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Juin_Juillet_2006


juste pour la parité, j’ai le verbe juste : Rire : sans matières grasses Adoucir : les grandes gueules Comprendre : entre les lignes Écouter : leurs confidences Discuter : sans s’assécher Boire : pas que pour boire Manger : des raclettes en été sans être dégoûtée Jouer : au Trivial Poursuit Écrire : des petits papiers Téléphoner : sans être pendue Répondre : sans abdiquer Décider : si c’est pas déjà fait Aimer : tous ces hommes Voilà, Etre au féminin dans un monde de K , c’est tout ça et c’est déjà pas mal…

www.pitaya-design.com

Un oeil sur Lyon à 2 pas d’ici

Lyon vue d’ailleurs Hors Champs A propos

14 _Papier musique 17 _norwegian Wood 20 _Statistiquement

_A la vie éternelle _Pier, Blo, Brusk, Jaw et Kolle Bolle _ Bénédicte Bourlier, William Pellier, Terremer

Gd Bazart 41 _Infrasons 43 _A Song, DJ Illogic, Cie Pascoli 49 _Brèves 50

_Histoire d’une envie

Mr. Ki

Pas chienne enragée ni chatte empâtée, pas « fifille » ni

Et d’ailleurs

Edito Esquisse Apocryphe

masculin. Pour preuve et malgré les épreuves, j’en suis.

07 _Avoir l’étoffe d’une capitale de la mode 11 _Quand la culture se met au vert

Ramdam Avant-scènes Bazar’Bazart

Le monde de Kiblind ne se décline pas seulement au

®Directeur de la Publication : Jérémie Martinez® Rédaction en chef : Maïté Dewuffel-Dessart ® Rédaction : Simon Loyat, Matthieu Sandjivy, Jean Tourette, Gabriel Viry, PR Moriarty® Jérémie Martinez, Le Coratin, Fred Gude, Anaïs Bourgeois® Direction Artistique : David Lesort & Arnaud Giroud [Pitaya design global, Tel: 04 78 28 54 99, www.pitaya-design.com] ® Graphisme : Arnaud Giroud, David Lesort, Kinga Sofalvi, Jérémie Martinez® Communication : Maïté Dewuffel-Dessart® Imprimerie Landais, 26 rue du Ballon Zai les Richardets 93165 Noisy-le-grand cedex Tel : 01 48 15 55 00 Fax : 01 48 15 55 01® ISSN : 1628-4046. Le magazine Kiblind est édité à 10 000 exemplaires par l’Association Kiblind, 4 place Bertone 69004 Lyon > Tel : 04 78 37 14 38 > www.kiblind.com. Les articles publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits strictement réservés. Remerciements à M. Sandjivy pour son soutien /// Putain 2 ans !

_conjugaison

Couverture : photo/Olivier Chabanis - copyrignt 2006 pour

M. Dewuffel-Dessart

D’ici

Dans le cadre du dispositif « Emploi Tremplin », l’Association Kiblind est soutenue par la Région Rhône-Alpes et le FSE.


Un oeil sur Lyon

_Avoir l’étoffe, d’une capitale de la mode

Un oeil sur Lyon

Le textile « made in Lyon », c’est toute une histoire. Un temps qui a marqué l’espace. Et entraîné la confection d’un « tissu » économique majeur, recouvrant des applications très variées. Aujourd’hui, pour garder la main dans un environnement concurrentiel exacerbé, les acteurs locaux misent sur le haut de gamme, la mode et la création. Comme un retour aux sources, ou une affaire de (bon) goût. LVM (Lyon Vision Mode), c’est sans H, mais une « marque de fabrique » pour (re)faire de Lyon, après la gastronomie, la danse ou les lumières, une capitale de la mode.

D’ici

07

Suivez le fil…

L

e fil, c’est de l’histoire. Et Ariane, des personnages

« Grande fabrique », afin de regrouper l’ensemble des

(comme Mattelon, célèbre tisseur « à bras ») ou des

acteurs de la production. Grâce aux innovations techniques,

initiatives collectives (l’association Soierie Vivante,

comme le métier automatique de Vaucanson utilisé à partir

le groupement Lyon Les Pentes, etc.) qui font savoir, et

de 1750, la production se développe fortement, jusqu’à

connaître, 5 siècles de savoir-faire. A découvrir sur les murs

la Révolution. Après 1789, les « Canuts », travailleurs de

peints, entre les lignes, ou sur les « (auto ?) Routes de la

l’ombre et des Pentes (de la Croix-Rousse), sont appauvris ;

soie » des circuits touristiques.

et l’ensemble de la filière, très affaiblie. Il faudra attendre

1536. François 1er, soucieux de freiner les importations

le Premier Empire pour que Napoléon, la main sur le cœur,

d’origine italienne et espagnole, autorisa deux piémontais

apporte les crédits nécessaires au redémarrage du secteur.

à installer à Lyon la première manufacture « d’étoffes d’or,

Y contribue également, à la même époque, l’adoption

d’argent, et de soie ». L’histoire s’écrit dans les lettres de

progressive du métier « perfectionné » (de Jacquard).

noblesse. Et le tissu, dans son « ennoblissement », une

Au XIXe, le textile Lyonnais va connaître son apogée : la

prédilection locale dont le renom séduit alors les grandes

production explose, et s’exporte, les Canuts sont en âge,

résidences royales. Le grand Lyon de l’époque, c’est, sans

mais leurs révoltes successives (en 1831, 1834, puis 1848)

raffineries, une capitale européenne du raffinement.

ne désargenteront pas un âge d’or, qui traverse fin de siècle,

En 1667, Colbert organise l’industrie lyonnaise et la

guerre mondiale et (encore) Belle Époque. 

télégrammes

G.Viry


C’est aussi le temps, avec le développement de la chimie, des nouvelles explorations : de nouvelles matières, artificielles, sont élaborées, ce qui va presque de soie. Quant au renom du tissage « historique », il alimente un secteur du luxe, qui regroupe de nombreuses activités. Sous les balcons des lingeries fines (la spécialité locale) ou des carrés Hermès, se développent simultanément des mobiliers (Porcher), des joailliers (Korloff ), des gastronomes, en culottes courtes. Lyon, ville de la mode, du luxe, et du bon goût ? C’est une réalité historique, d’alors, que certains « transversaux », comme le Comité Bellecour, cherchent aujourd’hui à faire revivre. Créé en 1995, ce « club de l’excellence lyonnaise » réunit quelques grands noms du luxe local : orfèvres, artistes, soyers, couturiers, restaurateurs, etc. Perpétuant en quelque sorte cette dimension historique, sur un(e) mode pluridisciplinaire. Le Comité est aujourd’hui lié au dispositif LVM qui ne cache pas, en la matière, ses (mêmes) ambitions. Pour assurer l’avenir. Justement parce que le fil, entre deux fleuves, n’a pas toujours été aussi tranquille. La crise des années trente puis la seconde guerre mondiale ont fortement ébranlé le secteur, en touchant profondément ses activités « historiques ». Durant la seconde moitié du XXe siècle, le tissu lyonnais perd ses fils, tirés par la concurrence et par la crise généralisée du textile. Les Pentes, cœur « ouvrier » de la soierie lyonnaise (derrière les Terreaux, centre des négociants et des marchands), se dilatent, les ateliers essuient les plâtres – et les atèles –, les Canuts se font exploser la cervelle… De nombreuses entreprises disparaissent, ou délocalisent,

Ne pas perdre le fil La crise du textile a moins touché Lyon que d’autres régions, comme le Nord-Pas-de-Calais. Les raisons de ce succès, d’estime et/ou de pérennité ? la force de l’histoire, le poids des grandes marques, la diversification du secteur, et le recentrage des activités sur la mode, le haut de gamme et la création. Aujourd’hui, la production du tissu « made in Lyon » demeure un secteur à fort potentiel. Qu’il convient d’appréhender avec la mode (penser « glocal ») et à l’échelle de la région. Au fil du temps, et de leurs développements respectifs, Lyon a perdu la plupart de ses griffes. Tandis que d’autres spécialités du tissu ont été progressivement développées dans les villes voisines : rubans, passementerie, tissus « médicaux » et « paramédicaux » (bandes de contention, genouillères etc.) à Saint-Étienne ; voilages à Tarare ; tricotage et travail de la maille à Roanne, etc. de la Chimie s aux Couloirs Des Traboule ie chimique, ent de l’industr em pp en lo ve dé et le t diversifiée, Avec l’histoire s’est fortemen ». s su tis de n « techniques la productio les textiles dits un quart du particulier vers route de la soie », c’est long de la « i la aujourd’hu le Au-delà de ue iq br fa se i ues ». A côté is qu textile lyonna nylon », ou « des synthétiq ts de bain, du ai n ou des m llo « bifurcatio ndes ts, des cravates en em êt -v gion : des ba us des so chelle de la ré (IT V), l’é à es i, nt ss pe au ra res, des pa on y trouve llè ui no ette ge qu s ra de de de contention, montagne (Rivory-Joanny), iba Geiby, (C de es es des cordag des composit clubs de golf, (Babolat), des s de verre, etc. su Hexcel), des tis

dans la région, ou à l’étranger. La population fond, comme du fromage blanc : de 60 000 habitants au début du siècle,

Aujourd’hui, l’industrie textile/habillement en Rhône-Alpes

à 15 000 aujourd’hui. Les Pentes en portent les stigmates :

emploie près de 40 000 personnes réparties dans 2 000

de nombreux espaces sont encore laissés à l’abandon.

