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Le premier hebdo cinéma 100% gratuit - Tous les mardis sur GuidesGratuits.com

LE PETIT

CINEVORE

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Largo Winch II N°02 - Semaine du 16 février 2011 au 22 février 2011


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L’Intégrale de la Saga sera disponible en qualité Blu-ray en Septembre 2011 Commandez-la dès aujourd’hui pour la recevoir le jour de la sortie !


LE PETIT

CINEVORE Nous vous le confirmons, une semaine, ça fait bien 7 jours. Déjà une semaine donc que vous avez pu découvrir le premier numéro du “Petit Cinévore”, et on ne vous remerciera jamais assez pour vos réactions par mail. Le principal manque du premier numéro est désormais réglé, les articles disposent de liens vers les bandes-annonces ! Une bonne chose de faite... Mais nous n’allons pas nous contenter de ça, non ! Nous voulons que cet hebdo soit un peu plus le vôtre, et c’est pourquoi nous travaillons d’ores et déjà sur de nouvelles rubriques, pour présenter aussi vos sites, vos blogs. D’ailleurs, si vous vous sentez d’humeur à écrire un article, un coup de gueule, une critique de film, n’hésitez pas à nous envoyer vos écrits par mail, nous sélectionnerons les plus pertinents que nous diffuserons, dès le prochain numéro ! On attends toujours vos avis, critiques, idées, par mail sur cinevore@funtribe.com !

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Le Petit Cinévore

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News

Le cinéma, c’est qu’une quest D

epuis que Lego s’amuse à reprendre les plus grand succès d’Hollywood (Harry Potter, Star Wars, Indiana Jones...) pour en faire des jouets ou des jeux vidéo, le succès des petites figurines dépasse largement le cadre des enfants de 6-12 ans, cible première de la célèbre marque danoise. Et dans le domaine de la parodie, les Lego sont devenus champions toutes catégories sur le net.

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Pas étonnant donc qu’à l’approche des Oscars, les nominés des Academy Wars se voient parodiés. Deux styles différents. Côté films, Alex Eylar s’est amusé à renconstituer les scènes les plus marquantes de chaque film. Nous vous invitons à consulter sa page Flickr, qui permet de pénétrer les coulisses de ces photos, et de découvrir tout le génie du garçon ! Très bon complément, les affiches des films, parodiées pour l’occasion par le site Next Movie, permettent de retrouver les Lego au haut de l’affiche.


stion de briques ?

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News

Les enfants rois ! A

dapter le roman culte de Bernard Lenteric est déjà un défi en soi, le faire en images de synthèse n’en facilie pas pour autant la tâche ! Et si comme toujours les fanatiques du roman hurleront certainement au scandale à l’idée des changements que la première bandeannonce laisse entrevoir, si d’autres semblent ne pas adhérer au parti-pris graphique assez original, de notre côté, nous gardons confiance, ne seraitce que par le plaisir de voir un vrai scénario derrière un film d’animation, mais aussi par la campagne de buzz vraiment bien orchestrée qui entoure l’arrivée du film. En rejoignant le site et en suivant les indices sur http://www. theprodigies-lefilm.com/#/acces-secret ou sur sa page Facebook, on se trouve en effet plongé dans une série d’énigmes bien pensées qui permettront en plus aux meilleurs de rencontrer l’équipe du film ou des artworks dédicacés. A suivre de près !

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2011, année du cinéma politiq

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C’est dans les vieux pots...

ique ?

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ertains y voient un bel hommage, nous on trouve que ça ressemble plutôt à un aveu d’impuissance. L’affiche de la 36ème cérémonie des César a beau arborer un très beau cliché de la somptueuse Romy Schneider, n’estil pas dommage que l’on récompense le cinéma français d’aujourd’hui en se souvenant à quel point il était mieux hier ?

Classé X

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près un laborieux «  Affrontement Final » et en attendant le spin-of sur Magneto orchestré par David Goyer, nous aurons donc le droit à « First Class » qui nous permettra de découvrir les jeunes années des X-Men au sein de l’école du Professeur Charles Xavier. Et ça pourrait être une bonne surprise, en tout cas la bande-annonce n’est pas désagréable...

