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BARRANQUILLA TERRE DE CRÉATION La magie du réel

BARRANQUILLA TERRE DE CRÉATION LA MAGIE DU RÉEL

JESÚS DAVID PERTUZ RICARDO

DIRECTEURS D’ÉTUDES: GÉRARD CHARCOSSET & LÉO LEGENDRE ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D’ARCHITECTURE DE PARIS VAL DE SEINE 2013-2014

Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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SOMMAIRE

AVANT-PROPOS 5 INTRODUCTION 11 CONTEXTE DU PROJET 15 D'UNE VISION GLOBALE À UNE VISION LOCALE 15 INTRODUCTION À LA CULTURE COLOMBIENNE 17 CULTURE ET NATURE 17 HISTOIRE DE BARRANQUILLA 26 SYNTHÈSE 43 SITUATION GÉOGRAPHIQUE 44 ANALYSE URBAINE 48 CONSTATS 48 SYNTHÈSE 52 ZONE DE RÉFLEXION 56 ANALYSE URBAINE DU SITE 57 SYNTHÈSE 64 OBJECTIFS ET INTENTIONS GÉNÉRALES 71 DIMENSIONS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE 72 INTENTIONS DE PROJET 74 BIBLIOGRAPHIE 88

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AVANT-PROPOS

Ce projet de fin d’études est, entre autres, une opportunité d’exprimer mes préoccupations personnelles, mes intérêts, mes questionnements, mais aussi de prendre une position face à la réalité des problématiques complexes de nos villes latino-américaines. En tant que Colombien, je suis spécialement sensible à ce sujet. La manière dont nous avons conçu et bâti les villes en Colombie dans les dernières décennies, les mécanismes de gestion du territoire mis en place et les autres problèmes internes de sécurité et violence sont quelques facteurs qui ont favorisé l’émergence des actuelles problématiques urbaines telles que les bidonvilles, le transport public chaotique, la pauvreté, la fracture sociale et la dégradation de l’environnement. Par exemple, dans la période comprise entre 1946 à 1958 connue sous le nom de la Violence, plus de deux millions de personnes ont été dépouillés de leurs territoires. Ils ont été obligés de les céder à cause d’un nouveau modèle agro-industriel.1 Les années 80 ont été caractérisées par un modèle économique exclusif auquel s’est ajoué un conflit armé interne, le narcotrafic et la violence généralisée qui ont entraîné le déplacement de milliers de personnes vers les centres urbains. La lutte pour le contrôle des territoires dédiés aux cultures illicites a aussi causé les déplacements d’agriculteurs et de groupes indigènes. Entre 4,9 et 5,1 millions de déplacés au cours de l’histoire récente du pays ont fait de la Colombie le premier pays au monde en terme de déplacés internes, d’après le chiffre le plus récent publié en 2012 par l’IDMC (Internal Displacement Monitoring Center). Les centres urbains comme Bogotá, Medellín, Cali ou Barranquilla sont des grands réceptacles de déplacés aggravant les niveaux de chômage, de pauvreté et le nombre de colonies marginales. À Bogotá, d’ailleurs, de nombreux déplacés sont venus directement alimenter les zones de pauvreté situées au sud de la capitale, sur les collines dans le secteur connu sous le nom de Ciudad Bolívar avec une population de près de 2 millions d’habitants. La situation est la même à Medellín, les déplacés ne pouvant pas se payer un hôtel ou un logement, sont allé directement dans les quartiers défavorisés, installés de manière illégale, connus sous le nom de « Comunas », sur les collines qui entourent la ville. Ayant étudié le phénomène des bidonvilles en Amérique latine pour mon mémoire de licence à la fin de la troisième année, spécialement les cas de Rio de Janeiro et de Bogotá, j’ai constaté que ce phénomène, entre autres facteurs, a favorisé l’augmentation de la pauvreté dans les zones urbaines, la croissance de la délinquance et de l’insécurité, agravant l’écart sur le plan des conditions de vie des différentes populations urbaines. En Amérique Latine, 180 millions de personnes habitent dans des conditions précaires d’après l’ONG Un Techo Para mi País (un toit pour mon pays). Les conditions de vie dans ces bidonvilles latino-américains sont presque les mêmes, quel que soit le pays où ils se trouvent. Tous les bidonvilles, quelle que soit leur extension, leur densité et l’origine de leurs habitants, partagent les mêmes niveaux de précarité et les mêmes besoins de base non satisfaits. Ils se caractérisent tous par une densité de population élevée, l’absence d’eau potable et de services de base. D’après la CEPAL (sigles en espagnol pour Commission Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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économique pour l’Amérique Latine et La Caraïbe), « la plupart de ces populations habitent dans des conditions inadéquates. » Cependant, dans les 15 dernières années, Bogotá a fait l’objet des plusieurs renaissances urbaines. Elles sont le résultat d’une volonté politique de lutter contre la ségrégation sociale, économique et physique dues aux migrations à grande échelle, déjà mentionnées précédemment. De la même manière, « Medellin, urbanismo social », l’exposition dédiée à Medellín au Pavillon de l’Arsenal à Paris en décembre 2011, détaille cette transformation amorcée dans le quartier de Santo Domingo, l’un des plus pauvres et des plus violents de la ville et le premier à bénéficier de la méthode dite du « projet urbain intégral ». Ce système, répété depuis à d’autres secteurs, permet non seulement d’apporter les services publics de base aux habitants mais génère aussi de nouvelles opportunités pour l’éducation ou la création de commerces. L’importance donnée à la création simultanée de moyens de transport innovants offre aux habitants les plus défavorisés l’accès au centre-ville jusqu’alors interdit. En 9 ans, la ville entière s’est métamorphosée : le Metrocable est devenu, outre un moyen de transport au service de l’inclusion urbaine, un objet de curiosité pour les touristes, la bibliothèque d’Espagne un symbole de la place primordiale accordée à l’éducation et les espaces publics des lieux propices à la vie sociale. Enfin, je pense qu’avoir découvert, à travers mon mémoire, que l’architecture et plus précisément les architectes, notamment dans les pays du Sud, peuvent dans certain cas transformer la vie des populations défavorisées, m’a motivé à chercher une thématique répondant aux problèmes particuliers de ma ville natale, Barranquilla. Mais ce n’est pas seulement mon étude sur les bidonvilles latino-américains qui m’a conduit vers la définition du sujet. Multiples ont été les chemins qui m’ont amené à m’interroger et à définir mon sujet de PFE. D’abord, pendant mon séjour en tant qu’étudiant en échange à l’Université de Kansas, aux États-Unis, dans le cadre d’un enseignement appelé « Revitalisation des quartiers et des communautés » j’ai étudié différents mécanismes et stratégies afin d’analyser, concevoir et développer des projets urbains visant la revitalisation des quartiers américains défavorisés. De la même manière, dans le même cadre, à la suite d’un cours appelée « Théorie des villes », j’ai étudié l’évolution urbaine et architecturale de Barranquilla, afin de comprendre comment les conditions historiques, sociales, politiques, culturelles et économiques ont aidé à son développement urbain, me donnant une vision et une compréhension plus claires des problèmes actuels de cette ville. J’ai ainsi appris qu’à Barranquilla, à part l’habitat informel, un des problèmes majeurs concerne l’invasion de l’espace public dans le quartier historique qui est à la fois le centre commercial, culturel et administratif de la ville. À cause de cette concentration d’équipements, de services et d’une gestion publique inefficace Jesús David Pertuz Ricardo

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de la part d’une classe politique corrompue, le centre est devenu très chaotique et surpeuplé. L’espace public a été envahi par des commerçants informels et le patrimoine architectural s’est vite dégradé à cause des usages inappropriés et d’une totale absence d’entretien et surtout de politiques de protection du patrimoine inapplicables. A la suite de cette préoccupation pour la récupération et mise en valeur du patrimoine architectural du centre-ville, j’ai développé mon mémoire de Master dans lequel j’ai traité la question de l’avenir du Bâtiment de la Caja Agraria de Barranquilla, classé patrimoine national, vis-à-vis d’un projet d’aménagement urbain qui envisageait sa démolition. Cet intérêt de comprendre les enjeux concernant le développement urbain en Amérique Latine, en Colombie et plus spécialement dans ma ville natale à travers l’étude des problématiques contemporaines architecturales et urbaines a été une constante pendant mes années d’études. C’est à partir de cette préoccupation très personnelle et d’une sensibilité particulière au sujet de ma ville que ce projet de fin d’études émerge. Et c’est justement l’aspect social des interventions urbaines et architecturales qui m’intéresse comme stratégie d’amélioration de la qualité de vie des populations les plus défavorisées. D’une autre part, pendant l’été 2012, j’ai eu l’occasion de faire mon stage de cinquième année au Bureau Culture, Patrimoine et Tourisme de Barranquilla dans lequel j’ai travaillé sur la conception des différents espaces culturels afin de soutenir les politiques de la ville qui visent à faire de la culture un moyen d’intégration. Cette expérience m’a permis de connaître de près les préoccupations et les questionnements du gouvernement local concernant les espaces culturels ainsi que les projets et/ou leurs intentions de créer et d’aménager plus d’équipements culturels dans la ville, comme la reconquête du château de l’Alboraya, la construction du siège de l’Ecole d’Art du district, la construction d’une bibliothèque publique dans le parc Arroyo de la Victoria, entre autres. C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à réfléchir sur la possibilité de faire mon PFE sur la base des intentions du gouvernement local. Il était évident que la programmation que je souhaitais développer était, d’un côté, d’apporter une réponse aux intentions de la Mairie regroupées autour du thème de la culture. Étant donné que le Parc de la Victoria avait était suggéré comme site pour le projet de la Bibliothèque, j’ai tout de suite envisagé, de l’autre côté, d’étudier l’hypothèse de sa réhabilitation. D’où l’autre thème central de mon PFE, la nature. Les intentions de projet de la Mairie de Barranquilla m’ont aidé à concevoir et développer un programme qui répondait à cette demande, mais ayant voulu aller plus loin, je me suis intéressé également aux problèmes et/ou besoins de la ville afin de donner une réponse plus pertinente et plus en rapport avec la réalité des habitants. À partir du moment où j’ai décidé de concevoir un lieu dédié à l’expression culturelle populaire dans Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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un espace naturel, l’une des premières intentions était de concevoir une architecture qui représenterait la culture du pays, du territoire et de la ville. Une architecture liée à une programmation qui serait une conséquence ou un continuum de modes de vie, d’un ensemble d’habitudes partagées (historiques et contemporaines), de modes de concevoir, de voir, et d’expérimenter le monde. Un des premiers questionnements a donc été : qu’est-ce qu’est la culture colombienne? Comment s’exprime-t-elle ? Quelles sont ses racines? Ce questionnement m’a amené à observer et constater qu’il n’existe pas une seule culture colombienne, mais qu’il existe une multiplicité d’expressions culturelles au sein du territoire, en raison de différences géographiques et historiques. Ce qui reste commun c’est le fait qu’un mélange des culture indigène, africaine et européenne ont influencé les arts, les modes de vie, les croyances, les coutumes et les codes sociaux des différentes populations colombiennes. Dans ce rapport on essayera de répondre à ces questions dans le but de developper un projet d’architecture interessant et pertinant.

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“Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Bendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d’une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d’une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques.” Cent ans de solitude Gabriel García Márquez

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INTRODUCTION

Afin de comprendre la pertinence des choix thématiques et de la programmation à développer dans mon PFE, il est nécessaire de comprendre la situation actuelle de la ville: les enjeux, les problématiques urbaines particulières , les potentiels de développement et la place de la culture dans la société. À cette fin, j’expose une courte introduction à la ville de Barranquilla en mettant en relief ses principaux défis ainsi que sa place dans le contexte socio-économique de la Colombie. En suite, je dévéloppe une analyse urbaine à des échèlles différentes afin de de justifier le choix du site et d’en identifier des problématiques et des potentialités. Puis, j’expose les objetifs généraux et les stratégies programmatiques à implementer afin de répondre aux problématiques du site énoncés préalablement et afin de maximiser ses potentialités. Des images de références culturelles, naturelles, artistiques et architecturales sont incluses à la fin de chaque chapitre afin de donner au lecteur un aperçu des sources d’inspirations qui ont nourri ce projet.

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IMAGES DE RÉFÉRENCE ART

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CONTEXTE DU PROJET

Dans ce chapitre nous allons contextualiser le projet en fonction de la culture, l’histoire et la géographie du site d’étude qui nous concerne, afin de mieux comprendre la démarche suivi dans ce PFE.

D'UNE VISION GLOBALE À UNE VISION LOCALE Introduction à la situation de Barranquilla dans son contexte régional.

