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Histoire du métissage

la femme dans la littérature L E L i E N E N T R E L E s C U LT U R E s

dossier

Welcome to a cosmopolitan United-Kingdom ! Peuple métis

A gente de Cabo Verde

Coup de coeur

Cap vers le grand nord Esprit Métis a encore frappé ! par Kellie Dubois


ÉDITO Le petit mot de

Fanny ESPRIT MÉTIS

Hi ! How are you ?1

ESPRIT MéTIS Res Clos St Jacques, Appt 107, 54 rue Deyries 33800 Bordeaux Tél: 06 79 28 56 59 Espritmetis@yahoo.fr

Cet été, le magazine Esprit Métis vous embarque outre-manche dans son dossier Welcome to a cosmopolitan United Kingdom2, direction le Royaume-Uni. Au programme, un tour d’horizon des quatre Etats qui forment ce pays. Puis, un peu de littérature avec de grandes héroïnes métisses, ainsi qu’un détour dans le grand froid suédois pour un surprenant coup de cœur. Et bien d’autres choses encore …

n°8 - Été 2009

Le magazine Esprit Métis est un trimestriel, gratuit, édité par l’association Esprit Métis. Impression : Imprimerie Laplante ZA Merisud 3, impasse Jules Hetzel 33700 Mérignac Dépôt légal à parution - ISSN: 1960 - 2332 Directrice de publication : Véronique Magniant Rédactrice en chef : Céline Bonnet Secrétaire de rédaction : Isabelle Marcuzzo Directeurs artistiques : Nicolas Werbrouck, Guillaume Drahonnet et Grégoire Nayrand Mise en page : Anthony Rojo, Emilie Jacquet et Thomas Dubourg Créatrice et fondatrice d'Esprit Métis : Kellie Laure Dubois

Ce numéro 8 marque la fin d’une deuxième année engagée dans la diversité culturelle. Nous avons accompli notre but : parler du métissage sans se cantonner à la couleur de peau, mais en privilégiant les questions de l’enrichissement culturel, l’ouverture d’esprit, et la tolérance. L’occasion pour la fondatrice de l’association et du magazine, Kellie Dubois, de dresser un bilan. Je tiens à remercier toute l’équipe d’Esprit Métis pour cette deuxième année couronnée de succès. Mais tout particulièrement, je remercie les rédacteurs et illustrateurs ainsi que ceux qui m’ont fait confiance pour ce numéro malgré ma jeune expérience dans l’association. En espérant qu’il vous plaira… Enjoy !3

Fanny Benquet Traduction 1. Salut ! Comment vas-tu ? 2. Bienvenue dans un Royaume-Uni cosmopolite 3. Profite !

www.espritmetis.com


MÉTISSAGE Petit conte

Nubians ................................................................ 5

Histoire du métissage

La femme métisse dans la littérature .... 6 / 7

Entretien avec

Isis G ...................................................................... 8

Peuple métis

A gente de Cabo Verde ................................ 9

Couleurs Brésil

Brazil made in England ............................ 10

Un esprit plus ouvert

Ma force ............................................................. 12

Métis célèbre

Les Noah, métis au firmament ............... 13

Pays à l'honneur

dossier Histoire du métissage

la femme dans la littérature

Welcome to a cosmopolitan United Kingdom !

L E L i E N E N T R E L E s C U LT U R E s

DOUCE ÉVASION dossier

Welcome United-Kingdom !

to a cosmopolitan Peuple métis

A gente de Cabo Verde

Idée déco / Made in Japan

................................................................................. 22

littérature / Musique

................................................................................. 23

Cuisine Métisse Coup de coeur

A taste of England... Fish'n Chips ! ..... 24

Esprit Métis a encore frappé !

Coup de Coeur

Cap vers le grand nord

par Kellie Dubois

Cap vers le Grand Nord ............................ 25

COUVERTURE

Récit de voyage

Illustrateur : Cyril Tambon cyril.tambon@gmail.com

Bons plans

Maroc, ombre et lumière ................ 26 / 27 BX- TLSE ................................................... 28 / 29

poème

Poème pour tam-tam ................................. 30

Prénoms

.................................................................................. 31


Petit conte cycliste, verdoyant et écologique © Marc Baptiste

d’Hélène Faussart

5...4...3...2...1...0 ! Zeus s'élance sur son VTT en carbone, incroyablement léger, mais d'une robustesse à toute épreuve. Il participe à un rallye pour la protection de la nature. Au 20ème coup de pédale, Zeus est dans le groupe de tête. " Tranquille … je maintiens cette vitesse là et je profite du paysage ". L'air est saturé de fraîcheur, il est très tôt ce matin, les sous-bois transpirent de rosée, odeurs d'humus plein les narines. " Nos villes puent en comparaison, tellement qu'on en oublierait les fragrances originelles de la terre, celle qui nous porte, qui nous nourrit ". Une côte. Zeus redouble d'effort, concentré sur la distance qui le sépare de la tête de peloton. Au sortir du bois, vue plongeante sur la vallée, où collines et rivières offrent un tableau digne d'un film d'Arthus-Bertrand. " Comment oublier que nous sommes une extension de cette puissante nature " se demande Zeus. " Quand un arbre est coupé dans la forêt amazonienne, Mère Nature crie " Aïe!". Quand les usines déversent leurs déchets dans nos fleuves, Mère Nature gémit " Aïe!". Quand le voisin se débarrasse de ses huiles noires et saturées de vidange derrière le stade municipal, Mère Nature sanglote "Aïe…!" Zeus entend ces plaintes à chaque bulletin d'infos, à chaque une des quotidiens, dans chaque geste de consommation débridée de ses congénères. C'est Adenora, la grand mère bretonne sage, qui l'a initié à écouter et à comprendre les chants et les lamentations de l'Ancêtre Suprême : Mère Nature. Lorsque, tout petit, elle l'emmenait en promenade, au bord de la mer, dans les champs de culture, dans les bois, elle demandait le silence, pour que, mieux que ses paroles, la nature parle son propre langage. Le vent chante, les ruisseaux dansent, la nature se donne en spectacle dans un ballet gracieux. Adenora apprend à Zeus la danse de la terre, celle qui énergise et qui soigne. Elle lui a appris à travailler son enracinement, sa verticalité, comme les chênes fiers et imposants qui longent la route sinueuse du parcours. Ses muscles brûlent sous l'effort, la ligne d'arrivée n'est plus très loin. Zeus emplit ses poumons d'air et accélère la cadence. " Je SUIS cette nature, je suis fort comme elle, je SUIS énergie, pure énergie …" Zeus franchit la ligne d'arrivée. Victoire. Pour une fois le carbone n'est plus celui qui pollue, mais celui qui gagne. Victoire de la nature. Non pas contre l'homme, mais avec lui. Zeus sait qu'il en sera toujours ainsi.

www.lesnubians.com - www.nubiatik.com - www.myspace.com/lesnubians Esprit Métis | n°8 | été 2008 5

PETIT CONTE

Tout homme a deux mères : la nature et les circonstances. José Marti La nature fait les hommes semblables, la vie les rend différents. Confucius


Voix de femmes texte Véronique Magniant

métissage

Précédemment, Esprit Métis vous a conté le long voyage des personnages métis dans la littérature à travers le monde. Cette fois, écoutons les voix de ces héroïnes, de ces femmes métisses de peau ou de cœur… Si elles étaient parmi nous, voici sans aucun doute ce qu’elles nous diraient…

6 Esprit Métis | n°8 | Été 2009


J

e suis celle que les autres voient comme un animal. Comme la folle grognant et feulant dans le grenier. La femme indigne qui noie son malheur dans l’alcool et ne rêve que d’absoudre tous ses pêchers dans le feu. Dans Jane Eyre, le roman de Charlotte Brontë, je suis l’hideux secret de Rochester, cet homme que je suis censée appeler « mon époux », que j’exècre pourtant et qui me méprise plus que le plus vil des animaux. Il me cache, m’enferme sous les combles de sa demeure victorienne, mais rien ne saurait dissimuler ma haine et mon amertume. On me voit comme un chien, comme une hyène ? Qu’à cela ne tienne, j’emporterai en enfer ces murs hostiles et si lointains de ma Jamaïque, je les réduirai au néant dans les flammes de ma colère. Je m’appelle Bertha Rochester, de mon vrai nom Antoinette Mason, et je suis l’un des rares personnages créoles dans les romans anglais de l’époque précoloniale.

