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Institut d'estudis occitans de París Documents per l'estudi de la lenga occitana N°33

Camille CHABANEAU

Grammaire Limousine

Edicion originala Paris, Maisonneuve et Larose, 1876 Document dins lo maine public numerizat per Archive.org


Documents per l'estudi de la lenga occitana Daus libres de basa numerizats e betats a dispausicion sus un site unique.

Des ouvrages fondamentaux numérisés et mis à disposition sur un site unique.

Mesa en linha per : IEO París http://ieoparis.free.fr


GRAMMAIRE

LIMOUSINE PAR

CAMILLE CHABANEAU

PHONÉTIQUE.

PARTIES DU DISCOURS

PARIS

MAISONNEUVE ET 25,

C",

ÉDITEURS

QUAI VOLTAIRE, 25

M

DCCC LXXVI


3424

Extrait de la Revue des langues (T. II

Ă X,

1871-1876)

romanes


A MA MERE

Ce

livre,

les titres

où j'ai essayé de remettre en lumière

de noblesse de notre patois, de

langue qu'on dédaigne, mais que tu

cette belle

as,

comme

moi, toujours aimée, et qui ne fut jamais exilée

de notre foyer, Je bénie

te le où,

dédie,

comme un

souvenir de la terre

dorment nos chers morts,

témoignage de

ma

profonde

et

comme un

et respectueuse

dresse.

ce.

ten-


ÀVÀNt-PRÔPÔS

Le

dialecte limousin est parlé dans la plus

grande partie des

départements de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Dordogne, et à peu près dans

le tiers

la Charente. Je n'essaje pas d'en les limites

faire

de la Creuse et

le

quart de

marquer plus précisément

géographiques, parce que je crains de ne pouvoir

avec l'exactitude nécessaire*. Je note seulement

borné au midi par qu'il confine

à

les dialectes

l'est

le

qu'il est

de la G-ascogne et du Quercy,

avec celui de l'Auvergne, et

qu'il

perdre, au nord et à l'ouest, dans des patois de langue

va se d'oil,

berrichon, poitevin, saintongeois. L'unité, dans le langage d'un pays sultat de la culture.

Il

se

forme

quelconque, est

ainsi

commune, mais toujours plus ou moins que côté

:

telle fut

le

ré-

une sorte de langue artificielle

par quel-

sans doute celle des troubadours. Privé do

culture, au contraire, le langage est essentiellement divers.

Celui de chaque localité a ses particularités qui le distinguent

de ses voisins, au milieu de leurs

Ces langages particuliers sont

communes ressemblance^; comme autant de variétés d'une

espèce linguistique, unie à son tour à

d' autres

espèces parla

communauté de caractères plus généraux, qui constituent un genre. Cela posé, si l'on considère, ainsi qu'il convieiit,' la '

Je tâcherai pourtant, dans un appendice,

indications

moins vagues.

«le

don'nersur ce point des


AVANT-PROPOS

2

comme un genre dans

langue d'oc

langues romanes,

la famille naturelle des

limousin sera l'une des espèces que ce

le

genre embrasse*. C'est cette espèce qui

fait l'objet

du présent

travail.

Je l'étudierai plus particulièrement dans celle de ses variétés

que je connais

le

mieux, pour l'avoir pratiquée dès

mon

veux

dire

enfance, et qui est du reste une des principales parler de Nontron

le

(

environs.

Le

autres variétés fera de lui-même

les

Dordogne

lecteur familier avec les

comparaisons que je n'aurai pu en

effet,

d'avoir réuni

ici

' )

établir.

Je ne puis

me

flatter,

sur toute l'étendue de son domaine,

pourrait offrir à l'observateur. Mais, laisse

et de ses

tous les faits dignes de remarque que

le dialecte limousin, étudié

de mon ouvrage

je

:

si

comparative

la partie

forcément à désirer dans

le détail,

en

raison de l'impossibilité où je suis d'acquérir une connaissance

égale de toutes les variétés de ce dialecte, j'espère pourtant

qu'aucun de ses échappé.

En

traits essentiels et caractéristiques

tout cas, j'ose assurer que l'on aura

ne m'aura

ici,

à défaut

d'un tableau d'ensemble que je ne puis promettre, une mono-

graphie exacte et complète.

II

La renommée et l'autorité littéraires du Limousin ' étaient grandes au moyen âge. C'était non-seulement la terre classique de la poésie, honneur légitimement acquis au pays qui

'

Il

y faut distinguer

divisions géographiques sin, le

bas limousin

trois sous-espèces,

du domaine de ce

et le

correspondant a peu près aux

dialecte, savoir

:

le

haut limou-

périgourdin. Celle-ci est, par ses caractères, in-

termédiaire entre les deux autres. C'est à elle qu'appartient la variété de

Nontron, prise *

Nontron

ici

pour type de tout

même

variété désignée

ici

est

est,

au sud

phonétiquement,

une répugnance marquée pour 3

II

la

région qui parle la

de son nom. Mais cette variété s'étend assez loin dans

les autres directions, surtout

essentielle

le dialecte.

à l'extrême limite nord de

la

les

faut entendre le territoire

et

au sud-ouest. Sa caractéristique

pureté de

l'a,

et,

formes étrangères à

du

dialecte limousin.

grammaticalement, la

langue classique.


AVANT-PROPOS

3

avait produit les plus grands des troubadours, mais encore celle

du bon

pur langage. On connaît, à cet égard,

et

gnage souvent

Vidal de Bezaudun

Raymond

de

cité

le

témoi-

*.

Celui

des Leys d'amors, non moins explicite et plus précis, a pour

nous plus d'importance. L'auteur loue, dans le langage du Limousin, l'exacte observation des règles de la flexion, la juste

comme il dit, des cas du nom et des personnes Mais, en même temps, il constate dans ce dialecte

prononciation,

du verbe.

en grand nombre de mots étrangers ou fortement

la présence

langue

altérés, et qui doivent être, à ce titre, exclus de la

téraire

Or

*.

empreint ce double caractère. Car,

en raison de

ait

mots français,

par

a dû plus que d'autres,

n'en est peut-être aucun qui

il

aussi grande pureté grammaticale

conservé une

soit

s'il

géographique de la province , subir

la situation

l'intrusion de

près de la langue classique du

là resté plus

lit-

limousin porte encore très-fortement

le dialecte

C'est surtout la variété dont je

m'occupe

ici

et qui

^

xiii^ siècle.

spécialement qui

manifeste cette pureté. Ainsi certaines formes, réputées dès le xiv^ siècle

'

Totz

hom

incorrectes ou sans grâce par l'auteur des Leys

ralmenz

et

2

ditz

En Ramon

Ad

cas e drechurier

;

la

ciar e

formar

de Lemozi

lautra cauza es per

las devo....

sia

mays

3

En

las

il

pro-

autra maniera no trobam nos quai lengatges

hom

si

no per

las doas

granre de motz estranhs,

mal pauzatz, que ges per aco quar son dig en Lemozi

en dictatz.

— Tome

II,

pag. 402.

le

vocabulaire d'une langue peut

être envahi par des éléments étrangers sans

semble

leumanbon

formo sagon dever e segon que pronun-

Nouvelle preuve de cette vérité, que

d'atteintes. 11

par doas cau-

parsonas del verb, quar

aptes a trobar que autres lengatges,

biaysshatz, trencalz e

hom

En Ramon Vidal

las

cauzas sobradichas; quar, en Lemozi, ditz

no les aparia

le lengatges de Lemozi romans que degus autres

pronunciatio dais cas, car en Lemozi parlo

nuncio las personas leumen e

par motz.

Vidal de Bezaudu

aysso dizem que aysso dish

una cant a

et

2' édition, pag. 71

aptes e covanables a trobar et a dictar en

lengatges. zas: la

privada la parla-

par cas et par genres et par temps et par parsonas

Segon que

mays

fort

Gartota la parladura de Lemosin se parla natu-

— Guessard, Grammaires provençales, es

deu aver

qi vol trobar ni entendre

dura de Lemosin

même que

rien sacrifier de ce côté,

que

l'on

l'on se

que sa grammaire en souffre

montre d'autant plus jaloux de ne

à dû de l'autre céder davantage.


AVANT-4»R0P0S

4

d'amors, qui en constate pourtant dès lors l'emploi étendu,

bien qu'elles se soient répandues dans tous

(?)

langue d'oc, et que plusieurs

les dialectes

même

méridionaux de

la

reçues dans

haut Limousin, continuent d'être rejetées à

Nontron

:

verbes en

le

tels sont ir.

par exemple

les prétérits

soient

en igui dans

les


PREMIERE PARTIE PHONÉTIQUE

CHAPITRE PREMIER AlPHABET.

PRONONCJATION.

ORTHOGHAPHr:

Voici Tinventaire des sons usités en limousin

:

— Voyelles A. — Voyelles simples I.

a. h.

— Pures — Nasales: an, :

a, e,

i,

o, u, ou, eu.

en, in, on, un, oiin.

Les voyelles, en raison de leur tonalité, sont graves ou grêLes graves sont a, o, eu; les grêles, i, u, ou. est tantôt grave (è ouvert), tantôt grêle (e fermé); mais il n'est jamais muet. les.

Eu

E

une modification de Xo; c'est le renforcement ordiOn ne le trouve jamais que sous l'accent; il se prononce comme en français dans leur. En, in, un, conservent le son de \e, de Xi et de \u, au lieu de prendre, comme en français, celui de l'a, de \e et de Veu. Ni à Nontron, ni dans le haut Limousin, on ne connaît l'o nasal. Mais ce son existe dans le bas Limousin et dans quelest

naire de \u.

ques contrées voisines du Périgord, où

rement un a originaire

nasalisé.

il

représente ordinai-


PREMIERE PARTIE

6

— Diphthongues —

B.

— — oua,

Ai, au, ni, uo,

ta, ie, io, iu, iou, ieu,

eu, eu,

ei,

oue, oui, ouo

lai, iau, iéu, ieû, iôu,

Au,

Triphthongues

et

;

uei,

Quanta

bres, c'est-à-dire aou, eou, oou.

Dans

même

médiale qui

que cette voyelle est toujours grave,

Dans

faut distinguer deux cas

si la

:

les

diphthongues,

voyelle initiale est grave, c'est

sur elle que la voix domine.

Le

à moins que la seconde ne

le soit aussi;

La nature de

contraire a lieu

première peut garder

la

est grêle,

si elle

auquel cas,

si

ce travail nous imposant l'obligation de noter

que nous emploierons à cet effet Voyelle longue et tonique Voyelle brève et tonique

Voyelle longue et atone

Nous ne marquerons une diphthongue que il

y aura

si

lieu de

recevra.

De

se confondre

:

:

:

les signes

:

*.

Ex.

'.

Ex.

-

.

Ex.

Chanta (cantare).

:

Chanta (cantatum).

:

:

Chanta fcantasj.

l'accent tonique des mots terminés par cet accent porte sur la pénultième.

mettre l'accent sur une diphthongue ou

une triphthongue *, ce sera le

celle-ci

prépondérance.

souvent à la fois l'accent tonique et la quantité, voici

Quand

féli-

en eu et de ou en u.

tandis que les deux autres sont grêles.

est plus faible, la

par les

à Nontron, et qui

*

les triphthongues, c'est toujours la voyelle

est prépondérante, parce

il

ue,

simultanée de ses deux éléments

la modification

constitutifs, savoir d'e

— ua,

ew, je note ainsi le son

particulier que prend la diphthongue eu

résulte de

ou,

ouai, ouei, ouau, ouôu.

représentent les sons notés de

eu, ou,

la dernière voyelle

la sorte, le signe

du groupe qui

de l'accent tonique ne pourra

avec celui qui nous sert à distinguer ou et

eu,

diphthongues, des pseudo-diphthongues ou et eu.

*

Cette diphthongue est restée sans s'assourdir dans le bas Limousin et

grande partie du Périgord.

dans

la plus

l'état

de voyelle simple

sud-ouest de

la

comme en

Haute-Vienne,

Nontron. '

(eu)

Vraie ou fausse.

A

Limoges,

elle s'est

français; mais, dans le

elle se

prononce en général

réduite à

sud

et le

comme

à


PHONETIQUE

II.

Le

7

— Consonnes

dialecte limousin, pris dans sa généralité, possède les

mêmes

articulations que le français

;

mais

les sons chuintants

représentés par ch et / sont inconnus à Nontron.

correspondants,

bas Limousin, et

Ils

y ont pour

comme dans le reste du Périgord et dans le comme aussi dans un grand nombre d'autres

dialectes de la langue d'oc, tels que le provençal, des sons

complexes, qu'à l'exemple des félibres nous figurerons de la

même

manière, mais dont la notation exacte serait

Ces sons deviennent moins

sifflants et

mesure qu'on s'avance vers

le

paraître,

ils

se réduisent,

au ch et au /français. les

nord.

ts

de plus en plus

Le

t

même

et dz.

mous à

venant à

dis-

en certains lieux du haut Limousin,

— Dans

le

nord de

la

Charente et dans

contrées voisines de la Haute-Vienne, vers Confolens et

Saint-Junien, ces sons deviennent tout à

C

a

le

fait

pâteux

;

jamai

par exemple, s'y prononcent djiamai, tchiavâ.

et chavâ,

même

G, dans la

son doux qu'en français devant

e et

i.

même position, seprononce comme;. Qu et gu, même valeur qu'en français dans

suivis d'une voyelle, ont la

équerre, guerre.

S, simple, entre

deux voyelles, a

le

son du

z.

Pour

lui

con-

server, dans cette position, le son qui lui est propre, nous en

écrivons deux,

comme en français procédé ;

sans inconvénient,

parce que, dans aucun cas, la voix n'articule deux tives et que,

ainsi,

s

consécu-

on ne pourra jamais être en doute sur

la

vraie prononciation.

Nous

figurerons toujours /mouillée par

Ih,

et

n mouillée par

nh. Ces notations, consacrées d'ailleurs par l'ancienne ortho-

graphe, et maintenues par l'usage dans un grand nombre de

noms de les plus

Y,

lieu, tels

que Javerlhac, Marnhac, nous paraissent

propres à prévenir toute confusion.

dans notre orthographe, sera toujours consonne et servira

exclusivement à figurer

le

même

son que cette lettre repré-


PREMIERE PARTIE

8

sente en français dans yole, yeuse, c'est-à-dire le son du / latin

*.

GHA.PITRE DEUXIEME VOCALISME

DES VOYELLES EN GÉNÉRAL. -— ACCENT TONIQUE ET QUANTITÉ

Accent tonique La

loi

générale qui domine l'histoire des langues romanes,

je veux dire la fixité de l'accent latin, se vérifie

limousin

y

elle

comme dans

les autres

dans

idiomes de la famille

beaucoup plus d'exceptions que dans

est sujette à

le

mais

;

les

langues cultivées, parce que la tradition y a naturellement

moins de puissance que dans

celles-ci.

Les principales de ces

exceptions paraissent dues à l'influence de la quantité. Nous les signalerons tout

à l'heure, en traitant de cette partie im-

portante de la phonétique.

La langue

d'oc,

on

le sait, avait,

comme la langue

avec plus de rigueur encore, réduit à roxytons latins dont

l'état

d'oïl,

mais

d'oxytons les pa-

la dernière voyelle n'était

pas un

a.

Le

limousin moderne a ramené à leur premier état plusieurs de ces mots, principalement des adjectifs, en leur restituant une flexion.

Quant aux proparoxytons

latins,

tel$

en limousin. Ex.

ils

*

Contrârium,

planlier,

feira,

.

— plânhei.

conti'ari,

en

sont restés

:

Plângere,

Féria,

comme

devenus,

français, paroxytons dans l'ancienne langue,

— countrâri.

feiro.

Quantité Dans toutes '

les

langues romanes, les longues par position

Voir Haudry. Qram, coinp.

pag. 195.

de.s

longues classiques.

Phonétiqtjb,


PHONETIQUE

même

sont devenues brèves,

»

sous l'accent, qu'elles fussent

ou non longues par nature. Cette règle s'applique naturellement au limousin

comme

prov. femna, j est fëimo.

à ses congénères. Ainsi femina,

Lea voyelles en position joignent à

la

brièveté ainsi acquise ou conservée une forte tonalité, ce qui est

une conséquence nécessaire de

deux consonnes placées devant

la position,

elles,

parce que les

en s'opposant à leur

expansion, les obligent à se redresser, et leur étendue ne

minue

ainsi qu'au profit de leur

di-

hauteur Aussi sont-ce celles .

de toutes qui retiennent l'accent tonique avec le plus de fer-

meté. Mais, lorsque la position a été détruite, accident fréquent et qui,

en limousin, est arrivé constamment, par la chute ou d'une dès consonnes accouplées, devant tout

la vocalisation

autre groupe que c€ux qui liquide

ou

commencent par une

la sifflante s*, les effets

nasale,

une

de la position sur la quan-

ne subsistent plus. Les vx)yelles se compor-

tité et la tonalité

tent alors, selon leur espèce et les inclinations qui en décou-

comme

lent,

les

longues et

les

brèves telles par nature, dont

nous allons maintenant nous occuper, en

les

considérant prin-

cipalement dans leurs rapports avec l'accent.

La

quantité, qui, dans les langues cultivées de la famille

romane,

-

l'italien

par exemple et

le

français, est sacrifiée à

l'accent et doit se plier à ses lois, a gardé ou, plutôt peutêtre, a repris

seulement souvent

en limousin une grande indépendance. Non-

elle n'est

elle,

pas toujours dominée par

au contraire, qui prend

la

lui,

mais

c'est

prépondérance

et

oblige l'accent à se déplacer. Ce déplacement peut avoir lieu

en avant ou en arrière

nous aurons donc à l'étudier successivement dans les mots paroxytons et dans les mots oxytons. 1°

'

Mots paroxytons.

;

— C'est une règle générale

Les groupes commençant par

pruntée au français,

consonne.— S

l

ne se trouvent quejdans

en roman,

les

mots em-

provençal s'étant'toujours vocalisé devant une autre est presque toujours tombé, et sa chute, dans les couples /

qui ne, résultent pas de sa gémination, a toujours entraîné l'allongement de la voyelle, Ex. Moûclio de musca, maifé rousso de russa^ :


PREMIERE PARTIE

10

règle sans exception en fr^inçais, qu'une voyelle brève devient

longue sous l'accent, en dehors de la position, dans les mots paroxytons. Or cette règle ne s'applique qu'à moitié dans

le

parler de Nontron. Les voyelles graves a et o seules s'y sou-

mettent constamment. Ex.:

*

càvat

châvo

demôrat

demôro

Les voyelles grêles

i,

u,

ou,

y échappent toujours

plus, ces voyelles, quelle qu'en soit d'ailleurs la si elles

;

bien

provenance,

étaient longues en latin, sont devenues brèves,

même

à cette place. Ex.: i

:

— mta,

vîto ;

fllia,

fïlho ;

crimen,

crime ;

captiva,

u

ou

:

:

cheitïvo

— mûla,

;

mûlo ;

natûra,

natûro ;

salutat,

saludo ;

cûpa,

cûbo

laborat,

laboûro;

;

tota,

toûto

;

sola,

soûla

;

couroûno.

corOna,

Les exceptions sont très-peu nombreuses; principalement sur

l'^

f\ca =.fijo, *refûtiat

En

voici quelques-unes

= refûso;^e

j'ignore l'étymologie, mais que le

citerai

oula,

elles

portent

vîmen

= vime,

encore groûlo, dont

Donat provençal mentionne,

sous la îorme grola^ , parmi les rimes eno^a

en

:

estreit,

c'est-à-dire

comme M. Paul Meyerl'a parfaitement démontré

Quant à

Vë,

que nous avons à dessein omis à son rang,

*.

il

se

comporte, en vertu de sa double manière d'être, c'est-à-dire *

Ce mot

n'est pas

solea vêtus. C'est, en 2

dans Raynouard. Le Donat provençal effet, àcc

savate

i qu'il

Voy. Phonétique provençale, 0, dans

linguistique, 2" fascicule, p. 145-161.

le traduit

par

correspond en français.

les

Mémoires de

la Société de


PHONETIQUE

11

selon qu'il est plus ou moins ouvert, tantôt

graves, tantôt

comme les

premières*.

ne s'abrège, en

devant

n.

Il

Devant

grêles,

les autres

comme les voyelles comme les

mais plus souvent effet,

systématiquement que

consonnes, ce phénomène est ex-

ceptionnel. Ex.: catëna,

plëna,

chadëno;


PREMIERE PARTIE

\9

à Va et à Vë des flexions

laissé leur pleine existence

latitiés éri

es. Il y a du moins lieu de supposer que ces voyelles avaient conservé leur quantité. Quoi qu'il en soit, elles sont

as et en-

longues en limousin, bien que Vs s'en paré;

é

y

est

ei.

femnas,

Homines,

homes,

s'y rencontre

Il

complètement

soit

sé-

Ex.:

Feminas,

I long mentêrî.

même devenu

également en

provient toujours d'un

ï

— —

fénnà;

finale

atone. Ex.

hômei;

latin allongé

:

Ce-

par l'influence

de Y s de la flexion provençale du pluriel.

Revenant maintenant à

l'accent,

nous remarquerons que,

dans tous les mots où la voyelle tonique est restée ou de-

venue brève, la finale.

tend a

il

(Quitter cette voyelle' et à' se

Je dis tend, car

ne

le transfert

s'est

porter sur

point accompli

partout avec certitude*. Si la finale est brève, l'accent reste

comme indécis

et partagé entre les

deux voyelles*. Mais

cette

hésitation cesse tout à fait dans la plupart des mots dont la finale est longue,

pencher

la

parce que

celle-ci,

plus lourde, fait aussitôt

balance de son côté. C'est ce que l'on constate

qtiemmént dans la conjugaison, surtout quand à et

même, en

en

certains cas, quoique la tonique légitime soit

une voyelle en position. Ex. Ainsi,

fré-

la fl^exion est

:

pour nous résumer,

Tupourtâ, et non tu porta. les voyelles

graves restent lon-

gues ou s'allongent sous l'accent; les voyelles grêles s'abrègent

ou restent brèves, et l'accent s'en détache. Celles-ci ont même une telle répugnance à devenir longues, que les deux dernières de la série, u et ou,

fermement en

si

place, aiment

l'accent réussit à se maintenir

mieux permuter avec

les voyelles

graves qui leur correspondent, que de s'allonger elles-mêmes

pour

lui

donner l'assiette

qu'il exige.

Ex.

*

:

Par exemple, dans les mots précédemment cités, vito, mulo, etc. ici aucun exemple pris parmi Je? mots tels que demôro, de demourâ ; jeûgue, dejugâ, parce que, dans de pareils mots, ce n'est pas proprement ou qui devient a, u qui devient eu c'est Va latin qui, différemment modifié, donne Ô ou eu sous l'accent, ou ou u avant l'accent '

^

Je ne donne

:

(

Voir ci-après, chap.

ai,

à

l'article

de

l'o).


PHONETIQUE

— — Dubitare, Exsuccare, — —

? *

Sufferrire,

eissûjâ,

— — —

eisseûje;

amûsâ,

ameûse;

roûtâ,

Ructare,

douta,

18

rôte;

dote;

sùfrî,

seûfre.

arrive aussi à Yi d'en faire autant, mais tout à fait excep-

Il

tionnellement, et je ne sais seul qu'on puisse citer *

Oblitare,

Mots oxytons.

l'exemple suivant n'est pas

si

le

:

àublidâ,

ôublêde.

Le recul de l'accent de

la finale sur la

pénultième est un phénomène assez fréquent, quoique plus rare que le déplacement contraire. nier, à l'influence

est dû,

Il

prépondérante de

la

comme

ce der-

quantité et se pro-

duit surtout, par conséquent, lorsque, la pénultième étant une

voyelle en position, une longue ou une diphthongue, la finale

tonique est brève et grêle. Ex.

pour

eitré^, vâle

encore

si la

vâlé.

:

éndre pour endné^, eître pour

Mais ce déplacement peut avoir

lieu

tonique est elle-même une longue, une diphthon-

gue, ou une nasale.

breux exemples

;

On en

verra dans la conjugaison de nom-

nous nous dispenserons donc d'en citer

ici,

nous terminerons ce paragraphe en observant que, dans

et

cas où l'accenfc refiue ainsi sur la pénultième, la pronon-

les

ciation paraît en général plus assurée, la nouvelle assise de

l'accent plus certaine et plus fixe que lorsqu'il se déplace en

sens inverse.

