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4ème Trimestre 2009 I Numéro 8

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A vos masques... Prêts, Partez !

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Ne pas se laisser surprendre

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Sommaire 4ème trimestre 09 I Numéro 8

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Tableau de bord

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Vie des entreprises

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Investir

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Juridique

La pandémie se confirme

Pandémie ou pas, la santé des entreprises ne s’arrête pas !

Mieux vaut prévenir que guérir

Le Code du Travail sort indemne

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Emplois et Santé

Techniques

Organisations

J’ai... Tu as... Il a... Nous avons la grippe

A vos masques... Prêts, Partez !

Ne pas se laisser surprendre

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11 à 16

Clin d’oeil

24 h avec... ... Vincent

Territoire de Santé

PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord

Ergonomie

Tout est une question d’ambiance !

Dossier

H1N1 : Le travail Ç grippé »... au niveau mondial ? 12 Interview du Pr. Philippe AMOUYEL

14 Qu’elle vienne cette fameuse grippe !

13 Informations générales

15-16 Grippe A (H1N1) (fiche détachable)


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Édito

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N°8 I 4ème trimestre 09

ntreprise et Santé a décidé de vous livrer un numéro spécial, consacré à la grippe A(H1N1).

Entreprise et Santé Le magazine des Services de Santé au Travail du Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Numéro diffusé gracieusement aux entreprises des services adhérents (voir dernière page de couverture)

Les rubriques habituelles de votre magazine de Santé au Travail permettent de faire le tour de la question : les chiffres de base, avec le Tableau de Bord, les coûts, avec la rubrique Investir, le droit avec la rubrique Juridique, la conduite à tenir avec la rubrique Emplois et Santé.

Contact : entrepriseetsante@nordnet.fr Les éditions de l’encre vive Tél : 03 20 14 07 77 Fax : 03 20 14 06 16

Faut-il acheter des masques, et lesquels ? La question est abordée dans la rubrique Techniques. Comment préserver l’activité de l’entreprise ? Des pistes sont ouvertes dans la rubrique Organisations.

Co-édité par : C.I.S.S.T. Centre Inter-Services de Santé au Travail 118 rue Solférino BP 13 65 59 015 Lille Cedex Tél : 03 20 57 43 14 www.cisst.fr G.I.S.S.E.T. Groupement Inter Services Santé Et Travail 79 rue Jean Baptiste Lebas BP 185 62 404 Béthune Cedex Tél : 03 21 01 65 36 www.gisset.org Directeur de publication : Raphaël Mulliez Comité de rédaction : Alain Cuisse, Dr Didier Debarge, Bruno Decherf, Louis-Marie Hardy, Jean-Jacques Léger, Dr Alain Moniez Conception : Dr Matthieu Méreau, Méthodes et Médiation, Lille Cabinet Sarah Leuridan, Roubaix Responsables de rédaction : Matthieu Méreau, Sarah Leuridan Equipe rédactionnelle : Matthieu Méreau, Sarah Leuridan, Amandine Le Comte, Séverine Lhomme Création maquette : Séverine Maka, Cabinet Sarah Leuridan Crédit photos : Purestockx, Fotolia Coordination, Fabrication, Diffusion : Les éditions de l’encre vive 71 boulevard Montebello 59 000 Lille Tél : 03 20 14 07 77 Fax : 03 20 14 06 16

Dans le dossier central, des explications générales vous sont fournies. Merci au Professeur Philippe AMOUYEL, professeur de Santé Publique et directeur général de l’Institut Pasteur de Lille, d’avoir accepté de répondre à nos questions. A diffuser : la fiche détachable qui vous donne des conseils pratiques. Au recto : le fonctionnement en mode dégradé. Au verso : la protection de la santé de votre personnel. Toutes ces informations sont complétées et actualisées sur le site www.entrepriseetsante.com. La Santé au Travail, ce n’est pas que la grippe. La rubrique Vie des Entreprises livre des témoignages d’actions réalisées en milieu de travail. Les thèmes sont extrêmement variés. La rubrique Ergonomie aborde les questions d’ambiances.

Votre opinion nous est nécessaire pour améliorer ce magazine. Merci de répondre à nos douze questions avec la carte T, dispensée de timbrage. Quelques secondes de votre part. Des réponses qui nous sont indispensables. Branché sur le quotidien des entreprises, Entreprise et Santé est là pour vous apporter des éclairages en Santé au Travail. Des éclairages utiles au développement de votre entreprise. Votre Service de Santé au Travail est là pour vous y aider.

Régie publicitaire : Entreprise et Santé - Matthieu Méreau Tél : 03 20 14 07 77 Fax : 03 20 14 06 16 Impression : Imprimerie Léonce Deprez Ruitz Dépôt légal à parution N° ISSN en cours Tirage : 90 000 exemplaires

Raphaël Mulliez Directeur de publication pour les Services de Santé au Travail


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Tableau de bord

Nord-Pas-de-Calais - Picardie

H1N1

La pandémie se confirme

Nous actualisons les données publiées dans le précédent numéro, car nous sommes en automne... et la pandémie, tant annoncée, se confirme. Après avoir visité l’hémisphère sud, le virus H1N1 a décidé de visiter l’hémisphère nord. Les chiffres de l’été dernier pouvaient sembler lointains. Ceux de cet automne sont beaucoup plus proches. Car la grippe, cette fois, est chez nous.

1. Les risques Le virus de la grippe adore les hommes. Plus précisément leurs voies respiratoires. Il voyage donc à travers le monde en passant d’un humain à un autre, notamment grâce aux postillons et aux mains. La grippe reste une maladie banale que chacun connaît au moins une fois dans sa vie. Mais l’apparition d’un nouveau virus de grippe s’entoure de nombreuses inconnues. La « nouvelle grippe » sera-t-elle plus grave que les années précédentes ? Difficile de répondre. A priori, non. Va-t-elle toucher beaucoup plus d’hommes, de femmes et d’enfants que les années précédentes ? Certainement. Mais avancer des chiffres est périlleux. Il faut se préparer à différentes éventualités d’absentéisme.

2. Les coûts Les coûts de la grippe sont liés aux soins, à l’absentéisme et aux mesures de prévention. Pour exemple, au niveau de la prévention, les coûts de la vaccination se précisent. La France a passé commande ferme de 94 millions de doses de vaccins, utilisables sur une durée de 5 ans, pour une facture de l’ordre de 1,5 milliard d’euros. Elle sera payée à parité par l’Etat (nos impôts) et l’Assurance Maladie (nos cotisations). A cela s’ajoute l’indemnisation des professionnels de santé réquisitionnés, soit environ 240 millions d’euros. Se battre contre H1N1 est une bataille d’envergure.

3. Les priorités Se préparer à différentes éventualités est la clé de voûte pour maîtriser les risques liés à la grippe. Et tout d’abord se tenir informé. Les Pouvoirs Publics suivent l’évolution de la pandémie, « heure par heure ». En fonction de son niveau, différentes consignes peuvent être diffusées. Ensuite, anticiper. C’est le sens du Plan de Continuité de l’Activité que chaque entreprise doit avoir mis au point. Enfin, et en parallèle, respecter les gestes barrières. A ce niveau, chacun peut enrayer la transmission du virus.


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La grippe A (H1N1) 2009 est sur toutes les lèvres ! Entreprise et Santé y consacre d’ailleurs une partie de ce numéro. Alors, nous vous proposons une pause « santé » avec Vie des entreprises. Ce trimestre entre autres : une entreprise de soudure qui a évalué les risques de ses produits, des charpentiers informés sur le risque routier et une entreprise adaptée pour personnes handicapées. Bonne lecture !

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La bonne santé est indispensable...

