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"C’est avec un brin d’émotion mais aussi avec énormément de plaisir que nous avons voulu recréer, pour vous, le cadre de notre jeunesse. Bien entendu cette période, endeuillée par la seconde guerre mondiale, a été traversée par maints évènements douloureux. Elle a aussi été le témoin de beaucoup de frustrations ainsi que de multiples découragements. Mais l’espoir d’une vie meilleure, apte à pouvoir œuvrer à la réalisation de nos aspirations et à combler nos rêves d’avenir, a toujours été présent à notre esprit. Alors si vous décidez de lire ou simplement de compulser ces "tranches de vie" quelquefois cocasses ou émouvantes, alors goûtez-les, savourez-les car ce sont des récits d'existence, du temps qui passe et de la mémoire qui lentement inexorablement s'en va et disparait à tout jamais…" Monique et Gilberte


1962- Me voilà en Afrique (Congo Belge). Chaque fois que je changeais ngeais de résidence, je plantais des souches de bananiers dans la zone la plus humide, certain qu’une année après je j goûterais mes bananes. Ceci jusqu’au jour où je racontai, racontai à un vieux «colon», «colon» que j’avais vu un petit serpent de couleur VERTE parmi les feuilles d’un de mes bananiers. J’en ai eu une telle leçon de prudence que, depuis…, depuis… les bananes,, je les achète au ma marché. 1965- Me voilà en résidence à Léopoldville, toujours passionné de la pêche sur le grand g fleuve Congo.. Un jour, je me rendis, par la route qui longe le fleuve, vers les rapides qui se trouvent après Kintambo: le fleuve n’y est plus navigable et l’eau l’eau tourbillonne et s’oxygène à travers des rochers énormes. Les Le pêcheurs locaux, s’aidant de pirogues, y placent de gros filets et attrapent de beaux poissons (Mbutu). Ce jour là, il y avait un grand rassemblement de pêcheurs et j’ai pu avoir l’explication en m’approchant.

Un énorme serpent du genre Boa Constrictor, après avoir avalé une chèvre entière, était resté pris dans les filets des d pêcheurs, qui avaient réussi à le tirer en bordure du fleuve et s’affairaient à le tuer. Et le comble, à la stupéfaction stupéfac générale, fut lorsqu’ils sortirent… la chèvre toute entière du ventre du serpent…

La parcelle où se trouvait la maison était assortie d’une enceinte où vivait le cygne «Saturnin». Pendant une nuit de tempête, voilà que les deux sentinelles qui dormaient au pied de la porte d’entrée, me réveillent entre «foudre et éclair» en criant «Nyoka munene Patron»! Et avec laa lumière incertaine des éclairs, voilà que m’apparaît un gros serpent Boa qui, après avoir avalé le cygne, ne réussit plus à passer par les les mailles du filet de protection afin de se sauver. Enragé du fait de la disparition de Saturnin, j’ai arraché une hampe ha du drapeau et j’ai frappé violemment le boa jusqu’à ce que mort s’ensuive… Résultat final: au matin, mes sentinelles m’ont présenté la peau du boa (ilil mesurait 3 mètres sans la tête) et ont gardé la chair pour leurs familles famille (repas recherchés). La peau u séchée et salée pour éviter la putréfaction, a atterri en Belgique et, après passage chez un tanneur ardennais, a fini comme trophée dans mon living.

Moins héroïque lorsque, une nuit, en me rendant de Boma à la mer avec un pick-up pick Chevrolet, j’ai ressenti nti une secousse inhabituelle et quand je me suis rendu compte du problème, j’ai constaté qu’un gros boa s’était placé en travers de la route, d’un côté à l’autre, et mon pick-up l’avait écrasé.

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boi ses 1976- Je retourne en Toscane avec ses vignes, ses bois, oliveraies… et ses vipères… Un jour qu’il faisait encore frais, je soulevai une grosse pierre: il y avait une vipère toute entortillée. Je m’armai d’une pique en soulevant la pierre et, avec un coup bien placé, je tuai le serpent.

L’année suivante, e, en nettoyant mon oliveraie avec un ouvrier voisin, nous avons vu deux vipères enlacées et dressées au milieu de l’herbe. Avec son coupe-haie, coupe haie, l’ouvrier en a fait quatre morceaux.

Mais, dans la lutte SERGIO-SERPENTS , j’ai fini «perdant». Un matin, lorsque j’ai été chercher Bellina, une chienne bâtarde bâ mais très efficace pour la garde (avec puce de reconnaissance et passeport de vétérinaire afin de la ramener en Belgique), je l’ai trouvée «morte». ». Le vétérinaire appelé, compte tenu de certains signes apparents, m’a sentencié : «Morsure de vipère».

1976-Mon dernier BOY CUISINIER à Kinshasa a été François Makwala. Il avait une affreuse cicatrice au pied droit. L’ayant questionné afin de connaître l’origine de cette infirmité (entre autres je craignais qu’il s’agisse d’une plaie lépreuse. Je l’avais donc fait visiter à la léproserie de la ville) il m’avait répondu que, lors de son voyage à pied pour se transférer de Kikwit à la capitale, alors qu’une nuit il dormait sur le sol, il avait été mordu par un serpent et ses compagnons avaient aussitôt passé un fer chauffé à blanc sur la morsure. m Il paraît que c’était la seule pratique connue pour neutraliser le venin et limiter sa diffusion dans l’organisme.

J’ai fait venir François en Italie en position régulière régu de domestique; après il s’est marié avec une congolaise et je lui ai fait obtenir une place place dans un restaurant à la mer où il vit heureux. Sa première fille, Italienne par naissance, fréquente à l’Université de Pise, les cours pour une licence en langues gues étrangères. Et François son père, sera bientôt retraité avec l’INPS.

Le serpent, dans ce cas, était perdant…! perdant… _____________

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Va…le Temps! Le temps passe et nous pourchasse! Maudit Temps! Une vie, c’est ainsi. Pareille à un cheval sans bride. Des saisons de bonheur et puis l’arbre se dégarnit…

Et pourtant, nous vivons dans le Temps. Il fait partie intégrante de notre vie. Il rythme nos activités journalières et est présent dans chaque évènement de notre vie.

Et il y a aussi le bon Temps, le Temps qui nous fait grandir en sagesse. Viens ensuite le Temps de nos amours, puis celui des frimousses de nos enfants, celui des rêves!

Des rêves qui, parfois, s’effilochent au gré des vents. Mille pages tournées, mille feuilles envolées! Néanmoins, comme «le passeur d’eau qui, les mains aux rames, à contre-courant, luttait un roseau vert entre les dents»- d’Emile Verhaeren- nous restons amarrés à la terre et, comme lui, gardons obstinément un roseau vert entre nos dents.

Et c’est alors que nous nous rendons compte de toute la beauté de la vie qui nous entoure. Des épaules solides qui nous protègent, les rires d’enfants, la présence de vrais amis, la nature en liesse, des myriades d’étoiles… et ce qui est le principe même de la vie: l’Amour.

Et heureusement, ce maudit Temps n’a aucune prise sur l’Amour! Nous le rencontrons partout: dans les yeux de nos proches, dans ceux des inconnus que nous rencontrons, dans ceux des malades… On dit même que le Temps guérit toutes les blessures. Et rendons à César ce qui est à César: seul ce fichu Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la vie.


Une triste Saint-Nicolas Saint . Fait bizarre, je ne me souviens vraiment que d’une «Saint-Nicolas»: Nicolas»: celle qui m’a privée de bien d’autres. J’avais avais plus ou moins six ans et, comme tous les enfants de cet âge, je croyais au «Bon on Saint» Saint qui nous apportait les douceurs que, tous, nous espérions tant.

A cette époque, cependant, les présents ne ressemblaient pas du tout à ce que les enfants sages reçoivent maintenant! Avant la deuxième guerre mondiale, les jouets se résumaient aux poupées, aux livres d’images, aux perles à enfiler pour les filles, tandis que les garçons recevaient plutôt un petit train, une grue, des jouets en bois… Saint-Nicolas Saint Nicolas était, ét en outre, avare de friandises!

Les attentes de ce jour de fête étaient plus longues quee celles d’aujourd’hui car, à part Saint Nicolas et les cloches de Pâques, aucun autre «bienfaiteur» ne se manifestait durant l’année alors, qu’actuellement, les cadeaux s’offrent presque régulièrement. On ne pouvait non plus compter sur le Père Noël… Mon grand-père père était plutôt enclin à m’offrir une ardoise ou un cahier qu’à me gâter avec des douceurs et, comme j’avais plutôt le tempérament d’un d’u «garçon manqué», il m’offrait volontiers pour lecture «Les petites filles modèles». J’ai lu et relu ces beaux livres, dont j’ai encore la collection et cela me satisfaisait, je ne demandais rien d’autre.

Je remarquais bien que d’autres petites filles jouaient avec des peluches, qu’elles habillaient des petites poupées, qu’elles les coiffaient, mais cela ne me troublait tr pas car je n’avais aucune aptitude pour pour ces jeux. Je préférais courir avec mon petit singe et aller caresser le cheval d’un oncle alors qu’il gambadait dans un champ proche. Toutefois, à ma grande surprise, Saint-Nicolas Saint m’apporta cette fois une grande poupée, habillée comme une reine, avec de longs cheveux blonds. J’ai mis un temps pour réaliser la chose mais, bien vite, une sensation de contentement s’est emparée de moi et je me suis mise à parler avec cette nouvelle venue et, surtout à l’admirer. l’admire Toute contente, assise sur un banc, devant la maison, j’attendais la venue de ma mère et de mon frère qui, lui, venait voir si Saint-Nicolas Saint Nicolas ne l’avais pas oublié chez grand-père. grand Mais quand il a aperçu ma poupée, il me l’a prise par surprise et a fracturé fracturé sa tête sur le banc. Naturellement, je me suis mise à crier et, en réponse à mes pleurs, s, m’a mère m’a dit que ce n’était pas grave et que, d’ailleurs, je n’avais pas besoin de poupée! Cela a été mon dernier «Saint-Nicolas» Nicolas» et je n’ai jamais revu ma poupée p décapitée!


Une histoire surréaliste. Je suis coiffeuse à domicile; quand je vais régulièrement chez des clientes, ça se transforme souvent en visites sympathiques. Voici une histoire vraie. Je vais vous parler plus précisément de Madame Ernestine, de sa nièce Yvette et de son mari Léon, neveu par alliance. J’allais souvent chez ces deux dames à leurs domiciles respectifs pour prendre soin de leurs cheveux et nous entretenions des relations très amicales. Tout allait pour le mieux, et je trouvais un grand plaisir plaisi à chaque rendez-vous vous chez l’une comme chez l’autre; j’étais devenue à part entière un membre de cette famille. Après une longue maladie, tante Ernestine décéda. Je suis donc allée à son domicile, présenter mes condoléances à sa famille. Quand je suis arrivée arrivée à la mortuaire, il n’y avait personne à part la morte. Je me suis recueillie seule pendant un moment, quand soudain un bruit me fit sursauter! C’était Léon, le mari d’Yvette qui arrivait en titubant. Il s’approcha de moi avec des gestes très déplacés: il alla jusqu’à essayer de m’embrasser et Dieu sait quoi encore! Je me suis débattue, je me suis fâchée, et je l’ai bousculé pour me dégager. Il a perdu l’équilibre et horreur…il s’est affalé comme un pantin sur le cercueil qui lui aussi se mit à… vaciller vacille de gauche à droite. Moi, je m’affairais en pensant: « Que dois-je faire en cas de chute du cercueil ? ». Tout c’est passé comme dans un cauchemar. J’ai essayé de garder mon sang-froid sang froid pour empêcher la catastrophe imminente: la chute fatale de la tante et de son neveu! Ouf, la tante Ernestine est sûrement venue à mon secours car le cercueil se stabilisa à temps…et Léon retrouva comme par miracle son équilibre incertain. Vous comprendrez facilement la gêne que j’ai ressentie à l’idée de me retrouver face à face avec Léon quand Yvette me demandera un rendez-vous rendez pour une coiffure. C’est arrivé peu de temps après; avant d’entrer chez eux, j’ai pris une forte respiration pour garder mon calme. J’ai été accueillie chaleureusement, comme si rien ne s’était passé… Léon ne se souvenait de rien. Moi, après autant d’années, je me souviens encore de tout! BRRRR!


Le mois de juin approchait, prélude à l’examen tant redouté par nos quatorze ans… Car, à cette époque, l’école était bien différente de celle que nous connaissons actuellement. Nous avions seulement congé le jeudi après-midi. après Par contre, cours tout le samedi…

La seconde guerre mondiale venait de se terminer et les mauvais souvenirs commençaient à s’estomper: leçons données dans un froid glacial car il n’y avait pas de charbon pour alimenter le vieux poêle, un «gros crapaud» qui devait nous réchauffer réchauffer au moyen d’une grande buse qui traversait toute la classe ; interruptions des cours dès que la sirène annonciatrice d’une attaque aérienne se faisait entendre, etc…

Ce matin là, un soleil ardent se reflétait re sur nos vieux bancs de bois et réchauffait nos jambes engourdies par de longs mois studieux. Nous ressentions toutes l’envie de courir, cou une envie folle de liberté!

Nous voyant toutes un peu distraites, notre Maîtresse nous proposa touttout-à-coup une petite escapade. Au programme : écouter le chant des oiseaux, parcourir les beaux alentours de notre village. Nous n’allions donc pas très loin!

Quel bonheur…rires, bousculades, courses, former des bouquets de pâquerettes afin de les offrir à nos parents. Nous étions ivres de joie contenue et chantions à tue-tête tête en formant une grande ronde d’amitié.

Ensuite, nous avons parcouru les alentours de notre beau village entouré de grands bois et de vastes champs où paissaient tranquillement de belles vaches laitières. Notre otre maîtresse nous a alors fait admirer le château qui a vu la naissance de la cristallerie tant réputée de Vonêche.

A quatre heures, le signal a retentit et le groupe s’est aussitôt reformé en rang… Qu’il était bon le temps de cette fin d’école! Quelques Quelques jours et, bientôt, viendra l’été… et les vacances. Mais quels beaux souvenirs avons-nous avons nous gardé de cette petite escapade! Celle-ci Celle valait bien tous les voyages du monde et que de choses à raconter à nos parents!


Un épisode de ma vie, La guerre: J’avais trois ans quand la guerre est déclarée le 10 mai 1940. Pendant la première partie de cette guerre, il ne s’est pas passé grandgrand chose dans mon village, les avions sillonnaient le ciel et il fallait occulter les fenêtres pour qu’il n’y ait aucune trace de la vie dans les maisons, pas de privation de nourriture, car nous vivions des produits de la ferme. Mais vint l’offensive Von Runsdett en décembre 1944. Et là, ce fut la destruction quasi-totale quasi de mon village et de tout le périmètre de Bastogne. Nous étions réfugiés dans une cave chez des voisins ou au moins 90 personnes s’y trouvaient. Pendant ce temps là, Allemands Allemand et Américains se livraient des combats sans merci. encore les bombes qui tombaient sur nos J’avais sept ans et j’entends encore: maisons, certaines en feu. De temps en temps lors d’une accalmie, accalmi nos parents risquaient une sortie rapide pour aller soigner le bétail, du moins celui qui était encore vivant. La neige et le froid de cet hiver 44-45 44 était rude. Puis la libération et l’étendue des dégâts, il ne restait plus rien à l’intérieur de notre maison dont les murs étaient plus ou moins épargnés par les bombes. Les es Allemands partis ce fûtt la joie parmi les habitants du village qui peu à peu reprenaient leurs activités. L’école était suspendue. Nous n’avions plus rien, ni vêtements, ni meubles et il fallu beaucoup de courage à mes parents qui ne pouvaient compter que sur eux même et un peu sur la famille qui avait été épargnée, étant un peu à l’écart du périmètre p de Bastogne. Comme j’étais un peu passionné par la musique, le curé de l’époque m’envoya suivre des cours d’orgues gues à Bastogne ou je me rendais en vélo par tous les temps, + ou – 15 Kms aller et retour, j’avais j’ 10 ans et ce fûtt le début de ma carrière car d’organiste, car à douze ans j’assurais j’assur les prestations dominicales, je les assure toujours avec le même enthousiasme, alors que je dépasse la septantaine. Ensuite, service militaire taire de 18 mois à Malines et puis à Arlon dans les services administratifs (c’est c’est là, que j’ai appris la dactylographie), ce qui m’a bien aidé pour les ateliers informatiques que je suis assidûment actuellement. Ce fut une belle période de ma vie.


Souvenirs de sixième moderne.

J’avais douze ans et je venais d’entrée en sixième moderne, ce qui correspond à la première rénové. Au premier cours de français, je fus très impressionnée par un très jeune professeur qui avait l’air tellement sûr de lui. «Rédaction» » nous dit-il; ce n’était pas mon point fort, mais je m’y attelle avec une grande concentration. Au bout d’un certain temps, il reprend les copies. La journée se déroule au rythme de cinquante minutes de cours différents avec des professeurs différents, cela nous changeaient de l’école primaire, mais c’était intéressant. J’étais heureuse à l’école. Le lendemain, ce professeur de français nous donne nos points pour la rédaction; rédaction je n’ai plus souvenir de ma note, mais ma rédaction était relativement bien ficelée, par contre il m’a fait la remarque très désagréable que dans une phrase, j’avais écrit, «moi je», de ces deux mots répétitifs qui voulaient dire la même chose, il m’a jugée comme étant une égoïste, même pire une égocentrique à outrance… Je nee comprenais pas, mais j’étais déjà d’une timidité maladive et il me mettait la honte devant toute la classe. J’étais rouge écarlate, au bord de l’évanouissement, en manque de respiration. Je n’avais que douze ans. Ma grande timidité m’est restée tout au long de ma jeunesse et c’est parfois encore présent maintenant. Ce n’est qu’en faisant des séances de sophrologie que ces souvenirs de mes douze ans me sont revenus en mémoire. Ce professeur par ces remarques très humiliantes m’a cassée pour longtemps. J’espère J’ que les professeurs d’aujourd’hui ont plus de tact, car l’impact de certains mots peut laisser des traumatismes importants.


Regarder le Ciel! Ciel Je voudrais parler de cette merveilleuse connexion que nous devons ressentir chaque jour avec le Ciel.

Nous respirons son énergie. Nous sommes encrés à la Terre Mère, tel un arbre avec ses racines.

Nous devons ressentir cela… C’est très important! important

Regardez le Ciel… Ciel Peu de gens regardent le Ciel! Ciel

Respirez, souriezsouriez lui! Souriez!! Le sourire intérieur, même dans les situations un peu difficiles, est très important.

Essayez, vous verrez…


Portes jarretelles et bas nylon. PortesJ’avais 13 ans et je voyais ma sœur et ses amies qui avaient 2 ou 3 ans de plus que moi, commencé à vouloir faire comme nos mamans, porter des chaussures à talons, des bas nylon et des portes jarretelles. Elles avaient l’air ridicule à se tordre les pieds en marchant avec leurs hauts talons. A la longue des semaines c’était pour elles de plus en plus facile, elles devenaient très élégantes. Quelques mois plus tard, j’ai eu moi aussi l’envie d’être élégante. J’ai demandé à ma mère si je pouvais moi aussi porter des bas nylons. nylons D’accord dit-elle, tu peux essayer. J’ai mis ces fameux fameu porte- jarretelles, comme une ceinture autour de la taille et ces attaches qui pendent un peu partout. J’ai enfilé les bas, si fins qu’un tout petit accroc peut les faire filer comme une flèche. Fais attention à la couture disait ma mère, il faut qu’elle soit toujours bien droite, du pied, en passant par le mollet et derrière les cuisses. Voilà, je me prenais pour une grande, hauts talons, bas nylon nylon et porteporte jarretelles…mais …mais quel supplice. Les bas me grattaient les jambes, la couture n’était jamais droite,, les jarretelles me grattaient et me gênaient et le l portejarretelles empêchait tout mouvement. J’ai tenu le coup deux ou trois jours. J’ai vite enlevé «ces choses» pour me retrouver bien à l’aise dans mes petites ballerines vernies avec une bride et mes petites socquettes ou enfiler des bottines pour jouer au foot avec mon cousin.


Dès le début de la guerre, une pénurie s’est établie assez rapidement dans l’industrie textile. Les matières premières se sont sensiblement raréfiées et sont devenues naturellement très chères, ce qui a imposé une modification presque radicale de la mode.

Fini les jupes et les robes longues! La situation imposant une «mode de circonstance» due aux privations, la jupe s’est raccourcie et s’est portée juste en-dessous du genou, les épaulettes nous ont donné des épaules carrées, nos chaussures ont adopté des semelles compensées, voire en bois! Les élégantes ont été contraintes de se peindre une fausse couture sur les jambes, pour imiter les bas!

Je me souviens qu’un notable de nos environs avait pu se procurer un stock de couvertures provenant de l’armée allemande et l’avait distribué dans notre village. Nous, les petits, nous nous vus ainsi contraints de nous vêtir d’une espèce de duffle- coat de couleur kaki qui, avec nos socquettes et nos sandales, nous donnait un air «zazou» un peu ridicule pour notre âge. Je sais que, pour ma part, je me suis sentie engoncée dans ce vêtement, mais que faire!