1861 – Jeanne Duval.

Les proches de Baudelaire me voient comme l’origine de sa perte, comme celle qui l’a ruiné, aussi bien financièrement que mentalement. Pourtant, lisez ses poèmes… Partout où ma peau, mes cheveux, mes parfums se glissent, son génie romantique est exacerbé, à son zénith. « Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses, Ô toi, tous mes plaisirs !1 », ainsi me parlait le poète… Dans Les Fleurs du Mal, vous trouverez des traces de mon corps, de ma chaleur, de ma démarche. Ma peau brune, mes manières trop sensuelles m’ont valu la jalousie, les médisances, mais les poèmes de Charles restent, et sont le plus beau des autels dressés à ma jeunesse et à ma volupté.

1966 – Antoinette Mason

Mon île la Jamaïque est déchirée par la rébellion des esclaves. Fille d’un riche planteur jamaïcain, je ne me sens ni jamaïcaine ni anglaise, malgré les efforts de tous pour que nous nous référions à l’Angleterre comme si c’était notre foyer. Je suis comme l’immense mer des Sargasses, un océan sans rivage, une femme sans appartenance culturelle réelle. Mon mari s’appelle Rochester, vous le connaissez bien, c’est lui qui jouait les héros romantiques dans Jane Eyre. Grâce à Jean Rhys et à son Wide Sargasso Sea, vous verrez combien le gentleman

a su se montrer méprisant, condescendant envers mon peuple basané, aux habitudes si chaleureuses, si vives et colorées, si vulgaires à ses yeux d’Anglais. Vous comprendrez, grâce au regard postcolonial de Rhys, toute la douleur qui a fait de moi une femme folle, grognant, feulant dans le grenier.

2008 – Callie Rose Mc Gregor

Dans le monde parallèle de Malorie Blackman, les noirs, les Primas, dirigent la société, font et défont les lois. Les blancs, les Nihils, sont opprimés et souffrent de la ségrégation. Longtemps j’ai cru être le fruit amer de la haine, né de la violence et du mépris entre ma mère Prima et mon père Nihil. Mais aujourd’hui je sais que moi, Callie Rose, je suis l’enfant de l’amour, malgré les déferlements d’incompréhension et de haine que leur union a déchaînés. Pourtant je ne trouve ma place nulle part. Les Nihils me rejettent, les Primas me méprisent, mais tous semblent me désirer comme un fruit interdit. La réponse serait-elle inscrite dans les yeux de Tobey, mon ami d’enfance ? Lui seul semble ne voir ni blanc ni noir en moi, ne voir que Callie Rose et toutes les couleurs qui nuancent mon âme…

2008 – Ethel Brun

Je suis l’une des héroïnes de JMG Le Clezio. Dans Ritournelle de la Faim, je lui ai valu le prix Nobel de la Littérature 2008. Ma famille est venue de l’Île Maurice. Quel bonheur pour moi que les repas familiaux où carries, ignames, grains et accents chantants des îles me parlent de cet ailleurs sous les tropiques, de ce chez moi que je ne connais pas. Mon métissage à moi ne se voit pas, pourtant mon âme s’émeut au souvenir de mon oncle monsieur Soliman, de Xénia mon amie d’enfance immigrée de Russie et des dîners servis chez mes parents, où l’antisémitisme, la haine ordinaire, comme un serpent se glissaient et laissaient leur venin pourrir nos esprits. Cette haine grandissante, qui semble avoir fait naître la deuxième grande guerre autour de nous… Pour Le Clézio, je suis « une jeune fille qui fut malgré elle une héroïne à vingt ans ». Mais peut-être dit-il cela car je suis sa mère… 1. « Le balcon » de Charles Baudelaire

Esprit Métis | n°8 | Été 2009 7

HISTOIRE DU MéTISSAGE

1847 - Bertha Rochester


ENTRETIEN AVEC propos recueillis par Patricia Grange-Boué photos Véronique Magniant

Isis g

Isis G est auteur et illustratrice du Mystérieux Voyage d’Êchidna, son premier roman, classé médiéval-fantastique, aux allures de conte initiatique. Dans son ouvrage, les mots aussi bien que les dessins et les couleurs bâtissent des mondes qui font rêver et prônent la tolérance.

ENTRETIEN AVEC

Esprit Métis : Comment et pourquoi as-tu décidé d’être écrivain ? Isis G : J’avais déjà écrit plusieurs textes avant de rédiger le Mystérieux Voyage d’Êchidna. Mais ce n’est qu’à la fin de ce dernier que j’ai réalisé que je pouvais publier. Peu de temps après, on m’a proposé un travail au nom aussi ingrat que sa fonction : celui de nègre. Beaucoup d’auteurs commencent comme ça. Aujourd’hui, je me considère enfin comme écrivain. EM : En quoi peut-on dire que ton roman traite du métissage ? Isis G : Êchidna, l’héroïne, part à la rencontre des peuples qui entourent son royaume. Elle découvre durant son périple qu’elle a un lien fraternel avec chacun d’eux. Un des plus importants messages que j’ai voulu transmettre est celui-ci : nous sommes tous liés dans notre humanité même si des différences physiques et culturelles nous distinguent. EM : Dans ton roman, tu as inventé plusieurs langues. T’es-tu pour cela inspirée de langues existantes ? Lesquelles ? Isis G : Oui, je me suis inspirée de langues existantes, à peu près une par peuple : le trio latin-grec-français est pour les Humains et les Elfes, l’allemand pour les Dramatats (Barbares), l’anglais pour les Cadkins (hommes-chat) et le japonais pour les Amazones du Ciel. EM : Pour la langue des Dramatats, tu as créé un alphabet et une grammaire. De quoi t’es-tu inspirée ? Isis G : Petite, j’avais un livre sur l’évolution des langues et de leurs signes ou alphabets. Ce sont les runes celtes et l’alphabet grec qui m’ont donné envie de créer le mien. Je m’imaginais l’utiliser avec mes amis, seulement j’étais seule, alors il est resté dans un tiroir jusqu’à ce que je le redécouvre durant la rédaction de mon premier roman. EM : Y aura-t-il une suite au Mystérieux Voyage d’Êchidna ? Isis G : Oui, c’est une trilogie. Le tome deux est en recherche de maison d’édition alors que j’écris en ce moment-même le troisième. Je planche également sur un quatrième roman qui se passera dans le même univers et je développe en plus deux autres univers. 8 Esprit Métis | n°8 | Été 2009

en savoir + Le Mystérieux Voyage d’Êchidna par Isis G, aux Editions Persée. Disponible sur www.fnac.com. Site d’Isis G : http://isis-g.over-blog.com Une présentation plus détaillée du roman et une interview plus longue de l’auteur : http://jardindemariposa. free.fr/blog/?p=62


A gente de Cabo Verde1 texte Patricia Grange-Boué photos ecretsdumonde.com

A Clarisse, ma grand-mère maternelle, capverdienne.

