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Le Tibet : un défi pour Xi Jinping Soixante années d’une politique qui a échoué au Tibet


Introduction Alors que la tête du gouvernement en Chine change tous les dix ans, la cinquième génération des dirigeants du Parti communiste chinois se retrouve héritière à la fois d’un pouvoir extraordinaire et d’une somme de problèmes considérables, parmi lesquels l’occupation continue, par la Chine, d’un Tibet rebelle. Les Tibétains n’ont probablement jamais autant résisté à l’occupation chinoise, depuis les années cinquante. Des décennies de politiques ratées ont eu pour conséquence de modeler une société dans laquelle les droits humains des Tibétains sont régulièrement bafoués et où ils se retrouvent marginalisés sur le plan politique, économique et social. La contestation publique a pris un tour tragique avec plus de cinquante personnes qui ont choisi l’autoimmolation comme nouvelle forme de résistance à la domination chinoise, s’achevant, dans la plupart des cas, par une issue fatale. Pendant ce temps, le cycle des contestations engendrant une brutale répression militaire qui, par le passé, caractérisait les périodes d’agitation, est en train de changer. La Chine est en train de découvrir que le recours à la force n’empêche nullement les rassemblements massifs de Tibétains, que ce soit pour prier pour ceux qui se sont immolés ou pour protester de façon plus contestataire. Les Tibétains bravent maintenant la peur que leur inspire le violent régime chinois. Ces derniers mois, des groupes toujours plus nombreux de Tibétains sont descendus dans les rues pour manifester leur opposition à la domination chinoise. Par ailleurs, les Tibétains développent de nouvelles formes de résistance créative, à travers la musique, la littérature et d’autres formes d’affirmation de leur identité nationale. Xi Jinping, le dirigeant chinois de la cinquième génération, va maintenant se retrouver confronté au défi posé par le Tibet. On ne sait pas grand-chose sur les opinions personnelles de Xi sur le Tibet, mais son père, Xi Zhongxun, ancien Vice-Premier ministre, connaissait le dalaï-lama et était proche du panchen lama. En juillet 2011, dans un discours prononcé à Lhasa, devant le Potala, Xi Jinping a fait preuve d’une totale allégeance au Parti, se déclarant prêt à « combattre farouchement les activités séparatistes menées par la clique du dalaï-lama, en s’appuyant sur toutes les minorités ethniques… et à faire éclater tous les complots visant à détruire la stabilité du Tibet et à mettre en péril l’unité nationale. » (i)

Le défi que représente le Tibet pour Xi Jinping met en lumière l’échec de la politique chinoise au Tibet ; une politique qui, malgré six décennies d’un contrôle sans relâche, n’a pas réussi à faire plier les Tibétains. Le défi auquel Xi doit faire face est un Tibet en crise, dévasté par quatre générations d’une exploitation coloniale, mais avec un peuple dont le patriotisme, le courage et l’esprit de résistance face à la domination chinoise n’ont jamais faibli depuis l’invasion du Tibet par l’Armée de Libération du Peuple, il y a soixante ans. Ce rapport résume les tentatives de la Chine de maintenir son occupation du Tibet au moyen de trois piliers d’un contrôle coercitif – l’occupation militaire, la domination coloniale et le recours à la peur et à l’intimidation. Xi et les dirigeants de la cinquième génération doivent maintenant admettre qu’en empruntant le même chemin que les générations précédentes, ils n’aboutiront qu’à une plus grande instabilité au Tibet et à un mécontentement grandissant de la communauté internationale vis-à-vis de la politique chinoise menée au Tibet. Nous ne sommes pas les seuls à penser qu’un changement doit avoir lieu au Tibet. Dans un récent rapport de l’agence Reuters (ii), on pouvait lire que « chaque génération de dirigeants [chinois] doit faire face à des problèmes laissés par la génération précédente » et une source proche du gouvernement d’expliquer : « Pour Hu, c’était Taiwan… pour Xi, c’est le Tibet ». Un autre fonctionnaire du Parti, qui a souhaité garder l’anonymat, a déclaré à l’agence Reuters : « Même en augmentant les dépenses et en renforçant la sécurité, on n’arrivera pas à s’offrir une stabilité durable au Tibet… La politique hautement répressive ne peut pas durer éternellement. » Les échecs de la politique chinoise ont stimulé une nouvelle génération de Tibétains qui n’ont jamais connu un Tibet indépendant, mais sont très engagés dans la défense de leur nation et revendiquent comme un droit fondamental la liberté politique, économique et sociale. Leur résistance menace la stabilité même et l’endurance tellement voulues par la cinquième génération du Parti communiste chinois. Pour Xi, le défi consiste à résoudre le problème tibétain rapidement et pacifiquement, faute de quoi il risque de créer une crise avec une portée géopolitique encore plus grande, compte tenu du fait que les Tibétains ont déjà résisté à quatre générations d’une politique chinoise qui a échoué.

Le Tibet est formé des trois provinces de l’Amdo, du Kham et de l’U-Tsang. L’Amdo, avec le redécoupage chinois, fait maintenant partie du Qinghai et d’une partie du Gansu. Le Kham a été incorporé, en grande partie, dans les provinces du Sichuan, du Gansu et du Yunnan. Enfin, l’U-Tsang et le Kham occidental forment ce que la Chine appelle aujourd’hui la Région autonome du Tibet (RAT). Le territoire du Tibet traditionnel représente un quart de la surface de l’actuelle République populaire de Chine.




