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Amateur et jeune cheval : préparer sa saison

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JEAN-LOUIS SAUVAT

Photo OT. Fontainebleau

Ecurie de chambly HORSEBALL

he Bricot

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VAGABONDAGE

avec les conseils de Thomas Carlile, Guillaume Recoing et Nicolas Delmotte

Photo Christop

pourquoi, comment ? CLUB HOUSE

Photo Claude Bigeon

Photo Guillaume Grégoire

Sommaire

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Photo Dirk Caremans

choisir un lieu de retraite pour son cheval

equizen

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SOMMAIRE 6 Plein les yeux 12 Vie de VIP 20 News 26 En route pour 2014 30 T’engages où ? cagnes-sur-mer 34 Micro ouvert virginie atger 38 Un jour, un métier marechal-ferrant 44 C’est mon coach qui le dit i sabelle judet 60 Ca se passe à poney angie vasallucci

Knoll

64 Race de sport oldenbourg  Photo Eric

68 Histoire d’amateur thibault blanchard

cheval de tê te

2 Exercice de style 7 mathieu lemoine 74 L’équiper, s’habiller 82 Vrai faux du véto l’endotoxémie

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92 Brèves et livres

lesbos

94 Vu sur le net

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2 posters en cadeau !

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fontainebleau

ricot hoto C.B

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UN WEEK-END A

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Pourquoi, comment ?

La saison de compétition du jeune cheval Texte Eric Fournier

En fonction de l’âge du poulain, de son potentiel, de son histoire et des objectifs, chacun a sa recette pour former un jeune cheval. Il y a cependant quelques bases incontournables qu’il doit intégrer et des étapes à respecter. Comment procèdent Thomas Carlile, Nicolas Delmotte et Guillaume Recoing, reconnus pour bien préparer un jeune cheval sur les épreuves d’élevage de complet, obstacle et dressage ?

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n faisant l’acquisition d’un jeune cheval, vous avez sans doute réfléchi bien en amont au temps à consacrer à votre projet sportif. En semaine ou en week-end ? Partir sur deux jours en Cycle Classique ou progresser un tour après l’autre le week-end ? Cette première question renvoie directement à votre organisation personnelle. Vous êtes étudiant, autonome, organisé, vous pouvez peut-être faire l’impasse sur une matinée de cours ou un rendez-vous pour une épreuve en Cycle Classique en milieu de semaine… mais est-ce la bonne solution  ? D’autant que la qualification pour Fontainebleau en requiert des tours en Cycle Classique, des kilomètres et du temps ! Guillaume Recoing, au Haras de Hus, nuance cependant : « en dressage, on peut qualifier un 4 ans pour Saumur en une seule reprise ».

A son rythme en Cycle Libre

Vous êtes dans un cadre moins souple avec des horaires contraignants, les épreuves du Cycle Libre le samedi et/ou le dimanche paraissent plus adaptées, mais elles sont moins nombreuses. Par contre, le niveau de gains requis pour les finales nationales de Fontainebleau est plus accessible. Les épreuves du Cycle Classique comptent davantage d’engagés, parfois jusqu’à une centaine de 4 ans suivant les régions, mais offrent une certaine souplesse pour avancer son ordre de passage et filer ensuite vers ses

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Photo Eric Knoll

EN THEORIE : Cycle Libre ou Classique ?

Former sans d obligations. Pas de remise de prix. L’environnement est pro. On y parle origines, élevage et on compare les productions des étalons confirmés ou nouveaux venus. Les cavaliers en profitent pour faire du commerce, une de leurs priorités. En Cycle Libre, un amateur va à son rythme. Il exploite généralement son unique cheval et focalise toute son attention sur lui. « S’il a fait une douzaine de tours à 4 ans, entrecoupés de pauses tous les quinze jours, un poulain aura appréhendé toutes les configurations de parcours et engrangé suffisamment d’expérience pour la suite de sa carrière », estime Nicolas Delmotte. Et s’il bichonne son cheval pour se faire plaisir, un amateur ne cherche pas forcément à vendre son protégé. C’est bien le long terme qui l’intéresse. L’achat d’une vie. Le déplacement en concours du Cycle Libre est LE grand jour de la semaine alors qu’un pro ne cesse de naviguer de Cycle Classique en CSO nationaux presque cinq jours par semaine en pleine saison. C’est son métier.