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Industrie

our nos activités de chaudronnerie, tuyauterie, soudure... nous utilisons quotidiennement de multiples agents chimiques. En tant qu'animatrice sécurité, ma tâche est de veiller à ce que chaque salarié employant un produit, en connaisse les risques, le mode d'emploi, la composition... Or, il n'est pas facile de décrypter les étiquettes. J'ai tenté de le faire à l'aide d'un

Un système aujourd'hui à disposition de chacun

guide trouvé sur internet. Sans succès, car ce n'est pas mon métier. J'ai donc contacté mon Service de Santé au Travail, à qui j'ai remis l'ensemble des fiches de données de sécurité des produits que nous avons en notre possession. En retour, il m'a remis un cahier de synthèse, reprenant toutes les fiches mais de manière simplifiée. Un système aujourd'hui à disposition de chacun. Il y en a un par exemple dans tous les véhicules de chantier. Lors de visites de chantiers, je me suis aperçue que bon nombre de salariés s'en servent à chaque fois qu'ils manipulent un produit. Nous remettons également ces fiches simplifiées à nos clients pour qu'ils soient clairement informés des agents chimiques employés sur leurs chantiers. Dorénavant lorsqu'un nouveau produit fait son entrée dans l'entreprise, sa fiche de données de sécurité est immédiatement transmise au Service de Santé au Travail pour décryptage. C'est sûr, ça facilite la vie ! »

SOCIETE INDUSTRIELLE DE SOUDURE ET ENTRETIEN (SISE)

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ors de ma prise de poste, j’ai contacté notre médecin du travail pour faire un bilan de l’entreprise. Nous avons commencé par une étude de chaque poste de l’atelier. Nous avons été particulièrement attentifs au bruit et à la lumière. Les tests réalisés ont montré que les néons n’étaient pas adaptés.En conséquence, ils ont donc été changés afin d’éviter toute fatigue visuelle. Les ouvriers travaillent au vernissage de tout type de

La moyenne d’âge des salariés étant de 46 ans, il est important de préserver leur santé et leur savoir-faire !

support. Il s’agit d’une tâche de précision. D’où l’importance, d’y voir clair ! L’entreprise a par ailleurs investi dans de meilleures protections individuelles : bouchons moulés et lunettes. Les machines ont été vérifiées. Ainsi les marches des imprimantes, qui faisaient 30 cm de haut, ont été rabaissées pour en faciliter l’accès. Bref une multitude d’actions, qui au final en valent la peine. La moyenne d’âge des salariés étant de 46 ans, il est important de préserver leur santé et leur savoir-faire ! »

COMPLEXE EUROPE

43 salariés

25 salariés

Hélène Guilbaut Animatrice de prévention

Christian Desmaretz Directeur des Ressources Humaines

Santé au Travail Dunkerque (CEDEST)

Santé au Travail Boulogne/Calais/Coquelles/Montreuil (ASTIL 62)


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Service

ENTREPRISE ADAPTEE LA CORDEE

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thème. Une vraie réussite puisque aujourd’hui, je n’ai plus de salariés qui ne se protègent pas. Parallèlement, nous avons mis à leur disposition des bouchons moulés. 70% des employés en ont souhaité. L’intervention du Service a permis une véritable prise de conscience sur les dangers irréversibles du bruit. En parallèle, nous avons amélioré les cabines antibruit et déplacé la salle des pompes. Les équipes de la Qualité et le CHSCT sont toujours en recherche permanente pour trouver des solutions. Dorénavant, nos salariés se protègent et nous préservons les oreilles de nos voisins ! »

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70% des employés en ont souhaité.

Or ga nis ati on s

activité Espaces verts, plus particulièrement pour les prestations de tonte. En collaboration avec Chantal Delzenne, médecin du travail, et Corinne Baczkowski, ergonome de notre Service de Santé au Travail, cette démarche nous a permis d’identifier les risques professionnels. Nous les avons consignés dans notre document unique, qui a donné lieu à l’élaboration d’un plan d'actions. L'impact sur les salariés est réel dans la mesure où ils sont impliqués directement et concrètement dans la démarche. Des actions d'accompagnement sont parallèlement mises en oeuvre pour que les salariés apprennent à anticiper et maîtriser les risques. L'objectif recherché étant que la sécurité au travail devienne un réflexe ! »

o lignes de production d’enveloppes, essentiellement pour les grandes administrations publiques, 95 salariés 24 heures sur 24... notre problématique a toujours été le bruit ambiant. Bien que les machines soient équipées de cabines antibruit à l’intérieur desquelles les salariés peuvent évoluer. Autre souci, la salle des pompes qui est située en périphérie de notre site et qui provoque une nuisance sonore pour le village sur lequel nous sommes implantés. Avec notre Service de Santé au Travail (AIMST), nous avons organisé des séances de sensibilisation autour de ce

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L'objectif recherché étant que la sécurité au travail devienne un réflexe !

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POCHECO

46 salariés

95 salariés

Nathalie Colin Directrice adjointe

Emmanuel Duron Directeur

Santé au Travail Douai (PÔLE SANTÉ TRAVAIL)

Santé au Travail Roubaix-Tourcoing (AIMST)

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e Travail Adapté du Douaisis (T.A.D) regroupe 3 structures de l'association "Les Papillons Blancs" : l’Établissement et Service d'Aide par le Travail (ESAT) « Les Molettes », l'ESAT de Lambres-Lez-Douai et la société « La Cordée ». Cette dernière est une entreprise adaptée qui permet aux personnes reconnues travailleurs handicapés d’exercer une activité professionnelle dans des conditions adaptées à leurs besoins. La volonté du T.A.D est de contribuer à la préservation de la santé et la sécurité des salariés. Compte tenu du large éventail d'activités commerciales développé au sein du T.A.D., nous avons enclenché la réalisation d’études de poste pour les activités de « La Cordée ». Ainsi depuis 2008, trois d’entre elles ont été réalisées. Deux pour notre activité Prestations de main d'oeuvre en entreprises et une pour notre

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Commerce & Artisanat

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our la formation des salariés du garage, j’avais l’habitude de faire appel à un organisme de formation. Ce dernier m’a proposé une aide pour l’évaluation des risques professionnels, en vue d’établir notre document unique. Une personne est donc venue lister les risques... et ça s’est arrêté là ! Aucune quantification, aucun plan d’actions pour éventuellement améliorer la situation. C’est lors d’une visite de notre médecin du travail que j’ai compris que le document unique pouvait

Notre document unique est beaucoup plus complet et plus parlant.

« vivre ». Elle m’a exposé sa manière de faire. Une assistante Santé Travail nous a accompagnés dans la réalisation du document unique. Quelle différence ! Il est beaucoup plus complet et plus parlant. C’est d’ailleurs dans la continuité de ce document que nous avons lancé une étude sonométrique dans les ateliers. Nous possédons aujourd’hui une stratégie d’actions contre le bruit. Ne reste plus qu’à la mettre en oeuvre... »

«J’

ai reçu la visite d’une Secrétaire Assistante en Santé Travail. Au premier abord, je n’ai pas saisi les raisons de cette visite. Venait-elle pour me rappeler encore une fois mes obligations légales envers mes salariés ? Allais-je encore être culpabilisée dans mon rôle de chef d’entreprise ? Et bien, pas du tout ! J’ai compris que mon Service de Santé au Travail était là pour m’aider. La quantité d’informations apportées lors de cette visite m’a permis d’y voir plus clair. J’ai pris

J’ai compris que mon Service de Santé au Travail était là pour m’aider.

conscience de tout ce qu’on peut envisager avec la Santé au Travail. Si auparavant, il ne me serait pas venu à l’idée de les appeler en cas de besoin, ma vision est aujourd’hui complètement différente. Je n’hésiterais pas une seconde ! ».

CENTRE YVES ROCHER

CARLIER AUTOMOBILES

10 salariés

52 salariés

Annabelle Cozette Gérante

Christian Debruille Directeur

Santé au Travail St Quentin (MTA)

Santé au Travail Douai (PÔLE SANTÉ TRAVAIL)


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l'infirmière de Santé au Travail, Marie-Laure Bocquet, nous présenter un power point sur les risques routiers. Silence religieux dans la salle lors de cette intervention. À ma stupéfaction, les salariés, assez jeunes dans l’ensemble, ont été très intéressés. Certains thèmes ont particulièrement retenu leur attention : drogues, alcool, risques encourus en cas de chocs... Ils ont compris que pour les accidents, le chef d’entreprise n’est pas le seul responsable au regard des autorités. Ils ont également leur part de responsabilité. Je pense que l’intervention les a fait réfléchir. À ce jour, aucun nouveau sinistre n’a été déclaré aux assurances ».

RABOT DUTILLEUL CONSTRUCTION

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À ma stupéfaction, les salariés, assez jeunes dans l’ensemble, ont été très intéressés.

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ors d’une étude comparative des assurances pour nos véhicules, nous avons pu faire le point sur le nombre de sinistres annuels. Nous savions qu’ils étaient nombreux, pour la plupart sans gravité, juste de la tôle froissée. C’est lors des portes ouvertes de mon Service de Santé au Travail que nous avons compris qu’il était possible d’y remédier en partie. Non seulement pour le bien-être de l’entreprise, mais aussi pour la sécurité des salariés. Marie-Annick Kiers, notre médecin du travail est venue, accompagnée de

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Sa connaissance de l’entreprise en fait un interlocuteur privilégié.