entreprises. Elle regroupe trois grands pôles d’activité (voir

Même s’ils tendent aujourd’hui à se repeupler ou à se re-

encadré) : le textile domestique, les textiles techniques,

commercialiser, grâce aux dispositifs incitatifs destinés à

l’habillement. Ce dernier représente à lui seul plus de

favoriser l’activité économique du quartier, notamment

10 000 emplois. Trois activités sont particulièrement

dans le domaine de la mode et de la création (voir notre

porteuses : les dessous (Dara Lee, Warnacco, Vanity Fair, Lise

article dans le numéro 7)… Une histoire, pleine d’avenir…

Charmel, Lejaby, Lou, Boléro…) ; les « dessus » (Zilli, Mikava,

110 kilos de mots_Patrick Huet est un homme de lettres qui vise le business book. Il a composé un poème de 7543 alexandrins, dont la première lettre de chaque vers permet, à la verticale, de lire toute la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. L’œuvre est actuellement retranscrite sur une bande de tissu d’un kilomètre de long. Une bobine de 110 kilos qu’il aimerait voir exposée à Lyon. Peutêtre pour une «Nuit des héros», ou pour un prochain Téléthon. 36 37, c’est pour le poète… /// Le bug de l’an 2000_Cette fois, ce n’est pas un mythe, ni un détail de l’histoire. Bruno Gollnisch, condamné en mars 2005 à 5 ans d’exclusion (de l’Université Lyon III, où il enseignait le droit et la civilisation japonaise) et à la suspension de la moitié de son traitement, continue de toucher l’intégralité de son salaire. En cause : une «anomalie» dans les services comptables de Lyon III, à laquelle le Président Guy Lavorel promet de remédier. Comme on dit, et surtout là : « c’est le contribuable qui paie »... /// Tu te tires, ou tu pointes ? _Le site stagecritics.com permet aux stagiaires de noter leurs entreprises


accessoires. Les pèlerins sont les nouveaux Villageois,

les sans dessus-dessous (cravates Anthime Mouley,

montant et descendant des circuits touristiques, et/ou

vêtements de montagne Eider ou Fusalp). La santé de ces

économiques. Et les prophètes : ces jeunes créateurs que

entreprises, dans un secteur extrêmement concurrentiel,

l’espace, et ses nombreuses manifestations, contribuent

s’explique essentiellement par leur visibilité, historique et

à faire connaître. Pour l’exemple. Et le(s) modèle(s).

mondiale, et par leur positionnement haut de gamme. Le

Sachant que le développement de la création dans les

« made in Lyon » n’est pas de l’ « in China ». Et les enseignes,

Pentes s’inscrit dans un mouvement durable : ni une

comme les pouvoirs locaux, cherchent à la faire savoir. En

question de mode, ni qu’une histoire de Passage. La Villa

misant sur l’excellence, le savoir-faire, la création. En matière

Créatis a été inaugurée en 2003, sur un même mode.

de tissu, c’est se rendre coupables, et capables, de la mode,

Situé dans le quartier de l’Industrie, à Vaise, cet ensemble

pour ne pas en être victimes…

de 8 000 m² forme un lieu-ressource à la disposition des professionnels locaux de la mode et de la création. Il

Chronique du QI

comprend des salles d’exposition, des espaces dédiés à

Qui a parlé de pois chiches dans les ramequins de la mode ? Lyon est une ville où la mode est « intelligente » . C’est LVM qui parle, en référen ce à « l’appareil de formation le plus complet de France ». La cervelle du Canut a façonné un environnement où les contemporains sont des modernes écervelés. Du mo ins : très bien formés. Lyon propose en effet une quinzaine de diplômes universitaires dans la mode (Bac +3/4), des écoles spécialisées (ESMOD, Supdemod, Condé…), une form ation d’ingénieur, 2 DESS et 3 Mastères.

la création et à la promotion, et propose de nombreux

Sur le fil, de la mode

stratégiques. Il ne restait plus qu’à les déposer. C’est chose

services. Ces deux espaces, créés à 3 ans d’intervalle, matérialisent l’ambition des pouvoirs locaux pour promouvoir le patrimoine, et la réalité de la mode locale. En agissant simultanément sur tous ses ressorts : la formation, la production, la promotion et la diffusion. Aujourd’hui, la mode lyonnaise se modélise sur ces différentes « marques de fabriques », historiques, géographiques, et écofaite, en 2003, avec le programme Lyon Vision Mode. LVM caractérise-t-il, au niveau des pouvoirs locaux, le

La « mode in Lyon » n’est donc pas qu’une histoire de

comble de la mode ? un modèle de label public, tellement

Vision. Ou d’apparition, puisqu’elle est multi-centenaire, et

apprécié et porté, qu’il serait copié par les décideurs

que ses adeptes ont d’abord été pratiquants. Aujourd’hui,

locaux, couturiers d’un nouveau genre, mais de plus

ses emblèmes, comme l’aménagement de ses (nouveaux)

en plus important, sous les podiums. LVM serait-il une

espaces, formeraient une suite, historique et logique.

imitation à bas prix de « Paris, Capitale de la Création », ou

Dans une histoire de reconnaissance, et de reconquête. La

de « Mode Méditerranée » ? Ou vice et versa ? L’histoire

réhabilitation des Pentes, sur le fonds des commerces (des

lyonnaise semble montrer que ce n’est pas le cas. Tout

pas-de-porte destinés à « porter » de jeunes créateurs)

comme les efforts réels pour ne pas rogner sur la qualité,

matérialiserait bien cette dynamique. Et s’il y a cour des

ni sur la matière. Toujours est-il qu’il obéit à une tendance,

miracles, elle serait aujourd’hui située autour du Village

bien naturelle, de labelliser, à l’échelle locale, les différents

des Créateurs, aménagé en 1997. Depuis six ans, le Passage

secteurs d’activité (dans la mode, ou autres).

Thiaffait accueille une pépinière de jeunes entreprises

Concrètement, à travers Lyon Vision Mode, la Communauté

de mode (9 en résidence, 27 soutenues par le dispositif ),

Urbaine de Lyon cherche à fédérer l’ensemble des acteurs

spécialisées dans les domaines de l’habillement, de

locaux. Une « grande fabrique » des temps modernes, 

l’impression textile, du cuir, de la maroquinerie, et des en fonction de plusieurs critères : recrutement, activité, rémunération, etc. Sur 5, Lyon Mag obtient un presque « pointé » 1,39. Attention aux avertissements, et aux masques blancs. Chez Kiblind, les bénévoles font le café, et paient les photocopieuses… parfois, le champagne ... /// FaSiLa servir_ Domifacile est une entreprise de services qui « simplifie la vie des Lyonnais ». Une quarantaine de salariés se mettent au «service» de plus de 200 clients réguliers. Chaque client reçoit le même salarié, pour le ménage, le repassage, le bricolage, le jardinage, le baby sitting, les cours à domicile, l’aide aux personnes handicapées. Ils savent tout faire et font des affaires : un deuxième centre a été ouvert, à Tassin, en janvier dernier... /// Sous X-Rousse_ Futurs lyonnais, vous avez 1 chance sur 4 de naître à l’hôpital de la Croix-Rousse. La plus grande maternité de l’agglomération enregistre plus de 3 000 naissances par an. Dont 197 jumeaux, 7 portées de triplées, deux accouchements sous X. /// ...

Un oeil sur Lyon

Devernois, Guy Dubovis, Max Chaoul, Nathalie Chaize…) ;

D’ici

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Un oeil sur Lyon

D’ici

10 plus cols blancs que Colbert, destinée à favoriser la création locale, et sa promotion, à l’international. Cela prend différentes formes, et depuis plus de deux ans, de la matière. Des espaces, à travers le soutien apporté aux Villa(ges) Créateurs(tis). Des aides directes à la création et à l’innovation. Des supports de communication : plaquettes de promotion, soutien à l’organisation de salons (Lyon Mode city et Interfilière, Print’or, etc.), et d’autres événements (Marché du vintage, expositions de jeunes créateurs). A travers ces manifestations, notamment des salons, le dispositif permet à la création locale, de s’exporter. En attirant des professionnels étrangers, ou en accompagnant directement des opérations dans d’autres capitales, mondiales, de la mode. Par exemple, LVM a participé aux récentes missions du Comité Bellecour, à New York, Montréal et Beyrouth. Une trentaine d’entreprises lyonnaises sont associées aujourd’hui au programme  : des leaders internationaux, des marques locales « porte-drapeau », des « jeunes créateurs à fort potentiel ». Toutes les activités y sont représentées : création vestimentaire, cuir et maroquinerie, design, mobilier, bijouterie, cosmétologie, accessoires… Reflet de la réalité locale, miroir d’une ville qui se dirait bien, en matière de tissus et de mode, qu’elle est encore la plus belle.

es es, LVM, ses marqu Lyon sort ses griff -Nina Ricci, Marie rbis Devar, Millesia Hermès, Korloff, Ga Garel, Alain , Pierbé, Jean-Marc Michaud, Augis 1830 armel, Max Ch e Trignon ; Zilli, Lis Roure, Jean-Claude éations, CLP Cr d au ch aize, Marie Mi Chaoul, Nathalie Ch nderia, Monica e et Gaia, Lionel Ba Marqueterie, Sélèn Opperman, el Dumale, Laurence Drapalova, Emmanu and Str , an Coletica, Dermsc Gattefossé, Episkin, … remière, Sismo cosmetics, Avant-P

Lyon n’est pas Milan, New-York ou Paris. LVM n’est pas LVMH. Mais derrière les défilés, le tissu lyonnais (et ses dérivés) donne du fil à retordre. Comme derrière la mode, il y avait les soyers. Derrière les gros bras des Terreaux, les petites mains des Pentes. Et derrière l’histoire, un peu de temps retrouvé. Du fil, à suivre… 


à 2 Pas d’ici

D’ici

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_quand la culture se met au vert S.Loyat

Si la ville reste le berceau de la culture, l’arrivée de l’été souligne que le monde rural est le théâtre d’un vaste renouveau en matière de festivals culturels. Folklore d’une époque ou signe d’un redéploiement artistique ?

la lueur de ce qui se fait en région Rhône-Alpes,

ministères de la Culture et de l’Agriculture se soient

on est fortement tenté d’invalider la première

rapprochés, il y a moins de dix ans, pour signer un accord

hypothèse. Jugez plutôt : en moins de 10 ans, plus

qui envisage le développement culturel « non plus comme

d’une centaine de micros festivals ont vu le jour sur le

un luxe dont on pourrait se passer mais comme un moteur

territoire de communes rurales.

de développement économique et social ». En somme, le

Petits Woodstock par-ci (Dindes Folles, Jamaïcain Sunrise,

développement local constitue une motivation puissante

Les Artpenteurs), dynamiques intercommunales par-là

pour mettre en œuvre des projets culturels en milieu rural.

(Festival-en-Beaujolais, festival de la correspondance de Grignan, Les Temps Chauds dans l’Ain)... Bien que les rendez-vous culturels les mieux subventionnés et donc les plus prisés restent l’apanage des grandes villes, la tendance semble à l’enracinement de multiples petites manifestations culturelles dans des zones peu urbanisées. Serait-ce le fruit de cette fameuse vague altermondialiste, dont les idées ravivent parfois une idéologie hippie qu’on croyait défunte ? Autre époque, autres mœurs. Dans un contexte de recomposition des espaces ruraux, la logique se veut plus instrumentale. En coopération avec les ADDIM dans chaque département (accompagnement et développement des pratiques musicales, chorégraphiques et théâtrales), une foule d’associations s’est mise à animer les territoires, qui deviennent le terrain d’initiatives culturelles fertiles. Il n’est d’ailleurs pas anodin que les

Nouvel art de vivre Alors la culture, un simple débouché pour les campagnes ? Une autre explication, moins prosaïque, consiste à penser que la ruralisation des festivals porte le germe du débat sur notre choix de société : tradition ou modernité ? Local ou global ? Identité ou ouverture ? Peut-être faut-il voir dans la recherche de convivialité une raison forte au développement culturel du milieu rural. En un siècle, il est passé d’un lieu d’exode et de déclin à une zone en plein redéveloppement. C’est d’ailleurs autour d’un certain « art de vivre », propre au monde paysan, que des évènements culturels ont pris sens localement. Là où des manifestations à la pointe, telles que les Nuits Sonores ou le 


à 2 Pas d’ici

D’ici

12 Festival de Jazz à Vienne, sont aussi devenues de jolis tohubohu, la campagne est restée l’icône des contrées encore vierges.