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011 serait-elle l’année où la politique s’invitera au cinéma ? A en croire les sorties à venir, c’est plausible. Cette semaine nous a permis de découvrir d’ailleurs les dernières incarnations des légendes politiques du 20ème siècle. Les premières photos de « J. Edgar », le nouveau film de Clint Eastwood avec Leonardo DiCaprio et Naomi Watts, peuvent nous laisser espérer que le réalisateur se rachète de son très mauvais « Au-delà ». Même si on est bien incapable de dire à quoi ressemblait Hoover... Plus proche de nous, Margareth Tatcher est incarnée par Meryl Streep dans un biopic de Phyllida Lloyd, « The Iron Lady » axé sur la période de la guerre des Malouines. Pourquoi pas ! Plus étrange, « La Conquête » de Xavier Durringer voit Denis Podalydès incarner Nicolas Sarkozy et Bernard Le Coq jouer Jacques Chirac. C’est drôle, moi je voyais plutôt Dany DeVito pour notre président...

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Critique

Largo Winch

II

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L’héritier du groupe W veut tout vendre pour se consacrer à l’humanitaire. Sans se douter qu’il fonce droit dans un terrible traquenard… Après un premier film qui avait créé la surprise, Jérôme Salle et son équipe étaient très attendus. La mission est accomplie: ce second opus assure le spectacle et ne devrait pas décevoir les amateurs d’aventures mouvementées.

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Critique

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A

vant que l’héritage de son père ne décide de son destin, Largo Winch a vécu en couple en Birmanie, dans un paisible village Karen. Jusqu’à ce que les militaires, guidés par les appétits de riches occidentaux, n’apportent la dictature et l’horreur dans ce coin de jungle. Pour avoir sauvé la vie d’un chauffeur français, un certain Ovronnaz, Largo dû tout abandonner, à commencer par sa compagne, et quitter la Birmanie. Aujourd’hui, Largo Winch est à la tête d’une multinationale toute puissante, et s’apprête à prendre une décision qui fait trembler les places boursières : il va tout vendre pour consacrer tous ses moyens à une fondation humanitaire, menée par le dernier ami vivant de son père, le vénérable Alexandre Jung. Quelques minutes après la signature par laquelle Largo cède son groupe à un futur acheteur, la police débarque pour l’arrêter. Et l’accusation est gravissime : la procureure internationale Francken l’accuse de crime contre l’humanité pour avoir financé les activités de la dictature Birmane lors du massacre des Karen. Une accusation qui s’appuie sur un témoignage irréfutable.

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Pour prouver son innocence, Winch va devoir retrouver les acteurs de son passé… Le cinéma français n’a jamais eu beaucoup de héros de fiction de cette envergure, capables de mener de front suspens et action dans la grande tradition incarnée par le cinéma anglo-saxon. Un manque que Largo Winch, habilement adapté d’un titre phare de la BD, est venu en partie combler avec une belle efficacité, un succès consacré en salles. La suite des aventures de l’héritier rebelle était donc très attendue ! Un second opus qui coulait de source pour le réalisateur qui songeait déjà aux albums qui feraient l’objet d’une adaptation pour ce second film avant même d’avoir fini de réaliser le premier... Il reprend donc la formule qui lui a si bien réussi : assez de fidélité à la BD pour que les accros du phylactère s’y retrouvent sans problème, et assez de liberté pour que son sens de l’action puisse s’épanouir. Et l’équipe française s’en donne à cœur joie, tournant aux quatre coins du monde et s’offrant de belles scènes d’actions réelles – traduisez d’authentiques cascades


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Critique non virtuelles – dont un morceau de bravoure, tout en chute libre, passablement impressionnante. L’intrigue politicopolicière aurait mérité un supplément de machiavélisme pour que la fin soit moins prévisible, mais la tenue de l’ensemble reste solide et se regarde de bout en bout avec plaisir ! Les fidèles de Largo seront heureux de voir enfin apparaître des personnages importants comme le fidèle Simon Ovronnaz, revisité avec fraîcheur par Olivier Barthelemy, ainsi que mister Cochrane, l’âme discrète du groupe W, qui aura désormais le visage de Ulrich Tukur. On retrouve l’excellent Nicolas Vaude, qui excelle dans son numéro de Gauthier, le « domestique » aux manières impeccables, et bien évidemment Tomer Sisley qui en plus d’assurer physiquement – y compris une bonne part de ses cascades – fait indéniablement preuve d’une plus grande assurance dans son rôle. La situation « familiale » dans laquelle se retrouve notre héros à la fin du film laissant espérer une maturité et une évolution du personnage très intéressante pour les films à venir… Le reste du casting est tout aussi plaisant. Tout droit sorti de la BD, Nirut Sirichanya fait un général diabolique parfait, Clemens Schick un tueur très intéressant, et Namee Napakpapha Nakprasitte ( répétez son nom très vite quatre fois de suite…) est une découverte délicieuse. Un casting qui met en vedette deux seconds rôles de choix : pour son dernier rôle, puisqu’il s’est éteint peu après le dernier jour de tournage, l’immense Laurent Terzieff compose un personnage de série B avec une vigueur de jeune homme. Un rôle qui s’apparente à un beau pied de nez pour cet immense monsieur qui ne se prenait pas au sérieux. L’autre retrouvaille, c’est bien sur celle de Sharon Stone dans le rôle de la tenace procureure. On regrette même de ne pas la voir assez tant elle semble en forme.