Outre

les reculs

de l'accent, que nous venons de constater,

nous avons encore à signaler dans

phénomène.

Il

reste, particulier les

mots oxytons un autre

au limousin. Je

suis porté à croire

idiomes romans doivent, plus ou moins,

Les toniques '

les

n'a rapport qu'à la quantité et n'est point, du

Endroit.

* Etroit.

latines,

le

que tous

présenter.

longues par nature, qui, grâce à la


PREMIERE PARTIE

14

chute des finales, n'étaient plus suivies en provençal * que d'une explosive terminant le mot, sont, sans exception, brèves en limousin, quoique cette consonne

pr. chantât,

Cantâvit,

Aud^tum, Salûtem,

— —

Totum,

tôt,

Pîcus,

— — — — —

pic,

La même chose par

n,

y soit tombée. Ex.

Cantàtum,

chantet, auzit, salut,

:

chanta; chanté; ôuvî; salû

;

toû; pï.

a lieu dans les mots terminés en provençal

lorsque cette consonne est tombée. Ex. Pânis,

Flnem,

— — —

Rationem,

Plane,

Plénum,

Nec ûnum,

pie,

fin,

Mais cet abrègement ne consonnes continues.

:

— p6 — plan, pla, plô; — plê; plen, — razon, razo, — razoû; degun, degu, — degû. pan, pa,

pr.

Ou

fi,

se produit

fî;

jamais devant

les autres

ces consonnes se vocalisent, et une

diphthongue en résulte, ou, tombant simplement,

elles lais-

sent la voyelle longue. Si cette voyelle est un

devient

par compensation. Ex. s

:

nos,

nâ;

Mensis,

mes,

mei;

Fines,

fis,

Unos, :

Cantàre,

Finire,

Habère, l

'

Ici,

parle

:

-— Solum,

comme

vao\.

elle

Nâsus,

SpinOsus,

r

e,

d

:

— — — — — —

espinos,

— —

us,

chantar^ finir,

aver, sol,

— — — —

fî;

eipinoû

û

;

;

chanta ; fini;

avei; soû.

en maint autre endroit de cette grammaire, nous désignons

provençal, selon l'usage ordinaire, l'ancienne langue d'oc,

la

langue classique des troubadours. Quand nous voudrons parler de l'idiome actuel de la Provence, nous dirons le provençal moderne.


PHONETIQUE Plus ordinairement,

que font toujours

Ih et y

:

—C

lavis,

:

Màlum

— mau. C'est ce

:

— —

Ih: — Allium,

V

se vocalise

/

15

Ovum,

— — —

alh,

clau,

ou,

ai;

cliau;

y ou.

Les voyelles longues, abrégées, comme nous l'avons montré, devant une explosive terminale, gardent au contraire leur quantité,

si

cette consonne reste suivie d'une

autre vojelle.

Ainsi, tandis que cantâtum donne chanta, cantâta donne chan-

tâdo. J'ai déjà noté qu'en limousin,

du moins à Nontron, car

je n'ose aflSrmer le fait pour toutes les localités, les voyelles

grêles font exception à cette règle. Mais, dans d'autres dialectes, la loi s'applique

dans sa généralité, de

même

qu'en italien,

en espagnol, et aussi en français, où, malgré la chute presque constante de la consonne, tant médiale que terminale, la quantité est

restée modifiée ou maintenue

qui viennent d'être énoncées.

Chantet-chantede); Finï-fime (V. (V.

conformément aux règles

Ex.: Chante -chantée (V. fr. Finit-finite)

fr.

Perdû-perdûe

;

Perdut-perdute^); Chanter; Finir.

fr.

Cette différence de traitement de la voyelle longue, ce double

procédé qui semble impliquer contradiction et qui n'a pas encore, à

ma

connaissance, fixé l'attention des philologues, vaut

qu'on y insiste et qu'on l'explique.

Dans amat, de amâtum,

la voyelle est

retenue parle

t,

qui,

perdant en avant son ancien appui et forcé de se rejeter en arrière, la repousse,

relevant

*

La

la

comprime

et l'abrège

dentale persiste, on le sait, dans les plus vieux

^

en

monuments de

langue, par exemple la Fie de saint Alexis. Cf. l'espagnol ciudad,

ainsi

la

'.

:

notre

Pared, merced,

etc.

Ceci, remarquons-le, est parfaitement

sodie latine,

— qui

conforme à

cette loi

de

la

pro-

a conservé sa force en roman, parce qu'elle est fondée

— d'après laquelle une dentale terminale — La dentale de cantat des mots analogues

sur une nécessité naturelle,

abrège

la voyelle précédente.

et

du provençal a persisté dans quelques dialectes modernes; elle est toujours tombée en limousin comme, en français, celle de la vieille langue d'oïl.


PREMIERE «PARTIE

16

Dans amada, de amôtam, a consonne, parce que

celle-ci,

n'est pas arrêté, limité

n'ayant pas perdu

par

comme

la

tout

à l'heure son appui naturel, c'est-à-dire la voyelle finale à laquelle l'unit la syllabation, n'a pas besoin de se rattacher

à

la

précédente, qui conserve ainsi toute son aisance.

Dans amar, de amâre, n'ait plus d'appui

comme

d'être

il

en est de même, quoique

la

consonne

en avant, parce" que cette consonne, au

le t

lieu

une explosive, c'est-à-dire une consonne

limitative, de celles qui arrêtent et tranchent

brusquement

le

son de la voyelle, est au contraire de celles qu'on a justement appelées continues, et qui, loin d'y faire obstacle, favorisent la

tendance que peut avoir

tendre

la

voyelle à s'affaisser et à s'é-

.

a

Nous n'avons jusqu'ici considéré la

quantité qu'en elle-même

ou dans ses rapports avec l'accent tonique, sans nous préoccuper de l'influence qu'elle a pu avoir sur la persistance ou la transformation des voyelles. Cette

influence sera étudiée

plus loin pour chaque voyelle en particulier; mais

il

nous faut

auparavant présenter sur ce sujet quelques considérations générales.

La plupart des mutations de dans

le

voyelles qui se remarquent

limousin comparé au latin étaient déjà opérées dans

l'ancienne langue d'oc. D'autres étaient en train d£ se faire

ou se préparaient, qui sont maintenant accomplies. Ce dernier point est mis en évidence par le petit dictionnaire dé

rimes qui termine

le

Donat provençal,

distingués, sous les rubriques de

et dans lequel sont

larg ou dCestreit, des

mots

dont la terminaison, semblable en apparence, devait certai-

nement Il

différer dès lors.

En

quoi consistait cette différence

est probable que, généralement,

tonalité seules qui devaient varier.

c'était la quantité

Mais

il

n'est pas

que souvent aussi

les sons étroits différaient

et la voyelle est restée

à nu, mais droite

la

et

même

ou

?

la

douteux par

l'es-

ferme, et conservant toujours

quantité nouvelle due à la pression, sans doute longtemps subie, de son

ancienne associée.


PHONETIQUE

17

sence dès sons larges correspondants. C'est ce que

Mejer nous semble

avoir démontré pour Yo

mémoire, déjà

lent

provençal. Dans

cité, qu'il

a consacré sons

tous les cas, les

étroit,

M. Paul

dans l'excel-

à l'histoire de

l'o

n'étaient

étroits, s'ils

pas tous déjà foncièrement altérés, avaient une prédisposition naturelle à se corrompre, puisque la plupart, en

s' affaiblissant,

se sont transformés

Maintenant, qu'entendait précisément désigner par ces expressions de larg et dCestreit l'auteur du Donat provençal

?

Les

Leys d'amors, où ces mots ont pour correspondants ceux de plenissonnan et de semissonnan, montrent que c'est parles terd'ouvert et de fermé et non, comme on aurait pu croire déprime abord, par ceux de long et de bref, qu'il faut les tra-

mes

duire. Et, en effet,

avec

ces qualifications sont

que

la quantité,

les

si

peu en rapport

rimes étroites citées par Hugues

Faidit proviennent aussi souvent de longues que de brèves

que

latines, tandis

les

rimes larges correspondent, pour la

plupart, à des brèves ou, ce

qui revient

au même, à des

voyelles en position, soit latine, soit romane.

Par ces expressions, on a donc voulu distinguer, non

la

durée du son, mais son intensité et son degré de pureté. Les sons larges étaient les sons ouverts, pleins, sans indécision;

sons

les

étroits

étaient les sons fermés, sourds, sans netteté,

sujets à s'altérer au

voyelles larges du

moindre accident*. Aussi, tandis que

Donat ont

altération, les voyelles étroites se sont

mées. Et cela devait être, parce que, peut

s'affaiblir

sa personnalité

en intensité dans

même, pour

les

persisté jusqu'à nos jours sans

le

ainsi

en général transfor-

si

une voyelle ouverte

cours des âges, sans que dire,

en

soit atteinte,

une

voyelle fermée ne peut guère subir d'affaiblissement qui ne soit

<

la

une transformation, puisque un degré de fermeture de

Telles étaienl en général les voyelles atones aiïaibhes et assourdies par

prépondérance de la tonique. Mais

le

Donat provençal ne s'occupe pas

de ces voyelles; nous les négligeons pareillement avertir le lecteur, parce

transformées de

la

que

les voyelles étroites

mémo manière

ici,

et

il

est bon d'en

no se sont pas toujours

sous l'accent qu'avant ou après. 2


PREMIERE PARTIE

18

plus risque de la faire passer à une autre voyelle*.

longues ont plus de danger à courir de ce côté-là que

Or

les

les brè-

moins ouvertes, outre

ves, parce qu'elles sont naturellement

que cette plus grande étendue de leur surface

pour ainsi

et,

augmentent aussi pour

dire, cette dilatation de leur substance,

chances d'affaiblissement*.

elles les

Les voyelles brèves, au contraire, trouvent dans leur qualité

même, sion,

c'est-à-dire

dans

temps plus court de leur émis-

le

une garantie contre

altérations, parce qu'elles

les

y

en quelque sorte, une moindre prise. Les exemples

offrent,

nombreux de diphthongaison de voyelles brèves ne prouvent rien là contre, puisque ce phénomène n'a lieu que sous l'accent (sauf les cas d'influence), et nous avons déjà vu que les

deviennent longues en roman'.

voyelles brèves accentuées Ainsi, là

comme

confirme la règle, car la

ailleurs, l'exception

série des faits, série logique, sinon toujours historiquement

prouvée, a dû être celle-ci

:

allongement de

la

brève toni-

que, 2° modification de cette voyelle ainsi allongée. C'est donc, en définitive, la longueur, originelle

ou acquise,

de la voyelle tonique, qui est la cause principale des altérations qu'elle subit.

en résulte que cette voyelle aura dû

Il

rester d'autant plus fixe et plus pure, qu'elle était à l'origine

ou qu'elle

était

par exemple,

le

devenue plus brève cas de

l'a

et plus sèche.

Tel a

été,

de cantâtum, abrégé dans cantat, et

qui est resté, grâce à cette circonstance, parfaitement pur

dans toutes

les variétés

Ce qui

jusqu'à la

*

ment aux

suit,

^

fin

voyelles graves, a,

* C'est ainsi

aofia.

du limousin, tandis que

du e,

de cantare,

chapitre, s'applique plus particulière-

o.

que, dans le dialecte ionien,

l'a

en s'allongeant devient

vj

:

aoftYi.

En limousin,

— nous avons déjà noté cette

voyelles grêles restent brèves

ou s'abrègent

ont-elles pas subi d'affaiblissement,

et, si

toujours été ponr se renforcer. Ainsi

û

devenu

é,

dait,

comme

en français, à passer à

l'ê.

dérogation à la règle,

même

— les

sous l'accent. Aussi n'y

elles se sont transformées, c'a

latin {ou) est

tandis que o devenait ou, que

est

t

l'a

e"

devenu w (français), et et que o ten-

devenait


PHONETIQUE demeuré long,

s'est affaibli

19

dans beaucoup d'endroits en un

son voisin de Yè.

CHAPITRE TROISIEME VOCALISME

(suite)

ÉTUDE PARTICULIÈRE DES DIFFÉRENTES VOYELLES

Au lieu

de suivre, dans la revue que nous allons faire, Tordre

alphabétique rigoureux, nous étudierons d'abord les voyelles

graves

(a, e, o)

et ensuite les voyelles grêles

ij,

u, ou). Elles se

distinguent par la manière absolument opposée dont elles modifient

non-seulement leur quantité, mais encore leur essence.

La tendance

des premières est à l'affaiblissement, celle des

secondes au renforcement affaiblissement et renforcement qui :

sont, l'un et l'autre, à

inverse, selon la

deux degrés,

marche suivante

et qui s'opèrent

en sens

:

S'allongent sans se transfor-

mer, sauf

si elles

sont sourdes,

brèves \

ce qui arrive, en général, avant et surtout après la tonique.

Voyelles graves

en

transforment

Se

voyelle moins grave, en

longues

moins net et, i;

I

longues

(a

en

en

e,

ai;

une

un son

e

en

ou, u).

S'abrègent sans se transforDier [i)

ou s'abrègent en se

I 1

renforçant

[ou).

2" Voyelles grêles (

brèves

Se

transforment

j

voyelle plus forte

\

en eu;

— ou en

{i

en

en

u, eu, o).

e;

une

—u


PREMIERE PARTIE

80

PREMIÈRE SECTION,

Les

affinités naturelles

l'autre

avec

En

l'o.

moins ouvert,

il

de

voyelles qbaves

sont avec Ye d'une part, de

l'a

c'est-à-dire en devenant

s' affaiblissant,

tend à passer à

Ye,

est long

s'il

ces affaiblissements; partie du Périgord,

comme au

là,

l'a,

à

;

bref et sourd. Mais on n'admet à Nontron que le

est

l'o, s'il

minimum de

reste dans la plus grande

le son préféré des pères de notre race,

la véritable lettre de noblesse d'un idiome, a su conserver sa

pureté et son ampleur primitives dans beaucoup de cas où, en

haut et bas Limousin,

a dû passer à

il

l.

A

l'o

ou à

Ye.

A tonique

tonique, qu'il soit long, bref ou en position, est resté pur

comme dans

l'ancienne langue d'oc, sauf les modifications de

quantité déjà signalées. Ex. cantâre, chanta;

— saccus, sa; —

fàba, fâvo.

Des exceptions à

cette règle se constatent déjà dans la lan-

gue classique; par exemple

devenu

ou

...eira

...iera.

arium devenu

Ex: granarium,

aria

ier,

granier, graniê;

en de pareils mots, que

mousin (haut les

et bas),

deux autres

on

Nontron. Dans

l'on préfère à

dit plutôt ...ieiro,

forme

riparia, ribeira et ribiera, riviêro. C'est cette dernière

le

Li-

forme qui réunit

et qui se rencontre d'ailleurs

également dans

l'ancienne langue.

..Jer= Yi,

...ari..

nous montre

devenue, sous l'influence de

l'a

qui se déplace pour s'associer à

les mots de cette désinence

*,

lui.

Mais, ailleurs que dans

Yi suivant, qu'il soit originaire

ou

qu'il

provienne d'une consonne vocalisée,

*

Dans

les

verbes de

la

1" conjugaison,

ont également passé à Ye. Mais je néglige la conjugaison, les modifications

causes que

les lois

ici

l'a

de avi

s'il

s'unit à

et celui

l'a,

de asseni

en général ce qui a rapport à

des voyelles y ayant souvent d'autres

générales de la phonétique.


PHONÉTIQUE

^r

n'exige pas ordinairement sa mutation.

vrai;

Il s'y

joint simplement,

— veracem, — placere, plaire. Même à Tabri de toute influence sem-

diphthongue ai en résulte. Ex.

et la

blable,

on

voit

:

magis, mai;

Ta bref devenir aussi m; mais cela est très-rare

et exceptionnel.

Ex.

Aqua, aiga, aigo

:

Outre cet affaiblissement d'à en

e

ou

;

amat, aimo

•.

déjà accompli dans

ai,

l'ancienne langue, notre dialecte en présente quelques autres, qui l'étaient peut-être également dès lors, bien que les textes

On peut du moins

ne l'indiquent pas explicitement.

Donat provençal que

dire, gardé toute sa pureté.

commun

veux

des mots rangés dans

s'agit

Il

cet ouvrage sous la rubrique as estreit.

caractère

induire du

n'avait pas, dans les cas que je

l'a

Tous ces mots ont pour

{abas excepté, qui peut-être se trouve là

par erreur*) de dériver de mots latins en anus, anis. La plupart sont des adjectifs qualificatifs ou ethniques, en anus. Ceux-ci

ont pris une forme équivalente à la forme française en ou ain^

:

umen, roumen, ancien, etc. Mais quelques-uns, dont

était bref

ou

s'était

abrégé, ont subi un affaiblissement

rent et plus sensible. Ce sont les suivants

l'a

diffé-

:

Grànum, gran, gro; pan,

Pànis,

Il

Manus,

pô; man, mû;

Cànis,

can,

chê,

chï.

faut ajouter les mots ci-après, dont le

Donat ne

fait

pas

mention, mais dont les quatre premiers ont avec les précédents

une analogie évidente

*

:

Plane,

plan,

plô

Altânus,

autan,

auto;

Je ne connais pas d'exemple, dans

langue, de la diphthongaison de

quelques dérivés de ce verbe

*La forme

:

les

monuments de

l'ancienne

d' amor;

mais on la constate dans aimaire, aimansa. l'a

correcte de ce mot, en limousin, est

dans Richard. Chez nous, l'on 3 C'est

;

dit

aba

(060), qu'on trouve

mot français. nasale qu'est due cette altéra-

abé; mais c'est

évidemment à

le

l'influence de la fermé {estreit), s'il est nasalisé, tourne forcément à l'e. Gela est sensible dans la diphthongue française 0», qui, prononcée oua si elle est pure, devient oué si elle est nasale roi, loi, loin, point. tion.

Un a

:


PREMIERE PARTIE

22

Demâne^

deman, demô;

Juniànus, Junian, Juniû;

Hàbet,

ha,

ô;

Sàpit,

sap,

g ad,

gô.

Vàdum,

*

Observons que gran, pan, man, plan, deman, ont encore, dans Tancienne langue, une autre forme en a non nasal. C'est de celle-ci qu'est dérivée la

gement

d'à

en

forme limousine actuelle, par le chan-

changement exceptionnel sous

Ô,

qui est de règle après la tonique.

provençal réduit à ca; mais

l'accent,

— Can se trouve

mais

aussi en

limousin n'a pas adopté cette

le

forme, qui y serait devenue vraisemblablement co ou cho, et

a préféré che et

chi,

il

qui se rencontrent déjà l'un et l'autre dans

langue classique.

la

A après

II.

la tonique

A final atone devient toujours o quand il

— femina,

roso ; tavo.

est bref.

Ex.

— cantabam,

:

rosa,

chan-

Cet affaiblissement est aujourd'hui général dans la langue

d'oc. Il n'y a

que de fort rares exceptions. Tout porte à croire

remonte très-haut. On

qu'il

Ludus

(v.

fenno ;

-^ cantal, chanto ;

sancti Jacobi

le

constate dès

XV^

le

dans Bartsch, p. 399), et

il

y a

siècle

lieu de

supposer que la mutation était opérée avant cette époque et

que l'on continuait seulement par tradition de noter par a ce son assourdi. L'a du

pronom

la,

quand ce pronom

également à l'o, mais à un

est enclitique, passe

o incertain, et quelquefois

moins àNontron, cet affaiblissement n'a pas

lieu.

même, du

Ex. iportaz-

pourtâ-lo.

la,

A

final atone,

s'il

est long,

ne subit aucun changement, ni

de nature, ni de quantité: rosas, rosà;

— cantas, chanta; —

cantavas, chantavâ. III.

En *

général,

A Limoges

on

il

A avant

reste a.

dit se.

Il

se

la tonique diphthongue avec

i

dans les


PHONETIQUE

mêmes en

blit

cas que l'a tonique

en sorte que

e,

nem, maiso, mèijou;

— factionem,

*

et

.

faisso, feissou

;

il

s'affai-

:

mansio-

lactuca,

Ex.

exceptionnellement, quelques autres

subit aussi, mais

changements ; par exemple

En

même temps

mais en

résultat final est

le

leitujo; — patrinus, payri, peiri.

laytuga, Il

{ai),

23

:

— rancurar

lacrymas, lacremas, legremâ;

e :

curâ; — anima, anma, ermo

(

pr.),

t^en-

*;

En u : lacerta, lazert et lauzert, luzer; En i: manducare, manjar et menjar, minjâ ; En ou : natare, nadar, noudâ. Sous l'accent, Y ou de noudâ devient

ô,

Vî de minjâ reste

i.

Telles sont les seules altérations que l'a primitif ait souffertes

dans

parler de Nontron. Cette voyelle n'est pas restée

le

la partie méridionale et surtout

moins pure, en général, dans

sud-ouest de l'arrondissement. Mais,

peu vers

l'est, le

nord ou

le

si

l'on s'avance tant soit

nord-ouest, ou qu'on gagne, par

Thiviers, l'arrondissement de Périgueux, les affaiblissements

suivants se font sentir 1° L'a long',

:

tonique ou suivant la tonique, prend un son

assez rapproché d'un è français, mais plus allongé et moins pur. C'est ce qui a lieu, par exemple, dans les formes verbales et

nominales en a et en à Limoges

;

mais

à.

elle est

ou du moins sud-est de

Cette altération de

l'a

n'a pas lieu

générale dans la partie méridionale

Haute-Vienne

la

*.

Dans

la

Charente,

on la constate dans tous les cantons limitrophes de ce dernier département. '

Nous

traiterons,

en

détail,

à

l'article

des diphthongues, de

la

permu-

que de celle de au. et mieux arma.

tation de ai ainsi '

On

dit aussi,

3 II faut

:

entendre

l'a

actuellement long,

1" conjugaison; car, ainsi que je

en

latin, se îont

l'ai

tel

que celui des

infinitifs

de la

expliqué ci-dessus, beaucoup d'à, longs

abrégés, tels que ceux de

amâtum, de

veritatem. Ces der-

niers restent purs dans toutes les variétés du limousin. *

Par exemple, à Rochechouart.

— A S'-Yrieix

sines de la Gorrèze (Ségur, Lubersac, etc

dans

le suivant, la

même

),

l'a

et

dans

les localités voi-

conserve, dans ce cas

pureté qu'à Nontron.

comme


PREMIERE PARTIE

Zi

2° L'a précédant la tonique, bref

long d'origine,

était

s'il

ou préalablement abrégé en o, mais en un o peu

comorado^^ camarade. L'a tonique lui-même, si amène après lui un a long, subit ce changement

assuré. Ex. la flexion

s'affaiblit

:

:

ou en position y échappe dans le mais, dans le bas Limousin, il passe égale-

ieû pusse, tu passa. L'a nasal

haut Limousin

ment à

l'o:

;

orgen (argent),

jo/ontorfo (plantée)*.

Cette dernière mutation et la précédente ne sont liées l'une

à l'autre par aucune dépendance réciproque,

trouver plus généralement séparées. Quoi

gueux

Limoges, où

et à

l'a

certaines

et, si

deux simultanément, on devra

variétés les offrent toutes

en

qu'il

sourd est devenu

soit,

l'on n'altère pas

ô,

long, et les paysans du côté de Piégut, qui changent

l'a

conservent sa pureté à

è long,

les

à Péri-

l'a

en

s'il

se

antétonique.

l'a

E Les

affinités

renforce,

de e sont avec a et avec

Du

i s'il s'affaiblit.

côté de

i,

il

devient a

Il

i.

ne

souvent que la

fait

moitié du chemin et attire à soi cette voyelle, pour former avec elle la

diphthongue

ments de

e

en

i.

Il

ei.

— Je ne

dirai rien ici des affaiblisse-

n'y en a guère en limousin qu'on ne con-

state déjà dans l'ancienne langue*, et

pour

la plupart,

ments de

remontent même,

ils

jusqu'au bas latin; par exemple, les change-

ea, eo, eu

en

ia,

io,

iu.

Mais

mutation

la

d'e

en

ei,

rare dans la langue classique, est, au contraire, extrêmement

fréquente dans notre dialecte, où I.

truite, sauf sella, sêlo;

*

^

d'e

Ex.

