Esprit Métis #13 / Entre temps, en Corée du Sud

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n°13 / Hiver 2013 / Esprit Métis

#13


Le Club Bordeaux-Cameroun-France organise les 1ères Journées Bordelaises au Cameroun du

13 au 17 mars 2013. 5 jours à la rencontre du Cameroun, cette "Afrique en miniature"...

Au programme: 2 grands moments pour partager entre Bordelais et Camerounais la marque de l'Excellence bordelaise : la dégustation des Grands Crus de Bordeaux. le lancement de la 3ème édition du Programme de parrainage des Jeunes Entrepreneurs Camerounais : les lauréats séjourneront à Bordeaux, comme en 2011 et en 2012, en novembre 2013 pour des séances de formation à KEDGE (ex-BEM) et des contacts professionnels, avec le concours de: Groupe Castel Frères, Air France, Victoria Garden Appart'Hôtel, Bordeaux Saveurs, Objectif Aquitaine... la rencontre avec les "Ancien(ne)s et Ami(e)s de Bordeaux: garder le lien avec tous ceux et toutes celles qui ont fait leurs études, séjourné ou manifesté leur amour pour Bordeaux. la découverte de la diversité culturelle de cette "Afrique en miniature" à travers le voyage à l'Ouest du Cameroun, notamment dans le Royaume Bamoun à Foumban.

On vous emmène au

Cameroun Ce ne sont pas des histoires, vraiment, vraiment, croyez nous, il fera sa sortie en grande pompe à l’occasion d’un événement symbolique. Pays aux mille contes et légendes… De l’ombre à la lumière, Esprit métis prendra le temps de vous conter l’histoire de ce pays fantastique. Pays à découvrir sans plus attendre ! 2

Esprit métis #13


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CouVERTURE Design : Marie Plumot Localisation : Bordeaux Site : mcplumot.tumblr.com

Esprit Métis | 7 rue des trois chandeliers 33000 Bordeaux | Tél : 06 10 54 97 06 | contact@espritmetis.com | www.espritmetis. com | http://espritmetis.wordpress.com | Rédaction : redaction@ espritmetis.com | Publicité : publicite@espritmetis.com | Radio : radio@espritmetis.com . Le magazine Esprit Métis est un trimestriel gratuit édité par l’association loi 1901 Esprit Métis et tiré à 2000 exemplaires. | Publication du numéro 12 le 24/08/12 | Dépôt légal à parution | ISSN : 1960 - 2332 Directrice de publication : Achta Clanet | Rédactrice en chef : Anais Lassalle St Jean | Rédacteur invité : Emeline Joffre | Secrétaire de rédaction : Isabelle Marcuzzo | Correctrices : Marion Roset, Isabelle Marcuzzo & Marie-Christine Galy-Aché | Directrice artistique - Créatrice et fondatrice d’Esprit Métis : Kellie Dubois | Couverture: Marie Cécile Plumot | Mise en page : Marion Eyquem Bille en Tête | Bravo à notre équipe d'Inseecois Kevin,Gaétan, Cécilia et Rémi à qui on doit l'impression de ce numéro ! Bravo pour votre sérieux, professionalisme, motivation... 20/20 ! | Un gros bisou pour bébéLévi | Félicitations aux futures mariées Emeline, Elodie et Faniry. La team métis 2013 : Achta Clanet, Alexis Fernandez, Amine Mehidi, Anais Lassalle St Jean, Anthony Rojo, Badara Sarr, Benjamin Lagard, Cécilia Doury, Cédric Jault, Céline Bonnet Laquitaine, Charlotte Charrier, Claire Tupiac, Dara Tuami, Elodie Ancenay, Emeline Joffre, Emilie Jaquet, Gaétan Ruffault, Grégory Provenzano, Habib Hamada, Hélène Morin, Isabelle Marcuzzo, JulieBrault, Karen Toris, Kellie Dubois, Kevin Penhouet, Laure Moullé, Lola Goulard, Maéva Roy, Manon Adoue, Marianick Merly, Marie Cécile Plumot, Marie-Christine Galy-Aché, Marion Eyquem, Marion Roset, Martin Debray, Milo et Lévi, Noémie Harriet, Noufal Bensaoud, Océane Fate, Patricia GrangeBoué, Quam Kuakuvi, Rémi Lachaume, Sabrina Richer, Sébastien Gouriou, Sébastien Lamigou Gratiaa, Siti Said Ali, Sophie Rivière, Sylvain Lacombe, Thomas Dubourg, Véronique Magniant, Warda Mohamed, Yasmina Gamiette, | Impression : Atelier Graphique Saint-Jean, 10rue Flottes,81000 ALBI

d’énergie, de ons un cocktail Nous vous serv tures. en lera, nostalgie et d’av ra, vous bouscu ne on ét us vo La diversité ns voix. vous laissera sa du pays à tré à l’image est Coloré et illus ud - ce numéro S du ée or C la l’honneur rs soignés, rtrait aux contou le reflet d’un po d’un esprit eurs : d’un élange de coul ouvert, d’un m esuré. le rythme métissage dém futur. Comme le rs ud tout va Retour ve S op, en Corée du effréné de la K-p e renaît de ses cendres terr très vite. Cette vagante. pétillant son identité extra d’envie d'affirmer ppali", nous voyagerons li, A la cadence "ppa temps sur le sol de le ns aussi da clette à la Scandinavie. cherons une bicy Puis nous enfour épublique-Tchèque: une R enirs. rencontre de la e pleine de souv al in ig or traversée ofondeur des traces en pr Le passé laisse éritage. ou en surface. us protégeons l’h Fiers, parfois, no e les souvenirs qui vivr us leur Nous faisons ou à l’inverse no temps t en ur nous rass s de Les marques tournons le dos. toujours d’une manière nt fondent passés surgisse parce qu'elles tre au e ou d’un et de l’identité. des réalités Au plus près ns un l'actualité. tre dimension, da Plongez dans au iel plein d’espoir. -c tourbillon arc-en

Saint Jean Anaïs Lassalle

www.espritmetis.com Esprit métis #13 3


nom de la rubrique

un jour j'irai

*fĂŠlicitations !


Brèves

buzz du net

« Attention cheval de Troie » ! L'artiste Babis Panagiotidis a réalisé une sculpture en résine à base de touches de clavier d'ordinateur ! Une représentation physique de ce fameux virus, élevé au rang d’œuvre d'art ! Cette métaphore numérique venue du passé est un hommage à l'histoire d'Ulysse et l'infiltration de la ville de Troie ! Geek et historique... c'est possible ! ■

■ Anthony Rojo ► www.graphicnothing.com/

Made in Japan

Oshougatsu : fêtes de fin et de nouvelle année Au Japon le passage vers la nouvelle année est très occupé ! On se réunit entre collègues pour entretenir de bonnes relations, souvent au karaoké. A Noël, on mange du poulet frit de KFC ou dans un restaurant chic avec des amis ou en couple. A partir du 31 décembre à minuit on visite des temples shinto et bouddhistes pour formuler des vœux. Les premiers jours de janvier se déroulent dans la maison familiale, où on consomme des sushis, des potau-feu ou de la nourriture luxueuse aux nombreux symboles. ■ ■ Celine Bonnet ► www.tseline.blogspot.jp/2011/01/oshougatsu-toutes-les-festivites-du.html

Zoom sur

Ils se sont bougés

MADE’INLe HAVRE

Le Centre Paul Bert

Médine défend le « vivre ensemble ». Acteur majeur du rap underground, muni de textes saisissants et de concepts originaux. Il combat les discriminations comme l’islamophobie. Des bacs aux librairies, co-auteur de « Don't Panik » avec Pascal Boniface, - dialogue entre le rappeur et le politologue - voici une plume qui s’affirme ! Invitation à la découverte ! ■