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Un sentiment confirmé par la réaction de l’actrice lors de la conférence de presse. Celle-ci a confié sans mal avoir perdu le goût de jouer au cours de ses dernières collaborations pour le petit écran américain, bien décidée à faire passer sa vie de famille avant son métier. Et c’est sur le plateau très international de Jérôme Salle qu’elle estime avoir retrouvé cette gourmandise, au point d’annoncer vouloir tourner son prochain film devant les caméras du même réalisateur. Un Largo Winch 3 se demandent les fans ? Non. Fier d’avoir pu mener à terme les deux premiers Largo Winch tels qu’il les avait imaginés, Jérôme Salle passe la main – tout en tenant celle de Sharon Stone donc – et souhaite de tout cœur qu’un autre réalisateur vienne reprendre les commandes, avec la bénédiction des auteurs de la BD, toujours aussi séduits par ce que leur personnage est devenu sur grand écran. Compte tenu du réservoir d’aventures contenu dans les autres albums de la série de BD, et en prévision d’un succès annoncé pour cette suite efficace, on peut affirmer que Jérôme Salle a réussi son pari : faire de Largo Winch la franchise d’action du cinéma français.

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Infos TOMER SISLEY

NATHALIE GASTALDO et PHILIPPE GODEAU présentent en association avec WILD BUNCH

SHARON STONE

L’avis du Petit Cinévore UN FILM DE

© PAN-EUROPÉENNE - PHOTO : THOMAS LAISNÉ CÉDRIC ARNOLD

L’histoire aurait pu être plus tortueuse ? Certains personnages moins lisses ? C’est sûr, mais faut-il pour autant gâcher son plaisir ? À la hauteur du premier, ce second Largo Winch installe son personnage de héros au grand cœur sans faire honte à la BD ni décevoir les amateurs d’action. Sympa, solide, et prometteur pour une franchise. S.L.

JÉRÔME SALLE ulricH tuKur mame naKpraSitte olivier BartHÉlÉmY nicolaS vaude clemenS ScHicK avec la participation de laurent terZieFF ScÉnario Julien rappeneau et JÉrÔme Salle produit par natHalie gaStaldo coproduit par olivier rauSin marc gaBiZon et arlette ZYlBerBerg muSique originale d’aleXandre deSplat d’aprèS la SÉrie de BandeS deSSinÉeS “largo WincH” de van Hamme et Francq puBliÉe auX editionS dupuiS

Action Réalisé par Jérôme Salle Avec Tomer Sisley, Sharon Stone, Nicolas Vaude, Laurent Terzieff… Durée : 1h59 - 3D dans certaines salles Sortie en salles le 16 février 2011 Internet : www.largowinch2-lefilm.com F

Belgique allemagne pan-europÉenne Wild BuncH tF1 FilmS production caSa productionS lW production climaX FilmS rtBF (tÉlÉviSion Belge) et Wild BuncH germanY avec la participation de canal+ et de cinÉcinÉma Sgam ai cinema 2 leS editionS dupuiS H&J pHilippe Francq en coproduction avec FortiS Film Fund avec la participation du programme media de la communautÉ europÉenne deS rÉgion Wallonne et de BruXelleS capitale t S gouvernement FÉdÉral Belge caSa KaFKa pictureS & caSa KaFKa pictureS movie taX SHelter empoWered BY deXia de la procirep et de l’angoa-agicoa diStriBution pan-europÉenne Wild BuncH diStriBution venteS internationaleS Wild BuncH diStriBution vidÉo patHÉ image deniS rouden a.F.c. montage Stan collet Son marc engelS Jean-paul Hurier dÉcorS laurent ott coStumeS gaBriele Binder caSting gigi aKoKa

une coproduction rance en aSSociation avec

rÉaliSÉ avec le Soutien du aX Helter du

www.largowinch2-lefilm.com

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Sex Fr


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Emma et Adam ont fait le choix de rester bons amis, y compris lors de leurs ébats déchaînés. Une complicité qui aura bien du mal à échapper aux sentiments… L’idée de base est aussi légère que bancale, mais le duo Portman / Kutcher parvient à lui donner un équilibre agréable. Gentiment sexuelle, une comédie sentimentale de plus qui vaut essentiellement pour son couple séduisant.

