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4.1 - Ambition 1 : Vers une Université d’Aquitaine attractive et rayonnante au niveau international

Dans le contexte international et européen de l’actuelle crise économique, l’Europe se dote d’une nouvelle stratégie, « Europe 2020 », dont une des priorités est «  une croissance intelligente pour le développement d’une économie fondée sur la connaissance et l’innovation : l’investissement dans la recherche et l’innovation constitue en effet la meilleure réponse possible de long terme à la crise actuelle. En outre, dans un environnement de plus en plus concurrentiel à l’échelle mondiale, l’Europe n’a d’autre solution que de miser sur la connaissance ». Le Conseil Régional d’Aquitaine investit massivement depuis plus de 10 ans dans la recherche et l’innovation  ; le budget qu’il y consacre est en constante augmentation. Ces investissements ont contribué largement à la qualité de la recherche en Aquitaine, comme en témoignent le

classement des équipes de recherche et l’obtention d’une Idex par l’Université de Bordeaux. La volonté du Conseil Régional est de créer, à l’échelle de la Région, un niveau de gouvernance qui pourra prendre la forme d’une évolution de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de Bordeaux vers une Université d’Aquitaine. Dans ce contexte, et selon cette stratégie, les objectifs sont de renforcer les liens Sciences et Société, d’améliorer l’image et la position de la région à l’international et en Europe, de créer un espace transfrontalier de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation et de favoriser la réussite pour tous.

4.1.1 : O  bjectif 1 : favoriser la réussite pour toutes les formations et tout au long de la vie

Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation

17 décembre 2012

SRESRI Aquitaine

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Conception et réalisation :

Communication interne Crédits photos :

Gilbert Alban Robin Paul Bost Jean-Pierre Pawlak Sophie Burdin/Benoît Alain Glantenay Florence ADEME/Bourguet Roland ADEME/Sébart Olivier Bonnaud Guillaume Impression :

Service Reprographie du Conseil régional d’Aquitaine CONSEIL REGIONAL D’AQUITAINE – décembre 2012

14, rue François-de-Sourdis CS 81383 33077 BORDEAUX cedex 05 57 57 80 00


Table des matières

1 - Introduction...........................................................................................1 1.1 - Politique régionale et sens du schéma...........................................1 1.2 - La démarche retenue.....................................................................4 2 - Synthèse du diagnostic..........................................................................9 2.1 - Éléments de diagnostic pour les 5 volets.......................................9 2.2 - La dimension territoriale.............................................................12 2.3 - Les enjeux identifiés....................................................................13 3 - Ambitions du SRESRI et gouvernance de l’ESRI ..................................15 4 - Contenu détaillé des objectifs et des leviers d’action..........................17 4.1 - Ambition 1 : Vers une Université d’Aquitaine attractive et rayonnante au niveau international.........................................................17 4.1.1 - Objectif 1 : Favoriser la réussite pour tous, dans toutes les formations et tout au long de la vie..................................................... 17 Levier 1 - Lutter contre l’échec en 1er cycle universitaire.......................18 Levier 2 - Augmenter le nombre d’ingénieurs formés...........................19 Levier 3 - Soutenir la formation continue et la validation des acquis de l’expérience dans l’enseignement supérieur.............................20

Levier 4 - Lutter contre les inégalités sociales.......................................21 Levier 5 - Améliorer la lisibilité de l’offre de formation..........................22 Levier 6 - Accompagner le développement de l’offre numérique de ressources et de services et favoriser l’innovation pédagogique..............24

4.1.2 - Objectif 2 : Accompagner le développement et la structuration des domaines scientifiques....................................... 25 Levier 7 - Ressourcement des grandes politiques régionales...............26 Levier 8 - Soutenir les domaines des LSHS et leur structuration..........28 Levier 9 - Soutenir les domaines scientifiques émergents....................29 4.1.3 - Objectif 3 : Renforcer l’internationalisation de l’ESR et créer un espace transfrontalier dans le cadre de l’Eurorégion...... 30 Levier 10 - Renforcer l’accompagnement de l’accueil et la mobilité des étudiants et des chercheurs.......................................................................30

Levier 11 - Encourager l’internationalisation de la recherche et de l’enseignement supérieur, et communiquer en la matière..............32

Levier 12 - Soutenir la construction d’un campus Euro-régional..........33 Levier 13 - Participer au développement d’un espace transfrontalier de recherche et d’innovation..............................................35


4.1.4 - Objectif 4 : Renforcer les liens sciences et société................. 37 Levier 14 - Améliorer le lien entre les enseignants, les chercheurs et la société.................................................................................................38

Levier 15 - Valoriser les sciences et les techniques auprès des jeunes...................................................................................................39 Levier 16 - Valoriser et aider à la promotion des richesses scientifiques, industrielles et culturelles régionales auprès du grand public...........................................................................................................40

Levier 17 - Assurer la coordination régionale des actions en matière de Diffusion des Sciences et Techniques...................................................42

4.2 - Ambition 2 : Vers des écosystèmes structurés combinant toutes les dimensions de l’innovation.....................................................43 4.2.1 - Objectif 5 : Accroître la porosité entre les acteurs socioéconomiques et les établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche, pour favoriser la co-production............... 44 Levier 18 - Intégrer des projets de mobilité de personnes dans les projets de développement des filières régionales en lien avec les pôles de recherche académique...........................................................44

Levier 19 - Stimuler la co-production et les représentations mixtes dans la gouvernance des structures et la mise en place de structures communes...................................................................................................45

Levier 20 - Optimiser l’accès des PME/PMI et TPE à l’information........46 4.2.2 - Objectif 6 : Accompagner la maturation des projets, l’incubation et le développement des entreprises innovantes................................ 47 Levier 21 - Accompagner la maturation et le développement technologique régional...............................................................................47

Levier 22 - Développer une culture de l’entrepreneuriat et de l’innovation.............................................................................................48

Levier 23 - Positionner les structures de développement technologique au cœur des stratégies des filières....................................49

4.2.3 - Objectif 7 : Mieux prendre en compte les dimensions organisationnelles et sociales de l’innovation..................................... 51 Levier 24 - Renforcer la place des sciences humaines et sociales dans le débat du développement social et économique............................52

Levier 25 - Recenser et promouvoir d’autres formes d’innovation........53 Levier 26 - Définir le périmètre de l’innovation sociale et recenser l’ensemble des initiatives...........................................................................54

Levier 27 - Fédérer et décloisonner les partenaires susceptibles d’être associés à l’élaboration de cette politique ......................................55

4.2.4 - Objectif 8 : Renforcer la politique de filières et développer une politique affirmée d’inter-filières................................................. 56 Levier 28 - Sous l’égide de la Région qui assure le pilotage global, faire de l’agence Aquitaine Développement Innovation l’acteur privilégié d’animation des filières..............................................................57

Levier 29 - Accroître la lisibilité et l’attractivité des filières régionales....................................................................................................58


Levier 30 - Encourager les effets d’entraînement entre acteurs économiques du territoire régional pour accroître la co-production régionale et le transfert technologique inter-filières................................59

Levier 31 - Favoriser les circuits de production locaux, valorisant les ressources régionales, dans une logique de croissance durable et d’économie circulaire.................................................................................60

4.3 - Ambition 3 : Vers des territoires porteurs de développement, d’innovation et de compétences..............................................................61 4.3.1 - Objectif 9 : Mettre en place une gouvernance régionale garante de l’ancrage territorial........................................................... 61 Levier 32 - Créer des conseils consultatifs territoriaux mobilisant les acteurs intéressés au niveau local.......................................................62

Levier 33 - Articuler les stratégies élaborées à toutes les échelles du territoire.................................................................................................63

4.3.2 - Objectif 10 : Anticiper et faciliter l’orientation et l’insertion professionnelle des étudiants.............................................................. 64 Levier 34 - Optimiser l’offre d’apprentissage dans l’enseignement supérieur.....................................................................................................64

Levier 35 - Favoriser l’interaction entre les formations et le monde socio-économique.......................................................................................65

Levier 36 - Anticiper l’orientation et accompagner le choix des formations de bac -3 à bac +3....................................................................66

4.3.3 - Objectif 11 : Assurer la qualité de vie étudiante.....................67 Levier 37 - Soutenir l’observatoire régional de la vie étudiante en Aquitaine.....................................................................................................67

Levier 38 - Améliorer l’accès à l’université via les dispositifs d’accompagnement.....................................................................................68

Levier 39 - Améliorer l’accueil de l’étudiant...........................................70 Levier 40 - Favoriser la pratique d’activités culturelles et sportives.....71 Levier 41 - Susciter et accompagner l’initiative étudiante.....................71 4.3.4 - Objectif 12 : Renforcer les écosystèmes locaux......................72 Levier 42 - Améliorer la lisibilité de l’offre de recherche et son accès par les territoires.......................................................................72

Levier 43 - Réaliser des diagnostics territoriaux de la ressource locale en matière de recherche et de potentiel d’innovation avec les acteurs du territoire....................................................................................73

Levier 44 - Développer et connecter des systèmes locaux de transfert de technologie, d’innovation, d’enseignement et de recherche...........................................................................................74


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Introduction > 1.1 - Politique régionale et sens du schéma L’Aquitaine est partie prenante de la société de la connaissance. L’expression n’a rien perdu de sa pertinence à l’heure où la globalisation, sur fond de concurrence de plus en plus rude, modifie les équilibres du monde. Au fond, pour une région comme l’Aquitaine, soumise elle aussi aux vents de la mondialisation, il ne s’agit rien moins que de favoriser l’émergence d’une société où la croissance est alimentée par l’innovation et la valeur ajoutée créée par des emplois qualifiés. L’accompagnement des lycéens, la formation professionnelle, un enseignement supérieur de qualité en lien avec les compétences recherchées par les entreprises participent - à notre niveau - de l’émergence de cette société de la connaissance. Avec un impératif : que l’ensemble des territoires qui constituent la région en tirent un profit équitable.

On en mesure les premiers effets. Ils sont spectaculaires. Des centres technologiques – Alphanov, Nobatek…, des plates-formes de développement – Canoe - ont vu le jour avec le soutien de la Région tout comme l’Institut Scientifique de la Vigne et du Vin (18 millions d’euros), le Neurocampus (60 millions d’euros d’investissements pris en charge en totalité par la région) et demain, le laser PETAL dans le domaine du nucléaire civil (25 millions d’aides régionales). Ce ne sont pas les seuls. La région Aquitaine a pesé pour l’arrivée dans la région de l’INRIA (11 millions d’euros d’aide) et de Sud’Optique (40 millions), un moment tenté par une implantation plus lointaine.

Elle s’est par ailleurs positionnée en tant que partenaire de l’Opération Campus, en finançant à parité avec l’État, la rénovation du domaine universitaire de Bordeaux - soit près de 170 M€ au sein d’un montage juridique « publicDepuis une quinzaine d’an- public » unique en France. La née, l’Aquitaine ne ménage volonté d’attirer les compétences, de former les spéciapas ses efforts pour s’adap- listes dans toutes les branches ter aux temps nouveaux. du savoir a parfois emprunté La recherche, l’enseigne- d’autres chemins. L’Aquitaine a ment supérieur, le transfert progressivement mis en place de technologies drainent à des outils pour convaincre les eux seuls près de 10% du chercheurs de haut niveau de budget de la région quand venir s’installer en Aquitaine en même temps qu’elle offre la moyenne nationale ne des aides à des centaines de dépasse pas 3,5%. « thésards », parfois pour qu’ils aillent compléter à l’étranger leur cursus universitaire.

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Des logements étudiants ont également été réhabilités en grand nombre. Faut-il rappeler qu’un logement étudiant construit ou réhabilité sur trois l’a été en Aquitaine ? Ce n’est pas tout. Pour accompagner le développement scientifique et pédagogique de l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux, tout en renforçant son ouverture sociale, la Région a choisi d’être le financeur et le maître d’ouvrage de son extension. Au final, sa capacité d’accueil va croître de plus de 60%.

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Toutes les spécialités sont encouragées. C’est ainsi que pour doubler le nombre d’ingénieurs formés en Aquitaine – un objectif volontariste de 3000 – une Cité de l’Ingénieur verra le jour dont la maîtrise d’ouvrage, une fois encore, sera supportée par la Région. L’histoire avance. Le monde évolue. Après la vigne et le pin, après le gaz du gisement de Lacq, l’information, la connaissance et l’innovation au service des enjeux sociétaux de demain (santé et santé publique, mobilité-transports, énergie, gestion de l’eau…) doivent être la colonne vertébrale de l’économie de la région Aquitaine.

Le Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation s’inscrit dans cette vision. Porteur d’un diagnostic, il se veut surtout une feuille de route pour la décennie. Quatre défis sont à relever : • structurer la recherche, • consolider le développement

industriel en favorisant le rapprochement entre les entreprises et les laboratoires de recherche où s’inventent les relais de croissance futurs, • réussir un développement équilibré des territoires, • favoriser la réussite et l’épanouissement de chacun. Le paysage français de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation vit depuis une décennie – et plus encore depuis 2005 - une mutation profonde : création de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), multiplication aux appels à projets dans le domaine de la recherche, création de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES), vote de la loi LRU (Libertés et Responsabilités des Universités) dit loi sur l’autonomie des universités, enfin, mise en place des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES). La loi LRU confère des missions et des responsabilités multiples aux universités dont les choix stratégiques ont un impact sur l’économie régionale. Pour cette raison, l’Association des Régions de France (ARF) et la Conférence des Présidents d’Université (CPU) ont signé le 12 octobre 2009, à Bordeaux, une convention de partenariat pour la mise en place de Schémas régionaux de l’enseignement supérieur et de la recherche (SRESR). L’objectif prioritaire de ces schémas est de définir une stratégie commune à l’ensemble des acteurs afin d’amplifier les dynamiques locales et régionales en définissant les stratégies et les soutiens – financiers ou non – pour les atteindre. Le Conseil régional d’Aquitaine s’inscrit dans cette politique. En la mettant en œuvre depuis des années, il a pu augmenter le potentiel et la reconnaissance scientifique des établissements de recherche et d’enseignement.


Les résultats en sont bien visibles au plan national comme international : sélection en 2008 du projet bordelais vers un nouveau modèle d’université parmi les six premiers lauréats de l’Opération Campus ; succès régionaux aux appels à projets du programme Investissements d’Avenir (9 Laboratoires d’Excellence dont 4 en réseau, 1 Institut Hospitalouniversitaire IHU, 6 Équipements d’Excellence, 1 Cohorte, …), avec l’attribution d’une Initiative d’excellence (IdEx) portée par le PRES Université de Bordeaux et labellisée parmi les 3 premières IdEx avec Strasbourg et Paris Sciences et Lettres. Ce contexte stimulant justifie l’élaboration du schéma régional. S’y ajoute le fait que, dans le cadre des réflexions sur l’organisation institutionnelle des établissements d’enseignement supérieur aquitains, plusieurs d’entre eux ont choisi de se rapprocher et de construire une université unique. C’est le chantier dit de la NUB (Nouvelle Université de Bordeaux) dont le but est de s’imposer à l’échelle internationale comme un établissement multidisciplinaire de recherche et d’enseignement supérieur. La région Aquitaine partage cette ambition dont elle souhaite qu’elle s’élargisse à d’autres établissements jusqu’à devenir via un nouveau PRES, l’« Université d’Aquitaine » avec une vocation transfrontalière assumée. La toute jeune Eurorégion AquitaineEuskadi a vocation à en fournir l’épure

en favorisant des stratégies de rapprochement qui pourraient être mises en œuvre dans le cadre de contrats pluriannuels passés avec le Conseil régional d’Aquitaine. Élaboré par la région Aquitaine de manière partenariale, le SRESR vise donc à mettre en lumière le potentiel scientifique et technologique de notre territoire. À cette perspective commune à l’ensemble des régions françaises, s’ajoute en Aquitaine, une orientation originale et complémentaire qui traduit la volonté de jouer la carte de l’innovation. D’où un intitulé spécifique : Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (SRESRI). Chef de file du développement social et économique sur son territoire, la Région Aquitaine mène en effet depuis plus de 10 ans une politique qui associe recherche et innovation pour soutenir la compétitivité des entreprises et favoriser l’émergence de filières industrielles d’excellence ou à fort potentiel.

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> 1.2 - La démarche retenue Une démarche de « co-construction » a été choisie pour la rédaction du SRESRI. Elle visait à associer l’ensemble des acteurs tout au long de la chaîne, des instances de pilotage aux modalités d’élaboration du plan d’actions, en passant par le partage des éléments de diagnostic. Cette démarche a commencé par la réalisation d’un état des lieux pour prendre ensuite la forme d’une concertation par l’organisation d’ateliers qui ont réuni les collectivités territoriales, les établissements et les organismes de recherche, les acteurs socio-économique, et la Région. Tous ont adhéré et nourri, à quelques exceptions près, le schéma proposé.

Le diagnostic a été mis en ligne sur la page web dédiée au SRESRI (avenir. aquitaine.fr) le 5 janvier 2012 et mis à jour au fil des semaines. Il est également annexé à ce schéma. Une large concertation a ensuite été organisée qui a pris la forme d’ateliers thématiques et territoriaux. Au cours de ces 16 ateliers dont 6 répartis sur l’ensemble du territoire aquitain, et 10 accessibles en visioconférence, plus de 700 personnes ont participé aux débats. Enfin, quelque 600 internautes ont suivi les débats en direct sur le site avenir.aquitaine.fr.

Un état des lieux 4

5 janvier 2012

Mise en ligne du diagnostic du SRESRI

Une concertation large 10 Ateliers thématiques et 6 territoriaux associant Région, Collectivités territoriales, Établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche, et Acteurs sociaux-économiques de janvier à avril 2012

Un schéma régional Adoption en assemblée plénière du Conseil Régional

17 décembre 2012

Ces ateliers se sont déroulés de janvier à avril 2012. La première série, thématique (Enseignement supérieur, Recherche, Innovation, Transfert de technologie et retombées économiques, Vie étudiante, Diffusion des Sciences et Techniques), a permis de partager le diagnostic et de dégager les enjeux associés. La deuxième, sur le thème de l’aménagement du territoire, a visé à prendre en compte les dynamiques et les enjeux propres à chaque territoire, sur 6 sites (Agen, Bayonne, Bordeaux,

Mont-de-Marsan, Pau, Périgueux), en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation. Enfin la troisième série, thématique comme la première, a permis d’échanger avec l’ensemble des acteurs sur les orientations stratégiques futures. Chaque atelier a été co-animé par un binôme expert/élu compétents sur la thématique ou le site concerné, et a fait l’objet d’un compte-rendu qui se trouve également sur la page web dédié au schéma avenir.aquitaine.fr.


Première série d’ateliers « du diagnostic aux enjeux » Date

Thématique

10 janvier 2012 Enseignement Supérieur 13 janvier 2012

Innovation, Technologies et Retombées économiques

18 janvier 2012 Vie étudiante 19 janvier 2012

Diffusion des Sciences et Techniques

19 janvier 2012 Recherche

Institution hôte

Lieu

Co-animation *

UPPA

Pau

Anne-Marie Cocula Bernard Bégaud

Conseil régional d’Aquitaine

Bordeaux

Mathieu Hazouard Patrick Maestro

Bordeaux IV, Montesquieu

Pessac

Émilie Coutanceau Michael Delafosse

Conseil régional d’Aquitaine

Bordeaux

Antoine Cuerq Bernard Alaux

Bordeaux1, Sciences Technologies

Talence

Mathieu Hazouard Bernard Larrouturou

* Anne-Marie Cocula, vice-présidente du Conseil régional d’Aquitaine, en charge de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la culture et de l’apprentissage. Bernard Bégaud, Professeur de Pharmacologie à l’Université de Bordeaux. Mathieu Hazouard, Conseiller régional délégué à la recherche et aux pôles de compétitivité. Patrick Maestro, Directeur du Laboratory Of the Future. Émilie Coutanceau, Conseillère régionale déléguée à la jeunesse et à la vie étudiante. Michael Delafosse, ancien Président de La Mutuelle Des étudiants. Antoine Cuerq, Délégué régional EDF Aquitaine. Bernard Alaux, Directeur de Cap Sciences. Bernard Larrouturou, ancien directeur général du CNRS.

Deuxième série d’ateliers « aménagement du territoire » Date

Institution hôte

Lieu

Co-animation *

3 février 2012

IUT des Pays de l’Adour

Mont de Marsan

Luc Paboeuf Alain d’Iribarne

8 février 2012

Université de Bordeaux

Périgueux

Luc Paboeuf Alain d’Iribarne

9 février 2012

IUT d’Agen

Agen

Luc Paboeuf Alain d’Iribarne

10 février 2012

UPPA

Pau

Luc Paboeuf Alain d’Iribarne

10 février 2012

IUT de Bayonne

Bayonne

Luc Paboeuf Alain d’Iribarne

2 avril 2012

Bordeaux 3, Michel de Montaigne

Pessac

Luc Paboeuf Alain d’Iribarne

* Luc Paboeuf, Président du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional d’Aquitaine. Alain d’Iribarne, Président du Conseil Scientifique de la Maison des Sciences et de l’Homme d’Aquitaine.

