationaux·ales issue de la Collection ­L afayette ­Anticipations – Fonds de dotation Famille Moulin fait l’objet d’une exposition, You, au musée d’Art moderne de Paris. Pensée autour d’œuvres et d’installations acquises par le Fonds depuis 2005 qui intègrent la sculpture, la vidéo ou la performance, l’exposition présente un aperçu des dernières évolutions de l’art tout en rendant compte de la capacité des artistes à interroger et décrypter notre monde en mutation. L’exposition propose une réflexion autour des notions de proxi­ mité, de partage, et tout particulièrement de dialogue, de la manière dont les œuvres échangent avec le public, se répondent, mais aussi se transforment en se côtoyant. Des pièces spec­ taculaires alternent avec d’autres plus sensibles, parfois à la ­limite du perceptible, convoquant la vision, l’ouïe, l’odorat, mais aussi l’imaginaire de la science et de la fiction. Elle compose ainsi un panorama où les sens et l’intellect sont stimulés. Fabrice Hergott, directeur du musée d’Art moderne de Paris, observe : « Cette collection est tout à fait unique par la radicalité des choix : elle est tournée vers le débat et elle se préoccupe peu de l’esthétique, et encore moins de l’investissement. Mais c’est aussi une bonne collection parce que certains artistes ont été repérés très tôt. » (Les Échos, Judith Benhamou-Huet, 2020). Commissariat d’exposition : Anne Dressen

Toutes les photographies de l’exposition présentes dans les pages suivantes sont de Marc Domage.

--> Saâdane Afif, Laocoon, 2005 Ian Kiaer, Endless House Project: Ulchiro Endnote / Pink, 2008 Reto Pulfer, Die Treffen des Platzes, 2013-2014 -->--> Michel Blazy, Pluie d’air, 1996 Yngve Holen, CAKE, 2016 Sam Lewitt, Bundled Main Board Flex Cable Ribbon Connection for Sony XPERIA Miro ST23/ST23i Lineament, 2015 Timur Si-Qin, Change Is Truth, -A + B, 2018 -->-->--> Marguerite Humeau, The Opera of Prehistoric Creatures (Mammoth Imperator, Walking Whale, Hell Pig), 2012








Visible Award 2019

Lafayette Anticipations s’est associée à Visible, Cittadellarte – Fondazione Pistoletto et à la Fondazione Zegna pour ­l’édition 2019 du Visible Award, co-commissionnée cette année par Judith Wielander et Matteo Lucchetti. Visible est un projet de recherche ainsi que le premier prix biennal européen visant à produire et à soutenir des pratiques artistiques engagées dans un contexte mondialisé. Ce projet a été initié en 2011 par Cittadellarte – Fondazione Pistoletto, en partenariat avec la Fondazione Zegna. Chaque membre de l’assemblée compose le jury et occupe l’espace physique d’un véritable parlement. Cet ­environnement permet de donner un nouveau souffle démocratique au d­ébat tout en mettant en évidence l’engagement social des ­projets. La participation active du public dans l’évaluation des ­propositions et le vote final fait du prix Visible une occasion unique d’ap­ prentissage collectif et d’épanouissement du dialogue autour des enjeux soulevés par les projets. Liste des projets sélectionnés : Richard Bell, Embassy (Melbourne) Cooking Sections, Climavore: On Tidal Zones (île de Skye) Luke Ching Chin Wai, Undercover Worker (Hong Kong) Forensic Architecture, Killing in Umm al-Hiran (Londres) Daniel Godínez-Nivón, Tequiografías (Mexico) Morten Goll et Tone Olaf, Trampoline House (Copenhague) Emily Jacir, Dar Yusuf Nasri Jacir for Art and Reseach (Bethléem) Marisa Morán Jahn, CareForce (États-Unis) Otobong Nkanga, Carved to Flow (Athènes, Uyo) Jasmeen Patheja, Blank Noise (Bangalore) À l’issue d’un parlement temporaire à l’Hôtel de Ville de Paris, dans la salle du Conseil de Paris, le public présent a décerné samedi 16 novembre le Visible Award 2019 à l’artiste indienne Jasmeen Patheja, dont le projet Blank Noise lutte contre les violences faites aux femmes. Une bourse d’un montant de 25 000 euros lui sera attribuée afin de poursuivre son projet.

<--, ^-- © Martin Argyroglo

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Sharjah Biennal 14 Sharjah Art Foundation du 07.03 au 10.06.19

Accompagnant l’art contemporain et s’introduisant d ­ epuis plus de vingt ans aux Émirats arabes unis, la Biennale de ­Sharjah a produit, commissionné et présenté aux publics un large ­éventail d’installations, de performances et de films depuis 1993. Entre autres, la Biennale offre aux artistes de la région une plateforme internationale d’expositions et d’expérimentation. Dans le cadre de l’édition 2019 de la Biennale de Sharjah, ­Lafayette Anticipations a soutenu les projets de Cécilia Trip pour son installation vidéo Even the Stars Look Lonesome, de Wu Tsang pour son film One Emerging Point of View, d’Aline Baiana pour deux installations multimédia, et d’Annie Dorsen pour l­’installation multimédia Infinite Sun.

Jesse Darling Crevé

En 2019, Lafayette Anticipations a soutenu l’artiste britannique Jesse Darling dans le cadre de la production de son exposition Crevé à Triangle France – Astérides, association résidente de la Triangle France (Marseille) Friche La Belle de Mai à Marseille. du 16.03 au 02.06.19 Le titre de la première exposition personnelle de l’artiste dans une institution française évoque en français un sentiment intime et général d’extrême fatigue, et introduit une réflexion sur les structures défaillantes de pouvoir et de connaissance. Les œuvres présentées tentent de représenter la précarité des corps architecturaux, culturels et physiques sous la forme d’un optimisme blessé, où rien n’est trop grand pour s’écrouler.

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Ida Ekblad FRA ÅRE TIL OVN Kunsthalle Zurich (Suisse) du 08.06 au 18.08.19

Dirk Meylaerts directeur de la production

Lafayette Anticipations a soutenu la production de l­’exposition personnelle d’Ida Ekblad à la Kunsthalle Zürich durant l’été 2019. Intitulée FRA ÅRE TIL OVN, l’exposition joue avec l’institution artistique comme lieu où idées et attentes se rejoignent, se compensent, s’opposent et se contredisent : ­l’évocation et ­l’intégration au sein de l’exposition de concepts liés à l’entertainment, au shopping et à l’éducation invitent à une ­médiation critique. Le lieu d’exposition explose, se divisant alors en ­plusieurs espaces et créant un impact qui ouvre au changement.

« Le soutien à la production de l’œuvre d’Ida Ekblad pourrait être qualifié d’extrême en termes de confiance mutuelle : en partant d’une aquarelle, l’artiste nous a donné une carte blanche totale pour la production de son œuvre. Le résultat ? Une sculpture en fibre de verre de six mètres de large produite grâce à une technique d’extrusion d’image numérique. L’équipe n’a pas travaillé à l’aveugle pour autant : cette production est également le fruit de longues recherches et sessions de documentation autour du travail de l’artiste. »

^-- Vue de production pour l’exposition FRA ÅRE TIL OVN © Lafayette Anticipations

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Tarik Kiswanson AS DEEP AS I COULD REMEMBER, AS FAR AS I COULD SEE

Co-commissionnée avec Performa – la biennale de performance de New York – et basée sur sa publication du même nom aux Éditions Jean Boîte, AS DEEP AS I COULD REMEMBER, AS FAR AS I COULD SEE est à ce jour l’œuvre performative la plus ambitieuse de Tarik Kiswanson.

Performa 19 (New York) du 21.11 au 24.11.19

Pour cette œuvre conçue à la fois comme une installation à grande échelle et une performance, Tarik Kiswanson a i­nvesti la rotonde historique de l’Alexander Hamilton U.S. Custom House située au cœur du Financial District de New York avec un casting de jeunes performeur·euse·s âgé·e·s de dix à douze ans et un chœur d’enfants. Ensemble, ils·elles ont partagé avec le public un ensemble de fragments évoquant souvenirs d ­ ’enfance et réflexions d’adultes qui invitaient à la contemplation du monde turbulent dans lequel nous vivons.

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^-- Tarik Kiswanson, AS DEEP AS I COULD REMEMBER, AS FAR AS I COULD SEE, 2019 © Eian Kantor


Programme public


Gilles Baume responsable des publics

« Le programme public de 2019, deuxième année d’activité de ­Lafayette Anticipations, a été traversé par deux mouvements complémen­ taires : le renouvellement d’une grille de cycles et de ­formats initiés en 2018, et l’irruption de nouveaux rendez-vous ­caractérisés par leur force d’expérimentation. C’est un plaisir immense que de voir un public hétéroclite fidèle se rassembler ponctuellement autour de rendez-vous initiés en 2018 et renouvelés en 2019. Le festival Échelle Humaine, tout d’abord, dont la deuxième édition en septembre a pu confirmer l’engagement de la Fondation pour la danse et la performance, mais aussi les concerts, dont la multiplication en 2019 a p ­ ermis aux publics de découvrir une sélection de groupes, artistes et compositeur·trice·s dans une configuration du bâtiment p ­ ropice à la célébration et à la communion. Notre offre de d ­ iscussions et de rencontres s’est également précisée en favorisant une temporalité plus longue avec des journées de discussions et d’activités ancrées dans une démarche qui s’inscrit solidement dans le temps présent et à venir. L’orientation de plus en plus affirmée pour la musique et les arts de la scène s’est vue confirmée par l’arrivée en 2019 de nouveaux formats phares : Closer Music, un week-end de concerts sélectionnés par Étienne Blanchot pour leur énergie et leur force d’expérimentation, ainsi que les Warm Up Sessions, des séances d’échauffement pensées dans une perspective de dialogue entre mouvement et pensée, et modérées par Madeleine Planeix-Crocker avec les chorégraphes et danseur·euse·s qui font la création de notre temps. Forts de leurs succès respectifs, ces moments font désormais partie intégrante de la program­ mation annuelle. Les ateliers de la Fondation se sont également enrichis en 2019 dans un souci d’accès à la création artistique auprès de celles et ceux qui en sont éloigné·e·s, et avec le désir de faire œuvre commune. Après le long format de Mathis Collins, c’est à ­Charlotte Khouri de proposer aux publics des rendez-vous réguliers autour d’une nouvelle création collective. Les ­ateliers pour enfant se multiplient aussi, qu’ils soient en lien avec les expositions en cours ou ponctuels, organisés par des artistes, des designer·euse·s et des écrivain·e·s. Quels que soient le thème et la temporalité du format ­choisi, chaque événement programmé à Lafayette ­Anticipations ­répond à un double impératif partagé avec les expositions : ­mobiliser l’avant-garde de la pensée et de la création d ­ ’aujourd’hui, le tout dans un désir permanent d’inclusion de tous les publics. Ces deux objectifs en apparence peu conciliables cohabitent dans notre programme au travers de la médiation physique et ­numérique. 2020 confirmera l’engagement de la Fondation pour le décloison­ nement des disciplines et des formats avec la première édition du festival En Pratiques, une semaine de création ­collaborative et pluridisciplinaire. Installations immersives, projections, workshops, concerts et performances seront au rendez-vous pour compléter une offre riche en anticipations. »