S’il existe de réelles préoccupations concernant les villes contemporaines qui sont partagées de manière globale, il est aussi évident que les problèmes ne sont pas toujours les mêmes. Chaque dimension est abordée de manière différente selon les priorités, besoins, et conditions contextuelles du territoire. En Amérique latine, par exemple, les problèmes les plus importants auxquels la plupart des villes font face sont l’urbanisation accélérée et la pauvreté. Mais aussi la ségrégation spatiale, l’accès à un logement digne, la sécurité, la pauvreté, la gestion des eaux, le transport et la pollution, entre autres. Dans le cas particulier de la Colombie, et tel qu’on le verra plus tard dans ce rapport, le défi le plus important concerne la dimension sociale. D’une manière générale, la Colombie témoigne d’une transformation économique depuis plusieurs années : les politiques économiques de cette dernière décennie ont favorisé une croissance annuelle de 4,5 %, d’après le Président Juan Manuel Santos. Du point de vue environnemental, le pays a fait le choix d’une production d’énergie renouvelable, plus de 65 % de l’énergie produite dans le pays provient d’une forte infrastructure hydroélectrique1. La Colombie est le pays le plus biodivers au monde par mètre carré.2 Malgré ces avancés en matière économique et environnementale, la répartition de la richesse n’est pas encore équitable. La pauvreté est visible et frappante dans les régions rurales et dans certains quartiers informels des grandes villes. En Colombie, on compte une population de 14,66 millions qui vit sous le seuil de pauvreté, c’est qui équivaut à 32,33 %, d’après Jorge Bustamante directeur du DANE.3 À Barranquilla plus précisément, cette population représente 30,4 %4. Les défis et les problématiques auxquels la ville fait face restent encore nombreux et importants. Les inégalités sociales telles que l’accès à une éducation de qualité, l’accès à la culture, aux services publics, l’égalité des chances, la sécurité, 1 ESMAP, 2007. Review of Policy Framework for Increased Reliance on Renewable Energy in Colombia. In press (En anglais) 2 Chaves, M.E. y Santamaría, M. (eds). 2006. Informe Nacional sobre el Avance en el Conocimiento y la Información de la Biodiversidad 1998-2004. Instituto de Investigación en Recursos Biológicos Alexander von Humboldt. Bogotá D.C. Colombia. 2 Tomos. 3 EL ESPECTADOR. Medición de la población pobre [En ligne](consulté le 08 janvier 2014) 4 DANE. Informe Pobreza y desigualdad 2012-2013. [En ligne](consulté le 08 janvier 2014)

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l’emploi, l’accès à un logement digne et les conditions climatiques sont comptés parmi les défis les plus importants. Barranquilla est la principale ville colombienne sur la côte nord. En raison de sa position géographique privilégiée, à l’embouchure du fleuve Magdalena (l’artère fluviale la plus importante du pays) sur la mer des Caraïbes et à sa vocation commerciale est industrielle, c’est le pôle logistique le plus important du pays. Aujourd’hui, la ville acquiert dans toute la région un statut d’exemple en matière de développement dans plusieurs domaines, tels que le développement des infrastructures, la pertinence des derniers modèles de gestion publique, notamment pour ce qui concerne le système de santé, les avancées en termes d’éducation, de loisirs et d’autres services sociaux pour les plus défavorisés, se positionnant ainsi en tant que cible idéale pour les investisseurs étrangers, d’après le FDI (Financial Division Intelligence). Afin d’assurer le développement durable de la ville, le BID (Banque Interaméricaine de Développement) a inscrit Barranquilla dans son programme de villes émergentes, durables et compétitives. L’objectif étant d’éviter ou de minimiser les problèmes socio-économiques et environnementaux liés au développement urbain accéléré et constatés dans d’autres villes latino-américaines comme Caracas, São Paulo, Bogotá ou Buenos Aires, à l’aide d’un accompagnement technique et financier permettant l’identification des projets stratégiques d’intérêt national vis-à-vis des Traités de Libre Commerce en vigueur et ceux en cours de négociation. D’autre part, en 2013, Barranquilla a été choisie comme Capitale américaine de la Culture, nomination qui valide et consolide les processus culturels de la ville et l’intention politique de faire de la culture un facteur de cohésion, d’intégration et de développement social et économique. Si la ville envisage un développement sans précédent, il faut agir de manière à ce qu’il soit viable, équitable et vivable. C’est dans ce cadre-là que cette proposition de projet s’inscrit, notamment dans les dimensions sociales et environnementales sans oublier les opportunités de développement économique possibles.

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INTRODUCTION À LA CULTURE COLOMBIENNE Pour tenter de définir la culture colombienne, nous allons aborder maintenant la question des relations entre nature et culture, spécifiques de la culture colombienne et héritées des populations autochtones puis nous exposerons les généralités de la culture colombienne, ses origines, ses particularités, ses modes d’expression, pour enfin aboutir à une description des caractéristiques de la culture de Barranquilla. Quelques précisions Afin de comprendre les enjeux et les thématiques traités dans ce PFE, il est indispensable de décrire la spécificité culturelle de la Colombie ainsi que son rapport particulier à la nature. Il est primordial également de préciser ce cadre culturel afin de saisir les notions et concepts qui sont à la base de cette recherche. À ce propos, nous allons exposer les concepts occidentaux de nature et de culture et leur évolution que nous mettrons en perspective avec ces mêmes termes tels que les entendent les populations indigènes amérindiennes, notamment celles de la cote caraïbe colombienne. Nous verrons, dans une deuxième partie, quelques généralités sur la culture colombienne, sa genèse, son évolution, ses influences, sa diversité et ses modes d’expression, pour finir par la présentation des généralités et des points singuliers de la culture de Barranquilla.

CULTURE ET NATURE La culture en tant que concept renvoie à un regroupement de notions. Il concerne un certain nombre de sujets (la place de l’homme dans la nature, la civilisation et le progrès, les arts et les traditions, etc.). Dans les sociétés occidentales, la nature et la culture sont des concepts dichotomiques, en référence à une longue tradition philosophique. Tout ce qui est créé par l’homme ou qui porte une trace du travail humain appartient donc à la culture, tandis que ce qui se fait tout seul est naturel. Dans Physis, Aristote définit la nature comme ce qui est à l’origine de son propre mouvement. Dans ce sens-là, la nature s’oppose à la culture, car elle désigne le produit de l’action humaine. De la même manière, on parle de civilisation comme synonyme de culture mettant en avant les institutions, les normes et les lois. Cette idée de civilisation suggère un mouvement continu de l’humanité vers plus de connaissance. On serait donc ainsi plus ou moins civilisé selon les continents et les époques. Les sociétés dites « primitives » seraient moins civilisées, donc moins cultivées, que la société industrielle la plus performante. Cette idée est largement remise en cause aujourd’hui. Aucune société n’est en avance

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ni en retard. Lévi-Strauss et la plupart des philosophes et ethnologues préfèrent désormais parler de « cultures » au pluriel. D’un autre côté, cette distinction entre nature et culture n’est pas opératoire chez tous les peuples, notamment les peuples indigènes, et pour beaucoup d’entre eux les limites entre ces deux concepts restent indéfinies. Être « naturel » peut signifier autre chose que « non culturel ». Nous parlons aujourd’hui, sans paradoxe, d’une anthropologie de la nature. Cette anthropologie qui est fière de ne pas être dualiste, rejette l’alternative entre naturalisme et culturalisme, la coupure entre la nature et la culture, la signalant comme un préjugé culturel occidental. « Beaucoup de sociétés dites primitives, écrit Philippe Descola, nous invitent à le surmonter ; ils n’ont jamais rêvé que les frontières de l’humanité s’arrêtaient aux portes de l’espèce humaine ; eux, ils n’hésitent pas à inviter au concert de leur vie sociale aux plus modestes des plantes, aux plus petits des animaux ». Ainsi, à partir de maintenant, nous devons penser la nature et les êtres qui la composent comme des fonctions de la culture et intégrer dans les objets de l’anthropologie, à côté de l’être humain, « toute cette communauté vivante, rattachée depuis longtemps et reléguée à une fonction d’environnement ». 5 Suivant cette nouvelle approche plus complexe du rapport des cultures humaines avec leur environnement naturel, on trouve dans les rituels et traditions des Kogis (peuple amérindien de Colombie) par exemple, un rapport très fort et très sensible à la Terre. Ils se sentent « gardiens de la Terre » qu’ils considèrent et traitent comme « sacrée ». Ils sont capables de sentir d’après eux les lieux où la Terre est « vivante » et ceux où elle est morte. Les Indiens Kogis s’occupent de garder le sommet de la plus haute chaîne côtière mondiale : la Sierra Nevada, située au nord-est de la Colombie. Selon eux, cette chaîne constitue un lieu magique, car, étant un être vivant et se trouvant au centre de l’univers, elle est reliée grâce à des lignes noires invisibles à d’autres endroits sacrés en Colombie. Cette population a un rapport plus symbiotique avec la nature, très différent des Occidentaux. D’ailleurs, la base de leur économie est l’agriculture vivrière. C’est une agriculture essentiellement tournée vers l’autoconsommation et l’économie de subsistance. La production n’est destinée ni à l’industrie agroalimentaire ni à être exportée. Elle est en grande partie autoconsommée par les indigènes eux-mêmes et les communautés voisines. Ce savoir traditionnel, naguère décrié au nom de la modernité, tend à être de plus en plus valorisé. La FAO (Organisation de Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation) estime ainsi que sa perte risquerait de faire disparaître 30 % de la biodiversité génétique animale.6 Enfin, dans le cadre de cette étude, on parlera de la culture entendue comme l’ensemble cohérent des constructions imaginaires, des structures mentales et des modes de production propres à chaque com5 DESCOLA, Philipe. Par delà nature et culture, Gallimard, 2005 6 EDDA, Tandi Lwoga, NGULUBE Patrick, STILWELL Christine, « Managing indigenous knowledge for sustainable agricultural development in developing countries: Knowledge management approaches in the social context », in The International Information & Library Review, vol. 42, no 3, septembre 2010, p. 174-185.

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munauté ainsi que tous les moyens d’expression artistique traditionnels autochtones dits folkloriques, indissociables de la notion de nature. Non seulement nous allons être amenés à nous y référer, mais encore, nous allons essayer de développer le projet autour de ce concept.

LA CULTURE COLOMBIENNE Une culture ou une multiplicité des cultures? Ce qu’on appelle culture colombienne est une série de manifestations qui font partie du style de vie commune qui caractérise les habitants du pays. C’est un produit du mélange racial entre les indigènes américains, les blancs européens, spécialement ceux provenant d’Espagne et les Africains amenés par les conquistadores. Divers aspects de la culture remontent à la culture de l’Espagne du XVI siècle et sa rencontre avec les civilisations indigènes précolombiennes telles que les Muiscas et Tayronas. En effet, à partir de l’époque précolombienne, on trouve déjà les premières manifestations de la culture colombienne dont on préserve encore les restes : la culture Muisca, sous forme de céramiques, de verres et des petites statues, la culture Quimbaya (orfèvrerie), créatrice d’un véritable trésor de dimension funéraire conservée dans le Musée de l’Or à Bogotá, et la culture Tayrona avec ses grands villages, ses terrasses cultivables, ses escaliers grimpant sur la Sierra Nevada de Santa Marta. Après l’arrivée des Espagnols, qui ont apporté le Catholicisme, les esclaves africains, le système d’encomienda féodal et le système de castes, la population indigène a été rapidement réduite. Aujourd’hui, seulement 3,4 % de Colombiens vie et s’identifie en tant qu’indigène. Néanmoins, beaucoup d’éléments de la culture indigène restent présents dans la cuisine, la musique, le folklore et la langue des habitants. Généralement, les cas d’unions illégitimes entre les Espagnoles et les Africains et/ou indigènes ont donné naissance à de nouveaux groupes ethnoraciaux, nommés de diverses manières dérivées du système des castes, tel que mulato et moreno. En revanche, les noirs et les indigènes colombiens se sont mixés pour former les sambos, un nouveau groupe dans la société. Après l’indépendance de l’Espagne, les criollos (les descendants des Européens nés dans le territoire colombien) ont lutté pour établir un système politique pluraliste, entre idéaux conservateurs et libéraux. Pendant cette période il était normal pour les blancs européens de se marier avec un frère ou une sœur, un cousin ou une cousine proche afin de garder leur patrimoine dans la famille. L’introduction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et l’abolition de l’esclavage (en 1850) ont favorisé la fin des tensions ségrégationnistes entre les races. Ce mélange a favorisé une fusion de cultures. La conséquence étant un pays multi-ethnique et multiculBarranquilla, terre de création. La magie du réel.

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Peinture de mestizos à la fin du XVIIIe siècle ou début du XIXe siècle. Auteur inconnu. Oil on canvas, 38x53 cm. Collección Malu y Alejandra Escandon, Ciudad de México

Auteur inconnu. De negro y española sale mulato. Oil on canvas, 38x53 cm. Collección Malu y Alejandra Escandon, Ciudad de México

Auteur inconnu. De negro e india sale lobo. Oil on canvas, 38x53 cm. Collección Malu y Alejandra Escandon, Ciudad de México

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turel. Dans la Région andine, par exemple, prédomine l’héritage indigène et européen tandis que la Région Caraïbe se caractérise par un mélange européen, indigène et africain. La région qui s’étend le long de la côte Pacifique se caractérise par la présence des cultures noires et indigènes pures. Cette variété des cultures favorise la richesse dans les arts et les traditions exprimée aussi bien dans l’artisanat comme dans l’architecture ou dans le cinéma et la photographie, en passant par la musique, la danse, la littérature, la peinture et la sculpture. D’après le DANE (Département Administratif National de Statistiques), environ quatre-vingts groupes différents d’autochtones peuplent la Colombie pour un total approximatif de 3 % de la population du pays. Ils contribuent à la diversité ethnique du pays. Cette population se trouve surtout à l’ouest du département du Cauca, au sud de la Colombie. La plus grande diversité ethnique est localisée dans la région de lAmazonie, qui comprend les départements de Vaupés, Amazonas, Putumayo, Guainía, Caquetá et Guaviare. Les peuples indigènes parlent 64 langues et 300 formes de dialectes. Les droits territoriaux des peuples indigènes sont reconnus sur environ 24,5 % du territoire national. Ces peuples, parlant de nombreux dialectes et langues, représentent une grande richesse culturelle avec, en outre, l’apport de croyances particulières. Leur autonomie est cependant menacée car n’est pas prise en compte réellement leur participation citoyenne dans les prises de décision, seulement sur le papier, leur diversité culturelle et la garantie du maintien des services publics. Il y a aussi dans le territoire plus de quatre millions d’afro-descendants et la population de métis se situe entre 49 % et 58 % de la population totale du pays. Quant aux blancs, le DANE estime un pourcentage de 25 % à 37 % de la population 7 Cette convergence de cultures représente aussi la genèse de la culture de Barranquilla. Si elle n’en a jamais été une, Barranquilla est située entre deux villes coloniales : Cartagena des Indes et Santa Marta. Mise à part la convergence entre les cultures déjà mentionnée plus haut, Barranquilla va recevoir à partir du XX siècle d’autres influences étrangères. Après la période coloniale, la Colombie n’a pas reçu un flux important d’immigrants, sauf dans le cas de Barranquilla, déjà constituée en tant que ville portuaire dès le début du XX siècle. De petits groupes d’Américains, de Libanais, d’Italiens, d’Allemands, de Hollandais, de Français, de Syriens, de Palestiniens et de Chinois vont s’installer dans la ville et participer activement à son développement industriel et culturel. Cette dernière influence deviendra évidente dans la gastronomie, l’architecture et la musique.

