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MAGAZINE DE NANTES & SA RÉGION - SAISON 4 - N°17 - DEC 2013- JANV 2014 - GRATUIT


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UNIVERCINÉ 2013/14

FESTIVAL DE CINEMA BRITANNIQUE n° 17 dec 2013 - janv 2014

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© PHOTO : WEAREADVENTURERS

DU 11 AU 17 DÉCEMBRE 2013 CINEMA LE KATORZA, NANTES


SOMMAIRE 06 - QUARTIERS LIBRES

08 - PORTRAIT CONTINENTAL

10 - À L’ASSO !

12 - ÉPOPÉE CRÉATIVE

ATELIERS - CONFÉRENCES

YVON GARNIER

NOUS ÉTIONS TIMIDES

MAILLO

13 - PONT DES CRÉATEURS

14 - EN VOGUE

20 - DOSSIER DU CAPITAINE

ACTU CRÉATIVE

STÉPHANE PAJOT

16 - BEAU LIEU

26 - CLICHÉS

HALLE DE LA MADELEINE

DE MA FENÊTRE

STARTUP DU NUMÉRIQUE - MODE D’EMPLOI

27 - BONNES ADRESSES

30 - DANS LE VENT

32 - PORTRAIT ÎLIEN

34 - ÎLE DE NANTES

À DÉCOUVRIR

BARBARA BRUN

DAMIEN LABROUSSE

ACTU DE L’ÎLE

36 - EN TERRE DE LOIRE

38 - D’ÎLE EN ÎLE

40 - NANTAIS D’AILLEURS

42 - ESCALES

ESCAL’ATLANTIC

L’ÎLE FOGO

JEAN-MARC TILLE

DÉCEMBRE-JANVIER

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ÉDITO BULLE 2.0

par Gina Di Orio - rédactrice en chef C’est arrivé chez moi. Dans mon canapé, un magazine en main. Au gré de mon feuilletage, trouvant une photo trop petite à mon goût - en effet, comment distinguer la couleur du drapeau planté au sixième plan, derrière la plaine, sur le flanc de la montagne, au niveau de la quatrième rangée de sapins - je me suis mise à poser le pouce et l’index sur le papier. Les deux doigts au départ collés l’un à l’autre s’éloignèrent peu à peu dans un glissement sur la page. Ce n’était pas une poussière que mes doigts tentaient de chasser, ce n’était pas non plus un geste affectif que mes coussinets répétaient en une chorégraphie ‘‘papiresque’’, non. Cette glissade n’était autre que le mime d’un zoom virtuel, ce petit geste qui nous permet de voir plus gros sur une tablette tactile numérique. Mais très vite, comme si la page commençait à les brûler, mes doigts firent un petit bond hors d’elle. Mouvement de recul de la pensée : la logique venait de frapper à la porte de l’automatisme. Ma conscience 2.0 avait pris le dessus. Comment ai-je pu penser une micro-seconde que le papier s’étendrait, qu’il s’agrandirait sous mes doigts rien que pour moi ? Trahison. Le magazine boude encore, d’ailleurs il m’a coupé lorsque je l’ai quitté, refermé sur la table basse. Jalousie ? ‘‘Dans la peau d’une tablette’’, qui sait, le temps d’une page, mon magazine aurait sans doute aimé être celui qu’il n’est pas. Et qu’importe ce qui lui a pris, mon petit doigt - la Suisse de ma main, ni pour le papier, ni pour le numérique - me dit qu’une révolution se prépare où l’objet connecté ferait fureur. De quoi redonner le sourire à ses pages. Le papier n’est pas mort, vive le numérique !

RETROUVEZ-NOUS SUR : WWW.IDILENANTES.COM IDILE IDILENANTES IDILE_MAGAZINE

OURS Le magazine Idîle est un bimestriel gratuit édité par Idîle Edito, agence de design éditorial SARL au capital de 5000 €, 10 rue Conan Mériadec, 44200 Nantes - contact@idilenantes.com Directeur : Damien Gillet, damien@idilenantes.com Rédactrice en chef : Gina Di Orio , gina@idilenantes.com Secrétaires de rédaction : Marylise Deveaux & Michel Di Orio Pub : damien@idilenantes.com Rédacteurs : Gina Di Orio, Damien Gillet, Julie Laurent En couverture : photographe : Michael Meniane Modèle : Maxime Henri Stylisme : Gina Di Orio Magazine imprimé par La Contemporaine, 11 Rue Édouard Branly, 44980 Sainte-Luce-sur-Loire. Dépôt légal à parution. ISSN 2112-1834 ©Tous droits de reproduction réservés. Abonnement annuel 15 euros.

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QUARTIERS LIBRES

VIDEOPOPULI

LES TALENTS DE LA VIDÉO NANTAISE Le temps d’un week-end, les 13 et 14 décembre au Lieu Unique, venez rencontrer les talents nantais de la création vidéo. Événement conçu comme un aller-retour entre espace virtuel & territoires, Videopopuli se définit comme un moment d’échange et de création autour de la vidéo. Débats, conférences, tables rondes, projections et captations viendront animer ces 2 jours dédiés à la création vidéo. Action ! ÉVÉNEMENT - 13 & 14/12 AU LIEU UNIQUE www.videopopuli.fr

©Emilis Vastakas

TOTEM EXPOLAROID APPORTEZ VOTRE POLAROID L’association Expolaroid a proposé à l’artiste Rémy Tassou de réaliser une oeuvre composée uniquement d’appareils photo instantanés. Participez à l’élaboration de cette oeuvre en offrant le Polaroid de famille qui sommeille dans votre grenier. Accompagnez votre appareil d’une courte histoire manuscrite le concernant. Envoyez vos appareils avec vos nom et prénom à : le totem - expolaroid, 15 rue de coulmiers 44000 nantes. POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE PROJET EXPOLAROID : www.expolaroid.com

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SPRINT CRÉATIF

EXPÉRIENCES TOURISTIQUES DE DEMAIN Parcours sonores, télescope à réalité augmentée, borne dans l’espace public, architectures éphémères... Le sprint créatif réunit professionnels du tourisme, étudiants en design, en tourisme, artistes et passionnés autour de concepts d’innovation de rupture pour inventer les expériences touristiques créatives de demain. ATELIERS - 18 & 19/12 - RESTITUTION - 19/12 À 18H À STEREOLUX - SALLE MICRO - 30€ POUR LES 2 JOURS - INSCRIPTIONS : www.stereolux.org

LES RENCONTRES DE SOPHIE LIBRES ! Conférences et débats, abécédaire, atelier philo enfants et de projections de films, les Rencontres de Sophie nous proposent une réflexion autour du thème : ‘‘Libres !’’. ‘‘Être libre’’, est-ce un état statique, passivement hérité de la nature ou de la culture, ou bien plutôt le but d’une exigeante tâche personnelle et collective de libération ? DU 14 AU 16/02 AU LIEU UNIQUE www.lelieuunique.com

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PORTRAIT CONTINENTAL

YVON GARNIER MÉMOIRE DE CUISINE

LA FAUSSE BLANQUETTE HACHÉE MENU, YVON GARNIER SE FAIT LE GARDIEN D’UNE CUISINE FRANÇAISE AUX PETITS OIGNONS. Par Gina Di Orio - Photo : Michael Meniane

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oque, palme académique, légion d’honneur, mérite national et mérite agricole, derrière ces distinctions lourdes de symboles et d’histoires - impressionnant n’est-ce pas ? - nous découvrons un homme simple et généreux. Le septuagénaire, compagnon du devoir, n’a jamais cessé d’officier pour la cuisine depuis l’âge de 14 ans. Il fait ses preuves à Nantes et Paris au coeur des cuisines de restaurants de renom comme la Tour d’Argent et la Maison Decré. Meilleur apprenti de Nantes et de l’Ouest, Yvon G. a toujours aimé la compétition culinaire, non par prétention mais pour se sortir d’un contexte familial difficile : « Gagner en cuisine c’est effacer mon passé, mon enfance » précise-t-il. Animé par la passion de transmettre, il fonde l’institut culinaire Edouard Nignon en 2005 pour essaimer l’art culinaire et remettre en mémoire le brillant chef nantais : « C’est pour moi l’oublié de Nantes. Pourtant, Edouard Nignon a été le premier à ouvrir une boulangerie à Moscou, il a servi le dernier des Roumanoff à la cour impériale de Russie et a officié à la cour d’Autriche...». C’est admiratif que Yvon G. éclaire l’illustre personnage qui ravit empereurs et rois, artistes et poètes... Mais cet institut n’est que la face émergée de l’iceberg ou d’une belle mousse, devrait-on dire. Car, membre émérite de l’Académie Culinaire de