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--> © Martin Argyroglo




Rencontres Les Coulisses de la Production

Chaque projet présenté dans les espaces de Lafayette ­Anticipations est l’occasion d’une double exposition – pour reprendre le nom du procédé photographique ­consistant à ­superposer deux images pour en créer une nouvelle. Par la pre­ mière exposition, les artistes invité·e·s investissent la ­Fondation pour y présenter leurs projets, mais l’un des enga­gements de Lafayette Anticipations est précisément de ne pas s’arrêter là en montrant les différentes étapes qui ont ­jalonné la c ­ réation d’un projet : les Coulisses de la Production sont l’occasion ­d’exposer, le temps d’un événement, le travail de production – manuel comme conceptuel – sans lequel les œuvres d’art n’existeraient pas. Ainsi, et par la s­ uperposition des d ­ imensions publiques et intimes d’une œuvre d’art, peut naître chez le·la visiteur·euse une compréhension plus complète et ­vertueuse de la création contemporaine. À travers le dialogue entre artistes invité·e·s, membres de l’équipe de production, critiques et curateur·trices·s, Lafayette Anticipations entend rendre visible le processus si foisonnant mais si peu montré par lequel les projets artistiques prennent vie et forme à la Fondation. Camille Blatrix Jeudi 28.03.19 Camille Blatrix en conversation avec Thomas Boutoux, critique d’art et curateur Atelier E.B Jeudi 18.04.19 Atelier E.B (la designeuse Beca Lipscombe et l’artiste Lucy McKenzie) en conversation avec Marie Canet, critique d’art et commissaire d’exposition Katinka Bock Vendredi 06.12.19 Katinka Bock en conversation avec Dirk Meylaerts, directeur de la production, Thomas Boutoux (critique, éditeur) et Clara Schulmann (critique)

<-- Vue de l’atelier de production © Lafayette Anticipations

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Inhabitants et Alexandre Monnin Jeudi 27.06.19

Mariana Silva et Pedro Neves Marques, artistes et fondateur·trice d’Inhabitants, une chaîne web de reportages vidéo et de documentaires, sont en résidence à Lafayette Anticipations du 24 au 30 juin 2019 dans le cadre d’une collaboration continue entre la Fondation et le prix Visible 2019. À l’occasion de cette résidence, Mariana Silva et ­Pedro ­Neves Marques présentent leur travail de collaboration et de ­recherche qui a conduit à la production d’épisodes sur des thèmes tels que les technologies de géo-ingénierie, le changement ­climatique, l’anthropocène, le manifeste activiste « Wages for ­Facebook », la pollution chimique au Brésil ou les c ­ ampagnes contre les ­forages pétroliers au Portugal. La dernière ­série web ­d’Inhabitants, What is Deep Sea Mining? (« Qu’est-ce que ­l’exploitation ­minière en haute mer ? »), se penche sur une ­nouvelle forme d’extraction des ressources en fond marin qui devrait c ­ ommencer dans les prochaines années. Ces expériences de forage qui ­réactualisent une mentalité coloniale et frontalière redéfinissent les économies extractivistes du XXIe siècle. Animée par Matteo Lucchetti, co-commissaire de Visible, ­ ariana Silva et Pedro Neves Marques, la conversation fait inter­ M venir le philosophe et chercheur Alexandre Monnin. ­Ensemble, ils abordent des sujets inhérents à la série What is Deep Sea Mining?, de l’extraction des ressources à la matérialité de l’infra­ structure numérique et des technologies vertes, en passant par les formes actuelles et nouvelles de journalisme, de la conception de l’information à la diffusion de contenus en ligne. Ce même jour, la série What is Deep Sea Mining? est projetée dans l’Agora de la Fondation.

Recherche tactile : un colloque

Ce colloque d’une journée vient clore l’exposition Entrelacs, une recherche tissée d’Hella Jongerius.

Vendredi 06.09.19

Il réunit des designeuses, des historiennes du design et de l’art, des conservatrices et des chercheuses autour d’une série de thèmes tels que l’avenir de la production textile et vestimentaire ainsi que de leur économie, l’engagement des designer·euse·s dans la culture matérielle et locale, ou encore la façon dont les pratiques et technologies contemporaines permettent un ­retour au développement de techniques de tissage ancestrales. La journée s’est achevée par la signature du catalogue de ­l’exposition Entrelacs, une recherche tissée publié par ­Lafayette Anticipations, en présence de la graphiste Irma Boom et ­d’Hella Jongerius.

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Art et engagement LGBTQI : faire ­histoire(s) Jeudi 14.11.19

À l’occasion de la parution de l’ouvrage Pour une esthétique de l’émancipation : construire les lignées d’un art queer (éditions B42), Isabelle Alfonsi dialogue avec Renaud Chantraine (­collectif Archives LGBTQI) à propos de la nécessité actuelle de faire histoire comme de produire des archives vivantes en liant des formes de militantisme féministe et LGBTQI à des pratiques artistiques. Loin de relire l’histoire de l’art en lui appliquant de façon ­anachronique le terme queer, utilisé positivement dans les milieux militants depuis la fin des années 1980, Pour une esthétique de l’émancipation cherche à montrer comment l’écriture de l’histoire de l’art a minoré l’importance des engagements politiques et affectifs des artistes, et rendu inopérante la portée sociale de leurs œuvres. En imaginant des amitiés inédites entre des artistes du passé, Isabelle Alfonsi fait émerger une lignée féministe et queer pour l’art contemporain. Des pratiques artistiques du XXe siècle sont ainsi replacées dans le contexte du militantisme de d ­ éfense des droits des homosexuel·le·s et de la formation d’une ­critique radicale féministe et anticapitaliste. Claude Cahun et ­Michel Journiac croisent l’histoire du minimalisme états-unien, vu à travers Lynda Benglis, Lucy Lippard ou Yvonne Rainer ; les guerres de représentation menées pendant la crise du sida sont lues au prisme des œuvres de Felix Gonzalez-Torres, du concept de désidentification de José E. Muñoz et de l’activisme culturel du groupe Boy/Girl with Arms Akimbo dans le San Francisco des années 1980.

^-- © Lafayette Anticipations

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Nos années 2010 Programme d’événements Samedi 23.11 et dimanche 24.11.19

Retour sur les créateur·trice·s qui ont marqué la décennie ! Pendant deux jours, la rédaction des Inrockuptibles et ses invité·e·s se repenchent sur les années 2010. Cinéma, m ­ édias, séries, mode, art et société : qu’a-t-on retenu, manqué, voire déjà oublié ?

Avec Pedro Winter, Piu Piu, Alice Litscher, Sébastien Haddouk, Alice Pfeiffer, Vincent Lacoste, Jean-Marc Lalanne, Perez, ­Juliette Armanet, Agnès Gayraud La ­Féline, LESCOP, Frànçois and The ­Atlas Mountains, François M ­ oreau, Neil Beloufa, Kévin B ­ linderman, Corentin Hamel, Ingrid Luquet Gad, Mauvais Œil, Ascendant Vierge, Justine Triet, Virgil Vernier, ­Antonin Peretjatko, Jonathan Vinel & ­Caroline Poggi, Bruno Deruisseau, Les Chiens de Navarre, (La)Horde, Fabienne Arvers, Édouard Louis, Nelly Kaprièlian, Jeanne Added, Carole Boinet, Louis.e de ville, Ari de B, Océan, Nelly Quéméner, Rouge Gorge, Biche, Crystal Murray…

Les années 2010, c’était : les chemises à carreaux, les Stan Smith, les Gilets jaunes, le retour de la pop française, La Vie d’Adèle, Zahia et Zlotowsky, la Coupe du Monde (bis), Dujardin et son Oscar, le mariage pour tous, l’explosion du véganisme et d’Instagram, l’élection de Trump, les disparitions de Leonard Cohen, David Bowie et Prince, les soirées sur le bientôt insupportable « Get Lucky », Christine & The Queens aux Inrocks Lab et puis aux États-Unis… et bien plus encore.

Documenter l’art contemporain : de la création à la réception ­

Rencontre publique en partenariat avec BLA !, association ­nationale des professionnel·le·s de la médiation en art contemporain, cette matinée permet d’éclairer les enjeux documentaires de la création ainsi que l’articulation avec les outils existants mis en place par les réseaux territoriaux et associations de professionnel·le·s dans les régions. Le projet ReSource fait office d’étude de cas pour cette journée de réflexion.

Mercredi 11.12.19

En partenariat avec Les Inrockuptibles

Chaîne applicative conçue selon les principes du web de ­données, ReSource est le cœur du système d’information de Lafayette Anticipations – tout à la fois logiciel de gestion de projets, de documentation, d’archivage et de ­communication. Elle est le fruit d’une réflexion collective d’artistes, commis­saires, documentalistes et chercheur·euse·s animée par Alexandre Monnin, Jérôme Denis et l’équipe de Lafayette ­Anticipations, dans un souci de valorisation de la notion de participation — fait marquant de l’art du XXIe siècle. La réflexion collégiale s’inspire également des Mondes de l’art, ouvrage fondateur d’Howard Becker qui met en valeur la communauté d’ac­ teur·rice·s et de compétences participant à la production des œuvres. La Villa Arson a été la première à rejoindre l’aventure dans le cadre de l’appel à projets « Services numériques innovants » du ministère de la Culture. Le modèle de données de ReSource, l’ensemble des interfaces et l’API ont été développés par la ­société coopérative MNEMOTIX.

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Danse et performances Warm Up Sessions

Madeleine Planeix-Crocker curatrice du programme

Les Warm Up Sessions partent d’une volonté de découvrir et d’analyser les techniques de training dans la performance. Les Sessions ont pour ambition de positionner l­’échauffement comme une étape de création performative. Ainsi, le t­ raining est compris comme un point de départ de la production ­chorégraphique, théâtrale et de performance, de ses temps de partage et en retrait. En partant d’invitations inclusives, paritaires et ouvertes à toutes les pratiques, les Sessions cherchent à déconstruire les silos érigés entre le mouvement et la p ­ ensée. Le cycle propose un espace de pratique et de discussion ­élaboré de concert avec les invité·e·s, et dans lequel les publics deviennent des participant·e·s, donnant naissance à un event éphémère et régulier.

« Pour cette première année des Warm Up Sessions, plusieurs constats s’imposent. En premier lieu, l’échange avec les invité·e·s se voit infléchi par l’embodiment (mise en corps et en voix) du training propre à chaque artiste. Puis, par ces temps partagés se forme un collectif d’habitué·e·s et d’initié·e·s au programme ; au sein de cette communauté se désamorcent des appréhensions ­individuelles face à l’éveil des corps et des esprits en ­circulation(s). Ce faisant, les Sessions deviennent à la fois un safe space ­[espace de protection] et une archive rendue vivante par ses participant·e·s. Les Warm Up Sessions sont un temps de rencontre inclusif, ouvert à toutes et à tous. Aucun niveau de danse n’est requis et l’hétérogénéité des participant·e·s est valorisée, à l’image des démarches menées par le service des publics de la Fondation. Afin de croiser les regards autour des enjeux et de l’actualité de la performance, un partenariat a été établi avec le Festival d’Automne à Paris, aboutissant à l’organisation de deux Warm Up Sessions à Lafayette Anticipations et une hors-les-murs valorisant les « Portraits » du Festival. L’année 2020 se profile déjà comme un approfondissement des liens tissés entre les Warm Up Sessions et la p ­ rogrammation artistique en cours, anticipant des invitations d’artistes tel·le·s que Jean-Biche, Mette Ingvartsen, Oona Doherty, Jamila J ­ ohnson Small, Mercedes Dassy et Cécile B. Evans, autour de questions en lien au genre, à la sensibilité et la provocation. »

Warm Up Session × Closer Music avec Marion Barbeau et Simon Le Borgne de l’Opéra de Paris Dimanche 27.01.19

Une Session à la découverte des styles et techniques de t­ raining, du classique au contemporain, auprès d’artistes issu·e·s d’une Maison qui fête ses 350 ans

Warm Up Session avec la chorégraphe ­ française Maguy Marin Dimanche 03.03.19

Une Session qui aborde en discussion le rôle de l’échauffement dans la pratique d’une chorégraphe ne faisant pas que danser les corps, mais aussi les sons, les mots et les idées

Warm Up Session avec le danseur et chorégraphe Bolewa Sabourin Dimanche 24.03.19

Cofondateur du projet Re-Création by Loba et auteur du ­mémoire La Rage de vivre (Faces Cachées Éditions, 2018), le danseur et chorégraphe franco-congolais Bolewa ­Sabourin œuvre à l’empowerment des femmes par le mouvement. Une Session pour aller à la découverte du mouvement engagé.

