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Cité idéale ?

UNIVERSITE D’ARTOIS ASSOCIATION DESTIN SENSIBLE


Cité idéale ? Atelier de photographie de l’Université d’Artois animé par l’Association Destin Sensible et son Mobilabo

Sur les pôles Universitaires de Lens et Arras 2002/2003 et 2003/2004


Interroger la ville, adopter la cité comme terrain d'expression et cultiver le mélange d'attirance et de répulsion que chacun peut développer au gré de ses déambulations urbaines, telles furent les pistes proposées par le photographe Horric Lingenheld aux étudiants qui ont participé r son atelier en 2002/2004. A travers un travail en noir et blanc, chacun a pu participer r une création collective, r un projet photographique qui est un regard sur le monde non pas pour en rendre compte comme une illustration, mais pour questionner les rapports entre le visible et le sensible. Au csur ou r la périphérie des villes de l'Artois,- en premier lieu Arras et Lens ou se déroule l'atelier -, les étudiants se sont positionnés face r un patrimoine architectural et culturel que seul l'individu peut mettre en relief.

Horric Lingenheld artiste, intervenant


Au départ il y avait le désir de faire travailler des étudiants sur la ville et les questions urbaines. Codncidence, en ligne de mire s'est profilé l'actualité culturelle et le programme manifeste de "Lille 2004" "La cité idéale". Il y avait lr la possibilité d'arrimer la pratique photographique des étudiants r l'événement, en lui faisant écho. Jacqueline Salmon en passeuse de témoin orienta Honc Lingenheld vers moi, lorsqu'il se mit en quete de trouver quelqu'un pour l'accompagner dans son projet avec les étudiants de l'université d'Artois. Photographier la ville fut ainsi ce qui nous réunit au cours de ces deux années en compagnie d'une trentaine d'étudiants. Plutôt que de limiter le projet r un ou deux thcmes parmi tous ceux que la ville peut fournir, nous avons laissé chacun explorer sa voie, prendre le temps de tâtonner, de se perdre, pour laisser émerger ce qui apparemment faisait sens dans leur travail. En commun nous avons aussi réfléchi r ce qui fait une ville et r la manicre dont les photographes pouvaient diversement s'en saisir. Mais ce qui nous portait, c'était aussi la conscience que quelle que soit l'extériorité du "thcme" que nous nous choisissons, c'est toujours d'abord notre rapport au monde que nous donnons r voir r travers les images que nous produisons. Les stages de pratique photographique offrent aux étudiants de l'université d'Artois, un espace et un temps pour regarder et articuler leur regard dans l'ordre des images. Cette mise en forme est complexe et infiniment formatrice. La ville pose r chacun un problcme identique, surtout lorsqu'il s'agit de celle ou l'on vit; elle s'est banalisée et sur-représentée, elle tend r s'effacer. C'est r peine si on voit encore, cette compagne de notre quotidien. Peu d'attention lui est réellement accordée et le regard glisse sur celle qui nous abrite. Plus souvent on s'arrange d'une certaine indifférence avec elle et toutes sortes de moyens d'évitement sont mis en oeuvre pour la tenir r distance, la rendre compatible avec l'idée qu'on s'en fait. Alors,il a fallu y aller et se forcer r voir. Y aller malgré tout, malgré le temps, malgré la pluie, malgré l'hiver et la lumicre déclinante. Rôder, marcher, taper du pied et se demander ce qu'on fait lr et chercher r faire codncider son désir d'image, avec ce qui se donne et se refuse de la ville. Il a fallu chercher sa distance, apprivoiser la lumicre, choisir ses sujets, construire son projet. Il a fallu, tout aussi difficile, s'exposer au regard critique. La lecture d'une planche contact est toujours un exercice r la fois excitant, la réponse r l'attente, et "déprimant", les bonnes images sont si rares. La photographie comme toute pratique artistique, est exigeante. Et aucune oeuvre, meme la plus fantaisiste, la plus poétique... ne se sera construite sans rigueur.


