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Une allongĂŠe qui survole sa rĂŠvolte


‘‘Triste et violent état d’être seule dans un lit toute la journée. Méandres de la pensée d’une femme. Condition sine qua non pour vivre, respirer. Condition sine qua non pour mourir, ne plus espérer.’’ Étrangement celui qui veut mourir a un corps qui veut vivre. Celui qui veut vivre a un corps défaillant.


1 Crainte, cajolerie, injure, douceur, coup, attouchement affectueux, blessure, doux châtiment, frôlement agrÊable, EUXLWVHFàDWWHULHJLàHSDQVHPHQWŠFKHFLQàLJŠ gentillesse, sÊvices, consolation, humiliation, bienfait, secousse, attention, agitation, soin, brusquerie, dÊlicatesse, choc, caresse, brimade, douceur, excès, apaisement, agressions, mÊnagement, brutalitÊ, ardeur.


OĂš est la part de libertĂŠ? L’autre, lĂ , prend la place et l’Êcrase. Il VRXIĂ HLQVXIĂ HXQDLUGRX[/DFODTXHHVWXQPR\HQWHOOHPHQWUDSLGH d’exprimer sa colère. Elle est faite par la main, instrument du quotiGLHQREMHW WRXWIDLUHTXLVHGLULJHVRXGDLQYHUVODERÂŽWHUŠàH[LYHGĂ–XQ autre, sous les \HX[, près de la boucheRULĂ&#x;FHGHODFRPPXQLFDWLRQ près du nez ...


La caresse vient tourner l’esprit de brutalitÊ. Le vent des arbres transforme ODGHQVLWŠGHVJD]VŠFKDXIIŠVSDUOHVUD\RQVGXVROHLOHQXQHLPPHQVH FDUHVVHJŠDQWH,QFOLQDLVRQGHVUD\RQVŠSDLVVHXUGXQXDJHQDLVVDQFHGX vent. Corps en l’espace, corps meurtri, corps bercÊ.


Vous ĂŞtes tordu de la tĂŞte, vous ĂŞtes biscornu de l’Êpaule, vous ĂŞtes un FUHYŠGHFRQĂ&#x;DQFHYRXVÂŞWHVXQŠSXLVŠGHIDLEOHVVHYRXVÂŞWHVFRQGDPQŠ  votre ĂŠtat. InquiĂŠtez-vous l’heure est grave, laissez-vous abattre, laissez-vous atteindre par vos dĂŠfauts, laissez-vous imprĂŠgner de ce jus de dĂŠsagrĂŠments, c’est un remède dur Ă  digĂŠrer, il passe dans votre mauvais intestin, celui qui rejette, c’est pour cela que cela ne se digère plus. Manger la diffĂŠrence, manger la souffrance, la cuire, la ressortir prĂŞte Ă  une douce vengeance, une douce reconnaissance, preuve de force, sur ceux qui digèrent toujours dans leur bon intestin.


2KSHWLWHßOOHGHODUXHRKJUDQGJ©DQWGHVFKDPSVYRXVFKDUODWDQV MHXQHVHWEHDX[TXHOOHFKDQFHŠWUHO EORTX©GHUUL¨UHXQHIHQªWUH d’hôpital. Vous voit-elle par la fenêtre ou dans son esprit ? Son espritYR\DJHDXWDQWTXHYRXVVLFHQÖHVWSOXV/HEUXLWGHVFDVVHUROHV GHODSRUFHODLQHFDVV©H WHUUHGXG©SODFHPHQWGÖXQHYLHLOOHDUPRLUH 7RXVFHVEUXLWVU©VRQQHQWGDQVVDtête au rythme des passants qui sortent de la ERXFKH de métro au bas de sa fenêtre. Sa ERXFKHDXVVLSHXWVÖRXYULUFRPPHOHP©WUR0DLVLOQÖHQVRUWULHQ TXHGHVPRWVVRUGLGHVGHVPRWVYLROHQWVWDQWODJODFHTXLODV©SDUH GHVDXWUHVHVWLPEULVDLPEULVDEOHV5HVWHUDWHOOHMXVTXÖ ODßQGHVHV MRXUVDXVVLORLQGXPRQGH"(VWHOOHG©M GDQVOHVXLYDQW"6HVPRWVVRQW YLROHQWVPDLVVRQUHJDUGGLWDXWUHFKRVHHWSHUVRQQHQHVÖDYHQWXUH  OHUHQFRQWUHU'RPPDJHLOSDUWLUDDYHFHOOH