Warm Up Session avec la chorégraphe grecque Katerina Andreou Dimanche 21.04.19

Une Session pour revenir sur la pratique de training r­ igoureuse à l’origine de la danse house des années 1980, au cœur de son dernier spectacle, BSTRD

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Warm Up Session × Échelle Humaine avec Sophie Demeyer et Katia ­ Petrowick de la compagnie Gisèle Vienne Samedi 21.09.19

Les Warm Up Sessions s’associent à la deuxième édition du ­festival de danse Échelle Humaine pour présenter la technique de training mise en œuvre dans le spectacle Crowd de Gisèle Vienne. Quelle place est accordée à la préparation individuelle dans la représentation de cette euphorie collective ? Est-il possible de retrouver la force d’action propre à un·e interprète dans cette polyphonie chorégraphique révélant la lisière délicate entre la violence et l’érotisme ? Ces questions sont abordées par le mouvement et la réflexion avec Sophie Demeyer et Katia Petrowick de la compagnie Gisèle Vienne.

Warm Up Session × Échelle Humaine avec Steven Michel Dimanche 22.09.19

Pour cette deuxième Warm Up Session en collaboration avec le festival Échelle Humaine, invitation est faite au danseur et chorégraphe Steven Michel, qui présente les enjeux du corps individuel en communion avec celui d’un·e partenaire, à l’origine d’un pas de deux oscillant entre résistance et douceur.

Warm Up Session avec La Ribot Dimanche 03.11.19

Retour sur le répertoire de la performeuse espagnole Maria Ribot, dite La Ribot, et une Session consacrée à son œuvre qui fait l’objet d’un « Portrait » lors de la 48e édition du Festival d’Automne à Paris En partenariat avec le Festival d’Automne à Paris

Warm Up Session hors-les-murs avec Petter Jacobsson et Thomas Caley du Ballet de Lorraine Jeudi 12.12.19

Une Session avec le directeur et le maître répétiteur du ­Ballet de Lorraine, tous deux formés auprès du chorégraphe ­américain Merce Cunningham auquel est également consacré un « Portrait » lors de la 48e édition du Festival d’Automne à Paris

Warm Up Session avec Alvaro Dule et Raúl Serrano, danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon Dimanche 15.12.19

Une Session autour de Summerspace, Exchange et S ­ cenario – trois pièces de Merce Cunningham – pour découvrir les ­possibilités formelles du corps humain explorées par le choré­ graphe à partir de sa technique de training et jusqu’à l’œuvre représentée

En partenariat avec le Festival d’Automne à Paris et le Théâtre Paul Éluard de Bezons

En partenariat avec le Festival d’Automne à Paris

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<--, --> Warm Up Session avec ­Marion Barbeau et Simon Le Borgne de l’Opéra de Paris © Martin Argyroglo




Saâdane Afif The Fairytale Recordings Mercredi 17.04.19

The Fairytale Recordings est une exposition précédée d’une performance qui met en scène une série d’« enregistrements magiques » réalisés par un personnage de conte produisant des œuvres qui le représentent. Lors d’une performance inaugurale, la chanteuse lyrique ­ atharina Schrade vient déposer huit textes de chansons du K ­répertoire de Saâdane Afif à l’intérieur de huit vases commandés à la manufacture de porcelaine de Nymphenburg. Les vases sont disposés sur des socles autour d’une estrade circulaire. Chaque vase possède un couvercle surmonté d’une figurine qui représente la chanteuse dans une pose rappelant l’oratorio baroque. Les références des différents enregistrements (titre, date, lieu, numéro de série) sont inscrites sur leur pourtour. Au mur, en guise de générique, un poster encadré annonce l’événement. À travers ce dispositif, The Fairytale Recordings met en scène la magie de la parole comme outil de transition.

<--, ^-- © Marc Domage

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Concerts Étienne Blanchot

« C’est en 2019 que la programmation musicale de Lafayette ­Anticipations programmateur musical s’est véritablement développée et épanouie. Dès 2018, une ­première série de concerts nous avait permis de ­tester les ­possibilités scéniques de ce lieu si atypique en termes d’archi­ tecture et d’acoustique. De ces premiers moments est ­d’ailleurs né Closer Music, avec une appropriation totale du bâtiment, et le rassemblement assez émouvant d’un public capable et d ­ ésireux d’allier festivité musicale et recherche sonore. On s’est alors rendu compte que le grand écart était possible, et qu’un public hétéroclite toujours plus nombreux venait à la fois écouter de l’avant-garde expérimentale, du classique revisité et de la pop intimiste. Qu’il s’agisse du festival ou de concerts ponctuels, notre programmation répond à plusieurs désirs. Nous invitons des artistes internationaux·ales sortant d’un cadre musical franco-­ français trop vu dans la capitale – je pense à la dream pop russe de Kate NV, au duo letton Domenique Dumont… Nous a ­ llons également vers des créateur·trice·s qui ont su d ­ évelopper, au fil de leur carrière, des affinités avec les autres mondes de la ­création – l’absence de frontière entre les arts étant une c ­ aractéristique inhérente à l’ADN de la Fondation –, comme par exemple la ­musicienne et artiste japonaise Tomoko Sauvage. ­Enfin, nous cherchons évidemment des artistes et des objets m ­ usicaux ­toujours un peu rares, que ce soit en termes de présence ­scénique ou d’originalité stylistique… Des gens que l’on n’entend pas tous les jours, mais dont les propositions restent accessibles, frontalement émouvantes. Je pense notamment à Lonnie Holley, artiste-compositeur américain dont les propositions oscillent entre lyrics poétiques et jazz spirituel. Début 2019, nous avions sous-titré la première édition de ­Closer Music < anticipations pop >. Le sous-titre a disparu aujourd’hui, mais il résume en fait assez bien ce que l’on propose à ­Lafayette Anticipations. On recherche la pop là où l’on ne s’attend pas à l’y trouver, au moment où elle mute pour aller vers d’autres horizons. Il y a dans la pop une notion de m ­ archandisation qui lui est inhérente et tend vers une neutralisation de la s­ ingularité. À Lafayette Anticipations, on va au contraire vers des auteur·trice·s qui ont une vision personnelle de leur pratique, assez touchante pour devenir populaire. »

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Toutes les photographies des concerts présentes dans les pages suivantes sont de Marc Domage.






Jac Berrocal • David Fenech • Vincent Epplay 17.02.19

Piano Day : Émilie ­Levienaise-Farrouch + Mischa Blanos + Vanessa Wagner + Thomas Enhco

La musique de Jac Berrocal • David Fenech • Vincent Epplay évoque parfois le mystère des grands espaces, parfois l’agitation des grandes villes… Ils jouent souvent accompagnés des films de Vincent Epplay, qui est également plasticien. La présence unique de Jac Berrocal (au chant et à la trompette), à la fois icône punk et free jazz, confère à leurs shows une indescriptible urgence. Pour la quatrième édition – et la première à Paris – d’un rendez-­ vous annuel désormais mondial créé par Nils Frahm autour du piano, quatre pianistes se relaient de 15 heures jusqu’au soir en confirmant la richesse des possibilités musicales de cet ­instrument plus que jamais incontournable.

31.03.19 Tashi Wada Group avec Julia Holter et Corey Fogel 07.04.19

Lonnie Holley 05.05.19

Ideal Trouble Festival présente Vanishing Twin + EYE 02.06.19

OTTO 01.09.19

Josin 19.10.19

Les œuvres de Tashi Wada sont fondées sur la conviction que la musique doit être aussi directe que possible. Expérimen­ tant avec les harmoniques, la résonance et la dissonance, il utilise des structures simples, l’accordage et la hauteur pour générer des mondes sonores riches et pleins d’effets ­inattendus. Pour son dernier projet, Tashi Wada Group a fait appel aux ­talents de Julia Holter et Corey Fogel, deux artistes de Los Angeles, pour présenter leur nouvel album collectif intitulé Nue. À travers la peinture, la poésie, la sculpture, le dessin, la ­performance et le son, Lonnie Holley dépeint l’expérience noire américaine en se libérant lui-même et son entourage des chaînes d’une histoire traumatique. Sorti fin 2018 après cinq années de silence, son dernier album, MITH, est un recueil de morceaux qui touchent au mouvement Black Lives Matter, à Standing Rock et à la politique américaine contemporaine. Dans le cadre du festival Ideal Trouble présentant une cartogra­ phie iconoclaste de la musique à Paris, Lafayette ­Anticipations invite la pop spatiale et exotique des Britanniques de Vanishing Twin, un impressionnant rassemblement de musicien·ne·s ­déviant·e·s, dont Valentina Magaletti (Tomaga, Raime), Phil M.F.U. (de Man From Uranus) et Susumu Mukai (alias Zongamin). En première partie, EYE (Laurène Exposito, cofondatrice de Waving Hands Records, label DIY de synthés vintage) joue sa musique mélancolique, minimaliste et sincère qui oscille entre proto-­ techno et minimal synth. Pour leur premier concert en France, Alexander Arpeggio et Cid Hohner (aka OTTO) combinent des références disco old school avec une touche contemporaine. Leur son, qui s’appuie sur des orgues, synthés et boîtes à rythmes vintage, évoque les illustrations musicales électroniques des années 1970 et du début des années 1980. Entre ses sonorités arabisantes et sa ligne de basse sombre, le duo berlinois donne un coup de frais aux racines de l’orgue disco. Josin, alias Arabella Rauch, est une ­compositrice et ­productrice allemande. In The Blank Space, son premier album très attendu, est sorti en tout début d’année 2019. Cet opus est un mix ultra riche de sonorités électroniques harmoniquement rehaussées de claviers et de voix poétiques envoûtantes qui puisent dans une grande variété de registres (classiques et électroniques).

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Drew McDowall 22.11.19

Lives NOVA_XX : OMMA + Mika Oki + Clara! 30.11.19

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D’origine écossaise, Drew McDowall vit à New York depuis le ­début des années 2000. Sa musique, naturellement postin­ dustrielle, est ciselée et marquée par une atmosphère ­ambient et active : pulsations et oscillations lancinantes, samples aux accents ésotériques… Drew McDowall apporte r­ ésolument quelque chose de captivant et de novateur à l’édifice des ­nouvelles musiques électroniques. Lafayette Anticipations s’associe à la première édition ­parisienne de Nova_XX, biennale dédiée à l’innovation a ­ rtistique, scientifique et technologique en mode féminin. Une s­ oirée ­musicale en parallèle de l’exposition présentée au Centre Wallonie-­Bruxelles.