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France, Yvon G. fait partie des 1 800 meilleures toques françaises qui officient sur les cinq continents. Une place de mémoire qui lui va si bien, puisque les académiciens soulèvent et défendent le patrimoine culinaire français avec la remise de trophées mais surtout par la valorisation de nos recettes. « Je suis à l’affût

GOÛTEZ, GOÛTEZ, ET QUE VOTRE BOUCHE TRADUISE VOTRE PENSÉE ! des fausses recettes ! », scande Yvon G.. À la manière d’un Escoffier nantais, codifier nos plats, tel est son combat. Le respect des termes culinaires et des appellations est un des leviers de protection de notre cuisine nationale. Il existerait plus de 78 ordres différents pour une action précise : singer, concasser, piquer, larder, lustrer... Un terme galvaudé vaut un plat écorché. Et si votre blanquette n’en était pas une ? Malheur en cuisine ! Tout ça pour nous, consommateurs et clients ? Yvon G. sourit et nous répond que la cuisine c’est d’abord pour soi qu’on la fait, il faut apprécier ce que l’on concocte avant de vouloir plaire aux autres. Et surtout : « Goûtez, goutez, et que votre bouche traduise votre pensée ! » • WWW. INSTITUT-NIGNON.COM


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À L’ASSO !

NOUS ÉTIONS TIMIDES

BONSOIR L’AMBIANCE PRÊTE À FÊTER SES DEUX ANS, L’ASSOCIATION CULTURELLE ‘‘NOUS ÉTIONS TIMIDES’’ LÈVE LE VOILE SUR SES ACTIVITÉS OÙ LA FÊTE résonne. Par Gina Di Orio

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iscrets le jour, agités la nuit, c’est davantage en soirée que vous êtes le plus susceptible de croiser les membres de la jeune association nantaise. Timides, eux ? Plus vraiment à en croire leurs ambitions festives un brin décalées. « Le nom de notre association est un clin d’oeil à un guide sorti dans les années 60 et qui avait pour sujet ‘‘comment vaincre sa timidité’’ ». Les années 60 et 70 sont une période qu’ils affectionnent et qui éclairent bon nombre des événements qu’ils organisent. Pas une soirée sans musique et sans vinyle, agrémentée d’un concept qui chatouille la curiosité d’un large public. « On est là pour s’amuser et toutes sortes de personnes finissent par se mêler dans nos soirées qui attirent tous les âges ». Au bonheur de mixer les publics, les Timides sont également friands

ON NE S’INTERDIT ABSOLUMENT RIEN. LA MERGUEZ PARTY DES MUSCLÉS CÔTOIE le rap de 2pac... d’éclectisme. Dans leurs soirées ‘‘Suze my beat’’ ou ‘‘Suze my boat’’, le petit goût amer de la Suze leur a inspiré un set improbable que beaucoup de DJ, derrière les platines, n’oseraient offrir aux oreilles invitées, et pourtant. « On ne s’interdit absolument rien. La Merguez party des Musclés côtoie le rap de 2Pac suivi d’un jazz psychédélique ». Et lorsque la ‘‘45 Addict’’ résonne, le public est prié de ramener son vinyle sur une thématique définie, à savoir pour les dernières en date : ‘‘spéciale présidentielle’’ et ‘‘chanteurs morts’’. Pour fêter leurs deux ans , les Timides imaginent déjà une soirée ‘‘Soul Train’’, en hommage à l’émission de variétés américaine, qui passait sur les écrans dans les années 70, pour un show soul et rhythm and blues sur un plateau cerné de danseurs. Ça promet ! •

VENEZ FÊTER LES 2 ANS DE L’ASSOCIATION AU CANNOTIER LE 25 JANVIER 2014.

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ÉPOPÉE CRÉATIVE

MAILLO

FAIT DANS LA DENTELLE DE VIEUX NAPPERONS NAISSENT DE JOLIS OBJETS SOUS LES MAINS DE VÉRONIQUE DAMART. Par Gina Di Orio

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ui aurait cru que le napperon de mamie serait un jour réhabilité dans nos intérieurs contemporains ? Véronique Damart, designer textile spécialisée dans la maille et le tricot, a réussi le pari de remettre au goût du jour ces bouts de coton dentelé, voilà deux ans déjà. Diplômée en Arts Appliqués et Arts Plastiques, Véronique a d’abord fait ses armes chez les créateurs Christian Lacroix, Isabelle Marant et Kenzo avant de lancer sa propre marque : Maillo. « Plus que de créer, j’aime détourner », concède Véronique. Ces résidus de plein d’histoires qui finissent souvent au placard sont ressortis, lavés, moulés, amidonnés puis colorés pour une seconde vie plus fantaisiste. Corbeilles et abat-jours, les napperons sont métamorphosés et Véronique les considère comme des objets purement décoratifs, l’aspect fonctionnel est à ses yeux secondaire. Ces formes accumulées forment des tableaux, des ambiances. Petit plus : chaque pièce est unique par son motif initial, sa forme et sa couleur finales. Aussi, Véronique se défend de dénaturer le napperon, elle ne taille pas dans la matière, cela déferait la dentelle. Le napperon n’a donc pas dit son dernier mot ; il fait de la résistance et continue de séduire, de fil en fil, les adeptes du réemploi et amoureux d’un folklore teinté de poésie •

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WWW. MAILLO-DESIGN.COM


PONT DES CRÉATEURS

NOUVEL ESPACE MODE EMERGENCE LE LAB’ Le collectif Emergence ouvre son premier espace pérenne à Nantes, près du marché de Talensac pour vous faire découvrir des produits de mode et accessoires fabriqués dans la Région. 30 rue de bel air, 44 000 nantes

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exposition du 21/11 à la fin de l’année au loo, librairie gourmande - 22 rue baron, nantes quartier des olivettes - www.le-loo.com

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EN VOGUE

STÉPHANE PAJOT ‘‘NANTES VIEUX MÉTIERS’’ Après une année de recherche dans sA collection photographique ET DE TROUVAILLES EN BROCANTE, SALONS ET SUR LE PLUS GRAND GRENIER DU MONDE, INTERNET, Stephane pajot FAIT LE TOUR DES VIEUX MÉTIERS NANTAIS EN 180 IMAGES dans un ouvrage intitulé : ‘‘nantes vieux métiers’’. Par Gina Di Orio - Photo : ©Bertrand Bechard

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’où te vient cette passion pour les photographies anciennes ?

S.P. : C’était en 1998. J’avais acheté quelques cartes postales de personnages du vieux Nantes, le père Zim Zim, les sœurs Amadou et Willy Wolf à la brocante de la place Viarme. Je comptais faire un article avec l’une de ces illustrations pour le journal Presse Océan quand un collègue m’a dit :

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« Ce serait marrant de publier tes personnages et d’en appeler aux lecteurs pour savoir si certains ont des souvenirs ». Banco. J’ai reçu des lettres et des coups de fil à n’en plus finir. Cette série, qui devait durer quelques jours, s’est prolongée durant trois à quatre mois. J’avais envie qu’elle dure, que d’autres personnes puissent en profiter. Connaissant le côté éphémère d’un quotidien, j’ai recherché un éditeur pour immortaliser cette


quête de souvenirs du vieux Nantes. Ça a donné ‘‘Personnages pittoresques de Nantes et de Loire-Atlantique’’ aux éditions D’Orbestier. On en a vendu 7 000, on en vend encore et dans la foulée on a fait une vingtaine d’autres livres ensemble. À quoi tient un virus, c’est marrant.

Parle-nous de la confection de ce livre, c’est bien ton 40ème ouvrage ?

S.P. : 40 pile. J’ai étalé le travail sur une année en cherchant tout ce que j’avais et ce que je pouvais trouver sur les vieux métiers de Nantes à travers des images. Comme il n’existe pas de série de ‘‘petits métiers’’ à proprement parler comme on en trouve à Paris, je suis parti à la recherche de personnages, de silhouettes et autres indices sur mes photographies et cartes postales du vieux Nantes. Une fois l’iconographie réunie, j’ai axé le travail d’écriture sur les métiers de nos ancêtres, de l’allumeur de réverbères aux blanchisseuses et leurs emblématiques bateaux-lavoirs.

N’APPARAISSENT QUE LES MÉTIERS QUI ONT LEUR IMAGE, QUEL MÉTIER REGRETTES-TU FAUTE DE PHOTOGRAPHIE ?

