Mieux prévenir le harcèlement sexuel et le sexisme
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DOCUMENT UNIQUE
Zoom sur une situation de travail : les essais du moteur
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RESSOURCES HUMAINES
Intégrer un salarié en situation de handicap
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QUART D’HEURE SÉCURITÉ
Le dégraissage de pièces
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ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL
La vérification périodique des outils et des équipements
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OUTIL TECHNIQUE
Le purgeur automatique de frein : que du « plus » !
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SANTÉ
L’ototoxicité : un risque méconnu
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« Le bien-être des salariés est un outil de prévention ! »
ACTUS & RÉGLEMENTATION
RÉGLEMENTATION
Est-ce à l’employeur de fournir les EPI ?
ACTUS
Mieux prévenir le harcèlement sexuel et le sexisme
Au travail, tout le monde peut être victime ou témoin de faits de harcèlement sexuel ou de comportements sexistes. La communication est de plus en plus forte sur ces sujets dans la société en général et en entreprise en particulier. Toutefois, il reste difficile de bien comprendre ce que recouvrent précisément les notions d’agissements et d’injures sexistes ou de harcèlement sexuel. Pour vous accompagner dans vos actions de prévention sur ce risque professionnel à part entière, l’INRS 1 met à disposition, sur son site Internet, de nombreuses ressources pour mieux agir et communiquer auprès de vos salariés. Quels sont les facteurs de risque ? Comment agir en prévention ? Que faire en cas de signalement ? De nombreux outils et de nombreuses informations qui rappellent que mieux connaître les risques permet de mieux agir.
RÉFÉRENCES
Actus www.inrs.fr
Pas de doute ! C’est bien à l’employeur de fournir gratuitement, à tous ses salariés, les équipements de protection individuelle (EPI) dont ils ont besoin dans le cadre de leur travail. Le Code du travail (article R. 4323-95) stipule également qu’il faut leur mettre à disposition les moyens permettant d’assurer l’entretien et l’état de propreté de ces équipements, grâce, par exemple, à la mise en place d’un dispositif de lavage dans les locaux de l’entreprise. En tant qu’employeur, vous devez également remplacer les EPI endommagés. Enfin, lorsque le caractère particulièrement insalubre ou salissant des travaux l’exige, ce qui est le cas dans le cadre des activités de mécanique, de carrosserie, de soudure et de nettoyage de véhicule, il vous revient de fournir les vêtements de travail appropriés (article R. 4321-4).
À NOTER
Dans le cas particulier des travailleurs temporaires, les EPI à usage personnel, comme les casques et les chaussures, doivent être fournis par l’agence d’intérim ou de travail temporaire, et non par l’entreprise.
CETTE PUBLICATION SEMESTRIELLE EST ÉDITÉE PAR IRP AUTO SOLIDARITÉ-PRÉVENTION, association régie par la loi de 1901. Siège social : 39, avenue d’Iéna – CS 21687 – 75202 Paris cedex 16
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Jules SITBON COMITÉ DE RÉDACTION : Marie-Sylvie AURIOL, Chloé BESSON, Sébastien BRUNEAUX, Sophie KOREN-BEDE, Angel Miguel MAKANGU, Isabelle SARR, Juliette ROUSSEAU RÉDACTRICE EN CHEF : Anne GEESEN
– L e Mag PRO
CONCEPTION : SLOOP Communication (agencesloop.com), 10, rue de la Bourse, 75002 Paris
Réglementation www.legifrance.gouv.fr
INTERVENTIONS
IRP AUTO Solidarité-Prévention vous accompagne dans la prévention des risques professionnels.
Contactez notre équipe pour plus d’informations !
solidariteprevention@irpauto.fr
1 L’INRS a mené une campagne de sensibilisation sur le sujet en septembre dernier.
IMPRESSION : Imprimerie Solidaire, 1, rue Belatrix, 53470 Martigné-sur-Mayenne
COUVERTURE : Marie-Noëlle LE BRETON (crédits photo Silvère KOULOURIS)
DÉPÔT LÉGAL : avril 2024. Édition gratuite. Ne peut être vendue. Reproduction interdite.
