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Espace d’art contemporain HEC


Couverture : documentation céline duval, Orbes, 2016.

ISBN 978-2-9543844-8-1 Prix de vente 20 €


Espace d’art contemporain HEC


Une Forme olympique Textes de Jean-Marc Huitorel Commissaire de l'exposition

Espace d’art contemporain HEC


7 Avant-propos Une Forme olympique 12 18 24 32 40 54 56 58 60 62 64 66 68 75 80 84

Dominique Petitgand Gérard Deschamps Yoan Sorin Éric Giraudet de Boudemange documentation céline duval Hervé Beurel Roderick Buchanan Édith Dekyndt documentation céline duval Massimo Furlan Taro Izumi Nøne Futbol Club Thomas Wattebled Yoan Sorin Éric Giraudet de Boudemange Jean-Philippe Basello

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5 Sommaire


Il y a quelques années, les locaux de l’Espace d’art contemporain HEC ont été transférés au sein d’un vaste bâtiment accueillant principalement la cafétéria des élèves, le gymnase, les salles de fitness et de judo, afin de rassembler en un même lieu les activités « connexes ». Il m’a semblé alors évident que la synthèse de l’ensemble devait s’opérer sous une forme plastique. C’est pourquoi lorsque j’ai rencontré Jean-Marc Huitorel, commissaire d’exposition et critique d’art, je l’ai tout naturellement invité à concevoir un dispositif global sur une thématique qu’il avait déjà explorée à plusieurs reprises au travers de publications, d’articles, d’expositions… En 2016, année sportive s’il en fut, nous avons ainsi proposé l’exposition Une Forme olympique, accompagnée d’une journée « Performances » et d’une soirée « Rencontre ». En complément, hors les murs, une œuvre vidéo et une installation ont été présentées dans La Boîte, espace vidéo de Micro Onde, Centre d’art de L’Onde à Vélizy-Villacoublay. Lors de la journée « Performances », les visiteurs, les élèves, le personnel se sont associés aux démarches des artistes. Ils ont participé activement à un cours d’Art mArtial et ont cheminé du gymnase aux grottes maniéristes situées dans le bas du domaine. Quelques jours plus tard, la conversation entre Jean-Max Colard, Jean-Philippe Toussaint et Jean-Marc Huitorel a été abordée sous l’angle des relations intimes que chacun entretient avec l’art, la littérature et, plus particulièrement, le football. Cette publication s’articule en deux parties bien distinctes : d’une part, le catalogue de l’exposition Une Forme olympique et, de l’autre, un essai théorique intitulé Sur l’art, le sport, le jeu, accompagné d’entretiens d’artistes. Elle retrace l’ensemble de l’expérience et, plus largement, met en lumière les liens entre le sport, le jeu et l’art. Cela participe des fondements mêmes d’une culture et nous questionne sur l’accomplissement de l’individu dans sa globalité. Un lieu atypique comme le nôtre suppose une forte implication de tous les prota-­ gonistes. Nous avons fait le choix de nous immiscer dans les lieux de vie du campus. L’art y trouve sa place, parfois difficilement, souvent naturellement… toujours grâce à la conviction profonde et sincère de ceux qui s’y frottent.

Anne-Valérie Delval Directrice de l'Espace d'art contemporain HEC

7 Avant-propos


Textes de Jean-Marc Huitorel Commissaire de l'exposition

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Une Forme olympique


Une Forme olympique fut d’abord le titre d’une exposition, et toute exposition, plus que les livres, s’inscrit, hic et nunc, dans un contexte précis. C’est là son principal défi, qui suppose une exigence double et parfois contradictoire. À l’opposé de la tendance « offshore » de certains projets curatoriaux, contre les formules prêtes à l’emploi et applicables aux quatre coins du globe mais, dans le même temps, se gardant de l’asservissement à un contexte qui lui dicterait sa loi pour ne faire d’elle qu’un événement commandé, local et appliqué, l’exposition se tient sur ce fil fragile qu’il convient encore et toujours de tendre. Une Forme olympique est une exposition conçue sur et pour le campus HEC, qui est une école de commerce, non pas un musée ou un centre d’art, quand bien même elle s’est dotée de locaux dévolus à l’art. Bien qu’ouverte à tous, cette exposition s’adresse en premier lieu aux étudiants et au personnel du campus, particulièrement à ces jeunes gens venus ici étudier l’économie, le commerce et le management, à ces futurs dirigeants d’entreprises de toutes sortes. En écho aux universités américaines dont HEC s’inspira lors de son installation en 1964 à Jouy-en-Josas, aux confins du plateau de Saclay, le sport est ici très présent, par la pratique autant que par les installations mises à disposition. Un esprit sain dans un corps sain, à quoi il faut ajouter les vertus de la concurrence, de la compétition, bref de l’agôn. Une Forme olympique repose sur la volonté d’introduire en ces lieux l’instance des formes symboliques par le biais, précisément, de cet élément central de la culture du campus qu’est le sport. Ces objets symboliques, en l’occurrence les œuvres d’art, opèrent ici comme des agents exogènes destinés à produire des effets aussi discrets que durables au cœur de logiques, marchandes en particulier, avec lesquelles elles entrent en résonance. Outre les espaces consacrés à l’art, les artistes ont investi certains lieux de circulation et de réception de l’école, s’invitant ainsi dans des environnements où on ne les attendait pas, la galerie Nord ou le grand hall d’honneur, par exemple. L’historien néerlandais Johan Huizinga, dans Homo Ludens (1938), avance que le jeu préexiste à toute culture ou civilisation : « La culture naît sous forme de jeu, la culture, à l’origine, est jouée. » C’est dans le croisement de deux des catégories posées vingt ans plus tard (en 1958) par Roger Caillois, l’autre grand théoricien du jeu, l’agôn et l’alea (compétition et hasard), que, très tôt, le sport va s’inscrire, bien avant que son nom même n’apparaisse concomitamment à son institution sociale dans la seconde moitié du XIXe siècle. L’art, pour des raisons qu’il conviendra d’analyser, se trouve dès les premières manifestations de la modernité, intimement lié aux questions du corps et des jeux physiques qui allaient structurer une large part de la vie sociale. Au début des années 1860, l’Olympia de Manet est 9

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strictement contemporaine de l’institutionnalisation du sport. C’est cette triangulation Art/Sport/Économie, soumise à la catégorie subsumante du jeu, que nous avons voulu interroger ici. Au rebours de la plate illustration d’une thématique, pour quoi on a trop souvent instrumentalisé l’art, Une Forme olympique entend contribuer, même modestement, à une réflexion globale sur les forces, matérielles et symboliques, qui constituent la réalité de notre monde. Le titre Une Forme olympique joue sur plusieurs registres de signification. La forme, c’est le minimum requis pour qui se prétend sportif, mais la forme, c’est également l’une des catégories conceptuelles fondatrices de l’art. Ainsi, en cette année 2016, olympique (les Jeux de Rio) et footballistique (l’Euro en France), en référence à l’une des figures dominantes de l’art et des objets symbo­liques, la forme sera principalement ronde. Ronde comme le globe terrestre et la voûte céleste qui permettent, dans l’intervalle qui les sépare, de multiples jeux de balle et de ballon, de cercles divers et d’innombrables rotondités. Une Forme olympique est une exposition collective, non une simple addition d’œuvres et de projets. Les artistes ont vraiment « joué collectif », dans un échange permanent, un respect des autres, une générosité admirable et une prise en compte de l’ensemble du propos. Aussi, par un jeu de passes très élaboré, ils ont fait en sorte que les espaces dialoguent entre eux, les œuvres également, tant sur le plan formel que sémantique. Et, bien sûr, ils ont gagné la partie ! Les cinq artistes invités1 [P. 12-40] à produire des œuvres, la plupart inédites, dans le cadre de cette exposition, appartiennent à des générations différentes. Ils entretiennent certes des liens réels avec le sport et le jeu, mais ils représentent, chacun à leur façon, cette tendance de l’art qui, loin de tout formalisme, se montre très sensible aux soubresauts du monde, aux fondements sociaux et, plus largement, anthropologiques d’une pratique qui s’inscrit au cœur de la réalité humaine et qui, par divers processus de représentation, contribue, contre la réification et la marchandisation ambiantes, à faire que les humains restent des sujets libres et conscients des enjeux auxquels ils sont confrontés. Une sélection d’œuvres vidéo2 [P. 54-68], ainsi qu’un programme de performances3 [P. 74-84] complètent la proposition.

