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« La catéchèse naît de la profession de foi [celle de la communauté chrétienne] et mène à la profession de foi [celle du croyant]. »

Synode des évêques, Message au Peuple de Dieu sur la « catéchèse en notre temps » (28 octobre 1977), § 8 ; repris dans le Directoire général pour la catéchèse, § 82.

Le 7 novembre 2005, les évêques de France, réunis en assemblée plénière, ont fixé un nouveau cadre national pour la catéchèse en France, une catéchèse pour tous et pour tous les âges de la vie. Le document qui a été adopté comprend deux textes : Le premier est intitulé Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France. Cette réflexion fondamentale rappelle trois principes :

La catéchèse doit se vivre dans des communautés missionnaires. ● Le mystère de Pâques est au cœur de l’initiation. ● La catéchèse doit prendre appui sur une pédagogie d’initiation. ●

Le second, intitulé Propositions pour l’organisation de l’action catéchétique, comporte cinq chapitres présentant quatre axes d’organisation de la catéchèse ainsi que leur coordination :

1. « Une organisation de la catéchèse ordonnée à toutes les étapes de la vie ».  ● 2. « Une organisation de la catéchèse par lieux et regroupements de vie ».  ● 3. « Une organisation de la catéchèse articulée à l’année liturgique ».  ● 4. « Une organisation de la catéchèse en réponse aux demandes sacramentelles ».  ● 5. « La coordination de l’action catéchétique ».  ●

Pour répondre au troisième axe d’organisation – une catéchèse articulée à l’année liturgique – un groupe d’auteurs a travaillé à l’une de ses mises en œuvre possibles. Prenant appui sur le texte de la Conférence des évêques de France, mais aussi sur le récent document du Service national de la catéchèse et du Catéchuménat1, Dimanche autrement présente donc deux propositions d’animation pour la mise en œuvre d’une catéchèse communautaire destinée à toutes les générations et articulée aux célébrations dominicales d’un temps liturgique. Chacune des deux animations est déclinée en plusieurs ateliers. Les animateurs pourront les bâtir avec la plus grande souplesse en fonction de la réalité pastorale. 1. Des temps de catéchèse communautaires pour l’année liturgique, Bayard, 2006.

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Introduction

Des dimanches « autrement », une catéchèse articulée au temps liturgique


Introduction

Immédiatement exploitable mais volontairement expérimental, Dimanche autrement est un élément de la proposition catéchétique à la rencontre du Seigneur conçue en lien avec le site www.alarencontreduseigneur.com. Les animateurs y retrouveront en couleurs les documents pédagogiques proposés à la fin de cet ouvrage.

Qu’est-ce qu’une catéchèse intergénérationnelle articulée au temps liturgique ? Un temps de catéchèse prévu le dimanche favorise le fait de vivre la réalité communautaire de l’Église. Organisé au cœur même de la communauté chrétienne, il suscite la rencontre entre les âges, les situations de vie et crée des liens privilégiés entre les personnes. Les paroisses qui s’engagent dans des temps communautaires de catéchèse le dimanche constatent des changements dans leur manière d’être communauté de croyants. Si toute la famille participe à un temps de catéchèse le dimanche, cette expérience vécue en commun pourra ensuite nourrir l’échange, la discussion et le partage entre ses membres. Articuler la catéchèse à l’année liturgique ne se limite pas à une question de calendrier. Dans leur document, les évêques appellent de leurs vœux une organisation de la catéchèse qui s’enracine dans la nature même de l’année liturgique. Celle-ci ouvre à l’Église un itinéraire de foi structurant pour la catéchèse et les personnes. C’est donc autour des dynamismes que l’année liturgique imprime à nos existences de croyants qu’il faut bâtir les temps de catéchèse. Il s’agit alors de mettre en récit les déplacements propres à l’expérience chrétienne, de les mettre en lumière pour que les personnes puissent les explorer, les questionner, s’y confronter et, chemin faisant, vivre des transformations. Chacune des deux propositions catéchétiques invitera donc à ce cheminement, à cet itinéraire de foi ouvert par le temps liturgique. Ainsi, chacun des deux textes de la Parole qui seront proposés n’a pas été choisi pour coïncider avec telle ou telle lecture d’un dimanche particulier, mais en rapport avec le mouvement de foi auquel l’Église invite au cours du temps liturgique.

Un itinéraire de foi articulé à un temps liturgique ■  L’enjeu

de cette rencontre catéchétique est d’entrer dans la dynamique d’un temps liturgique. Tout au long de l’ouvrage, les pictogrammes attirent l’attention de chacun des membres de l’équipe d’animation sur un point particulièrement important pour la préparation de l’animation catéchétique.

