








![]()










Les Chalets Célénia | Méribel
NOUVELLE RÉSIDENCE
Emplacement privilégié à l’orée des Jardins de la Jaÿsinia
Centre du village à 3 minutes à pied
Appartements du studio au 5 pièces
Une co-promotion Edifim, Cerim & Jean-Bastard Rosset +33 (0)4 50 33 56 63



Le Bois des Ours
LIVRAISON 1ER TRIMESTRE 2026
Quartier du Rond-Point des Pistes
Résidence de prestige
Skis aux pieds
Espace bien-être
Dernières opportunités
4 et 5 pièces
Les Jardins de Juliette
TRAVAUX EN COURS
Résidence intimiste
Appartements spacieux
Vue dégagée sur le village et les sommets
Du 4 au 6 pièces
Une co-promotion
Edifim & Belmont Collections
La Belle aux Bois
LANCEMENT COMMERCIAL
Allée de la Belle aux bois
Centre de Megève accessible à pied
Bordée par la forêt
Exposition plein sud
Vues dégagées
12 appartements 4 et 5 pièces
Une co-promotion
Edifim & Cerim


CHEZ NOUS, L’HIVER NE S’ANNONCE JAMAIS VRAIMENT.
Il arrive en douceur, sans fracas, comme un vieil ami qui connaît déjà la maison. Dans nos vallées et nos plateaux, il ne cherche pas à impressionner ; il s’installe, c’est tout. Il remet les choses à leur place, révèle ce qui compte, efface ce qui encombre.
On entend souvent dire que la montagne coûte cher, qu’elle serait devenue un territoire réservé. Pourtant, ceux qui la connaissent savent qu’elle offre le meilleur d’elle-même sans condition : un sentier encore vierge, le bruit étouffé d’une forêt sous la neige, la clarté d’un matin gelé, un pique-nique sur un rocher ensoleillé. Des choses simples, presque banales, mais essentielles.
Ce numéro s’inscrit dans cette idée : regarder l’hiver avec justesse, sans décor inutile. Observer comment une maison peut retrouver son souffle, comment une forme peut devenir évidente, comment un geste, qu’il soit d’architecte, d’artisan ou de designer, peut redonner du sens au quotidien.
Chez nous, l’hiver n’est pas une rupture. C’est une manière d’être, calme et précise, qui rappelle que la beauté n’a pas toujours besoin de grands discours. Juste d’un peu d’attention. Et peut-être d’un pas dehors. Chez nous, l’hiver n’est pas un luxe. C’est un état d’esprit. Une manière simple d’habiter son territoire et d’y trouver, sans bruit, une forme de liberté.
Cosy City Magazine
L’art de partager le beau. contact : contact@cosy-editions.com
Couverture
Chaise Wiggle Chair pour Vitra par Frank O. Gehry
Directeur de publication
Claude Borrani — claude@cosy-editions.com
Contributeurs de ce numéro
Textes : Patricia Parquet, Yannick Mougel, Claude Trinidad, Nicolas Chatelus
Direction artistique
Studio Space Homies — Nicolas Chatelus
Illustrations
Studio Space Homies
Publicité et développement
Olivia Gontharet - directrice commerciale & Développement - olivia@cosy-editions.com
Fanny Marguet - Chargé de dévelopmment Senior - fanny@cosy-editions.com
Yannick Mougel - Chargé de développement Senior - yannick@cosy-editions.com
Impression
Estimprim – ZI La Craye 25510 Autechaux
N°ISSN : 2418-0297
Parution : Janvier 2026
Diffusion : Coyote diffusion
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle par quelque procédé que ce soit des pages publiées dans le présent magazine, faite sans l’autorisation de l’éditeur EDITIONS COSY est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et d’autre part, les courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (art. L.122-4, L.122-5 et L.335-2 du Code de la propriété intellectuelle).
Une publication de la société EDITIONS COSY SARL au capital de 48 000 euros 18, allée du Lac Saint-André 73370 Le Bourget-du-Lac — CEDEX RCS Chambéry SIRET 4443716


Alpes du Léman
Un hiver de libertés.
InnoS, quand l'espace fait le job.
Hommage
Frank O. Gehry, l'art de faire bouger les lignes.
La cuisine comme
Un nouveau modèle de maison de vacances signé Snøhetta pour le groupe hôtelier Not A Hotel.
Visite privée
La Maison des Frênes, rénovation contemporaine inspirée par l’héritage.
Exception
Ferronnerie d’art dans un style de l’est. À la découverte d’une équipe de ferronniers savoyards.
Laurianne Josselin, l'alchimie du bois et du geste.
Création
La main à la patte pour des couleurs naturelles.
* COUP DE POUCE VÉHICULES PARTICULIERS ÉLECTRIQUES 4 800€ DÉDUITS, SOUS CONDITIONS DE REVENUS.
(1) EX40 Single Start neuf, LLD 49 mois, 40 000 km, 1er loyer de 4 800€ ramené à 0€ après déduction de la prime CEE « Coup de pouce » de 4 800€*, sous condition de revenus, puis 48 loyers de 385€. *Montant de la Prime CEE « Coup de pouce » par Économie Énergie SAS (Détails : https://www.ecologie.gouv.fr). Réservé aux particuliers dans le réseau participant pour toute commande du 01/01 au 30/04/2026 si accord Volvo Car Finance . Détails : www.volvocars.fr. Modèle présenté : EX40 Single Plus avec options, sans apport (prime 4 800€ déduite) puis 48 loyers de 467€ .
Cycle mixte : Consommation (kWh/100 km) : 16.6- 18.1. CO2 en phase de roulage (g/km) : 0. Autonomie (km) : 466-575.

VOLVOCARS.FR

Objets
Designer et plasticien, Ferréol Babin compose un univers singulier.
Crush
Paola Paronetto réinvente la matière et ses formes.
Minyatura
L'art à l'échelle du murmure dans l'œil d'Amandine Lori Soudan.
Habité
Dovain, quand le mobilier devient manifeste.
Âme vagabonde
L’élégance nomade de Floating House.


97 Carte blanche
Traces d’hiver par chez nous Pour cette carte blanche hivernale, Bastien Nere a glissé dans chacune de ses six illustrations un monument emblématique de notre région.
105 112 Mules
Un pied dans le salon, l'autre sur le trottoir.
Tic-tac
Montres suisses, vers une nouvelle ère ?




ENpoussant la porte du DS Store Chambéry, Groupe Auto Bernard, on ne s’attend pas forcément à croiser l’univers du design mobilier. Et pourtant, au fil du regard, quelque chose opère. Une assise iconique répond à une ligne de carrosserie, un tissu dialogue avec un cuir, une courbe de fauteuil prolonge celle d’un habitacle. Presque naturellement, la rencontre avec Ligne Roset – Cinna Chambéry s’impose comme une évidence. Ici, pas de collaboration plaquée ni de démonstration tapageuse, juste une proximité de valeurs, révélée à l’échelle locale, au cœur de Chambéry. D’un côté, l’héritage et l’audace de DS Automobiles, maison française qui a fait du raffinement, du confort et de l’innovation discrète sa signature. De l’autre, l’exigence formelle et artisanale de Ligne Roset, éditeur de mobilier contemporain où le design s’inscrit dans la durée, loin des effets de mode. Ce qui rapproche ces deux univers tient moins au produit qu’à l’intention. Le soin apporté au détail, le respect des matières, la recherche d’un confort pensé pour le quotidien autant que pour le plaisir. Dans le showroom, les pièces dialoguent sans forcer le trait : le mobilier structure l’espace, l’automobile l’anime. Chacun reste à sa place, mais l’ensemble raconte une même idée du beau, fonctionnel et sensible.
Une collaboration presque silencieuse, découverte comme par hasard, qui rappelle que le design français s’exprime aussi dans ces croisements subtils, à hauteur de territoire, là où le sens prime sur le discours. Deux univers, une même philosophie : le goût du détail, la recherche du confort et une élégance à la française qui traverse les époques.



Inspirée par le succès de Lille Art Up!, foire d’art contemporain créée en 2008 au Lille Grand Palais et devenue un rendez-vous majeur du marché de l’art français par son exigence et son ouverture, Grenoble Art Up! poursuit une trajectoire ascendante dans la capitale des Alpes. À Lille, Art Up! a su mêler galeries, artistes émergents, collectionneurs et grand public autour d’une programmation exigeante et accessible, renforçant chaque année son attractivité nationale et internationale. Déployée à Grenoble depuis 2024 dans l’espace Alpexpo, la foire a consolidé sa place après deux éditions réussies, mêlant peinture, sculpture, photographie, art graphique et performances.
La prochaine édition, programmée du 24 au 27 septembre 2026, sera la troisième de la série, confirmant ainsi que l’événement s’impose durablement sur le calendrier culturel isérois. Portée par une sélection rigoureuse de galeries, une diversité d’œuvres et une atmosphère conviviale, Grenoble Art'Up! traduit l’ambition d’un rendez-vous artistique de haut niveau, structurant pour le territoire et porteur de perspectives prometteuses pour la scène contemporaine alpine.
Inscrivez votre galerie : grenobleartup.com/inscrivez -votre-galerie/
Le programme : grenobleartup.com








by
Fritz Haller & Paul Schäre r, Switzerland












L’art de faire (re)vivre les espaces, signé l’agence aixoise ICMArchitectures
MÉTAMORPHOSE
RÉHABILITÉE PAR ICMARCHITECTURES,
l’Auberge de Pugny retrouve son rôle central dans ce village dominant le lac du Bourget. Pauline et Flavien ont repris cet établissement historique pour en révéler l’âme, en conjuguant mémoire rurale et écriture contemporaine. Le chantier a d’abord consisté à assainir et consolider le bâti, puis à redonner une unité graphique : enduits sobres, teintes apaisées, garde-corps et marquise d’un vert soutenu, et une fresque signalétique en hommage aux peintures populaires locales. À l’intérieur, le plan est repensé autour d’une cuisine ouverte, pivot du lieu. Côté village, tables et tonneaux fleuris prolongent l’ambiance conviviale ; côté lac, la salle s’ouvre sur un balcon offrant la vue. L’architecture cultive un dialogue entre rusticité et sophistication : bar en zinc posé sur un monolithe de bois, enduit chaux-chanvre, terre cuite au sol, luminaires rétro et tapisserie fleurie qui rappellent l’histoire du lieu en 236 m² réaménagés, l’auberge renaît comme un espace chaleureux, fidèle à ses racines et pleinement inscrit dans le paysage savoyard.





Ferreira de Sá, 80 ans d’histoire pour nous dérouler le tapis.