Alors nous avons essayé d'aider ces étudiants r mettre en oeuvre la rigueur r partir des prémices de leurs recherches et r choisir parmi les différentes pistes émergentes celle qui serait ensuite privilégiée. Choisir et se tenir r un choix, construire r partir de lr, aller au bout d'une idée et se laisser conduire par elle... ça a l'air si simple et c'est si dur. Il faut aussi cultiver son regard, cultiver la connaissance que nous avons de ce que nous pratiquons, faire ses gammes, et malgré tout encore domestiquer un instrument et la chaîne des manipulations qu'il engendre. Pas de strass ni de paillettes, dans les travaux qui ont été produits, mais la confrontation au réel des villes d'aujourd'hui. Chaque étudiant a pu dans son travail trouver et réunir quelques images cohérentes, un premier corpus qui déjr nous montre qu'il est toujours possible de se saisir du monde, que l'indifférence n'est pas une fatalité et que l'exercice de la liberté reste possible. Dans la diversité des travaux des étudiants, les grandes postures du photographe devant le monde sont bien présentes: le pocte sensible aux ambiances, aux maticres, le conteur qui sait voir des histoires, le documentariste qui décrit la ville autour de lui, celui qui laisse aller sa fantaisie et l'autre qui la bride pour tenter l'objectivité, celui qui prend le monde r bras le corps et celui qui négocie sa distance... Que deviendront ces étudiants? Pas nécessairement des artistes, ni des photographes. Au moins auront-ils entrevu qu'au prix de quelques efforts nécessaires, mais pas inaccessibles, un monde fragile et dont la richesse est proportionnelle r l'effort consenti était r leur portée. Ils se souviendront peut-etre qu'approcher une oeuvre et r fortiori s'engager dans cette voie, est toujours une affaire d'engagement personnel et que la demi-mesure n'y est pas de mise.

Frédéréric Bellay Artiste invité


Ces photographies ont été réalisées par Poles Universitaire de Lens et Arras - Saisons 2002/2003 & 2003/2004 Photographies éssentiellement sur Arras, Béthune, Lens, Douai, Lievin

Adnot Nelly Arnout Laurine Auvray Mélanie Azam Béatrice Beaucourt Patricia Berger Mehdi Bienaire Charlotte Blaszkiewic Alain Brendel Carole Buisine Laury Capra Emmanuelle Cauchy Coralie Chareeddine Dora Chevret Anne-Sarah Cornette Clémentine Creteur Bérangcre Croiziers Aurélie Crowyn Grégory Drouet Gaëtan Fengler Emmanuelle Gelez Christophe Gillion Agncs Girot Mathieu Huchet Yannick Jolly Elodie Laclare France

Lamheni Amina Landron Marie Le Berre Daniel Leblanc Marion Ledoux Florence Lefebvre Caroline Lefebvre Sylvie Mercier Anne Pawlak Yannick Peru Christelle Poiret Gaëtan Riez Clémentine Schneider Jean Sicinski Thomas Toma Iona Vanmackerlberg Marie Verley Céline Vernon Audrey


En mai 2004 ces travaux ont été présentés r la galerie du dôme de l’Universtité d’Artois r Arras en parallcle de l’exposition “Aprcs Babel” de Frédéric Bellay présentée r la galerie de l’IUFM d’Arras

galerie du dôme de l’Universtité d’Artois

galerie de l’IUFM d’Arras


“Cité Idéale ?” est une exposition réalisée par le service culturel de l’Université d’Artois Vice-président chargé de la politique culturelle : Francis Marcoin Responsable du service : Eric Miot Coordonnateur vie étudiante et associative : Sébastien Wafflart Secrétariat : Danicle Delvoye Un atelier de photographie dirigé par Horric Lingenheld, artiste, intervenant de l’association Destin Sensible avec l’aide du Mobilabo, laboratoire photo itinérant avec le concours de Frédéric Bellay artiste invité Ouvrage édité par

l’Université d’Artois 9, rue du Temple - BP 665 - 62030 Arras cedex tél. 03.21.60.38.72

l ’ Association Destin Sensible 165 bis rue Jules Guesde - 59650 Villeneuve d’Ascq tél. 03.20.56.04.17 - www.mobilabo.com

avec le soutien du Ministcre de la Culture Direction Régionale des Affaires Culturelles du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais du Conseil Général de Pas de Calais


cité idéale  

cité idéale - atelier de pratique artistique animé par Horric Lingenheld à l'Université d'Artois, artiste invité Frédéric Bellay