Ex.

en :

i

:

se

s'allonge

coufêsso;

Cette altération y atteint

{infantem),

e. Il

devant w ou r restés en * confessât,

un caractère.

— E tonique

— ^ en position reste

A.

elle constitue

même

si

finale.

la position est dé-

Ex.

:

terra, têro ;

restât, resto;

testa, têto;

parfois l'a nasal accentué. Ex.

:

efon

chom {campum).

racêmus, razim;

— nebula,

nible.

Ce

même changement

remarque aussi dans plusieurs mots empruntés au

purisi

= pleurésie; — biatilha = béatUles.

français.


PHONETIQUE

testu, tê;

berto;

— pressus, prê; — cultellus,

— hibernum,

Exceptions

jamais lieu devant deux elle est

devient presque toujours

s,

consonne

quand

s,

*.

ei

a

Cette mutation n'a

la voyelle suivante a per-

plus rare devant

que devant

st

groupes ensinitial. Ex.:eswe(pr.), eime;

— cooperta^ cu-

:

la suite de la chute de cette

sisté, et

coûté;

— jacentem, jazen.

iver;

— E, en position devant

a.

2S

les autres

— fresca{pr.), freicho;

est, es, ei.

b.

que

devient encore

Il

les

groupe

dans

ei

— en

noms ethniques

ou

ûnal

=

que

latin,

ens....

le

qu'il résulte

de la syncope d'une

mais francensis, frances, francê;

— anglensis, angles,

ns soit originaire,

voyelle. Ex.-.inensis, mes, mei; pies, plei;

mots provençaux - autres

les

es

— prensus,pres, prei; — plenfojs,

angle.

Observons que, dans

mots de cette désinence, n

les

déjà tombé avant le dégagement des langues romanes,

on pourrait l'induire de ces langues, les textes

B.

qu'ils

pêço

Cette

e,

fait

dans

âge.

;

il

teneo, téne;

se

diphthongue en

*sequit, se;

ie.

— per, për; —

secat, sêjo.

Ex.: férus, fier;

— sedeo,

vetulus (veclus), viei.

même

rarement

diphthongaison a lieu aussi quelquefois quand

s'il

est long

E provençal,

:

lectus, lié;

despectus, deipié ; plus

sincerus, sanciê.

provenant d'une autre source que

également

:

e latin,

peut

jactat, jeta, jieto.

La chute de Vs ayant pour conséquence

dente, c'est en réalité e long, et

non

e

d'aliongor

la

voyelle précé-

en position, qui devient

cipe de la persistance des voyelles en position atteinte.

moyen

sauf à s'allonger, ce qui

— pê; — — evangelium, eivangêli; —

Ve est en position. Ex.:

la subir

ont prise dans toutes

preuve directe du

principalement devant /ou unespirante. Ex.: pedem,

Quelquefois

*

forme

épigraphiques ou autres du haut

— pedes, pes,

*petia,

siete;

la

l'on n'avait déjà la

— Ê bref reste ordinairement

lui arrive

pë;

si

était

comme

ne

reçoit

ei.

donc

ici

Le

prin-

aucune


PREMIERE PARTIE

26

C.

— E long devient toujours

finales

provençales en

ex

après la chute de

r,

dans

les

provenant de désinences latines où

er,

êr était suivi d'une voyelle terminale. Ex.: sero, ser, sei;

licere, lezer, lezei.

En

toute autre position, ê reste

qu'il

e,

candela, chandêlo;

D.

cera,

debetis, devetz, devê

— E long, bref ou en position, devient

en se diphthonguant avec un

ie,

conserve ou non sa

— cëro; — prensa,

quantité. Ex.: cemeterium, cementêri ;

i

prêsa, prëso.

plus rarement

ei,

suivant, originaire ou pro-

venant d'une consonne vocalisée. Les changements dus à cette cause avaient déjà eu lieu dans l'ancienne langue. Ex.: integer-ra, peiro

;

entier-ièro

sex, siei;

*

;

— rëgem,

rei;

mëlius, miei;

— pejus,

— petra,

piei.

diphthongaison de

la

feiro ;

fêria,

nous montrent réunies et

Ces deux derniers exemples fondues ensemble: 1°

e

en

ie

(voir ci-

dessus B), 2° celle de e enei, qui fait l'objet du présent article.

II.

— E après la tonique. Ex.: home, ôme;

après la chute de

r,

L'ë provençal atone et final est resté rendre, rendre.

dans les

Mais

infinitifs

en

au lieu de syncoper

il

provenant

er, 1'^

devenu

est

et,

ë.

en

d'infinitifs latins

ëre qui,

pénultième, selon la règle générale de

réduction des proparoxytons, l'ont gardé aux dépens de la finale.

Z'ê,

Ex.: plangere, planher, plânhei ;

dans

temps que

les finales s

est

tombé III.

Avant

en

la tonique,

*.

e,

et,

en

même

hommes, omet.

bref ou en position (sauf devant

avait pour ce

mot les deux formes

Le provençal

Gela est sans exception dans final,

— E avant la tonique.

^

tonique

essei^e, esser, essei.

Ex: debes, dévei ;

*

l'es

atones, est devenu

es

les

noms.

s),

reste

enteir-eira, et entier-iera.

S'il

en

est

autrement de

cela tient à ce que es atone est toujours forcément fermé,

tandis que es tonique peut être ouvert, et l'est en effet ordinairement, à

moins que

l'e

n'y provienne d'un

missus, mes, met.

i

latin. Ex.; pressus, près,

pré;

— mais


PHONÉTIQUE e.

27

Ex.: vertâ, répéta, refusa, repenti, et tous les mots

çant par

le préfixe re.

Long ou en devient

quand

position devant

s *,

qui

tombe en ce cas

,

il

cela arrive principalement, sinon exclusivement,

e^;

est dans la syllabe initiale, et surtout

il

commen-

s'il

commence

le

mot, qu'il soit d'ailleurs originaire ou adventice. Ex.: œquare,

— dejunar

egar, eigâ;

(pr.), deijunâ;

einansâ;

(pr.),

(pr.),

eicharnî; — descobrir

— escarnir — mespresar meipresâ; — respondre,

stipula, estobla, eitoulio; (pr.), deicubrî ;

— enansar

(pr.),

rei-

poundre.

Le changement

d'es

en

ei se

constate déjà, du reste, quoique

rarement, dans l'ancienne langue. Ex.: descendere, deiscendre;

— exemplum,

exire, eissir;

provenir

ici

eissemple.

de la vocalisation du

L'e long par nature,

Mais Vi pourrait bien

c.

même en

échappe souvent à

initiale,

précédente et reste e; mais alors

la règle

il

s'abrège. Ex.:

défendre, dëmourâ.

Au contraire, ebref d'origine devient quelquefois ei. 'Ëx.-.eivanEn pareil cas, il correspond à un e français allongé.

gêli, eivêque.

Remarque. en

le

devant

changement

tonique ou antétonique

haut Limousin qu'à Nontron ^. Là tous

*

en général,

et,

les e

en position

subissent cette altération, qui atteint encore, sans

s

exception, toutes les finales en

bref ou en position, qui, à

d'e

beaucoup plus fréquent à Limoges

ei est

dans

— Le

et,

es,

que

l'e

en fût originairement

de plus, toutes celles en

ier et

en iera

Nontron, d'où qu'elles proviennent, y échappent tou-

jours. Ex.: Debêtis

Devant

'

devetz, deves st

les exceptions sont

estimar, estima;

guère eique et encore,

s'il

était

même

Lim.: devei

nombreuses. Exemple

:

restar,

resta

:

En cette position, l'e ne devient par nalure, comme prestar [prœ stare), preitâ, reste souvent e, comme on le voit par les deux

destinar, destina.

long

long,

Nont.: devê

il

exemples précédents. 2

Surtout de

l'e

tonique, L'e atone, principalement en syllabe initiale,

de même à Limoges et à Nontron bas Limousin, au contraire, du moins à Tulle et aux endiphthongaison de l'e est beaucoup plus rare que chez nous.

est traité, à très-peu près, '

Dans

virons, la

le


28


»

PHONETIQUE L'e nasal passe rarement à

Ce renforcement ne

l'a.

se con-

state guère que dans quelques mots, où Ye procède d'un

Originaire,

anfer

A

Ex.

est plus fixe.

il

sincerus, sanciê;

:

enflar, uflâ

Nous terminerons

en ou

et

;

mais

;

larg, ecs estreit.

2° Els larg, els estreit.

sation de

Il

l.

et à l'autre

:

Ertz

è

ou

eu,

— Après

où on

le

*

comme

les

fennâ, ^

un *

En e

la

ou eu par

les

la vocali-

commune à comme pels

elle est

le

Donat men-

sans leur donner de penell's latin,

est devenu,

deux précédents.

Aujourd'hui er^, l'un et l'autre, Il

n'y a sous la rubrique ertz

reste,

partiellement

Nous y reviendrons en

du moins, dans

traitant de la conjugaison.

mots empruntés au français ou auxquels

prononciation française, tels que an/"en {enfin), ran-

etc.

général, e larg répond à

long ou à un

Ou

au

constate déjà

Je néglige, bien entendu,

imposée

ë

qui ne maintient aucune

qui provient de

larg, ertz estreit.

l'ancienne langue.

uniformément.

els estreit,

elz larg,

sans différence d'intonation.

jonctif,

ë

deux catégories, car

elz estreit. Geielz,

chez nous,

:

mels (large) est devenu miau,

tionne trente et un mots en

dant en

est possible qu'en revanche,

— Aujourd'hui — Aujourd'hui

devenu piau.

est

(étroit)

il

j a une exception, mais

distinction entre les

Tune

ainsi

rimes dans lesquelles aucune

les

différence ne se fait plus sentir

Ecs

Donat

Les diiférences

ont persisté, elles se soient accusées davan-

Énumérons d'abord

tage.

*.

estreit

dans plusieurs des désinences men-

efi'acées

elles

— moneda,

établies par le

les distinctions

tionnées par cet ouvrage

dans celles où

femela.fumelo;

résina, rousino.

provençal entre Ve larg et Ve spécifiées se sont

:

ce que nous avions à dire de Ve par quel-

ques observations sur

s'est

citons quelques affaiblisse-

côté de ces renforcements,

mounudo ;

latin.

*.

ments exceptionnels en u

i

— infernum,

un

e latin

bref ou en position

i.

ar, selon les lieux. Voir ci-dessus, IV.

;

e estreit, à


PREMIERE PARTIE

30

que quatre mots, dont un seul

estreit

e

provient de

i.

position devant

Les

ertz larges

Era

larg, era estreit.

Ela

larg, ela estreit.

ya

lieu

— Aujourd'hui — Aujourd'hui

de supposer que

assez

légères.

larg et estreit, des

dans

d'e latins

où en

ê.lo.

Ce qui semble

l'indiquer,

mots que l'analogie

pour

spécifiées

temps de Hugues

être, dès le

que

c'est

deux rubriques

souvent figurer, sous l'une des

l'on voit

c'est vertz,

:

êro.

les différences

chacune de ces rimes devaient Faidit,

encore

rt.

5° Il

vit

proviennent tous

plutôt classer

ferait

parmi des mots où cette dé-

l'autre. Ainsi sous ela estreit,

sinence représente généralement èla latin, on trouve estela et donzela, sans qu'on puisse s'expliquer pourquoi ces

ela

=

ella,

ne sont pas compris parmi

qui proviennent toutes de ella latin

Pareillement

=

e

ê,

=

ait

?,

(

deux mots,

rimes en ela larg,

classique on vulgaire

parmi les

les trois autres

).

sur treize mots cités, en comprend dix

ce qui aurait dû, ce semble, d'après l'analogie

faire classer e

els larg,

les

estreits,

=

e

,

les

qui n'en ont que quatre, l'un où

Quoi

ê.

qu'il

en

soit,

et qu'il

y

eu ou non erreur de classement de la part de l'auteur ou

des copistes, ces faits prouvent que la prononciation de pareils

mots

était

au moins incertaine

et que,

par conséquent,

différence entre chaque catégorie devait être,

la

comme nous l'a-

vons conjecturé, fort peu sensible.

Les rimes pour lesquelles s'est

la distinction établie

maintenue senties suivantes

:

eis, ielz

Nous en formerons deux groupes, eu égard à rente et tout opposée dont

Premier groupe. les

l'e

par

le

Donat

elhz, ers, es, ethz.

la

manière

diffé-

large et l'e étroit s'y comportent.

— Ers, —Les rimes larges ont gardé Ye pur es.

rimes étroites l'ont changé en

e^ *.

Les

;

ers larges provien-

1 Sauf, à Nontron, dans les noms ethniques en es= ensis, et, de plus, dans ceux où s n'appartient pas au radical savoir, hes {pêne), fes {fides), fes ifenum), où l'e a pris le même son bref et sec (6e, fé) que dans pes (pedem), ;

qui est large. Mais, au pluriel, la distinction reparaît, preuve que

point des deux parts la

même

qualité.

l'e

n'a


PHONETIQUE nent

d'e

en position devant

r,

31

sauf un seul, qui provient d'un

— Es

ebref*. Tous les er& étroits proviennent d'un e long. large n'a que quatre mots.

devant

quels e provient de (

E j représente ë ou e

en position

Es étroit en comprend un grand nombre dans

ss.

ou de

î

long '.

e

Un

les-

seul provient de p

bëne ).

Deuxième groupe.

— Eis,

—elhz, ethz

ielz

que

étroites restent sans modification, tandis

préposent un

La

k

i

ei

om à

e *.

Ex.:

différence devait, au reste, être la

Hugues

Faidit, au

moins dans

font foi les textes classiques et

en opposant elhz étroit à

eis,

comme

Quant à

[rëgem).

eis,

rimes larges

même du temps comme

ê,

de

en

constate lui-même,

le

large

;

par exemple,

— Observons que

viei).

savoir

i

excepté

latin,

lei

{lêgem] et rei

répondent à des

elhz et ethz larges, ils

e

ou en position.

latins brefs

Le Donat provençal n'introduit aucune rimes en

les

rimes

despethz, deipié.

représente un

correspond à

il

il

ielz (lisez ielhz)

elhz et ethz étroits,

dans deux mots, où

Ici les

la plupart des cas,

vermelhz à vielhz (aujourd'hui vermei,

Ve des

les

seis. siei;

'.

en, qui,

pour

lui,

distinction

sont toutes étroites.

parmi

M. Paul

=

Nous l'avons diphthongué en te. Fers férus 'Je compte parmi les e longs celui des mots en ens. .. originaire, devenu es... en latin vulgaire. ^ Les mots en ethz cités par le Donat se présentent ordinairement dans '

les textes

sous la forme

orthographique,

de

l'identité des

comme

eitz, et

elh

tous ceux

les

eil.

rimes en ethz. Dans tous

i,

ressemblance, sinon

la

mots correspondant à lectus première fois parmi les rimes en

du moins dans lesquels

traction d'un

Une preuve de

fois les

ci étroit, l'autre large), la

parmi

peut-être que ethz n'en est qu'une variante

sons qu'on figurait de ces deux manières, c'est que

Donat mentionne deux fois

de

la

et

le

à lex (celui-

eis, la

seconde

mots en elhz ou

eitz,

diphthongaison n'était pas due à

l'at-

les cas, les

avaient encore en provençal une autre forme, incontesta-

blement sèche, en

etz. C'est celle-là qui, réduite

à

è,

est restée usitée chez

nous. *

Parce que ces rimes larges proviennent

gomme nous

l'avons

cue, devient

te,

vu précédemment, e en

d'e latins

position,

en position

quand il

et que,

se diphthon-

tandis que la diphthongaison normale de e'est

ei.


PREMIERE PARTIE

32

Mejer suppose que

c'est

par erreur, et

il

fonde son opinion sur

ee que, des mots en en, cités par le Donat, qui ont survécu,

deux seulement, cren

fermés

et bren, sont

(étroits)

dans le pro-

vençal moderne, et que les autres sont ouverts. Mais cette

rence

qu'il constate,

diifé-

dans ce dernier idiome, entre cren et bren

d'une part, et de l'autre entre jazen, luzen, saben, etc., n'existe

pas eh limousin, du moins à Nontron. Cela permet d'admettre

que l'erreur supposée par M. Paul Mejer n'a pas eu que, dans

le dialecte

d'Hugues Faidit, ou dans

pondérant de son temps, était

en

effet

i.

limousin par hypothèse, en final

le

Mais, tandis que

ce renforcement est pour

pliquera cette différence dit,

en traitant de

Ve, qui le fait

L'o,

l'o si

1'^

comme

tout à fait exceptionnel.

la quantité, de la

s'ex-

double manière d'être de

comme les

souvent se comporter

On

que nous avons

l'on se rappelle ce

la loi des graves, et

e

passe assez fréquemment à Va,

dont la nature est plus franche,

stamment

pré-

toujours étroit.

0, dans l'échelle des sons, est placé entre a et ou,

entre a et

lieu, et

le dialecte

suit,

voyelles grêles.

au contraire, con-

tend conséquemment toujours

à descendre, c'est-à-dire à s'affaiblir, soit en

s'

allongeant, soit

en se transformant. C'est à ou, dans ce dernier cas, qu'il passe le

plus souvent

u ou

même

;

mais l'affaiblissement s'arrête quelquefois à

à eu. I.

tonique

— en position resté Ex. boscum, sorbo — corpus, cor — grossa, grosso; — est

A.

:

n'y a d'exception systématique que pour

devant

m ou

n, c'est-à-dire

devenu oun. Ex. gum, loun

;

:

;

sorba,

portât, porto.

;

;

Il

o.

pour l'o nasal, qui

frontem, froun

— monstrum, mounstre.

Cet affaiblissement, qui dans

le

et exceptionnel, était déjà général,

;

l'o

est

— somniim,

en position

constamment soum

;

lon-

provençal moderne est rare

du temps de Hugues Faidit,


PHONETIQUE dans

On

le dialecte littéraire.

voit,

33

en

par

effet,

le

Donat pro-

vençal, que Yo nasal devait se prononcer dès lors, le plus

comme You nasal,

souvent,

nouvel indice de

c'est-à-dire oun,

la

conformité phonique de notre dialecte avec la langue classique

B.

*.

bref persiste ordinairement, mais en

reste pénultième. Ex.

s'il

morat, demôro;

Exceptions a.

Devant

Il

oleum, ôli;

devient

io

s' allongeant,

— de-

scola, eicôlo ;

locat, lôjo.

:

c final, et c

Devant

:

— jocum,

Ho;

loc,

rota, rôdo;

:

Ex.

v.

tombe. Ex.

joc, jio :

:

focum, foc,

;

bovem, bov, biàu;

fio

— locum,

;

— novum, nou, niôu; —

nova, nova, niôvo.

b.

Il

devient we,

bref et qu'un

est

en position devant

ou

c,

— Les

est

s'il

dans la syllabe suivante. Ex.

la 2" édition.

V. page 54 de

'

s'il

se trouve

i

:

coc-

mss. du Donat provençal ne sont

pas d'accord à l'égard de ons. Le plus ancien des deux mss. de Florence (n» 187) classe toui; les

mots de

cette désinence, rapportés

sous la rubrique ons larg. Le plus

range tous sous

la

rubrique ons

démontré), excepté dons

et

estreit

les

dans l'ouvrage,

récent, au contraire (n° 42), les (

= oun, comme M. Paul Meyer

noms

propres Amons,

(tous les quatre sans représentants actuels en limousin), qui seuls

pour

sont larges. M. Paul Meyer, dont l'unique terme de comparaison et

lui le

l'a

Gions, Fizons

seul instrument de critique est

le

ici

provençal moderne, croit à une

confusion de la part des deux copistes, entre on {larg}

= on

et

on

(estreit)

== un. Pour moi, qui naturellement n'attribue pas au limousin, dans cette

une moindre importance qu'au provençal, et qui m'en sers de le Donat, je suis porté à ne voir de confusion que dans le ms. 187, et je la lais consister, non pas en ce que ce ms. a réuni sans distinction dans la même liste des mots en on et en un originaires, tels que fonl'^fontem d'une part, et seyond r^secundum de l'autre, mais seulequestion,

préférence pour contrôler

ment en haut

ce qu'il n'a pas mis à part,

cités,

toute la

en leur réservant

liste. 11

me semble que

la le

comme

le

ms.

42, les

rubrique ons larg,

ms.

42,

quatre mots plus

qu'il

par cela seul

impose à

qu'il distingue

tort

à

deux

catégories de rimes en ons, offre sur ce point plus de garanties d'exactitudo

que qui

le le

ms.

187, et

que

celte seule circonstance devrait faire exclure,

touche, l'hypotlièse de M. Meyer,

actuelle

quand bien même

du limousin ne confirmerait pas

si

la

on ce

prononciation

parfaitement ses indications. 3


PREMIERE PARTIE

34

tum, eue

— eoeta, eueeho — octo, ue —eorium, ;

;

;

chose a lieu quand einuei;

— coxa, cueisso — oc(u)lus, après

si,

reste en place*. Ex.

Ex.

uei.

;

en ouei

fait

le c se vocalise.

*bodina, boueino

:

;

Yi, la

Vo radical atone jeugue,

comme on

Dans

changé en

deurme.

Il

u.

Ex.

Ex.

ue.

mutation est constante dans

s'est

— durmî,

:

folia,

verbes où

les

surtî, seurte;

:

ceux où Vu

faut excepter

se

voyelle finale

foria, foueiro.

dans l'ancien français, l'équivalent de

sait,

même

— La triphthongaison

bref ou en position devient aussi eu, qui est,

fuelha, feulho. Cette

Souvent

— in odio,

hodîe, uei;

:

déplacement de

le

euer.

en résulte. La

^^ se transpose, et la triphthongue uei

— jugâ,

est nasal.

ceux-ci, cette voyelle ne se modifie pas, notre dialecte

n'admettant pas Veu nasal. Ex.

emprûnto

;

de

même

le

*impromptuare, emprunta,

:

substantif emprûn, dans la vieille

langue, emprumpt. L'e tonique suppléant

o,

que

l'on

rencontre quelquefois, mais

plus souvent dans le haut Limousin qu'à Nontron, n'en pro-

vient pas immédiatement. Ce n'est qu'un résidu de la diphthon-

gue

ue.

c.

Ex.

Ex.

:

noctem, nuech, nue et ne.

— Devant :

tônat,

n, Ô

devient ou, et reste nasal

si

n est

final.

bonum, bon, boun; — sonum, son,soun; — bona, boûno; — persiste quelquefois, mais très-rarement et toûno. — Il

seulement

s'il

est pénultième. Ex.

que l'on

sonat, sôno,

:

dit

aussi souvent soûno. G.

long devient ou, en

nale devant

/

et

s.

Ex.

:

sou;

abrégeant toujours, sauf en

— tolum,

;

tôt,

toû;

fi-

— solum, — amorosa, amour oûso; — amorosum, amoros, amouroû;

rationem, razo, razoû; sol,

s'

corona, couroûno

nos, noû;

— hora,

— mansiones,

oûro

;

sola,

soûlo

;

maisos, meijoû.

Dans l'ancienne langue, tous les mots en iosus, a, um, et un grand nombre de ceux en tio, sio, au lieu de rejeter Yi, comme razo, cité tout à l'heure, l'avaient conservé. Cet

en diphthongue avec Yo suivant devenu *

Parce que alors

l'a,

t

,

ou devient

comme s'il était devenu ou. ouei, comme o devient uei.

i

s'étant uni

ayant dès

s'allongeant selon la règle, est traité

long d'origine, c'est-à-dire

guant avec

ou, et

comme

lors,

s'il

était

Or, en se diphthon-


PHONETIQUE

35

suivant la règle, pris la prépondérance, a

fini,

après l'avoir

dépouillé de son accent, par Téliminer complètement. Ex.

passionem, passios, passt

;

curiosus, curios, curî.

:

Nous revien-

drons là-dessus quand nous traiterons des vicissitudes des diphthongues. Cette mutation en om, tant de Yo tonique que de Yo antétonique, dont

dans

plie

va être question tout à l'heure,

il

accom-

était déjà

langue classique, ainsi que M. Paul Meyer

la

l'a,

à notre avis, parfaitement démontré, en prouvant que Yo qualifié estreit

par

le

Donat provençal devait IL

se

prononcer

après la tonique

comme dans

L'o final atone, dans le dialecte limousin

langue classique, est toujours tombé ou Ex.

:

lupos^ lobs, loû ;

III.

Avant

la tonique,

ou.

s'est

changé en

la

e (ei).

