La Petite Fadette

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LECTURES

SENIORS

NIVEAU 3

GEORGE SAND

George Sand

La Petite Fadette

GEORGE SAND LA PETITE FADETTE

LA PETITE FADETTE

Au bourg de La Cosse et dans les campagnes environnantes tout le monde connaît Landry et Sylvinet, les inséparables jumeaux Barbeau. Mais les bessons grandissent, et après une enfance heureuse et de grande complicité, vient le temps de la séparation: Landry part travailler dans une ferme du bourg voisin, tandis que Sylvinet reste seul et inconsolable. D’autant plus que son frère sait se faire aimer. Sauf que l’amitié entre Landry et Fadette, la petite sauvageonne, va jeter le trouble et la consternation au village, et dans leur propre famille.

NIVEAU 3

Les lectures ELI sont une collection de livres de différents niveaux superbement illustrés allant des classiques toujours actuels aux histoires originales écrites pour les élèves qui étudient le français.

Dans cet ouvrage : - une biographie de l’auteur - Un dossier d’approfondissement - Un glossaire des mots et expressions difficiles - Des activités DELF - Des exercices de compréhension et de réemploi Thèmes La campagne

Les paysans

La condition féminine

600 mots

A1

NIVEAU 2

800 mots

A2

NIVEAU 3

1000 mots

B1

NIVEAU 4

1800 mots

B2

NIVEAU 5

2500 mots

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NIVEAU 6

texte intégral

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FLE B 1

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LECTURES ELI SENIORS

NIVEAU 1

La gémellité

FLE B1

LECTURES

SENIORS


Sommaire 6

Les personnages principaux

8

Activités de pré-lecture

10 Chapitre 1

Les bessons

18 Activités 22 Chapitre 2

La séparation

30 Activités 34 Chapitre 3

Fanchon

42 Activités 46 Chapitre 4

Le météore

54 Activités 58 Chapitre 5

Le jour de la Saint-Andoche

66 Activités 70 Chapitre 6

Clair de lune

78 Activités 82 Chapitre 7

Madelon se venge

90 Activités 94 Chapitre 8

Double séparation

102 Activités 106 Chapitre 9

Un an après

116 Activités 120 Gros plan

George Sand

123 Grand angle

Les jumeaux Un autre soi-même

126 Bilan 127 Contenus

Les épisodes enregistrés sur CD sont signalés par les symboles qui suivent : Début

Fin


LES PERSONNAGES PRINCIPAUX

Madelon

La mère Barbeau

Le père Barbeau 6


Sylvinet

Landry

Jeanet, dit le sauteriot

Franรงoise Fadet, dite la petite Fadette

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ACTIVITÉS DE PRÉ-LECTURE

Vocabulaire 1

8

La famille. La petite Fadette est d’abord une histoire de famille. Celle des jumeaux Sylvinet et Landry, et celle de Françoise, dite la petite Fadette. Cherche dans la grille les mots pour compléter le texte qui la suit. Attention, les mots composés figurent sans trait d’union et un même mot peut servir plusieurs fois. A

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Une famille se compose d’hommes et de __________. Les enfants sont __________ ou filles. Les fils sont les __________, les filles sont les __________. Ils ont un __________ et une __________ qui sont leurs parents. Eux-mêmes ont des parents, ce sont les __________ de leurs enfants: le grand-père et la __________ ; pour eux, les enfants des parents sont leurs petits-__________ et leurs petites-filles. Mais les parents du père ne sont pas les parents de la mère, et vice versa: ce sont leurs __________: le beau-père et la __________. Comme les __________ et les


__________ du père qui ne sont pas les __________ et les __________ de la __________, et réciproquement: ce sont leurs beaux-frères et leurs __________, lesquels par contre sont tous les __________ et les __________ de leurs enfants. Et les enfants des frères et des sœurs des parents ? Ce sont les __________ et les __________ des enfants, et les __________ et les __________ des parents.

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Mais La petite Fadette. est aussi un roman champêtre, comme la plupart des romans de George Sand. Le Berry, une vieille province du centre de la France est la toile de fond de l’éducation sentimentale de deux frères jumeaux, Landry et Sylvinet. Compose 20 mots du vocabulaire de la terre et de la campagne en réunissant leurs syllabes. Note en passant la façon dont on coupe un mot en fin de phrase.

arb buis cam che clô éta fer fon fo gran mou na pail pay prai rivi sen sour trou va

ble ce che ère ge le me min pagne peau re rêt rie san son taine tier ton ture ture

_______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ paysan _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________ _______________