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mma et David se sont rencontrés en colonie de vacances. Pas trop douée pour les rapports humains, elle était venue s’asseoir à côté de cet ado apprécié parce que fils d’une star de la télé, mais suffisamment maladroit pour lui proposer un doigt de but en blanc... Sous le coup du divorce de ses parents, David avait craqué, et Emma n’avait pu se retenir de poser sa main sur son épaule. Au fil des ans, par amis interposés, ils se sont croisés à nouveau, jusqu’à se retrouver à l’âge où l’on fonde un foyer. David travaille à la télé, et rêve d’écrire pour échapper à la célébrité de son père. Étudiante surdouée, la froideur de Emma fait merveille dans l’hôpital où elle est interne. Et ces deux-là s’entendent si bien qu’ils finissent par conclure

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un accord audacieux : au prix d’un certain nombre de règles (pas de cadeau, pas de jalousie, pas de mots doux, pas d’amour…), ils deviennent des « relations sexuelles ». Un statu quo qui leur convient à merveille. Au début… Et si votre copine de toujours, si votre ami d’enfance devenait votre co-équipier d’édredon ? Et jouait à l’occasion l’alibi pour les réunions familiales ? Une sorte de bouche-trou. Si vous nous passez cette expression pas mal imagée… L’idée a pu effleurer plus d’un esprit, mais reste tout de même faiblarde pour échapper par son audace à l’ornière de la comédie sentimentale bien classique. Si Sex Friends ne brille ni


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Critique

è par son impertinence, ni par son originalité, l’amourette se suit sans souffrance. D’abord parce que la caméra est tenue par un vieux briscard : Ivan Reitman. C’est jour le rôle du chef de plateau dans le film. Nous lui sommes à jamais redevables d’avoir enfanté de SOS Fantômes et d’un fils, Jason, lui-même réalisateur extrêmement fréquentable. Et si Reitman père est devenu un abonné de la comédie, il délaisse cette fois les effets spéciaux (le très sympa Evolution, le morne Ma super ex) pour un effet bien plus efficace : un bon casting. Sobre et attachant, Ashton Kutcher tient la note face à une Natalie Portman qui, loin du Black Swan qui lui vaut tous les honneurs, confère à son rôle de célibataire frustrée une agréable profondeur. Les deux acteurs vont bien ensemble, assurent dans l’humour y compris sous les draps, et s’offrent même quelques

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petites émotions pas trop factices. Ces deux-là copulent fougueusement comme d’autres font des parties d’échec. Loin de provoquer, ce naturel amuse. On parviendrait presque à croire à cet accord surréaliste. Deux amants diplomatiques qui s’amusent gentiment, mais dégagent aussi une profonde tristesse qui aurait mérité d’être plus approfondie. Cet idéal de confort sexuel n’est pas sans faire écho à une époque où le rapport humain semble devenir un casse-tête contre nature… Les seconds rôles, pas trop envahissants, font de bons fairevaloir comiques, le grand Kevin Kline se taillant la part du lion en père indigne. Mais la bonne surprise vient de l’étonnante Lake Bell, qui compose un personnage d’assistante terriblement maladroite et particulièrement réussi ! Le reste est très prévisible, l’accord amenant vers un inévitable clash sentimental, entraînant le spectateur docile vers le non moins inévitable happy end qui est à la comédie sentimentale ce


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Infos l’amitié a ses

avantages…

que l’acné est à l’adolescent libidineux. Une comédie mineure, mais parfois amusante grâce à la complicité d’un duo d’acteur cultivant la capacité de passer, même physiquement, pour de grands ados immatures…

L’avis du Petit Cinévore Tu es allergique aux élans romantiques ? Passe ton chemin ! Tu es avide de stupre et de luxure ? C’est pas la peine de t’arrêter non plus. En dépit d’un pitch coquin, Sex Friends est une gentille comédie sentimentale de plus qui se fait remarquer par son duo inédit qui fonctionne bien. Rien de révolutionnaire, mais rien de honteux non plus. F.L.