Aux Dindes Folles, la clé c’est les champs

Face à l’espace urbain dont on souligne de plus en plus les inconvénients, elle est assurément perçue comme un

On dit souvent que la culture est une seconde nature.

endroit attractif. Les promoteurs de la culture en milieu

Chaque début juin à Rivolet, dans le Beaujolais, les deux

rural deviennent, eux, les artisans d’une modernité qui se

ont même franchement tendance à ne faire plus qu’un.

veut rassurante. Et qui sait, peut-être demain, les hérauts

Au milieu des hautes herbes et des branches d’arbres qui

d’un souffle artistique nouveau. 

rigolent se fond un décor de festival, avec ses estrades en sapin pour l’art vivant, son installation photos au cœur des

+ d’infos : www.culture-art-territoire.educagri.fr www.rurart.org www.surlesentiersdeslauzes.fr

buis, ses ateliers champêtres… Pour Martine, Gilles, Laurent, Hughes et les autres membres d’Hippotoufer, c’est une quête qui, chaque année, redémarre le temps d’un grand week-end : amener l’art à la campagne et permettre la rencontre des expressions rurales et urbaines dans un cadre préservé. On l’aura compris, l’association Hippotoufer, née en 1993, défend bien plus qu’une somme d’artistes régionaux ou qu’un joli paysage agricole. Elle pose avant tout une réflexion sur notre cadre de vie culturel. Mus par une soif de nature et de découvertes, les organisateurs des Dindes Folles ont un lourd passif derrière eux. Il y a dix ans déjà, regroupés dans la troupe des Dix Grolles, ils parcouraient les campagnes à roulotte et donnaient leurs représentations dans de nombreux villages de la région. Un voyage initiatique de plusieurs mois qui allait féconder l’idée des Dindes Folles. Quelques années plus tard, on retrouve les mêmes - et beaucoup d’autres - attelés à monter leur festival à partir de ce qu’offre la nature. Des constructions en bois pour accueillir les groupes de musique, troupes de théâtre, parcours d’expositions… Ici, la nature est appréhendée comme une œuvre d’art. Tout au long du déroulé de la programmation, les prés deviennent un formidable séant, les yeux plongent dans des perspectives de verdure, les mœurs s’adoucissent sous l’effet de cette savoureuse partition d’art rural. Et au milieu, je vous le donne en mille, coule une rivière.  Festival des Dindes Folles Du 2 au 4 juin Rivolet (à 10 min de Villefranche-sur-Saône) http://www.dindesfolles.com/


4, quai R. Carrié - 69009 LYON 04 72 19 75 76


Lyon vue d’ailleurs

_papier musique G. Viry

Le Sacre du printemps, une histoire de foot ? Pas seulement. Même si la presse sur Lyon reste très olympique, elle apprend aussi à l’écouter, en musique. Écoutez voir…

L

es notes, à Lyon. Ce n’est pas seulement pour

D’autant que cette deuxième édition promettait d’« être

l’Équipe, ou pour les hommes de Gerland… coupet !

encore plus noire ». Pour 20 minutes, qui voit plus loin que

Action ! Il y a aussi les journaux du matin, et les

les quais du Métro, Lyon est devenue la « capitale du roman

quatre saisons. Avec un solstice de faits d’hiver. Des chiens

noir ».

écrasés, et des funambules déséquilibrés. Exemple, sans

Pour des notes plus positives, Lyon arrive 37ème au Palmarès

filet. à Tarare, un homme de 40 ans « a tué un passant et

de la qualité de vie (1).Derrière Paris (33ème place), mais

blessé un gendarme avant d’être abattu par son collègue ».

devant Londres (39ème). Bagdad occupe la dernière position,

De la boucherie, sauce tar(t)are. Pour la viande séchée, c’est

rien (d)étonnant. Au palmarès des villes les plus chères,

côté cour qu’il fallait la chercher : un adjudant de police a

Lyon, 61ème, « prend » aussi 28 places par rapport au

été jugé en appel pour avoir « bavé », en 2003, sur un jeune

classement 2003. Sur le site stagecritics.com, les stagiaires

de Montbrison. Le coup est parti… d’un fusil à pompe.

peuvent noter les entreprises, en fonction de plusieurs

à Oullins, un soir de match, un homme d’origine algérienne

critères : sur 5, les autoroutes Paris-Rhin-Rhône obtiennent

a été tué, à la sortie d’un bar, par un inconnu, « une sorte

un bon 4,19 ; le magazine Lyon Mag, un presque « pointé »

d’activiste militant néonazi », ou « un raciste de comptoir ».

1,39.

Le 26 mars, une grande marche « contre le racisme et pour

Carton plein, enfin, pour la rétrospective Géricault, au

la vérité » était organisée à Lyon. BHL y consacra même

Musée des Beaux-Arts. De saison, puisque selon 20

son BHV hebdomadaire, dans son Bloc Notes : « voir des

Minutes, le peintre, mort à l’âge de 32 ans, « s inspirait des

jeunes responsables d’associations juives (…) prendre la

faits divers (…) » et était un « grand lecteur de la presse

tête d’un rassemblement où l’on pleure un musulman (…)

de son temps ». Aujourd’hui, la presse est unanime :

est un indice de bonne santé démocratique, citoyenne,

« démonstration convaincante » pour Libé, « exposition

lévinassienne…». Les faits divers, ce sont des giboulées en

remarquable » pour Le Monde, « promenade bouleversante

eaux troubles. Comme si le Quai du Polar (qui a réuni, en

et magnifique » au Figaro…

avril, 20 000 participants) s’était fait rattrapé par la réalité.


(…) on assiste à une invasion de panneaux de 2m2 ». Autre

Les journalistes Catherine Lagrange et Claire James

son de cloche à Paris, pour le Nouvel Obs, où le vélo en libre-

viennent de consacrer un numéro spécial du Point à « 24

service (une création lyonnaise) attend « son grand soir ».

Heures, à Lyon ». « Un portrait insolite » de la ville et de

La musique, ce n’est pas que pour faire du bruit. Mais aussi

ses habitants, à travers ce qu’ils font, en 24 heures chrono.

pour adoucir les mors. Dans la presse, c’est Lyon capitale.

Acheter par exemple 822 tonnes de fruits et légumes. Se

Capitale du hip-hop, en référence au succès du festival

manger 1 400 prunes. Vider 940 tonnes d’ordures. Derrière

L’Original: « Lyon est devenue la capitale internationale du

les chiffres, se dessine « le visage humain et presque

Hip Hop depuis que breakers, les Pokémon, ont remporté

émouvant » de la ville, appuyé par les reportages sur « la vie

la « Battle of the Year », en Allemagne », rappelle Libé.

d’un établissement (les Célestins, le quartier général de la

Ex-capitale du rock, comme se souvient Télérama : « à

vidéosurveillance, etc.) ou d’un professionnel lyonnais (un

l’automne 77, Lyon est soudain devenue la capitale du rock

inspecteur des industries à risque, une guide conférencière,

français, avec des groupes de trublions juvéniles comme

etc.) ».

Marie et les Garçons, Electric Gallas et Starshooter ». Ce

Dans 24 heures (on est le 8 mai), c’est Ségolène, de visite à

n’est pas Marc Lambron, journaliste et conseiller d’État, qui

Lyon, qui fera ses comptes. Des amis, tous conquis : Gérard

dirait le contraire. Portrait craché : « il aime le rock, Lyon, ses

Collomb, Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, Jean-Jack

traboules, ses collines bizarrement étagées et serrées… ».

Queyranne, président de la Région. A tel point que le vrai

La musique à Lyon, c’est aussi du classique, revisité. Comme

« casse-tête », « c’est pour la place de favori de la dame»,

le Cosi Fan Tutte du Britannique Adrian Noble, présenté

chacun « revendiquant le rôle de puissance invitante ».

en avril, à l’Opéra : du « Mozart à la plage, en tongs et

Ségo n’a pas pour habitude de fâcher : elle commencera

bermuda » selon Le Monde, et pour les notes du Figaro,

la tournée des po(vrais)potes avec Bret, puis enchaînera

l’une des œuvres « les plus stimulantes de la saison».

avec Collomb et Queyranne. La boucle se bouclera à

Ou des visites, électroniques, comme pour « l’excellent

Villeurbanne. Le 22 avril dernier, c’était son chef d’orchestre

festival » des Nuits Sonores. « La crème de l’électro » va

de mari qui choisissait Lyon pour ne pas la boucler : en

s’y boire comme du petit lait, c’est Télérama qui en fait du

réaction aux propos du Président de l’UMP, le Secrétaire

fromage. Pour la relève, 20 minutes s’intéresse « à l’unique

Général du PS a dénié à la droite « le monopole de l’amour

école de DJ de France », créée à Lyon, en 2001. L’école

de la France ». Il y a du Sardou, ou du d’Estaing, et du 2007,

accueille aujourd’hui une cinquantaine d’élèves qui

de 7 à 77 ans. Ça court, ça court… Comme pour 2008, où les

suivent des « cours de mix, d’animation ou de lumière », et

fondeurs Perben et Collomb sont « en ordre de bataille »,

obtiennent un « diplôme reconnu par l’État ».

et se marquent, à la culotte. Illustration en mars, sur le terrain algérien : le « VRP Collomb » s’est rendu à Sétif avec

La musique, à Lyon, ce sont d’autres stades à remplir. Et il

90 collaborateurs. Une ville d’où sont originaires 90000

n’y a vraiment pas de mal… 

lyonnais. 15 jours plus tard, le ministre des Transports faisait également le déplacement avec Azouz Begag, dont la famille est originaire… de Sétif. Dans la locomotive pour Lyon, on commence avec les petits princes du rail… Terminer en musique, écouter « un peu d’tout » Derrière les joueurs de flûte, devant les serpents, il y aussi les cerises qui font le beau temps. A l’image de Bruno Julliard, étudiant à Lyon II et porte-voix de la contestation contre le CPE. Ou des « déboulonneurs », qui s’attaquent à la taille des panneaux publicitaires : «  Decaux a négocié, avec l’arrivée de Vélo’v, 40 % d’affichage publicitaire en plus