Ferreira de Sá, l’un des plus grands ateliers de tapis d’Europe, signe Além Tejo, une collection de treize modèles inspirés par la lumière, les gestes et les matières du sud du Portugal. Ici, chaque pièce devient un fragment de territoire : murs de pierre, écorce de liège, champs vus du ciel… Un langage sculptural qui traduit le rythme calme et la force tactile de l’Alentejo. Conçus en laine naturelle non teinte,
renouvelable, biodégradable et riche de nuances propres, les tapis s’enrichissent de jute et de lin pour gagner en texture et en tenue. Ce choix de fibres locales incarne une esthétique durable, sincère, loin des effets de mode. Fort de près de 80 ans d’expertise, Ferreira de Sá mobilise tufting, hand-knotting, hand-woven et flatweave pour donner à chaque modèle son relief, son tempo, son identité. Une maîtrise rare qui place la marque parmi les références internationales du design sur mesure.

Décoration & architecture d’intérieur | www.lamaisondejadedécoration.com
AUBourget-du-Lac, la maison forte d’Entremont, au cœur du Domaine de Buttet, va être restaurée et transformée en hostel, bar-restaurant et coworking. Cette proposition des Nouveaux Constructeurs, retenue par la commune, s’appuie sur l’expérience déjà éprouvée à Annecy par la famille Saint-Julien, fondatrice de l’Annecy Hostel et du Woodstock Garden. Attachés à préserver ce patrimoine, les promoteurs ont confié la réhabilita -
tion à Arnou Architectes, qui livrera une « coquille vide » respectant structure et menuiseries. La fratrie Saint-Julien, séduite par les volumes -grandes salles sous 5 mètres de plafond, terrasse sur parc, escalier à double révolution- imagine un lieu convivial inspiré de leurs voyages et de leur beer garden annécien. Avec environ 70 lits (privés, familiaux, dortoirs) et un bar-restaurant ouvert à tous, le projet promet une offre accessible et inédite dans le secteur. L’ouverture dépendra du calendrier des travaux.




À URIAGE, CHRISTOPHE ARIBERT n’exprime pas son talent qu’en cuisine, il le prolonge dans un engagement discret mais constant envers celles et ceux qui œuvrent pour les autres. Aux côtés du Groupe Pasteur Mutualité, le chef doublement étoilé a préparé courant Novembre une trentaine de repas solidaires destinés aux internes en médecine, offrant bien plus qu’un simple menu, une attention, un soutien, une reconnaissance pour leur dévouement quotidien. Fidèle à ses valeurs d’humanité et de transmission, le chef Aribert rappelle que la gastronomie peut aussi être un geste de care, une manière de nourrir les corps autant que le courage de ceux qui
veillent sur nous. Une attitude, surtout pas une posture, que le Monsieur applique à son établissement sur tous les points. Le bâtiment, par exemple, répond aux normes bioclimatiques, il est isolé à la laine de bois, propose une captation de l’eau de source, est équipé d’une chaudière à granules et utilise l’électricité verte de Grenoble. Les vêtements des employés sont en lin bio et fabriqués en France. Quant à l’assiette, inutile de préciser qu’elle n’est garnie que de produits locaux (truite du Vercors, volaille du Trièves) et que la permaculture n’a plus de secret pour lui. Le message ressemble au messager et se résume en trois lettres : Bon !

chemin des
–
04 79 63 19 70


ÉDITION
Matali Crasset autrement, 80 projets pour penser le monde différemment.
Avec Matali Crasset autrement, les Éditions de La Martinière dévoilent un panorama vibrant de l’œuvre de matali crasset, figure majeure du design français. Le livre rassemble 80 projets – habitats, espaces collectifs, structures culturelles, objets –qui racontent trois décennies d’une démarche inventive, écologique et profondément sociale. Des réalisations iconiques comme La Maison des Petits au Centquatre-Paris ou le Pavillon des radiophoniques d’Avignon y côtoient ses recherches les plus récentes, de Shanghai à Wattrelos. Porté par une écriture de Geneviève Gallot, l’ouvrage révèle une pensée qui fait du design un outil pour vivre mieux, ensemble, au plus près des usages et des territoires. Un livre richement illustré, manifeste généreux et accessible d’une créatrice qui n’a jamais cessé d’élargir le champ des possibles.



DÉCORATION

Dans la région grenobloise, G’Decor s’est affirmé comme une référence dans la rénovation intérieure sur mesure, portée par une véritable culture du détail.
Texte La Rédaction
SON APPROCHE SE DISTINGUE nettement dans le secteur : les architectes de la maison interviennent dès les premières phases d’un projet, orientant les choix esthétiques, techniques et fonctionnels avant même le début du chantier. Cette collaboration interne, rare dans une entreprise liée à la rénovation, garantit une cohérence forte entre conception et réalisation. À Grenoble, leur showroom matérialise cette exigence. Conçu comme un espace d’exploration, il est directement lié à un atelier de menuiserie intégré de 300m², un atout peu courant, qui permet d’aller beaucoup plus loin dans la personnalisation et la gestion singulière de chaque projet : prototypes, pièces uniques, ajustements millimétrés, tout peut y être développé sur mesure pour chaque client.
L’ouverture d’une implantation en Pays de Savoie marque un tournant pour G’Décor . Un nouveau showroom y verra le jour, prolongement naturel de l’expérience grenobloise, pour accompagner localement des projets de rénovation ambitieuse. Cette présence physique offrira au territoire une expertise éprouvée et un interlocuteur unique, capable d’orchestrer l’ensemble des métiers et de sublimer les espaces savoyards avec la même exigence. Elle s’inscrit dans un modèle d’organisation intégrée, où les compétences sont réunies en interne et les projets pilotés avec fluidité par des équipes coordonnées, associant conducteurs de travaux et architectes, de la conception à la livraison.






Aujourd’hui, le bureau ne se contente plus d’abriter le travail. Il influence les humeurs, façonne les usages et redessine le quotidien. InnoS en a fait un véritable terrain d’expression.


Anthony Orsonneau, dirigeant fondateur du groupe InnoS.
LEbureau n’est plus ce lieu neutre que l’on traverse sans y prêter attention. Il parle désormais de culture d’entreprise, de qualité de vie, d’équilibre entre concentration et respiration. Un changement de regard auquel InnoS apporte une réponse précise, presque intuitive.
Implantée à Cognin, Annecy et Bourg-en-Bresse, la structure imagine des espaces professionnels sur mesure pour les entreprises, les collectivités et les acteurs du CHR. Ici, l’aménagement ne s’envisage pas comme une simple addition de mobilier, mais comme une composition. Une mise en scène discrète où la lumière, les matières et les volumes dialoguent pour créer des lieux à vivre autant qu’à travailler.
Autour de ses architectes d’intérieur, InnoS conçoit des environnements capables d’évoluer avec le temps, de s’adapter aux usages réels et de reflé -
ter l’identité de ceux qui les occupent. Rien de figé, rien de démonstratif. Juste ce qu’il faut de justesse pour rendre l’espace fluide, lisible, agréable. Cette exigence s’appuie sur une sélection rigoureuse de fabricants européens, choisis pour la qualité de leurs lignes, leur sens de l’ergonomie et leurs engagements en matière d’éco-conception. Chaque année, plus de 5 000 espaces prennent forme, de la conception à l’installation, jusqu’à la gestion des déchets et à l’entretien du mobilier.
Mais surtout, InnoS revendique une autre idée du bureau. Un lieu où l’on peut se concentrer sans s’isoler, échanger sans s’agiter, faire une pause sans culpabiliser. Des espaces où le travail trouve sa place, sans jamais tout envahir. Avec Sontuo, entité haut de gamme du groupe, cette vision se prolonge dans des projets plus exclusifs, où le design se fait plus pointu, le détail plus exigeant, sans jamais perdre de vue l’usage… Ou comment le bureau cesse d’être un simple outil pour devenir un cadre de vie. Et parfois, presque une destination.

s
Vos bureaux. Pas ceux du voisin. 10

Polestar Space Annemasse 11, rue de la Californie 74100 Ville-la-Grand Tél. 04 50 84 59 59 www.polestar.com
MOBILITÉ
Née en Suède en 2017, Polestar incarne une vision singulière et exigeante de la mobilité électrique. Issue de l’héritage technologique de Volvo et d’une culture forgée dans le sport automobile, la marque s’est construite autour d’un triptyque clair : design, performance et responsabilité environnementale. Pour la marque, l’électrique n’est pas un simple changement de motorisation, mais une refonte complète de l’objet automobile.
Premier constat : Polestar n’est pas une marque électrique de plus. Forte d’une expertise acquise depuis de longues années, elle a dépassé le stade de l’expérimentation pour se concentrer sur un enjeu bien plus ambitieux : concevoir des véhicules véritablement neutres pour le climat à l’horizon 2030. Second constat et c’est assez rare pour
ne pas l’oublier : Polestar fait partie des constructeurs conçus pour l’électrique, et non convertis a posteriori. Cette ambition s’appuie sur une recherche fondamentale portant sur l’ensemble du cycle de vie du véhicule.
Cette exigence se traduit aussi dans le design. Lignes épurées, esthétique fonctionnelle, minimalisme scandinave : chaque modèle conjugue technologie de pointe et élégance intemporelle. Dans notre région, cette vision prend corps grâce au Groupe Pautric, nouvel agent exclusif Polestar à Annemasse. Parmi les premiers en France, le site Pautric Annemasse propose cet univers de marque avant-gardiste au sein de son Polestar Space, idéalement implanté dans la zone commerciale de Ville-la-Grand. Le reste appartient à la route : l’essai de l’un des quatre modèles de la gamme..




