Sauvons les forêts

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Trois quarts de nos forêts sont constitués •  d’un nombre très limité d’espèces.  Les incendies, couplés à la surexploitation, •  détruisent la biodiversité de ces trésors verts, sur tous les continents.  Au-delà de leur indiscutable beauté, les •  forêts sont aussi des régulatrices du climat, essentielles à la vie sur Terre ! En nous incitant à explorer et connaître davantage les forêts qui nous entourent, Nathalie Tordjman nous propose, grâce à 10 actions concrètes, de protéger ces lieux pleins de richesses. Que ce soit à travers nos choix de consommation ou au cours d’une balade parmi les arbres, il est possible et nécessaire d’agir dès maintenant pour sauver les forêts !

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Nathalie Tordjman

•   8 à 13 millions d’hectares de forêts disparaissent dans le monde chaque année.

SAUVONS LES FORÊTS !

Luc Jacquet est réalisateur de nombreux films documentaires, dont La Marche de l’empereur pour lequel il a reçu l’Oscar du meilleur film documentaire en 2006. Dans le cadre de son ONG Wild Touch, il réalise, en collaboration avec le botaniste Francis Hallé, Il était une forêt, sorti en 2013, qui se propose d’explorer et de comprendre la vie passionnante des forêts primaires des tropiques.

ENGAGEONS-NOUS MAINTENANT !

S N O V U SA LES

FORÊTS ! Les 10 actions pour (ré)agir ! Nathalie Tordjman Préface de Luc Jacquet

Les 10 actions pour (ré)agir !

Les 10 conseils concrets de Nathalie Tordjman pour sauver les forêts : 1. E ntrez dans la compagnie des arbres 2. Promenez-vous dans les bois 3. Comprenez les forêts 4. Prenez soin de la forêt 5. Profitez, modérément, des productions de la forêt 6. Chauffez-vous durablement au bois 7. L uttez ici contre la déforestation tropicale 8. Favorisez la biodiversité en forêt 9. Faites de la forêt une alliée face à la crise climatique

MDS : RU14886

Quand elle était enfant, Nathalie Tordjman rêvait d’un métier où elle porterait des bottes en caoutchouc tous les jours. Elle a d’abord fait des études scientifiques, avant de guider des enfants à la découverte de forêts, étangs et bords de mer. Depuis 30 ans, elle fait partager son bonheur de marcher au grand air, dans la boue, en écrivant des articles et des livres documentaires sur la nature, les animaux et l’environnement. Elle collabore régulièrement aux magazines Terre Sauvage et Images Doc. Elle est également membre des JNE (Journalistes pour la nature et l’écologie).

10. E ngagez-vous vraiment pour les forêts

04/02/2020 16:28:57


SOMMAIRE Préface Introduction

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1•Entrez dans la compagnie des arbres

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2•Promenez-vous dans les bois

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10 actions pour (ré)agir

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3•Comprenez les forêts

4•Prenez soin de la forêt

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5•Profitez, modérément, des productions de la forêt

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6•Chauffez-vous durablement au bois

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8•Favorisez la biodiversité en forêt

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7•Luttez ici contre la déforestation tropicale

9•Faites de la forêt une alliée

face à la crise climatique

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Bibliographie

pour les forêts

10•Engagez-vous vraiment 59 63


INTRODUCTION

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Sauvons les for ts !

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Pour beaucoup d’entre nous, les forêts sont de merveilleux espaces récréatifs. Nous les fréquentons dans nos moments de loisirs et de détente : nous venons nous y promener, piqueniquer, faire du sport, cueillir des champignons ou chasser… À l’échelle d’une vie humaine, ces cathédrales de verdure paraissent immuables tant leur rythme est lent par rapport au nôtre. Pourtant, plus personne ne peut ignorer qu’elles sont menacées, plus ou moins directement, sous la pression des activités humaines. Les incendies, l’exploitation massive, les profonds dépérissements dus aux pollutions, aux crises sanitaires et aux bouleversements climatiques font disparaître ces trésors à une cadence effrénée. Une forêt maltraitée laisse vite place à la désolation. Un lieu commun abusivement attribué à Chateaubriand est repris à l’envi tant il résume bien la situation : « Les forêts précèdent les hommes, les déserts les suivent. » René Jeannel, entomologiste et directeur du Museum national d’histoire naturelle, le formulait ainsi au début des années 1950 : « L’homme est fils de la forêt et père du désert. »