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Gérard Deschamps, documentation céline duval, Éric Giraudet de Boudemange, Dominique Petitgand, Yoan Sorin. 2 Hervé Beurel, Roderick Buchanan, Édith Dekyndt, documentation céline duval, Massimo Furlan, Taro Izumi, Nøne Futbol Club, Thomas Wattebled. 3 Jean-Philippe Basello, Éric Giraudet de Boudemange, Yoan Sorin.

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Dominique Petitgand est né en 1965. Depuis 1992, il réalise des pièces sonores qui alternent sons, voix humaines, silences et bruits, soit dans des espaces spécifiques, des lieux d’expositions, soit lors de moments d’écoute, in situ ou par le truchement de disques. On peut cependant considérer que le qualificatif « sonore » est quelque peu réducteur pour décrire cette œuvre infiniment riche et complexe, narrative, elliptique, limpide et mystérieuse, extrêmement singulière. « Sonore », évidemment, mais plastique tout autant, dans la mesure où le son produit de l’espace. À ce titre, Petitgand se révèle sculpteur autant qu’architecte.

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Les Ballons est l’une des rares pièces de l'artiste où la voix humaine est absente. C’est une installation sonore pour quatre haut-parleurs qui, d’une enceinte à l’autre, diffusent le son de ballons qui tapent contre le mur ou rebondissent sur le sol, qui roulent et s’arrêtent. Le son révèle les surfaces de contact, creuses ou pleines, dures ou souples. Dans la grange dîmière de l’abbaye cistercienne de Maubuisson, où elle fut installée, l’œuvre rappelait que les cisterciens calculaient parfois les proportions de leurs édifices à l’aune de la répercussion sonore des voix du chœur chantant. Dans le grand hall d’honneur de HEC, c’est peu dire que le contexte est différent. Dans cet espace immense qui bruisse des conversations sur l’état et l’avenir du monde, sur son économie et son commerce, les bruits incongrus des ballons, qu’on dirait frappés par un enfant qui se serait trompé d’école, opèrent comme une rupture, une suspension, une interrogation spatiotemporelle, un grain de sable dans le rouage des certitudes. Dans cette agora vitrée, Dominique Petitgand est parvenu à édifier des murs, des parois qui, autant qu’à l’architecture, servent au jeu, à ces rituels de la répétition qui constituent l’univers heureux des enfants solitaires comme celui, mélancolique et ennuyeux, des prisonniers dans la cour où ils sont confinés. Si les brefs moments de silence semblent rendre les lieux à leur fonction première, la reprise sonore rappelle qu’une fois qu’on a fréquenté certaines œuvres d’art, rien n’est plus jamais comme avant.


Gérard Deschamps est né en 1937. Dès le milieu des années 1950, il produit une peinture matiériste qui résonne des derniers échos de l’abstraction lyrique et qu’il dote déjà de reliefs et de textiles qui l’ouvrent sur la réalité du monde. Très vite après son apparition, il rejoint le mouvement des nouveaux réalistes au sein duquel il se sentira plus près des affichistes Hains et Villeglé que des « Niçois » Yves Klein, Arman et Martial Raysse ou des « Suisses » Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle. Désormais adepte d’une « peinture sans tubes et sans pinceaux », Deschamps prélève dans la réalité environnante divers objets dont il se fait « l’ensemblier » : sous-vêtements féminins, chiffons japonais, tissus de patchwork, bâches de l’armée américaine, tôles de réacteur irisées, vêtements et jouets en plastique, etc. Proche en cela de ses amis décolleurs d’affiches, Gérard Deschamps, le plus jeune des nouveaux réalistes, est, depuis lors, resté fidèle aux principes et aux méthodes d’un mouvement contemporain du pop art et qu’il dote, aujourd’hui encore, de ses plus belles lettres de jeunesse !

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Allo l’ympique, une pièce inédite conçue spécialement pour l’exposition, se rattache à l’une des catégories d'œuvres de Deschamps les plus récemment constituées, les Pneumostructures. Celles-ci consistent en des objets gonflables destinés aux jeux et à la plage, aux jeux de plage : ballons, bouées, canots, animaux divers aux couleurs éclatantes et que les esprits chagrins relèguent dans les bas-fonds de la vulgarité et de la sous-culture. Ils servent ici de médium pour une peinture d’un nouveau genre, immédiate, impertinente, joyeuse, aléatoire et toujours surprenante. Tantôt les objets gonflables sont exposés tels quels, tantôt articulés entre eux de manière à former des couples ou des groupes insolites, de gentils monstres engendrés par le sommeil de la raison. Il existe toutefois une troisième modalité de monstration, à laquelle appartient la proposition de l’artiste pour Une Forme olympique, c’est, en lien parfois avec l’architecture, comme c’est le cas ici, la vitrine. La pièce visible à HEC est constituée d’une centaine d’objets gonflables, accumulés, entassés de façon à saturer les vitrines en angle d’une résidence d’étudiants du campus. La composition, si l’on peut oser ce terme, répond assez largement aux lois de l’emboîtement et des articulations volumétriques ; la puissance de son éclat chromatique est due au miracle du hasard, aux sortilèges de l’effet-peinture.


Yoan Sorin est né en 1982. Alors qu'il se destinait à une carrière de basketteur professionnel, une série de blessures en décide autrement et le contraint à gagner sa vie comme ouvrier d’usine. Mais il faut croire aux bonnes fées de l’art, puisque quelques circonstances heureuses lui ouvrent les portes de l’école des beaux-arts de Nantes pour des études qu’il poursuit au Canada et en Espagne. Artiste et commissaire d’expositions, il fait du métissage le ferment et le moteur de ses projets, de ses œuvres où le collage occupe une place centrale. Le collage, au sens large du terme, parfois appliqué à la sculpture et au dessin, sinon à la vidéo et aux performances, lui permet en effet de coudre ensemble culture savante et culture populaire, bien fait et mal fait. Métissage, donc. Yoan Sorin se trouve être le petit-fils de François Pavilla, qui fut le premier boxeur champion de France des welters issu des Antilles (Martinique), où il naquit en 1937. Plusieurs fois tenant du titre, il décède à l’hôpital où il fut admis pour une banale opération oculaire. Il avait 31 ans. Les dernières performances de l’artiste sont des hommages directs à cette figure quasi légendaire. Si j’existe, je ne suis pas un autre (Le Quartier, Quimper, 2015) le révéla au public. L’artiste, le visage enduit de couleur noire, assène ses coups de tête et de poing sur quatre blocs d’argiles qui correspondent, réunis, à son propre poids, soit cent kilos. Au terme de chaque combat (l’art est un sport de combat) contre la matière, il s’essuie le visage à l’aide d’une serviette blanche qu’il fixe au mur, empreinte des marques noires de son visage.