BTP

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n tant qu’ingénieur Qualité Sécurité Environnement, j’ai eu l’occasion d’être formée pour effectuer en interne les formations de Prévention des Risques liés à l'Activité Physique (PRAP). Anciennement appelée gestes et postures, mais qui aujourd’hui s’est élargie à l’analyse du poste de travail et non plus seulement « les bons gestes ». Ainsi lors de la semaine d’intégration des nouveaux embauchés, j’interviens sur ce sujet. Cette formation demande beaucoup de connaissances, notamment en matière de biologie, anatomie… Des domaines dans lesquels je suis loin d’être spécialiste. Voilà pourquoi, j’ai demandé à notre médecin du travail, le Dr Christian Morel d’être présent. Un vrai plus ! Il prend le temps d’expliquer les pathologies qui peuvent être liées au travail, la place de la Santé au Travail… Il répond aux questions des salariés. Sa connaissance de l’entreprise en fait un interlocuteur privilégié ».

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CHARPENTIER DES FLANDRES

629 salariés

18 salariés

Marianne Maurice Ingénieur Qualité Sécurité Environnement

Bénédicte Boulet Secrétaire de direction

Santé au Travail Roubaix-Tourcoing (AIMST)

Santé au Travail Flandres Audomarrois (STFA)

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Grippe A (H1N1) 2009

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Mieux vaut prévenir que guérir L’impact économique de la grippe est lié à l’importance de l’épidémie, c’est à dire du nombre de personnes en incapacité de travailler. Aux coûts de perte de production et d’indemnisation des journées d’arrêt de travail, s’ajoutent, bien sûr, les coûts des soins. Ces derniers sont variables en fonction de la gravité de la maladie. Pour les soins, la facture s’alourdit en fonction du nombre de cas graves à prendre en charge par la médecine de ville et, éventuellement, les hôpitaux. La facture totale est donc très variable. Rendez-vous au printemps pour connaître celle de l’hiver 2009-2010 ! Explications et chiffres indicatifs.

Pour les experts de la banque mondiale, le coût économique de la pandémie de grippe A (H1N1)2009 pourrait varier de 0,7 % à 4,8 % du PIB mondial. Un tel écart est lié aux multiples facteurs qui vont influencer cet hiver l’importance des répercussions de la pandémie. Répercussions sur l’activité économique d’une part et les dépenses de santé d’autre part. Sans compter les impacts sur la vie sociale...

Le coût des soins En France, le coût moyen d’un cas de grippe soigné en ambulatoire (consultations et médicaments) va de 28 à 68 € ; l’écart s’explique par le degré de gravité (source enquête 2001-2008 / réseau GROG). En cas de complications, nécessitant par exemple une hospitalisation, le coût grimpe au-delà de ces sommes. Selon le Groupe d’Expertises et d’Information sur la Grippe, 2 à 8 millions de personnes de tout âge sont atteints de grippe, chaque année en France. Ceci donne une idée de la facture en soins ambulatoires. Sans compter les 1500 à 2000 décès que cause, chaque année en France, la grippe saisonnière. Devant l’arrivée d’un nouveau virus, ces chiffres deviennent des inconnues...

Les autres coûts 70 % des adultes grippés ayant un emploi ont un arrêt de travail d’une

durée moyenne de 4,8 jours. Soit près d’une semaine. Ceci paraît tout à fait normal, justifié et inévitable. Chaque année, chacun s’accommode de la grippe. Au sein des entreprises, on fait avec... Et au niveau national, on estime que, bon an mal an, 2 à 12 millions de journées de travail ne sont pas réalisées du fait de la grippe. Ici aussi, l’écart s’explique par la gravité de l’épidémie, variable d’un hiver à l’autre. Et devant l’arrivée d’un nouveau virus, ces chiffres deviennent également des inconnues...

Les enjeux de la prévention Devant de tels chiffres et de telles inconnues pour l’hiver 2009-2010, la pandémie de grippe A (H1N1)2009 met en perspective l’importance de la prévention au sein des entreprises. L’entreprise est directement concernée, dans son fonctionnement, par l’épidémie ou la pandémie de grippe. Chaque entreprise est un lieu de production, mais aussi un lieu de vie. Ce qui se dit et se fait sur les lieux de travail influe sur la vie quotidienne. Sous cet angle, la pandémie de grippe permet à chaque entreprise de peser le « poids » économique de la prévention : investir en prévention, c’est pérenniser l’outil de travail et concourir au bien-être des salariés. La grippe est l’occasion de faire le point sur la vision de l’entreprise en matière de santé au travail.


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Dossier

Ju rid iqu e Em pl Sa ois e nté t Te ch niq ue s

Le mot grippe signifie « une maladie infectieuse, contagieuse et épidémique, d’origine virale, généralement caractérisée par de la fièvre, de la fatigue, des maux de tête, des courbatures, une rhinite et une bronchite ». En pratique, qui n’a pas fait une grippe dans sa vie ? Et donc... pas besoins de la définir ! Or, cet hiver 2009-2010, la grippe tient la « une de l’actualité ». Pourquoi ? Comment ? Arrêt sur image.

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Le travail « grippé »... au niveau mondial ?

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H1N1 :

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Grippe 2009-2010

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Philippe AMOUYEL est professeur de Santé Publique au Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Lille. Il est également directeur général de l’Institut Pasteur de Lille. Il a donc le regard de l’épidémiologiste averti, autant que celui du chef d’entreprise.

La grippe n’est-elle pas une maladie banale ? Et bénigne ? Oui, la grippe est banale. Non, elle n’est pas bénigne. Banale parce que, chaque hiver, elle est présente, avec un virus qui se transmet très facilement. Par exemple : par la simple toux dans un rayon de deux mètres. On l’appelle d’ailleurs la grippe « saisonnière ». Et cette grippe saisonnière n’est pas bénigne. Elle cause chaque année, en France, le décès de 1 500 à 2 000 personnes. En outre, la grande majorité des malades sont des actifs, qui se déplacent et travaillent. Sur l’hiver 2008-2009, 3 302 516 cas de grippes saisonnières ont été recensés, entre le 23 septembre 2008 et le 12 avril 2009. Son impact économique et social est donc considérable. Car, avec une grippe, on est « scotché » au fond de son lit pour quelques jours...

Que va-t-il se passer cet hiver, avec la fameuse « grippe H1N1 » ? Est-elle plus grave que la grippe habituelle ? La grippe saisonnière existe toujours. Mais, à côté d’elle, est apparue une nouvelle grippe causée par un nouveau virus, qui est dénommé virus A (H1N1). Et là, c’est l’inconnu. Ce virus est virulent et il se propage vite au sein des populations. La grippe H1N1 se répand donc à travers le monde. Et elle arrive en France. On n’a pas, pour l’instant, de vue précise sur sa gravité, en tant que maladie. Personne n’est donc capable de dire l’étendue des conséquences de cette nouvelle grippe. Face à elle, les précautions sont donc primordiales.

Ne risque-t-on pas, cet hiver, de faire deux grippes au lieu d’une ? Oui. Tout à fait. La grippe « saisonnière », comme d’habitude... Et la grippe A (H1N1), car personne n’est protégé contre elle. Et la grippe « saisonnière » n’immunise pas contre la grippe A (H1N1). On a, en quelque sorte, deux fois plus de chances de faire la grippe que les années précédentes.

Que puis-je faire en tant que simple citoyen face à cette grippe ? Chacun doit faire ce qu’il devrait déjà faire face à la grippe « saisonnière ». Se laver régulièrement et attentivement

les mains avec de l’eau et du savon, ou une solution hydro-alcoolique. Eviter de tousser au visage. Prendre un recul de deux mètres dans une conversation ou une réunion. Utiliser des mouchoirs jetables en papier. La pandémie de grippe A (H1N1) nous rappelle simplement toutes ces règles de base. Elles sont d’actualité chaque hiver... Se faire vacciner vient en complément.