Centre social et culturel en plein cœur de Bordeaux, lieu unique de rencontres et de partages. Espace plaisir et détente pour tous les goûts : hammams, massages prodigu és, bar-brasserie, cybercafé, sorties théâtrales à mini prix, expo artistiques, découverte du potager et du bon miel des ruches. Ça n’arrête pas ! Allez donc voir ! ■

■ Amine MEHIDI ►www.medine.tv

■ Marion Larat ► 2 Rue Paul Bert  33000 Bordeaux 05 56 79 20 44 Esprit métis #13 5


coups de coeurs

MUSIQUE

MACADAM MACADAM Cocktail effervescent en mars au Pin Galant !Ça pétille, mieux ça crépite, encore mieux ça claque !Un spectacle grand en talents, haut en couleurs, poli avec soin. Un tableau chéri, pourléché par une sélection d’artistes fantastiques, caressé par un mix musical, un patchwork de rythmes et de « move », entre danse, roller, bike et acrobatie… La célèbre chorégraphe Blanca Li propose un cocktail explosif, une belle alliance entre l’univers urbain et l’œuvre contemporaine ! L’émergence d’un style nouveau, un hommage au hip hop, 70 mn de plaisir intense, une pure création métisse. ■ ■ Une sélection d’Anaïs Lsj ►http://www.blancali.fr/fr/event/5/macadam-macadam ►http://www.lepingalant.com/

littérature exotique

La Mécanique du Cœur Mathias Malzieu

L’univers de Mathias Malzieu est un rêve d’enfant. Plein de tic-tacs, de pantins, de trains fantômes et de petites danseuses de flamenco qui oscillent telles de gracieuses ballerines de boîte à musique. Mais un rêve d’enfant qui grandit, qui découvre le tourment des premiers baisers, la douleur intolérable du manque de l’autre, du souffle court, du ventre vide qui gémit sa solitude et sa jalousie. Dans ce monde, force et fragilité ne font qu’un, victime et bourreau se confondent. Une superbe allégorie, à mettre entre les mains des plus jeunes comme des autres, tous ceux en mal de la délicieuse violence de l’amour. ■ ►Une sélection de Véronique Magniant

Le chant de mon père Keum Suk Gendry-Kim, Editions Sarbacane, 2012

Paris. Seochang-dong. Séoul. 2010. Les années 70 et 80. Dessin du va et vient spatio-temporel. Présent. Passé. Présent. Autobiographie. Petite histoire et grande Histoire. Promenades. Souvenirs. Tracé sobre et délicat. Encre de Chine. Estampes de mémoire. Conversations avec la mère traversées par le chant Pansori du père. Roman graphique profondément touchant. Porte vers une Corée du Sud polymorphe. Trait noir et blanc vibrant des couleurs du pays intime de l’auteure. ■ ►Une sélection de Patricia Grange-Boué

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Esprit métis #12


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Mots d'enfants

e, ue à tabl iq r Af l' r u ébat s çais, En plein ndAfrique, on parle frann? » «E t no c l'accen mais ave

Les

Coups

de

COEUR Marion de

Almanya

réalisé par Yasemin Samdereli Cenk, dix ans, ne sait pas dans quelle équipe de foot jouer. Turque ou allemande ? Pour répondre à ses interrogations, son grand-père va le plonger dans une grande saga familiale, de l’Anatolie des années 60 à l’Allemagne actuelle. Si vous aimez Fatih Akin, vous aimerez ce film.

Revolucion

réalisé par Yasemin Samdereli Avant « 7 jours à la Havane », il y avait Revolucion. Dix artistes mexicains pour dix courts célébrant les cent ans de la révolution mexicaine menée par Zapatta. Et autant d’interrogations sur ce qu’il reste de cet événement aujourd’hui, entre espoir et désillusion. ■


Gay « Gay Sa« Gay « «Savoir Savoir» Le Le

a la vie dure

« «

Clichés mis à mal

Le 7 novembre 2012, le gouvernement adopte le projet de loi sur le mariage homosexuel. Selon un sondage Ifop-Le Monde, seulement 52% des français soutiennent l’adoption par les couples unisexe. L’occasion de passer en revue les clichés qui perdurent sur l’homosexualité.

L

’homosexuel est un jeune éphèbe efféminé, fait communément acquis dans nos sociétés

contemporaines, parce qu’il passe plus de temps à prendre soin de lui, et qu’il dépense son temps en séances shopping et chez le coiffeur (sauf quand il l’est lui-même bien sûr). Son univers sexuel est constitué de cuir et de latex, de menottes et de chaînes de fer, et sa libido est encore plus vertigineuse que les chutes du Niagara (cf.-recueil Hombres- poésie érotique de Verlaine). Par conséquent, les pratiques sexuelles de la communauté homosexuelle sont malsaines et associées aux MST. Quant à la question d’élever un enfant, la doxa* juge traumatisante l’expérience vécue par l’enfant en question, lui qui n’aurait pas de repère dans un couple unisexe. Qu’on le prouve alors !

«Le comble de l'optimisme, c'est un couple d'homosexuels qui achète un landau.» José Artur Puisqu’il ne s’inscrit pas dans les mœurs, la société française peine à accepter le schéma de l’homoparentalité. Sans confondre droit à l’enfant et droits des enfants, les enfants des couples hétérosexuels sont-ils vraiment équilibrés ? Selon le neuropsychiatre Boris Cyrulnik : « 40 % des enfants pensent à la mort tant ils sont anxieux et malheureux ». Les faits ne permettent pas de prouver que le sexe des parents importe sur l’épanouissement de l’enfant. Par contre plusieurs études réalisées aux Etats-Unis et en Suède ont montré que les enfants élevés par des homosexuels n’étaient ni plus ni moins névrosés que les autres. Or en France, aucune étude ne démontre un risque pour l’enfant. Ce n’est pas parce que les parents sont homos que l’enfant le sera. La preuve ? ● Des parents du même sexe d’Eric Dubreuil Les hétéros ont des enfants homos. Alors, Ed. Odile Jacob, 1998 les mœurs françaises sont-elles prêtes à l’admettre ? ■

Poursuivre en lecture :

*Ensemble de préjugés populaires

► Manon adoue

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● Trois essais sur la théorie sexuelle de Freud Ed. Gallimard, 1989

● Hommes Femmes la construction de la différence de Françoise Héritier, Ed. Le collège de la Cité


Mon ? Quisuis-je?

un esprit plus ouvert

l’avocate brésilienne de mes parents, me demandant si je désirais des informations sur ma mère biologique. Une proposition que j’ai réfutée sur le moment, ne réalisant pas encore que le besoin de savoir qui j’étais vraiment allait petit à petit se développer.

Qui suis-je ? Moi c’est Sylmara, une jeune femme de 24 ans, jeune chef d’entreprise. J’ai été adoptée à l’âge de 3 mois au Brésil, à Fortaleza. Mes parents adoptifs, n’arrivant pas à avoir d’enfant, sont venus me chercher en janvier 1989. Peu après, ma mère m’apprend qu’elle est enceinte de mon petit frère né 7 mois plus tard, en août 1989. Mes parents ne m’ont jamais caché mon adoption. Je l’ai su vers 5 ans. Je l’ai fortement assumée dès mon plus jeune âge et j’ai toujours défendu ma place dans ma famille. Lorsqu’en primaire mes camarades me disaient que mon frère était mon demifrère ou qu’il n’était pas mon vrai frère, je répondais : « Non, c’est MON FRERE,

tout simplement ! ».

