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FRÈR E M I C H A E L DAV I DE

NOS SAISONS  INTÉRIEURES METTRE DE L’ORDRE  DANS SON CŒUR

Traduit de l’italien par Alexandre Joly

MAME


MAME Direction : Guillaume Arnaud Direction éditoriale : Sophie Cluzel Direction artistique : Armelle Riva Édition : Vincent Morch, assisté d’Estelle de Fougerolle Compositeur : Pixellence Direction de fabrication : Thierry Dubus Fabrication : Florence Bellot Pour l’édition originale © 2018 Fondazione Terra Santa - Milano Edizioni Terra Santa - Milano Pour l’édition française © Mame, Paris, 2018 www.mameeditions.com ISBN : 978-2-7289-2502-5 MDS : 531726 Tous droits réservés pour tous pays.


INTRODUCTION L’A R M O I R E «   Q U AT R E S A I S O N S   »

Depuis toujours, la sagesse antique nous invite à régler notre vie en lien avec le dynamisme de la création dont nous sommes issus. Dieu a créé le monde en ordonnant les choses, sans nier l’inévitable désordre, prémices incontournables de n’importe quelle remise en ordre. Dans la compréhension biblique du monde, vision sapientielle avant d’être religieuse, tout semble partir d’une double constatation : « La terre était informe et vide. » Il y a des « ténèbres » dans cette situation de chaos primordial, mais aussi un principe fondamental d’espérance, puisque « le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux » (Gn 1, 2). Chaque matin, en prenant conscience du don de la vie qui nous est concédé, l’aventure de la vie recommence pour chacun d’entre nous. Il s’agit de recueillir chaque jour le défi d’une création permanente pour devenir toujours plus 7


INTRODUCTION

des créatures « debout » : des hommes et des femmes capables de respecter leur vocation d’être « à l’image et à la ressemblance » (Gn 1, 26) du Créateur de tous. Être une créature de Dieu et se sentir appelé chaque jour à être « capable de Dieu 1 », selon la très belle expression d’Irénée de Lyon, nécessite de pouvoir et de vouloir mettre de l’ordre dans sa propre vie, non pas pour la rendre ascétique, mais pour transformer les tensions et les ambiguïtés en une réelle créativité harmonieuse. Nous donnons de multiples noms au bien-être physique, psychique, émotif et spirituel qui nous conduit à espérer pouvoir expérimenter un minimum de bonheur dans notre vie : sérénité, paix, harmonie, équilibre, sagesse… Chacun possède son propre vocabulaire pour désigner l’espérance, comme une sorte d’abécédaire personnel du bonheur. Jour après jour, chacun est appelé à vivre pleinement son humanité : ce défi consiste à se réconcilier avec le chaos et le désordre nécessaires afin de prendre conscience que l’on est vivant. Cette réconciliation requiert un pas en avant quotidien : régler sa vie. Saint Ignace de Loyola a choisi un « titre » éloquent pour désigner sa proposition spirituelle : Exercices spirituels pour se vaincre soi-même et régler sa vie sans se déterminer par aucune affection désordonnée. Avec le langage de l’époque, Ignace de Loyola rappelle à ses 1. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, VI, 38, 3.

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L’ARMOIRE « QUATRE SAISONS »

disciples et à tous ceux qui suivront qu’il faut quotidiennement « régler sa vie ». Ce travail de remise en ordre ne nie pas les différents aspects de la vie, y compris les émotions et les pulsions, mais plutôt reprend sans cesse la direction de son propre chemin afin de ne pas tomber dans des errements désespérants. Notre cœur, notre esprit et notre corps sont le lieu vital où nous sommes appelés à demeurer pour être réellement des « vivants ». Nous pouvons comparer notre vie à une armoire « quatre saisons 1 » où se trouve tout ce qui va servir aux différentes étapes de l’existence, sans s’encombrer de ce qui n’est plus d’aucune utilité, même si cela nous a rendu service par le passé. Une armoire ne doit pas seulement être spacieuse, mais également bien organisée afin d’y disposer et de retrouver facilement tout ce qui sera utile. La manière dont nous rangeons l’armoire de notre chambre dit beaucoup de notre rapport à la vie, et témoigne de notre capacité à donner sa juste place à chaque aspect de notre existence. L’espace et le temps sont les deux dimensions fondamentales de notre vie de créature : une fois coordonnées, elles doivent être honorées avec respect et avec soin. Nous nous habillons toujours selon les saisons, en nous adaptant aux situations et au monde dans lesquels nous évoluons. Cela n’aurait pas 1. NdT : La tradition italienne voulait que les parents et beaux-parents offrent aux époux une armoire « quatre saisons » avec les signes de l’amour et de la fertilité. L’armoire comportait deux vantaux avec quatre panneaux représentant chacun une saison.