La couturière du village, la pauvre fille, n’en sortait pas. Les mamans ressortaient leurs vieux habits afin de les voir transformés pour nous. Alors que les magazines allemands nous décrivaient une mode superbe, nous ne pouvions que nous contenter de retouches plus ou moins heureuses et très peu adaptées pour notre âge.

Naturellement, les vêtements les plus corrects étaient réservés pour l’école et pour l’office du dimanche. Pour l’école, le tablier était obligatoire. Pour ma part, aussitôt rentrée à la maison, les «bons vêtements» étaient aussitôt remplacés par une tenue plus appropriée pour le travail!

Quand je me reporte à cette époque, je pense qu’aller de l’avant c’est bien, mais que ce qui est le plus important c’est de se souvenir, ce qui est un véritable travail de mémoire. .. «L’homme qui ne se retourne pas sur son passé est un homme perdu» dit-on. Revenir sur cet épisode plus ou moins difficile de ma vie, me fait davantage apprécier le moment présent. +++++


Nos vacances. A l’heure actuelle, nos rêves d’évasion peuvent facilement se concrétiser, mais il n’en était pas de la sorte il y a plus de cinquante ans… et encore moins pendant la guerre…

Il est vrai, qu’à cette époque, il n’existait pratiquement guère de publicité relative aux voyages. Quelques agences spécialisées se partageaient bien le marché, mais celui-ci celui ne touchait, en réalité, qu’une petite partie de la population.

Nous, les enfants, nous ignorions donc le «dépaysement» sement» si prisé actuellement et attendions le temps des vacances scolaires avec impatience afin de pouvoir nous détendre, nous amuser et surtout retrouver les petits voisins.

Le village retrouvait alors une animation inhabituelle. Sur la place, les plus grands se servaient d’une craie pour dessiner essiner le jeu de la marelle sur le sol, parcours qui va de la terre au ciel disait-on. disait On obtenait ainsi neuf cases que l’on devait parcourir à clochecloche pied en évitant d’empiéter sur les lignes du tracé et il était défendu de mettre le pied dans dan la case où se trouvait la pierre qui servait de jeton. Cela demandait de l’adresse car il fallait maintenir l’équilibre…et les plus petits devaient compter sans se tromper!

Le beau temps permettait aussi les courses en vélo, d’autant plus que peu de véhicules véh n’entravaient leur parcours. Mais, que de chutes, de genoux ensanglantés… sans pour cela arrêter la compétition! Les petits, sur leur trottinette, tentaient bien d’égaler les plus grands, grands avec moins de danger heureusement! heureusement

Et lorsqu’il pleuvait, les maisons maison résonnaient d’un joyeux tapage.. Il y avait les mordus du jeu de l’oie, les constructeurs de citadelles au moyen de cubes, cubes les joueurs de yo-yo. Certains se livraient à de savants coloriages et d’autres se plaisaient à tenter de réussir un puzzle, un vrai casse-tête…Puis tête…Puis il y avait les filles qui jouaient à la poupée et, parfois, les plus grands préparaient un spectacle de marionnettes ce qui amusait, non seulement les petits, mais aussi les parents et les grandsgrands parents… messe, vêpres, salutsalut et pas Les dimanches étaient en principe réservés aux offices –messe, question, alors, de salir nos beaux vêtements !


Nos habits de fête. Je me souviens des années 1940-1950, 1940 pendant lesquelles un certain cérémonial s’imposait pour pouvoir participer aux offices religieux.

A cette époque, il était défendu, à la gent féminine, de se présenter à l’église non chapeautée, ni en manches courtes. Ce qui impliquait, naturellement, un choix assez conséquent de chapeaux pour celle qui voulait être tant soit peu «à la page»…

A cet effet, deux magasins spécialisés et bien achalandés pour la vente de chapeaux existaient alors alors dans la ville voisine, où la plupart faisaient leurs emplettes. L’un était tenu par une professionnelle qui fabriquait elle-même elle même ces accessoires. Elle ne proposait que des modèles exclusifs, ce qui plaisait à la plupart des notables qui se refusaient à voir leur couvre-chef chef sur la tête d’une autre!

Quant à nous, les jeunes, nous trouvions un malin plaisir à choisir des modèles les plus farfelus les uns que les autres, le plus souvent peu adaptés à notre âge, et c’est avec la plus grande curiosité que nous découvrions les nouveaux modèles, ce qui provoquait souvent maintes petites moqueries, pas très méchantes, mais parfois un peu «piquantes». iquantes».

Il en était de même pour les vêtements. Il était de tradition alors, d’inaugurer une nouvelle toilette à Pâques ues et une à la Toussaint ! Personne n’aurait osé déroger à cette tradition sans avoir à remarquer quelques coups d’œil réprobateurs et même moqueurs…

A l’église, la nef droite était exclusivement réservée aux hommes, la gauche aux dames. Les enfants se plaçaient à l’avant l’avant sur des bancs: bancs les garçons à droite, les filles à gauche. Pas question de transgresser cette règle! De plus, la plupart des chaises étaient ét des «prie-Dieu» Dieu» appartenant à des familles donatrices, et qui leur étaient strictement réservés.

Quand au fond de l’édifice, il était occupé par quelques irréductibles qui discutaient sans discontinuer des récoltes, du bétail et autres, ce qui, naturellement, naturellement, attirait immanquablement les foudres de l’officiant, mais malheureusement sans succès… _________


Mon village-Mes village distractions. Le village où je suis née, j'y suis restée pendant mes treize premières années,, à cette époque d’avant-guerre, d’avant essentiellement agricole. La plupart des employés, des ouvriers et des ouvrières étaient occupés dans la cité mosane, seule pourvoyeuse d’emplois alors. Partant de grand matin, ils laissaient le village bien calme et seuls, les charrois des cultivateurs rompaient la monotonie des lieux.

Mon grand-père père était un fervent colombophile et, toute petite déjà, je le suivais dans son pigeonnier aménagé là-haut haut dans un grand grenier transformé et très bien éclairé, auquel on pouvait accéder au moyen d’une grande échelle. Là, je m’imaginais être re dans une salle d’exposition…Les d’exposition… murs étaient tapissés d’étagères et, dans chaque case, se trouvait trouva un pondoir rempli de paille. Sur le sol, de longues mangeoires s’étendaient, ainsi que des récipients remplis d’eau. Des baignoires permettaient aux oiseaux de se baigner.

Naturellement, ellement, le nettoyage du sol, des nids, le remplissage des mangeoires et des abreuvoirs nous prenaient beaucoup de temps mais ne me pesaient nullement: nullement la beauté des pigeons et leur roucoulement ulement étaient ma récompense. Lorsque deux petites boules venaient à éclore, j’étais enthousiasmée.

Le samedi, un camion venait chercher les pigeons que mon grand-père grand désignait pour le concours auquel il participait.. Je me souviens que les paniers plombés étaient souvent dirigés vers le sud de la France. Le dimanche, de grand matin, nous devions surveiller les «rentrées» » car, dès l’arrivée, il fallait enlever la bague spéciale en caoutchouc glissée à la patte du pigeon et l’introduire aussitôt dans un «constateur», tâche qui m’incombait et que je n’aurais laissée à personne d’autre… Ensuite, le constateur était confié au club organisateur, aux fins de classement.

J’étais fière à l’annonce des beaux prix que récoltait mon grand-père et j’appréhendais la visite des «mordus» qu’Il recevait evait fréquemment et qui tentaient d’acquérir un dee ses «champions». «champions Je ne comprenais pas, alors, que tout élevage nécessite une sélection très sévère et que les meilleurs champions sont le fruit d’un croisement. croiseme C’est pour cette raison que mon grand-père grand entretenait de bons rapports avec d’autres éleveurs afin de pouvoir faire aire des échanges «prometteurs» «prometteurs disaitil! Pour moi, le décès de mon grand-père grand a vu la fin de cette belle le distraction… _____________


Mon institutrice et mon oncle

J’avais six ans, j’étais à l’école primaire. J’avais un oncle enseignant qui rédigeait des articles sur les petits évènements se déroulant dans mon village. Les rapports étant très tendus entre mon institutrice et lui, les conflits étaient permanents, la moindre petite entorse grammaticale ou orthographique était montée en épingle par l’institutrice, elle nous faisait nous ses élèves, lire l’article incriminé pour y découvrir les fautes éventuelles. Chaque élève trouvant un faute recevait un bon point .Lorsque c’était mon tour je recevais deux bons points car j’étais la nièce de «l’ennemi». Je m’empressais d’aller raconter la chose à mon oncle ce qui envenimait encore davantage les rapports entre les deux antagonistes.

Mon institutrice et mon curé, D’humeur aigrie sans doute dû au fait de son célibat obligatoire. (En effet à cette époque on ne tolérait pas les femmes mariées dans l’enseignement libre.) Elle était toujours en conflit avec les autorités et cela se répercutait sur les enfants. Le lendemain de notre communion solennelle, comme nous avions été très sages, le curé nous avaient emmenés en excursion en camion à une vingtaine de kilomètres de notre village, le retour se faisant à pied à travers bois. Nous nous étions bien amusés mais nous avions raté un jour d’école. Le mardi nous nous présentons à l’école et l’institutrice nous déclare qu’elle ne veut plus nous voir jusqu’à la fin de l’année scolaire et nous étions le 12 mai. Tout ceci pour contrarier le curé dans le cas contraire si nous avions suivi les directives de l’institutrice, nous nous attirions les foudres du curé. Nous étions littéralement pris en otage entre ces deux ennemis dans la passivité collective de nos parents. Qui par leur silence évitait d’aggraver la situation. Nous avons donc passé nos journées d’école à l’extérieur de celle-ci avec nos mallettes et sur la route. Il y avait sur le mur un tableau d’affichage communal que nous avons étudiés par cœur jusqu’au 15 Juillet. Tous les jours à 16 heures, l’institutrice venait nous dire que nous pouvions rentrer chez nous.


Mon enfance pendant la guerre, L’Allemagne ayant déclaré la guerre à plusieurs pays, la Belgique a mobilisé Tous les hommes en âge d’aller se battre pour défendre notre patrie. J’avais 4 ans quand je vis partir mon père appelé sous les drapeaux .Je ne savais pas à ce moment-là que je ne le reverrais plus avant cinq longues années. Avec ma maman et la famille de mon père, nous sommes partis en exode pour fuir l’arrivée des Allemands sur notre territoire. Je me souviens des routes encombrées de gens, de véhicules de toutes sortes, d’animaux. Ma mère avait pris le vélo de mon père, avec des coussins elle avait improvisé un siège sur lequel j’étais juchée, elle poussait ce vélo qui lui évitait de me porter sur les bras. Chaque fois qu’un avion ennemi venait bombarder la colonne de réfugiés tout le monde se jetait dans les fossés, ma mère me couvrait de son corps .On rencontrait des chevaux emballés, des vaches éventrées. Nous étions arrêtés pour la nuit dans une maison libre de ses habitants ayant fuis comme nous. Je fus prise d’un besoin pressant, les W.C. se trouvant dans le jardin, ma mère m’accompagna. A peine étions-nous rentrées dans la cave qu’un obus pulvérisa le cabinet. Nous l’avions échappé belle cette foislà !!!!!. Nous sommes arrivés en France jusqu’au village de Fellerie et nous ne sommes pas allés plus loin car les Allemands y étaient déjà.


Après la capitulation, nous avons repris la route mais cette fois pour rentrer chez nous. Mon oncle ayant loué un charriot et un cheval à un fermier, notre voyage fût plus confortable pour le retour. Quand je suis rentrée à la maison, ma poupée que j’avais bien cachée avait pourtant disparu, la maison avait eu la visite des voleurs et tout était sens dessus-dessous. Seule avec ma maman, cinq longues années allaient s’écouler sans la présence de mon cher papa.


Mon enfance aux Forges de Mellier. Dès ma naissance en 1935, j’ai vécu aux Forges Hautes de Mellier, à la frontière entre Ardenne et Gaume. Papa était garde forestier, nous habitions au milieu de la forêt, à deux kilomètres du village. Nous avions un seul voisin! Toute mon enfance a été bercée par la rivière courant derrière la maison. Très petite déjà, papa m’emmenait «en tournée» comme disaient les forestiers, sur une petite chaise accrochée à son vélo. Nous parcourions les bois de long en large pour surveiller les plantations, le gibier, rencontrer les ouvriers. Papa m’apprenait à reconnaître les arbres, les plantes, le chant des oiseaux, les traces du gibier. C’était magique! Je garde encore, aujourd’hui, cet intérêt pour la nature. Lors de la déclaration de guerre, en 1940, papa a été mobilisé malgré ses 38 ans… Après la capitulation du Roi, il se trouvait en France et a été embarqué de force vers l’Angleterre où il est resté cinq ans. Je suis seule avec maman pendant toute cette période. Nous n’avons pas eu de problème de ravitaillement, maman soignait deux vaches, des cochons, de la volaille et cultivait un jardin. Avec les voisins, nous fréquentions l’école du village: 4 kilomètres à pied, avec pique-nique à midi, été comme hiver… Nos jeux d’enfants étaient très variés avec de simples moyens: pêche à la ligne (une branche de noisetier, du fil solide et un hameçon rudimentaire) ou à la main, pêche aux grenouilles. Nous ignorions le règlement forestier. C’était la guerre! A la belle saison, nous nagions dans la rivière ou la cascade, cueillions des fruits sauvages (fraises, framboises, myrtilles, mûres, prunelles), construisions des cabanes en tous genres. En hiver, nous slalomions en traîneau entre les épicéas et construisions des igloos magnifiques. Que de beaux souvenirs! Le vendredi saint de 1945, papa est rentré d’Angleterre avec deux valises «diplomatiques». Pour moi, c’était un mystère, que signifiait cette diplomatie? Je me souviens surtout des cadeaux qu’il nous rapportait, notamment des chaussures dont j’avais grand besoin et qu’il était impossible de trouver à ce moment… Actuellement, la maison que nous habitions est toujours occupée par un garde forestier. Les vestiges des Forges sont encore visibles, notamment les deux fours à chaux. Le site est aujourd’hui propriété de la région wallonne et classé «monument et sites» depuis 1980. Malheureusement, il n’est pas bien entretenu. Annexe : Petit historique des Forges. Les Forges de Mellier Haut et Mellier Bas furent érigées vers 1620 par deux chimaciens. En 1731, elles deviennent la propriété du Duc de Looze. Les deux forges fusionnent en 1750 et connaîtront un plein essor durant 30 ans.


Suite à la révolution française, les forges sont mises sous séquestre. En 1837, le Duc d’Arenberg se rend acquéreur du complexe. Vers 1856, deux fours à chaux sont encore installés à Mellier Haut, pour tenter d’y maintenir une activité, mais en vain… Promenade des Forges: au départ de la Gare de Marbehan, cette promenade nous entraîne à la découverte des vestiges remarquables des Forges de Mellier. Cet ensemble connait ses heures de gloire au 17e et 18e siècle et est actuellement propriété de la Région Wallonne et classé comme monument et site depuis 1980. C’est aussi l’occasion de parcourir la forêt voisine ainsi qu’une réserve naturelle située entre le village et les forges: 9 kilomètres à pied.

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Mon enfance au village. Je suis né à Pratovecchio en Toscane, village couché dans la vallée du fleuve Arno (le fleuve de Arezzo, Florence et Pise jusqu’à la mer), où j’ai passé mon enfance jusqu’à onze ans. Hélas, les suites de la première guerre mondiale 19141914 1918 ont marqué cette période de ma vie! Après la défaite de Caporetto (1917) subie par les armées italiennes, Papa fut appelé anticipativement sous les drapeaux et envoyé dans les tranchées de première ligne comme simple fantassin. Il y fut blessé par une balle de shrapnel (obus à balle) qui pénétra pénétra dans le poumon gauche, un peu plus bas de la pointe du cœur et, malgré son extraction à l’hôpital de campagne, y créa un foyer d’infection. Chaque aque hiver, il souffrait de pneumonies terribles, diagnostiquées diagnostiquées par le Docteur Giagnoni qui proposait comme traitement: ampoules injectables d’huile camphrée pour soutenir le cœur soumis à 40° de fièvre, ampoules buvables de Bioplastina (extrait de jaune d’œuf), d’ ), application sur la poitrine d’emplâtres de farine de pépins de lin et application sur le dos de sangsues sang que le pharmacien Giuliani tenait bien entreposées dans sa pharmacie . A six ans, j’avais été préparé, avec tous mes amis, pour la première communion et voilà que Papa est alité avec une pneumonie telle que le médecin suggéra à Maman de remettre la cérémonie à plus tard et, plutôt, d’appeler le Curé pour administrer le sacrement de l’Extrême Onction à Papa… Voyant les larmes de ma mère ainsi que les miennes, Papa demanda, avec un filet de voix, à connaître l’objet de notre désespoir. sespoir. Dès la cause connue il répondit: «Que Que le petit fasse sa communion et bien habillé en petitt marin, comme c’est la coutume». coutume Ce fut un miracle: aidé par mes prières et par sa volonté de vivre Papa, sortit une fois encore gagnant sur ses pneumonies… Les années passèrent, les cardiotoniques se développèrent… après ce furent furent les antibiotiques…et Papa vécut véc jusqu’à cinquante six ans, pour mourir lors d’un accident d’auto…


Ainsi, j’ai passé mon enfance à Pratovecchio sous la guidance sévère d’une seule institutrice pendant cinq ans et, à onze ans, je suis allé pour la première fois en ville, à Arezzo, pour passer l’examen d’admission à l’école secondaire, avec succès. Et je suis heureux et fier d’être né à Pratovecchio qui est dominé par le château de Romena. Le père de la langue italienne, auteur de la «Divina Commedia» y a vécu et a rappelé ce château, entre autres, dans son «Enfer» où Mastro Adamo da Brescia prononce les versets «Ivi è Romena là dov’io falsai la lega suggellata del Battista perch’io il corpo su’ arso lasciai». (Voilà Romena où j’ai frappé des faux florins florentains et où j’y ai été brûlé vivant pour punition). Est-ce un hazard si la pièce de deux euros italienne, actuellement en cours, porte la frappe: «Dante Alighieri»?

Sergio

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Mon enfance, Un béret de feutre blanc posé sur mes boucles brunes, un coup de casquette sur les fesses donné par mon père parce que je ne voulais pas manger de pois et carottes. Ce sont les premiers souvenirs de mon enfance. Mai 1940 c’était le printemps, et le départ de mon père pour la guerre. C’était la mobilisation, tous les hommes partaient pour défendre notre partie, dans les trains bondés des cris, des chants résonnaient plein d’espoir pour une victoire rapide et un retour dans les foyers. J’avais 4 ans et demi et lorsque le train s’ébranla je fis un signe de la main à mon papa, je ne savais pas que je ne le reverrais que cinq ans plus tard. L’avancée des Allemands a contraint la population à fuir vers la France. Ma maman était seule avec moi. Elle a pris le vélo de mon père, a enveloppé le cadre avec des couvertures et des coussins, m’a juchée sur la bicyclette, pris quelques nourritures et vêtements. Nous avons rejoints mon grand-père, un oncle et des cousins, et nous voilà partis sur les routes en abandonnant notre chien à mon grand désespoir. Et ma poupée dans son berceau cachée sous la table. Nous avons été très vite rejoints par d’autres familles. Les avions allemands ont commencé à nous mitrailler. Ma mère me jetait alors dans le fossé en me couvrant de son corps. J’ai vu des chevaux emballés trainant des charriots démantibulés, des vaches touchées par les obus. La première nuit, nous l’avons passée dans une église, puis nous nous sommes remis en route. Etant arrêtés dans une maison, j’ai éprouvé un besoin pressant, la toilette c’était un cabane au fond du jardin. A peine étions-nous revenues dans la cave maman et moi qu’un obus pulvérisait le cagibi.


Nous avons repris la route jusqu’à un village français du nom de Fellerie. C’était inutile de fuir davantage, non seulement les Allemands nous avaient rattrapé mais ils nous avaient dépassé. Hébergés dans une ferme occupée par la troupe allemande, nous avons fait connaissance avec la famille nombreuse propriétaire de la ferme. Je me souviens d’une petite fille de mon âge avec laquelle je jouais, nous nous étions perdues dans les bois avoisinants. Ce sont les soldats qui nous ont retrouvées. Mon grand-père s’était blessé au pied et était incapable de marcher, il a été soigné par un médecin allemand, il a ainsi évité d’être amputé. Mon oncle a demandé au fermier de lui louer une charrette et un cheval pour permettre à toute notre famille de rentrer en Belgique. Ce qui fut fait. Mon oncle reconduisit la charrette quelques mois plus tard. Maman et moi avons retrouvé la maison pillée, plus de chien, plus de poupée et de beaucoup d’autres choses. J’ai repris l’école, joué avec des enfants de mon âge à cache-cache dans les maisons bombardées. Insouciante, je n’ai jamais eu conscience des difficultés que devait éprouver ma mère pour nous faire vivre. Recevait-elle des allocations ou une aide quelconque. J’aurais pu poser certaines questions, que je me pose à présent et dont je n’aurai plus de réponse.


