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ère

Position

UNAUTÉ DE LA COMM DES JEUNES

IMPLIQUÉS

concours dœuvres

visuelles

2 e Position MÈRE

Mylène Michaud-Surette

Claudie Landry

La Fédération de la jeunesse canadienne française a organisé deux concours au cours des mois d’avril et mai 2009. Ces concours s’adressaient aux jeunes canadiens d’expression française âgés de 14 à 25 ans, d’un bout à l’autre du pays. Les participants devaient soumettre soit un texte journalistique ou une œuvre visuelle sous le thème de la participation citoyenne. Jessica Smith (page 7) et Michel Bergeron (page 14), tous deux de l’École secondaire catholique Sainte-Marie à New Liskeard (Ontario), ont remporté respectivement la première et la deuxième place du concours de textes journalistiques. Claudie Landry de l’École Louis-J.-Robichaud à Shédiac et Mylène Michaud-Surette de l’École Clément-Cormier à Bouctouche, les deux du Nouveau-Brunswick, remportent quant à elles la première et la deuxième place du concours d’œuvres visuelles.


UNE REVUE DE LA JEUNESSE D’EXPRESSION FRANÇAISE

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TABLE

DES

MATIÈRES CRÉDITS DE PUBLICATION

Matika Lauzon : un citoyen engagé

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Édition Fédération de la jeunesse canadienne-française

La Stratégie d’intervention jeunesse - une stratégie qui nous rejoint

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Idée originale Fédération de la jeunesse canadienne française Institut française de l’Université de Regina

Forum jeunesse pancanadien 2009

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Les anges des vidanges

Coordination et supervision de la production éLiz Laflamme, FJCF Jean-François Royer, FJCF

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L’engagement citoyen selon…

Roxanne Dupuis

Conception graphique Chabo Communications & Design

Sébasien Fleurant (un jeune Scout)

Émile Maheu

André Brisebois

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One Love 2009

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Produit et publié par Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) 450, rue rideau, bureau 403, Ottawa (Ontario) K1N 5Z4 613 562-4624 | sans frais : 1 800 267-5173 www.fjcf.ca

Citoyen malgré moi

Image de couverture « Des jeunes de la communauté impliqués » Claudie Landry, gagnante du concours d’œuvres visuelles Révision linguistique Institut français de l’Université de Regina

Geneviève Latour

Variations sur le thème de la participation citoyenne

Impression Imprimé par So-Tek Graphics Inc. sur du papier à encre végétale, 100 % recyclé post-consommation, garant des forêts intactes, certifié FCS.

Imprimé au Canada

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La participation citoyenne réinvente et passionne!

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L’engagement citoyen par les arts

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Une canne, ça dépanne

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S’engager au nom de l’amitié

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Le courage de dire non

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Amina Boudjadja : enseignante de français passionnée

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La Revue sur la participation citoyenne est une initiative de la Fédération de la jeunesse canadienne-française. Les idées exprimées dans cette publication sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de la FJCF ou de ses partenaires.

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Un sporthon pour un puis!

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Dévoués au basket-ball

La publication de cette revue a été rendue possible grâce à une contribution financière de Patrimoine Canada et du gouvernement de la Saskatchewan.

Dépôt légal Bibliothèque et Archives Canada, 2009 ISBN 978-0-921768-40-1 Tous droits réservés

Moteur à propulsion vers l’avenir

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MESSAGE du président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française

CONTRIBUER AU SUCCÈS DE NOTRE SOCIÉTÉ En tant que jeunes, nous sommes habituellement identifiés comme étant « la relève ». Bien que cela soit vrai, nous devons affirmer davantage notre place et démontrer que nous sommes surtout des acteurs importants d’aujourd’hui. Il faut reconnaitre la contribution de la jeunesse au succès collectif de la société canadienne. Cette dernière doit aussi miser sur nos capacités en nous offrant des occasions viables de participer à son évolution. Plus d’une soixantaine de personnes, la plupart des jeunes, ont contribué à la production de cette revue par leurs œuvres, leurs textes et leurs commentaires. Nous sommes heureux de voir le fruit de cette réalisation pancanadienne qui reflète nos préoccupations. Une fois de plus, ça rapporte à tous quand le principe du « par et pour » les jeunes est valorisé et appliqué. La Stratégie d’intervention jeunesse a pour objectif de guider les actions des instances gouvernementales d’intérêt et celles des intervenants communautaires œuvrant avec la jeunesse d’expression française. C’est à nous de nous approprier cette Stratégie et de voir à ce qui en résultera. La revue JeuneXpression n’est qu’un exemple de ce que la jeunesse canadienne est capable de faire. Les jeunes doivent être et demeurer au cœur des priorités du gouvernement du Canada. Comprendre que la participation des jeunes au service civique contribue à solidifier les bases du pays est fondamental. Pour renforcer et maintenir une culture d’implication sociale, ça veut dire commencer par les jeunes. Il faut déployer les efforts nécessaires pour les intégrer dans les processus décisionnels et s’assurer qu’ils sont outillés, appuyés et encouragés dans leurs démarches. Enfin, je souhaite que la revue JeuneXpression et la Stratégie d’intervention jeunesse aient des impacts positifs pour la jeunesse canadienne d’expression française. Nous, les jeunes, avons contribué à un processus très important. Nous voulons poursuivre les partenariats et le dialogue dans le but d’implanter des mesures concrètes qui permettront à chaque jeune de s’engager dans sa communauté, à sa façon, et en français.

« La revue JeuneXpression n’est qu’un exemple de ce que la jeunesse canadienne est capable de faire. »

Le président,

Jean-Michel Beaudry

La FJCF est un organisme national géré par et pour les jeunes, composée de onze membres associatifs jeunesse de neuf provinces et deux territoires. Elle entreprend et réalise plusieurs projets tout en travaillant avec les jeunes dans le but de contribuer au développement et à l’épanouissement d’une jeunesse fière de sa culture, qui s’affirme et qui revendique sa place.

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Depuis sa fondation, l’engagement communautaire est au cœur du mandat de l’Institut français à l’Université de Regina. Selon nous, l’éducation universitaire doit constituer un moyen d’avant-garde pour le développement des communautés francophones en favorisant l’émergence d’une conscience citoyenne auprès des étudiants comme du personnel de l’université. Les défis des francophonies en milieu minoritaire pourront seulement être relevés si la jeunesse d’aujourd’hui s’engage dans son milieu immédiat et ainsi contribuer à changer le monde. L’Institut français est heureux d’avoir pu contribuer au développement de cette publication spéciale, en partenariat avec la Fédération de la jeunesse canadiennefrançaise. La revue JeuneXpression nous dévoile clairement les aspirations et les projets novateurs de la jeunesse francophone du Canada et peut nous donner espoir pour l’avenir. Nous souhaitons que cette revue, faite par et pour les jeunes, puisse en inspirer plusieurs à s’engager dans leur communauté. En terminant, j’aimerais féliciter les auteurs qui ont contribué au succès de cette publication qui nous l’espérons stimulera encore davantage l’engagement citoyen de la jeunesse francophone du Canada.

Peter Dorrington Ph.D. Directeur par intérim Institut français Université de Regina

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MATIKA LAUZON : un citoyen engagé! Jessica Smith

(École secondaire catholique Sainte-Marie, New Liskeard, ON) gagnante du concours de textes journalistiques

Matika Lauzon est un véritable modèle pour tous les jeunes engagés du Canada. Tout au long de son secondaire, il cherchait à s’impliquer partout ou il le pouvait.

Au sein de son école, il a fait partie du gouvernement estudiantin, de la ligue d’improvisation, du groupe musical Apollo et il a même lancé un groupe de Promotion d’esprit, de Francophonie et de Vie pour les étudiants. Dans sa communauté, il a toujours été le premier à offrir son talent musical aux gens en participant à plusieurs spectacles et levées de fonds. Passionné d’histoire, il a aussi contribué à monter un projet musical ayant pour but de rendre hommage aux soldats de sa région qui avaient défendu leur pays au cours des deux grandes guerres. Toutefois, sa contribution la plus importante se situe sans doute au sein de la Fédération de la jeunesse francoontarienne (FESFO). Que ce soit comme participant à toutes leurs activités, comme membre de leur conseil représentatif ainsi que leur conseil exécutif, Matika a joué un rôle actif au sein de la FESFO. Aussi, c’est dans le rôle de président de cette fédération qu’il s’est vraiment démarqué. Lors de son mandat (ndlr : Matika Lauzon a été président de la FESFO pour le mandat 2007-2008), il s’est beaucoup impliqué dans le secteur de l’éducation de l’Ontario et il a su promouvoir la fierté francophone d’une façon remarquable. Étant aussi un passionné de politique, il est un citoyen canadien actif qui prend part à l’activité politique du pays. C’est sans doute cette passion qui l’a mené à participer au Forum pour jeunes Canadiens afin d’approfondir ses connaissances au sujet du gouvernement canadien. Grâce à sa personnalité rayonnante et à son grand cœur, il a su être un modèle accessible pour les jeunes tout au long de son secondaire. Il est présentement en train de terminer sa deuxième année universitaire à l’Université d’Ottawa

où il étudie les sciences politiques et l’histoire. Bien sûr, il n’hésite pas à s’impliquer dans son nouveau milieu. Selon Matika, l’engagement citoyen c’est la participation des citoyens à la vie collective de leur communauté. C’est aussi une question d’entraide et de collaboration. Ce qui l’a initialement motivé à s’impliquer est le goût de rencontrer de nouvelles personnes. C’est un jeune très extroverti et il adore faire de nouvelles connaissances. Toutefois, il a vite découvert d’autres motivations qui l’on poussé à s’impliquer. « J’ai vite réalisé qu’en s’engageant, on apprend d’une manière unique et intéressante. De plus, on vit des expériences formidables! », déclare Matika. Toutefois, l’engagement citoyen peut présenter des défis. « C’est difficile de savoir quand dire non. C’est facile de se perdre dans ses engagements. » Matika sait que gérer son temps est d’une importance vitale. C’est bien beau de donner de son temps, mais il faut apprendre à bien équilibrer sa vie. L’équilibre et la gestion efficace du temps ont été les plus grands défis de Matika, mais aussi la clé de son succès. Malgré les défis et les sacrifices, il est persuadé que les jeunes devraient toujours chercher à s’engager. « Les leçons que l’on peut apprendre en s’engageant dans notre communauté sont infinies. De même, c’est en m’engageant que j’ai rencontré des personnes que je n’oublierai jamais. Le sentiment que l’on ressent lorsqu’on s’engage est sans pareil. » Matika conseille aux autres jeunes de faire ce qu’ils aiment et de s’entourer de bons amis. « L’engagement citoyen nous permet de bâtir un meilleur monde où règnent la collaboration et l’unité. Alors, laissez votre marque! »

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La Stratégie d’intervention jeunesse — UNE STRATÉGIE QUI NOUS REJOINT En janvier 2008, la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne mandatait la Fédération de la jeunesse canadienne-française à développer une stratégie ayant comme objectif de base de guider les actions des instances gouvernementales d’intérêt, ainsi que celles des intervenants communautaires œuvrant dans le milieu de la jeunesse. Afin d’assurer que cette Stratégie d’intervention jeunesse nous appartienne et reflète nos aspirations, il était important de réfléchir sur les attentes de la jeunesse par rapport à une stratégie qui nous vise directement, et c’est exactement ce que nous avons fait. En somme, nous nous attendons à ce que la Stratégie d’intervention jeunesse mène éventuellement à un plan d’action qui donnera des moyens concrets à tous les jeunes d’expression française du pays et qui permettra à chacun de nous de s’engager à notre façon. Nous souhaitons également qu’elle conscientise la communauté entière à l’importance de la participation citoyenne de cette importante tranche de société que forme la jeunesse.