— presbyteros, pestres, pêtrei.

avant

la tonique.

non-seulement

mais encore o bref

o long,

en position, rendus nécessairement moins ouverts et

et

comme ment

assourdis par la voyelle tonique, deviennent régulière-

OM*. Ex.: laborare, laboura;

tuma, coûfumo; — port

are,

— prôbare, prouva — cos;

pour ta.

L'affaiblissement quelquefois s'arrête à

voit surtout dans les verbes. fort ancienne;

presque tous

les

Yu

;

mots qui

la présentent

d'hui se rencontrent, dans l'ancienne langue, sous

forme

,

l'une en o

(=

om

),

qu'on

c'est ce

Cette mutation d'o en u est

aujour-

une double

l'autre en u. Ex.: jocare,jogar et

— dormire, dormir — — somniare, sunnhâ; et durmir, durmî; *rotulare rudelâ; —

jugar, jugâ

;

florere, florir et flurir, flurî

;

,

ordiri, urdî^.

* Dans les mots empruntés au français, ment o; mais il passe souvent aussi à Vou

à

l'o

antétonique reste ordinaire-

(toujours

s'il

est nasal) et

même

l'ou. ^

L'o tonique de illorum est devenu à la fois ou et u.

formes lour

et lur,

concurremment

tre à la langue classique.

usitées, et qui

De

là les

remontent l'une et

deux l'au-


PREMIERE PARTIE

36

antétonique passe quelquefois à Ve; mais cette mutation,

en quelque sorte transversale, Ex.: formica, fermi; perposicî, etc.

Il

* prominare,

descend

On

est rare.

palement dans pro, et surtout quand

même

il

la constate princi-

j a eu métathèse de IV.

— perpôusâ; — Vi dans prifoun =

permenâ;

jusqu'à

profundum. Il

se diphthongue en oue

ou en ouei dans

les

mêmes

par FefFet des mêmes causes que Vo tonique. Ex.

:

cas et

potionerfi,

poueisou.

Le renforcement de lieu

o

en

a, je l'ai

déjà

dit, n'a

presque jamais

en limousin. Outre dangier (domniarium), qui appartient

à la langue classique, on peut citer

mamen

= momentum.

EU Nous avons peu de chose à au

latin, et qui,

dire de cette voyelle, étrangère

en limousin, ne se rencontre jamais que sous

l'accent, où elle représente

un

mots empruntés au français, et pénultième.

En

o

ou un m originaire. Dans

elle

finale elle se

persiste

si elle

les

est tonique

change ordinairement en

ou,

quelquefois en u. Si elle est atone, elle devient toujours u.

DEUXIÈME SECTION.

/,

voyelles grêles

placé dans l'échelle des sons entre

e et u,

ne permute avec

cette dernière voyelle qu'exceptionnellement

en vertu de renforcer,

il

;

au contraire,

tendance déjà constatée des voyelle grêles à se passe très-fréquemment à Ye. Cette mutation est

la

de règle quand

il

est bref

ou en position.

S'il

est long,

il

s'ar-

rête ordinairement au premier degré de l'ascension, c'est-àdire qu'il se

borne à s'abréger. I.

A.

— / tonique

/ bref ou en position est devenu e (changement déjà


PHONETIQUE accompli dans l'ancienne langue d'oc simulât, sembla

siccus, se

vidua, vëvo

;

;

;

sine, sert;

/ est

:

resté

i

lingo;

On

entre

inter,

:

,

bibo

;

,

bêve;

plicat, plêjo.

:

spinula, eipinglio;

singe.

simius,

jyira,

;

Très-fréquemment devant

Ex.

tingere, tènhei;

;

Exceptions

*).

— fmus, fem; — — përo —

— — piper, pëbre — frictat, frëto

37

n. Ex.: minus,

min;

— lingna,

— lineum,

tinea, tinho;

s'expliquera cette exception

linge;

l'on

se

si

rappelle que le voisinage de n est souvent pour les voyelles

une cause spéciale d'affaiblissement '. Ici, à la vérité, Yi n'est pas affaibli mais il est arrêté, pour ainsi dire, dans son essor ;

naturel et empêché de se renforcer, ce qui au fond est la

chose

même

;

Dans un certain nombre de mots qui paraissent de forma-

tion populaire, et dont les analogues changent régulièrement ^

en

e.

triste

Ex.

,

villa, vilo ;

:

à côté de

illa

m^ista, leito (ei

3"

=

— vitium, — — — pigritia paresso — piper, pebre vice

elo

,

;

liber, libre;

;

tristis,

;

,

;

es)

Constamment, lorsqu'une autre voyelle vient à

immédiatement. Ex.:

via, vio

ce qui s'explique d'autant

;

invi{d]ia, envio ;

mieux que, en

le

suivre

ligat,

Ho;

pareille^position, Ve

lui-même passe kVi. (Ex.: mea, mio.)

Lorsque

l'e

était suivi

en

ou médiatement d'un autre

ei

dans la langue classique. Ex.

frig{i)dus, freit

de

i

* Il

en

ei

;

ou immédiatement de

latin,

gt,

— directus

il

i,

est

sitis, seit;

:

(drictus), dreit.

\'i

— Ce

changement

plus que pour toute autre voyelle, de bien distin-

mots de formation savante

niers qui

nous

les

,

qu'ils existassent déjà

dans

ayons empruntés au français,

\'i

la

langue d'oc classique ou que

bref ou en position est resté

Tels sont avariço, justiço, et beaucoup d'autres, time, dans lesquels '

Ainsi

an

iinal

même

devenu

la règle,

du très-grand nombre de ces deren i pénultième ou antépénultième.

à cause

proviennent de mots latins

Dans ceux-là,

e.; D'ailleurs,

guer des mots de formation populaire, auxquels seuls s'applique Tes

gd,

piscis, peis ;

a dû être consécutif de sa mutation en

importe, pour

et,

devenu fréquemment

comme

Vi était atone. en,

i.

abile, facile, légi-

en ouvert rendu fermé, on devenu oun.


PREMIERE PARTIE

8(t

mots où on

la plupart des

une autre forme en

même temps

constate avaient en

le

Tels sont ceux où la diphthongaison

e sec.

conséquence de la vocalisation de ^ ou de c devant une dentale. Ce sont ces formes sèches que notre dialecte a gardées,

fut la

par exemple

dre (drictum). Quant à

se (sitim), fre (frigidum),

qui n'avait du reste que cette forme

peis,

— / long

B.

persiste,

mais

il

1» S'il est pénultième entre

en

les infinitifs

ire.

pïlo;

conserve dans

:

— glirem,

;

;

lîro;

filia, filho ;

scribere, eicrîre;

— mica,

pila,

dicere, dire,

encore long dans un petit nombre de mots dont les

analogues s'abrègent. Ex.

devenu

2° S'il est

auditum, ôuvï; — nidus, — rivum,

— vimen,

fica, fîjo;

:

final,

qui le suivait n'était ni

dans tous

s,

nï;

ni r, ni

les

vîme;

mots où

la

consonne

ni v. Ex.: vinum, vï;

/,

picus, pï;

mais filum,

fî;

— —

sentire, sentî.

rî;

Il

s'abrège

audita, ôuvïdo

spina, eipïno;

etc. Il reste

la

il

deux consonnes, excepté dans

Ex.: privât, prïvo

— mïjo — — crimen, crime; — mais ;

,

aujourd'hui seul usité.

le diminutif joe?«ssoM,

reste long lorsqu'une voyelle atone le suit immédiate-

ment

et

que

la

synérèse n'a pas lieu. Dans ce cas même,

projette en quelque sorte au-devant de lui

substance pour en composer sa semi-vojelle ainsi entre lui et la finale.

même

manière qu'a été

(y),

qui s'interpose

Ex.: Maria, Marl-yo. C'est de la

traité Vie de la plupart des

çais de cette désinence que

il

une partie de sa

nous avons adoptés.

mots fran-

Un y

a pa-

reillement été introduit entre la finale et Vé ou Vu tonique,

dans

les

mots en ée et ue de

mes appropriés. Ex.

:

même

épée, eipêyo;

origine que nous nous som-

— marée, marêyj; — morue,

morûyo. 1 long est devenu exceptionnellement e dans un petit

bre de mots. Ex.: quiritat, credo;

II.

L'e

atone

final est

/

nom-

crinem, cren.

après la tonique

toujours tombé. Ex.: turrim, tour.

nultième entre deux consonnes,

il

est

— Pé-

également tombé, selon


PHONETIQUE

39

la règle générale*, sauf le cas, assez rare,

il

a été attiré

par une voyelle antécédente. — Mais, suivi d'une autre voyelle,

comme dans

mots en

les

ium,

ius, ia,

1° Il est resté

autre que

tombée. Si

a, est

c'était

un

*olium, ôli;

— Antonius, Tôni; — *novium,

— salvia,

bestia, bêtio;

audacia, ôudâço*; — sementia,

vent à Ye. Ex. 2°

Après

thonguer après

:

:

Yi,

devenu

l'a final,

les

ius,

ium, passe sou-

— vicium,

vici, vice.

transposé fréquemment pour aller diph-

en se plaçant

c'est â, qui alors devient e;

féria, feira;

diphthongaison se

re-

gratta, grâcio;

semenso. — Après

des mots en

Ex.: granarium, granier, graniê; ribiêro;

*fortia, forsa, forso;

semensa,

final,

la voyelle antécédente, si

servitium, servici, service;

r, il s'est

avant

sauvio.

Ex.: malitia, maliço;

mêmes lettres,

— remedium,

nôvi;

gloria, glôrio;

/ est tombé ordinairement devant

:

après c ou ^

si elle était

a persisté en for-

diphthongue. Ex.: necessarium, necessâri;

cavea, gabia, gâbio;

Exceptions

:

a, elle

l'e'une

a été traité, selon

en place, et la voyelle suivante,

mant avec mêdi;

il

de plusieurs manières différentes

les cas,

au contraire,

s'est,

il

presque toujours maintenu. Seulement

fait

— foria, en

ai,

après si c'est e ou

o.

riparia, ribeira et ribiera,

foira, foueïro.

non en

soit avant, soit

ia.

— Si a reste

a, la

Ex.: *glaria, gliairo;

*aria (area), aira, dont nous n'avons plus que le diminutif eeraw. 3° Il s'est consonnifié, c'est-à-dire qu'il est et,

dans cet état, ou

il

est resté tel,

ou

il

devenu y

s'est

{j latin)

durci en ji". Mais

cette dernière mutation et ses conséquences ont eu lieu égale-

ment, et plus souvent encore, avant la tonique. Nous réser-

vons donc

les détails et

exemples pour

les

le

paragraphe

suivant.

III.

A.

*

On

et

devant une consonne,

c'est la finale qui,

maintenu, mais changé en

pidiis, pallidus, ^

avant la tonique

— Avant la tonique

Dans horridus,

s'est

/

devenus

dit aussi oudâci,

e {are)

i

en posi-

exceptionnellement, est tombée ett .

La même chose a eu

lieu

dans te-

tébie, pâle.

comme

si le

mot venait d'une forme audacium.


PREMIERE PARTIE

40 tion, bref

ou long, mais dans ce dernier cas préalablement viridarium, vergier; e. Ex.

abrégé, devient régulièrement siccare, sechâ

;

cridar, credâ;

licere, lezei

:

— — — divinare, devinar,

bibere, heure

;

devina;

;

quiritare,

v'tcinus,

vezin,

vezi.

dans beaucoup de mots reste qui, là

comme

pour

lieu principalement

Les exceptions ont

i

sous l'accent,

(ex.: fini, iver)^ et

manque

long, qui

1'/

pour Yi nasal,

très-souvent à se ren.

e,

ne

forcer. Ex.: printem, ingra, instrumen, linsôu (linteolum)

Par contre,

il

arrive quelquefois que Vi nasal, devenu

s'arrête pas là, et qu'il

sincerus, sanciê;

Le renforcement

monte jusqu'à l'a. Ex.: infernum, anfer;

singvltus, sangû.

d'^

en

renforcement médiat, bien en-

a,

tendu, se constate encore exceptionnellement dans mouvamen

= movemen = *movimentum. en

1,

s' affaiblissant,

ainsi qu'on l'a vu,

il

devient naturellement u. Mais comme,

répugne aux affaiblissements, cette mu-

tation n'a lieu que dans

un

primarius, prumier^, prumiê

— Devant

B.

;

très-petit

nombre de mots. Ex.:

— implicare, empleiar, empluyâ.

une autre voyelle,

i

atone se change en la

semi-vojelle y (/ latin), et dans cet état Il reste tel si, par la chute d'une consonne, a. :

il

placé entre deux voyelles. Ex.: gobionem, gouyou;

joyo ;

— "^habiamus (habeamus),

— Si la consonne

b.

se trouve

— gaudia,

ayam ;

précédente est

/

ou

n,

il

s'unit

avec

pour former l'une des deux consonnes composées qu'on

elle

appelle /mouillée et «mouillée, c'est-à-dire Ih flyj etnhfnyj.

Ex.: ^Ha, filho;

filiolum, filhôu;

— *vinia

(vinea), vinho;

unionem, ounhou; c.

— Use durcit

excepté

/,

en/ après

et après d. Si la

les labiales,

après les liquides,

consonne précédente

est/), c'est

en

ch qu'a lieu d'ordinaire le durcissement. Ces mutations avaient lieu déjà dans l'ancienne

langue; mais

elles

y

étaient plus

rares, surtout après la tonique, que dans le limousin

*

A

côté

de

cette forme, l'ancienne

langue a aussi primier

moderne, et

premier.


PHONÉTIQUE où on

les constate

41

presque aussi fréquemment qu'en français.

Ex.: diurnum, jom, jour;

— cambiare, camjar,

chanjâ;

— *ap-

propiare, apropchar et aprochar, aprouchâ.

— Après

C.

sonnifie pas

ou

tombe.

il

Vi précédant une autre voyelle ne se con-

s, c,

t,

reste

il

:

J'ai

(ex.

i

:

renuntiare, renunciar, renounciâ)

donné des exemples de cette chute après

tonique. Avant la tonique, c'est surtout dans les mots en

nem qu'on

sazo, sazou;

teolum),

la constate. Ex.: rationem, razo, razou;

linsol,

refusar, refusa;

*refutiare,

— D'autres

linsôu.

— *lintiolum

sionem, maizo, meij'ou

;

(lin-

par

Ex.:

lui.

tio-

sationem,

fois Vi est attiré

voyelle antécédente, qui se diphthongue avec

la

— prensionem, preizo, preijou — ;

la

manpotio-

nem, poizo, poueizou.

IV Le Donat provençal ne distingue nulle part Yi en larg et en dans cet ouvrage sauf trois Mais Ve i est toujours

=

estreit.

,

ou quatre exceptions *, en limousin comme

devenu

est

es

ei

les e originaires

dans mei

= mes = mensis.

mei

initiale, i

=

mes

de cette catégorie Ainsi .

=

missus,

comme dans

Pareillement cresta, pescar, mesclar, de ont donné

crista, *piscare, *misclare,

même, en

,

qualifié estreit. Aussi a-t-il été traité

passer à

ïei,

creito, peichâ, meilâ.

On

voit

sans qu'on puisse toujours

constater l'existence d'un e provençal intermédiaire. Ex.: in odio

,

enuey , einuei

;

innocentem,

einoucen ;

hirundo

eiroundelo.

D'un autre côté, dans les qu'elles fussent,

les

désinences où les différences, quel-

notées par

Hugues

Faidit, se sont effacées,

Ve=i que pour Par exemple, Ve àe pela ::= pïlat, et celui de mncandëla, tous deux étroits, sont devenus l'un et l'autre

elles se sont effacées aussi

complètement pour

originaire.

l'e

dela

=

également identiques à celui de sela=sella, qui est qualifié large.

OU Vou *

se

{U

latin)

comporte autrement que Vi dans sa manière de se

Ades (adipsmn), maissella (maxilla), aisseUa

(axilla).


PREMIERE PARTIE

42

conformer à la loi générale des voyelles grêle». En que

long ne

i

fait

Au

renforce en u. le

que s'abréger, ou long, en

tandis

[û latin)

i

bref passe ordinairement à Ye.

— OU tonique

I.

— OU

effet,

abrégeant, se

contraire, ou bref ou en position reste tel

plus souvent, tandis que

A.

s'

bref ou en position reste om*. Ex.: russa,

—gutia, goûto; — secundum, segoun; — — rumfijcem, rounze — punpouncho — crucem, croû; — gula, goûlo — putat, poûdo — lupum, loû; — pultem, poû; — soûcho; — crusta,

roûsso;— summa, soûmo; furca, fourcho cta,

;

bulla, boùlo ;

;

;

;

;

suspicat,

croûto;

currere, coure. L'allongement de la voyelle, dans ces

derniers exemples, est la conséquence de la chute de 17, de IV

ou de

Ts, qui la suivaient.

OU (û fréquemment en

Exceptions assez

lucta, lûcho ;

gûlho; (Ex.

:

dubitat,

dans

s'est

renforcé

bur; — — *acucla,

bullit,

fructus, frûcho

fugio, fùge ;

;

— plus rarement en

eu

— exsuccat, eisseujo), ou en o {Ex.: pluvia,

dôto

;

ructat, rôto ;

*fructicat, frôjo;

nurus, nôro).

— OU {û latin) long

Figuré

1

cité

ou en position

u. Ex.: super, sûbre;

jungit, jun;

nuptia, nôço;

latin) bref

tructa, trucho ;

suffero, seufre;

plôvio;

B.

:

les

se renforce

anciens textes. Voir

de M. Paul Meyer sur

l'o

le

en u et s'abrège*. Ex.: mémoire

déjà plusieurs fois

provençal.

^ Cet abrègement avait dû avoir lieu déjà en provençal dans un grand nombre de mots, comme on peut l'induire de ce fait, que Hugues Faidit distingue, en ura larg et ura estreit, des mots dans lesquels Vu provient également d'un M latin long: par exemple,' d'une part, cura, dura, mesura;

de

l'autre, centura, escura,

listes

et

u

segura.

On

voit par la comparaison des

que, dans quelques mots, la prononciation devait hésiter entre

estreit.

que jMro

et

Ainsi pura se trouve à la fois dans les deux séries,

perjura figurent parmi

iUra, conjura, est rangé

parmi

les

et,

deux

u

larg

tandis

m larges, un autre composé de M. Paul Meyer conclut de cette

les étroits.

dernière anomalie à une erreur de l'auteur ou des copistes. Mais une pareille conséquence n'est rien suit pas toujours

moins que nécessaire

,

car

un composé ne

forcément la règle du simple. Par exemple, nous voyons,

en limousin, Vu de

mudar

rester bref et

pur à toutes

les

formes, tandis que


PHONETIQUE nudus, nû;

— durât,

dûro

— mutus,

junius, jun;

;

— mutât,

43

mûdo

;

— luna,

lûno; —

devenu

eu. Ex.:

mû.

Par exception, dans quelques mots requeule (pr. recula), remeudo (pr.

il

est

remuda)',— ovi même o môcho :

{*mucat). 11

dans quelques autres. Ex.: jusum, dejoû.

est resté ou

— OU après la tonique

IL

En finale atone, en

dre.

cette voyelle,

après une consonne. Ex.

e

Après une autre voyelle,

proparoxytons

:

comme

Yo,

tombe ou

fimum, fem;

elle

tombe toujours dans

mais dans les mots paroxytons

,

se

change

tonitru, toune-

les

mots

elle persiste

en

s'unissant en dipthongue avec cette voyelle. Ex.: oleum, ôli;

corium, cuer; mais Deum,

Deû ou Diou ;

Antépénultième, Yu latin

[ou)

— meum, meû.

entre deux

consonnes est

toujours tombé (sauf dans les mots d'origine savante). Mais,

immédiatement d'une voyelle, ou il s'est consonnifié, changé en y, ou il a été attiré par la voyelle antécédente pour former avec elle une diphthongue. Ces deux

suivi

c'est-à-dire

derniers phénomènes ont eu lieu également avant la tonique.

Ex.

:

vidua, vévo

lim. vouida, à

;

III.

A

— tenuem,

Nontron

cette place

il

teùne

;

— viduare,

voidar, bas

boueidâ.

— OU avant la tonique éprouve

c'est-à-dire que long,

il

le

même

devient

u,

sort que sous l'accent,

que bref ou en position,

il

reste ou. Ex.:

long

:

— — sudare, suâ; — putere, — punire, pûnî; — curare, cura; putare, poûdâ; — suave, souau; mutare, mûdâ;

lucere, lûzi;

pûdî;

bref

:

remudar devient eu sous l'accent. Était-ce la même différence Hugues Faidit entre jura et conjura, et plus gén(5ralement ura larg etura estreit ? Les analogies me manquent pour le décider,

celui de

qu'a voulu noter entre

car la prononciation actuelle ne laisse apprécier chez nous aucune diffé-

rence dans

r« des mots de

cette désinence, cités

encore. Ils sont tous uniformément en

u

bref.

par

lui,

qui subsistent


PREMIERE PARTIE

44

en position pukare, poussa; :

froûjâ;

— dubitare, douta; —*fructicare,

ructare, routa;

— pulverem, poûvero.

Exceptionnellement, c'est l'inverse qui a

que ou long reste

ou, tandis

lieu, c'est-à-dire

que bref ou en position il devient

u.

Ex.:

long unionem, oûnhou*; :

bref

^fugire, fugî;

:

en position

luciare,

:

pûcelo;

— *mucare, moucha;

furiosus, furios, fùrî;

lûchâ;

*

sufferire, sûfrî;

ululare, unla}

L'oM et Vu provençal ou français sont devenus

ques cas

isolés. Ex.: *rotulare, pr.

rudiment, redimen. L'm latin s'était de

changé en

dans un certain nombre de mots

e

e

pulcella,

dans quel-

redolar% rudelâ; —

tum,

fr.

bullire, bùlî.

tels

rudimen-

même que

déjà

treblar,

aujourd'hui treblâ, =. *turbulare.

Lorsque Vu suivi d'un

i

latin tonique

ou antétonique, pur ou nasal,

ou de l'une des consonnes

en cette voyelle, l'ancienne langue soit

en

ui, soit

était bref les

— en ui

en oi;

s'il

le

c,

g,

t,

était

qui se changent

diphthonguait souvent

était long,

en oi f=ouiJ

ou en position. Quelques mots présentent à

s'il

la fois

deux formes. Ce sont, en général, des mots dont I'm était de donné en même

quantité douteuse, tels que nutrire, qui a

temps nuirir

et noirir.

— On verra ci-après ce que sont deve-

nues ces diphthongues en limousin. L'a latin est quelquefois représenté par g dur. Cette mutation sera expliquée ci-après, au chapitre des consonnes, article

du

V.

Notre u provient,

soit

de Vo, soit de Vu {ou) latin.

On

a

lu,

aux articles de ces dernières voyelles, ce que nous avions à en

dire.

Rappelons que, sous

Ex.: sufrî, seufre;

'

On

dit aussi, et

l'accent,

il

— durmî, deurmc. Dans

devient souvent eu. les

mots empruntés

plus souvent, inhou, forme qui se trouve déjà dans l'an-

cienne langue et qui est

un exemple de

nous assez rare, de u en i. * 0, ici, se prononçait ou

la

mutation normale, mais chez


PHONETIQUE au français,

il

reste u, et,

45

est nasal, rejette la prononciation

s'il

française {eun) pour prendre celle qui lui est propre.

TROISIÈME SECTION. AI,

AU —

OU

El,

Nous avons vu que Va précédant général,

s'il

diphthonques <

pur en

la tonique reste

est isolé. Mais, dans les diphthongues ae et au, l'in-

fluence de la voyelle qui lui est conjointe s'ajoutant à la ten-

dance naturelle des voyelles antétoniques à l'affaiblissement, passe constamment à Ve et à Vo, c'est-à-dire à

il

voyelle la

la

plus voisine de son associée. Ainsi ai devient

même

— naissensa

ai:

laxare

et

ei,

sous l'accent,

si

(pr.),

laissar,

,

au devient ou. Ces mutations ont lieu

un a

la voyelle suivante est

— captivus,

neissénso ;

leissâ;

long*. Ex.:

caitis, cheitî

aquas, aigas, eigâ;

laxas,

laissas, leissà.

au:

"auricla, aurelha, ôurelho ;

calcare, chôuchâ ;

raucas, r ôuchâ;

Réciproquement,

cement

*

audire, auvir, ôuvî;

— aucas, ôuchâ; —

haustare, ôutâ;

— graculas,

grôulà.

devient ai sous l'accent; mais ce renfor-

ei

n'est général

que dans

verbes

les

;

il

n'a lieu dans les

autres mots qu'exceptionnellement. Ex.: œquat, ega, aigo; pesca, paicho; *

la ^

De

— prœstat,

— bresca

ces quatre diphthongues,

presta, praito;

(pr.), braicho

oL—On a

ration de ai et de

pas *

aux

vu, ei.