S.P. : Celui de décrotteur de rails. Je connaissais une carte postale, j’étais sûr de la retrouver par le biais d’un de mes amis cartophiles et elle m’a échappé. J’en ai quand même parlé dans un petit chapitre consacré aux conducteurs de tramways et aux receveuses. Je ne désespère pas de remettre la main dessus un beau jour et de la publier.

TU AS BIEN UNE PETITE ANECDOTE À NOUS RACONTER ?

S.P : La plus forte, c’est la découverte d’une photographie d’une tour à plomb d’une vingtaine de mètres, ancienne tour défensive (dite Haut-lePied), qui s’élevait à hauteur de la tour Bretagne. Je connaissais une gravure représentant cette tour assez bizarre, un peu carrée, avec au bout un avancement, une sorte de nez. Sur cette même gravure, on aperçoit aussi un cirque en dur, le cirque Paquer, qui se trouvait rue de l’ArcheSèche, une jolie coupole qui a été détruite. J’étais

persuadé qu’il n’existait pas de photographie de la tour à plomb, j’en avais même parlé au conservateur du château des ducs. Lui non plus ne connaissait pas de photographie. J’ai bondi de joie quand, un soir, sur une photo stéréoscopique en vente sur internet, je l’ai découverte en arrière plan du cours de l’Erdre, l’actuel cours des 50 Otages. Ça me paraissait irréel. J’avais une pépite sous la main et l’envie de la partager. Cette photographie est dans le livre près de la gravure.

À PART CETTE TOUR QUI REMPORTE TON AFFECTION, QUELLE EST TA PHOTOGRAPHIE PRÉFÉRÉE ?

S.P : J’adore la photographie de la Buvette du Cirque, à l’angle de la rue de l’Arche-Sèche et son vieux pont. On aperçoit le patron du café qui pose, quelques passants, un enfant et au-dessus de son établissement une publicité peinte, énorme, pour les magasins de La Châtelaine, rue Crébillon. Nantes dans son jus.

TES MÉTIERS COUP DE COEUR ?

S.P : D’abord, allumeur de réverbères. Leur métier consistait à allumer et éteindre la ville, que rêver de mieux ? Peintre de rue comme Pierre-Cénon Trigo où comment immortaliser son contemporain dans la rue avec un pinceau et échanger le produit de son art contre de la nourriture. Et puis être dans la peau du ‘‘charcutier-philosophe’’, le dénommé Alexis Transon, un grand collectionneur devant l’éternel.

ET TOI, TU AURAIS AIMÉ ÊTRE...

S.P : Photographe, créateur de cartes postales •

NANTES VIEUX MÉTIERS De Stéphane Pajot par les éditions d’Orbestier 22 x 26 cm - 29,90€ www.dorbestier.com

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BEAU LIEU

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HALLE DE LA MADELEINE LA RESPIRATION POÉTIQUE DES OLIVETTES

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ntre la Chaussée de la Madeleine et la rue des Olivettes, se cache une halle aux milles histoires. Ateliers, manufactures, usines et entrepôts y grouillent au début du XIVe siècle. Terminus de la diligence de Nantes à Clisson dès 1828, la halle et son quartier accueillent des écuries, de la paille et du foin ; la Compagnie générale des omnibus de Nantes y naît en 1857. Entre chevaux et voitures, d’autres activités agitent le quartier : tannerie, rizerie, distillerie, filature de coton et cafés animent les rues et cours. Stockage, garnison, atelier de fabrication...Après une vague associative, le Centre de Recherche pour le Développement Culturel (CRDC) transformera, dans les années 80, la halle en grenier du siècle là où les gens viennent présenter leur chine domestique. Puis l’espace s’endort. C’est en 2010 que la halle et son entrepôt se réveillent sous un jour singulier, une nouvelle vie pensée par l’agence In Situ Architecture & Environnement. Brève hésitation, questionnement, c’est sur cette retenue interrogative que l’on

UN PASSAGE SUSPENDU DANS LE TEMPS NICHÉ AU COEUR DU QUARTIER EFFERVESCENT DES OLIVETTES. Par Gina Di Orio - Photos : Damien Gillet

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LA HALLE CONSERVE SON ESPRIT PLURIEL ET VOYAGEUR. pénètre la halle. A t-on le droit d’y passer ? Sous la charpente de pitchpin et de chêne, la pierre , l’acier et le verre jouent avec les perspectives. Des plaques découpées de motifs, rebuts industriels, se transforment en parois et éléments filtrants. Des boîtes colorées structurent l’espace, des plantes exotiques arrêtent le regard tandis que les vitres et reflets de lumière invitent nos pensées à gambader. Si le rez-de-chaussée a été pensé comme une rue ouverte au public la journée et collaborative, les étages restent plus secrets, plus fermés. Entreprises et structures telle que la Cantine numérique (cf. p.24) y siègent. Si on lève les yeux de drôles de gargouilles nous saluent, sortes de poutres zoomorphes évoquant un monde théâtral indochinois. Fidèle à son histoire, la halle conserve son esprit pluriel et voyageur, revendiquant une ville partagée, une cité poreuse qui se traverse et se découvre au hasard d’une venelle •

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STARTUP MODE D’EMPLOI DEUXIÈME VILLE DE FRANCE LA PLUS CONNECTÉE ? NANTES serait DEVENUE EN QUELQUES ANNÉES LA VILLE DU NUMÉRIQUE APRÈS PARIS. TERREAU FERTILE DE JEUNES ENTREPRISES QUE L’ON APPELLE STARTUPS, LA MÉTROPOLE ATTISE UNE NOUVELLE CURIOSITÉ. GEEK, OPENSPACE, CLOUD, HASHTAG & CIE, ON IMAGINE UNE FLOPÉE DE JEUNES CONNECTÉS ET À LA FOIS DÉCONNECTÉS DE LA RÉALITÉ PIANOTANT À LONGUEUR DE JOURNÉE SUR LEUR CLAVIER, PARLANT UN LANGAGE CODÉ. ET SI C’ÉTAIT NOUS QUI ÉTIONS TOTALEMENT HORS DE LA RÉALITÉ EN PLEIN CLICHÉS ? Par Gina Di Orio & Damien Gillet.

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DOSSIER DU CAPITAINE

‘est dans la Halle Alstom numéro 6 que les premières idées numériques ont germé. La friche industrielle a été le siège de trois entrepreneurs qui ont eu, un jour, envie de rassembler les acteurs de leur réseau. Entre autres rencontres, Ludovic Simon, François Badénès et François Michel-Estival ne se doutaient pas de l’ampleur qu’allait prendre ce tout premier ‘‘barcamp’’, un événement ouvert et collaboratif organisé en 2007, dans le quartier des Olivettes. 15 sessions, 100 personnes , un succès. Ferveur oblige, l’association Atlantic 2.0 naît en 2008. « Favoriser les échanges, les rencontres et la circulation de l’information dans les filières du web, de l’innovation et de la création numérique.», c’est ainsi que l’association définit sa mission. Quelques mois après sa formation, dans un croisement d’opportunités, Atlantic 2.0 devient l’association porteuse du projet d’une ‘‘Cantine numérique’’ qui se concrétise. Inaugurée en février 2011, la Cantine s’élève entre la rue des Olivettes et la Chaussée de la Madeleine, et, devient l’interface physique des acteurs de l’économie numérique locale. Aujourd’hui, après cinq ans d’existence, Atlantic 2.0 réunit 220 entreprises du web et du numérique représentant plus de 3500 emplois dans la région. Comme sortie de l’ombre, l’économie numérique nantaise révèle au grand jour une communauté foisonnante d’entreprises du numérique et plus particulièrement de startups. Mais c’est quoi une startup du numérique ? Quel intérêt pour l’économie nantaise ? Qu’est-ce qui les anime ? Place à la découverte et dans le même temps à la chasse aux clichés sur les ‘‘startupers geeks’’. >>

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À VOTRE SERVICE LES STARTUPS VOUS VEULENT DU BIEN CLICHÉ #2 : COMPLÈTEMENT DÉCONNECTÉS DE LA RÉALITÉ

©Atlantic 2.0

L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE AU SERVICE DU RÉEL CLICHÉ #1 : TOUS DES MANGEURS DE CODES Bien avant de franchir le seuil de ces entreprises que l’on appelle ‘‘startup’’, une question nous démange : « ça veut dire quoi ‘‘startup’’ ? » Quel que soit son domaine-métier, une startup est une jeune entreprise à fort potentiel de croissance. En résumé, son idée est géniale et pleine d’avenir, les investisseurs y croient. Dans la pratique, les fondateurs d’une startup forment le plus souvent un duo aux compétences complémentaires ; la rencontre de deux profils qui ont d’abord envie d’entreprendre et où l’idée est rendue techniquement possible. Premier cliché abattu : « Pas besoin d’être un mangeur de code pour monter une startup dans l’économie numérique. ». Et quels sont les produits et services développés dans ces startups, il paraît qu’on innove, c’est bien ça ? Innover pour innover cela n’a pas de sens. On nous confie que l’envie première de tout ‘‘startuper’’ est de rendre la vie plus facile à l’utilisateur final, nous personne ‘‘lambda’’, ou de créer de la valeur pour d’autres entreprises. Utiliser les technologies numériques pour apporter une réponse pratique à des besoins exprimés ou des difficultés identifiées bien réelles voilà le fondement de leurs projets. Les startups se positionnent comme un moteur d’innovation et un levier économique et social.