Une enfance heureuse, une bonne éducation, de bons parents. De tempérament plutôt calme, je ne manifesterai aucune « crise d’adolescence ». Pourtant c’est une période souvent charnière chez les enfants adoptés.

Quelle identité

Il m’a fallu plus de temps pour commencer à me poser ces fameuses questions existentielles. A 16 ans je suis retournée avec ma famille au Brésil, sur les traces de mon lieu d’adoption y découvrir mes racines. Voyage qui a donné lieu à une rencontre avec

Je remarquais de plus en plus les ressemblances entre mes parents et mon frère. Ressemblances que j’ai toujours encore du mal à identifier. L’identité physique ce qu’il y a de plus dur à surmonter. À qui je ressemble ? Je suis Brésilienne, oui… avec des yeux à moitié bridés, une peau métisse et des cheveux bouclés… Je ne suis pas avancée avec ces informations. Le Brésil c’est le cœur du métissage. Difficile de s’y retrouver parmi tous ces mélanges.

« Tu es Marocaine ? Tu es Réunionnaise ? Ah non en fait tu fais plus Thaïlandaise. » : confusion totale. La question identitaire devient forte... car on ne sait plus qui l’on est vraiment. Je ne peux ni m’identifier à mes parents, car je ne leur ressemble pas, ni à mes parents biologiques car je ne les connais pas. Ne pouvant m’identifier entièrement ni aux uns, ni aux autres, il ne me reste plus que le choix de définir ma propre identité.

C’est une des raisons pour lesquelles machinalement une partie de mon cercle d’amis s’est constituée de personnes de diverses origines. Une manière pour moi de rentrer dans un moule et de me dire que, parmi ces amis, je n’étais pas si différente. J’avais plus ou moins la même couleur de peau. Finalement, je leur ressemblais !

Aujourd’hui je suis fière, je suis moi, Sylmara, une jeune femme de 24 ans qui revendique ses origines. Je n’oublie pas d’où je viens et je garde au fond de moi l’espoir de pouvoir rencontrer un jour la femme qui m’a donné la vie, car c’est l’unique façon d’achever ma construction identitaire. ■ ► Témoignage de Sylmara ► Portrait de Sylmara, réaliser par Claire Tupiac

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nompeuple de la rubrique métis

En Scandinavie, pas besoin de machine à voyager dans le temps ! À l’heure où certains l’appellent le peuple Lapon, lui préfère sans contestation son nom d’origine.

S

ami, ça vous ira? " Sami–ra très bien ! " Bien noté ! Nous l’appellerons, le peuple Sami.

Brève plaisanterie. Camouflez vous, accrochez vos ceintures, cap sur le Nord ! Ici, le voyage dans le temps n’est pas de la science-fiction Situé au-delà du cercle polaire arctique, au nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande mais aussi sur la presqu’île de Kola en Russie, ce peuple autochtone, à 10 Esprit métis #13

l’origine peuple nomade, regroupe près de 80 000 Sami. Son nom d’origine, Sami, signifie dans sa propre langue l’ensemble du territoire et Sapmi ses terres ancestrales. Unique peuple indigène, de l’Union Européenne, qui parle des langues sames d'origine finno-ougrienne*. *les langues finno-ougriennes s’étendent de la mer Baltique au nord de la Scandinavie jusqu'à l’Oural et au Don.

Les Nations Unies ont reconnu aux Sami le statut de peuple autochtone, ce qui lui confère le droit de préserver et de développer son artisanat, sa langue, son


nompeuple de la rubrique métis

éducation, ses pratiques d’élevage de rennes : d’affirmer son identité. Le Sameting, l’Assemblée Sami, s’est vue remettre par le gouvernement suédois, d’importants moyens financiers pour préserver ces traditions. Des communes, devenues des centres administratifs, ont été constituées dans le but de promouvoir cette culture notamment par l’enseignement de l’histoire Sami dans les établissements publics.

Au plus près de Dame Nature

Traditionnellement les Sami sont pêcheurs, chasseurs ou éleveurs de rennes. Les « marcheurs de rennes » de Scandinavie migrent et vivent à la cadence de leurs troupeaux, habités par une mission : préserver leur héritage pastoral. Ces familles tracent de longues routes sur leurs terres et sur les pas de leurs ancêtres. Appelé aussi le « peuple des huit saisons », les marcheurs vivent au rythme des phases de l’élevage qui ont chacune leur saison…Tic tac tic tac…– mise bas (trop mignon !), marquage (ça chauffe le derrière !), comptage (la barbe !), castration (aïe !) et abattage (sniff !)- ... Après l’abattage automnal les belles têtes de rennes sont expédiées en Europe ou au Japon. En juin, après un voyage dans la toundra montagneuse du nord de la Norvège, les Sami regardent patiemment « les aiguilles de leur montre » à l’abri dans les lavvu (tipis d’ici) jusqu’à ce que le troupeau revienne. Avant de partir en sinécure estivale dans les fjords, les éleveurs passent des nuits entières à marquer les jeunes rennes. En été, ils traversent le nord scandinave et russe, quittant les lieux de pâturages pour des zones plus froides.

moderne, ont échangé le traîneau par la motoneige, se nourrissent de mets revisités, ont des professions modernes mais n’oublient pas leur passé. Les jeunes Sami n’hésitent pas à endosser le costume traditionnel, autrefois tenue de travail, le Kolt de soie aux couleurs vives et éclatantes pour les Sami du Nord et couvert de perles pour ceux du Sud. Jamais sans leur Duodji – artisanat à forte valeur symbolique, porteur d’identité - les jeunes Sami murmurent un chant Joïk en cuisinant avec une pincée d’innovation un carpaccio de renne pour l’occasion !

Sur un air de Joïk pop rock !

Le Joïk, chant traditionnel, a longtemps été interdit par les autorités, considéré comme « le chant du diable ». C’est un air qui s’échappe tel un souffle affirmé, spontané et naturel ; une inspiration suivie d’une expiration vivace. Transmis de génération en génération, remixé au goût du jour sur la scène internationale par Marie Boine Persen, le Joïk, chant durable, révèle l’âme de celui qui l’expire. Une identité marquée par des coutumes respectées qui sait évoluer aux côtés de nouveaux modes de vie adoptés par certains…vers plus d’autonomie. ■ ► Anaïs Lassalle St Jean ► IIIustration Louau

a voir :● Un peuple arctique aux racines

ancestrales http://www.sweden.se/ Alice Brouard ● « Scandinavie: le peuple Sami, les âmes nature » http://www.lemonde.fr/ www.visitfinland.com/

Métissage des Temps : l’ère moderne sur un air ancien Ils ne vivent plus dans des kota mais dans des logements au confort

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nom desociété la rubrique

L ’Afrique est mon continent-berceau, elle est aussi celui de l’Humanité. Je voudrais tellement qu’elle ne devienne pas celui de l’inhumain…

E

n Occident, les homosexuels lèvent leurs étendards arc-en-ciel pour revendiquer leur identité, le droit au mariage, à l’adoption, à la PMA.

En Afrique, beaucoup d’homosexuels se cachent pour ne pas mourir. Ou se donnent la mort. Les situations sont à nuancer suivant les pays mais l’Afrique reste le continent le plus répressif à l’égard de l’homosexualité. 38 pays sur 53 la condamnent par des peines allant d’une amende et quelques années de détention à la perpétuité et la peine capitale comme en Mauritanie, au Soudan ou dans les états du nord du Nigeria. En Ouganda, un journal est allé jusqu’à publier une liste de 100 personnalités homosexuelles en exhortant ses lecteurs à les pendre !