L’occupation militaire chinoise Dans les débuts de la gouvernance de Xi Jinping, se profile le centenaire de la déclaration du treizième dalaïlama réaffirmant, en 1913, l’indépendance du Tibet vis-àvis de l’empire manchou (1a). Les forces chinoises ont été boutées hors du Tibet jusqu’à ce que le Parti communiste chinois (PCC), fort de sa victoire triomphante, cherche à consolider son nouveau pouvoir en étendant rapidement son influence le plus loin possible. Le 7 octobre 1950, 40 000 soldats de l’armée de libération du peuple (ALP) ont franchi le Drichu (Yangtse) pour pénétrer au coeur du Tibet. Ecrasée par le nombre, l’armée tibétaine a été obligée de capituler (1b) et le Tibet est devenu un pays occupé (1c). Le PCC prétend que les Tibétains font partie des cinquante-six ethnies de la Chine (1d) liées ensemble par un destin commun (1e) – une histoire fabriquée de toutes pièces et qui prend racine dans le profond ethnocentrisme historique de la Chine. Le Tibet, une nation clairement définie, présentait pourtant tous les critères d’un Etat souverain, trois décennies avant la création de la République populaire de Chine (RPC) (1f). Mais, les dirigeants chinois ont classé les Tibétains dans les « peuples barbares non-civilisés qu’il convient d’assimiler ou d’éliminer » (1g). Comme les Tibétains, un peuple fier et farouchement indépendant, ne montraient aucun signe d’assimilation, le PCC a poursuivi sa politique de destruction de la nation tibétaine. Les persécutions chinoises ont régulièrement augmenté, la résistance tibétaine aussi et, en mars 1959, des mouvements de contestation populaire ont éclaté un peu partout à Lhasa. Lorsque l’ALP a commencé à pilonner la ville, le quatorzième dalaï-lama a été obligé de quitter précipitamment le pays et, selon la Chine, 87 000 Tibétains ont été tués ou arrêtés à la suite du Soulèvement (1h). Exactement cinquante ans plus

tard, le dalaï-lama a déclaré qu’avec la politique de Pékin « les Tibétains étaient plongés dans de tels abîmes de souffrance et de privations qu’ils faisaient littéralement l’expérience des enfers sur terre » (1j). Cette déclaration contrastait singulièrement avec celle du PCC affirmant avoir libéré le Tibet de « l’oppression du régime féodal du dalaï-lama » (1k) – une société médiévale, tyrannique, composée « de propriétaires, de serfs et d’esclaves ». En définitive, la condamnation du passé féodal du Tibet par Pékin est un argument colonialiste classique – « le sous-développement culturel » servant de justification à une invasion (1l). Beaucoup de Tibétains admettent qu’avant l’invasion, le système n’était pas égalitaire ; le dalaï-lama avait d’ailleurs commencé à promouvoir des réformes (1m). Le gouvernement tibétain en exil est maintenant une démocratie à laquelle le dalaï-lama a légué son autorité politique (1n). Soixante ans plus tard, la Chine doit encore s’appuyer sur ses forces militaires et paramilitaires pour contrôler le Tibet, le nombre de soldats de l’ALP stationnés sur le plateau tibétain allant de 150 000 à 400 000, selon les estimations. La présence visible des forces de sécurité augmente autour des dates commémoratives et dans les périodes d’agitation (1o), mais la Chine n’a pas réussi à empêcher complètement les rassemblements de masse, notamment en 1959, à la fin des années quatre-vingt (lorsque le Tibet a été placé sous la loi martiale), et en 2008, quand on a dénombré plus de cent cinquante mouvements de contestation différents, à travers le plateau tibétain. Malgré la terrible répression qui a suivi les soulèvements de 2008, des mouvements de contestation ont lieu régulièrement, surtout au Tibet oriental, souvent en lien avec les immolations de moines, de nonnes et de laïcs tibétains (1p), ce




L’immolation de Tsering Kyi, une étude de cas Le 3 mars 2012, Tsering Kyi, une jeune étudiante de 20 ans, d’une famille de nomades, s’est aspergé le corps d’essence, puis s’est rendue au marché aux légumes de Machu dans l’Amdo (en chinois : Maqu dans la province de Gansu) où elle s’est immolée par le feu en levant le poing. Elle est morte sur place. Dans son enfance, elle suivait les troupeaux de yacks et dormait à la belle étoile, mais cette vie s’est arrêtée avec le clôturage des prairies et Tsering Kyi – que ses enseignants décrivaient comme un « modèle » pour les autres enfants – s’est progressivement retrouvée au centre de l’agitation sociale. En 2008, des troubles ont éclaté à Machu et des centaines de Tibétains ont été arrêtés, à la suite de violentes représailles. Deux années plus tard, des élèves de l’école de Tsering Kyi ont organisé des manifestations en réclamant la liberté et l’indépendance. Peu de temps avant son ultime geste de défi, Tsering Kyi avait dit à ses amis et à sa famille : « nous devrions faire quelque chose pour le Tibet – la vie n’a pas de sens si nous ne faisons rien pour le Tibet »(I). L’immolation de Tsering Kyi est la vingt-quatrième au Tibet. A ce jour, au moins vingtsept Tibétains ont suivi son exemple, à travers tout le Tibet.

qui prouve bien que l’occupation militaire chinoise n’arrive pas à étouffer l’aspiration à la liberté du peuple tibétain.

ont été battus à mort devant les portes du monastère (1r) – il n’est guère surprenant que Ngaba demeure l’un des principaux foyers d’agitation.