8QWDVGHOLQJHSURSUHSOL©VXUVDFKDLVH,OVHQWERQ,ORQGXOHPDLVQH ERXJHSOXV,OSOHXUHGÖªWUHO FDO©DX[DERUGVGÖXQHIHQªWUH FUDLJQDQWGÖªWUHLQYHVWLSDUXQHFRORQLHGÖLQVHFWHV ODUHFKHUFKHGÖXQ OLHXR¹ßQLUVHVMRXUV-DPDLVYRXVQÖHPSRUWHUH]VRQVHFUHW VF©O©UDWVLQFU©GXOHVRXFU©GXOHVGHVVRWWLVHVGXWHPSV(OOHIDLW SHXUHOOHHQHVWIRUWDLVHYHQH]QDUJXH]VDIRUFH&RPPHQWHOOHXQH YLHLOOHIHPPHUDERXJULHFDV©HGDQVOHIRQGGÖXQK´SLWDOIHUDLWHOOH SHXU"3DUVHVPRWVSDUVHVSKUDVHVFDUHOOHVHUDSSURFKH SHWLWVSDV IHXWU©VGXJRXIIUHGHOÖLQßQLTXHVWLRQQHPHQWGHOÖ¢PHKXPDLQH &HUWDLQV\HQWUHQWSDUHX[PªPH'ÖDXWUHVDWWHQGHQWGÖ\ªWUHMHW©V 'ÖDXWUHVIRQWWRXWSRXUOÖ©YLWHU0DLVQRXVWRXUQRQVWRXVDXWRXUQRXV jouons tous avec, à vrai dire. Certains ont un secret, mais devant FHP\VW¨UHQXOQÖDGHIRUFH2XSHXWªWUHVLOÖHQIDQWFDULOHVWLQVRXFLDQW LQFRQVFLHQW$GXOWHVXSSRUWHUFHP\VW¨UHHVWGHYHQXLQWRO©UDEOH


8QWDVGHOLQJHVDOHURXOŠGDQVXQFRLQ8QDPDVGHYÂŞWHPHQWVTXL RQWYŠFX/HWDVO QHERXJHSOXV(VWLOPRUWFHWDVGĂ&#x2013;KDELWV" 'LVVLPXOHWLOXQFDGDYUHGHPRXVWLTXH"<DWLOXQDPDVGHFHOOXOHV PRUWHVDJJOXWLQŠHVGDQVOHVĂ&#x;EUHVGHFHVWH[WLOHV"&HVFHOOXOHVVRQW elles mortes par usure de frottements entre le FRUSV et le vĂŞtement? $EUXWLHHOOHQHERXJHSDVGĂ&#x2013;XQPLOOLP¨WUHVDXIVDERXFKH qui sâ&#x20AC;&#x2122;ouvre RXVHIHUPHSRXUIDLUHGHVVRXULUHVRXGHVJULPDFHV(OOHWURXYH DJUŠDEOHGHVHQWLUOHWHPSVVĂ&#x2013;ŠFRXOHUHWVLKXPLOLDQWGĂ&#x2013;DSSUŠKHQGHUOH WHPSVTXLQHP¨QHTXĂ&#x2013; OĂ&#x2013;HQQXLĂ&#x20AC; vrai dire on ne dialogue pas avec le temps. On dialogue simplement avec lâ&#x20AC;&#x2122;ennui, car le temps, sâ&#x20AC;&#x2122;il est agrĂŠable et doux, on ne le sent mĂŞme pas nous frĂ´ler, caresser notre peau, \LQVFULUHTXHOTXHVPDUTXHVTXHOTXHVULGHV