^-- Drew McDowall © Lafayette Anticipations ^--^-- Lonnie Holley © Lafayette Anticipations


Médiation et visites Une médiation plurielle

Depuis son inauguration en mars 2018, Lafayette ­Anticipations est imaginée comme un lieu accessible à toutes et tous où les propositions artistiques peuvent susciter la curiosité et ­initier un dialogue. La mobilisation, pour chaque exposition de la Fondation, d’une équipe de médiation issue d’horizons v­ ariés constitue un outil primordial au service de cette ­volonté. Présente dans tous les espaces de la Fondation, l’équipe de médiation se tient à la disposition des publics auxquels elle ­propose un panel de visites et d’activités variées. Au-delà des visiteur·euse·s ponctuel·le·s, la Fondation accueille et déve­ loppe des relations diverses avec des publics plus spécifiques – Éducation Nationale et enseignement supérieur, associations, entreprises, etc. – auxquels elle propose différents formats tels que visites, actions de formation, ateliers, conférences… En parallèle, notre application de médiation connectée ReBond offre aux visiteur·euse·s qui le souhaitent des contenus uniques liés aux œuvres exposées : carnets de production, interviews des artistes et curateur·trice·s… autant d’éléments susceptibles d’augmenter l’expérience du·de la visiteur·euse et de l’ouvrir aux processus souvent occultés de la création artistique. Pilier essentiel de la démocratisation de l’art, la ­médiation culturelle à Lafayette Anticipations est double et c ­ omplémentaire – à la fois humaine et numérique. Des visites régulières LA visite de 17h tous les jours à 17 heures, sauf le mardi LA visite nocturne découverte thématique de l’exposition avec les médiateur·rice·s LAtelier découverte des ateliers de production de Lafayette Anticipations LArchi focus sur le projet architectural de Lafayette ­Anticipations pLAy! en famille visite des espaces d’exposition pour les enfants de 6 à 12 ans

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Champ social et diversité

Les personnes n’ayant pas régulièrement accès à l’art ­contemporain bénéficient de toute l’attention du service des publics. Lafayette Anticipations s’engage auprès de structures associatives et de services médico-sociaux afin de d ­ évelopper des lignes de partage et d’encourager des projets de longue durée privilégiant la qualité à la quantité. Une grande ­partie de notre prospection est donc logiquement orientée vers le champ social et la diversité. Les démarches pour ­contacter et mobiliser ces groupes associatifs sont longues : il s’agit de gagner la confiance et l’adhésion des responsables de ­structures pour qu’à leur tour, ces dernier·ère·s deviennent le relais de la Fondation et parviennent à mobiliser des groupes et des personnes intéressé·e·s. Chaque visite d’exposition est une petite victoire pour la Fondation. Depuis la fin de l’année 2018, les bénéficiaires de l­’association Le Refuge, structure qui vient en aide aux jeunes victimes ­d’homophobie ou de transphobie, et en situation de rupture familiale, viennent découvrir chaque nouvelle exposition à la Fondation. En 2019, nous avons développé cette collaboration en leur proposant des ateliers créatifs menés par notre équipe de médiation à la suite des visites. Depuis 2018 également, la Fondation travaille à un dialogue constant avec l’association Culture et Hôpital qui vient en aide aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer grâce à un programme d’activités artistiques auquel nous contribuons en proposant des ateliers créatifs. Un nouveau partenariat s’est enfin engagé en novembre 2019 avec l’externat médico-éducatif La Dauphinelle à Colombes (92) qui œuvre à l’insertion professionnelle de jeunes déficient·e·s mentaux·ales ou autistes âgé·e·s de 14 à 20 ans. À travers des rendez-vous réguliers, la Fondation leur ouvre ses espaces de travail en les invitants à découvrir les différents moments de vie à l’intérieur d’un lieu de production et centre d’art ­pluridisciplinaire. Une initiation aux techniques d’impression est proposée à travers l’Atelier Riso : création de fanzines, de posters, découverte des couleurs et des motifs…

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^-- Atelier Matières et textiles © Lafayette Anticipations


Les ateliers

Lafayette Anticipations élabore un programme d’ateliers à son image, nourri par la création contemporaine dans ce qu’elle a de plus large. Les ateliers proposés par la Fondation sont pensés comme des moments de partage de compétences, de sensibilités, de savoir-faire et de techniques. Qu’ils soient ponctuels ou bien en lien avec les temps forts du programme, les ateliers permettent aux publics d’établir, ensemble avec les artistes, un rapport direct à la création. Partant également de la conviction que la régularité d’un ­rendez-vous facilite, par des temps de travail q ­ ualitatifs, l’émergence d’une communauté active et engagée, ­Lafayette ­Anticipations met en place chaque année un atelier en r­ ésidence. Pendant six mois et au fil d’ateliers bimensuels, un·e a ­ rtiste se voit offrir les moyens de construire une œuvre collective, co-pensée et co-créée avec les participant·e·s et invité·e·s de chaque séance. À l’issue de ces ateliers, un grand événement de restitution d’œuvre est organisé dans l’Agora de la Fondation.

Ateliers d’artistes

« Hoodie Moi Sweatez Vous » par Vava Dudu C’est avec un petit rien sur un simple sweat à capuche que je vous invite à passer un moment épanouissant : dessin, couture, comment faire un vêtement prêt-à-porter en ma compagnie. « Plumes Plumages » par Maxime Thieffine En apposant des coups de pinceaux sur leur toile, les enfants la « déguisent » en un plumage extravagant pour constituer une collection d’espèces variées et multicolores. À la fin de l’atelier, la nuée de peintures réalisées se disperse dans les airs ! « Atelier Pochoir » par Alice Jauneau L’atelier consiste à créer des posters ou des papiers peints grâce à une large palette de pochoirs. Les enfants sont amené·e·s à imaginer des motifs originaux pour créer leurs propres affiches, puis à y apposer du texte et des symboles avec les outils mis à leur disposition. « Atelier Petites bêtes » par Isabelle Simler L’illustratrice Isabelle Simler propose aux enfants de créer leur mini-livre en pliage dans lequel chacun·e peut dessiner sa collection d’insectes. « Atelier aquatique » par Arthur Hoffner L’artiste Arthur Hoffner invite les enfants à construire ­collectivement une petite fontaine à partir d’éléments recyclés et de récupération. Il s’agit d’une réflexion sur le lien primordial entre l’Homme et l’eau pour envisager la fontaine comme une opportunité d’émerveillement et réinventer cette scénographie du superflu dans un monde assujetti à l’utilité.

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« Atelier Riso » Les médiateur·trice·s de la Fondation rendent accessible ­l’atelier d’impression de Lafayette Anticipations à toutes et tous. C’est l’occasion d’apprendre le fonctionnement de cette machine unique et d’explorer son potentiel créatif : création de fanzines, de posters, découverte des couleurs, des motifs, etc.

Ateliers autour des expositions et festivals

« Mini Happy Museum » (dans le cadre de l’exposition de Simon Fujiwara) Un workshop au cours duquel les enfants sont invité·e·s à créer leur propre « happy museum » miniature en pensant, fabriquant et associant les objets qui, selon eux·elles, incarnent différentes idées du bonheur. Les enfants deviennent ainsi commissaires et scénographes de leur propre mini-exposition. « Workshop voix B.A.BA » (dans le cadre du festival Closer Music) Un workshop avec l’artiste Violaine Lochu pour revenir au b.a.-ba de ce qui fait le geste vocal – respiration, posture, timbre – par le jeu et l’improvisation « Matières et textiles » (dans le cadre de l’exposition d’Hella Jongerius) Une série d’ateliers proposés par différent·e·s médiateur·trice·s pour découvrir, toucher, manipuler une multitude de matériaux et comprendre comment ce que l’on porte est fabriqué « Prière de toucher » (dans le cadre de l’exposition de Katinka Bock) Imaginer qu’une tempête est passée à la Fondation, créer une sculpture-carapace, enregistrer une mini-émission de radio sur le thème de l’attente et de la communication, ­expérimenter différentes techniques comme l’empreinte dans l’argile ou le pliage de la terre… Voilà autant d’activités proposées par les médiateur·trices·s aux enfants autour de l’exposition Tumulte à Higienópolis.

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Ateliers en résidence

Mathis Collins « Un jeu de passe-boule » Atelier d’art forain bimensuel du 04.10.18 au 24.05.19 Invité par Lafayette Anticipations, Mathis Collins a c ­ onstitué un atelier collectif de création, de conversation et de r­ encontre autour de l’art forain et des contextes de luttes desquelles celui-ci a émergé. L’expérience et les connaissances des participant·e·s ont ­défini le cadre d’une œuvre collective bien précise : deux stands f­ orains, réalisés à l’occasion et au fil de quinze séances bimensuelles en compagnie de l’artiste, sont inaugurés lors d’une fête foraine à la Fondation en mai 2019. À la manière des communautés de carnavalier·ère·s, Mathis Collins a créé un groupe d’habitué·e·s de tous horizons qui ont réalisé une grande partie du stand. Ce projet d’œuvre ­collective a évolué au fil des rencontres avec des invité·e·s (­anthropologues, architectes, artisan·e·s, historien·ne·s, forain·e·s, scénographes, écrivain·e·s).

Parole d’artiste Mathis Collins

« À Lafayette Anticipations, j’ai eu les moyens, le temps et l’espace ­nécessaires pour rassembler une communauté artistique impor­ tante et diverse autour d’une solution engageante dans une temporalité proche de la pratique personnelle d’un artiste. Les conditions étaient semblables à celles de ces groupes qui se retrouvent tout au long d’une année pour préparer un ­carnaval : ensemble, nous avons fait revivre une culture à travers une œuvre et une fête dont je n’étais finalement que le garant. La d ­ ynamique de création était répartie, animée par différentes énergies, et ne venait pas uniquement de moi. C’est la première fois que j’ai la possibilité d’inviter non ­seulement des chercheur·euse·s, des artistes et des spécialistes, mais aussi les élèves d’un collège, autour d’un atelier ­collaboratif. Nous avons découvert des artistes en herbe – et e ­ ux·elles-mêmes se sont découvert·e·s ! Ensemble, nous avons imaginé, construit et activé une superbe pièce d’art forain à deux cents mains. Plusieurs participant·e·s ont même atteint un degré d ­ ’engagement tel qu’ils·elles sont non seulement devenu·e·s les cocréa­ teur·trice·s de ce projet, mais aussi des ami·e·s. C’est là que ça devient vraiment social, et que l’art a un impact sur la vie. Personnellement, socialement et artistiquement, c’était un moment magique. »

<--, <--<-- © Julien Goniche

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Charlotte Khouri « Culture Générale Générale » Un atelier bimensuel d’observations, de ­ discussions, de découpages, d’arlequinades, de maquettes, de gonflage, ­ d’accessoirisation, d’énonciations, de dessins, d’écriture, de ­ projections, d’arts vocaux télévisuels du 07.11.19 au 21.05.20 L’objectif de ces ateliers est de co-construire une fausse émission de télévision sur la culture générale avec les parti­ ci­pant·e·s grâce à l’intervention de divers·e·s invité·e·s dont Charlotte Khouri aime le travail : des invité·e·s ayant des qualités d’artiste, de spécialiste, d’auteur·trice, de dessi­ nateur·trice, d’interprète, de metteur·euse en scène, de ­chanteur·euse. Cette pièce collaborative, possible simulacre d’un t­ ournage d’émission télévisuelle, est rythmée par des chroniques qui ­auront été fomentées tout au long de ces quinze séquences. L’idée étant de mettre au goût du jour le format télévisuel imaginé par L’Assiette anglaise. Diffusée de 1987 à 1989 sur ­Antenne 2, cette émission était animée par Bernard Rapp entouré d’une bande d’ami·e·s. D’allure british, elle proposait l’analyse décalée et critique de sujets d’actualité et de s­ ociété, de couvertures de presse, d’écologie et de sport, le tout ­ponctué de reportages cocasses en extérieur. En parallèle des ateliers à la Fondation, Charlotte ­Khouri ­collabore à la réalisation des costumes de son film avec une classe du lycée professionnel de Noisy-le-Sec.