LES GRANDES PISTES IMPORTANTES Après avoir compilé toutes les données ressorties d’un vox-pop sur des sujets qui nous préoccupent en matière de participation citoyenne, il était clair que trois pistes principales se dégageaient. Au fur et à mesure que l’ensemble de l’exercice avançait, il se confirmait que ces pistes étaient essentielles et qu’il était nécessaire de les aborder en profondeur. C’est donc autour de trois pistes importantes – s’outiller, s’engager et se faire appuyer – que l’ensemble de l’exercice de réflexion s’est déroulé et que la Stratégie d’intervention jeunesse a été développée.

VOICI LES OBJECTIFS PRIORITAIRES POUR CHACUNE DES TROIS PISTES, TELS QU’IDENTIFIÉS DANS LA STRATÉGIE D’INTERVENTION JEUNESSE :

LES MOYENS PRIORITAIRES DE S’OUTILLER • Créer davantage d’occasions de rassemblement afin d’apprendre et d’échanger avec d’autres jeunes et d’autres intervenants. • Augmenter l’accessibilité et la qualité des programmes d’études postsecondaires afin que l’offre réponde à la demande des jeunes d’expression française du Canada. • Renforcer les communications auprès des jeunes afin qu’ils soient mieux informés et qu’ils soient intégrés aux processus de prise de décision.

LES MOYENS PRIORITAIRES DE S’ENGAGER • Augmenter la participation des jeunes dans des comités, des groupes d’intérêt et des conseils d’administration et des conseils scolaires. • Accroitre les occasions pour les jeunes de s’impliquer, que ce soit dans des activités, des processus de consultation ou des comités. • Valoriser l’engagement des jeunes auprès de la communauté et auprès de la jeunesse.

LES MOYENS PRIORITAIRES DE SE FAIRE APPUYER ET ENCOURAGER • Que le milieu scolaire accorde un réel pouvoir aux jeunes dans la gestion de l’école et de la vie étudiante. • Que le gouvernement appuie les initiatives enrichissantes afin d’encourager l’épanouissement des jeunes en matière de participation citoyenne. • Que le milieu familial encourage les jeunes à s’engager, entre autres, en démontrant l’exemple d’une bonne participation citoyenne. • Que les organismes jeunesse sensibilisent davantage la communauté afin d’encourager la participation citoyenne des jeunes d’expression française.

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EN QUELQUES LIGNES, VOICI LES GRANDES RECOMMANDATIONS DÉCOULANT DE CETTE STRATÉGIE D’INTERVENTION JEUNESSE :

IL FAUT… MISER SUR NOS ACQUIS • Assurer un dialogue continu et permanent entre le gouvernement et les organismes jeunesse afin de faire bénéficier directement. • Créer un programme de participation citoyenne afin qu’il soit intégré au curriculum des élèves des écoles secondaires. • Renforcer les liens entre les écoles et les organismes jeunesse. • Rassembler les élèves d’écoles d’immersion et ceux des écoles de langue française dans le cadre des activités parascolaires qui valorisent le français. • Inventorier les pratiques existantes pour la jeunesse et renforcer les liens entre les divers intervenants. • Offrir une vitrine aux modèles de notre communauté et offrir aux jeunes des occasions de partager avec eux. SENSIBILISER, CONSCIENTISER ET VALORISER • Encourager les jeunes à prendre leur place et sensibiliser la Communauté à l’importance d’intégrer les jeunes. DONNER LA PLACE AUX JEUNES • Accroître les occasions pour les jeunes de s’impliquer dans divers conseils et comités et accorder un réel rôle aux jeunes qui s’impliquent. INSTRUIRE, INFORMER ET FORMER LES JEUNES • Favoriser l’éducation postsecondaire en français et l’accès aux manuels pédagogiques en français. • Voir à ce que tous les jeunes du pays soient ciblés par les initiatives de sensibilisation à la politique dans le but d’augmenter le taux de vote chez les jeunes. • Augmenter le nombre d’événements de rassemblement et d’échange d’envergures nationales, régionales et locales.

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La jeunesse FRANCOPHONE S’UNIT Marc-André Leblanc

OTTAWA, février 2009 — Des jeunes francophones de l’ensemble du pays se sont réunis dans la capitale nationale à l’occasion du Forum jeunesse pancanadien. Sous le thème « engagé à ma façon », les jeunes ont eu l’occasion de participer à de nombreuses activités, à la fois formatrices et plaisantes. Les jeunes ont non seulement participé à une fin de semaine exceptionnelle, mais ils ont aussi laissé en héritage à l’ensemble de la jeunesse canadienne ce qu’ils ont accompli.

Ce sont 78 jeunes des quatre coins de la francophonie canadienne qui, du 5 au 8 février, se sont réunis à Ottawa. Ensemble, ils ont participé à la troisième édition du Forum jeunesse pancanadien, activité biannuelle organisée par la Fédération de la jeunesse canadienne-française. En assistant à des panels, des conférences et des ateliers, les jeunes ont pu discuter de la participation citoyenne. À la fin de ce weekend enlevant et très formateur, les participants semblaient unanimes comme l’a déclaré Sylvain Gallant, participant originaire de l’Île-du-PrinceÉdouard : « J’ai beaucoup aimé le Forum jeunesse pancanadien, car j’ai pu participer à des discussions et des ateliers qui vont me servir dans mon avenir de leader ».

« Les ateliers m’ont fait réfléchir à ma réalité, chez moi, mais aussi à celle des autres! »

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Le samedi, les participants ont eu l’occasion de participer à divers ateliers et formations. Des sujets d’actualité qui touchent les jeunes au quotidien ont été abordés par des professionnels du milieu. D’une présentation sur le rouage politique à une autre sur la consommation, les sujets ont bien intéressé les jeunes. « Les ateliers m’ont fait réfléchir à ma réalité, chez moi, mais aussi à celle des autres! » affirme Justin Johnson, participant originaire du Manitoba. Deux conférencières stimulantes se sont adressées au groupe. Mme Gisèle Lalonde, âgée de 75 ans, grande revendicatrice de la cause franco-ontarienne, notamment lors de la lutte pour garder l’hôpital Montfort d’Ottawa, a transmis un message puissant aux jeunes en leur démontrant qu’en tant qu’individu, on peut faire une énorme différence dans notre communauté. De plus, les jeunes ont pu faire connaissance avec

Mme Danielle Babin, jeune Néo-Brunswickoise qui a créé plus d’une dizaine de projets humanitaires à travers le monde. En plus de ces activités, les jeunes ont eu l’occasion de se divertir. Le vendredi soir, les participants ont pris le chemin du canal Rideau où ils ont pu patiner et profiter des célébrations du Bal de neige qui débutaient ce même soir. Le samedi, ce fut au tour du groupe de musique acadien Radio-Radio de faire vibrer l’esprit de la jeunesse canadienne réunie à La Cité collégiale pour ce spectacle. En somme, la fin de semaine a été très bénéfique et les participants ont eu l’occasion de rencontrer des jeunes de tout le pays avec lesquels ils ont pu partager leur vécu; ils ont également pu découvrir la participation citoyenne. Une initiative unique pour les 78 participants!

Bâtisseuse de l’AVENIR Marc-André Leblanc À 25 ans, Danielle Babin a franchi bien des frontières : territoriales ou humanitaires, cette jeune intrépide les a surpassées. Conférencière lors du Forum jeunesse pancanadien, elle a su présenter les projets qui l’ont animée au cours des dernières années tout en insistant sur l’importance de l’engagement. Globe-trotteuse, Danielle Babin a fait bien plus que visiter le monde pour son propre plaisir. Après avoir voyagé dans plus d’une vingtaine de pays et avoir participé à plus d’une dizaine de projets humanitaires, elle peut dire qu’elle fait une différence dans la vie des moins privilégiés. Un des projets d’envergure de cette Néo-Brunswickoise est la gestion d’un orphelinat à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. « On s’occupe de nourrir, d’héberger, vêtir et éduquer 55 enfants de l’âge d’un à quatorze ans », affirme-t-elle. La jeune femme ne s’est tout de même pas arrêtée à ce projet ambitieux. Elle a aussi lancé une autre initiative, soit une coopérative nommée Artisans de l’avenir. « On montre aux jeunes comment faire l’art du bogolan, un textile teint selon des façons traditionnelles et avec des symboles traditionnels. » Ces tissus qui sont carrément des œuvres d’art sont par la suite vendus au Canada. Les profits de la vente sont entièrement réacheminés vers l’Afrique pour financer les dépenses de l’orphelinat. Quelques veuves, dont le but est de changer leur communauté, se sont également jointes au projet.

Malgré l’ampleur de la tâche, la voyageuse soutient que n’importe quelle action, que ce soit au niveau local ou international, peut avoir de grandes retombées. Elle n’a pas hésité à souligner l’importance de l’engagement des jeunes. « Notre société va être basée et construite sur les jeunes d’aujourd’hui et je pense que si les jeunes, dès un très jeune âge, sont motivés et qu’ils ont de l’initiative, ça ouvre beaucoup de portes pour le futur. » Elle affirme aussi que l’engagement est un excellent moyen de s’épanouir en tant que personne. « Que ce soit pour forger le caractère, ouvrir l’esprit, découvrir ce qui te motive où même le sentiment de confiance en soi, ce sont quelques petits exemples des bienfaits de l’implication en tant que jeune. » Au cours de ses périples, Danielle Babin s’est aussi rendu compte que les bonheurs de la vie sont souvent des choses toutes simples. « Les gens dans les pays en développement sont satisfaits avec ce qu’ils ont, ils réalisent que le matériel n’est pas toujours ce qui apporte le vrai bonheur. » C’est donc une jeune femme au grand cœur et aux grandes ambitions qui s’est adressée aux jeunes lors du Forum jeunesse pancanadien. Ce ne sera certainement pas la dernière fois que l’on entendra parler de Danielle Babin et de ses projets. Pour en savoir plus sur le projet Artisans de l’avenir ou pour se procurer un bogolan, visitez le site web

www.artisansdelavenir.org. UNE REVUE DE LA JEUNESSE D’EXPRESSION FRANÇAISE

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Le gouvernement au pied des jeunes

ou les jeunes au pied

du gouvernement? un texte éditorial de Marc-André Leblanc

Des jeunes d’un bout à l’autre du pays ont présenté leur vision de ce qui, selon eux, aiderait la jeunesse francophone du Canada. Ensemble, ils ont établi les grandes lignes de ce qui sera présenté en septembre lors de la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne (CMFC). Avec de grands objectifs et attentes en tête, la jeunesse francophone est visionnaire. Elle veut un avenir riche et prospère où les jeunes pourront pleinement s’épanouir au sein de leur société. Mais les demandes de la jeunesse seront-elles entendues?