Aujourd’hui, la Chine dépense plus pour la sécurité publique que pour la défense extérieure (1q). Une étude de Human Rights Watch, en 2011, a démontré que les dépenses de sécurité dans la région de Ngaba au Tibet oriental (Aba, en chinois, dans la province du Sichuan) – épicentre de l’actuelle vague d’immolations – dépassaient, depuis 2002, celles des régions non tibétaines du Sichuan. L’ONG a aussi fait valoir qu’avec sa campagne « frapper fort » et son nouveau dispositif « antiterroriste » mis en place en 2007, la Chine, en prenant ces mesures provocatrices, avait contribué aux troubles de 2008, qui n’ont cessé depuis lors. En 2009, le budget de la sécurité dans le Ngaba était cinq fois supérieur au budget moyen dans le reste du Sichuan ; étant donné la réaction extrême de la Chine face à l’immolation en mars 2011 de Phuntsok, un jeune moine de 22 ans – 3OO moines appartenant au monastère de Kirti ont disparu et deux vieux moines

Tout comme d’autres peuples opprimés un peu partout dans le monde ont réussi à faire basculer des dictatures grâce à leurs mouvements de lutte pour la liberté – comme ce fut le cas récemment au MoyenOrient et en Afrique du Nord – le peuple tibétain combat pour sa liberté. La résistance tibétaine à l’intérieur du Tibet s’est considérablement diversifiée, avec une détermination renouvelée de promouvoir l’identité nationale tibétaine en répandant un mouvement né sur place – le lhakar ou « mercredi blanc » – selon lequel les Tibétains s’engagent, ce jour-là, en pleine conscience, à ne poursuivre que des activités tibétaines. Une renaissance culturelle est aussi en train de poindre, avec des aspirations politiques qui s’expriment à travers la musique et la littérature tibétaines. Avec ces formes de résistance – percutantes et innovantes, tout en étant subtiles – qui s’élèvent un peu partout au Tibet, le pouvoir militaire chinois devient de plus en plus inefficace.

«

Sur la route principale qui mène à Aba, on trouve tous les vingt mètres des officiers de police et des fonctionnaires communistes arborant un brassard rouge, à l’affût de potentiels agitateurs. De plus, en guise de démonstration de force et par mesure d’intimidation, des dizaines de paramilitaires sont assis en rangs devant les magasins et les restaurants.

»

Le journaliste Jonathan Watts du Guardian a réussi à pénétrer dans Ngaba en février 2012




La domination coloniale de la Chine La domination du Tibet par la Chine est l’une des dernières formes du colonialisme, au vingtième siècle, qui a été renversé et dénoncé par la communauté internationale. Depuis 1950, le but de la Chine, d’abord exprimé par Mao Zedong, a été d’englober le Tibet. Mais, tandis que quatre générations de politique coloniale ont abouti à l’exclusion sociale, au dénuement et aux disparités entre les pauvres paysans tibétains et les riches citadins chinois au Tibet, les Tibétains continuent à revendiquer l’identité nationale qui est la leur. L’exploitation coloniale du Tibet s’est accélérée quand Hu Jintao est devenu le secrétaire du Parti de la RAT, à la fin des années quatre-vingt. Désireux de « prendre la situation à bras-le-corps », Hu entendait utiliser le développement économique comme outil dans « la lutte contre le séparatisme », et sa politique a été renforcée avec le lancement de la Stratégie de développement de l’Ouest (SDO) en 1999 qui est encore perceptible aujourd’hui. Visant à réduire la disparité économique entre le bord de mer oriental plus riche et les provinces occidentales plus pauvres, les objectifs politiques de la SDO avaient été exposés par l’ancien président Jiang Zemin qui avait déclaré : « cela contribuera au développement de l’économie chinoise, stabilisera la société locale et contribuera à l’unité de la Chine » (18 septembre 2000). Mais, selon Yulu Dawa Tsering, le révéré lama tibétain qui militait pour l’indépendance et est décédé en 2002, la SDO s’est traduite par « un état d’urgence et une période sombre » (2a). L’investissement financier de la Chine au Tibet est conséquent (193,1 milliards de yuan de 2011 à 2015), mais l’accent mis sur des infrastructures à grande échelle

plutôt que sur des projets locaux a donné lieu à un développement épars qui profite rarement aux Tibétains les plus démunis ; en réalité, l’essentiel des revenus générés au Tibet repartent dans les poches de la Chine continentale (2b). La ligne de chemin de fer GormoLhasa, de loin le projet le plus ambitieux, a été achevée en 2006 et a coûté 4,1 milliards de dollars. L’association International Campaign for Tibet explique que le chemin de fer a favorisé « une seconde invasion » du Tibet par les Chinois, en facilitant à la fois le déploiement rapide de l’armée et l’exploitation des ressources naturelles du Tibet (2c). Les chiffres disponibles sont ceux du recensement de 2000 en Chine ; ils font état sur tout le plateau tibétain – y compris les 150 comtés autonomes – d’une population d’au moins 10 millions d’habitants, sans compter les militaires et les travailleurs migrants, dont 5,4 millions de Tibétains, le reste étant des Hans ou des Chinois appartenant à d’autres ethnies (2d). Dès 2002, des fonctionnaires de la Région autonome du Tibet avaient reconnu devant des journalistes étrangers que les Tibétains seraient bientôt en minorité à Lhasa (2e). Andrew Fischer, un économiste spécialiste du Tibet, a qualifié la croissance au Tibet d’ « ethniquement restrictive» (2f). Il a rapporté qu’en 2010 les subventions du gouvernement central à la RAT avaient atteint des niveaux record, dépassant pour la première fois la totalité du PIB de la RAT, redoublant l’extrême dépendance économique de la région vis-à-vis de Pékin et renforçant l’évidente mainmise du gouvernement dans la plupart des secteurs économiques (2g). Le tourisme est le principal bénéficiaire de l’investissement étatique, avec 15 millions de touristes