Même dans les pays plus « libéraux », il reste beaucoup à faire. 12 Esprit métis #13

En Côte d’Ivoire, l’homosexualité n’est pas illégale et l’association Alternative Côte d’Ivoire lutte contre l’homophobie mais les mentalités sont encore rétives. La nation arc-en-ciel, seul pays africain reconnaissant le droit au mariage des homosexuels et accueillant des gay pride (à Johannesburg depuis 1990 et au Cap depuis 2001) pourrait faire figure d’exemple. La ville du Cap tente même de jouer la carte du tourisme gay. Mais dans les townships, la réalité est différente. Les membres de Choosen Few, équipe de foot féminine « 100% black 100% lesbienne » qui a participé aux Gay Games de Cologne en 2010, en témoignent : certaines sont tout juste tolérées mais la plupart sont bannies. Beaucoup ont été brutalisées, ont subi des viols « correctifs ». Il y a eu des cas d’assassinat comme celui d’Eudy Simelane.

Un élément, repris par de nombreux leaders politiques et religieux, est souvent avancé dans les débats africains


nom desociété la rubrique

condamnant l’homosexualité : celleci serait « inafricaine » et aurait été importée par les Occidentaux telle une maladie de Blanc. Ah ? Faisons donc un voyage dans le temps. Des pratiques homosexuelles existaient dans les sociétés traditionnelles africaines bien avant l’arrivée des explorateurs et des missionnaires. Ceci est notamment attesté par le fait que de nombreuses langues africaines disposent de tout un éventail de termes très précis décrivant ces pratiques de façon beaucoup plus complète que les quelques termes occidentaux. En kirundi par exemple, langue du Burundi, il existe cinq termes pour désigner l’homosexualité : kuswerana nk’imbwa, kwitomba, kunonoka, kuranana inyuma et ku’nyo. Ces pratiques étaient parfois simplement des jeux érotiques liés à une période de la vie (entre jeunes garçons chez les Biafa au Cameroun ; chez les Gangella d’Angola, un jeune homme pouvait vivre avec un garçon plus jeune – son katumua jusqu’à son mariage). Elles constituaient parfois des rites initiatiques (chez les Béti du Cameroun, les Siwan de Libye, les Bantou du Gabon, les Chagga du Kilimandjaro). Elles pouvaient avoir lieu en absence d’hommes/de femmes : chez les Mossi du Burkina-Faso ou les Ashanti de Côte d’Ivoire. Au Dahomey actuel Bénin, un garçon pouvait vivre avec un autre qui était sa « femme » et cette relation était désignée par le terme de gaglo. Il y avait des pratiques lesbiennes entre coépouses chez les Nkundó de la R.D.C. ou les Haousa du Nigeria. Mais il y avait aussi des cas de pratiques homosexuelles définies par l’inversion des genres et/ou le travestisme : chez les Nuer d’Ethiopie, les Yoruba du Nigeria, les Fon du Bénin ou les Zulu on a recensé des cas de mariage entre une femme veuve ou âgée et une jeune femme. La femme âgée, mari-femme, choisissait un compagnon à la jeune femme afin d’avoir une descendance. Mais il y a aussi les Sipolio chez les Massai du Kenya ou les GorDjiguene chez les Wolof du Sénégal qui étaient des hommes qui se maquillaient, s’habillaient comme des femmes et avaient des relations sexuelles avec des hommes. Ainsi, ces diverses

pratiques ne s’inscrivaient donc pas toujours dans le cadre d’une réelle orientation ou identité sexuelle, mais elles existaient bel et bien sur le continent. Ce qui n’est pas africain au départ, ce sont le christianisme et les législations qui ont été importés par les missionnaires et les colons et que la plupart des pays africains ont conservés après les indépendances. En effet, les anciennes puissances coloniales interdisaient et condamnaient l’homosexualité car elles étaient fortement imprégnées de morale judéochrétienne. Les religions du Livre rejettent en général l’homosexualité jugée contre nature du fait qu’elle ne permet pas une reproduction. Mais la formation d’un couple, la relation sexuelle entre deux personnes est-elle basée sur la volonté de se reproduire ou sur l’amour/le désir que ces deux personnes ressentent l’une pour l’autre ? Nous Africains, autrefois considérés comme n’ayant pas d’âme, réduits en esclavage, colonisés, brisés par l’apartheid à cause de la couleur de notre peau, comment pouvons-nous martyriser à notre tour à cause d’une orientation sexuelle ? ■

Notre continent a besoin d’amour et celuici a-t-il un sexe ? Comme dans les gay pride du Cap, brandissons ensemble ce slogan : « La haine n’est pas africaine » ! ► Patricia Grange-Boué ► IIIustration Sylvain Combe ● SOUCES - « Afrique du Sud, des homosexuelles libérées par le foot » Juliette Demey, Le Monde Magazine, juin 2010 - « Ces femmes qui aiment les femmes et le foot » Vincent Hugueux et Sébastien Hervieu, L’Express du 14 juin 2010 - « Choosen Few, l’équipe de foot « 100% black et 100% lesbienne »Magali Reinert , Têtue, mars 2010 - « Le Cap veut sa place au soleil sur la carte du tourisme gay » Article 20minutes du 8 février 2012 - « L’Afrique et ses minorités (II) : les homosexuels en Afrique »Joel Té Léssia publié sur Terangaweb en mai 2011 - « L’homosexualité en Afrique : sens et variations d’hier à nos jours » Charles Gueboguo (universitaire et sociologue camerounais). Socio-logos, Revue de l’association française de sociologie, mis en ligne en octobre 2008 ● pour aller plus loin « La question homosexuelle en Afrique : le cas du Cameroun » Charles Gueboguo, L’Harmattan, octobre 2006 Esprit métis #13 13


E S I U Q EX

O Z I K EXQUISE BA KIZOMBA

croisement nom de la rubrique artistique

KIZOMBA

A B M O KIZ

Au croisement des cultures, des influences musicales et des aires géographiques africaines, antillaises et européennes : la kizomba (« fête » en Kimbundu, une langue angolaise)

EXQUISE

► Patrick Toffa alias Puto Chinez et Christelle

C

omme une preuve supplémentaire que du métissage culturel peut naître une formidable richesse, ce style de musique et de danse à la croisée des chemins s’impose de plus en plus en Europe. Son histoire commence dans les années 1980, avec le passage du célèbre groupe antillais Kassav en Angola. Il n’en fallut pas plus pour que la fusion s’opère : voilà que le semba, un des genres musicaux traditionnels angolais, se

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mélange aux influences du zouk. La kizomba est née. Et elle se déclinera de manières multiples avec des sonorités, des rythmiques et des gestuelles diverses ; on parlera alors de kizomba, mais aussi de semba, cabo love, tarrachinha, ghetto zouk… Autant de sousgenres regroupés sous le nom de kizomba et qui se sont développés dans l’ensemble des pays d’Afrique lusophones (Guinée Bissau, Cap-vert, Mozambique, Sao Tomé, Congo Brazzaville, etc.).