Justement, pouvez-vous nous éclairer sur les vaccins ? Rappelons d’abord que la vaccination contre la grippe n’est pas obligatoire. Il y aura, cette année, deux vaccins : l’un contre la grippe saisonnière, l’autre contre la grippe A (H1N1). Comme chaque hiver, le vaccin contre la grippe saisonnière sera disponible dès la fin septembre. Par exemple, au centre de vaccinations de l’Institut Pasteur de Lille, nous assurons d’ores et déjà les vaccinations contre cette grippe « saisonnière », notamment au travers de campagnes de vaccination en entreprises. Le vaccin contre la grippe A (H1N1) sera disponible, lui, vers la fin octobre. L’accès à ce vaccin sera régulé par l’Etat pour garantir la vaccination, en priorité, du personnel de santé, des femmes enceintes et des enfants en bas âge. La vaccination contre la grippe A (H1N1) se fera dans des centres dédiés. L’Institut Pasteur de Lille sera un des ces centres et assurera la vaccination de plus de 3 500 personnes par semaine. Un délai de trois semaines doit être respecté entre la vaccination contre la grippe « saisonnière » et celle contre le virus A (H1N1).

Que puis-je faire en tant que chef d’entreprise ? La première chose la plus importante est d’informer. Informer sur le lavage des mains et les règles d’hygiène de base. La deuxième chose est d’avoir à disposition des masques de protection, au cas où la grippe arriverait aux portes de l’entreprise. Bien sûr, la vaccination, qui n’est pas obligatoire, peut être proposée. A chaque entreprise, sa réflexion et son « plan de lutte », concerté avec le personnel et ses représentants. L’entreprise doit également prévoir son plan de continuité de l’activité : aujourd’hui, les conséquences de cette épidémie sont tout autant sanitaires qu’économiques. Enfin, n’oublions pas que les entreprises disposent d’un « conseiller spécial », en la personne de leur médecin du travail.


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Pandémie grippale... Le Pôle Santé Travail met à disposition de ses entreprises adhérentes un livret, pour faciliter la mise en place du Plan de Continuité de l’Activité (PCA), préconisé au plan gouvernemental. Mais pas seulement ! Ce document très complet rappelle la conduite à tenir en cas de personne suspectée d’être infectée par le virus, les principales mesures d’hygiène et de sécurité, les sites internet consultables... Chaque entreprise qui le souhaite peut demander conseil à son médecin du travail pour l’élaboration du PCA ou pour l’organisation d’informations sur les mesures barrières dans l’entreprise.

 Santé au Travail Valenciennes (ASTAV) Le Service de Santé au Travail de Valenciennes a mis en place une cellule de crise, pour parer à l’éventualité d’une pandémie. Par ailleurs, les entreprises ayant des questions peuvent sans aucun souci contacter les employés du Service. Le personnel médical et non-médical a reçu une formation en interne. Ainsi, chaque adhérent trouvera les réponses à ses interrogations le plus rapidement possible. Bruno Figurski, technicien Qualité Hygiène Sécurité Environnement assure en outre des prestations de sensibilisation dans les entreprises (lavages des mains, modes de contamination, port du masque), avec si besoin une Secrétaire Assistante en Santé Travail.

Do ssi er Ju rid iqu e Em pl Sa ois e nté t Te ch niq ue s Or ga nis ati on s

 Santé au Travail Lille (PÔLE SANTÉ TRAVAIL)

Le virus de la grippe A(H1N1) 2009 a pour « réservoir » les humains. Hommes, femmes et enfants... sans distinction. Il habite nos voies respiratoires et se balade entre nous par nos postillons et nos mains. D’où l’importance des règles d’hygiène de base, qui prennent donc une importance essentielle, pour freiner la transmission du virus. Chaque humain est au coeur de la prévention. C’est une question de comportement personnel. S’informer et avoir « les bons gestes barrières » deviennent des nécessités de premier plan. La vaccination vient en complément. Elle reste facultative, même si les Pouvoirs Publics, dans de nombreux pays, en font « un des fers de lance de la bataille » contre le virus H1N1.

Erg on om ie

Services en action !

Les humains, au coeur de la transmission

Cli nd ’oe il

Les entreprises sont directement concernées par la pandémie grippale. En effet, cet hiver, les taux d’absentéisme peuvent atteindre des chiffres « record » pendant quelques semaines. Les hypothèses d’un taux moyen de 25 % pendant 8 à 12 semaines lors de la survenue de la vague épidémique, voire de 40 % sur deux semaines de pointe, ne sont pas à écarter. La prévention prend alors tout son sens. Autant pour préserver le fonctionnement de la vie économique, que pour maîtriser le risque infectieux. Les Services de Santé au Travail sont présents aux côtés des entreprises, pour les aider à anticiper cette situation de crise potentielle. Dans ce numéro d’Entreprise et Santé, de nombreux témoignages donnent autant de pistes d’actions.

Inv es tir

Les entreprises, au coeur de la pandémie

V en ie d tre es pr ise s

La grippe est une maladie qui nous concerne tous, chaque hiver. Une maladie banale donc, avec son lot d’arrêts de travail. En effet : pas possible de travailler avec de la fièvre, de la fatigue, des courbatures, etc... Mais, cette année, depuis des mois, la grippe occupe la « une des journaux ». Et l’Etat met en place un plan de prévention et de lutte contre la pandémie de grippe A (H1N1) 2009. Ce plan mobilise des ressources humaines et financières impressionnantes. Car le virus de cette année est nouveau. Il a décidé de voyager à travers le monde entier, en passant d’un humain à l’autre... On parle alors de pandémie. Et le risque de grippe prend une autre dimension. Les chiffres d’absentéisme, de cas bénins et de cas graves deviennent des inconnues. D’une maladie « banale et acceptée », la grippe risque de devenir « une maladie dont personne ne veut »...

Ta de blea bo u rd

Une maladie banale, un risque accepté ?

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Dossier Grippe A (H1N1) 2009

Témoignages

Qu’elle vienne cette fameuse grippe !

« Comme toutes les entreprises, nous devons établir notre plan de continuité de l’activit�� en cas de pandémie. Réduction des effectifs, mesures de protection... Ce plan a été discuté en Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). Nous en avons profité pour convier un infirmier de la Santé au Travail de St Quentin (MTA) qui nous connaît bien, Gilles Flamant. Il nous a suggéré quelques améliorations pour notre plan de continuité. De même, il a répondu à l’ensemble des questions que nous nous posions. Avec lui, nous avons convenu d’une nouvelle réunion en soirée, à laquelle tout le personnel a été convié. L’occasion de rassurer, parler, expliquer... Pour l’essentiel, les interrogations portaient sur la protection individuelle dans un métier où l’accueil du public est au coeur de l’activité ».

« Nous, pour faire face au risque de pandémie grippale, on a pris les choses simplement : nous avons appelé notre médecin du travail. Il a ainsi vérifié les informations contenues dans un document général, distribué aux salariés dans leurs bulletins de paye. En parallèle, la société s’est procurée des solutions hydro-alcooliques, bien que conscients que l’eau et le savon sont largement suffisants pour se laver les mains. Nous avons également acheté des masques. 500 pour le moment. C’est un début ! Si la pandémie se déclare, il faudra en acheter beaucoup plus, puisqu’on évalue qu’il faudrait deux masques par jour et par personne. Quant au plan de continuité de l’activité (PCA), nous commençons à l’élaborer. Nous étudions les grilles de polyvalence pour les mettre à jour, et ce dans les bureaux comme à la production. Si quelqu’un devait s’absenter, nous saurons comment le remplacer temporairement, sans affecter le fonctionnement de l’entreprise ».

SAINT QUENTIN MOBILITE

INGERSOLL RAND

Christophe Coeckelbergh Directeur 105 salariés Santé au Travail St Quentin (MTA)

Vincent Piedallu Responsable Qualité Hygiène Sécurité Environnement 80 salariés – site de Sin Le Noble Santé au Travail Douai (PÔLE SANTÉ TRAVAIL)



Christophe Coeckelbergh dirige une entreprise de transport public. Sous ses ordres, 105 salariés, dont 82 conducteurs de bus. La difficulté pour ce chef d’entreprise, c’est la rotation de ses équipes entre celles du matin et celles de l’après-midi. Pas facile dans ces conditions de mettre en place des temps de paroles communs. Et en ce moment, l’actualité, c’est le H1N1 ! Il a fallu trouver une solution :

80 salariés, une fabrication de matériels de levage et de manutention, l’entreprise Ingersoll Rand se prépare au risque de pandémie. Avec l’aide de son Service de Santé au Travail, Vincent Piedallu, responsable Qualité Hygiène Sécurité Environnement, témoigne :


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Fiche détachable Entreprise & Santé n°8 Grippe A (H1N1) 2009

ASSURER LE FONCTIONNEMENT DE L'ENTREPRISE : PLAN DE CONTINUITE DE L'ACTIVITE ou fonctionnement de l'entreprise en "mode dégradé" La pandémie de grippe A (H1N1) 2009 fait courir le risque d'un absentéisme pouvant passer de 2 à 5% à 10 à 50%. Tout dépendra de sa gravité. Il faut donc se préparer à différentes éventualités.