Plaisir d’hiver, une formule pas comme les autres proposée du 20 décembre au 3 Janvier et du 7 février au 7 mars.
Le prix comprend 7 nuits en meublé, la visite de la ferme et la dégustation, l'apér'o crépuscule, l'atelier de fabrication, l'initiation au biathlon, l'entrée aux musées, la balade en raquettes, la fondue dans la yourte ou la fondue dans un igloo. A vous de choisir parmi ces plaisirs divers.
Montagne douce, nature préservée, plaisirs gourmands et expériences nordiques, sur le territoire des Alpes du Léman, l’hiver se vit sans pression, loin des foules et près de l’essentiel.
Ici, on vient respirer, goûter, marcher, découvrir.
Profiter d’un séjour riche en activités sportives, contemplatives et gourmandes.
La

À DEUX HEURES DE LYON, une heure d’Annecy, quarante-cinq minutes de Genève et aux portes du Chablais, une autre montagne vous attend : plus douce, plus intime, plus ressourçante. Bienvenue dans les Alpes du Léman, ce territoire de vallons enneigés, de forêts profondes, de villages vivants où l’on redécouvre le charme d’un hiver simple, ponctué de moments gourmands et d’expériences nordiques.
NATURE & ART DE VIVRE MONTAGNARD
Ici, la nature s’explore en douceur, à pied, en raquettes, au rythme des paysages qui s’ouvrent tour à tour sur le Léman, le Roc d’Enfer ou le Mont-Blanc. C’est un territoire d’authenticité, où la gastronomie fermière, les hébergements chaleureux et l’accueil souriant des habitants composent un art de vivre hivernal durable, apaisant et profondément ressourçant.
C’est dans cet esprit qu’est né “Plaisirs d’hiver”, un séjour à la carte imaginé pour celles et ceux qui souhaitent vivre la montagne différemment. Pas besoin de skis pour profiter : on compose son programme selon ses envies, du plus contemplatif au plus gourmand. Atelier fromage, visite de ferme avec dégustation, balade en raquettes avec goûter, découverte du biathlon, apéro crépuscule au bord du lac, descente aux flambeaux avec vin chaud, ou encore fondue dans une yourte ou un igloo… Chaque activité révèle une facette sincère du territoire et offre une manière nouvelle d’habiter l’hiver.
Hébergé en studio ou appartement meublé, on savoure la liberté d’un séjour modulable, où l’on collectionne les expériences plutôt que les kilomètres de piste. Une invitation à vivre un hiver apaisé, vibrant, pleinement nature.
UNE LUMIÈRE, UN PARFUM DE BOIS, UN CRISSEMENT DE NEIGE FRAÎCHE SOUS LES PAS : ICI L’HIVER SE RACONTE EN ÉMOTIONS. NOS IDÉES D’ESCAPADES INCONTOURNABLES POUR RESSENTIR CETTE DOUCEUR SI PARTICULIÈRE DES ALPES DU LÉMAN.
CHIENS DE TRAÎNEAUX — BELLEVAUX LE FRISSON NORDIQUE PAR EXCELLENCE Glisser derrière la meute, portée par le souffle des chiens et le silence des forêts. Informations et réservations : traineaux-passion.com
LES CHEVRERIES — VALLÉE VERTE ET VALLÉE DU BREVON LA RENCONTRE GOURMANDE AVEC LES ÉLEVEURS À la découverte du lait chaud, des fromages fermiers et du savoir-faire vivant. Informations et réservations : info@alpesduleman.com - 04 50 73 71 53
LA RANDO-YOURTE — LULLIN UNE MARCHE DOUCE POUR S’OUVRIR L’APPÉTIT suivie d’une fondue conviviale sous la toile, dans une atmosphère chaleureuse. Informations et réservations : 06 80 10 77 40
BIATHLON — BELLEVAUX TIR, SOUFFLE, CONCENTRATION une initiation ludique ouverte à tous. Rendez-vous aux Mouilles. Informations et réservations : info@alpesduleman.com - 04 50 73 71 53
APÉR’O CRÉPUSCULE — BELLEVAUX AU LAC DE VALLON À la lanterne, quand la montagne rosit : un moment “slow winter”, rare et magique. Informations et réservations : info@alpesduleman.com - 04 50 73 71 53
Hommage
Frank O. Gehry, l'art de faire bouger les lignes.
Métamorphose
La cuisine comme élément phare.

Atypique Un nouveau modèle de maison de vacances signé Snøhetta pour Not a Hotel.

Architecte de l’instabilité assumée, Frank Gehry a libéré la forme et déplacé le regard. De Los Angeles à Bilbao, ses bâtiments ont refusé l’évidence pour redonner à l’architecture une part de mouvement, de doute et de liberté. Petit hommage à un grand homme.
Le Neuer Zollhof à Düsseldorf est un ensemble d’immeubles de bureaux conçu par Frank O. Gehry et inauguré en 1999.
Son architecture n’arrivait pas en conquérante ; elle surgissait en biais, comme une évidence dérangeante, obligeant à regarder autrement. Elle ne cherchait pas l’accord immédiat, mais le déplacement. Avec la disparition de Gehry, à 96 ans, c’est une certaine idée de la liberté architecturale qui s’éteint : celle qui accepte l’instabilité, le doute, le mouvement. Né à Toronto sous le nom d’Ephraïm Owen Goldberg, Gehry choisit très tôt Los Angeles comme territoire d’ancrage. Une ville fragile, exposée aux séismes, construite dans la légèreté et la dissimulation. Là-bas, rien n’est jamais totalement stable, ni définitif. Cette précarité assumée nourrit son regard. Pourquoi figer les formes, quand le sol lui-même peut se dérober ? Ses débuts sont ceux d’un apprentissage attentif : grandes agences modernistes, rigueur constructive, efficacité sans ornement. Mais très vite, Gehry s’en échappe. Il construit pour ses proches, expérimente, détourne les matériaux. Sa maison de Santa
Monica devient un manifeste discret : une architecture qui s’autorise l’assemblage, l’irrégularité, l’inconfort visuel. Les étudiants y voient une provocation. Lui y voit une liberté retrouvée. On tentera de le classer : postmoderne, déconstructiviste. Gehry n’adhère jamais vraiment aux mots. Il avance sans dogme, projet après projet, acceptant les contradictions. Ses œuvres ne suivent pas une ligne stylistique continue ; elles se répondent comme des fragments d’une pensée en mouvement. Un musée prolongé par un avion, un immeuble gardé par des jumelles géantes, un bâtiment blanc posé comme une sculpture silencieuse en Allemagne : chaque projet explore une possibilité.
Le tournant arrive en 1997, avec le Guggenheim de Bilbao. Plus qu’un objet spectaculaire, le bâtiment agit comme un révélateur urbain. Il redonne une centralité à une ville, dialogue avec la rivière, absorbe un pont autoroutier, s’inscrit dans une reconquête plus large du territoire. L’architecture cesse d’être seule pour devenir levier. Le monde retiendra l’image ;


Gehry, lui, sait que rien ne fonctionne sans un projet de ville. À partir des années 2000, son travail se transforme. Les formes se fluidifient, les tensions se résolvent davantage. L’intuition reste, mais elle s’appuie désormais sur des outils numériques puissants, notamment Catia, qui permettent de traduire le geste en structure. La technologie ne contraint pas l’imaginaire ; elle l’élargit. Gehry peut enfin laisser la forme dialoguer avec elle-même. Une image traverse pourtant toute son œuvre : le poisson. Souvenir d’enfance, symbole de mouvement et de vie, il accompagne Gehry comme une mascotte silencieuse. Sculpture monumentale à Barcelone, motif récurrent, il incarne cette architecture fluide, insaisissable, qui refuse l’immobilité.
Frank Gehry n’a jamais été consensuel. Admiré ou rejeté, rarement tiède, il a rappelé que l’architecture n’est pas qu’une affaire de normes ou de fonctions. Qu’elle peut être une expérience, une émotion, une question posée à la ville. Chez lui, rien n’est figé. Tout semble prêt
à bouger, à vibrer, à évoluer avec le temps. Peut-être est-ce là son héritage le plus juste : avoir montré que la beauté ne tient pas toujours à l’équilibre parfait, mais à cette tension fragile qui nous oblige, simplement, regarder autrement.
28 FÉVRIER 1929
Naissance à Toronto (Canada)
1962 Ouvre son agence à Los Angeles (Etats-Unis)
1984 Musée de l’air et de l’espace à Los Angeles
1985 Chiat/Day Building, à Venice (Etats-Unis)
1989 Lauréat du Pritzker Prize
1993 American Center à Paris
1997 Musée Guggenheim, à Bilbao (Espagne)
2014 Fondation Louis-Vuitton à Paris
5 DÉCEMBRE 2025
Mort à Santa Monica (Californie)
“Chez Gehry, rien n’est figé. Tout semble prêt à bouger, à vibrer, à se transformer. Comme si ses bâtiments acceptaient, eux aussi, l’idée du temps qui passe..
De gauche à droite, le musée Guggenheim à New York, la tour Luma à Arles, le musée de Guggenheim de Bilbao, la fondation Louis Vuitton à Paris.





MÉTAMORPHOSE
Nichée au sommet d’un immeuble chargé d’histoire, cette suite repensée incarne un dialogue subtil entre passé et présent. Pensé comme un écrin vivant, l’espace affirme une identité forte où design audacieux, matières nobles et influences glanées aux quatre coins du monde s’unissent avec caractère. Allons voir.



Conçue comme le point focal de l’espace, la cuisine présente des armoires en cuivre, dont les teintes orangées viennent contraster élégamment avec la pierre du bâtiment.
Dans le cadre d’une rénovation ambitieuse, cette suite occupant les deux derniers étages d’un immeuble historique a été transformée en un espace où modernité et héritage architectural se rencontrent harmonieusement. Destiné à devenir le pied-à-terre de clients qui ont vécu à l’étranger et voyagé à travers le monde, l’espace est voué à être animé d’objets, de meubles et d’œuvres d’art de différents styles, créant ainsi un environnement doté d’une signature esthétique unique, notamment grâce à la cuisine.
CUISINE AVEC UN C… COMME CUIVRE
Au cœur de la suite, la cuisine se distingue par son audace. Conçue comme le point focal de l’espace, elle présente des armoires en cuivre, dont les teintes orangées viennent contraster élégamment avec la pierre du bâtiment. Ce
choix de matériaux crée une interaction visuelle fascinante, soulignant les nuances chaudes du cuivre tout en les mettant en lumière dans l’environnement global. Les comptoirs en acier inoxydable ajoutent une touche de modernité et de brillance, apportant luminosité et raffinement. Principalement composé d’un îlot central surdimensionné, le comptoir de cuisson s’étire en longueur vers la fenêtre en suivant l’angle prononcé du mur de pierres. Les électroménagers principaux et le rangement ont été habilement intégrés dans une longue unité d’ébénisterie en laque blanche.
La cuisine devient ainsi non seulement un lieu fonctionnel, mais aussi un véritable espace d’art culinaire où chaque détail a été pensé pour marquer les esprits. Autour d’elle, les aires de vie s’organisent naturellement, favorisant la fluidité des déplacements et les moments de convivialité. La lumière naturelle, omniprésente grâce aux généreuses ouvertures, accentue les textures et révèle la richesse des matériaux. Les lignes contemporaines dialoguent avec
les éléments d’origine conservés, affirmant un équilibre maîtrisé entre caractère et élégance. Chaque zone de la suite a été conçue pour offrir une expérience à la fois chaleureuse et sophistiquée, reflet d’un art de vivre cosmopolite et intemporel.