Mon chien Sammy, Lorsque j’avais douze ans, mes parents m’ont offerts un petit chien que nous avions acheté au marché de Charleroi. Ils avaient payé cinq cents francs, ce qui était beaucoup pour l’époque. C’était un croisé cocker au pelage noir et blanc et nous l’avons appelé Sammy. Il m’accompagnait partout sauf lorsque j’allais à l’école, l on aurait dit qu’il comprenait qu’il ne pouvait pas venir avec moi en ces circonstances. Il avait du caractère mon petit chien. Il dormait sur mon lit et lorsqu’il m’arrivait m’ de bouger en dormant, il mordait dans mes pieds. Nous habitions un village au bord de la Meuse, et avec Sammy j’allais me promener au bord du fleuve. Il adorait nager. Un jour le dessus de la gaule d’un pêcheur, s’est détachée et est tombée dans l’eau, l’eau, Sammy s’est jeté dans le fleuve et a récupéré le morceau de la canne à pêche. Il est alors devenu célèbre car il allait rechercher tout ce qui était à la surface de l’eau. Un pont reliait les berges de la Meuse avant la guerre mais il avait était détruit dét lors d’un bombardement. Pour passer d’une rive à l’autre on avait installé une barge fonctionnant avec un treuil et manipulé par un homme. Chaque personne empruntant ce passage d’eau devait payer un droit pour lui, son vélo ou son animal si le cas se présentait. Un jour cet homme me dit: dit «si si ton chien traverse la Meuse à la nage, tu ne devras plus jamais payer son passage.» passage Avec un peu d’appréhension, j’ai fait comprendre à Sammy ce que l’on attendait de lui, et il a fait honneur à sa réputation. Un ancien a château-fort fort domine la vallée, c’était mon terrain de jeux, un jour Sammy en me suivant est tombé du chemin de ronde, heureusement sa chute a été amortie par des branches d’arbres en contrebas, mais il est resté paralysé de l’arrière l’arrière-train. Il a vécu dix années malgré son handicap. Il aimait beaucoup qu’on le prenne en photos, il arrivait toujours à se placer à l’avant-plan. l’avant plan. C’était mon compagnon, mon confident fidèle et très discret. J’ai eu beaucoup de chagrin à sa disparition.


Mes….. Serpents! Et en lisant ces lignes, il ne faut pas penser tout de suite à Adam et Eve! Réellement dans ma vie j’ai eu à faire, pendant mes pérégrinations, à plusieurs espèces de serpents, mais j’en suis sorti presque toujours gagnant.

Madame le professeur de sciences naturelles nous avait appris que, dans tous les pays méditerranéens, et en n Italie en particulier, il y avait beaucoup de vipéridés et, en Toscane, cane, dominait la vipère Aspis (tête à triangle, couple de dents qui se replient et sont directement connectées avec les glandes à venin, queue très courte). Seule faiblesse …si attaquée, elle se sauve, donc son organisation est plutôt défensive.

Première rencontre: été 1938. J’étais en vacances sur les montagnes APUANE (blanches car c’est là que s’opère l’extraction du marbre pour les monuments). Je me suis lié d’amitié avec un jeune berger ger et, chaque jour, nous partions avec son troupeau de brebis et de chèvres dans les bois de châtaigniers. Tous deux, nous cherchions cherchions des champignons (cèpes de bordeaux et des «porcini», ou nous attrapions des truites dans les petites rivières. Un jour, j’ai ’ai remarqué des fougères splendides. J’ai voulu les cueillir et voilà qu’une grosse vipère sort de la touffe…. Et se sauve à toute vitesse. J’ai alors appris pourquoi les bergers se promènent toujours avec un bâton. 1948 - Me voilà entré dans la vie professionnelle, fessionnelle, à Milan, dans un Institut de sérums et de vaccins: vaccin : il y avait des fosses à vipères. Des très expérimentés techniciens attrapaient ces serpents, leur pressaient les deux glandes placées de chaque côté de la tête et leur faisaient mordre des éponges. éponges. Les venins, ainsi prélevés, étaient titrés et injectés aux chevaux et ensuite on suivait la production d’anticorps pour préparer les sérums en ampoulesampoules seringues qui étaient distribuées dans les hôpitaux, pharmacies et sociétés de chasse. Il y a eu quelques accidents dans la production, mais je m’en suis toujours tiré…


Mes premières années d’enseignement. En 1956, mon diplôme de régente ménagère en poche, je suis engagée dans une école professionnelle. J’étais titulaire de différents cours, dont celui de repassage.

La classe était située au sous-sol, sous éclairée seulement par un soupirail, les tables posées sur un sol inégal donc, pas très stables! Les fers à repasser, en fonte noire, étaient chauffés sur un poêle à charbon muni d’encoches sur son pourtour, où l’on posait les fers.

Le poêle devait être allumé un certain temps avant le cours afin d’obtenir une taque suffisamment chaude. Les résultats obtenus n’étaient pas toujours à la mesure des efforts des élèves… Le fer, trop chaud, brûlait le tissu, trop froid, le linge était tâché. Les poussières de charbon causaient causaient aussi des dégâts!

Pour vérifier si le fer était «à point», il nous suffisait d’y placer l’index mouillé et si le fer grésillait, il était à point. Que de «aie» ais-je ais entendu!

A cette époque, le linge en lin ou coton, très souvent amidonné, rendait ait le travail encore plus délicat… Nous possédions aussi deux fers électriques que les élèves utilisaient à tour de rôle chaque semaine. Un fer à coque servait pour le repassage des manches froncées.

Au fil des années, chaque élève a bénéficié d’un fer électrique, électrique, puis à vapeur, d’une calandre et, aujourd’hui, d’une centrale «vapeur». La corvée du repassage à l’"ancienne"est est donc bien révolue, d’autant plus que les tissus actuels ne n nécessitent plus guère qu’un repassage minimum, et même certains en sont totalement dispensés, ce qui n’est pas pour déplaire à beaucoup!


Mes années scolaires,

Jusqu’à six ans, j’étais scolarisée dans l’école catholique de mon village. Je ne sais pas pour quelle raison ma mère (Mon père étant toujours prisonnier) a décidé de m’inscrire dans une école de l'état état à cinq kilomètres de chez nous. Je m’y rendais à pied n’ayant aucun autre moyen de me déplacer. Je me souviens de mon institutrice qui nous avait expliqué qu’il fallait se laver partout, partout, elle insistait beaucoup sur le mot partout. Cela m’avait frappé car à cette époque, les les salles de bains étaient extrêmement rares seules les familles riches en disposaient. Nous, nous nous lavions dans un bassin en galvanisé avec du savon blanc, généralement le samedi, les autres jours, ont faisait comme les chats, on se débarbouillait le bout du museau.

Naturellement, je mangeais à l’école à midi, une tartine de margarine et un verre d’eau l’été agrémenté d’une soupe chaude et payante en hiver. Les enfants des fermiers faisaient chauffer des gamelles sur le poêle placé au milieu de la classe. asse. Une bonne odeur de pommes de terre et de viande nous chatouillaient les narines,


Mémoire de la guerre. Je voudrais ne garder en mémoire que de bons souvenirs et c’est pourtant le plus tragique que j’ai connu dans ma jeunesse qui q me revient souvent. Pourquoi? Est-ce ce pour me rappeler que la vie ne tient qu’àà un fil… Serait-ce S un devoir d’humanité?

Ce fait que j’appelle tragique m’a très fortement marquée alors que j’avais treize ans et que la guerre venait de se déclarer. Les Allemands envahissaient la Belgique et les armées belges et françaises capitulaient, vaincues.

J’habitais alors un village au bord de la route Bouillon-Dinant, Bouillon Dinant, à Vonêche plus précisément. Les Allemands nous ont prévenus de l’arrivée de prisonniers français et nous ont réquisitionnés pour leur procurer de l’eau. Il faisait faisait une chaleur torride…En fait, il s’agissait de soldats français et algériens, exténués e et encadrés par plusieurs soldats allemands.

Nous étions plusieurs à leur présenter un peu de sel, des gobelets d’eau de source (nous possédions heureusement un puits!) A un certain moment, un n de ces pauvres soldats s’est détaché de la colonne pour venir boire et, à cet instant précis, un coup de feu l’a couché juste à mes pieds… mort. Et je me rappelle encore les yeux exorbités et étonnés qui m’ont m’on fixés une fraction de seconde!

Cela

me rappelle que nous ne savons pas vivre totalement et complètement dans le

présent, la mémoire nous projette proje dans le temps mais, aussi, crée le futur. __________


Marche doucement dans la terre, elle est sacrée! Marche doucement dans la terre, elle est sacrée. Trouve la sève en toi, trouve le souffle en toi, Comme l’arbre qui trouve sa verticalité Grâce à sa sève qui l’enracine vers le bas Et qui le tend vers le ciel. Marche doucement dans la terre, cherche ton pas, Cherche ton rythme afin de te sentir accueilli par elle, Comme tu marches dans la Vie, elle est sacrée. Marche avec ton cœur, marche avec ton centre. Mets ta présence dans ta marche. Marche avec présence, tente de retrouver ton axe, Ton désir profond de retrouver ton cœur, ta véritable nature. Marche, avance, va à la rencontre de ton être. Cherche ton ciel en toi, afin de te relier au ciel. Pour ce faire, il est important de rester en contact avec tes racines. Marcher, c’est chercher ton enracinement Pour que ton ciel intérieur puisse s’élever vers le ciel. L’un ne va pas sans l’autre. Il n’est pas possible de vivre sa spiritualité Sans être profondément enraciné. Accepter ses racines, c’est accepter de là où je viens, Quelle que soit l’histoire qui m’a construit! Ce n’est que dans notre quotidien Que nous vérifions notre capacité A vivre nos spiritualités. Le désert n’est qu’un temps de passage. Il nous permet de revivre le lien à notre capacité d’aimer. C’est dans notre quotidien Que nous en vérifions l’application, Simplement dans notre quotidien… Pierre-Yves Brissiaud.


Ma vie d’étudiante. C’est avec une certaine nostalgie que, très souvent, je me replonge dans ma vie d’étudiante des années 50 et en particulier dans les détails de ma vie de «pensionnaire».

Notre résidence étant éloignée d’un centre, mes parents avaient, dès ma quatorzième année, choisis de m’inscrire en tant qu’interne dans un institut géré par des religieuses,, où je suis restée sept années afin d’obtenir un diplôme de régente ménagère.

Tout y était minuté comme les aiguilles d’une montre: montre lever à six heures, ensuite assistance à la messe, suivie du déjeuner. Venaient ensuite les cours et les exercices inhérents à notre statut d’étudiantes. d’étudiante J’appréciais beaucoup l’étude et le peu d’exercices sportifs qui nous étaient permis mais le l moment que ue j’appréhendais le plus était celui de la «toilette»: les es éviers et les armoires de rangement se trouvaient en enfilade dans le couloir et nous étions étroitement surveillées par une sœur qui ne permettait pas de nous voir «dévoilées»! Même à la douche, nous devions porter un tablier… le nu était défendu…

Nos rapprochements étaient aussi surveillés sur de près; pas question d’avoir des apartés et de se lier de façon trop intimiste avec une autre pensionnaire… Notre courrier était «ouvert» avant que nous puissions puis le lire et, de même, nos envois étaient contrôlés avant d’être postés.

Je ne me souviens pas de m’être vraiment sentie «prisonnière» de ces règlements quoique, très souvent, nous ne manquions ions pas de nous en moquer, en cachette bien entendu, et les plus audacieuses ne rataient aucune occasion pour enfreindre le règlement, ce qui nous attirait bien entendu les foudres des responsables et, parfois, des des retenues…

Pourtant, celles-ci ci étaient à redouter car, à cette époque, nos retours à la maison étaient nt limités à quatre sur l’année scolaire… et les visites de nos parents étaient fixées par la direction à un dimanche par trimestre le plus souvent.

Heureusement,, la situation a bien évolué depuis ce temps car je m’imagine mal voir nos ados accepter tel programme… Mais pour ma part, malgré tout, tout je garde de bons souvenirs souvenirs de ma vie de «pensionnaire» et, en particulier, de mes professeurs et de mes camarades de classe.


Ma Vespa, A l’occasion de mes dix-huit huit ans, mes parents m’ont offert une Vespa. Chose qui n’était pas courante pour l’époque. En effet la plupart des jeunes gens de mon âge ne possédait qu’un vélo très rudimentaire sans vitesses. Elle était verte, possédait trois vitesses à la poignée et un frein au pied. J’en étais très fière, cela faisait jaser tous les gens du village. Pensez donc une jeune fille en jupe sur un engin rapide quelle honte!!! honte Avec cet engin j’étais indépendante, je pouvais faire de longues ballades rendre visite à la famille et particulièrement à mon cousin André qui se moquait de moi mais qui mourait d’envie d’enfourcher d’ ma jolie Vespa, parce que lui n’avait qu’un vélo très ordinaire. Avec mon petit véhicule, j’allais faire les courses que je déposais dans le coffre prévu à cet effet, c’était très rapide et amusant. Je ne permettais à personne le droit de l’enfourcher sauf à mon papa. Quant à mon cousin, il a pu juste s’asseoir dessus, le temps d’une photo. De retour à la maison, je la bichonnais et elle brillait comme un sou neuf. Elle avait coûté 19.500 francs, ce qui était un prix conséquent pour l’époque. C’était une 125 cc. Je garde de ma petite Vespa un souvenir ému car elle me rappelle de bons moments de ma jeunesse.


Ma langue française. 1938. Je suis «entré» entré» dans la langue française à quatorze ze ans pendant deux années scolaires, grâce à notre professeur, Madame Maraghini, M dure et sévère avec ses élèves. Sa spécialité était ce qu’elle appelait la gymnastique verbale: en italien, elle dictait à haute voix les temps et formes des verbes, surtout des irréguliers, nous devions écrire les réponses en français et, à la fin, elle retirait les copies pour la correction avec une rapidité déconcertante. (Madame Maraghini au centre droit et, moi, à côté).

Les rapports entre Madame et les autres professeurs n’étaient ni simples ni faciles mais inconsciemment peut être, je me suis lié à la langue française et cela, pour toute ma vie.

1951. Pour mon travail, j’étais à Sienne et je logeais dans un petit hôtel avec restaurant annexe,, tout près de la fameuse «Piazza del Campo» où se jouait le «Palio», course de chevaux portant chacun les couleurs des «contrade» de la ville. (photos photos Piazza del Campo à Sienne) Le soir,, au souper, assises à une table à côté de la mienne, il y avait deux demoiselles françaises et je me suis lancé dans la conversation. Toutes les deux vivaient à Paris, licenciées en droit de la Sorbonne. rbonne. L’une travaillait dans l’administration, l’autre au Bureau légal d’une compagnie d’armement naval. Elles ont éclaté de rire lorsque, moi, j’ai affirmé que je travaillais dur pour mon «derrière» au lieu de mon «futur»! Une gaffe gaff qui m’a marquée pour toujours! Les jourss suivants, je suis devenu le «chevalier « servant» de ces demoiselles…et, avant leur départ, je me suis décidé: décidé les bateaux l’on emporté sur les champs de blés.

J’ai fait plusieurs voyages à Paris, ELLE est venue une fois à Florence et, un an après, notre mariage était enregistré et béni dans un petit village de l’Essonne. Le premier livre en «français» qu’elle m’a donné à lire a été «Le petit Prince». Entre nous, je lui parlais en français et elle me répondait en italien. 1


Deux enfants ont rempli notre vie commune et les jours passaient dans une entente parfaite. Ma société m’a chargé de contacts professionnels en Suisse: ainsi, nous pouvions faire des séjours à Genève, enève, Lausanne et Fribourg. 1960- Voilà qu’un jour, elle me fait tâter un nodule sur un de ses seins… Visite immédiate chez un chirurgien de l’Hôpital Central de Livourne qui, après une biopsie, a demandé une analyse: réponse négative vis--à-vis du cancer. r. Mais, six mois après, nous retournons chez le même chirurgien car la morphologie du sein a complètement changé… en pire! Intervention ntervention chirurgicale radicale, complète (ablation du sein atteint, extraction des glandes également). également) Ensuite, examen au laboratoire ratoire avec confirmation du cancer. Il s’ensuit des pansements douloureux et des traitements aux rayons X car, à cette époque, il n’y avait pas une seule molécule active contre ce fléau…

Le chirurgien m’a déclaré que, malgré les efforts de tous, les prévisions étaient mauvaises. Et un mois après, voilà le décès: transportée encore vivante de l’hôpital à notre villa située entre le stade et la mer, villa qu’elle aimait tellement, et que j’avais meublée suivant ses désidérata…

Ma femme avait une seule cousine provenant du côté de sa mère. Elles avaient le même âge et la même situation familiale, c'est-à-dire c'est dire mariée et avec deux enfants, enfants deux garçons et conduisait une vie sereine sans problème, en tant que fille unique d’un gros fermier de l’Essonne.

Lorsqu’ils apprirent ce qui se passait de tragique à Livourne, à titre préventif, ils contactèrent l’Institut Curie, premier institut de France pour l’application des rayons en diagnostique et thérapie, sis à quelques kilomètres seulement de chez eux. Mais is le cancer de la poitrine se manifesta également chez la cousine dans toute l’ampleur de sa cruauté et la cousine décéda seulement six mois après mon épouse… au premier bâtiment de l’Institut Curie. Ill faudrait croire qu’indépendamment du sexe, certaines cer s lignées sont porteuses de molécules anormales qui provoquent de telles tragédies! tragédies

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Et me voilà seul! Avec mon français…Bien entouré de mes enfants, de ma mère et de ma sœur, j’ai tenté de surmonter ce chagrin mais je m’enlisai de plus en plus dans mon désespoir.

Finalement j’ai entrevu, comme ancre de sauvetage, la langue française, et mes efforts ont enfin abouti quand un ami pharmacien de Brienon-sur-Armançon m’a annoncé qu’une grande compagnie ayant siège à Bruxelles, cherchait du personnel pour le Congo, ex belge. Ma candidature fut immédiatement acceptée.

A Milan, lorsque j’annonçai ma décision de démissionner à la Société chez qui je travaillais depuis douze ans, il y eut une tentative du patron de me retenir et, finalement, le chef du personnel me donna un congé de six mois: «Pars en Afrique, vois tout ce que tu veux voir et je te donne six mois pour confirmer ta démission» ou bien rentrer chez nous…» A l’échéance des six mois, j’ai confirmé ma démission et… j’ai continué à parler et écrire en français.

Et mon français a été ainsi sauvé!

Sergio

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Ma jeunesse, de quinze à vingt quatre ans. Ma famille s’était transférée dans le Chianti, à Montagnana, 18 kilomètres de Florence. Ainsi j’ai fréquenté l’école secondaire et, ensuite, le lycée de Florence. Il y avait le bus qui chargeait étudiants et ouvriers, les amenant le matin en ville et les ramenant le soir à la maison…

Mon lycée était placé sur le Lungarno et, des fenêtres, nous pouvions voir Ponte Vecchio et Ponte alla Carraia, fameux fa pour la douceur de ses arcades. Ainsi, les années passèrent sous la guidance d’excellents professeurs.

Et voilà la guerre 1939-1945 1945 qui commence: les amis plus âgés ou volontaires ntaires partent au front. front Pendant les vacances,, les jeunes qui restaient devaient deva remplacerr ceux partis sous les drapeaux. drapeaux. Je me rappelle les champs dorés de blé qu’il fallait couper et lier en «mannelles» et, le soir, les placer sur un charriot traîné par deux bœufs afin de les amener à la maison du cultivateur pour être battus par par une machine à bois et vapeur.

Ce qui nous fait sourire quand nous voyons les machines actuelles ac qui fauchent et battent des hectares de blé par jour et sont suivies de camions-citernes citernes qui amènent directement le blé à la coopérative qui, elle, stocke les grains dans des silos à la disposition des moulins et des commerçants. Pour nous, étudiants prêtés à l’agriculture, il y avait une consolation: regarder les fesses des filles qui, mêlées à nous, se pliaient pour faucher le blé…… …! Et les champs étaient grands…..! Et il faisait chaud….!

Mais voilà que la guerre change et, en 1943, les armées anglo-américaines américaines arrivent aux alentours de Montagnana. Les allemands en retraite me volent le vélo qui me permettait d’aller suivre ma scolarité rité à Florence… Or, le bus avait arrêté son service et impossible de trouver un nouveau vélo… Et voilà que je découvre les sangles en caoutchouc d’un tank et un semblant de vélo dans la ferraille! Et j’ai recommencé alors à aller à Florence, ce qui m’a permis permis de suivre les cours et de réussir mes examens. Je me rappellerai toujours les montées et descentes de ces 18 kilomètres et, aussi, de trois faits particuliers que voici:


Un jour, en vue de Florence, je descendais les derniers tournants quand j’ai croisé cro une voiture alimentée au gazogène. ène. On s’est «choqué» et, d’après une récente RX, RX cela se voit encore sur les os de mon épaule droite. Hélas, c’était des «chefs» et, lorsque je leur ai demandé de reconnaître leurs torts, ils m’ont menacé de me dénoncer pour «marché noir» car, en plus de mes livres, j’avais un sac à dos avec du pain et des salaisons!!! salaisons

Une autre fois, lorsque j’étais j’étai tout près de Florence, j’ai commencé à traverser une petite rivière (Ema), empruntant une passerelle que les Alliés avaient avaie placée sur les ruines d’un pont détruit par les Allemands. Voilà que, du côté opposé, arrivait un agriculteur avec une grosse vache: vache je passe… tu passes… voilà que la grosse vache me frotte frot avec son gros ventre… J’aii malheureusement perdu l’équilibre et,, avec mon vélo et mes livres, j’ai fini mon voyage dans l’Ema. Cette foisfois ci, j’ai rebroussé chemin! Enfin, une dizaine de jours après l’occupation de Florence par les Anglais, il y avait des tanks canadiens qui stationnaient près de notre habitation, et moi je balbutiais balbutiai anglais avec un jeune officier (j’avais étudié la langue anglaise pendant un an à l’école). Et voilà qu’il commence à crier en indiquant une jeep j qui avançait au ralenti: «Churchil, Churchil, Churchil!» » Cela n’a pas été difficile de reconnaître le Premier anglais avec son éternel cigare… Le passage de Winston Churchill avec le Général Alexander n’était pas occasionnel: à trois kilomètres de Montagnana, il y a le château de Montegufoni, alors propriété de Lord Sitwell, avec des caves énormes et bien cachées: l’administration italienne du Musée Pitti-Galleria Pitti degli Uffizi Firenze y avait transféré beaucoup d’œuvres d’art pour éviter de possibles destructions découlant de la guerre.