ISSN : 2650-8648
Retrouvez Le Mag PRO sur votre Espace Solidarité-Prévention :
Zoom sur une situation de travail : les essais du moteur
DESCRIPTION
La phase d’essai d’un moteur est une étape qui permet l’optimisation des organes du moteur (contrôle des réglages, cylindres, régulation des vitesses, etc.). Le but est de vérifier leur bon fonctionnement. Lors de cette intervention, les opérateurs sont exposés à des risques particuliers, notamment lors du test des véhicules.
IDENTIFICATION DES RISQUES ET PRÉCONISATIONS
Les risques liés au gaz d’échappement
Lors de l’opération, de nombreuses particules se forment et s’échappent dans l’air, telles que le monoxyde de carbone, les hydrocarbures et les oxydes d’azote. Ces particules peuvent être dangereuses pour la santé des salariés et des clients. À ce titre, la formation des opérateurs et le port d’EPI (équipements de protection individuelle) sont essentiels pour prévenir les accidents. Il est préférable de mettre en place un système de captage à la source afin d’éviter toute émission de gaz dans l’air.
Les risques liés aux TMS
Lors des opérations, les salariés sont parfois contraints d’adopter des postures contraignantes, comme en cas de port de charges lourdes. Cette situation peut engendrer des blessures musculaires ou des chutes si la manipulation n’est pas effectuée correctement, le dos en flexion. Ces postures répétées et maintenues favorisent l’apparition de troubles musculosquelettiques (TMS) au niveau du dos. Il est important de former les salariés aux bons gestes et aux bonnes postures à adopter, et de prévoir des étirements ainsi que des échauffements avant la prise de poste. Objectif : éviter toute contrainte posturale et tout accident en travaillant à froid.
Les risques liés au déplacement du véhicule
Pour éviter tout accident, il convient de mettre en place un plan de circulation avec une zone d’entrée et une zone de sortie, puis de fixer une limitation de vitesse dans l’établissement. Autres bonnes pratiques : informer ses collègues lors du départ ou de l’entrée du véhicule et préférer la mise en route du moteur hors atelier.
EXEMPLE D’UNE LIGNE DU DOCUMENT UNIQUE
Risques
LES TROIS CRITÈRES DE COTATION
Afin de réaliser la cotation des risques présents dans l’entreprise, on utilise trois critères pour lesquels on définit une échelle de cotation sur quatre niveaux (1 à 4).
Niveau de probabilité d’apparition
Fréquence d’exposition
Tous les jours
Peu fréquent
Rare
Très rare
Une ou plusieurs fois par semaine
Une ou plusieurs fois par mois
Une ou plusieurs fois par an
Estimation de la gravité
Gravité du dommage
grave
Grave
Modéré
Faible
Maîtrise
Décès ou perte d’intégrité physique permanente (paralysie, amputation, électrocution, chute de hauteur, cancer, etc.)
Blessure pouvant entraîner des séquelles avec arrêt de travail (surdité, écrasement, fracture, coupure profonde, etc.)
Accident ou incident avec arrêt de travail (entorse, lumbago, coupure, etc.)
Accident sans arrêt de travail (lésion superficielle) ou inconfort
Aucune action n’est réalisée pour supprimer ou réduire le risque.
Des mesures de prévention existent, mais sont inadaptées, inefficaces, non ou partiellement mises en œuvre, ou il manque une mesure essentielle et/ou réglementaire.
Les mesures de prévention essentielles existent (efficaces, adaptées et mises en œuvre), mais d’autres sont encore possibles.
La prévention inclut des mesures d’ordre collectif et/ou individuel sur les plans techniques, organisationnels et humains (assurance d’un comportement sûr).
Mesures préventives existantes Actions à
• Réduire les émissions de particules par la mise en place d’un système de captage à la source.
Risque chimique Mise en place de masque FFP1 Gaz d’échappement
Les essais sont réalisés tous les jours, d’où la pondération à 4.
L’inhalation ou l’ingestion de fines particules peut provoquer des pathologies respiratoires, voire cancérogènes pour une exposition prolongée, d’où une pondération de ce critère à 3.