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Troisième série d’ateliers « des enjeux aux orientations stratégiques » Date

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Thématique

Institution hôte

Lieu

Co-animation *

7 mars 2012

Vie étudiante

Sciences Po Bordeaux

Pessac

Emilie Coutanceau

19 mars 2012

Diffusion des Sciences et Techniques

UPPA

Pau

Antoine Cuerq Bernard Alaux

21 mars 2012

Enseignement Supérieur

Bordeaux 2, Segalen

Bordeaux

Anne-Marie Cocula Bernard Bégaud

22 mars 2012

Recherche

ENSCBP/IPB

Pessac

Mathieu Hazouard Bernard Larrouturou

6 avril 2012

Innovation, Technologies et Conseil régional Retombées économiques d’Aquitaine

Bordeaux

Mathieu Hazouard Patrick Maestro

Enfin, le site internet avenir.aquitaine.fr, dédié au SRESRI, a permis de partager les informations et de recueillir et intégrer les contributions de tous ceux qui se sont mobilisés autour de la définition des enjeux. C’est sur la base de ces ateliers participatifs, appuyés eux-mêmes sur un diagnostic du paysage aquitain, que le SRESRI a été construit. Le comité stratégique mis en place pour le pilotage et l’élaboration de ce schéma a été coprésidé par Alain Rousset, Président du Conseil régional d’Aquitaine, Jean-Louis Gout puis Mohamed AMARA, Président de l’Uni-

versité de Pau et des Pays de l’Adour, et Yannick Lung, Président de l’Université Bordeaux IV et référent du PRES Université de Bordeaux ; Mathieu HAZOUARD, Conseiller régional Délégué à la Recherche et aux Pôles de compétitivité ayant porté, suivi et animé ce projet, Anne-Marie COCULA, vice-présidente du Conseil régional d’Aquitaine, en charge de l’éducation, de l’enseignement supérieur de la culture et de l’apprentissage, Émilie COUTANCEAU, Conseillère régionale à la jeunesse et à la vie étudiante, tout deux ayant suivi et animé ce projet.

Complété par ses autres membres, le comité stratégique représente au mieux l’ensemble des acteurs de l’ESRI : > Le Rectorat avec Monsieur le Recteur Jean-Louis NEMBRINI, recteur de l’académie de Bordeaux, chancelier des universités d’Aquitaine, > Les établissements d’enseignement supérieur : le PRES Université de Bordeaux, Messieurs les Présidents d’université, Dean LEWIS (Bordeaux 1), Manuel TUNON DE LARA (Bordeaux 2), Jean Paul JOURDAN (Bordeaux 3), Yannick LUNG (Bordeaux IV), Mohamed AMARA (UPPA), Messieurs les directeurs, Vincent HOFFMANN-MARTINOT (IEP), François CANSELL (IPB), Olivier LAVIALLE (Bordeaux Sciences Agro), > Des industriels : Monsieur Jean Noël Stock directeur de l’établissement de Thales Systèmes Aéroportés à Pessac, Monsieur Jean-Louis BLOUIN Directeur Général d’I2S (Innovative Imaging Solutions), Monsieur Pierre CALLEJA PDG de Fermentalg, Monsieur Didier ROUX Directeur de la R&D et de l’innovation de Saint Gobain, Monsieur Emeric d’ARCIMOLES Directeur chez Safran, Monsieur François DUBET Professeur de sociologie à l’Université Bordeaux 2, Monsieur Christian COLLETTE Directeur R&D d’ARKEMA,


> Le Conseil Économique Social et Environnemental (CESER) : Monsieur le Président Luc PABOEUF, Monsieur Antoine CUERQ élu Union française des industries pétrolières/ des industries chimiques/EDF/GDF et Directeur régional d’EDF, > Culture Scientifique Technique et Industrielle (CSTI)  : Monsieur Bernard ALAUX Directeur de Cap Sciences, > Experts  : Monsieur Alain d’IRIBARNE Président du Conseil Scientifique de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, Monsieur Bernard LARROUTUROU ancien Directeur général du CNRS, Monsieur Patrick MAESTRO Directeur du Laboratory Of the Future Rhodia/CNRS/Université de Bordeaux. L’avis éclairé du CESER, pendant les ateliers, et a posteriori via un rapport écrit, a contribué à l’élaboration de ce schéma. Cette mobilisation sans précédent a abouti à un schéma régional à la fois

ambitieux et réaliste, élaboré sur la base d’un diagnostic partagé dont les principales caractéristiques sont présentées dans les pages qui suivent.

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2 Synthèse du diagnostic > 2.1 - Eléments de diagnostics pour les 5 volets Région française importante par son poids économique et démographique, l’Aquitaine dispose également d’un potentiel de recherche et d’enseignement supérieur de premier ordre. Une analyse fine de ce potentiel permet

de relever de nombreux contrastes, et l’observation du positionnement régional met en évidence les caractéristiques suivantes (le diagnostic complet est annexé à ce schéma) pour chacun des 5 volets majeurs suivants :

> Pour l’Enseignement supérieur • L’Aquitaine accueille environ 106 000 étudiants, ce qui la place au 8e rang des régions françaises. •L  a plupart des établissements aquitains, et surtout bordelais, disposent d’une forte attractivité : l’Aquitaine est une des 6 régions qui a connu la plus forte croissance en nombre d’étudiants au cours des récentes rentrées universitaires, et le taux de recrutement d’étudiants hors académie (27 %) est très élevé. •L  ’université occupe une place prédominante, en nombre d’étudiants, dans le paysage global et le taux d’inscription des bacheliers généraux à l’université est particulièrement important. Par comparaison, les formations d’ingénieurs ont des effectifs plutôt limités  : le nombre de diplômes d’ingénieurs délivrés annuellement, bien qu’en nette progression, reste inférieur à la moyenne nationale. •L  es formations supérieures littéraires sont prépondérantes en Aquitaine : rangés par grandes disciplines, 39 % des étudiants sont inscrits en sciences et santé et 61 % en sciences humaines et sociales. •L  ’apprentissage s’est fortement développé en Aquitaine ces dernières années, mais les effectifs d’apprentis de niveau II (diplômes de licence et master) sont encore faibles. Ce constat vaut aussi pour l’offre de licences professionnelles. •L  e taux d’inscription des bacheliers technologiques dans les IUT est également plus faible que la moyenne nationale. • I l existe de fortes dynamiques dans certains sites autour de la stratégie territoriale de l’enseignement supérieur  : elles pourraient permettre de faire émerger des filières d’excellence et nourrir une réflexion sur l’aménagement du territoire.

> Pour la Recherche • L’Aquitaine est la première région française pour la part du budget consacrée à la recherche et au transfert technologique : en 2010, ce sont 74,5 millions d’euros qui ont ainsi été alloués. • L’Aquitaine est la 7e région pour les dépenses de la recherche publique, mais elle est seulement en 12e position pour la dépense globale de recherche (Dépense intérieure de recherche et développement – DIRD – civile). Ces dépenses ont stagné, voire même diminué, en raison notamment de la faiblesse de la recherche privée. •L  a plupart des chercheurs publics aquitains travaille pour les opérateurs que sont les universités et les écoles : le poids des

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EPST/EPIC en Aquitaine est en effet relativement faible en comparaison avec d’autres régions hors île de France, tandis que celui de l’université est prédominant. •L  a grande majorité des personnels de la recherche – 85 %  – est concentrée sur les sites de Bordeaux, créant un fort déséquilibre entre le nord et le sud de l’Aquitaine. L’UPPA joue toutefois un rôle structurant important dans le sud aquitain. • La production scientifique des chercheurs, en termes de publications, est excellente : en 2008, elle représente 3,9 % de la production nationale pour seulement 3,2% des effectifs nationaux. La proportion de « publiants » est également supérieure à la moyenne nationale. En toute logique, cela se traduit, dans de nombreux domaines, par une forte reconnaissance internationale de l’Aquitaine. •L  a recherche couvre, en Aquitaine, un large champ disciplinaire. Elle est caractérisée par des compétences phares dont le rayonnement est indéniable : les neurosciences et l’évolution de maladies neurologiques ou psychiatriques (LabEx BRAIN), les sciences biologiques, écologiques, socio-économiques et la qualité de l’environnement et le respect de la biodiversité (LabEx COTE), l’archéologie et la mise en ligne des richesses du patrimoine des grottes ornées en Aquitaine (LabEx LaScArBx), l’imagerie IRM, la médecine nucléaire et la prise en charge globale du patient (LabEx TRAIL), les matériaux et la « chimie durable » (LabEx AMADEUS). •L  ’Aquitaine a des liens forts avec la région voisine Midi-Pyrénées, mais également, le long de la façade Atlantique, avec les Pays de la Loire, la Bretagne, ainsi qu’avec les régions espagnoles voisines du Pays Basque, de Navarre et d’Aragon. •L  es chercheurs aquitains sont très présents sur la scène européenne, surtout dans les grands projets structurants et pour la recherche amont. Les disciplines les plus visibles à cette échelle sont les nanosciences, le laser et la forêt.

> Pour l’innovation • Les structures de diffusion technologique sont de vraies forces régionales. • La production technologique des laboratoires académiques est très performante. La part de déposants du secteur public est de 18 %, faisant de l’Aquitaine la deuxième région française en termes de brevets détenus par le secteur public. En revanche, le résultat est très mitigé du côté des acteurs privés et, en tenant compte des deux composantes publique et privée, la région n’est qu’au 13ème rang de la production nationale de brevets européens. En termes de production de brevets, c’est dans le domaine de la santé que le nombre de brevets est le plus important, au niveau tant académique qu’industriel. • Il existe peu d’interactions entre les deux pôles scientifiques régionaux (Pau et Bordeaux), alors qu’il y a une incontestable complémentarité des disciplines scientifiques et des technologies développées. • De nombreux liens se sont établis entre les industries et les laboratoires académiques. Les industries pharmaceutiques sont les principaux collaborateurs des laboratoires en Aquitaine, en nombre de partenariats comme sur le plan du niveau budgétaire atteint par les contrats, alors que la recherche industrielle pharmaceutique reste faible dans la région. • L’Aquitaine dispose de très nombreux « outils » de transfert de technologie (1ère région française)  : elle accueille notamment 8 Centres de Ressources Technologiques (CRT), 5 Instituts Carnot, 23 cellules de transfert et 4 plateformes technologiques. La majorité d’entre eux est tournée vers les PME, caractéristique forte du tissu économique régional. • Les CRT régionaux sont très actifs, ce qui leurs confèrent, pour la plupart, un rayonnement national ou européen. Ils sont au nombre de 8  : AGIR (agroalimentaire), AGROTEC (agroalimentaire), ALPhaNOV (optique et lasers), APESA Innovation (environnement et maîtrise des risques), IFTS (filtration et techniques séparatives), ITERG (huiles et matières grasses d’origines végétales et animales), NOBATEK (technologie, construction et aménagement durables), RESCOLL (matériaux polymères et domaines connexes).


• Toutefois, les missions et les caractéristiques de ces outils de transfert demeurent très diverses, ce qui ne rend pas immédiat l’établissement d’un lien avec les filières industrielles régionales. Cela conduit au constat selon lequel le système régional de l’innovation doit devenir plus lisible.

> Pour la vie étudiante • Les 106 000 étudiants présents en Aquitaine sont accueillis dans 26 sites d’enseignement supérieur. • Il existe en Aquitaine un observatoire des parcours étudiants (ORPEA), mais la Région ne dispose d’aucun équivalent en ce qui concerne la vie étudiante permettant de prendre en compte de façon globale tous les volets des besoins étudiants. • En 2005, l’Aquitaine a été une des premières régions à construire un schéma régional du logement étudiant. Elle permet ainsi au plus grand nombre d’accéder à des logements décents. En 2008, le Conseil régional a livré près de 30% des résidences étudiantes construites en France. Entre 2004 et 2011, le parc de logement étudiant aquitain a augmenté de 37%, avec la livraison de 3206 places neuves et 1800 places rénovées (Cofinancement de la construction et réhabilitation de logements du CROUS et des bailleurs sociaux). Il en résulte une bonne appréhension des besoins en la matière, y compris en ce qui concerne la diversification de l’offre (étudiants en alternance, besoins ponctuels, séjours courts…). La création d’un observatoire régional de l’habitat est envisagée afin de suivre les questions du logement pour tous les Aquitains, dont les étudiants... • L’offre de restauration aidée est sensiblement inférieure en Aquitaine à la moyenne nationale. • En revanche, l’aide à la mobilité constitue un axe fort de l’action régionale en faveur des étudiants à travers la création et le soutien d’AQUIMOB (AQUItaine MOBilité) ; plus de 1500 étudiants aquitains ont bénéficié de plus de 3 millions d’euros en 2011 pour étudier à l’étranger 6 mois, en moyenne. • Les conditions d’accueil des étudiants nécessitent des moyens supplémentaires, tant au niveau des conditions d’accès à la santé que celles aux équipements sportifs et culturels.

> Pour la diffusion des sciences et techniques • Le dispositif régional de diffusion de la culture scientifique et technique est très riche, du fait notamment de l’action efficiente des deux Centres de culture scientifique technique et industrielle (CCSTI) : Cap Sciences et Lacq Odyssée. L’Aquitaine est l’une des rares régions françaises, hors Île-de-France, à disposer d’un tel potentiel. • La diversité des actions réalisées pour rendre la science et les technologies attractives auprès du grand public est révélatrice non seulement d’un réel intérêt de la population, mais également de la constitution de partenariats fortement différenciés associant les établissements d’enseignement supérieur, les CCSTI et les entreprises. • Il reste à développer une présence sur l’ensemble du territoire aquitain.


> 2.2 - La dimension territoriale L’agglomération de Bordeaux concentre 75 % des effectifs étudiants et près de 85  % des effectifs de chercheurs et d’enseignantschercheurs de la Région. Cinq sites, hors agglomération bor-

Autres IFSI et écoles Effectifs Autres social (ENAP, post-bac ESC…)

CPGE

STS

IUT

IUFM

Univ. + écoles d’Ing.

-

21%

9%

6%

34%

9%

19%

2%

2 518

Bayonne

3%

23%

15%

-

49%

6%

3%

1%

4 893

Bordeaux

3%

7%

4%

2%

70%

4%

7%

3%

79 157

Mont-de-Marsan

3%

20%

21%

18%

13%

26%

-

-

1 117

Pau

4%

8%

2%

4%

61%

6%

12%

3%

12 420

Périgueux

6%

32%

23%

6%

21%

11%

-

-

2 382

Aquitaine

3%

11%

5%

3%

63%

6%

7%

3%

106 088*

Agen

12

delaise, disposent d’effectifs étudiants post-bac supérieurs à 1 000 étudiants. Outre leur importance numérique relative, ces sites se distinguent par la répartition interne des composantes institutionnelles :

* Ce total comprend également les effectifs étudiants des autres sites (1).

Sigles CPGE : classes préparatoires aux grandes écoles STS : section de technicien supérieur IUT : institut universitaire de technologie IUFM : institut universitaire de formation des maîtres IFSI : institut de formation en soins infirmiers ENAP : école nationale d’administration pénitentiaire ESC : école supérieure de commerce

Au nombre de 29, les départements d’IUT en Aquitaine, situés à Agen, Anglet, Bayonne, Bruges, Gradignan, Mont-de-Marsan, Pau, Périgueux maillent le territoire régional, avec un effectif total de 5350 étudiants. De plus, 91 sections de BTS, situés à Bergerac, Boulazac, Périgueux, Sarlat-la-Canéda, Arcachon, Bègles, Blanquefort, Bordeaux, Libourne, Lormont, Mérignac, Pauillac, Pessac, Talence, Aire-sur-l’Adour, Dax, Montde-Marsan, Saint-Paul-lès-Dax, Saint(1) MESR : Atlas régional 2011

Pierre-du-Mont, Agen, Marmande, Villeneuve-sur-Lot, Anglet, Bayonne, Biarritz, Bizanos, Chéraute, Lescar, Mourenx, Orthez, Pau, Ustaritz sont uniformément réparties sur l’ensemble de la Région Aquitaine avec un effectif total de 10 642 étudiants. Seul l’IUFM Aquitaine, école interne de l’Université Bordeaux IV, est déployé sur les 5 départements de la Région.


> 2.3 - Les enjeux identifiés Au-delà des constats qui concernent les acteurs socio-économiques, les étudiants, les enseignants chercheurs et les territoires, les ateliers ont permis d’identifier et de partager un certain nombre d’enjeux. L’enseignement supérieur doit être synonyme de réussite pour tous avec une organisation territoriale raisonnée, y compris avec une dématérialisation des enseignements. Pour cela, il faudra remettre l’étudiant au centre de nos actions ; il doit être acteur de la vie de campus. La qualité de vie étudiante doit être accompagnée via le logement, la restauration, la santé, le transport, les activités culturelles et sportives, les lieux de travail en dehors des cours associés aux ressources numériques. A ce titre, le rôle des enseignants chercheurs et des acteurs du monde socio-économique est également de diffuser les sciences et techniques, notamment pour attirer et passionner les jeunes qui se désintéressent des métiers scientifiques et industriels ; c’est aussi un enjeu pour les territoires, qui ont un rôle prépondérant d’insertion professionnelle. La relation avec les acteurs socio-économiques est effectivement indispensable pour la formation professionnelle mais également pour développer l’innovation ; les démarches classiques, soit à partir des besoins des marchés, soit à partir d’une innovation académique, ne sont pas à opposer entre elles, cependant l’action régionale doit

accentuer l’écoute des besoins des marchés. De plus, le risque de l’innovation est un verrou qu’il faudra lever en l’accompagnant avec des outils financiers. La co-production (partenariat public/privé), une culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat seront à développer. L’innovation n’est pas à limiter aux approches uniquement technologiques, mais il faudra savoir intégrer l’apport « recherche » des Lettres Sciences Humaines et Sociales (LSHS), développer et structurer ces disciplines, et savoir intégrer l’apport des démarches multidisciplinaires. L’enjeu récurrent sera d’augmenter l’effet sur le développement socioéconomique aquitain, en s’appuyant sur les enjeux de société, énergie, santé, eau, mobilité/transport, et la création de pôles territoriaux au service de projets économiques innovants de développement local durable. C’est sur la base de ces enjeux que le SRESRI propose la mise en place d’une gouvernance pérenne et 3 ambitions pour les 5 à 10 années à venir. Enfin, il existe aujourd’hui un enjeu de structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche à l’échelle de l’Aquitaine, pour développer et rendre lisible une recherche et des formations attractives et cohérentes sur l’ensemble du territoire.

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3

Ambitions du SRESRI I R S E l’ e d s e c n a rn e v u o g et Bien qu’au service de tous les Aquitains, ce schéma s’adresse en priorité à 3 groupes d’acteurs : > Les jeunes Aquitains, auxquels la Région s’engage à offrir un environnement et des conditions d’études favorisant leur réussite et leur épanouissement tout au long de leur parcours dans l’enseignement supérieur. Cet accompagnement débute, en amont, par un soutien à l’orientation et se poursuit jusqu’à l’insertion professionnelle ; > Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche que la Région accompagne dans leur développement en vue d’une attractivité accrue, fruit d’équipements remarquables, d’une structuration exemplaire et de moyens de soutien significatifs ; > Les acteurs socio-économiques, avec une priorité donnée aux TPE/PME/ PMI mais également aux établissements sanitaires et sociaux, et aux structures de l’économie sociale et solidaire, qui sont aidés et accompagnés dans leur développement et leur processus d’intégration des progrès scientifiques et technologiques. Le schéma régional est structuré autour de 3 grandes ambitions (schéma ci-dessous).

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3 ambitions Ambition 1 - Vers une Université d’Aquitaine attractive et rayonnante au niveau international

3 cibles prioritaires

Jeunes aquitains

Acteurs socioéconomiques

Ambition 2 - Vers des écosystèmes structurés combinant toutes les dimensions de l’innovation

Ambition 3 - Vers des territoires porteurs de développement, d’innovation et de compétences

Etablissements d’enseignement supérieur et de recherche

Ensemble des Acteurs et Citoyens aquitains

1 - Vers une Université d’Aquitaine attractive et rayonnante au niveau international Il s’agit ici de co-construire une structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche à l’échelle régionale renforçant l’attractivité aux frontières de l’Aquitaine et à l’international et garantissant une réussite pour tous dans toutes les formations, une recherche structurée et rayonnante plaçant les sciences au cœur de la cité.


2 - Vers des écosystèmes structurés combinant toutes les dimensions de l’innovation La Région souhaite amener l’appareil productif régional à miser sur l’innovation pour son développement social et économique. Pour cela, il s’agit de mettre en place de véritables écosystèmes de l’innovation, avec un enjeu de développement technologique s’appuyant sur des feuilles de routes stratégiques et de marché, et permettant, à terme, d’avoir un véritable continuum et d’augmenter l’impact de la recherche. À ce titre, les formations sanitaires et sociales sont, par définition et dans leur structuration, des formations professionnelles et la réforme du LMD amène en particulier l’évolution des diplômes universitaires accessibles aux infirmières ; la Région Aquitaine porte également un schéma régional des formations sanitaires et sociales.

3 - Vers des territoires porteurs de développement, d’innovation, et de compétences. L’idée est de s’appuyer sur une gouvernance globale pour construire des actions concertées à l’échelle régionale et territoriale, et qui permette d’assurer la qualité de vie des étudiants, améliorer leur insertion professionnelle et les conditions de dynamisme et d’interconnexion de systèmes locaux de transfert. Ces 3 ambitions sont déclinées, ciaprès, en 12 objectifs, eux-mêmes déclinés en leviers puis actions.