D

es activités volcaniques, dont le Pico de Fogo est le souvenir actif, ont créé l’archipel. Il est constitué de deux groupes d’îles : les îles de Barlovento (au vent) : Santo Antão, São Vicente, Santa Luzia (restée inhabitée), São Nicolau, Boa Vista et Sal ; les îles de Sotavento (sous le vent) : Santiago (avec la capitale Praia), Fogo, Brava et Maio. Inhabité à l’origine, le Cap-Vert s’est peuplé d’un riche métissage créant une identité unique. Ces îles ont été découvertes au XVème siècle par des marins portugais. Mais leur configuration laisse penser qu’elles ont pu être visitées avant par des pêcheurs Wolofs, Sérères ou Lébous du Sénégal. L’archipel tire d’ailleurs son nom de la presqu’île du Cap-Vert au Sénégal, région africaine la plus proche. Selon certains textes, des Arabes, Phéniciens et même un explorateur chinois ont débarqué au Cap-Vert avant les Portugais. Ce sont cependant ces derniers qui s’y sont établis et ont fondé la première ville européenne en zone tropicale, Ribeira Grande (aujourd’hui Cidade Velha). Avec sa position de carrefour entre Afrique, Europe et Amérique du Sud, l’archipel s’est vite enrichi grâce au commerce triangulaire et à l’importation d’esclaves du Sénégal, Guinée Bissau et Sierra Leone. L’isolement a favorisé le métissage entre maîtres portugais et esclaves africains. Ce mariage est le fondement de l’identité capverdienne. Il est symbolisé par la langue nationale, le kriolu2, parlé portugais enrichi de dialectes

africains, notamment du mandingue. Le catioupa3, plat national, lie les deux continents. Les Capverdiens sont aussi unis par la religion catholique, première du pays qui a vu s’ériger la première cathédrale africaine. Ses ruines se trouvent à Cidade Velha, ancienne capitale, sur l’île de Santiago. L’esclavage aboli, le Cap-Vert a connu un déclin économique aggravé par de multiples périodes de sécheresse et de famine. Les Capverdiens sont alors devenus une diaspora, avec 700 000 exilés contre 500 000 vivant dans l’archipel. Aujourd’hui, l’avenir de l’économie dépend essentiellement du tourisme. Stabilité, accueil, paysages préservés et variés en font une destination de choix. Ce que les Capverdiens ont de plus riche à offrir, c’est leur culture : musique métisse (funana, coladeira, batuque, kizomba et bien sûr morna avec Césaria Evora comme ambassadrice), peinture figurative multicolore des artistes de Mindelo, œuvres des poètes (Jorge Barbosa) et écrivains (Manuel Lopes), festivals de théâtre et cinéma.

Traduction 1. « Peuple du Cap-Vert » en portugais 2. « créole portugais » parlé par tous les Capverdiens, mais la langue officielle reste le portugais 3. Le catioupa : plat de haricots noirs et de maïs, agrémentés de porc, de légumes ou de poisson Esprit Métis | n°8 | Été 2009 9

peuple métis

Dieu créa le monde. Il lui resta une poignée de terre. Il la jeta sur l’Océan Atlantique et naquit le Cap-Vert.


BRAZIL MADE IN ENGLAND texte Amélia do Brasil Présidente de l’association BRASUDA – Brasileiros Unidos d’Aquitaine photo DR

L

’influence des Anglais au Brésil a trouvé son sommet entre les années 1835 et 1912. Entre autres innovations, sont arrivés le complet en lin blanc, le thé, la bière, le whisky, le steak frites, le scoutisme et, évidemment, le football.

Couleurs brésil

Sans compter les innombrables mots anglais incorporés à la langue locale, le portugais, car ils se sont introduits dans tous ses compartiments. Ainsi sont nés des verbes tels que chutar (tirer dans le ballon), driblar (dribler), boicotar (boycotter), esbofetear (donner des coups des poings). Cependant, au début du XXème siècle, la domination des Anglais dans le secteur économique a fini par provoquer une certaine antipathie de la part des Brésiliens. D’une certaine façon, ils les regardaient comme des « colonialistes ».

10 Esprit Métis | n°8 | Été 2009

Pourtant l’influence anglaise dans le processus brésilien d’industrialisation a été à l’origine des grandes réalisations que furent le premier câble sous-marin, les premiers chemins de fer, les premiers télégraphes, les premières illuminations à gaz et le bateau à vapeur. Nous leur devons aussi la modernisation des moulins de canne à sucre et le premier réseau d’égouts. Bref, presque tous les équipements publics brésiliens furent l’œuvre des Anglais. Le style de vie anglais n’a pas manqué d’influencer la conception des services publics, électricité, transports routiers et ferroviaires. Enfin, sur le plan financier, la ville de Rio par exemple, comptait trois banques anglaises de premier rang, London and Brazilian Bank, British Bank of South America et London and River Plate Bank.


L’Esprit métis a encore frappé !

texte Kellie Laure Dubois photo Manolito

Je n’arrive plus à dormir ! L’Esprit m’a encore frappée. Et je ne suis plus la seule dans ce cas. La raison de mon insomnie se résume en deux mots: Esprit Métis. Depuis le 4 juin 2006 l’idée d’un magazine qui fait le lien entre les cultures ne me sort plus de la tête. J’avais envie de répondre à ce manque dans la presse. Je voyais grand, mais jamais je n’ai vraiment réalisé la force de ce que j’ai mis en marche jusqu'à maintenant…

De Zidane à Obama

esprit métis

Les temps ont changé depuis 2006. Il n’est plus question de France « black, blanc, beur » dès que l’équipe nationale marque un but. Et on est loin de l’époque où l’on me disait « Mais si ! Le métissage est bien présent dans les médias, regarde Yannick Noah chante Je suis métis, pas besoin d’en faire tout un magazine ! ». Personne ne parlait tellement de sa double culture : ni des richesses qu’elle lui apportait ni du poids que cela pouvait donner. Aucun d’entre nous n’avait imaginé veiller jusqu'à des heures pas possibles pour voir les résultats des élections présidentielles des U.S.A. C’est en 2008 que le monde entier a réalisé que tout devenait possible. En une nuit, l’esprit métis a été à l’honneur dans tous les pays du monde. Le mot « diversité » est devenu à la mode et plus personne ne s’étonne de voir Harry Roselmack sur TF1. Même s’il y a encore des guerres, du racisme, de la discrimination et beaucoup d’ignorance.

Esprit es-tu là ?!