Folklore L’expression de la culture d’un peuple est souvent appelée Folklore. Elle implique l’artisanat, les danses, les coutumes, les contes, les légendes, les mythes, la musique, les proverbes, les croyances populaires, incorporés dans les arts et les traditions populaires d’une culture, d’une sous-culture ou d’un groupe. 7 DANE (2007) « La población étnica y el Censo General 2005 » ; Colombia: una nación multicultural. Su diversidad étnica, p. 38.

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Festivals, fêtes et foires La Colombie perpétue ses mythes et ses légendes lors de nombreux festivals et carnavals. Parmi les plus connus, il y a le Carnaval de Barranquilla (inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO) où plusieurs créatures magnifiques défilent dans les rues de la ville. Les masques de taureaux, faits en bois avec de vraies cornes, sont un des emblèmes de la fête avec les masques de Caïmans. Les carnavals sont accompagnés en musique par des Porro (bandas), fanfares de cuivre dont les compositions musicales sont essentiellement tournées vers le rythme et la danse. Parmi d’autres fêtes colombiennes importantes, citons la foire de Cali fin décembre, le carnaval de Blancos y Negros à Pasto (Nariño) qui est aussi inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO, et la foire des fleurs à Medellín. Beaucoup d’autres personnages mythiques captivent la population, que ce soit la Tunda ou l’homme caïman, moitié homme-moitié caïman. Ces personnages légendaires sont acceptés dans la culture populaire et demeurent dans la mémoire collective des habitants. La légende de l’homme caïman par exemple, raconte l’histoire d’un pêcheur qui aimait regarder les femmes lorsqu’elles descendaient se baigner nues dans le fleuve Magdalena. Pour éviter d’être vu, cet homme rendit visite à un sorcier de la Guajira qui lui donna deux potions magiques : une rouge qui lui permettait de se convertir temporairement en caïman et une autre blanche qui lui faisait récupérer sa condition humaine. Selon la légende, Saul le pêcheur a profité pendant quelque temps de cette situation jusqu’au jour où l’ami qui lui mettait la potion blanche n’a pas pu l’accompagner. En revanche, il s’est fait accompagner par un autre ami, lequel, en voyant le caïman se rapprocher de lui, a eu peur en croyant que c’en était un vrai, faisant tomber le récipient par terre avec son précieux liquide. Quelques gouttes de la potion blanche sont tombées sur la tête du caïman laissant le reste de son corps en forme de caïman. La légende raconte que sa mère, la seule personne à vouloir le revoir, venait tous les soirs pour le consoler et le nourrir avec son repas préféré : du manioc avec du fromage et du pain imbibé de rhum. Sa mère mourut de tristesse, n’ayant jamais pu rencontrer le sorcier afin de lui demander encore de la potion magique car celui-ci était mort. Lorsque sa mère mourut, l’homme caïman, seul et triste se laissa emporter par le fleuve jusqu’à Bocas de Ceniza, l’embouchure du fleuve Magdalena, à la hauteur de Barranquilla. Depuis, tous les pêcheurs de la zone l’attendent pour le chasser dans le fleuve ou dans les marais au bord de la rivière. Cette légende a pour origine Plato, village de pêcheurs sur le bord du fleuve Magdalena, Barranquilla étant la destination finale du héros. Une autre légende très populaire et beaucoup plus célèbre conte l’histoire du chef d’une tribu sud-américaine qui, s’étant couvert de poudre d’or, aurait plongé dans l’eau pure du lac sacré de Guatavita pour offrir ses trésors à la déesse du lac. Ce chef, selon le mythe de l’El Dorado, serait ainsi devenu le roi en or. Jesús David Pertuz Ricardo

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Arts et traditions populaires Musique folklorique Quelques éléments multiculturels sont présents dans le quotidien des habitants, notamment dans la musique avec la Cumbia , exemple le plus parlant des ces trois influences. La Cumbia est le rythme musical et la danse la plus importante et représentative de la Colombie. D’autres rythmes musicaux importants sont la Puya (La puya loca), el Jalao (la estera), el Garabato (Te olvidé), el Cumbión, el Chandé, el Porro, la Gaita, el Bullerengue, el Merecumbé, el Vallenato y el Pajarito. La présence des éléments multiculturels dans la Cumbia, par exemple, peut être appréciée de la manière suivante : Dans les instruments on y retrouve des tambours africains ; les maracas, le guache, les flûtes et les gaitas sont d’origine indigène, tandis que les chants sont un apport de la poétique espagnole, adaptée évidemment par la suite. La danse caractérisée par des mouvements élégants, séducteurs, galants provient de la danse africaine. Mais encore, le mouvement court et rythmé des pieds renvoie à l’image de la marche des esclaves enchaînés. Les costumes ont des traits clairement espagnols. De très longues jupes, des dentelles, les coiffures et un maquillage soutenu chez les femmes. Chemise et pantalon blanc, châle rouge autour du cou, et un chapeau chez les hommes. Mis à part la Cumbia, d’autres danses sont aussi traditionnelles telle que le Garabato, le Congo, le Mapalé et Son de Negro ; les danses de relation, comme celle du caïman, les coyongos, los goleros, las pilanderas y celle du Paloteo ; et les danses spéciales telles que les Diablos, le Gusano, les Farotas. Parmi les troupes de danse les plus représentatives du carnaval se trouvent les marimondas, les monocucos et les toritos. Les enfants chantent des chants et des rondes telles que La Marisela et Los bollos de mi cazuela. Le Festival d’Orchestres du Carnaval de Barranquilla, lequel se tient le lundi de Carnaval, est une compétition musicale dans laquelle participent les plus importants orchestres nationaux et internationaux dans différentes catégories et genres musicaux tels que les folkloriques, la salsa, le merengue et le vallenato. Les gagnants reçoivent le Congo de Oro. Il est important de signaler d’autres événements culturels populaires tels que la verbena. C’est une soirée organisée dans les quartiers populaires, animées par le picó (Pick up) des énormes enceintes peintes avec de motifs brillants et colorés. Barranquilla est désormais le foyer de nombreux évènements culturels tels que des expositions d’art, des ateliers de littérature, des journées de poésie, des conférences sur des thèmes philosophiques, des danses et des concerts. Environ neuf-cents événements culturels ont lieu à Barranquilla au cours de l’année. Les plus importants sont énumérés à continuation : Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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Barranquijazz. Événement musical dans lequel participent des figures internationales du Jazz. Le Carnaval des arts. Événement culturel qui a lieu depuis 2007 quelques jours avant le carnaval dans lequel participent des intellectuels, des écrivains, des réalisateurs de cinéma, des musiciens et d’autres artistes de renommée nationale et internationale. Saveur Barranquilla. Événement gastronomique international qui se tient annuellement depuis 2008. Foire artisanale et Folklorique. Exposition et vente permanente d’artisanat située sur le côté oriental du stade Romelio Martinez. Foire du Jouet. Grande vente des jouets pendant tous le mois de décembre dans le parc Cimetière Universal. Festival Internacional de Cuenteros El Caribe Cuenta. Événement international dédié à l’humeur et aux contes, célébré annuellement au mois d’août, organisé par la Fondation Luneta 50. Plataforma K. Événement annuel de mode organisé par la Chambre de commerce de Barranquilla, célébré en mars dans l’Universidad del Norte. PoeMaRío. Festival international de poésie. Il est célébré annuellement entre juillet et septembre. Salon d’artistes du caraïbe. Organisé annuellement par la chambre de commerce de Barranquilla, ayant comme objectif l’encouragement et promotion des valeurs créatives des nouvelles figures des arts plastiques dans le caraïbe Colombien. Miche Rock Festival. Événement de rock sponsorisé par le Bureau de Culture de Barranquilla. La culture est promue par le Bureau de la culture et du tourisme du district de Barranquilla, sous l’égide de la mairie. Participent à la promotion de la culture : le centre culturel Cayena de l’Universidad del Norte, la Faculté des Beaux-Arts de l’Universidad del Atlántico, le centre culturel de Comfamiliar, la Fondation du Carnaval de Barranquilla, la Banque de la République de Colombie, l’Alliance franco-colombienne, ainsi que les universités, collèges et associations culturelles de la ville. Pour mieux comprendre les singularités de la culture de Barranquilla que nous venons de décrire, nous allons par la suite, aborder son histoire. À travers cette étude, nous essaierons d’identifier les éléments historiques qui ont façonné la culture de Barranquilla lui donnant une identité particulière ainsi qu’un caractère singulier à ses habitants.

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“L’aguador marchand d’eau à Barranquilla”. E. Riou, design based on a sketch of the author Engraving. 12 x 15.9 cm, white and black Dans: Picturesque Geography of Colombia. Lithography Arco, Bogotá, 1984.

“Une rue à Barranquilla”. Voyage d’Edouard André (1875-1876) Engraving. 12 x 15.9 cm, white and black Dans: Picturesque Geography of Colombia. Lithography Arco, Bogotá, 1984.

“Farmers from Galapa” Engraving. 12 x 15.9 cm, white and black Dans: Picturesque Geography of Colombia. Lithography Arco, Bogotá, 1984.

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HISTOIRE DE BARRANQUILLA La reconstruction du passé

L’étude de l’histoire de Barranquilla, à part d’être un moyen pour mieux comprendre la culture, est aussi indispensable afin de comprendre les enjeux urbains et la condition actuelle de la ville. Il est aussi fondamental dans la construction du projet car il permet d’extraire des symboles, des analogies et des éléments afin de les utiliser en tant qu’éléments conceptuels du projet.

LES PREMIERS ÉTABLISSEMENTS HUMAINS PRÉ-HISPANICS Les premiers établissements du nord de l’Amérique du Sud se sont faits sur la côte nord et dans les plaines, sur les berges des rivières. Il y a une présence humaine ancienne dans le territoire où Barranquilla s’est formée. Reichel Dolmatoff présente des dates entre 3100 et 3500 av. C. dans les amas de « Puerto Hormiga » et « Monsu » dans le « Canal du Dique » entre 600 et 1500 av. J.-C.. C. Dans le « marais Momil » et sur le site de « Barlovento » près de Cartagena. De là, la population a continué à peupler les zones interfluviales et les hautes terres. Carlos Angulo Valdés a montré que la culture « Malambo », originaire de la région des Caraïbes, dans l’actuel département de l’Atlantique, remonte à 1130 av. C.

AVANT LA COLONIE Contrairement à ce que la plupart des gens pourraient penser, Barranquilla n’a pas été fondée par les Espagnols, comme c’est le cas de Santa Marta , Cartagena de Indias ou Bogota, mais par contre, elle a été formée spontanément dans le milieu du XVIe siècle sur le bord d’un ancien marais parallèle à la rive ouest de la rivière Magdalena près de son embouchure, par la conjonction d’un établissement indigène et d’autres regroupements d’indigènes sous domination espagnole. La première colonie humaine connue à cet endroit correspond aux Indigènes Kamash. Une population d’environ 60 personnes disparues en raison de l’extermination indigène par les Européens, pendant l’époque coloniale. Les études archéologiques du début du siècle dernier, à partir d’un constat accidentel lors d’une fouille pour le tramway dans la région maintenant connue sous le nom de Barrio Abajo , a révélé leurs coutumes et modes de vie. Apparemment, les Kamash avaient comme principales activités : la pêche, la pêche aux coquillages, la fabrication de filets, la fabrication de tissus et le commerce avec d’autres tribus de la région. Leur modèle de distribution dans le territoire suggérait un modèle urbain dispersé, comme preuve les vestiges de maisons et des tombes localisées dans d’autres parties de la ville. Personne ne sait exactement pourquoi les Kamash ont choisi ce site pour s’installer. Ce fait reflète probablement les conditions géographiques, sa proximité avec le fleuve, qui certes pourrait garantir la survie de la population. Pendant ce temps, le site a été tout simplement connu comme le site des indigènes Camacho, ou tout simplement camash.

COLONIE. Le développement urbain spontané. La première mention sur le site de Barranquilla a été écrite par Gonzalo Fernandez d’Oviedo y Valdes dans lequel il raconte les chroniques de Pedro de Heredia, fondateur de Cartagena. Dans cette chronique, le journaliste mentionne que Pedro de Heredia, au mois de mars 1533, a quitté le site des Indiens de Jesús David Pertuz Ricardo

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Edward Walhouse Mark. Église de Barranquilla. St. Nicholas de Tolentino. 1844. Watercolour on gray paper. 12. 5 x 17 cms.

Le Paseo Colon, ancienne Calle Ancha, 1880. José Ramón Vergara, Fernando E. Baena. Barranquilla, its past and present. Lithography Arco, Barranquilla, 1999.

Paseo Bolivar, Centre commercial de la Barranquilla ancienne. Au fond, Le disparu bâtiment Palma.