“Les électroménagers principaux et le rangement ont été habillements intégrés dans une longue unité d’ébénisterie en laque blanche.”
Entre architecture et contemplation, Snøhetta imagine au cœur d’Hokkaido une maison-hôtel qui s’efface dans le paysage pour mieux en révéler la beauté.




Un soubassement partiellement enterré ancre le bâtiment, tandis que le volume supérieur, courbe, flirte avec la ligne de crête.
SUR LES HAUTEURS DE L’ÎLE D’HOKKAIDO, au cœur du massif de Rusutsu Resort, Snøhetta signe pour le groupe Not A Hotel un nouveau concept d’habitat-hôtel. Annoncé en juillet 2024, le projet ouvrira au printemps 2029. L’architecture épouse la pente et s’inscrit dans le relief. Un soubassement partiellement enterré ancre le bâtiment, tandis que le volume supérieur, courbe, flirte avec la ligne de crête. Béton armé, pierre volcanique locale et lamelles de cèdre composent une palette brute et contrastée. La toiture végétalisée prolonge le tapis naturel et renforce l’intégration paysagère. Par de larges baies vitrées, le regard plonge dans la neige et les forêts d’épicéas, les bleus d’été ou les brumes d’automne.
HARMONIE TOTALE AVEC LE PAYSAGE
À l’intérieur, la distribution fluide relie les espaces de vie sans couloirs formels : séjour, cuisine et salon panoramique se succèdent en continuité. Le mobilier sur mesure dialogue avec les matériaux naturels. En contrebas, un onsen et un sauna taillés dans la pierre prolongent l’expérience sensorielle de la montagne.
Au-delà de son esthétique, le Not A Hotel Rusutsu interroge la notion d’hospitalité contemporaine : séjourner ne se limite plus à un hébergement, mais devient immersion dans un paysage et un rythme saisonnier. Le luxe y prend la forme d’un dépouillement choisi, d’une architecture qui se retire pour laisser place à la vue, à la lumière, à l’air — ce que nous aimons appeler chez Editions Cosy le nouveau luxe.


Le luxe prend ici la forme d’un dépouillement choisi, d’une architecture qui se retire pour laisser place à la vue.
« L’approche de Snøhetta repose toujours sur un lien fondamental avec la nature. Pour ce projet, nous nous sommes inspirés du cadre extraordinaire du mont Yōtei, offrant aux visiteurs une expérience unique » , explique Richard Wood, directeur Asie de l’agence. D’une surface de 1 200 m², la maison adopte une forme concave, abritant salle de sport, sauna, salon, cuisine et chambres. Une cour
intérieure en contrebas forme le cœur social du lieu. Revêtue de pierre locale et de bois noirci, l’enveloppe dialogue avec le paysage tandis que l’intérieur décline des bois plus chauds et des tons verts. « L’utilisation de matériaux naturels et locaux incarne notre approche holistique du bienêtre et de l’harmonie avec la nature », conclut Ana Castaingts, architecte d’intérieur principale chez Snøhetta.



LONGTEMPS ASSOUPI À L’ENTRÉE DE SAINT-GERVAIS-LES-BAINS, L’ANCIEN HÔTEL DU MONT-JOLY RETROUVE AUJOURD’HUI SON ÉCLAT GRÂCE À UNE RESTAURATION AMBITIEUSE MENÉE SUR SES FAÇADES ET TOITURES. ENTRE HÉRITAGE THERMAL, SAVOIR-FAIRE ARTISANAL ET REGARDS D’ARCHITECTE, RÉCIT D’UN RÉVEIL PATRIMONIAL EXEMPLAIRE.

UNpalace alpin, témoin d’un âge d’or, un massif distingué, l’ancien Hôtel du Mont-Joly domine depuis plus d’un siècle l’avenue du MontPaccard. Construit par étapes — une aile « sarde » au XIXe siècle, l’aile métallique conçue par Célestin Longerey dans les années 1880, puis l’aile Art nouveau édifiée en 1910-1911 — il symbolise l’âge d’or du thermalisme gervaisien et l’essor du tourisme alpin. À son apogée, l’établissement compte jusqu’à 200 chambres et accueille une clientèle internationale venue profiter des eaux du Fayet et des premiers itinéraires vers le Mont Blanc. Inscrit aux Monuments Historiques en 1997 pour ses façades, toitures et marquise, le bâtiment subit ensuite un lent déclin. Transformé en copropriété après 1947, il voit ses décors s’altérer : enduits fissurés, polychromies disparues, ferronneries affaiblies, toiture en tôle vieillissante. Une silhouette toujours majestueuse, mais comme figée sous la poussière du temps.
UN CHANTIER QUI DÉVOILE UNE BEAUTÉ ENFOUIE
En 2024-2025, la copropriété engage une restauration de grande ampleur, confiée à l’agence CERES Architecture Paysage Patrimoine, dirigée par Jérémy Dupanloup, architecte du patrimoine. Très vite, les travaux prennent la forme d’une véritable redécouverte.
« Sur un édifice comme le Mont-Joly, on avance comme un archéologue », explique l’architecte.
« Chaque couche retirée révélait une intention décorative oubliée. Ce qui paraissait uniforme s’avérait être un véritable langage : nuances d’ocres et de beiges, faux appareillages, frises peintes, traces de blasons… La façade nous parlait de son histoire. »
Les ferronneries sont démontées puis restaurées dans les règles de l’art. Les menuiseries retrouvent leur dessin d’origine. Les modénatures sont restituées une à une.
Sur la toiture, la transformation est tout aussi spectaculaire : la tôle laisse place à une couverture en ardoises conforme à l’esthétique d’époque. Il faut renforcer la charpente, restaurer les lucarnes, reprendre les girouettes et remettre en état les caniveaux décorés — un travail minutieux et exigeant, mobilisant près de quarante artisans de montagne.


La renaissance du Mont-Joly est devenue un symbole bien au-delà de Saint-Gervais-lesBains. Édifié en 1911, à l’âge d’or du thermalisme alpin, cet ancien palace participait à l’attractivité de la station, alors fréquentée par une clientèle européenne en quête d’air pur et de paysages spectaculaires (Archives municipales de Saint-Gervais ; Inventaire du patrimoine Auvergne-Rhône-Alpes). Sa restauration rappelle combien l’architecture alpine porte en elle une forme de luxe discret, né du soin apporté aux usages, aux panoramas et à l’art d’habiter la montagne. Elle valorise aussi des savoir-faire essentiels — ferronnerie, peinture décorative, couverture en ardoise, charpentes anciennes — qui constituent la mémoire technique des vallées. Surtout, elle démontre qu’en altitude, restaurer un bâtiment inscrit, habité et soumis à un climat rigoureux exige une intelligence du patrimoine autant qu’une maîtrise technique, dans un équilibre délicat entre respect historique, sécurité et durabilité. « Le vrai luxe aujourd’hui, en montagne, c’est de restaurer plutôt que de remplacer », souligne Jérémy Dupanloup. « Révéler la beauté d’un lieu plutôt que la réinventer. Le Mont-Joly prouve qu’un beau patrimoine n’est pas un frein : c’est un avenir partagé. »
UN BÂTIMENT VIVANT, RÉAPPROPRIÉ
Derrière ses façades ravivées, le Mont-Joly demeure un immeuble habité. Des fenêtres s’illuminent à la tombée de la nuit, des voix résonnent dans la cour, des pots de fleurs réapparaissent sur les balcons restaurés. La réussite est là : réveiller un palace sans le figer, lui rendre son âme sans le transformer en musée. Aujourd’hui, le Mont-Joly est redevenu un repère et une fierté locale, un fragment vivant de SaintGervais, transmis aux générations futures. Cette opération s’inscrit également dans une réflexion plus large sur l’avenir des stations de montagne historiques. À Saint-Gervais, où le patrimoine thermal et hôtelier structure depuis plus d’un siècle le paysage urbain, le Mont-Joly témoigne d’une approche responsable de la transformation du bâti. Loin d’une reconstruction spectaculaire, le projet privilégie la continuité, l’adaptation des usages contemporains et la sobriété des interventions. Il rappelle que ces édifices, conçus pour durer, peuvent encore répondre aux attentes actuelles sans renier leur identité. En cela, le Mont-Joly devient un modèle de réhabilitation alpine, conciliant mémoire collective, qualité architecturale et désir d’habiter durablement la montagne.
Derrière ses façades ravivées, le Mont-Joly demeure un immeuble habité. La réussite est là : réveiller un palace sans le figer, lui rendre son âme sans le transformer en musée.


Visite privée
La Maison des Frênes, rénovation contemportaine inspirée par l'héritage.
Exception
Ferronnerie d'art dans un style de l'Est.
Portrait Laurianne
Création
La main à la patte pour des couleurs naturelles.
Une rénovation contemporaine inspirée par l’héritage architectural.



Réputée pour son approche résolument humaine, la Nony
se démarque par sa créativité dans la résolution de problématiques d’espace ainsi que par l’attention particulière portée à la fluidité de circulation.


LAMAISON DES FRÊNES illustre la philosophie de la firme de design La Nony Famili : redonner vie à l’existant plutôt que raser pour reconstruire. Face à un chalet des années 1970 délabré, l’équipe a choisi la voie de la revitalisation créative, respectant l’histoire des lieux tout en les adaptant aux besoins d’une vie familiale contemporaine.
HONORER, TRANSFORMER, SUBLIMER
Les propriétaires et les concepteurs partageaient une ambition commune : conjuguer durabilité, confort et patrimoine. L’intervention a porté sur une rénovation intégrale des 370 m2 répartis sur trois niveaux, avec des objectifs clairs : rendre la maison saine et fonctionnelle, moderniser sans trahir, et ouvrir généreusement les volumes sur la nature. L’esprit visé ? Celui d’un chalet de ski contemporain, chaleureux et graphique.
L’ÂME DU LIEU CONSERVÉE
Plutôt que d’effacer le passé, le projet s’appuie sur les éléments emblématiques du bâti : l’escalier en frêne, la cheminée en pierre, les poutres apparentes et les toits inversés. Ces marqueurs identitaires, mis en valeur par des interventions sobres, deviennent le fil conducteur de la rénovation. Les touches d’acier ornemental et de couleur apportent du rythme, tandis que les matériaux naturels, le frêne blanchi, la peinture à la chaux et les lambris peints, diffusent une atmosphère douce et lumineuse.


“Nous cherchons toujours à créer des espaces où chaque élément trouve sa place, dans un équilibre entre le vide et le plein.

L’agence a développé au fil du temps une expertise dans la rénovation d’envergure et la construction neuve de maisons de campagne et chalets.