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Si certaines d’entre elles s’adressent directement à une cible professionnelle, d’autres startups développent services et produits dont le bénéfice est facilement appréhendé par le particulier. Les startups nantaises vous veulent du bien.

Iadvize a souhaité remettre de l’humain dans la relation client en ligne en vous proposant lors de vos achats en ligne, une solution intelligente qui interprète votre comportement sur le site sur lequel vous surfez et vous dirige vers un service instantané de relations avec un conseiller : le chat en direct, l’appel ou la visioconférence. Plus de confiance et d’humanité dans nos achats, voilà qui rassure. www.iadvize.com

Un thermostat intelligent qui capte vos habitudes, les variations d’occupation de l’espace pour vous aider à mieux gérer la chaleur dans votre habitation, intéressant non ? Un habitat mieux chauffer et des économies d’énergie. Merci d’y avoir pensé QiVivo. www.qivivo.com

Les artistes musiciens et labels indépendants trouvent en Wiseband un service d’outils de promotions complet en créant une relation directe avec les fans moyennant une commission moindre (9%). Cette vente directe de musique vous permet de découvrir des artistes naissants, indépendants et de les soutenir dans leur développement. www.wiseband.com


DE NOUVELLES VALEURS UN ÉTAT D’ESPRIT

DES EMPLOIS POUR TOUS LES PROFILS

CLICHÉ #3 : PERCHÉS SUR UNE AUTRE PLANÈTE

CLICHÉ #4 : ILS PORTENT TOUS DES SWEATS À CAPUCHE

Des locaux aux espaces ouverts -openspace-, du mobilier design et coloré, des espaces de réunion et de pause que l’on pourrait qualifier de ‘‘cool’’. Chez Lengow, créée par Mickaël Froger et Jérémie Peiro et proposant une solution de référencement de catalogues produits en ligne, une salle de jeux a été aménagée. Parce que l’état d’esprit de la startup est de croire en l’humain et ses capacités décuplées lorsque son environnement reste agréable. De ce fait l’implication est grande, chacun semble considérer l’entreprise comme son affaire personnelle avec la seule et même envie : réussir ensemble. À iAdvize, par exemple, lorsqu’un des commerciaux a décroché un nouveau contrat, il fait sonner une sorte de gong, ce à quoi tous réagissent par une petite séance d’applaudissements ou d’encouragements. Une façon originale de partager ses joies commerciales et qui permettrait de souder l’équipe face aux enjeux quotidiens. Plus de 1 000 gongs ont résonné à iAdvize. Dans cette dynamique, nombre de startups sont passées de 2 à 60 salariés voire plus, en moins de trois ans. iAdvize, Lengow, Qivivo, Clever Cloud, l’âge moyen des salariés y est peu élevé, il se situe entre 26 et 28 ans. « Ce n’est pas du jeunisme, les personnes les plus sensibles au numérique sont jeunes c’est un fait. C’est juste une question de génération et d’usage du numérique qui devrait se lisser au fil du temps », nous rassure-t-on. Et, plus que la jeunesse, c’est un état d’esprit que l’on prône, dans lequel on se remet sans cesse en question et où les erreurs font partie du jeu.. Grandir et perdurer sur un modèle innovant, c’est le pari de toute startup nantaise pour devenir un jour ‘‘championne’’ dans son domaine, qui sait ? À la manière de DoYoubuzz, lancée à Nantes en 2007 par Ludovic Simon pour propulser le CV numérique comme un format standard sur le marché de l’emploi. Pari gagné avec plus de 500 000 inscrits enregistrés en 2013.

Dans cet esprit qui n’aimerait pas travailler ici ? Encore faut-il savoir que les startups existent et qu’elles emploient. Maxime Beaumard, chargé de communication à iAdvize nous répond « Peu d’écoles et d’universités sont sensibilisées au monde des startups, donc peu d’étudiants savent que nous existons et se dirigent vers des agences plus traditionnelles ou de très grosses entreprises.» Ensuite, il y a la fausse idée de la technicité du métier alors qu’au-delà du recrutement de techniciens purs, développeurs et codeurs, les startups recrutent des chargés de projets, de communication, de relations humaines, des commerciaux qui portent d’ailleurs merveilleusement bien la veste de costard... De plus, chaque embauche fait l’objet d’un temps de formation au métier de la startup. De quoi finalement attirer les jeunes diplômés qui se retrouvent trop souvent en compétition avec des profils seniors jouissant de dix ans d’expérience. Atlantic 2.0 mène une mission de sensibilisation à l’écosystème des startups du numérique dans les écoles supérieures pour palier cette méconnaissance. L’association a également mis en place une page dédiée à l’emploi dans le numérique : http://atlantic2.teamrocks.org

©IAdvize

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OBJETS CONNECTÉS LA 3ÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE EST EN MARCHE À L’OUEST

LA CANTINE NUMÉRIQUE POUR ENTRETENIR LA FLAMME

CLICHÉ #5 : LE GEEK N’A QUE DES AMIS GEEKS

CLICHÉ #6 : TOUS DES NO-LIFE, ACCROS À LEURS ÉCRANS

(Même si le cliché des sweats a précédemment été balayé, l’image est trop tentante pour ne pas l’employer.) Quand les sweats à capuche rencontrent les costards cravates - le secteur industriel- cela donne de l’innovation produit. De plus en plus d’événements les rapprochent pour que concepteurs trouvent fabricants. Notre région regorge d’industries, alors pourquoi s’en priver en effet ? C’est ainsi que naissent des objets, qui utilisent les capacités numériques pour développer une intelligence au service de l’humain. C’est ce qui titille la sphère des startups nantaises aujourd’hui.

Simon Robic et Adrien Poggeti, le premier blogueur et ‘‘startuper’’ du numérique avec sa société Bringr, le second délégué général d’Atlantic 2.0 ont tous deux vu naître la bulle du numérique à Nantes. À la question : « On fait quoi à la Cantine ? » Adrien P. nous explique que la Cantine est d’abord un lieu où l’on aime se retrouver, discuter, échanger autour d’un café et d’une passion partagée pour le numérique. C’est ensuite un espace de coworking, où l’on peut venir travailler et organiser des réunions. Enfin, dernière fonctionnalité et pas des moindres, la Cantine accueille environ 180 événements par an et Simon R. les connaît bien. « Pourquoi va t-on à la Cantine, Simon » ? Pour échanger, s’entraider. Le numérique, d’après Simon, c’est d’abord la force du collectif, d’un jeu à la nantaise et c’est ce que permettent les événements à la Cantine. Des pitchs (présentations) pour lancer des projets, des workshops (ateliers) pour apprendre, et des ‘‘Startup week-end’’ pour se challenger ou monter et finaliser un projet en 48h. De ce fait, toutes ces rencontres à La Cantine renforcent, à leur manière, le réseau de ‘‘startupers’’ pour entretenir la flamme du numérique et son esprit d’innovation. www.cantine.atlantic2.org - www.bringr.net

©Atlantic 2.0

NANTES NOUVELLE SILICON VALLEY ? Pendant que certains sourient, d’autres se préparent sérieusement à faire de la ville de Nantes, un des fleurons du numérique en France et en Europe. Sans attendre une éventuelle labellisation gouvernementale visant à fédérer les acteurs du secteur, les Nantais participent déjà à

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-EXPLIQUÉE PAR SIMON ROBIC & ADRIEN POGGETI-

des ‘‘Learning expeditions’’ dans la Silicon Valley, pour découvrir et importer de nouveaux modèles d’économie numérique. Mais pourquoi tout se passerait à Nantes et non à Paris ? « Parce que Nantes, c’est la banlieue parisienne en terme de distance, il y fait bon vivre, la mer est à 45 minutes, les loyers sont moins chers, les gens sont sympas, qu’ajouter de plus ? » Rien. Un brin chauvin, mais c’est pas faux, comme dirait l’autre •