Ces dernières années, la kizomba a conquis de nombreux adeptes des danses afro-latines en Europe. D’abord au Portugal, puis elle s’est répandue. Aujourd’hui, les professeurs, écoles de danses, et soirées de Kizomba fleurissent en France. Bordeaux n’échappe pas au phénomène pour le plus grand plaisir des « kizomberos » bordelais. La France s’est même illustrée en 2011 au concours international de kizomba et semba « Africa dançar » avec Patrick Toffa alias Puto Chinez et Christelle : champions Africa dançar en France et vice-champions à l’international. Pour Puto Chinez, la Kizomba c’est « une expression corporelle qui, à travers sensualité et connexion permet une évasion musicale et culturelle, une façon de voyager au travers de la culture angolaise ». Alors, n’hésitez pas : embarquez sur « Air Kizomba » voyagez ! ■ ► Karen TORIS


OM-

A

Le temps et moi ! Ah, tu veux savoir ce que je pense de lui, n'est-ce pas ? Je l'ai trouvé long et las quand je faisais mes petits pas : Ne bouge pas ceci, ne mange pas cela, ne touche à rien ! Je me souviens toujours de mon enfance auprès des miens Aujourd'hui, je le trouve changé, il est vilain, moi je le hais ! Chaque minute qui passe, il nous rend malléables, Tous les jours encore, il nous rend insupportables Car mortels que nous sommes, nous vieillissons De jour en jour, l'heure approche et nous partons Quand lui perdure et reste immortel ! Oh, je le hais ! A force de contempler les horloges que je rencontre, Je sens ma tête qui tourne quand je vais à l'encontre De ce que marquent ces aiguilles automatiquement Dans leur cellule déroutante si identique, étrangement, C'est toujours la même chose partout ! Oh je le hais ! Où est ma force, ma liberté de sautiller, de gambader ? Le temps vole mon enthousiasme, je me sens ridée Comme s'il y avait un nœud dans mon pauvre cerveau Qui m'empêche de respirer ! Alors, je te dis bravo ! Tu crois avoir le temps toi ? Oh non, moi je le hais ! Frère, la Vie c'est dès maintenant que tu dois la vivre C'est le meilleur devoir à faire, même en étant ivre Tu obtiens une bonne note lorsque tu en es Maître, Ainsi ma haine contre le temps m'a fait renaître !

►Poème: Océanne Fate ►Illustration : Sophie Iivière

poème

Je vois la Vie en mille et une couleur, un arc en ciel Que je fixe du regard loin d'être une vision partielle Elle est mon soleil, mon paradis et j'en prends soin ! Alors Monsieur Temps, perdure, je ne te hais point !


16 Dossier


Dossier

Entre temps, en Coree du Sud… Annyeong haseyo !

Bienvenue en Corée du Sud Ici, on vit pali-pali.

O

n se hâte d’effacer les cicatrices d’une guerre venue d’ailleurs, absurde stigmate de l’invasion japonaise et de la Seconde Guerre mondiale. Hier, la Corée n’était qu’une. Aujourd’hui, elle est duelle. Ultra capitaliste au Sud, ultra communiste au Nord. Il y a entre ces frères bien plus que le 38ème parallèle... Conséquence ? Malgré une incroyable modernité, une course à la recherche effrénée, une déferlante culturelle pop qui explose ses frontières, le poids d’hier reste lourd à porter. Là-bas ; mais aussi pour tous les Sud-Coréens qui, enfants de la guerre et de ses déchirements, ont été adoptés à travers le monde. Comment, alors, imaginer demain ?

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pays à l'honneur

Fracture Temporelle Si l’on en croit la légende, le premier royaume coréen serait issu de l’union entre Hwanung, fils du Ciel, et d’une ourse tansformée en femme… C’était en 2333 avant J.C. Mais lorsqu’on évoque la Corée du Sud, c’est une autre histoire qu’on aborde. Une histoire née le 15 août 1948. Hier, pour ainsi dire.

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etour en arrière. En 1905, s’achève la guerre russo-japonaise. A la table des négociations, le Japon s’approprie la Corée. C’est le début d’une occupation particulièrement violente, visant l’annihilation de la culture coréenne. Les choses empirent avec la Seconde Guerre mondiale : les hommes sont envoyés au Japon et exploités dans les usines d’armement ; les c oréennes servent de « femmes de réconfort » aux soldats japonais. La résistance est farouche, mais les soulèvements populaires se heurtent à la répression. En 1945, les Japonais capitulent. Ils quittent la Corée, désormais divisée par les Alliés au niveau du 38ème parallèle. L’URSS en occupe le Nord, les Etats-Unis le Sud. Dans ce climat de Guerre froide, les deux grandes puissances commencent à mettre en place des gouvernements distincts. Nous voilà revenus en 1948, création de la République de Corée, au Sud, puis de la République Populaire Démocratique de Corée, au Nord. En 1950, les forces nord-coréennes franchissent la ligne de démarcation. C’est la guerre, à nouveau. Une guerre fratricide, qui fait près de 2 millions de victimes. En 1953, retour au statu quo ante bellum. Nord communiste. Sud capitaliste. 38ème parallèle. Achevant de séparer (jusqu’à quand ?) un pays et ses familles, la guerre de Corée a laissé des traces fortes. Et d’autres auxquelles on pense peut-être un peu moins. Comme l’adoption internationale de 200 000 petits Coréens, par exemple… Aujourd’hui, les deux Corées s’éloignent et se rapprochent, de tensions en mains timidement tendues. Et demain ? Peut-être reparlerons-nous de la Corée, simplement. Comme avant. Comme bien souvent sur les clichés d’un album, chacun joue son rôle et les sourires de circonstance ne reflètent pas l’entière réalité du moment. Il convient alors de gratter le vernis pour découvrir des portraits bien différents. ■

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pays à l'honneur

Lexique

Capital : Séoul Langue : Corèenne

Taegeukgi Dans le drapeau sudcoréen, ou taegeukgi, c’est l’univers tout entier qui est représenté. Les forces infinies du cosmos. Rien de moins.

Annyeong haseyo!! Bonjour ! Pali pali !! Vite Vite ! Kpop: Musique pop sud-coréenne Drama: Séries télévisées astiatiques

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n haut, la chaleur du yang, rouge, positive et lumineuse, symbole du soleil, du ciel, du jour et de l’été. En bas, la froide passivité du yin (eum, en coréen), bleue, symbole de la lune, de la terre, de la nuit et de l’hiver. Ces forces cosmiques s’entremêlent en un cercle parfait, une sphère de l’infini. Equilibre et harmonie. Le fond a la couleur de la paix, de la pureté. Et ces trigrammes noirs, proches des symboles du yi-king chinois ? Les 4 éléments : métal, terre, feu et eau. Un éclat de Chine dans ce drapeau ? Certainement. Mais aujourd’hui, il est avant tout l’emblème de l’indépendance de la nation sud-coréenne. ■

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pays à l'honneur

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Née ici, ni d'ailleurs La Corée du Sud est une grande puissance mondiale. Pourtant, des enfants sud-coréens continuent chaque année d’être adoptés à travers le monde. Les raisons, on les trouve au sortir de la guerre de Corée. Quand le pays est dévasté.

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uand le pays est dévasté. Le gouvernement encourage alors l’adoption internationale des orphelins sud-coréens. Entre 1953 et 2004, ce sont 200 000 enfants qui sont disséminés àtravers le monde. 11 000 en France, le pays européen ayant accueilli le plus de petits Coréens.

Oui, mais aujourd’hui ?