attendus d’ici 2015 (2h) – des Chinois, en grande majorité. En 2012, la Chine a promis de nouveaux investissements de taille dans l’infrastructure touristique au Tibet, dont un nouveau parc à thèmes près de Lhasa. Pourtant, le Tibet est régulièrement interdit aux touristes étrangers. La Région autonome du Tibet est fermée au moment des dates commémoratives sensibles et au moment des manifestations de masse : des parties de l’Amdo et du Kham, là où ont eu lieu la plupart des immolations tibétaines, ont aussi été interdites. Même lorsque le Tibet est ouvert, les autorités font en sorte d’exercer un contrôle étroit sur ce que les touristes voient et comprennent de la situation. Des guides touristiques et des hôteliers ont été arrêtés et emprisonnés pour de soi-disant indiscrétions. Mais, en dépit du fait qu’un pays occupé n’a rien d’une destination estivale, plusieurs chaînes hôtelières internationales, dont Starwood (2j) et les hôtels InterContinental, ont ouvert ou envisagent d’ouvrir des hôtels de luxe à Lhasa. L’immigration chinoise sur le plateau tibétain, assortie de la marginalisation économique des Tibétains – un faible niveau d’instruction et de formation les empêchant d’être compétitifs dans les affaires et les offres d’emploi – a joué un rôle moteur en 2008, dans la vague de contestation à Lhasa (2k). Depuis lors, la Chine a redoublé d’efforts pour marginaliser la langue tibétaine au profit du chinois (2l). En octobre 2010, plus de 10 000 étudiants et enseignants tibétains se sont élevés contre des propositions de réforme du système éducatif dans la province du Qinghai, visant à imposer le chinois dès l’enseignement primaire (2m). Les panneaux de signalisation sont en chinois, les documents officiels la plupart du temps disponibles uniquement en chinois et les lettres adressées en tibétain ne sont pas distribuées. Mais, malgré tous les efforts de la Chine, on assiste au Tibet à un retour au tibétain comme expression identitaire (2n). En 1998, la Chine a sorti sa botte secrète – l’éradication du mode de vie nomade qui, pendant des milliers d’années, a pourtant fait partie intégrante de la société tibétaine. La même année, le vice-ministre de l’Agriculture, Qi Jingfa, a déclaré : « Tous les bergers sont censés avoir abandonné le nomadisme d’ici la fin du siècle » (2o). Même si la Chine a laissé passer la date butoir qu’elle s’était elle-même fixée, des fonctionnaires ont affirmé qu’en janvier 2011, 1,43 million de fermiers et de bergers étaient déjà sédentarisés (2p). Les efforts pour forcer les Tibétains à s’installer dans des sortes de ghettos en dur ont redoublé et, en mai 2012, le Conseil d’Etat a annoncé de nouveaux plans pour sédentariser les derniers nomades d’ici 2015, soit 246 000 familles ou 1,157 million de nomades dans toute la RPC (2q). Pourtant, pendant des milliers d’années, les nomades tibétains ont vécu durablement dans les steppes ; la volonté chinoise actuelle de « transformer les prairies en pâturages » entraîne un surpâturage dans les zones clôturées, ce qui intensifie la désertification (2r). Les terres, saisies au prétexte fallacieux de la « protection environnementale », à l’heure du changement climatique, sont défrichées, souvent pour construire des barrages ou creuser des mines. La sédentarisation forcée génère



aussi des problèmes économiques et sociaux (2s), susceptibles d’alimenter une plus grande agitation. En juin 2012, Catherine Ashton, haut-représentant aux Nations unies a publiquement reconnu ce problème pour la première fois, déclarant que « l’Union européenne s’interroge pour savoir si on ne peut atteindre cet objectif affiché de protection environnementale qu’en éliminant le mode de vie traditionnel de Tibétains qui, pendant des siècles, ont vécu en harmonie avec la nature. L’Union européenne craint que la sédentarisation forcée de tous les nomades n’entraîne la destruction de la culture et de l’identité propres aux Tibétains. » (2t)

Le « Troisième Pôle » de la Chine La politique coloniale de la Chine au Tibet compromet un environnement dont l’importance est considérable pour toute la planète. Appelé le Troisième Pôle parce qu’il détient la troisième réserve mondiale d’eau douce, le Tibet se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. La fonte des glaces sur le plateau perturbe l’approvisionnement en eau, menaçant les moyens de subsistance durables et mettant en danger plus d’un milliard d’habitants en aval (II). La solution proposée par la Chine est de construire plus de barrages, dont au moins cinq sur le Yarlung Tsangpo – qui était, jusqu’à présent, le plus grand fleuve au monde sans barrages. C’est un véritable sujet de préoccupation car la construction de ces barrages risque d’avoir des répercussions sur l’approvisionnement régulier en eau potable pour les populations qui vivent en aval (III), de se révéler dangereuse dans les zones d’activité sismique (IV) et de menacer la biodiversité la plus riche au monde (V). Malgré de nombreux rappels sur l’importance d’une plus grande protection de l’environnement sur le plateau tibétain afin de « garantir la stabilité des frontières, l’unité ethnique et la construction d’une société d’abondance » (VI), les mesures chinoises passées et présentes ont conduit à une famine dans toute la région, à la désertification des prairies, à de graves inondations liées à la déforestation du Tibet, et à la destruction de l’environnement à cause d’une extraction minière sauvage (VII). Et pourtant, plutôt que de remettre en question sa propre politique, la Chine préfère accuser les nomades du Tibet – qui, pendant des millénaires, ont vécu durablement sur le plateau – de constituer une menace pour les précieuses ressources en eau de la Chine.