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CLICHÉS

DE MA FENÊTRE

CONCOURS PHOTOS #17 PAR NOS LECTEURS

-1- ©Maxime Nourry -2- ©Sylvain Le Bourdonnec -3- ©Lise Langelot -4- ©Manu Garcia / Prochain concours sur Facebook ‘‘idîle’’

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BONNES ADRESSES

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UN LIEU POUR APPRENDRE LES LANGUES ET LES ARTS AUTREMENT ! MUSE CIRCLE À L’ATELIER DU COTEAU Un hiver créatif à l’Atelier du Coteau avec le centre linguistique et artistique Muse Circle, pour apprendre l’anglais autrement dans l’action avec une équipe d’intervenants américains. Muse Circle propose TeenClub, un atelier hebdomadaire pour lycéens et étudiants. Un vrai moment de partage pour les jeunes créatifs qui ont envie d’approfondir leur anglais et offrir leur savoir au service d’un projet artistique. Avec L’Atelier du Coteau éveillez votre curiosité et approfondissez vos savoirs : art visuel, art numérique, art dramatique et technique musicale. Découvrez l’Atelier du Coteau, lors des portes ouvertes les 6, 11 et 18 décembre à 19h. Quartier Canclaux - 18 rue du coteau 44100 Nantes - www.latelierducoteau.com

LA MODE CHIC ET COOL À LA FRANÇAISE ! ÉLÉE - MODE & ACCESSOIRES Élée, est une maison française de création de mode et accessoires homme. Créés pour des hommes à la recherche de look simplement élégants, de belles matières, de pièces aux coupes précises, distinguées et cool. De style néo-classique chic, les accessoires Élée sont composés de tissus nobles et naturels : laine vierge anglaise ou italienne, soie, coton, viscose ou encore cachemire, provenant de la haute couture pour une qualité optimale. La confection est soignée, les pièces gaufrées au sceau de la marque, des lignes pures brodées sur chaque pièce... Élée, toujours très ‘‘couture’’ ajoute de l’allure à la mode masculine. En vente chez Mel de Margo, 24 rue Armand Brossard à Nantes - www.elee.eu

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DANS LE VENT

BARBARA BRUN QUE JEUNESSE S’ILLUSTRE !

SOUS LES POILS DE SON PINCEAU, BARBARA BRUN DONNE VIE À TOUT UN TAS DE PETITS UNIVERS, DES FAMILLES DE PERSONNAGES. Par Gina Di Orio

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oute petite déjà, Barbara s’était fait mordre par la passion du dessin. Friande de dessins-animés, son rêve : dessiner chez Disney. Sans suivre de cours ni d’ateliers, l’illustratrice en herbe trace son propre chemin. Après des études en communication qui lui ont ouvert les champs de l’imprimerie et du graphisme, elle prend la voie d’une école d’art privée. « J’ai découvert qu’il existait des crayons gras, des crayons secs, moi qui griffonnais avec mon critérium ». Elle se passionne très vite pour les livres jeunesse, et, malgré un univers qu’on lui présente saturé, finit par s’y insérer. De croquis en dessins, à peine six mois après sa sortie de l’école en tant que graphiste indépendante, Barbara se fait remarquer par un auteur et signe ses premières planches pour une édition jeunesse. Depuis, elle illustre environ deux livres par an. Ses deux derniers albums aux éditions Marmaille et Cie ‘‘Les chemins de Bohême’’ paru et ‘‘Le fantôme de Canterville’’ d’Oscar Wilde à paraître révèlent son style : des dessins peints à la gouache, mêlés aux collages et crayonnés sur des tons qui se veulent chauds. Les princesses, fées ou autres sirènes ? Très peu pour elle, Barbara aime les petites maisons en pierre, l’authentique, les matières vieillies et l’accumulation de détails dans un esprit brocante. Si l’on se penche sur ses planches, il se pourrait qu’on aperçoive des petites choses ajoutées par ci par là, des bêbêtes, comme elle les appelle. « Tous ces détails composent une histoire dans l’histoire, ils n’ont souvent rien à faire là et seuls les enfants les remarquent ». Et tout commence toujours par les personnages pour Barbara. Des petits bons hommes qu’elle interprète à la lecture de l’histoire. Ils ne sont d’abord que des têtes qui prennent peu à peu corps. Un visage rond, une petite bouche, un petit nez et des yeux écartés, une silhouette fluette, c’est sa signature. Couleurs et coupes de cheveux, c’est ainsi qu’ils prennent tout leur caractère. Accessoires et habits ne sont ajoutés qu’en toute fin pour des petites familles que l’on ne se lasse pas de dévorer des yeux ! •

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PORTRAIT ÎLIEN

DAMIEN LABROUSSE DANS LE VAISSEAU D’UN LEGONAUTE

ALLO LA TERRE ? DAMIEN LABROUSSE N’EST PAS ASTRONAUTE, MAIS IL VOYAGE, À SA FAÇON, DANS L’ESPACE INTERSIDÉRAL AVEC SES PROPRES VAISSEAUX EN BRIQUES DE LEGO. Par Gina Di Orio - Photo : Michael Méniane

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nfant déjà, Damien jouait avec des Lego, mais plus accroc que tous, il y reviendra plus tard pour devenir ce que l’on appelle un « AFOL » ou Adulte Fan de Lego. Dans son atelier, des legos, il en a plein les tiroirs et tous sont minutieusement classés par forme et par couleur. Damien assure qu’il n’est pas collectionneur mais créateur : « Si je les classe c’est pour pouvoir mieux les retrouver et savoir si je dois acheter la pièce qu’il me manque pour créer mes objets ». Les briquettes en plastique lui permettent en effet d’exercer son autre passion, la science-fiction. Lorsque la saga Star Wars a été commercialisée en Lego, on vous laisse imaginer sa joie. Les vaisseaux restent son dada, l’une de ses créations lui vaut d’ailleurs un titre de champion. Damien participe aux nombreux concours qui animent la

DAMIEN ACCEPTE DE REPRODUIRE LA SALLE DE CONTRÔLE DES DÉPARTS DES FUSÉES FRANÇAISES À KOUROU. communauté AFOL mondiale. Depuis trois ans, tout s’accélère. En 2012, il conçoit une exposition mêlant Lego et science-fiction pour les Utopiales, le festival international de science-fiction, et, repéré, à cette occasion, par le Centre National d’Etude Spatial (CNES), Damien accepte de reproduire la salle de contrôle des départs des fusées françaises à Kourou. Un mois de création et 14 000 pièces plus tard, Damien livre en juin 2013 deux exemplaires de la maquette commandée. « Cette fois-ci toutes les pièces ont été collées pour pouvoir voyager et tenir dans la durée », confie Damien. Lisses et vivement colorées - sa marque de fabrique - il considère ses créations comme « la meilleure représentation approximative d’une réalité ». Les pieds sur terre et les mains pleines de Lego, Damien reste la tête dans les étoiles •

+ D’IMAGES SUR

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ÎLE DE NANTES

PLATEFORME C

UN FABLAB POUR TOUS L’ILE DE NANTES COMPTE DÉSORMAIS UN NOUVEL ESPACE DE CRÉATION COLLABORATIF, OUVERT À TOUS CEUX QUI SOUHAITENT RÉALISER UN PROJET OU JUSTE DÉVELOPPER LEUR SAVOIR-FAIRE NUMÉRIQUE. Par Damien Gillet - Photo : Julie Danet

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ous le Hangar 30, le long du Quai des Antilles est installée la Plateforme C. ‘‘C’’ comme collaboratif. Fraiseuse, routeur, découpe laser ou vinyle, établis de bricolage, ordinateurs et la fameuse imprimante 3D sont à disposition des bricoleurs et inventeurs en tout genre . Ce tout nouveau lieu d’expérimentation collaborative n’est autre que le premier fablab officiel de la métropole nantaise. L’idée de ce concept importé des Etats-Unis, est de mettre à disposition des créatifs un lieu où l’expérimentation est possible. La Plateforme C ainsi installée à Nantes accueille tous ceux qui souhaitent développer un projet, partager leur savoir-faire ou simplement apprendre des autres. Deux formes d’ateliers sont proposées : les OPENateliers et les Ateliers projet, réservés aux porteurs de projets. Ces ateliers sont ouverts à tous : bricoleurs, chercheurs, artistes, étudiants ou simples curieux... sous réserve d’adhésion à l’association Ping, coordinatrice du projet •

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hangar 30 quai des antilles île de nantes