• Réduire le niveau et la durée d’exposition des salariés : rotation du personnel aux postes à risque.
• Former et informer les opérateurs exposés.
• Mettre en place des EPI (masque).
L’entreprise a simplement mis en place des mesures organisationnelles (mise à disposition d’EPI), mais aucune mesure technique ou humaine ; d’où une évaluation de ce critère à 2.
Fréquent
Très
Maîtrise
Intégrer un salarié
en situation de handicap
L’intégration d’un nouveau salarié handicapé fait partie du processus d’embauche. Pour se donner toutes les chances de réussite, plusieurs facteurs clés sont à prendre en considération.
L’arrivée d’un nouveau salarié se prépare toujours en amont. Si le nouvel arrivant est en situation de handicap, il existe toutefois des spécificités à prendre en compte pour une intégration pleinement réussie.
La prise en compte des besoins spécifiques
Avant l’arrivée du salarié, il convient d’évoquer avec lui ainsi qu’avec son responsable (et, selon la taille de l’entreprise, les ressources humaines) les éventuels aménagements nécessaires pour une bonne prise de poste. Cet échange est important pour clarifier – sans aborder directement la nature du handicap – les éventuels besoins spécifiques : aménagements d’horaires, achat de matériel ergonomique, etc.
Contrairement à une idée reçue, dans huit cas sur dix, aucun aménagement du poste de travail n’est à prévoir lors de l’intégration d’un travailleur handicapé. Si certains aménagements sont parfois nécessaires, ils sont souvent simples et peu coûteux. Vous pouvez solliciter l’accompagnement de la médecine du travail ou des organismes Cap emploi pour vous aider dans vos démarches : par exemple,
pour avoir recours à un ergonome, déclencher une étude de poste, etc.
La visite médicale d’embauche
Les travailleurs en situation de handicap font l’objet d’une surveillance médicale renforcée (SMR). À ce titre, la visite médicale doit être réalisée avant leur arrivée effective dans l’entreprise. Elle doit permettre de valider l’aptitude du futur salarié et d’identifier ses besoins spécifiques de compensation.
À NOTER
Les aménagements doivent pouvoir être revus à tout moment en cas de besoin à la demande du salarié et en accord avec la médecine du travail.
L’accueil des collègues
Sensibiliser les futurs collègues en amont de l’arrivée peut être, en accord avec le salarié concerné, d’une grande aide pour favoriser son intégration et son travail. Par exemple, dans le cas du recrutement d’un salarié malentendant, faire connaître aux collaborateurs l’importance de la lecture
sur les lèvres permettra de mieux échanger ensemble dès la prise de poste. Informer en amont des besoins spécifiques et des éventuels aménagements nécessaires liés à la compensation du handicap peut aussi éviter toute incompréhension et tout malentendu.
En complément de ces actions, prévoir un suivi rapproché pendant la période d’intégration permettra de s’assurer du bon déroulé de l’intégration et de procéder à d’éventuels ajustements au fil de l’eau.
Retrouvez toutes les bonnes pratiques pour l’intégration d’un salarié en situation de handicap dans notre Guide de bonnes pratiques de la branche des services de l’automobile en faveur de l’emploi des travailleurs en situation de handicap.
Il est à votre disposition dans votre Espace IRP AUTO Solidarité-Prévention.
POUR ALLER PLUS LOIN
PARTAGE DE BONNES PRATIQUES
Marie-Noëlle LE BRETON
« Le bien-être des salariés est un outil de prévention !»
Le Breton Assistance est une société de dépannage et de remorquage automobile située à Lanquetot, entre Le Havre et Rouen (76). Depuis septembre 2023, Marie-Noëlle LE BRETON, cogérante de la société, a mis en place des séances de sport pour ses salariés. Elle nous explique les raisons et les modalités de ce déploiement.
1
Pourquoi avez-vous décidé de proposer des séances de sport dans votre entreprise ?
