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Institut d'estudis occitans de París Documents per l'estudi de la lenga occitana N°33

Camille CHABANEAU

Grammaire Limousine

Edicion originala Paris, Maisonneuve et Larose, 1876 Document dins lo maine public numerizat per Archive.org


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GRAMMAIRE

LIMOUSINE PAR

CAMILLE CHABANEAU

PHONÉTIQUE.

PARTIES DU DISCOURS

PARIS

MAISONNEUVE ET 25,

C",

ÉDITEURS

QUAI VOLTAIRE, 25

M

DCCC LXXVI


3424

Extrait de la Revue des langues (T. II

Ă X,

1871-1876)

romanes


A MA MERE

Ce

livre,

les titres

où j'ai essayé de remettre en lumière

de noblesse de notre patois, de

langue qu'on dédaigne, mais que tu

cette belle

as,

comme

moi, toujours aimée, et qui ne fut jamais exilée

de notre foyer, Je bénie

te le où,

dédie,

comme un

souvenir de la terre

dorment nos chers morts,

témoignage de

ma

profonde

et

comme un

et respectueuse

dresse.

ce.

ten-


ÀVÀNt-PRÔPÔS

Le

dialecte limousin est parlé dans la plus

grande partie des

départements de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Dordogne, et à peu près dans

le tiers

la Charente. Je n'essaje pas d'en les limites

faire

de la Creuse et

le

quart de

marquer plus précisément

géographiques, parce que je crains de ne pouvoir

avec l'exactitude nécessaire*. Je note seulement

borné au midi par qu'il confine

à

les dialectes

l'est

le

qu'il est

de la G-ascogne et du Quercy,

avec celui de l'Auvergne, et

qu'il

perdre, au nord et à l'ouest, dans des patois de langue

va se d'oil,

berrichon, poitevin, saintongeois. L'unité, dans le langage d'un pays sultat de la culture.

Il

se

forme

quelconque, est

ainsi

commune, mais toujours plus ou moins que côté

:

telle fut

le

ré-

une sorte de langue artificielle

par quel-

sans doute celle des troubadours. Privé do

culture, au contraire, le langage est essentiellement divers.

Celui de chaque localité a ses particularités qui le distinguent

de ses voisins, au milieu de leurs

Ces langages particuliers sont

communes ressemblance^; comme autant de variétés d'une

espèce linguistique, unie à son tour à

d' autres

espèces parla

communauté de caractères plus généraux, qui constituent un genre. Cela posé, si l'on considère, ainsi qu'il convieiit,' la '

Je tâcherai pourtant, dans un appendice,

indications

moins vagues.

«le

don'nersur ce point des


AVANT-PROPOS

2

comme un genre dans

langue d'oc

langues romanes,

la famille naturelle des

limousin sera l'une des espèces que ce

le

genre embrasse*. C'est cette espèce qui

fait l'objet

du présent

travail.

Je l'étudierai plus particulièrement dans celle de ses variétés

que je connais

le

mieux, pour l'avoir pratiquée dès

mon

veux

dire

enfance, et qui est du reste une des principales parler de Nontron

le

(

environs.

Le

autres variétés fera de lui-même

les

Dordogne

lecteur familier avec les

comparaisons que je n'aurai pu en

effet,

d'avoir réuni

ici

' )

établir.

Je ne puis

me

flatter,

sur toute l'étendue de son domaine,

pourrait offrir à l'observateur. Mais, laisse

et de ses

tous les faits dignes de remarque que

le dialecte limousin, étudié

de mon ouvrage

je

:

si

comparative

la partie

forcément à désirer dans

le détail,

en

raison de l'impossibilité où je suis d'acquérir une connaissance

égale de toutes les variétés de ce dialecte, j'espère pourtant

qu'aucun de ses échappé.

En

traits essentiels et caractéristiques

tout cas, j'ose assurer que l'on aura

ne m'aura

ici,

à défaut

d'un tableau d'ensemble que je ne puis promettre, une mono-

graphie exacte et complète.

II

La renommée et l'autorité littéraires du Limousin ' étaient grandes au moyen âge. C'était non-seulement la terre classique de la poésie, honneur légitimement acquis au pays qui

'

Il

y faut distinguer

divisions géographiques sin, le

bas limousin

trois sous-espèces,

du domaine de ce

et le

correspondant a peu près aux

dialecte, savoir

:

le

haut limou-

périgourdin. Celle-ci est, par ses caractères, in-

termédiaire entre les deux autres. C'est à elle qu'appartient la variété de

Nontron, prise *

Nontron

ici

pour type de tout

même

variété désignée

ici

est

est,

au sud

phonétiquement,

une répugnance marquée pour 3

II

la

région qui parle la

de son nom. Mais cette variété s'étend assez loin dans

les autres directions, surtout

essentielle

le dialecte.

à l'extrême limite nord de

la

les

faut entendre le territoire

et

au sud-ouest. Sa caractéristique

pureté de

l'a,

et,

formes étrangères à

du

dialecte limousin.

grammaticalement, la

langue classique.


AVANT-PROPOS

3

avait produit les plus grands des troubadours, mais encore celle

du bon

pur langage. On connaît, à cet égard,

et

gnage souvent

Vidal de Bezaudun

Raymond

de

cité

le

témoi-

*.

Celui

des Leys d'amors, non moins explicite et plus précis, a pour

nous plus d'importance. L'auteur loue, dans le langage du Limousin, l'exacte observation des règles de la flexion, la juste

comme il dit, des cas du nom et des personnes Mais, en même temps, il constate dans ce dialecte

prononciation,

du verbe.

en grand nombre de mots étrangers ou fortement

la présence

langue

altérés, et qui doivent être, à ce titre, exclus de la

téraire

Or

*.

empreint ce double caractère. Car,

en raison de

ait

mots français,

par

a dû plus que d'autres,

n'en est peut-être aucun qui

il

aussi grande pureté grammaticale

conservé une

soit

s'il

géographique de la province , subir

la situation

l'intrusion de

près de la langue classique du

là resté plus

lit-

limousin porte encore très-fortement

le dialecte

C'est surtout la variété dont je

m'occupe

ici

et qui

^

xiii^ siècle.

spécialement qui

manifeste cette pureté. Ainsi certaines formes, réputées dès le xiv^ siècle

'

Totz

hom

incorrectes ou sans grâce par l'auteur des Leys

ralmenz

et

2

ditz

En Ramon

Ad

cas e drechurier

;

la

ciar e

formar

de Lemozi

lautra cauza es per

las devo....

sia

mays

3

En

las

il

pro-

autra maniera no trobam nos quai lengatges

hom

si

no per

las doas

granre de motz estranhs,

mal pauzatz, que ges per aco quar son dig en Lemozi

en dictatz.

— Tome

II,

pag. 402.

le

vocabulaire d'une langue peut

être envahi par des éléments étrangers sans

semble

leumanbon

formo sagon dever e segon que pronun-

Nouvelle preuve de cette vérité, que

d'atteintes. 11

par doas cau-

parsonas del verb, quar

aptes a trobar que autres lengatges,

biaysshatz, trencalz e

hom

En Ramon Vidal

las

cauzas sobradichas; quar, en Lemozi, ditz

no les aparia

le lengatges de Lemozi romans que degus autres

pronunciatio dais cas, car en Lemozi parlo

nuncio las personas leumen e

par motz.

Vidal de Bezaudu

aysso dizem que aysso dish

una cant a

et

2' édition, pag. 71

aptes e covanables a trobar et a dictar en

lengatges. zas: la

privada la parla-

par cas et par genres et par temps et par parsonas

Segon que

mays

fort

Gartota la parladura de Lemosin se parla natu-

— Guessard, Grammaires provençales, es

deu aver

qi vol trobar ni entendre

dura de Lemosin

même que

rien sacrifier de ce côté,

que

l'on

l'on se

que sa grammaire en souffre

montre d'autant plus jaloux de ne

à dû de l'autre céder davantage.


AVANT-4»R0P0S

4

d'amors, qui en constate pourtant dès lors l'emploi étendu,

bien qu'elles se soient répandues dans tous

(?)

langue d'oc, et que plusieurs

les dialectes

même

méridionaux de

la

reçues dans

haut Limousin, continuent d'être rejetées à

Nontron

:

verbes en

le

tels sont ir.

par exemple

les prétérits

soient

en igui dans

les


PREMIERE PARTIE PHONÉTIQUE

CHAPITRE PREMIER AlPHABET.

PRONONCJATION.

ORTHOGHAPHr:

Voici Tinventaire des sons usités en limousin

:

— Voyelles A. — Voyelles simples I.

a. h.

— Pures — Nasales: an, :

a, e,

i,

o, u, ou, eu.

en, in, on, un, oiin.

Les voyelles, en raison de leur tonalité, sont graves ou grêLes graves sont a, o, eu; les grêles, i, u, ou. est tantôt grave (è ouvert), tantôt grêle (e fermé); mais il n'est jamais muet. les.

Eu

E

une modification de Xo; c'est le renforcement ordiOn ne le trouve jamais que sous l'accent; il se prononce comme en français dans leur. En, in, un, conservent le son de \e, de Xi et de \u, au lieu de prendre, comme en français, celui de l'a, de \e et de Veu. Ni à Nontron, ni dans le haut Limousin, on ne connaît l'o nasal. Mais ce son existe dans le bas Limousin et dans quelest

naire de \u.

ques contrées voisines du Périgord, où

rement un a originaire

nasalisé.

il

représente ordinai-


PREMIERE PARTIE

6

— Diphthongues —

B.

— — oua,

Ai, au, ni, uo,

ta, ie, io, iu, iou, ieu,

eu, eu,

ei,

oue, oui, ouo

lai, iau, iéu, ieû, iôu,

Au,

Triphthongues

et

;

uei,

Quanta

bres, c'est-à-dire aou, eou, oou.

Dans

même

médiale qui

que cette voyelle est toujours grave,

Dans

faut distinguer deux cas

si la

:

les

diphthongues,

voyelle initiale est grave, c'est

sur elle que la voix domine.

Le

à moins que la seconde ne

le soit aussi;

La nature de

contraire a lieu

première peut garder

la

est grêle,

si elle

auquel cas,

si

ce travail nous imposant l'obligation de noter

que nous emploierons à cet effet Voyelle longue et tonique Voyelle brève et tonique

Voyelle longue et atone

Nous ne marquerons une diphthongue que il

y aura

si

lieu de

recevra.

De

se confondre

:

:

:

les signes

:

*.

Ex.

'.

Ex.

-

.

Ex.

Chanta (cantare).

:

Chanta (cantatum).

:

:

Chanta fcantasj.

l'accent tonique des mots terminés par cet accent porte sur la pénultième.

mettre l'accent sur une diphthongue ou

une triphthongue *, ce sera le

celle-ci

prépondérance.

souvent à la fois l'accent tonique et la quantité, voici

Quand

féli-

en eu et de ou en u.

tandis que les deux autres sont grêles.

est plus faible, la

par les

à Nontron, et qui

*

les triphthongues, c'est toujours la voyelle

est prépondérante, parce

il

ue,

simultanée de ses deux éléments

la modification

constitutifs, savoir d'e

— ua,

ew, je note ainsi le son

particulier que prend la diphthongue eu

résulte de

ou,

ouai, ouei, ouau, ouôu.

représentent les sons notés de

eu, ou,

la dernière voyelle

la sorte, le signe

du groupe qui

de l'accent tonique ne pourra

avec celui qui nous sert à distinguer ou et

eu,

diphthongues, des pseudo-diphthongues ou et eu.

*

Cette diphthongue est restée sans s'assourdir dans le bas Limousin et

grande partie du Périgord.

dans

la plus

l'état

de voyelle simple

sud-ouest de

la

comme en

Haute-Vienne,

Nontron. '

(eu)

Vraie ou fausse.

A

Limoges,

elle s'est

français; mais, dans le

elle se

prononce en général

réduite à

sud

et le

comme

à


PHONETIQUE

II.

Le

7

— Consonnes

dialecte limousin, pris dans sa généralité, possède les

mêmes

articulations que le français

;

mais

les sons chuintants

représentés par ch et / sont inconnus à Nontron.

correspondants,

bas Limousin, et

Ils

y ont pour

comme dans le reste du Périgord et dans le comme aussi dans un grand nombre d'autres

dialectes de la langue d'oc, tels que le provençal, des sons

complexes, qu'à l'exemple des félibres nous figurerons de la

même

manière, mais dont la notation exacte serait

Ces sons deviennent moins

sifflants et

mesure qu'on s'avance vers

le

paraître,

ils

se réduisent,

au ch et au /français. les

nord.

ts

de plus en plus

Le

t

même

et dz.

mous à

venant à

dis-

en certains lieux du haut Limousin,

— Dans

le

nord de

la

Charente et dans

contrées voisines de la Haute-Vienne, vers Confolens et

Saint-Junien, ces sons deviennent tout à

C

a

le

fait

pâteux

;

jamai

par exemple, s'y prononcent djiamai, tchiavâ.

et chavâ,

même

G, dans la

son doux qu'en français devant

e et

i.

même position, seprononce comme;. Qu et gu, même valeur qu'en français dans

suivis d'une voyelle, ont la

équerre, guerre.

S, simple, entre

deux voyelles, a

le

son du

z.

Pour

lui

con-

server, dans cette position, le son qui lui est propre, nous en

écrivons deux,

comme en français procédé ;

sans inconvénient,

parce que, dans aucun cas, la voix n'articule deux tives et que,

ainsi,

s

consécu-

on ne pourra jamais être en doute sur

la

vraie prononciation.

Nous

figurerons toujours /mouillée par

Ih,

et

n mouillée par

nh. Ces notations, consacrées d'ailleurs par l'ancienne ortho-

graphe, et maintenues par l'usage dans un grand nombre de

noms de les plus

Y,

lieu, tels

que Javerlhac, Marnhac, nous paraissent

propres à prévenir toute confusion.

dans notre orthographe, sera toujours consonne et servira

exclusivement à figurer

le

même

son que cette lettre repré-


PREMIERE PARTIE

8

sente en français dans yole, yeuse, c'est-à-dire le son du / latin

*.

GHA.PITRE DEUXIEME VOCALISME

DES VOYELLES EN GÉNÉRAL. -— ACCENT TONIQUE ET QUANTITÉ

Accent tonique La

loi

générale qui domine l'histoire des langues romanes,

je veux dire la fixité de l'accent latin, se vérifie

limousin

y

elle

comme dans

les autres

dans

idiomes de la famille

beaucoup plus d'exceptions que dans

est sujette à

le

mais

;

les

langues cultivées, parce que la tradition y a naturellement

moins de puissance que dans

celles-ci.

Les principales de ces

exceptions paraissent dues à l'influence de la quantité. Nous les signalerons tout

à l'heure, en traitant de cette partie im-

portante de la phonétique.

La langue

d'oc,

on

le sait, avait,

comme la langue

avec plus de rigueur encore, réduit à roxytons latins dont

l'état

d'oïl,

mais

d'oxytons les pa-

la dernière voyelle n'était

pas un

a.

Le

limousin moderne a ramené à leur premier état plusieurs de ces mots, principalement des adjectifs, en leur restituant une flexion.

Quant aux proparoxytons

latins,

tel$

en limousin. Ex.

ils

*

Contrârium,

planlier,

feira,

.

— plânhei.

conti'ari,

en

sont restés

:

Plângere,

Féria,

comme

devenus,

français, paroxytons dans l'ancienne langue,

— countrâri.

feiro.

Quantité Dans toutes '

les

langues romanes, les longues par position

Voir Haudry. Qram, coinp.

pag. 195.

de.s

longues classiques.

Phonétiqtjb,


PHONETIQUE

même

sont devenues brèves,

»

sous l'accent, qu'elles fussent

ou non longues par nature. Cette règle s'applique naturellement au limousin

comme

prov. femna, j est fëimo.

à ses congénères. Ainsi femina,

Lea voyelles en position joignent à

la

brièveté ainsi acquise ou conservée une forte tonalité, ce qui est

une conséquence nécessaire de

deux consonnes placées devant

la position,

elles,

parce que les

en s'opposant à leur

expansion, les obligent à se redresser, et leur étendue ne

minue

ainsi qu'au profit de leur

di-

hauteur Aussi sont-ce celles .

de toutes qui retiennent l'accent tonique avec le plus de fer-

meté. Mais, lorsque la position a été détruite, accident fréquent et qui,

en limousin, est arrivé constamment, par la chute ou d'une dès consonnes accouplées, devant tout

la vocalisation

autre groupe que c€ux qui liquide

ou

commencent par une

la sifflante s*, les effets

nasale,

une

de la position sur la quan-

ne subsistent plus. Les vx)yelles se compor-

tité et la tonalité

tent alors, selon leur espèce et les inclinations qui en décou-

comme

lent,

les

longues et

les

brèves telles par nature, dont

nous allons maintenant nous occuper, en

les

considérant prin-

cipalement dans leurs rapports avec l'accent.

La

quantité, qui, dans les langues cultivées de la famille

romane,

-

l'italien

par exemple et

le

français, est sacrifiée à

l'accent et doit se plier à ses lois, a gardé ou, plutôt peutêtre, a repris

seulement souvent

en limousin une grande indépendance. Non-

elle n'est

elle,

pas toujours dominée par

au contraire, qui prend

la

lui,

mais

c'est

prépondérance

et

oblige l'accent à se déplacer. Ce déplacement peut avoir lieu

en avant ou en arrière

nous aurons donc à l'étudier successivement dans les mots paroxytons et dans les mots oxytons. 1°

'

Mots paroxytons.

;

— C'est une règle générale

Les groupes commençant par

pruntée au français,

consonne.— S

l

ne se trouvent quejdans

en roman,

les

mots em-

provençal s'étant'toujours vocalisé devant une autre est presque toujours tombé, et sa chute, dans les couples /

qui ne, résultent pas de sa gémination, a toujours entraîné l'allongement de la voyelle, Ex. Moûclio de musca, maifé rousso de russa^ :


PREMIERE PARTIE

10

règle sans exception en fr^inçais, qu'une voyelle brève devient

longue sous l'accent, en dehors de la position, dans les mots paroxytons. Or cette règle ne s'applique qu'à moitié dans

le

parler de Nontron. Les voyelles graves a et o seules s'y sou-

mettent constamment. Ex.:

*

càvat

châvo

demôrat

demôro

Les voyelles grêles

i,

u,

ou,

y échappent toujours

plus, ces voyelles, quelle qu'en soit d'ailleurs la si elles

;

bien

provenance,

étaient longues en latin, sont devenues brèves,

même

à cette place. Ex.: i

:

— mta,

vîto ;

fllia,

fïlho ;

crimen,

crime ;

captiva,

u

ou

:

:

cheitïvo

— mûla,

;

mûlo ;

natûra,

natûro ;

salutat,

saludo ;

cûpa,

cûbo

laborat,

laboûro;

;

tota,

toûto

;

sola,

soûla

;

couroûno.

corOna,

Les exceptions sont très-peu nombreuses; principalement sur

l'^

f\ca =.fijo, *refûtiat

En

voici quelques-unes

= refûso;^e

j'ignore l'étymologie, mais que le

citerai

oula,

elles

portent

vîmen

= vime,

encore groûlo, dont

Donat provençal mentionne,

sous la îorme grola^ , parmi les rimes eno^a

en

:

estreit,

c'est-à-dire

comme M. Paul Meyerl'a parfaitement démontré

Quant à

Vë,

que nous avons à dessein omis à son rang,

*.

il

se

comporte, en vertu de sa double manière d'être, c'est-à-dire *

Ce mot

n'est pas

solea vêtus. C'est, en 2

dans Raynouard. Le Donat provençal effet, àcc

savate

i qu'il

Voy. Phonétique provençale, 0, dans

linguistique, 2" fascicule, p. 145-161.

le traduit

par

correspond en français.

les

Mémoires de

la Société de


PHONETIQUE

11

selon qu'il est plus ou moins ouvert, tantôt

graves, tantôt

comme les

premières*.

ne s'abrège, en

devant

n.

Il

Devant

grêles,

les autres

comme les voyelles comme les

mais plus souvent effet,

systématiquement que

consonnes, ce phénomène est ex-

ceptionnel. Ex.: catëna,

plëna,

chadëno;


PREMIERE PARTIE

\9

à Va et à Vë des flexions

laissé leur pleine existence

latitiés éri

es. Il y a du moins lieu de supposer que ces voyelles avaient conservé leur quantité. Quoi qu'il en soit, elles sont

as et en-

longues en limousin, bien que Vs s'en paré;

é

y

est

ei.

femnas,

Homines,

homes,

s'y rencontre

Il

complètement

soit

sé-

Ex.:

Feminas,

I long mentêrî.

même devenu

également en

provient toujours d'un

ï

— —

fénnà;

finale

atone. Ex.

hômei;

latin allongé

:

Ce-

par l'influence

de Y s de la flexion provençale du pluriel.

Revenant maintenant à

l'accent,

nous remarquerons que,

dans tous les mots où la voyelle tonique est restée ou de-

venue brève, la finale.

tend a

il

(Quitter cette voyelle' et à' se

Je dis tend, car

ne

le transfert

s'est

porter sur

point accompli

partout avec certitude*. Si la finale est brève, l'accent reste

comme indécis

et partagé entre les

deux voyelles*. Mais

cette

hésitation cesse tout à fait dans la plupart des mots dont la finale est longue,

pencher

la

parce que

celle-ci,

plus lourde, fait aussitôt

balance de son côté. C'est ce que l'on constate

qtiemmént dans la conjugaison, surtout quand à et

même, en

en

certains cas, quoique la tonique légitime soit

une voyelle en position. Ex. Ainsi,

fré-

la fl^exion est

:

pour nous résumer,

Tupourtâ, et non tu porta. les voyelles

graves restent lon-

gues ou s'allongent sous l'accent; les voyelles grêles s'abrègent

ou restent brèves, et l'accent s'en détache. Celles-ci ont même une telle répugnance à devenir longues, que les deux dernières de la série, u et ou,

fermement en

si

place, aiment

l'accent réussit à se maintenir

mieux permuter avec

les voyelles

graves qui leur correspondent, que de s'allonger elles-mêmes

pour

lui

donner l'assiette

qu'il exige.

Ex.

*

:

Par exemple, dans les mots précédemment cités, vito, mulo, etc. ici aucun exemple pris parmi Je? mots tels que demôro, de demourâ ; jeûgue, dejugâ, parce que, dans de pareils mots, ce n'est pas proprement ou qui devient a, u qui devient eu c'est Va latin qui, différemment modifié, donne Ô ou eu sous l'accent, ou ou u avant l'accent '

^

Je ne donne

:

(

Voir ci-après, chap.

ai,

à

l'article

de

l'o).


PHONETIQUE

— — Dubitare, Exsuccare, — —

? *

Sufferrire,

eissûjâ,

— — —

eisseûje;

amûsâ,

ameûse;

roûtâ,

Ructare,

douta,

18

rôte;

dote;

sùfrî,

seûfre.

arrive aussi à Yi d'en faire autant, mais tout à fait excep-

Il

tionnellement, et je ne sais seul qu'on puisse citer *

Oblitare,

Mots oxytons.

l'exemple suivant n'est pas

si

le

:

àublidâ,

ôublêde.

Le recul de l'accent de

la finale sur la

pénultième est un phénomène assez fréquent, quoique plus rare que le déplacement contraire. nier, à l'influence

est dû,

Il

prépondérante de

la

comme

ce der-

quantité et se pro-

duit surtout, par conséquent, lorsque, la pénultième étant une

voyelle en position, une longue ou une diphthongue, la finale

tonique est brève et grêle. Ex.

pour

eitré^, vâle

encore

si la

vâlé.

:

éndre pour endné^, eître pour

Mais ce déplacement peut avoir

lieu

tonique est elle-même une longue, une diphthon-

gue, ou une nasale.

breux exemples

;

On en

verra dans la conjugaison de nom-

nous nous dispenserons donc d'en citer

ici,

nous terminerons ce paragraphe en observant que, dans

et

cas où l'accenfc refiue ainsi sur la pénultième, la pronon-

les

ciation paraît en général plus assurée, la nouvelle assise de

l'accent plus certaine et plus fixe que lorsqu'il se déplace en

sens inverse.

Outre

les reculs

de l'accent, que nous venons de constater,

nous avons encore à signaler dans

phénomène.

Il

reste, particulier les

mots oxytons un autre

au limousin. Je

suis porté à croire

idiomes romans doivent, plus ou moins,

Les toniques '

les

n'a rapport qu'à la quantité et n'est point, du

Endroit.

* Etroit.

latines,

le

que tous

présenter.

longues par nature, qui, grâce à la


PREMIERE PARTIE

14

chute des finales, n'étaient plus suivies en provençal * que d'une explosive terminant le mot, sont, sans exception, brèves en limousin, quoique cette consonne

pr. chantât,

Cantâvit,

Aud^tum, Salûtem,

— —

Totum,

tôt,

Pîcus,

— — — — —

pic,

La même chose par

n,

y soit tombée. Ex.

Cantàtum,

chantet, auzit, salut,

:

chanta; chanté; ôuvî; salû

;

toû; pï.

a lieu dans les mots terminés en provençal

lorsque cette consonne est tombée. Ex. Pânis,

Flnem,

— — —

Rationem,

Plane,

Plénum,

Nec ûnum,

pie,

fin,

Mais cet abrègement ne consonnes continues.

:

— p6 — plan, pla, plô; — plê; plen, — razon, razo, — razoû; degun, degu, — degû. pan, pa,

pr.

Ou

fi,

se produit

fî;

jamais devant

les autres

ces consonnes se vocalisent, et une

diphthongue en résulte, ou, tombant simplement,

elles lais-

sent la voyelle longue. Si cette voyelle est un

devient

par compensation. Ex. s

:

nos,

nâ;

Mensis,

mes,

mei;

Fines,

fis,

Unos, :

Cantàre,

Finire,

Habère, l

'

Ici,

parle

:

-— Solum,

comme

vao\.

elle

Nâsus,

SpinOsus,

r

e,

d

:

— — — — — —

espinos,

— —

us,

chantar^ finir,

aver, sol,

— — — —

fî;

eipinoû

û

;

;

chanta ; fini;

avei; soû.

en maint autre endroit de cette grammaire, nous désignons

provençal, selon l'usage ordinaire, l'ancienne langue d'oc,

la

langue classique des troubadours. Quand nous voudrons parler de l'idiome actuel de la Provence, nous dirons le provençal moderne.


PHONETIQUE Plus ordinairement,

que font toujours

Ih et y

:

—C

lavis,

:

Màlum

— mau. C'est ce

:

— —

Ih: — Allium,

V

se vocalise

/

15

Ovum,

— — —

alh,

clau,

ou,

ai;

cliau;

y ou.

Les voyelles longues, abrégées, comme nous l'avons montré, devant une explosive terminale, gardent au contraire leur quantité,

si

cette consonne reste suivie d'une

autre vojelle.

Ainsi, tandis que cantâtum donne chanta, cantâta donne chan-

tâdo. J'ai déjà noté qu'en limousin,

du moins à Nontron, car

je n'ose aflSrmer le fait pour toutes les localités, les voyelles

grêles font exception à cette règle. Mais, dans d'autres dialectes, la loi s'applique

dans sa généralité, de

même

qu'en italien,

en espagnol, et aussi en français, où, malgré la chute presque constante de la consonne, tant médiale que terminale, la quantité est

restée modifiée ou maintenue

qui viennent d'être énoncées.

Chantet-chantede); Finï-fime (V. (V.

conformément aux règles

Ex.: Chante -chantée (V. fr. Finit-finite)

fr.

Perdû-perdûe

;

Perdut-perdute^); Chanter; Finir.

fr.

Cette différence de traitement de la voyelle longue, ce double

procédé qui semble impliquer contradiction et qui n'a pas encore, à

ma

connaissance, fixé l'attention des philologues, vaut

qu'on y insiste et qu'on l'explique.

Dans amat, de amâtum,

la voyelle est

retenue parle

t,

qui,

perdant en avant son ancien appui et forcé de se rejeter en arrière, la repousse,

relevant

*

La

la

comprime

et l'abrège

dentale persiste, on le sait, dans les plus vieux

^

en

monuments de

langue, par exemple la Fie de saint Alexis. Cf. l'espagnol ciudad,

ainsi

la

'.

:

notre

Pared, merced,

etc.

Ceci, remarquons-le, est parfaitement

sodie latine,

— qui

conforme à

cette loi

de

la

pro-

a conservé sa force en roman, parce qu'elle est fondée

— d'après laquelle une dentale terminale — La dentale de cantat des mots analogues

sur une nécessité naturelle,

abrège

la voyelle précédente.

et

du provençal a persisté dans quelques dialectes modernes; elle est toujours tombée en limousin comme, en français, celle de la vieille langue d'oïl.


PREMIERE «PARTIE

16

Dans amada, de amôtam, a consonne, parce que

celle-ci,

n'est pas arrêté, limité

n'ayant pas perdu

par

comme

la

tout

à l'heure son appui naturel, c'est-à-dire la voyelle finale à laquelle l'unit la syllabation, n'a pas besoin de se rattacher

à

la

précédente, qui conserve ainsi toute son aisance.

Dans amar, de amâre, n'ait plus d'appui

comme

d'être

il

en est de même, quoique

la

consonne

en avant, parce" que cette consonne, au

le t

lieu

une explosive, c'est-à-dire une consonne

limitative, de celles qui arrêtent et tranchent

brusquement

le

son de la voyelle, est au contraire de celles qu'on a justement appelées continues, et qui, loin d'y faire obstacle, favorisent la

tendance que peut avoir

tendre

la

voyelle à s'affaisser et à s'é-

.

a

Nous n'avons jusqu'ici considéré la

quantité qu'en elle-même

ou dans ses rapports avec l'accent tonique, sans nous préoccuper de l'influence qu'elle a pu avoir sur la persistance ou la transformation des voyelles. Cette

influence sera étudiée

plus loin pour chaque voyelle en particulier; mais

il

nous faut

auparavant présenter sur ce sujet quelques considérations générales.

La plupart des mutations de dans

le

voyelles qui se remarquent

limousin comparé au latin étaient déjà opérées dans

l'ancienne langue d'oc. D'autres étaient en train d£ se faire

ou se préparaient, qui sont maintenant accomplies. Ce dernier point est mis en évidence par le petit dictionnaire dé

rimes qui termine

le

Donat provençal,

distingués, sous les rubriques de

et dans lequel sont

larg ou dCestreit, des

mots

dont la terminaison, semblable en apparence, devait certai-

nement Il

différer dès lors.

En

quoi consistait cette différence

est probable que, généralement,

tonalité seules qui devaient varier.

c'était la quantité

Mais

il

n'est pas

que souvent aussi

les sons étroits différaient

et la voyelle est restée

à nu, mais droite

la

et

même

ou

?

la

douteux par

l'es-

ferme, et conservant toujours

quantité nouvelle due à la pression, sans doute longtemps subie, de son

ancienne associée.


PHONETIQUE

17

sence dès sons larges correspondants. C'est ce que

Mejer nous semble

avoir démontré pour Yo

mémoire, déjà

lent

provençal. Dans

cité, qu'il

a consacré sons

tous les cas, les

étroit,

M. Paul

dans l'excel-

à l'histoire de

l'o

n'étaient

étroits, s'ils

pas tous déjà foncièrement altérés, avaient une prédisposition naturelle à se corrompre, puisque la plupart, en

s' affaiblissant,

se sont transformés

Maintenant, qu'entendait précisément désigner par ces expressions de larg et dCestreit l'auteur du Donat provençal

?

Les

Leys d'amors, où ces mots ont pour correspondants ceux de plenissonnan et de semissonnan, montrent que c'est parles terd'ouvert et de fermé et non, comme on aurait pu croire déprime abord, par ceux de long et de bref, qu'il faut les tra-

mes

duire. Et, en effet,

avec

ces qualifications sont

que

la quantité,

les

si

peu en rapport

rimes étroites citées par Hugues

Faidit proviennent aussi souvent de longues que de brèves

que

latines, tandis

les

rimes larges correspondent, pour la

plupart, à des brèves ou, ce

qui revient

au même, à des

voyelles en position, soit latine, soit romane.

Par ces expressions, on a donc voulu distinguer, non

la

durée du son, mais son intensité et son degré de pureté. Les sons larges étaient les sons ouverts, pleins, sans indécision;

sons

les

étroits

étaient les sons fermés, sourds, sans netteté,

sujets à s'altérer au

voyelles larges du

moindre accident*. Aussi, tandis que

Donat ont

altération, les voyelles étroites se sont

mées. Et cela devait être, parce que, peut

s'affaiblir

sa personnalité

en intensité dans

même, pour

les

persisté jusqu'à nos jours sans

le

ainsi

en général transfor-

si

une voyelle ouverte

cours des âges, sans que dire,

en

soit atteinte,

une

voyelle fermée ne peut guère subir d'affaiblissement qui ne soit

<

la

une transformation, puisque un degré de fermeture de

Telles étaienl en général les voyelles atones aiïaibhes et assourdies par

prépondérance de la tonique. Mais

le

Donat provençal ne s'occupe pas

de ces voyelles; nous les négligeons pareillement avertir le lecteur, parce

transformées de

la

que

les voyelles étroites

mémo manière

ici,

et

il

est bon d'en

no se sont pas toujours

sous l'accent qu'avant ou après. 2


PREMIERE PARTIE

18

plus risque de la faire passer à une autre voyelle*.

longues ont plus de danger à courir de ce côté-là que

Or

les

les brè-

moins ouvertes, outre

ves, parce qu'elles sont naturellement

que cette plus grande étendue de leur surface

pour ainsi

et,

augmentent aussi pour

dire, cette dilatation de leur substance,

chances d'affaiblissement*.

elles les

Les voyelles brèves, au contraire, trouvent dans leur qualité

même, sion,

c'est-à-dire

dans

temps plus court de leur émis-

le

une garantie contre

altérations, parce qu'elles

les

y

en quelque sorte, une moindre prise. Les exemples

offrent,

nombreux de diphthongaison de voyelles brèves ne prouvent rien là contre, puisque ce phénomène n'a lieu que sous l'accent (sauf les cas d'influence), et nous avons déjà vu que les

deviennent longues en roman'.

voyelles brèves accentuées Ainsi, là

comme

confirme la règle, car la

ailleurs, l'exception

série des faits, série logique, sinon toujours historiquement

prouvée, a dû être celle-ci

:

allongement de

la

brève toni-

que, 2° modification de cette voyelle ainsi allongée. C'est donc, en définitive, la longueur, originelle

ou acquise,

de la voyelle tonique, qui est la cause principale des altérations qu'elle subit.

en résulte que cette voyelle aura dû

Il

rester d'autant plus fixe et plus pure, qu'elle était à l'origine

ou qu'elle

était

par exemple,

le

devenue plus brève cas de

l'a

et plus sèche.

Tel a

été,

de cantâtum, abrégé dans cantat, et

qui est resté, grâce à cette circonstance, parfaitement pur

dans toutes

les variétés

Ce qui

jusqu'à la

*

ment aux

suit,

^

fin

voyelles graves, a,

* C'est ainsi

aofia.

du limousin, tandis que

du e,

de cantare,

chapitre, s'applique plus particulière-

o.

que, dans le dialecte ionien,

l'a

en s'allongeant devient

vj

:

aoftYi.

En limousin,

— nous avons déjà noté cette

voyelles grêles restent brèves

ou s'abrègent

ont-elles pas subi d'affaiblissement,

et, si

toujours été ponr se renforcer. Ainsi

û

devenu

é,

dait,

comme

en français, à passer à

l'ê.

dérogation à la règle,

même

— les

sous l'accent. Aussi n'y

elles se sont transformées, c'a

latin {ou) est

tandis que o devenait ou, que

est

t

l'a

e"

devenu w (français), et et que o ten-

devenait


PHONETIQUE demeuré long,

s'est affaibli

19

dans beaucoup d'endroits en un

son voisin de Yè.

CHAPITRE TROISIEME VOCALISME

(suite)

ÉTUDE PARTICULIÈRE DES DIFFÉRENTES VOYELLES

Au lieu

de suivre, dans la revue que nous allons faire, Tordre

alphabétique rigoureux, nous étudierons d'abord les voyelles

graves

(a, e, o)

et ensuite les voyelles grêles

ij,

u, ou). Elles se

distinguent par la manière absolument opposée dont elles modifient

non-seulement leur quantité, mais encore leur essence.

La tendance

des premières est à l'affaiblissement, celle des

secondes au renforcement affaiblissement et renforcement qui :

sont, l'un et l'autre, à

inverse, selon la

deux degrés,

marche suivante

et qui s'opèrent

en sens

:

S'allongent sans se transfor-

mer, sauf

si elles

sont sourdes,

brèves \

ce qui arrive, en général, avant et surtout après la tonique.

Voyelles graves

en

transforment

Se

voyelle moins grave, en

longues

moins net et, i;

I

longues

(a

en

en

e,

ai;

une

un son

e

en

ou, u).

S'abrègent sans se transforDier [i)

ou s'abrègent en se

I 1

renforçant

[ou).

2" Voyelles grêles (

brèves

Se

transforment

j

voyelle plus forte

\

en eu;

— ou en

{i

en

en

u, eu, o).

e;

une

—u


PREMIERE PARTIE

80

PREMIÈRE SECTION,

Les

affinités naturelles

l'autre

avec

En

l'o.

moins ouvert,

il

de

voyelles qbaves

sont avec Ye d'une part, de

l'a

c'est-à-dire en devenant

s' affaiblissant,

tend à passer à

Ye,

est long

s'il

ces affaiblissements; partie du Périgord,

comme au

là,

l'a,

à

;

bref et sourd. Mais on n'admet à Nontron que le

est

l'o, s'il

minimum de

reste dans la plus grande

le son préféré des pères de notre race,

la véritable lettre de noblesse d'un idiome, a su conserver sa

pureté et son ampleur primitives dans beaucoup de cas où, en

haut et bas Limousin,

a dû passer à

il

l.

A

l'o

ou à

Ye.

A tonique

tonique, qu'il soit long, bref ou en position, est resté pur

comme dans

l'ancienne langue d'oc, sauf les modifications de

quantité déjà signalées. Ex. cantâre, chanta;

— saccus, sa; —

fàba, fâvo.

Des exceptions à

cette règle se constatent déjà dans la lan-

gue classique; par exemple

devenu

ou

...eira

...iera.

arium devenu

Ex: granarium,

aria

ier,

granier, graniê;

en de pareils mots, que

mousin (haut les

et bas),

deux autres

on

Nontron. Dans

l'on préfère à

dit plutôt ...ieiro,

forme

riparia, ribeira et ribiera, riviêro. C'est cette dernière

le

Li-

forme qui réunit

et qui se rencontre d'ailleurs

également dans

l'ancienne langue.

..Jer= Yi,

...ari..

nous montre

devenue, sous l'influence de

l'a

qui se déplace pour s'associer à

les mots de cette désinence

*,

lui.

Mais, ailleurs que dans

Yi suivant, qu'il soit originaire

ou

qu'il

provienne d'une consonne vocalisée,

*

Dans

les

verbes de

la

1" conjugaison,

ont également passé à Ye. Mais je néglige la conjugaison, les modifications

causes que

les lois

ici

l'a

de avi

s'il

s'unit à

et celui

l'a,

de asseni

en général ce qui a rapport à

des voyelles y ayant souvent d'autres

générales de la phonétique.


PHONÉTIQUE

^r

n'exige pas ordinairement sa mutation.

vrai;

Il s'y

joint simplement,

— veracem, — placere, plaire. Même à Tabri de toute influence sem-

diphthongue ai en résulte. Ex.

et la

blable,

on

voit

:

magis, mai;

Ta bref devenir aussi m; mais cela est très-rare

et exceptionnel.

Ex.

Aqua, aiga, aigo

:

Outre cet affaiblissement d'à en

e

ou

;

amat, aimo

•.

déjà accompli dans

ai,

l'ancienne langue, notre dialecte en présente quelques autres, qui l'étaient peut-être également dès lors, bien que les textes

On peut du moins

ne l'indiquent pas explicitement.

Donat provençal que

dire, gardé toute sa pureté.

commun

veux

des mots rangés dans

s'agit

Il

cet ouvrage sous la rubrique as estreit.

caractère

induire du

n'avait pas, dans les cas que je

l'a

Tous ces mots ont pour

{abas excepté, qui peut-être se trouve là

par erreur*) de dériver de mots latins en anus, anis. La plupart sont des adjectifs qualificatifs ou ethniques, en anus. Ceux-ci

ont pris une forme équivalente à la forme française en ou ain^

:

umen, roumen, ancien, etc. Mais quelques-uns, dont

était bref

ou

s'était

abrégé, ont subi un affaiblissement

rent et plus sensible. Ce sont les suivants

l'a

diffé-

:

Grànum, gran, gro; pan,

Pànis,

Il

Manus,

pô; man, mû;

Cànis,

can,

chê,

chï.

faut ajouter les mots ci-après, dont le

Donat ne

fait

pas

mention, mais dont les quatre premiers ont avec les précédents

une analogie évidente

*

:

Plane,

plan,

plô

Altânus,

autan,

auto;

Je ne connais pas d'exemple, dans

langue, de la diphthongaison de

quelques dérivés de ce verbe

*La forme

:

les

monuments de

l'ancienne

d' amor;

mais on la constate dans aimaire, aimansa. l'a

correcte de ce mot, en limousin, est

dans Richard. Chez nous, l'on 3 C'est

;

dit

aba

(060), qu'on trouve

mot français. nasale qu'est due cette altéra-

abé; mais c'est

évidemment à

le

l'influence de la fermé {estreit), s'il est nasalisé, tourne forcément à l'e. Gela est sensible dans la diphthongue française 0», qui, prononcée oua si elle est pure, devient oué si elle est nasale roi, loi, loin, point. tion.

Un a

:


PREMIERE PARTIE

22

Demâne^

deman, demô;

Juniànus, Junian, Juniû;

Hàbet,

ha,

ô;

Sàpit,

sap,

g ad,

gô.

Vàdum,

*

Observons que gran, pan, man, plan, deman, ont encore, dans Tancienne langue, une autre forme en a non nasal. C'est de celle-ci qu'est dérivée la

gement

d'à

en

forme limousine actuelle, par le chan-

changement exceptionnel sous

Ô,

qui est de règle après la tonique.

provençal réduit à ca; mais

l'accent,

— Can se trouve

mais

aussi en

limousin n'a pas adopté cette

le

forme, qui y serait devenue vraisemblablement co ou cho, et

a préféré che et

chi,

il

qui se rencontrent déjà l'un et l'autre dans

langue classique.

la

A après

II.

la tonique

A final atone devient toujours o quand il

— femina,

roso ; tavo.

est bref.

Ex.

— cantabam,

:

rosa,

chan-

Cet affaiblissement est aujourd'hui général dans la langue

d'oc. Il n'y a

que de fort rares exceptions. Tout porte à croire

remonte très-haut. On

qu'il

Ludus

(v.

fenno ;

-^ cantal, chanto ;

sancti Jacobi

le

constate dès

XV^

le

dans Bartsch, p. 399), et

il

y a

siècle

lieu de

supposer que la mutation était opérée avant cette époque et

que l'on continuait seulement par tradition de noter par a ce son assourdi. L'a du

pronom

la,

quand ce pronom

également à l'o, mais à un

est enclitique, passe

o incertain, et quelquefois

moins àNontron, cet affaiblissement n'a pas

lieu.

même, du

Ex. iportaz-

pourtâ-lo.

la,

A

final atone,

s'il

est long,

ne subit aucun changement, ni

de nature, ni de quantité: rosas, rosà;

— cantas, chanta; —

cantavas, chantavâ. III.

En *

général,

A Limoges

on

il

A avant

reste a.

dit se.

Il

se

la tonique diphthongue avec

i

dans les


PHONETIQUE

mêmes en

blit

cas que l'a tonique

en sorte que

e,

nem, maiso, mèijou;

— factionem,

*

et

.

faisso, feissou

;

il

s'affai-

:

mansio-

lactuca,

Ex.

exceptionnellement, quelques autres

subit aussi, mais

changements ; par exemple

En

même temps

mais en

résultat final est

le

leitujo; — patrinus, payri, peiri.

laytuga, Il

{ai),

23

:

— rancurar

lacrymas, lacremas, legremâ;

e :

curâ; — anima, anma, ermo

(

pr.),

t^en-

*;

En u : lacerta, lazert et lauzert, luzer; En i: manducare, manjar et menjar, minjâ ; En ou : natare, nadar, noudâ. Sous l'accent, Y ou de noudâ devient

ô,

Vî de minjâ reste

i.

Telles sont les seules altérations que l'a primitif ait souffertes

dans

parler de Nontron. Cette voyelle n'est pas restée

le

la partie méridionale et surtout

moins pure, en général, dans

sud-ouest de l'arrondissement. Mais,

peu vers

l'est, le

nord ou

le

si

l'on s'avance tant soit

nord-ouest, ou qu'on gagne, par

Thiviers, l'arrondissement de Périgueux, les affaiblissements

suivants se font sentir 1° L'a long',

:

tonique ou suivant la tonique, prend un son

assez rapproché d'un è français, mais plus allongé et moins pur. C'est ce qui a lieu, par exemple, dans les formes verbales et

nominales en a et en à Limoges

;

mais

à.

elle est

ou du moins sud-est de

Cette altération de

l'a

n'a pas lieu

générale dans la partie méridionale

Haute-Vienne

la

*.

Dans

la

Charente,

on la constate dans tous les cantons limitrophes de ce dernier département. '

Nous

traiterons,

en

détail,

à

l'article

des diphthongues, de

la

permu-

que de celle de au. et mieux arma.

tation de ai ainsi '

On

dit aussi,

3 II faut

:

entendre

l'a

actuellement long,

1" conjugaison; car, ainsi que je

en

latin, se îont

l'ai

tel

que celui des

infinitifs

de la

expliqué ci-dessus, beaucoup d'à, longs

abrégés, tels que ceux de

amâtum, de

veritatem. Ces der-

niers restent purs dans toutes les variétés du limousin. *

Par exemple, à Rochechouart.

— A S'-Yrieix

sines de la Gorrèze (Ségur, Lubersac, etc

dans

le suivant, la

même

),

l'a

et

dans

les localités voi-

conserve, dans ce cas

pureté qu'à Nontron.

comme


PREMIERE PARTIE

Zi

2° L'a précédant la tonique, bref

long d'origine,

était

s'il

ou préalablement abrégé en o, mais en un o peu

comorado^^ camarade. L'a tonique lui-même, si amène après lui un a long, subit ce changement

assuré. Ex. la flexion

s'affaiblit

:

:

ou en position y échappe dans le mais, dans le bas Limousin, il passe égale-

ieû pusse, tu passa. L'a nasal

haut Limousin

ment à

l'o:

;

orgen (argent),

jo/ontorfo (plantée)*.

Cette dernière mutation et la précédente ne sont liées l'une

à l'autre par aucune dépendance réciproque,

trouver plus généralement séparées. Quoi

gueux

Limoges, où

et à

l'a

certaines

et, si

deux simultanément, on devra

variétés les offrent toutes

en

qu'il

sourd est devenu

soit,

l'on n'altère pas

ô,

long, et les paysans du côté de Piégut, qui changent

l'a

conservent sa pureté à

è long,

les

à Péri-

l'a

en

s'il

se

antétonique.

l'a

E Les

affinités

renforce,

de e sont avec a et avec

Du

i s'il s'affaiblit.

côté de

i,

il

devient a

Il

i.

ne

souvent que la

fait

moitié du chemin et attire à soi cette voyelle, pour former avec elle la

diphthongue

ments de

e

en

i.

Il

ei.

— Je ne

dirai rien ici des affaiblisse-

n'y en a guère en limousin qu'on ne con-

state déjà dans l'ancienne langue*, et

pour

la plupart,

ments de

remontent même,

ils

jusqu'au bas latin; par exemple, les change-

ea, eo, eu

en

ia,

io,

iu.

Mais

mutation

la

d'e

en

ei,

rare dans la langue classique, est, au contraire, extrêmement

fréquente dans notre dialecte, où I.

truite, sauf sella, sêlo;

*

^

d'e

Ex.

Ex.

en :

i

:

se

s'allonge

coufêsso;

Cette altération y atteint

{infantem),

e. Il

devant w ou r restés en * confessât,

un caractère.

— E tonique

— ^ en position reste

A.

elle constitue

même

si

finale.

la position est dé-

Ex.

:

terra, têro ;

restât, resto;

testa, têto;

parfois l'a nasal accentué. Ex.

:

efon

chom {campum).

racêmus, razim;

— nebula,

nible.

Ce

même changement

remarque aussi dans plusieurs mots empruntés au

purisi

= pleurésie; — biatilha = béatUles.

français.


PHONETIQUE

testu, tê;

berto;

— pressus, prê; — cultellus,

— hibernum,

Exceptions

jamais lieu devant deux elle est

devient presque toujours

s,

consonne

quand

s,

*.

ei

a

Cette mutation n'a

la voyelle suivante a per-

plus rare devant

que devant

st

groupes ensinitial. Ex.:eswe(pr.), eime;

— cooperta^ cu-

:

la suite de la chute de cette

sisté, et

coûté;

— jacentem, jazen.

iver;

— E, en position devant

a.

2S

les autres

— fresca{pr.), freicho;

est, es, ei.

b.

que

devient encore

Il

les

groupe

dans

ei

— en

noms ethniques

ou

ûnal

=

que

latin,

ens....

le

qu'il résulte

de la syncope d'une

mais francensis, frances, francê;

— anglensis, angles,

ns soit originaire,

voyelle. Ex.-.inensis, mes, mei; pies, plei;

mots provençaux - autres

les

es

— prensus,pres, prei; — plenfojs,

angle.

Observons que, dans

mots de cette désinence, n

les

déjà tombé avant le dégagement des langues romanes,

on pourrait l'induire de ces langues, les textes

B.

qu'ils

pêço

Cette

e,

fait

dans

âge.

;

il

teneo, téne;

se

diphthongue en

*sequit, se;

ie.

— per, për; —

secat, sêjo.

Ex.: férus, fier;

— sedeo,

vetulus (veclus), viei.

même

rarement

diphthongaison a lieu aussi quelquefois quand

s'il

est long

E provençal,

:

lectus, lié;

despectus, deipié ; plus

sincerus, sanciê.

provenant d'une autre source que

également

:

e latin,

peut

jactat, jeta, jieto.

La chute de Vs ayant pour conséquence

dente, c'est en réalité e long, et

non

e

d'aliongor

la

voyelle précé-

en position, qui devient

cipe de la persistance des voyelles en position atteinte.

moyen

sauf à s'allonger, ce qui

— pê; — — evangelium, eivangêli; —

Ve est en position. Ex.:

la subir

ont prise dans toutes

preuve directe du

principalement devant /ou unespirante. Ex.: pedem,

Quelquefois

*

forme

épigraphiques ou autres du haut

— pedes, pes,

*petia,

siete;

la

l'on n'avait déjà la

— Ê bref reste ordinairement

lui arrive

pë;

si

était

comme

ne

reçoit

ei.

donc

ici

Le

prin-

aucune


PREMIERE PARTIE

26

C.

— E long devient toujours

finales

provençales en

ex

après la chute de

r,

dans

les

provenant de désinences latines où

er,

êr était suivi d'une voyelle terminale. Ex.: sero, ser, sei;

licere, lezer, lezei.

En

toute autre position, ê reste

qu'il

e,

candela, chandêlo;

D.

cera,

debetis, devetz, devê

— E long, bref ou en position, devient

en se diphthonguant avec un

ie,

conserve ou non sa

— cëro; — prensa,

quantité. Ex.: cemeterium, cementêri ;

i

prêsa, prëso.

plus rarement

ei,

suivant, originaire ou pro-

venant d'une consonne vocalisée. Les changements dus à cette cause avaient déjà eu lieu dans l'ancienne langue. Ex.: integer-ra, peiro

;

entier-ièro

sex, siei;

*

;

— rëgem,

rei;

mëlius, miei;

— pejus,

— petra,

piei.

diphthongaison de

la

feiro ;

fêria,

nous montrent réunies et

Ces deux derniers exemples fondues ensemble: 1°

e

en

ie

(voir ci-

dessus B), 2° celle de e enei, qui fait l'objet du présent article.

II.

— E après la tonique. Ex.: home, ôme;

après la chute de

r,

L'ë provençal atone et final est resté rendre, rendre.

dans les

Mais

infinitifs

en

au lieu de syncoper

il

provenant

er, 1'^

devenu

est

et,

ë.

en

d'infinitifs latins

ëre qui,

pénultième, selon la règle générale de

réduction des proparoxytons, l'ont gardé aux dépens de la finale.

Z'ê,

Ex.: plangere, planher, plânhei ;

dans

temps que

les finales s

est

tombé III.

Avant

en

la tonique,

*.

e,

et,

en

même

hommes, omet.

bref ou en position (sauf devant

avait pour ce

mot les deux formes

Le provençal

Gela est sans exception dans final,

— E avant la tonique.

^

tonique

essei^e, esser, essei.

Ex: debes, dévei ;

*

l'es

atones, est devenu

es

les

noms.

s),

reste

enteir-eira, et entier-iera.

S'il

en

est

autrement de

cela tient à ce que es atone est toujours forcément fermé,

tandis que es tonique peut être ouvert, et l'est en effet ordinairement, à

moins que

l'e

n'y provienne d'un

missus, mes, met.

i

latin. Ex.; pressus, près,

pré;

— mais


PHONÉTIQUE e.

27

Ex.: vertâ, répéta, refusa, repenti, et tous les mots

çant par

le préfixe re.

Long ou en devient

quand

position devant

s *,

qui

tombe en ce cas

,

il

cela arrive principalement, sinon exclusivement,

e^;

est dans la syllabe initiale, et surtout

il

commen-

s'il

commence

le

mot, qu'il soit d'ailleurs originaire ou adventice. Ex.: œquare,

— dejunar

egar, eigâ;

(pr.), deijunâ;

einansâ;

(pr.),

(pr.),

eicharnî; — descobrir

— escarnir — mespresar meipresâ; — respondre,

stipula, estobla, eitoulio; (pr.), deicubrî ;

— enansar

(pr.),

rei-

poundre.

Le changement

d'es

en

ei se

constate déjà, du reste, quoique

rarement, dans l'ancienne langue. Ex.: descendere, deiscendre;

— exemplum,

exire, eissir;

provenir

ici

eissemple.

de la vocalisation du

L'e long par nature,

Mais Vi pourrait bien

c.

même en

échappe souvent à

initiale,

précédente et reste e; mais alors

la règle

il

s'abrège. Ex.:

défendre, dëmourâ.

Au contraire, ebref d'origine devient quelquefois ei. 'Ëx.-.eivanEn pareil cas, il correspond à un e français allongé.

gêli, eivêque.

Remarque. en

le

devant

changement

tonique ou antétonique

haut Limousin qu'à Nontron ^. Là tous

*

en général,

et,

les e

en position

subissent cette altération, qui atteint encore, sans

s

exception, toutes les finales en

bref ou en position, qui, à

d'e

beaucoup plus fréquent à Limoges

ei est

dans

— Le

et,

es,

que

l'e

en fût originairement

de plus, toutes celles en

ier et

en iera

Nontron, d'où qu'elles proviennent, y échappent tou-

jours. Ex.: Debêtis

Devant

'

devetz, deves st

les exceptions sont

estimar, estima;

guère eique et encore,

s'il

était

même

Lim.: devei

nombreuses. Exemple

:

restar,

resta

:

En cette position, l'e ne devient par nalure, comme prestar [prœ stare), preitâ, reste souvent e, comme on le voit par les deux

destinar, destina.

long

long,

Nont.: devê

il

exemples précédents. 2

Surtout de

l'e

tonique, L'e atone, principalement en syllabe initiale,

de même à Limoges et à Nontron bas Limousin, au contraire, du moins à Tulle et aux endiphthongaison de l'e est beaucoup plus rare que chez nous.

est traité, à très-peu près, '

Dans

virons, la

le


28


»

PHONETIQUE L'e nasal passe rarement à

Ce renforcement ne

l'a.

se con-

state guère que dans quelques mots, où Ye procède d'un

Originaire,

anfer

A

Ex.

est plus fixe.

il

sincerus, sanciê;

:

enflar, uflâ

Nous terminerons

en ou

et

;

mais

;

larg, ecs estreit.

2° Els larg, els estreit.

sation de

Il

l.

et à l'autre

:

Ertz

è

ou

eu,

— Après

où on

le

*

comme

les

fennâ, ^

un *

En e

la

ou eu par

les

la vocali-

commune à comme pels

elle est

le

Donat men-

sans leur donner de penell's latin,

est devenu,

deux précédents.

Aujourd'hui er^, l'un et l'autre, Il

n'y a sous la rubrique ertz

reste,

partiellement

Nous y reviendrons en

du moins, dans

traitant de la conjugaison.

mots empruntés au français ou auxquels

prononciation française, tels que an/"en {enfin), ran-

etc.

général, e larg répond à

long ou à un

Ou

au

constate déjà

Je néglige, bien entendu,

imposée

ë

qui ne maintient aucune

qui provient de

larg, ertz estreit.

l'ancienne langue.

uniformément.

els estreit,

elz larg,

sans différence d'intonation.

jonctif,

ë

deux catégories, car

elz estreit. Geielz,

chez nous,

:

mels (large) est devenu miau,

tionne trente et un mots en

dant en

est possible qu'en revanche,

— Aujourd'hui — Aujourd'hui

devenu piau.

est

(étroit)

il

j a une exception, mais

distinction entre les

Tune

ainsi

rimes dans lesquelles aucune

les

différence ne se fait plus sentir

Ecs

Donat

Les diiférences

ont persisté, elles se soient accusées davan-

Énumérons d'abord

tage.

*.

estreit

dans plusieurs des désinences men-

efi'acées

elles

— moneda,

établies par le

les distinctions

tionnées par cet ouvrage

dans celles où

femela.fumelo;

résina, rousino.

provençal entre Ve larg et Ve spécifiées se sont

:

ce que nous avions à dire de Ve par quel-

ques observations sur

s'est

citons quelques affaiblisse-

côté de ces renforcements,

mounudo ;

latin.

*.

ments exceptionnels en u

i

— infernum,

un

e latin

bref ou en position

i.

ar, selon les lieux. Voir ci-dessus, IV.

;

e estreit, à


PREMIERE PARTIE

30

que quatre mots, dont un seul

estreit

e

provient de

i.

position devant

Les

ertz larges

Era

larg, era estreit.

Ela

larg, ela estreit.

ya

lieu

— Aujourd'hui — Aujourd'hui

de supposer que

assez

légères.

larg et estreit, des

dans

d'e latins

où en

ê.lo.

Ce qui semble

l'indiquer,

mots que l'analogie

pour

spécifiées

temps de Hugues

être, dès le

que

c'est

deux rubriques

souvent figurer, sous l'une des

l'on voit

c'est vertz,

:

êro.

les différences

chacune de ces rimes devaient Faidit,

encore

rt.

5° Il

vit

proviennent tous

plutôt classer

ferait

parmi des mots où cette dé-

l'autre. Ainsi sous ela estreit,

sinence représente généralement èla latin, on trouve estela et donzela, sans qu'on puisse s'expliquer pourquoi ces

ela

=

ella,

ne sont pas compris parmi

qui proviennent toutes de ella latin

Pareillement

=

e

ê,

=

ait

?,

(

deux mots,

rimes en ela larg,

classique on vulgaire

parmi les

les trois autres

).

sur treize mots cités, en comprend dix

ce qui aurait dû, ce semble, d'après l'analogie

faire classer e

els larg,

les

estreits,

=

e

,

les

qui n'en ont que quatre, l'un où

Quoi

ê.

qu'il

en

soit,

et qu'il

y

eu ou non erreur de classement de la part de l'auteur ou

des copistes, ces faits prouvent que la prononciation de pareils

mots

était

au moins incertaine

et que,

par conséquent,

différence entre chaque catégorie devait être,

la

comme nous l'a-

vons conjecturé, fort peu sensible.

Les rimes pour lesquelles s'est

la distinction établie

maintenue senties suivantes

:

eis, ielz

Nous en formerons deux groupes, eu égard à rente et tout opposée dont

Premier groupe. les

l'e

par

le

Donat

elhz, ers, es, ethz.

la

manière

diffé-

large et l'e étroit s'y comportent.

— Ers, —Les rimes larges ont gardé Ye pur es.

rimes étroites l'ont changé en

e^ *.

Les

;

ers larges provien-

1 Sauf, à Nontron, dans les noms ethniques en es= ensis, et, de plus, dans ceux où s n'appartient pas au radical savoir, hes {pêne), fes {fides), fes ifenum), où l'e a pris le même son bref et sec (6e, fé) que dans pes (pedem), ;

qui est large. Mais, au pluriel, la distinction reparaît, preuve que

point des deux parts la

même

qualité.

l'e

n'a


PHONETIQUE nent

d'e

en position devant

r,

31

sauf un seul, qui provient d'un

— Es

ebref*. Tous les er& étroits proviennent d'un e long. large n'a que quatre mots.

devant

quels e provient de (

E j représente ë ou e

en position

Es étroit en comprend un grand nombre dans

ss.

ou de

î

long '.

e

Un

les-

seul provient de p

bëne ).

Deuxième groupe.

— Eis,

—elhz, ethz

ielz

que

étroites restent sans modification, tandis

préposent un

La

k

i

ei

om à

e *.

Ex.:

différence devait, au reste, être la

Hugues

Faidit, au

moins dans

font foi les textes classiques et

en opposant elhz étroit à

eis,

comme

Quant à

[rëgem).

eis,

rimes larges

même du temps comme

ê,

de

en

constate lui-même,

le

large

;

par exemple,

— Observons que

viei).

savoir

i

excepté

latin,

lei

{lêgem] et rei

répondent à des

elhz et ethz larges, ils

e

ou en position.

latins brefs

Le Donat provençal n'introduit aucune rimes en

les

rimes

despethz, deipié.

représente un

correspond à

il

il

ielz (lisez ielhz)

elhz et ethz étroits,

dans deux mots, où

Ici les

la plupart des cas,

vermelhz à vielhz (aujourd'hui vermei,

Ve des

les

seis. siei;

'.

en, qui,

pour

lui,

distinction

sont toutes étroites.

parmi

M. Paul

=

Nous l'avons diphthongué en te. Fers férus 'Je compte parmi les e longs celui des mots en ens. .. originaire, devenu es... en latin vulgaire. ^ Les mots en ethz cités par le Donat se présentent ordinairement dans '

les textes

sous la forme

orthographique,

de

l'identité des

comme

eitz, et

elh

tous ceux

les

eil.

rimes en ethz. Dans tous

i,

ressemblance, sinon

la

mots correspondant à lectus première fois parmi les rimes en

du moins dans lesquels

traction d'un

Une preuve de

fois les

ci étroit, l'autre large), la

parmi

peut-être que ethz n'en est qu'une variante

sons qu'on figurait de ces deux manières, c'est que

Donat mentionne deux fois

de

la

et

le

à lex (celui-

eis, la

seconde

mots en elhz ou

eitz,

diphthongaison n'était pas due à

l'at-

les cas, les

avaient encore en provençal une autre forme, incontesta-

blement sèche, en

etz. C'est celle-là qui, réduite

à

è,

est restée usitée chez

nous. *

Parce que ces rimes larges proviennent

gomme nous

l'avons

cue, devient

te,

vu précédemment, e en

d'e latins

position,

en position

quand il

et que,

se diphthon-

tandis que la diphthongaison normale de e'est

ei.


PREMIERE PARTIE

32

Mejer suppose que

c'est

par erreur, et

il

fonde son opinion sur

ee que, des mots en en, cités par le Donat, qui ont survécu,

deux seulement, cren

fermés

et bren, sont

(étroits)

dans le pro-

vençal moderne, et que les autres sont ouverts. Mais cette

rence

qu'il constate,

diifé-

dans ce dernier idiome, entre cren et bren

d'une part, et de l'autre entre jazen, luzen, saben, etc., n'existe

pas eh limousin, du moins à Nontron. Cela permet d'admettre

que l'erreur supposée par M. Paul Mejer n'a pas eu que, dans

le dialecte

d'Hugues Faidit, ou dans

pondérant de son temps, était

en

effet

i.

limousin par hypothèse, en final

le

Mais, tandis que

ce renforcement est pour

pliquera cette différence dit,

en traitant de

Ve, qui le fait

L'o,

l'o si

1'^

comme

tout à fait exceptionnel.

la quantité, de la

s'ex-

double manière d'être de

comme les

souvent se comporter

On

que nous avons

l'on se rappelle ce

la loi des graves, et

e

passe assez fréquemment à Va,

dont la nature est plus franche,

stamment

pré-

toujours étroit.

0, dans l'échelle des sons, est placé entre a et ou,

entre a et

lieu, et

le dialecte

suit,

voyelles grêles.

au contraire, con-

tend conséquemment toujours

à descendre, c'est-à-dire à s'affaiblir, soit en

s'

allongeant, soit

en se transformant. C'est à ou, dans ce dernier cas, qu'il passe le

plus souvent

u ou

même

;

mais l'affaiblissement s'arrête quelquefois à

à eu. I.

tonique

— en position resté Ex. boscum, sorbo — corpus, cor — grossa, grosso; — est

A.

:

n'y a d'exception systématique que pour

devant

m ou

n, c'est-à-dire

devenu oun. Ex. gum, loun

;

:

;

sorba,

portât, porto.

;

;

Il

o.

pour l'o nasal, qui

frontem, froun

— monstrum, mounstre.

Cet affaiblissement, qui dans

le

et exceptionnel, était déjà général,

;

l'o

est

— somniim,

en position

constamment soum

;

lon-

provençal moderne est rare

du temps de Hugues Faidit,


PHONETIQUE dans

On

le dialecte littéraire.

voit,

33

en

par

effet,

le

Donat pro-

vençal, que Yo nasal devait se prononcer dès lors, le plus

comme You nasal,

souvent,

nouvel indice de

c'est-à-dire oun,

la

conformité phonique de notre dialecte avec la langue classique

B.

*.

bref persiste ordinairement, mais en

reste pénultième. Ex.

s'il

morat, demôro;

Exceptions a.

Devant

Il

oleum, ôli;

devient

io

s' allongeant,

— de-

scola, eicôlo ;

locat, lôjo.

:

c final, et c

Devant

:

— jocum,

Ho;

loc,

rota, rôdo;

:

Ex.

v.

tombe. Ex.

joc, jio :

:

focum, foc,

;

bovem, bov, biàu;

fio

— locum,

;

— novum, nou, niôu; —

nova, nova, niôvo.

b.

Il

devient we,

bref et qu'un

est

en position devant

ou

c,

— Les

est

s'il

dans la syllabe suivante. Ex.

la 2" édition.

V. page 54 de

'

s'il

se trouve

i

:

coc-

mss. du Donat provençal ne sont

pas d'accord à l'égard de ons. Le plus ancien des deux mss. de Florence (n» 187) classe toui; les

mots de

cette désinence, rapportés

sous la rubrique ons larg. Le plus

range tous sous

la

rubrique ons

démontré), excepté dons

et

estreit

les

dans l'ouvrage,

récent, au contraire (n° 42), les (

= oun, comme M. Paul Meyer

noms

propres Amons,

(tous les quatre sans représentants actuels en limousin), qui seuls

pour

sont larges. M. Paul Meyer, dont l'unique terme de comparaison et

lui le

l'a

Gions, Fizons

seul instrument de critique est

le

ici

provençal moderne, croit à une

confusion de la part des deux copistes, entre on {larg}

= on

et

on

(estreit)

== un. Pour moi, qui naturellement n'attribue pas au limousin, dans cette

une moindre importance qu'au provençal, et qui m'en sers de le Donat, je suis porté à ne voir de confusion que dans le ms. 187, et je la lais consister, non pas en ce que ce ms. a réuni sans distinction dans la même liste des mots en on et en un originaires, tels que fonl'^fontem d'une part, et seyond r^secundum de l'autre, mais seulequestion,

préférence pour contrôler

ment en haut

ce qu'il n'a pas mis à part,

cités,

toute la

en leur réservant

liste. 11

me semble que

la le

comme

le

ms.

42, les

rubrique ons larg,

ms.

42,

quatre mots plus

qu'il

par cela seul

impose à

qu'il distingue

tort

à

deux

catégories de rimes en ons, offre sur ce point plus de garanties d'exactitudo

que qui

le le

ms.

187, et

que

celte seule circonstance devrait faire exclure,

touche, l'hypotlièse de M. Meyer,

actuelle

quand bien même

du limousin ne confirmerait pas

si

la

on ce

prononciation

parfaitement ses indications. 3


PREMIERE PARTIE

34

tum, eue

— eoeta, eueeho — octo, ue —eorium, ;

;

;

chose a lieu quand einuei;

— coxa, cueisso — oc(u)lus, après

si,

reste en place*. Ex.

Ex.

uei.

;

en ouei

fait

le c se vocalise.

*bodina, boueino

:

;

Yi, la

Vo radical atone jeugue,

comme on

Dans

changé en

deurme.

Il

u.

Ex.

Ex.

ue.

mutation est constante dans

s'est

— durmî,

:

folia,

verbes où

les

surtî, seurte;

:

ceux où Vu

faut excepter

se

voyelle finale

foria, foueiro.

dans l'ancien français, l'équivalent de

sait,

même

— La triphthongaison

bref ou en position devient aussi eu, qui est,

fuelha, feulho. Cette

Souvent

— in odio,

hodîe, uei;

:

déplacement de

le

euer.

en résulte. La

^^ se transpose, et la triphthongue uei

— jugâ,

est nasal.

ceux-ci, cette voyelle ne se modifie pas, notre dialecte

n'admettant pas Veu nasal. Ex.

emprûnto

;

de

même

le

*impromptuare, emprunta,

:

substantif emprûn, dans la vieille

langue, emprumpt. L'e tonique suppléant

o,

que

l'on

rencontre quelquefois, mais

plus souvent dans le haut Limousin qu'à Nontron, n'en pro-

vient pas immédiatement. Ce n'est qu'un résidu de la diphthon-

gue

ue.

c.

Ex.

Ex.

:

noctem, nuech, nue et ne.

— Devant :

tônat,

n, Ô

devient ou, et reste nasal

si

n est

final.

bonum, bon, boun; — sonum, son,soun; — bona, boûno; — persiste quelquefois, mais très-rarement et toûno. — Il

seulement

s'il

est pénultième. Ex.

que l'on

sonat, sôno,

:

dit

aussi souvent soûno. G.

long devient ou, en

nale devant

/

et

s.

Ex.

:

sou;

abrégeant toujours, sauf en

— tolum,

;

tôt,

toû;

fi-

— solum, — amorosa, amour oûso; — amorosum, amoros, amouroû;

rationem, razo, razoû; sol,

s'

corona, couroûno

nos, noû;

— hora,

— mansiones,

oûro

;

sola,

soûlo

;

maisos, meijoû.

Dans l'ancienne langue, tous les mots en iosus, a, um, et un grand nombre de ceux en tio, sio, au lieu de rejeter Yi, comme razo, cité tout à l'heure, l'avaient conservé. Cet

en diphthongue avec Yo suivant devenu *

Parce que alors

l'a,

t

,

ou devient

comme s'il était devenu ou. ouei, comme o devient uei.

i

s'étant uni

ayant dès

s'allongeant selon la règle, est traité

long d'origine, c'est-à-dire

guant avec

ou, et

comme

lors,

s'il

était

Or, en se diphthon-


PHONETIQUE

35

suivant la règle, pris la prépondérance, a

fini,

après l'avoir

dépouillé de son accent, par Téliminer complètement. Ex.

passionem, passios, passt

;

curiosus, curios, curî.

:

Nous revien-

drons là-dessus quand nous traiterons des vicissitudes des diphthongues. Cette mutation en om, tant de Yo tonique que de Yo antétonique, dont

dans

plie

va être question tout à l'heure,

il

accom-

était déjà

langue classique, ainsi que M. Paul Meyer

la

l'a,

à notre avis, parfaitement démontré, en prouvant que Yo qualifié estreit

par

le

Donat provençal devait IL

se

prononcer

après la tonique

comme dans

L'o final atone, dans le dialecte limousin

langue classique, est toujours tombé ou Ex.

:

lupos^ lobs, loû ;

III.

Avant

la tonique,

ou.

s'est

changé en

la

e (ei).

— presbyteros, pestres, pêtrei.

avant

la tonique.

non-seulement

mais encore o bref

o long,

en position, rendus nécessairement moins ouverts et

et

comme ment

assourdis par la voyelle tonique, deviennent régulière-

OM*. Ex.: laborare, laboura;

tuma, coûfumo; — port

are,

— prôbare, prouva — cos;

pour ta.

L'affaiblissement quelquefois s'arrête à

voit surtout dans les verbes. fort ancienne;

presque tous

les

Yu

;

mots qui

la présentent

d'hui se rencontrent, dans l'ancienne langue, sous

forme

,

l'une en o

(=

om

),

qu'on

c'est ce

Cette mutation d'o en u est

aujour-

une double

l'autre en u. Ex.: jocare,jogar et

— dormire, dormir — — somniare, sunnhâ; et durmir, durmî; *rotulare rudelâ; —

jugar, jugâ

;

florere, florir et flurir, flurî

;

,

ordiri, urdî^.

* Dans les mots empruntés au français, ment o; mais il passe souvent aussi à Vou

à

l'o

antétonique reste ordinaire-

(toujours

s'il

est nasal) et

même

l'ou. ^

L'o tonique de illorum est devenu à la fois ou et u.

formes lour

et lur,

concurremment

tre à la langue classique.

usitées, et qui

De

là les

remontent l'une et

deux l'au-


PREMIERE PARTIE

36

antétonique passe quelquefois à Ve; mais cette mutation,

en quelque sorte transversale, Ex.: formica, fermi; perposicî, etc.

Il

* prominare,

descend

On

est rare.

palement dans pro, et surtout quand

même

il

la constate princi-

j a eu métathèse de IV.

— perpôusâ; — Vi dans prifoun =

permenâ;

jusqu'à

profundum. Il

se diphthongue en oue

ou en ouei dans

les

mêmes

par FefFet des mêmes causes que Vo tonique. Ex.

:

cas et

potionerfi,

poueisou.

Le renforcement de lieu

o

en

a, je l'ai

déjà

dit, n'a

presque jamais

en limousin. Outre dangier (domniarium), qui appartient

à la langue classique, on peut citer

mamen

= momentum.

EU Nous avons peu de chose à au

latin, et qui,

dire de cette voyelle, étrangère

en limousin, ne se rencontre jamais que sous

l'accent, où elle représente

un

mots empruntés au français, et pénultième.

En

o

ou un m originaire. Dans

elle

finale elle se

persiste

si elle

les

est tonique

change ordinairement en

ou,

quelquefois en u. Si elle est atone, elle devient toujours u.

DEUXIÈME SECTION.

/,

voyelles grêles

placé dans l'échelle des sons entre

e et u,

ne permute avec

cette dernière voyelle qu'exceptionnellement

en vertu de renforcer,

il

;

au contraire,

tendance déjà constatée des voyelle grêles à se passe très-fréquemment à Ye. Cette mutation est

la

de règle quand

il

est bref

ou en position.

S'il

est long,

il

s'ar-

rête ordinairement au premier degré de l'ascension, c'est-àdire qu'il se

borne à s'abréger. I.

A.

— / tonique

/ bref ou en position est devenu e (changement déjà


PHONETIQUE accompli dans l'ancienne langue d'oc simulât, sembla

siccus, se

vidua, vëvo

;

;

;

sine, sert;

/ est

:

resté

i

lingo;

On

entre

inter,

:

,

bibo

;

,

bêve;

plicat, plêjo.

:

spinula, eipinglio;

singe.

simius,

jyira,

;

Très-fréquemment devant

Ex.

tingere, tènhei;

;

Exceptions

*).

— fmus, fem; — — përo —

— — piper, pëbre — frictat, frëto

37

n. Ex.: minus,

min;

— lingna,

— lineum,

tinea, tinho;

s'expliquera cette exception

linge;

l'on

se

si

rappelle que le voisinage de n est souvent pour les voyelles

une cause spéciale d'affaiblissement '. Ici, à la vérité, Yi n'est pas affaibli mais il est arrêté, pour ainsi dire, dans son essor ;

naturel et empêché de se renforcer, ce qui au fond est la

chose

même

;

Dans un certain nombre de mots qui paraissent de forma-

tion populaire, et dont les analogues changent régulièrement ^

en

e.

triste

Ex.

,

villa, vilo ;

:

à côté de

illa

m^ista, leito (ei

3"

=

— vitium, — — — pigritia paresso — piper, pebre vice

elo

,

;

liber, libre;

;

tristis,

;

,

;

es)

Constamment, lorsqu'une autre voyelle vient à

immédiatement. Ex.:

via, vio

ce qui s'explique d'autant

;

invi{d]ia, envio ;

mieux que, en

le

suivre

ligat,

Ho;

pareille^position, Ve

lui-même passe kVi. (Ex.: mea, mio.)

Lorsque

l'e

était suivi

en

ou médiatement d'un autre

ei

dans la langue classique. Ex.

frig{i)dus, freit

de

i

* Il

en

ei

;

ou immédiatement de

latin,

gt,

— directus

il

i,

est

sitis, seit;

:

(drictus), dreit.

\'i

— Ce

changement

plus que pour toute autre voyelle, de bien distin-

mots de formation savante

niers qui

nous

les

,

qu'ils existassent déjà

dans

ayons empruntés au français,

\'i

la

langue d'oc classique ou que

bref ou en position est resté

Tels sont avariço, justiço, et beaucoup d'autres, time, dans lesquels '

Ainsi

an

iinal

même

devenu

la règle,

du très-grand nombre de ces deren i pénultième ou antépénultième.

à cause

proviennent de mots latins

Dans ceux-là,

e.; D'ailleurs,

guer des mots de formation populaire, auxquels seuls s'applique Tes

gd,

piscis, peis ;

a dû être consécutif de sa mutation en

importe, pour

et,

devenu fréquemment

comme

Vi était atone. en,

i.

abile, facile, légi-

en ouvert rendu fermé, on devenu oun.


PREMIERE PARTIE

8(t

mots où on

la plupart des

une autre forme en

même temps

constate avaient en

le

Tels sont ceux où la diphthongaison

e sec.

conséquence de la vocalisation de ^ ou de c devant une dentale. Ce sont ces formes sèches que notre dialecte a gardées,

fut la

par exemple

dre (drictum). Quant à

se (sitim), fre (frigidum),

qui n'avait du reste que cette forme

peis,

— / long

B.

persiste,

mais

il

1» S'il est pénultième entre

en

les infinitifs

ire.

pïlo;

conserve dans

:

— glirem,

;

;

lîro;

filia, filho ;

scribere, eicrîre;

— mica,

pila,

dicere, dire,

encore long dans un petit nombre de mots dont les

analogues s'abrègent. Ex.

devenu

2° S'il est

auditum, ôuvï; — nidus, — rivum,

— vimen,

fica, fîjo;

:

final,

qui le suivait n'était ni

dans tous

s,

nï;

ni r, ni

les

vîme;

mots où

la

consonne

ni v. Ex.: vinum, vï;

/,

picus, pï;

mais filum,

fî;

— —

sentire, sentî.

rî;

Il

s'abrège

audita, ôuvïdo

spina, eipïno;

etc. Il reste

la

il

deux consonnes, excepté dans

Ex.: privât, prïvo

— mïjo — — crimen, crime; — mais ;

,

aujourd'hui seul usité.

le diminutif joe?«ssoM,

reste long lorsqu'une voyelle atone le suit immédiate-

ment

et

que

la

synérèse n'a pas lieu. Dans ce cas même,

projette en quelque sorte au-devant de lui

substance pour en composer sa semi-vojelle ainsi entre lui et la finale.

même

manière qu'a été

(y),

qui s'interpose

Ex.: Maria, Marl-yo. C'est de la

traité Vie de la plupart des

çais de cette désinence que

il

une partie de sa

nous avons adoptés.

mots fran-

Un y

a pa-

reillement été introduit entre la finale et Vé ou Vu tonique,

dans

les

mots en ée et ue de

mes appropriés. Ex.

:

même

épée, eipêyo;

origine que nous nous som-

— marée, marêyj; — morue,

morûyo. 1 long est devenu exceptionnellement e dans un petit

bre de mots. Ex.: quiritat, credo;

II.

L'e

atone

final est

/

nom-

crinem, cren.

après la tonique

toujours tombé. Ex.: turrim, tour.

nultième entre deux consonnes,

il

est

— Pé-

également tombé, selon


PHONETIQUE

39

la règle générale*, sauf le cas, assez rare,

il

a été attiré

par une voyelle antécédente. — Mais, suivi d'une autre voyelle,

comme dans

mots en

les

ium,

ius, ia,

1° Il est resté

autre que

tombée. Si

a, est

c'était

un

*olium, ôli;

— Antonius, Tôni; — *novium,

— salvia,

bestia, bêtio;

audacia, ôudâço*; — sementia,

vent à Ye. Ex. 2°

Après

thonguer après

:

:

Yi,

devenu

l'a final,

les

ius,

ium, passe sou-

— vicium,

vici, vice.

transposé fréquemment pour aller diph-

en se plaçant

c'est â, qui alors devient e;

féria, feira;

diphthongaison se

re-

gratta, grâcio;

semenso. — Après

des mots en

Ex.: granarium, granier, graniê; ribiêro;

*fortia, forsa, forso;

semensa,

final,

la voyelle antécédente, si

servitium, servici, service;

r, il s'est

avant

sauvio.

Ex.: malitia, maliço;

mêmes lettres,

— remedium,

nôvi;

gloria, glôrio;

/ est tombé ordinairement devant

:

après c ou ^

si elle était

a persisté en for-

diphthongue. Ex.: necessarium, necessâri;

cavea, gabia, gâbio;

Exceptions

:

a, elle

l'e'une

a été traité, selon

en place, et la voyelle suivante,

mant avec mêdi;

il

de plusieurs manières différentes

les cas,

au contraire,

s'est,

il

presque toujours maintenu. Seulement

fait

— foria, en

ai,

après si c'est e ou

o.

riparia, ribeira et ribiera,

foira, foueïro.

non en

soit avant, soit

ia.

— Si a reste

a, la

Ex.: *glaria, gliairo;

*aria (area), aira, dont nous n'avons plus que le diminutif eeraw. 3° Il s'est consonnifié, c'est-à-dire qu'il est et,

dans cet état, ou

il

est resté tel,

ou

il

devenu y

s'est

{j latin)

durci en ji". Mais

cette dernière mutation et ses conséquences ont eu lieu égale-

ment, et plus souvent encore, avant la tonique. Nous réser-

vons donc

les détails et

exemples pour

les

le

paragraphe

suivant.

III.

A.

*

On

et

devant une consonne,

c'est la finale qui,

maintenu, mais changé en

pidiis, pallidus, ^

avant la tonique

— Avant la tonique

Dans horridus,

s'est

/

devenus

dit aussi oudâci,

e {are)

i

en posi-

exceptionnellement, est tombée ett .

La même chose a eu

lieu

dans te-

tébie, pâle.

comme

si le

mot venait d'une forme audacium.


PREMIERE PARTIE

40 tion, bref

ou long, mais dans ce dernier cas préalablement viridarium, vergier; e. Ex.

abrégé, devient régulièrement siccare, sechâ

;

cridar, credâ;

licere, lezei

:

— — — divinare, devinar,

bibere, heure

;

devina;

;

quiritare,

v'tcinus,

vezin,

vezi.

dans beaucoup de mots reste qui, là

comme

pour

lieu principalement

Les exceptions ont

i

sous l'accent,

(ex.: fini, iver)^ et

manque

long, qui

1'/

pour Yi nasal,

très-souvent à se ren.

e,

ne

forcer. Ex.: printem, ingra, instrumen, linsôu (linteolum)

Par contre,

il

arrive quelquefois que Vi nasal, devenu

s'arrête pas là, et qu'il

sincerus, sanciê;

Le renforcement

monte jusqu'à l'a. Ex.: infernum, anfer;

singvltus, sangû.

d'^

en

renforcement médiat, bien en-

a,

tendu, se constate encore exceptionnellement dans mouvamen

= movemen = *movimentum. en

1,

s' affaiblissant,

ainsi qu'on l'a vu,

il

devient naturellement u. Mais comme,

répugne aux affaiblissements, cette mu-

tation n'a lieu que dans

un

primarius, prumier^, prumiê

— Devant

B.

;

très-petit

nombre de mots. Ex.:

— implicare, empleiar, empluyâ.

une autre voyelle,

i

atone se change en la

semi-vojelle y (/ latin), et dans cet état Il reste tel si, par la chute d'une consonne, a. :

il

placé entre deux voyelles. Ex.: gobionem, gouyou;

joyo ;

— "^habiamus (habeamus),

— Si la consonne

b.

se trouve

— gaudia,

ayam ;

précédente est

/

ou

n,

il

s'unit

avec

pour former l'une des deux consonnes composées qu'on

elle

appelle /mouillée et «mouillée, c'est-à-dire Ih flyj etnhfnyj.

Ex.: ^Ha, filho;

filiolum, filhôu;

— *vinia

(vinea), vinho;

unionem, ounhou; c.

— Use durcit

excepté

/,

en/ après

et après d. Si la

les labiales,

après les liquides,

consonne précédente

est/), c'est

en

ch qu'a lieu d'ordinaire le durcissement. Ces mutations avaient lieu déjà dans l'ancienne

langue; mais

elles

y

étaient plus

rares, surtout après la tonique, que dans le limousin

*

A

côté

de

cette forme, l'ancienne

langue a aussi primier

moderne, et

premier.


PHONÉTIQUE où on

les constate

41

presque aussi fréquemment qu'en français.

Ex.: diurnum, jom, jour;

— cambiare, camjar,

chanjâ;

— *ap-

propiare, apropchar et aprochar, aprouchâ.

— Après

C.

sonnifie pas

ou

tombe.

il

Vi précédant une autre voyelle ne se con-

s, c,

t,

reste

il

:

J'ai

(ex.

i

:

renuntiare, renunciar, renounciâ)

donné des exemples de cette chute après

tonique. Avant la tonique, c'est surtout dans les mots en

nem qu'on

sazo, sazou;

teolum),

la constate. Ex.: rationem, razo, razou;

linsol,

refusar, refusa;

*refutiare,

— D'autres

linsôu.

— *lintiolum

sionem, maizo, meij'ou

;

(lin-

par

Ex.:

lui.

tio-

sationem,

fois Vi est attiré

voyelle antécédente, qui se diphthongue avec

la

— prensionem, preizo, preijou — ;

la

manpotio-

nem, poizo, poueizou.

IV Le Donat provençal ne distingue nulle part Yi en larg et en dans cet ouvrage sauf trois Mais Ve i est toujours

=

estreit.

,

ou quatre exceptions *, en limousin comme

devenu

est

es

ei

les e originaires

dans mei

= mes = mensis.

mei

initiale, i

=

mes

de cette catégorie Ainsi .

=

missus,

comme dans

Pareillement cresta, pescar, mesclar, de ont donné

crista, *piscare, *misclare,

même, en

,

qualifié estreit. Aussi a-t-il été traité

passer à

ïei,

creito, peichâ, meilâ.

On

voit

sans qu'on puisse toujours

constater l'existence d'un e provençal intermédiaire. Ex.: in odio

,

enuey , einuei

;

innocentem,

einoucen ;

hirundo

eiroundelo.

D'un autre côté, dans les qu'elles fussent,

les

désinences où les différences, quel-

notées par

Hugues

Faidit, se sont effacées,

Ve=i que pour Par exemple, Ve àe pela ::= pïlat, et celui de mncandëla, tous deux étroits, sont devenus l'un et l'autre

elles se sont effacées aussi

complètement pour

originaire.

l'e

dela

=

également identiques à celui de sela=sella, qui est qualifié large.

OU Vou *

se

{U

latin)

comporte autrement que Vi dans sa manière de se

Ades (adipsmn), maissella (maxilla), aisseUa

(axilla).


PREMIERE PARTIE

42

conformer à la loi générale des voyelles grêle». En que

long ne

i

fait

Au

renforce en u. le

que s'abréger, ou long, en

tandis

[û latin)

i

bref passe ordinairement à Ye.

— OU tonique

I.

— OU

effet,

abrégeant, se

contraire, ou bref ou en position reste tel

plus souvent, tandis que

A.

s'

bref ou en position reste om*. Ex.: russa,

—gutia, goûto; — secundum, segoun; — — rumfijcem, rounze — punpouncho — crucem, croû; — gula, goûlo — putat, poûdo — lupum, loû; — pultem, poû; — soûcho; — crusta,

roûsso;— summa, soûmo; furca, fourcho cta,

;

bulla, boùlo ;

;

;

;

;

suspicat,

croûto;

currere, coure. L'allongement de la voyelle, dans ces

derniers exemples, est la conséquence de la chute de 17, de IV

ou de

Ts, qui la suivaient.

OU (û fréquemment en

Exceptions assez

lucta, lûcho ;

gûlho; (Ex.

:

dubitat,

dans

s'est

renforcé

bur; — — *acucla,

bullit,

fructus, frûcho

fugio, fùge ;

;

— plus rarement en

eu

— exsuccat, eisseujo), ou en o {Ex.: pluvia,

dôto

;

ructat, rôto ;

*fructicat, frôjo;

nurus, nôro).

— OU {û latin) long

Figuré

1

cité

ou en position

u. Ex.: super, sûbre;

jungit, jun;

nuptia, nôço;

latin) bref

tructa, trucho ;

suffero, seufre;

plôvio;

B.

:

les

se renforce

anciens textes. Voir

de M. Paul Meyer sur

l'o

le

en u et s'abrège*. Ex.: mémoire

déjà plusieurs fois

provençal.

^ Cet abrègement avait dû avoir lieu déjà en provençal dans un grand nombre de mots, comme on peut l'induire de ce fait, que Hugues Faidit distingue, en ura larg et ura estreit, des mots dans lesquels Vu provient également d'un M latin long: par exemple,' d'une part, cura, dura, mesura;

de

l'autre, centura, escura,

listes

et

u

segura.

On

voit par la comparaison des

que, dans quelques mots, la prononciation devait hésiter entre

estreit.

que jMro

et

Ainsi pura se trouve à la fois dans les deux séries,

perjura figurent parmi

iUra, conjura, est rangé

parmi

les

et,

deux

u

larg

tandis

m larges, un autre composé de M. Paul Meyer conclut de cette

les étroits.

dernière anomalie à une erreur de l'auteur ou des copistes. Mais une pareille conséquence n'est rien suit pas toujours

moins que nécessaire

,

car

un composé ne

forcément la règle du simple. Par exemple, nous voyons,

en limousin, Vu de

mudar

rester bref et

pur à toutes

les

formes, tandis que


PHONETIQUE nudus, nû;

— durât,

dûro

— mutus,

junius, jun;

;

— mutât,

43

mûdo

;

— luna,

lûno; —

devenu

eu. Ex.:

mû.

Par exception, dans quelques mots requeule (pr. recula), remeudo (pr.

il

est

remuda)',— ovi même o môcho :

{*mucat). 11

dans quelques autres. Ex.: jusum, dejoû.

est resté ou

— OU après la tonique

IL

En finale atone, en

dre.

cette voyelle,

après une consonne. Ex.

e

Après une autre voyelle,

proparoxytons

:

comme

Yo,

tombe ou

fimum, fem;

elle

tombe toujours dans

mais dans les mots paroxytons

,

se

change

tonitru, toune-

les

mots

elle persiste

en

s'unissant en dipthongue avec cette voyelle. Ex.: oleum, ôli;

corium, cuer; mais Deum,

Deû ou Diou ;

Antépénultième, Yu latin

[ou)

— meum, meû.

entre deux

consonnes est

toujours tombé (sauf dans les mots d'origine savante). Mais,

immédiatement d'une voyelle, ou il s'est consonnifié, changé en y, ou il a été attiré par la voyelle antécédente pour former avec elle une diphthongue. Ces deux

suivi

c'est-à-dire

derniers phénomènes ont eu lieu également avant la tonique.

Ex.

:

vidua, vévo

lim. vouida, à

;

III.

A

— tenuem,

Nontron

cette place

il

teùne

;

— viduare,

voidar, bas

boueidâ.

— OU avant la tonique éprouve

c'est-à-dire que long,

il

le

même

devient

u,

sort que sous l'accent,

que bref ou en position,

il

reste ou. Ex.:

long

:

— — sudare, suâ; — putere, — punire, pûnî; — curare, cura; putare, poûdâ; — suave, souau; mutare, mûdâ;

lucere, lûzi;

pûdî;

bref

:

remudar devient eu sous l'accent. Était-ce la même différence Hugues Faidit entre jura et conjura, et plus gén(5ralement ura larg etura estreit ? Les analogies me manquent pour le décider,

celui de

qu'a voulu noter entre

car la prononciation actuelle ne laisse apprécier chez nous aucune diffé-

rence dans

r« des mots de

cette désinence, cités

encore. Ils sont tous uniformément en

u

bref.

par

lui,

qui subsistent


PREMIERE PARTIE

44

en position pukare, poussa; :

froûjâ;

— dubitare, douta; —*fructicare,

ructare, routa;

— pulverem, poûvero.

Exceptionnellement, c'est l'inverse qui a

que ou long reste

ou, tandis

lieu, c'est-à-dire

que bref ou en position il devient

u.

Ex.:

long unionem, oûnhou*; :

bref

^fugire, fugî;

:

en position

luciare,

:

pûcelo;

— *mucare, moucha;

furiosus, furios, fùrî;

lûchâ;

*

sufferire, sûfrî;

ululare, unla}

L'oM et Vu provençal ou français sont devenus

ques cas

isolés. Ex.: *rotulare, pr.

rudiment, redimen. L'm latin s'était de

changé en

dans un certain nombre de mots

e

e

pulcella,

dans quel-

redolar% rudelâ; —

tum,

fr.

bullire, bùlî.

tels

rudimen-

même que

déjà

treblar,

aujourd'hui treblâ, =. *turbulare.

Lorsque Vu suivi d'un

i

latin tonique

ou antétonique, pur ou nasal,

ou de l'une des consonnes

en cette voyelle, l'ancienne langue soit

en

ui, soit

était bref les

— en ui

en oi;

s'il

le

c,

g,

t,

était

qui se changent

diphthonguait souvent

était long,

en oi f=ouiJ

ou en position. Quelques mots présentent à

s'il

la fois

deux formes. Ce sont, en général, des mots dont I'm était de donné en même

quantité douteuse, tels que nutrire, qui a

temps nuirir

et noirir.

— On verra ci-après ce que sont deve-

nues ces diphthongues en limousin. L'a latin est quelquefois représenté par g dur. Cette mutation sera expliquée ci-après, au chapitre des consonnes, article

du

V.

Notre u provient,

soit

de Vo, soit de Vu {ou) latin.

On

a

lu,

aux articles de ces dernières voyelles, ce que nous avions à en

dire.

Rappelons que, sous

Ex.: sufrî, seufre;

'

On

dit aussi, et

l'accent,

il

— durmî, deurmc. Dans

devient souvent eu. les

mots empruntés

plus souvent, inhou, forme qui se trouve déjà dans l'an-

cienne langue et qui est

un exemple de

nous assez rare, de u en i. * 0, ici, se prononçait ou

la

mutation normale, mais chez


PHONETIQUE au français,

il

reste u, et,

45

est nasal, rejette la prononciation

s'il

française {eun) pour prendre celle qui lui est propre.

TROISIÈME SECTION. AI,

AU —

OU

El,

Nous avons vu que Va précédant général,

s'il

diphthonques <

pur en

la tonique reste

est isolé. Mais, dans les diphthongues ae et au, l'in-

fluence de la voyelle qui lui est conjointe s'ajoutant à la ten-

dance naturelle des voyelles antétoniques à l'affaiblissement, passe constamment à Ve et à Vo, c'est-à-dire à

il

voyelle la

la

plus voisine de son associée. Ainsi ai devient

même

— naissensa

ai:

laxare

et

ei,

sous l'accent,

si

(pr.),

laissar,

,

au devient ou. Ces mutations ont lieu

un a

la voyelle suivante est

— captivus,

neissénso ;

leissâ;

long*. Ex.:

caitis, cheitî

aquas, aigas, eigâ;

laxas,

laissas, leissà.

au:

"auricla, aurelha, ôurelho ;

calcare, chôuchâ ;

raucas, r ôuchâ;

Réciproquement,

cement

*

audire, auvir, ôuvî;

— aucas, ôuchâ; —

haustare, ôutâ;

— graculas,

grôulà.

devient ai sous l'accent; mais ce renfor-

ei

n'est général

que dans

verbes

les

;

il

n'a lieu dans les

autres mots qu'exceptionnellement. Ex.: œquat, ega, aigo; pesca, paicho; *

la ^

De

— prœstat,

— bresca

ces quatre diphthongues,

presta, praito;

(pr.), braicho

oL—On a

ration de ai et de

pas *

aux

vu, ei.

Au

tonique,

fallit), loîi (•=>

3

articles

de

Quant à ou,

il

l'a et

même non

Lat.

lau

=

tels

illac),

provient de

suivi d'à long,

que chou

ou (=

bable qu'en

La

elle

représente

( ^-^

ol

ou de ov,

lorsqu'il n'est

au ou de o. devient encore ou dans quel modification de

caul == caulem ) fou

(=falh^

al)

/auus.—Voir ci-dessus à

cette voyelle.

l'article

de

l'e,

sur la diphthongaison de

m utation en ai est logiquement postérieure; mais

fait les

piscat,

de IV, les divers modes de géné-

— cas plus fréquent — le résultat d'une

ques mots très-usuels,

*

une seule, au, remonte au latin; mais, dans

plupart des mots de notre dialecte où elle se rencontre,

av ou

^

deux phénomènes ont été simultanés.

il

est pro -


PREMIERE PARTIE

46

Quant à

ou,

ne se renforce que dans des cas fort rares *,

il

par exemple à?a\^chaulhoàechôulhâ(solhar^'suculare), piaulo de piaula fpiular

= pipilarej

Les diphthongues au et 6u se réduisent souvent, dans parler actuel de Limoges, à la voyelle simple

réductions

tendance

jamais lieu à Nontron*. Loin de là, la

n'ont

chez nous, de diphthonguer en ou Vo et You.

est,

C'est surtout en initiale

Ex.: oblidar, ôublidâ; ovelha, ouvelho

;

—o

(= nucem)

de nou viùuleto

o.

le

Mais ces

que cette modification se produit.

— obedir,

ôubahî;

— odor,

ôudour ;

encore nôusilho, diminutif

faut), ou. Citons

qui n'est pas usité à Nontron, et viôuloun,

'.

OI L'o^ provençal

*

— OUEI,

OUE, UEI, UE

est représenté à

Nontron par

ouei et uei,

réduits souvent à oue et ue. Mais oi ne se transforme pas in-

différemment en ouei ou en 1° ISoi,

uei. Il

dont Vo représentait

faut distinguer

soit

un

deux cas

tonique, soit

un

o

:

an-

tétonique, soit un u bref ou en position, et qui devait dès lors

prononcer

se

poueizou;

Ce qui

*

ou

suit

om"**, est

devenu ouei ou

* fodire, foire, foueire

est parfaitement

comme

avons vu que e

o,

;

conforme à la

-

loi

ue. 'Ex.: potionem, poizo, *

bodina, boueino;

des voyelles graves,

tandis que ei suit plutôt celle des grêles,

le fait

souvent.

— uter,

— Ce renforcement de

loi

que

comme nous

ou en au

est

moins

rare en haut limousin que dans les autres sous -dialectes.

Aurum

^

cependant

est

devenu

or,

comme en

français

;

mais

les dérivés

— On peut citer encore môco (sorte de vase), même mot que pr. mauca {panse). — L'au de cauda,

gardent la diphthongue. paraît être le

le

jourd'hui couo, était déjà devenu o (==ow) dans

de '

même que la conjonction aut, chez On dit aussi et plus souvent vileto,

la

langue classique

qui

au-

[coa],

nous 6u. par réduction de

la

diphthongue tou.

(Voir ci-après, à l'article de cette diphthongue). ^

Dans les mots empruntés au

français, l'ai pur tantôt devient ouei, tantôt

reste oi (oua). Ex.: chanoueine, trouasiême. h'oi nasal

ayant déjà 5

En

tion.

le

de

même

origine,

son oué, ne subit pas de modification en passant en limousin.

bas limousin

,

Ex.: bouissou,

ïi de cette diphthongue n'a subi

bouissâ, pedouiro,

boueissâ, pedoueiro, foueitâ.

fouitâ;

aucune modifica-

chez nous boueissou,


PHONETIQUE

47

— ruina, roina, roneino — (ped)oueiro — pugnum, poing, pouen. *

oira,

;

;

2° h'oi, dont Vo correspondait à

en position, est devenu uei ou

du

ue,

un o tonique latin bref ou changement déjà accompli,

reste, dans l'ancienne langue, car tous

mots en

oi

de cette dernière catégorie

concurremment

usitée,

en uei ou

— coxa, noit et nuech, nue — coctum,

ue. C'est celle-là seule

;

les

que

uei; — ocfujlus, cueisso — noctem,

huei,

coissa et cueissa,

;

ou presque tous

j ont une autre forme,

nous avons conservée. Ex.: hodie, hoi et oil et uelh, uei

culcita, coueitio ;

;

coit et cuech, eue

;

octo, oit et

ueit, ue.

Exceptions

:

fària, foira, foueiro.

langue que

vieille

On

dit aussi cueire

la ;

forme en

mais

ne se rencontre pas.

la

oi.

Vo

Du

sans doute préalablement allongé.

de ce mot avait été

reste

,

n'a dans la

il

Cbquere, coire, coueire.

forme provençale correspondante

Longe a pareillement donné deux

formes, luen et louen, mais qui se retrouvent l'une et l'autre

dans l'ancienne langue. La dernière est de beaucoup la plus

commune, si l'on

et l'on s'expliquera facilement qu'il

se rappelle

en

soit ainsi,

que Vo en position devant n est traité chez

nous comme un o long, c'est-à-dire se change régulièrement en ou.

Dans

le

haut Limousin, on aime à réduire uei

der ;

et ue

à

ei et e.

— einuei — duer (dormit), ~ fuec (focum), fe^; — luec (locum), — A Nontron,

Ex.: uei (oculus), ei;

(in odio), einei;

le^.

ces réductions ont lieu plus rarement.

pour Marueil (Marolium);

ei-mati,

{podium), qui se dit également.

On peut

citer Marei,

pour uei-mati ; pei pour puei

On

dit aussi

indifîéremment ne

beaucoup plus rares,

et qui ne se ren-

et nue (noctem).

Dans quelques

cas,

contrent, je crois, qu'en haut limousin, la triphthongue ouei se réduit à son premier élément ou

'

2

On

ou

o.

Ex.: boueirî (regain),

appelle ainsi une vessie gonflée de vent.

Formes inconnues à Nontron, où

sentent foc et

loc.

l'on dit

seulement

fio et

Uo, qui repré-


PREMIERE PARTIE

48

vourî;

— bigarouei

fir. garouil), bigaro ;

— limarouei (jargon),

limaro.

UI Ui provençal représente normalement un u long

un

quel s'est adjoint

latin au-

subséquent, originaire ou provenant

^

d'une consonne vocalisée. Cette diphthongue s'est presque tou

jours réduite à m*. Ex.: bûtyrum, bnire, bûre nûrisso

rissa,

— putrere

;

(puirir),

pûrî ;

;

— nutricem, nuinutrire (nuirir),

nurir, nûrî*.

Remarque.

Les mots

dans lesquels Vu 01,

était

moins rare dans

tels

que

deux derniers

les

cités,

douteux, avaient une seconde forme en

que la forme en

les textes

ui.

C'est pour-

tant cette dernière seule que l'on a conservée à Nontron,

même

dans certains mots où

elle était irrégulière et

devait

être exceptionnelle. Ainsi nous disons cûssi, qui suppose

forme

cuissi,

inconnue à Raynouard

vation régulière de culcitinum.

'

une

et parallèle à coissi, déri-

C est, SiU

contraire, celle-ci qui,

modifiée, selon la règle, en coueissi^, est restée à Limoges.

Ui est resté

dans

tel

les

verbes en

uire.

pruntés au français (et c'est peut-être ces verbes),

il

Dans

le cas

les

mots em-

de plusieurs de

ne subit non plus aucune modification. Ex.:

cuivre.

EU, lOU (lU) Notre eu provient d'ordinaire ou de eu 1

Cf. le latin fructus

2

Je considère

== fructuis,

comme

ayant

la

(dissyllabe),

ou de

la

etc.

même

origine

Vu de prûre, que

je dérive

de prurire par l'intermédiaire d'une forme praire, dans laquelle, grâce à la synérèse,

sique, '

Vu

comme

On ne

aurait absorba l'accent, et qui serait à pruzer, forme clas-

coire est à cozer.

trouve pas non plus puirir dans Raynouard, qui n'a que poirir

= pouirir, forme

restée en bas limousin); mais on y trouve puiridura puirimen. La forme nuirir, qu'on n'y rencontre pas davantage, bien quil donne nurir, est prouvée de même par les dérivés nuirism, nuiri{

et

dor, etc. *

En

bas limousin

:

couissi.


PHONETIQUE vocalisation de v ou

après

/

49

Cette diphthongue, qui dans le

e.

bas Limousin et dans la majeure partie du Périgord se pro-

nonce

éou,

comme dans

spécial, déjà décrit, et elle s'est

Eu e.

Nontron un son

feu-uj.