Aujourd’hui, c’est le regard de l’autre qui conduit à l’abandon. La culture, la pression sociale, l’argent sont autant de conflits intérieurs qui poussent les mères célibataires à abandonner leur enfant, fortement incitées par les agences d’adoption. Mais pourquoi ces enfants sont-ils déracinés ? Parce qu’en Corée, le sang est – traditionnellement – le lien, la force, le ciment de la structure familiale. L’Etat a pris conscience des conséquences ambigües que pouvait avoir cette adoption internationale massive. Financièrement, administrativement, il a facilité le processus d'adoption pour les familles sud-coréennes. Parallèlement, les conditions d’adoption internationales ont été soumises à des règles de plus en plus strictes. En 2015, plus aucun enfant coréen ne devrait être adopté à l’étranger… Aujourd’hui, à l’instar de l’auteur de bande-dessinée Jung (cf. encart), les adoptés coréens témoignent. Ils parlent d’insultes racistes. Du mépris de l’autre. Et puis du mépris qu’ils éprouvent, eux aussi, parfois, pour les autres adoptés asiatiques, et pour leur pays d’origine. L’impression de faire partie d’un autre monde. De ne pas appartenir au groupe. L’envie – pourtant – de se fondre dans la masse, d’être invisible. La douleur du vide, de ne pas se sentir complet. La sensation d’avoir été « jeté », exclu de son pays. La peur de ne jamais être à la hauteur. De ne pas pouvoir aimer assez.Il y a cette vie parallèle qu’ils auraient pu avoir. Mais il y a aussi cette vie ici. Celle qui est réelle. Celle dans laquelle ils évoluent. Même si, parfois, le suicide s’accroche aux branches de ces êtres aux racines fragiles. Tragédies trop communes. Mais ils parlent également du soutien qu’ils peuvent s’apporter, lorsqu’ils évoquent ce qu’eux seuls comprennent. Le pire, mais aussi le meilleur. Grâce à l’association Racines Coréennes, par exemple, qui, depuis 17 ans, réunit « les jeunes partageant le même destin peu ordinaire d’être nés en Corée et d’avoir été adoptés en France ». Un premier pas. Dans l’attente, peut-être, que des liens plus forts se tissent entre ces deux pays, très différents, qui se connaissent peu, mais qui, quelque part, ont des enfants en commun… Le site de Jung : http://www.enquetedesoi.com Racines Coréennes : http://www.racinescoreennes.org

L’énigme sud-coréenne !

En France, la Corée du Sud reste un point d’interrogation. Mais pour ceux qui osent faire preuve d’un peu de curiosité, elle devient rapidement un point d’exclamation ! Ils découvrent une culture forte, généreuse, vibrante, chaleureuse, énergique. Raphaël, Lydiane et Elouan sont de ceux qui ont osé. Aujourd’hui, ils font tous les trois partie d’un groupe de samulnori, un ensemble de percussions traditionnelles, initié au sein de l’école coréenne de Bordeaux. Raphaël a d’abord découvert le cinéma sud-coréen il y a une dizaine d’années. Grâce aux génériques de film, c’est bientôt l’alphabet coréen – hangeul – qui l’intrigue. Avant qu’une amie, 20 Dossier


le hasard, et sa grande passion pour les langues ne le conduisent à étudier le coréen… Lydiane, elle, a rencontré la Corée du Sud au lycée, grâce à un organisme d’échanges linguistiques. Elle fait la connaissance épistolaire d’une jeune Sud-Coréenne de son âge. « C’est le parfum de l’ailleurs, de l’inconnu, du lointain, du mignon, de l’étrange, du bizarre, du super. »Pour Elouan aussi, c’est le coup de coeur. Avec une fiancée amoureuse de la Corée, et à la passion communicative, ce n’est pas difficile ! Il rencontre des étudiants coréens, découvre peu à peu la kpop, le cinéma, les drama, les émissions coréennes… La langue, ensuite, et puis la musique, enfin. Le samulnori. Ses vibrations sonores. Son énergie folle. L’énergie coréenne. Celle d’un peuple parti de rien il y a à peine 60 ans, pour devenir l’un des « quatre dragons » asiatiques. Timidement, d’abord, la culture coréenne entrouvre les portes de la France. Avec le cinéma d’Im Kwon-Taek, ou de Kim Ki-Duk, pour les initiés. Puis, en 2004, vient la révélation Park Chan-Wook, avec ce Grand Prix du Jury à Cannes, impulsé par Quentin Tarantino, pour le film Old Boy. Une sombre histoire de vengeance à l’humour noir et à l’esthétique détonante, strictement millimétrée.

On parle de hallyu, de « nouvelle vague coréenne ».

Les Français, essentiellement adolescents et jeunes adultes, découvrent les drama. Ceux en costume. Et – surtout – ceux où les héros évoluent dans l’univers intemporel du « je t’aime, moi non plus ».Puis c’est la kpop, qui attire de plus en plus les jeunes Occidentaux. Une profusion de couleurs, de mouvements, de chanteurs et chanteuses jeunes et beaux. Un rêve calibré. Prêt à l’emploi. Car plus que le chant, ce sont les membres du groupe qui importent, et leur interaction. Leurs attitudes. L’image qu’on leur a donnée.Avec son « Gangnam style » et sa chorégraphie insolite, le chanteur Psy vient récemment de propulser la kpop hors de ses frontières. Partout, ce spécimen de pop culture décomplexée explose. Aujourd’hui, son clip est la vidéo la plus vue de toute l’histoire de YouTube ! Psy est devenu une star aux Etats-Unis, en Angleterre, en Finlande, au Canada… Comme une revanche, pour ce petit pays que personne ne sait jamais vraiment où placer sur une carte ? Toutefois, malgré sa grande modernité, sa pop culture et ses gratte-ciels, la Corée du Sud reste un pays très traditionnel, strictement attaché aux valeurs confucéennes. Avant toute chose, on y fait preuve d’un profond respect envers les ainés. Par son attitude, mais aussi – et surtout – par son langage. Et cela va bien plus loin que notre vouvoiement… Raphaël a été marqué par une situation qu’il a vécue là-bas, où il a fait du volontariat durant 3 mois. En voyage avec un ami coréen de son âge, il sympathise avec un Coréen plus âgé. Lui, n’a aucune difficulté à parler avec ce Coréen. Pour son ami, c’est une autre histoire. L’éducation qu’on lui a inculquée voudrait qu’il s’adresse à lui avec respect, en utilisant un langage soutenu. Mais difficile, alors, d’établir une relation amicale… Toutefois, s’il s’adresse à lui comme à un ami, il rompt cette distance rendue nécessaire par leur différence d’âge. Alors plutôt que de commettre un impair, il préfère ne pas communiquer ! Pays de paradoxes ? Sans doute. Mais pour Lydiane, parler de la Corée et des Coréens, c’est avant tout garder à l’esprit « leur énergie, leur sens de l’accueil et leur amitié chaleureuse ». Alors… bienvenue en Corée du Sud ? ■

►Rédactrice invitée Emeline Joffre ►Couverture Marie-Cécile Plumot ►IIIustrations de Julie Brault

Jung En ! quête de soi

200000 petits Coréens adoptés dans le monde. Destins bouleversés par le déracinement, l’exil, la quête d’identité. Des enfants qui se sont sentis « bananes » : blancs à l’intérieur et jaunes à l’extérieur. Parmi eux, Jung, devenu auteur-dessinateur. Il raconte son histoire dans sa BD « Couleur de peau : miel »*. Ouvrage drôle et touchant qui a ému bien des lecteurs ! Une adaptation métisse aux couleurs tendres est née de cet ouvrage en noir et blanc : elle mêle film d’animation, prise de vue en Corée et Super 8. BD et film témoignent d’un ton juste : ni éloge ni condamnation de l’adoption. L’impact sur le public est fort. Jung ouvre alors un portail d’échange sur l’adoption : « En quête de soi ».■ Dossier 21