J’ai eu connaissance de l’offre d’IRP AUTO Solidarité-Prévention à l’occasion du Tour de Normandie de Mobilians, au printemps 2023, auquel j’ai assisté en tant que présidente de Mobilians Seine-Maritime. J’ai échangé avec des professionnels qui avaient déjà testé le dispositif avec succès. Cela m’a donné envie de le mettre en place dans mon entreprise. J’ai donc pris contact avec IRP AUTO SolidaritéPrévention et tout s’est fait rapidement, en 24 heures ! Un chargé de prévention m’a appelée, nous avons échangé sur le sujet et j’ai été mise en relation avec la société qui gère les coachs sportifs pour planifier des sessions de sport dès la rentrée dans mon entreprise.
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Qu’avez-vous mis en place exactement ?
J’ai demandé à bénéficier de séances de yoga. En effet, notre activité peut être stressante. Dans le cadre de notre métier de dépannage et de remorquage automobile, nous intervenons dans les fourrières, sur les autoroutes ou pour les forces de l’ordre en cas d’accident. Les salariés (deux secrétaires administratives et cinq mécaniciens spécialistes du dépannage) peuvent être confrontés à des situations difficiles à gérer : pannes, accidents graves, conflits, incivilités, etc. Côté administratif, le téléphone sonne sans arrêt. Il faut pouvoir jongler entre l’arrivée des clients et les appels, faire le lien avec les techniciens… Il faut être très polyvalent. Cela peut entraîner de la fatigue et du stress. Pour toutes ces raisons, le yoga m’a semblé pertinent. J’en avais discuté avant avec les salariés. Si côté administratif, l’adhésion a été immédiate, cela a suscité un peu moins d’intérêt côté techniciens. Ce n’est pas encore dans les
usages. Mais comme nous étions trois à être partantes (mes deux salariées administratives et moi-même), nous avons décidé de nous lancer sur une durée de six mois.
La mise en place des séances de sport dans votre entreprise a-t-elle été facile ?
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Tout à fait ! Nous bénéficions d’une séance de yoga animée par une coach qui vient sur notre site une fois par semaine entre midi et deux. La séance se fait sur le temps de travail (l’heure est récupérée dans la semaine). Lors de la première séance, l’intervenante nous a posé des questions pour mieux nous connaître. Le but est vraiment de s’adapter à nos besoins ainsi qu’à notre environnement de travail, avec des exercices adaptés à nos positions « sédentaires » face aux écrans. J’ai simplement acheté trois tapis de yoga. Le matériel complémentaire nécessaire est fourni. Pour la salle, nous utilisons une salle de réunion existante. Cela n’a donc nécessité aucun aménagement.
Quels sont les effets de ces séances ?
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C’est vraiment un temps pour soi, de lâcher-prise et de détente, où chacune peut penser à elle. C’est aussi un moment privilégié employeur-employé, où l’on partage une expérience. Mes salariées sont plus détendues, c’est très positif. L’effet est vertueux physiquement et mentalement, cela permet d’évacuer le stress et les tensions du corps. C’est un moyen de lutter à la fois contre les TMS (troubles musculosquelettiques) et les RPS (risques psychosociaux). Ces séances de yoga figurent désormais dans notre document unique en tant qu’action concrète de prévention des risques. Une manière d’attester que l’on agit en prévention.
Quels sont vos projets pour la suite ?
5
Je suis en réflexion afin de proposer des séances d’échauffement pour les techniciens. Une autre manière de travailler sur les postures et de prendre soin de son corps (épaules, dos, chevilles, etc.). Le sport en entreprise n’est pas encore ancré, c’est encore difficile de faire adhérer. Il faut du temps ! Et cela nécessite de l’organisation, car les techniciens sont souvent en déplacement. Cela reste donc à étudier. Je suis convaincue en tout cas que ce type d’initiatives cultive le bien-être au travail. C’est particulièrement important depuis les années Covid et dans nos professions soumises à un fort turn-over Ce sont des actions faciles et rapides à mettre en place, même au niveau d’une petite structure. Sur le long terme, je pense vraiment que cela a un impact positif en termes de sentiment d’appartenance et de fidélisation des employés. Nos métiers évoluent, on ne gère plus les entreprises comme avant. Il faut savoir évoluer ! Le bien-être des salariés est un outil de prévention.