A

Limoges,

réduite à la voyelle simple eu.

second élément et à se réduire à

est sujet à perdre son

Cette réduction n'a jamais lieu qu'en finale. Elle est facul-

tative à

Nontron, en sorte que tous

autre forme* en ce;

bellus,

Ex.: meus,

ê.

bel,

beûet

Par exception, non en

ê

:

sî,

soit

meû

et

les

mots en eu j ont une

mê ;

— cœlum,

en provençal

iou, figurée

de la vocalisation de v

(b,

p) ou de

/

ou

io

après

i,

o,

iu,

même

î

et

soit

provient

du groupe

Dans

les

mots

en devenant ou et s'unissant en diphthongue à

^^ précédent, a cédé son accent à cette voyelle, qui, ainsi la

ceû et

seû fsevumj et deû fdeusj s'abrègent en

(par exemple dans les mots en ionem, iosum).

de ce genre,

cel,

bê>,

dî.

La diphthongue io

tout le Midi, prend à

que nous figurons eu

prépondérance, a

fini

prenant

par éliminer son associée. La

chose a eu lieu, à plus forte raison, de I'om atone repré-

sentant

/

ou

V.

Iou (iu) s'est donc réduit à

Mais, tandis que eu persiste à côté de

ê,

î,

comme

eu à

iou a aujourd'hui

plètement disparu à Nontron, et aussi je crois dans

le

è.

comhaut

Limousin, sauf dans les mots originairement en iosum, qui y ont encore les deux formes iou et î. Je ne sais si d'autres variétés

Quoi

du limousin en

les oflrent

simultanément dans tous

les cas*.

soit, Yi

auquel iou

{iu) s'est

change ad libitum en

eu, et l'on

a ainsi, pour tous les mots de

qu'il

cette désinence, au

Ex.:

nvum,

réduit chez nous s'y

moins deux formes concurremment usitées.


PREMIERE PARTIE

50

graciosum,

gracias,

gracioû, gracî et graceû

graciosa,

gracîosa,

gracioûso, gracîso et graceûso

Ajoutons à ces exemples Tancien composé contracte

(=si vos), devenu Ainsi

(=

î

ou

seû.

et ê (=e/, eu) se rencontrent

iv, io)

il,

c'est sans s'y confondre.

jamais ew

{dî, s«),

Sauf

en eu ; mais

deux exceptions déjà notées

les

ne passe à

r=:e

sius

Vî,

pas plus que eu

=î (iou)

ne passe à Yê.

Dans

le

corps des mots, eu ne se réduit jamais à

levium, leûje et

non

autrement de iou en

finale,

Mais

les

avec

la

i.

Ex.: sibilare, siular, ûlâ.

même

ou en

îso

bibere, beûre et

non

l

et eu

Il

à qui

il

soit

e.

Ex.:

en est

comme en

peut aussi y devenir

ew.

ne se font pas, à cette place,

liberté qu'en finale. Il n'y a ios

bêre. Il

s'abrège, au contraire, là

qui,

échanges entre

des adjectifs en

en

lêje

; —

que

les féminins

permis d'être indifféremment

eûso. Ainsi viure [vivere) et liura [libra]

ne font que

veûre et /ewro (ou, par réduction, lûro); au contraire sm/ar, déjà cité,

ne

fait

que

s!/d.

Notre diphthongue eu (=e) a dans quelques cas' pour suppléante, en haut Limousin, la triphthongue iau, aujourd'hui généralement réduite à de

forme qu'a

iôu,

et qui est le

prise,

renforcement normal

en beaucoup de mots, Viou

{iu)

pro-

vençal, dans le bas Limousin et les cantons voisins du Périgord. Ex.: Diau-marcé -= Deû-marce ; viaure (viure) =- veûre;

fpiuzej=peûze;

piauze

ou eu ne

se rencontre

et seulement,

siau (sius)

=

seû.

A

Nontron,

iau=

iu

que dans un très-petit nombre de mots,

comme en haut Limousin, dans la syllabe tonique.

— mel (meuj, miau; — pilum, pet — Iôu = ou eu y également très-rare. Remarque. — On voit par textes provençaux que

Ex.: pipilat, piula, piaulo ; (peu), piau.

iu

est

les

les

mots en

iu,

outre une seconde forme en eu, en avaient encore

une troisième, intermédiaire, en

iéu.

Cela est prouvé pour

quelques-uns*, et l'on peut, sans témérité, l'admettre aussi *

Ex.

(étrier)

textes

:

.

Estriub, estrieu, estreup, aujourd'hui, à Nontron, eitri et eitreii

que

Les formes en eu formes en teu.

les

sont, je

crois, plus rares

dans

les anciens


PHONETIQUE pour

les autres.

D'un autre côté, eu et ou permutent quelque-

ensemble. Ainsi pleure

fois

51

du bas Limousin est

f= pluerej

pleure à Nontron. Cela étant, au lieu de dériver directement iôu et iau de iu,

comme

serait peut-être plus juste de les considérer

il

des modifications de

plus, ni

iéu.

Quoi

qu'il

en

soit, iéu n'existe

en haut Limousin, ni à Nontron. Mais, dans

con-

les

trées plus méridionales du Périgord et dans le bas Limousin,

on rencontre cette forme dans beaucoup de mots, riéu,

par exemple, qui est chez nous

nouard mentionne seulement sous

On

ou

forme

la

que

tels

que Ray-

reû, et riu.

vient de voir plusieurs diphthongues se réduire à l'un

de leurs éléments.

Il

nous reste à signaler quelques

simplifi-

cations analogues, mais plus rares et moins systématiques. C'est surtout dans les diphthongues où state ce

—Dissyllabe dans

/a.

finale,

i

figure que l'on con-

phénomène. groupe, devenu

l'origine, ce

io

en

forme chez nous une diphthongue très-compacte mais, ;

sur la limite du dialecte limousin, du côté de la langue s'est réduit

à

î.

Ainsi sentia, à

Nontron

sentio, est

d'oil, il

à la Valette

senti. le.

le s'est parfois réduit à

conscientia, conciencia,

de devenir

io,

qui est,

coucinço.

^.

Ex.:pietatem, pietat, pita;

— L7e français

comme on l'a déjà

il

Ei.

ne change pas. Ex.:

— ^i

se réduit

cau, seicau, sicau

*;

au lieu

final,

expliqué, sa mutation

normale, devient quelquefois simplement fait

c'est-à-dire qu'en

î,

Julî, Ugénî, etc.

souvent àl, Ex.:

— chantei,

chantî

mière personne singulière de tous

vestire, veitî, vltî; ,

et de

même

les prétérits

suei-

à la pre-

qui ont cette

flexion.

Ue.

*

— Nous avons

vu ue

=

oi se

Diminutif de suei, inusité à Nontron

{=sambiicus).

réduire à e dans ne

,

dans

— Su£i suppose une forme soie, qui

dialecte languedocien,

la

vieille

langue sauc

existe en effet

mais qui ne se rencontre pas dans

les

= nue dans

le

anciens textes.


PREMIERE PARTIE

52

= noctem,

et

dans quelques autres mots. Cette diphthongue,

provenant de l'union de m et de

une consonne,

s'est

e

primitivement séparés par

au contraire réduite à u àaji^junjo

=

juenca =juvenca.

Uou

montre pareillement réduit à u dans sur, que Ton dit en haut limousin pour suour (=i sudorem), seul usité chez se

nous.

CHAPITRE QUATRIÈME VOCALISME CONTRACTION ET ÉLISION

;

{suiU)

SUPPRESSION ET ADDITION

DE VOYELLES

Les phénomènes qui font Fohjet de ce chapitre nous ont déjà accidentellement occupés dans les deux précédents, à

Toccasion de l'accent ou des permutations de voyelles. Mais il

convient, pour être complet, et au risque de nous répéter

sur quelques points, de les étudier séparément. I.

— Contraction

Notre dialecte contracte régulièrement en une diphthongue ou une triphthongue toutes

même

les voyelles

ment en

latin,

ou que leur rencontre

soit

consonne intermédiaire. La contraction vent à

consécutives d'un

mot*, que ces voyelles se suivissent déjà immédiate-

les

réunir dans une

même

due à

se

la

horne

chute d'une le

plus sou-

émission de voix, sauf à les

modifier plus ou moins fortement, mais sans en sacrifier au-

cune

;

d'autres fois elle va jusqu'à effacer complètement l'une

d'elles*. Ex.: suave, suau,

*

souau;

— cauda, coa, couo; — ruga,

Sauf, bien entendu, les cas de chute et de métathèse.

ceptionnellement, la contraction n'a pas lieu,

un

duit ordinairement, qui sera étudié ci-après

je

:

autre

— Lorsque,

phénomène

veux dire

ex-

se pro-

l'insertion

d'une

consonne. 2

Ce cas rentre dans celui des réductions de diphthongues, étudié dans du chapitre précédent.

3« section

la


PHONETIQUE rua, ruo;

— gloria,

— legumen. Hume,

— —

dia nocte, meia nuech,

La contraction

;

miané ;

— pavorem, paor,pàu*;

via, vio^;

glorio;

lume

»3

rogationes, roazos, razoû

une voyelle ou initiale

du

suivant. C'est la crase des grammairiens grecs. Ex.:

ad

koram, aora, ôuro ;

habeo), yai, où

change

ille),

mé-

rainos, ranoû.

réunit aussi quelquefois

diphthongue finale avec la voyelle ou diphthongue

mot

:

siôu;

se

i

— hoc en sa semi-voyelle y; —

ecce

est,

co es, couei

— nôu ourà (novem horasj, nôurà II.

D'un mot à

;

i

ai (ego

si

ou

(si

^.

— Elision

l'autre, la contraction, bien qu'assez fréquente,

surtout en haut limousin, est pourtant exceptionnelle. C'est

bien plus souvent à des élisions que donnent lieu les rencon-

comme

tres de voyelles finales et initiales. Mais,

n'a

aucune répugnance pour

avec régularité que

l'hiatus

si la finale

ou une diphthongue atone ou Ve seuls disparaissent,

{io

est

ou

notre dialecte

l'élision

*,

ne se produit

une voyelle atone

et

Dans ce dernier

ie).

forme crase avec la

et Vi restant

voyelle ou la diphthongue initiale du

brève

cas, l'o

mot

suivant. Ex.: sa

memôriei freicho, segWeicoududo. Si la finale est tonique

ou longue,

elle

ne

s'élide

qu'excep-

tionnellement et seulement dans des mots très-usuels, tels que

demô (demain) ou v'en,

*

*

demàu

Et de

sei.

môme

les

En

pronoms noû,

vou. Ex.

:

nautrei, v'autrei,

pareil cas, c'est quelquefois au contraire

tous les imparfaits et les conditionnels en ia

Dans ce mot, comme dans

tonique ou a forcé

l'a

le

précédent à

mot ôuro de s'affaiblir

;

si

(io), tas, etc.

l'alinéa suivant, la voyelle

a

avait eu l'accent, le pro-

duit de la contraction aurait sans doute été au. ^ Le vers suivant, de Foucaud, présente deux crases, dont une réunit deux diphthongues, par conséquent quatre voyelles, toutes les quatre per-

ceptibles à l'oreille, et constitue ainsi

Car *

Le vers

si

cité

ou poudio ou ouzario

dans

la note

une tétraphthongue

:

be.

précédente en offre un exemple.


PREMIERE PARTIE

54

du mot suivant qui disparaît, comme cela a italien. Mais cette sorte d'élision est plus

la vojelle initiale lieu

fréquemment en

habituelle

dans

le

haut Limousin qu'à Nontron, où on

constate fort rarement

III.

la

*.

Suppression de voyelles

— Aphérèse. — L'ancienne langue avait opéré dans quel-

A.

ques mots

la

tementy a

été,

Nous

suppression de la voyelle initiale*. Mais ce trai-

comme en langue

d'oil,

tout à fait exceptionnel.

l'appliquons aujourd'hui, au contraire, d'une manière

systématique à un très-grand nombre de mots, savoir à tous ceux, ou peu s'en faut, qui commencent par un a atone et bref

ou devenu

tel '.

L'aphérèse n'atteint jamais les autres voyelles,

sauf dans deux ou trois mots dont l'usage extrêmement fré-

— (pro— amorem, mour (dans locution per mour): — nom); — avena, veno; — appelugulha, gulho; — — apelar, B. — Syncope. — Ce phénomène, au contraire du précéquent explique la détérioration. Ex.: una, no;

illa, /a

la

*acucla,

arista, aresta, leito;

pela,

lare,

etc., etc.

dent, était accompli dès les premiers temps de la langue, dans

tous les mots qui le présentent. a.

Il

faut distinguer deux cas

:

— Syncope de la voyelle antétonique. — Toute voyelle brève

entre deux consonnes, précédant immédiatement la tonique

sans être initiale, a disparu dans

sennâ;

le

deux ou

d'oc. Il suffira de citer

*fructicare, froujâ ;

passage du latin à trois

exemples

— matricularius,

:

la

langue

seminare,

merigliê.

— Les

exceptions à cette règle sont presque aussi rares qu'en français.

On peut mentionner

nare, penchenar, penchenâ

*

En

chamba

voici

;

*rotùlare, redolar, rude là ;

deux exemples que

'n l'er .

je

*

pectî-

cupïtare, cobeitar, coubeitâ.

prends dans Foucaud: fâ'ntau. là

Ajoutons voun {=vou

en),

que

l'on

trouve déjà dans

l'ancienne langue sous la forme von. * ^

Par exemple, horologium,

reloge.

L'aphérèse est encore plus habituelle dans

dans celui de Nontron.

le parler

de Limoges que

—En bas Limousin, elle est au contraire assez rare.


PHONETIQUE

— Syncope de

b.

la voyelle

55

post-tonique. — Dans

mots pro-

les

paroxytons, la pénultième, nécessairement brève, tombe toujours*, et la finale persiste, transformée ou non. Ex,: amita,

ando;

de

— turturem,

Yi, les

tourtre.

— On

a vu, aux articles de Ve et

exceptions systématiques à cette règle, dans les mots

en ère et en ium,

tels

— pur-

que plangere, planher, plânhei,

gatorium, purgatôri.

Dans les mots paroxytons, la dernière voyelle tombe, à moins Elle persiste ne soit un a, auquel cas elle persiste.

qu'elle

également après

les

groupes, autres que

d'une muette et d^une des liquides et devant

patrem, paire'^),

le

l

cl et gl,

composés

et r (ex.: vitrum, veire;

groupe

ce qui est le cas de

nt,

toutes les troisièmes personnes du pluriel dans les verbes.

— Apocope. — Ce phénomène ne doit pas être

C.

distingué

de celui que nous venons d'examiner, la dernière voyelle du

mot ayant toujours et celui de sentire ont

Tous

les

même

été traitée de la

devant nt) qu'elle fût ou non la lettre

manière (sauf

finale. Ainsi

Ye de tenet

également disparu.

mots, en très-grand nombre, dans lesquels les

règles précédentes, surtout celle qui

pénultième atone

^,

commande

la chute de la

sont violées, n'appartiennent pas, sauf de

très-rares exceptions, au premier âge de la langue. Ils sont

de formation savante, çais, soit qu'ils

A

soit qu'ils aient été

nous viennent de

cette dernière catégorie, la

la

empruntés au fran-

langue d'oc classique.

moins nombreuse de beaucoup,

appartiennent les deux suivants legremoflagremaJ=lacryma, :

*

de

Sauf, bien entendu, les cas, déjà étudiés aux articles de la

l'i

et de Vu,

métathèse ou de la consonnification de la voyelle et de son union en

diphthongue avec la voyelle suivante. Les mots dans lesquels l'un ou l'autre

de ces phénomènes se produit rentrent ainsi dans la catégorie des

mots paroxytons ^ •'

Forme

et sont traités

comme

inusitée à Nontron,

même

il

Parce qu en

temps

s'ils

y a

ne peut éviter

condition d'usurper l'accent.

la chute,

que

la

forme apocopéepot.

forcément violation de

ici

damentale des langues romanes, à savoir cette voyelle

étaient tels d'origine.

l'on n'emploie

la loi fon-

la fixité de l'accent latin,

puisque

en demeurant pénultième, qu'à

la


PREMIERE PARTIE

56

— poûvero (polvera)::=pulvêrem. Quelques-uns des mots en ique,

lie,

f= ïdus,

ule

{Je,

autres désinences pri-

ïcus, ïlis, ûlusj et

tivement atones, que nous possédons, peuvent bien nous venir

du provençal; mais

aussi

français que nous nous

la plupart sont

certainement des mots

sommes appropriés.

— Addition de voyelles

IV.

— Prosthèse. — La langue d'oc, comme celle

A.

préposé un

e à tout

(sauf ordinairement escriure, etc.

c

Nous en

doux.) Ex.: scala, escala;

etc.

statue, scarlatine,

— Ces

avait

consonne

scribere,

mots

faisons encore autant de tous les

commençant de même que nous empruntons au que

d'oil,

latin initial, suivi d'une autre

s

français, tels

derniers se distinguent, en

général, des mots où l'addition de Ve est le fait de l'ancienne

langue, en ce que Ves

initial n'y

devient pas

ei,

comme dans

ceux-ci.

Conduits,

comme

l'ancienne langue l'avait été elle-même

dans certains cas*, par une fausse analogie, nous préposons

«à

diphthongue

la

latin

par

Ex.

eimirai

ple

:

s suivi

quelques mots qui ne commençaient, ni en

d'une autre consonne, ni en provençal par

= miralh,

eiranho

remarquable en ce

est

nous montre la prosthèse

qu'il

compensant une aphérèse antérieure. Ce qui prouve est bien ainsi, et qu'il ne faut pas supposer ici

de

originaire en

l'a

ei,

c'est

es.

= (a)ranha. Ce dernier exem-

que

les

qu'il

en

une mutation

deux formes ranho

et ei-

ranho sont concurremment usitées.

Outre sente

un

la prosthèse

petit

systématique de

e, le

provençal en pré-

nombre d'autres qui ne sont

qu'accidentelles.

Telle est celle de a dans agla7i('=glandemj, aujourd'hui chez

nous aglian Nous disons de alimâ pour lima

(= limac),

même

agoulé -pour g oulé

{= go letj,

qui restent d'ailleurs également

usités.

Notre dialecte prépose '

Ex.

:

i,

ou plutôt la semi- voyelle

escorsa {corticem), aujourd'hui, chez nous, eicorso.

y,

à la

'


PHONETIQUE diphthongue

ou,

dans yôu

= ovum,

57

quelquefois aussi à Vu

et,

par exemple dans yun, yunlâ,

et à Ye,

yueif= unum,

ululare,

hodie) eiyeilo(=illa). Ces dernières formes sont

très-commu-

nément employées dans des

Nontron, au

nord, à Test et à l'ouest

en m et en

celles

B.

e

;

localités voisines de

Épenthèse.

Il

faut distinguer quatre cas:

— Entre deux consonnes

a.

même, on préfère

mais, à Nontron

purs.

.

Notre dialecte n'aime pas

les

concours de consonnes. Aussi insère t-on volontiers, surtout

dans les campagnes, une voyelle sourde,

e le

entre deux consonnes consécutives, lorsque été réduit à l'unité par l'élimination

première, ce qui est metre pour

fr.

le cas le

ou

le

plus souvent,

couple n'a pas

la vocalisation

de la

plus ordinaire. Ainsi on dit ade-

admettre.

L'épenthèse se produit

même

quelquefois entre une muette une liquide. C'est ce qu'on voit dans chambarièro (= fr.

et

chambrière)^ qui est la forme correcte et universellement

em-

ployée de ce mot.

— Entre deux

b.

diphthongue

la

voyelles

.

L'ancienne langue introdui-

dans beaucoup de mots un

sait déjà

iu,

e entre Vi et

(= ou)

Vu

de

d'où résultait la triphthongue ieu. Cette in-

sertion est générale aujourd'hui, et depuis longtemps sans

doute, dans plusieurs dialectes de la langue d'oc, non-seule-

ment entre dans

i

et ou provenant de u {v,

provenant de o

et ou

le

.

Elle ne se

haut Limousin, mais

Limousin. Ex.: rivum,

riu,

elle

a lieu

rieu;

mais encore entre ni à

en

Nontron,

i

ni

communément en bas

— passionem,

C'est peut-être de ces formes

sieu.

l),

remarque

réduction, les formes nontronnaises en eû

passio, pas-

que dérivent, par

ieu

=

iu

ou

signalées

io

ci-dessus, pag. 49 et 50. c.

— Entre

une voyelle

et

une consonne.

on insère constamment un a entre iï final, soit

un

e,

étant,

ce

et

1'/

En

bas-limousin,

du groupe

intérieur, que Vi soit originaire

ou

qu'il

il,

soit

remplace

qui est fréquent, cette mutation, rare à Nontron,

au contraire, très-ordinaire à Tulle.

L'«7

ainsi

5

inséré


PREMIERE PARTIE

58

forme diphthongue avec V

i,

et, si celui-ci

dérobe mais, lorsqu'il

le lui

;

le

accidents de la flexion ou de la dérivation,

en

Ex.:

0.

filum, fiai;

villa,

vialo

filare,

;

portait l'accent,

il

le

perd à son tour, par suite des en

il s'afib-iblit

estialo;

Stella,

— cœlum,

e

cial;

ou

fielâ; — efiolai^v. effilé).

Le parler de Nontron n'a reçu que deux de ces formes en ial[=- eloxx il), qui se trouvent si nombreuses en bas-limousin* :

c'est pial [pilum] et

mial

{meli),

que nous prononçons piau et

miau, VI finale se vocalisant toujours chez nous après une

dans

voyelle. Mais,

les

mousin qui avoisinent

contrées du Périgord et du haut Li-

la Corrèze,

par exemple à St-Yrieix et

à Excideuil, ces formes sont très-communes. Seulement

comme

là,

chez nous dans mial et pial, Yl se vocalise.

Rappelons thèse de

l'a,

ici

De

fixe ellum.

que

le

même phénomène,

a lieu aussi en langue là les

formes

telles

veux dire l'épen-

je

entre Ve et F/ du suf-

d'oil

que

beal, casteal, d'où

en

français beau, château, en poitevin beâ, clidteâ, en saintongeois bid, chatid, l'/qui s'est

vocalisée en français étant simplement

tombée dans les deux autres dialectes*. On remarque dans un petit nombre de mots u après

Ajoutez

Ex.

a.

les

:

malautru (pr. malastruc);

deux mots de l'ancienne langue

réduit chez nous à luzer, et mausti

(

=

fr.

l'insertion d'un

— pauto

(fr. patte).

lauzert {lacerta)^

matin), qui ne se dit

chez nous que mdti. d.

cas

un

i,

Entre une consonne

et

une voyelle.

mais plutôt Vi consonne que

— C'est

en pareil

^^ voyelle, qui s'introduit.

Cette insertion est de règle devant 6 tonique suivi de c ou de *

Ces formes sont également exceptionnelles dans la langue classique.

Nouvelle preuve de la correction, déjà plusieurs

fois signalée,

du parler

nontronnais. ^

Ce sont

des espèces de gunas inverses, c'est-à-dire où Va, au lieu

d'être préposé à la voyelle qu'il doit renforcer, est inséré à sa suite.

Le

=

hélium (fr. remarque en roumonsche (ex. Mal beau)) et en roumain (ex.: viatza == vita). Dans quelques variétés du poitevin, par exemple le parler des Sables, on insère régulièrement un o de-

même phénomène

se

vant Ve de plusieurs mots et non à la suite. Ex. "^ est; laes les. C'est le vrai gtma.

=

:

:

haé

— hé

(

hene)

;

— aest


PHONETIQUE V. (V. ci-dessus,

page

33.) Ex.: locum, lio;

ou gl devant

l'est

encore après

nes,

à l'article du C,

cl

59

II,

— novum,

niôu. Elle

ci-après, Conson-

a, e, o. (V.

C.)

Accidentellement Vi s'introduit encore dans quelques autres mots, devant o couette] bie. Ici

;

devant

comme

atone

final e

boueitio (fr. boîte)

:

texere, teisser, tieissei;

:

;

coueitio (fr.

tepidum,

tebe, tê-

tout à l'heure Fiinséré est plutôt Vi consonne

que Yi voyelle. Dans tous les cas,

tio, bie,

tie,

ne forment res-

pectivement qu'une sjllabe.

Remarque. ceux en ou.

.

— Les ou

6c.

mots

tels

que

biôu, fio, etc., c'est-à-dire

originaire, avaient, dans l'ancienne lan-

.

gue, une autre forme, où c'était non pas introduit

plus particulièrement cette forme.

dans plusieurs, mais

Les mots en l'insertion de

de Yo en

oc.

Yu

.

fe, /e),

On

la constate aujourd'hui

en avaient encore une autre résultant de

et de la

mutation simultanée ou consécutive

e : luec, fuec. C'est

(

mais Yu, qui s'était

étrangère au limousin.

elle est

réduction la forme en limousin

Yi,

buov, fuoc. Je ne sais à quel dialecte appartenait

:

e

de cette dernière que dérive par

que revêtent ces mots en haut et bas

mais que

la

variété

nontronnaise ne con-

naît pas.

C—

Paragoge. Il n'y a guère en limousin, non plus que dans la langue classique, de voyelles paragogiques propre-

ment

dites, c'est-à-dire qui soient

purement adventices

l'adjonction n'ait d'autre but que de

satisfaire

d'euphonie. Sauf deux ou trois exceptions

m'en fournit qu'une, peut-être unique avec), toutes les fois

:

et

dont

à un besoin

(ma mémoire ne

coumo

= cum

qu'on a ajouté une voyelle à la

fin

(

fr.

d'un

mot, c'a été dans une intention grammaticale et afin de lui rendre une flexion perdue. C'est ainsi que am, formé de amo, est ensuite

devenu ami, chez nous aime.


PREMIERE PARTIE

60

CHAPITRE CINQUIÈME DES CONSONNES

Voici le tableau des consonnes limousines, rangées par familles, classes et degrés.

Nous empruntons ce

tableau, en le

modifiant légèrement, pour l'approprier à notre ouvrage, à

Grammaire comparée

la

des langues classiques de

M. Baudry.

CLASSES EXPLOSIVES

CONTINUES

(muettes)

(non muettes)

SPiRANTES en rt

a^

âa

Dentales

s

nh n

Labiales

f

m

ch

ijutlurale3(oa mieux palatales

En les

règle générale, dans leur passage du latin au limousin,

consonnes

elles

Ih

l.r

initiales

gardent leur force, ou du moins,

si

changent parfois de classe ou de famille, ne changent

pas de degré ; les consonnes intérieures s'affaiblissent, les con-

sonnes finales tombent ou se vocalisent. J'appelle nes finales celles qui étaient restées

telles

ici

conson-

dans l'ancienne lan-

gue d'oc, après la chute des désinences atones du

latin. L, r,

m, n, c'est-à-dire les liquides et les nasales, font parfois exception à cette règle.

On

expliquera dans quels cas à l'article par-

ticulier de chacune de ces consonnes.

Au

lieu

d'examiner de suite toutes

mille, je réserverai

les

consonnes d'une fa-

pour une section spéciale

les liquides et les

nasales, en raison des aflSnités plus grandes que ces conson-

nes ont avec celles de leur classe dans les autres familles


PHONETIQUE

61

qu'avec celles des autres classes dans leur propre famille. Pour

un motif analogue, je ne

traiterai de l'A qu'à la fin de la section

des labiales, ses relations avec les consonnes de cette famille étant beaucoup plus étroites qu'avec les gutturales.

PREMIERE SECTION

.

— gutturales

Les consonnes de cette famille seraient plus justement ap-

Nous

pelées palatales.

leur conservons celui de gutturales,

pour nous conformer à l'usage ordinaire.

suffira

Il

d'avertir

qu'en limousin, tout aussi bien qu'en français, les sons qu'elles

expriment se forment dans

le palais et

I.— C

C

latin initial est

ou se

et les exceptions

bro; —

capitale,

ancienne

;

la langue.

elle

y

La

la gorge.

initial

devenu ch devant

soit transformé.

non dans

a,

règle est ici la

que

l'a soit

même

sont au moins aussi rares. Ex.

chatau;

resté tel

qu'en français, capra, châ-

:

canem, che. Cette mutation est fort

remonte très-probablement au premier âge de des mots où on la constate se présen-

La plupart

tent dans les textes classiques sous deux formes différentes, l'une en

c,

l'autre en ch. Ces

deux formes n'étaient pas sans

doute usitées concurremment dans la vaient appartenir,

comme

même

contrée et de-

aujourd'hui, à des dialectes diffé-

rents.

Devant

e et

circulus, cercle les liquides,

— curare, fort

il

i,

c initial a pris le son de s. Ex.: cera, cero ;

ou

sarclie

est resté

cura ;

c.

.

Devant

o et u,

Ex.: corium, cuer

— credere,

creire.

devant toutes les voyelles. Ex.:

quêre;

— quindecim, quinze.

Il

Q

même

de ;

que devant

cogitare, cujâ;

initial est resté

^'Massare, cassa;

faut excepter

un

dur et

—quœrere,

petit

nombre

de mots dans lesquels qu, s'étant en latin vulgaire changé en


PREMIERE PARTIE

«8 c,

comme

a été naturellement traité chacun, chaîne

cin,

{

C

initial,

=

Le

Ex.: kahn, câno;

les voyelles.

même

ch de

tels sont

Exceptionnellement,

grâ;

kegil,

origine reste ch. Ex.: chiosan, chôusî.

de source latine ou germani-

c initial,

que, s'est affaibli en g dans un petit

crassum,

:

de source germanique, conserve sa dureté et sa

force devant toutes quillo.

le c originaire

chêne)

fr.

gabio

cavea,

nombre de mots. Ex.:

;

cwpelletum, goubelé;

(craup), grapau.

IL

A. si

Devant

une voyelle

suit

le

C

il

ramollit*, en changeant de

a, il se

devient

dans

;,

devient/." mica, mijo

focacittj

;

:

fîjo; — precare, prejâ;

f.ca,

ôutrijo;

urtica,

sejâ; — verruca, varujo; — spica,

Ce changement remonte certainement à l'ancienne lanmais on ne peut, pour

;

second ch. Ex.

le

locarium, loujier ;

;

secare,

gue

s'il

diphthongue au, c'est-à-dire que dans

la

— — foujasso — hoc anno, ûjan; — eipijo.

degré

précède immédiatement, sans en changer

une consonne ou

premier cas

le

C intérieur

ainsi chez

nous devenu ja

m

plupart des mots où

la

(jo),

est

constater dans les textes clas-

siques que la forme intermédiaire en ga, corrélative de ca initial,

et qui est restée propre,

tes plus

méridionaux de

* Le maintien de mancâ; traucar,

la

comme

Pour

aux

dialec-

'.

dur

c intérieur à l'état

trôucâ.

cette dernière,

langue d'oc

est fort rare. Ex.:

mancar,

ce dernier, on dit à Tulle trouchâ, selon

la règle. ^

Remarquons

ici

que cela ne prouve

rien,

non-seulement contre

l'exis-

tence des formes enja dans le dialecte limousin dès les plus hauts temps,

mais encore pour

la prononciation des

mots orthographies par ga. En

on a très-bien pu pendant longtemps employer dre à

la fois le

son dur originel de ces consonne?

avaient acquis dans quelques dialectes.

même

texte des

mêmes mots

prouve évidemment, ce

contre.

me

comme

et le

le c,

son

effet,

pour pein-

mou

qu'elles

La présence simultanée dans un

écrits tantôt

par ch

et j

{i),

tantôt par c et g,

semble, que l'auteur ou du moins

le copiste

non c et g. L'ancienneté de cette prononciation est poëme de Boëce, où un pareil mélange de formes se ren-

prononçait ch et attestée par le

le g,

j,


PHONETIQUE 2°

C

devient ch: bucca, boucho;

councho ;

68?

— arca,

archo;

— siccare, sechâ — *piscare, peichâ — ;

;

*

conca,

escamir

(^r),

— lâcha chôuchâ — eicharnî; — laxare C — rauca, raucho. auca, aucho — pauca, paucho lascare),

Exceptions

devenu/. Ex.: exsuccare, eissujâ; minjâ;

care,

manjo.

n{i)ca,

;

;

précédé d'une consonne est assez souvent

c

:

calcare,

;

*

;

— juvenca, junjo — mand{u)' — fabr[i)care,fourjâ;--ma;

carr{i)care, charjâ;

A

côté de manjo et de son dérivé manjou, formes

propres au haut Limousin, existent aussi les formes correctes

mancho, manchon, que connaît seules

C

devient encore / devant

et

i

le

parler de Nontron.

devant

e

(que cet

e soit ori-

ginaire ou qu'il tienne la place d'un u ou d'un o latin flexionnel),

mais seulement

une dentale vient à

si

médiatement. Ex.: jud{î)cem, juje; duod{e)cim, douje.

Le /

deux consonnes.

A l'abri de

s

ou z devant

vensau;—

plazei ;

e et

licere,

lezei;

;

:

— provincialem, prou-

;

— penicillum, pinceû; — placer

rumicem, rounze.

Il

comme en

mo manso

brâ man,

=

e,

a subi excep-

mutation devant a dans manso

manca, qu'on emploie chez nous, sens de gauche

cette influence, c devient toujours

même

précéder im-

domesticum, doumêje ;

Ex.: uncia, ounso

i.

le

que la résultante de l'union des

n'est ici

ct^escionem, creissou

tionnellement la

italien,

dans

bras gauche,

= le

main

gauche.

Au

contraire du c latin, le c d'origine germanique ne prend

a,

i. Il s'affaiblit simplement en ch ou bien iLconserve sa dureté ori-

ginelle. C'est ce qui a lieu

généralement au bas limousin. Ex.:

pas

son

le

comme

sifilant

le c latin

devant

devant

e et

eichinlo {skilla), Tul. esquillo

=

clochette ;

eichivâ (pr. esqui-

var =. skiuhan), Tull. esquiva.

B.

— Devant

o et

w

et

devant

r,

c intérieur se

borne à

sans changer de classe, c'est-â-dire qu'il passe au^. Ex.: secundum, segoun ; pentecosta, pandegoûto ; securus, s'affaiblir

segur;

— acrem, âgre; — lacryma, legremo.

Le q •

intérieur subit la

même

Servante, en haut limousin.

mutation devant a et r

:

aqua,


PREMIERE PARTIE

«4

aigo;

en

ou en z dans

s

=

(Tulle)

C.

z=

torsei

sequ{e)re, sêgre*.

torquere,

cousino

Il

==.

s'est

changé

coquina, cose

mais par l'intermédiaire d'un c auquel

coquere,

déjà réduit

s'était

œquare, eigâ;

le

qu en

latin vulgaire.

Le terme extrême

d'affaiblissement des gutturales

dans leur propre famille est y. C j arrive très-fréquemment; cette mutation est constante dans certaines positions dans ;

d'autres elle n'est qu'accidentelle.

Nous

allons passer tous les

cas en revue.

a.

C

devenu

est

— Dans deux ou

entre deux voyelles.

lieu de devenir

ou de rester; ou ^, selon

y. Ex.: pacare, pagar,

* bellucas, bélugas,

beluyà

;

*

paya;

trois mots,

au

la règle générale,

brayà;

bracas,

lucorem, lugor, luyour.

il

Quand la

voyelle finale est tombée, la mutation en y a été suivie de la vocalisation complète de cette semi-voyelle, qui s'est, dans ce

nouvel

Ex

.

illac, lai;

chat), b.

unie en diphthongue avec la voyelle précédente.

état,

veracem, vrai.

:

La même chose a eu

— Cl entre deux

voyelles. Vl,

son complexe que nous appelons

Ih,

Ce changement de

voyelle suit

;

il

cra-

/

en

{=

ly)

1'/

gulho;

anatic{u)la, nadi-

est constant

quand une

:

oc{u)lum, olh;

Mais, dans ce dernier cas, nous rejetons

de la combinaison en retenant Yy, qui, complè-

tement vocalisé,

s'unit

Exceptionnellement, c

a dans lêgo de

la plus usitée

* acucla,

quoique la voyelle finale fût tombée. Ex.

aujourd'hui

devenu

mouillé, dont la notation

ovic{u)la, ôuvelho ;

cl

c

avait lieu également dans l'ancienne langue,

artic'\u)lum, artelh.

*

dans

(fr.

dans cet ouvrage, nous figu-

pour nous conformer à l'orthographe

canic{u)la, chanilho ;

Iho.

c final

crai

—Dans cette situation,

en langue d'oc. Ex.: mac[u)la, mâlho ; *

du

mot

pour former avec cette consonne

la plus exacte serait ly, et que,

rons

lieu

fac, fax. Cf. le

de l'ancienne langue, dérivé du germanique hraki.

y change de place avec le

ecce hac, çai ;

en diphthongue avec la voyelle précé-

s'est

également borné à ce changement devant

leuca, peut-être par l'intermédiaire d'une forme lequa.


PHONETIQUE dente. Ainsi nous disons

trabai, soulei,

artei,

uei,

65

pour

olh,

artelh, trabalh, solelh*.

Quand

même

comme

y,

voyelle, et

tout à l'heure, le c attire

en résulte

il

le

groupe

thongue que nous figurerons de

eiglheijo

lieu de se transformer lui-

une consonne, au

cl suit

en

clh.

en

c s'est

ecclesia, le

cly, sorte

Ex.

:

à]^soi

cette semi-

de consonne triph-

circulus, çarclhe*.

même temps

Dans en

aifaibli

g,

selon la règle générale

— Ct. — Le

c.

c

de ce groupe, en devenant y, tantôt se le ^ après transposition, tantôt se vo-

renforce pour s'unir avec calise

entièrement pour se diphthonguer avec la voyelle précé-

dente.

Examinons successivement chacun de ces phénomènes.

C devenu y

se déplace,

mais en se durcissant et se ren-

forçant à la fois pour se mettre à l'unisson du ch résulte de leur union. Ex.: pecten, penche;

— coda, cuêcho; — allactare, Cette mutation de

on

çais

ct

mots, tels que cacher,

t,

et le son

lucta,

lûcho

alachâ.

en ch est de règle en espagnol

constate exceptionnellement

la

fléchir. Elle

;

en fran-

dans deux ou trois

a lieu chez nous dans tous

ceux, moins un petit nombre, où la voyelle qui suivait

ct

n'a

pas disparu.

L'ancienne langue opérait

la

même

mutation dans

les

mots

dont la voyelle finale était tombée. Ex.: coctum, cuech; noctem, nuech;

Mais

le

laissé

tomber

octo,

huech; — factum, fach; — lactem,

limousin, qui

/a, la, lorsqu'il n'a pas, cas

*

Ou

pour

oil, orteil, etc.

lach.

n'aime pas les consonnes finales, a

ch de pareils mots,

le

disant eue, nue, hue

3.

beaucoup plus rare, adopté de

Ce ne sont

que de pures différences d'or-

thographe. ^

La même chose a

clocca, clhocho. Cette

mais

elle

dont

du moins

'En

également en cl

initiale.

en clh

est

Ex.: clavis, clhau;

de règle devant

a, e,

— o;

n'a pas lieu devant oii et u, et devant o elle est moins constante

que devant o glh,

lieu

mutation de

il

et e.

Ajoutons qu'elle n'est pas, non plus que

sera question ci-après, générale en limousin.

celle

de gl en

Le bas-limousin,

celui de Tulle, ne la connaît pas.

quelques endroits du haut Limousin,

liaison, et

Ton

dit,

le ch,

par exemple, a là huech aura.

de ce mot reparaît en


PREMIERE PARTIE

66

préférence des formes résultant de la vocalisation complète

du

=

que fat

telles

c,

= factum,

fait

qui est seul usité à

Nontron * 2° C devenu y se vocalise entièrement et thongue avec la voyelle précédente. Ex.:

;

d.

lactuca,

très-fréquemment en

changé en

sauf le

y,

Exemple

cet état

il

:

est

il

y a eu

comme une

médial s'y est

immédiatement

pouvait s'unir non moins fa-

cilement avec Vn, pour former nh, qu'avec il

sanctus, punctus,

d'oc, le c

cas, assez rare,

comme en

tombé. Or,

latin.

En passant en langue

extinctus, etc.

lei-

piei.

;

le sait,

ch,

en diph-

— pectorina, peitrina, peitreno; — — conductorem, counduitour — pectus, — Net. — Cet assemblage de consonnes se rencontre, on

peitrau;

tral,

tujo

s'unit

pect(o)rale, pei-

le

t

pour former

lutte d'influence entre ces

sonnes pour savoir qui des deux se l'incorporerait

deux con-

De

.

là les

doubles formes que présentent dans nos anciens textes les représentants des mots latins précités

punctum ponh

et planctus

:

Dans

et planh.

les

mots où

le

i

eitencho.)

mots où

pouncho; —

il

était

l'autre cas

devenu il

il

l'a

gardée en limousin.

unctura, ounchuro

Le contraire dut avoir

socia Vy. Mais

par exemple, pour

resta suivi d'une voyelle,

ce fut lui qui eut la prépondérance, et

(Ex.: puncta,

;

d'une part ponch et planch, et de l'autre

final.

lieu le plus

tomba,

Il

;

extinçta,

souvent dap? les

et ce fut

Yn qui

s'as-

arriva non moins fréquenftpient dans l'un et

que Yy, refusant également

l'alliance

du

t

et celle

de Yn, se vocalisa entièrement pour s'unir en diphthongue

avec

la voyelle

précédente De .

là,

pour les mots qui nous occu-

pent, une troisième forme analogue à celle qu'ils

en français, par exemple pour poin et plain.

C'est

cette

ont prise

les deux" cités fout à l'heure,

dernière

forme que nous avons

adoptée pour les mots à rime masculine. Pour ceux où la voyelle suivant net n'est pas tombée, nous préférons, je dit, la

forme en

ncA.., bien

quelques mots la forme en

*

A

Limoges, on

dit fa,

l'ai

que nous admettions aussi dans int.

,

,


PHONETIQUE e.

67

— Cs{x). —Dans cette combinaison, c devenu y se vocalise

entièrement et forme diphthongue avec la voyelle précédente.

Mais cela n'a

X

sonne,

— coxa,

si une voyelle suit si c'est une conExemple uxorem, pr. oisor (mot éteint);

que

lieu

se réduit à

;

s.

:

coissa, cueisso ;

laxare, laissar, leissâ;

— pascereÇ'pacsere), paiser, paissei; —

axilla, aissela, eisselo;

mitatem, estremitat, estremita

— Cr. — Le

f.

c

de

cr,

;

faire;

fac[e)re,

:

— conduc[e)re

ordinairement

counduire

,

;

avec cette voyelle.

plaire;

plac{€)re,

jac{e)re, jaire

Mais

coqu{e)re, cueire.

le

plus

reste dur, soit qu'il passe au g selon la règle

il

comme

générale, soit qu'il ne change pas,

— C intérieur, au

D.

mais exire-

quand une voyelle précède, se vocalise

quelquefois pour s'unir en diphthongue

Ex.

expertum, espert, esper.

dans

lieu de se vocaliser

seci'é.

en

se vocalise

i,

phénomène est assez fréquent en cataEn limousin et en général dans la langue

quelquefois en u. Ce lan et en portugais. d'oc,

on ne

mots.

Ex.

constate que

le

secia,

:

grac{u)la, graulo

E.

C

dur

dans un très-petit nombre de

pr. seuta {mot éteint);

facto,

fau;

*.

{q)

devenu

est quelquefois

mutation nor-

t;

male, mais très-rare dans notre dialecte. Elle se remarque accidentellement de sous-dialecte à sous-dialecte, de variété à variété, principalement devant

Ex.

Nontr.

:

vers Piégut

:

:

aqui, Tulle tiueire.

:

oti'^;

originel ou épenthétique.

i

Nontr.: cueire (coquere),

Dans ce dernier exemple

gues, Vi introduit est Yi consonne

A

contrée on aime à préposer à Vu.

dance

existe,

cet i arrive

le

{

=

y),

et les analo-

que dans cette

même tencomme on le

Tulle, où la

plus souvent,

verra plus loin, jusqu'au son nettement chuintant ou

Ex.

:

tsioul

= culum, chez nous

eu.

'

On ne

'

Pareillement, le pr. esguma (skina), dont

trouve dans

Raynouard que

en ch,eat à Tulle devenu

sifflant.

estino. Cf. pr.

la

forme correcte gralha. le

lutz=

q

s'est

chez nous changé

lux, patz

= pax,

etc.


PREMIERE PARTIE

6S

I.

gorjo

;

initial

devient; ou en prend

(7 initial

galbinum, jaune ; tem, gen.

G

Devant

et m et

devant

son devant

le

gaudia, jôyo ;

r, il

a, e,

gemere, gemî reste dur. Ex.

i.

gurges,

:

— gobionem, gouyou — grana, grâno. Devant

reste

/ il

;

Ex.:

— gen-

;

également dur, mais en attirant un y pour former la combinaison triple glh. Cette transformation de gl en glh n'a lieu que

la voyelle suivante est a

si

ou

Devant

e.

i,

0,

u et

ou, le

groupe reste binaire. IL

— G intérieur

rega, A. — intérieur devient /devant — sanguisuga, sansujo — purgare, purjâ; — gurges, gorjo — a*, e,

(7

i.

rejo;

'Ex.'.riga,

;

légère, legî.

;

Entre deux voyelles,

ligamen, Itam;

il

— ruga, rua, ruo; —

Son maintien à l'état de g dur

tombe quelquefois. Ex.

:

rogationes, roazos, razoû.

est exceptionnel.

Ex.

:

singultus,

sangu.

B.

— G, comme

c,

devient souvent y. Nous allons passer les

divers cas en revue.

Il devient y et reste tel a. G entre deux voyelles. pourvu qu'une voyelle continue à suivre. Mais cette mutation,

en pareille position, n'est pas fréquente. Ex.: saga, sâyo

;

*

faga {fagus), fâyo ;

Si la voyelle finale tombe,

il

plaga.,

plâyo

se vocalise

entièrement et s'u-

en diphthongue avec la voyelle précédente. Ex.

nit rei ;

— legem,

lei;

;—

— frigorem, frayour. :

regem,

— propago, proubai. Citons encore esmai (du

germanique magan), mot de l'ancienne langue tombé chez nous en désuétude ', bien que nous ayons conservé le verbe correspondant eimajâ. b.

Gl.

Gl,

de

même

que

cl,

devient Ih (==

*

Voir, pour l'ancienne langue, la note 2 de la page 62.

'

Il

doit subsister encore à Limoges, cat

(eimai.)

on

le

ly)

entre

trouve dans Foucaud


PHONETIQUE deux voyelles dans velhâ

=

69

calhâ

vig{î)lare,

=

coag{u)lare.

g de ce groupe se borne, comme en initiale, à attirer un y pour former la nouvelle combinaison glh. segale, seglhe. La même chose a lieu Ex.: reg[u]la. reglho ;

Plus ordinairement

le

après une consonne. Ex.: singularis, singlhar ;

— strangulare,

eitranglhâ. c.

— Le

Gr.

{intégra),

en haut

g de ce groupe

est exceptionnelle.

dans enteira

s'est vocalisé

et bas limousin entieiro

;

mais cette mutation

Ordinairement gr reste gr. Ex.: nigrum,

nègre — migrare, migra. d. — Gn et ng. — En pareille position, ;

le g devient régulièrement y et s'unit à Tn pour former la consonne composée que nous appelons n mouillée et que les Catalans figurent précisément ny. Nous avons déjà averti que nous adoptons pour

ce son complexe la figuration w^, qui est la plus ordinaire dans l'ancienne orthographe

pounhd;

de la langue

sang{ui)nare ,

tingere, tênhei;

sannhâ;

d'oc.

Ex.

jungere,

pugnare,

:

junhei;

— plangere, plânhei.

Lorsque, la voyelle finale latine étant tombée, nh [ny) vient à terminer

le

son mouillé

mot, au lieu de maintenir au n de ce groupe qu'il

du moins

gardait, souvent

*,

le

dans l'an-

cienne langue, nous transposons Vy, qui se vocalise alors en-

tièrement et s'unit avec la voyelle précédente en une diph-

thongue qui devient nasale. Ex.:

— pugnum,

ponli,

longe, lonh,

pouen {=poin). La

même

(=

loin);

lieu,

bien

louen

chose a

entendu, du nh final de toute origine.

En

bas limousin, du moins à Tulle et aux environs,

ng, au lieu de passer à

Yy devant

le

g de

devient simplement J selon la règle générale, ^x.: jungere, jounje ; plangere, planje;

cingere, cenje.

à w. Ex.: sonna

Dans

la

même

e,

contrée, le g de gn s'assimile

= sang{ui)nare — sinna = signare — sinne ;

;

= signum. Cela arrive quelquefois aussi en haut limousin, par exemple pour

les

deux derniers mots

cités.

* Tous les mots en nh final ont aussi une autre forme en in, témoignage de deux prononciations différentes, Tune conforme à la crononciation actuelle du limousin, l'autre analogue à celle des Catalans.


PREMIERE PARTIE

70

— G, de même que

C.

consonne ou en diphthongue avec

— teg{u)lum,

disparaît quelquefois devant

c,

précédente. Ex.: sagma, saumo;

la voyelle

teule ;

une

en laissant à sa place un u qui se

finale,

— smaragdus, maragde

et

— fa-

maraude ;

gum, fau. Ces deux derniers mots sont aujourd'hui inusités*. Pour /aw, on dit seulement fâyo ou fayô. D.

— Changeant de famille, dans la même classe et

le

même

degré, g deviendrait d. L'ancienne langue d'oc offre quelques eng(e)re. Mais on exemples de cette mutation, tels que erdre

=

ne peut, je

crois, la constater

en limousin moderne que dans

des mots empruntés au français, où l'on sait qu'elle est trèsordinaire devant

r.

Y (/ latin Le y

en

latin,

jocurn, jio ;

conservé

le

les cas

initiale,

consonne

i

s'est renforcé en

— juvenca,

junjo

/.

)

Ex.: jacere, jaire;

Entre deux voyelles,

.

il

a

son primitif, en se vocalisant complètement dans devient

il

Après une consonne, il

ou

se renforce

final.

Ex.

troja,

:

même quand

en/. Ex.

:

trôyo ;

j>ejus, piei.

cette consonne est tombée,

*adjuxtare, ajostar, ajouta;

sub-

jectum, subjet, sujié.

LH

consonne, dans la plupart des mots où

Nontron

et,

en général, dans

le

il

reste fluide à

haut Limousin et

le

Périgord

limousin, se condense en / dans le parler de Tulle. Ceci est à

rapprocher de ce

fait signalé

contrée, ne se fond pas en gere, diare, {t^t.),

par exemple, y

?/,

éta.nt

comme p lange

même

chez nous, après n, planet

non planhe. Ex.: ra-

plueia raya, rajâ; — *habiamus, ayam, ajam; — — îrejo*; — esglayar eglojâ; — pluvia,

plejo

eiglayâ,

On

plus haut que le g, dans la

;

(pr.),

troja, trueia (pr.),

tutiâ {tutoyer), tujâ.

connaît la mutation,

si

ordinaire en français dans la pro-

=

paille, nonciation de beaucoup de gens, de Ih en y (Ex.: paye on comme limousin, bas en pas rare bouilli). Elle n'est bouyi

=

existe encore en bas limousin. Nontron. on dit seulement flôvio et trôyo, qui représentent des formes dont la voyelle radicale ne s'était pas diphthonguée. '

Fau

«A


PHONETIQUE verra plus

le

inverse se remarque

La mutation

loin.

71

dans

(= moyeu,

boulhôu, forme qu'a prise chez nous le pr. boyolh

jaune d'œuf)

Remarquons, avant de terminer, que Yy^ quelle qu'en soit la source, reste chez nous mieux limité qu'en français, où il déborde presque toujours plus ou moins sur la voyelle précédente pour la diphthonguer en

eilounhâ

;

:

payer (prononcez paiéloigner,

— saigner, san-nhâ. Ch,

Ch

Ex.

i.

— ennuyer (pron. ennui-yer), einou-yâ;—

pa-yâ;

yer),

J

et /, d'où qu'ils proviennent, passent toujours à

tron, je

l'ai

déjà

nonçantes^ et y, dz.

Il

même dans le reste du

en est de

Périgord

en bas Limousin. Mais à Limoges et en général dans

et

Limousin, ces consonnes, tout en restent principalement palatales. le t

eile d devenant

sibles.

les mouille

Ex.

=

Ch

et

;,

les

prononce

tch et dj,

la

même

contrée, par

et les cantons voisins de la Charente,

chasse

;

les

— djiamai

cette observation au chapitre

tibles

On

en quelques endroits à peine sen-

ou pour mieux dire on

tchiâsso

:

même

haut

le

adjoignant une dentale,

s'

Dans certaines parties de

exemple St-Junien

Non-

dans la famille des dentales, ch s'j pro-

dit,

empâte d'un --=

i

jamais. J'ai déjà fait

premier du présent ouvrage

étant respectivement égaux à

^s

et à dz, sont suscep-

de se réduire à l'un ou à l'autre de leurs éléments.

réduction àe ch

kt

on

consonne.

La

et celle de ; à d, surtout cette dernière,

sont assez fréquentes dans le bas Limousin. Mais c'est presque toujours, sinon exclusivement, devant tiche

=

== jemo

;

— — =

(poix) ;

= chivôujd dinhoû = ginhoû

tivôujâ

i

qu'elles ont lieu. Ex.:

{chevaucher) ,

{ingeniosus)

;

dimo

— dondié =

La variété nontronnaise ne conpas de semblables formes. En haut limousin on en ren-

dangiê naît

chiche

;

ledi

legi {légère).

contre exceptionnellement quelques-unes, par exemple duchâ

==

fr.

jucher.

La réduction de

ch k

s et

de

;

à 2 n'a lieu nulle part, à

ma


PREMIERE PARTIE

72

connaissance, d'une manière caractéristique. Elle doit tenir,

quand

elle se produit,

à un vice individuel de prononciation ou

à la prétention de parler

fin,

comme

disent nos paysans. Je

relève pourtant dans le Dict. de Béronie les formes messan, mousso, quesso

= meichan, moûcho, cuêcho, qui prouvent que

mutation de ch en

s s'est

opérée

communément

la

dans quelques

mots, en bas limousin.

DEUXIEME SECTION.

dentales

T \.

T initial reste tradere, trahi.

^

T

initial

selon la règle générale

Exceptionnellement

il

la gutturale

de

même

ment) dans cremer

=

tremere, dont

çais,

à

substantif verbal crèmo

II.

A.

Il

^a6«7a,

:

taulo;

comme en

a passé,

fran-

degré (ce qui est un renforce-

nous n'avons plus que

le

*.

T

intérieur

devient d selon la règle générale

:

Régulièrement entre deux voyelles. Ex.: peccatorem, perotundus, redoun ; seta, sedo ; chadour; - satullus, sadoû; 1°

— — — catena, chadeno — maturus, madur — putare, poudd — rudo — nadau ;

;

ruta,

natalis,

;

;

2° Exceptionnellement entre m, vendita, vendo;

— perdita,

domitum, dounde;

n ou r

perdo '; —

*

Pour

le verbe,

et

une voyelle. Ex.

semitarellum, sendareû

nous disons crânhei, qui

est

une voyelie

et r.

le

français cramdre, c'est-à-d.ro qui csl construit

dernier sur

le

type des veibos en ngere.

A

rjorto.

NûiiLron

même

on

;

dit plutôt,

Ex.

:

le mémo comme ce

avec tremere dans

rapport que

^

:

pentecosta, pandegoûto ;

3° Exceptionnellement encore entre

;

selon la règle (voir ci-après), venlo,


PHONETIQUE

73

— metere, mêdre —

tonitru, tounédre ;

*

/

succutere, secoudre ;

excutere, eicoudre.

B.

— Au

lieu de s'affaiblir, selon la règle générale des

sonnes intérieures,

il

reste

f

si

prêtant un peu de sa force pour

ci lui

tem, vertâ;

chanta.

A plus

turturem, tourtre.

quefois, par exception, entre vita, vito ;

C.

— nitidare,

Il

— cantare,

cartiê ;

deux consonnes

le

deux voyelles. Ex.

tota, touto ;

:

netiâ.

au lieu de

t,

change de classe et devient

ou

s

z,

i

ramolli au contact de

comme un

le

son de ^^ disparaît entièrement aussi bien que celui du

corps dur que baigne un liquide. Ordinairement

ne reste qu'un

ou

s

— sationem, sazou

z très-net.

Mais souvent aussi

.

=

gratia,

il

^^ persiste

ment d'une diphthongue

/o,

si,

comme dans

comme

premier élé-

le

que nous avons eu

ainsi

page 39, mais comme

ci-dessus,

ou

ci

;

avec le t trans-

faut bien remarquer que Vi est devenu

consonne et doit être considéré, non

l'écrire

et

t,

Ex.: *putiare (de puteus). pouzâ

formé par son influence, et on aie groupe grâcio

suivi

simplement en

s'affaiblir

Vi

il

:

persiste aussi quel-

Entre deux voyelles dont la seconde est un

d'une autre voyelle, d,

Ex.: verita-

le soutenir.

forte raison persiste-t-il entre

con-

précède, celle-

le

— quartarium,

retorta, redorlo;

fenestra, fenêtro;

une consonne

le

le tort

de

second élément

d'une sorte de consonne-diphthongue analogue à

Ih,

nh,

tr,

cr, etc.

La même mutation de quand

il

est

;

'agenliare,

quœstionem, questî

D

.

en

;

s.

z

devant

i

a lieu encore

moyennant une

comme

lectionem,

— *Untiolum,

leissou;

mais

digestî, etc.

— T intérieur, changeant

devenir,

ou

Ex.: patientia, pasinso ;

gensâ;

degré, est devenu c dans ûclhâ

s

précédé d'une autre consonne, pourvu que cette

consonne soit autre que linsûu

/

de famille sans

=

ustulare.

changer de

C'est sans doute

pareille mutation préalable que l'on voit le le c

Inusité â Nontron,

lui-même en pareille position, y (ou

l'on

ne

dit

que meitivâ.

i)

t

de-


PREMIERE PARTIE

74

vant

/

et r

Ex.

*.

vetula, viêlho ;

:

veire ;

— petra, peiro —

cheirî,

et les

nombreux

de

^

vitrum,

— peccatricem, =

Dans tous

médiate ou non

situla, selho ;

substantifs en aire

chantaire, percuraire, etc. etc.*.

formation

deretro, darei;

;

pe-

que

ator, tels

les cas, cette trans-

en

i

(voyelle ou con-

sonne) est de règle devant r et après une voyelle. Son main-

comme dans

tien à l'état ferme, avec ou sans affaiblissement,

tounedre ou medre

E.

— Le

t

(=

exceptionnelle

tonitru, metere), est

intérieur a subi accidentellement quelques autres

mutations. Je ne citerai que la suivante, où putnai (Raynouard), purnai. Cf. le latin meridies la

^.

devient r

il

= medidies

:

et

forme archaïque pefes =? pedes.

m.— T

final

tombe toujours

reparaît en liaison. net e jour, tout ei

Ex.

r final

dans quelques mots cependant

;

pitit

:

fini, disset-eû,

il

einoucen, vint an, huet ourà,

même

venguet-elo ; et de

à la

troisième personne du singulier et du pluriel à tous les temps

de tous les verbes, devant les pronoms personnels. Le tous ces cas, se initiale

D

dans

étroitement,comme en français, à la voyelle

lie

du mot suivant.

l.

t,

initial reste

d.

— D

Exemple

dextrale, destral, deitrau;

initial dolere,

:

dCure;

— durum,

— damnare, dannâ — ;

dur;

dies lunœ,

dilû.

*

l'on

Le

fait est

certain pour vetulus, puisqu'on trouve veclus

a des exemples de cr pour tr entre deux voyelles

témérité à admettre que l'autre des

deux

t

soit

mais

.

il

Je ne sais n'y a

c aussi bien devant l'une

si

aucune

que devant

liquides.

faut, je crois, expliquer

^

Il

3

L'ancienne langue

troneyre, meire.

devenu

;

offre

de

même

l'j

de puei

pour ces deux mots

= pois =

les

post (pots).

formes plus régulières


PHONETIQUE

II.

— Tandis que

A.

en *

d en

d,

fodire

la

,

média, mieia, mia

— —

;

intérieur

medulla, fidare, fid;

Tancienne langue, car

D une nei

sudare,

Ex.:

sud;

;

la constatons ont

gé-

vieux textes, Fune où

les

c?

a

maintenu, pur ou transformé en z.

Ex.

:

prendere, prenei ;

emundare, emouna (bas

que

tj'ido

lim.).

(fr.

tien est de règle entre

une

consonne

entre deux consonnes. Exemples

segoundo

;

— respondere, reipou— Par une exception

deux voyelles, a persisté dans quelques mots grive), qu'on dit aussi trio. Son main-

inverse, d, entre tels

s'est

que s'affaiblir

— — bodina, boueino — podium, meûlo;

mots où nous

les

fait

plus souvent.

encore tombé quelquefois par exception entre n et

est

voyelle.

il

le

chute avait déjà eu lieu dans

Cette

néralement deux formes dans disparu, l'autre où

tombe

position

— nodare, noua.

puei ;

D

entre deux voyelles ne

t

même

foueire ;

75

:

et

une voyelle ou

tardare, tarda

— exscindere, eicendre — ;

ordiri, urdî

:

;

— secunda, — *tundire

(tundere), tundî. B.

— Entre deux voyelles ou entre n ou retune

voyelle,

d

devenait régulièrement z dans plusieurs dialectes de la vieille langue. Les mots où cette mutation se rencontre sont fort rares chez nous.

On peut

curremment avec tarda à côté de vidaubo la

citer tarzâ et lenze, qui se disent

et /en('fe(lat. lendem).

(vitis albaj.

Ajoutons beneizî (benedicere) et

plupart des formes de creire (credere)

dont

le d, vocalisé

à

con-

De même guizaubo

l'infinitif,

et de veire (videre),

reparaît transformé en z

au

présent de l'indicatif et aux temps qui en dérivent. C.

— Presque toujours,

les voyelles

que

le

d séparait

se sont

unies en diphthongue après sa chute. Mais, dans plusieurs

mots, elles sont restées distinctes. Alors l'aspiration s'est introduite entre

elles, et,

obedire; trahi =.*tradire),

rant à

ou

elle

ou bien

est

restée pure {ôubahî

elle s'est fortifiée

elle l'élément labial (6) qu'elle

en

=:=

atti-

aime à s'adjoindre, et


PREMIERE PARTIE

76

\inv{=

en est résulté

b -\- h)

Exemples

'.

mots, est fort ancienne.

:

*gaudire, jôuvî;

du v au

*alaudetta, lôuveto. Cette substitution

remonte même, selon toute

Elle

apparence, au premier âge de la langue, car on la

dans

le

poëme de Boëce

guère plus récents

un

indice,

en de pareils

d,

constate

ne sont

Je crois qu'il faut la considérer

comme

*.

et dans d'autres textes qui

ou du moins comme une

présomption de

forte

l'ori-

gine limousine de ces textes.

—D

D.

intérieur s'est exceptionnellement renforcé en

dans un petit nombre de mots. Ex. aussi et

mieux verdo

prigounto E.

;

— pr.

;

De même que

lui arrive.

^,

— credere,

Ex.

:

le

qu'on

dit

profunda,

d peut aussi passer aux guttuet devant une liquide que cela

t,

cathedra,

jusqu'à creire;

Vi.

Ex.

Il s'arrête au g dans cet mais en règle générale il va,

chadiegro. '

:

;

quadrare, queirà,

sedere, sieire

dérivé de nodulus.

lim.)

pedassar, petassâ;

moyennant une forme

comme

*.

viei

— videre,

de vetulus

par

prouvée d'ailleurs par

*noclus,

veire;

Ajoutons nouei (hautveclus, l'italien

nocchio (Cf. occhio de oculus.)

'

C'est

de

la

même

manièro

que

*potere,

en

français, a

donné

pouvoir.

' Boëce, V. 23, auvent (audientes); Trad. de l'évangile de saint Jean (fragment publié par Hofniaim et Fr Michel et reproduit par Bartsch, Chrestomathie, col. 7 à 16), auvida, auvisz, auvii, auvirâ. esjauviraz, Anciennes poésies religieuses, pub. par Paul jauvirà, esjauvirâ; .

D'autres faits, que ce n'est Meyer, Confession, v. 40, hauvir [audire). pas iei le lieu de détailler, se joigaent à la présence de ces formes en r 3 d ) pour me déterminer dans l'attribution que je crois pouvoir ( faire au dialecte limousin des textes mentionnés dans la présente note. Je r-eviendrai d'ailleurs sur es sujet, dans un travail que je prépare sur le poëme de Boèce.

= =

3

On

dit aussi chieiro,

le

d de cathedra, selon

la

règle générale, s'est

complètement vocalisé. *

Bas

lim.

— Ce

t

une voyelle

exemple, peut-être unique le

virida, verto,

— unde, ounte.

rales. C'est après

comme

:

mot

est inusité à

Nontron, où

l'on dit

seulement

sietd.


PHOMÉTIQUa F.

Relevons

uniques

en

:

77

quelques autres mutations

ici

// cicada,

rares ou

,

un

C'est par

cigalo.

cigala,

changement qu'on appelle en bas limousin

à '^ouivoii peladî (pelure, spécialement de châtaignes)

nh

:

voit

par

— 3° en m

=^ or dièr e ;

— 2° en

que

le d,

catalan

;

c'est

même

de

vocaliser également en u tion de d en M est,

et

comme

en

i.

Remarque.— Le i

vado, vau;

que

u,

tel,

Ex.

ch, /, s

ou

tir ;

Ichialo, tsialo

2

*.

:

t,

très-fréquente en

mais qui

tela;

idiome.

ou en

initiale,

quand

aiment à se doubler, dans

tyu, tchu,

=

peut se

distinctifs de ce bel

et le d, intérieurs

t

ou d'un

les gutturales,

du bas Limousin, spécialement de Tulle, d'un

qui parfois reste

crédit, creû.

Rappelons que cette muta-

aussi celle de

un des caractères

sont suivis d'un

;

de i^ire, dérivés Fun et l'autre de radere.

Cf. pr. raure à côté

ler

;

incudem, enclunhe. La mutation normale serait en n pur.

Cf. fr. ornière

On

pareil

pielali ce qu'on dit

le

i

le

ils

par-

consonne,

plus souvent se condense en

tsu=tu

;

partyi, partsi=par-

— poudzio=poudio

{*potebat);

redzu = rendu (redditum) — modzur = maturus — coumedjio = comœdia — estyudio = studia — estchimo = ;

;

;

fr. estime.

;

S l.

iS initial

reste

s.

S

initial

Exceptionnellement,

sive correspondante

il

est passé à l'explo-

de sa famille dans terigô

=

serigot de

l'ancienne langue, qui se rattache à sérum.

Ces sortes de prononciations sont inconnues à Nontron où l'on articule et le d, devant 1'/ comme devant Vu, avec une parfaite netteté. Mais un peu plus haut, vers Piégut, on insère quelquefois Vi consonne devant u, fr. tuer. Le t, dans cette combinaison, a déjà disant |)ar exemple tyuâ complètement perdu sa qualité de consonne explosive, t l'on s'explique très-bien, quand on l'entend prononcer dans de pareils mots, comment le ti des syllabes latines tia, tio, tiu, certainement dur à l'origine, a pu Notons ici que, comme le devenir, selon les lieux, dz, tch, ts o\i s. bas-limousin, la langue valaque ou roumaine change t en ts et d en dz devant i '

le

,

t

=


PREMIERE PARTIE

78

II.

A.

du

S intérieur

— Entre deux voyelles,

s

a pris

comme en français

lorsque cette consonne s'est vocalisée ou a disparu

dans ce dernier cas, que ce ne fût une w

dur qui

lui est

capsa, caisso;

B.

le

), il

à moins,

(

a gardé

— laxare,

propre. Ex.: coxa, cueisso;

— versare, versa.

Entre une voyelle et une consonne,

le

son

leissd;

disparaît

5

son

même

Ex.: musica, musico. Précédé d'une consonne,

z.

ordi-

nairement; mais, par compensation, la voyelle précédente s'allonge, et,

si

un

c'est

devient

elle

e,

Ex.: esme (subst.

«'.

verbal à'esmar, que nous n'avons plus), eime

— disjungere,

;

desjonher, deijunhei*. (Voir ci-dessus, chap. III, section

A

Nontron, cette mutation de

tions qu'à

es

en

Limoges. Elle a rarement

position, Ys persiste

devant

lieu

I,

En

^.

restare, resta.

même une

autre

effets ordinaires

Si la

elles se

consonne que précède

:

testa,

s est elle-

réunissent en une seule, et les

de la chute de

l's

ne se font pas sentir sur la

antécédente. (Voir ci-dessus, chap.

voyelle

Dans

s,

cette

ou tombe simplement, sans autre compen-

sation de sa chute que l'allongement de la voyelle. Ex. têto;

E.).

plus d'excep-

ei souffre

II,

Quantité.)

parler de Tulle, Vs se maintient après toutes les

le

voyelles

et l'on

par exemple,

dit,

testo, pestre, estre,

bastou,

costo, espino, escoubo.

Dans

les

mots où, chez nous, Ys

change fréquemment en les

comme

le

pour

On

Le

On

Elle

est

considérée

jurquo pour jusquo, pourtumo

que ce changement de

et tustar.

mais

s

(

= apos-

en r est un des

changement en dei même devant

On a là une nouvelle preuve de

la constate quelquefois,

Ex.: turtar

'.

Ex.: deiossâ, deiaprenei, deiuflâ,

prendre, désenfler. 2

juste,

sait

préfixe des (== lat. dis) a subi ce

voyelles.

la

signe d'un parler grossier. Ainsi on dit arpri pour

thume), etc.

*

tombée, on

n'est pas

Cette mutation est habituelle dans

campagnes au nord de Nontron

espri, jurte

les

r.

=

fr

.

désosser,

désap-

notre goût pour l'hiatus.

fort rarement,

dans

la vieille langue.


PHONETIQUE phénomènes dans

le

79

les plus caractéristiques qui se soient

passage de

l'état

accomplis

archaïque du latin à son état classi-

que. L's avait donc une tendance naturelle à passer à IV. Rien

d'étonnant qu'elle y cède encore dans quelques dialectes.

— L's

C.

géminée, au lieu de se simplifier seulement dans la

prononciation, a quelquefois, par un phénomène inverse de

x en

celui qui a souvent transformé

formée en X

du

là,

constate point en

expliquer que

fait,

ss ait

cueisso

dans

de coxa,

mais que

donné

quelques mots. Dans ;

le

le

de

— *bassare

;

comme

is,

premier cas,

second,

lerssd

ou

éléments de

les

es se

sont

comme dans

possum {"^poxum), pose

laxare.'E's..'.

— possim

pour

cela se voit dans

le c s'est vocalisé,

[*poxim], puesea, pêehe

Les formes espa-

{*baxare), baissa.

gnoles telles que bajar (ancienne

ment

Ce n'est

l'on est forcé d'admettre

se {sg)

ou posg (forme périmée);

pour puêche

elle-même trans-

été

qu'un état provisoire et passager, que l'on ne

reste,

transposés

ss,

C'est ce qu'on appelle dissimilation.

[es).

orthographe baxar) confir-

l'explication ici proposée.

Remarque. soit la

un u,

—A Limoges,

provenance, prend

le

s,

initial

ou intérieur, quelle qu'en

son de eh quand

suivi d'une autre voyelle.

Dans ce

il

précède un /ou

cas, Yi

ou Vu disparaît

souvent. Cette mutation n'est pas constante, mais elle est plus ordinaire

que

furnichio,

ehiei,

le

siei [sie est), siôu

maintien de

s

à l'état pur. Ex..: p07'eiehio,

ehau plâ, ehuâ, chour

plâ

{sius plas), sua,

=

pareissio, farnissio,

suour,

comme nous

pro-

nonçons ces mots à Nontron. Je ne connais chez nous d'exemple de cette mutation que uchiê

IIL

Le

Il

huissier.

— 5 final

tombé*, entraînant

même

a persisté dans deux ou trois mois, après

masculin)

l'on

prononce plus généralement anir.

;

Us, qui se dit

».

concurrnmment avec

adj-

resto.

fr.

de l'ancienne langue, soit radical, soit flexion-

s final

nel, est toujours

*

=

dans sa chute

les

Ex.: fe(=fr. ime, liri (lilium); anis,

Ci. ci-dessus jurte, rerto

qne

= juste,


PREMIÈRE PARTIE

80

consonnes (sauf

La chute de

les liquides et les nasales) qui le précédaient.

Vs est sans compensation dans ce dernier cas,

c'est-à-dire que la vojelle

précédant

es,

ts,

ps, n'est modifiée,

par cette cause, ni dans son essence ni dans sa quantité. a d'exception que pour Ye des finales verbales en

quelquefois devenu

et

Ex

immédiatement la voyelle, un e, se diphthongue en ei.

le s final suit

longue

et, si c'est

homines, homes, ômei ;

:

tenes, tenei.

j'entends à Tulle et aux environs,

Nontron

et à

qui est

ets,

*.

Quand, au contraire, celle-ci devient

n'y

Il

Limoges

mais

;

voyelle précédente, qui,

c'est sans

est

si elle

finale

l's

En bas

limousin,

tombe comme à

compensation pour

ne devient pas

e,

la

ei.

Z \.

Z los,

latin initial est

jaloû. Cette

— Z initial

devenu

j,

comme en

français

:

zelosus, gi-

consonne ne se rencontre guère en

initiale,

dans notre dialecte, que dans quelques mots empruntés au français, tels que zéro. tin [ecce hoc)., et ziôu

je crois, les seuls

Zou

(=

(

=

zo),

ovum) où

mots propres à

elle

la

elle

provient d'un c la-

est prosthétique, sont,

langue qui la présentent

en cette position.

IL A.

— Z intérieur,

jours de

s.

de

c

souvent figuré

s,

provient presque tou-

ou décentre deux voyelles. Ex

placeat, plâze;

tionem, razou;

— Z intérieur

— pulicem^ pûze; —

— potionem, poueizou.

:

causa, chauso

sationem, sazou;

Provenant de

s,

— il

;

ras'est

changé en / dans deux ou trois mots, où cette consonne précédait un i suivi lui-même d'une autre voyelle, et où cet i s'est

*

Cette faute, rare à Nontron, est générale à Limoges. (Voir ci-dessus,

chapit.

m,

E.)


PHONÉTIQUE

81

transposé pour aller diphthonguer une voyelle antécédente.

Ex.

:

*

— prensionem, preiso, preijou;

mansionem, maiso,meijou;

cerasia, serisia, sireijo ;

ecclesia, eiglheijo.

En

dehors de

ces cas, c'est-à-dire quand z ne provient pas d'un

n'y a pas transposition d'un

Mais à Limoges

la

en

s

ch,

subséquent,

mutation de z en

l'origine de cette consonne,

de

i

rijio^

toutes les fois qu'un

Nont.

:

a vu plus haut que

même

présente

tion inverse s'y

persiste,

i

remarque

dans rounde

dit aussi et

même

Z final le

:

prononcez

:

d devenait régulièrement langue, et que

le

nôtre

La mutamais non moins rarement. On

aussi,

qui du reste se

rumicerri)^

de préférence, du moins à Nontron*.

— Z final

de nombre diez

=

suivante. Ex.

:

pr, detz diez an,

=

decem.

Il

se lie

diez ourâ, diez-ue,

dié-zan, dié-zourâ, dié-zue.

Remarque.

— Le

s

et le z de toute origine,

en

initiale

ou

corps des mots, prennent souvent en bas limousin

son du ch et du; français. C'est là un

effet

du voisinage de

l'Auvergne, où les articulations chuintantes sont, sait, l'objet

'

dijo, fajio,

a persisté, mais seulement quand une voyelle suit,

nom

alors à la voyelle

le

le

vieille

= rounze (de

lll.

le

tombe, ou se dé-

Lim.

quelques traces de ce phénomène.

la constate

dans

précédant lui-même une

i

disio, fasio, risio, cresian;

dans plusieurs dialectes de la

dans

correspondante

crejan ou crejian.

— On

B. z

:

a lieu, quelle que soit

comme la mutation

autre voyelle vient à suivre, que cet place. Ex.

;

s et qu'il

reste z à Nontron.

il

En haut

d'une prédilection marquée. Ex.

limousin, oi préfère en général

le

:

comme on

chin, bouchi, cai-

d au z en de

pareils mots.

Ainsi on y dit sendilho oljandi pour senzUho et janzi, qui sont les formes

nontronnaises de ces deux mots, dont

dont les

le

le

premier désigne la mésange, et

second, intraduisible on français, exprime l'agacement produit, sur

dents par des fruits verts,

le bruit

d'une

scie, etc.


PREMIERE PARTIE

82

cho, ujurié, plajer, rajou

=

*

comme on prononce

zou,

cin, bouci, caisso, uzuriê, plazei, ra-

ces mots à Nontron et à Limoges.

TROISIEME SECTION.

I.

P

mots

trois

Mais cet affaiblissement

h.

au dialecte limousin

comme

initial

Dans deux ou

initial reste p.

par exception, en

P

Labiales

il

;

à la langue

commun

est

d'oil, et

s'est affaibli,

à tous les dialectes d'oc

remonter au

doit

il

il

n'est pas propre

latin vul-

gaire, car on. le retrouve dans d'autres langues romanes. Ex.

brunhou de prunus *;

= pyxida

boueitio (pr. bostia)

II.

A.

Il s'affaiblit

brûla (pr. bruslar)

en

6,

P

=

* perustulare ^

:

;

*

intérieur

selon la règle générale, entre deux

voyelles ou entre une voyelle et une liquide. Ex.: tepida,

tê-

ribo; — cœpa, bio; — nepotem, nebou; — lupa, loubo — — — — separare, sebrâ super, subre; sâbo; (dans emeôm) — pauper, paubre. Cet affaiblissement du p ripa,

;

sepelire, sebelî; ;

intérieur en b eut lieu,

premiers temps, et B,

il

comme on sait, en langue d'oc dès les commun à tous les dialectes.

doit être

Lorsqu'une consonne

le

précède, que cette consonne

exemplum, eisampk — p. Ex. — carpinum, chaupre;~*mesp(i)las, menêplâ; templum, temple; — stuppa^ eitoupo — cappa, câpo — Preste aussi

tombe ou demeure, p reste

;

:

trippen, trepâ.

*

Prononcez à

meijou,

où. les

non pas

la française, et

en bas limousin de

même qu'à

articulations ch,

^

Franc, brugnon,

3

Ital. brustolare, fr.

'

Fr. boite.

ital.

tz,

dz,

Nontron, dans j,

sont

comme

les

communes

il

faut le faire,

tels

que chdbi,

ù tout le dialecte.

brugna, port, brunho.

brûler.

mots


PHONETIQUE assez souvent sans s'affaiblir dans

indiqués tout à l'heure

ou dans

sés

mais

;

c'est

83

Tun ou Tautre des deux cas seulement dans les compo-

mots d'origine savante,

les

que répara, pré-

tels

para, etc.

C.

Devant

ment une

verrons que

un

consonnes et lorsqu'il

les

voyelle,

se vocalise quelquefois

p

immédiate-

suit

en

comme nous

u,

même

souvent, subissant ainsi du

b le fait

triple affaiblissement

(ô—v

— pipilare, piular, piaula.

u).

Mais ordinairement

il

disparaît en-

tièrement, à moins que la consonne suivante ne soit

auquel cas,

change en D.

comme on

/

ou

r,

vient de le voir, la règle est qu'il se

è.

— Changeant de famille dans

classe,

coup

Ex.: maie aptus, malaude*;

p deviendrait

?

ou

c.

le

même

degré et la

même

Je ne connais pas d'exemple en

limousin de la première de ces mutations, fort rare d'ailleurs

en toute langue

'.

La seconde a dû

avoir lieu dans quelques

mots où p précédait une liquide ou une dentale {l, r, t ou mais déjà probablement dans le latin même. Dans tous les cas, ce c en lequel j'admets que p a dû changer a subi aussitôt

les

mêmes mutations que

s),

se

le c origi-

naire en pareille position, c'est-à-dire qu'il est devenu y, eh

ou

selon les cas. Ce

i

*stupula

changement préalable de p en

pouvoir expliquer les formes suivantes

raît seul

= = euprum,

eicrieho

',

Ajoutons

coire

scripta, cheitivo

=

captiva, eaisso

la

pa-

=

= capsa.

maintenu en bas-limousin

mais dont on ne connaît plus à Nontron que

me

e

eitoulho

:

(coim^e),

forme fran-

çaise.

'

Dans

la vieille

langue, mcUaut. Cf. azaut{=adaptus) que nous n'avons

plus. '

3

On

la

constate, en latin, dans studere

Cf. fr. écueil,

tion de

p en

il.

c devant

scoglio de l

est habituelle

sicilion

par exemple, où

chiana

= pm, piuma, piana.

pi

= (rnevâsiv. — Rappelons

scopulum.

dans

ici

que

la

muta-

pjlusieurs dialectes italiens, le

dovient constamment chi.

Ex

:

chiù, chiuma,


PREMIÈRE PARTIE

84

B

I.

En

cette position,

beû;

devenu

initial

ne subit aucun changement:

belluni,

Par exception, il est, en haut Limousin, dans motai (à Nontron bâtai) pr. batalh.

bladum^

m

B

B

bla.

=

II.

B

intérieur

— B intérieur reste entre une consonne une voyelle, qu'entre deux liquides. Ex.: cannabis, charbe;— turbare, tourbâ; — arbor, aubre. exceptionnellement renforcé A.

b

et

ainsi

Il

en

p dans

s'est

charpai, dérivé de charbe.

— Entre deux voyelles, B devient Ex. faba, fâvo — subinde, souven; — debere, devei; — habere, avei; — cribellum, B.

y.

cruveû. Les

mots

;

:

que labour, laboura, où

il

n'a pas subi de

changement, sont des mots savants. Sa chute

est exception-

On

nelle.

C.

la

tels

remarque dans couâ

— Après une voyelle,

liquide, se vocalise

heure;

seic,

petit

Il

est,

b,

devenu

— fabrum,

par exception, resté

nombre de mots,

tels

que

ou précédant une

b

— — febrem, feûre; — leûro

liura,

tab{u)la, taulo;

faure;

*.

final

u. 'Rx.: libra,

— ebrium, yeûre; —

flebilem, freûle;

un

en

= cubare

trabem, trau;

devant

eitable

b

se

en haut Limousin, dans gomâ

gober, et, en

beaucoup d'endroits, dans samadi

E.

*

(=

=

fr.

= sabbatidies,

au français.

A

Nontron,

pr. dissapte).

— Changeant de famille dans

Cette

dans

diable

remarque pas à

la constate

forme qu'on a peut-être empruntée

sébum,

les liquides

Nontron. On

dit dissâde

= stabulum,

= diabolum, libre=: librum. D. — La mutation de intérieur en m ne

on

bibere,

la

même

classe et le

chute était moins rare dans la langue classique.

même

On y

outre Goar, proar [probare), laor (Jaborem) et leurs dérivés, etc.

trouve


PHONETIQUE degré, i deviendrait^ ou

d'exemple de

la

souvent pour be

phrase. Ex.

:

De

=

n'offre pas, je crois,

Ton

tuyau) et dans rfeque

* tubellum (fr.

lorsque cet adverbe

[bene],

commence

la

sount-îgentei! D'ei-t-elo bravo! c'est-à-dire Bien

Bien

sont-ils gentils/

Notre dialecte

cf.

première de ces mutations. La seconde se

remarque dans tudeû dit

85

Be, du reste, s'emploie, en

est-elle belle!

non moins fréquemment.

pareil cas,

F

I.

F

initial reste

fica, fîjo

;

*

f.

F

initial

— flamma, flâmo; —

Ex.: femina, fenno;

fenuculum, fenolh, fanouei.

Il

s'est

durci en p

dans Panchei, forme très-rustique de Francei [François), en

haut Limousin.

IL Il

reste

f

cal[e)facere,

intérieur

chôufà;

Entre deux voyelles,

composés, tels que d€fôro dSiTiS biai

F

Ex.;

ou précède une consonne.

lorsqu'il suit

officinum, ofice; cere, coufî.

disparaît

il

= deforas),

— confi-

inflare, ûflâ;

soit

(

sauf dans

entièrement

les

comme

[bifacem], soit en laissant après lui l'aspiration*,

comme dans

prehon, de l'ancienne langue, devenu chez nous

prigoun par

le

durcissement de

Lorsqu'il provient de ph, h.

Il

reste f. Ex.: raphanum, râfe;

orphanum, orfe *

f

1'^.

intérieur ne se réduit jamais à

On

sait

que

;

1'/"

— cophinum,

n'était

en

latin

— Stephanum, Eitêfe —

qu'une forme, plus rude que

l'aspiration*. Aussi s'est-elle souvent réduite, sique, à culte dernière.

langue

Parmi

les

;

côfre.

même

dans

avec

le castillan

dn l'autre côté

des Pyrénées, développé dans leur sein cette lendance phonique,

un phénomène qui

était resté accidentel

leurs caractères les plus distinctifs. *

V. Baudry, Oramm, comp.,

p.

de

clas-

idiomes néo-latins, deux dialectes de la

d'oc, le béarnais et le gascon, ont,

ralisant

Vh,

le latin

121.

en

latin,

en ont

et,

géné-

fait

un de


PREMIERE PARTIE

86

V

I.

A.

V

vinum, vi; aussi

il

initial reste

se

— On

B.

initial

ordinairement

v.

Ex.: vicem, vé;

— vacca, vdcho. Mais fréquemment renforce en Ex.: vervecem, berbi — viduare, voidar) et boujâ{^r. voiar) — veruculum, barouei,

houeidâ (pr.

V

venire, venî;

b.

;

que

le v n'avait

pas en latin

le son net et franchement consonnant que nous lui donnons. C'était une semi -voyelle, qui devait différer fort peu du w anglais. Les

sait

Latins aimaient à associer cette semi-voyelle aux gutturales

dures q et g. Q ne se présente jamais sans elle, et g en est très-fréquemment accompagné. Tout porte à croire que la langue populaire avait multiplié ces associations et que, par suite,

même

de

que g

attirait v, v k

son tour attira

Cela

g.

eut lieu surtout, paraît-il, dans les Gaules, et l'on a des

phénomène à une influence

raisons pour attribuer ce tique.

Quoi

d'oïl, le

nore

qu'il

en

en langue d'oc comme en langue

soit,

V initial s'est très- souvent associé la gutturale so-

g, qui a

toujours

nique, à la suite du

Ex.: vadum, ga

Guilhaume ;

(fr.

par l'éliminer, Le

fini

même

w

renforcement, a subi

gué)\

initial le

germa-

même

— vasconem, gascon; —

sort.

Wilhelm,

— werra, guêro n, — F intérieur

— Entre

A.

cel-

deux voyelles,

il

reste v. Ex.: viva, vivo;

— cap-

— cavare, chavd. tombe dans quelques mots, que bougé = bovarium, viando = vivanda, pou ^pavorem;

tiva, cheitivo;

tels

Il

mais ce dernier phénomène est plus rare en limousin que dans la langue classique. B.

—Entre une consonne

Ex.:eMryare,

*

~

courba;

Le renforcement pi(t]tHta.

est allé,

et

une voyelle,

vervecem,

comme

il

berbi;

se durcit

en

/5»

*.

forviar (pr.),

en français, jusqu'au p dans pepido


PHONETIQUE fourbiâ.

La même mutation a eu

=

deux voyelles dans gdbio

tre

87

lieu exceptionnellement en-

où, pour

cavea,

compenser

sans doute ce renforcement anomal de la consonne intérieure,

consonne

la

affaiblie.

s'est

initiale

qui dérive

comme

[= salva7'e) fr.

sauf,

et

sens à espolverar et

le

ce dernier de pubis.

sôumd^, autre forme, à

renforcé en f

s'est

Il

dans eipoufetâ, verbe identique pour

Il

campagnes lorsqu'on

obligée dans nos

ta fenno,

dans

de sôuvâ

comme

dans saumo (:= salva] qui s'emploie,

devant un subs. fém. Ex.: saumo

Ym

est passé à

signification plus spéciale,

le

parenthèse

traite quelqu'un de

sot.

— Le renforcement de v en gu n'a

C.

initiale.

En langue

de la langue

et

en français qu'en

d'oïl, le

poitevin,

également à l'intérieur des mots, mais seulement devant

fois i

lieu

un dialecte limitrophe ce phénomène se produit par-

d'oc et aussi dans

e.

C'est ainsi qu'un

y a

</

été attiré devant le v ou de-

vant Vu, préalablement semi-consonnitié, des flexions en vi ou en ni du parfait tengui,

pour produire des formes

latin,

tengueren =

tenui,

tenuenmt.

On

telles

que

verra, au chapitre de

Conjugaison, que cette flexion gui s'est substituée beau-

la

coup plus généralement à Yui qu'au

vi classique, et qu'on

Fa propagée dans plusieurs dialectes, d'après quelque fausse

aucun

analogie, à beaucoup de verbes qui n'avaient

droit à

la recevoir.

D.

— Après une voyelle, v se vocalise

à suivre ou

s'il

est

viv{e)re, viure,

devenu

veûre

;

final.

si

une consonne vient

Ex.: *levjum {levium), leuje

clavem, clhau

;

levé, leû

(dans beleû); —suave, souau ;

— vivum,

viu, veû

ou

ôuzeû

;

*uv[i)cellum,

— ovum, you;

vî.

H« L'aspiration existe virtuellement devant toute voyelle iniQuelques-uns disent de même, en m'en anâ (fr. Je vais m'en aller). '

2 J'ai

de

\'h

initiale

:

Mau m'en anâ,

pour Vau

expliqué ci-dessus (page 61) pourquoi j'ai cru devoir ne traiter

qu'après les labiales.


PREMIERE PARTIE

88

à peine appréciable devant a

tiale,

vant

et 0,

e, i

fait aussi

déjà plus perceptible de-

*,

toujours très-sensible devant m et om*. Elle se

toujours plus ou moins sentir dans tous les hiatus,

parce qu'on ne peut prononcer deux voyelles consécutives qui ne font pas diphthongue sans reprendre haleine. L'aspiration peut rester indépendante, et c'est ce qui arrive surtout en initiale

;

mais souvent aussi

représentant

h, et

plus souvent,

elle s'associe

au moment où

ticulation produite par les lèvres

vrent passage, je veux dire avec

le

et

b,

qui est identique au

avec

l'ar-

elles lui li-

un v en résulte. Ce v digamma éolique, est

très-fréquemment émis, sans qu'on y prenne garde, même en français, par exemple dans oui, prononcé souvent voni par bien du monde. Chez nous tiale,

sines.

Au

il

est

même

plus rare à Nontron

très-commun, mais, en

ini-

campagnes

voi-

que dans

les

comme on doit s'y attendre, c'est à peu près eiku (surtout, dans ce dernier cas, à u en-

reste,

exclusivement k ou

gagé dans attiré

la triphthongue ueî) qu'il

devant d'autres voyelles,

un ou deux cas l'influence

(ex.

:

l'ei

il

ne

vôro =illa

d'un ou précédent. Ex.

n'ai vounto (j'en ai honte),

.

ou vei

:

s'associe.

l'est,

Quand

il

est

sauf devant Yo dans

est horrida)^

que grâce à

n'ai vounze (j'en ai onze),

(il est),

lùuveto, lôuvâ, àuvî, (alouette, louer, ouïr

louvidor (louis d'orj, ^),

km

vô (les

moû

os),

vuei (mes yeux), vuei (hodie) .

L'aspiration qui existe virtuellement aussi en association

avec r et que

les

Grecs,

si

exacts observateurs de ces délicats

phénomènes, n'avaient pas manqué de noter, a mots de notre langue, dont le second seul sin,

une forme plus concrète. Mais

le

vit

pris dans

deux

encore en limou-

v en lequel elle a dû se

changer a passé immédiatement à l'explosive correspondante (é), le,

^

groupe vr en

C'est

iir, A..),

initiale n'étant

pour cela que

l'a initial

pas souffert. Ces deux mots

tombe presque toujours (V. cbap. 4°, mieux défendues par l'aspiration,

tandis que les autres voyelles,

échappent à l'aphérèse. ^

On

'

Sur ces mots, voir ci-dessus, section

sait

qu'en grec

l'u

reçoit toujours l'esprit rude.

u, Dentales,

D intérieur.


PHONETIQUE

89

sont brugir=irugire, brude == rudem. Cf., en grec, p(3(?ov, P^i^a.

H, au deux ou goun

On

=

lieu de se

changer en v ou en sa suppléante

que

sait

=

latin correspond,

le s

y a donc

Il

*

fr.

b, a,

haïr;

ranucula.

= v ou

Or A

A.

comme nous avons vu que

accidentellement les explosives correspondantes b et

que Wenceslav est devenu Venceslas, que

nonce Las. C'est peut-être faits latins

forme en

en

vi

ainsi

le di-

celle

Law

le font d. C'est

se pro-

également que plusieurs par-

ou ui ont dû prendre dans

que suppose

si

dans

— pri-

entre v et s, et ces consonnes peu-

affinité

vent permuter ensemble,

ainsi

=

en grec, dans beaucoup

de mots, à un esprit rude, c'est dire à

gamma.

=

permuté avec g : haguî prehon =-profundum; granoulho trois mots,

=

/3po(?ov

ptÇa, etc.*

qu'ils

le latin

vulgaire la

ont eue ou qu'ils ont

encore dans plusieurs langues romanes*. Cette forme en était fort rare

dans

la vieille

langue d'oc; je ne sais

si

l'on

trouve actuellement des traces dans quelque dialecte, mais n' j

en a pas en limousin

La mutation cisément en

V,

f,

offre

'

du bas-lim.

s,

non point pré-

qui n'est qu'un v renforcé, a eu lieu

peut-être dans boueifâ, du haut-lim. bouissa

il

-

inverse, c'est-à-dire, celle de

mais en

5

en

= houeissâ de Nontron,

{balayer). C'est ainsi

que

le

prov. mod. nous

à côté de melso (anc. melsa) une autre forme melfo.

Il

serait possible encore que le /"de notre eippufetâ, au lieu de

représenter,

comme

je

l'ai dit

ci-dessus, p. 87, le v radical

de pulvis, fût une transformation pareille du

semblable au

fr.

s

d'une

forme

épousseter.

Par exception, w -=

/i s'est durci encore en h devant une voyelle dans du bas-limousin ~ lotweto de Nontron, et dans boueivê, comme on prononce à Limoges notre interjection voueivé pr. oi veez,ir. oh ! voyez I). Dans le prov. mod. mounte, c'est en m que s'est changé le v

*

oloubeto,

(

=

virtuel de ounte {^:=unde). *

Ex.

'

Bouissa,

:

V. fr. sols,

même

vols-=^ solvi, volui;

lièrement genôt, arbuste dont on

que boueissâ

ital.

valsi

=:.

valut.

racine que bouissou qui, en bas-lim., signifie particu-

et boueifâ

fait les

balais.—

Il

sepo«rrait pourtant

eussent une autre origine, savoir pulvis, par l'in7


PREMIERE PARTIE

90

Remarque,

— ISh

thographe de

pour figurer

=

Cette lettre ayant été adoptée

son de Vi consonne associé à

et à n {Ih,

/

pour représenter Yi consonne

et

même

Yi voyelle dans

leur

association avec d'autres lettres, consonnes ou voyelles*. là des

nh

a été par suite assez fréquemment employée

elle

n'y),

II/,

le

joue un grand rôle dans l'ancienne or-

langue d'oc.

la

De

orthographes telles que les suivantes, que j'extrais du de rimes du Donat provençal, où

dictionnaire

même

souvent séparée par une consonne de

laquelle elle doit s'unir en diphthongue

2;

= rais

=

=

[radius), lethz

leis [lex), lethz

peitz [pectus et pejus), vohtz

=voitz

=

1'^

la voyelle

i

est

avec

esglahz=esglaîs, rathz

pethz

leitz {lectus),

{viduus), pohtz

=

=pois, puetz

{podium).

verhe * polvar, boueissâ d'un verbe* polsar.

termr^diaire, boueifd d'\ia

premier formé du radical amorphe polv,

le

On a

repoussé une

mot pousse 2 le

par

la raison

que

les déiivés

Cela est vrai. Mais les dans pois

natif.

ne

),

crois pas.

le

second du substantif pois

élymologie pareille à celte dernière (voir

Ce mot me

paraît être

ne

est-il

se forment pas la flexion

un de ceux que

du cas-sujet? Je

et

d'amors

les Leis

qualifient d'intégrants, c'est-à-dire qui sont terminés par

appartenant au radical

Litln'', au du nomi-

qui sont par suite indéclinables.

un

On

s

(ou z)

aurait donc

uu autre exemple de s= t;. Quoi qu'il en soit, Raynouard ne mentionne que sous cette forme et jamais que comme régime. L'existence incontestable de l'adjectif po/sos fournit un autre argument en faveur de mon là

pois

opinion et ne permet pas, dans tous les cas, de nier la possibilité d'un

verbe polsar. Pour initial affaibli *

Cf.

^

Il

en

{

b, voir

ancien portugais

devenu

i,

voir ci-après,

4°" section, L.

Pour p

ci-dessus, p. 82, P.

mha -= mia

.

pourrait se faire pourtant que Vh, dans

pethz, dithz, affectât en

effet

le

t

orthographes représenteraient alors tant pure et sèche, c'était lo celte hypothèse, figurerait

d'ailleurs

t

les formes telles que rathz, non la voyelle antécédente. Ces une prononciation où, la voyelle res-

et

qui était mouillé. Dithz, par exemple, dans

une forme intermédiaire, que nous devons

logiquement supposer, entre dictus

Gutturales, C.)

et

dich.

{

Voir ci-drssus,


PHONETIQUE

QUATRIÈME SECTION.

91

— liquides et nasales

R L

R

— H initial

initial reste r. Il s'est,

comme en

français, renforcé d'un

=

*ranucula.Ce g n'est qu'un durcissement g dans granoullio de l'aspiration qui existe virtuellement, comme nous l'avons déjà rappelé, en association avec r.

II.

A.

Le

voyelles,

plus ordinaire est qu'il reste r; mais, entre

permute assez fréquemment avec

il

et aussi quelquefois s,

71,

a.

b. c.

d on

— R intérieur

avec

les autres

(/),

consonnes de sa famille

t.

Avec

— Avec — Avec

/.

Ex.: arista, fajleito;

n. Ex.: ros marinus,

—<contranum, countrâli.

roumani.

s*. Ex.: prurire, pruser,

mot

éteint, et prusour,

substantif correspondant encore usité. Cette dernière tion a lieu

même

parfois entre

Ainsi plusieurs disent mistre

deux

l'autre liquide

=

une voyelle

fr.

et

muta-

une consonne.

myrte.

La mutation de r en d se remarque, en italien, dans un assez grand nombre de mots, tels que dietro == rétro, chiedere quœrere, fiede ferif^. On la cond.

Avec d ou

f.

~~

=

*

Cotte mutation est

époque

(fin

du XVI'

=

à une certaine un caractère pour ainsi dire un exemple, que date la forme chaise,

très-fréquente en français, où,

siècle), elle avait pris

épidémique. C'est d'alors, pour citer qui a supplanté chaire dans l'usage

commun.

Le phénomène inverso a lieu dans le latin meridies guère == adguere, arbiter == adbiter, etc. '

=

medidies, ar~


PREMIERE PARTIE

92

state aussi dans quelques variétés

du dialecte languedocien*.

Mais, en limousin, IV, lorsqu'elle passe aux explosives de sa famille,

ne s'arrête pas au d;

monte jusqu'au

elle

t*.

Cela se

voit dans la conjugaison, où quelques variétés de notre dia-

mais non pas

lecte,

en^Tr

changent constamment

la nontronnaise,

du

flexionnelle

par exemple, w?m^e/en,

prétérit, disant,

begueten, au lieu de mingeren, begueren, formes régulières.

=

Cf. l'italien allotta

B. — R

pre;mais ce n'a dû en

On en

/.

allora.

en

s'est vocalisé quelquefois

m.

être qu'après son

est certain

Ex.: carpinum, chau-

changement préalable

pour aubre s= arbor, puisque

forme

la

albre se rencontre.

On

voit r remplacé par

i

dans eimari

= arbor,

formes aybre, poyre

les

= pr. armari,

Raynouard, mais que nous n'avons pas. tion en

/

a dû précéder, parce que,

loin, / se vocalise aussi

Pour voir

le

en

et dans

porrum, qu'on trouve dans Ici

encore une muta-

comme on

le

verra plus

i.

les chutes, insertions et transpositions de r intérieur,

VI

chapitre

ci-après.

m.

--

fi

final

B persiste en finale dans tous les mots qui se terminaient par cette consonne dans l'ancienne langue, excepté 1° les atius, tels infinitifs de tous les verbes 2° les mots en ier :

=

;

que

cavalier, bergier,

des

elle s'est

complètement oblitérée. Par en

tonique ou non,

s'est,

compensation,

l'e

comme on

déjà vu, diphthongué en ei; mais cela n'a pas

l'a

lieu partout.

Dans

le

infinitifs

er,

parler de Tulle et d'une notable partie

de la Corrèze, aucune modification de Ve ne compense

»

Voir, dans la

ïieoiie

chute

des langues romanes, tome I", page 123, la notice

de M. de Tourtoulou sur '

la

le sous-dialecte

de Montpellier.

Pareillement, nous n'avons pas constaté de mutation de d en r (voir,

ci-dessus, Dentales

);

mais nous en avons relevé une de

t

en

r.


PHONETIQUE

même

de IV. Dans la

93

contrée, IV, tombée aux infinitifs en ér,

mêmes formes quand

persiste dans les

sub-

elles sont prises

stantivement.

R final tombe

encore accidentellement dans quelques au-

tres mots, par

exemple dans pou

Nontron, dans

set

=

=

se?'

= paor =

= aurum, qui se

dit,

I.

En nhôu au

règle générale,

=

*

à Nontron

L

reste

il

— à Tulle

;

=

français.

initial

devenu

est

Il

/.

dans roussi-

r

remonte probablement

lusciniolum (mais la mutation

latin vulgaire), et

à

même

dans au

comme en

or,

,

;

à Tulle et

sero, qui se dit ser

dans certains lieux du haut Limousin aur

pavorem

n dans ne.ntilho=^v.

quelques

lentilha, et

autres mots.

En bas limousin, / initial devant i se fond quelquefois, comme cela arrive souvent à la même consonne dans le corps et à la fin des mots,

yibertâ

=

même une

en un

autre voyelle,

— Entre

Ex.:

L

deux voyelles, permute,

lilium, iiri;

chalet à

Nontron

,

est suivie

se confond avec

:

IL

il

il

Ex. youn =iioun

la fusion de 17.

A.

consonne. Ex.: yinge =z linge;

Lorsque Vi dont 17

libertâ.

quelquefois

i

— yé =

;

'

Ce mot

n'est ni les

/

reste

comme en

lié (lectum).

ordinairement

initiale,

miular, miôunâ;

à Limoges chonei;

dans Raynouard, rimes en elhz

lui-

Vy provenant de

intérieur.

fr.

ni

estreit,

/.

Mais

avec r ou avec

calyculum

Nous avons vu tout à l'heure r passer au moyennant une mutation semblable de 17

mentionné, parmi

précède

(?),

caleçon, t.

cie

canessou.

C'est, je pense,

Fallem. schale

dans Rochegude, mais

dans

le

n.

calelh*,

Donat provençal

il

.

est


PREMIERE PARTIE

B4

expliquer

qu'il faut

mot

le

=

eichato (pr. escata)

fr. êcaillp

(anc.fr. escale)^.

B. reste

/,

Entre une consonne et une voyelle, sauf à former,

j a

s'il

lien,

avec

binaison double Ih ou Tune des combinai>;ons glh (voir ci-dessus, section b(u)la, taulo;

ounglho; Il

P*"

triples clh

ou

du présent chapitre). Ex.:

tar

placere, plazei ;

clavis,

— ungfujla,

clhau;

sit(u)la, selho.

=

devenu r dans freûle

est

en général.

/,

consonne, la com-

la

flebilis,

et

sire i^ouv *bulsire^. Titre, chapitre, apôtre,

dans brussî

la

même

a eu lieu, sont des mots empruntés au français

;

=

*

blu-

mutation peut-être

aussi vôutrâ {*vol(ula7'e), bien que la présence de la diphthon-

gue me porte à considérer plutôt ce dernier

comme

indi-

gène.

En haut Limousin, perla (à C.

Nontron

/,

après

— Entre une voyelle ou

une consonne,

/,

à moins

ne se transpose (voir ci-après, chap. VI) se vocalise en il

tombe.

se vocalise après les voyelles graves

Il

tombe après

— '

altare,

les voyelles grêles'

ôutar

;

=

permute avec n dans perno

r,

perlo).

— melsa

{i,

u, ou).

meûsso;

{pr.).,

Ex.:

qu'il

ou

u,

^ (a, e,

o],

il

salvia, sauvio;

esfelnir

(pr.),

ei-

La mutation normale serait en d. C'est, en effet, en la douce phitôt la forte que l, comme r, aime à se changer, quand il passe aux ex-

qu'en

de sa famille

plosives

Cette

mutation, qui ne se constate, je

langue d'oc, qu'accidentellement

(p.

e.

gasc. (laissa

= laxare;

crois,

en

cf esp.

dejar, pg. deixar), est caractéristique de quelques idiomes romans, par

exemple, dans

du

corse,

le

le

domaine

même

italien,

du

sicilien,

II

devient toujours dd, et

couple se transforme en dr.