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Galapa et s’est ensuite rendu à la grande rivière, où il est resté une nuit dans un canot- couchette occupé par les marchands indiens. Il affirme que c’étaient les Indiens qui venaient de l’Encomienda de Santa Marta. Ils ont traversé la rivière pour commercialiser leurs crevettes séchées, du sel et d’autres choses. On croit que c’est à ce même lieu que, des années plus tard, ils construisirent leurs maisons au bord des marais appelés « Sabanitas de Camacho. » Cet aspect marchand a joué un rôle important dans le développement urbain de Barranquilla où les premiers habitants se réunissaient autour de leurs activités commerciales. Ce qui a commencé comme un simple lieu d’échange est devenu un établissement permanent. Les Indiens ont décidé de s’installer sur ce site, qui représentait déjà à l’époque, la croisée des chemins commerciaux la plus importante de la région. Un autre aspect important du développement spontané de cette ville remonte à la troisième décennie du XIXe siècle, lorsque les zones entourant la rivière ont commencé à se peupler en raison des subventions accordées par la couronne espagnole. Dans le cas de Barranquilla, la couronne a offert des terres à Don Nicolas de Barros en 1626, qui construisit un ranch appelé « San Nicolas ». Puis il lui attribua le nom de « Barrancas de San Nicolás », mais étant de petite taille, il fut rebaptisé Barranquilla de San Nicolas (Barranquilla étant le diminutif de Barrancas) En 1629, bien que n’ayant pas une très grande population, ils ont convenu de s’implanter en traçant des rues et des blocs. Cette date a été reconnue comme la date de fondation de la ville de Barranquilla, selon la tradition orale qui établit 1629 comme l’année où les agriculteurs Galapa se sont installés à Barranquilla. La tradition raconte qu’ils se sont déplacés pour occuper le territoire qui correspond aujourd’hui à la zone urbaine de la ville, connue à l’époque comme « Barrancas de San Nicolas ». Cependant, au milieu du XIXe siècle, les premières remises en question sur les origines de la ville sont apparues, l’une d’elles de la part de Domingo Malabet qui doutait de cette version, considérée comme une légende que les gens ont continué à répéter encore et encore, mais sans qu’on n’ait jamais trouvé aucune preuve documentaire permettant de crédibiliser cette histoire supposée. Historiquement, on accorde une plus grande vraisemblance au fait que durant les années 1620, les étés longs, caractéristiques de la région, ont laissé la population de Galapa sans eau et ont desséché les pâturages, poussant le bétail des natifs à chercher instinctivement le chemin vers l’eau et l’herbe. Les gens, en suivant leur bétail, ont été contraints de construire des cabanes et des chalets sur le site appelé plus tard « Sabanitas de Camacho . » (On pourrait dire qu’aujourd’hui cela correspond au site de Las Flores, Via 40 SIAPE et les environs). Pendant l’époque coloniale, la région a été successivement connue comme le Site des Indiens de Camacho ou site de Camacho, Sabanitas de Camacho, San Nicolas de Barranquilla, Barrancas de Camacho, Barrancas de San Nicolas, Barranquilla de Camacho et Barranquilla de San Nicolas. Selon le recensement de 1778, la population de Barranquilla avait à peine 2676 habitants. Compte tenu de son développement spontané ne résultant pas d’un passé colonial, son importance administrative, en Jesús David Pertuz Ricardo

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tant que port de défense et centre militaire pour la province de Cartagena, était mineure. En raison de ces circonstances, ce site a été un point de passage pour les trafiquants et commerçants qui s’ancraient dans la baie près du village de Sabanilla pour expédier leurs marchandises par la Magdalena dans le royaume (intérieur du pays), constituant un casse-tête pour les autorités provinciales de transit. Si le régime espagnol avait continué, l’évolution de Barranquilla n’aurait probablement pas été aussi brillante, mais la République a fait un chemin sans égal. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la ville n’a pas vraiment eu l’importance qu’elle méritait, peut-être en raison de son progrès parcimonieux et modeste, mais plus tard, quand elle commença à profiter de sa position stratégique à l’embouchure du Rio Grande de la Magdalena et sur la côte de la mer des Caraïbes, elle présent de nombreux progrès par rapport à d’autres villes qui étaient alors plus développées. D’un point de vue architectural, la ville ne dispose pas de bâtiments de style colonial,en raison de ses conditions historiques et de son développement spontané. Cependant, il y a une riche histoire de l’architecture depuis le XXe siècle dont nous allons parler ci-dessous.

INDÉPENDANCE 1810 — 1823 Dans l’État de Cartagena, formé en 1811, le capitan Aguerra est chargé de garder la limite nord de la rivière qui marque la frontière avec la province de Santa Marta, site où il place ses forces militaires afin de protéger le trafic fluvial. Au Sud, Mompox, port principal du pays sur la Magdalena et deuxième plus grande ville de l’État, complétait la protection de la frontière de la rivière. Telle était la défense de Barranquilla au moment de la guerre d’indépendance en 1813. Le 7 avril, date qui a été institutionnalisée ultérieurement comme le jour de Barranquilla, Manuel Rodriguez Torices, gouverneur - président de la Communauté indépendante de Cartagena, l’a élevé au statut de « villa », capitale du département de Barlovento. Statut qui lui permettait de bénéficier d’un supplément d’armes, de pouvoir élire le conseil municipal et le maire, ainsi que d’autres privilèges. Bien que sévèrement réprimée par les troupes de maintien de la paix qui brûlèrent les terre en 1815, la petite ville de Barranquilla, une fois atteint l’indépendance, allait commencer un développement inégalable, sans équivalent ailleurs dans le pays. Barranquilla était le centre des opérations militaires des républicains entre 1820 et 1821. Le dernier bastion espagnol de Cartagena de Indias, capitale à l’époque de l’État souverain de Bolívar auquel appartenait Barranquilla, fut expulsé le 10 octobre 1821.

DÉBUT DU XIX SIÈCLE La trame urbaine suit l’installation spontanée des habitants. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de traces des fondations de grille coloniale. De même, il n’y pas eu de place centrale, laquelle fait également partie du modèle urbain colonial. Cependant, il y avait la place de l’église de San Nicolas de Tolentino , patron de la ville, située sur la Calle Ancha. En 1824, Don Nicolas achète un terrain de 30 mètres de côté en bordure du marais, dans le but de construire une place publique où il pourrait disposer ses marchandises amenées dans des canots provenant de différentes parties de la région. Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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“Gare de Barranquilla, ville principale de bas magdalena.” André Édouard Dessin du même autor. Engraving. 11.8 x 15.7 cm, white and black Dans: Picturesque Geography of Colombia. Lithography Arco, Bogotá, 1984.

“Gare de Montoya Station, poin de depart du la voieferrée Sabanilla-Barranquilla ouverte en 1871, construite par Railway and Pier Company.

Maison ancienne dans le quartier “Abajo”

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Au cours de cette période, Barranquilla s’est developpée en demi-cercles concentriques à partir du centre original, la ferme de San Nicolas, point de départ des trois routes principales menant l’une à Sabanilla, la baie où était le port, une autre vers Baranoa et Galapa et la troisième à Soledad et Malambo. Cette dernière passait à la hauteur de Sabanalarga en direction de Cartagena. Les rues, plus ou moins perpendiculaires au marais furent baptisées de noms évocateurs et reliées entre elles par d’autres ruelles étroites appelées « calles ». Les actes notariés de 1830 et 1840, et d’autres, parlent de la rue principale « Calle Real » et de la « Soledad » (maintenant Calle 17). Sur la plus importante, « Calle Ancha » (maintenant Paseo Bolivar), dans laquelle les notables avaient leurs maisons, a été édifiée la première église, Saint-Nicolas de Tolentino, la plus grande de la ville jusqu’à la construction de la cathédrale dans les années soixante-dix au siècle dernier. La ville s’est construite à partir de deux quartiers : les premiers habitants aux alentours des églises de San Nicolas et San Roque étaient des entrepreneurs étrangers venus s’installer dans la ville. Dans une des rues vivaient des membres importants de la communauté Séfarade, raison pour laquelle cette rue se serait appelée la rue des Juifs. Comparée au reste du pays, la région de la Caraïbe, organisée depuis quelques années à partir du grand département de Magdalena — composée des anciennes provinces de Cartagena, Santa Marta et Riohacha — a subi une baisse de sa population, laquelle peut être attribuée en grande partie à la destruction de Cartagena en tant que centre de pouvoir. Alors qu’en 1778, la région était la troisième entité territoriale avec 22 % de la population totale de la vice-royauté, elle est passée en 1851 à la quatrième place et même si, en chiffres absolus, la population s’est accrue, sa proportion dans l’ensemble du pays a chuté à 13 %. Non seulement en raison des pertes humaines au cours des guerres d’indépendance, mais aussi en raison de son rythme de croissance, lequel a été plus lent que dans les autres régions. Ce fait peut être associé à des conditions de pauvreté et d’opportunités économiques limitées qui prévalaient après l’indépendance, favorisant la migration vers d’autres régions. Barranquilla fut cependant une exception. Compte tenu de sa condition de port fluvial et maritime, la ville a attiré des groupes d’immigrants, aussi bien des nationaux que des étrangers (des Anglais, des Français, des juifs américains et des juifs séfarades de nationalité néerlandaise, danoise ou allemande). Ces immigrants ont favorisé la croissance des élites locales et encouragé un développement industriel sans précédent, plaçant à Barranquilla, à la fin du XIXe siècle, comme la troisième plus grande ville après Bogota et Medellín. De 5359 habitants en 1835, elle est passée à 40.111 en 1905, comparé à Cartagena et à Santa Marta avec 9681 et 9586 habitants respectivement. Cependant, la plupart des gens n’étaient pas riches. Leurs maisons étaient généralement une unité sans étage, construites avec des toits de chaume et d’adobe, située sur des lots plus larges, ce qui impliquait l’existence de grands jardins à l’arrière, plantés avec des arbres d’ombrage et des plantes de la région : des courges, des corozos, de la goyave, du citron, des épices comme l’achiote et des plantes médicinales Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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comme la mélisse et les fleurs de bourrache lesquelles n’ont pas besoin d’arrosages constants. Des poules et d’autres volailles étaient accompagnées de singes malicieux, attachés à la taille avec une ceinture ou une ficelle à un piquet afin qu’ils ne s’échappent pas. Sans compter le perroquet bavard, un ara coloré ou encore quelques tortues morrocoyas. Les douanes et le contrôle social ne sont pas aussi rigides que dans d’autres endroits en raison de la faible présence de l’Église. La ville avait une paroisse dépendant du diocèse de Cartagena, dirigée par un prêtre octogénaire, le Père Antonio Maria Muniz, qui avait peu d’influence sur ses paroissiens. Les modèles de comportement semblaient plus calqués sur le comportement des dirigeants civils que régis par les normes de l’église. Les premiers quartiers de la ville correspondent au centre historique actuel (composé du centre commercial, des bureaux du marché public et des quartiers de San Roque, Abajo et le Rosario) ; au quartier Abajo del Rio (au nord du centre, connu simplement comme « Barrio Abajo ») ; et au quartier Arriba del Rio (au sud, correspondant à l’actuel San Roque et Rebolo). Dans le quartier dit « Abajo », on peut encore trouver quelques maisons primitives faites de boue et d’un toit de chaume. Il est également un épicentre des activités du carnaval. À San Roque, on peut voir les maisons abandonnées des familles riches, et à Rebolo des maisons populaires anciennes et modernes. Comme il n’y a pas de richesse minérale naturelle dans l’espace géographique de Barranquilla, la ville n’a jamais été un site attractif justifiant la présence permanente des Espagnols. Son importance ne se manifeste pas avant la seconde moitié du XIXe siècle, avec la mise en concession de la navigation sur le fleuve Magdalena au citoyen allemand Juan Bernardo Elbers par le Libertador au début de la Grande Colombie en 1823. Cette voie fut ouverte le 10 novembre 1825. Le 23 février 1849, le président Tomás Cipriano de Mosquera, par la loi du 1er juillet 1842, institue la baie de Sabanilla comme port pour le commerce d’exportation. Un bureau de la douane est installé alors dans l’actuel château de Salgar, nécessaire à la mise en service de Sabanilla. Par la Loi n° 20 de mars 1852, le Congrès de la province de Nouvelle-Grenade réunit les cantons de Barranquilla, Soledad et Sabanalarga, appartenant à la province de Cartagena, et déclare la fondation de la province de Sabanilla, avec Barranquilla comme capitale. Au début des États-Unis de la Colombie, l’importance commerciale croissante de Barranquilla favorise la construction du chemin de fer Bolivar, entre 1869 et 1871, le premier chemin de fer de l’actuelle République de Colombie, entre Barranquilla et Sabanilla (Salgar) et situé à la douane. En raison de la profondeur de l’eau, il était nécessaire de prolonger le chemin de fer jusqu’à Puerto Colombia, où l’ingénieur cubain Francisco Javier Cisneros construisit l’un des plus longs docks du monde à l’époque (deuxième seulement après celui de Southampton en Angleterre). Jesús David Pertuz Ricardo

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LA PÉRIODE RÉPUBLICAINE Au cours de cette période, en raison de la politique et du contexte économique du pays et de la ville, il y a eu une série de projets qui correspondent à une nouvelle ère de liberté et de développement. Dans l’histoire de l’architecture en Colombie, le soi-disant « style » républicain correspond en réalité à la période qui commence en 1819, date de la fin de l’indépendance du pays, jusque vers 1930, au cours de laquelle la ville rassemble différents styles comme le néo-classique, le baroque tardif espagnol et le néoméditerranéen. Depuis le début du XXe siècle, les bâtiments de style néoclassiques ont été particulièrement bien accueillis à Barranquilla. Parmi les bâtiments néoclassiques exceptionnels nous pouvons citer l’Institut de La Salle, Villa Heraldo , la région autonome Société de l’Atlantique (ancienne résidence de l’écrivain Álvaro Cepeda Samudio), la résidence d’Ezéchiel Rosado , la maison funéraire « Jardin du Souvenir », le bâtiment restauré de la douane, l’ancienne Banque commerciale de Barranquilla, l’ancien siège de la Banque Dugand et Perlal, principalement dans le quartier de El Prado et dans le centre historique. D’autres bâtiments républicains dignes d’être signalés sont l’Hôtel El Prado (néo-méditerranéen), la Faculté des Beaux-Arts de l’Universidad del Atlántico, Collège de l’Atlantique et le bâtiment de l’Intendance fluviale. La Douane Construite en 1919 par l’architecte britannique Leslie Arbouin , la douane a été l’épicentre de l’économie dans la période de croissance du système de transport et des activités portuaires fluviales. Aux environs se trouvaient un certain nombre d’équipements qui ont soutenu cette activité : le port courant de la rivière, le terminal ferroviaire reliant le port, les équipements douaniers, des entrepôts, des bureaux pour l’administration. Il est resté le centre de l’activité économique locale jusqu’à l’ouverture de Bocas de Ceniza, le déplacement du site du terminal portuaire et la baisse de la navigation fluviale lorsque la région a décliné à la fin des années 30. Dans les dernières décennies du XIXe siècle, Barranquilla connaît une série d’avancées représentées par la fondation de la Société de l’aqueduc en 1877, la mise en service en 1884 du tramway tiré par des mules, l’installation des premiers téléphones de Colombie le 1er septembre 1885 et, la même année, la fondation, par le citoyen américain William Ladd, de la première société de services de téléphonie privée en Colombie, la Compagnie de téléphone Colombian-West Indian Co.. C’est à ce moment-là que la ville prend plus d’importance économique en raison de sa prospérité commerciale et de sa position géographique stratégique, devenant ainsi le premier port maritime et fluvial en Colombie. À la fin du XIXe siècle, est créée en 1886 l’actuelle République de Colombie et Barranquilla devient l’un des 34 nouveaux départements, comprenant les provinces de Barranquilla et Sabanalarga. Pendant ce temps, la ville s’impose comme le principal port de la Colombie et suit la voie du progrès avec la mise en service du tramway à vapeur en 1890. Les marchandises étaient transportées par chemin de fer depuis Puerto Colombia jusqu’à Barranquilla, puis par la rivière à l’intérieur du pays.