1

2 AN DE ETABLIR UN PL CTIVITE en A L' E CONTINUITE D ec le personnel collaboration av t, ses instances et, le cas échéan . représentatives senéquences d'un ab - Etudier les cons nes ai m se 12 ndant 8 à téisme de 25% pe ux de à e pendant un et de 40 à 50% semaines abilités ntaire des vulnér - Réaliser un inve de l'entreprise tions tivités et les fonc - Recenser les ac prise vitales de l'entre itoires odifications trans m s - Etudier le aires i seraient nécess qu n tio sa ni ga or d' Travail ec le Code du en conformité av vail, tra lé té acements, (horaires, dépl etc…) freiner ures destinées à - Prévoir les mes giène , organisation, hy la contagion (EPI ) t des déchets, … des locaux, circui





ACTUALISER LE DOCUME NT UNIQUE D'E VALUATION D ES RISQUES (D.U .E.R) Ce documen t fait le bila n des risques et dan gers de l'entre prise ; il permet d'établir le plan d'actions en matière de p ré ve ntion et de pro tection des sa lariés.

3 S'ASSURER D'UNE BONNE INFORMATION DE L'ENSEMBLE DES SALARIES ET D'UNE BONNE FORMATION DES PERSONNELS AFFECTES AUX TACHES PRIORITAIRES VITALES

Pour me conseiller : le médecin du travail et ses collaborateurs de mon Service de Santé au Travail

 Texte de base : Fiche G1 du Plan National de Prévention et de Lutte contre la pandémie grippale et Circulaire DGT n° 2009/16 du 3 juillet 2009 relative à la pandémie grippale et complétant la circulaire DGT n° 2007/18 du 18 décembre 2007.


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Fiche détachable Entreprise & Santé n°8 Grippe A (H1N1) 2009

ASSURER LA PROTECTION DES SALARIES : éviter la contagion dans les situations de travail La pandémie de grippe A (H1N1) 2009 pose la question du respect des règles de base en matière d'hygiène. Au niveau collectif et individuel. La particularité de cette pandémie réside dans le fait que la contagion est respiratoire (postillons, éternuements, toux, mains portées au visage, …).

1 malade En l'absence de

2 En présence d'un salarié susceptible d e faire une gri ppe

- L'isoler dan s une pièce où on peut aérer et nett oyer ; lui p er mettre de regagner son domicile ; lu i fournir un masque chiru rgical ; lui p ermettre de contacter son médecin traita nt - En cas de co ntact avec un malade, porter soi-même un masque de ty pe FFP2 - Après tout contact avec le malade, se laver les mai ns avec un sa von ou une solution hydro -alcoolique - Après retour du malade à son domicile, aérer la pièce et nettoyer av ec des gants le matériel, le s objets et les su rfaces qu'il a pu toucher. Jeter le néce ssaire de nettoyage dans un sac hermét ique ; après tout nettoyag e se laver les mains.



d'un mise à disposition - S'assurer de la von sa de , e) eau potabl lavabo (équipé d' ue dro-alcooliq ou de solution hy onnel former le pers - Informer et ports x giène et au aux règles d'hy vidudi de protection in d'équipements ques irurgicaux et mas elle (masques ch FFP2) osition la mise à disp - S'assurer de dividude protection in d'équipements x et dance des niveau elle en correspon es. situations de risqu



Pour me conseiller : le médecin du travail et ses collaborateurs de mon Service de Santé au Travail


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Des dispositions particulières En juillet 2009, le ministère du travail a actualisé une circulaire prise en décembre 2007. Le but général est de « se préparer au mieux au risque de pandémie ». Sur un plan opérationnel, ce texte formalise la mise en place dans chaque entreprise d’un Plan de Continuité de l’Activité, plus connu sous le sigle P.C.A.. L’intérêt est de réfléchir collectivement sur le maintien du fonctionnement de l’entreprise en « mode dégradé ». Mieux vaut anticiper que subir. Le dialogue au sein de l’entreprise est alors « la clé de la réussite ». Le

Et le droit de retrait ? Ce droit s’exerce, pour le salarié, en cas de danger grave et imminent... et, par extension, devant toute mesure de prévention non prise par l’employeur, alors qu’il est patent qu’il doit la prendre. En l’espèce, chaque entreprise doit avoir son plan de prévention.

Les textes particuliers Deux textes principaux sont publiés à l’occasion de la grippe et concernent le monde du travail : - Circulaire DGT 2009/16 du 3 juillet 2009 (Ministère du Travail) - Fiche G1 annexée au Plan National de Prévention et de Lutte contre la Pandémie grippale.

Em pl Sa ois e nté t

Cet ensemble législatif et règlementaire nous rappelle l’obligation de sécurité de résultat en matière de protection des salariés vis-à-vis des risques liés au travail. Quand le risque est exclusivement ou principalement environnemental, l’employeur est tenu, au minimum, à une obligation de moyen. Attention : toute transmission de virus au sein de l’entreprise pourrait être imputée à l’employeur s’il n’y a pas de plan de prévention dans l’entreprise.

Te ch niq ue s

Le Code du Travail, dans son ensemble, s’applique. Toujours et partout. Il n’est pas inutile de rappeler deux articles banals, qui prennent une cruciale importance... L’article 4228-1 relatif aux moyens d’assurer la propreté individuelle et l’article 4228-7 relatif aux obligations de mises à disposition de lavabo et d’eau potable. En outre, le Document Unique d’Evaluation des Risques reste incontournable. C’est même l’occasion de l’actualiser...

Une obligation de résultat

Or ga nis ati on s

Des obligations de base

médecin du travail est « le » conseiller approprié, face aux risques sanitaires.

Erg on om ie

Tout à chacun s’inquiète. Depuis quelques années, la grippe nous est présentée comme une nouvelle menace, qui plane dangereusement au dessus de nos têtes. Et l’on pourrait penser, qu’à situation particulière, existent des droits spéciaux. Et bien non. C’est une erreur. Et une disposition particulière en situation de crise ne retire rien au respect du droit et de l’éthique. Bien au contraire. La grippe nous rappelle nos fondamentaux

Ju rid iqu e

Do ssi er

Face à la grippe, les droits et devoirs des employeurs et des salariés restent inchangés. Même si la situation de « crise », que peut générer un nombre important de malades alités durant quelques jours, conduit à revoir l’organisation du travail au sein de l’entreprise... durant quelques temps. S’adapter à une situation particulière et transitoire ne remet pas en cause les textes et responsabilités en matière de Santé et Sécurité au travail.

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Le Code du Travail sort indemne

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Grippe A (H1N1) 2009

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Juridique

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Emplois & Santé

J’ai... Tu as... Il a... Nous avons la grippe La grippe, maladie banale s’il en est, frappe à nos portes chaque hiver. Pour l’hiver 2009-2010, elle nous a réservé une surprise de taille : un nouveau virus que nos organismes ne connaissent pas. Et comme nos organismes ne le connaissent pas, ils ne peuvent s’en souvenir et se défendre. Et donc, difficile de prévoir l’intensité de l’épidémie. A la fois le nombre de cas de grippe avérée. Et sa gravité. D’où l’importance de se préparer à différentes éventualités.

S’il faut se préparer à différentes éventualités, la panique ne doit pas s’emparer de nos esprits. En milieu de travail, cela serait, en outre, totalement contre-productif. C’est dans la panique, que seront commises les erreurs. Pour rester calme, il faut donc s’informer. Le médecin du travail est, sur ce sujet, le premier conseiller de l’entreprise. N’hésitons pas à le consulter.

Devant un cas de grippe Les consignes sont consensuelles. Si on est malade, il vaut mieux s’isoler les 5 à 8 jours que durent la maladie. Les signes d’appel sont bien connus : température brutale à 38-39°, fatigue et courbatures, voire toux et éternuements. En cas de survenue sur les lieux de travail, il faut isoler le patient, lui conseiller de consulter son médecin généraliste et lui permettre de rentrer à son domicile. Naturellement, le port du masque chirurgical (voir

rubrique Techniques page 20) pour le patient et du masque FFP2 pour soi-même sont vivement conseillés. L’aération des locaux et le nettoyage des objets avec lequel il a été en contact sont nécessaires. Se laver les mains avec savon ou une solution hydro-alcoolique et essuyage avec une serviette en papier est indiqué.