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Frapper creuser est une pièce inédite que Yoan Sorin propose pour Une Forme olympique. La performance a lieu le jour du vernissage. L’artiste, après avoir chanté l’hymne de la piñata, dont cette action s’inspire, frappe à l’aide de poings américains sur un volume suspendu aux allures de sac de frappe, dans l’objectif d’en faire exploser les couches successives pour mettre à jour différents matériaux et objets. Soumis aux aléas du « direct », l’artiste doit s’interrompre plus tôt qu’espéré pour cause de blessure à la main. On sait que tous les combats ne vont pas jusqu’à leur terme. Mais qu’importe, seuls comptent l’engagement et la beauté du geste. Le sac, bien entamé, pendouille au bout de sa chaîne ; dessous, l’amoncellement de ses fragments arrachés ; au mur, les poings américains, le texte punaisé de l'hymne de la piñata ainsi que, tressés, les bandages des mains et, pour finir, le maillot du combattant transformé en un cabas contenant des débris du sac de frappe. Cet ensemble, rattachable au genre attesté des ruines, constitue désormais l’exposition.


Éric Giraudet de Boudemange est né en 1983. Après des études aux BeauxArts de Paris, il entre au Fresnoy — Studio national des arts contemporains, Tourcoing — puis à la Rijksakademie, à Amsterdam. Ses séjours dans les terres du nord vont durablement influencer son travail, où la performance occupe une place centrale. L’artiste s’intéresse particulièrement aux jeux et sports traditionnels et se documente à leur sujet, tel un ethnographe, au moyen d’enquêtes précises auprès de leurs adeptes, de collectage d’histoires et de descriptions de pratiques. En résidence au Centre régional de la photographie de Douchy-les-Mines, il a découvert un jeu que les mineurs pratiquaient et que d’aucuns cherchent à préserver après la fermeture des mines : c’est le jeu du billon, qui se pratique au moyen de battes, qu’à la manière des boules ou des palets on tente par le lancer de placer au plus près d’un poteau. De la même façon, il a expérimenté le saut à la perche par-dessus les canaux, antique moyen de déplacement dans la plaine de la Frise, aux Pays-Bas, et devenu sport national. De ce fonds ethnologique, il tire des œuvres singulières articulant entame performative et exposition, présentant des objets prélevés et traités dans la logique du musée.

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Chroniques du rebond prend comme point de départ la découverte par les conquistadores du caoutchouc que les Mayas utilisaient pour confectionner leurs balles pour des jeux à haute signification cosmique (la balle comme symbole du soleil, le terrain, de la voûte céleste, etc.) mais aussi économique et diplomatique (le jeu comme substitut à la guerre, par exemple). On dit que le capitaine des perdants était mis à mort et dépecé, qu’une partie de son corps servait à des repas rituels. Il arrivait qu’on l’écorchât et que le prêtre revêtît sa peau. C’est cette origine religieuse des sports de balle (mais aussi de toute l’industrie du caoutchouc) qu’évoque la pièce qu’Éric Giraudet de Boudemange a conçue pour Une Forme olympique. Un dessin métallique dans l’espace suggère le rebond et sert de support à des fragments d’écorchés, en écho aux corps entiers, disposés à même le sol. Moulées sur l’artiste, ces dépouilles rappellent également le corps nu des athlètes des anciens Jeux olympiques et, de ce fait, l’origine grecque de la sculpture occidentale. Œuvre aux entrées multiples, Chroniques du rebond marque un tournant dans le travail de ce jeune artiste qui atteint ici l’équilibre entre un arrière-plan anthropologique et la forme très contemporaine qu’il donne à ses préoccupations.


documentation céline duval (appellation créée en 1998 par Céline Duval, née en 1974) donne principalement à voir des images préexistantes, des images des autres, photos de famille, anonymes ou non, publicités découpées dans les magazines, fonds photographiques connus, gravures, etc. L’énorme stock qu’elle a patiemment réuni depuis 1998 peut être considéré comme son médium privilégié, comme pour d’autres la peinture ou la sculpture ; à cette différence près que les représentations sont ici déjà constituées et qu’il s’agit alors pour l’artiste d’en tirer la matière et la forme de son propre travail, en les reproduisant par numérisation, tout ou détail, en les recadrant, en les restaurant, en les articulant les unes aux autres. Le monde mis à nu par ses images, même. Les trois propositions de documentation céline duval pour Une Forme olympique résument assez bien l’état actuel de son travail.

Orbes est un montage visuel sans début ni fin d’une photographie que l’artiste est allée prélever dans une part de son fonds, celle intitulée Porteur de ballon, et qu’elle a collé sur la colonne d’affichage qui fait face au lieu d’exposition. Une forme en forme, ronde, articulée aux arrondis du corps, immémoriale sphère, anonyme, commune, universelle. Le Défi/The Challenge est une vidéo en plan séquence où l’on voit des bulles en plastique transparent, qu’on appelle « zorbing », dont l’intérieur est occupé par une personne qui, quand elle parvient à s’y tenir debout, réussit par ce moyen à marcher sur l’eau. Vieille histoire, comme on sait, disant à la fois la merveille des défis et l’arrogance de ceux qui veulent toujours faire plus. La forme ronde qu’elle présente provient elle aussi d’une longue histoire, celle de la peinture en particulier faisant de Défi une œuvre polysémique, irréductible. Cette pièce inédite marque un tournant dans l’œuvre de documentation céline duval en ceci qu’il s’agit d’une de ses premières images créées non plus à partir d’une icono­ graphie préexistante, mais bien de la matière directe et brute de la réalité. L’Île aux images, extrait 2-7 provient du fonds Jules Maciet, immense collection d’images conservée à la Bibliothèque du musée des Arts Décoratifs. C’est un diptyque formé de deux détails agrandis d’une gravure du XIXe siècle et focalisés sur des formes rondes : un grand ballon en suspens et une casquette tombée par terre. Le motif de la rotondité s'extrait ici d’une scène plus générale pour devenir le sujet du tableau, marquant par là l’insigne importance du détail.

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Dans la galerie Nord, la disposition des moniteurs posés sur des socles, resserrant légèrement le flux de circulation des étudiants et du personnel, évoque la haie d’honneur, une forme dont les sportifs, en particulier ceux des sports collectifs, sont familiers.

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Hervé Beurel est né en 1960. La photographie est l’outil principal de son travail artistique, empreint de précision, de rigueur formelle, et dont l’univers urbain a souvent constitué la réserve iconographique.

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Stamped City est un diaporama de 80 photos prises dans la ville de Split, en Croatie, et qui fait l’inventaire de la présence du logo du mythique club de foot local sur les murs de la cité : un décor impressionnant, une sorte de fond d’écran, un paysage idéologique.


Roderick Buchanan est né en 1965. Il appartient à une génération d’artistes de Glasgow qui ont marqué les années 1990, comme Douglas Gordon, Jonathan Monk, Jim Lambie, Jacqueline Donachie, Christine Borland ou Simon Starling.

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Chasing 1000 fut réalisé à New York. L’artiste et un ami, en tenue de basket, filmés en plongée, la camera fixée sur le panier, s’adonnent sur ce parquet à l’une des pratiques d’entraînement les plus classiques du… football : l’échange de têtes. Leur objectif est d’en atteindre mille. Un compteur en témoigne et revient à zéro quand le ballon (de basket, également) chute. Croisement des cultures sportives : le foot en terre de basket.