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En prolongement de la concertation initiale et des décisions stratégiques qui en ont découlé, et pour assurer le suivi de la mise en œuvre et les ajustements au projet, il convient d’organiser une gouvernance de l’ESRI pérenne. Lors des différents ateliers, en particulier ceux consacrés au

volet « aménagement du territoire », la plupart des acteurs présents a exprimé le souhait d’être associé à la concertation qu’appelle le pilotage de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. La proposition d’une gouvernance à deux niveaux, l’un régional, l’autre territorial, a été reçue très favorablement par les collectivités locales. Ce point est détaillé dans l’ambition 3.


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fs ti c je b o s e d lé il ta é d u n te n Co et des leviers d’action > 4.1 - Ambition 1 : Vers une Université d’Aquitaine attractive et rayonnante au niveau international

L’Union Européenne s’est dotée d’une nouvelle stratégie, « Europe 2020  », dont une des trois priorités est « une croissance intelligente pour le développement d’une économie fondée sur la connaissance et l’innovation  : l’investissement dans la recherche et l’innovation constitue en effet la meilleure réponse possible de long terme à la crise actuelle ». Le Conseil régional d’Aquitaine investit massivement depuis plus de 10 ans dans la recherche et l’innovation  ; le budget qu’il y consacre est en constante augmentation. Ces investissements ont contribué largement à la qualité de la recherche en Aquitaine, comme en témoignent l’évaluation des équipes de recherche et l’obtention d’une Idex par l’Université de Bordeaux. Cette forte dynamique de l’enseignement supérieur sur le site bordelais est le fruit d’une démarche progressive et collective, répondant à la fois à une ambition et à une cohérence, au regard des com-

pétences et du potentiel de développement à court et moyen termes à l’échelle locale et régionale. La volonté du Conseil régional est de créer, à l’échelle de la Région, un niveau de gouvernance qui pourra prendre la forme d’une évolution de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de Bordeaux vers une Université d’Aquitaine. Le chantier de construction de l’Université d’Aquitaine est actuellement lancé, en total accord avec les acteurs palois et bordelais. Dans ce contexte, et selon cette stratégie, les objectifs sont de favoriser la réussite pour tous, dans toutes les formations et tout au long de la vie, d’accompagner le développement et la structuration des domaines scientifiques, de renforcer l’internationalisation de l’ESR et créer un espace transfrontalier dans le cadre de l’Eurorégion, et de renforcer les liens sciences et société.

4.1.1- Objectif 1 : favoriser la réussite pour toutes les formations et tout au long de la vie Selon l’OCDE, la réussite est basée sur les possibilités d’atteindre une vie professionnelle, source de revenus et d’épanouissement personnel, de vivre en sécurité et en bonne santé, de participer à la vie démocratique, ou d’entretenir des relations sociales. Pour la période de la vie de chaque individu dans l’enseignement supérieur (en formation initiale ou en formation continue) la question que doit

traiter la société est celle du parcours individuel. Au-delà du parcours individuel de l’étudiant, les pratiques dans l’enseignement supérieur évoluent. Les outils numériques évoluent ; ils génèrent des changements de supports, de lieux de travail (accès aux ressources documentaires en ligne) et de méthodes de travail avec, par exemple, la Formation à Distance

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(FAD). De plus, l’offre de formation doit être lisible par des publics différents ; des non francophones et des francophones, des professionnels en formation continue et des étudiants en formation initiale, etc. La formation tout au long de la vie (aller à l’université pour se former, et revernir à l’université pour continuer à se former), c’est aussi une source de revenu pour celui qui la suit, et une « source de promotion sociale ». A ce titre, les formations sanitaires et sociales sont, par définition et dans leur structuration, des formations professionnelles et la réforme du LMD amène

en particulier l’évolution des diplômes universitaires accessibles aux infirmières. La Région Aquitaine porte également un schéma régional des formations sanitaires et sociales, et favorisera l’environnement pour la mise en place d’une discipline « soins infirmiers ». Les besoins récurrents d’ingénieurs en Aquitaine, comme en France, ne sont pas comblés. De plus, l’échec en 1er cycle universitaire concerne 41 % des étudiants (plus de 2 étudiants sur 5 s’inscrivent et n’obtiennent rien, on les appelle les « Bac + rien  »(2), avec toutefois des différences importantes selon les disciplines.

Levier 1 - Lutter contre l’échec en 1er cycle universitaire

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Les données recueillies sur les parcours étudiants en Aquitaine montrent que le choix d’une formation résulte d’une combinaison complexe de critères plus ou moins bien appréhendés et pondérés par les futurs étudiants et leurs familles : durée des études, type de cursus, débouchés économiques, proximité, coût, risque d’échec… L’effet potentiellement destructeur d’un « passage raté dans le système de l’enseignement supérieur » est avéré ; 18% des étudiants sortants sans diplôme de l’enseignement supérieur sont au chômage 3 ans après la sortie, alors que « seulement » 13% des sortants directement du bac sont au chômage 3 ans après leur sortie. Au travers des parcours individuels, on peut identifier un ensemble de causes d’échec auquel la collectivité régionale peut contribuer à remédier. La mauvaise orientation est liée à une décision qui repose souvent sur une représentation imaginée de telle ou telle discipline, mais ne fait pas mystère de sa finalité d’ « insertion sociale et professionnelle ». Le décrochage, le plus souvent progressif, s’inscrit dans un processus. L’étudiant évalue en permanence sa situation et révise les choix qu’il a faits lors de l’orientation initiale. Cette remise en question est révélée lorsque les premières notes sont insuffisantes et que l’inscription s’est faite pour ainsi dire par défaut (lors des inscriptions post-bac, plus de la moitié des premiers choix portent sur des formations avec une sélection initiale à l’entrée). Contrairement à sa scolarité en lycée, l’étudiant éprouve des difficultés à identifier le travail à faire, il applique des « méthodes inadéquates ». Autrement dit, si les étudiants ne s’adaptent pas aux attentes de leurs nouveaux enseignements, ils sont candidats à l’échec. L’enseignement supérieur représente parfois pour l’étudiant un univers centré sur lui-même. C’est, de fait, la réaction personnelle face à l’échec – re-motivation ou démotivation – qui cristallisera la catégorisation de ceux qui auront tendance à poursuivre et de ceux qui seront portés à décrocher. (2) N  athalie BEAUPERE, Lucile CHALUMEAU, Nicolas GURY, Cédric HUGREE, L’abandon des études supérieures, la documentation Française, Paris, 2007, 162 pages et Grégory Danel, L’étudiant, Université : pourquoi tant d’échecs ?


ACTIONS • Accompagner les initiatives pédagogiques innovantes répondant à la question du suivi et de l’accompagnement individuel. • Aider à la mise en place de lieux d’accueil permanent permettant de résoudre les causes externes de la démotivation. • Améliorer la qualité de l’information diffusée auprès des lycéens. • Prendre en compte la nécessité d’aménagement de lieux d’études et de vie sociale dans les programmes de logement des jeunes aidés par la Région. • Soutenir les actions d’échanges entre les enseignants et les acteurs du monde socio-économique au-delà de la question de la professionnalisation des formations. • Susciter et pérenniser des rencontres entre enseignants du secondaire et de l’enseignement supérieur, en partenariat avec le Rectorat de l’académie de Bordeaux.

Levier 2 - Augmenter le nombre d’ingénieurs formés Parmi les pays développés, la France fait exception par le fort attrait qu’y exercent les formations d’ingénieurs. à l’instar d’autres pays, ses formations scientifiques connaissent une désaffection, à l’exception précisément des formations d’ingénieurs. Le terme d’« ingénieur  » bénéficie en effet en France d’une singulière aura, à laquelle l’Aquitaine n’échappe pas. Ce titre d’ingénieur a un rôle moteur, indéniable, dans le développement social et économique de la Région ; la répartition géographique des pôles producteurs d’ingénieurs est corrélée à celle des échanges entre laboratoires et entreprises sur la longue période de 1981 à 2004 telle qu’elle apparaît à travers le révélateur du recours au dispositif des thèses CIFRE(3). L’effectif des élèves ingénieurs en formation dans la Région –  en écoles ou à l’université – a augmenté de 6 % entre 2009-2010 et 20102011, contre 3% en France(4). Pour doubler cet effectif, en partant de 3000 élèves, au cours des dix prochaines années et atteindre les 6000 ingénieurs en formation, l’effort engagé doit être poursuivi. Cela suppose que quatre voies soient développées conjointement : une augmentation des effectifs des écoles déjà implantées en Aquitaine, l’implantation d’antennes d’écoles extérieures à l’Aquitaine telle une école généraliste d’envergure nationale (par exemple, en septembre 2012 l’antenne de l’Institut d’Optique Graduate School a accueilli ses premiers élèves), la création de nouvelles structures de formation, et la formation continue en réponse à des besoins dans les territoires (schéma type : promotion sociale du technicien supérieur devenant ingénieur). (3) Rachel Lévy et Raymond Woessner, revue Formation Emploi, n°97, janvier-mars 2007. (4) Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche 2007 à 2011.

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ACTIONS • Soutenir prioritairement les projets permettant l’augmentation d’effectifs des écoles d’ingénieurs implantées sur le territoire aquitain. • Inciter des écoles d’ingénieurs à s’implanter sur le territoire aquitain. • Soutenir les actions permettant la création de nouvelles formations d’ingénieurs. • Identifier les besoins en ingénieurs des TPE/PME et ETI dans les territoires aquitains. • Favoriser le développement de la formation continue de niveau ingénieur. • Soutenir une fédération de l’ensemble des écoles d’ingénieurs d’Aquitaine.

Levier 3 - S  outenir la formation et la validation des acquis de l’expérience dans l’enseignement supérieur

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La formation professionnelle est un outil de lutte contre l’exclusion en faveur de l’égalité sociale et de la performance économique. Elle agit sur l’une des causes du chômage puisqu’elle constitue un outil d’évolution de parcours. Pourtant, la formation tout au long de la vie constitue un champ d’action qui apparaît insuffisamment investi par les universités alors même que l’accès à l’enseignement supérieur constitue un véritable enjeu pour les adultes engagés dans la vie active (y compris ceux en recherche d’emploi) et que l’université est un lieu privilégié pour assurer les liens indispensables entre formation et recherche/innovation.

Par ailleurs, la formation continue et la validation des acquis de l’expérience (VAE) élargissent et approfondissent les interactions entre l’enseignement supérieur et la société ; si les actions entreprises localement pour l’insertion des jeunes non diplômés démontrent la validité d’une approche par compétences (attachées aux parcours individuels et finalement en déconnexion du diplôme), la formation professionnelle et la VAE enrichissent aussi, à l’évidence, l’enseignement supérieur d’une telle approche. Dès lors, l’organisation des enseignements à l’université devrait être adaptée à l’accueil


de tels publics (salariés, demandeurs d’emploi…) : les conditions matérielles des études, et en particulier l’organisation des calendriers, devraient être améliorées, y compris pour la question de l’emploi étudiant. Enfin, la motivation à se former est individuelle ; la formation continue ou la validation des acquis de l’expérience sont sources de revenu et de promotion sociale, permettant d’atteindre un degré supérieur de réussite individuelle.

ACTIONS • Soutenir les actions d’amélioration des calendriers universitaires en vue d’intégrer les publics en formation professionnelle et en validation des acquis de l’expérience. • Soutenir les initiatives d’échanges entre les enseignantschercheurs et les acteurs régionaux. • Associer les établissements d’enseignement supérieur à la préparation des objectifs communs de l’État et du Conseil régional, définis au sein du Contrat de plan régional de développement des formations professionnelles (CPRDFP). • Accompagner la construction et l’anticipation des développements à venir de la formation continue en Aquitaine, y compris à l’échelle des bassins d’emploi. • Favoriser la présence et la participation des établissements d’enseignement supérieur dans les instances collectives de relations, de coopération et d’échanges dans le domaine de la formation continue.

Levier 4 - Lutter contre les inégalités sociales Pour des raisons liées en particulier à la sécurisation de leurs parcours, certains jeunes (et leurs familles) s’engagent dans des filières de formation ayant vocation à permettre une insertion professionnelle rapide (BTS, DUT, licence professionnelle). Pour beaucoup, ils peuvent néanmoins envisager, une fois leur diplôme obtenu, une poursuite de leurs études. Parallèlement, la répartition de l’offre de formation sur le territoire régional conduit certains jeunes (et leurs familles) à privilégier une offre de filière courte à proximité plutôt que l’intégration directe dans une filière longue impliquant les conséquences, notamment financières, d’une décohabitation du foyer parental. L’opportunité d’un « choix par proximité géographique » apparaît donc comme le résultat d’une analyse de risques dans laquelle l’inégalité sociale constitue une variable déterminante. Chaque risque est accompagné d’un coût pour l’étudiant et sa famille. La sensibilité face à l’échec est démultipliée par la situation

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économique des familles, alors qu’il est reconnu que la réussite des étudiants implique un environnement de qualité et une offre de services répondant à la diversité des attentes et des besoins. Ce sont deux composantes dont la satisfaction est encore trop dépendante de la capacité financière. En particulier, le mois de septembre constitue le point noir du budget des étudiants : frais d’inscription, d’affiliation à une caisse de sécurité étudiante, mutuelle santé, abonnement aux transports en commun et matériel pédagogique se cumulent. Le coût élevé d’une rentrée universitaire conduit à proposer d’étendre le dispositif Clé Aquitaine (aide à la caution locative et au dépôt de garantie pour les jeunes) grâce à une aide destinée à couvrir tout ou partie des frais occasionnés par la rentrée universitaire, et donc au-delà du seul poste « logement ».

ACTIONS • Créer le Pack Rentrée étudiant : aide destinée à couvrir tout ou partie des frais d’une rentrée universitaire. • Proposer des familles d’accueil et un hébergement pour les parents venant en soutien de l’étudiant dans les « moments difficiles », sous conditions de ressources et d’éloignement en partenariat avec le CROUS.

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Levier 5 - Améliorer la lisibilité de l’offre de formation

Le décrochage d’un étudiant résulte le plus souvent d’une perte de vue de l’objectif initial ou d’une inscription dans une discipline sans rapport avec son projet personnel, qui n’est, la plupart du temps, pas défini). Or, la lisibilité de l’offre de formations s’applique à l’intégralité de la durée d’un parcours individuel, et, de surcroit, en continu.

L’étudiant est motivé à la fois par l’acquisition du savoir et par son insertion professionnelle, toutes deux « sanctionnées » par le même diplôme. Néanmoins, les actions entreprises localement pour l’insertion des jeunes – exemple du travail de l’AFIJ (Association pour Faciliter l’Insertion Professionnelle des jeunes diplômés), information, accueil, suivi et accompagnement individuel, sensibilisation à la création d’activité vers les étudiants – démontrent, comme cela a été noté plus haut, la validité d’une approche par compétences, attachées aux parcours individuels et, finalement, en déconnexion du diplôme (généralement absent dans ce cas de figure).


Mais la lisibilité de l’offre concerne, « en amont », les étudiants et, « en aval », les acteurs économiques. L’existence de « métiers en tension » (inventoriés chaque mois de juin par le Préfet de Région) démontre que l’enseignement supérieur, soit ne forme pas suffisamment de personnes qualifiées, soit n’a pas fait reconnaître par la société les compétences acquises par les étudiants (diplômés ou non). A contrario, les IUT, qui délivrent des diplômes dont les intitulés sont nationaux (DUT), les écoles d’ingénieurs, ainsi que les universités, qui délivrent des masters pro et licences pro, ont construit une relation reconnue par les acteurs économiques. L’indispensable amélioration de la lisibilité de l’offre de formation est indissociable de la cartographie des compétences disponibles pour les acteurs et les usagers de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ce travail est amorcé en lien avec l’Université Numérique d’Aquitaine (portail de formation porté par le PRES Université de Bordeaux http://www.univ-bordeaux.fr/Formation. html). Comme pour tout travail cartographique, la toponymie revêt toute son importance, de nombreuses ambiguïtés ayant émergé des ateliers entre, par exemple, « filières académiques » (au sens d’ensembles de disciplines enseignées ou de cursus) et « filières économiques » (au sens de chaînes d’activités industrielles). Les notions de « formation », « diplôme », « compétence », « qualification » ainsi que leurs interrelations doivent être soigneusement définies.

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ACTIONS • Établir, en concertation, une cartographie des formations offertes sur le territoire aquitain, jusqu’au niveau du bassin d’emploi, en se basant sur l’expérience acquise par le moteur de recherche relatif à la formation professionnelle continue d’Aquitaine Cap Métiers http://www.aquitaine-cap-metiers.fr/ web/guest. • Établir, de façon similaire, une cartographie des compétences disponibles en matière de recherche pour faire émerger de possibles collaborations entre l’université et les acteurs économiques. • Participer à une intégration de ces représentations cartographiques dans un modèle national ou interrégional. • Inciter et participer à l’effort de rationalisation et de simplification des diplômes délivrés. • Soutenir les actions de communication, d’évaluation de l’enseignement et de transparence des établissements pour améliorer la capacité d’orientation choisie et la reconnaissance par les acteurs économiques.


Levier 6 - A  ccompagner le développement de l’offre numérique de ressources et de services et favoriser l’innovation pédagogique

Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) sont au service du développement de l’offre numérique. Les ressources numériques se développent en Aquitaine sur l’ensemble des sites d’enseignement supérieur depuis une dizaine d’années. La Région Aquitaine continuera dans cette direction en soutenant, par exemple, l’axe 1 du schéma directeur numérique aquitain, Université Numérique d’Aquitaine, qui porte sur le développement de l’usage des ressources et des dispositifs numériques en vue d’améliorer la qualité de la pédagogie universitaire. La Région soutiendra en priorité le service de la formation à distance, et entend développer la mise en ligne du savoir afin de rendre la recherche et les enseignements aquitains accessibles en ligne.

La « formation en ligne » ou « e-learning » est l’« utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant, d’une part, l’accès à des ressources et à des services et, d’autre part, les échanges et la collaboration à distance », selon la définition retenue par l’Union européenne. Elle se réfère à plusieurs notions connexes : virtuel, numérique, distance, temps, mobilité, modularité, tutorat, travail collaboratif....

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Au début des années 90, le fossé des inégalités entre classes ou groupes sociaux tend à se creuser avec les TIC. Le taux d’équipement numérique et le nombre d’internautes a ensuite évolué à la hausse, plus tardivement pour les classes défavorisées(5). La Région Aquitaine entend participer activement à ces évolutions. Elle sera attentive aux développements de la formation à distance, qu’elle accompagnera pour lui permettre de réduire les inégalités sociales. Pour les enseignants, les chercheurs et les personnels associés, la mutation en cours du système modifie les conditions d’exercice de leurs activités professionnelles au quotidien ainsi que les modalités et les perspectives de déroulement de carrière.

ACTIONS • Accompagner le développement de l’offre de systèmes pédagogiques numériques pour la formation à distance. • Soutenir les enseignants chercheurs qui conçoivent et animent des cours en formation à distance. • Accompagner la numérisation de la documentation scientifique. • Soutenir la mutualisation des patrimoines numériques matériel et immatériel, via l’accès wifi sur les campus et l’Environnement Numérique de Travail (ENT). (5) Nadège Soubiale, Portrait des non-internautes aquitains en 2009, Aquitaine AnalyTIC mai 2009 n°6


4.1.2- Objectif 2 : Accompagner le développement et la structuration des domaines scientifiques Le développement et la structuration de la recherche doivent être au service tant de l’excellence que de la capacité de transfert vers les innovations. Ils peuvent être limités par une insuffisante taille critique, le manque d’infrastructures adaptées, l’isolement scientifique des équipes par rapport aux milieux économiques et sociaux et la faiblesse des échanges interdisciplinaires. Depuis 1998, la Région a fortement contribué à ouvrir les champs disciplinaires en aidant à décloisonner la recherche, et en organisant son intervention autour de pôles d’intérêt thématiques structurés : matériaux, neurosciences, vigne et vin, laser, environnement littoral, archéologie, etc. Cet effort a permis l’émergence ou la consolidation de véritables pôles d’excellence scientifique, par effet d’entraînement et de levier avec l’action nationale et européenne et bien sur celle des établissements et organismes. Sur la base de ces développements, la Région, en partenariat avec les acteurs universitaires aquitains, souhaite encore plus qu’auparavant accompagner les projets ayant un fort potentiel d’impact économique, social, et environnemental. L’objectif

est donc d’organiser un système de soutien à la recherche qui valorise des domaines en lien avec le territoire régional, ainsi que des champs choisis pour leur capacité à diffuser l’innovation. Ainsi, au-delà de la consolidation des pôles scientifiques existants, socle du potentiel de recherche actuel, le développement et la structuration des domaines scientifiques seront orientés vers 3 séries de priorités : • une plus forte attention portée aux priorités régionales générales, notamment l’environnement et l’énergie, les secteurs du développement économique et social, etc. • le soutien à des champs de recherche spécifiques choisis notamment pour leur caractère diffusant auprès des filières déjà structurées et plus généralement du champ social, économique et environnemental  : les matériaux, les technologies laser, les TIC, le secteur de la santé, et un appui particulier aux sciences humaines et sociales. • l’émergence de champs de recherche novateurs, dont on espère qu’ils renforceront le développement social et économique futur.

