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n° 46 AOÛT-OCT. 2012

Spécial motif

eau, ciels,PROVENCE, lumières BRETAGNE,

NORMANDIE, LA ROCHELLE

La France pittoresque

shopping

Mieux s’équiper pour le plein air

EXTRAIT à découvrir

huile

L’aquarelle sur papier noir

Un jardin de toutes les couleurs paysages

facile !

Brassée de fleurs champêtres

Lumière du Sud leçon de pastel

Réussir tous les ciels

L 19056 - 46 - F: 6,00 € - RD

CH : 13FS - LUX : 7,20 € - CAN : 11 $ CAN - TUN : 7,200 DTU - ESP : 7,20 € PORT. CONT. : 7,20 € - SPM : 7,20 € - GR : 7,20 € - BEL : 7,20 € - ITA : 7,20 € MAR : 55 DH - MAY: 7,80 € - DOM SURFACE : 6,00 € - TOM : 990 CFP CFA Surface : 4200 CFA - CFA AVION : 4700 CFA


reportage EnBretagne « Les lignes empiétant sur le cadre me permettent de donner de l’espace et de parvenir à une œuvre unique.»

« J’ai commencé les tableaux en volume il y a deux ans, poussée par le désir d’évoluer dans mon travail. J’ai eu envie de proposer autre chose que des peintures qui se présentent accrochées au mur. Chaque cube est une histoire, qui se lit sur les 6 faces. »

Cube de port en port. 21 x 21 x 21 cm.

P

Plaisirs de peindre : Jeune peintre, vous vous êtes consacrée à la miniature d’aquarelle. Votre travail aujourd’hui, de l’acrylique sur bois, y est diamétralement opposé… Gwen Le Grand : J’ai eu envie de changer complètement, de me libérer. L’art est un geste brutal, spontané. Comme je n’avais pas de toile, j’ai utilisé ce que j’avais sous la main : du bois, du tissu, du contreplaqué et de l’acrylique. J’ai commencé à monter des plaques de bois pour obtenir un tableau avec des niveaux d’épaisseur. Les lignes formées par les plaques m’ont alors inspiré des paysages familiers tels que les scènes maritimes, mais pas seulement. Mes premières peintures étaient des paysages de montagne, composées à partir de plaques de bois rectangulaires.

PDP : Comment obtenez-vous cette texture particulière à votre travail ? G. L. G. : Cela passe d’abord par le support : du bois sur lequel je pose un enduit à base d’apprêt pour bois (fongicide). Je travaille ensuite à partir d’un mélange de peinture et de sable de mon jardin que je tamise. Je joue sur la grosseur des grains de sable en fonction de la rugosité que je souhaite obtenir. J’étale ma texture au couteau avant de poncer jusqu’à sentir un certain velouté au toucher. Place ensuite à l’acrylique. PDP : Où puisez-vous votre inspiration, et de quelle manière ces paysages et scènes de vie entrentils dans vos peintures ? G. L. G. : Je m’inspire directement de ce qui m’entoure. Lorsque je me promène près de chez moi, dans la baie

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Plaisirs de peindre n° 46 / août-octobre 2012

« Le cadre est relié au tableau par des fils de fer, qui matérialisent les lignes qui se poursuivent au-delà de la peinture. Il m’est arrivé d’intégrer du filet de pêche, de la ferraille rouillée, qui correspondaient au thème de la peinture. »

Actualité

La Mer prisonnière. 40 x 40 cm.

- 45e Grand Prix de Peinture du Léon, à Landivisiau, novembre 2012. - Salon de la Société lorientaise des beauxarts, à Lorient, en février-mars 2013.

Gwen Le Grand

Inspirations marines Mon matériel

Les vieux pinceaux sont les meilleurs ! Les pinceaux neufs ont tendance à être trop souples ou trop longs, de sorte qu’ils couvrent difficilement la surface du support. J’utilise comme palette une plaque de contreplaqué, la même depuis toujours. J’ai réalisé un petit bourrelet en cornière d’angle en bois pour retenir la peinture. J’ai même fabriqué une boîte pour éviter que l’acrylique ne sèche. La palette est quelque chose de très personnel. Pour ma part, je l’organise de gauche à droite : noir, blanc, jaune, rouge, marron et bleu. Les mélanges se font au milieu.