Devant le risque de pandémie de grippe A (H1N1) 2009 L’information du personnel prend une importance particulière. En complément des médias et des campagnes nationales, l’entreprise est un lieu privilégié d’échanges. Le médecin du travail et ses collaborateurs sont à même de fournir une information objective et des conseils adaptés à la


Vous avez dit pandémie ? Le mot pandémie désigne une épidémie qui s’étend à tout un continent, voire plusieurs. C’est la cas de la grippe A (H1N1) 2009 qui s’étend à tous les continents du monde. Au niveau étymologique, « pan » désigne « tout » et « démos » désigne « la population ». C’est dire que les Pouvoirs Publics sont concernés.

Services en action ! Isabelle Waligora, médecin du travail, référente « pandémie grippale » du Service de Santé au Travail AST 62/59. En quelques mots, voici ce qu'elle propose aux entreprises : Quelles actions avez-vous mis en place pour les entreprises qui souhaitent avoir des informations ? « Outre un courrier d’information générale adressé à tous nos adhérents, nous invitons les entreprises à se rendre sur notre site Internet www.ast62/59.fr. Quotidiennement, nous mettons en ligne des liens, une documentation réactualisée en fonction de l’évolution de la pandémie… Par exemple, vous trouverez une aide pour la réalisation du plan de continuité de l’activité (PCA), des affiches à télécharger. Des séances d’information collectives sont également dispensées sous forme d’une

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Deux vaccins seront disponibles cet hiver : celui de la grippe « saisonnière » ou « classique » et celui de grippe A (H1N1) ou « nouvelle grippe». La campagne 2009-2010 de vaccination contre la grippe saisonnière a été officiellement lancée le 18 septembre 2009, par le Ministère de la Santé. La campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) 2009 sera lancée, sans doute, courant octobre 2009. Il y a un point commun à ces deux vaccins : la liberté individuelle est respectée et ils sont facultatifs. Vivement encouragés par les Pouvoirs Publics, ils n’ont pas de caractère obligatoire.

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Et la vaccination ?

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situation de l’entreprise. Outre les consignes mises en place par les pouvoirs publics en cas de pandémie, l’entreprise devra protéger ses salariés et maintenir une activité, dans le respect des contrats de travail et des aptitudes médicales.

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S’il faut se préparer à différentes éventualités, la panique ne doit pas s’emparer de nos esprits.

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 Santé au Travail Arras-Béthune-Lens-Hénin (AST 62/59)

présentation d’un diaporama, suivi de méthodes pratiques d’hygiène (mains, port du masque) et de réponses aux nombreuses questions. Ces séances ont lieu soit dans les entreprises, soit dans notre service ». Une entreprise qui appelle votre service, peutelle être renseignée rapidement ? « Tout à fait. Infirmiers, hygiénistes, secrétaires,… tous sont à même d’aider une entreprise qui appelle avec toujours un retour auprès du médecin du travail de l’entreprise. Les salariés de nos adhérents ont aussi la possibilité de consulter l’affichage dans le Service lors de leur venue. Communiquer, informer… c’est ce qui permet d’éviter la psychose et d’agir efficacement ».

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Techniques

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A vos masques... Prêts, Partez ! Pour en savoir +

@

www.entrepriseetsante.com

Services en action !  Santé au Travail Amiens (ASMIS) Outre une veille sanitaire, une cellule de crise et un numéro spécial, la Santé au Travail d’Amiens a envoyé à ses adhérents un courrier explicatif clair et précis pour les informer au sujet de la grippe A (H1N1) 2009, accompagné d’une affiche. Un geste simple mais efficace. La preuve, Patricia Malterre, des Etablissements Malterre (15 salariés) confie que ce courrier lui a facilité la vie : « En le recevant, j’ai enfin su ce que je devais mettre en place en tant que chef d’entreprise. L’ASMIS a mis à notre disposition des conseils pratiques. L'information était hiérarchisée. J’ai pu rédiger une procédure que je fais signer aux salariés. Chacun sera informé en cas de pandémie. Cela m’a permis de répondre aux questions qui se posaient en interne, mais également à celles de mes clients, qui étaient soucieux de savoir ce que je mettais en place. Je vais également afficher le poster reçu avec le courrier au niveau du lavage des mains. Pour le plan de continuité de l’activité, j’ai trouvé des réponses sur le site Internet du service. Enfin pour mon approvisionnement en masque, sur simple demande, j’ai reçu une liste non exhaustive de fournisseurs. Comme quoi, un simple courrier peut changer les choses ! »

La pandémie de grippe réveille le risque infectieux. Avec lui, les règles de base de l’hygiène se rappellent à nos bons souvenirs. Faire attention à d’éventuelles contaminations impliquent de se laver les mains régulièrement et de renforcer le nettoyage des locaux. Des règles de base de la vie collective, que nombre d’entre nous appliquent déjà, sans attendre que la grippe ne se pointe. Mais la grippe se transmet par les postillons et l’écoulement nasal. Et là, apparaissent les masques. Faut-il en acheter ? Et lesquels ? Les images sont fortes. Des hommes masqués envahissent les médias. Ils combattent le risque infectieux de grippe. Et s’en protègent. Alors, devrions-nous faire comme eux, cet hiver 20092010 ? Afin de répondre à cette question, qui touche autant à nos porte-monnaie qu’à nos élégances, faisons un petit voyage au creux des textes et des normes.

Les masques « chirurgicaux » Ces masques sont utilisés en bloc opératoire. Il est donc facile de comprendre leurs rôles et leurs usages. Ils font barrière aux projections liées à la respiration, la conversation ou l’éternuement. Quand nous les portons, nous évitons donc de projeter des virus dans notre environnement. On comprend déjà que ces masques sont surtout utiles en cas de maladie, quand nous sommes infectieux pour autrui. Dans ces cas, ils sont donc conseillés, notamment à la maison. Pour protéger notre entourage immédiat.


d’évaluation des risques actualisé.

Services en action ! Les adhérents au Service de Santé au Travail de Roubaix-Tourcoing peuvent demander par l’intermédiaire du médecin du travail, une sensibilisation face au risque de grippe A (H1N1) 2009. L’équipe de Secrétaires Assistants en Santé Travail (SAST) s’en occupe. Son objectif ? Informer et sensibiliser. Magalie Delbecque, responsable Qualité Hygiène Sécurité Environnement de la société Brenntag (30 salariés - site de Wattrelos) y a fait appel. Elle témoigne : « Notre entreprise distribue à ses clients des produits chimiques. Outre les risques habituels, le H1N1 est venu se rajouter aux problématiques de prévention. Pour répondre aux

 Santé au Travail Roubaix-Tourcoing (AIMST) nombreuses questions des salariés, nous avons contacté notre Service de Santé au Travail. Suite à quoi, nous avons reçu la visite de Philippe Cointe, SAST. Modes de contamination, symptômes, ports des équipements de protections... les aspects théoriques de cette visite ont rassuré le personnel. En outre, équipé d’un produit révélateur, nous avons pu tester la manière dont nous nous lavons les mains. Nous avons eu des surprises au niveau des ongles ou des pouces. Nous sommes très satisfaits de cette sensibilisation. Elle nous a rappelé que certains gestes du quotidien, comme se laver les mains... sont en fait si simples et peuvent faire la différence ! »

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Ces masques, en milieu de travail, entrent dans le cadre général des EPI, autrement dit « les équipements de protection individuelle ». Ils constituent des obstacles à la transmission du virus et entrent donc dans les « gestes barrière » de la campagne nationale de prévention et de lutte contre la pandémie grippale. Selon les textes officiels, les masques chirurgicaux seront à disposition gratuite des malades en situation de pandémie niveau 5B ou 6 (voir encadré). A différents niveaux, différentes mesures... Dans ce même niveau de pandémie, les masques FFP2 sont indiqués pour trois catéNiveau 3 A : cas humains isolés à l’étranger gories de personnel : en contact étroit avec Niveau 3 B : cas humains isolés en France des malades ou leurs effets, en contact avec Niveau 4 A : début de transmission interhumaine des déchets ou des ordures ménagères, en efficace à l’étranger contact étroit et régulier avec le public. Niveau 4 B : début de transmission interhumaine efficace en France Enfin, rappelons, qu’en application de la Niveau 5 A : extension géographique de la transmiscirculaire DGT du 3 juillet 2009 (Ministère du sion interhumaine du virus Travail) l’employeur peut estimer nécessaire Niveau 5 B : niveau 5 A, avec extension géographique de proposer ou d’imposer le port des en France masques chirurgicaux à tout ou partie de ses Niveau 6 : Pandémie grippale salariés en fonction de l’appréciation des Niveau 7 : fin de vague pandémique ou de pandémie risques consignée dans le document unique

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Les mesures « barrière »

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Sous ce sigle, se cache le masque dit « en bec de canard ». Effectivement, ces masques donnent à notre visage un aspect qui n’est pas sans rappeler ce volatile. Son rôle : nous protéger d’autrui. Il se porte donc quand on est exposé à un risque de contamination : contact avec des malades, contact avec des déchets à risques infectieux, les prélèvements ou vêtements provenant de malades. Il existe des masque FFP2 n’ayant pas la forme de « bec de canard ». Ils conviennent également, mais il est plus difficile de parler quand on en porte un. Bec de canard ou non, un masque FFP2 se reconnait au marquage FFP2 qui figure sur chaque masque.