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Levier 7 - R  essourcement des grandes politiques régionales En matière de recherche, la politique régionale a notamment fondé son intervention sur une logique de filières et de projets, avec la volonté que chaque grand secteur économique aquitain bénéficie en amont d’une recherche d’excellence. L’objectif est d’inciter les chercheurs à s’unir autour de « grands projets » communs et à mutualiser leurs moyens selon une démarche interdisciplinaire, en tenant compte des préoccupations des entreprises et dans le but de développer la compétitivité des acteurs économiques. Ainsi se sont développés les grands domaines de recherche, autour, notamment, des neurosciences (neurocampus), des matériaux (nanomatériaux, composites, plateforme CANOE, bois), de la vigne et du vin (Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l’Université de Bordeaux, ISVV), de l’environnement (IPREM, Institut Pluridisciplinaire de Recherche sur l’Environnement et sur les Matériaux), littoral (Réseau de Recherche Littoral Aquitain, RRLA, Pôle océanographique aquitain à Arcachon), du Laser (PETawatt Aquitaine Laser, PETAL), etc. La mise en œuvre de la politique régionale doit être animée par un certain nombre d’outils favorisant la détection de sujets stratégiques et le lancement de véritables commandes vers le monde scientifique et l’enseignement supérieur.

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Dans une logique de cartographie des besoins, il est nécessaire de réaliser des diagnostics des équipements existants en s’appuyant sur une expertise externe et le pilotage d’une instance composée de personnalités qualifiées (de type comité consultatif régional). Ces états des lieux devront conduire à identifier des besoins en équipements complémentaires et structurants, et des priorités à afficher dans les prochains Contrats de projets État-Région et les Programmes opérationnels du FEDER. Il s’agira, également, de continuer à soutenir les filières avec des projets labellisés par les pôles de compétitivité et clusters régionaux, tels Route des Laser, Aéronautique Spatial Défense, Xylofutur, Avenia, et à participer aussi à l’émergence de feuilles de route stratégiques pour les filières en cours de structuration (par exemple : santé et croissance verte). La Région continuera également à soutenir les programmes de recherche directement en lien avec les grands défis de notre société : le Défi Aquitaine Climat, avec les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les transports durables, la qualité des milieux naturels, l’accès et la qualité des ressources en eau, le tourisme. L’Aquitaine, région forestière et agricole avec ses labels et IGP, où l’agriculture est performante et écologiquement responsable, est la première région française à développer un modèle régional de Groupe


d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dont l’objet est de déterminer l’impact du changement climatique et l’adaptation du milieu et des hommes à l’horizon 2030-2050 en Aquitaine. Enfin, la région continuera à aller dans le sens d’une structuration et du rayonnement des domaines d’excellence régionale en soutenant les technologies diffusantes (associées aux centres technologiques existants ou à venir), afin de créer des effets de levier sur un maximum de secteurs régionaux, comme par exemple l’optique/laser, les STIC, les matériaux intelligents, et l’imagerie. L’action régionale doit poursuivre ses efforts en ce sens par une consolidation des investissements réalisés et des programmes engagés. À ce titre, il importera de renforcer le maillage déjà mis en œuvre sur le territoire autour des plateformes mutualisées et des équipements de recherche structurants mis en place avec le soutien de la Région.

ACTIONS • Diagnostic des équipements existants (notamment des plateformes mutualisées) en s’appuyant sur une expertise externe et sur un pilotage éclairé par une instance composée de personnalités qualifiées. • Ateliers de réflexion prospective : ils seront composés d’acteurs socio-économiques qualifiés et concernés par les enjeux de recherche et d’enseignement relatifs à leurs filières, leurs marchés, leurs activités. Ces ateliers contribueront à définir les thématiques des appels à projets du Conseil régional en matière de recherche, d’enseignement supérieur et de transfert de technologie. • Appels à manifestations d’intérêt (AMI) : ils seront lancés auprès des acteurs aquitains (laboratoires, centres techniques, entreprises, aménageurs, collectivités…), et permettront d’identifier des questions des recherches spécifiques et stratégiques pour la Région. • Continuer à soutenir l’action envers les équipes scientifiques travaillant dans le cadre des pôles de compétitivité et des clusters, au travers d’équipements et d’allocations de thèses. • Mise en place des appels à projets et des évaluations propres aux domaines prioritaires.

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Levier 8 - S  outenir les domaines des LSHS et leur structuration

Les Lettres ainsi que les Sciences Humaines et Sociales bénéficient d’un avantage comparatif avec un potentiel de futurs doctorants et de chercheurs important : les étudiants de ces domaines représentent en effet 60 % des effectifs étudiants aquitains, les chercheurs et enseignants chercheurs représentant quant à eux 40 % des effectifs(6). D’une part, la Région voit une exhaustivité des disciplines LSHS qui se traduit par un éparpillement sur l’ensemble du territoire. D’autre part, quelques domaines d’expertise existent en Aquitaine, reconnus au plan européen et international, tels l’archéologie, les études sur l’Union européenne, l’économie industrielle, les systèmes locaux d’innovation et leur valorisation, ou les études sur l’Afrique.

Ces pôles d’expertise et leurs résultats de recherche jouent un rôle effectif pour le territoire : les recherches en archéologie valorisent le patrimoine aquitain (grottes ornées), les recherches en économie aident à la compréhension du phénomènes des délocalisations, en langue également avec la connaissance de l’origine du peuple et de la langue basque, ou encore l’évaluation des politiques publiques (Science Po Bordeaux).

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Les SHS contribuent également à la compréhension globale de l’environnement et des mécanismes propices aux innovations avec le développement d’outils stratégiques en marketing, propriété intellectuelle / industrielle, communication, de conseils juridiques etc. Les Lettres et SHS, en partenariat avec les sciences technologiques, contribuent pour leur part à l’émergence de l’économie créative.

ACTIONS • Veiller à une structuration des recherches en pôles de compétences à l’échelle de l’ensemble du territoire en valorisant les complémentarités des équipes du sud et du nord de l’Aquitaine. • Soutenir l’engagement des équipes dans des domaines émergents. • Proposer une incitation forte aux projets pluridisciplinaires, internes ou externes aux LSHS, sous la forme de bonus dans l’évaluation des propositions de projets. • Inciter les équipes à développer des projets de recherche dans des directions jugées stratégiques pour la Région en développant la co-construction autour de notions clés et générales. • Inciter les équipes en LSHS à internationaliser leurs recherches, en aidant, pour certaines équipes, à établir des partenariats internationaux formalisés, et à la traduction en anglais des productions littéraires et scientifiques. • Mettre en place une stratégie de commande publique adaptées aux politiques du Conseil régional. (6) Présentation régionale de la recherche et rapports d’activité des DRRT, MESR, juin 2008


Levier 9 - Soutenir les domaines scientifiques émergents

L’enjeu du territoire aquitain, dans un contexte de concurrence accrue entre pôles scientifiques, est également de favoriser l’émergence de connaissances ou de technologies nouvelles, conduisant à terme à des innovations de rupture et au foisonnement d’activités innovantes. L’émergence se caractérise en effet par des sujets de recherche inédits ou de nouvelles collaborations entre disciplines aboutissant à des résultats scientifiques innovants, permettant ensuite des avancées scientifiques et des innovations. Par définition, l’émergence comporte un risque vis-à-vis des résultats attendus : celui de n’aboutir à aucun résultat. Il s’agit donc d’un pari audacieux, mais dont les retombées, lorsqu’elles existent, possèdent un très fort potentiel d’innovation. Par définition, l’émergence concerne toutes les disciplines scientifiques  ; il s’agit donc de n’exclure aucune collaboration, ni entre disciplines, ni avec des partenaires socio-économiques. Le soutien à l’émergence doit venir compenser les nombreuses difficultés liées à la nouveauté des sujets concernés : rares collaborations académiques, acteurs socio-économiques peu concernés, outils et équipements à construire, équipes à constituer…

Ce défi pour la Région Aquitaine nécessite notamment d’offrir aux organismes de recherche et universités d’Aquitaine la possibilité de renforcer leur offre dans des domaines pour lesquels les communautés ne sont pas structurées ni suffisamment équipées. Un tel outil, qui constitue un accompagnement particulièrement attractif pour les équipes concernées, est actuellement mobilisé en direction de certaines filières d’excellence et porte sur un accompagnement de 2 ou 3 ans, permettant aux chercheurs de démarrer leurs travaux de recherche rapidement et dans de bonnes conditions. Il s’appuie sur une nécessaire collaboration, dans sa mise en œuvre, avec les établissements d’enseignement supérieur et de recherche aquitains, les EPST (Établissements Publics à caractère Scientifique et Technologique) et les EPIC (établissements Public à Caractère Industriel et Commercial). Ce type d’aide peut être envisagé dans un premier temps dans un continuum qui irait de la recherche fondamentale ou recherche de rupture vers une application scientifique ou technologique plus ciblée et identifiée. Si les résultats sont probants, la recherche peut être poursuivie dans un autre cadre, avec une durée et des moyens plus importants, notamment par la mise en place de chaires d’excellence afin d’attirer de fortes compétences dans ces domaines.

ACTIONS • Proposer un appel à projet « émergence », favorisant des projets de faible envergure (taille d’équipe et budget), qui amorcent des collaborations inédites sur des sujets originaux. • Mettre en place des chaires d’excellence spécifique aux domaines issus de l’appel à projet « émergence » et qui auront fait l’objet d’une évaluation positive.

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4.1.3- Objectif 3 : Renforcer l’internationalisation de l’ESR et créer un espace transfrontalier dans le cadre de l’Eurorégion De par sa situation frontalière, son étendue littorale et son attractivité, l’Aquitaine est naturellement ouverte sur l’Europe et le monde. Les relations avec d’autres régions constituent autant de facteurs d’enrichissement mutuel, de partage et d’échanges dont chacun sort avec des solutions nouvelles pour développer son territoire.

Afin d’améliorer l’image et la position de la Région à l’international et en Europe, il conviendra, d’une part, de renforcer l’accompagnement de l’accueil des chercheurs étrangers et la mobilité des chercheurs aquitains et, d’autre part, d’accompagner l’accueil des étudiants étrangers et la mobilité des étudiants aquitains.

Levier 10 - Renforcer l’accompagnement de l’accueil et la mobilité des étudiants et des chercheurs

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de mieux accompagner l’accueil des chercheurs étrangers, l’Aqui Afin taine a, d’une part, créé un dispositif spécifique, sous la forme de Chaires d’Accueil, qu’il conviendra, au vu d’un bilan particulièrement positif, de poursuivre, d’améliorer et de compléter pour créer des conditions de réussite optimales. Il existe depuis 2009 et a permis d’attirer une douzaine de chercheurs étrangers et français qui ont renforcé les équipes de recherche grâce à leurs compétences fortes et à leurs réseaux internationaux. Fruit d’une collaboration étroite entre les institutions d’enseignement supérieur et de recherche et le Conseil Régional, ce dispositif bénéficie d’une reconnaissance unanime. Il s’agit d’attirer des talents avec beaucoup de souplesse et de réactivité ; cependant, une des préoccupations communes à l’ensemble des chercheurs reçus réside dans leurs conditions matérielles d’accueil, aussi bien pour eux-mêmes que pour leur famille. D’autre part, l’Aquitaine développe, depuis près de 10 ans, un partenariat particulier avec la commission franco-américaine d’échanges universitaires et culturels, afin de favoriser les échanges de chercheurs de haut niveau entre l’Aquitaine et les Etats-Unis, à travers le programme Fulbright qui a déjà bénéficié à près d’une quarantaine de chercheurs, en lien avec les thèmes régionaux prioritaires, tels que les sciences de la santé, les sciences de l’environnement, la chimie des matériaux ou chimie analytique, l’optique / lasers… La Région met également en priorité l’accompagnement de l’accueil des étudiants étrangers. L’amélioration de cet accueil passe par les mêmes actions que celles prévues pour celui des étudiants français. Cependant, il peut être utile de prévoir une action spécifique pour les étudiants étrangers, notamment pour faciliter leurs démarches administratives d’installation en France. Consciente du triple enjeu éducatif, économique et social de la mobilité, la Région Aquitaine développe également, depuis 2007, un dispositif, Aquitaine Cap Mobilité, auprès des étudiants afin qu’ils puissent vivre une expérience significative à l’étranger. Cette stratégie s’attache à promouvoir la réussite pour tous dans une volonté affirmée de lever toutes les barrières sociales. C’est pourquoi les étudiants issus de familles à revenus modestes sont prioritaires. La Région Aquitaine sou-


haite en effet donner aux jeunes aquitains les meilleurs atouts pour une insertion professionnelle gagnante et un épanouissement personnel réussi. Pour ce dispositif, un portail Internet (AQUItaine MOBilité : www.aquimob.fr) a été développé par l’Université de Bordeaux, en partenariat avec le Conseil régional d’Aquitaine, qui centralise toutes les demandes d’aides, qu’elles soient régionales, nationales ou européennes, à la mobilité internationale. La Région Aquitaine a permis à près de 6 500 étudiants de concrétiser leur projet d’échange académique ou de stage à l’étranger. Le succès de ce dispositif est principalement dû aux partenariats forts que la Région Aquitaine a su d’abord créer avec l’Université de Bordeaux, gestionnaire du dispositif, ensuite avec l’UPPA et enfin avec l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur adhérant à AQUIMOB.

ACTIONS • Mettre en place un appel d’offres pour les chaires d’accueil. • Créer un programme expérimental, favorisant l’accueil pour des séjours de moyenne durée (6 à 12 mois) de chercheurs étrangers, en coopération avec la future Université d’Aquitaine et ses composantes, et les organismes de recherche. • Créer un Bureau d’accueil régional, en s’appuyant sur le centre de mobilité de l’Université de Bordeaux (affilié au réseau EURAXESS), étendu à l’Aquitaine, et ayant pour mission l’aide à la préparation, au départ et à l’installation, avec des missions d’assistance personnalisée et d’orientation vers les organismes concernés. • Développer les partenariats entre la future Université d’Aquitaine, ses membres, et l’ensemble des structures concernées : conseils généraux, caisses d’allocations familiales, mairies et établissements publics de coopération intercommunale, services déconcentrés de l’État concernés, associations étudiantes. •P  oursuivre le partenariat avec la Commission francoaméricaine d’échanges universitaires et culturels, à travers le programme Fulbright. • Participer à la mise en place d’une politique d’accueil des étudiants étrangers, avec le CROUS et les établissements universitaires, en structurant le tutorat étudiant, notamment par l’accompagnement des démarches administratives d’installation en France. • Soutenir la politique de promotion à l’international, par exemple par l’accompagnement des universités d’été. • Poursuivre la politique d’aide à la mobilité sortante des étudiants, à travers le dispositif AQUIMOB, en améliorant la communication régionale.

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Levier 11 - Encourager l’internationalisation de la recherche et de l’enseignement supérieur, et communiquer en la matière Au-delà des actions d’accueil et de mobilité, tant des chercheurs que des étudiants, le Conseil régional d’Aquitaine accompagnera la stratégie d’internationalisation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Les partenariats stratégiques déjà établis devront être renforcés, avec un focus particulier sur les zones francophones, telles le Québec et les pays de l’Afrique francophone. Pour ce qui concerne le Québec, il sera intéressant de conforter le rapprochement entre l’Université de Bordeaux, l’Université Laval et l’INRS (Institut National de la Recherche Scientifique) pour mettre en œuvre des projets liés au monde socio-économique, en particulier dans les domaines de la nutrition / santé, bois / forêt, laser, de la gestion de l’eau, de la télémédecine ou des sciences humaines et sociales. Dans ce contexte, la formation à distance représente un enjeu considérable. L’expérience en la matière de l’Université Laval pourra utilement être transférée à l’Université d’Aquitaine, encore aujourd’hui comparativement peu avancée. Ce point a été plus largement développé au 4.1.1 - Accompagner le développement de l’offre numérique de ressources et de services et favoriser l’innovation pédagogique.

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Au delà de ces dispositifs, l’Aquitaine doit pouvoir mieux communiquer sur ses domaines d’excellence et ses savoir-faire. Cela passe tout d’abord par une meilleure insertion dans les réseaux internationaux et européens, avec la double préoccupation d’attractivité et de rayonnement. De même, l’Aquitaine gagnera à renforcer sa participation à l’élaboration des politiques européennes, notamment, à la veille de l’adoption des nouveaux programmes de recherche (Horizon 2020) en développant une action de lobbying, à travers les réseaux existants. Dans cette perspective, afin de multiplier les sources de financement, il apparaît nécessaire de mobiliser au mieux les crédits européens. En particulier, il faudra mieux sensibiliser les équipes de recherche d’Aquitaine sur le montage de projets européens et les accompagner dans ces démarches.


ACTIONS • Soutenir le développement de cursus bilingues et de doubles diplômes en lien avec les acteurs partenaires, et en particulier avec ceux de l’espace transfrontalier. • Encourager des partenariats stratégiques des universités aquitaines avec les universités étrangères, en maintenant notamment des liens privilégiés avec les partenaires francophones actuels (Québec, Afrique). • Promouvoir les actions coordonnées avec les régions partenaires, au premier rang desquelles les régions transfrontalières, dont l’Euro-région. • Intégrer le réseau ERRIN, European Regions Research and Innovation Network, qui regroupe 90 régions de l’UE et promeut la recherche et l’innovation en Europe. Il pourra utilement alimenter l’Aquitaine dans les bonnes pratiques mises en œuvre par d’autres régions européennes et servir de vitrine de communication dans les domaines d’excellence régionale.

Levier 12 - Soutenir la construction d’un campus Eurorégional En matière d’enseignement supérieur, l’Aquitaine et l’Euskadi ont, avec la Navarre, fortement stimulé la création du réseau Aquitaine / Euskadi / Navarre (AEN), qui rassemble les universités des régions concernées. Ce réseau constitue aujourd’hui un espace transfrontalier de l’enseignement supérieur et de la recherche et a contribué à mettre en place notamment des doubles diplômes. La coopération prend plusieurs forme : de nombreux doubles diplômes existent actuellement, notamment grâce au réseau AEN, par exemple le Master en commerce international (UPPA et Université publique du Pays Basque), et le Master Marine Environment and Resources (MER) labellisé Erasmus Mundus en 2012 (Université Bordeaux I, Université publique du Pays Basque, Université de Liège et Université de Southampton – UK), également le développement de co-diplômes (exemple de la plasturgie ou des mathématiques entre l’UPPA et l’Université de Zaragoza), et puis des mobilités « académiques », notamment pour les personnels enseignants (exemple de la coopération de l’ESTIA avec l’Université de Mondragon). L’enjeu du renforcement du réseau AEN se focalise sur l’appui à la mobilité de tous les intervenants (étudiants, enseignants-chercheurs, ingénieurs et administratifs), le développement de formations conjointes, l’échange de bonnes pratiques et de connaissances autour d’ateliers, l’aide au montage de projets communs. Par ailleurs, la construction d’une Euro-Université, dans le cadre de l’Eurorégion, constitue un axe prioritaire du projet de la future Université d’Aquitaine et de ses

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composantes. Cette construction reposera sur les partenariats fonctionnels à ce jour entre l’Université du Pays Basque et plusieurs membres aquitains : UPPA, Université de Bordeaux, ESTIA, etc. La démarche actuellement amorcée pourrait être reprise et élargie à la Navarre en lien avec le renforcement du réseau AEN et étendue vers l’Aragon. La construction d’un campus transfrontalier doit également passer par la mise en place d’un campus numérique : partage d’Espaces Numériques de Travail (ENT), offre conjointe de cours à distance, etc. L’Université Numérique d’Aquitaine est l’une des universités numériques en Région. Elle est le fruit de la coopération des 5 universités d’Aquitaine et d’autres établissements de l’enseignement supérieur tels l’IEP de Bordeaux, l’IPB et Bordeaux Sciences Agro. La mise en place de formations co-diplômantes n’en serait alors que facilitée. En matière de recherche, l’Aquitaine et l’Euskadi peuvent notamment s’appuyer sur l’accord entre les deux campus d’excellence  : Euskampus (porté par l’Université du Pays Basque UPV/EHU) et IdEx Bordeaux (porté par l’Université de Bordeaux). Il y a une volonté forte de la plupart des chercheurs des deux entités pour s’engager dans une collaboration structurée. Certaines collaborations ont déjà été amorcées, en particulier dans les domaines de l’éco-conception, des procédés de fabrication durables et de la durabilité des écoproduits. Un des enjeux sera notamment d’associer l’ensemble des établissements de recherche et d’enseignement des trois régions Aquitaine, Euskadi, Navarre à cette dynamique et d’ouvrir la coopération à de nouveaux champs.

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De la même manière, l’UPPA, qui est présente au sein de 4 pôles de compétitivité nationaux ou mondiaux, participe à des consortiums européens ainsi qu’à de nombreux programmes ANR. Elle s’implique particulièrement dans le développement de collaborations avec les établissements universitaires voisins espagnols, en particulier au sein de la Communauté de Travail des Pyrénées ainsi que l’accord entre l’UPPA, l’Université de Zaragoza et l’Université Publique de Navarre dans le cadre du campus d’excellence Campus Iberus. Pour garantir la réussite de la construction de l’espace économique transfrontalier, il est fondamental, pour la Région Aquitaine, de renforcer l’insertion professionnelle de tous les jeunes aquitains, en les accompagnants dans leur orientation puis dans leur passage à la vie active. C’est notamment en développant leur culture de l’innovation et les liens avec le tissu industriel régional et transfrontalier que ce pari peut être relevé.


ACTIONS • Faciliter la mobilité des personnels, étudiants, stagiaires par le renforcement du réseau AEN. • Augmenter le nombre de formations co-diplômantes et de cursus communs dans les secteurs de coopération prioritaire. • Augmenter le nombre de co-tutelles de thèses. • Organiser des rencontres (type Doctoriales et Doctoriales transfrontalières UPPA/Université du Pays Basque UPV-EHU, pour améliorer l’insertion professionnelle des doctorants) élargies aux universités des 3 régions Aquitaine, Euskadi et Navarre. • Aider à la mise en place d’outils numériques communs (offre de formation dont l’enseignement à distance, stages et emplois en ligne pour l’ensemble des étudiants des établissements membres…). • Favoriser la mise en place de programmes transfrontaliers pour l’entrepreneuriat.