(1) Étude réalisée par le Cabinet Mercer Sources : « Un pot de yaourt déboulonné », Métro, 27/2 ; Jacques-Pierre Amette, « Confessions d’un lycéen gâté », Le Point, 23/3 ; « Lyon marche contre le racisme », Le Figaro.fr, 26/3 ; Audrey Henrion-Poyard, « Meurtre d’Oullins : le mobile raciste exploré », Le Figaro, 27/3 ; Catherine Lagrange, « Quai du Polar », Le Point, 30/3 ; Le Bloc-Notes de Bernard Henri Lévy, Le Point, 30/3 ; Christine Rigollet, « 24 heures à Lyon », Le Point, 30/3 ; « Succès pour le Quai du Polar », 20 Minutes, 4/4 ; Marianne Payot, « Lyon en ordre de bataille », L’Express, 6/4 ; « Lyon, 37e ville où il fait bon vivre », 20 Minutes, 11/4 ; Marie-Aude Roux, « Mozart à la plage, avec tongs et bermudas », Le Monde, 18/4 ; Frédéric Crouzet, « Bruno Julliard, président de l’UNEF en master de droit public à Lyon II », 20 Minutes, 20/4 ; « Un déséquilibré tue un passant dans le Rhône avant d’être abattu par des gendarmes », Nouvel Obs.com, 21/4 ; « Géricault, la folie d’un monde : exposition à Lyon avec plusieurs inédits », 20 Minutes, 22/4 ; Stéphanie Binet, « Le hip hop qui happe », Libération, 22/4 ; « Une école de DJs pour suivre des cours de mix, d’animation ou de lumière », 20 Minutes, 23/4 ; « Hollande : la droite n’a pas le monopole de l’amour de la France », 20 Minutes, 24/4 ; Olivier Bertrand, « Procès bâclé pour le gendarme tueur », Libération, 24/4 ; Anne-Marie Roméro, « Géricault, le romantisme politique », Le Figaro, 24/4 ; Jean-Louis Validir, « Cosi Fan Tutte à l’Opéra de Lyon », Le Figaro, 25/4 ; Christophe Alix, « Le site Stagecritics.com donne la parole aux stagiaires », Libération, 27/4 ; Gérard Dupuy, « Géricault à mort », Libération, 28/4 ; « Quatrième édition des Nuits Sonores à Lyon », Télérama, 29/4 ; Philippe Barbot, « Inoxydable », Télérama, 29/4 ; « Géricault, le peintre d’un monde nouveau », Le Monde, 2/5 ; Catherine Lagrange, « Les hommes de Ségolène », Le Point, 4/5 ; « Vélo : en attendant le grand soir », Paris Obs, 4/5.

Lyon vue d’ailleurs

Donner le La, garder le tempo

Et d’ailleurs

15


Hors_champ

_norwegianWood J. Tourette

Terre du Nord aux reliefs abrupts et au climat sévère, la Norvège se limite souvent dans l’imagerie populaire à ses accents folkloriques. Par son passé viking ou sa tradition de pêcheurs, la culture norvégienne actuelle est souvent obscurcie. Mais sous le calme des fjords bouillonne une effervescence culturelle qui se manifeste par un phénomène central : la musique.

Q

uand on demande au quidam ce que lui évoque la Norvège, ses réponses sont, par ordre de récurrence : « fjords », « saumon », « Odin », « Torr » (marteau de), « Vikings », ou encore « évangélisation tardive » (pour le quidam avisé). Aussi, plutôt que de vous présenter la Norvège façon tourisme (ce que font très bien les guides) ou historique

(même si son évangélisation tardive est un chapitre passionnant), Kiblind a choisi de parler de sa culture plus actuelle, ou du moins plus récente que les mythologies nordiques, à travers un phénomène qui la caractérise particulièrement : le phénomène musical.

Théorie des climats L’élément sans doute fondamental de la culture norvégienne, dans sa construction et dans son actualité, est le climat. Non pas que les variations de températures soient intolérables, mais plus particulièrement que le jour et la nuit ont tendance à se partager les saisons un peu trop rigoureusement. Lorsque l’hiver débute, tout le Nord du pays est plongé dans une obscurité permanente. C’est la nuit polaire. Pour combler ce manque de lumière, qui coïncide chaque année avec un taux élevé de dépressions et de suicides, les Norvégiens ont pour habitude de se regrouper, de passer du temps ensemble, d’éviter de rester seuls. Promiscuité, échange, fêtes : c’est durant cette période de l’année qu’il y a le plus d’animations culturelles. Davantage confinées ou intimistes que les gros festivals, les manifestations sont éparses et s’accaparent tous types de lieux.


norvégiens et étrangers, représentant des styles musicaux

des galeries s’improvisent et réactualisent leur panorama,

très diversifiés. Côté musiques actuelles et électro, plusieurs

on assiste à des lectures, de la danse, des débats, et, il faut

festivals ont émergé depuis 1990. Les principaux sont

quand même le souligner, on s’abreuve goulûment. Bref,

Ultima (ou Festival de Musique Contemporaine de la ville

il y a toujours quelque chose à faire durant cette longue

d’Oslo), Bears à Bergen, et ILIOS, qui marque le retour du

soirée et la chaleur, la convivialité réchauffent les esprits

soleil dans la région de Harstad. Dans le domaine plus

et unissent les corps pour lutter contre la nuit. Et lorsque

«rock», les festivals les plus populaires sont le Quart Festival

pointent les premiers rayons de soleil, que l’obscurité

de Kristiansand, qui allie à la musique des performances

s’évapore, que la nuit s’éclaircit, les Norvégiens ne décillent

vidéo, le Norwegian Wood Festival, et le Festival d’Øya, près

pas et célèbrent l’arrivée du soleil par une grande fête.

d’Oslo. Notodden compte également un important festival

Ces pratiques sont toutefois moins flagrantes au Sud

de Blues et les métalleux trouvent également leur bonheur

du pays, qui bénéficie au moins de trois heures de soleil

avec le festival Inferno. Enfin, la culture jazz est très vive en

quotidiennes au plus fort de l’hiver…

Norvège et de nombreux rendez-vous lui sont consacrés : le Festival International de Molde, le Festival de Kongsberg

Une culture des festivals En été, c’est l’inverse. Et si l’atmosphère vespérale est propice au confinement, la clarté incessante invite au bol d’air. C’est l’époque des grands festivals d’été. Les

et le Festival de Jazz d’Oslo couvrent la palette des types de musiques classables sous l’étiquette « jazz ». Vossa Jazz a la particularité de combiner jazz et musique folklorique.

Norvégiens ont une conception différente des festivals :

Effervescence musicale

ils sont un passage quasi obligés dans l’équilibre annuel.

La Norvège compte plusieurs groupes « mythiques ». La

La Norvège compte plus de 200 festivals consacrés aux

palme revient bien sûr à a-ha. Lorsque le jeune groupe new

genres musicaux les plus variés, depuis le folklore jusqu’aux

wave enregistra Take On Me, la première version fit un flop

domaines du hip hop et du métal.

en Grande-Bretagne. Mais la chanson poursuivit sa carrière

Très hétéroclite, le Festival International de Bergen (mai-

toute seule. Un nabab de l’industrie américaine entendit

juin), est un événement prisé auquel participent artistes

par hasard le titre et fut enthousiasmé. Assortie d’un clip vidéo qui fit date en matière de techniques d’animation, la

Norwegian Wood Festival Chaque été à Oslo a lieu le Festival Norwegian Wood. Evènement majeur du calendrier musical norvégien, le festival a accueilli, depuis sa création en 1992, des artistes aussi prestigieux que Jethro Tull, Van Morrison, Bob Dylan ou David Bowie. En 2004, alors que ce dernier entamait la troisième chanson de son set, il reçut dans l’œil une sucette lancée depuis la foule et dut interrompre son concert quelques minutes pour soulager sa douleur. A son retour sur scène, il demanda que le tireur se désigne. Ne recevant pas réponse, il a ensuite accablé le ou les coupables et a « puni » son public en lui imposant un concert extra-long de 2 h 30 et 27 titres… Cette année le festival se tiendra du 14 au 18 juillet, avec des têtes d’affiches comme Roger Waters, Lou Reed, Korn et Deftones. ( + d’infos sur : www.norwegianwood.no)

chanson connut un succès et fut plébiscitée par les chaînes de télévision influentes, telles que MTV. En 1986, Take On Me était devenu un tube mondial. Si certains clament que « tout a commencé avec a-ha », d’autres ne cachent pas leurs réserves. Sans doute lié à l’âpreté de l’hiver polaire – et peut-être aussi à l’imagerie Viking – le métal a une grande tradition en Norvège. Développé par moult petites formations qui animaient la nuit polaire et qui ne sont malheureusement pas significativement passées à la postérité, le style a connu un essor notable avec Turbonegro. Maquillés genre Kiss mais plus crades, mélange punk-rock-métal, ils sont parvenus à s’ériger un fan-club mondial. Et après une longue séparation (liée au sevrage de son héraut), le groupe a refait surface avec des sonorités un peu plus calmes. Par contre, dans la pure lignée black-metal, il y a Mayhem et Dimmu Borgir, ou encore Kampfar. 

Hors Champ

Les bars regorgent de formations musicales en tous genres,

Et d’ailleurs

17


ça se passe de commentaire : ça s’écoute… Mais depuis quelques années, le rock alternatif se développe de façon assez exponentielle. Parmi les plus représentatifs, Kaisers Orchestra se distingue par un rock plutôt « délire », associant des instruments folkloriques, voire ménagers. Quant à Madrugada, leur rock se situe dans des sonorités plus austères. Le groupe a été comparé à des artistes comme Chris Isaac et éventuellement Tom Waits. Côté hip-hop, le groupe phare en Norvège est Trungtvan, qui s’est distingué au milieu des 90’s. En électro, trois noms jouissent d’une renommée grandissante : Royksopp, devenu un incontournable, Nils Petter Molvaer, et plus récemment Ralph Myerz & The Jack Herren Band.