En tout cas on ne peut plus se plaindre qu’aucun magazine ne parle du métissage culturel ! Aujourd’hui, Esprit Métis a même de la concurrence. Pourtant ce magazine reste unique, dans son contenu, son concept. Mais ce qui le rend vraiment spécial, c’est son équipe sans laquelle il ne serait rien. Ce petit magazine à la base mi-Bordelais et mi-Toulousain a tiré plus de 20000 exemplaires. Il a parlé de plus de 50 pays différents et a changé la vie d’au moins 60 personnes qui ont travaillé avec fierté dessus. Cet esprit frappeur m’empêche encore de dormir ce soir. Pas pour les mêmes raisons qu’autrefois. Un métis* m’a dit « merci d’avoir créé Esprit Métis». L’esprit l’a touché, lui aussi. Aujourd’hui c’est à mon tour de dire merci à ceux qui continuent de faire vivre ce magazine, la plus belle chose que j’ai jamais faite. Rien que pour vous voir ensemble, je me dis que toutes mes nuits blanches passées à réfléchir sur un

moyen de faire le lien entre les cultures valaient le coup. Vous pouvez être fiers de ce que vous avez réalisé cette année. Le magazine et l’association grossissent et demandent encore plus de soin et de soutien. Esprit Métis évolue et il est entre de bonnes mains. *nom donné aux membres d’Esprit Métis

Esprit Métis | n°8 | Été 2009 11


ma force Les Noah, texte Grégory Subrevie

texte David Métellus illustration Cédric Jault

Lifting, botox, chirurgie esthétique. Tous ces termes sont devenus monnaie courante.

annick Noah aurait pu être homme politique ou moine mais il a préféré être champion de tennis et réussir dans la musique. De nos jours, le joueur de foi a laissé place à la personnalité préférée des Français. D’une générosité hors pair, tout ce qu’il touche vaut de l’or : la raquette, le micro, les femmes…

J

un esprit plus ouvert

e suis né avec une malformation au niveau des mains qui se traduit par l’absence de l’auriculaire et l’annulaire de chaque main. La société prônerait le recours direct à la chirurgie pour réparer cela. Cependant, dans mon cas, la chirurgie ne peut rien et occasionnerait une gêne plus grande. Ma situation est particulière puisqu’elle ne me dérange en rien dans la vie quotidienne mais relève avant tout d’un esthétisme différent de la norme. Comment appréhender alors cette malformation ? Dans mon cas, c’est très vite devenu une force pour avancer et me construire tout en développant une approche plus empathique envers les autres, une plus grande tolérance. Pourtant, je dois bien reconnaître que la découverte de sa malformation à l’école n’est pas des plus sympathiques. Comme le dit l’adage, les enfants sont parfois cruels et ils disent tout haut ce que les adultes pensent tout bas. Mais on n’en meurt pas, et ce ne sont après tout que des brimades que tout enfant connaît un jour. La seule gêne ne réside que dans le regard des autres et surtout le premier regard lié à la découverte de cette malformation. C’est celui-ci qui est redouté car c’est celui qui peut faire du mal, même s’il est réalisé inconsciemment. Il est évident que tout le monde est différent de par ses origines ou ses valeurs. Or, ce sont justement les différences et leur partage qui font naître des échanges intéressants pour tous ceux qui acceptent de s’y confronter. Au final, en quoi cela peut-il gêner ? En toute honnêteté, en rien. Il ne reste que quelques regards de temps à autre, toujours dérangeants, mais pour qui ? Que retenir ? À mon détriment, je demeure quelqu’un de parfaitement banal. Mais je suis certain que cette petite différence a été bénéfique à mon caractère et à mon développement personnel. Que recommander alors ? Certainement de multiplier le dialogue car c’est par l’ouverture aux autres que peut exister et se développer la lutte contre les idées reçues et les raccourcis dangereux.

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Y

Les femmes également parce que sur les traces de leur père, ses premiers enfants nés de son union avec Cecilia (Miss Suède 1978), incarnent eux aussi la réussite métissée. Yelena est mannequin chez Karin, l’agence qui a révélé sa mère. Cette jolie quarteronne couleur caramel rayonne de New-York à Paris au croisement de trois cultures. Joakim, lui, perce dans la mythique NBA et ce géant basketteur se qualifie de « Viking Africain ». Merci Yannick, merci aux Noah, votre nom rime avec joie.


métis célébre

, métis au firmament

Esprit Métis | n°8 | Été 2009 13


E M n O a t C i l L o WE to a cosmop

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*Bienve

tion Ju polite ! nquet illustra o m s o c e i ume-Un texte Fanny B un Roya

dossier

Buveurs de thé ? Inventeurs de la musique Punk ? Mangeurs de haggis ? Entre traditions et clichés, comment voyons-nous les habitants du Royaume-Uni, nation rassemblant quatre pays avec chacun ses cultures et traditions ? La culture anglo-saxonne rayonne à travers le monde depuis des siècles. Philosophie, théâtre, littérature et musique ont bâti au pays de Shakespeare un formidable patrimoine culturel. De Charles Darwin à Arthur Conan Doyle, en passant par Oscar Wilde, le Royaume-Uni garantit son statut de première puissance du XIXème siècle. Plus tard, la musique britannique envahit le reste du globe durant la démocratisation du rock’n’roll. C’est par sa musique qu’il fera vibrer des millions de personnes à travers le monde au rythme des « rock stars » des années 60 à 80. Entendez-vous les voix envoûtantes des Beatles chanter Let it be ?! Les pubs prennent une place importante dans la vie quotidienne des Britanniques. Avez-vous en tête l’image de l’Anglais buvant le plus possible jusqu’à la fermeture du bar ? Pas si évident… Le terme « pub » vient de l’expression « public house » qui désigne un endroit convivial où les gens viennent se détendre après le travail. C’est aussi une manière de se socialiser. Guinness au coin du feu, ambiance feutrée, c’est dans un environnement cosy* que les britanniques aiment se retrouver. Welcome aboard…* Cosy : confortable, amical. Welcome aboard : bienvenue à bord

texte Fanny Benquet L’Angleterre, le Pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande du Nord constituent le Royaume-Uni depuis 1922. Il a fallu plus de trois siècles à cette nation pour se construire une identité politique et culturelle. C’est en 1603, avec l’Union des Couronnes, que les royaumes d’Angleterre et d’Écosse entament un procédé de rapprochement. Ils partagent alors le même monarque mais demeurent tout de même indépendants. Les Actes d’Union de 1707 et 1801 confèrent à l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande un système politique commun. Le nom officiel de ces unions devient Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (après la guerre civile de 1922 qui sépare l’Irlande du Sud nationaliste du Nord rattaché au Royaume-Uni). Avec la colonisation, l’Empire britannique devient la plus grande puissance économique du XIXème siècle. Le commerce des matières premières telles que le sucre, le coton ou le riz, fait du Royaume-Uni une nation qui domine près d’un quart du globe. Amérique, Asie, Afrique, l’Empire est présent sur tous les continents. Mais la fierté de la couronne reste l’Inde, précieux joyau pendant plus de deux siècles. L’indépendance de l’Inde est proclamée en 1947 grâce à la non-violence et à la désobéissance civile de Gandhi. Les Indiens sont la deuxième communauté du Royaume-Uni, même s’ils ne représentent que 1,8% de la population. Dans tout le pays, on peut voir l’influence de la colonisation et du métissage. De nombreux restaurants indiens, pakistanais ou encore jamaïcains colorent le Royaume-Uni de mille saveurs rapportées des quatre coins du monde. 14 Esprit Métis | n°8 | été 2009


L’Union Jack, à la pointe de la mode ! Le célèbre drapeau est sans cesse repris pour représenter le côté fashion du Royaume-Uni. On le voit même sur le toit de la Mini Cooper, customisée à son effigie. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que la création de ce drapeau s’est faite en plusieurs étapes. Tout débute en 1603 sous le règne de Jacques I avec la combinaison de la croix rouge sur fond blanc de St-Georges (drapeau anglais) et de la croix blanche sur fond bleu de St-André d’Écosse. Il faudra attendre 1801 pour que l’Irlande soit annexée à la Grande-Bretagne et que la croix en diagonale de St-Patrick vienne s’ajouter aux deux précédentes. Après l’indépendance de l’Irlande, l’Etat et le drapeau changent de dénomination en 1927, seule l’Irlande du Nord reste annexée.