Recours à la violence et à l’intimidation Au cours des soixante dernières années, la Chine a utilisé la répression pour faire naître la peur chez les Tibétains et renforcer son contrôle sur le Tibet. Dans un rapport intitulé « le pire du pire en 2012 : les sociétés les plus répressives au monde », rédigé par Freedom House – une ONG bien connue pour son travail sur la démocratie – le Tibet figure en bonne place parmi les territoires « les moins libres » (dans ce rapport, le Tibet fait partie des« territoires contestés») dans le monde, au même titre que la Corée du Nord et le Soudan (3a). Le contrôle de la Chine s’exerce sans retenue dans le domaine religieux, avec toute une série de mesures particulièrement dures. Le bouddhisme tibétain qui fait partie intégrante de l’identité nationale est perçu par les autorités chinoises comme un véritable défi, une menace réelle à l’unité du pays. Depuis le commencement de l’invasion, la Chine s’est attaquée au bouddhisme tibétain, intensifiant sa répression au cours de la dernière décennie. En mai 2006, Zhang Qingly, l’ancien secrétaire du Parti de la RAT a exigé une amplification des campagnes de « rééducation

« Autonomie » ethnique contre assimilation culturelle ? L’agitation tibétaine a suscité un débat entre les intellectuels chinois et les cadres du Parti pour savoir si l’ « autonomie » ethnique était un obstacle à la cohésion nationale. Ma Rong (l’université de Pékin) a longtemps pensé que la politique actuelle avait fait de la nation chinoise un concept vide et que l’assimilation des minorités était inévitable (VIII). En février 2012, Zhu Weiqun du Front uni préconisait de supprimer des cartes d’identité l’appartenance ethnique et d’abandonner la scolarisation propre aux minorités, suggérant que « certaines de nos politiques éducatives actuelles et de nos mesures administratives avaient involontairement affaibli le patriotisme et le nationalisme chinois [des minorités] » (IX). Des voix contraires se sont élevées au cours d’un symposium organisé par l’Académie chinoise des sciences sociales, faisant valoir que le fait de tourner le dos au « système et aux mesures de base [d’autonomie ethnique] » pouvait « facilement conduire au chaos idéologique et produire ainsi un effet négatif sur la société » (X).

patriotique » (3b), politique consistant à renier le dalaïlama. Le centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie (3c) a rapporté que les campagnes de « rééducation patriotique» sont maintenant utilisées « de façon systématique, dans la durée, et avec un regain de zèle et d’énergie » ; les individus qui se refusent à dénoncer le dalaï-lama et à chanter les louanges des dirigeants communistes sont soumis à la torture et passibles de peines d’emprisonnement. On sait, selon le département d’Etat américain, qu’il y a actuellement au moins 527 prisonniers politiques au Tibet (3d), mais l’on craint que le nombre véritable soit bien plus élevé. En janvier 2012, plusieurs centaines de Tibétains, qui rentraient d’Inde où ils avaient voyagé avec des papiers en règle pour assister aux enseignements du Kalachakra dispensés par le dalaï-lama, ont été arrêtés sans raison et obligés de suivre des cours de rééducation patriotique dans différents centres autour de Lhasa. D’après Human Watch Rights, ce serait la première fois depuis la fin des années soixante-dix que les autorités chinoises ont arrêté un aussi grand nombre de Tibétains laïcs (3e). Ces dernières années, les propos diffamatoires de la Chine à l’encontre du dalaï-lama n’ont cessé de croître. Eminent représentant du peuple tibétain, icône mondiale de la paix, le quatorzième dalaï-lama est considéré comme l’ennemi public numéro un par Pékin, qui le qualifie de « loup en robe de bure » et de « monstre à visage humain ». Son portrait est interdit au Tibet, ce qui n’empêche pas les contestataires, particulièrement ceux qui se sont immolés – alors que la plupart n’étaient même pas nés quand le dalaï-lama a été obligé de fuir le Tibet – de réclamer régulièrement son retour. La Chine reproche au dalaï-lama d’avoir commandité la vague d’immolations tibétaines, qualifiant ses prières pour ceux qui sont morts en s’immolant par le feu de « terrorisme déguisé » (3f). Selon de nouvelles mesures allant encore plus loin dans le contrôle du bouddhisme tibétain, afin d’effrayer les Tibétains, seules les autorités chinoises sont habilitées à reconnaître les lamas réincarnés, les pratiques et les rassemblements religieux sont encore plus




Résistance grandissante des Tibétains Au cours des cinq dernières années, il y a eu un sursaut de résistance au Tibet ; avec les soulèvements de 2008, en particulier, on est passé à un niveau de contestation que l’on n’avait plus connu depuis 1959, et qui a redémarré, ces derniers mois. Depuis janvier 2012, il y a eu au moins une vingtaine de rassemblements de masse avec des manifestants qui réclamaient la liberté au Tibet et le retour du dalaï-lama (IX). Face à la contestation tibétaine, la réponse de la Chine a souvent été brutale ; des récits font état de policiers armés s’en prenant aux manifestants, les rouant de coups et, dans un certain nombre de cas, ouvrant le feu sur une foule pacifique, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés graves. Le 8 février 2012, dans deux quartiers différents de Yushul dans l’Amdo (en chinois : la préfecture de Yushu, la province de Qinghai), au moins 2 000 Tibétains ont pris part aux manifestations, malgré l’énorme répression policière. A Tridu, environ 1 400 Tibétains ont participé à une marche de « solidarité » organisée par 400 moines du monastère de Sekhar. Les manifestants pacifiques portaient des bannières exigeant du gouvernement chinois le respect pour les Tibétains et leur langue, réclamant la liberté au Tibet, le retour du dalaï-lama, la libération des prisonniers politiques, dont le panchen-lama, Gedhun Choekyi Nyima. A Nangchen, des centaines de Tibétains, essentiellement des laïcs, se sont rassemblés pour une journée de prières au cours de laquelle ils ont chanté des prières de longue vie et scandé des slogans de soutien pour le dalaï-lama.