Édith Dekyndt est née en 1960. Son œuvre, d’une grande subtilité, interroge, entre autres, la perception du lien entre l’humain et son environnement. Ce point de jonction correspond souvent chez elle aux limites de l’abstraction.

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Slow Object 04 Un élastique rond qui se joue de la main. Une main qui cherche la lune et le rebond du cercle. Tout simplement, c’est-à-dire a minima. Jeu de sphère et légèreté du geste. Un ballet aérien et silencieux. Une utopie sportive. Un rêve.


documentation céline duval Voir biographie [P. 40].

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Les Allumeuses sont un vaste ensemble vidéographique et performatif où une main, celle de l’artiste, saisit des images une par une et les brûle dans un foyer, hors-champ, mais dont on entend le crépitement et dont la lueur éclaire la scène. Il s’agit d’images découpées dans des magazines, souvent des publicités. Celles qui ont été retenues pour cette vidéo ont pour trait commun de contenir un ou des ballons. D’autres « détails » se rapportent à la forme ronde : cercle, sphère, cerceau, ballon de baudruche, etc.


Massimo Furlan est né en 1965. Son œuvre, d’essence biographique (le plus souvent autobiographique) et ludique, comprend des films, des pièces scéniques et des performances, au sens large du terme.

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Numero 23 c’est 22 + 1, le joueur en plus. Seul sur un terrain, sans public ou presque, mais accompagné d’un vrai commentateur sportif, Furlan rejoue à sa manière la finale de la Coupe du monde de football de 1982 qui opposa l’Allemagne à l’Italie. Dans le rôle fantasmé d’un membre de la Squadra Azzurra, il réalise à 37 ans, l’âge où les sportifs se retirent, son rêve d’enfant suisse d’origine italienne.


Taro Izumi est né en 1976. Son univers se nourrit du sentiment de l’absurde et de la vanité des choses.

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My Football Hour montre l’artiste, seul devant la caméra, effectuant un striptease où chaque pièce de vêtement enlevée devient un éphémère ballon avec lequel il effectue quelques gestes de football. Franchement décalé, Izumi s’adonne ici au culte jubilatoire de la nullité. Vous avez dit compétition ?


Nøne Futbol Club est un duo d’artistes français, fondé en 2009, dont l’œuvre porte sur l’environnement visuel, politique et social qu’ils traitent avec humour mais non sans rigueur critique et formelle.

Work nº 2B : La Tonsure (after Marcel Duchamp) nous renvoie en 1919 (ou 1921, on se querelle à ce sujet), quand Marcel Duchamp se fait tonsurer en forme d’étoile. Man Ray immortalise par une photographie le geste iconoclaste et vaguement blasphématoire. Près d’un siècle plus tard, le duo Nøne Futbol Club récidive en déplaçant le geste vers le milieu du football. En effet, l’attaquant français Djibril Cissé accepte de subir la même tonsure en 2015 et de l’arborer au cours de l’un des matchs du SC Bastia, le club où il évolue à l’époque.


Thomas Wattebled est né en 1990. La part sportive (essentielle) de son œuvre se joue de l’idée de la performance, dans l’art comme dans le sport et dans la vie, moins au moyen de la stricte contre-performance que par un sens particulier de la fragilité. C’est ainsi qu’il donne de l’air à un travail qui surfe sur les limites, celles des formes, de l’équilibre et du bon goût.

Who win? s’inspire de Pong, un jeu d’arcade, et montre un match de pingpong, contre la machine (mais qui, dans ce petit jeu-là, est la machine, et quelle machine ?), contre les limites de l’écran, contre rien. Absurdité du rebond et de la performance. Vanité de la victoire même puisque celle-ci se retourne in fine contre le vainqueur. No Place for Losers est une installation présentée dans La Boîte, l’espace vidéo de Micro Onde, le Centre d’art de l’Onde à Vélizy-Villacoublay. L’œuvre comprend une vidéo où quelqu’un tente de maîtriser un socle et d’en faire un podium. Dans l’espace réel, l’objet lui-même sert de siège pour regarder la vidéo. Le podium, signe d’un art minimal accompli ; l’impossible podium, marque de l’échec du sportif. C’est bien là le défi de l’artiste : trouver une place pour les perdants.

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L'idée d'un après-midi de performances sur le campus d’une école de commerce peut sonner étrangement aux oreilles non averties. Certes, le culte de la performance se pratique couramment ici, que ce soit dans l’apprentissage en vue d’être le meilleur en affaires ou bien en s’adonnant aux nombreuses disciplines sportives que les généreuses installations du lieu permettent. Mais des performances artistiques, diable ! 

Being Myself, de Yoan Sorin, consiste à confectionner des briques à partir des portraits de quiconque passe à la portée de l'artiste. Réalisés à l’énergie, ils sont ensuite passés au broyeur de documents puis trempés dans un bain afin de les agglomérer. Le muret ainsi édifié peut se lire comme un anti-monument rendant hommage aux autres, dans lequel les visages des passants renaissent à travers le matériau. Des portraits fondateurs. Chroniques du rebond est le versant performatif de la proposition, qui porte le même titre, qu'Éric Giraudet de Boudemange a réalisée pour Une Forme olympique. Entouré d’étudiants complices, l'artiste proposa une plongée dans des histoires croisées de jeux de balle mayas, de rebonds des courbes du cours du caoutchouc et d’anecdotes de vie étudiante. Le récit s’ouvrit dans un amphithéâtre de l’école, passa par le gymnase, avant de s’achever, à la nuit tombante, dans les grottes du parc, au son pathétique des Lacs du Connemara de Michel Sardou, hymne festif des fins de soirées du campus, accompagné ici à l’alto. Une traversée des siècles, des civilisations et des rituels contemporains. Le Cours d’Art mArtial fut dispensé à quelques élèves par Jean-Philippe Basello, sur une terrasse et dans le dojo du campus HEC. L’artiste, né en 1988, est l’inventeur d’une pratique qui consiste à traduire des formes, en particulier des œuvres d’art, en techniques de combat. De la Résistance passive à partir du Saint Sébastien de Mantegna jusqu’au Coup de poing renversé se fondant sur Done With, un wall drawing de Lawrence Weiner en passant par le Coup du Saut dans le vide d’après Yves Klein, Basello déploie une large palette de prises inspirées des œuvres de l’histoire de l’art. Plus que jamais l’art est un sport de combat.

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Liste des œuvres exposées documentation céline duval Orbes, 2016 [P. 41-43] Impression noir et blanc numérique sur papier dos bleu, 378 × 187 cm. Le Défi/The Challenge, 2016 [P. 44-47] Vidéo-projection 16/9, sans son, 10 min 23 s. L’Île aux images, extrait 2-7, 2013 [P. 48-49]

Impression encres polymère sur dibond, tirage unique, 73 × 100 cm. Courtesy galerie Semiose, Paris. Les Allumeuses, 1998-2010, 2011 [P. 61] 10 min 53 s. Dominique Petitgand Les Ballons, 2006-2009 [P. 13-17] Installation sonore pour 4 haut-parleurs. Courtesy gb agency, Paris. Édith Dekyndt Slow Object 04, 1997 [P. 59] 4 min 3 s. Courtesy Galerie Greta Meert, Bruxelles. Éric Giraudet de Boudemange Chroniques du rebond, 2016 [P. 33-39] Installation, caoutchouc synthétique, acier, affiche. Dimensions variables. Chroniques du rebond, 2016 [P. 80-83] Performance, 1 h 15 min. Gérard Deschamps Allo l’ympique, 2016 [P. 19-23] Ensemble de gonflables, 300 × 725 × 230 cm. Hervé Beurel Stamped City, 2012 [P. 55] Diaporama. Jean-Philippe Basello Cours d'Art mArtial, 2016 [P. 84-88] Performance, 45 min.