Pourquoi ne pouvons-nous pas jouer avec lâ&#x20AC;&#x2122;ennui ? Lâ&#x20AC;&#x2122;ennui est un nĹ&#x201C;ud DXPLOLHXGĂ&#x2013;XQĂ&#x;O0DLVOHQĂ&#x201E;XGHVWVLVHUUŠTXĂ&#x2013;LOIDLWSHUGUHOĂ&#x2013;HVSŠUDQFH GHUHMRLQGUHOHPRQGHGHVDFWLIV6LOĂ&#x2013;RQFRXSHOHĂ&#x;OOHĂ&#x;OGHUŠàH[LRQHVW aussi interrompu il faudra reprendre lâ&#x20AC;&#x2122;histoire au dĂŠbut. Quel ennui de SHQVHUTXHVLOĂ&#x2013;RQFRXSHOHĂ&#x;OLOIDXGUDUHPERELQHUOHWHPSVSRXUUHYHQLU au moment initial de la pĂŠriode dâ&#x20AC;&#x2122;ennui. (OOHHVWVXUOHQĂ&#x201E;XG(OOHVHQWTXHFHODWLUHGHFKDTXHF´WŠ(OOHQH YHXWSDVTXĂ&#x2013;LOFUDTXHFHQĂ&#x201E;XGVXUWRXWSDV,OOĂ&#x2013;RFFXSHOXLGRQQHGXĂ&#x;O  UHWRUGUH/DWHQVLRQGDQVOHĂ&#x;OUHVVHUWSOXVOHQĂ&#x201E;XGPDLVOHĂ&#x;OHVWLO vieux? Et le nĹ&#x201C;ud, quel nĹ&#x201C;ud ? Celui qui hisse les voiles du bateau? Celui qui noue la masse de mes cheveux, celui qui rejoint les deux versants de mes chaussures? celui qui raccorde les anses du sac de courses qui me scie les doigts? Elle a le ventre nouĂŠ, la P¢FKRLUH serrĂŠe. Renouer ensemble. Raccorder ses rapports.


(OOHYHXWULUHULUHHWULUHHQFRUHODLVVHUO ULUHHWVÖDUUªWHUTXDQGHOOH YHXW0DLVHOOHDSHXUTXDQGHOOHYRLWTXHTXHOTXHFKRVHOXL©FKDSSH (OOHOHYRLW&ÖHVWODFUDLQWHGHFRQWLQXHU UHVSLUHU€FKDTXHVHFRQGH R¹HOOHDYDQFHHOOHSUHQGGHVULVTXHV Son passé ne lui fait plus peur ; les risques ne peuvent plus lui tomber GHVVXVDXSDVV©/DGRXFHXUHWODWHQGUHVVHGXWHPSVODV©GXLVHQW ODSRXVVHQW IDLUHXQERQGHQDYDQWHW UHODQFHUVDPDFKLQH FRUSRUHOOHXVDJ©H'RLWHOOHHQFRUHOÖDUUªWHUXQLQVWDQW"&HODOXL IDLWSHXUGHUHFRPPHQFHU (OOHFKHUFKHTXHOTXHFKRVHTXLOÖDLGH URPSUH RXEOLHU DYDQFHU 4XHOTXHFKRVH MHWHUFDMROHUFKDVVHUDLPHUSRXUMRXHUDYHFSXLVTXL disparaîsse.


Elle a envie de se faire bercer dans un landau, mais elle s’accroupit pour faire des nœuds à une corde. Elle a envie d’ouvrir une fenêtre, de sauter au travers doucement. La tentation est un pouvoir magique que nous avons tous. Je tente, tu tentes, il tente, nous tentretenons, vous tantrecassez... ils tendront une corde pour venir la cherchez. Simplement il pleut, il pleut partout. Elle aimerait saisir la pluie pour en faire le décor d’une danse macabre. Il faut attendre. Regarder couler. Regarder mourir. Regarder se laver, s’auto-lessiver les éléments naturels entre eux. Il lui semble que chaque goutte qui mouille est une tentacule d’une pieuvre géante qui se venge de ne pouvoir marcher.