Pour la contacter

Rendez-vous dans notre carnet d’adresses p.67.

La couleur

Je la travaille toujours de manière instinctive, selon ce que je ressens. J’utilise des couleurs basiques, deux jaunes, un rouge, un marron et un bleu, à partir desquelles je réalise tous mes mélanges. Je ne pose jamais une couleur pure sur une peinture et opère un système de couches de différentes couleurs pour un résultat nuancé.

Plaisirs de peindre n° 46 / août-octobre 2012

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Leçondepastel

Patrice Latger

P

Plaisirsdepeindre:Demultiplessujets attirent votre œil de peintre, parmi lesquels le paysage domine… Patrice Latger : J’ai découvert le pastel au cours de mes études à l’Institut d’arts visuels d’Orléans. C’est au cours d’un exercicedepremièreannéedecommunication visuelle que j’ai choisi de me confronter au pastel, sans me douter que ce médium ne me quitterait plus. J’ai commencé par desportraitsetdesnus,avantdemetourner vers le paysage une fois mes études terminées. C’est un thème qui m’offre une grande variété de motifs et d’ambiances. Je navigue ensuite au gré de mes envies.

PDP : Le ciel est un élément très présent dans vos tableaux, au point d’en devenir parfois le sujet principal. En quoi le ciel vous passionne-t-il ? P. L. : J’ai passé ma jeunesse au milieu de la Beauce (je suis originaire du Loiret), dont les paysages sans reliefs peuvent être monotones. Le ciel y est l’élément principal, qui anime la plaine. Je pense que mon attachement au ciel est né de cette période. Aujourd’hui, il tient effectivement une part prédominante dans mon travail de paysage. Plus que le ciel en lui-même, c’est l’ambiance générale qu’il dégage sur l’ensemble du paysage qui me séduit. Sa façon d’illuminer les champs de colza, de faire vibrer le rouge des feuilles dans les arbres ou de se refléter dans la Loire. PDP : Comment choisissez-vous vos sujets ? Est-ce la vue d’un ciel qui déclenche l’envie d’un tableau ? P. L. : C’est plutôt le contraire. Je réalise beaucoupdephotos,lorsdebaladesdans la Beauce, depuis la fenêtre de mon appartement parisien, ou lorsque quelque chose attire mon attention et que, par chance, j’ai mon appareil photo avec moi!

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Plaisirs de peindre n° 46 / août-octobre 2012

Le ciel dans

toussesétats Qu’il soit d’orage, rougeoyant, bleu ou sans nuages, le ciel a pour Patrice Latger un attrait particulier. Dans ses paysages, il offre une part d’abstraction et devient parfois même l’élément principal. Rencontre avec le pastelliste dans son atelier parisien, pour tout comprendre du ciel et des différentes façons de le peindre.

Bouzy, le ciel. 2012. Pastel, 50 x 65 cm. « Voici un paysage en lisière de la forêt d’Orléans, à quelques kilomètres de la Loire, dans le Val de Loire. C’est le genre de site que je fréquente à vélo. Je pars le matin ou le soir, quand les lumières sont les plus intéressantes. Ici, j’ai aimé le soleil tel qu’il se présentait par rapport aux nuages. La diffusion de la lumière est très dynamique. Le premier plan était assez sombre, surtout sur ma photo en contre-jour, et j’ai préféré ramener de la lumière pour retrouver ce que j’ai vraiment vu sur place. »

Plaisirs de peindre n° 46 / août-octobre 2012

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LE L E R A U Q A ne Avec Corin

Poplimont

Sentier côtier

Le sable. Travaillez-le avec du jaune de Naples, de la terre d’ombre brûlée et du violet. Surtout ne peignez pas toutes les algues sur le sable. Suggérez des masses de couleurs en mélangeant plus ou moins les teintes. Posez du violet à la lisière de la mer, ce qui fera la teinte du sable mouillé. N’utilisez pas le violet seul, incorporez-lui une pointe de jaune de Naples. Travaillez les rochers sur le sable en dernier lieu car ils sont plus foncés : peignez-les avec de la terre d’ombre et du bleu indigo.