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mise en œuvre :

le déroulement proposé s’inspire du dynamisme de la liturgie. Il invitera à des mouvements et à des déplacements, afin que le cheminement ne se fasse pas simplement dans les têtes : c’est la personne dans toutes ses dimensions qui va se mettre en chemin. Les déplacements ne sont pas anodins, mais sont des mises en mouvement qui ont du sens. Un itinéraire est proposé avec des étapes diversifiées et adaptées aux différents âges afin de rendre un déplacement possible pour chacune des personnes.

■  Les moyens : deux propositions d’animation à partir de deux textes différents. Ces propositions sont structurées au moyen de diverses portes d’entrée ouvertes sur différents ateliers, intergénérationnels ou par âges.

■  La durée : de 1 h 30 à 2 heures pour chacune des animations, qui sera suivie d’une célébration de la Parole ou célébration eucharistique.

■  Le

lieu

sera paroissial. Autant que possible, il comportera plusieurs salles pour autoriser au cours de la séance des déplacements physiques qui manifestent un cheminement. Une grande salle permettra à tous les participants de se rassembler en grand groupe et de plus petites accueilleront les ateliers. L’idéal serait de pouvoir attribuer à chaque atelier sa propre salle. En cas de manque de place, l’église pourra accueillir certains ateliers.

■  Les participants : les enfants catéchisés, leur famille et plus largement l’ensemble de la communauté paroissiale dans sa diversité. ■  L’équipe

d’animation pourra être constituée de catéchistes, mais aussi

de membres de l’EAP et d’autres équipes paroissiales (préparation au sacrement, liturgie…), de responsables de mouvement présents dans la paroisse, voire plus largement de personnes ayant une activité au sein de la paroisse. Ces animateurs formeront une équipe pilotée par un responsable de l’équipe d’animation : curé, prêtre, diacre, responsable de la catéchèse… Il sera garant du fil rouge de l’animation et aura vocation à prendre la parole lors des rassemblements en grand groupe.

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Introduction

■  La


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Le cheminement des années liturgiques

Chaque année liturgique nous invite à cheminer principalement sous la conduite d’un évangéliste : Matthieu pour l’année A, Marc pour l’année B, Luc pour l’année C. L’année A, nous lisons plus spécialement l’évangile selon saint Matthieu. Ce premier livre du Nouveau Testament s’ouvre par la généalogie de « Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham ». Qui dit « généalogie » affirme que nous entrons dans le projet même de Dieu, dans une histoire de croyant, une histoire de promesse. Cela marque toute l’année liturgique et les rencontres des Dimanche autrement nous ont proposé de passer de l’annonce de la promesse que Dieu fait à la découverte de sa réalisation en Jésus, mort et ressuscité, dans une communauté qui se construit et marche vers son unité grâce à Lui. L’année B, nous lisons principalement l’évangile selon saint Marc. Son évangile commence par « heureuse annonce de Jésus, Christ et Fils de Dieu ». Et tout l’évangile nous pose la question : qui est-il donc cet homme Jésus ? Il faut prendre le temps de découvrir Celui qui vient vivre avec nous dans notre histoire. Cela marque toute l’année liturgique et les rencontres des Dimanche autrement nous ont permis de découvrir que le chemin du disciple passe par la reconnaissance de Jésus, Fils de Dieu. Et chaque année, nous lisons aussi certains passages de l’évangile selon saint Jean (essentiellement temps de carême et temps pascal…). Jean a écrit son évangile après les autres. Il ne répète pas ce qui est déjà connu mais il ouvre de nouvelles perspectives. Il nous permet de ne pas nous enfermer dans une seule manière de voir, mais de toujours rechercher en Jésus Celui qui est la Parole, la Lumière et la Vie.

Le chemin de l’année liturgique C

L’année C, nous lisons principalement l’évangile selon saint Luc. Dès les premiers versets de son évangile, comme dans son livre des Actes des Apôtres, Luc nous laisse entendre qu’il est historien. Il a donc repéré comment Jésus a marqué l’histoire et continue de la marquer. Jésus

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Pour les

Un itinéraire de foi pour les animateurs

animateurs

De nos stérilités à l’engendrement à la vie


Pour les

animateurs

a envoyé les apôtres jusqu’au bout du monde et leur a promis d’être avec eux jusqu’à la fin de l’histoire. Voilà ce qu’il dit à un certain Théophile, un amoureux de Dieu. La mise en œuvre de l’Évangile, selon saint Luc, est l’œuvre de l’Esprit. L’Esprit du Christ ouvre notre regard sur l’accomplissement de la promesse de Dieu dans l’histoire de l’humanité et l’à-venir du Royaume. Dans l’évangile de Luc, ce qui touche le mystère de Jésus touche notre propre mystère : ● la parité homme/femme : le couple Zacharie et Élisabeth, Siméon et Anne, le berger qui cherche sa brebis et la femme qui cherche la drachme, ● la Bonne Nouvelle qui remplit de joie et d’allégresse, ● la miséricorde de Dieu, ● la place du pauvre, ● l’aujourd’hui du salut. L’évangile de Luc se déploie comme une liturgie : cantique et hymnes (Lc 1,46 ; 1,68 ; 2,29), « gloire à Dieu » (Lc 2,14), « sanctus » (Lc 19,38), Notre Père (Lc 11,2). Dans le récit d’Emmaüs (Lc 24,13) : il y a un chemin, au milieu du chemin, la Parole, et au bout du chemin, une table sur laquelle il y a du pain.