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^-- L’Assiette anglaise, émission critique et décalée diffusée de 1987 à 1989 sur Antenne 2


Éditions


Matthieu Bonicel responsable des éditions

« 2019 a été une année particulièrement dense en projets éditoriaux et en développement de nos ressources de production en ­interne. Deux catalogues, pour les expositions Passer-by ­d’Atelier E.B et Entrelacs d’Hella Jongerius, nous ont permis d ­ ’enrichir notre collection d’objets singuliers, mettant en lumière la diversité des expositions de la Fondation. Ce fut également l’occasion d’une première collaboration avec Irma Boom, sans doute l’une des graphistes actuellement les plus célèbres sur la scène internationale du livre d’art. Sa proposition pour le catalogue Hella Jongerius s’est pleinement inscrite dans notre logique de production en proposant un défi technique peu habituel : produire un livre en partie en risographie dans notre atelier artisanal et en partie dans l’une des meilleures ­imprimeries de livre d’art en Europe, sans que le résultat final ne soit trop contrasté, mais profite pleinement des deux techniques ­d’impression. Cette année a également vu la naissance de la collection ­Carnets, dont le graphisme, spécifiquement réalisé par Charles Villa pour une impression Riso et une réalisation sur place, est commun à l’ensemble des numéros, ce qui nous a ­permis d’installer une identité continue en librairie. Trois Carnets ont ainsi vu le jour : Passer-by d’Atelier E.B, Entrelacs d’Hella Jongerius et Tumulte à Higienópolis de Katinka Bock. Nous avons également mis 2019 à profit pour enrichir ­considérablement notre parc de machines et déployer, au troisième étage de la Fondation, un véritable atelier de création éditoriale reposant sur les principales techniques d’impression numérique utiles aux artistes : xérographie (impression numérique « laser »), risographie, tirage d’art jet d’encre et grand format. Associée à cet atelier d’impression, une unité de façonnage comprenant un large éventail de techniques, du dos carré ­collé à la couture Singer, nous permet de réaliser sur place des ­ouvrages singuliers en ajustant les quantités à la demande, ce qui nous permet de considérablement réduire notre impact environnemental. Cet atelier a été activé pour la première fois lors du festival ­Kaléidoscope, où une carte blanche a été donnée au collectif Red Lebanese qui a réalisé sur place une dizaine de p ­ ublications dans l’univers du fanzine, montrant ainsi les potentialités d’une telle démarche pour la création collective. Un autre collectif a été réuni à la fin de l’année autour du ­projet éditorial de Katinka Bock. En parallèle de son e ­ xposition, quatre numéros d’un journal intitulé Tumultes ont été ­réalisés lors d’ateliers d’écriture avec un groupe d’étudiant·e·s de diverses disciplines. Distribués dans les espaces d’exposition, ces journaux ont finalement été réunis en une édition ­limitée à 200 exemplaires qui comprend également une douzaine de ­gravures réalisées à la Fondation en exploitant une technique originale de gravure laser puis de tirage traditionnel à la presse. Un programme de livres d’artistes réalisés dans cet atelier sera initié en 2020 pour conserver cette dynamique. »

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--> Vue de l’atelier de production éditoriale © Martin Argyroglo




Carnets

Pour chaque exposition, un volume de la collection Carnets accompagne le public et propose des contenus inédits qui ­permettent de mieux comprendre les œuvres et la démarche des artistes. Entièrement fabriqués sur place en risographie, ces carnets sont bilingues (français-anglais) et vendus au prix de 5 euros. Ils sont par ailleurs mis en ligne sur le site Internet de la Fondation. Éditeur : Lafayette Anticipations Studio graphique : Charles Villa Format : 11 × 20 cm Impression : Riso Reliure : Singer

Langue : français Prix : 5 €

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Catalogues

Les catalogues édités par Lafayette Anticipations accompagnent les expositions. Imprimés ou non dans nos ateliers, ils sont pensés comme des objets uniques, des fruits de la ­collaboration entre la Fondation et les artistes. Tous les catalogues font l’objet d’une direction artistique spécifique et d’un format qui leur est propre. Richement illustrés de vues d’exposition, ils proposent également une série de textes d’auteur·rice·s et critiques internationaux·ales en français et en anglais.

Atelier E.B: Passer-by

Ce livre a été conçu comme un document accompagnant le projet Atelier E.B : Passer-by tel qu’il a été pensé pour les Serpentine Galleries (Londres) et Lafayette Anticipations ­(Paris), mais aussi comme un catalogue raisonné de la collection de mode Jasperwear présentée et vendue dans le cadre de l’exposition. Il contient une couverture photographique étendue des deux expositions, des textes d’universitaires et de critiques d’art, ainsi qu’une section historique présentant les recherches intensives entreprises par Lucy McKenzie et Beca Lipscombe. Il est complété d’un glossaire des artistes et des grandes ­expositions qui ont joué un rôle important dans la conception de la collection et des expositions.

Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition A ­telier E.B : ­Passer-by à ­Lafayette Anticipations du 21.02 au 28.04.2019

Éditeur : Lafayette Anticipations Auteur·trice·s : Marie Canet, Philip ­Ekardt, Amy de la Haye, Beca Lipscombe, Lucy McKenzie, François Quintin Photographes : Pierre Antoine, Zoë Ghertner, Morwenna Kearsley, ­Josephine Pryde, Eileen Quinlan Format : 24,5 × 31 cm Nombre de pages : 244 Reliure : spirales

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Langue : anglais-français Date de parution : novembre 2019 Prix : 38 € ISBN : 978-2-490862-05-4


Entrelacs, une recherche tissée Hella Jongerius Inspiré par l ­’exposition du même nom qui a eu lieu à Lafayette A ­nticipations du 07.06 au 08.09.2019, le livre Entrelacs, une recherche tissée retrace les travaux entre­ pris par Hella Jongerius depuis plusieurs années sur le tissage et les possibilités infinies qu’il ­ offre aux designer·euse·s.

Militante de l’innovation culturelle et engagée dans la c ­ réation responsable, la directrice du Jongeriuslab et son équipe ont installé l’espace d’un été, dans les locaux de la Fondation d’en­ treprise Galeries Lafayette, un gigantesque laboratoire autour de trois différents types de métier à tisser qu’ils·elles ont pour certains conçus eux·elles-mêmes. Du tissage monumental à la production numérique, de la fabrication de textiles 3D sans couture au tressage de cordes hybrides, le public navigue dans les allées d’un atelier de recherche fondamentale et peut ainsi toucher du doigt ce qui est, ou devrait être, l’essence même du design. Le catalogue de l’exposition est le reflet de ce processus. Irma Boom, graphiste de renommée internationale, en assure la direction artistique. On lui doit plusieurs ouvrages embléma­ tiques comme SHV Think Book 1996-1896 (SHV Holdings, 1996), Sheila Hicks, Weaving as a metaphor (Bard Center, 2006), No. 5 Culture Chanel (La Martinière, 2013) ou encore Rem ­Koolhaas, Elements of Architecture (Taschen, 2018). Le texte se ­déroule en continu comme un tissage et trois parties s’entremêlent en utilisant deux techniques d’impression différentes : la ­risograhie (partie réalisée sur place dans les espaces d ­ ’exposition) et l­’offset. Le livre est cousu « à la Singer », une technique de reliure dont le nom lui-même est hérité de l’univers ­textile. Des textes et entretiens avec Hella Jongerius par Alice ­Rawsthorn, Christel Vesters, Hans den Hartog Jager et Anne Röhl apportent un éclairage historique, technique et esthétique sur cette ­exposition hors du commun. Éditeurs : Lafayette Anticipations, König Books Auteur·trice·s : Anna Colin, Hella Jongerius, Hans den Hartog Jager, François Q ­ uintin, Alice Rawsthorn, Anne Röhl, Christel Vesters Studio graphique : Irma Boom Photographe : Roel van Tour Format : 17 × 24 cm Nombre de pages : 136 Nombre d’illustrations : 80 Impression : offset et Riso Reliure : écolière, agrafes, Singer

Langue : français-anglais Date de parution : septembre 2019 Prix : 30 € ISBN : 978-2-490862-03-0

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Autres publications

Entre livres d’artistes, publications réalisées lors d’ateliers in situ et éditions d’artistes en tirage limité, les projets é ­ ditoriaux de Lafayette Anticipations sont multiples. Ils reflètent les activités d’un lieu pluridisciplinaire toujours en mouvement et ­privilégient des pratiques en circuit court, voire 100 % home made.

An Image (Haunted by Wols) Eileen Quinlan avec Jazz Leeb

Elles s’inspirent de la collaboration fructueuse entre l’artiste allemand Wols et le Pavillon de l’Élégance de l’Exposition universelle de Paris en 1937. Wols fut employé pour réaliser la documentation officielle de ce Pavillon placé sous la direction de la couturière Jeanne Lanvin. En prenant leur ­collaboration comme modèle, Eileen Quinlan a été employée par Atelier E.B pour documenter les « coulisses » de Passer-by et le ­désordre des espaces durant le montage. Tout comme Wols, elle t­ ransforme également cette documentation en cartes postales à vendre aux visiteur·trice·s en exploitant l’atelier de risographie de ­Lafayette Anticipations.

Ces cartes postales ont été spécialement créées par Eileen Quinlan pour Passer-by d’Atelier E.B à partir de photographies prises au cours de deux nuits pendant l’installation de l’exposition.

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Auteur·trice·s : Eileen Quinlan avec Jazz Leeb Studio graphique : Oscar Ginter de Parseval Photographe : Eileen Quinlan Format : 10 × 15 cm Nombre de pages : 16 cartes Nombre d’illustrations : 16 Impression : Riso

Date de parution : février 2019 Prix : 16 €


Conversations Hors-Champ Ivana Müller Les conversations de cette publication font partie intégrante de la ­performance Hors-Champ écrite par Ivana Müller en collaboration avec Julien Lacroix et Anne Lenglet.

Prenant place dans une « colonie » constituée d’une dizaine de tentes, Hors-Champ (2018) est une installation-­performance jouée par les spectateur·trice·s. Ce sont les mêmes tentes que nous avons l’habitude de voir dans les campings ou autour des lacs et des plages à la belle saison, mais également dans les grandes villes, sous les ponts, le long des canaux ou dans d’autres espaces « lisière » urbains protégés des regards. Dans chacune de ces tentes, on trouve une conversation scriptée. Un·une spectateur·trice/participant·e entre dans une tente avec un·une autre spectateur·trice/participant·e, de préférence qu’il ou elle ne connaît pas. Ils·elles commencent tout « simplement » à lire cette conversation, loin des regards dans l’intimité de la tente. Même s’ils·elles ont un script à suivre et qu’il n’y a rien à improviser, ce sont les deux lecteur·trice·s qui vont vraiment « écrire » ce qui va se produire dans le laps de temps passé ­ensemble. Chaque tente propose une nouvelle conversation, une nouvelle rencontre qui questionne notre relation à la nature et à l’autre, l’idée de la survie, du loisir, de la culture. Auteur·trice·s : Ivana Müller, en collaboration avec Julien Lacroix et Anne Lenglet Studios graphiques : Maëlle Brientini, Alexia Guyon Format : 12,5 × 19,5 cm Nombre de pages : 56 Impression : Riso Reliure : broché

Langue : français-anglais Date de parution : septembre 2019 Prix : 4 € ISBN : 978-2-490862-09-2

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Tumultes Katinka Bock Tumultes est un projet de journal initié par Katinka Bock à l ­ ­’occasion de son exposition à ­Lafayette Anticipations. Il a été confié à T ­homas Boutoux (éditeur) et ­ Clara Schulmann (autrice) ­ ainsi qu’aux graphistes de l’Atelier Pierre Pierre.