Elle pense à s’échapper en déchirant ses draps, les nouant en pans pour DJUDQGLUVRQßOLe nœud raccourci mais agrandi. Le nœud répare mais est source de tension. Ce noeud lui délie l’esprit. Elle voit de faux nœuds, de faux vices. Certains nœuds ornent et ne servent à rien. Ceux là, elle ne les aime pas.


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,OSOHXWGHVàRFRQVGФDYRLQHGDQVVDFDEDQHHOOHSODQH7RXWHVOHV VRQQHWWHVGФDODUPHVRQQHQWHQPªPHWHPSVGHWRXVOHVF´W©VHWHOOHQH parvient à en éteindre aucune. Alors elle plonge par terre, lève à QRXYHDXOHVSLHGVHQOФDLUHWWHQWHSDUFHPR\HQGHVHQWLUVDßQ 0DLVQФ\SDUYLHQWSDV7RXMRXUVVRQcœurE¢W,OSOHXWGHVàRFRQV GФDYRLQHVHWHOOHYRLWMDXQHGDQVVDFDEDQH(OOHYRLWODYLHHQ©FODLUV HQWRQQHUUHHQJUHORWVTXLVФDEDWWHQWEUX\DPPHQWVFLQWLOODQW UHERQGLVVDQW,OSDUD®WTXHPDUGLRXPHUFUHGLFHVHUDßQLHOOHFURLUD DYRLUDWWUDS©OD0DODGLHFHOOHGRQWMDPDLVRQQHJX©ULW


Le sang me monte Ă  la tĂŞte. Pourquoi est-ce que je reste dans cet endroit ? Je pourrais aller plus loin. Je suis comme dans une maison avec des poupĂŠes qui me regardent. Je les regarde Ă  mon tour. Soudain elle sâ&#x20AC;&#x2122;enlise, ses piedsVHJODFHQW(OOHVФHPPÂŞOHOHVcheveux de la tĂŞte au pied(OOHVФHQIRQFHGRXFHPHQWVDQVSRXYRLUVH UDFFURFKHUHOOHVФHQIRQFHDWWLUŠHSDUOHIRQGSDUXQHIRUFHTXLDWWLUH son estomac vers le bas. Il fait noir maintenant, je suis en bas. Mon corpsWUHPEOHPDLVMHQФDLSDV froid. Ma chairVHSRXOHPDLVMHQФDLSDVSHXU-ФHQWHQGVGHVSDV au-dessus de ma tĂŞte. Sont-ils dessus ou dedans ? Ils sont rĂŠguliers. 1RQMHFURLVTXHFФHVWSOXW´WTXHOTXHFKRVHTXLURXOHPDLVTXLVHFRJQH VHFRJQHTXLVHFRJQHFRPPHOHEUXLWGФXQHSRUWHTXLFODTXHFOLFFODF boum.


Sa tĂŞteŠFODWH7URSWDUGHOOHQФDSDVSXODUHWHQLU&ФHVWDPXVDQWHOOH peut reconstituer les morceaux, comme un puzzle, un puzzle reconstituĂŠ Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;aveugle. Elle voudrais remonter, mais pas rationnellement. Elle doit lancer un cri, le lancer loin. Plus le cri est ODQFŠDYHFPLQXWLHHWSUŠFLVLRQSOXVLODGHFKDQFHVGФDUULYHU6RQFUL VФDUUÂŞWHDYDQWGRPPDJH Je suis bloquĂŠe. Il y a des nĹ&#x201C;uds dans mon dĂŠsordre. Pour parvenir Ă  les GŠOLHULOIDXWOHVGŠUDQJHU/HVQĂ&#x201E;XGVVRQWYLFLHX[LOVVФDFFURFKHQW WRXWHV VRUWHVGHFKRVHV,OVФDFFURFKHQW YRVpiedsYRXVHPSÂŞFKHQWGФDYDQFHU vous gluant sur place. Elle est engluĂŠe, depuis plusieurs annĂŠes, elle est agglutinĂŠe devant une cheminĂŠe. Mes yeux regardent ce feu qui crĂŠpite et qui craque, qui rĂŠsonne dans le silence du noir. Mes yeux voient le feu. Le feu me parle, rĂŠchauffe les

pointes de mes piedsPDLVVФŠWHLQW Soudain elle se souvient.