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Chapitre 1

Les bessons

2 Le père Barbeau était un homme honnête, courageux, pas méchant,

et très attaché à sa famille. Il possédait une ferme et des terres du côté de la Cosse, un petit bourg perdu au milieu des champs. Il avait déjà trois enfants, quand la mère Barbeau, voyant sans doute qu’elle avait assez de bien* pour cinq, et qu’il fallait se dépêcher*, parce que l’âge lui venait, s’avisa* de lui en donner deux à la fois, deux beaux garçons ; et, comme ils étaient si pareils qu’on ne pouvait presque pas les distinguer l’un de l’autre, on reconnut bien vite que c’étaient deux bessons, c’est-à-dire deux jumeaux d’une parfaite ressemblance. L’aîné fut nommé Sylvain, dont on fit bientôt Sylvinet, et le cadet fut appelé Landry. Les bessons grandissaient sans être malades plus que d’autres enfants, et ils avaient le tempérament si doux et si bien fait qu’on aurait dit qu’ils ne souffraient pas autant que les autres enfants en faisant leurs dents. Ils étaient blonds et restèrent blonds toute leur vie. Ils avaient tout à fait bonne mine*, de grands yeux bleus, de bonnes épaules, le corps droit et bien planté. Plus grands et plus robustes que tous ceux de leur âge, ils faisaient s’émerveiller les gens des alentours qui passaient par le bourg de la Cosse et qui s’arrêtaient pour les regarder jouer ensemble. assez de bien assez de ressources se dépêcher faire vite

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s’avisa ici, crut devoir bonne mine bon aspect


la petite fadette

Au premier moment, on ne faisait point entre eux de différence et on croyait voir un œuf et un œuf. Mais, quand on les avait observés un quart d’heure, on voyait que Landry était une miette* plus grand et plus fort, qu’il avait le cheveu un peu plus épais, le nez plus grand et l’œil plus vif. Il avait aussi le front plus large et l’air plus décidé, et un signe que son frère avait à la joue droite, il l’avait à la joue gauche et beaucoup plus marqué. Les gens de l’endroit les reconnaissaient donc bien ; mais cependant il leur fallait un petit moment, et, à la tombée de la nuit ou à une petite distance, ils s’y trompaient presque tous, d’autant plus que les bessons avaient la voix toute pareille, et que, comme ils savaient bien qu’on pouvait les confondre*, ils répondaient au nom l’un de l’autre sans se donner la peine de vous avertir de la méprise. Le père Barbeau lui-même s’y embrouillait* quelquefois. Il n’y avait, ainsi que la sage-femme* l’avait annoncé le jour de leur naissance, que la mère qui ne s’y embrouillât jamais, fûtce à la grande nuit, ou du plus loin qu’elle pouvait les voir venir ou les entendre parler. La première fois qu’on leur ôta leur maillot pour les conduire à la messe en culottes, ils furent habillés du même tissu : un jupon de leur mère dont leur tailleur fit deux habits identiques. Quand ils furent plus grands, on remarqua qu’ils avaient les mêmes goûts. Par la suite, tout alla de même, et les bessons furent habillés si pareillement, qu’on avait encore plus souvent lieu* de les confondre, et soit* par malice d’enfant, soit par la force de cette loi de nature que le curé croyait impossible à défaire, quand l’un avait cassé le bout de son sabot, bien vite l’autre écornait le sien du même pied ; quand l’un déchirait sa veste ou sa casquette, sans tarder, l’autre imitait si bien la déchirure, qu’on aurait dit que le même accident l’avait une miette un tout petit peu confondre prendre l’un pour l’autre s’y embrouillait se trompait

sage-femme femme (ou homme depuis 1982) qui pratique l’accouchement d’un enfant. lieu ici, l’occasion soit ... soit autant ... que

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george sand

occasionnée. Ces tours sans malice les faisaient rire en douce* quand on s’étonnait de ces drôles de coïncidences. Bonheur ou malheur, cette relation fusionnelle augmentait toujours avec l’âge, et le jour où ils surent raisonner un peu, ces enfants se dirent qu’ils ne pouvaient pas s’amuser avec d’autres enfants quand un des deux ne s’y trouvait pas ; et le père ayant essayé d’en garder un toute la journée avec lui, tandis que l’autre restait avec la mère, tous les deux furent si tristes, si pâles et si absents au travail, qu’on les crut malades. Et puis quand ils se retrouvèrent le soir, ils s’en allèrent tous deux par les chemins, se tenant par la main et ne voulant plus rentrer, tant ils étaient heureux d’être ensemble, et aussi parce qu’ils en voulaient un peu* à leurs parents de leur avoir fait ce chagrin-là. On n’essaya plus guère de recommencer, car il faut dire que le père et la mère, comme d’ailleurs leurs oncles et leurs tantes, leurs frères et leurs sœurs avaient pour les bessons une amitié qui tournait un peu en faiblesse. Ils en étaient fiers, à force d’en recevoir des compliments, et aussi parce que c’était vraiment deux enfants qui n’étaient ni laids, ni sots, ni méchants. Malgré cette grande ressemblance et cette grande inclination, Dieu, qui n’a rien fait d’absolument pareil dans le ciel et sur la terre, voulut qu’ils aient un sort bien différent, et c’est alors qu’on vit que c’étaient deux créatures séparées dans l’idée du bon Dieu, et différentes dans leur propre tempérament. On ne vit la chose qu’après qu’ils eurent fait ensemble leur première communion. Le père Barbeau n’était pas assez riche pour garder tout son monde avec lui, et il fallait bien songer à mettre ses bessons en condition* chez les autres. Le père Caillaud, du bourg voisin de la Priche, lui offrit d’en prendre un pour labourer ses terres rire en douce rire en cachette en voulaient un peu gardaient rancune