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Ancien bâtiment de la Douane. Aujourd’hui il accueille la bibliohèque Pilote des Caraibes.

XXe SIÈCLE En fonction de l’avancement de la ville et de son essor économique, le 28 juin 1905, s’établit la Chambre de commerce de Barranquilla. Le 7 septembre 1909 est présenté au Congrès le projet de loi reconnaissant l’ouverture de Bocas Ceniza comme une nécessité nationale. En décembre 1912 , à Barranquilla a lieu le premier vol d’un avion en Colombie, réalisé par le pilote canadien George Schmitt. Le 10 décembre 1919 est créé la première compagnie aérienne commerciale réussie dans les Amériques et la seconde dans le monde, Scadta, qui deviendra des années plus tard Avianca. En juin 1919, le pilote américain William Knox Martin et l’industriel Mario Santo Domingo inaugurent le courrier aérien en Colombie avec un vol entre Barranquilla et Puerto Colombia , où Santo Domingo remet le sac de courrier. En raison de son statut de port fluvial et maritime, connectant l’intérieur et l’extérieur, la ville est devenue, de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’aux premières décennies du XXe, l’une des villes les plus cosmopolites et multiculturelles de Colombie et une importante entrée dans le pays d’immigrés étrangers tels que des Syriens, des Palestiniens, des Libanais, des Français, des Allemands, des Juifs, des Américains, des Italiens, des Chinois et des Japonais, entre autres, s’installant dans la ville, contribuant au développeJesús David Pertuz Ricardo

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ment de l’industrie et à la transformation de Barranquilla en ville moderne. Dans ce contexte, le bureau de Salgar est déplacé à Barranquilla et l’on construit le bâtiment de l’administration douanière de Barranquilla entre 1919 et 1921. Sous le dynamisme économique, la force entrepreneuriale de la ville ainsi que le fait d’être un point d’entrée de milliers d’immigrants et de nombreuses avancées comme l’aviation, la ville reçoit du président Marco Fidel Suarez le titre de Porte dorée de la République. En 1925 , les Entreprises Publiques de Barranquilla sont les premiers à être fondées dans le pays. La distribution d’eau par l’aqueduc, construit en 1929, était initialement, en 1931, de 11 500 maisons sur un total de 14 000 et, en 1938, elle était de 18 050 foyers. 80 % des logements avaient l’eau potable, tandis que, la même année, la proportion de logements alimentés en eau potable était de 59 % à Bogota, 57,3 % à Medellín, 74,8 % à Cali, 21,4 % à Cartagena et 36,2 % àSanta Marta . En 1927 , la société d’électricité de Barranquilla desservait les besoins de 10 300 logements, soit l’équivalent de 74 % du total. Le 4 février 1925, Scadta acquiert les superavions Atlantico et Bolivar pour couvrir les premiers vols internationaux, lesquels ont lieu en août de la même année entre Barranquilla et Key West, en Floride, avec des arrêts en Amérique centrale, le Mexique et Cuba. Dans cette ère de progrès importants pour la ville, a aussi été fondée la première station de radio commerciale privée du pays. Pellet Buitrago Elias commence la radio commerciale en Colombie avec la première diffusion de La Voz de Barranquilla, le 8 décembre 1929. Le 16 août 1933, le Sénat approuve le contrat pour l’ouverture de Bocas de Ceniza, achevé en 1936, l’inauguration du port maritime de Barranquilla par le président Alfonso Lopez ayant lieu le 22 décembre de la même année. Il s’agit d’une période de construction majeure dirigée par le gouvernement central avec l’intention d’établir de solides infrastructures permettant à Barranquilla, et d’autres grands centres urbains du pays, de pénétrer les marchés internationaux. Au cours de la première moitié du vingtième siècle, Barranquilla est devenue la ville avec la plus forte croissance en population urbaine en Colombie. La ville s’est développée jusqu’à atteindre les villes voisines, une situation qui continue à ce jour et qui a conduit à la création de la zone métropolitaine de Barranquilla en 1981. Depuis la fin des années 50 jusqu’aux années 1980, la ville est plongée dans un déclin socio-économique en grande partie en raison de l’échec de la classe politique et l’effondrement des grands secteurs d’activité de l’industrie. En 1958 est créée la première zone franche en Colombie. Le 18 août 1993, le Congrès de la République de Colombie, à travers l’acte législatif 01- du 17 août 1993, élève Barranquilla au rang de district spécial, industriel et portuaire. L’histoire de l’architecture de Barranquilla est écrite presque uniquement dans le XXe siècle. Dans la ville il n’y a pas de bâtiments de la période coloniale ni des premières décennies de la nation indépendante et Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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Édifice National et l’élégant édifice de TELECOM..

Manoir dans le quartier “El Prado”. Style dit “ republican ” (Neo-classique)

Manoir dans le quartier “El Prado” d’influence Mauresque.

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en développement. La profusion des styles qui ont prospéré à partir de la fin du XIXe siècle a donné à la ville une atmosphère cosmopolite et unique en Colombie. Cette splendeur architecturale, référence pour les étudiants en architecture de Colombie, correspond à la situation de la ville en tant que port et de point d’entrée dans le pays (principalement des XIXe et XXe siècles), du progrès et de l’afflux de migrants d’Amérique du Nord, d’Europe, de Moyen-Orient et d’Asie, dont beaucoup se sont installés à Barranquilla en y important les styles architecturaux que l’on voit dans la ville. Parmi les styles les plus importants il y a des exemples du néoclassique et de l’art déco ainsi que des exemples intéressants de l’architecture moderne, éclectique, Mudhjar, baroque tardif espagnol (également connu sous le nom de style californien) mozarabe et des Caraïbes (Type Antilles néerlandaises). Certains bâtiments modernes démontrent l’influence d’architectes internationaux comme Oscar Niemeyer , Le Corbusier (qui était à Bogotá à la fin de la décennie 40), Leopoldo Rother , Mies Van der Rohe et Richard Neutra , entre autres et qui ,ensemble, composent une impressionnante oeuvre architecturale et urbaine. La transition (1930-1945) C’est une période de l’architecture colombienne, avant le Mouvement moderne, qui s’intéressait à d’autres styles que le style républicain, comme l’art nouveau et l’art déco. Dans la ville il y a de nombreux bâtiments de style Art déco, typiques des années 30, tels que le stade Romelio Martinez (1935), la Bibliothèque Departmentale (1945), le Théâtre Rex (1935), le Théâtre métro (1946 , ancien Apollo) récemment démoli, le bâtiment Kiko (1948), la synagogue Shaare Sedek (19461947), le bâtiment de l’Exposition agricole (1936, qui devint plus tard l’école industrielle), le bâtiment Eckardt (1939), l’ancienne résidence de l’architecte cubain Manuel Carrera dans le quartier Bellavista , le bâtiment García (1938), le Teatro Colon (1946), l’ancien bâtiment d’Avianca (1934). Le stade Romelio Martinez a été déclaré en 1995 monument national par le ministère de la Culture, le premier bâtiment art déco construit à Barranquilla à obtenir cette mention. Le Mouvement moderne (1945-1970) Toute la modernité en termes de technologie s’est accompagnée d’un développement urbain et architectural sans précédent pour la ville. L’architecture moderne supprime les ornements propres aux bâtiments de la période républicaine, et exprime une tendance rationaliste vers le béton. Parmi les exemples les plus précieux de l’architecture moderne dans la ville se trouve le bâtiment national (1945), siège de la branche judiciaire, conçu par l’architecte allemand Leopoldo Rother, la cathédrale de Maria Reina (commencée en 1955) et l’ancien bâtiment de la Caja de Crédito Agrario (1964), situé au nord du Paseo de Bolívar et conçu par l’architecte Fernando Martínez Sanabria. Il est également important de mentionner les bâtiments du SENA, de l’Assemblée de l’Atlantique, l’élégant bâtiment de Telecom (avec une sculpture de Alejandro Obregon dans le carré d’accès), le bâtiment du gouvernement de l’Atlántico, l’Hôtel de Ville, dans le Paseo de Bolivar et l’ancien bâtiment de la Banque de la République. Comme développement urbain à Barranquilla au cours de cette période il est primordial de mentionner la construction du quartier Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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El Prado, car il représente l’empreinte urbaine la plus importante du développement physique et spatial de la ville au début du XXe siècle. Si la ville s’est constituée à partir d’événements historiques significatifs depuis sa naissance, il est clair que ces interventions ont posé les bases de la normalisation et du futur Règlement d’Urbanisme. Entre 1920 et 1930, alors que la prospérité économique du développement industriel et portuaire distingue Barranquilla des autres villes colombiennes, l’homme d’affaires américain Karl Parrish propose la construction d’une nouvelle ville à côté de l’existante. Une ville pouvant assurer la promotion de Barranquilla et conçue comme une alternative au mode de vie de la classe dirigeante, basée sur l’esthétique moderne européenne et américaine. L’urbanisation “el Prado” a ouvert la possibilité de s’installer dans la modernité matérielle. Le client pouvait choisir le morceau de terrain pour construire sa maison de famille dans une structure géométrique abstraite de rues tracées sur un plan et compter sur l’engagement du promoteur à fournir tous les services auxiliaires considérés comme modernes pour la vie urbaine. Le client pouvait, malgré la rigueur des normes en vigueur, développer son propre projet de maison en utilisant le langage architectural moderne, pensé à l’époque comme nouveau et cosmopolite. Parmi les premiers exemples de maisons construites, il y a des exemples d’architecture simple, des maisons sans étage, dans un langage architectural basique. Mais l’apparition d’autres styles a commencé plus tard, dans les années trente. Un style d’interprétation libre, typique des banlieues européennes et nord-américaines du début du XXe siècle, a accompagné le développement architectural du quartier d’El Prado et a permis, ce qui entendu comme modernisme associé à des projets internationaux, l’apparition des langages architecturaux maures, italiens, grecs et français. La configuration finale de l’espace bâti du quartier El Prado est paradoxal, car si bien il consolidait son chemin à travers une approche de gestion moderne, des réglementations préalables, des investissements dans les infrastructures, la promotion du commerce et de la gestion institutionnelle ; cependant, les maisons construites par leurs propriétaires ont produit un ensemble de tendances historicistes, proches du prémodernisme avant le mouvement moderne réel. Le schéma proposé permettait, dans une grille urbaine élémentaire et simple, d’avoir un ensemble hétérogène de formes volumétriques et décoratives, produisant paradoxalement un haut degré d’homogénéité urbaine. L’approche urbaine du quartier El Prado a été accueillie par les dirigeants de Barranquilla avec enthousiasme, et pour avoir développé une partie importante du territoire de la ville existante, il a été repris comme modèle pour intervenir dans les zones urbaines environnantes avec des structures équivalentes. Sur la même méthodologie précédente de planification des retraits, des espaces publics, des services résidentiels, les boîtes à air, ils procèdent presque immédiatement à construire les quartiers de Bella Vista , Las Delicias , Boston et Las Delicias. Témoin du patrimoine architectural et urbain de la ville, le quartier d’El Prado exprime les premières Jesús David Pertuz Ricardo