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Le projet vise à la création express d’un journal en une ­journée, depuis la rédaction de textes et de contenus jusqu’à l’impression et la fabrication dans les ateliers de Lafayette ­Anticipations. Quatre sessions dont les rédacteur·trice·s sont à chaque fois différent·e·s, mais toujours composées d’un public d’étudiant·e·s (en littérature, philosophie, art, graphisme) et de lycéen·ne·s, et menées conjointement avec des artistes invité·e·s ­( Thomas Clerc, Luke James, Francisco Tropa et Natascha Sadr ­Haghighian). D’autres artistes internationaux·ales ont également contribué à distance à l’invitation de Katinka Bock en envoyant des textes et des œuvres qui viennent dialoguer avec les productions réalisées sur place. Quatre sessions de travail pour quatre numéros de ce ­journal publié d’octobre à décembre 2019. Quatre sessions qui mettent en avant un travail d’écriture au sens large : images, textes, t­ raductions, dessins – autant de formes que le tumulte peut rassembler et qui gagnent à être produites collectivement. L’installation d’une salle de rédaction dans l’espace de l­’exposition fait de l’écriture un protagoniste temporaire capable d’en modifier les contours. Tumultes enregistre les fracas du monde extérieur, l’actualité dans laquelle l’exposition prend place. Chaque numéro de Tumultes est distribué gratuitement quelques jours après la session dans les espaces d’exposition. À l’issue du processus, une édition numérotée rassemblant les quatre numéros ainsi que des gravures originales a été mise en vente à la boutique À Rebours. Sous la direction de : Katinka Bock, ­Thomas Boutoux, Clara Schulmann Studio graphique : Atelier Pierre Pierre Format : 32 × 45 cm Nombre de pages : 92 pages (4 journaux risographiés) + 12 planches gravées + 7 ­éléments séparés Impression : Riso, jet d’encre, laser, ­gravure, sérigraphie Reliure : broché, pliage, sous enveloppe en glassine

Langue : français Date de parution : janvier 2020 Prix : 50 € ISBN : 978-2-490862-04-7

Participant·e·s aux ateliers : Annette Ahrens, Ariane ­Alberola, Lola Arrouasse-Pagella, Carmen ­Ayala ­Marin, Léo-Paul Barbaut, Lucie Baumgarten, Emma Bertin Sanabria, Noa Bock ­Pathammavong, Stascha Bock Pathammavong, Chloé Bonnie More, Tess Boutoux -- Tran Qui, Victor Boutoux -- Tran Qui, Maëlle Brientini, Alexia Chesnoy, Thomas Choiselat-Meyohas, Louise Cosse, Clara Demelle, Jonathan Fou, Cecilia Granara, Luke James, Christine Khu, Dana Khuu, Augustin Kokoreff-Brütt, Jeanne Labracherie, Chloé Le Bihan, ­Jessica Magnan, Viggo Napoleon Bang-Larsen Martinez, Océan Perrin, Lætitia Rambour-­ Mertens, Baptiste Renoux, Sophie Rogg, Raphaël Serres, Marta Skoczeń, Laura Tolen, Joséphine Topolanski, Jeanne Tresvaux du Fraval, Lætitia Troussel-Luber, Anya Wolff, Anna Zilberfarb, Rachel Zilberfarb, ­Eugénie Zuccarelli

Avec la contribution artistique de : Saâdane Afif, Haig Aivazian, Nina Beier, ­Paloma Bosquê, Nina Canell, ­Enrico ­Camporesi, Thomas Clerc, Thea Djordjadze, Jason Dodge, Luke James, Guillaume Leblon, Marie Lund, Louis Lüthi, Jumana Manna, Harald Naegeli, Natascha Sadr ­Haghighian, Johannes Schwartz, Batia Suter, Francisco Troppa


Communication


Aurélie Garzuel

responsable de la communication

« Pour la communication, 2019 a été une année de transition et de ­confirmation. Transition car les stratégies de communication se sont adaptées aux nouveaux axes de programmation de la ­Fondation. La place importante désormais faite aux festivals et à la musique, ainsi que la richesse de son programme public ont nécessité de planifier des promotions à plusieurs vitesses selon des calendriers différents, avec plusieurs types de budget, plusieurs types d’outils et de plateformes. Transition également autour de la communication visuelle. La collaboration avec l’agence Dream On s’est achevée à la fin de l’année 2018. Afin de trouver le studio le plus à même ­d’accompagner la Fondation dans la diversité de ses activités et de s’emparer au mieux de la charte graphique existante, nous avons collaboré avec l’agence Bildung autour d’une consultation. Nous avons reçu trois studios et finalement retenu la p ­ roposition de Mathieu Meyer. Diplômé de l’ECAL (Lausanne), Mathieu Meyer travaille régulièrement pour des clients du monde de la mode ou de l’art contemporain. Sa proposition s’inscrivait idéalement dans les problématiques propres à la communication visuelle de la Fondation, c’est-à-dire le besoin d’adapter le temps de la communication à celui de la production artistique, et ainsi lancer des outils de communication alors que les œuvres sont encore dans les ateliers. Confirmation enfin, car nous avons observé tout au long de l’année une adhésion grandissante du public au projet de la Fondation. Les journalistes tout d’abord, qui sont venu·e·s et revenu·e·s en grand nombre pour couvrir les expositions, notamment avec la très belle revue de presse (nationale et ­internationale) de l’exposition d’Hella Jongerius. Les profes­ sionnel·le·s du monde de l’art, de la musique et des arts v­ ivants ont aussi répondu présent·e·s lors de nombreux événements tels que les festivals Closer Music et Échelle Humaine. Le nombre croissant d’abonné·e·s sur les réseaux sociaux (+ 48 % pour le compte Instagram), les commentaires de plus en positifs sur notre page Google et les réseaux sont tous autant d’­indicateurs qui tendent à démontrer que la Fondation trouve peu à peu sa place dans les habitudes culturelles des Parisien·ne·s. L ­ ’analyse de ces retours permet de mettre en avant plusieurs points très identifiés par le public : la singularité et la qualité de la ­programmation, la gratuité des expositions, la beauté des espaces et la qualité de l’accueil. L’enquête menée depuis le début de l’année 2020 devrait nous permettre d’aller beaucoup plus loin dans l’analyse du p ­ ublic et de ses usages. Les résultats seront autant ­d’éclairages et de pistes de réflexion sur les développements à venir de la com­ munication, dont les objectifs tendent à toujours mieux o ­ ptimiser la promotion des activités de la Fondation et à augmenter sa notoriété auprès de nouvelles cibles. »

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Le plan de communication Pour les expositions

Le dispositif autour des trois moments d’exposition prévoit désormais systématiquement : --> Un affichage dans le métro dans une dizaine de s­ tations sous forme d’affiches (300 × 150 cm) dans les couloirs ou sur une série d’écrans digitaux (message vidéo de 10 secondes) --> Un affichage urbain (40 × 60 cm) sur un réseau de 200 vitrines de boutiques dans Paris intra-muros ainsi que sur 150 totems dans les universités et grandes écoles --> Le dépôt de nos flyers dans plus 80 lieux culturels parisiens --> Une bande-annonce de l’exposition de 20 secondes ­ iffusée sur 31 écrans dans les salles MK2 ainsi que sur nos ­canaux d et ceux de certains partenaires --> Une campagne de web marketing ciblée (Instagram et Facebook) Le reste du plan de communication se décline en p ­ artenariats médias et achats d’espaces publicitaires dans des s­ upports ­nationaux et internationaux (e-flux, Frieze, Terremoto). Les ­médias sont choisis selon leur adéquation avec les thématiques des expositions – mode pour Atelier E.B, design (Ideat) pour ­Hella Jongerius et art contemporain (L’Officiel Art) pour Katinka Bock –, en plus de quelques partenariats à l’année avec Beaux Arts Magazine, TroisCouleurs, Le Bonbon…

Pour les festivals

Un dispositif plus instantané qui s’accorde à la temporalité très courte des événements et qui comprend : --> L’affichage de rue (format 40 × 60 cm) d’environ 2 000 affiches dans des quartiers précis de Paris : Marais, ­République, Oberkampf, Canal Saint-Martin… --> Le tractage de flyers devant des lieux de spectacles ­ciblés en fonction de leur adéquation avec la programmation --> Une communication digitale plus intense afin de r­ épondre à un mode d’information plus en phase avec les usages des festivalier·ère·s, avec notamment de nouveaux formats v­ idéo spécialement développés depuis 2019 : série d’animations en teasing sur les réseaux sociaux et sur le site Internet, ainsi que report vidéo pour le festival KALEIDOSCOPE MANIFESTO et animations en amont avec courts teasers pour chaque ­spectacle d’Échelle Humaine (diffusés avant la représentation) --> Les partenariats médias sont développés en cohérence avec les disciplines : Les Inrockuptibles et Trax pour Closer Music ou KALEIDOSCOPE MANIFESTO, Libération pour Échelle Humaine.

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Les outils de communication Outils print

--> Invitations aux vernissages des expositions --> Flyers imprimés à 10 000 exemplaires pour les expositions et à 5 000 exemplaires pour les festivals --> Affiches aux formats 40 × 60 cm et 150 × 300 cm pour les expositions, et 40 × 60 cm pour les festivals --> Une nouvelle signalétique in situ a été installée sous la forme de caissons lumineux dans le passage côté rue SainteCroix-de-la-Bretonnerie et d’une vitrophanie apposée sur une fenêtre en façade de la rue du Plâtre afin de renforcer la visibilité de la programmation depuis la rue.

Outils digitaux

--> Invitations aux vernissages des expositions --> Newsletter bimensuelle envoyée à environ 12 000 desti­ nataires (+ 2 000 inscriptions en 2019) pour un taux d’ouverture de 31 % (+ 2 % par rapport à 2018) --> Bandes-annonces vidéo pour les réseaux sociaux et les salles de cinéma, complétées par de nouveaux contenus en 2019 : animations vidéo et comptes-rendus vidéo

Le site Internet

Plusieurs développements ont vu le jour en 2019 pour que le site devienne toujours plus riche et plus performant. Parmi les nouveautés majeures, on retiendra la mise en ligne de la Collection sous un onglet qui lui est propre, la mise en avant d’une exposition hors-les-murs – celle au musée d’Art moderne de Paris – depuis la homepage, et enfin le développement de la page Éditions en vue de déployer au mieux toute l’activité éditoriale de la Fondation. Quelques chiffres : --> 189 000 utilisateur·trice·s, soit 42 % de plus qu’en 2018 --> 416 000 pages vues, soit 65 % de plus qu’en 2018, dont 35 % pour la page d’accueil en français --> 88 % de nouveaux·elles visiteur·euse·s --> 42 % des visiteur·euse·s ont entre 25 et 34 ans. --> 65 % sont des femmes. --> Trois pics de vues : liés aux campagnes digitales des ­expositions Atelier E.B : Passer-by et Fortune, ainsi que p ­ endant le festival KALEIDOSCOPE MANIFESTO et les derniers jours de l’exposition d’Hella Jongerius.

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^--, ^--^--, ^--^--^-- Exemples d’affichages print pour les temps forts de la Fondation

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Les réseaux sociaux Facebook

La page Facebook s’organise autour des événements de la ­programmation, dont certains font l’objet de promotion. Elle rappelle chaque vendredi la programmation du ­week-end. Depuis 2019, la page relaie plus activement les actualités des artistes de la Collection ou ayant fait partie de la program­ mation de la Fondation, ainsi que l’actualité des prêts de la Collection. La page Facebook permet également de faire régulièrement des échanges de visibilité avec des institutions partenaires. Quelques chiffres : --> 25 255 abonné·e·s (organiques), soit + 19 % par rapport à 2018 --> 24 609 mentions J’aime --> Sessions Facebook Live à l’occasion du Piano Day et du Visible Award --> Les événements font régulièrement l’objet de promotion.

Instagram

Le compte Instagram de la Fondation vit au rythme de la ­ rogrammation. Des triptyques sont publiés environ trois fois p par semaine pour mettre en avant les événements, les workshops, les œuvres de l’exposition, les éditions et les actualités de la boutique. Les Stories font la part belle aux lives, aux coulisses des expositions et à l’activité de l’atelier de production. Depuis mai 2019, un nouveau design a été conçu pour le feed par le studio Mathieu Meyer en adéquation avec la nouvelle communication visuelle. Quant aux festivals, ils sont traités de manière indépendante en mode take over. Quelques chiffres : --> 33 400 abonné·e·s (organiques), soit + 48 % par rapport à 2018 --> Record de vues le 3 mai avec 34 235 vues d’une des ­animations du festival KALEIDOSCOPE MANIFESTO --> Record de likes (organiques) le 10 octobre avec 392 likes pour une vue de l’exposition de Katinka Bock --> Record de vues en Story le 19 mai avec 2 201 vues pour le dernier jour du festival KALEIDOSCOPE MANIFESTO --> Audience : 51 % en France (dont 37 % à Paris), majorité de 25–34 ans, 62 % de femmes

Twitter

Peu utilisée depuis son ouverture, la page Twitter est ­dorénavant nourrie quasi quotidiennement et compte 1 378 abonné·e·s (mai 2019), soit 38 % de plus qu’en 2018.