Plus de communications, de formation et de rassemblements pour la jeunesse ainsi qu’un meilleur accès aux études postsecondaires, voilà ce que veulent les jeunes de la francophonie canadienne. Du moins, ce sont les objectifs que se sont donnés environ 80 jeunes francophones des dix provinces et de deux des territoires lors du Forum jeunesse pancanadien. Des demandes d’envergure pour une jeunesse qui n’a pas froid aux yeux! Par contre, on peut se demander si la jeunesse a une vision réaliste de son avenir. Est-ce que les jeunes comprennent vraiment les réalités et les enjeux de la société dans laquelle ils vivent? Certains iront sans doute jusqu’à affirmer que les jeunes n’ont pas une vision rationnelle du futur. D’autres diront que la société n’offre pas aux jeunes la place qu’ils méritent. Peu importe! La volonté de la jeunesse est grande. Elle veut être mieux outillée pour contribuer positivement à la société, une société qui lui appartient

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au même titre qu’à tous les autres groupes d’âge. La Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne (CMFC) a fait une place à sa table pour les jeunes. Elle s’est donnée comme mandat d’aider les jeunes francophones à mieux participer au sein de leur collectivité. La CMFC voit donc bon d’offrir une Stratégie d’intervention jeunesse, un plan qui repositionnerait la place de la jeunesse au sein de la société canadienne. Les intentions de la CMFC sont bonnes, mais sont-elles franches? Pour des groupes gouvernementaux comme la CMFC, le dossier de la jeunesse est vendeur. Comme la santé l’était il y a une dizaine d’années, la jeunesse est présentement un dossier chaud. Il est bon pour l’image du politicien de créer des initiatives jeunesse ou même, tout simplement, de parler de la jeunesse. Il est tout de même valable de se demander si le politicien ne fait que parler pour parler. Pourtant, les jeunes veulent et méritent d’être plus que de simples pions utilisés pour récolter des votes.

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C’est donc pourquoi les jeunes ont demandé d’être mieux outillés pour pouvoir prendre la place qui leur revient au sein de la société. De plus, ils se sont engagés à contribuer à leur manière pour que cela se réalise soit en s’impliquant au sein d’organismes tant au niveau jeunesse qu’au niveau adulte, en créant des occasions d’implication jeunesse et en participant à des rassemblements de la jeunesse canadienne-française. Les jeunes se rendent compte qu’ils ont un rôle à jouer, mais ils veulent aussi voir des actions concrètes de la part de leur gouvernement. Les jeunes ont fait ce qu’ils avaient à faire : ils ont établi leurs priorités et se sont engagés à faire leur part. C’est maintenant au tour des gouvernements de prendre le relais. Il reste à voir ce que deviendra la Stratégie d’intervention jeunesse mise au point par la FJCF et qui sera présentée à la CMFC. S’agira-t-il tout simplement d’un plan qui restera au stade du papier ou bien d’une Stratégie remplie d’initiatives et d’opportunités mise en place dans un avenir proche comme l’a demandé la jeunesse canadienne-française?

vox pop Si tu étais Premier ministre du pays, quelles seraient tes priorités? • Trouver autre chose que le pétrole en Alberta pour faire fonctionner les autos. • Avoir plus de voix d'enfants dans la chambre des communes. • Faire quelque chose pour aider les sans-abris à trouver des emplois. À Victoria, on a une baisse d'emplois et une augmentation de sans-abris. — Irène, Victoria (Colombie-Britannique) L’environnement, la santé, l'éducation, la préservation de l'eau et la sécurité du Grand Nord. — Mélissa, Laval (Québec)

Éducation et environnement — Camille, St-Gabriel (Québec) 1- L'éducation 2- Environnement et santé (indissociable) 3-La culture — Patricia, Montmagny (Québec) 1- L'environnement. 2- La pauvreté dans nos rues. 3- L'éducation universitaire gratuite. 4- Les pirates. 5- Les Russes dans nos eaux. 6- Plus de technologie pour aider notre planète. — Alex, St-Lazare, (Québec)

L'éducation au numéro un. Un peuple instruit règlera ensuite les problèmes et les autres priorités tels l'environnement, la santé physique autant que mentale. — Myriam, Québec (Québec) L'éducation et l'environnement. — Jeanette, Whitehorse (Territoires du Nord-Ouest) L'éducation puisque c'est en éduquant nos jeunes qu'ils seront davantage conscients sur le monde qui les entoure et ils pourront ainsi en prendre soin. — Geneviève, Beauport (Québec)

J'améliorais cette distribution des prêts et bourses accordées aux étudiants. Je trouve le partage injuste et inégal. Les familles avec un revenu moyen sont dévalorisées dans les prêts et bourses. Ensuite, je veillerais à ce que l'argent qui est accordé à différents dirigeants soit bien distribué. Je trouve intolérable que des gens aient perdu l'argent qu'ils avaient accumulé pour leur retraite parce que certains l'ont tout simplement volé (CAISSE DE DÉPÔT ET PLACEMENT). — Slavka, St-Gédéon (Québec)


Les anges des vidanges Michel Bergeron

(École secondaire catholique Sainte-Marie, New Liskeard, ON) deuxième place lors du concours de textes journalistiques

Un groupe d’élèves de l’École des navigateurs de New Liskeard montre la voie dans son effort pour nettoyer la ville. Pour la quatrième année consécutive, le groupe, parrainé par Mme Nathalie Lessard, entreprend le nettoyage d’une partie de la ville. Constitué de quatre-vingt-dix élèves, ce groupe a ramassé en deux heures une centaine de sacs de vidanges le long de la route Lakeshore, à Haileybury. Ils ont travaillé ardemment pendant plus de six heures. En plus de ramasser des sacs de déchets, ils ont invité toute la communauté à se joindre à eux et à faire de même. « Car après tout, ce sont les adultes qui conduisent les véhicules polluants et qui jettent des ordures le long de leur trajet. Les jeunes ne voient pas pourquoi ils devraient, eux, être les seuls à rattraper ainsi, année après année, les erreurs de leurs aînés, » fait part Nathalie Lessard. Pour leurs efforts, chaque bénévole a reçu un certificat de la part de Monsieur Anthony Rota, MP de Nipissing-Timiskaming, Monsieur David Ramsey, MPP de Timiskaming-Cochrane, et de la mairesse de Timiskaming Shores, Madame Judy Pace. Cette année, les anges des vidanges ont invité tous les membres de la communauté à se rendre au terrain de soccer le 30 mai dernier pour prêter main forte à leur geste écologique.

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D’année en année, l’influence du groupe s’accroît et les participants sont de plus en plus nombreux : de six élèves ils sont passés à trente, puis de trente à quatre-vingt-dix élèves en trois ans, sans compter les membres de la communauté qui les appuient. Plus le groupe devient important, plus son message est clair : l’environnement est la responsabilité de tous, et il faut commencer à faire une différence quelque part.


L’engagement citoyen selon…

Roxane Dupuis directrice du CJP du Manitoba

Q. Qu'est-ce que l'engagement citoyen? R. L’engagement citoyen c’est d’être actif et non passif, c’est un mot d’action : agir! En fait, le mot « engagement citoyen » porte à confusion : on parle d’engagement, point à la ligne.

Q. Pourquoi les jeunes devraient-ils chercher à s'engager dans leur communauté? R. Ce que nous recevons en étant engagé est tellement valorisant. On en apprend beaucoup sur nous-même (notre

Aussi, c’est un mot d’implication, sans couleur. On peut s’impliquer dans sa communauté, dans son village, dans son école, dans sa famille, avec ses amis… Peut importe dans quel milieu on s’implique, l’important c’est de le faire.

entourage, notre communauté).

Q. Qu'est-ce qui t’a incité à t’engager? R. J’ai fait partie des mouvements jeunesse toute ma vie depuis environ 14-15 ans et je travaille présentement au niveau

Le goût d’en faire plus est également une bonne raison de s’engager. Tu peux changer les choses en t’impliquant à l’école, à l’université, dans ta communauté… D’un autre côté, si tu ne t’impliques pas, tu n’as pas le droit d’avoir une opinion. Tu dois agir parce qu’il est inacceptable de tout simplement rester passif et tout laisser aller. Que ce soit une petite ou une grosse contribution, ce n’est pas important : l’important c’est de faire quelque chose.

provincial. J’ai été incitée à devenir une citoyenne engagée par des causes qui me touchaient et par mes amis. J’ai été très engagée dans ma communauté et au fil des années, j’ai porté différents chapeaux.

En fait, c’est à force d’en faire qu’on s’engage encore plus. C’est valorisant : quand on s’engage, on reçoit autant qu’on donne. Et s’engager, c’est y mettre l’effort, même si on n’a pas toujours pu changer les choses, au moins, on a essayé.

Q. Quels défis as-tu rencontrés dans ton engagement? R. Un des grands défis est que les gens ont souvent l’étiquette « jeunes » : les gens disent « Ah! les jeunes! » Par contre, les

jeunes ont quelque chose à apporter maintenant, ils ne perçoivent pas les choses de la même façon et font souvent preuve de beaucoup d’initiative. Trop souvent la vision des jeunes est appréciée et écoutée, mais elle n’est pas prise au sérieux. Il faut toujours faire un effort supplémentaire pour démontrer qu’on sait vraiment de quoi on parle.

Aussi, grâce à l’engagement citoyen, la société s’améliore : plus les gens s’engagent, plus ils s’approprient la société et veulent l’améliorer. Donc plus de paix, plus d’harmonie : tout le monde y gagne.

Finalement, c’est la beauté de la jeunesse de pouvoir s’engager!

Q. Est-ce que t’as quelque chose à dire aux jeunes? R. Je crois que la chose la plus importante à faire c’est de pleinement profiter de votre jeunesse pendant que vous

êtes jeune! Il faut s’impliquer dans sa communauté, faire du bénévolat et découvrir de nouvelles choses. Trop souvent, comme jeune, on a le goût d’avoir de grandes responsabilités et on oublie de s’amuser et de faire la folle. Il faut s’occuper de son développement, de sa formation personnelle. Les occasions qu’on a quand on est jeune ne peuvent pas toujours se répéter plus tard. Roxane Dupuis est la directrice générale du Conseil jeunesse provincial (CJP) du Manitoba. Elle a été la présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française de 1999 à 2001. Elle œuvre dans le milieu de la jeunesse d’expression française depuis plus de quinze ans.