Des sanglots loufoques coulaient le long de son bras, le bruit des violons grinçants rĂŠsonnait calmement au plus profond de sa gorge. Les doigts rapprochĂŠs en pointe, elle tapotait rĂŠgulièrement au hasard de ce quâ&#x20AC;&#x2122;elle rencontrait. Elle sautillait et se tordait les doigts de piedsHQULJRODQW7RXWDOODLWGŠM PLHX[(OOHVHPEODLWWHQGUH lâ&#x20AC;&#x2122;oreille pour se raccrocher au train sombre de la vie. Sa dĂŠmarche courbĂŠe, elle ĂŠcoutait. Elle ĂŠcoutait, vive et estomaquĂŠe ce que son esprit allait lui rĂŠpondre. Elle voulu danser pour faire sortir le son de sa tĂŞte. Tout vibre tout tremble, tel un concert de radiateurs, de radiations, avec un moteur qui les entraine. 6RXIĂ HVRXIĂ HVĂ&#x2013;DFFŠO¨UH8QHPXOWLWXGHVĂ&#x2013;HQIXLWFĂ&#x2013;HVWODGŠEDQGDGH 8QU\WKPHGHQRVWDOJLHVĂ&#x2013;LQVWDOOH8QHGDQVHFRPPHQFHHOOHEDWLIROH SHUVŠY¨UHHOOHQRXVSUHQGVDQVQRXVHQODLVVHUOHFKRL[HWVHWHUPLQH XQ PRPHQW8QHJRXWWHGHVVRQVFRQWLQXHQWGRXFHPHQW8QSHWLWFULVVHPHQW sâ&#x20AC;&#x2122;approche. &Ă&#x2013;HVWLQĂ&#x;QLHOOHYRXGUDLWTXHFHODVĂ&#x2013;DUUÂŞWH(OOHVĂ&#x2013;HQYDKLW AĂŻe... Le son aigu la gĂŞne. Il reste lĂ , en haut, nâ&#x20AC;&#x2122;accepte pas de tomber


malgrĂŠ sa volontĂŠ. Du silence... Merci. &ROODQWHDEVRUEŠHSDUULHQFRQĂ&#x;QŠHSDUWRXWHOOHIU´OHOHUHERUGGHVRQ lit. Elle se maintient, se couche les pieds au ciel. Elle ne soupçonne pas une seconde ce qui lui arrive. Elle est bloquĂŠe entre une pile de papiers et une autre de pensĂŠes. Celle de papiers est dense, dĂŠlicatement entreposĂŠe près de la fenĂŞtre de manière Ă  pouvoir capter chacun des battements de nageoire des poissons. Sa pile de pensĂŠes ressemble Ă  un mollusque en dehors de sa coquille qui se prĂŠlasse. Elle est apparemment bien installĂŠe, chacune des parties de son corps peut respirer. Pourtant, son plafond lui fait mal, il lui interdit de sâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠlancer. Elle sent le poids de lâ&#x20AC;&#x2122;eau sur son dos et ne peut percevoir ce que lâ&#x20AC;&#x2122;eau fait sur sa peau. Si elle ferme les \HX[ et quâ&#x20AC;&#x2122;elle les rouvre GHPDQL¨UHVRXGDLQHFRPPHSRXUVXUSUHQGUHFHOXLTXLQHFUR\DLW SDVÂŞWUHSULVHOOHHVWH[DFWHPHQWV\VWŠPDWLTXHPHQWWRXMRXUVO (OOH aurait aimĂŠ au moins se dĂŠplacer dâ&#x20AC;&#x2122;un milli-centimètre.