Au

tonique,

fallit), loîi (•=>

3

articles

de

Quant à ou,

il

l'a et

même non

Lat.

lau

=

tels

illac),

provient de

suivi d'à long,

que chou

ou (=

bable qu'en

La

elle

représente

( ^-^

ol

ou de ov,

lorsqu'il n'est

au ou de o. devient encore ou dans quel modification de

caul == caulem ) fou

(=falh^

al)

/auus.—Voir ci-dessus à

cette voyelle.

l'article

de

l'e,

sur la diphthongaison de

m utation en ai est logiquement postérieure; mais

fait les

piscat,

de IV, les divers modes de géné-

— cas plus fréquent — le résultat d'une

ques mots très-usuels,

*

une seule, au, remonte au latin; mais, dans

plupart des mots de notre dialecte où elle se rencontre,

av ou

^

deux phénomènes ont été simultanés.

il

est pro -


PREMIERE PARTIE

46

Quant à

ou,

ne se renforce que dans des cas fort rares *,

il

par exemple à?a\^chaulhoàechôulhâ(solhar^'suculare), piaulo de piaula fpiular

= pipilarej

Les diphthongues au et 6u se réduisent souvent, dans parler actuel de Limoges, à la voyelle simple

réductions

tendance

jamais lieu à Nontron*. Loin de là, la

n'ont

chez nous, de diphthonguer en ou Vo et You.

est,

C'est surtout en initiale

Ex.: oblidar, ôublidâ; ovelha, ouvelho

;

—o

(= nucem)

de nou viùuleto

o.

le

Mais ces

que cette modification se produit.

— obedir,

ôubahî;

— odor,

ôudour ;

encore nôusilho, diminutif

faut), ou. Citons

qui n'est pas usité à Nontron, et viôuloun,

'.

OI L'o^ provençal

*

— OUEI,

OUE, UEI, UE

est représenté à

Nontron par

ouei et uei,

réduits souvent à oue et ue. Mais oi ne se transforme pas in-

différemment en ouei ou en 1° ISoi,

uei. Il

dont Vo représentait

faut distinguer

soit

un

deux cas

tonique, soit

un

o

:

an-

tétonique, soit un u bref ou en position, et qui devait dès lors

prononcer

se

poueizou;

Ce qui

*

ou

suit

om"**, est

devenu ouei ou

* fodire, foire, foueire

est parfaitement

comme

avons vu que e

o,

;

conforme à la

-

loi

ue. 'Ex.: potionem, poizo, *

bodina, boueino;

des voyelles graves,

tandis que ei suit plutôt celle des grêles,

le fait

souvent.

— uter,

— Ce renforcement de

loi

que

comme nous

ou en au

est

moins

rare en haut limousin que dans les autres sous -dialectes.

Aurum

^

cependant

est

devenu

or,

comme en

français

;

mais

les dérivés

— On peut citer encore môco (sorte de vase), même mot que pr. mauca {panse). — L'au de cauda,

gardent la diphthongue. paraît être le

le

jourd'hui couo, était déjà devenu o (==ow) dans

de '

même que la conjonction aut, chez On dit aussi et plus souvent vileto,

la

langue classique

qui

au-

[coa],

nous 6u. par réduction de

la

diphthongue tou.

(Voir ci-après, à l'article de cette diphthongue). ^

Dans les mots empruntés au

français, l'ai pur tantôt devient ouei, tantôt

reste oi (oua). Ex.: chanoueine, trouasiême. h'oi nasal

ayant déjà 5

En

tion.

le

de

même

origine,

son oué, ne subit pas de modification en passant en limousin.

bas limousin

,

Ex.: bouissou,

ïi de cette diphthongue n'a subi

bouissâ, pedouiro,

boueissâ, pedoueiro, foueitâ.

fouitâ;

aucune modifica-

chez nous boueissou,


PHONETIQUE

47

— ruina, roina, roneino — (ped)oueiro — pugnum, poing, pouen. *

oira,

;

;

2° h'oi, dont Vo correspondait à

en position, est devenu uei ou

du

ue,

un o tonique latin bref ou changement déjà accompli,

reste, dans l'ancienne langue, car tous

mots en

oi

de cette dernière catégorie

concurremment

usitée,

en uei ou

— coxa, noit et nuech, nue — coctum,

ue. C'est celle-là seule

;

les

que

uei; — ocfujlus, cueisso — noctem,

huei,

coissa et cueissa,

;

ou presque tous

j ont une autre forme,

nous avons conservée. Ex.: hodie, hoi et oil et uelh, uei

culcita, coueitio ;

;

coit et cuech, eue

;

octo, oit et

ueit, ue.

Exceptions

:

fària, foira, foueiro.

langue que

vieille

On

dit aussi cueire

la ;

forme en

mais

ne se rencontre pas.

la

oi.

Vo

Du

sans doute préalablement allongé.

de ce mot avait été

reste

,

n'a dans la

il

Cbquere, coire, coueire.

forme provençale correspondante

Longe a pareillement donné deux

formes, luen et louen, mais qui se retrouvent l'une et l'autre

dans l'ancienne langue. La dernière est de beaucoup la plus

commune, si l'on

et l'on s'expliquera facilement qu'il

se rappelle

en

soit ainsi,

que Vo en position devant n est traité chez

nous comme un o long, c'est-à-dire se change régulièrement en ou.

Dans

le

haut Limousin, on aime à réduire uei

der ;

et ue

à

ei et e.

— einuei — duer (dormit), ~ fuec (focum), fe^; — luec (locum), — A Nontron,

Ex.: uei (oculus), ei;

(in odio), einei;

le^.

ces réductions ont lieu plus rarement.

pour Marueil (Marolium);

ei-mati,

{podium), qui se dit également.

On peut

citer Marei,

pour uei-mati ; pei pour puei

On

dit aussi

indifîéremment ne

beaucoup plus rares,

et qui ne se ren-

et nue (noctem).

Dans quelques

cas,

contrent, je crois, qu'en haut limousin, la triphthongue ouei se réduit à son premier élément ou

'

2

On

ou

o.

Ex.: boueirî (regain),

appelle ainsi une vessie gonflée de vent.

Formes inconnues à Nontron, où

sentent foc et

loc.

l'on dit

seulement

fio et

Uo, qui repré-


PREMIERE PARTIE

48

vourî;

— bigarouei

fir. garouil), bigaro ;

— limarouei (jargon),

limaro.

UI Ui provençal représente normalement un u long

un

quel s'est adjoint

latin au-

subséquent, originaire ou provenant

^

d'une consonne vocalisée. Cette diphthongue s'est presque tou

jours réduite à m*. Ex.: bûtyrum, bnire, bûre nûrisso

rissa,

— putrere

;

(puirir),

pûrî ;

;

— nutricem, nuinutrire (nuirir),

nurir, nûrî*.

Remarque.

Les mots

dans lesquels Vu 01,

était

moins rare dans

tels

que

deux derniers

les

cités,

douteux, avaient une seconde forme en

que la forme en

les textes

ui.

C'est pour-

tant cette dernière seule que l'on a conservée à Nontron,

même

dans certains mots où

elle était irrégulière et

devait

être exceptionnelle. Ainsi nous disons cûssi, qui suppose

forme

cuissi,

inconnue à Raynouard

vation régulière de culcitinum.

'

une

et parallèle à coissi, déri-

C est, SiU

contraire, celle-ci qui,

modifiée, selon la règle, en coueissi^, est restée à Limoges.

Ui est resté

dans

tel

les

verbes en

uire.

pruntés au français (et c'est peut-être ces verbes),

il

Dans

le cas

les

mots em-

de plusieurs de

ne subit non plus aucune modification. Ex.:

cuivre.

EU, lOU (lU) Notre eu provient d'ordinaire ou de eu 1

Cf. le latin fructus

2

Je considère

== fructuis,

comme

ayant

la

(dissyllabe),

ou de

la

etc.

même

origine

Vu de prûre, que

je dérive

de prurire par l'intermédiaire d'une forme praire, dans laquelle, grâce à la synérèse,

sique, '

Vu

comme

On ne

aurait absorba l'accent, et qui serait à pruzer, forme clas-

coire est à cozer.

trouve pas non plus puirir dans Raynouard, qui n'a que poirir

= pouirir, forme

restée en bas limousin); mais on y trouve puiridura puirimen. La forme nuirir, qu'on n'y rencontre pas davantage, bien quil donne nurir, est prouvée de même par les dérivés nuirism, nuiri{

et

dor, etc. *

En

bas limousin

:

couissi.


PHONETIQUE vocalisation de v ou

après

/

49

Cette diphthongue, qui dans le

e.

bas Limousin et dans la majeure partie du Périgord se pro-

nonce

éou,

comme dans

spécial, déjà décrit, et elle s'est

Eu e.

Nontron un son

feu-uj.

A

Limoges,

réduite à la voyelle simple eu.

second élément et à se réduire à

est sujet à perdre son

Cette réduction n'a jamais lieu qu'en finale. Elle est facul-

tative à

Nontron, en sorte que tous

autre forme* en ce;

bellus,

Ex.: meus,

ê.

bel,

beûet

Par exception, non en

ê

:

sî,

soit

meû

et

les

mots en eu j ont une

mê ;

— cœlum,

en provençal

iou, figurée

de la vocalisation de v

(b,

p) ou de

/

ou

io

après

i,

o,

iu,

même

î

et

soit

provient

du groupe

Dans

les

mots

en devenant ou et s'unissant en diphthongue à

^^ précédent, a cédé son accent à cette voyelle, qui, ainsi la

ceû et

seû fsevumj et deû fdeusj s'abrègent en

(par exemple dans les mots en ionem, iosum).

de ce genre,

cel,

bê>,

dî.

La diphthongue io

tout le Midi, prend à

que nous figurons eu

prépondérance, a

fini

prenant

par éliminer son associée. La

chose a eu lieu, à plus forte raison, de I'om atone repré-

sentant

/

ou

V.

Iou (iu) s'est donc réduit à

Mais, tandis que eu persiste à côté de

ê,

î,

comme

eu à

iou a aujourd'hui

plètement disparu à Nontron, et aussi je crois dans

le

è.

comhaut

Limousin, sauf dans les mots originairement en iosum, qui y ont encore les deux formes iou et î. Je ne sais si d'autres variétés

Quoi

du limousin en

les oflrent

simultanément dans tous

les cas*.

soit, Yi

auquel iou

{iu) s'est

change ad libitum en

eu, et l'on

a ainsi, pour tous les mots de

qu'il

cette désinence, au

Ex.:

nvum,

réduit chez nous s'y

moins deux formes concurremment usitées.


PREMIERE PARTIE

50

graciosum,

gracias,

gracioû, gracî et graceû

graciosa,

gracîosa,

gracioûso, gracîso et graceûso

Ajoutons à ces exemples Tancien composé contracte

(=si vos), devenu Ainsi

(=

î

ou

seû.

et ê (=e/, eu) se rencontrent

iv, io)

il,

c'est sans s'y confondre.

jamais ew

{dî, s«),

Sauf

en eu ; mais

deux exceptions déjà notées

les

ne passe à

r=:e

sius

Vî,

pas plus que eu

=î (iou)

ne passe à Yê.

Dans

le

corps des mots, eu ne se réduit jamais à

levium, leûje et

non

autrement de iou en

finale,

Mais

les

avec

la

i.

Ex.: sibilare, siular, ûlâ.

même

ou en

îso

bibere, beûre et

non

l

et eu

Il

à qui

il

soit

e.

Ex.:

en est

comme en

peut aussi y devenir

ew.

ne se font pas, à cette place,

liberté qu'en finale. Il n'y a ios

bêre. Il

s'abrège, au contraire, là

qui,

échanges entre

des adjectifs en

en

lêje

; —

que

les féminins

permis d'être indifféremment

eûso. Ainsi viure [vivere) et liura [libra]

ne font que

veûre et /ewro (ou, par réduction, lûro); au contraire sm/ar, déjà cité,

ne

fait

que

s!/d.

Notre diphthongue eu (=e) a dans quelques cas' pour suppléante, en haut Limousin, la triphthongue iau, aujourd'hui généralement réduite à de

forme qu'a

iôu,

et qui est le

prise,

renforcement normal

en beaucoup de mots, Viou

{iu)

pro-

vençal, dans le bas Limousin et les cantons voisins du Périgord. Ex.: Diau-marcé -= Deû-marce ; viaure (viure) =- veûre;

fpiuzej=peûze;

piauze

ou eu ne

se rencontre

et seulement,

siau (sius)

=

seû.

A

Nontron,

iau=

iu

que dans un très-petit nombre de mots,

comme en haut Limousin, dans la syllabe tonique.

— mel (meuj, miau; — pilum, pet — Iôu = ou eu y également très-rare. Remarque. — On voit par textes provençaux que

Ex.: pipilat, piula, piaulo ; (peu), piau.

iu

est

les

les

mots en

iu,

outre une seconde forme en eu, en avaient encore

une troisième, intermédiaire, en

iéu.

Cela est prouvé pour

quelques-uns*, et l'on peut, sans témérité, l'admettre aussi *

Ex.

(étrier)

textes

:

.

Estriub, estrieu, estreup, aujourd'hui, à Nontron, eitri et eitreii

que

Les formes en eu formes en teu.

les

sont, je

crois, plus rares

dans

les anciens


PHONETIQUE pour

les autres.

D'un autre côté, eu et ou permutent quelque-

ensemble. Ainsi pleure

fois

51

du bas Limousin est

f= pluerej

pleure à Nontron. Cela étant, au lieu de dériver directement iôu et iau de iu,

comme

serait peut-être plus juste de les considérer

il

des modifications de

plus, ni

iéu.

Quoi

qu'il

en

soit, iéu n'existe

en haut Limousin, ni à Nontron. Mais, dans

con-

les

trées plus méridionales du Périgord et dans le bas Limousin,

on rencontre cette forme dans beaucoup de mots, riéu,

par exemple, qui est chez nous

nouard mentionne seulement sous

On

ou

forme

la

que

tels

que Ray-

reû, et riu.

vient de voir plusieurs diphthongues se réduire à l'un

de leurs éléments.

Il

nous reste à signaler quelques

simplifi-

cations analogues, mais plus rares et moins systématiques. C'est surtout dans les diphthongues où state ce

—Dissyllabe dans

/a.

finale,

i

figure que l'on con-

phénomène. groupe, devenu

l'origine, ce

io

en

forme chez nous une diphthongue très-compacte mais, ;

sur la limite du dialecte limousin, du côté de la langue s'est réduit

à

î.

Ainsi sentia, à

Nontron

sentio, est

d'oil, il

à la Valette

senti. le.

le s'est parfois réduit à

conscientia, conciencia,

de devenir

io,

qui est,

coucinço.

^.

Ex.:pietatem, pietat, pita;

— L7e français

comme on l'a déjà

il

Ei.

ne change pas. Ex.:

— ^i

se réduit

cau, seicau, sicau

*;

au lieu

final,

expliqué, sa mutation

normale, devient quelquefois simplement fait

c'est-à-dire qu'en

î,

Julî, Ugénî, etc.

souvent àl, Ex.:

— chantei,

chantî

mière personne singulière de tous

vestire, veitî, vltî; ,

et de

même

les prétérits

suei-

à la pre-

qui ont cette

flexion.

Ue.

*

— Nous avons

vu ue

=

oi se

Diminutif de suei, inusité à Nontron

{=sambiicus).

réduire à e dans ne

,

dans

— Su£i suppose une forme soie, qui

dialecte languedocien,

la

vieille

langue sauc

existe en effet

mais qui ne se rencontre pas dans

les

= nue dans

le

anciens textes.


PREMIERE PARTIE

52

= noctem,

et

dans quelques autres mots. Cette diphthongue,

provenant de l'union de m et de

une consonne,

s'est

e

primitivement séparés par

au contraire réduite à u àaji^junjo

=

juenca =juvenca.

Uou

montre pareillement réduit à u dans sur, que Ton dit en haut limousin pour suour (=i sudorem), seul usité chez se

nous.

CHAPITRE QUATRIÈME VOCALISME CONTRACTION ET ÉLISION

;

{suiU)

SUPPRESSION ET ADDITION

DE VOYELLES

Les phénomènes qui font Fohjet de ce chapitre nous ont déjà accidentellement occupés dans les deux précédents, à

Toccasion de l'accent ou des permutations de voyelles. Mais il

convient, pour être complet, et au risque de nous répéter

sur quelques points, de les étudier séparément. I.

— Contraction

Notre dialecte contracte régulièrement en une diphthongue ou une triphthongue toutes

même

les voyelles

ment en

latin,

ou que leur rencontre

soit

consonne intermédiaire. La contraction vent à

consécutives d'un

mot*, que ces voyelles se suivissent déjà immédiate-

les

réunir dans une

même

due à

se

la

horne

chute d'une le

plus sou-

émission de voix, sauf à les

modifier plus ou moins fortement, mais sans en sacrifier au-

cune

;

d'autres fois elle va jusqu'à effacer complètement l'une

d'elles*. Ex.: suave, suau,

*

souau;

— cauda, coa, couo; — ruga,

Sauf, bien entendu, les cas de chute et de métathèse.

ceptionnellement, la contraction n'a pas lieu,

un

duit ordinairement, qui sera étudié ci-après

je

:

autre

— Lorsque,

phénomène

veux dire

ex-

se pro-

l'insertion

d'une

consonne. 2

Ce cas rentre dans celui des réductions de diphthongues, étudié dans du chapitre précédent.

3« section

la


PHONETIQUE rua, ruo;

— gloria,

— legumen. Hume,

— —

dia nocte, meia nuech,

La contraction

;

miané ;

— pavorem, paor,pàu*;

via, vio^;

glorio;

lume

»3

rogationes, roazos, razoû

une voyelle ou initiale

du

suivant. C'est la crase des grammairiens grecs. Ex.:

ad

koram, aora, ôuro ;

habeo), yai, où

change

ille),

mé-

rainos, ranoû.

réunit aussi quelquefois

diphthongue finale avec la voyelle ou diphthongue

mot

:

siôu;

se

i

— hoc en sa semi-voyelle y; —

ecce

est,

co es, couei

— nôu ourà (novem horasj, nôurà II.

D'un mot à

;

i

ai (ego

si

ou

(si

^.

— Elision

l'autre, la contraction, bien qu'assez fréquente,

surtout en haut limousin, est pourtant exceptionnelle. C'est

bien plus souvent à des élisions que donnent lieu les rencon-

comme

tres de voyelles finales et initiales. Mais,

n'a

aucune répugnance pour

avec régularité que

l'hiatus

si la finale

ou une diphthongue atone ou Ve seuls disparaissent,

{io

est

ou

notre dialecte

l'élision

*,

ne se produit

une voyelle atone

et

Dans ce dernier

ie).

forme crase avec la

et Vi restant

voyelle ou la diphthongue initiale du

brève

cas, l'o

mot

suivant. Ex.: sa

memôriei freicho, segWeicoududo. Si la finale est tonique

ou longue,

elle

ne

s'élide

qu'excep-

tionnellement et seulement dans des mots très-usuels, tels que

demô (demain) ou v'en,

*

*

demàu

Et de

sei.

môme

les

En

pronoms noû,

vou. Ex.

:

nautrei, v'autrei,

pareil cas, c'est quelquefois au contraire

tous les imparfaits et les conditionnels en ia

Dans ce mot, comme dans

tonique ou a forcé

l'a

le

précédent à

mot ôuro de s'affaiblir

;

si

(io), tas, etc.

l'alinéa suivant, la voyelle

a

avait eu l'accent, le pro-

duit de la contraction aurait sans doute été au. ^ Le vers suivant, de Foucaud, présente deux crases, dont une réunit deux diphthongues, par conséquent quatre voyelles, toutes les quatre per-

ceptibles à l'oreille, et constitue ainsi

Car *

Le vers

si

cité

ou poudio ou ouzario

dans

la note

une tétraphthongue

:

be.

précédente en offre un exemple.


PREMIERE PARTIE

54

du mot suivant qui disparaît, comme cela a italien. Mais cette sorte d'élision est plus

la vojelle initiale lieu

fréquemment en

habituelle

dans

le

haut Limousin qu'à Nontron, où on

constate fort rarement

III.

la

*.

Suppression de voyelles

— Aphérèse. — L'ancienne langue avait opéré dans quel-

A.

ques mots

la

tementy a

été,

Nous

suppression de la voyelle initiale*. Mais ce trai-

comme en langue

d'oil,

tout à fait exceptionnel.

l'appliquons aujourd'hui, au contraire, d'une manière

systématique à un très-grand nombre de mots, savoir à tous ceux, ou peu s'en faut, qui commencent par un a atone et bref

ou devenu

tel '.

L'aphérèse n'atteint jamais les autres voyelles,

sauf dans deux ou trois mots dont l'usage extrêmement fré-

— (pro— amorem, mour (dans locution per mour): — nom); — avena, veno; — appelugulha, gulho; — — apelar, B. — Syncope. — Ce phénomène, au contraire du précéquent explique la détérioration. Ex.: una, no;

illa, /a

la

*acucla,

arista, aresta, leito;

pela,

lare,

etc., etc.

dent, était accompli dès les premiers temps de la langue, dans

tous les mots qui le présentent. a.

Il

faut distinguer deux cas

:

— Syncope de la voyelle antétonique. — Toute voyelle brève

entre deux consonnes, précédant immédiatement la tonique

sans être initiale, a disparu dans

sennâ;

le

deux ou

d'oc. Il suffira de citer

*fructicare, froujâ ;

passage du latin à trois

exemples

— matricularius,

:

la

langue

seminare,

merigliê.

— Les

exceptions à cette règle sont presque aussi rares qu'en français.

On peut mentionner

nare, penchenar, penchenâ

*

En

chamba

voici

;

*rotùlare, redolar, rude là ;

deux exemples que

'n l'er .

je

*

pectî-

cupïtare, cobeitar, coubeitâ.

prends dans Foucaud: fâ'ntau. là

Ajoutons voun {=vou

en),

que

l'on

trouve déjà dans

l'ancienne langue sous la forme von. * ^

Par exemple, horologium,

reloge.

L'aphérèse est encore plus habituelle dans

dans celui de Nontron.

le parler

de Limoges que

—En bas Limousin, elle est au contraire assez rare.


PHONETIQUE

— Syncope de

b.

la voyelle

55

post-tonique. — Dans

mots pro-

les

paroxytons, la pénultième, nécessairement brève, tombe toujours*, et la finale persiste, transformée ou non. Ex,: amita,

ando;

de

— turturem,

Yi, les

tourtre.

— On

a vu, aux articles de Ve et

exceptions systématiques à cette règle, dans les mots

en ère et en ium,

tels

— pur-

que plangere, planher, plânhei,

gatorium, purgatôri.

Dans les mots paroxytons, la dernière voyelle tombe, à moins Elle persiste ne soit un a, auquel cas elle persiste.

qu'elle

également après

les

groupes, autres que

d'une muette et d^une des liquides et devant

patrem, paire'^),

le

l

cl et gl,

composés

et r (ex.: vitrum, veire;

groupe

ce qui est le cas de

nt,

toutes les troisièmes personnes du pluriel dans les verbes.