Mode & Beauté

Hanbok,

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l'esprit Coreen Des couleurs vives, des formes amples et généreuses, des règles strictes liées à la condition sociale et à l’âge… On trouve dans le hanbok l’esprit tout entier de la Corée ! Une jupe pour les femmes, un pantalon pour les hommes ou une veste…Le hanbok est un vêtement ample, dont l’élégance réside dans les courbes du tissu, les broderies et les finitions. Composé à base de chanvre ou de ramie (l’été), de soie et de coton (l’hiver), il a la particularité d’avoir ni poche ni bouton, et se ferme à l’aide de ceintures et de cordelettes. Ainsi, on n’abime pas l’esprit du vêtement… Car il y a de la vie dans le hanbok ! Et une symbolique forte qui définit véritablement l’identité de celui qui le porte. Les couleurs, les tissus, les motifs… Tout a un sens. Aujourd’hui, on porte le hanbok uniquement à l’occasion des mariages et des grandes fêtes telles que Chuseok (fête des moissons) ou Seollal (Nouvel An lunaire). Avant l’adoption du costume occidental, il y a une centaine d’années, c’était le vêtement quotidien des Coréens. Durant l’occupation japonaise, le hanbok était un emblème de la résistance, dans les manches duquel on cachait des messages secrets… Le hanbok est régulièrement revisité sur les podiums. Parmi les créateurs, un nom se détache : celui de Lee Young-hee. Elle insuffle un renouveau à une tradition qui conserve néanmoins toute sa puissance symbolique. Même si, aujourd’hui, les jeunes Coréennes s’essayent avec plus de spontanéité aux kyoties qu’au hanbok… ■

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► En savoir plus : http://www.coree-culture.org ► Texte / Emeline Joffre ► Illustration / Martin Debray


Métis d'automne

nom de la rubrique

Originaire de Séoul, Kim Hyang-Ha a vécu en Corée du Sud jusqu’à l’âge de 24 ans. Venue s’installer en France avec son mari, elle vit à Bordeaux où elle préside l’école coréenne qu’elle a créée en 2004 et elle est membre de l’Association des Coréens Résidant en France. Nostalgique des montagnes coréennes aux couleurs de l’automne et amoureuse des paysages bordelais, Kim définit son identité comme multiple. Les souvenirs qui t’ont le plus marquée Quelles en sont les similitudes ? En France comme en Corée, on constate en Corée ? En Corée du Sud, 70% du territoire est montagneux. Dès le terminus du métro on peut faire une randonnée en montagne. C’est ce qui me manque le plus : le souvenir des montagnes et le festival des couleurs pendant l’automne, les érables deviennent rouge et le ginkgo devient jaune.

Trois adjectifs pour décrire la Corée ? « Vite, vite », les coréens courent toujours et sont peu patients avec les gens. « Dynamique », les coréens travaillent beaucoup et n'hésitent pas à sacrifier leur vie familiale. « Superficiel », les Coréens accordent trop d'importance à leur physique et aux marques d'accessoires ou de voiture qu'ils possèdent.

Quelles sont les différences culturelles entre la France et la Corée ?

Pour les Coréens, la vie en collectivité est très importante. C’est pourquoi, ils se rassemblent beaucoup entre collègues, après le travail, notamment. En revanche, je trouve que les Français accordent plus d’importance à la famille, ils se réunissent plus souvent au sein du cercle familial qu’en Corée.

une amélioration du statut des femmes. Celles-ci sont de plus en plus émancipées grâce à leur indépendance financière. De même, les artistes et les artisans ont autant de considération.

Qu'est-ce qui te plait en France ? Et à Bordeaux ? En France, je dirais la culture, surtout la diversité culturelle. Bordeaux quant à elle, est une ville de taille humaine où l’on trouve tout. Ce que j’aime chez elle c’est son rayonnement culturel, c’est une ville de grands écrivains, et ses vignobles sont le point fort de la région.

Comment définis-tu ton identité culturelle ? J’ai vécu la moitié de ma vie en Corée, l’autre en France. Je me sens profondément Coréenne mais je m’imprègne de la culture française en essayant d’harmoniser les deux. Je garde mon identité et j’essaie de la transmettre par les activités traditionnelles coréennes que j’organise à l’école. Par exemple, tous les hivers, on organise un Kim Chi Party durant lequel on confectionne un plat culinaire national. ■

► Propos recueillis par Manon Adoue ► Photo © Anthony Rojo

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CUISINE Metisse Une envie de bibimbap, ça prend d'un coup. Une envie de cuisine de rue, impérieuse, qui doit être satisfaite tout de suite. Allez hop, on fait sauter les légumes, le riz, la viande, vlousch, on glisse tout dans un grand bol, et... haaaa... Comme souvent dans la cuisine asiatique, un peu de préparation en amont, une grosse flamme, un wok bien luisant, et c'est parti pour le paradis des gourmands. ► Recette et photos Véro Cuisine métisse

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cuisine métisse

Pour 4 personnes. Ingrédients : 500g de riz - 300g de boeuf ou porc haché - 1 courgette - 3 carottes - 4 champignons shiitake séchés - 100g de champignons de Paris épluchés - 200g d'épinards en branches cuits 200g de germes de soja - sauce de soja claire sucre roux - 4 oeufs - graines de sésame et kimchi (si vous en trouvez) La sauce : 2càs de pâte de piment coréenne (purée de piment rouge, ou sriracha) - 1càs de vinaigre de riz - 1càs de sucre roux ou miel - 1 càs de jus de citron

● Dans une casserole à fond épais (ou à la

marmite à riz), faire cuire le riz à feu très doux dans le double de volume d'eau. - Couper les shiitake séchés en deux et les mettre à gonfler dans de l'eau chaude. Lorsqu'ils sont bien gonflés et tendres, les essorer : ils sont prêts. ● Mélanger tous les ingrédients de la sauce, laisser reposer pour que les saveurs se mêlent. ● Action ! - Préparer tous les légumes : les couper en julienne, en petits bâtonnets très fins : tchac, tchac, tchac ! - Dans un grand wok (ou une grande sauteuse anti-adhésive), verser 1 càs d'huile de sésame, et sur le feu le plus fort possible, faire sauter chaque légume séparément : hop, hop, hop ! Ca saute, ça grésille ! - Assaisonner à chaque fois avec une càs de sauce soja et 1 càc de sucre. - Faire revenir le boeuf haché dans de l'huile de sésame et en l'assaisonnant de

sauce soja et sucre. ● Lorsque tous les légumes et la viande sont prêts (gardés au chaud au four à 60°), faire sauter le riz dans de l'huile de sésame bien mélanger pour détacher les grains de riz. Frrr, frrr, huuum.... ça forme par endroit une croûte dorée délicieuse ! - Disposer les légumes sur le riz, en les disposant l'un à côté de l'autre, en répartissant les couleurs. Ajouter la viande, hop-là ! - Vite fait : faite frire 4 oeufs au plat, et les disposer sur le plat. ● Parsemer quelques graines de sésame, verser la sauce. Servir. Touille touille touille, tout mélanger : la sauce, le jaune d'oeuf coulant, les légumes, la viande. Manger ... se régaler ! Variez les plaisirs au fil des saisons, en métissant votre bibimbab : poivron et aubergine l'été, poireau et chou blanc l'hiver.

Vite, vite!

Pour servir votre bibimbap à toute allure, comme si vous étiez un marchand de rue : les légumes peuvent être prêts à l'avance. Peu importe si ils sont refroidis, pourvu que le riz soit fumant : il réchauffera le reste ! Et on trouve également des bibimbap avec juste le jaune d'oeuf cassé sur le bol. Bon appétit !. ■

Pour plus de recette rendez-vous sur

www.cuisinemetisse.com

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entretienavec... avec Entretien

Lhomeé, de l’ombre àa la lumièere

Lhomé est un rappeur et slameur d’origine araboafricaine. Son histoire (et ses textes) est marquée par la vie en France, mais aussi la guerre (Liban) et la dictature (Togo). Il se livre en clair-obscur dans L’ombre d’un amour, son premier album solo autoproduit aux textes très forts. Il a également imaginé Cinématik Slam, un spectacle novateur mêlant rap, slam et langue des signes dans un univers proche de la musique de film. Il nous répond ici du tac au tac, sur le rythme d’un flow intérieur.