Levier 13 - Participer au développement d’un espace transfrontalier de recherche et d’innovation

Le renforcement des liens économiques entre les régions Aquitaine, Euskadi et Navarre doit préalablement passer par un rapprochement des centres de recherche et des centres technologiques. Cela devra s’inscrire à moyen terme dans une coopération forte autour des clusters basques et des pôles de compétitivité et clusters aquitains, avec, notamment leur mise en réseau. Le renforcement de ces liens permettra ainsi de contribuer efficacement à la diversification de l’économie autour de nouveaux domaines d’activités et de technologies à fort potentiel de développement. L’Union européenne entend notamment favoriser ces coopérations au niveau transnational.

Concernant les axes de coopération stratégique, il s’agira de fixer des priorités communes et d’accompagner les échanges et les coopérations dans des secteurs clés en s’appuyant sur les collaborations existantes, dans le domaine de la vigne et du vin (ISVV et Institut NEIKER), dans celui de la santé et des sciences de la vie (suite de l’Interreg « Interbio »), dans le domaine de la chimie analytique (IPREM, Institut Pluridisciplinaire de Recherche sur l’Environnement et sur les Matériaux/UPPA – UPV, Université du Pays Basque), celui des matériaux (LCPO, Laboratoire de Chimie des polymères Organiques/Université Bordeaux I/CNRS – UPV), dans le domaine de l’environnement marin littoral (EPOC, Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux/ Université Bordeaux I/CNRS – UPV), pour contribuer à créer une masse critique et une lisibilité européenne. Des collaborations dans d’autres domaines, tels que la mécanique, la métallurgie, l’aéronautique, les drones, les éco-constructions et l’alimentation ainsi que les technologies liées aux sports de glisse, sans oublier les

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SHS, pourront être impulsées ou renforcées. Plus récemment, un programme de coopération a été acté entre l’IdEx Bordeaux et Euskampus avec, en particulier, 8 financements de thèses en cotutelle ; l’UPPA mène également de nombreuses actions de collaboration avec l’UPV (6 cotutelles de thèse pour cette année). Au-delà de l’Eurorégion, il conviendra de poursuivre la coopération au sein de l’ensemble de l’espace pyrénéen à travers la Communauté de Travail des Pyrénées (CTP) et notamment via son appel à projets Recherche. Ainsi, la CTP permet d’accompagner la coopération dans le domaine de la recherche à l’échelle du territoire transfrontalier. Depuis sa création, en 1996, ce sont plus de 200 projets qui ont été soutenus pour un montant proche de 10 millions d’euros au total. Son objectif est de faciliter le montage de projets à l’échelle européenne et la mise en œuvre d’actions intégrées science-technologies-entreprises. Cet appel à projets permet ainsi à différentes structures de traiter des sujets spécifiquement pyrénéens ou de travailler sur des problématiques communes à l’ensemble du territoire de la CTP.

ACTIONS • Favoriser les échanges entre centres technologiques transfrontaliers. • Mutualiser des infrastructures de recherche dans l’espace transfrontalier.

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• Soutenir la mise en place de réseaux de recherche transfrontaliers sur des thématiques fortes ou émergentes dans l’Eurorégion. • Développer la collaboration en matière de recherche notamment en augmentant le nombre de co-tutelles de thèses et en renforçant la participation commune à des appels à projets européens, au PCRD ou à des appels à manifestation d’intérêts européens tout en s’appuyant sur l’accord entre les deux campus d’excellence, Euskampus porté par l’Université du Pays Basque et l’Initiative d’Excellence (IdEx) portée par l’Université de Bordeaux. • Construire un plan interrégional à l’horizon 2020 en faveur des énergies renouvelables et de la sobriété énergétique : expérimenter les énergies marines et la biomasse, mettre en réseau les clusters solaire et éolien… • Développer la construction durable et l’efficacité énergétique : accompagner la dynamique créée autour du projet de l’Université de Bordeaux d’un Institut d’excellence sur les énergies décarbonnées (IEED) « INEF 4 » en partenariat avec l’UPPA, Tecnalia, Nobatek… • Accompagner les synergies existantes : entre l’INRA de Bordeaux et l’Institut NEIKER (Tecnalia), l’IEFC (Institut Européen de la Forêt Cultivée), « Regions of KnowledgeFORest » (ROK-FOR) qui rassemble les pôles régionaux d’excellence « Forêt » d’Aquitaine (Xylofutur) et d’Euskadi.


4.1.4- Objectif 4 : Renforcer les liens sciences et société La compréhension des enjeux sociétaux passe souvent par une meilleure appréhension des dynamiques de progrès et d’innovation. La qualité des liens entre sciences et société est un facteur de responsabilité citoyenne pour tous. La Région Aquitaine dispose d’un potentiel réel dans le domaine de la culture scientifique, avec en particulier deux Centres de Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CCSTI) disposant du Label national « Science et culture, innovation »  : Cap Sciences et Lacq Odyssée. La typologie des actions de diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle réalisées en Aquitaine est très variée et peut se décliner selon plusieurs critères : • l a nature même de l’action : événement, édition, numérique, itinérance… • le public cible de l’action : public scolaire, public familial, jeunes, parents, enseignants, public professionnel… • le territoire couvert par l’action : local, régional, extrarégional voire international. • les acteurs impliqués dans l’action : entreprises, universités, médias… • les métiers mobilisés pour la mise en œuvre de l’action : conception, animation, médiation, scénographie, numérique… • les fonctions attendues : informer et faire savoir, former, donner envie…

Chaque Aquitain est naturellement un public cible des multiples actions de culture scientifique et technique qui se déroulent chaque année sur le territoire régional, mais chacun est également un contributeur en puissance aux débats scientifiques et techniques concernant les choix de société et de modes de vie. Par ailleurs, il est clair que les carrières scientifiques et techniques n’apparaissent pas toujours auprès des jeunes (en particulier des filles, puisque seulement 1,5 % des filles se dirigent vers un cursus Sciences et Techniques de l’Industrie, STI, contre 12  % des garçons(7) comme aussi attractives que leurs atouts le justifient (débouchés, diversité,…). Une meilleure connaissance des sciences et techniques, d’une part, et des métiers et débouchés s’y rapportant, d’autre part, est un facteur important en termes d’orientation et d’employabilité. Enfin, la Région Aquitaine est riche d’un patrimoine tant culturel, qu’industriel et scientifique qu’il convient de faire connaître auprès des aquitains dans une logique de sensibilisation et de transmission de savoir-faire régionaux, de découverte des richesses régionales et, à plus grande échelle, dans une logique de valorisation touristique.

(7) Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, 2011

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Levier 14 - Améliorer le lien entre les enseignants, les chercheurs et la société Chaque citoyen aquitain devrait accès à divers dispositifs de la culture scientifique et technique répartis équitablement sur le territoire. Ces dispositifs permettent notamment aux citoyens de mieux appréhender les enjeux économiques et sociaux. Les collectivités territoriales et les acteurs économiques, éducatifs et culturels ont comme devoir informel d’éclairer par la connaissance le débat citoyen sur les enjeux liés aux relations « sciences et société ». Par ailleurs, la promotion de la culture et de la médiation scientifiques par les chercheurs et les jeunes chercheurs renforcerait le lien entre chercheurs et société. L’instance régionale pourrait favoriser la culture scientifique dans les projets de recherche qu’elle soutient, en introduisant dans ses dispositifs un critère portant sur la prise en compte de la dimension « diffusion de la culture scientifique et technique ». Cela aurait ainsi un effet incitatif auprès des laboratoires de recherche et des écoles doctorales.

ACTIONS 38

• Renforcer la mobilisation des citoyens sur les enjeux de société dans le prolongement du Forum Eureka organisé en région. • Favoriser le développement des partenariats institutionscitoyens dans le but de promouvoir des programmes de recherche partenariale entre les laboratoires de recherche et des citoyens organisés. • Renforcer les outils logistiques de diffusion (expositions itinérantes par exemple) dans les zones éloignées des structures de la CSTI. • Mobiliser de nouveaux lieux de rencontre avec les publics grâce à de nouveaux types de médiation numérique. • Constituer un fond d’information et de sensibilisation au service des enseignants, des étudiants, des chercheurs, des médiateurs scientifiques et techniques et des citoyens par la mise en ligne de publications et de ressources numériques, tel que le programme numérique InfoSciences Aquitaine réalisé par Cap Sciences (émissions radio, vidéos, magazines, portraits de chercheurs...). • Mobiliser la capacité des chercheurs à rencontrer des publics et à faire connaître et expliquer leurs fonctions sociales : une présentation vulgarisée des travaux de thèse à des élèves de lycées, ou bien des interventions dans le cadre d’évènements (Fête de la science, journées EUREKA…), par exemple en intégrant cela aux contrats doctoraux.


ACTIONS (suite) • Identifier puis structurer un réseau de correspondants CSTI au sein des établissements et des laboratoires de recherche s’appuyant sur des structures relais de mobilisation dans chacune des villes universitaires des départements de la région. • Mettre en place les conditions permettant de valoriser la CSTI dans les écoles doctorales : formation des doctorants à la médiation scientifique, reconnaissance du temps consacré à des actions de diffusion, etc. • Prévoir dans le cahier des charges des appels à projets liés à la recherche et à l’innovation de la Région Aquitaine une quote-part du type 1% pour la culture scientifique.

Levier 15 - Valoriser les sciences et les techniques auprès des jeunes L’Aquitaine est dotée de bassins d’emploi liés aux sciences et techniques offrant des perspectives d’emploi très diversifiées dont les jeunes n’ont pas totalement connaissance. Or, les cursus scientifiques et les métiers des sciences et techniques souffrent d’une carence d’image expliquant au moins en partie la désaffection des jeunes pour ces filières. Il existe d’une part une inquiétude vis-à-vis des cursus de formation perçus comme étant longs et risqués, qui s’accompagne d’une méconnaissance des métiers représentés dans les bassins d’emplois locaux et de leurs évolutions à venir et, d’autre part, un champ de représentation souvent faussées par une association systématique entre sciences « dures » et métiers de l’industrie. La désaffection des jeunes pour les carrières scientifiques est également liée en partie à un problème d’attractivité des filières techniques. La question de l’orientation dans l’enseignement secondaire et supérieur est cruciale. Il est donc nécessaire de favoriser l’intérêt des jeunes aquitains aux sciences et techniques, ce qui leur permettrait de mieux connaître les débouchés professionnels associés. Les adultes peuvent être également concernés, soit en tant que parents de jeunes aquitains, soit en tant que salarié en reconversion ou en évolution professionnelle. L’enjeu est donc de susciter chez les jeunes des vocations pour les métiers scientifiques et industriels en relation avec les filières régionales. à cet effet, les acteurs des différents échelons territoriaux concernés par la question de l’éducation et de l’insertion professionnelle (communes, départements et région), en fonction des spécificités des territoires (ruraux, industriels, urbains, etc.) pourraient se mobiliser afin d’harmoniser leurs actions respectives et d’optimiser le maillage du territoire aquitain. La déconnection entre l’offre de formation, son contenu et les besoins socio-économiques actuels est en partie la cause des difficultés d’insertion professionnelle des jeunes et de recrutement des entreprises sur certains profils. Afin de mieux déterminer les emplois de demain, il faudrait que soient mieux mis en adéquation à l’échelle d’un territoire les savoir-faire des diplômés et les besoins des acteurs socio-économiques.

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ACTIONS •C  apter l’intérêt d’un public jeune sur les métiers, les cursus et les débouchés en mobilisant des outils pédagogiques dans lesquels il se reconnaît (expériences pratiques, ludiques, participatives, outils numériques), et des supports de communication qu’il utilise (réseaux sociaux, serious game, etc.). • Aller à la rencontre du public au travers d’une programmation d’itinérance. • Faire découvrir les filières aquitaines au sein des deux CCSTI (expositions, animations…) mais également autour d’évènements nouveaux dans des lieux aquitains emblématiques de ces filières : l’ISVV pour la filière vigne/vin, le Neurocampus pour la santé, l’Institut Optique d’Aquitaine pour l’optique/laser, l’Aérocampus pour l’aéronautique et l’espace,…. • Communiquer davantage sur les cursus et les débouchés (existence de cursus courts et/ou locaux, et de passerelles entre cursus, d’activités professionnelles connexes à l’industrie - métiers de la sociologie, de l’organisation, etc.). • Définir un programme d’animation et de médiation associé avec les structures représentantes des filières régionales (pôles, clusters, organisations professionnelles). 40

Levier 16 - V  aloriser et aider à la promotion des richesses scientifiques, industrielles et culturelles régionales auprès du grand public La Région est passée d’un sous-développement industriel à une dynamique reposant sur des technologies de pointe, notamment au sein des pôles de compétitivité. Une meilleure connaissance du patrimoine scientifique, industriel et technique aquitain permettrait de mieux le valoriser et de le faire connaître au grand public par le biais d’actions. Un inventaire de ce patrimoine irait dans le sens d’une meilleure connaissance historique de la dynamique industrielle aquitaine et favoriserait sa promotion. L’Aquitaine est dotée de la Banque Numérique du Savoir Aquitain (BNSA), qui est un outil numérique de valorisation du patrimoine. Le programme BNSA pourra apporter son soutien à la valorisation en ligne du patrimoine de « culture scientifique » notamment via le portail Aquitaine Patrimoines dont la Région assure la maîtrise d’ouvrage : http://bnsa.patrimoines.aquitaine.fr/. En outre, la valorisation de la richesse patrimoniale aquitaine peut être orientée vers le volet « touristique » de lieux emblématiques aquitains, qu’ils soient culturel, scientifique ou technique.


Par ailleurs, une réflexion pourra être menée sur une stratégie internationale dans le domaine de la culture des sciences et de l’innovation au travers des partenariats et collaborations établies (Eurorégion Aquitaine Euskadi, Aquitaine/Québec, …). Cette stratégie internationale doit avoir pour ambition une attractivité internationale des pôles scientifiques et des filières régionales. Les productions/ressources, produites en ligne, pourront être conçues pour être accessibles à un public non-francophone (versions disponibles en espagnol et en anglais).

ACTIONS •D  resser un inventaire du patrimoine industriel, selon l’exemple du projet porté par la MSHA dans le secteur aéronautique, spatial et défense. • Favoriser la mise en place de parcours touristiques adossés aux pôles de compétences transdisciplinaires sur les territoires (par exemples : vigne et vin avec ISVV, archéologie en Dordogne). • Sensibiliser les pôles d’excellence à la dimension patrimoniale de leurs ressources régionales, en lien avec la politique de marques (sentiment d’appartenance et attractivité, cf. 4.2.4 Accroître la lisibilité et l’attractivité des filières régionales). • Développer la présentation d’outils de médiation portant sur des sujets d’identité régionale à des publics extérieurs. • Favoriser le rayonnement hors Aquitaine des actions et produits réalisés par les acteurs aquitains de la CSTI (renforcer la valeur à l’export de la Région Aquitaine).

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Levier 17 - A  ssurer la coordination régionale des actions en matière de Diffusion des Sciences et Techniques

La diffusion des sciences et techniques à travers tout le territoire aquitain est un enjeu important puisqu’il s’agit de rendre la culture scientifique accessible au plus grand nombre, de sensibiliser le grand public à différents enjeux de la société et de participer à la dynamique de recherche et d’innovation en Aquitaine. Les acteurs de la culture scientifique et technique au niveau régional sont très divers (2 CCSTI, universités, musées, associations, …), ce qui se traduit par une dispersion des moyens, un manque de coordination des actions et in fine une absence de lisibilité pour le public. Il est donc nécessaire de mettre en place une coordination régionale de ces actions, afin de mener une vraie stratégie territoriale de diffusion des sciences et techniques. Cela permettrait de structurer un réseau d’acteurs de la culture scientifique et technique et d’assurer un maillage homogène du territoire en matière d’actions de diffusion scientifique et technique. Ainsi la proximité avec le territoire faciliterait l’identification des besoins du public et permettrait donc une meilleure adéquation entre ses attentes et l’intervention régionale.

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ACTIONS •M  ettre en place un pôle territorial de référence de la CSTI avec une tête de réseau qui pourrait être Cap Sciences : animer des acteurs, coordonner leurs actions, centraliser les expériences/actions sur d’autres régions, faire remonter au niveau stratégique les besoins exprimés par le public sur le terrain, animer une plateforme numérique d’échanges autour des projets. • Créer un Comité stratégique de programmation régionale composé du/des représentant(s) du Pôle territorial de référence (représentant donc l’ensemble des acteurs du réseau), du/des représentant(s) de la Région, des Communautés Urbaines et des Départements. • Mettre en place un appel à manifestation d’intérêt, annuel ou pluriannuel, en fonction des besoins exprimés sur le terrain, avec un suivi et une évaluation. Les projets retenus pourraient faire l’objet d’un label et d’une communication.


> 4.2 - Ambition 2 : Vers des écosystèmes structurés combinant toutes les dimensions de l’innovation

L’Aquitaine bénéficie de ressources substantielles pour être une région phare de l’innovation et de l’économie de la connaissance : l’excellence de sa recherche, la bonne productivité scientifique des chercheurs et la qualité des formations d’enseignement supérieur sont autant d’atouts pour initier ce modèle d’économie. La Région, depuis 1998, a toujours affirmé ce choix d’un soutien fort à la recherche et à l‘innovation, dans une logique de filières. Cette volonté s’est traduite par des initiatives au long cours, comme l’appel à projets recherche, l’appui à la création de cellules de transfert de technologie…, mais aussi par de véritables défis comme l’ISVV, l’IECB (Institut Européen de Chimie et Biologie), puis le Neurocampus ou l’institut d’optique à Bordeaux. Pour asseoir l’économie de la connaissance, il reste pourtant des efforts à faire. L’appareil productif régional mise encore trop peu sur l’innovation, et les investissements de recherche, privés en particulier, doivent être renforcés. En s’appuyant sur le réseau existant de la gouvernance de l’innovation, ainsi que sur les décisions récentes prises en matière d’innovation au niveau national, la Région portera le projet de création d’un observatoire régional de l’innovation dont le rôle principal sera d’apporter des réflexions prospectives comme outil d’aide à la décision stratégique à l’échelle de la région. De plus, le Conseil régional d’Aquitaine compte favoriser et soutenir la mise en place de véritables écosystèmes de l’innovation, capables de définir et d’adapter leurs stratégies avec beaucoup d’agilité, de faire émerger des projets de développement pour le ter-

ritoire avec dynamisme, en appuyant tout particulièrement leurs réflexions sur les opportunités de marché. Ces écosystèmes s’articulent autour de trois axes : • la co-production de l’innovation entre acteurs des secteurs public et privé, afin de renforcer une vision partagée des enjeux (de société, de marchés, d’innovation) ainsi que des attentes et des besoins de chacun, et de favoriser la mobilisation de compétences et de moyens adaptés, au juste moment, à toutes les phases de transformation de l’idée à l’objet utile et utilisé, • une culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat, couplée à une identité commune, afin de stimuler les idées, les initiatives, le partage, • un appui sur les enjeux et opportunités du territoire, permettant d’exploiter les ressources disponibles et de renforcer l’ancrage territorial, dans la logique d’accompagnement des filières régionales. Les objectifs proposés visent à accompagner le développement de ces axes. Ces écosystèmes doivent favoriser la compétitivité des acteurs industriels des filières présentes sur le territoire (actuelles ou en émergence). Ainsi, les actions retenues dans les divers leviers de l’ambition 2 voient souvent dans leurs applications un choix privilégié (mais non exclusif) en direction des grandes orientations des filières, que ce soit en matière de recherche, de développement technologique (centres technologiques comme acteurs-clés des filières, par exemple) ou de formation.

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4.2.1- Objectif 5 : Accroître la porosité entre les acteurs socio-économiques et les établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche, pour favoriser la co-production L’Aquitaine est une des régions qui accueille le plus de structures communes de recherche (SCR). Le nombre de collaborations croissant entre les grands groupes et les laboratoires régionaux, démontrent le niveau de qualité de la recherche partenariale en région. Pour autant, de nombreuses compétences disponibles dans les laboratoires restent trop peu

visibles, notamment pour les PME. De l’avis de tous les acteurs, chacun peut s’enrichir grâce à l’échange des visions, des compétences, des bonnes pratiques… Pour répondre à cet enjeu et accroître la porosité entre le potentiel scientifique et les entreprises, le Conseil Régional d’Aquitaine privilégie trois leviers d’action.

Levier 18 - Intégrer des projets de mobilité de personnes dans les projets de développement des filières régionales en lien avec les pôles de recherche académique

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Le renforcement des connexions entre les entreprises et les établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche repose en premier lieu sur la mobilité des personnes : c’est en effet à travers des expériences « en immersion » sur des projets définis que les acteurs tissent leurs réseaux, comprennent les enjeux (des ambitions aux contraintes) de leurs partenaires, construisent puis partagent le même vocabulaire, identifient les compétences susceptibles de répondre à leurs situations respectives : offreur de solutions techniques pour les chercheurs des laboratoires académiques, ou porteur d’une problématique de développement industriel pour les entreprises. Le renforcement de ces passerelles entre le public et le privé repose sur une co-construction de projets avec les universités et les EPST d’une part, et les filières ou entreprises concernées d’autre part. Viser cet objectif implique l’identification des besoins en compétences et des personnes ressources, l’établissement d’un calendrier de mise en œuvre, la gestion prévisionnelle des compétences et du statut des personnes en mobilité.