sévèrement encadrés et la présence dans les monastères de fonctionnaires d’Etat, voire d’agents de sécurité armés, est devenue permanente. Le dernier rapport annuel du département d’Etat américain sur la liberté religieuse fait état « d’un contrôle accru du PCC sur la pratique religieuse, d’une surveillance journalière du fonctionnement des monastères et autres institutions religieuses » et « de souffrances profondes créées par cette interférence officielle dans la pratique de leurs coutumes religieuses, ce qui a contribué à la série d’immolations parmi les Tibétains » (3g). Aucun domaine de la société tibétaine n’échappe aux mesures répressives. Pourtant, depuis 2008, malgré la stratégie chinoise qui consiste à s’attaquer à toute expression de la culture tibétaine, on assiste à une renaissance culturelle avec l’émergence d’écrivains, de musiciens et d’éducateurs dont la nouvelle affirmation identitaire défie le discours dominant de la politique gouvernementale chinoise au Tibet. Ces jeunes Tibétains éduqués, qui ont grandi sous le système communiste, représentent une menace pour la « stabilité » et, de ce fait, risquent en permanence de se faire arrêter et torturer – c’est déjà le cas d’au moins quatre-vingts intellectuels tibétains qui ont été jetés en prison et torturés, ou qui ont disparu pour avoir osé s’exprimer (3h). En mars 2012, une nouvelle directive gouvernementale chinoise est parue, invitant « à la dénonciation ou au signalement de toute personne prenant part à des activités illégales, dangereuses pour la stabilité sociale », et offrant une récompense de 5 000 yuan (environ 796 dollars) à « quiconque signale aux organes de la sécurité publique de telles activités criminelles » (3j). La directive, placardée un peu partout dans l’Amdo, au Tibet oriental, là où



avaient eu lieu de nombreuses manifestations, et même des immolations, menaçait de représailles très violentes tout Tibétain qui se livrerait à des « activités séparatistes ». Reporters Sans Frontières a récemment tiré la sonnette d’alarme face au black-out médiatique qui se poursuit au Tibet, soulignant que « non seulement les médias étrangers sont empêchés de couvrir les événements, mais les autorités ont également organisé une véritable campagne de désinformation, en ayant recours à des médias gouvernementaux tels que le Global Times, qui minimisent les troubles et accusent la communauté internationale d’ingérence » (3k). Non contente d’avoir limité le flot d’informations qui parviennent à sortir du Tibet, la Chine a récemment augmenté son contrôle sur les informations circulant au Tibet même (3m). Aux nouvelles mesures présentées comme nécessaires par Chen Quanguo, le secrétaire du Parti de la RAT, « pour assurer la sécurité absolue du royaume idéologique et culturel du Tibet », ont été ajoutées de nouvelles restrictions dans l’usage des moyens de communication tels qu’Internet et le téléphone. Ces restrictions ont été étendues aux publications littéraires, voire même les photocopies, et jusqu’à l’édition musicale, tandis que la propagande gouvernementale s’est diffusée par le biais de nouvelles chaînes télévisées, de cours d’éducation dans les villages, de projections de films et de distribution de livres officiels. Outre le black-out médiatique qu’elle a imposé, la Chine a rejeté, ces derniers mois, toutes les demandes des diplomates étrangers de pouvoir se rendre au Tibet. Face au nombre croissant d’immolations au Tibet oriental, la communauté européenne, l’Australie et d’autres gouvernements ont sollicité, en vain jusqu’à présent, l’autorisation de venir enquêter sur place.


Recommandations à Xi Jinping Le Réseau International du Tibet en appelle à Xi Jinping et aux dirigeants de la cinquième génération pour opérer un changement exemplaire dans l’approche du Parti communiste chinois sur la question tibétaine, qui donne au peuple tibétain pleine autorité pour élaborer les mesures futures, en reconnaissant d’abord ses propres échecs et l’illégitimité de sa domination militaire sur le Tibet. Xi Jinping doit s’engager à prendre une résolution juste et durable qui reconnaisse le droit du peuple tibétain à l’autodétermination, selon le droit international. Xi Jinping doit mettre en œuvre, sans délai, les recommandations suivantes :

• Cesser d’avoir recours à la force militaire pour

réprimer le peuple tibétain. En tout premier lieu, rappeler toutes les forces de sécurité qui sont stationnées dans les monastères et les lieux de manifestation.

• Autoriser les médias étrangers, les diplomates,

les observateurs internationaux et les touristes étrangers à visiter librement et sans délai le Tibet.

• Cesser la répression féroce et systématique de

la vie religieuse et de la vie culturelle au Tibet, et suspendre sur-le-champ le programme de rééducation patriotique imposé par le gouvernement chinois.

Tibétains à parts égales à toutes les décisions prises sur l’utilisation des terres au Tibet.

• Stopper les projets d’extraction minière et

de construction de barrages qui détruisent l’environnement, et inviter les nations en aval à s’engager dans une gestion participative des ressources en eau du Tibet.