— Apocope. — Ce phénomène ne doit pas être

C.

distingué

de celui que nous venons d'examiner, la dernière voyelle du

mot ayant toujours et celui de sentire ont

Tous

les

même

été traitée de la

devant nt) qu'elle fût ou non la lettre

manière (sauf

finale. Ainsi

Ye de tenet

également disparu.

mots, en très-grand nombre, dans lesquels les

règles précédentes, surtout celle qui

pénultième atone

^,

commande

la chute de la

sont violées, n'appartiennent pas, sauf de

très-rares exceptions, au premier âge de la langue. Ils sont

de formation savante, çais, soit qu'ils

A

soit qu'ils aient été

nous viennent de

cette dernière catégorie, la

la

empruntés au fran-

langue d'oc classique.

moins nombreuse de beaucoup,

appartiennent les deux suivants legremoflagremaJ=lacryma, :

*

de

Sauf, bien entendu, les cas, déjà étudiés aux articles de la

l'i

et de Vu,

métathèse ou de la consonnification de la voyelle et de son union en

diphthongue avec la voyelle suivante. Les mots dans lesquels l'un ou l'autre

de ces phénomènes se produit rentrent ainsi dans la catégorie des

mots paroxytons ^ •'

Forme

et sont traités

comme

inusitée à Nontron,

même

il

Parce qu en

temps

s'ils

y a

ne peut éviter

condition d'usurper l'accent.

la chute,

que

la

forme apocopéepot.

forcément violation de

ici

damentale des langues romanes, à savoir cette voyelle

étaient tels d'origine.

l'on n'emploie

la loi fon-

la fixité de l'accent latin,

puisque

en demeurant pénultième, qu'à

la


PREMIERE PARTIE

56

— poûvero (polvera)::=pulvêrem. Quelques-uns des mots en ique,

lie,

f= ïdus,

ule

{Je,

autres désinences pri-

ïcus, ïlis, ûlusj et

tivement atones, que nous possédons, peuvent bien nous venir

du provençal; mais

aussi

français que nous nous

la plupart sont

certainement des mots

sommes appropriés.

— Addition de voyelles

IV.

— Prosthèse. — La langue d'oc, comme celle

A.

préposé un

e à tout

(sauf ordinairement escriure, etc.

c

Nous en

doux.) Ex.: scala, escala;

etc.

statue, scarlatine,

— Ces

avait

consonne

scribere,

mots

faisons encore autant de tous les

commençant de même que nous empruntons au que

d'oil,

latin initial, suivi d'une autre

s

français, tels

derniers se distinguent, en

général, des mots où l'addition de Ve est le fait de l'ancienne

langue, en ce que Ves

initial n'y

devient pas

ei,

comme dans

ceux-ci.

Conduits,

comme

l'ancienne langue l'avait été elle-même

dans certains cas*, par une fausse analogie, nous préposons

«à

diphthongue

la

latin

par

Ex.

eimirai

ple

:

s suivi

quelques mots qui ne commençaient, ni en

d'une autre consonne, ni en provençal par

= miralh,

eiranho

remarquable en ce

est

nous montre la prosthèse

qu'il

compensant une aphérèse antérieure. Ce qui prouve est bien ainsi, et qu'il ne faut pas supposer ici

de

originaire en

l'a

ei,

c'est

es.

= (a)ranha. Ce dernier exem-

que

les

qu'il

en

une mutation

deux formes ranho

et ei-

ranho sont concurremment usitées.

Outre sente

un

la prosthèse

petit

systématique de

e, le

provençal en pré-

nombre d'autres qui ne sont

qu'accidentelles.

Telle est celle de a dans agla7i('=glandemj, aujourd'hui chez

nous aglian Nous disons de alimâ pour lima

(= limac),

même

agoulé -pour g oulé

{= go letj,

qui restent d'ailleurs également

usités.

Notre dialecte prépose '

Ex.

:

i,

ou plutôt la semi- voyelle

escorsa {corticem), aujourd'hui, chez nous, eicorso.

y,

à la

'


PHONETIQUE diphthongue

ou,

dans yôu

= ovum,

57

quelquefois aussi à Vu

et,

par exemple dans yun, yunlâ,

et à Ye,

yueif= unum,

ululare,

hodie) eiyeilo(=illa). Ces dernières formes sont

très-commu-

nément employées dans des

Nontron, au

nord, à Test et à l'ouest

en m et en

celles

B.

e

;

localités voisines de

Épenthèse.

Il

faut distinguer quatre cas:

— Entre deux consonnes

a.

même, on préfère

mais, à Nontron

purs.

.

Notre dialecte n'aime pas

les

concours de consonnes. Aussi insère t-on volontiers, surtout

dans les campagnes, une voyelle sourde,

e le

entre deux consonnes consécutives, lorsque été réduit à l'unité par l'élimination

première, ce qui est metre pour

fr.

le cas le

ou

le

plus souvent,

couple n'a pas

la vocalisation

de la

plus ordinaire. Ainsi on dit ade-

admettre.

L'épenthèse se produit

même

quelquefois entre une muette une liquide. C'est ce qu'on voit dans chambarièro (= fr.

et

chambrière)^ qui est la forme correcte et universellement

em-

ployée de ce mot.

— Entre deux

b.

diphthongue

la

voyelles

.

L'ancienne langue introdui-

dans beaucoup de mots un

sait déjà

iu,

e entre Vi et

(= ou)

Vu

de

d'où résultait la triphthongue ieu. Cette in-

sertion est générale aujourd'hui, et depuis longtemps sans

doute, dans plusieurs dialectes de la langue d'oc, non-seule-

ment entre dans

i

et ou provenant de u {v,

provenant de o

et ou

le

.

Elle ne se

haut Limousin, mais

Limousin. Ex.: rivum,

riu,

elle

a lieu

rieu;

mais encore entre ni à

en

Nontron,

i

ni

communément en bas

— passionem,

C'est peut-être de ces formes

sieu.

l),

remarque

réduction, les formes nontronnaises en eû

passio, pas-

que dérivent, par

ieu

=

iu

ou

signalées

io

ci-dessus, pag. 49 et 50. c.

— Entre

une voyelle

et

une consonne.

on insère constamment un a entre iï final, soit

un

e,

étant,

ce

et

1'/

En

bas-limousin,

du groupe

intérieur, que Vi soit originaire

ou

qu'il

il,

soit

remplace

qui est fréquent, cette mutation, rare à Nontron,

au contraire, très-ordinaire à Tulle.

L'«7

ainsi

5

inséré


PREMIERE PARTIE

58

forme diphthongue avec V

i,

et, si celui-ci

dérobe mais, lorsqu'il

le lui

;

le

accidents de la flexion ou de la dérivation,

en

Ex.:

0.

filum, fiai;

villa,

vialo

filare,

;

portait l'accent,

il

le

perd à son tour, par suite des en

il s'afib-iblit

estialo;

Stella,

— cœlum,

e

cial;

ou

fielâ; — efiolai^v. effilé).

Le parler de Nontron n'a reçu que deux de ces formes en ial[=- eloxx il), qui se trouvent si nombreuses en bas-limousin* :

c'est pial [pilum] et

mial

{meli),

que nous prononçons piau et

miau, VI finale se vocalisant toujours chez nous après une

dans

voyelle. Mais,

les

mousin qui avoisinent

contrées du Périgord et du haut Li-

la Corrèze,

par exemple à St-Yrieix et

à Excideuil, ces formes sont très-communes. Seulement

comme

là,

chez nous dans mial et pial, Yl se vocalise.

Rappelons thèse de

l'a,

ici

De

fixe ellum.

que

le

même phénomène,

a lieu aussi en langue là les

formes

telles

veux dire l'épen-

je

entre Ve et F/ du suf-

d'oil

que

beal, casteal, d'où

en

français beau, château, en poitevin beâ, clidteâ, en saintongeois bid, chatid, l'/qui s'est

vocalisée en français étant simplement

tombée dans les deux autres dialectes*. On remarque dans un petit nombre de mots u après

Ajoutez

Ex.

a.

les

:

malautru (pr. malastruc);

deux mots de l'ancienne langue

réduit chez nous à luzer, et mausti

(

=

fr.

l'insertion d'un

— pauto

(fr. patte).

lauzert {lacerta)^

matin), qui ne se dit

chez nous que mdti. d.

cas

un

i,

Entre une consonne

et

une voyelle.

mais plutôt Vi consonne que

— C'est

en pareil

^^ voyelle, qui s'introduit.

Cette insertion est de règle devant 6 tonique suivi de c ou de *

Ces formes sont également exceptionnelles dans la langue classique.

Nouvelle preuve de la correction, déjà plusieurs

fois signalée,

du parler

nontronnais. ^

Ce sont

des espèces de gunas inverses, c'est-à-dire où Va, au lieu

d'être préposé à la voyelle qu'il doit renforcer, est inséré à sa suite.

Le

=

hélium (fr. remarque en roumonsche (ex. Mal beau)) et en roumain (ex.: viatza == vita). Dans quelques variétés du poitevin, par exemple le parler des Sables, on insère régulièrement un o de-

même phénomène

se

vant Ve de plusieurs mots et non à la suite. Ex. "^ est; laes les. C'est le vrai gtma.

=

:

:

haé

— hé

(

hene)

;

— aest


PHONETIQUE V. (V. ci-dessus,

page

33.) Ex.: locum, lio;

ou gl devant

l'est

encore après

nes,

à l'article du C,

cl

59

II,

— novum,

niôu. Elle

ci-après, Conson-

a, e, o. (V.

C.)

Accidentellement Vi s'introduit encore dans quelques autres mots, devant o couette] bie. Ici

;

devant

comme

atone

final e

boueitio (fr. boîte)

:

texere, teisser, tieissei;

:

;

coueitio (fr.

tepidum,

tebe, tê-

tout à l'heure Fiinséré est plutôt Vi consonne

que Yi voyelle. Dans tous les cas,

tio, bie,

tie,

ne forment res-

pectivement qu'une sjllabe.

Remarque. ceux en ou.

.

— Les ou

6c.

mots

tels

que

biôu, fio, etc., c'est-à-dire

originaire, avaient, dans l'ancienne lan-

.

gue, une autre forme, où c'était non pas introduit

plus particulièrement cette forme.

dans plusieurs, mais

Les mots en l'insertion de

de Yo en

oc.

Yu

.

fe, /e),

On

la constate aujourd'hui

en avaient encore une autre résultant de

et de la

mutation simultanée ou consécutive

e : luec, fuec. C'est

(

mais Yu, qui s'était

étrangère au limousin.

elle est

réduction la forme en limousin

Yi,

buov, fuoc. Je ne sais à quel dialecte appartenait

:

e

de cette dernière que dérive par

que revêtent ces mots en haut et bas

mais que

la

variété

nontronnaise ne con-

naît pas.

C—

Paragoge. Il n'y a guère en limousin, non plus que dans la langue classique, de voyelles paragogiques propre-

ment

dites, c'est-à-dire qui soient

purement adventices

l'adjonction n'ait d'autre but que de

satisfaire

d'euphonie. Sauf deux ou trois exceptions

m'en fournit qu'une, peut-être unique avec), toutes les fois

:

et

dont

à un besoin

(ma mémoire ne

coumo

= cum

qu'on a ajouté une voyelle à la

fin

(

fr.

d'un

mot, c'a été dans une intention grammaticale et afin de lui rendre une flexion perdue. C'est ainsi que am, formé de amo, est ensuite

devenu ami, chez nous aime.


PREMIERE PARTIE

60

CHAPITRE CINQUIÈME DES CONSONNES

Voici le tableau des consonnes limousines, rangées par familles, classes et degrés.

Nous empruntons ce

tableau, en le

modifiant légèrement, pour l'approprier à notre ouvrage, à

Grammaire comparée

la

des langues classiques de

M. Baudry.

CLASSES EXPLOSIVES

CONTINUES

(muettes)

(non muettes)

SPiRANTES en rt

a^

âa

Dentales

s

nh n

Labiales

f

m

ch

ijutlurale3(oa mieux palatales

En les

règle générale, dans leur passage du latin au limousin,

consonnes

elles

Ih

l.r

initiales

gardent leur force, ou du moins,

si

changent parfois de classe ou de famille, ne changent

pas de degré ; les consonnes intérieures s'affaiblissent, les con-

sonnes finales tombent ou se vocalisent. J'appelle nes finales celles qui étaient restées

telles

ici

conson-

dans l'ancienne lan-

gue d'oc, après la chute des désinences atones du

latin. L, r,

m, n, c'est-à-dire les liquides et les nasales, font parfois exception à cette règle.

On

expliquera dans quels cas à l'article par-

ticulier de chacune de ces consonnes.

Au

lieu

d'examiner de suite toutes

mille, je réserverai

les

consonnes d'une fa-

pour une section spéciale

les liquides et les

nasales, en raison des aflSnités plus grandes que ces conson-

nes ont avec celles de leur classe dans les autres familles


PHONETIQUE

61

qu'avec celles des autres classes dans leur propre famille. Pour

un motif analogue, je ne

traiterai de l'A qu'à la fin de la section

des labiales, ses relations avec les consonnes de cette famille étant beaucoup plus étroites qu'avec les gutturales.

PREMIERE SECTION

.

— gutturales

Les consonnes de cette famille seraient plus justement ap-

Nous

pelées palatales.

leur conservons celui de gutturales,

pour nous conformer à l'usage ordinaire.

suffira

Il

d'avertir

qu'en limousin, tout aussi bien qu'en français, les sons qu'elles

expriment se forment dans

le palais et

I.— C

C

latin initial est

ou se

et les exceptions

bro; —

capitale,

ancienne

;

la langue.

elle

y

La

la gorge.

initial

devenu ch devant

soit transformé.

non dans

a,

règle est ici la

que

l'a soit

même

sont au moins aussi rares. Ex.

chatau;

resté tel

qu'en français, capra, châ-

:

canem, che. Cette mutation est fort

remonte très-probablement au premier âge de des mots où on la constate se présen-

La plupart

tent dans les textes classiques sous deux formes différentes, l'une en

c,

l'autre en ch. Ces

deux formes n'étaient pas sans

doute usitées concurremment dans la vaient appartenir,

comme

même

contrée et de-

aujourd'hui, à des dialectes diffé-

rents.

Devant

e et

circulus, cercle les liquides,

— curare, fort

il

i,

c initial a pris le son de s. Ex.: cera, cero ;

ou

sarclie

est resté

cura ;

c.

.

Devant

o et u,

Ex.: corium, cuer

— credere,

creire.

devant toutes les voyelles. Ex.:

quêre;

— quindecim, quinze.

Il

Q

même

de ;

que devant

cogitare, cujâ;

initial est resté

^'Massare, cassa;

faut excepter

un

dur et

—quœrere,

petit

nombre

de mots dans lesquels qu, s'étant en latin vulgaire changé en


PREMIERE PARTIE

«8 c,

comme

a été naturellement traité chacun, chaîne

cin,

{

C

initial,

=

Le

Ex.: kahn, câno;

les voyelles.

même

ch de

tels sont

Exceptionnellement,

grâ;

kegil,

origine reste ch. Ex.: chiosan, chôusî.

de source latine ou germani-

c initial,

que, s'est affaibli en g dans un petit

crassum,

:

de source germanique, conserve sa dureté et sa

force devant toutes quillo.

le c originaire

chêne)

fr.

gabio

cavea,

nombre de mots. Ex.:

;

cwpelletum, goubelé;

(craup), grapau.

IL

A. si

Devant

une voyelle

suit

le

C

il

ramollit*, en changeant de

a, il se

devient

dans

;,

devient/." mica, mijo

focacittj

;

:

fîjo; — precare, prejâ;

f.ca,

ôutrijo;

urtica,

sejâ; — verruca, varujo; — spica,

Ce changement remonte certainement à l'ancienne lanmais on ne peut, pour

;

second ch. Ex.

le

locarium, loujier ;

;

secare,

gue

s'il

diphthongue au, c'est-à-dire que dans

la

— — foujasso — hoc anno, ûjan; — eipijo.

degré

précède immédiatement, sans en changer

une consonne ou

premier cas

le

C intérieur

ainsi chez

nous devenu ja

m

plupart des mots où

la

(jo),

est

constater dans les textes clas-

siques que la forme intermédiaire en ga, corrélative de ca initial,

et qui est restée propre,

tes plus

méridionaux de

* Le maintien de mancâ; traucar,

la

comme

Pour

aux

dialec-

'.

dur

c intérieur à l'état

trôucâ.

cette dernière,

langue d'oc

est fort rare. Ex.:

mancar,

ce dernier, on dit à Tulle trouchâ, selon

la règle. ^

Remarquons

ici

que cela ne prouve

rien,

non-seulement contre

l'exis-

tence des formes enja dans le dialecte limousin dès les plus hauts temps,

mais encore pour

la prononciation des

mots orthographies par ga. En

on a très-bien pu pendant longtemps employer dre à

la fois le

son dur originel de ces consonne?

avaient acquis dans quelques dialectes.

même

texte des

mêmes mots

prouve évidemment, ce

contre.

me

comme

et le

le c,

son

effet,

pour pein-

mou

qu'elles

La présence simultanée dans un

écrits tantôt

par ch

et j

{i),

tantôt par c et g,

semble, que l'auteur ou du moins

le copiste

non c et g. L'ancienneté de cette prononciation est poëme de Boëce, où un pareil mélange de formes se ren-

prononçait ch et attestée par le

le g,

j,


PHONETIQUE 2°

C

devient ch: bucca, boucho;

councho ;

68?

— arca,

archo;

— siccare, sechâ — *piscare, peichâ — ;

;

*

conca,

escamir

(^r),

— lâcha chôuchâ — eicharnî; — laxare C — rauca, raucho. auca, aucho — pauca, paucho lascare),

Exceptions

devenu/. Ex.: exsuccare, eissujâ; minjâ;

care,

manjo.

n{i)ca,

;

;

précédé d'une consonne est assez souvent

c

:

calcare,

;

*

;

— juvenca, junjo — mand{u)' — fabr[i)care,fourjâ;--ma;

carr{i)care, charjâ;

A

côté de manjo et de son dérivé manjou, formes

propres au haut Limousin, existent aussi les formes correctes

mancho, manchon, que connaît seules

C

devient encore / devant

et

i

le

parler de Nontron.

devant

e

(que cet

e soit ori-

ginaire ou qu'il tienne la place d'un u ou d'un o latin flexionnel),

mais seulement

une dentale vient à

si

médiatement. Ex.: jud{î)cem, juje; duod{e)cim, douje.

Le /

deux consonnes.

A l'abri de

s

ou z devant

vensau;—

plazei ;

e et

licere,

lezei;

;

:

— provincialem, prou-

;

— penicillum, pinceû; — placer

rumicem, rounze.

Il

comme en

mo manso

brâ man,

=

e,

a subi excep-

mutation devant a dans manso

manca, qu'on emploie chez nous, sens de gauche

cette influence, c devient toujours

même

précéder im-

domesticum, doumêje ;

Ex.: uncia, ounso

i.

le

que la résultante de l'union des

n'est ici

ct^escionem, creissou

tionnellement la

italien,

dans

bras gauche,

= le

main

gauche.

Au

contraire du c latin, le c d'origine germanique ne prend

a,

i. Il s'affaiblit simplement en ch ou bien iLconserve sa dureté ori-

ginelle. C'est ce qui a lieu

généralement au bas limousin. Ex.:

pas

son

le

comme

sifilant

le c latin

devant

devant

e et

eichinlo {skilla), Tul. esquillo

=

clochette ;

eichivâ (pr. esqui-

var =. skiuhan), Tull. esquiva.

B.

— Devant

o et

w

et

devant

r,

c intérieur se

borne à

sans changer de classe, c'est-â-dire qu'il passe au^. Ex.: secundum, segoun ; pentecosta, pandegoûto ; securus, s'affaiblir

segur;

— acrem, âgre; — lacryma, legremo.

Le q •

intérieur subit la

même

Servante, en haut limousin.

mutation devant a et r

:

aqua,


PREMIERE PARTIE

«4

aigo;

en

ou en z dans

s

=

(Tulle)

C.

z=

torsei

sequ{e)re, sêgre*.

torquere,

cousino

Il

==.

s'est

changé

coquina, cose

mais par l'intermédiaire d'un c auquel

coquere,

déjà réduit

s'était

œquare, eigâ;

le

qu en

latin vulgaire.

Le terme extrême

d'affaiblissement des gutturales

dans leur propre famille est y. C j arrive très-fréquemment; cette mutation est constante dans certaines positions dans ;

d'autres elle n'est qu'accidentelle.

Nous

allons passer tous les

cas en revue.

a.

C

devenu

est

— Dans deux ou

entre deux voyelles.

lieu de devenir

ou de rester; ou ^, selon

y. Ex.: pacare, pagar,

* bellucas, bélugas,

beluyà

;

*

paya;

trois mots,

au

la règle générale,

brayà;

bracas,

lucorem, lugor, luyour.

il

Quand la

voyelle finale est tombée, la mutation en y a été suivie de la vocalisation complète de cette semi-voyelle, qui s'est, dans ce

nouvel

Ex

.

illac, lai;

chat), b.

unie en diphthongue avec la voyelle précédente.

état,

veracem, vrai.

:

La même chose a eu

— Cl entre deux

voyelles. Vl,

son complexe que nous appelons

Ih,

Ce changement de

voyelle suit

;

il

cra-

/

en

{=

ly)

1'/

gulho;

anatic{u)la, nadi-

est constant

quand une

:

oc{u)lum, olh;

Mais, dans ce dernier cas, nous rejetons

de la combinaison en retenant Yy, qui, complè-

tement vocalisé,

s'unit

Exceptionnellement, c

a dans lêgo de

la plus usitée

* acucla,

quoique la voyelle finale fût tombée. Ex.

aujourd'hui

devenu

mouillé, dont la notation

ovic{u)la, ôuvelho ;

cl

c

avait lieu également dans l'ancienne langue,

artic'\u)lum, artelh.

*

dans

(fr.

dans cet ouvrage, nous figu-

pour nous conformer à l'orthographe

canic{u)la, chanilho ;

Iho.

c final

crai

—Dans cette situation,

en langue d'oc. Ex.: mac[u)la, mâlho ; *

du

mot

pour former avec cette consonne

la plus exacte serait ly, et que,

rons

lieu

fac, fax. Cf. le

de l'ancienne langue, dérivé du germanique hraki.

y change de place avec le

ecce hac, çai ;

en diphthongue avec la voyelle précé-

s'est

également borné à ce changement devant

leuca, peut-être par l'intermédiaire d'une forme lequa.


PHONETIQUE dente. Ainsi nous disons

trabai, soulei,

artei,

uei,

65

pour

olh,

artelh, trabalh, solelh*.

Quand

même

comme

y,

voyelle, et

tout à l'heure, le c attire

en résulte

il

le

groupe

thongue que nous figurerons de

eiglheijo

lieu de se transformer lui-

une consonne, au

cl suit

en

clh.

en

c s'est

ecclesia, le

cly, sorte

Ex.

:

à]^soi

cette semi-

de consonne triph-

circulus, çarclhe*.

même temps

Dans en

aifaibli

g,

selon la règle générale

— Ct. — Le

c.

c

de ce groupe, en devenant y, tantôt se le ^ après transposition, tantôt se vo-

renforce pour s'unir avec calise

entièrement pour se diphthonguer avec la voyelle précé-

dente.

Examinons successivement chacun de ces phénomènes.

C devenu y

se déplace,

mais en se durcissant et se ren-

forçant à la fois pour se mettre à l'unisson du ch résulte de leur union. Ex.: pecten, penche;

— coda, cuêcho; — allactare, Cette mutation de

on

çais

ct

mots, tels que cacher,

t,

et le son

lucta,

lûcho

alachâ.

en ch est de règle en espagnol

constate exceptionnellement

la

fléchir. Elle

;

en fran-

dans deux ou trois

a lieu chez nous dans tous

ceux, moins un petit nombre, où la voyelle qui suivait

ct

n'a

pas disparu.

L'ancienne langue opérait

la

même

mutation dans

les

mots

dont la voyelle finale était tombée. Ex.: coctum, cuech; noctem, nuech;

Mais

le

laissé

tomber

octo,

huech; — factum, fach; — lactem,

limousin, qui

/a, la, lorsqu'il n'a pas, cas

*

Ou

pour

oil, orteil, etc.

lach.

n'aime pas les consonnes finales, a

ch de pareils mots,

le

disant eue, nue, hue

3.

beaucoup plus rare, adopté de

Ce ne sont

que de pures différences d'or-

thographe. ^

La même chose a

clocca, clhocho. Cette

mais

elle

dont

du moins

'En

également en cl

initiale.

en clh

est

Ex.: clavis, clhau;

de règle devant

a, e,

— o;

n'a pas lieu devant oii et u, et devant o elle est moins constante

que devant o glh,

lieu

mutation de

il

et e.