=

(ou *bulsere) est prouvé par bulsella (fr. brusselles forme vulgaire de vulsella, qui se lit dans les E|3f/.vîveûpiaTa de PoUux, ouvrage dont M. Boucherie a le premier signalé le haut intérêt et qui vient d'être publié, pour la première fois, par ses soins, avec de savants commentaires, dans le tome xxiii des Notices des manuscrits de la Bibliothèque nationale et des autres bibliothèque '

*Bulsire

pince),

<;.

^Qu'elles soient telles d'origineou qu'elles le soient devenues Ainsi, opré-

tonique

devenant ou, selon

la

môuniê, tandis que moiere, dont

donne maure.

règle, l'o,

molinarium donne mouniê

et

non

toujours d'après la règle, est resté

o,


PHONETIQUE feûnî;

9n

— molfejre, môure; — — pul{i]cem, pûze. couturo

cultellum, couteû

cultura,

;—

puis,

poû

;

*;

mots empruntés au français, / en pareille position ne se vocalise ni ne tombe, mais il se change ordinairement en r. Ex. armana, recorto, insurtd, carculâ. C'est la prononciation presque constante des gens de la campagne.

Dans

les

:

L

aussi quelquefois en

intérieur se vocalise

marquer que

de vocalisation d'une

faut reles

la

/

une voyelle franche, mais une

n'est pas

i. Il

— comme du reste dans tous cas voyelle qui remplace consonne —

encore

semi-voyelle. C'est

en réalité avec Vi consonne (qui dans quelques mots se vocalise entièrement pour former diphthongue avec la voyelle précédente) que

permute dans

/

nous l'avons vu en

Mais,

l'italien, et,

parmi

comme

mutation de

/

de certains idiomes, par

les patois d'oil,

du saintongeois.

après une muette et devant une voyelle qu'elle

là, c'est

produit. Ex.: planta,

mousin,

nous occupe,

initiale. Cette

consonne est caractéristique

i

exemple de

se

cas qui

le

à Tulle, en

faire,

it.

pianta,

saintong. pian^e.

En

li-

n'a lieu, au contraire, qu'après une voyelle et

elle

devant une consonne. C'est principalement, presque unique ment, quand

se précède

/

lui-même,

S'unissant sous cette nouvelle forme à se fond

avec

en

lui

Ih.

nous

simultanément avec

compagnon,

son^

il

formes que l'ancienne langue Imlir, culir,

que notre dialecte

connaît seules. L'/ géminée des Anales latines enall.., oll.., ull.., subissait

l'î '.

C'est ce qu'on voit, par exemple, dans

bQlhir{bullire). colhir {colligere), offre

passe ainsi à

qu'il

souvent cette modification. De

ell.., ill..,

là,

pour

la

plupart des mots de l'une ou l'autre de ces désinences, deux

formes distinctes, résultant l'une de Ih

{il),

Par exception,

»

s'est '

changé en

La

r,

tn'itation

la fusion

des deux

/

en

de la chute pure et simple de la seconde, par

l'autre

après o est tombé dans co

l

après ou, dans

de

l

en

distinction de graves et

i

= col(a)phum (pr.

ourme =i ulmus

Cpr.

peut avoir lieu après toutes

de grêles

colp) «t

olm) les voyelles,

sans


PREMIERE PARTIE

96

exemple, pour castellum, castelh et caste l ; pour metallwn, meet métal;

talh

pour *follum, folh et

nulh et nul. C'est de la forme en

/

pour nullum, nuil ou

fol;

pure de l'ancienne langue

que dérive la forme nontronnaise

en général, limousine

et,

de pareils mots. Mais la forme en

Ih,

réduite à

i^,

a laissé

quelques traces en haut et bas Limousin.

En les i.

dehors du cas précédent, c'est-à-dire ailleurs que dans

désinences en

On peut

all..,ell..,

couissi)^

1

.

.

aitan, aital et

qu'on trouve déjà dans Boëce'. Le limousin

que peu d'exemples de cette mutation dans

corps d'un mot. Je ne sais coueijâ (b

rarement changé en

formes de l'ancienne langue

citer les

aitre (alterum)^

actuel n'offre

etc., / s'est

=

couija]

si les

collocare (pr

=*culcitinum (pr.

in.

L provençal,

le

suivants ne sont pas les seuls*: .

colgar);

coueissi (b

.

1

coissi).

—L

suivant à la

fin

final

des mots la

même

vant les consonnes, est tombé chez nous après

loi

que de-

les voyelles

grêles et s'est vocalisé en u {ou) après les voyelles graves.

Ex.: solum, tale,

nadal, nadau

côu.

La i.

;

fil,

fî;

— culum,

cultellum, coutel, couteû

;

elle

ei

<=elh

(ille),

coué (pour couei. coui) à Tulle,

nacol,

;

en souffre au moins d'apparentes après

III,

comme on

dit,

=

pr. coltel,

Diphthongues, pour-

raient, à la rigueur, s'expliquer par la chute Ex.:

;

Ainsi les formes telles que coûté, mante

mantel, signalées ci-devant, chap.

*

— collum,

cul,

règle est sans exception après a et o d'une part, w

et ou de l'autre e et

— filum,

soû;

sol,

pure et simple

par exemple, à Rochechouart

;

= colh (collum), à Treignac — dei = deUi {deW), ;

etc.

muito {multum). Une forme pareille, en espagnol, a donné mucho, par méthathèse et durcissement de Vi. 3 La vocalisation de t en m n'est pas moins ancienne dans la langue. Voir le fragment de la trad. de l'Evang. de saint Jean (Xl° s.) reproduit ^

Gf. le portug-

dans Bartsch, Chrestom., * '

Il

col. 7 et suiv.

faut peut-être y ajouter ftoueifâ et boueissâ. Voir la noie 3 de la p. 89.

Sur ce mol, voir

ia

remarque de

ia

page

48.


PHONETIQUE de

bien

17,

qu'il soit

une réduction de

97

diphthongue

eu, la

pouvant avoir dans d'autres mots,

=

pr. abrieu, déjà signalées à la

évidemment de

même

même

désinence ne

que mê

tels

que cette origine. Mais, d'un autre côté, abreû

comme

préférable d'en considérer l'e final

la

formes

les

même

la vocalisation préalable de

1'/

=

meum, que

telles

place, résultent

après

et

i,

il

est

probable que dans ce mot-là et dans tous ceux qui ont

en provençal la double forme sidu de iu que de l'origine,

s'

la

il,

et iu, notre

il

diphthongue pr.

î

iu,

est plutôt

un ré-

quelle qu'en soit

étant toujours chez nous réduite à z, quand elle n'est

pas, probablement par l'intermédiaire de ieu, devenue eu.

En bas tombe

;

limousin,

mais

1'/

finale*,

en général, ne se vocalise ni ne

a une tendance marquée à passer à Vr, ten-

elle

dance à laquelle on

la voit

céder de plus en plus à mesure qu'on

s'approche de l'Auvergne, où cette mutation est ordinaire et

En haut

caractéristique.

rarement encore,

/ final

limousin et à Nontron, mais

ici

plus

ne devient r que dans un très-petit

nombre de mots, et, dans la plupart des cas que j'ai notés de ce changement exceptionnel, / est le résidu d'un Ih provençal. Ex.: *

bullit, hulh,

bur^;

peducfujlus, pezolh,

— melius,

pur '

;

rnielhs,

mier (Limoges);

milium, milh, mir

;

emb-

onilh, umbounir''.

Dans

les

mots empruntés au français, sauf après

tombe toujours,

'

11

/

final persiste

^. Il

se maintient aussi

faut entendre 17 réellement finale, par exemple,

noms en

ai, el, ol,

car au pluriel, grâce à

fasse plus sentir cette

s,

au moins

le

l's

i,

il

en état

au singulier des

qui suit VI et bien qu'on no

plus souvent, 17 se vocalise selon la

règle ordinaire. ^

Un

peu plus bas,

'

On

dit aussi et plus souvent,

à Ribérac, par exemple,

à Nontron,

on

pei.

dit bû, selon la règle.

Ces deux formes doivent

provenir, par bifurcation, d'une forme intermédiaire, elle-même déjà for-

tement contractée, "peulh, réduite dans second à pelh.

le

premier cas à pulh, dans

le

On dit aussi mi, embouni, selon la règle. Pour mi. on trouve à Limoges la forme mei, qui suppose melh au lieu de milh. s Dans les campagnes, il passe le plus souvent à i'r: carnavar, parasor. •*

Cela a lieu surtout après a.

Lh

final d'origine française subit

aussi


PREMIERE PARTIE

98

dans bal* et dans

ronom

le

démonstrditif fajquel

,

mais, dans

mot suivant commence par

ce dernier mot, seulement quand le

une voyelle. Ex.: quelôme, msih queûchavau. Soûl,

bel, tal,qual,

en pareille position, gardent aussi quelquefois leur /finale.

Lh On

a déjà vu les origines diverses de cette consonne double

récapitulons-les

;

ici.

Lh provient De /i (quelle que :

soit

dans cette syllabe

suivi d'une voyelle. Ex.: filia, filko

lionem, pavilhou. Cette condensation de

notre dialecte, en initiale

nous prononçons Iham,

comme dans

H en

le

ihé, les

llioun,

la

source de

— palea, palho;

;

lh se

Vi)

papi-

produit dans

corps des mots;

ainsi,

mots que, pour ne pas

dérouter le lecteur, nous continuons d'écrire, d'après l'ortho-

graphe classique, liam(ligamen), lioun (leonem), 2°

Do

z7

lié (lectus)

ou y/ suivi d'une voyelle. En ce cas,

consonne) se transpose. Ex.:

bajfujlare,

e

(voyelle ou

balhd. L'ancienne

langue avait pour ce mot une autre forme plus usitée, à ce qu'il

à

semble, où

mais à

1'/,

Vi,

l'a

.•

ne s'étant pas transposé,

restée en bas limousin [beila) 3°

De

cL

gl,

changés en

tl,

pi

*stupfu)la, eitoulho;

De

//.

;

ces deux derniers couples préalablement

(

Ex.: *acucla, (a)gulho

cl).

non

s'était uni,

bailar. C'est cette dernière forme qui est

;

— coagulare, calhâ — ;

siffujla, selho;

— Nous avons vu ci-dessus

(p. 96)

que

le lh

de cette

dernière origine est fort rare, sinon tout à fait inconnu, à

Nontron,mais

parfois la

même

Limoges pour

qu'il

a laissé en

finale,

mutation. Ex.: fouteur

foutuei,

(

sous sa forme réduite

— fr.

(e),

fauteuil), qu'on dit vers

qui est la forme indigène el correcte,

usitée

à

Nontron. '

Ce

doit être à l'influence française

que

VI,

pas se vocaliser. Peut-être aussi, et cela paraît dialecte, après avoir laissé

emprunté plus tard

celui

périmer

du

ei

français.

dans ce mot, a dû de ne

même

plus probable, notre

oublié son propre bal

(

bau ?

),

a-t-il


PHONETIQUE

99

des traces plus ou moins nombreuses sur d'autres points du

domaine de notre

En

dialecte.

dans

limousin, et aussi, je crois, en général

les autres

dialectes de la langue d'oc, Tancien ih final est toujours dé-

composé en ses éléments on rejette

ici

nous gardons

gue avec

ïi, qui,

A

;

i

consonne), dont et

1'/

complètement vocalisé, forme diphthon-

Ex.: miralh, mirai;

entier.

ginolh, janouei

et

(/

Nontron nous rejetons

précédente. Si cette voyelle est un

la voyelle

tombe tout

constitutifs

l'un, là l'autrs.

milh, mi. lien est de

Ih

artei;

artelh.

même

i,

en hautji-

mousin, sauf l'exception, déjà mentionnée ci-dessus et moins rare là qu'à Nontron, ou

vient r*.

En

préalablement réduit à

Ih,

Vi qu'on rejette pour

retenir

soMh

de-

*(soliculumJ, soûle l

;

tendance

qui, d'après la

1'/',

déjà signalée, passe ordinairement à

/,

bas limousin, c'est au contraire, en général,

r.

Ex- uelh (ocutum), :

trabalh,

el;

— ginolh,

trobal;

janoul.

Comme i

en

deux voyelles peut

finale, Ih entre

se réduire à

(consonne). Cette réduction est habituelle, en français, dans

prononciation parisienne (Ex.

la

bouilli);

en langue d'oc, on

la

:

Versaye, bouyi

remarque dans

=

Versailles,

le dialecte

pro-

vençal, où elle paraît constante (Ex.: bataio, Mireio). Elle est assez ordinaire en bas limousin (Ex

— souyé =

.

:

vouyo

= ôuvelho du haut

— touayo = pr

mais

limousin

;

on ne

pratique nia Nontron, ni dans le haut Limousin.

la

fr

.

I.

M initial,

soulier

— M

en règle générale

;

.

tnalha)

initial ,

reste m.

Il

s'est

changé en

muette correspondante de sa famille, c'est-à-dire en '

!'«, ^

Dans

certains lieux,

l'i;

b,

la

dans

exceptionnellement conservée aux dépens de

se vocalise quelquefois en u, solon la règle générale de C'est ce qui a lieu aussi

;

en languedocien

Dans ce dernier dialecte, 17 se mirau, souUu=miralh, solelh.

et

î'i

final.'.

en provençal (moderne).

vocalise en u, et l'on a, par exemple,


PREMIERE PARTIE

100

deux ou

trois

mots, tels que boulhàu

lieux. lia passé

moiol et bigarouei

non pas dans

qui se dit aussi, mais

mtgarouei*,

==.

les

=

mêmes

kVn, comme en français dans nâpo ^=mappa, forme féminine de mespi-

et dans menêplâ, qui provient d'une

lum moyennant un redoublement.

— M intérieur

II.

— Entre deux voyelles, m reste m. Ex.: dumetum, dumé.

A.

Il s'est

exceptionnellement changé en b dans abusa

= arnusd

monté jusqu'au p dans eipoufidâ, si du moins, comme je suppose, ce mot est le même que le pr. esmofidar. Il est devenu l dans sôulâ, qu'on dit en haut et quelques autres mots.

{= salvare),

limousin pour sôumâ miare, rounhâ (pr.

est

Il

n dans vendenhâ

et

romiar)= ruminare, garganelo

gamela, fanho (pr fanha) .

= *f

arnica

ou plutôt

en laissant par compensation dente. Ex.: fem(i)na, fenno;

dannâ,

— *cambiare,

— trem(u)lare,

nhâ;

m final

le

son nasal à la voyelle précé-

— pr.

sal', ce

On

chan-

qu'il fût

comme

ou non

suivi d'une

son distinct; mais

a laissé à la voyelle précédente le son na-

que Yn n'a

dirait

b,

sumpsir, sunsî.

— M final

autre consonne, a toujours disparu il

comme en

son distinct,

— sem(i)nare, sennd; — damnare,

de l'ancienne langue,

toujours aussi

comme

disparaît

chanjâ, ou, par assimilation du

trembla;

III.

Le

il

= pr. gar-

'

Après une voyelle et devant une consonne, m, français, devient n,

= vinde-

fait,

en général,

comme on

le

verra plus

en français mil—garouil. C'est le blé d'Espagne.

Dans ce dernier exemple, Vi (consonne) qui est dans nh provient du c, non de 1'», de farnica. (Voir pour cette étymologie le Dict. de Littré, au mot fange.) '

'

Je figurerai toujours par

latin. Cette

m

tout son nasal

final

orthographe, conforme à la tradition

ne pourra induire en erreur, quant à

provenant d'un

comme

m

à l'étymologie,

la prononciation, le lecteur étant


PHONETIQUE loin,

que

lorsqu'il

101

originairement en position.

était

Ym

son en est vraisemblablement que

La

rai-

avait encore en finale,

dans l'ancienne langue, une prononciation distincte. Les ortelles

fimus), qui

ne sont pas rares,

me

qui le prouve encore, ce

noms en

m

final

vime, crime,

(=

que ramps, femps

thographes

me

rams, fems, de ramus,

paraissent le démontrer. Ce

semble, c'est que plusieurs des

ont repris une voyelle flexionnelle. Tels sont

semé,

Ajant

lume.

ainsi conservé son existence

propre dans son passage du latin à notre ancienne langue, m,

devenu

final, s'est

trouvé plus favorisé que n, qui, tout

montre, l'avait perdue, le

cours des âges,

que

il

et,

s' affaiblissant

à son tour dans

a pu laisser trace de lui-même , tandis

en continuant de

n,

en

le dé-

s'affaiblir,

ne pouvait plus que dispa-

en entier.

raître

N

— iV initial

I.

Régulièrement, n potem, nebou.

Il

initial reste n.

sives de sa famille dans degu

— Entre

A.

deux voyelles, n persiste (Ex.: carminare, char-

ventre, venî;

— ponere, pounei), sauf exceptionnel-

m. Ex.: memi, memino

nément poupée),

une fois pour

adjectif

toutes,

même

il

devient

que l'm en

finale n'a plus d'autre

prim (primus), soum {somnus), doivent

être

\'n

à la

place. Ainsi les

étaient écrits fun, lian, prin et

commu-

substantivé dont l'origine est in-

(urti

de

:

[petit enfant, petite jUle, plus

mots

celle

— ne-

aux explo-

= nec unus.

lement dans quelques mots où

averti,

noum;

— N intérieur

IL

menâ;

Ex.: nomen,

est passé, dès l'ancienne langue,

soun

valeur que

(fumus), liam {ligamen),

prononcés

comme

sils


PREMIERE PARTIE

102

mais qui, dans

certaine,

autres idiomes romans où

les

rencontre*, a toujours n au radical Ex.: venenosus, verenoû

r.

se

il

;

;

Je ne puis retrouver d'exemple de cette mutation, mais est peu probable qu'il n\y en ait pas aussi crois-je devoir l.

il

;

noter pour mémoire.

la

B.

— Entre

une consonne et une voyelle, n se comporte

difFéremment, selon que la consonne est plus ou moins compatible avec lui.

reste n après m, après les liquides et après

Il

Ex.: damhare, dannâ;

nada, fournado;

mer

salfijnarius, sôuniê;

combine, pour

as(i)nus, asne, âne. Il se

s.

"^furnata, for-

for-

nh, avec la gutturale muette douce (g). Ex.: pugnare,

pounhâ;

— sangfuijnare, sannhâ. Enfin

il

se

change en

r après

les labiales, les dentales explosives et après c. Ex.: carp(i)num,

chaupre;

—cophfijnum

.

côfre ; —ordfijnem, ordre;- diacfojnum,

diacre,

— Entre une voyelle et une consonne, n se change aussi

C.

quelquefois en

r.

ou encore en

/; an(i)malia,

Ex.: anfijma,

armo ;—can(na)bim, charbe;

ôumalho

{=

almalha). Mais ces

mutations sont exceptionnelles. Sauf devant g, qui, ramolli en y, s'unit souvent avec lui pour former w^*, la règle est qu'il disparaisse

comme

compensation,

le

son distinct, en laissant seulement, par

son nasal à la voyelle antécédente".

dans beaucoup de mots, cette dernière trace del'n

Même

s'est effacée.

Tels sont ceux, en général, où cette consonne était suivie, en

d'une spirante dentale ou labiale

latin,

ration de

*

Vn en de

pareils

Par exemple en espagnol

celle dernière langue, le

mots

et

féminin

^

[s,

était déjà

/"ou y). L'oblité-

achevée dans

en portugais: menino,

memna,

outie

le

l'an-

memna. Dans

sens propre, a aussi

le

sens métaphorique de pupille, prunelle, que l'on donne chez nous au mas-

memi. riez

culin

mina 2 '

.

tire

au mot menin.

Littrê

dans

cl

congénères du gaélique «/nn

.

(Voir

Diez lui-même, VÔrterbuch, tome 1", au mot

)

Voir ci-dessus, 11

iiienino el ses

ne les

s'agit

ici,

article

du

G, II, A, d.

bien entendu, que des mots d'origine populaire

mots savants, Vn

est restée.

,

car,


/

PHONETIQUE

cienne langue

mais

;

comme

lectes,

prouvent

le

commune à

tous les dia-

doubles formes (par exemple,

les

que Ton trouve de presque tous. Ce sont

conjir)

cofir et

pas

elle n'était

lOS

les

premières, c'est-à-dire les formes dénasalisées, qui ont prévalu

en limousin, non pas, à la vérité, dans tous catégorie, car

j en

il

a,

où là voyelle est nasale

;

les

mais

est possible que,

il

part de ces derniers, au lieu d'être restée

seulement redevenue, et que ceci

Quoi

çais.

en

qu'il

soit, voici

trans, iras,

dans la plu-

telle, elle le soit

dû à l'influence du fran-

soit

des exemples de l'effacement

complet de Fw après toutes les voyelles

Après a:

mots de cette

au contraire, un assez grand nombre

:

trâ; — mansum,

mas,

ma;

— mansio-

nem, maiso, meijou.

Après e: burgmsis,

— prensus,

borzes, bonrjei;

près, prei;

pensum, pes, pei^.

Après su la,

i :

isla,

Après

infantem, efant, efan;

;

cofir, coufî

conficere,

— cnnsilium, coussinço; — bonfojs,

vidà;

un{o)s,

était

= pr.

;

— —

*convitare, covidar, couconscientia,

ses,

N

cossiencta,

final

deux cas:

1° celui

suivie, en

latin,

elle était suivie

Ajoutez sei

'

in-

us,û^.

faut distinguer

cienne langue

sine,

bos, boû.

III

2° celui

inflare, uflar, ûflâ;

coussei;

cosse Ih,

Après u:

Il

îlo ^.

l'n finale

de l'an;

d'une voyelle.

forme

accru du suffixe adverbial

d'une autre consonne

affaibliti

de

.sens, senes.

qui est

le

latin

s.

* Ajoutez di~de intus, par l'intermédiaire du prov. dins, qui est lui-même un afîaiblissement -le dintz, et exceiitez min {minus) ^- mens, de la vieille langue, où du reste la même exception a eu lieu C'est dans

mots où

les le

l'n était,

plus d'exemples 3

Ajoutez

lunoB),

di/ti,

en

latin,

précédée d'un

du maintien de

i

que

l'on

remarque chez nous

cette consonne.

déjà dilus en pr., par affaiblissement de diluns {dies

où r« paraît devoir être considéré comme un

sufiBxe adverbial.


PREMIERE PARTIE

104

Dans

premier cas, Yn, en disparaissant toujours

le

son distinct, a laissé à la voyelle précédente

Ex.: grandem, gran*;

adverbes);

de intus,

secundum, segoun.

Au

annum, an; dintz

comme

son nasal*.

le

— mente, men (dans — montem, moun; —

les

din^;

,

contraire, dans le second cas, sauf quel-

ques exceptions qui vont être spécifiées, Yn

complète-

s'est

ment effacée et la voyelle précédente est demeurée pure. Exemples Après a: germanm, german et germa, germo; — Mussida:

num, Muycida, Moueicido ; crestio (à

Tulle) . A

ce dernier

crestian et

chrisiianus,

forme française. Quelques autres dont

la

moins

crestia,

mot s'est substituée, àNontron, que

usitée, à ce qu'il semble,

la

forme en a

la

était

forme en an, ou qui

n'avaient que cette dernière, ont pris également chez nous la

désinence française. (Voir ci-dessus, chapitre

III,

1'®

section,

le;

A.)

Après ben

et

aie;

fenum, fen et

e:

be;

be,

— venenum,

fe, fe ;

— plénum, plen

— lenem, et

len et

pie, pie;

veren etvere, vere. L'e, à

le,

— alen^

bene,

et aie,

Nontron du moins,

est resté nasal dans rea (lat. ren) et dans seren.

Après

i: finem, fin et fi, fi;

dtvinum, devin et devi, maft*. Il

n'y

a,

— vicinum, vezin et

devi; —

vezi, vezi;

matutinum, matin et mati,

je crois, d'exceptions que

pruntés au français, tels que serin,

dans les mots em-

catin,

Yi,

devenu

e,

reste nasal.

*

Excepté, en bas limousin seulement, dans les désinences verbales de

la troisième

personne du pluriel ou

{=

unt). Cet affaiblissement

remonte

à l'ancienne langue. Voir, ci-après, Conjugaison. ' L'a de ce mot a perdu exceptionneilemonl le son nasal dans la locution gramarcei {grand merci), ce qui s'explique assez par l'usage continuel de cette locution. Il en est de même, et par la même raison, de celui de tantum, devenu ta ou to dans plusieurs locutions. ' Voir la note 2 de la page précédente pour la forme di, usitée concurremment avec din. * Voir d'autres exemples au chapitre III, 1" section, A. Démo, cité à cet endroit, a gardé sa forme primitive dans la locution demano sei (= deman a ser), qu'on prononce comme un seul mot.

5

Alen

est le substantif verbal

de aLenar

=

anhelare.


PHONETIQUE Après o: rationem, razon lement de tous

105

et t^azo, razou;

— et

mots provençaux en on

les

encore de tous ceux de

la

empruntés au français.

même

ainsi,

(o)

non-seu-

nombre

n'y a qu'un très-petit

Il

mais

final,

désinence que nous avons

d'exceptions, et ces exceptions n'atteignent, parmi les mots

non empruntés, que des monosyllabes*. Ex.: bonum, bon donum, don, doun ; bo, boun ; — tonum, ta et ton, toun ;

et

leonem, ko, lioun

;

— non, no

et non,

mots d'origine française, on peut

nou et noun*. Parmi citer

minhoun

et

les

mâroun

{marron)

Après tions de

u.

— On trouve

la règle

:

n

nique [brun] que

est

ici

autant d'exceptions que d'applica-

tombé dans bru (même origine germa-

français brun); dans y 7m,

le

dérivé

toute apparence d'une forme altérée de granum, dont sens, et dans degu

un

et son autre

num)

et

{nec unus);

^

composé chacun,

ceux où

l'orthographe

le

'

Demoun

moni, où

ni,

Noun ne

de

comme

l'w,

d'une autre consonne et le

son nasal

la voyelle qui le précédait;

dis-je, de sa chute a été

que cette voyelle,

apparences, a cessé d'être en position. Ainsi s'ex-

n'est pas

une exception. La forme première du mot

à peu près identique à nh, a été traité

composée dans ^

la chute

que fontem, ardentem, c'est-à-

était suivi

en disparaissant, à

laissé,

malgré

tels

le

de plus, dans jun (de jéju-

maintient toujours pour figurer

une conséquence, les

il

a

au contraire, dans

.

— Une conséquence de

son distinct, dans les mots dire dans

a

et,

dans coumun {communem)

Remarque.

qu'il

est resté,

il

selon il

fow/i,

fait

comme

cette

est de-

consonne

besonh, dewenus loun, besoun. (Voir ci-après N/i

.

)

pas réellement exception, car on ne l'emploie que devant

une particule négative {pd, pouen ou gro), avec laquelle la prononciation l'unit comme en un seul mol, et ou comprend qu'il échappe ainsi à la règle de Yn finale pour suivre celle de Vn intérieure. '

L'n reparaît dans degunlio {nec uno

loco),

parce que

le tout

qu'une espèce de mot composé, où l'n se trouve dès lors soumise à loi que dans noungro de la note précédente. 8

ne forme la

même


PREMIERE PARTIE

lOfi

plique que Yo de pareils

mots

subi, en limousin,

ait

déjà probablement dans la langue classique, le

ment que Yo long par nature, uniformément

qualifiées

(Voir ci-dessus, chap.

que

et

les

par

d'étroites

comme

même

traite-

rimes en en soient le

Donat provençal.

31-33.)

III, p.

Nh On

a vu précédemment les sources diverses de cette con-

sonne double. Je

Nh

provient

De

les rappelle ici

:

:

ou ne (préalablement changé en ni] précédant une

ni

vojelle: ingeniosus, enginhos, ginhoû

De gn De ng

2° 3°

:

regnare, renhu ;

:

plangere, plânhei, ou ne

;

*vinea, vinha, vinko;

punclum, pr. ponh.

';

Nh a aussi quelquefois pour origine dans l'ancienne langue, comme en espagnol*, Vn redoublée. Ex.: estanh == stannurn, gronhir

= grunnire.

d'ailleurs,

ne se remarque pas en limousin.

De même que à

/,

ce que

Mais cette mutation de nn en nh, rare

Ih final

de l'ancienne langue se réduit souvent

nous avons vu, par exemple, en bas limousin, de

même nh final se réduit quelquefois à comme celle de Ih, particulière au bas loun les

;

limousin, bien qu'on la

en haut limousin. Ex.: longe,

constate aussi parfois

— bcsonh,

n. Cette réduction est,

besoun. Chez

formes résultant de

la

nous, on préfère, en général,

dissociation

des éléments de nh

(n-y) et de leur transposition, formes déjà usitées

concurremment avec *

d'ailleurs,

premières, dans la langue classique.

Entre deux voyelles, ne, par exception, a donné également nh dans

Irounho,

si

du moins, comme

tronc, vient bien d'une est,

les

je suppose,

ce mot, qui signifie

probable qu'une mutation du c en

comme Ex.

le :

prouve d'ailleurs

ano

=

annum.

A'ouc/ie,

forme vulgaire et féminisée de trnncus. Mais g^

avait

le fr.

fange.

il

dû précéder. Pareillement

fanho, sil vient de *fan(i)ca (pour *famica) a dû passer par

^

lonh,

*

fanga,


PHONETIQUE

107

Ainsi nous disons louen ou luen, besouen et plen

diphthongue

la

devenue

ai,

=

DansjMW

e*.

junh de junius, nous avons,

en bas limousin, rejeté simplement Vy du nh

que Yy associé à Vn

cas,

(= plaing),

probablement sous l'influence française, est

se transpose

'.

comme

Dans tous

les

ou disparaisse, cette

dernière consonne se conforme toujours à la règle générale

de

c'est-à-dire qu'elle perd

l'n finale,

sa valeur propre

n'est plus que le signe de la nasalité de la voyelle

et

ou diph-

thongue antécédente. Même, dans deux ou trois mots d"un usage très-fréquent, perpai (poitrine)

elle s'est

= perpoing

complètement

efl'acée.

pouei 'no et pei 'no

^,

Tels sont

= pomt

(ou

ponh) una.

Les relations d'échange, que nous avons vu plus haut unir /

et n, existent aussi naturellement entre Ik et nh.

Ces deux

consonnes composés peuvent donc permuter ensemble. C'est ce qu'on voit dans borlhe, comparé au français borgne et à l'italien bornio, et

dans tourlhou, qui se

pour trounhou {=îv. trognon),

De môme

'

eiten

dit

en bas limousin

usité chez nous.

= estaing, autre forme

de estanh (stannum)

et

eitren

= estrain ou estranh (extraneus) L'ancienne langue nous offre déjà celu; forme réduite à côté de la

-

forme complet.;.

comme un

— Eitan

autre exemple

(stagnum), qu'on pourrait être tenté de citer

du

de

reji^t

de nh, provient non de estanh,

J'y

mais d'une deuxième forme concurremment

stagnum, au transposant.

lieu

De

de se ramollir,

cette

usitée, estanc, ou le g de au contraire renforcé en se

s'était

forme estanc dérive

le

féminin eitancho [stanca

dans Raynouard). •*

Cette élymologie paraît certaine,

étant devenu, par métonymie, le

le

vêtement qui recouvrait la poitrine

nom

de la poitrine elle-même. Voici,

d'ailleurs, la série des modifications, toutes parfaitement

suppose pai.

le

normales, que passage de perpoing à perpai: perpoig, pirpouei, perpei, per-

Le même procès

(a)praimo

=

sai~

sei

(sauf

la

perte

(a)preimo =(a)proueimo souei

= soi {sumj.

de

=

la nasale; se

remarque dans

aproisma [approximat^ eldans


m

PREMIERE PARTIE

CHAPITRE SIXIÈME ACCIDENTS DIVERS DES CONSONNES SUPPRESSION ET ADDITION;

COMPENSATION;

ACCOMMODATION;

MÉTATHÈSE

Comme rons

nous l'avons fait pour les voyelles, nous consacreun chapitre supplémentaire aux divers accidents

ici

éprouvés par

consonnes, dont nous n'avons pas traité en-

les

core OU dont nous

n'avons parlé qu'accidentellement, d'une

manière incomplète, et sans

la suite et l'ensemble

néces-

saires.

I.

A. l'a

Suppression de consonnes.

— Aphérèse. — Cet accident, ordinaire à que

vu, mais

les

l'a,

comme on

autres voyelles n'ont subi qu'exception-

nellement, atteint assez rarement les consonnes.

Le p de l'ancienne

ptisana et de psalma est tombé, dès le temps

énoncée plus lors,

loin.

Le g de grundire a également disparu, dès

bien qu'aucune

loi

phonique ne

puisque,

l'y contraignît,

g normalement appelé devant dans granoulho. Après ces exemples, je citerai les deux sui-

au contraire, nous avons vu r,

de

langue, en vertu d'une règle générale qui sera

le

vants, qui paraissent plus particuliers à notre dialecte

glirem;

eirisseû

= petroselimim

[pr. peiressil) et

prononciations rustiques et mangées du disparaît,

phénomène inverse de

celui

pronom

:

liro

=

certaines

vou, où le v

que nous avons con-

staté ci-dessus à l'article de Yh.

Dans quelques mots, l'aphérèse consonne

initiale,

beliito (fr, bluette),

mais encore dissime

=

fr.

atteint

non-seulement

la

Ex.:

=

la syllabe entière.

grandissime.

La seconde

lûto

syllabe


PHONETIQUE a

même

109

=

disparu avec la première dans morfôusâ

méta-

fr.

morphoser.

B.

— Syncope. — faut distinguer trois cas: — En pareille po— Consonne simple entre deux Il

voyelles.

a.

d

sition, le

muette dont

est la seule

que nous avons à

en

l'affaiblir

néral à

même pour

de la répugnance

car au lieu de tomber, les

z,

autres muettes à qui cela reste possible s'affaiblir. C'est

dans notre dia-

la chute,

lecte, soit constante. Cela vient, je suppose,

bornent en gé-

se

ce qu'on a vu pour les fortes

c,

/*,

p,

douces g et b. Mais ce sont celles-ci naturellement qui devaient présenter et qui présentent en effet le et

nombre d'exceptions.

plus grand

ments

les

(Voir, pour les développe-

et les exemples, le chapitre

V

ci-dessus,

2» et 3^

P"*,

sections.)

La syncope

des liquides et des spirantes est rare et excep-

Ex.

tionnelle.

Même, pour

recheivâ=: pr.

:

en présente

C'est le V qui

cette

tombe entre iei

a.

ou de râteau) :=

recalivar,

plus grand

le

biasso

=*bisaccia.

nombre d'exemples.

consonne, la règle est qu'elle

dernière

C'est ce qu'on voit dans pie [dent de peigne

pr. piva et

dans les imparfaits en

ia,

le v

disparu n'était, d'ailleurs, qu'un affaiblissement du b latin des flexions ebam, iebam, b.

— Groupes

remontant jusqu'au

de deux consonnes.

latin vulgaire.

— Tout

couple de

con-

sonnes dont la première est une muette et la seconde toute autre qu'une liquide se réduit à l'unité par l'élimination de la

première

*,

lorsqu'il n'y a pas

eu vocalisation de

— september, setembre; — — deb(i)lum, — adversarius, — de même jôyo; —

october, otobre

aversiê^;

dja,

infectio,

empruntés au français,

*

T

'

infecî ; si

Le

l'a

diable^

Ex.

la

et

dans

:

— gau-

les

mots

première des deux consonnes est

tombé dans mialho {mealha)

^

metalla,

préalablement changé en d.

La chuto des muettes, en

comme on '

s'être

vidva, vevo;

dete;

est exceptionnellement

mais après

celle-ci.

delectare, deletâ;

;

pareille position, a

vu ci-dessus dans tisano, saume

comme envieux

français.

~

lieu

aussi en initiale,

ptisana, psalnia-


PREMIERE PARTIE

110

une muette

que aciden -^

forte, tels

cette première

Si

accident, adotâ

mieux quelquefois insérer une voyelle vante, poi.r éviter leur concours,

Ex

=

ademirable

:

== adopter.

consonne est une muette douce, on aime (e)

que de

entre elle et la sui-

tomber.

la laisser

admirable. Cette prononciation est con-

mot

stante chez les paysans, et tout

français qu'ils adoptent

doit se plier à ces lois.

Quand

deux consonnes qui

les

également

la règle s'applique

que

ses, c'est-à-dire

ment comme qu'une

s);

les

ndpo ;

et, ici,

muettes. Ex.: russa, rousso (on ne

;

gutta, gouto;

bella, bêlo;

— flamma, fldmo

fait

confor-

sonner

pulla, poulo;

anguilla, anguilo;

-

mêmes,

sans distinction de clas-

les spirantes et les liquides s'y

terra, têro*

medulla, meûlo;

se suivent sont les

— mappa,

'.

Les couples composés de

et d'une autre

,s

consonne se ré-

duisent presque toujours à l'unité par la chute de Vs. D'autres

comme on

fois aussi,

l'a

vu

(

chap. V, section

II,

S), les deux

consonnes persistent toutes deux. C'est la règle à Tulle et l'exception à Limoges.

Pour

les

couples dont la première consonne est une liquide

ou une nasale, voir culièrement

la section

les articles

Les couples dont

de

IV du précédent

chapitre, parti-

intérieur et de n intérieur.

/

seconde consonne est une liquide ou

la

la

nasale n, et dont la première ne s'est pas vocalisée, persis-

changer en r

tent, sauf à

pathiques à

la

/

ou

première. (Voir

tion IV.) Quelquefois aussi

contrairement à

alors,

non

la

chavillio

mot '

réduisent à l'unité; mais

la règle générale, c'est la

seconde et

:

— lamfijna,

peti? ;

lâmo ;

— prestre, pêtre — — domfijna, dâmo. mais

exemple à Ribérac, on continue de

et

dans

Exception

:

elle n'est

;

facile-

plus,

clavicula,

;

C'est la prononciation de Nontron,

bas, par

chapitre précédent, sec-

le

se

consistance. Ex.: plorare, purâ

ce

ils

consonnes sont anti-

première consonne qui tombe, et cela s'explique

ment par sa moindre pu; fr. plaît-il?,

*

n, si ces

pas générale. Plus

faire sentir les

deux r dans

les semblables.

annado

(

--

^

annata

).

dont

l'a initial est resté

nasal.


lU

PHONÉTIQUE Le même mode de réduction a

été appliqué exceptionnel-

lement à deux couples inversement composés {rv et nd) dans gara

=

vervactum

garag

pr.

(

=

dans prenei, reipounei

et

),

prendere. respondere. Contrairement encore à la règle générale, le y

(

ou M consonne) tombe souvent après

nous avons vu ci-dessus (chap. V, jours après g et c.

Ex.

q.

:

futuere, fouiei;

tour,

ou elle

si

même

le

s,

comme tou-

sua, sa.

La dernière

c'est d'elle

que dépend

Groupes de plus de deux consonnes.

consonne d'un groupe persiste et la chute

et

t

section) qu'il le fait

3''

maintien de Tavant-dernière. Celle-ci, à son

a pu se maintenir, exerce sur l'antécédente la

La

action souveraine et ainsi de proche en proche,

règle générale qui régit les groupes de deux consonnes s'applique donc aussi suffit

la dernière et

comme comme bra.

aux groupes d'un plus grand nombre*.

la la

en considérant chacune des autres tour à tour

première d'un couple,

si

et,

elle est

Nous avons d'abord

qui, d'après la règle, persiste

hr,

Umbra donne donc

même

rement oumbro. On décomposera de presb(y)t(e)rum en

^r,

qui persiste

;

bt,

le

autre;

:

hosp{i)tale :pt se réduit à

— alterum:

— ordfijnem

changer en

r,

tr persiste,

:

rc?

d

persiste,

l

devant

change en

b,

persiste; donc ordre;

rb persiste

;

t; st, qui,

ixnra,

pêtre

st persiste

;

donc

se vocalise

;

donc

^,

moyennant que n consente à

souffrant pas devant soi de nasale, se

t

;

réguliè-

groupe sbtr de

qui se réduit à

à Nontron, dans ce mot, laisse tomber Vs, et l'on

Autres exemples oustau;

maintenue,

seconde d'un autre couple. Soit, par exemple, um-

puis mb, qui persiste également.

se

Il

de les diviser par couples successifs, en commençant par

tn,

marmfojr: r ne

pour éviter

donc marbre

persiste, se persiste, ns se réduit à s ;

— ;

la chute,

— monstrare

donc mostrar (pr.

Nontron montra, par réduction subséquente de

la

: tr ),

à

forme pro-

vençale.

l

* Elle y est aussi naturellement sujette aux mêmes exceptions. Ainsi tombe dans sangu =.pr. sanglut (singultus), comme dans purâ

plorare

;

v tombe dans

cotisei

-=.

consuere,

comme

dans foutei

= futuere.


PREMIERE PARTIE

112

— Apocope. —

C,

Les mots

langue d'oc, en perdant, quand

latins, il

dans leur passage en

y a eu

lieu,

leur voyelle

désinentielle, avaient conservé intactes leurs consonnes finales,

tant radicales que flexionnelles*, excepté le m, déjà oblitéré, d'ailleurs,

en latin vulgaire, de l'accusatif singulier. Ces con-

sonnes,

suffit ici

il

de le rappeler, sont toujours tombées en

limousin*, sauf les liquides et les nasales, dans les cas et sous

déterminés dans

les conditions

y en a

chapitre. Lorsqu'il

la

IV du précédent

section

plusieurs à la fin d'un mot,

tombent toutes, à moins que

la

première ne

elles

ou

soit liquide

nasale, auquel cas celle-ci persiste, toujours sous les conditions déjà déterminées. Ex.: temps, tem; sartz, eissar;

— forn, four; —

— —

serps, ser ;

corps, cor; est, es, ei;

es-

sept,

set, se.

Remarquons

que

ici

consonne radicale (la dernière, quand

la

y en avait deux), supprimée ou vocalisée à la fin des mots, reparaît dans la dérivation ou dans la flexion, sauf à subir, s'il il

ya '

lieu, les aflaiblissements

Il

imposés dans

le

corps des mots

faut excepter quelques mots proparoxytons, dans lesquels, contrai-

rement à

pénultième voyelle ayant été maintenue,

la règle, la

a entraîné dans sa chute

=

phanum, orgue

la

organum,

(as)sale

salicem, pâle

moins

que

dernière

celle qui prescrit la

chute de

la

= or-

= pallidus, ôre =

horridus, tebe -- tepidus. Mais peut-être eu de pareils mots est-elle

la

consonne antécédente. Tels sont: orfe

la règle violée

pénultième voyelle atone

celle qui régit les

groupes de consonnnes: râfe, par exemple, repré-

senterait dans ce cas

non rapha(num), mais raph(a)num. rafne, dont

Yn,

au

lieu de

persister en

se

transformant en

r,

comme dans

côfre

(coph(i)num), ou en imposant la chute à la consonne précédente, selon la règle

générale

comme dans jaune {=

,

galb(i)num),

serait

elle-même

tombée. '

L'apocope a

même

atteint,

dans notre

dialecte, la syllabe finale entière

de quelques mots, dont la dernière voyeUe, conformément aux

lois

pho-

niques, avait persisté dans la langue classique. Ex.: pat, mai, frai*; paire, maire, fraire, qui,

même, *

On

eicri, deitruî,

du

reste, se disent aussi

en quelques endroits. De

plus usités que les formes complètes eicrire, deitrmre.

trouve déjà /rat dans l'ancienne langue, à côtô de fraire et d'une troisième

forme /rar. Cf. faire

et far de facere.

règle, à fâ, qui a prévalu à

Nontron

Pour ce dernier mot,

c'est

/ar, réduit, selon la


PHONETIQUE

113

aux consonnes de son espèce. Ex.: peu (pel),pelâ; blan, poû (pultem) eipoûtî; ver, verdo (ou verto]\ cho; (granum), engrunâ

Lorsque ou nh,

Ih

— gran, grando; — eue

;

blan-

gru

(pr. cuech), cuecho.

Tune des deux mouillées, reparait également dans son intégrité, et pour

consonne

la

elle

finale était

cela reprend à la voyelle antécédente ce qu'elle lui avait prêté

d'elle-même, pour la diphthonguer seulement

si elle était

Ih,

elle était nh, en sorte

lui donner de plus le son nasal si que cette voyelle redevient simple et pure. Ex.: trabalh,

pour

trabalhâ;

jinolh, janouei, janoulhd

;

trabai,

besonh, besouen et be-

soun, besounho. C'est ici le lieu de parler des liaisons.

Notre dialecte en a

peu de souci, ayant au contraire, comme on Ta vu, un goût prononcé pour l'hiatus. Aussi n'est-ce que par exception, dans des cas rares et particuliers, qu'on voit reparaître dans la pro-

nonciation une consonne finale devant la voyelle initiale du

mot suivant. Les consonnes

qui,

absolument oblitérées ailleurs,

reparaissent ainsi dans certaines positions, sont d,

t,

s, z,

/et w.

Le d, de la préposition ad reparaît devant quelques mots tels que un, aqueû : ad uno fenno, ad aqueû prî ; mais cela n'est ni général ni constant.

T final pluriel,

du singulier

reparaît, à la troisième personne

dans

les verbes,

et

du

devant les pronoms personnels mas-

culin et féminin eu et elo, à la fin de net (noctem) dans la locution net e jour,

dans

les

noms de nombre

devant deux ou trois mots seulement, tout,

devant toutes

la fin de

noms

mais en prenant

pronom

nous, vous, et le

*,

vint,

cent,

tels

que aw,

ourâ.,

dans

encore accidentellement à

les voyelles, et

quelques autres mots, tels que

S final reparaît,

huet

set^

le

petit, tant,

son de

z,

quant.

entre les pro-

en dans les locutions nan-nous-

en, nâ-vous-en (fr. allons-nous-en., allez-vous-en'^.)

Dans certains ment en liaison. '

'

En

lieux

bas limousin, Vs de

aussi en liaison.

Mais cela n'a

Il

lieu ni

en

est

la

forme

/tuec/i

a prévalu,

l'article pluriel,

de

même

masculin

le

ch reparaît égale-

et féminin, reparaît

dans certaines parties du Périgord.

à Nontron, ni en haut limousin.


PREMIERE PARTIE

114

Le 2 final de diez {detz) reparaît dans les noms de nombres composés diez-ue, diez-e-nôu (18, 19) et devant an et ourâ. L'n de un, de boun et des pronoms moun, toun, soun, reprend

devant tous

pour

mots à voyelle

les

initiale

une existence

réelle

se lier à eux, et la voj'elle antécédente de nasale redevient

pure. Ainsi un ôme, houn ami,

moun

efan, doivent être pro-

noncés u-nôme, bou-nami, mou-nefan.

L7du pronom (a)g'Me/, en liaison devant

vocalisée

les voyelles

:

enw partout ailleurs, reparaît

quel ôme, quel efan.

même, mais non pas constamment, de quai., et

Il

plus rarement encore de celle des adjectifs

Remarque.

On

en est de

pronoms

17 des

tal,

soûl., bel.

constate dans certaines locutions très-

usitées quelques suppressions de consonnes, soit initiales, soit finales,

mais qui ont plutôt

caractère d'une syncope que celui

le

d'une aphérèse ou d'une apocope, parce que

le

mot qui

les

subit paraît toujours, dans la prononciation, n'en former qu'un

précède ou celui qui

avec celui qui

le

avec tous

deux.

les

La chute de

la

le suit,

quelquefois

intime encore, grâce à la contraction qui s'ensuit. Ex.:

=

se disset-eû

tan prochain ) J'ajouterai, qu'ici la i=-

;

(

fr. dit-il);

fr

.

d'uei en

= pouen uno

(fr.

pas une

)

)

— Compensation

Ce phénomène constitue une sorte de balancement orga-

nique. Les voyelles radicales sont sujettes à

compensation devant des

proquement,

les voyelles

sutfixes

C'est ce

sont sujettes

et des verbes.

par

à se renforcer par

les suit vient

que nous avons déjà montré au chapitre

drons en traitant des noms

s'aff"aiblir

chargés et pesants*. Réci-

compensation, quand une consonne qui

(

fr.

sisset-

un an

fût intérieure, la locution dabouro

de bonne heure

II.

a

)

=

autre exemple de contraction violente, bien

consonne disparue (

dueinan

peino {poueino

-

comme

de bouno ouro

même

consonne rend l'union plus

II.

à tomber.

Nous y revien-


PHONÉTIQUE Il

115

arrive souvent alors qu'à la place de la consonne tombée,

y

il

de la voyelle

a un renforcement

d'allongement ou de diphthongue*.

Les consonnes dont limousin,

L

s, r,

dans quelques cas rares, d, c ei g. en finale, soit devant une consonne in-

S, en tombant, soit

Ex.: pasta, pâfo

un

e,

elle

;

la

pâ. Si cette voyelle est

—pas,

fust,

ei.

voyelle

Voir ci-dessus, aux cha-

articles de Ye et de Vs,

pour

les

développe-

et les exceptions.

J'ai expliqué,

au chapitre

II,

l'influence des consonnes explo-

sives finales sur la voyelle qui les précède qui, grâce à elles, s'abrège

brève reste

se

Ainsi, Vi d'ami est bref

peu près tous

il

les

même phénomène

et est

doit à

consonnes sont suivies d'une

au pluriel où

représente

ic. Il

noms terminés au

Mais dans beaucoup de cas,

tombée avec

l'explosive

si elle

produire, en vertu de la loi qui régit les

voyelles en position, lorsque ces

au singulier où

immédiatement

est longue, et

si elle

sous l'accent. Le

telle

plus forte raison

s.

précédente.

par compensation

fû; devient le plus souvent

pitres III et V, les

ments

chute est ainsi compensée sont, en

la

et

ui, n,

térieure, allonge

précédente, par voie

»

l's

il

représente

en est

ainsi

tes,

comme

au pluriel d'à

singulier par une explosive.

finale

a exercé, par dessus

son action ordinaire sur

elle,

la

voyelle antécédente, en l'allongeant ou l'empêchant de s'abré-

ce qui a eu lieu, par exemple, dans toutes les

ger. C'est flexior<?

et

l'e,

verbales de la deuxième personne du pluriel, dont l'a

certainement brefs dans l'ancienne langue

afis, etisj,

fatz, etz

=

et restés tels dans les dialectes qui ont conservé les

consonnes

finales, sont longs

temps, Ve de

devenue

est

etz

en limousin. Même, à certains ei,

comme

celui de

es;

mais

une véritable corruption qui n'est pas universelle. Ordinairement, si le t n'a pu empêcher Vs d'allonger Ye dont il c'est là

séparait,

le

il

a,

du moins, défendu

celui-ci

de

la

diphthon-

la

diphthon-

gaison.

La chute de r *

final

après

Baudiy, Gram. comp.,

e est

p. 58-59.

compensée par


PREMIERE PARTIE

116

gaison de cette voyelle en ce

phénomène ne

reste e et

même

contrée de

l'a et

J'ai

ei.

déjà dit qu'en bas limousin

se produit pas.

s'abrège.

il

de Yi des

Il

Après

en ar et en

infinitifs

de ce qui a lieu chez nous et dans

traire

où ces voyelles, en devenant

chute de IV, Ye

la

en est ainsi dans la

finales,

même

au con-

î'r,

haut Limousin,

le

conservent leur quantité

originelle.

La chute de

/

après une voyelle est compensée par la diph-

thongaison de cette voyelle avec u ou avec

gement. Voir ci-dessus, chapitre V, à

La celle

m

chute de

(comme son

distinct)

est

de la voyelle antécédente.

nasalisation

i,

ou par son allonde

l'article

Il

1'/.

compensée par en est de

même

la

de

de Vn, mais non pas dans tous les cas. Voir ci-dessus,

chapitre V, aux articles de ces consonnes.

probablement en raison de

C'est

sonnes

û?

et

d compensée dans quelques mots, comme

celle de

diphthongaison de la voyelle antécédente en creû ;

deux con-

des

l'affinité

toutes les deux dentales, qu'on voit la chute du

/*,

veû ;

videt,

si

qu'elle paraisse, entre l'/et les gutturales dures g et

voit la chute de ces consonnes

par l'insertion d'un b. lat. salma, esp.

Le

u^.

comme

(pr.),

la

crerfiV,

— vado, vau

C'est aussi, sans doute, par suite d'une affinité,

merauda

par

1'/,

Ex.:

m.

fait est certain

esmeralda et

anomale que l'on

compensée dans quelques mots

prouvent

le

c"^,

it.

les

pour saumo

et es-

formes intermédiaires

smeraldo, de sagma etsm-

aragdus

Remarque.

— On pourrait,

à la rigueur, considérer

comme

des compensations tous les phénomènes mentionnés dans les

précédents chapitres sous

'

Aux exemples

le

nom de

vocalisation de consonnes.

déjà allégués, à la page

germanique

folrar, d'un radical

77,

de

l

d, ajoutez

pr.

fodr, qui se retrouve intact dans l'italien

fodero, foderare. » Cf.

3

du

cacau

et calau, qui sont

Aux exemples pr. classique

ais,

nouard au mot ais

et

deux formes du

même mot

(fr.

noix).

67 et70J ajoutez ause, forme limousine esp. port. cat. asco ( — acso) =. anvius. Voir Ray-

déjà cités

Diez au

(p.

mot ansia.


PHONETIQUE

117

Mais je crois devoir réserver cette dénomination pour les cas où unevojelle prend laplace d'une consonne sans qu'on puisse expliquer

le fait

stitution d'un

i

par une permutation. Voilà pourquoi k

à

c,

même

g,

OMk

kt, k d

la sub-

p, ne constitue

point pour moi une compensation proprement dite.

Il

n'y a là

qu'une mutation normale à deux ou trois degrés, par exemple, credere, de d en ^* (dentale en gutturale), de g en y (gutturale en gutturale), de y en i (semi-voyelle en voyelle); pour chai (pr. cais) == capsus, de p en c' (labiale en gutturale), de c en y (gutturale en gutturale), dey en ^ (semi-

pour creire=^

voyelle en voyelle).

La

d'un

substitution

même

par

la

i

k r et k

pourrait s'expliquer de

l

mutation préalable de ces liquides en

y, semi-

voyelle en laquelle j'ai montré ci-dessus qu'elles aiment à se fondre. Mais je

ne découvre aucun intermédiaire du

genre entre /et

u,

non plus qu'entre

s et

i,

Vu

et Yi

même

consonnes

n'étant pas en rapports immédiats d'échange, le premier avec /,

le

second avec

s.

Aussi la compensation paraît-elle

seule explication possible du

la

—Addition de consonnes.

111.

A.

ici

phénomène.

Prosthèse.

— Phénomène assez rare.

J'ai

déjà men-

Le mot jabre(:= asperj crois, de celle de/. A Yy ou i

tionné (chap. IV), la prosthèse de y.

nous

offre

un exemple unique, je

consonne ajouté on prépose quelquefois

z (Ex.: ziôu

= ovum)

ou n (Voir ci-après niauré).

Sur

Yh

la prosthèse

de

v, b,

on g, voir ci-dessus, aux

articles de

et de Yr.

L'ancienne langue avait préposé n k altus dans naut, forme *

La mutation

d'ailleurs, 2

par

les

La mutation

préalable en

gr

du d de credere, videre,

est prouvée,

formes du participe passé cregu, vegu. préalable en c du

p de

capsiis

est

prouvée par

les

formes catalanes qnex, portugaise queixo, caitillane quixada. Voir Diez

au mot

casso.


PREMIERE PARTIE

118

usitée

concurremment avec

et l'autre.

La

Nous avons conservé Tune

aut.

prosthèse de n se remarque dans quelques autres

mots, mais plus rarement à Nontron que dans le

proprement

=

dit.

Ex.

irai (ire habeoj;

:

nen

— ni = Limoges) = yeûre

= en

(inde);

— niaure (à

Limousin

i {ibi);

nirat

febriusj.

D'autres exemples de prosthèse guêro, qui se dit plus

sont celle de d dans denfréquemment en haut limousin que chez

nous, pour enquêro ;= pr. anquera, et celle de inusité à

ibij,

B.

Epenthèse.

Il

faut,

voyelles, distinguer quatre cas

dessus, p

.

dans li(=

comme pour

38) entre

(v^oir

et

i'o

e)

(

des mots indigènes en ia ou des mots français en

(== e) des

de

patrîyo.

ie

ci-

finales

tran-

La même

Nontron du moins, entre Vé ou ïu

insertion a toujours lieu, à I'o

=

:

.

sportés chez nous. Ex.: manîyo, foulîyo,

tonique et

i

les insertions

— F s'introduit souvent = a ou des Vi tonique

—^ Entre deux voyelles

a.

/

Nontron, mais très-commun en haut limousin.

mots français que nous avons em-

pruntés. Ex.: purêyo, fricassêyo. estatûyo.

Pour

de v et de

l'insertion

g^

(h) entre

deux voyelles, voir

ci-dessus, chapitre IV, article de Vh.

— Entre deux consonnes — Lorsqu'une nasale

b.

.

est

immé-

diatement suivie d'une liquide, elle appelle entre elle et cette dernière, pour faciliter ]a prononciation, la muette douce de sa famille. Ceci est de règle générale dans

romanes,

mL

comme en

latin et

en grec. Ex.

toutes les langues

:

*Simulare, semblar, sembla

— Numerus, nombre, noumbre. nr, — Minor, menro^ mindre. — N, comme devant appellerait mr.

ni.

ici

r,

normalement

d.

Mais cette consonne, refusant de s'associer avecl'/V. permute

même

avec la gutturale du spinfujla, eipinglho

'

Si

d ne

gation ^

^,

où.

degré, et Von a ngl au lieu de ndl:

conformément à

so faisait pas suppléer par g,

de se changer en

Eipinglho une

fois

r,

comme dans

il

la règle qui

va être

imposerait à 17 suivante

pr.

escandre

~

l'obli-

scand(a)lum

formé, nous l'avons réduit à eipingo, qui est la


PHONÉTIQUE rappelée tout à l'heure, la

combinaison

le

triple ylh.

119

un y pour former On a peut-être un autre exemple de groupe gl a

attiré

=

*gannillare (?), de du g entre n et l da.n^ j'anglhà gannire, dont ce verbe a précisément la signification dans

l'insertion

notre dialecte*.

L c?

et s appellent de

devant

r.

même

comme en

Ex.: *Vol{e)re kaheo, voldrai, coudrai

habeo, valdrai, voudrai

— Entre

c.

quelquefois,

;

français,

\

val{e)re

*ess{é)re, estre, être.

une consonne

une voyelle.

et

Les seules con-

sonnes qui s'introduisent en pareille position sont la semivoyelle y et les deux liquides, c'est-à-dire les plus fluides de

consonnes. Sur l'insertion de Yy, voir ci-dessus,

toutes les

chap. IV, p. 58,

du

g.

d, et

chap. V,

Quant aux liquides,

elles

labiales, r après les dentales.

nemj;

1'*^

section,

aux articles du

c et

aiment à s'introduire^ /après

— sablou--^ saponem; — s'eiplàmî=*spasmare — tartro ;

— mentrâtre = mentastre; — ôutrijo*=^ — assedrâ = pr. asseda — = — escupir froundo = funda. — Entre une etune consonne. — La consonne qui =

les

Ex.: pùucou=z pr. falco (falco-

fr. tarte;

urtica

pr.

(pr. ortiga);

(altéré);

eicrupî

pr.

;

voyelle

d.

troduit le pins

s'in-

fréquemment

^

en pareille position est Vn; mais

a pas ou n'y a plus, dans les mots où l'épenthèse remonte à l'ancienne langue, sa valeur propre. Le phénomène

elle n'y

se réduit à la nasalisation de la voyelle

forme

la plus usuelle,

nous avons éliminé

en élimmanl

17 simple

en

\'l

*.

Ex.: gingn

(fr.

mouillée associée au

pareille position

dans purd,

giguer);

gr,

comme

pil,

.sangu.

(Voir ci-dessus à l'article de la syncope.) *

Janglhâ vient plutôt peut-être de jaculari, moyennant

la

nasalisation

de Va radical. 2

La diphthongue

métathèse de 3

On ne

initiale

ou

(z=.

ol

= or)

ofi're

ue / a eu lieu dans moufle

(pr. moflet), si

que

n'y a pas eu

usitô

concarremment

dans

la

un exemple do celle de r. C(dio du moins ce mot est le même vieille langue, avec un sens

idemiquo. Cf,

qu'il

constate que très-rarement, en pareil cas, l'épenthèse d'auli'es

consonnes. Jargiê (=: gigerium) nous

molet,

prouve

l'r.

dans ia

vieille

langue engal

= egcU (œqualis).


PREMIERE PARTIE

120

— cementêri (déjà en provençal) cœmeterium — benlâ = balare; — engravisso —penche même en = pecten; — linchausso = lio-chausso du bas-limousin jar— mandi, mandinà, mandinado, mots plus particuliers tel

;

(fr.

écrevisse);

pr.)

(le

{iv.

retière)

;

au parler du haut-Limousin, =, à Nontron, ma^e, matinà, matinado, de matutinum.

Ce procédé de renforcement des vojelles par nasalisation en bas-limousin que chez nous.

est plus fréquent

A Tulle,

on

par exemple, blan nègre, chominjo, tominja, grounlo, au

dit,

lieu de bla nègre (blé noir), chamiso (chemise), tamisa {tamisé),

groûlo (savate). C.

— Paragogk. — Le limousin ayant peu de goût pour

consonnes

y

finales,

d'un

sition en

(=

pr.

la

Je n'y en connais

soit fort rare.

l'addition

on conçoit que

^

à la préposition

am ou

les

paragoge des consonnes d'exemples certains que d'un

din et

amb), lorsque le

rf

à la prépo-

mot suivant commence

par une voyelle. Ex.: dint un an, end uno fenno. Mais peut-

comme organique

être ai-je eu tort de considérer, plus haut, le t

que nous faisons sentir en liaison à

du singulier ou du pluriel dans

les

la troisième

verbes

personne

et vaudrait-il

,

regarder aussi, dans ce cas, cette consonne

comme

mieux

épithéti-

que. Ce qui peut induire à le penser, c'est que, dès l'ancienne

langue,

le

t

final

des flexions latines était déjà complètement

oblitéré dans toutes, sauf

une seule,

celle

de la troisième per-

sonne du singulier du prétérit.

IV. Il

arrive

— Accommodation.

souvent que, de deux consonnes consécutives,

l'une impose

à l'autre, lorsqu'elle n'en exige pas la chute,

l'obligation de subir

un changement,

soit

de famille, soit de

classe ou de degré, pour se mettre à son unisson et rendre la

prononciation plus facile tion. Si la tre, le

:

c'est ce

qu'on appelle accommoda-

consonne modifiée s'assimile complètement à l'au-

phénomène

est dit assimilation.

On

l'appelle dissimila-


PHONETIQUE tion lorsque,

au contraire,

121

deux consonnes étant

les

nairement semblables, l'une des deux

le

retour d'une

sécutives

La

origi-

dans un

renforcement, soit pour éviter la monotonie produite

but de

par

se modifie, soit

même

consonne dans deux syllabes con-^

.

plupart des mutations de consonnes mentionnées, dans le

chapitre précédent,

comme

qui ne

accidentelles, c'est-à-dire

trouvent pas une explication suffisante dans la règle générale

même

chapitre, sont des

phénomènes

dans l'accommodation proprement dite,

comme dans

énoncée au début de ce d'accommodation. faut,

Il

l'assimilation et la dissimilation, distinguer

la

consonne qui impose sa

Dans

verse.

dans

le

le

premier cas,

loi suit la

second, progressif. C'est

seconde 2°

phénomène

le

le

deux cas: ;

est

dit

1° celui

le

cas in-

régressif,

premier qui se rencontre

le

plus fréquemment, en vertu de cette loi déjà mentionnée que,

de deux consonnes consécutives, c'est en général

la

seconde

qui gouverne la première.

A.

a.

— Accommodation

— Accommodation

régressive.

proprement dite

— La consonne

dominante,

qui est ici la seconde, force la première à changer, soit de classe, soit de famille, afin qu'elle lui

que.

devienne plus sympathi-

Cette contrainte est très-fréquemment exercée par les

liquides

ou

les nasales,

malgré leur faiblesse relative,

même

sur les explosives.

Exemples

:

Changement de

turale molle ou semi-voyelle

métathèse pour pouynâ); — tathèse pour vey/â);

pumai;

*

Cf.,

en

= bodne.

classe. G-utturale

pugnare, pounliâ

vig{i)lare,

dure en gut-

(= pounyâ,

par

velhâ[= velyâ, par mé-

-dentale explosive en liquide*: putnai,

— *fodrar, folrar latin arbiter,

:

(pr.);

arguer e

-~

dentale sifflante en liquide

adbiter, adguere, en

français bornu


PREMIERE PARTIE

182

— jurte; — dentale nasale en quide: an[i)ma, anno; — min[i)mus, merme — an{î)malia, ôumalho {= almalha) — Changement de famille. Dentale en (r)

:

fr. esprit,

arpri;

juste,

li-

(pr.);

.

— — d'où — nod(u)lum,*noclum, d'où nouei{=

gutturale: ust[u)lare, ûclhâ; sil[u]la, *secla,

d'où selho;

vielho;

vet{u)la, *vecla,

— labiale en guttffrale: d'où eùoulko^; — labiale en dentals vindemiare vendenhâ; — rum{i)cem, rounze; — gutturale en dentale: sagma, salma, d'où sgmwo. — Accommodation progressive. — Ce phénomène, qui connolh);

stup[u)la, *stucla, ,

:

b.

stitue

une dérogation à

la règle

générale rappelée tout à

l'heure, ne se produit, d'ordinaire, que lorsque la seconde con-

sonne n'ajant à subir, pour s'associer euphoniquement à la précédente, qu'un changement léger et facile, celle-ci, au contraire,

ne peut se prêter à aucune mutation susceptible

de

détruire l'antipathie existante, ou qui, du moins, lui permette

de former avec la seconde consonne une société aussi intime

que dans

le

chaupre;

B.

premier cas. Ex.: ord[i)nem, ordre;

— carp[i)num,

volt{u)lare,voulrâ.

— L'ancienne langue nous présente, sur-

Assimilation.

tout dans le cas de deux consonnes consécutives, d'assez

breux exemples de ce phénomène. dialecte

peu de traces sensibles,

la

Il

nom-

en reste dans notre

consonne double résultant

de l'assimilation s'étant presque toujours réduite à l'unité. a.

— Assimilation régressive. — Ce phénomène doit être par-

tout fort rare dans

*

J'ai df^jà, p. 83,

qui supposent l'un

le

note

cas où les deux consonnes restent sépa-

3,

rapprocliô de eitoulho le

et l'autre

f r.

écueil et

l'it.

un changement préalable de scopulum

scoglio,

.n

une

iorra(i*scoclum ou * scoglum, prouvée on outre par les lormes castillane

C est du reste un fait incontestable que pi donné dans ces deux langue?, comme dans les autres idiomes romans, les mêmes dérivations que cl, d'où, ce me semble, la nécessité d'admettre pour pi la môme mutation préalable en cl dont on escollo et portugaise escollio.

(comme

tl)

a toujours

lloiier. comme clamare comme clamare chamar. Pareillement manup{u)lum (v. f. manoil), a donné en castillan manojo comme oc{u)lum ojo, — en portugais manolho, comme oc{u)lum olho.

la

preuve pour

llamar,

tl.

Ainsi pluere a donné en castillan

— en portugais

*

f^

chover,


PHONETIQUE

123

rées par une voyelle. Je n'en trouve pas d'exemple en limousin. Il est,

au contraire, assez fréquent quand

les

deux con-

sonnes se suivent immédiatement. Ce sont exclusivement, dans ce dernier cas, les liquides, les nasales et la sifflante qui s'assimilent la consonne antécédente. Les autres consonnes, étant

même

besoin

nous rôle;

— mo-

plus consistantes et ne se sentant pas dès lors le d'appui, la laissent tomber, /.

— Rot{a)lum,

pr. rolle, aujourd'hui chez

d{u)lum, pr. molle.

r.

Quadraria, carriera, câriêro;

adripare

arribar

,

aribâ.

— Adnare,

n.

— columna, colonna, — signare, sinnâ.

annar etanar, anâ;

^ sem{i]nare, semnar,

louno ;

sennâ;

— Septà)mana, setmana, semmâno. — Considerare, — (mot

cou-

m. s.

cossirar

éteint);

adsatis, assatz;

deux

taxare, tassar. J'ai déjà dit plusieurs fois qu'en limousin

ne sonnent jamais que

comme une

— s

seule.

- Ce mode d'assimilation est On très-rare. peut citer, dans le cas où les deux consonnes restent séparées;, memi menino ; dans le cas où elles se sui-

b.—

Assimilation progressive.

=

— an= angustia. C'est peut-être moyennant une assimi-

vent immédiatement, channhâ =: cambiare (^canbiare); goissa {pr.)

lation

du dk Vn, suivie de

ainsi constitué,

du couple nn

la réduction à l'unité

que prendere a formé prsnei {prener).

l'ancienne langue,

les

baniera et bandiera, et rapprochez le fr. bannir de et

dans

l'it.

bandire

du pr. bandir^.

*

par

On

trouve dans la

ex., d'un

vieille

bœuf).

langue à

la fois

Celle dernière

nous, est peul-être aussi

le résultat

banda

et

bana

s'est

aussi

réduit

à

(fr.

forme, seule survivante

d'une assimilation du d à Vn,

simpliflcatioa consécutive de la lettre double ainsi obtenue.

nd

Cf.,

doubles formes bannier et bandier,

n (Kx.: ona=unday, mais

En

et

co>ne,

chez

d'une

catalan,

là aussi, vir-

tuellem'^nt du moins,

roman,

le sicilien,

un n double a dû précéder. Dans un autre idiome nd devient constamment n/i. Ex.: quannu = quando.

Grunnire, rapproché de la forme archaïque

et restée populaire

d'où en hmousin rundi, nous offre en latin le môrae phénomène.

grundire,


PREMIERE PARTIE

124

C.

DissiMiLATioN.

Ici,

comme pour

l'assimilation, les

phénomène sont

seules consonnes qui provoquent le

les

li-

quides, les nasales et la sifflante.

a

— Dissimil.ation régressive. — Je

.

celui

les

distinguerai deux cas deux consonnes semblables sont séparées par une

ou plusieurs autres

La

diatement.

:

lettres, celui

dissimilation, dans le

elles

immé-

se suivent

premier cas, n'a d'autre

objet que l'euphonie, dans le second, c'est le renforcement de la syllabe

précédant

du moins pour

Premier {albre}*;

armarium, eimari {*elman)

myrte), mistre.

L

devient n

venenum, venenosus,

Deuxième

:

;

— arbor, aubre

ou

lentic{u)la, nentilho.

s,

mirtie

N

devient r:

{îv.

couple//, dans la plupart des mots où

se rencontre, provient,

comme on

dès lors facilement que

//,

mène

;

peleri

vere, verenoû.

—Le

cas.

pour but, ou

qu'elle a

de procurer.

R devient /.• peregrinus,

cas.

consonne double

la

effet,

sait,

il

de nP. On s'expliquera

dans notre dialecte, par un phéno-

inverse, devienne assez souvent

ni,

c'est-à-dire que,

1'/

double se simplifiant, la voyelle précédente se nasalise. Ex.: molle \mod{u)lum}, mounle; eipanlo;

ul{u)lare, unlâ

esquilla, eichinlo. Cf.

11, mantenls z=*mantellos

st.

Le

c

du groupe

en langue

d'oil,

Inversement, outre les

,

es {x) s'est

assimilé à ïs,

ss s'est

st.

dans

— espalla

la Passion de

33, henlement

= bellement.

toujours, en langue d'oc

quand

il

ne

s'est

quelquefois dissimilé en

es.

exemples déjà allégués, pag. 79,

d'ailleurs

roxo), et le

nom

comme

pas vocalisé. Je citerai

ici,

l'adjectif rouei

= russum, qui suppose une forme *ruxum, d'où prouvée

{spatula).

Clermont,

pr. *rois,

forme

par l'espagnol rojo (ancienne orthographe

de

ville

Moueissido

(fr.

Mussidan), qui ne peut

venir de Mussidanum que par l'intermédiaire d'une forme en [

= b.

'

x

ss).

— Dissimilation progressive. —Ce phénomène

Cf.

dans l'ancienne langue polpra à côté de porpra.

'Ex.: iUuminare,

illustris

= inluminare, inlustris.

se

remarque,


PHONETIQUE

125

deux consonnes étant séparées, dans

les

leri

=:

lilium,

coun-

=

memê-

trâli= contrarium, pruser=prurire et dans menêplo

*

forme supposée, mais nécessaire, entre * mespila et menêplo

plo,

Je n'en trouve pas d'exemple qui nous soit

propre, dans

.

le

cas où les deux consonnes se suivent immédiatement.

V.

La métathèse, laires,

-

Métathèse.

très-fréquente dans tous les idiomes popu-

comme

a pour cause, en général,

viennent d'être décrits,

le

lant ou d'en renforcer telle

des cas,

il

terminer,

les

phénomènes qui

besoin de rendre le moi plus cou-

ou

sjUabe. Mais, dans bien

telle

faut dire que la cause véritable est difficile à dé-

nouvel arrangement des éléments du mot ne pa-

le

raissant préférable à celui qu'on a détruit, ni au point de vue

de l'euphonie, ni à celui de la solidité.

Je distinguerai cinq cas différents de métathèse

La métathèse sépare deux consonnes

:

unies ensemble en

une de ces associations que nous avons appelées précédem-

ment

comme

consonnes-diphthongues,

entre elles la voyelle qui les suivait. raire:

— prominare,

ainsi qu'on dit

permend;

pi,

Ex

tr, . :

usités.

rapproche d'une explosive et

une liquide qu'une voyelle en séparait. Ex.: persi-

cum, persica, pressé, pressé] o^; 3° Elle transpose tives, pour leur

*

Cest

en plusieurs lieux courchetâ, bourlâ ou hurla,

2° Inversement, la métathèse

Remarquez

tial.

procurator, percu-

pr. {a)briaca, virajo.

pour crouchefâj brida, plus réguliers et plus lui associe

etc., et introduit

le

sternutare, eitranudd.

deux consonnes immédiatement consécu-

procurer une union plus intime.

Ex

:

Sulpicium,

déplacernoat de l'accent qui. en latin, porte sur Ve ini-

Pressé est ce qu'on appelle ailleurs, par exemple en Angoumois,

perse,

autrement pêche mâle,

celle

dont

la

La

presséjo e>i la pèche femellf>, celle dont

ilu

noyau.

pulpe est adhérente au noyau. la

pulpe se détache sans peine


PREMIERE PARTIE

126

Suplezi; gnare,

*

acucla, {a)gulho

pounhâ

=

(

4° Elle fait

*

pounyd

= *aguyla) — pu-

(= * agulya

=

*

pouynd

;

*. )

réciproquement permuter, sans

les unir,

deux

initiale

de sa

consonnes séparées, dont chacune est la lettre

un des cas

syllabe. C'est, dans notre dialecte,

quents de métathèse. Ex.; batalh, tabai (on anhelare, alend;

tum

et

fr.

camaradej caramado;

quantum)^ tanquetan;

— morbum

(fr.

les plus

fré-

dit aussi bâtai)

;

— tantequan {tan-

morve), vormo. Quel-

quefois chacune des consonnes, en prenant ainsi la place de

Tautre, en prend aussi le degré, c'est-à-dire de tenue devient

moyenne,

ou réciproquement*. Ex.:

guespa {vespa),

bêco;

pr. pastenaga, parcanado. 5° Elle dissout l'association existant entre

liquide subséquente,

pour former avec

une muette

et

une

une autre

celle-ci et

muette, dans la syllabe précédente', une association semblable.

Ex.

temprare,

Quercy, on

dit

trempa de

;

même

dubrî {deoperire), et drubî. Dans

crobi

pour

cabri,

dans

le

Gascogne

la

crambo pour cambro, etc.

N'ayant pas, au chap. IV, consacré d'article particulier aux ici cette omission qui, du

métathèses de voyelles, je réparerai reste, à le bien prendre,

comme on va

le voir,

n'en est pas

une.

Les seules voyelles qui sont sujettes à se transposer sont Vi

Yu

et

sans doute à leur nature semi-conson-

(ou), et cela tient

nante. Cela paraîtra probable

deux voyelles ne •

si l'on

remarque

se transposent jamais

La mutation préalable de

c ou de

gf

en

y,

:

que ces

que lorsqu'elles en

en de pareils mots, a été déjà

expliquée. =*

Cf.,

dans l'ancleane langue

nulh, où nous voyons, en

même

et le

temps

languedocien moderne, lunh qu'ils se transposent,

n

se fondre

{h) dont I se sépare c'esl-à-dire n se mouiller tandis que l s'aphé-^omène très-comparable à une réaction chimique qui ne déune combinaison que pour en former immédiatement une autre, en

avec Vy sèche truit

;

substituant

'Qui

un élément disponible à

est toujours, je crois,

d'assigner

ici

celui qu'elle a

en pareil cas,

la

mis en

liberté.

syllabe initiale, ce qui permet

pour cause au phénomène une intention de renforcement.


PHONETIQUE

127

précèdent un autre, et 2° que, lorsque, dans des mots pareils elles sont restées

à ceux où elles se transposent d'ordinaire,

en place,

elles se sont consonnifiées. C'est ce

les formes limousines glôrio, memôrio,

qu'on voit dans

comme dans

formes

les

correspondantes du très-vieux français glàrie, memôrie. C'est ce qu'on voit aussi dans vévo (v. fr. tenve]

= tenuem

*,

prononcez vouidar)

voidar,

veuve)

(fr.

rapprochés,

=

viduare

donc admettre sans témérité que

et dans terve

second de

le

,

autre forme, également limousine^, du la

= vidua

premier de boueidâ

le

même

mot.

(pr.

teûne,

On peut

métathèse de ces voyelles

a été précédée de leur consonnifi cation.

— Une

fois

trans-

posées, selon que la voyelle nouvelle avec laquelle elles ont dû s'unir les précédait

ou

les suivait,

ou

elles

leur premier état pour se fondre avec

diphthongue, ou bien elles sont,

le

sont revenues à

une

cette voyelle en

plus souvent du moins,

restées consonnes.

1" Cas.

Tenuem, teûne;

prensionem, preiso, preijou;

— —

mansionem, maiso, meijou; potionem,

poiso, poueisou;

feria,feiro; —foria, foira, foueiro. 2® Cas.

qui,

— C'est, en particulier, celui des noms en arium,aria,

généralement, chez nous

comme en

français, ont

donné

où \i est indubitablement \i consonne.

ier, iero,

La métathèse

de \u est beaucoup plus rare que celle de

Xi.

Teune et voidar, cités tout à l'heure, sont les seuls mots que je connaisse où se

le

phénomène remonte

remarque encore, en

*

Pour

nabim.

le

à l'ancienne langue. Elle

avec

celle

de

Vi,

dans couw-

changement de n en r devant une labiale, cf. charte — canne faut pas oublier que le v de terve, comme celui de vevo,

Il

résulte de

vue quo

solidarité

deux modiflcations successives de Vu

la première; 1»

comme dans coud

latin,

dont je n'ai

transformation de l'w voyelle en

(monosyllabe^

viduare); 2* durcissement en

= cubare

v (qu'on peut

(c'ost là ici

que

ici

en

u consonne,

s'est arrêté

appeler roman) de

Vu de

Vu con-

sonne.

leune n'ai

est la

forme classique. C'est

la seule

que donne Raynouard,

pas souvenir d'avoir rencontré l'autre dans mes lectures.

et je


PREMIERE PARTIE

12h

tunid,

demuniâ (prononcez nhâ)^ formes qu'ont prises dans

bouche de beaucoup de personnes nuar.

La difficulté de

les

la

verbes continuar, dimi-

consonnifier Vu, n'ont plus

comme

tout à

l'heure le pur u latin (om), mais Fw devenu français de ces deux

mots, en d'autres termes de prononcer nuâ d'une seule émission de voix,

comme

il

comme

est,

le

demande

au contraire,

certainement la cause

si

le

génie de notre idiome, et

facile

de prononcier nia, est

déterminante de cette permutation

réciproque.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE


DEUXIEME PARTIE

DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE MOTS OU DES PARTIES

DU DISCOURS

Nous avons les

étudié, dans la première partie de cet ouvrage,

éléments organiques du langage, c'est-à-dire les sons, sans

autre préoccupation que la recherche des lois qui, en limousin et,

en général, dans

la

langue d'oc, ont déterminé leur per-

sistance ou leurs modifications dans le cours des âges.

Il

nous

faut maintenant passer à l'étude des mots, c'est-à-dire des di-

vers systèmes organisés de ces éléments primordiaux. Cette nouvelle étude nous sera rendue singulièrement plus facile et plus

prompte par

la

connaissance des principes dé-

gagés dans notre première partie, car

les

phénomènes que

nous aurons à décrire dans celle-ci ne sont guère que

le

déve-

loppement nécessaire de ces principes. Étant données en

effet,

d'une part, la langue d'oc classique, telle qu'elle nous est con-

nue par

les poésies des

les plus

purs du

XP

au

troubadours et les textes en prose

XIV

siècle, et

phoniques que nous venons d'exposer,

d'autre part les lois l'état actuel

de notre

dialecte se déduit de la langue classique, sauf quelques ex-

ceptions locales ou accidentelles, sans qu'il venir,

comme par exemple dans

le

j

ait

à faire inter-

languedocien et

le

pro-

vençal, des causes efficientes particulières, je veux dire des


DEUXIEME PARTIE

130

forces plastiques ou conservatrices distinctes de celles qui ont

donné sa forme à

langue classique*.

la

On compte ordinairement dans mots. Nous

les diviserons

Tobjet d'un livre distinct,

riables

premier traitant des mots dé-

le

second du verbe,

clinables, le

nos langues neuf espèces de

en trois classes, dont chacune fera

le

des mots inva-

troisième

.

LIVRE PREMIER DÉCLINAISON

Lorsque langue

la

d'oil,

langue d'oc commença, en

même temps que

la

à se dégager du latin populaire, les flexions ca-

suelles étaient en train de disparaître dans ce dernier idiome.

La première

déclinaison en avait déjà probablement perdu

toute trace', et les autres ne distinguaient plus que deux''cas

:

nominatif, remplissant toujours le rôle de sujet, et l'accu-

le

Quelques exemples, en attendant

'

me

sera repris et développé,

la

conclusion de cet ouvrage, où ceci

feront bien

comprendre

:

Le languedocien et le provençal disent, comme le castillan, son, sa, ses, au lieu de leur, conservant ici l'usage latin, que le limousin, comme langue classique, n'a pas adopté.

la

Le languedocien donne des pluriels sensibles {es) aux substantifs dont le radical se termme en «(ex.: pas, passes). Ces formes sont étrangères au limousin comme à

Le languedocien

la

langue classique pure. provençal allongent en igu

et le

bes en ir {partiguet). Ces formes, étrangères à

.

.

le prétérit

des ver-

la

langue classique,

la

présence en très-grand

le sont

aussi au limousin correct. 2

C'est ce qu'on ost autorisé à conclure de

nombre, dans

les textes

mérovingiens, de nom. plur. en as. Cette forme

latin populaire: elle était du reste fort anun exemple dans Pompeius Prseco: Lœtitia.s insperatas mihi irrepsere insinum. (Voir Burnouf, Gram. lai., g l'20.

devait être habituelle

au

cienne. Nonius en relève

note, et A. Boucherie, Vie de sainte

Euphrosyne,

p. 28.)


PARTIES DU DISCOURS satif,

131

qui cumulait avec ses propres fonctions celles de tous les

autres cas obliques*.

On

sait

que ce débris de la déclinaison latine fut conservé

longtemps par

la

langue

par

d'oil et

la

langue d'oc, et que

le

caractère particulier d'archaïsme qu'elles en ont reçu est ce qui les distingue le plus, d'une part, d'elles-mêmes dans leur état

moderne,

et,

d'autre part, de tous les autres idiomes ro-

mans, à quelque moment de

l'histoire

de ces derniers qu'on les

y compare Simple produit dans résultat

absolument

le

principe de la dérivation, je veux dire

du seul jeu des

fatal

lois

phonétiques,

cette déclinaison, ainsi reçue par la langue naissante à l'état

de ruine, ne tarda pas à devenir l'objet d'un essai de restauration partielle et de régularisation. L'analogie s'y appliqua,

mais timidement, sans ensemble et timent de duire,

la vanité

par retranchement,

ici

comme avec

le

pressen-

d'une pareille entreprise, pour y introlà

par addition, des distinctions

casuelles que la dérivation n'avait pas données 2,

Tout porte à croire que ces

même

distinctions,

étaient étymologiques, restèrent toujours

celles qui

peu observées du

peuple, chez qui s'effaçait rapidement le sentiment des cas,

devenu de plus en plus étranger au génie de que

l'instinct, cette fois large et vrai,

faire disparaître,

la

langue

de l'analogie,

en ramenant tout au type

le

,

tandis

le portait

à

plus simple, les

anomalies d'une déclinaison qui laissait complètement en dehors de son système un nombre considérable

*

soit

Même, dans beaucoup de mots de au

pluriel, soit

au singulier

et

s,

plus du tiers

ces déclinaisons, soit

au pluriel à

la fois, le

au singulier,

nominatif

et l'ac-

cusatif devaient se confondre. 2

Ex.:

la

suppression de Vs au nom. plur. des

clin, {fraire

— /raires), l'addition

autrement en

latin

3 Savoir, tous les

{mars

sifflante

en

finale.

l's

et,

<ie

noms masc. de

la 3' dé-

au nom. sing. des noms terminés

= mare, vercjcs

noms provenant

avait formés sur son modèle

une

de

---

la l"=

virqo]

déclinaison latine ou qu'on

de plus, tous ceux qui se dégagèrent avec


DEUXIEME PARTIE

132

peut-être, des la moitié

du

noms de

la

langue, et n'y admettait qu'à demi

reste*.

On

Ceci n'est pas seulement une conjecture.

sait

en

par

effet,

témoignage de Raymond Vidal de Bezaudun*, que, de son

le

temps (XlIIe

noms dans

siècle), les

lesquels la langue écrite

distinguait le cas sujet du cas régime n'avaient guère dans

commun

l'usage

qu'une forme pour chaque nombre, sans

singulier, en s

au

donc plus dès

lors, et

pluriel.

La

s

au

déclinaison à deux cas n'était

sans doute depuis longtemps, qu'une

plante sans racines, artificiellement conservée par les lettrés

pour leur seul usage,

et qui, si la tradition littéraire venait à

subir quelque notable affaiblissement, devait achever prompte-

ment de

périr. C'est ce qui eut lieu dans le

les efforts tentés

XIV®

siècle,

malgré

par l'école érudite des troubadours de Tou-

louse, dont le code pédantesque fournit lui-même la meilleure

preuve de l'impossibilité du succès de ces

efforts

*. Il

n'y eut

plus dès lors, dans la langue écrite non plus que dans la langue parlée, de cas sujet ni de cas régime, et la déclinaison se réduisit à

dont

le

marquer seulement

au contraire

Parmi les

nombre

le

sentiment, loin de s'effacer

les

fortifié et

personnes ou les choses, le

genre, rapports

celui des cas, s'était

étendu

mots qui se déclinent,

qu'elles jouent dans

et le

comme

discours

pronoms. Les autres servent,

les

uns servent à désigner

par leur nom,

soit :

soit

par

le rôle

ce sont les substantifs et les

soit à qualifier les

personnes ou

noms féminins d'une autre désinence que a. Ex.: sing. La règle de Y s, comme on l'a appelée, ne s'appliquait au pluriel qu'aux noms masculins. (Voir Hugues Faidit et Raymond Vidal, 1" édit., p. 4-8 et p. 77.) 2 V. Grammaires provmçales de Hugues Faidit et de Raymond Vidal, '

Savoir, tous les

suj. razos, rég. razo; plur. suj. et rég. razos.

2» éd., p. 74, 75, 77, et l'introduction

'V.

les

Leys d'amors,t.

Il,

de M. Guessard,

p.

xxxiv-xxxv.

p 152, 154, de las Termenatios dels cazes.

Ce passage montre clairement que l'ancienne déclinaison à deux cas n'était plus alors depuis longtemps, même pour les lettrés, que comme celle

d'une langue morte,

ne pouvait apprendre que

qu'il fallait là.

apprendre dans

les livres et

qu'on


PARTIES DU DISCOURS

133

déterminer plus ou moins précisément

les choses, soit à les

:

ce sont les adjectifs qualificatifs et les adjectifs déterminatifs.

Les adjectifs ils

qualificatifs

correspondent aux substantifs, dont

remplissent d'ailleurs souvent la fonction et à qui récipro-

quement

ils

cèdent souvent la leur, et

ils

suivent les

mêmes

règles de déclinaison*. Les adjectifs déterminatifs, qu'on pour-

appeler pronominaux, jouent,

rait aussi

rôle analogue à celui des

comme

adjectifs,

un

pronoms, des radicaux desquels

sont pour la plupart formés, et dont

ils

suivent en général les

ils

*

règles de déclinaison.

Je passe à l'examen particulier de chacune de ces espèces

de mots.

CHAPITRE PREMIER SUBSTANTIF

I.

— Déclinaisons anciennes

Avant d'étudier, dans substantif,

il

le

limousin actuel, la déclinaison du

convient de présenter

tableau sommaire des

le

flexions casuelles de l'ancienne langue.

Il

y

faut distinguer,

sous ce rapport, quatre déclinaisons.

PREMIÈRE DÉCLINAISON Celle-ci, qui

correspond à

la

première déclinaison latine,

n'a jamais eu de cas

proprement

ayant eu toujours la

même forme

riel. Il faut

'

excepter, d'après

dits, le sujet et le :

régime y

a au singulier, as au plu-

Hugues

Faidit, les

deux noms

L'adjectif qualificatif et le substantif sont d'ailleurs souvent confondus

sous la dénomination de nom.

Ils se

confondent aussi par leur origine,

la

substantif n'étant qu'un ancien adjectif dont l'emploi s'est restreint à désigner,

parmi toutes

les

choses auxquelles

il

pouvait s'appliquer, celle qui

parut posséder au plus haut degré ou plus exclusivement

priméo par

lui.

la qualité ex-


DEUXIEME PARTIE

134

masculins propheta et papa, qui, au pluriel, distinguaient su^et {H propheta) du régime

le

{los prophetas)*

DEUXIÈME DÉCLINAISON Cette déclinaison ne renferme que des elle

les

ment à

noms masculins,

et

renferme presque tous. Elle correspond essentiellela

deuxième déclinaison

latine en us, bien qu'elle

prenne en grand nombre des substantifs avaient une autre désinence

une autre déclinaison. provençale.

En

um) ou qui appartenaient à

{er,

C'est le tjpe complet de la déclinaison

paradigme

voici le

les

:

ré g. an (annum).

comment

'

Plur. suj. an (anni).

Sing. suj. ans fannusj.

J'ai déjà dit

com-

qui, originairement,

noms

déclinaison latine avaient été

ré g. ans fannosj.

originaires de la troisième

conformés à ce type par

la

suppression de Vs au nominatif pluriel. Ceux, de toute origine,

terminés autrement qu'en

au nominatif singulier, la reçurent

s

au contraire à ce cas. Mais la règle

souffrit ici

de fréquentes

exceptions, et pour certains noms, par exemple ceux en er d'origine, tels que paire, les textes la

montrent plus souvent

violée que respectée,

TROISIÈME DÉCLINAISON Cette déclinaison comprend tous les

OU devenus

tels) qui

'Les Leys d'amors (tom. substantifs sont considérés

trad.

Dans

comme

184, 17;

— la

féminins

Dans :

la

masculins

correspond

41:

{al

la

les plus

vieux textes, ces

papa, la propheta, la psal-

les textes plus récents, ils sont tantôt

de Bède, dans Bartsch, 230,

ibid., 200, 23), tantôt

a. Elle

p. 158) étendent l'exception à tous les

Il,

substantifs masculins de cette déclinaison.

mista.

noms féminins (d'origine

ne se terminent pas en

féminins {lasprophetas,

rosira papa, Guillem Figueira,

papa, chanson delà Croisade,

papa, Raimond de Cornet,

ibid., 346, 34),

comme

ils

ibid.,

devaient

rester. * s

Dans

Cette déclinaison,

après une dentale

:

comme dans

les-

suivantes, z se substituait à

pratz, salutz, vertatz, etc.


PARTIES DO DISCOURS

135

à la troisième déclinaison latine parisyllabique

paradigme

Plur sn^

Sing. svL^ tors fturrisj.

— et

;

en voici

le

:

t07^s

.

rég. tor fturrem).

fturresj

rég. tors (turres)

La

plupart des substantifs que renferme cette déclinaison,

un

assez grand

nombre de ceux qui sont compris dans

la

précédente, appartenaient à la troisième déclinaison latine imparisyllabique

c'est-à-dire qu'ils avaient au nominatif sin-

,

gulier une syllabe de moins qu'aux autres cas

(

Ex.

fans,

:

fontem; — dolor, dolorem). Ceux qui étaient monosyllabes au nominatif singulier devinrent tels aux autres cas, par suite de l'élision

nécessaire de Te des flexions em,

es.

Quant à ceux qui

avaient deux syllabes ou un plus grand nombre au nominatif singulier, les

deux formes sous lesquelles

ils

se

dégagèrent

durent, en vertu des lois phoniques, rester pour la plupart

imparisyllabiques

*.

Ainsi, de soror, sororem, durent venir et

vinrent en effet sor, seror. Mais, sauf un petit nombre

née, et l'on donna sa fonction à celle du cas régime

munit à cet

effet

d'ex-

immédiatement abandon-

ceptions, la forme du cas sujet fut

',

que

de Ys de flexion. C'est ainsi que, pour

l'on

rafio,

rationem, par exemple, qui avait dû donner au début, oatre raison ou raiso,

un nominatif comme

dans aucun texte,

si

vieux

C'est de cette manière que furent

de

la

deuxième

raice,

qu'il soit,

on ne trouve jamais

que razos, razo.

ramenés au type régulier

et de la troisième déclinaisons provençales

tous les substantifs imparisyllabiques, à crément bref ou long,

du

latin,

moins ceux

,

en assez petit nombre, qui composent

quatrième déclinaison.

la

'

Ce

fut le cas de tous les substantifs à

stantifs à

crément

bref,

il

crément long. Parmi

les

sub-

n'y avait que ceux qui se terminaient, au no-

minatif singulier, en r ou en

l,

qui pussent devenir parisyllabiques. Ainsi

deux formes arbor et arborem durent donner albre l'une et l'autre mais home, hominem, donnèrent hom, orne; — cornes, comitem, donnèrent les

»

coms, comte. ^

Tel fut aussi, très-probablement,

le

cas des monosyllabes. Gela est

certain pour /lor, puisque le cas sujet est (lors et non flos.


DEUXIEME PARTIE

136

QUATRIEME DECLINAISON

A

mentionnée, et d'après laquelle

la règle qui vient d'être

nom. sing. de la déclinaison latine imparisyllabique ne donna pas de dérivés en provençal, il n'j eut d'exception sysle

tématique que celle qui concerne les substantifs originaire-

ment terminés en

tor,tons,

o, onis.

Ces substantifs, qui sont

tous masculins, composaient, avec quelques autres de termi-

naisons diverses, dont un seul, sor, est féminin, la quatrième a pour caractère essentiel

déclinaison provençale, laquelle

de déplacer l'accent. Ex.:

^mg.

Plur. ^uy pastor (pastores)

^u^. pastre (pastor).

Sing. suj. laire (latro).

— La

rég. pastor fpastoremj.

Plur. suj. lairo (latrones).

reg. lairo (latronem) .

plupart des

rég. pastors fpastoresj

noms de

reg. lairos (latrones).

ce dernier type perdirent complè-

tement, au nominatif singulier, conformément aux

lois

pho-

niques, leur voyelle terminale. Tels furent faix (falco), Ucs

(Hugo), companhs,

Une

glotz, etc.

fels,

fausse analogie

fit

souvent ajouter une

s,

qui n'était ni

étymologique ni nécessaire, au cas sujet des noms de cette déclinaison. Cette faute fut assez rarement

noms terminés en ceux dont de

le voir

A

la désinence était

dans

les

commise dans

les

e*; elle fut, au contraire, générale dans

exemples

une consonne, comme on vient

cités tout à l'heure {faix, etc. ).

cette déclinaison appartiennent encore,

comme je

l'ai

déjà

noté, quelques mots isolés qui n'y doivent figurer que par ex-

ception

;

car leurs analogues sont entrés dans la seconde ou

dans

la troisième déclinaison,

par suite de l'abandon

qu'ils

ont

fait

de la forme dérivée de leur nominatif singulier

latin.

De

ce 1

nombre sont

les suivants

L'absence normale de

\'s,

:

au nominatif singulier des noms

tels

que

pastre, pastor, fut probablement ce qui conduisit, par fausse analogie, à laisser aussi le plus

à accent

fixe, tels

souvent sans s le nominatif singulier des noms en re ( Voir ci-dessus, page 176. )

que paire.


PARTIES DU DISCOURS

137

Abas, abat (abbas, abbatem).

Éfas, efant

(in fans, infantem).

Neps, nebot (nepos, nepotem). Sénher, senhor (senior, seniorein).

S or,

seror (soror, sororemj. est féminin, suivait naturellement la règle

Ce dernier, qui

générale des noms féminins, c'est-à-dire qu'au pluriel nominatif en

sait le

s

comme

ce qui a eu lieu pour les quatre premiers

comme en

c'est,

français, sous la forme

que nous l'avons conservé.

On

il

fai-

Contrairement à

les autres cas.

noms de

la liste,

du nominatif singulier

voit d'ailleurs, par les textes,

que cette forme prévalait déjà sur l'autre dès

les plus

hauts

temps.

Un dans

certain

nombre de

substantifs ne se laissent pas ranger

Ce sont ceux qui se dégagèrent

les cadres qui précèdent.

avec une

sifflante

au radical,

tels

(

originaire ou produit d'une transformation)

que emperairitz (imperatric-emj

*

,

pas (passusj.

Ceux-là restèrent toujours privés de flexions casueUes. Mais

comme, tandis que nombres conservait nulle part

pour

s'effaçait le

sentiment des cas, celui des

sa vivacité, la langue, qui ne tenta rien

de ces substantifs, donna

faire revivre les cas

de très-bonne heure, dans quelques dialectes', des pluriels sensibles à la plupart d'entre eux.

La forme du

*

cas régime était, dans les deux nombres, celle

Dans ceux de ces mots où

elle se

t,

dont

l'effet fut

ici,

d'un

c,

d'abréger la voyelle

crucem, crotz; — vocem, volz; — per— vervecem, berbitz; — pacem, patz — vicem, vetz.

antécédente. Autres exemples

dicem, perditz;

comme

la sifflante provenait,

doubla généralement d'un :

;

Le languedocien, par exemple. On trouve déjà corses, pluriel de cors [corpus), dans un document en ce dialecte de 1178. (V.Bartsch, Chrestom., — Dans le patois angoumoisin, on col. 95.) Cf. l'espagnol dios, dioscs. donne de même des pluriels sensibles en es à quelques pronoms. Ex.: -

leures

leurs, queles

l'article les

— ces.

Prononcez

l'eé'

linal

de ces mots

comme dans


DEUXIEME PARTIE

138

qui était

le

plus fréquemment employée. Or, on vient de

le

noms sans exception, au pluriel, l'avaient en s. De plus, tous les noms féminins, sans exception, avaient aussi leur sujet pluriel en s, tandis qu'un certain nombre de noms masculins et tous les noms féminins en a ne recevaient d's à aucun cas du singulier. De là résultait que Ys devait, dans le discours, se montrer attachée à un nom pluriel au moins trois fois contre une qu'on la trouvait attachée à un nom sinvoir, tous les

gulier, et n'apparaître

quatre.

n'en

Il

fallait

au singulier qu'à peu près une

pas davantage pour que, lorsque

fois le

sur

sen-

timent des cas se fut effacé, Ys ne parût plus que la flexion nécessaire du pluriel, et l'absence de Ys le signe essentiel du singulier.

Aussi, absence de Vs au singulier, présence de Ys au pluriel, telle fut la

règle fort simple de la déclinaison nouvelle qui

au XIV^

s'établit,

siècle,

dure encore. C'est, en qui

manque au

sur les ruines de l'ancienne, et qui

effet,

de la présence au pluriel d'une

lectes actuels de la langue d'oc, la distinction des

Mais, dans quelques-uns, cette

pour la

s

singulier que résulte, en général, dans les dia-

ainsi dire virtuelle.

s

nombres.

n'a conservé qu'une existence

Le limousin

est

un de ces

dialectes;

prononciation, sauf quelques exceptions déjà notées, ne la

fait plus

sentir, et la différence

du pluriel au singulier y ré-

sulte aujourd'hui essentiellement de l'allongement de la finale,

compensatif de

la

chute de Ys. Mais,

comme

à cette différence

générale s'en ajoutent, selon les désinences, de particulières, et qu'il la

j

même

a d'ailleurs des substantifs qui conservent au pluriel

forme qu'au singulier, une énonciation

ne saurait

ici suffire. Il

si

sommaire

faut entrer dans le détail, et, pour cela,

je dois distinguer en limousin quatre classes ou,

quatre déclinaisons différentes de substantifs.

si

Ton veut,


PARTIES DU DISCOURS

IL

139

Déclinaisons actuelles

PREMIERE DECLINAISON Singul.

Pluriel

à

ô

Lat.

rosa,

rosas.

Prov. rosa,

rosas.

Lim.

rôsà.

rôso,

Cette déclinaison correspond exactement à la première déclinaison latine et à la première déclinaison provençale. L'af-

faiblissement de Va bref du singulier en ô est,

un

que

languedocien* et

le

long du pluriel

aussi

l'a

même

le

comme on Ta vu,

général en langue d'oc. Dans d'autres dialectes, tels

fait

le

gascon, cet affaiblissement a gagné

{roso,

rosos).

En provençal moderne, tombée comme

affaiblissement a eu lieu, Vs étant

en limousin, toute distinction des deux nombres

La chute de Vs au dialecte

époque

mais

;

est difficile de constater directement à quelle

remonte, cette consonne ayant été par tradition

elle

maintenue

il

comme

ailleurs,

le pluriel et la quantité,

dans l'écriture, pour marquer

longtemps encore après qu'elle

effacée dans la prononciation'.

de

l'a

I)

s'était

l'affaiblissement en

bref du singulier, on a des preuves qu'il remonte,

singulier, est resté

' C'est,

cette

Quant à

faut excepter le sous-dialecte de Montpellier,

que du

s'y est effacée.

pluriel doit être fort ancienne dans notre

du

restfl,

consonne

non-seulement

la

le

a

l'a

tant

du

pluriel

{rosa, rasas).

double rôle qu'attribuent encore aujourd'hui à

plupart de ceux qui écrivent dans notre dialecte

;

car,

maintiennent au pluriel des noms, mais encore ils l'ajoutent aux inflnilifs des verbes. (Ex.: parlai poHer.) Cette conils la

=

fusion orthographique, dont les anciens textes olfrent aussi des exemples (voir ci-après, pag. 188), est sans doute ce qui a conduit un Allemand trop crédule

(

Schnackenburg,

ordinaire, qu'en limousin

l'r

je crois)

à émettre cette assertion extra-

finale des infinitifs se

change en

s.


DEUXIEME PARTIE

140

comme dans

en limousin

XV«

les

autres dialectes, au moins au

siècle.

Cette déclinaison est essentiellement la déclinaison fémi-

comme en

nine,

qu'elle

latin et

comprenne

comme dans

aussi et

même

l'ancienne langue, bien

en plus grand nombre, par

suite d'accidents divers et de fausses analogies, des

culins

.

Elle renferme

Tous

les

noms mas-

:

noms féminins ou masculins compris dans

la

première déclinaison de l'ancienne langue qui ont survécu, tels

que fénno, fénnd, pâpo, papa

2° Plusieurs

;

noms originairement en anus ou

anis et qui

appartenaient, dans l'ancienne langue, selon leur genre, à

deuxième ou à

la

la troisième déclinaison.

Grâce à

la

chute

complète de Vn et à l'effacement des flexions proprement cade ces noms sont devenues identiques

suelles, les désinences

avec celles de la première déclinaison, et c'est pour cela

que nous croyons devoir

peu nombreux. En que je

crois,

est féminin

mo,

ma

les

y

du

classer. Ils sont,

reste,

peu près complète, à ce

voici la liste à

pour Nontron, du moins.

Un

seul, le premier,

:

=

ma, mas (manus).

= pa ou pan {panis)^ auto sans pluriel = autan {altanus). Sen Junio de = San Junian Junianus). Moueicido pr. de = Muycida {Mussidanum).

po

*

sans pluriel

(n. pr.

A

ces substantifs

[S.

ville)

(n.

ville)

il

faut ajouter l'adjectif germo,

germa, germas [germanus).

En

germa

bas-limousin on dit de

=

même

chrestio (christianus) 3°

Les noms féminins empruntés au français

terminent, dans cette langue, en

vienne d'ailleurs d'un a

*

Déjà

tel

e

muet, que cet

latin, ce qui est le cas

dans des textes de Limoges du

pas, selon la règle

XV'

siècle.

et e

qui se

muet pro-

de beaucoup

Le

le

pluriel y est


PARTIES DU DISCOURS

141

plus fréquent, ou de toute autre origine. Ex.: chopine, chopino;

mère, mêro^

Exception

en donnant 4°

Un

çais,

en

:

louange, que nous avons fait

du masculin en

lui

les flexions {e-ei);

certain e

.

nombre de noms masculins empruntés au fran-

muet dans

cette langue, et auxquels nous avons im-

posé abusivement, tout en leur conservant leur genre, les flexions féminines Ô, à. Cette faute paraît plus fréquente à

Limoges qu'à Nontron*. Ex.