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INTRODUCTION

de sens de porter un manteau à la plage en plein été, et ce serait un peu gênant d’être en tenue de soirée pour aller manger une pizza avec des amis. La notion biblique de kasher, qui compte toujours beaucoup pour nos frères aînés, les juifs, n’est pas seulement une question de pureté sacrée ni même de simple ritualité objective. Cette manière d’entrer en relation avec le réel renvoie à l’attention permanente et au discernement qui per­mettent d’être réellement en mesure de s’adapter à la vie telle qu’elle se présente, de l’accueillir, de l’écouter et de la respecter. Le chemin proposé à travers ces pages n’a aucunement la prétention d’offrir des solutions magiques pour obtenir une vie ordonnée compatible avec le dessein amoureux et stimulant de la création. Personne ne possède de baguette magique et personne ne devrait prétendre résoudre d’un sortilège les problèmes de la vie des autres. Nous voulons simplement développer une réflexion stimulante sur le modèle des paraboles évangéliques. On pourrait commencer notre parcours par une allégorie : La vie de tout homme, de toute femme est comparable à une armoire… chaque chose possède sa propre place. Il y a un temps pour porter des vêtements et un temps pour les ranger. Il y a des choses que l’on utilise tous les ­jours de l’année et d’autres mises de côté pour des grandes occasions. Il y a les vantaux des saisons, les étagères des 10


L’ARMOIRE « QUATRE SAISONS »

occasions, les tiroirs des situations, l­es penderies des choses ordinaires, les bacs pour les petites choses à ne pas perdre, les coffrets pour les circonstances exceptionnelles…

Au cœur de ce processus se trouve l’importance de veiller sur soi-même sans pour autant se replier tristement sur soi. Cette attention paisible nous situe dans une relation harmonieuse avec l’espace et le temps où nous pouvons nous rencontrer nous-mêmes, en nous ouvrant à la rencontre avec les autres. Se revêtir exige toujours une double vigilance : ce qui me permet d’être à l’aise et ce qui est utile aux autres afin qu’ils soient à l’aise à leur tour. Régler sa vie en acceptant d’y mettre de l’ordre de temps en temps permet de ne jamais être dans ­l’embarras et de ne pas créer de situation délicate. Cela exige non seulement d’ouvrir l’armoire de notre cœur pour prendre ce dont nous avons besoin, mais également de remettre chaque chose à sa place le moment venu. On peut alors maintenir l’ordre intérieur qui permet de vivre en harmonie avec soi-même et en accord avec les autres.

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INTRODUCTION

Interrogeons-nous 1. Avant tout, est-ce que je ressens le besoin ­d’ordonner ou bien de réordonner les niveaux et les aspects de ma vie ?  2. S’il fallait instaurer une hiérarchie entre les aspects les plus importants de ma vie concrète, qu’est-ce qui occuperait les trois premières places ?  3. Ordonner les aspects et les réalités de la vie nécessite d’être organisé intérieurement pour donner à chaque pensée, chaque parole et chaque geste sa propre place. Est-ce que je m’accorde parfois le temps d’évaluer en vérité ce que j’ai vécu ? 


LE PRINTEMP S L E S VA N TA U X


FAI R E AT T ENT I O N À S O I- MÊME Lorsque l’on ouvre les vantaux d’une armoire « quatre saisons », on découvre divers compartiments : certains sont à portée de main, d’autres demandent qu’on monte sur un escabeau pour les atteindre. On range plutôt en hauteur les choses dont on n’a pas besoin pendant la saison en cours ou celles qui sont mises de côté pour des occasions particulières ou exceptionnelles. Ouvrir ­l’armoire d’une personne pour y chercher un objet – en cas de maladie ou pour une autre raison – nous propulse aussitôt dans son monde et dans sa manière d’habiter le monde. Cela s’exprime par une manière de ranger ses effets personnels, parfois désordonnée. L’ordon­ nancement d’une armoire peut faire entrevoir la manière dont chacun entretient sa vie avec ses sentiments, ses peurs, ses rêves, et ses inévitables échecs et réussites personnelles. Même si c’est parfois de manière désordonnée, chacun prend soin de lui-même. À l’image d’une armoire avec sa structure – vantaux, étagères, compartiments, tiroirs, petites boîtes, penderies –, chacun doit assumer tout ce qu’il est. La vocation de l’homme est la vie selon l’Esprit. En se référant à un texte paulinien fondamental 15