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La peur de la for t Nous entretenons avec la forêt une relation ambivalente. Nous l’admirons pour sa naturalité, et nous la craignons pour le même motif. Rappelez-vous les contes qui ont bercé notre enfance. Du Petit Poucet au Petit Chaperon rouge en passant par Blanche-Neige, la forêt est le lieu de tous les dangers, rem6


pli de créatures maléfiques, sans oublier le loup qui, persécuté dans les campagnes, s’y réfugia avant d’être exterminé. Longtemps aussi, elle fut le repaire des brigands et des hors-la-loi, comme le célèbre Robin des bois, qui aurait élu domicile dans la mystérieuse forêt de Sherwood, en Angleterre. Avec une telle image ancrée dans notre inconscient occidental, pas étonnant que nous ayons voulu la dominer, la combattre, et que nous ayons cherché – et réussi – à la soumettre à nos volontés.

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Nos anc tres les for ts

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Nous devons pourtant beaucoup aux forêts, présentes sur la Terre bien avant l’émergence des êtres humains. Au départ, notre planète n’était que minérale. Les premiers organismes vivants, dans les océans, ont donné naissance au règne végétal, avec des êtres dotés de l’incroyable capacité de produire leur matière organique à partir d’eau, d’air et d’énergie solaire, réaction chimique nommée photosynthèse. Les plantes ont ensuite conquis les continents, permettant la formation d’un sol sur lequel des arbres parfois hauts de 30 mètres ont pu se dresser il y a 360 millions d’années. Durant ces millénaires, ils ont subi bien des bouleversements, ce qui leur a permis d’acquérir de prodigieuses capacités d’adaptation. Par comparaison, les racines de notre genre Homo, aussi loin que les repoussent les paléontologues, ne remontent pas à plus de 2 millions d’années, et pour nous, jeunes sapiens, à seulement 300 000 ans !

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Ne laissons pas les arbres cacher la for t Un bouquet d’arbres sur une place, un bel alignement le long d’une rue, aussi ombrageux soient-ils, ne constituent pas une 7


forêt. Pas plus qu’un bosquet dans une plaine céréalière ou le versant d’une colline planté régulièrement de sapins de Douglas. En effet, si les arbres sont les constituants les plus imposants de l’écosystème forestier, ils n’en assurent pas à eux seuls le fonctionnement. Une forêt est un assemblage de plantes, de champignons et d’animaux de toutes tailles en perpétuelle interaction. Nous ne vivons pas assez longtemps pour voir une terre dévastée se transformer en forêt naturelle, car plusieurs siècles sont nécessaires. il faut 700 à 1 000 ans, selon le climat, pour effacer les traces des interventions humaines et observer les caractéristiques d’une forêt primaire. En revanche, il ne suffit que de quelques heures pour la détruire.

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La for t aux mille services

Les forêts ne sont pas qu’un joli décor dans le paysage. Dans la plus grande discrétion, elles nous rendent une liste de services quasiment interminable. Les arbres forestiers nous fournissent du bois, ce matériau unique dont nous usons pour nous chauffer, cuisiner, nous meubler, nous loger, fabriquer du papier. ils produisent aussi des résines, différents latex et des fibres. Les forêts recèlent des réserves de nourriture, des châtaignes au gibier, et un grand stock de plantes médicinales. Elles abritent également une formidable biodiversité dont une bonne partie reste encore à découvrir, enfouie dans le sol forestier ou perchée dans la canopée. Et, surtout, elles sont, avec les océans et les pôles, l’un des piliers de la vie sur notre Terre : climatiseur géant, colossal purificateur d’air, gigantesque pompe à eau, énorme usine de recyclage, monumental brise-vent.

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Le climat que nous devons aux for ts

Les forêts interviennent à plusieurs niveaux sur le climat. Par leurs feuilles, les arbres rejettent de gros volumes d’eau sous forme de vapeur d’eau. Au niveau mondial, ils sont l’une des clés de voûte du cycle de l’eau. Le feuillage d’un hectare de chênes évapore 20 000 à 50 000 litres d’eau par jour l’été ! Les feuilles libèrent aussi différentes molécules servant de noyaux de condensation à la vapeur d’eau, qui peut ensuite retomber en pluie.