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Les masques FFP2

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Organisations

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Ne pas se laisser

surprendre La pression médiatique aura eu un mérite : tout le monde est en alerte. Elle devrait avoir une conséquence : tout le monde est prêt. Une des inconnues majeures est le taux d’absentéisme. Avec son corollaire inséparable, le taux de présentéisme. Celui-ci comporte une nécessité : faire tourner les entreprises alors que les effectifs peuvent être réduits. Et là, peut commencer le casse-tête. Mieux vaut y réfléchir avant. C’est le but du « Plan de Continuité de l’Activité ».

Cette notion de Plan de Continuité de l’Activité répond d’une légitime préoccupation des Pouvoirs Publics. La question, cruciale pour chacun d’entre nous, est de savoir comment peut tourner la vie économique et sociale, si nous sommes très nombreux à être au lit pour cause de grippe. A ce propos, la circulaire DGT 2009/16 du 3 juillet 2009 est d’une précieuse lecture (Ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville).

1 Anticiper La finalité est de se préparer à l’éventualité de pandémie de niveau le plus élevé. Dans ce cas, il s’agira, le cas échéant et sur consigne des Pouvoirs Publics, de maintenir les activités essentielles, tout en protégeant les salariés concernés. Avant d’atteindre ce niveau – si jamais d’ailleurs il est atteint – il importera de maintenir l’activité


Dans le cadre de cet article, on ne peut aller dans le détail. D’autant plus qu’une entreprise est différente d’une autre. A chacune, son Plan de Continuité de l’Activité. Pour aider l’entreprise, le Service de Santé au Travail est un partenaire privilégié. Chaque Service de Santé au Travail a d’ailleurs réalisé son propre P.C.A. !

Une importance vitale

L’élaboration du Plan de Continuité de l’Activité est sous la responsabilité du chef d’entreprise.

Services en action ! Face aux nombreuses demandes de leurs adhérents, le Service de Santé au Travail Flandres Audomarois (STFA) lance un protocole de prévention grippe A (H1N1) 2009 spécifique pour les entreprises d’aide à la personne, et les centres d’aide par le travail qui accueillent des personnes handicapées. Des plaquettes spécialement conçues pour ces secteurs d’activités reprennent

La mise en place d’un Plan de Continuité de l’Activité prend naturellement une importance toute particulière dans certains secteurs d’activité. Ces secteurs sont essentiels au fonctionnement de la Société et de l’Etat. On peut citer, sans exhaustivité, les transports, l’alimentation, la production et la distribution d’énergie, les soins médicaux, la sécurité... sans oublier les banques. Ces secteurs sont communément désignés sous un sigle : SAIV, comme Secteurs d’Activité d’Importance Vitale.

 Santé au Travail Flandres Audomarois (STFA) l’ensemble des règles à respecter. Bien se laver les mains ? Comment porter un masque ? Quels sont les modes de transmission ? Que dois-je faire si je m’occupe d’une personne malade ? La plaquette d’information peut être accompagnée d’ateliers pratiques en entreprise, organisés par l'infirmière de Santé au Travail, Marie-Laure Bocquet.

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3 Etre prêts

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L’élaboration du Plan de Continuité de l’Activité est sous la responsabilité du chef d’entreprise. Le dialogue social et l’association, le cas échéant, des instances représentatives du personnel sont indispensables. Le point de départ de la réflexion consiste à projeter différents taux d’absentéisme (ex. : 2,5 %, 7,5%, 25 % ; 40 %) sur une durée de deux semaines, en cernant les fonctions vitales au sein de l’entreprise. Le but est de projeter des fonctionnements de l’entreprise en mode dégradé, dans le respect du Code du Travail et des contrats de travail.

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2 Projeter

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économique et sociale de la nation, avec des taux d’absentéisme élevés, des difficultés éventuelles d’approvisionnement et de livraisons. Une réflexion s’impose au sein de chaque entreprise, quelques soient sa taille et son secteur d’activité.

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Mesurer « l’ambiance climatique » Les valeurs généralement recommandées pour un travail de bureau sont les suivantes : • température en hiver : 20 – 24°C • température en été : 23 – 26°C • humidité dans l’air (hygrométrie) : 40 – 60 % • vitesse d’air en été : < 0,25 m/s • vitesse d’air en hiver : < 0.15 m/s • concentration en CO2 en fin de poste : 1 000 ppm (partie par million) maximale L’ambiance climatique sans importance ? Pourtant, l’inconfort thermique peut entraîner un état de lassitude, de somnolence ou d’hyperagitation qui réduit les capacités de vigilance. Il peut être à l’origine d’erreurs dans l’exécution d’une tâche.

Mesurer « l’ambiance atmosphérique » La concentration en dioxyde de carbone (CO2) est un bon indicateur de la qualité de renouvellement de l'air. Il n'existe pas de norme française, mais on estime que pour un travail dans de bonnes conditions, la concentration maximale recommandée en fin de poste est de 1 000 ppm. Le CO2 est généré par la respiration humaine, le chauffage par combustion, la fermentation alcoolique, les fuites de CO2 ou la sublimation de carboglace (véhicules, ascenseurs...). Pour un travail dans de bonnes conditions, l’expérience

D’autres facteurs comme le bruit, le travail sur écran, l’implantation du poste de travail, la lumière, ou l’activité en elle même, peuvent jouer sur le confort ou l’inconfort d’un salarié. Voilà pourquoi, il est important de se renseigner auprès de son Service de Santé au Travail. En fonction de ses besoins, l’entreprise se verra aiguiller dans la démarche qui lui conviendra le mieux. Et pourquoi pas vers une étude ergonomique personnalisée ?

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Mesurer « l’ambiance d’une entreprise »

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Croyez le ou non... pour être « bien » dans son métier de téléconseiller, les ambiances physiques de travail sont à prendre en compte.

montre qu’il faut, en fin de poste de travail, ne pas dépasser 800 ppm (maximum 1 000 ppm). En fin de réunion par exemple, des pointes peuvent être observées. C’est à partir de 1 100 ppm de CO2 dans l’air qu’une gêne se fait ressentir. Pour limiter la concentration de CO2, il convient de vérifier le renouvellement de l’air.

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50, 150, 350 personnes dans une même salle, séparée par des cloisons, assises à un bureau, un téléphone à la main. Toutes ces personnes ont en commun le même métier : téléconseiller. Elles ont également en commun leurs conditions de travail. Voici quelques conseils dans le cadre d’une approche globale des situations de travail, avec Nathalie Delattre, ergonome du Centre Inter-Services de Santé au Travail (CISST).

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d’ambiance !

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Tout est une question

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Plateaux téléphoniques

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Ergonomie

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24h avec

Clin d’oeil

Vincent, 47 ans, est un « lève tôt »… et pour cause ! Il est boulanger. Partons au pays des petits pains chauds et des baguettes qui croustillent…

3h00 Il est tôt… très tôt. Alors que la plupart des gens sont encore dans les bras de Morphée, une catégorie d’artisans commence leur journée. Ce sont les boulangers ! Vincent en est un digne représentant. Après quelques années à pétrir pour les autres, il pétrit aujourd’hui pour son compte depuis plus de 20 ans.

3h15 Vincent est en coulisse. Son premier geste ? Mettre en route le pétrin. Il façonne ensuite les boules de pâtes, les fait cuire et prépare les baguettes.

4h30 C’est l’heure des préparations gourmandes : petits pains au chocolat, croissants et autres viennoiseries. Le ballet des fours va durer encore 3 heures.

... Vincent 7h00

17h00

La vendeuse arrive. Elle a une heure pour tout installer avant le premier flot de clients.