Google

Commentaires (sélection) :

Notation 4 ★★★★ (3,8 en 2018)

Stéphane Boissonot « Toujours des expositions fascinantes » Manu Turpin « Excellente exposition, bel accueil et lieu bien agencé et gratuit, bravo de défendre l’art contemporain » Ignazo Motola « Free contemporary art exhibition space in the Marais. Very good selection of artists and very interesting ­architecture by OMA. »

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Les relations presse

Les relations presse sont confiées à l’agence Claudine Colin. Des objectifs sont fixés pour chacun des grands temps forts en fonction des médias ciblés. En 2019, la programmation totalement pluridisciplinaire oscillant entre musique, arts vivants, mode, design et art contemporain a permis d’élargir considérablement le spectre des journalistes à toucher. Cette nouvelle presse spécialisée a d’ailleurs été largement mobilisée. Des journalistes qui ne connaissaient pas la Fondation ont découvert ses activités à cette occasion. Par ailleurs, cette deuxième année a vu se confirmer ­l’intérêt des mensuels « art » qui s’emparent de plus en plus des ­sujets de la Fondation : Beaux Arts Magazine, Connaissance des Arts, Art Press et The Art Newspaper, entre autres, ont couvert presque toutes les expositions en leur consacrant souvent p ­ lusieurs pages, ce qui n’était pas le cas lors de la première a ­ nnée ­d’ouverture. Plusieurs journalistes des grands quotidiens et hebdomadaires nationaux suivent avec attention la program­ mation de la Fondation, tel·le·s que Judicaël Lavrador ­(Libération), Emmanuelle Lequeux (Le Monde, Beaux Arts ­Magazine) ou encore Ingrid Luquet-Gad (Les Inrockuptibles). Le nombre de retombées est en augmentation sur toutes les expositions par rapport à l’année 2018 (hors ouverture), ce qui montre bien l’intérêt grandissant de la presse généraliste et spécialisée pour les expériences proposées à la Fondation. Le 7 mai, la Fondation a organisé son premier voyage de presse dans l’atelier d’Hella Jongerius à Berlin. Cinq journalistes de la presse générale et spécialisée en design (M Le magazine du Monde, AMC, Ideat, ICON, Le Journal des Arts) ont ­participé à ce voyage. Il a permis de bénéficier d’articles importants en amont de l’exposition et d’une interview d’Hella Jongerius qui a été largement diffusée. Quelques chiffres : 7 millions d’audiences cumulées dans les médias et 339 articles et annonces ont été recensés.

[31 %] presse écrite nationale 106 parutions*

[79 %] de l’ensemble des retombées : presse nationale

[21 %] des publications : presse inter­nationale

[18 %] presse écrite internationale 60 parutions*

[2 %] presse audiovisuelle 7 reportages radio/TV [49 %] presse Internet 164 publications sur les sites des grands médias nationaux ou sur les pure players

* toutes périodicités confondues


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^-- Exemples d’affichage dans le métro


English Digest


Katinka Bock, Mise à distance, 2019 Š Pierre Antoine

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In terms of Lafayette Anticipations’ main m ­ ission, namely the production of new works, 2019 was a significant year. Throughout, the director of production, Dirk Meylaerts, and his team were driven to explore new territory in the ­conception and completion of pieces. Endowed with two production workshops (in the basement and on the third floor), the Foundation has the capacity to carry out complete in-house projects, ­producing both full-fledged pieces (involving complex ­elements such as carpentry and digital milling), as well as exhibition scenography, thus e ­ nhancing the team’s autonomy and self-reliance. It is also important to note that these activities are shared with the Foundation’s visitors, through both ­guided visits of the production facilities and ­workshops conducted by qualified Foundation team members or invited artists, focusing on specific machines (e.g. a silkscreen printing machine or a ceramic toner). This pioneering activity is core and with it comes great responsibility. For this reason, ­Lafayette Anticipations has signed the Charte Économie Solidaire de l’Art, adopting ethical practices regarding the production and compen­ sation of all independent creators contracted by the Foundation for specific projects. Finally, the Foundation is also committed to ­environmentally responsible and sustainable practices, as ­evidenced by its use of upcycling, recycling and eco-­ materials.

to the role of the mannequin in fashion (from antique sculptures to department store ­windows). Furthermore, Atelier E.B commissioned a ­series of artists —Tauba Auerbach, Anna Blessmann, Marc Camille Chaimowicz, Steff Norwood, ­Elizabeth Radcliffe, Bernie Reid and Markus Selg— to con­ tribute their interpretations of fashion h ­ istory and explore new modalities for exhibiting clothes, The 2019 artistic programme started off with leading to the construction of a hybrid dreams­ cape within Lafayette Anticipations. A centrepiece the second edition of the Closer Music f­ estival, of the exhibit at Lafayette Anticipations was a conceived by Étienne Blanchot. The goal of staircase built within the Foundation’s core which this three-day event (25–27 January) is to place the Foundation’s architectural space at the heart integrated original elements from the m ­ onumental of musical performance. Thus, during ­Closer ­Music, art nouveau staircase (now removed) which the polymorphic building is entirely dedicated f­ eatured in the historic Galeries Lafayette building. to diverse practices and experiences, provided this year by artists Robert Görl, Tirzah, Easter, Pan Fortune, by French artist Camille Blatrix, Daijing, Stine Janvin, Jessica Sligter and Céline opened concurrently with Atelier E.B’s exhibit. Gillain. The sculptor worked within the Foundation’s top floor architecture and the glass tower enclosure Following this event, came Atelier E.B’s exhibition conceived by OMA. The artist likened this space, Passer-by (21 February–28 April), ­initially ­presented informally named “the sky”, to a penthouse

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in the fall of 2018 at the Serpentine G ­ alleries in London. Atelier E.B is an English creative brand established in 2007 and composed of the ­designer Beca Lipscombe and the visual artist Lucy ­McKenzie who collaborate on their shared interest in ­ornaments, the history of patterns and of exhibit­ /­fashion displays. For this show, the duo explored contemporary art and design through the lens of fashion history and museography. Integrated within the exhibition was a showroom displaying their most recent collection, Jasperwear, as well as an extensive display of archives pertaining

Atelier E.B, Faux-Shop with Jasperwear collection, 2018 © Pierre Antoine

Lafayette Anticipations entered its second year of activity in 2019. In March 2018, the ­Galeries Lafayette foundation opened its doors on 9 rue du Plâtre, in its nineteenth-century building renovated by OMA/Rem Koolhaas. Year two represented a confirmation of the ­Foundation’s missions, further anchoring its presence in the booming Marais district of Paris, while ­pursuing its goal of working with an international ­community of artists, creators and c ­ ollaborators. This emerging institution, dedicated to the i­n-house production and presentation of contemporary, interdisciplinary and inclusive works of art, ­continues to carve out its place within the local and international cultural landscape. In 2019, ­Lafayette Anticipations organized four exhibitions, three festivals, sixty-five events, and hundreds of guided tours welcoming over two hundred and twenty thousand visitors in its spaces which are accessible to all, free of charge.


138 Camille Blatrix, Fortunes, 2019 © Pierre Antoine

—a place of opulence and power. In order to find additional spiritual and mystical resonance within these architectural features, Blatrix constructed an ambiguous sculpture, reminiscent of ­high-tech kitchen islands and featuring allusions to all four natural elements—a potential site for undetermined rituals. Fortune was entirely produced on site,

in constant activity and mutation. J ­ ongerius sought to question our relationship to ­fabrics in the context of contemporary ­production and consumption, thus encouraging the ­visitor to discover weaving as an experimental and ­labour-­intensive practice, rather than ­simply an industrialized process. Regarding this ­experience, Jongerius commented, “Through Entrelacs, I was able to explore new ways of coming into ­contact with the public, who became visitors of our ­research-based and experimental w ­ orkshop . . . Lafayette Anticipations was able to grant me a platform and network in the art world, at a time when my practice started orienting ­itself in that direction . . . and the Pompidou ­Center decided to acquire Space Loom #1 —an ­immense honour. Lafayette Anticipations’ team was very professional and dedicated to our work ­together.” Échelle Humaine, the third and final festival of the year (16–22 September), took place in partnership with the Festival d’Automne à Paris, marking its second annual edition. Through dance and performance, the festival sought to expose that which invokes fear: convictions, debates, juxtapositions and oppositions. The artistic programming, led by Amélie Couillaud, included already existing pieces as well as creations, with a focus on intergenerational encounters, ­alternative perspectives and infinitesimal adventures that shift boundaries via underground initiatives. Featured artists included Trajal Harrell, Yves-Noël Genod, Ivana Müller, Jan Martens and Yasmine Hugonnet.

To round off 2019 and open 2020, a solo show dedicated to the work of the German artist ­Katinka Bock, titled Tumulte à Higienópolis (9 October 2019–5 January 2020) was organised. Bock’s keen interest in scale, space and materiality are an and represents the “most complex work ever constructed within the Foundation, with a level of ­integral part of her sculptural work. The artist was finish rarely accomplished in a contemporary able to retrieve the copper plates that c ­ onstituted piece, both in terms of carpentry and marquetry”, the original roof of the Anzeiger-Hochhaus ­building according to Meylaerts. in Hanover during its renovation. From this expe­ rience, she drew parallels between the ­Hanover From 17–19 May, the first edition of the Kaleido­ structure and Lafayette Anticipations, by placing scope Manifesto festival was organized in at the Foundation’s core a suspended i­nstallation ­partnership with Kaleidoscope magazine. The made from the salvaged plates. Bock thus event featured “collaboration” as its theme, ­expressed the majestic poetry of scale and the examining the shift from individual authorship sensibility of materials aging over time. to collective creation, aiming to elicit shared inspiration within communities. Featured festival Lafayette Anticipations’ artistic programming artists included Virgil Abloh, Amnesia Scanner, is complemented by a robust public program, led Neil Beloufa, Black Radical Imagination, Le Cinéma by Gilles Baume and a roster of ­collaborators. Club, Yussef Dayes, Simon Denny, DIS, Kelsey Lu, Regardless of the theme or the duration of any Red Lebanese, Cali Thornhill Dewitt, Total Luxury given event, each encounter at Lafayette Antici­pa­ Spa and Young Girl Reading Group. tions is driven by twin objectives, in line with the overall goals of the Foundation: to engage the avant­ The summer exhibition, Entrelacs, une ­recherche -garde in creation, conception and ­reflection, tissée (June 7–September 8), consisted of a solo while remaining inclusive and open to all ­visitors. show by Dutch designer Hella J ­ ongerius. Through The regular curation of artist talks and ­lectures is the exhibit, the artist transformed the ­entire in keeping with this mission. The Warm Up ­Sessions Foundation into a weaving workshop open to the —a series of live community-based p ­ erformances public. The performative ­resources of the building curated by Madeleine Planeix-Crocker, ­featuring were particularly drawn upon for this project: for instance Maguy Marin, Bolewa Sabourin, the mobile platforms served as a ­gigantic loom, Gisèle Vienne’s company, La Ribot, Marion ­Barbeau


Both the artistic and public programmes of 2019 are in Lafayette Anticipations’ for-sale ­publications, which are also produced on site. These include exhibition catalogues—Atelier E.B: Passer-by, and Entrelacs, une recherche tissée for Jongerius’s solo show, as well as exhibition “notebooks” made up of original content designed to enhance the visitor’s experience. Additional publications complement exhibits and performances, such as Tumultes, a collective newspaper project led by Thomas Boutoux and Clara Schulmann to accompany Katinka Bock’s solo show. ­Regarding this work, Bock said: “The collective writing workshops were a risk. I was fascinated by how we managed to push boundaries, create t­ ogether, and follow a single artistic director’s lead . . . We want to further develop this project!” Finally, In 2019, trained facilitators continued to provide ReSource, a digital platform specifically ­designed by MNEMOTIX for the Foundation, serves to live and interactive insights into the exhibitions and programmed activities, notably through archive all of this material (texts, photographs, themed tours for all ages. Lafayette ­Anticipations’ documents, etc.) which can be input via a application ReBond provides unique c ­ urated new application, ReVue, delivered in 2019 by the ­material (interviews, production notes, etc.) to Réciproque agency. expand the visitor’s experience. Finally, s­ pecific attention is given to broadening access to L ­ afayette All of these projects are announced and shared through a robust communications s­ trategy, Anticipations, through meaningful exchanges and partnerships with social justice and a ­ dvocacy ­including specific media plans —both print and digital— designed for Lafayette ­Anticipations’ organizations, such as Le Refuge for teenage ­exhibitions and festivals. In 2019, a new collabo­ victims of homo- and transphobia, Culture et Hôpital for Alzheimer patients and La ­Dauphinelle ration was formed with Mathieu Meyer to ­develop the Foundation’s visual communication, as for teenagers suffering with mental health ­displayed on its social media accounts (­Instagram, ­issues and/or autism. Facebook, Vimeo, Twitter), website and adver­ tisements. The consistently growing v­ iewers and followers on these channels (+48% on the Instagram account), as well as the positive ­comments and ratings on the Foundation’s Google page, clearly indicate the important position Lafayette Anticipations is taking on within the cultural landscape.