INTERVENTION SPORT EN ENTREPRISE
Vous souhaitez mettre en place des séances d’activités physiques animées par un coach dans votre entreprise ?
Contactez notre équipe pour plus d’informations.
Crédit photo
Silvère KOULOURIS
Cette fiche 1/4 h sécurité est également téléchargeable dans votre Espace Solidarité-Prévention
Le dégraissage de pièces
DÉFINITION
Le dégraissage de pièces métalliques consiste à nettoyer la surface des pièces afin d’enlever les diverses substances présentes en surface (huile, graisse, fluide, etc.) en vue, notamment, de leur réparation ou de l’application de traitement. Ce nettoyage est généralement réalisé manuellement à l’aide d’un solvant dans une fontaine de dégraissage.
POINT RÉGLEMENTAIRE
Les solvants sont des produits chimiques. Ils sont donc soumis aux dispositions du Code du travail relatives à la prévention des risques chimiques (articles L. 4412-1 et R. 4412-1 à R. 4412-93), distinguant les agents chimiques dangereux (articles R. 4412-1 à R. 4412.57) et les agents chimiques classés CMR 1 (articles R. 4412-59 à 4412-93).
RISQUE D’INCENDIE ET D’EXPLOSION
Certains solvants peuvent présenter un risque d’incendie et d’explosion, selon les conditions de leur mise en œuvre et de leur stockage sur le lieu de travail. C’est le cas notamment des solvants organiques non halogénés 2 , qui sont combustibles et dont font partie les hydrocarbures. Les dangers pour la santé sont signalés sur l’étiquette du produit à l’aide de pictogrammes correspondants.
2
Produit dangereux pour la santé
Produit qui peut induire des effets graves sur la santé
Produit inflammable
EN CHIFFRE
11 % 79 %
des salariés « tous secteurs confondus » sont exposés à au moins un produit chimique cancérogène. des ouvriers de la réparation automobile et motocycle sont exposés à un agent cancérogène.
Sources : Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) et enquête SUMER.
RISQUES ET EFFETS SUR LA SANTÉ
RISQUE CHIMIQUE
Le dégraissage manuel de pièces expose à des contacts cutanés avec le solvant et à l’inhalation des vapeurs émises, ce qui peut avoir des effets sur la santé des opérateurs. Ces effets dépendent des caractéristiques du solvant utilisé. Ils peuvent apparaître : à la suite d’une exposition unique à une forte dose de solvant (on parle d’intoxications aiguës : irritations, brûlures, vertiges, etc.) ; à la suite d’une exposition répétée, même à faible dose (on parle d’intoxications chroniques : atteintes du système nerveux [paralysie], du sang [anémie], du foie [hépatite], des reins, cancers ou baisse de la fertilité).
1 Le terme CMR, qui signifie « cancérogène, mutagène et reprotoxique », est issu de la réglementation sur la prévention des risques chimiques. Ces substances sont potentiellement dangereuses, car elles peuvent provoquer des cancers (cancérogènes), causer des mutations génétiques (mutagènes) ou avoir des effets néfastes sur la reproduction (reprotoxiques).
2 Les solvants organiques non halogénés ne contiennent pas d’atomes d’halogène (fluor, chlore, brome, iode, etc.). Ils sont souvent préférés aux solvants halogénés en raison notamment de leur moindre toxicité.
FACTEURS DE RISQUE ET MOYENS DE PRÉVENTION ASSOCIÉS
CONTACTEZ NOS ÉQUIPES
Nos conseillers sont à votre disposition du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h 30, et le samedi de 8 h 30 à 13 h.
Le salarié ne porte pas ses EPI lors du dégraissage de pièces. Le salarié travaille sur un poste de travail mal ventilé.
Le salarié utilise de l’essence ou du gazole pour nettoyer les pièces.
UTILISER un dispositif de captage à la source des vapeurs et veiller à aérer l’espace de travail.
PORTER LES EPI
ADAPTÉS : gants en nitrile à manches longues, masque de protection respiratoire avec cartouches A2, lunettes de protection, etc.