ACTIONS •S  outenir les flux de compétences du public vers le privé : faciliter l’intégration, à temps plein ou à temps partagé, de personnels scientifiques hautement qualifiés dans les PME, y compris sur des domaines liés à la gestion d’entreprise, au marketing …> chercheurs confirmés, post-doctorants, doctorants CIFRE et doctorants conseils. • Faciliter les transferts de compétences (dans les deux sens) au travers de stages dans des entreprises régionales d’étudiants formés en Aquitaine (lien avec l’ambition 3 et les leviers concernant l’insertion professionnelle). • Encourager les flux de compétences du privé vers le public : mettre en place, par filière, une stratégie co-construite de renforcement des compétences académiques clés pour le développement de la filière, la levée de verrous technologiques, l’accès à un nouveau marché… > projets de chaires industrielles, modalités d’intégration de personnels d’entreprise dans les effectifs des universités pour la formation et la recherche (enseignants chercheurs associés ou invités) et dans les structures d’accompagnement de l’innovation (Agence Aquitaine Développement Innovation, CRT, pôles, clusters…). 45

Levier 19 - Stimuler la co-production et les représentations mixtes dans la gouvernance des structures et la mise en place de structures communes Favoriser les représentations mixtes dans la gouvernance (chercheurs dans les conseils d’administration des entreprises, entrepreneurs dans les organes de pilotage académiques et de transfert). Analyser l’impact territorial des SCR existantes, et étudier l’opportunité d’en mettre en place en lien avec les stratégies des acteurs des filières. Favoriser l’émergence et le développement de lieux ou de structures favorisant la co-production en immersion dans une logique de projets.


Levier 20 - Optimiser l’accès des PME/PMI et TPE à l’information Les PME et TPE régionales ont souvent une connaissance restreinte des compétences des laboratoires académiques ou des structures de transfert de technologie régionaux, et une compréhension insuffisante des réponses qu’elles sont susceptibles d’apporter en matière de solutions technologiques. Par ailleurs, les PME/PMI et TPE méconnaissent les dispositifs d’aide, et plus généralement l’environnement réglementaire et fiscal de l’innovation (propriété intellectuelle, crédit d’impôt recherche, aides régionales aux entreprises…). Enfin, elles ne savent pas comment mener en commun des activités de recherche avec les laboratoires universitaires ou même mobiliser de façon efficace leurs capacités d’expertise.

ACTIONS

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•T  raduire les thèmes de recherche scientifique en savoir-faire susceptibles de répondre à des besoins technologiques (en lien avec les dispositifs de valorisation des universités et organismes de recherche publique). • Mettre en place des programmes de rencontres ciblés entre chercheurs et entreprises (du type des « journées industrie chercheurs »), notamment sur des technologies diffusantes ou des opportunités de marchés, afin de faire émerger des enjeux partagés. • Avec l’appui de l’Agence Aquitaine Développement Innovation, multiplier les actions dans les PME pour détecter les besoins d’accompagnement et apporter des réponses en matière de valorisation du portefeuille de propriété intellectuelle existant.


4.2.2- Objectif 6 : Accompagner la maturation des projets, l’incubation et le développement des entreprises innovantes La maturation est l’étape critique dans l’innovation, celle où la prise de risque est la plus importante : l’investissement financier nécessaire est significatif tandis que les marchés ne sont pas encore en position de soutien. Pour les chercheurs porteurs d’une découverte nécessitant une preuve de concept avant de devenir un objet valorisable sur un marché, cette étape se caractérise par la difficulté à mobiliser des soutiens financiers. Pour les PME, cette étape « tunnel » constitue un frein au développement de nouveaux produits, car leurs capa-

cités financières ne leur permettent pas de mobiliser du capital investissement. Quand elles s’impliquent dans un projet collaboratif, elles prennent le risque de sur-mobiliser leurs fonds propres. L’enjeu consiste donc à se doter d’une organisation permettant d’identifier les projets à potentiel de maturation susceptibles d’avoir un effet de levier régional, à qualifier le risque afin d’éclairer la prise de décision, à identifier le porteur de projet ad hoc et à mettre en place les soutiens financiers afin de compléter la chaîne de financement existante.

Levier 21 - A  ccompagner la maturation et le développement technologique régional de renforcer la capacité du territoire à capter des marchés via Afin ses entreprises, existantes ou start-up à créer, en apportant des réponses aux enjeux technologiques des marchés visés, il est nécessaire de déployer un processus de détection des idées d’innovation et d’accompagnement des projets pour faire mûrir en cohérence la vision marketing et économique et la faisabilité technologique. Que l’idée soit portée par un industriel ou par un chercheur, ce processus, tiré par les marchés, doit croiser une démarche de transformation de l’excellence scientifique aquitaine en valeur socio-économique, avec des orientations privilégiées sur les filières économiques régionales d’excellence (telles que les filières aéronautique – spatial – défense, optique – laser, forêt – bois – papier, géosciences, bâtiment – travaux publics, santé…) ou à fort potentiel de développement préparant et anticipant l’économie régionale de demain (telles que les filières éolien, solaire, système de drones, géolocalisation…). Ce processus mettra en œuvre des actions de marketing stratégique et d’élaboration de feuilles de route stratégiques en particulier technologiques ; il sera accompagné par Aquitaine développement innovation. De plus, il s’appuiera sur des relais, en particulier les structures d’interface technologiques, capables de faire le lien entre les problématiques des PME et les nouveaux savoirs disponibles au sein des laboratoires de recherche amont et de transformer les savoirs en innovation et en valeur ajoutée, avec l’appui de leurs partenaires chercheurs et industriels.

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ACTIONS •C  réer l’observatoire régional de l’innovation. • Accompagner les filières régionales pour l’élaboration de feuilles de route stratégiques à partir de leurs stratégies d’attaque des marchés, en s’appuyant sur des analyses de marketing stratégique et en croisant avec les technologies maîtrisées au niveau du territoire. • Mettre en place un programme de formation sur le marketing stratégique auprès des entrepreneurs, des opérateurs technologiques et des acteurs de la valorisation des établissements et organismes publics de recherche, des pôles et des clusters, en coordination avec les universités, les incubateurs, les technopoles… •C  ompléter la chaîne de financement en cohérence avec les outils existants (fonds d’amorçage…) : positionner un fonds de développement technologique régional, dans une logique de co-financement public-privé associée à un processus de co-production de l’innovation. • Introduire des compétences (recrutement ou mise à disposition) en « développement d’affaires » et « recours au capital risque » en accompagnement des projets de maturation (personnes ressources ou prestataires spécialisés). 48

Levier 22 - Développer une culture de l’entrepreneuriat et de l’innovation Les conditions d’émergence et de succès des projets sont multiples. La fertilisation croisée des idées en est une. En complément, il s’agit de se donner les moyens de faire de l’Aquitaine un territoire d’entrepreneurs éclairés : • stimuler l’envie d’entreprendre, en particulier chez les jeunes Aquitains ; • compléter les compétences des entrepreneurs, soit par de la formation, soit par un accès facilité à du conseil. Ainsi, la diffusion de la culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat sera renforcée dès la formation initiale, en lien avec les dynamiques existantes telles que Entrepreneuriat Campus Aquitaine (ECA). Les initiatives impliquant au plus tôt des étudiants au sein de projets structurants pour les filières régionales seront encouragées : elles contribuent en effet à renforcer le sentiment d’appartenance de chacun à l’écosystème régional. La montée en compétences des entrepreneurs, patrons de PME et créateurs de start-up, sera également recherchée.


ACTIONS •S  outenir la création de parcours « entrepreneuriat » au sein des formations initiales, et encourager les cursus apportant des doubles compétences en « sciences et technologies » et « marketing/gestion ». • Identifier – en lien avec les établissements d’enseignement supérieur – les « jeunes talents » des établissements d’enseignement supérieur ; proposer à des étudiants « ambassadeurs » des projets en lien avec les filières régionales, etc. • Renforcer le programme de formation continue pour les entrepreneurs afin de contribuer à leur professionnalisation dans les domaines du marketing stratégique, du management d’entreprise et du financement de l’innovation. • Encourager le développement des formations à distance (avec les outils du e-learning) rendant les modules décrits ci-dessus accessibles aux entrepreneurs de l’ensemble du territoire.

Levier 23 - Positionner les structures de développement technologique au cœur des stratégies des filières Face à l’accélération des cycles de renouvellement technologique, la réduction du temps dédié à l’innovation avant l’accès au marché devient un facteur clé de compétitivité. Les modèles traditionnels d’organisation de la R&D se heurtent à deux verrous majeurs : l’intensité capitalistique (besoin en financement, notamment en fonds propres) de l’activité de R&D, notamment dans des phases avales proches des marchés, et la complexité des technologies de pointe qui demandent la maîtrise simultanée de compétences diverses. Pour répondre à ces enjeux, la mutualisation des moyens et des infrastructures, l’accès à des compétences pluridisciplinaires et le partage des risques liés au développement des ruptures technologiques de demain sont nécessaires. Les centres technologiques et les cellules de transfert de technologie répondent à tout ou partie de ces objectifs et sont des opérateurs importants du processus d’innovation et des lieux privilégiés d’élaboration de briques technologiques à partir des connaissances issues de la recherche amont en réponse à des problématiques soumises par les entreprises, et notamment

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les PME. Pour ces entreprises, ils constituent un véritable levier d’innovation par la mutualisation de compétences ou de moyens. Ils sont également des vecteurs de mutualisation des développements au sein d’une filière et entre filières. En effet, les centres technologiques constituent le maillon déterminant de la chaine de valeur capable de capitaliser la connaissance des enjeux et évolutions des marchés et des verrous technologiques associés et d’intégrer, dans une logique de ressourcement scientifique, les résultats de la recherche académique contribuant à lever ces verrous. Ils contribuent ainsi à l’élévation technologique des entreprises, en particulier des PME, en réduisant de fait les coûts, risques et délais d’appropriation des nouvelles technologies. Ainsi, afin de renforcer les filières régionales d’excellence et à fort potentiel de développement, et aux côtés des centres technologiques pré-existants sur le territoire aquitain (rappelés dans le cadre du diagnostic), trois projets de création de centres technologiques sont actuellement en cours d’étude :

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• un centre technologique dans le domaine des « composites et matériaux avancés », dans la continuité de la plate-forme Canoe : cette structure de développement technologique aura pour objectif de structurer et accompagner un tissu de PME à travers sa capacité à fédérer les acteurs régionaux autours de projets collaboratifs (pilotes, démonstrateurs, …). Elle s’appuiera fortement sur CANOE (plateforme d’innovation spécialisée dans les matériaux nanostructurés) et son modèle d’organisation, pour le déploiement de ses activités : gestion et développement d’outils pilote, montage de projets structurants, accueil/soutien d’équipes projet sur un parc immobilier et matériel dédié. • un Institut d’Excellence en Energie Décarbonée dans le domaine de la réhabilitation et la construction durables « INEF4 » : afin d’accompagner le secteur de la construction à relever le défi du facteur 4 (contribuer à diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050), la Région Aquitaine a structuré un pôle de recherche et de transfert de technologies consacré à l’aménagement et la construction durables. C’est sur ce socle, composé en particulier du centre technique NOBATEK, du pôle Bois construction de FCBA, des pôles Xylofutur et Creahd ainsi que des compétences des laboratoires de l’Université de Bordeaux, de l’UPPA, de l’INRIA, de l’Ensam-Paritech, que se construit depuis plus d’un an le projet INEF4 (Institut National d’excellence Facteur 4), bénéficiant d’un financement au titre des investissements d’avenir. • un centre technologique dans le domaine des Technologies de l’Information  : dans ce domaine, les cycles de la recherche à l’application sont certes plus courts que dans d’autres thématiques scientifiques et technologiques, néanmoins, des outils de transfert avec des moyens opérationnels spécifiques (équipements, ingénieurs, …), sont tout de même nécessaires. Ils sont par ailleurs couplés à un besoin essentiel d’expérimentation de nouveaux usages, dont la diversité est liée à la variété des familles de marché envisagées (autonomie et santé, systèmes critiques pour l’Humain Augmenté ; systèmes énergétiques du futur ; valorisation du patrimoine…). Ainsi, l’objectif est d’accompagner le développement des centres technologiques et des cellules de transfert, leur développement, pour répondre aux enjeux des filières régionales et des PME tout en acquérant une visibilité nationale voire européenne, et d’en faire des facteurs d’attractivité de l’Aquitaine et de renforcement des écosystèmes d’innovation régionaux.


ACTIONS •S  tructurer et professionnaliser les centres technologiques et les cellules de transfert de technologies vers des offres de services de qualité, intégrées et coordonnées, accessibles aux PME et en lien avec les besoins et enjeux des filières industrielles régionales. • Soutenir les projets de développement des centres technologiques (soit création de nouveaux centres, soit élargissement de l’activité de centres existants vers de nouvelles applications de leurs technologies) au cœur des enjeux des filières et renforcer leurs capacités d’anticipation. 4.2.3- Objectif 7 : Mieux prendre en compte les dimensions organisationnelles et sociales de l’innovation Telle qu’elle est conçue et déclinée dans les politiques publiques régionales, nationales et européennes, l’innovation est fréquemment assimilée à l’innovation technologique orientée vers une amélioration ou une plus grande efficacité économique. À cette représentation purement technologique de l’innovation est venue s’ajouter et se croiser depuis quelques années une autre perspective : la recherche de l’innovation sociale(8). En réalité, il serait plus approprié d’employer l’expression d’innovation «  sociétale  » dans la mesure où les questions et les enjeux sur lesquels elle porte ne sont pas strictement sociaux, mais plus largement sociétaux, c’est-à-dire territoriaux, culturels, sociaux, organisationnels, institutionnels ou économiques. Les innovations sociales sont supposées renforcer le développement local par la qualité de la vie et des ressources humaines et, plus généralement, par la capacité d’un territoire à élargir ses perspectives de développement. Si l’innovation sociale offre aussi une réponse à des attentes non économiques de la part des parties pre-

nantes, elle n’est pas ou peut ne pas être un acte (totalement) désintéressé de la part de l’entreprise. En d’autres termes, l’innovation sociale initiée par l’entreprise est aussi un moyen de différencier son offre, d’apporter un surplus au marché en espérant, d’une façon ou d’une autre, un retour sur investissement. Au moins aussi polysémique que l’innovation technologique, l’innovation sociale peut être caractérisée de la manière suivante : • Elle vise à faire émerger des réponses originales et adaptées à des besoins ou à des attentes non encore satisfaits émanant de l’ensemble ou de certains secteurs de la société, et non pris en considération suffisante par le secteur public ou le marché ; • Pour parvenir à satisfaire ces besoins et attentes, elle entraîne une transformation des relations sociales en favorisant des dispositifs de gouvernance reposant sur une coopération renforcée entre acteurs ; • Elle est souvent fondée sur l’idée d’activer la participation à la décision des usagers et destinataires de services et produits ;

(8) Les innovations sociales concernent toute nouvelle approche, pratique, ou intervention, ou encore, tout nouveau produit/service mis au point pour améliorer une situation ou résoudre un problème social.

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• Enfin, l’innovation sociale devra s’appuyer sur une recherche académique du domaine des sciences humaines et sociales au service de l’innovation qu’elle soit technologique ou non.

pourtant diffusée au cours des dernières années, de manière plus ou moins silencieuse et éclatée, à l’initiative d’entrepreneurs sociaux, de collectivités territoriales ou d’entreprises.

Si elle partage avec le mouvement d’économie sociale et solidaire un certain nombre de caractéristiques, l’innovation sociale est toutefois portée par des objectifs plus globaux d’amélioration du bien-être de la société.

L’Aquitaine se caractérise par un ensemble d’initiatives existantes disséminées qui nécessite dans un premier temps un repérage et un recensement. Au-delà de la détection de ces expériences et réalisations, le Conseil régional s’engage à jeter les bases d’une politique de soutien à l’innovation sociale qui s’appuiera sur les leviers suivants.

L’innovation sociale demeure aujourd’hui largement méconnue et sousvalorisée en France. Elle s’est

Levier 24 - Renforcer la place des sciences humaines et sociales dans le débat du développement social et économique

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sciences humaines et sociales ont beaucoup à apporter au Les développement économique, et notamment au développement économique par l’innovation. Couplées à des compétences plus technologiques, elles peuvent faire émerger des nouveaux produits et services capables de renforcer la compétitivité des entreprises et leur accès au marché, par exemple par une meilleure compréhension, voire une anticipation, des usages et des comportements, par la capacité de réflexion sur des nouveaux modèles économiques ou de collaboration, etc.. Elles peuvent également apporter des outils innovants aux politiques et aux acteurs d’accompagnement de l’innovation et du développement économique, permettant de renforcer l’impact des soutiens publics. Leur apport, sera notamment valorisé dans le cadre de l’observatoire régional de l’innovation.


ACTIONS • I dentifier les compétences, et définir celles qui devront être soutenues, comme dans certains domaines de compétences qui intéressent le Conseil régional d’Aquitaine (aménagement, urbanisme, tourisme, cultures régionales…) • Renforcer l’intégration des compétences en sciences humaines et sociales dans les projets menés au sein des centres technologiques. • Développer l’accès des PME à ces compétences : visibilité, laboratoires des usages, ateliers de créativité… • Favoriser l’émergence de projets de recherche pluridisciplinaires couplant des compétences en sciences « dures » (par exemple dans le domaine du numérique) et en sciences humaines et sociales. • Identifier des initiatives réussies et en faire des leviers d’émergence de nouvelles initiatives. •D  éfinir un axe de recherche prioritaire pour la Région dans son appel à projets « recherche » pour soutenir des travaux en sciences humaines et sociales permettant de définir des dispositifs incitatifs appropriés au développement de l’innovation sociale, au suivi et à l’évaluation d’initiatives relevant de l’innovation sociale et aux conditions d’émergence des innovations technologiques et non technologiques. • Attirer un chercheur renommé et spécialisé dans l’innovation sociale et la sociologie de l’innovation, grâce au dispositif des chaires d’accueil.

Levier 25 - Recenser et promouvoir d’autres formes d’innovation Le Conseil régional d’Aquitaine souhaite accompagner les ETI et TPE/ PME/PMI dans leur marketing stratégique et vers l’innovation de marché, l’objet étant qu’elles se développent. Il s’agit de constituer un pôle de compétences en marketing stratégique qui aura pour mission de former et d’accompagner ces entreprises dans leurs stratégies ; les domaines de formation et d’accompagnement sont très clairement l’économie, la gestion, le commerce et la technologie. Ces compétences existent en région ; il faut constituer ce pôle et faire savoir à ces entreprises quelle est la plus-value apportée. Il permettra d’aider ces entreprises à mener des études de marché et à définir une feuille de route pour augmenter les chances de réussite des projets accompagnés.

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De plus, de nombreux exemples d’entreprises florissantes, créées ces dix dernières années, montrent l’intérêt des innovations de marché, ou organisationnelles. Les innovations technologiques ne sont pas alors à l’origine des solutions pour améliorer la compétitivité de l’entreprise ; elles peuvent néanmoins faire partie de la solution retenue. L’innovation peut être dans le mode d’organisation ou de production, le modèle d’affaire, la mutualisation des moyens de l’entreprise ou inter-entreprises.

ACTIONS

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•A  ctionner tous les leviers de l’innovation en même temps (innovation de produits, organisationnelle, design, marketing). • Constituer une équipe capable de former et d’accompagner les ETI et TPE/PME/PMI vers un marketing stratégique de leurs projets ; l’économie, la gestion, le commerce et la technologie sont des compétences nécessaires. Cette équipe devra constituer une offre de formation modulable et adaptable aux besoins d’une entreprise, et avoir les moyens de les accompagner. • Communiquer auprès des ETI et TPE/PME/PMI sur l’existence et l’intérêt de faire appel à ces formations et sur l’accompagnement de la Région. • Développer des outils d’accompagnement de l’innovation de marché, notamment des dispositifs d’appui aux entreprises créatives (ETI et TPE/PME/PMI).

Levier 26 - D  éfinir le périmètre de l’innovation sociale et recenser l’ensemble des initiatives La démarche d’identification de ce qui est entendu comme innovation sociale en Aquitaine s’avère un pré-requis indispensable, avant toute autre action dans ce domaine. En effet, le terme d’innovation sociale implique un effort préalable de précision et d’accord sur une définition commune aux acteurs aquitains. Cette démarche pourrait s’appuyer sur des travaux d’étude et de recherche existants et sur les critères proposés, entre autres, par l’Agence de Valorisation des Initiatives Socio-économiques (Avise). Une fois identifié le périmètre de l’innovation sociale, il conviendra d’établir un état des lieux de ce qui existe en Aquitaine en retenant les expériences qui en sont les plus significatives et les plus porteuses. L’objectif n’est pas d’être exhaustif, mais de repérer dans chaque grand domaine concerné par l’innovation sociale quelques actions phares ou personnes-ressources capables de fonctionner comme tête de pont. Ce repérage doit permettre d’identifier les acteurs clés, de mieux connaître les expériences et leurs résultats afin de bénéficier des acquis et de capitaliser sur les résultats positifs.