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tentatives réussies par les dirigeants de Barranquilla de se joindre à la modernité et il donne aujourd’hui une leçon d’urbanisme plus que jamais nécessaire. Dans une perspective historique, le résultat du quartier El Prado est perçu comme une manifestation claire de la spatialité moderne et une expérience pionnière en Colombie, en entrant dans un format rationnel anticipé et en prévoyant la croissance spontanée des colonies urbaines en Colombie. L’approche moderne urbaine a pris l’ascendant sur l’historicisme de l’ensemble et pour sa contribution au développement urbain des villes de Colombie, il a été reconnu comme monument par le Conseil national du patrimoine et des monuments nationaux en 1995. Le déclin Après ce boom de développement, la ville subit une période de déclin dans plusieurs domaines. Dans la période comprise entre 1951 et 1964 , alors que le nombre d’habitants dans la ville a presque doublé, la dégradation du centre historique et de ses environs commence, en raison d’une transformation accélérée de la zone de commerce et de la prolifération d’activités économiques informelles. En 1981, les autorités locales commandent une étude pour la rénovation du Centre : entre la rue 40, la carrera 38 et le Rio Magdalena. Y compris, de toute évidence, le Palacio de la Aduana. En effet, en 1942, Buenaventura était déjà le principal port d’importation. La baisse de Barranquilla en tant que premier port a provoqué une stagnation du développement industriel et la croissance démographique a ralenti. La ville passe à la quatrième place. Mais le déclin du monopole du port n’était pas la seule raison de la perte de dynamisme de la ville. Meisel cite deux facteurs qui ont contribué à ce phénomène : « le rapport entre la ville et l’économie rurale de la région et l’impact des politiques menées par le gouvernement central ». La base de l’économie agricole de la région des Caraïbes a toujours été l’activité de l’élevage, utilisant encore des techniques rudimentaires de production et générant peu d’emplois pour lesquels les zones rurales représentent un potentiel très limité. Barranquilla s’est développée comme une ancre industrielle, motivée par le boom des exportations et des demandes pour sa propre population et les villes voisines telles que Cartagena et Santa Marta. Contrairement à ce qui s’est passé à Cali, Medellín et Bogota qui ont établi des relations fortes avec leur environnement agricole. Une fois perdue sa position de leader en tant que port face à Buenaventura, Barranquilla ne pouvait pas compter sur ses marchés régionaux pour poursuivre son expansion. D’autre part, les politiques économiques du gouvernement central ont aggravé la situation, car elles avaient un impact négatif sur la production de coton, même si certains mécanismes ont été mis en place ultérieurement pour promouvoir l’horticulture. Les années 50 et 60 furent des années de stagnation économique, la croissance de la population ayant été plus faible que dans d’autres villes, malgré l’arrivée de nombreux pauvres originaires d’autres parties de la côte et venus à la recherche de meilleures opportunités, se traduisant par une perte d’emplois formels et dans l’industrie, laquelle a conduit à une augmentation de l’économie informelle. La conséquence est que la ville est rentrée dans une période Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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d’appauvrissement qui a vu la prolifération de bidonvilles dans ses environs. L’ analyse de la situation semble montrer que ces résultats peuvent être partiellement attribués à l’action d’intérêts d’une classe politique émergente liés aux « clientélismes locaux », laquelle n’a pas eu la clarté et la compétence de mettre en place des politiques et des solutions innovantes, étant déjà débordée par les crises aiguës de la ville. De plus, cette crise s’est traduite dans les aspects physiques et spatiaux de la ville. Comme mentionné ci-dessus, les conditions socio-économiques de l’époque ont favorisé l’émergence de bidonvilles dans la périphérie, des bâtiments culturels et historiques de valeur ont été négligés, l’espace public a été envahi rapidement par le commerce informel, créant l’un des centres urbains les plus chaotiques d’Amérique latine : sale, dangereux et difficilement praticable. Certains quartiers historiques ont été peuplés par une population croissante d’immigrants provenant d’autres régions du pays, favorisant la création de ghettos et générant un haut degré de ségrégation sociale, économique et culturelle. La reprise Malgré l’état déplorable dans lequel la ville se trouvait, la reconquête commence dans la dernière décennie du siècle dernier, dans un contexte de relations régionales différent. La rivière Magdalena a perdu de son importance face au réseau routier et le gouvernement souffre de négligence. La côte caraïbe entre dans l’ère de l’industrie minière et des exportations domestiques de la production des grands gisements de charbon de La Guajira et du César et des dépôts de ferronickel de Cordoba. Cartagena atteint un développement sans précédent grâce à l’industrie pétrochimique et ses dérivés, au raffinage et l’exportation du pétrole et au tourisme. Les petites villes se développent et cinq ports, dans les sept régions du pays, sont regroupées dans la région en raison de la valeur des exportations minières, de l’industrie et de l’élevage : Guajira ( Carbocol ), Golfe de Morrosquillo, Santa Marta, et enfin Cartagena. Barranquilla reste le principal port d’importation. Son rapport avec la région est justifié par sa plus grande population régionale, grande consommatrice de produits agricoles et de produits manufacturés produits par les industries locales. Le postmodernisme (1970-1985) Période durant laquelle le système UPAC a favorisé l’architecture commerciale au détriment de la qualité de l’espace et de l’esthétique. La recherche d’un environnement plus sûr a provoqué la prolifération des lotissements. Le Mouvement postmoderne apparaît brièvement pour essayer d’améliorer les modèles historiques contournés par le mouvement moderne. Au cours de cette période de reconquête, le patrimoine architectural et la protection des bâtiments et des ensembles urbains comme le Centre historique ou le quartier El Prado prennent de l’importance. Parmi les bâtiments les plus représentatifs de cette période, il y a le Centre exécutif (connu pour sa forme stylisée comme « Miss Universe »), le bâtiment Tournesol, les tours de la Banque populaire et BancolomJesús David Pertuz Ricardo

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Église de St. Nicolas et sa place restaurée.

bia à Bogota, et le bâtiment Rodrigo Lara Bonilla. Pour l’architecture contemporaine certains bâtiments méritent une attention particulière : le World Trade Center, le centre commercial Buenavista et une multitude d’immeubles au nord de la ville. Le retour à des styles comme le néoclassique ou le néo-méditerranéen dans les bâtiments tels le siège de Metrotel (néoclassique), le centre commercial Carrefour Prado (néoméditerranéen) et l’immeuble de bureaux Prado Office Center (néoméditerranéen) correspond à un intérêt récent pour la construction de bâtiments qui s’harmonisent stylistiquement avec l’architecture traditionnelle du contexte du quartier El Prado, où ils sont situés.

L’AVENIR Barranquilla est aujourd’hui la ville la plus importante de la région. Sa vocation de port industriel se consolide. En avril 2012, le président de la Colombie a annoncé la nécessité de construire un superport à Barranquilla afin d’anticiper l’entrée en vigueur, en janvier 2013, du traité de libre commerce avec le plus grand marché du monde. Sa position stratégique fait de Barranquilla une plate-forme logistique multimodale attirante et efficace. Et telle qu’elle l’était au commencement entre Indiens, Européens et Africains libres, Barranquilla sera dans le futur un carrefour de cultures, de technologies, de connaissances, de personnes, de biens et de services avec les Amériques et le reste du monde. Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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SYNTHÈSE

De la culture colombienne, je retiens qu’elle est diverse, d’où sa richesse. En effet, cette diversité est la marque de son identité. J’ai constaté qu’en Colombie sur le plan culturel la différence n’est pas tout simplement tolérée, mais elle est plutôt appréciée. Dans les arts, ce mélange d’influences est visible notamment dans la musique, la danse, l’architecture et la littérature. Les carnavals et les fêtes de la Colombie témoignent d’un héritage de trois cultures principalement : la culture indigène, la culture européenne, notamment espagnole (avec ses fêtes religieuses et sa littérature), et la culture africaine (avec la danse). La culture de Barranquilla est particulière en raison de l’apport culturel des immigrants pendant la deuxième moitié du XIXe siècle jusqu’aux premières décennies du XXe siècle. À différence d’autres villes cosmopolites, les immigrants installés à Barranquilla ne sont pas restés à l’écart de la société ; ils se sont au contraire intégrés, ils ont développé l’industrie et le commerce, et ils ont influencé les coutumes, la gastronomie, la religion, l’architecture, et d’autres champs artistiques et culturels. On pourrait définir l’immigration de cette période comme la quatrième influence culturelle de Barranquilla, outre les trois autres déjà mentionnées. De l’histoire, j’ai appris qu’à différence d’autres villes colombiennes Barranquilla n’a pas été fondée. Au contraire, son évolution est le produit d’un développement spontané, au moins dans les premières décennies de son existence. Près du centre historique, sur la rive occidentale du fleuve Magdalena. Du temps de la colonisation, ce territoire était un territoire libre, indépendant de toute administration espagnole. Sa vocation commerciale s’affirmait en tant que lieu d’échange, et ce qui était, à la base, un point commercial pour des indigènes, est devenu assez vite un ranch, où des familles (indigènes, africaines ou métisses) provenant de différentes parts du territoire trouvaient à travailler. Pendant la première moitié du XXe siècle, Barranquilla, déjà élevée au rang de ville, s’est développée comme un port maritime et fluvial permettant la navigation commerciale et industrielle. Cette croissance économique a été impulsée par le phénomène des immigrations. L’étude de la culture et l’histoire de Barranquilla est primordiale afin de développer un projet d’architecture autour du même thème. Mise à part l’identification avec le contexte culturel de la ville, le projet doit également s’inscrire dans un contexte physique ou géographique déterminé. A cet effet, nous allons par la suite situer le projet dans son contexte géographique et urbain.

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SITUATION GÉOGRAPHIQUE

1. Amérique

2. Colombie

3. Atlántico

4. Barranquilla

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Barranquilla se situe au nord de la Colombie sur la rive gauche du fleuve Magdalena à 7,5 km de son embouchure sur la mer des Caraïbes. Elle est la capitale du département d’Atlántico, et avec une population de près de 1.186.640 d’habitants, selon le recensement de 2005, c’est la ville la plus importante de la cote nord ainsi que le centre industriel, portuaire, commercial et universitaire le plus important de la région. Barranquilla présente un climat tropical, correspondant à une végétation sèche présente dans des zones de hautes températures. Le paysage se caractérise par la présence d’un haut niveau de salinité dû à sa proximité avec la mer, et l’intensité du soleil, une humidité omniprésente, la chaleur, mitigée par les vents alizés en décembre, janvier, juin et août, deux saisons des pluies, entre février et avril et entre août et octobre, et des saisons sèches le reste de l’année. Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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IMAGES DE RÉFÉRENCE CULTURE

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ANALYSE URBAINE

Nous allons décrire le territoire correspondant à la ville de Barranquilla en fonction de ses différents éléments: division administrative, système vial, espaces verts, et conditions économiques. Ensuite, nous allons nous focaliser sur la zone d’étude qui nous concerne afin d’analyser sa situation, d’identifier ses faiblesses et potentialités, et enfin, de formuler des stratégies en fonction du diagnostic développé.

Suroriente Metropolitana Suroccidente Norte Centro histórico Riomar

Division administrative

Voie principale (Artère) Voie sécondaire

Système vial

CONSTATS DIVISION ADMINISTRATIVE Barranquilla se compose de cinq zones administratives appelées localidades (agglomération en français) : Localidad Riomar au nord, Norte-Centro histórico, Sur-oriente, Sur-occidente et Metropolitana au Sud.

SYSTÈME VIAIRE D’après le Plan de gestion du territoire de Barranquilla, les voies de la ville sont catégorisées de la manière suivante : voies principales, comprenant les routes interrégionales, les voies artères et les semi-artères, voies secondaires, comprenant les voies interquartiers, voies locales, composées par les voies piétonnes, de service et les pistes cyclables. Jesús David Pertuz Ricardo

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RESERVES NATURELLES EN MILIEU URBAIN Il n’y a que deux réserves naturelles dans le milieu urbain de Barranquilla. L’une est située au nord entre la Via 40 et le quartier El Paraiso, correspondant à la zone militaire du Xe Bataillon d’Infanterie de Barranquilla. l’autre située au centre géographique de la ville, correspondant au Parc Arroyo de la Victoria, dans le quartier La Victoria.

Reserves naturelles en milieu urbain

Transport

TRANSPORT Système de bus à haut niveau de service (BHNS) Trois routes principales composent le système de bus à haut niveau de service, Transmetro. Une première qui va de la station Portal de Soledad situé au Sud dans la municipalité de Soledad jusqu’à la carrera 46, se divisant ensuite en deux routes : l’une vers l’est jusqu’à la station Portal de Barranquillita, et l’autre vers l’ouest jusqu’à la station Portal Joe Arroyo. Au système principal s’ajoutent des navettes qui font gratuitement la jonction entre les plus grandes stations et les quartiers proches.

ÉQUIPEMENTS CULTURELS Sur la carte des équipements culturels, nous constatons une concentration d’équipements culturels dans la zone nord-centre historique. Le reste de la ville, notamment les zones orientale, occidentale et métropolitaine n’ont aucun équipement culturel, ce qui montre le déficit et la difficulté d’accès aux institutions culturelles qui touchent la majorité de la population. Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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Strate 6 Strate 5 Strate 4 Strate 3 Strate 2 Strate 1

Équipements culturels

Stratification

<6% 6.1% - 28% 28.1% - 38% 38.1% - 48% 48.1% - 55% >55.1%

Quartiers violents

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Distribution spatiale de la pauvreté

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ASPECTS SOCIO-ÉCONOMIQUES STRATIFICATION ET SÉGREGATION SPATIALE À partir de 1981, le Gouvernement national a mis en place un système de stratification dans les villes colombiennes afin d’aider économiquement les populations les plus défavorisées. Ce système a été conçu pour permettre aux plus pauvres de bénéficier de tarifs de services publics et de ttaxes d’habitation moins élevés. Très vite, cette configuration a favorisé une ségrégation socio-économique, en créant une stigmatisation liée au lieu de résidence. L’écart entre les différents niveaux de développement social s’est renforcé. À Barranquilla, cet écart est tout à fait évident lorsqu’on observe la structure urbaine et sociale. Dans le nord et au centre, des quartiers bien conçus, ont permis un développement urbain intégral entre l’habitat, les infrastructures, les services, et l’espace public. Le contraire est tout aussi patent dans les quartiers situés dans l’agglomération sud-ouest et ceux situés à la limite urbaine orientale. Un développement spontané empêche la connexion de ces quartiers avec le reste de la ville, et complique donc l’accès aux services publics, aux transportx et autres équipements de la ville.

QUARTIERS VIOLENTS Les zones en couleur représentent les quartiers violents en raison de la présence de de jeunes en bandes organisées. L’influence de ces gangs peut aller au-delà des limites des quartiers. Ce sont les quartiers qui souffrent d’une criminalité élevée.