DESIGN(S) L’EXPO AU-DELÀ DE L’ESTHÉTIQUE L’École de design Nantes Atlantique dévoile une sélection de 18 projets de fin d’études. La démarche des futurs designers est mise en avant à travers des projets innovants et des scénarios de vie qui sont autant d’évolutions possibles pour notre quotidien. L’école souhaite ainsi faire découvrir un visage moins connu du design au grand public, au delà de l’esthétique. Ville durable, nouvelles mobilités, les mutations, la culture numérique, la réalité vituelle, le design interculturel sont autant de sujets abordés. Du 22/11 au 7/1 - Cluster du Quartier de la création, immeuble eureka, 1 mail du Front Populaire- île de nantes

APÉRIPITCH #6 À LA CONQUÊTE DE L’ÂGE D’OR Un Apéripitch c’est une soirée de témoignages et d’échanges autour d’une thématique et d’un bon verre. Pour cette 6ème édition, les 6 intervenants se relaieront tour à tour et ‘‘pitcheront’’ sur la silver économie. Ils mettront en lumière, 3 nouvelles opportunités économiques offertes par l’allongement de la vie. La soirée sera ponctuée de performances artistiques et d’une dégustation de produits locaux. Ou comment réseauter autour d’un moment décomplexé. le 12/12 à 18h45 à atlanbois - île de nantes gratuit sur inscription - creationduquartier.com

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EN TERRE DE LOIRE

ESCAL’ATLANTIC

L’AVENTURE DES PAQUEBOTS À SAINT-NAZAIRE, LES PAQUEBOTS CONTENT L’HISTOIRE DE LEUR TRAVERSÉE ET RÉVÈLENT LEURS SECRETS. NOTRE APRÈS-MIDI À BORD. Par Damien Gillet

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ur le pont, rien à signaler, les passagers s’affairent, coup de sifflet : embarquement immédiat pour les Amériques ! Dans le hall reconstitué du fameux Normandie, notre voyage démarre. Nul besoin de s’attacher au contraire, il faut circuler dans ce géant qui porte l’imaginaire d’un périple : le rêve américain. C’est en 1862 que l’histoire des paquebots, ces géants des mers, commence avec l’inauguration de la première ligne régulière de la Compagnie Générale Transatlantique, Saint-Nazaire-Veracruz au Mexique. La ville devient le départ de nombreuses épopées vers les Antilles et l’Amérique Centrale avant de devenir uniquement celle où ces navires seront construits ; À partir des années 1920, les Paquebots ne partent plus de la base Nazairienne mais du Havre. Embarqués dans cette aventure historique et humaine, passé le hall richement décoré, nous découvrons le pont arrière du navire qui nous laisse voir les flots que nous laissons grâce à l’illusion d’un écran géant. Mais où avonsnous mis nos bagages ? Ils sont dans nos cabines bien sûr. La coursive

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remonte le temps, de 1862 à 1910. Ah ! L’art du bagage et ces malles-armoires de Louis Vuitton ! Pratique. Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, comme on dit. Nous nous enfonçons dans les profondeurs du paquebot, vers l’entrepont et la cale où d’autres passagers d’une dizaine de nationalités différentes vivent un tout autre périple : au diable le confort, pourvu qu’ils partent vivre le rêve Américain. Autant de bouches à nourrir trois fois par jour, un coup d’oeil indiscret dans la cuisine et nous comprenons que sans escale il faut prévoir. L’extrait d’un film de 1936 nous présente les frigos du paquebot île de France. Plus loin, la salle des machines, reliée à la timonerie, nous offre ses commandes. Il paraît qu’on ne risque presque rien. Naufrage ? Personne ne nous en parle et pour ne pas trop y penser, une promenade sur le pont nous rafraîchit les idées. On s’y croirait : le vent souffle et siffle, la mer se déchaîne, l’air est frais. Finalement, il fait froid, alors nous nous abritons dans les plus beaux espaces du paquebot. Le Grand Salon et le salon de Musique du Liberté nous offre une riche pause. Après le salon du commandant, le

bar du France et la spectaculaire salle à manger du Normandie nous convie à un repas inoubliable. Les petits plats sont mis dans les grands avec une argenterie étincelante. Tous les objets, oeuvres décoratives, mobilier, arts de la table, bagagerie et autres accessoires sont issus d’une collection de 200 objets. Acquises lors de ventes publiques ou sauvées lors du démantèlement du France en Inde, ces oeuvres exceptionnelles ont été restaurées pour devenir les témoins des paquebots. Alors que nous nous apprêtions à débarquer... « Chuttt ! » nous dit-on. Oui, il ne faut tout de même pas tout vous révéler, mais en guise de confidence, comprenez que l’épilogue de ce voyage risque fort de vous surprendre. Plongés dans la fabuleuse histoire des paquebots nous n’avons pas vraiment eu conscience de ce dans quoi nous évoluions réellement : une alvéole au coeur de la base sous-marine de Saint-Nazaire s’étendant sur trois niveaux pour une surface de 3 700 m2. Une immersion rendue totale grâce à un large dispositif multimédia et audiovisuel. Une visite réinventée libre, dynamique et interactive guidée par notre seule curiosité •

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D’ÎLE EN ÎLE

L’ÎLE FOGO UNE VIE D’ART

Le Canada, Une île au large de Terre-Neuve, Une série de six studios face à l’immensité de l’océan. Oui, nous y sommes, vous y êtes, l’île Fogo. Par Julie Laurent - Photo : ©Julien Pelletier

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uparavant le fleuron de la pêche à la morue, l’art s’est emparé de l’île dans les années 1990 suite à l’effondrement de son économie. À l’origine de ce renouveau : Zita Cobb, née sur l’île puis partie faire fortune dans le domaine de la fibre optique pour ensuite y revenir et investir dans la seconde vie de Fogo, une vie d’art et de culture. Elle confie alors à Todd Saunders le projet de construire six studios destinés à accueillir les plus grands artistes contemporains. En 2011, les studios sont terminés. Conçus en bois d’épicéa, arborant des formes rappelant les rochers et icebergs avoisinant les contours de l’île, ils sont aménagés avec des pièces de vie adaptées aux différentes saisons pour utiliser au mieux les énergies renouvelables. En bref, le refuge favori de tout artiste en quête d’immensité. Pour continuer dans cet esprit, un hôtel 5 étoiles designé par Todd Saunders a été inauguré en 2012, il abrite entre autres une galerie d’art. Échappons-nous ! • WWW.julienpelletier.prosite.com

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DE PLUS PRÈS 4 300 km de nantes 40h30 de trajet heure locale : gmt -6 sup : 237,71 km2 gps : 49°40n 54°10e océan atlantique


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NANTAIS D’AILLEURS

JEAN-MARC TILLE

UN NOËL EN GUADELOUPE FACE À L’ANNONCE D’UN HIVER TRÈS FROID, NOUS AVONS RÊVÉ DE PAYSAGES ENSOLEILLÉS GRÂCE AUX PHOTOS-SOUVENIRS DE JEAN-MARC TILLE, GUADELOUPÉEN DE TERRE ET NANTAIS DE COEUR. Par Gina Di Orio & Damien Gillet

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e n’est pas un album mais une caisse de photos que Jean-Marc vide sur le canapé. Né en Guadeloupe, il a quitté l’île très jeune pour la France métropolitaine, comme on l’appelle. Laissant ses racines et une partie de sa famille sur l’île, Jean-Marc y retourne le plus régulièrement possible. Située entre le tropique du cancer et l’équateur, la Guadeloupe, territoire des Antilles formé de deux îlets, Basse-Terre et Grande-Terre, profite d’un Noël beau et chaud, n’est-ce pas ? Jean-Marc acquiesce et nous corrige d’emblée : « Là-bas, on ne dit pas Noël

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mais ‘‘la’’ Nwel ». Avertis, nous découvrons ‘‘une’’ Noël très culinaire. Une vingtaine de jours avant la célébration officielle, les familles commencent déjà à se rassembler chaque soir autour de repas copieux et épicés précédés d’une prière. Oubliez votre régime, là-bas on ne goûte pas, on finit son plat. Entre autres sauces, piments, racines, sorbets au coco et tourments d’amour - des petits gâteaux - il y a le fameux ‘‘Bélélé’’, plat local à base de tripes, de fruits à pain, de petites bananes et de légumes du potager antillais, et, le boudin créole avec le traditionnel ‘‘tué cochon’’. Pas de sapin, plutôt des filaos et des feuilles de palmiers