L’horizon. Comme le ciel, il doit être travaillé en un jet. Fusionnez les couleurs sans accentuer les détails. Pendant que le ciel sèche, travaillez la mer avec les mêmes couleurs que le ciel en rajoutant un peu de vert et de terre d’ombre brûlée pour donner de légères nuances au bleu. À la lisière du sable, lorsque la mer est encore humide, posez du jaune de Naples afin de figurer la transparence de l’eau. Pour faire apparaître l’écume, laissez le papier blanc.

Le talus. Travailler le mouvement du dénivelé du talus en même temps que la végétation. Ne détaillez pas trop, jouez plutôt sur les nuances de couleurs. Seuls les arbres seront plus travaillés pour donner du volume; peignez-les en jaune de Naples, ocre jaune, terre d’ombre brûlée et vert de vessie. Pour les arbustes, vert de vessie, jaune de Naples, bleu indigo. Traitez le talus avec du jaune de Naples, du vert de vessie, de l’ocre jaune, en aplat pour laisser fuser les couleurs. Faites un jus sur les arbres aux vert de vessie, ocre jaune et bleu indigo en suivant la forme de l’arbre, avec le pinceau synthétique : nerveux, il répond bien à une gestuelle précise et dynamique.

Les poteaux. Après le premier jus (jaune de Naples mélangé avec de la terre d’ombre brûlée et de l’indigo très dilués), donnez une nuance plus soutenue pour traduire le volume des poteaux. Pour éviter qu’ils aient tous la même couleur, incorporez dans le mélange du premier jus plus ou moins d’indigo, d’ocre jaune et un peu de bleu ou du violet. Comme pour les feuillages, la diversité, même très légère, des couleurs donnera de la vie à votre sujet.

en Bretagne

MATÉRIEL ET PALETTE - Papier Arche 300 g grain torchon - Crayon à papier HB - Pinceaux Léonard Aquarellys nos 1 et 012 - Pinceaux Da Vinci junior nos 2 et 4 - Pinceau synthétique - Graphigum Pébéo - Aquarelles en tube Schmincke.

Les sentiers de randonnée sont légion en Bretagne. Ils permettent de découvrir avec bonheur ce littoral de toute beauté. Ici, la mer, le sable, les fleurs, la verdure concourent à offrir un sujet plein de variété dont il faudra cependant choisir le cadrage avec soin.

Jaune de Naples Jaune citron Ocre jaune Terre de Sienne brûlée Terre d’ombre brûlée Vert de vessie Bleu manganèse Bleu de cobalt Indigo Violet Gris de Payne Laque Texte et photos : Corinne Poplimont

II

Plaisirs de peindre Spécial plein air

Le ciel. Il doit être travaillé en une fois. Laissez faire les fusions, placez les couleurs en évitant les nuages. Pour leurs ombres, mélangez indigo et terre d’ombre brûlée et placez-les au pied du nuage. La couleur s’étalant quand le papier est mouillé, anticipez en posant la couleur sur une plus petite surface : elle s’étalera et prendra toute sa place. Posez du bleu manganèse vers l’horizon, et du cobalt vers le haut du ciel. Attention, lorsque l’on travaille sur du papier mouillé, il faut que le pinceau soit gorgé de pigment sans trop d’eau.

Le dessin. J’esquisse au crayon HB, et pose les ombres au gris de Payne bleuté. Je réserve le fil de fer et les bateaux au graphigum. Je mouille le ciel à l’eau propre afin que le papier soit bien brillant.

Les graminées. Peignez-les avec du vert de vessie, du bleu manganèse, du bleu de cobalt, de l’ocre jaune et du bleu indigo. Travaillez les extérieurs avec un petit pinceau synthétique, en veillant à ne pas avoir une gestuelle trop répétitive. Créez des nuances de vert pour mélanger les variétés de plantes. Pour donner du volume et de la vibration au sujet, posez des petites touches de vert plus foncé. L’indigo foncera vos verts ou tout autre couleur. Avec un pinceau fin, tracez les herbes avec des nuances de vert (vert de vessie, bleu de cobalt, jaune citron et ocre jaune). Donnez-leur des mouvements variés pour figurer le mouvement du vent. Plaisirs de peindre Spécial plein air

III


Pour toutes informations, téléphonez au :

05 49 90 09 16 Pour l’étranger : 00 33 549 900 916

www.plaisirsdepeindre.com

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À LA LOUPE

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Magazine Plaisirs de peindre n°46