UNE CIRCULATION RÉINVENTÉE
« Nous cherchons toujours à créer des espaces où chaque élément trouve sa place, dans un équilibre entre le vide et le plein », souligne Aza Lussier, designer associée. Le plan a été entièrement repensé : l’ancien sous-sol devient un rez-de-jardin baigné de lumière, abritant l’entrée et une salle familiale. Au rez-dechaussée, le balcon s’ouvre désormais sur un salon panoramique tourné vers la forêt et le foyer central, transformable en cinéma maison. À l’étage, une passerelle suspendue relie les nouvelles chambres, offrant une continuité visuelle et verticale. L’escalier restauré, avec son garde-corps vert bouteille, redevient la pièce maîtresse de la maison.
UNE PERFORMANCE AU SERVICE DU CONFORT
Isolation optimisée, fenêtres à triple vitrage et matériaux durables assurent une efficacité énergétique exemplaire. À l’extérieur, le jeu de teintes noires et blanches rappelle les contrastes de l’hiver québécois, prolongeant le dialogue entre la maison et son environnement. Baptisée en hommage aux frênes qui peuplent la forêt voisine, la Maison des Frênes exprime tout l’esprit de La Nony Famili : un design sensible et ancré, capable de faire dialoguer mémoire et modernité. Une transformation inspirée, qui rend hommage à l’histoire du lieu tout en affirmant une vision durable et poétique de l’habitat contemporain.

En début d’année, une jeune équipe de ferronniers savoyards a terminé la pose de rampes et d’un imposant escalier dans un château en reconstruction.
Pour leur première référence significative, le trio a choisi un style peu courant en France.


“Les barreaux de la rampe ont été laissés en fer brut. Ils ont été fixés au limon avec des rivets à chaud.
IlÉTAIT UNE FOIS, un château posé en haut d’une butte des Monts du Lyonnais dans le Rhône. Il aurait une base qui remonterait au Moyen-Âge. Ses propriétaires s’y affairent depuis un quart de siècle en toute discrétion. Tout était à faire semble-t-il sur cette construction qui était quasiment à l’état de ruine il y a 25 ans. Par exemple, la tourelle qui avait disparu a été remontée pierre par pierre. On n’en saura pas plus tant ces propriétaires passionnés veulent rester à l’écart de toute médiatisation. C’est bien dommage car nous aurions aimé avoir une vue d’ensemble de l’édifice. Mais cela figure dans le contrat qui lie ces particuliers à l’entreprise Forge & Bronze, une ferronnerie artisanale de trois personnes basées à Novalaise en Savoie. Cette TPE a été créée en 2023 par Victor Hornez après son tour de France chez les Compagnons du devoir et une série de voyages dont certains lointains. « Le travail que nous avons réalisé ici, est notre première vraie référence. Nous en sommes fiers », dit-il. D’autant que Forge & Bronze a été retenu face à un major du secteur qui se trouve dans les Yvelines… Alors de quoi s’agit-il ?
RAMPES ET ESCALIERS CRÉÉS DE TOUTES PIÈCES
L’équipe constituée de Nathan Masson, Matis Richard et Victor Hornez a travaillé un an sur ce projet. Il y a eu une quarantaine de mètres rampes débillardée à installer dans tout le château. Un escalier en pierre a été entièrement reconstruit et une rampe en ferronnerie a été posée pour le sécuriser. Pour accéder à la tourelle reconstruite, il a fallu là aussi créer un escalier. Les clients optent pour un escalier hélicoïdal en acier et marches en bois de chêne. « C’est un ouvrage assez imposant qui devait monter tout en haut de la tourelle. Nous avons réalisé la trémie, l’escalier et la rampe en ferronnerie. Les marches ont été livrées par un menuisier ». Les limons sont constitués de tôles roulées de 12 mm d’épaisseur. Ces limons ont ensuite été traités en « finition bronze ». Une peinture particulière chargée de véritables particules de métal a été appliquée au pistolet comme une peinture liquide classique avant application d’une couche de vernis. Ne pas écrire ce détail « Nous nous sommes formés en Allemagne spécialement pour ce type de travail », note Victor Hornez. Les barreaux de la rampe ont été laissés en fer brut. Ils ont été fixés au limon avec des rivets à chaud réalisés selon la technique traditionnelle avec préchauffage du rivet et bouterolle frappée sur la face inverse. L’ensemble a été posé en plusieurs pièces afin de pouvoir l’acheminer dans le château d’un seul tenant avec un treuil de levage de fabrication maison.



DU VOYAGE À L’ATELIER
INSPIRATION D’ALFRED HABERMANN
Au-delà de la technicité de cette réalisation, ce qui frappe c’est le style. On aurait pu imaginer pour la restauration d’un château aux racines moyenâgeuses un travail dans un pur style de l’école de ferronnerie classique française. « Les clients n’en voulaient pas. Ils n’avaient envie ni de volutes ni de feuillages », se souvient le ferronnier. L’inspiration est venue de l’est de l’Europe. Les ferronniers ont cherché dans les références de l’art déco de Tchéquie mais aussi dans le répertoire d’Alfred Habermann (1930 –2008). Ce forgeron et designer a marqué Victor Hornez pour sa capacité à « utiliser la plasticité de la matière et exprimer autre chose que les figures classiques ». Ce travail qui oscille entre Art déco et approche très contemporaine de la ferronnerie est réalisé à la forge au charbon et à l’enclume avec l’appui des trois marteaux-pilons acheté dans une ancienne forge industrielle de Genève. Le moins que l’on puisse dire est que le mariage entre les pièces de métal et la pierre environnante est parfait.
POUR UNE FERRONNERIE CONTEMPORAINE
Riche de cette expérience, le trio se lance aujourd’hui dans plusieurs projets intéressants. Deux escaliers pour une maison du XIXe siècle en Savoie, 6m de garde-corps pour une maison en bordure du lac Léman, des escaliers modernes pour le compte d’un architecte et une marquise avec des éléments forgés. Le carnet de commandes est complet pour le milieu de l’année prochaine et l’optimisme est de mise pour Forge & Bronze « Nous sommes confiants et motivés pour faire un peu bouger les lignes en matière de style. Nous soutenons l’idée qu’il doit être possible de faire de la ferronnerie contemporaine en France » , revendique Victor Hornez. Sortir un peu de « l’obsédante domination de la volute » est tout le mal que l’on peut souhaiter à la ferronnerie française.
Lillois d’origine, Victor Hornez s’est installé en Savoie pour suivre sa femme Mathilde psychomotricienne originaire d’Aix-les-Bains. Avant cela, Victor est allé chez les Compagnons du Devoir. Durant son « Tour » il a participé à la création d’une école de ferronnerie en Roumanie, à Tibanesti. Après son travail de réception, il a continué de voyager notamment en Amérique latine et dans les pays d’Europe de l’Est. Pensant pouvoir reprendre une entreprise en Alsace il a finalement opté pour la création de sa propre structure en Savoie avec un atelier de 350 m2 dont une partie de l’équipement (les trois marteaux-pilons et la forge au charbon), proviennent d’une ancienne forge industrielle suisse.

“Le travail que nous avons réalisé ici, est notre première vraie référence. Nous en sommes fiers.


AU CŒUR DES MONTAGNES
SAVOYARDES, LAURIANE
JOSSELIN FAÇONNE LE BOIS AVEC EXIGENCE ET SENSIBILITÉ. MENUISIÈRE ET DESIGNER, ELLE IMAGINE DES OBJETS OÙ LE GESTE LENT, LA MATIÈRE BRUTE ET LE RESPECT DU VIVANT DIALOGUENT. UNE APPROCHE SINCÈRE DU DESIGN, ENTRE SOBRIÉTÉ, ÉMOTION ET ANCRAGE LOCAL.
Texte La Rédaction


Ily a quelques années, j’installais mon atelier au cœur des montagnes savoyardes, avec comme point de départ des objets pour l’art de la table et un besoin vital de créer », confie Lauriane Josselin, fondatrice de LJ Création
Menuisière et designer, elle sculpte le bois comme on compose une émotion. Chaque pièce, table, luminaire ou plateau, traduit un lien profond avec la nature et une recherche d’équilibre entre matière et forme. Ses créations, aux lignes sobres et aux détails sensibles, trouvent leur poésie dans les imperfections du bois. Elle travaille essentiellement le frêne, le noyer et le chêne issus de forêts locales ou de chutes récupérées en menuiserie, dans une démarche éthique et vertueuse. « Je cherche avant tout à redéfinir ma vision du beau : un design simple, juste, fabriqué lentement et avec sens », explique-t-elle.
Dans son atelier d’Aime-La-Plagne, chaque objet est conçu, poncé et fini à la main. Une création authentique et intemporelle, ancrée dans la montagne et portée par une même idée : redonner au bois la place qui lui revient.

“ Le travail de la main dans un projet, c’est ce qui fait la différence.
CRÉATION
On pourrait croire à une simple finition murale, mais ce que Christine Monchiet imagine relève d’une mise en scène sensible. Cofondatrice du studio Koncept & Matières avec son mari, cette ensemblière conçoit des décors sensoriels et durables, faits de chaux, d’argile ou de peintures végétales ; des matériaux entièrement formulés dans son propre atelier, sans composés nocifs. Pour les hôtels de montagne, elle imagine des ambiances qui apaisent, surprennent et racontent. « Le travail de la main dans un projet, c’est ce qui fait la différence », affirmet-elle. À travers textures et teintes, elle insuffle une narration subtile. Sa marque de fabrique : la Continuité Chromatique©, qui décline une même couleur sur divers supports pour une harmonie fluide. Chez elle, la matière n’habille pas : elle révèle l’âme du lieu.

Koncept & Matières conçoit et distribue en exclusivité en France (produits réservés aux applicateurs formés uniquement) une alternative écologique au béton ciré.
Christine Monchiet a créé le concept de continuité chromatique : elle est en mesure de proposer la même teinte pour les peintures, les enduits à la chaux et l’alternative écologique au béton ciré. Elle propose même un nuancier de 3 000 couleurs.

France Dômes
Savoie Technolac – Le Bourget-du-Lac
contact@france-domes.fr
Tél. : 06 28 59 17 02
france-domes.fr

Objets
Designer et plasticien, Ferréol Babin compose un univers singulier..
Crush la céramiste italienne Paola Paronetto a réinventé la matière et ses formes.
Minyatura
L'art à l'échelle du murmure dans l'œil d'Amandine Lori Soudan.
Habité
Dovain, quand le mobilier devient manifeste.
Âme vagabonde
L’élégance nomade de Floating House.
Texte La Rédaction OBJETS
DESIGNER ET PLASTICIEN, FERRÉOL BABIN COMPOSE UN UNIVERS SINGULIER OÙ L’OBJET DEVIENT LANGAGE. ENTRE EXPÉRIMENTATION ET POÉSIE, IL REDONNE AU DESIGN SON RÔLE PREMIER : RÉVÉLER LE SENSIBLE À TRAVERS LA MATIÈRE.