LE PRINTEMPS

(1 Th 5, 23), les Pères de l’Église adoptent une présentation ternaire de l’homme : corps, âme et esprit, l’esprit étant compris comme l’ouverture à Dieu et à l’action de son Esprit à l’intime de l’être humain. Le jésuite Mark Rupnik fait remarquer : La conception de l’Homme selon saint Paul et selon les Pères de l’Église se présente selon trois dimensions : l’Homme est unité de l’esprit, de l’âme et du corps. Comme dans l’icône du Visage du Christ, cette structure peut se schématiser selon trois cercles concentriques. La vie spirituelle, en effet, a son origine dans l’action de l’Esprit Saint : située à l’intérieur de la personne, elle se manifeste à ­l’extérieur dans la vie, le comportement et la mentalité du chrétien. L’inhabitation de l’Esprit dans la personne est participation de l’Homme à l’amour de Dieu le Père. Cette participation est constitutive de l’Homme : la création est, en effet, communication de l’amour de Dieu, c’est-à-dire de sa réalité la plus personnelle. C’est précisément cette communication qui fait de l’homme une personne. « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par ­l’Esprit Saint » (Rm 5, 5). Or, c’est précisément ce principe de l’amour (agapè) qui est la source de toute vie spirituelle. Dans le cercle central de la figure […] – celui de l’Esprit Saint – on peut écrire : Amour de Dieu. Le spirituel doit donc être compris à partir de l’Amour. Or, cet Amour est « relation » : il embrasse tout et son dynamisme met en relation avec toute chose. En ce sens, l’Amour est l’unique 16


Faire attention à soi-même

idée absolue qu’il est possible de penser. L’Amour n’est pas un simple concept. Penser l’Amour, c’est penser un Être Vivant, unifié de façon absolue et indissoluble : l’Amour est unité totale qui englobe tout 1…

Si la présence de l’Esprit/Pneuma est le noyau incandescent de notre réalité créée et multiple, alors le combat spirituel consiste à donner toute sa place à ce « germe divin » (1 Jn 3, 9) qui habite en nous. Le signe d’une vie animée et transformée par l’Esprit est un corps où se manifestent les dons de l’Esprit à travers des attitudes et des sentiments compatibles avec le Christ et humainement dignes de confiance. Si on estime avoir une âme joyeuse et un esprit serein sans parvenir à le manifester dans son corps, alors on risque d’être caricatural et peu crédible. Un théologien contemporain l’explique clairement : La vie est l’immense laboratoire qui permet à notre attention, notre sensibilité et notre capacité d’émerveillement de reconnaître à chaque instant le reflet, si rare et fugace soit-il, de cette présence extraordinaire : les pas de Dieu lui-même. Le corps que nous sommes ainsi que notre existence annoncent un amour inconditionné. […] Le corps que nous sommes est une grammaire divine. C’est à travers lui que nous apprenons, et pas seulement par 1. M.  I. Rupnik, Dans le feu du buisson ardent. Initiation à la vie spirituelle, trad. François Évain et Philippe Marbaix, Belgique, Éditions Fidélité, 2004, p. 43-44.

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LE PRINTEMPS

notre mental. […] notre corps est une langue maternelle : la langue maternelle de Dieu 1.

L’âme a un rôle fondamental mais non pas absolu : elle est en relation avec le corps. L’âme ressemble à une éponge capable d’absorber l’énergie de l’Esprit et de la transmettre au corps afin qu’il en soit réellement transfiguré. Il n’est pas question de travailler sur son âme ou de sauver simplement son âme. Nous sommes amenés à œuvrer avec notre réalité psychique pour transformer toute notre personne afin d’être transparents à la présence divine. La psyché grecque signifie tout à la fois « âme » et « papillon », nous rappelant ainsi qu’elle n’est pas le lieu d’un ancrage mais plutôt d’une profonde transformation : une « trans-figuration » qui se réalise obligatoirement à travers une phase exigeante de « dé-­figuration ». Lorsque l’on observe un papillon coloré et léger, il faut se souvenir qu’il s’agissait auparavant d’une chenille puis d’une chrysalide, qu’il lui a fallu vivre une transformation sans doute douloureuse. Grégoire le Grand, évêque de Rome de 590 à 604, est très sensible à la vie de l’âme perçue comme la dimension la plus importante de l’homme. Mais il préserve le paradoxe lorsqu’il dit en pensant à l’ânesse de Balaam : 1. J. Tolentino Mendonca, Le Temps et la Promesse. Pour une spiritualité de ­l’instant présent, trad. Cécile Pointeau-Logeart, Nouan-le-Fuzelier, Éditions des Béatitudes, 2016, p. 14-15.