nisée par génération, pour des parcours très progressifs, avec des contrats de foulées plus aisés en fonction de l’expérience de votre cheval, «  Cycle Libre 1re, 2e ou 3e année  ». Les côtes sont également progressives et ne dépassent pas les 115 cm sur des épreuves de 6 ans. Les obstacles sont appelés, sautants et incitent le cavalier amateur à ne se concentrer que sur le bon tracé, la cadence. Un peu de rigueur, car il en faut. Une fois ces données intégrées, la confiance du couple se consolide et permet de bien débuter une complicité. On ne cherchera pas systématiquement les grosses primes en Cycle Libre, mais plutôt la satisfaction du parcours bien réalisé. N’estce pas ce qui prime quand on est amateur ? Ambiance toute aussi sérieuse en Cycle Libre, mais c’est le week-end. Détendez-vous. Votre coach vous rassure. No stress. «  Seul point commun, tout ça se gère  », ajoute Thomas Carlile, qui donnait l’an dernier onze engagements à son 4 ans Vika’s entre mi-mars et miseptembre et treize à sa 6 ans Birma.

Des cotes et obstacles adaptés

Se hâter lentement

D’un point de vue pratique, vous serez sûrement moins nombreux en Cycle Libre, environ une quinzaine de partants par épreuve orga-

Débuter un jeune cheval requiert de la préparation. Les professionnels interrogés recommandent de la méthode, du bon sens, des

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s déformer

Photo Les Garennes

A 7 ans, le cheval pourra exprimer son potentiel s’il a été préparé avec méthode. Ici Nicolas Delmotte et Shaman du Yam’s* Un Prince.

Guillaume Recoing et Wodan, 4 ans en 2009. A cet âge, on recherche contrôle et dynamisme.

exercices simples et progressifs qui privilégient l’intégrité physique du jeune cheval et son équilibre mental. «  Pas forcément des choses compliquées, insiste Guillaume Recoing. Mais des mouvements bien exécutés sans renoncer. » La Société Hippique Française (SHF) a conçu le circuit du Cycle Libre dans cet objectif. Autant l’utiliser. C’est une bonne école, qui prépare aux épreuves amateurs dans lesquelles intervient ensuite le chronomètre lors des barrages.

EN PRATIQUE : « Il faut  é - qui - li - brer ! »

Pour gagner les 6 ans avec Ténarèze et les 7  ans avec Sirocco du Gers au Mondial de complet du Lion d’Angers l’an dernier, Thomas Carlile a appliqué des principes simples. «  J’ai voulu une progression raisonnée.  » Il prône la mise en avant dès l’âge de 4 ans avec « un cheval bien posé sur son mors », la stabilité à 5 ans « … avec plus de dressage que de saut » et une année de 6 ans « qui sollicite davantage de rigueur. C’est la base ! Je veux des chevaux bien dans leurs baskets,

Photo Guillaume Grégoire

Thomas Carlile : « En cercle, mais sans tourner en rond »

Thomas Carlile et Sirocco du Gers, vainqueur du Mondial des 7 ans. Pour aider les jeunes chevaux à trouver leur équilibre, il est bon de les sortir sur des CSO avant d’attaquer les obstacles fixes. 15

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C’est mon coach qui le dit

Isabelle Judet Texte Amélie Thibot- Photos Eric Knoll

L’équitation comme psychothérapie Pour Isabelle Judet, l’équitation n’est pas uniquement le travail du cheval, c’est aussi, et peut-être surtout, un travail sur soi. Des bases de l’équitation à la notion de légèreté, la juge internationale de dressage nous donne son point de vue sur sa discipline et son sport.

Travailler sur soi

On peut être un bon cavalier à tous les niveaux, à poney ou en Amateur aussi bien qu’en Grand Prix. Etre un bon cavalier, ce n’est pas uniquement, ni même forcément, avoir des résultats en compétition. Il s’agit plutôt d’être capable de travailler avec son cheval sans violence. Or, pour cela, chaque cavalier doit s’observer et se connaître soi-même. Il me semble que l’équitation, et plus encore le dressage, du fait de la discipline qu’il requiert, est très révélateur de qui l’on est. Tout ce que l’on est en tant que personne est forcément décuplé à cheval. Les personnes agressives le seront avec leur cheval, les frustrées auront du mal à accepter de ne pas obtenir ce qu’elles veulent avec leur monture, etc. Or on ne peut pas se permettre de se comporter ainsi si l’on veut être un bon cavalier. Le comportement, l’état d’esprit, la tension musculaire, tout cela a une influence directe sur le cheval.