Pour + d’infos sur la Norvège : www.norvege-fr.com www.norvege.no

Mais une grande part de la culture musicale norvégienne est réservée au jazz. Peut-être est-ce là aussi une conséquence de la longue nuit, des lumières feutrées et des odeurs de caves. Le pianiste Ketil Bjørnstad évolue

Norwegian Wood (This Bird Has Flown)

constamment dans une zone à la limite du jazz pur, des

“I once had a girl, or should I say, she once had me

ballades mélodieuses, de la pop et du rock. A noter que

She showed me her room, isn’t it good, norwegian wood ?”

certaines de ses pièces ont été utilisées dans des films de

Norwegian Wood, c’est un titre des Beatles, extrait de

Godard. La liste des jazzeux norvégiens est longue. Mais s’il

l’album Rubber Soul de 1965. Ecrit par John Lennon, le

fallait n’en retenir qu’un seul, c’est Jan Garbarek.

texte raconte une nuit passée avec une fille (« my bird »).

Détracteur du nouveau jazz européen, le saxophoniste a

Ils discutent longuement, boivent un peu de vin. Jusqu’au

modernisé le genre. Classé dans une catégorie à part, il est

moment où elle lui annonce qu’elle est fatiguée, qu’elle

considéré comme une gloire en Norvège. 

travaille le lendemain et qu’elle souhaite aller dormir. Le narrateur finit alors sa nuit dans la baignoire et leur flirt s’arrête là. Au réveil, il se retrouve seul. Elle est partie. Il allume un feu. Feu de bois ? De bois de Norvège ? Le titre Norwegian Wood reste assez mystérieux. Certains attestent qu’il désignait une sorte de marijuana ; d’autres, que ce bois de Norvège est à associer au feu allumé à la fin, et que c’est finalement la maison qui serait incendiée. Mais plus vraisemblablement, il s’agirait d’un moyen détourné qu’aurait utilisé Lennon pour transcrire une liaison qu’il entretenait, sans que sa femme ne l’apprenne. Lennon éprouvait un vif besoin d’écrire ses petites histoires. « Norwegian Wood » serait un jeu sur les mots « Knowing she would ». D’un point de vue musical, Norwegian Wood est l’un des premiers titres d’Europe occidentale où un instrument indien est utilisé : Lennon est accompagné par le sitar de George Harrison.


Hors champs

Et d’ailleurs

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Crédits photos : Nils PICHARD le_nils@yahoo.fr

Culture norvégienne plus classique 

L’artiste norvégien le plus célèbre est incontestablement Edvard Munch (1863-1944). La renommée du Cri a fait le

tour du monde et s’est vue ravivée, il y a deux ans, par son étonnante disparition. Le 22 août 2004, deux hommes encagoulés et armés ont pénétré en plein jour au musée Munch à Oslo. Devant les visiteurs, ils ont décroché Le Cri et La Madone, puis ont pris la fuite dans un véhicule volé. Plus récemment, le 2 mai dernier, le tribunal d’Oslo a condamné trois hommes impliqués dans ce vol à des peines de 4 à 8 ans de prison. Les deux œuvres majeures du peintre expressionniste sont, quant à elles, toujours dans la nature. 

En musique, il y a bien entendu l’immense Edvard Grieg (1843-1907). Si peu de gens connaissent le compositeur,

tout le monde a déjà entendu sans le savoir de nombreux extraits de son œuvre : « Dans le hall du roi des montagnes » extrait de la pièce musicale Peer Gynt, rendu célèbre par le sifflotement de Peter Lorre dans M le maudit de Fritz Lang ; ou encore des extraits de son Concerto pour piano en la mineur, repris à foison par la publicité télévisuelle. On lui doit également un fragment d’opéra consacré à Olav Trygvason, personnage clef de l’évangélisation tardive de la Norvège. 

Si Grieg a composé Peer Gynt, c’était pour accompagner la pièce du même nom écrite par Henrik Ibsen (1828-

1906). Poète et auteur dramatique, il est considéré comme le fondateur du drame moderne, à travers son observation affinée de la société de son temps. A l’occasion du centenaire de sa mort, l’année 2006 a été renommée « Année Ibsen » par le ministère norvégien de la culture, qui a entrepris de célébrer l’événement aussi bien au niveau national qu’international. Quelques pièces : Peer Gynt, Hedda Gabler, La Maison de poupée. 

Entre théâtre et littérature, Jon Fosse (né en 1959) s’est imposé comme le « grand contemporain » norvégien.

Remarqué d’abord pour une trentaine de romans, récits, essais, recueils de poèmes ou livres pour enfants, il développe ensuite une œuvre théâtrale qui lui rapporte en 1996 le prix Ibsen, seule récompense norvégienne dévolue au théâtre. Parmi ses pièces les plus célèbres : Quelqu’un va venir, L’Enfant et Hiver, cette dernière représentée au Théâtre les Ateliers, en mars dernier. 

Toujours en littérature, la Norvège compte trois prix Nobel : Bjørnstjerne Bjørnson (prix 1903), qui apporta à la

littérature norvégienne un nouveau style narratif et une véritable voix avec ses Contes paysans ; Knut Hamsun (prix 1920), surtout connu pour Sult (La Faim), qui prélude aux écrits de Kafka et qui marque le début du néoromantisme en Norvège ; Sigrid Undset (prix 1928), remarquée pour sa description de la vie au Moyen-Age avec sa trilogie Kristin Lavransdatter, devenue un classique mondial. 

Autres Prix : Chimie : 2 ; Paix : 2 ; Médaille Fields : 1 ; Physique, Médecine et Prix Turing : Ø.


à propos

_statistiquement J. Martinez Statistique (n.f.) : ensemble de méthodes mathématiques qui, à partir du recueil et de l’analyse de données réelles, permettent l’élaboration de modèles probabilistes autorisant la prévision.


Et d’ailleurs

A propos

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ESQUISSE

APOCRYPHE _William Pellier http://forets.free.fr _Terremer Isisart? _Bénédicte Bourlier lizdelux@free.fr www.lizdelux.com

_ Pier Tél : 06 85 25 80 98 Atelier : 12, rue des Capucins 69001 Lyon Expostion permanente à la Galerie du vieux Lyon [ 5, place du Gouvernement 69005 Lyon ] _ blo (lyon) novo concept www.fotolog.com/__diablo__/ _ brusk (lyon) vu_kmf_dmv_lcf www.vizualupdate.net _jaw (marseille) dmv_pm www.damentalvaporz.com Artistes présents à Streetnologie Circuit électronique des Nuits Sonores 2006 Parking bordant la Saône face au 12 quai Arloing (Lyon 9ème) 25 mai 2006 _Kolle Bolle www.kollebolle.com

P

oète, écrivain, dessinateur, peintre, graphiste, photographe : les feuillets qui suivent vous offrent leur immaculée candeur. Illustres méconnus, indexés, effacés ou juste affublés jusque-là d’une timidité quasi-maladive et qui tend maintenant à s’atténuer ; si vous vous sentez la distraction, le goût, l’envie, voire un désir ardent de vous retrouver exaltés aux yeux du monde par l’entremise subtile d’un journal élégant et à distribution dantesque, ces pages indélébiles vous sont consacrées. Et pourquoi pas l’éventuel contact ultérieur avec un éditeur de renom qui aura succombé aux charmes de votre expression enflammée ? Point de thème particulier. Point de forme limitée. Juste fendre l’opacité mortuaire de ces feuilles en les transperçant d’émotions. Et si la crainte d’être découvert reste un frein à cette latitude, libre choix à qui veut de préserver son anonymat en se donnant le nom qui lui est le plus cher. Simplement marquer le présent de manière décisive. À la vie éternelle !

Pages Blanches

Edito

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Esquisse

Pages Blanches

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_Pier


Pages Blanches

Esquisse

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> blo_lyon >brusk_lyon >jaw_marseille


Pages Blanches

Esquisse

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> blo_lyon >brusk_lyon >jaw_marseille


Pages Blanches

Focus

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Focus Esquisse

_kolle-bolle


Focus Apocryphe

_william Pellier

W

illiam Pellier est né en 1962 à Saint-Étienne. De formation scientifique, il considère le texte théâtral comme langue à déchiffrer, dont la grammaire reste toujours à inventer.

Sa rencontre avec Richard Foreman dans les années 80 à New York modifie son projet littéraire : la narration logique et linéaire qui domine les arts de la représentation ne saurait parvenir à rendre compte de l’expérience psychique humaine. Actuellement chercheur au CNRS, il mène des recherches sur l’amnésie collective. Dans son Dictionnaire du théâtre européen, Michel Corvin le présente comme « un auteur qui ne rend service à personne » car « son écriture ne fait pas allégeance à des principes déjà vérifiés mais, paraissant les inventer sur le champ, oblige à repenser la question du représenté. »

Et toi

(qui) x 2 gesticule encore gesticule (dans) x 2 son bout et il veut se mettre (une) x 3 truie (et) x 2 il veut (la) x 2 mettre (bien) x 2 profonde (et) x 2 une dernière fois (et) x 3 moi je il faut je (que je) x 2 (que je que) x 2 (que) x 2 gnique du personnel avant de me faire gniquer que je quand que (j’en) x 2 gnique un maximum avant d’être gniqué au maximum par (un autre) x 2 et je supporterais je vais (pas) x 2 vous raconter ma vie elle vous regarde pas la vie des autres c’est sa vie elle est difficile (on) x 2 menace son emploi son pouvoir d’achat (on) x 2 menace sa retraite sa voiture (on) x 3 veut prendre ce qu’il a et je veux pas me faire gniquer comme un autre et je veux tous (les) x 3 gniquer et si je dois gniqué être gniqué je veux en gniquer un maximum avant (et) x 6 les gniquer c’est leur tirer une balle dans la nuque et quand ils sont (à) x 4 genoux à et à tirer la nuque la gniquer nuquer les (gniquer) x 2 je suis un tueur (ma femme) x 2 me dit (tu es) x 3 un tueur un gniqueur (ma femme) x 2 me soutient quand je conduis elle peut insulter celui un enculé celui (qui fait) x 2 un truc dégueulasse sur la route et il (y en a) x 2 je suis écoeuré j’en peux plus je veux tous les gniquer et (ma femme) x 2 m’a toujours soutenu et chaque fois que je suis (fait) x 2 licencier (elle m’a soutenu) x 2 (elle) x 3 a léché chaque timbre sur chaque enveloppe de (cur) x 2 (ki) x 3 kiri kiriki kiki kikiriculum vitæ et pour la remercier je l’ai (léchée) x 3 comme ça (léchée) x 3 et (là) x 2 (je) x 3 j’ai envie (de) x 7 baiser (parce que) x 2 je suis un porc qui bande un flingue dans la nuque et je vois pas pourquoi je pourquoi pas je pourrais pas pourquoi m’exprimer pas comme les autres là comme (eux) x 2 là