INTERDIRE l’utilisation d’essence ou de gazole. Utiliser uniquement le solvant mis à disposition pour nettoyer les pièces.
PRÉFÉRER l’utilisation d’une fontaine de dégraissage biologique ou lessiviel (eau + détergent).
ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL
La vérification périodique
des outils et des équipements
Les outils et les équipements de travail doivent être vérifiés régulièrement par l’entreprise afin d’assurer la sécurité des salariés. Quelles sont les vérifications obligatoires à effectuer ? Quels sont les matériels concernés ?
En tant qu’employeur, vous devez vérifier régulièrement les équipements de travail des salariés pour vous assurer qu’ils ne présentent aucun risque d’accident, en raison d’une dégradation dans le temps ou d’un défaut dans l’entretien, par exemple. Selon le Code du travail1, tous les équipements de travail et les moyens de protection doivent être « équipés, installés, utilisés, réglés et maintenus de manière à préserver la santé et la sécurité des travailleurs ». Les installations et les dispositifs techniques et de sécurité des lieux de travail doivent être « entretenus et vérifiés suivant une périodicité appropriée ».
Sont concernés :
• les équipements mécaniques et les appareils de levage ;
• les équipements de protection individuelle (EPI) ;
• les installations électriques ;
• les moyens de lutte contre les incendies et les explosions ;
• les bâtiments et les locaux de travail ;
• certains matériels spécifiques.
On distingue trois types de vérification :
• la vérification lors de la mise en service ;
• la vérification de remise en service : (après un accident du travail, une réparation ou une transformation de l’installation) ;
• la vérification périodique obligatoire.
QUELLES SONT LES VÉRIFICATIONS PÉRIODIQUES
OBLIGATOIRES2 ?
Au moins une fois par an (examen de l’état de conservation : examen visuel détaillé, complété au besoin par des essais de fonctionnement)
• Cabine de peinture
• Pont élévateur, appareils et accessoires de levage (sauf exception)
• Plateforme élévatrice
• Appareils de protection respiratoire (selon la vérification à effectuer)
• Installations électriques
• Installation d’aération et d’assainissement
• Crics, palans et treuils
• Extincteurs
Tous les six mois (essai de fonctionnement et examen de l’état de conservation)
• Table élévatrice mobile
• Palans accompagnés de support
• Chariot élévateur
QUI RÉALISE LES VÉRIFICATIONS ?
Les vérifications peuvent être effectuées par toute personne qualifiée en matière de prévention des risques et de réglementation en interne comme en externe à l’entreprise. Cela implique une excellente connaissance du matériel concerné, des normes et des risques présentés par les équipements à vérifier. Si vous envisagez de recourir à un prestataire extérieur, vous devez vous assurer de ses compétences 3. S’il s’agit d’un salarié, il devra suivre au besoin une formation spécifique.
À NOTER
Une vérification périodique annuelle est recommandée (mais non obligatoire) pour tous les équipements ou outils de travail portatifs (disqueuse, meuleuse, clé à choc, lustreuse, etc.), ainsi que pour les échelles et escabeaux.
En dehors des obligations périodiques de vérification, les équipements et matériels doivent être vérifiés dès lors qu’un dysfonctionnement est suspecté lors de leur utilisation : vibrations ou bruit anormaux, fuites, etc. Votre vigilance, ainsi que celle des salariés, au jour le jour est capitale !
3 questions à Mélanie ROUZÉ
Gestionnaire administrative et référente santé et sécurité, groupe Thimax (78)
1
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Comment se déroule la vérification périodique de vos outils et équipements ?
Notre établissement comprend plusieurs activités : la réparation (trois ateliers de mécanique), la location et le contrôle technique. Cela représente en moyenne une trentaine de salariés. Nous avons des contrats avec des sociétés spécialisées qui prennent en charge toutes les vérifications obligatoires. Un prestataire s’occupe d’effectuer toutes les vérifications nécessaires sur nos équipements et matériels : crics, appareils de levage, compresseurs, etc. Il vérifie tout le système électrique (prises, éclairage, alimentation des ponts élévateurs, etc.). Une autre société vient vérifier tous les ans nos équipements incendie, notamment les extincteurs, que nous changeons tous les dix ans.