Katinka Bock, Rauschen, 2019 © Pierre Antoine

Finally, the Claudine Colin agency continues to manage the Foundation’s press relations, with publications covering all areas of activity. This year, the Foundation organized its first press trip to Jongerius’s studio in Berlin, leading to preview articles praising the artist’s work in the general press and specialized design publications p ­ rior to her exhibit, which in turn boosted audience ­attendance. It is also important to note that in 2019 L ­ afayette Anticipations pursued its commitment to support various external projects, either financially or through its production and curatorial ­resources. These include partnering with Cittadellarte – Fondazione Pistoletto and the Fondazione ­Zegna to organize the 2019 Visible Award, founded by Judith Wielander and Matteo Lucchetti, which took place at the Hôtel de Ville in Paris; co-­ producing works by Cécilia Trip, Wu Tsang, Aline Baiana and Annie Dorsen for the 2019 Sharjah Biennale; co-producing artist Jesse Darling’s exhibition Crevée at Triangle France – Astérides in Marseille; co-producing Ida Ekblad’s exhibition, FRA ÅRE TIL OVN, at the Kunsthalle Zurich; and

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and Simon Le Borgne from the Paris Opera— as well as the concerts organized by Étienne B ­ lanchot (such as Tashi Wada Group, Lonnie Holley, OTTO and Josin), are two original initiatives at the Foundation. Furthermore, numerous ­public work­ shops (exhibit-specific or independent) are held, led by guest artists or artists in r­ esidence, such as Hoodie Moi Sweatez Vous by Vava Dudu; ­Aquatic Workshop by Arthur Hoffner; RISO w ­ orkshop; Materials and Fabrics during Jongerius’s ­exhibit; Please Touch during Bock’s exhibit, amongst many others. In 2019, two artists in ­residence were also welcomed at the Foundation to ­conduct regular workshops; these were Mathis Collins, A Game of Passing the Ball, and Charlotte Khouri, General General Culture.


the Foundation’s role as a space open to life, wonder and artistic excellence”.

The year 2019 was thus replete with successes, discoveries, and experimental adventures for the entire Lafayette Anticipations team. The year Throughout 2019, Lafayette Anticipations s­ ustained 2020 promises to be one in which the ­Foundation its collaboration with Wild & The Moon, its all-­ will enter uncharted territory, notably in the area organic café-restaurant at the forefront of the of interdisciplinary production, and will take healthy, urban food movement. The Foundation unprecedented curatorial risks thus furthering its position as a cultural pioneer. welcomed new culinary neighbours this year as well, namely with the opening of the Eataly food court right across from the institution’s entrance on rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. This expanded on the dynamic ecosystem conceived by the Galeries Lafayette Group, which also includes the Bazar de l’Hôtel de Ville. À Rebours, the Foundation’s cutting-edge store, c ­ ontinued its activity, welcoming new artist editions and in-house curators to transform the space and highlight its bold, quirky and unique offer. The Foundation is thus located at the ­epicentre of a rejuvenated Marais district, connected by ­reopened passages and creative fusions. In addition to the corporate foundation’s a ­ ctivities, Lafayette Anticipations also comprises those of the Famille Moulin endowment fund, and its ­original art collection initiated by the ­founding family members of Galeries Lafayette. 2019 was a high point for the Collection, which was shown in its most extensive form since its inception at the Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. This exhibition, titled You (11 October 2019–16 February 2020), focused on questions of i­ntimacy and sharing. It concluded with the donation of certain exhibited works to MAM Paris, a ­symbolic gesture marking the transition of part of this private collection into the public domain—made all the more noteworthy as the majority of the donated pieces were by emerging female artists. Another of the endowment fund’s key a ­ ctivities is the loan of works from the Collection to other cultural institutions in France and abroad, such as Simon Fujiwara’s piece Likeness presented at Preis der Nationalgalerie in Berlin, or Studio B ­ rynjar & Veronika’s The Circle Flute lent to singer Björk for her recent tour Cornucopia. Finally, looking ahead to 2020, it is also significant to note that greater synergies will be established between the Lafayette Anticipations fund and the ­Foundation, through solo exhibitions of artists featured in the Collection, such as Rachel Rose and Wu Tsang. Last but not least, a significant change ­within the Foundation’s leadership occurred in 2019: François Quintin, who carried the institution’s commitments and vision, was succeeded in the role of Managing Director by Rebecca Lamarche-­ Vadel. Regarding this change, Guillaume Houzé, President of Lafayette Anticipations, recognises Quintin’s dedicated work, and warmly welcomes Lamarche-Vadel, who was previously a curator at the Palais de Tokyo and is the current ­curator of the 2020 Riga Biennale. Guillaume Houzé is certain that “Lamarche-Vadel will aptly carry forth

Hella Jongerius, Entrelacs, une recherche tissée, 2019 © Roel van Tour

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co-commissioning Tarik Kiswanson’s ­performance AS DEEP AS I COULD REMEMBER, AS FAR AS I COULD SEE, first shown at the Foundation in May 2018, then presented in a further developed edition at the 2019 Performa Biennale in New York City.


Gouvernance


Conseil d’administration

Équipes Lafayette Anticipations

Collège des fondateurs Ginette Moulin, présidente d’honneur Vice-présidente du conseil de surveillance du groupe ­Galeries Lafayette

Guillaume Houzé Président

Philippe Houzé Président du directoire du groupe Galeries Lafayette

Simon Gérard Assistant curateur

Guillaume Houzé, président Membre du directoire Directeur de l’image et de la communication du groupe Galeries Lafayette Éric Costa, secrétaire général Président de Citynove, groupe Galeries Lafayette Ugo Supino, trésorier Membre du directoire / Chief Financial Officer, groupe Galeries Lafayette Nicolas Houzé Membre du directoire, groupe Galeries Lafayette ; ­Directeur Général, Galeries Lafayette et BHV/Marais Arthur Lemoine Membre du Directoire Groupe Galeries Lafayette ; Président de Lion Pion – Galeries Lafayette – Royal Quartz Paris Collège des personnalités qualifiées Chris Dercon Président de la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais Sarah Andelman Présidente de Just an Idea

Rebecca Lamarche-Vadel Directrice déléguée

Pôle de coordination Mahaut Vittu de Kerraoul Directrice administrative Judith Peluso Responsable Régie Bâtiment Hélène Dunner Chargée d'administration Célia Lebreton Secrétaire administrative Vincent Brou Stagiaire administration et coordination

Marie Léon Agent d’accueil et de billetterie Anna Colin Curatrice associée Étienne Blanchot Programmateur musical Amélie Couillaud Curatrice danse et performance Madeleine Planeix-Crocker Curatrice du programme Warm Up Sessions Ancien·ne·s ­collaborateur·trice·s en 2018 François Quintin (2011–2019) Directeur délégué Laurence Perrillat (2011–2019) Directrice administrative

Pôle de production Dirk Meylaerts Directeur de la production

Aude Mohammedi-Merquiol (2015–2019) Coordinatrice de la production

Nataša Venturi Responsable de la production

Romain Bertel (2016–2019) Chef d’atelier

Raphaël Raynaud Responsable d’atelier

Léo Lalanne (2018–2020) Responsable adjoint de la boutique

Lisa Audureau Chargée de la Collection et de la régie des œuvres Pôle des savoirs Gilles Baume Responsable des publics Oksana Delaroff Cheffe de projet médiation

Martin Hatebur Président de la Kunsthalle Basel

Matthieu Bonicel Responsable des éditions et des systèmes d’information

Laurent Le Bon Président du Musée national Picasso-Paris

Manon Soumann Documentaliste, chargée d’édition Aurélie Garzuel Responsable de la communication Chloé Magdelaine Chargée de la communication digitale

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Émilie Vincent Responsable d’accueil et de billetterie

Loïc Laugier (2019–2020) Vendeur Corentin Still (2019–2020) Vendeur Emmanuelle Canas (2017–2019) Secrétaire administrative Cécile Kousakal Maah (2018–2019) Secrétaire administrative Équipe de médiation en 2019 Marie-Élizabeth Bourjac, ­Antoine Camenen, ­Marilou ­Caravati, Ben Clark, Célia Coëtte, Teddy Coste, Jean ­Delahaye, Claire Der Hovannes­ sian, Anna Druzhinina, Émile Foucault, Éloïse Glet, Léa ­Grandi, Andreia Guilhermina, Pierre Imbert, Loïc Laugier, Andréa Le Guellec, Raphaël Maman, ­Matthieu Maytraud, ­Matthias


Mollon, Alice Rivoire, Ida ­Simon, Julie Tixier, Sara Vieira Vasques, Valentin Verron, Cécile Vignau, Anaïs Willot Stagiaires en 2019 Canelle Axus Stagiaire administration et production Anastasia Fernandez Stagiaire Pôle des savoirs Alix Meynadier Stagiaire Service des publics Manon Soumann Stagiaire Pôle des savoirs Camille Lambert Stagiaire Collection et régie des œuvres La Maîtrise, boutique, café-restaurant, location de salle

Statuts

Budget

Lafayette Anticipations – ­Fondation d’entreprise ­Galeries Lafayette est régie en ­application de la loi no 87-571 du 23 juillet 1987 sur le développement du mécénat. La Fondation a pour objet le soutien à la c ­ réation contemporaine, ­notamment par le biais de la production artistique, la promotion et la valorisation du travail des créateur·trice·s, l’animation et la mise en valeur auprès du grand public, notamment de la ­Collection d’œuvres d’art du Fonds de dotation Famille M ­ oulin.

Pour la période du 01.01.19 au 31.12.19, les ressources de la Fondation s’élèvent à 5 869 852 €, dont 25 % de charges salariales, 39 % de charges de fonction­ nement, 28 % de charges ­artistiques, 8 % de charges du Pôle des savoirs (publics, éditions, communication).

Siège Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise ­Galeries Lafayette 9, rue du Plâtre 75004 Paris – France

Sous la direction de Rebecca Lamarche-Vadel Pauline Vincent Responsable des opérations Charlène Fontana Responsable de la boutique Chloé Royer Vendeuse

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Direction de la publication Guillaume Houzé Rebecca Lamarche-Vadel Direction éditoriale Matthieu Bonicel Rédaction et coordination des textes et des images Simon Gérard, assisté de Vincent Brou Rédaction du digest en anglais Madeleine Planeix-Crocker Conception graphique Maëlle Brientini Relecture Claire Le Breton Relecture du digest en anglais Marc Feustel Typographie Akkurat Mono, Lineto Anticipations Sans, Wolff Olins Aperçu Pro, Colophon Foundry Papier Munken Print White Condat Gloss Corps de texte imprimé en risographie par Vincent Longhi, Studio Fidèle, Paris. Images en couleur imprimées en xéro­ graphie par Matthieu Bonicel et reliure par Valentin Marande à Lafayette Anticipations, Paris. ISBN 978-2-490862-13-9 Dépôt légal : juin 2020 Lafayette ­Anticipations remercie les artistes, ­chercheur·euse·s et c ­ réateur·trice·s qui ont ­contribué à la programmation de l’année 2019.

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