:

— restât, maire, — mêro, mêrâ. père, — pero, pêrà resto,

fr. reste,

*

camarade, scrupule, russe,

— caramâdo, caramadâ.

— escrupulo^. ritsso, rûssâ.

— Bounaparto. gendarme, — jandarmo, jandarmâ. Bonaparte,

A

deux suivants

ces substantifs ajoutons les

emplancà {homme présomptueux, vaniteux), et qui a le

même

sens que la locution française gueux de

C'est sans doute ce dernier

du

tout, a

emplancoi,

:

oustiêro, oustiêrâ,

mot

donné naissance à notre

l'ostière.

usurpant la signification

qui,

oustiêro.

Quant kemplanco,

je n'en découvre pas l'étymologie.

'

Au

sens de religieuse {là

méra dôu

couvent).

Au

propre on dit mai,

rfirement maire. ^

La mémo

faute se remarque, mais bien plus fréquemment, dans le

languedocien, et particulièrement dans

le

sous-dialecte de

Montpellier.

Elle y est plus sensible que chez nous, en ce que Va, en lequel

masculin

s'est

pluriel. Ex.-.ppra, frèra, [afite), ^

*

l'e

français

changé, n'y subit d';iiraibUssement ni au singulier, ni au lou resta, silença {silmce),

blâma

{blâme), acta

zèla (zÀle).

A Limoges,

ce

mot

est

devenu féminin, ce qui fait cesser l'anomalie. au sens de genitor. on ne dit

Seulement dans l'acception de religieux

;

que pai, rarement paire. " Inusité au pluriel, au moins chez nous, à ce que

je crois.


DEUXIEME PARTIE

I4Î

Remarque I"

— En vertu de

.

III, 3^

phonétique, chap.

la

la règle

section,

voir

en

ai

:

[auca),

diphthongue

ôuchâ, — Si

aigo {aqua), eigâ;

— Les elles

il

Nontron, l'affaiblissement;

s'arrête, à

va jusqu'à

la

mutation de

l'a

en

o

:

châbro,

subissent aucun change-

autres voyelles ne

conservent au pluriel la quantité du singulier.

Ces changements doivent être anciens dans

la

langue ;mais

n'est pas facile de déterminer l'époque à laquelle

il

aucho

pénultième est un a simple et non en po-

cânû.

pluriel: cdno,

mais, à Limoges,

ment, et

:

ou

ai

pluriel, sa-

nécessairement long au singulier, s'abrège au

sition, cet a,

chobrâ.

la

pénultième d'un

devant l'a long du

s'affaiblit

au en om*. Ex.

et

ei,

la

Tune des diphthongues

substantif de cette déclinaison est au, cette

générale énoncée dans

quand

ils

re-

montent, parce qu'on a jusqu'à nos jours continué d'écrire,

conformément à pluriel, bien

la tradition,

que

le son,

au et

ai,

au singulier

= au dans un nom

plus ancien exemple que je trouve de 6u

féminin en

1514

:

a, c'est-à-dire

c'est,

dans

comme au

de l'un à l'autre nombre, eût varié. Le

à la tonique, se rapporte à l'année

les registres consulaires

de Limoges, p. 73,

chousas, plusieurs fois répété. Chousas alterne, dans ce

même

texte, avec chausas, qui s'y rencontre d'ailleurs plus fréquem-

ment, et scribe.

il

est clair

que

Mais cette faute

c'est

une faute d'orthographe du

est précieuse

en ce qu'elle indique

la

vraie prononciation de chausas et, en général, de au au pluriel

des mots analogues.

Quant à

ei

pour

ai tonique

au pluriel d'un nom en

a, je

n'en

puis découvrir aucun exemple ancien dans les textes que j'ai

à

ma

disposition

;

mais j'y trouve assez fréquemment

avant la tonique (par ex. peyri= :

(Lim. historique,

p. 411), feyssou

ei

=

ai

payri dans un texte de 1436

= faysso, dans

les registres

consulaires de Limoges, p. 14, année 1508j, ce qui permet de

supposer que, conformément à ce qui se passe aujourd'hui

{N Phonétique, .

8

A Limoges,

p. 45), a? s'affaiblissait

en

ei

dans l'un

aujourd'hui, on ne dit plus que o. Ex.

:

comme

chauso, chôsa.


PARTIES DU DISCOURS dans l'autre cas, et que dès lors queissà

Remarque IL

XVP

siècle,

des

lier

comme

caissas,

143

par exemple, se prononçait

aujourd'hui.

— Dans des documents limousins du XV* et du

on voit souvent

noms de

la

désinence

e alterner,

au singu-

cette déclinaison, avec l'ancienne désinence

désinence

a et avec la nouvelle

o,

devait définitivement

qui

prendre sa place*. Cet e n'avait pas là probablement sa valeur propre, et

son

le

devait servir seulement à figurer par à peu près

il

mais sans doute encore indistinct, qu'avait pris

affaibli,

Va à cette place. Quoi

en

qu'il

soit,

on constate aujourd'hui

quelquefois, mais rarement et accidentellement, cette

atone en

tion d'à final

Dans

Marche

la

(au lieu de

o)'

Même, de

III.

point de vue

le

—Les noms

de

l'a

du dialecte,

un son pres-

primitif s'est affaibli.

de cette déclinaison

ont, au

commun que

ce caractère

l'accent,

muta-

bas Limousin.

ces côtés, c'est en

que identique à Ye muet français que

Remarque

dans

et sur les limites occidentales

est constante.

elle

e

leur

conséquemment excepter ceux qui proviennent de noms

voyelle désinentielle est atone et qu'ils sont

paroxytons latins

*

''.

Il

en anus,

Ex.

:

faut anis,

dont Y a, en devenant

chauso cer'aine.

ma

paubre arma,

o,

a gardé son ac-

— ouro incertaine, — la

diche esglieso (Testament d'un gentilhomme de la basse Marche (près

de

Bellac), 1475,

année

dans

1846, p. 58-60.)

Bull, de

Dans ce

est très-rare, o fréquent, e plus fréquent encore. laires

du Limousin,

la Soc. archéol. et hist. texte, a, contre l'ordinaire

Dans

à cette date,

les registres

consu-

de Limoges (1508 à 1520), a se rencontre aussi très-rarement,

beaucoup plus fréquent que o. ^ On sait que; dans plusieurs variétés du languedocien,

et e

y

est

tation a lieu

p. 102, article 3 Ils

celte

même mu-

d'une façon constante. (Voir Revue des langues romanes,

de

M

l'abbé Vinos; p. 147, article de

conservent, bien entendu

,

ce caractère au

pluriel,

comme

déjà noté, malgré l'allongement qu'y subit leur désinence. J'insiste ce point

,

1. 1,

M. de Tourtoulon.) je l'ai ici

sur

parce que c'est là fréquemment une pierre d'achoppement pour

les étrangers, et aussi

pour

fisante de la prosodie, ils

œuvres de

les indigènes, lorsque,

se

sans connaissance suf-

mêlent de rimer. C'est ainsi que dans

l'abbé Ribierre, qui fut curé de Rochechouart,

les

on trouve paa


DEUXIEME PARTIE

144

nombre

cent*, et déplus un certain

tant de la première

déclinaison

d'autres provenant pour-

latine

ou provençale, mais

chez lesquels Faccent tonique a dû, conformément aux exi-

gences phoniques de notre dialecte, s'avancer de

la

pénul-

tième sur la désinence. Ce sont ceux où la finale est immé-

diatement précédé d'un

i

ou d'un u tonique,

tels

que

via,

gruo. Grâce à la contraction que nous imposons toujours aux Yi et de Vu demi-

consécutives, l'accent a passé de

vojelles

consonnifiés sur la finale, et l'on a eu via, vid, gruô, gruâ

grm, grûâ.

nosyllabes, au lieu de vîo, via, été traités la plupart des

:=

suffixe ia

le

ainsi

fr.

«e),

noms de formation provençale (par

tels

que cavalaria,

que des noms français en

comme

douzaine, à chaque page, des vers

paria,

comme

*.

ceux-ci, faits en dépit de la

et tas sont,

.

dans ces vers, des syllabes atones qui ne peuvent ni

rester à la césure, ni rimer à elles seules, pas plus que vrps et tes des

français correspondants '

Même

œuvres

et

mots

charmantes.

quelques-uns de ceux-ci sont devenus paroxytons, sinon gé-

néralement, du moins dans la prononciation

du

me-

:

Dî sas meliours 6bras ny o toujour quauquo târo... Dî tas chansous ny en o que soun trop charmente«.

Bras

tricharia,

que nous avons empruntés,

ie

ménagerie, gendarmerie, etc.

sure et de la rime

mo-

C'est ainsi qu'ont

recul de l'accent. Ainsi on dit

loti

la

plus ordinaire, par suite

ven d'aûto

et

non d'auto {ventus

iSandus Junianus) De même chez nous gérmo que germé. Ce recul

altanus), Sen Jûnio, plutôt que Sen Juniô l'adjectif

germanus

est

plutôt

de l'accent, en de pareils mots, s'explique facilement par Taffaiblissement préalable de

l'a

en o

et

semblables en tout tous 2

J'ai

déjà

par

de l'analogie qui porte à rendre

l'instinct

noms de

les

noté (l" partie, chap.

la

même

m,

î

désinence.

tonique,

et

chap.

vi,

III,

B)

que plusieurs des noms en ia pr., «e fr., ont pris chez nous la forme hjo par une sorte de développement de Vi. Ce développement de Vi ne se produit pas dans les noms en aria (fr. erie), qui sont de beaucoup les plus nombreux. Là ta devient toujours iô (monos.). Il n'a lieu que dans les aumais non pas d'une manière constante. Ainsi on dit jaloumais aussi souvent jalousiô, viloniô Le nom propre Marie a aussi deux formes, Mario etMariyo; les mots suivants et quelques autres maniyo, furîyo, fouliyo, patriyo, simelrhjo. n'ont que la forme en iyn Dans plusieurs noms en ia, qui paraissent d'origine savante en pro-

tres désinences, sîyo, vilenîyo,

:


PARTIES DU DISCOURS

Kemauque i V. en

ia atone,

— Dans

et

le

145

provençal moderne, les noms à finale

conséquemment monosyllabe, de l'ancienne

langue, tels que gloria, ont cette finale réduite à d'une confusion avec les

que cœmeterium, dont memori,

noms en

c'est la

i

par

l'effet

ou ium originaire,

ius

tels

désinence régulière. Ex. glori^ :

Cette faute est rare chez nous. Je n'en connais

siénci.

d'exemple à Nontron que ôudâci [audacia), usité concurrem-

ment avec

en bas-limousin,

ôudaço', mais,

quente. Ex.

:

elle paraît assez fré-

même

murali=- muralha {muralia). De

non de

chanilha, bien qu'ici Ih provienne de cl et

chanili

=-

li.

DEUXIÈME DÉCLINAISON Pluriel

Singul.

ê

Lat

et

turturem

turtures

Prov.

tortre

tortres

Lim.

tourtre

tourtrei

.

Les flexions de cette deuxième déclinaison sont

celles qui

sont propres à la troisième déclinaison latine. Mais elles devinrent, dès le début de la langue,

autres que ceux en

a, qui,

communes

en vertu des

à tous les

noms

phoniques, pu-

lois

rent conserver une voyelle flexionnelle. Ainsi e de patrem, patres,

m et

o

de populum, populos, donnèrent également e

dans paire, paires, et dans pople, poples. Ces flexions sont aussi celles que l'on a attribuées à tous

noms

le»

vençal

qui,

comme

(3n

ayant perdu

les leurs

dans leur passage du la-

français, l'accent se trouve

aujourd'hui chez nous, par

suite probablement d'un recul subséquent, à la

même

place qu'en latin.

Ex. coumédio. C'remoûnio, copia. Nous disons de même, à :

eicûrio ("=fr. écurie) phiiôl çais fantaisie

Jane on

ilit

que

eicuriô. FaïUeisio

ou du pr. fantasia?

Il

sais qu'-lle était l'accentuation à

Nontron maladiô, qui

tort

ou à

droit,

nous vienl-il du fran-

a dans tous les cas l'acdînt sur

de malaptia

est le premier;

et

e».

de mulaudia; lûnis

à Limoges maiaûdio, qui

est le second. -,

11


DEUXIEME PARTIE

146

à la langue d'oc, les ont plus tard voulu reprendre dans

tin

la langue, ainsi qu'aux noms masculins muet que nous avons empruntés au français, sauf le petit nombre de ceux qui ont été introduits abusivement dans la

développement de

le

en

e

première déclinaison et dont nous avons ci-dessus mentionné la plupart.

comprend donc noms survivants de la deuxième

Cette déclinaison

Tous

les

:

et de la troi-

sième déclinaison de l'ancienne langue, qui faisaient en cas oblique du singulier et en

es

celui

tre (m.), dete [debitum) (m.), tortre

noms des mêmes

2° Les

du

pluriel, tels

e

le

que au-

(f.);

déclinaisons qui,

l'origine de vojelle flexionnelle et restés tels

sique de la langue, en ont reçu une plus tard.

dépourvus à

dans l'âge clas-

Le nombre

est

plus grand des adjectifs que des substantifs qui ont été ainsi allongés. final.

De

Ex.

ces derniers,

crim, crime;

:

il

n'y a guère que des

noms en

m

— vim, vîme; — verm, verme — fam, ;

fome. Mais /bme ne se dit pas à Nontron; cette forme est celle de

fam

Périgueux

même fem

et de

et des environs.

Nous

disons seulement

{=^fîmus);

e muet final que nous nous sommes appropriés, sauf ceux, déjà exceptés, qui ont passé

Les mots français masculins à

abusivement dans

la

première déclinaison.

Notre deuxième déclinaison renferme en outre un certain

nombre de de

substantifs en re, surtout aire

(= âtor),

originaires

quatrième déclinaison de l'ancienne langue,

la

Sartre,

chantaire.

Contrairement à

tels

que

règle générale, c'est

la

d'ordinaire, en de pareils mots, la forme du cas sujet singulier

qui a prévalu sur celle du cas régime

servé les deux, c'a été distincts,

et

d'un seul et

XIV^

siècle,

,

et,

lorsqu'on a con-

comme deux mots synonymes mais

non comme deux formes à fonction différente même mot. Cette scission remonte au moins au comme on le voit par les Leys d'amors, dont les

auteurs n'ont plus conscience (V. p. 3) du vrai rapport dans lequel étaient entre eux des mots tels que emperaire et emperador, salvayre et Salvador, puisqu'ils donnent à emperador


PARTIES DU DISCOFRS et à

du nominatif singulier. Une noms complets par eux-mêmes,

Salvador Vs flexionnelle

comme

envisagés

fois

147

des

ces substantifs en re reçurent naturellement une

ce qui les rendit identiques à ceux de

que paire,

même

s

au pluriel,

désinence, tels

qui appartenaient d'origine à la deuxième

fraire,

déclinaison.

Enfin

il

faut encore classer dans cette déclinaison

nombre de

substantifs

qui s'étaient

dégagés

un

petit

sans voyelle

flexionnelle et qui n'en ont pas reçu depuis, mais dont la dé-

sinence, qui est ou qui représente leur dernière voyelle radicale,

est

un

e bref. Ex.: orfe

paré (pr. parelh

{orphanum), assale^ {salicem),

=

fr. paire), fé (fenum), bé {bonum), ché {canem), endré (pr. endreg ou endreit), yà/e'(pr. vaslet), secré {se-

cretum). Ajoutez les niers,

noms

français analogues à ces deux der-

que nous avons empruntés,

tels

que cabinet

{cabine, plur.

cabinei).

Remarque

P*'.

— Cette déclinaison,

bien qu'elle renferme,

ainsi qu'on l'a vu, quelques substantifs féminins, est essentiel-

lement, en limousin, et plus généralement en langue d'oc, la déclinaison masculine, et c'est le type sur lequel se façonnent les

noms nouveaux masculins que

la langue crée^. Les subcomposent ont pour caractère commun, — sauf nombre de ceux qui font l'objet de l'alinéa précédent,

stantifs qui la le petit

*

de ^

en

Voir cependant, pour la

page

Nous donnons réalité,

les

noms

tels

dans

ici

note

1'"

le

comme

verbe vendre Li o

un

e

mais,

exemple, un vers de Foucaud,

oïi

endre

:

trésor cota;

ne vou

dise

Je ne dis pas qu'elle emprunte, car les

minés autrement qu'en

;

deux mots rerend plus conformes au type de

ordinaire, l'accent do ces

cule sur la voyelle initiale, ce qui les

»

la

à endre et à vale l'accentuation régulière

la prononciation

leur déclinaison. Voici,

rime avec

que ces deux derniers,

112.

muet, ou en

pà Vendre.

noms

français masculins ter-

dâHs les diverses subdivisions de la troisième ou de la quatrième déclinaison (voir ci-après), où leur désinence les appelle. et,

é,

se rangent


DEUXIEME PARTIE

148

que leur désinence est une flexion véritable distincte du

radical et que cette désinence est atone

Remarque

-

II.

J'ai déjà noté {Phonétique^ ch.

V, S) qu'en

bas-limousin la chute de Vs finale n'est pas compensée par

diphthongaison de Ve précédent en

la

Les noms de notre

ei.

deuxième déclinaison ont donc, dans cette variété de notre

dia-

semblable au singulier.

lecte, le pluriel

Remarque III. — Le changement de esenei, aussi bien au noms en e que dans les autres cas où il se produit, paraît fort ancien dans notre dialecte. On le constate déjà dans des textes du XIV* siècle (voir Limousin historique, passim), pluriel des

et

devient déplus en plus fréquent dans l'orthographe, à

il

mesure qu'on

se

presque toujours

rapproche de notre époque. eis

A la

vérité, c'est

ou eys qu'on écrivait* mais il est probable ;

qu'on ne prononçait pas Ys (pas plus que celui de Vas du pluriel delà première déclinaison). Cela peut être induit d'abord de son

absence qui se remarque quelquefois', et en second lieu de la

'Ex.: autreys

1394.

i.im. historique, p. ]92[ autreys ar/jej/s (1416,

t6td.,p.406); usaigeys. venerableys homeys, prebtrcys (1508. Registres con-

Je trouve déjà entrepreis == entrepres dans

sulaires de Limoges, p. 15).

Arnaut de Mareuil {Domna genserque no sai dir), à la rime, et même sans s, également à la rime, dans Bertran de Born {Posais baros enojaelor pesa), Mansei, Francei, Valet

= Manses,

Dans une Pnère à Notre Dame dans

la

Remania,

d. 409,

I,

Frances, Voles.

des SeptDouleurs, publiée par

que ce savant

croit de la fin

du

M.P.Meyer

XIV siècle

et

dû être transcrite, sinon composée, par un Limousin, je lis, v.6, cortes. Le même document offre, preys (— près), et sans s, v. 69, cortey qui a

=

deychargada (où ey Ex. preytade, dans le

V. 47,

2

:

dimercres

et

=

e^;)

même

eys

et

texte

=

es (lat. est).

que pr estât

(1508),

dimercrei avec

dimercreis, eylegit avec eyslegit, deipuey avec despues et deis-

pueys, eytat à côté de estât et daeystat, peytor et pestor (1394.— Lim. hist., p. 193), ey concurremment avec eys et es {est), meytier avec meistier (1403),

tramey

et

trames,

etc.

Au

pluriel des

dans

les autres cas,

noms en

e,

l'orthographe tra-

maintenue sans mélange plus longtemps que bien quo, selon toute apparence, es y fût devenu et

ditionnelle es paraît s'être

aussi tôt qu'ailleurs.

,


PARTIES DU DISCOURS substitution fréquente de

à

eis

eir

149

à Tinfinitif des verbes en

où Vs ne pouvait évidemment qu'être muette, d'où

Ure, place

la conséquence qu'elle devait l'être

également

ailleurs*.

TROISIÈME DÉCLINAISON Pluriel

Singulier

long

bref

Lat. vicarimn,

vicarios.

Prov.

vicari,

vicaris.

Lim.

vicârï

vicari.

Les substantifs qui composent cette déclinaison proviennent de la deuxième et de la troisième de l'ancienne langue. ont pour caractère

commun

Ils

terminés par une voyelle

d'être

appartenant k leurradical, et qui, brève au singulier, s'allonge

au

pluriel sans autre modification.

terminés en

= lum, comme

i

Dans le plus grand nombre,

vicari, la

désinence est atone.

Elle est tonique dans tous les autres.

Cette déclinaison comprend 1°

les substantifs en

Tous

i

:

atone provenant de noms latins

en ium ou eum. Ex.: purgatôri= purgatorium; — empéri= imperium; 2"

— ôli= oleum;

Tous

en z tonique provenant de noms latins

les substantifs

en înum, înem,

tels

que

vezi (vicinum), auxquels

fi (finfim),

faut en ajouter quelques autres de

même

il

désinence, qui n'ap-

partiennent à cette déclinaison que par exception, ayant été soit allongés

rement aux

au pluriel,

lois

soit

abrégés au singulier, contrai-

phoniques qui gouvernent leurs pareils. Tels

sont perdri, berbi,douzi, qui devraient être, les deux premiers brefs au pluriel

gulier

'

comme

comme au

Ex.: esseis-~esser{\Wi), teneis

— Une aiitro conséquence qu'on r

singulier, le

était

également muet après

lors tene>,

comme

de

dernier long au sin-

au pluriel;

ei.

même que homeis

= tener{\kVk).

doit tirer

{Lvm. hist

.

p. 192.197)

de ces orthographes,

c'est

que

Teneir {==tener) se prononçait donc dès devait se prononcer homei, absolument

aujourd'hui. 11*


DI-;UXIEMW PARTll-;

IW)

Tous

la plupart), tels

bou (carbonem

même

de

=

en om

les substantifs

pr. o

ou on

(lat.

onem pour

que rasou (rationem), meijou fmansionemj , char,

),

plus, par

et de

exception, quelques autres

désinence qui, ayant en provençal cette voyelle

sui.

vie d'une explosive, devraient, d'après la règle, rester brefs au pluriel

comme au singulier. Tels sont

pou fpotz=puteam';, nebou fnebot

=

dumj, lou (lob

ont

/)ra

fprat

(ped=ipedem).

— Le

:

= c?

trois

no-

mots en a et un seul

(?)

lou, nebou, etc., qui vien-

pratum), bla ( blat

=

comme au

*bladum), pe

de ce dernier mot paraît être tombé dès

les plus hauts temps Dans tous les .

neutraliser l'influence de

l's

du

cas,

s'il

pluriel,

minimum, en empêchant

à son

crotz=crucemJ,

brefs au pluriel

d'être cités, devraient être

singulier

(^pr.

lupumj;

Par exception encore, deux ou on e, qui, pour le même motif que 4°

11

crou

= nepotomj, nou fnot =

I'^

il

n'a

pu complètement

l'a

du moins réduite

précédent de se diphthon-

guer*; 5' Enfln

un

subst. en u, gru

f=fr. grain), qu'on trouve déjà

dans l'ancienne langue.

QUATRIÈME DECLINAISON Je classe sous cette rubrique, stantifs qui soit qu'il

ont au pluriel

la

un peu abusive,

ici

même

sub-

en fût ainsi déjà dans l'ancienne langue, soit que, ce

nombres

qui est le plus fréquent, cette similitude des deux soit

les

désinence qu'au singulier,

propre au limousin moderne, n'étant que

chute non compensée de

l'y

du

le

résultat delà

pluriel.

Ces substantifs sont nombreux

;

ils

ont tous sans exception,

outre la similitude des deux nombres, cet autre caractère

commun que

au radi-

la voyelle finale, qui appartient toujours

est toujours aussi la voyelle tonique. Je les diviserai en

cal, y deux sections principales,

Non

devenu

la

première comprenant

les

noms

pas en haut-limousin. Là, selon la tendance habituolle, pesest pei. Cf. ci-dessus,

1" partie, png. 115.


PARTIES DU DISCOUnS

151

terminés par une voyelle longue ou une diphthongue, par une

noms ternombre des uns et

voyelle nasale ou parr; la seconde comprenant les

minés par une voyelle brève

Un

*.

certain

des autres étaient déjà, je viens de le rappeler, indéclinables

dans l'ancienne langue. Ce sont ceux qui y étaient terminés

par une

sifflante radicale,

sonne. J'ai déjà

dit

précédée ou non d'une autre con-

que quelques dialectes de notre langue,

par exemple ceux du Languedoc, du Quercy, ces

noms

(la

pluriel la flexion atone es (Ex. pas, passes*). :

tative de ce

etc.,

ont rendu

plupart du moins) déclinables, en leur prêtant au

genre n'a été

Mais aucune ten-

que je sache, sur aucun point

faite,

du territoire du dialecte limousin. A.

DÉSINENCK longue, nasale, ou EN a.

1.

2.

à

— Désinences à

Ex. pa

(pr. as).

:

(pas),

R

voyelle longue. (nos), brâ (bras

ou bratz)^.

Ex.: francê (frances), angle (angles). Dési-

ê (çv. es).

nence exceptionnelle,

es,

comme on

vu, devenant réguliè-

l'a

ei et non ê. Cette exception ne se remarque que dans noms ethniques, et elle n'est pas générale. A Limoges, par exemple, an^ /es donne anglei, comme espes donne eipei. Pour

rement

les

ê

= eu,

el,

voir ci-après eu.

3. iê pr. ier (

=

lat.

arium).

Ex

.

:

bergiê (bergier), graniê (gra-

nier), perte (perler).

'

il

G'e&t d'après la prononciation nontronnaise

se peut qu'ailleurs plusieurs des

noms de

que j'établis ces catégories;

la

t

section de cette

qua-

trième déclinaison soient plutôt à classer dans la troisième déclinaison, c'est-à-dire qu'ils allongent

au

pluriel la voyelle

qui, je crois, a lieu, en haut-limousin,

du

singulier. C'est ce

pour beaucoup d'entre eux.

* La même flexion a été donnée aussi, dan^ îes mômes dialectes, aux noms à finale chuintante. Ex.: fruch. [ruches. ' Parmi les noms de celte désinence {as) empruntés au français, plu-

sieurs,

en perdant

Vs, ont aiissi

abrégé

la voyelle, tant

au pluriel qu'ai^

singulier, par suite

de quelque fausse analogie. Tels sont cabas, chasselas,

nias, matelas, etc.,

que nous avons

traités

comme les noms en

at.


DEUX1B".ME PARTIE

152

Ex.: paradî (paradis), paï(païs), chanteirî (can-

4. «(pr. isy.

ou

tairis

airis

ou

cantairitz), et ainsi

voyelle brève. Cf. ci-dessus

m=

de tous

ou

2Y

Ex.: crd

os).

en se réduisant à

laissé,

brâ=

bras et

non

^,

cette

Pour

bratz.

?=

corrosumj, trô (tros := thyr-

f'eros

Ajoutons pô (:=

susj, ô (os).

féminins en

voir ci-après iou.

e'y,

5. d ,pr.

les substantifs

ayant été préférée chez nous à

is

normalement aurait

qui

itz,

désinence

airitz, la

fr.

planche), dont je ne connais pas

d'exemple ancien et dont j'ignore Tétymologie. 6.

oin,

(pr. os*,

ol, ois

doû (dolz ==

lat. solus),

crois, les seuls

que

il

olz,

y

o

=

ou). Il

a pas, je

n'y

a en revanche de très-nombreux

de cette désinence. Ex.: amouroû (amoros), soû (sol

adjectifs

=

ou

mais

crois, de substantif,

dulcis).

Ces deux derniers sont, je

dans lesquels Voû provienne d'une autre source

os.

7. û

ou

(pr. us (ux)

ust, ul).

Désinence fort rare. Les noms

en us originaire paraissent provenir en majeure partie du

Ex. refû (fr. refus), flû (flux), fù (fust), en (cul). Par exception, nous avons conservé Ys dans/Jûs, que l'on prononce

français.

:

plutôt jOMr, et r/dans carcul{= core,

Vu

s'est

qu'au singulier, dans ju court fu,

fr. calcul).

Par exception en-

abrégé dans Jiesu (=. Jesûs),

perdu (=

.

.

(jus),

ainsi

et, tant

que dans

au pluriel

les

adjectifs

.ûouiu), et semLlables, ce qui paraît

l'influence des participes en u

(=

dû à

ûtum), qui, d'après la règle,

sont brefs aux deux nombres.

b. 1.

*

ai (pr.

ai,

— Désinences à diphthongue

ais,

Par exception, Ys a

alh).

Ex.: eimai (esmai), chai

été conservée

dans

lis

(lilvim),

(cais

=

peut-être sous

Dans les campagnes, on jiréfèrela forme leri ou liri. La plupart des noms en is empruntés au français ont été traités comme les noms en i indigènes, c'est-à-dire que leur i, laissé ou rendu bref au singulier, a été allongé au pluriel. Ainsi nous disons surpeli l'influence

du

français.

suripéli {surplis), «

Fr. euœ.

comme

vezi

— vezi.


PARTIES DU DISCOURS

153

capsus), fai (fais--= fascemj, dai (dalh), mirai (miralh).

Ajou-

tons yoroM6a2 f=propagoJ, forme du cas sujet exceptionnelle-

ment conservée dans notre

dialecte et qui n'a pas été, que

je sache, retrouvée dans les textes classiques.

donne pour ce mot que

la

Raynouard ne

forme du cas régime probage f^=pro-

paginem), que nous n'avons plus.

au

2.

pr. au,

(

clhau (clau (fais

= falsum), chau

3.

(pr.

ei

eis,

ei,

ou non d'une

suivis

al,

= clavem),

chavau

{caval),

=

gallusj,

fau

(cald) es*,

elh,

Ex.:

er*).

lei flei

frei=- regemj, piei fpeis ^=-pectits), soulei

ou uei (pr.

oi

ou

olh,

ois,

:=legemj, rei

fsolelhj, pei fpes

pensum), mei (mes =. mensis), devei (dever), 4. ouei

consonne). Ex.:

/au (jal

set (ser)

=

.

ueg, uelhj, bouei (bois),

bruei (bruelh), janouei (genolh), einuei (enuey). 5. eu (pr. eu, el). Ex.: seû (seu

manteû (mantel), gouneû

(gonel).

s'abrègent souvent, je

l'ai

déjà

Par exception,

si et

non

6. iou, iéu

Limousin

seû fait

= sébum), en

dit,

ê.

Ex.: manie, chape.

se.

pr. iu (iv, il), ieu, io).

(

empeû (empeut),

Les noms de cette désinence

Désinence propre au bas

aux parties du Périgord plus méridionales que la contrée de Nontron. Ici, je l'ai déjà dit, iou s'est réduit à î^ ou est devenu eu, probablement par l'intermédiaire de la forme et

Ex.: ri et reû, b.-l. ïHéu (riu

léu.

b.-l.

=

rivum), passî et passeu,

passiéu (passio =. passionem), abri et

aby^eû

(abriu

=

aprilem). 7.

ôM(pr. ou

= bovem),

cou

(ov^), ol). (col),

Remarque.

rm

'

Bas-lim.,é;

2

Bas-lim., er

En

= ovum), = sôlidum), vervôu

Ex.: yôu (ou

sou (sol

biùu (hou

(vertibolum).

bas-limousin,

les

noms dont

(mensis), pé {pensum) (v. P/»on.,

pag

la

diph-

80).

plaser, dever (Phon., pag. 93).

:

3 La réduction à i doit être fort ancienne. On la constate déjà au XII" siècle dans des noms où iu provient de iv. "Voir, dans Gérart de Ros-

sillon (v. 3,711 (

= rins), estis *

En

— (

bas-lim.,

novum.

(

728),

une

laisse

en

is

l'on

trouve uis(— vins), ris

=estius), caitis (= caitius,.

ô«

= ou devient eu

Plionét., pag. 51.)

béu

= bovem, eu

-— ovum, néu

~


DEUXIEME PARTIE

154

chez nous de la vocalisation d'une

finale provient

thongue

l

conservent la distinction des nombres, parce que 17 ne s'y qu'au pluriel

vocalise

chopel

Ex.: choval

*.

— La plupart de

chopeu.

chovau, fiai

ceux en

est

un résidu de

Ih,

dans ce sous-dialecte, se réduisant non à

Ih,

y sont en

haut-limousin, mais à

au

tels

pluriel,

/

(

al, el,

ai, ei, ouei,

fiau,

1'/

oui (mirai, coussel, jonoul),

pag. 99), et

v. Phonétique,

au contraire de ceux,

comme en

i,

tels

ils

restent

que choval,

chopel,

dont VI est originairement pure.

c.

et

1. arn

Ex.: ram

an (pr.

am ou an liam

(ramus),

=

cham (champ

(famés),

Désinences nasales.

=

lat. an, suivi

d'une consonne

eissam f examen J

(ligamen),

=

,

).

fam

sanguisj,

an

(fimus), tem (tems

=

campus), san (sang

(annus). 2.

em

et en (pr.

em ou

en). Ex.:

fem

tempus), g en (gens), den (dens). 3.

ouen (pr. onh ou oin).

couen (conh 4.

im

5.

oum

= cuneus),

Ex.: pouen (ponh

= pugnum),

besouen (besonh).

(pr. im), rasim (racemus), prim, adj. (primus).

on

et oun (pr.

et on

=

lat.

on ou un, suivi d'une

consonne). Ex.: noum (nomen), soum (somnum), ploum (plumbum), foun (fontem), poun (pontem), foun (fundum), segoun, adj. (secundum). 6.

um

et

un

(

um, un

pr.

=

lat.

ûm

ou un, suivi d'une

yoyel[e.)'Ex.: fum(futnus), betum (bitumen), coumun, adj. (com-

munem).

— Désinences en R

d. 1.

ar (pr. ar, suivi ou non d'une consonne). Ex.: char

(carn), eissar (eyssart

adj

.

2.

(car

= carus) =

(pr. er

er

= exartum), lat. er, suivi

lar

(lart),

Voir

ci

(part), char,

d'une consonne). Ex.: ser

(serp), fer (ferrum), iver (ivern).

'

par

dessus Phonétique, pag. 97, note 1".


PARTIKS DU DISCOURS 3. ir (pr. ir).

Ex.: soupir, désir.

4. or (pr. or

(corpus), tor (tort).

o

=

155

o). Ex.: sor (soror),

Ajoutons

trésor,

or,

por fporcusj, cor

au français ou

pris

modifiés par son influence. 5.

our (pr.

tour (tor

=

or*

où o

=

ou). Ex.: four (forn), bour (borg), (calor). Nous avons donné cette noms français en eur (= orem), que

turris), chalour

désinence à la plupart des

nous avons empruntés. Ex.: voulour, talhour, 6. ur (pr. ur). Ex.: mur, segur, adj.

etc.

(securus).

Quelques

substantifs de cette désinence ont été empruntés au français mais ur j représente un eur correspondant à une autre dési;

nence latine que orem. Tels sont hounur, malur (

=

fv.

bon-

heur, malheur).

B.

On

Désinence brève

s'explique facilement que les substantifs terminés

singulier par

une voyelle dont

la quantité n'est

même

de s'allonger gardent au pluriel la

au

pas susceptible

désinence, puisque

notre dialecte, grâce à la chute de Vs finale, ne peut plus for-

mer de

pluriels

sensibles qne par l'allongement

sans modification — de la voyelle stacle à la distinction des

substantifs qui

— avec

nombres

n'existait pas

pour

restent invariables, et ce motif est la

loi

La en

une explosive terminale abrège qui termine

voj'elle

effet suivie,

qu'ils

phonique exposée dans

première partie de cet ouvrage (chap.

quelle

les

composent cette deuxième section de notre

quatrième déclinaison. C'est donc pour un autre motif

la

ou

du singulier. Mais cet ob-

II),

en vertu de

la voyelle

la-

antécédente.

aujourd'hui ces substantifs était

dans l'ancienne langue, d'une consonne explo-

sive qui nécessairement la rendait brève ou,

si elle l'était

déjà,

l'empêchait de s'allonger. Bien que l'explosive soit tombée, la voyelle est restée brève. Elle est aussi demeurée telle au pluriel,

malgré

ïs,

parce que cette

tion de l'explosive, a dû

s,

qui ne contrariait pas l'ac-

tomber en même temps

qu'elle. 11

y


DEUXIEME PARTIE

156

a eu pourtant, en assez grand nombre, des exceptions

que

eu

ait

soit

',

ayant pu survivre plus ou moins à l'autre consonne,

Vs,

le

temps d'exercer sur

c'est-à-dire de

amener ce

la vojelle

son action ordinaire,

que l'analogie

l'allonger, soit

résultat*. Je vais passer en

ait seule agi

pour

revue les diverses dé-

sinences, en notant les exceptions au fur et à mesure.

a (pr.

1.

Exceptions

:

é (pr. ec,

2.

ap.)Ex. :sa

ac, at,

(sac),

tum), secré

:

=

fr.é).

pra

— prâ(prat), bla — blâ(blat).

et,

ep).

(cep).

Exceptions

dra (drap), cha

ta, (tac),

Ajoutez tous les participes en à (at

(cat).

lie

Ex.

be

:

(bec),

ve (vetz

=

vicem),

ce

(liet=lectum), dre- drei (dret=L direc-

liei

— secrei (secret),

etc

.

Ici c'est

pour

ainsi dire la

noms en et, provenant assimilés aux noms en e atone et

règle qui est l'exception, la plupart des

du

lat. et.

.

,

ayant été

cet.., ict,

introduits par analogie dans notre deuxième déclinaison. 3.

i

(pr.

ic, it, ip).

cri (crit). Ajoutez

Ex.

:

ami

(amie), pi (pic), espri (esperit),

adjectifs

les

et participes

de cette dé-

sinence.

Exceptions berbi

4. ô

:

jari

(pr. oc, ot, op).

(foc), liô (loc),

jarî (garric), chabri

ou (pr.

de la règle)

:

tels

*

so

(soc), bro {broc), jio (joc), fio

que

même les noms em-

esa'û, sirô, abricô, gigô,

impô.

(elles

sont

ici

plus fréquentes que l'application

— neboû(nebot), crou — croû pou —poû (potz = puteus). Pareille-

lou~loû (lob),nebou

(crotz), nou — noû (not),

la

:

chabri (cabrit),

op où o=^ou]. Ex.: bou(boc), mou (mot).

oc, ot,

Exceptions

Ex.

~

— perdrî(perdritz).

chabô (cabot), co (cop)^, et de

pruntés au français, 5.

berbî (berbitz), perdri

Exceptions plus nombreuses en haut Limousin quo chez nous. (Voir

note 1" de

la

pag. 149 ci-dessus

)

dernère alternative paraît la plus vraisemblable, comme on peut l'induire de ce que les plus nombreuses exceptions à la règle se constatent dans les noms que leur désinence rend facilement assimilables à ceux delà 2» ou de la 3" déclinaison, par exemple ceux en ^ et en ou. ^ Colp Cpour colp colaphus) est déjà dans Gérart de Rossillon ^

(Jette

(V 2057).


t»ARTIES DU DISCOURS

ment Fadjectif français, tels 6.

Il

ton

toû (tôt) et quelques

que ragou-— ragoû (ragoût) Ex.

(pr. uc, ut, ud).

:

,

en u (ut

— eigoû fégoutj.

salu (salut), bru (brut

= utum). Les

157

mots empruntés au

eigou

malôutru (malasti^c), cru, adj. (crud), et de ticipes

'

même

mots français en

=fr.

bruit),

tous les par-

u, ut,

que nous

avons empruntés, restent également brefs au pluriel.

CHAPITRE DEUXIÈME ADJECTIF QUALIFICATIF

Il

y

avait dans Tancienne langue,

classes d'adjectifs.

aux deux nombres la

La et

aux deux

latin,

deux

cas, suivait

pour

le

masculin

le

féminin la première décli-

La seconde,

qui ne distinguait les gen-

deuxième déclinaison

naison des substantifs.

comme en

première, qui distinguait les genres

et

pour

res qu'au nominatif pluriel, suivait au masculin la deuxième déclinaison et au féminin la troisième déclinaison des substantifs.

Voici les paradigmes de l'une ^t de l'autre

Première classe A.

Sans voyelle flexionnelle

Fém

Maso. Singulier

Suj.

segurs (securus)

segurn (secura)

Rég.

segur (securum)

segura (securam)

Suj.

segur (securi)

seguras (securœ)

Rég.

segurs (securos)

segmms

Pluriel

B. — Avec

(securas)

voyelle flexionnelle. Singulier

Suj.

nègres^ (niger)

negra (nigra)

Rég.

nègre (nigrum)

negra (nigram)

* Dans cet adjectif et les semblables, \'s flexionnelle était souvent omise au nominatif singulier. Voir ci-dessus, p. 136, la note sur paire.

12


DEUXIEME PARTIE

158

Pluriel

Suj.

nègre (nigri)

Rég.

nègres (nigros)

negras (nigrœj negras fnigrasj

Deuxième classe Singulier

Suj.

fizels (fidelis)

Rég.

fizel (fidelem)

fizels (fidelis)

fizel ffidelemj

Pluriel

Suj.

fizel (fidèles)

fizels (fidèles)

Rég.

fizels (fidèles)

fizels (fidèles)

J'ai déjà blir

observé que

le

sentiment des genres, loin de s'affai-

graduellement pour finalement était

cas,

comme

s'eftacer,

au contraire devenu de plus en plus

celui des

fort et

impé-

rieux. Aussi pouvons-nous constater, dès les plus hauts temps

de

la

langue, une tendance à distinguer complètement les

deux genres dans

les adjectifs de cette

tendance triompha d'abord dans tels

que noble,

feble*, agre,

seconde classe. Cette

les adjectifs

parce que

l'analogie des substantifs de cette

Ve,

e

flexionnel,

désinence, presque tous

masculins, et des adjectifs de la première sengle, nègre, qui le

en

grâce sans doute à

classe

tels

que

changeaient en a au féminin, dut paraître

de bonne heure la flexion essentielle et exclusive du masculin. Elle ne fut pas si générale et

si

dominante dans

de cette classe, sans voyelle flexionnelle, tels que

mais là aussi féminin, et sique, les

il

elle finit

peu à peu par imposer

est probable qu'avant

deux genres, dans

le

même

les adjectifs /or/,

la fin

'

Febla [frébla)

'

On

est

d<!'jà

a au

de l'âge clas-

langage courant, devaient être

déjà presque toujours distingués^. Quoi qu'il en soit

Rossiilon, v.

grant

la flexion

dans Boë:o

(v.

146;.

,

tous les

V. aussi Gérard de

0715: e\a fo febla e cassa.

trouve déjà dans Gérard do Rossiilon, à côté de formes des deux

genres, beaucoup plus nombreuses, quelques lormes féminines, telles que

granda

(v

4159), dolsa.

Ces féminins en a doivent remonter, pour plu-

sieurs adjectifs, jusqu'au latin lui-même.

On en

a la preuve pour deux ou


PARTIES DU DISCOURS adjectifs,

15tf

moins quatre ou cinq exceptions qui seront mention-

néesplusloin en leur

lieu,

ont aujourd'hui enlimousin, comme,

je crois, dans les autres dialectes de la langue d'oc, deux for-

mes

au singulier qu'au pluriel, l'une pour

distinctes, tant

masculin, l'autre pour le féminin.

pour ce dernier genre, Mais, au masculin, mité.

La

ils

Ils

première déclinaison des substantifs.

la

sont loin de présenter la

classe la plus

nombreuse

est

dire dont la désinence est en e atone. être considérée voici le

même

comme

paradigme

la déclinaison

unifor-

composée de ceux quj

deuxième déclinaison des substantifs,

se règlent sur la

le

suivent tous uniformément,

c'est-à-

Leur déclinaison peut type des adjectifs.

En

:

Déclinaison type des adjectifs Pém.

Masc.

Sing.

nègre (nègre)

negro fnegraj

Plur.

negrei (nègres)

negrà (negras)

Ainsi se déclinent 1°

Tous

:

gagèrent du latin avec un

comme

teis

phoniques, se dé-

e fiexionnel, soit

aux deux genres,

les adjectifs qui, d'après les

terrible,

jaune, tendre

agre,

soit

seulement au

fizel,

comme

;

2" Un grand nombre d'autres ment au masculin, comme ferm,

comme

masculin,

*

qui ayant perdu, soit seulehonest, soit

aux deux genres,

leur voyelle flexionnelle, en ont plus tard repris

une, à l'exemple des substantifs tels que crim, vim, mentionnés au chapitre précédent.

Le nombre

trois,

est assez

par exemple 'pauper,

grand des adjectifs qui ont été

tristis,

une deuxième forme en

qui avaient tous les deux, dans

ainsi

le latin

Paupera est déjà dans Plaute, et on lit: tristis non trislus dans VAppendix ad Probum. Aux adjectifs de cette catégorie il faut ajouter ceux que nous avons empruntés en français, et qui, dans celte langue, n'ont qu'une désinence (e) pour les deux genres. valgaire,

'

us, a.


DEUXIEME PARTIE

160

munis de Ye flexionnel au masculin*, mais beaucoup plus

nombreux sont ceux

qui sont restés réfractaires à l'unifica-

tion; aussi trouve-t-on encore aujourd'hui,

parmi

les adjectifs,

une aussi grande variété de désinences que parmi Je vais

stantifs.

formes féminines correspondantes, parce que

les

sub-

celles-ci,

dans

du masculin non-seulement

la plupart des cas, se distinguent

par l'adjonction de

les

énumérer toutes, en mettant en regard

ici les

la flexion o f

= a),

mais encore par la

présence de consonnes radicales tombées au masculin, soit

immédiatement, suivrai ici le

soit

même

durant ou depuis l'âge classique. Je

ordre que dans les tableaux donnés ci-

dessus des désinences des substantifs.

LISTE DES TERMINAISONS DES ADJECTIFS PRIVES

DE FLEXION AU MASCULIN* I.

— Désinences

variables au masculin

(Voyelle brève au singulier, voyelle longue ou diphthongue au pluriel) 1. 6,

a.

— âno, unà^

mdno (germanus) 2. é, ei

éno,

pléno (plenus);

'

le

(lat. anus, pr.

a ou an)

:

germô

— ger-

.

énà

(lat. enus,

— léno

Eii voici quelques-uns:

pr.

enis,

é ou en): plé

(lenis) *.

àunéte {honest), ferme,

triste, riche, large,

brave

(brau), rauche, freiche (fresc), juste, rare, avare, boueide {voit= viduus),

chauve, nete, freule, gente.

que

les

On

peut remarquer, pour les trois derniers,

formes actuelles sont phonétiquement plus correctes que

celles

de

l'ancienne langue {net, freul, gent), les originaux latins étant proparoxytons. Gela pourrait induire à elles

sont,

comme analogue que ^

je n'ai

penser que, au lieu d'être plus récentes,

au contraire, plus anciennes que

celles-ci.

— Citons

encore,

des précédents, asse (de assus), dont la forme première,

pas rencontrée, dut être as.

Je comprendrai dans cette

liste

les participes et aussi les substantifs

masculins qui changent de désinence quand genre féminin ou considéré '

La

*

Ajoutons

comme

virgule sépare les nombres, les substantifs

che

ils

s'appliquent à

tel. le tiret les

genres.

— cheno, de canis.

un

être

du


PARTIES DU DISCOURS 3.

ex

e,

dré —

écho, échâ (lat. ectus,

drécho (directus); eiiré^

laissent dré et son

pour

161 ictus, pr.

eitrécho fstrictusj.

ech, eit)

:

Plusieurs

composé adré invariables au pluriel mas-

culin.

3

uei—uêcho, uêchà

ue,

bis.

4.

i

î,

10,

5.

î

i,

(

monosyllabe)

nôvi — nôvio

nêcio (neseius);

6. ou,

i

ou in)

fi

nêei

:

*.

inà (lat. inus, pr.

ino,

-dessus.

ci

atone)

(lat. ius, pr. ï

— fino; lemouzi — lemouzino — oudo, oudà ou outà nebou — neboudo; tou —

fvicinusj;

pr. uech): eue

(lat. octus,

— Même observation que pour dré

cuêcho (eoetus).

— vezino

vezi

:

'.

(lat. otus, ofis, pr. ot)

outo,

:

touto.

II.

— Uésinences invariables au masculin

— DÉSINENCE LONGUE, NASALE OU EN R

A. a.

â

\.

'

Désinences à voyelle longue ou à diphthongue assà (lat. assus, pr. as

âsso,

)

grâ

:

— grâsso;

bâsso.

Je donne

*

ici

a eitré l'accentuation régulière

ordinaire l'accent recule sur la syllabe initiale,

vers de

Foucaud

mais dans

le

le voit

langage

dans ces

:

Ma

si

yau

Dau min

Y oyez Phonétique,

chap.

sai

pu a

Veitre

Bai tranquille e meitre.

II,

Nous avons ramené à la

'

;

comme on

p 13.

déclinaison type, c'est-à-dire

muni d'un

e

au

masculin, plusieurs adjectifs de cette désinence. Tels sont borlie et marfie,

en bas-limousin

qui,

comme

suite de cette adjonction,

l'i

en languedocien, sont restés en

s'est

consonnifié, et

il

i

pur. Par

faut écrire le premier

borlhe. 3

Ajoutons chi

china, autres formes, plus

usuelles, de che

cheno,

dérivées également de canis; l'ancienne langue offre déjà che et chi

chin

)

''Dans plusieurs variétés lin

(

ou

à côté de la forme régulière can

du

dialecte languedocien,

on donne au mascu-

des pluriels sensibles non-seulement à ceux de ces adjectifs terminés

par une

sifflante

comme on

le fait

ou une chuintante {gros— grosses, estrech - estreches), aux substantifs do même désinence, mais souvent encoro


DEUXIEME PARTIE

162

— —

a

2.

3. e

âso (lat. asus,

pr. as)

:

es

ne

4. iê

iêro,

pas changée en

s'est

noms suivent

ces

dk

Nontron

— mouniêro — 2° ex.: sancié — sanciêro îso,

eger, pr. ier ; ex.: entiê

;

;

îsà (pr. is)

:

— bergiêro; parié—pariêro fpatner*); A

fsincerusj.

cette désinence se diphthongue en ei: pariei 2

la

à Limoges,

désinence a plusieurs sources

Cette

iêrâ.

3° èrus;

5.

J'ai

la règle générale.

1" arius, pr. ler/ex.: bergiê

mouniê

— francêso.

noms ethniques que

déjà dit que c'est seulement dans les

désinence

râso.

êsâ (lat. ensis, pr. es): francê

êso,

grî

:

î

îso

;

parieiro.

De même, marqui

grîso.

marquîso, pris du français. Pour

entiêro

Limoges, Ye de

=

lat. iosus,

voir

ci- après iou.

Q.

î

cheitî

pour ces adjectifs

même

la

partout; mais celle du masculin varie selon les lieux.

A

ivus, pr. iu

îvo, îvâ (lat.

— iva)

La désinence du féminin

cheitivo.

Nontron

et

est

:

en haut Limousin la désinence

î

— vivo;

est la plus habi-

Les autres sont m, forme classique, usitée dans

tuelle.

la con-

trée de Périgueux; ieu, que connaît aussi l'ancienne langue,

plus particulière au bas Limousin, et enfin eu,

commune aux

environs de Nontron.

1

ô

.

— ôssâ — oulo, oulâ ôsso,

ou

8.

soulo fsolusj; sadoû

(pr. os)

:

grô

— grosso; — ô

(lat. olus, ullus, pr. o/

où o

ôsso

'.

= ou)

:

soû

sadoulo (satullus).

à ceux qui se terminent par une explosive, une nasale ou une liquide.

Dans

ces derniers cas, c'est ordinairement en

longement. Ex.: nis

;

nes,

I,

damier—

darnieris

;

*

316; III, 396-399, passim,

Cette forme suppose

— noubelis; poulit — poulidis; loung — — bieUlis. V. Rev. des langues roma-

un type

paire). *

(

pour l'Aude .

et l'Ariége; les

mêmes formes

)

bas-latin * pararius,

comme

parelh (fr.

suppose *pariculus. Parelh, dans l'ancienne langue,

fois adjectif et substantif. fr.

qu'a lieu l'al-

e*, ;

bieil

sont très-usitées dans le bas Quercy

pareil)

non en

;

michant— michantis; noubel

lounguis;

is,

Mountat— mounladis vengut — vengudis boun — bou-

Gros

os.

Il

n'est plus chez

nous que substantif

était à la '

paré

^


PARTIES DU DISCOURS oû

9. doit

fou

on

ousso, oiissà (lat. ulcis, ussus, pr. ois, os

— doûsso; roû^ ~

10. oû

163

ouso, ousâ (lat. osus, pr.

boueitouso

o

=

ou)

:

r ousso. os

durmilkoù

(boitos);

oix

o -.= ou)

:

bouei-

durmilliouso'. Cette

désinence correspond à la désinence eux du français. Nous l'avons substituée à celle-ci dans les adjectifs empruntés à cette langue, tels que afroû, chansoû, crassoû, etc.

10

bis. ioû

gracioû

ioûso, ioûsà (lat,

— gracioûso. De

la

iosus

où o

pr. ios

,

forme classique en

=

ou)

:

fiouj dériva,

io

par contraction et recul nécessaire de Faccent^, une forme secondaire en

iu (iou). Celle-ci,

autres formes, ieu,

î

sont usitées à Nontron.

forme primitive en :

curî,

que, après

cureû /

à son tour, a produit trois

les

deux dernières seulement

La forme en î j

en eu est préférée dans

Celle

Ex.

dont

et eu,

les

ioû, elle est, je crois, fort

curîso, cureûso (curiosus).

au

et n, Yi de Yiosus latin,

Inusité.

On

le

remplace par

le

*

la

rare partout.

Remarquons

ici

lieu de rester voyelle

et d'usurper l'accent, s'est toujours consonnifié

*

commune

est la plus

campagnes. Quant à

pour former

diminutif rousseu, inusité de son

au féminin, du moins à Nontron. Une autre forme de russus est rouei; mais on s'en sert moins que de rousseu, et, par sa signification plus côté

exactement que rousseu avec

spéciale, elle ne cadre pas aussi

le

féminin

r ousso.

Me

*

prejavatz qu'eu no fos àonmlhos,

Enans velhes

tota noit tro al dia.

(GiRAUT DE BOHNEIL.^

Chaque fois quedeux voyelles, dont l'une est accentuée, se contractent en une syllabe, c'est la plus forte des deux qui garde l'accent ou qui s'en empare Ainsi i prend l'accent dans passio (oîi o ou), devenu passiu, '

=

passieu passî, mais

mots en *

il

le

perd dans Vio

(via),

comme dans

tous les autres

io représentant ta latin.

Par exception

c'est

à û, non à

i,

que

s'est réduite

la

diphthongue

àwasrelejûso {relegiosa); ex.: Relejûso de sen Francel,

Doua rlicton t'I

têta sur

un chabei,

qu'on applique aux jeunes Allas qui parlent de se faire religieu»»

à qui l'on suppose peu de vocation pour cet état.


DEUXIEME PARTIE

164

avec ces consonnes ingeniosus n'a

les

— âyo, ayà

11. ai

êlho,

ei

prei

éso,

Ih

ou nh. C'est ainsi que-

(pr. ginkos).

— aia): gai — gâyo. pr. elh)

(lat. eclus, iclus,

viei

:

— viêlko

;

ensus ou ensis, issus, pr. es [estreitj):

(lat.

— préso; mei —

fspissusj.

ai

(pr.

— êlhâ — oermei vermêlho. — ésà 12. 12. ei

combinaisons

donné que ginhoû

Us

méso.

reste dure dans eipesso de eipei

Bourgei (burgensis) garde la diphthongue au féminin

(bourgeiso). C'est ce que font aussi quelquefois prei et mei.

13. iei

n'j a à placer

io, iâ. Il

composé plus mieia, restée

usité demiei.

en bas-limousin

mio par contraction, 14. au

chaudo

comme

— audo, ôudà

ici

que miei (médius) ei son

La forme complète du (miejo),

féminin est

mais dont nous avons

fait

de enveia envio, de correia courio.

(lat.

pr. ald

alidus,

ou aud)

:

chau

baudo, féminin de baud que nous n'avons plus, usité

;

seulement dans

mot composé ^erôo

le

— baudo.

Ajoutons ca-

caudo, forme féminine du substantif cacaM, par laquelle nous

désignons une grosse noix, et

Va.à}ec,i\i

sournhau—sournhaudo,

correspondant à sournaru du provençal moderne et dérivé

comme

du classique

lui

au

15.

auto,

sorn.

ùutâ

(lat.

altus,

pr.

ait

ou aut): nau,

nauto.

au

16. tâlo.

âlo, âlà (lat. alis, pr. a/

ou au)

Mourtau

:

Les adjectifs de cette désinence sont de ceux

l'âge classique, n'avaient qu'une

Notre dialecte en a encore

forme pour

trois qui sont

les

— mourqui,

dans

deux genres.

dans ce cas, et cela

tient sans doute à ce que, ces adjectifs étant, par essence,

inapplicables au masculin, le besoin d'y distinguer les genres

ne s'imposait pas

;

ce sont boucau, pourchau et tôurau, qui

s'appliquent respectivement à la chèvre, à la truie et à la

vache, pour indiquer que ces animaux sont en chaleur. Je ne sais si ces adjectifs se

mais on ne

les

rencontrent dans des textes anciens;

trouve ni dans Raynouard

,

ni

dans Roche-

gude. 17.

faussa.

au

— ausso,

ôussâ lat. (alsus

pr.

als

ou aus): fau


PARTIES DU DISCOURS

18. eu

(?/b,

dans

désinence se réduit ordinairement à

19. ou

ou eu

êlâ (lat. ellus, pr. el

— nouvêlo. A Nontron et

nouveû

ôlo,

ôlà (lat.

— ela)

beû

:

bêlo

;

haut Limousin, cette

au masculin.

<?

pr.

ollis,

le

165

fou

ol):

fôlo;m6u

môle.

— ôuno,

20. ou

ôunà. Je n'ai à citer

que

ici

le subst. sôu

(solidum) et son féminin sauna, formé en dépit de Tétymologie,

qui signifie un gros sou, une pièce de deux sous. 21. iôu

comme

h'o bref latin, devant v

une autre forme nueu

devant

De

ue dans l'ancienne langue. nou,

niôu

iôvo, iôvà (lat. ôvus, pr. ou, ova):

là,

c,

niôvo.

se diphthonguait en

à côté de la forme pure

— nueva,

qui, réduite à néu-nêuo,

persiste en haut et bas Limousin. b.

1.

an

— Désinences nasales — Les anus, pr.

âno, ânà (lat.

noms de

an).

cataldno ; peisan ~ peisdno en

eno, enà (fr. -

ancien 2.

— ando,

An

De même,

gourman

vilêno;

vilen

(lat.

gran — — marchanda;

pour and)

andis, pr. ant,

d'après le français, marchan

:

— gourmando

3. an-anto,

de

:

andà

catalan

:

*;

— ancieno; certen—certeno'^.

grando.

cette

— — artisan artisano. Une variante est — ain — aine) umen — umêno;

désinence paraissent tous empruntés au français

même

antà

(lat.

ans, antis, pr. an^.)

:

pesan--^ pesanto, et

tous les participes présents de la première conju-

gaison. 4.

blan

an

— ancho, anchâ{pr.anc—ancao\iancha): fran- francho; les substantifs eitan — eiVancAo. Excep-

— é/awcAo.Demême

tionnellement man de mancus

(pr.

manc

—manca)

fait

au féminin

luzen

— luzento,

manso.

'

5.

en

— eno

6.

en

(lat. amis).

Voir ci-dessus

Plusieurs disent, par abus, peisanto, qui se

^Ancienaset certenas se

mousin

1,

an.

ento, enta (lat. ens, entis, pr. ent)

lisent déjà

historique, pag. 410).

lit

:

même

dans Foucaud

dans un document de 1436 (V. Li^


DETJXIEME PARTIE

166

saben

— sabento,

verbes en

Aux

ir,

et de

même

tous les participes présents des

er et re.

adjectifs en en

ento,

il

faut ajouter sen

—sento{sanctus,

formes probablement empruntées au français*. L'an-

sancta),

(comme gran à gra dans gramarcei) nous de lieu Sa Mathio (Saint Mathieu). im imo, imà (lat. imus, pr. im) prim- primo. in ino. La terminaison in s'est toujours, en limousin, ré-

cien san réduit à sa

dans

est resté

nom

le

— —

7.

8.

duite à

i

:

Parmi

(voir ci-dessus, p. 101).

les adjectifs

de cette

désinence empruntés au français, un petit nombre seulement

ont conservé

la

prononciation française

La plupart ont au

:

tel est càlen

— câlino.

singulier repris le son de Yi et perdu le son

nasal. Ex.: couqui—couquino.

oun

9. riel

ounâ

oiino,

masc. est

emprunté au

pr. on)

:

ôown-ôoMno. Le plu-

parce que, dans l'ancienne langue, la nasale

oHi,

tombait devant

(lat. otïus,

l's

bos,

.•

pour

Dans mignoun,

bons, d'où boû.

français, la nasale persiste au pluriel, qui reste

ainsi semblable au singulier. 10.

oun — oundo, oundà

(lat.

undus, pr. on

— onda)

:

redoun

— bloundo; prigoun — prigoundo. — oun ounjo, ounjà longiis, pr. long — longa):

redoundo; bloun 11.

(lat.

lounjo. 12. un, û

Le

;

mais

il

la

garde ordinairement

perd dans un et ses composés,

boun (V. ci-dessus,

9)

toujours au pluriel

comme au

et

pour

le

même

13.

temps

un

est

unto, untà

'

ar—âro, ara

Brun la garde excepté quand il est

singulier,

fai

bru

=

fr. il fait

sombre. /

c. I.

la

comme dans

motif.

employé neutralement, comme dans ca noir, le

— uno, unâ{{dX.unus, unis, pr. un): coumun — coumuno.

pluriel masculin, dans cet adjectif,

nasale

loun

defun -defunto (defunctus, pr. defunct).

— Désinences en R

(lat. ârus,

pr. ar)

:

char—châro; clhar

— clhâro.

Cependant on trouve déjà sens {= sandos) dans une charte périgonrde 1290, publiée par M. P, Meypr dans la Bibl. de l'École d^s chartes,

fline

année 1861.


PARTIES DU DISCOURS

]6~

Amar famarusj a pris la prononciation française: ar - ardo, arda

2.

(pr. art, ardo)

:

ame)

Ihardo. Plusieurs des adjectifs de cette désinence

pruntés au français 3. (i)er

fer

tels

;

(i)êro, fijerà

(

amêro*.

bâtard'— bâtardo;gal/iar, gasont

em-

sont bavar, cafar, minhar. pr. er)

erus,

lat.

:

fier

fiêro

(

pr.

).

4. er

— erso,

5. er

erto,

ersà

6.

dit plus

souvent

ersus, pr. ers)

{\a,t.

— etià er— erdo, erdà

(lat. iridis,

orfo,

(fr.

pr. ors)

(lat.

:

tor

pr. ort

orem, pr. or où o

— forso. for

:

=

ou)

— :

forto,

minour

mineur, mineure). Melhour (meliorem) est resté,

par exception, indéclinable

A

:

(lat. ortis, ortus,

9.

— minouro

pr. ert

(lat. orsus,

oi^so,

8.

—perverso. —cuberto. -erda\ ver — verdo. On perver

à Timitation du français.

verto,

— orsà or — orlâ mor — morto. our — ouro, ourà 7. ors

:

pr. eri) cuber

(lat. ertus,

cette désinence

our,

comme dans l'ancienne langue. commune à beaucoup de substan-

correspondent plusieurs désinences féminines que je vais

tifs,

énumérer

a.

réalité,

:

airitz, lat. atricem). Celle-ci

eirî (pr.

non à

vent est resté

mais à adour

our,

tel,

correspond en

(pr. ador)^ qui le plus sou-

mais qui dans quelques mots, à l'exemple du

français, s'est contracté en our. C'est ce qu'on voit dans fia-

tour

flateirî.

Nous trouvons

la

moissonneur

meitiveirî (fr.

faneur

— euse). Je

rappelle

ici

forme pleine dans meitivadour euse),

fenadour

— feneirî

conservé une autre forme, celle-ci variable au pluriel, en

que nous préférons vienne du cas sujet

même

à

(fr.

que ces substantifs en adour ont

la

(ator). C'est

aire,

première, bien qu'elle pro-

donc à

la fois

aux deux mas-

culins «ire et adour que correspond le féminin eirî^. b.

'

A

n'pst

— la

eûso, eûsâ,

désinence empruntée au français. Nous la

campagne, on

dit

généralement

pas primitif; c'est une altération de

har, etc. (Voir la Phonétique, '

Le bas-limousin donne

E tonique

amar au masculin. Mais ici l'a comme dans far, cuhar, du-

\'e,

.

à ces substantifs

en aire des féminins en airo

:


DEUXIEME PARTIE

168

laissons en général

aux substantifs

nous changeons pourtant en our vouleûso; talhour — — ourno, ournâ. Cette

pris de cette langue, dont

le

masculin eur: voulour

talheuso.

c.

désinence remplace souvent euso

:

voulourno, talhourno, mantourno. L'introduction de Yn dans ces

formes, qui passent pour grossières, est due probablement à

une fausse assimilation de des mots

la désinence

que jour, four,

tels

du masculin à

celle

dont Yn effacée reparaît dans

les dérivés journâdo, fournâdo.

d.

riço,

comme on Nous

riçà.

désinence propre,

C'est le français rice,

au féminin de plusieurs substantifs en eur.

sait,

l'avons maintenue à ceux de ces substantifs que nous diretour — diretriço; acusatour — acusatriço; — emperatriço. dour — doueiro, doueirâ. Le bas-limousin, où les adjec-

avons empruntés

:

emperour 10. tifs

de cette désinence

= torem) sont moins le

féminin en douiro

paradour

maridadour

:

fréquemment dans

fait

maridadouiro (nubile);

De

pareils adjectifs

les chartes^

coutumes

documents diplomatiques, tant du Limousin que des

autres provinces; mais

Comme ils

littéraire.

cun type

paradouiro (propre à parer).

se rencontrent assez et autres

ne faut pas confondre avec dour

(qu'il

rarement employés que chez nous,

latin,

il

ils

paraissent étrangers à la langue

ne correspondent phonétiquement à au-

faut les considérer, je pense,

comme formés

de toutes pièces par la langue d'oc.

— ourdo, ourdâ urdus, ord où = ou) — — lourdo. sourdo; lour sour = ourtâ pr. où 12. our — — courto. urus. pr. ur) segur — seguro; dur — urâ 13. ur — 11. our

ourto,

uro,

(lat.

pr.

(lat. urtus,

ort

(lat.

o

o

:

oii)

:

coiir

:

duro ^'''

B. 1.

a

— écho, achà.

revendaire dialectes

—DÉSINENCE BRÈVE Je ne trouve à citer

revendairo; fenaire

du Quercy

et

fenairo, etc., ce

ici

que

les

deux

que font aussi

de la Gascogne (Montauban. Agen,

etc.)

les


PARTIES DU DISCOURS

169

substantifs sa (saccus, pr. sac)

— sâcho,

le

grand sac*,

(lat. factus,

aeja— en

— âdo, adâ

a

2.

et le participe fa (lat.

dernier signifiant un

atus et atuus, pr. at

même

sejâdo, et de

fâcho

tous les participes passés des verbes

ar.

a

a

S.

pr. fach]^.

— adà); fa — fâdo;

âto, atâ (lat. attus, pr. at, ata)

:

— châto; ra —

cha

râto. 4.

asà.

àso,

sinence môuva :

5.

e'

sécho

Je ne connais qu'un adjectif de cette dé-

— môuvâso (pr. malvat—malvasa).

écho, échâ

(

lat. iccus

,

pr

ec

.

— eca

ou echa

se

):

.

6. é

éjo, éjâ (lat. igidus,

pr. eg

7.

icho, ichâ (lat. ictus,

ou

î

di- dicho;

eicri

même

buer la

— frejo. — ou

eja): fre

iptus, pr. ich, ig

it

— eicricho. Une fausse analogie nous a

icha)'.

fait attri-

désinence féminine à l'adjectif ardi: ardicho, au

de ardido.

lieu 8.

«

9.

i

— —

même

(

k

pr.

ijo, ijâ (lat. iciis,

ido, idâ

lat. itus,

pr.

— iga

)

:

ida

)

:

it,

ami—

tous les participes passés des verbes en

subi, étant

est de

emprunté au français, garde

même

de

piti,

le

t

amijo.

— finido,

fini

ir.

et de

— L'adjectif

au féminin.

Il

en

qui fait à Nontron, au féminin, pîto, par

contraction depifito^, forme complète usitée en haut-limousin.

L'ancienne langue gardait aussi

probablement parce que ce

C'est

'

uno habitude de notre

le ?

était

t

au féminin

dans

{petit

petita),

l'original, celtique

dialecte de féminiser les substantifs

exprimer une augmentation de volume des objets

qu'ils désignent.

ou

pour

On

en

a vu ci-dessus d'autres exemples dans cacaudo (grosse noix), sôuno (pièce de

deux sous), osso (gros

os).

Ce participe avait aussi une forme en ai: fail^faita. Nous avons, à Nontron, pris le masculin de celle-ci, le féminin de l'autre. Ainsi on dit ^

chez nous fai 3 11

— fâcho; à Limoges, fa — fdcho.

se pourrait, néanmoins,

que nous eussions dans seii

la

— rousso

)

piti

que

pîto ne fût pas

une forme contracte,

— pito un autre exemple

(

d'adjectif irrégulièrement constitué, conservant

forme primitive

flexion dirainutive.

et

et

V. ci-dessus rous-

au féminin

nyant adopté au masculin une forme dérivée à in-

(Voir Littré, au mot

Petit.)


DEUXIEME PARTIE

170

autre, précédé d'une autre consonne. C'est ce que semblent

indiquer les formes à

t

redoublé de

l'italien pitetto, petitlo.

— oubo, oubà. Je ne trouve à citer que les substantifs lou — loubo (pr. lob — loba) du latin lupus — lupa. 10. ou

ici

11. û

udo, udà

participes en u f

=

utus

(lat.

mu — mudo; pounchu —

ou udus, pr. ut ou ud, uda)

pounckudo; vengu

ut).

Dans

— vengudo,

les adjectifs qui avaient

consonne tombe souvent. Ainsi on

latin, cette

dit

:

et tous les

d eu

au moins

autant nwo (monosyllabe) que nudo. Pour cruda, on ne

dit

plus que cruo.

12. û

ûso, ûsà

Contrairement à

(

usus, pr.

lat.

us

)

:

counfu

la règle générale, Yu,

counfûso

dans cet adjectif

.

et

dans quelques autres {perdu, par exemple, pris du français), a été traité

comme

eût été suivi, non d'une

s'il

s,

mais d'une

consonne explosive.

~

13. û le seul

uyo, uyâ

:

blu

— bluyo. Cet

adjectif, qui est, je crois,

de cette désinence, vient du français bleu

non du blau

blava de l'ancienne langue

(

cf.

— bleue = heu-

et

uroû

reux, estatûyo =rz statue).

Remarque.

— Toutes

les

observations que nous avons faites

au chapitre précédent concernant lièrement les remarques II et III

Ainsi,

I

les substantifs, et

particu-

et II sur la pi^emière déclinaison,

sur la seconde, s'appliquent également aux adjectifs.

par exemple, raucho, féminin de l'adjectif raMcAe,

au pluriel rôuchâ,

comme

aucho

fait

fait ôuchâ.

Degrés de comparaison A.

Le comparatif dans

le

— Comparatif limousin moderne,

langue classique, s'exprime par pu (plus) et

comme dans le

la

positif: beû,

beû; grando, pu grando. Si l'adjectif est remplacé par un pronom neutre, on substitue mai fmagisj à pit *. Exemple tu se pu for que mé, ma Jan z'ei mai que tu.

pic

:

*

Mai

s'emploie aussi devant l'adjectif, mais non pas à Nontron.


PARTIES DU DISCOURS

171

L'ancienne langue avait conservé un certain nombre des comparatifs organiques du latin

iorem) et en avait elle-

[ior,

forme quelques-uns sur leur modèle (par ex.: nuallor,

même

gensor, belazor). Ces comparatifs suivaient la quatrième décli-

naison des substantifs; mais, pour plusieurs, on ne trouve dans

qu'une seule forme, soit celle du sujet singulier,

les textes

en er (atone) ou

re, soit celle

des autres cas, en or.

Ils

étaient

naturellement des deux genres, sauf que, au sujet pluriel, conla règle générale, le féminin conservait Ys,

formément à

que

rejetait le masculin.

De taine

ces comparatifs, dont

rarement

comme

seulement en poésie,

et

tels

etpiei, le

n'y avait guère plus d'une ving-

il

dont la plupart paraissent n'avoir été usités que

et

*,

ne reste aujourd'hui

il

— miei, mindre

dans notre dialecte, que melhour

®,

premier survivant à

la fois

dans

forme du mas-

la

culin-féminin (cas oblique) et dans celle du singulier neutre;

second dans

le

forme du cas-sujet singulier, masculin-

la

forme du singulier

féminin; le dernier seulement dans la

neutre. Melhour continue d'être employé à peu près exclusi-

vement comme comparatif de boun

comme

au féminin

il

^,

et

devenu au

l'est

il

est resté invariable

plus guère qu'au superlatif (voir ci-après), et

— Quant

nin la flexion o-à.

même manière

la

que

les

à miei et

Mindre ne sert

pluriel.

piei,

prend au fémi-

il

on

les emploie de

correspondants français mieux et

pis,

quand on veut exprimer l'idée de chose meilleure ou de chose

En

ausor

voici (

une

altiorsm

liste, )

* bellatus, de bellus)

ment,

comme

leuger (lévior)

[minor

:

le croit ;

d'après Raynouard, Bartsch et

;

belazor

{

mes propres

* bellatior

notes

génser

— gensor

grandior (grandiorem); gréuger (gravior)

;

majer

{melior—orem); nuallor

;

;

major

(positif gens,

lon'sor (

(

major

:

orcm, de

Diez)

forsor (fortiorem)

orein,

belazer

belaire,

;

de genitus probable-

longiorem

— orcin)

); ;

menre

melher

;

mener

melhor

péjer—pejor {péjor—orem); sovdéjer—sordejor

i^ordidior—orem). '

Jo ne compte pas en

effet

ceux qui sont devenus substantifs,

senhour, ou adjectifs ordinaires, '

Dans

les

comme minour.

campagnes, pourtant, beaucoup disent pu boun.

comme


DEUXIEME PARTIE

17à

pire

Jan

:

et

miei que soun frai

quel piei que jamai (en

quelo fenno

;

Jean

fr.

est

et

piei

quunojasso

mieux que son frère;

femme est pis qu'une pie; c'est pis que jamais). La relation entre les deux termes de la comparaison

;

celte

s'éta-

aujourd'hui exclusivement par que. Mais l'ancienne lan-

blit

gue, outre cette conjonction, employait aussi au la préposition de,

tion

di.

comme

l'italien

même

emploie encore

usage

la préposi-

C'est ainsi que Richard de Barbezieux appelait sa

dame

Mieux que dame, expression que

Mielz de domna, c'est-à-dire

plusieurs de ceux qui se sont occupés de ce troubadour parais-

sent n'avoir pas comprise

B.

*.

Superlatif

L'ancienne langue exprimait et plus

rarement par fort ou

le

ben,

superlatif absolu par molt^

précédant

le positif.

Nous

employons encore les deux derniers à cet usage {ben sous la forme française

bien)

,

mais nous avons perdu molt. Par com-

pensation, nous avons pris le très du français, qui nous sert

concurremment avec

bien et fort, mais plus

rarement que ces

derniers.

Le

superlatif relatif s'exprimait dans l'ancienne langue, et

s'exprime encore en limousin, par simple, précédé de l'article lou mindre, lou piei.

:

le

comparatif, composé ou

loupû gran,

la

pu forto, lamelhour,

Ce dernier, bien que neutre

d'origine,

s'emploie aussi pour le masculin et le féminin, et traduit ainsi français

le

le

pire ou la pire,

[Lou

vi)

lou

comme dans

pu pebra

n'ei

pas lou

ce vers de Richard

:

piei.

lou

pu piei,

loupû mindre. Ces sortes de pléonasmes sont habituels,

comme

Il

on

n'est pas rare d'entendre dire lou

sait,

pu melhour

,

au langage populaire.

La vieille langue

avait quelques superlatifs simples, tels que

Entre autres, M. Baret. Voir son livre intitulé les Troubadours et leur influence sur la liUérature du midi de l'Europe, ;/ édition, iii-12. 1

p. 72.


PARTIES BU DISCOURS alHsme, carisme, santisme.

On

dit

l'S

Nous n'en avons conservé aucun.

bien quelquefois grandissime, réduit à dissime par une

violente aphérèse elle est d'origine

;

mais cette forme nous vient du français, où

savante.

CHAPITRE TROISIEME PRONOM Dans

les

tableaux synoptiques qui vont suivre, les formes

de la colonne de gauche sont celles de l'ancienne langue

'

,

les

formes de la colonne de droite celles du limousin moderne. 1.

— Pronoms personnels

Les pronoms personnels sont, parmi les mots déclinables, les seuls qui aient

anciens cas;

ils

conservé jusqu'à nos jours des traces des

nous offrent encore distinctement des formes

de nominatif, d'accusatif, de datif et

Mais l'emploi de ces formes, déjà langue,

l'est

même

devenu de plus en plus dans A.

Plur.

{lour).

dans l'ancienne

la nouvelle.

— Première personne

Sing. suj. eu,ieu.

— —

de génitif

fort confus

y eu, y6u,yau. y ou, yo, î.

^ow*.

rég. me, mi, mei.

me.

nos (nos autres^)

noû, nautrei.

OBSERVATIONS 1.

— La forme préférée à Nontron est L

Yéu, yôu, you et yo

y sont également connus, mais moins employés qu'un peu plus au sud et dans l'arrondissement de Périgueux. Yùu est

'

les 2

Je néglige en général, pour les formes rapportées da':s celle colonne, variantes orthographiques.

Forme récente dans

les textes et

qui y paraît dialectale. Les formes

classiques sont eu et ieu. '

Nos

autri, d'après les Leys

d'amars (tom.

II,

p

214).

13


DEUXIEME PARTIE

174

plus particulier au bas Limousin et aux cantons voisins du Périgord. Yau, renforcement de yôu, dû, à ce qu'il semble, à une influence auvergnate, est surtout usité en haut Limousin.

Limoges même,

la

prononciation actuelle

— A Nontron comme en haut Limousin,

IL

A

à yô.

le réduit

les

autres

formes tirées du nominatif (e^o) ne servent jamais que

comme

Mais dans

sujet.

Périgueux

le

bas Limousin, dans l'arrondissement de

comme régimes

n'a pas trace, est, je crois,

dionaux de IIL

la

Nontron, on

de préposition

y ou. Cette faute contre la sjntaxe,

être,

et

et dans plusieurs cantons de celui de

emploie aussi

les

î

:

a you, per

dont la langue classique

et

commune dans les

dialectes méri-

langue d'oc.

Me (qui traduit à la fois me et moi) et noû peuvent comme dans l'ancienne langue et comme en français,

régimes directs ou indirects,

et,

dans ce dernier cas, employés

sans préposition avec la signification du datif

dounâ-me

= vous me donnez,

:

vou

me

donna,

— preitâ-noû =prêtez-

donnez-moi;

nous.

Nautrei (noû autrei,

esp. nosotrosj est surtout régime de

cf.

préposition, et on l'emploie à cet usage aussi souvent que noû;

mais que

il

:

voulu. et

sert aussi parfois

comme

sujet dans des phrases telles

quei nautrei que z'an vougu

Au

non

comme

singulier, c'est aussi

le cas-sujet,

celles-ci

noû anèrem

'

=

:

=

le

cas-régime (me),

que nous employons dans des phrases

quei me que

z^ai dit,

moi qui

dit,

c'est

cest nous qui V avons

fr.

en général

— Dans ce cas particulier, la

l'ai

me

Jean

é et

Jan ou Jan

e

moi nous allâmes.

contrée de Périgueux et

Limousin, qui emploient abusivement le nominatif (?/om)

le

bas

comme

régime de préposition, parlent en revanche plus correctement que nous, disant qu'ei you que. ., Jan e you. '

Cf.

Bernard de Ventadour

:

Mon escudler e me Ayem cor e talen. Bertran de Born

:

B Mi

vens sni e

mos

r1 vosfcrc plazor

chaiis et

mas

tors.


PARTIES BU DISCOURS B. Sing. sujet.

— Deuxième

175

personne

tu.

rég.

tu,

te, ti,

Plur.

tu.

te, tu.

vos (vos autres^).

vou, vautrei.

OBSERVATIONS I.

Tu, régulièrement, est sujet;

comme régime

mais

il

sert

encore

de prépositions, abus qui remonte loin dans la

langue, car on en a des exemples du

XIP

siècle.

Te sert aussi

à cet usage, mais plus rarement, son rôle ordinaire étant celui de je te,

te le

régime direct

donne. Traduisant le

mais plutôt tu que

IL

(datif)

— L'usage

que celui de

sans préposition

fr.

:

î

te

zou dône

=

cest toi qui, on emploie tu ou

te.

de vautrei est plus fréquent et plus étendu

nautrei, et

cela provient sans doute de l'emploi

abusif que la politesse a fait de vou. Ce dernier, avec la signification

du

pluriel,

ne sert plus guère que

comme régime

direct ou indirect sans préposition (datif). Les rôles de sujet et de

régime de préposition sont presque toujours dévolus

vautrei"^.

C.

Troisième personne a.

Sing. suj.

— Masculin

à


DEUXIEME PARTIE

176

Plur.

dat.

lor, lur.

Rég. de prép .

els, elhs,

b.

Sing. suj.

— —

lour, lur.

euz; lor, lur.

eu, yéu.

î,

— Féminin

ela, elld, elha, ilh, il.

elo, la, lo.

ace.

la.

la, lo.

dat.

li.

H.

Rég. de prép.

ela, ella, lei,leis, lieis.

Plur. suj.

elas, elhas.

Rég. gén.

elo. ela, là.

et dat. lor, lur.

Rég. ace. Rég. de prép.

las.

là.

elas, elhas.

elâ.

c.

Suj.

lour, lur.

— Neutre.

el.

Rég.

el,

— Des

d.

Rég.

yau.

trois genres.

se, si, sei.

,

6u, au, yau.

ou, au,

o, lo.

se.

OBSERVATIONS I. (

=

— La forme eu, ille),

résultant de la vocalisation de Ve dans el

est aussi ancienne

que

la

On

langue.

la

trouve déjà

dans Boëce (v. 49, 57, 155), simultanément avec

procède

6u,

dont

le

trouve dans un texte do 1641 {Vie de sainte nier, renforcé, a produit au, qui est la

Limousin, et qui devient yau

au

lieu

de

le

précéder.

emploie toujours

eu,

A

*

quand

2 3

yau

C'est

un

pet't

pronom

le

qui sert aussi à

il

=

prononce aujourd'hui ô euphonique, yau

dit-il, croit-il.

s'il

Ce der-

suit le

verbe

on

cas,

le

verbe, c'est seule-

vengué, ou ei mor.

poëme limousin envers de huit

t

eu

Limoges concurrem-

syllabes, publié'au

Bulletin de la Société archéologique et historique

A Limoges, on Eu s y a un

Valérie)^.

Nontron, dans ce dernier

:

*

De

forme propre au haut

ment avec yau ^. Si le pronom précède ment de ou que nous faisons usage 6u

du

el.

plus ancien exemple que je connaisse se

t.

— II

du Limousin.

et yô.

n'y en a pas

:

disset-eii, creii-


PARTIES DU DISCOURS

La forme

du bas Limousin

el est celle

A

du Périgord.

177

et des parties voisines

Tulle, grâce à la tendance que nous

y avons

signalée d'affaiblir Ve en iei de changer en r 17 finale, on pro-

nonce plutôt à

ir.

— L'ancienne forme

elh,

réduite selon la règle

exemple à Roche-

reste usitée en divers endroits, par

ei,

chouart.

— Avec

une préposition, l'ancienne langue employait au masculin singulier el ou lui, surtout lui. Ce dernier est aujourd'hui hors d'usage. Quant à el ou eu, on n'en use guère de IL

cette manière qu'en bas Limousin et dans la contrée de Péri-

gueux

et au delà.

A

Nontron

et

en haut Limousin, on emploie

de préférence, et presque exclusivement,

le

pronom

réfléchi

le détournant ainsi de sa destination pour lui attribuer

se,

tous les rôles du de lui; parlo

=

î

fr.

se

c'est lui qui parle;

=

cela vient lui. Ex. Ca ve de se =z je fais ceci pour lui; queise que

masculin

fau coquiper

:

— semaisa gm, sounparti=:— Cela du reste n'empêche pas

lui

toit

et ses gens, tous sont partis^.

de conserver en réfléchi s'est

=

facho

la se

— A Nontron

IIL

comme

et

sujet et

se

son emploi normal de pronom

ellese fâche; lou ven s''eip6usa

calmé; ca s'en vai mieijour

sert *

:

même temps

=

s'en

il

vent

va midi.

en haut Limousin,

comme régime

=le

(pluriel masculin

î

de préposition*.

Les exemples de cet emploi abusif de se abondent dans

la Vie

)

En bas de sainte

Valérie (1641). Je n'en ai pas trouvé dans les textes limousins antérieurs,

un seul, que je ne relève pas parce qu'il est douteux, dans un document de 1587 [Limousin WsL, p. 29). Mais j'en ai remarqué un

sauf peut-être

dans le mystère provençal de St Jacques (Ludus sancti Jacobi, V. 618

:

comme depuis

an

me cogaray

besi

traduit l'éditeur. le

(lisez

ambesi)

— Le même

commencement du XVII"

abus

siècle,

de ce pays qui remontent à cette époque '

Je

Ce dernier lis

hist.,

à

ilhs e

rôle

a

commence

XV»

comme en témoignent

et

il

siècle),

coucherai avec

lui,

en Auvergne, au moins

existe

se

des noëls

montre déjà fréquent.

à lui être attribué dès la

lors successors,

fm du XIV»

siècle.

dans un texte de Limoges de 1371 {Lim.

pag. 649). Des exemples plus récents sont les suivants: envers

(Testament de J

.

Faulcon, 1475, dans

gique du Limousin, tom. I", pag. 59 les

= je me

)

le Bulletin ;

ils

de la Société archéolo-

contre Hz, per Hz (1513), dans

Registres consulaires de Limoges, pag. 76.


DEUXIEME PARTIE

178

Limousin

dans

et

rempli par

le

du Périgord, ce dernier rôle

sud-est

souvent adouci en yéu*, qui est

éu^

le euz

est

f= elsj

de Tancienne langue. Lour ou lur*, qui autrefois était trèsfréquemment régime de préposition, ne Test plus jamais aujourd'hui.

aux mêmes usages que

est réduit

Il

leur: lour ai envouya lur malâ

IV.

— Le sujet

diatement

= je leur ai envoyé

féminin, quand le

verbe, est toujours la

le

au singulier,

au pluriel 3. Si

la

le

{lo

pronom précède imméen haut et bas-limousin

pronom

diatement, on emploie de préférence

pourtant

la et

là.

Dans ce dernier

devenant enclitique,

affaiblit

le français

leurs malles.

même

son a en

a.

sans exclure

elâ,

elo,

cas,

Ex.

à Nontron, la vai, là

:

vent

=

elle;

— venguerent-elà on vengueren- là? = vinrent elles?

cien

est

leis

que

la

que

elo

(

elle va, elles

;

disset-elo

comme régime :

quei

elo

soun vengudâ

formes de

= — L'an-

disse-lo

dit-

sont

elo

On

lui*.

n'emploie

de préposition. C'est également

qui sert exclusivement

elà]

celles-ci

elo e sa sor

ou

la,

van

depuis longtemps aussi complètement périmé

forme masculine correspondante

au pluriel

comme

vont venir

)

verbe immé-

suit le

=

ilo

quo parla elle et sa

=

dans

c'est elle

elo

des phrases

qui a parlé ;

sœur sont venues.

— D'autres en

(Tulle) et yelo, yeilo, qui se disent

divers lieux du Périgord.

V.

— La seule forme du pronom

usitée à

faut;

'

2

Nontron

— n'6u

vole

pâ = je

le

;

on

le

C'est le seul

régime

ou fou

:

=

il

veux pas. Au, y au, sont du

les

mêmes

lieux.

Lur

est

trouve déjà dans Gérard de Rossillon.

La ne vezent, ne parlent pas, La n'auvent, ne fant aucun pas.

s

(Sainte Valérie,

exemple que présente ce texte de ela réduit à

1641.)

la, et je

n'en

pas trouvé de plus ancien. »

fin

ne

Souvent prononcé you en bas Limousin. Lour et lur se disent l'un et l'autre et dans

très-ancien dans la langue

ai

personnel neutre qui soit

est 6u, qui est sujet et

On

les trouve encore, l'un et l'autre,

du XV'

XVP

siècle;

siècle.

mais

ils

dans des textes de Limoges de

cessent d'apparaître dès le

la

commencement du


PARTIES DU DISCOURS

179

(il) du bas-limousin*. Mais, beaucoup plus fréquemment que ces formes, nous employons aujourd'hui au

haut-limousin, el

même

usage, surtout avec les verbes impersonnels, les pro-

noms démonstratifs le

régime

ca plôu

:

(

ou ca) pour

so ?

que l'ancienne langue, nous attribuons

choses

;

mais

premier ne s'applique plus guère

le

aujourd'hui qu'aux choses. Ex.: dounâ

— pensâ-î =

que faut-il

le sait ?

le rôle

i fibij.

les

ou zôu) pour

de pronom personnel aux adverbes en Le dernier sert autant pour les personnes que

souvent encore (inde) et

le sujet, {zou

il

— qui zou VI. — De même

faire ?

pour

co

= pleut; — que fôu-co fâ? = = qui

pensez-y (à cela)

;

z'î

=

donnez-le»lui

dounâ-rnen =; donnez-

tnen.

REMARQUES GENERALES SUR LES ÉLISIONS ET CONTRACTIONS DANS LES PRONOMS

Dans l'ancienne langue, sonne

initiale

,

les

pronoms personnels à conun mot terminé par une

lorsqu'ils suivaient

perdaient quelquefois leur voyelle finale ou inté-

voyelle,

rieure et faisaient corps ainsi avec le ti

te,

se réduisaient à

(quand

représentait

il

m,

t; lo,

là)

rejeter complètement son

i,

mot précédent me,

même

:

à

la,

se vocalisait

/,

en u;

li,

au lieu de

souvent à

se bornait le plus

consonnifier et devenait Ih (variantes orthographiques los,

nos,

vos devenaient respectivement

Is,

mi,

qui quelquefois

ill,

ns, vs, et le v

le il);

de ce

dernier se vocalisait.

De toutes

ces formes réduites, qui paraissent d'ailleurs avoir

été usitées surtout

*

fois

Je ne

en poésie, nous n'avons gardé qu'une

sais si l'accusatif lou, qui était

dans l'ancienne langue

{la) à la

neutre et masculin, conserve encore ces deux genres dans quelque^

dialectes,

comme

son correspondant

nous que masculin.

le

en français; mais

il

n'est plus chez


DEUXIEME PARTIE

180

=

trace de la dernière dans la locution siéu plâ vos plafzj, qui est à

Nontron sîplâ ou

sius^ plats (si

seû plâ, en haut Limousin

siauplâ.

Au

contraire, nous usons beaucoup plus que Tancienne lan-

gue du procédé qui consiste à unir

pronom, moyennant

le

ou contraction, non pas au mot qui

élision

au mot qui

précède, mais

le

que Ton peut poser et

suit. Voici les règles

le

quelques exemples à l'appui: Tu, sujet,

=

tu aimes.

élide

Me,

souvent son u devant une voyelle

te,

élident toujours leur e dans les

se,

cas que les mots français pareils;

ment quand m'en

vais,

Lou

correspondent à moi,

ils

mais

fai-te

et la précédant le verbe,

que

dernier soit sujet ou la

dôno-lou a toun pai, porto-la a ta mai. ?,

mais

il

gardent après

le

se contracte avec la voyelle

ou

diphthongue suivante et devient

Ih. Ainsi

prononcent, sinon toujours, du moins

Au

contraire,

je

le

verbe

Iheidâ.

=

ils

direct, élident leur voyelle;

Li n'élide pas son

m'en vau

toi, soi: î

ùuvî =^ fais-toi entendre.

régime :

mêmes

gardent ordinaire-

le

ils

t'eimâ

:

î

toujours une syllabe à

ou à

lui

elle )

lui seul: z'iai

le

li

li

eida se

plus souvent, Ihaidi, voyelle et forme

reste

di= je

le lui

différence provient de ce que Vi est bref dans

/(prem. pers. sing. ou S^^pers. masc.

ai di,

li

ai dit. Cette

et long

dans

î.

plur.), bien qu'il soit

long dans les deux cas, forme toujours crase avec la voyelle ou

diphthongue

initiale

du verbe dont

prem. personne du

la

il

même

sing.,

est le sujet. Cela a lieu, à

dans

les

contrées où

l'éli-

sion préalable de ou, de o ou de au, est nécessaire. Ainsi on

à Limoges yaime, comme chez nous, pour yau aime. Si le pronom suit le verbe, il ne se contracte pas avec le mot suivant

dit

:

qu'ai-î ôuvil

Au

*

ou quai-you ouvi?

pluriel, les

Voici la

liste

pronoms de

de toutes

les

la

= qu

variantes

:

sont toutes usitées, mais non pas dans les

comme

siéu,

(v. 3086), oîi les

entendu? iloû, la, ela]

siôu, siau, si

mêmes

de rius {rivus),riéu, riôu, riau, ri et

rard de Rossillon

ai-je

troisième personne

reii.

,

seil; elles

lieux, et dérivent

Siens se

lit

de sius

déjà dans Gé-

deux éditeurs veulent qu'on supprime

l'e


PARTIES DU DISCOURS ne souffrent pas Télision, mais

bien ceux de la première

si fait

et de la seconde, wo?i, vou. Si ce dernier soit d'ailleurs sujet

ou régime,

Î81

précède

le

verbe, qu'il

perd toujours sa voyelle

il

:

v'avê-=vous avez; v'en vole balhu=je vous en veux donner; pei' v''

amusa

= pour vous awMserV après le verbe quelquefois aussi,

mais rarement: voulê-v'ôuvî?= voulez-vous owèV?,Quant à wom, il

n'élide

jamais sa voyelle que

est sujet et

s'il

bé=nous

verbe immédiatement: namassem dôu bien. Cette différence

s'il

précède

le

amassons du

provient de ce que Vou de vou s'est abrégé,

tandis que celui de noû est resté long.

Dans l'ancienne langue, nos tractaient avec le

deux formes Vou

pronom

est restée

On

La

se con-

s,

dernière de ces

en haut-limousin {voun).

aune espèce particulière

est sujet

perdre sa consonne êtes.

et vos, perdant leur

en en non, von.

initiale

peiquou

:

d'altération, c'est de

î

sê= puisque

vous

y

pourrait croire que c'est encore là une trace de l'an-

cien us affixe

(

comme Raynouard

l'appelle

)

de l'ancienne

langue. Mais deux raisons s'y opposent premièrement, cetoM :

ne se contracte pas avec lieu, sot.

il

la phrase

— Si une voyelle vient à

rement* pour labe,

na

la voyelle antécédente, et,

commence souvent

= vous

suivre,

s'unir à cette voyelle

comme nous

:

ou

un fa

se

en second

= vous

êtes

un

se consonnifie ordinai-

il

en une seule

et

même syl-

l'avons tout à l'heure vu faire à Yi: ou â

êtes allé.

dans

J'ai parlé

la

phonétique (H) du v que développe quel-

quefois la voyelle ou, soit isolée, soit engagée dans une diph-

thongue. Notre pronom du (=e/) nous offre parfois ce phé-

nomène quand voyelle

:

précède un verbe commençant par une mor il est mort. Mais il est très-rare, en que le pronom reste entier ordinairement ou dis-

ôuv

pareil cas,

ei

il

=

;

paraît, et le V qu'il a développé

senter. Ex.

=:

'

'

:

quan v agué

demeure

= quand

il

eut;

seul pour le repré-

—v o =

il était.

Eu v'eipousariO'^ il vous

épouserait {Sawie Valérie).

C'est-à-dire qu'il prend le son

du

w

anglais.

il

a;

— v êro


DEUXIEME PARTIE

182

Loû,

là,

elà n'élident

contrées du Périgord, leur

et dans plusieurs

paraît en liaison

jamais leur vojelle. En bas Limousin

;

s

originelle re-

mais, à Nontron et à Limoges, on ne fait

rien pour corriger les hiatus que le concours de ces et de mots à voyelle initiale

II.

— Pronoms

Suj. masc. et fém.

pronoms

amène fréquemment.

relatifs et interrogatifs


PARTIES DU DISCOURS

— Le neutre, tant interrogatif que

III.

183

— A Tulle,

IV.

la phrase

oco ?)

*.

:

pronom

le

ou

— eus oco

;

Ces formes sont quercinoises

;

on

les

quoi.

commence

qui est eu, lorsqu'il

eu per soun be per soun sen

toujours

relatif, est

que, qui traduit ainsi, selon les cas, le fr. qui, que

f =^ qui es

?

trouve aussi en

Provence.

Cal (eau)

— câlo

(lat. qualis)

L'adjectif 5'Ma/ ou ca/ (voir ci-après), joint à l'article, a formé

un autre pronom, à cienne langue,

Dans

la fois relatif et interrogatif.

était -des

il

deux genres

adjectifs de cette

catégorie,

flexion féminine, et

on

;

mais,

comme

l'an-

tous les

a pris depuis longtemps la

il

dit lou eau

la eâlo, loû

eau

la eulâ

*.

Cependant l'ancien usage n'est pas tellement périmé qu'on n'emploie encore quelquefois eau ^au féminin comme au masculin

:

la

eau ei-eo

Comme

ei-eo ? «= laquelle, lesquelles pronom est indifféremment

quau

? la

ce

interrogatif,

régime direct ou régime indirect; mais, comme

est-ce ?

sujet,

relatif,

son

emploi est aujourd'hui borné au rôle de régime indirect, et

quand

sert principalement

il

il

s'agit

de rappeler un

nom

de

chose.

Un synonyme

de cal est quin ou quinh. Ce pronom, toujours

interrogatif, et qui, d'après les Ze?/sc?'amors (II, 46),

de la qualitat,

»

gue commune, et

*

Cf. lu^=lui,

dans

la trad.

«demanda

n'appartenait pas, à ce qu'il semble, à la lanil

est

toujours resté étranger au dialecte

qu'on trouve dans quelques textes anciens, par exemple

de l'Albucasis, dont M. de Tourtoulon a publié des fragments

au tome 1" de la Revue des langues romanes, pages 3 et 301. ^ Les Leys d'amors, qui réprouvent gua/o, qualas, montrent que l'usage en était déjà très-répandu au XIV" siècle. Dans les textes de Limoges de époque

cette

et

des siècles suivants, ces formes sont employées concurrem-

ment avec quai, •'

quais.

Moins rarement, à ce

eau féminin ne ges

il

tête

!

sert plus

qu'il

est aussi exclamatif

queUes caresses

!

semble, en haut Limousin qu'à Nontron. Ici

guère que :

quau

comme pronom

tcto!

quau coressà

interrogatif.

A Limo-

(Foucaud)

= quelle

!


DEUXIEME PARTIE

184

limousin. il

est

11 était,

je pense, propre à celui du Languedoc, où

encore fort usité.

Can

(lat.

quantus)

Can (dans l'ancienne langue quan ou can-quanta) est aujourNontron du moins) que

d'hui indéclinable et ne sert plus (à

comme interrogatif

can sount-î? can sount-élà? (quanti, quantœ

:

comme

sunt ?) Autrefois

il

qu'au neutre

vos ren... tôt quant ai (Pistoleta). Je le trouve

:

était aussi relatif,

encore employé de Valérie)

:

même

mas aqueu III.

mais

tel

ne servait

dans un texte de 1641 {Vie de sainte

qu!o fat tout quant ey.

— Pronoms

démonstratifs

Nous n'avons plus aujourd'hui, pour le masculin et le fémipronom éémou%iv2ÀSî f[\Jie aqueû (aquel) aquélo, aquî—

nin, de

aquélâ, réduit le plus souvent par aphérèse à queû-quelo, quî-

Mais ce pronom

quélâ.

devons

le

est

également

adjectif, et,

comme nous

retrouver tout à l'heure, je remets à ce moment,

me répéter,

pour éviter de

les observations qui le

concernent.

Outre aquel, l'ancienne langue employait aussi tour à tour,

comme pronoms ou comme ille,

et

est, cest,

aquest, qui

qui ne servait que

cel,

Au

lieu de queû

adjectifs, aicel, dérivé de

viennent de

iste.

— quelo,

nous employons souvent lou—

préposition suit immédiatement est

loû de Francei

Au

'

que v'avê

=

celles

il

=

celles

*

:

la,

pronom relatif ou une

lou qu'eivengu

que vous avez

:

= là

celtd qui

de Piêre,

de Pierre, ceux de François.

neutre, les formes du

Cet usage est ancien,

mais

de

comme pronom.

qui est l'article (voir ci-après), lorsqu'un

venu; —

même

Elle avait en outre

pronom démonstratif sont comme

comme en témoignent

les

Leys d'amors

(II,

paraît étranger à la langue des Troubadours. Les deux seuls

222),

exem-

ples qu'en rapporte Raynoiiard (L. R., IV, 2) sont tirés d'un texte {Eluci-

dari de las proprietatz de totas res naturals), dont été établi t.

I". p. 7.

le

caractère dialectal a

par M. de Tourtoulon dans la Revue des langues romanes,


PARTIES DU DISCOURS dans l'ancienne langue (quo)

*.

185

souvent réduites à co

so (çoj et aco (oco),

déjà dit que ce dernier usurpe souvent

J'ai

=

force en ca fca fai fré

sont périmées*. — Ço (ou

Les formes

fait froid).

il

ce,

comme

aisso, aizo

quelques-uns prononcent)

employé qu'avec un pronom

n'est jamais

relatif.

Aco

remplissent toutes les fonctions des pronoms français

— Co, sujet

ce.

le

verbe est

précédant

et

le

il

contracte sa voyelle et

autant de la sienne, mais pour

quelquefois l'élide. Aco en

fait

celle-ci la contraction est

beaucoup plus fréquente que

sion

— — ca ne vaipâ bien; —

acouei aco

:

je disais;

Au pronom

=

qui

qu'ei co

c'est cela;

disio

vaimau.

tout aco

démonstratif, pour le déterminer plus précisé-

fr. ici, d'ici),

ou

lai,

(=

d'alai

fr. là,

de

là).

qui, d'aqui^

Au masculin

au féminin, cette adjonction est forcée, quand sans être suivi d'un

pronom

si le

était

:

le

verbe; elle ne

queû-qui

parti;

ei

l'est

pas

qu'ei quelo

méprise singulière, nous allongeons ordi-

nairement aupluriel s'il

verbe

et

pronom,

le

c'est celle-ci.

suite d'une

comme

précède

relatif,

suit le

ou quelo-d'aqui^=

Par

l'éli-

= c^est ce que

ment, nous ajoutons souvent les adverbes de lieu

(=

et co

cela, ça,

verbe, se renforce en ca. Si

reste co, mais

ei (est), il

de

le rôle

ce dernier cas, à Nontron, on le ren-

pronom personnel. Dans

Yi,

bref de sa nature, de Tadverbe ajouté,

un second pronom, disant queû-qui^ mais

qui-

qui; qaélo-d'aqui, mais quélâ-d'aquî.

'

On

trouve déjà quo dans un texte limousin

Ane. poésies religieuses en langue d'oc, p.

aco eccum hoc.

Une

comme pronom

personnel

^

18).

forme primitive dans

de Limoges des

So

XP

siècle (P.

Meyer,

est le latin ecce

hoc

;

autre forme de so est zo (zou), qui ne sert plus que

zou vole =je

:

le

veux.

Aisso est un renforcement de eisso [ecce hoc).

cette

du

On

le

trouve encore sous

la Vie de sainte Valérie (1641).

X1V% XV"

et

XVI"

siècles,

Dans

les textes

aysso et eysso sont

em-

ployés concurremment. Tous deux se lisent également (sous les formes

aizo et eyzo) dans

(XIP tient ^

siècle)

le

fragment de traduction de l'Evangile de saint Jean

reproduit dans Bartsch.C/iresfom.,7-16, et qui, je crois, appar-

au dialecte limousin.

Exemple de 1589 [Lim.

hist., p. 28);

n'en trouve pas de plus ancien.

aqueu d'aqui que

ly bailhoro.

Je


DEUXIEME PARTIE

186

IV.

— Pronoms indéfinis

Ces pronoms, sauf un seul, sont formés d'adjectifs indéterminés, ou ne sont que des adjectifs indéterminés employés

pronominalement ^w, avec

1.

cerne)

=

mais ou

.

Voici la

sera devenu u

ici

liste

lou.

pagnol wno'.

A

l'autre,

l'an,

/o2<

autres formes

û,

Cf. l'es-

ancien français.

— lou autrei; — autrui.

lou bé d'outrui. Altre avait

al (venant de aliud), que nous avons perdu.

Chacun

5.

lur, lu,

penser à unus.

comme en

au pluriel

Ex.: l'unvôu, l'autre ne vôu pâ;

4.