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Massimo Furlan Numero 23, 2003 [P. 63] 1 h 42 min 27 s. Courtesy Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris. Nøne Futbol Club Work nº 2B : La Tonsure (after Marcel Duchamp), 2016 [P. 67] 3 min 34 s. Roderick Buchanan Chasing 1000, 1994 [P. 57] 1 h 31 min 20 s. Taro Izumi My Football Hour, 2009 [P. 65] 5 min 24 s. Courtesy Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris. Thomas Wattebled Who win?, 2011 [P. 69] 1 min 46 s. No Place for Losers, 2014 [P. 70-71] Installation vidéo, 10 min. Module en bois, 50 × 150 × 50 cm. Série No Place for Losers [P. 72-73] Dessins, encre sur papier. No Place for Losers, 2014, 42 × 29 cm. Champion, 2016, 70 × 50 cm. Terrain commun, 2015, 30 × 21 cm. Bouquet, 2016, 42 × 29 cm. Yoan Sorin Frapper creuser, 2016 [P. 25-31] Performance et installation, techniques mixtes. Dimensions variables. Being Myself, 2016 [P. 75-79] Performance, 3 h.


Some years ago the premises of the Espace d’art contemporain HEC were moved to a huge building mainly housing the student cafeteria, the gymnasium, and fitness and judo rooms, so as to group associated activities under one roof. It seemed to me at that time that the whole complex should function in a logical but versatile way. This is why, when I met the exhibition curator and art critic Jean-Marc Huitorel, I spontaneously invited him to devise an overall arrangement based on a theme which he had already explored on several occasions by way of publications, articles, and exhibitions… In 2016, a sporting year if ever there was, we thus came up with the idea of the exhibition Une Forme olympique, accompanied by a day of “Performances” and an “Encounter” evening. To complement all this, extra muros, a video work and an installation were presented in La Boîte, the Micro Onde video space at the Centre d’art de L’Onde in Vélizy-Villacoublay. During the “Performances” day, visitors, students and staff all joined in the artists’ projects. They played an active part in an Art mArtial class, and moved between the gymnasium and the Mannerist grottoes located in the lower reaches of the estate. A few days later, the conversation between

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Jean-Max Collard, Jean-Philippe Toussaint and Jean-Marc Huitorel was conducted on the basis of the intimate relations they all enjoy with art, literature and, more especially, football. This publication is organized in two quite distinct parts: on the one hand, the catalogue for the exhibition Une Forme olympique and, on the other, a theoretical essay titled Sur l’art, le sport, le jeu, accompanied by interviews with artists. It describes the whole experience and, more broadly, sheds light on the links between sport, games, and art. This is all part and parcel of the very foundations of a culture, and questions us about the accomplishment of the individual in his entirety. An atypical venue such as ours presupposes a powerful commitment on the part of all those involved. We duly decided to interfere in the campus’s living areas. Here, art finds its place, sometimes with difficulty, but often quite naturally… invariably thanks to the sincere and deep-seated conviction of those encountering it.

Anne-Valérie Delval Director of the Espace d’art contemporain HEC


Une Forme olympique was first and foremost the title of an exhibition, and, more so than books, all exhibitions are, hic et nunc, part and parcel of a precise environment. This is the exhibition’s main challenge, which presupposes a twofold and at times contradictory requirement. Unlike the “offshore” tendency of certain curatorial projects, and running counter to ready-to-use formulae which can be applied the world over; but, at the same time, being wary of subordination to a context dictating its law to it, and turning it into a mere commissioned, local and applied event, the exhibition hangs on this fragile thread which it is still and forever advisable to draw. Une Forme olympique is an expression devised on and for the HEC campus (Hautes Etudes Commerciales), which is a business school, not a museum or art centre, even if includes premises earmarked for art. Although open to one and all, this exhi­ bition first of all addresses the students and staff on the campus, especially those young people who have come here to study economics, business, and management, and to those future directors of companies of every sort. Echoing the American univer­ sities from which HEC drew inspiration when it set up shop in 1964 at Jouy-en-Josas, on the edge of the Plateau de Saclay—nicknamed Europe’s Silicon Valley, a few miles south of Paris—, sport has a strong presence here, both in practice, and in terms of the available facilities. Mens sana in corpore sano—a sound mind in a sound body, to which should be added the virtues of competition, in a word, of the agon or contest. Une Forme olympique is based on a desire to introduce into these places the agency of symbolic forms, precisely by way of that central factor of the campus culture, sport. These symbolic objects, as it happens works of art, function here like exogenous agents, meant to produce effects which are as discreet as they are lasting, at the heart of systems of, in particular, commercial logic, to which they are attuned. In addition to the

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areas devoted to art, artists have occupied some of the school’s thoroughfares and reception areas, thus inviting themselves into environments where they were not expected—the North gallery, and the large hall of honour, for example. In Homo Ludens (1938), the Dutch historian Johan Huizinga puts forward the idea that games came before any culture or civili­ zation: “Culture came about in the form of a game; culture, at the outset, was played.” It was in the overlap between two categories posited twenty years later (in 1958) by Roger Caillois, the other great game theoretician, the agon and the alea (contest and chance), that, at a very early stage, sport would be incorporated, well before its actual name appeared concomitantly with its social introduction in the latter half of the 19th century. For reasons well worth analyzing, from the very first manifestations of modernity on, art was closely bound up with issues involving the body and physical games, which would structure much of social life. In the early 1860s, Manet’s Olympia was strictly contemporary with the institutionalization of sport. It is this triangulation Art/Sport/ Economy, subject to the subsuming category of the game, that we wish to question here. Running counter to the flat illustration of a theme—why have we too often instrumentalized and adapted art?—, Une Forme olympique is keen to contribute, albeit in a modest way, to a global line of thinking about the material and symbolic forces which form the reality of our world. The title plays with several chords of meaning. Form is the minimum required for anyone claiming to be sporty, but form is also one of the basic conceptual categories of art. So in 2016, an Olympic year (the Rio Games) and a year of football (the Euro championship in France), in reference to one of the predominant figures of art and symbolic objects, form has been mainly round. Round like the globe and the heavens, which, in the gap which separates them, permit


many different games involving balls, various kinds of circles, and countless forms of roundness. Une Forme olympique is a group show, not a mere totting up of works and projects. The artists involved have really “played things collectively”, in an ongoing exchange, with respect for the others, an admirable generosity, and a way of taking the overall idea into account. So, through a very elaborate interplay of passes, they have done things in such a way that the spaces dialogue between them, as do the works, both formally and semantically. And, needless to say, they’ve won! The five artists1 [P. 12-40] invited to produce works, most of them new, for this exhibition, belong to different generations. Of course they have real links with sport and games, but, each in his and her own way, they represent that art tendency which, well removed from any kind of formalism, is very sensitive to the fits and starts of the world, to the social and, more broadly, anthropological foundations of a practice which lies at the heart of human reality and which, through various processes of representation, contributes, versus ambient reification and commodification, to see to it that human beings remain free and conscious subjects of the challenges facing them. A selection of video works2 [P. 54-68], presented on monitors set on eight stands arranged on either side of the North gallery, like those guards of honour that sportspeople like forming, fleshes out the proposal. Last of all, to question this term which is common to art and to sport, and yet so diffe­rent in their actual nature, a set of performances3 [P. 74-84] takes place on the campus.