La constitution dell’Unione Europea avec les institutions ions monétaires et la monnaie commune (euro), a réduit les risques de guerre, du moins entre les peuples européens. Heureusement! Sergio ___________


L’Hiver, L’hiver 2010/2011 a commencé très tôt. La neige tombée en abondance et le verglas qui a suivi, ont suffit à créer des embouteillages monstres, des accidents en série et la panique des services d’épandage qui ne savaient plus ou donner de la tête et trouver du sel pour dégager les routes. Je me souviens des hivers de mon enfance. Ils étaient bien plus rudes que ce que nous connaissons actuellement. Bien sûr la circulation automobile n’était pas aussi importante et les services d’épandage n’existaient pas encore. Habitant dans la vallée mosane, j’ai connu la Meuse gelée et les garnements les plus hardis se risquer à glisser sur cette patinoire improvisée. Ces hivers faisaient la joie des enfants car la télévision et les jeux vidéos n’existant pas encore, les distractions étaient rares surtout quand il fait froid. Dans mon village, il ne passait pas dix voitures par jour, cela explique que les rues appartenaient aux petits et grands adeptes de la glisse. Les papas mais surtout les grands pères fabriquaient des traineaux avec des planches et pour que les engins soient performants, ils étaient garnis de lattes de fer tellement aiguisées qu’elles étaient coupantes comme des lames de rasoir. Les enfants de tous âges se réunissaient au sommet de la pente de la rue principale et formaient une chaîne de traineaux, les petits devant dirigés par les grands et tout ce petit monde dévalait la route en poussant des cris de frayeur lorsque cette chenille humaine prenait de la vitesse. Les joues étaient rouges, les mains et les genoux violacés, car rares étaient les enfants qui avaient des pantalons longs. On en était encore aux jupes pour les filles et aux courtes culottes pour les garçons. On rentrait à la tombée de la nuit, heureux, affamés et transis. Nous n’avions pas besoin que l’on nous chante une berceuse pour passer une bonne nuit. Plaisirs simples et vivifiants, chaleureux. On se réjouissait à l’idée de recommencer cette glissade le lendemain. Maintenant, c’est fini. Il y a des voitures partout, ce ne serait plus possible. Les gens maintenant vont aux sports d’hiver, ce n’est plus pareil et je suis sûre que quelque part, le plaisir n’a plus la même saveur.


Je me souviens encore de ces veillées d’autrefois, au cours desquelles nous formions form un groupe avec nos voisins venus partager parta les longues soirées d’hiver de ces années de guerre avec nous.

Il fallait bien occulter les fenêtres, car les avions allemands survolaient souvent la région. On restait alors dans une pénombre pesante. On parlait des prisonniers qui ne donnaient pas de nouvelles et pour lesquels, tous les après-midi, après se réunissait devant une petite grotte de NotreNotre Dame de Lourdes, rdes, pour réciter le chapelet.

on

L’attente était longue, de rares nouvelles nous n parvenaient de Londres et,, au vu des évènements, on appréhendait le plus souvent une longue durée de la guerre. Mon grand cousin, jeune officier de gendarmerie qui n’avait n’ pas voulu se plier à la cause ennemie e et faisait partie de la résistance, venait d’être arrêté et, sans doute, déjà déporté en Allemagne, d’où il n’est jamais revenu. L’ambiance n’était donc pas réjouissante réjouis et, pour moi, qui n’avais que quatorze ans, cela ressemblait à une triste situation.

Pourtant, il fallait réagir, et le travail résultant résu de la guerre s’accumulait: il fallait s’occuper de deux vaches achetées tées par mon père afin d’éviter trop de restrictions dans la nourriture. Et pour cela: cela lever tous les jours à 6 heures, courir chercher les bêtes dans le pré, ré, les traire, les reconduire…courir reconduire… à la messe et au catéchisme Après l’école, rebelote… rebelote puis les petits travaux de rentrée du bois, du charbon, car mon père était un grand invalide de la guerre 14-18. 18. Ensuite, les devoirs…Guère devoirs le temps de flâner!

Malgré tous ces aléas, la jeunesse triomphait et l’espoir d’un avenir meilleur soutenait tous les jeunes de notre entité. Tous les tristes évènements tributaires de la guerre nous rapprochaient peut-on dire et nous empêchaient de tomber dans des mesquineries stériles. Au contraire, une entraide s’était formée envers beaucoup de nos compatriotes compatriote qui, moins chanceux que nous -qui qui ne ressentions ressenti pas le manque de nourriture – venaient régulièrement se ravitailler tailler chez nous pour leurs besoins vitaux. Cela est resté le seul fait positif de cette satanée guerre! guerre


Les rites oubliés. Avec l’après-guerre 40-44, 44, plusieurs démonstrations de la foi chrétienne ont été soit simplifiées, soit tout simplement supprimées. Elles avaient pourtant le mérite de rappeler la haute valeur que les humains accordent aux symboles.

Il en a été ainsi des «Rogations» «Rogations qui se déroulaient les trois jours avant la fête de l’Ascension. Elles avaient pour objet de demander à Dieu, et à tous les saints, de nouss procurer un temps favorable, de protéger les moissons et tout ce qui touchait à la l terre.

De grand and matin, après la messe, une procession s’organisait, conduite par le prêtre et les enfants de chœur, suivis des es enfants des écoles et, ensuite, des villageois. Le prêtre lançait les supplications en invoquant tous les noms des saints et la foule répondait.

Nous, les enfants, étions fous de joie et il était difficile de nous contenir. Et c’est près d’une croix placée à l’extrémité mité de la localité, que la foule foule s’arrêtait afin d’écouter les paroles liturgiques qui s’imposaient ’imposaient à cette occasion. Le Le retour s’effectuait de la même façon, en priant toujours. Il en était de même les deux jours suivants, suivant à part que les arrêts s’effectuaient s’effect devant deux autres croix éloignées, elles aussi, du village.

J’aime aussi à me rappeler la fête de l’Assomption car, à cette occasion, le village était tout transformé. ormé. Les jeunes gens plantaient des branches d’arbustes – il s’agissait de ‘’mai’’- le long de la rue principale où le cortège devait passer. Conduit par le prêtre et ses acolytes, le cortège se composait d’une chasse portée par des épaules d’hommes et surmontée d’une statue de la Vierge Marie parée de ses plus pl beaux atours, d’oriflammes et, ensuite, de la foule.

Nous les petites filles, nous étions chargées de répandre des pétales de roses sur le chemin en signe de respect pour la Vierge Marie. Ces fastes nous ravissaient et nous ressentions que le cœur du village battait à l’unisson l’ car rares étaient ceux qui ne participaient pas à la cérémonie! cérémonie


Dans les années «trente», trente», j’étais encore trop jeune pour me rendre compte, par moi-même, moi du genre de vie des es paysans d’alors. Mon grand-père, grand , qui avait ma charge, faisait tout son possible pour m’initier aux choses les plus simples de la vie rurale mais, en même temps, faisait en sorte que je comprenne le sens de la mentalité de la plupart de ces travailleurs de la terre.

Un matin, je l’avais accompagné chez des petits cousins, très âgés, propriétaires d’une ferme. Ils étaient trois, deux hommes et une femme, tous frères et sœur, tous trois célibataires. A cette époque, me disait mon grand-père, grand père, les aïeux refusaient souvent le mariage aux enfants, car «mariage» amenait « partage»!

Malgré leur grand âge, ils vaguaient encore à tous les travaux de la ferme. Seul, un « journalier» venait occasionnellement pour aider les deux frères à effectuer les durs travaux, tels que le charruage, la conduite du fumier dans les champs, la fenaison, son, l’arrachage des betteraves… tout cela avec un matériel d’époque et à l’aide de deux beaux chevaux.

L’intérieur était très bien tenu par la fermière qui s’occupait, en outre, de la traite des vaches, du travail de la laiterie, de nourrir la basse-cour, basse ur, les cochons et, en plus, de l’entretien du potager. La cuisine me plaisait avec ses grandes armoires, genre «garde-robes» «garde robes» bien cirées, entourant une grande table où l’on pouvait s’attabler en s’asseyant sur des bancs. Une belle cuisinière blinquait au centre de la cuisine.

Je ne m’imaginais pas, alors, tout le travail que ces cousins devaient devaient fournir pour obtenir un tel résultat et ce, malgré un âge très avancé. Heureusement, ils étaient tous trois en bonne santé et paraissaient contents de leur sort. Et pourtant, me raconta mon grand-père, grand au cours de notre voyage de retour: «ils ils sont très regardants, même avares. Ils ne mangent que les produits de la ferme et partagent même 1 œuf en trois afin d’épargner!» d’épargner!

Difficile à comprendre et à admettre quand on est un enfant! Et, même à l’heure actuelle, actuelle je repense parfois à cette visite d’autant plus que j’ai appris qu’après le décès de ces cousins, l’héritier a fait la découverte d’un d grand coffre rempli de pièces d’or, économies de toute leur vie…


Les œufs de Pâques! Alors que j’étais petite, on me disait que les cloches partaient à Rome le Jeudi Saint pour aller se faire bénir et nous ramener les œufs de Pâques trois jours après. Bien entendu, je m’imaginais une multitude de cloches enrubannées s’envolant joyeusement vers l’Italie alors que chez nous, le clocher restait tristement muet…et et Il fallait attendre trois longs jours avant de pouvoir écouter de nouveau le carillon habituel! habituel L’attente restait tout de même tempérée par le fait que, pendant nt ces trois jours, les enfants de chœur parcouraient le village trois fois en faisantt résonner les crécelles pour annoncer l’heure heure des offices. Toute une troupe d’enfants, dont j’étais bien entendu, suivait et nous nous amusions en voyant les riverains sortir so des maisons pour assister au spectacle. Après la messe du soir, nous étions naturellement encore là pour suivre les enfants de chœur qui, munis de paniers, allaient devant toutes les maisons pour y recevoir des œufs et de la farine, ainsi que tout cee qu’il fallait pour faire des crêpes. Ces récoltes permettaient aux mamans de se réunir un après-midi midi dans un local et de s’activer à confectionner des bonnes crêpes dont tous les enfants se régalaient. Et, t, le jour de Pâques, revenant de Rome, les cloches cloches lâchaient leurs précieux chargements dans les jardins et regagnaient ensuite leur clocher. Toutes les les cloches résonnaient à nouveau!!! nouveau C’était alors la ruée vers le jardin et il fallait chercher, chercher… dans les arbustes, dans les haies ha de buis…Ici, un n lapin en chocolat, là des œufs magnifiquement décorés, d’autres ’autres de toutes les couleurs…Instant magique! Comme toute autre croyance, celle-ci celle a naturellement perdu son caractère merveilleux dès que la réalité nous a été dévoilée. Cependant, Cependant maintenant encore, la tradition d’offrir des œufs décorés et divers chocolats à Pâques subsiste. Jee me rappelle avoir continué de faire profiter mes enfants e de la fête de Pâques à «l’ancienne» » et je dois dire que je trouvais beaucoup de plaisir à décorer les œufs de toutes les façons et à entendre ensuite les rires des enfants au moment nt où ils découvraient le butin!


Les noces d’antan. En feuilletant lletant un album de famille, je tombe sur un acte de mariage datant de 1930 ainsi que sur la photo prise à l’occasion de cette cérémonie.

Nous sommes alors juste après la crise de 1929. La majorité de la population de nos villages est extrêmement pauvre. Seule une minorité richissime peut profiter rofiter de la mode de l’époque.

Le choc de la première guerre mondiale a du mal à se résorber et le monde paysan se modernise péniblement. Pour cette raison, la plupart des fermiers font appel à une main d’oeuvre bon marché, les «saisonniers». Ce sont des hommes, des femmes, des jeunes gens et aussi des jeunes filles qui sont appelés à travailler «à la journée» selon le bon vouloir de l’employeur et qui ne bénificient d’aucune protection sociale. La plupart des jeunes se trouvent trouvent donc dans une situation assez précaire…

A cette époque, un jeune homme aperçevant une jeune fille qui lui plaisait envoyait un parent ou un ami chez les parents afin de leur demander la main de leur fille. Si ceux-ci acceptaient, après avoir pesé le pour et le contre naturellement, le jeune homme commençait alors à fréquenter son élue. Il avait la possibilité de lui faire sa cour, mais toujours en compagnie d’une personne et toujours chez les parents. Même lors des sorties, ils étaient accompagnés, ils n’étaient jamais seuls…

Les fiancailles pouvaient durer longtemps car tant que le garçon n’avait pas de logement, il ne pouvait se marier. C’était lui qui devait pourvoir aux meubles du séjour, la fiancée apportait la chambre à coucher.

Si la future mariée était célibataire et vierge, ierge, sa robe était de couleur blanche et portait un long voile. Pour une jeune femme ou une personne d’un certain âge, elle portait l’habit: soit un tailleur ou une robe normale de couleur, avec un voile court, ou un chapeau.

Les témoins étaient choisis choisi avec soin. Ils devaient soit être célibataires, célibataires de bonne conduite, pratiquants, soit mariés ou menant une vie exemplaire.. Avec le temps, te ces choses ont bien évolué!


Les montreurs d’ours. Je crois que ce «métier» n’est plus permis du tout dans notre pays, mais je me souviens d’un spectacle qui a eu lieu dans mon village alors que je n’avais que 3 ou 4 ans et qui m’a beaucoup frappé. Je sais très bien que j’ai pleuré en voyant ces deux pauvres bêtes liées avec de grosses chaînes et forcées d’obéir à leur maître.

Ces gros ours bruns étaient muselés. Au son d’une musique criarde jouée par l’un des accompagnateurs, ils devaient danser une ronde effrénée et esquisser des gestes menaçants envers les curieux. Une femme tendait alors une escarcelle où l’on déposait déposa une pièce de monnaie.

La troupe comprenait des enfants sales et peu vêtus. Ils étaient venus au moyen d’une d’ vieille caravane branlante tirée par un pauvre cheval. Après la représentation, ils se s sont installés dans un n coin retiré afin de se préparer prépare à passer la nuit dans le village… ce qui ne tranquillisait nullement les riverains qui craignaient craign pour leur volaille… Crainte qui se concrétisait souvent, disait-on on!

Il en était de même pour ceux que l’on appelle maintenant «les les gens du voyage» voyage et que nous dénommions alors les «gitans gitans ou les tziganes». tziganes Une caravane composée de plusieurs véhicules tirés par des chevaux, prenait possession des lieux sans aucune autorisation et s’installait pour un temps indéterminé…

Nous, les enfants, nous ne pensions qu’à approcher ces nouveaux venus en «curieux». «curieux Nous ouvrions de grands yeux en voyant des hommes préparer un brasier et y allumer un beau feu tandis que des es femmes, bariolées, s’activaient en préparatifs. Bien entendu, il y avait aussi maints enfants qui nous dévisageaient sans se gêner et des chiens qui grognaient car nous étions des intrus…

Dès le lendemain matin, les femmes du voyage, accompagnées d’enfants pendus à leurs jupes, s’éparpillaient dans le village afin de quémander des victuailles. Plusieurs Plusieu portes se fermaient alors car, en général, le mari était absent et l’épouse était seule au foyer avec les petits enfants. Elles redoutaient telles visites car l’insistance des quémandeuses était connue et redoutée. Certaines, même, profitaient de la crédulité crédulité des villageoises pour p leur lire les


lignes de la main et, soi-disant, leur dévoiler l’avenir… contre monnaie trébuchante, bien entendu! Et le village soupirait d’aise quand la caravane reprenait le chemin.


Les moissons d’antan. Que sontt devenues nos moissons d’antan? d’antan

Avant la deuxième guerre mondiale, nos petits villages wallons étaient essentiellement essentielle agricoles. Deux ou trois «gros» » fermiers se partageaient les bonnes terres de l’entité et la plupart des habitants, pour la plupart des ouvriers ou employés, possédaient une ou deux vaches laitières laiti entretenues par l’épouse «au foyer». Qui dit «vache» pense foin, paille…

Et, dès le mois de juin,, l’herbe étant à maturité, le faucheur, - car à cette époque il n’y avait pas encore de tracteur - préparait sa faux et la «fenaison» «fenaison» commençait. Toute la famille était mobilisée, le grand-père père surveillait la manœuvre et les enfants, la dizaine bien sonnée, étaient appelés à se munir d’un grand râteau pour pou retourner les «battes» » de foin une première fois.

Midi sonnant, le faucheur faisait une petite pause, souvent souvent sous un soleil de plomb, en attendant les victuailles que lui apportait la maman. Car il ne fallait pas perdre du temps, le travail n’était pas terminé… Le plus souvent les pauvres enfants passaient la fin de la journée à soigner les mains rougies et à percer percer les ampoules provoquées par le frottement du manche du râteau…

Après quelques jours, le râteau réapparaissait réapp sur le champ afin de «retourn etourner» les lignes de foin et, quelques jours de séchage encore, et le foin était alors dressé en bottes. Il ne restait plus qu’à le charger sur un charriot tiré par les lourds chevaux…

Il

fallait alors de «bons» » bras pour effectuer un chargement

bien équilibré ibré et, à ce moment, le grand-père grand était de faction pour éviter un renversement de la cargaison pendant le trajet du retour.

Et, aussitôt le tout à l’abri dans le fenil, c’était le contentement général: les bêtes tes n’auront pas faim cet hiver! hiver Restait à verser rser un bon verre de «peket» aux aidants bénévoles et à remercier le ciel d’avoir bien voulu accorder une belle période de soleil propice aux travaux des plus plus humbles mais les plus heureux: heureux les travailleurs agricoles.


Les lavandières. A poings tendus, toujours battants, Courbées le long de la rivière, Pour que le linge vienne blanc, Nous le frottons de cent manières. (Tiré de la Ronde des lavandières)

Avant l'invention du lave-linge dans les années 1930, le linge était lavé dans une cuve ou battu vigoureusement dans l'eau d'une rivière ou d’un lavoir. C’était effectivement une tâche très rude et épuisante qui exigeait plusieurs opérations.

Je me souviens de cette époque! Nous possédions une machine constituée d’un cylindre en bois muni de pales qu’il fallait remplir d’eau chaude et faire tourner à l’aide d’une manivelle. Le linge, ayant préalablement «trempé» une nuit, était alors malaxé un long bout de temps, ensuite transporté au moyen d’une corbeille dans le petit pré jouxtant la maison et là, mis à la remouille dans l’herbe jusqu’au petit matin.

Ensuite, la corbeille placée dans une brouette, c’était le petit déplacement jusqu’aux aires de rinçage. Dans notre village, elles consistaient en six bassins alimentés par la rivière et remplis à fleur de terre. Agenouillées à même le sol, munies d’une brosse de «chiendent», nous achevions le «lessivage» afin de faire disparaître les petites taches restantes et venait ensuite le rinçage en deux ou trois opérations et ce, dans un ou deux bassins différents.

Après un essorage, manuel bien entendu, le retour s’effectuait de la même façon. Il restait alors de suspendre le linge à l’extérieur et, le matin, nous retrouvions un linge blanc et fleurant bon l’herbe. Et cela n’était pas tout: certaines pièces requéraient de l’amidonnage! Un composé d’eau et d’amidon était mis sur le feu et brassé énergiquement pour obtenir un mélange homogène. Restait alors de plonger le linge dans le mélange refroidi et de le laisser sécher jusqu’au repassage du lendemain. Ouf!

En général, le lundi et le mardi étaient les jours privilégiés pour le lessivage et, de ce fait, étaient réservés à la «fontaine», comme l’on disait alors. C’était le lieu de rencontre préféré par la gent féminine d’alors, qui n’avait guère l’occasion de se rencontrer à d’autres occasions, et toutes y allaient de leur petit commentaire pendant que les enfants n’arrêtaient pas de s’éclabousser et de s’amuser gentiment.

Heureusement, ce temps est bien révolu. Alors que nous avons maintenant la possibilité d’effectuer ce travail au moyen d’une simple pression sur un bouton, nous nous imaginons mal entreprendre telle «corvée»… ____________


Les jonquilles!

Q

ui ne connaît pas cette belle petite fleur encore «sauvage» » qui parsème nos forêts dès le début du printemps?

Si vous êtes un habitué de la grand’route Beauraing-Bouillon, Beauraing vous avez certainement déjà aperçu, dès début mars, plusieurs enfants dont les mains sont remplies de beaux bouquets d’or jaune. jaune Ce sont les jonquilles cueillies là tout près, juste au-dessus au dessus de la côte de Beauraing, dans un endroit dénommé «le Belvédère».