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, L ENGAGEMENT CITOYEN SELON... Sébastien Fleurant membre Scout

L’engagement actif en tant que citoyen est primordial pour toute société. C’est un des moyens d’améliorer le monde et la région dans laquelle nous vivons. L’engagement civil peut prendre plusieurs formes : certains préfèrent un engagement politique, d’autres un engagement communautaire. Certains pencheront pour des causes plus globales tandis que d'autres soutiendront des causes locales. Pour moi, mon engagement en tant que citoyen a débuté au travers le scoutisme. Il ne faut pas croire que tout engagement doit être de grande envergure. C’est souvent les petits gestes qui apportent de grands changements. Un des principes du scoutisme est la bonne action. Une bonne action est un geste fait gratuitement afin d’aider quelqu’un d’autre. Aider son prochain et sa communauté, voilà un principe fondateur de toute société qui désire construire un futur prometteur. Cette bonne action peut se refléter aussi bien dans un coup de main lors d’une activité communautaire, mais il est encore plus satisfaisant lorsque ce dernier provient d’une initiative personnelle. Ce principe d’entraide est de redonner à la communauté ce qui m’a mené à vivre de grandes aventures. Voilà déjà cinq ans, mon groupe de scouts-aînés, regroupant des jeunes de 18-21 ans, avait entrepris un grand projet avec l’idée de redonner à la société. Nous avions décidé de construire un chalet au camp scout Awacamenj Mino. Nous savions dès le départ que ce projet nécessiterait beaucoup d’aide surtout pour l’expertise. C’est ainsi que nous avons rencontré des architectes, des ingénieurs, des électriciens, des ouvriers afin d’apprendre à créer quelque chose de spectaculaire. Lorsqu’un projet est entrepris pour aider la communauté, l’aide vient toujours plus facilement que l’on pourrait se l’imaginer. Il faut simplement demander et surtout persévérer. C’est ainsi que l’on a réussi à amasser 20 000 $ et à construire ce chalet tout au long d’un été et avec l’aide de plusieurs personnes qui sont devenues des amis. Le dévouement du groupe était impressionnant, alors que chaque fin de semaine

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UNE REVUE DE LA JEUNESSE D’EXPRESSION FRANÇAISE

nous allions continuer la construction du chalet, et cela jusqu’à la fin de l’automne où finalement nous avons terminé la construction. Mais ceci n’est qu’un exemple. Il serait facile d’en nommer plusieurs autres. Parfois la plus grande joie c’est celle vécue au travers des autres. Un bon exemple est lorsqu’on permet à un jeune de vivre une aventure débile dans un camp. Je me souviens des camps d’été où, pour la première fois, certains construisaient leur première cabane dans un arbre. Ou la première descente en canot dans les rapides. Ce sont quelques expériences qui resteront toujours dans la mémoire de ces jeunes, mais aussi des autres gens qui les accompagnent. Ces souvenirs aideront à donner une expérience de vie à tous les gens qui ont participé. Ces expériences fourniront plusieurs outils comme : l’entraide, la débrouillardise et le travail d’équipe ce qui leur permettront de grandir en tant qu’individu, mais aussi de jeter les bases pour améliorer leur communauté à long terme. En fin de compte, nous sommes responsables de notre société. Nos actions et nos inactions détermineront où nous allons mener notre communauté. Si nous ne nous engageons pas en tant que citoyen actif, personne ne le fera à notre place et nous laisserons notre société périr. En revanche, chaque petit geste peut nous apporter de grand succès. Le pouvoir est dans les mains de ceux qui s’engagent activement dans leur communauté.

Sébastien Fleurant est un membre Scout de 24 ans qui siège actuellement au Conseil d'administration des Scouts de l'Est de l'Ontario. L’Association des Scouts du Canada comprend plusieurs adolescents et jeunes adultes impliqués dans leur communauté locale ou dans le développement social et environnemental au niveau national et international.


L’ENGAGEMENT

citoyen selon… Émile Maheu

Q. Qu’est-ce que l’engagement citoyen? R. C’est s’inclure dans l’évolution positive de notre monde pour faire partie du positif : on doit choisir d’y prendre part à part entière. Nos actions portent ce choix et affectent toutes les composantes de notre vie et ensuite celles de ceux qui nous entourent.

Q. Qu’est-ce qui t’a incité à t’engager? R. Il est instinctif de faire des choix pour assurer notre survie, mais cette survie est souvent trop abstraite; donc, on choisit des

distractions qui deviennent ensuite des priorités et qui peu à peu prennent de plus en plus d’importance. Il faut en revenir à nos priorités; les miennes me motivent à croire qu’on peut mieux faire!

Q. Quels défis as-tu rencontrés dans ton engagement? R. On se trompe. Parfois, on investit beaucoup d’énergie pour pas grand-chose, mais quand les intentions sont bonnes et claires ça finit toujours par mener au bien.

Émile Maheu à la coordination de Zone 613, un rassemblement qui met en vedette des jeunes inscrits au secondaire en français devant près de 4000 personnes !

Q. Pourquoi les jeunes devraient-ils chercher s’engager dans leur communauté? R. Pourquoi les jeunes plus que les adultes? Parce qu’ils en ont encore plus à gagner et peuvent choisir comment ils veulent faire ça! On entend beaucoup parler des « tannés », pour eux, ça s’est mal passé. Les jeunes doivent prendre le contrôle des résultats et des moyens pour ne pas se retrouver dans la même situation.

Q. Est-ce que t’as quelque chose à dire aux jeunes? R. Si vous y croyez, c’est déjà important!

Il ne faut pas avoir peur d’y mettre le temps et l’énergie et tout finira par arriver – ce qui va être important c’est de chercher à y arriver ensemble, en même temps.

LALACITÉ CITÉ COLL ÉGIA COLL LELE ÉGIA

Émile Maheu s’est engagé très tôt dans le mouvement jeunesse francophone, entre autres auprès de la Fédération de la jeunesse francoontarienne (FESFO) d’abord comme animateur et plus tard à titre de directeur des opérations. Il travaille maintenant au sein de l’équipe en construction identitaire du Conseil des écoles catholiques de langue française du Centre-Est.

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La Cité Cité collégiale collégiale offre offre aux aux La francophones du du pays pays une une francophones variété de de programmes programmes variété pour nourrir nourrir tous tous leurs leurs rêves. rêves. pour www.lacitecollegiale.com | 1 800 267-2483 www.lacitecollegiale.com | 1 800 267-2483


La Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne a été créée en 1994 et regroupe les ministres des divers gouvernements du Canada responsables de la francophonie canadienne. Ces ministres se réunissent annuellement pour se pencher sur différents sujets et entretenir un dialogue favorable au renforcement de la francophonie canadienne.


LA STRATÉGIE D’INTERVENTION JEUNESSE La Stratégie d’intervention jeunesse est une initiative de la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne menée en collaboration avec la Fédération de la jeunesse canadienne-française et ses partenaires du milieu de la jeunesse. Cette stratégie vise à appuyer les gouvernements dans leurs efforts pour faciliter la participation citoyenne des jeunes francophones. Au cours des deux dernières années, elle a permis aux jeunes du pays de se concerter davantage et de développer leur leadership par les actions suivantes : • un remue-méninges national durant les Jeux de la francophonie canadienne (à Edmonton, du 14 au 17 août 2008); • la formation de jeunes animateurs pendant l’École d'été de l'Institut du Nouveau Monde (à Québec, du 12 au 16 août 2008); • la participation de jeunes leaders à deux Conférences ministérielles sur la francophonie canadienne (à Québec, le 18 septembre 2008, et à Vancouver, le 23 septembre 2009); • les Dialogues jeunesse provinciaux et territoriaux (qui ont eu lieu entre octobre 2008 et janvier 2009); • l’élaboration des thèmes portant sur les enjeux prioritaires de la Stratégie d’intervention jeunesse lors du Forum jeunesse pancanadien de la Fédération de la jeunesse canadienne française (à Ottawa, du 6 au 8 février 2009); • la préparation et la diffusion d’une publication éducative spéciale sur le thème de la participation citoyenne (en septembre 2009).

Les efforts de la Conférence ont ainsi permis d’accroître la coopération entre les associations jeunesse francophones du Canada, les divers acteurs communautaires et les gouvernements.


, L engagemen+ ci+oyen selon...…

Genevieve La+our

C’est grâce à ma participation aux activités de la FESFO que j’ai compris ce qu’était l’engagement citoyen. Depuis, je suis impliquée auprès de plusieurs causes et organismes qui me tiennent à cœur, ce à différents niveaux. Il me fait plaisir de donner de mon temps gratuitement afin de voir mon monde se transformer autour de moi. Je crois que l’engagement citoyen, c'est de regarder de manière critique la société qui nous entoure et tenter de voir ce que serait notre société idéale, selon les valeurs qui nous tiennent à cœur. Lorsque cet examen est fait, il ne faut pas oublier de féliciter celles et ceux qui font un changement positif autour de nous. Ensuite, choisissons où nous souhaitons nous impliquer, dans quelle cause nous voulons voir un changement et faire une différence. Pour ce qui est de mon incitation à devenir une citoyenne engagée, je crois sincèrement que je peux faire une différence. En m'impliquant dans les causes qui me tiennent à cœur, je souhaite que la société qui m'entoure puisse devenir un peu plus ce que je voudrais qu'elle soit. Il est vrai que certains défis devront être relevés, plusieurs sont réticents au changement. Dans mon implication auprès des jeunes, j’ai rencontré des gens qui ne croyaient pas en leur potentiel et ne voulaient pas leur laisser la place qui leur revenait. Je continue cependant à penser que les jeunes devraient chercher à s'engager dans leur communauté : ils sont souvent à l’origine du changement positif. J’adore mon travail à la FESFO car j’ai pu y rencontrer tellement de personnes passionnées, charismatiques et énergétiques.

UNE REVUE DE LA JEUNESSE D’EXPRESSION FRANÇAISE

Minister Responsible for Francophone Affairs th

777 Bay Street, 6 Floor Toronto ON M7A 2J4 Tel.: 416 325-4949 TTY: 416 325-0017 Fax: 416 325-4980

Ministre déléguée aux Affaires francophones e

777, rue Bay, 6 étage Toronto ON M7A 2J4 Tél. : 416 325-4949 ATS : 416 325-0017 Télécopieur : 416 325-4980

Message de la ministre des Services sociaux et communautaires et ministre déléguée aux Affaires francophones

Je salue chaleureusement tous les jeunes qui ont participé à la rédaction de cette revue ainsi que tous les lecteurs et lectrices qui se penchent aujourd’hui avec intérêt sur le thème de la participation citoyenne. Créée par et pour les jeunes, cette revue spéciale offre l’occasion aux jeunes de part et d’autre du pays de partager leurs expériences et de réfléchir sur les différentes façons de s’engager socialement et politiquement dans leurs communautés. Tout comme la Fédération de la jeunesse canadiennefrançaise et la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne, le gouvernement de l’Ontario a à cœur l’épanouissement des jeunes francophones. C’est dans cette perspective que j’ai lancé en décembre 2008 la stratégie L’accent sur la jeunesse. Basée sur des partenariats avec des organismes communautaires, des entreprises privées et des institutions publiques, cette stratégie vise à encourager les jeunes francophones à s’engager socialement, professionnellement et politiquement en français. Chers jeunes, vous comptez parmi les plus grands porteurs du flambeau de la francophonie. Faites vivre cette flamme, attisez-la, faites la évoluer à votre image et surtout, partagez la avec ceux qui vous entourent! Je vous souhaite à tous et à toutes une très bonne lecture.

Ainsi, il faut continuer à garder en tête notre vision d'une société idéale et ne pas sous-estimer les petites différences qu'on réussit à faire jour après jour.

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Geneviève Latour étudie en Études des femmes et sciences politiques, un diplôme qu’elle devrait, avec un peu de chance, finir cette année. Grande amie de la nature, elle a grandi avec ses parents dans une ferme à St-Albert et a tenté de recréer la faune et la flore de la campagne chez elle, à Ottawa. Geneviève agit à titre d’appui au service d’animation à la FESFO.

L’honorable Madeleine Meilleur


Nancy Toupin (École secondaire catholique Sainte-Marie, New Liskeard, ON)

Faire un voyage en Jamaïque, au beau pays du reggae sous un beau soleil, mais avec des marteaux, n’est pas l’idéal. Pour certains élèves de l’École secondaire catholique Sainte-Marie (ÉSCSM) de New Liskeard, cela a été possible. Toutefois, ils ne sont pas restés sur la plage à se faire bronzer. Il s’agissait d’un projet missionnaire. Depuis vingt-cinq ans, un groupe d’étudiants de l’ÉSCSM à New Liskeard se rend en Jamaïque, accompagné de la dévouée Sœur Margot Génier, afin d’offrir son aide aux démunis des bidonvilles jamaïcains.