SAUCES, PIMENTS, RACINES, SORBETS AU COCO ET TOURMENTS D’AMOUR... en guise de décoration. Dans le quartier, on peut entendre des familles entonner des ‘‘chantés nwel’’, chants de noël revisités de paroles et d’expressions créoles ; on circule de maison en maison, propageant l’esprit de fête. Et même à 29°c on ne refuse pas un Ti’punch, un rhum arrangé ou un ‘‘shrubb’’, boisson faite à partir de rhum et de peaux d’agrumes macérées. C’est sirop de groseille pour les enfants. Feux d’artifices,

pétards, Noël se fête en sons et lumières et sur fond de légendes. Attention aux ‘‘crapauds cadenassés’’ et au ‘‘morphoisé’’ qui a le pouvoir de se transformer en animal. Sans oublier le Père Noël qui ne passe pas par la cheminée, comme on peut se l’imaginer. Mais ne vous méprenez pas, il n’arrive pas en tongs, chemise à fleurs et lunettes de soleil posées sur le nez, non. Longue barbe, manteau rouge, bonnet et bottes de fourrure, il a très chaud mais ne se défile pas. Le ressac de l’océan sur le sable, le parfum des fruits, le bruit du vent dans les palmiers, le rêve est permis. Joyeux Nwel ! •

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ESCALES

LE VOYAGE COSMIQUE ADVENTURES IN FRONT OF THE TV SET

LA NOUVELLE CRÉATION SENSORIELLE DES FRÈRES JULLIEN NOUS INVITE DANS LE MONDE FANTASTIQUE DES COMICS, L’IMAGINAIRE COLORÉ DES MANGAS ET LA DRÔLERIE DES BANDES DESSINÉES. UN HOMMAGE IMMERSIF À TOUS LES HÉROS DE NOTRE ENFANCE, POUR UNE RENCONTRE UNIQUE ENTRE IMAGES ET SONS.

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n explorateur de l’espace, tout droit sorti d’une série télévisée inventée se retrouve propulsé dans un autre programme qui n’est pas le sien. Il n’aura alors de cesse de chercher un moyen de rentrer chez lui. Entre voyage cosmique et aventures de super héros, cette installation invite petits et grands à plonger dans un dessin animé à 360°, fait de cinéma immersif et musiques électroniques. Les frères Jullien ont imaginé cet univers fantasque où le spectateur se surprend à traverser un dédale de mondes colorés et incongrus. « La source d’inspiration du projet vient du temps qu’on a pu passer devant la télé (beaucoup), et l’idée que ça n’est pas forcement une source d’ennui mais qu’on s’en nourrit et qu’on se veut actif face à cette petite lucarne », nous explique Niwouinwouin l’un des deux touche à tout. « Nous avons ressortis les comics, dessins animés, mangas et films de SF de notre enfance ». L’installation est une véritable immersion, « Pour réaliser ce spectacle immersif et interactif, nous avons imaginé cette boîte fermée dans laquelle se trouve le public et ces 4 écrans qui l’entourent. L’idée d’un spectacle interactif s’est finalement transformé en une narration multi-écrans où la musique rythme l’histoire en jouant le rôle de dialogue mais aussi de concert. Le tout est assez hybride, à mi chemin entre cinéma et concert » ajoute Jean Jullien •

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La suite de l’interview de Jean Jullien et Niwouinwouin sur

www.idilenantes.com

«Adventures in Front Of The TV Set» du 6 au 22/12 à Stéréolux - Nantes. www.stereolux.org


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ESCALES

NOËL AU CHÂTEAU RÊVERIES ET VISITES INTERACTIVES

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omme chaque année, à l’occasion de Noël au Château des Ducs de Bretagne, des artistes sont invités à investir les espaces. Ce Noël, le château est en proie à un curieux phénomène, il semble se vider de son or. Un filet d’or s’échappe des murs et des meurtrières et ruisselle dans la douve nord. Même le musée n’est pas épargné. Des personnages rêveurs apparaissent, leur présence muette intrigue. Ces hommes semblent avoir suspendu leur marche. Imperturbables et énigmatiques, leurs silhouettes se détachent sur les murailles. Les Rêveurs, une installation imaginée par le collectif d’artistes de Lucie Lom (initiales des artistes). Les 12 rêveurs sont disposés ça et là et visibles dans les douves, mais aussi tout au long des remparts. L’or coule également le long des murs pour se répandre sur les objets de collection. La salle 5 du musée est également sujette aux rêveries de quatre de ces personnages. Rêveurs que nous avions déjà pu apercevoir l’année dernière sur les îles de Loire à Saint-Sébatien pour un théâtre des songes spectaculaire. En plus de ces installations, profitez des visites interactives et familiales comme ‘‘Murs, murs...sur les traces de la vie de château’’ . À l’aide de jeux, parents et enfants partent ensemble à la recherche des traces de la vie quotidienne à l’intérieur du bâtiment. Ici, vous découvrirez une cuisine, là peut-être une chambre ? À quoi servaient ces espaces et quelles sont les personnes qui y vivaient ? On peut le dire : les murs parlent et apportent plusieurs pistes de réponses •

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> DU 3/12 AU 5/01 AU CHÂTEAU > VISITES INTERACTIVES EN FAMILLE À PARTIR DE 5 ANS, DU MARDI AU SAMEDI À 15H > INFOS-RÉSERVATIONS WWW.CHATEAU-NANTES.FR


NOËL AUX NEFS MAGIE ET POÉSIE

À Noël, les sculpteurs sur glace s’installent au milieu du public dans la rue des Nefs. Cette année, les artistes exploreront le monde des arbres et de la canopée. Le but de cette installation hivernale est de faire apparaître tous les jours de nouvelles créations en glace. Magiques parce qu’éphémères, les sculptures de glace feront rêver petits et grands. La compagnie Oisiveraie fera apparaître par surprise ses petites machines solitaires. Des moments poétiques et improvisés pour émerveiller le public. Mono le singe, de la compagnie Les Têtes en L’Air, sera lui aussi de la partie pour des scènes toujours aussi cocasses. Décorations de Noël, grands sapins, illuminations, bar, guimauves au chocolat, marrons chauds... toute la magie de Noël se retrouve sous les Nefs. Enfin, des visites nocturnes du carrousel des mondes marins et de la galerie des machines seront possibles. DU 21/12 AU 5/01 DE 14H À 19H - MACHINES DE L’ÎLE - PARC DES CHANTIERS www.lesmachines-nantes.fr


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UNIVERCINÉ BRITANNIQUE

LA FOLK JOURNÉE

L’édition 2013 d’Univerciné britannique propose 7 inédits, empruntant à plusieurs genres, du thriller psychologique à la “feel good comedy” en passant par la romance, le drame ou encore le documentaire. La sélection fait place à 5 sorties récentes, reflets de la production cinématographique actuelle outre-Manche. Le festival dresse un portrait riche et varié de la société britannique d’aujourd’hui et d’hier, jeunes et moins jeunes, nantis et laissés pour compte.

Comme un pied de nez un peu irrévérencieux à son illustre aînée consacrée à la musique classique, La Folk Journée reprend le principe de La Folle Journée mais change de couleur musicale. La Folk Journée, c’est une soirée de concert consacrée aux auteurs-compositeurs de la scène folk des années 60-70. Pour cette première édition, Cascadeur – groupe lorrain sous-estimé qui avait Prefab Sprout en ligne de mire – met sa voix cristalline au service des mélodies de Nick Drake.

CINÉMA - 11 AU 17/12 AU KATORZA www.britannique.univercine-nantes.org

FESTIVAL - 20/12 À 20H30 AU LIEU UNIQUE www.lelieuunique.com

PASSIM (NOCES ET BANQUETS)

VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU D’EXCÈS

Chaque création de François Tanguy est le fruit d’une démarche patiente et collective, faite de recherches de textes, de musique et d’improvisation. Ce metteur en scène, scénographe, dramaturge, peintre est un véritable poète de la scène. Sans jamais se laisser prendre aux pièges de la communication, du divertissement ou de la curiosité ludique. Un véritable tableau théâtral à ressentir. Spectacle co-réalisé par le Grand T et le Lieu Unique à Nantes.

Ce ciné-concert réunit cinq courts-métrages, petits bijoux du cinéma muet, tous plus loufoques les uns que les autres. Buster Keaton, Douglas Fairbanks, Charlie Chaplin et Poudovkine. Entre chaque film, des publicités préconisent des conseils bien pensants, à prendre au second degré. Christofer Bjurström a concocté une musique débridée et joyeuse, faite de percussions hybrides et insolites pour illustrer les films, dépassant, avec bonne humeur, les limites de la bienséance.