:

que l'exception con-

comme dans

— On pourrait aussi

Tulle on dit

— 3. L'un —

un neutre,

de ceux qui nous restent

om. Régulièrement devrait être oun;

l'on, pr.

fr. on,

de lour et de

2

*

l'article /'un * (c'est celui

— châcuno, —

Càucun

côucuno

châcii {fr.

— châcunâ (pr. chascu ou cascu).

quelqu'un., quelqu'une).

Le masc. sing. ne garde, à Nontron, la nasale que s'il rapun nom masculin déjà exprimé ou suffisamment désigné.

pelle

Au

sens absolu du

fr.

quelqu'un {op^^osé à personne), on dit

caucu.

Les deux éléments de ce pronom, qui sont toujours

indivisi-

bles au singulier, peuvent, au pluriel, ou rester tels ou se décliner

séparément

— Pour

le

cauquei-û ou côucû, côucà-unà ou côucunâ.

:

neutre, l'ancienne langue avait qualacom, queacom,

quecun {quid cumque). Cette dernière forme est restée à Tulle

Nous réservons en conséquence, pour

le

chapitre suivant {Adjectifs

déterminatifs) la plupart des observations qui les concernent. ,

'

L'article

ici

se change très-fréquemment en n'

;

n'un m'o

dit =• l'on

m'a dit. C'est le seul cas où cette mutation se produise. ' Dans les vers suivants de Boëce, us, qui est certainement unus, duirait très-bien par

on

se tra-

:

Nos jove omne menam ta mal joyerit Que U8 non o preza sis trada son parent.

Dans l'ancien français un avait Ki ne prent mies warde a ce k'un

aussi quelquefois le fait

ke vuelent-il c'un lor facet {ihid., 558).

moins

du

usité

que

le

pluriel avec le

même

emploi. Ex.:

(Sermons de saint Bernard,

Remarquons

ici

Nous employons de préférenc e on m'a dit. pronom masculin t m'an di on

français.

:

=

p. 557);

que notre un

(Si

la 3° pers.


PARTIES DU DISCOURS (quicom)

187

mais, chez nous, on ne dit que cauco-re

;

(t'r.

quelque

chose).

— ôucunâ

6.

Oucun

— ôucuno,

7.

Degu

(i^T.degu et negu

ôucû

n'employons jamais ce pronom sans contienne déjà une, sauf quand ticule restrictive

ou quand

N'ai vu degu; — Qui

ei

157)

siècles ;

E eizo

:

il

y a dans

forme à

il

fr.

En

Nous

personne.

la négation, bien qu'il

la phrase

lui seul

en

une par-

une réponse

vengu? Degu. Ce pléonasme

aussi ancien que la langue.

XIP

aucun).

(fr.

= necunus) =

est,

du

:

reste,

exemples du X^ et du

voici des

Cel non quaira ja per negu iormen (Boëce, v. negus non ossaub (Trad. de l'Ev. de saint Jean,

Bartsch, 11, 46).

Le pendant de degu pour terminé re

(fr. rien)

:

les

choses est le substantif indé-

ne no posg re donar (Boëce, v. 89).

Dans

l'ancienne langue, res avait aussi quelquefois le sens de personne, qu'il a gardé en divers lieux, p. ex. dans 8.

Tou

touto, toû

comme pronom

toutà,

laDrôme.

au neutre ton. N'est employé

qu'au neutre ou au pluriel masculin et fé-

minin. 9. est

Tau

iâlo (fr. tel- telle):

uno

tâlo

eivengudo

venue; tau ri desei que purarô demô

=

tel

=

rit

une

telle

ce soir qui

pleurera demain.

CHA.PITRE QUATRIEME

ADJECTIFS DÉTERMINATIFS

I.

A. Il

a été formé

Article

— Article défini

dans toutes les langues romanes d'un des

adjectifs déterminatifs

du

latin:

en langue d'oc

français, italien, espagnol, etc., de

e/fe ;

comme en

dans quelques dia-


DEUXIEME PARTIE

\8ê

lectes,

comme

sarde central et méridional et certaines

le

variétés du catalan, de

Grâce à

ipse^.

la contraction des prépositions de, a,

suppléantes

des flexions casuelles disparues, avec l'article masculin, celui-

trouve avoir des formes particulières pour représenter

ci se

le génitif et le datif.

abréger,

Nous

comme nous

les

désignerons sous ces noms pour

l'avons déjà fait pour les

pronoms per-

sonnels. a.

Sing. nom.

*

— Masculin lou, lu*,

lo, le^, l'

A Mayorque es, sa (V.

l'

BoffaruU, Sistema gramatical delalengua cata-

lana, p. 24, 80); en Sardaigne, su

(pliir.

sos ou

is),

sa.

Un

article

de

même

origine a existé, existe peut-être encore, dans quelques variétés méridio-

nales de la langue d'oc. Les Leys d'amors elles

blâment ceux qui disent so vergiers,

lo vergiers, lo cavals, la taula.

cle

dans Flamenca

blié par

(v.

On

le

sa taula, au lieu de

trouve plusieurs exemples de cet arti-

Ludus sancti

un

offre

assez grand nombre.

Jacobi, v. 366, 367. Je dois dire

{Rev. critique, 1869, 2° sem., art. 184)

comme une

122) le constatent, car

1550, 3147, 3554), et le Mystère de sainte Agnès, pu-

M. Bartsch en 1869, en

deux dans

(II,

es cavals,

particularité

considère

de prononciation,

Il

y en a

que M. Meyer

simplement ces formes

comme

le

résultat d'une

M. Bartsch n'y voit qu'une faute à corriger. opinion me paraissent peu soutenables, surtout en pré-

substitution bizarre de ski.

L'une

et l'autre

sence de la forme masculine [

es, attestée

Ceci était écrit lorsque, grâce

M. de Tourtoulon,

pu

faite d'ailleurs

par les Leys d'amors.

à une obligeante communication de à propos d'une question toute différente,

dans le Diario de Barcelona. du 25 février 1870, un article consacré précisément à la Sainte Agnès de M. Bartsch et dont l'auteur, M. Milà

j'ai

lire

y Fontanals, exprime, quant à l'origine de ces formes de l'article en provençal, la même opinion que j'émets ici. Je suis heureux de me rencontrer sur ce point avec

le

savant professeur.

— Autre

exemple, précieux par

son antiquité, à joindre à ceux que j'ai relevés ou signalés ci-dessus

ma mi Uns = me

:

per

par la main. Je le trouve dans un extrait du cartulaire de Ijérins (3* quart du XP siècle), pag. 162 du Recueil d'anciens textes bas-latins, provençiux et français, que M. Paul Meyer vient de za

tiens

publier.] ^

Ces formes n'appartenaient pas à

et sont restées particulières la vérité, assez

fréquerameni.

au

la

langue commune. Elles étaient

dialecte

languedocien.

On

les

trouve ù

même, dans des documents limousins du


PARTIES DU DISCOURS Sing

gén

del, deu,

dat.

al, au,

ace.

lo, le,

Plur. nom.

— — —

,

gén.

de V

au, ou, a

V

lou,lu,l'

als,

ace.

los, les^

gén

au, ou. lo.

dat.

ace

Plur.

— — —

— Féminin.

la, V, Ihi, li

de

.

a

la (lo),

de V

la,

de la

a r

la,

a

.la las

gén

la (lo),

de t a

l'

T

la

de las

de la

dat.

a las

a là

ace.

las

là.

.

l'

(lo),

la (lo),

nom.

l'

dôu, dau.

aus

b,

dau, de

l'

loû

deus,dals

dat

Sing. nom.

del, déu, dôu,

aT

los, les^

dels,

189

OBSERVATIONS

I. Nous employons l'article contracte devant les noms commençant par une consonne, Tarticle non contracte devant ceux qui commencent par une voyelle, et nous élidons alors,

comme

faisait l'ancienne

le

langue, sa voyelle finale tant au

masculin qu'au féminin singulier.

Au

pluriel, la

voyelle

étant longue ne s'élide pas, sauf quelquefois, par exception, au

féminin (Ex

XVI"

:

reigâ

=

les

eaux).

siècle (Registres consulaires

de Limoges); mais ce sont

ici

des formes

introduites par les rédacteurs de ces registres, qui, écrivant

françaises

tantôt en limousin, tantôt en français, écorchaient pareillement les

deux

langues. ^

les *

Lou

et lu

mêmes

L'article

masculin

s'emploient concurremment, de

li

a survécu assez longtemps, dans

pluriel,

la fin

les règles <le

du X1V« la

pou r

et

le

lur,

rôle exclusif

dans

de snjpt

dans lo Limousin histoaux nom?, ne sont jamais sont encore (sauf un petit nombre d'excepsiècle publiés

déclinaison, quant

observées, tandis qu'elles le tions)

que lour

à l'ancienne déclinaison. C'est ce qu'on peut observer

dans des textes de rique,

même

lieux.

l'article.

14


DEUXIEME PARTIE

190

Plus bas que la contrée de Nontron, ainsi qu'en bas Limousin,

Ys reparaît pour former liaison, tant aux formes non con-

tractes qu'aux formes contractes.

IL

Dans l'ancienne langue,

comme nous l'avons vu

l'article,

au mot qui

la vojelle,

le

précédait. Ex.:

au singulier et

ne

il

le subissait

plique par

le

ment plus

résistante que

mais quel rossignol

rarement ce traitement

jamais au pluriel, ce qui s'ex-

poids de Va, qui rendait cette voyelle nécessaire-

— Les formes

l'o.

résultant de la vocalisation de

au, deus, aus, sont fort anciennes

XP

state dès le

am

riu son clar (e los); abans queil (que lij blanc puoi

els

sion vert. L'article féminin éprouvait

IIL

aux pronoms personnels,

après élision ou (pour H) semi-consonnification de

s'affixait,

(que lo);

et principalement en poésie,

faire

siècle,

sine paraît certaine

*.

dans

la langue.

Elles abondent, sans

XVetXVP sièLejma-

Ruben*. Bôu, unique forme usitée aujourd'hui à Non-

tron pour

comme

le génitif

des deux nombres, et qui est née de deu,

pronom ou de eu (el), n'apparaît qu'une fois dans documents 3. La Vie de sainte Valérie (1641) n'a encore

ces

le

elle-même que

nombres

la

forme deu. Au contraire,

6u, qui est aussi

tronnaiso,

*

deu,

y régner pourtant

des archives de Limoges, et publiés par

cles, tirés

1'/,

les con-

dans des textes dont l'origine limou-

exclusivement, dans les documents des XIV®,

rie et

On

commence, dès

pour ce cas le

XIV®

le datif

la seule

siècle,

des deux

forme non-

à alterner avec au.

Anciennes poésies religieuses publiées par M. Paul Meyer, dansles pièces

In hoc anni circula et Versus sancte Marie, tirées l'une et l'autre d'un

de Saint-Martial de Limoges.

ras. -

Limousin historique

Doudiz quable que ^

et Registres

= desdits (Reg. celte

consulaires de Limoges.

consul., pag. 75, année 1514).

forme dou so trouve (une

fois

Il est

seulement) pour

remar-

del,

ployé partout ailleurs, dans le poërao de Blandin de Cornouailles,

em-

v. 350:

Per re dou mond(e) chc poges far

A

rapprocher do ce

sujet

de

la

fait

que, dans

le

mémo

poëme,

première personne est toujours iou (pour

le

pronom

ieu).

singulier


PARTIES DU DISCOURS C'est pourtant ce dernier qui

où deu

l9l

a prévalu en haut-limousin,

de son côté, probablement sous l'influence du

s'est

dialecte auvergnat, renforcé en dau. Cette seule, tant

pour

que pour

le pluriel

forme est déjà

la

ren-

le singulier, qui se

contre dans des lettres de 1666-1668, publiées par Ruben,

dans son édition de Foucaud, pag,

que au, dans

ainsi

les

qui ont écrit au siècle dernier et au

Aujourd'hui, j'en

ai

Limoges, que dô et

A

Tulle,

1'/

,

commencement de

fait l'observation,

déjà

tion de la diphthongue

iv-vi. Elle est constante,

œuvres des poètes du haut Limousin

dau

au ne se prononcent plus, à

et

û.

de del ou reste sans se vocaliser, et alors

plus souvent on prononce der, ou se vocalise en la vocalisation

riel,

d'où naît

,

celui-ci.

grâce à la réduc-

mais

se fait toujours,

elle

i.

Au

en

se fait

au contraire de ce qui a lieu chez nous, la

tinction des nombres.

Il

en est de

dans cette variété du dialecte, datif j ayant été supplanté,

de l'ancienne langue

[el

est,

même au

non pas

mais

al,

lo, els

= en

los).

u,

dis-

datif,

qui,

el, le

vrai

au singulier du moins, par le

=: en

le

plu-

locatif

Les formes

correspondantes à dôu et à 6u, de Nontron, y sont donc, pour dôu, dei et dous; pour ou,

et

et ôus. L's

du

pluriel ne sonne

qu'en liaison.

— Dans l'ancienne langue,

IV.

seulement avec

de, a, en,

non-

l'article se contractait

mais encore avec deux autres pré-

positions, per et sur: pel, pels; sul, suis. C'est ce

quia

lieu

encore en bas Limousin et dans les cantons voisins du Péri-

De

gord. pella

V.

là les

== pour

On

la,

sait

formes pel ou pei sul = sur

le,

= pour

le,

peus

=

pour

les,

etc.

qu'en français quelques substantifs se sont

si

bien agglutiné l'article que, la valeur de ce dernier ayant cessé d'être sentie, on a dû leur en préposer

sont

'

de

loriol, lierre^.

Ex.duphéaomèae belle

lavande.

Ces

mêmes mots

un autre

;

tels

présentent chez nous

le

inverse recueilli en Saiotonge: de la belle vande=


DEUXIEME PARTIE

192

même phénomène. On y au

pluriel,

pour

l'yêdro,

dit la Ihêdro fhederaj, usité surtout

pour Vôuriôu

lôuriôu

lou

lou landiêT^onr l'andiê. L'âgglxitinaition

encore achevée dans l'endemo ; mais

(auriolj,

de l'article n'est pas

elle est

en train de

s'ac-

complir, car beaucoup disent lou lendemo, à l'exemple du français (le lendemain).

B.

— Article

indéfini

Sing. masc. suj. us, uns, réy. «, un.

un.

uno.

fém. suj. et rég. una.

Plur. masc. suj. u, un, rég. us, uns.

fém. suj. et rég.

û.

unâ.

Mna.«.

numéral

L'article indéfini n'est autre que l'adjectif et

il

L'aphérèse

=

fenno

(forfces).

lui

même

absolument de

se décline

dans

les

enlève ordinairement son u

un homme,

un, una,

deux acceptions.

initial

une femme ; unâ forcei

'n

:

=

des

ôme, 'no cisailles

Ce dernier exemple montre dans quel cas on l'em-

quand

un

ploie

au pluriel

usité

seulement au pluriel, ou qui, l'étant aussi au singulier,

:

reçoit au pluriel

c'est

se rapporte à

il

une signification plus ou moins

substantif

diff'érente,

les deux cas une chose unique. Dans l'ancienne langue, cet article avait au pluriel un emploi un peu plus étendu. On s'en servait pour rendre l'idée

mais désignant d'ailleurs dans

que nous exprimons en français par ticle

défini.

Ex.

:

le génitif pluriel

de

l'ar-

unas novas vos vuelh contar (R. Vidal de

avian unas Bezaudun, dans Raynouard, L. R., V, 446); autras doublas (Forleaux de Limoges, 1489, dans Lim. hist.,

pag. 486). Aujourd'hui, en pareil cas, nous suivons l'usage français:

dôu hômei, de

la

fénnà^. C'est aussi,

français, du génitif de l'article défini

rendre

'

^

la signification partitive

Per deu diableys

Exemple

dii

XV*

—pour

:

4039

:

ilh

comme en

l'on se sert

dôu po, dôu

pour

vi^.

des diables (Vie de saintn Valérie, 1641).

siècle (1436)

:

am

deu pa

especis (Lim. hist, pag. 413). J'en trouve V.

que

demandcn de Vaigua.— Dans

e

fromage ho

môme un dans les dialectes

am

deux

G. do Roosiilon,

plus méridionaux


PARTIES DU DISC0[1RS

II.

Nos

— Adjectifs

personnels ou possessifs que

adjectifs possessifs ne sont autres

correspondants, lesquels sont formés des

pronoms personnels me, nos, marquer que, tandis que noster et

les

tivement qu'un dérivé,

193

métis,

te,

les adjectifs latins

mêmes radicaux que

vos,

Il

se.

faut re-

donné respec-

vester n'ont

tuusetsuus en ont donné chacun

deux. A.

— Première

personne

-Masc.sing.suj. mos \

rég. mon,

Fém.

moun.

mo

plur.

mos

mot*,

sing,

ma

ma

plur.

mas

ma.

--Masc.sing. suj meus, mieus

(mo)

*

.

plur. suj

.

rég

Fém.

mè.

K

meu.,

i

meu, mè.

meu, mieu

rég

met, miei

meus, mieus

sing. mia, mieua

mio

plur. mias, mieuas

mid

--Masc. sing. suj nostre, nostres

rég

nostre

plur. suj

nostre

(

monos.

i

nôtre.

i

nôtrei.

)

(Id.).

rég. nostres

Fém

que

.

sing. nostra

nôtro.

plur. nostras

nôtrâ.

le notre, gascon, languedocien, provençal,

sition

:

de f.an, de vin

— du

tion loufet a nostre oustal

on n'emploie que la prépo-

du vin d'homes al ton brutal — me(Jasmin)= des hommes... mettaient le feu pain,

;

Réduit à mi devant dons {dame, littéralement seigneur {dominus)), terme appliqué fréquemment par les troubadours aux dames qu'ils célè'

brent.


DEUXIEME PARTIE

194

B. a.

— Deuxième

— Masc. sing. suj.

personne

tos

rég. ton,

to

plur. tos

Fém.

sing. ta

plur. tas b.

—Masc. sing.

suj.

teus, tiens

i

teû, tê.

i

few, tê.

rég. teu, tieu plur. suj.

toi, tel, tiei

rég. teus, tiens

Fém. c.

sing. toa, tieua

touo (monos.)

plur. toas, tieuas

touâ

—Masc. sing.

suj. vostre, vostres^

vôtre .

rég. vostre plur.

suj.

\

vostre i^

vôtrei.

rég. vostres

Fém.

sing. «os^m plur. vostras

C. a.

— Troisième

votro. votrà.

personne

(Id.)-


PARTIES DU DISCOURS

195

OBSERVATIONS

— Le

I.

latin,

on

le sait,

ne distinguait pas, à

la troisième

personne, entre un et plusieurs possesseurs; aussi n'avait-il pas pour cette troisième personne de forme correspondant à noster et vester. Pater suus signifiait également son père et leur père.

dialectes

Il

même

en est encore de

méridionaux de

la

en espagnol

langue d'oc,

le

et

gascon,

dans

les

langue-

le

docien, le provençal; mais la langue classique n'employait son,

que pour un seul possesseur, réservant pour plusieurs

sa,

génitif pluriel conservé

encore II.

la règle

— Mon,

du pronom

également dans

ton, son,

le

ille

(lor

=

le

illorum). C'est

limousin moderne.

aux premiers âges de

la langue,

pou-

vaient recevoir l'article. C'est ce qu'on voit dans Boëce, dans le

fragment de traduction de l'Evangile de saint Jean, dans

M. P. Mejer, tous

pièce In hocanni circulo, publiée par tes

que je crois d'origine limousine*. Mais

les

la

tex-

troubadours

ont laissé ces adjectifs sans article. C'est ce que nous faisons toujours aujourd'hui.

Grâce probablement à

l'influence

française, c'est sous la forme masculine que ces adjectifs sont

employés au singulier, devant çant par une voyelle

:

les

moun armo

=

noms féminins commenmon âme; soun eipêyo =

son épée. Cet abus date de loin, car je le constate déjà dans

des textes du

*

XV»

siècle.

Une

Cet usage de mon, ton, son, avec

paraît, s'être

trace de l'ancien usage correct

une époque relativement

récente.

un exemple de son accouplé avec sien neveu). Je

lis lo

ton bon char

delà langue

l'article, rejeté

maintenu en Limousin, dans

La

le

Vie de sainte Valérie (1641) offre

rarlicle indéfini filh

littéraire,

langage populaire, jusqu'à

:

un son nebout

(fr.

un

dans un texte antérieur d'environ

deux cent cinquante ans {Prière à N.-D. des Sept- Douleur s, Remania, L 409), dont l'origine limousine, je l'ai déjà dit,

aux documents imprimés

tirés

me

paraît probable

des archives de Limoges,

tent pas trace d'un pareil emploi de

mon,

ton, son.

ils

—Quant

ne présen-


DEUXIEME PARTIE

196

de Va) nous reste dans Texclamation

(élision

mon âme!

— Meû,

III.

du reste, à présent ne

qui,

teii.

seû, plus

sous la forme réduite mê,

comme

ils

= (par)

plus guère

dit

fréquemment employés à Nontron ne précèdent plus jamais,

se,

tê,

souvent dans l'ancienne langue,

faisaient

stantif auquel

marmof

se

le

sub-

se rapportent. Ils prennent l'article, que ce

ils

substantif soit exprimé dans la proposition ou sous-entendu,

sauf

cas où

le

queû pra

ei

ils

correspondent au français à moi, à

=

meû

mien; ou queû pra le

toi,

pré est mien, mais guet lou meû

ei lou

mien, celui-ci est

stantif,

ce

le sien.

meû, queû-qui

ce

le

pré

est

—Nùtre, vôtre etlour, après leur sub-

prennent ou rejettent

règles. Placés devant,

=

seû

ei lou

à lui h c'est

ils

d'après les

l'article

mêmes

suivent la règle de moun, toun, soun,

c'est-à-dire qu'ils rejettent toujours l'article.

IV.

— On

a vu plus haut que

l'article

remplace souvent

le

pronom démonstratif devant les prépositions. Ex. vei-qui ta coueifo é la de ta mai =:^ voici ta coiffe et celle de ta mère. C'est aussi, ce me semble, comme suppléant le pronom démonstra:

tif qu'il

sessif; la est

faut le considérer, lorsqu'il est suivi d'un adjectif pos-

car

si,

au

toujours

lieu de la de ta mai, je dis la souo, le rôle de

le

même, puisque

souo

= de ta mai.

Et ce qui

vient encore à l'appui de cette opinion, c'est que les adjectifs possessifs s'unissent souvent au

ou aco :

co

co meû,

pronom démonstratif neutre

co seû, co vôtre, co lour, etc

.

;

ce que les

paysans de chez nous qui veulent parler français traduisent naturellement par ça mien, ça

sien, etc.

Ces expressions s'ap-

pliquent soit, en général, au bien de la personne {quel ôme o

minja co seû

'

On

=

homme

a

mangé son

bien)., soit

à une chose

trouve dans Richard (né en 1730) deux ou trois exemples isolés du

ciainticn de la eichino

cet

:

forme féminine avec

ira m'eichino, ira s'eichino

élision,

seulement devant

Je ne sais

si

le

mol

ces expressions ont

encore cours dans quelques endroits. '

Excepté aussi, pour meu, mia.

le

employés, sans substantif exprimé, dirait,

en français

:

mon

ami,

ma

cas d'ailleurs assez rare

oii ils

sont

au vocatif meû, mio, comme on

bonne.

:


PARTIES DU DISCOURS particulièrement désignée [quei co

meû

197

=

à moi, cela

c'est

rn appartient]^.

V.

— Dans la contrée de Tulle et

dans quelques parties du

Périgord, nostre et vostre gardent leurs intérieure. A.u pluriel, la finale es n'j devient pas

culin, se fait sentir

en

au féminin qu'au mas-

en est de

comme au

autres adjectifs possessifs,

noms

et Vs, tant

ei,

liaison. Il

même

au pluriel des

reste de tous les pro-

et de l'article.

III.

- Adjectifs démonstratifs

Le pronom latin ille fournit à l'ancienne langue, outre l'arpronom personnel e/ ela, trois pronoms ou adjectifs

ticle et le

démonstratifs, en se combinant avec les adverbes ecce et eccum.

Ce sont

cel [ecc'ille), aissel [ecc'ille encore), et

aquel

[eccu'ille).

donna pareillement, outre le simple est, deux formes composées avec ecce et eccum; ce sont cest {ecciste) et aquest [ecciCisté). De ces six adjectifs il ne nous reste plus que aquel fste

et aquest^, et la contrée

il

n'y a plus, du moins en haut Limousin et dans

de Nontron, que

le

premier qui

soit

en

même temps

pronom. Aquel Masc. sing.

aquel, aqueu, aquelh

aquel, aqueii.

plur. suj. aquil, aquilh, aquelh

aquî.

rég. aquels, aqueus

Fém.

aquela

aquélo.

plur.

aquelas

aquelâ.

Aycelse déclinait

*

aquî, aquéu.

sing.

comme

a^^Me/;

mais ce/ était beaucoup riche

Ces expressions sont anciennes, du moins dans

Je trouve aguo se» dans un texte périgourdin de des comtes de Périgord, Preuves,

limousin de 1371 {l.im. hist '

Est

et cel figurent

.

p.

p. 2)

et

la

première acception.

1383 (Dessales, iïjstotr?

d'aquo lor dans un document

622).

encore quelquefois dans des documents du

cle (Lim. hist., passim);

mais je ne trouve

ceux qui ont été publiés dans ce recueil.

ni cest, ni aycel,

XV*

siè-

dans aucun de


DEUXIEME PARTIE

198

en flexions que ces deux derniers. Je donne ses formes principales

ici le

tableau de

:

Masculin

Sing. suj.

Féminin ceu

cel, celh,

cela, celha,cil, cilh.

rég. cel, celh, celui

Plur.

suj.

rég.

cela, celha, celei, celeis.

celh, cels, cens

cil, cilh,

celas.

cels, cens

celas.

Cel au masculin n'était presque jamais employé que

comme

pronom. Aquest

Masc. sing. plur. suj

aquest .

rég.

Fém. Ni

aquest

.

aquestz, aqueszS

aquetei.

sing.

aquesta, aquist

aquéto.

plur.

aquestas

aquétâ.

est ni cest

aquest, le

aquist,

aquéte.

n'ayant été plus variés dans leurs formes que

paradigme de ce dernier peut servir pour

les trois.

OBSERVATIONS I.

de

— A quel et aquete

cienne, car on trouve

XP

du

IL lise

subissent presque toujours l'aphérèse

Ceci est, dans notre dialecte, une habitude fort an-

l'a.

siècle

déjà queu fruit dans un texte limousin

*.

lil de aquel persiste

toujours,

comme

devant

elle faisait

langue, devant les consonnes*.

les voyelles. Elle se

Il

faut remarquer que, con-

trairement à ce qui se passe dans les autres mots en

*

voca-

déjà souvent dans l'ancienne

eu, cette

Versus sancte Marie, V. 22, dans Paul Meyer, Anciennes Poésies reli-

gieuses en langue d'oc. 2

Dans

tantôt

les textes

de Limoges des XIV',

se maintenir, tantôt se vocaliser.

XV% XVI' siècles, on voit VI Le dernier cas se présente do

plus en plus fréquemment à mesure qu'on se rapproche de l'époque actuelle.

Dans

la Vie

de sainte Valérie (1641), la vocalisation est constante.


PARTIES DU DISCOURS

199

diphthongue, ni dans aqueû, ni dans le simple eu duit jamais k ê.

— La forme aquelh modifiée en

(el),

ne se ré-

aquei, selon la

comme nous avons vu même modification*. En haut souvent quiau, comme eu {el) devient

règle, a persisté en quelques endroits,

que

moyennant

l'a fait elh,

Limousin, queû devient

la

de quiôu, qui existe

yau, probablement par l'intermédiaire aussi. Quieu, qui a

nécessairement précédé l'un et l'autre, se

deux

Testament de J. Faulcon (1475).

dans

fois

le

Il

lit

est proba-

ble qu'il se dit encore en plusieurs lieux.

III.— Contrairement à la règle générale, aquel, le cas sujet et

non

On

en haut Limousin.

et

du simple

el (per

a vu

et

i {il)

en est de

qu'il

non per

eus). C'est

besoin de distinguer les nombres (lesquels, les

noms en

au pluriel de

c'est,

régime qui a persisté àNontron

le cas

même au

pluriel

probablement

comme dans

le

tous

nécessairement confondus) qui a été

eu, se seraient

la cause de cette dérogation à la règle '.

— On

IV.

a des exemples qui remontent au

dans notre dialecte

la chute de Vs de aquest

XV^

siècle de

Cette chute

3.

n'a pas lieu en bas Limousin. Chez nous, contrairement à la

règle générale, elle n'a pas été compensée

ment il

l'e

précédent ne

;

pas diphthongue en

s'est

car non-seule-

mais encore

ei,

est

devenu bref.

V.

— Aquel s'emploie devant tous les substantifs indifférem-

ment

et traduit le fr. cet; mais aquete

ne s'emploie plus au-

Registres consulaires de Limoges, pag. 14 (année 1508)

'

Sainte Valérie (1641)

:

''A tous aquils (Test, cons., p. 25; 1509).

que dans Sainte

Dans

de

J.

Faulcon, 1475);

aqui

est la seule

documents du XIV'

siècle,

(avec ou sans

toujours sujet.

'

contenus dans

Test, de J. Faulcon (1475)

dant r* n'avait pas encore car on

IV-VI)

lit :

dans des

aquey libre;—

lo

profiech d'aquilhs (Reg.

ces registres, aqueus n'apparaît jamais,

Valérie, oîi

s) est

:

aquey monde.

fini

lettres

:

une

le

non plus

forme du pluriel. Dans les Limousin historique, aquilh

fois quet,

une

fois aquet.

— Cepen-

de disparaître en haut Limousin, en 1666,

de cette date (Ruben,

Œuvres

aquesle co. aquesto annado, à côté de aquetto

lettro.

de Foucaud,


DEUXIEME PARTIE

200

jourd'hui, à

devant

ni co,

Nontron du moins, devant

les

noms

les

noms de personne

d'objets matériels. Ainsi on dira quête

queto semmâno, quétâ fêta (cette fois, cette semaine, ces fêtes),

mais non pas quête couteû, quête chavau, queto fenno teau, ce cheval, cette

femme) .^ouv àéiQVTûxnev aquel

(ce cou-

\)\\x?,

pré-

cisément, on lui adjoint quelquefois l'adverbe qui, que l'on place après

L'adverbe aç'Me/ tif:

ôme

substantif: quel

le

lai (fr. /à), corrélatif

-

qui

=

homme-ci.

fr. cet

àequi, qui s'adjoint souvent à

pronom, s'adjoint beaucoup plus rarement à aquel adjec-

quélà fennâ-lai.Qua.id à aquete,

il

ne prend jamais

ni l'autre de ces particules; car, plus démonstratif il

ni l'une

que aquel,

a par lui-même toute la précision que ce dernier n'obtient que

par l'adjonction de qui au substantif quetei jour doit se traduire

IV.

qu'il

jours-ci.

— Autres adjectifs déterminatifs Mémo,

L'ancienne langue avait

m

lou

mémo

(ipse), meteis (metipse)

pur

meteissa,

avec des variantes en

medesme

{metipsissimus)^ et, sans d, meesme.

e

et

Cette dernière seule nous est restée lier,

détermine. Ainsi

en français par ces

seulement sous

la

en d ou

et,

z,

fém.

eissa,

et de plus

ce qui est singu-

forme féminine. Cela est dû probable-

ment à l'influence du français, où cet adjectif est en e muet aux deux genres (cf. ci-dessus les substantifs masculins en o pris de cette langue, lou

mémo

masculin,

le

la

mémo,

comme mêro = maire). Ainsi nous disons loû mêmà la mêmà. Mais, au pluriel

plus ordinaire est de le laisser invariable, ce qui

a lieu aussi, mais bien plus rarement, au féminin

mémo

=

les

mêmes. L'invariabilité

res, quand le substantif

quei

î

mémo, quei

élâ.

ou

le

loû,

:

mémo. Autre

Masc, sing.

:

aux deux genpronom précède immédiatement est dérègle,

altre, autre

autre.


I^VRTIES DU DISCOURS

Masc. plur.

201


DEUXIEME PARTIE

sot

avait encore le simple cada^, adjectif invariable signifiant

chaque, que l'espagnol, qui l'avait aussi, a conservé jusqu'à

nos jours.

Cauque Calsque, rég. calque (qualisque), des deux genres dans l'an-

cienne langue ety gardant toujours que invariable, a pris chez

nous

formes cauquei pour

les

quâ pour quelque

le

féminin

'.

Il

le

a les

masc. plur. et cauqiio

mêmes

emplois que

son composé caucun ne sert plus que

,

le

— côu-

français

comme

pro-

nom. Aucun Cet adjectif est composé de alque laissé

(aliquis),

que nous avons

périmer, et de un. L'ancienne langue s'en servait aussi

bien dans des phrases affirmatives que dans des phrases négatives.

A

présent

il

n'a plus jamais que le sens négatif, qu'il

y ait

ou non de négation exprimée

Nul Nullus, dans l'ancienne langue, avait

donné à

la fois nulh et

nul (fém. nulha et nulla.) C'est la dernière seule de ces deux

formes qui nous est restée, mais on s'en sert rarement.

L'ancienne langue employait au

même

usage que nul, negun

ou degun {nec unus), étymologiquement identique. Cet je

déjà

l'ai

dit,

ne sert plus aujourd'hui que

adjectif,

comme pronom',

au sens absolu du français /jersonne.

xarâ, voyez la lumineuse disM. Meyer dans Romania, II, p. 80. Ce mot persiste encore en limousin dans le substantif composé chadan {champ qu'on ensemence

Sur

*

l'origine de cada, qui est le grec

cussion de

chaque année). 2

de

Quauquo nouvello ( Sainte

texte 3 II

gun

On trouve du XV' siècle en

1666).

a conservé

lio {in

Valérie,l6i\);

calqua dans

— Cauquey, quauquo (Lettres

Ludus

Sti Jacobi (v. 327, 35i},

dialecte provençal.

la fonction d'adjectif

nec uno loco)

le

=

fr.

dans

nulle part.

la

locution adverbiale en de-


PARTIES DU DISCOURS

Tout

Masc. sing.

203


DEUXIEME PARTIE

204

nombre,

adjectifs

les

mant

manh)

{maint,

et molt^

Ils

.

sont

aujourd'hui complètement périmés.

Soii

C'est le latin solus, dans l'ancienne langue

sol,

sola. L'I,

au

masculin singulier, reparaît quelquefois en liaison, et alors Vou s'abrège; mais cela, à Nontron, est très-rare. Le féminin, selon la règle, est soulo

—soulâ.

Tal

Des deux genres en latin, de bonne heure on

minine a

le voit

{tau)

talis

resta tel en langue d'oc; mais

prendre quelquefois

de temps en temps, mais de plus en plus

limousin. Toutefois

rarement, on emploie encore tau au féminin telle,

de tau fîlhâ-= de

Un synonyme mousin

la flexion fé-

Cette forme a depuis longtemps prévalu en

{tala).

de

eytal, déjà

telles filles

:

uno tau

= une

(Richard).

plus

tal était aytal,

mentionné sous

fréquemment en

li-

autre.

Cal [eau) Tal a pour corrélatif m/, déjà mentionné à l'article des pro-

noms

telle quelle). .

.

.

comme on

relatifs et qui aussi,

quefois des

deux genres

Remarquons

Uno

:

ici

que

le

l'a

vu, reste encore quel-

coueifo tâlo

cdlo (une coiffe

barbare pléonasme quelque

moderne à l'ancienne expression Nous disons, ouro que sio, a eau prî que sio. Il se mon-

.que, substitué par le

fr.

correcte quel... que, n'a pas pris pied chez nous.

par exemple, a calo

^

Ajoutons

t7'0p,

qui paraît n'avoir été usité coinmo adjectif que dans

quelques dialectes méridionaux,

le

autras tennenatios, Leys d'amors, tenait à la langue

commune,

restreint auquel

s'est

il

et

languedocien par exemple [en Iropas II, 160).

Gomme

adverbe,

nous l'avons encore, avec

également réduit en français.

le

il

appar-

sens plus


PARTIES DU DISCOURS tre

pourtant très-fréquemment dans

XIV

{Lim. hist., passim) dès le

Tépoque où

il

a

commencé de

205

de Limoges

les textes

siècle, qui est

précisément

s'introduire en français*.

Tant Je ne mentionne

ici

que pour mémoire cet

comme

jourd'hui n'est plus jamais employé

ment comme adverbe. Dans l'ancienne langue, tous les emplois du latin tantus, d'où

il

vient

adjectif, qui

au-

seule-

tel. Il sert

avait en outre

il

:

En Lemosi ont a trag mant cairel En tanta tor, tans murs, etc. (Bertrand de Born.)

Sur

aitant,

synonyme de

voir ci-dessus, sous

tant et

devenu comme

lui inusité,

flu^r/?.

Quant Cet adjectif, qui était aussi pronom relatif (voir ci-dessus, p. 184), est resté usité àTulle,

en tant qu'adjectif,

dans l'ancienne langue, c'est-à-dire cou f

=qu€

de fois!

comme ill' était

qu'il se décline

— quantas poumas

heilas -

:

quantes

vous? =^ combien

pommes donnez-vous ?

de

A Nontron,

il

est toujours invariable et

immédiatement à un est plus

'

qu'adverbe

:

quan sount-elà

Ex.: 1471, en quoique hora

de quoique condicieu que se la vieille

ne se joint jamais

substantif. Aussi peut-on dire qu'il n'y

que

sia.

langue, cal n'est pas,

?

= combien

l'effans

— Dans

comme

les

naycha

sont-elles ?

(p. 638);

monuments

1436

littéraires

à présent chez nous et

de

comme

dans l'ancien français, séparé de que par son substantif. Ex. calque chausa requeret (Trad. de l'Ev. de saint Jean); calsque dans m'en sia desHnatz (Bérenger de Palasol, dans Raynouard, Gramm. rom., p. 150i. :

15


DEUXIEME PARTIE

206

CHAPITRE CINQUIEME ADJECTIFS NUMÉRAUX

Nombres cardinaux 1


s<


LIVRE DEUXIÈME CONJUGAISON

CHAPITRE PREMIER ORIGINE DES FORMES ET CLASSIFICATION DES CONJUGAISONS

I

La conjugaison où

celle

est,

de toutes les parties de la grammaire,

langues romanes se sont montrées

les

le plus

heureu-

sement créatrices. J'ai essayé,

nalité et la

dans un autre ouvrage*, de faire ressortir

l'origi-

remarquable symétrie du plan de Fédifice nouveau

construit par elles sur les ruines de la conjugaison latine.

Comme

je ne pourrais, sur ce point, que

reviendrai pas ici; je

me

me

répéter, je n'y

dispenserai également d'exposer la

théorie des temps en limousin, cette théorie étant dans ce dialecte,

comme en général dans la langue et je me bornerai à énumérer

français

d'oc, la

même

qu'en

rapidement, avant de

;

passer à la classification des conjugaisons et à l'examen particulier de

chacune

d'elles, les

formes du verbe limousin, avec

indication de leur origine, en notant au fur et à mesure celles

du verbe

latin qui se sont perdues.

Indicatif présent.

Imparfait.

Futur. les le

— Forme latine conservée

— Forme latine conservée

— Forme latine, périmée. Elle

premiers temps, dans toutes

les

binaison de

'

*

:

l'infinitif

chantarai

avec

= cantare

le

canto, chante.

a été remplacée dès

langues romanes

valaque et plusieurs dialectes roumonches

avoir

:

cantabarn, chantâvo.

:

),

(

excepté

par une com-

présent de l'indicatif du verbe

haheo

'.

Dans notre ancienne lan-

Histoire et théorie de la conjugaison française.

Ce nouveau futur

se rencontre assez

fréquemment, déjà tout formé,


DEUXIEME PARTIE

210

gue,

comme en

catalan, en espagnol et en portugais, le ou les

régimes, quand c'étaient des pronoms, s'introduisaient sou-

vent entre

Ajudar

les

deux éléments de ce temps composé, Ex.

l'en ai {ChB,rte

de Montpellier, entre 1068 et 1079, dans

— mètre

Revue des langues romanes, IV, 487);

la

des Escas, dans Bartsch, Chrestomathie, 323, 16 ai

Rambaud

(

Vetz ;

)

(Amanieu

dir vos

d'Orange, dans Raynouard, Gramm., 222).

— Forme latine conservée

Parfait.

:

:

cantavi, chantei. L'an-

cienne langue en avait gardé toutes les personnes. Aujourd'hui

nous n'avons plus que

du (

même nombre

deuxième du

première du singulier, la troisième

la

du

et la troisième

singulier, première

pluriel. et

Les

trois autres

deuxième du

pluriel

)

ont été remplacées par les personnes correspondantes, soit du plus-que-parfait latin de l'indicatif, soit peut-être (la question sera discutée plus loin qu'elles n'aient été tout

pulaire.

— Dans

du parfait

)

latin

du subjonctif, à moins

simplement modifiées par

les dialectes plus

le

génie po-

orientaux et plus méridio-

naux (haut-auvergnat, gascon, languedocien, provençal ),

même

substitution ou la

même

première personne du singulier, en sorte

la

ces dialectes que la

le catalan,

venu hybride,

a dans

le

parfait latin

'

.

Il

est

remarquable

idiome dans lequel ce temps est également deconstitué

l'a

languedocien,

le

qu'il n'y

troisième personne de chaque nombre qui

reproduise exactement

que

la

modification a eu lieu aussi à

le

non comme

provençal, mais

ses voisins, le gascon,

comme

le

limousin

:

ami,

amares, amà, amarem, amareu, amaren.

Mais

pour

le parfait latin avait

sufiire

une signification trop peu précise

aux besoins nouveaux des langues romanes

;

aussi

en créèrent-elles un second de toutes pièces, par l'adjonction

dans

le latin

vulgaire des bas siècles. M. Boucherie en a rappelé

un bien

curieux exemple [daras =dabis), en lui restituant sa vraie date (VII* ou VIII° siècle ), dans la Revue des langues romanes, V, 114, et il en avait

précédemment relevé plusieurs autres dans *

riel

la

Vie de sainte

E uphrosyne dont

(

par exemple

on

;

cognuscere habis)

lui doit la publication.

Peut-être seulement la troisième du singulier, car la troisième du plupeut venir aussi bien du plus-que-parfait que du parfait

latin.


PARTIES DU DISCOURS au participe passé du verbe du présent de ou

d'esse* {ai chantât, soi venguz).

211

l'indicatif

de hahera

Nous réserverons pour

nier, qu'on appelle ordinairement passé défini, le

nom

ce der-

de par-

nous appellerons prétérit celui qui est dérivé (au moins

fait, et

partiellement dans la forme actuelle Plus-que-parfait.

)

du parfait

latin.

— La forme latine fut conservée

= cantaram pour cantaveram

.

Mais

elle

:

chantera

passa de l'indicatif au

subjonctif. Elle fait, en effet, double emploi, dans l'ancienne

langue, avec la forme tirée du plus-que-parfait de ce dernier

mode

[cantassem).

œuvres

Ce double emploi

se

montre

limité,

dans les

littéraires de l'époque classique, à la signification

notre conditionnel pulaire, au

;

mais

il

est probable que,

moins de quelques dialectes,

fication était entière,

la similitude de signi-

comme nous voyons

qu'elle

l'était

en espagnol et en portugais; toujours

qu'elle l'est restée

de

dans l'usage po-

et

est-il

que, dans quelques parties du Limousin où cette forme a per-

aujourd'hui à peu près exclusivement au

sisté, elle sert

même

usage qu'en français l'imparfait du subjonctif: Voudrio que chantera,

=je

tu

voudrais que tu chantasses"^.

Lorsqu'on étudie

le

latin

barbare des temps mérovingiens,

on y remarque la plus grande confusion dans l'emploi des

modes. Ainsi

les

formes en ebam, eram, y servent à

souvent, pour l'indicatif et le subjonctif^. Cette

*

Sur

la

genèse de cette forme,

et

la fois,

confusion

en général des formes composées des

verbes, et sur ce que les auxiliaires

y apportent de

signification, voir

Histoire et théorie de la conjugaison française, chap. II, III et IV. ^ On pourrait croire, à première vue, que canfera vient, non de cantaveram, mais de canlarem, qui y convient certes mieux pour le sens; mais à cela deux raisons s'opposent la première, que les formes correspondantes en portugais et en espagnol ont, comme on va le voir, outre le sens du :

conditionnel, celui est déoisive, que,

du

parfait,

degra, agra, 3

On

du plus-que-parfait de

dans

c'est

les

verbes où

l'indicatif; la

le radical

seconde,

du présent

et celle-ci

difi'ère

de celui

à ce dernier que notre forme se rattache. Ex.

:

fora,

elc.

peut voir dans la Vie de sainte Euphrosyne, publiée par M. Bou-

cherie, p. 57, trois

exemples où l'imparfait de Tiudicatif a

la signification

de notre conditionnel présent, c'est-à-dire est employée pour l'imparfait


DEUXIEME PARTIE

218

persista plus ou moins longtemps dans les diverses langues

romanes; dans quelques-unes,

Au

dure encore.

elle

début,

fueram par exemple (sous ses diverses formes) dut, dans toute la latinité, signifier à la fois j'avais été, je serais (o\x

bonne heure,

je fusse {on j'eusse été). Mais, de lien et

en langue d'oc

français

*,

il

j' aurais: été),

perdit en ita-

première de ces significations

la

*

;

en

promptement encore, et on ne textes aucune trace des deux autres. En por-

la perdit plus

il

trouve dans les

tugais et en espagnol,

les

il

a au

toutes conservées

cont'r-aire

jusqu'à nos jours; seulement, tandis que toutes les trois sont portugais également usuelles, la première n'est

restées en

plus aujourd'hui en espagnol qu'un archaïsme.

Comme

on avait formé avec

l'auxiliaire

un nouveau

plus-que-parfait avec l'auxiliaire

on forma de

parfait, le

forme simple tirée du latin elle s'y substitua

Futur antérieur.

Forme

une forme composée avec

— On

subjonctif.

et

en por-

le

cite

sens de

en

italien,

en français et en

périmée

latine

:

même un l'it.

;

complètement.

le participe

bien entendu) de l'auxiliaire

fuerat a déjà

En espagnol

forme composée fut usitée concurremment avec

langue d'oc,

du

même un nouveau

participe du verbe et l'imparfait de

avia chantât, era tenguz.

:

tugais, cette la

participe et le présent de

le

passé et

;

remplacée par le

futur (roman,

a,wai chantât; serai venguz.

vers do Virgile {Enéide. IV, 603) où

fora [serait)

:

Verum anceps pugnce fuerat fortuna. '

On ne

trouve guère cette forme en langue d'oc, avec la signification de

l'indicatif,

que dans Gérard de Rossillon, où

V. par exemple,

v.

elle est,

du

reste,

employée

du conditionnel présent ou

passé.

301 et suiv., 3212, 3245, 3902 et suiv., 4589,

5771,

aussi bien et plus souvent avec celle

6005 (ôdit.Hofmann). '

On

tilène

la Vie

ne

l'y

remarque que dans

de sainte Eulalie, de saint Alexis.

poëme.

Passion

la 11

anciens monuments, la

Can-

Saint Léger deClermont-Ferrand,

n'y en a qu'un seul exemple dans ce dernier

— Dans tous ces textes, comme dans Gérard de Rossillon, sa signi-

fication temporelle a été, sauf

dire qu'elle exprime, fait.

les plus et le

non

un ou deux

cas, toujours avancée, c'est-à-

le plus- que-parfait,

mais

le prétérit

ou l'impar-


PARTIES DU DISCOURS Subjonctif présent

.

Forme

21!^

conservée:

latine

cantem,

chante.

Imparfait.

romanes

Forme

tassem). Chantes,

pour

le sens,

Tancienne

Toubli de

périmée. Toutes les langues

latine

remplacèrent par

la

celle

du plus-que-parfait

signification ne fut pas immédiat, et

pendant longtemps chantes, par exemple,

remment au

sens

par conséquent

:

de cantarem ou

f aimasse ou

fut

employé

de cantassem,

son suppléant {chantera)^ dérivé l'indicatif, qui

signifia,

lui

ou j'au-

commune

du plus-que-parfait

aussi,

indiffé-

et signifia

j'eusse aimé, j'aimerais

Cette indétermination temporelle fut

rais aimé.

{can-

représente donc cantarem. Mais

à

de

latin

tantôt je chanterais, tantôt

j'aurais chanté.

Parfait.

Cette forme {cantarim pour cantaverim) survit

encore, avec sa signification étymologique, en espagnol et en portugais. Elle survécut peut-être aussi en langue d'oc dans le

parler rustique, et ce serait à

dans ce cas, plutôt qu'au

elle

plus-que-parfait de rindicatif, qu'il faudrait rapporter les for-

mes

actuelles

en Limousin,

du prétérit de ce mode signalées plus haut erei (ères), erem, erei (ères);

erem, eres^.

ères,

Le passage d'un mode à

puisque nous avons vu tout à l'heure

difficulté,

parfait de l'indicatif devenir imparfait d'ailleurs,

d'autres

modes. Ainsi en valaque, parfait du subjonctif

'

Il

y

a, je l'ai

d'après

ère,

ne peut faire le

plus-que-

du subjonctif.

Il

y

a,

exemples de cette confusion des deux les

formes en

*.

En

as,

que présente

le

évidemment du plus-que-

parfait de l'indicatif, proviennent

formes,

en Languedoc, l'autre

:

Italie, le

peuple de Florence et de

déjà indique", une troisièime explication possible de ces laquelle elles seraient également indépendantes et

du

plus-que-parfait de l'indicatif, et du parfait du subjonctif. Cette troisième explication sera proposée et développée en son lieu. J'en fais pour

ment complètement

abstraction, n'ayant

savoir duquel des deux temps s'agit, ^

s'il

Ex.:

riel,

au

était

ici

qu'à examiner

la

le

mo-

question de

précités on devrait tirer les formes rlont

il

prouvé qu'elles ne peuvent pas avoir une autre origine.

=

j'avais réuni etc. Au pluAdunasem, adunasessi, adunase d'emprunter purement et simplement les formes du subjonctif,

lieu

,


DEUXIEME PARTIE

214

Rome

dit cantassimo (cantavissemus)

vimus)

*,

et,

pour cantammo (canta-

dans plusieurs des patois gallo-italiques, la sub-

stitution a lieu encore à d'autres personnes*.

L'accentuation ne

comme en

sin,

du

latin

fait

pas non plus

subjonctif

même une preuve

de cantârimus contre cantardmus, ailleurs était restée régulière.

par exemple,

dit

amdssem

chantêrem,

cantârimus,

:

chantêrei. Ceci serait

lan,

en limou-

difficulté, car,

catalan, elle est conforme à celle du parfait cantâritis,

décisive en faveur

l'accentuation partout

si

Mais cela n'est point;

=

le cata-

amassémus, et souvent, en

limousin, la première personne du pluriel a pris l'accentuation de la troisième. (Ex.: chàntem

je ne devoir présenter que

ment

tiré

tassions.

même

= nous

je

défensif l'argu-

;

je

le

fonde sur la coexistence de

chantâmes et de chanterâm == nous chan-

Comment

dialecte,

expliquer que, dans une

une seule

et

même

même

variété d'un

forme latine {cantarâmus)

non-seulement deux significations modales opposées

ait pris (là,

cantdmus.) Aussi crois-

de la place de l'accent dans chantêrem, chantêrei. Le

suivant a plus de force

chantêrem

=

comme purement

déjà

l'ai

deux formes dualité de

dit,

ne serait pas la

différentes

?

En Espagne

modale de

signification

difficulté

),

mais encore

et en Portugal,

forme

la

tirée

la

du plus-

que-parfait latin de l'indicatif a persisté jusqu'à nos jours, cette forme est restée unique. Elle se

dans

le

seul

Roussillon)

monument de elle

soit

notre

montre également unique langue [Gérard de

vieille

employée tantôt dans sa

signification

étymologique, tantôt dans la signification détournée qu'elle

Adunaseram, adunaseon y a soudé de plus les flexions de l'indioalif ratsi, adanasera, ce qui correspondrait à un type latin *adunavi.'iseramus, etc. :

1

71.

V.

dans

Gorticelli, Régale

ed osservazioni délia lingua ioscana,

la partie

passassimo

,

du Journal de son voyage rédigée en andassimo,

attraversassimo

=

italien

V.

passammo

attraversammo. ^

p.

64,67,

Cette forme incorrecte est employée plusieurs fois par Montaigne

Voy. Biondelli, Saggio sui

dialetti gallo-italici,

passim.

t.

.

IF, p.

332

:

andammo,


PARTIES DU DISCOURS a conservée

.

Pourquoi

se

serait-elle

215

dédoublée chez nous

?

Et comment, tandis que Tune des deux formes, produits de ce

dédoublement {chanterdm), se rattache très-régulièrement au type originaire {cantarâmus), la seconde {chantêrem) ne peutelle

y

être

ramenée que moyennant une infraction aux

l'accentuation? Toutes ces difficultés disparaîtraient

lois

si

de

on ne

que chanteram et qu'on expliquât

rattachait à cantarâmus

chantêrem par cantàrimm.

Je serais donc porté à croire que l'origine des formes dont

nous nous occupons, supposé qu'elles viennent, en autre temps que chée,

non dans

le parfait latin

le

de

subjonctif. fait

la

d'un

eflfet,

l'indicatif, doit être

cher-

comme je l'ai dans mon Histoire

plus-que-parfait de l'indicatif,

comme

cru quelque temps et et théorie

de

je

l'ai

dit

conjugaison française^, mais dans le parfait du

Un examen

plus attentif delà question m'avait déjà

modifier en ce sens

ma

première opinion, lorsque

j'ai

trouvé un secours inattendu pour celle dont je cherche à dé-

montrer

la plausibilité

romanza^, où

dans un article de la Revista difilologia

M. Canello a réuni un grand nombre d'exemples

anciens* de formes en are et

ïj^e,

que

les lois

de la phonétique

italienne ne permettent pas de raitsichev h arat(=averatj ou teraf, et qui,

ou

au contraire, se dérivent régulièrement de

Seize

ierit.

modale de

arit

de ces exemples présentent la signification

l'indicatif, sept

(parmi lesquels celui de Dante) celle

du subjonctif ou du conditionnel. Les formes en sillon,

de

éra,

que

l'on

rencontre dans Girard de Ros-

avec la signification du parfait ou du plus-que-parfait

l'indicatif, et

que

j'ai

déjà signalées, viennent très-proba-

blement du plus-que-parfait

prouve rien contre *

Page

''

Tom

la thèse

latin de l'indicatif.

que je soutiens

Mais cela ne

ici.

En

eff'et, il

a

23. I, p.

46.

un de Dante {Vita nova, % 2), et vingt-deux tirés de la Cronaca mantovana d'Aliprando Bonamente, auteur mort vers 1417. Celte 3

Savoir

:

forme, à ce qu'il paraît, n'a pas été jusqu'ici retrouvée dans d'autres textes italiens.


DEUXIEME PARTIE

216

très-bien pu coexister, surtout en des dialectes différents, avec

commune

la signification

pourrait

Il

de parfait (ou plus-que-parfait) de

des formes dérivées de cantaram et de cantarim

l'indicatif,

même

ou quatre formes en r introduites dans Tancien prétérit

trois

proviennent, dans tel dialecte, ou d'un dialecte', du

Quoi

en

qu'il

s'agit, et

que

même

dans

du subjonctif.

latin

au surplus, de l'origine des formes dont

soit,

le parfait latin

en

forme composée du participe passé du verbe

Plus-que-parfait.

:

et

J'ai dit plus

haut que

plus-que-parfait

le

non sans de fréquents retours dans l'ancienne (

par une forme composée avec

chantât

=r=,

(

du présent du

aia chantât.

langue) à sa première et normale signification.

l'imparfait

à une

mais avec la signification temporelle de

latin fut conservé, ,

le rôle

latin a été dévolu, dès le principe,

subjonctif de l'auxiliaire

il

du subjonctif y survive en partie

complètement disparu de notre langue,

qu'il ait

qu'il remplissait

l'imparfait^

telle variété

plus- que-parfait latin de l'indicatif; dans

du parfait

tel autre,

ou

*.

se faire que cela ait lieu encore, et que les

en

le participe

latin, plus-que-parfait

pour

le

sens, cantassem,

Il

fut

remplacé

passé du verbe et

de l'auxiliaire

)

pour

:

agues

forme, habuissem

la

cantatum. Conditionnel présent.

— Pour

exprimer

le

conditionnel, le

Cette coexistence est constatée par M. Ganello dans l'ancien italien.

*

V.

l'article cité tout à l'heure,

où un exemple de fuera= era stato

est

rapporté à côté des exemples de parfaits en are et ire provenant de arit et ierit.

Le provençal moderne, par exemple, et le bas-limousin lui-même, qui am et non chanter em. En valaque, où ce temps est également hybride, les trois personnes du singulier proviennent du parfait latin de l'indicatif, celles du pluriel du plus-que-parfait du 2

disent chanter iam, chanter

même dans •''

mode.

la

Même

partage et

plupart des patois

origine probable pour chaque série

temps

n'est pas resté

homogène.

Cet avancement de la signification temporelle du plus-que- par fait

subjonctif se remarque déjà

V. dans

de

môme

d'oïl oii ce

la Vie

de

.sainte

fuisset, potuisset.

non rarement dans

Euiphrosijne déjà citée,

employés pour

esset, posset.

les textes

j^.

du

mérovingiens.

39-40, deux exemples


PARTIES DU DISCOURS

817

temps du subjonctif. Les langues romanes

latin se servait des

employèrent souvent aussi au

même

plus-que-parfait) de ce mode.

De

on

portugais, l'espagnol, attribuè-

l'a

vu, et aussi

rent le

même

l'italien, le

rôle, plus

usage l'imparfait (ancien

plus, la langue d'oc,

comme

ou moins exclusivement, à l'ancien

plus-que-parfait latin de l'indicatif. Mais cela ne leursufRt pas, et elles créèrent sur le

accolant à

modèle de leur futur,

à ses désinences (ex.

liaire avoir, réduit

c'est-à-dire

en

du verbe l'imparfait* indicatif de l'auxi-

l'infinitif

chantaria),

:

un temps

assignèrent spécialement et exclusive-

nouveau, auquel

elles

ment

que l'imparfait du subjonctif ne remplissait

la fonction

que par surcroît. Ce temps,

comme

temps séparable en espagnol

et

L'a-t-il été aussi

les

il

est resté long-

le futur,

Test encore en portugais.

dans la langue d'oc

?

Cela est possible dans

premiers temps. Mais je n'ai pas rencontré d'exemple qui

prouve.

le

Conditionnel passé.

— Temps propre

à nos langues,

comme

précédent, et qui fut formé du participe passé du verbe et

le

du conditionnel présent de

l'auxiliaire

auria

:

chantât,

séria

vengut. Infinitif présent.

Infinitif passé.

— Forme latine conservée.

Forme

forme composée avec

le

présent de l'auxiliaire Infinitif futur.

latine

périmée

;

remplacée par une

participe passé du verbe et

l'infinitif

aver chantât, esser vengut.

:

— Forme latine

périmée; n'a pas été rem-

placée.

Gérondif.

— Forme

complètement avec

latine conservée,

le participe

la distingue. Aussi crois-je les

mais se confondant

présent, dont son emploi seul

superflu de

la faire figurer

dans

paradigmes ci-après.

Participe présent.

Forme

latine conservée:

cantantem,

chantant.

'

les

Ou, en

italien, le prétérit

de

l'auxiliaire,

deux formes canteria {= cantate avia)

La dernière

Au début, et

cette

langue avait

cantarei{~ cantate

seule a survécu dans la langue littéraire.

ebbi)


DEUXIEME PARTIE

218

Participe passé.

— Forme latine conservée

:

cantatmn-atam,

chantât- ada.

Supin.

Forme

Voix passive. d'oc,

comme

entière.

— La voix

passive du latin, dans la langue

dans les autres langues romanes, a disparu tout

Chacune de

ses

complète

proposition

périmée.

latine

formes a été remplacée par une

amor,

:

soi

amat

;

amatus sum, fui

amaf, etc.^

Verbes déponents.

Les verbes déponents latins avaient

pris dans le latin vulgaire la était il

forme active

;

mori, par exemple»

devenu *morire, mortuus sum, *morivi ou *morui. Mais

faut remarquer que les procédés de conjugaison des temps

composés de ces verbes

se retrouvent

nos verbes neutres conjugués avec .so?/9ar^ïV), l'auxiliaire

perdant dans

exactement dans

êti^e

les

celle de

(Ex.: profectus

deux cas sa

sum,

signification

temporelle propre, ce qui, en latin, avait lieu également, bien

entendu, dans la voix passive

'.

II

J'ai proposé,

renvoyé

dans l'ouvrage auquel

j'ai

déjà plusieurs fois

un nouveau système de

le lecteur',

classification des

verbes français, fondé sur la distinction nécessaire, et qu'on n'avait pas faite encore, des conjugaisons vivantes et des con-

jugaisons archaïques. Cette classification convient à la langue d'oc

comme au

romanes; je

français, et en

la suivrai

donc

général à toutes les langues J'appelle

ici.

conjugaisons vi-

vantes, celles dont les formes s'imposent à tous les verbes nou-

veaux que

la

langue crée

;

conjugaisons archaïques, celles

qui, frappées de stérilité dès le

ter leurs formes à

La première *

2 »

V. Histoire

el

Ibid., p. 51-55.

Ibid., p. 36-37.

commencement, n'ont pu prê-

aucune idée verbale nouvelle.

classe se

théorie

compose

:

,

delà conjug. franc, I"

partie,

châp

.

V.


PARTIES DU DISCOURS

219

De la conjugaison des verbes en a farj — lat. are ; Delà conjugaison des verbes enîfirj à forme inchoative, c'est-à-dire dont le radical est accru aux temps de la première 1°

du

série

suffixe isc

(iss),

dépouillé d'ailleurs de toute signifi-

cation particulière,

La deuxième classe comprend 1° La conjugaison des verbes en :

ir

à forme non inchoative,

c'est-à-dire conformes à la conjugaison latine en ire

La conjugaison

tonique

(lat. ëre et

des verbes en re et en

;

atone ou

ei fer)

ërey.

Cela ferait en tout quatre conjugaisons; mais nous n'en

compterons ici que

trois, la

première en

a, la

seconde en

troisième en re ou e^^ plaçant en appendice et tions dans la seconde, les verbes en ir

non

?*,

la

comme excep-

inchoatifs, ce qni

peut se faire avec d'autant moins d'inconvénient que plusieurs hésitent, enlimousin, entre les

dialectes de notre langue pris la

ils

deuxformes,

et

que dans d'autres

ont déjà tous, ou presque tous,

forme inchoative.

III

En langue

d'oc

comme en

temps simples des

français, les

verbes se divisent en deux séries.

La première comprend

présent et l'imparfait de l'indicatif, l'impératif,

*En

français, les

nous réunissons

ici

en oir diffèrent en l'infinitit,

est

en

t

deux conjugaisons

latines que,

en une seule, doivent demeurer effet

de ceux en

mais encore par

celle

du

re,

comme Raynouard,

non-seulement par

prétérit, qui,

l'infinitif,

la

Les verbes

la

forme de

en u dans les premiers,

Au

contraire, en

confusion est devenue complète à tous les temps,

malgré

ou er

présent du

distinctes.

(sauf une dizaine d'exceptions) dans les seconds.

langue d'oc,

le

la persistance

même

des deux désinences primitives ère

même

le

à

(er) et

non-

les offre

souvent à

la fois,

seulement dans deux dialectes ou sous-dialectes

différents,

mais encore

ère {re

atone), car le

dans une seule 2

seul

et

même

verbe

variété.

L'ordre de Raynouard est différent

;

mais

celui

que

je suis ici est le

logique et légitime, les deux conjugaisons vivantes ne devant pas

être séparées l'une de l'autre par la conjugaison archaïque.


DEUXIEME PARTIE

220

subjonctif, le gérondif et le

participe présent

la seconde, le

;

prétérit de Findicatif et l'imparfait du subjonctif. L'infinitif et le

participe passé (comme en latin le supin) restent endehorsde

l'une et de l'autre. Toutes les formes d'une

même

série,

dans les

verbe réguliers, se déduisent l'une de l'autre d'après des règles fixes et, de plus,

sont

Mais

liés

dans

les

n'en est pas de

il

conjugaisons vivantes, tous

même

celle

du présent de

il

dès l'origine, les sons, sauf,

la

de

l'infinitif

n'y a point non plus de règle

absolue pour tirer de ce dernier temps

Les flexions des temps de

La forme

ne détermine point néces-

l'indicatif

sairement celle du prétérit, et

participe passé.

le

première série sont et ont

mêmes pour

été,

deux dernières conjugai-

les

pour celleen?V (inchoative),la différence qui résulte

de l'insertion entre

le radical et la flexion

du

suffixe isc.

première conjugaison seule en a de particulières. traire,

temps

dans la conjugaison archaïque.

Là, chaque série reste indépendante. ni

les

entre eux par des rapports nécessaires et constants.

aux temps de

la

deuxième

série, c'est la

Au

La

con-

deuxième con-

jugaison qui reste isolée, la première y ayant les mêmes flexions

proprement

mêmes

dites que la troisième.

— Au

participe passé, les

distinctions qu'à l'infinitif reparaissent, à chaque forme

infinitive

correspondant une désinence participiale

savoir at à ar,

Dans

les

it

à

ir,

difi^érente,

ut à re ou er.

paradigmes qui vont suivre, je placerai toujours

en regard des formes actuelles

les

formes correspondantes de

l'ancienne langue. Les explications que j'ai données dans la

première section du présent chapitre sur l'origine de chaque

temps rendent, je pense,

inutile d'en

rapprocher également les

formes latines. Je ne ferai, après chaque paradigme, que

les

remarques

particulières à la conjugaison ou au verbe examiné.

Les ob-

servations d'un caractère plus général trouveront leur place

dans un chapitre spécial.


PARTIES DU DISCOURS

221

CHAPITRE DEUXIEME VEnBES AUXILIAIRES

Tous nos verbes formant, ainsi qu'on

l'a

vu, leurs temps com-

posés à Faide de l'un des deux auxiliaires ayoîV et senterai d'abord inutile d'y

les

comprendre

les

temps composés du passé

laisserai le futur et le conditionnel, et je ferai de les

je pré-

être,

paradigmes de ces deux verbes. Je crois mais j'y

;

même

dans

sert

paradigmes suivants.

I.

Avei

(

=

aver

habere )

Avei forme ses temps composés avec lui-même.

11

aux verbes transitifs, aux verbes neutres exprimant une action et quelquefois aux verbes réciproques ou réî s'an boura, tu fâ fai mau; tléchis. Ainsi quelques-uns disent d'auxiliaire

:

littéralement

ordinaire est

:

ils

tu t'as fait

d'employer en pareil cas,

l'auxiliaire être.

aver.

s'ont battus,

mal. Mais

comme en

le

plus

français,


222

DEUXIEME PARTIE


PARTIES DU DISCOURS

223

PRÉTÉRIT DE L'INDICATIF agui

aie, aig, ac,

aguei,

î

aguist

aguêrei, à

ag, ac

agué

aguem

aguêrem,

aguetz

aguêrei, à

agren, on,

am

aguêren, ou.

o.

IMPARFAIT DU SUBJONCTIF

l*""

agues, ssa

agué, êsso

aguesses

aguessâ

agues

aguê, êsso

aguessem

aguessam

aguessetz, atz

aguessâ

aguessen, an, on.

aguessan, ou.

2*

IMPARFAIT

DU SUBJONCTIF

agra

(

agras

aguerâ

aguero

)

agra

[aguero)

agram

agueram

agratz

aguerâ

agran, en, on.

agueran.

PARTICIPE PASSÉ agut, uda.

agu, udo.

Observations

l.A Nontronet en haut Limousin,

l'a

initial

peut subir l'aphérèse à toutes les formes où

il

de ce verbe

est suivi de v

ou

de ^. Cette aphérèse, chez nous, n'est constante qu'au participe passé.

en

— Quand

l'aphérèse n'a pas

en haut Limousin

;

il

en est de

lieu, l'a initial s'affaiblit

même

en bas Limousin.


DEUXIEME PARTIE

224

Indicatif présent

2.

du singulier est

fort

XP

dans une pièce du poésies relig.

— La forme

On

remarque

la

par M. Paul Meyer {Ane.

siècle, publiée

Gérard de Roussillon; mais

et dans

),

de la première personne

ei

ancienne dans la langue.

elle paraît

n'avoir pas ou n'avoir guère été employée par les troubadours. Elle tés

ne se rencontre aujourd'hui en Limousin qu'aux extrémi-

du dialecte, du côté de l'Auvergne, où

elle est très-usuelle.

— L'affaiblissement en o de la troisième personne du singulier fréquemment dans

se constate déjà

XV®

siècle.

— La

textes limousins du

les

première personne du pluriel est souvent à

Nontron, et presque toujours en haut Limousin, am au avem. Est-ce par

confusion avec la troisième personne du pluriel

je ne saurais décider, bien que la dernière paraisse la plus vraisemblable.

personne du

disent

pluriel,

lieu de

d'une contraction de avem ou d'une

l'effet

?

— Quelques-uns, aussi

è

et

C'est ce que

alternative

même

me

à la seconde â pour avê ;

mais cette faute est rare.

La forme au de culière

C'est, du reste,

tée dans

la

troisième personne du pluriel est parti-

au bas-limousin, où

s'affaiblit

elle

une forme très-ancienne*

souvent en 6u.

et qui est restée usi-

beaucoup d'autres dialectes ou sous-dialectes de

la

langue d'oc. On la retrouve en valaque. 3. L'2

consonne du subj prés, et de l'impératif ( .

s'est durci

en/ à

Tulle.

en

Il

4.

e latin

non pas dans

tous,

Le ^ dur du

*

On

Il 10 et

la

comme

M. Bartsch*. prétérit et des

temps qui

s'y rattachent pro-

vient d'un renforcement en gui de la flexion ni du latin

gui pour habui,

)

déjà ainsi dans plusieurs

écait

dialectes de la vieille langue, mais

paraît le croire

=

comme

*

guipera pour vipera

*.

Le

b

:

*

hab-

radical

trouve, par exemple, dans une charte provençale d'entre 1101 et

dans une charte languedocienne du XII"

siècle (V.

Meyer, Recueil

d'anciens textes, n° 42 et n" 50). -

V. Chrestonuithie prov.,

}).

422.

M. Bartsch imprime partout aja C'est

trancher d'autorilô une question qu'il devait laisser indécise. aia, '

que dans

tel dialecte

on prononçait aja, dans

Voir Phonétique, chap. V,

3» section.

V

tel

intérieur.

On

autre aya.

écrivait


PARTIB^S DU DISCOURS

tomba après car

ce renforcement, mais

non peut-être pas partout;

bas-limousiu offre les formes ôugué, ôugu, qui permet-

le

tent de supposer son maintien, * habgidt-=: *

Avec

5.

225

havguit= augué

moyennant vocalisation en u:

= ôugué.

radical du subjonctif présent

le

nous avons formé de toutes pièces, sur

ay( à Tulle

modèle de

le

gaison régulière en ar, un nouveau verbe ayu limousin

),

commun

conséquent en

qui a par

pératif et le subjonctif présent. C'est à

qu'appartient proprement place avent périmé,

avec

avei; car,

second

lieu,

IL

il

le

ce

(

premièrement,

fait pas, il

n'est

),

oja en bas-

avec avei l'im-

nouveau verbe

participe présent ayan, qui

— Ayâ ne

0/

la conju-

rem-

du reste, double emploi

jamais auxiliaire,

et,

en

a ordinairement une signification plus spéciale*.

— Éssei

ou

Être (esser, estre =:*essere)

Ce verbe, n'ayant pas de participe passé, n'a pas conséquem-

ment de temps composés du {estar

=

stare), à la

vent lui-même

quemment

passé.

Il

emprunte ceux de

formation desquels

comme

il

eiid

sert d'ailleurs sou-

auxiliaire, bien qu'on emploie plus fré-

avei à cet usage.


DEUXIEME PARTIE

226 seretz

sirei, e

seran, au.

siran, au, ou.

CONDITIONNEL séria

siriô

sérias

siriâ

séria

siriô

sériant

siriâm

seriatz

siriâ

serian, on, o.

sirian, ou.

INDICATIF PRESENT sui, soi


PARTIES DU DISCOURS siatz

siâ, siei

sian, sien, sion.

sian, siou.

PARTICIPE PRÉSENT (

Manque ).

PRÉTÉRIT DE L'INDICATIF fut

227


DEUXIEME PARTIE

228

commune à

ancienne et qui paraît avoir été d'oc.

La forme apocopée

et le conditionne],

a servi à composer

ser, qui

sont les formes classiques

formes anciennes*.

a eu

elle

le

même

On

;

mais sù^ai et

le

Non-

(

er*)

er, ers,

— Notons pour

comme

moire que l'ancienne langue avait,

du futur

latin

mais

;

mécon-

le français,

elle

périmer de fort bonne heure.

— Sai

2. Indicatif présent.

forme de Nontron

(

première personne

du haut Limousin,

et

qui appartient au bas Limousin et

sei,

sont aussi des

basLimousin emploie encore,

elles, serai et se7io.

servé quelques formes

siria

sait

Serai et serm

les connaît seules aujourd'hui à

tron et en haut Limousin; mais

concurremment avec

On

emploi.

au contraire, en espagnol.

qu'elle persiste seule,

de

futur

le

ne se rencontre pas isolément, pas plus qu'en

français et en italien,

les laissa

tous les dialectes

est

qui

),

est la

un renfoncement

aux contrées du Pé-

rigord plus méridionales que Nontron, Sei n'est, d'ailleurs,

qu'une forme réduite de

(=anc.

Je ne sais

soi).

développement normal de soui

souei, si

souei se dit quelque part

est encore usité en bas Limousin,

La forme

classique,

pour

Mais

était estovL iest.

la

;

mais som'

concurremment avec

sei.

y avait à côté une forme vulgaire

il

seconde personne du singulier,

qui persiste dans notre se (à Limoges, sei

).

— La

ses,

'

chute de Ys

à la troisième personne n'a été compensée, à Tulle, que dans la

=

locution oquei duit à

e.

sonne du pluriel.

On

Partout

ailleurs, es s'est

La forme

la plus

ancienne des

liaison.

simplement ré-

— Première per-

classique la plus ordinaire était em.

trouve aussi sem et esmes. Cette

ment

'

c^est.

Mais Vs reparaît souvent en

dernière forme, certaine-

trois, paraît avoir été rejetée

Elles alternent avec serai et séria dans les

de fort

documents de Limoges des

XIV et XV« siècles, 2

ai

On

n'en

cite

pas qui soient dérivées de erimus,

moi-même jamais ^

Ou

sies, sias,

selon les dialectes

sancli Jacobi

(

XV"

CornouaiUes

(

XIV*

eritis,

erunt, et jo n'en

rencontré.

siècle,

siècle

:

les

deux se trouvent dans

le Liidus

dialecle provençal), et sies est dans Blandin de ),

v, 884.


PARTIES DU DISCOURS bonne heure de assez longtemps

la

22i)

langue littéraire*. Mais

dans

elle

dut persister

langage courant du haut Limousin,

le

car je la trouve encore employée, en 1475, dans

Testament,

le

déjà cité, (Vun gentilhomme de la basse Marche (Johsin Faulcon)®.

Em

n'a, je crois,

survécu nulle part. Quant k sem, qui

monuments

apparaît rarement dans les

littéraires de l'époque

montre au contraire assez fréquemment

classique^, mais qui se

dans ceux de Tâge suivant, ainsi que dans

les

aujourd'hui la forme la plus répandue dans

le

Chartes

Midi

c'est

*,

c'est celle

:

de l'Auvergne, du Quercj, d'une partie de la Gascogne et de tout le Languedoc; c'est aussi celle du bas Limousin. Mais à

Limoges, à Nontron, à Ribérac, à Périgueux, on (

=

lat.

dentale

sumiis (

),

Bordeaux )"

.

— Seconde personne du

classique était etz; mais

il

j en

survécu partout

",

commune,

Raynouard ne

la

pas

cite

(

ses

les

;

plus

)

puisqu'elle

qui se rencontre d'ailleurs

et

quefois dans les anciens textes.

*

soum

La forme

pluriel.

avait une autre

usitée certainement dans la langue

seule

dit

qui est aussi la forme de la Gascogne occi-

Raynouard {Gram.,

a

quel-

p. 180)

en

deux seuls exemples qu'en relève

Bartsch appartiennent, l'un à Boece, l'autre à une poésie du XI' siècle,

dont l'origine limousine est certaine. Je ne

Testament de Johan Faulcon, ce qui culière

au

rencontrée que

là et

supposer qu'elle

dans le

était parti-

du Limousin, tom. I, pag 58. Gram., pag. 179 en rapporte un exemple de R. Vidal y en a un dans Flamenca, v. 6197

Bull, de la Soc. archéol.

^

Raynouard

de Bezaudun.

(

Il

)

V. Ludas sancti Jacobi et Version en prose de la Croisade, passim;

— Charte (

l'ai

ferait

dialecte limousin.

-

*

me

p. 171);

auvergnate publiée par P. Meyer,

Recueil d'anciens

Charte périgourdine dans Dessales, Périgueux

et les

textes

deux der-

du Périgord, p 68 des preuves. Suns sj trouve dans Girard de Roussillon, v. 72 du fragment publié par M. P. Meyer, d'après le ms. d'Oxford mais c'est peut-être là une forme fVanoaise. Le ms. de Paris donne, à cet endroit comme ailleurs, niers comtes *

;

em.

— On remarquera, d'une part,

talan son et avec l'espagnol somos,

l'analogie de notre et,

respondante siam du prov. moderne avec G

Exceptez

le

soum avec

le

ca-

d'autre part, celle de la forme corl'italien

siamo.

prov. moderne, qui dit sias, d'après l'analogie de la pre-

mière personne du pluriel

(

siam

).


DEUXIEME PARTIE

230

rapporte, d'après

le

ms. B.N. n° 7225, un exemple

On en

pièce de la comtesse de Die.

fragment de

la trad. de l'Évangile de saint Jean,

M.Paul Mejer blin

(

ce

(v.

M. Meyer

et

même

déjà se et non

4586) et dans

le

le

donnée par

Outre

la

ses

tort

que dans

v. 205,

s^es.

forme commune

haut Limousin en a une autre,

êrio, êriâ,

êro, êrà, etc., le

d'après

etc., qui,

Limoges du moins, plus

serait, à

ainsi

),

Ludus sancti Jacobi,

M. Bartsch impriment à

3. Imparfait.

Ruben,

d'une

{Recueil,^. 32-39), d'après un ms. de Du-

texte a

Flamenca

tiré

trouvera d'autres dans

usitée que la pre-

mière, et où Vi a été introduit par fausse analogie, tous les autres imparfaits qui ne sont pas en avo étant en ib*. 4.

Ce temps vient, non de la forme mais d'une forme vulgaire *siam. Sie, usité chez

Subjonctif présent.

classique sim,

nous concurremment avec avec

ford)*. Il alterne

du Vu

Pi^étérit de l'indicatif.

et Vi sont sujets à

qui,

dans

les

— On a vu dans

textes limousins

la

Phonétique que

développer devant eux leur semi-con-

sonne respective. C'est archaïque fuvit

qui est le sia de l'ancienne lan-

sia (ou sio)

XV siècle.

5.

sio,

déjà dans Gérard de Rossillon (ms. d'Ox-

gue, se rencontre

(fuveit)

ainsi qu'on

pour

fuit.

trouve déjà dans

le latin

Ce sont de pareilles formes

survivant à côté des formes

populaire, ont donné naissance, par

classiques le

dans

le latin

renforcement subsé-

quent de m'en gui (comme dans *mogui pour movi), à celles qui ont cours aujourd'hui, à peu près exclusivement, dans

notre dialecte. fouc,

*

les

foguet

C'est à

(

On trouve

=

fuit

foc dans le Planch de sont Esteve;

tous les

une fausse analogie du

môme

deux

)

,

foguen

fuerunt,

genre que sont dues, en

italien,

formes allongées erouamo, cravate, qui se sont substituées aux formes

étymologiques eramo,

erate, dès le

premier âge de

trouve de pareilles [eravam, eravatz, eravan) dans {Lex. rom. '

=

b,

152

v.

338 et 343

b,

la

langue.

roman

On eu

de Jaufre

remarqué ailleurs. du fragment publié par M. Paul Meyer

156 b, 168 a). Je n'en ai pas

130

Par exemple,

1,

le

dans son Recueil d'anciens textes


PARTIES DU DISCOURS dans

la version

Recueil, p. 113).

en prose de la Croisade albigeoise (V. Mejer,

Mais ces formes ne se rencontrent pas dans

monuments littéraires de non plus vu d'exemple dans

l'âge classique. Je n'en ai pas

les

XVP siècles, qui

XV*,

231

les textes limousins des

XIV,

tous s'en tiennent encore aux formes

sans g. Aujourd'hui au contraire, et sans doute depuis long-

temps, ces dernières se sont effacées devant

les autres,

sans tomber pourtant tout à fait en désuétude

encore quelquefois en divers lieux

fu,

;

mais

car on dit

furen (ou futen), furei,

(ou futei), au lieu de fugué, jugueren, fuguerei*. 6.

1" Imparfait du subjonctif

Ici,

comme au prétérit

de

l'in-

forme sans g est la seule que présentent les textes classiques ainsi que les documents limousins même les plus dicatif, la

récents. Elle reste encore aujourd'hui presque aussi usitée que

forme allongée.

la

7. 2^ Imparfait

du subjonctif. —ha. forme allongée

la seule qui soit aujourd'hui

en usage

;

et,

est, je crois,

au contraire,

elle

paraît être restée, autant que fugues, étrangère à la langue classique.

Observons en terminant que, dans ces trois derniers temps, notre dialecte a substitué un m à siques. Cette substitution se

de Limoges du XIV® siècle

;

l'o

(=

ou) des formes clas-

remarque déjà dans des textes

mais

elle n'y

a pas lieu constam-

ment.

*

le

Le languedocien

et le provençal, plus

indépendants de la tradition que

limousin, parce qu'elle leur est sans doute moins propre, et plus faciles

par suite à céder aux suggestions de l'analogie, ont donné à être un nou-

veau

prétérit,

du présent Ailleurs,

[se

l'f

en substituant au radical particulier de ce temps

ou

si).

De là les formes seg'UPi.

seule a été changée

:

{{u) celui

siguet. sieguet, selon les lieux.

souguet ^St-Pons). siousquet (Montau-

ban). Quelque chose d'unalogue se remarque dans les formes italiennes d'imparfait savamo, savate,

par exemple dans Boccace.

pour eravamo, eravate, que

l'on

rencontre


DBUXIEMK PARTIE

232

CHAPITRE TROISIÈME CONJUGAISONS VIVANTES

I.

Première conjugaison

:

â (ar

=

lat. are)

Cette conjugaison correspond à la première conjugaison latine,

dont

elle

reproduit exactement, sauf les modifications

phonétiques, les formes conservées.

En

voici le paradigme:

INFINITIF Chant ar.

chant â.

FUTUR chantar ai

chantar ai

chantar as

chantar â

chantar a

chantar 6

chantar

em

chantar em,

chantar

etz

chantar

chantar an, au.

ei,

am

ê

chantar an, au

CONDITIONNEL chantar

chantar

ta

io

chantar ias

chantar iâ

chantar ia

chantar

chantar iam

chantar iam

chantar

chantar iâ

iatz

chantar ian.

io

chantar ian, iou.

INDICATIF PRESENT chant, chant

i,

e

chant

e,

chant as

chant à

chant a

chant

chant

am

i

chant em


PARTIES DU DISCOURS

233

chant atz

chant â

chant an, en, on,

chant en, ou.

o.

IMPARFAIT chant ava

chant âvo

chant avas

chant ùvà

chant ava

chant âvo

chant avant

chant avam,

chant avatz

chant ava

chant avan, en, on,

o.

em

chant avan, en, ou,

IMPERATIF chant

chant a chant

em

chant

am

chant â.

chant atz.

SUBJONCTIF PRESENT chant chant e

chant

e

chant es

chant

ei,

chant, chant e

chant

e

chant

em

chant

am

chant

etz

chant

ei,

â

â

chant an, ou.

chant en, o.

PARTICIPE PRÉSENT chant ant, an.

chant an.

PRÉTÉRIT DE L'INDICATIF chant

ei,

chant

ei,

chant

est, test

chant

êrei,

chant

ici

î

et

chant é

chant

em

chant êrem,

chant

etz

chant

chant eren, eron, ero

êrei,

es,

essa

am â

chant êren, êrou.

l" IMPARFAIT Dr SUBJONCTIF chant

à

chant

ê, esso


DEUXIEME PARTIE

134

chant

esses, as

chant

es,

chant essem\ chant

chant essà chant ê, esso

essa

am

chant essam chant essd

essetz, atz

chant essan, ou.

chant essen, essan,esso. 2"

IMPARFAIT DU SUBJONCTIF

chant era

(chant eroj

chant eras

chant erà

chant era

(chant ero)

chant eram

chant eram

chant eratz

chant erâ

chant eran.

chant eran.

PARTICIPE PASSÉ chant

at,

chant

ado

a, ado.

OBSERVATIONS 1.

Indicatif présent.

stituée, à la

La

flexion em. que nous avons sub-

première personne du

pluriel, à

Yam étymolo-

gique, est celle qui est propre aux verbes provenant de la

deuxième conjugaison latine {devem=debemus). Cette tion,

commence a se montrer dans les textes de Limoges du où les formes en em alternent avec celles en am

cle,

eu lieu probablement

du

pluriel,

s'était

2.

substitu-

dont la langue classique n'offre pas, je crois, d'exemple,

la

même

substitution de Ye à

l'a

les plus

la

Elle a

étymologique

hauts temps.

probablement à l'influence de

la troisième

personne du pluriel en en de l'imparfait qu'est due

en em de

*.

sous l'influence de la troisième personne

opérée dans notre dialecte dès

C'est aussi

xiv^ siè-

la

forme

première personne du pluriel de ce temps. Ces

formes, dont la première seule se remarque dans les anciens textes (V. Boëce, v. 39, etc.) sont aujourd'hui particulières aux

'

P

ex.

Coutumes de Limoges, dans Lim. hist., p. 646-648 .cotnandem, lauvam, nproam, anlrejam, etc.

ntifrejem, ordenem. don-im. a côté de


PARTIES DU DISCOURS contrées plus méridionales que Nontron.

236

A

Limoges,

comme

à Nontron, on n'emploie que les formes étymologiques en am,

fréquemment avec

an; mais les premières alternent

celles-ci

dans les textes limousins des xiv", xv", xvi" et xvii^ siècles. 3. Subjonctif présent.

— Inversement,

avons substitué à Ve étymologique de

la

un a que nous

c'est

langue classique dans

formes chantam, chantan, du subjonctif présent, leur im-

les

posant ainsi la flexion propre aux autres conjugaisons.

même

de

substitution

l'a

La

à Ve a eu lieu aussi, mais non pas

si

généralement, à la deuxième personne des deux nombres.

A

Nontron,

{ei=

es

ou

c'est, etz)

dans ces deux personnes,

que

l'on préfère,

pluriel de l'impératif a

tion que celle

— La

formes en

les

même muta-

naturellement subi la

du subjonctif: chantam

et

non plus chantem.

Elle est, exceptionnellement, restée telle qu'autrefois

=

anem et

même 4.

faits

allons,

qu'on dit encore concurremment avec

et des

deux impar-

s'y rattachent se dérivent

phonétique-

Les flexions de ce temps

du subjonctif qui

ment beaucoup mieux de

evi

pourtant que, seule de toutes ici

conjugaison à laquelle qu'il

en

pour aram, dont

il

soit, ei

Faut-il admettre

avi.

langues romanes, la langue

l'était si

peu que,

elle appartient, elle était

pour

etc.: telles

s'agit, les

avi, et

pour

ont été, dès

trois quarts

si

répandue,

même

dans

la

exceptionnelle?

avit, es

le principe,

formes de la conjugaison en

de la conjugaison en

Les

que de les

rejeté la forme originelle, en latin

pour y en substituer une qui Quoi

dans

anam

plus souvent.

Prétérit.

d'oc ait

e

première personne du

pour assem, era les

temps

comme

celles

dans

ar,

er.

au moins des verbes que nous possédons

appartiennent à cette conjugaison. C'est celle qui a toujours été,

comme en

comprend 1°

Tous

français et en latin, la plus productive. Elle

:

les

verbes (sauf peut-être deux ou trois) de la pre-

mière conjugaison latine qui sont restés dans notre langue tels sont eigâ (œquare),

;

charmend (carminare) crama (cremare), ,


DEUXIEME PARTIE

536

couvidâ (convitare), deramâ

lôuvâ flaudarej

(*

*

deramare (7), doimdâ (domitarej,

madurâ (maturare)

,

mudâ

,

(mutare), soubrâ

(superare), sabroundâ (superabundare); 2°

La très-grande majorité de ceux que nous avons formés

nous-mêmes,

soit

à l'époque classique, soit depuis

3° Enfin tous les verbes

;

empruntés au français qui appar-

tiennent dans cette langue à la première conjugaison. Elle comprenait dans Tancienne langue

anar, et

deux verbes

en désuétude

;

mais

un verbe défectif, Dar est tombé

irréguliers, dar et estar. les

deux autres sont encore, surtout

le

premier, d'un grand usage.

Anar

pr. ane, etc. Part.

neirio.

comme en

ou anam, anâ. Subj.

anem,

vai,

pr. anan. Prêter, anei, etc. Subj. imparf.

Le futur et

anê, etc. Part. pas. ana-ado.

formés,

vam, va ou anâ, van.

[adnare). Ind. pr, vau, va, vai,

Imparf. anavo, etc. Impérat.

le

conditionnel sont

français, avec ire: eirai ou nirai, eirio ou

— C'était exactement

la

même

proportion, dans l'an-

cienne langue, entre les éléments constituants de ce verbe hybride, sauf que la

anam.

l"""

personne plur. du prés, de

— En haut Limousin

et à

Nontron, anâ et

l'ind.

les

était

formes

qui en viennent subissent presque toujours Faphérèse de

— Dans quelques

l'a.

cours un prétérit incorrect à g intercalaire {anguet). Cette faute, exceptionnelle en limousin, endroits a

méridionaux (par

paraît habituelle dans les

dialectes

exemple,

— Notons encore un futur (awaraO

le

languedocien).

composé régulièrement avec

plus

l'infinitif

anar, mais inusité chez

nous.

Fitâ l'^

{estar).

Nous avons ramené

conjugaison, dont

il

ce verbe au tjpe de la

s'écartait dans le principe, en repor-

tant l'accent de la désinence sur la syllabe initiale à toutes les

formes où

il

était

monosyllabe en latin

estas, eitâ ; statj estai, aito ; stant,

au subjonctif présent. et ses

*

J'ai

comme en

sto,

estant, aiten

estaUj aite ; stas^ :

et

de

même

déjà dit qu'il prête ses participes

temps composés du passé à

Signifie déchirer,

:

vieux

fr.

essei.

V. Saint Alexis,

29, 3.


PARTIES DU DISCOURS

II.

Deuxième conjugaison

Cette conjugaisonn'a pas,

mogène dans

même qu'au

le

comme

la

î {ir

:

=

lat. ire)

précédente, de type ho-

aux temps de

latin. Si,

237

la

première

série,

de

participe passé et à Tinfinitif, elle reproduit la qua-

trième conjugaison latine,

c'est,

dans les autres, delà troisième

qu'elle procède, car elle s'y règle sur les verbes inchoatifs en «SCO, esco.

Aujourd'hui, et depuis longtemps sans doute, elleest,

dans toute

langue d'oc

la

comme en

complètement

français,

logiquement constituée, c'est-à-dire que

et

le suffixe

verbal

isc

y précède la flexion proprement dite à toutes les formes de la première série mais on voit par les textes qu'à l'époque [iss)

;

classique les formes à flexion accentuée ne prenaient pas ce suffixe, ce qui rendait cette

est

encore en

italien.

conjugaison semblable à ce qu'elle

La tendance à

l'état actuel se

pourtant assez fréquemment dès cette époque, de celle,

constate

même

que

devenue de plus en plus générale et dominante, dont

nous reparlerons plus

aux verbes en

ir

loin,

restés

d'imposer cet allongement en

conformes au type de

la

is

quatrième

conjugaison latine.

INFINITIF flor ir *.

flurî.

FUTUR

*

flurir ai

florir as

flurir a

florir a

flurir ô

J'emprunte ce paradigme à M. Bartsch, Chrestomathie ;

comme du

florir ai

subjonctif.

Le

fuit

qu'il eût la généralité

Faidit,

il

y donne

déjà ccimpl^tement consiitué dans la langue classique le présent

Raimond

n'est

pas facile à vérifier; mais je ne crois pas

que M. Bartsch suppose. Les grammaires (Hugues

Vidal, les Leys d'amors) ne sont à cet égard d'aucun

secours, car elles ne mentionnent, parmi leurs exemples, depremières ni

deuxièmes personnes du

pluriel qui puissent

ici

nous

éclairer.

de


DEUXIEME PARTIE

238

florir

em


PARTIES DU DISCOURS

239

am

flur

ISS

am

flor isc atz

flur

ISS

a. ê

flur

iss

an, ou.

flor isc

flor

ùc an, on. PARTICIPE PRESENT

flur

flor en, iss en.

iss

en.

PRÉTÉRIT DE L'INDICATIF flur

flor i

flur irei

flor ist

flor

it,

flor

im

î

flur

i

i

irem

flur,

flor itz

flur, irei

flor iron, iro, iren.

flur iren.

!•'

flor

IMPAJRPAIT DU SUBJONCTIF flur

is

î,

isso

flor isses

flur issà

flor

flur

is

î,

isso

flur issam

flor issem flor issetz, issatz

flur issâ

flor issen, an, on.

flur issan.

IMPARFAIT DU SUBJONCTIF (flur iro)

flor ira flor iras

flur ira

flor ira

(flur iro)

flor

flur iram

tram

flor iratz

flur ira

flor iran.

flur iran.

PARTICIPE PASSÉ flor

it,

flur

ido.

i,

ido.

,

OBSERVATIONS 1.

L'analogie de l'indicatif où

est naturellement

devenu

iss,

isc,

précédant toujours un

et peut-être aussi l'exemple

e,

du


DEUXIEME PARTIE

240

français, ont conduit à opérer le

même changement

formes en a du présent du subjonctif*.

(devant les

comme

en résulte que,

Il

en français, plusieurs personnes de ce temps se confondent avec

les

personnes correspondantes de l'imparfait du

mode. Cette confusion n a pas ridionaux que

le

dans

lieu

même

les dialectes plus

limousin, parce que se

y

mé-

reste dur au sub-

jonctif. 2. Prétérit.

—Dans

les dialectes plus

d'oc, spécialement le provençal et

méridionaux de

le

la

languedocien,

langue

le

prété-

du subjonctif ont été abusivement allongés

rit et rim[»arlait

par rinsertion du g dur,

qui,

dans

la

langue classique, n'était

attribué qu'aux prétérits dérivés de parfaits latins en ui ou vi

non précédé xiv" siècle,

d'^.

comme on

Aujourd'hui, je

partout

;

le

Cette faute était déjà générale à Toulouse au le

voit par les Leys d'amors

le répète, elle est

devenue

(II,

la règle

386).

presque

Limousin lui-même n'a pas su s'en défendre entiè-

rement, car Limoges et Tulle disent finigué par exemple, au lieu àe fini,

comme Toulouse

et Marseille.

Mais

le

Périgord

(Nontron, Périgueux,

Ribérac), plus fidèle sur ce point,

en général sur tous

les autres,

à

la

comme

tradition classique,

a

échappé à la contagion.

— Voici donc comment se conjuguent

en haut et bas-limousin

le prétérit et le

des verbes en

ir

SUBJONCTIF IMPARFAIT

PRÉTÉRIT

finigu

finigu ess à

finigu é

finigu

am

ê,

esso

finigu ess

am

finigu èrei, û

finigu essâ

finigu êren, ou.

finigu essan, ou.

Le fonds primitif de On

ê, esso

finigu ei

finigu êrei, â

finigu êrem,

*

subjonctif imparfait

:

a déjà des

du XIV»

siècle.

cette conjugaison so

exemples de ce changement dans

compose de verbes

les textes

de Limoges


PARTIES DU DISCOURS

241

provenant, une moitié à peu près delà quatrième conjugaison latine {ire), l'autre moitié, sauf quelques-uns d'origine

nique ou de provenance inconnue, de la seconde la troisième {ère), ces derniers

dans

A

ce premier fonds se sont ajoutés

Un assez grand nombre

Tous

ou de

ayant déjà probablement passé,

vulgaire, à la quatrième conjugaison.

le latin

elle-même

germa-

(ère),

:

de verbes formés par la langue d'oe

;

verbes empruntés directement au latin après la

les

période des origines et qui appartenaient dans cette langue à la deuxième, à la troisième

*

ou à

3° Enfin, quelques verbes pris

la

quatrième conjugaison

au français, en

ir,

;

bien en-

tendu, dans cette langue, et qui sont pour la plupart d'intro-

duction récente.

me

Je

bornerai à mentionner

ici

quelques-uns de ceux qui

appartiennent au fonds primitif, en faisant remarquer qu'un fort petit

nombre avaient dans le

forme

latin classique la

in-

choative. Tels éialexïi putresco, (in)gemisco, porcsco, languesco,

Mais

lucisco.

il

est probable

que

la

déjà reçu cet allongement dans

plupart des autres avaient vulgaire, avant le

le latin

dégagement des langues romanes.

Les verbes

*

p

lis

latins

en ère

et ère introduits

dans

la

langue française do-

origines ont natiirolleniont reçu l'infinitif en

les

er,

qui paraissait

identique au leur, et toute la sôrie de leurs formes a été la conséquence nécessaire de cette première attribution.

On comprend

autrement en langue

de

première conjugaison, ce fut plutôt à

la

que

les

d'oc, où,

facilement qu'il en

grâce au maintien de

ait été

la

seconde

l'o

à

l'infinitif

qu'à celle-ci

(ir)

verbes en question durent paraître assimilables. Voici quelques

exemples

pris

dans

sustituir, succedir,

les

Coutumes de Limoges

:

resistir, exerclr, possedir,

presumir. liemarquons en passant que,

ces verbes étant, depuis l'âge classique, tombés

i^n

la

jourd'hui sous ia forme française que nous les employons

avons à nous en

servir, et,

en er restent chez nous de

comme, la

plupart de

désuétude, c'est au-

quand nous

ainsi qu'on l'a vu, les verbes français

première conjugaison, nous disons

7'esistâ.

exerça, posséda, etc. Le parler de Tulle paraît avoir été plus fidèle que nôtre à la tradition, c'ost-à-dire avoir admis refaits sur le

un peu moins de

patron français, 18

le

ces verbes


DEUXIEME PARTIE

242 a.

Verbes provenant de nûri (nutrire)

eisî (exire) ;

;

quatrième conjugaison latine:

la

urdi (*ordire)

perî (perire)

;

;

pati

(*patiï'e) ; sarci (sarcire); sebeli (sepelire); touissî ftussire), usité

en bas Limousin, mais non àNontron b.

— Verbes provenant de

;

(a)coumpli

(complei'e) ; jôuvî (gaudere)

lûzî (lucere)

;

c.

vltîfvestirej.

deuxième conjugaison

la

langui

;

latine

:

(languere);

pûrî (putrere).

— Verbes provenant de

conjugaison latine

la troisième

:

chabî (capere); eissurî (exurere); fremî (fremere); gcmî (gemere); *

legî (légère) ;

d.

parci (parcere)

Verbes

crûssi (kraustjan)

;

trahi (tradere)

d'origine germanique ;

eicharni (ske.rnon)

(frumjan); gari (warjan)

;

;

tundi (tundere).

;

chôusi

:

(katistjan)

furbi (furban)

gandi (wantjan).

;

;

furnî

y a encore pour

Il

ce dernier hésitation entre la forme primitive et la forme inchoative.

Appendice à la deuxième conjugaison Verbes en'w à forme non inckoative

Ces verbes sont aujourd'hui peu nombreux, beaucoup de

ceux qui à

l'origine faisaient partie de leur

groupe ayant gra-

duellement reçu la forme inchoative. Voici l'un d'eux, parii. Je ne donnerai série,

ceux de

mes que

*

la

que

les

le

paradigme de

temps de

seconde ayant identiquement

les

la

première

mêmes

for-

flurî.

Ce verbe appartenait, dans l'ancienne langue, à

gaison (troisième classe)

En

le

la troisième

conju-

faisant passer dans la seconde, nous avons

retenu plusieurs de ses anciennes formes que nous employons concur-

remment avec les nouvelles, savoir l'imparfait du subjonctif {chôubésso),le :

futur et

le

conditionnel (cho'ibrai,

de

le prétérit

l'indicalif {choubé),

participe passé {chôubu), et enfin le

ch'oubrio).

On remarquera que

la

diphthongtie du parfait a été abusivement propagée à ces deux derniers

temps. La le

même

faute,

comme on

compost' reçabei et dans sabot.

le

verra plus loin, a été commise dans


PARTIES DU DISCOURS

243

INFINITIF Part

ir.

Partî.

INDICATIF PRÉSENT part, part

i,


DEUXIEME PARTIE

244

OBSERVATIONS Indicatif présent.

1.

à

deuxième conjugaison

la

ci,

— Co sont {ère)

les flexions

au lieu de celles qui, originairement,

Audimus, prétérit.

auditis auraient

donné auzim,

lui

appartenaient.

comme au

auzitz, là

Ces formes ne se rencontrent pas.

2. Subjonctif présent.

— C'est

la troisième

qui a fourni les flexions de ce temps, et,

ment

propres, en latin,

qui ont été attribuées à celle-

si

conjugaison latine cela est parfaite-

régulier pour les verbes à forme in choative, puisque ces

verbes suivaient en latin as, at),

la troisième

conjugaison {florescam,

cela Test moins pour les autres qui, d'après leur ori-

gine, devraient les avoir en

ia,

ias, etc.,

= iam,

ias.

Mais

la

langue classique, qui paraît avoir eu peu de goût pour ces flexions mouillées, ne les conserva guère que là où se combiner avec noul. Presque partout ailleurs,

1'/

pouvait

elle les

rem-

plaça par les flexions sèches provenant de la troisième conjugaison. Ex.: colha. venha, mais parta, sorta, mora. la

— ANontron,

proportion entre les formes sèches et les formes mouillées

reste la même que dans la langue classique; mais, sur d'autres

points de notre dialecte, ce sont au contraire les dernières

qui paraissent préférées, et on les prête

des verbes qui, étymologiquement, ple,

comme

gaison.

même

quelquefois à

y répugnent, par exem-

à Tulle et à Limoges, à ceux de la première conju-

J'ai

déjà

fait

remarquer

dialecte, depuis l'âge classique,

première conjugaison et

qu'il

y a eu dans notre

un échange de formes entre

les autres, ce qui

a produit,

en français, une série unique de flexions pour tous

la

comme

les verbes,

sauf la difîerence résultant, dans quelques-uns, de la présence

d'un

i

consonne, c'est-à-dire du mouillage de

la

consonne an-

técédente. Cet échange ne s'est pas fait partout d'une manière identique. Ainsi, tandis qu'en un lieu, Limoges, par exemple,

on préfère pour flexions en a

en

la

e (lat. es, etis) qui

par exemple,

deuxième personne des deux nombres

(lat. as, atis), ailleurs,

les

ce sont au contraire celles

ont prévalu.— Sur d'autres points, à Tulle,

la distinction primitive

a persisté, au moins dans


PARTIES DU DISCOURS Ye de la première conjugaison étant

les flexions atones, tel,

et

Ta des autres s'étant, selon

= cantet

;

venho

=

?45

la règle, affaibli

veniat.

Cette deuxième section de la conjugaison en

prend

plus qu'un très-petit

ceux qui

rest'-

eno; chante

nombre de verbes,

ir

ne com-

et plusieurs do

tendent à la quitter pour passer dans

lui restent

la

première. Tels sont, chez nous, fugî. mil, qui, à certaines personnes, hésitent entre la forme primitive et la nouvelle. Cette tendance est plus forte en haut Limousin qu'à tron.

Dans

Non-

languedocien, tous ou presque tous ont

le dialecte

comme

cela depuis fort longtemps,

passé à rinchoative, et

Leys d'amors, qui, en condamnant les for-

en témoignent

les

mes

cubrisc, mentisc, servisc, vmplisc, ubrisc, ufrisc,

telles

que

en constatent par

sufrisc, dormisc, partisc,

courant à Toulouse dès .

La

liste

le

même Tusage

xiv" siècle.

suivante comprend tous les verbes simples de cette

conjugaison, persistant encore à Nontron dans la forme primitive, que j'ai

dans

pu

recueillir.

le latin classique,

en

Les plus nombreux (13)

ire.

Les autres

(6)

étaient,

appartenaient

originairement à l'une ou à l'autre des conjugaisons en 1.

Culî (colhir, culhw, cullir

2.

Fugî (fugere)

.

J'ai

l'hésitation entre les

=

déjà dit que pour ces

deux formes

3.

Pudî

4

(Re) pentî f/jœnitêre)

cre.

colligëre).

^eux verbes

est très-fréquente.

(putère).

5.

Bull (bullire).

6.

Durmî

(dormire).

7 Menti f*mentirej 8.

Ouvî (audire), qui est auzi en Languedoc et en Provence.

