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SAVOIR ET FORMATION

Andrée De serres

LES NOUVEAUX ENJEUX DE LA GESTION DES RISQUES ET DE LA RÉSILIENCE DES GRANDS IMMEUBLES

L

a résilience est un concept complémentaire à la gestion des risques et s’applique à la gestion immobilière, particulièrement à la gestion d’entités plus complexes comme les grands immeubles. Les gestionnaires en immobilier connaissent bien le processus de gestion des risques et ses applications, largement diffusés et appliqués en vertu de nombreuses règles et exigences. Les pratiques de gestion des risques touchent les opérations et l’exploitation ainsi que le respect des exigences de la sécurité publique, des assureurs et même des financiers ; elles sont aussi souvent appliquées pour le suivi de l’avancement d’un nouveau projet et son financement. Elles concernent également la gouvernance, les modèles d’affaires et les stratégies des organisations, l’évaluation de la performance financière, le contrôle interne et les audits comptables. Le concept de résilience est cependant moins familier aux gestionnaires d’immeubles. Le but de cet article est de mieux le faire connaître ainsi que d’expliquer pourquoi et comment développer le potentiel de résilience d’un immeuble et de l’organisation qui le gère. Qu’est-ce que la résilience ? Diverses approches existent pour caractériser et évaluer la résilience, mais elles n’englobent pas toutes les spécificités et particularités d’une organisation – ingénierie de la résilience, résiliences écosystémique et communautaire. L’objectif poursuivi par ces approches est habituellement d’assurer à tout système (technologique, naturel ou humain) un fonctionnement acceptable et la capacité de s’adapter à différents changements dans son environnement interne et externe. Autre objectif visé en contexte organisationnel : le rétablissement des activités en cas d’interruption. L’Organisation de la sécurité civile du Québec (OSCQ) définit la résilience comme « l’aptitude d’un système à maintenir ou à rétablir un fonctionnement acceptable malgré des perturbations1 ». La résilience est encore trop rarement mentionnée dans les priorités organisationnelles et gouvernementales liées au déploiement des politiques socio-environnementales alors que le développement durable, comme le présente le rapport Brundtland de 1987, est devenu un élément incontournable dans la majorité des politiques publiques et d’entreprises. Sources d’énergie propres et économie d’énergie, construction et architecture vertes, recyclage et compostage sont autant d’éléments qui font désormais partie de l’équation du développement durable pour toute organisation.

Benoît ROBERT Dans un contexte marqué par des phénomènes tels que les changements climatiques, le développement continuel de nouvelles technologies et la densification urbaine, il n’est pas étonnant de constater que la résilience organisationnelle s’inscrive de plus en plus comme fondement des politiques en sécurité civile et en gestion des impacts des catastrophes. Les deux concepts, résilience et développement durable, sont complémentaires. C’est pourquoi de plus en plus de voix se font entendre pour affirmer qu’une trajectoire durable va de pair avec une capacité de résilience et qu’elles doivent être analysées conjointement. De grandes institutions internationales appuient cette tendance, comme en fait foi le rapport sur la viabilité mondiale du Secrétaire général de l’ONU2. En 2011, le président Obama et le premier ministre Harper font la promotion de la résilience, la définissant comme étant la capacité d’atténuer des perturbations, d’y réagir et de les surmonter3.

Andrée De Serres, Ph.D., est titulaire de la Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier ESG UQAM et Benoît Robert, ing., Ph.D., est directeur, Centre risque & performance, à Polytechnique Montréal. 1 Organisation de la sécurité civile du Québec (2009). Cadre de référence de la démarche gouvernementale visant à accroître la résilience des systèmes essentiels au Québec, Québec, Ministère de la Sécurité publique. 2 Groupe de haut niveau sur la viabilité mondiale du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, 2012. « Pour l’avenir des hommes et de la planète : choisir la résilience ». 3 Bureau de la Maison Blanche (2011). Declaration by President Obama and Prime Minister Harper of Canada: Beyond the Border. Tiré de : http://www.whitehouse.gov/the-press-office/ 2011/02/04/declaration-president-obama-and-prime-minister-harper-canada-beyond-bord. Consulté le 27 juin 2014. Hiver ­­2015 —

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Maintenance volume 4 - numéro 4  

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