LA FORÊT COMME MODÈLE…
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ne terre qui n’est pas cultivée se couvre d’herbes, puis de ronces et de buissons, d’arbres enfin. À terme, la voilà transformée en forêt. Une fois implantée, cette forêt évolue très lentement, s’auto-entretenant et se complexifiant au fil des ans. Les arbres gagnent en volume, forment des fleurs puis des fruits et des graines. Apportées par le vent ou les oiseaux, de nouvelles espèces germent et croissent. Certaines s’implantent lentement et timidement, d’autres plus énergiquement. Des plantes meurent, d’autres les remplacent imperceptiblement. Si une forêt naturelle ne se contente pas de se reproduire à l’identique, elle permet avec
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le temps la mise en place d’un milieu stable qui se perpétue de saison en saison. Les jeunes pousses apparaissent au printemps, les fleurs évoluent en fruits en été, les feuilles se colorent et chutent en automne. En hiver, toute la végétation semble se reposer avant le renouveau printanier. Et cela pendant très longtemps ! Composée d’espèces domestiques utiles à l’alimentation humaine, la forêt comestible se veut l’espace cultivé le plus proche de cet équilibre naturel, sans l’égaler cependant. Certes, les végétaux qui la composent demeurent en place de nombreuses années et gagnent régulièrement en volume et en production. Néanmoins, la plupart