DISTRIBUTION SPATIALE DE LA PAUVRÉTÉ Cette carte montre la distribution spatiale de la pauvreté. Elle indique la proportion de ménages sous le seuil de pauvreté par quartier. Les quartiers de couleur plus claire représentent les zones les plus sensibles au niveau sécurité et pauvreté. Ils concentrent une population catégorisée dans la strate 1, le niveau le plus bas, ce qui se traduit par des conditions de vie très défavorables comme une faible qualité de l’habitat, la difficulté d’accéder à une éducation de qualité, une couverture insuffisante en services publics et de santé, et une absence d’infrastructure routière permettant la connexion avec le reste de la ville. Par contre, les quartiers de couleur plus foncéz possèdent une proportion de ménages pauvres inférieure à 6%, d’après CEPEDA, Laura Emiliani. 1

1 CEPEDA, Laura Emiliani. Los sures de Barranquilla: La distribución espacial de la pobreza. Banco de la República. Centro de estudios económicos regionales. 2011

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SYNTHÈSE

JUSTIFICATION DU CHOIX DU SITE

Division administrative

Système viaire

À partir de l’analyse urbaine des constats, les avantages et le potentiel du site en tant que projet stratégique de développement social sont évidents. Le site et sa zone d’influence se trouvent à la limite de trois zones administratives. Il est traversé du sud au nord et d’est en ouest par des voies principales. Il comporte un espace vert public deservi par deux stations de bus (BHNS). Le site répresente une opportunité de créer une nouvelle centralité dans le sud autour de la culture. Il est situé à la limite de trois zones fiscales dif-

Reserves naturelles en milieu urbain

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Transport

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Strate 6 Strate 5 Strate 4 Strate 3 Strate 2 Strate 1

Équipements culturels

Stratification

férentes, comprenant les strates socio-économiques les plus basses, et plus largement dans une partie de la ville qui concentre une population de ménages à bas revenus. Il se trouve entre deux zones identifiées comme violentes ou dangereuses. Ainsi, il a le potentiel de réhabiliter ces zones en proposant des espaces publics de qualité liés à une programmation culturelle inclusive et participative. <6% 6.1% - 28% 28.1% - 38% 38.1% - 48% 48.1% - 55% >55.1%

Quartiers violents

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BARRANQUILLA, COLOMBIE

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ZONE DE RÉFLEXION

Le site se trouve à la limite de deux zones administratives de la ville. Il est situé dans un quartier populaire traversé par une des voies principales traversant tout le périmètre urbain du sud au nord. Du fait de son emplacement et de ses connexions avec la ville, le périmètre de réflexion va au-delà des limites du quartier, mettant en relation les zones administratives du sud, à savoir la zone sud-est, la zone métropolitaine et la zone sud-ouest. Le site se trouve dans la partie sud de la ville. Il a la caractéristique d’être traversé par l’Avenida Murillo, un des axes majeurs de la ville. Il se trouve dans la limite entre deux zones administratives différentes, l’agglomération sud-ouest et l’agglomération métropolitaine. Il est accessible par différentes routes de bus et par le système de transport public de la ville, le Transmetro. Quant à la dimension spatiale du site, il se trouve à l’intérieur du quartier de la Victoria, et il est entouré par des maisons qui dans la plupart des cas ne dépassent pas un étage. Il est peu connecté ou ouvert vers le reste de la ville, et ses propres limites ne dépassent pas celles du quartier. Du point de vue environnemental, une partie du parc est devenue un dépôt de déchets favorisant la contamination du ruisseau et du parc en général. Dans les trois agglomérations sud de la ville, il existe une forte présence ou concentration de ménages à très bas revenus. C’est une population qui n’a pas accès à tous les services tels que l’eau, l’assainissement, l’éducation de qualité, la santé, et qui habite dans des maisons généralement construites dans des zones à risques. En général, cette partie de la ville n’a pas des équipements culturels tels que des musées, bibliothèques, médiathèques, centres d’art, etc. Le site se trouve dans une zone délimitée par la ville comme zone d’intervention prioritaire nommée « Plan partiel du Parc Jardin Botanique et sa zone d’influence ». Le site considéré se trouve dans une zone urbaine à consolider, c’est-à-dire une zone urbaine développée et équipée avec les infrastructures nécessaires (eau, énergie, transport, communications, etc.) qui garantit son habitabilité.

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ANALYSE URBAINE DU SITE

PLEIN/VIDE

CARTE PLEIN VIDE ESC 1:10000

En analysant le plan plein/vide, on constate : 1. Une trame urbaine hétérogène permettant l’identification de chaque quartier. 2. Un vide au milieu d’un quartier qui correspond à la réserve naturelle du quartier la Victoria cloisonné par le bâti, avec des relations inexistantes avec les quartiers environnants et les axes principaux du site. 3. Deux zones d’activités industrielles à l’est et à l’ouest du site le long de deux axes majeurs de la ville, la Calle 30 et la Cordialidad respectivement. 3. Les vides dans les zones résidentielles correspondent aux parcs et aux espaces sportifs.

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CARTE ACCÈS ESC 1:10000

ACCÈS Sur ce plan, nous constatons que notre site d’étude a peu de relations directes avec les voies principales. Cela complique l’accès et les connexions avec les autres espaces verts présents dans la zone. Cette configuration contribue lau cloisonnement du parc par rapport au reste de la ville.

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SERVICES ET COMMERCES INSTITUTIONNEL

CARTE USAGES ESC 1:10000

HABITAT

USAGES Sur ce plan, nous constatons que l’usage premier du site est résidentiel. Les services et commerces (santé, banque, restaurants, bars, ...) sont situés sur les axes principaux. Les institutions scolaires sont réparties équitablement dans les différents quartiers de la zone. Deux zones industrielles se trouvent à l’est et à l’ouest du site respectivement. Il n’y a pas d’équipements culturels dans cette zone. La mixité d’usage est très faible.

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ARBUSTES ET BUISSONS

CARTE ÉLÉMENTS NATURELS ESC 1:10000

ARBRES RUISSEAU

ENVIRONNEMENT Cette réserve naturelle connue sur le nom de parc « Arroyo de la victoria », se caractérise par la présence d’une végétation endémique aux forêts tropicales sèches, ou plus précisément forêts tropophiles. La forêt tropophile est l’un des quatorze grands biomes terrestres ; elle est caractérisée par un climat intertropical à saisons alternées, c’est-à-dire avec une saison sèche et une saison des pluies (par opposition aux forêts tropicales humides, qui connaissent des précipitations toute l’année). À Barranquilla, les saisons des pluies se répartissent de mai à juin et d’août à novembre. La ville jouit d’un climat agréable durant une bonne partie de l’année. La température varie entre 27 et 30°C, ce qui classe ce climat dans les climats dits “chauds”. Les précipitations annuelles atteignent en moyenne 892 mm. Flore La végétation des forêts tropophiles comporte trois niveaux distincts : Jesús David Pertuz Ricardo

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au ras du sol, des herbes, aux hauteurs intermédiaires, des arbustes et des buissons et des buissons touffus, dont la croissance est rendue possible par la densité moindre de la canopée (cette densité diminue encore lors des saisons sèches lorsque certains arbres perdent leurs feuilles),au niveau de la canopée, une futaie de 10m à 15m de hauteur sur les plateaux et versants, et 20m à 30m sur les berges et dans les vallées alluviales. Sur le plan ci-contre, nous pouvons analyser la répartition de la végétation sur l’ensemble du parc. L’herbe occupe tout le site à l’exception des terrains sportifs et des zones minérales. Les arbustes se situent en périphérie du parc et sur les berges; la futaie suit le cours du ruisseau. ESSENCES: Tabebuia rosea Guaiacum officinale Terminalia catappa Ceiba pentandra Bombax septenatum Ficus elastica Samanea saman Tabebuia chrysantha Ficus benjamina ARBRES FRUTIERS Mangifera indica Manilkara zapota Psidium Coccoloba uvifera Zyziphus vulgaris Annona squamosa Tamarindus indica Spondias purpurea Anacardium occidentale Annona muricata D’autres essences végétales répresentatives sont identifiées dans le schéma de la page suivante. Faune Le parc est l’habitat de plusieurs espèces de lézards. L’Universidad del Atlántico à travers sa faculté de Biologie a identifié les espèces montrés dans le shcéma suivant. On y trouve également, certaines espèces d’oiseaux adaptées au milieu urbain. Les espèces les plus répresentatives sont réperées dans le schéma à continuation. Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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Lepidoblepharis sanctaemartae

Gymnophthalmus speciosus

Hemidactylus brookii

Gonatodes albogularis

Leposoma rugiceps

Bachia bicolor

Spathodea

Gliricidia sepium

Capparis odoratissima

Bursera simaruba

Cocos nucifera

Archilochus colubris

Mimus gilvus

Jacarini noir

Sporophila‑schistacea

Quiscale à longue queue

Tabebuia rosea

Sicalis flaveola


SCHÉMA FLORE ET FAUNE DU PARC ARROYO DE LA VICTORIA

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Anolis auratus

Iguana iguana

Citrus × limon

Melicoccus bijugatus

Ceiba pentandra

Hura crepitans

Cassia fistula

Colombe rousse

Troglodyte familier

Saltator coerulescens

Ani à bec lisse

Psittacidae

Icterus chrysater


SYNTHÈSE

IDENTIFICATION DE PROBLÈMES ET DE POTENTIALITÉS DU SITE.

SCHÉMA 1. SPACES VERTS ET CENTRE VILLE

SCHÉMA 2. LE SITE ET SA ZONE D’INFLUENCE

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SCHÉMA 3. SPACES SPORTIFS

SCHÉMA 4. RELATION DES ESPACES PUBLICS. HYPOTHÈSE

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DESCRIPTION DES SCHÉMAS ACCÈS ET CONNEXIONS Le premier schéma montre le lien entre le site et le centre-ville. Ce lien est assuré par le au système de bus (BHNS). Le problème signalé est la centralisation d’équipements culturels dans le centre-ville et l’absence de connexions entre les différents espaces verts de la ville. Le deuxième schéma montre la création des liens avec les reste de la ville à travers deux axes principaux qui suivent la thématique du projet, à savoir la nature et la culture. Il signale aussi l’influence que le projet peut avoir dans les quartiers environnants en créant des liens avec les institutions éducatives (repérées dans le plan USAGES ci-dessus) et les maisons de la culture situées dans ce secteur de la ville. Le troisième croquis montre la faible relation entre le parc et les espaces publics environnants. Enfin, dans le quatrième croquis, on étudie la possibilité de reconnecter le parc avec la ville à travers différents parcours, de connecter le parc aux axes principaux et de mettre en relation les espaces publics aux alentours.

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IMAGES DE RÉFÉRENCE NATURE

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“Il disait que les chiens ne sont pas fidèles mais serviles, que les chats sont opportunistes et traîtres, que les paons portent sur leur queue le blason de la mort, que les cacatoès ne sont que de fâcheux ornements, que les lapins fomentent la cupidité, que les singes transmettent la fièvre de la luxure et que les coqs sont maudits parce qu’ils se sont prêtés à ce que le Christ fût trois fois renié.” L’amour aux temps du choléra Gabriel García Márquez

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OBJECTIFS ET INTENTIONS GÉNÉRALES Ce projet est une proposition pour l’aménagement du parc « El arroyo de la Victoria » et ses alentours, tenant compte des dimensions urbaine, architecturale et paysagère; conçu avec le concept de développement durable. L’objectif étant le développement social et économique et la conservation de l’environnement, encourageant la rencontre des citoyens, la cohésion sociale, la participation aux activités éducatives, culturelles, scientifiques et récréatives, le développement des associations communautaires, en favorisant l’approche collective des nouveaux défis de la culture numérique et la préservation de la biodiversité. C’est aussi un espace pour les services culturels qui permettent la création artistique et le renforcement des associations culturelles des quartiers déjà existantes. Le projet d’un espace culturel et d’un Parc est ambitieux et novateur, il favorise l’équité et l’inclusion des classes sociales les plus pauvres, les plus vulnérables et défavorisés, par le biais de l’éducation et de la culture. Il cherche d’abord à améliorer la qualité de vie des habitants de la zone en leur donnant un espace vert de qualité, équipé d’un Espace culturel au bénéfice de toute la communauté en diversifiant les usages et en privilégiant l’accès démocratique à la culture, aux arts, à la recherche et à la science, et le respect pour l’environnement dans le cadre d’une stratégie de consolidation et de développement urbain du quartier et de sa zone d’influence. Il s’agit d’équiper le sud de la ville d’un espace propice à l’apprentissage, à l’expression et à l’appréciation de la culture, de créer un espace pour socialiser et partager la production artistique réalisée dans les maisons de la culture, dans l’école art et d’autres associations culturelles populaires, d’encourager la consommation culturelle en approchant l’offre institutionnelle (festivals, concerts, carnaval, etc.) en faisant participer la communauté à la construction de leur propre expression culturelle. Donner à la population du quartier un lieu d’étude, de recherche et de lecture afin de favoriser le soutien aux processus pédagogiques suivis dans les lieux d’études (écoles, universités, collèges, institutions techniques) Créer un espace propice aux activités d’apprentissage de la musique, du théâtre, de la danse et des arts plastiques. Ce projet cherche à équiper et connecter le « parc de la Victoria » en tant que nouvel espace culturel de la ville mettant en valeur la diversité culturelle de la région et du pays et sa biodiversité et en fortifiant l’identité culturelle en encouragent l’intégration sociale ; afin d’activer et de favoriser la visibilité des richesses naturelles et de l’expression culturelle de la Colombie à l’échelle régionale, d’abord (le bassin des caraïbes) puis internationale.

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DIMENSIONS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE Les objectifs du projet s’organisent en fonction des trois dimensions du développement durable. DIMENSION SOCIALE : Structuration sociale, Consolidation de la communauté, Intégration Participation, Appropriation, Autonomisation Équiper cette partie sud de la ville avec un centre culturel afin d’assurer et démocratiser l’accès à la culture, les arts et l’éducation. Créer une nouvelle centralité dans le sud de la ville autour de la culture et de la nature. Créer un lieu d’expression artistique et culturelle pour les usagers des maisons de la culture actuellement réparties le long du territoire. Pourvoir un espace de recherche et d’étude pour la population étudiante de ce secteur. Donner aux habitants un lieu public propice à la vie sociale. Offrir aux jeunes habitants des quartiers défavorisés et à la population en général des nouvelles activités culturelles et de loisirs. Faire de la culture un élément de développement socio-économique et d’intégration. Stimuler la créativité des habitants à travers la conception des espaces culturels, à travers l’offre d’une programmation riche et diversifiée favorisant la rencontre, la coopération et la participation. Chercher à développer des liens forts entre l’espace construit et des objectifs sociaux tels que l’éducation, la culture, l’égalité et la sécurité. Favoriser la cohésion sociale. Suturer le tissu urbain et la structure sociale.