Esprit Métis | n°8 | été 2008 15

welcome to a cosmopolitan united kingdom

texte Julie Audemard


Les français au Royaume-Uni texte Fanny Benquet

dossier

L’envie de découvrir des cultures différentes se fait souvent sentir lorsque l’on est étudiant. À l’âge où l’on se construit et où l’on se forge une idée sur le monde, voyager est une manière d’élargir ses horizons et connaissances. Pascal est un français de 34 ans qui a étudié pendant un an dans la ville de Preston dans le nord de l’Angleterre. Il y a découvert une manière de vivre totalement différente des clichés auxquels il s’attendait. Le désir de voyager et surtout d’approfondir une langue qui est primordiale sur le marché du travail l’a conduit légitimement outre-manche. Mais ce ne sont pas les seules raisons… « J'ai demandé conseil à un ami qui avait fait une année Erasmus à Preston deux ans auparavant et il m'avait donc vivement conseillé d'y aller (bière et soirée étudiante à prix dérisoire). Il y a des choses dans la vie qui font vite pencher la balance ! » Pour un   French débarquant au Royaume-Uni sans bien parler l’anglais, Pascal a trouvé ce pays plutôt accueillant. Les Irlandais, Gallois et Ecossais sont plus chaleureux envers les Français que les Anglais. Historiquement, ces États et la France ont eu les mêmes rivalités avec les Anglais. Leur passé colonisé explique sans doute les tensions qui subsistent. Lorsque l’on est étudiant étranger et que l’on fait souvent la fête, l’argent vient vite à manquer : « J'ai été surpris de la facilité que j’ai eue à trouver un emploi en dehors des heures de cours, avoue Pascal. Sur le plan du travail, le Royaume-Uni est très ouvert. Le système anglo-saxon me correspond d’avantage que le système français qui est plus hiérarchisé ». Après un détour de quatre ans par le Canada, Pascal décide de rentrer en Europe avec son amie britannique et trouve un travail à Bristol en Angleterre où il vit actuellement. La communauté française s’installe majoritairement dans le quartier de Kensington au sud de Londres, ainsi que dans les principaux centres urbains du pays comme Birmingham, Leeds ou Oxford. Le Royaume-Uni est le deuxième pays à accueillir le plus de ressortissants français après les Etats-Unis  ; ils représentent 202 000 citoyens. De nombreuses célébrités françaises ont choisi de s’expatrier outre-Manche. C’est le cas de l’auteur Marc Lévy qui vit actuellement à Londres, du rugbyman Raphaël Ibañez ou de l’actrice Eva Green.

16 Esprit Métis | n°8 | été 2009


Les habitants du Royaume-Uni en France texte Fanny Benquet illustration Mikhael Martin

Depuis quelques années, le département de la Dordogne accueille de plus en plus de ressortissants du RoyaumeUni. Une tendance qui s’explique par les prix très élevés des habitations d’outre-manche. Ce phénomène s’étend maintenant aux départements environnants comme le Lot-et-Garonne et la Gironde.

Sur le plan culturel, la différence majeure est la place que prennent les pubs dans la vie quotidienne britannique. Il est fréquent de retrouver ses amis autour d’une bière après le travail, dans une ambiance conviviale et festive. Les habitants du Royaume-Uni sont attachés à ce moment de détente. De nombreux éléments de la culture anglo-saxonne sont exportés en France. On voit par exemple des magasins de lecture britannique, beaucoup de pubs, etc. Le contraire est moins vrai. Il existe moins de boulangeries ou de restaurants typiquement français (hormis les grandes chaînes) outre-Manche. Pour Louis, son pays natal voit le sport comme une religion. Même s’il est un adepte de compétitions sportives, il ne comprend pas comment le football ou le rugby peuvent prendre une place aussi importante dans la vie des supporters. La question que l’on peut se poser est de savoir s’il y a un réel sentiment d’appartenance à une culture commune au sein du Royaume-Uni ou bien si cet Etat est seulement un agrégat géopolitique de pays. Louis se sent intégré dans une culture unie. Il ne ressent pas de différence même si chaque Etat a ses propres traditions, comme par exemple les différentes langues qui y sont parlées. Quand on demande à ce britannique de 21 ans ce qu’il voudrait changer dans la vision que les Français ont des Anglais, il répond tout simplement : « Je ne veux pas que l’on me voit comme un british buvant du thé à longueur de journée ! ». Esprit Métis | n°8 | été 2008 17

welcome to a cosmopolitan united kingdom

Louis est un britannique qui vit en France depuis l’âge de trois ans. Élevé entre deux cultures, il se moque des clichés qui persistent entre ses deux pays de cœur. À son arrivée, il ne parlait pas un mot de français : « Je suis resté muet à l’école pendant un an. Mais une fois que j’ai su m’approprier la langue, je n’ai pas eu de grande difficulté à retenir les règles d’orthographe et de grammaire. Cela ne m’a apporté que des avantages puisque j’étais plus attentif que les autres élèves et maintenant je ne peux pas supporter de voir une faute de français ! » Entre Anglais et Français, c’est une grande histoire d’amour. À chacun ses préjugés : escargots et bérets français contre pudding ou haggis britanniques, chaque culture rit de ses différences. Louis n’a pas ressenti de jugements négatifs. Ce sont simplement des plaisanteries. Les deux cultures aiment se charrier et se le rendent bien !


The film from the play from the book* texte Fanny Benquet photos DR

dossier

* The film from the play from the book = le film d’après la pièce d’après le livre, ce qui signifie que le cinéma britannique est féru d’adaptations.

Le cinéma britannique a donné de très grands noms au cinéma mondial. Pourtant il ne joue pas un rôle central dans la culture, dominée essentiellement par le théâtre et la littérature. Son histoire est celle d’une série de crises ponctuées de brillantes réussites commerciales et artistiques. C’est grâce au succès des Chaussons Rouges et d’Hamlet de L. Olivier, premier film non américain à avoir remporté l’oscar du meilleur film, que le cinéma britannique eut un véritable retentissement sur la scène internationale dans l’après-guerre. Par la suite, le Royaume-Uni attira des cinéastes d’outre-Manche, de la Pologne (R. Polanski) à l’Italie (M. Antonioni) en passant par la France (F. Truffaut) et bien entendu les Etats-Unis. S. Kubrick apporta une forte influence au sein de l’industrie cinématographique britannique. En s’installant en Angleterre pour y réaliser son film majeur 2001, Odyssée de l’espace, il engagea une équipe d’effets spéciaux du pays, ce qui fit avancer de manière significative ce domaine. Depuis 20 ans, le cinéma de Bollywood est également attiré par les paysages qu’offre le Royaume-Uni, symbole de richesse. Les sixties marquent le succès grandissant des comédies populaires (Monty pythons, M. Caine) de plus en plus appréciées des spectateurs. Ce genre qui a relancé la production dans les années 1990 grâce au triomphe de Quatre Mariages et un enterrement, porté par Hugh Grant. Les acteurs et actrices britanniques ont toujours occupé une place importante dans le cinéma international de Kate Winslet à Jude Law, en passant par Ewan Mc Gregor. Il a fallu attendre la période des eighties pour que les cultures minoritaires soient mises en avant. Jusqu’ici, elles étaient sous-représentées. L’arrivée de la chaîne Channel 4, qui déclara dans son préambule faire la part belle à une société multiculturelle, a permis de changer la donne. Grâce aux aides financières de la chaîne, certains films purent rencontrer le succès auprès du public, à l’image de My Beautiful Laundrette, de S. Frears, qui aborde des questions sur l’appartenance ethnique et l’homosexualité, ou Gandhi, chef d’œuvre de R. Attenborough. Cela dit, les expériences des Britanniques d’origine étrangère ont rarement été traitées de façon directe… Avant de vous amuser devant un Monthy Pythons ou de vous émouvoir devant un Ken Loach, courez dans les salles savourer Good Morning England, excellent film du genre. 18 Esprit Métis | n°8 | été 2009