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(mettre) en condition (vieux), placer comme ouvrier


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GRAND ANGLE

george sand

George Sand « Je suis la fille d’un patricien et d’une bohémienne (...) Je serai avec l’esclave et avec la bohémienne et non avec les rois et leurs suppôts. » La vie de Georges Sand est sans doute son roman le plus achevé. Femme dans un monde dominé par les hommes, elle s’est libérée de sa condition subalterne grâce à ses romans qui lui ont permis d’acquérir en même temps que l’indépendance économique une liberté de penser et d’agir à laquelle les autres femmes de son époque n’osaient prétendre. Car sans

argent propre, au XIXe siècle, une femme n’existe qu’à travers son père puis son mari. «L’irresponsabilité est un état de servage écrira-t-elle un jour en parlant précisément des femmes ; dans notre société toute factice, l’absence totale de numéraire constitue une situation impossible, la misère effroyable ou l’impuissance absolue.

L’enfance Amandine Aurore Lucile Dupin est née à Paris le 1er juillet 1804. Roturière par sa mère, elle est par son père une descendante de Maurice de Saxe, maréchal des armées de Louis XV. « Ma mère était une pauvre enfant du vieux pavé de Paris; son père, Antoine Delaborde, était maître paulmier et maître oiselier, c’est-à-dire qu’il vendait des serins et des chardonnerets sur le quai aux Oiseaux, après avoir tenu un petit estaminet avec billard, dans je ne sais quel coin de Paris, où, du reste, il ne fit point ses affaires.». Cette double origine marquera profondément la romancière, mais aussi et d’abord la petite fille qu’elle a été, qui fut la première à souffrir du mariage de ses parents auquel s’était opposée farouchement sa grand-mère paternelle. Orpheline de père à 5 ans, c’est cette dernière qui l’élèvera seule dans le domaine familial à Nohant, au centre de la France, après avoir éloigné la mère de l’enfant qu’elle n’a jamais accepté. Aurore sera marquée à vie par ce dramatique éloignement, même si elle passe une enfance heureuse auprès de sa sa grand-mère paternelle à qui elle doit autant son éducation que sa liberté de pensée. Quand la vieille femme meurt en 1821, la mère d’Aurore exige que sa fille rentre à Paris avec elle. 120


La femme

la petite fadette

À Paris, les relations entre la mère et la fille sont tendues et les disputes fréquentes. Bien décidée à récupérer sa liberté, Aurore se marie un an plus tard avec le premier homme qu’elle a l’occasion de rencontrer chez des amis de sa mère, le baron François Casimir Dudevant, de neuf ans son aîné. Mais si de par son mariage la jeune femme se libère de la tutelle de sa mère, elle tombe immédiatement sous celle de son mari, comme toutes les femmes mariées de son époque. Le château de Nohant et son domaine ont beau lui appartenir, ainsi que les 500 000 francs - une somme considérable à l’époque - qu’elle a hérité de sa grand-mère, c’est son mari qui gère ses biens et ne lui reconnaît que 3000 francs par ans pour ses dépenses personnelles.

Une condition inacceptable pour Aurore qui s’aperçoit en outre très vite des défauts de son conjoint, un homme grossier et infidèle avec lequel elle ne partage rien sinon les deux enfants qui sont nés de leur union. Elle le quitte en 1830 et s’installe à Paris où elle rejoint le romancier Jules Sandeau qui va l’initier à la littérature : une carrière impensable pour une femme à l’époque. Aurore brave l’interdit: elle s’habille en homme, coupe ses cheveux, se met un chapeau sur la tête et signe son premier roman, Indiana (1832) sous le nom de George Sand.

L’artiste Trois mois plus tard est publié son second roman, Valentine et, l’année suivante Lélia, un roman philosophique qui lui assure la reconnaissance des grands écrivains ‘hommes’ de l’époque. Parmi ceux-ci, le poète Alfred de Musset (1810-1857) avec lequel elle entretient une relation passionnée et orageuse. Ils feront ensemble un voyage en Italie (1833), se quitteront à Venise l’année suivante, renoueront un an plus tard à Paris, se sépareront une

nouvelle fois quelques mois plus tard, renoueront une dernière fois avant de se séparer définitivement en 1835. George Sand n’en continue pas moins à écrire des romans, des nouvelles,

des contes, des poésies. Trois ans après leur rupture, elle fait la connaissance de Frédéric Chopin qui sera le compagnon de sa vie pendant dix ans, jusqu’en 1847. 121


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