Comédie sentimentale Réalisé par Ivan Reitman Avec Natalie Portman, Ashton Kutcher, Kevin Kline, Lake Bell… Durée : 1h45 Sortie en salles le 16 février 2011

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Critique

Jewish Connection Un jeune juif orthodoxe se retrouve entraîné dans l’une des plus étonnantes affaires de trafic d’ecstasy des années 90… Exploitant judicieusement un fait divers surprenant, ce premier film accroche, mais peine à explorer son considérable potentiel. Heureusement, les acteurs assurent, Jesse Eisenberg en tête…

À

20 ans, la vie de Samuel Gold est toute tracée. Élevé dans la pure tradition hassidique, il sait déjà avec quelle femme il va se marier, combien d’enfants ils devraient avoir d’elle, et aussi qu’il consacrera sa vie, selon le vœu de ses parents, à devenir rabbi. Un quotidien écrasant qui motive forcément le jeune homme lorsqu’il répond à une proposition de son voisin Yosef. Yosef Zimmerman s’est depuis longtemps écarté du droit chemin de la religion et de ses règles strictes ; et lorsqu’il propose à Sam de transporter des « médicaments » d’Amsterdam à New York, le jeune homme accepte. L’innocent Samuel ne tarde cependant pas à comprendre que ces petites pilules n’ont rien de pharmaceutique. Et en même temps qu’il s’émancipe du contrôle étouffant de ses parents, il prend goût à tout ce que ce trafic lui apporte. Car c’est tout ce qu’il ne pouvait atteindre qui est désormais à sa portée. L’excitation de la criminalité, le pouvoir, l’argent facile, et puis les femmes. Ou plutôt la femme, celle de son patron, la belle Rachel. Alors que Samuel devient un rouage essentiel du trafic, il se voit rejeté par sa communauté. Un cas de conscience qui peut tout changer…

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Si le titre français fait le bonheur du réalisateur, ravi de voir son premier film faire écho au chef-d’œuvre de William Friedkin, l’un de ses préférés, on peut regretter l’intraduisible titre original, « Holly Rollers ». Celui-ci faisait en effet à la fois allusion à la façon de

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prier des juifs, aux traditionnelles mèches de cheveux qui descendent le long des tempes, mais aussi au « rolling » surnom donné par la rue à l’ecstasy. Un ensemble malicieux qui incarnait bien le potentiel de ce polar à part, inspiré par un authentique fait divers des années 90. En embrigadant, parfois sans qu’ils ne le sachent, des membres de la communauté hassidique, ce réseau était parvenu à importer au moins un million de pilules d’ecstasy d’Amsterdam à New York… Un polar mafieux dévoyant des membres d’une religion extrêmement stricte, la découverte des excès les plus périlleux par un jeune homme neuf, le réalisateur tenait là un excellent sujet. Et dès le début, le contraste entre le milieu de la drogue et ce jeune homme sage et innocent fonctionne parfaitement. D’autant mieux que la complicité entre Samuel et Yosef teinte d’un second degré vraiment très agréable l’évolution de la dangereuse situation. Il faut ici saluer l’instinct décidément sûr de Jesse Eisenberg, justement encensé pour sa performance dans The social Network. C’est lui qui s’est proposé pour jouer ce rôle, à la grande surprise de l’équipe qui, en raison d’un budget minimum, n’avait aucune chance d’engager la star montante ! Mais, car il y a un mais, c’est dans un second temps que le film déçoit. Il déroule le fil de l’histoire sans sortir des clous, et surtout sans exploiter l’opportunité de confronter aux dangers de la société contemporaine un personnage sincèrement innocent. Plus embêtant encore, par les choix d’un scénario manquant un peu de caractère, le parti pris est évident dans la façon de présenter la communauté de Samuel, castratrice et frustrante, face à un « monde extérieur » où tout est possible et excitant. Dans ces conditions, la facilité avec laquelle Samuel change de vie, mais aussi l’intensité de son cas de conscience perdent de leur crédibilité. Le polar reste ingénieux, bousculant les clichés à défaut de les éviter, et le film reste attachant grâce à des acteurs qui ne déméritent pas. Une mention spéciale revenant à Eisenberg, épatant dans le rôle de Samuel, et à Ari Gaynor, dont le charme et la présence n’ont pas fini d’attirer Hollywood... Un premier film qui ne tient pas toutes ses promesses, mais vaut la peine d’être découvert.


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d’après l’histoire vraie d’un insoupçonnable trafic d’ecstasy

JEWISH CONNECTION

L’avis du Petit Cinévore Le fait divers est si étonnant qu’il méritait bien un film. Celui-ci ne manque pas d’intelligence dans la façon de traiter les personnages avec humour, mais manque de pertinence dans sa façon d’évoquer les deux mondes qui s’entrechoquent. Reste un polar plaisant grâce à la composition de l’incontournable Jesse Eisenberg. Et les courbes de Ari Gaynor…