3


Elle sâ&#x20AC;&#x2122;ennui. Câ&#x20AC;&#x2122;est le moment pour savoir ce dont elle a le plus envie. Il faut chercher la rĂŠponse au fond de toi, sâ&#x20AC;&#x2122;entrainer Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;entdendre. Ă&#x20AC; ne MDPDLV ŠFRXWHUVHVHQYLHVRQVHVHQWWRXMRXUV F´WŠGHFHTXHOĂ&#x2013;RQ aimerait ĂŞtre. Elle sâ&#x20AC;&#x2122;inquiète, le temps est constant, il lâ&#x20AC;&#x2122;attend. Le temps, lui, nâ&#x20AC;&#x2122;oublie rien, mĂŞme pas la faute quâ&#x20AC;&#x2122;elle avait inscrite, petite, quand la maitresse GHPDQGDLWGHFRQMXJXHUOHYHUEHYLHLOOLUToi, tu as oubliĂŠ, pourtant elle sâ&#x20AC;&#x2122;est inscrit dans le temps.


(OOHQHVHG©SªFKHMDPDLVTXHORUVTXHOÖ©FK©DQFHHVWSDVV©H$XOLHXGH patauger paisiblement comme ceux de derrière, elle range un désordre SURIRQGGHIUDJPHQWVGÖLQWXLWLRQVTXÖHOOHQÖDUULYHMDPDLV FRPEDWWUH Elle se met à pleurer. La consoler serait se mettre dans un état de détresse qui pousserait à agir avec pitié, et à sauter à piedsMRLQWVGDQV le même sac troué qu’elle. Elle se sent comme un verre-de-terrain-bleu-sans-pattes-ni-ressorts, qui défait les nœuds des arbres et arrose du bout des doigts des cactus K\SRFRQGULDTXHV


Ration, vidons, volons, perdons, sillon, RXUDJDQMDJXDUVĂ&#x;QFHUFOHFRQFOXsion, persĂŠcution, averse, incorporation, inversion, agencement, idiotie, perturbateur, investissement, congruence, LQVROHQFHYHUUHGHWHUUHLQĂ&#x;OWUDWLRQ gestion, mariage, coqueluche, bulle, renfoncement, inquiĂŠtude,


ŠYLGHQFHVXEYHUVLRQDP¨UHHQJHQGUHU connaÎtre, involontaire, incroyable, grisant, conçu, overbookÊ, allÊger, record, DXVVLW´WVDSHUOLSRSHWWHDYHFQRQFKDlant, couche, serein, glousser, Êtiqueter, arriver, ripaille, agrandir, Êreintant, SORXIàRWFRQMRLQWŠSRXVWRXàHUPDLQtenant... vie courte, retrouver, foncer,


looping, fou, jambe, avaler, oser, ligner, ne pas ĂŞtre content, sortie de secours, ĂŠvincer, accumuler, aspirer, entrouvrir, boum.


(OOHDLPHUDLWTXФLOQHLJHTXHWRXWVRLWUHFRXYHUWGHEODQFGHVLOHQFH GHIURLG4XHFKDFXQUHVWHGDQVVDKXWWHHWTXHGHVWUDFHVGHSDV VФLQVFULYHQWVXUOHVROSRXUUDFRQWHUWUDKLUOHVG©SODFHPHQWVGHVJHQV (WSXLVOHOHQGHPDLQFHVHUDLWRXEOL©(OOHDLPHUDLWTXФLOEURXLOODUGTXH SHUVRQQHQHYRLHSOXVULHQGHYDQWVRLTXHODYLHVRLWUDOHQWLHTXФHOOH ODLVVHSOXVGHSODFHDXKDVDUGGФXQHUHQFRQWUHQui fonce sur son autoURXWHQHYRLWSDVFHTXLOФHQWRXUH(OOHDLPHUDLWUHVSLUHU QRXYHDXOHV QXDJHVSRXUJR»WHUODVDYHXUGHODYLH(OOHDLPHUDLWTXФLOSOHXYHGHV OLWUHVGФHDXTXHODYLOOHVRLWXQUXLVVHDXTXHOHVKDELWDQWVVФ\EDLJQHQW DYDQWGФDOOHUDXERXORW(OOHDLPHUDLWTXФLO\DLWGHVJHQVTXLQRXV IDVVHQWWUDYHUVHUGФXQHULYH OФDXWUHTXHOHGHVVXVGHVYRLWXUHVVRLW GHVURFKHUVVXUOHVTXHOVVHSRVHU4XHOФHDXYLHQQHODYHUWRXWFHTXLQФD SDVOLHXGÃ&#x2013;H[LVWHU(OOHDLPHUDLWTXФLOWHPSªWHTXHOHYHQWVRXIàHGDQV VRQRUHLOOHODU©SRQVHTXHQRXVVR\RQVUHWHQXVSDUOHVEUDQFKDJHVGHV DUEUHVVDQVTXRLQRXVSDUWLULRQVORLQORLQGDQVXQHDXWUHFRQWU©H &HUWDLQVVRQWSDUWLVHWUHVWHQWORLQ(OOHDLPHUDLWTXHODWHUUHERXJH TXHWRXWWUHPEOHTXHWRXWVHG©VRUGRQQHSRXUQRXVODLVVHUDQRXYHDX