Métisse d’Eté texte Céline Bonnet illustration Laure Moulet

Gabrielle : Je vis en France à Albi mais je connais bien l’Ecosse où j’ai passé tous mes étés. Je préfère la nourriture écossaise, comme le haggis, plat traditionnel à base de panse de brebis farcie, les fish’n’chips, le petit-déjeuner avec bacon, œuf, pudding… J’apprécie aussi davantage leur école. Comme nous n’avons pas les mêmes périodes de vacances, j’ai pu y aller durant l’été et découvrir le système scolaire. Esprit Métis  : Y a-t-il pour toi de grandes différences culturelles entre les pays du RoyaumeUni ? G  : Je n’aime pas que l’on confonde l’Ecosse et l’Angleterre. C’est comme comparer la France et un autre pays d’Europe. D’abord, il y a des différences dans la langue, parce que l’écossais est dérivé du gaélique, que je comprends un peu grâce à mes grands-parents. EM : Et entre le Royaume-Uni et la France ? G : Les pays du Royaume-Uni ont gardé leur monnaie parce qu’ils ont un sentiment de supériorité vis-à-vis des Français aux niveaux économique, politique, éducatif. La France a pourtant un meilleur système social. En revanche, je préfère le système éducatif écossais, dont le port de l’uniforme. Cela m’évitait d’être critiquée sur le fait que je ne portais pas de marques. Les cours sont plus lents mais mieux intégrés, et les matières et les activités plus variées.

EM : En famille, ressens-tu des différences culturelles ? G  : Les deux langues sont parlées  ! On utilise les mots qui décrivent le mieux nos idées. Certains mots français sont plus raffinés et l’anglais, plus direct. Par exemple, je préfèrerais qu’un garçon m’écrive un poème en français, c’est plus suggestif et subtil (rires). EM : Qu’est-ce que ces connaissances t’ont apporté ? G  : Que des avantages : éducatifs, professionnels (je suis bilingue)… Je n’ai aucun inconvénient à être métisse. Au contraire, j’aimerais l’être plus ! Ceux qui ont différentes origines bénéficient de plus de références culturelles  : elles enrichissent, rendent plus ouvert d’esprit… De plus, j’ai beaucoup déménagé et je pense que même si on a une seule nationalité, le voyage forge l’esprit. EM : As-tu vécu une période de quête identitaire ? G  : Non parce que je sais qui je suis. Finalement, je ne me considère pas comme métisse car les Européens sont mélangés depuis des siècles et se ressemblent. Nous sommes unifiés par les échanges et la transmission, mais nous sommes tous uniques. Nous pouvons donc nous «  métisser  » avec notre voisin.

Esprit Métis | n°8 | été 2008 19

welcome to a cosmopolitan united kingdom

Née en France d’une mère écossaise, venue rejoindre son père dans le Tarn, Gabrielle a la double nationalité écossaise et française. Que pense-t-elle de ses origines ?


Le royaume des opposés texte Amanda Guilherme illustration Alexis Fernandez

dossier

La mode au Royaume uni… La première question qui nous vient à l’esprit à ce sujet est : comment des tendances si différentes peuvent-elles cohabiter dans un aussi petit territoire ?

20 Esprit Métis | n°8 | été 2009


Tradition Une des premières excentricités est le kilt. Alors, simple « jupe  » portée par les hommes ? Non, le kilt est avant tout un vêtement originaire des hautes terres d’Ecosse (Highlands), mais pas seulement ! Aussi présent chez les Irlandais, au Pays de Galles et en Cornouaille, le kilt est le symbole des nations celtes ancestrales. Ce qui rassemble les différents kilts est le motif tartan et des règles bien précises pour le porter. Il doit être coupé d’une certaine façon et être accompagné de nombreux accessoires : cette rigueur n’a rien d’étonnant quand on sait que le kilt fait partie du costume national écossais. Une particularité qui peut être considérée comme un comble et qui surprend, est que le kilt est fréquemment porté par les femmes jouant de la cornemuse. Porté pour les grandes occasions comme on porterait un smoking dans d’autre pays, c’est une tenue habituelle. Tendance Du côté des fashionistas, des marques comme Stella McCartney ou encore Paul Smith jouissent d’une reconnaissance mondiale et représentent alors l’élégance et la distinction anglaise. Elisabeth II et le Prince Charles ont accordé la reconnaissance royale à une des marques qui a la particularité d’être l’une des plus contrefaites dans le monde, Burberry. Ce sont des icônes comme l’actrice Keira Knightley qui dégagent l’élégance naturelle très british. Cependant, les mannequins Kate Moss et la nouvelle star des podiums Agyness Deyn, se distinguent toutes deux du monde stéréotypé de la mode. L’une par son fort caractère et autres déboires, l’autre par sa beauté atypique que l’on ne peut qu’admirer. Kate Moss a, à elle seule, le pouvoir de lancer les

tendances sur la planète Mode. En 2008, aux British Fashion Awards qui récompensent les pointures de la mode ayant un impact mondial, Agyness Deyn est nominée alors qu’elle était déjà lauréate en 2007. Son style pourrait être qualifié de punk-rock, et décline aussi une nouvelle aspiration pour l’allure trash et l’excentricité anglaise. Le style est inspiré des années 70 et du mouvement punk. Ce dernier est apparu en quelque sorte comme une réfutation du mouvement hippie. Des groupes anglais comme les Sex Pistols représentent le mieux ce mouvement. Les vêtements sont très courts ou à l’inverse très longs et troués. Couleurs flashy, imprimés léopard, voire écossais et cuir, sont de rigueur, c'est-à-dire en totale opposition avec le rapport à la nature et les couleurs douces prônés par le mouvement hippie. Les accessoires sont aussi largement sollicités. Par exemple, les badges de toutes les couleurs souvent à l’effigie d’un groupe, les ceintures cloutées ou encore les chaînes sont très prisés. En général, les tee-shirts sont porteurs de messages. Mais une spécificité que l’on ne peut négliger est, bien entendu, le piercing qui a été popularisé au cours des années 80, en particulier à la narine. Quant à la coiffure, l’extravagance absolue est représentée par la crête iroquoise. C’est elle qui amènera sur le marché les cosmétiques extra fixant. Le kilt est lui aussi porté mais cette fois sur un jean. Tous ces symboles sont avant tout mis en avant pour leur caractère provocant et extravagant.

sources Citizen K Vogue

welcome to a cosmopolitan united kingdom

Face au kitsch se trouve le luxe, et contre le trashrock, l’élégance du dandy. Alors que se cache-t-il sous ces looks ? Comment le Royaume-Uni peutil se permettre tant d’excentricité et où puise-t-il ce décalage par rapport au reste du monde ?

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Comment royaume-uniser son intérieur IDéE DECO texte Vany

idÉe deco/ made in japan

illustration Kellie Laure Dubois

Vous aimez l'Angleterre, vous aimez son côté vieux bar cosy et vous avez envie de vous retrouver plongé dans cette ambiance en passant la porte de votre chez vous ? Voici quelques conseils déco pour tordre le cou aux clichés tout en jouant avec eux...