ACTIONS •A  nimer un groupe de travail restreint afin de parvenir à une définition communément acceptée de l’innovation sociale et d’établir une liste des actions, organismes, objectifs de l’innovation sociale dans un cadre national voire international. • Effectuer un premier repérage des acteurs et des initiatives principales entrant dans le champ préalablement délimité de l’innovation sociale. • Demander dans un second temps un travail de repérage plus approfondi. L’objectif est non seulement d’être informé avec précision, mais aussi d’informer, par un maillage plus fin, de la politique et de la volonté régionale dans ce domaine.

Levier 27 - Fédérer et décloisonner les partenaires susceptibles d’être associés à l’élaboration de cette politique

Les acteurs du champ de l’innovation sociale n’ont pas, a priori, l’habitude de travailler ensemble. C’est pourquoi il est important de fédérer et de décloisonner les partenaires susceptibles d’être associés à l’élaboration de cette politique - CESER, entrepreneurs sociaux, universitaires en sciences humaines et sociales, collectivités territoriales, entreprises, banques, sociétés de capital-risque et de micro capital-risque (spécialement pour des investissements de proximité). Valoriser l’ensemble des initiatives labellisées contribue à l’amélioration continue de la qualité du bien-être en Aquitaine.

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ACTIONS •R  éunir un comité régional de l’innovation sociale chargé d’émettre des recommandations au Conseil régional dans le cadre de sa stratégie de développement de l’innovation sociale en Aquitaine. Ce comité travaillera en concertation avec les instances existantes, comme le CCRRDT. • Mettre en place, à l’échelle régionale, des actions de sensibilisation et de formation en direction des acteurs de la création d’entreprise, des chambres consulaires, des dispositifs dédiés à l’innovation permettant de « qualifier » un réseau régional de l’innovation à même d’identifier et d’accompagner les démarches entrepreneuriales socialement innovantes (qu’elles émanent du secteur de l’ESS ou du secteur économique « classique »). • Mettre en place des instruments d’incitation ou des dispositifs de soutien aux initiatives d’innovation sociale, tels que des prix, des appels à projets, etc. • Communiquer auprès de l’ensemble des citoyens et de publics ciblés (jeunes, scientifiques, minorités,…) en Aquitaine sur les actions liées à l’innovation sociale.

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4.2.4 - Objectif 8 : Renforcer la politique de filières et développer une politique affirmée d’inter-filières Pour encourager la constitution des écosystèmes forts visés par cette ambition, la Région Aquitaine soutient la structuration d’une vingtaine de dynamiques de filières, dont certaines reconnues pôles de compétitivité ou grappes d’entreprises. Elle a également mis en place des initiatives (contrats de partenariats et de croissance, clubs thématiques…) visant à fédérer autour de la dynamique d’entraînement d’une entreprise leader, généralement une ETI ou un grand groupe, un tissu d’acteurs régionaux, PME et laboratoires académiques, créant un effet structurant. Les ETI aquitaines sont en effet des acteurs clefs avec lesquels la Région Aquitaine souhaite co-construire une politique d’anticipation industrielle qui permettra d’orienter les choix de spécialisation industrielle, en termes de bassins d’emplois, de filières, de technologies.

Si la structuration et l’animation des filières régionales induisent des dynamiques de développement importantes, les croisements entre filières sont également des sources très riches, que souhaite favoriser la Région Aquitaine. Les filières peuvent aborder ensemble des finalités socio-économiques (par exemple l’éco-construction) qui dépassent leurs seules visions stratégiques. C’est d’autant plus vrai sur un territoire comme l’Aquitaine qui porte à la fois des filières à orientation marché, telles que l’aéronautique, et des filières technologiques, telles que l’optique-laser. L’agence régionale Aquitaine Développement Innovation récemment créée apportera pleinement son appui à cette politique de soutien aux filières et à la fertilisation croisée entre filières, et en assurera l’animation, en particulier à travers l’interclustering.


Levier 28 - Sous l’égide de la Région qui assure le pilotage global, faire de l’agence Aquitaine Développement Innovation l’acteur privilégié d’animation des filières L’agence régionale Aquitaine Développement Innovation, née début 2012 de la fusion d’Innovalis Aquitaine et de l’Agence Aquitaine de Développement Industriel (2ADI), dispose d’une équipe de près de 50 ingénieurs, docteurs, spécialistes sectoriels, juristes, marketeurs…, lui permettant de déployer des actions auprès des entreprises, des filières et des territoires. Elle a pour grands objectifs de créer de la valeur et des emplois grâce à l’innovation pour les entreprises, filières et territoires d’Aquitaine dans le cadre de projets collectifs ou individuels, et d’aider, en synergie et coordination avec les orientations politiques de la Région Aquitaine et d’autres partenaires, les entreprises à relever leurs défis économiques, technologiques, sociaux et environnementaux. Ses missions générales se déclinent ainsi autour de l’anticipation des mutations, l’accroissement de la compétitivité et du potentiel d’innovation des PME, l’accompagnement à l’émergence de nouvelles filières, l’animation des clusters et pôles, et une contribution active au potentiel d’attractivité du territoire en vue d’implantations. L’offre de service qu’elle constitue doit lui permettre de répondre aux besoins et attentes : • des entreprises : afin d’améliorer leur performance et leur compétitivité (choix technologiques, financement, marketing, design…). • des filières : en lien étroit avec le pilotage global effectué par la Région, d’animer les filières existantes, et de participer à la structuration ou à l’émergence de filières nouvelles. • des territoires régionaux : afin d’accompagner les projets de territoire (animation des réseaux, revitalisation de certains territoires, marketing territorial…).

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ACTIONS •P  armi les missions générales précédemment rappelées de l’agence, il s’agit de renforcer son positionnement en particulier sur les thèmes suivants : • la structuration et l’animation des dynamiques de filières existantes (pôles, grappes, clusters régionaux...) et la participation à l’émergence de filières en lien avec les orientations politiques de la Région Aquitaine ; • l’animation des interactions entre filières en particulier autour de technologies diffusantes pouvant adresser plusieurs marchés / usages ; • l’accompagnement des filières pour leur ressourcement scientifique auprès des laboratoires académiques, plateformes, plateaux techniques et structures de transfert régionales ; • l’accompagnement au montage de projets structurants pour les filières ou inter-filières.

Levier 29 - A  ccroître la lisibilité et l’attractivité des filières régionales 58

Le développement des filières et écosystèmes d’innovation nécessite certes la réunion d’un certain nombre d’ingrédients clés, facteurs d’attractivité, mais il passe aussi par une bonne lisibilité par les acteurs, que ceux-ci soient implantés sur le territoire ou extérieurs, et une reconnaissance par ces acteurs. Même pour les filières bien dotées en centres de recherche emblématiques, lieux de transfert technologique spécialisés, success stories d’entreprises, le message sur le « savoir-faire technologique  » et les modalités de «  faire savoir  » peuvent souvent être améliorés et concertés d’une filière à l’autre, mettant ainsi en évidence les passerelles et les enjeux communs. Ainsi, chaque acteur des filières, qu’il soit industriel, chercheur académique, enseignant, etc., aura une meilleure appréhension de son environnement et la pleine conscience de son positionnement et de sa contribution aux écosystèmes d’innovation.


ACTIONS •M  ettre en place une politique de marques et des actions de marketing territorial, ciblant à la fois les acteurs aquitains, avec l’objectif de partager des images communes fortes et de développer le sentiment d’appartenance (les acteurs devenant ambassadeurs du territoire et de ses filières), et les acteurs nationaux ou extranationaux, avec l’objectif d’attirer et de tisser des liens. • Développer un plan de communication en lien avec la mise en place d’une stratégie export des filières.

Levier 30 - Encourager les effets d’entraînement entre acteurs économiques du territoire régional pour accroître la co-production régionale et le transfert technologique inter-filières Les pôles de compétitivité et les clusters régionaux ont un rôle clé à jouer dans les dynamiques de filières, dans l’identification des opportunités d’innovation technologique et dans l’émergence de projets collaboratifs. Les contrats de partenariats et de croissance entre la Région et des entreprises régionales (groupes ou ETI) leaders au sein d’une filière constituent un autre outil permettant de faire émerger des enjeux communs et de rapprocher des stratégies et des acteurs.

ACTIONS •P  oursuivre le soutien aux pôles de compétitivité et aux clusters régionaux en accordant une attention particulière aux enjeux inter-filières et aux projets de démonstrateurs ou plateformes de développement préindustriel. • Systématiser le déploiement de l’approche analytique des technologies dans les contrats de partenariats.

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Levier 31 - F  avoriser les circuits de production locaux, valorisant les ressources régionales, dans une logique de croissance durable et d’économie circulaire un contexte de croissance durable, les acteurs industriels acDans cordent une importance croissante à la gestion des matières premières (coût, risque), des déchets et co-produits (coût de traitement) et de la gestion de l’énergie. Ils s’orientent de plus en plus vers une économie circulaire dans laquelle le cycle de vie des produits est pris en compte. Au croisement de deux filières, naissent souvent des projets innovants à haute valeur ajoutée avec des retombées socio-économiques importantes. Ces organisations apportent une contribution significative à l’ancrage territorial des emplois voire à leur relocalisation lorsqu’ils sont couplés, à l’échelle des bassins d’emplois, à une anticipation des mutations économiques des acteurs.

ACTIONS 60

•S  ’appuyer sur l’Agence Régionale Aquitaine Développement Innovation et l’Apesa pour mettre en place une animation interfilières permettant de faire émerger des matières premières communes, des technologies communes ou des usages communs et d’augmenter les voies de valorisation des filières régionales » • Consolider une offre de compétences régionales de haut niveau à destination des PME et centres technologiques, dans les domaines non technologiques liés au développement durable, tels que l’éco-conception.


> 4.3 - Ambition 3 : Vers des territoires porteurs de développement, d’innovation et de compétences

Dans un rapport du groupe de travail commun au Conseil d’Analyse économique (CAE), à la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar) et à l’Académie des technologies intitulé Créativité et innovation dans les territoires (17 mai 2010), ces institutions font état du territoire en tant qu’écosystème et lieu privilégié de l’innovation. Ce rapport met en exergue le fait que l’innovation se développe plus favorablement dans un écosystème où l’atmosphère attire les talents ; il faut se rencontrer pour échanger et confronter, et c’est ainsi que l’on fait naître les idées nouvelles sans lesquelles il ne peut y avoir d’innovation.

Lors des différents ateliers, en particulier ceux consacrés au volet « aménagement du territoire  », la plupart des acteurs présents a exprimé le souhait d’être associé de façon pérenne à la concertation qu’appelle le pilotage de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. C’est pourquoi le présent schéma propose une gouvernance renouvelée, garante de l’ancrage territorial, porteuse de l’ambition de rendre l’enseignement supérieur accessible au plus grand nombre, et plus apte à faire bénéficier les aquitains, notamment les TPE/ PME/PMI, du potentiel de recherche et de valorisation.

4.3.1 : O  bjectif 9 : Mettre en place une gouvernance régionale garante de l’ancrage territorial L’interaction des établissements d’enseignement supérieur et de recherche avec leurs territoires d’implantation doit être pensée en termes de bénéfices réciproques. Pour que leur présence puisse constituer une ressource pour les collectivités locales et les acteurs du territoire, et réciproquement, il faut établir un dialogue pérenne entre les parties-prenantes et penser cette interaction aux différentes échelles territoriales. Une contractualisation entre collectivités locales et acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche à l’échelle de chaque site, elle-même inscrite dans une stratégie régionale et nationale, pourra favoriser un tel ancrage. Au préalable, il est nécessaire de recueillir l’avis de chaque site sur l’opportunité d’une telle contractualisation et sur son périmètre, afin de pouvoir l’inscrire dans le prochain CPER.

Au-delà du partage des constats et des orientations stratégiques, les échanges avec les acteurs lors des ateliers dans les territoires ont permis de confirmer la nécessité de maintenir actif les échanges entre ces acteurs. La vie de ce schéma avec ses éventuelles modifications en fonction de l’évolution du contexte et des territoires est structurée, a priori, par une gouvernance à deux niveaux : un régional et un territorial. L’idée étant, pour ces deux niveaux, de se donner des objectifs et des moyens, pour pouvoir, par la suite, évaluer la stratégie. Cette gouvernance est destinée, en prolongement de la concertation initiale et des décisions stratégiques qui en ont découlé, à assurer le suivi de la mise en œuvre et les ajustements au projet qui seront indispensables. La mise en place d’une gouvernance pérenne de l’ESRI au niveau régional (déclinée au niveau des sites) peut

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être considérée comme la première réalisation de notre schéma. Il est proposé que la gouvernance de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation intervienne à deux niveaux : d’une part, au niveau régional avec un conseil consultatif régional ; d’autre part, au niveau des sites, avec des conseils consultatifs de site. Elle sera complé-

tée par un suivi technique qui permettra, en outre, un travail coordonné des 2 niveaux de cette gouvernance. La figure ci-dessous représente de façon schématique la gouvernance et les modalités de mise en œuvre qui sont exposées dans les 2 leviers qui suivent.

Niveau régional

Région, État, PRES Régional & établissements et organismes de recherche, étudiants, Acteurs socio-économiques Conseil consultatif régional ESRI

Suivi Technique

Coordination des 2 niveaux

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Conseil consultatif territorial ESRI

Conseil consultatif territorial ESRI

Conseil consultatif territorial ESRI

Niveau Territorial

Collectivités territoriales, établissements et organismes de recherche, étudiants, Acteurs socio-économiques

Levier 32 - Créer des conseils consultatifs territoriaux mobilisant les acteurs intéressés au niveau local

Constitués de représentants des collectivités territoriales, des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, de représentants des étudiants, des acteurs socio-économiques, les Conseils consultatifs territoriaux auront pour mission d’identifier les synergies entre ces instances et d’inscrire celles-ci dans un projet de territoire. Ils exerceront ainsi leur fonction consultative pour la construction de ce projet de territoire dont ils suivront l’évolution. Il faudra pour cela, et sur chaque site identifié, commencer par rassembler l’ensemble des acteurs intéressés par la construction d’un projet de territoire. Lorsque ce projet sera construit, les conseils consultatifs seront réunis avec une fréquence biannuelle.


ACTIONS •C  réer les Conseils consultatifs territoriaux : lorsque celui-ci pré existe sous une forme restreinte (universités et conseil général par exemple), proposer d’étendre les représentations à l’ensemble des acteurs intéressés, et étendre les missions pour en faire des consultatifs territoriaux. • Définir un projet de territoire, avec des objectifs et des moyens associés. • Organiser et mettre en place le suivi technique.

Levier 33 - Articuler les stratégies élaborées à toutes les échelles du territoire Il est nécessaire d’articuler les stratégies locales élaborées au niveau des territoires avec une stratégie globale pour l’Aquitaine. Cela rend nécessaire, pour le Conseil régional d’Aquitaine, de se doter, à l’échelle de la région, d’une instance consultative sur les questions d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation. Ce sera le rôle d’un Conseil consultatif doté d’une représentation équilibrée des institutions au niveau de l’Aquitaine et qui comprendrait : le Conseil régional d’Aquitaine, le futur PRES régional et ses établissements membres, les étudiants, les acteurs socio-économique, le Rectorat (représentant en particulier les STS et CPGE). un représentant de chaque conseil Consultatif territorial, avec la volonté de ne pas limiter au territoire administratif une réflexion qui pourrait en effet justifier la participation de représentants de régions voisines partenaires (y compris espagnoles). Ainsi, le « projet de territoire régional » sera co-construit par l’ensemble des acteurs qui souhaitent y participer, et sera, lui aussi, maintenu à jour avec une fréquence biannuelle. Pour faire suite à la concertation à laquelle a donné lieu l’élaboration du schéma régional, il convient de promouvoir un tel esprit de coordination.

ACTIONS •C  réer le conseil consultatif régional de l’ESRI. • Définir un projet de territoire, avec des objectifs et des moyens associés. Le SRESRI servira de point de départ. • Organiser et mettre en place le suivi technique.

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4.3.2 : Objectif 10 : Anticiper et faciliter l’orientation et l’insertion professionnelle des étudiants Selon une étude de la Conférence des Directeurs des écoles Françaises d’Ingénieurs (CDEFI), en 2012, plus de 36 % des élèves ingénieurs déclarent avoir trouvé leur premier emploi suite à leur stage de fin d’études. En 2010, malgré la frilosité de la politique RH des entreprises, dans un contexte de crise économique sévère, 80  % des diplômés ont trouvé un emploi moins de deux mois après l’obtention de leur diplôme, la grande majorité en CDI (76,4  %)  ; en outre, la rémunération s’est avérée plus importante que celle de l’année précédente. Les contrats d’apprentissage, quelques soient le niveau d’études, y compris ceux offerts à l’université, permettent également d’accéder à des hauts niveaux de taux d’emploi. Ces données contrastent singuliè-

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rement avec celles qui concernent les docteurs : 43  % de ceux qui ont obtenu leur diplôme en Aquitaine, en 2008, ont un emploi stable (CDI, fonctionnaire, profession libérale, créateur d’entreprise). À la sortie de leur formation, 62  % des étudiants ayant obtenu leur Master recherche en 2008 ont poursuivi leurs études, contre seulement 20 % des titulaires d’un Master professionnel. La Régional Aquitaine souhaite globalement développer l’employabilité des étudiants, en particulier en anticipant l’orientation de bac-3 à bac+3, en favorisant l’interaction entre le monde académique et le monde socio-économique, et en optimisant l’offre d’apprentissage dans l’enseignement supérieur.

Levier 34 - Optimiser l’offre d’apprentissage dans l’enseignement supérieur L’apprentissage, en tant que formation par alternance, est une voie de formation dont les résultats, en termes d’insertion professionnelle, sont connus et reconnus ; en 2011 et 7 mois après la sortie des formations BTS, BTSA ou DUT, le taux d’emploi des apprentis est de 79 %(9). Il se base sur un accord passé entre une entreprise et un centre de formation (d’enseignement supérieur dans le cas qui nous occupe). L’entreprise embauche l’étudiant sous contrat et le centre assure la formation complémentaire. La mise en place d’une formation par apprentissage suppose une bonne interconnaissance et des relations de confiance entre l’entreprise et le centre de formation. L’entreprise qui prend en charge un apprenti souhaite disposer d’un candidat initié aux métiers de l’entreprise tandis que l’institution d’enseignement souhaite que la fonction proposée contribue à la formation de l’étudiant. Seule une relation franche construite sur des bases solides permet d’offrir de vraies perspectives d’insertion professionnelle. Il s’agit bien de répondre aux besoins en formation des territoires. En 2010 – 2011, 18 362 apprentis sont inscrits en Aquitaine dont 3 556 dans l’enseignement supérieur, soit 20 % des apprentis. Au 1er janvier 2012, ce chiffre a augmenté pour atteindre 4 300 apprentis. Dans le même temps, le nombre d’apprentis en CAP, donc hors enseignement supérieur, a baissé de 17 %(10). (9) Enquête Insertion Professionnelle des Apprentis (IPA), ministère de l’éducation nationale (10) Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, RERS 2012


La formation professionnelle (en particulier l’apprentissage) est une compétence de la Région qui souhaite, pour ces territoires, des formations d’apprentis de qualité, avec une véritable pédagogie de l’alternance. Pour cela, il est important de coordonner le suivi global des formations par alternance (offre de formation, complémentarité, insertion professionnelle,…), au niveau régional ; ce travail devra être facilité par la création de la future Université Aquitaine.

ACTIONS •C  réer un vivier de stages en favorisant les liens entre les enseignants du supérieur et les potentiels maîtres d’apprentissage. • Construire un cadre d’échange formalisé entre les entreprises et l’Université d’Aquitaine ; chaque partenaire pourra connaître les potentialités de l’autre. Exemple pourra être pris sur les écoles d’ingénieurs, les IUT ou l’IAE, habitués à ces pratiques. • Soutenir des initiatives de parcours mixtes par voie classique puis par voie d’apprentissage, chaque parcours devant garder sa spécificité propre.

Levier 35 - Favoriser l’interaction entre les formations et le monde socio-économique Les enjeux des formations dans l’enseignement supérieur passe par la connaissance des besoins du monde professionnel, la connaissance divers débouchés possibles et de l’insertion professionnelle des des diplômés issus de la formation, et l’anticipation et la prise en compte de nouvelles attentes sociétales comme le développement durable, le commerce équitable, les énergies renouvelables, la prise en compte du cycle de vie d’un produit, etc. Il importe de former les étudiants en adéquation avec les attentes du monde professionnel. Il convient donc de définir le contenu des formations en concertation avec les futurs employeurs. La présence d’acteurs de l’entreprise au sein des organes pédagogiques qui définissent ce contenu doit être favorisée. De plus, des interventions, de ces mêmes acteurs sous forme de cours/conférences doit être encouragées. En ce qui concerne la prise en compte des attentes sociétales, il convient de considérer le futur PRES Aquitain, du fait de son caractère pluridisciplinaire et de sa présence sur l’ensemble du territoire aquitain, comme l’outil privilégié apte à concevoir et à définir les grandes orientations.

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ACTIONS •C  onstruire et faire vivre une cartographie, à destination des entreprises, de l’ensemble des formations disponibles en Aquitaine. • Construire la notion de plateforme pédagogique en relation avec les entreprises. •S  outenir la création et le développement de formations à l’entrepreneuriat. •S  outenir la création de Junior-Entreprises dans les universités. • Accompagner la mise en place et en ligne d’annuaires d’anciens élèves avec adresses des entreprises.