Au cours de l’histoire géologique, les forêts ont modifié les conditions de vie sur la planète, contribuant à la rendre vivable. Tout d’abord, la photosynthèse a une incidence sur la composition de notre atmosphère : les végétaux, tant marins que continentaux, ont besoin, pour se construire, du dioxyde de carbone (CO2) qu’ils prélèvent dans l’air. La lignine des arbres, cette matière qui constitue leur bois, stocke ce carbone. Pour fabriquer 1 tonne de bois, l’arbre doit absorber 1,8 tonne de gaz carbonique. il y a 300 millions d’années, le charbon, qui s’est formé à partir de forêts luxuriantes, a soustrait du carbone à l’atmosphère. Aujourd’hui, nos activités industrielles basées sur l’utilisation de carbone fossile (charbon, pétrole) augmentent la concentration de CO2 dans l’atmosphère, engendrant un effet de serre accru avec des bouleversements climatiques déjà perceptibles.

Championne de l’économie circulaire

Chaque automne, dans nos forêts tempérées, les arbres feuillus perdent leurs feuilles : cela représente une importante épais9


seur qui recouvre le sol. Et pourtant, l’accès au sous-bois reste possible automne après automne, car l’activité bactérienne et fongique oxyde et recycle rapidement les feuilles mortes. Si ce n’était pas le cas, en quelques années, l’épaisseur de débris s’élèverait à plusieurs mètres. Le bois est dégradé plus lentement, avec l’aide de différents organismes lignivores. L’humus est peu à peu reconverti en éléments simples sous l’action de la faune du sol, de bactéries et de champignons. La décomposition d’une feuille morte peut prendre 3 à 8 mois selon les conditions climatiques, mais aussi sa nature – fine feuille de tilleul ou solide aiguille de pin. Elle mobilise l’intervention de différents décomposeurs dont les plus connus sont les vers de terre, comme le lombric terrestre. En creusant ses galeries, il aère la terre. En outre, il digère et rejette un mélange de matière organique et de matière minérale profonde, puisqu’il peut descendre à plus de 3 mètres de profondeur. On estime que dans un sol forestier, les lombrics incorporent jusqu’à 9 tonnes de feuilles mortes par hectare et par an. Avec ce recyclage permanent, la forêt a inventé l’économie circulaire. Elle se suffit à elle-même, tant que la matière morte reste sur place, tant qu’on n’exporte ni bois, ni feuilles, ni humus.

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La for t nourrit

Pendant des siècles, la forêt a été une pourvoyeuse d’aliments. Les paysans venaient y glaner des fruits selon la saison – châtaignes, nèfles, fraises des bois, … – et s’y procurer toutes sortes de fourrages, quand ils n’accompagnaient pas leurs porcs dans le sous-bois. Aujourd’hui, les amateurs arpentent les forêts à la recherche de champignons, retrouvant ainsi l’instinct de chasseur-cueilleur de notre espèce. Les chasseurs y traquent le gibier, qu’ils réintroduisent parfois, ou bien y abattent des oiseaux de passage comme la palombe. 10


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La for t protège

Grâce aux racines des arbres et au travail des organismes de l’humus, le sol des forêts est le plus souvent perméable. il a la capacité de se gorger d’eau. il sert d’amortisseur en cas d’orage ou de pluies violentes. il évite que l’eau ruisselle et lui permet de s’infiltrer vers les nappes phréatiques, qui alimentent ensuite, au fil du temps, torrents, rivières et fleuves. Certaines forêts supportent d’être temporairement marécageuses. En montagne, la forêt joue un rôle particulièrement protecteur. Les racines des arbres, retiennent le sol, les pierres, et préviennent ainsi les glissements de terrain. Grâce à leur tronc, les arbres atténuent l’impact des avalanches.

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Sur le littoral, les forêts sont en première ligne face aux tempêtes. Elles freinent l’érosion de la côte, surtout quand elles sont associées à des dunes, et ralentissent les vents marins. Sous les tropiques, les forêts littorales, appelées mangroves, atténuent les dégâts causés par les vagues des tsunamis.

Un état des lieux inquiétant

En France, nous avons une belle couverture forestière. Elle a pratiquement doublé ces deux derniers siècles, et sa superficie progresse encore de 0,7 % par an depuis les années 1980. Elle couvre 30 % du territoire métropolitain, qu’il s’agisse de grands massifs forestiers ou de petits bois, de plantations de vallées ou d’alignements qui, sans être dénués d’intérêt, n’ont pas les mêmes fonctions. Cela représente 17 millions d’hectares boisés. Alors pourquoi s’inquiéter pour les forêts ? Chez nous, elles ne sont pas en perte de vitesse au regard de leur superficie, bien qu’elles ne couvrent plus que le tiers de leur 11


surface originelle ; toutefois, depuis des centaines d’années, elles sont gérées dans le but de favoriser le développement et l’exploitation de telle ou telle essence d’arbres, et ont donc perdu leur naturalité. Toutes sont marquées par la pression humaine. Les trois quarts sont composées d’un nombre très limité d’espèces, parfois une ou deux seulement.