UHSHQVHUOФRUJDQLVDWLRQGHODYLH(OOHDLPHUDLWTXФLOIHXTXФLOFKDXIIH TXФLOEU»OHTXHODYLOOHGHYLHQQHQRLUHHWTXФXQHDXWUHFLYLOLVDWLRQQDLVVH DLOOHXUV2XDORUVTXHOHIHXYLHQQH©WHLQGUHOHVXSHUàXTXLQRXV HPSDTXHWWHTXHOHVFKRVHVVDQVYDOHXUEU»OHQWHWSXLVOHOHQGHPDLQFH VHUDLWRXEOL© (OOHQHVHVHQWSDVVHXOH(OOHDOÃ&#x2013;LPSUHVVLRQTXÃ&#x2013;XQHIRXOHOÃ&#x2013;©FRXWHXQH IRXOHGHIRXUPLVHWGÃ&#x2013;RLVHDX[/HVRLVHDX[GRLYHQWOÃ&#x2013;HQWHQGUH(OOHGRLW OHVG©UDQJHU(OOHSRXUUDLWFKDQWHUDYHFHX[PDLVSDUIRLVHOOHFKDQWH WURSIRUWQHVÃ&#x2013;DGDSWHSDV HX[(OOHUHSUHQGFHTXÃ&#x2013;HOOHDDSSULVGDQVOD YLHDYHFOHVKRPPHVHWOÃ&#x2013;LPSRVH ODQDWXUH2URQQHOXLDSDVDSSULVOD GDQVHDORUVHOOHGDQVHFRPPHHOOHYHXW 2QOXLDDSSULVODSDUROHHOOHQHSHXWSDVVÃ&#x2013;LQW©JUHUSDUPLOHVRLVHDX[ &Ã&#x2013;HVWIRXWX"1HSRXUUDWHOOHMDPDLVOHVFRPSUHQGUH"(VWFHWURSWDUG" 0DLVERQVDQJ2QQHOXLDPªPHSDVODLVV©OHFKRL[(OOHHOOHDXUDLW SU©I©U©SDUOHUDYHFOHVRLVHDX[PDUFKHUFRPPHOHVJUHQRXLOOHVªWUH QXHHWPRXLOO©HFRPPHOÃ&#x2013;KHUEH


(OOHPDQJHUDUHPHQWMXVTXĂ&#x2013; HQDYRLUOHYHQWUHSOHLQ,OOXLDUULYH GĂ&#x2013;DYDOHUGHVQXDJHV(OOHO¨YHOHV\HX[HWYRLWGXEODQF8QFLHO EODQF"2XLEODQF0DLVOHFLHOHVWEODQFHWGHUUL¨UHOĂ&#x2013;XQLYHUVHVWQRLU" 6LHOOHPHWOHVPDLQVGHYDQWVHV\HX[HOOHQHYRLWSOXVSHQGDQWXQH VHFRQGHFHWWHFODUWŠ&HEODQFH[LVWHVDQVHOOH(OOHSOHXUHXQHlarme FRXOHVXUODPRQWDJQH(OOHYROHGDQVOHYLGHHOOHHVWDVSLUŠHHOOH WRXFKHOHVQXDJHVHQĂ&#x;Q,OVVRQWSOHLQVVHQWHQWOŠJHUS¨VHQWEODQFHW OHXUWHLQWHODUHQGKHXUHXVH ÂŤDis, tu ne pourrais pas nous en envoyer?{1RQ ÂŤCâ&#x20AC;&#x2122;est si simple dâ&#x20AC;&#x2122;en mettre un petit bout dans ta poche, Ă  condition quâ&#x20AC;&#x2122;elle ne soit pas trouĂŠe...Âť 1RQ Quâ&#x20AC;&#x2122;est-ce que les nuages pourraient changer dans votre vie? Nous vivions bien sans y penser. Peut-ĂŞtre nous bercent-ils ?(OOHYRXGUDLWHQUDSSRU WHUXQPRUFHDX2QQHSRXUUDLWULHQIDLUHDYHFLOVHUDLWMXVWHSHUPLVGH OĂ&#x2013;DLPHU