9. Parti (*partire).

Au

sens de partager, ce verbe est in-

choatif.

10.

Rundî (grundire). On hésite souvent entre

les

deux

formes. 11. Senti (sentire).

On

G. de Rossillon, v. 2,918.

trouve déjà cosenfis

=

casent dans


DEUXIEME PARTIE

246

12. Servi (servire). V^. Surtî (*sortire)

Cubrî ou crtM (*cooperire).

14.

15.

Dubrî ou drubî (deoperire)

pour

16. Ofrî ('off'erire

offerre).

17. Sufrî(*soff'erire ^ouYSofferre). 18.

Mourî (*morire).

19. Fenï (venire).

Les treize premiers verbes de cette

liste se

conjuguent en

tout conformément au modèle ci-dessus. Les cinq suivants ne

Non-

s'en écartent qu'au participe passé, qui a conservé, à

comme

tron,

dans

la

langue classique,

duber, ofer, sufer^, mor.

Le

Ce verbe ne

forme latine: cuber,

dernier, vent, en diffère complète-

ment tant au participe passé qu'au venguî.

la

prétérit,

il

fait

vengu,

se rattache ainsi que par son infinitif à la

présente conjugaison. Par ses autres caractères déterminants, appartient plutôt à la troisième conjugaison, à laquelle sont

il

propres,

comme on

le

verra plus loin, ces formes en gui

et gu.

CHAPITRE QUATRIÈME TROISIÉMK CONJUGAISON OU CONJUGAISON ARCHAÏQUE Cette troisième conjugaison est

le

produit de la confusion

qui paraît s'être opérée dans le latin vulgaire, plus ou moins

complètement selon

les lieux, entre la

conjugaisons latines.

ments

les plus

non

ïmus,

faiblement <

En

:

et la troisième

ïtis).

du présent de

La

élé-

l'indicatif (em,

lieux,

etz= ëmm,

troisième n'a contribué que bien plus

plusieurs des anciens verbes en ère

certains

les

importants et les plus nombreux, par exemple

les flexions toniques ètîs,

deuxième

C'est la seconde qui a fourni

par exeraplo dans

les

n'ont reçu

campagnes au nord de

crubi, dnbri, ofri. Nontron, ces quatre participes ont été régularisés .mfri. —Ubrit et cobrit sont déjà dans Gérard de Rossiilon {v. 1957, :

1940)


PARTIES DU DISCOURS d'elle

que leur nouvel

grand nombre ne

sez

On

sait qu'en

infinitif (tel

lui

dôure := dolere), et un as-

doivent aucune de leurs formes.

première conjugaison et la qua-

la

latin

847

trième étaient les seules dont

le parfait et le participe

passé

fussent toujours accentués sur la flexion (amâvi, audivi).

Dans

nombre de verbes

exiévi

la troisième et la seconde (sauf le petit

de la première et de la troisième personne

de

celle-ci), l'accent

du

singulier, et aussi (en latin vulgaire) de la troisième

riel,

du

plu-

portait sur la vojelle radicale: scripsi, scripsit, scrîpsenmt;

légi,

légerunt;

légit,

même, dans

mônui, mûnuit, mônuerunt, reculant

ce dernier cas, de deux syllabes, à cause de la

consonnification de Vu qui paraît, en de telles formes, s'être

On

habituellement produite. forts, participes forts, les

est

convenu d'appeler parfaits inversement ceux qui,

ainsi conservé l'accent sur le radical; soit d'origine, soit

accentués sur

par suite d'un allongement subséquent, sont

la désinence,

Les parfaits

sont qualifiés de faibles.

et les participes forts

ter tels en passant

ont

parfaits et les participes qui

en langue

du

latin

durent tous res-

d'oc. Mais, dès les plus hauts

temps, plusieurs ne se présentent que munis de flexions toniques, et la tendance à l'afî'aiblissement de ceux qui étaient restés forts se manifeste déjà dans les plus anciens textes*.

La tradition

littéraire

dut enrayer ce

mouvement durant

classique; mais^elle ne l'arrêta point,

formes

les

affaiblies

breuses, dans les

l'âge

comme en témoignent

que l'on rencontre, de plus en plus nom-

monuments

littéraires

qu'on se rapproche de notre époque

'.

ou autres, à mesure Aujourd'hui

il

n'y a

plus en limousin ni, je crois, en général, en langue d'oc,

On

'

trouve, par exemple,

seulement à l'evanrj. fezii,

la

'

Fragm. de

ïm

de saint Jeara, XI" siècle (liartsch, 7-16)

:

d'Ssii

:

s.

(ibid. 374, 26.)

venguet {Albiicasis, XIV* sec, dissec,

trad. de

le

premier

«).

(troisième pers.) sont dans G. de Rossillon, v. 279, 754).

aucizeron, XIII»

8\ aduyscro

la

(très fréquent),

Iramezii, venguii, conogun (accentué-; dans le ms. sur

P. ex.

385,

des formes faibles en grand nombre (mais

première pcrs. du sing.) dans

— Rivenit, presit

remazero

s.,

(ibid).

Bartsch (236,

mezero, XIV»

s.

(id.

presseron (Blandin de Cornouailles,

75),

39),

Rev. des Lang. rom.,

I,

15), trayssec,\estreys-


DEUXÎEMR PARTIE

248

sauf, par ci

mais

il

par

là,

quelque épave isolée*,

— de prétérits

forts;

reste quelques participés de cette catégorie. Tels sont

mor, déjà mentionnés

e/er, cuber, duber, siifer,

tionnels dans la conjugaison précédente, et

comme

excep-

un certain nom-

bre d'autres qu'on verra plus loin.

Je diviserai les verbes de cette troisième conjugaison en trois classes, d'après la forme

de leur prétérit: première classe,

prétérit en e^;

deuxième classe, prétérit en

classe, prétérit

en guet^.

Voici d'abord,

comme modèle,

de ceux de la première classe

le

set; troisième

paradigme de vendre,

:

INFINITIF Vend

Vend

re

re

FUTUK vendrai, etc.

vendrai, etc.

CONDITIONNEL vendr

ia, etc.

vendr

INDICATIF PRÉSENT vend, vend i, e

vendes

vend

e

io,

etc.

l'un


PARTIES DU DISCOURS

X49

vend

tas

vend

vend

ia

vend

io

vend lam

vend iam, iem

vend

iatz

vend

vend

ian, ien, ion, io

vend

ian, ien, ou

IMPÉRATIF

vend

.


DEUXIEME PARTIE

250

2' IMPARFAIT

DU SUBJONCTIF

vend era

\vend ero)

vend eras

vend erà

vend era

{vend ero)

vend eram

vend eram

vend eratz

vend erà

vend eran.

vend eran.

PARTICIPE PASSÉ vend

Les

ut,

vend

uda

u,

udo

ci-après comprennent tous ou presque tous les

listes

verbes de la conjugaison archaïque que nous possédons encore. C'est, fait

comme on

relativement

le

doit s'y attendre, celle de toutes qui a

Non-seulement un grand

plus de pertes.

nombre des verbes qui

composaient autrefois ont aujour-

la

d'hui complètement disparu, mais encore qui nous restent sont

ne sont plus usités

devenus

),

et ce dernier

Parmi

les

beaucoup de ceux

teisseret lezer à V

seulement

comme

même

Quelques-uns

qu'à une seule forme, par exemple

au participe présent {arden), lezei

défectifs.

:

ardre

mûmWî {tieissei,

substantif.

verbes de cette conjugaison, un petit nombre

seulement avaient déjà dans l'ancienne langue leur prétérit faible. Ils étaient tous ils

compris dans

la

première classe, dont

formaient la majorité.

Première classe.

Prétérit en

et^

Dans les verbes de cette classe, la flexion du prétérit se joint immédiatement au radical (primitif ou transformé). Plusieurs en font aujourd'hui partie qui, dans l'ancienne langue,

appartenaient à la deuxième classe

ment

(C) ci-après,

sauf un seul

;

forment

et en dernier lieu. Ils

{traire),

je les examinerai séparéla troisième

placé à la

fin

subdivision

de la deuxième

subdivision. <

On remarquera que

plusieurs verbes de cette classe ont leur prétérit

terminé en quel on en set; mais à

la flexion.

la

consonne y appartient au ndical, non


PARTIES DU DISCOURS

A — Verbes dont

la dernière consonne radicale persiste

.

— Ces verbes se

IDENTIQUE A TOUTES LES FORMES.

en tout

comme

251

moins un

vendre. Tous,

(

couseï),

conjuguent ont leur ra-

par une explosive. La plupart ont eu leur pré-

dical terminé

térit faible dès le

premier âge de

la

langue, et cet affaiblis-

sement remonte probablement, pour plusieurs d'entre eux, jusqu'au latin vulgaire,

comme on peut

l'induire de ce qu'ils

ont été faibles aussi dès le principe en français, en italien et en espagnol*.

Bâfre == batuêre.

1.

2. Cousei {coser)r=consuere.

Ce verbe hésitait, dans l'ancienne

langue, entre la troisième et la deuxième conjugaison.

De

à côté de coser, une autre forme

d'infinitif, cosir, et

même

au prétérit

cosic^ cosida,

et

au participe passé

de

là,

à côté de cosec,

cosuda.

= defendhe.

Défendre

3.

langue un participe

participe fort, deses

Eipandre

5.

6. Eissendre

fort, defes,

(Gr.

trouve aussi à ce verbe un

de Ross., v. 2851

).

= expandëre.

{esp..)

=exscindëre N'est pas dans Raynouard, .

pourtant singulier que

rait

à côté de defendut.

= descendere. On

Deissendre

4.

Avait conservé dans l'ancienne

Il

se-

langue classique n'eût pas em-

la

ployé ce verbe.

— 8.

7

Eicoudre

(

esc

)

= excutêre =

Forts dans l'ancienne langue

Fendre

9.

=

:

secos

Foundre fondre ) =r fundëre.

11

Foutre et foutei

12.

=succutëre

succussit et siiccussum.

findëre.

10. .

et secoudre

(

(

fotre

)

= futuëre.

Medre (aussi meire, dans l'ancienne langue)

=

m,etëre.

Inusité à Nontron. 13.

misit

;

(mei),

Mètre =-mittëre. Fort dans

= miss um

l'ancienne langue (mes =-

Nous avons gardé le participe fort que nous employons concurremment avec le participe

mes

)

.

faible meiu.

*

Par exetnpls:

franc, vendis,

it.

vendei, esp. vendi.


DEUXIÈME PARTIE

2^2

= mordère. = pendere.

14.

Mordre

15.

Pendre

16.

Perdre =perdëre.

17. Rendre,

à

comme en

prononcent randre, Reipoundre

18.

(resp...)

L'ancienne langue le

hautLimousin,

français.

=respondëre. Fort dans l'ancienne

langue [respos, respost). Pour pondut

= reddere.

Tulle redre

deux formes. La plupart, dans

avait aussi les

le

participe, la forme faible (res-

y est déjà plus fréquente. 19. Roumpre {romp..)= rumpëre. Outre romput, ce verbe avait dans l'ancienne langue un participe fort, rot= ruptum, )

resté en bas-limousin {rou).

20. Segre

langue un

=

*

seguëre.

Ce verbe avait encore dans l'ancienne

infinitif en ir (seguir).

21. Tendre =-tendëre Avait aussi dans l'ancienne langue, du moins dans quelques-uns de ses composés, un prétérit et un .

= extensit pour p. 22), entes-sa = intensus -

participe fort çal,

:

*

esteis

extendit [Donat proven-

sa.

22.

Toundre

23.

Vencre

[tond.

.)

= vincere

= tondêre. .

Cette forme de

l'infinitif

paraît

em-

pruntée au français. La forme classique est véncer. 2

Vendi^e

t.

=

vendëi^e.

— Verbes qui ont un radical particulier pour le pré— Les verbes qui précèdent n'ont qu'un seul et même

B.

térit.

radical à toutes leurs formes. Les suivants en ont deux, trois,

quand

l'infinitif

même

n'a pas gardé la consonne radicale. Celui

du prétérit est seul terminé par une explosive. Cette diversité existait aussi, bien

entendu, dans l'ancienne langue. Pour

l'un d'eux [viiire], elle 1.

coqaere, pf. eo

),

remonte jusqu'au

Coueire ou cueire et en bas-lim. coxi. — Ind. prés.

3° pers. plur. coueizen

passé cue-cuecho. sique coquere,

— Coueire

moyennant

vulgaire cocere.

La

ou (

latin.

coze

{

3^ pers. couei

coire et

cozer)=

ou cuei

(bas-lim.

cueizen. Prêt, coueigué. Part,

coire

)

représente la forme clas-

la vocalisation

àuq;

coze

une forme

gutturale du prétérit, fort dans l'ancienne

langue (coc), appartient au radical; mais nous avons abu-

.


PARTIES DU DISCOFRS sivement propap-é

à ce

sorte que le q latin

y

lemps

«58

diphihongue de

la

Fintinitif,

doublement représenté

est

même

;

en

abus

aux temps de la première série, où le q se trouve également représenté deux fois 1° par Vi de la diphthongue 2° par le z. :

L'ancienne langue Creire

2.

(

;

s'était

gardée de cette double faute.

aussi crezei\ dans l'ancienne langue

)

=

credere.

Ind. prés, crêze, 3* pers. sing. creu (anc. cre, crei). Subj. prés. crêze, crezam. Prêt, cregué. Part. pas. cregu.

gue

au prêt,

L'ancienne lan-

Je pense que

le g transformation radiactuelles n'est qu'une du d formes des

faisait

credet, crezet, creet.

comme dans perga= perda

cal,

formes penga, prenga, que

les

nent

comme

que

tif

même

j'ai

(

G. de Ross., 969), et dans

les Ler/s

d'amors

(

II,

398) don-

doublets de penda et de prenda. C'est pour ce mo-

mis ce verbe, ainsi que prend et veire qui offrent la

particularité, dans la première classe et

non danslatroi-

sièrje 3.

de

la

Faire et fà {far)^=facere. —Je range ici ce verbe à cause forme actuelle de son prétérit, mais sans être bien sûr

que ce

L'ancienne langue avait

soit sa vraie place.

deux

nous

les

usité

àNontron.

infinitifs.

est de

beaucoup

comme le

plus

1'" p.

Ind. prés. S.

ou fam,

Le second

2" fazé

ou

fau, 2" p. fâ, 3'' p. fai; plur. l«"o p. fazem. 3^ fan (b.-lim. fau ou fou). Impf. fasio. fâ,

Subj. près, fdze, fazam. Prêt, fagué. Part, fa (à Nontron fai)

— fàcho. Le était

prêt, était fort dans la langue classique, et le c radical

devenu

un document

z

ou

s.

Mais on trouve

fort ancien

y

aussi fec à la 3° pers. dans

(Planh de St FstèvoJ. De ce fec (ailpu se développer les formes

leurs sans doute fac) ont très-bien actuelles.

Les Leys d'amors

(II,

386j mentionnent, en la réprou-

vant du reste, la forme figui à la

Fâ d'hui, l'"

1'°

personne.

a un composé deifâ fdesfar), que l'on conjugue aujour-

dans plusieurs temps,

conjugaison, ce qui

fait

comme

s'il

était simple et de la

reculer l'accent sur la 1" sjUabe

aux formes à flexion sourde de cette conjugaison. On a vu plus haut un autre exemple du même recul dans le verbe eitci


DEUXIÈME PARTIE

254 (estar)

=

stare. Ainsi,

au

lieu de desfau,

nous disons

peu

instruits de chez

disent de

nous à

nous défons,

defe, tu dèfes,

même

gens

croyant parler français

:

je

— A l'imparfait plusieurs

deifavo ; mais la forme correcte deifasio reste

la plus usitée.

— Au

cours tous

deux.

les

dire,

dèfent.

ils

au

daîfe,

lieu de desfay et des fan, daïfo et datfen; ce qui induit les

également

prétérit, deifagué et deifé ont

4. Naissei (naisser)

=

*

nascere.

— Impf.

nâqué

naissio; prêt,

(nasquetj ; ^art. pas. nâcu (nascuij. L'ancienne langue avait à côté de nascut un part, fort nat, qui persiste toujours, je crois,

même

en bas-limousin. La

un

variété de notre dialecte offre auss,

prétérit régularisé naisse.

5.

Prenei (pi^ener)

= prendere. — Ind. prés,

prene. Subj.

prés, prenhe, prenham. Prêter, prengué. Partie, prei-preso, et

prengu-udo. L'ancienne langue avait un second

infinitif

pren-

dre, et par suite deux séries parallèles de formes, l'une sans

en d{p. ex. à l'imparfait

d, l'autre

prétérit classique

était

fort et

— Le

preni'a et prendia).

dérivé,

comme en

français,

d'un type bas-latin */)resj. Mais prendi s'était probablement

maintenu à côté de

presi, et je

pense que

c'est

à cette forme

rapporter, moyennant changement dec? en ^ (voir cidessus creire), le prétérit actuel. Les Leys d'amors (II, 386) menqu'il faut

tionneni prezi et prefigui 6.

Veire fvezerj

=

comme également

videre.

ve).S\xhj. -prés. veze,vezam.

— Ind. prés,

Impér.m,

corrects.

veze, 3^ p. veu^ (anc,

vê* (anc. veezi^ourvezetz).

Prêt, vegué. Part, passe im-vudo (anc. vevt). L'ancienne langue avait aussi

vist, vis,

vegudo, forme qui *

Exemple

qui persiste en bas-limousin

remonte au moins au XIP

provorbo qai se

lit

Que olh no

se sert plus

et lorsqu'il est suivi

courant, on

le

re iie veil (niciiAin)).

déjà peu difforemment dans

Le bas-limousin conserve

On ne

et vegu-

:

Cor ne dôu a qui

-

[vi)

siècle (on la trouve

Arnaud de Mareuil

:

vezo, cors non dol.

ve.

guère de cot inapôratif que dans certaines ionulions

du pronom personnel lou ou

remplace par l'impératif de visa.

lo

{'a).

Dans

l'usage


PARTIES DU DISCOURS

255

dans Bertrand de Born. Au prétérit, les formes classiques étaient vitz,

des formes en g

{= d

Au

XIV

on

lit

ou viren

viron

vim,

vi, vist, vit,

Mais

*.

comme

radical),

le

devait coexister

il

prouve

le part. vegu.

Leys d'amors mentionnent viguiiU^ 386), et

siècle, les

dans Blandin de CotmouailleSj

v.

236, vigf^a {viderai),

V. 416, vigras (videras).

7. Vivre, aussi vieilre, viôure, viaure (viure^ vieure)

= vivere,

vixi. C'est vixi qui, moyennant transposition des éléments de

Vx, a fourni

le

prétérit et du part, passé

radical du

vîcu fvisquet, vescutj. Celui de la 1'^ série est viv 8. Traire

= trahere doit même

présente la

due à une cause que à en

pareille. Il appartenait

Mais on voit par

s.

XIV

encore trouver place

siècle,

il

mentionne, en

prouvant

vîqué,

:

vivio, viven.

ici.

Ce verbe

particularité (double radical) que viure, et

conjugaison forte et à la

la

:

2'^

la

langue

classi-

classe, son prétérit étant

Leys d'amo7's

les

dans

(II,

386) que, dès le

tendait à rejeter Ys et à s'affaiblir. Cet ouvrage

comme

effet,

la dernière, les

usuelles, mais toutefois en désap-

trois

formes

trays, trac et traguet.

C'est cette dernière seule que nous avons aujourd'hui. La

gutturale y provient du

dans

et qui,

conservé

y

c,

qui est dans le traxit (trac-sit) latin,

trays, s'était résolu

s (ou s

doux) devant {irai),

ne prenait

Devant

— Nous avons

le

{=

ou

*,

les voyelles (trase, trasio,

comme

à

Dans

l'infinitif.

son du z que devant

le

h),

latin vulgaire

ou

e, i

et

il

passait

C— Verbes enNHEI (NHER=NCtERE).— Tous les

verbes

[trazo ù.

=

il

i.

série, le c radical

évidemment dès

trasam) et vocalisé en finale l'ancienne langue,

1"

la

en

à côté du faible, moins

trai-tracho,

— Aux temps de

avait été propagé

changé en

s'est

forme

le participe fort

usité, tragu.

qui

la

Vi

:

trahunt).

a.

il

restait dur,

traga et traia.

de cette catégorie appartenaient dans la langue classique à la

*

On

-

C'est ce

trouve encore vit

que prouve

(

la

= vidil) dans

en espagnol, <roc, doublet de R. Vidal

(p.

82)

comme

la Vie

de Ste Valérie (1641}.

coexistence des formes traggo en italien, traigo ira»/,

la seule

en langue d'oc. Trac est donné par

forme correcte.


UBUXIEME PARTIE

256 2°

Leur

classe ci-après.

était

en

prétérit, fort

par vocalisation du

is,

c

:

en diphthongue à

la voyelle

= franxit^.

frais

de règle devant

sait qu'elle était

venu pareillement

i

leur participe, la flexion

latine, et Te ainsi produit s'unissait

radicale. Ex.

comme

contenu dans Yx de

Quant à s -.

la chute de Vn,

Au participe

on

passé, le c de-

s'unissait, soit à la voyelle radicale (/"mîY

=:fraotwn), soit à Vn quand Fw était restée (onA#=wnc^Mm), soit

au t [estrech-cha=strictus-stricta^). Quelquefois

=

*

il

tombait {pent

pinctum pour pictum). Mais en langue d'oc comme en fran-

çais,

on voit ces verbes tendre, au moins dès

XIV^

le

siècle,

à passer de la conjugaison forte à la faible et à rejeter Y s de leur prétérit. Ainsi, d'après les Lei/s d'amors{U,S88), la 3® pers.

du pluriel en

Il

au prétérit de fenher, franher, planher^.

était faible

était sans

doute de

même dans le même

désinence. D'un autre côté,

les autres

verbes de cette

ouvrage indique les dou-

= unxi; = strinxi poyssi et pongui = punxi; playssi plangui = planxi{^. 386). Cette tendance à l'affaiblissement du bles ou triples formes oysshi, onhi et ongui estrengui

estreyssi et

et

^

;

prétérit et à l'expulsion de Ys a finalement triomphé dans tous les

verbes de cette catégorie, qui font maintenant, et sans

doute depuis longtemps, ce temps en nhet ou nguet, c'est-àdire par la simple adjonction de la flexion, soit au pur radical latin {^our planher,

(planh).

La

usités à ce temps. *

Et de

même

tinxit, feis

* 3 *

du

=

*aUinxit pour

jois

au radical modifié

= junxit,

str inxit,

attigil, ceis

peis

tais—

peu

sont restés forts

ils

;

^^cinxit, esteis '=ex-

= pinxit,

* lanvit pour

plais

~

planxit, pois

tetigit. teis

=

tinxil,

•= unxit.

V

Phonétique, chapitre V,

p.

103.

Ibid., p. 65, 66.

Peut-être aussi la 1"

ment

les autres

du le

(=^na?*j dans un? pièce de

De même pour

her, restrenher.

singulier feyssi, frayssi, etc.

formes citées plus loin onhi, pongui

semble plutôt indiquer s

soit

reste, sont aujourd'hui inusités ou

— Au participe passé,

ateis

= (inxit,

•=punxit, estreis=ois

par exemple, plang),

plupart,

les

contraire.

Raymon

On

;

;

et semblable-

mais

le

contexte

trouve pourtant feichi faible

Vidal (ap. Bartsch, 221, 33).

autres composés de stringere

:

costrenher, destren-


PARTIES DU DISCOURS

257

mais quelques-uns admettent aussi un participe faible.— Je rappelle qu'à Tulle, le g ne s'est pas fondu avec

l'w*.

Notre

y est jounge, et ainsi des autres. Dans la comprend tous les verbes de cette catégorie

junhei, par exemple,

suivante, qui

liste

qui nous restent, je ne mentionne pas la forme de l'ancienne

langue, lorsqu'elle ne diffère que par la finale, notre

respondant toujours à

— Prêt.

Atênhei =^ attingere

1.

on

s'en sert,

y cor-

er.

dit plutôt atenhî.

Quand on

atenh'J.VQu usité.

empruntant

la

forme franc.

Part. pas. utm.

= cingëre.

Cenkei

2.

Inusité ou à peu

près, du

moins

cliez

nous. Béroniele mentionne dans son Dict. du bas-limousin, sous

forme

la

cenje.

Eitenhei festenherj= extingiiëre.

3.

part,

eiten-encho et

eitengu-do,

trouve cstendida, qui suppose un

4. Fenliei =fingiire.

infinitif estendre III,

— Prêt, fenhé et fengué; part.

On

dans une 216.)

/en-to. Très-

usité.

Junhei

5.

(pris

eitenhéeteitengué,

dernier moins usité.

anonyme d'un troubadour (V. Raynouard,

pièce

peu

— Prêt,

ce

= jungëre. — Prêt, junhé Qijunguê;^^\'t. jouen-to

probablement au français.)

6.

Pênhci ^- pingëre. Inusité au prétérit. Part, pen-to.

7.

Plânhei

= plangërs. — Prétérit plangué, nnssi planhé, mais

moins bien; part, plan-cho. 8.

Pounje

mentionne;

= pungëre. c'est

Inusité chez nous; mais Béronie le

pour cela que je

le

donne sous

la

forme du

bas-limousin.

Eitrênhei

9.

crois, sauf

à

irenje existe

10.

=

stringëi^e.

l'infinitif et

en bas-limousin avec

Tênhei=

t ingère.

tant

*

Ounhei

me

nous, à ce que je

le

des-

sens de débarrasser

Inusité ou peu usité au prétérit, qui

est tenhé plutôt que fengué; 11.

chez

Inusité

au participe passé. Le composé

T^SiVi.

ten-to et cho.

= ungëre. Y erhe peut-être

rappeler l'avoir entendu à

inusité. Je croispour-

l'infinitif.

Voir Phonétique, chapitre V., p. 69 19


DEUXIEME PARTIE

2î8

Crdnhei (cremerj •= tremere. Ce verbe a

12.

français, assimilé à

époque on peut

faire

langue classique

elle

comme en

été,

ceux en ngëre d'origine. Je ne

sais à quelle

remonter cette assimilation. Dans la

— Prêt, cranhé ei

n'avait pas eu lieu

crenhé; part, cran etcren, peu usités l'un et l'autre.

— Dans notre dialecte,

Remarque.

reste, à toutes les

formes de

radical de ces verbes

même

série, le

Dans l'ancienne langue,

{nh ou, à Tulle, nj).

l'infinitif

le

première

la

le

qu'à

g dur

reparaissait quelquefois au subjonctif présent: planga, franga,

fenga, cenga, etc. Ceci se retrouve aujourd'hui dans la plupart

des dialectes plus méridionaux que

XIV

au

siècle,

donnent

les

le

nôtre. Les Leys d'amors,

deux formes [nga

et nha]

comme

également légitimes, sauf pourtant dans franher ei ses composés {franhae no franga,

Deuxième

ayant,

Tous

la plupart de

comme

après

i

A cela près,

et sauf interca-

entre leur radical et la flexion proprement dite,

s

deuxième

la

vendre.

et vocalisé

ou vocalisent à

série, ils se

conjuguent aujour-

— Leur prétérit a pour tjpe originaire

parfait latin en si {xiy'psi). s

set

passé dans la première classe.

ont gardé leur participe fort.

dans lestemps de

à

Prétérit en

comprend plus aujourd'hui que bien ceux qui la composaient autrefois

comme on vient de le voir,,

lation de

d'hui

classe.

Cette deuxième classe ne

peu de verbes,

398).

11,

en

i

Le

c qui est

après

l'infinitif leur

u.

dans xi

le

s'est assimilé

— Tous ces verbes perdent

dernière consonne radicale. Ceux

qui ont plus de deux syllabes laissent souvent

tomber

la der-

nière, ce qui avait lieu, dans l'ancienne langue,

même

ceux de deux syllabes, comme dire

nous disons

eicrî eieicrire,

et rire. Ainsi

pour

counduire et counduî. Aussi quelques-uns de ces

verbes, le dernier par exemple, ont-ils une tendance à passer

dans la deuxième conjugaison. Ce passage a été depuis long-

temps accompli par

couft

= confîcere^

pour lequel Raynouard

n'indique d'autre infinitif que confir. 1.

Dire

=

dicei^e.

Prés, dise ; imparf. disio

;

impératif dijo,


PARTIES DU DISCOURS dijâ; subj. dise ; prêt, disse

259

part, di-dicho.

;

Dans l'ancienne

comme dans traire, restait dur au subj. rarement y devenait / (j) : diga, dija. La pre-

langue, le c radical,

présent ou plus

mière de ces deux formes persiste dans ridionaux que rind. était

nôtre.

le

die, aussi,

mé-

les dialectes plus

La première personne du prés, de

mais plus tard dizi ou

comme

dize,

chez

nous aujourd'hui.

Les composés ont passé à tive

:

conjugaison en

la

beneizî; ind. prés, beneizisse

forme

part, beneizi-ido et benei ,

gique;

— môudi;

fère encore à

deidî.

;

prêt. 3"

ir

inchoa-

personne

beneizî;

forte conservée

au sens

Mais, pour ces deux derniers, on pré-

l'infinitif les

formes pleines maudire,

Deidire^ se conjugue aussi quelquefois au prétérit

simple 2.

:

deidire.

comme

le

deidîssé et deidi.

Rire

^=.

ridere,

pf.

risi

changé en

z

aux temps de

impf. rizio

:

prêt, risse ; part.

térit,

litur-

la

pour

ridsi.

— Le

c?

radical s'est

première série. Ind. prés, rize; r/.

La

duplication de Ys au pré-

due peut-être à l'analogie de dire où

paraît récente. Les Leys d'amors donnent

elle rizi

est normale,

à la première

personne. 3.

Duire (composés de)

normale au prétérit et à

=

— La

ducere"'.

l'infinitif,

mal à propos propagée depuis

elle

diphthongue

représente

l'âge classique,

uc,

ui.

a été

probablement

sous l'influence du français, au temps de la première série {counduise, counduisio), ce qui produit une espèce de pléo-

nasme,

Le y étant déjà représenté par z ou s doux. peu usité, et, lorsqu'on s'en sert, on

le c

prétérit de ces verbes est lui

donne de préférence

[counduisiren, plutôt

conjugaison est Part, coundui

présent de '

Notons

l'ordinaire

l'dpanio *

la

conjugaison en

ir

que counduiseren) L'assimilation à cette .

même

quelquefois complète

— counduicho, pour counducho,

une

signification singulière

:

counduiren.

même

quo co verbe a (un membre)

c'est colle df; démettre, déhoiter il

de

faute qu'au

l'indicatif.

ici :

les flexions

s'est

dimis

l'épaule.

Counduire, prod)tiri\ reduirr, traduire.

prise, :

ou

outre

s'o deidi


DEUXIEME PARTIE

260

même

composés de

et les autres

4. Deitruire

coimsfruire).

Nous

faute que dans duù'e, c'est-à-dire que nous propageons

diphthongue aux temps de

la

stî^uere (enstruire,

faisons aujourd'hui dans ces verbes la

la

première

vent pas l'avoir et qui ne l'avaient pas en langue,

le c

prétérit est

'

radical

peu

àPheuresur

série, qui

effet

y étant déjà représenté par que

usité, et les observations

celui de rfwîre lui sont

ne doi-

dans l'ancienne

s.

Leur

j'ai faites tout

également applicables.

participe passé de enstruire est enstrui

— enstruicho

— Le

{siu lieu

de enstrucha, forme ancienne et correcte). Pour counstruire,

on

dit plutôt

à la française counslrui

5. Eicrire (escriure et escrire

)=.

prêt, eicrissé ; part. pas. eïcri-icho.

truito.

scribere. Ind. prés, eicrive;

Ce verbe, comme on

voit,

a un radical différent pour chacune des séries de ses temps,

second résultant de l'assimilation de sa consonne

le

à

de la flexion. Le participe passé

l's

(ou

escrit-ita et escrich

siste

finale

avait deux formes

:

escrig J-icha. Cette dernière seule per-

chez nous.

6. Torcei (torccr)

prés,

torse;

=

*

torcere

pour torquere,

impf. toursio; prêt,

pf.

torsi.

Ind.

Nous

toursé; p.p. tor-torto.

avons, de plus, donné à ce verbe un participe faible toursuudo, plus usité 7. Quêi^e l'infinitif,

que

le

premier.

= quœrere. où on

Le simple

n'est plus

employé qu'à

mais moins fréquemment, querî,

dit aussi,

qu'avait également l'ancienne langue. Cette dernière forme

dans les composés counquerî, s'endeuxième conjugaison. Quant au pre-

est la seule qui soit usitée querî.

Le dernier

suit la

mier, on ne s'en sert guère, et ceux qui l'emploient l'habillent à la française.

— Du radical du parfait

un nouveau verbe querî, et qui suit

*

Le

c,

également

qui est dans

propagé dans

le

le

radical

la

du

latin vulgaire

le

changée en

qui,

dans

sont d'accord pour

le

s'en-

le latin classique,

conservé la gutturale

{struggere,

français et le provençal, où elle s'est, soit résolue eu s,

formé

parfait striixi. avait été certainement

aux formes

en étaient privées. L'italien, qui a struggo);

latin ques a été

concurremment avec deuxième conjugaison,

s'enquesî, usité

prouver. Cf. ci-dessus f mire.

i,

soit


PARTIES DU DISCOURS

?61

lidme (reaner, rezemer) -- redimere, inusité chez nous. Je l'ai relevé dans Béronie (Dict. du bas-limousin), qui donne de plus le participe faible reimu. Je ne sais s'il lui reste 8,

d'autres formes.

L'ancienne langue offre à

=

ou reems f

térit fort î^ederns

prétérit faible rezemet.

*

la fois le

pré-

redempsit pour redemit) aile

De même au

participe

fort rezems,

:

faible rezemut.

Moulje

9.

= mulgere.

C'est encore là

au bas-limousin, du moins Nontron. Je

l'ai

l'ancienne langue le

S*"

Le

;

mais

On ne peut douter

le

lequel dut être,

la contrée

qu'il

s'il

de

est usité

ne remonte à

devait être rarement employé, car

il

donne pas.

Classe.

prétérit des verbes

pour origine

un verbe particulier

inconnu dans

relevé dans Béronie, et je ne sais

ailleurs qu'à l'infinitif.

Rajnouard ne

est-il

Prétérit en guet

composant cette troisième classe a

parfait latin en ui

comme

je

l'ai

ou vi (non précédé

d't

),

déjà expliqué, renforcé en gui

par l'attraction normale du g devant Vu consonne. Cette forme de prétérit fut prêtée aussi à plusieurs verbes qui n'avaient leur parfait en

par exem-

pas dans

le latin classique

ple, déjà

mentionné. Elle fut ensuite propagée, dans plusieurs

dialectes, à

ui, venir,

beaucoup de verbes qui ne l'avaient pas reçue

d'abord, du moins dans la langue littéraire, et dont

un certain

nombre, étymologiquement, y répugnaient. C'est ce qui a eu lieu en Provence, en Languedoc, en Quercy, non-seulement,

comme je l'ai déjà noté, dans les verbes en ir, où la faute est commune au haut et bas-limousin, mais encore dans la plupart de ceux de la troisième conjugaison, forts ou faibles dans principe, que nous venons d'examiner. Ex.

:

le

diguet, respoun-

deguet, espandiguet, perdeguet, meteguet, nasqueguet, pareisseguet, rende.guet, plaseguet, creseguet, seguiguet, etc., etc'.

*

Dans

quet

les

pays gascons, gu devient squ

= mourut, partisquet —

:

fasquèron

=^'

firent,

mouris-

partit.

19'


DIOUXIEMi: PARTIK

262

La plupart des verbes de

cette classe avaient déjà leur par-

ticipe faible (û) dans l'ancienne langue;

prétérit fort

mière, soit également

c,

La première, a,

le

à la pre-

et,

soit ^mî' atone.

Le subjonctif présent ga.

mais tous avaient

= * guit à la troisième personne,

c

:

avait une triple forme

de la troisième conjugaison latine

a pur, ia ou

:

propre aux verbes provenant

était la flexion ;

mais

elle fut

prêtée à la plu-

part de ceux provenant de la deuxième ou de la quatrième, dont

ne se terminait pas on

le radical

=

(iscrùmm

=

rnoveam, deva

iam ou

metam debeam, ôuvam

scribamus,

/

ou

n.

Ex.: bevam

= mittamus,

mova

et aussi

= audiamus. La flexion

=;

in (lat.

mw) appartenait

d'origine; mais les

terminait en

proprement aux verbes en we ou ère premiers, excepté ceux dont le radical se

ou en

/

pour adopter

n, la rejetèrent,

comme

je

l'ai

déjà noté,

sèche de la troisième conjugaison la-

la flexion

Quant aux seconds, presque tous

tine.

= bibamus,

la

gardèrent

;

seule-

ment, Vi j eut diverses fortunes a. — Il se consonnifia simplement en y, sans s'unir à la oideat, ai/arn habeamus, veyn consonne antécédente :

b.

= *cadeat.

— Après

ou nh

Ih

=

=

:

chaya

venha = — c.

/ et n il s'unit à ces deux consonnes pour former valeat, remanha =^ remaneat, dolha — dolcat, valha

:

=

veniat, tenha =

Il

se

condensa en

= placent;

plaja

ou en ch

teneat. /

aja,

.•

sapcha

:

veja,

cliaja,

déjà

= dcbeat,

= sapiam, recepcha*=

piam. Cette dernière mutation ne se produisit qu'après

reci-

les

labiales muettes restées telles. d.

— Enfin

dolga =

'

:

venga=veniat, caga==*cadeat,

=(eneat. Cette dernière mutation se con-

très-rarement dans la langue classique, et

state

ne

se durcit en ^

il

doleat, tenga

la connaît pas. Elle est

Toisins, où le

le

limousin

propre au Languedoc et aux pays

goût pour ces flexions en g au subjonctif est si les a prêtées à beaucoup de verbes, par pro-

prononcé qu'on *

Forme

sèche *

et

Cf.

il

exceptionnelle. l'a

Ce verbe régulièrement prenait

gardée chez nous.

en itahon

:

saUjo

=

salio, tengo -

teneo,

vengo

=

venio

la flexion


PAirniiS DU DISCOURS pagation à ce temps du

Ex.

:

263

(normal ou anomal) du prétérit.

(j

que sentigue, que jouigue, que auzigue (Nie, Fizes)

je sente, jouisse, ouïsse.

= que

Cet abus était déjà fréquent, dès

le

contrées voisines, car les

XIV® siècle, à Toulouse et dans les

Leys d'amors constatent les doubles formes beva et hcga, mola et molga, cola et colga, mova et mogua*, dont les secondes, qui sont de vrais barbarismes, ont été évidemment formées d'après les prétérits bégiti, molgui, colgui,

=

4yeî

1.

mogui.

paradigme

habere. Voir ci-dessus, p. 221, le

et les

observations.

Beùre

2.

=

bibere. Ind. prés. ieye;subj. prés, bcve,

prêt, begué ; part. pas. begu-ndo.

Le

à''oii*b€vi, *begui, et enfin bégui, bec,

3.

Clialei

~

calere,

bevam;

parfait latin était ùibi

dans Tanciennc langue.

Verbe unipersonnel inusité à en bas Limousin et en plusieurs

pf. caluit.

Nontron, mais qui subsiste

lieux du haut Limousin. Ind. prés, chau; prêt, chùngné; part. chùugii. Subj. prés, châlhe 4.

Falei = fallere,

même

emploi que

falluit

clialei (ir.

prés, fâlhe; prêt, fougue

;

Couneitre (conoisser)

5.

ou châlho. *

pf.

pour

fefellit.

Mémo

sens et

Ind. prés. /b?/.-subj.

falloir).

part, fôugu.

= cognoscere,

pf. cognovi. Ind. prés.

coMneme/subjonct. prés, couneisse, couneissam; prêt, couneigué, part, couneigu-udo.

La forme

français. La diphthongue

ei

(

de Tinfinitif paraît empruntée au

=

uei

= oi^), où

1'?

provient du c

transposé de cognoscere, cognoscOj etc., a été chez nous pro-

pagée abusivement au prétérit et au participe, faute que la langue classique n'avait pas

faite et

dont

le

bas-limousin paraît

s'être gardé. 6.

'

Coure

Moqua

r:=:

currere. Ind. prés, coure; subj. prés, coure, cou-

pourrait, sans doute, venir de

moveavi

;

mais ce verbe avait

On ne trouve ni donc plus probable que mogua a ôtô formô abusivement sur mojui, comme je le suppose ici. rejelé IV,

car la forme classique- constante est mova.

mooia, ni maya, ni '

V

Phonéliriue, p

imja.

.

'i7

Il

est


i»ji;uiE

i);:uxiE.Mi!]

t6i

courgu-udo. Ces formes supposent

rarn; prêt, courgué; part,

que

cucurri avait été remplacé par un autre

le parfait latin

que currui. L'ancienne langue

tel

offre correc, et

au participe

corregut.

I

= debêre,

Deûre (dever)

.

devam;

prés, deve,

Dâure

8.

pf.

debui. Ind. prés, deve; subj.

prêt, degué ; p. p. degu-udo.

=

fdolerj

dolere, pf. dolui. Ind. prés. rfo/Ae, subj.

près, dolhe, doidliam; prêt, dougué; p. p. dôugu-udo. lée,

conservée à la

pers. présent de Tind., s'assèche aux

l''

comme

autres personnes

L7 mouil-

dansl'ancienne langue fdolh= doleo,

dnl == doletj

ou

9. Esseï fesser)

être (estre)

=

*

essere.

Voir

paradigme

le

et les observations. 10. Jairc et fazei^ (jazer)

plus usité qu'à

II.

môugué, 12.

:

la

Mùure (moire) p. p.

pf. jacui.

Ce verbe

n'est

et au participe présent jazen, pris

l'infiiiitii

substantivement

= jacere,

= l'accouchée.

jazen

= molere,

pf. molui. Ind. prés. m(i/c, prêt.

môugu.

=

Eméure (pour emàure)

bas-limousin, où

ôi<

(^= oy^,

movere,

comme on Fa

pf.

moy«.

Forme du

déjà vu, devient eu.

Je ne crois pas que ce verbe soit usité dans

la

contrée de

Nontron. Prêt, emegué; part, emegu. 13. Pareitre

<= [Kirescëre.

La forme

classique de l'infinitif

estpareisser. Ind. prés, pareisse; subj. prés, pareisse, pareissam

{paresca dans l'anc. langue); prêt, pareigué:

Le

prétérit,

parec

(^=. *

emprunté à pareo,

pareguit==

marquez que

l'e

*

part, pareigu.

dans l'ancienne langue

était

parevit =. paruit). Cf. correc et re-

dans ce dernier, après l'allongement

élidé

(courgué pour courregué), a été maintenu dans paregué. 14.

Plaire (plaze/l

— La

*

placer c, pf. plncui. La. forme plazer riclhàno de l'ensei

Méno

l'aigo j'asei;

IjU riclhàno

Méno «

L'arc-en-ciel

da

soir

l'eau à plein chemin. »

môao

de

1

enmati

l'aigo a pie chami.

l'eau

coucher

:

(Proverbe)

l'arc-en-ciol

du

inalia iiiène


PARTIES DU DISCOURS (plazei) subsiste

comme

substantif, de

çvé'». plaze, 3®

plaisir. Ind.

265

même qu'en français p lai, dualité de

pers. sing. />/« et

forme qui remonte à l'ancienne langue

{plas (platzj et plai).

Subj. prés, plaze, plazam (dans Fane, langue plassa ou plaja). Prêt, plagué; part, plagu. 15. Plôure (bas-lim. pleuré)

développé un v devant

= pluere,

Cpluvebaf,

lui

pf. pluit.

* pluvit,

cf.

L'w avait

*fuvit=fuit).

Ind. prés, plôu; impf. plouvio; subj. prés, plôve; prêt, plougué et plougué, d'o (^OMJ

en

ailleurs: 16. l'anc.

part, plougu et plc'mgu.

qui se remarque à

e,

En

bas-lim., la mutation

l'infinitif,

a lieu également

/)/eyïrt.

Poudei

==* potei^e,

.l'ierj

prés, pôde

potui. Ind.

pf.

langue avait pour cette première personne une seconde

forme pose

*poxum (par métathèse des éléments du x)

--=

=

possum. Subj. prés, pèche pour puêc/ie= puesc/m de l'ancienne langue, qui avait aussi /jwesca, posca, poscha. Prêt. pougué{Sinc. fort poc)

;

part, pougu.

Avec

le

radical du subj. présent nous

avons formé à ce verbe un nouvel inûmtiîfpeeheij, que nous

employons concurremment avec poudei. La lieu

même

chose a eu

en Provence, où l'on trouve à côté de poude, pousque.

ayâ formé pareillement du rad. du subj. prés,

Cf. (ri-dessus

de avei (habere). 17.

Pounei (pondre)

poun; impf. pounio

;

=

poncre, pf. posui. Ind. prés. 3" pers,

prêt,

poungué ; part, poungu. Ce verbe,

dans l'ancienne langue, appartenait à la

ayant gardé Vs du

latin

2"

classe ci-dessus,

au prétérit et au participe. Je ne

saurais dire à quelle époque remonte l'attribution que nous lui

avons

faite, à ces

deux temps, des tlexions en

cienne langue, on lui trouve un subj

exponga (Legs,

II,

fapona, expona),

forme de le

le

g.

Dès

l'an-

présent en ga (apongu,

398^j à côté de la forme plus régulière en mi qui seule

l'infinitif,

futur et

.

reste chez nous.

poundre, ne

conditionnel {poundrô, poundrio).

de ce verbe, assez nombreux,

L'ancienne

subsiste plus guère que dans

comme on

— Les composés

sait,

sont tous au-

jourd'hui inusités, sauf, en bas-limousin, re/>0M»</re; qui so con-

jugue en tout comme vendre. Le participe rehoundu subsiste


DEUXIEME PARTIE

266

seul à Nontron, dans ce dicton dont le? enfants poursuivent

par jeu et très-ras

ceux de leurs camarades qu'on a tondus

raillerie

:

rebonndu,

Toiindii,

Per toù quatre piau

Prure

18.

zio; prêt,

térit le

pendu

prurii^e. Ind.

'.

prés, prvzc; impf. pru-

prugué; part, manque. Je n'ai pas rencontré

de ce verbe dans l'ancienne langue.

g y

ne

.Je

sais

pré-

le

donc

si

csi d'introduction récente.

19.

=

Tenet

ham; prêt

tenëre,

T"

tenh, tenc, à la f en

=

{pruze^^)

tu sirâ

tenui. Ind.

pf.

Imp.

pers.)

te

^,

prés,

lene (anc.

teng ué {a,nc. fov i tenc et ^ec);part. tengu.

.

mieux que dans

la 2°

aussi

tenê; subjonct. prés, tcnhe,

-

Ici,

conjugaison, se placerait vent (V.

ci-

dessus, p. 246), qui se conjugue et s'est dès le principe con-

jugué comme

tenei,

son prétérit en sing., où,

au ^

analogue à

vent,

20.

Valet

classique

personne

2'^

qui serait la forme régulière, nous

ve,

en haut-limousin vaque.

=

le latin

n'en diffère qu'à l'impératif,

de

lieu

disons vêqup,

,

bien qu'il n'eût pas dans

u. Il

A Tulle on

dit vêne, plus

mais qui est néanmoins une forme anomale. valut. Ind. prés., 1'° p.

pf.

valêt^e,

vale (aussi

valh dans l'anc. langue). Subj. prés, valhe, valham. Prêt, vôu-

gué (anc. fort

vole (aussi volh

vonei,

On comme dans

volêre, pf. volui. Ind. prés.

(vols), 3" pers.

\.v.elhe,

'Psirt.lvougu. g,

=*

dans l'anc, langue), 2* pers. volei

à Tulle vo

velham pour

Part, vongu (anc. valgut).

valc).

21. Voulei (voler)

*

Sur

que

voit

valer,

Subj. prés, vêlhe,

1'/,

au

de se vocaliser devant

vàugu et non pas

voiigu.

le

Le

au bas Limou-

mot reboundre.

savant hellénisle, M. Theil, lapproche cette forme du

que, qui signifie la

volg).

simplement tombée. En bas-

est ici :

lieu

fort' vole,

i'origine probable de ce dicton, qui appartient aussi

voy. Béronie, au

^Un

(vol).

am. Prêt, voiigué (anc.

limousin,' il en est autrement

sin,

vàu

P" pers. fvolesj et

même

rr,

homéri-

chose (V. Dictionnaire d'Homère, stb. vac),

sans prétendre, bien entendu, qu'ell; en vienne. ^

Vêque

est peut-être

pour vé qui

ayant été réunis en un seul mot

et

= viens

ici,

les

deux monosyllabes

par conséquent sous un

même

accent.


"^

PARUES DU DISCOURS

Donat provençal indique pour ce verbe, dans Fancienne langue, une

2'

et qui

forme de prétérit suppose un

qui paraît avoir été peu usitée

vols,

bas latin

pai^fait

formes analogues de Titalien

les

changement de

ui (ou y/)

en

d'autres verbes; mais

fait

il

attesté d'ailleurs par

*volsi,

l'ancien français. Ce

et de

avait eu lieu du reste au par-

si

paraît avoir été peu sympathique

à la langue d'oc, qui ne l'accepta décidément que dans solvere (sols, absols),

que nous n'avons plus, probablement parce que dans ce verbe, en

la substitution de si à vi avait été

que dans

vulgaire, plus générale

latin

les autres

Les verbes suivants n'ont à Nontron, pas plus que dans l'ancienne langue, leur prétérit

dant

ici,

non-seulement parce

oa\

guet .heViV place est cepen-

qu'ils le font ainsi

dans d'autres

variétés de notre dialecte, mais encore parce que c'est aussi d'«/ latin (classique

ou vulgaire) que dérive leur forme non-

tronnaise. 22. Reçahei (aussi recebre qui est la forme classique),

posé de capere, qui, je

dans

chabi,

ou rece

la

2'^

déjà

l'ai

conjugaison. Ind. prés, reçâhe, reçabei, reço

(recep). Subj.

prés, reçàbe. Prêt, reçùubé (anc. fort

receup). Part, reçùubu {anc. receubut). Il

a et

e

ix

y a

hésitation entre

certaines formes à flexion tonique de la

bio, recebio}.

com-

a passé, sous la forme

dit,

— L'dw (— eu] du prêt,

]"'^

série {reço-

du part, provient de

et

la

métathèse de Vu qui est dans la flexion *recepui pour recepi. bas limousin, on dit reçôugué, reçùugu, qui sont des formes

hln

anomales créées après tre est 6u,

deux

fois

la transposition

une deuxième

fois

dans

receubut, l'ancienne langue lie

se

la flexion gué, gu.

avait gardé

receptm, dont le féminin recepcha lit

Un

dans

de Vu et où cette let-

représentée, une fois dans la diphthongue

les Coût,

de Limoges, Lim.

— A côté

de

un participe

fort tiré

=

scripta)

(cf.

escricha

hist., p.

630.

autre composé de capere, apercebre, se conjugue aujour-

d'hui chez nous d'une

manière très-confuse

;

quelques-uns

le

font rapporter ksegre, d'autres lui prêtent les formes françaises. Il est

du reste défectif

et

peu

usité.


DEUXIEME PARTIE

268

23. Sabe.i==. sapere, pf. sapui. Ind. prés. 1" pers. sahe et sai

forme ne sert plus que dans quelques locu-

(cette dernière

tions négatives so [Lim. se,

ne saiquan, ne sai que),

:

Tulle sa) =

anc.

2''

pers. saôei,

3*=

pers.

Subj. prés, sache, sacharn

sap.

(anc, sapcha). Prêt. sôuOé (anc. fort saub, saup). P. passé sùubu.

— L'dw du prétérit provient Vu de

l'attraction de

comme

sôugu,

sôugué,

comme dans reçôiibé, de En bas-limousin on dit et par suite de la même

ici,

la fluxion uit.

reçôngué,

faute.

Avec

le radical sack

verbe un nouvel

du subj. prés, nous avons formé ù ce

infinitif sachei, qui sert

l'ancien. Cf. ci-dessus péchei et

concurremment avec

pectivement des subjonctifs de poudei et de

Dans l'ancienne langue, du

même

formés de

ayd,

res-

avei.

saher, outre sa signification la plus

savoir), avait

conservé, mais seulement

dans une acception métaphorique

et morale, le sens primitif

usuelle

du

(celle

fr.

lat. sapei^e. Ainsi,

no Ihisaubbo.

Il

en

G. de Ross., v. 2811:

est

langue d'oc*, y compris

la

la contrée

E

quan K.

l'auzit,

encore ainsi dans plusieurs variétés de le

bas-limousin, mais non pas dans

de Nontron.

Remarque.

— En

provençal moderne, on

a,

tant dans ce

verbe que dans capere et ses composés, propagé abusivement à

l'infinitif et

aux temps de

la

1"

série la diphthongaison qui,

étjmologiquement, n'a de raison d'être qu'à ceux de conde. Ex.,

saupi^e, chaupre, etc.

dans ce dialecte

le

même

Nontron^, conserve pure à mais,

radical.

Le limousin, du moins à

l'infinitif la

en cela moins régulier que

diphthongue au futur

la

et

la se-

lien résulte qu'ils ont partout

voyelle de ces verbes;

provençal,

le

au conditionnel

:

il

propage

sabei-s6ub?m,

reçabei-reçôubrai. '

Il

me -

fit

du Midi, des gens vous dire,

n'est pas rare d'entendre, en divers lieux

croyant parler français

:

Ça m"

sut mal. pour

:

Ce'.a

me

fut désagréable

ou

de la peine, ce qui dans leur langue serait aussi correct qu'expressif.

Je crois que saiipre se

dit à St-Yrieix.


PARTIES DU DTSCOnRS

209

CHAPITRE CINQUIÈME OBSERVATIONS GÉNÉRALES

La

plupart des observations qui composent ce chapitre s'ap-

pliquent à toutes les conjugaisons; quelques-unes sont moins générales, mais

pour

y avait

il

pour

intérêt,

la brièveté, à les réunir.

la clarté

autant que

Je présenterai àpart, dans deux

sections distinctes, celles qui concernent les modifications de la voyelle radicale et les

déplacements de Faccent tonique.

— Observations générales sur les

I.

Infinitif.

— LV finale

des verbes en ar,

divers temps ir et er

reparaître qu'au futur et au conditionnel.

un

— En bas-limousin,

s'introduit parfois après l'a de quelques infinitifs [fa, esta,

t

etc.)

oco

(atone ou

tombée pour ne

tonique), de l'ancienne langue, est toujours

pour former liaison avec une voyelle subséquente

= faire

ceci.

Rappelons que, dans

er ne devient pas

voulé et

Isoler,

ei,

non

comme

Nous ne

t.

dialecte,

— L'ancienne langue

le faisons plus

ir,

élidait

de

l'r.-

1'?

àces

particulièrement après

que dans

verbes mourî et

les

Mais nous continuons à élider Ve des verbes en

comme on fait en

fat

:

l'e

chez nous, après la chute de

deux temps dans plusieurs verbes en venî.

même

voulei.

Futur et conditionnel. r et

le

français Voi correspondant

:

sabQi

ei {er),

— sôubrai,

— reçôubrai^. L'e des verbes en re disparaît aussi naturellement: beûre — beûrai. — En haut bas-limousin, des

reçabei

final

et

infinitifs

au conditionnel, s'y affaiblit en

et

même

l'a

de la première conjugaison, perdant l'accent au futur o.*

mm^a

-minjorai.

— Pourla

cause, les infinitifs paroxytons de la troisième conju-

gaison qui ont à la pénultième o ou azles affaiblissent respectiLe simple chahi (anc. caher) a deux mont à ses deux infinitifs chnbirni a '

:

futurs, correspondant respective-

chalur, choubrai à chaber.

20


DEUXIBMK PARTIE

270

vement en ou et

et :

mordre

— mourdrô, plaire — pleirô. Ces deux communs à

derniers affaiblissements sont

tout

le dialecte.

Lorsqu' après rélision de la voyelle, Vr se trouve précédée

de

/

ou de

on intercale un

n,

d, et

se vocalise

/

thongue au résulte de cette vocalisation, la règle

rai

en ùu

:

— voudrai.

venir

— venrai — vendrai

la diph-

si

;

elle s'affaiblit selon ;

valer fvaleij

val-

Voulei (voler) a donné à la fois voudrai, produit

de la vocalisation de 17^ qui est usité en bas-limousin, et voudrai, forme nontronnaise, qui résulte de la chute de 17* après

insertion du d.

Les verbes en nhei font aussi leur futur par l'insertion d'un

Vn perd

d; mais

verbes

(

la mouillure: eitênJiei

on en a du moins

la

dans l'ancienne langue un autre ngere a donné, non nhe, mais

— eitendrai. Du reste, ces

preuve pour plusieurs infinitif

en ndre.

nje, l'e reste

A

avaient

Tulle,

au futur iplanjcrai.

Les désinences du futur n'étant autre chose que

du présent de

)

l'indicatif de avei, dépouillées

les

formes

aux deux premiè-

respersonnes du pluriel du radical ay, je renvoie à ce qui aété dit ci-dessus

et

de ces dernières. Ilsuffira d'ajouter qu'à Nontron

en haut Limousin, on préfère

et que Ye de la seconde pers.

thonguée en

ei^,

aussi bien à

am à em à la l""^ pers. du pluriel, du même nombre s'est diph-

Nontron qu'à Limoges, bien que

cette seconde personne, au présent d'avei, soit, à Nontron, res-

tée en e pur

:

avê

=vous

avez;

mais chantarei

Indicatif présent. Sing. V^ pers.

=

Tous

vous chanterez.

les verbes,

dans

l'ancienne langue, sauf un très-petit nombre, avaient deux

formes à cette personne, l'une sans flexion, l'autre en '

Un

i

ou

e.

autre exemple de chute de la consonne radicale se remarque dans

pourai, qui se dit souvent jiour poudrai. '2

C'est

du moins

h

prononciation

aussi quelquefois é rv'ouré

la

plus ordinaire; mais on jironoiico

= vous aurt-z.

ïé à cette personne remonte assez haut offrent

simultanément

ijardcri'ii'i,

même temps.

ets et ez.

:

Du

reste, la

diphihongaison

des textes de Limoges du

Y. Limousin

Instar., p. 405

d<^

XV'

(année 14IG)

adjuvarei/.s, eschivareys, à côté de sirez, faroz, gardarez.

s :

La

diphtiiongaison ne s'y remarque pas à la 2' pe^^. plur. des aulre>


PARTIES

La forme

271

sans flexion était la plus usitée, du moins dans l'âge

Mais

d'or de la langue. elle est seule

siste

DISCOURS

DIT

la

seconde ne tarda pas à prévaloir et

aujourd'hui en usage, sauf dans sabei, où sai per-

dans quelques locutions à côté de sabe, et dans quelques

autres verbes où,

manquant déjà dans l'ancienne langue

n'a pas été introduite essei (sai).

rencontre

Des deux le

;

,

ce sont anâ (vau), fâ (fau), avei

flexions

i

et

e,

la

première est

elle

(ai),

celle qu'on

plus souvent dans les anciens [textes

;

elle

est

encore en usage sur quelques points extrêmes du territoire de notre dialecte, mais c'est la plus

!* conjugaison,

elle l'y

est de

la flexion e qui

— 2" persoïine.

répandue.

beaucoup

Sa flexion étant en a dans

la

a toujours gardée; mais elle la perdait

souvent dans l'ancienne langue aux autres conjugaisons (sauf l'inchoative) où cette flexion était en e

:

ainsi partes et partz,

moves et mous, sabes etsabs. Les formes à voyelle flexionnelle senties seules qui aient persisté chez nous, et en général dans tous les dialectes sdbei,

;

nous ne disons donc plus que

pour tu pars,

tu dis, tu sais.

cette personne n'avait 1

"'''

3* personne.

pu garder sa voyelle flexionnelle qu'à la

conjugaison où cette voyelle était

de la

une

2'^

loi

a, et

dans quelques verbes

(non inchoative) et de la 3* où, bien qu'elle fût

e (î),

phonique particulière exigeait son maintien, par exem-

ple après les groupes {ùr., etc.).

ment,

pârtei, dîsei,

Régulièrement

Il

composés d'une muette

et d'une liquide

en est encore ainsi dans notre dialecte; seule-

la voyelle d'appui

que nous donnons dans ce dernier cas

à la consonne ou aux consonnes finales du radical, au lieu d'être e

comme dans

logie delà sufrî

l'"

l'ancienne langue, est

conjugaison. Ex.: ofrir

— seûfro; ôuvî— auvo

Dans

les

;

o,

d'après l'ana-

— ôfro; cubrî— queûbro

culî—queûllio

*.

verbes où, selon la règle générale des deux der-

nières conjugaisons, la flexion de cette 3" personne est tombée, sa chute a entraîné, soit celle de la consonne précédente,

*

on

En

provençal moderne, on a conservé en pareil cas l'ancien

l'a

prêté à

beaucoup de verbes

chez nous sans flexion

:

(jui

e.

Mais

étaient autrefois et sont restés

rende, courre, respouende, etc.


DEUXIÈME PARTIE

272

soit d'autres modifications

du

radical. Si la flexion est pré-

cédée de deux consonnes, la dernière seule tombe, à moins

que

la

première ne

une

soit

auquel cas

s,

celle-ci,

que l'an-

rendre — ren — roumpre — roum; junhei — jun;planhei plan* mordre — mor Si une seule consonne parti—par mais flw^-^ =

cienne langue avait conservée, tombe aussi

:

;

;

(loris

;

précède la flexion,

en

état, et

après

a. 1°

— sa

fsoj

Chute pure

simple

et

— se;

segre

;

pensée par la

= vadit,

vai

vient u après

—vôu

boulei

= crédit,

creii

a, e, o, et

veïi

=

vent

ve ;

;

au contraire

elle se renforçait:

a été com-

la chute

de

et de IV

précédent dans

= videt.

2° Vocalisation

Après u

(dolet).

c?

:

il

i,

o

deûre {devei)

:

de-

—vau

tombe ou

;

se

forme

beitre {bever)

d'où vieu et par réduction veû ou vî;

viu,

i

— deù,

l

:

valet

il

est

tombé après a dans a

=

après a dans fai

facit, jai

=

(o)

de

jacet, plai

dont la seconde forme platz (plas) reste aussi encore

placet,

(/î/d)

.

Pluriel,

i''^

em dans

personne. Aujourd'hui en

tous les verbes, sans exception. Sur flexion à

— ha sabei cousei — cou.

batre

et bur. Pareillement v devient m et

e,

Enfin c devient

usitée

te ;

;

une diphthongue en résulte

dôure-dôu

(*volit),

viure {vivere)

qui reste

pareil cas, la consonne radicale, et

mover-môu. Par exception avei.

po

Par exception diphthongaison de Va

diphthongue après ;

poudei

sec.

change en r : bulî-bû beû

:

tenei

Dans Tancienne langue, en excepté n, tombait rarement poder —pot; segre

r,

qui se vocalisent, le dernier seulement

v et c,

l,

florescit.

tombe également, excepté

elle

la substitution de cette

Vam étymologique de l'anciene langue, dans la

jugaison, voir ci-dessus, page 234.

1'"

2® personne.

con-

Ici la

P" conjugaison reste distincte des deux autres, ayant gardé sa flexion propre, â-=.as cr a

guer, ce qui singulier, *

(atz). L'etz

gardé à Nontron, selon

y empêche

des verbes en

son

e

sans

toute confusion avec la

où au contraire la diphthongaison

Dans l'ancienne langue,

c'est-à-dire

la règle,

que

l'n restait

mais on a vu dans mouillée en finale.

la.

les

deux consonnes

2*^

s'est

ir et

en

diphthonpers.

du

normale-

persistaient ensemble,

mouillée à celte personne

Phonétique que

le

comme aux

autres;

notre dialecte n'admet pas

Vn


PARTIES DU DISCOURS

ment produite

:

vendei^=s- vendes,

moges, au contraire^

comme

je

mais vendes vendetz.

Le

nences différentes

latin avait, :

A

Li-

déjà observé, la diphthon-

l'ai

gaison se produit aujourd'hui au pluriel 3" personne.

273

pour

comme au

singulier.

cette 3" pers., trois dési-

ant (amant), enf [monent), unt (legunt), qui

devinrent respectivement en langue d'oc an, en et on ou o.La

première resta toujours propre à la 1" conjugaison dans

languedocien, par exemple) qui la conservè-

dialectes (le

rent

mais

;

les

les

deux autres furent prêtées indistinctement aux

verbes de toutes les conjugaisons. Le Donat provençal les

mentionne comme également légitimes; mais on voit par

les

textes que la flexion o parait avoir été préférée dans l'âge classique de la langue. C'est encore celle du bas Limousin (ow);

mais que

le

en,

haut Limousin et

le

Périgord limousin ne connaissent

employée déjà exclusivement dans

et d'autres textes

le

poëmë de Boëce

presque aussi anciens dont l'origine limou-

sine paraît certaine.

Imparfait de

— Le 6 de la flexion latine^ tou-

I'indicatif.

jours maintenu sous forme de v à la V^ conjugaison, disparut, dès

le

ia =.

principe, dans les

deux suivantes*.Delàla forme nouvelle subi la mutation en

éam ou iéam, Ye ayant

pareil cas. Cette désinence,

ici et,

i

ordinaire en

par conséquent, au condition-

nel de tous les verbes, était dissyllabique à toutes les personnes et s'accentuait ainsi: ia, ias, ta, iâm, iâtz. ian. d'hui,

grâce à la synérèse qui

s'est

cas, elle est partout monosyllabique et l'accent

nulle part surl'e qui, de voyelle, est

*

l'âge classique

ne

différait

était considéré

par

comme une langue

les

le

descort de Rairabautde Vaqueiras aras

Cela est

si

et les écrivains

étrangôro, et non sans raison, car

guère moins du limousin que

le

Foucaud entre

de il

français ou l'espagnol. Voir

quan

If,

388, et se rappeler

le

vei verdcjar.

vrai que, lorsque la consonne précédente est

écrire, et plusieurs,

[yf. Cette

h dans ces conjugaisons;

troubadours

là-dessus un passage très-explicite des Leys,

2

ne repose plus

devenu consonne

Quelques variétés du gascon ont conservé

mais ce dialecte

Mais aujour-

toujours produite en pareil

n ou

autre?, écrivent souvent

i,

on peut

yna {nha)

el


DEUXIEME PARTIE

274

synérèse est ancienne dans la langue. Les œuvres en vers du

XIV* 66

T.

en offrent de nombreux exemples

siècle

même :

volia

bes), v,

on en trouve

;

y en a déjà deux ou trois dans Boëce, tradar (4 syllabes),v. 70 quel solient a/Mc?ar(6 sylla-

au XIII", et

il

:

188; anz avia plus de mil

comprari'om

(4 syllabes).

syllabes). Cf. v. 193

(6

Pour

la 3° pers.

du

:

no

pluriel, l'an-

cienne langue avait, dans toutes les conjugaisons, trois formes, l'une en aw, la seconde

en

en, la troisième

en on

La pre-

(o).

mière, seule étymologique, est seule restée à Nontron et à

Limoges celle des

fut

;

la 3" est seule usitée

monuments

peu usitée dans

les plus

à Tulle; la seconde, qui est

anciens de la langue, mais qui

l'âge classique, existe

encore dans plu-

sieurs cantons du Périgord.

Subjonctif présent.

J'ai

peu de chose à ajouter aux ob-

servations déjà présentées ci-dessus, pages 235, 244 et 262.

Dans l'ancienne langue,

les 1", 2*, et 3^ pers.

ayant leur voyelle flexionnelle en

du

singulier,

dans la 1" conjugaison,

e

perdaient en général, selon la règle. Elles la gardent tou-

la

jours aujourd'hui*.

de

l'indicatif,

— Contrairement à ce qui a

lieu

au présent

on diphthongue presque toujours, à Nontron, Ye

de la 2" pers. du pluriel, ce qui la rend identique, sauf l'accent,

à la 2« du singulier 3' pers.

du pluriel

:

— La comme

que vou chantei= que vos chantetz.

avait,

dans l'ancienne langue, reçu,

à tous les autres temps, outre les flexions an et en, la flexion

nu (o); cette dernière reste seule usitée à Tulle [ou).

Dans des

dialectes voisins, haute

Auvergne, haut Quercy,

Velay, on a laissé tomber en désuétude la V^ et

du

pluriel, et l'on se sert

dantes de l'imparfait du

la 2"

personne

en place des personnes correspon-

même mode.

C'est juste l'inverse de

ce qui a lieu souvent en français dans le langage familier.

Hia (Iha) pour nia et lia.

En

voici

un exemple du XI V«

valia ^^valehaL (Coutumes de Limoges, dans Lim. '

En

hist., p.

s.

:

ralka

r=^

626;.

bas-limousin, une trace de l'ancien usage est restée dans la lo-

cution Diau vous aju! et non vous ajude

= Deus vos

*adjutei.


PARTI !:S DU DISCOURS Impératif.

du singulier 2^

— Dans toutes la

—parte; — te

Exceptez les verbes

fazè.

du présent de

tenê; ven

— Quant à

:

ayo

— ayâ;

la 1'® pers.

du

— vende; creu — crezê;

veire, qui fait vei

avei, essei, sabei et dire, qui tirent ces

jonctif présent

l'indicatif; la

personne correspondante de ce même temps:

chanto — chanta. ; par fai—

conjugaisons, la 2" personne

les

est semblable à la 3"

du pluriel à

27f)

veez) et

deux personnes du sub-

—siâ ; sâcho

sio

—vê (anc.

— sachâ; dijo —

rf^)a^

plur., c'est, dans tous les verbes, à

ce dernier temps qu'elle est empruntée.

Remarque.— Lorsque tion,

au

lieu

le

verbe est accompagné de la néga-

d'employer l'impératif,

c'est,

comme dans

cienne langue, du subjonctif que l'on se sert

Nontron, on emploie exclusivement pour en

et

(«?),

réservant pour

sitée

est,

ou peu usitée aujourd'hui. Ex.

pâ, ne partû pâ; et au pluriel

partei pu.

:

seulement, à

le pluriel

forme en

le singulier la

emplois du subjonctif, y

les autres

;

la

forme

à, qui,

comme on

:

l'an-

l'a

dans

vu, inu-

ne bevâ pd, ne min/à

ne hevei pâ, ne minjei pd, ne

Quelques-uns emploient aussi

,

du moins dans

certains verbes, l'impératif avec la négation, à l'exemple du français

;

mais cela est rare et contraire au génie de

Participe présent.

comme on les

sait,

La

la langue.

flexion an, qui en français fut,

attribuée dès le principe

aux verbes de toutes

comme

conjugaisons, est restée en limousin,

elle l'était

dans la langue classique, et conformément à son origine, particulière à la première.

Dans

le

languedocien, on a souvent,

le

provençal moderne et dans

comme en

français, confondu

à ce temps la première conjugaison avec les deux autres,

mais

c'est alors la flexion

de ces dernières

[en]

qui a prévalu*.

Remarquez que

ces formes diffèrent de celles qui sont aujourd'hui ou exclusivement, ou le plus ordinairement, au subjonctif présent lui-même. Cela vient de ce qu'allasse sont moins éloignées que ces der*

usitées,

nières des formes primitives.

-Signalons aussi, en passant, dans participes présents,

counouqum=

le dialecte

counaissan' (Alais);

languedocien, d'autres

radical du prétérit vouqaen «— voulant (Montpellier),

irrégulièrement formés sur

le

;


DEUXIEME PARTIE

276

Dans l'ancienne langue, selonla règle générab des adjectifs communis generis, le participe présent ne prenait pas la flexion féminine

il

;

cet usage

:

reste dans la langue actuelle quelques traces de

lajazen .= la gisante, c'est-à-dire l'accouchée

= une criarde

hadan

;

'nâ talhan

= des

ciseaux.

bablement d'une fausse assimilation, on malgré son origine,

*;

=

elle est

unn

suite pro-

fait aussi quelquefois,

deux

l'adjectif counten (eontentus-ta) des

genres [fei bien counten

bien

contente),

comme

si

un participe présent.

c'était

En

Par

dépouillant le dictionnaire de Béronie, j^ai relevé quel-

ques participes présents irrégulièrement formés sur l'infinitif: fan, de far; diren, de dire

ne

veiren, de veire'^. Je

béwe ; creiren, de

beuren, de

;

creire;

sais si ces participes sont usités ailleurs

qu'en bas Limousin, mais la variété nontronnaise n'en connaît pas de pareils

;

les

formes classiques fasen,

ont seules cours.

en est de

oresen, vesen^

y

Limousin

pourtant on dit aussi fan.

;

Prétérit,

l.

— Dans notre

Il

disen, beven,

même

en haut

prétérit, tel qu'il est aujour-

d'hui constitué, trois personnes seulement sont conformes à

Ce sont la 1" du singulier et la dans la 1" et la 3= conjugaisons, ei, é

celles de l'ancienne langue.

3» des

deux nombres

(anc.

et

ou

Tulle, ici pluriel est

:

êren;

ec],

dans

comme dans en ou

la 2®,

î,

i

ou

(anc. on

o),

non en

des P* et 3®conjug. se réduit souvent à tique à celle de la 2^.

comme

etc.

Même

faute

it

ou

ic),

iren.

A

î,

en.

La

flexion ei

ce qui la rend iden-

Les variétés de notre dialecte,

qui,

Nontron, n'admettent pas l'allongement en

aux verbes en

igu

Ce

celle de

(anc.

tous les autres temps, la 3* pers. du

ir,

sont aussi les seules qui aient la série

àMontauban

:

venguen, prenguen==' venant, prenant.

sont là de véritables barbarismes, que ceux qui écrivent dans les dia-

lectes oii ils ont cours devraient éviter. '

Jazen ne s'omploie plus que dans ce sens. Lajazen avait autrefois son

pendant dans la levan, qui ne se dit plus, et dont on trouvera plusieui? exemples dans un curieux document de 1436, inséré dans le Limousin historiqup, pag. 410 et suivantes. -

Les formes régulières beven, cresen,

etc., persistent d'ailleurs

à côté.


PARTIES DU DISCOURS des flexions en

i,

«77

disant, par exemple, senti,

où Limoges et

Tulle disent sentigué.

On remarque

assez fréquemment, en ancien français,

l'éli-

sion de Yr flexionnelle des prétérits forts, particulièrement

après

s.

Ex.

:

pour misrent (miserunt). L'italien a eu

misent,

et conserve encore de semblables formes

:

misono, feciono, etc.

aussi dans notre vieille langue, non-seulement

On en trouve

après s, mais encore après d'autres consonnes, surtout g^. Ex. aucizo, saubo, vengon. Ces formes paraissent n'avoir été parti:

aucune province. Je ne sais s'il en subsiste encore quelques-unes dans d'autres dialectes mais le limousin n'en a pas et ne peut en avoir, n'ayant pas, comme on l'a vu, conculières à

;

servé de parfaits forts. II.

— La 2^ personne du singulier, la

sont aujourd'hui, à Nontron, pour la êrei,

êrem, êrei; pour la seconde,

dans plusieurs cantons du Périgord,

es,

A

irei.

em;

is,

Tulle et

en a

est

la finale

eram, era. Les formes classiques en

pluriel,

conjugaison et la 3%

irem,

irei,

du

l^" et la 2^

l'^

era,

:

im, ne sont

pas encore tombées partout en désuétude; ainsi dans quelques contrées de la Corrèze, du côté de

du pluriel sont en em, la

seconde du

es; im,

is,

l'est, la

singulier est en ères,

commencement de

ce siècle,

1"

et la2e

personne

selon les conjugaisons

si l'on

iris.

A

;

mais

même, au rapporter àBé-

Tulle

doit s'en

ronie, les formes classiques auraient été encore les seules usitées,

ou du moins

dans

le

les préférées.

dictionnaire de cet auteur

actuelles, et

il

En

effet, on ne trouve pas un seul exemple des formes

y en a au contraire de très-nombreux des formes

anciennes tels que onen

= nous allâmes, meten = nous

ôuvin == nous ouïmes, pregués=. vous prîtes, etc.

.Je

mîmes,

n'y ai pas

rencontré d'exemple de 2° pers. du sing. J'ai déjà dit

que Gérard de Rossillon

de ces formes de prétérit en era,

offre

en grand nombre

ira, et qu'il n'est guère

per-

mis de leur attribuer, dans ce poëme, une autre origine que le

plus-que-parfait latin.

Il

est

remarquable que

c'est toujours

à la 3* personne du singulier qu'elles sont employées, et que

précisément cette

3*

personne est une de

celles qui

ne

les


I)KUX[EMB PARTIB

27S

admettent pas aujourd'hui et de laquelle cela

la seule

ter que le plus-que-parfait latin ait

personnes en

En dehors

r,

s.

dont nous nous occupons

on trouve dans

donné déjà par (fuistis), et

raram

ici.

dans

les

d'exemples de ces formes en les Joi/as del

Leys d'amors

Ludus

le

gay mber, forée

(II,

comme

380)

sancti Jacobi (v.

et declayraren, signifiant tous les

ou nous avons

dialectes

les

de Gérard de Rossillon, les plus vieux textes

n'offrent que très-peu

XV*

dans tous

un motif de plus de douaussi donné naissance aux

soit certain. C'est là

Au

r.

et foretz,

égal à fos

158 et 165), decla-

deux nous déclarâmes

déclaré.

Les textes limousins des XIV», XV^ et XVI» déjà souvent cités, n'offrent jamais pour

siècles,

que j'ai

prétérit que les

le

formes classiques. Les formes actuelles en r ne commencent à apparaître qu'au XVII' siècle grey (pour fuguereyj

=

fûtes,

:

vouguerey

= voulûtes; fu— nous nous

dans Sainte Valérie;

embarqueren, nous ariberen, dans les Lettres de Béchameil (Foucaud, édit. Ruben, pag.

v).

Dans plusieurs cantons de la Haute-Vienne, de la Charente et de la Dordogne, entre autres ceux de Rochechouart, StMathieu, Confolens, Montbron, Montembœuf, Bussière, Vr, non-seulement des formes qui nous occupent, mais encore de la 3°

personne du

exemple

pluriel, est

tu beguetei,

:

tu bus, nous bûmes, vous bûtes,

la basse

Auvergne,

comme on

le voit

remplacé par un

et cela

ils

On

t.

nou beguetem, vou beguetei,

î

dit,

par

tjegueten

=

même dans XVIP siècle,

bm^ent.llenestde

au moins depuis

le

dans des noëls de cette époque, où de sem-

blables formes se rencontrent, par exemple

:

fuguetei, diguetei,

coumencetoun {Album auvergnat, p. 144).

Outre ces formes en

et

(= er),

j'en ai trouvé

pas moins remarquables dans d'autres noëls du d'une date un peu antérieure

cement du XVIP). nent à

la

séquent,

du

(fin

Celles-ci sont

du

XVP siècle

qui ne sont

même et

pays,

commen-

en em... et toutes appartien-

l" personne du pluriel; je ne saurais dire, par consi

pluriel

la 2^

personne des deux nombres et

la 3^

personne

admettaient aussi cette substitution de

w

à r

;


PARTIES DU DISCOURS

«7t

= entrâmes; anemen = allâmes dounemen = donnâ= trouvâmes, aguemen = eûmes; contemen =

entremen

;

mes; b'oubemen

contâmes; pr€gemen

= priâmes (Pezant,dans Album auvergnat,

p. 76, 81, 82, 83).

Enfin, pour relever ici toutes les formes du prétérit que j'ai

langue d'oc, je mentionnerai celles où g dur remplace notre r et sur lesquelles M. de Tourtoulon a observées dans

la

appelé Tattention dans le tome manes, p. 11 et 232. Ex.

guèguem=

de la Revue des langues ro-

l"""

Aimèguem

:

— nous

aimâmes

toulousain, bien qu'elles soient aujourd'hui inusitées à louse

même. Leur existence

seulement par toulon

ven-

;

nous vînmes. Ces formes appartiennent au dialecte

au XIV®

est attestée

traduction de VAlhucasis, où

la

{loc. cit.) les

Tounon-

siècle,

M. de Tour-

a signalées*, mais encore de la manière la

plus explicite par les Leys d'amors, qui, du reste, les con-

damnent, dans

le

passage suivant

ques autres

E

devetz saber que en aquestas personassin-

a

:

hom

gulars e plurals se pecca

compregui, beguegid, anegui, cel disshec, beguec;

aniey,

fi

maujcc jetz

;

384-386) et dans quel-

soen, quar dizo alqu mangegui,

jlgui, dissigui; tu feguist, dissiguist;

nos disshiguem, begueguem, aneguem

disshiguetz, aneguetz, begueguetz

Quar hom deu

trops autres.

(II,

dir

,

il

dissiguero

;

vos

;

et enayssi de

yeu mangiey, compriey, begui,

(et alqu dizo fezi), disshi; tu fist, disshist; cel dish, bec,

;

nos disshem, fem,

anem ; vos

dissetz, anetz, beguetz,

aycil manjero, disshero, et en ayssi de lors

Les Leys,

ni

dans

le

man-

semblans.

»

passage que je viens de transcrire, ni

dans aucun autre, n'offrent d'exemples de la substitution du g à Yr à la

3''

pers.

du

pluriel. Il

y a seulement, dans

shiguero, intercalation de igu entre le radical et

Mais cette substitution,

si

elle n'avait

dis-

la flexion.

pas encore eu lieu à

l'époque où cet ouvrage fut rédigé, ne dut pas tarder beaucoup

à s'accomplir.

*

La

version en prose de la Croisade albigeoise

Ces formes se rencontrent aussi dans

poëme de G. Aaelier sur prose de

la

la

les

Joyas

Guerre de Navarre

Croisade albigeoise

dei

et

yay saber, dans

dans

la version

le

en


DEUXléME PARTIE

?80

en présente un très-grand nombre d'exemples {secorreguen, defendeguen, etc., etc.).

D'où proviennent les formes toulousaines en g et les formes t, plus haut mentionnées ? J'ai

limousines et auvergnates en

expliqué ces dernières, dans la Phonétique, par une mutation

de r en

t.

Les premières proviennent-elles pareillement d'une

mutation de r en g? Cela n'a rien d'impossible, puisqu'on a d'ailleurs la preuve certaine que, dans quelques variétés du dialecte languedocien*, ces

Mais

ble.

le

deux consonnes permutent ensem-

rapprochement

formes suggère pour

les

et la

comparaison de toutes ces

unes et pour

les autres

une explica-

tion différente de celles que j'ai déjà proposées. C'est que ni

formes en r ne proviennent du plus-que-parfait de

les

ou du parfait du subjonctif, ni

l'indi-

formes en ^ et en ^ ne proviennent des premières par mutation de l'r; mais que les catif

unes et

les

les

autres sont des créations diverses et indépendan-

tes de l'instinct populaire, cherchant à la fois à régulariser

un temps dont

la constitution lui paraissait

anomal

'^

et à en

distinguer toutes les personnes des personnes correspondantes

des autres temps avec lesquelles elles pouvaientse confondre Il suffisait,

pour obtenir ce

résultat, d'introduire la syllabe

l'on jugeait caractéristique de la flexion

qu'elle se trouvait

le

que

du prétérit, parce

dans l'une des personnes

ment employées, entre

^?

le

plus fréquem-

radical et la flexion des autres per-

sonnes. Cette syllabe fut presque partout

l'er (oui'»-)

tonique,

qui forme la partie essentielle de la 3" pers. du pluriel. Ainsi,

dans cette hypothèse, de vend vend

etz,

on

fit,

vend ères, vend erem, vend

evi,

ei

ou vend

i,

vend

est,

vend em,

sur le modèle de vend eren ou vend eron, vend ères. J'ai

déjà dit que le 1" pers.

du singulier n'a pas reçu cet allongement en limousin *

Voyez Revue des langues romanes, IV. 5Q6, souyuel C'est ce

même

instinct populaire

de régularité qui a

=

à l'analogie, tous

3 Ainsi

sent;

que

sourel.

fait affaiblir,

puis l'âge classique, c'est-à-dire depuis que la tradition ne cle

et

fait

de-

plus obsta-

les anciens parfaits forts.

amem, ametz

étaient à la fois

vendem, vendetz, du prétérit

et

de

du

prétérit et

du

l'indicatif présent.

subjonctif pré-


PARTIES DU DISCOURS

281

ne Fa reçu nulle part; ce qui s'explique par ce fait que ni Tune ni l'autre ne pouvaient se confondre avec les personnes la

S"*

correspondantes d'aucun autre temps. Au lieu de Ter de la 3' pers. plur., généralement adopté, ce

dans quelques variétés,

fut,

lier

la flexion

de la S" pers, du singu-

allonger les autres. Cette flexion

que l'on emprunta pour Toulouse où le t étymologique permutait toujours,

était ec à

comme on

le voit

dans les Leys d'amoi^s, avec la gutturale

dure correspondante, qui, à son tour, s'affaiblissait

finale,

par exemple,

normalement

pluriel, cant

pour cantar,

là,

egnem, cant egnets, et la

3"»

personne

l" forme résultant simple de egu (c'est la seule que men-

egneron ou cant egiion

de l'insertion pure et

cessait d'être

elle

De

formes nouvelles cant-

et d'après cant ec les

egu^, cant egues, cant

du

si

g.

e'o.

;

la

tionnent les Leys), la seconde de la substitution dee^M àer.

Dans

du Limousin

les parties

gnalé l'existence des flexions en thèse dont je poursuis

ici

gulier qui servit de modèle eii (?),

dans

ainsi sur dans et,

;

tion, à cette dernière personne,

j'ai si-

ce fut aussi, dans l'hypo-

et,

l'exposition, la 3^ pers.

dans eiem, dans

êtes,

l'Auvergne où

et de

dans

êtes,

du

^

à

on

du sin-

refit

dans-

par substitu-

eten,

l'r.

=

em Les formes auvergnates de l'* pers. du pluriel en emen que j'ai relevées plus haut ont sans doute une origine pareille à celle que je suppose

veux dire

je

ici

pour

les

sulter aussi du désir d'introduire

toutes les personnes, entre

Le moyen employé 1'^

fut ici le

le

er.., egu.. et et.

.-y

me manquent)

fixe entre celle

une distinction sensible, à

prétérit et les autres temps.

redoublement de

personne du pluriel et peut-être

ves

formes en

qu'elles doivent être de création populaire et ré-

(j'ai

la flexion

l'introduction de cette flexion

des autres personnes et

En résumé, pour

les

à la

déjà dit que les preu-

comme

suf-

le radical.

formes de notre prétérit qui

des formes correspondantes delà langue classique,

il

difi'èrent

y a trois

explications possibles: ces formes proviennent soit du plus-que-

du parfait latin du subjonctif, ou en^ en certains lieux ou bien elles

parfait latin de l'indicatif, soit

sauf mutation de

/'

en

^

;


DEUXIKME PARTIE

8S2

sont le résultant d'une opération purement mécanique, consistant à introduire

devant la flexion de toutes moins une ou (

deux, selon les lieux de l'une

)

la syllabe caractéristique

er, et

(

ou

ec)

Laquelle de ces explications est la vraie

d'elles.

?

Peut-être n'est-ce aucune d'elles exclusivement et faut-il préférer, selon les cas, l'une

en Provence, où

les

ou l'autre. Ainsi à Tulle, comme

désinences sont en a

(

chonteram, chon-

tera), la

première explication peut paraître la plus vraisem-

blable

à Nontron, où ces désinences sont en

;

comme on

chantêrei) et où,

pour

celui-ci

{chantêrem,

e

vu, d'autres motifs s'ajoutent à

faire écarter le plus-que-parfait de l'indicatif,

peut hésiter entre qui ont ^ou

l'a

</

au

les

deux dernières

lieu de r, chantetem

;

enfin,

dans

(Auvergne

on

contrées

les

et Limousin),

canteguem (Languedoc), c'est la troisième qui semble décidé-

ment

la plus plausible

*.

l®"" IMPARFAIT DU SUBJONCTIF. Nous u'avouspour cctemps, non plus que l'ancienne langue, que deux séries de flexions l'une en e pénultième pour la V" conjug. et la 3°^^ l'autre, en i, pour la seconde. Il en fut ainsi dès le principe cependant le Donat provençal (pag. 16) indique pour la 1" conjugai:

;

;

son,

aux

son, et

personnes du pluriel, des formes en a

trois

cantesses,

de

même

effet quelquefois

(cantes,

cantassem, cantassetz, cantassen ou cantas-

cantes,

âmes... amassem...^), et

de pareilles dans

les

il

s'en

rencontre en

anciens textes, par ex.

dans Gérard de Bossillon, dans Jaufre et dans

le

fragment de

traduction de l'Ev. de saint Jean plusieurs fois cité.

*

J'ignorais,

franc., II, 304

quand )

qu'il adopte, tant rité

d'un

dans tous

tel

j'écrivais ceci,

que M. Diez (V. sa Grammaire,

trad.

avait déjà proposé cette dernière explication. C'est la seule

pour

maître

me

les

formes en r que pour

les

formes en

déterminerait facilement à la préférer

les cas, si la voyelle flexionnelle était partout e;

mais

g.

L'auto-

moi-même il

me reste

des doutes relativement aux formes en ra. '

Plus

loin, p. 26, le

de ce temps, à

la

essen ou esson.

Donai

V" conjug. 11

dit

comme

expressément que la série des flexions à la 3% est

n'est plus question

mentionnent pas ces formes.

es, esses, es,

de assem, assetz.

essem, essetz,

— Les Leys ne


PARTIES DU DISCOURS

En

latin, la voyelle finale était e

toutes les conjugaisons.

mais souvent aussi

elle

série de désinences

s

à toutes les personnes et à

d'oc conserva cette voyelle,

Lalangue

remplaça par a; de

la

et ssa^ sses et ssas,

sseiz et ssatz, ssen et ssan.

283

A

s

et ssa, ssem et ssam,

du pluriel

la 3" pers.

une double

il

y

avait, ici

dans tous les autres temps, une autre forme enow

comme

(oj,

qui est restée à Tulle [ou). a vu par les paradigmes que la 2® série de ces désinences

On

a été, en limousin, préférée à la

sonne du singulier, où

les

faut excepter la 3^ per-

l'^. Il

désinences de la V^ série, conser-

vées avec celles de la seconde, sont plus usitées que celles-ci

ANontron Y s sation

finale de ces

*

personnes est tombée sans compen-

à Limoges, sa chute a presque toujours été accompa-

;

gnée de

la diphthongaison de Ve.

Les plus anciens exemples que je trouve des formes en

ssa

sont dans le fragment de la traduction de l'Évangile de saint

Jean, texte que je crois d'origine limousine, et qui n'en offre

en

s

f= ssem

lier.

ou

ssetj

qu'à la

et à la 3"

l"""

personne du singu-

Les textes de Limoges (XIV^-XVP

siècle) n'ont,

très-petit nombre d'exceptions, que des formes en a. Dans l'ancienne langue, l'e pénultième atone de la 1'^*

sauf

un

la 2"

personne du pluriel

turales.

De

là les

formes

s'élidait quelquefois

telles

que acsem,

et de

après les gut-

acses

=

aguessem,

aguessez, qui sont fréquentes dans quelques textes.

2« IMPARFAIT

DU SUBJONCTIF.

— On a VU plus haut l'origine

de cette 2" forme {plus-que-parfait latin de l'indicatif). Dans la

langue classique, tion

elle n'était

employée qu'avec

la significa-

du conditionnel présent ou passé. Aujourd'hui, dans

les

variétés de notre dialecte où elle reste usitée, son emploi ne diffère

plus,

celle-ci, la signification

isso),

à la 1" et à la 3' personne

du

elle

ne prend

du conditionnel que dans

Elles le sont exclusivement, à Nontron,

^

non la

en rien de celui de la première forme et

comme

dans

la

2'=

conjugaison (iet

singulier, ce qui est conforme à

langue classique, les verbes en ir paraissant n'y avoir jamais reçu à

ces deux personnes la flexion o [sPMtis et

non

sentissa).


DEUXIEME PARTIE

284 les

verbes auxiliaires employés

les

temps composés

:

Je ne saurais dire

comme

vou nen guerâ ri si

tels, c'est-à-dire

= vous en

dans

eussiez ri.

cette 2" forme de l'imparfait

du sub-

jonctif subsiste dans d'autres dialectes de la langue d'oc; je

ne

l'ai

remarquée dans aucun des ouvrages composés en lan-

guedocien, provençal, gascon, etc., que

pu lire.

j'ai

Même

en

On ne la rencontre

limousin, son domaine paraît assez limité.

jamais ni dans Béronie, ni dans les poètes du haut Limousin,

Foucaud, Richard

et autres. Je n'ai

tence que dans quelques

communes

pu constater son

exis-

des cantons de Nontron,

St-Pardoux-la-Rivière, Bussière, Montbron, des cantons voisins de la Haute-Vienne.

A

Montembœuf

et

Nontron même, on

ne s'en sert pas.

La 1"

et la 3*

personne du singulier sont tombées en dé-

suétude; c'est pourquoi je les ai placées entre parenthèses dans les

paradigmes précédents. On

correspondantes du

l*""

les

remplace par

imparfait, en ê

=

es.

Ex.

les :

personnes

venguê, ven-

guérâ, venguê, vengueram, venguerâ, venguéran. Voilà

comme,

à Javerlhac par exemple, commune très-voisine de Nontron, on conjugue aujourd'hui l'imparfait du subjonctif de venî.

Participe passé.

comme

à

l'infinitif,

— On a vu que

chaque conjugaison

une désinence différente

:

a

— ado

la

a, ici

pre-

troisième. Cette dernière mière, — ido la seconde, u — udo verbes qui prennent g au prétérit est gu — gudo dans ipngué — tengu. la

i

les

:

L'origine des flexions a et / est évidente. C'est àtum et itum des conjugaisons latines correspondantes. Celle de la flexion

u doit être cherchée, non dans le latin classique, qui, pour les et 3* conjugaisons, fondues dans notre 3* n'a que ïtum et tum, mais dans le latin vulgaire. Il est probable que Vu 2"*

,

radical, qui, dans quelques participes de ces conjugaisons, tels

que minûtum, précède

la

désinence, fut considéré

comme

flexionnel et qu'on le prêta à la plupart de ceux qui n'avaient

que tum ou ^tum. Bien que nous n'ayons plus de prétérits

forts,

nous avons


PARTIES conservé

DIT

DISCOURS

g'if.

un certain nombre de participes passés de

cette

catégorie. Je les ai signalés chacun en son lieu. Plusieurs,

comme on

l'a

bles usités

concurremment

ou préférés ou

calités,

II.

vu, font double emploi avec des participes faiet

auxquels

sont, selon les lo-

ils

sacrifiés.

— Modifications euphoniques de la dernière voyelle ou diphthongue radicale

On

a vu, dans la Phonétique (chap.

II

et III), les lois

qui

règlent le maintien ou le changement d'état des voyelles et

des diphthongues, et la différence de traitement qui résulte

pour

elles

dans

la

de la place de l'accent tonique.

il

s'ensuit

fréquemment que

même aux formes

la

accent,

voyelle ou diphthongue radicale

{cant-dmus), tantôt sur la {cunt-o)^

Comme cet

conjugaison, est mobile et repose tantôt sur la flexion

cette dernière n'est pas

à flexion atone qu'aux formes à flexion

tonique. Je vais énumérer toutes les variations qui provien-

nent de cette cause, en suivant l'ordre alphabétique des voyelles et

on notant au fur et à mesure celles que

les textes

nous

permettent de constater dans l'ancienne langue. La voyelle

ou diphthongue figurant en tête de chaque l'infinitif, et,

article est celle de

plus généralement, des formes à flexion tonique

remarquer que

il

s'est

souvent mieux conservée ou a subi des

est essentiel de

moins profondes dans

les

ment, ces dernières sont 3*

personne du pluriel de

du subjonctif présent

*.

modifications

formes à flexion atone. Régulière-

les trois

personnes du singulier et la

l'indicatif présent,

Mais

il

de l'impératif et

y a fréquemment, comme on

C'est toujours sur la prononciation nontronnaise

*

*;

la voyelle primitive

mais

que

je

me

base, sauf

à noter les différences que présentent les autres sous-dialectes. •

Il

faut excepter les verbes en

i

inchoatifs, dont toutes les formes, sans

exception, sont accentuées sur la flexion ou, ce qui revient le

suffixe iss qui la précède.

jugaison, la flexion de

— Dans

l'infuiitif est

la

au même, sur

plupart des verbes de la 3' con-

atone; mais la voyelle radicale y reste

21


DEUXIEME PARTIE

286 le

verra plus loin, des infractions à la règle, la 2" personne

du singulier étant sujette à avancer l'accent; pluriel,

au contraire, à

le

L'accent n'est pas la

nous étudions ici, mais

il

la l'" et la 2^

du

reculer. seule cause des modifications que

en est

la principale, et,

pour abréger,

je ferai dans ce qui va suivre abstraction de l'autre. Cette

autre cause, on

vu aussi dans

l'a

la Phonétique, c'est la

sence d'un a long (ajoutons ou d'un a nasal), la finale.

Sous l'influence de cet

gue tonique subit dait l'accent.

tu lôuvà;

les

pré-

atone, à

voyelle ou la diphthon-

a^ la

affaiblissements que

si

elle

per-

Ex. porte — pourtâ; aiguë — tueigâ; lauve jeugue — jugà; quH pourtan, eigan, lôuvan, :

î

mêmes

même

tu

î

î

î

tu

jugan. Ainsi tout ce qui est dit ci-après des formes à flexion tonique, dans le limousin moderne, doit être entendu également

des formes à flexion atone en à ou aw.

Nasale ou en position, cette voyelle ne subit de modification d'aucune sorte

:

brève, elle s'allonge

En

:

parti

—parte;

jâpâ

— jâpe.

chanta, chante. Si elle est

haut-limousin, la diff'érence entre les formes à flexion

atone et les autres est plus grande, parce que affaibli

sin,

en o

jopâ — jâpe; plus grande encore

.*

l'a

bref s'y est

en bas-limou-

parce que là l'aff'aiblissement atteint aussi Va nasal et

en position

:

chontâ — chante

:

l'a

parti — parte.

E L'ancienne langue diphthonguaiten ieYe tonique bref ou en position; mais cela n'était ni général ni constant. Ex. ordinairement la

môme

qu'aux formes à flexion tonique,

et,

:

ferir

lorsqu'elle

en

due presque toujours à une autre cause que l'accent. Plusieurs verbes de cette 3* conjugaison modifient, comme on l'a s6uhé'^\ mais cela déjà vu, au prétérit le radical du présent (ex sahei diffère, la différence est

:

tient aussi à

dicale les

une autre cause que

l'accent,

y affecte également, dans l'ancienne langue,

formes fortes {saupetz

et saup).

puisque cette modification raet les formes faiblos et


PARTIES DU DISCOURS

fier

;

— sierve

servir

;

2»7

— siec; pregar —

segre

priée

;

vestir

mest. Servi est le seul verbe qui admette encore aujourd'hui

cette diphthongaison dans notre dialecte, et cette dernière

trace de Fancien usage tend à disparaître tres verbes de cette catégorie, que Te

provienne d'un Taccent,

— prèjo

si ;

i

brève

— plêjo

;

credâ

:

pëlâ

Dans tous

— credo;

— pêlu.

même

principalement quand

provient d'/latin

— femo

fëmâ

gëmâ

;

— gémo

qu'à côté

:

Mais

ckivo.

ninà il

vélhâ —

nîno (bercer)

se diplitliongue

change simplement en

en

;

lèvo; prêjâ

reste

elle

vélho.

fîblâ

— sécho

sëchâ

:

même

sous l'accent

fiblo

eicMvâ

dans aribâ

;

ei-

{ariêbe, etc.), et

dans ôublidâ {ôublêde,

ê

auqu'il

sous l'accent, ce qui a lieu

règle générale est que Vi reste le

La

se

;

leva

Quelquefois

brève, à Nontron du moins, elle

les

ou

borne à s'allonger sous

latin, cette voyelle se

elle est

plëja

y

*.

soit originaire

etc.)

OU Les verbes qui ont ou aux formes

aux formes a.

Ou Dans

comme on

fortes, selon la source

reste ou

vu dans

l'a

poudâ

— poude

;

pourtâ,

changent en

o

d'où elle provient.

il

provient de u latin, parce que,

la Phonétique,

même

nique ont été traités de la sadoule; eicoutâ

la

:

verbes où

les

comme

faibles,

conservent cette voyelle ou

tound, poussa,

— eicoûte; counhâ

poussa counhe.

Yu tonique

manière. Ex.

— pousse; Il

et :

jouta

Yu prétosadoulâ

~

joute;

faut excepter quelques

verbes dans lesquels You de cette origine a été faussement as-

*

Il

faudrait à

la

rigueur ajouter gietâ (anc. getar =. gitar =zjac>are);

mais, dans ce verbe, la diphthongaison, qui n'affectait, selon la règle,

toutes, le

en sorte

même

que

les

qu'il a partout aujourd'hui,

radical.

dans

la

langue classique

formes fortes, a été depuis propagée à sauf la différence de quantité,


DEUXIEME PARTIE

ZSS

similé à celui qui provient de ô l'outâ

{* fructicaré);

janoulha

soubrâ

— janôlhe

ou de

— dote

rôte (ructare); douta

en position. Ce sont

o

[dubitare)

froujâ

;

— sobre [superare); troubâ — trôbe

[turbare);

deux ou

genuculare), et peut-être

(*

:

— frôje trois

autres; 2°

Dans

les

verbes

oii

provient de o latin, parce (^ue Vo

il

long est devenu ou sous l'accent Phonétique, p. 34 et 35]

courounâ

dans tous

couroune. les

:

coula

arousâ

ô.

— arôse

coule

en devrait être

Il

;

— laboure

;

ainsi, d'après la règle,

comme ceux dans

lesquels ïou

— dône

— counsôle

Tels sont dounâ

;

counsoulâ

;

;

3o

Dans tous

ou

n, c'est-à-dire d'o nasal, cet o étant

m

l'accent (Voir

laboura

verbes où Y ou a cette source. Mais plusieurs

ont été traités, par analogie, provient de

comme avant

les

verbes où

il

provient d'o en position devant toujours devenu ou,

aussi bien sous l'accent que devant (V. Phonétique

,

p. 33),

— counte; doundâ — dounde mountâ — mounte; ioundem — toundre, tounde; noummâ — noumme; reipoundem — reipoundre, reipounde onner)^ formés avec des verbes en ound{onar = Dans

Ex.

countâ

:

;

;

4"

fr.

les

thèmes de substantifs, ou que nous

les

qu'ils

nous viennent de l'ancienne langue

ayons empruntés au français. Ex.

:

boutonna

— boutonne; empoueisounà—empoueisoune; maçound — rnaçoune; et de etc.

même

canounâ, fripounâ, citapound, feiçounâ (façonner),

Tounâ. du latin tônare, et son composé eitounâ^ ont été,

par fausse analogie, traités de b.

1° il

même

:

ca touno et

non ca

tôno,

— Ou devient o: Régulièrement {Y Phonétique, .

loc. cit.)

dans les verbes où

provient de ô ou de o en position, sauf, pour ce dernier cas,

— prôvo; demourâ — demôro; lou]â — coupa — côpo; apouyâ — apôyo; poudei — pôde; doulio — aprouchn — aprôche mourî — môre; voulâ — vôlo; dou (= — foursâ — sono; tourna — torno; troussa — sounâ — — (mostrarj moûtrâ mordre, morde; porto; mourdu pourtâ devant m ou n. Ex.

:

prouva

lôjo;

dol);

;

trôsso;

môtre; coûta {costarj, côto*. '

Mostrar

et costar sont

On a vu

pour monstrare

ci-dessus et

forso.

une exception

constare; mais, In étant


PARTIES DU DISCOURS dans tounâ

— touno. En voici deux autres

tulare); souda

:

28^ l'oulâ

2° Exceptionnellement, dans quelques verbes

de w ou 3°

latin.

— roûlo (ro-

soûdo (solidare);

Pour

exemples, voir ci-dessus

les

il

provient

g, 1° et 2°;

Dans quelques verbes où You provient d'une autre source

que Vo ou Vu

latin, soit qu'ils

nous viennent de l'ancienne lan-

gue, soit que nous les ayons empruntés au français. Ex.: en-

— envoyé; noudâ [natare) — nôde; fourjâ {fa— bricare, forger) forjo; acrouchâ — acrôcho; hourdâ — borda; remcoulâ pr. reviscolar^) — revîcôle; moucâ — môco. Remarque. — L'ancienne langue diphthonguait quelquefois

vouyâ

envoyer)

(fr.

fr.

dans ces verbes Vo bref ou en position en uo ou ue

truep,

ter

ploure

trohar

:

truop; provar — prueva; mover — mueva, muova; dovuolh; poder — puosc, puesc; duolh; voler — vuelh,

duelh,

— plueva.