Moi j’ai déjà tiré Tire-toi

Les femmes rient

Grammaire des mammifères (extrait) Éditions Espaces 34 (2005)

Je vais le baiser Je suis habitué à baiser les gens Cadre chez [groupe agro-alimentaire] j’ai fait tout ce que j’ai pu pour baiser des fournisseurs chez [groupe de grande distribution] j’ai baisé l’ensemble du personnel chez [groupe d’assurances] j’ai baisé des filiales et au [groupe bancaire] j’ai baisé des retraités (J’ai) x 2 un caractère (de) x 4 fils (de) x 2 pute de salope de chienne de nique de zob de mite de mmmava de mmmolu de mmmerdo mince J’ai une grosse pression sur les épaules je mets un gel spécial sous mes aisselles C’est vrai S’il faut tirer qqch vers le bas les salaires ou les prix je sais faire je suis (une) x 2 salope et là je j’ai envie (de) x 7 tirer un coup avec une Secrétaire ou une Aide-comptable ou une e Agent d’accueil ou une Déléguée du personnel Je sais plus ce que je dis mais j’ai envie maintenant Personne n’est secrétaire parmi elles ? Non moi je suis comédienne Moi aussi

(Je) x 5 suis très excité je quand je sens (que) x 4 ça mal et là je suis (très) x 2 excité comme porc qui vient qui sent (que) x 2 ça mal parce qu’il va (se) x 2 faire saigner (et il) x 3 (il) x 2 bande et avec sa vie bien profonde

Viens à moi petit cochon Petit cochon / Cochonnet / Cochonou / (Cochon) x 2 / Cochonnaille / Cochonnerie / Cochonceté / Cochiasse / Cochard


Pages Blanches

Focus

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Le Tireur occidental (extrait) Éditions Espaces 34 (2004)

La première exploration de Rodolphe Ce jour, quatrième semaine de ma présence au pied de la muraille, en compagnie du Tireur L’écoulement régulier de nos vies, nos habitudes désormais Dans le septentrion, notre petit quotidien à l’écart des métropoles et nos veillées tardives devant le feu de la cheminée L’échange de nos paroles, la fructification de notre amitié - La curieuse aventure, Tireur, ce matin - Curieux monde lui-même que ce septentrion, Monsieur - Ce matin donc, inauguration de ma recherche sur le terrain Que de découvertes en perspective, joie presque enfantine Dans mon dos, bientôt hors de vue, la petite porte en bois de la muraille Et devant moi, l’étendue désertique de l’inoccident Après plusieurs heures, rien de remarquable encore Dans mon esprit soudain cette ombre de l’échec Sujet trop riche, trop redoutable pour moi Le découragement en quelque sorte - Votre jeune impatience, Monsieur - L’impatience scientifique, Tireur Mais soudainement, à l’horizon de mes pas : l’orée d’un bois Forêt d’arbres feuillus, l’odeur humide et brusque de la verdure Un chemin devant moi, l’obscurité subite Une trouée dans l’ombre après la clarté Du froid sur mes épaules Alors le pressentiment de quelque chose Oui quelque chose ici, un événement Effectivement, des cris, raboteux comme des coups de silex En cet instant la brièveté soudaine de mon souffle dans ma poitrine La rapidité de mon coeur également Une terreur dans mon crâne, silence pesant, craquement des bois morts sous mes pas Et puis là, tout à coup

Là, devant moi au centre d’une clairière Là dans cette lumière du centre de cette clairière Une bête, un animal Un genre d’âne en quelque sorte Oui un âne - Quantité de bêtes Paisibles pour les unes D’autres sanguinaires, Monsieur Chats-tigres, loups-cerviers et même chiens-lynx La chance alors en équilibre sur votre épaule - Oui, la chance, la bonne chance, Tireur Devant moi un âne paisible Mais de part et d’autre, sur sa queue et ses oreilles Des mains indigènes Enfin Là, sous mes yeux, la matière utile à la rédaction de mon mémoire Immobile dans le feuillage d’un buisson, mes yeux sur eux, mon crayon dans ma main, fin prêt pour des notations, voire des croquis Mais alors à la vue de ces sauvages, le sentiment soudain, en mon for intérieur, de la faiblesse des études théoriques Ma parfaite connaissance des classifications, celle de Fossard, celle de Hundle Dans ma mémoire, très présents encore, les tableaux synoptiques relatifs à chaque groupe et sous-groupe, classe, sous-classe, type, sous-type Et cependant, à cet instant, devant ces deux-là Malgré mes connaissances mon impuissance (...)

CONTACTS/ INFOS Site de l’auteur : http://forets.free.fr Site de l’éditeur : http://www.editions-espaces34.fr


contrat de travail première embauche CPE Entre les soussignés : - Nom prénoms, ou bien dénomination sociale, raison sociale, capital social, numéro RCS, numéros INSEE, adresse du siège social. Prise en la personne de son représentant légal. Nom, prénoms, qualité ayant reçu pouvoirs pour signer le présent contrat de travail vérifier que la personne signataire et représentant la société a bien les pouvoirs pour engager celle-ci et, à défaut, lui faire établir par le représentant légal de la société un pouvoir spécial pour signer le présent contrat de travail ci-après dénommée l’EMPLOYEUR D’UNE PART ET : - Madame/Monsieur nom, prénoms, adresse, nationalité, n° de sécurité sociale, ci-après dénommée l’EMPLOYEE D’AUTRE PART, IL A ETE ARRETE ET CONVENU CE QUI SUIT : Article 1 – loi applicable : Le présent contrat est conclu en application des dispositions de la loi sur l’égalité des chances n°2006-396 du 31 mars 2006 publiée au Journal officiel n°79 du 2 avril 2006. Les parties n’ignorent pas que le dit texte est susceptible d’être modifié, dans cette hypothèse le présent contrat sera mis en conformité aux dispositions ayant un effet rétroactif ou s’imposant à peine de nullité. Article 2 : Engagement Monsieur/Madame/la société( préciser le nom de l’employeur) engage Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) aux conditions suivantes : - DUREE  : pour une durée illimitée à compter du préciser la date du début du contrat de travail - FONCTION  : en qualité de description sommaire du poste et fonction - COEFFICIENT : au coefficient de si cela existe dans la Convention Collective - DATE : à compter de préciser la date à compter de laquelle l’embauche sera effective, (si stages ou CDD déjà accomplis au sein de l’entreprise par le salarié, il conviendra de prendre en compte cette période dans le décompter de la période de consolidation) sous réserves du résultat de la visite médicale d’embauche. Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) déclare être à ce jour libre de tout engagement. Article 3 - Fonctions Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) est engagé en qualité de (rappeler la fonction et le poste) au coefficient de (préciser s’il y a lieu). Il sera chargé de (décrire les fonctions de l’employé ). Article 4 – Rupture du contrat dans les 12 mois et préavis Dans son discours du 31 mars 2006 Monsieur Le Président de la République a annoncé que la durée de deux ans prévue dans la loi serait ramenée à un an par une nouvelle loi qui doit être votée prochainement et que tout contrat signé au mépris de cette disposition à venir sera nul ; il est donc prudent de signer les CPE avec une période de consolidation d’un an sous peine de voir le contrat déclaré nul par les prud’hommes. ATTENTION : Il n’est pas possible de modifier les termes de cet article qui retranscrit les dispositions légales s’appliquant de droit, sauf en ce qui concerne la durée qui a été ramenée à un an.. Le présent contrat de travail pourra être rompu à l’initiative de chacune des parties, pendant la première année courant à compter de la date de sa conclusion, dans les conditions suivantes : 1° La rupture à l’initiative de l’une ou l’autre des parties est notifiée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception ; 2° Lorsque l’employeur est à l’initiative de la rupture et sauf faute grave ou force majeure, la présentation de la lettre recommandée fait courir, dès lors que le salarié est présent depuis au moins un mois dans l’entreprise, un préavis. La durée de celui-ci est fixée à deux semaines, dans le cas d’un contrat conclu depuis moins de six mois à la date de la présentation de la lettre recommandée, et à un mois dans le cas d’un contrat conclu depuis au moins six mois ; 3° Lorsqu’il est à l’initiative de la rupture, sauf faute grave, l’employeur verse au salarié, au plus tard à l’expiration du préavis, outre les sommes restant dues au titre des salaires et de l’indemnité de congés payés, une indemnité égale à 8 % du montant total de la rémunération brute due au salarié depuis la conclusion du contrat. Le salarié bénéficiera également d’une contribution au service public de l’emploi égale à 2% des salaires bruts versés depuis le début du contrat recouvrée par les ASSEDIC. Le régime fiscal et social de cette indemnité est celui applicable à l’indemnité mentionnée à l’article L. 122-9 du code du travail. Attention, dans son discours du 31 mars 2006 Le Président de la république a annoncé que la loi serait modifiée sur la question de la motivation de


Article 5– Rupture du contrat au-delà de 12 mois et préavis Passée la période de 12 mois à compter de la conclusion du présent contrat, la rupture pourra intervenir à l’initiative de l’une ou l’autre des parties conformément aux règles en vigueur. Le salarié bénéficiant en outre d’un préavis d’une durée de préciser mois. Article 6 : Horaires de travail Les horaires de travail sont ceux habituellement pratiqués dans l’entreprise selon le système individualisé d’heures de travail situé entre 8 heures et 20 heures. Vous pouvez préciser les horaires de travail du salarié. Article 7 – Lieu de travail Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) exercera ses fonctions au siège social de la société situé à (mettre l’adresse). Toutefois, en fonction des nécessités de service, l’employeur pourra demander à Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) d’effectuer des déplacements temporaires. Ces déplacements seront indemnisés conformément au barème interne (mention facultative ). En outre, Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) s’engage à accepter toute mutation géographique à l’intérieur du territoire national. Article 8 - Rémunération Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) percevra un salaire mensuel brut de  (préciser le montant du salaire mensuel brut) auquel s’ajouteront (mentionner les éventuelles primes et leur montant ainsi que les éventuels avantages en nature). Article 9 – Congés Payés Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) bénéficiera des congés payés légaux, soit actuellement trente jours ouvrables par période du 1er juin au 31 mai de chaque année. La période de prise des congés est déterminée d’un commun accord entre la direction et Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) compte tenu des nécessités du service. Article 10 – Exclusivité & non concurrence Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) ne consacrera son activité et son temps qu’à préciser Nom prénoms, ou bien dénomination sociale, raison sociale, de l’employeur exclusivement. Il s’engage en outre à respecter une obligation de discrétion sur tout ce qui concerne l’activité de l’entreprise. Tout manquement à cette obligation au cours du présent contrat serait constitutif d’une faute grave pouvant justifier un licenciement. Article 11 – Information Monsieur/ Madame (préciser le nom de l’employé) est informé(e) par son employeur (préciser Nom prénoms, ou bien dénomination sociale, raison sociale, de l’employeur) des dispositions interprofessionnelles lui accordant une garantie et une caution de loyer pour la recherche éventuelle de son logement. Ce contrat est établi en deux exemplaires, soit un pour chacune des parties. Fait en deux exemplaires, à préciser le lieu, Le, préciser la date La Société EMPLOYEUR représentée par son Le Salarié représentant légal ou muni d’un pouvoir      à cet effet

ISISART? by TERREMER

Apocryphe

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la rupture, tout salarié dont le CPE serait rompu pendant la période d’un an de consolidation étant en droit de connaitre les motifs de la rupture. La rupture du contrat doit respecter les dispositions législatives et réglementaires qui assurent une protection particulière aux salariés titulaires d’un mandat syndical ou représentatif. Toute contestation portant sur la rupture se prescrit par douze mois à compter de l’envoi de la lettre recommandée prévue au 1°. Ce délai n’est opposable au salarié que s’il en a été fait mention dans cette lettre. En cas de rupture du contrat, à l’initiative de l’employeur, au cours de la période de consolidation d’un an, il ne peut être conclu de nouveau « contrat première embauche » entre le même employeur et le même salarié avant que ne soit écoulé un délai de trois mois à compter du jour de la rupture du précédent contrat.