Levier 36 - A  nticiper l’orientation et accompagner le choix des formations de bac -3 à bac +3 Il convient de concevoir un dispositif d’information qui soit en conti de ce qui est mis en place dans les lycées : définir un flux de tranuité vaux informationnel entre les deux sphères (lycée et université). Une pratique de l’approche par compétences ainsi que de leurs communications est à développer dès la première année universitaire.

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Les orientations prises dès bac-3 conditionnent les possibilités de parcours ultérieurs. Le chemin de la réussite exige que ce choix soit fait en prenant au mieux en compte les aptitudes et le projet de l’étudiant. Cette démarche est évidemment à poursuivre tout au long du cycle d’étude. Une cohérence d’accompagnement des étudiants, prenant en compte leur intérêt, est indispensable tout au long du cycle d’études et tout particulièrement à l’interface lycée-université ; c’est un travail à mener en partenariat avec le Rectorat de l’académie de Bordeaux. Il faut donc concevoir et mettre en place un dispositif d’information et d’accompagnement qui soit continu au cours des études. Un choix judicieux, donc une orientation réussie, demande la connaissance des aptitudes de l’étudiant, des exigences de la formation, des taux de réussite, des possibilités d’insertion… Cette démarche implique l’ensemble des acteurs, du lycée à l’enseignement supérieur, et exige la construction d’un langage commun qui soit au service de l’étudiant : il convient de fabriquer (en continu) le projet professionnel de l’étudiant. Dans ce contexte, la possibilité de réorientation judicieuse est essentielle et la cohérence entre les différents acteurs du conseil et de l’orientation est primordiale.


ACTIONS •M  ettre en place des rentrées décalées (stages, alternance) pour les étudiants en situation d’échec, de février à mai et/ou de juin à septembre. • Soutenir et étendre les missions de l’observatoire régional de la vie étudiante ORPEA (cf. 4.3.3 Soutenir l’observatoire régional de la vie étudiante en Aquitaine). • Créer un lieu de concertation (plate-forme d’orientation) entre lycée et université, en s’appuyant sur le rapprochement entre ONISEP et SCUIO.

4.3.3 : O  bjectif 11 : Assurer la qualité de vie étudiante La réussite des étudiants implique un environnement de qualité et une offre de services répondant à la diversité de leurs attentes et de leurs besoins. Cette analyse est partagée par la Région et l’ensemble des collectivités, à commencer par les villes et les agglomérations, qui accueillent des étudiants. Les liens entre ville et campus, la mutualisation ou l’accès à des

équipements… sont autant d’enjeux qui s’intègrent dans une réflexion globale sur le mieux vivre ensemble. Être un territoire « apprenant  » suppose que s’établissent des flux d’échanges réguliers entre les différents acteurs. Ces flux seront d’autant plus riches que de multiples activités communes seront conçues et proposées.

Levier 37 - Soutenir l’observatoire régional de la vie étudiante en Aquitaine La mise en place d’une action cohérente pour répondre aux besoins des étudiants passe par une meilleure connaissance de ces besoins et un suivi des niveaux de satisfaction par rapport aux réponses apportées. La concertation organisée lors de la préparation de ce schéma a permis de constater que cet objectif est partagé par l’ensemble des acteurs : «  mieux connaître la population étudiante pour mieux répondre à ses besoins ». La France s’est dotée en 1989 d’un organisme de recherche ad hoc, l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), qui a organisé tous les trois ans, entre 1994 et 2010, une grande enquête nationale sur tous les aspects de la vie étudiante : cadres et techniques d’études, emploi du temps, opinions sur les établissements d’enseignement, dépenses, activités rémunérées et autres ressources, degré d’indépendance et d’autonomie, logement, santé, mobilité internationale, loisirs, pratiques culturelles, etc. La Région entend soutenir un observatoire régional de la vie étudiante à caractère partenarial. Les activités de cet observatoire régional porteront sur 2 volets : les profils des étudiants et leurs conditions de vie.

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Il s’agit donc d’étendre les missions de l’Observatoire Régional des Parcours étudiants Aquitains (ORPEA) ; il faudra faire le lien avec l’enseignement secondaire en se rapprochant d’Aquitaine Cap Métiers, qui assure les missions de Carif-Oref (Centre d’Animation, de Ressources, et d’Information sur la Formation - Observatoire Régional de l’Emploi et de la Formation) pour l’Aquitaine, et travailler sur les parcours du secondaire vers le supérieur.

ACTIONS •É  tendre les missions de l’ORPEA pour qu’il tende vers un Observatoire Régional de la Vie Étudiante. • Favoriser les remontées d’informations des sites aquitains via les conseils consultatifs de site. • Soutenir les enquêtes sur les conditions de vie des étudiants aquitains.

Levier 38 - A  méliorer l’accès à l’université via les dispositifs d’accompagnement

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Les conséquences, notamment financières, d’un éventuel échec pèsent, en amont, sur l’évaluation des choix d’orientation opérés par les étudiants et leurs familles. Or, la qualité de la vie étudiante est une composante du bien-être qui influe sur la capacité à faire face aux difficultés rencontrées pendant le cursus académique. L’université pourrait donc être victime d’une perte d’attractivité alors même qu’elle mettrait en œuvre des solutions aptes à pallier l’échec en premier cycle ; un objectif de justice impose donc de faire connaître les dispositifs d’accompagnement individuels offerts aux étudiants. En effet, des enquêtes réalisées par des observatoires régionaux de la vie étudiante (ORESIPE en Alsace sur les bacheliers 2009, CASSIOPEE sur l’Université de Montpellier 2 à la rentrée universitaire 2009) démontrent en particulier que, pour déterminer leur choix universitaire, les étudiants ont recours en priorité à des renseignements obtenus auprès de leurs proches et de leurs familles (entre 50 et 60 % des étudiants ont cité cette source) alors que pratiquement la totalité d’entre eux a également consulté Internet. À titre de possible modèle d’action, le conseil et l’accompagnement sont généralement présents dès l’arrivée des élèves en école d’ingénieurs, sous la forme d’un tutorat ; ceci existe également dans certaines licences avec un système d’enseignant « référent » en L1 : un élève et un enseignant attitrés assurent l’accueil ainsi qu’un suivi au cours de la première année. Cela suppose que soient identifiés des tuteurs d’accompagnement/d’accueil des nouveaux étudiants, quelles que soient la provenance ou la nature des besoins de ceux-ci : étudiant « lambda », ou en difficulté financière, handicapé, originaire de l’outre-mer français, étranger… Les modalités d’accès à l’enseignement supérieur des personnes en situation de handicap est un bon révélateur, à destination de tous les publics, des questions à


traiter de façon individuelle. Le dispositif d’admission post-bac ne permet pas, en effet, de signaler une situation de handicap. Une politique ambitieuse doit favoriser l’accès à l’enseignement supérieur des enfants des classes sociales qui pourraient s’en estimer exclus. Cette politique conduit notamment à poser les questions du salariat étudiant et de la précarité, voire celle de la misère sociale, et à engager des actions adaptées, y compris en ce qui concerne la pédagogie. C’est l’ensemble des secteurs de la vie étudiante qui est concerné, depuis le logement jusqu’à l’offre d’emplois sur le campus. A ce titre, le Pack Rentrée étudiant, proposé au 4.1.1 Lutter contre les inégalités sociales, intègre, globalement, le coût d’une rentrée universitaire.

ACTIONS •A  ider à la réalisation d’enquêtes annuelles sur les néo-bacheliers permettant de compléter les connaissances sur la motivation des choix et les difficultés d’accès à l’université en Aquitaine, en partenariat avec le Rectorat et l’Observatoire régional de la vie étudiante. • Inciter à une exploitation des données statistiques permettant une détection des problèmes susceptibles d’être résolus par l’accompagnement, sur la base d’une collaboration entre l’ensemble des secteurs concernés : éducation, enseignement supérieur, formation professionnelle et jeunesse. • Inciter les enseignants chercheurs à se former à la connaissance, à la compréhension et à la prise en charge des handicaps, et rendre leur enseignement « individuellement accessible à tous ». • Inciter à identifier des tuteurs d’accompagnement/d’accueil des étudiants. • Encadrer l’emploi étudiant et le valoriser dans le parcours universitaire ; il convient d’y adapter le calendrier des enseignements. •F  avoriser le retour aux études de ceux qui ont quitté l’enseignement supérieur sans diplôme mais auxquels il ne manque qu’une ou deux unités d’enseignement pour valider leur cursus. • Soutenir la création d’épiceries sociales et solidaires.

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Levier 39 - A  méliorer l’accueil de l’étudiant Qu’il soit virtuel dans un premier temps ou réel dans un second temps, l’accueil de l’étudiant au sein de l’université permet de rassu rer l’étudiant et son entourage, notamment familial ; il fait partie de la réussite de l’étudiant, et, pour certains, conditionne la possibilité de départ du cocon familial. Au cours des ateliers consacrés au thème de la vie étudiante ainsi que de ceux organisés sur les 6 sites aquitains, l’accueil étudiant a été au cœur des demandes. L’étudiant et sa famille doivent pouvoir « entrer » à l’université. Virtuellement, cela pourrait se matérialiser par un portail web et une application pour Smartphone dédiés à la présentation de l’Université d’Aquitaine et de ses membres, de ses sites et de ses services, en 3D. Lorsque celui-ci n’existe pas, il faudra créer un bâtiment emblématique qui établisse le seuil d’entrée de l’Université. Généralement, les universités accueillent leurs nouveaux étudiants lors de leur arrivée, mais uniquement en début d’année et pour les services directement liés à l’inscription universitaire, laissant ainsi de côté ceux qui arrivent en cours d’année ou l’été. L’Université Bordeaux 1, par exemple, a mis en place un Bureau de la Vie étudiante (BVE).

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Il est important que l’université soit « ouverte » aux étudiants arrivants, et ce, tout au long de l’année et en dehors des horaires de cours. L’accueil individuel, et non en groupe, est primordial ; il représente un point de départ déterminant pour la réussite future. Il existe aujourd’hui, parfois, un lieu d’accueil au moment de la rentrée universitaire. Le choix du lieu est également décisif pour sa fréquentation : une Permanence étudiant Aquitaine, en tant que guichet unique, représenterait un lieu physique bien identifiable. Il convient aussi d’y intégrer tous les aspects du bien être : logement, transport, alimentation et restauration, vie associative, activités culturelles et sportives, santé, accompagnement social, stages et emplois offerts sur le campus. Il serait opportun de faire gérer ce lieu par les étudiants. En effet, un étudiant de deuxième année connaît parfaitement les difficultés rencontrées par son jeune collègue. Le CROUS sera un partenaire précieux.

ACTIONS •C  réer un portail web et une application pour Smartphone « Accueil de l’Université d’Aquitaine » et de ses membres orientés vers les étudiants et leurs familles. • Matérialiser physiquement le seuil d’entrée de l’Université. • Créer une Permanence étudiant Aquitaine à Bordeaux, à titre expérimental dans un premier temps, le pérenniser et en étendre les horaires et les services proposés.


Levier 40 - Favoriser la pratique d’activités culturelles et sportives L’offre d’activités culturelles mérite d’être étoffée. Pour ce faire, un travail collaboratif associant le CROUS, les universités (établissements culturels…) ainsi que les communes d’accueil permettra d’enrichir la réflexion, de valoriser les initiatives et de mutualiser les moyens disponibles, en particulier les lieux de rencontres et d’activités : cinéma, hall d’exposition, salle de conférence… Il convient d’ouvrir l’université sur la ville et la ville sur l’université : l’étudiant est à la fois un vecteur et un acteur : sa présence représente un atout et une ressource pour le développement culturel de son territoire d’implantation. En matière d’activités sportives, les étudiants ont souligné lors des ateliers le grand nombre d’équipements accessibles, mais ont déploré l’absence de services annexes (casiers, vestiaires, douches…). Leur offrir de tels services, répartis sur l’ensemble des campus, favorisera la pratique d’activités sportives. A ce titre, un certain nombre d’actions, favorisant la pratique des activités sportives et augmentant les possibilités d’accès à des activités culturelles, sont présentes dans l’Opération Campus, soutenue par la Région Aquitaine.

ACTIONS •A  ider à la création et à la rénovation de lieux de rencontres culturelles, en relation avec le CROUS et les communes d’accueil. • Améliorer les installations des équipements sportifs et leur répartition sur l’ensemble des campus (casiers, vestiaires, douches…).

Levier 41 - S  usciter et accompagner l’initiative étudiante Il convient, dans le cadre d’une aide, de permettre la mise en place d’initiatives étudiantes mais non de les diriger. Celles-ci peuvent revêtir un caractère individuel, comme trouver des financements, ou un caractère collectif, comme organiser un évènement culturel. On peut envisager d’aider à la mise en place de telles actions en mettant à disposition des locaux avec une infrastructure de base ainsi que quelques fonds de développement dédiés aux initiatives ; il s’agit de faciliter l’investissement associatif par l’engagement étudiant, formateur de citoyenneté. Ces initiatives peuvent notamment s’inspirer de concepts tels que les «  tiers-lieux  », qui constituent des espaces de travail, des lieux moteurs de la créativité sociale, économique et culturelle et qui peuvent devenir des points d’ancrage de la vie communautaire. En plus de répondre à des besoins concrets, l’initiative étudiante peut compor-

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ter un rôle formateur à des fins d’organisation et d’animation de nouvelles formes d’études et de vie associative en milieu universitaire, L’encouragement apporté à de telles initiatives pourrait prendre la forme de prix venant reconnaître l’originalité, la pertinence et l’utilité de l’engagement de telles actions.

ACTIONS •A  ider les actions et les initiatives étudiantes à caractère collectif en mettant à disposition des locaux ainsi que quelques fonds de lancement. • Contribuer à offrir les outils de base permettant le développement des initiatives étudiantes. •S  outenir et encourager les initiatives étudiantes via des prix récompensant leur originalité, leur pertinence et leur utilité.

4.3.4 : Objectif 12 : Renforcer les écosystèmes locaux

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Les concertations ont également confirmé le manque de synergie entre les différents acteurs du monde socio-économique et le monde académique, parfois même une méconnaissance mutuelle, y compris dans des domaines d’activité et de localisations proches (alors qu’elles peuvent être proches d’un point de vue géographique). L’idée est de réaliser des diagnostics territoriaux de la ressource locale en

matière de recherche et du potentiel d’innovation (entreprises) avec les acteurs du territoire (laboratoires, IUT, Aquitaine développement innovation, chambres consulaires, conseils de développement, clusters, pôles de compétitivité,…) ; elle est aussi de renforcer les conditions de dynamisme et d’interconnexion de systèmes locaux de transfert de technologie et d’innovation (via des plateformes technologiques notamment).

Levier 42 - Améliorer la lisibilité de l’offre de recherche et son accès par les territoires Pour favoriser les échanges entre l’ensemble des acteurs du territoire, il est nécessaire de définir un langage commun. Même s’il paraît illusoire que chaque laboratoire ou organisme de recherche puisse vulgariser sa communication scientifique vers l’ensemble des acteurs du territoire, en tenant compte en particulier des besoins de chacun des acteurs industriels, il est nécessaire de converger vers un langage compréhensible par une majorité. De plus, l’ensemble des travaux de recherche des acteurs académiques de la Région devra être « accessible » ; il faudra que les recherches soient présentées sous l’angle de ce qu’elles peuvent amener de « pratique », d’appliqué ; Aquitaine Développement Innovation, associée à l’Université régionale, jouera un rôle fédérateur prépondérant.


ACTIONS •D  éterminer un langage de recherche commun à l’ensemble des acteurs du territoire aquitain. • Soutenir la création de pages web recherche, par laboratoire ou organisme de recherche, dont l’objet est de communiquer vers l’ensemble des acteurs du territoire.

Levier 43 - Réaliser des diagnostics territoriaux de la ressource locale en matière de recherche et de potentiel d’innovation avec les acteurs du territoire communication entre entreprises et enseignement supérieur (for La mation et recherche) passent par des acteurs locaux. L’idée est de se focaliser sur les bassins d’emplois locaux, et donc en lien avec des entreprises implantées, connues et reconnues ; il faut développer et anticiper les évolutions du marché en s’appuyant, notamment, sur l’expérience et la connaissance « terrain » des chambres consulaires, telles les Chambres de Métiers et de l’Artisanat départementales et les Chambres de Commerce et d’Industrie locales ainsi que les moyens de l’Agence de Développement de l’Innovation, de par leurs implantations locales ou territoriales. Les Chambres de Commerce et d’Industrie Territoriales (CCIT) ont, notamment, pour attributions spécifiques, et avec les moyens budgétaires et en personnels nécessaires à leur bon accomplissement, la création et la gestion d’un fichier des entreprises de leur circonscription et de bases de données économiques nécessaires à leurs missions, et la création et la gestion d’établissements de formation. Pour alimenter les conseils consultatifs (voir plus haut), et mener de véritables stratégies de coopération, il apparaît nécessaire de réaliser des diagnostics des entreprises ainsi que des laboratoires, IUT, BTS, chambres consulaires, conseils de développement, clusters, pôles de compétitivité, de façon à connaître leurs potentiels réels et mobilisables au-delà des capacités théoriques. Ce travail s’inscrit dans la durée et est à adapter en fonction des évolutions du contexte. La création d’une cartographie des recherches à l’aide d’outils du web 2.0 et des outils de communauté virtuelle, pourra alors être envisagée.

ACTIONS •S  ur la base des bassins d’emplois, identifier les sites sur lesquels développer des plateformes technologies multi-usages, • Réaliser des diagnostics de la ressource locale en matière de recherche et de potentiel d’innovation, et les tenir à jour.

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Levier 44 - D  évelopper et connecter des systèmes locaux de transfert de technologie, d’innovation, d’enseignement et de recherche Le rapprochement des besoins des entreprises avec les compétences établissements d’enseignement supérieur et de recherche des passe la plupart du temps par l’existence de tiers lieux, conçus comme des systèmes, locaux et interconnectés. Les plateformes technologiques ad hoc, ou pré existantes pour des formations professionnelles (IUT, BTS, Master Pro) ont fait leurs preuves, sous des réalités différentes mais avec, en commun, le développement et le maintient du lien « formés  »/acteurs socio-économiques/ chercheurs ; que ce soit en Aquitaine (par exemple à Mont-de-Marsan avec la plate-forme technologique Aquitaine Bois qui permet, en particulier, la collaboration d’entreprises et de laboratoires de recherche sur des prestations d’essais, de recherche et développement, de certification et de veille technologique), en Espagne (par exemple à Saint Sébastien avec Tecnalia qui est « devenu un centre qui attire les gens qui veulent développer leur créativité et les organisations (réseaux) désireux d’interagir et de co-produire des connaissances  », amène des contrats avec des chercheurs étrangers, et l’accompagnement international des industries locales, licences, propriété intellectuelle), ou en Allemagne (avec les Fraunhofer qui s’engagent dans une recherche appliquée d’une utilité directe à l’entreprise privée et publique ainsi qu’à l’ensemble de la société.

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Il s’agit de développer des plateformes multi-usages (enseignement, recherche, innovation), sur l’ensemble des territoires aquitains. Pour chacun des acteurs, la mutualisation des moyens représente une économie d’échelle ; de plus, ces plateformes sont un lieu d’échanges sur des sujets communs. Il faut également connecter les plateformes locales entres elles, et avec les écosystèmes régionaux. Le Conseil régional peut aider à constituer des réseaux ; Aquitaine développement innovation pourrait animer la réflexion stratégique régionale qui se nourrit elle-même des réflexions portées par les sites. Il faut imaginer une communication pour porter ces actions à la connaissance de l’ensemble des acteurs concernés.

ACTIONS •A  ider à développer des plateformes multi-usages (enseignement, recherche, et innovation), lors de leur création et/ou au cours de leur évolution. • Connecter les plateformes locales entres elles, et avec les écosystèmes régionaux, en aidant à constituer des réseaux. •F  avoriser la communication sur le développement des systèmes locaux de transfert de technologie et d’innovation.


Sigles et acronymes AEN : Aquitaine Euskadi Navarra AERES : A  gence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur ANR : Agence Nationale de la Recherche BNSA : Banque Numérique du Savoir Aquitain CAE : Conseil d’analyse économique CCRRDT : C  omité Consultatif Régional pour la Recherche et le Développement Technologique CCSTI : Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle CDEFI : Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieurs CPGE : Classes préparatoires aux grandes écoles CRA : Conseil régional d’Aquitaine CROUS : Centre Régional des Œuvres Universitaires et Sociales DATAR : D  élégation interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale ECA : Entrepreneuriat Campus Aquitaine ENAP : École nationale d’administration pénitentiaire EPIC : établissements Public à Caractère Industriel et Commercial ESC : École supérieure de commerce ETP : Emploi Temps Plein IEP : Institut d’Études Politiques IFSI : Institut de formation en soins infirmiers INRS : Institut National de la Recherche Scientifique IPB : Institut Polytechnique de Bordeaux IPREM : Institut Pluridisciplinaire de Recherche sur l’Environnement et sur les Matériaux IUFM : Institut universitaire de formation des maîtres IUT : Institut universitaire de technologie NUB : Nouvelle Université de Bordeaux PRDFP : Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles SRDE : Schéma Régional de Développement Économique SRESRI : S  chéma Régional de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l’Innovation STS : Section de Technicien Supérieur UPPA : Université de Pau et des Pays de l’Adour UPV : Universidad del País Vasco/Université du Pays Basque


Profile for Région Aquitaine

Schéma régional de l'Enseignement supérieur de la Recherche et de l'Innovation  

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