Quel rôle les salariés jouent-ils en matière de vérification des équipements ?
Nous n’attendons pas les contrôles périodiques pour nous assurer du bon état de nos matériels ! Les vérifications obligatoires viennent compléter une vigilance constante déjà présente au quotidien sur le terrain. En effet, les collaborateurs sont les premiers à faire remonter les informations : s’il y a un souci, un doute sur un outil ou un constat de défaut sur un équipement, ils en font part. Ce sont des relais fondamentaux qui permettent d’agir constamment pour la sécurité. Chaque salarié gère son matériel et nous signale tout dysfonctionnement pour que nous puissions y remédier.
En quoi cette vérification est importante pour votre entreprise et ses salariés ?
C’est fondamental pour la santé et la sécurité des collaborateurs. Cela permet de s’assurer que tout le monde travaille en sécurité. Au-delà, on peut dire que c’est important aussi en termes de bien-être au travail.
SOURCES
INRS, Principales vérifications périodiques (ED 828), 2018 et Vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage (ED 6339), 2019.
LA FORMULATION DES RÉSULTATS DES CONTRÔLES
Des rapports d’inspection détaillés doivent être systématiquement établis à la suite des contrôles. Ils mentionnent les équipements vérifiés ainsi que les résultats des investigations techniques réalisées avec la mention des éventuelles anomalies constatées. Ces rapports renseignent le chef d’établissement sur la nature des actions à mettre en œuvre : pièces à remplacer ou réparations nécessaires, choix du maintien en service ou mise à l’arrêt dans l’attente des améliorations nécessaires. Ils doivent être datés et mentionner l’identité du contrôleur.
Pour faciliter leur consultation et leur conservation, les différents documents de contrôle peuvent être rassemblés dans un registre unique de sécurité, où seront aussi reportés les dates et les résultats des vérifications. Par ailleurs, un carnet spécifique doit être tenu tout au long de la vie de certains matériels pour retracer les opérations de contrôle périodique ou de réparation : dossier d’exploitation pour les équipements sous pression, par exemple.
1 Articles L. 4321-1 et R. 4224-17.
2 Liste non exhaustive. Il s’agit d’une sélection des principaux outils et équipements parmi les plus couramment utilisés.
3 Vous pouvez trouver une liste des organismes accrédités sur le site du COFRAC (Comité français d’accréditation) ou sur le site de la Commission européenne NANDO.
Le purgeur automatique de frein : que du « plus » !
Le purgeur de frein automatique permet de réaliser seul la purge du circuit de freinage d’un véhicule. Il permet aussi de limiter le contact avec le liquide de frein, et donc de travailler plus en sécurité. Utilisation et précautions à prendre : on vous dit tout.
La purge du liquide de frein est une opération délicate qui nécessite prudence et précision. Choisir un purgeur automatique plutôt qu’un purgeur manuel permet une meilleure protection face au risque chimique.
LES ATOUTS DU PURGEUR AUTOMATIQUE
Le purgeur de frein automatique offre plusieurs avantages. Outre la possibilité de réaliser seul l’opération (le purgeur manuel s’utilise à deux), il limite le contact avec le liquide de frein, produit dangereux qui peut contenir de l’éthylène glycol.
LES PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Limitation du risque ne signifie pas disparition ! Lors de l’utilisation du purgeur automatique de frein, il est important :
• de s’équiper en conséquence pour se protéger de tout contact avec le liquide de frein en portant une tenue de travail adaptée, des gants nitrile jetables et des lunettes de protection pour se protéger des éventuelles éclaboussures (les bouchons d’oreilles sont également recommandés) ;
• de vérifier en amont le bon état de l’outil et de ses tuyaux (contrôle de l’absence de fuite) ;
• d’essuyer les coulures éventuelles à l’aide d’un chiffon ;
• après utilisation, de retirer soigneusement ses gants et de se laver les mains.
En tant qu’employeur, vous devez veiller à ce que l’utilisation des purgeurs de frein soit réalisée dans un environnement bien ventilé. L’élimination des liquides de frein doit également être réalisée de manière à respecter l’environnement.