Aimez-la Ils sont venus me chercher un peu avant sept heures, c’était les mêmes que la dernière fois, ceux qui venaient nous chercher ne portaient jamais de badge mais je crois que c’était les mêmes. Je me tenais prête, je savais qu’ils allaient venir. Ma courbe de température était montée de 0,2 degrés, c’était affiché à coté de ma porte d’entrée comme l’exigeait le règlement. Toutes les maisons des femmes étaient équipées d’un thermomètre électronique, nous avions l’obligation de prendre notre température chaque matin et de tenir la courbe à jour, pour que les releveurs de courbes puissent transmettre nos résultats en temps réel au centre d’insémination. Aujourd’hui j’étais en « jour fécondable », jour F, alors ils étaient la, ils étaient deux comme toujours, identiques, même regard vide, même taille, même corpulence, avec, à l’arrière de leur crâne leur poche à différences, les leurs étaient particulièrement petites. Des produits parfaits. Ils récitaient de leurs voix cristallines la convocation habituelle, je ne me débattais plus, certaines le faisaient, je les entendais crier des insultes, eux ne disaient jamais rien. Un bruit sourd celui d’une tête contre le sol, puis ils les emmenaient évanouies. Nulle n’y échappait, je les retrouvais ligotées comme moi au centre d’insémination, alors je ne résistais plus depuis longtemps, ce n’était qu’un mauvais moment à passer et ils vous laissaient à nouveau tranquille jusqu’au mois prochain.


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sur leurs sexes, je les voyais se caresser avec application. Aimez-la. Je voyais leurs poitrines se soulever de plus en plus vite, leurs visages déformés par le désir, ils ont relevé la tête et ne me quittaient plus des yeux désormais. Aimez-la. Ils ont joui au même moment comme souvent, penchés en avant pour déposer leur semence dans l’éprouvette. Au bout d’une vingtaine de minutes une lumière rouge se mettait à clignoter dans les cabines, s’ils n’étaient pas parvenus à leurs fins je les voyais se branler nerveusement de plus en plus vite, se mordant les lèvres, en général ceux-la n’arrivaient à rien. Une sonnette retentissait et un des leurs venait les chercher. Les éprouvettes étaient reliées à une sorte de centrifugeuse, le sperme était aspiré, je le voyais tournoyer dans le bocal un moment puis la machine s’immobilisait et une sorte de trayeuse envoyait la semence dans les tuyaux qu’on m’avait installés dans le vagin. Je n’avais rien à faire. Les hommes qui avaient éjaculé restaient dans leurs cabines et ils pouvaient me voir. Quand le petit voyant vert s’éclairait, c’est que j’avais été fécondée. Commençait alors la gestation accélérée. Les premières heures étaient pénibles, j’avais terriblement envie de vomir puis je me mettais à grossir, mon ventre enflait, vers seize heures, en général, je sentais l’enfant bouger. On me libérait alors les mains pour que je puisse toucher le bébé dans mon ventre. Les hommes dans les cabines m’observaient toujours, aucun ne pouvait savoir s’il était le père, tout avait été mélangé, il me semble pourtant que leurs regards étaient moins vides, certains touchaient nerveusement leur poche de différences à l’arrière de leur crâne. Au milieu de la nuit les contractions commençaient, je devais les signaler en appuyant sur la petite poire qu’on avait placée à coté de ma main gauche, et lorsqu’ils les jugeaient suffisamment rapprochées ils envoyaient leurs accoucheurs. Nous n’avions pas droit à des calmants, mais je

Apocryphe

Les chambres d’inséminations étaient toutes semblables, une table gynécologique au milieu de la pièce, peinture blanche, carrelage bleu pâle, au dessus de nos têtes, contre le mur était écrit en lettres de néon bleu « Aimez-la » . Six cabines étroites donnaient dans la chambre, fermées par des vitres épaisses, on y entrait par un autre couloir. Plusieurs appareils médicaux étaient disposées sur des tables en inox, tout un système de tuyauterie complexe, pas mal d’électronique, des sangles pour nous maintenir immobiles, des perfusions. Ils m’on attaché les bras sans un mot, j’ai mis moi-même les pieds dans les étriers, j’avais l’habitude et j’évitais qu’ils touchent mon corps de leurs mains froides. Ils ont mis la première perfusion en route, elle me brûlait un peu le bras mais je n’ai rien montré. La première fois qu’ils m’ont amenée ici j’ai compris que j’avais été choisie pour être une de leur reproductrice, j’avais surtout peur qu’ils me violent ou qu’ils me fasse du mal, mais quand j’ai vu la table et les cabines je me suis dis que ce devait être très médicalisé qu’il n’y aurait pas de contact corporel. En réalité, l’opération durait 24h précisément, fécondation, gestation, accouchement, et mise en conformité du nouveau né compris. A la fin de la perfusion n°2 ils ont fait entrer les hommes dans les cabines, ils ont redressé le dossier de la table où j’étais installée. Je pouvais les voir, ils étaient comme d’habitude, même taille même regard vide ils portaient des badges avec leurs prénoms, Selim, Antoine, Tom, Xigris, Iouri, Elliot. Ils pouvaient me voir aussi. Mon image se reflétait dans les vitres blindées de leurs cabines, avec au-dessus de ma tête les lettres clignotantes qui leur disaient « aimezla ». Ils m’ont longuement regardée, j’étais nue, le sexe offert, pénétré de tuyaux de silicone, je les ai regardés aussi, j’ai souri à chacun d’eux et ils ont baissé les yeux. Puis doucement comme des enfants pris en faute, ils ont commencé à se masturber, je voyais leurs mains aller et venir


Apocryphe

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ne criais jamais, je fixais les hommes dans leurs cabines, je ne sais pas trop ce que j’espérais. On ne me montrait pas l’enfant tout de suite mais la plupart du temps j’arrivais quand même à le voir, ils étaient à chaque fois différents, avec cheveux, sans cheveux, grands yeux, petits yeux, endormis, éveillés, silencieux, braillards, j’avais mis au monde toute sorte de bébés, tous des garçons. Dès que le cordon était coupé, ils disaient : « patientez pendant la mise en conformité », puis ils quittaient la pièce avec le nourrisson. Les premières fois je hurlais, j’essayais de les en empêcher, mais ils m’attachaient et me faisaient des piqûres, alors maintenant je ne faisais plus rien, je les laissais partir sans rien dire. Lorsque qu’ils me le rapportaient pour le premier allaitement, le bébé était habillé, je ne sais pas ce qu’ils leurs faisaient quand ils me les enlevaient mais après, les enfants se ressemblaient tous, même taille, même regard vide. Ils avaient juste une petite poche de peau cousue derrière la tête plus ou moins volumineuse. « Qu’est ce que c’est que ça ? » j’ai demandé la première fois « Qu’est ce que vous lui avez fait ? » « C’est la poche de différences. Tout le monde en a une. » Et c’est tout. Je donnais le sein à l’enfant une fois et une seule, puis ils appelaient un des hommes des cabines par le prénom inscrit sur son badge. L’homme entrait dans la chambre d’insémination en prenant soin de ne pas croiser mon regard, il me prenait le bébé et s’en allait avec sans un mot. On me lavait, on me donnait à manger et les deux hommes qui étaient venus me chercher la veille me raccompagnaient jusqu’à l’entrée du village des femmes. En regagnant mon pavillon je croisais d’autre femmes qui partaient au centre d’insémination. Certaines étaient évanouies. Il était à peine sept heures et j’étais fatiguée.

Bénédicte Bourlier


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Ramdam

_Infrasons Hip-Hop incubation J. Martinez

Infrasons : collectif d’artistes réunis dans le but de faire connaître et reconnaître des créations émergentes issues de la culture hip-hop.

C

réé en 2001, ce collectif itinérant composé d’une vingtaine de membres a pour objectif de générer des projets culturels en lien avec la

culture hip-hop, en tant que celle-ci témoigne d’une

CONTACTS contact@infrasons.com www.infrasons.com

certaine démarche de création et d’un état d’esprit particulier. En liant des partenariats avec les institutions culturelles et des structures existantes, Infrasons permet à des projets longtemps oubliés des politiques culturelles d’exister. L’idée centrale est de sortir des formes traditionnelles d’accompagnement de la culture hip-hop, du type activités de MJC (qui sont nécessaires mais non suffisantes) ou des politiques dites de « métissage ». L’accent est mis sur le travail artistique et son exposition au « grand public ». Toutes les disciplines issues de la culture hip-hop (graff_peinture , MC’ing_chant, scratch_musique, break_dance et beat_box) sont ainsi appréhendées par le collectif dans ce qu’elles peuvent apporter d’original

ACTUALITÉ  _Streetnologie Circuit électronique des Nuits Sonores 2006 Parking bordant la Saône face au 12 quai Arloing (Lyon 9ème) 25 mai 2006 +Qualification coupe de France DMC +DJ Illogic, Dj Fly vs Lil’k, DJ Search, Scratch Bandits Crew, Nickel Chrome, DJ R-Ash (Dj set & turntablism) +Jaw, Brusk, Blo (grafiti), +Infraksound, La Hors de (vidéo).

et d’innovant, tout en accordant un soin tout particulier à leur diffusion. De nombreux projets sont en cours pour la saison prochaine dont un événement centré sur le beatbox, art qui, comme chacun le sait, consiste en l’imitation vocale d’une boîte à rythme, de scratchs, et de tout autre instrument existant ou non. Soyez à l’écoute, Infrasons n’est peut-être pas loin… 

REPERES _Moves in time-Moving Time à la Galerie des Terraux (Lyon) 30 sept - 02 oct 2005 _Scratchmusic Live ! 08 avril 2005


_a*song So I sing a song of love... J.Martinez

Parce que ce petit groupe de rock lyonnais qui chante en anglais est tout simplement bien.