Garder la notion de plaisir

Pour être efficace, il faut être à l’écoute et être uniquement dans le plaisir, même si l’on ne parvient pas tout à fait à ce que l’on souhaite. Etre capable de se dominer totalement, et être toujours à un niveau de concentration maximum, quel que soit le niveau, voilà ce qui fait un bon cavalier. On dit souvent que l’équitation permet d’oublier tout le

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reste, et c’est vrai, grâce à cet état de disponibilité absolue dans lequel on doit être, non seulement vis-à-vis du cheval, mais aussi du coach. La confiance doit être totale pour pouvoir se laisser guider. C’est pourquoi l’équitation se révèle être une psychothérapie de premier ordre. Il faut faire un gros travail sur soi-même avant de pouvoir travailler son cheval. C’est un véritable cheminement de sagesse.

Focaliser sur la position

Selon moi, la base des bases, c’est la position. On ne peut pas être efficace à cheval sans une bonne position. Quel que soit le niveau du cavalier, si je constate un défaut de position, je ne lâche pas tant que je n’obtiens pas ce que je veux. C’est indispensable et non négociable. Il n’y a pas d’exercice de mise en selle que je puisse conseiller, car chaque cavalier est différent. Pour certains, il faudra travailler le bas du corps, pour d’autres ce sera les épaules ou les bras. La position est importante à tel point que l’on doit se concentrer dessus à 100 %, et chercher à atteindre la perfection en tous points. Chaque détail de la posture a une influence sur le cheval, des doigts à la tête en passant par les hanches et les chevilles.

Travailler le cheval tel un instrument de musique

J’explique aussi, si ce n’est pas déjà compris, toute la difficulté du dressage. Il faut aimer les chevaux, ne pas les considérer comme des mobylettes et en aucun cas les perturber. En équitation, on obtient quelque chose grâce au cheval, mais c’est à cause du cavalier quand ça ne va pas. Il faut toujours garder ça en tête. C’est pourquoi je ne peux

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A gauche et page suivante, Isabelle Judet - tout juste nommée présidente du jury de dressage aux prochains Jeux Equestres Mondiaux en Normandie - coache sa fille Camille, à la maison comme en concours, ici avec Rehus’Hit Grand Champ.

« Je ne peux pas considérer ce sport comme un loisir. Cela nécessite trop de concentration, de technique, de rigueur et de self-control. »

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Cheval de tête

Lesbos

Texte Bénédicte Crabouillet

Sa Majesté du complet français

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Lesbos, le cheval de tête de Nicolas Touzaint, galope sur le devant de la scène du complet international depuis les championnats d’Europe 2013 de Malmö, en Suède, grâce à sa médaille de bronze par équipe. A 15 ans, ce Selle Français hors du commun commençait enfin sa carrière, entrecoupée de trop nombreuses blessures...

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algré mon nom aux références féminines, je suis un cheval que l’on doit appeler «  Monsieur  », pas question de me traiter avec indifférence ou manque de respect. J’estime que je suis un lord, d’ailleurs ma naisseuse l’a tout de suite compris. « Lesbos a toujours eu beaucoup de personnalité. Il a été facile à débourrer, mais c’était au box ou dans le camion qu’il fallait se méfier », raconte Marie-Christine Walewska de Rougé, dont l’élevage de la Grande Renaudière est en Vendée, à la Gaubretière très précisément. Nicolas Touzaint confirme  : «  On n’entre pas brusquement dans son box, il faut s’annoncer, sinon, il vous fait ressortir rapidement. » Parce que vous entrez sans frapper dans la chambre d’un prince, vous ?

Photo Eric Knoll

Un lord au grand cœur

Je suis issu d’une grande famille : mon père Yarlands Summer Song fut champion de France de complet avec Marie-Christine Duroy, notamment en 1996, 1998 et 1999. Ma mère, Tchernaia, a mis au monde une vingtaine de poulains chez Madame Walewska, qui dit toujours que «  tous ses produits ont réussi  ! C’était une excellente poulinière et Lesbos a tout de suite montré de grandes capacités, il se déplaçait très bien. En plus, il était un très joli poulain et quand les Chakil l’ont vu (ses actuels propriétaires, ndlr), ils ont tout de suite voulu l’acheter. Ce fut un véritable coup de cœur. » Evidemment ! Nicolas dit d’ailleurs de moi que je ne suis pas un cheval comme les autres. Il paraît que j’étais très chaud quand il m’a récupéré à 5 ans. A l’époque, j’étais encore entier et je faisais du saut d’obstacles chez Frédéric Busquet, aux Ecuries d’Ellipse, en Loire-Atlantique. Nicolas s’en souvient : « Les origines de Lesbos laissaient penser qu’il serait bon en complet, donc on m’a proposé de venir l’essayer. Je l’ai trouvé difficile, mais M. Chakil m’a dit de le prendre chez moi. Pendant une semaine, à la maison, il a montré des capacités incroyables pour le complet, mais il était très

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Teaser magazine Sports Équestres Mars 2014