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1 Gérard Deschamps, documentation céline duval, Éric Giraudet de Boudemange, Dominique Petitgand, and Yoan Sorin. 2 Hervé Beurel, Roderick Buchanan, Édith Dekyndt, documentation céline duval, Massimo Furlan, Taro Izumi, Nøne Futbol Club, and Thomas Wattebled. 3 Jean-Philippe Basello, Éric Giraudet de Boudemange, Yoan Sorin.


Dominique Petitgand was born in 1965. Since 1992 he has been producing acoustic pieces alternating sounds, human voices, silences and noises, either in specific places, and exhibition venues, or during times set aside for listening, either in situ or by way of disks. The term “acoustic” might nevertheless be regarded as somewhat simplistic for describing this infinitely rich and complex oeuvre, which is elliptical, limpid and mysterious, and extremely unusual. It is obviously “acoustic”, but it is equally plastic, insomuch as sound produces space. In this respect, Petitgand shows himself to be a sculptor as much as an architect. Les Ballons is one of the artist’s rare pieces where there is no human voice. It is an acoustic installation for four loudspeakers which, from one to the next, diffuse the sound of balls hitting a wall and bouncing on the floor, then rolling about until they come to a standstill. The sound reveals the contact surfaces, hollow and solid, hard and soft. In the Grange Dîmière at the Cistercian abbey of Maubuisson, where it was installed, the work reminded visitors that the Cistercians sometimes worked out the proportions of their buildings using as a yardstick the acoustic repercussion of the voices of the choir. In HEC’s large Hall of Honour, one need hardly mention that the context is different. In this huge space a-buzz with conversations about the state and future of the world, and its economy and trade, the incongruous noises of the balls, which seem to be being hit by a child who has ended up in the wrong school, function like a rupture, a suspension, a question about space-time, or a grain of sand in the cogs of certainty. In this glass agora, Dominique Petitgand has managed to build walls which, just as much as the architecture, are used for playing, and for those rituals of repetition which form the happy world of solitary children, like the melancholy and boring world of prisoners in the yard where they are confined. If the brief moments of silence seem to give the 93

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premises back their primary function, the resumption of sound reminds us that once we have spent time with certain works of art, nothing will ever be the same again. Gérard Deschamps was born in 1937. In the mid-1950s, he produced a kind of matierist painting which rang out with the final echoes of lyrical abstraction, which he was already endowing with reliefs and textiles, opening it up to the reality of the world. Very soon after the appearance of the New Realists, he joined the movement, in which he felt closer to the poster artists Hains and Villeglé than the “Nice group” consisting of Yves Klein, Arman and Martial Raysse, and the “Swiss group” consisting of Daniel Spoerri, Jean Tinguely and Niki de Saint Phalle. Deschamps thenceforth adopted a “painting without tubes or brushes”, taking from the reality roundabout various objects for which he appointed himself the “ensemblier”—literally “arranger” or even “interior designer”: women’s undergarments, Japanese cloth, patchwork fabrics, US army tarpaulins, iridescent sheet metal (used for jet engines), plastic clothes and toys, and the like. Close, in this respect, to his friends ripping posters off walls, Gérard Deschamps, the youngest of the New Realists, has since remained faithful to the principles and methods of a contemporary Pop Art movement, which he is today still providing with the best works of his youth! Allo l’ympique, a new work devised especially for the exhibition, belongs to one of the most recently developed categories of Deschamps’s oeuvre, the Pneumostructures. These consist in inflatable objects designed for games and the beach, and beach games: balls, buoys, canoes and dinghies, and various animals, with dazzling colours, which killjoys relegate to the dregs of vulgarity and the subculture. Here they act as medium for a novel kind of painting, immediate, cheeky, joyous, random and always surprising. Sometimes


the inflatable objects are exhibited as such, at others they are arranged together in such a way as to form couples or unusual groups, nice monsters created by the slumber of reason. But there is a third method of display, which includes the artist’s proposal for Une Forme olympique: glass walls, at times associated with architecture, as is the case here. The piece on view at HEC is made up of a hundred or so inflatable objects, piled up in such a way as to saturate the corner windows in a student residence on campus. The composition, if we may use this term, corresponds quite broadly to the laws of nesting and volumetric articulations; the power of their chromatic intensity is due to the miracles of chance, and the spell of paint-effects. Yoan Sorin was born in 1982. He was destined for a career as a professional basketball player, but a series of injuries decided otherwise, and forced him to earn a living as a factory worker. It is important, however, to believe in art’s good fairies, because one or two happy circumstances opened the doors of the Nantes’ school of fine arts to him, for studies which he then pursued in Spain and Canada. As both an artist and an exhibition curator, he has made hybridization the leaven and driving force of his projects and his works, where collage has had a central place. In the broad sense of the term, collage, sometimes applied to sculpture and drawing, if not to video and performances, in fact enabled him to knit popular/low-brow culture and high-brow culture together, for better or for worse. Hybridization, ergo. Yoan Sorin turned out to be the grandson of François Pavilla, who was the first French welterweight boxing champion hailing from the Antilles (Martinique), where he was born in 1937. He held the title several times, and died in hospital, where he had been admitted for a common-or-garden eye operation. He was 31. The artist’s latest performances are direct tributes to that almost legendary figure. Si j’existe, je ne suis pas un autre 94

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(Le Quartier, Quimper, 2015) revealed him to the public. His face blackened, the artist delivered head butts and punches to four blocks of clay which, put together, add up to the artist’s weight: 100 kilos. At the end of each fight (art is a combat sport) against matter, he wipes his face with a white towel which he affixes to the wall, showing the imprint of the black marks on his face. Frapper creuser is a new piece which Yoan Sorin is proposing for Une Forme olympique. The performance takes place on the day of the opening. After singing the song for breaking the piñata (a pottery container), from which this action is inspired, the artist, using a knuckle-duster, hits a hanging volume looking like a punch-bag, with the aim of exploding the different layers to let out different materials and objects. Subject to the vagaries of something “live”, the artist has to stop sooner than he hoped because of an injury to his hand. We know that not all fights reach a conclusion. But what does it matter? All that counts is the involvement, and the beauty of the gesture. The well-used bag dangles at the end of its chain; beneath, the heap of fragments ripped from it; on the wall, the knuckleduster, the words of the piñata song held by drawing pins, and, woven together, the hand bandages, and the fighter’s vest. This collection, which can be associated with the proven genre of ruins, now makes the exhibition. Éric Giraudet de Boudemange was born in 1983. After studying at the Paris school of fine arts, he attended Le Fresnoy (National Studio of Contemporary Arts), and then the Rijksakademie in Amsterdam. His sojourns in northern lands would lastingly influence his work, where performance has a central place. The artist is especially interested in traditional games and sports, and collects information about them, like an ethnographer, by means of precise surveys made among sportspeople, collecting stories, and descriptions of practices.