LE TEMPS DE LA MATIÈRE
Formé à l’ESAD de Saint-Étienne et marqué par un séjour au Japon, Ferréol Babin a développé une approche lente et intuitive du design. Dans son atelier, chaque création naît d’une observation patiente des matériaux : pierre, bois, verre ou métal deviennent partenaires de dialogue plutôt que simples supports. Ses lampes, miroirs et meubles jouent sur la frontière entre sculpture et fonction. Lignes brutes, formes imparfaites, textures minérales… rien n’est laissé au hasard. L’objet se fait manifeste, un point d’équilibre entre rigueur et liberté.
UNE POÉTIQUE DU QUOTIDIEN
Collaborant avec des maisons telles que Pulpo, Cassina ou Atelier Emmaüs, Ferréol Babin cultive un design épuré, à la fois ancré et spirituel. En interrogeant la relation entre main et matière, il rappelle que la beauté naît souvent de ce qui résiste — et de ce qui, lentement, prend forme.

Atelier Emmaüs lance sa première collection de petit mobilier et objets. Une collection inédite issue du réemploi de matériaux, dessinée par Ionna Vautrin, Ferréol Babin, et les 5.5. A travers ce projet, les designers mettent leur créativité au service d’un engagement fort : chaque création a été pensée pour faciliter l’apprentissage des techniques de menuiserie aux artisansapprenants de l’atelier en réinsertion professionnelle qui travaillent à partir de matériaux récupérés. Des objets signatures à impact social et environnemental positif, une collection qui illustre la résilience par le design.
Georges par Ferréol Babin Atelier Emmaüs


Lunaire est une lampe murale et de plafond avec un effet de lumière surprenant, rappelant le phénomène produit par les éclipses. Un disque avant plus petit contenant la source lumineuse est placé à l'intérieur d'un grand diffuseur concave en aluminium. Deux effets différents sont possibles en fonction de la façon dont le petit disque est positionné par rapport au diffuseur.
Lunaire par Ferréol Babin
Fontana Arte
Édition limitée cette pièce unique de verre soufflé à la bouche et plâtre polyester représente une falaise qui joue sur les contrastes entre les matériaux, l’opacité et les formes. La poche lumineuse et colorée en verre semble verser sur les rochers déchiquetés.
Falaise par Ferréol Babin
CIAV Meisenthal
D613 Studiolo – Grenoble

Premier projet de Ferréol Babin pour Cassina et deuxième chapitre du projet Patronage, Polyshape reprend certains concepts déjà introduits par le designer dans des œuvres uniques et des pièces d'art, comme la composition de formes simples et l'équilibre des géométries, en actualisant les proportions et les matériaux pour créer un modèle disponible en deux tailles – une lampe de table et un lampadaire – et en trois finitions métalliques.

Dans cet atelier, Ferréol invite les participants à réutiliser les matériaux de l’atelier pour créer dans un délai d’une semaine, autant de tabourets qu’il leur sera possible. Ces tabourets seront réalisés avec une économie de moyens et les participants seront encouragés à travailler avec l’objectif de « faire plus avec moins », en explorant les limites de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas. Tabourets uniques sculptés en chêne, aux formes et finitions variées. Collection en cours.
100 stools par Ferréol Babin
Domaine de Boisbuchet

En botanique, une grappe est un ensemble de fleurs disposées selon un certain ordre sur un axe commun. L'applique grappe ainsi que toute la collection s’inspire de ce principe, chacun se composant d’une tige sur laquelle viennent se greffer des sources de lumière. Cette disposition organique, en plus d’être fonctionnelle de par l’éclairage créé, permet à ces objets de prendre une géométrie différente selon leur orientation.



Organique, primitive et sensuelle, la collection Yli se défait des codes traditionnels des arts de la table pour interroger le rapport à la matière et éveiller ainsi pleinement les sens. Travaillant depuis son atelier à partir d’une terre locale contenant des morceaux d’argiles cuites donnant du relief à la matière, Ferréol Babin s’applique à rendre vivantes chacune de ses pièces en les marquant de l’empreinte de ses gestes et des outils au fur et à mesure du séchage.

Yli par Ferréol Babin Revol
Miroir en sipo sculpté réalisé pour l’exposition personnelle Fragments, à la galerie Friedman Benda, à Los Angeles.
Parabole par Ferréol Babin Limited


Mêlant fibre de cellulose, argile et intuition, la céramiste italienne
Paola Paronetto a réinventé la matière et ses formes. Entre légèreté sculpturale et lenteur assumée, ses pièces racontent un art de vivre tout autant qu’un geste.
Texte La Rédaction


Née en 1965 à Pordenone, dans le nord-est de l’Italie, Paola Paronetto découvre l’argile très tôt. Ce qui commence comme un jeu d’enfance devient une passion, puis une vocation. « J’ai commencé à jouer avec l’argile à un très jeune âge, et petit à petit, ce hobby est devenu ma profession actuelle. » Aujourd’hui, 50 ans plus tard, ses pièces en céramique sont exposées dans des galeries et boutiques de design à travers le monde.
UNE TRADITION RÉINVENTÉE
Paola Paronetto n’a jamais cessé d’explorer les possibilités du matériau. De Gubbio à Florence en passant par Deruta ou Certaldo, elle s’imprègne des lieux où la céramique est un patrimoine vivant. Son travail s’inscrit dans cette tradition, tout en s’en détachant par l’expérimentation. Son projet artistique le plus marquant à ce jour repose sur un matériau inédit : l’argile-papier. « Je commence par un matériau simple, l’argile-papier, créé en ajoutant différentes proportions de papier au mélange d’argile. En expérimentant avec les matériaux et en les poussant à leur limite, j’ai réinventé cette technique en la rendant complètement nouvelle et profondément mienne. »
UNE MATIÈRE EXPRESSIVE ET TACTILE
Ce mélange singulier de fibres naturelles, de cellulose et d’argile donne naissance à des formes à la fois fragiles et puissantes, légères mais sculpturales. Son approche s’éloigne du fonctionnel pour toucher à l’émotion. Paola Paronetto travaille la matière comme d’autres composent des paysages intérieurs. Elle décrit son style comme « léger, essentiel, passionnant », et revendique un design où chaque pièce devient le reflet d’un instant : « Je pense que ce qui rend mes créations spéciales, c’est leur caractère unique. Elles traduisent ma sensibilité et les émotions ressenties à un certain moment. »
VERS UNE VIE PLUS LENTE
Si la Toscane reste pour elle un territoire inspirant, c’est désormais Milan qui capte son attention. La ville, par son énergie créative, son lien fort au design et à la mode, nourrit ses recherches. Mais l’artiste envisage l’avenir avec plus de lenteur : « J’aimerais continuer à améliorer la qualité de mon travail, mais aussi réorganiser mon temps, déléguer davantage… ralentir. Cette pause forcée m’a peut-être permis de retrouver un calme que j’avais complètement perdu. » Dans ses pièces, la matière porte les traces de ce cheminement personnel : formes imparfaites, textures poreuses, couleurs douces ou vives — comme un langage silencieux entre l’objet, le lieu, et celle qui le façonne. Dans un monde saturé d’objets lisses et standardisés, les œuvres de Paola Paronetto rappellent que la céramique est aussi un art du temps, de l’imprévisible, et de la main.



Aperçu du travail effectué à l'aide d'un binoculaire.
Installée en Savoie, entre lacs et montagnes, Amandine Lori Soudan pratique l’un des arts les plus rares qui soient : la miniature. Dans son atelier, à flanc de colline, le monde se réduit à l’essentiel. Elle y façonne des univers entiers qui tiennent dans la paume d’une main, avec la patience des artisans d’autrefois et l’œil d’une scénographe contemporaine. Chez elle, le monde se mesure en millimètres et chaque détail a une âme : une tasse minuscule posée sur une table en bois brut, une porte qui s’entrouvre, un rideau frémissant sous un souffle imaginaire. Ces fragments de vie racontent les maisons de montagne, les intérieurs préservés, les traces d’un quotidien simple et sincère.
LA POÉSIE DU MINUSCULE
Formée à la peinture et passionnée par l’histoire des objets, Amandine traduit dans ses oeuvres la beauté tranquille d’un monde à regarder de plus près, où le geste artisanal retrouve toute sa noblesse. Dans son atelier, la loupe devient complice, le pinceau une plume. Chaque pièce est un fragment de ses micro mondes suspendus, une invitation à ralentir le regard et à renouer avec la poésie du minuscule. Car chez elle, la miniature n’est pas un simple exercice de style, c’est comme une façon de tenir tête au vertige de la démesure contemporaine.


Porté par une vision artistique forte et un amour du détail, Dovain Studio bouscule les codes du design contemporain en créant des pièces d’exception. Nous vous les présentons.


et
Le lit est encadré par deux rangements de bureau verts utilisés comme tables de chevet. Dessus, des lampes rouges vintage. La tête de lit a été réalisée sur mesure (Orac).
Au mur, une toile de Sergio Prieto de la collection Introspective 2020.
Autour d’une table vintage chinée à la Feira da Ladra, le célèbre marché aux puces de Lisbonne, des chaises Meco en velours de coton signées Dovain Studio. En arrière-plan, une lampe de table de la collection SpaceUn vase en céramique jaune d’Area côtoie une bougie Marijuana de Loewe. Dans la niche, une pièce en céramique rose d’Ana Rod. Le tout est posé sur un tapis The Blue Boy.
Dovain Studio s’impose aujourd’hui comme une signature singulière dans le paysage du design contemporain. Née de la quête de beauté, de sensualité et de raffinement, la marque conçoit des luminaires, du mobilier et des objets décoratifs où se rencontrent matériaux nobles, savoir-faire d’exception et créativité sans compromis. Chaque création porte en elle une attention extrême au détail, un sens du style aiguisé, et un dialogue constant entre art, design et artisanat.
Fondé dans le nord du Portugal, le studio développe également des projets d’architecture d’intérieur où l’harmonie des formes, la poésie des matériaux et la fonctionnalité se conjuguent avec élégance. En quelques années, Dovain s’est distingué par une approche sensible et expressive de l’espace, attirant l’attention de prescripteurs et collectionneurs à travers l’Europe et au-delà.
LE MONDE COMME TERRAIN DE JEU À Paris, Dovain Studio a signé le design intérieur et l’éclairage sur-mesure d’un boutiquehôtel confidentiel dans le Marais, mêlant verre soufflé, laiton poli et textiles raffinés dans une atmosphère onirique. En Italie, sur la côte amalfitaine, la marque a collaboré à l’aménagement d’une villa contemporaine, imaginant des pièces inspirées des paysages marins et des traditions artisanales locales.