EstomacsàŠWULVSDUOHWHPSVIntelligencesUHPSOLHVGФLGŠHV prĂŠconçues. Je vous en prie, emmenez-moi oĂš vous voudrez, loin du monde, de ce monde de terre et de sable, de blouses et de PŠGLFDPHQWV/DPDFKLQHGXYHQWTXLVRXIĂ HHWGHODPHUTXL VФDJLWHPHĂ&#x;JH-HGŠWHVWH§D&HVHVS¨FHVGФDUEUHVIHXLOOXV aux couleurs dĂŠlavĂŠes perdant leurs particules chaque automne PHGŠJRXWH-ФDLPHOHGŠJDUQLOHFKDXYHOHSDOPLHUOHGŠVHUW TXRL/HFKDXGRXOHIURLGOФH[WUÂŞPH


Entre phobie et folie, un chemin se trace paisiblement. Vous voyez les gens qui marchent dans la rue, ils vacillent, à chacun de leurs pas, entre la phobie et la folie. Un coup à droite, un coup  JDXFKH/ФH[WUŠPLVWHVHPDUJLQDOLVHOHFHQWULVWHVHPŠGLRFULVH $K6LVXEWLOHHVWODYLHVLGXUHHVWODMXVWHVVH WURXYHUGHYDQWOD YŠULWŠ-HGŠFOLQHHWPФLQFOLQH


)LQGĂ&#x2013;XQHSDUWLH3RLQWĂ&#x;QDOGXUDQWWRXWHXQHSL¨FH Câ&#x20AC;&#x2122;est ce vers quoi nous tendons tous,HWSRXUWDQW SDUIRLVHOOHDUULYH OĂ&#x2013;RXEOLHU SHQVHUDXWUHFKRVH &RPPHQWIDLWHOOH? Je vole tandis TXĂ&#x2013;HOOHVXUYROH


Fleurs fanĂŠes, espaces intĂŠrieurs, chemins vus de haut, rencontres entre des matĂŠriaux familiers, allusion au temps, Ă  la vie qui sâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠcoule avec les bougies. Allumette, cĂ´tĂŠ fĂŠminin par la couture, le prĂŠcieux, lâ&#x20AC;&#x2122;allusion Ă  la Ă HXUFĂ&#x2013;HVWOHFDQHYDVGHYLHGHVWUDFHVGHVFRXSVGHVFLFDWULFHVQRXV JDUGRQVWRXW6DOLVUHPSOLVSOHLQVGĂ&#x2013;DXWUHVIRLVYLGŠVWURXŠV 8QHĂ HXUHVWTXHOTXHFKRVHGHIUDJLOHTXLPHXUWYLWHXQHIRLVGŠUDFLQŠH fragile comme une femme, autoportrait de femme peut-ĂŞtre....de petit rien, de petite chose que lâ&#x20AC;&#x2122;on jette tout le temps sans les regarder.


Claire-Marie Brochard


Conçu et réalisé, autour d’un travail d’écriture animé par Anna Boulanger, et du workshop « reliure » d’Annie Robine. ARC Errances 2013-2014 EESAB Rennes.


Survolté allongée  

Livre « texte » de Claire-Marie Brochard Arc Errances 2013-2014 EESAB site de Rennes

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