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Faire attention à soi-même

À l’occasion d’une défense réitérée, une ânesse eut la vision d’un ange qu’une intelligence humaine ne percevait pas. Ainsi arrive-t-il souvent que, bridée par le châtiment, la chair découvre à l’âme, à la faveur de la souffrance, le Dieu que l’âme elle-même, qui pourtant commande à la chair, n’apercevait pas 1.

N’oublions donc pas que le corps peut être parfois plus perspicace et digne de confiance que l’âme-psyché. L’attention à soi commence toujours par une étape nécessaire et inéluctable : reconnaître et accueillir sa propre complexité non pas comme un poids, mais comme une réelle opportunité. Si on ne réalise pas que notre réalité humaine multiple est notre propre jardin vital personnel, alors on ne peut pas prendre soin de soi d’une manière adéquate et espérer un certain bonheur. Il faut pouvoir trouver dans ce jardin ce qui donne saveur et sens à notre existence, en cultivant le désir de toujours embellir la vie des autres. Nous savons bien – et nous le constatons dans la vie de ceux dont nous croisons le chemin – qu’il n’est pas facile de s’accepter soi-même et de s’aimer, simplement et en vérité. Parfois, on peut même se percevoir comme quelqu’un de mauvais. Un tel sentiment provient peut-être de nombreux événements et réalités qui marquent notre vie avant même d’être manifestes aux yeux dans ce monde 1. Grégoire le Grand, Règle pastorale, III, 12. Dans un autre endroit, l’âne n’est plus le corps mais « l’âme de chaque fidèle » (Homélies sur Ézéchiel, II, V, 2).

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LE PRINTEMPS

qui reste quelque peu complexe. Nous portons certaines souffrances depuis toujours, et elles deviennent notre secret et notre tourment. Lorsqu’il en est ainsi – cela arrive plus ou moins à tout le monde –, il faut avoir le courage de s’aimer et d’apprendre à s­ ’apprécier comme un mystère qui requiert quasiment notre vénération. Sinon nous risquons d’empoisonner notre vie avec le cyanure du regret et de l’insatisfaction, chemin tracé vers un subtil désespoir. Si nous – ou quelqu’un d’autre – ouvrions l’armoire de notre cœur et découvrions un amas de « réalités humaines » cachées pour éviter de comprendre ce qui s’est passé ou est en train de se passer, alors le spectacle serait bien triste : celui d’une pauvre humanité privée du remède de l’espérance. Même si elle reste fermée, l’armoire de notre cœur nous indique tout de suite si nous avons besoin de soin. Un simple regard laisse apparaître comment nous nous sommes acceptés et si nous avons vraiment décidé d’accompagner avec affection notre chemin jusqu’à la fin, jour après jour, instant après instant. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’enseignement de Jésus : « Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? » (Mt 6, 25). Il n’est pas question de déserter la dimension concrète de notre vie, mais ­d’habiter chaque élément de notre existence pour en faire un lieu d’authenticité. La fidélité au projet de Dieu 20


Faire attention à soi-même

sur notre humanité comprend inévitablement cette attention à soi-même : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18). Jésus répond à un scribe instruit en reprenant et en rapprochant les deux commandements de l’amour de Dieu et du prochain : « Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là » (Mc  12, 31). Si nous prenons vraiment soin de notre personne dans sa totalité avec réalisme et sans fabuler, alors nous pourrons ordonner nos relations affectives, extension de notre personnalité qui exige un surcroît d’attention et de vigilance. Interrogeons-nous 1. Jusqu’à quel point suis-je heureux d’être celui que je suis et comme je suis ?  2. Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir changer en moi ? Et pourquoi ?  3. Quels sont les aspects et réalités de ma vie que je ne changerais pour rien au monde, avec lesquels je suis à l’aise, voire même dont je suis particulièrement fier ? 


TABLE Introduction. L’armoire « quatre saisons »................. 7 Le Printemps. Les vantaux............................................. 13 Faire attention à soi-même........................................ 15 Les relations affectives................................................ 23 Le temps libre................................................................. 31 Le travail souhaitable................................................... 39 L’été. Les étagères............................................................. 47 Franchir le temps........................................................... 49 Habiter l’espace............................................................. 57 Prendre soin des relations humaines..................... 63 L’automne. Les tiroirs....................................................... 69 Gérer les échecs............................................................ 71 Ne pas cesser de rêver................................................ 79 Le courage de faire des choix................................... 87 Remettre de l’ordre dans les désirs........................ 95 L’hiver. Les boîtes de rangement................................. 103 L’apprentissage dans la souffrance........................ 105 Rajeunir dans la vieillesse.......................................... 117 La mort perçue comme un accomplissement..... 127 À nouveau le printemps. La penderie......................... 139 Une vie ordonnée pour une vie donnée................ 141


Nos saisons intérieures  
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