Ajoutons qu'elle n'est pas, non plus que

sera question ci-après, générale en limousin.

celle

de gl en

Le bas-limousin,

celui de Tulle, ne la connaît pas.

quelques endroits du haut Limousin,

liaison, et

Ton

dit,

le ch,

par exemple, a là huech aura.

de ce mot reparaît en


PREMIERE PARTIE

66

préférence des formes résultant de la vocalisation complète

du

=

que fat

telles

c,

= factum,

fait

qui est seul usité à

Nontron * 2° C devenu y se vocalise entièrement et thongue avec la voyelle précédente. Ex.:

;

d.

lactuca,

très-fréquemment en

changé en

sauf le

y,

Exemple

cet état

il

:

est

il

y a eu

comme une

médial s'y est

immédiatement

pouvait s'unir non moins fa-

cilement avec Vn, pour former nh, qu'avec il

sanctus, punctus,

d'oc, le c

cas, assez rare,

comme en

tombé. Or,

latin.

En passant en langue

extinctus, etc.

lei-

piei.

;

le sait,

ch,

en diph-

— pectorina, peitrina, peitreno; — — conductorem, counduitour — pectus, — Net. — Cet assemblage de consonnes se rencontre, on

peitrau;

tral,

tujo

s'unit

pect(o)rale, pei-

le

t

pour former

lutte d'influence entre ces

sonnes pour savoir qui des deux se l'incorporerait

deux con-

De

.

là les

doubles formes que présentent dans nos anciens textes les représentants des mots latins précités

punctum ponh

et planctus

:

Dans

et planh.

les

mots où

le

i

eitencho.)

mots où

pouncho; —

il

était

l'autre cas

devenu il

il

l'a

gardée en limousin.

unctura, ounchuro

Le contraire dut avoir

socia Vy. Mais

par exemple, pour

resta suivi d'une voyelle,

ce fut lui qui eut la prépondérance, et

(Ex.: puncta,

;

d'une part ponch et planch, et de l'autre

final.

lieu le plus

tomba,

Il

;

extinçta,

souvent dap? les

et ce fut

Yn qui

s'as-

arriva non moins fréquenftpient dans l'un et

que Yy, refusant également

l'alliance

du

t

et celle

de Yn, se vocalisa entièrement pour s'unir en diphthongue

avec

la voyelle

précédente De .

là,

pour les mots qui nous occu-

pent, une troisième forme analogue à celle qu'ils

en français, par exemple pour poin et plain.

C'est

cette

ont prise

les deux" cités fout à l'heure,

dernière

forme que nous avons

adoptée pour les mots à rime masculine. Pour ceux où la voyelle suivant net n'est pas tombée, nous préférons, je dit, la

forme en

ncA.., bien

quelques mots la forme en

*

A

Limoges, on

dit fa,

l'ai

que nous admettions aussi dans int.

,

,


PHONETIQUE e.

67

— Cs{x). —Dans cette combinaison, c devenu y se vocalise

entièrement et forme diphthongue avec la voyelle précédente.

Mais cela n'a

X

sonne,

— coxa,

si une voyelle suit si c'est une conExemple uxorem, pr. oisor (mot éteint);

que

lieu

se réduit à

;

s.

:

coissa, cueisso ;

laxare, laissar, leissâ;

— pascereÇ'pacsere), paiser, paissei; —

axilla, aissela, eisselo;

mitatem, estremitat, estremita

— Cr. — Le

f.

c

de

cr,

;

faire;

fac[e)re,

:

— conduc[e)re

ordinairement

counduire

,

;

avec cette voyelle.

plaire;

plac{€)re,

jac{e)re, jaire

Mais

coqu{e)re, cueire.

le

plus

reste dur, soit qu'il passe au g selon la règle

il

comme

générale, soit qu'il ne change pas,

— C intérieur, au

D.

mais exire-

quand une voyelle précède, se vocalise

quelquefois pour s'unir en diphthongue

Ex.

expertum, espert, esper.

dans

lieu de se vocaliser

seci'é.

en

se vocalise

i,

phénomène est assez fréquent en cataEn limousin et en général dans la langue

quelquefois en u. Ce lan et en portugais. d'oc,

on ne

mots.

Ex.

constate que

le

secia,

:

grac{u)la, graulo

E.

C

dur

dans un très-petit nombre de

pr. seuta {mot éteint);

facto,

fau;

*.

{q)

devenu

est quelquefois

mutation nor-

t;

male, mais très-rare dans notre dialecte. Elle se remarque accidentellement de sous-dialecte à sous-dialecte, de variété à variété, principalement devant

Ex.

Nontr.

:

vers Piégut

:

:

aqui, Tulle tiueire.

:

oti'^;

originel ou épenthétique.

i

Nontr.: cueire (coquere),

Dans ce dernier exemple

gues, Vi introduit est Yi consonne

A

contrée on aime à préposer à Vu.

dance

existe,

cet i arrive

le

{

=

y),

et les analo-

que dans cette

même tencomme on le

Tulle, où la

plus souvent,

verra plus loin, jusqu'au son nettement chuintant ou

Ex.

:

tsioul

= culum, chez nous

eu.

'

On ne

'

Pareillement, le pr. esguma (skina), dont

trouve dans

Raynouard que

en ch,eat à Tulle devenu

sifflant.

estino. Cf. pr.

la

forme correcte gralha. le

lutz=

q

s'est

chez nous changé

lux, patz

= pax,

etc.


PREMIERE PARTIE

6S

I.

gorjo

;

initial

devient; ou en prend

(7 initial

galbinum, jaune ; tem, gen.

G

Devant

et m et

devant

son devant

le

gaudia, jôyo ;

r, il

a, e,

gemere, gemî reste dur. Ex.

i.

gurges,

:

— gobionem, gouyou — grana, grâno. Devant

reste

/ il

;

Ex.:

— gen-

;

également dur, mais en attirant un y pour former la combinaison triple glh. Cette transformation de gl en glh n'a lieu que

la voyelle suivante est a

si

ou

Devant

e.

i,

0,

u et

ou, le

groupe reste binaire. IL

— G intérieur

rega, A. — intérieur devient /devant — sanguisuga, sansujo — purgare, purjâ; — gurges, gorjo — a*, e,

(7

i.

rejo;

'Ex.'.riga,

;

légère, legî.

;

Entre deux voyelles,

ligamen, Itam;

il

— ruga, rua, ruo; —

Son maintien à l'état de g dur

tombe quelquefois. Ex.

:

rogationes, roazos, razoû.

est exceptionnel.

Ex.

:

singultus,

sangu.

B.

— G, comme

c,

devient souvent y. Nous allons passer les

divers cas en revue.

Il devient y et reste tel a. G entre deux voyelles. pourvu qu'une voyelle continue à suivre. Mais cette mutation,

en pareille position, n'est pas fréquente. Ex.: saga, sâyo

;

*

faga {fagus), fâyo ;

Si la voyelle finale tombe,

il

plaga.,

plâyo

se vocalise

entièrement et s'u-

en diphthongue avec la voyelle précédente. Ex.

nit rei ;

— legem,

lei;

;—

— frigorem, frayour. :

regem,

— propago, proubai. Citons encore esmai (du

germanique magan), mot de l'ancienne langue tombé chez nous en désuétude ', bien que nous ayons conservé le verbe correspondant eimajâ. b.

Gl.

Gl,

de

même

que

cl,

devient Ih (==

*

Voir, pour l'ancienne langue, la note 2 de la page 62.

'

Il

doit subsister encore à Limoges, cat

(eimai.)

on

le

ly)

entre

trouve dans Foucaud


PHONETIQUE deux voyelles dans velhâ

=

69

calhâ

vig{î)lare,

=

coag{u)lare.

g de ce groupe se borne, comme en initiale, à attirer un y pour former la nouvelle combinaison glh. segale, seglhe. La même chose a lieu Ex.: reg[u]la. reglho ;

Plus ordinairement

le

après une consonne. Ex.: singularis, singlhar ;

— strangulare,

eitranglhâ. c.

— Le

Gr.

{intégra),

en haut

g de ce groupe

est exceptionnelle.

dans enteira

s'est vocalisé

et bas limousin entieiro

;

mais cette mutation

Ordinairement gr reste gr. Ex.: nigrum,

nègre — migrare, migra. d. — Gn et ng. — En pareille position, ;

le g devient régulièrement y et s'unit à Tn pour former la consonne composée que nous appelons n mouillée et que les Catalans figurent précisément ny. Nous avons déjà averti que nous adoptons pour

ce son complexe la figuration w^, qui est la plus ordinaire dans l'ancienne orthographe

pounhd;

de la langue

sang{ui)nare ,

tingere, tênhei;

sannhâ;

d'oc.

Ex.

jungere,

pugnare,

:

junhei;

— plangere, plânhei.

Lorsque, la voyelle finale latine étant tombée, nh [ny) vient à terminer

le

son mouillé

mot, au lieu de maintenir au n de ce groupe qu'il

du moins

gardait, souvent

*,

le

dans l'an-

cienne langue, nous transposons Vy, qui se vocalise alors en-

tièrement et s'unit avec la voyelle précédente en une diph-

thongue qui devient nasale. Ex.:

— pugnum,

ponli,

longe, lonh,

pouen {=poin). La

même

(=

loin);

lieu,

bien

louen

chose a

entendu, du nh final de toute origine.

En

bas limousin, du moins à Tulle et aux environs,

ng, au lieu de passer à

Yy devant

le

g de

devient simplement J selon la règle générale, ^x.: jungere, jounje ; plangere, planje;

cingere, cenje.

à w. Ex.: sonna

Dans

la

même

e,

contrée, le g de gn s'assimile

= sang{ui)nare — sinna = signare — sinne ;

;

= signum. Cela arrive quelquefois aussi en haut limousin, par exemple pour

les

deux derniers mots

cités.

* Tous les mots en nh final ont aussi une autre forme en in, témoignage de deux prononciations différentes, Tune conforme à la crononciation actuelle du limousin, l'autre analogue à celle des Catalans.


PREMIERE PARTIE

70

— G, de même que

C.

consonne ou en diphthongue avec

— teg{u)lum,

disparaît quelquefois devant

c,

précédente. Ex.: sagma, saumo;

la voyelle

teule ;

une

en laissant à sa place un u qui se

finale,

— smaragdus, maragde

et

— fa-

maraude ;

gum, fau. Ces deux derniers mots sont aujourd'hui inusités*. Pour /aw, on dit seulement fâyo ou fayô. D.

— Changeant de famille, dans la même classe et

le

même

degré, g deviendrait d. L'ancienne langue d'oc offre quelques eng(e)re. Mais on exemples de cette mutation, tels que erdre

=

ne peut, je

crois, la constater

en limousin moderne que dans

des mots empruntés au français, où l'on sait qu'elle est trèsordinaire devant

r.

Y (/ latin Le y

en

latin,

jocurn, jio ;

conservé

le

les cas

initiale,

consonne

i

s'est renforcé en

— juvenca,

junjo

/.

)

Ex.: jacere, jaire;

Entre deux voyelles,

.

il

a

son primitif, en se vocalisant complètement dans devient

il

Après une consonne, il

ou

se renforce

final.

Ex.

troja,

:

même quand

en/. Ex.

:

trôyo ;

j>ejus, piei.

cette consonne est tombée,

*adjuxtare, ajostar, ajouta;

sub-

jectum, subjet, sujié.

LH

consonne, dans la plupart des mots où

Nontron

et,

en général, dans

le

il

reste fluide à

haut Limousin et

le

Périgord

limousin, se condense en / dans le parler de Tulle. Ceci est à

rapprocher de ce

fait signalé

contrée, ne se fond pas en gere, diare, {t^t.),

par exemple, y

?/,

éta.nt

comme p lange

même

chez nous, après n, planet

non planhe. Ex.: ra-

plueia raya, rajâ; — *habiamus, ayam, ajam; — — îrejo*; — esglayar eglojâ; — pluvia,

plejo

eiglayâ,

On

plus haut que le g, dans la

;

(pr.),

troja, trueia (pr.),

tutiâ {tutoyer), tujâ.

connaît la mutation,

si

ordinaire en français dans la pro-

=

paille, nonciation de beaucoup de gens, de Ih en y (Ex.: paye on comme limousin, bas en pas rare bouilli). Elle n'est bouyi

=

existe encore en bas limousin. Nontron. on dit seulement flôvio et trôyo, qui représentent des formes dont la voyelle radicale ne s'était pas diphthonguée. '

Fau

«A


PHONETIQUE verra plus

le

inverse se remarque

La mutation

loin.

71

dans

(= moyeu,

boulhôu, forme qu'a prise chez nous le pr. boyolh

jaune d'œuf)

Remarquons, avant de terminer, que Yy^ quelle qu'en soit la source, reste chez nous mieux limité qu'en français, où il déborde presque toujours plus ou moins sur la voyelle précédente pour la diphthonguer en

eilounhâ

;

:

payer (prononcez paiéloigner,

— saigner, san-nhâ. Ch,

Ch

Ex.

i.

— ennuyer (pron. ennui-yer), einou-yâ;—

pa-yâ;

yer),

J

et /, d'où qu'ils proviennent, passent toujours à

tron, je

l'ai

déjà

nonçantes^ et y, dz.

Il

même dans le reste du

en est de

Périgord

en bas Limousin. Mais à Limoges et en général dans

et

Limousin, ces consonnes, tout en restent principalement palatales. le t

eile d devenant

sibles.

les mouille

Ex.

=

Ch

et

;,

les

prononce

tch et dj,

la

même

contrée, par

et les cantons voisins de la Charente,

chasse

;

les

— djiamai

cette observation au chapitre

tibles

On

en quelques endroits à peine sen-

ou pour mieux dire on

tchiâsso

:

même

haut

le

adjoignant une dentale,

s'

Dans certaines parties de

exemple St-Junien

Non-

dans la famille des dentales, ch s'j pro-

dit,

empâte d'un --=

i

jamais. J'ai déjà fait

premier du présent ouvrage

étant respectivement égaux à

^s

et à dz, sont suscep-

de se réduire à l'un ou à l'autre de leurs éléments.

réduction àe ch

kt

on

consonne.

La

et celle de ; à d, surtout cette dernière,

sont assez fréquentes dans le bas Limousin. Mais c'est presque toujours, sinon exclusivement, devant tiche

=

== jemo

;

— — =

(poix) ;

= chivôujd dinhoû = ginhoû

tivôujâ

i

qu'elles ont lieu. Ex.:

{chevaucher) ,

{ingeniosus)

;

dimo

— dondié =

La variété nontronnaise ne conpas de semblables formes. En haut limousin on en ren-

dangiê naît

chiche

;

ledi

legi {légère).

contre exceptionnellement quelques-unes, par exemple duchâ

==

fr.

jucher.

La réduction de

ch k

s et

de

;

à 2 n'a lieu nulle part, à

ma


PREMIERE PARTIE

72

connaissance, d'une manière caractéristique. Elle doit tenir,

quand

elle se produit,

à un vice individuel de prononciation ou

à la prétention de parler

fin,

comme

disent nos paysans. Je

relève pourtant dans le Dict. de Béronie les formes messan, mousso, quesso

= meichan, moûcho, cuêcho, qui prouvent que

mutation de ch en

s s'est

opérée

communément

la

dans quelques

mots, en bas limousin.

DEUXIEME SECTION.

dentales

T \.

T initial reste tradere, trahi.

^

T

initial

selon la règle générale

Exceptionnellement

il

la gutturale

de

même

ment) dans cremer

=

tremere, dont

çais,

à

substantif verbal crèmo

II.

A.

Il

^a6«7a,

:

taulo;

comme en

a passé,

fran-

degré (ce qui est un renforce-

nous n'avons plus que

le

*.

T

intérieur

devient d selon la règle générale

:

Régulièrement entre deux voyelles. Ex.: peccatorem, perotundus, redoun ; seta, sedo ; chadour; - satullus, sadoû; 1°

— — — catena, chadeno — maturus, madur — putare, poudd — rudo — nadau ;

;

ruta,

natalis,

;

;

2° Exceptionnellement entre m, vendita, vendo;

— perdita,

domitum, dounde;

n ou r

perdo '; —

*

Pour

le verbe,

et

une voyelle. Ex.

semitarellum, sendareû

nous disons crânhei, qui

est

une voyelie

et r.

le

français cramdre, c'est-à-d.ro qui csl construit

dernier sur

le

type des veibos en ngere.

A

rjorto.

NûiiLron

même

on

;

dit plutôt,

Ex.

:

le mémo comme ce

avec tremere dans

rapport que

^

:

pentecosta, pandegoûto ;

3° Exceptionnellement encore entre

;

selon la règle (voir ci-après), venlo,


PHONETIQUE

73

— metere, mêdre —

tonitru, tounédre ;

*

/

succutere, secoudre ;

excutere, eicoudre.

B.

— Au

lieu de s'affaiblir, selon la règle générale des

sonnes intérieures,

il

reste

f

si

prêtant un peu de sa force pour

ci lui

tem, vertâ;

chanta.

A plus

turturem, tourtre.

quefois, par exception, entre vita, vito ;

C.

— nitidare,

Il

— cantare,

cartiê ;

deux consonnes

le

deux voyelles. Ex.

tota, touto ;

:

netiâ.

au lieu de

t,

change de classe et devient

ou

s

z,

i

ramolli au contact de

comme un

le

son de ^^ disparaît entièrement aussi bien que celui du

corps dur que baigne un liquide. Ordinairement

ne reste qu'un

ou

s

— sationem, sazou

z très-net.

Mais souvent aussi

.

=

gratia,

il

^^ persiste

ment d'une diphthongue

/o,

si,

comme dans

comme

premier élé-

le

que nous avons eu

ainsi

page 39, mais comme

ci-dessus,

ou

ci

;

avec le t trans-

faut bien remarquer que Vi est devenu

consonne et doit être considéré, non

l'écrire

et

t,

Ex.: *putiare (de puteus). pouzâ

formé par son influence, et on aie groupe grâcio

suivi

simplement en

s'affaiblir

Vi

il

:

persiste aussi quel-

Entre deux voyelles dont la seconde est un

d'une autre voyelle, d,

Ex.: verita-

le soutenir.

forte raison persiste-t-il entre

con-

précède, celle-

le

— quartarium,

retorta, redorlo;

fenestra, fenêtro;

une consonne

le

le tort

de

second élément

d'une sorte de consonne-diphthongue analogue à

Ih,

nh,

tr,

cr, etc.

La même mutation de quand

il

est

;

'agenliare,

quœstionem, questî

D

.

en

;

s.

z

devant

i

a lieu encore

moyennant une

comme

lectionem,

— *Untiolum,

leissou;

mais

digestî, etc.

— T intérieur, changeant

devenir,

ou

Ex.: patientia, pasinso ;

gensâ;

degré, est devenu c dans ûclhâ

s

précédé d'une autre consonne, pourvu que cette

consonne soit autre que linsûu

/

de famille sans

=

ustulare.

changer de

C'est sans doute

pareille mutation préalable que l'on voit le le c

Inusité â Nontron,

lui-même en pareille position, y (ou

l'on

ne

dit

que meitivâ.

i)

t

de-


PREMIERE PARTIE

74

vant

/

et r

Ex.

*.

vetula, viêlho ;

:

veire ;

— petra, peiro —

cheirî,

et les

nombreux

de

^

vitrum,

— peccatricem, =

Dans tous

médiate ou non

situla, selho ;

substantifs en aire

chantaire, percuraire, etc. etc.*.

formation

deretro, darei;

;

pe-

que

ator, tels

les cas, cette trans-

en

i

(voyelle ou con-

sonne) est de règle devant r et après une voyelle. Son main-

comme dans

tien à l'état ferme, avec ou sans affaiblissement,

tounedre ou medre

E.

— Le

t

(=

exceptionnelle

tonitru, metere), est

intérieur a subi accidentellement quelques autres

mutations. Je ne citerai que la suivante, où putnai (Raynouard), purnai. Cf. le latin meridies la

^.

devient r

il

= medidies

:

et

forme archaïque pefes =? pedes.

m.— T

final

tombe toujours

reparaît en liaison. net e jour, tout ei

Ex.

r final

dans quelques mots cependant

;

pitit

:

fini, disset-eû,

il

einoucen, vint an, huet ourà,

même

venguet-elo ; et de

à la

troisième personne du singulier et du pluriel à tous les temps

de tous les verbes, devant les pronoms personnels. Le tous ces cas, se initiale

D

dans

étroitement,comme en français, à la voyelle

lie

du mot suivant.

l.

t,

initial reste

d.

— D

Exemple

dextrale, destral, deitrau;

initial dolere,

:

dCure;

— durum,

— damnare, dannâ — ;

dur;

dies lunœ,

dilû.

*

l'on

Le

fait est

certain pour vetulus, puisqu'on trouve veclus

a des exemples de cr pour tr entre deux voyelles

témérité à admettre que l'autre des

deux

t

soit

mais

.

il

Je ne sais n'y a

c aussi bien devant l'une

si

aucune

que devant

liquides.

faut, je crois, expliquer

^

Il

3

L'ancienne langue

troneyre, meire.

devenu

;

offre

de

même

l'j

de puei

pour ces deux mots

= pois =

les

post (pots).

formes plus régulières


PHONETIQUE

II.

— Tandis que

A.

en *

d en

d,

fodire

la

,

média, mieia, mia

— —

;

intérieur

medulla, fidare, fid;

Tancienne langue, car

D une nei

sudare,

Ex.:

sud;

;

la constatons ont

gé-

vieux textes, Fune où

les

c?

a

maintenu, pur ou transformé en z.

Ex.

:

prendere, prenei ;

emundare, emouna (bas

que

tj'ido

lim.).

(fr.

tien est de règle entre

une

consonne

entre deux consonnes. Exemples

segoundo

;

— respondere, reipou— Par une exception

deux voyelles, a persisté dans quelques mots grive), qu'on dit aussi trio. Son main-

inverse, d, entre tels

s'est

que s'affaiblir

— — bodina, boueino — podium, meûlo;

mots où nous

les

fait

plus souvent.

encore tombé quelquefois par exception entre n et

est

voyelle.

il

le

chute avait déjà eu lieu dans

Cette

néralement deux formes dans disparu, l'autre où

tombe

position

— nodare, noua.

puei ;

D

entre deux voyelles ne

t

même

foueire ;

75

:

et

une voyelle ou

tardare, tarda

— exscindere, eicendre — ;

ordiri, urdî

:

;

— secunda, — *tundire

(tundere), tundî. B.

— Entre deux voyelles ou entre n ou retune

voyelle,

d

devenait régulièrement z dans plusieurs dialectes de la vieille langue. Les mots où cette mutation se rencontre sont fort rares chez nous.

On peut

curremment avec tarda à côté de vidaubo la

citer tarzâ et lenze, qui se disent

et /en('fe(lat. lendem).

(vitis albaj.

Ajoutons beneizî (benedicere) et

plupart des formes de creire (credere)

dont

le d, vocalisé

à

con-

De même guizaubo

l'infinitif,

et de veire (videre),

reparaît transformé en z

au

présent de l'indicatif et aux temps qui en dérivent. C.

— Presque toujours,

les voyelles

que

le

d séparait

se sont

unies en diphthongue après sa chute. Mais, dans plusieurs

mots, elles sont restées distinctes. Alors l'aspiration s'est introduite entre

elles, et,

obedire; trahi =.*tradire),

rant à

ou

elle

ou bien

est

restée pure {ôubahî

elle s'est fortifiée

elle l'élément labial (6) qu'elle

en

=:=

atti-

aime à s'adjoindre, et


PREMIERE PARTIE

76

\inv{=

en est résulté

b -\- h)

Exemples

'.

mots, est fort ancienne.

:

*gaudire, jôuvî;

du v au

*alaudetta, lôuveto. Cette substitution

remonte même, selon toute

Elle

apparence, au premier âge de la langue, car on la

dans

le

poëme de Boëce

guère plus récents

un

indice,

en de pareils

d,

constate

ne sont

Je crois qu'il faut la considérer

comme

*.

et dans d'autres textes qui

ou du moins comme une

présomption de

forte

l'ori-

gine limousine de ces textes.

—D

D.

intérieur s'est exceptionnellement renforcé en

dans un petit nombre de mots. Ex. aussi et

mieux verdo

prigounto E.

;

— pr.

;

De même que

lui arrive.

^,

— credere,

Ex.

:

le

qu'on

dit

profunda,

d peut aussi passer aux guttuet devant une liquide que cela

t,

cathedra,

jusqu'à creire;

Vi.

Ex.