Cet endroit, un peu reculé ulé derrière le petit estaminet qui portait d’ailleurs son nom, était alors très bien entretenu et je crois que le «belvédère», », qui s’y trouvait érigé, devait être classé. Mais je l’ai revu récemment et je l’ai trouvé dans un état lamentable.

Habitant non loin de cet endroit, mes deux petites voisines et moi-même même avions décidé, un après-midi, midi, de participer nous aussi à telle cueillette car il faut savoir que le petit bouquet se vendait alors 5 francs et les automobilistes étaient nombreux à s’arrêter avec le sourire. Une aubaine pour les enfants car, à l’époque, on ne parlait pas «d’argent d’argent de poche»! poche

Nous nous trouvions une dizaine de jeunes en pleine cueillette et il était décidé que chacun se limiterait à deux bouquets, quand un couple âgé accompagné d’un grand chien est arrivé avec un grand panier d’osier et nous enjoignit de déguerpir… ce que nous ne désirions naturellement pas!

Nous faisions semblant de ne rien comprendre aux menaces que le bonhomme nous lançait quand, tout à coup, il donna l’ordre, à son molosse, de nous chasser. c Nous étions agenouillés dans l’herbe et le chien mordillait nos jambes. Effrayés, nous avons couru jusqu’au belvédère et grimpé l’escalier, poursuivis par le chien. A l’abri là-haut, là haut, morts de peur, nous n’avons pu que voir nos beaux bouquets enfouis dans dan le panier de cet intrus et attendre que son travail de cueillette soit terminé, ce qui a duré des heures qui nous ont paru une éternité.

Et ce n’est qu’à la nuit tombante que nous sommes rentrées, rentrées peu fières, de d notre malheureuse expédition!


Les jeux eux de nos jeunes jeu es années. C’était

la guerre mais, néanmoins, les préaux de nos écoles retentissaient comme

d’habitude de nos cris joyeux dès que la cloche de la récréation se faisait entendre. Chez nous, l’école des filles, -car car alors les écoles étaient séparées, l’une pour les garçons, l’autre pour les filles,- le groupe des «grandes» «grandes» se précipitait pour disputer l’épreuve du jeu de colin-maillard. Difficile de pouvoir identifier un adversaire quand on a un foulard sur les yeux! Mais aussi quel plaisir pour les autres qui ne se privaient pas de se moquer bien entendu et faisaient leur possible pour ne pas être reconnues.

Certaines préféraient

jouer à «sauter à la corde» et là, c’était à qui tiendrait le

plus longtemps... Un groupe se formait et il n’était pas question de tricher, car le décompte se faisait d’une seule voix! Il fallait contrôler ontrôler sa respiration, évité de se prendre les pieds dans la corde et, aussi, ménager ménager ses poignets qui souffraient beaucoup. Et quand on s’arrêtait, soit suite à la fatigue, soit suite à une erreur, il fallait reprendre lentement son souffle et attendre que les battements du cœur se régularisent. Notre maîtresse nous certifiait que ce jeu procurait endurance, concentration et de la patience… patience

Les «plus grandes», quant à elles, se trouvaient le plus souvent réunies dans un coin de la cour et discutaient de choses que, nous les petites, ne pouvions comprendre, dre, disaient-elles. disaient Il ne nous restait donc,, à nous les plus jeunes, qu’à jouer à «cache-cache», », ce qui n’était pas aisé car il y peu de cachettes dans une cour de récré… Il fallait tout de même du flair pour nous découvrir si nous parvenions à nous terrer derrière le dos d’une plus grande…

Les tous petits, garçons et filles, qui étaient encore à la section de l’école gardienne, étaient plus calmes. Certains, assis à même le sol, jouaient avec de belles billes qui roulaient et, le plus souvent se perdaient, vite ramassées et cachées par un audacieux. Ce qui amenait naturellement la surveillante à départager les adversaires et à sécher les pleurs… D’autres, plus constructifs, s’amusaient à empiler des cubes afin d’édifier édifier des petites constructions et les plus malins tentaient de reconstituer un puzzle. Dommage, la cloche retentissai ssait à nouveau, mais cette fois, pour la «rentrée». rentrée».


A une époque où encore très peu de voitures sillonnaient nos routes, nous pouvions encore affirmer, lors d’hiver rigoureux, reux, que le traîneau était «Roi!»

Presque toutes les localités de l’Ardenne subissaient les méfaits de l’hiver. Alors, on ne parlait pas d’épandage de sel… A part les grands axes, les routes internes restaient enneigées. Il n’était pas rare de voir une couche de neige de plus de 20 centimètres les recouvrir. Cela faisait bien entendu entendu le malheur des riverains qui étaient obligés de déblayer les alentours de leur bien et de construire ainsi des murs urs de neige pouvant atteindre un mètre…

Par contre, cette situation faisait le bonheur des jeunes, garçons et filles, ainsi que des enfants nts de tout âge. Les plus petits étaient traînés sur des luges par les aînés, aî tandis que les plus grands se lançaient dans une descente, desc même dangereuse, au moyen de grands traîneaux (dits bayaux) sur lesquels pouvaient vaient prendre place 10 ou 15 «passagers».

Que de culbutes!! Mais aussi quel plaisir! plaisir Nous nous retrouvions à terre re sur un clin d’œil, enveloppés de neigee poudreuse, secoués par des rires et des quolibets. Les plus forts et les plus habiles se moquant sans vergogne des pauvres perdants… Heureusement, t, cela se passait sans danger car les rares véhicules que possédaient les autochtones n’osaient se risquer sur le verglas provoqué par les traîneaux.

Et le plaisir durait une éternité car l’hiver l’ n’en finissait pas au grand dam des villageois qui avaient avaie toutes les peines du monde pour rentrer la nourriture du bétail, le bois de chauffage, et se rendre à la ville proche pour effectuer les achats nécessaires. Les pauvres parents, eux-aussi, aussi, priaient le ciel afin que la situation s’améliore car, dès la sortie des écoles, es, les enfants s’encouraient «glisser», «glisser et les amener à la raison pour la confection des devoirs devenait un problème, tellement l’attrait de la neige était le plus fort.


Les glaneuses… Je me rappelle encore cette époque où certains s’empressaient de ramasser les épis qui restaient sur les champs peu à peu vidés de leur précieuse récolte de blé. D’après les villageois cette coutume, très suivie auparavant, était devenue désuète suite à l’amélioration de la vie paysanne, mais la guerre de 1940, avec toutes ses restrictions, amenaient certains démunis à glaner les épis restant sur les champs après la récolte. Les fermiers toléraient naturellement cette pratique, comprenant comprenant la situation de certains qui ne possédaient ni terre, ni attelage… Se baisser, ramasser, se relever, ce travail était assez pénible et peu rentable vu le peu d’importance des épis négligés par les moissonneurs. Toutefois, cela aidait à se procurer proc un peu de farine pour faire du pain, pain qui manquait terriblement vu le rationnement imposé… … Il fallait d’abord étendre les épis afin de les laisser sécher, puis les battre afin de séparer le grain de la paille. Les cultivateurs, cultivateurs eux, effectuaient ce travail avec un fléau, fléau celui-ci ci se composait de deux bâtons d’inégale longueur joints par une lanière de cuir. Mais certains devaient se résoudre à effectuer ce travail avec un simple bâton! bâton poussières et, ensuite, il fallait Suivait le vannage afin d’enlever les poussières moudre les grains afin d’obtenir de la farine. .. En cas de minime récolte, les glaneurs rs n’avaient qu’une possibilité: employer un petit moulin à main comme j’en possède encore un. Ce travail était quand même m fastidieux, il fallait tourner la manivelle un certain laps de temps mais le résultat valait bien tous les efforts en cette période de disette!


Je me souviens très bien des fêtes de notre village alors que j’avais 16 ans. La guerre était finie et les jeunes, frustrés jusqu’alors, aspiraient à des réjouissances bien méritées et tant attendues, qui leur permettrait de se rencontrer, garçons et filles, sans aucune contrainte.

A cette époque, seules deux fêtes étaient programmées et les bals se passaient dans les deux «café-restaurants» du village. Les salles n’étaient pas très spacieuses mais cela n’avait aucune influence sur l’allure des danseurs et danseuses qui, depuis belle lurette attendaient ce moment et comptaient bien s’amuser jusqu’au petit matin… C’était des accordéonistes locaux qui, malgré leurs fausses notes, animaient les soirées dans une ambiance conviviale, et tout le monde dansait… les filles, bien sûr sous les yeux attentifs des mamans assises en rang autour de la salle. Car, à cette époque, pas question pour une fille de sortir sans être accompagnée et même «surveillée»! Il y avait encore très peu de voitures et les garçons venaient, quelque fois de très loin, à pied ou en vélo. Les rivalités en garçons d’entités différentes n’avaient pas d’incidences sur l’ambiance générale: les disputes étaient remises à plus tard. On buvait très peu car, alors, les bals avaient uniquement lieu le dimanche et le spectre du lundi tenait tout le monde très prudent. La fête continuait bien le lundi mais, à cette époque, les congés étaient rares… Le lundi, d’ailleurs, était consacré à la jeunesse. Après la grandmesse, chantée en leur honneur, les jeunes parcouraient le village avec la fanfare locale puis s’attablaient pour un dîner festif au cours duquel les propos et les rires fusaient, d’autant plus que les parents n’étaient pas là pour mettre une sourdine à leurs gentilles plaisanteries. Restait à se promettre de se revoir à la prochaine fête, soit dans six mois environ! Entretemps, beaucoup de souvenirs resteront gravés dans le cœur et reviendront très souvent à la surface pour le bonheur des rêves.


LES COMMUNIONS SOLENNELLES. Dès l’année 1939, compte tenu des informations venant de plusieurs sources, la majorité de notre population s’attendait à la guerre. Il régnait une sorte «d’attente» très diffuse. Les réserviste étaient rappelés et étaient hébergés chez l’habitant. Des alertes alertes incessantes ne faisaient qu’ancrer ncrer des tristes pressentiments dans nos esprits. Néanmoins, la vie continuait et rien ne semblait changer… La vie de chaque jour était très différente de celle d’aujourd’hui. Nous ne connaissions ni le frigo, ni la machine mac à laver électrique. On avait les «habits du dimanche», les «habits de l’école» et les habits «pour la maison». On ne changeait de vêtements qu’une fois par semaine. Nous avions aussi une paire de souliers «du dimanche»! Ett c’est cette année que je devais devais faire ma «communion solennelle». Il régnait, alors, une mode qui nous faisait ressembler, pour cette cérémonie, à de «petites mariées». Les garçons, quant à eux, portaient, portaient souvent pour la première fois, le pantalon long ou le pantalon «golf». Les tristes évènements qui se profilaient à l’horizon n’ont cependant pas modifié ni les rites, ni les habitudes qui réglaient cette fête, une des plus belles pour nous, les jeunes. Après la messe, suivie de la procession, procession le grand dîner habituel réunissant toute la famille a été respecté. respecté Et le lendemain, un office nous a appelés de nouveau pour le renouvellement des vœux du baptême. A cette occasion une nouvelle toilette s’imposait, celle-là là beaucoup plus simple. Nous N étions ensuite invités chez les parrains rrains et marraines qui, suivant la tradition, nous offraient un cadeau. Je me souviens avoir reçu un beau missel, missel que je possède encore. Les garçons recevaient en général un beau stylo ou une montre. En plus, notre bon curé nous avait réservé une surprise en récompense de notre application. Il nous a donc invités à faire une petite promenade en vélo. Je vois encore sa longue soutane noire flotter au vent et il pédalait encore plus vite que nous… IlI nous a entraînés à Chanly, à plus de dix kilomètres, kilomètre pour nous permettre d’écouter un office chanté cha en grégorien parr les moines. Une surprise surprise qui nous a tous enchantés d’autant plus que les messes, qui étaient alors toujours célébrées en latin, latin nous avaient permis d’être familiarisés avec cette langue. Quel el calme avons-nous avons nous ressenti à ce moment! Et nous n’avions qu’un espoir alors, c’est que la guerre ne vienne par ternir les cérémonies de notre confirmation qui devait avoir lieu l’année ’année suivante! suivante


Les commerces d’antan. Je vous invite à remonter le temps et faire un bond d’une soixantaine d’années pour redécouvrir les métiers et les artisans d’autrefois. Vous pourrez alors retrouver la vie laborieuse et l’effervescence qui animait nos villages à cette époque.

La boulangerie se trouvait le plus souvent au centre et nous offrait un bon pain d’épeautre pétri avec de la farine moulue régulièrement au moulin du coin. Deux fois par semaine, le boulanger faisait la «tournée» du village avec une camionnette et assurait la livraison aux personnes qui ne pouvaient se déplacer facilement et qui profitaient, ainsi, de la possibilité de connaître les dernières nouvelles…

Dans l’épicerie, nous pouvions trouver tout ce qui était nécessaire au ménage, de la boite d’allumettes aux vêtements de travail. La marchandise était étalée de façon disparate mais l’épicier n’avait aucune difficulté pour s’y retrouver. Quant à l’achat de vêtements, aucun essayage n’était possible ce qui provoquait très souvent des «échanges» ou des retouches chez la couturière…

L’étal du boucher ne se trouvait pas loin et proposait une viande provenant du bétail acheté dans l’entité, bétail bien soigné avec les denrées produites par les fermiers locaux. Luiaussi faisait des «tournées régulières» afin de ravitailler les personnes vivant dans les hameaux isolés.

Quant à l’estaminet, il était constamment animé et le zinc recevait les confidences de la plupart des habitués venus pour une petite pause et, aussi, pour se retrouver. Et si vous traversiez le village, vous aviez l’occasion de vous rendre compte que tous les métiers étaient indissociables à la vie du village par le bruit, celui du maréchal-ferrant, celui du charpentier; par les odeurs également; par les pancartes aussi qui faisaient partie du décor quotidien. Reliquats effacés par le temps!


Aussi, le village recevait très souvent la visite de colporteurs qui présentaient maintes denrées alimentaires. Je me souviens en particulier d’un vendeur de café, grand connaisseur, qui savait nous fournir des qualités bien équilibrées. Je me rappelle encore l’arôme qui se dégageait lors de la torréfaction effectuée à l’aide du «brûloir»! Il fallait tourner la manivelle 18 fois à droite, 18 fois à gauche et cela pendant deux heures. Mais quel délice!


Les années yé y yé Mes parents avaient acheté à ma sœur un petit transistor en plastique blanc, à piles bien sure. Quel bonheur de pouvoir écouter notre musique préférée partout. C’est à cette époque que nous avons découvert les meilleures émissions pour les jeunes. Ecouter « Salut les copains » sur Europe 1 après être rentré de l’école, ça nous changeait des chansons vieillottes de nos parents. C’était découvrir une jeune génération de la chanson française à qui on s’identifiait, que ce soi so pour les vêtements ou la coiffure, c’était découvrir le rock moderne et le twist. C’est aussi à cette époque que l’on a découvert les chanteurs anglais ou américains, Elvis, les Beatles, les Rolling Stone’s Stone les Doors, les Who, enfin, je ne vais pas tous les citer, mais c’était aussi une réelle motivation motivat pour apprendre nos leçons d’anglais.

C’est également à cette époque qu’est apparue la mode des jeans et c’est Courrège, couturier français qui osa raccourcir les jupes, et voilà, la mini jupe était née.. Il a également transformé la mode, avec ses couleurs vives et ses dessins géométriques. C’étaient des belles années pleines d’insouciance.


Les abeilles… Dans le jardin de mon grand--père, vous pouviez admirer quatre ruches bien situées à l’ombre de grands arbres. Pour les approcher, mon grand père portait un genre de canotier garni de tulle car il était sensible aux piqures des abeilles et celles-ci celles semblaient vraiment s’acharner sur lui. Il craignait surtout pour la vie de ses protégées car celles-ci ci meurent aussitôt après la piqure…

Il en était autrement pour moi car ces petites bêtes b m’ignoraient totalement et je pouvais les approcher sans sa crainte. «Vous avez le sang vinaigré» me disait mon grand-père grand en riant! Moi, je pensais que les abeilles lles respectaient mon jeune âge!

C’est donc pour cette facilité té d’approche, qu’il m’était souvent donné de retirer les cadres remplis de la précieuse récolte, ce qui évitait de devoir enfumer la colonie. Mon grand père se chargeait alors d’enlever les opercules de cire que les abeilles placent sur les alvéoles et, ensuite, les rayons étaient placés dans l’extracteur.

Mon travail se limitait alors à tourner la manivelle de l’extracteur. C’est une machine qui fait jaillir le miel des cadres cadre et le projette sur les parois. Un robinet disposé au fond de la cuve permet de récupérer le précieux liquide qui est ensuite filtré et, après près quelques semaines de maturation, le miel peut-être peut alors mis en pot.

Toutes ces manipulations étaient assez fastidieuses! Je me souviens encore des grimaces que je faisais en tournant la manivelle alors que mes poignets n’en pouvaient plus et que j’avais, comme consigne: «surtout ne pas arrêter». Actuellement les extracteurs sont bien entendu reliés à l’électricité. Ouf, encore un beau progrès.

Mon grand père récoltait uniquement le miel à la fin du printemps alors qu’il était parfumé par le thym et le pissenlit. Il préférait négliger les récoltes de fin d’année afin que les abeilles aient leur subsistance assurée l’hiver. Ceci évitait de devoir leur procurer du sucre et avait aussi une bonne influence sur la santé de toute la colonie. Tout bénéficee pour la récolte suivante…


L’école, Dans mon village, il n’y avait pas d’école gardienne. On entrait directement à l’école primaire à l’âge de six ans. Deux établissements pour l’enseignement car les filles étaient séparées des garçons. Une seule classe d’environ soixante élèves et un SEUL enseignant. (Institutrice célibataire pour les filles et instituteur marié ou non pour les garçons.) Presque tous les élèves savaient écrire et lire sans fautes à la sortie des l’enseignement primaire. Les meilleurs étaient candidats aux examens cantonaux. Quelle gloire pour l’école quand un ou plusieurs élèves avaient ces épreuves! Les plus chanceux ou les mieux nantis entraient à l’école secondaire. Les autres à 12 ans étaient directement envoyés à l’usine ou dans les fermes. En général les filles étudiaient les cours ménagers indispensable pour la tenue du futur ménage car c’était le lot de la plupart des jeunes filles. Si celles-ci épousaient des fermiers, c’était savoir se servir d’une écrémeuse, savoir faire le beurre, conduire les brouettes de foin aux animaux, les brouettes de fumier, sans oublier les travaux de lessive, raccommodage, pas beaucoup de place pour les loisirs, on ne savait pas se que voulait dire les vacances, quant à la lecture c’était du temps perdu, bon pour les fainéants. Les devoirs étaient faits le plus souvent sur un coin de la table de la cuisine, (pas de bureau à cette époque) éclairés par une petite lampe de 25 watts, on s’usait les yeux dans la pénombre. Après les devoirs, il nous arrivait de faire un peu de tricot ou de couture pour aider la maman, rentrer du bois, couper les betteraves pour la nourriture des vaches ajoutées aux épluchures de pommes de terre pour faire la "cabollée". Après toutes ces petites corvées, maman nous servait un souper frugal, et puis hop! au lit avec en hiver une brique réfractaire enveloppée dans du papier journal, cela faisait du bien car les chambres n’étaient pas chauffées et le givre dessinait des arabesques sur les vitres. A 7 heures maman criait debout! le déjeuner était prêt composé de bonnes tartines de beurre et du lait frais, puis départ pour la messe de 7 heures 30 suivie du catéchisme et de ses quarantequatre questions à savoir par cœur sous peine de ne pas être admis à la communion solennelle. La communion était un évènement important pour les enfants, les filles avaient leur première robe longue et ressemblaient à de petite mariée quant aux garçons ils portaient des pantalons longs ou se que l’on appelait pantalon golf. A leur bras gauche un brassard à franges.


Les communiants recevaient des cadeaux pour la plupart à caractère religion, missel, chapelet, bénitier statuette de saint, etc…. L’année suivante c’était la confirmation, fête très importante également, nous recevions alors les sacrements de la main de l’évêque du diocèse. Peu de loisirs au village; théâtre villageois, chorale, kermesse annuelle, bals dans les guinguettes, mais il fallait être rentrées pour une heure au plus tard, sinon sanction grave et réputation malmenée. Peu de déplacements, tout était réglé par la religion qui interdisait même la fenaison le dimanche, et imposait l’interdiction de manger de la viande le vendredi. Les déplacements qui avaient tous les suffrages, étaient les pèlerinages à Beauraing, Lourdes ou Banneux. Chaque dimanche, au programme, c’était messe, vêpres, salut. Voilà les distractions des jeunes de mon enfance.


Le «Wallon» » de notre coin. On n’a jamais parlé le wallon dans ma famille et lorsque j’en demandais la raison, il m’était répondu « c’est du patois et les gens bien élevés ne le parlent pas…». ».

A cette époque, j’avais environ treize ans et je fréquentais plusieurs enfants des environs, la plupart fils et filles de fermiers. Je m’étonnais de les entendre parler le français entrecoupé d’expressions que je ne comprenais pas et, pourtant, ces enfants de mon âge étaient gentils et très bien éduqués. Chez nous, on parle wallon disaient-ils. Qu’en déduire… et cela me turlupinait! turlupinait Mais que faire…

La déclaration de guerre 40-44 44 m’a permis, dans un contexte très spécial malheureusement, de commencer à comprendre cet héritage linguistique de nos ancêtres et à me persuader que qu le wallon n’est pas un patois mais bien un reste de la langue latine.