DIMENSION ENVIRONNEMENTALE : Préservation de la biodiversité, Consolidation, Revitalisation, Reconversion, Adaptation. Faire retrouver aux habitants de la ville la valeur environnementale et écologique du parc, à travers son aménagement paysager en tant que lieu d’apprentissage et de loisirs, ainsi qu’en tant que lieu de rencontre entre les différents membres de la communauté. Connecter cette réserve naturelle au reste de la ville dans l’intérêt de favoriser la prise de conscience de la part de la société au sujet de la place de la nature et de l’environnement dans la ville en assurant l’accès et la praticabilité du lieu. Favoriser la création et le renforcement des associations communautaires autour du thème de la nature, l’environnement et la culture. Introduire des pratiques durables dans la vie des habitants du quartier. Concevoir et mettre en place un système de gestion des eaux de pluie afin de réduire les dégâts produits Jesús David Pertuz Ricardo

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par les inondations, améliorer la qualité de l’eau et restaurer la viabilité des écosystèmes terrestres et aquatiques tout en mettant en avant l’eau comme élément paysager. Favoriser la conservation, la multiplication, la réhabilitation, la diversification des espaces verts. Encourager l’utilisation du transport public. Fournir différents moyens de transport public. Développer une gestion durable des eaux de pluie, des déchets solides et de l’énergie. Réintroduire le milieu rural dans le milieu urbain. Récupérer le sens d’identité.

DIMENSION ÉCONOMIQUE Création/Promotion/Consolidation Favoriser la création de nouveaux emplois (jardiniers municipaux, agriculteurs, guides écotouristiques, animateurs socio-culturels, animateurs sportifs, bibliothécaires). Stimuler l’industrie créative.

Cette approche multidimensionnelle du développement durable suit la logique énoncée dans l’introduction d’assurer un développement viable, équitable, vivable. Ces intentions se traduisent dans la partie suivante en forme de stratégies et intentions de projet (plan d’action). Stratégie entendue comme la manière d’atteindre les objectifs.

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INTENTIONS DE PROJET

Cette partie est organisée de la façon suivante: Des catégories de projet permettent d’organiser et de hiérarchiser les intentions. Ces catégories correspondent au projet urbain, au projet paysager et au projet d’architecture. Chaque catégorie se compose d’une liste d’intentions, d’un énoncé de la stratégie et de la programmation, et des surfaces déterminées pour chaque catégorie de projet.

PROJET URBAIN : Réhabilitation, Reconnexion, Consolidation ACCÈS Ouvrir le parc a la ville. Étendre les limites et le rayonnement et du parc. Transformer le statut du parc, d’un parc de quartier à un Parc Métropolitain. Mettre en relation directe le parc et les voies principales. Favoriser l’accès au parc et sa visibilité afin d’assurer une présence forte dans l’imaginaire collectif des habitants de la ville. Créer un réseau d’espaces publics connectés entre eux. TRANSPORTS Favoriser la marche à pied et les déplacements doux, entre les quartiers à proximité. Améliorer les conditions spatiales urbaines pour les piétons. Encourager la marche à pied dans et entre les différents quartiers. Aménagement des rues : Faciliter l’accès au site au moyen de transport doux comme le vélo, les taxi-vélos et minibus, etc. Mettre en avant les moyens de transport durables. Équiper les trottoirs, dessiner ou construire des pistes pour les vélos. Réaménager la ville pour les piétons (infrastructures, proximité) HABITAT Créer des opportunités de logement en favorisant la diversité. Équilibrer la relation entre tissus bâtis et vides. Favoriser la création des espaces ouverts. Revendiquer la condition compacte de la ville. Suturer le tissu urbain, la structure sociale. Densifier le secteur en favorisant la construction de logements intermédiaires. ÉQUIPEMENTS Intensifier l’usage du sol Diversifier les usages. Jesús David Pertuz Ricardo

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Réclamer la condition compacte de la ville. Intégrer de nouvelles infrastructures. Favoriser la création de commerces et services en RDC le long des axes principaux. Insérer des activités commerciales dans les zones résidentielles. Recréer le tissu urbain à travers les espaces publics sportifs et de loisirs présents dans le site. ENVIRONNEMENT Insérer la nature dans le milieu urbain. Équilibrer la relation entre tissus construits et les espaces ouverts. Créer des zones plus résilientes. Urbaniser en tenant compte de l’impact sur les inondations. Connecter les espaces verts. Créer des parcs, des promenades urbaines. STRATÉGIE Assurer la connexion du site avec le reste de la ville et structurer le développement urbain le long de deux axes aménagés à partir des mêmes thèmes du projet : Nature et culture. Le premier axe, l’axe culturel, en direction sud-nord, est un système de places aménagées afin d’accueillir des événements culturels (danse, théâtre, musique, etc.), et servir d’espaces pour l’expression artistique des habitants des quartiers, des usagers des maisons de la culture, et des participants des différents festivals et du carnaval. Le deuxième, donc l’axe de la nature ou environnemental, consiste en une promenade plantée, favorisant les circulations douces (marche à pied, vélo, vélo-taxi), et connectant deux extrêmités de la ville, l’est et l’ouest. Cet axe permettra aussi de connecter d’autres espaces naturels et de canaliser d’une manière efficace et paysagère le ruisseau qui prend sa source dans le parc jusqu’à son embouchure à travers les canaux situés dans la zone industrielle. PROGRAMME PLAZAS Plaza del Bosque Plaza El Pajaro Plaza la nube Plaza de Parque del Barrio Rebolo Promenade plantée Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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CROQUIS CONCEPTUEL MOTS CLÉS : Lieu d'échanges, carrefour, croisement de chemins, axes thématiques, intersection.

CROQUIS LES NOUVELLES LIMITES DU PARC

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PROJET PAYSAGER : mettre en valeur, réactiver la mémoire, cohabiter avec la nature, révéler le patrimoine naturel Récupération et réhabilitation du parc de la Victoria en tant que patrimoine naturel et historique de Barranquilla en révélant l’histoire du territoire et l’importance de la nature. CONTEMPLATION Se rencontrer avec autrui. Expérimenter. S’approprier l’espace. Se sentir en sécurité. S’éloigner du flux d’activités urbaines. Se perdre, se rencontrer. Flâner. Se cultiver. LOISIR Pratiquer des activités saines. Aménager des espaces sportifs. Introduire des activités de loisirs et d’expérimentation. Aménager des aires de jeux pour les enfants. Créer des lieux propices à l’expression artistique et culturelle populaires. Pratiquer des activités pédagogiques. Cultiver la terre. ENVIRONNEMENT Réhabiliter les écosystèmes. Traiter les eaux de pluie comme une ressource. Participer aux activités liées à la nature et à l’agriculture. Sauvegarder des espèces natives. S’adapter au territoire de manière harmonieuse et respectueuse de l’environnement. Apprécier les espèces natives de flore et faune dans un milieu naturel. Augmenter la relation avec la nature. STRATÉGIES Aménagement du Jardin écologique grâce à la création de jardins à thèmes exposant des collections vivantes de la région, favorisant la participation active de toute la communauté à travers un programme d’activités très varié. Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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C’est un espace conçu afin de raconter l’histoire et le développement du territoire à travers des espaces qui évoquent les différentes approches de l’homme envers la nature à travers le temps. Il est innovant car il est intégré un système de gestion des eaux de pluie permettant l’absorption naturelle du sol en favorisant la consolidation d’un territoire plus résilient par la création des systèmes de récollection, filtration et recirculation des eaux de pluie, des toits plantés, des systèmes de pavement poreux, des citernes de stockage, des zones inondables. Ce projet vise à la récupération et à la mise en valeur des technologies ancestrales de traitements des sols et l’adaptation au territoire propres aux peuples précolombiens. Il favorise la création d’espaces pour l’agriculture familiale ou l’agriculture vivrière : des jardins potagers, des jardins aromatiques, des vergers.

PROGRAMME CENTRE D’ACCUEIL 350m2 Accueil Boutique Salle d’exposition Centre de ressources de jardinage Espaces évènementiels Toilettes Administration JARDINS À THÈMES Jardin de fragrances ou aromatique Jardin ornemental Jardin fleuri Jardin humide Jardin potager Jardins suspendus Jardin de bambou Le jardin des enfants la foret de la mémoire Jardin tropical Jardin grimpant jardins flottants la foret de lumières le jardin des orchidées ZONES D’ACTIVITÉ Terrain de sport Jesús David Pertuz Ricardo

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Aire de Jeux Théâtre en plein air Aire d’expositions BÂTIMENTS Pavillon des musiciens Pavillon de l’eau Tour d’observation d’oiseaux Papillonneraie Chapelle

CROQUIS CONCEPTUEL MOTS CLÉS: évocation, contraste, opposition, nature-culture, évolution, parcours, origine, passé, source, retour.

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ARCHITECTURAL /Équiper/Récupérer/Réaménager MATÉRIAUX • Utiliser des matériaux et des techniques locaux. • Privilégier la construction en béton et/ou pierre. STRUCTURE • Privilégier une structure favorisant la modularité. FAÇADES • Utiliser le graphisme comme une marque d’identité. • Exprimer architecturalement les spécificités de la culture de la région. • Protéger l’intérieur du soleil intense. • Assurer des vues vers le parc. • Assurer la circulation naturelle de l’air. • Profiter de l’intensité du soleil pour composer avec les ombres et leurs variations le long de la journée. RELATION INTÉRIEUR/EXTÉRIEUR • Assurer la continuité de la nature dans l’architecture. • Multiplier les patios et les espaces ouverts dans les différents bâtiments. • Diversifier les prolongement extérieurs. (terrasses, balcons, belvédères, porches) • Introduire la nature dans les espaces intérieurs. • Mutualiser les usages des différents espaces. • Assurer la présence des éléments naturels dans l’architecture (le soleil, la lune, la faune, la flore, l’eau, la terre, etc) • Prolonger les usages et la programmation vers les espaces extérieurs des bâtiments. CONSIDÉRATIONS CLIMATIQUES • Tenir compte des conditions climatiques du territoire. • Privilégier les courants d’air naturels. • Protéger les usagers du soleil intense. • Protéger les usagers de la violente pluie tropicale. • Éviter, contrôler, diminuer l’impact des inondations. STRATÉGIE Favoriser une architecture poreuse, ouverte, praticable, en rélation directe avec son environnement.

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CENTRE CULTUREL 1. Bibliothèque Publique : Espace de recherche et d’étude pour toute la population du secteur. 2. Une école d’art et des traditions populaires : Actuellement les fonctions de l’École locale d’Arts se déroulent dans une des écoles publiques appartenant à la ville car elle n’a pas encore un siège qui lui est propre. 3. Des salles de spectacle polyvalentes et flexibles afin d’accueillir une programmation riche et variée. PROGRAMME

BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE 820m2 Salle de lecture Salle d’étude Bureaux Discothèque Vidéothèque Espace reprographie/numérisation Espace internet Salle d’actualité Réserves, rangement Salle de simulation Sanitaires ÉCOLE D’ART 1280m2 Salles de cours Salle d’enregistrement Atelier Salles de répétitions en groupe (assemblage) Salles de répétition individuelles (salle d’étude) Salle polyvalente Atelier musique Stockage Atelier de dessin et peinture Atelier de sculpture Auditoriums Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

Salle de danse Salle polyvalente Salle d’exposition SALLE DE SPECTACLES POLYVALENTE 1600m2 Scénario Salle principale Salle polyvalente Backstage Atelier Salle de répétition Lobby Vestiaires Stockage Dressing Salle de conférences Toilettes privés Toilettes publics ADMINISTRATION 240m2 Bureaux Bureaux de responsables Salle de réunion Accueil Hall Sanitaires Boutique Caféteria/Bar/Restaurant Locaux techniques stockage Sanitaires Galerie Librairie Locaux commerciaux Parking

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CROQUIS CONCEPTUELS MOTS CLÉS : Lieu d’échanges, carrefour, croisement de chemins, axes thématiques, intersection, nature-culture, tissu, superposition.

Ce croquis s’inspire de la notion de territoire entant que tissu sur lequel la vie se développe. Cette notion est partagée par les indigènes amérindiens de la côte nord de la Colombie. Comme cité antérieurement, le tissage, en tant qu’expression contemporaine artisanale (ses matériaux et ses techniques) est l’héritage direct des populations précolombines. Voir Références culturelles.

Ce schéma de principe s’inspire de la composition des éléments végétaux de la forêt tropicale, déjà mentionnés. Le ras de sol, où on retrouve les herbes, le deuxième étage compsé de buissons et la canopée formée par les arbres couvrant les deux autres niveaux. La vie sociale se passe entre le sol et la canopée, établissant un parallèle avec la biodiversité dans la forêt.

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La spirale fait partie du passé indigène, car elle était utilisée pour symboliser le soleil, élément omniprésent dans tout le territoire colombien. Cette figure exprime le développement, l’évolution, la croissance.

Ce schéma fait appel au passé et à l’Histoire. Il exprime des chemins croisés, le carrefour des cultures qui était à l’origine de la ville. Il exprime aussi l’ambition partagée des habitants de récupérer cette position de ville ouverte, cosmopolite, point de passage obligé, port d’entrée dans le monde fascinant qu’est l’Amérique latine.

Ce croquis reprend la composition des villages des populations indigènes de la Sierra Nevada de Santa Marta. Il montre la disposition le long du fleuve et la hiérarchie d’espaces. Barranquilla, terre de création. La magie du réel.

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Le bambou comme élément architectural.

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IMAGES DE RÉFÉRENCE ARCHITECTURE

La lumière tamisée

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La canopée

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Continuité de la végétation. Intérieur/extérieur

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BIBLIOGRAPHIE

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Rapport de Projet de fin d'études  

This document contains an introduction to the subjects of culture and nature in the contemporary colombian context. It also includes a short...

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