La dynamique proposée durant le temps de l’Avent C

Ce temps de l’Avent nous invite à la joie. La paix et le bonheur parcourent les textes des dimanches. L’attente nous conduit vers un Dieu qui n’est pas triste, un Dieu qui nous invite à la danse (voir Jean le Baptiste dans le ventre d’Élisabeth) et qui nous destine à la joie éternelle. Cette confiance et l’horizon de la joie promise commandent dès maintenant notre vie de baptisé : sachons nous montrer dignes de l’amour dont nous sommes aimés. Luc est celui qui met le plus en évidence le mystère de l’Incarnation, de la naissance. Son évangile commence par deux grossesses : celle d’Élisabeth et celle de Marie. Il s’ouvre sur les commencements de la vie. Luc nous montre le temps de la gestation et le chemin des commencements avec Dieu. Tout cela demande du silence : Zacharie est muet ; la Parole se fait lentement chair en silence dans Marie qui garde tout cela dans son cœur. En nous aussi, la Parole prend chair dans un cheminement qui demande du temps. S’ouvre le temps béni de l’accomplissement de la Promesse, grâce à « celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Is 9,1-6). Celui qui va naître est décrit comme un berger qui conduit son troupeau, comme le tout-puissant dont l’amour protège et soutient, comme le prince de la paix. Offrant sa vie pour le salut de tous les hommes, il est le Sauveur, celui qui vient dans le monde pour faire connaître l’amour du Père et nous élever jusqu’à lui.

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Pour entrer dans la dynamique

Pour les

Noël est le moment où Dieu fait un pari. Il prend chair dans notre humanité. Dieu vient visiter son peuple et c’est en Jésus-Christ qu’il vient visiter chacun de nous. Il ose risquer les commencements de la vie : la gestation de Jésus et sa naissance. Dieu va montrer qu’il peut prendre le temps d’une gestation humaine pour se révéler au monde dans ce qu’il y a de plus fragile : un bébé. Pour entrer sur ce chemin « De nos stérilités à l’engendrement à la vie », nous avons choisi deux textes qui parlent de stérilité et d’engendrement : 1S2,1-10 ; Luc 7,11-17.

animateurs

Pour se préparer à l’animation

La lecture attentive de l’un et l’autre texte permettra de mieux comprendre la démarche pédagogique des portes d’entrée aux ateliers bibliques jusqu’au temps intergénérationnel. N’hésitez pas à prendre du temps en équipe pour travailler ces textes, cherchez dans les notes de la Bible ou regardez d’autres traductions. Avant de choisir l’un ou l’autre texte, efforcez-vous de lire les deux, sans a priori, et de partager en équipe de manière la plus spontanée possible ce que suscite chaque texte en chacun. Pour favoriser votre échange, vous pouvez vous poser ces trois questions : Quels commencements ai-je déjà vécus ? ● Qu’est-ce qui m’a permis de les vivre ? ● Quelle conversion spirituelle l’acceptation de ces commencements me fait vivre ? ●

En équipe, relisez le texte choisi de manière approfondie en vous aidant des commentaires qui suivent. Il est utile de mettre en évidence les déplacements entre les différentes étapes de lecture.

Nous vous proposons deux textes

• Cantique d’Anne (1Samuel 2,1-10) Le cantique d’Anne n’est pas dans le livre des Psaumes. De nombreuses prières restent disséminées au long des récits de l’Écriture, à l’intérieur de la vie et des préoccupations des hommes et des femmes du peuple de Dieu. L’histoire d’Anne est inscrite dans l’histoire du peuple de Dieu. Elle apparaît à un moment de l’histoire de ce peuple où le culte est remis en question car le temple est bafoué par les fils du prêtre Eli. Dans ce court récit se joue l’avenir d’Israël. Il faut une naissance à Anne pour qu’elle ait un avenir mais aussi pour que le Temple connaisse une renaissance. Son fils Samuel remplacera les fils d’Eli au service du prêtre du Temple. Nous vous invitons à lire 1S1,1-28 pour travailler le cantique.

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Dimanche autrement Avent C