In residence at the Centre régional de la Photographie at Douchy-les-Mines, he discovered a game which miners used to play, and which some tried to preserve after the mines had closed; this is the balk game a minature of the Scottish caber) which is played with bats which, like bowls (boules) or pucks, the player tries to throw and place as close as possible to a post. He has also tried pole-vaulting over canals, an old way of moving about on the Friesland plain in the Netherlands, which has become a national sport. From this ethnological background he takes particular works made up of a performance-related opening and an exhibition organized about it, formed by sampled objects, re-treated in the museum logic. Chroniques du rebond takes as its point of departure the discovery by the conquistadors of the rubber with which the Maya made their balls for games with a lofty cosmic meaning (the ball as a symbol of the sun; the pitch, symbol of the firmament, etc.), but also an economic and diplomatic significance (the game as a substitute for war, for example). It is said that the captain of the losing side was put to death and dismembered, and that part of his body was served up at ritual repasts. Sometimes he was flayed, and the priest would wear his skin. It is this religious origin of ball sports (but also of the whole rubber industry) that is evoked by the piece which Éric Giraudet de Boudemange has devised for Une Forme olympique. A metal drawing in the space suggests a rebound or bounce, and acts as a support for bits of bodies of people who have been flayed, echoing whole bodies, arranged on the ground. Casts of the artist’s body, and these remains also call to mind the naked body of the athletes competing in the ancient Olympic games, and as a result, the Greek origin of western sculpture. Chroniques du rebond is a work which we can access in many different ways, marking a turning-point in the work of this young artist who here achieves a balance between an anthropological background and the 95

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very contemporary form which he gives to things that concern him. documentation céline duval (a name created in 1998 by Céline Duval, who was born in 1974) mainly presents images which are already there, images of other people, family photos, anonymous or otherwise, advertisements cut out from magazines, well-known photographic collections, prints, etc. The huge stock which she has patiently put together since 1998 may be regarded as her preferred medium, the way painting and sculpture are for others; with just this difference, that the representations here are already formed, and so what is involved for the artist is to derive from them the matter and the form of her own work, by reproducing them through digitization, either completely or in detail, by reframing them, restoring them, and organizing them with each other. The world stripped bare by its images, even. The three proposals made by documentation céline duval for Une Forme olympique sum up the current state of her work quite well. Orbes is the visual montage, with neither beginning nor end, of a photograph which the artist has taken from one part of her collection, the one titled “Porteur de ballon” [Ball Carrier], which she has stuck to the poster column opposite the exhibition venue. A form in a round shape, matching the roundness of the body, an immemorial sphere, anonymous, common, and universal. Le Défi/The Challenge is a video consisting of a sequence shot where we see transparent plastic bubbles which are called “zorbing”, inside which there is a person who, when managing to stand upright, successfully walks on water. An old story, as we well know, which expresses both the wonder of challenges and the arrogance of those who always want to go a step further. The round form which is the appearance of this here, also stems from a long story, one of painting in particular, which turns


The Challenge into an implacable work with many meanings. This new piece marks a turning-point in the work of documentation céline duval, insomuch as it is one of her first created images, no longer based on an already existing iconography, but rather on the direct and raw matter of reality. L’Île aux images, extrait 2-7 comes from the Jules Maciet collection, a huge collection of images held in the bibliothèque des Arts décoratifs. This is a diptych formed by two enlarged details of a 19th century print, focusing on round forms: a large ball in midair and a cap that has fallen to the ground. The motif of roundness is here pulled out of a more general scene, in order to become the picture’s subject, thereby indicating the conspicuous importance of the detail. Guard of Honour The arrangement of the monitors and the stands supporting them, installed in the North gallery, slightly restricts the circulation of students and staff, thus conjuring up a guard of honour, a form with which sportspeople, and in particular those involved in team sports, are familiar. Hervé Beurel was born in 1960. Photography is the main tool of his artistic work, imbued with precision and formal rigour, where the urban world has often formed the illustrative stock. Stamped City is a slideshow of 80 photos taken in the city of Split in Croatia, drawing up an inventory of the presence of the logo of the mythical local football club on the city’s walls: an impressive décor, a kind of backdrop, and an ideological landscape. Roderick Buchanan was born in 1965. He is part of a generation of artists from Glasgow who marked the 1990s, people such as Douglas Gordon, Jonathan Monk, Jim Lambie, Jacqueline Donachie, Christine Borland, and Simon Starling. His work focuses mainly on identity issues.

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Chasing 1000 was made in New York. The artist and a friend, in basketball outfits, filmed with high angle shots, with the camera trained on the basket, indulge on this wooden floor in one of the most classic training practices of… football: exchanging headers. Their goal is to reach 1,000. A counter shows the score and returns to zero when the ball (also a basketball) falls. An overlap of sporting cultures: football on a basketball court. Édith Dekyndt was born in 1960. Her extremely subtle oeuvre questions, among other things, our perception of the link between human beings and their environment. This meeting point often tallies, in her work, with the boundaries of abstraction. Slow Object 04 shows a round rubber band which a hand plays with. A hand which is looking for the moon and the rebound of the circle. In very simple terms. An interplay of sphere and lightness of gesture. A silent, aerial ballet. A sporting utopia, a dream. documentation céline duval See former biography [P. 95]. Les Allumeuses are huge videographic and performative ensemble where a hand—the artist’s hand—grabs images one by one and burns them in a hearth, off-screen, although we hear the crackling, while the glow lights the scene. Involved here are images cut out from magazines, often advertisements. The ones that have been used for this video share in common the fact that they contain one or more balls. Other “details” are devoted to the round shape: circle, sphere, hoop, balloon, etc. Massimo Furlan was born in 1965. His work, which is, in essence, biographical (more often than not, autobiographical) is playful, comprised of films, stage plays, and performances, in the broad sense of the term.


Numero 23 is 22 + 1, the extra player, alone on the playing field, without any crowd, or almost, but accompanied by a real sports commentator, so in his own way Furlan reenacts the 1982 World Cup Final between Germany and Italy. At the age of 37, when most players retire, in the fantasized role of a member of the Squadra Azzurra, he realized the dream of the Swiss child of Italian origin that he was. Taro Izumi was born in 1976. He world is fuelled by a sense of the absurd and the futility of things. My Football Hour shows the artist, alone in front of the camera, performing a striptease in which each piece of clothing removed helps to make a makeshift ball with which he makes one or two football gestures. Izumi, who is unabashedly offbeat, indulges here in the celebratory cult of uselessness. Did you say competition? Nøne Futbol Club is a twosome of French artists, created in 2009, whose work focuses on the visual, political and social environment, which they deal with wittily, but not without critical and formal rigour. Work nº 2B: La Tonsure (after Marcel Duchamp) refers us to 1919 (or 1921, the date is arguable), when Marcel Duchamp had his hair tonsured in the form of a star. With a photograph, Man Ray immortalized this iconoclastic and vaguely blasphemous gesture. Almost a century later, the Nøne Futbol Club twosome repeats it, by making a big leap to the football scene. In fact, the French forward Djibril Cissé agreed to undergo the same tonsure and wear it during one of the matches played by SC Bastia, the club he belonged to at the time. Thomas Wattebled was born in 1990. The (essential) sporting part of his work plays with the idea of performance, in art as in sport and life, less through any strict counter-

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performance than by way of a particular sense of fragility. He thus gives space to a work which surfs on the limits—the limits of shapes—of equilibrium and good taste. Who win? is inspired by Pong, an arcade game, and shows a ping-pong match, against a machine (but who, in this particular little game, is the machine and what machine is it?), against the limits of the screen, and against nothing. Absurdity of rebound and bounce, and performance. The futility of victory itself, because in the end of the day this victory turns against the winner. No Place for Losers is an installation that was shown in La Boîte, the video space of Micro Onde, the Onde art centre at VélizyVillacoublay. The work consists of a video in which somebody is trying to get control of a stand and turn it into a podium. In the real space, the object itself serves as a seat for looking at the video. The podium is a sign of an accomplished minimal art; the impossible podium points to the sportsman’s failure. This is where the artist’s challenge lies: finding a place for losers. The idea of an afternoon of performances on the campus of a business school has an odd ring about it to uninformed ears. The performance cult is actually widespread here, be it in learning how to be the best at business, or in practicing the many sporting disciplines which the school’s generous facilities offer. But artistic performances… whatever next! Being Myself by Yoan Sorin involves making bricks from portraits of anyone passing by within range, made using energy, then processed with a document shredder and soaked in a bath. The low wall thus erected can be read as an anti-monument paying tribute to others, in which the faces of passers-by are reborn through the matter. Ground-breaking portraits.