“ En quelques années, Dovain s’est distingué par une approche sensible et expressive de l’espace, attirant l’attention de prescripteurs et collectionneurs à travers l’Europe et au-delà.

Aqua est le projet de design d'intérieur avec une expérience immersive où le design s'intègre parfaitement aux formes et aux matériaux inspirés de l'eau.
À Lisbonne, un showroom de design haut de gamme expose les créations sculpturales du studio, mêlant bois, céramique et marbre dans des compositions audacieuses. Hors d’Europe, Dovain Studio a récemment été sollicité pour des projets à Tokyo, où une installation lumineuse allie la délicatesse du papier japonais aux lignes contemporaines du métal, et à São Paulo, pour un espace de coworking à l’esthétique organique et modulable, pensé autour de matériaux durables.
SCULPTURE ET FONCTION
À la tête de la direction artistique, Sergio Prieto, artiste-designer espagnol né en 1994, insuffle à la marque une vision profondément artistique et émotionnelle du design. Formé à la peinture dès l’enfance, puis au design à travers
des expériences en Chine, Inde, France, Italie et Portugal, il explore depuis toujours le langage expressif des objets : leur capacité à transmettre une émotion, à raconter une histoire, à toucher l’âme. Son travail, à la croisée des disciplines, traverse les frontières entre art, décoration et fonction, pour donner naissance à des pièces aussi sensibles que singulières.
Plus qu’un studio de design, Dovain est une maison de création, un espace d’expérimentation et de dialogue entre les formes, les cultures et les matières. Fidèle à des valeurs de durabilité, de respect des matériaux et de recherche formelle, la marque poursuit sa mission : créer des objets et des espaces à la fois puissants, raffinés et durables, qui éveillent les sens et élèvent le quotidien.

ÂME VAGABONDE
FONDÉE PAR DEUX CRÉATRICES VENUES DE LA PRESSE FÉMININE, FLOATING HOUSE EXPLORE UN ART DE VIVRE SENSIBLE, ENTRE OBJETS RARES, MATIÈRES BRUTES ET VOYAGES IMAGINAIRES.
Texte La Rédaction
Née en 2018 de l’union créative de Valérie et Marina, Floating House Collectio n a franchi la barre de la marque pour s’installer comme un label contemporain, une maison poétique et libre, née d’un désir commun : imaginer des objets rares et sincères, porteurs d’histoires, conçus pour des intérieurs qui racontent quelque chose du monde. Artistes exploratrices, curieuses insatiables, les deux ex de la presse font vibrer les matières originelles, les textures imparfaites et les formes spontanées. Dans leur univers flottant, la beauté est toujours liée à l’émotion, au voyage, à la main qui crée.
Floating House s’adresse aux esthètes du quotidien, aux amateurs d’un lifestyle raisonné


où chaque pièce est choisie, pensée, parfois transformée. Leur monde est fait d’objets aux lignes brutes, d’assemblages inattendus, de pièces uniques venues des quatre coins du monde qu’elles prennent plaisir à visiter et d’où elles reviennent chargées « d’ objets trouvés, transformés, imparfaits » qui éveillent les sens et nourrissent les récits.
UN ÉCRIN PARISIEN POUR UNE MAISON NOMADE
Depuis 2023, c’est en plein cœur de Saint-Sulpice, sur la Rive Gauche, que Floating House a trouvé son ancrage. Leur atelier-showroom, chaleureux et confidentiel, ressemble à une maison de passage, un lieu d’échange et d’inspiration. Ici, le décor change au fil des saisons et des trouvailles. Chaque pièce est une invitation au voyage, un fragment de monde suspendu dans le calme parisien. Le catalogue irrationnel de Floating House est à leur image : mouvant,
curieux, jamais figé. On y tourne les pages avec l’avidité d’un collectionneur. Les architectes d’intérieur et les labels les plus exigeants (du Bon Marché à des galeries new-yorkaises ou milanaises) ne s’y sont pas trompés. Ils suivent le duo sur les salons Maison&Objet, où leurs créations se distinguent année après année.
UN REGARD ET UN ESPRIT
Plus qu’un label, Floating House est une atmosphère. Entre scénographie et photographie, Valérie et Marina jouent avec les espaces comme avec les lumières, déplacent leurs objets d’un appartement haussmannien à l’atelier brut d’un artisan, d’un voyage en Asie à une brocante italienne. Chaque projet devient un récit visuel, une mise en scène vibrante de leurs passions communes. Le voyage Floating House ne fait que commencer. Et chaque objet, chaque création, en est la trace sensible.
reflète un savoirfaire artisanal d'exception, où chaque pièce est porteuse d’histoire et d’imperfection subtile, symbole d’authenticité.

Carte blanche
Pour cette carte blanche hivernale, Bastien Nere a glissé dans chacune de ses six illustrations un monument emblématique de notre région. Retrouvez-les.
Pour cette carte blanche hivernale, Bastien Nere a glissé dans chacune de ses six illustrations un monument emblématique de notre région. Subtilement dissimulés dans les paysages enneigés, ces repères familiers ajoutent une poésie locale… et un petit jeu de piste que chacun pourra s’amuser à retrouver.


BASTIEN NERE, diplômé de l’École Européenne
Supérieure de l’Image, navigue depuis ses débuts entre bande dessinée, illustration et expérimentations graphiques. Lauréat du concours Panic! Reverse en 2016, il expose de Nancy à Berlin, multiplie les résidences d’artistes et signe plusieurs ouvrages marquants : Bienvenue à l’usine (Vide Cocagne, 2019), Zothique (Malpertuis, 2023) ou encore les illustrations de La Colline des rêves d’Arthur Machen (Aux Forges de Vulcain, 2023).
Passionné par les mondes étranges et la Weird Fiction, il développe un travail de recherche qu’il baptise Métacomix. Il collabore aussi avec la revue cinéma La Septième Obsession, où sa chronique dessinée Oneshot explore les films bizarres, marginaux et cultes.







Mules
Un pied dans le salon, l'autre sur le trottoir .
Tic-tac
Montres suisses, vers une nouvelle ère ?
Elles sont les reines du « Je reste » et les ambassadrices du « Bon, allez, je sors quand même ». D'un côté, le confort absolu, douillet, celui qui murmure « reste en pyjama ». De l’autre, un style branché si chic qu’il le hurle. Les mules pour femmes, Ce n’est plus juste cette pantoufle un peu triste de notre grand mère. Non. C’est le couteau suisse de la garde-robe moderne : aussi à l’aise pour récupérer un colis que pour faire le marché d’Annecy. C’est la chaussure qui a compris notre vie : on veut être prête à tout mais avec élégance. Aujourd’hui, on dresse le portrait des mules qui prouvent qu’on peut avoir l’âme d’une ermite et le style d’une fashion addict.
Texte Yannick Mougel

RES IPSA (qui signifie « la chose parle d'elle-même » en latin) a été fondée en 2013 par deux avocats, Josh et Odini, insatisfaits par l'uniformité des accessoires professionnels. Leur aventure a commencé par la création de leurs propres cravates. Initialement centrée sur des accessoires en tissus luxueux, la marque a ensuite évolué vers une vision unique et durable. Inspirés par leurs voyages, ils créent désormais des pièces uniques à partir de matériaux vintage, recyclés et réutilisés, fabriquées à travers le monde. Dans leur atelier, ils tissent eux-mêmes leurs tissus, et uniquement en quantités nécessaires pour répondre à la demande et réduire les déchets. L'accent est résolument mis sur l'unicité, la qualité et l'histoire de chaque produit. Ces sabots Cowhide signature sont fabriqués artisanalement à Marrakech en cuir de vache recyclé de l'industrie agroalimentaire. Alliant confort naturel (semelle intérieure en liège moulée au pied) et durabilité (semelle en caoutchouc), leur design s'inspire des chaussures historiques des paysans européens du XIIIe-XIVe siècles et d'un voyage à Istanbul. Chaque paire est unique, avec une finition en cuir et une doublure en daim.


NÉE EN SUISSE, Uppervoid s’impose comme l’une des marques les plus inspirantes du nouvel outdoor premium. Sa devise, « vIn Nature We Trust », résume une approche philosophique qui réconcilie design épuré, innovation et conscience environnementale.
Conçu comme un compagnon de fin de journée en montagne, le Hover est un modèle ultraléger qui allie audace et haute technicité (mousse bio-basée super amortissante, semelle Ortholite, isolation Thermolite, traitement antibactérien, pour les odeurs de pieds devant la télé, et semelle extérieure Octopus pour coller à la route mouillée par le génépi. Il s’utilise aussi bien après une randonnée ou pour aller promener le chien.
À L'ORIGINE, UGG n'est pas une marque, mais un terme australien désignant ces bottes fourrées en peau de mouton, longtemps associées à une culture utilitaire et balnéaire. La société UGG telle qu'on la connaît aujourd'hui a été fondée en 1978 par un surfeur australien, Brian Smith, en Californie. L'idée était d'apporter le confort des bottes fourrées australiennes aux surfeurs pour se réchauffer après une session endiablée, tout en conservant une simplicité fonctionnelle. Depuis, la marque a radicalement évolué, passant d’un accessoire de niche à une icône lifestyle mondiale.
Le chausson Disquette Chalet incarne parfaitement cette évolution. C'est la version hiver et robuste du modèle Disquette, qui conserve la silhouette ronde et plate emblématique, mais l’adapte pour l’extérieur avec une semelle épaisse crantée, pensée pour affronter le froid et l’asphalte, et poser quelques pas de "shuffle" aussi bien à la terrasse de la Folie Douce qu’à LA. Son succès repose sur sa doublure en fourrure de mouton UGGPure et son extérieur en suédé, combinés à un design surdimensionné "chunky" assumé, qui s’inscrit pleinement dans la tendance "gorpcore", ou comment détourner les codes de la randonnée et de l’outdoor pour les imposer comme de véritables pièces de mode urbaine.