Ces élèves dévoués effectuent plusieurs collectes de fonds telles que des ventes de chocolat, de fromage, des cueillettes de bouteilles, des guignolées, etc., tout cela en préparation à leur congé de mars pendant lequel ils se dévouent auprès des Jamaïcains au lieu de végéter à la maison. Lorsqu’on demande à Michelle Boileau, élève de dix-sept ans, quelle est son inspiration face à ce projet humanitaire, elle répond que c’est « pour les enfants, pour passer ce temps critique de ma vie avec mon père [qui fait partie du voyage] et pour le beau soleil, le projet m’a attiré. » Pour sa part, Karina Lavictoire, une élève de douzième année, en est à son deuxième voyage missionnaire en Jamaïque. « Je le fais pour l’expérience, dit-elle, la chance de vivre quelque chose de nouveau, d’apprendre une nouvelle culture, de me rendre compte des souffrances ailleurs qu’au Canada ainsi que pour interagir avec les Jamaïcains. » Quelle que soit leur raison, ces étudiantes ont su bien offrir leur aide et faire une petite différence pour améliorer les injustices de ce monde. Il est vrai que ce projet inoubliable ne laisse personne indifférent. Durant leur semaine en Jamaïque, ce groupe d’élèves et d’adultes a occupé son temps à bâtir une maison, peinturer, faire des réparations et surtout amuser les enfants. Ce projet humanitaire apporte de la joie non seulement aux Jamaïcains, mais surtout aux participants.

«

Je le fais pour l ’expérience, la chance de vivre quelque chose de nouveau, d’a pprendre un e nouvelle culture, de me rendre compte des souffrances ailleurs qu’a u Canada ainsi que pour interagir avec les Jamaïcains.

»

L’avenir des jeunes se prépare en français! Suivant une approche concertée, la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne s’est donné une stratégie d’intervention jeunesse qui fait une place importante aux jeunes de toutes les régions du pays. Je suis heureux de souligner le dynamisme de tous ceux et celles qui, au cours de la dernière année, ont participé à des événements d’envergure, tels les Jeux de la francophonie canadienne, l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde, les Dialogues jeunesse et le Forum jeunesse pancanadien. Voilà autant d’occasions où ces jeunes leaders ont su animer et développer l’espace francophone canadien. La participation de la relève est fortement encouragée par le Québec. Par sa politique en matière de francophonie canadienne, il veille à ce que l’avenir des jeunes se prépare en français!

CLauDe BÉCharD Député de Kamouraska-Témiscouata Ministre de l’agriculture, des Pêcheries et de l’alimentation Ministre responsable des affaires intergouvernementales canadiennes et de la réforme des institutions démocratiques Leader parlementaire adjoint du gouvernement Ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent


CITOYEN MALGRÉ

MOI

Jean-Michel Beaudry

(président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française)

Pourquoi s’impliquer dans la société? Serait-ce parce qu’on n’a pas le choix? Et si c’est vrai, pourquoi ne pas chercher à avoir un impact positif?

Il est facile d’oublier que le fait même d’exister à l’intérieur d’une certaine collectivité fait de nous un citoyen. C’est-à-dire qu’à l’intérieur d’une école, d’une municipalité, d’un territoire, d’un pays, même d’une terre, il existe des règlements (ou lois) qui régissent les actions des individus qui y habitent et y travaillent. Bien sûr, ces individus peuvent décider de respecter ces règles, de les ignorer ou même de les contester. Cependant, même l’individu qui opte pour l’ignorance ou la contestation accepte d’obéir, du moins en partie, à des règlements de société sans quoi il quitterait son école, sa municipalité… et, pourquoi pas, sa planète. Il est donc incontestable que nous sommes tous, du moins en tant qu’humains, citoyens de la Terre. Nous agissons tous à notre manière à l’intérieur de cette collectivité, en présence de ses règlements. La question qui se pose est donc la suivante : « Comme citoyen quel est mon impact sur ma collectivité? » Afin de répondre, explorons l’impact de ces trois types d’individus sur leur société : le Respectueux, l’Ignorant et le Contestataire. À prime abord, il est important de noter qu’il n’existe pas, à ma connaissance, d’individus qui tombent dans une seule de ces catégories. C’est-à-dire qu’un individu qui respecte le code de la route peut tout de même ignorer les règles concernant la gestion d’entreprise et commettre une fraude. Examinons alors en premier lieu le Respectueux. Ce dernier connaît les règlements et les lois, et les respecte. Il peut faire cela pour différentes raisons :

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par peur des sanctions, par respect, par habitude, etc. L’impact de ce geste est qu’il donne son accord tacite, aux règlements en place. Le Respectueux paie ses impôts à temps. Très peu de personnes peuvent se dirent Respectueux à part entière. En deuxième lieu, étudions l’Ignorant. Ce personnage ignore les règles, soit parce qu’il ne les connaît pas ou parce qu’il préfère agir autrement. Ceci peut vouloir dire commettre un crime tel le vol ou négliger de porter sa ceinture de sécurité en voiture. La majorité des Ignorants ne sont pas des criminels. L’impact de leurs actions peut être multiple. S’ils sont nombreux à ignorer un même règlement, ce dernier peut changer sinon ils peuvent subir des sanctions ou, dans la plupart des cas, leur geste passe sans qu’on le remarque et on peut les confondre avec des Respectueux. Très peu de personnes peuvent affirmer ne jamais être Ignorant et il est très rare que quelqu’un le soit en tout temps. En dernier lieu, considérons le Contestataire. Ce dernier connaît la réglementation mais ne peut pas accepter qu’elle demeure inchangée. Le Contestataire peut décider d’ignorer une règle ou de la respecter, mais il entreprend du même coup une action pour essayer de modifier ou remplacer cette règle. Le Contestataire peut agir seul ou faire partie d’un mouvement de contestation avec d’autres qui pensent comme lui; ce type de mouvement est souvent plus fort qu’une action par une personne seule. Les actions du Contestataire peuvent être pacifiques telles qu’envoyer une lettre aux autorités

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ou organiser une manifestation. Cependant, ses actions peuvent aussi être agressives, voir criminelles, comme un attentat. Les efforts du Contestataire peuvent porter fruit et le règlement peut changer ou ses efforts peuvent échouer et le règlement peut tenir. Le Contestataire va alors décider si sa cause est assez importante pour qu’il continue à contester la règle en question ou bien il peut choisir, plutôt, de commencer à la respecter ou à l’ignorer. Il est presque impossible d’imaginer qu’une personne puisse contester toutes les règles. Par contre certaines personnes n’appartiendront jamais à la catégorie Contestataire. Tel qu’expliqué plus haut, une personne peut appartenir à plusieurs catégories, voire aux trois; il est même normal de ne pas appartenir à une seule d’entre elles. Bien que certains l’ignorent, peu importe leur type, tous les individus ont un impact sur les règlements et les lois de la société. Ce questionnement ne cherche pas à identifier un type idéal d’individu, mais plutôt à illustrer comment chacun de ces types a un impact sur sa collectivité. Personne ne peut alors affirmer que ses actions n’ont aucun impact. Que ce soit le Respectueux qui donne raison au règlement, l’Ignorant qui, malgré lui, réussit parfois à modifier le règlement ou, encore malgré lui, donne raison au règlement, ou le Contestataire qui essaie d’adapter le règlement à son goût, tous jouent un rôle dans la société. Ainsi, personne n’a le luxe de penser que ce qu’il fait n’a pas d’impact sur les autres. Pourquoi alors ne pas penser au bien-être de sa collectivité dans toutes les décisions qu’on prend? C’est une manière certaine de rendre son monde plus accueillant pour soi et pour les autres.


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L engagement citoyen selon...

André Brisebois

Je vois l’engagement citoyen comme un moyen de se prendre en main et d’être un agent de changement. Nous ne verrons certainement pas de progrès si nous attendons toujours que d’autres s’engagent et s’occupent des problèmes et des défis de notre société. Par contre, si chacun de nous peut faire au moins un petit geste, ce sera des centaines, des milliers, peut-être même des millions de petits gestes dans ce qui pourrait être une nouvelle direction. C’est à ce moment-là que nous verrons un changement. Cela doit commencer par la prise en charge de l’individu pour le bien de la collectivité. Concernant la jeunesse, il faut faire attention… La jeunesse ne doit pas toujours être traitée de « relève ». Bon nombre de jeunes sont déjà engagés, occupent déjà des positions respectables et démontrent déjà d’excellentes capacités de leadership. Comment peut-on dire à un jeune qu’il ou elle est la relève alors qu’il ou elle est déjà plus engagé(e) que certains adultes? Les jeunes sont déjà ici, présents et actifs dans chacune de nos communautés. Il s’agit tout simplement de les reconnaître et de leur donner une place pour qu’ils puissent s’engager… et peut-être même faire une différence! <<

Soyez le changement que vous voulez voir.

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— Gandhi — Qui dit engagement dit croyance dans une cause plus grande que soi-même. Il y a une citation de Gandhi que j’aime bien qui dit en gros : « Soyez le changement que vous voulez voir. » Personnellement, j’ai comme mission d’améliorer la qualité de vie dans mon milieu. Peut-être que c’est moi qui est impatient, mais je préfère ne pas attendre que les autres le fassent pour moi… le temps d’attente pourrait être un peu long.

Quelles sont les solutions pour éliminer ou réduire le taxage? Ici à Victoria, et peut-être autre part aussi, on a une journée à chaque année où tout le monde porte quelque chose de rose. La journée s'appelle « PinkDay » (JournéeRose), et à l'école on apprend comment l'arrêter. — Irène, Victoria (Colombie-Britannique) Il faut mettre davantage d'efforts dans la prévention. Il faut aller voir les jeunes à risque de taxer, souvent les plus démunis. Il faut du personnel dans les écoles pour reconnaitre, et se charger de ces jeunes. — Myriam, Québec (Québec)

André Brisebois a débuté sa carrière en travaillant dans de nombreux camps d’été et services d’animation parascolaire dans la région d’Orléans, en Ontario, pendant environ sept ans. Aujourd’hui, il est le directeur général de Sketch Orléans, une entreprise sociale qui offre aux jeunes des occasions qui sauront combler leurs besoins et ceux de la communauté et des écoles secondaires. Il est également très impliqué dans sa communauté, siégeant à divers conseils d’administration, étant membre Richelieu et consacrant de nombreuses heures de bénévolat à divers événements et festivals.

vox pop

1- Faire de la prévention, bien sûr. 2- Établir dans les élèves plus âgés (secondaire), des jeunes responsables, qui pourront être les « parrains » ou « marraines » des plus jeunes. Ceux-ci pourront les écouter et les aider en cas de besoin. Ils auront bien sûr à disposition une équipe d'adultes pour les aider. — Geneviève, Beauport (Québec) Que les sanctions soient plus sévères et qu'il y ait plus d'intervenants pour stopper ça. Il faudrait que les gens interviennent lorsqu'ils sont témoins de scènes d'intimidation au lieu de penser que ce n'est pas de leurs affaires. — Slavka, St-Gédéon (Québec)


VARIATIONS SUR LE THÈME DE

LA PARTICIPATION CITOYENNE DES MEMBRES DE LA COMMISSION JEUNESSE DU BAS-SAINT-LAURENT (CJBSL) ET D’AUTRES JEUNES BAS-LAURENTIENS, RÉUNIS AU CONGRÈS AJIRR, SE SONT PRÊTÉS AU JEU DES DÉFINITIONS ET ONT PARTAGÉ SUR LE CONCEPT DE LA PARTICIPATION CITOYENNE.