Chroniques du rebond is the performative version of the proposal, with the same title, made by Éric Giraudet de Boudemange for Une Forme olympique. Surrounded by students in cahoots, this is a plunge into overlapping histories of Maya ball games, rebounds of rubber price graphs, and anecdotes of student life. The narrative opened in a school lecture hall, passed through the gymnasium, and then ended at nightfall, in the caves in the grounds, to the pathetic strains of Michel Sardou’s Lacs du Connemara, a festive anthem winding up campus evenings, accompanied by a viola. A journey through centuries, civilizations and contemporary rituals. Le Cours d’Art mArtial was given to a handful of students by Jean-Philippe Basello, on a terrace and in the dojo on the HEC campus. Born in 1988, this artist is the inventor of a practice consisting in transforming forms, in particular artworks, into fighting techniques. From Résistance passive based on Mantegna’s St. Sebastian to the Coup de poing renversé/Backhand Punch based on Done With, a Lawrence Weiner wall drawing, by way of Yves Klein’s Coup du Saut dans le vide/Leap into the Void, Basello develops a broad raft of holds inspired by art historical works. More than ever, art is a combat sport.

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List of exhibited artworks documentation céline duval Orbes, 2016 [P. 41-43] Digital b/w print on “blueback” paper. 378 × 187 cm. Le Défi/The Challenge, 2016 [P. 44-47] Video projection. Length 10’23“. 16/9. No sound. L’Île aux images, extrait 2-7, 2013 [P. 48-49]

Polymer ink print on dibond, single print. 73 × 100 cm. Courtesy Semiose gallery, Paris Les Allumeuses, 1998–2010, 2011 [P. 61] 10’53“. Dominique Petitgand Les Ballons, 2006-2009 [P. 13-17] Acoustic installation for 4 loudspeakers, courtesy gb agency, Paris. Édith Dekyndt Slow Object 04, 1997 [P. 59] 4’03”. Courtesy Galerie Greta Meert, Bruxelles. Éric Giraudet de Boudemange Chroniques du rebond, 2016 [P. 33-39] Installation. Synthetic rubber, steel, poster. Variable dimensions. Chroniques du rebond, 2016 [P. 80-83] Performance. 1h15’. Gérard Deschamps Allo l’ympique, 2016 [P. 19-23] Set of Inflatables. 300 × 725 × 230 cm. Hervé Beurel Stamped City, 2012 [P. 55] Diaporama. Jean-Philippe Basello Cours d’Art mArtial, 2016 [P. 84-88] Performance. 45’.

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Massimo Furlan Numero 23, 2003 [P. 63] 1h42’27“. Courtesy Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris. Nøne Futbol Club Work nº 2B: La Tonsure (after Marcel Duchamp), 2016 [P. 67] 3’34”. Roderick Buchanan Chasing 1000, 1994 [P. 57] 1h31’20“. Taro Izumi My Football Hour, 2009 [P. 65] 5’24”. Courtesy Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris. Thomas Wattebled Who win?, 2011 [P. 69] 1’46”. No place for losers, 2014 [P. 70-71] Video installation, 10’. Wooden module 50 × 150 × 50 cm. No Place for Losers [P. 72-73] Drawings, ink on paper . No Place for Losers, 2014, 42 × 29 cm. Champion,  2016,  70 × 50 cm. Terrain commun, 2015,  30 × 21 cm. Bouquet, 2016, 42 × 29 cm. Yoan Sorin Frapper creuser, 2016 [P. 25-31] Performance and installation, mixed techniques. Variable dimensions. Being myself, 2016 [P. 75-79] Performance, 3h.


Espace d'art contemporain HEC

Remerciements

L’Espace d’art contemporain HEC a été créé en 1999 à l’initiative de la direction générale du campus, sous l’impulsion de Paul Dini, ancien HEC. Lieu de rencontres et d'expérimentation, cet espace bénéficie d'une programmation annuelle proposant des cours, des conférences, des résidences d’artistes, des expositions, des publications. Un parcours d’art contemporain, Vestiges éphémères, jalonne le parc.

L’Espace d’art contemporain HEC et sa directrice Anne-Valérie Delval tiennent à remercier chaleureusement pour leur collaboration franche et constructive ceux qui leur ont fait confiance et qui les ont aidés à mettre en œuvre ce projet : Jean-Marc Huitorel en premier lieu ; les artistes, pour leurs univers plastiques et intellectuels, riches, drôles et décalés ; l'Atelier trois pour sa constance, sa détermination et ses créations ; les équipes techniques et logistiques régulièrement sollicitées. Chacun garde en mémoire les bons moments partagés lors du montage avec Céline, Jean-Marc, Éric, Yoan. Jean-Marc Huitorel tient à remercier AnneValérie Delval, responsable du lieu, sans qui ce projet n’aurait pu se faire, et Hélène Maslard, chargée de production ; HEC et son directeur général, Peter Todd ; l’équipe technique du campus ; les étudiants qui ont participé aux différents événements ; Sophie Auger, responsable de Micro Onde, Centre d’art de L’Onde, à Vélizy-Villacoublay qui s'est associée au projet ; et, par-dessus tout, les artistes pour leur engagement et leur exceptionnelle générosité. Les galeries Greta Meert (Bruxelles), Georges-Philippe & et Nathalie Vallois (Paris), gb agency (Paris), Semiose (Paris). Enfin, merci à Catherine Elkar et à François Piron pour leur relecture attentive de l’essai Sur l’art, le sport, le jeu.

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Colophon Direction de la publication Anne-Valérie Delval Commissariat Jean-Marc Huitorel Responsable de la production Hélène Maslard Traduction Simon Pleasance Relecture Julie Michon Conception graphique et éditoriale Atelier trois, Paris Photographie Stéphane Ruchaud Photogravure Fotimprim, Paris Édition Espace d'art contemporain HEC 1 rue de la Libération 78 350 Jouy-en-Josas Diffusion et distribution Les presses du réel www.lespressesdureel.com info@lespressesdureel.com Impression Achevé d'imprimer sur les presses de l'imprimerie Escourbiac (France), mars 2017.

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Exposition L'exposition Une Forme olympique s’est tenue sur le campus HEC à Jouy-en-Josas, du 22 septembre 2016 au 24 février 2017. Crédits photographiques Sur l’art, le sport, le jeu : P. 11-46 © documentation céline duval Une Forme olympique : P. 13 © Dominique Petitgand P. 28 © documentation céline duval P. 42-43 © documentation céline duval P. 46-47 © documentation céline duval P. 49 © documentation céline duval P. 55 © Hervé Beurel P. 57 © Roderick Buchanan P. 59 © Édith Dekyndt P. 61 © documentation céline duval P. 63 © Pierre Nydegger P. 65 © Taro Izumi P. 67 © Nøne Futbol Club P. 69 © Thomas Wattebled P. 70-73 © Aurélien Mole Toutes les autres photographies : © Stéphane Ruchaud


Profile for Espace d’art contemporain HEC

Une Forme olympique  

Cet ouvrage en deux parties (essais et catalogue) fait suite à l'exposition Une Forme olympique, conçue par Jean-Marc Huitorel et présentée...

Une Forme olympique  

Cet ouvrage en deux parties (essais et catalogue) fait suite à l'exposition Une Forme olympique, conçue par Jean-Marc Huitorel et présentée...

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