THÉÂTRE - DU 22 AU 30/01 AU LIEU UNIQUE www.legrandt.fr - www.lelieuunique.com

CONCERT - 17/12 À 20H30 À ONYX www.onyx-culturel.org

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LES ROCKEURS ONT DU COEUR

ROMAN PHOTO

L’esprit des Rockeurs ont du coeur demeure le même qu’à sa création : offrir un vrai noël à des enfants défavorisés de la région. Chaque spectateur acquitte son droit d’entrée à la soirée en offrant un jouet neuf. La mission des artistes ce soir là sera non pas de jouer une partie habituelle de leur répertoire mais au contraire d’offrir au public présent des moments uniques et rares. au programme cette année : DTwice, c2c, Déportivo, The Ones, Manon Tanguy, Roman Electric Band...

Avec plus d’une vingtaine d’interprètes sur le plateau, Roman photo réactive le processus employé dans Flip Book, grand succès de la saison précédente au TU. Ils nous replongent ainsi dans l’ouvrage de Merce Cunningham, un demi-siècle de danse. Toute l’oeuvre de l’éminent chorégraphe américain est retracée par le biais d’une archive de photographies à laquelle les interprètes donnent corps et mouvement.

MUSIQUE - 14/12 À 19H30 À STÉRÉOLUX www.lesrockeurs.com

DANSE - 17 & 18/12 AU TU NANTES www.tunantes.fr

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UN NOËL EN ARGENTINE

VLAGOSHTUT

Stradivaria, pour sa cinquième édition des concerts de Noël, propose un voyage musical aux couleurs de l’Argentine. La Misa Criolla est l’une des oeuvres vocales majeures d’Ariel Ramirez, pianiste et compositeur argentin. En prélude aux fêtes de Noël, Daniel Cuiller imagine un programme en regard avec les répertoires baroques d’Amérique du Sud. Un Noël inédit à ne pas râter en cette fin d’année pour réchauffer les coeurs et les corps.

Trois personnages nous entraînent sur une autre planète. Un univers où le temps et l’espace nous jouent de drôles de tours… Dans ce petit monde, tout est blanc, même l’herbe, mais les couleurs éclatent de rire à tout instant ! C’est un monde tellement petit… que toutes les cinq minutes c’est le jour puis la nuit. La boussole tourne en rond, les galets volent, les ampoules dansent, et les ombres s’envolent. Un drôle d’univers mêlant danse et musique.

MUSIQUE - 22/12 À 16H À LA CITÉ GRAND AUDITORIUM www.stradivaria.org

DANSE - 8/01 AU PIANO’CKTAIL www.pianocktail-bouguenais.fr

DES HÉROS

DÉCROCHER LA LUNE

« J’avais 23 ans lorsqu’un ami m’a conseillé de lire les Grecs. Ce qui m’a frappé chez Sophocle, c’est son obsession de montrer comment le tragique tombe sur celui qui, aveuglé par lui-même, ne voit pas sa démesure. » évoque Wajdi Mouawad. L’artiste associé du Grand T poursuit son exploration du théâtre de Sophocle avec cette nouvelle création. Dans Des Héros, la trajectoire de deux figures majeures, Ajax et Œdipe, conscientes de leur puissance mais aveugles sur leur condition, traverse ce diptyque.

Le spectacle Décrocher la lune nous plonge pendant 50 minutes dans un monde peuplé de lunes, de bonbons et d’escargots. Il y a Ana, la passeuse d’âmes qui s’ennuie dans son île perdue au milieu du désert jusqu’au jour où un mystérieux voyageur se glisse au milieu d’un convoi d’âmes. Un petit homme qui grimpe à l’échelle pour atteindre la lune. Des percussions, du chant, des bruitages, transforment les huit histoires en spectacle vivant, pour le plaisir des yeux et des oreilles.

THÉÂTRE - DU 10 AU 18/01 AU GRAND T www.legrandt.fr

CINÉ-CONCERT - À PARTIR DE 3 ANS - 12/01 AU NOUVEAU PAVILLON www.lenouveaupavillon.com

n° 17 dec 2013 - janv 2014


TOUT SEMBLAIT IMMOBILE

SPECTACULAIRE

Trois spécialistes du conte viennent donner une conférence autour de leurs recherches littéraires. En décrivant et analysant ces récits, ils basculent de l’autre côté du miroir et en deviennent les personnages principaux. Un espace onirique se dévoile. Et un nouveau conte apparaît sous les yeux du public, un conte déconstruit où les rôles sont échangés, les codes de la narration perturbés et où l’oralité triomphe. Une proposition lumineuse, entre drôlerie et étrangeté.

L’exposition Spectaculaire présente au spectateur des moments isolés de voyage dans le temps, de concepts itinérants, de traduction des idées ou des expériences, tout en proposant un espace de coexistence potentielle des histoires et des moments présents. De voyages dans les futurs au commerce de l’immatériel et à la négociation de l’espace public, cette exposition recèlera des moments qui s’attacheront au temps, à l’espace, à l’expérience et au-delà.

THÉÂTRE - DU 16 AU 18/01 AU TU NANTES www.tunantes.fr

EXPOSITION - JUSQU’AU 19/01 AU FRAC DES PAYS DE LA LOIRE - FLEURIAYE www.fracdespaysdelaloire.com

LES NIOU BARDOPHONES

NOTRE PRINTEMPS

Les Niou Bardophones constituent un groupe autour d’un instrumentarium atypique ! Issus des musiques traditionnelles, les quatre musiciens bousculent les codes pour laisser place à un imaginaire créatif et débridé qui fait sonner bombardes, cornemuse, saxophone baryton et batterie, dans une furieuse vitalité où le meilleur des musiques traditionnelles, le rock et le jazz se croisent pour générer un imaginaire foisonnant, laissant place à l’improvisation.

Notre Printemps est une fiction. Le spectateur suit les deux ans de la vie d’un couple, à la fin des années 70, traversés par la naissance, la maladie et la mort. Sur le plateau, s’alternent la projection d’un film et le jeu physique de deux danseurs et trois comédiens. Avec la matière sonore et lumineuse, la scène s’entoure d’une certaine douceur. Une narration bouleversante où cinéma, théâtre et danse fusionnent admirablement.

MUSIQUE - 22/01 À 20H30 AU THÉÂTRE MUNICIPAL DE REZÉ www.larcareze.fr

DANSE-FILM - 22/01 À ONYX - SAINT-HERBLAIN www.onyx-culturel.org

n° 17 dec 2013 - janv 2014

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LE 4E SOUFFLE

LE CAROUSSEL DES MOUTONS

Voici une création collective pluridisciplinaire qui mêle danse hip hop, clown et musique live. Sur le plateau, quatre protagonistes, une clown, deux danseurs hip hop et un musicien se rencontrent et mélangent leurs savoirfaire. Ensemble, ils montrent ce qu’habituellement on cache : les répétitions, les ratés, la fatigue, la joie qui accompagnent les créations artistiques. Un spectacle drôle, dans lequel les personnages partagent un langage commun : celui de la danse hip-hop.

Des numéros virtuoses, acrobatiques et poétiques autour d’un piano qui s’envole et tournoie dans les airs, sans jamais s’arrêter de jouer. C’est la magie du cirque. Il y a ELLE au piano, gracieuse et rêveuse. Il y a LUI dans le piano quand il n’est pas dessus ou dessous. La pianiste et l’acrobate évoluent dans un carrousel aussi délicat qu’une boîte à musique. Le piano s’envole, le balai se transforme en trapèze et le drap de l’illusionniste devient un doudou.

DANSE - 24/01 À CAPELLIA www.capellia.fr

MUSIQUE - 26/01 À L’ODYSSÉE - ORVAULT www.odyssee.orvault.fr

SUN

BJORNBERGE

Hofesh Shechter nous présente Sun, sa toute dernière création, incarnant avec une vision du monde puissante et incisive, une danse forte en images, efficace, tempétueuse, guerrière. Une danse à la fois protestataire et époustouflante, radicale et divertissante. Pièce pour quatorze danseurs, Sun est un rayon de soleil, une énergie intense et instinctive s’en dégage. Avec Sun, Hofesh Shechter envisage plus que jamais la scène comme un miroir du monde.

Ce bluesman atypique a su s’imposer au fil des années comme une figure emblématique de la scène blues européenne. Sa maîtrise époustouflante de la guitare 12 cordes, la remarquable fluidité de son jeu de slide, son fameux foot taping ou percussions des pieds frappés au sol, ses prestations scéniques impressionnantes, font de ce géant norvégien un virtuose comme il en existe peu. Un blues venu du froid avec une bonne longueur d’avance.

DANSE - 28 & 29/01 AU GRAND T www.legrandt.fr

MUSIQUE - 28/01 À 21H À LA BOUCHE D’AIR www.labouchedair.com

n° 17 dec 2013 - janv 2014


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Idile magazine n°17 décembre / janvier 2014