Il

ne nous reste de traces de ces formes à

diphthongue qu'au subjonctif présent de ces trois derniers verbes, où l'ancien ue s'est réduit à e luec, fuec,nu€ch, etc.

comme dans

le, fe,

ne,

pour

:

Voulei

vole

Pnudei — pôde Plôure

— vèlhe = vuelha (

- pèche

(

:=:

)

puesca

— plôu — plêve = plueva (

) )

U En généra-l, u reste u; mais assez fréquemment il devient eu comme en français dans jeune). C'est ce qui lui arrive

(voyelle,

presque toujours quand

il

provient d'une autre source que

I'm

Exemples de son maintien dura — duro; purjâ — purjo; — — bur; cura — fuma. — fumo; jura — juro; brûla — brûlo. bufo; refusa — refûso; pudi — pu; fugî — Ajoutons pwrd puro, où m = — Exemples de son

latin.

bulî

:

cu7^o;

bufo,

fû;

o (^yo/omrej.

tombée dans ces deux verbes, leur o a été naturellement en position ordinaire, et non comme Vo nasal.

traité

\'o

*

Ce verbe

existe en Sainlonge sous la

forme rebicler. 21"

comme


DEUXIEME PARTIE

2L1J

— 7'emeudo simple mudâ garde pluma — pleumo (on aussi — seufro plumo); recula — requeulo; aluma — aleumo; Dans suivants, u provient de de «ou de a durmî — deur; — seur^;dubrî — deûbro; cubrî — queubro; tucâ — teûquo*; juga — jeûgo truca — treûquo; chucâ — cheuquo; empluyâ — empleûyo sucra — seûcro (on aussi mieux Remarque. — En bas-limousin, en wènon en eu que se — ojuèdo; change Tm radical justa — ojuda — oluda oluèdo. Ceux de ces verbes où Vu provient de o changement en eu

Vu

remuda

:

partout); eissujâ

(le

eisseujo;

dit

sufrî

les

o,

:

surtî

;

dit

;

sucro).

et

c'est

juesto

:

{*adjutarej

;

latin

avaient aussi, dans l'ancienne langue, de ces formes en ue.

Il

n'en reste à Nontron que duer, employé concurremment avec

deur fdormitj .Ma,is k Limoges, toutes les formes fortes de

l'in-

de l'impératif et du subjonctif de durmi, sont en

e=

dicatif,

ue

derme, der, etc., et de

:

mourî)

:

même

celles de

murî (chez nous

mère, mer, etc.

El Les verbes qui ont ci à l'infinitif, ou plus généralement aux la 1" série, ont ai aux formes fortes, et réci-

formes faibles de

proquement. (V. Phonétique, chap.

III,

3™° section.) Quand,

des deux diphthongues, ai n'est pas la primitive,

de

e

ou de

es.

Ex.

praito; eitâ (estar) (tv. rêver)

eigâ (œquare)

:

— raibo

;

eimâ faimar

Lorsque

^J

bailo,

^

3

;

taino ;

teinâ

engagé dans

la :

triphthongue

ouei,

il

reste tel,

coueifâ — coueifo; boueissâ -^

On dit aussi sourti-sor. On dit aussi toucâ-téco. aimar remonte au moins au XIV" siècle, comme on le (II, 366), qui, du reste, ne la mentionnent que blâmer. Le bas-limousin a conservé la forme classique en a{o)

Getto forme

voit par les Leijs

pour la

pur

laissa ; beissâ (baissar)

— aima.

ei est

provient

aite;

à Nontron, à toutes les formes

'

;

et

preitâ (prœstare)

meila — mailo; peichâ — paicho; reibâ — — — (tainar) — à Tulle

leissâ (laissar)

baissa; heilâ (bailar) .

— aigo

;

orna.

ame.

d'amors


PARTIES DU DISCOURS boueisso;

boueidâ — boueido;

coueijâ —

coueijo.

291

Mais à Limoges

le

renforcement en ai a lieu dans ce cas comme dans les autres

coueifà

:

couaifo.

OU Comme

ai à

ei,

^es formes fortes

à 6u des formes faibles correspond au dans

;

c'est

presque toujours cette dernière diph-

— panse; douta (de— lauvo^; trôucâ (traucar) — daute; lôuvâ flaudarej trauco; sôutâ (saltar) — saute; chôuchâ (calcar) — chauche; ôuv( fauvirj — aiwe; piaula (piular) — piaulo; chôulliâ (sulhar) — thongue qui est

la primitive

:

pôusà (pausarj

haustare) —

chaulhe.

L'affaiblissement de ai en eieiàe au en ou, Remarque. quand ces diphthongues ne portent pas l'accent, doit remonter assez haut

dans notre dialecte

marquer dans

l'écriture

mais

;

que vers

la fin

il

ne commence à se

du XIV^

siècle. Voici

quelques exemples recueillis dans des textes de cette époque

du

et

siècle suivant: Leysset'^, rejooMsar"

Douleurs, dans la Romania

même texte, ritz;

I,

(Notre-Dame desSept-

409), et pareillement, dans le

empereiris, governeiris,

pour emperairitz, governai-

pleyra, beylat, abeissat, louvet, pouzar (Coutumes de

ges,passim)

;

ouvit,

lAmo-

beylada. (Relation du passage de Louis

XI

à Brives, 1465, dans Bulletin de la Société arcliéologique du Limousin,

tome XIX)

III.

.

— Déplacements

de l'accent tonique

L'accent tonique n'est pas toujours resté, dans la conjugaison, à la place qu'il occupait en latin et qu'il avait conservée

*

Lauvo-te, graulo, que degu

te

lauvo, dicton qu'on applique

sonnes qui font leur propre éloge; littéralement

que nul ne 2

te

:

aux per-

loue-toi, corbeau, puis-

loue

Cf. dans le

Ludus

S. Jacobi (dialecte provençal, v. 305), leyssaria.

provençal moderne affaiblit

comme nous

les

diphthongues ai

et

au en

Le ci


DEUXIEME PARTIE

292

dans Tancienne langue. tantôt en arrière.

De

souvent porté tantôt en avant,

s'est

11

ces déplacements, les uns sont certains

et constants, les autres ne. le sont pas. J'examinerai succes-

sivement

les

uns et

A.

On

les autres.

— DÉPLACEMENTS CERTAINS

a vu plus haut que, la flexion

ia

de l'imparfait des deux

-dernières conjugaisons ayant subi la synérèse selon

une règle

générale de la langue d'oc, cette flexion était devenue mono-

La conséquence en

syllabique.

devait être que l'imparfait de

ces deux conjugaisons fût oxyton à toutes les personnes

comme mais

il

l'était

déjà à la première et à la deuxième du pluriel;

c'est le contraire qui s'est produit, c'est-à-dire

cent, qui avait quitté Yi, au lieu de se fixer sur

a reculé sur

le radical.

Ex.

l'ac-

:

quan lou froumcn s'eycoudio vougu quant ou poudio (vers de 8 syll.) Qu'erio bien ce que li foulio (7 syll.) Dau min qu'ei entau qui pretendian (8 syll.) Fouillo fâ soun groniê

Qui

que

l'a (o) final,

(vers de 12 syll.)

n'o pas

Au marchan

la

pé qu'î

li

vendtan

(8 syll.)

(FOUCAUD.)

Observons que, malgré

recul de l'accent, la voyelle radi-

le

cale reste ici toujours la

même, au

contraire de ce qui se

passe au présent de l'indicatif et du subjonctif; ainsi l'on dit poudio non pôdio, voulio non

vôlio, etc.

— Remarquons encore

que ce recul de l'accent n'a jamais lieu au conditionnel. temps, la syrénèse s'y étant naturellement produite l'imparfait, reste,

La même cause au quand

elles

à

par conséquent oxyton à toutes les personnes

et dans toutes les conjugaisons

el

Ce

comme

:

voudriô, chantariô, etc.

(synérèse nécessaire de deux voyelles con-

perdent l'accent. Dans d'autres dialectes de

la

langue

que ai s'affaiblit, mais non pas généraleçnent. {Yoir Revue des langues romanes, lll, ^bb.) d'oc,

par exemple en rouergat

,

c'est

en

oi


PARTIES DU DISCOURS un

sécutives), à laquelle s'est ajouté

»3

instinct particulier de

Ton veut, d'uniformité, a produit également le recul de l'accent dans les verbes en iâ, ouâ f=ir. ter, ouerj aux formes à flexion sourde de leur conjugaison Desfie de desfiar, parexemple, devenu déifié, a dû paraître irrégulier, et, pour le rendre normal, on a fait reculer Faccent sur la diphthongue initiale, qui s'est en conséquence renforcée en m*; de régularité ou,

si

:

là daifie, et pareillement maîfie

de meifiâ, daivoue de deivouâ^

remercie de remercia, sûcie de suciâ cie,

soucier),

(fr.

fie,

voue,

ne forment respectivement qu'une seule syllabe atone*.

B.

— DÉPLACEMENTS

Les seuls temps

INCERTAINS

dans ces temps,

et,

les seules

personnes où

l'accent manifeste de l'incertitude et semble souvent hésiter

entre la dernière syllabe et la pénultième, sont, d'un côté,

le

présent et l'imparfait de l'indicatif et du subjonctif; de l'autre, la

deuxième personne du singulier

deux premières per-

et les

sonnes du pluriel. Partout ailleurs,

reste

il

ûxe

et affectant

toujours, d'une manière très-sensible et sans doute possible, la

même 1°

syllabe, savoir

:

La pénultième, dans

les trois autres

personnes des quatre

temps qui viennent d'être mentionnés (observons

qu'il s'agit,

à

deux dernières conjugaisons, de par exemple dans vendio, vendian, de e

l'imparfait de l'indicatif des

pénultième

la

non de

i,

actuelle,

et que, à l'imparfait

du subjonctif, première

sième personnes du singulier, la syllabe accentuée

*

J'ai déjà

la

mémo

diphthongue

^= estau, de estar. Ce sont

phénomène * Cf.

dans

les seuls,

:

datfe

^=

desfati.

ià,

oud, où

se soit produit et eût lieu de se produire.

le latin

synérèse de ue,

vulgaire

monverunt pour monûerunt, frifoUum pour

io et iu,

on a reculé l'accent

apério, etc., où, après la

d'uni; syllabe aiin

restât proparoxyton. (V. là-dessus Gast. Paris, tJtude

dam

de desfar; alte

en dehors des verbes en

(rifôlium, cooperio et âperio pour coopério et

cent latin

et troi-

sans que

mentionné deux autres exemples de semblable recul suivi du

renforcement de

lo

,

la

langue française, 38-39.)

sur

le

que

rôle

mot

le

<Ip i'

ac-


DEUXIEME PARTIE

t94

pour cela raccent se déplace, peut être aussi personnes ayant à

(=

êsso

2° 3°

des formes en

la fois

ê, î

(

la

finale,

z=

es, is)

ces

et

en

essaJJ;

La finale, dans tout le futur La finale à la première et

et tout le conditionnel

;

à la troisième personne du

singulier du prétérit, et la pénultième dans les quatre autres

même temps

personnes du

On a vu par tuation, la

1"

les

et la 2^

venguèrei, vengué, ven-

*.

paradigmes que,

et la 3™"

du singulier

venguei,

:

guêrem, venguèrei, venguêren

du

l'on néglige l'accen-

si

personne du

pluriel, d'une part; la

confondent

pluriel, d'autre part, se

toujours à Limoges, presque toujours à Nontron. Le dépla-

cement de

lorsqu'il

l'accent,

se produit,

conséquence de cette similitude, et

la

il

probablement

est

a pour résultat de la

rendre plus complète. J'étudierai ce phénomène dans chacun des deux groupes successivement, mais

il

est

bon de mettre

d'abord sous les jeux du lecteur le tableau de flexions des quatre personnes dont

il

s'agit,

toutes les

dans

les

temps

sus-énumérés, avec l'accentuation régulière.

Ire pars,

Ind. prés.

imparfait

cliantém

3' pers.

du

pluriel.

ckânten.

chantavdm

chantâvan

vendiâm

véndian

chantâm

chântan

Sub. prés.

*

du pluriel.

Accentuation nontroanaise,

et très-régulière si, selon

une des hyi)o-

du parfait latin du subjonctif. En bas" limousin, oii la première et la deuxième personne du pluriel sont en a {vengueram, vengaera), l'accent, je pense, affecte cet a (régulièrement, si elles viennent du plus que-parfait latin de l'indicatif), et il est possible que thèses proposées, ce temps vient

la

deuxième personne du

singulier, aussi en a,

mais dans tous

les cas

originairement atone, y ait été assimilée à celle du pluriel, c'est-à-dire

son accent se

soit

que

porté sur la finale. Je n'ai pas assez dans l'oreille la

prononciation de ce pays pour pouvoir présenter là-dessus autre chose que

des conjectures.


PARTIES DU DISCOURS Sub. 1" imparfait

m


DRTIXIMME PARTIE

290

de l'ancienne prononciation n'exclut pas la nouvelle. Ainsi on à peu près indifféremment, pôdem et poudém, vôlem et

dit,

voulém, setifrem etsufrem.

b.

2* personne

du singulier

tendance est encore

ici

et 2^

personne du pluriel.

La

au recul de l'accent, c'est-à-dire à

l'assimilation de la 2* personne

du

pluriel à la 2"

Cette tendance paraît déterminée,

comme

du singulier.

dans

le cas

pré-

cédent, par le désir, né de l'instinct de l'uniformité, de voir

un même temps, la même sylcomme tout à l'heure, favorisée

l'accent affecter toujours, dans

labe; mais, au lieu d'être

ici,

par l'influence dominante de

rement sur battue par

la

la

pénultième,

du

trouve au contraire com-

se

prépondérance de

c'est-à-dire de la 2* personne politesse,

personne accentuée réguliè-

la

elle

la

personne à

finale tonique

pluriel, qui étant,

grâce à la

beaucoup plus fréquemment employée que

singulier, a, par suite, à la

fois

celle

du

plus de force de résistance et

d'attraction.

La conséquence en

est que,

non-seulement l'accent de

personne du pluriel ne recule pas toujours sur

2*

la

la

pénul-

tième, mais encore que celui de la 2" personne du singulier

avance souvent sur Il

est très-rare

la finale.

que ni l'un ni l'autre de ces phénomènes ne

se produise, c'est-à-dire que l'accent reste,

dans chaque per-

sonne, à sa place primitive. Cela ne se voit guère qu'à

l'indi-

catif présent des verbes de la 2® et de la 3^ conjugaison, où, à

Nontron du moins, la différence de flexion (sing. ei, plur. è), en empêchant les deux personnes de se confondre, forme en

même temps un

obstacle à leur assimilation au point de vue

de l'accent. Mais, là où cet obstacle n'existe pas, c'est-à-dire partout ailleurs, l'assimilation complète a toujours lieu.

A l'imparfait

de l'indicatif et aux deux imparfaits du sub-

jonctif, c'est la 2"

personne du singulier qui paraît toujours

imposer sa loi; en sorte que l'accent y recule à la 2" comme à personne du pluriel *. Ainsi nous disons plutôt vou clianla

V

*

On remarqunra

qu'il

en est de

même

en espagnol, en portugais et en


PARTIES DU DISCOURS

2^7

que vou chanlavâ,

tdvâ, vou véndiâ, vou chantéssâ, vou chantera,

vouvendiu, vou chantéssâ, vou chantera.

du subjonctif,

catif et

présent de Tindi-

d'uniformité; et, bien que le

y a moins

il

Au

cas le plus fréquent soit celui de l'assimilation du pluriel au singulier, le contraire se produit aussi quelquefois, particuliè-

rement quand,

la flexion étant

en

la

a,

pénultième est une

voyelle grêle et brève. Ainsi on dit iou trôbe, tu troubâ; mais

au contraire vou chanta, vou refusa, au lieu de vou chanta, vou refusa, parce que, dans chanta, la voyelle est grave, et qui

plus est en position, et que, dans refusa, elle est grêle à la vérité,

mais longue.

Remarque P"

— En traitant, plus

.

euphoniques du radical (section

II

haut, des modifications

du présent chapitre),

j'ai

rappelé que la présence d'un a atone, mais long ou nasal, à finale, produisait

de l'accent.

mêmes

a déjà vu des exemples du

que

eff'ets

la

la perte

même phénomène

déclinaison: aigo — eigà; aucho — ôuchà;râùo — robâ

dans la

Limoges). final

On

sur la pénultième les

Il

ne faut pas perdre de vue cette influence de

sur la pénultième,

si

l'on veut se bien rendre

(à l'a

compte des

mouvements de l'accent. Qu'on se, garde donc d'attribuer à un déplacement de ce dernier l'affaiblissement de la voyelle tonique dans les formes où la flexion est â ou an. Les deux

phénomènes peuvent

être simultanés*, mais

connexes. Dans

nécessairement

diphthongue radicale, bien

iti

leissà,

qu'affaiblie,

ils

ne sont pas

par exemple

conserve l'accent

la

,

;

et,

inversement, c'est sans se modifier qu'elle s'en empare à la

personne du pluriel vou

souvent, ^omvvou le,

leissà.

leissà,

comme on prononce

le

plus

C'est tout le contraire, remarquons-

à la première personne du pluriel, où

le

même

transfert de

l'accent sur la pénultième a lieu, mais où la flexion, n'étant

amabamus, amabatis, — arnasamaveramus, amaveratis, y sont devenus amàramâsemos, amâseis, 11 amâramos, amàrais.

catalan. Poi-r ne citer que l'espagnol,

semus, amassetis,

bamos, amâbais,

en

est aussi

jonctif 1

:

de

~

même

en

italien,

mais seulement à l'imparfait du sub-

amcissimo, amaste.

Par exemple dans tu troubâ,

cité tout

à l'heure 22


DEUXIEME PARTIE

298

pas en

a,

n'atténue pas les effets de ce déplacement;

forcement normal de

la

diphthongue

ren-

le

s'y produit, et leissém de-

vient laissem.

Remarque IL —Je

crois devoir répéter, en terminant,

que déplacements de l'accent tonique, étudiés dans ce der-

les

nier paragraphe,

assurés qu'ils paraissent souvent, ne peu-

si

vent néanmoins être constatés que rarement avec certitude. Il

presque toujours sensible à

est

les

formes où

ils

même

que,

l'oreille

dans

se produisent avec le plus de constance, l'ac-

cent n'a pas encore accepté définitivement sa nouvelle place et qu'il hésite entre

souvent

il

syllabe, de la

première,

si

bien que très-

dernière ou de la pénultième, la prononciation

le fait porter. -Aussi

tain

celle-ci et la

paraît presque impossible de déterminer sur quelle

ne saurais-je dire à cet égard rien de cer-

ni d'absolu, rien surtout

que je puisse donner

applicable à toutes les variétés du

dialecte, puisqu'il n'est

pas rare de surprendre dans la bouche d'une

deux accentuations

différentes de la

comme

même

même

personne

forme.

LIVRE TROISIÈME MOTS IN VARIABLES OU PARTICULES

*

Beaucoup de particules ont péri dans le passage du latin comme aux autres langues romanes, proba-

à la langue d'oc,

blement parce que, munies pour elles

la plupart

de suffixes atones,

parurent trop peu significatives. De celles qui survécu-

rent ou que l'on créa pour remplacer celles qui disparaissaient,

un

assez grand

nombre sont aujourd'hui hors d'usage, compensé les

et les acquisitions nouvelles n'ont pas toujours

pertes.

J'examinerai séparément l'adverbe, conjonction

;

la

préposition

et la

maisil convient de rappeler que beaucoup de par-

ticules n'appartiennent exclusivement à

aucune de ces

trois

classes, l'adverbe devenant souventpréposition, et réciproque-

ment

,

et l'un

ou l'autre pouvant, uni à que, ou

cette union, former

une conjonction.

même

sans


PARTIES DU DISCOURS Je comprendrai dans les

ment

listes qui

les véritables particules, je

299

vont suivre, non-seule-

veux

dire les

genre qui sont simples ou qui paraissent

mots de ce

l'être, le

sentiment

de leur complexité s'étant effacé, mais encore les locutions adverbiales, prépositives et conjonctives, dont les éléments

sont restés distincts et obéissent séparément aux lois de la

syntaxe.

CHAPITRE PREMIER ADVERBE L'adverbe latin

de toutes les particules, celle qui a

est,

fait,

du

à la langue d'oc et de l'ancienne langue à la nouvelle, les

pertes les plus nombreuses. Les premières ont été toujours, et

souvent abondamment, compensées par des créations ou

des compositions nouvelles. Los secondes ne l'ont été que

rarement, par des emprunts au français ou des périphrases. J'étudierai successivement les adverbes de lieu, de temps,

de manière, de quantité, et ceux qui expriment l'affirmation, la

négation ou

le doute.

— Lieu

I.

1.

Eici fecce

hic )

=

fr. ici,

dans l'ancienne langue

aici,

qui est ainsi revenu chez nous, par suite de l'affaiblissement

normal de Vai protonique en premier dans

le

lieu, et

ei,

à la f^rme

que l'on trouve en

qu'il

effet, si

a dû avoir en

je ne m'abuse,

fragment de l'ancienne traduction de l'Évangile de

saint Jean*, que j'ai déjà cité plusieurs fois

comme un

des plus

anciens monuments du dialecte limousin. 2.

Aqui (eccum

à Tulle oti

hic),

=

fr. ici (le

l'on se trouve). Cet adverbe, d'une signification

^y.Chrestomathie prov.,

12,

écrire d'eici. Plus loin, 14,

12,

7; annem de

on trouve

doute, parce que le sens,

comme

Mais on peut ou supplt^or

e,

tion avec l'adverbe.

le texte

ici.

même

Je pense qu'il

petit e ici, latin,

lieu

beaucoup plus

fallait

qui peut prêter au

exige la conjonction

ou çidmeltre une contraction de

la

et.

conjonc-


DEUXIEME PARTIE

300 étroite,

son a

au moins dans l'usage actuel, que

initial.

les textes

perd souvent

eici,

Ily a quelques exemples de cette aphérèse dans

anciens

Rossillon, 7750)

(Mahn, Werke,

;

I,

:

qui

Ihi

venguo doi ckrgue

107));

de

rie e letrat (G.

car prop es de qui (Vie de

de Cabestaing

Gr.

echimortlo meferon (Blandin, 1140). A voici^, dont le premier élément est

qui^e rattache veiqui=^iY.

de l'ancienne langue, qui résulte lui-même de l'union de

le vec

(=

ve

qui le

vide)

avec ee

{ecce) ^.

pronom personnel

:

On

introduit souvent entre vei et

pas sans exemple dans les anciens textes sirventa Dieu

valent de

Denkmàler, 66,

{Ba,rtsc\i,

^

plus voisin du français

ecce,

n'avons pas*. Ex.

aici

:

te

qui soy ieu la

Un

autre équi-

vec

28).

voici, était

ven, que nous

vesi vostr'esposa {Flamenca, v. 269), et,

:

avec intercalation de pronoms

De même avec

ce qui n'est

vei te qui, vei loû qui,

:

vei vos ci bel e clar {ibid., 3078).

ve vos ayssi {Blandin, v. 197).

:

Mais plus

ordinairement on employait seulement vec ou ve avec

nom

:

vec vos, veus.

On

de ecce rendue par aici ou aqui seul

les textes récents, l'idée e

aqui de

las soas

pro-

le

trouve aussi quelquefois, surtout dans :

chansos (Vie de B. de Ventadour); ayssi béni

{Joyas, 182). Cet usage se retrouve aujourd'hui dans quelques

exemple ceux du Quercy

dialectes voisins du nôtre, par

Rouergue. Ex.

Composés de

olerto, oici

:

eici et

de aqui

per aqui (hac) ; enperaqui 3.

Ç ai

'^

Tulle). Cet

(fr.

{ecce hac), affaibli

en

d'eici,

:

par

ici,

cei

d'aqui (hinc)

;

per

*

L'équivalent deuoi/ônous

manque;

-

Ec

seul.

rarement

On

en plusieurs lieux

m^ui sert le

eici,

au sens de aux environs).

adverbe est rarement employé seul, mais

se rencontre

du

et

Sent Janf (Pejrot.)

pour

les

trouve plusieurs

traduction de l'Évangile de saint Jean et dans Bo'éce. Je ne

(p. ex. il

l'est

deux. fois

dans

me

rappelle

la

pas l'avoir vu ailleurs. 3

M

*

Ci se rencontre pourtant quelquefois dnns les textes limousins des

Bartsch place, à

tort,

selon moi,

une virgule après

te.

XIV"-XV" siècle.'i. Cette forme est assez fréquente dans les œuvre,? littéraires du XIV' siècle et de la fin du XIIl" [Flamenca, Jaufre, St-Honorat Blandin de Cornouailles). '

J'adopte

ici

le ç

comme

plus étymologique

graphe employait plus souvent Vs

dans quelques textes,

et

:

sai, saintz.

pareillement la pour

;

mais l'ancienne ortho-

On

lai.

trouve aussi sa

{

ça)


PARTIES Dr DISCOURS fréquemment dans

ses

çai,

de çai

= vers

ici,

de ce

(intus)

forma

saintz, qui

nous

composés en

— Çai combiné avec intz

côté-ci.

reste contracté en cen. Ex.:

301

(Dieu

sio cen

formule

soit céans),

de salutation quand on entre dans une maison. Cen, à son tour, uni à de, a formé decen la

chambre, où

=

non

l'on est),

/c?

(Fendroit, particulièrement

Nontron, mais qui Test

usité à

ailleurs*.

Un

doublet de çai est çau, produit soit par une mutation di-

recte de ac en au, soit par une modification de est usitée

Lai

4.

(illac)

=•

mais indiquant en général un plus

fr. là,

grand éloignement. Composés en

A

lai.

(cf.

côté de

lai,

çai en

cei, le

(1511)

en

bas-limousin

d'en lai,per

marque un

Il

Composés: en

lai.

lai,

affaiblissement de lau

lôu,

ci-dessus paM), fort usité à Nontron.

lieu quelquefois aussi

éloi-

lôu, d'en lôu.

affaiblit lai

en

en haut-limousin. Ex. du

ce qui a

lei,

XVP

siècle

per ley ana/* (Registres consulaires de Limoges, p. 30).

:

dans

Cf.

de

alai,

:

nous avons

lai,

gnement plus grand que

Comme

Cette forme

ai.

en haut Limousin, mais non pas à Nontron.

Çaie

les

Joyas del gay saher, p 90 .

lai est

français.

ley

:

un adverbe composé moins

Une

vay

.

usité que le çà et là

mêmes

locution adverbiale formée des

autre

éléments est que de çai que de

ancienne

lai (de tous côtés), fort

dans la langue. Voir p. ex. G. de Rossillon, v. 8952, et ailleurs. Cette locution, réduite du que

mais

elle

cation

locale

Ex.: vou

se

exprimer de

;

elle

(/e

initial, est

encore en usage;

connaissance du moins, de

tous côtés,

nous disons de çai de

intz, lai

en composition avec

forma a,

delen

=

elle est

Pour exprimer de

laintz,

de et en

:

lai.

aujourd'hui

*

On

trouve déjà desains

=

il

len,

alen, deien, enlen.

là-dedans (p. ex. dans la là-dedans,

non

d'ici)

chambre à

dans Jaufre,

plus

Delen

de alen

celle

faudrait dire de delen.

ici (ot

'.

= vous voilà venu enfin! Pour

n'a plus, malgré de, d'autre signification que l'ei

signifi-

veut dire tout de même, pourtant, enfin

vengu çai-que-de-lai

Combiné avec usité

ma

n'a plus, à

De

:

côté). laintz

151 b.

de même dans le Rouergue, dans l'Agenais, où cette locution est devenue 5a7ueia (comme •î'crit Jasmin), et sans doute ailleurs. * Il

en

est


DEUXIEME PARTIE

302

se trouve déjà accidentellement avec cette signification dans

quelques textes anciens. Ainsi Sainte Agnès, 737 lainz; St Honorât, p. 118

fom de 5.

/

(ibi).

Languedoc

et

quelques exemples dès

XIV^

le

Guerre de Navarre,

limousin de 1436

:

;

aux

qui appartient aussi

lî,

On en

de la Provence.

màlerj 240, 13 [S te Enimie) la

quant ar

:

etintret de lainz.

Cet adverbe se présente plus souvent, en haut et

bas Limousin, sous la forme lectes du

:

siècle.

dia-

trouve déjà

Voj. Bartsch, Dcnk-

301, 26 {Evangile de t Enfance)

;

Le suivant est tiré d'un texte que H siran [Limousin historique

v. 1233.

a ceus

p. 413).

Li n'est pas usité à Nontron

;

mais à sa place, comme du

reste souvent aussi en haut Limousin,

on emploie ni devant

le

verbe avei (à toutes ses formes) ou devant en findej

de

la

seul

gen; ni en

mot avec

devant I,

o.

le

Dans

les

deux

:

verbe ou Tabverbe suivant.

On s'en sert

formes de avei qui ont subi l'aphérèse de Va

les

niavio

cas, ni se contracte en

un

aussi

*.

outre son rôle normal d'abverbe de lieu, joue quelque-

de pronom personnel, datif singulier, non-seulement au neutre, comme dans le frsiTicaiis f y pense^ mais encore

fois le rôle

au masculin et au féminin. Ex.: si tu

z'î

ai dit

=je

=

si tu

ne l'eimà pâ, perqué fî maridâ-tu?

pourquoi

verbe

i

te

maries-tu avec (à) lui /ou

était,

mais dans

les

comme on

gée par euphonie, du pronom

Lex. rom

prouvent

qu'ils

I,

251)

;

et

om

;

lo

ou

li.

se

la,

ce qui a porté

comme une

trompent:

;

car

yeu

y

=

mH

et

M. Diez,

forme, abré-

Mais des exemples

portet las

[Guerre de Navarre, v. 588)

*

Cet emploi de l'ad-

lui répondirent {Croisade albigeoise, .

connu de l'ancienne langue monuments de l'âge classique on ne le trouve

guère qu'uni en diphthongue à

=• ceux-ci

ai dit;

ne V aimes pas^

sait,

et d'autres après lui, à le considérer

les suivants

elle).

le lui

cel i

tels

que

respondero

dans Raynouard, on

les

puise fiar

Je trouve un exemple de ce ni (que connaît aussi

lui

porta

= car

le dialecte

je

pro-

vençal; Fichasni en que ni ague! {Arm. provenç. de 1874;), dans un texte

limousin de 1514 sulaires, p. 72.)

:

Et aussi ny avio d'autres monediers (Registres con-


l^ARTIBS

me

puis

à lui

fier^

DU DISCOURS

1403);

{ibid.,

si

303

alguna mi cossen quHeu y

argen (Bertran Carbonel, dans les Denkmâler de

mon M. Bartsch, 19,

jassa per

19)

=

.

.

que je couche avec

.

elle...

en Provence, comme pronom, beaucoup plus généralement que chez nous, où on ne l'emploie qu'après les pronoms personnels à l'accusatif, et seulement Aujourd'hui

moyennant

sert

noît

loû

î,

î,

î).

comme dans la partie même le pronom leur.

cette province, il

remplace

Cet emploi de s'est faite

tour la place de 6.

En

était ne.

i {ibi)

pour

[illi]

li

de ces deux mots et i,

ainsi qu'on

a pu prendre à son

Une

article.

autre forme

fait wen, qui est la

= f€n ai vu

plus

dix); en après les pro-

noms personnels dont la voyelle, quand contracte avec Ve

se

li

vu au début de cet

aujourd'hui. JSe sert seulement devant les voyelles

et élide son e {n'ai vu dié

:

il

y a

dounâ m'en; dounâ

Partout ailleurs on emploie nen

Ihen).

de

explique la confusion qui

Des deux réunies nous avons

commune

fî,

[z'î,

voisine du Languedoc,

comment l'a

Dans

primitivement ent {Boëce).

{inde),

mH,

le dialecte

de ces derniers

élision de la voyelle

mais jamais

rî, v'î;

s'î,

i {ie)

:

lieu,

li

s' élide

ou

en (prononcez

prenê nen; dounâ nen

a Piêre ;nenvêne.

Les plus anciens exemples de nen que les

deux suivants, dont

le

j'aie

remarqués sont

dernier appartient à la Provence

:

quant nen son requerii {Coutumes de Limoges, p. 586); en ton

aun. [Ludus sancti Jacobi, 591).

hostal or nen

En

se contractait avec nos, vos,

nous est resté [voun); mais dit Il

seulement ven, où

se contracte

lin, aussi Ihen

il

c'est vou

encore,

en non, von. Le second seul

n'est pas usité ,

non

àNontron. Là on

en, qui

perd sa voyelle.

àNontron comme à Limoges, avec

li :

= lien.

Cet adverbe, outre son emploi normal avec les verbes de

mouvement sang en d'un

{6u s'en ané

sort],

=

pronom personnel à

seulement

il

s'en

alla

;

lou san

nen sor

joue encore et bien plus fréquemment

comme

l'ablatif.

Dans ce cas

neutre, mais encore

il

=

le

le

rôle

sert,

non-

comme masculin ou

féminin {nen vole == j'en veux (de cela); nen aurai souen (de

lui


DEUXIEME PARTIE

304

OU

ce qui avait lieu déjà dans l'ancienne langue,

d'elle),

avec

la signification

=

en

du génitif

dans Boëce,

(p. ex.

même où

v. 181,

ejus, c'est-à-dire hominis*).

7. Ounle {imde), dans l'ancienne langue ont, on^. L'e

comme dans

paragogique

ounte est

quante

(

dans

=

pour quant

quando). Cet adverbe n'a pas conservé sa signification étymologique, qu'il paraît du reste avoir perdue dès traduit exactement nbP.

Pour rendre

adjoindre lapréposition de

:

le

le

principe.

\a,tmunde,

il

faut

11

lui

dounte (anc. dont.) Qua se traduit

par per ounte.

Au

lieu de ounte,

Y

a-t-il

faut-il voir

qu'un

nous disons ordinairement

là quelque confusion de ont

avec

ent,

ou n'y

accident phonique? C'est sur quoi je

ente.

ne saurais

me

pro-

noncer.

Bon, dans notre ancienne langue

comme en

français, outre

son rôle normal d'adverbe, jouait aussi celui de pronom relades trois genres et des deux nombres, au génitif et à l'a-

tif

Ex.

blatif.

:

e la

boca don tan gen vos vey rir (P. Raimon), Dans

cette acception qu'il a conservée (ex..' l'ôme doun fai parla)., il

ne prend jamais chez nousl'e paragogique, ni ne change son

ou en

e,

ce qui permet de distinguer toujours sûrement l'ad-

verbe [dounte ou dente) du pseudo-pronom {doun). Dedin, ancien dedintz, dedins

8.

ment vers

l'extérieur).

=

fr.

dedans (sans mouve-

Pour exprimer un

pareil

mouvement,

faut ajouter de: de dedin, ce qui ctymologiquement corres-

il

pond à de de de

intus*. Cf. ci-dessus delen.

Autres composés

:

en dedin, per dedin.

'

dans Flamenca,

Cf.

v. 645-6:

L'us diz di

Samson cou dormi Quan

Dalidan [Dalidane?) lietlocri. 2

Au

pièce

poëme de la dans une Werke der Troubadours, I, 186 no

de on, on trouve très-fréquemment or dans

lieu

Guerre de Navarre.

On remarque

deGiraudde Borneii (Mahn,

la

die

même

forme

le

(à la rime),

:

sai vos or.) 3

Ubi avait aussi donné un dérivé o

tre dialecte rie. *

[1

au XVII"

est possible

On

a là

(ou), qui existait

siècle. C'est le seul

quil survive encore dans quelques

un exemple remarquable do

encore dans no-

qu'emploie l'auteur de Sle Valé-

la

localités.

manière dont

la signification


PARTIES DU DISCOURS

Deforo {de foras). Le simple foras, fors, n'est plus usité.

9.

L'a

305

ici

passe à Vo, contrairement à la règle générale de

comme

long. S'unit 10. Sii

en-sû.

(=

Les

susum pour sursum), anc.

même

trois ont le

peut s'unir avec

nyme amoun

l'a

dedin avec les propositions de, en, per.

sens

sus.

Composés

:

la-sû

là-haut), et le dernier

(fr.

les prépositions de et per. Ils

ont pour syno-

{ad monfem), connu aussi de l'ancienne langue

{amon) et qui, uni à en, forme en-amoun, d'où d'en-amoun., per

en-amoun, à côté de

(=

fr.

en-hauty.

per amoun.

d' amoun,

— Au français

cfessws

On

dit aussi

en-nau

correspond dessur-, qui

est aussi, et surtout, préposition.

11. Dessoû {de subtus), anc, desotz et dejoû {de *jusum deorsurn), anc. de jos.

çais dessous. Ils

Tous deux ont

peuvent s'unir aux prépositions

Les simples ne sont pas usités 12.

la signification

comme

Davan. Le simple avan {ab

ment comme adverbe. Avec davan; mais seulement

e/i

= de

du fran-

de, en, per.

adverbes.

ante)

ne sert que très-rare-

les prépositions

:

de davan, per

avan.

13. Darei [de re^o), anc. dereire.

On

dit aussi

dariè (anc.

aux prépositions de et per. Mais avec en, ou ariê. Un synonyme est detrâ {de trans], anc.

derrier). S'unissent

on emploie am' detras, qui

ne s'unit guère avec d'autre préposition que

yoer.*

per davan mai per detrâ 14. Outour. C'est le français autour

persiste dans la locution à l'entour.

On

remplaçant entorn, qui dit aussi a l'enviroun.

des éléments les moins importants des mots composés s'oblitère, à mesure

que

s'eftace la conscience

A

*

de leur composition.

en nau s'oppose en bâ. Ces locutions désignent spécialement la

partie supérieure et la partie inférieure d'une maison, par rapport à celle

l'on se trouve.

sin,

mais que

Araoun a pour contraire aval, que possède

la variété

nontronnaise

ni,

le

bas-limou-

je crois, le haut-limousin ne con-

naissent. 2

Anc. dessus. Dans Flamenca

gnification 3

pure

et

(v.

846) on trouve de dessus avoc la si-

simple de dessus, à l'imitation de dedins.

Arei et areire, employés seuls, ont

le

sens de aussi, encore, dei'echef,

qui a dû se développer de l'idée de retour, naturellement liée à ceile de rétro


DEUXIEME PARTIE

S06

Mentionnons

ici

a drecho (ou a

{main), que souvent

même on

a gaucho, sous-entendu wo

dre),

exprime.

— A côté se

rend par

de countre. 15. Alhour {aliorsum),a.nG. alhors^

nusquam

et

gunlio

';

=fr.

ailleurs.

— Alicubi

se rendent par les locutions en quauque Ho, en de-

ubique a été,

comme en français, remplacé par pe7' to-

tum, pertout (anc. pertot).

Prê (pressum), anc.

16.

composés

près, plus usité dans les

Prop [prope), que possédait aussi l'ancienne

auprê, tou-prê.

langue, est aujourd'hui inusité chez nous.

Il

Languedoc sous la forme prep, qui

par ex. en Agenais,

devenue prêt, par

est

suite de la

tuellement dans cette contrée

ailleurs,

mutation en

le

p

final

(

persiste dans le

t

que subit habi-

=.

cf. cat^ cot,

cap,

cop).

Louen [longe), anc.

17.

comme prê, por

ne peut s'unir,

La vieille langue avait

qu'à la proposition de.

àQporro

(

lonh, luenh, loing,

aussi

=loin, avec mouvement. Cet adverbe se ren-

)

contre fréqueniment dans G. de Rossillon, dans Jaufre et

ail-

leurs. II.

Temps

Quan, quante {quando), anc. quan et quant, plus fréquem-

1.

ment

écrits

par

c.

L'e de quante est paragogique

comme

celui

de ounte. Quando interrogatif se traduit mieux par couro, courâ (anc. cora, coras), qui représente qua (ou, selon M. Diez,

que) hora. 2. Uei, vuei{hodie), anc. oi et uei. a, avuei.

En composition avec

On

mati,

d'ailleurs isolément en quelques lieux

'

Un synonyme

dit aussi,

avec laprép.

uei se réduit à :

ei-mati

=

ei,

fr. ce

bien moins usité était ai/ions (de aliunde), que

usité

matin.

le

béar-

nais possédé encore. 2 si

Dans

cette dernière locution, les trois parties qui la

intimement unies que

Pour

lia

a'icubi, le bas-limousin a aussi endoconi;

de notre

dialecte erriploie

composent se sont

a perdu son accent. Prononcez endegûnlho

pour nusquam,

.

celie variété

souvent, avec la négation exprimée ou sons-

entendue, à l'exemple du languedocien, en

(= in

(nulle) loco).


PARTIES DU DISCOURS

— Un synonyme de ueiesiané^

{îr.

anuit), composition

aussi de l'ancienne langue avec ce sens

Yer {heri)^ avec la prép.

3.

307

Jaufre, 86

(

Forme

a, ayer.

connue

b, etc.

— Avant-hier

yar. Hier soir se dit arse« (anc. arser).

).

plus rustique: se

dit

{a)van'tyer,passa-t-yer,par-f-yer, locutions dans lesquelles le

?,

malgré son apparence étymologique dans les deux premières*,

comme

doit être considéré partout

euphonique. L'a d'avan-t-

yer (plusieurs disent avan-z-yer) subit souvent l'aphérèse. Par,

dans par-t-yer^, est la préposition per, au sens du superlatif,

comme

dans

le fr. à la

parfin

même

langue, qui a le

^

etc. Cf.

très hier

de l'ancienne

sens.

Démo {* de mane pour cras), aussi doumo ; anc. dénia, deman. On trouve aussi donna, auquel correspond notre doumo (p. ex. Blandin, v. 2275). On dit, en un seul mot, demôusei 4.

{dema main

(

ou demanosei (== deman a

al ser),

démo mati, lat.

les

deux composants restent

perindie

)

comme en

se dit,

ser*)

;

mais, dans

Après-de-

distincts.

ou

français, aprê-demo,

mieux, passa-demo.

Les idées de pridie

et de

(

ou lou lendemô

même

et de

),

comme en

postridie se rendent,

français, par des substantifs au cas absolu

:

la velho, l'endemô

V avan-velho ou la sur-velho, lou

surlendemô. C'est aussi par des substantifs, avec l'article et sans préposition, que nous traduisons, noctu

vespere, interdiu,

n'est jamais

),

comme en

lou mati, lou

sei

du jour où

l'on est,

on

dialecte poitevin {de soir), et qui a été

ajouter

ici les

midi), a miané {aino. mieia nuech

On

français, mane,

mieux

qui

l'ensei,

lou jour, la né. S'il dit desei

(

=

ce

fr.

-composition que connaît aussi avec ce sens spécial le

comme deman. On peut

*

(

employé que comme adverbe),

s'agit de la soirée soir

:

dit aussi

ou

sei

)

formée exactement

locutions a mieijour

(

à

= à minuit.

d'ané (littéralement:

au

soir de cette nuit), et cette

expression n'a pas d'autre sens que hodiè. '

On

3' Je

dit,

du

reste, aussi

avan-yer.

trouve un exemple de la

même

locution dans

une pièce française du

d'Augier Gaillard, de Rabastens, qui écrivait dans la seconde moitié XVI' s.:'Jereceiis la votre par hier (édit. Glausade, p. 138 ). *

Ou peut-être deman au ser

(

qui est dans G. de Rossillon.

v.

3515

).


DEUXIEME PARTIE

308

Ujan {hoc anno), anc. aussi ogan, ojan {G. de

5.

etc.). D'autres

exemple dans

n'est pas sans

màler, 12,9

).

commun au

Ross., 3161,

dialectes disent oungan, forme nasalisée

anciens textes

les

— Ont été formés de même avec annus,

vieux

qui

Denk-

(p. ex.,

antan*,

au provençal, et dueinan (en quelques

fr. et

lieux d€inan)= de uei en (un) an, c'est-à-dire Vannée prochaine.

On

dit aussi, et plus souvent,

n'ai pas d'ancien

avec en préposé, endueinan. Je

exemple de cette locution.

Ouro, aussi ôure, anc. aora (ad horam ou hac hora),

6.

traduit seul le latin wMnc. L'accent s'est porté et se tient main-

tenant avec assez de

sur la voyelle finale. Composés

fixité

=fr. pour

d'ôuro, per ôuro

cond élément de cette locution

même

cienne langue au

employé seul par

or, ara, ar'*, era, er.

que nous n'avons pas. Nous disons, souvent per

alor, et plus

ou par

lor

composés de ora sont

tres

était

lor (fr.

dont

1" abora,

:

doit être a be (cf. dans Boëce, v. 133

plus usité chez

l'an-

(

lat.

pour

— D'au-

le

lors).

premier élément

ma),

nous qu'en composition avec de

hanc horam

lora,

français,

be

lo

:

Composés:

comme en

(

et qui n'est

dabouro

'

=

de bonne heure)',2° enquêro, enguero, enquêrâ, enguêrà

fr.

encore

:

se-

usage, soit pur, soit sous les formes

abrégées ou modifiées, alara,

Le

à présent, quant à présent.

= fr.

Enguera, et la forme plus étymolo-

).

gique angera{o\i g doit être dur), se montrent déjà dans les plus anciens

monuments de notre

préposons habituellement de

;

dialecte. Aujourd'hui

nous

Pour

l'an-

denguêro, denguêrà.

cienne langue, voy. d'autres formes dans II,

7.

Doun, anc. donc

Un synonyme de

Flamenca, *

:

Lexique roman,

antan

est

Cet adverbe n'est plus em-

la vieille

arunan, usité

langue, avec sa signi-

p. ex.

ques agras fag ara dos anz

en Agenais.

Cf.

dans

?

p. 168), usité en

Gascogne

).

C'est à tort que,

pond, Il

4818

dans

Composé avec ad: adars {Gir. Riquier,

{adare ^

v.

(lat. tune).

comme

ployé isolément,

*

le

540.

j'ai

trompé par

expliqué ci-dessus

(

la locution française à laquelle t.

IV,

p.

656

)

ce

il

corres-

mot par de bona hora.

faut l'effacer des exemples de contraction allégués à cet endroit,

Provenceel ailleurs, douro seul signifie

la

même chose que

En

notre dabouro.


PARTIES DU DISCOURS ficatioii

étymologique; mais

il

la

leidoun {oMsai aleidoun), dont le

XIIP

des

XIV*

et

conserve dans

composé

le

premier élément est l'adverbe

lieu lai {alai), et qui signifie

de

303

simplement

alors.

Des textes

composé

siècles offrent déjà cet adverbe

sous les formes ladonc, aladonc^. Le haut limousin emploie aussi tan [tanturn) au disse tan lou che

=

même

usage. Ainsi, dans Foucaud

lui dit alors le

ce

:

li

chien. C'est l'ancien abtant.

Cf. le V. fr. atant, et Fit. intanto.

Le simple /a (lat, jam) n'est que comme interjection. Nous le retrouvons dans

8. Deija. C'est le français déjà.

plus usité

jamai, identique au français jamais.

L'anc. langue avait

encore ancmais et onca(unquam), nonca ou noca (nunquam) 9.

dans

Tô ( anc. bientô,

tost

)

répond à mox.

L'anc. langue avait ben

en bas-limousin

leu,

est usité principalement

{bien léu],

conservé avec cette signification

mais qui chez nous n'a plus que

celle de peut-être, qui lui était

composé de

commune avec l'autre.— Autre

tost: ôussitô^ (immédiatement).

comme dans

est tar,

Il

emprunté au français ou modifié par son influence.

— L'opposé

l'ancienne langue {tart) et

de

comme en

français. 10.

Les idées de nuper, pridem, jampridem, se traduisent,

comme en

français, par dernièromen (ancienn. l'autr'ier), dei-

puei lountem. Oiim se rend par autre ten et par autrei tion dans laquelle co

*

Un synonyme

mais qui

est

qui

{

=

colps)

commence à

remplace

se

vetz, usité

montrer vers la

co,

locu-

dans

même

l'an-

époque,

propre aux dialectes plus méridionaux, est alauetz, lavetz

alabetz à Toulouse et dans

le

pays circonvoisin); littéralement

:

à

cett^

fois. 2

Synonymes

:

dabor, tout ôuro, tanquetan. D'autres formes, plus méri-

dionales, de cette dernière location, sont tant e

quatequan).

On

tionnons encore

quan

et

quantequan

trouve aussi canquecan dans des textes ai:ciens. ici

co se (proprement coup sec), locution que possèdent aussi

d'autres dialectes et qui peut traduire également slatim et subito. je

même

Dans

ordre d'idées, la vieille langue avait mânes, mantenen, dont le

dernier seul nous reste, mais avec la

moderne.

(aussi

— Men-^

même

signification qu'en français


DEUXIEME PA.RTIE

310

cienne langue en de pareilles compositions*.

quauquei viagei, et aussi au singulier dernier cas, ve,

On dit

Et de même, pour traduire aliquando

viagei.

côucà

:

:

quauque

aussi autrei

quaaquei co ou

Dansée

co, etc.

haut-limousin emploie encore vé (vetz)

le

vé, et

enfin cùucà de vé,

cauco

:

exemple

l'on voit le seul

qui nous reste d'une particularité syntaxique assez fréquente

dans les anciens textes.

Souven (subinde), anc. soven, soen* , traduit comme en

11.

franc, le latin sœpe.

des périphrases

:

Quotidie et quotannis se rendent par

toû loû jour, toû loû an. L'ancienne langue

disait cada jorn, cad'an.

— Pour tandem on

que l'on prononce à

enfin,

la française.

mentionné, sert aussi à rendre la

Ensemble

12.

(in simulj,

même

même

sens

a la

o.

a

fi,

Sai que

ou

la fî,

déjà

délai,

idée.

qu'en français; dans

l'ancienne langue aussi ensems.

Avan (ab

13.

avec

le

ante) traduit

antea. L'ancienne langue avait,

simple anz, abans, abansas et aussi 'Janceis. L'idée con-

traire se rend

par aprê (anc. après)

anc. pueis après

=

(anc. pois, pueis,

ensuite,

et,

mieux, par peiprê,

et deipuei{d,nc. depois).

Puei ni pei

plus guère employé

chez nous

etc.) n'est

isolément. Postea avait donné à l'ancienne langue poisas, que

nous n'avons plus.

Plaçons

ici les

locutions évidemment

empruntées au français dorenavan ^, en attenden, quauque tem (aliquandiu) 14. Lountem,

comme en

français, traduit seul le latin diu.

Cette locution se trouve déjà dans l'ancienne langue. Diu nous reste seulement dans le

composé

tandî, plus

dans la nouvelle composition entretandi, qui dant, pendant ce temps-là^.

*

Cop

est déjà

en prose de 2

la

On trouve

Nous avons

souvent usité signifie cepen-

aussi cependen, pro-

très-fréquemment employé pour vetz, etc ,dans

Croisade albigeoise.

la version *

«

un exemple curieux d'adverbe à forme rencontré un analogue {douçomentel) dans un poète

sovendet, qui est

diminutive. J'en

ai

toulousain contemporain. 3

Formes correspondantes dans l'ancienne langue mais ci, d'aras en avant, etc. Synonyme entremiâ : liU., inter médias (res).

»ay, oimais, *

:

derenan, de lor en


PARTIES DU DISCOURS bablement pris au français

mais

;

il

311

sert surtout

comme

con-

jonction. 15. Toujour. C'est notre seul équivalent de semper*

.

L'an-

cienne langue Tavait aussi {(otz jorns), et, de plus, totz temps,

jasse=^ja sempreei ades {adipsum), qui

signifiait

encore, et

plus étymologiquement, aussitôt, d l'instant.

III.

Les adverbes de manière

Manière

se

formaient pour la plupart, en

des adjectifs et des participes,

latin,

naisons

e et

tc'i\

au moyen des termi-

D'autres n'étaient que des adjectifs à l'un

des cas obliques du singulier.

Nous avons conservé quelques-uns des adverbes en

les anciens

plus usités parmi

comme

nous employons aussi

e*;

adverbes des adjectifs; mais généralement, et ceci est com-

mun

à toutes les langues romanes, nous avons formé de nou-

veaux adverbes de manière en ajoutant aux minaison men(t), qui n'est autre que atin

mens

^

.

Un

autre

adjectifs la ter-

l'ablatif

du substantif

mode de remplacement des anciens

adverbes latins a été de former des locutions composées avec des prépositions et des

noms

(

substantifs ou adjectifs) ou des

participes.

A.

— Anciens

adverbes conservés et adjectifs

PRIS ADVERBIALEMENT

Coumo, anc. coma, t-eû?

corn (con), de

— Ne sâbe coumo

*

quomodo. Ex.: Coumo vai-

fâ.

' Semper était resté dans l'ancienne langue (sempre, composé sempreras) avec la signification de statim. Uni aux prépositions de et en, il avait formé desempre, plus souvent abrégé en dese (cf. ta tantum), en-

=

desen, endese, qui ont le

La

signification

môme

sens.

Avec anc

il

donna ancse

(jadis).

étymologique persista dans jasss.

='0n a déjà vu ci-dessus (pag. 30ô), parmi les adverbes de

lieu,

au

{nau) de alte et louen de longe. 3

Sur

cotte

formation, voy., entre autres, Littré, Pré/ace

pag. XLi b, et Hist. de la langue française, *

Je n'en

fais

du DicL,

I, 8.

pas deux divisions, parce qu'il est souvent

difTicile

de


DEUXIEME PARTIE

312

Be

(bene).

française

Nous employons

bien'^. Il

aussi cet adverbe sous la forme

est alors plus expressif.

Notre be n'a guère

aujourd'hui plus de force qu'une simple particule explétive.

Aussi t-eû

plaçons-nous souvent devant bien lui-même

le

z=. fr. qu'il est

fa!

Nous retrouvons

be

sot!

:

b'ei-

— quei be bien fai = c'est bien fait.

en composition dans

bcleii (peut-être)

et

probablement aussi dans dabouro (de bonne heure) *. Plo (plane), anc, pla ou plan. Plus expressif que a d'ailleurs à peu près la signification

=

plo garda

1641

ce

que Dieu garde

est bien

:

ça que

dont

be,

Diu gardo

il

ei

gardé [Sainte Valérie

).

Depuis cette époque, plo a perdu, toutefois, un peu de

sa force

qiCei plo vrai n'affirme pas

:

que quei bien

Mau

(maie), et

Suau

avec autant d'assurance

vrai.

mal dans

la

région sud du dialecte.

et souau (suave), fr. doucement,

au sens de paisiblement,

sans ôrwiY. L'acception ^rimiti\e{agréable7nent)est aujourd'hui,

chez nous du moins, tout à

ment

la

conséquence de

fait

la

perdue, ce qui est probable-

perte de suau lui-même en tant

qu'adjectif.

For, anc. fort. Ici on est sur d'avoir l'adjectif

adverbialement. Ex.: parla for; tutâ (tustar) for. ou durum). Moins employé qu'en français. Dré, anc. dret (drech,

Rede rendre

(rigide

drcit.,

etc.j

;

marcha

dré.

ou rigidum). Cet adverbe est surtout

les idées

de vivacité, promptitude, vitesse^.

exactement l'ancien

Nous l'employons

viatz (vivacem),

fortis, pris

— Dur (dure usité Il

pour

traduit

que nous n'avons plus.

aussi dans le sens de avec vigueur, mais plus

rarement. Bipei (spisse) :

la nevio

toumboeipei. Cf. dans Jaufre,^. 103 h.:

tendas tendudas moût espes. distinguer

si

l'on

a affaire à un adverbe

pris adverbialement.

aussi bien *

^

et

pa^-

be

tel

d'origine oa à

un

et seciire.

trop affaibli, dans les textes

limousins du

siècle.

Voy. ci-dessus, pag. 308,

En

adjectif

exemple, et segur, peuvent représenter

securum, que suave

Bien remplace déjà

XVII» *

mavem

Suau,

tant qu'adjectif, rede n'a d'autre sens

que

celui de roide.


PARTIES DU DISCOURS Segur

=

dise segur

fseciirej : v'àu

dans Jaufre encore,

Cf.,

313

je vous le dis sûrement.

esta segw^{T^a,g.

81 b).

Il

s'agit d'une

femme. Nete (anc.

pense que

comme

de nete

Ex.: refusen nete de marcha (Foucaud). Je

netj.

c'est

à l'influenco française qu'est dû cet emploi adverbe. Je n'en connais pas d'exemple an-

cien.

La

liste ci-dessus

il

ne comprend pas

langue, cet emploi des adjectifs

encore beaucoup plus dans la nouvelle', et

dre à

il

paraît ten-

devenir de jour en jour davantage.

le

B.

Ce

tous les

un bien plus grand nombre. Déjà

n'y en a pas, je crois,

assez rare dans l'ancienne l'est

sans doute

employés adverbialement dans notre dialecte*; mais

adjectifs

— Adverbes formés

avec le suffixe men

suffixe menftj n'étant autre

rappelé, que l'ablatif du

chose,

comme

je

substantif féminin ?nens

l'ai

déjà était

», il

nécessaire que l'adjectif prît pour s'y adjoindre la forme féminine. Ex.

:

tenramen, caramen. Cette règle est encore rigou-

reusement appliquée, en sorte que jectifs

les adverbes, dérivés d'ad-

dans lesquels l'ancienne langue ne distinguait pas les

genres (par ex. fort), au lieu de conserver leur forme an-

comme en

cienne {fortmsnt], l'ont,

nant à l'adjectif

*

On en

la flexion

(

fortornen)^.

a déjà vu quelques autres dans les sections précédentes, et on

en trouvera encore deux ou trois dans 2

français, modifiée en don-

féminine

Mentionnons

ici

les suivantes.

pour mémoire quelques autres adverbes-adjectifs

relevés dans les anciens textes et dont ceux qui existent encore

plus que (

comme

adjectifs

Bartsch, Denkmaler, 22,6

Honorât, 154 b

,

:

) ;

pur [Flamenca, gen{t); lenit)

olc), coren{t)

:

;

3789,

estreit;

etc.);

ne servent

enest c

mun

privât e pales {Saint

m'auriatz conquis plus corentz (Jaufre,

87 6.).

'Ce substantif avait d'ailleurs conservé, dans indépendante

:

E vilas e

caslels

que

eii

la langue, une existence non ay en ment (Guerre de Na-

varre, V. 123). *

Même

exception qu'en français pour la plupart des adverbes formés

23


DEUXIEME PARTIE

314

de remarquer que ce qui précède men se restait séparé ainsi à Nontron et dans

est essentiel

Il

comporte comme s'il en autres localités où

les

néanmoins en

;

prétonique reste pur, Ton

l'a

affaiblit

o celui de ces adverbes. Cela s'ajoute

au fait précédent pour prouver que la conscience de la complexité de ces expressions n'est pas effacée, et que dans douçomen, par

exemple, on sent vivre encore deux mots distincts*.

On ne men.

saurait songer à donner ici la liste des adverbes en

sont naturellement en grande quantité, et

Ils

le

nombre

n'en est pas limité, la langue n'ayant pas perdu la liberté d'en

former de nouveaux. Je noterai seulement que

ne

s'est

participes*:

minaux

et

on

à des particules. Ex. ;

que nous n'avons plus

hors d'usage

;

;

(litt.

elle

vient de voir, ant et ent en *

quomodo

même

La comparaison

comme on

toute nasalité.

même

au

reste

simples tels que ôutorUat, 6uvi7-au, où

diphthongue, n'ayant pas l'accent,

Ce dernier cas

changeant,

d'autres adverbes, tels que aulromen, où

avec des mots

et

cet adverbe est

un simple a qui amême perdu

cette

2

si

meichamen, prudamen. C'est

ent

qu'ils ont revétu«,

s'affaiblir,

bes deux accents,

usité autre-

mente).

sans

Ou, conduit à la

si

mais que je crois aujourd'hui

communis generis en ant ou

forme française

— autromen,

— ensemblomen^, que je trouve dans

— enfin coumen (anc. comen),

bien pour com-men

d'adjectifs

talomen;

:

— eissamen {ipsa mente),

la Vie de sainte Valérie (1641),

la

men

aussi adjoint à quelques adjectifs prono-

l'a

même

déjà cité tout à l'heure fois,

le suffixe

pas uni seulement à des adjectifs qualificatifs et à des

s'est

régulièrement changée en

conclusion, eu montrant qu'il y a dans ces adver-

par conséquent deux mots.

est plus rare aujourd'hui

que dans l'ancienne langue,

que temcntmenL tmadamen, dssapensadamen, nominaZivadament, asseguradamen. Celui-ci se lit encore dans Sur le modèle de pareils adverbes, nous avons la Vie de sainte Valérie.

l'on

trouve des adverbes

tels

formé abusivement urousadomen malurousadomen qui no sont pas moins usités, surtout le dernier, que les formes correctes urousomen, ma,

,

lurousomen ^

Ensemhlomen pourrait

être

un abrégé de ensembladament, qui

existe

en vieux français {ensembledement Psautier d'Oxford, 52, i). Cf. dans Sanctc Agnes, 870, et ailleurs, mesclainenz ;= mescladamenz. On aurait ,

ioi

l'uiverse

du cas signalé dans

la note précédente.


PARTIES DU DISCOURS

315

Dans l'ancienne langue, lorsque deux* adverbes en men devaient se suivre, on ne donnait souvent cette terminaison qu'à l'un des deux, ordinairement le premier. Ex.: primamen e subtil (G.

Riquier, p. 214); cruelmen etamara (Bartsch, Denk-

mâler, 28, 16). Cet usage paraît s'être introduit assez tard et

n'avoir pas été général. Je n'en ai remarqué d'exemples que

dans des textes des provinces méridionales, Provence, Languedoc, Gascogne et Béarn. On constate même quelquefois la suppression complète de men, la signification adverbiale

chant alors à un simple adjectif féminin. Ex.: prejatz (J.Estève, dans les Troubadours de Béziers, p. 83); forts et

dura {St Honorât, p. 163)*. Malaeibona,

surtout le premier, ne sont pas à citer

fois,

si

ici.

lo

s' atta-

lo

usités autre-

Le substantif

sous-entendu dans ces expressions n'est pas mens, mais L'ancienne langue d'oc,

une s' à

ajoutait souvent

comme

français

le

la finale des

Jiora.

et l'espagnol,

adverbes et des adjec-

pris adverbialement*, ce qui permettait de distinguer

tifs

pia

destregn

médiatement ces derniers, dansla plupart des

im-

cas, des adjectifs

tels. Cette s fut même ajoutée aux adverbes pour ces adverbes, à côté de men et ment, autres formes mens, menz et mentz ", survivent encore,

employés comme en men{t). les

dans

là,

le dialecte

Même

*

De

gascon.

quelquefois

un

plus grand nombre

bien se faire que

mens ne gouvernât en

realmens o personals a

:

extraordinaria (Revue des langues romanes,

II, Ou).

réalité

que

Maisici

real.

il

pourrait

Voir la note sui-

vante. ^

D'après ce dernier exemple, on pourrait supposer que quelques-uns,

assimilant complètement les deux suffixes adverbiaux s et men, croyaient

que

premier,

le

et devait,

comme

dans ce

le

second, pouvait servir pour plusieurs adjectifs

cas, exiger

que

celui

auquel

il

ne s'attachait pas fût au

féminin. Cf. l'exemple rapporté dansla note précédente. 3

M.

Sur

l'origine de

Littré

çaise par

dans

celte s, voy. l'ingénieuse explication proposée

la préface

A. Hrachet,

de

la

Grammaire

par

historique de la langue fran-

p. vni.

Les noms unis, en une locution adverbiale, avec une préposition, l'articlo ou d'autres mots, prenaient aussi quelquefois cette s : lo jors, de ''

noiz, B

cad

'ans, etc.

V. là-dessus

le

Donat provençal,

p.

36 de la 2' édition.


DEUXIEME PARTIE

316

— Locutions adverbiales

C.

formées d'un nom et d'une

PRÉPOSITION

Ce sont surtout des substantifs qui ont servi à ces formations*; mais l'emploi d'adjectifs et même de participes n'est pas rare. Les seules prépositions dont on ait en et per.

a, de,

On en trouve souvent deux

fait

usage sont

réunies devant

le

même nom. A. Nous disons,

l'oumbro

comme en

;

prononcent a ïaçala, d'un verbe simple reste à Tulle, où

le

sous la forme ciala saubut

français, a pe, a chavau, a

avec un participe, a Vacela

a

il

le

{

à ïabri), que plusieurs

acela, d'ailleurs inusité,

même

(lat. celare). Cf.,

dans l'ancienne langue, a

avec la négation, a no saubuda.

et,

dont

sens de mettre à t abri,

—Un emploi particu-

de la prép. a est celui qui consiste à unir en une locution

lier

adverbiale deux noms, dont le second n'est que la répétition

du premier: Vis a morceau).

J)q,u?,

conjonction

e,

ce qui a lieu

cap

cap

e

vî,

fâç a faço, bouci a bouci (fr. morceau à

cet emploi, l'ancienne langue préférait à a la

disant p. ex.

:

petit e petit,

mot

e mot, etc. C'est

encore dans quelques dialectes (Montauban

).

2° De.

Les locutions composées avec de sont plus nom-

breuses et plus usitées. Elles ont du reste, en général, sens, le

Ex

. :

nom

restant le

même, que

de pe, de janouei, de sego (de

celles qui le sont

suite),

de bigouei, de

traver, de reculou^, de vrai, de segur, de leu

tude).

*

De

On en

le

même

avec

a.

biai,

de

(tombé en désué-

s'ajoute à a dans datai (de a tail)

= complètement,

a déjà vu quelques-unes dans les sections précédentes Elles y

sont en fort petit s 'étant

nombre,

nouveaux adverbes de temps

les

et de

lieu

formés en majeure partie par l'adjonction de prépositions aux ad-

verbes latins eux-mêmes. ^

Je remarquerai, à l'occasion de cet adverbe, que nous n'avons

à Nontron de ces substantifs en seul),

ou=.

fr. o?i (celui-ci est

guère

probablement

le

qui ne se rencontrent jamais que dans de semblables locutions ad-

On dit bien quelquefois o tàtoun, mais ceci comme le prouve la nasale de la finale. La variété

verbiales. ais,

:

peu moins pauvre à cet égard. ginouihous.

fie

gascon

et le

est imité

du

fran-

de Tulle paraît

un

provençal ont gardé ds


PARTIES DU DISCOURS sans réserve

dopôutas (d'à pautasj,

;

317

d'à pattes, à Tulle. Cf.

litt.

dabouro (de a be ora), déjà mentionné aux adverbes de temps,

Même

et l'ancien daveras.

adjonction encore dans dobovchou

(de a bouchon), locution qui paraît propre aussi, dans notre dia-

correspond en

lecte, à la variété bas-limousine, et à laquelle

haut-limousin de boucho-den

En. Cette préposition

cf. v. fr.

(

adens

).

servait peu autrefois, et sert encore

moins aujourd'hui, à former des locutions adverbiales avec des substantifs ou des adjectifs. degûnlio. Ici la

en

On a vu dans la première section entau= in tali (modo). Citons

principale est

encore en faço, en generau, en brave ôme, qui paraissent des

emprunts au français. De s'ajoute à en dans denpè qui se

1627 4°

lit

déjà(rfe«/?es)

(fr. debout),

dans Blandin de Cornouailles

vv. 1560,

(

).

Per

est encore plus

rarement employé que

en. Cette

pré-

position précède de dans joer devrai (cf. anc. joer daveras), per

de segur (aussi per lou segur). Per cert et quelques autres lo-

cutions semblables qu'on trouve dans les vieux textes sont au-

jourd'hui hors d'usage.

IV. Je rangerai dits,

ici,

— Quantité

outre les adverbes de quantité proprement

ceux qui expriment en général

le

degré,

mesure,

la

l'ordre. 1.

Si

(sic).

Cet adverbe a

(anc. altresi, aissi).

Ensi est

enfau, déjà

:

sens et les

ùussi, ensi,

d'ailleurs

mentionné dans

très-souvent joint à talomen

'

même

le

Composés

plois qu'en français

*.

peu

pris

usité.

le subjonctif,

comme

du français

On

la section précédente. : si

préfère

— Si est

talomen fa =teliement sot.

L'ancienne langue l'employait aussi Irès-souvent, à

devant

mêmes em-

la

manière

formule de souhait. Ex.: Digas,

si

.

latine,

Dieus

te

mal {Blandin de Cornouailles, 1968). Plusieurs se sont mépris Le second sur le vrai sens de ces», où ils ont vu à tort la conjonction des deux vers suivants de Flamenca (1191-2), qui oflre côte à côte la con-

<jarl

de

.<;».

jonction et l'adverbe, en rend sensible la différence

E qui m'o deu

tener a

S'jcu sui gelos,

si

mal

Deus mi

sal

!

:


DEUXIÈME PARTIE

?I8

Tan (tantum),

2.

aussi ta ou to devant des adjectifs et ad-

verbes. Ex.: fâ to heu to be (Foucaud), Composé aitant, aita, qui'nous reste dans eitopau (anc. aitapauc), eitobe, eitoplo. Un :

autre composé, tan).

a/^retonif,

A Nontron

on

a^ertan^/survit en bas-limousin [otor-

dit butan, qui paraît

emprunté au français

[autant].

Tan forme avec soulomen, pour traduire

le latin solum, l'ex-

pression composée tan soulomen,, qui est fort ancienne dans la

langue, puisqu'on la trouve déjà dans la Trad.de l'Évangile de saint Jean (Bartsch, Chrest., 16, 19)

de 1377

:

Nous employons

rique, p. 417.)

nou ma, qui sera expliquée plus

3.

mai

Autre exemple limousin

=

{Limousin histo-

aussi, pour traduire la

idée, soulomen seul (Fane, langue

tant e

.

exceptât au compayr tant solamen

sol],,

loin.

même

et la locution elliptique

— Joint à mai, tant a formé

tant et plus.

fr.

Quan. Aujourd'hui peu usité entant qu'adverbe.

On

le

remplace ordinairement par cambe [quantum bene ? ou quo-

modo bene ?}

=

fr.

combien.

Comme

corrélatif de tan,

quan a

cédé la place à coumo et à que. 4.

Pau [anc.

pauc), de l'adjectif paucus, resté,

dans l'ancienne langue et qui survit encore dans paucho (propr.

A

=

fr.

petite),

synonyme de

servante,

cet adverbe se rattache la locution tant soit peu,

comme

si est

le

tel

féminin

en haut- limousin.

composée tan-si-pau

une réduction de

da.ns pacinço, coucinço, etc.

comme

Avec

sie {=» sia]

la négation, qui

quelquefois se supprime, nous avons gaire, qu'on trouve aussi

employé de temps en temps sans négation dans

les

anciens

textes, mais alors avec sa signification étymologique [beau-

coup)

:

servir petit o gaire (P.

comme en français, avec la pau^. Synonyme plus usité, La même

*

Raimon).

que

la locution

pau a

au moyen de la particule pauc cada pauc. En^Saintonge, on

idée se rendait aussi autrefois,

même encore On remarquera

de

'

a,

petità peti^.Tsà déjà noté qu'an-

distributive cada, par cada, pauc, dit

— Pau répété a formé,

préposition

:

cha

peti.

que, dans cette locution, petit n'a pas la

lorsqu'il est adjectif (ptY»).

même forme


PARTIES DU DISCOURS

319

cieniiementa, dans ces locutions, était ordinairement remplacé

par

Petit et petit se

e.

lit

encore {Limousin historique, p. 411)

XV®

dans un texte limousin du

comme

il

où levar

encore

soit

souvent autrefois, dans la

l'était

est en

locution qui

et se relevant),

doit être ancienne, car c'est le seul cas

employé,

Un synonyme

siècle.

m /eyan (propr. en tombant

toumban

signifi-

cation du moyen. 5.

Prou

du

(anc, pro), aussi assê, pris

que

français, bien

Fane, langue eût assatz. 6.

Beûcô

(

fr.

beaucoup

commence

classique, et qui

nous n'avons pas) au toupie

) *.

XV®

la

langue

à apparaître (avec gran cop, que

siècle.

tout plein), qui se

{îr,

Adverbe étranger à

lit

Un synonyme

de beûcô est

déjà dans les Leys d'amors

beaucoup de massa;

sens, se servait

vençal modernes emploient fossa

languedocien et

le

(II,

même

236). Ex.: 6u ei toupie fachâ. L'ancienne langue, dans le

le

pro-

{force), qu'a aussi [forço] le

haut-limousin. Autre expression ancienne, granre (ganre), qui

encore dans quelques dialectes (Mende, gandré;

survit

cf.

tendre)

Un

autre équivalent du

lat.

multum

est la locution ne sai

quan, qui signifie proprement je ne sais combien et qu'on trouve

déjà avec

le

Chez nous,

le

sous un ei

:

sens dans G. de Rossillon (2539, 8430).

un

tout s'étant rassemblé en

même

où sai ne

s'affaiblit pas,

Une

mot

et partant

variante est ne

parce que c'est

au contraire, perd son accent

final qui,

seul

accent, Vai de sai s'affaiblit selon la règle en

neseiquan. Ex.t bu minjo neseiquan.

saique,

•=

même

:

ou

ei

le

que

(fr.

quoi)

nesaique meichan

il est très -méchant.

L'idée de

multum

se

rend encore par que

la

tempêto, que la

mâlo, que lou diable, locutions dans lesquelles tan est sous-

entendu

:

fasio fre que lou diable.

Mentionnons encore précédente, et trê

bien (be), for, déjà notés dans la section

(/rès), emprunte

au français dès

au moins*. Ce dernier ne se place que devant *

Molt [moût) est périmé en limousin

comme,

le

XIV®

siècle

les adjectifs et

je crois,

dans tous

autres dialectes. ' Il

y en a un exemple de 1365 dans

le

Limousin historique,

p. 579.

les


320

DEUXIÈME PARTIE

les

adverbes, pour les mettre au superlatif; mais on préfère,

même

dans cet emploi, bien ou for. 7. Pu (anc. pus et plus). Sert principalement à former le comparatif des adjectifs et des adverbes. Joint à un verbe,

dans une phrase négative,

il

marque, comme en français,

cessation de l'action ou de l'état exprimé par ce verbe lou vese pu; la ne vendra pu)', ou,

est au plus-que-parfait,

adimc

mais seulement

même

rend la

il

idée que le latin

couramment en

traduisent

français, croyant bien parler, par

je ne l'avais plus vue, elle n'était plus venue;

8.

jamais vue,

deux formes mais

Mai

est

le rôle

comme on

de copule

normal, car

et

lieu àe je ne

et mas,

fois

à la langue

que nous avons conservées

adverbe et se joint aux verbes (très-rarement

adjectifs): ou t'aimo

joue aussi,

au

encore jamais venue.

mais en assignant à chacune des emplois dis-

et l'autre,

tincts.

aux

elle n'était

Mai. Le latin magis avait donné à la

d'oc les

Tune

verbe

ne ravio pu vudo, la n'êro pûvengudo, ce que la plupart

:

l'avais

si le

la {ni'

(e^),

le

mai que me; credo enquêro mail W

verra au chapitre de

la

Conjonction,

qui n'est qu'une extension de son emploi

= déplus.

Mai forme avec lui-même une

locution comparative,

mai

que mai, connue aussi de l'ancienne langue*, et qui signifie surtout, principalement

tan mai... fan

mai=-

plus que plus).

(litt.

(fr. plus....

— Autres locutions:

plus) et de

même

tan mai....

tan min, tan min... tan mai, ou, sans tan, ce qui est plus rare,

mai... mai, etc.^.

— Joint au verbe poudei, mai prend la pré"

: n'en pode pâ de mai. Quant à ma (mas), le rôle de conjonction adversative,

position de

attribué dès le principe à magis par toute la latinité, lui a été

Ex

*

.

Que veado sagramons

:

E mai

que mai

las mesSas.

(Raimond de Cornet

Dans

maw

)

dans ces locutions on préposait souvent on (fr. où) on mais., on men% etc. Ces formes accrues de de, persistent dans le Gévaudan (dounmai). Sur les confins de 2

l'ancienne langue, à

(ou

;jii.'S),

etc.,

:

notre dialecte (Quercy) et ailleurs on dit en mai, altération de

on

(cf.

notre ente

= ounte =

oii

en est peut-être une

ont, ci-dessus, p. Î04).


PARTIES DU DISCOURS

?2l

exclusivement réservé. Mais il conserve encore celui d'abverbe dans la locution ne ma quart, qui se présente le plus souvent sous une forme elliptique et qui répond au français ne., que^.

Ex.

:

ou ne ser

ma quan per

loû autrei (Foucaud).

cet exemple

l'expression complète

(c'est-à-dire

sert seulement)

il

vent la conjonction

:

il

:

les

autres.

ma per loû

6u ne ser

l'inverse de ce qui a lieu en français,

toujours exprimée

a dans

ne sert pas plus que

Mais

plus sou-

le

exprimée, est toujours quan, non

(qui,

que) est sous-entendue

pour

On

autrei. C'est juste

la conjonction est

au contraire, l'adverbe plus ou son

et,

équivalent logique toujours sous-entendu ce n'est [pas plus] que ça,

au

que ca

lieu

:

ce n'est

ma

n'ei

que ça

=

= ca nei rnà

co

[quan] co.

Nous reproduisons souvent abusivement devant ma gation déjà placée devant re (rien ): ou la

naimo

re

ma

nou

l'argen.

Au

supprimons quelquefois complètement, et

ainsi

que

ma

reste

remarquer que, que de

ne...

ma,

le

se

nou ma,

ma

prengué

sentiment de

ne....

né-

contraire, nous

peut arriver

il

seul de la locution entière

quan l'avangardo (Foucaud);

la

verbe. Cela a lieu surtout après

le

:

la signification s' étant

se

sauvé

no lôuveto.

effacé,

Il

ma

faut

étymologi-

on a été con-

duit assez naturellement à passer de l'idée précise de

dif-

férence en plus dans la quantité, contenue dans mas, à celle

de différence en général,

et,

par suite, à employer ces expres-

sions dans des phrases telles que

(Foucaud)

= une (hache) qui n

:

dire qui n'était pas

à' autre

md

ma ôuro = je

ou ne finisse nou

sent, c'est-à-dire je

ne

finis

uno que nerio

était pas plus

que de

matière que de bois;

ne

finis

ma

de bouei

hois, c'est-à-

— ne

finisse

pas plus qu'à pré-

pas dans un autre moment qu^k pré-

sent. Ordinairement, dans les cas pareils à celui de ce dernier

exemple, ôuro est sous-entendu, ce qui rend l'analyse plus difficile

sortir).

:

ne finisse ma, la ne sor nou

— Enfin, toujours

ma

(

=

elle

ne vient que de

conduit par l'analogie de plus en

plus loin du point de départ, on est arrivé à attribuer à ne.... '

Nous employons

naimo que

l'argen.

aussi

ce ne.

..

que,

à l'imitation

flu

français

:

ou


DEUXIEME PARTIE

322

ma, noumâ, la signification pure et simple de seulement, ce qui explique Temploi de ces locutions dans des phrases comme les suivantes

ma

= dès

:

ne minjo

la

re, la

au moment où

qu'elle Veut,

tout aco n'em.barâsso

— quan

ne beûnoumâ;

Vague nou

la

venait de l'avoir;

elle

= tout cela ne fait qu'embarrasser

ma

*.

Autrefois la locution no mas quant, dans sa forme pleine

comme dans

sa forme elliptique no mas, n'était guère moins

usitée qu'aujourd'hui. Mais on ne l'employait pas encore dans

ceux que nous avons étudiés en dernier

les cas pareils à

et la négation n'était

am

[eu vos

Que

non plus jamais supprimée. Ex. celadamens

tan, dona,

res nol sap

lieu,

:

mas quant

ieu et amors.

(Arnaut de Mareuil.)

Au

aujourd'hui seul usité en pareil cas, on

lieu de quant,

trouve aussi que

:

Et aac

sol

no y ac cogastros

Mas que nos très. (Guillaume IX.)

Conjonction sous-entendue

:

iVous aus preyar

mas en

chantan.

(Arnaut de Mareuil.)

Que

res

non o sap mas Deus. (Peire Vidal.)

Qu'en dey blasmar,

Non mas mon

si

dans m'es,

cor leugier fat

(Giraud Riquier.)

Mais l'ancienne langue ne possédait pas seulement, comme *

Gomme ne.

.

.

ma

pour correspondant,

il

et ne.

..

noumâ

ont toujours en français ne... que

est naturel qu'on ait regardé

l'équivalent et l'exacte traduction de notre

pressions telles que

elle

ne sort que, je ne

md ou

finis que,

lègue français noumri.

De

comme

des ex-

qu'on peut surprendre

à tout instant, chez^nous, dans la bouche des gens peu instruits qui parlent français, et qui ont, par ricochet, passé ensuite

plusieurs disent: ne finisse que:

un bouci

dans

de po re que.

le patois, Il

car

se pourrait

néanmoins que ces expressions se fussent développées dans le français populaire, indépendamment de l'influence limousine. Elles ont, en effet, cours en Angoumois rien que, on ne ferme que, etc. Elles s'explique:

raient naturellement par la

même

sions limousines correspondantes.

opération intellectuelle que les expres-

-


PARTIES DU DISCOURS

383

nous, la locution négative no masquant (ou que) autrement) que; le plus

encore

elle SiVSiii

souvent réduite à mas

masquant.

par Télision de quant, et qui, de sa

signification étymologique plus que,

par une opération de

excepté,

= non plus (ou

la locution positive

était

l'esprit

passée à celle de

analogue à celle qui a

attaché au latin minus et minime la signification de non, nul-

Ex.

lement^,

:

Gran

E

joi

tuh

en

Mas quan

fai lo reis,

qui que s'en plor,

enamic gran e menor,

siei

cilh noble orne ancianor

(G. de Rossillon, v. 6621-3.)

mes, etc.»

ennemis se réjouissent plus que ces nobles homOn voit clairement qu'il y a ici une espèce de litote

pour

entendre que ces derniers ne prennent pas part à

«

Tous

ses

faire

que mas quan y équivaut par conséquent

la joie des autres, et

à excepté.

Avec

sous-entendue

la conjonction A. totz

valon

mas

:

al seinor. (

Flamenca, 3058.

)

Per que tug amador Son guay e cantador

Mas

ieu que plang e plor. {

Bernard de Ventadour.

)

E que val viure ses amor Mas per far enueg a la gen ? (Le même.)

Je trouve encore un exemple pareil, et qui doit s'expliquer

comme

dans un poëte du XVII*

les précédents,

ladais Rousset

Mas *

vous, meyssanto.

Celte analogie devient évidente,

conséquence mens à mas;

[quan ou que} aussi par une sible de la

si l'on

intervertit l'ordre des

comparaison établie par mas quan

la

al seinor,

litote,

même

sar-

que tout me plan

lo crezi

termes de

siècle, le

:

si,

on

et

par exemple, au lieu de a totz valon

dit al seinor

compliquée d'une

valon mens que a

ellipse,

et

deux

qu'on substitue en

totz.

mas C'est

qu'on rendra plus sen-

manière, je veux dire en substituant moins à ne plus,

qu'il faut expliquer l'emploi

de ce dernier adverbe dans

les

deux cas


DEUXIEME PARTIE

324 ((

Je crois que tout

((que vous seule ne

me plaint plus [que] vous», c'est-à-dire me plaignez pas.» Mais aujourd'hui, et

depuis longtemps sans doute, cet emploi de mas (quan

dans

)

une phrase affirmative a complètement cessé d'avoir lieu. 9. Tro (anc. trop). C'est notre seul équivalent de nimù. Ce dernier, que l'ancienne langue avait su conserver {nerns), ne survit aujourd'hui, à

ma

connaissance, dans aucun dia-

lecte.

plus souvent tout-a-fé, qui est le français tout à

T'ont,

\0. fait,

traduisent l'idée de complètement.

avec

la

Dôu

i/m(wzmMs). Composés: 6u min, dôu min

11.

du

tout {fr.

tout),

négation, exprime l'idée inverse.

du moins

(fr.

au moins,

)

12. Prêque

=

fr.

presque. L'anc. langue avait cais {quasi),

que nous employons quelquefois, à l'exemple du français moderne, sous la forme latine (prononcée

casï).

non paucum. Mémo, anc. meesme, qui sous

Pour

à peu près,

comme si

nous disons, non a pauprê, mais a pûprê,

la

seconde

particule éioM plus, 13.

crois,

que

comme

cette forme ne servait, je

adjectif, le rôle d'adverbe étant rempli par

Mémo est d'ailleurs assez peu employé. Dans les phrases négatives, nous préférons le remplacer, quan<l eis,neis [neipsum).

cela est possible, par l'adjectif quite, qu'on fait accorder avec le substantif

accompagnant

mémo pâ

ne fo

=

d'aigo

il

visâdo

;

ne lui a pas

le

verbe

mais ùu ne

li

:

o

même donné un

6u

li

o

mémo

pâ donna nn

parla

ou

;

veire

qnîte

verre d'eau.

Nous n'avons, pour répondre à la question quoties, que noms de nombre et des substan-

14.

des locutions composées de ve {vetz

tifs

= vicem), viage etfco colpj*

examinés ci-dessus, pag. Je ne la vois plus

vado

:

no

ve,

320, et qui en réalité rentrent l'un

= je la vois

(en français limousin, je

moins [que je ne nfi

la

l'avais plus vue)

voyai'i];

et

:

le

même

sens,

un

viage,

dans

l'autre.

ne la vio

=j(? l'avais moin^

[que je ne lavais], moins des deux parts équivalant à pas

réel'emsnt du reste, dans

moins

un

du

tout.

ptl

V'ie

On

dit

avec un exact synonyme de

ne l'avio jamai tan vudo.

Cf. ci-dessus,

aliquando.

pag. 309; autrsico, cauquei co, couca vé,

etc. ==

olim


PAÎiTIES nu DISCOURS

325

On remarquera

co(semel), douâve, dou viâgei,doû co (his), etc.

que, dans douâve, les deux mots se sont unis en

un seul

perdu son accent. C'est du moins ce qu'indique

ve a

où Ve

ciation nontronnaise,

lument atone

Foucaud en

nom

de

final

doit en être

il

comme en

cette locution est abso-

et de succession se

français, à l'aide

du

d'en prumiê, d'en darei

ou plutôt dans

dernier (lieu),

que

autrement à Limoges, car

les

= en

Il

forment cbez

men ajouté au

suffixe

de nombre ordinal: prumiéi^ometi, etc.

les locutions

et

pronon-

une rime masculine.

fait

Les adverbes d'ordre

15.

nous,

;

mais

la

faut noter aussi

premier

premiers, dans

en

(lieu),

les

derniers

(temps).

DEGRÉS DE COMPARAISON

Le comparatif

d'égalité s'exprime par si {ôussi]

ou

tan; celai

de supériorié par pu (rarement mai), celui d'infériorité par min, qui se placent devant l'adverbe. Le rapport entre les

deux termes de

comparaison

la

s'établit,

dans

les

deux der-

niers cas, par que seulement; dans le premier, par que

ou par

coumo.

Des anciens comparatifs organiques Unielhs) et piei (pietz), 7riau.

il

ne reste que miei

correspondant respectivement à

Z»e

et à

Miei remplace quelquefois piî dans son rôle de particule

comparative, ce qui avait lieu aussi dans l'ancienne langue meilh soi pesans

Dans

le

cuna grans socha

:

*

Languedoc on a remplacé souvent, sinon toujours,

mielh par melhor (milhou), c'est-à-dire l'adverbe par l'adjectif

correspondant, pris adverbialement.

de cette substitution dans

On

trouve des exemples

les textes de cette

province dès

le

XV siècle. Le

superlatif absolu s'exprime par bien, forme française

substituée dans ce rôle à notre Oe trop affaibli, par frê (rare-

ment) *

Au

et

par fort;

le superlatif relatif,

contraire, nous

dans un cas où

mer mieux

le

comparatif pré-

employons de préférence mai, synonyme do plus, no fait usage que de mieux eimâ mai t:^ ai

le français

(préférer).

par

:


DEUXIÈME PARTIE

326

cédé de Tarticle, qu'on met dans quelques cas au génitif ou au datif

lou

:

pu douçomen;

V.

pu

ôii

— Affirmation,

négation, doute

— La particule affirmative

I.

nom,

pris son

*,

oc,

de laquelle notre langue a

se présente chez

nous sous

employée

On

n'est pas souvent be {bene)

dôu miei.

tôt ;

seule.

la

forme d; mais

elle

ordinairement à

la joint

plus rarement à plo [plane]^ et alors Yo s'abrège et,

à Nontron, se renforce en a

On

à be :obeplo.

tout seul. Ex.

piti,

:

:

abe, aplo. Quelquefois plo s'ajoute

use souvent aussi, dans

le

même

plôu-t-eû ? plo, pai, plôu

;

sens, de plo

phrase qu'on

s'amuse à faire répéter rapidement aux enfants pour leur exercer la langue.

Concurremment avec o et ses composés, le limousin emploie aussi oui {voui), emprunté probablement au français*.

Pour affirmer en contredisant, nous avons

si,

ou seul ou avec un verbe. Dans ce dernier cas, souvent accompagné de plo

Et de

même

:

verbe

le

est le plus

si ai plo.

farai plo, exemples

dan.-:;

au lieu d'être immobilisé,

fâ,

moderne

le français

il

vou n ave pas minja;

si f au plo, si fat plo, si

lesquels on voit que

comme dans

:

qui s'emploie

si fait ^,

à la 3° pers. du sin-

gulier de l'ind. présent, s'accorde avec la personne qui affirme, ce qui était aussi la règle dans l'ancienne langue.

Joint à obé, sio,

si

forme

siobé,

qu'on prononce, en contractant

en un seul mot dissyllabique, et qui répond au français

si

fait bien.

Si forme encore avec s'emploie *

Ce que

menca, '

On

comme

si

le

trouve pourtant oil

une locution

[siei)

qui

langue. Ex.: hoc be dans Fla-

quelquefois dans nos anciens textes. Ainsi o

;

v. 4496, ai ben.

Cette expression incorrecte (au

vient,

ei {est)

faisait d'ailleurs l'ancienne

l'emploie), a cours aussi

verbe

V. 3077, 3233.

dans Flamenca, v. 2589, 3

le

seul et qu'on renforce, soit en la faisant

comme

le

pâ vengudo.

comme on

fait,

moins dans

prouve sa prononciation

— Si da

fé.

reste,

la

plupart des cas cù on

dans notre patois. C'est du français qu'elle nous Régulièrement

il

{si fé et

non

sifai). Ex.

:

Tu ne

faudrait r(5pondro si sai pfo,

bien plus souvent.


PARTIES DU DISCOURS

ma : ma

précéder de

siei

(mais

si),

soit

327

en la faisant suivre de

plo: siei plo (sic est plane).

D'autres expressions affirmatives sont français

(ma

;

fe oc

=

îv.

ma

:

certènomen, pris au

aux adverbes de manière

de segur, déjà noté

;

ma

foi oui); tout parié (fr. populaire tout de

même), pour dire qu'on accepte une offre ou une proposition.

Notons encore

le

mot dominé,

qui dans certains endroits (par

exemple Saint-Pardoux-la-Rivière) sert à exprimer

ment II.

l'assenti-

{c'est vrai, d'accord, oui, etc.).

La

particule négative non a pris chez nous,

en français, une double forme

:

nou (noun)*, et

ne,

comme

qu'on voit

apparaître dès le XIV* siècle dans des documents du Limousin et d'autres provinces.

ne vole pâ.

Quanta

Ne

sert seulement devant les verbes

:

nou, on ne l'emploie chez nous qu'absolu-

ment; mais en bas-limousin

est

il

employé aussi avec les verbes,

selon l'usage classique, conservé également dans d'autres dialectes.

On renforce la

négation en adjoignant à ne ou à nou, qui dans

ce cas reprend sa nasale finale^, des substantifs désignant des

choses d'importance ou de dimension médiocre

:

ce sont pâ,

pouen{comme en français) et gro {granumy. En haut Limousin, on emploie de la même manière l'expression composée penpiau {pouen un pian point un cheveu) : la nei penpiau esuriêro (Poucaud). Dôu tout s'ajoute souvent, comme le français du tout, à pa ou à pouén Dans le provençal moderne et d'autres dialectes méridio-

=

*

Noun, dans certains

dialectes, entre autres

du Rouergue, peut perdre son n le sicilien.

Ex.

:

initiale, ce

qu'oun se podou pas dire {Béz\er&).

2

Voy. ci-dessus,

3

L'ancienne langue employaitau

p. 105,

note

2.

même usageges{degenus),mija (miga)

quelquefois dorn et aussi re: ren no sap si

Nous avons conservé {la

ne so re

=

bas Languedoc

ceux du bas Languedoc et

qui se remarque aussi dans

elle

el

dema sera

en Provenc!'. Dans quelques autres contrées on emploie

bouci et aussi moussel, qui rappellent mija et dorn gier Gaillard).

vins {P. Cardinal).

mais seulement comme substantif indéterminé ne sait rien). — Ges (gis) persiste tout au moins en re,

:

n'es boiici triste

(Àu-


DEUXIEME PARTIE

328

naux, ces auxiliaires de parFéliminer et ti'es

négation ont

la

fini

suppléer entièrement,

la

mots (adverbes, pronoms,

presque toujours

comme

substantifs), tels

tous lesau-

que

j'amai, re,

cap (aucun), etc., qui, n'étant plus jamais, ou presque jamais,

employés dans des phrases affirmatives, ont pu facilement

comme renfermant nécessairement en eux-

être considérés

mêmes sin,

l'idée négative.

lecte,

la

composée,

On

si,

se joint à

pour former une locution

et [est)

à nier en contestant et qui s'oppose à

nei, qui sert

la fait

précéder

nière, de la conjonction III.

région sud-est du dia-

la

chose est au contraire assez commune.

comme

Ne,

siei.

Cela a lieu aussi quelquefois en limou-

mais très-rarement, sauf dans

le

plus souvent,

md: ma

siei;

comme

— ma

cette der-

nei.

Pour l'expression du doute, nous avons deux locu-

tions composées,dontla première seule nous vient del' ancienne

langue 1.

:

Beleû, aussi heleû bé

l'allemand

ments de

vielleichtj

même

=

qui a le

fr.

peut-être, peut-être bien.

même

Cf.

sens et qui est formé d'élé-

signification.

2. Querâque. Cette dernière locution n'est pas autre chose,

étymoiogiquement, que hoc erat quod qu'elle a d'origine,

à laquelle

comme

elle co.-respond,

àe celle qu'elle a prise

(co era que);

en sorte

l'expression française {sans doute]

une signification assez différente

Cf. en provençal et en languedocien

.

bessai fbene scia) et saique {scia quod), qui

ne traduisent, non

nullement la certitude, mais qui servent seulement à

plus,

exprimer

la probabilité

lativement à la forme, ajtxnt réuni

ou

il

en un seul

même

la simple possibilité.

— Re-

faut observer que, la prononciation

les trois

mots constituants de notre

querâque, l'accent de era, devenu unique, s'est naturellement

porté de affaibli

règle de iï

l'e

en

o,

l'a

sur Va, qui, par suite, non-seulement ne s'est pas

mais encore est devenu long, conformément à

côté de ero,

iiussi

la

tonique paroxyton. En haut Limousin, où existe,

une forme secondaire

parallèlement une autre, qui

erio,

e?,i

notre locution en a

queriâque


PARTIES DU DISCOURS

3^i>

CHAPITRE DEUXIÈME PRÉPOSITION

La

préposition a fait moins de pertes que Tadverbe, en pas-

sant du latin à la langue d'oc.

A

côté des anciennes particules

de ce genre qui sont restées en usage, nous en nouvelles, formées, soit de

noms ou de

avons de

participes, soit de pré-

positions ou d'adverbes réunis ensemble. Je ne séparerai pas les

unes des autres dans

les listes qui

vont suivre.

Les prépositions servant à marquer des rapports divers, temps,

lieu,

cause, etc., on pourrait les classer,

adverbes, d'après leur destination. Mais, tion varie

comme

comme

les

cette destina-

pour plusieurs, une pareille division ne pourrait me bornerai donc à les énumérer

être faite avec rigueur. Je

suivant l'ordre alphabétique, sauf à m'écarter de cet ordre

pour ne pas séparer

celles qui ont la

même

origine ou une

signification analogue.

A, devant les voyelles ad^. Cette préposition prend à

1.

unen euphonique^, qui quelqueondun ôme =^ à un homme. 2. Avan, formé de ab ante. Le simple anz {ante), aujourd'hui périmé, n'était qu'adverbe. Avan a formé, avec de, davan, qui est aussi adverbe. Ce dernier marque un rapport dans l'espace, Composés de davan : per avan un rapport dans le temps. Tulle, devant les consonnes,

même

fois

s'adjoint une?."

davan, ou davan de. 3.

CIm. C'est

le datif

de casa, par lequel

le

français a éga-

lement remplacé apud. Cette préposition se trouve déjà plusieurs fois (sous la

forme chas) dans un des plus anciens

monuments de notre

dialecte et de la langue d'oc, la traduction

»

Autres fermes anciennes particulières aux dialectes méridionaux

mémo

:

adz dans quelques textes. ' Ceci est très-commun dans les dialectes plus méridionaux, comme le languedocien et le provençal. Los exemples en sont déjà très-nombreux dans les textes du XV' siècle. J'en trouve aussi dans des chartes auvergnates du Xin« et du XIV» siècle. (Voy. Meyer, Recueil, p, 171, n' 55, as, az,

ligne

1

;

alz,

Guerre de Navarre, à l'appendice, p. 777). 21


DEUXIEME PARTIE

330

de rÉvangile de saint Jean, et

elle est

cuments limousins des XIV^-XVP dansd'autres textes anciens. le

l'ai

pas remarquée

— A casa se rattachent aussi,

provençal moderne, enco de; dans

synonymes de notre châ. 4. CoMmo (lat. cum). L'o(

fréquente dans les do-

Je ne

s.

=a)

dans

languedocien, aco de,

le

final est

paragogique et rela-

tivement récent. Les formes classiques sont

corn,

cum, con

très-fréquentes dans quelques textes, par ex. les biographies

Le plus ancien exemple que je connaisse de forme moderne se trouve dans le Ludus sancti Jacohi, texte

des troubadours. la

provençal de la

fin

du XV®

s.: soleta

Coumo a pour synonyme affaibli,

am

que l'ancien

n'est autre

en,

coma

los

chins (v. 222).

devant une voyelle end, qui

(amh, ahe=apud), dont

s'est

l'a

par suite peut-être de quelque confusion avec en=-in.

Le même affaiblissement de Va de la préposition am se remarque souvent en Provence {eme, em.be) et en Languedoc *, où elle a pris également le d euphonique {end), qui a été muni ensuite d'un e paragogique, d'où ende.

core devenu on,

onc?,

et

amô y persiste

— A Tulle, am est en-

sous les formes ombeet

embe.

Le limousin n'emploie coumo qu'avec les personnes. Mais en sert avec les noms de choses comme avec ceux de personnes: au s'en vai en safenno; fendi^e dôu bouei end unochou.

Outre coumo eien, nous avons encore avèque,

pris

du fran-

aux mêmes usages que dans cette langue. Countre. Outre la signification du latin contra, d'où

çais et qui sert 5.

elle

vient, cette préposition a aussi et plus souvent celle de juxta,

prope. L'ancien costa est périmé etjosta de latz,

prop, et son composé aprop.

Pour

même,

ces

ainsi

nous avons prê {de) et aprê, également anciens d'ailleurs après).

*

Aprê

la

On en trouve ;

{près,

tient lieu de post, dont le dérivé [pei) n'est plus

des exemples dès

nouailles, vv. 427,

amb, ambe

que

deux derniers,

et,

1463.— Dans

la

avec de préposé,

première donne souvent

lieu,

le

XIV'

s.Voy., par ex., Blandin de Cor-

contrée de Toulouse,

dam

les

deux

est resté

pur

:

par suite do son identité de prononciadans la bouche de

tion avec le r/an.^ français, à de singuliers quiproquo?,

ceux qui mêlent

Va

{darnbé), formes très -usitées, dont

lan|j;ues.


PARTIES DU DISCOURS

331

qu'adverbe, mais seulement en parlant du temps ou pour mar-

quer

Au

rang.

le

ad rétro)

sens de demère, post se rend par dai^ei (de

tu se darei

:

me.

Composés de countre

de countre

:

(à côté de), encountre et à tencountre de. 6. De.

Rend

à la fois de, ex et ab. De, joint à

forme propre aux dialectes plus méridionaux Provence) et qui se rencontre souvent dans

même

littéraires,

Avec

pois, des

deipei = 8.

Dei

:

Din

(

Languedoc,

les textes anciens,

de ces dialectes.

7. Dei, anc. des, deis, aussi deus (de ipso).

français dès

a donné da,

a,

km coumensamen (cf. Bv.

forma

Même

sens que le

de saint Jean, 13,33).

despois, deispueys, aujourd'hui deipuei,

depuis.

fr.

prend u

et dî [dintz et dis). Suivi d'une voyelle, din

euphonique

din-t-un an.

:

en gardant Vs

:

dmsun

J'ai déjà noté la

On

dit aussi,

mais plus rarement,

an. ComT^osé dedin{dedî), aussi adverbe.

péremption du simple

Dans l'ancienne

intz.

langue, dedins pouvait signifier, selon qu'on en détachait

ou qu'on ne

1" cas

:

l'en séparait pas,

2^ cas

dedins la gliesa {Flamenca, 2310);

cobris iyssi

le

dans fin) ou de dedans (extra)

dedins son hermitage {Saint Honorât,

sanz

:

-ç.

de *,

Ma-

34.) Ce

dernier emploi de dedins se rencontre encore quelquefois en limousin. Ainsi

Foucaud

:

nei pâ yuelo de

dî feitan;

— cauque

omide dî soun vesinage. ^n(lat.

in).

Cette préposition a les

j'en français.

On

voit par

9.

sainte Valérie, qu'elle

{end un beu

monumen

mêmes emplois que

un texte dw^XVIP

pouvait prendre alors l'an mey);

mais on ne

siècle, la Vie de le

le lui

d euphonique donne jamais

aujourd'hui, afin sans doute d'empêcher qu'elle ne se confonde

avec en

= am, qui, devant une vojelle,

10. Entre {inter).

gue sous

la

le reçoit toujours.

Se présente quelquefois dans

la vieille lan-

forme antre, qui n'était pas étrangère au limousin,

car on la constate dans de très-anciens textes en ce dialecte. *

Et pareillement dintz.

Dans quelques cas,

Ex

aver trag

:

la

cor d'intz

ïo

ventre {Jaiifre.)

textes la préposition de est placée do préférence, en pareil

pour éviter probablement toute amphibologie, après dintz. Ex.; dintz

d'enfer gitat (Sle Agnes, 1077); dinz de la ciptat (St Honorât, p.l84),

dinz de la

mar

{ihid.. p. 144)

;

etc.


IJBUXIEME PARTIE

332

Je ne sais

ce renforcement de Ye a lieu aujourd'hui encore

si

en quelques endroits, mais à Nontron et dans tout que je connais, on ne ditque

rayon

le

ent7'e.

Des synonymes deentre sont permiei

[fr.

parmi), déjà tel dans

l'ancienne langue, etdemei, probablement de demest de fmixtoj, qui se dit en divers lieux, mais non à Nontron. L'ancienne

langue avait aussi, avec la signification prépositionnelle,

le

simple mest. 11. Estiers (exterius)»

en bas Limousin.

A

Ce suppléant de prœter survit encore

Nontron on

dit eissetâ

(fr.

excepté)*.

Une

autre façon de rendre prœter était d'employer sa/ (de salvum), à la manière 'du français sauf. Cet adjectif n'est plus usité de

saumo

cette sorte que dans la locution consacrée ci-dessus, pag. 87),

ne faut pas

il

le

ma

nou

il

comme

considérer

Des équivalents de

estiers

(Ex.: degu nou

ta fetino {y o\r

se décline et où, par conséquent,

préposition.

sont les locutions

=

ma me

(ne).,

ma

qnan,

personne excepté moi), ana-

lysées dans le chapitre précédent, et sôco de, usitée en haut

Limousin, mais que

la variété

nontronnaise ne connaît pas ou

ne connaît plus. Sôco s'explique facilement,

si

on en rapproche

la forme sownco des dialectes plus méridionaux, dont probable-

ment

dérive et qui est elle-même une altération

elle

nounque (peut-être sinoun que

a,

de

ce quijustiflerait To)'.

si

Le de

de la locution limousine aura été ajouté sans qu'on ait bien su

pourquoi, la vraie signification de sôco n'étant plus sentie. Cf.

du reste

les expressions françaises telles

nous, où de après que est

On

*

trouve, avec

XIV* siècle. La l'italien ecceto, *

Sounque

dernier se

vieille

lit

l'aphérèse de

que de

c'est

explétif.

initial, Aepfaf,

eissetz, tiré

qui est

le

dans un

texte

directement,

du

comme

substantif latin pars. le

languedocien. Le

déjà dans Goudouli. Quant à l'expression pleine si non fois,

avec la signification du sounque vr.ofierne,

version en prose de la Croisade albigeoise, dans les Joyas del gaij

la

saber

et part,

que

ce

concurremment avec sounquo dans

que, on la trouve plusieurs

dans

l'e

langue avait aussi

de exoeptus,

existe

purement

que

et

dans d'autres textes du

XV*

siècle.

Ex.

:

Degu non era

{Croisade, p. 22); sino que capas negras

sinon que

el

rédii. tion

dejioun à oun, voy. ci-dessus, pag, 327.

{ihid., p. 30).

escapat.

Pour

la


PARTIES DU DISCOURS Jusqu'à,

12.

riu'

on prononce plus souvent

duesque (de usquej.

Un sjnonjme

est deicio, deicho (d'eici a)

à demain.

d'ici

A

un peu plus

tion

*

démo

deicho

/

j urqu' a

:

Sinc.

plus usité en haut Limou?in (d'aici

a demaj,

litt.

d'eici on ajoute fréquemment anto, qui paraît

même mot

être le

333

que Venta languedocien, dont

loin

il

sera ques-

nâ (Foucaud).

deichanto ou foun dôu

:

L'ancien fruesca reste en bas Limousin sous les deux formes fresque et traiquo. (Cf. praito

Une

locution

= presta). de signification équivalente

elliptique

saique, qu'on rencontre assez

XIV»-XVP

mousins des inusitée. Ex.