M ade in Japan

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texte Alix Yelstroope

22 Esprit Métis | n°8 | Été 2009

Plantons le décor avec une ambiance vieux pub et barconcert : des posters et des pochettes de vinyles - de groupes de rock ou de jazz selon les goûts - accrochés au mur, dans un joli pêle-mêle musical. Pour les esprits créatifs, quelques coups de gros pinceau blancs, rouges et bleus amèneront une touche d'originalité. Des coussins et des plaids dans les mêmes tons posés sur le lit, le canapé, à même le sol... De quoi rendre cosy n'importe quelle pièce. L'Angleterre, c'est aussi le thé. Une étagère où s'empilent boîtes à thé et théières - ou les verres à bière, chacun sa version - avec pourquoi pas quelques intrus : du thé à la menthe pour le Maroc, au jasmin pour le Japon. N'avez-vous jamais remarqué à quel point Londres était cosmopolite ? Enfin la British touch qui viendra parfaire cette déco, le célèbre profil de la reine Élisabeth II, trônant au centre d'un mur. Car quel Anglais n'aime pas sa reine ? Sauf que vous vous ne l'aimez pas, vous l'adulez. La preuve en est ce portrait monochrome noir au milieu d'un mur rouge (en sticker ou à la main, crayon pour le contour et peinture noire pour les plus patients). Pour les plus courageux, pousser le vice jusqu'à faire le fameux profil tout en livres sterling, effet garanti. Have fun !


Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley texte Sidi Anrafate Individu mortel, personnification de l’intelligence dans toute sa splendeur, l’homme est créé et pourtant il s’avère affamé de création et porte toujours ce désir de défier la nature et ses conditions : j’accuse Victor Frankenstein. Après avoir découvert des moyens de donner la vie, le voilà qui crée une créature abracadabrante, affreuse et aberrante. L’effroi et les remords s’emparent de lui et il abandonne la créature qui, par ses propres moyens, apprend à survivre. Ce dernier éprouve une haine ardente et suit le chemin de la vengeance contre son maître. Mary Shelley nous plonge dans un univers fantastique d’où personne ne ressort sans leçon.

j’accuse

Victor

Frankenstein !

¡ Bailando con los Mariachis ! 1 Lorsqu’on a respiré la poussière du Mexique, on en revient imprégné de la musique des Mariachis ! Ce mot désigne à la fois une formation musicale et le style de musique de cette dernière.

L

orsqu’on a respiré la poussière du Mexique, on en revient imprégné de la musique des Mariachis ! Ce mot désigne à la fois une formation musicale et le style de musique de cette dernière. Le mot mariachi viendrait d’une langue indigène et désignerait le bois dont on faisait les planches sur lesquelles on dansait pour accompagner la musique locale. l’été qui se prolonge et le monde qui paraît meilleur. Les Mariachis sont nés dans la ville de Cocula, Etat de Jalisco au nord du Mexique. Mais on peut désormais les croiser dans les rues de tout le pays et ils se sont même exportés, via les immigrants, notamment en Colombie. Au départ, il s’agissait d’orchestres qui accompagnaient les troupes théâtrales. Puis ils sont devenus colporteurs de nouvelles. Aujourad’hui, ils sont les ambassadeurs de la musique traditionnelle mexicaine et leur musique est surtout faite pour danser  ! Ils animent les fêtes, les soirées au restaurant ou encore les ballades en trajineras2 dans le quartier de Xochimilco3 à Mexico. En échange de quelques centaines de pesos, ils interprètent la chanson de votre choix. Le son jaliscience4, celui

des origines, est le plus joué. Et parmi les morceaux, « La Negra  »5 et «  Mexico Lindo  »5 résonnent souvent dans les rues mexicaines, tandis que « Las mañanitas »5 est de tous les anniversaires. On ne peut pas parler des Mariachis sans évoquer leur magnifique costume appelé charro, orné de bontonaduras (boutons du costume) et de mancueñas (boutons du pantalon) étincelants  ! Chaque formation a son propre charro. Sachez aussi que si la plupart des formations sont masculines, certains Mariachis sont des femmes. ¡ Y anda la música !6 Traduction 1. En dansant avec les Mariachis ! 2. Longue embarcation très colorée 3. Quartier du sud de Mexico, constitué de canaux et de jardins flottants 4. Musique de Jalisco 5. La Negra : La Noire ; Mexico Lindo : Joli Mexique ; Las Mañanitas : Les petits matins (chantée en guise de « joyeux anniversaire ») 6. Et en avant la musique !

Esprit Métis | n°8 | Été 2009 23

Littérature / Musique

texte Patricia Grange-Boué


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Impossible d’aller au Royaume Uni et ne pas goûter aux fameux Fish’n’chips, de délicieux beignets de filets de poisson servis avec des frites. Une institution ! A déguster directement dans le cornet de papier journal, en se baladant le long de la Tamise… Pour faire honneur à cette tradition britannique, une recette « allégée »…ce qui donne une bonne excuse pour prendre un peu de sauce !

cuisine métisse

Ingrédients pour les frites : - 60g de farine - 60g de Maïzena - 1 càs de levure - ½ càs de curcuma - 60ml d’eau bien froide - 60 ml de bière brune - 4 beaux filets de colin, coupés en deux dans la longueur

Ingrédients pour les frites : - 8 pommes de terre - 2 càs* d’huile d’olive - 2 càs d’herbes de Provence - 2 càs d’épices à couscous - Sel - Poivre

Pour les frites : - Peler les pommes de terre, les couper en bâtonnets. Les faire tremper dans de l’eau froide : cela élimine l’amidon qu’elles contiennent et les rend bien croustillantes. - Dans une marmite d’eau bouillante, faire cuire les pommes de terre 10mn. - Les égoutter, les sécher avec un torchon propre. - Les étaler sur une grande plaque allant au four, arroser de l’huile d’olive, des épices, de sel et de poivre. - Faire cuire une dizaine de minutes sous le grill du four. Pour le poisson : - Rincer les filets, puis les sécher avec le torchon. - Dans un saladier, mélanger la farine, la levure et le curcuma. - Ajouter petit à petit l’eau puis la bière, en mélangeant bien. - Saler et poivrer la préparation. - Faire chauffer l’huile d’arachide dans une grande sauteuse. - Plonger les filets de poissons dans la pâte au curcuma, puis les disposer délicatement dans l’huile bien chaude. - Laisser frire de 5 à 7mn, en retournant les filets pour qu’ils soient bien dorés des deux côtés. - Bien égoutter sur des feuilles de sopalin. Le poisson est croustillant à l’extérieur, moelleux à l’intérieur. A servir avec des frites et une sauce tartare, mais pourquoi ne pas métisser avec une sauce rouille, habituelle compagne de la bouillabaisse marseillaise ? Gorgeous*… Enjoy your meal* ! Traduction * càs = cuillère à soupe *gorgeous : extrêmement bon *enjoy your meal: bon appétit

24 Esprit Métis | n°8 | Été 2009


SuÈDE

Cap vers le grand Nord ! texte Jérémy Castan photo A. Lecus

P

ourtant il s’agit de mon coup de cœur. Un pays mystérieux passant d’un extrême à l’autre. Un hiver froid et sombre où le soleil se couche au maximum à 16h30 et un été doux où la nuit n’apparaît que vers 23h. Pays phare de la Scandinavie, la Suède nous a souvent côtoyé au quotidien : sur notre table IKEA en trempant dans notre café un Krisprolls emmitouflé de beurre et de confiture. La génération des années 70/80 se souvient forcément du légendaire groupe ABBA. Un film est d’ailleurs sorti en 2008, Mamma Mia  ! Il se peut également que vous connaissiez Europe et son tube international sorti en 1986 : The Final Countdown.

au monde. Il a une des plus grosses croissances d’Europe malgré la crise, en partie parce qu’il est peu peuplé (10 millions d’habitants).