Après la traite des vaches, fin d’après-midi, d’après je devais traverser le village pour les reconduire aux champs et, à plusieurs reprises, j’avais ais remarqué remar un groupe d’hommes qui se retrouvaient régulièrement dans la forge et qui discutaient fermement avec le forgeron. Je supposais que qu ces personnes âgées parlaient des évènements car plusieurs devaient avoir un fils au front! Voulant oulant en avoir le cœur net, je m’aventurai doucement derrière tous ces dos et tentai de les comprendre car, car, eux, ne discutaient qu’en «wallon».

Et je pris l’habitude de revenir tous les jours… jours… Petit à petit, je retenais quelques bribes et je commençais mençais à comprendre… Peut-être Peut l’atavisme jouait en ma faveur.

Naturellement, je ne parlais pas de cela à mes parents… Pour ne pas attirer leur attention atte sur le temps passé à ma «surveillance», «surveillance», je retournais en traversant tous les prés et en courant le plus vite possible.. Il m’est arrivé, d’ailleurs, d’ailleurs de laisser un pan de mon tablier sous les fils barbelés des clôtures…

J’ai compris,, grâce à ma curiosité, qu’apprendre et se remémorer la langue gue de nos ancêtres est un plus,, un retour aux sources. Le wallon, d’ailleurs, vit encore et est toujours aussi présent dans nos villages, de plus en plus apprécié dans des activités activités ludiques. Heureusement! _______________


Le sourire. Souriez! Le sourire ourire intérieur, même dans les situations un peu difficiles, est très important! Essayez, vous verrez…

Je repense souvent à cette petite infirmière blonde au sourire lumineux qui, lorsqu’elle entrait dans la chambre de l’hôpital dans laquelle se trouvait mon mari, apportait une telle envie de vivre que l’on ne pouvait lui résister.

Les soins qu’elle prodiguait uait n’étaient pas différents de ceux que donnaient les autres infirmières, mais son sourire et l’attention qu’elle réservait à chaque patient étaient tels que, dès son entrée, tout était transformé. Elle avait l’art d’écouter et de comprendre tous les petits its maux inhérents à l’état de mon mari. Sans cesser de sourire, elle savait comment lui communiquer l’espoir d’une rapide amélioration et, surtout, d’une remise en forme … un peu magique!

Et j’étais heureuse de voir une lueur d’espoir dans les yeux redevenus redevenus brillants de mon époux qui, pour un moment, oubliait tous ses maux pour reparler de l’avenir. Un après-midi, après profitant rofitant d’un moment où mon malade se reposait, je suis parvenue à rencontrer notre petite infirmière, firmière, tout de blanc vêtue une seringue à la main, et nous avons bavardé un moment à notre aise.

Je l’ai bien entendu remerciée pour la gentillesse dont elle faisait preuve envers mon mari et elle m’a m’ répondu ceci: «Je Je me suis occupée de ma grand-mère grand de longues années étant donnéé qu’elle souffrait d’arthrose et de plusieurs autres bobos découlant de son grand âge. âge Elle me répétait souvent que mon sourire valait tous les médicaments. Et c’est vrai car elle pensait moins alors à tous ses petits malaises alaises et s’activait à des tâches qui, qui, d’ordinaire, ne l’intéressaient plus. Ce qui ne pouvait qu’être profitable à sa santé».

Alors, pensons à sourire, aux passants, aux malheureux et aux malades que nous rencontrons, un sourire ne coûte rien et peut faire tant de bien!


Le semeur Mon dur labeur fait sortir de la terre De quoi nourrir ma femme et mes enfants. enfants A ses splendeurs je préfère mes champs Et le dimanche au repas de famille Lorsque le soir vient tous nous réunir Entre mes fils, et ma femme et ma fille Lee cœur content j'espère en l'avenir. l'avenir S et F. Borel

La moisson terminée il faut, sans plus tarder, préparer la terre afin pouvoir procéder aux semailles dès le début d’octobre.

Après le labourage, suivi uivi de l’épandage d’engrais et ensuite du hersage, le semeur se prépare à arpenter sa terre, muni du semoir consistant en un récipient retenu par une courroie placée derrière le cou ou entourant une épaule. De sa main libre, il procède alors au semis «à la volée». D’un mouvement régulier comme le balancier d’une horloge, il reproduit le geste auguste du semeur, immortalisé par Victor Hugo. Et aucun espace ne reste oublié!

Ce travail terminé, il reste encore à parcourir le terrain avec, soit une herse, soit un rouleau afin de bien tasser la terre. Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre la levée des grains…

Environ un mois après le semis, le champ commence à verdoyer et, dès le mois de juin, lorsque les épis sont formés, le champ ressemble res à une mer verte, ondoyante.

Les désherbants n’étant heureusement pas connus à l’époque à laquelle je me reporte, c’était un plaisir de voir les oiseaux, les papillons voleter parmi les épis et une multitude de coquelicots donnaient un mélange de vert et de rouge vif qui ravissait les yeux. C’était magnifique, digne d’un tableau de Van Gogh… Malheureusement, de nos jours, les coquelicots ont disparu!


Le retour des prisonniers Je n’avais plus vu mon papa depuis cinq années. Lorsqu’il écrivait à ma maman, elle me donnait des ses nouveaux biens sûrs, mais dans mon esprit d’enfant il prenait de moins en moins d’intérêt et de moins en moins de place dans ma vie. Nous recevions des photos de temps à autre et j’avais ainsi une idée du visage de mon papa. La guerre étant terminée les prisonniers commençaient à rentrer au pays. Ils étaient accueillis comme des héros c’était jour de fête à chaque retour, les familles attendant impatiemment le retour d’un père, d’un frère, d’un ami. Un soir, nous étions comme souvent en train de coller des timbres chez l’épicier, trois petits coups frappés au volet de la fenêtre ont fait bondir ma maman de sa chaise. Elle a dit; c’est Gil! (mon père s’appelle Gilbert) En effet c’était bien mon papa qui était de retour. Très intimidée, j’attendais dans mon coin que l’on daigne faire attention à moi. Lorsque nous sommes rentrés chez nous, il faisait nuit noire, mon père donnait le bras à ma mère d’un côté et me donnait la main de l’autre. Je n’en menais pas large. Je n’ai guère dormi cette nuit-là car je me demandais qu’allait être notre vie maintenant que nous n’étions plus deux mais trois. Le matin je suis allée à l’école comme d’habitude mais très perturbée. Quelques jours plus tard, je devais me laver les cheveux, - c’était une entreprise à cette époque car il n’y avait ni salle de bains ni douche chez nous – Mon papa s’est proposé de m’aider, après m’avoir rincé la tête il m’a frictionné avec de l’eau de Cologne qu’il avait rapporté dans sa musette. Je ne savais pas que je pouvais sentir si bon. Cela a été le déclic. Mon papa est devenu mon meilleur ami, mon confident. Il ne m’a apporté que du bonheur, grâce sans doute à un peu d’eau de Cologne. Les prisonniers rentraient au bercail mais aussi les personnes qui avaient été travaillé en Allemagne volontairement ou non. Ces gens étaient accueillis sous les huées et les quolibets et devaient souvent attendre que la foule soit partie pour oser se montrer. Tout le monde retrouvait la joie de vivre, on organisait des fêtes, des bals, en l’honneur des rescapés des camps. Maintenant on s’étonne de ne pas avoir de souvenirs précis de leur captivité, mais à cette époque lorsque un ou l’autre prisonnier voulait parler de ce qu’il avait vécu, on lui disait: tu exagères, tu veux te rendre intéressant.. Alors, ils se sont tus.


Le Ramassage des de pommes de terre. terre Ne possédant pas les outils spécialisés dont les fermiers étaient déjà équipés à cette époque pour l’arrachage des pommes de terre, les petits cultivateurs, poussés par les restrictions de la guerre, guerre n’avaient qu’une solution: effectuer le travail à la main, comme autrefois.

L’arrachage se faisait péniblement à l’aide d’outils à main tels que fourches ou houes. Le préposé à l’arrachage suivait ligne par ligne en soulevant chaque plante et laissant les les pommes de terre étalées sur le sol. Les suiveurs, souvent des femmes et des enfants, emplissaient les tubercules dans un seau qui était ensuite vidé dans un sac.

C’était un travail fatiguant, car il nécessitait d’être toujours courbé et, le soir venu, le dos réclamait un bon massage… Très souvent, le même travail devait être répété le lendemain. lendemain Je me souviens que, tout out en ramassant, je ne cessais de lorgner sur la longueur des lignes restant à défricher. D’autant plus que q je savais qu’après la récolte des pommes de terre, viendrait cellee de l’arrachage des betteraves, travail encore plus lourd! Pour cela, il fallait retirer chaque betterave du sol, couper les feuilles, et mettre les tubercules en tas. Ensuite, un cultivateur possédant un charroi amenait it un tombereau. Il nous restait à le remplir… Comme la fête du village approchaitt et que, pour la première fois j’espérais y assister, j’avais demandé la permission d’usage à mon père. Celui-ci Celui me l’a accordée à une condition: que les betteraves soient rentrées… re

Je me suis bien entendu mise au travail sans tarder, en compagnie d’un jeune voisin et, pour aller plus vite, je restais ployée en envoyant ces gros tubercules dans le tombereau, sans regarder. Fin de journée, quand le propriétaire du charroi est venu pour ramener la récolte à la maison, il nous ne restait qu’un petit tas à liquider et, voulant aller plus vite, avec force, j’ai lancé une betterave qui a atterri… en pleine figure de l’arrivant.

Ce dernier, d’abord tout étourdi, s’en est heureusement heureusement tiré avec une grosse bosse… Voyant mon inquiétude, car je craignais surtout la colère de mon père, il a accepté de ne pas parler de cette mésaventure. Toute joyeuse, j’ai alors entrepris le déchargement du tombereau et j’ai ainsi pu assister à ma première premiè fête du village.


Le potager de mon grand-père grand Je suis née en plein chaos, pendant la guerre 1940-1945, 1940 1945, période de vaches maigres pour la population. Mais je ne pense pas avoir subi des privations importantes au vu de quelques rares photos de moi à cette époque; j’étais déjà rondelette. Au fil des années, mon appétit pour la nourriture nourriture et le goût de la vie n’ont n’ jamais failli. Je me souviens tout particulièrement de vacances passées chez mon grandgrand père; il avait ait un grand verger et un vaste potager où il cultivait des légumes lé anciens qui réapparaissent à nouveau dans le commerce. co J’ai pris un malin plaisir à aller à la maraude aux petits pois, radis et carottes ou alors s les bonnes prunes «quetsches», «quetsches», poires, pommes, groseilles rouges et groseilles vertes (dites à maquereaux)…. maquere je salive encore quand j’y pense! Et mon cher grand-père grand père fermait les yeux sur ma gourmandise. Mon grand-père père est né en 1882. Il s’appelait Adolphe, prénom en vogue à cette époque. Hitler n’était pas encore né. Ce prénom fut banni par la mémoire collective co après la guerre car il rappelait trop les atrocités engendrées par ce tyran. Il faudra certainement quelques générations avant que ce prénom soit réhabilité! Mais, revenons au sujet principal: principal le potager exceptionnel de mon grandgrand père. Il a cultivé beaucoup de légumes anciens: anciens

Le panais: D'une 'une couleur blanc ivoire, a une forme proche de celle de la carotte, et un goût légèrement sucré. Le panais est une racine potagère de la famille des ombellifères comme la carotte. Au Moyen Âge et à la Renaissance, le panais était un légume fort apprécié en Europe. L'empereur Tibère en faisait venir de pleins cageots de la vallée du Rhin et exigeait chaque jour une nouvelle recette. Depuis l'apparition de la pomme de terre, il a perdu en popularité et entre presque dans la catégorie des légumes "oubliés". Donnons-lui Donnons lui une petite chance. C'est un légume "sucré" qui rappelle un peu le céleri-rave céleri rave en plus doux avec un petit goût de noisette La fève des marais: Mieux M connue sous le nom de gourgane, c’est une légumineuse qui jouit d’une grande popularité dans certaines régions du Québec. On dit qu’elle est une des cultures les plus anciennes du monde. Sa richesse en protéines, en glucides (principalement en amidon) et en fibres es ainsi que sa faible teneur en matière grasse en font un aliment particulièrement intéressant pour la santé.

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Le topinambour: C'est un légume rustique, facile à cultiver (propagation rapide), rapid même dans les sols les plus pauvres/sablonneux. Il est très peu sensible aux maladies ou aux prédateurs (sauf souris, rates), et ne craint pas le froid. C'est un légume vivace Il est très peu sensible aux maladies ou aux prédateurs (sauf souris, rates), et ne craint pas le froid. C’est un légume vivace, les tubercules tubercules peuvent rester en place plusieurs années et ont même tendance à envahir les parcelles. Le choix de cultiver ce légume comporte donc un risque élevé de ne plus pouvoir s'en défaire.

Le pissenlit: Le pissenlit ssenlit est une adventice qui peut être cultivée. C'est une plante potagère, médicinale et mellifère, très connue et cultivée depuis plus d'un siècle et demi. Ses feuilles sont lancéolées, dentelées, de couleur vert foncé et mesurent jusqu'a 20 cm de longueur. Le pissenlit se rencontre à l'état sauvage dans nos prairies, les champs, les chemins et dans......nos dans...... pelouses.. La floraison a lieu de fin mars à septembre, les fleurs sont hermaphrodites (mâle et femelle), de couleur jaune et en capitule au sommet de longs pédoncules.

Le rutabaga: Découvert écouvert en Scandinavie à la fin du Moyen-Âge, Moyen Âge, le rutabaga serait à l’origine d’un croisement entre deux espèces: espèces le navet et le chou frisé. Le rutabaga est un légume racine comme le navet, assez méconnu d’un grand nombre de personnes.. Même si cette tendance change actuellement, le rutabaga reste un aliment discret, malgré son goût qui tient à la fois du navet et du chou. Ce légume est très peu calorique calorique et est très bon pour la santé!

L’oseille: Légume riche en eau, l'oseille est très légère, son apport calorique n'est que de 24 kcal/100 g.. De plus, elle présente un bon apport en fibres (3 g/100 g) qui, attendries par la cuisson, sont bien tolérées et régulent efficacement le transit intestinal. Sa saveur acidulée lui confère des vertus apéritives et stimule les sécrétions digestives, favorisant donc la bonne assimilation du repas. Son taux t de vitamine E,, qui prévient le vieillissement prématuré des cellules, est aussi très intéressant. Celui-ci Celui ci est par ailleurs renforcé par la présence d'acide linoléique, c'est-à-dire c'est des acides gras essentiels omégas 3, en quantité non négligeable. Les oligo-éléments, éléments, indispensables au métabolisme cellulaire, font aussi la richesse de ses feuilles, notamment le fer (3 mg/100 g), le magnésium, le cuivre et le zinc. Par ailleurs, l'oseille regorge de pigments: pigments verts, la chlorophylle, et orangés, le carotène (ou provitamine A). C'est d'ailleurs la championne de la teneur en ce puissant antioxydant, qui prévient maladies cardio-vasculaires cardio vasculaires et certains cancers, en plus de protéger la vision.

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Pour finir, l'oseille est utilisée depuis l'Antiquité, en infusion infusion ou en décoction pour soigner les maux de la vie quotidienne: quotidienne elle soulage le foie, l'estomac, les reins. En compresse, elle est cicatrisante et astringente. Enfin, elle sert même de produit de beauté. Son "jus" assainirait les peaux grasses et revitaliserait rait les cheveux ternes et fatigués.

L’ortie: Un trésor injustement méprisé Plante commune de nos campagnes et de nos jardins, l'ortie est l'une des plantes médicinales les plus riches et les plus efficaces de nos climats tempérés, mais la majorité de nos contemporains l'ignore. Connue des Gaulois et des Romains, elle figure dans la plupart des pharmacopées anciennes. Ses vertus médicinales et ses qualités alimentaires ont été fort appréciées par nos ancêtres. Lorsque, au XIIe siècle, le roi d'Angleterre d'Angleterre Guillaume le Roux demanda aux médecins de l'université de Salerne de lui prescrire un régime de vie hygiénique pour son fils, ils rédigèrent le fameux ouvrage intitulé L'École de Salerne dans lequel l'Ortie, l'Ail, le Thym et d'autres "simples" figurent en bonne place. Après plus d'un siècle de mépris, la Médecine officielle l'a aujourd'hui réhabilitée et reconnaît ses qualités de fortifiant, de régulateur du sang et de stimulateur des fonctions digestives.

Le crosne du Japon: Le crosne, ou crosne du Japon, est une plante de la famille des Lamiacées cultivée pour ses tubercules comestibles. Le terme désigne aussi ces tubercules, consommés comme légume bien que leur consommation soit assez confidentielle. C'est l'un des rares légumes de la famille des Lamiacées, qui rassemble par ailleurs de nombreuses plantes condimentaires, médicinales et mellifères (par exemple la menthe, la sarriette ou la mélisse).

La patate douce: Selon les variétés, la pelure et la chair de la patate douce peuvent être blanches, jaunes, orange ou pourpre. La patate est particulièrement riche en vitamines A et B6, en cuivre et en manganèse. manganèse Elle s’adapte à toutes les recettes de pommes de terre.

Pour en savoir plus, consultez les sites Internet. Vous y trouverez d’excellentes recettes qui épateront vos amis! amis

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c

onnaissez-vous ce petit mammifère de nos régions? Il est surnommé «petit fer à cheval» cheval parce-que son nez est orné d’un feuillet très tr ressemblant.

Et c’est à Revogne, superbe petit village niché sur le flanc de la Calestienne, entre Focant et Honnay, région de Beauraing, que vous pourrez encore admirer une des dernières colonies de ce petit mammifère. Cette ette petite cité de Revogne a connu les heures joyeuses et les horreurs de la féodalité. Au moyen âge, le bourg avait été transformé en une sorte de place forte, avec un semblant de citadelle. Au XIIIe siècle, le village, faisant partie de la principauté de Liège, avait été transformé en place forte contre les turbulents seigneurs de Luxembourg, auteurs de maintes agressions et délits, se réfugiant, le cas échéant, dans la petite ville de Lomprez. Lomprez

Aujourd’hui, le hameau abrite une des trois dernières colonies de ces petits rhinolophes connues en Wallonie. Cette minuscule chauve-souris souris fait d’ailleurs l’objet d’une protection toute particulière des agents de la DNF.

Fort de

ses 10 grammes, le petit rhinolophe est l’un des plus petits

mammifères de nos régions. Il installe ses quartiers de printemps dans les greniers, les caves, les remises et les hangars. Ils vivent en colonies. colonies. Ils sont donc nombreux à «squatter» «squatter un même endroit…

Le petit rhinolophe est insectivore. Il adore les papillons de nuit… Malheureusement, cette sympathique thique chauve-souris, chauve souris, encore très présente en Wallonie jusqu’après la deuxième guerre mondiale, connaît un gros problème de survie lié aux engrais chimiques et autres pesticides…

Le cas du petit rhinolophe pourrait paraître bénin. Après-tout, Après tout, que peut signifier si la disparition tion éventuelle de cette espèce? espèce Mais, en y regardant de plus près, il est clair que ces rhinolophes es sont des alarmes naturelles…protégeant naturelles… ant notre propre vie. A méditer! méditer +++


Le passé… Le présent… On dit souvent que «regretter regretter le passé, pa c’est courir après le vent!». ». Bien entendu, cela est vrai car, seul, le présent est important pour tout être humain. Cependant, certains souvenirs restent impérissables et influent même sur le présent. Ils peuvent aussi programmer le futur à travers les leçons apprises par la force des choses.

C’est ma prime jeunesse, qui se situe dans les années 30, que je rejoins souvent, journellement même, car c’est elle qui m’a procuré les meilleurs moments de ma vie. C’est alors que, grâce à mon grand-père, grand père, mon parrain, j’ai appris à apprécier toutes les merveilles de la nature. Au cours de longues apprécier promenade en compagnie promenades mpagnie de nos deux amis, un chimpanzé chim nain et un Bouvier des Flandres, mon grand-père grand père me faisait admirer les fleurs des champs, les plantes dites « simples», », la beauté du ciel en me me décrivant le rôle des astres que nous pouvions situer au cours d’une belle soirée. Souvent, nous longions la belle vallée de Leffe et j’étais suspendue à ses lèvres car il aimait me conter les légendes qui se rapportaient à ce beau coin le plus beau de la région dinantaise. Je m’imaginais alors le cheval Bayard la s’élancer sur le fameux rocher ocher et le fendre au moyen de l’un de ses sabots. Il me décrivait les fameuses Ornières du Chérau, tracées par le char de Charlemagne, l’origine de la «Source de l’Empereur». l’Empereur

Pendant ce temps, notre chien «Botte» «Botte se prélassait dans la rivière et en sortait en s’ébrouant, ce qui mettait «Macassa» «Macassa en colère et lui faisait pousser des cris plaintifs et, aussi, des mots incongrus… incongr

Un autre but de promenade: la belle campagne du village «Thynes». ». Là, nous pouvions admirer les centaines de petites queues blanches des lapins qui s’encouraient à la vue de notre grand chien. Et c’est à cette occasion que mon grand-père grand père me faisait réciter ré les tables de multiplication, que je n’ai jamais oubliées. En rentrant, pour me permettre de reposer mes petites jambes, il m’installait devant une chrestomathie et c’est ainsi que j’ai appris à aimer lire.