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UN FILM DE KEVIN ASCH

FIRST INDEPENDENT PICTURES en association avec SHAMAN PRODUCTIONS présentent une production DEERJEN FILMS, LOOKBOOK FILMS, SAFEHOUSE PICTURES et GULFSTREAM FILMS supervision musique KEVIN WYATT et SCOTT VENER casting SIG DE MIGUEL et STEPHEN VINCENT musiques additionelles de ANDRE ALLEN ANJOS musique de MJ MYNARSKI son TOM PAUL costumes JACKI ROACH montage SUZANNE SPANGLER décors TOMMASO ORTINO directeur de la photographie BEN KUTCHINS coproducteurs ROB PROFUSEK et RYAN SILBERT producteurs exécutifs KEVIN ASCH, ISAAC GINDI, MARAT ROSENBERG et DAVE BERLIN produit par DANNY A. ABECKASER, TORY TUNNELL, PER MELITA et JEN GATIEN écrit par ANTONIO MACIA réalisé par KEVIN ASCH distribution france PYRAMIDE DISTRIBUTION WWW.PYRAMIDEFILMS.COM 2010 © PYRAMIDE - PHOTOGRAMMES © FIRST INDEPENDENT PICTURES - IMP. LEVILLAIN RCS CRÉTEIL B 332 482 710

Comédie dramatique Réalisé par Kevin Asch Avec Jesse Eisenberg, Justin Bartha, Ari Gaynor, Q-Tip… Durée : 1h29 Sortie en salles le 16 février 2011

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Portrait

Les femmes du 6ème étage Un terme revient souvent lorsqu’il est question des films de Philippe Le Guay : ils sont “sans prétention”. Cela sonne comme un défaut, une tare aux oreilles de certains. C’est que le terme est inexact. Artisan méticuleux parce que scénariste dans l’âme, les films de Philippe Le Gay ne sont pas prétentieux, nuance. Et c’est une vraie qualité.

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ans la France bourgeoise des années 60, une petite révolution est en marche, qui cire les parquets, lustre les vitres, prépare le dîner, et fait vibrer d’une animation ensoleillée le labyrinthe des petites chambres sous le toit. Le sixième sous les combles est désormais habité par un régiment de bonnes venues d’Espagne. Une invasion d’énergie qui va totalement bouleverser la vie étriquée et respectable de Jean-Louis Joubert, agent de change, père rigoureux et mari sévère… Avec Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain en vedette, le décor du nouveau film de Philippe Le Guay est planté en quelques lignes. On devine le portrait brossé d’une époque avec ses certitudes et ses arrogances, mise à mal par l’humanité d’un sang neuf et chaleureux. Pas d’explosion de voitures ni de blague au maroual, juste des personnages bien écrits avec des dialogues soignés pour des acteurs ravis. C’est la signature de Philippe Le Guay, artisan méticuleux de notre septième art qui s’est fait une spécialité d’un cinéma sans arrogance, tout en tendresse pour ses personnages. Un réalisateur et scénariste discret qui échappe si souvent

aux honneurs qu’il mérite bien que l’on s’attarde quelques lignes sur lui. Le grand Pascal Thomas, orfèvre en petites chroniques savoureuses du quotidien, fut lui-même critiqué, décrié pour son cinéma au ras des petites gens avant qu’on n’en reconnaisse les vertus. Philippe Le Guay est lui aussi attaché à son idéal. Et cette force, il la tient de son écriture. Scénariste pour Nicole Garcia (« Un week-end sur deux », « 15 août »), pour Brigitte Rouan (« Outremer », le court « Grosse »), il signe aussi le scénario de « Mémoire traquée », inattendu suspens réalisé Patrick Dewolf avec John Hurt. Réalisateur habile, il ose l’inégal, mais prometteur « Les deux Fragonards », puis montre ses dispositions pour la comédie avec « L’année Juliette », avant de donner la mesure de son talent avec le formidable « Trois Huit », suspens viscéral sur fond de harcèlement à l’usine qui imposa enfin Gérald Laroche parmi les acteurs qui comptent. « Du jour au lendemain », ou le bonheur vu comme une angoisse quand on s’habitue à sa vie de merde, est peut-être son film le plus anodin, trop terne pour le potentiel de l’histoire. Mais la prestation de Poolvoerde implique un minimum très acceptable. Le Guay, ce sont les acteurs qui en parlent le mieux ! L’expansif Luchini, celui-là même qui envahit les plateaux de télé et massacre « Knock » au théâtre, s’accomplit dans ses rôles avec une étonnante mesure. Qu’il s’agisse de l’attachant menteur de « L’année Juliette » ou lorsqu’on lui livre en pâture la caricature en or d’un avare pathologique dans l’épatant « Le coût de la vie », sa comédie la plus réussie jusqu’alors.