La fascination pour la nature et les aurores boréales ont également contribué à mon coup de cœur. 60% du pays offre un décor naturel où le spectacle de lumières proposé est exceptionnel et où les maisons typiques suédoises, colorées de rouge et de jaune ont l’air de vouloir faire partie du paysage.

Bref, passer l’hiver sur les lacs gelés au milieu des bois, aller se réchauffer au sauna avant de prendre un traditionnel bain dans l’eau gelée du lac me plait. Passer l’été à parcourir les quatre coins de la Suède et de la Scandinavie me fait saliver. Terre aux paysages bien différents suivant la région où l’on se trouve, j’espère vous avoir donné envie de découvrir à votre tour mon coup de cœur.

Le modèle social suédois est également intéressant. Il y a 100 ans, le pays sombrait et les Suédois quittaient l’Europe et la misère pour s’installer aux Etats-Unis. Mais un siècle après, le pays possède un des indices de développement humain les plus élevés

La littérature est au menu des petites douceurs du pays phare de la Scandinavie. Astrid Lindgren ne vous dit peut-être rien mais elle a créé la petite fille rousse aux couettes excentriques, Fifi Brindacier (Pippi Långstrump). Henning Mankell est également à lire pour tous les fans de romans policiers. Et que dire de Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, best-seller de Stieg Larsson, premier tome de la trilogie Millénium, dont un très bon film suédois retrace l’histoire.

Esprit Métis | n°8 | Été 2009 25

coup de coeur

Lorsque l’on me demande où j’aimerais vivre plus tard, ma réponse attise la curiosité ou fait même parfois rire. Il est vrai que l’on rêve généralement d’endroits où le soleil et la plage sont au rendez-vous. Imaginez donc quand je leur réponds… La Suède !


26 Esprit Métis | n°8 | été 2009


Esprit Métis | n°8 | été 2008 27


BORDEAUX douce évasion

Le K Baroque

1,Quai Chartrons - 05 56 52 31 20 Un restaurant qui vaut le détour car non seulement un décor théâtral vous émerveillera mais de plus un spectacle de jeux de lumières illuminera votre soirée. Un repas raffiné pour le grand plaisir des papilles et des yeux ! Au menu, le bal des sirènes ou pour les plus voraces le bal des vampires…

L'Atelier des Chefs

25, rue Judaïque - 05 56 00 72 70 Un atelier où on cuisine un plat dans la bonne humeur, guidé par un chef. Puis on le savoure, avec en prime dessert, café et mignardise offerts ! C'est 17 euros tout compris ! C’est aussi une boutique où acheter de quoi reproduire ses exploits à la maison ! www.atelierdeschefs.com

Le Bocal de Tatie Josée 33, rue Saint Rémi - 05 56 81 06 83 Avec des légumes de saison et des produits bio, Tatie Josée concocte des menus équilibrés et délicieux, à consommer sur place, à emporter ou à se faire livrer. Inscrivez-vous sur Internet et recevez chaque jour le nouveau menu à moins de 11 euros. www.lebocaldetatiejosee.com

28 Esprit Métis | n°8 | Été 2009

Culture britannique

à BORDEAUX Auteur Mélanie Aumond

La belle endormie s’est bel et bien réveillée. Depuis quelques années, le réaménagement de la ville, les prouesses technologiques du tramway et son classement au patrimoine mondial de l’Unesco lui valent une croissance démographie de plus de 6%. Pas étonnant que la communauté étrangère, et particulièrement britannique, vienne s’implanter dans la capitale girondine. Pas de quartier typique, mais des rendez-vous quasi quotidiens dans les pubs de la ville comme le Connemara, le Frog & Rosbeef, le Cock and Bull ou encore the Houses of Parliament.


Arms

27 Rue Rode (Place du Marché des Chartrons) Tram C Arrêt Paul Doumer Tél. : 05 56 51 19 22 www.cambridge-pub.com

Si vous souhaitez découvrir l’atmosphère typique d’un pub anglais ainsi que la cuisine authentique d’outre-Manche, sans pour autant traverser le tunnel, alors le Cambridge Arms est fait pour vous. Du 20 juin au 19 septembre, tous les lundi et mardi soirs, vous pourrez y goûter un Menu Esprit Métis totalement English à 14 € !

Esprit Métis | n°8 | Été 2009 29

bons plans

Le Cambridge


Poème pour tam-tam

texte Patricia Grange-Boué illustration Benjamin Lagarde

Il n’y a pas de blanc (doum) Il n’y a pas de noir (doum doum) Il n’y a pas de mal (doum) Il n’y a pas de bien (doum doum) Nous sommes tous des êtres métis À fleur de sang et à cœur d’âme (doum doum doum doum doum doum)

poème

Il n’y a pas de droite (doum) Il n’y a pas de gauche (doum doum) Pas de Dieu (doum) Pas de Diable (doum doum) Ni Vérité (doum) Ni Mensonge (doum doum) Il n’y a que les sens Il n’y a que l’essence (doum doum doum doum doum doum) Une seule chose au monde qui compte : Entendre un cœur qui bat (do doum do doum do doum) Car si le rythme lunaire est féminin Le rythme binaire n’est pas humain (doum doum doum doum doum doum)

30 Esprit Métis | n°8 | été 2009


What’s the meaning ? texte Sidi Anrafate

H

i guys ! How are you ? Dites, cela vous est-il arrivé qu’un professeur d’anglais vous attribue un petit nom English en classe au lieu de vous appeler par votre propre prénom ? Eh bien, il y en a qui le font. Les prénoms britanniques cachent bien des choses que l’on ignore. Ce sont majoritairement des noms chrétiens, souvent liés à Dieu. Ouvrons le registre d’appel et silence dans la salle s’il vous plaît.

prénoms

Agatha : le bon Alfred : « l’ami des elfes », ces petits esprits féeriques présents dans les légendes celtes Beverley : (Beaver Stream), la rivière des castors Boris : guerrier Brian : le haut, le noble, le fort Chloe : fleurissant Edgar : ed, la richesse, et gari, la lance ; Edgar évoque la fortune qui récompense ceux qui se battent Elizabeth : le serment de Dieu Emily : ambitieuse Fannie : libre Faith : la foi, le dévouement Geoffroy/Godfrey : la paix de Dieu Hilary : gai, joyeux Howard : le gardien de l’enclos Joshua : Dieu est mon salut Justin : le juste Logan : la petite caverne Margaret : la perle Nathaniel/Nathan : don de Dieu Nelson : «  le fils de Neal » et donc le fils du héros, du champion Sarah : véritable princesse Stanley : la clairière caillouteuse Thomas : issu de l’araméen, toma, « le jumeau » Ulrich/Ulric : wulfric, le tout puissant Victoria : victorieuse Winifred : ami de la paix Zoe : la vie, l’existence eN SAVOIR + http://www.world-english.org/baby_names.htm

Esprit Métis | n°8 | Été 2009 31


Soirée spéciale

ESPRIT METIS le Samedi 25 Juillet à la Casa Latina Cocktails, musiques métisses … Venez rencontrer les membres de l’association

« Le lien entre les cultures on le fait ! »

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Esprit Métis #8 / Welcome to a cosmopolitan United Kingdom  

Cet été, le magazine Esprit Métis vous embarque outre-manche dans son dossier Welcome to a cosmopolitan United Kingdom, direction le Royaume...

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