A

*song est composé de quatre jeunes garçons qui méritent d’être entendus. Tibo (chant-guitare), William (guitare), Alexis (basse) et Benjamin (batterie) ont formé ce groupe à grand talent en mai 2004. Avec l’aide des labels Disques Puzzle et Popswirlrec., ils écoulent dans le courant de l’année les 200 exemplaires d’un maxi

autoproduit de 8 titres, intitulé COCK YOUR PISTOL. La presse dite « spécialisée », dans laquelle on trouve Les Inrocks et Rock & Folk, se confond alors en éloges pour ce groupe lyonnais aux accents britanniques. Ils remportent, aux côtés des non moins talentueux Fake Oddity et Scrambled Eggs, l’édition 2005 du tremplin Dandelyon ainsi que le Réservoir Rock du festival Musique en Stock la même année. Il faut dire qu’au-delà des paroles chantées en anglais, peu dans le vent en ce moment, « nouvelle chanson française » oblige, la musique de a*song est d’une richesse assez rare. De variations en changements de rythme, on est bien loin du classique couplet-refrain… marque de fabrique de la variété en ce qu’elle a de moins bon. Fort de son succès naissant, a*song a ainsi sillonné près de 50 plateaux et concerts pendant l’année 2005 avant de se reposer à l’hôtel. De ce séjour, et avec l’aide du label lyonnais Back to Mono, nos quatre jeunes amis ont tiré un album composé de 12 titres répondant au nom évocateur d’ HÔTEL DE NICE. Pour les plus sensés, il est peut-être en écoute sur une borne de la FNAC Part-Dieu et nécessairement disponible chez tous les bons disquaires lyonnais, selon la formule consacrée (il y a également 3 morceaux en écoute sur le site). Une heure de bonheur bourrée de références au rock anglophone, des sixties à aujourd’hui, et d’une personnalité à toute épreuve. Dans le style, c’est tout simplement excellent. …For a*song ? 

CONTACTS asongband@yahoo.fr www.a-song-music.com

ACTUALITÉ _20 Mai : Café du bout du monde (Lyon 04) en acoustique avec Selar _21 Mai : Festival Annimalissimo (Genève) _22 Mai : L’Arrêt public des Platanes (Lyon 01) avec Poucevert _27 Mai : Café du bout du monde (Lyon 04) avec Selar _20 Juin : Saint-George Rock Festival (Lyon 05) _21 Juin : Plateau Dandelyon fête de la musique (Lyon)

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_compagnie Pascoli

pas douter créer de la pensée. » Et pour libérer le corps de la pensée qui l’anime, il fallut d’abord limiter ses gestes. Le contraindre physiquement pour transcender l’intellect qui l’agite et laisser à la chair toute son impulsion créatrice. Deux réalisations dévoilent l’envergure des travaux : La

J.Tourette

Depuis 1990, la Compagnie Pascoli poursuit un travail chorégraphique qui l’a menée hors de l’espace scénique habituel. Rupture de cadres, rupture de gestes. Une danse contemporaine sculptée dans les contraintes physiques et spatiales, édifiée sur le questionnement du rapport intime entre le corps et l’être.

F

Stratégie de la Taupe, où les danseurs sont privés du regard ; Et après !?, où ils évoluent bras entravés. Puis le contraindre architecturalement, en transgressant son espace scénique habituel, en l’extirpant hors du cadre confortable du plateau. Expérimentant des décors « naturels » – musées, galeries, espaces publics, lieux du patrimoine, friches – le corps investit des lieux qui ont une histoire propre. « Ces lieux sont une suite de traces qui ont pris forme. Par la danse, ces traces sont révélées. » C’est dans cette démarche de compréhension des lieux que la compagnie Pascoli a dévoilé récemment les Fragments d’architecture du musée gallo-romain de Fourvière : fragments d’histoire, traces scellées dans la pierre, spirales temporelles au cours décrypté. Le principe est limpide et sa permanence tient ouvertement à l’influence exercée par

ondée en 1989 par la danseuse et chorégraphe

Deleuze sur la chorégraphe : « Il faut prendre l’œuvre toute

éponyme, Anne-Marie Pascoli, la compagnie

entière, la suivre et non la juger, en saisir les bifurcations,

grenobloise inscrit sa danse contemporaine dans

les piétinements, les avancements, les trouées, l’accepter, la

une recherche opiniâtre des modes de composition chorégraphique. Réunissant dans la durée danseurs,

recevoir toute entière. Sinon on ne comprend rien. »*  * Gilles Deleuze, Pourparlers

vidéastes, musiciens, plasticiens, autour d’une dynamique pluridisciplinaire, en relation avec les arts plastiques, la littérature, la philosophie et l’architecture de lieux non conventionnels, elle questionne le langage du corps. Son écriture. Ses créations se situent dans une démarche

Compagnie Pascoli 163 cours Berriat – 38000 Grenoble Tél : 04 76 96 75 29 compagnie.pascoli@wanadoo.fr www.compagnie-pascoli.com

associant la rédaction de travaux chorégraphiques avec le développement d’une recherche sur l’improvisation et la composition instantanée, inspirée des « release technics » et d’éléments du « Body-Mind-Centering ». « Il n’y a rien dans l’intelligence qui n’ait d’abord été dans les muscles » Lautréamont Sentir. En interrogeant le rapport du corps à l’être, la chorégraphe a cherché à transcrire le langage propre au corps, inverser le processus où la pensée crée le ACTUALITE Le Roi se meurt et le Basse court / AVIGNON OFF Collège de la Salle / Salle du préau Du 8 au 28 juillet à 11h uniquement les JOURS PAIRS

Crédits : Olivier Humeau // Marianne Duchêne - www.mariannedu.com

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mouvement. « Être dansant, écrire des danses, c’est à n’en


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_dj illogic Le Coratin

T

ant le bonhomme se fait rare, il est tout à fait légitime de se demander qui peut bien être DJ Illogic ? B Boy, Dj, producteur et grand

collectionneur de disques devant l’éternel, il est de ceux qui, à l’exemple d’un Gérard Manset, savent que le temps est le meilleur ami de la création. Venu du rock avant d’épouser les préceptes de Kool Herc, il sait aussi que le Hip Hop se nourrit d’une multitude d’influences, tant artistiques que politiques, et que dans son creuset naît une culture qui tend à l’universalité. Petite étude de parcours en 45 tours. 

ACTUALITE _en concert le 25 mai pour Streetnologie (Circuit électronique des Nuits Sonores 2006) _en écoute sur www.hiphopcore.net/audio/


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De nouvelles parutions du côté du 22(Montée)des Poètes. Le corps n°46 de la revue est maintenant disponible, avec une nouvelle sélection de poésies contemporaines toujours présentées dans leur élégant costume, sobre et épuré. La collection « Les Hors-séries du 22 » affiche également de nouvelles publications : Sous le motif, de Claude Yvroud ; Petites peaux de poèmes, d’Adeline Baldacchino ; Mercure (épisode 1 et 2), d’ Edith Azam ; Tout cassé boum, de Wianney Qolltan' ; et Daisy-des-Rades III, d’Alain Robinet. Encore une fois, vous trouverez ces ouvrages dans toutes les bonnes librairies lyonnaises.

bazar’ bazart

_brèves


Mr. Ki

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Chronique du Ki

_Ki t’es toi ou Ki tais-toi… M. Sandjivy

F

aites vos choix, faites vos jeux, pour ou contre le CPE… non j’déconne. Si Kiblind s’efforce de se placer au-dessus de toute

politique, le Ki va essayer de faire de même. Alors je ne vais pas parler des gens qui dégradent ma fac. Je ne vais pas parler des gens de ma fac qui sont prêts à taper les autres, précédemment cités. Je ne vais pas parler de Villerac* (*copyrigth déposé par KI senior, le père), ni de Nicolas. Je ne vais pas parler des patrons qui vont encore plus se gaver de pognon,

Je ne vais pas parler des couples, parce que chacun sa

ni des syndicats dont les idéaux rappellent la faucille et le

merde ou son bonheur :

marteau.

« le tien c’est le tien et le mien c’est le mien : le couple ! »

Je ne vais pas parler des lycéens qui se frottent les mains,

(ou ton partenaire, mais ça fait tout de suite sexuel…)

dans l’espoir de voir ce bon vieux Dany remonter au credo :

Je ne vais pas parler de Kiblind.

« Société ! On aura ta peau ! »

Ah oui ! Je pourrais vous parler des lézards !

Je ne vais pas parler non plus de ce désir de révolte latent

Alors déjà, tu leur coupes la queue, elle repousse. Y’en a qui

qu’il y a en tout français.

marchent sur l’eau. Y’en a qui jettent du sang par leur yeux

Ni de la risée qu’est notre peuple à l’étranger.

pour aveugler les prédateurs (faut être énervé là quand

Franchement quand on est le « cancer de la Terre »

même. Imagine...).

(dixit Agent Smith, Matrix 1), on se la joue profil bas.

Y’en a qui font du kart et qui fument des plombiers italiens et des princesses. Bon.

Je ne vais pas évoquer les guerres non plus, hein ? Ça ferait trop cliché...

Et puis au milieu de tout ce beau foutoir, ben y’a vous.

Je ne vais pas parler de la religion parce que ça fâche et ça crée des guerres... et comme on ne veut pas parler des

Lisez donc la mythologie grecque. Lisez Héraclès. Choisissez

guerres... bref vous m’avez compris.

la vertu.

Je ne vais pas parler de football parce que y’a rien à en dire, ça fait cinq ans que c’est pareil…

Qui êtes-vous ou Ki hate you....

Je vais pas parler de L’âge de glace 2 parce que faut aller le voir, ni de OSS 117 parce que faut pas aller le voir.

Désabusé des abus. Retour aux sources du calenlourd... avis

Je ne parlerai pas plus du prix des lames de rasoirs…

aux initiés. A l’année prochaine.

Je pourrais évoquer le préservatif féminin mais...

Générique : « Amour, gloire et beauté. Ces mots qui font

en fait ça se vit ça... ha ha.

rêver ». ++ 



Kiblind#11