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Philippe Le Gay a ses amateurs, et le craquant « Les femmes du 6e étage » ne devrait pas les décevoir. Ni comédie hilarante, ni drame existentiel, le cinéma de Philippe Le Guay est une petite musique soignée, pleine d’humilité et d’équilibre pour le plus large public, du sur mesure pour acteur épanoui. Sans prétention ses films ? Certainement. Trop Sage ? Pas forcément. Car c’est aussi cet équilibre délicat qui fait que ses films vieillissent si bien… F.L.

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Comédie Réalisé par Philipppe Le Guay Avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Natalia Verbeke… Durée : 1h46 Sortie en salles le 9 février 2011

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et Juliette Depuis toujours, entre bonnets bleus et bonnets rouges, c’est la guerre ! Une bataille rangée entre nains de jardins qui connaît un revirement impensable : les cœurs de porcelaine de Gnomeo Montague et Juliette Capulet battent à l’unisson… Revisité avec beaucoup de fantaisie et une bande originale 100% Elton John, cette relecture originale et pas bête du classique de Shakespeare s’adresse à tous les publics. Du pur Disney avec une “british touch” en prime !

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ans le fleuri Devon, la petite maison de madame Montague est mitoyenne de celle de monsieur Capulet. Et c’est avec une tenue toute britannique que chaque matin, ces vieux voisins se traitent de tous les noms. Une haine entretenue avec autant de soin que leurs beaux jardins, séparés d’une simple palissade. Et sitôt les deux propriétaires partis, c’est aux habitants des jardins de s’animer pour reprendre la guérilla à l’abri du regard des humains. Côté Montague, tous les nains de jardins ont un bonnet bleu. Et du côté des Montague, on ne jure que par le rouge. Entre les deux, point de compromis envisageable. Tout est sujet à la provocation ou l’affrontement. Une compétition où les ornements de jardin se déchaînent, notamment lors de fiévreuses course de tondeuses à gazon. Champion des Montague, Gnomeo manque de briser son destin en terre cuite au terme de l’une de ces courses périlleuses. Et à défaut de mener à bien sa vengeance, Gnomeo se retrouve dans un jardin voisin, abandonné depuis des années, face à… un drôle de ninja féminin venu, y

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prendre en toute discrétion une superbe orchidée. La rencontre fait immédiatement des étincelles. Un coup de foudre qui devient coup de tonnerre quand les deux tourtereaux réalisent que lui à un bonnet bleu, et elle un bonnet rouge… Le Romeo et Juliette de Shakespeare a connu bien des traitements au fil des siècles, que d’aucuns qualifieraient de mauvais. Mais personne n’avait encore songé à abandonner le mythe de l’amour impossible aux mains maladroites du petit monde kitsch de nos jardins. Il fallait bien l’humour anglais pour oser le mariage : de l’avis des producteurs, il était impossible de résister à l’opportunité de raconter la plus belle histoire d’amour avec le plus ridicule des bibelots... Si le réalisateur est celui de Shrek 2 et le producteur celui de Pocahontas, Dinosaure et des courts de référence Destino et Lorenzo, la société de production à l’origine du projet est Rocket Pictures, société fondée par David Furnish et son compagnon Elton John, célèbres conjoints britanniques qui se sont investis à fond


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Critique

è dans cette aventure folle, convaincus d’avoir trouvé là le projet qui leur permettrait de travailler avec Disney. Preuve exceptionnelle de cet engagement, Elton John a mis ses chansons à disposition du film. Résultat, entre énormes tubes et nouveaux titres réussis, la B.O. est un argument en soi ! Hommage irrévérencieux à Shakespeare, ce dessin animé est aussi un film d’Elton John tant on le retrouve un peu partout, en nain de jardin au piano ou en girouette ! Elaboré à l’heure du grand bouleversement qui vit l’équipe de Pixar intégrer et prendre les rênes de l’animation Disney, Gnomeo et Juliette fut développé dans un cadre plus stable, devenant ainsi le premier film d’animation Touchstone Pictures. Et même si le doublage français rabote un peu la vivacité d’un doublage britannique très étoilé, le résultat est satisfaisant. La galerie de personnages, très bien garnie, amuse petits et grands – énorme succès du nain en string

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chez la petite classe ! – les gags sont bien vus et le rythme alterne tendresse et action avec pas mal d’efficacité (belle scène « sans paroles » sur le passé de Flamingo, impeccable opération commando des nains et de Benny…). Et puis surtout, la guérilla échevelée inspire une réflexion loin d’être bête sur tous ces conflits dont on a oublié l’origine, toutes ces haines de l’autre parce qu’il n’a pas… la même couleur de bonnet. Au point que l’intrigue n’a pas vraiment besoin du classique méchant à la Disney pour fonctionner ! Le seul personnage qui pourrait prétendre au titre étant cet abruti de Tybalt, parfaitement doublé en VO par… Jason Statham ! Un dessin animé original esthétiquement impeccable, qui profite pour les veinards d’une 3D très confortable. De ce genre de Disney que l’on va voir sous prétexte d’accompagner les plus jeunes, et que l’on apprécie jusqu’à son final économe en morale et bons sentiments. Mignon, très fun et joyeusement rock’n roll.