Esprit Métis : Pourquoi Lhomé comme nom de scène ? Lhomé : Pour Lomé1, la ville où je suis né. EM : Pourquoi l’ajout du « h » ? LH : Pour ne pas m’approprier le nom de ma ville natale. Et le H c’est pour Humain. EM : Parles-tu le mina2 et/ou l’arabe ? LH : Non. Je comprends un peu le mina. Mais diverses raisons m’ont empêché d’entretenir les langues paternelle et maternelle.

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quel que soit l’art qu’il pratique. Il montre un monde qu’on ne voit pas forcément. EM : Quels sont les thèmes de L’ombre d’un amour ? LH : Des thèmes qui me tiennent à cœur, qui m’interrogent ou qui me blessent, un mélange de conscience et d’empathie.

EM : Que transmets-tu de tes cultures à tes enfants ? LH : Ce que mes parents m’ont transmis, une triple approche de l’identité.

EM : Il y a beaucoup de textes tristes, sombres … LH : Oui, je l’assume complètement. C’est la part d’ombre. Mais le titre de l’album, lui, ne l’est pas. C’est la part d’espoir qui se révèle quand je décris notre monde avec réalisme. Il faut reconnaître sa part d’ombre pour distinguer sa part de lumière.

EM : Qu’est-ce qu’être artiste ? LH : Un artiste est quelqu’un qui, par son art, dans son atelier, essaie de réparer le monde,

EM : Quel message veux-tu transmettre à travers cet album ? LH : Il faut apprendre à accepter nos facettes


MayaLhomé mihindou obscures si on veut les combattre. C’est un album introspectif et vraiment universel parce qu’il parle d’apprendre à aimer ce que nous cachons tous au fond de nous. EM : Pourquoi Cinématik Slam ? LH : J’ai eu comme une révélation en découvrant le monde des sourds. J’ai voulu leur rendre mon travail accessible. Je voulais rendre accessible mon univers textuel, pas que mon son. EM : T’es-tu initié à la langue des signes ? LH : Honnêtement, non. En tout cas pas à fond. EM : Comptes-tu le faire ? LH : Non. Ce n’est pas ma démarche. Ma démarche est de me rendre accessible à travers cette langue, pas d’en être interprète. Je ne suis pas prêt à entrer complètement dans ce monde. C’est pour cela que j’ai choisi d’avoir une interprète qui fait le lien entre les deux mondes. Je fais de la musique dans une vision collective, ce qui m’a toujours porté, c’est la rencontre et l’échange.

EM : Si je te dis homosexualité en Afrique ? LH : Humanité. EM : Si je te dis mariage homosexuel ? LH : Laissons-les se positionner. Je déteste la polémique actuelle, surtout quand tu penses à ceux qui ont faim et ceux qui n’ont pas de logement. EM : Adoption homosexuelle ? LH : Laissons-les décider. EM : Si je te dis vite, vite ? LH : Je te réponds tchouk tchouk. EM : Si je te dis arc-en-ciel ? LH : Je te réponds Sexualités. EM : Un dernier mot pour nos lecteurs ? LH : L’ère de l’éthique, c’est ce qui nous attend selon le calendrier Maya. C’est ce qu’ils voulaient dire en parlant de la fin du monde… En fait on change d’ère, on quitte « l’ère du pouvoir »… à méditer non ? ■t

EM : Y a-t-il tout de même un signe que tu préfères ? LH : Je suis fasciné par l’intégralité et la magie de cette langue que je redécouvre à chaque fois. EM : Tes projets artistiques à venir ? LH : Continuer à défendre mon album et notre spectacle, notamment par des clips en 2 versions, pour entendants et sourds EM : Si je te dis Esprit Métis ? LH : Je dis très bon magazine. EM : Si je te dis Métissage ? LH : Je te réponds enjeu de notre Futur. EM : Si je te dis Corée ? LH : Je te réponds Corée du Nord. Je suis touché par la séparation en deux de ce pays et en particulier par la partie des deux qui est le plus en souffrance. EM : Si je te dis adoption ? LH : Seconde vie.

Album L'ombre d'un amour, produit par Lhomé en 2012. Lhomé en solo ou spéctable Cinématik Slam en tournée dans toute la France Info : www.artdelhome.com

► Photos : Christelle Pétard Propos recueillis par Patricia Grange-Boué

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nom de la rubrique

28 Esprit mĂŠtis #13


nom récit de la de rubrique voyage

Esprit métis #13 29


TROCKE DANCE BATTLE 2 02 2VS2 BREAKDANCE et 1VS1 TOP ROCK

mars.

entrèe 5€ à 14h

Le ROCKé Café-Jeunesse ( EPAJG ), le 4ème ART et la Cie Les Associes Crew organisent pour la seconde édition le Battle Danse Hip Hop de GRADIGNAN : TROCKE DANCE BATTLE 2. Jurys : BADOU aka baguerra black panther les Associes Crew, HOCINE Tea time et SMURF Mighty zulu kinz de Los Angeles. DJ Ben aux platines, Hicham et Hassan aux mics, ambiance garantis !!

agenda de la diversité

INFOLINE : 8, Av.J.LARRIEU 33 170 GRADIGNAN epajg.trocke@ville-gradignan.fr tel: 05 56 89 17 12

swingtime 21 swing art

mars. au 24 2013

Stages de perfectionnement ou initiations aux danses swing (blues, lindy hop, jazz roots, charleston...), tout le monde peut participer : averti comme débutant ! Pari réussi pour lʼassociation Swing Time dʼinternationaliser ce rendez-vous annuel où professionnels comme passionnés se rencontrent, échangent autour dʼune passion commune : le SWING !

Renseignements : www.swingtime.fr/


la corèe à bordeaux

Le premier restaurant exclusivement coréen de Bordeaux ! Il a ouvert ses portes cet été. Idéalement situé, à deux pas de la place Camille Jullian, le Mokoji propose une carte de saison. Au menu, le classique bibimpap (riz, œuf et légumes sautés, le tout servi avec ou sans bœuf), et des plats moins connus tels que le Japchae (nouilles de patates douces accompagnées de bœuf et de légumes). Le Mokoji s’est déjà forgé une bonne réputation et ceux qui l’ont testé ne tarissent pas d’éloges que ce soit sur la cuisine ou le service. Pour un compte rendu plus détaillé et vous mettre l’eau à la bouche, rendezvous sur le blog Cuisine métisse de Véronique (www.cuisinemetisse.com).

Restaurant le Mokoji 13, rue du serpolet 33000 Bordeaux Tél : 05 56 06 60 03 Budget : 10-30 euros www.facebook.com/mokoji1

OPPA Corean Style in Bordeaux! Restaurant le Yako Le Yako est une institution à Bordeaux en matière de cuisine asiatique. On y trouve aussi bien des spécialités coréennes que japonaises. Il est rare que les clients sortent déçus ; l’établissement se distingue par une cuisine régulière et de qualité qui lui a valu plusieurs récompenses dont la « baguette d’or ». Il conviendra de réserver pour y dîner les vendredi et samedi soirs.

Le Magazine en ligne et sur tablette ici...

34, rue Lafaurie Monbadon 33000 Bordeaux Tél : 05 56 81 72 39 Budget : 10-30 euros

École coréenne de Bordeaux L’école coréenne réunit les passionnés de la Corée grâce à des ateliers gratuits. N’hésitez pas à les rejoindre si vous souhaitez vous initier au coréen, au salmunori (percussions), au baduk (jeu de société), ou si vous êtes fan de k-pop. L’association organise également des activités autour des fêtes traditionnelles coréennes et participe à de nombreux évènements multiculturels à Bordeaux.

Tél : 05 56 98 64 82 Kimha60@hanmail.net www.cafe.daum.net/bordeauxkoreans Dossier 31


La Cigarette Électronique


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