À NOTER
Il ne faut ni boire, ni manger, ni fumer pendant l’utilisation.
Ainsi, les liquides de frein doivent être stockés dans des fûts étanches avant d’être collectés, analysés en laboratoire et recyclés. Pour cela, il convient de faire appel à une entreprise spécialisée dans la collecte de déchets dangereux.
QUE FAIRE EN CAS DE CONTACT AVEC LE LIQUIDE DE FREIN ?
Si vous êtes accidentellement en contact avec du liquide de frein, vous devez impérativement :
• changer de tenue ;
• laver immédiatement la peau exposée à l’eau et au savon ;
• contacter un médecin si l’irritation persiste.
INTERVENTIONS
IRP AUTO Solidarité-Prévention vous accompagne dans la prévention du risque chimique : intervention en entreprise, e-learning, contenus dédiés, etc.
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L’ototoxicité : un risque méconnu
L’ototoxicité se manifeste par une altération de l’audition ou de l’équilibre par des produits chimiques. Explications.
Il n’y a pas que le vieillissement ou l’exposition au bruit qui peuvent entraîner des troubles auditifs ! L’ototoxicité (du grec oto, oreille) correspond à un « empoisonnement » du système auditif par des produits chimiques, qui se traduit par une altération des fonctions auditives. Les substances provoquant l’ototoxicité (on en recense plus de 100) sont appelées «agents ototoxiques».
Si l’exposition au bruit n’est pas responsable de l’ototoxicité, elle peut être un facteur aggravant par effet combiné d’une double exposition. Ainsi, une oreille atteinte par un agent ototoxique peut se révéler plus vulnérable à une agression sonore.
LES SUBSTANCES EN CAUSE
De nombreuses substances sont répertoriées comme potentiellement ototoxiques (le plus souvent par exposition chronique), notamment :
• les solvants aromatiques (toluène, xylènes, etc.) présents dans les peintures, les dégraissants et les vernis ;
• les solvants organiques (éthylbenzène, chlorobenzène, etc.) ;
• certains métaux (plomb, mercure, etc.) ;
• des gaz comme le monoxyde de carbone et l’acide cyanhydrique (en association à une exposition au bruit trop importante) ;
• la fumée de tabac ;
• des molécules présentes dans des médicaments (notamment dans les diurétiques ou les antibiotiques).
LES ATTEINTES SUR LA SANTÉ
L’exposition à des agents ototoxiques peut entraîner des effets temporaires ou durables sur l’audition et l’équilibre. Les principaux symptômes qui doivent vous alerter sont :
S’INFORMER ET SE PROTÉGER
Vous pouvez savoir si un produit est ototoxique en consultant sa fiche de données de sécurité (FDS). Si un produit est ototoxique, les effets seront mentionnés à la rubrique relative aux propriétés toxicologiques. Autre ressource, le tableau des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) issu du Code du travail indique une « mention bruit » lorsqu’un agent chimique comporte un risque de coexposition au bruit.
Pour se protéger, l’utilisation des EPI (équipements de protection individuelle) est indispensable au travail. En complément, vous devez tout mettre en œuvre pour supprimer ou limiter les risques de polyexpositions bruit et substances chimiques.
DÉFINITION
L’ototoxicité désigne le processus selon lequel certains agents chimiques peuvent fragiliser l’oreille interne, en endommageant, notamment, la cochlée ou l’appareil vestibulaire.
EN SAVOIR + 1 adulte sur 4
4 % des adultes seraient concernés par EN CHIFFRES de déficience auditive en France. une déficience auditive invalidante.
SOURCES
Inserm, 2022
INRS
• la difficulté à entendre ;
• les acouphènes ;
• l’hyperacousie (sensibilité accrue aux bruits) ;
• la sensation d’oreille bouchée ;
• les vertiges ;
• l’instabilité lors de la marche sur des surfaces non plates ;
• les chutes.
INTERVENTIONS
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QUI SOMMES-NOUS ?
IRP AUTO Solidarité-Prévention est l’institution de référence des professionnels des services de l’automobile en matière de prévention. Elle leur vient en aide pour :
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