• Libérer immédiatement et sans conditions tous les

prisonniers politiques qui ont été arrêtés pour avoir participé à des manifestations pacifiques, et jetés en prison de façon arbitraire, sans l’ombre d’un procès, comme l’exige le droit international.

• Rappeler sur-le-champ tous les cadres du Parti

postés dans les monastères tibétains, et suspendre les mesures conférant aux autorités chinoises le pouvoir de choisir les réincarnations de lamas.

• Garantir aux Tibétains le droit de pratiquer et de

promouvoir leur langue, tout en rétablissant le tibétain comme première langue dans les écoles et les universités.

• Stopper toutes les mesures de développement

économique préjudiciables à la sauvegarde des chances et des moyens de subsistance des Tibétains. Faire en sorte que l’économie tibétaine soit moins dépendante des subventions qu’elle reçoit du gouvernement chinois, en privilégiant des modèles de développement ascendant et durable qui laissent leurs chances aux Tibétains défavorisés. Enfin, arrêter d’attirer les migrants chinois sur le plateau par des incitations financières.

• Stopper la politique forcée de sédentarisation des

nomades et faire machine arrière ; suspendre les sédentarisations en cours et autoriser les nomades sédentarisés à retourner, s’ils le souhaitent, à leurs grands espaces et à leur mode de vie traditionnel. Dan ce cas, leur restituer les baux ruraux à long terme qui leur ont été supprimés. Associer les




Recommandations aux gouvernements mondiaux: • Participer à un groupe de contact ou un forum

multilatéral créé par les gouvernements mondiaux.

• Mener des actions énergiques dans les forums

internationaux ad hoc pour attirer l’attention du gouvernement de la République populaire de Chine sur la gravité de la situation au Tibet et sur la préoccupation légitime de la communauté internationale qui souhaite voir les Tibétains jouir des libertés et des droits inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans les autres conventions internationales auxquelles la Chine participe.

• Saisir toutes les occasions pour exprimer, au cours de rencontres bilatérales, son inquiétude vis-àvis de la situation au Tibet dans ce contexte de changement de direction en Chine, en mettant l’accent sur l’échec des politiques sécuritaires et économiques, et des plans de développement mis en place pour parvenir à la stabilité au Tibet, et demander l’adoption immédiate de mesures répondant aux doléances légitimes du peuple tibétain.

• Condamner publiquement et avec force la répression religieuse et culturelle qui s’intensifie au Tibet, en mettant l’accent sur les vastes programmes de « rééducation patriotique » et les terribles mesures punitives qu’encourent tous ceux qui osent exprimer pacifiquement leur liberté culturelle et politique.

«

• Essayer de dépêcher de toute urgence des

diplomates dans les régions concernées et exiger de la Chine l’assurance que la presse étrangère pourra pénétrer librement dans la RAT et dans les parties tibétaines du Sichuan, du Qinghai, du Gansu et du Yunnan.

• Augmenter sa capacité à surveiller la situation,

en continuant notamment à réclamer un plus grand accès au Tibet. Essayer encore et toujours d’avoir une représentation diplomatique à Lhasa, et développer les ressources existantes avec les ambassades à Pékin.

• Exprimer sa préoccupation face à l’échec

des politiques économiques et des plans de développement au Tibet, en soulignant le manque de participation des Tibétains dans l’élaboration de telles politiques.

• Réclamer l’arrêt de la sédentarisation forcée des

nomades tibétains qui leur fait perdre leur mode de vie ancestral et durable, et inciter la Chine à adopter les meilleures pratiques de gouvernance participative pour gérer l’environnement fragile et les ressources en eau du Tibet.

• Développer l’aide planifiée aux Tibétains du

Tibet et aux programmes facilitant les échanges d’informations entre les Tibétains de l’exil et ceux du Tibet.

Une diplomatie plus visible, plus publique et mieux coordonnée est nécessaire pour faire pression sur le gouvernement chinois et l’inciter à changer de comportement.

»

James P. Mc Govern et Frank R. Wolf, membres du Congrès américain à Hillary Clinton, secrétaire d’Etat

10


Sources Introduction i. ii.

BBC, Xi Jinping : la Chine écrasera le séparatisme tibétain, juillet 2011 Reuters, Le prochain dirigeant chinois a-t-il un faible pour le Tibet ?, septembre 2012

L’occupation militaire chinoise 1a. Centre de justice au Tibet 1b. Tsering Shakya, Le dragon au Pays des Neiges, 1999 1c. Le 30 mars 2011, la cour n°2 de la Cour suprême d’Espagne, la Audiencia Nacional, a reconnu le Tibet comme un pays occupé, selon le droit international 1d. Liu Yandong, premier forum chinois sur la culture tibétaine, octobre 2006 1e. Le livre blanc de la Chine, 28 septembre 2009 1f. Delaney, Cusack et van Walt van Praag, Le cas du Tibet, 1998 1g. International Campaign for Tibet, Jampa, l’histoire du racisme au Tibet, 2001, page 24 1h. Emission sur Radio Lhasa, 1er octobre 1960 1j. The Times, 10 mars 2009 1k. Message posté par James Reynolds, BBC, 19 janvier 2009 1l. Lhadon Thetong, La propagande favorite de la Chine sur le Tibet… et pourquoi c’est faux 1m. Tsering Shakya, Le Tibet et la Chine : le passé et le présent, 2009 1n. International Campaign for Tibet, FAQ : Le dalaï-lama renonce à son rôle politique 1o. Centre de justice au Tibet 1p. La résistance au Tibet : l’auto-immolation et la contestation 1q. En 2010, la dépense pour la sécurité publique s’élevait à 549 milliards de yuan (84 milliards de dollars) et à 533 milliards de yuan pour la défense 4bn. Reuters, 5 mars 2011 1r. Rapport d’International Campaign for Tibet, 22 avril 2011