NÉE EN 1969, inspirée par la mission Apollo 11, la Moon Boot est au départ de l’aventure un « après-ski ». Son design unique, imaginé par l'architecte Giancarlo Zanatta, reprend la silhouette gonflée et futuriste des bottes des astronautes. Son succès tient à son mélange unique de confort extrême et d'un style atypique. Elle a été adoptée par les stars dans les années 70-80 et connaît un retour cyclique en mode, notamment grâce aux tendances Y2K et au goût actuel pour les silhouettes volumineuses "chunky".
La mule est une déclinaison intérieure/extérieure emblématique de la marque. Elle reprend tous les codes de la botte originale avec son look ultra-ronde et gonflée, son épaisse semelle crêpée et ses matériaux tout doux.
C'est l'archétype de la pantoufle design et confortable. Elle est devenue un basique tendance pour l'intérieur mais aussi les sorties décontractées, offrant un look immédiatement reconnaissable. So cute…
FONDÉE EN 1913 À MILAN par Mario Prada comme une maroquinerie de luxe, Prada est devenue, sous la direction de sa petite-fille Miuccia Prada, l'une des maisons les plus influentes de la mode et à bien entendu surfé sur la vague de la mule. Mais pas n’importe laquelle…
Elle incarne parfaitement les codes de la maison avec un design épuré et une silhouette nette et carrée, typique du minimalisme de Prada. L'alliance du veau lisse et brillant et de la peau de mouton douce et profonde apporte la touche finale d’une sophistication décontractée : C'est une pièce d'intérieur/extérieur qui élève un basique. Elle offre le confort absolu d'une pantoufle, mais avec l'élégance stricte et la finition parfaite d'un accessoire de luxe.
En résumé, cette mule est l'excellence du chic Prada : une pièce simple en apparence, mais d'une extrême sophistication dans ses proportions, ses matériaux et son exécution, transformant le confort en déclaration de style. Un must have.


INUTILE DE VOUS REPRÉSENTER CROCS, la drôle de marque américaine née en 2002 et devenue depuis un phénomène mondial. Malgré un design discutable pour certains… elle a conquis le grand public, les pro-fessionnels de la santé, la culture pop, et même… la NBA, devenant un symbole de confort fonctionnel et de non-conformisme.
La Bembury que nous présentons ici est le fruit d'une collaboration prestigieuse avec le designer Salehe Bembury, connu pour son travail chez Yeezy et Versace. Avec cette édition limitée, Bembury revisite le modèle Classic Clog, lui donnant une silhouette plus sculpturale, organique et dynamique. Les évents emblématiques sont remodelés en motifs courbes évoquant des empreintes digitales ou les sentiers de randonnée du Haut-Chablais.
Cette collaboration a légitimé Crocs dans le monde de la mode haute gamme. Elle démontre que la fonction peut rencontrer le design d'auteur, ajoutant une valeur esthétique et collector à la chaussure utilitaire de base. Et pour aller encore plus loin, elle est souvent proposée avec des Jibbitz exclusifs (les auto-collants décoratifs) et une finition bicolore. Son succès a établi un précédent pour des collaborations stylées de haut niveau. Crocs est l'icône du confort fonctionnel. Le modèle Bembury en est la version "haute-couture" : une réinterprétation intelligente et design qui a prouvé que l'utilité pouvait être sublimée en objet de désir mode, de Beverly Hills à Megève.
L’horlogerie suisse rime souvent avec un luxe perçu comme inaccessible. Et si ce rêve devenait enfin abordable ? Pour explorer cette question, nous avons sollicité l’expertise de Noëlle Grisard, véritable « reine de l’anglage manuel », dont les mains subliment les pièces des plus grandes maisons. À ses côtés, nous dévoilons une sélection exclusive de marques indépendantes suisses. Leur pari ? Proposer un savoir-faire d’exception, longtemps réservé au très haut de gamme, à un prix plus accessible pour une « vraie » montre mécanique.
Texte Yannick Mougel

Saner – SA-2024-1/CS
SANER EST UNE MARQUE ÉMERGENTE, issue d’une saga familiale d’horlogers jurassiens transmise sur trois générations. En 1970, Philippe Saner crée à Alle, dans le Jura suisse, un atelier dédié au terminage et à l’assemblage précis pour de grandes maisons horlogères helvétiques. Au fil des décennies, Ph. Saner SA se forge une réputation irréprochable de partenaire industriel fiable, attirant des contrats prestigieux grâce à son excellence technique. Ses fils intègrent l’entreprise, Vincent en 1983 et Fabien en 1987, la développant en une structure industrielle moderne. En 2020, le petit-fils Robin rejoint l’aventure, perpétuant l’héritage alors que Philippe décède la même année. Pour marquer les 50 ans de la maison, la famille lance en 2020 la marque Saner , hommage vibrant à Philippe et à des décennies de soustraitance discrète. La collection inaugurale « Heart in Light », issue de longues années de R&D, met en lumière leur maîtrise interne. Aujourd’hui, Saner produit des éditions limitées certifiées COSC, assemblées localement, mêlant design moderne et classique. Cette marque symbolise le passage d’un atelier dans l’ombre à un créateur indépendant, ancré dans la tradition jurassienne et la transmission familiale.
White Star –Neografic, Ground Truth Expedition Indigo N1
WHITE STAR A ÉTÉ FONDÉE EN 1895 à La Chauxde-Fonds par Henri Weiss, récemment relancée pour célébrer 130 ans d’héritage mécanique. Dès ses débuts, White Star se distingue par des brevets techniques, comme une couronne vissée pour montres étanches dans les années 1920, vendue à Hans Wilsdorf (fondateur de Rolex). La maison familiale produit des montres de poche, des montres automatiques, des calendriers et des chronographes, connaissant un essor post-Seconde Guerre mondiale avec des complications originales, tel un chronographe « heures du monde » en 1950. Elle exporte à l’international avant de décliner lors de la crise du quartz et de s’endormir à la fin des années 1970-1980. Relancée au XXIe siècle, White Star renaît fidèle à son ADN : réinterprétations de modèles iconiques comme la Diagrafic, avec des mouvements modernes préservant l’esthétique vintage et des fonctions complexes. Aujourd’hui, Cedric Pierre Berruex, qui a racheté la marque, cible un segment premium de niche, avec une production qualitative et limitée, des designs néo-vintage et un storytelling autour d’une « légende retrouvée ». Elle séduit les amateurs d’histoire horlogère authentique, loin des modes éphémères.

Elka – Arinis AF02

ELKA WATCH CO EST UNE MARQUE MODERNE lancée en 2022 par Hakim El Kadiri, qui rend hommage à une ancienne maison horlogère néerlandaise disparue, tout en portant son propre diminutif, « Elka ». À l’origine, Elka naît à Amsterdam sous l’impulsion d’Édouard Louis Kiek, dont les initiales forment l’acronyme ELKA. Active au XXe siècle, cette maison produit des montres de poche, des montresbracelets, des chronographes et des horloges d’échecs, devenant horloger officiel de la reine Juliana des Pays-Bas. Dans les années 19601970, Elka s’étend avec une succursale à La Chaux-de-Fonds et collabore avec des géants comme Heuer, Ulysse Nardin, Zenith, Rolex et Minerva. L’entreprise s’éteint progressivement au milieu des années 1970, la lignée familiale s’interrompant vers 2000. Après 20 ans au Swatch Group dans le dévelop-pement de produits, Hakim El Kadiri, quittant le géant en 2020, redécouvre Elka lors de recherches sur d’anciennes signatures et des designs vintage. Il est séduit par le nom Elka, qui correspond aussi à son acronyme… Inspirée des années 1960, la marque adopte un style néo-vintage durable, où « la forme suit la fonction », avec des boîtiers évoquant les montres de poche. Elle relie ainsi l’héritage néerlandais prestigieux à la microhorlogerie suisse contemporaine. Et alors que l’incertitude pousse tant de stores à se baisser, Elka ouvre le sien au cœur de Neuchâtel, un geste silencieux et puissant qui affirme que la vraie mesure du temps est la persistance.
EN 2019, THOMAS BAILLOD, professionnel de l’horlogerie issu d’une lignée horlogère remontant au XVIIIe siècle dans la région de Neuchâtel, lance BA111OD . Née comme un laboratoire pour repenser la distribution, elle s’est rapidement imposée comme une véritable maison proposant des montres mécaniques Swiss Made au design affirmé et aux prix volontairement contenus. La marque se distingue par son modèle de we-commerce, fondé sur une communauté de passionnés réunis au sein du Club 11:10, qui entretient un lien direct et privilégié entre BA111OD et les amateurs d’horlogerie. Ce fonctionnement participatif permet de réduire les intermédiaires, de rester transparente sur le rapport qualité-prix et d’entretenir un lien direct entre la marque et les amateurs de belles mécaniques. Sur le plan produit, BA111OD a structuré son offre en « chapitres » qui racontent chacun une facette de son univers, de montres automatiques
ajourées accessibles à des complications de haute horlogerie comme le tourbillon, entièrement conçu et fabriqué en Suisse, proposé à un niveau de prix inédit dans l’industrie. Les montres se reconnaissent à leurs boîtiers en acier ou en titane, souvent squelettés, à des signatures esthétiques marquées (couronne décalée, cadrans ouverts) et à l’usage de technologies innovantes comme le verre connecté sur certains modèles. En quelques années, BA111OD est passée du statut de start-up à celui de marque établie, capable de produire environ 2 000 montres par an tout en conservant une image disruptive et proche de sa communauté. Elle s’adresse à un public d’amateurs souhaitant une montre suisse identitaire, techniquement intéressante et porteuse d’un récit humain fort, sans basculer dans les tarifs élitistes des grandes maisons traditionnelles.


ZENO-WATCH BASEL est une manufacture horlogère suisse indépendante, fondée en 1868 par Jules Godat à La Chauxde-Fonds, au cœur du berceau horloger helvétique. La marque adopte officiellement le nom Zeno en 1922, sous l’impulsion de la famille Eigeldinger, spécialisée dans les montres d’observation et les garde-temps militaires pour l’armée. Entre 1966 et 1973, l’entreprise est reprise par Felix W. Huber et s’installe définitivement à Bâle, où elle demeure une petite
structure familiale misant sur la fabrication traditionnelle et des volumes limités.
Zeno-Watch Basel se distingue par ses montres mécaniques d’inspiration professionnelle, notamment les collections de montres de pilote, d’observation et de plongée, avec des diamètres souvent généreux pouvant dépasser les 50 mm. La marque utilise principalement des mouvements suisses éprouvés (notamment ETA) et met l’accent sur un rapport qualité-prix accessible dans l’univers des montres suisses « d’entrée de gamme » traditionnelles. Ses lignes phares incluent les Pilot Classic, les Flieger et divers modèles de plongeuses, certains ayant été utilisés par des unités de plongeurs de l’armée suisse. Aujourd’hui, ZenoWatch Basel occupe une place de niche, appréciée des amateurs pour son identité vintage, ses designs de tool watches et son indépendance dans un paysage horloger dominé par de grands groupes.