Parfois mon grand-père, e, que tout le monde appelait «monsieur le Maître» » - car il avait été maître d’école - était amené à soigner un malade, et ce à la demande du vieux docteur avec lequel il était très lié. Et, alors, ors, je devenais son assistante! assistante! Mes petits doigts agiles avaient vite fait de placerr les ventouses sur le dos d’un malade et j’avais alors le plaisir de voir la


peau gonfler à l’intérieur de la ventouse, rougir et, parfois, bleuir. bleuir. C’était moi aussi qui appliquais les sangsues gsues derrière l’oreille d’un «trop puissant». puissant». Toutes ces petites choses c me donnaient l’impression d’être utile et les patients, patients pour moi, devenaient de vrais amis.

A cette époque, le petit village vivait en autarcie presque presque complète. Pas de tracteur! tracteur Les labours étaient effectués par nos braves chevaux de trait; trait quelques es rares automobiles circulaient, pour le commerce en général, et un taxi emmenait les quelques voyageurs à la gare de Dinant. Deux magasins bien achalandés fournissaient le nécessaire vital pour tous les ménages, il y avait un boucher, un boulanger, un menuisier, menuisier, un cordonnier, un maréchalmaréchal ferrant, deux estaminets où se réunissait régulièrement la gent masculine.

Pratiquement tous les dimanches, on jouait à la balle sur la place du village. C’était, alors, le jeu de paume et Thynes était réputée pour ce jeu. Ce jour, la place était noire de monde, remplie d’ardents supporters dont j’étais. Et, le lendemain, les hommes et quelques femmes repartaient au travail au moyen du bus habituel. La plupart d’eux étaient employés à la Filature de Dinant, très prospère prospèr à cette époque. Cette phase de ma vie, exempte de tout stress, m’a permis de traverser par la suite maintes circonstances moins agréables sans trop d’avatars, d’avatars, c’est pourquoi, souvent, je m’y reporte en esprit, ce qui me procure la sérénité nécessaire pour envisager l’avenir en tout sérénité. E t l’on pourrait peut-être être rapprocher cette complicité entre grand-père père et sa petite-fille petite comme ce que l’on appelle actuellement le «Carrefour des générations»! générations»

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Le moulin. J’avais 13 ans quand la deuxième guerre mondiale s’est déclarée. Les denrées alimentaires, stockées peu avant en prévision d’une éventuelle disette, risquaient de fondre rapidement si la guerre perdurait tant soit peu … ce qui a été le cas.

C’est la raison pour laquelle la plupart des villageois, propriétaires d’un petit terrain, terrain se sont hâtés de semer du froment et autres denrées comestibles en vue de pouvoir faire du pain «maison». A cette époque, rares étaient les foyers qui ne possédaient pas un four extérieur, où l’on pouvait cuire les tartes à l’occasion de la fête du village.

Les moissons se faisaient normalement et, comme la plupart de ces petits cultivateurs cultivateu ne possédaient pas d’attelage,, les fermiers ne rechignaient pas à se chargerr du transport des récoltes. Celles-ci étaient alors entreposées, soit dans une grange, soit dans un fournil. La grande question était alors:: comment faire moudre les les grains pour obtenir la farine! farine

L’armée armée d’occupation surveillait attentivement la vie v agricole et less autorités en place avaient imposé de strictes restrictions dès le début des hostilités. Beaucoup de personnes étaient privéess de pain et devaient se rabattre sur les pommes de terre. On ne pouvait recevoir que 50 grammes de viande par jour… A l’époque, fut créé le «Secours d’Hiver» en vue d’aider les plus démunis. Par contre, un u «marché marché noir» s’était organisé à la barbe de l’occupant, ce qui permettait aux nantis n de pouvoir se ravitailler…mais «dangereusement» dangereusement»!

Car des contrôleurs ne cessaient d’effectuer des rondes ronde afin de déceler tout transport défendu. Il fallait donc user de beaucoup de précautions précaution pour ne pas être repéré ou «dénoncé»! Mon père, invalide de la guerre 14-18, 14 18, ne pouvant se déplacer facilement, je devais assumer le transport des grains au moulin à l’aide d’un vélo. Heureusement, ce moulin, dénommé «le moulin de Tanton», alors toujours en activité mais surveillé de près, se trouvait au milieu des bois de Vonêche. A une heure donnée, je j devais parcourir 1km de grand-route grand oute et, ensuite, traverser un grand bois pour aboutir about au moulin, où l’on on m’attendait en appréhendant un contrôle. Le travail effectué, il fallait vite refaire le voyage en sens inverse avec la précieuse farine en évitant toute mauvaise rencontre… rencontre

Heureusement, cette période est bien révolue!


Le maréchal-ferrant d’autrefois. Autrefois, il n’y avait pas de village sans forge et, partant, sans maréchal-ferrant. Celui-ci était indispensable à la vie traditionnelle de l’entité car il cumulait maintes fonctions, notamment celle de forgeron et celle de ferronnier.

Vu le perfectionnement de l’agriculture

et le

développement du transport dès les années 30, le cheval est devenu indispensable ce qui, naturellement, a fait la fortune du maréchal-ferrant. Celui-ci était amené non seulement à ferrer les chevaux, mais aussi à réparer l’outillage nécessaire aux travaux des champs ainsi que les outils des artisans du village. Il forgeait également les objets servant à la cuisine dans l’âtre: les crémaillères, les trépieds, etc.…

Dès le grand matin, les villageois étaient réveillés par le bruit familier du marteau frappant l’enclume. Les cavaliers et les paysans avec leurs chevaux se pressaient aussitôt dans l’atelier qui ne désemplissait pas de toute la journée. Tous avaient l’occasion d’échanger des nouvelles et des potins autour du feu ardent, ce lieu était en somme convivial au même titre que l’estaminet du coin.

L’atelier, aux murs noircis par la fumée, était éclairé par le grand

foyer alimenté par un

grand soufflet. L’enclume, la cuve pleine d’eau pour refroidir le fer incandescent occupaient la plus grande partie de l’espace. Au dessus de l’établi, étaient accrochés des outils et des fers de formes et de tailles diverses. Dans une niche, trônait saint Eloi, le grand Patron.

Quand au maréchal, celui-ci portait un tablier en cuir retenu par des courroies et, le plus souvent, se faisait aider par un apprenti qui lui présentait les outils tout en apprenant l’ABC du métier. Car si celui-ci réclame une bonne condition physique, une bonne connaissance de l’anatomie du cheval est requise afin de pouvoir déceler ses défauts.

A l’heure actuelle, le maréchal-ferrant se déplace sur le lieu du travail et dispose de ses outils dans une camionnette: fers, fours à gaz, seaux, licols, tablier, marteaux et autres outils.


Le cordonnier du village. Si

je me reporte plus de soixante ans en arrière, je

revois notre cordonnier- célibataire endurci- assis devant son établi encombré d’une quantité d’outils afin de réparer les chaussures plus ou moins abîmées que nous lui apportions très souvent…

A cette époque, les chaussures neuves étaient un luxe pour nous, villageois, et uniquement réservées aux dimanches et aux fêtes. Pour un ressemelage, un talon usé ou arraché, une couture éraillée, notre sauveur était ce bon cordonnier.

Cependant, je me souviens que mes petites voisines et moi-même n’étions pas toujours compréhensives envers lui qui, pourtant, faisait son possible pour nous satisfaire. Pour nous, il laissait la montagne de paires à réparer en «attente» au grand déplaisir d’autres clients aussi pressés que nous, ceci afin de nous permettre de nous rendre à l’école bien chaussées…

Sans arrêter de travailler, il nous expliquait l’usage de tous ses outils: il y avait une machine à coudre qui lui servait à assembler le cuir, plusieurs marteaux, des cisailles, plusieurs alènes et un tourniquet rempli de clous.

Il possédait aussi une espèce de trépied sur lequel il posait la chaussure, ce qui lui permettait un ressemelage aisé. Son travail était fait avec soin et le résultat était impeccable. Nous pouvions courir sur le chemin caillouteux sans crainte et si, après usure, un second ressemelage s’avérait nécessaire, notre cordonnier n’hésitait pas à le réaliser.

Nous, les enfants, nous admirions beaucoup ce petit endroit où nous pouvions bavarder de tout et de rien avec cet artisan qui, petit à petit, était devenu un ami. Lui aussi attendait notre venue avec beaucoup de plaisir car, disait-il, les distractions étaient rares pour lui, le travail ne lui laissant aucune latitude de s’absenter. Il est vrai que tout le village comptait sur lui!


Le charbon de mon enfance: du noir… au… blanc! Au printemps, voilà les files de mules, guidées par les charbonniers, charbonniers, qui descendent des montagnes où, avec du bois, ils avaient préparé le charbon et l’avaient mis en gros sacs de jute afin de le vendre aux familles de mon village.

L’appel sonore était donné par les clochettes attachées aux cols des mules, et une couleur noire couvrait tant les hommes es que les bêtes. Mais le charbon devenait, dans les mains des femmes, une source de bien-être être infini: à la cuisine, sine, il alimentait le fourneau et faisait mijoter des sauces délicieuses, des rôtis croustillants de viande de chasse et de pêche.

Mais un sous-produit précieux récieux était les cendres. Rangées au fur et à mesure, on les gardait avec soin et, après, chauffées avec l’eau et filtrées, on préparait le «RANNO», solution qui avait un pouvoir blanchissant très marqué sur les draps et lingeries.

Tout cela avant que les lavandières ndières mettent la dernière main en frottant les tissus à l’eau courante de la rivière, en les séchant au soleil et les repassant avec de gros fers à repasser, repasser eux aussi, chauffés au charbon de bois.

Ce monde de travail a été tué par le gaz et l’électricité: heureusement…!!!...?? ?? Pratovecchio. Pont sur la rivière Arno. Rendez-vous Rendez des lavandières. Sergio _____________


Le cantonnier du village. Vous vous souvenez certainement du cantonnier qui, avant la fusion des communes, était le responsable de la propreté de nos petits villages…

A l’ouvrage dès sept heures du matin, il venait chercher ses outils, soit une faux, une rasette, une grosse brosse et, surtout, une brouette, matériel qui se trouvait dans un petit cabanon qui lui servait de «repaire» et dans lequel il avait la possibilité de s’abriter en cas de grosse ondée et, même, d’y préparer sa petite omelette de midi.

Naturellement, le midi, il aimait s’arrêter chez nous pour une petite pause afin de lire la «gazette» et nous faire part des dernières nouvelles de l’entité. Car il connaissait bien entendu tout ce qui se passait à quelques kilomètres à la ronde… Mais il s’entend que le travail reprenait vite ses droits…

Pas une herbe ne restait à 30 centimètres du filet d’eau, aucun cailloux n’était visible sur la chaussée et celle-ci, bien brossée, ressemblait à un billard. Tout était «propret» et les villageois, heureux de pouvoir converser tranquillement avec un ouvrier si proche d’eux et, de cette façon savoir ce qui se passait dans les environs, ne lui refusaient pas une bonne tasse de café à l’occasion.

A cette époque, aucune canette, aucun détritus ne venaient ternir le paysage, seuls les tracteurs agricoles sortant des champs boueux déversaient soit de la boue, soit des résidus de fumier ou des restants de paille sur la chaussée, mais tout était nettoyé aussitôt sans récrimination et… avec le sourire.

Mais l’hiver, le travail du cantonnier était celui d’un forçat: il devait déblayer la neige sur toutes les routes principales de l’entité, semer du gravier à tous les carrefours-car alors on ne parlait pas de «sel»-, régler la circulation en cas difficile… A ce moment, aucun répit n’était permis…

Telle présence nous était naturellement agréable car, sans les propos de notre cantonnier, nous aurions certainement ignoré maintes situations difficiles et partant, être dans l’impossibilité d’offrir une aide bénévole. Actuellement, tout est bien changé car il n’y a plus


de cantonnier… Ce sont des équipes d’ouvriers communaux qui se chargent du travail, mais le contact est naturellement rompu…


La vie continue, La défaite de l’armée belge ayant été déclarée, tous les belges ayant fui l’invasion allemande en se réfugiant en France, reprirent le chemin de la Belgique. Mon grand-père ayant été blessé au pied et soigné par un médecin allemand était incapable de marcher, nous avons emprunté un cheval et un charriot à un Français, toute la famille a pu rentrer au pays plus confortablement qu’à l’aller. Quelle déception en arrivant à la maison de constater que les voleurs étaient passés et que surtout ils avaient pris ma poupée qui pourtant était bien cachée. La vie à donc repris son cours, le travail pour les adultes et l’école pour les enfants. Mes premières années scolaires se sont passées dans l’école catholique de mon village dirigée par des sœurs aux longues robes noires et cornettes blanches. Elles étaient très sévères. Je me souviens des murs ornés de grands tableaux représentant les tables de multiplication et les règles de grammaire. Chaque matin après la prière, on répétait toutes ces règles qui devenaient un automatisme. J’étais première au cours de religion, et très bien vue de monsieur le curé et des sœurs, mais quand ma mère m’a inscrite à l’Ecole Moyenne de l’Etat. J’ai été considérée comme une pestiférée. Enfant unique, j’ai eu une enfance solitaire, ma mère assez autoritaire ne me permettait pas de recevoir des amies à la maison. Je jouais dans la rue souvent à cache-cache dans les maisons qui avaient été bombardées avec les enfants de mon âge. La nourriture était très frugale et les portions diminuaient au fur et à mesure de la durée de la guerre. On mangeait des navets, des rutabagas, des favettes, du pain noir, de la viande très peu souvent, plutôt des abats, tripes etc. ….. C’est de cette époque que j’ai gardé l’habitude de marauder les fruits dans les vergers avoisinants. Lorsque les fermiers avaient terminés de rentrer la moisson, ils nous permettaient de glaner les épis de blé laissés sur le champ. Maman et moi avions ramassé une quantité suffisante d’épis que nous avons portée au moulin afin d’obtenir la farine nécessaire à la confection de deux pains. Quel bonheur de manger une tranche de pain blanc accompagnée d’ersatz de margarine!! Pour épargner du charbon, l’hiver, maman et moi allions passer la soirée chez des voisins et aussi à l’épicerie du village où nous collions des heures durant les timbres de rationnement dans les carnets adéquats, car pour avoir le droit d’acheter le pain, la margarine, ou tout autre chose, des chaussures, des vêtements par exemple, l’administration communale distribuait des timbres suivant la composition de la famille. Malheur à celui ou celle qui perdait les précieux timbres, sans eux pas de marchandise.


Malgré mon jeune âge, ma mère m’avait recommandé d’être discrète car les murs avaient des oreilles. Je ne comprenais pas très bien ce qu’elle voulait dire, mais j’obéissais. Plus tard j’ai compris que nous étions entourés de gens qui dénonçaient leur voisin, souvent par vengeance ou par intérêt. J’allais quelquefois jouer avec des enfants dont le père travaillait pour la gestapo, je ne savais pas à ce moment-là que notre voisine cachait un résistant qui souvent venait écouter la BBC en cachette chez nous. Je me souviens aussi d’un père de famille nombreuse qui pour nourrir ses enfants s’était enrôlé dans la gestapo, il ne savait ni lire, ni écrire et quand il contrôlait la carte d’identité d’une personne il devait tenir la photo à l’endroit pour reconnaitre cette personne. A la fin de la guerre, l’armée blanche est arrivée et a fusillé tous ces soi-disant collaborateurs. Les femmes ayant eu des attirances pour les soldats allemands furent tondues publiquement. J’étais très jeune mais lorsque je revois à la télévision des images de cette époque, elles me donnent toujours le frisson.


La tenderie. Pendant les années 30, la tenderie aux oiseaux chanteurs était encore permise sans restriction. Je me rappelle que mon grand-père, grand amateur de chants d’oiseaux, possédait, entre autres, un chardonneret ainsi qu’un rossignol qu’il avait lui-même capturés.

Je ne comprenais naturellement pas par quel subterfuge il était parvenu à ses fins… et c’est pour cette raison qu’il me prit un jour avec lui pour une grande journée de capture dont j’ai gardé un souvenir plutôt triste.

Il s’était muni d’une petite cage, appelée «trébuchet» où était logé un petit oiseau et l’avait placée près d’un buisson. Quant à nous, nous avions pris du recul et attendions qu’un oiseau approche, attiré par le chant du prisonnier. Après une longue attente, un petit curieux s’est approché de la cage et est entré dans la partie jouxtant l’appelant. Aussitôt, celle-ci s’est refermée et l’oiseau s’est retrouvé coincé.

Hélas, ce dernier n’était pas celui que mon grand-père espérait! C’était une femelle… qui a été aussitôt relâchée à ma grande joie… et la longue attente a recommencé. L’échec a été complet, plus aucun curieux ne s’est approché…

Pour ce qui me concerne, je trouvais le temps bien long d’autant plus que le paysage ne présentait aucun intérêt, on n’apercevait que des champs occupés par des vaches. Mon aïeul m’a alors expliqué que la tenderie, comme la pêche, comme la chasse, sont des «agréments» qui réclament beaucoup de patience, favorisent la concentration et la réflexion, ce qui serait bénéfique à ma nature un peu trop «nerveuse»! Toutefois, voyant ma lassitude et compte tenu de mon jeune âge, il accepta de «lever le camp» comme il disait…

Sur le chemin du retour, nous sommes tombés sur un ami de mon grand-père, tapi derrière une haie, qui nous fit aussitôt signe de ne faire aucun bruit. Il avait placé de la glu sur une branche et avait déjà capturé deux grives. Ces captives se débattaient et le tendeur attendait qu’un oiseau, attiré par leurs cris, vienne se poser sur le gluau.

Cela n’a pas tardé… une troisième grive est venue et s’est retrouvée aussitôt prisonnière. L’ayant délivrée, le chanceux tendeur l’ajouta aux deux autres et décida de s’en retourner lui-aussi.

En cours de route, je ne cessais d’écouter leur conversation qui ne se limitait qu’à un seul sujet: les oiseaux. C’est alors que j’ai compris qu’il s’agissait d’une vraie passion et non d’une activité lucrative. Ces deux mordus ne pensaient qu’aux attraits de la capture et discutaient sur les meilleurs procédés à employer. Ils se disaient fascinés par la beauté de tous ces oiseaux et, surtout, par leur chant. Leur plus grand plaisir était de les écouter! Et, petit à petit, moi-aussi j’ai appris à les reconnaître, à les apprécier et à les aimer mais, toutefois, sans procéder à leur capture…


La résistance pendant la guerre 40-45. 40 Pendant cette te satanée guerre, guerre, il m’incombait d’aller, très tôt le matin, rechercher nos deux vaches qui se trouvaient dans un champ jouxtant un grand bois, afin de procéder pro à leur traite. J’avais 15 ans à l’époque.

Un matin, des bruits étranges venant du bois me sont parvenus, accompagnés de voix d’hommes et, aussi, de chants que je ne connaissais pas. Intriguée, je rapportai la chose à mon père et celui-ci ci me dit «ce «ce sont les partisans qui se cachent dans ce bois car ils sont pourchassés par les Allemands». Allemands». Cela m’a donné froid dans le dos car j’avais entendu parler de brigands quii se faisaient passer pour des «partisans» mais qui, en fait, écumaient les fermes d’alentours entours pour leur propre compte.

Et mon père dee m’expliquer que les partisans dont j’avais décelé la présence avaient fait dérailler un train rain dans le tunnel de Vonêche. Il s’agissait d’un convoi transportant du charbon et maintss villageois avaient profité de l’aubaine pour se ravitailler…Cet avitailler…Cet acte avait naturellement mis les nazis en colère et ils recherchaient activement les auteurs.

Ceux-ci avaient installé lé leur camp dans un lieu dit «le Bourlet» situé au milieu de grands bois profonds, non loin du village, dans la direction de Gedinne. Ce camp se composait de vrais patriotes qui avaient pris le maquis pour l’honneur de leur pays et une petite cabane située dans une clairière leur servait d’abri.

Mais, comme à maints endroits d’ailleurs, certains concitoyens étaientt des «collaborateurs» qui,, pour être bien vus des ennemis, ennemis se faisaient leurs «espions». Et c’est ainsi que, sur dénonciation, dénonciation les allemands lemands ont investis le camp par surprise. Pour protéger la fuite de leurs camarades, deux d’entre eux ont préféré mourir. L’un était le «lieutenant». Cela s’est passé le 5 septembre 1944. Depuis, tous les 1er samedi de septembre, a lieu une émouvante cérémonie ie afin d’honorer la mémoire de ces héros du maquis du Bourlet à Vonêche. Je me souviens de l’érection de la stèle érigée en leur honneur. A cette occasion nous, les enfants, entourions Madame Pochet, grande résistante qui a vu mourir son Père dans un camp allemand, et, devant toute l’assistance, l’assist elle nous a appelés «la Mémoire du Futur».