L’immolation de Tsering Kyi, une étude de cas (I)

Free Tibet, « Une étudiante tibétaine meurt », mars 2012

La domination coloniale de la Chine 2a. Tibet Information Network, Le grand bond de la Chine à l‘Ouest, 2000 2b. Rapport spécial de Tibet Watch, Perversités de la dépendance extrême et croissance inégale dans la Région autonome du Tibet, Andrew M. Fischer, août 2007 2c. International Campaign for Tibet, Sur les traces du dragon d’acier 2d. Le recensement de 2010 en Chine est censé prendre en compte la population migrante. (Voir ici) 2e. The New York Times, 8 août 2002 2f. Perversités de la dépendance extrême et croissance inégale dans la Région autonome du Tibet, Andrew M. Fischer, août 2007 2g. Institut international des sciences sociales, La revanche du maoïsme fiscal dans le Tibet de la Chine [titre provisoire], Andrew Fisher, 2012 2h. Padma Choling, 16 janvier 2011 2j. Zhang Qingli, 7 mars 2011 2k. Centre de recherches juridiques Gongmeng, Rapport d’investigation sur les causes sociales et économiques de l’incident 3.14 dans les régions tibétaines, 2009 2l. Blog de Tsering Woeser, «Quand les étudiants tibétains se battent pour leur langue», 2010, traduit par High Peaks Pure Earth 2m. Rapport de la BBC, 20 octobre 2010 2n. Tsering Shakya, La politique du langage, décembre 2007

2o. Qin Jingfa, vice-ministre de l’Agriculture, cité dans Xinhua, le 18 mars 1998 (disponible ici) 2p. Padma Choling, 16 janvier 2011 2q. Centre des droits de l’homme de la Mongolie méridionale 2r. Oliver W. Frauenfeld et Tingiun Zhang, Le changement climatique sur le plateau tibétain est-il dû à l’érosion de la terre/au changement de la couverture ? 2005 2s. Feng Yongfeng, Le plateau tibétain : la situation critique des migrants écologiques, 2008 2t. Catherine Ashton, Discours sur la situation au Tibet, 12 juin 2012

Le « Troisième Pôle » de la Chine (II) International Campaign for Tibet, Sur les traces du dragon d’acier, 2008, p. 231 (III) The Guardian, 24 mai 2010 (IV) Le géologue Yang Yong cité par le South China Morning Post, 1er mai 2010 (V) Conservation International (VI) Réunion du Conseil d’Etat présidé par Wen Jiabao, le 30 mars 2011 (VII) Rapport du gouvernement tibétain en exil sur l’environnement, en 2008 (disponible ici)

Recours à la violence et à l’intimidation 3a. Freedom House, Le pire du pire en 2012 : les sociétés les plus répressives 3b. Centre tibétain pour les droits de l’homme et de la démocratie, mai 2006 3c. Centre tibétain pour les droits de l’homme et de la démocratie, rapport annuel, 2009 3d. Rapports des pays sur les pratiques des droits de l’homme en 2011, département d’Etat américain 3e. Human Rights Watch, « Chinois, arrêtez d’exercer des représailles sur les Tibétains qui se sont rendus en Inde » 3f. The Guardian, 19 octobre 2011 3g. Département d’Etat américain, Rapport international sur la liberté d’expression religieuse, 2011 3h. International Campaign for Tibet, « Un tempête qui s’abat sur les artistes et les écrivains tibétains, après la vague de contestation au Tibet », au printemps 2008 3j. International Campaign for Tibet, « Le gouvernement chinois répond à l’agitation par des menaces et de l’argent distribué aux délateurs », mars 2012 3k. Reporters sans frontières, « Les autorités resserrent l’étau, en isolant davantage [le Tibet] du monde extérieur », mars 2012 3m. Human Rights Watch, « Chine : tentatives pour couper le Tibet des nouvelles du monde », juillet 2012

« Autonomie » ethnique contre assimilation culturelle ? (VIII) James Leibold, Université La Trobe,Australie, mai 2012 (IX) Minnie Chan, SCMP, février 2012, citant l’article de Zhu Weiqun dans le Study Times (X) Liu Ling, Institut d’ethnologie et d’anthropologie de l’Académie chinoise des sciences sociales, Demeurer dans le système politique de base, résoudre les questions ethniques à travers le développement – un bref exposé du symposium de l’Association sur la théorie ethnique chinoise, 23 février 2012.

Résistance grandissante des Tibétains (XI) International Tibet Network, Résistance au Tibet : autoimmolations et mouvements de contestation, 2012

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Nous sommes la sagesse pointue que vos discours et sermons n’entament pas Nous sommes l’obscurité tranquille que votre fougue et votre pouvoir n’affectent pas Nous sommes la réponse malicieuse qui vous atteint en plein cœur Nous sommes la contamination et l’effroi dans vos existences ! La nouvelle génération a une richesse qui est celle de la jeunesse La nouvelle génération a un sentiment de fierté que confère l’assurance La nouvelle génération a un visage qui s’apparente à la gaieté La nouvelle génération a une aspiration qui s’appelle liberté. Paroles de Yudrug, un groupe tibétain populaire de Machu, au Tibet oriental, 2010

Octobre 2012

www.tibetnetwork.org

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