:

souvent dans

est

documents

les

li-

que je crois aujourd'hui

siècles, et

saique a las nossas (Lim.

hist., p.

413), c'est-à-

dire [de] sai [trues] que a las nossas. Cf. àa.ns Flamenca, v. 119,

de sai

Adam, qui

Adam, mais 13.

à la vérité, depuis (et non jusqu'à)

signifie,

qui s'expli(|ue par une ellipse semblable

Môugrâ, anc. malgrat

(de).

Identique au franc, malgré.

Ex.: môugrâ sa finesso, môugr^â tu. L'inverse, grâce

à, se

rend

par Deû marce proprement Dieu merci), locution dans laquelle, (

grâce à l'habitude de joindre ensemble ces deux mots, la signification

du premier a cessé d'être sentie, en sorte que

n'en dit pas plus que marce tout seul. Ex.

boun Dî; Deïi marce

la

:

etc.

:

Deû marce

le

lou

même,

houno Vierjo;Deû marce vou* ; et

en mauvaise part, ce qui est aussi quelquefois çais grâce à

le tout

Deû marce

cas du fran-

lou couqui, la grêlo, lou meichan tem,

».

Même

14. Penden.

pendant : penden

sens et

la messo.

même

origine que le français

Remplace enfraàe

la vieille langue,

que nous n'avons plus. Synonyme Janguodocien, formé de

*

daquio : daquio la garda '

On

mule seul

sur ^

*

Ex

dit

l'a

:

même

manière avec aqui,

= jusqu'à la garde.

— Je remarquerai que,

par suite de l'union en

de marce, l'accent de co dernier a reculé de

et

pénultième

)

la vôtro, ce qui rappelle l'ancionne for-

:

mot de Deu

la

Augier Gaillard

mieux Deu marce

la vostra merce.

Môme

{

:

Deumàrce

et

un

l'e final

non Deumarcé.

emploi de cette locution en Inn^ued^icien et en provençal.

Dion merces la canaillo

moins dans ce dernier fasié sis obro ==

(

dialecte,

parce que,

etc

Augier Gaillard le rôle

de

la

).

Elle y jono aussi, au

conjonction quia

(A>mana prouvençau,

:

doumaci

1875, pag. 46).


DEUXIEME PARTIE

334

en limousin, et plus générale-

15. Per. Cette préposition,

ment en langue d'oc, traduit à la et

pour du français

On

*.

per et pro du latin, par

fois

a un exemple curieux de cette double

signification dans le dicton suivant

que nous appliquons à

,

ceux qui font un mariage d'argent, en jouant aussi sur double sens de bé (bec et bien)

pren per lou bé ; littéralement la

prend par Outre

pour

bec (ou

le

les significations

celle de à l'époque de,

proTerbe

:

vou

Visa,

Per sen

José,

ou ne

:

il

:

ne

prend pas par

la

le

pren pâ per râlo, au

la

l'aile, il

le bien).

àepar

fr.

la

et de pour, notre per a

encore

appliqué au temps; témoin ce

à,

—Leiroundelo vé — Per sen Benei, — ;

*.

la veirei

Per forme avec en une nouvelle préposition, en per, qui est aussi adverbe et qui

en échange, à la place de^. Cette

signifie

préposition composée a existé aussi en français. Ainsi, on

dans Elle

\ met

villes desquelles

gens de tout

le

de Saintes et

Antiquités

[

les

pays.

noms ont Il

été

lit

Barbezieux)

de

changés en pour

les

noms

:

des

j en a même déjà plusieurs exemples

dans Saint Alexis et dans

Per rend quelquefois à

le

Psautier d'Oxford.

lui seul l'idée

depropter. Mais l'équi-

valent le plus ordinairement employé de cette préposition latine est la locution per l'amour de, ou, plus

sans l'article et avec aphérèse de laquelle, et qui *

exprime à peu près

Il est

portant,

comme dans Deû

l'a,

il

est naturel,

*,

dans

marce, dont la fortune a été pareille

mêmes

les

rapports, le sens fonda-

remarquable que ceux qui parlent mal

comme

fréquemment,

per mour de

dans

le

français, en trans-

langue, les habitudes de

cette

une seule

la

deux prépositions per et Tpro, sacrifient non pro à per, comme en limousin, mais per à pro. Ex.: il m'a pris pour la main j'ai passé pour Limoges. ^ Autre exemple tiré d'une vieille chanson, dont on remarquera la verleur,

c'est-à-dire en réduisant à

les

;

sification essentiellement populaire

:

Quan nou soum per Pâquei, nou Boum ou printem La rôso bontouno, la feûlho s'eiten. 3

Synonyme ou

»

Sur

lio

de, haut-lim.

cette locution, voy. encore

Ou

de

;

bas-lim.,

:

ei lé (el luec)

de.

Revue des langues romanes V. 228,

note, et Ascoli, Schizzi franco-provenzali, pag. 42, note 2.


PARTIES DU DISCOURS mental

oblitéré

s'est assez

pour qu'on puisse l'employer en

mauvaise comme en bonne part, avec les

335

pronoms neutres, comme avec

noms de choses ou noms de personnes.

les

les

Ex.: per mour d'aquo. Des formes plus abrégées de la en languedocien, permo et pramo

locution sont,

forme pleine, on

la

de.

même

Sous sa

rencontre déjà non rarement dans les an-

ciens textes.

Quanta. Locution que possédait aussi l'ancienne langue.

16.

Le plus souvent on

dit,

ce qui est également la

langue

d'oil (le

par métathèse des consonnes, tan qu'a,

très-commun dans un

saintongeais)

per en fé de (pour en fait

au pronom me

dialecte voisin de

tan qu'a me. Equivalents

:

de), et fia per^ qui se joint

:

seulement

:

Te jure surmofe Que,

per me,

fia

Degu n'en sôubran jamai

re.

(Foucaud).

On dit aussi fio per me, en affaiblissant l'a en o. C'est le latin me fiât détourné de sa signification propre, qu'il conserve

per

pourtant quelquefois. Ex. per me, c'est-à-dire [il

:

:

degu ne m'aido; quei tou

personne ne m'aide,

c'est tout

fia (oxi fio)

per

me

fiât

faut que je fasse tout). 17. Seloun. C'est le français selon, entré dans la langue d'oc

dès

le

XV*

siècle

Jacobi fselo)

.

au moins.

On

le

trouve dans

le

Ludus

sancti

L'expression classique, conforme au latin, est

remarque à Montauhaii siboun, qui en provient peutmoyennant une mutation inverse de celle qui a, dans

segon. Je être,

prigoun 18.

= profundum, substitué

Sen

et sei (lat. sine).

second à ses, que

la vieille

la gutturale à la labiale.

Le premier correspond à

sens, le

langue employait l'un et l'autre, con-

curremment avec une troisième forme senes. On trouve aussi dans les textes languedociens et provençaux s<?n5a, aujourd'hui senso^ sensé. L's finale de ces

formes est celle dont il a été ques-

tion au chapitre de l'Adverbe, pag. 315, et qu'avaient aussi

reçue plusieurs prépositions. Sen et

fréquemment dans

les

seis se

montrent déjà très-

documents limousins du XIV®

siècle.


DEUXIEME PARTIE

^''^r,

10. Soû. De l'adverbe subtus, qui, dans

latin de la dé-

le

cadence, remplace déjà quelo[uefois sub. Formes anciennes: sotzfsozj, SOS, aussi sot, qui reste

Le composé

{sont, soufo).

comme

adverbe, n'a, le

sens du simple

îïienca, v.

*:

déjà souvent dans la vieille langue, que

Dessoûla taulo. Cf. desot

Synonymes

2679J.

en Languedoc et en Provence

dessoà (anc. desotz), qui est aussi

:

/oâ et dejoû, anc, jos et dejos

terra {Lim. histor., pag. 634).

dejos

la vert foilla(Fla-

Le second

est

:

aussi ad-

verbe. 20. Subre i super) ^ -àuc. sobre, et sur, plus usité.

posé

adverbe et qui a

dessur, qui est à la fois préposition et

:

mémo

Valérie).

même

que

signification LiO.

:

champ {Sainte

même

desobre avec la

Jaufre, p. 63 a

sob7~e; ainsi

:

desobre la verdor.

Autrefois sus était ordinairement suivi de en: sus en sus els p?'atz [B. de Born).

Le provençal moderne

volontiers la préposition de

sus d'eu

:

la

dessur lou

langue employait de

vieille

valeur que

simple

le

Ce dernier

au français Com-

])rovient de sus, ou a été, peut-être, pris

lui

la testa,

adjoint

=sur lui; sus d'un

auhre

(d'Astros, Poésies provenç., p. 51).

2L

Tru{tram),

côté, joignant.

^.joignant

vaut sert,

les

le

Ex.

axic. iras :

=:fr. derrière, et quelquefois à

trâ lou plai

= derrière

mur. Cette préposition

la haie; trâ lou

n'est jamais

noms de personnes ou d'animaux. Dans ce

pour

la

première

mur

employée de cas on se

acception, de darei, dariê, bas-lim.

dornié. 22.

Ver {versus), anc. vers,

ves,

ce dernier souvent renforcé

en vas dans les dialectes méridionaux. Composés: en ver

(fr.

envers), de ver (du côté de).

On

trouve dans l'ancienne langue, outre deves, davasetdaus

{dav{e)s), particuliers, u

ce qu'il semble, à la Provence et au

Languedoc. Le dernier persiste en Rouergue (voy. Peyrot, passim) et sans doute ailleurs.

Un synonyme enta {inde

de vers

est,

en Languedoc et en Gascogne.

ad probablement), par aphérèse

ta,

qui a aussi quel-

* Foucaud emploie quelquefois de soû. comme dp din, pour exprimer un mouvement vers l'extérieur d'ovei, tira soun côu de soû mo den. Nous dirions aujourd'hui, à Nontron du moins, de dessoûma den. :


PARTIES DU DISCOURS

337

quefois le sens de pour ou celui de chez. Cette préposition se

forme

rencontre déjà fréquemment, mais seulement sous

la

pleine, dans les textes anciens de ces provinces

entai

:

rei/

{Guerre de Navarre, v. 1382;; enta nos

= envers nous (Charte do

1226, dans VHist.du Languedoc, iom.

preuves, n° 168).

III,

déjà dit que je crois la retrouver dans

le

du haut Limousin, qui serait alors pour

nyme

d'aici enta.

Un syno-

de enta qui paraît propre à la Grascogne et à la partie la

plus voisine

du Languedoc est cap a

unit quelquefois en

porge

J'ai

deichanto{=- jusqu'à)

(

Armana

cats a).

{cat a,

une seule locution, Ex.

On

les

enta capat lou

:

gascoun, 1874), ce qui, étymologiquement, re-

vient à inde ad caput ad porticum. 23. Viroun (anc. viron^ viro). Cette préposition ne s'applique

plus qu'au temps, et elle est rarement employée seule

;

double presque toujours de ver

On

sert aussi dans le

Pour

les

même

:

ver viroun mieijour.

on

la

se

sens des composés enviroun, aviroun.

rapports dans l'espace, on emploie seulement les

locutions a l'enviroun de, ou enviroun de, autour de, cette dernière remplaçant l'ancien entorn, aujourd'hui périmé.

CHAPITRE TROISIÈME CONJONCTION Il

ne reste aujourd'hui, et

il

ne restait déjà dans l'ancienne

langue, qu'un petit nombre des conjonctions latines.

La

plu-

part de celles qui ont disparu ont été remplacées par

des

locutions composées, dont le premier

une

préposition ou un adverbe, soit un

élément

est, soit

nom, un pronom ou un

participe, ordinairement précédé d'une préposition, et le se-

cond

la conjonction que.

Rappelons que plusieurs adverbes

jouent aussi, à eux seuls, le rôle de conjonction. C'est particuliè-

rement

le

cas de tous ceux qui servent à interroger

:

ente,

quan, coumo, perque, etc.

Les grammairiens divisent, comme on d'après leur emploi, en

sait, les

un assez grand nombre

conjonctions, décelasses (co-


DEUXIEME PARTIE

338

pulatives, adversatives, etc., etc.

dre

ici

paraît inutile de s'astrein-

Il

à une rigoureuse classification de ce genre. Je m'atta-

cherai seulement, en énumérant les conjonctions limousines,

à mettre, autant que possible, ensemble celles dont la destination est analogue. 1.

E (lat.

Autrefois aussi

et).

ed,

et,

devant les voyelles. Les

dialectes méridionaux avaient encore les formes edz).

XIP jusqu'au XVP vant

es,

ez {eti,

Plusieurs textes du Limousin et du Périgord, depuis le

ne servait que de-

siècle, offrent i {y), qui

plus particulièrement devant a. Cette der-

les voyelles,

nière forme se rencontre très-fréquemment dans Gérard de

On

Rossillon.

la

trouve aussi plusieurs

dans

fois

les

Joyas del

gaysaber et dans d'autres textes languedociens moins récents.

A la place dee^,

on emploie aujourd'hui beaucoup plus souvent

l'adverbe mai, qui parfois, à la vérité, ajoute quelque chose

à l'idée de

mai soun

et,

frai

mais

le

plus souvent n'en dit pas davantage

= Jean

On rencontre

limousin de 1371 {Liin.

Le

En

voici

histor., p.

suivant, oixmais a

est question des

cheveux de

Ans son

un

648)

tiré

d'un document

que puninchatz mays

:

un peu plus de force que n'en

aurait e à sa place, est pris dans le il

Jan

déjà dans les anciens textes quelques exem-

ples de cet emploi de mais.

defendatz.

:

et son frère*.

la

roman de Flamen §

comtesse

(840-1);

:

plus blon que non es aurs,

Mais so fon sos meillors thesaurs.

Plus souvent, au lieu de substituer mais à ces deux particules

Ans

;

*

sai

Le dicton suivant

dans Flamenca

bels e grans

dans G. de Rossillon

Ne

ainsi,

(v.

8220)

mais

e

on ajoutait

et,

4139)

:

;

:

quans n'au aucitz

offre

cortes

(v.

e

un exemple de

mais

nafratz.

wai= et unissant deux

propo-

sitions

Lou I,ou

«

Le

soleil luit et

peut précéder mai

il

=

soalei râyo,

boun Dî

pleut; le plus. Ex.

mai ca plôu

Boun fllhôu

bon Dieu :

mil' an

tient

;

;

son

mai mai

filleul.

=

»

mille

— Mai ans

et

=

et

plus.


PARTIES DU DISCOURS

339

Cette locution se rencontre fréquemment dans les textes plus récents [Blandin, Joyas del qay saber, etc.). Elle est de-

venue, par

le

renforcement de 1>*, amay, aujourd'hui

pandu dans tout dont

les

le

Languedoc

exemples commencent à abonder dès

La Croisade albigeoise en prose concurremment renforcé au

les

et le

enguêro, denguêro

vaut alors au latin etiam, dont

rendre

seul, à 2.

Ni

il

XV"

le

siècle.

Ludus sancti Jacobi offrent

=

deux formes. Notre mai

moyen de

ré-

si

et les contrées voisines', et

(fr.

souvent

et est

encore]. Il équi-

peut d'ailleurs

suffire,

à

lui

l'idée.

(anc. ni et ne) -= lat. nec. Cette conjonction renferme

une négation dont la langue cessa, dès son premier âge, d'avoir une conscience bien nette. Aussi fut-elle employée

en

soi

comme

simple équivalent de

maire {Ferabras. 2358); de sas apertenensas

ni

lorpoder ne obediensa

Ex.

et.

:

Coutumes de Limoges,

(

{ibid.,

négation exprimée. Ex.

B non

p.

628

)

;

en

p. 618). Elle ne gardait en général

sens négatif que dans les phrases où

le

Si Dieu platz ni a sa

personas singulars deu dich chasteu

il

y

avait une autre

:

an gaire escavalcat

Ni non son del castel luinat {Jaufre, p. 140 b.)

Aujourd'hui wî n'est plus jamais employé que dans de telles phrases, c'est-à-dire qu'il sert exclusivement à unir des propositions négatives. Mais, joint

mai), qui équivaut lieu,

hmai,

il

forme une locution

presque toujours à

et,

et qui tient

[ni-

ainsi

chez nous, de Yamai languedocien. Ex.: là beliâ nimai loû

burgau (Foucaud) auro de tout

;

nimai mai

constate déjà la

même

î

rriàu (id,).

an di nimai yôu sâbe

que

—H l'on

union des deux particules, nimais ser-

vait aussi quelquefois de copule positive. Ex. S'ieu plus

(id.);

Dans l'ancienne langue, où

:

tuit l'autr'amador vos vuelh

Ni mais vos am, es doncx dregz que m'en planha.

(Pons de Capduelh.) *

'

Gf.

On

avesque, avangeli, formos secondaires de evesque, evangeli. s'en sert aussi en

naissance

du moins, dans

bas Limousin

(ornai),

les autres variétés

du

mais non pas, à dialecte.

ma con-


DEUXIÈME PARTIE

340

Ou

3.

(lat. aut).

La forme

classique esto^ diphthonguée plus

tard en ou, forme nontronnaise, qui s'est ailleurs renforcée en au, revenant ainsi à son point de départ. Je trouve déjà ou

— Nous

dans un document limousin de 1389'.

rement

021!

employons ra-

nous servir des locutions composées

seul, préférant

Ôuhe et ôubetout, dont la première, aujourd'hui la moins usitée des deux, se rencontre déjà de temps en temps dans les anciens textes. Ex.

:

Tro que coms o vescoms o he

rixs bar.

{G. de Rossillon, v. 3401.)

La conjonction 6u se supprime habituellement entre les noms de nombre pris dans un sens indéterminé doù trei an :

= deux ou trois ans; fâ soû trei quatre repâper jour (Foucaud). Et de

même

dans la locution entau entau (de

dautrei lou nâ entau entau [d'autres

telle

[ont] le

ou

telle façon);

nez ainsi ou ainsi)

(Foucaud). 4. Si'

Autre forme

bas Limousin.

A

sion consacrée se

Cette dernière est la plus usitée en

se.

Nontron, on ne laconnaîtque dans l'expres-

=

Di plâ

si

Deo

placet.

taient dans l'ancienne langue; mais

L'une et l'autre exis-

est celle

si

que

les trou-

badours ont préférée. Uni à

la négation, si a

mêmes emplois que jours aune proposition les

en haut Limousin,

est,

formé sinou (anc.

le

entière*.

si

si no, si

non), qui a

français sinon et qui équivaut tou-

Un

conei fco

équivalent non elliptique

ei=hoc est)

de nou, locution

qui s'est probablement développée de celle de l'ancienne lan-

gue

si

queno^, par l'intermédiaire de

si

que de nou, qui en est la

forme nontronnaise. 5.

Ma

(fr.

mais) remplace sed et verum.

J'ai

déjà dit que

des deux formes principales de magis en langue d'oc, c'est à

*

Limousin hidorique, t. Il, p 44. L'idée de msi est rendue par a min que

3

Ex.

'

:

Si d'aisso

Autra votz lan ti

(Ir.

à moins que

m'es certana creirai,

que no, jamai

No oreùai

cr< sfciana

.

(B. de Ventadour.)

.)


PARUES DU DISCOURS que nous avions réservé

Ja seconde, mas,

tion adversative'.

341 le

rôle de conjonc-

Des formes secondaires de mas étaient dans

l'ancienne langue mar, mos, mor, qui toutes se rencontrent dans Gérard de Rossillon et qu'on voit aussi dans d'autres textes.

On trouve également

quelquefois

ma

sans

comme

s,

aujourd'hui. (J.Pertan. Cette conjonction

comme

le

de malgré

néanmoins. Ex.

cela,

caud). Mais autrefois,

:

correspond, que

lui

cela. C'est l'habitude

comme pour

elle signi-

La même chose

trouve

qui a

jamais, à croire que l'idée de négation

avait eu lieu déjà dans l'ancienne

langue de pero, qui veut dire proprement pour l'on

*

et à la détourner ainsi de sa signification

lui était essentielle

normale.

qu'on avait

de l'employer surtout dans des propositions négatives conduit,

sens

le

pertan c'aribo be souven (Fou

conformément à l'étjmologie,

au contraire à cause de

fiait

composée n'a plus aujourd'hui,

français pourtant, qui

mais que

cela,

plus souvent employé au sens de néanmoins:

le

Sap que mortz es

e pero

si

combat. (A. de Mareuil.)

Nous n'avons quefois de la

mée, per *

On

même

oco,

nanière, c'est-à-dire sans négation expri-

au sens àe malgré

cela.

Voy. Béronie,

s'expliquera facilement l'attribution

si l'on fait

tion

plus pero. Mais le bas-limousin emploie quel-

que

attention

lorsqu'elle

que

cotte particule a ici,

194 a.

p.

ù magis de ce nouveau

au fond,

remplace (voy. ci-dessus, paragr.

la

même

1) et

rôle,

significa-

ou etiam.

Il

est

bon mais vif= il est bon et de plus vif, avec une idée accessoire d'opposition entre ces deux qualités, qui naît d'elle-même de leur rapprochement.

On comprend que

cette idée accessoire à' opposition, s'ajoutant ainsi à celle

d'addition, qui est seule nir la dominante.

En

au fond contenue dans magis,

ait fini

par deve-

limousin, et en général en langue d'oc, la possession

de deux formes dérivées de magis a permis de conserver à cet adverbe

la

plénitude de sa signification originaire, en attachant celle-ci à la pre-

mière (mai), et en réservant pour la seconde {mas) et restreinte

pas,

de sed. Mais en français, où la

même

magis a dû se réduire au second de ces deux

cution n'en pouvoir mais, où * Ex.

:

K

il

la signification

dérivée

dualité de forme n'existe rôles,

sauf dans

conserve sa signillculion primitive.

pertant nos laissa d'anar (Jaufre.)

la lo


DEUXIEME PARTl]^

342

Une

autre équivalent de tamen est la locution saique de

abrégée de que de sai que de au chapitre des Adverbes.

beaucoup, dans

dit

le

lai

*,

mentionnée, sous fa?,

et déjà

lai,

En languedocien et en provençal, on

même

sens,

pamens {pas moins).

Citons encore, outre cependen, imité du français cependant,

une expression, en

tout aco {îrsinG. populaire, avec tout ça),

connaissait aussi l'ancienne langue {ab totso la signification adversative s'est développée,

')

et

que

dans laquelle

comme dans

mas,

de la copulative. Il

nous faut enfin mentionner

ici

de nouveau

si (lat. sic),

qui

est essentiellement adverbe, mais qui, dans certains cas, joue,

comme dans le rôle 1

l'ancienne langue

Sai que de

enfin, donc, eh

r.

quoiqu'il en

*

que

sio {soit

bien

que

t II

en vieux français, *;

sin*ei

copâ

traduit aussi, mais plus rarement encore, le

locution dont l'équivalent

soit,

le

plus

ordinaire

est

soit).

Ex.: Bertran Garbonel {Denkmâler,

Mas ab 8

comme

plus rarement employé dans ce sens que dans celui

lai est

de

sio

et

»

des conjonctions latines tamen ou verum

6, 25)

:

tôt so fan que fol e musart.

Voy.-en deux exemples dans Raynouard, Lex. rom J'ai déjà signalé plus

haut l'emploi de

Si (sic)

,

comme

V, p. 224 a. particule affir-

mative d'opposition, emploi dont celui que je constate ici ne se distingue pas au fond, et comme formule de souhait (dans l'ancienne langue). Celte particule servait aussi quelquefois, mais moins à ce qu'il semble

que dans

vieux franc., à unir deux propositions indépendantes,

le

aurait fait

et,

ou à marquer

Flamenca, 257-8

la transition

de l'unn à

comme

l'autre. Ainsi,

dans

:

Lfivas (l'aqui.

si

la venes

Doncas vezer dedluz Pa cambra. Et.

dans Boëce, v. 59

:

Fez SOS mes

soj^re, silz fsz

metrc en preso.

Elle conserve cet emploi en Provence, sinon dans (ce

que

je n'ai

pulaires,

pas

les

moyens do

elle est aussi

vérifier),

le

langage courant

du moins dans des chants po-

quelquefois purement explétive. Voy.

M. Damase Arbaud, I, pp. 134, 144, français du Forez {Romania, IV, 113) (le

157, etc., et cf.

:

Sout trois soldats l'ont dérobéie Si son père la suit-z-après.

Et encore

:

mon

Dieu, je vous remercie, ainsi que vous, Vierge Marie! Si son père la voit venir, etc

le recueil

dans des chants


PARTIES DU DISCOURS tan maleiza (Foucaud).

Dans

les

343

phrases affirmatives,

presque toujours accompagné de plo ou de be si

il

est

qu'ei bien far,

:

fou co plo parti.

Car

7.

(lat,

quare\

même

sens qu'en français. Particule au-

On

jourd'hui peu employée.

se sert

beaucoup plus de per-

soque.

Car ayant le latin des es),

pris la place de quia, qui s'était lui-même, dans

bas siècles, substitué à quod {mémento quia pulvis

on s'explique facilement que

le rôle

de cette dernière con-

jonction ait été usurpé aussi par notre car, qui signifie ainsi

dans

les

anciens textes non-seulement parce que, mais encore

de ce que, à savoir que. Ex.:

Arnaut de Mareuil

:

Si conoissetz nius par

Que

sia fallimens

Car vos

sui benvolens,

Soffrelz m'aquest faillir.

Bernard de Ventadour

:

Sa m'auci de dolor Quar ochaison non

De soven anar

Le

français

perque ou per

c'est

so,

ai

lai

pourquoi se rendait habituellement par

placé en tête de la proposition.

Nous n'em-

ployons plus ainsi ces locutions, et nous les remplaçons dans ce rôle par aussi, eitaplo, citabe, eitapau, locutions composées,

dont

la

dernière emprunte ordinairement à son second élé-

ment une nuance négative ou 8. les

adversative.

Doun, anc. donc, doncx, doncas. Déjà mentionnée parmi

adverbes de temps, cette particule

tion, les

mêmes

a,

comme

conjonc-

emplois qu'en français. Elle a aussi chez nous

pour équivalent, per counsequen, qui quelquefois s'y ajoute Edoun

per counsequen

lo

li

sauvé

:

la vito.

(Foucaud.)

9.

Coumo, anc. comaf

concurremment avec

corn,

con{quomodo). Cette conjonction,

que, sert encore,

comme

autrefois,

à unir


DEUXIEME PARTIE

2U les

deux termes d'une comparaison d'égalité

gran coumo soun

frai.

El

m on

am

non es ren qu'ieu

tan

tan gran ou si

:

cum

vos.

(Arn. de Mareuil.

)

Elle traduit aussi sicut, dont l'ancienne langue avait dans si

com un équivalent plus exact: queiariba coumo ou zou

vio di.

Elle a enfin quelquefois la signification temporelle de tandis

Composé

que, pendant que. lorsque.

Quan

10.

comme dans

paragogique

On

coumo.

môme

coumo

:

si

ounte et

comme

i'o {a)

signification était lanquan

ne so pâ courà

Quan

la

comme

si.

{illo

dans

les

deux de

anno quando)., qui n'a pas couro et courà:

:

vendra.

n'a jamais chez nous,

numents de

fr.

Un composé

rélide à volonté devant les voyelles.

survécu. Sjnon. d'un emploi plus restreint la

=^

et quante (anc. quant, quan; lat. quando). L'e est

non plus que dans

les

purs mo-

que

l'âge classique, d'autre signification

celle

de

lorsque ; mais, dans le languedocien et le provençal, cette con-

jonction a aussi,

comme en

ce que, qu'on

trouve déjà quelquefois dans des textes an-

lui

latin, celle

de vu que, puisque, de

ciens de ces provinces. Ex.: grand joia ay

gut {Croisade albigeoise en prose, p. 99); a tanta de pena a volgut prendre 12. Que, aussi qued

anciens textes,

lat.

,

tif d'égalité,

coumo.

En

elle

Que a

lier les

mêmes em-

deux termes d'un compara-

cède souvent, surtout après

tan, la place

lo

rnortnavia [Coût, de Li.

français, à former, avec

d'autres

mots, beaucoup de locutions conjonctives. J'énumérerai les principales

assez

se

ici

:

Dei que, anc. que,

à

langue employait, de préférence,

ce qui aujourd'hui n'a plus lieu

comme en

servi,

ayssiven-

p. 13).

quant (ex.: an tant de poder quant ;

ses

remerciât quand

quod. Cette conjonction a les

pareil cas, la vieille

moges, p. 600))

lo

quez, ques, quelquefois quas, dans les

qu'en français. Pour

|)lois

[id.,

quand

deis (des, deusj que.

est peut-être

commune dans

les

On

disait aussi de se (ce)

une forme du pronom dialectes modernes.

so,

devenue

— Deipuei

(

ou


PARTIES DU DISCOURS detpei) que

= depuis que

345

autrefois, aussi

et,

a/jm

que. Ex.:

despoy que ho auran comprat [Coût, de Limoges, p. 608).

Avan

que, anc. abans que, anceis que, enans que et, avec le

simple, ans que.

— Pu

que

que et ôussitô que (anc. tan

(fr. plus tôt et plutôt que).

que

tost

— Si

).

Apt^ê que, peiprê que. L'ancienne langue employait de pré-

férence despueis que, ou le simple pueis (pois) que, aujourd'hui peique, qui

n'a

conservé,

comme

le

français puisque, de sa

d'autrefois, que le sens causal, sorti

double signification

primitif grâce à la confusion

si

du

naturelle, et qui est la source

du plus commun des paralogismes, des idées de conséquence et de postériorité.

Deicio que

jusquo que

a que'^)

d'aissî

(

{cî.

=

fr.

jusqu'à ce que.

On

dit aussi

jusquas que {Crois, albigeoise en ^vo^e.,'^. 30) et

jusqua tan que. Say que se trouve, avec des textes limousins du XIV*

s., par

même

le

sens, dans

ex.: say que v ans sian pas-

sât {Lim. histor., p. 622). L'expression ordinaire de cette idée

dans l'ancienne langue était entra que, plus souvent abrégé en tro que, et

l'on sous-entendait habituellement que. Ex.:

Tro ve

la

nuhs escura que

toi esgart.

(G. deRossillon, v. 8670.)

Penden que. Forme toute moderne et imitée du français. disons aussi tandis que. L'ancien mentre que existe encore

Nous

en bas Limousin. Mentre provient

d'ailleurs de la

forme plus

complète domentre, dementre (dum intérim), qui avait donné aussi domens, plus particulier, à ce qu'il semble, au dialecte

provençal.

On

A. inter et

que, qui ont le

dans

trouve aussi enmentre.

non à

intérim se rattachent entre que et entretan

même

sens que mentre et qui ne sont pas rares

les textes classiques.

Entretan que se

moins que entretandî que. Quant à tude en limousin,

il

entre que,

dit

encore, mais

tombé en désué-

se conserve dans des dialectes plus méri-

dionaux, qui emploient du reste plus souvent entre seul, avec *

D'ayssiche. avec ce sens, est dans

Btondm de

Cornouailles, v 278.

Formes analogues de diverses contrées du Languedoc d'aquio que, d'aqui :

que, dinquio etdinquios que, duscos que, elc

25


DEUXIEME PARTIE

346 rinfinitif,

dans

le

même

sens, et aussi dans celui de dès que,

après que. Ex.: sega lous blats entre que sou madurs (Peyrot);

— entr'aveire soupat, avant de s'ana jaire (le même). Per que^=

pour que,

fr.

afin que, et aussi,

par suite de

double signiflcation de per, parce que et puisque. Dans

mier sens on

mour

{per

encore per

dit

fi

la

pre-

le

que et mieux per l'amour que

que). Cette dernière locution signifie également

parce que, dont nous avons d'ailleurs l'exact équivalent dans persoque (quelquefois yOé'rce^'we), qui se litdéjàdans les plus an-

Une

ciens textes de notre langue*.

des

mêmes

autre expression ancienne

Lan-

idées est per tal que, encore usitée dans le

guedoc.

Ma

que

=

pourvu que

dès que,

.

(Nous disons aussi pervu

comme

que, à la française.) Cette locution doit s'expliquer,

noumâ, mâquan, déjà analysés, par une pleine serait

va

mas

ellipse.

L'expression

= plus cela que, c'est-à-dire cela (qu'on

so que

que montre d'ailleurs clairement

dire) étant déplus. C'est ce

une expression équivalente de l'ancienne langue, où tantôt exprimé, tantôt sous-entendu avec cela que). Ex.

:

am

:

ab so que (littéralement

so que sia sespecat [Joyas, 157);

vos batejes [Sainte Agnès, 693).

so est

am

que

— Mas que avait plus souvent

autrefois la signiflcation de puisque, qu'il partageait avec pois

que et que nous ne lui donnons plus

*

en

Ne pas

même

confondre avec perque

temps qu'adverbe

=

{dijo

^.

L'idée de pourvu que

pourquoi, qui est aussi conjonction

me perque

tu z'd

fat),

comme

parlent français. Cette faute paraît

commune dans

font

quand

quelquefois les gens illettrés de nos provinces méridionales,

ils

le Bordelais. Il n'est

pas rare d'y entendre dire pourquoi au lieu de parce que. *

A côté

de persoque, on avait encore lalocution pléonastique per so car,

qui recevait de son dernier élément une signification plus précise. ' Il

cents,

a celle de

pourvu que dans les deux ex. suivants, relativement rédes Coutumes de Limoges : Mas que

et dont le second est tiré

tu vuelhas eêtar

am mi

{Leys d'amors,

ses frau {Lim. hist., p. 606)

poétiques,

mas

sous-entendue

que,

comme

.

II, 240);

rappellerai

mas que

ici

eysso se fassa

que dans

les

textes

pois que, laissaittoujours, ou presque toujours

la conjonction

E mot.

— Je

gue. Ex.

K, vos manda,

:

anem en

lai.

(&. de Rossillon,

.

3469.)


PARTIES DU DISCOURS

347

s'exprimait aussi alors par sol que, aujourd'iiui hors d'usage. Quoique, bien que, malgré que. Ces locutions françaises sont au-

jourd'hui les seuls équivalents de

qui aient cours à

etsi

tron et aussi, je crois, en haut Limousin.

possède une autre,

ornai, qui lui est

Non-

Le bas Limousin en

commune avec

langue-

le

docien {amai, emai), et dans laquelle il faut sous-entendre que.

Le sens fondamental développée

est et plus, d'où l'idée d'opposition s'est

comme dans mas (voy. ci-dessus,

pressions classiques de-la

même

p. 341).

— Les ex-

idée étaient sitôt et si ben.

On

avait aussi, pour la prose, jasiaisso (ja sia aisso) que, dont les

exemples ne sont pas rares dans

XV^ siècles.Enfin le

même

les textes limousins des

XIV-

employait assez fréquemment dans

la poésie

sens la locution coras que, qui signifie proprement

à quelle heure que.

Je clorai la

par

de nos principales locutions conjonctives

liste

deux suivantes, qui sont des plus usitées parmi

les

que nous avons formées avec des noms

:

De maniêro que (on

dit aussi de feissou que, de sorto que) et

mot

de beau que). Cette dernière correspond

de beu que (mot à

au français tant ou à force l'ei

la

celles

ôro

= tant

porto

l'infinitif.

beûquôu

de

= à force de frapper,

Remarque. — On

avec

de,

elle est laide;

Ex.

tutâvo,

:

de beû que

du enfouncé

enfonça la porte.

il

a vu que, dans l'ancienne langue, plu-

sieurs des locutions conjonctives qui viennent d'être

énumé-

rées rejetaient souvent, quelques-unes presque toujours, au

moins en poésie,

mas

la conjonction

que. Telles étsàent pois que,

que, tro que. Persoque est, je crois, la seule qui puisse

nâ ==parce que je veux y

le faire

aujourd'hui {perso vole

et c'est

précisément une de celles qui ne soufiraient pas cette

î

aller),

ellipse.

Au

contraire, que pouvait avoir à lui seul le sens de quel-

ques-unes des locutions conjonctives qu'il concourait à for-

mer, et c'est ce qui a lieu encore de nos jours, où souvent afin que, tandis que , au

lieu

il

signifie

que , parce que, vu que,

Pour des exemples anciens de la plupart de ces significations, voyez Raynouard, Lex. rom., de manière que

V, 13.

,

tant que.


DEUXIEME PARTIE

348

CHAPITRE QUATRIÈME INTERJECTION

Les interjections proprement dites sont en assez bre. Voici les principales (

On

long et ouvert).

s'en sert

la parole à quelqu'un. Il

(dites)

ô!

dijâ,

:

exprime

suit

— Moins long et

prononcé de (

le

loin

verbe dijâ

moins ouvert à la

fois,

il

la réprobation.

second est

ai

nom-

quand on adresse de

ordinairement

0, très-long et fermé, où l'on entend le

petit

:

exprime

très-affaibli,

la

même

monosyllabe

comme deux

dont

o

la souffrance physique.

manière, sert au

même

A,

usage, ainsi que

).

A, long et très-ouvert

satisfaction.

:

Moins ouvert,

exprimer, selon l'intonation, l'étonnement,

l'ironie, le

il

peut

mécon-

tentement, la douleur.

E, long a les

et très-ouvert, sert

mêmes

emplois que

avec l'adverbe bene

:

le

pour appeler. Moins ouvert,

il

français eh, et s'associe de

même

forme contractée de

veez,

ê bé!

Vouei, joint ordinairement à vê,

impératif pluriel de veire

:

vouei vê! C'est probablement Voi de

l'ancienne langue. Bas-lim., èom; haut-lim., éoMe2. Cette interjection, de signification d'ailleurs la surprise

Chou a

moqueuse,

le

même

peu précise, exprime surtout

l'ironie et le dédain.

emploi que

le français chut.

On

le

redouble

quelquefois.

U et

î

servent seulement pour exciter les animaux et parti-

culièrement les bêtes de somme.

Outre

au

les interjections

même

proprement

dites,

on emploie encore

usage d'autres expressions prises des autres parties

du discours, et dans la plupart desquelles la signification primitive a complètement cessé d'être sentie. Je mentionnerai jes principales.

Bondi (littéralement bon Dieu). Exprime ration.

Pourinvoquer Dieu, on

dit

la surprise, l'admi-

moun Dî (Deû), formule

qui


PARTIES DU DISCOURS sert aussi, surtout précédée

de

349

à exprimer la douleur

â,

et,

avec une intonation différente, la frayeur, quelquefois une surprise subite, Tironie, etc.

Pardi, avec «bref. Cette expression (littéralement par Z^eew) signifie certes, sans insistance.

pelle

On

n'y sent plus rien qui rap-

un serment. La même chose

est à dire de

mafl

= ma

foi.

Bounogen

paubre

!

!

Exclamations analogues au pecaire des

dialectes plus méridionaux, et par lesquelles on exprime prin-

cipalement la

mais qui peuvent aussi, surtoutle dernier,

pitié,

servir à traduire d'autres

sentiments,

comme

l'étonnement,

l'admiration.

Mêmes

Diable.

s'en servait déjà

emplois qu'en français. L'ancienne langue e

:

don diables

es

vengutz? {Jaufre, p. 151

b).

Remarquez dans cet exemple Vs de diables. Est-ce Y s adverbiale ou la marque du pluriel? Dans tous les cas, le haut-limousin a une forme très-altérée de cette interjection, diaurei (cf. diaule

final

en

comme

renvoie à une forme antérieure en

v. fr.), qui

— Diable

celle-ci.

est

es

encore partie essentielle

de quelques locutions elliptiques, à tournure imprécative, par

on exprime

lesquelles

la contrariété, le

soi-même ou des autres ou me

sio

diable

sio

me pâ

:

Diable

te sio

ou même, par une

!

ou

mécontentement de te sio

ellipse

Diable

I

me

encore plus forte,

!

Les formules de salutation sont adî [adeû] adisiâ ;

*

quand on

s'adresse à plusieurs ou à quelqu'un qu'on ne tutoie pas; boun

jour; boun

sei;

bouno né; Dî

sio cen

{Dieu soit céans), quand on

entre dans une maison.

Pour remercier sa nasale).

Uei

:

mem ou marci, gramarcei (ou gran

final

forme antérieure en ciens textes. Ex.

:

a perdu

de ce dernier mot s'explique par une es,

qui est en effet fréquente dans les an-

Seiner, la vostragran merces !{Jaufre, 170 b)'

Pour exprimer un souhait, on emploie

pleit-a-Deil (ou Dî),

littéralement plût à Dieu, qui est une altération de plagues ou *

ï"orraule ancienne

dans

la langue.

Voy. Raynouard,

d'autres exemples dans Flamenca, vv. 6880, 7344.

L. R., III, 32, et


DEUXIEME PARTIE

850

plases a Deu^ ou plutôt peut-être de

Pour appeler quelqu'un qu'on posé de vé et de qui {viens

ici).

tutoie

l'expression française. :

vêque fou vaque), com-

Qui, ainsi

devenu que

et dé-

pouillé de son accent, n'a plus été reconnu. Aussi dit-on sou-

vent, par

un pléonasme inconscient, vêque qui. Une expression

même

sens et de composition analogue, mais dont les éléments sont placés dans l'ordre inverse, existe en Languedoc savi (sabi) et en Gascogne ça viens.

de

=

:

Deici (à Tulle), à

prement d'eici=

Pour chasser

Nontron

{hors) d'ici,

les chats,

on

par renforcement du

teici,

ackd, les

dit

deux a

de mettre quelqu'un dehors, on dit defôro

s'agit

Pour

pro-

bref.

S'il

!

exciter à l'ouvrage, presser de partir, etc., on se sert,

comme en ajoute

d,

s'emploie pour chasser les chiens.

français, des

même

souvent

On y Anem !

impératifs de aller et de voir.

l'infinitif

de ce dernier verbe

:

vesam! vesam veiref

Le français assez / se rend par /a/ et aussi parprow/ La formule de serment la plus ordinaire est per moun armo, ou simplement moun armo, où persiste l'ancienne forme de anima, devenue âmo partout ailleurs. On dit aussi, ?.vec l'adjectif possessif au féminin, marmo {m'arma), selon l'ancien et correct usage, dont c'est là,

si

je ne

me

trompe, la seule trace

qui nous reste

Je m'abstiendrai de relever les jurements. ral fort grossiers

Ils

sont en géné-

Je noterai seulement deux ou trois jurons

anodins, produits d'altérations inconscientes ou volontaires:

Sangî pour sang

-

Dieti;

sangiurei pour sandiaurei

sang-diable — ma jargocîl ^ mon reniement (Voy. Œuvres de Foucaud, 229); — foutringo; — ;

p.

Dans

les

Ruben,

sucre.

imprécations où entre «acre, c'est toujours sous la

forme française que ce mot est employé. On prononce Va long, et

de Ve

il

=

très-

arrive souvent, par suite, qu'il attire à lui l'accent

final.

FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE


ADDITIONS ET CORRECTIONS

Page 21, ligne 13. J'aurais pu me dispenser d'exprimer un doute. Iln'est pas possible en effet d'admettre abbas parmi des rimes en as, la finale de ce mot étant atone. Il faut probablement corriger leurs.

21, note 1.

22,

1.

albas,

comme

je

l'ai

depuis proposé

ail-

— En rapprocher note 3 de page 290. — On peut'voir, dans une même page de G. de la

la

10-14.

Hofmann), les trois formes cha, che et deux dernières dans le même vers (7572). On trouve aujourd'hui cho en Auvergne, co en Rouergue et en Quercy. Des exemples anciens du même affaiblissement en o de l'a [an] tonique sont so {sanum) et certos [certas =^ *certanos), dans

Rossillon {162 de l'édit.

chi (ces

des textes limousins de 1371 et de 1475. 23,

1.

30.

— On peut ajouter

chivalier,

forme qui se ren-

contre déjà très-fréquemment dans les anciens textes. L'a reste dans chavau.

23,

1.

11.

— Ajoutez bounhâ=^ banhâ

(fr.

baigner), les

deux

formes étant usitées l'une et l'autre, mais dans des acceptions différentes.

24, E,

1.

5-6.

Il

faut faire une

exception pour

limousin (contrée de Tulle), qui, au contraire,

en

i

le

bas-

souvent

affaiblit

Ve tonique ou protonique de toute origine

25,1. 1.

Supprimer

cultellus, coûté.

— Supprimer cette note.

L'î, en effet, bien qu'on ne puisse pas toujours constater le fait, a dû se développer, à l'intérieur du mot comme en finale, avant la chute de Vs, en

25, note 1.

*

A moins d'indication contraire,

— Dans

la ligne

désignée est toujours celle du

compte des lignes on a négligé

le titre courant, ainsi que ceux des chapitres, sections et paragraphes. — On n'a pas cru devoir faire un errata particulier pour les fautes purement typographiques on s'est borné à les relever, à leur ordre, parmi les autres.

texte.

le

;


ADDITIONS ET CORRECTIONS

352

sorte que la série normale est es,

lieu, en consémots « à la suite cette consonne tombe.» eis, ei. II

y a

quence,de remplacer dans

le texte, ligne 5, les

de cette consonne» par

et

26,

1.

3 de

«

— Lis. atone. — On peut ajouter damandâ,

la fin: « atones. »

28, dernière

1.

:

qui se

un document limousin de 1371

plusieurs fois dans

lit

déjà

{L'im. hist.,

pp. 598, 610, 644, etc.)

— Les lettres — Je 1-5 et note

31, note 4.

initiales

des deux dernières lignes

ont été interverties. 33,

citerai,

1.

1.

confirmer l'opinion

dour {Quan

comme pouvant

servir à

exprimée, une pièce de B. de Venta-

ici

une autre de B. de Born {Quart comme fron (frontem), pon {ponetc., riment &Yecmon{mundum,)y segon

vei la laudeta) et

la novella flors),

où des mots

tem), retpon (respondet),

secundum), son {sunt), etc. 34,

1.

8-9.

— Feulha se

lit

dans un texte de 1463.

de feulho existe aussi, en haut et bas limousin,

A

côté

felho, qui pro-

vient de la forme classique fuelha, par réduction de la diph-

thongue 34<

1.

comme

ue.

estreit

a de

langue classique considérait aussi

Vô dans cette condition, c'est-à-dire

çait ou. C'est ce

l'on

— La

12 du bas.

que prouvent

bo{n), so(w),

les

le prononexemples sans nombre que

rimant avec des mots

tels

que chanso{n),

razo{n), etc.

37, 1. 20. Envio ne vient pas directement de envidia. Il a été précédé de enveia, où ei s'est ensuite réduit à i comme dans mia-né{p. 53, 1. 3) de meia-nuech, etc. 41,

1.

9.

— Effacer *refutiare, refusar, refusa.

de refusar est incertaine

L'étjmologie

mais ce ne peut être refutiare,

;

forme inconnue et invraisemblable. 43,

1.

4

43,

1.

7 du bas

—Lis.: requeulo. Viduare, voidar. » — Cette étymologie de

:« requeule, » «

:

voidar n'est pas certaine. Voy. la Romania, 44,

1.

1.

français, aïger

A notre

= *œdicare çouv œdificare.Yoj

1.5. 45,

1.

11:

46,

1.

2 du bas:

((

II,

caitis

. ))

«

327, et IV, 257.

froujâ on peut comparer, en

— Lis

. :

ou Me.»

caitius .

Lis.:

ou

owe.

.

Romania,

ancien 1,

166,


ADDITIONS ET CORRECTIONS 46, dernière

1.:

u*bodma, houeino.

»—

353

L'intermédiaire néces-

remarqué d'exemples, se peut voir dans des documents limousins et languedociens du XIV® s.

saire boina, dont je n'avais pas

Voy. Br€Viarid'amor,\. 17003 (variantes); Limousin historique, 604.

p.

47,

51,

10 du bas

1.

haut

le

1.

Ex.

:

Dans

le

haut-Limousin.

le

»

— Lis.

Dans

:

bas Limousin.

— Ajoutez

9 du bas.

Limousin, dans et y.

«

:

comme dans

les finales

archer,

barger

« rainos^

ranoû.

:

se réduit souvent à

ie

en

ier,

:=:

archier,

e,

en haut

après les chuintantes ck bergier,

formes non-

tronnaises. 53,

1.

3:

par changement 53,

1.

7.

— Couei

traction de co série

ei

en

d'e

a.

»

est plutôt l'ancien renos,

peut très-bien être

=z(a)co

es.

le résultat

de la con-

Mais je crois plus probable que

des formes est celle-ci

par

Ranoû

(Voy, p. 28, dernier alinéa.)

:

{a)co es, (ajco's,

{a)cois ;

la

d'où

développement normal d'oi en ouei (voy. Coutumes de Limoges, noys tengut= no es tengut et soy assaber so es a. Un autre exemple de ce développement de r{ devant s, résidu d'es, ainsi affixé, est le sui-

coueis, couei,

le

p. 46). Cf., dans les

=

vant, tiré d'une des nouvelles de R. Vidal {Gedichte der Tr., II,

p. 26,

1.

19 du bas): tota

ma

rancurays merce^=. .rancura

es.

=

Le même phénomène se produisait souvent devant s se, pronom réfléchi. Voy. ci-après l'addition à la p. 179, 1.8 du bas.

54-55. Syncope. Ce qui est dit ici est insuffisant et trop peu précis. La question a besoin d'être reprise et étudiée de plus près et dans un plus grand détail, à la lumière de l'excellent

mémoire récemment publié par M. Darmesteter sur

la protonique en français

56,

1.

signe

le

56,

1.

1:

=

[Romania, V, 140).

Pouvero (polveraj par «de.o

«

19-24.

—Il

ei,

dans eiranho,

en

effet,

n'est pas aussi sur

soit prosthétique.

eranha, où

affaiblissement de

= pulverem.n — Remplacer

l'e

l'a

n'est

que je

le

croyais que

L'ancienne langue

probablement que

le résultat

offre,

d'un

de aranea, et d'où notre eiranho pourrait

très-bien provenir. 58,

1.

19.

— Ajouter: Dans la basse Auvergne et

les

cantons


ADDITIONS ET CORRECTIONS

354

avoisinants de la

eeir

entre

Marche limousine, un a s'insère de même =' ferra) et peut persister après la

(ex.: tearro

chute de IV /

peadre= perdre.

58, note 1.

De

mens.

dans

Viala est plusieurs fois

Croisade albigeoise.

la

On y trouve

la

Chanson de

aussi ^a/, mialsoldor, umial-

pareilles formes (souvent

en

iel: viela,

fiel.,

etc.) se

rencontrent, plus ou moins clairsemées, dans d'autres textes

du Languedoc, du Rouergue, de TAuvergne, même de la Provence ^ Ainsi fiell, corrigé sans nécessité en fill par l'éditeur, est la forme constante de filium dans Sancta Agnes. Cette insertion a lieu même quelquefois entre un ^ final et l'article ou pronom appuyé l, et c'est alors presque toujours e qui s'introduit. La plupart des éditeurs ou rejettent cet e, ou

détachent de Vi précédent, ce qui, dans ce dernier cas, a

le

le

très-fâcheux effet d'induire en erreur sur sa vraie nature et de faire voir un article

el

n'y en a pas. Voici des exem-

il

ples: Folquet de Lunel, édit. Eichelkraut, p. 22, v. 45

= qui

vis

lo Yis

(édit.:

aucun

qu'ai vis, ce qui n'a

quial

:

sens);

Croisade albigeoise, v. 592 (note): aquiel an GdiV^Qi-=aqui Tan;

— Guerre de Navarre, v. 224: lo E

V. 743:

siel

message {auzi

cosseiltz e lo);

1389

v.

murs quez esfendutz quiel enten

yeu :

(nilo);

=^m"(=sion)

(

règne yel pays si lo); v.

=

1374 Ez :

y

per quiel rey {qui Io];y. 2366

lo;

el qu'auziel :

Niel

Giraud Riquier, p. 215, v. 235

:

/'enten (édit.: quie /'enten, leçon

inadmissible et qui, d'ailleurs, changerait le sens);

— Matfre

Ermengaud {Troubadours deBéziers, p. 132): Si es quiel defenda {qui lo); le même (Denkmœ 1er , 80, 26): Li plaser son mays queilh pessier nielh marri men {ni li) Las vertutz de Vayga ardent ;

[Denkm.j 314, gieuses

qu^a

A

du

mi

13): Siel pal del

XIII*

=

si li

pel

21 A^ 12)

:

-

;

Poésies reli-

qu'amîW

fassa

=

lo

ces exemples on peut, je pense, ajouter le suivant, où,

Toutes provinces où

vergne,

elles ont

s.:

tealas

d'amor, 2575).

{Petit

c'est e, et

non

{,

qui se

sera

encore cours aujourd'hui. Dans l'Au-

non modifié Bil. Ex: chandealo, tealo. dans des textes languedociens du Thalamus de Montpellier); prealatz {Breviari

l'a s'introduit aussi

Des formes semblables

XIV

cap

s. [Chrestomathie,

malgré l'apparence contraire,

*

entre e

se rencontrent


ADDITIONS ET CORRECTIONS introduit, après mutation

ven

quiel pesses

ment de que en tiers

= que

= que

H

qui, cf.,

estiers ; v.

en

de Ye de

^

355

^-Me;

Non

fes

par-

{Flamenca, 5342). Pour ce change-

dans

le

même poëme, v.

4996, quieus

= que vos

5069, quies6530, quil

v.

',

=

que H; et damsle Breviarï d'amor, passim, quil ou quilh, égale-

ment pour que

On en

li.

exem-

d'ailleurs, bien d'autres

a,

ples.

Paragoge. A coumo ajoutez ounfe font) et quanet fquantj, où Ve s'est attaché au i final longtemps après la chute de l'e et de Yo étymologiques de unde et de quando. Sur cette influence de la diphthongue au, voy. 62, 1 12. la Revue des langues romanes, VII, 405. 59.

.

63,

— Cette

12 du bas.

1.

mutation se remarque encore, en

bas-limousin, dans trounso^^

"

trunca

(cf.

p. 106, note 1). Elle

n'a été sans doute immédiate ni dans ce cas, ni dans l'autre, et

une première mutation de ca en cha a dû précéder. Cf., p. 72, 1. 5, messan mechan, etc. On trouve dans Rochegude, blanza pour blanca ou blancha; dans Ste Agnès (577), Sansa pour

=

nom

Sancha, 63,

mousin 63,

propre

8 du bas

1.

:

«

au bas limousin

1.

6 du bas.

(petit lait)

=

produire la-mêzi

Lis.

en bas

:

li-

— Ajouter

:

Dans mêguc,

b.-lim.

mergue

allem. molken, la gutturale, tout en changeant

de degré, reste dure. Mais Cf.

».

.

(même

elle

a dû s'amollir eny pour pouvoir

sens), qui appartient

au bas-limousin.

manso, trounso, Sansa, blanza, qui font l'objet de l'avant-

dernière note. 65,

1.

7:

« ecclesia.n

—L'insertion de Yi après

dans quelques autres, est ancienne dans

et

on trouve très-fréquemment

f/Zié-yza,

limousins et languedociens du est plusieurs fois dans

67, être

1.

18-19.

mieux par

G

eglieyza,

XIV®

c/,

la

dans ce mot

langue. Ainsi

dans des textes

siècle. Clier

— L'ttde seuta et degraulo s'expliquerait peutla chute de la gutturale et l'attpaction

des originaux latins. Morne observation pour teule p. 70,

1.

de Yu

= tegulum

4.

67, note 2.

*

=i clericm

de Rossillon et ailleurs.

— Lutz

et patz sont ici cités à tort.

Quieus se sera développé de quius,

comme

sieus de sius

Le {si

^

y

vos).

est


ADDITIONS ET CORRECTIONS

356

un développement du

=

z des formes initiales luz et paz luetpacem],et nullement le résultat d'une mutation directe du c dur de pax et de lux. Voj. là- dessus la Bev. d. l. r., V, 335. (

cent

68,

1.

3

1.

4 et 5 en remontant.

et

10

a gurges,

:

gorjo.n

— Lis. :* gurga(gurges),

gorjo.

68,

— Esmai est plutôt

verbal à'esmajar. Quant à proubai,

il

le substantif

est peut-être plus sûr de

de propage (propaginem) , par ablation de Ve final, que du nominatif latin propago. Rochegude a une forme féminine probaina que je n'ai pas remarquée ailleurs. le tirer

70, note 2, dernière ligne 71,

1.

avant-dernière.

«

:

dont.

— On trouve

»

Lis.

:

où.

des exemples de ces ré-

ductions dans plusieurs textes anciens, tels que la Chanson de la croisade albigeoise, la Vie de Saint Honorât, Guillaume de la Barre. Voy. là-dessus la Bévue des langues romanes, VI, 293.

— Devant d'autres voyelles de réduire ch à

t,

ou), le

(a, o,

aime au contraire à

sorte que le son total est

sts.

Ex.

:

parler de Tulle, loin le

doubler d'un

vascho {vastso,

comme

s,

en

écrit

Béronie), bouscho, bouschou. 74, dernière ligne.

— Ajouter

:

Il

est

devenu^ dans

guindé,

qui se dit pour dinde en divers lieux du Périgord et du bas

Limousin. 74, note 2.

— Sur cet intermédiaire, pocs, que je suppose

entre postetpois, voy. la Bev. d.

l.

même prebox=prœpositum. En Saintonge,

de

ici

On trouve

r.,V, 331, note 2. buste se

prononce

buxe. 76, dernière ligne.

— L'existence d'une forme

=

telle

que *noclus

encore confirmée par l'adjectif nouclu noueux, qui cours aujourd'hui dans une partie de la Saintonge.

est

— Des

76, note 2. cette note,

il

«

a

poésies religieuses » mentionnées dans

en est une, et

c'est celle

précisément à laquelle

emprunté deux exemples, qui n'est pas limousine. C'est par inadvertance que je l'ai confondue avec les autres, les-

j'ai

quelles appartiennent incontestablement à notre dialecte.

77,

1.

5.

— Enclunhe vient, non de incudem, mais deincudi-

cem, d'où enclutge dans l'ancienne langue. Incudex se p. 166. Cf.,

lit

dans

de Julius Pollux, publiés par M. Boucherie, dans le provençal moderne, iruge, qui renvoie à

les spiitivexinxTa.

*hirudicem et

non à hirudinem.


ADDITIONS ET CORRECTIONS

357

—Ajoutez: Ce développement de en et de betsiomen, moucandzier. — Plusieurs textes anciens offrent des 77, 1.4

d en dz

du

bas.

t

se constate aussi quelquefois en haut-limousin. Ex.:

exemples du dernier de ces phénomènes

:

ex.: adzorar

=: ado-

rar, etc.

77, dernière ligne.

Ajoutez

Un exemple

:

de la mutation

inverse, mais à Tintérieur du mot, est senséno

=

fr. sentène,

si le t, dansce dernier mot, est bien la consonne primitive. Cf. Tervagan^ dans une chanson d'Austorc d'Orlac Servagan

=

(

Mahn

Gedichte, IX).

Il va sans dire que puesca ne représente pas 79, 1. 15. exactement possim {poxim ). On n'a ici en vue que le radical, pose pox. qui est puesc Fabri de l'influence de Vi, s est devenu 1. 3 du bas. A 79, solhar {*suculare), et dans pouchâ (tousch dans chôullia ser ), si du moins ce dernier mot est bien le même que polsar,

=

— =

=

traduit par a valde anhelare

— C'est

»

dans

Donat provençal (36

le

h).

de noter que plusieurs dialectes de l'ancienne langue, j compris le limousin, comme le prouvent des textes de Limoges et de Périgueux, changeaient souvent Ys ici le lieu

dure suivant

i,

particulièrement

i

engagé dans une diphthon-

gue, en une consonne probablement identique au ck français, et

qu'on figurait sch^ sh ou ch. Sur sh, vojez un passage

des Leys d'amors^

I,

62, qui prouve clairement que cette com-

binaison n'avait pas la valeur d'une

*'

simple

Les

*.

trois

no-

ou seulement deux d'entre elles, sont quelquefois employées concurremment dans les mêmes textes, ce qui démontre leur équivalence. Ainsi les Coutumes de Limoges ont

tations,

ayschi, punischen,

La

mais plus souvent,par ch, laychen, poicha,

Croisade albigeoise a creish^ laish, preisha,

à côté de baicha, ichitz, Saichag, etc.

à'amor

offre

ensemble

même,

il

a

paraît la préférée.

mélange ne

lieu,

se

remarque pas partout,

y a toujours une des notations

il

— En

deux éléments de sh

Un même ms. du Bremari

yshi, isschauzada, naischensa, ichia, co-

noichensa, etc. Mais ce et

etc.

ishitz, Saishes,

finale,

il

se transposent

qui

arrive quelquefois que les (

de là des formes

comme

nayhs, qu'on trouve par exemple, dans les Joyas, àcôté de naysh

*

Cf.

môme

ouvrage,

TI,

186

.


ADDITIONS ET CORRECTIONS

358

et de

naych

)

ou que Ts tombe. Ex.

:

laih, dih, poih,

Foih, etc.

Ces dernières formes sont fréquentes dans la Chanson de la Croisade albigeoise, texte qui nous offre aussi d'assez nombreux

exemples d'une autre modification de notre sh final, à savoir g poig, Foig, etc. Je pense que g dans ce cas, comme h dans :

le

précédent, devait figurer un son peu difîérent de celui du g

allemand 83, note 3.

Ici et plus loin

(

122, note 1

scopulum était aussi représenté en provençal 86,

l.

87,

1.

8 du bas 7-8.

:

nGuilhaume.

»

— Saumo et sôumâ, au

tement de salva et de salvare,

), (

j'ai oublié

que

escolh, escuelh

)

Lis. Guilhem.

lieu

comme

de provenir immédiaje le suppose

ici, par mutation directe de v en w, pourraient n'en provenir que par l'intermédiaire de saula et de sôulâ^ formes résultant de lamétathèse du v ( cf. teune =• tenuem et dont 1'/ se serait ensuite )

changée en m. Sôulâ n'est pas d'ailleurs une forme fictive. Elle existe à côté de sôumâ, en haut limousin. Cf., dans le prov. moderne, maulo 88,

1.

8 du bas.

= malva.

— Le provençal moderne

dit

de

même

souveta

(souhaiter), «vous (août). Cette dernière forme se trouve déjà

Thalamus de Montpellier (p. 67)*. Des en initiale sont, dans aut ou Aoc, vont =- unde, vora ora le dialecte provençal,yo Mentionostarj vueills^^oculus. {Gloss. occit., SSS a), vostar (auos#)dans

le Petit

exemples anciens du

même phénomène

=

=

=

=

dau(s) us nons encore les formes gasconnes daubus daubussis ïe des uns, c'est-à-dire quelques-uns) et ibe (Bajonne)

(

ûe

= una

selon le

lieu de v.

89,

1.

= =

Yn intérieure tombe en gascon ), dans lesquelles, génie du même dialecte, c'est b qui s'est introduit au (

2.

Il

faut ajouter brundî, forme dans laquelle le b

au g disparu de grundire, et qui existe à côté de rundî, mais non pas partout avec sa signification première. Autres exemples de g remplaçant v ou l'aspira89, 1. 5. tion gûet uet (octo) dans diverses parties du Périgord gaus'est substitué

— =

:

sar=

*

=

;

ausar (Languedoc et Gascogne), [déjà tel au

Cf. le catalan iot?os==pr. laors.

là où.

On

dit

de

même

XI V°

s.;

en Saintonge lavoure


ADDITIONS ET CORRECTIONS

359

gahor =ivaporem (Dict. langued., dans un texte du

pagur=paor

XIV

s.);

(dans Jaufre, supplément, p. 168); degorar=. dé-

couga=coua, coar (Languedoc); deguens un infinitif en a ( bouta-goc), digamar diffamer, engouloupa =envelopper (Gascogne). Dans un texte de Béziers du XV® s. ( Soc. archéol. de Béz., III, 163 ), je trouve segon se on se non (cf. le mod. soun dans vorai' {Blandin, 180);

= dehens=:

dedintz, gocz=oc, après

=

=

=

sounque, sounco, ci-dessus, p. 332, note 2.) c'est c

89, rel,

qu'on a dans lacoun •= 1.

13-14.

dans

Il est

la oun, fr. là

— Au

(

plus légitime" et beaucoup plus natu-

(vi),

comme flexion verbale, que d'expliquer

mutation par un simple accident phonique. Mais offre

g,

).

cas présent, de supposer que si s'est tout entier

le

substitué kui

nous

du

lieu

Espalion

cette

langue d'oc

la

beaucoup d'exemples certains du changement de

V ens (z), ou, ce qui est la même chose, de l'insertion d'un

en place d'un

y,

pour obvier à

l'hiatus, c'est-à-dire

z,

pour rem-

placer l'aspiration. C'est naturellement dans les dialectes

mé-

ridionaux qu'on doit surtout les rencontrer*. Tels sont pazimen {

= pavimen, païmen), azounda (abondar,

avorter).

offrent crezet(créa

),

glizeiza

et malazuratz, cavazier

pour saber {Mascaro, p. 124,

1. 1).

(

(

(

=

glieiza

),

dezitat {déité

= cavayer = cavalier

p. 121

(fr.

),

),

et

),

même

bonsazer

azer pour aver [Dern. Trouh.,

L'inverse, c'est-à-dire v remplaçant z, est plus rare,

mais se constate aussi dans aussi

aondar), azourta

D'anciens textes de la Provence et du bas Languedoc

cwio).,

les

mêmes

contrées. Ex.: cauvo

très-fréquent en Provence pour causo

;

de

même

pauva {poser), pérévous (= perezos)*. Des exemples anciens sont gramavi ( =-gramazi ), juvizi et juzivi ( juzizi ), devon= dezon == deron

(

Mascaro, 114

var (Donat prov., 33

b)

),

= suzar

cavet

=

=

cazet

{

ibid., 134), so-

'.

* Le limousin en offre pourtant quelqaes-uns: tel est eiblouzi, qui, à Nontron, traduit éblouir. Mais nous disons eibalouvî, bouvî, on le Languedoc prononce esbalauzi, abauzi. Cf. dans les patois français bleuvir bleuir. La môme substitution se remarque, en initiale, dans et bleuzir sounte, qui se dit à Nyons pour ounte (prov. vounte). ' Les fo! mes intermédiaires cauo, paua, ont également cours, peut-

=

être aussi péréous. (

»

Dans tous

les cas, ce dernier a existé,

car on le trouve

dans un texte cité par Rochegude. Il faut peut-être en voir un autre dans un mot que je soupçonne Ro-

pereos

)


ADDITIONS ET CORRECTIONS

,360

F se substitue de même à s dur, en Provence encore, nonseulement dans melfo, cité dans mon texte, mais encore dans plusieurs autres mots, tels que boufin (déjà dans Flamenca : bofi, 4591)

V.

=

boussiin) ;

moufo

de symphonia, fioula

=

mousso, founfoni (cornemuse)

= sioula

{sihilare). L'abbé de Sauvages enregistre, dans son Dictionnaire languedocien, (siffler)

fourupa et souroupa (sucer, humer), gaf et gasi (gué). A ces formes modernes on peut joindre bofo {=bosso)^ qui se

dans

lit

pour

la Croisade albigeoise (v. 4017)

aissa,

au

v.

;

aifa, qui est peut-être

6620 de Flamenca, et enfin sofanar =subsan-

nare, qui se rencontre au lieu de soanar, dans quelques textes ly 176; Ferabras, 1401; G. de la Barre, 46)'. moins d'exemples du changement de /"en s. Le limousin

{Leys d'amers, J'ai

mausso répond au languedocien majofo (Raynouard

:

majofa)

;

? La chose n'est pas doumais est-ce bien Vf teuse pour les formes gasconnes gersaut gerfaut, sistolo

qui est primitive

=

=

=

pour prosemna profemna, qu'offrent plusieurs toulousains du XVP siècle. En finale, on peut citer (je textes ne distingue plus ici z de s ni y de /) voutz [volz) pour volv dans les Lei/s d'amors III, 210 (cant es moutz. Le blatz en farina se voutz), et, d'après le ms. 5232 de la Vaticane, dans un vers de P. d'Auvergne (E volz doutz en amarum), exemples qui confirment, en les expliquant, les formes 7'evols et vols[=^revolvit et volvit) de la Croisade albigeoise (vv. 7529 et 8905); cers^ régime singulier, rimant avec fers, dans la Vie de saint Honorât, p. 14, ce qui confirme la même forme hors de la rime à

fistule, et

:

la

page 10;

chegude, qui occil.,

sers

= servit àoxi^ une pièce

Ge mot, imprimé aine Gloss. =ai3e ? Rochegude lui donne la bien à l'exemple cité, de «meuble, vais-

le rapporte, d'avoir

mal

lu.

(

9 a), ne serait-il pas plutôt aive

signification, qui convient fort

seau, vase, ustensile

», et telle est

de saint Honorât, p. 181, note p. 17,

de Pistoleta {Lex. R.,

1.

14.

gafa

*

De

*

Je trouve pharmapheutique

et

gaza

aussi l'une de celles deaize.Voy. la Vie et

16,

deux

{guéer), tous

tongeais de 1615 (Extraits

du

Milà y Fontanals, Poètes catalans,

(sic)

usités.

dans un curieux

document sainCognacpu-

livre des maîtres apothicaires de

bliés par Jules Pellisson, Poitiers, 18T5) Plusieurs, dans prononcent la foupe pour la soupe A Genève on dit de fi&n, etc. Voy. ïUtter, Recherches sur le patois de Genève. .

.

même pays, même desola-

le


ADDITIONS ET CORRECTIONS 507, V. 15); sers

I,

=servum dans

361

Rasos de trobar, p. 84

las

(citation de P. Vidal] et dans la version de rÉvangile St-Jean,

publiée à Berlin, en 1868, d'après le ms. 2425 de la B. N.,

chap. XVIII,

V. 10). Cf. dans l'ancien français troz, trois, pour trof om truef {àe trover); rois, ruis, pour rof on rue (de rover) ; pruis pour prof ou pj^uef (de prover], et au subtruis,

jonctit des

mêmes

verbes, truisse

Burguy

ruist ; priistyYoy.

misse,

[troisse, trusse), iruist,

et Diez,

Grammaire,

II,

216j. J'ajou-

terais dist {débet) des Serments, si cette leçon était certaine

;

mais je crois plus probable, avec MM. Burguj et Cornu [Romania, IV, 454), qu'il faut lire dift. 89, note 1,

1.

5

:

« virtuel. »

Effacez ce mot.

La forme

vounte existe réellement, en Provence, à côté de mounte. 90,

1.

90,

1.

— Lis. poitz, — 13. Le />ona^ remarque lui-même, p.

12:

iipois.))

comme

des mots en ohlz,

55 a, à propos que « tuit poden fenir On trouve, dans Sancta Agnes, sapha

cohtz (coctus),

in oitz, sicum coitz, voitz.»

à côté de sapia, et

le

même

mais (magis),puh ou pueh

=

texte et d'autres offrent

= pueis

(post)^

mah

fah (factum ou

=

facit),

(Ferabras, 4943J, buh {S. Agnes, 864, mal à propos changé en bruhj := buis de Flamenca, 7207, etc. Lorsque 1'^ lah

la

i

ou le t final pouvait tomber, comme Un des emplois les montrent les exemples précédents. celui qu'on lui voit dans i était plus remarquables de h les formes telles que tuh, cargah, garnih, où il représente Vi se substituait ainsi à Vi, Ys le

=

du nominatif 91,

1.

4.

d.

L

l.

r.,VI, 102.

— Exemples bas-latins du même phénomène

gnabit, gregnanolus (voj. Boucherie,

Revue

fréquentes dans

pluriel latin, et qui sont assez

quelques textes. Voy. là-dessus la Revue d.

Revue, IV, 519.

A

Le fr. grimer, même. Voy. encore

143).

r., III,

être s'expliquer de

:

gre-

Un almanach auX°s., grirneler,

doit peut-

là-dessus Boucherie,

l'appui de cette opinion vient ce fait qu'en

Auvergne on dit rimer non grimer ) au sens de froncer, rider Le phé( Mège, Souvenirs de la langue d'Auvergne, p. 223 ). remarque se nomène inverse (rejet du g initial étymologique) chez nous dans roumeû (râle lou roumeû de la mort), qui a la même origine que grommeler^. On trouve ce dernier mot dans (

:

»

Je raisonne

ici

dans l'hypothèse que gromm,eler a

l'origine

germa26


ADDITIONS ET CORRECTIONS

362

Montaigne, sous la forme rommeler,et Brantôme emploie roumeau, qui existe du reste, aujourd'hui, avec roumeler, en Saintonge, en Poitou et en Berry. 91, note

— La

1.

français que je ne

ment

celle

de

s

en

mutation de r en l'ai dit ici

r, se

s (moins fréquente en par inadvertance), et inverse-

constatent assez souvent dans quelques

textes languedociens et provençaux du

du XIIP. Voy. là-dessus Romania, IV, 184, 464, 92, note 1.

—A

les

XIV°

siècle et de la fin

recherches de M. Paul Mejer,

et cf. Rev. d.

la notice citée,

il

l.

r.,

VIII, 238, note 1.

faut maintenant ajouter

celle

de M. l'abbé Vayssier sur

d,

r., III, 354), dont quelques variétés pratiquent avec

l.

le dialecte

rouergat {Rev.

c? à r. J'ai sous les jeux un en février 1876, à Villefranche-de-Rouergue, où

constance cette substitution de écrit publié

je

lis

:

bigneidou^ escloida, gaide, traide, beide.

considère aujourd'hui

que je supposais

ici

comme

de r en

— Au

reste, je

plus que douteuse la mutation

t,

dans les formes verbales min-

geten, begueten, etc. Cf. p. 280.

92, note 2.

— Supprimez cette note.

Putnais, que j'y vise,

pu plus facilement dériver pumai. Je mentionne en passant, comme exemple de la mutaavait aussi la forme pudnais, d'où a

= governar, que — Une autre forme pugnais, qui pourrait aussi avoir donné ancienne de putnais cane, canard = naissance à notre pumai. Gascogne. Guita est dans Rochegude. guitou de — On a un exemple de mutation de 2 et note 94, en d dans idoula (Tulle), anc. udolar = ululare. Baissa n'est tion contraire en pareille position, govidnar

je Us dans

un document limousin de 1475. est

Cf. rito^

ritou

(

)

la

guito,

la

1.

1.

pas seulement gascon, comme il est forme est également languedocienne,

/

dans la note. Cette on la connaît aussi en

dit

et

Périgord. 95,

1.

2.

— Ajouter: Exceptionnellement,

/,

au lieu de se

nique admise par Littré. Mais le tout ne pourrait-il pas venir du latin? Le du Centre et de l'Ouest n'a pas seulement roumeler; il a encore, dans la même signiQcation, roumer, rouminer, qui renvoient directement à rumare etruminare. Roumeler [le rommeler de Montaigne) représenterait alors *rumillare, forme des plus plausibles et d'un type essentiellement populaire, et nous aurions dans grommeler un nouvel exemple fr.

de la prosthèse du g.


ADDITIONS ET CORRECTIONS

363

vocaliser selon la règle, est tombé, après a, dans ram/jam

=

rampalm ( rameau bénit ou jour des rameaux ), qui est ailleurs rampau. Vr tombe de même, en Languedoc, devant la nasale dans Joun =Jorn, can-salado carn salado. 95,

1.

18

en limousin.

«

:

»

= — Lis.

:

— Notre ancienne

96, note 2.

en langue d'oc.

langue a eu peut-être aussi muit; du moins cette forme se rencontre dans le poëme de la Guerre de Navarre, vv. 640, 2023. 98, note

1.

est notre bal

— Le Donat provençal

(p. 41

des mots que l'on peut

)

excepte baltz (qui

virar en autz »

mais nous disons chavau etj'au. On a, à Nontron même, un exemple pareil 99, note 2. dans greu de grelh {grillum]^ que l'on aurait dû s'attendre à y )

excepte aussi cavaltz et

il

«

;

gais, et

voir devenir grei. 100,

1-2.

1.

mutation

(

m en

On

a peut-être un autre exemple de

b) dans brujo =myrica

= Hp6roç, etc. 100,

1.

10

«

:

Sôulâ

100, note 2. fr.

lamême

en grec Ppôros

= sôumâ » — C'est peut-être plutôt .

verse. Yoj. la note sur la p. 87,

du

Cf.

(?).

1.

l'in-

7-8.

— Voy. une autre étymologie

(

plus probable

)

fange, et par conséquent de noire fonho, dans les Mémoi-

res de la Soc. de linguistique, II, 70.

101, N,

1.

3.

— L'étymologie donnée

ici

de degu [nec unus)

A l'appui, on nostan {Joyas del peut citer dostan ( Montauban et ailleurs arna, deux formes anciennes d'un gay saber, 238), et arda est

contestée (Voy. Bomania, IV, 289, note 2). )

=

même

mot. Dans

le

=

Forez, on trouve la forme legun, résultat

d'une mutation différente, mais moins rare, de

l'w

étymolo-

gique. 102, note 105,

1.

1,

1.

13-14.

5: a Vorterbuch

— Gru, rattaché

— Lis.: ici

W'ôrterbuch.

à granum, a plutôt peut-

une origine germanique. Voy. Littré, au mot gru. Il se une confusion des deux mots. C'est ce qu'indique Vn du dérivé engruna (p. 113, 1. 3 ) fr. être

sera, dans ce cas, produit

=

égrener.

106, note

1.

citerai blanha

— A l'appui de cette explication de trounho, je (=

blanca), forme que je trouve dans Roclie-

gude, mais que je n'ai d'ailleurs rencontrée, ou du moins re-

marquée, dans aucun texte.


ADDITIONS ET CORRECTIONS

364

107,

— Ajoutez à ces exemples besouei [besonh

11.

1.

),

cou-

douei{codonh), louei[ lonk), que] j'ai entendus dans les cantons

de St-Pardoux-la-Rivière et de Champagnac.

Au

effacez perpai, que je regarde aujourd'hui comme

contraire,

un exemple

trop incertain. L'étymologie perponh ou pcrpoing, où d'autres s'étaient aussi laissé prendre (voy., p. ex.,

Foucaud,2l, note s'y

ramener,

4),

m'avait séduit. Mais,

n'en est pas de

il

qui renvoie, par porpal, à

mune

même du

un porpalh qui

Ruben, Œuvres de

si

notre perpai peut

bas-limousin porpar, serait la source

com-

des deux formes. D'un autre côté, perpount, perpouen,

au sens propre &e pourpoint, existe à côté deper/)ai(=poitrine). Tout se réunit donc pour rendre plus que douteuse l'étymologie que j'avais adoptée pour ce dernier mot, et que je retire Ajoutez Nh, comme Ih, se réduit quelque107, à la fin. fois à y. Ainsi entanhâ du bas-limousin est chez nous eniayâ. Ce mot signifie «embourber», et je remarquerai en passant qu'il nous offre peut-être (en le tirant de fanho) un exemple de la même mutation de f{ph) en t, que l'on constate dans blasteblasphemare. Le contraire se remarque dans le languemar

=

:

=

docien fanfasti fantastic. 108, 1. 7 du bas u eirisseii.» :

ticulier

— Ce

mot

n'est pas aussi par-

que je l'avais cru au dialecte limousin.

l'était-il

pas autrefois, car on

le lit {eiressel)

Du moins

ne

dans un trouba-

dour languedocien Daude de Prades). Rochegude le mentionne, mais il en ignore le sens, ce qui peut faire supposer qu'on ne le connaît pas aujourd'hui dans le Languedoc. (

109,

1.

quefois,

21. Le y radical du verbe avei tombe même quelen haut-limousin, à l'imparfait de ce verbe oyo ;

=

avio.

« frar.n Lis.: frair. Cette forme 1. 2 de la sous-note formes semblables, mair, pair, se rencontrent déjà acci-

112, et les

:

dentellement dans Bertran de Born, et l'on trouve (

à la rime 114,

1.

)

même mai

dans Bernard de Ventadour.

6 du bas.

— Cette étymologie de dabeuro est proba-

blement erronée. Voy. p. 308, note 3. 123, note 1.

— La forme banna,

ici

supposée, se trouve en

remarquerai à ce groupe nd, suivie ou

effet (p. ex.: Vie de saint Honorât, p. 13). Je

sujet que l'assimilation de

c?

à n, dans

le

non, mais plus souvent suivie, de la réduction à l'unité des


ADDITIONS ET CORRECTIONS

deux n

3«6

un phénomène très-fréquent dans

ainsi obtenus, est

le

dialecte provençal et dans le dialecte gascon, surtout dans

ce dernier. Ex.: segona [S. Honorât, 127 o), redounello, grannessa, etc. tale à /

— Très-analogue

dans

soullats

=

est l'assimilation de la

souldats,

et-Garonne et probablement ailleurs. 127, 1. 7-8. ^- Sur boueidâ =viduare note sur la p. 43,

1,

5 du bas:

«

den-

Tarn-

voj. ci-dessus la

— Lis.: 134.

qui ne tenta rien nulle part pour faire

— Ceci serait trop absolu,

revivre les cas de ces substantifs. » si l'on

(?),

le

7.

1.

136, dernière ligne de la note: «176.» 137,

même

forme usitée dans

s'en rapportait

aux textes

écrits.

On

voit en effet, par

quelques exemples, que les noms intégrais recevaient parfois l'allongement ffs au sujet singulier. Mais, ces formes

commencèrent à

se

comme à l'époque où

répandre, la langue parlée

n'avait plus probablement conscience de la distinction des cas,

ma

proposition, en

139, note 2,

1.

140, entre les

somme,

3 du bas:

8

1.

et

doit rester vraie. a 188. »

— Lis.: 149.

9 du bas, placez

ligô

= lugan (lucanus),

sans pluriel. C'est l'étoile du matin. 141, note 3:« est devenu.

»

— Il serait plus exact de dire « est

resté », car la resta se trouve dans des textes, et

non pas seu-

lement limousins, du moyen âge. Resto n'a donc pas été emprunté au français seulement, à Nontron, sous l'influence de la langue nationale, il a pris le genre masculin. On peut ajouter paure paor, qui se dit en 146, 1. 18. ;

=

divers endroits.

146, 1.3 du bas: (((V. p. 3)». —Lis.: (voy.

Un

passage du

qi^'au

même

XIV^ s., dans

les

ouvrage noms dont

sujet {aire) prévalait déjà, celle

(II, il

t. II,

p.

168).—

62) montre clairement

s'agit ici, la

comme dans la langue

forme du cas actuelle, sur

du cas régime.

148, note 1, 1.6.

— Ajouter: Ces formes

en

ei

=es

se ren-

contrent assez fréquemment dans G. de Rossillon. Ainsi prei, marquei, mercei, pagei, Agenei, etc. 152, 1.7.

— Placez après crosle signe =. — Je ne comment je

152, l.^'.apô.

»

sais

connu dans ce mot l'ancien quent pas, et qui vient de

post,

postis.

n'avais pas re-

dont les exemples ne man-


ADDITIONS ET CORRECTIONS

366

153,1. 2-6 p. 68,1. 4-5

« proubai,))

:

Voyez

ci-dessus la note sur la

du bas.

=

vadum, où l'o bref Ajoutez 5*0 (anc. ga) 156, 1. 5 du bas. du singulier reste au pluriel sans changement, contrairement à ce qui se passe dans les autres noms en o bref provenant d'un a radical, comme mo, crestio, germo. Voy. p. 140. 156, note 1,

1.

160, dernière

exemple

2

1.

156, note 3,

:

« 149.

1: «

1.

«—Lis.: 151.

Colp.n —Lis.: Cop.

de la note

»

1:(( as.

J'ai trouvé, depuis,

ancien de cet adjectif au féminin

le Recueil

de M. Paul Meyer, p. 141,

turas de fer foron totasasos.»

1.

pluriel. C'est

92:

«

M. Meyer, à

un

dans

que sas cober-

la vérité, corrige

arsas; mais je crois que c'est à tort. 161-2, à la fin de la note 4, ajouter: jectifs ainsi allongés

sujet de ces adle

Quercy,

et diverses parties du Languedoc, la nouvelle

Rouergue

le

Au

au pluriel, je noterai que, dans

non -seulement se substitue, mais encore s'ajoute s. Je n'ai remarqué cela que dans le pronom el [elses], dans plusieurs adjectifs déterminatifs {aquelses, calses, quanses, tanses, toutses, unses ou usses ; au féminin, toutsos, ussosY, et dans deux ou trois sub-

flexion

es,

souvent à l'ancienne et régulière flexion en

stantifs {eusses

=

oculos/pelses =pilos, reizes^= reges

(le

jour

Dans les .mêmes contrées, je vois ces flexions prêtées même aux particules, régulièrement invariables, mais et gis, et au nom composé toupie, qui enjoué le rôle. Ex.: Per decouops n'a pas gisses (Villefranche de Rouerdes Rois), fiousses =fila).

gue); touplesses d'autres légats

(id.);

— H fôu

maysses de pelses

grises (Béziers).

163, note 4, avant-dernière ligne

:

a

religieuse

.

»

— Lisez

:

religieuses.

164, n" 16.

— Aux

nins, ici mentionnés,

trois adjectifs il

en «m, exclusivement fémi-

faut ajouter bringau, du verbe bringâ

(sauter, danser), qui n'est, à ma connaissance, le subst.

'

féminin feûre (fièvre).

Je trouve déjà

elses,

s.,

dit

employé qu'avec

d'une jeune

fille

trop

aquelses et totses^ dans des documents languedo-

ciens de 1465 et de 1501.

ment du XVII*

On

— Une

a lous teusses

pièce de

=

même

origine,

tous teus {les tiens).

du commence-


ADDITIONS ET CORRECTIONS fringante qu'elle a « lafeiire bringau. l'adjectif ymM {=vilis,

»

367

— En haut-limousin,

comme fiau=filum; voyez

deux genres. Mais

p. 58), garde

donne souvent aussi la flexion féminine audo fviaudoj, en l'assimilant faussement à ceux où au provient de aldus, comme chau. les

166,

1.

12

167, n" 7. « ors

167, n" 8.

— Lis.

singulier. »

a

:

on. lui

— orso. » — Lis.:

— Ajoutez

:

For

:

masculin.

or

orso.

reste encore féminin dans aigo-

for (eau-forte), qu'on dit aussi, du reste, aigo-forto.

C'est par erreur qu'il est dit ici que les adjecendour doueiro, dont il s'agit, ne « correspondent phonétiquement à aucun type latin. » Ils sont formés sur le modèle des adjectifs en torius, tels que ama/orms, mais répondent pour le sens, soit à des participes en urus^^oii des adjectifs enbilis. Voy. Diez, Grammaire, t. II, p. 327 de la trad. française, et Leys d'amors, II, 60-62. 173. Pronom de la première personne. Il faut ajouter au paradigme des formes anciennes mw, dont les exemples ne sont pas rares dans des textes de diverses provenances. Après nos autri, ajoutez cas sujet et pa173, note 3.

168, n" 10.

tifs

:

;

reillement, p. 175, note 1, après vos autri,

— Supprimez

174, note 1.

Le premier,

note.

me

les diverses leçons,

au second, de

j'ai

eu

les

cités

dans cette

paraît décidément trop suspect.

tort,' le

le

deux exemples

d'une pièce dont je neipuis comparer

tiré

Quant

trouvant cité dans Raynouard,

sans le vérifier. Le premier vers est trop long Eveus m'alvostre plazer, ce qui rétablit la me-

le transcrire

et doit se lire

sure et

:

fait disparaître

l'invraisemblable anomalie syntaxique

que j'y croyais voir. 176, première ligne après le paradigme Ve.

))

Lis.

177, note 1,

1.

de cet emploi de 177, note 2.

de

il

au

:

«

vocalisation de

.... de Yl.

:

7. se,

— Voy. d'autres

exemples, plus anciens,

dans la Romania, IV, 343.

— Un exemple encore plus ancien

régime pluriel nous est

offert

par

le

de l'emploi v.

2082 de

G. de Rossillon:

E

coro los ferir elh nostre

2 du bas.

il.

J'ai oublié ici ew, qui

s'emploie aussi,

mais plus rarement que ôm, et seulement,

comme au mas-

178,

1.


ADDITIONS ET CORRECTIONS

368

dans des phrases interrogatives

culin,

Quant à

me

malgré

suis servi, pouvant,

régime

que l'ancien

Pour

o.

dont je

dans

le

de faire remar-

utile

= éu=

quer que, en tant que sujet, 6u

comme

»,

la distinction faite

paradigme, induire en erreur, je crois masculin, tandis que,

= pleut-il?

plôu-t-eû

:

6u, l'expression « qui est sujet et

el,

même

de

qu'au

régime, ce pronom n'est autre

formes du pronom neutre,

les autres

dérivées de hoc, et qui sont très-nombreuses en langue d'oc,

voy. la Romania, IV, 338, et V, 232. 178, note 3.

ples de /a, sujet,

provenances.

J'ai, depuis,

pour

e/a,

rencontré trois ou quatre exem-

dans des textes anciens de diverses

sont recueillis dans un autre travail qui pa-

Ils

raîtra prochainement.

179,

à

sait

1.

8 du bas.

s [ques

=que

que devant cette

J'ai oublié ici le

se).

s se

pronom se,

En réparant mon

qui se rédui-

omission, j'ajouterai

développait quelquefois un

i

[y),

même

après une voyelle atone. Ex. tirés des Coutumes de Limoges

:

quiqueyssia, noys deu pausar . Des textes d'autres provinces offrent le

même phénomène sur une très-grande échelle Tel F a.rmi les mss. des Troubadours, le .

est le Breviari d'amor.

n» 1592 de la B. N.

= dompna

se,

le

présente constamment. Ex.

emperaireis

= emperaire

:

dompnais

gensois =. genso

se,

remarquable que ces mêmes textes laisssent en généen as, es, Ainsi ela se devient elais ; mais elas reste elas.

se. Il

est

ral intactes les finales, soit verbales, soit nominales, os^.

y a fort peu d'exceptions. Les moins rares concernent es. Pour os, qu'un exemple, précieux à noter comme témoignage de l'ancienneté de la prononciation actuelle du pronom nous en bas Languedoc Mas la rasa nois fpron. nouis) no sabem {Breviari d'amor, v. 2514). Il en était probablement déjà de même de vos et de los. Voy. là-dessus A. Roque-Ferrier. l'Article et les Pronoms en langue d'oc {Revue des l. r., IX, A l'égard de as, on peut citer vays (= vas 135). vers) dans un troubadour de Béziers (R.Gaucelm) et, sans 1*5 (devant une consonne), ai •= as pour aïs, datif pluriel de l'article, dans la Vie de St Honorât, pp. * Il

je n'ai

:

=

12 et 158.

(Cf.

dans

tionnons encore

le

les

même texte, p.

12, ei

formes verbales de

santz

="-

es ie los) santz)

2» pers. plur.

en

ai=

as

.

Men-

=

atz,

qui ont été signalées dans G. de la Barre et dans Flamenca, et sur lesquelles voyez la Revue des

dans ce dernier oîi je crois

texte,

l.

r.,

VI, 292.

un autre exemple

qu'il faut lire:

Pasai, fai

s'el

(Il

à

y en

a, si je

relever

=

;

passez,

ne me trompe, au vers 1548,

c'est

dit-il.)


ADDITIONS ET CORRECTIONS 179, note.

— Le pronom neutre

969

dontil est question dans

/o,

cette note, fut autrefois très-peu usité, et les dialectes qui,

comme

provençal et

le

dauphinois, en faisaient le plus

le

comme sujet '.Aussi ai-je eu tort de comme tel dans le paradigme (p. 176). Au-

d'usage, l'employaient

ne pas

l'inscrire

jourd'hui on s'en sert beaucoup en Provence, au moins dans le sous-dialecte

d'Avignon, que Mistral arendu classique, mais

comme régime ou attribut. Voy. Romania, IV, 342. Dans le Vivarais et le

surtout, à ce qu'il semble,

pronom

sur ce

Dauphiné lou,

il

conserve son ancien rôle de sujet, sous les formes

Pour

la.

le,

la

dernière,

cette

cf.

=

sa

so,

va

=

vo (=: o).

On a des exemples de la remontant au moins au XV^ s. Les mêmes formes se retrouvent, et avec le même emploi, dans plusieurs variétés des dialectes de la Lombardie et du Piémont. 180,

— Le dialecte gascon

3.

1.

de ces pronoms af/îxes,

y

est,

non

même

=

mais

us,

changé en ^s

si vos platz.

parlau

(id.)

bs,

180,

1.

10 du bas

181,

1.

1.

comme

Il

l'article

quan Van

L :

fait

(lo)

encore un grand usage

les appelait

réduit souvent

à.

b {p],

cot=cap, cop):

(cf. cat,

= parlar —

comme

et

vin

« ti. »

et quelquefois

platz (Dastros)

s'y vocalisent: lou bin

Is (/os)

lo (le

sits

Rayuouard. Vos

le fait parler).

Lis.

:

Vi.

faut faire une exception pour

sujet, qui,

féminin pluriel, élide quelquefois son d. Ex.

= quand

:

elles ont.

— Des textes de

la Provence proprement dite, ou de la fin du XIIP, offrent quelques exemples de cette chute du v initial, tant dans le pronom vos que dans quelques autres mots {vostre,volopat, volontiers). Yoj, Derniers Troubadours de la Provence, p. 22; Vida de sant Honorât, pp. 120 a et A, 129, 133 a, 174 b, 186. Dans la chronique biterroise de Mascaro (p. 136), on trouve hoiar (= voiar), où v se réduit seulement à h.

181,

1.

du XIV®

*

15.

siècle

C'est à ce litre qu'on le voit figurer, et je n'en connais pas d'exemple

plus ancien, dans ces vers

(Màhn

du troubadour provençal Raimbaut d'Orange

Gedichte, n°' 326 et 354)

:

Qui qu'en favelh

Lo m'es pro belh

De mon

saber.

.


ADDITIONS ET CORRECTIONS

370

183,

1.

7.

vement sans prépositions

Provence, cal(cau) est employé abusi-

la

comme

de quau

:

dans ce pays, version du

Dans

article,

comme

= de

le

relatif,

qui, en

prouvent

Nouveau Testament

principalement après les

= à qui. Usage

eau

(ms. 2425)

Lo drap de quai

ancien

ex. ci-après, tirés de la

les

:

era ceuturat. (Jean, 13, 5)

Lo lazer quai Jhesus

avia resuscitat. {Ibid. 12, 6)

184,

quant

1.

— C'est par inadvertance que

6-7.

«comme

relatif

ne servait qu'au neutre.

pour tous

qu'il pouvait servir

l'article

très-fréquent dans la Chanson de voir les exemples réunis par

»

La

ici

que

vérité est

genres et aux deux nombres.

les

— Cet emploi de

184, note 1.

j'ai dit

pour

le

pronom

la croisade albigeoise.

M. Paul ^leyer dans

est

On peut

le glossaire

de son édition. 185,

1: «réduites.»

1.

Ço (ou

— Lis.

:

réduit.

jamais employé qu'avec un pronom relatif. » Il y a là une erreur j'oubliais que ce s'emploie très-fréquemment seul avec le verbe dire : ce di, ce disio, 185,

1.

5-6.

«

ce) n'est

On

ce disset-eû, etc.

ment, par ex. dans qui répond au

;

se sert aussi quelquefois de pa, mais rarela locution

fameux qui

pléonastique ce disset-eû ça

di,

Je

dit dit-il

de nos troupiers.

noterai, en passant, que la forme ce le

XIV

se rencontre déjà, dès

dans des textes du Limousin ou d'autres pro

siècle,

vinces, principalement du bas Languedoc. C'est dans le Petit Thalamus de Montpellier que j'en ai vu les exemples les plus nombreux.

Voy. un autre ex. de quo pour aco dans G. de 299 du fragment publié par M. Meyer dans son Recueil, parmi les variantes. 185, note 1.

Rossillon, V.

185, note 3

:

186, note 3.

rapportés

«

1589

».

Lis.: 1389.

'Un, dans les

ici, est

deux exemples de St Bernard

plus probablement une variante orthogra-

phique de on. 187,1. 3.

— Sur

le

modèle de alcun, cascun, où wnws n'ajoute

rien à la signification ni de aliquis,m de quisque, le dialecte

languedocien a formé, en ajoutant un à mant, trop, quant, tout, les adjectifs composés mantun, tropun, quantun, toutun,


ADDITIONS ET CORRECTIONS qui ont respectivement le

même

sens.

871

Mantun

est déjà fré-

quent dans la Croisade albigeoise en i^vose; je n'ai pas des d'exemple remontant au delà du XVI« siècle.

trois autres

une composition semblable que nous offre cilun, qui se lit deux fois dans la Vie de Saint Honorât (pp. 45 et 88), et qui signifierait la même chose que cil tout seul, c'est-àdire ceux-ci. Ce sens conviendrait fort bien dans les deux pasC'est peut-être

sages.

188, note 1.

désigner

— On pourrait, je pense, sans trop de témérité,

le littoral

comprenant

méditerranéen, de Nice à Valence, en y comme le domaine propre de

les îles voisines,

cette forme, en France et en Espagne. Elle paraît, dans les deux pays, s'être fort peu avancée dans les terres, sauf peutLes textes cités dans la note ne être du côté des Pyrénées. sont pas les seuls qui en offrent des exemples*. Voy. encore

Un

troubadour aptésien, par l'abbé Lieutaud, v. 145; les Der-

niers Troubadours

de la Provence, pp. 61 et 99; Vie de saint

Sardou, p. 66 [assaventura =a l'aventura),!^. 111 (que sa dona per ver entuyseguat avia), p. 203 a, note 37 {sos sas mans); Nat de Mons, dans un passage cité deux fois pes Honorât,

par

les

édit.

Leys d'Amors

256

(II,

et 390)':

Quar qui so ver te nec Lay on direl deura

Au nom

propre Pons de sa Gardia, rappelé par M. Meyer,

deux mss. (sinon un plus grand nombre), celui du troubadour appelé par d'autres P. de la Q-ardia, on peut joindre les deux suivants, que je trouve dans Teulet (n"* 475 et 800): Oalrics dez Anglada (= de z'Anglada) et W. des Boset qui est dans

quet.

Ce qui prouve bien que formes de

l'article, c'est

c'est

à ipse

rattacher ces

qu'il faut

que, dans de très-anciennes chartes

<Le Lvdus sancti Jacobi en a un troisième au v. 371 .—Je n'en ai menplus grand nombre. il y en a un Pour plusieurs, à la vérité, on peat hésiter entre l'adjectif possessif et Dans Ste Agnès, le texte qui en a le plus, j'en ai compté 19. l'article. M. Meyer (article cité) en a relevé 14. Voici les cinq autres 263 ce nostre A! de dieus; 340 ci majestat (corrigé cil sans nécessité); 824 et 1145 tionné que trois dans Flamenca; mais

:

non adesa, commo porte changé en cel.

sa..../ (et

:

:

:

l'édition); 931:

ço

(=

so),

inutilement


ADDITIONS ET CORRECTIONS

372

de la Provence et du bas Languedoc, où

le latin se

mêle au

provençal, on voit souvent cet adjectif jouer le rôle de

comme

l'ar-

dans d'autres. Je renvoie aux chartes du Mémorial des Nobles de Montpellier, portant les n"* 35, 36, ticle,

ille le fait

81, iOl,

37, 40,

120, 121, 122, 125, 129, dans l'édition de

M. Montel {Revue Mejer,

des langues romanes,

Recueil, n""

190, note 3

V

t.

et VI).

Voy, aussi

pour

del ou dal,

et 46.

ponvdel, employé »

a

:

45

,

Lis.:

employés. 194, 196,

1. 1.

4 du bas.

9.

— Effacez

si.

Lisez qu'ei au lieu de quei et placez le signe

=

après lou meû.

199, note 2, 1. 1. Ajoutez cet exemple tiré d'une pièce languedocienne de 1355 a tug aquilh ( Joyas del gay saber, :

p. 13).

201,

1.

— Quecx, contrairement à ce qui est

15-16.

duré longtemps.

Il était

d'amors, tout en le qualifiant de était

«acostumat de pausar per

202, Nul.

Il

faut

ici

dit ici,

a

encore usité au XIV' siècle. Les Legs

mot

estranh, constatent qu'il

cascus, »

ajouter,

comme

équivalent de nullus,

pen-peino, littéralement pas un, pas une.

204, note

(lis. 1

tropos, existe

215,

1.

18

au

de 3.

lieu

— L'adjectif

^royo,

plur. tropis,

encore en Languedoc. a Revista. »

:

— Lis.: -

218, note 2: «51-55.))

Rivista.

Lis.: 36-37.

218, note 3: «36-37.)) —Lis.: 51-55.

D'autres formes de cette première per228, 1. 10 du bas. sonne sont soun et sieu, la première propre au languedocien, la

seconde au provençal. «Soun

(son) est déjà très-fréquent

dans

au contraire, y paraît à peu près introuvable. Peut-être y en a-t-il un exemple au v. 3362 de Flamenca : les

vieux textes; sieu{siu

Quar

s'ieu

— Sias est

am e non

siu amatz.

forme constante de cette 2™^ perversion provençale du Nouveau Testament conms. B.N. 2425, si j'en juge du moins par ce qui

228, note 3.

sonne dans la tenue dans le

),

la

a été publié de cette version. 229,

1.

5 et

1.

2 du bas.

— Ce qui est

dit ici

de em et de

et%


ADDITIONS ET CORRECTIONS

878

pas exact. Ces formes, dont on trouve de nombreux exemples dans Goudouli et dans les poètes ses contemporains et successeurs, survivent encore en diverses parties du Languedoc. 230, note 1. — J'ai rencontré depuis ces mêmes formes [eran'est

vam, eravatz ) dans

les

œuvres de deux troubadours de Béziers,

Matfre Ermengaud et Bernard d'Auriac.

Mentionnons encore, à cette occasion, d'autres formes anciennes dont on n'a que de très-rares exemples, tous relevés

dans des textes de la Provence. Ce sont siu (J'étais), siam {nous étions), sias {vous étiez

Pour siam

siu (ils étaient).

),

voj. la Revue des langues romanes, VIT, 76, note sur

et sias,

d'une pièce de Jacme Mote d'Arle. Quant aux deux n'ai le

encore rencontré ces formes qu'une seule

roman de Flamenca,

v.

4045 et

v.

v.

18

siu,

je

le

fois. C'est

dans

4739, où elles sont con-

firmées à la fois parle contexte, qui, dans les deux cas, exige l'imparfait de l'indicatif, par la présence dans

un autre pas-

sage (v. 6073) de la forme siam (nous étions), et enfin par cette double circonstance qu'il

exemples de

j a dans

m pour ia (ainsi estiu =

et 6428), et de tu

pour

io, 3^

même texte d'autres

le

estia,

aux vv. 1315, 3495

pers. plur. (Voj. vv. 871, 2020,

1372, 6437, etc.)

Cet imparfait de être existe encore aujourd'hui mais je ne saurais dire si la série de ses formes est complète, ni quelle ;

du pays où elles ont cours. Je n'ai, jusqu'à présent, d'exemples que de la première et de la deuxième personne du pluriel siam et sias) et c'est dans une pièce datée d'Alais (Gard), et imprimée dans YArmana de Lengado pour 1876, est l'étendue

,

(

que je

les ai recueillis.

=

eram ) du v. 4045 de Flamenca, je reRevenant au siu { marquerai que cette forme nous offre probablement l'exemple le

plus ancien de la substitution qui s'est opérée dans le dialecte

provençal de iu [ieu) à Via classique, à

la

l'"

pers. sing. de

du conditionnel. La Vie de sainte Enimie, dont l'auteur était de Marseille, a deux exemples de la même flexion. Ce sont les suivants ( 'Qduvi&oh, Denkmœler, 266, 21-22)

l'imparfait et

:

E que

as dit 1 que ja tenrieu

Per fantauma

si

ho auzieu.

.

.

Les félibres n'écriraient pas aujourd'hui autrement.


ADDITIONS ET CORRECTIONS

374

231, note 1.

— J'ignorais, quand j'écrivais cette

note, que

des formes pareilles à celles que j'y signale ont cours aujourd'hui

aux environs de Limoges, sinon à Limoges

même Ru.

ben, dans la préface de son édition de Foucaud, a côté de fugueietfuguesso^ mentionne siguei et siguesso, et, en effet, j'ai

rencontré ces dernières formes dans de récentes chansons

li-

mousines*. Mais on ne trouve jamais rien de pareil ni dans

Foucaud,

ni

240,

18

1.

dans Richard. «

:

comme Toulouse

et Marseille »

.

— Par

«

Mar-

seille », le

lecteur aura compris que j'entends la Provence en

général.

se pourrait qu'à Marseille

11

même

ces formes en gué

fussent moins usitées que d'autres formes allongées (en

du moins ce que semblent indiquer ment marseillais que j'ai pu lire. C'est

les textes

ssé).

spéciale-

Ajouter Ces formes affaiblies, ou origi247, note 1, 1. 4. nairement faibles, en M =t(v)t ne se rencontrent, àma connaissance, que dans le texte cité dans cette note, dans Boëce (v. 87 :

:

dans une pièce rimée du ms. lat.3558 B, que je publierai incessamment, avec les sermons contenus dans le même servii),

fragment de mystère donné dernièrement la 2^ édi-

ms.{tenguii, chaiguii,saubii), et enfin dans le

découvert à Périgueux, dont tion [eichii]

'.

j'ai

Tous ces textes sont limousins. La prononciation

actuelle ne fait, dans ces formes et les pareilles, sentir qu'un

mais très-allongé

2,

être

en

était-il

248, note ce (ou ça) di

249,

l'e

254,

1.

1.

=:

col.,

11

:

:

dlssî^

vengui, tenguî, saubî, etc., et peut-

déjà ainsi autrefois. J'ai oublié ici di, usité

dit-il (anc. fr. ce dit). 1.

6 du bas

« auss, ».

255,