UNE AFFAIRE PERSONNELLE ET COLLECTIVE

Cynthia Dubé-Viau, Cindy Rivard

Sarah Charland-Faucher et Maude Pichereau

Si, pour Cynthia, la participation citoyenne signifie « aller au-delà de nos intérêts propres, élaborer une vision commune, apporter son grain de sel et sa couleur au monde dans lequel on vit », c’est aussi affaire personnelle et collective pour Cindy qui, en tant que mère, a comme « priorité d’être présente auprès de [ses] enfants pour en faire des citoyens de valeur qui pourront à leur tour contribuer à la société »; le tout jumelé à son rôle d’entrepreneure et de citoyenne active. Pour Maude, « participer en tant que citoyen, c’est la chance d’agir directement et efficacement sur les enjeux qui nous préoccupent le plus, que ceux-ci soient locaux, nationaux ou mondiaux. »

UNE PARTICIPATION SANS FRONTIÈRES

Julie Mc Dermott et Renée-Anique Francoeur Nous vivons actuellement dans un monde fortement globalisé. L’accès rapide à l’information et la mise en réseau à travers les nouvelles technologies, le goût du voyage et de la découverte amènent plusieurs jeunes à se percevoir comme citoyens du monde avant tout. On assiste depuis quelques années à une disparition des frontières géographiques et à une mise en réseau avec d’autres groupes d’affinités qui n’étaient pas reliés auparavant. Selon Julie, « pour s’impliquer, on doit se sentir concerné personnellement par un enjeu, d’abord, et ensuite réaliser qu’il s’agit d’une cause collective. La dimension hédoniste est aussi importante : on s’implique par plaisir, on se joint à des amis, on participe à des manifestations festives. » Pour sa part, Renée-Anique, par une participation citoyenne active, a connu sa région et développé un sentiment d’appartenance. « Décider de migrer vers un nouveau territoire… c’est tout un défi. S’impliquer comme citoyen et participer à des regroupements organisés permet de faciliter l’adaptation. La participation citoyenne m’a permis de trouver ma place et d’y appartenir avec fierté! »

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UNE REVUE DE LA JEUNESSE D’EXPRESSION FRANÇAISE

UNE PARTICIPATION CITOYENNE PORTEUSE DE CHANGEMENTS

Pour Sarah, l’implication citoyenne est porteuse de solutions, de transformations, de changements à court ou à très long terme. Elle va au-delà du bénévolat bien qu’elle puisse s’y fondre. Le citoyen se reconnaît comme membre de la société et acquiert ainsi le droit d’y participer. Au-delà des définitions, on devient citoyen lorsqu’on comprend qu’on ne peut vivre seul et isolé dans ce monde et que notre bonheur est intimement relié au bien-être de notre milieu et de notre planète. Ainsi, comme l’explique Maude, les actions porteuses de changement sont celles qui rejoignent plusieurs personnes ou groupes. La force de l’association multiplie les énergies, encourage et renforce les motivations. Au niveau international, les forums sociaux mondiaux le prouvent, année après année. La pluralité et la diversité des luttes présentes lors de ces forums ne sont pas des faiblesses, mais plutôt les milliers de points d’ancrage de l’énorme toile d’araignée qu’est la société civile.

POLITIQUE ET PARTICIPATION CITOYENNE

Julie Mc Dermott et Bruno Paradis Les experts s’entendent généralement pour dire que la participation politique est en déclin chez les jeunes. Certains vont même jusqu’à parler d’une crise de l’engagement politique. Les jeunes ne seraient pas apolitiques, mais affirmeraient leur intérêt pour le débat public et l’avenir de la société d’une façon différente des générations précédentes. « Dans ma jeunesse, la participation politique était synonyme de débat enflammé, de combat idéologique et de manifestation citoyenne. Aujourd’hui, je veux toujours changer le monde, mais moins pour moi que pour mes enfants. Même si la passion nourrit toujours mon implication, c’est surtout le sentiment de porter la voix des jeunes et de mettre l’épaule à la roue pour développer mon coin de pays qui me fait continuer », explique Bruno.


LEchelle de la participation citoyenne de Sherry

R. Arnstein

CONTRÔLE CITOYEN DÉLÉGATION

Pouvoir effectif des citoyens

PARTENARIAT

DÉFINITIONS DES ÉCHELONS DE L’ÉCHELLE Contrôle citoyen : une organisation de quartier gère de manière autonome un programme ou un service qu’elle a créé.

CONCILIATION CONSULTATION

En 1969, Sherry R. Arnstein a tenté de définir la participation citoyenne dans une société en classifiant les types de participation citoyenne selon une échelle. Aujourd’hui, elle est encore utilisée souvent.

Coopération symbolique

Délégation de pouvoir : un gouvernement délègue à une organisation la gestion d’un programme d’emplois. Partenariat : les décisions sont prises suite à des négociations entre le gouvernement et une organisation. Conciliation : quelques citoyens participent à un comité de gestion sur la réalisation d’un projet.

INFORMATION

Consultation : une ville tient des réunions publiques et demande l’opinion des habitants. Information : une lettre d’information est envoyée aux habitants d’un quartier mais ceux-ci ne peuvent pas donner leur avis.

THÉRAPIE Non-participation

MANIPULATION

Thérapie : solutions proposées afin de remédier aux problèmes rencontrés sans nécessairement en régler la source. Manipulation : dépliant d’information biaisé distribué dans les boîtes aux lettres afin d’« informer » les habitants sur une situation et leur donner l’illusion qu’ils ont été consultés. Traduction libre.

Source : Selon ARNSTEIN, Sherry R. « A Ladder of Citizen Participation », Journal of the American Institute of Planners, vol. 35, n° 4, juillet 1969, pp. 216-224.

À PROPOS DE LA COMMISSION JEUNESSE DU BAS-SAINT-LAURENT La Commission jeunesse est l’un des 21 forums jeunesse régionaux du Québec. Ses membres, âgés de 15 à 35 ans, sont élus par leurs pairs dans les huit MRC de la région pour les représenter auprès des instances décisionnelles de la région. En tant que comité aviseur de la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent, elle fait valoir les positions des jeunes sur les enjeux d’actualité et sur le développement de la région. Via son Entente sur la participation citoyenne, elle soutient que la participation active des jeunes dans la société constitue non seulement un gage de réussite pour eux, mais aussi un atout pour l'ensemble de la communauté. La Commission jeunesse est soutenue financièrement par le Secrétariat à la jeunesse, dans le cadre de la Stratégie d’action jeunesse 2009-2014. Un merci tout spécial aux personnes qui ont participé à cette action citoyenne en partageant leur opinion et leurs idées : Renée-Anique Francoeur, Julie Mc Dermott, Maude Pichereau et Bruno Paradis, membres de la Commission jeunesse; Cynthia Dubé-Viau et Cindy Rivard, participantes au congrès AJIRR; Sarah Charland-Faucher, agente de participation citoyenne au Kamouraska pour Projektion16-35; Chantale Dumont, coordonnatrice à la Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent.


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UNE REVUE DE LA JEUNESSE D’EXPRESSION FRANÇAISE


Moteur à propulsion vers l’avenir Evelyne Couture

(Collège Jean-de-Brébeuf, Montréal, QC)

Avez-vous déjà eu la chance de rencontrer un jeune qui se donne corps et âme pour aider les autres avec pour seul motif que ce soit essentiel à sa vie?

Élu député à l’âge de 24 ans en décembre dernier, M. Guillaume Tremblay en est un bel exemple puisque depuis son adolescence, la participation citoyenne dans sa région fait partie de son quotidien. « Pour être en mesure de dormir l’âme en paix chaque soir de ma vie, je dois avoir aidé au moins une personne dans la journée », souligne M. Tremblay. À ses yeux, la participation citoyenne nécessite une simple, mais essentielle présence auprès des gens. De plus, M. Tremblay considère qu’il faut être à l’écoute de ceux qui nous entourent pour deviner et prévoir ce dont ils ont besoin. Pour lui, l’implication représente une pure vocation. « L’éducation que j’ai reçue a, en tout temps, valorisé l’engagement de soi. Une expérience a toutefois confirmé cette valeur : le niveau d’implication que j’ai vécu au sein des cadets. », explique le député de Masson. Guillaume répartit son énergie auprès de différentes sphères de la société : il est impliqué à la Maison des jeunes de Mascouche, fait partie des Chevaliers de Colomb, appuie Parents-Secours, offre son soutien aux personnes handicapées par son implication dans l’Association la Rose Bleue, parraine un garçon de l’organisme « Parrainage civique Lanaudière » et est actif auprès des personnes âgées. Ceci ne tient pas compte des diverses actions d’aide à la communauté qu’il effectue dans le cadre de son travail de député. « Je ne suis pas en politique pour la simple gloire, mais plutôt parce que c’est le domaine qui semble procurer le plus d’outils pour poursuivre ma vocation : aider les autres. Si la vie ne m’avait pas donné l’opportunité d’occuper ce poste de député, je me serais certainement dévoué pour un autre poste qui m’aurait permis de m’impliquer tout autant! », confie le jeune homme. La mission que se donne M. Tremblay est d’assouvir ses pulsions incontrôlables à faire le bien tout en tentant constamment d’allumer une flamme, telle celle qui l’anime, dans le cœur des autres citoyens. Le jeune leader tente de donner l’exemple et de servir de modèle. Le message que veut transmettre Guillaume Tremblay aux jeunes de son entourage est que « les jeunes devraient, sans attendre, s’engager dans leur

À l’âge de 24 ans, Guillaume Tremblay a été élu député de Masson à l’Assemblée nationale du Québec.

« Nous pouvons retirer une personne d’une implication, mais nous ne pourrons jamais déloger l’implication de cette même personne puisqu’elle deviendra peu à peu son principal moteur » — Guillaume Tremblay communauté puisque le côté humain apporté par le biais de cette expérience leur sera énormément bénéfique. Cela nous permet, à tous, de prendre connaissance des réalités de ce monde qui nous échappent parfois ». Le député de Masson arrive à tenir son rythme de vie engagé en tentant de sensibiliser et d’impliquer ses amis et sa famille à ses côtés. « Ce n’est pas toujours facile d’inclure mes proches à ces différents groupes et organismes. Cela demeure la tâche la plus ardue, mais les petites victoires quotidiennes sont bien revigorantes. Vous savez, j’aimerais être un modèle pour sensibiliser les gens autour de moi à l’importance de la participation citoyenne. » Il ne fait nul doute que M. Tremblay incarne déjà ce leader positif. Humain, franc et sincère, il est attentionné; c’est ce qui rend ses contacts sociaux plus aisés et d’autant plus solides. Guillaume est un guide, un vrai mobilisateur. Espérons que son feu éternel pour l’engagement brûlera de plus en plus fort pour mobiliser encore plus de citoyens.