En Europe de l’Ouest, la situation est catastrophique. Depuis longtemps, les forêts de plaine, facilement exploitables, ont été abattues. Ainsi, au Royaume-Uni, elles ne couvrent plus que 12 % du territoire, et moins de 9 % aux Pays-Bas. En Europe tempérée, on ne trouve de forêt primaire de plaine, jamais défrichée ou modifiée par des activités humaines, que dans l’est de la Pologne : c’est le vaste massif forestier de Bialowieza, composé à la fois de conifères et de feuillus. il s’étend jusqu’au sud-ouest de la Biélorussie et couvre, selon l’Unesco, une surface de 141 885 hectares. il est d’une richesse inouïe : 12 500 espèces différentes y ont été répertoriées.

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Au niveau mondial, le constat est encore plus dramatique : la surface forestière ne cesse de diminuer en raison d’incendies impossibles à maîtriser, en Sibérie ou en Australie, et de la déforestation, régulière ou illicite, en Amazonie, en Asie du Sud-Est ou en Afrique de l’Ouest. Chaque année, ce sont entre 8 et 13 millions d’hectares de forêts qui disparaissent dans le monde, soit l’équivalent de 75 % de la forêt métropolitaine.

Une soif d’énergie destructrice

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Depuis l’invention du feu, les hommes n’ont cessé d’extraire du bois dans les forêts. Tant que la pression démographique était faible, faire flamber quelques branchages secs pour se réchauffer ou cuisiner relevait d’une exploitation « durable ». Mais nous


Trois quarts de nos forêts sont constitués •  d’un nombre très limité d’espèces.  Les incendies, couplés à la surexploitation, •  détruisent la biodiversité de ces trésors verts, sur tous les continents.  Au-delà de leur indiscutable beauté, les •  forêts sont aussi des régulatrices du climat, essentielles à la vie sur Terre ! En nous incitant à explorer et connaître davantage les forêts qui nous entourent, Nathalie Tordjman nous propose, grâce à 10 actions concrètes, de protéger ces lieux pleins de richesses. Que ce soit à travers nos choix de consommation ou au cours d’une balade parmi les arbres, il est possible et nécessaire d’agir dès maintenant pour sauver les forêts !

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Nathalie Tordjman

•   8 à 13 millions d’hectares de forêts disparaissent dans le monde chaque année.

SAUVONS LES FORÊTS !

Luc Jacquet est réalisateur de nombreux films documentaires, dont La Marche de l’empereur pour lequel il a reçu l’Oscar du meilleur film documentaire en 2006. Dans le cadre de son ONG Wild Touch, il réalise, en collaboration avec le botaniste Francis Hallé, Il était une forêt, sorti en 2013, qui se propose d’explorer et de comprendre la vie passionnante des forêts primaires des tropiques.

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FORÊTS ! Les 10 actions pour (ré)agir ! Nathalie Tordjman Préface de Luc Jacquet

Les 10 actions pour (ré)agir !

Les 10 conseils concrets de Nathalie Tordjman pour sauver les forêts : 1. E ntrez dans la compagnie des arbres 2. Promenez-vous dans les bois 3. Comprenez les forêts 4. Prenez soin de la forêt 5. Profitez, modérément, des productions de la forêt 6. Chauffez-vous durablement au bois 7. L uttez ici contre la déforestation tropicale 8. Favorisez la biodiversité en forêt 9. Faites de la forêt une alliée face à la crise climatique

MDS : RU14886

Quand elle était enfant, Nathalie Tordjman rêvait d’un métier où elle porterait des bottes en caoutchouc tous les jours. Elle a d’abord fait des études scientifiques, avant de guider des enfants à la découverte de forêts, étangs et bords de mer. Depuis 30 ans, elle fait partager son bonheur de marcher au grand air, dans la boue, en écrivant des articles et des livres documentaires sur la nature, les animaux et l’environnement. Elle collabore régulièrement aux magazines Terre Sauvage et Images Doc. Elle est également membre des JNE (Journalistes pour la nature et l’écologie).

10. E ngagez-vous vraiment pour les forêts

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