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L’avis du Petit Cinévore

L.F.

Cette version “nains de jardins” de Romeo et Juliette est sympathique parce que l’animation est réussie et parce que tout cela n’est qu’un prétexte à parler tolérance sans forcer sur la niaiserie. Trop gentillet pour les uns, mais finalement très Disney pour les amateurs. Gros avantage pour les inconditionnels du Elton John d’avant le Roi Lion : une belle sélection de ses tubes servent de fil conducteur. L.F.

Animation Réalisé par Kelly Asbury Durée : 1h24 - 3D dans certaines salles Sortie en salles le 16 février 2011 Internet : www.gnomeoetjuliette-lefilm.fr

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Pour finir...

Pas vus... Pas pris ! Les films dont on a raté les projections presse... ou alors on était pas invités, tout simplement ! La bella gente, les gens bien de Ivano De matteo Un mari architecte, une vie brillante à Rome, des week-ends dans leur maison de campagne : la vie de Susanna, psychologue, est riche et tranquille. Jusqu’au jour où elle décide de recueillir une prostituée battue… Avec cet équilibre d’un confort mis à mal par une intrus d’un autre monde, le film aborde les questions de la pitié, de l’égoïsme, de la résistance des idéaux face à réalité. De Matteo est surtout connu chez nous pour son rôle de Puma dans le formidable Romanzo Criminale… Halal police d’état de Rachid Dhibou Le duo le plus redoutable de la police nord-africaine débarque à Paris pour traquer un serial killer d’épicerie… Inspirés par L’Inspecteur Tahar, le Starky de la télé algérienne des années 70, Eric et Ramzy s’écrivent un polar sur mesure, incorrect et foutraque. Très BD dans l’esprit, et plus intéressant que sa bande annonce, ce qui n’est pas commun ! Vivement conseillé à tous ceux qui ne se sont pas remis de La tour Montparnasse Infernale. Allergiques à l’absurde s’abstenir… The Hunter de Rafi Pïtts La femme et la fille de Ali, un gardien de nuit, disparaissent au cours des émeutes sanglantes qui secouent Téhéran, en 2009. Ali se consacre dès lors à la haine et à la vengeance… Rafi Pitts est déjà un réalisateur reconnu, et ce film rappelle l’intensité de son engagement artistique. En dépit de le censure, des pressions, d’une polémique grandissante et d’un scénario subversif, The Hunter a été tourné à Téhéran dans l’objectif d’être montré au public Iranien. Réalisateur et acteur dirigeant un casting non professionnel, Pitts force le respect.

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Last Night de Massy Tadjedin Ce chassé croisé plein de passion entre conjoints et amants est la première réalisation de la scénariste de The Jacket. Un thème classique qui invite à la compétition entre acteurs : le français Guillaume Canet joue des coudes aux côtés de Keira Knightley, Sam Worthington et Eva Mendes, excusez du peu ! Et c’est le héros d’Avatar qui aurait une longueur d’avance…

La petite chambre de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond Il aura suffit d’une mauvaise chute pour que le vieil Edmond soit finalement obligé d’accepter le secours de Rose, infirmière à domicile… L’histoire aborde la question que chacun s’échine à éluder: la vieillesse, lorsque la fin de l’autonomie vous contraint à compter sur l’aide des autres. Le thème est douloureux, mais on peut se laisser séduire par un beau casting : Florence Loiret-Caille, Eric Caravaca et l’immense Michel Bouquet.

Santiago 73, Post Mortem de Pablo Larrain Mario Comejo est le légiste qui a signé le rapport d’autopsie de Salvatore Allende au lendemain de son renversement sanglant par la junte militaire de Pinochet. Enfant de l’après dictature, Larrain réinvente l’histoire de cet homme pour exorciser à son tour le traumatisme de ce terrible héritage. Il retrouve pour l’occasion son ami et mentor, l’acteur Alfredo Castro. Un réalisateur prometteur à suivre.

La dernièrre page


Le Petit Cinévore N°2