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UN SPORTHON POUR UN PUITS! Patrick Bélec

(École secondaire Franco-Cité, Sturgeon Falls, ON)

Le 3 avril 2009, les élèves de l’École secondaire Franco-Cité de Sturgeon Falls se sont réunis après les cours pour prêter main-forte au sporthon qui avait lieu de 16 h à 20 h ce soir-là. Le sporthon avait pour but de recueillir des fonds pour l’organisme Ryan’s Well Foundation. La Ryan’s Well Foundation amasse des fonds pour construire des puits dans les villages les plus démunis d’Afrique. L’organisme a été créé par un jeune de 6 ans, il y a onze ans. Les élèves et le personnel de l’école ont décidé de poursuivre le projet. Le coût d’un puits de surface est de 2 500 $ et celui d’un puits artésien est de 5 000 $. La différence entre ces deux puits est que le puits de surface est alimenté par une source proche de la surface et peut s’assécher tandis que le puits artésien est constamment alimenté par une nappe d’eau souterraine. Carmen Malette, bénévole, affirme que « le nombre de jeunes qui ont participé nous prouve que la cause leur tient à cœur et qu’ils sont prêts à s’amuser en soirée. » Le sporthon était destiné à tous les jeunes de la 1re à la 8e année et le forfait incluait plusieurs activités dont les activités éclair, le ballon-balai ainsi que le ballon chasseur avec et sans filet. Il y avait de la pizza, des jus et des bouteilles d’eau pour les participants. À chaque demi-heure, il y avait une rotation et les jeunes ont pu faire toutes les activités. Une trentaine d’élèves de l’école secondaire Franco-Cité se sont portés bénévoles pour guider les jeunes. Un total de 300 $ avait déjà été amassé avant l’activité et, suite à l’activité, le montant était passé à 2 500 $. Un surplus de 900 $ a été mis en banque pour un deuxième puits artésien. Les élèves ont travaillé très fort et il y aura encore plusieurs autres collectes de fonds pour amasser le plus gros montant possible.

Dévoués au BASKET-BALL Justin Villeneuve

(École secondaire catholique Sainte-Marie, New Liskeard, ON)

NEW LISKEARD, ON – En 2004, Cathy Beauchamp, une enseignante de l’école Timiskaming District Secondary School (TDSS), a lancé un programme nommé « Youth Ball ». Ce programme a permis aux jeunes amateurs de basket-ball d’en apprendre davantage sur ce sport. Au début, le programme était offert aux jeunes de la troisième année jusqu’à la huitième année. En 2005 et en 2007, il a été commandité par les Raptors et leur programme Raptorball. Maintenant, l’équipe est connue sous le nom de TDSS Youth League et elle est accessible aux jeunes de la cinquième à la huitième année. Toutes les sessions sont données à l’école TDSS et à l’école New Liskeard Public School. Pour les adolescents et les adultes qui veulent participer à cette organisation, c’est une merveilleuse occasion de faire du bénévolat. Pascal Villeneuve partage sa première expérience en tant qu’entraîneur dans la TDSS Youth League. Il fait partie de l’organisation depuis les débuts du programme, ayant été un joueur pendant cinq ans. « J’aime ça aider les jeunes et partager mes connaissances au sujet du basket-ball » dit-il. « C’est bon de voir les choses qui se passent en étant entraîneur et le temps qui est mis pour que le programme ait du succès. » Depuis 2004, le nombre de participants et de participantes a augmenté de façon spectaculaire. Après la première année, le mot s’est répandu dans la ville de New Liskeard au sujet de ce merveilleux programme. Dès 2006, chaque année, Madame Beauchamp doit malheureusement refuser des participants par manque de places. Le programme a été conçu pour sensibiliser les gens de la communauté au basket-ball. Puisque c’est un sport plus ou moins intimidant, la TDSS Youth League permet aux jeunes d’approfondir leurs connaissances du basket-ball et de développer leurs habiletés. C’est facile de dire que le programme a beaucoup de succès et que beaucoup de gens sont prêts à aider. C’est grâce à eux que TDSS Youth League a tant de succès et c’est bon de voir des adolescents et des adultes se consacrer à quelque chose comme ils le font dans cette organisation.

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La participation citoyenne

réinvente et passionne!

Caroline Arseneau,

agente de participation citoyenne pour le Forum jeunesse Longueuil

En encourageant la participation citoyenne des jeunes, il est indispensable de favoriser et de promouvoir les actions individuelles ou collectives, ponctuelles ou régulières, qui permettent aux jeunes citoyennes et citoyens de prendre leur place et de participer activement au développement de notre communauté, afin de contribuer à son amélioration. Un groupe de jeunes bénévoles rassemblés à Longueuil pour développer et revitaliser un jardin collectif (ReGénération 2008). La délégation est accompagnée de Mme Marie Malavoy, députée de Taillon, et des équipes du Forum jeunesse Longueuil et de la Croisée de Longueuil.

L’IMPLICATION RÉPOND DE LA PASSION

Interviewée à ce sujet, Mireille Pelchat, présidente du Forum jeunesse Longueuil (FJL) soutient que « […] pour encourager les jeunes à s’impliquer, nous devons créer des contextes dynamiques et concrets pour leur permettre d’identifier les besoins de leur communauté et de trouver des solutions justes et durables. » OFFRIR UNE PLACE AUX JEUNES Le milieu scolaire, le secteur communautaire, le mouvement coopératif, la vie municipale et l’espace public sont autant de structures organisationnelles interpellées pour offrir une place de choix aux jeunes en plus de développer une relève active et impliquée. Cet effort concerté pour leur permettre de passer du mode de spectateur à celui d’acteur trouve sa raison d’être dans un sentiment d’appartenance à son milieu. Pour sensibiliser les intervenants jeunesse à la place des jeunes dans la communauté, on crée de plus en plus d’outils et de supports adaptés aux différentes réalités : guides pédagogiques, projets d’action, activités citoyennes, rassemblements jeunesse, etc. Aussi est-il important de souligner qu’au Québec, nous assistons actuellement à la croissance du nombre d’organismes jeunesse créés au cours de la dernière décennie ainsi qu’à une augmentation du nombre de jeunes qui y participent (Gauthier et Gravel, 2003). Mentionnons que nous assistons à une mutation des formes d’engagement des jeunes qui se définissent de manière différente de celles très structurées du passé.

Plusieurs motivations, à la fois intrinsèques et extrinsèques, incitent les jeunes à s’engager activement dans leur milieu. Parmi les plus souvent mentionnées, notons : défendre une cause, prendre part aux prises de décisions, s’exprimer et enfin, se sentir utile (CDEC, 2009). Que ce soit dans le domaine de la démocratie, de l’environnement, de l’éducation, du sport, de la culture ou de l’entrepreneuriat, il importe pour les jeunes que leurs actions citoyennes entraînent des retombées directes et concrètes pour la communauté. C’est d’ailleurs ce que relève Milan (2005) en affirmant que les jeunes s’intéressent à l’engagement actif et aux enjeux ayant une incidence directe sur leur vie. Ainsi, Gauthier et Gravel (2003) relatent qu’au cours des dernières années, le mouvement écologique et les enjeux internationaux ont mobilisé considérablement les jeunes. À ce sujet, une membre du FJL témoigne : « C’est en permettant aux jeunes d’explorer de nouvelles avenues et ainsi de découvrir une passion qu’on peut les amener à devenir des citoyens engagés. C’est l’aspect que je trouve le plus important en participation citoyenne [...] l’implication doit venir du cœur! » En terminant, retenons que pour encourager davantage de jeunes dans le parcours de la participation citoyenne et ainsi transformer leurs apprentissages en actions, c’est à la fois aux jeunes et à la communauté de faire la différence. D’une part, afin de prendre leur place dans la communauté, les jeunes ont à découvrir leurs champs

d’intérêt, à s’outiller pour saisir les différentes possibilités d’implication, puis à se positionner face aux enjeux reliés à la cause ou au secteur d’activité. Après l’information, la réflexion et l’opinion, c’est le moment de passer à l’action! (CDEC, 2009). D’autre part, les organisations ont le mandat d’offrir des expériences positives de participation citoyenne et de leur permettre ainsi d’articuler concrètement leur rôle de citoyen. Ensemble, nous y parviendrons! Le Forum jeunesse Longueuil est soutenu financièrement par le Secrétariat à la jeunesse du gouvernement du Québec, ainsi que par la CRÉ de Longueuil. Le Forum Jeunesse Longueuil est un organisme de concertation jeunesse créé PAR et POUR les jeunes. C’est un lieu où les jeunes prennent leur place en discutant d’enjeux régionaux et en suscitant l’émergence de projets jeunesse.

Références dans le texte Gauthier, Madeleine, et Pierre-Luc Gravel. 2003. « La participation des jeunes à l’espace public au Québec, de l’associationnisme à la mobilisation ». In Regard sur… La Jeunesse au Québec, sous la dir. De Madeleine Gauthier, p. 91-103. St-Nicolas (Québec) : Les Éditions de l’IQRC. Milan, Anne. 2005. « Volonté de participer : L’engagement politique chez les jeunes adultes ». Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, no 79, p.2-7. Forum jeunesse Longueuil. 2009. Mise en page et mise en forme [En ligne]. Disponible le 16 juin 2009 : www.forumjeunesselongueuil.ca Centre de développement pour l’exercice de la citoyenneté (CDEC). 2009. ENTRE EN JEU : Guide de l’intervenant : guide pédagogique à l’usage de l’intervenant jeunesse. Forum jeunesse Longueuil, p. 5-19

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L’engagement citoyen par les UNE ENTREVUE AVEC SOPHIE Jean-François Royer

s t r a

LACROIX

Une passionnée des arts, Sophie Lacroix croit que les arts peuvent grandement contribuer à la construction identitaire des jeunes. En intégrant les arts dans leur cheminement, les jeunes utilisent leur créativité, bâtissent leur identité et développent un sens d’appartenance dans leur communauté.

Selon elle, l’engagement citoyen c’est être actif dans le développement de sa communauté : sa ville, son école, son cercle d’amis. C’est également s’intéresser à ce qui se passe vraiment. « Il faut se poser des questions et avoir un œil critique sur ce qui se passe, ne pas hésiter à prendre part aux événements ou aux manifestations. Il faut affirmer son opinion. », expliquet-elle. L’art est une excellente façon de s’affirmer, d’explorer sa créativité et d’avancer de nouvelles idées. Sophie s’engage dans sa communauté depuis son enfance. Elle a fait partie de son Conseil étudiant, des comités sportifs et elle a aussi participé à une mission à l’étranger. Elle a été beaucoup inspirée par ses parents : sa mère est historienne et son père a toujours été engagé bénévolement. « Ils ont été de bons modèles et nous ont toujours soutenues [ma sœur et moi] dans nos démarches. »

Son plus gros défi a été de réaliser la peur et le manque d’ouverture face aux changements, aux nouvelles idées et projets novateurs. « Il faut toujours travailler fort pour que les gens comprennent l’importance de donner la place aux jeunes. Souvent, les structures et les protocoles qui sont mis en place mettent des freins. » Elle explique aussi que parfois il faut faire autrement pour atteindre son but, faire preuve d’innovation. La revendication n’est pas toujours nécessaire, il faut y aller avec intelligence. « La jeunesse est innovatrice : elle doit s’en servir pour faire passer son message. » « Il est important de voir à long terme, car les changements ne sont pas immédiats. Il faut préparer le terrain, étape par étape, et permettre aux gens autour de nous de participer au changement au lieu de le leur imposer. Les nouvelles idées font peur parfois et c’est pourquoi il faut être à l’écoute,

comprendre les craintes, préparer le terrain et surtout aller chercher le plus d’alliés possible. Quand les gens font partie des décisions, ça fait une grosse différence. » Lorsqu’on lui demande pourquoi les jeunes devraient s’engager dans leur communauté, elle répond sans hésiter que s’engager permet de découvrir ses passions, ses forces et ses défis. « Ça t’apprend qui tu es comme personne! Comme francophone, ça t’apprend ton histoire et tes responsabilités. » Elle répond également que la survie de notre langue, de notre identité et de notre communauté francophone dépend beaucoup de l’engagement des jeunes. « C’est ce qui leur donne la confiance en eux, la motivation et l’expérience nécessaire pour faire face aux enjeux. »

Sophie Lacroix travaille au ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, comme agente pédagogique en éducation artistique et francisation. Elle est aussi la coordonnatrice provinciale du programme GénieArts au Nouveau-Brunswick, un organisme qui vise à améliorer la vie et la capacité d’apprentissage de tous les jeunes du Canada en encourageant les activités artistiques en éducation. Sophie s’est vue décerner plusieurs prix d’excellence. Elle est également l’auteure et la productrice de la pièce de théâtre « Ça dépend ».