La procession Pendant mon enfance et mon adolescence, les services religieux prenaient une grande part dans notre quotidien. La majorité des gens se devaient de se rendre à l’église au moins une fois par semaine et surtout le dimanche. Les femmes et les jeunes filles allaient à la messe le dimanche matin, aux vêpres l’après-midi midi et au salut en fin de journée. Le mois de mai étant consacré à la vierge, on se devait d’assister à tous les offices sous peine d’être considéré comme un mécréant. Il fallait compter pter aussi avec les processions dédiées à Sainte Anne, au Saint Sang ou au saint patron de la paroisse. Lors de la guerre 14/18, les troupes allemandes avaient mis à feu et à sang beaucoup de communes environnantes. environnantes Le curé de ma paroisse à l’époque, avaitt demandé à Notre Dame du Perpétuel Secours de protéger L’Eglise et les habitants du village. Ayant été exaucé, Monsieur le curé organisa chaque année une procession honorant la Vierge en remerciement de ses bienfaits. Très populaire, cette procession était étai l’occasion pour les villageois de garnir les rues avec des «maies» (branches branches de bouleau) décorés de fleurs en papier crépon de toutes les couleurs. Devant chaque maison était dressé un petit autel, autel, sur une nappe blanche brodée trônait une statue ou une icône cône représentant la Vierge entourée d’une multitude de bouquets de fleurs. Je me souviens que ma maman faisait chaque fois un autel superbe,, la statue disparaissant presque dans une forêt de fleurs magnifiques. La statue de la vierge imposante était posée sur une sorte de brancard et portée par six jeunes femmes (trois devant et trois derrière). Comme c’était très lourd, des reposoirs étaient disposés sur le parcours afin de permettre aux porteuses de souffler un peu ou de se faire remplacer. Les petites filles illes étaient déguisées en petit ange et les petits garçons avaient des aubes rouges avec un petit calot assorti. Je n’ai jamais eu l’occasion d’être un petit ange car j’étais inscrite dans une école de l’état, donc automatiquement exclue du groupe. Un enfant enfant ne comprend pas toujours cette discrimination. Cette procession faisait tout le tour du village, cela durait longtemps car aucune ruelle n’était oubliée. Les rares voitures automobiles s’arrêtaient pour laisser le passage aux pèlerins. Puis les temps ont nt changé, le progrès a favorisé la circulation automobile au détriment de la procession, on a raccourci le parcours chaque année un peu plus. Les années sont passées, la population a vieilli, la ferveur s’est émoussée. Le culte à Notre Dame existe toujours mais il se limite à présent à quelques individus et c’est de plus en plus difficile de trouver des personnes suffisamment valides pour porter cette lourde statue. Quand une catastrophe ou un séisme quelconque atteint une population, la plupart des gens se souviennent qu’il y a peut-être être un Dieu ce qui pourrait ainsi donner naissance à une nouvelle procession. Qui sait!


La naissance, Dans mon enfance, les parents ne racontaient pas grand-chose de la vie à leurs enfants. C’était un mystère. Les questions restaient sans réponse ou bien on nous disait «tu le sauras quand tu seras plus grande". On voyait grossir le ventre de la maman qui après une certaine période redevenait tout plat, comme par enchantement on avait alors la surprise d’avoir une petite sœur ou un petit frère et on nous racontait que l’enfant était trouvé dans un chou ou apporté par une cigogne. Une cigogne dans nos Ardennes, ce n’était pas courant. Trois jours après la naissance, le bébé devait être baptisé sou peine d’aller en enfer. La maman devait faire les relevailles, elle devait se placer dans le fond de l’église et attendre que Monsieur le Curé l’autorise à gagner l’autel. Quelle faute avait-elle commise pour être traitée de cette façon? N’avait-elle pas obéi aux commandements qui disent procréer, multipliezvous. Pourquoi était-elle alors en état de péché? Elle ne pouvait pas sortir de la maison, même pas traverser la route car elle était considérée comme pécheresse. Lors du baptême, si les parrains et marraines avaient les moyens financiers, ils jetaient des pièces de monnaie et des dragées que les enfants et même les parents s’empressaient de ramasser. Les petites filles et les petits garçons étaient consacrés à la vierge marie, d’ailleurs on retrouve le prénom de Marie ajouté aux autres prénoms usuels. Le mois de mai était consacré à la vierge Marie, on faisait des autels à la gloire de la Vierge .Les petites filles avaient des boîtes à chaussures attachées au cou avec des rubans, elles jetaient des pétales de fleurs tout au long du parcours jalonné de «Meies» (branches de bouleau) en chantant: C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie disons un chant nouveau C’est pas pour nous que nous demandons c’est pour la Vierge et son enfant Jésus. On frappait aux portes, on recevait une pièce de monnaie, et on rechantait: En vous remerciant, madame, d’avoir été si généreuse pour la Vierge et son enfant Jésus

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La laiterie. La guerre étant, les cultivateurs n’avaient qu’une solution pour fabriquer un beurre «maison»: transformer sformer une pièce froide de leur habitation en laiterie.

La fabrication proprement dite n’est pas en elle-même elle même très difficile, c’est surtout une affaire de beaucoup de soins, de petite précautions à observer. Sans cela, on n’obtient qu’une marchandise de qualité médiocre.

Une pièce bien fraîche et bien propre était une condition condition indispensable. La qualité du résultat dépendait aussi de la qualité de l’eau. Comme nous possédions un très bon puits, puits nous avions la chance d’obtenir une eau de grande qualité, très froide, même en été.

La traite des vaches terminée et après les avoir avo reconduites au champ, je revenais à la laiterie pour «turbiner», ce qui veut dire verser le lait dans une écrémeuse électrique - de marque «Mélotte» qui séparait la crème du «petit-lait». «petit Cette écrémeuse devait alors

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être lavée soigneusement et la crème crème confinée au frais.

Dès qu’un volume suffisant était atteint, il fallait procéder au barattage. Celui-ci Celui ci consiste à agglomérer les globules de matière grasse contenus dans la crème afin d’obtenir une masse compacte. Pour ce faire, à cette époque, nous n’avions qu’une baratte manuelle. Il fallait donc tourner la manivelle un bon bout de temps… On obtient alors le beurre et du petit-lait. petit

Reste à façonner le beurre en lui donnant une belle présentation. Pour ce faire, je me servais de deux «planches à beurre»» dont un côté était plat, l’autre travaillé. Avec le côté plat, je travaillais une masse de beurre, pesée au préalable, en refroidissant régulièrement les planches dans l’eau bien froide, froide afin d’extraire le petit- lait. Avec l’autre côté, j’obtenais une belle belle image sur le côté supérieur de la masse. J’avais aussi la possibilité de me servir d’un moule spécial qui, lui aussi, donnait une belle forme à ma marchandise! Il restait alors de l’emballer dans un papier sulfuré. Ce travail terminé, le plus dur ur restait à faire: le l nettoyage de la baratte et des ustensiles nécessitait des soins minutieux. Il fallait laver le tout à l’eau très chaude, ensuite effectuer deux ou trois rinçages à l’eau froide et terminer term par un essuyage soigné.

Il ne restait plus qu’à effectuer un bon nettoyage du sol. Tout ce travail me prenait l’aprèsl’après midi du jeudi qui était notre jour de congé à l’époque. Mais le résultat était valorisant car, au petit déjeuner, nous avions un beurre d’une belle couleur, au parfum d’herbes fleuries. fleu


La Fête au village. Il y a quelques années, la fête au village était un évènement que l’on préparait longtemps à l’avance. Il y avait beaucoup d’estaminets fréquentés par la population ouvrière. Pas de D.J. A cette époque, seulement un orchestre composé la plupart du temps d’un accordéoniste, d’une batterie et parfois d’un violoniste. On appelait ces soirées, «des bals musette». Les salles où l’on dansait dépassaient rarement les 20m² Avant de commencer à jouer, un des musiciens vendait des tickets que les garçons achetaient pour pouvoir inviter les jeunes filles à danser. Lorsque le bal commençait, les danseurs s’avançaient sur la piste. Mais…. au milieu du morceau la musique s’arrêtait un artiste criait «à moitié» et passait prendre la moitié du ticket pour pouvoir continuer à danser. C’était la coutume et surtout cela permettait aux joueurs de gagner leur salaire de la soirée. La jeunesse s’en donnait à cœur joie, et chantait les chansons que tout le monde connaissait par cœur, car il y avait beaucoup moins de choix que maintenant où l’on nous abreuve de musique anglaise et américaine. Les jeunes filles étaient accompagnées d’un chaperon. (Parent ou grand frère par exemple) Les non-accompagnées étaient considérées comme filles faciles. On dansait jusqu’à l’aube. Tout se passait dans la joie et les bagarres étaient extrêmement rares. Les jours de marché, des vendeurs proposaient aux passants des feuillets reprenant les paroles des chansons à la mode.


La belle écriture, un art à cultiver! cultiver Pour les personnes qui apprécient encore, à notre ère dominée par l’ordinateur, de recevoir une lettre ou une carte écrite à la main, l’art de la calligraphie est irremplaçable! Ceux qui s’y exercent peuvent créer des «œuvres» remarquables, dignes de notre plus grande admiration. Nos aïeux eux étaient friands de «belle écriture». Voici un exemple: exemple un acte de mariage dressé dans les années 1900. Dans l’écriture «conventionnelle» telle que nous la connaissons, connai ce qui est important c’est le sens et la lisibilité du texte. Mais, pour la calligraphie, c’est plutôt la forme qui importe, c’est-àc’est dire la manière d’écrire.

Pour être considérée comme une œuvre artistique, la calligraphie doit respecter certains critères bien précis, comme l’harmonie des proportions, la richesse des formes et le rythme qui s’en dégage. Encore maintenant, la calligraphie sert d’inspiration à la typographie qui agrémente ainsi la publicité, les logos, les murs (graffiti) etc. et


Hiver 1960. Qu’il était froid cet hiver 1960, la température était négative depuis plusieurs semaines, moins dix, moins quinze, dehors le vent soufflait et les congères de neige s’accumulaient, contre la maison, dans le jardin, sur le trottoir. Le matin quand nous nous levions ma sœur et moi, notre mère avait déjà allumé un bon feu de bois et nous avait préparé un bon chocolat chaud et beurré nos tartines. Après le déjeuner, c’était le moment de la toilette, en ouvrant la tenture de la cuisine, nous nous amusions à regarder les fleurs formées par le gel sur la fenêtre. Dans ans l’évier en pierre bleue, l’eau était gelée. Notre mère versait un peu d’eau chaude et nous disait en riant que l’eau froide était revigorante et idéale pour avoir un beau teint. Nous partions à l’école à pied évidement, le plus souvent en jupe avec des socquettes,, le bonnet, les gants et l’écharpe, le tout tricoté par notre mère pendant les longues soirées d’hiver. d’hiver C’est le nez tout rouge et les joues rosies par le froid et la bise que nous arrivions à l’école. Dans la cour,, entre les gros marronniers, nous faisions des glissades, des bonhommes de neige et des batailles de bouletss de neige. Sœur Alphonsine demanda un jour à notre mère pourquoi parmi toutes les petites élèves de sa classe, e, nous étions les seules à ne jamais être malade, malade, avec un air malin notre mère lui répondit…le répondit Banania ma sœur, le Banania.


Histoire des médias. Le monde de l’information et des médias a subi une véritable révolution depuis les années 1900, révolution qui ne fait que croître à pas de géant et qui nous déconcerte même un peu, nous les enfants de la guerre 40-45. 40

Actuellement, il est vrai, nous devons nous initier à maints produits, jugés indispensables, avec lesquels jonglent nos jeunes avec une facilité étonnante mais qui, pour nous, constituent une remise en question un peu épineuse!

Dans les années 1800, la seule manière d’entrer d’entrer en rapport avec autrui était…de le rencontrer et les «dernières nouvelles» ne se propageaient que sur le marché local. Ce n’est qu’aux alentours de 1900, que les journaux et les magazines ont fait leur apparition. Ce fut la grande révolution de l’époque… poque…

Fin 1926, Théo Fleischman présenta le premier «journal parlé» chez nous. A l’époque, tout possesseur de radio devait en aviser les PTT et payer une redevance annuelle de 20 francs. Ces innovations ont bien entendu permis une communication plus large rge et plus détaillée et, aussi, l’introduction de publicité de tout genre.

Je me souviens encore de notre vieille TSF qui nous réunissait tous pendant la guerre 40-45 40 afin de nous livrer les dernières nouvelles lancées par la BBC, nouvelles qui nous permettaient de nous rendre compte de la situation exacte au jour le jour, car tant les journaux que les émissions radios, qu’il nous était permis de consulter, étaient censurés par l’occupant et ne nous délivraient que des informations tendancieuses et, très souvent même, mensongères.

Heureusement, la donne a bien changé vers 1990 avec ec l’arrivée de la télévision qui surpasse les journaux, les magazines et fait même de l’ombre à la radio. radio Et, t, huit ans plus tard, internet a pointé le bout de son nez et se proclame «l’Avenir!».

En effet, sur «internet», il devient non seulement possible de faire partie de l’information, mais aussi de la créer, d’entrer dans la conversation et de n’être plus un simple spectateur… Une nouvelle manière d’appréhender la communication est née et ne cesse de se perfectionner pour atteindre un public de plus en plus large, dont nous les «anciens» et les «anciennes». ____________


Candeur Nous habitions rue Tamarre à Bertrix. C’est là que j’ai passé mon enfance, à faire les quatre cents coups avec ma plus jeune sœur. Notre voisine Hélène avait une fille du même âge que ma sœur aînée; elles étaient devenues de grandes amies. Automatiquement, les deux familles sont devenues très proches. Quand il arrivait un évènement important chez l’une ou l’autre, nous partagions notre plaisir ou quelques fois, notre peine aussi! Un jour, maman nous appela, Christiane et moi, pour rendre visite à Hélène car elle venait de «recevoir un bébé»! Elle ajouta que la jeune mère s’était cassé une jambe en dégringolant l’escalier, donc elle était alitée. Sur le champ, nous étions prêtes à aller embrasser la nouvelle maman et son bébé. Arrivées chez elle, nous avons grimpé l’escalier en courant et avant même de dire bonjour, nous nous sommes penchées sur le berceau et enfin nous avons regardé la maman en demandant «C’est un garçon ou une fille?». Elle nous répondit avec un large sourire: «c’est une petite fille, elle s’appelle Danielle». Alors, nous nous sommes tournées vers notre voisine et nous l’avons embrassée fougueusement comme peuvent le faire des gamines éblouies par cette nouvelle situation. Mais une chose anormale m’a sautée aux yeux; elle était au lit comme notre mère nous l’avait dit; seulement, il y avait un hic, Hélène était en effet couchée….mais avec les deux jambes pliées! Où est la jambe plâtrée? C’est à partir de ce moment-là que mon esprit s’est ouvert sur des questions essentielles: où est la vérité? Que doit-on croire? Qui doit-on croire? Est-ce que je suis obligée de croire tout ce que disent mes parents? Voilà mes premiers pas vers de nouveaux questionnements pour avancer dans la vie. Je quittais doucement l’enfance, mais ma candeur m’est restée longtemps collée à la peau!


Avant d’oublier! «Il faut savoir oublier pour goûter la saveur du présent, de l’instant et de l’attente, mais la mémoire elle-même a besoin de l’oubli. Il faut oublier le passé récent pour retrouver le passé ancien.» Marc Augé

Qui de nous ne se remémore-t-il pas, très souvent même, un épisode du passé? De bons et parfois de mauvais souvenirs reviennent à la surface et, très sincèrement, nous incitent à revoir certains évènements à la lumière du présent.

L’évolution de la vie quotidienne a modifié complètement notre mode vie et de penser. Quand nous nous remémorons notre existence passée, troublée pendant quatre longues années par la guerre, nous revoyons ces jours tristes où nous restions suspendus aux informations diffusées par Londres, aux alertes répétées sans cesse… Il y avait aussi, l’occultation imposée, les restrictions alimentaires, les difficultés de toutes sortes pour pouvoir profiter de l’école et, malgré tout cela, la volonté de vaincre et d’en sortir!

A cette époque, la plupart de nous rêvaient d’une vie plus «facile», «meilleure», et surtout de liberté. Cela nous a été donné et, maintenant, nous pouvons profiter d’un tas de facilités, d’un confort appréciable et d’une liberté de plus en plus large. Et pourtant, une certaine nostalgie nous revient parfois lorsque nous repensons à nos jeunes années laborieuses, difficiles, mais malgré tout pleines d’espoir, et que nous les comparons à celles de beaucoup de jeunes qui ne comprennent pas la valeur de l’effort et, surtout, qui ne croient pas en l’avenir, qui ne font pas confiance à la VIE!

Le présent, me semble-t-il, est la conclusion de notre passé et la promesse de notre avenir. Il constitue le sens même de notre vie. Avoir confiance en la Vie est peut-être l’antidote du mal du siècle, la dépression!


Ce train, je l’ai connu maintes années… 33 ans plus précisément, soit de 1954 à 1987.

A cette époque,

la ligne reliant Virton à Namur n’était pas

encore électrifiée. Compte tenu de l’impact du nombre des navetteurs de la région qui avaient trouvé un emploi dans la capitale, la SNCB avait instauré un transport direct entre Virton et Bruxelles.

Depuis 1944, soit depuis mes 17 ans bien sonnés, j’habitais à Bruxelles, hébergée chez une tante, sœur de mon père. J’étais employée dans une compagnie d’assurances où j’exerçais la fonction de secrétaire. Mais ayant choisi un gars de ma région pour mari, j’ai été amenée à revenir au pays de la Famenne, soit Beauraing.

Et c’est pourquoi j’ai dû me résoudre à faire journellement le trajet Beauraing-Bruxelles afin de pouvoir poursuivre ma carrière. Ce train, venant donc de Virton, s’arrêtait à notre gare à 6 heures précises et faisait banlieue jusqu’à Namur pour ensuite filer directement à Bruxelles (cette ligne était électrifiée depuis 1956) où il nous déposait à 8 heures, donc deux heures de voyage.

Ce train était journellement bondé. A cette époque, maints jeunes étaient employés à l’Office des Chèques Postaux. Nous étions donc pratiquement tous des «connaissances» et le voyage était très agréable. On se retrouvait le plus souvent en petit groupe et chacun avait son occupation préférée. L’une s’adonnait à la lecture; une autre nous amusait par ses histoires l’une plus drôle que l’autre; d’autres, dont j’étais, au tricot, ce qui ne nous empêchait pas de participer à la conversation.

Et ainsi, le voyage ne nous semblait pas long du tout et nous arrivions à destination à l’heure prévue, ce qui n’est pas souvent le cas à l’heure actuelle…

Le retour s’effectuait dans les mêmes conditions: départ du Quartier Léopold à 18 heures, arrivée à destination deux heures plus tard avec rarement du retard, ceci du fait que ce train restait en «attente» à la Gare du Nord … pour simplement nous ramener à la maison. Il n’en est malheureusement plus ainsi actuellement car le «Virton» a été supprimé et la ligne déforcée car destinée en principe au transport de marchandises. Dommage! + +

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Alfred et Sylvie, Alfred habitait sur la place du Marché au pied de la très belle église de style gothique flamboyant et de la Maison Espagnole qui font la fierté de notre petite commune. Il possédait une oie comme d’autres ont un chien, un chat ou un canari. Non loin de sa maison vivait une très vieille dame qui, lorsqu’elle se risquait à marcher sur les pavés mal-joints dans les ruelles, ressemblait à un bateau ivre luttant contre les éléments pour retrouver son centre de gravité. Tanguant tantôt à droite, tantôt à gauche. Les enfants faisaient des paris: tombera? tombera pas? Miraculeusement elle parvenait toujours à retrouver son équilibre. La marche chaloupée du volatile ressemblant à la démarche de la vieille dame, Alfred prénomma son oie Sylvie. L’oie d’Alfred n’était pas une oie ordinaire, elle adorait les enterrements. Dès qu’elle entendait sonner le glas annonçant la levée du corps du défunt, elle allait attendre au pied de l’escalier de l’Eglise que le cortège funèbre se mette en marche. Elle se plaçait en tête du cortège, suivie par le bedeau en grand uniforme muni de sa hallebarde et coiffé de son bicorne, venait à la suite l’enfant de chœur vêtu de noir sous sa chasuble blanche brodée, portant une grande croix, monsieur le curé et ses acolytes, le corbillard tiré par un cheval et enfin la famille du trépassé et les gens du village. Naturellement, il y eu des personnes pour trouver ceci inconvenant et tentèrent de chasser Sylvie qui s’envolait et venait reprendre sa place quelques mètres plus loin. De guerre lasse, Monsieur le curé laissa l’oie en paix. Elle conduisait tout ce monde jusqu’au cimetière situé à huit cents mètres de l’église, arrivée à la grille, elle se mettait sur le côté laissant entrer le cercueil porté par les hommes du village et les personnes accompagnantes. (Les véhicules étant interdits dans le cimetière.) Ensuite, Sylvie, satisfaite du travail accompli rentrait chez elle, c’est-à-dire chez Alfred. Bien entendu, elle était le sujet de conversation pour une semaine entière. Les deux Sylvies sont décédées, l’une très discrètement, l’autre faisant l’objet des conversations longtemps encore après sa mort. Je me souviens de la vieille dame et d’ l’oie mais j’étais très jeune à cette époque et je n’assistais pas encore aux enterrements. C’est mon grand-père (le bedeau) qui m’a raconté cette histoire vraie.

Avant d'oublier "livre à perdre"  

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