La vendeuse de Vincent vient le voir. Elle se plaint de maux de tête : « Vincent auriez-vous un peu d’aspirine ? » Instinctivement, Vincent aurait accepté de lui en donner, mais voilà il se souvient… Quelques temps auparavant, il a reçu la visite d’une Secrétaire Assistante en Santé Travail, venue l’aider pour remplir son document d’évaluation des risques professionnels. Ensemble, ils avaient discuté des responsabilités du chef d’entreprise, de ses droits et de ses devoirs. C’est à cette occasion qu’il a appris qu’il ne pouvait pas donner de cachet à une salariée. Que lui répondre alors ? La boulangerie ferme dans 2h30, Vincent peut assumer seul jusque là. Qu’elle rentre chez elle et aille voir son médecin traitant. Vincent, lui, appellera son Service de Santé au Travail pour savoir si ce n’est pas l’inhalation de farine ou le bruit ambiant qui provoque le mal-être de sa salariée.

8h00 Les grilles de la boulangerie s’ouvrent. L’odeur de pain chaud se répand. Il faut servir les clients, même si l’installation n’est pas encore finie. Vincent met donc souvent « la main à la pâte » pour aider sa salariée.

Jusque 13h00 Le rythme va s’alterner. Quelques clients dans le creux de la matinée, et tout repart à l’approche du déjeuner. Les moments de calme sont l’occasion pour Vincent de faire un peu d’administratif.

15h00 Fin de la coupure pour Vincent. Il s’est reposé avant d’attaquer l’après-midi. Il va falloir tenir jusque 19h30.

Agenda • Du 19 au 25 octobre 2009

• 24 novembre 2009

Semaine Européenne sur l’évaluation des risques professionnels. L’ASMIS organise des conférencesateliers de 9h00 à 17h00 pour ses adhérents :

Prévention des risques TMS liés aux manutentions manuelles. Demi-journée d’information pour les adhérents de l’ASMIS à Roye. Renseignements et inscription au 03 22 54 58 32

- Lundi 19/10/09 : Cité des métiers à Boves - Mardi 20/10/09 : ASMIS - Siège social - 77 rue Debaussaux Amiens - Jeudi 22/10/09 : Centre ASMIS – CAF à Beaucamp-Le-Vieux Renseignements et inscription : s.prak@asmis.net

• 5 novembre 2009 3ème assises régionales de Santé au Travail, consacrée à l’organisation de la prévention des risques professionnels. MégaCité, avenue de l’Hippodrome – Amiens. Inscription : assises.2009@travail.gouv.fr

• 27 novembre 2009 Journée régionale pour le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés à la Chambre des métiers et de l’artisanat (Cité des métiers -Boves).

• 1er décembre 2009 Demi-journée d’information sur la prévention des risques professionnels pour les aides soignants à domicile. ASMIS - 77 rue Debaussaux - Amiens de 14h00 à 16h00. Renseignements et inscription au 03 22 54 58 32


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PÔLE SANTÉ TRAVAIL

En 2010, trois autres Services de Santé au Travail rejoindront PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord, avec la même vision stratégique qui a été bâtie ensemble.

Statut : Association sans but lucratif (loi de 1901) à conseil d’administration paritaire (employeurs et salariés)

Siège Social : 118, rue Solférino BP 1365 - 59 015 Lille cedex Tél. : 03 20 12 83 00 Fax : 03 20 78 25 89 www.polesantetravail.fr Implantations : 23 centres correspondant à 14 secteurs géographiques et deux antennes (Lille et Douai), un centre de documentation, un centre de spécialités médicales, un plateau technique (CISST : Centre InterServices de Santé au Travail).

président du conseil d’administration de PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord

Do ssi er

Pourquoi avoir rapproché trois Services de Santé au Travail ? La finalité est d’unir nos compétences, qui étaient réparties dans différents services. Afin de toujours mieux répondre aux besoins des entreprises adhérentes. Ceci permet aussi d’être mieux reconnu par différents partenaires, car nous sommes représentatifs de près de 15 000 entreprises et 220 000 salariés.

Or ga nis ati on s

Effectifs : 237 salariés dont 86 médecins du travail, 49 secrétaires médicales, 18 secrétaires assistantes en santé au travail, 10 infirmiers en santé au travail et 11 chauffeurs assistants en santé au travail.

3 questions à Michel AUVIN,

Que signifie « Conseil d’administration paritaire » ? Le conseil d’administration est composé à part égale de salariés et d’employeurs. Cela signifie que les salariés participent aux décisions. Le dialogue social est un principe directeur à PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord.

Erg on om ie

Adhérents : 13 860 entreprises de tout secteur d’activité, soit 218 000 salariés suivis sur Lille et Douai.

Ju rid iqu e

- Le « Pack Santé », visant à identifier les prestations qui correspondent aux besoins et demandes des entreprises, du suivi médical à l’action sur le milieu de travail. - L’équipe Santé Travail, identifiant les collaborateurs du médecin du travail, qui lui permettent de répondre aux besoins spécifiques d’une entreprise donnée. - L’expertise Santé travail, soulignant la nécessité d’un niveau de connaissance de plus en plus élevé pour aborder des situations de travail très diversifiées.

Em pl Sa ois e nté t

Le développement de PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord repose sur une réflexion stratégique en trois points :

Inv es tir

Métropole nord

Te ch niq ue s

Fiche d’identité PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord

Douaisis et agglomération lilloise :

Et l’avenir ? En 2010, trois autres Services de Santé au Travail vont nous rejoindre. Nous serons alors représentatifs de près de 30 000 entreprises, qui emploient près de 420 000 salariés. L’objectif n’est pas d’être grand. C’est de développer des prestations de qualité, au plus près des entreprises et de leurs salariés.

Cli nd ’oe il

De Lille à Douai, de nombreuses entreprises font battre le coeur économique de la métropole Nord. En 2009, trois Services de Santé au Travail ont décidé de fusionner : l’Association Médecine et Santé au Travail (A.M.E.S.T.), le Service de Santé au Travail des Industries Alimentaires (SMIA Nord), le Service Interentreprises de Santé au Travail du Douaisis (SISTRAD). Ils forment une seule et unique entité : P Ô L E S A N T É T R AVA I L Métropole Nord.

V en ie d tre es pr ise s

Ta de blea bo u rd

Territoire de Santé

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Groupement Inter Services Santé et Travail 79 rue Jean-Baptiste Lebas 62 404 Béthune Cedex Centre Inter-Services de Santé au Travail 118 rue Solférino 59015 Lille Cedex 62 59 80

Grâce au soutien de :

02 60

AIMST Association Interentreprises de Médecine et de Santé au Travail 4 av. de la Fosse-aux-Chênes BP 449 59058 Roubaix Cedex 1 Tél : 03 20 26 15 71 / www.aimst-rbx-tg-asso.fr ASMIS Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme 77 rue Debaussaux BP 0132 80001 Amiens Cedex 1 Tél : 03 22 54 58 00 / www.asmis.net AST 62/59 Association de Santé au Travail 6 rue de la Symphorine Parc des Bonnettes 62 008 Arras Tél : 03 21 15 12 31 / www.ast6259.fr

ASTIL 62 Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 430 Boulevard du Parc - BP 94 62903 Coquelles Cedex Tél : 03 21 85 51 85 CEDEST Centre pour le Développement Santé au Travail 4/10 rue Albert Thomas 59210 Coudekerque-Branche Tél : 03 28 24 98 98 / www.cedest.net MTA Médecine du Travail de l'Aisne rue Théodore Monod ZA Bois de la Chocque 02100 Saint-Quentin Tél : 03 23 62 52 48 / www.mt02.org PÔLE SANTE TRAVAIL (ex AMEST, SISTRAD, SMIA) 118 rue Solférino Lille BP 1365 59015 Lille Cedex Tél : 03 20 12 83 00 / www.polesantetravail.fr STFA Santé au Travail Flandres Audomarois 238, rue de Bailleul 59190 Caestre Tél : 03 28 50 92 81 / www.stfa.fr

« LE » magazine de Santé au Travail des entreprises du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie : des réalisations d’entreprises, des « actus » et des conseils 4 numéros par an diffusés auprès de 85 000 entreprises La vie en Santé au Travail des PME et des TPE

4ème Trimestre 2009 I Numéro 8

ASTAV Association de Santé au Travail de l'Arrondissement de Valenciennes 62 rue Milhomme 59300 Valenciennes Tél : 03 27 46 19 24 / www.astav.fr


Entreprise et Santé - numéro 8