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Une canne,

ça dépanne Jesse Labelle

(École secondaire Franco-Cité, Sturgeon Falls, ON)

kg près de 10 0it0u0re de nourr

STURGEON FALLS, ON – À l’automne 2008, les élèves de l’École secondaire Franco-Cité sont encore venus en aide à ceux dans le besoin. Le projet Une canne, ça dépanne, a de nouveau pris place à l’école, comme à chaque année. Les élèves ont fait du porte à porte à Nipissing Ouest pour solliciter de la nourriture non périssable.

Depuis longtemps, l’école et ses élèves aident les gens dans le besoin, grâce à leur campagne Une canne, ça dépanne. « C’est beaucoup de plaisir et c’est pour un bonne cause, ce qui motive plusieurs à participer. », affirme Jean-Michel Robichaud, un élève qui participe régulièrement à l’activité. L’école s’assure que la banque de nourriture communautaire est remplie pour répondre à toutes les demandes. Chaque année, autour de l’Action de grâces, les élèves qui participent sont divisés en groupes pour aller chercher de la nourriture dans différentes régions assignées. Après la collecte, des boîtes et des sacs remplis sont rassemblés dans la cafétéria de l’école et le tout est comptabilisé. Le lendemain, les élèves de Franco-Cité, ainsi que certains des élèves des écoles primaires des alentours, forment une chaîne humaine, de l’école jusqu’à la banque de nourriture, pour transporter les boîtes.

L’école est parvenue à amasser environ 18 000 livres (8 165 kg) de nourriture l’an passé, tandis que cette année ils en ont amassé jusqu’à 22 000 livres (9 979 kg). L’école est fière d’avoir encore battu leur record et le personnel espère faire de même l’année prochaine.


s'engager au nom DE Phillippe Lemire

l'amitié

(École secondaire catholique Sainte-Marie, New Liskeard, ON)

Karina Lavictoire, une élève de douzième année à l’École secondaire catholique Sainte-Marie (ÉSCSM) de New Liskeard, s’implique depuis quelque temps dans l’organisation MADD (Mothers Against Drunk Driving). Cet organisme fait des tournées partout en Amérique du Nord afin de sensibiliser les gens au sujet de la conduite sous l’influence de l’alcool.

Elle a décidé de se joindre à cette organisation lorsqu’un de ses amis a perdu la vie à cause de la conduite sous l’influence d’alcool. Le matin du 14 juin 2008, un accident a eu lieu, prenant la vie d’Alex Duguay, un jeune homme talentueux avec un amour inégalé de la vie, sans qu’il ait eu la chance de dire au revoir à ses proches. C’est à ce moment qu’elle a décidé de se joindre à MADD. Elle dit qu’elle l’a fait parce que ça l’aide à « traverser ce qu’elle a vécu ». Elle a aussi joué un rôle prépondérant dans l’organisation de la marche MADD à l’ÉSCSM. Le 3 novembre 2008, tous les élèves se sont rendus au magasin Chartrand, à New Liskeard. Par la suite, ils ont marché jusqu’à l’école, une distance de quatre kilomètres. Le tout s’est fait dans un silence complet. Une fois arrivés, les élèves se sont rendus au gymnase de l’école afin d’assister à une présentation de MADD. Les émotions étaient fortes tout au long de la cérémonie, surtout lorsque

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les parents d’Alex ont prononcé un discours et présenté à l’école un dé, fabriqué par Alex dans le cours de soudure. Le jeune homme se passionnait pour la soudure et espérait un jour devenir soudeur sous l’eau. Ce dé a donc été remis à l’école et sera utilisé comme prix de fin d’études pour les élèves de douzième année. Depuis ce temps, Karina s’est impliquée plusieurs fois au sein de la communauté. Elle a passée une entrevue à la station de radio CJTT ainsi qu’à l’ACFO. Prochainement, elle compte participer à la marche MADD organisée dans la région de Temiscaming Shores. Plusieurs personnes qui participeront à l’événement amassent présentement de l’argent en l’honneur de toutes les personnes qui ont subi la perte d’un être cher à cause de la conduite sous l’influence de l’alcool. Il faut espérer que tous ces efforts vont un jour mener à une société où personne ne conduira en état d’ivresse. Voilà le message que tente de transmettre Karina Lavictoire.


Le courage

de dire NON

Karina Lavictoire

(École secondaire catholique Sainte-Marie, New Liskeard, ON)

L’organisation MADD (Mothers Against Drunk Driving, les mères contre l’alcool au volant) est un organisme qui entend mettre fin à la conduite avec facultés affaiblies et à venir en aide aux victimes de ce crime de violence. Les membres de cette organisation ne sont pas uniquement des mères, mais également des pères, des amis, des gens d’affaires et des personnes comme Nicole Gionet qui ont vécu le deuil d’un des leurs.

Âgée de 24 ans, Nicole Gionet fait partie du chapitre de MADD à Témiskaming Shores. Cette jeune femme nous raconte ce qui l’a incitée à devenir une citoyenne engagée. Il y a dix ans, elle a perdu son frère qui avait à peine 20 ans. Depuis, elle vit en espérant que ce genre de chose n’arrive à personne d’autre. « Toutefois, la vie n’est pas toujours comme ça, ajoute Gionet, il y a encore des gens qui ne comprennent pas les dangers de la conduite en état d’ivresse. » C’est pourquoi elle a pour but d’éduquer le public. Selon elle, l’engagement citoyen est une participation volontaire à la vie

collective. Il s’agit des citoyens qui veulent participer et aider des organisations au niveau public ou non, ce qui permet à chaque individu de partager avec d’autres des connaissances, des idées, des savoirs, dans un objectif de changement et de construction pour vivre sainement ensemble. Nicole Gionet et les autres membres du groupe se rencontrent tous une fois par mois. Ils prennent le temps de discuter de certaines choses, comme d’activités qui sensibiliseraient la communauté.

« Apprenez d’hier et vivez au jour même […] »

Nicole a eu beaucoup de défis à relever durant ses engagements. Elle explique que le plus gros défi est de faire passer le message dans la communauté. Elle nous explique tout d’abord que l’organisation de la région est très petite et la participation des gens est volontaire. « Parfois, il est difficile de se rassembler pour organiser des événements et tout simplement de participer, puisque chacun de nous avons notre propre famille et notre travail » dit Gionet. Le groupe travaille fort pour transmettre le message aux jeunes et il les encourage également à s’intégrer aux activités. Gionet nous explique pourquoi les jeunes devraient chercher à s’engager dans la communauté. « Les jeunes devraient s’engager dans la communauté pour se rendre compte des dangers, pas seulement liés à la boisson, mais aussi aux drogues. Ils peuvent aussi être plus conscients et mieux se préparer à différentes situations avec des amis telles que des fêtes et des sorties où il y a de l’alcool. L’engagement est tout de même aussi une formidable occasion de rencontrer de nouvelles personnes. » Bref, Nicole Gionet essaie de rejoindre les gens, et surtout les jeunes, en s’impliquant dans la communauté et aussi pour traverser l’épreuve qu’elle a subie. « Apprenez d’hier et vivez au jour même, nous rappelle-t-elle. Prenez les bonnes décisions dans la vie et vous n’avez pas besoin d’alcool pour avoir du plaisir. Il faut tout simplement être responsable! » Il faut donc espérer que le message que veut transmettre Nicole Gionet se répande un peu plus chaque jour dans notre société. Le travail acharné de Gionet mérite d’être reconnu publiquement.

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Amina Boudjadja :

enseignante de français passionnée Sarah Du Broy

agente des communications et de publications de l’ACPLS

Née à Alger, Amina Boudjadja a appris le français et l’arabe dès sa naissance. Elle a beaucoup voyagé avec sa famille et a vécu aux Émirats arabes unis jusqu’à l’âge de 4 ans, en France jusqu’à l’âge de 20 ans et depuis, elle vit au Canada.

Mme Boudjadja a appris l’anglais quand elle a visité New York à l’âge de onze ans. Aujourd’hui, elle a à peine 32 ans et l’enseigne à ses élèves de 3e et 4e année à l’école d’immersion Whitehorse Elementary, au Yukon. En 2003, elle a déménagé au Pérou pendant trois mois afin d’apprendre l’espagnol. « Je me débrouille très bien dans cette langue », affirme-t-elle fièrement. Après avoir réussi ses études secondaires en France, elle est venue s’installer à Montréal. Elle a d’abord entrepris un Baccalauréat en sciences, option écologie et environnement, puis un certificat en droit, pensant travailler dans le domaine du droit environnemental. Elle a obtenu ses deux diplômes de l’Université de Montréal. « Cependant, la vie n’est pas toujours ce qu’on prévoit », avoue-t-elle en expliquant qu’elle a décidé de découvrir l’Ouest canadien en 2003 et qu’après y avoir vécu pendant trois ans, elle a décidé de poursuivre des études en éducation. Elle a fait son baccalauréat en éducation à l’Université de la Colombie-Britannique et l’a terminé en un an. Ensuite, en 2007, Mme Boudjadja a déménagé au Yukon pour enseigner le français à l’école Whitehorse Elementary. Elle y travaille depuis deux ans. « Je trouve ça très intéressant d’enseigner le français à des anglophones, dit la jeune enseignante. C’est un véritable défi. » Selon elle, le Canada est chanceux d’avoir deux langues officielles. Elle croit que la meilleure chose est de les promouvoir auprès des enfants. Bien qu’elle n’ait pas encore développé de projet communautaire, elle a fait partie d’une troupe de théâtre, le Théâtre de la Pastèque, qui présente des pièces dans le but d’éduquer en français. Cette année, les comédiens ont présenté Mentire, une pièce basée sur le style de la commedia dell’arte. Ils ont même été invités à la présenter en automne 2009, au Québec, lors d’un festival de théâtre pour les jeunes.

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Amina Boudjadja lors de son voyage au Yukon.

« Le défi de travailler avec des élèves anglophones m’intrigue, explique-t-elle. Je suis une grande passionnée de la diversité culturelle. » Amina Boudjadja est membre de l’Association canadienne des professeurs de langues secondes (l’ACPLS) depuis 2006. Selon elle, des témoignages d’enseignants, des recherches sur l’enseignement du français langue seconde et des exemples de jeux pour la salle de classe l’ont aidée en tant qu’enseignante de français en immersion.

L’Association canadienne des professeurs de langues secondes (ACPLS) favorise l’essor de l’enseignement des langues secondes dans tout le Canada en offrant des occasions de perfectionnement professionnel, en encourageant la recherche et en facilitant l’échange d’information et d’idées parmi les enseignants de langues secondes.


Pren d s TA p lac e avec la FJC F

ENGAGEMEN

ARTS CULTURE SPORTS ACTION 

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Nou

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u • Maîtrise en éducation française • Baccalauréat en études francophones • Baccalauréat en éducation • B.A. en français • Certificat en français langue seconde Cours de première année dans diverses disciplines, enseignés en français

ForMAtion Continue

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Téléphone : (306) 585-4828 Sans frais : 1-866-214-8097 Courriel : institut@uregina.ca www.institutfrancais.uregina.ca

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