Il s'arrête au g dans cet mais en règle générale il va,

chadiegro. '

:

;

quadrare, queirà,

sedere, sieire

dérivé de nodulus.

lim.)

pedassar, petassâ;

moyennant une forme

comme

*.

viei

— videre,

de vetulus

par

prouvée d'ailleurs par

*noclus,

veire;

Ajoutons nouei (hautveclus, l'italien

nocchio (Cf. occhio de oculus.)

'

C'est

de

la

même

manièro

que

*potere,

en

français, a

donné

pouvoir.

' Boëce, V. 23, auvent (audientes); Trad. de l'évangile de saint Jean (fragment publié par Hofniaim et Fr Michel et reproduit par Bartsch, Chrestomathie, col. 7 à 16), auvida, auvisz, auvii, auvirâ. esjauviraz, Anciennes poésies religieuses, pub. par Paul jauvirà, esjauvirâ; .

D'autres faits, que ce n'est Meyer, Confession, v. 40, hauvir [audire). pas iei le lieu de détailler, se joigaent à la présence de ces formes en r 3 d ) pour me déterminer dans l'attribution que je crois pouvoir ( faire au dialecte limousin des textes mentionnés dans la présente note. Je r-eviendrai d'ailleurs sur es sujet, dans un travail que je prépare sur le poëme de Boèce.

= =

3

On

dit aussi chieiro,

le

d de cathedra, selon

la

règle générale, s'est

complètement vocalisé. *

Bas

lim.

— Ce

t

une voyelle

exemple, peut-être unique le

virida, verto,

— unde, ounte.

rales. C'est après

comme

:

mot

est inusité à

Nontron, où

l'on dit

seulement

sietd.


PHOMÉTIQUa F.

Relevons

uniques

en

:

77

quelques autres mutations

ici

// cicada,

rares ou

,

un

C'est par

cigalo.

cigala,

changement qu'on appelle en bas limousin

à '^ouivoii peladî (pelure, spécialement de châtaignes)

nh

:

voit

par

— 3° en m

=^ or dièr e ;

— 2° en

que

le d,

catalan

;

c'est

même

de

vocaliser également en u tion de d en M est,

et

comme

en

i.

Remarque.— Le i

vado, vau;

que

u,

tel,

Ex.

ch, /, s

ou

tir ;

Ichialo, tsialo

2

*.

:

t,

très-fréquente en

mais qui

tela;

idiome.

ou en

initiale,

quand

aiment à se doubler, dans

tyu, tchu,

=

peut se

distinctifs de ce bel

et le d, intérieurs

t

ou d'un

les gutturales,

du bas Limousin, spécialement de Tulle, d'un

qui parfois reste

crédit, creû.

Rappelons que cette muta-

aussi celle de

un des caractères

sont suivis d'un

;

de i^ire, dérivés Fun et l'autre de radere.

Cf. pr. raure à côté

ler

;

incudem, enclunhe. La mutation normale serait en n pur.

Cf. fr. ornière

On

pareil

pielali ce qu'on dit

le

i

le

ils

par-

consonne,

plus souvent se condense en

tsu=tu

;

partyi, partsi=par-

— poudzio=poudio

{*potebat);

redzu = rendu (redditum) — modzur = maturus — coumedjio = comœdia — estyudio = studia — estchimo = ;

;

;

fr. estime.

;

S l.

iS initial

reste

s.

S

initial

Exceptionnellement,

sive correspondante

il

est passé à l'explo-

de sa famille dans terigô

=

serigot de

l'ancienne langue, qui se rattache à sérum.

Ces sortes de prononciations sont inconnues à Nontron où l'on articule et le d, devant 1'/ comme devant Vu, avec une parfaite netteté. Mais un peu plus haut, vers Piégut, on insère quelquefois Vi consonne devant u, fr. tuer. Le t, dans cette combinaison, a déjà disant |)ar exemple tyuâ complètement perdu sa qualité de consonne explosive, t l'on s'explique très-bien, quand on l'entend prononcer dans de pareils mots, comment le ti des syllabes latines tia, tio, tiu, certainement dur à l'origine, a pu Notons ici que, comme le devenir, selon les lieux, dz, tch, ts o\i s. bas-limousin, la langue valaque ou roumaine change t en ts et d en dz devant i '

le

,

t

=


PREMIERE PARTIE

78

II.

A.

du

S intérieur

— Entre deux voyelles,

s

a pris

comme en français

lorsque cette consonne s'est vocalisée ou a disparu

dans ce dernier cas, que ce ne fût une w

dur qui

lui est

capsa, caisso;

B.

le

), il

à moins,

(

a gardé

— laxare,

propre. Ex.: coxa, cueisso;

— versare, versa.

Entre une voyelle et une consonne,

le

son

leissd;

disparaît

5

son

même

Ex.: musica, musico. Précédé d'une consonne,

z.

ordi-

nairement; mais, par compensation, la voyelle précédente s'allonge, et,

si

un

c'est

devient

elle

e,

Ex.: esme (subst.

«'.

verbal à'esmar, que nous n'avons plus), eime

— disjungere,

;

desjonher, deijunhei*. (Voir ci-dessus, chap. III, section

A

Nontron, cette mutation de

tions qu'à

es

en

Limoges. Elle a rarement

position, Ys persiste

devant

lieu

I,

En

^.

restare, resta.

même une

autre

effets ordinaires

Si la

elles se

consonne que précède

:

testa,

s est elle-

réunissent en une seule, et les

de la chute de

l's

ne se font pas sentir sur la

antécédente. (Voir ci-dessus, chap.

voyelle

Dans

s,

cette

ou tombe simplement, sans autre compen-

sation de sa chute que l'allongement de la voyelle. Ex. têto;

E.).

plus d'excep-

ei souffre

II,

Quantité.)

parler de Tulle, Vs se maintient après toutes les

le

voyelles

et l'on

par exemple,

dit,

testo, pestre, estre,

bastou,

costo, espino, escoubo.

Dans

les

mots où, chez nous, Ys

change fréquemment en les

comme

le

pour

On

Le

On

Elle

est

considérée

jurquo pour jusquo, pourtumo

que ce changement de

et tustar.

mais

s

(

= apos-

en r est un des

changement en dei même devant

On a là une nouvelle preuve de

la constate quelquefois,

Ex.: turtar

'.

Ex.: deiossâ, deiaprenei, deiuflâ,

prendre, désenfler. 2

juste,

sait

préfixe des (== lat. dis) a subi ce

voyelles.

la

signe d'un parler grossier. Ainsi on dit arpri pour

thume), etc.

*

tombée, on

n'est pas

Cette mutation est habituelle dans

campagnes au nord de Nontron

espri, jurte

les

r.

=

fr

.

désosser,

désap-

notre goût pour l'hiatus.

fort rarement,

dans

la vieille langue.


PHONETIQUE phénomènes dans

le

79

les plus caractéristiques qui se soient

passage de

l'état

accomplis

archaïque du latin à son état classi-

que. L's avait donc une tendance naturelle à passer à IV. Rien

d'étonnant qu'elle y cède encore dans quelques dialectes.

— L's

C.

géminée, au lieu de se simplifier seulement dans la

prononciation, a quelquefois, par un phénomène inverse de

x en

celui qui a souvent transformé

formée en X

du

là,

constate point en

expliquer que

fait,

ss ait

cueisso

dans

de coxa,

mais que

donné

quelques mots. Dans ;

le

le

de

— *bassare

;

comme

is,

premier cas,

second,

lerssd

ou

éléments de

les

es se

sont

comme dans

possum {"^poxum), pose

laxare.'E's..'.

— possim

pour

cela se voit dans

le c s'est vocalisé,

[*poxim], puesea, pêehe

Les formes espa-

{*baxare), baissa.

gnoles telles que bajar (ancienne

ment

Ce n'est

l'on est forcé d'admettre

se {sg)

ou posg (forme périmée);

pour puêche

elle-même trans-

été

qu'un état provisoire et passager, que l'on ne

reste,

transposés

ss,

C'est ce qu'on appelle dissimilation.

[es).

orthographe baxar) confir-

l'explication ici proposée.

Remarque. soit la

un u,

—A Limoges,

provenance, prend

le

s,

initial

ou intérieur, quelle qu'en

son de eh quand

suivi d'une autre voyelle.

Dans ce

il

précède un /ou

cas, Yi

ou Vu disparaît

souvent. Cette mutation n'est pas constante, mais elle est plus ordinaire

que

furnichio,

ehiei,

le

siei [sie est), siôu

maintien de

s

à l'état pur. Ex..: p07'eiehio,

ehau plâ, ehuâ, chour

plâ

{sius plas), sua,

=

pareissio, farnissio,

suour,

comme nous

pro-

nonçons ces mots à Nontron. Je ne connais chez nous d'exemple de cette mutation que uchiê

IIL

Le

Il

huissier.

— 5 final

tombé*, entraînant

même

a persisté dans deux ou trois mois, après

masculin)

l'on

prononce plus généralement anir.

;

Us, qui se dit

».

concurrnmment avec

adj-

resto.

fr.

de l'ancienne langue, soit radical, soit flexion-

s final

nel, est toujours

*

=

dans sa chute

les

Ex.: fe(=fr. ime, liri (lilium); anis,

Ci. ci-dessus jurte, rerto

qne

= juste,


PREMIÈRE PARTIE

80

consonnes (sauf

La chute de

les liquides et les nasales) qui le précédaient.

Vs est sans compensation dans ce dernier cas,

c'est-à-dire que la vojelle

précédant

es,

ts,

ps, n'est modifiée,

par cette cause, ni dans son essence ni dans sa quantité. a d'exception que pour Ye des finales verbales en

quelquefois devenu

et

Ex

immédiatement la voyelle, un e, se diphthongue en ei.

le s final suit

longue

et, si c'est

homines, homes, ômei ;

:

tenes, tenei.

j'entends à Tulle et aux environs,

Nontron

et à

qui est

ets,

*.

Quand, au contraire, celle-ci devient

n'y

Il

Limoges

mais

;

voyelle précédente, qui,

c'est sans

est

si elle

finale

l's

En bas

limousin,

tombe comme à

compensation pour

ne devient pas

e,

la

ei.

Z \.

Z los,

latin initial est

jaloû. Cette

— Z initial

devenu

j,

comme en

français

:

zelosus, gi-

consonne ne se rencontre guère en

initiale,

dans notre dialecte, que dans quelques mots empruntés au français, tels que zéro. tin [ecce hoc)., et ziôu

je crois, les seuls

Zou

(=

(

=

zo),

ovum) où

mots propres à

elle

la

elle

provient d'un c la-

est prosthétique, sont,

langue qui la présentent

en cette position.

IL A.

— Z intérieur,

jours de

s.

de

c

souvent figuré

s,

provient presque tou-

ou décentre deux voyelles. Ex

placeat, plâze;

tionem, razou;

— Z intérieur

— pulicem^ pûze; —

— potionem, poueizou.

:

causa, chauso

sationem, sazou;

Provenant de

s,

— il

;

ras'est

changé en / dans deux ou trois mots, où cette consonne précédait un i suivi lui-même d'une autre voyelle, et où cet i s'est

*

Cette faute, rare à Nontron, est générale à Limoges. (Voir ci-dessus,

chapit.

m,

E.)


PHONÉTIQUE

81

transposé pour aller diphthonguer une voyelle antécédente.

Ex.

:

*

— prensionem, preiso, preijou;

mansionem, maiso,meijou;

cerasia, serisia, sireijo ;

ecclesia, eiglheijo.

En

dehors de

ces cas, c'est-à-dire quand z ne provient pas d'un

n'y a pas transposition d'un

Mais à Limoges

la

en

s

ch,

subséquent,

mutation de z en

l'origine de cette consonne,

de

i

rijio^

toutes les fois qu'un

Nont.

:

a vu plus haut que

même

présente

tion inverse s'y

persiste,

i

remarque

dans rounde

dit aussi et

même

Z final le

:

prononcez

:

d devenait régulièrement langue, et que

le

nôtre

La mutamais non moins rarement. On

aussi,

qui du reste se

rumicerri)^

de préférence, du moins à Nontron*.

— Z final

de nombre diez

=

suivante. Ex.

:

pr, detz diez an,

=

decem.

Il

se lie

diez ourâ, diez-ue,

dié-zan, dié-zourâ, dié-zue.

Remarque.

— Le

s

et le z de toute origine,

en

initiale

ou

corps des mots, prennent souvent en bas limousin

son du ch et du; français. C'est là un

effet

du voisinage de

l'Auvergne, où les articulations chuintantes sont, sait, l'objet

'

dijo, fajio,

a persisté, mais seulement quand une voyelle suit,

nom

alors à la voyelle

le

le

vieille

= rounze (de

lll.

le

tombe, ou se dé-

Lim.

quelques traces de ce phénomène.

la constate

dans

précédant lui-même une

i

disio, fasio, risio, cresian;

dans plusieurs dialectes de la

dans

correspondante

crejan ou crejian.

— On

B. z

:

a lieu, quelle que soit

comme la mutation

autre voyelle vient à suivre, que cet place. Ex.

;

s et qu'il

reste z à Nontron.

il

En haut

d'une prédilection marquée. Ex.

limousin, oi préfère en général

le

:

comme on

chin, bouchi, cai-

d au z en de

pareils mots.

Ainsi on y dit sendilho oljandi pour senzUho et janzi, qui sont les formes

nontronnaises de ces deux mots, dont

dont les

le

le

premier désigne la mésange, et

second, intraduisible on français, exprime l'agacement produit, sur

dents par des fruits verts,

le bruit

d'une

scie, etc.


PREMIERE PARTIE

82

cho, ujurié, plajer, rajou

=

*

comme on prononce

zou,

cin, bouci, caisso, uzuriê, plazei, ra-

ces mots à Nontron et à Limoges.

TROISIEME SECTION.

I.

P

mots

trois

Mais cet affaiblissement

h.

au dialecte limousin

comme

initial

Dans deux ou

initial reste p.

par exception, en

P

Labiales

il

;

à la langue

commun

est

d'oil, et

s'est affaibli,

à tous les dialectes d'oc

remonter au

doit

il

il

n'est pas propre

latin vul-

gaire, car on. le retrouve dans d'autres langues romanes. Ex.

brunhou de prunus *;

= pyxida

boueitio (pr. bostia)

II.

A.

Il s'affaiblit

brûla (pr. bruslar)

en

6,

P

=

* perustulare ^

:

;

*

intérieur

selon la règle générale, entre deux

voyelles ou entre une voyelle et une liquide. Ex.: tepida,

tê-

ribo; — cœpa, bio; — nepotem, nebou; — lupa, loubo — — — — separare, sebrâ super, subre; sâbo; (dans emeôm) — pauper, paubre. Cet affaiblissement du p ripa,

;

sepelire, sebelî; ;

intérieur en b eut lieu,

premiers temps, et B,

il

comme on sait, en langue d'oc dès les commun à tous les dialectes.

doit être

Lorsqu'une consonne

le

précède, que cette consonne

exemplum, eisampk — p. Ex. — carpinum, chaupre;~*mesp(i)las, menêplâ; templum, temple; — stuppa^ eitoupo — cappa, câpo — Preste aussi

tombe ou demeure, p reste

;

:

trippen, trepâ.

*

Prononcez à

meijou,

où. les

non pas

la française, et

en bas limousin de

même qu'à

articulations ch,

^

Franc, brugnon,

3

Ital. brustolare, fr.

'

Fr. boite.

ital.

tz,

dz,

Nontron, dans j,

sont

comme

les

communes

il

faut le faire,

tels

que chdbi,

ù tout le dialecte.

brugna, port, brunho.

brûler.

mots


PHONETIQUE assez souvent sans s'affaiblir dans

indiqués tout à l'heure

ou dans

sés

mais

;

c'est

83

Tun ou Tautre des deux cas seulement dans les compo-

mots d'origine savante,

les

que répara, pré-

tels

para, etc.

C.

Devant

ment une

verrons que

un

consonnes et lorsqu'il

les

voyelle,

se vocalise quelquefois

p

immédiate-

suit

en

comme nous

u,

même

souvent, subissant ainsi du

b le fait

triple affaiblissement

(ô—v

— pipilare, piular, piaula.

u).

Mais ordinairement

il

disparaît en-

tièrement, à moins que la consonne suivante ne soit

auquel cas,

change en D.

comme on

/

ou

r,

vient de le voir, la règle est qu'il se

è.

— Changeant de famille dans

classe,

coup

Ex.: maie aptus, malaude*;

p deviendrait

?

ou

c.

le

même

degré et la

même

Je ne connais pas d'exemple en

limousin de la première de ces mutations, fort rare d'ailleurs

en toute langue

'.

La seconde a dû

avoir lieu dans quelques

mots où p précédait une liquide ou une dentale {l, r, t ou mais déjà probablement dans le latin même. Dans tous les cas, ce c en lequel j'admets que p a dû changer a subi aussitôt

les

mêmes mutations que

s),

se

le c origi-

naire en pareille position, c'est-à-dire qu'il est devenu y, eh

ou

selon les cas. Ce

i

*stupula

changement préalable de p en

pouvoir expliquer les formes suivantes

raît seul

= = euprum,

eicrieho

',

Ajoutons

coire

scripta, cheitivo

=

captiva, eaisso

la

pa-

=

= capsa.

maintenu en bas-limousin

mais dont on ne connaît plus à Nontron que

me

e

eitoulho

:

(coim^e),

forme fran-

çaise.

'

Dans

la vieille

langue, mcUaut. Cf. azaut{=adaptus) que nous n'avons

plus. '

3

On

la

constate, en latin, dans studere

Cf. fr. écueil,

tion de

p en

il.

c devant

scoglio de l

est habituelle

sicilion

par exemple, où

chiana

= pm, piuma, piana.

pi

= (rnevâsiv. — Rappelons

scopulum.

dans

ici

que

la

muta-

pjlusieurs dialectes italiens, le

dovient constamment chi.

Ex

:

chiù, chiuma,


PREMIÈRE PARTIE

84

B

I.

En

cette position,

beû;

devenu

initial

ne subit aucun changement:

belluni,

Par exception, il est, en haut Limousin, dans motai (à Nontron bâtai) pr. batalh.

bladum^

m

B

B

bla.

=

II.

B

intérieur

— B intérieur reste entre une consonne une voyelle, qu'entre deux liquides. Ex.: cannabis, charbe;— turbare, tourbâ; — arbor, aubre. exceptionnellement renforcé A.

b

et

ainsi

Il

en

p dans

s'est

charpai, dérivé de charbe.

— Entre deux voyelles, B devient Ex. faba, fâvo — subinde, souven; — debere, devei; — habere, avei; — cribellum, B.

y.

cruveû. Les

mots

;

:

que labour, laboura, où

il

n'a pas subi de

changement, sont des mots savants. Sa chute

est exception-

On

nelle.

C.

la

tels

remarque dans couâ

— Après une voyelle,

liquide, se vocalise

heure;

seic,

petit

Il

est,

b,

devenu

— fabrum,

par exception, resté

nombre de mots,

tels

que

ou précédant une

b

— — febrem, feûre; — leûro

liura,

tab{u)la, taulo;

faure;

*.

final

u. 'Rx.: libra,

— ebrium, yeûre; —

flebilem, freûle;

un

en

= cubare

trabem, trau;

devant

eitable

b

se

en haut Limousin, dans gomâ

gober, et, en

beaucoup d'endroits, dans samadi

E.

*

(=

=

fr.

= sabbatidies,

au français.

A

Nontron,

pr. dissapte).

— Changeant de famille dans

Cette

dans

diable

remarque pas à

la constate

forme qu'on a peut-être empruntée

sébum,

les liquides

Nontron. On

dit dissâde

= stabulum,

= diabolum, libre=: librum. D. — La mutation de intérieur en m ne

on

bibere,

la

même

classe et le

chute était moins rare dans la langue classique.

même

On y

outre Goar, proar [probare), laor (Jaborem) et leurs dérivés, etc.

trouve


PHONETIQUE degré, i deviendrait^ ou

d'exemple de

la

souvent pour be

phrase. Ex.

:

De

=

n'offre pas, je crois,

Ton

tuyau) et dans rfeque

* tubellum (fr.

lorsque cet adverbe

[bene],

commence

la

sount-îgentei! D'ei-t-elo bravo! c'est-à-dire Bien

Bien

sont-ils gentils/

Notre dialecte

cf.

première de ces mutations. La seconde se

remarque dans tudeû dit

85

Be, du reste, s'emploie, en

est-elle belle!

non moins fréquemment.

pareil cas,

F

I.

F

initial reste

fica, fîjo

;

*

f.

F

initial

— flamma, flâmo; —

Ex.: femina, fenno;

fenuculum, fenolh, fanouei.

Il

s'est

durci en p

dans Panchei, forme très-rustique de Francei [François), en

haut Limousin.

IL Il

reste

f

cal[e)facere,

intérieur

chôufà;

Entre deux voyelles,

composés, tels que d€fôro dSiTiS biai

F

Ex.;

ou précède une consonne.

lorsqu'il suit

officinum, ofice; cere, coufî.

disparaît

il

= deforas),

— confi-

inflare, ûflâ;

soit

(

sauf dans

entièrement

les

comme

[bifacem], soit en laissant après lui l'aspiration*,

comme dans

prehon, de l'ancienne langue, devenu chez nous

prigoun par

le

durcissement de

Lorsqu'il provient de ph, h.

Il

reste f. Ex.: raphanum, râfe;

orphanum, orfe *

f

1'^.

intérieur ne se réduit jamais à

On

sait

que

;

1'/"

— cophinum,

n'était

en

latin

— Stephanum, Eitêfe —

qu'une forme, plus rude que

l'aspiration*. Aussi s'est-elle souvent réduite, sique, à culte dernière.

langue

Parmi

les

;

côfre.

même

dans

avec

le castillan

dn l'autre côté

des Pyrénées, développé dans leur sein cette lendance phonique,

un phénomène qui

était resté accidentel

leurs caractères les plus distinctifs. *

V. Baudry, Oramm, comp.,

p.

de

clas-

idiomes néo-latins, deux dialectes de la

d'oc, le béarnais et le gascon, ont,

ralisant

Vh,

le latin

121.

en

latin,

en ont

et,

géné-

fait

un de


PREMIERE PARTIE

86

V

I.

A.

V

vinum, vi; aussi

il

initial reste

se

— On

B.

initial

ordinairement

v.

Ex.: vicem, vé;

— vacca, vdcho. Mais fréquemment renforce en Ex.: vervecem, berbi — viduare, voidar) et boujâ{^r. voiar) — veruculum, barouei,

houeidâ (pr.

V

venire, venî;

b.

;

que

le v n'avait

pas en latin

le son net et franchement consonnant que nous lui donnons. C'était une semi -voyelle, qui devait différer fort peu du w anglais. Les

sait

Latins aimaient à associer cette semi-voyelle aux gutturales

dures q et g. Q ne se présente jamais sans elle, et g en est très-fréquemment accompagné. Tout porte à croire que la langue populaire avait multiplié ces associations et que, par suite,

même

de

que g

attirait v, v k

son tour attira

Cela

g.

eut lieu surtout, paraît-il, dans les Gaules, et l'on a des

phénomène à une influence

raisons pour attribuer ce tique.

Quoi

d'oïl, le

nore

qu'il

en

en langue d'oc comme en langue

soit,

V initial s'est très- souvent associé la gutturale so-

g, qui a

toujours

nique, à la suite du

Ex.: vadum, ga

Guilhaume ;

(fr.

par l'éliminer, Le

fini

même

w

renforcement, a subi

gué)\

initial le

germa-

même

— vasconem, gascon; —

sort.

Wilhelm,

— werra, guêro n, — F intérieur

— Entre

A.

cel-

deux voyelles,

il

reste v. Ex.: viva, vivo;

— cap-

— cavare, chavd. tombe dans quelques mots, que bougé = bovarium, viando = vivanda, pou ^pavorem;

tiva, cheitivo;

tels

Il

mais ce dernier phénomène est plus rare en limousin que dans la langue classique. B.

—Entre une consonne

Ex.:eMryare,

*

~

courba;

Le renforcement pi(t]tHta.

est allé,

et

une voyelle,

vervecem,

comme

il

berbi;

se durcit

en

/5»

*.

forviar (pr.),

en français, jusqu'au p dans pepido


PHONETIQUE fourbiâ.

La même mutation a eu

=

deux voyelles dans gdbio

tre

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lieu exceptionnellement en-

où, pour

cavea,